PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...

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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Jeu 26 Nov - 6:57




2015 devrait être l'année la plus chaude jamais enregistrée 25/11/2015 à 12h15  


Crédit photo © Reuters

L'année 2015 est en passe de devenir la plus chaude jamais enregistrée dans les annales météorologiques et 2016 pourrait battre un nouveau record, en raison d'un épisode El Niño particulièrement fort, a déclaré mercredi l'Organisation météorologique mondiale (OMM)

Citation :
Les températures moyennes mondiales à la surface de la Terre devraient, cette année, atteindre la "barre symbolique et significative" de 1° Celsius au-dessus du niveau des températures d'avant le début de l'ère industrielle.

"On le doit à la combinaison d'un épisode fort d'El Niño et du réchauffement mondial provoqué par l'activité humaine", dit l'OMM dans un communiqué.

Le phénomène El Niño, caractérisé par une descente inhabituelle du courant chaud El Niño aux dépens du courant froid de Humboldt au large du Pérou, se traduit par un réchauffement des eaux de surface du Pacifique oriental, à l'origine de dérèglements climatiques sur la planète comme des canicules extrêmes et des inondations.

Selon les météorologues, l'épisode en cours d'El Niño doit connaître son apogée actuellement - d'octobre à janvier - et être l'un des plus puissants jamais enregistrés.

Une première évaluation, fondée sur les relevés recueillis de janvier à octobre, a montré que les températures mondiales moyennes ont été cette année de 0,73° Celsius supérieures à la moyenne pour la période 1961-90, qui est de 14°, et qu'elles frisent les 1° de plus que la moyenne de la période pré-industrielle (1880-1899), indique l'OMM.

"Voilà de mauvaises nouvelles pour la planète", a déclaré le secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud.


VERS UN NOUVEAU RECORD EN 2016


Selon lui, si rien n'est fait, les températures moyennes mondiales pourraient augmenter de 5 à 6° Celsius, voire davantage. Mais en cas de décisions substantielles lors de la conférence internationale sur le climat, la COP21, qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre à Paris, elles pourraient être limitées à 2° au-dessus du niveau d'avant l'industrialisation du globe.

Les années 2011-2015 ont représenté le lustre le plus chaud jamais enregistré, avec des températures de 0,57° Celsius supérieures à la période qui sert de référence, 1961-90.

Durant la période 2011-2016, la température moyenne des océans du globe a établi un record à la hausse, et plusieurs zones des terres émergées (Etats-Unis, Australie, Europe, Amérique du Sud et Russie) ont largement battu des records.

"Les dix années les plus chaudes ont toutes été enregistrées depuis 1998, et huit d'entre elles l'ont été depuis 2005", note l'OMM.

L'année prochaine pourrait battre un nouveau record à la hausse, étant donné que la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère progresse et bat chaque année un nouveau record depuis trente ans. L'épisode El Niño devrait d'autre part se poursuivre en 2016.

"L'année dont les températures moyennes risquent d'être le plus influencées par le phénomène El Niño actuel sera 2016, plutôt que 2015", note l'OMM.


(Tom Miles, Eric Faye pour le service français)




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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mer 2 Déc - 13:04

j'ai hésité pour le classer, entre luttes et désastres écologistes, mais je ne voulais pas insulter les camarades verts... de peur durable

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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Ven 4 Déc - 22:00



Climate stories: environment, colonial legacies and systemic change Anna Lau 23 November 2015


Survivors of Hurricane Katrina are taken to safety
All rights reserved. Credit: © AP Photo/John Bazemore
Victims of Hurricane Katrina were predominantly African American


Guest blogger Anna Lau reflects on how a failure of UN negotiations (and the Northern environmental movement more widely) to address the legacy of colonialism will hinder our ability to take meaningful action against climate change


Citation :
The 21st UN intergovernmental conference on climate change (COP21) will begin in Paris in under 40 days. To protect our planet from a 2C increase in temperature, we urgently need COP21 to deliver real targets on carbon emissions. But is this possible without widespread shifts across global social, economic, political, cultural, and built infrastructures?

When thinking about most global social issues today, whether climate change, migration, conflicts over resources and state power, inequality, poverty or environmental disasters, it’s possible to trace connections between the present-day situation with the period of European colonialism and systems of slave ownership dating from the 15th century.


As European states - powered by the industrial revolution and its exploitation of much of the world - furthered their colonial ambitions, they unleashed a fundamental change in the interaction between people and environment in those countries conquered. Colonial infrastructures were forced into previously sustainable socioecological systems across the world and included the trade and trafficking of thousands of species (including humans) across the earth’s surface alongside the genocide of 50 million indigenous people. This resulted in the death of biologically and culturally diverse regions stewarded by diverse human peoples.

The world today is run on coloniality [1] – a form of colonialism that continues to operate where, for example, the African continent loses 6 times as much as it receives in aid, ‘aid’ which often goes on payments to Northern institutions.

This coloniality has consistently been masked by narratives that say that the ‘natives’ are incapable of looking after their own affairs and so intervention in this regions is both necessary and justified. Whilst in the 16th century, colonial expansion was aided by narratives of Christian benevolence, ongoing intervention in formerly colonised regions is today abetted by patriarchal narratives that argue these regions are in need of Western aid; a canvas on which the heroism of the white (usually male) saviour can be played out upon.

The role of the educational academy in creating this narrative is significant. Across the 18th century, the work of colonial advocates across the arts and social sciences – such as Thomas Hobbes – and natural sciences – such as Francis Galton – helped depict a ‘natural’ hierarchy with the ways that white men like these believed society was organised at the top, and black people and their theories of social organisation at the bottom, alongside ‘flora and fauna’. Indigenous people in Australia were legally classified in this way until as late as 1967.

Today, ties between academia, governments and colonialist enterprise remain. For example, research on GM crops needs approval by agritech companies before it can be published. This intervention, alongside the governmental aid received by agribusiness (dominant economic thinking still presumes that large actors do a better job at ‘resource management’ than networks of locally-connected groups), helps large agro-corporations control global agriculture at the expense of small farmers who possess diverse seed stores and knowledges that are proving important in addressing climate change.

These repeating patterns of exclusion, denial and silencing make genuine environmental justice impossible.

Today’s environmentalism increasingly highlights how mainstream economic policy fails to recognise nature’s contributions to human society. However it often simultaneously ignores the similarly negative impact of capitalist structures that treated the rich contributions of many peoples and the ecological fabrics they were part of as resources to be used and abused.

Awareness of this and the ways these patterns continue rarely appears in standard climate change narratives, which are now being challenged from from distinct political perspectives and historical junctures. A range of movements including anti-colonial, national liberation and third world women’s movements as well as anti-racism, indigenous and decolonial groups have all worked to highlight the damaging influences of capitalist and colonialist structures in effectively tackling climate change [2]. These are legacies that a few of today’s Northern climate justice groups are beginning to learn from and are central [3] to successfully building a collective future on this planet.

In her next blog post, Anna recounts what she has learnt from a grassroots movement in Colombia which is tackling legacies of colonialism in their activism.

Anna Lau is a writer and facilitator working with social movements, community groups and in multi-stakeholder settings.


[1] Coloniality describes colonialist structures that reproduce in distinct (yet familiar) ways in the present. See Waldon Bello’s ‘Capitalism’s last stand?’ for an overview of trends in today’s world and Vitamin D’s series of podcasts on coloniality.

[2] See Vijay Prashad’s ‘A Possible History of the Global South’ for a brief introduction.

[3] See also John Clammer’s Culture, Development and Social Theory

This blog is the first of three parts of an article which appeared in its entirety as an article published on opendemocracy.net on 14 October 2015.



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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Lun 7 Déc - 3:43



Votre ville est-elle menacée par la montée des océans ?

Le monde que nous connaissons pourrait changer. La montée des océans, l'un des effets les plus inquiétants du réchauffement du climat, est déjà en cours. Des pays insulaires craignent de disparaître. Mais qu'en est-il du Canada? Serons-nous épargnés? Aucunement. Tour d'horizon des régions qui pourraient écoper

Un texte de Gaétan Pouliot


VOIR LES CARTES DANS L'ORIGINAL

Citation :
La température du globe devrait augmenter de 4 degrés Celsius d’ici la fin du siècle si on ne fait rien pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. À long terme, cela signifie une montée des océans de près de 9 mètres, selon les calculs de chercheurs. Cela menacerait d’inonder les territoires où vivent actuellement plus d’un million de Canadiens.

Ce scénario n’est pas une fatalité. Lors de la conférence de Paris sur le climat, la communauté internationale tentera d’en arriver à une entente afin de limiter le réchauffement à 2 degrés. Cela provoquerait tout de même une hausse moyenne des océans de 4,7 mètres!

Explorez ici ces deux scénarios pour le Canada sur des cartes élaborées par le groupe américain Climate Central. (voir la méthodologie)

Vancouver


Le Grand Vancouver deviendra-t-il une plaine inondable? Si les marées géantes de décembre et de janvier inquiètent les élus tous les ans, l'élévation du niveau des eaux pourrait rendre la situation encore plus difficile à gérer. Digues et sacs de sable ne seront plus suffisants. Face à ce scénario, la Ville de Vancouver se prépare.

CES CARTES SONT SEULEMENT DISPONIBLES EN ANGLAIS. SOURCE CLIMATE CENTRAL


Comme pour de nombreuses villes dans le monde, la hausse du niveau de la mer n’est plus une question hypothétique pour Vancouver. La municipalité a dû revoir son plan d’aménagement pour prendre en compte cette nouvelle réalité qui menace son territoire.

Plusieurs secteurs de Vancouver ont été désignés plaines inondables, dont le port de la ville, le plus important au pays.

Autre exemple, depuis 2014, les nouvelles constructions dans les secteurs à risque doivent être bâties un mètre plus haut que les anciens immeubles.

La Colombie-Britannique recommande d’ailleurs à ses villes côtières de se préparer à une hausse de 1 mètre des eaux d’ici la fin du siècle, et de 2 mètres en 2200.

Selon les chercheurs du groupe américain Climate Central, la montée des eaux à la suite d’un réchauffement de 2 degrés menacerait à long terme le territoire où vivent présentement 340 000 personnes dans le Grand Vancouver, soit 19 % de la population. Et une hausse de 4 degrés toucherait près de 400 000 personnes, 22 % des résidents actuels de la région!


Qu'est-ce qui cause la montée des mers ?

Le réchauffement des eaux de surface des océans provoque un phénomène que l'on appelle la dilatation thermique. Lorsqu'elle se réchauffe, l'eau prend de l'expansion. À cela s'ajoute la fonte des glaces continentales du Groenland et de l'Antarctique, qui se retrouvent soudainement dans les océans, alors qu'elles reposaient auparavant sur la terre ferme. Ces phénomènes sont responsables de la montée des mers.


Québec

Patrimoine mondial de l’humanité, Québec semble intouchable avec ses remparts et son château bien planté sur le roc de la haute-ville. Mais les puissantes marées du golfe du Saint-Laurent remontent jusqu’à la région, qui n’échappera pas à la montée des océans.


La ville de Québec et le fleuve Saint-Laurent. Photo : iStockPhoto

CES CARTES SONT SEULEMENT DISPONIBLES EN ANGLAIS. SOURCE CLIMATE CENTRAL

« On voit maintenant des maisons patrimoniales de 200-300 ans à l’île d’Orléans qui se font inonder ou qui se font battre par la vague », s’attriste Jean-Pierre Savard, d’Ouranos, un groupe de scientifiques spécialistes du climat.

Les battures du cap Tourmente devraient aussi disparaître à long terme, prévoit le chercheur.

Contrairement à l’Est du Québec et aux provinces atlantiques, Québec est protégé des grandes vagues du Saint-Laurent, mais pas des inondations. Sur la carte, on voit d’ailleurs qu’une partie de la basse-ville et de Limoilou sont à risque.

La Ville de Québec doit adopter sous peu un plan d'adaptation aux changements climatiques. On y retrouvera entre autres des mesures d'adaptation face à la hausse des niveaux de la mer.


Et Montréal ?

Les marées du golfe du Saint-Laurent ne remontent pas jusqu'à la métropole québécoise, ce qui la protégera de la montée des mers. Le niveau du fleuve pourrait même diminuer, en raison d’une baisse des Grands Lacs et du débit de la rivière des Outaouais. Mais Montréal n'est pas à l'abri de tout danger. La ville sera touchée de multiples autres façons par le réchauffement de la planète.


Est du Québec

Le 29 octobre dernier, une tempête  a frappé de plein fouet la municipalité de Percé, en Gaspésie. Des vagues de plusieurs mètres de haut ont lourdement endommagé la promenade du bord de mer, un important site touristique. « Ça va nous coûter une fortune », s’est indigné le maire de Percé, André Boudreau, estimant les dégâts à plusieurs millions de dollars. Malheureusement, ces tempêtes seront de plus en plus fréquentes.


CES CARTES SONT SEULEMENT DISPONIBLES EN ANGLAIS. SOURCE CLIMATE CENTRAL

Les résidents de l’Est du Québec sont habitués aux tempêtes. Mais les temps changent. Le golfe du Saint-Laurent se gonfle tranquillement, alimentant des vagues plus hautes et plus dangereuses.

Dans quelques décennies, le type de tempête qui a frappé Percé sera « deux fois plus destructrice », prédit même Jean-Pierre Savard, d’Ouranos.

Les événements climatiques extrêmes qui survenaient une fois par siècle pourraient à l’avenir se produire tous les 10 ou 12 ans, ajoute le chercheur. La promenade de Percé, qui sera sûrement reconstruite, n’en est pas à ses derniers assauts.

Autre problème de taille : les hivers plus doux affaiblissent le couvert de glace, ce qui réduit la protection des berges. « Depuis qu’il n’y a plus de couvert de glace l’hiver, les tempêtes sont plus fréquentes, les terrains se font gruger plus rapidement », témoigne le maire de Percé.

L’érosion fait perdre du terrain aux côtes, menaçant routes, maisons et infrastructures. Les Îles-de-la-Madeleine sont particulièrement touchées par ce phénomène.


Les mers montent, le Canada aussi !

Lors de la dernière période glaciaire - il y a plus de 10 000 ans -, le Canada était recouvert par deux énormes glaciers. Leur poids écrasait le sol. Depuis le retrait de cette glace, la masse terrestre se soulève tranquillement, comme un oreiller de plumes aplati par votre tête tout une nuit. C'est ce qu'on appelle le rebond post-glaciaire. Aujourd'hui, une grande partie du Canada se soulève, réduisant l'impact de la hausse du niveau des mers. Par contre, la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard, les Îles-de-la-Madeleine et le Grand Vancouver ne profitent pas du rebond post-glaciaire. Ces régions s'enfoncent plutôt dans le sol, accentuant la montée de la mer.


Halifax

Halifax s’enfonce. La mer monte. À tout cela s’ajoute un risque important : la ville se retrouve parfois sur la route d’ouragans, qui devraient être de plus en plus puissants dans l’Atlantique en raison du réchauffement du climat. Quel avenir pour la plus importante ville de l’est du pays?


Arbre déraciné à Halifax par l’ouragan Juan, en 2013. Photo : PC/Paul Chiasso

CES CARTES SONT SEULEMENT DISPONIBLES EN ANGLAIS. SOURCE CLIMATE CENTRAL

En septembre 2003, Juan - un ouragan de catégorie 2 - frappe la ville. La plus puissante tempête à toucher la côte est canadienne en 100 ans fait huit morts et plus de 200 millions de dollars de dégâts.

Cet événement a conscientisé la population aux changements climatiques et aux futurs risques d'inondations. La région doit se préparer. Et c’est ce qu’elle fait.

Si les quais et les infrastructures près de la mer sont à risque, selon les prévisions de la municipalité, John Charles, urbaniste à la Ville d’Halifax, est pragmatique. Pour lui, il n’y a aucun doute, la ville pourra s’adapter.

« Les promenades sur le bord de la mer ont une durée de vie de 25-30 ans. Nous devrons les remplacer de toute manière. Et lorsque vous les remplacez, vous les élevez un peu », donne-t-il en exemple. Ce type d’intervention a d’ailleurs déjà eu lieu dans l’histoire de la ville.

Mais est-ce que toutes les municipalités côtières de l’Atlantique auront les moyens de s’adapter comme Halifax?

Comme une grande partie de la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard s’enfonce, aggravant le problème de la montée des eaux. D’ici la fin du siècle, un millier de résidences côtières risquent de glisser dans la mer, selon des chercheurs de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard. Dix-sept phares, symboles du Canada atlantique, sont aussi menacés.

Le Canada, tout comme le reste du monde, est à la croisée des chemins. Selon l’équipe de chercheurs de Climate Central, une hausse de 4 degrés veut dire que la montée des eaux submergerait, à long terme, les territoires où vivent actuellement près de 627 millions de personnes dans le monde.

Si la communauté internationale stoppe la hausse des températures à 2 degrés, ce nombre baissera à 280 millions de personnes.

La Chine, l'Inde et le Bangladesh figurent en tête de liste des pays qui seront touchés. Mais le Canada sera aussi affecté et doit se préparer à la montée des océans.



Méthodologie

Citation :
Les cartes présentées dans cet article ont été préparées par l’organisation américaine Climate Central, qui travaille avec des spécialistes du climat. Les scénarios présentés sont imparfaits, mais ils nous donnent une idée de l’impact que pourrait avoir la hausse des océans au Canada.

Quand pourraient survenir ces scénarios? Dans 200 ans… ou plus? Difficile à dire, puisque nous ne savons pas à quel rythme fondent les glaciers.

Les gens vivant dans les secteurs à risque ne verront donc pas les scénarios présentés dans ces cartes se réaliser. Et il est important de noter que ces cartes ne prennent pas en compte les défenses actuelles ou futures pour protéger les berges.

Il faut toutefois savoir que ce sont les décisions que nous prenons aujourd’hui qui nous conduiront à l’un de ces résultats.

Pour plus d’informations sur la méthode utilisée pour créer ces cartes, consultez le rapport de Climate Central ici (en anglais).

Climate Central est une organisation sans but lucratif qui regroupe des spécialistes du climat et des journalistes scientifiques.



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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Lun 7 Déc - 18:46



Delta du Mékong

Près de 6,3 millions de personnes seront touchées par les changements climatiques 07/12/2015 13:42

Selon les experts du monde entier, «le Vietnam est le 2e pays de revenu intermédiaire le plus touché par les changements climatiques».

>>Le Vietnam conjugue les efforts pour faire face aux changements climatiques
>>L’Allemagne assiste la protection des eaux souterraines au Vietnam



Une maison dans le hameau de Câu Muong, province de Tiên Giang
(delta du Mékong), détruite par la montée des eaux. Photo : VNA/CVN

Citation :
C’est l'un des grands défis pour le Vietnam et la région du delta du Mékong dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable et de réduction de la pauvreté.

Selon un scénario, environ 35% de la population - soit près de 6,3 millions de personnes - pourraient être affectées directement dans le delta du Mékong. Les femmes, les enfants, les personnes âgées, les handicapés et les pauvres sont les groupes sociaux les plus vulnérables aux conséquences de ce phénomène.

D'après Ky Quang Vinh, chef du Bureau en charge des questions liées aux changements climatiques de la ville de Cân Tho, les études sur les risques futurs indiquent que la hausse des températures, l’augmentation des précipitations ou leur baisse entraînant des sécheresses, seront anormales. Les glissements de terrain pourraient affecter directement la population, notamment les pauvres du delta du Mékong.

Nguyên Thi Yên, de l’organisation CARE International Vietnam, a souligné que les pauvres, en particulier les femmes, étaient majoritairement issus de communautés ethniques minoritaires et de zones du littoral dans les deltas du Mékong et du fleuve Rouge. Les effets du dérèglement climatique sur les pauvres seront plus sévères car ils ont moins de ressources pour s’adapter aux bouleversements de leurs conditions de vie.

Il est nécessaire que les décideurs politiques élaborent des modèles de subsistance adéquats et mettent en place des actions concrètes pour atténuer les dommages causés par les changements climatiques au sein de ces groupes sociaux vulnérables.

CPV/CVN


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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mer 9 Déc - 2:50



Retour sur une catastrophe écologique : les boues toxiques ravagent le fleuve Rio Doce au BrésilTraduction publiée le 3 Décembre 2015  


La coulée de boue déversée par le barrage Samarco a atteint
l'embouchure du Rio Doce dans l'Etat brésilien de Espírito Santo
Photo: Fred Loureiro/Secom, avec autorisation de publication

Lorsque le poète brésilien Carlos Drummond de Andrade a écrit “Lira Itabirana” en 1984, il n'avait certainement pas imaginé que c'était une prophétie. “La rivière ? Elle est douce. La vallée ? Amère”, dit un vers.

Citation :
Le 5 novembre, l'effondrement d'un barrage appartenant à la société minière Samarco, une joint-venture entre Vale (Brésil) et BHP Billinton (Australie), a déversé  62 milliards de litres de déchets miniers dans le Rio Doce (la ”rivière douce” ) au sud-est du Brésil.”Si seulement la charge était plus légère” écrivait Drummond de Andrade il y a 30 ans.

Après s'être écoulée sur plus de 600 kilomètres avec le Rio Doce, ravageant plusieurs villes que le fleuve traverse, la boue a commencé à se déverser dans l'océan Atlantique dans la semaine du 23 novembre.

Si l'impact des déchets toxiques sur le lit de la rivière est déjà extrêmement préoccupant, les experts avertissent que les dommages causés à l'écosystème marin pourraient être encore plus graves, car il est plus vulnérable que les cours d'eau terrestres. Le biologiste André Ruschi, directeur de la station-école biologique Augusto Ruschi dans l'État de Espírito Santo, dit que les boues peuvent “décimer le Pantanal“, la plus grand zone humide tropicale du monde.

L'embouchure du Rio Doce est à proximité d'un lieu de nidification de tortues luth, les plus grandes tortues des côtes brésiliennes. Le moment ne pourrait être pire : novembre est la saison des amours pour les tortues. Le Tamar Project a pris l'initiative de déplacer les nids de la plage, mais on ignore ce que les effets à long terme seront car les tortues reviennent toujours au même endroit pour pondre leurs œufs, année après année.

Chronologie d'un écocide


Les poissons morts sur les rives de la rivière après le passage de la boue
Photo: Apurinã Krenak / Facebook

Le barrage effondré, appelé “Fundão”, est situé dans la partie orientale de l'Etat de Minas Gerais, près de la ville de Mariana. Non loin de Mariana est situé Bento Rodrigues, un village de 600 personnes qui a été complètement englouti par l'avalanche toxique et risque d'être rayé de la carte. Sept personnes sont mortes et 12 sont toujours portées disparues, dont neuf employés de Samarco.

L'impitoyable coulée de boue a surfé sur le Rio Doce pour frapper d'autres villes et d'atteindre l'état de Espírito Santo. Au total, environ 800 000 personnes ont été touchées par des coupure d'eau.

Samarco et Vale ont réussi à fournir 250 000 litres d'eau dans des camions-citernes à la population de Governador Valadares, une ville de  240 000 personnes (le plus grand centre de population dans l'est du Minas Gerais), mais il a vite été découvert que cette eau contenait de grandes quantités de kerosene, ce qui la rend impropre à la consommation.

Ce ne fut pas l'unique tentative maladroite de Samarco pour atténuer l'impact de la catastrophe depuis le 5 novembre. Dans la semaine qui a suivi l'effondrement du barrage, la société a donné une conférence de presse affirmant que la boue n'était pas toxique, mais deux analyses en laboratoire menées par les villes de Governador Valadares et Baixo Guandu ont détecté un niveau élevé de fer et d'autres métaux tels que le mercure.

Des experts ont expliqué que même si la composition des rejets de mines n'est pas toxique en elle-même, la boue agit comme une éponge et absorbe d'autres polluants dans la rivière.


Un habitant de Barra Longa, l'une des villes frappées par la coulée de boue
Photo: Antonio Cruz/Agência Brasil CC 3.0

Le gouverneur de l'Etat de Minas Gerais, Fernando Pimentel, du Parti des travailleurs qui est au pouvoir, a donné une conférence de presse au siège de Samarco. Il a pris la défense de la société et demandé ‘de la prudence’ avant de la montrer du doigt. L'attitude du gouverneur a provoqué des critiques. Fabrício Costa, qui est originaire de Minas Gerais, a commenté sur sa page  Facebook :

Citation :
Peut-on imaginer, après la catastrophe de Fukushima, le Premier ministre japonais Shinzo Abe aller au siège de la société qui gérait la centrale nucléaire et de là, donner une conférence de presse en disant que l'entreprise fait tout ce qu'elle peut pour limiter les dégâts infligés aux victimes et à l'environnement? […]

De même, comme Maurício Caleiro le dit : “Imaginez Obama au siège d'Exxon, assurant que l'entreprise prend toutes les mesures nécessaires”. […]

Voilà exactement ce qui est arrivé dans mon Etat. Le gouverneur Fernando Pimentel, devenu attaché de relations publiques pour la société, va à Samarco et de là, donne une conférence de presse en disant que la société qui a causé cet écocide fait tout ce qu'elle peut et que “nous ne pouvons pas formuler des accusations avant les résultats de l'enquête technique.”


L'accès des médias brésiliens aux sites affectés a été restreint, sous le contrôle de Samarco. Les habitants des villages frappés par la coulée de boue ont été relogés dans des hôtels qui eux aussi restreignent les contacts avec la presse (heures de visite limitées). Les travaux de pompage et nettoyage sont conduits par Samarco/Vale, qui, au jour de publication de ce post au Brésil, n'avait toujours pas fourni d'explications sur la ou les causes de la catastrophe.

Le gouvernement fédéral a fixé une amende de R$250 millions pour Samarco ($70 millions). En 2014, les revenus de la société s'élevaient à environ R$7.6 billion ($2 milliards).

La fin du Rio Doce ?

Le désastre est déjà surnommé le “Fukushima brésilien”. Les images choquantes de dévastation, le manque de réponses sur les causes de l'accident et l'attitude passive du gouvernement local et fédéral ont scandalisé la population et provoqué sa colère.

Le petit village de  Bento Rodrigues, inconnu de beaucoup de Brésiliens, est devenu le centre d'un débat sur l'échec apparent de la politique environnementale du Brésil. Une vieille vidéo montrant la vie à Bento Rodrigues avant la catastrophe a fait le tour des pages Facebook :


A propos de la vidéo, l'éditorialiste du journal O Globo Cora Ronai a écrit sur sa page Facebook:

Citation :
Je pense aux vies qui n'existent plus, à leur vie, aux vies de tant d'autres personnes affectées par cette tragédie. Je pense aux petits villages dont nous n'entendons même pas parler, aux animaux, aux chansons de la campagne, aux après-midis disparus, à l'insouciance disparue à jamais, à l'insouciance qui ne reviendra plus jamais, et je ressens une immense tristesse, une colère profonde, et une honte indicible de vivre dans un pays aussi négligent et irresponsable.


La boue toxique a contaminé terre et l'eau, tuant une grande partie de la faune et de la flore sur son chemin. Les biologistes et les écologistes craignent que cela puisse modifier le cours de la rivière et sa faune pour toujours, car la boue est probablement installée dans son lit, modifiant la morphologie du cours d'eau. Des inquiétudes sur la disparition des espèces endémiques de la région circulent également.

Luiz Carlos Azenha a téléchargé une vidéo sur Vimeo des poissons morts [vidéo dans l'original]

Le biologiste Maurício Ehrlich a confié au journal Folha de São Paulo que la boue pourrait transformer les rives en “déserts de boue” et que la reconstitution du sol pourrait prendre des centaines d'années (le cycle géologique pour la constitution d'un nouveau sol ).

Mais si les autorités brésiliennes sont accusées d'une inertie voulue afin d'atténuer les impacts de la catastrophe, les citoyens ordinaires ont pris rapidement les choses dans leurs propres mains. Les résidents, les pêcheurs, les scouts et les biologistes ont mis en place des opérations surnommées “Arches de Noé», pour sauver différentes espèces animales de la rivière avant l'arrivée de la boue. Les villes voisines ont aussi rapidement donné de l'eau pour les villes touchées par la coulée.


“Arche de Noé” : des volontaires récupèrent des espèces du Rio Doce
avant que les boues toxiques arrivent
#PrayForMarianapic.twitter.com/7LQS0VIgDh

Le Groupe indépendant pour l'analyse de l'impact environnemental (GIAIA) a créé un groupe Facebook, Le groupe d'action des citoyens scientifiques, pour guider ceux qui sont intéressés dans les protocoles de base à suivre pour prélever des échantillons d'eau de la rivière, afin qu'ils puissent être analysés plus tard.

GIAIA a également lancé une campagne de dons pour couvrir le coût d'une étude indépendante sur l'impact environnemental de la boue. En quelques jours, les groupes ont reçu plus de R$70,000 (US$ 18 000), presque 50% de plus que la somme demandée.

Outre ces initiatives citoyennes, beaucoup font valoir qu'il est essentiel de punir les responsables de la tragédie : des  pétitions circulent, exigeant des sanctions envers la compagnie, le gouvernement, et la justice pour les victimes. Le mot-clic #Pasunaccident (#NãoFoiAcidente) a fait son apparition sur les médias sociaux.

#Pasunaccident

Minas Gerais veut littéralement dire  “mines generales”. Ce n'est pas par hasard : depuis l'époque coloniale, les mines sont vitales pour les revenus de cet état, ce qui a entrainé des relations très étroites entre le gouvernement et les groupes miniers.

Ces liens sont encore plus évidents dans les villes proches des mines. Environ 80% of des recettes de la ville de Mariana, par exemple, proviennent de la mine Germano que possède Samarco. Cependant, dans tout le Minas Gerais, il n'y a que quatre inspecteurs pour surveiller plus de 700 barrages de retenues de déchets miniers. Selon un membre du Mouvement des personnes affectées par les barrages (MAB), le Minas Gerais a au moins 50 barrages à risque d'effondrement.

Le 18 novembre, la société a admis que deux autres barrages de la région, Santarém et Germano, risquent aussi de s'effondrer. Le barrage Germano, le plus important, est celui dont l'état est le plus délabré.


Village de Bento Rodrigues à Mariana (MG), détruit
après le passage de la coulée de boue
Photo: Antonio Cruz/Agência Brasil CC 3.0

Le journal de l’Institut d'art et de communication sociale de l'université fédérale de  Fluminense fait référence à un rapport technique de 2013, commandé par le procureur de l'Etat de Minas Gerais, qui avertissait des risques d'effondrement des barrages Samarco.

Il souligne aussi que le groupe australien BHP Billinton a été impliqué dans un désastre similaire en Papouasie-Nouvelle Guinée dans les années 80, au cours duquel des millions de déchets miniers ont été déversés dans la rivière Ok Tedi, affectant l'existence d'environ 50000 riverains.

Vale, l'autre compagnie derrière Samarco, n'est pas non plus une petite entreprise.C'est le troisième groupe minier au monde, qui opère sur cinq continents. D'abord société d'Etat, il a été privatisé en 1997 lors d'une vente entachée d'irrégularités qui n'ont jamais fait l'objet d'une enquête.

Les deux sociétés, en théorie, ont des compétences en gestion de crise, mais elles ont été accusées d'utiliser Samarco comme bouclier pour se tenir à distance des médias après la catastrophe.

Qu'il s'agisse d'un accident ou non, la douleur des Brésiliens est évidente. Dans le mini documentaire “Doce Rio” mis en ligne, le gouverneur autochtone Caíque Castro assure que “avec tout ce que nous affrontons, la foi ne doit pas faiblir”.

[documentaire Viméo dans l'original]

Ecrit par Elizabeth
Photo de Taisa Sganzerla
Traduit (en) par Taisa Sganzerla
Traduit par Claire Ulrich


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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mer 9 Déc - 13:32



8 impacts du changement climatique qui affectent déjà l’Afrique Traduction publiée le 9 Décembre 2015 5:56 GMT


Oxfam International : ”Qu'ils mangent du carbone”,
campagne de sensibilisation lors du sommet climatique de l'ONU
à Durban, en Afrique du Sud, en 2011
Crédit: Ainhoa Goma / Oxfam. CC BY-NC-ND 2.0

Cet billet est tiré d'un article écrit par Bhavna Deonarain publié en anglais et en français par l'ONG 350.org, une organisation militant pour l'émergence d'un mouvement climatique mondial. Il est repris par Global Voices dans le cadre d'un accord de partage de contenu.

Citation :
En ce moment même, les effets du changement climatique se font déjà sentir sur les populations d’Afrique. Les recherches effectuées montrent que le changement de température se répercute sur la santé, les moyens de subsistance, la production alimentaire, la disponibilité en eau et la sécurité globale des Africains.

D’après l’indice de vulnérabilité au changement climatique de 2015, sept des dix pays les plus menacés par le changement climatique sont en Afrique.


Les précipitations ont diminué dans une grande partie du Sahel et de l’Afrique australe, et ont augmenté dans certaines régions d’Afrique centrale. Au cours des 25 dernières années, le nombre de catastrophes météorologiques telles que les inondations et les sécheresses a été multiplié par deux. Cela explique pourquoi l’Afrique connaît le taux de mortalité dû aux sécheresses le plus élevé du monde.

1. Impacts sur les régimes météorologiques


Un village envahi par le désert en Mauritanie. 01/01/1984. Mauritanie
Photo ONU / John Isaac. CC BY-NC-ND 2.0

Inondations

L’inondation est la catastrophe la plus courante en Afrique du Nord, elle arrive en deuxième position en Afrique de l’Est, australe et centrale et en troisième position en Afrique de l’Ouest (AWDR, 2006).

En Afrique du Nord, les inondations catastrophiques qui ont frappé le nord de l’Algérie en 2001 ont fait 800 morts et provoqué une perte économique d’environ 400 millions de dollars. Au Mozambique, les inondations de 2000 (aggravées par deux cyclones) ont causé 800 morts, bouleversé la vie de près de 2 millions de personnes, dont environ 1 million manquait de nourriture, déplacé 329 000 habitants et détruit des terres agricoles (AWDR, 2006).

Sécheresses

Entre juillet 2011 et la mi-2012, une sécheresse intense considérée comme “la pire sécheresse depuis 60 ans” a touché l’ensemble de l’Afrique de l’Est.

2. Impacts sur l’approvisionnement en eau et la qualité de l’eau

Parmi les effets observables du changement climatique sur les ressources hydriques d’Afrique, on retrouve: inondations, sécheresses, modifications de la distribution des précipitations, assèchement des cours d’eau, fonte des glaciers et recul des masses d’eau.

Afrique de l’Ouest

Des économies entières souffrent lorsque les niveaux d’eau des énormes fleuves africains diminuent. Le Ghana, par exemple, est devenu totalement dépendant de l’énergie hydroélectrique du barrage d’Akosombo sur le fleuve Volta. Le Mali dépend du fleuve Niger pour la nourriture, l’eau et le transport. De longs tronçons du fleuve sont cependant aujourd’hui menacés de dévastation environnementale à cause de la pollution. Au Nigéria, la moitié de la population est privée d’accès à l’eau propre.


L'ampleur estimée du glacier du Kilimandjaro en 1912, et en 2002
Crédit: Delphine Digout, UNEP / GRID-Arendal

Glaciers du Kilimandjaro

La disparition progressive, mais spectaculaire, des glaciers du Kilimandjaro est le résultat du changement climatique (GIEC, 2001). Les glaciers jouent un rôle de château d’eau et plusieurs cours d’eau sont en train de s’assécher. On estime que 82 % de la glace qui couronnait la montagne lors des premiers relevés en 1912 a à présent disparu (IPCC, 2001).

3. Impacts sur l’agriculture et l’alimentation

Le paysage se transforme sur tout le continent. Les sécheresses, les vagues de chaleur et les inondations ont réduit le rendement des cultures et la productivité du bétail.

L’Afrique de l’Est fait face à la pire crise alimentaire du XXIème siècle. D’après Oxfam, 12 millions de personnes ont cruellement besoin de nourriture en Éthiopie, au Kenya et en Somalie. Les précipitations ont été inférieures à la moyenne, 2010/2011 étant l’année la plus sèche depuis 1950/1951. Cela pose un sérieux problème pour un continent dont l’agriculture dépend de la pluie.

4. Impacts sur la santé humaine


Des médicaments contre le paludisme. Nigeria
Photo: Arne Hoel / Banque mondiale. CC BY-NC-ND 2.0

Les pathologies liées au climat et les impacts sur la santé peuvent être importants dans les pays pauvres disposant de peu de moyens pour traiter et prévenir les maladies. Les impacts climatiques sur la santé comprennent, entre autres :

•Un stress thermique fréquent et intense lié à une augmentation continue de la température.

•La réduction de la qualité de l’air qui accompagne souvent les vagues de chaleur peut générer des problèmes respiratoires et aggraver les maladies respiratoires.

•Les impacts du changement climatique sur l’agriculture et d’autres systèmes alimentaires accroissent les taux de malnutrition et contribuent à la pauvreté. « Sachant qu’ une personne sur quatre est encore sous-alimentée en Afrique subsaharienne, les impacts du changement climatique rendent l’amélioration de la sécurité alimentaire et la réduction des tensions encore plus difficile à atteindre pour les gouvernements de la région. »

•La propagation du paludisme pourrait s’intensifier dans les zones où l’on prévoit une augmentation des précipitations et des inondations. L’augmentation des précipitations et de la température peut favoriser la dissémination de la dengue.

5. Impacts sur le logement

Les graves inondations et les sécheresses intenses ont détruit de nombreux logements, abris et villages sur le continent africain. Ces impacts sont exacerbés par les conflits liés au contrôle des ressources, conflits qui contribuent également aux migrations continues au sein et entre les pays africains.

Les phénomènes extrêmes déplacent un grand nombre de personnes, en particulier celles qui ne sont pas en mesure de faire face aux catastrophes et de rebâtir leur logement par manque de ressources.

“Les réfugiés du Soudan du Sud hébergés dans un camp de l’ONU vivent dans des eaux de crue contaminées par les égouts leur arrivant jusqu'aux genoux ce qui force certains parents à dormir debout pour pouvoir maintenir leurs enfants hors de l’eau”,
selon un reportage de la chaine de TV Al Jazeera d'aout 2014.


The UN is housing nearly 100,000 people in South Sudan in bases [Doctors Without Borders]

6. Impacts sur les populations vulnérables

En Afrique, les femmes, les enfants et les personnes âgées sont plus vulnérables aux impacts du changement climatique. De part leur rôle dans les réponses sociétales face au changement climatique comme après des événements météorologiques extrêmes (p. ex., migration des hommes), les femmes, en plus d’être mère, assument souvent des tâches en plus de leur travail.

La pénurie d’eau impose un fardeau additionnel aux femmes africaines, qui marchent pendant des heures et parfois des jours pour se procurer le précieux liquide (IPCC, 2014).

Les enfants et les personnes âgées sont plus exposés en raison d’une sensibilité supérieure aux maladies infectieuses, comme le paludisme, d’une mobilité limitée et d’une alimentation réduite. Les sécheresses, les vagues de chaleur et les incendies de forêt exposent les personnes âgées à un danger physique, voire au décès. La famine, la malnutrition, les maladies diarrhéiques et les inondations font de nombreuses victimes parmi les enfants. (IPCC, 2014).


Une Ethiopienne portant un baril d'eau
Crédit photo: 2006 Badadha Kule / IFPRI. CC BY-NC-ND 2.0

7. Impacts sur la sécurité nationale

Les impacts du changement climatique peuvent exacerber les problèmes de sécurité nationale et augmenter le nombre de conflits internationaux. Les conflits ont souvent pour origine l’utilisation de ressources naturelles, de terres fertiles et d’eau dont les quantités sont déjà limitées. Un accès en continu à des sources d’eau revêt une importance cruciale dans de nombreuses régions d’Afrique. La modification des périodes et de l’intensité des précipitations menace toutefois la disponibilité en eau, une ressource limitée aujourd’hui à l’origine de conflits (GIEC, 2014).

Selon un rapport des Nations Unies, l’accès à l’eau pourrait constituer la principale cause de conflits et de guerres en Afrique au cours des 25 prochaines années.

La modification des précipitations et de la température se répercute déjà sur le rendement des cultures en Afrique subsaharienne. Cela a entraîné des pénuries alimentaires qui ont déclenché une migration transfrontalière et des conflits intrarégionaux [lien inexistant] eux-mêmes à l’origine de l’instabilité politique au Nigéria, par exemple.

8. Impacts sur les écosystèmes


Bébé tortue de mer à Zanzibar
Photo par l'utilisateur Flickr Missy. CC BY 2.0

Le changement climatique a déjà altéré les écosystèmes marins et d’eau douce en Afrique de l’Est et australe et les écosystèmes terrestres en Afrique australe et de l’Ouest. Les phénomènes météorologiques extrêmes ont mis en évidence la vulnérabilité de certains écosystèmes d’Afrique australe. Les habitudes migratoires, l’aire de répartition géographique et l’activité saisonnière de nombreuses espèces terrestres et marines ont muté en réponse au changement climatique. L’abondance des espèces et leurs interactions se sont également modifiées (GIEC, 2014).

Le continent africain, bien qu’il soit moins responsable que d’autres des facteurs anthropiques à l’origine du changement climatique, est pourtant celui qui en souffre le plus.


Creative Commons License

Photo de 350.org
Ecrit par 350.org
Traduit par Blogueurs invites


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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Jeu 10 Déc - 9:58



Indonesia is burning. So why is the world looking away ? George Monbiot

A great tract of Earth is on fire and threatened species are being driven out of their habitats. This is a crime against humanity and nature



‘Children are being prepared for evacuation in warships already some have choked to death
Species are going up in smoke at an untold rate.’
Photograph: Ulet Ifansasti/Getty Images

I’ve often wondered how the media would respond when eco-apocalypse struck. I pictured the news programmes producing brief, sensational reports, while failing to explain why it was happening or how it might be stopped. Then they would ask their financial correspondents how the disaster affected share prices, before turning to the sport. As you can probably tell, I don’t have an ocean of faith in the industry for which I work. What I did not expect was that they would ignore it.

Citation :
A great tract of Earth is on fire. It looks as you might imagine hell to be. The air has turned ochre: visibility in some cities has been reduced to 30 metres. Children are being prepared for evacuation in warships; already some have choked to death. Species are going up in smoke at an untold rate. It is almost certainly the greatest environmental disaster of the 21st century – so far.

[vidéo dans l'original] Shocking drone footage captured by Greenpeace field researchers shows extensive peat and forest fires burning in Indonesia in early October.

And the media? It’s talking about the dress the Duchess of Cambridge wore to the James Bond premiere, Donald Trump’s idiocy du jour and who got eliminated from the Halloween episode of Dancing with the Stars. The great debate of the week, dominating the news across much of the world? Sausages: are they really so bad for your health?

What I’m discussing is a barbecue on a different scale. Fire is raging across the 5,000km length of Indonesia. It is surely, on any objective assessment, more important than anything else taking place today. And it shouldn’t require a columnist, writing in the middle of a newspaper, to say so. It should be on everyone’s front page. It is hard to convey the scale of this inferno, but here’s a comparison that might help: it is currently producing more carbon dioxide than the US economy. And in three weeks the fires have released more CO2 than the annual emissions of Germany.


‘The great debate of the week, dominating the news across much of the world?
Sausages: are they really so bad for your health?’
Photograph: Abdul Qodir/AFP/Getty

But that doesn’t really capture it. This catastrophe cannot be measured only in parts per million. The fires are destroying treasures as precious and irreplaceable as the archaeological remains being levelled by Isis. Orangutans, clouded leopards, sun bears, gibbons, the Sumatran rhinoceros and Sumatran tiger, these are among the threatened species being driven from much of their range by the flames. But there are thousands, perhaps millions, more.

One of the burning provinces is West Papua, a nation that has been illegally occupied by Indonesia since 1963. I spent six months there when I was 24, investigating some of the factors that have led to this disaster. At the time it was a wonderland, rich with endemic species in every swamp and valley. Who knows how many of those have vanished in the past few weeks? This week I have pored and wept over photos of places I loved that have now been reduced to ash.

Nor do the greenhouse gas emissions capture the impact on the people of these lands. After the last great conflagration, in 1997, there was a missing cohort in Indonesia of 15,000 children under the age of three, attributed to air pollution. This, it seems, is worse. The surgical masks being distributed across the nation will do almost nothing to protect those living in a sunless smog. Members of parliament in Kalimantan (Indonesian Borneo) have had to wear face masks during debates. The chamber is so foggy that they must have difficulty recognising one another.

It’s not just the trees that are burning. It is the land itself. Much of the forest sits on great domes of peat. When the fires penetrate the earth, they smoulder for weeks, sometimes months, releasing clouds of methane, carbon monoxide, ozone and exotic gases such as ammonium cyanide. The plumes extend for hundreds of miles, causing diplomatic conflicts with neighbouring countries.

Why is this happening? Indonesia’s forests have been fragmented for decades by timber and farming companies. Canals have been cut through the peat to drain and dry it. Plantation companies move in to destroy what remains of the forest to plant monocultures of pulpwood, timber and palm oil. The easiest way to clear the land is to torch it. Every year, this causes disasters. But in an extreme El Niño year like this one, we have a perfect formula for environmental catastrophe.

The president, Joko Widodo, is – or wants to be – a democrat. But he presides over a nation in which fascism and corruption flourish. As Joshua Oppenheimer’s documentary The Act of Killing shows, leaders of the death squads that helped murder a million people during Suharto’s terror in the 1960s, with the approval of the west, have since prospered through other forms of organised crime, including illegal deforestation.

They are supported by a paramilitary organisation with three million members, called Pancasila Youth. With its orange camo-print uniforms, scarlet berets, sentimental gatherings and schmaltzy music, it looks like a fascist militia as imagined by JG Ballard. There has been no truth, no reconciliation; the mass killers are still treated as heroes and feted on television. In some places, especially West Papua, the political murders continue.

Those who commit crimes against humanity don’t hesitate to commit crimes against nature. Though Joko Widodo seems to want to stop the burning, his reach is limited. His government’s policies are contradictory: among them are new subsidies for palm oil production that make further burning almost inevitable. Some plantation companies, prompted by their customers, have promised to stop destroying the rainforest. Government officials have responded angrily, arguing that such restraint impedes the country’s development. That smoke blotting out the nation, which has already cost it some $30bn? That, apparently, is development.

Our leverage is weak, but there are some things we can do. Some companies using palm oil have made visible efforts to reform their supply chains; but others seem to move more slowly and opaquely. Starbucks, PepsiCo, Kraft Heinz and Unilever are examples. Don’t buy their products until you see results.

On Monday, Widodo was in Washington, meeting Barack Obama. Obama, the official communiqué recorded, “welcomed President Widodo’s recent policy actions to combat and prevent forest fires”. The eco-apocalypse taking place as they conferred, which makes a mockery of these commitments, wasn’t mentioned.

Governments ignore issues when the media ignores them. And the media ignores them because … well, there’s a question with a thousand answers, many of which involve power. But one reason is the complete failure of perspective in a de-skilled industry dominated by corporate press releases, photo ops and fashion shoots, where everyone seems to be waiting for everyone else to take a lead. The media makes a collective non-decision to treat this catastrophe as a non-issue, and we all carry on as if it’s not happening.

At the climate summit in Paris in December the media, trapped within the intergovernmental bubble of abstract diplomacy and manufactured drama, will cover the negotiations almost without reference to what is happening elsewhere. The talks will be removed to a realm with which we have no moral contact. And, when the circus moves on, the silence will resume. Is there any other industry that serves its customers so badly?

A fully linked version of this article can be found at monbiot.com

• This article was amended on 16 November 2015 to restore Unilever to a list of companies that have been described as slow to reform their palm oil supply chains.


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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mar 22 Déc - 11:22


Le graphique frauduleux de la Maison Blanche

par Philippe David les7duQuébec 21 décembre 2015

Quand on s’intéresse à divers sujets et qu’on fouille le net pour se documenter un petit peu, c’est fou les choses qu’on peut trouver. Par exemple, sur le site de la Maison Blanche se trouve un texte intitulé «Why We Have to Act on Climate Now — In One Chart». Le graphique auquel le titre fait référence est celui-ci:


Citation :
Effrayant, n’est-ce pas? En le regardant, on croirait effectivement à une croissance phénoménale des températures et la ligne de la croissance du CO2 semble montrer une corrélation parfaite. Voilà la preuve irréfutable que nous sommes responsables du réchauffement, n’est-ce pas? Désolé, mais c’est faux.

Jouons à «Qu’est-ce qui cloche dans ce graphique?»

Parce que voyez-vous, ce graphique est frauduleux. Il a été manipulé pour sur-amplifier les données et donner l’impression d’une fausse corrélation. Pouvez-vous me dire ce qui cloche? Non? Regardez attentivement le graphique.

Si vous avez remarqué que l’axe des Y est tronqué pour ne montrer que la température entre 56 et 59 F,  je vous donne deux morceaux de robot. Plus, si vous avez également remarqué que l’axe des y du graphique de CO2 a également été tronqué pour éliminer tout en dessous de 260 ppm pour mieux donner une fausse impression de corrélation, vous gagnez le gros lot.

Voyez-vous, la troncation de ces axes a pour effet de sur-amplifier le tracé et le rendre beaucoup plus dramatique. C’est un trucage très fréquemment utilisé d’ailleurs. Voici le même tracé de température si on le représente avec l’axe des Y intact:


Tremblez-vous de peur maintenant? Si on la comparait avec la courbe de CO2 maintenant, vous croyez qu’il y aurait une corrélation? Voici un tracé des anomalies de température (c’est-à-dire basé sur les variations de température plutôt que des températures absolues), basé sur les données du Hadley Met Center et du East Anglia Climactic Research Unit (HadCRUt), comparé au tracé des émissions anthropiques de CO2:


J’attire ici votre attention sur le fait que le graphique représente mieux les données puisqu’on parle en réalité d’infimes variations de dixièmes de degrés. C’est pourquoi on n’utilise pas habituellement des graphiques basés sur des températures absolues, qui ne révèlent en réalité pas grand-chose. Notez que le réchauffement n’est pas linéaire, mais qu’il donne plutôt une forme d’escalier alors que les émissions de CO2 donnent une courbe linéaire. Nous ne pouvons donc pas établir de corrélation par la simple comparaison de ces courbes. Cependant, si la corrélation existait, on verrait la pente des phases de réchauffement devenir de plus en plus abruptes au fur et à mesure que les émissions de CO2 accélèrent. Voyez-vous une différence dans l’angle des trois pentes montantes du tracé des anomalies de température? Non? Moi non-plus.

Le graphique clame également que la pollution carbonique est à son plus haut niveau dans l’histoire humaine, ce qui est vrai. Sauf qu’à l’échelle que vit la Terre, l’existence humaine est équivalente à un clin d’œil. Si on regarde l’évolution des concentrations de CO2 dans l’atmosphère, à l’échelle géologique, on constate que le CO2 a été à des concentrations beaucoup plus élevées pendant la plus grande partie de l’évolution de la vie sur cette planète. Si le CO2 était si nocif, comment se fait-il que nous soyons là? Dans les faits, nous vivons une disette historique de CO2 par rapport à l’évolution de la Terre.


Si la vie a su fleurir sur cette Terre (incluant les ancêtres évolutifs de toutes les espèces actuelles, nous y compris) pendant des centaines de million d’années avec des niveaux de CO2 et des températures beaucoup plus élevées que ce que nous avons présentement, c’est quoi le problème?

Signe de la faiblesse de l’hypothèse anthropogénique

Ce graphique, loin de prouver l’hypothèse anthropogénique des changements climatique, tend plutôt à la discréditer. Si ce graphique est ce que la Maison Blanche, qui pourtant dépense plus de $4 milliards/an en recherches pour prouver que l’activité humaine est le facteur principal qui influence le climat, a de mieux à offrir pour prouver qu’il y a urgence d’agir en matière de climat, alors c’est un échec cuisant!

On ne cesse de nous dire qu’il y a consensus. Que la science est sans équivoque et indisputable. Si c’est le cas, pourquoi est-ce que le gouvernement le plus puissant de la planète aurait besoin d’utiliser un graphique frauduleux pour convaincre ses citoyens? Et si les instances les plus élevées de ce gouvernement s’abaissent à ce genre de pratique, qu’est-ce que ça dit au sujet de la crédibilité de ses agences impliquées activement dans l’étude du climat?

Maintenant vous savez pourquoi je suis sceptique…

En boni…

Consultez cette vidéo pour voir d’autres exemples de manipulation de données et de graphiques par les défenseurs de la rectitude climatique…


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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mar 26 Jan - 17:08



Le niveau de la mer pourrait monter deux fois plus vite que prévu   26/01/2016


Photo: Ouest-France

L'ampleur de la montée des eaux aurait été « sous-estimée ». Selon des chercheurs allemands, elle devrait être deux fois plus importante que ce qui a été calculé jusqu'alors

Citation :
L'ampleur de la montée du niveau de la mer résultant du réchauffement des océans aurait été « sous-estimée ». Elle devrait même représenter près de deux fois ce qui avait été calculé jusqu'à aujourd'hui, ont annoncé, ce lundi, des chercheurs allemands.

Violentes tempêtes, fonte des glaces et dilatation de l'eau

Dans leurs recherches, publiées dans les Comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS), ces experts ès bouleversements climatiques expliquent que de violentes tempêtes, fonte des glaces et dilatation de l'eau liées au réchauffement allaient concourir à une montée exponentielle du niveau de la mer.

Et si jusqu'à présent, les scientifiques évoquaient une montée des eaux estimée entre 0,7 et 1 millimètre par an, après avoir regardé de près les données satellites datant de 2002 à 2014, les experts allemands tablent, eux, sur une augmentation du niveau de la mer de 1,4 millimètre par an.

Une montée globale des eaux de 2,74 millimètres par an

« A ce jour, nous avons sous-estimé à quel point la montée de la masse aquatique dans les océans, liée au réchauffement contribue à la montée globale du niveau de la mer », explique Jürgen Kusche, professeur à l'université de Bonn.

Un expert qui souligne que le niveau général de la montée du niveau de la mer, toutes causes confondues, devrait atteindre, elle, les 2,74 millimètres par an. Selon les résultats des chercheurs allemands, la fonte de la calotte glacière et des glaciers, en Arctique notamment, y contribuera pour 1,37 millimètre par an.


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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Jeu 17 Mar - 9:10


les inégalités environnementales désignent les inégalités face à la nature.
Les individus ou groupes d’individus — classes, genres, « races », etc. —
ne sont pas égaux face à l’environnement



Razmig Keucheyan : « C’est à partir du sens commun qu’on fait de la politique »

Entretien inédit pour le site de Ballast

Citation :
Nous avons rendez-vous à l’Université, dans le centre de Paris. Razmig Keucheyan a réservé une salle pour notre entretien. « À une autre époque, on se serait retrouvé au local du parti ! », lance le sociologue. Militant au Front de gauche — au sein du mouvement Ensemble —, la posture de l’intellectuel surplombant ne lui parle guère ; la critique, nous dit-il, n’est jamais aussi efficace que lorsqu'elle tient les deux bouts : l’analyse et la stratégie politique (la première mise au service de la seconde). L’écologie, notamment dans son dernier ouvrage La nature est un champ de bataille, lui sert audacieusement de fil rouge afin d'attaquer de front les impasses et les contradictions des gauches radicales : rapport à l’État et à l’Union européenne, luttes sociales et populaires, mots d’ordre dépassés et identités collectives à redéfinir. Un entretien fleuve pour esquisser une alternative au prétendu cours des choses.


On sait ce que sont les inégalités sociales, les inégalités homme-femme ou encore les inégalités raciales, mais on entend peu parler des inégalités environnementales. Pouvez-vous nous en dire plus ?

C’est très simple : les inégalités environnementales désignent les inégalités face à la nature. Les individus ou groupes d’individus — classes, genres, « races », etc. — ne sont pas égaux face à l’environnement. Les pollutions, les catastrophes naturelles, ou encore les altérations de la biodiversité sont subies de manière très différente selon la catégorie sociale à laquelle on appartient. Où mesure-t-on par exemple le plus souvent les pics de pollution les plus élevés en région Île-de-France ? Dans le « 93 » — notamment autour de l’autoroute A1 : le département le plus pauvre de France métropolitaine, qui est aussi celui qui accueille le plus d’immigrés récents. En plus, donc, des inégalités traditionnellement étudiées par les sociologues, et dénoncées par les mouvements sociaux (revenu, genre, diplômes, etc.), on trouve des inégalités environnementales — elles existent depuis les origines de l’époque moderne. Mais la crise environnementale dans laquelle nous sommes entrés les aggrave considérablement.

« L’une des questions politiques du moment est :
comment faire converger les mouvements écologistes et la gauche héritière du mouvement ouvrier ? »
La notion d’inégalités environnementales permet de prendre le contre-pied de l’écologie dominante. Celle-ci conçoit le changement climatique comme affectant l’humanité dans son ensemble, de manière indiscriminée. Si vous lisez les textes de Nicolas Hulot, par exemple, c’est cette conception de l’écologie qui s’y exprime. Or c’est tout le contraire. Pour comprendre la dynamique de la crise environnementale, il faut s’en remettre à une analyse en termes d’inégalités. Et, dans cette perspective, une approche marxiste reste plus que jamais d’actualité. L’intérêt du concept d’inégalités environnementales est analytique, mais aussi stratégique. L’une des questions politiques du moment est : comment faire converger les mouvements écologistes et la gauche héritière du mouvement ouvrier, et notamment les syndicats ? Les relations entre les deux, on le sait, ne sont pas toujours faciles. Les inégalités environnementales peuvent être un moyen de concevoir cette convergence. Le vocabulaire des inégalités, c’est l’ADN du mouvement ouvrier, qui est apparu au XIXe siècle afin de lutter contre elles. C’est pourquoi en y ajoutant la dimension environnementale, en la combinant avec les autres, il est possible de construire un langage et des perspectives politiques communes...


Dans votre livre, vous insistez sur une des modalités de ces inégalités : le racisme environnemental. Pourquoi mettre l’accent sur ce cas particulier ?


Écrire des livres de sciences sociales suppose, aujourd’hui plus que jamais, de s’interroger sur les moyens de capter l’attention du lecteur. C’est la fonction de notions comme celle de « racisme environnemental ». Cette notion rapproche deux problématiques en apparence éloignées, à savoir le racisme et la crise environnementale ; elle renvoie au fait que les victimes du racisme, dans les pays du Nord comme du Sud, sont également le plus souvent les victimes d’un environnement dégradé. Qui furent par exemple les principales victimes de l’ouragan Katrina, à la Nouvelle-Orléans, en 2005 ? Les Noirs et les pauvres, parce qu’ils habitent dans les zones inondables, alors que les Blancs et les riches sont installés sur les hauteurs de la ville. Où eurent lieu les essais nucléaires français ? D’abord dans le désert algérien, puis en Polynésie. Or ces essais ont un impact durable sur la santé des populations concernées, ainsi que sur les écosystèmes. Le racisme comporte une dimension spatiale et environnementale ; ce n’est pas une simple affaire d’« opinions » ou de « préjugés » racistes. Dans les débats qui ont suivi la parution de mon livre, on m’a dit : « Tes exemples de racisme environnemental sont souvent anglo-saxons, qu’en est-il de la France ? »



« Qui furent par exemple les principales victimes de l’ouragan Katrina, à la Nouvelle-Orléans, en 2005 ?
Les Noirs et les pauvres. »


Le racisme environnemental peut facilement être repéré en France : je viens d’en donner un exemple avec les essais nucléaires. En voici un autre. Une étude statistique, publiée par le Journal of Environmental Planning and Management, démontre qu’en France chaque pourcentage supplémentaire de la population d’une ville née à l’étranger augmente de 30 % les chances pour qu’un incinérateur à déchets, émetteur de pollutions et donc nocif pour la santé, y soit installé. Ces incinérateurs ont donc tendance à se trouver plus fréquemment à proximité de lieux d’immigration récente, notamment parce que les populations qui s’y trouvent ont une capacité moindre à se mobiliser contre leur installation, ou parce que les autorités préfèrent préserver les catégories aisées et/ou blanches de ce type de nuisances environnementales. Le racisme environnemental, par conséquent, n’est pas un phénomène typiquement américain. Bien sûr, l’histoire du racisme aux États-Unis a ses spécificités, tout comme elle a des spécificités dans d’autres contextes nationaux, et notamment en France. Mais la reconnaissance de particularités nationales en la matière ne doit pas conduire à oublier que le racisme en général, et le racisme environnemental en particulier, résultent de la dynamique globale du capitalisme : ils sont donc partout présents, sous des formes diverses. C’est la raison pour laquelle le livre s’ouvre sur cette problématique. J’ajoute que parler de racisme environnemental ne conduit nullement, en ce qui me concerne, à négliger la dimension de classe des rapports sociaux et environnementaux — bien au contraire. Dans la perspective que j’essaie de développer, classe, genre, « race » et environnement sont étroitement imbriqués.


Katrina, 2005 (Eric Gay/AP)

Le « retour à la nature » s’est développé comme une expérience de classe : les classes supérieures y trouvaient un moyen de fuir la ville et ses industries bruyantes et sales. On retrouve cet élitisme environnemental dans les premières organisations de protection de l’environnement, blanches et diplômées. Pensez-vous que la situation a évolué ? L’image de « l’écolo-bobo » au revenu confortable, souvent enseignant et habitant en plein centre-ville, demeure omniprésente...

Cet « élitisme environnemental », pour reprendre l’expression du sociologue noir américain Robert Bullard, ne se retrouve pas partout. En Amérique latine ou en Asie, par exemple, les mouvements écologistes se sont historiquement construits autour de la question de l’accès aux ressources naturelles élémentaires. De ce fait, leur base sociale a toujours été plus populaire. La raison en est que cet accès est un enjeu de survie immédiate, ce qui suppose une dimension de classe plus prononcée dans la construction des problématiques environnementales dans ces régions. Même dans les pays occidentaux, différentes conceptions de la « nature » ont de tout temps été en lutte. La conception dominante, vous l’avez dit, fait de la nature une entité extérieure au social et aux rapports de classe, un lieu pur et intact où les représentants des catégories supérieures vont se reposer du « bruit et de la fureur » de la civilisation du capital. Mais dès les origines de l’époque moderne, la nature a aussi fait l’objet de formes de politisation « par en bas ». Souvenons-nous des écrits de Karl Marx sur le « vol de bois », ou de ceux d’E. P. Thompson sur le Black Act1. L’extériorité de la nature par rapport à la lutte des classes est contestée dès le début. Je ne pense pas que l’intérêt pour les inégalités environnementales dans les milieux écologistes dominants ait en quelque manière augmenté au cours des années récentes. On observe des expériences novatrices, comme les « Toxics tours » organisés par des militants en Seine-Saint-Denis, par exemple2. Ces « promenades écologistes », dont l’idée vient des États-Unis, cherchent à démontrer que les principales victimes des pollutions sont aussi les catégories sociales les plus pauvres. Mais ces expériences demeurent hélas limitées, et je n’ai pas vu les représentants de l’écologie mainstream se précipiter pour y participer...

Sur cette question de la convergence entre les questions sociales et écologiques, on critique souvent le mouvement écologiste : le problème ne vient-il pas, aussi, du mouvement ouvrier, longtemps et encore dominé par une pensée productiviste ? Vous évoquez la catastrophe d’AZF, où écologistes et syndicats se sont opposés après l’explosion de l’usine — les premiers souhaitant la fermer définitivement quand les seconds se battaient pour préserver les emplois...

« Malheureusement, ce qui prévaut dans nombre de mouvements écologistes,
même radicaux, c’est une absence complète de pensée de l’État. »

Les historiens qui se sont intéressés aux liens entre écologie et syndicalisme nuancent le jugement selon lequel le mouvement ouvrier aurait été systématiquement productiviste, et donc depuis toujours hermétique à l’écologie. Il est clair, néanmoins, que la dominante au XXe siècle aura été celle-là. L’adhésion au productivisme s’explique par des facteurs divers. D’abord, le modèle productiviste de l’URSS a longtemps prévalu dans des secteurs importants du mouvement syndical, et pas seulement ceux appartenant à l’univers communiste stricto sensu. Ensuite, le productivisme à l’œuvre lors des Trente Glorieuses a eu des conséquences positives en termes de progrès économique et social pour nombre de gens. Il faut se replacer dans le contexte de l’après-guerre, et comprendre ce qu’ont pu signifier en termes d’amélioration des conditions de vie les taux de croissance de l’époque. Dans cette perspective, l’adhésion au productivisme, et la sous-estimation de ce que le progrès (ou une certaine version du progrès) peut avoir de néfaste, se comprend aisément. Enfin, depuis la fin des Trente Glorieuses, l’émergence d’un chômage de masse implique que dans la hiérarchie des préoccupations syndicales, l’enjeu écologique passe souvent au second plan. C’est précisément la raison pour laquelle la question de l’emploi devrait être centrale dans les préoccupations des mouvements écologistes. Il existe étonnamment peu de travaux sur le lien entre transition écologique et évolution de la structure de l’emploi 3.

La transition écologique va forcément conduire à la décroissance puis à la disparition des secteurs polluants de l’économie, et donc à la suppression des emplois concernés. Sur la base de ce constat, deux principes doivent être appliqués : d’une part, le maintien du revenu des personnes concernées pendant toute la durée de la transition, et, d’autre part, des investissements massifs par l’État dans la reconversion des infrastructures polluantes, et la formation des salariés dans la perspective des nouveaux emplois « soutenables ». Il va sans dire que les syndicats doivent être en première ligne dans le « pilotage » de cette transition qui ne peut en aucun cas se faire « par en haut ». La difficulté, bien entendu, est que nous vivons dans des États néolibéraux austéritaires. Ces États se sont eux-mêmes délestés des moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre de cette transition écologique ; raison pour laquelle la critique de l’État néolibéral est une tâche urgente pour tout mouvement écologiste, en tant qu'il empêche toute transition. Malheureusement, ce qui prévaut dans nombre de mouvements écologistes, même radicaux, c’est une absence complète de pensée de l’État.


Katrina, 2005 (Dave Martin)

Parmi les solutions les plus en vogue dans les organisations internationales, ainsi que dans certaines ONG, nombreuses sont celles qui s’inspirent des mécanismes de marché afin de protéger l’environnement : il s’agit généralement de donner un prix à la nature, que ce soit pour créer un marché carbone ou évaluer la valeur monétaire des écosystèmes. Vous critiquez cette financiarisation de la nature. Pourtant, mettre un prix sur l’environnement n’est-il pas justement un moyen de forcer la prise en compte de sa valeur ?

Donner un prix à la nature n’a rien de nouveau. Cela existe depuis toujours dans le capitalisme. Ce qu’on appelle une « matière première » désigne une ressource naturelle qui entre dans la production d’une marchandise.  Les matières premières ont un prix, c’est-à-dire qu’elles sont échangées sur des marchés. Or, à ma connaissance, donner un prix à ces ressources n’a pas empêché jusqu’ici qu’elles soient surexploitées, dégradées, ou que leur utilisation suscite le dérèglement climatique. Par conséquent, le seul fait de donner un prix à la nature ne règle en rien le problème. Il y a aujourd’hui quatre principaux mécanismes de marché « branchés » sur la nature : les marchés carbone, les dérivés climatiques, les banques de compensation biodiversité et les obligations catastrophes. Trois d’entre eux constituent à ce jour des fiascos complets ; le quatrième fonctionne relativement bien. Pourquoi la plupart de ces instruments financiers ont-ils échoué ? Pour une raison simple, qui apparaît clairement dans le cas des marchés carbone : si on n’impose pas des quotas d’émission carbone suffisamment stricts aux entreprises, le prix de l’entité échangée — ici, le quota carbone — baisse trop, et l’échange cesse d’être intéressant pour les entreprises concernées. Celles-ci ne sont en d’autres termes pas incitées à restructurer leur appareil productif pour le rendre moins émetteur de gaz à effet de serre.


« L'État n’est pas seulement les services publics : c’est une entité complexe,
dont une bonne part de l’activité consiste à défendre les intérêts des classes dominantes. »

Seule une volonté politique forte, qui abaisserait considérablement les seuils d’émission et ferait de ce fait remonter le prix de la tonne de carbone, permettrait de surmonter ce problème. Mais on voit bien que le fond du problème n’est pas économique : il s'agit bien d'une question de volonté de politique puisque c’est l’État qui fixe les seuils d’émission de quotas carbone. Plus généralement, ce que le marché n’arrivera jamais à intégrer, c’est l’existence dans la nature d’irréversibilités. Les marchés vivent dans une sorte de présent éternel, or la nature est évolutive. Prenons un autre exemple. Les banques de compensation biodiversité permettent à des entreprises de « compenser » des écosystèmes qu’elles détruisent à un endroit, en investissant dans la restauration d’écosystèmes à un autre endroit. Deux problèmes surgissent à partir de là. D’abord, comment rendre ces écosystèmes commensurables ? Qu’est-ce qui garantit qu’un écosystème détruit dans le sud de la France et un écosystème restauré dans le nord sont en quelque manière équivalents ? Pour cela, il faudrait disposer d’un concept de « valeur » appliqué à la nature, qui rendrait la comparaison possible. Certains économistes de l’environnement cherchent à élaborer un tel concept, mais c’est du pur délire… Ensuite, à supposer même que la comparaison d’écosystèmes soit possible, la nature détruite l’est la plupart du temps de manière irréversible. Le principe de la compensation consiste à agir après qu’une portion de nature a été détruite, alors qu’il s’agirait évidemment d’agir en amont. Mais pour cela, des contraintes fortes doivent être imposées à l’activité économique…


Quel est le rôle de l’État dans ce phénomène ? Est-il un garde-fou contre la privatisation et la financiarisation de la nature ?

L’État (néo)libéral est tout le contraire du laisser-faire/laisser-passer — c’est ce que des auteurs comme Karl Polanyi ou Michel Foucault ont démontré. L’État œuvre constamment en faveur des marchés. Dans les années 1990, la « gauche de la gauche » a développé un discours simpliste affirmant qu’il faudrait en toute circonstance défendre l’État contre les marchés : on en est revenu, fort heureusement. Il faut bien entendu défendre les services publics — ce que Pierre Bourdieu appelait la « main gauche » de l’État. Mais l’État n’est pas seulement les services publics : c’est une entité complexe, dont une bonne part de l’activité consiste à défendre les intérêts des classes dominantes (au besoin, par la force). En travaillant sur l’environnement, on s’aperçoit que l’intrusion de l’État dans les processus naturels n’est pas du tout une garantie pour que la nature soit protégée — bien au contraire.


Katrina, 2005 (Frank Relle)
L’État a deux principales fonctions en ce qui concerne la « production de la nature ». D’abord, il construit la nature pour les marchés. Les marchés carbone sont un cas par excellence de création d’un marché ex nihilo, où l’État construit une entité — le quota carbone — en distribuant des droits de propriété à des opérateurs privés pour qu’ils s’échangent cette entité, et en retirent un profit. L’État n’est donc pas du tout dans ce cas un garde-fou contre les excès du marché : il est ce qui permet l’émergence d’un marché qui exploite des processus naturels. Ensuite, à mesure que les destructions environnementales augmentent, l’entretien de ce que Marx appelle les « conditions de production » ne cesse de se renchérir : il faut toujours davantage de moyens pour dépolluer, pour maintenir en bonne santé (relative) les travailleurs, pour extraire des ressources naturelles toujours nouvelles, etc. Or c’est l’État qui assure financièrement les coûts croissants induits par ce renchérissement des conditions de production. Le capitalisme repose sur une logique simple : socialisation des coûts (en l’occurrence environnementaux), privatisation des bénéfices. La prise en charge par l’État du renchérissement des conditions de production permet au capital de continuer à exploiter la nature, sans avoir à en supporter les coûts. Pour comprendre quelque chose à la dynamique environnementale du capitalisme, il faut donc penser conjointement le triptyque que forment l’État, le marché et la nature.

Vous vous intéressez à la façon dont les militaires prennent en compte les questions environnementales et vous inquiétez de l’absence d’intérêt des théoriciens critiques pour les questions stratégiques, pourtant primordiales pour qui veut sortir d’« abstractions fort peu politiques ». Qu’est-ce que la doctrine militaire peut nous apprendre ?

« Le monde dans lequel nous vivrons dans cinquante ans
ou un siècle sera en partie façonné par les militaires. »

Le monde dans lequel nous vivrons dans cinquante ans ou un siècle sera en partie façonné par les militaires, tout comme le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui est en partie issu de la Guerre froide. Il suffit de penser à l’invention d’Internet. Ne serait-ce que pour cette raison, il est important d’être attentif à ce à quoi pensent les militaires aujourd’hui. Dans son cours intitulé La société punitive, Michel Foucault dit que la gauche a souvent été tentée de sous-estimer ce qu’il appelle l’« intelligence de la bourgeoisie », à savoir les modes de pensée des dominants. La gauche s’imagine souvent que la droite domine par la seule répression ou par la manipulation, et non par son intelligence. Faute d’être au pouvoir, la gauche, elle, aurait au moins l’intelligence de son côté. Or si on s’intéresse à la manière dont se construisent les hégémonies, il faut prendre au sérieux les « technologies de pensée » des dominants, et parmi elles les technologies de pensée militaires. Ainsi, j’ai été stupéfait de constater, en lisant les rapports militaires que j’évoque dans mon livre, que les armées sont en pointe sur la réflexion concernant le changement climatique. Du fait de son court-termisme, la classe politique a les plus grandes peines à se projeter dans le monde de demain. Les militaires y parviennent sans problème, multipliant les scénarios portant sur les effets sociaux et politiques de la crise environnementale.

Le fait qu’ils n’ont pas à remettre leur mandat en jeu tous les quatre ou cinq ans leur permet, il est vrai, de développer un autre type de rapport au temps politique. Les marxistes classiques étaient des grands lecteurs de stratégie militaire, et notamment de Clausewitz. La stratégie militaire avait trois fonctions chez eux. D’abord, ils lui ont emprunté toute une série de concepts et de métaphores pour penser la politique (il suffit de penser à la distinction entre « guerre de mouvement » et « guerre de position » chez Antonio Gramsci, mais il y en a bien d’autres). Les marxistes se représentent les partis politiques qu’ils bâtissent, qu’ils soient d’avant-garde ou de masse, sur le modèle des armées modernes, et les militants comme des soldats. Alain Badiou dit qu’au XXe siècle la politique révolutionnaire est « sous condition du militaire ». Enfin, la stratégie militaire sert aux marxistes à prendre le pouvoir et à le garder lorsqu’ils sont en position de le faire, comme dans la Russie de 1917. La question est : est-ce que aujourd’hui la stratégie militaire a une importance aussi grande pour la gauche ? D’abord, nous assistons clairement à une crise de la forme parti. Je ne pense pas qu’il faille congédier cette forme, mais il est évident qu’elle n’a pas survécu telle quelle au XXe siècle. J’ai toujours été membre de partis : je suis pour les partis politiques mais nous n’allons reconstruire aujourd'hui ni le parti léniniste d’avant-garde, ni un parti de masse à l'ancienne. Ensuite, la « civilisation des mœurs » de Norbert Elias  (la pacification des relations sociales) a poursuivi son œuvre : c’est d’ailleurs pour cela, en partie, que les attentats du 13 novembre sont aussi sidérants pour nous. La mort de 130 personnes, qui, dans d’autres sociétés est hélas assez quotidienne et banale, est pour nous devenue inconcevable. Il est donc évident, aujourd’hui, qu'utiliser des modèles stratégiques issus de l’art de la guerre et les réimporter dans le champ politique est devenu plus complexe qu’il y a un siècle.


Katrina (Joe Raedle)

Au-delà du cadre de l’écologie, comment expliquez-vous la distance entre les pensées critiques et les réflexions de stratégie politique concrète ? Pour caricaturer : les théoriciens sont en colloques à travers le monde pour expliquer à quel point le monde va mal et les dirigeants de partis sont en négociations partisanes sur des détails…

Plusieurs tendances de fond s’entremêlent ici. D’abord, dans les années 1920 et 30, la glaciation stalinienne s’abat sur des pans entiers du mouvement ouvrier. Les questions théoriques, âprement débattues chez les marxistes de la période antérieure, vont désormais être de plus en plus directement assujetties à des considérations de tactique immédiate. Nombre d’entre elles sont placées sous la responsabilité du Comité central – ce qui montre d’ailleurs, au passage, qu’elles étaient prises très au sérieux par lui… Les intellectuels créatifs ont alors deux choix possibles : soit rentrer dans le rang et donc cesser d’être créatifs, soit rester créatifs et s’éloigner des organisations en voie de stalinisation. Cette disjonction est une des causes de la dissociation de la théorie et de la pratique que vous évoquez. Mais il faut s’empresser de nuancer. Ce constat ne signifie pas que le mouvement communiste a cessé de réfléchir dans les années 1920, ou que le marxisme créatif était toujours extérieur à lui. Des penseurs comme le Hongrois Georg Lukacs, l’Italien Galvano Della Volpe ou Louis Althusser, par exemple, sont demeurés membres des partis communistes de leurs pays. Par conséquent, si une logique de dissociation de la théorie et de la pratiques politiques s’enclenche, des théorisations parfois très sophistiquées émanent de penseurs encartés. Ces théorisations prennent parfois des formes euphémisées ou sublimées, comme dans le cadre de la critique de l'« humanisme » à laquelle se livre Althusser, qui est en partie une intervention contre le stalinisme du PCF.


«  Cette logique de spécialisation rend plus difficile la transformation du monde social :
pour transformer ce dernier, il faut d’abord être parvenu à se le représenter dans sa "totalité". »

À cette première tendance de fond s’en ajoute une deuxième pour expliquer la dissociation de la théorie et de la pratique politiques tout au long du XXe siècle. C’est ce que Pierre Bourdieu appellerait l'« autonomisation des champs ». Avec l’approfondissement de la division du travail, les champs politique et intellectuel tendent à se différencier, et à fonctionner sur la base de « capitaux » différents. Dans ces conditions, la « traduction » des compétences acquises dans le champ intellectuel dans le champ politique — et inversement — devient de plus en plus difficile. Une troisième logique vient compléter les deux premières (la glaciation stalinienne et la division du travail) : la spécialisation des disciplines scientifiques. Dans ma discipline, la sociologie, on peut par exemple faire aujourd’hui toute sa carrière en se spécialisant sur des micro-objets, alors que les classiques (Marx, Durkheim, Weber…), qu’ils soient marxistes ou non, développaient des conceptions « totalisantes » du monde social. Cette logique de spécialisation interne à chaque discipline, qui est peut-être le destin normal de toute science, rend plus difficile la transformation du monde social : pour transformer ce dernier, il faut d’abord être parvenu à se le représenter dans sa « totalité »…

Podemos aspire à allier les deux et Pablo Iglesias a présenté votre livre Une cartographie des nouvelles pensées critiques dans leur émission La Tuerka. Leur point de départ est le constat d’une défaite culturelle de la gauche depuis les années 1980 : son langage, ses mots d’ordre, ses symboles, ses figures ne seraient plus en phase avec la société civile. Etes-vous d’accord avec ce point de départ ?


Podemos ne congédie nullement les symboles de la gauche traditionnelle. Bien sûr, il y a des déclarations provocatrices de Pablo Iglesias, formulées pour la plupart dans le cadre de débats avec d’autres secteurs de la gauche. Mais leur stratégie est à mes yeux plus nuancée que cela : ce que fait Podemos, c’est « articuler » les idées de la gauche traditionnelle avec un autre type de discours, le « populisme », qui consiste à se représenter la politique non pas d’après l’opposition droite/gauche, mais d’après des coordonnées « verticales » : ceux d’en haut contre ceux d’en bas, les élites corrompues et le système face à nous, le peuple, les 1 % contre les 99 %, etc. C’est ce type de discours qui avait fait le succès du mouvement « Occupy Wall Street », au moins en partie. Il y a dans le discours de Podemos un aller-retour constant entre ces deux référentiels, mais en aucun cas me semble-t-il un abandon pur et simple du référentiel traditionnel de la gauche. Ça marche assez bien jusqu’ici, il faut le reconnaître... Et les divergences existantes entre courants à l’intérieur de Podemos sont plutôt un signe de vitalité de l’organisation. Cette articulation du discours de la gauche traditionnelle avec d’autres types de discours se constate également en Amérique latine dans les années 2000. Les Boliviens, par exemple, articulent le référentiel de la gauche avec l’« indianisme »4. Cela permet de s’adresser à des secteurs de la société qui ne seraient pas d’emblée sensibles au discours traditionnel de la gauche. Et, par ailleurs, le diagnostic d’un caractère un peu « vieillot », sclérosé, fossilisé d’un certain discours de gauche, on ne peut être que d’accord ! Il est évident que, dans le contexte du néolibéralisme triomphant des années 1980 et 90, le réflexe des gauches révolutionnaires – puisque la social-démocratie a couru devant les libéraux – a été de « tenir sur leur base », et parfois de se crisper sur les fondamentaux. Il y a donc quelque chose de décapant dans l’entreprise d’Iglesias.


Katrina, 2005 (NIST)

Il s’agit donc d’inventer une nouvelle stratégie, qui ne parte plus des grandes théories mais du sens commun : n’y a-t-il pas là un danger de surenchère dans le renoncement ? Autrement dit, jusqu’à quel point accepter « le sens commun d’une époque », au risque de bazarder le fond révolutionnaire ?


Au-delà du cas espagnol, la stratégie qui consiste à se rendre sensible au sens commun est une excellence méthode ! Notamment sur les deux points que sont la corruption des élites et l’accroissement des inégalités. Il faut aller chercher les gens là où ils sont – même si ce « là où il sont » peut-être confus et ne correspond d'emblée pas à nos analyses. Travailler au sein de cet espace « populiste » et y ajouter progressivement un discours « lutte des classes » est nécessaire. Les militants d’Anticapitalistas, un groupe marxiste au sein de Podemos, ont raison d’y être car il faut être là où sont les gens, pour y insuffler des éléments de critique radicale du système. C’est également la raison pour laquelle je suis au Front de gauche. Il y a chez Mélenchon des accents « populistes » salutaires. C’est toujours à partir du sens commun qu’on fait de la politique, et non en restant dans des groupuscules à l’écart de la majorité des gens.

En France, les problèmes se posent différemment. Un argument-poncif ressort partout : le Front national gagne la « bataille culturelle » quand la gauche radicale ne la mène même pas. Que signifie, concrètement, « mener une bataille culturelle » ?


« C’est toujours à partir du sens commun qu’on fait de la politique,
et non en restant dans des groupuscules à l’écart de la majorité des gens. »

Il y a un malentendu concernant cet argument de la « bataille culturelle ». On entend souvent dire, à gauche en particulier, que la droite est hégémonique parce qu’elle a gagné la « bataille culturelle ». Cela me paraît erroné. Le point crucial est qu’au cours des trente dernières années, le capitalisme a subi des transformations structurelles profondes : financiarisation, effondrement du bloc de l’Est et intégration de ces pays dans l’économie mondiale, tournant capitaliste de la Chine, restructuration des vieux appareils productifs, crise du mouvement ouvrier… Ces transformations, qui n’ont rien à voir avec une quelconque « bataille culturelle », ont objectivement fait le jeu de la droite et du néolibéralisme, et approfondit la crise des gauches. Ce n’est de toute évidence pas une question de nombre de communicants présents sur les plateaux de télé… Dans ce contexte de bouleversements des conditions de l’accumulation du capital, le camp néolibéral s’est avéré prêt à saisir des opportunités. Mais attention au sens de la causalité : c’est parce qu’il y a d’abord des transformations structurelles du capitalisme qu’une nouvelle hégémonie de la droite a été possible. Mener une bataille des idées, c’est toujours la mener dans un contexte de crise. Mais la crise elle-même a sa logique propre, et en l’occurrence elle a clairement favorisé la droite. Toute la question, pour la gauche aujourd’hui, est de trouver dans la crise actuelle des éléments structurels auxquels « accrocher » ses propositions. Mais pour cela, il faut commencer par analyser sérieusement le système et ses transformations, et ne pas s’imaginer que l’essentiel se joue au niveau d’une « bataille culturelle » étroitement conçue…

Comment analysez-vous le rapport de la gauche avec les nouveaux modes de communication (audiovisuels et réseaux sociaux) ?

Ce que Gramsci appelle « front culturel » ne se limite pas aux médias de communication. Un délégué syndical dans une entreprise mène également une « bataille culturelle » : par les débats qu’il suscite avec ses collègues, par le journal qu’il diffuse, par l’attention qu’il porte aux sensibilités qui s’y expriment, sur des sujets politiques ou tout autre chose. Par conséquent, mener une bataille culturelle, ce n’est certainement pas se précipiter dans les médias dominants à la première occasion. La construction de systèmes médiatiques autonomes me paraît un objectif essentiel. Actuellement, certains ont des audiences très élevées : le Monde Diplomatique diffuse à plus de 150 000 exemplaires pour la seule édition en langue française, Jacobin va être vendu dans tous les Barnes & Nobles aux États-Unis, l'émission La Tuerka de Pablo Iglesias et ses camarades connait le succès que l’on sait, Democracy Now!, une télévision alternative animée par une figure de la gauche radicale américaine, Amy Goodman, fait un travail remarquable. Bien sûr, ce n’est ni BFMTV, ni Fox News. Mais il est faux de dire que la construction de médias alternatifs à diffusion massive n’a pas été possible au cours des dernières années. Ces médias permettent d’élaborer et de diffuser une pensée radicale autonome, affranchie des contraintes des médias dominants. On peut aussi évoquer l’utilisation par la gauche radicale des nouvelles technologies de communication. Vous connaissez peut-être les cours de David Harvey sur le Capital, qui ont été filmés et largement diffusés ? Il est dommage que la gauche soit à la traîne sur ce type d’initiatives. Les « MOOC », aujourd’hui à la mode dans les universités, pourraient eux aussi être exploités pour diffuser des idées alternatives, dans le cadre de nouvelles formes de pédagogies radicales. Historiquement, la gauche a toujours développé ses propres usages des technologies de communication existantes…

On voit parfois un certain « élitisme à gauche » par rapport à ces médias : comme si le discours révolutionnaire ne pouvait s’abaisser au niveau d’un débat chez David Pujadas...

Gramsci était un grand admirateur de l’Église catholique. Une de ses forces, disait-il, était sa capacité de produire plusieurs versions du même discours : il y a ce que disent les théologiens – très sophistiqués, très théoriques – et  une version plus élémentaire. L'élément crucial est que ces différentes versions doivent être élaborées et mises en discussion collectivement dans des organisations, et non être improvisées par des portes-paroles autoproclamés.


Katrina (DR)

C’est ce que Raymond Aron disait sur la réussite du marxisme : on peut l’expliquer en 5 minutes comme en 50 ans…

Exactement ! Il existe une dénonciation du dogmatisme d’un « marxisme vulgaire » qui oublie ce que ce dernier a pu avoir de positif, à savoir la diffusion d'une compréhension du monde social et d'une sensibilité politique à une très large échelle. Gramsci disait que l’Église catholique mettait beaucoup d’énergie à réprimer périodiquement la créativité des théologiens pour s’assurer que la distance entre les versions sophistiquées et populaires ne soient pas trop grande. L’intellectuel italien affirmait que les marxistes ne devaient pas réprimer les théoriciens mais s’évertuer toujours, dans le cadre du Parti, à mélanger, traduire, socialiser les savoirs. Ainsi, il faut donc développer plusieurs versions d’un même discours qui correspondent aux dispositifs et aux publics visés.

Avec d'autres, vous critiquez l’Union européenne et appelez à un retour stratégique à l’échelon national. Stathis Kouvélakis, ancien de Syriza et maintenant à Unité Populaire, nous disait lors d'un entretien que l’appel à une identité nationale et populaire contre Bruxelles allait de soi dans les pays périphériques sous tutelle de la Troïka, qui plus est avec une histoire longue de « libération nationale » contre des régimes autoritaires. Est-ce transposable à la France ?

« Il faut développer plusieurs versions d’un même discours
qui correspondent aux dispositifs et aux publics visés. »

La réponse est dans la question : ce n’est évidemment pas transposable. La France est un vieux pays impérialiste, et il l’est toujours à l’heure actuelle. C’est aussi un pays dominant au sein de l’Union européenne, qui est tout autant responsable du sort infligé aux Grecs que l’Allemagne. Est-ce que cela signifie qu’aucun discours de type « national-populaire » n’est possible en France ? « National-populaire » est une expression employée par Gramsci pour dire qu’une lutte porte sur la définition même de la nation à chaque époque. Il existe de cette dernière des définitions essentialistes, conservatrices, et il en existe de populaires, radicales, universalisantes. Ce n’est pas ma sensibilité politique, mais je conçois parfaitement que l’on cherche à revitaliser ce que l’histoire de France a eu de progressiste et de révolutionnaire, en en faisant un « récit national » alternatif. Néanmoins, cela suppose trois choses – une que l’on retrouve chez Jean-Luc Mélenchon, deux autres qui sont totalement absentes de son discours.

Le premier élément, c’est un « langage de classe » placé au centre de l’interprétation de l’histoire de ce pays. Sur ce point précis, il faut rendre hommage à Mélenchon d’avoir promu un tel langage dans l’espace public, et une relecture de l’histoire de France sous ce prisme. Le second aspect requis est un discours anti-impérialiste. Cela suppose de développer une critique radicale de la dimension coloniale de l’histoire de France et de ses menées impérialistes actuelles. De soumettre à critique l’industrie de l’armement française, par exemple. Cette dimension est absente du discours de Mélenchon. Plus généralement, la sensibilité à l’anti-impérialisme est très amoindrie dans la gauche actuelle, alors que dans les années 1960, du fait des grandes luttes anti-impérialistes (Cuba, Vietnam, Algérie…), elle était au cœur des préoccupations des organisations et des militants. Enfin, le troisième élément, indissociable des deux précédents, est la construction d’un discours et d’un mouvement antiracistes dignes de ce nom. C’est la reconnaissance du fait que le racisme n’est pas juste un problème résiduel, venu du passé, mais qu’il s’inscrit au cœur même du fonctionnement des sociétés capitalistes. Cet antiracisme conséquent est très absent des traditions majoritaires de la gauche actuelle. Or sans lui, le « nouveau peuple » luttant en faveur de l’émancipation qu’évoque Mélenchon dans ses écrits n’a aucune chance d’émerger.


Philippe Corcuff vous positionne dans un air du temps idéologique qui obstruerait l’horizon internationaliste de la gauche. Malentendu ou mauvaise foi ?


« Ce n’est pas ma sensibilité politique, mais je conçois parfaitement que l’on cherche à revitaliser
ce que l’histoire de France a eu de progressiste et de révolutionnaire,
en en faisant un "récit national" alternatif. »

L’internationalisme n’est pas un but en soi, mais une méthode politique. Le but, c’est le socialisme, le communisme et l’émancipation du plus grand nombre partout dans le monde. L’internationalisme est une méthode pour parvenir à l’émancipation. Deuxième aspect crucial : il existe un internationalisme du capital. Il arrive dans l’histoire que les classes dominantes décident d’internationaliser les institutions politiques et économiques afin d’échapper aux rapports de force qui leur avaient été imposés par les dominés au cours de la période précédente. On ne comprend rien à la mondialisation néolibérale si l’on ne voit pas que cette « déterritorialisation » du capital permet aux dominants de se dégager des compromis sociaux d’après-guerre, ceux des Trente Glorieuses. L’Union européenne est une expression de cet internationalisme du capital. Le capital joue donc parfois l’échelon international contre le national, plus exactement contre les éléments progressistes qu’intégrait le national dans la période précédente. Ce constat invalide à lui seul l’idée, très présente dans la gauche aujourd’hui, selon laquelle l’échelon international serait toujours par essence progressiste, et le national toujours réactionnaire, suspect de nationalisme, etc.


Katrina (DR)

L’internationalisme des dominés ne consiste pas à valoriser sans réfléchir l’international et à dévaloriser l’échelon national. Il consiste à trouver l’échelle pertinente pour faire valoir les intérêts des dominés dans une conjoncture donnée. Aujourd’hui, si on va à l’affrontement avec les institutions européennes, on retombera forcément sur l’existant, c’est-à-dire un ou plusieurs États-nations européens, probablement du Sud du continent, qui s’affranchiront de la domination des institutions européennes. Dans le meilleur des cas, ces États s’engageront ensemble dans une construction politique alternative à l’Union européenne. Au demeurant, l’analyse selon laquelle l’Union européenne consisterait en un « dépassement » des États-Nations est fausse. La construction européenne a largement renforcé les logiques nationales pour les grands pays, France et Allemagne en tête. Bien sûr, dans un contexte où le Front national sature le signifiant national, ce n’est pas facile de développer une critique conséquente de l’Union européenne. Mais ce n’est pas en faisant comme si la nation n’existait pas que le problème disparaîtra comme par enchantement...

Dernière question posée au Razmig Keucheyan stratège. Nous semblons parfois dépourvus de « mots » pour définir notre camp : « communiste » paraît être sali à jamais par l’expérience soviétique, « socialiste » renvoie au parti du même nom qui rend la vie tous les jours plus difficile pour le grand nombre, « anarchiste » est rattaché au chaos plus qu’à une société égalitaire, « la gauche radicale / critique » sonne microcosme universitaire ou militant, « écologiste » renvoie à une cause spécifique et non à une identité globale… Bref, qu’avons-nous à opposer au clivage « les patriotes contre les mondialistes » de Marine Le Pen ?

Le pire serait de vouloir trancher prématurément des débats que rien, dans la conjoncture politique, ne permet de clore. Il faut faire preuve d’une « lente impatience », comme dit Daniel Bensaïd. Pour l’heure, on ne peut donc que s’accommoder d’une certaine profusion terminologique. Si je devais choisir un des termes que vous citez, ce serait clairement « écologiste ». Ce terme comporte trois dimensions intéressantes. La première est qu’il s’agit d’un mot relativement nouveau historiquement, qui n’est pas aussi chargé de tragédies que « socialisme » et « communisme ». Ensuite, si elle est prise au sérieux, l’écologie est par essence radicale. Elle suppose des changements fondamentaux à la fois dans les systèmes productifs et les modes de vie. Enfin, l’écologie permet de combiner une critique quantitative et qualitative des sociétés contemporaines. En plus de revendiquer un partage du temps de travail et des richesses, elle permet de parler de la « qualité de vie », de développer une « critique de la vie quotidienne ». L’usage du mot « écologie » a un inconvénient : l’existence de partis écologistes compromis avec la gestion social-libérale du capitalisme. Mais c’est un inconvénient passager. Avec l’approfondissement de la crise écologique, l’écologie apparaîtra comme ce qu’elle est vraiment, à savoir une alternative au capitalisme…


NOTES

1. Voir sur ce point Philippe Minard, « Les dures lois de la chasse », in E. P. Thompson, La guerre des forêts. Luttes sociales dans l’Angleterre du XVIIIe siècle, Paris, la Découverte, 2014.

2. Voir l’entretien avec Jade Lindgaard sur le site Reporterre : http://reporterre.net/Qu-est-ce-que-les-toxic-tours

3. Les travaux de l’association Negawatt offrent l’une des meilleures introductions sur ce sujet. Voir le site : http://www.negawatt.org/association.html

4. Voir par exemple Alvaro Garcia Linera, « Indianisme et marxisme », disponible à l’adresse : http://www.contretemps.eu/archives/indianisme-marxisme


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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Sam 19 Mar - 14:33


sujet déplacé


vlad2 a écrit:
Une étude de la Nasa qui s’est intéressée à l’histoire climatique du bassin méditerranéen et à la variabilité de ses épisodes de sécheresse montre que celle ayant touché le Proche-Orient entre 1998 et 2012 fut la pire depuis le XIIe siècle. Pour les chercheurs, le réchauffement climatique l’a probablement accentuée, comme le prédisent les modèles.

Le 04/03/2016 à 15:30 - Xavier Demeersman, Futura-Sciences

en conclusion :

Les projections des modèles sur les régions bordant la Méditerranée sont unanimes : elles vont s’assécher dans l'avenir en raison du changement climatique comme l’a rappelé Yochanan Kushnir, climatologue au Lamont Doherty Earth Observatory et qui a contribué à cette étude (et aussi à celle publiée dans Pnas) : « Cet article scientifique montre que le comportement au cours de cette récente période de sécheresse est différent de ce que nous avons vu dans le reste des enregistrements [dendrochronologiques, NDLR] ».

« La Méditerranée orientale sera un point chaud de l'aridification due à l'augmentation des gaz à effet de serre, souligne son collègue, Richard Seager, et ce changement est déjà en cours ».

http://www.futura-sciences.com/magazines/environnement/infos/actu/d/climatologie-pire-secheresse-depuis-900-ans-cause-conflits-moyen-orient-61891/


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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Sam 19 Mar - 14:38


hors-sujet, déplacé


vlad2 a écrit:
Matière à réflexion (Europe comprise...) : Le temps nous est compté, par Philippe Soubeyrand

EL NIÑO 2015-2016(-2017?) vs ATLANTIQUE NORD...
: un choc se produit au dessus de l’Arctique et du Groenland, et nous vivons à l’heure Cosmopolis de l’indifférence, la luxure, l’orgueil, l’inégalité et l’indignité… Or le temps nous est compté !

Entre janvier et février 2016, et alors qu’il devrait perdre en intensité, l’épisode El Niño 2015-2016 nous montre surtout qu’il n’a pas encore fini de nous surprendre, les dernières prévisions annonçant un prolongement de l’épisode, ce que semblent d’ailleurs confirmer les dernières images de la NASA (National Aeronautics and Space Administration), La Niña ne semblant pas vouloir s’imposer comme c’est souvent le cas pour les 2/3 des épisodes El Niño connus…

http://www.pauljorion.com/blog/2016/03/09/le-temps-nous-est-compte-par-philippe-soubeyrand/

Machines arrière ! (des chances et des voies d’un soulèvement vital)

mardi 8 mars 2016 par Pièces et main d’œuvre

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=816

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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Sam 20 Aoû - 19:57


importé de DDT21, écrit par Gilles Dauvé, qui manifestement peaufine, après "Sur la « question » des « femmes »", sa vision globale d'une crise de civilisation, dont il parle dans son dernier livre, "De la crise à la communisation", à paraître prochainement en français


LPR / Crise globale (sociétés et refroidissement climatique au XVIIème siècle)

Gilles Dauvé, DDT21



« Il n'y a pas de déterminisme climatique »

Citation :
Crise globale, Geoffrey Parker, DDT21Du royaume polono-lithuanien à la Chine en passant par l’empire ottoman, Geoffrey Parker dresse sur près de 900 pages un tableau synoptique du monde affecté par le “petit âge glaciaire” : celui-ci s’étend du 14e siècle au 19e, mais atteint son paroxysme entre 1570 et 1730, et son maximum vers 1560-1600. 1 Une variation de plus ou moins un dixième de degré avance ou retarde la maturation des récoltes d’un jour. Après 1690, le refroidissement recule les moissons de deux semaines en moyenne dans les zones tempérées. Le froid n’est d’ailleurs pas le seul fléau : en 1645-46, il pleut presque toute une année en Sicile.

Au 17e siècle, un tiers de l’humanité en serait mort, directement ou indirectement. En France, entre 1691 et 1701, sur 20 millions d’habitants, la  « surmortalité » s’élèverait à un million, dont 600.000 dans « le Grand Hiver » de 1708-1709. Les survivants n’en sortent pas indemnes : la taille moyenne des soldats de Louis XIV diminue. Un chroniqueur allemand écrit en 1622 : « On n’échangeait plus avec de l’argent, on faisait du troc », mais à Shanghai en 1642, selon Geoffrey Parker, « la seule monnaie qui pouvait acheter du riz, c’étaient les enfants ».

Cependant, le cataclysme ne frappe pas également tous les pays : l’Inde des Moghols, l’Iran, le Japon échappent au pire. Lombardie est épargnée, Naples et la Sicile sont peu concernés. Après 1680, quoique le petit âge glaciaire continue, les conflits politiques et sociaux s’apaisent. « La synergie fatale avait été brisée », constate Parker.

Le facteur décisif n’est pas le climat et ses conséquences, mais la capacité des sociétés et des Etats à s’y adapter.

Si l’empire ottoman est probablement le pays qui souffre le plus, il le doit à sa situation géopolitique et à ses faiblesses structurelles. Inversement, le Japon unifié début 17e siècle par le clan Tokugawa instaure un cadastre, un système fiscal et des voies de communications alors inégalées en Europe. Pendant plus de deux siècles, l’équilibre politique reposera sur un «  compromis social» entre la noblesse, la classe marchande et la paysannerie propriétaire. Quand survient la famine (1641-42), le régime fait des stocks et les répartit, oblige à cultiver du riz, modère les impôts, force à la sobriété contre le luxe, réduit le commerce extérieur au minimum, et profite de l’isolement géographique du pays pour éviter des dépenses militaires. Cette politique limite les effets de la crise et contrôle les troubles.

Le 21e siècle diffère du 17e : le système capitaliste est devenu une force capable de bouleverser les équilibres nécessaires aux conditions matérielles de la vie sur Terre telle que nous la connaissons, et pas seulement par la pollution nucléaire. La « crise globale » où nous sommes entrés sera d’une autre ampleur que celle analysée par Parker. 2

Pour autant, pas plus qu’au 17e siècle, le changement climatique n’est un nouvel agent historique remplaçant l’action humaine comme facteur décisif. Refroidissement et réchauffement font seulement partie d’une synergie dont les éléments convergent en crise. Ce que nous appelons « nature » ne joue un rôle que dans des dynamiques faites de situations et de contradictions sociales. Il n’y a pas de déterminisme climatique.

G. D., août 2016.


1 Global Crisis : War, Climate Change & Catastrophe in the 17th Century, Yale University Press, 2013. On ne peut qu’en souhaiter l’édition en français.

2 Agnès Sinaï, « Aux origines climatiques des conflits », Le Monde Diplomatique., avril 2015.


pas de problème avec ce texte sobre et clair, comme d'hab', qu'on soit d'accord ou pas. Ici je le suis

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MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Ven 11 Nov - 19:02

via @Sakia Sassen
‏@IIED
There have been 12 billion dollar weather and climate related disasters in the US since the start of the year COP22




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divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...
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