PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...
Aujourd'hui à 4:19 par Patlotch

» "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, interclassisme, prolophobie... et théorie
Aujourd'hui à 0:45 par Tristan Vacances

» 0. un livre ? Une théorie est apparue... Diffusion, réception... débats ?
Aujourd'hui à 0:20 par Tristan Vacances

» EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde
Hier à 23:58 par Patlotch

» 8. poèmes et contes pour en causer
Hier à 22:46 par Patlotch

» 9. l'apparition plurielle d'une nouvelle théorie communiste ? questions parentes
Hier à 16:43 par Patlotch

» LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)
Hier à 14:36 par Patlotch

» 5. LA CONSTITUTION EN CLASSE POUR LE COMMUNISME : quel sujet révolutionnaire ?
Hier à 14:05 par Patlotch

» la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL
Hier à 13:47 par Patlotch

» ÉMEUTES, typologie formes/contenus : des réalités à l'idéologie
Mar 17 Oct - 20:26 par Patlotch

» la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...
Mar 17 Oct - 14:56 par Patlotch

» la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...
Mar 17 Oct - 13:24 par Patlotch

» MARXISME FÉMINISTE et DÉCOLONIAL avec Ana Cecilia Dinerstein : 'utopies concrètes', 'organiser l'espoir'... auto-subjectivation révolutionnaire
Mar 17 Oct - 11:29 par Patlotch

» JAZZ, BLUES, R'n'B, SOUL, RAP... pour "double paire d'oreilles"
Mar 17 Oct - 10:51 par Patlotch

» des ŒUVRES-SUJETS PERFORMATRICES en ARTS : des usages révolutionnaires ?
Lun 16 Oct - 14:18 par Patlotch

» FÉMINISME et MARXISME : SEXES, GENRE, CLASSES, et CAPITALISME, avec Cinzia Arruzza... Silvia Federici, Selma James, Sara Farris, etc.
Lun 16 Oct - 13:10 par Patlotch

» CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Documents
Lun 16 Oct - 1:24 par Patlotch

» de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME
Dim 15 Oct - 13:13 par Tristan Vacances

» EUROPE Centrale, du Nord et de l'Est : RUSSIE, Ukraine, Crimée, Suède...
Dim 15 Oct - 0:22 par Patlotch

» VA-SAVOIR : chronique à la com, la dialectique du quotidien en propotion magique
Sam 14 Oct - 19:56 par Patlotch


Partagez | 
 

 divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Dim 10 Mai - 16:12

La terre des Inuits se rêve en eldorado blanc
L'Express a écrit:


image : Les plus grandes multinationales des secteurs des mines et des hydrocarbures sont déjà présentes dans le Ninavut. REUTERS/Chris Wattiehttp://static.lexpress.fr/medias_10370/w_1679,h_1260,c_crop,x_225,y_0/w_640,h_358,c_fill,g_center/v1427465730/the-canadian-coast-guard-icebreaker-henry-larsen-is-pictured-in-allen-bay-in-resolute_5309559.jpg

Avec la fonte des glaces qui rend ses ressources plus accessibles, le Nunavut attire les multinationales. Une promesse de développement, qui se double du risque, pour les habitants, de perdre ce qui a fait leur identité.

"Le réchauffement climatique ? C'est peut-être une chance pour nous. Maintenant, on a quatre saisons au lieu de deux !" L'œil du Premier ministre du Nunavut, Peter Taptuna, est malicieux mais le ton est sérieux. Agacé, même, par toutes ces questions de journalistes du "Sud " qui s'interrogent sur la capacité des Inuits à résister aux bouleversements du monde. "Nous sommes sur cette terre depuis cinq mille ans et nous avons su nous adapter à toutes les conditions. Pourquoi en serait-il autrement aujourd'hui ?"  

Dehors, une neige très légère tombe sur Iqaluit, 7 000 habitants, la capitale de ce nouveau territoire canadien, cédé après une longue lutte en 1999 par le gouvernement fédéral au peuple inuit. De l'ancienne base militaire américaine installée pendant la Seconde Guerre mondiale, la toute jeune ville a hérité d'un aéroport et d'une piste assez longue pour accueillir, en janvier 2014, le dernier Airbus A340, venu faire des essais de résistance au froid. Mais elle n'a toujours pas de feux de signalisation ni de noms à toutes ses rues.  

Aucune route ne mène à cette capitale du bout du monde. Le fret arrive en été par cargos et toute l'année par avions, qui transportent aussi les passagers à des tarifs prohibitifs. En moins de dix ans, sa population a doublé et les infrastructures n'ont pas encore suivi. Environ 80% des 36 000 habitants du Nunavut sont inuits. Longtemps, le monde les a ignorés. Puis fantasmés.  

Après le colonialisme, l'exploitation capitaliste

Les Esquimaux, comme on les appelait autrefois, occupaient des territoires trop lointains et surtout trop froids pour les Blancs. Mais à la fin du XIXe siècle, ces derniers ont décidé de civiliser les "sauvages". Plus de 150000 enfants indiens, métis et inuits, ont ainsi été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture pour être placés, jusqu'à la fin des années 1980, dans des pensionnats, où nombre d'entre eux ont été soumis à de mauvais traitements. "Les traumatismes ne s'effacent pas rapidement", explique Laakkuluk Williamson, Inuit canado-groenlandaise, conteuse-performeuse et fondatrice de l'unique crèche de la ville où l'on parle l'inuktitut et non l'anglais.  

"Nous avons beaucoup travaillé pour nous débarrasser du colonialisme et, maintenant, nous devons lutter contre l'exploitation capitaliste. Il faut retrouver nos racines et restaurer notre confiance en nous-mêmes. Nous pourrons alors pardonner et évoluer." Laakkuluk est belle, avec ses yeux sombres et ses cheveux noirs comme les corbeaux arctiques qui peuplent les légendes traditionnelles. Engagée aussi. La trentenaire est l'une des meneuses du mouvement autochtone "Idle no more", qui signifie "Plus jamais l'inaction."

Plus de 17 milliards d'euros d'investissement

Car les Inuits du Nunavut, comme toutes les populations de la région, sont confrontés à d'énormes défis, dont dépend leur avenir. De périphérique, l'Arctique est devenu central. Le réchauffement climatique bouleverse non seulement l'équilibre environnemental de la planète, mais il a libéré en partie la navigation dans les passages du Nord-Ouest, au Canada, et du Nord-Est, en Russie, créant ainsi des voies maritimes accessibles aux cargos et à la navigation de plaisance. Il a aussi accéléré la fonte du pergélisol, la terre gelée, permettant l'installation d'infrastructures lourdes.  

image : carte Nunavut http://static.lexpress.fr/medias_10370/w_640,c_fill,g_north/carte-nunavut_5309521.jpg


Les plus grandes multinationales des secteurs des mines et des hydrocarbures sont déjà présentes sur le terrain. Et les autochtones du Canada entendent bien ne pas les laisser l'occuper sans agir
.  

"Nous ne sommes pas des victimes, insiste Peter Taptuna, mais des partenaires." Aujourd'hui, 19% des terres à haut potentiel minier et pétrolier ont été rétrocédés par le gouvernement fédéral au Nunavut, selon un droit du sol très complexe. Sage précaution. Car les projets sont nombreux. On parle de 25 milliards de dollars canadiens d'investissement (17,6 milliards d'euros) et de milliers d'emplois créés, si tous se réalisaient.  

La foire commerciale annuelle est un événement

Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, le Premier ministre du Canada, Stephen Harper, souhaite faire de l'Arctique canadien un Qatar nordique. Mais sous la glace qui fond affleurent de lourdes difficultés techniques, environnementales, économiques et géopolitiques. Tant et si bien que, après avoir échauffé les esprits, la fièvre arctique est un peu retombée. En 2012, déjà, Christophe de Margerie, PDG de Total, avait déclaré au Financial Times que sa compagnie n'irait pas forer sous la banquise pour trouver du pétrole. Trop cher, trop risqué. La société n'a cependant pas renoncé à ses explorations en matière de gaz...  

Avec la baisse du prix du pétrole, les notables en laine polaire du Nunavut redoublent de prudence dans le chiffrage des projets, mais rêvent tous en secret de développements mirifiques. En ce matin d'automne frisquet, le centre des congrès d'Iqaluit connaît d'ailleurs une agitation inédite. C'est le Nunavut Trade Show 2014, la grande foire commerciale annuelle du pays, un événement important pour l'économie locale, que la jeune styliste Victoria Kakuktinniq, 25 ans, cheveux rouges et yeux bridés, n'aurait manqué pour rien au monde. Sur scène défilent des mannequins locaux qui portent ses modèles de parkas de fourrure à la coupe modernisée.  

Pour Victoria, qui vient d'une toute petite communauté, Iqaluit, c'est presque Paris ! Comme Laakkuluk, elle représente la jeune élite inuite, éduquée, décomplexée, ambitieuse. "J'ai fait des études à Ottawa puis un stage de couture traditionnelle dans mon village, explique-t-elle placidement. Je voudrais ouvrir un studio, puis exporter dans le monde entier ! Mais il paraît que, en Europe, on interdit la vente des peaux de phoques [depuis 2010, l'Union européenne boycotte les produits de la chasse aux phoques, NDLR]. De toute façon, je ne sais pas s'il y fait assez froid..." Pour les Inuits, l'hiver est la seule saison qui vaille. Celle qui a défini toute leur culture et leur identité.  

Les multiples projets du consortium Baffinland

A quelques mètres de là, entre le stand de l'office de tourisme, où l'on peut se faire tatouer un ours, et celui de Carrefour Nunavut, l'association des entrepreneurs francophones de la région, le consortium canadien Baffinland s'affiche en grand sur une bannière flanquée de l'inévitable "Inukshuk" (le repaire de pierre des Inuits). Dans un petit pot posé sur une simple table, des échantillons de fer brut. Une mise en scène modeste pour un projet gigantesque.  

Sur le site de River Mary, au nord de l'île de Baffin, se situe en effet l'une des plus importantes mines de fer du monde. Le gisement recèle 365 millions de tonnes de réserves "prouvées et probables", selon les termes consacrés, et pourrait subvenir à la demande en fer de l'Europe pendant vingt ans. C'est d'ailleurs en Europe qu'Arcelor-Mittal, actionnaire à 50% de Baffinland, possède de nombreuses aciéries...  

Le minerai de River Mary est si pur qu'il ne nécessite aucune transformation sur place, réduisant ainsi considérablement les risques de pollution. Pourtant, les écologistes s'inquiètent devant les ambitieux projets, estampillés Baffinland, de routes, de chemins de fer, d'installations portuaires (il n'existe aucun port dans tout l'Arctique canadien) et même d'une ville provisoire capable d'héberger plus de 4 000 personnes.  

image : La mine d'or de Meadowbank est la seule exploitation opérationnelle au Nunavut. REUTERS/Chris Wattie
http://static.lexpress.fr/medias_10370/w_640,c_fill,g_north/la-mine-d-or-de-meadowbank_5309525.jpg

Malgré la baisse récente du marché des matières premières et la révision à la baisse de la production annuelle pour les années à venir, l'exploitation devrait commencer officiellement à l'été 2015. Une partie des Inuits l'attend avec impatience. Car Baffinland s'est engagé à former et à embaucher de nombreux autochtones tout en respectant, bien sûr, l'environnement. Imposée par Ottawa, la politique de "cogestion" avec les autochtones ne laisse, de toute façon, guère le choix au consortium. Et puis, malgré l'énorme potentiel de la région, seule une mine d'or est opérationnelle au Nunavut. "Il faut impérativement trouver des ressources propres à notre territoire si on veut évoluer", martèle encore et toujours le Premier ministre.  

Cette injonction patriotique et économique, Sam, trogne burinée et yeux malins, semble déjà la mettre en application. Présent au Trade Show, il vient de balader dans son Zodiac quelques touristes d'affaires pendant tout un après-midi. Il leur a montré avec fierté les fabuleux paysages de la baie de Frobisher, du nom d'un explorateur britannique du XVIe siècle parti à la recherche du fameux passage du Nord-Ouest. Mais Sam est inquiet pour son avenir. "Nos territoires de chasse sont en train de disparaître, les animaux migrent. Et puis, comment parcourir des kilomètres en motoneige alors que l'essence reste chère ? Beaucoup d'entre nous se remettent à utiliser les chiens de traîneaux. C'est plus économique et plus sûr."  

Les postes les plus élevés sont occupés par les Blancs

Sam se désole de voir son pays fondre sous ses yeux. Voudrait-il travailler dans une mine ou dans un bureau ? Il part d'un grand rire, comme si l'idée était vraiment farfelue. Mais d'autres en rêvent. Car le travail manque. L'administration publique fournit un grand nombre d'emplois, mais les Inuits ne sont pas encore assez formés. En attendant, les Blancs prennent les places les mieux rémunérées. Alors, ne plus dépendre des subsides du gouvernement fédéral, manger mieux, vivre dignement, enfin, c'est le souhait et l'espoir de nombreux autochtones. L'alcoolisme et l'obésité les tuent autant que le suicide des jeunes, dix fois plus élevé que dans le reste du Canada et qui a fortement augmenté ces trente dernières années.  

Une existence traditionnelle qui dépend du froid

Il est 6 heures du soir, le Trade Show ferme ses portes et la nuit tombe sur Iqaluit, dont le nom signifie en inuktitut "riche en poissons". L'ouverture de l'Arctique à la mondialisation est considérée par certains comme inévitable et essentielle pour l'avenir des peuples autochtones. D'autres, au contraire, estiment que ces derniers se font instrumentaliser. Sheila Watt-Cloutier, une activiste inuite, pressentie pour le prix Nobel de la Paix en 2007 en même temps qu'Al Gore, se bat pour la reconnaissance d'un droit de la troisième génération : " le droit d'avoir froid "". A la frontière du droit de l'environnement et des droits de l'homme, c'est une façon de revendiquer la possibilité de choisir son destin, tout en protégeant l'environnement, la culture et l'économie traditionnelle qui dépendent du froid. Elle n'a pas été nobélisée, et la banquise continue de fondre.  

Au loin, un cargo mouille dans la baie. Il apporte des tonnes de produits de consommation. "Nous aussi, on adore les pâtisseries et les hamburgers..." proclame Sam, tout en scrutant l'océan. Il chasse encore la baleine. "J'utilise toujours le harpon, assure-t-il fièrement, mais je tire les phoques avec un fusil. C'est notre vie de toujours." Pour combien de temps?  

Un énorme potentiel


43% des ressources mondiales en hydrocarbures se trouveraient dans la zone arctique, selon des estimations, contestées, de l'USGS, l'institut américain de géologie (2008).  

100 milliards de dollars. C'est le montant estimé des investissements dans l'Arctique pour la prochaine décennie. (Rapport 2012 de la Lloyd's of London)  

365 millions de tonnes de fer. C'est la production prévisionnelle jusqu'en 2036 de la mine de Baffinland, au Nunavut.


Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/la-terre-des-inuits-se-reve-en-eldorado-blanc_1665696.html#ftu0qTXXOeUL9zy4.99


Dernière édition par Admin le Mar 18 Aoû - 18:42, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: "Dépendance et capitalisme marchand : le cas des Inuits 1930-1956"   Dim 10 Mai - 16:19

"Dépendance et capitalisme marchand : le cas des Inuits 1930-1956" Alain Bernard

Alain Bernard a écrit:
Résumé / Abstract

C'est à partir du constat de l'importation toujours plus grande de biens manufacturés par les Inuit du Nouveau-Québec qu'est posé le problème de la dépendance. A l'explication psychologique de ce phénomène l'auteur oppose une conception qui se veut historique et matérialiste à partir de l'étude d'un cas : celui de trois groupes inuit de la rive sud du détroit d'Hudson (1930-1956).

La thèse soutenue ici est la suivante : le caractère intégré de la production marchande et de la production pour l'usage confère aux moyens de travail importés une place stratégique au sein du progrès de production de la vie matérielle. Leur utilisation concerne l'ensemble des modes d'appropriation, y compris les procès de production des moyens de travail indigènes.

A cet égard apparaît comme particulièrement critique le rôle joué par les embarcations motorisées et par les commerçants dans les expéditions de chasse au morse dont dépend la reproduction des attelages de chiens.

Compte tenu du rôle joué par les moyens de travail importés du point de vue de la reproduction des moyens et de la force de travail, dans les conditions de l'époque, leur acquisition s'impose comme une nécessité. Le corollaire de cette nécessité est l'obligation dans laquelle se trouvent les producteurs de produire pour le marché. La dépendance, dans cette perspective, apparaît comme le résultat du processus de pénétration du capitalisme commercial au Nouveau-Québec et comme un aspect particulier de la forme de domination qu'il instaure.

The problem of the dependence of the Northern Quebec Inuit is posed as a result of the establishment of their ever increasing importation of manufactured goods. Rather than a psychological explanation of this phenomenon, it seems advisable to use a concept, which tries to be historical and materialistic, illustrated by the case-study of three Inuit groups on the South shore of Hudson Strait (1930-1956).

The thesis which is put forth here is as follows : the integrated nature of the mercantile production and of the production for use assigns to the imported means of work a key position within the process of production of material life. Their utilization concerns all the means of appropriation, including the processes of production of the native means of work.

With regard to this, the part taken by motor launches and by traders in walrus expeditions (on which the reproduction of dog-teams depends) seems to be particularly critical. Considering the role played by the imported implements in the reproduction of the means of work and of the labour forces in the conditions of that time, their acquisition is an imperative need.

The corollary of this necessity is the obligation in which the producers find themselves to produce for the market. In this outlook, dependence appears as a result of the process of the penetration of mercantile capitalism in Northern Quebec and as a particular aspect of the form of domination thus set up.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
vlad2.
Invité



MessageSujet: La sécheresse en Californie menace la sécurité alimentaire des Etats-Unis   Mar 19 Mai - 11:35

par vlad2, importé par Admin de implication réciproque : Théorie de la régulation, ou de la collaboration des classes ? http://civilisation-change.forumactif.org/t49-implication-reciproque-theorie-de-la-regulation-ou-de-la-collaboration-des-classes#416

La sécheresse en Californie menace la sécurité alimentaire des Etats-Unis Elisabeth Schneiter Reporterre, le quotidien de l'écologie 12 mai 2015
http://www.reporterre.net/La-secheresse-en-Californie-menace

Elisabeth Schneiter a écrit:

La Californie connaît la pire période de sécheresse enregistrée depuis 120 ans. La région étant une des terres les plus productives du pays, cette sécheresse pose un problème national de sécurité alimentaire. Et remet en cause le système industriel de production alimentaire, basé sur la monoculture et extrêmement avide en eau.

Douze millions d’arbres sont déjà morts en Californie où les couleurs d’automne, en ce printemps 2015, annoncent des catastrophes. C’est la quatrième année consécutive de sécheresse, la pire enregistrée depuis 120 ans.

Déjà, le 1er avril 2015, à 2 000 mètres d’altitude dans les montagnes de la Sierra Nevada, le gouverneur de Californie Jerry Brown, au lieu de neige, n’avait trouvé que de l’herbe beige et sèche. Et ce n’était pas un poisson d’avril !

Ce jour-là, Brown a pris une mesure sans précédent. Arrosage réduit des pelouses, nouvelles normes des toilettes et des robinets, chasse au gaspillage, augmentation des tarifs… Même Beverly Hills, la ville des stars et l’une des plus avides d’eau, va réduire sa consommation de 36 % avec des amendes allant jusqu’à 10 000 dollars. Le gouverneur a signé un décret détaillant aux agences californiennes d’approvisionnement en eau comment en réduire l’utilisation de 25 % par rapport à 2013, une économie prévue d’environ 500 milliards de gallons d’eau d’ici à février 2016.

Une agriculture accro à l’irrigation

Cette quantité d’eau semble énorme, et pourtant à elle seule, l’agro-industrie des amandes, qui produit 80 % des amandes consommées dans le monde, en consomme plus du double, et l’alfalfa encore plus. L’agro-industrie californienne utilise 80 % de l’eau disponible, mais « pas question de lui imposer des quotas », a expliqué Brown à la chaine ABC, car « elle fournit la plupart des fruits et légumes de l’Amérique, et exporte partout dans le monde. »

La vallée centrale californienne qui s’étend sur 725 km entre la Sierra Nevada et la chaîne côtière de Californie, est peut-être la terre la plus productive au monde. On y a acclimaté quelque 230 variétés venues du monde entier. La plupart des salades, carottes, céleris, artichauts, tomates, brocolis ou asperges consommés aux États-Unis viennent de Californie qui produit aussi 84 % des pêches fraîches du pays et 94 % des prunes. Cette sécheresse pose donc un problème national de sécurité alimentaire.

En 2014, il y avait déjà plus de 500 000 hectares de terres agricoles en friche en Californie, ce qui fait 1,5 milliard de dollars de pertes pour l’industrie agricole et 17 000 emplois saisonniers en moins. Les experts estiment que la superficie totale des terres agricoles en jachère à cause de la sécheresse pourrait encore doubler en 2015.

C’est tout le modèle américain de la grande monoculture du Midwest qui est remis en question. En effet, si certaines cultures, particulièrement adaptées comme les amandes ou le vignoble, seront toujours cultivées en Californie, de nombreuses récoltes pourraient être produites ailleurs, comme elles l’étaient il y a encore quarante ans.

Diversifier les cultures

John Ikerd, qui a enseigné l’économie agricole avant de devenir un défenseur de l’agriculture durable, explique que, dans son Missouri natal, la majorité de la nourriture était produite dans un rayon de 80 km autour de chez lui. A cette époque, le Midwest était encore couvert de petites et moyennes exploitations cultivant des cultures variées. Mais les conserveries de tomates et les vergers dont il se souvient ont en grande partie disparu, remplacés par des champs de maïs et de soja subventionnés. Il était même interdit aux agriculteurs de cultiver, en plus de ces céréales, des fruits et des légumes sur leurs terres.

Entre 1995 et 2012, le gouvernement américain a dépensé près de 84,5 milliards de dollars pour subventionner le maïs industriel, dont une large part, au lieu de nourrir les habitants, est transformée en éthanol ou en aliments pour le bétail. Le reste, destiné à la consommation, finit majoritairement en sirop de maïs riche en fructose, devenu tellement omniprésent dans la nourriture industrielle, qu’il faut en maximiser les rendements au détriment de la diversité agricole.

De 2002 à 2012, les terres consacrées à la culture des 25 légumes de base sont passées de 800 000 hectares à 700 000, mais les terres consacrées au maïs sont passées de 195 millions d’hectares à 240 millions. « Le problème n’est pas seulement celui de la sécheresse en Californie, c’est celui de notre système de production alimentaire dans son ensemble », dit Ikerd.

En 2010, le Centre Leopold à l’Iowa State University a fait une projection pour voir ce qui se passerait si une toute petite partie des terres agricoles du Midwest – 110 000 ha - était utilisée pour cultiver des légumes au lieu de maïs ou de soja. Ils ont constaté que cette diversification, étalée sur plusieurs Etats, permettrait de produire suffisamment pour fournir en légumes, toute l’année, tous les habitants de l’Indiana, de l’Illinois, de l’Iowa, du Wisconsin, du Michigan et du Minnesota. Mais les agriculteurs qui ont investi dans des machines de plus de 100.000 dollars pour cultiver intensivement des céréales, ne sont pas prêts à se mettre à cultiver des récoltes pour lesquelles ils ne peuvent pas les utiliser.

Les méga projets ne peuvent plus rien résoudre

« Pourquoi cultiver tellement de nos produits en un seul endroit ? Et pourquoi en Californie ? » Richard Walker, professeur de géographie à l’Université de Californie, Berkeley, répond : « À cause de la possibilité d’irriguer, qui permet d’obtenir des résultats très rapides. Dans les années 1930, les terres les plus naturellement fertiles ont été développées, mais la demande de fruits et légumes toute l’année ne faisait qu’augmenter, avec la multiplication des supermarchés et la publicité astucieuse de l’agro-industrie californienne, de plus en plus puissante. Aujourd’hui, La Californie compte 3 650 000 ha de terres agricoles irriguées. »

Des grands projets, parrainés par l’État californien et par le gouvernement fédéral pour répondre aux demandes de l’agro-industrie, ont apporté de l’eau à des endroits inattendus, comme les Westlands, une zone quasi désertique. « L’eau descendait de la Sierra, il n’y avait qu’à la capter », dit l’historien Steven Stoll.

« Les projets d’ingénierie massive semblaient la solution à tous les problèmes. Tant que l’eau des rivières Sacramento et Colorado continuait de couler des Sierras, l’ingéniosité humaine était tout ce qui était nécessaire pour amener l’eau vers les champs. Mais maintenant, un siècle plus tard, on s’aperçoit que l’ingénierie ne suffit pas pour tout résoudre », explique Walker. « Même sans changement climatique, ce système était un fantasme. » Et pour Mike Hamm, directeur du Centre de la Michigan State University pour les systèmes alimentaires régionaux, « il faudra rediversifier la production et aller vers un système plus régionalisé. »
JPEG - 141.9 koContainers d’eau en préparation pour une fracturation hydraulique
Des nappes phréatiques polluées par les eaux sales du pétrole de schiste

En plus de l’eau de surface, les agriculteurs peuvent pomper l’eau des nappes phréatiques, gratuite, et de plus en plus utilisée au fur et à mesure que la sécheresse augmente. Les agriculteurs sont donc obligés de forer de plus en plus profond.

Alors que la situation empire, on s’est récemment aperçu que depuis des années, l’État de Californie autorise les compagnies pétrolières à injecter leurs déchets dans des sources d’eau potable.

Earthjustice a déposé une plainte, jeudi 7 mai dernier, au nom du Sierra Club et du Centre pour la diversité biologique, deux groupes environnementaux, demandant que l’État de Californie cesse de permettre à l’industrie pétrolière d’injecter ses eaux usées polluées par le gaz de schiste dans les aquifères propres. En réponse à la plainte, le département concerné s’est contenté de publier une « réglementation d’urgence » qui permet aux sociétés de continuer jusqu’en 2017. Earthjustice demande donc que cette action soit invalidée et que la Division du pétrole, du gaz et des ressources géothermiques soit contrainte de faire cesser immédiatement les injections d’eaux usées.

De plus, l’industrie pétrolière vend son eau usée aux agriculteurs, suivant un programme de l’État californien. C’est une bonne affaire pour les compagnies pétrolières, qui considèrent l’eau comme une nuisance coûteuse, et une aubaine pour les départements responsables de la gestion de l’eau qui paient Chevron environ la moitié du prix coûtant sur le marché.

Chevron, qui produit environ 70 000 barils de pétrole et 760 000 barils d’eau usée, recycle ainsi chaque jour environ 8.000.000 de litres de cette eau et la vend aux agriculteurs qui l’utilisent sur environ 20.000 hectares de cultures. Cette eau n’est pas testée et comme on ne connaît pas exactement la composition chimique utilisée pour l’extraction du gaz de schiste, on ne sait pas si elle est ou non toxique. Seul Scott Smith, expert du groupe Water defense, a analysé cette eau. Il a trouvé de l’acétone et du chlorure de méthylène, puissants solvants industriels toxiques pour les humains... Reste à tester les récoltes.
Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Que se passe-t-il vraiment à Fukushima ?   Mar 30 Juin - 18:55

Que se passe-t-il vraiment à Fukushima ? Robert Hunzinker 16 juin Chroniques anti nucléaires

Article de  Robert Hunziker du 14/06/2015 « What’s Really Going on at Fukushima? », traduit de l’anglais

Robert Hunzinker a écrit:
De Tchernobyl à Fukushima, beaucoup de morts, beaucoup de dégâts,  beaucoup de dissimulation.

Quel présent et quel avenir à Fukushima et dans le monde ?

Fukushima irradie encore, à l’infini, incommensurablement et sans limites. Tel une sordide rencontre du Doctor Who1 avec un horrible et incorrigible monstre dans les profondeurs de l’Espace.

Fukushima s’inscrira probablement dans l’histoire comme la plus grande dissimulation du 21e siècle : les gouvernements et les firmes ne partagent pas avec les citoyens ce qu’ils savent des risques et des dangers. En conséquence, la Vérité, en tant que norme éthique, risque de partir en lambeaux, et avec elle ce qui fonde la confiance et de la croyance dans les institutions de notre société. In fine, ce pourrait bien être un exemple de la façon dont des sociétés humaines peuvent s’effondrer.

Des dizaines de milliers d’habitants de Fukushima vivent encore dans des logements provisoires, plus de quatre ans après le terrifiant désastre de mars 2011. Quelques secteurs aux environs de Fukushima ont officiellement réouvert l’accès pour les anciens habitants mais nombre d’entre eux hésitent à revenir vivre chez eux par manque de confiance dans les déclarations du gouvernement sur l’absence de risques.

Cette méfiance est en partie due aux symptômes liés à la radioactivité, laquelle est insidieuse car elle ne peut être détectée par les sens humains : nous ne sommes pas équipés biologiquement pour ressentir sa force ni la détecter par la vue, le toucher ou l’odorat (Caldicott). D’autant plus qu’elle s’accumule subrepticement au fil du temps et que par conséquent ses effets ne deviennent perceptibles que quand c’est trop tard.

La destruction à Tchernobyl comme reflet du futur de Fukushima

Pour illustrer la façon dont les médias manquent à rapporter sur les conséquences de désastres, voici quelque faits sur Tchernobyl qui n’ont pas été largement couverts par la presse : plus d’un million de personnes sont déjà mortes à cause des retombées radioactives de Tchernobyl.

L’orphelinat de Rechitsa en Biélorussie, pour sa part, a dû prendre soin de très nombreux enfants mortellement atteints et d’enfants handicapés. Les enfants sont de 10 à 20 fois plus sensibles aux radiations que les adultes.

Le foyer pour enfants de Zhuravichi est une autre des nombreuses institutions consacrées aux victimes de Tchernobyl : « Le foyer est caché au fin fond de la campagne et, même aujourd’hui, la population biélorusse ne connaît pas l’existence de telles institutions. »2

Un million (1 000 000) de morts, ça fait beaucoup de monde. Mais combien d’autres mourront encore ? Ce sont environ sept millions (7 000 000) de personnes, à proximité de Tchernobyl, qui ont été exposées aux plus fortes radiations dans l’histoire de l’ère atomique.

La zone d’exclusion autour de Tchernobyl est connue sous le nom de « vallée de la mort ». Elle a été étendue de 30 à 70 kilomètres. Aucun humain ne pourra jamais plus vivre dans cette zone, c’est devenu pour toujours une « zone morte ».

Par ailleurs, 25 000 personnes sont mortes et 70 000 ont été handicapées du fait de l’exposition à des niveaux de radioactivité extrêmement dangereux. 20 % de ces décès sont dus à des suicides parce que la lente agonie de la « marche de la mort de l’exposition à la radioactivité » était au-delà du supportable.

Fukushima – ce qui s’est vraiment passé

Fin 2014 (le 28 septembre exactement), Helen Caldicott (M.D.) a fait un discours sur Fukushima à l’Hôtel de Ville de Seattle . Pirate Television a enregistré son discours.

Dr Helen Caldicott est cofondatrice de l’association des médecins pour la responsabilité sociale ( Physicians for Social Responsibility) et auteure/éditeure de louvrage Crisis Without End: The Medical and Ecological Consequences of the Fukushima Nuclear Catastrophe (une crise sans fin : les conséquences médicales et écologiques de la catastrophe nucléaire de Fukushima), publié en septembre 2014 aux éditions The New Press. Depuis plus de quarante ans, Dr Caldicott a incarné la lutte antinucléaire. A ce titre, elle est souvent considérée de par le monde comme un « trésor national ». Elle est éprise de vérité, honnête et bien informée.  

Fukushima est littéralement une bombe à retardement. Il suffirait d’un autre violent tremblement de terre et ce serait l’enfer sur Terre. Et la situation est encore bien loin d’être sous contrôle. D’après Dr Caldicott, « il est encore possible qu’il faille en venir à évacuer Tokyo, selon l’évolution des choses. » Imaginez-vous cela !

Selon le Japan Times du 11 mars 2015 :
Citation :

Il y a eu de mutiples accidents et problèmes à la centrale de Fukushima l’année passée et nous devons regarder la réalité en face : ils sont la source d’anxiété et de colère parmi la population à Fukushima, comme l’expliquait Shinichi Tanaka de l’Autorité de Sécurité Nucléaire japonaise. De plus, ajouta M. Tanaka, il y a de nombreux risques qui pourraient causer divers autres accidents et problèmes.

Dans des termes encore plus sinistres, l’ancien parlementaire Seiichi Mizuno (membre de la Chambre Haute du Parlement de 1955 à 2001) déclara en mars 2015 :
Citation :
Le plus gros problème, c’est la fonte des coeurs de réacteurs… Nous sommes confrontés à la contamination d’eaux souterraines… Et l’idée que l’eau contaminée serait en quelque sorte bloquée dans le port est particulièrement absurde : elle est en train de fuir directement dans l’océan. Il y a des preuves qu’en plus de 40 points chauds connus de l’eau extrêmement contaminée fuit directement dans l’océan… Nous faisons face à des problèmes considérables sans perspectives de solutions.3

A Fukushima, chacun des réacteurs avait besoin de presque quatre millions de litres d’eau par minute pour son refroidissement. Quand le tsunami a eu lieu, les générateurs de secours au fioul ont été noyés. Les unités 1, 2 et 3 ont connu la fonte de leur réacteur dans les tout premiers jours. Il y a eu quatre explosions d’hydrogène. Ensuite, les coeurs en fusion sont descendus dans les enceintes de confinement de réacteurs, et peut-être au-delà, dans le sous-sol terrestre.

Selon Dr Caldicott
Citation :
« Cent tonnes de lave extrêmement radioactive sont déjà partis sous terre ou quelque part dans les enceintes de confinement des réacteurs, qui ont tous été endommagés et cassés. » Personne ne sait réellement où est partie la lave radioactive. Reste une effrayante question sans réponse : Syndrome chinois4 ?

Après la fusion des coeurs de réacteurs, le gouvernement japonais n’a pas informé la population des niveaux de radioactivité ambiante qui revenaient vers la terre ferme avec les vents. Malheureusement et malencontreusement, les gens ont fui la zone des réacteurs vers les secteurs de l’île alors les plus contaminés.

Quand le désastre a commencé, des niveaux de radioactivité énormes ont atteint Tokyo. Le plus haut niveau de radioactivité détecté dans le métro de Tokyo l’a été à Saitama, avec 919 000 Bq (becquerels) de césium par mètre carré, presque le double du seuil d’évacuation de 500 000 Bq pris en compte à Tchernobyl pour circonscrire la zone morte permanente5. C’est pour cette raison que Dr Caldicott conseille fortement d’éviter de voyager au Japon et de manger de la nourriture japonaise.

Malgré cela, après le désastre de Fukushima, la Secrétaire d’État Hillary Clinton a signé un accord avec le Japon stipulant que les Etats Unis continueraient d’importer des aliments japonais. C’est pourquoi Dr Caldicott suggère de ne pas voter pour Hillary Clinton. Elle estime qu’un tel précédent est rédhibitoire.

Selon Arnie Gundersen, conseiller énergie ayant 39 ans d’expérience en ingénierie de production électronucléaire, comme le rapporte The Canadian le 15 août 2011 :
Citation :
Le gouvernement US a pris la décision, préparée au plus haut niveau du Département d’État, de minimiser les conséquences de Fukushima, comme d’autres ministères l’ont fait. En avril, le mois suivant les terribles tsunami et tremblement de terre qui avaient frappé le Japon et sa centrale nucléaire, Hillary Clinton a signé un pacte avec le Japon indiquant qu’il n’y avait aucun problème avec les aliments provenant du Japon et que l’on continuerait de les acheter. C’est ainsi que nous [les Etats Unis, NDLT] ne testons pas les denrées alimentaires en provenance du Japon.

A l’inverse des Etats Unis, l’européenne Angela Merkel, Docteure en physique de l’Université de Leipzig et actuelle Chancelière d’Allemagne, est en train de fermer tous les réacteurs nucléaires à cause de Fukushima.

Peut-être qu’un haut diplôme en physique fait la différence pour un dirigeant politique dans la façon d’aborder le dossier de l’énergie nucléaire. C’est bien ce qui semble être le cas quand on compare les deux dirigeantes Merkel, la Chancelière, et Clinton, la Secrétaire d’État.

Après que Fukushima ait explosé, les niveaux de radioactivité ambiante dans l’État de Washington ont atteint des mesures 40 000 fois plus élevées que la normale. Pourtant, selon Dr Caldicott, la presse US ne couvre pas le « désastre de Fukushima en cours ». Qui donc pourrait savoir ?

Dr Caldicott a ainsi terminé son discours du 28 septembre 2014 :
Citation :
A Fukushima, ce n’est pas terminé. Chaque jour, quatre cents tonnes d’eau hautement radioactive se déversent dans le Pacifique et se dirigent vers les Etats Unis. Et parce que la radioactivité se concentre dans le poisson, nous recevons cela aussi. Mais le gouvernement US ne teste pas l’eau, ne teste pas le poisson et ne teste pas l’air ambiant. Et les gens au Japon mangent de la radioactivité tous les jours.

Par ailleurs, selon Dr Caldicott :
Citation :
Les eaux de pluie circulent sur les coeurs en fusion et s’écoulent vers le Pacifique. Par aucun moyen on ne peut atteindre ces coeurs de réacteurs : les hommes meurent, les robots s’arrêtent. Fukushima ne sera jamais résolu. Mais des gens vivent encore dans des régions hautement radioactives.

Fukushima ne sera jamais terminé parce que la radioactivité tue les hommes et les robots. Il semble bien que Fukushima est un éternel scénario de fusion nucléaire qui nous situe au bord d’un gouffre de fin du monde, en attendant d’y être poussé.

Un rapport des Nations Unies rassurant

Un rapport des Nations Unies (UNSCEAR6) sur les conséquences sanitaires de l’accident de Fukushima en date du 2 avril 2014 concluait que tout effet dû aux radiations était trop faible pour être mesurable. Les populations étaient bien protégées, ne recevant que des doses « faibles ou très faibles ». L’UNSCEAR délivrait ainsi un rapport tout à fait rassurant.

Le rejet du rapport de l’UNSCEAR par l’antenne allemande de l’association internationale des médecins contre la guerre nucléaire (IPPNW) en date du 18 juillet 2014 défie ouvertement le rapport des Nations Unies en ces termes :

Le désastre nucléaire de Fukushima est loin d’être terminé. Malgré la déclaration d’ « arrêt à froid » par le gouvernement japonais en décembre 2011, les réacteurs touchés ne sont pas parvenus à un statut stable et même l’UNSCEAR admet que les émissions de particules radioactives se poursuivent sans discontinuer. TEPCO se débat avec un volume énorme d’eau contaminée, qui continue à fuir alentour dans la terre et l’océan. Des quantités considérables d’eau de refroidissement s’accumulent sur le site. Les systèmes de refroidissement de fortune connaissent des échecs répétés. Le déversement de déchets radioactifs continuera certainement pendant longtemps.

Autant les réacteurs nucléaires endommagés que les piscines de combustibles usagés contiennent des volumes phénoménaux de radioactivité et sont très vulnérables aux possibles autres tremblements de terre, tsunamis, typhons et erreurs humaines. Des rejets de radioactivité catastrophiques pourraient se produire à tout moment et il faudra de nombreuses décennies pour éliminer ce risque… Il est actuellement impossible d’établir un pronostic précis des effets que le désastre nucléaire de Fukushima aura sur la population japonaise. Le rapport de l’UNSCEAR représente une sous-estimation systématique et fait apparaître une illusion de certitude scientifique qui occulte l’impact réel de la catastrophe nucléaire pour la santé et l’environnement.

Le texte complet de l’évaluation critique du rapport de l’ONU est à lire [en anglais] ici [et en français ici]

La radioactivité de Fukushima et l’avenir

Mari Yamaguchi, de l’agence Associated Press (AP), le 12 juin 2015:
Citation :
Quatre ans après qu’un tremblement de terre et tsunami ait détruit la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, la voie reste pavée d’incertitudes… Il reste aux experts à identifier l’emplacement exact des coeurs fondus des trois réacteurs, et à les étudier. Il reste aussi à développer des robots capables de travailler en sécurité dans des conditions de radioactivité aussi élevée. Reste aussi à savoir quoi faire des déchets et puis de sérieux doutes sur la faisabilité d’un nettoyage complet en l’espace de 40 ans.

Selon le Professeur Hiroaki Koide, spécialiste des réacteurs nucléaires retraité du Kyoto University Research Reactor Institute, le 25 avril 2015 :
Citation :
Certes, l’accident de Tchernobyl a été un accident terrible mais il n’a impliqué qu’un seul réacteur. A Fukushima, nous avons au minimum trois réacteurs qui émettent des volumes dangereux de radioactivité. La résolution des problèmes causés par cet accident prendra des dizaines, voire des centaines d’années. Il est possible qu’une partie du combustible ait également traversé le sol des enceintes de confinement. La logique de ce que je viens de décrire est limpide pour qui s’y connaît un peu en ingénierie nucléaire ou en énergie nucléaire : c’est l’effrayant SYNDROME CHINOIS.

Selon le Smithsonian, le 30 avril 2015 :
Citation :
Les oiseaux sont terriblement atteints quatre ans après Fukushima : des espèces d’oiseaux connaissent un déclin marqué, et cela empire au fil du temps… Où la radioactivité est beaucoup, beaucoup plus élevée, c’est un silence de mort. Vous verrez un oiseau ou deux si vous avez de la chance.

Les anomalies du développement chez les oiseaux incluent des cataractes, tumeurs et assymétries. On observe des oiseaux avec des points blancs sur leurs plumes.

Maya Moore, ancienne présentatrice des actualités télévisées sur NHK, est l’auteure d’un livre sur le désastre : The Rose Garden of Fukushima, (Le jardin de roses de Fukushima) publié aux éditions Tankobon, 2014, à propos des roses de M. Katsuhide Okada. Aujourd’hui, le jardin n’est plus :
Citation :
Ce n’est plus qu’un terrain vague empoisonné. La dernière fois que M. Okada y est allé, il a trouvé des bébés corneilles qui ne pouvaient pas voler, qui étaient aveugles. Les mutations ont commencé chez les animaux, chez les oiseaux.

L’ouvrage est un recueil de photos d’un vrai jardin qui existait à Fukushima, au Japon. Après avoir connu plus de 7500 buissons de roses et 50 000 visiteurs par an, le jardin a été anéanti en un instant à cause du triple désastre : tremblement de terre, tsunami et fusion des coeurs de réacteurs.

John Roos, ambassadeur US au Japon de 2009 à 2013, a préfacé le livre :
Citation :
L’incroyable fable de Katz Okada et de son jardin de roses à Fukushima, raconté ici par Maya Moore, vous donne un aperçu de ce que les gens du Tohoku ont vécu.

Ce que Roos nomme « aperçu » pourrait servir de métaphore pour l’empreinte d’un énorme trou noir au coeur de la civilisation. Ainsi, Fukushima est une véritable machine à détruire qui avale tout sur son chemin et au-delà, et son chemin continue de s’étendre. Pour sûr, Fukushima ne disparaît pas.

Ainsi, TEPCO (Tokyo Electric Power Company) est prise dans une bataille asymétrique contre d’énormes forces déchaînées de la formule E=mc2. Hors de tout contrôle.

Il est clair que TEPCO a le dos au mur. Et on peut douter que TEPCO soit en mesure de venir à bout de la bête. En fait, il est fort probable que ce soit une tâche impossible.

Peut-être, juste peut-être, les 38 millions d’habitants de la région de Tokyo devront être évacués. Qui sait ?

Seul Godzilla sait !



Robert Hunziker

(traduction : V.Gallais)

Robert Hunziker, titulaire d’un M.A. d’histoire économique de l’Université DePaul, est écrivain indépendant et journaliste de l’environnement. Ses articles ont été traduits et publiés dans plus de 50 titres et sites dans le monde entier.


1NDLT : Pour celles/ceux qui ne connaissent pas la série Doctor Who, voir ici par exemple

2Chernobyl Children’s Project-UK

3Nuclear Hotseat #194: Fukushima 4th Anniversary, Voices from Japan, March 10, 2015

4NDLT : Ce terme fait référence à un film « fondé sur un scénario qui envisage la possibilité d’un emballement du réacteur nucléaire de la centrale (résultant de lacunes volontaires dans le contrôle des principaux composants de la centrale au moment de sa construction) conduisant celui-ci à faire fondre son enceinte de confinement et à traverser le sol, polluer les nappes phréatiques, puis, par évaporation, créer des nuages radioactif (syndrome chinois) ; en théorie jusqu’au centre de la Terre (et non jusqu’en Chine comme le laisserait supposer le titre du film) » source : wikipedia

5Radiation Defense Project

6NDLT : Comité scientifique pour l’évaluation de l’exposition à la radioactivité
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Ven 14 Aoû - 1:09



Selon l'ONG Global Footprint Network, il faudrait 1,6 planète pour subvenir aux besoins actuels de l'humanité

L'humanité vit à crédit depuis aujourd'hui Clémentine Maligorne 13/08/2015 à 22:19


Champ de pétrole en Californie (Etats-Unis)

Les ONG environnementales tirent la sonnette d'alarme. Depuis jeudi 13 août, l'Homme a consommé la totalité des ressources que la planète est en mesure de renouveler en un an. Un phénomène qui s'accélère selon Global Footprint Network.

Clémentine Maligorne a écrit:
Le «jour du dépassement», ou l'«overshoot day» en anglais, tombe cette année le 13 août, selon l'ONG Global Footprint Network. Ce n'est pas (encore) la fin du monde, mais ça pourrait y ressembler dans quelques dizaines d'années si l'on continue à vivre et à consommer au-dessus de nos ressources. Cette année, «il aura fallu moins de huit mois à l'humanité pour consommer toutes les ressources naturelles renouvelables que la Terre peut produire en un an», déplore l'organisation qui évalue, tous les ans, le jour à partir duquel l'empreinte écologique de l'humanité dépasse la capacité écologique de notre planète.

Le phénomène ne va pas en s'arrangeant. L'ONG constate en effet que ce processus d'épuisement des ressources naturelles va même en s'accélérant. En 1970, le «jour du dépassement» n'était survenu que le 23 décembre. Dix ans plus tard, en 1980 c'était le 3 novembre ; en 1990: le 13 octobre ; en 2000: le 4 octobre ; en 2005: le 3 septembre ; en 2010: le 28 août et l'an dernier c'était 17 août. «Si l'on continue à ce rythme, en 2030 il nous faudra l'équivalent des ressources de deux planètes Terre pour soutenir notre consommation annuelle», explique au Figaro Diane Simiu, directrice des programmes du WWF France. Aujourd'hui, selon Global Footprint Network, il faut déjà 1,6 planète pour subvenir aux besoins actuels de l'humanité.

«Revoir nos modes de consommation»


(WWF/ Global Footprint Network).

Pour parvenir à ces projections, l'ONG prend en compte l'empreinte carbone, c'est-à-dire la capacité de la biosphère à absorber les émissions de CO2 issues des énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon); les ressources consommées pour la pêche, l'agriculture et l'élevage ; la construction (bois) ; et les ressources en eau. «Nous sommes sur une mauvaise pente», souligne auprès de l'AFP Pierre Cannet, responsable énergie/climat au WWF France. Ces projections sont révélatrices du «rythme incroyable et non durable du développement mondial», précise-t-il.

Pour réduire notre empreinte écologique, et donc reculer ce fameux «jour du dépassement», Global Footprint Network préconise de réduire nos émissions de CO2 de 30% par rapport à leur niveau actuel pour ralentir le réchauffement climatique. «On éviterait ainsi que les épisodes de sécheresse, comme celui qui touche la Californie aux États-Unis cet été, deviennent des phénomènes courants», souligne Diane Simiu de WWF, qui en appelle à la responsabilité des gouvernements à quatre mois de la Cop 21, la conférence climat qui se tiendra à Paris en décembre. «Au quotidien, notre mode de consommation est aussi à revoir», ajoute-t-elle, conseillant à chaque citoyen et consommateur de commencer déjà par  «réduire le gaspillage alimentaire, manger moins de viande, et consommer des produits labellisés».


pauvre porcs français...


immangeable pour sauver la planète ! Que viva Islam !

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mar 18 Aoû - 11:12



un malheur n'arrive jamais seul...



La fonte des glaces s'accélère en Asie Le Figaro.fr avec AFP 17/08/2015

Les glaciers d'Asie centrale ont fondu quatre fois plus que la moyenne mondiale depuis le début des années 1960, perdant 27% de leur masse, selon une étude parue ce lundi.


Citation :
D'ici à 2050, les températures plus élevées à cause du changement climatique pourraient faire disparaître la moitié de la glace restante des glaciers du massif du Tien Shan, précise l'étude, publiée dans la revue Nature Geoscience. Or ces glaciers sont une source d'eau cruciale pour les habitants du Kazakhstan, du Kirghizstan, d'Ouzbékistan et d'une partie du Nord-Ouest de la Chine. «Les glaciers sont en fait d'énormes réservoirs d'eau. Ils peuvent équilibrer les volumes d'eau entre les années humides et les années sèches», souligne l'un des coauteurs de l'étude, Doris Duethmann, chercheuse au GFZ German Research Centre for Geosciences à Potsdam. «Au cours d'une année, les précipitations de l'hiver sont stockées jusqu'à l'été, moment où elles sont libérées comme eau de fonte», a-t-elle expliqué.

Les glaciers du Tien Shan ont perdu en moyenne 5,4 milliards de tonnes de glace par an depuis les années 1960. Pendant cette période, leur surface s'est réduite d'environ 3000 kilomètres carrés. La vitesse à laquelle ils ont rétréci s'est fortement accélérée dans les années 1970 et 1980. Les modèles climatiques prévoient des températures estivales plus élevées dans les décennies à venir le long des 2500 kilomètres de la chaîne du Tien Shan, ce qui rendra les glaciers encore plus vulnérables, précise l'étude. Une hausse des températures estivales de 2 degrés de 2021 à 2050 signifierait sans doute une perte supplémentaire de 50% du volume des glaces d'ici au milieu du siècle. «Les mois d'hiver dans la région étant très secs et les montagnes si hautes, la plupart des chutes de neige sur les glaciers ont lieu en été», précise Daniel Farinotti, également chercheur au GFZ German Research Centre for Geosciences.

«Cela signifie qu'une température plus élevée contribue à la fois à augmenter la fonte et à réduire l'alimentation du glacier», explique-t-il. Plus d'un milliard de personnes dans le monde, en particulier en Asie et en Amérique du Sud, obtiennent plus de la moitié de leur eau potable de la fonte saisonnière de la neige et des glaciers, selon de précédentes études. Les glaciers ont une importance cruciale dans les zones arides, comme certaines régions d'Asie centrale, qui sont dépendantes de cette source d'eau. «La situation est particulièrement préoccupante à la lumière à la fois de la croissance de la population locale et de la rétraction continue des glaciers, attendue en raison du changement climatique», ajoute l'étude.




Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mar 18 Aoû - 11:15



Trois quarts des glaciers des Alpes pourraient disparaître d’ici à 2100 10 janvier 2011 Le Monde
 

Le changement climatique pourrait entraîner la disparition des trois quarts des glaciers des Alpes d’ici à 2100 et, dans un scénario encore plus pessimiste, d’une partie de l’Antarctique d’ici à l’an 3000, faisant monter le niveau des mers de quatre mètres, selon deux études publiées dimanche 9 janvier dans la revue Nature Geoscience.

Citation :
La première étude, réalisée par les géophysiciens Valentina Radic et Regine Hock de l’université d’Alaska, à partir de données récoltées sur plus de 300 glaciers entre 1961 et 2004, prévoit que les glaciers de montagne vont perdre de 15 à 27 % de leur volume d’ici à 2100. Ce qui « pourrait avoir des effets substantiels sur l’hydrologie régionale et la disponibilité des ressources en eau », avertissent les auteurs.

Certaines régions seront plus affectées que d’autres en fonction de l’altitude de leurs glaciers, la nature du terrain et leur localisation, plus ou moins sensible au réchauffement climatique. Ainsi, la Nouvelle-Zélande pourrait perdre 72 % en moyenne (entre 65 et 79 % en fonction de la marge d’erreur) de ses glaciers, et les Alpes 75 % (entre 60 et 90 %) ; en revanche, ce chiffre ne serait que de 8 % concernant les glaciers du Groenland et 10 % pour ceux des hauts massifs asiatiques.


Suisse

Cette fonte devrait entraîner une hausse du niveau de la mer de douze centimètres en moyenne d’ici à la fin du siècle, sans tenir compte de la dilatation des océans quand ils se réchauffent. Cette étude est basée sur l’un des scénarios intermédiaires du Groupe intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’évolution du climat (GIEC), dans son dernier rapport de 2007, qui conjugue croissance démographique, économique et recours à des sources d’énergie plus ou moins polluantes, et prévoit une hausse de la température de la planète de 2,8 degrés au cours du XXIe siècle.

Or il s’agit d’un modèle qui ne prend pas en compte les calottes glacières de l’Antarctique et du Groenland, qui comprennent 99 % de l’eau douce de la planète. Si l’une des deux devait fondre de façon significative, le niveau des océans augmenterait de plusieurs mètres, noyant un grand nombre de villes côtières. Avec la partie occidentale de l’Antarctique, le chiffre serait de 4 mètres.

Ce scénario-catastrophe émerge de la seconde étude réalisée par l’université de Calgary, au Canada, qui s’intéresse à l’inertie des gaz à effet de serre (GES), qui, une fois émis, restent des siècles dans l’atmosphère. Aussi, même si toutes les émissions de GES s’arrêtaient d’ici à 2100, le réchauffement se poursuivrait encore plusieurs siècles, selon l’étude.

Celle-ci se base sur un autre scénario du GIEC, plus pessimiste que le premier en matière d’émissions de gaz à effet de serre, et qui prévoit une hausse de la température de 3,4 degrés d’ici à la fin du siècle. Dans cette situation, le réchauffement des profondeurs intermédiaires des mers australes pourrait entraîner un « large effondrement » de la partie occidentale de la calotte antarctique d’ici à l’an 3000.

Source : Le Monde



hors article

Citation :
La plupart des glaciers alpins à travers le monde sont aujourd’hui dans une phase de retrait rapide tels :

•les glaciers suisses qui ont perdu 40 % de leur longueur, plus de la moitié de leur masse et une centaine ont disparu entre 1850 et 1999 et continuent de perdre cinquante centimètres d’épaisseur chaque année ;
•le glacier du Rhône en Suisse qui a perdu 2,3 kilomètres de longueur entre 1850 et 1999 ;
•le glacier d’Aletsch en Suisse qui a perdu cent mètres d’épaisseur entre 1870 et 2001 ;
•les glaciers de Valsorey et de Tseudet en Suisse qui ont perdu 1,4 kilomètre de longueur entre 1850 et 1998 ;
•le glacier de Grindelwald en Suisse qui a perdu 1,6 kilomètre de longueur entre 1850 et 2000 ;
•le glacier de Gébroulaz, en Vanoise a reculé de 1,63 km depuis le milieu du XIXe siècle ;
•le glacier Furtwängler (calotte locale du Kilimandjaro) qui a perdu 80% de son volume au cours de xxe siècle et disparaîtra entre 2015 et 2020.
















source, autres graphiques et photographies

Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mar 18 Aoû - 18:44



20 faits choquants sur la crise globale de l'eau Arnaud Lefebvre  03 juil. 2014


Sécheresse, guerres, faim et mortalité de masse, voilà ce qui attend notre planète si une solution miraculeuse n'est pas trouvée rapidement à la crise de l'eau qui s'intensifie, écrit Michael Snyder sur son blog The Economic Collapse. Il base cette affirmation sur les 20 faits choquants qui suivent :
 
Citation :
1. Déjà actuellement, 1,6 milliards de personnes vivent dans des régions où règne une « totale pénurie d'eau ».

2. La consommation globale d'eau a quadruplé ces 100 dernières années et continue à augmenter.

3. Un tiers de toutes les céréales sur terre seront confrontées à un stress hydrique.


4. Toutes les 15 secondes, un enfant meurt des suites d'une maladie liée à l'eau.

5. Aux environs de 2025, 2 habitants de la terre sur 3 vivront dans des conditions de pénurie d'eau.

6. Par un manque chronique d'eau, les importations alimentaires de la Chine exigent une plus grande superficie que la Californie.

7. La Chine importe déjà maintenant plus d'eau que l'Amérique importe de pétrole.

8. Environ 80% de toutes les grandes rivières chinoises sont trop polluées pour abriter la vie.

9. Les Grands Lacs représentent environ 21% des réserves d'eau douce dans le monde, mais l'exportation d'eau américaine vers la Chine augmente sans cesse.

10. Selon les prévisions, il n'y aura plus d'eau en Inde vers 2050.

11. 75 % de toute la surface des eaux en Inde sont fortement contaminés par des déchets provenant des hommes ou de l'agriculture.

12.  L'eau disponible en Jordanie est à peine 2% de ce qu'elle était autrefois.

13. Par manque d'eau, en Arabie Saoudite, il n'y a pratiquement plus d'agriculture. Vers 2016, ce pays serait à 100% dépendant de l'importation de céréales.

14. Chaque année, 16 millions de personnes déménagent dans des grandes villes. La plupart aboutissent dans des quartiers pauvres sans aucune installation sanitaire.

15. Presque tout le Sud-Ouest des Etats-Unis connaît la sécheresse pour le moment.


16. Suite à la sécheresse persistante, l'index américain des prix  a atteint récemment un nouveau record historique en ce qui concerne la viande, la volaille, le poisson et les œufs.

17. Environ 40% des rivières aux Etats-Unis et 46% des lacs sont si pollués qu'ils ne peuvent plus servir à l'homme.

18. Le dessalement est actuellement encore trop cher et demande encore trop d'énergie pour pouvoir offrir une réponse à la crise de l'eau.

19. Les 100 millions de tonnes de plastique dans le Nord de l'Océan Pacifique commencent à avoir un effet dramatique sur la chaîne alimentaire aquatique (et à terme également sur l'homme).

20. Selon un rapport officiel du gouvernement américain, la demande globale d'eau vers 2030 dépassera de 40% les réserves totales.


*L'OCDE regroupe plus d'une trentaine de pays : toute l'Europe occidentale et l'Amérique du nord, plus le Japon, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée et, depuis 1995 et 1996, certains pays d'Europe centrale (République tchèque, Hongrie, Pologne) et, depuis 2010 le Chili, la Slovénie, Israël, et l'Estonie.
BRIICS : Brésil, la Russie, l'Inde, l'Indonésie, la Chine et l'Afrique du Sud



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mar 18 Aoû - 21:41

sur l'éruption du volcan Cotopaxi en Equateur




Le Cotopaxi, l'un des plus dangereux volcans du monde, est réveillé Laurent Sacco 18/08/2015

Situé sur la célèbre ceinture de feu, le Cotopaxi est un volcan actif dont les éruptions menacent la capitale de l'Équateur, Quito. Sous surveillance, il est entré en éruption pour la première fois depuis presque 75 ans le 14 août 2015. On craint surtout ses lahars qui ont déjà fait des victimes au XIXe siècle.

L'Équateur est un pays de volcans où ils se comptent par dizaines. Certains culminent à plus de 5.000 m. Ils constituent l’arc volcanique équatorien résultant de la subduction de la plaque océanique Nazca sous la plaque continentale d’Amérique du Sud.


Citation :
Le Cotopaxi est l’un des plus célèbres volcans d’Amérique du Sud. Il est voisin du fameux Chimborazo, parfois considèré comme le point le plus élevé de la Terre en raison du renflement équatorial de notre Planète, dû à sa rotation qui en fait un ellipsoïde (mais pas vraiment en équilibre hydrostatique). Le Cotopaxi et le Chimborazo sont en effet tous les deux situés non loin de Quito, la capitale de l’Équateur.

Un autre volcan d’Amérique du Sud est tristement célèbre, le Nevado del Ruiz, en Colombie. En 1985, une éruption s’y est produite entraînant la fonte des neiges et des glaciers occupant son sommet à 5.300 mètres d’altitude environ. Les lahars catastrophiques qui en ont résulté ont tué au moins 24.000 personnes en engloutissant à 50 kilomètres de distance la petite ville d’Armero.


Le 3 mars 2015, deux volcanologues arpentaient les pentes du Cotopaxi
à la recherche d'échantillons pour mieux comprendre le volcan.

300.000 personnes menacées par les lahars du Cotopaxi

Avec ses 5.897 mètres d’altitude et son sommet lui aussi couvert de neiges et de glace, on craint que le réveil du Cotopaxi ce 14 août 2015 ne conduise lui aussi à la formation de lahars. Comme la majorité des volcans de la ceinture de feu en Amérique du Sud, le Cotopaxi est un volcan explosif donc particulièrement dangereux, un volcan gris comme auraient dit Maurice et Katia Krafft qui se seraient sans doute précipités à son chevet pour assister à sa poussée de fièvre.

L’étude du volcan a montré qu’il est fréquemment entré en éruption et que depuis environ 6.000 ans, des éruptions pliniennes paroxysmiques n’y sont pas rares. En 1877, la dernière éruption de grande ampleur (une s’est produite en 1940, peut-être aussi en 1942, mais elle était mineure) a d’ailleurs généré des lahars qui se sont écoulés sur une distance de plus de cent kilomètres et faisant de nombreuses victimes alors que le bruit de l’éruption a été entendu jusqu’à 350 kilomètres. Le Cotopaxi est donc considéré comme l’un de volcans actifs les plus dangereux du monde et c’est pourquoi il fait l’objet d’une surveillance étroite de la part de l’Instituto Geofísico de la Escuela Politécnica Nacional (IGEPN) car 300.000 personnes sont potentiellement menacées par une nouvelle éruption entraînant d’importants lahars.


Déjà, en avril 2015, les géophysiciens et volcanologues équatoriens avaient détecté une recrudescence de l'activité sismique et fumerollienne au Cotopaxi. Ils laissaient entendre q'une éruption pouvait se produire dans les mois à venir. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle avec deux barres horizontales en bas à droite. Les sous-titres en espagnol devraient alors apparaître, si ce n'est pas déjà le cas. En cliquant ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, vous devriez voir l'expression « Traduire les sous-titres ». Cliquez pour faire apparaître le menu du choix de la langue, choisissez « français », puis cliquez sur « OK » © latvecuador, YouTube

Le Cotopaxi en restera-t-il aux éruptions phréatomagmatiques ?

Pour l’heure, il n’y a qu’une activité sismique et des émissions de panaches de cendres dont l’un est monté à 8 kilomètres d’altitude. Les premières études de ces cendres indiquent qu’il s’agit d’éruptions phréatomagmatiques, ce qui serait plutôt rassurant mais les autorités ont tout de même prudemment fait évacuer une partie de la population de la zone à risques. À Quito, située à seulement 45 km environ du volcan, un million de masques ont été distribués.

Il est difficile de prédire comment va évoluer la situation. Les premières données thermiques fournies par le satellite Landsat 8 ne faisaient pas état de l’apparition de lave ni d’un dôme dans le cratère, ce qui est cohérent avec l’analyse des cendres. Si de la lave est bien montée en direction de la surface à l’intérieur du Cotopaxi, comme l’indiquent les données sismiques, elle n’a pas encore directement participé aux explosions, fournissant seulement de la chaleur à l’eau qui s’est vaporisée et qui a provoqué au moins la première grande éruption.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Sam 22 Aoû - 15:01



Réchauffement climatique

2015, l’année la plus chaude depuis 135 ans 22.08.15

Dans un communiqué rendu public avant-hier, l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) déclare que notre globe a enregistré, durant les derniers 7 mois, des records de chaleur jamais relevés depuis 1880, année des premières annales.


Citation :
Ces records viennent confirmer les hypothèses des intéressés des changements climatiques, prévoyant une accélération du réchauffement de la planète.

Ainsi, 2015 a largement battu le record de l’année qui l’a précédée, pourtant classée la plus chaude depuis 135 ans. Ne faisant pas d’exception à la règle, le mois de juillet, réputé par les montées du mercure, a été le plus chaud des 7 mois et des 1627 mois depuis janvier 1880 avec une température globale de 16,61°C.

Le mercure y a enregistré une hausse de 0,81°C au-dessus de la moyenne du XXe siècle, soit 0,08°C de plus que le record précédent de juillet 1998. Signalons que la température augmente durant ce mois de 0,65°C par siècle en moyenne.

La glace fond en Arctique

Cette hausse du mercure n’a pas été enregistrée seulement sur la terre, mais aussi à la surface des océans, notamment dans les régions de l’ouest de l’Atlantique et l’est et la région équatoriale de l’océan Pacifique et l’Arctique.

D’après le rapport de la NOAA, le record de 2010 a été largement dépassé avec une hausse de 0,67°C. Selon le même rapport, ces hausses sont estimées entre 1 et 2°C. Avec ce réchauffement climatique très rapide, l’étendue des glaces arctiques se réduit. Durant le mois de juillet seulement, sa réduction a été estimée à 906 495 km2. Ce qui la classe la plus importante depuis 2009. Dans le même rapport, la concentration des gaz à effet de serre, premier responsable de cette catastrophe naturelle, a connu son pic cette année battant le record de 2014.

Ceci malgré les recommandations de plusieurs pays membres de l’ONU quant au sérieux de la menace sur la Terre. En juillet, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait tiré, encore une fois, la sonnette d’alarme. Devant l’absence de mesures réelles dans la prise en charge du taux de l’émission de ces gaz et la question de la pollution atmosphérique en général, le réchauffement pourrait atteindre 5 à 6°C d’ici 2100.

De lourdes conséquences à l’horizon

Cette allure inédite du réchauffement de la planète n’est pas sans incidence sur la vie de tous les jours de ses habitants. Vagues de chaleur, pluies torrentielles, fonte des neiges et des glaces, sécheresse et feux de forêt feront l’actualité de plusieurs pays. D’après un comité de chercheurs, membres du groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), les prochaines années verront une élévation du niveau des mers, une migration des espèces marines et une forte et rapide acidification des océans.

Ceci jouera en la défaveur de plusieurs espèces marines, condamnées à disparaître. Des hivers  plus rudes, des étés plus chauds seront au rendez-vous, engendrant une modification des rendements agricoles. Devant le sérieux que revêt cette question, une conférence des Nations unies sur le changement climatique se tiendra à Paris, du 30 novembre au 11 décembre, dans l’espoir de pouvoir agir réellement pour contrer cette catastrophe écologique «human made».

Asma Bersali

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Sam 22 Aoû - 15:21



Inondations côtières : les dégâts seront plus coûteux demain en Asie Laurent Thevenin 20/08  


Canton figurera en 2070 parmi les principales villes qui présenteront la plus forte exposition
en termes d'actifs au risque d'inondations côtières
Citation :
Il y a dix ans, on ne trouvait en tête de ce classement que des villes américaines (Miami, New York, La Nouvelle-Orléans, Tampa-St. Petersburg), japonaises (Osaka-Kobe, Tokyo, Nagoya) ou néerlandaises (Amsterdam et Rotterdam). En 2070, le curseur va radicalement se déplacer vers l’Asie, d’après les projections de l’OCDE citées par l’assureur allemand Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS) dans un rapport paru cette semaine.

Parmi les principales villes qui présenteront à cet horizon la plus forte exposition en termes d’actifs au risque d’inondations côtières figureront des ports chinois telles Canton (à la deuxième place, derrière Miami et devant New York), Shanghai (5e) et Tianjin. Outre Tokyo (8e), Calcutta, Bombay, Hong Kong et Bangkok compléteront ce Top 10.

« Historiquement, les ouragans comme Katrina et les tempêtes hivernales comme Gudrun touchant les Etats-Unis et l’Europe représentaient le principal risque pour Allianz Global Corporate & Specialty, écrit la division d’Allianz spécialisée dans les grands risques. Mais, comme la compagnie est entrée et s’est développée dans des pays émergents, l’activité tempête dans d’autres régions du monde est devenue un point d’attention plus grand […] , en particulier en Inde, en Chine, en Corée du Sud et aux Philippines. »


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Sam 22 Aoû - 16:26

Rythme de réduction de l’intensité-CO2 du PIB hors de portée, sans Révolution ?

Une abaque climatique Michel Husson, note hussonet n°89, 20 Août 2015

Michel Husson a écrit:
L’intérêt d’un tel instrument est de baliser les évolutions possibles et de donner des ordres de grandeur approximatifs mais significatifs.  

Le résultat d’ensemble est tout à fait alarmant, puisque l’objectif-plancher du GIEC ne peut être atteint que par une combinaison d’hypothèses très optimistes sur le rythme de réduction de l’intensité-CO2 du PIB et l’acceptation d’un ralentissement marqué de la croissance du PIB par tête.  

Quant à l’objectif plus ambitieux énoncé par le GIEC (une réduction des émissions de CO2 de 85 % d’ici à 2050), il semble complètement hors d’atteinte, puisqu’il implique un rythme de réduction de l’intensité-CO2 hors d’atteinte et une réduction absolue du PIB par tête socialement insoutenable : une baisse de 2 % par an sur 40 ans conduit à une baisse totale de plus de la moitié (55 %).

La seule hypothèse porte sur l’évolution de l’intensité-CO2. Celle-ci dépend évidemment d’un grand nombre de paramètres, notamment le contenu en énergie du PIB et le contenu en CO2 de l’énergie consommée. Mais les données disponibles montrent que seule une accélération considérable - et peu plausible - du rythme de baisse de l’intensité-CO2 permettrait de concilier croissance et baisse des émissions de CO2....

http://hussonet.free.fr/abacli.pdf


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Dim 23 Aoû - 14:19

Un document :

The Tianjin Explosion: A Tragedy of Profit, Corruption, and China’s Complicated Transition

http://chuangcn.org/2015/08/tianjin-explosion/

un site critique majeur sur la Chine :

http://chuangcn.org/blog/

Lists of recommended books, articles, films, and websites about China, to be updated periodically, with links to those available online.1
A few texts in Chinese and other languages are listed at the bottom; the others are limited to English. Some books appear in more than one list.

http://chuangcn.org/resources/

闯  Chuang will publish a journal analyzing the ongoing development of capitalism in China, its historical roots, and the revolts of those crushed beneath it.  Chu?ng is also a blog chronicling these developments in shorter and more immediate form, and will publish translations, reports, and comments on Chinese news of interest to those who want to break beyond the bounds of the slaughterhouse called capitalism.
 
Contact us at chuangcn@riseup.net
Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Lun 24 Aoû - 3:27

Pénurie d'eau dans le monde, les chiffres-clés

L'eau, le problème majeure du 21e siècle ? Plus d'un milliard de personnes n'ont actuellement pas accès à l'eau potable, un chiffre qui devrait encore exploser dans les prochaines années. Les données importantes concernant l'or bleu.


Citation :
Un pays sur deux souffrent de pénuries d'eau

Neuf pays se partagent 60% des réserves mondiales d'eau, alors que 80 pays souffrent de pénuries ponctuelles et 28 de pénuries régulières.

Parmi eux, 17 Etats prélèvent chaque année plus d'eau que les cycles naturels n'en apportent. Ces pays sont essentiellement situés dans un triangle ayant pour sommets la Tunisie, l'Afrique du Sud et l'Afghanistan.

Des problèmes particulièrement grave sont dénoncés dans les territoires palestiniens, en Syrie, en Inde, au Sri Lanka, en Afghanistan, en Indonésie, en Somalie, au Sud-Soudan et en Ethiopie.

1,3 milliard de personnes sans eau potable

Dans le même temps, 1,3 milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'eau potable, soit presque un cinquième de la population mondiale, et 500'000 millions pourraient subir le même sort dans un avenir proche. Plus d'un tiers se trouvent sur sol africain.

En outre, entre 3 et 4 milliards d'individus utilisent chaque jour une eau de qualité douteuse, voire insalubre, soit plus de la moitié de la population mondiale.

Quelque 2,5 milliards d'humains n'ont pas accès à des installations sanitaires.

Près de 800'000 millions de personnes n'ont pas un accès régulier à de la nourriture.

Aujourd'hui, 80% des eaux usées ne sont ni collectées ni traitées dans le monde.

Sept morts par minute à cause de l’eau

Les eaux insalubres restent la première cause de mortalité dans le monde, avec 3,6 millions de victimes par an dont une majorité d’enfants. Cela représente sept morts toutes les minutes

A l’échelle régionale, les disparités restent fortes entre l’Afrique subsaharienne, où plus de 40% des personnes sont sans accès à l’eau potable, et les pays émergents d’Amérique latine et d’Asie.

Plus de 3000 enfants décèdent chaque jour des suites de diarrhées causées par de l’eau contaminée ou des mauvaises conditions d’hygiène, ce qui représente un million par an.

Pour l'ensemble de la population, le nombre de décès en une année liés au manque d'eau dépasse les 4 millions.

80% de l'eau est utilisée pour produire de la nourriture


Au moins 20 litres d’eau propre sont nécessaires à la consommation journalière de chaque être humain, dont seulement 2 à 4 litres pour sa consommation, le reste pour laver, se laver et cuire les aliments notamment.

Au niveau mondial, plus de 70% de l’eau consommée, voire plus de 80% dans les pays en développement, est utilisée pour la production de denrées alimentaires. Seulement 10% de l'eau est utilisée par les foyers.

Il faut 454 litres d'eau pour élaborer un kilo de maïs et entre 1600 et 5000 litres pour un kilo de riz. Quelque 13'000 litres d'eau sont nécessaires pour produire un kilo de bœuf.

Plus de 95% des paysans africains n'ont pas accès à de l’eau d’'irrigation pour l’agriculture.

Les Etats-Unis détiennent le record du gaspillage de l'eau avec 600 litres d'eau utilisés par personne et par jour. Un Français en consomme 137 litres et un Suisse 160. En Afrique subsaharienne, un habitant consomme uniquement 10 litres d'eau par jour.

La fabrication d’une voiture nécessite 120'000 litres d’eau.

Aujourd’hui, la planète consomme 4 milliards de m3 d’eau, ce qui est déjà supérieur à la disponibilité du renouvellement de nos réserves mondiales au vu de la croissance actuelle.

Un enjeu majeur des années à venir

Durant le 20e siècle, alors que la population triplait pour atteindre 6 milliards d’êtres humains en 2000, la consommation d’eau a été multipliée par plus de six.

Assurer une eau saine et une alimentation suffisante aux 9 milliards d’habitants attendus en 2050 est l'un des enjeux majeurs des années à venir

Près de 3,9 milliards de personnes vivront certainement dans des régions confrontées à un important stress hydrique d'ici 2050. L’augmentation des apports d’azote, de phosphore et de pesticides d’origine agricole et les rejets d’eaux usées amplifiera la pollution des eaux.

D’ici 2080, trois fois plus d’hommes, de femmes et d’enfants souffriront de pénuries d’eau sévères et 600 millions auront faim.

En Asie et en Afrique surtout, le problème va devenir de plus en plus important dans les villes géantes qui se construisent sans adduction d’eau correcte.

Dans certaines régions, l'eau devrait être à l'avenir source de conflits économiques et politiques.

Sources: ONU, OCDE, OMS, FAO, DDC


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Ven 11 Sep - 14:51

L’air du métro et des gares souterraines crée « un vrai risque sanitaire » Laetitia Van Eeckhout LE MONDE | 10.09.2015



L’air du métro et des gares souterraines est beaucoup plus chargé en particules fines que l’air extérieur, selon une étude de l'Anses
.



Laetitia Van Eeckhout a écrit:
L’air du métro et des gares souterraines est beaucoup plus chargé en particules fines que l’air extérieur – même à proximité du trafic routier – et que l’air des logements. C’est la conclusion d’un avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, l’environnement et du travail (Anses), publié mercredi 9 septembre, qui met en garde contre les risques sanitaires chez les agents travaillant dans ces enceintes.

La concentration en « PM10 », particules inférieures à 10 microns (10 µm) mesurée sur le quai dans les enceintes ferroviaires souterraines, en France, se situe entre 70 et 120 µg par m3 d’air en moyenne sur 24 heures, avec des pics maximaux sur une heure à 1 000 µg/m3. En comparaison, la concentration moyenne en PM10 à l’extérieur tourne autour de 25 à 30 µg/m3.

Ces particules encombrant l’air des enceintes ferroviaires sont riches en métaux, en fer et en carbone notamment. Elles proviennent de l’air extérieur qui s’engouffre dans les stations par les portes et les bouches d’aération, mais surtout de l’activité ferroviaire elle-même. Le contact des roues des wagons sur les rails, le freinage des rames en particulier donnent lieu à des frottements intenses.

Particules toxiques

La toxicité de ces particules, dont les caractéristiques sont différentes de celles de l’air extérieur provoquées par la circulation automobile ou le chauffage, reste encore peu documentée, souligne l’Anses dans son étude.


« Les données toxicologiques disponibles montrent néanmoins qu’elles sont au moins aussi toxiques à court terme que les particules de l’air ambiant extérieur », relève Valérie Pernelet Joly, responsable de l’unité d’évaluation des risques liés à l’air de l’Anses.

« L’exposition chronique à ces particules soulève un vrai risque sanitaire respiratoire et cardiovasculaire, insiste-t-elle. La concentration de particules fines observée est à même de susciter un stress oxydant, c’est-à-dire une agression des cellules de l’organisme et d’entraîner des inflammations, notamment pulmonaires. »

Les conducteurs sont les plus exposés

Selon une étude d’exposition individuelle réalisée par la RATP entre 2005 et 2010 sur l’ensemble des lignes du métro et du RER du réseau francilien, les personnels les plus exposés aux PM10 sont les conducteurs (avec un niveau d’exposition de l’ordre de 155 µg/m3), suivis des métiers d’agent de manœuvre et de contrôle (130 µg/m3) et enfin les agents de recette (75 µg/m3).

Tunnel de métro à Paris.

« Les risques sanitaires sont vraisemblablement plus élevés pour les agents en charge de la maintenance, compte tenu de la spécificité de leurs activités », relève toutefois l’Anses. « Effectuant des travaux de maintenance dans les tunnels, le plus souvent de nuit, ces personnels sont exposés aux émissions des motrices diesel, à la silice cristalline, aux particules métalliques ou à l’amiante », explique Valérie Pernelet Joly.

C’est d’ailleurs entre 2 heures et 5 heures du matin que l’on observe les plus fortes concentrations de PM10 sur une heure (1 000 µg/m3).

Pas transposable aux usagers du métro

Tout en soulignant que ces observations sur les risques chez les travailleurs du métro et des gares souterraines ne sont pas transposables aux usagers du métro dont l’exposition quotidienne est beaucoup plus intermittente, l’Anses appelle à la mise en œuvre et la poursuite de mesures de prévention et de réduction des expositions pour l’ensemble de ces catégories de travailleurs, et en particulier pour ceux en charge de la maintenance, sur lesquels les données restent rares.

Elle souligne ne pas pouvoir recommander une valeur limite d’exposition à long terme de particules fines pour ces travailleurs, insistant sur le fait que les données disponibles sur la toxicité des particules de l’air des enceintes ferroviaires souterraines restent très limitées et portent aujourd’hui uniquement sur des effets à court terme.

Mais elle appelle à poursuivre et multiplier les travaux de recherche dans ce domaine, et à « renforcer » la surveillance de la qualité de l’air dans ces lieux souterrains pour qu’une telle valeur limite puisse être définie.

La RATP, par la voix de sa responsable des questions d’environnement, Sophie Mazoué, a réagi en fin de journée, jeudi, expliquant que les mesures demandées par l’Anses « sont déjà mises en oeuvre ou en cours » pour « réduire de façon drastique les émissions ». Elle a ajouté qu’une « étude épidémiologique montre qu’on ne constate pas plus de maladies chez [ses] agents en souterrains par rapport aux autres ».

Alain Krakovitch, patron du réseau Transilien de la SNCF, affirme pour sa part surveiller « la maintenance des installations » et évoque « des recherches en cours sur la poussière générée par le freinage » des trains.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mer 16 Sep - 16:07

empruné à Vlad2, d'un autre sujet

International Peace Bureau Briefing Paper dit :

Les conséquences écologiques du militarisme : Stop The Arms Fair

Traduit par  Michèle Mialane میشل ميلان

Citation :
La guerre moderne (...) a des conséquences tellement destructrices pour l’environnement qu’on peut parler d’holocauste écologique.

Examinons-en les différents aspects :

Les forces militaires des USA sont responsables pour moitié des émissions d’hydrochlorofluorocarbones (CFC), soit de 13% de la destruction de la couche d’ozone. Les activités militaires sont à l’origine de 10% des émissions de C02. L’ensemble des forces militaires mondiales est responsable des 2/3 des CFC 113 libérés dans la couche d’ozone.

Les forces armées US sont le premier pollueur mondial et produisent chaque année autant de substances toxiques que les 5 premières firmes chimiques mondiales réunies. Il est à peine besoin d’évoquer les conséquences environnementales de la guerre : embrasement de produits de pétroliers (par exemple : la plus grave catastrophe pétrolière en Méditerranée) ; les mines anti-personnel et munitions à l’uranium appauvri qui infestent les sols, provoquant morts, mutilations et empoisonnements, déforestations par aspersion de défoliants, incendies de forêt gigantesques, pollution des nappes phréatiques suite à des bombardements sur les évacuations d’eaux usées.


Les forces armées consomment environ 1/4 (42 millions de tonnes par an) du kérosène utilisé dans le monde, et plus d'aluminium, de cuivre, de nickel et de platine que l'ensemble des pays du Sud globalisé n'en demande. Elles détiennent aussi 1,5 million km2 de terres de par  le monde, soit l'équivalent de la Mongolie. Encore les surfaces occupées par les entreprises d'armemnt ne sont-elles pas incluses dans ce chiffre.


Même les manœuvres militaires entraînent de graves pollutions.

Les polygones d’essai pour bombes transforment des zones entières en désert. Les installations de tir pour blindés et pour l’artillerie contaminent les sols et les nappes phréatiques avec du plomb et autres résidus toxiques. Leur réhabilitation exige parfois des millénaires. Sans parler des vols à basse altitude qui perturbent les routes migratoires et les comportements de la faune sauvage.

Partout dans le monde, la présence de forces armées est le meilleur indicateur des dommages causés à l’environnement. Presque tous les sites d’essais nucléaires ainsi que la plupart des mines d’uranium et décharges nucléaires se trouvent sur le territoire de populations autochtones. Il en va de même pour d’autres activités militaires polluantes.

L’armée US (le premier pollueur mondial) est responsable de 27 000 zones classées Seveso situées sur 8500 terrains militaires en activité ou fermés.


Un groupe de militant-e-s a réussi à pénétrer dans l’ExCel Centre à Londres. Ils ont déployé une banderole de Stop the Arms Fair devant un obusier destiné à la garde nationale saoudienne, l’Indonésie, et la Thaïlande pour être utilisé au Mali, au Liban et en Afghanistan

Mais même lorsque les forces armées ne sont pas matériellement présentes elles dévastent l’environnement par le biais de l’industrie qui les fournit. Un bon exemple en est les coûts de production de l’aluminium. 30% de l’aluminium produit dans le monde est utilisé par l’industrie de l’armement. La fabrication de l’aluminium est l’un des processus qui causent le plus de dommages environnementaux. L’extraction du minerai - la bauxite - détruit des forêts pluviales et dépossède les peuples indigènes de leurs territoires ancestraux tandis que les produits chimiques empoisonnent les fleuves et les nappes phréatiques. La fonte de l’aluminium nécessite une énorme quantité d’énergie - on emploie de « l’énergie propre » produite  en Islande , où l’on construit des barrages sur les grands fleuves glaciaires, détruisant ainsi le dernier grand espace sauvage européen.

Quand un camion transportant des équipements militaires pour la grand-messe de l’armement (DSEI) est arrivé en vue, 100 militant-e-s sont descendus dans la rue en scandant « C’est ici que commence l’oppression... C’est ici qu’il faut la stopper ! »

Et non seulement le militarisme entraîne d’énormes dégâts environnementaux. Mais l’on ne peut disjoindre arbitrairement le militarisme de ces dégâts, car tous deux sont partie intégrante d’un seul et même système de domination, d’oppression et de   destruction, le capitalisme, qui implique la guerre permanente et le complexe miltaro-industriel ; il implique aussi la croissance constante de l’épuisement des ressources, avec les inévitables dégâts environnementaux et l’inexorable changement climatique qu’elle entraîne.



Pour en savoir davantage: International Peace Bureau Briefing Paper THE MILITARY’S IMPACT ON THE ENVIRONMENT: A NEGLECTED ASPECT OF THE SUSTAINABLE DEVELOPMENT DEBATE


Campagnes britanniques contre l ’armement et les foires aux armement:
- See more at: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=15942#sthash.RlAMrjoh.dpuf


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Dim 18 Oct - 12:14

Capitalisme vert : Le marché de dupe de la dépollution 17 octobre 2015 par Commission Journal

À l’issue du fumeux Grenelle de l’environnement, une nouvelle approche de la conquête industrielle s’est fait jour : la dépollution, ou reconquête des anciens sites pollués. Encore un marché qui s’ouvre pour « valoriser » cette sacrée transition écologique.

Citation :
Depuis l’émergence des grands capitalistes et de leurs usines au XIXe siècle, des nuisances ont été constatées et des lois ont été faites pour protéger les activités. Loin de résoudre les problèmes, ces lois ont au contraire permis à l’industrie de rester toujours florissante [1]. Ainsi, les débuts de l’industrialisation, à la fin du XVIIIe siècle, s’accompagnent immédiatement de plaintes quant aux nuisances. Mais l’État veut industrialiser, et un premier décret réglementant les établissements verra le jour en 1810, visant à supprimer la contestation. Rédigé et avalisé par des industriels chimistes, ce texte protège les industries de la délocalisation, d’une concurrence des artisans traditionnels, et ôte le droit de plainte aux locataires du voisinage. Ce texte fondateur met donc en valeur la supériorité de la chimie de synthèse, des experts qui sont seuls juges et le contrôle territorial des industriels (aussi des chimistes).


Le règne de la chimie

Toujours défendu par des spécialistes, notamment chimistes, le secteur industriel se maintient dans une position très dure à contester. Les nouvelles lois sur la pollution mettent en avant le principe « pollueur-payeur », et les lois de prévention continuent de sanctuariser une exploitation tous azimuts.

Nous voyons donc que trois critères président actuellement au développement des industries dans le tissu urbain : nuisances perceptibles (odeurs, bruit...), santé, environnement. Tout cela est englobé dans la question de l’implantation de l’usine, qui doit éviter de gêner pour pouvoir produire tranquillement. La prévention se manifeste par exemple par ces bassins que l’on voit fleurir autour des zones industrielles, dans le but de dire « voyez comme nous sommes responsables ». Le principe pollueur-payeur signifie que l’exploitant doit payer pour les dégâts causés aux citoyens ou à l’environnement. Plus complexe que l’achat de l’opinion par une installation voyante (et salutaire, soyons honnêtes !) comme celles de la prévention, cette action vise à une disparition des sites pollués. Évidemment, le but de l’État n’est pas d’assassiner les industriels, il s’agit plutôt de créer un nouveau modèle économique afin d’assurer la transmission sans encombres des activités de développement. Pour cela les spécialistes de la chimie sont toujours à l’œuvre, notamment ceux de l’entreprise Brownfields (champs bruns).


Combler le besoin de territoires

De même que les ressources, les terrains disponibles se raréfient et de nouvelles solutions doivent émerger pour accueillir les futures activités. La solution de dépolluer d’anciens sites industriels, quitte à augmenter le prix du terrain est donc mise en œuvre.

Voilà donc nos charlots de la dépollution qui débarquent. Utilisant un concept qui a très bien marché aux États-Unis, Brownfields est une boîte fondée en 2006 par les fonds d’investissement tentaculaires Colony Capital et Eurazeo (qui se font appeler « Green partners », les blagueurs) pour répondre à ce besoin du marché. Géré par des anciens dirigeants du business de la chimie (Rhodia, Suez) et un promoteur immobilier, leur but est de repérer les anciens terrains industriels à forte valeur spéculative actuelle. Se posant comme les spécialistes de la dépollution, les Brownfields rachètent les terrains peu chers, puisque pollués, traitent la pollution, et mettent l’ensemble aux normes de l’activité du futur acquéreur. Le tout est garanti et intégré dans leur seule activité.

Cette centralisation de tous les domaines induit une baisse de coûts du recyclage, et ouvre des opportunités d’exploitation. L’autre point fort, du point de vue de l’industrie, est que le dossier est intégralement géré par la boite, et que les collectivités locales et les citoyens n’ont plus rien à dire depuis la cession du terrain jusqu’à l’implantation de la nouvelle activité. Comme ce type d’activité est nouveau, ils est fortement subventionné par l’État et les collectivités locales.


Le cheval de Troie

Dans l’histoire de l’expansion territoriale des cités, les entreprises ont toujours joué un rôle prépondérant. Porteuses de la croissance et de l’emploi elles se sont implantées durant les deux derniers siècles sur des territoires, notamment agricoles, en gérant les réseaux en collaboration avec les villes. La solution intégrée permet de prendre un contrôle total d’un site préexistant.

Se substituant aux communes dans les choix de développement, l’entreprise peut placer ses partenaires en priorité et ainsi faire marcher l’ensemble du groupe auquel elle appartient. Pour l’exemple, les Green partners détiennent un portefeuille d’actions dans des entreprises touchant à divers secteurs d’activité, du groupe Accor (leader dans l’hôtellerie mondiale) à des chaînes de boulangeries, en passant par Fonroche (géothermie) [2].

Brownfields, n’ayant pas la contrainte des appels d’offres, va pouvoir se servir de cet énorme portefeuille. Le premier site d’envergure géré par cette boîte est celui de l’ancienne raffinerie de Reichstett (80 hectares) en ­Alsace, un projet de dépollution prévu sur cinq ans, qui annonçait en fanfare son premier hôte dès l’obtention du contrat : l’entreprise Fonroche.

Ce qui intéresse les industriels n’est pas de protéger l’environnement, mais de pérenniser leur activité. Les lois sur la pollution, dépollution ou prévention sont un excellent moyen de se tenir à l’écart de la vindicte populaire. Le territoire est le premier objet d’agression de ce système, et c’est dès l’implantation des activités qu’il faut agir. Ce sont souvent les notables locaux qui ont mené la fronde contre l’industrie, dans laquelle sont inclus aussi bien les capitalistes et « leurs » ouvriers et ouvrières. Mais, maintenant que le dogme productiviste est plus largement contesté, les luttes doivent s’étendre jusqu’au sens même de la production industrielle.

Jean-André (AL Gard)



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mer 4 Nov - 2:04

Climat : la course contre la montre des 2 °C est perdue d'avance 24 octobre 2015 |  Par Michel de Pracontal

Éviter un réchauffement planétaire supérieur à 2 °C par rapport à la période pré-industrielle est l'un des enjeux majeurs de la COP21. Mais les analyses des scientifiques montrent qu'il ne reste plus qu'une chance infime d'y parvenir. Et encore, pour les plus optimistes

Michel de Pracontal a écrit:
est une course contre la montre presque impossible à gagner : maintenir, d’ici 2100, le réchauffement planétaire en dessous du seuil critique de 2 °C supplémentaires par rapport à la température moyenne de l’ère pré-industrielle. Cette limite est considérée comme une barrière de sécurité à ne pas franchir. Au-dessus de 2 °C de réchauffement, les recherches montrent que le changement climatique deviendrait très dangereux, avec une forte montée du niveau des mers et des risques de plus en plus élevés d’inondations, de sécheresses, de tempêtes et d’intempéries. L’objectif de respecter la limite des 2 °C constitue un enjeu majeur de la COP21, le sommet de Paris qui s’ouvre le 30 novembre. Mais les calculs des scientifiques montrent que les chances d’y parvenir sont désormais infimes.


Deux manchots Adélie sur un bloc de glace en Antarctique
© REUTERS/Pauline Askin

D’où une contradiction majeure. Depuis deux décennies, la cible emblématique des 2 °C a été le point focal des négociations internationales. Elle a été adoptée en 1996 par les ministres européens de l’environnement, dont Angela Merkel. Elle a été ratifiée par 193 pays lors de la conférence de Cancun sur le climat en 2010. Elle figure dans le projet d’accord qui pourrait être signé à Paris et qui a été adopté à Bonn le 19 octobre (voir notre article). Les petits États insulaires, plus affectés par les risques liés à la hausse du niveau des mers, demandent même un objectif plus contraignant de 1,5 °C. Mais les tendances actuelles de la consommation énergétique conduisent à un réchauffement de 4 à 5 °C au-dessus de la moyenne pré-industrielle. Et les promesses des pays qui participent au sommet, les « INDC » (intended nationally determined contributions), qui concernent la période 2020-2030, permettraient au mieux de limiter le réchauffement autour de 3 °C.

Pourtant, la discussion se poursuit comme si la cible des 2 °C constituait un objectif réaliste. Les scientifiques construisent de superbes modèles qui supposent cette cible atteinte, au prix d’hypothèses acrobatiques. De nombreux médias présentent les 2 °C comme un but accessible par une transition indolore, d’un faible coût économique. Kevin Anderson, professeur à l’université de Manchester, parle de « dissonance cognitive » dans un article publié le 12 octobre 3 par Nature Geoscience qu’il reprend sur son blog 3. D’après lui, la situation exige une « révolution immédiate de la manière dont nous produisons et utilisons l’énergie ».

Le monde y est-il prêt ? La révolution n’est pas inscrite au programme de la COP21, qui s’efforce de concilier l’aspiration à la croissance des pays en développement avec la volonté des plus puissants de préserver leur niveau économique. Au risque de manquer un tournant historique.

Six scientifiques de premier plan interrogés par Mediapart donnent ici leur diagnostic de la situation climatique et des enjeux réels de la lutte contre le réchauffement.


• LES ÉMISSIONS DE CO2 ONT TRIPLÉ DEPUIS 1970

Citation :
« Quand j’ai commencé à travailler sur le climat à la fin des années 1970, je n’imaginais pas que je verrais les premiers symptômes du changement climatique, raconte le climatologue Hervé Le Treut, directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace. Je pensais que je ferais des calculs et des modèles toute ma vie. Il y a trente ans, on parlait encore du changement climatique comme de quelque chose de lointain. On s’intéressait à l’histoire des climats anciens. Tout a basculé en quelques décennies. Même à l’époque du sommet de la Terre à Rio, en 1992, on ne disait pas que les effets du réchauffement étaient déjà observables. Et l’on n’a pas anticipé le décollage de la Chine. »

Ce grand basculement résulte de la formidable accélération des émissions de gaz à effet de serre depuis le début la révolution industrielle, mais surtout depuis un demi-siècle. Le principal gaz à effet de serre est le CO2, qui représente plus des trois quarts des émissions et qui est produit par l’utilisation des combustibles fossiles, la déforestation et les processus industriels, en particulier la fabrication du ciment.


Les émissions de CO2 ont augmenté de manière exponentielle depuis la révolution industrielle. De 1900 à la Seconde Guerre mondiale, les émissions de gaz carbonique dues à l’usage du pétrole, du gaz et du charbon étaient inférieures à 5 milliards de tonnes par an, leur niveau vers 1950. Elles ont doublé entre 1950 et 1960, puis une nouvelle fois entre 1960 et 1980, atteignant 20 milliards de tonnes par an. Aujourd’hui, elles sont d’environ 36 milliards de tonnes par an. Ces chiffres donnent la mesure de l’accélération qui s’est produite en une ou deux générations. La concentration de CO2 dans l’atmosphère a dépassé 400 ppm pour la première fois pendant le printemps 2014. Pendant les 800 000 ans précédents, elle oscillait entre 180 et 280 ppm, le niveau d’avant la révolution industrielle.

La Chine, dont les émissions ont triplé entre 1995 et 2010, représente plus du quart du total actuel ; près de 60 % du CO2 mondial est produit par quatre entités politiques : Chine, États-Unis, Union européenne et Inde. Les émissions totales de gaz à effets de serre comportent, en plus du CO2, du méthane, de dioxyde d’azote (NO2) et d’autres gaz en moindre quantité. Les émissions totales suivent grosso modo la même répartition entre pays que celles de dioxyde de carbone.  

« Il faut avoir changé de braquet avant 2035 »

La présence dans l’atmosphère des gaz émis par l’activité humaine amplifie l’effet de serre, qui est au départ un phénomène naturel. Son mécanisme de base a été décrit par Joseph Fourier en 1824, il y a près de deux siècles. Schématiquement, l’atmosphère joue pour la Terre le rôle d’une serre à l’échelle planétaire. La Terre est éclairée par le Soleil. Le rayonnement solaire qui traverse l’atmosphère réchauffe le sol. Une fraction de l’énergie solaire est renvoyée par le sol vers l’espace. Mais cette chaleur renvoyée par le sol est en partie retenue par l’atmosphère, du fait des nuages, de la vapeur d’eau, du gaz carbonique ou d’autres gaz présents dans l’air. Si l’atmosphère n’était pas là, beaucoup plus de chaleur serait renvoyée dans l’espace et la Terre serait glaciale. Sa température de surface serait en moyenne de - 20 °C ou encore plus basse. Les océans seraient gelés. La vie telle que nous la connaissons n’existerait pas.


Mine de charbon dans le Shanxi, en Chine © Reuters

Mais si l’effet de serre naturel rend la planète habitable, les gaz produits par l’activité humaine dérèglent le système. La composition de l’atmosphère a varié au cours des ères géologiques. Cependant, la perturbation induite par l’activité humaine s’est déroulée en moins de deux siècles, et même, pour l’essentiel, en à peine trois quarts de siècle, compte tenu de l’accélération économique depuis la Seconde Guerre mondiale. Un clin d’œil à l’échelle géologique. Cette rapidité entraîne un déséquilibre qui affecte le système climatique planétaire et fait monter la température moyenne de la planète.

Dès 1896, Svante Arrhenius avait analysé ces mécanismes et pronostiquait que doubler la concentration de CO2 entraînerait un réchauffement de 4 °C, dans la fourchette des estimations actuelles qui va de 2 à 4,5 °C, selon le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Depuis le début de l’ère industrielle, la Terre s’est déjà réchauffée en moyenne de 0,85 °C du fait des émissions de gaz carbonique et des autres gaz à effet de serre. Il reste donc à peine plus d’un degré de marge pour atteindre la limite symbolique des 2 °C.


• LE COMPTE À REBOURS A DÉJÀ COMMENCÉ

Des études scientifiques récentes ont montré qu’il existe une relation simple entre le réchauffement et la quantité totale de gaz carbonique émis dans l’atmosphère. Sur une période donnée, la hausse de la température globale moyenne est proportionnelle au cumul des émissions de CO2. Cette relation a une conséquence directe pour le seuil des 2 °C : il ne peut être respecté que si le total des émissions reste en dessous d’une certaine quantité (le raisonnement est exposé en détail dans un article 3 de Nature Geoscience de 2014).

Citation :
« Pour limiter le réchauffement à un niveau donné, quel qu’il soit, les émissions ne doivent pas dépasser un certain budget et elles doivent à un moment donné être réduites à zéro à l’échelle globale, explique Joeri Rogelj, co-auteur de l’article et chercheur à l’IIASA 3 (International Institute for Applied System Analysis, Autriche). Tel est le grand virage qui doit être accompli. Le degré ultime de réchauffement que nous atteindrons sera déterminé par la quantité totale de CO2 que nous aurons émise dans l’atmosphère au cours du temps. Chaque année que nous continuons à émettre augmente cette quantité et creuse le budget CO2 qui nous permettrait de rester en dessous de 2 °C. »

Le calcul de ce budget CO2 prend en compte les émissions dues à l’utilisation des combustibles fossiles, des processus industriels, en particulier la production de ciment, ainsi que de la déforestation et de la transformation des paysages. Il doit aussi tenir compte du réchauffement dû aux autres gaz que le CO2, que l’on peut estimer à partir des émissions annuelles. Pour la période 2011-2100, le budget CO2 permettant de rester en dessous de 2 °C de réchauffement a été estimé à 1 000 milliards de tonnes dans le rapport du GIEC de 2014 3.

Quel temps cela laisse-t-il pour amorcer le grand tournant qui réduira à zéro les émissions ? L’estimation établie par Rogelj et ses collègues dans l’article de Nature Geoscience de 2014 donne une limite de 22 ans à partir de 2020, soit 2042. Et l’article conclut que pour tenir l’objectif des 2 °C, « une rupture dans les tendances actuelles des émissions est nécessaire et urgente à court terme ».

Hervé Le Treut a écrit:
« au rythme actuel, dans vingt ans on sera sûr de ne pas pouvoir tenir les 2 °C ; il faut avoir changé de braquet avant 2035 ». Kevin Anderson, cité plus haut, pense qu’il faut commencer dix ans plus tôt. Ses calculs montrent que d’ici 2020, compte tenu des tendances actuelles, de la déforestation et des autres émissions, le budget de 1 000 milliards de tonnes estimé par le GIEC sera réduit de moitié. Dès lors, pour conserver des chances raisonnables d’atteindre la cible des 2 °C, il faudrait, selon Anderson, « réduire les émissions dues aux énergies fossiles d’au moins 10 % par an à partir de 2025, avec un arrêt complet de toutes les émissions de dioxyde de carbone due à la consommation d’énergie d’ici 2050 ». Ce qui supposerait un « renversement dramatique des tendances actuelles de la consommation d’énergie et de la croissance des émissions ».



« Peut-on tenir l’objectif des 2 °C ? Oui, mais seulement dans les modèles »

Même la moins stricte des trois estimations suppose une ambition beaucoup plus forte que n’en manifestent les politiques énergétiques actuelles. De plus, Hervé Le Treut souligne qu’il existe une grande inertie à la fois dans le système climatique et dans le temps de réaction des sociétés.


La Californie a traversé une sécheresse historique en 2015
© Reuters/Lucy Nicholson

Citation :
« Lorsque les effets du changement climatique seront évidents, il sera trop tard pour le stopper, renchérit Kevin Trenberth, chercheur au National Center for Atmospheric Research 3 (NCAR) de Boulder (Colorado, États-Unis). Agir maintenant signifie que les résultats se produiront dans vingt ans, et mettront vingt ans de plus à agir sur le système climatique. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour commencer à ralentir les émissions et à mettre le secteur énergétique sur une base renouvelable. Il n’est pas réaliste de penser que l’on peut continuer comme aujourd’hui et faire un virage à 180° dans vingt ou vingt-cinq ans. »

• PEUT-ON COMPTER SUR LES « ÉMISSIONS NÉGATIVES » ?

Pour respecter la limite des 2 °C malgré des émissions supérieures au budget CO2 compatible avec cette limite, un certain nombre de scénarios supposent un recours à des technologies dites d’« émissions négatives ». Ces technologies de capture et séquestration du CO2 visent à retirer le gaz carbonique de l’atmosphère, par différents procédés biologiques ou chimiques (voir Samedi-sciences du 17 octobre). L’idée est de faire baisser la concentration en CO2 de l’atmosphère afin d’obtenir une situation supposée équivalente à ce qu’elle aurait été si l’on avait émis moins.

Joeri Rogelj a écrit:
« Les technologies visant à retirer le CO2 de l’atmosphère sont encore dans leur enfance. On estime que si elles peuvent atteindre une échelle importante, elles pourraient contribuer fortement à réduire les émissions. Cela implique que plus on attend pour réduire les émissions à court terme, plus on sera dépendant de ces technologies à moyen ou long terme. De plus, poursuivre les émissions signifie aussi prolonger l’infrastructure sociale qui produit ces émissions, ce qui rend ensuite beaucoup plus difficile et beaucoup plus coûteux une décroissance. Une approche prudente conduirait donc à réduire les émissions autant que possible à court terme, tout en continuant à explorer ces technologies. »


Pour Hervé Le Treut, la priorité est clairement de réduire les émissions :

Hervé Le Treut a écrit:
Il y a une ambivalence à utiliser les technologies d’émissions négatives comme une variable pour ajuster les modèles alors qu’elles n’existent pas à une échelle suffisante dans le monde réel, dit-il. Un abord purement chiffré du problème risque de conduire à faire le plus facile tout de suite et à repousser le plus difficile, la réduction des émissions qui dépendent d’infrastructures, de l’habitat, etc. Récupérer le méthane et le CO2 apporte des bénéfices, mais il ne faut pas s’abriter derrière ces techniques pour éviter le principal problème.


Kevin Anderson critique sévèrement le recours aux émissions négatives dans les scénarios climatiques du GIEC : « Sur les 113 scénarios dans lesquels il est “probable” que la limite des 2 °C soit respectée, 107 (95 %) supposent que les technologies de capture et séquestration fonctionnent à grande échelle. Les six autres supposent que le maximum des émissions soit atteint en 2010. » Or les émissions ont continué d’augmenter depuis 2010. Anderson considère aussi les 287 scénarios qui donnent seulement une chance sur deux de tenir l’objectif des 2 °C. Là encore, l’écrasante majorité (87 %) s’appuient sur les émissions négatives pour équilibrer le budget CO2, tandis que les autres font l’hypothèse désormais périmée que l’on réduit drastiquement les émissions à partir de 2010. « En clair, les 400 scénarios du GIEC qui donnent au minimum une chance sur deux d’atteindre la cible des 2 °C supposent, soit que l’on retourne dans le passé, soit que l’on dispose à grande échelle de technologies qui sont encore hypothétiques », résume Anderson.

Kevin Trenberth ne croit pas non plus aux émissions négatives : « Elles ont des coûts majeurs, il est beaucoup plus efficace de ne pas émettre au départ »,
tranche-t-il.


• « TROP TARD POUR 2 °C »

En 2013, dans un commentaire publié par Nature Climate Change, neuf chercheurs internationaux analysaient les tendances récentes des émissions carbonées 3 et concluaient : « À moins que des efforts globaux, concertés et à grande échelle ne débutent rapidement, l’objectif de rester en dessous des 2 °C deviendra bientôt inaccessible ». L’un des co-auteurs, le climatologue Glen Peters, a donné dans une présentation 3 récente ce résumé du problème : « Peut-on atteindre l’objectif des 2 °C ? Oui, mais seulement dans les modèles. »

Et dans le monde réel ? Glen Peters, qui travaille pour le Centre de recherche international sur l’environnement et le climat (Cicero), à Oslo, nous donne son appréciation : « À mon sens, il est trop tard pour 2 °C, il faudrait qu’une réduction mondiale des émissions commence immédiatement, ce qui est peu probable », dit-il.

Kevin Trenberth n’est guère plus optimiste :

Citation :
« Jusqu’à maintenant les émissions ont augmenté, pas diminué, et elle devraient être beaucoup plus basses pour stabiliser la concentration de CO2, dit-il à Mediapart. Je ne crois pas que cela va arriver et nous allons droit vers le doublement du CO2 préindustriel et le dépassement des 2 °C. Mais le moment où cela se produira est très important. Si c’est au milieu du siècle ou un peu plus tard, comme nous y conduit la tendance actuelle, ce sera très perturbant. Si l’on peut repousser ce seuil à la fin du siècle, cela laissera plus de temps pour s’adapter. »

Si la limite des 2 °C est pratiquement hors d’atteinte, le seuil plus contraignant de 1,5 °C souhaité par les petits États insulaires est a fortiori inaccessible. Trenberth : « Nous allons dépasser 1,5 °C dans un futur peu éloigné, il n’y a aucun moyen de l’éviter. » Pour Joeri Rogelj, « si l’on vise le seuil de 1,5 °C, l’on doit prendre en compte qu’il sera dépassé pendant une courte période ». Cela suppose implicitement de miser sur les émissions négatives pour revenir en deçà du seuil après l’avoir franchi.


Glace de mer dans l'Arctique canadien © Reuters

Si l’on pouvait appuyer sur un bouton pour couper immédiatement toutes les émissions, du fait de l’inertie du système climatique, la température continuerait de monter pendant plusieurs décennies et ne se stabiliserait que très lentement. Et si l'on avait réduit les émissions de manière à maintenir les concentrations de gaz à effet de serre au niveau de 2000, la température moyenne aurait encore augmenté de 0,6 °C en 2090 3, d’après le rapport du GIEC de 2007. Cette hausse cumulée à celle qui s’est produite depuis le XIXe siècle (estimée à 0,85 °C de 1880 à 2012) aurait conduit  à un réchauffement de près de 1,5 °C.


• LA LIMITE DE 2 °C EST-ELLE PROTECTRICE ?

Même en faisant l’hypothèse qu’une action très rapide permette de contenir le réchauffement en dessous du seuil de 2 °C, il ne serait pas possible d’éviter un certain nombre de conséquences du changement climatique.
Hervé Le Treut a écrit:

« Le climat ne retournera pas à son état antérieur, même après l’arrêt des émissions. Le système climatique se stabilisera à un niveau différent de l’état antérieur à la révolution industrielle, ce qui aura des effets à long terme. » En particulier, la hausse du niveau des mers possède une forte inertie. « On a accumulé de la chaleur dans les océans, et les eaux profondes vont remonter peu à peu, ce qui va maintenir pendant longtemps un climat plus chaud, tandis que le niveau des mers va continuer d’augmenter », dit Valérie Masson-Delmotte, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CEA, Saclay).


« Nous avons des preuves paléoclimatiques qui suggèrent que même avec 1 degré au-dessus du niveau pré-industriel, le niveau des mers pourrait s’élever de 6 à 9 mètres, indique Éric Rignot, glaciologiste à l’université de Californie à Irvine 3. À 1,5 °C, c’est encore plus probable, et à 2 °C, c’est certain. Mais on ne connaît pas bien les échelles de temps. »

En somme, ni la limite de 2 °C, ni celle de 1,5 °C ne seraient protectrices pour les régions les plus exposées à la montée des océans. Une étude parue cet été et signée du climatologue James Hansen pronostique des effets dramatiques avec un réchauffement de 2 °C. De nombreux atolls du Pacifique pourraient devenir inhabitables dans les prochaines décennies 3, selon un article récent publié dans Nature par des chercheurs de Californie et de Hawaii.

Du fait du réchauffement déjà produit et de l’inertie, certains éléments du système climatique risquent d’atteindre un « point de bascule » au-delà duquel leur évolution devient irréversible. « C’est le cas pour la fonte de la glace de mer de l’Arctique, la fonte du Groenland et celle d’une partie des glaces de l’ouest de l’Antarctique, estime Éric Rignot. Pour les trois, la fonte est inexorable, même si l’on connaît mal les échelles de temps ; et j’observe que cela progresse beaucoup plus rapidement que ce que prévoient les modèles. » Logiquement, la fonte des glaces augmente le risque d’inondations dans les régions menacées par la montée des océans : « Le niveau des mers monte déjà trois fois plus vite qu’en 1900, pour deux tiers à cause de la fonte des glaces, et la tendance va s’accentuer », poursuit Rignot.

D’une manière générale, « les effets les plus forts du changement climatique sont liés à l’eau : trop d’eau avec des inondations, ou pas assez avec des sécheresses à grande échelle, dont la situation en Californie est un prélude », juge Kevin Trenberth. « La baisse de la pluviométrie sur le pourtour méditerranéen, au Proche-Orient, en Afrique du nord, comme en Californie, au Mexique, dans certaines zones d’Amérique du Sud ou en Australie entraîne des risques de désertification, dit Valérie Masson-Delmotte. Les sécheresses peuvent avoir un effet irréversible sur les réserves d’eau souterraine et les forêts. Le problème est d’abord climatique, mais il pose aussi la question d’une utilisation durable des ressources en eau. Les pratiques humaines peuvent limiter le risque de désertification. »


• FAUT-IL ABANDONNER L’OBJECTIF DES 2 °C ?

En juin dernier, David Victor, professeur à l’université de Californie (San Diego), déclarait à Reuters que la COP21 serait « un enterrement sans corps 3 » pour l’objectif des 2 °C. Mais selon le site officiel de la COP21 3, le but de la conférence est toujours de mettre en place un accord international sur le climat « avec le but de maintenir le réchauffement global en dessous de 2 °C ». Plus précisément, dans la dernière version du texte discutée à Bonn (voir ici 3), le but est au choix : [below 2 °C][below 1.5 °C][well below 2 °C][below 2 °C or 1.5 °C] [below 1.5 °C or 2 °C][as far below 2 °C as possible].


Un groupe de scientifiques, le CAT, a analysé les promesses annoncées à la date du 19 octobre, qui engagent 150 pays représentant 87 % du total des émissions 3. En réunissant l’ensemble de ces promesses (INDC), le CAT conclut, avec des hypothèses très optimistes sur la période après 2030, qu’elles conduiraient à un réchauffement de l’ordre de 2,7° C et d’autres analyses aboutissent plutôt à 3 °C.

Au total, la cible emblématique des 2 °C apparaît à la fois quasiment hors de portée et insuffisante pour éviter un certain nombre de risques climatiques. Dès lors, ne devrait-elle pas être déclarée obsolète ?


Inondation dans le district de Jafarabad, Pakistan, en 2010
© Reuters

Les scientifiques sont partagés. Si certains reconnaissent que l'objectif des 2 °C n'est plus adapté, d'autres craignent que son abandon ne mette en péril l'avenir des négociations climatiques. « Je ne crois pas qu'il soit possible de définir un nouvel objectif, dit Hervé Le Treut. Cela entraînerait des discussions plus longues que les vingt ans auxquels on a droit au rythme actuel des émissions. »

Éric Rignot a écrit:
« L’objectif des 2 °C est à mon sens complètement stupide. Il a été créé de toutes pièces par les politiques et n’est pas basé sur la science qui montre clairement que 2 °C constitue déjà un régime catastrophique. » Mais il ajoute : « Le pire serait de ne rien faire. Faire quelque chose de significatif, même si c’est insuffisant, serait déjà un énorme progrès. »


Kevin Trenberth a écrit:
« Je ne suis pas un grand fan des deux degrés parce que tout dépend de la vitesse à laquelle on y arrive. L’important, ce sont les émissions. Et l’adaptation aux nouvelles conditions, la planification, prévoir à quoi s’attendre. »

Glen Peters juge que fixer un « objectif souhaitable » est utile. « Mais il faut être honnête sur les défis qui en résultent, ajoute-t-il. Si l’on suppose que la cible de 2 °C est accessible, alors qu’elle ne l’est pas, cela signifie que l’on ne s’occupera pas assez de l’adaptation aux nouvelles conditions. Il ne faut pas focaliser toute l’attention sur la température. Il est plus important de mettre en place un cadre, de mobiliser les pays, etc. »

Pour Hervé Le Treut, l'essentiel n'est pas de tirer des plans sur la fin du siècle, mais d'avancer tout de suite : « Examiner la perspective en 2100 ne transmet pas bien le sentiment d’urgence, dit-il. Plus on attend pour entamer la décroissance et plus ce sera difficile. Il faut commencer à réduire les émissions de gaz carbonique le plus tôt possible, même de manière insuffisante, et corriger au fur et à mesure. Les échéances avancent à toute vitesse. On parlait d’un problème que nos enfants verraient et on a le nez dessus. L’urgence est là. »



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mer 4 Nov - 8:31



L'homme le plus riche du monde: 'Le capitalisme est incapable de résoudre le problème du changement climatique' Audrey Duperron 03 nov. 2015


Citation :
Le secteur privé est trop égoïste et inefficace pour produire une énergie alternative aux combustibles fossiles. C’est ce que Bill Gates, l'homme le plus riche du monde, a déclaré dans une interview avec The Atlantic. Gates veut dépenser 2 milliards de dollars de sa propre fortune sur l'énergie verte, et il exhorte ses compatriotes milliardaires à faire de même et à bannir les énergies fossiles aux États-Unis d'ici 2050.

Mais il pense que les entreprises privées américaines ne seront pas capables de développer de nouvelles formes d’énergies assez rapidement:

Bill Gates a écrit:
On ne peut pas faire fortune. Même si vous avez une nouvelle source d'énergie qui coûte la  même chose que les énergies d’aujourd'hui et qui ne produit pas d'émissions de CO2, elle ne sera pas sûre par rapport à ce qui a déjà essayé, qui est déjà exploité à une échelle massive aujourd'hui, et qui a surmonté tous les problèmes réglementaires. (...)

"Sans une taxe substantielle sur le carbone, il n'y aura aucune incitation pour les innovateurs et les investisseurs de passer à autre chose. (...) Depuis la Seconde Guerre mondiale, le département de R&D du gouvernement américain a défini ce qui se fait de plus moderne dans pratiquement tous les domaines. Mais l’énergie évolue vraiment lentement. (...) Le secteur privé est tout simplement incompétent. (...)

Je suis un grand adepte de l’aide internationale, mais la question du climat doit être résolue dans les pays riches. La Chine, les Etats-Unis et l'Europe doivent résoudre (la question des) émissions de CO2 et quand ils le feront, avec un peu de chance, ils feront baisser les coûts de l’énergie pour tout le monde.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Dim 8 Nov - 13:58

Chronique des Matières Premières  

Les multinationales de l'huile de palme plus «vertes» que le gouvernement indonésien Claire Fages rfi 12 octobre 2015


Une plantation d'huile de palme à Jambi en Indonésie.  | Cifor Podcast

Citation :
Les grandes compagnies qui produisent de l'huile de palme en Indonésie se sont engagées à lutter contre la déforestation, mais elles n'ont pas le soutien des autorités de Djakarta ni des autorités locales.

Les multinationales de l'huile de palme sont désormais plus « vertes » que le gouvernement indonésien. Les grandes compagnies d'huile de palme, qu'elles soient asiatiques - Golden Agri, Wilmar, Asian Agri - ou américaines comme Cargill, commercialisent 80 % de l'huile de palme indonésienne. Elles se sont engagées à mettre totalement fin à la déforestation causée par l'extension des plantations d'ici 2030, sous la pression des ONG environnementales occidentales et, de plus en plus, asiatiques.

Les pays riverains de l'Indonésie sont les premiers asphyxiés par les feux de forêts de l'archipel qui ont pris des proportions telles cette année que l'on doit porter des masques sur les plages thaïlandaises. Alors les grands de l'huile de palme refusent désormais de s'approvisionner auprès des fournisseurs qui continuent à déforester et qui sont souvent de plus petits planteurs indonésiens. Les multinationales utilisent même une partie de leurs concessions pour les convertir en territoires de forêt préservée. Une perte de revenus et d'emplois dans les plantations qui fait grincer les dents des autorités indonésiennes.

La province de Bornéo a retiré une concession à Golden Agri parce que la compagnie avait décidé de ne pas l'exploiter. De même le gouvernement central à Djakarta fait de la résistance face à l'initiative écolo des multinationales : le président Widodo leur a demandé de continuer à s'approvisionner auprès des petites plantations.

Réduire la pauvreté, c'est la priorité de l'exécutif indonésien, alors que la croissance économique ralentit. Les géants de l'huile de palme, le PDG de Cargill en tête, lui rétorquent qu'ils n'arriveront à rien sans la collaboration des autorités. Et que l'huile indonésienne risque bien d'être peu à peu délaissée au profit de l'huile de palme d'Amérique latine ou d'Afrique, si son exploitation n'entraîne pas les mêmes ravages, ce à quoi le gouvernement du Ghana vient très opportunément de s'engager.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Dim 8 Nov - 23:46



Climat : 100 millions de pauvres en plus d'ici 2030 si rien n'est fait Anne Cheyvialle 08/11/2015


Les dégâts de l'ouragan Patricia au Mexique, dans la ville de Chamela
le 24 octobre dernier


A 21 jours de la COP 21, la Banque mondiale alerte dans un rapport sur les risques du changement climatique pour les populations les plus vulnérables


Citation :
La lutte contre la pauvreté et le réchauffement de la planète font partie du même combat. Conçus ensemble, ces deux enjeux peuvent s'avérer plus efficaces. A trois semaines de l'ouverture, à Paris, de la COP 21, la Banque mondiale alerte dans un nouveau rapport sur les conséquences du changement climatique sur les plus vulnérables. Si rien n'est fait, 100 millions de personnes risquent de tomber sous le seuil de pauvreté à horizon 2030.

«Les événements liés au climat, à la météo, sont déjà des obstacles à la réduction de la pauvreté et cela va empirer», insiste l'un des auteurs, Stéphane Hallegatte. Les populations subissent des pertes de récoltes, la flambée des prix des matières premières et l'augmentation des maladies, notamment la malaria et les diarrhées qui sont provoqué par des chocs climatiques (inondations, tempêtes, sécheresses…).

Plus exposés aux catastrophes naturelles

Le rapport montre - statistiques à l'appui basées sur des questionnaires réalisés dans 92 pays d'Afrique, Amérique et Asie - que ces chocs impactent davantage les populations les plus pauvres. Ainsi, en Indonésie, ils ont 30 % plus de risque d'être touchés par des inondations que les personnes plus riches. Car ils vivent dans des conditions plus précaires, des habitats moins résistants, des zones plus exposées. En Afrique du Nord, la moitié des 40 % les plus démunis est impactée par des problèmes climatiques, contre 20 % dans les tranches élevées de la population. «Même les gens qui vivent sous le seuil de pauvreté (1,90 dollar par jour) peuvent basculer dans la pauvreté quand une inondation détruit une micro-entreprise ou une sécheresse décime un troupeau», illustre le rapport.

Autre constat, en cas de catastrophe naturelle, ils essuient plus de pertes que les classes moyennes et supérieures. Ainsi, à Bombay, en Inde, suite aux terribles inondations de 2005, les populations pauvres ont perdu deux fois plus que les riches en proportion de leurs biens. «Leurs possessions sont généralement sous forme vulnérables, il s'agit de maison ou de bétail», commente Stéphane Hallegatte. Ils reçoivent également moins de soutien de leurs familles et des communautés, qui n'ont souvent pas les moyens de les aider. Et ils ont peu accès au secteur financier, notamment aux prêts.

Plus grave, les catastrophes naturelles ont des conséquences à plus long terme, sur le niveau de vie, la santé et l'éducation. «Par exemple, 30 % des enfants mexicains retirés de manière temporaire de l'école suite aux inondations, n'y retournent jamais, mentionne Stéphane Hallegatte. Pour éviter un impact irréversible, les aides doivent être ciblées, ajoute-t-il, citant le cas du Pakistan, après les inondations de 2010. Il y a eu une première aide peu importante qui a été versée très rapidement et une deuxième phase avec des montants plus élevés pour financer un programme de reconstruction ciblé. Et elles ne doivent pas trop tarder. La Banque mondiale cite le cas de la sécheresse au Malawi et en Ethiopie où le coût par ménage explose de 50 dollars quelques semaines après jusqu'à 1300 dollars six mois plus tard.

L'urgence, agir avant 2030

La Banque mondiale insiste sur une autre difficulté liée au manque de protection sociale. Les systèmes d'assurance santé sont encore peu développés dans ces pays pauvres en Afrique, Amérique latine et Asie et l'accès à une santé de qualité très limité.

C'est pour cela, martèle Stéphane Hallegatte, qu'il faut traiter les deux sujets climat et pauvreté ensemble sans les opposer: «Il faut assurer une croissance économique inclusive». En agissant sur trois volets principaux: l'agriculture, la santé et des politique adéquates face aux catastrophes naturelles. «D'ici à 2030, l'impact sur le climat sera encore limité, c'est une bonne fenêtre pour éradiquer la pauvreté», affirme l'économiste.

Un exemple de solution, les recettes des taxes environnementales peuvent servir à développer la protection sociale. Selon le rapport, même une faible taxation du carbone à 10 dollars la tonne permettrait de 50 % en moyenne les dépenses sociales dans les 90 pays. Une tendance positive est la suppression des subventions aux énergies fossiles. Plusieurs pays utilisent l'économie réalisée à des fins sociales. C'est le cas de l'Indonésie qui a opté pour un transfert monétaire destiné aux 30 % les plus pauvres ou du Ghana qui a rendu l'école élémentaire obligatoire.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Lun 9 Nov - 0:06

Les plus pauvres émettent 2 000 fois moins de gaz à effet de serre que les plus richesLe Monde.fr | 03.11.2015 Par Martine Valo


Des inondations au Malawi en janvier 2015.
Les quantités de gaz à effet de serre émises dans l’atmosphère ne présagent pas seulement de l’évolution du changement climatique à venir, elles constituent aussi un solide indicateur des énormes disparités économiques dans le monde. C’est sous cet angle-là que les économistes Lucas Chancel et Thomas Piketty abordent la question de l’atténuation du réchauffement dans leur étude « Carbone et inégalité : de Kyoto à Paris », rendue publique mardi 3 novembre[/b]

Citation :
Dans leur analyse, qui s’appuie sur des données reflétant la forte hausse des émissions de ces gaz depuis 1998, les deux chercheurs de l’Ecole d’économie de Paris – l’un à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), le second en tant que directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) – remettent en cause l’approche par pays. C’est pourtant celle qui va prévaloir lors des négociations entre Etats qui doivent aboutir à un accord international lors de la Conférence des Nations unies sur le climat (COP21) qui se tiendra à Paris, début décembre.

[b]13 tonnes pour un Européen, 6 pour un Chinois


Certes, tous deux rappellent que chaque Américain émet environ 20 tonnes d’équivalent CO2 (tCO2e) par an, soit au moins deux fois plus qu’en habitant typique d’Europe de l’Ouest ou de Russie (qui en produit environ 9 tonnes), et plus encore d’un résident du Moyen-Orient comme de Chine (autour de 8 tonnes). Les statistiques en Asie du Sud et en Afrique ne dépassent pas 2,4 tonnes par tête, bien en dessous de la moyenne mondiale qui s’établit à 6,2 tCO2e.

Or ces données sont directement liées à la production par pays. Il semble alors plus judicieux de considérer les niveaux de consommation, qui eux intègrent les émissions « importées ». Dans les pays développés, les enseignes vendent par exemple des biens produits en Chine à des consommateurs vêtus de t-shirts cousus au Bangladesh. Avec ce prisme-là, les résultats se creusent encore : la moyenne passe à 22,5 tCO2e pour un Nord-Américain, 13,1 tonnes pour un Européen de l’Ouest, 7,4 tonnes pour un habitant du Moyen-Orient, 6 tonnes pour un Chinois qui rejoint alors à peu près la moyenne mondiale, 4,4 pour un Latino-Américain, 2,2 pour un Sud Asiatique, 1,9 pour un Africain.

Si elles reflètent mieux la réalité des échanges internationaux, ces estimations ne rendent pas compte pour autant des inégalités à l’intérieur de chacune de ces sociétés. Lucas Chancel et Thomas Piketty se sont donc penchés sur les 10 % des individus responsables de près de la moitié des émissions totales. A l’autre bout de l’échelle, la moitié la plus économe de la population produit moins de 13 % des rejets carbonés. Ils notent au passage que dans le monde, les différences entre individus tendent à diminuer depuis 1998, et y voient le signe que les revenus des classes moyennes se sont améliorés dans les pays émergents alors qu’ils ont eu tendance à stagner dans les pays industrialisés.


Ecole d'économie de Paris

Pour dessiner une nouvelle géographie de la problématique climatique, les deux auteurs de l’étude se sont aussi arrêtés sur le cas des plus gros producteurs de gaz à effet de serre, c’est-à-dire ceux qui émettent au moins 9 fois plus que la moyenne. Ces 1 % d’individus – domiciliés aux Etats-Unis, au Luxembourg, à Singapour ou en Arabie saoudite – génèrent plus de 200 tCO2e par personne et par an. A titre de comparaison, les habitants les plus démunis du Honduras, du Mozambique, du Rwanda ou du Malawi ont des émissions 2 000 fois plus faibles, proches de 0,1 tCO2e.

Mettre à contribution les plus gros émetteurs

Si les auteurs de l’étude s’emploient à dessiner une autre géographie de la problématique climatique, ce n’est pas pour présenter de nouvelles statistiques, mais pour ouvrir le débat sur la répartition des efforts à fournir. Pour atteindre 150 milliards d’euros par an nécessaires, selon eux, pour financer l’adaptation au changement climatique, tous deux suggèrent d’imposer des taxes progressives à tous ceux qui se situent au-dessus de la moyenne mondiale, en proportion de leurs émissions. Une autre stratégie consisterait à faire payer les 1 % des individus qui sont responsables de la plus grande quantité de gaz à effet de serre.

La première hypothèse conduirait les Nord-Américains à prendre à leur charge 46 % de la contribution totale, pour 16 % pour les Européens et 12 % pour les Chinois. Dans la seconde, celle reposant sur les 1 % les plus pollueurs, les proportions s’établiraient respectivement à 57 %, 15 % et 6 % du montant global. Dans tous les cas, l’apport de l’Europe, même s’il diminue proportionnellement, augmenterait en valeur absolue par rapport à aujourd’hui. Il pourrait même tripler, alors que la quote-part actuelle de l’Union européenne représente déjà plus de la moitié des financements.

Enfin, les chercheurs envisagent la généralisation d’une « taxe progressive généralisée sur les billets d’avion ». Selon leurs calculs, à raison de 180 euros sur tous les billets de première classe et de 20 euros sur ceux des sièges économiques, la mesure – simple à appliquer – suffirait à générer les fameux 150 milliards par an, mais « ciblerait moins bien les grands émetteurs individuels ». Elle serait, en somme, moins juste.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Jeu 19 Nov - 12:07

La France, mauvaise élève du recyclage des appareils électroniques OR Clubic Pro avec Relaxnews 19 novembre 2015

Peu de professionnels informent correctement les internautes qu'ils peuvent reprendre gratuitement leurs anciens appareils électroniques. La France figure comme un mauvais élève dans ce domaine

Citation :
La France n'est pas bonne élève en matière de reprise des anciens appareils électroniques usagers. Selon une étude réalisée par CLCV (Consommation logement et cadre de vie), seulement un quart des Français ayant acheté un appareil sur un site marchand se sont vus proposer la reprise de leur machine usagée.

Les marchands en ligne sont clairement montrés du doigt pour leurs manques en termes d'information du public. Le document révèle que peu de magasins, particulièrement en ligne, jouent le jeu. Sur Internet, 26% des consommateurs ont été avertis. En magasins, ce taux remonte à 79% du panel.

Depuis 2006, les enseignes sont tenues de proposer à leurs clients la reprise gratuite de leurs anciens appareils électriques et électroniques. Une obligation qui n'est cependant pas toujours appliquée, en particulier sur de nombreux sites de vente en ligne.


Déchets électroniques - © ermess - Fotolia.com

Toujours est-il que parmi les acheteurs en ligne, 64% ont tout de même pu bénéficier de la reprise. Certains ont dû cependant payer ce service normalement gratuit, pouvant débourser entre 5 et 234 euros de leurs poches, estime le rapport.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Mar 24 Nov - 2:42

La fréquence des catastrophes climatiques augmente, dit l'Onu boursier.com 23 novembre

plus de 600.000 morts en vingt ans


Crédit photo © Reuters

GENEVE (Reuters) - De nouvelles catastrophes climatiques, comme les inondations et les vagues de chaleur extrêmes, surviennent presque chaque jour depuis une dizaine d'années, soit près de deux fois plus qu'il y a 20 ans, et l'Asie est la partie du monde la plus touchée, conclut une agence des Nations unies dans un rapport rendu public lundi

Citation :
Si les auteurs du rapport ne sont pas en mesure d'imputer de manière générale cette augmentation aux dérèglements climatiques en cours, ils affirment que la tendance à l'augmentation risque de se poursuivre, avec une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes.

Depuis 1995, date de la COP1, la première conférence internationale sur les changements climatiques, les catastrophes climatiques ont fait 606.000 morts, mais aussi 4,1 milliards de blessés, sans-abri et autres sinistrés, et elles ont représenté 90% de l'ensemble des catastrophes, lit-on dans le rapport, compilé par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR) et par le Centre de recherche sur l'épidémiologie des catastrophes (CRED), dont le siège est en Belgique.

Si les phénomènes géophysiques comme les tremblements de terre, les éruptions volcaniques et les tsunamis font souvent la "une" des journaux, ils ne représentent que 10% des catastrophes.

L'une des années les plus désastreuses a été 2002, quand la sécheresse a touché 200 millions d'habitants en Inde et une tempête de sable en Chine a affecté 100 millions de personnes. La catastrophe climatique la plus meurtrière de ces dernières années a été le cyclone Nargis, qui a fait 138.000 morts en 2008 en Birmanie.

Le rapport, intitulé "Le coût humain des catastrophes climatiques", conclut qu'il y a eu chaque année en moyenne 335 catastrophes climatiques entre 2005 et août dernier, soit une augmentation de 14% par rapport à la période 1995-2004, et près de deux fois plus que durant la décennie 1985-94.

Quant à la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, elle a battu chaque année de nouveaux records au cours des 30 dernières années.

Selon l'UNISDR, les catastrophes naturelles, de tous types, causent pour 250 à 300 milliards de dollars (235 à 283 milliards d'euros) de pertes chaque année dans le monde.

Les pays touchés par le plus grand nombre de catastrophes climatiques au cours des dix dernières années ont été les Etats-Unis (472), la Chine (441), l'Inde (288), les Philippines (274) et l'Indonésie (163).


(Tom Miles; Eric Faye pour le service français)


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...   Jeu 26 Nov - 4:24

Les femmes, premières victimes du dérèglement climatique Justine Faure TF1News 25 novembre 2015


Raudhatul, 14 ans, a retrouvé sa mère 10 ans après le tsunami survenu le 26 décembre 2004
dans l'océan Indien. / Crédits : Chaideer MAHYUDDIN/AFP

Tous les individus ne sont pas égaux face au dérèglement climatique. Si les populations de l'hémisphère sud sont plus menacées que celles du nord, les femmes, elles, le sont plus que les hommes. Lors d'une catastrophe naturelle, une femme a 14 fois plus de risques de mourir qu'un homme

Citation :
Conférence pour le climat : retrouvez notre dossier dédié à la COP 21

Elles cherchent l'eau, travaillent des terres qui ne leur appartiennent pas, s'occupent des enfants, nourrissent leurs familles... : les femmes, qui représentent 70% des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, sont en première ligne face au réchauffement climatique. "Beaucoup passent de plus en plus de temps à chercher de la nourriture, du carburant et de l'eau, ou éprouvent des difficultés à produire des cultures. Lorsque des catastrophes surviennent, les femmes sont de loin les plus susceptibles de mourir" indique l'ONU.

"Selon l'ONU, quand une catastrophe naturelle frappe une région, le risque de décès est 14 fois plus élevé pour les femmes, principalement parce qu'elles ne sont pas ciblées en priorité par les programmes d'alerte et de prévention de ces catastrophes" a indiqué en mars dernier le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, futur président de la COP 21.


80% du cyclone Sidr au Bangladesh étaient des femmes

"Lorsque survient une catastrophe climatique, (les femmes) sont plus vulnérables, car elles y sont moins préparées : 80% des victimes du cyclone Sidr au Bangladesh (2007) et 61% des victimes de Nargis en Birmanie (2008) étaient des femmes et des filles" indiquent les Présidentes du Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes et des Délégations aux Droits des femmes de l'Assemblée nationale et du Sénat dans un appel en ligne pour soutenir les femmes face au dérèglement climatique.

C'est l'inégalité des sexes qui entraînent ces risques supplémentaires pour les femmes, comme l'explique le rapport du Programme des Nations unies pour le développement :

Citation :
"Lors de catastrophes naturelles comme les sécheresses, les inondations et d'autres épisodes climatiques graves, les femmes affrontent des risques supplémentaires, essentiellement à cause des inégalités entre les sexes qui font porter aux femmes le plus lourd du fardeau lié aux catastrophes. Par ailleurs, les femmes sont souvent dissuadées d'apprendre des stratégies d'adaptation et d'acquérir des compétences de survie, comme monter aux arbres ou nager. Tous ces facteurs les désavantagent lorsque les inondations surviennent. Les femmes n'ont souvent pas l'autorisation d'évacuer leur foyer sans l'autorisation de leur mari. Les codes vestimentaires culturels sexospécifiques gênent leur mobilité pendant les situations d'urgence, ce qui accroît leur taux de mortalité de façon disproportionnée lorsqu'elles surviennent."


Les femmes, victimes potentielles de la traite d'êtres humains

Avec les problèmes liés à l'environnement, les femmes deviennent également plus sensibles à la traite organisée d'êtres humains.

Citation :
"Les catastrophes climatiques peuvent pousser les femmes responsables d'un foyer et de sa subsistance à chercher une aide, une protection et des conditions de vie pratique dans des environnements particulièrement dangereux, explique l'agence des Nations unies. Ceci en fait des victimes potentielles de l'exploitation et de la traite d'êtres humains."


Certaines estimations provenant d'organismes de lutte contre la traite des êtres humains suggèrent que la traite qui affectait de 3000 à 5000 victimes annuelles dans les années 1990 concerne aujourd'hui 12.000 à 20.000 personnes.

Ainsi, lutter contre le dérèglement climatique c'est lutter pour les droits des femmes. En octobre, la Secrétaire d'Etat aux droits des femmes Pascale Boistard avait regretté que sur les 146 pays ayant remis leur contribution nationale pour la COP 21, seuls 48 aient intégré des dispositions concernant l'égalité femmes-hommes. Il adviendra de voir si l'accord final signé à Paris à la fin de la COP 21 le 11 décembre fera référence à ce problème.


Revenir en haut Aller en bas
 
divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» que c est il passé en Décembre
» Renseignement sur métiers divers
» La vitesse foudroyante du passé
» Craquage séjour Londres MAC + Divers !
» [Divers ]Hello Bonnes Pâques ! j'ai passé ma soirée d'hier à tourner autour de Planète Généalogie ! le virus m'a recapturé !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION :: ENTRÉES THÉMATIQUES : CAPITALISME, MONDE, COLONIALITÉS... LUTTES :: HUMAIN, CLASSES et "NATURE", Sciences et Techniques -> COMMUNAUTÉ du VIVANT !-
Sauter vers: