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 POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES

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MessageSujet: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Sam 9 Mai - 8:27

petit problème... le sujet spécifique sur les violences policières a été détruit le 23 novembre avec un tiers des sujets du forum...[/u][/b][/url]

Angela Davis, hier soir lors du Meeting pour les 10 ans du PIR, avant une dizaine d'interventions de femmes représentant diverses associations, a parlé de la situation aux Etats-Unis, avec Ferguson et Baltimore, et relié explicitement ce qui s'y passe avec l'oppression des femmes particulièrement de minorités sexuelles et raciales, la question du système carcéral industriel, le jeu des multinationales (un exemple en Colombie)... questions ramenant à celle du pouvoir d'État dont la police n'est qu'un bras armé. Le mot capitalisme n'a pas été prononcé une fois, mais tout y était, sans gros concepts, et parfaitement articulé à partir de situations concrètes et d'enjeux de luttes nationaux ou transnationaux

elle a particulièrement insisté sur la militarisation de la police, par exemple sur les campus : « tenues militaires, langage militaire, équipement et armes militaires, entraînement et tactiques militaires (entre autres par des militaires israéliens)...» Elle a raconté qu'autrefois, les voitures de police portait l'inscription, en substance "protection et sécurité", mais que maintenant, ils ne font même plus semblant

militarisation de la police
militarisation de la police française
militarisation des appareils policiers

un texte ci-dessous, pour introduire ce sujet

De Ferguson aux « zones urbaines sensibles » : la militarisation de la police n’est pas une spécificité états-unienne BastaMag Saïd Bouabama octobre 2014
Saïd Bouamama a écrit:
Inégalités sociales, discriminations racistes, harcèlement policier, militarisation de la police… Les révoltes populaires du mois d’août aux États-Unis, déclenchées par la mort de Michael Brown, tué par un policier, comportent des points communs avec celles qui ont marqué la France ou la Belgique. Les traitements médiatiques de ces révoltes sont également d’une similitude frappante, les mêmes procédés de manipulation de l’information étant à l’œuvre. Une analyse du sociologue Saïd Bouamama.

Le samedi 9 août 2014, un jeune Noir de 18 ans, Michael Brown, est assassiné de six balles dans la ville de Fergusson, au Missouri, par un policier alors qu’il est désarmé et s’enfuit les mains en l’air. Pendant dix jours, la révolte populaire occupe la rue. Les habitants défilent jours et nuits en scandant des slogans significatifs comme « No Justice, No Peace » (Pas de justice, pas de paix). Des magasins et des bâtiments publics sont saccagés, le quartier général de la police est attaqué. La riposte policière est violente, l’état d’urgence et le couvre-feu sont décrétés. Les militaires de la garde nationale sont appelés en renfort pour réprimer les manifestations.

A écouter la presse française, ces révoltes seraient typiquement états-uniennes. Nous serions en présence des effets d’une ségrégation et de « tensions interraciales » qui seraient une spécificité des grandes villes états-uniennes. Cette première grille explicative permet d’éviter et de délégitimer par avance toute tentative de comparaison avec les révoltes touchant régulièrement les quartiers populaires français.

Une seconde grille explicative centre toute l’analyse sur le caractère émotif des actes des révoltés. Cette explication en apparence « compréhensible » vise en fait à dénier tout caractère politique à la révolte afin d’occulter à nouveau les causes réelles de la situation. Dépassés par l’émotion, les manifestants en seraient venus à des actes entièrement irrationnels. Enfin une troisième grille explicative impute à des manifestants extérieurs à la ville les destructions et les saccages. Nous serions en présence de manifestants pacifiques d’une part et de « voyous » venus de l’extérieur d’autre part.

Dépolitisation et division

Avec ces trois grilles explicatives, nous sommes en présence de trois procédés de manipulations médiatiques fréquents dans le traitement des révoltes populaires en France : la mise en exceptionnalité, la dépolitisation et la division.

La mise en exceptionnalité permet de rendre invisibile les causes systémiques conduisant aux révoltes (inégalités sociales massives, discriminations racistes, contrôle policier systématique, etc.). La dépolitisation vise à rendre impossible la solidarité avec les révoltés. Devant des actes « irrationnels », la solidarité n’apparaît pas comme une réponse. C’est aussi pour cela que nos médias préfèrent parler d’émeute plutôt que de « révolte » qui connote politiquement les faits. La division permet enfin de justifier une répression violente.

Il suffit de se rappeler la couverture médiatique des révoltes de 2005, en France, suite à l’assassinat de deux adolescents (400 quartiers populaires pendant 21 jours) pour se rendre compte que les mêmes procédés ont été massivement utilisés. S’il y a bien sûr des spécificités états-uniennes, celles-ci touchent plus la dimension quantitative (ampleur des ghettos et de la ségrégation, ampleur de la militarisation de l’armement de la police) que la dimension qualitative c’est-à-dire celle des causes réelles. Ces révoltes populaires en France, en Belgique ou aux États-Unis révèlent des inégalités sociales et des discriminations racistes insoutenables, un harcèlement policier fréquent et une militarisation de la police.

« Zones urbaines sensibles » : 45 % des 16-25 ans au chômage


Deux chiffres éloquents tirés du magazine Fortune permettent de saisir immédiatement l’existence d’une base matérielle aux révoltes. Un quart des habitants de la ville vivant sous le seuil de pauvreté ; un taux de chômage des Afro-états-uniens du comté de Saint Louis – dans lequel se situe la ville – s’élevant à 26 % de chômeurs, soit trois fois plus que pour les Blancs [1]. « Le niveau d’inégalité n’est pas la cause des problèmes de Ferguson. Mais il fait certainement partie des frustrations », souligne Larry Mishel, directeur de l’Institut de politique économique dans le même magazine.

Même si nous pensons que l’usage du terme « frustration » n’est pas pertinent (car il tend à « psychologiser » une question sociale), nous retrouvons dans cette affirmation une dualité présente dans chaque situation de révolte urbaine : un événement déclencheur révélant des causes sociales porteuses de colères. La situation est-elle vraiment différente dans les quartiers populaires de France ?

Voici deux chiffres que nous donne le rapport 2013 de l’observatoire des Zones Urbaines Sensibles publié par le secrétariat du Comité interministériel des villes en décembre dernier : un taux de chômage de 24,2 % dans les ZUS et atteignant 45 % pour les 16-25 ans ; un taux de pauvreté à 60 % du revenu médian [2] de 36,5 % de la population.

Même si les modes de calcul des seuils de pauvreté sont différents, les chiffres sont suffisants pour démontrer l’inégalité massive qui touche les habitants des dites « Zones Urbaines Sensibles ». Chez nous aussi existe une base matérielle à la colère et à la révolte.

Concentration spatiale de la pauvreté

Fergusson se caractérise également par une transformation rapide de la composition de sa population. Elle était peuplée à 99 % par des Blancs en 1970 et compte aujourd’hui 67 % de Noirs. Mais ici aussi l’explication est économique et sociale. L’émigration des plus pauvres et donc en particulier des Noirs vers les villes de banlieues est liée à la hausse des coûts du logement. « La tendance est nationale. Saint Louis est typique. Les populations pauvres, principalement noires, quittent les grandes villes pour les banlieues, faute de moyens », souligne le professeur Todd Swanstrom de l’université de Saint-Louis Missouri [3].

Le même processus s’observe dans les grandes villes européennes en France comme en Belgique ou en Angleterre. La concentration spatiale de la pauvreté est, aux États-Unis comme en Europe, un résultat inévitable d’un marché du logement régulé par la seule loi du profit.

Enfin, la population noire de Ferguson subit, comme sur l’ensemble du pays, des discriminations racistes systémiques et institutionnelles. Ici aussi quelques chiffres permettent de poser le constat : le revenu médian annuel des ménages noirs représente aujourd’hui 69 % du revenu médian des ménages blancs américains ; seuls 21 % des Noirs américains âgés de 25 ans et plus sont diplômés du supérieur contre 34 % des Blancs ; l’écart d’espérance de vie entre ces deux populations est de 4 ans ; 28 % des Noirs vivent sous le seuil de pauvreté contre 10 % des Blancs ; les Noirs sont deux fois plus au chômage que les Blancs (13,4 % contre 6,7 % en 2013) [4]...

La situation est-elle entièrement différente en France ? Une enquête du Bureau International du Travail en 2008 donne le résultat suivant en ce qui concerne l’emploi :« Collectivement, les employeurs testés ont très nettement discriminé les candidats minoritaires (d’origine maghrébine ou noire africaine) et seulement 11% des employeurs ont respecté tout au long du processus de recrutement une égalité de traitement entre les deux candidats (…). Près de 90% de la discrimination globale est enregistrée avant même que les employeurs ne se soient donné la peine de recevoir les deux candidats en entrevue. » [5]

D’autres chiffres auraient pu être fournis concernant l’accès au logement, les niveaux de formation, les qualifications. Même si l’ampleur n’est pas la même qu’aux États-Unis, en Europe aussi les discriminations racistes sont massives, systémiques et institutionnelles. D’ailleurs les propos des jeunes révoltés en novembre 2005 mettaient en avant deux facteurs : les discriminations racistes et le comportement de la police.

Un révélateur du harcèlement policier

Les Noirs états-uniens constituent près de la moitié de la population carcérale alors qu’ils ne représentent que 13 % de la population. Les policiers doivent remplir des indicateurs de performance se traduisant par des contrôles répétitifs et des fouilles fréquentes des jeunes Noirs. Les propos des policiers concernant la mort de Michael Brown suffisent pour démontrer l’existence d’un harcèlement policier. La version officielle des services de police précise que le « crime » commis par Michael Brown qui a attiré l’intervention d’un policier est d’avoir traversé en dehors du passage clouté. Un des résultats est le développement d’une incarcération de masse (2,2 millions de personnes incarcérées).

Le contrôle de police humiliant et l’incarcération font partie de l’expérience de la plupart des adolescents. Dans ce contexte, les morts comme à Fergusson de jeunes Noirs non armés sont fréquentes : Amadou Diallo en 1999, Sean Bell en 2006, Trayvon Martin en 2012, Eric Garner en 2014 pour ne citer que ceux qui ont le plus défrayé la chronique médiatique (lire aussi cette enquête de Basta !). Il ne s’agit donc pas de « bavures » mais du résultat inéluctable d’une pratique policière constituée d’indicateurs de performances, de contrôles systématiques et réguliers, d’impunité de la police dans les cas d’homicide.

Sur cet aspect également, la différence avec les pays européens est quantitative. Elle ne peut cependant pas masquer la similitude des processus en œuvre. Une étude sur cinq sites parisiens (dans et autour de la Gare du Nord et de la station Châtelet-Les Halles) portant sur 500 contrôles de police révèle les constats suivants :
- Les contrôles ne se déclenchent pas « sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être ».
- « Les Noirs courraient entre 3,3 et 11,5 fois plus de risques que les Blancs d’être contrôlés » sur les sites d’observation.
- « Les Arabes ont été généralement plus de sept fois plus susceptibles que les Blancs d’être contrôlés » [6].

La militarisation de la police n’est pas une spécificité états-unienne

A ces contrôles plus fréquents s’ajoutent les attitudes humiliantes que l’anthropologue Didier Fassin a étudiées en accompagnant un service de la Brigade Anti-Criminalité (BAC). Voici ce qu’il en dit : « D’une manière générale, les provocations individuelles (…) sont fréquentes, en voiture ou pendant les interpellations. Des mots blessants, des gestes brutaux, des bousculades, voire des insultes. Au point que c’est un des apprentissages qu’on reçoit quand on est adolescent dans les cités, les parents leur enjoignent : « Ne répondez pas aux provocations des policiers. » [7]

Les mêmes causes donnant les mêmes effets, les morts de Noirs et Arabes reviennent régulièrement dans l’actualité. Le livre récent Permis de tuer, Chronique de l’impunité policière relate six de ces crimes et les luttes qu’ils ont suscitées avec le texte de présentation suivant : « En France, la peine de mort a été abolie en 1981, mais le permis de tuer existe toujours. Les violences policières et les crimes policiers rythment la vie des bidonvilles et des quartiers populaires depuis des dizaines d’années. Avec plus de dix morts connus par an, leur actualité demeure brûlante. Donner un chiffre exact s’avère difficile, mais nous savons que plusieurs centaines de morts ont été recensées au cours des trente dernières années [8]. »

Que ce soit au niveau des causes comme des conséquences, des similitudes apparaissent nettement entre les États-Unis et les pays européens. Ils dévoilent l’existence non pas de quelques « bavures » mais le résultat inéluctable du fonctionnement de l’appareil policier et des missions qu’on lui confie pour réguler les effets d’une société de plus en plus inégalitaire. Pour mener à bien ces missions, la police est désormais militarisée c’est-à-dire dotée d’armes et d’équipements ressemblant de plus en plus à des armes de guerres. La militarisation de la police en réponse aux contestations n’est pas non plus une spécificité états-unienne.

Saïd Bouamama


Notes

[1] Stéphen Gandel, The economic imbalance fueling Ferguson’s unrest, Fortune, 15 août 2014.
[2] Le revenu médian sépare en deux parts égales l’ensemble de la population : ici, la moitié de la population touche moins, l’autre moitié touche davantage. En Europe est considéré comme pauvre celui dont le revenu n’atteint pas 60 % de ce revenu médian.
[3] Ouest France du 21 août 2014.
[4] Ou en est l’égalité raciale aux États-Unis ?, Observatoire des inégalités, 4 novembre 2013.
[5] E. Cediey et F. Foroni, La discrimination à raison de « l’origine » dans les embauches en France, Une enquête nationale par tests de discrimination selon la méthode du BIT, Organisation internationale du travail, Genève, 2007. Cette enquête compare les chances d’avoir une réponse positive pour deux candidats, l’un issu du groupe dit « majoritaire (blanc et autochtone) et l’autre issu du groupe dit « minoritaire » (d’origine maghrébine ou noire africaine).
[6] Fabien Jobard et René Lévy, Police et minorités visibles : les contrôles d’identité à Paris, Open Society Institute, New York, 2009.
[7] Pourquoi la Bac a des manières « rudes et humiliantes, entretien avec Didier Fassin, Rue 89, 3 décembre 2011. Voir aussi le livre de Didier Fassin, La Force de l’ordre : une anthropologie de la police des quartiers, éd. Seuil, octobre 2011.
[8] Permis de Tuer, Sylepse, 2014.



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MessageSujet: le "complot" de Baltimore : la dimension fédérale de la militarisation de la police   Lun 11 Mai - 16:07

Le "complot" de Baltimore Philippe Grasset Dedefensa 4 mai
QUELQUES SIGNES DE MANŒUVRES-SYSTEME POLICIERES LORS DES EVENEMENTS DE BALTIMORE. HYPOTHESE SUR UNE DYNAMIQUE DE “FEDERALISATION” D’UNE DIMENSION POLICIERE-MILITARISEE.

Philippe Grasset a écrit:

Il y a eu quelques évènements assez incompréhensibles de la part des autorités de Baltimore, sans doute avec l’aval des autorités fédérales, lors des premiers jours des troubles dans la ville. Les interprétations qui en sont données font état d’une poussée d’exploitation de ces troubles, sinon de leur alimentation pendant une phase de la crise, pour pouvoir mieux démontrer la nécessité d’un renforcement d’une police déjà militarisée, avec comme but général la transformation en une entité “fédéralisée” de toutes les polices des États de l’Union. Il est vrai que cela fait partie de l’exploration, au niveau fédéral, d’un projet de l’administration Obama allant dans ce sens, où la maire de Baltimore est elle-même partie prenante. On peut admettre, pour alimenter cette théorie d’un “complot” qui s’avèrerait en fait être une manœuvre de ce qu'on nommerait “politique hybride active”, qu’il y a de la logique dans cette hypothèse substantivée par quelques faits inexpliqués ; et si nous nommons cela “politique hybride active”, c’est en référence à un terme, – “hybride”, – largement employé par les analystes américanistes pour qualifier l’action supposée des Russes, conforme à la narrative du bloc BAO, en Ukraine. Il s’agit du mélange opérationnel de plusieurs dimensions d’une politique activiste d’État, où les dimensions militaire, ou militarisée pour le cas de Baltimore et des polices des États de l’Union, intervient à part égale avec l’interprétation d’une communication avec toutes ses manipulation, cette communication devenue un facteur essentiel de l’opérationnalisation de la politique en question.

On cite ici un extrait important d’un texte de l’analyste US Jay Johnson notamment publié par Sputnik.News le 30 avril 2015 sous le titre de «Connecting the pieces», qui pourrait s’interpréter plutôt que se traduire comme “mise en place des pièces du puzzle”. L'auteur décrit ce qui semble être des actions de provocation durant les évènements de Baltimore, en même temps qu’est rappelé l’extraordinaire effort de militarisation de nombre d’agences fédérales agissant à des niveaux locaux intérieurs des USA ... Hypothèse du Police State, certes, comme opération menée par le “centre” pour acquérir la complète maîtrise centralisé d’un appareil policier-militarisé embrassant toutes les capacités policières des États de l’Union.

Jay Johnson a écrit:
«... Enter Freddie Brown. The young man was taken in police custody and then turned up dead. As a result, the city of Baltimore has been up in flames for several days now. And the riots seem to be spreading to other cities. But, once again, there seems to be something strange going on. A story at foxnews.com noted that- “An analysis of social media traffic has unearthed striking connections to the protests in Ferguson, Mo. The firm found between 20 and 50 social media accounts in Baltimore that were also tied to the peak period of violence in Ferguson…it suggests the presence of "professional protesters" or anarchists taking advantage of Freddie Gray's death to incite more violence.” As further proof this, Fox analyst and former NYPD detective Bo Dietl connected the murder of NYPD officers by a man from Baltimore earlier this year and “outside agitators” instigating protests. Specifically, he said —“ It was the usual suspects, the ones who come into New York here. The agitators were there. And I saw — it's just funny to see — these white guys, six-foot tall white guys with bandanas over their faces. They're trying to hide their faces, what are they doing there? One thing. They're trying to stir up the young kids, and make it like [this is] right.” So, who are these professional provocateurs?

»The Baltimore Sun reported on another strange occurrence —“it started with word on social media of a “purge” — a reference to a movie in which crime is made legal. It was to begin at 3 p.m. at Mondawmin Mall, then venture down Pennsylvania Avenue to the Inner Harbor.” However, motherjones.com reported that — “…the police were stopping busses and forcing riders, including many students who were trying to get home, to disembark. Cops shut down the local subway station. They also blockaded roads…and essentially corralled young people in the area. That is, they did not allow the after-school crowd to disperse.” It went on to quote an eyewitness — “The riot police were already at the bus stop on the other side of the mall, turning buses that transport the students away, not allowing students to board. They were waiting for the kids…Those kids were set up, they were treated like criminals before the first brick was thrown. With police unloading busses, and with the nearby metro station shut down, there were few ways for students to clear out.”

»Zerohedge.com published an article which asked —“Why were so many police vehicles conveniently parked along the street in areas where the worst violence happened? After the destruction of a number of police vehicles on Saturday night, the Baltimore police had to know that they were prime targets. So why were there even more police vehicles available for rioters to destroy on Monday? And where were the cops that should have been protecting those vehicles? Mayor Stephanie Rawlings-Blake might have provided the answer. She was quoted as saying — “…We also gave those who wished to destroy space to do that as well.” Why would a Mayor seemingly condone violence and destruction of her city?

»To answer this question, we should examine the Mayor herself. Infowars.com notes that —“Rawlings-Blake was one of three mayors who provided broad input into President Obama’s Task Force on 21st Century Policing, which advocates the federalization of police departments across the country.” Infowars.com went on to note —“This could explain her inaction to stop the rioting when it began: by allowing it to spiral out of control, the mayor and her friends at the Justice Dept. could use the unrest to justify the expansion of federal power into local law enforcement, which would also allow her to receive more funding.” Let’s not forget that the city of Baltimore is basically broke.

»And maybe this is the big untold story. The federalization of the local police force aka the rise of the police state. Not only have the Feds given surplus military gear such as machine guns, drones and even MRAPS, which are basically light tanks, but over the last few years media has run numerous stories about how various government agencies are suddenly being militarized. Everyone from the Department of Agriculture, the Railroad Retirement Board, the Tennessee Valley Authority, the Office of Personnel Management, the Consumer Product Safety Commission, the U.S. Fish and Wildlife Service and the Education Department now have SWAT units. Even the IRS, the Social Security Administration, and the National Oceanic and Atmospheric Administration, which oversees the National Weather Service, are also among the federal agencies which have taken to purchasing ammunition and weaponry in bulk. In fact, forbes.com notes that as of 2008, “73 federal law enforcement agencies… [employ] approximately 120,000 armed full-time on-duty officers with arrest authority.” Four-fifths of those officers are under the command of either the Department of Homeland Security (DHS) or the Department of Justice...
»

Jay Johnson poursuit en faisant une référence qui nous intéresse particulièrement puisqu’elle concerne un document du US War College dont nous avions justement parlé six ans auparavant ...
Jay Johnson a écrit:
« Seven years ago, the U.S. Army War College issued a report calling on the military to be prepared should they need to put down civil unrest within the country. Summarizing the report, investigative journalist Chris Hedges declared, “The military must be prepared, the document warned, for a ‘violent, strategic dislocation inside the United States,’ which could be provoked by ‘unforeseen economic collapse,’ ‘purposeful domestic resistance,’ ‘pervasive public health emergencies’ or ‘loss of functioning political and legal order.’ The ‘widespread civil violence,’ the document said, ‘would force the defense establishment to reorient priorities in extremis to defend basic domestic order and human security.’” Is this why operation Jade Helm is to begin in just a few weeks time?»

»As the Washington Post recently noted, America’s economy continues to collapse and people are starting to realize the men behind the curtain are running out of tricks. Civil disobedience has devolved into outright rioting and calls for the State to normalize the situation are growing louder. Although medical issues seem to be ok, things could change in an instant. With the rising corporatocracy on one hand and the shrinking job market on the other, things aren’t looking good for the little guy in the near future


Un texte publié sur ce site le 24 décembre 2008 avait évoqué en détails ce rapport du 15 décembre 2008, du Strategic Studies Institute (SSI), un département dépendant de l’US Army War College. Il s’agit du rapport «Known Unknowns: Unconventional “Strategic Shocks” in Defense Strategy Development”, de Nathan Freier, un lieutenant-colonel qui avait récemment quitté l’U.S. Army et était alors professeur au même War College. Nous remarquions combien ce rapport s'intéressait à une évolution vers des tensions extrêmes de la situation intérieure US et une situation générale décrite comme une “dislocation stratégique”, et les mesures à éventuellement considérer du point de vue des autorités centrales pour contrôler ou empêcher cette évolution. Que Baltimore et les évènements qui y conduisent et l'accompagnent représentent ou pas cette situation de “tensions extrêmes”, cela reste une question ouverte ; que les autorités du Système (la précision importe plus que jamais) considèrent les choses de cette façon, cela semble une hypothèse tout à fait acceptable ... Ci-après, des extraits de notre texte de décembre 2008.

Philippe Grasset a écrit:
« Ce rapport est présenté dans le contexte de l’élection du nouveau président, comme une contribution à la réflexion que doit entreprendre la nouvelle équipe de sécurité nationale qui arrive au pouvoir (selon la présentation du SSI: «The author provides the defense policy team a clear warning against excessive adherence to past defense and national security convention»). WSWS.org le commente dans le sens voulu par son analyse, qui est l’hypothèse de l’établissement d’une dictature militaire aux USA. Ce qui nous apparaît important dans ce rapport est certainement l’hypothèse de “dislocation stratégique” appliquée aux USA, notamment mais d’une façon appuyée, à partir de troubles nés de la situation de crise économique («“violent, strategic dislocation inside the United States,” which could be provoked by “unforeseen economic collapse” or “loss of functioning political and legal order”»). L’hypothèse est évidemment particulièrement éclairée, sinon étayée par la situation de crise présente, et son importance, sa mise en évidence sont évidemment suscitées par cette situation. La réaction rapide de la réflexion de l’équipe stratégique derrière le rapport à la crise financière et économique mesure la préoccupation à propos de ce sujet.

» Il s’agit d’un exemple convaincant de l’évolution de la réflexion stratégique. La forme de la “surprise stratégique” pour la période considérée a ses racines dans l’attaque du 11 septembre 2001, mais les hypothèses concernaient essentiellement des causes d’une telle surprise qui viendraient de l’extérieur. L’ouragan Katrina et ses conséquences ont commencé à modifier cette perception. La crise actuelle achève cette modification, au point qu’on peut parler de transformation de la perception stratégique. L’hypothèse de troubles intérieurs US restaient jusqu’alors, justement, du domaine de l’hypothétique liée à une pensée spéculative sinon exaltée; désormais, elle est directement liée à des événements en cours.

» On observera que l’hypothèse concerne des événements auxquels les pays européens sont habitués, comme, aujourd’hui, les événements en Grèce. Cette sorte d’événements est complètement inhabituel pour les USA, qui se présentent comme une société de grande cohésion civique, – en réalité un ordre maintenu autant par le conformisme des conceptions que par l’absence d’unité sociale éventuellement contestatrice et une forte présence de la loi. Ce caractère rigide de l’ordre public dans les domaines social et politique est d’autant plus important que le pays est fragile et vulnérable du point de vue de sa structure et de sa cohésion. On voit que certaines réactions à la situation économique impliquent déjà des références à la guerre de Sécession. Le document du SSI nous indique que, plus que l’idée précise d’une dictature militaire, c’est à notre sens la crainte de la vulnérabilité structurelle des USA qui s’empare des esprits des stratèges (US mais aussi occidentaux dans un sens plus large). La notion de “surprise stratégique”, qui est la marque du temps, se détache de l’agression extérieure, du mythe du terrorisme, pour parvenir au stade ultime qui est la cohésion structurelle des USA. La crise est passée par là et elle ne va plus cesser de renforcer cette hypothèse, d’entretenir cette crainte. Il s’agit sans aucun doute de la crainte ultime de la pensée stratégique occidentale depuis la Deuxième Guerre mondiale. Si la cohésion du “centre” est mise en cause, c’est l’intégrité fondamentale du système qui est mise en cause. Le cas central de la puissance de notre système se trouve concentré effectivement dans la question de la “cohésion stratégique” des USA, menacée par le risque de “dislocation stratégique”. La crise financière et économique a ouvert la boîte de Pandore. »

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MessageSujet: Hantise USA: de la loi martiale à la sécession   Mar 19 Mai - 11:29


par vlad2 dans http://civilisation-change.forumactif.org/t49-implication-reciproque-theorie-de-la-regulation-ou-de-la-collaboration-des-classes#416 copié par Admin

Hantise USA: de la loi martiale à la sécession
Dedefensa a écrit:
Hantise USA: de la loi martiale à la sécession

16 mai 2015 – Nous n’avons pas suivi la déjà longue généalogie de l’exercice Jade Helm 15, – que nous nommerons, pour faire bref, de l’acronyme JH15 que le Pentagone ne désavouerait pas. Le premier signe est l’annonce par le JSOC (Joint Special Operational Command), le commandement interarmes des forces spéciales qui a une réputation enviée et interlope, le 24 mars 2015, de l’exercice JH15. C’est aussitôt une attention très particulière qui est portée à JH15, selon le réflexe de curirosité suspicieuse que les élites-Système qualifient de “complotiste” pour en disqualifier ceux qui le développent. (Wikipedia a ouvert un site «Jade Helm 15 conspiracy theory», ce qui indique bien la couleur de la chose. On y trouve la référence JODSC pour diriger vers l’annonce de l’exercice, avec la mention «Retrieved May 1, 2015». Pour notre part, nous avons constaté, lors de notre essai, que cet URL ne donnait aucun accès.)

Le premier article d’alerte, type-article-fleuve, venu bien entendu d’Infowars.com, date du 27 mars 2015. C’est cette alerte, remarquablement précoce et documentée, qui est sans aucun doute le détonateur de l’affaire. Depuis, l’avalanche ne cesse pas, sur l’internet essentiellement d’abord pour accuser le pouvoir, ou les forces armées, de préparer l’instauration de la loi martiale, pour la presse-Système essentiellement d’abord pour dénoncer le “complotisme”. (Pour notre cas, on trouve ce 15 mai 2015, un article en Ouverture libre qui aborde la problématique du contrôle de la population avec des moyens de contrainte, article suscité par l’exercice JH15, qui a conforté notre intérêt pour notre sujet.) Ce qui fait la particularité de cette affaire est de trois ordres, qui mesurent à la fois sa dimension, sa spécificité et son extension récente :

• Elle est essentiellement un affrontement de communication, mais extrêmement fourni et puissant, et sur la longue durée. La cause chronologique en est que l’annonce de la chose porte sur un exercice qui débutera le 15 juillet et durera deux mois dans au moins sept États, avec débordement sur deux autres, sur la ceinture méridionale des USA, de la côte Est à la côte Ouest, disons approximativement tout au long de la frontière mexicaine (Wikipedia : «Jade Helm, a “realistic” military training exercise which will involve the Green Berets, Navy Seals, and the 82nd Airborne Division, is set to take place from July 15-Sepember 15 and will cover at least nine U.S. states.») Cela implique des munitions puissantes pour la polémique jusqu’à septembre prochain.

• Malgré ce tapage considérable, la communication autour de JH15 est très largement resté concentrée aux USA mêmes, dans le système de la communication intérieure de ce pays. Les causes sont habituelles, – l’ignorance des conditions intérieures US par la presse-Système du bloc BAO hors-USA, et l’habituel réflexe-Système de parler le moins possible de ce qui peut mettre en cause l’intégrité du “modèle américain”. Il y a aussi, et surtout pour notre cas (voir plus loin), les tendances et les habitudes désormais de plus en plus sollicitées par les crises de proximité des réseaux antiSystème.

• Depuis fin-avril-début-mai, le débat a pris une tournure officielle remarquablement virulente. Des parlementaires (les sénateurs Cruz et Paul, le député Gohmert) interviennent, “comprennent les interrogations de la population”, s’inquiètent auprès des autorités fédérales, du Pentagone, etc. Le Texas s’agite et le gouverneur lui-même dénonce JH15 en annonçant qu’il mobilisera la Garde Nationale (le New Yorker, dans son numéro daté du 18 mai 2015 : «Greg Abbott, the governor of Texas, had not sprung into action. In a Facebook post from April 28th, he wrote, “I’ve ordered the Texas State Guard to monitor Jade Helm 15 to safeguard Texans’ constitutional rights, private property, and civil liberties.”») Du domaine “complotistes”-versus-“comploteurs”, toujours handicapé par les préjugés et figurant comme un débat “fermé” pour cette raison, cette affaire est en train de passer au niveau d’un débat national ouvert où l’on commence à parler sérieusement d’une question polémique qui hante les esprits depuis 9/11. Il s’agit d’une part de l’évolution ou de la transformation des USA en un pays militarisé, susceptible de se retrouver en état de loi martiale si certains incidents, ou la crainte de certains incidents survenait ; il s’agit d’autre part de l’autonomie, voire de la souveraineté des États de l’Union devant cette tendance.

• L’article du New Yorker déjà cité est significatif. Il cite la récente fusillade de Phoenix, Arizona, lors d’une réunion, où deux hommes amés de fusils d’assaut semblèrent vouloir attaquer une réunion d’une association anti-islamiste. (Un garde blessé, les deux agresseurs tués.) Spéculation : ISIS ou pas ISIS ? L’article du prestigieux New Yorker, évidemment anti-“complotiste“ a tout de même un ton mesuré, du type nous-comprenons-les-inquiétudes-de-la-population. Il rappelle les mesures interprétées comme étant de restriction des libertés civiques et qualifiées pour le moins de “maladroites” (Patriot Act & Cie), les abus largement documentés (Snowden/NSA), il fait allusion à la toute-fraîche actualité avec les dérives gouvernementales françaises suite à JeSuisCharlie et conclut en appelant en termes mesurés et conciliants au bon sens de la population texane. C’est qu’il y a entre 32% et 45% de citoyens US plus ou moins inquiets et qui voient dans JH15 une manœuvre du gouvernement pour établir un contrôle militaire et policier de la population (45% pour un sondage Gallup du 7-10 mai, voir le 13 mai 2015). C’est dire si nous sommes loin désormais du seul contexte “complotiste”...



«There has been some realization that collecting and connecting dots when everything and anything looks like a dot is less than illuminating. The French, whose ideas about civil liberties are different from ours—with their insistence on policing schoolgirls’ head scarves and comedians’ jokes—seem, in the wake of the Charlie Hebdo attacks, to be headed in a different direction. They are debating an intelligence bill that would remove limits on domestic spying. That is where we were after 9/11, when the Patriot Act was passed and when we made mistakes. The Jade Helm training exercises are drawn on a map of the Southwest not because it’s ground zero in an incipient civil war but because the landscape there is similar to that of battlefields that we have rushed and wandered into in recent years, in countries that do have “insurgent pockets.” Texans should know where the real borders are.»

• Parmi les divers autres documents disponibles, montrant notamment que nous en sommes arrivés à un débat et une polémique de niveau national, c’est-à-dire sorti de la sphère “complotiste”, nous considérons comme significative et d’un réel intérêt la réponse que le secrétaire à la défense Carter a fait au sénateur Cruz à propos des inquiétudes du second concernant JH15. Ce qui est remarquable, c’est le ton de la lettre assez longue et détaillé, ton presque moqueur et ironique, – sans jamais tomber dans l’irrespect, certes, mais pas si loin, et surtout, d’une certaine façon en noyant le poisson ... C’est assez inhabituel pour une réponse d’un dirigeant de l’exécutif faite à un sénateur de stature importante (au sein du parti républicain, Cruz est même un possible prétendant à la nomination républicaine pour les présidentielles de 2016).

L’idée générale est du type “mais comment pouvez-vous imaginer que les forces armées puissent avoir une telle conduite séditieuse comme l’imaginent certains citoyens US (qui sont également vos électeurs), et notamment qu’elles puissent intervenir contre les USA (contre un État des USA) alors qu’elle sont là pour les défendre”, assortie de l’affirmation et de la réaffirmation que le Texas fait partie des USA... Cette démonstration fait appel à divers précédents historiques, montrant une complète loyauté des forces armées, notamment la guerre de Sécession où, justement, ces forces armées de l’Union attaquèrent des États de l’Union dont l’Union n’avait jamais accepté la sécession ; cela revient indirectement à rappeler des occurrences où les forces armées des USA peuvent effectivement intervenir contre des États de l’Union.

Ce qui est remarquable également dans la lettre de Carter, c’est un simple détail dans la formulation, dans une occurrence où les bureaucraties n’ont certainement pas l’habitude de faire montre d’inattention pour cette sorte de détails. Et l’on ne peut douter une seconde que Carter, nouveau-venu à la tête du Pentagone [depuis mars], a expressément confié à sa bureaucratie, dans une occurrence si délicate, le soin de mettre en forme très précisément des aspects formels de ce courrier dans ses passages les plus délicats. Il s’agit de l’avant-dernier paragraphe :

«We are assured it is a military training exercise. I have no reason to doubt those assurances, but I understand the reason for concern and uncertainty, because when the federal government has not demonstrated itself to be trustworthy in this administration, the natural consequence is that many citizens don't trust what it is saying.»

Carter écrit donc : «We are assured it is a military training exercise. I have no reason to doubt those assurances, but I understand...» ; ce qui signifie, compte tenu du contexte : “On nous assure qu’il s’agit d’un exercice militaire d’entraînement. Je n’ai aucune raison de douter de ces assurances, mais je comprends [les raisons que d’autres ont à en douter...]...” ; dans cette interprétation, le “nous” de “On nous assure...” signifierait alors “on nous assure, à vous le sénateur Cruz et à moi-même...” puisque Carter parle à Cruz, et puisqu’il continue comme s’il disait plus précisément “Quant à moi, [j]e n’ai aucune raison de douter de ces assurances, mais je comprends...”. C’est une curieuse formulation pour celui qui est le chef de tout ce qui dépend du Pentagone, donc des forces qui vont effectuer l’exercice, de leurs chefs et de leurs intentions. La formulation devrait être plus simplement et catégoriquement : “Je vous assure catégoriquement qu’il s’agit d’un exercice militaire d’entraînement, mais je comprends...”.

Il s’agit d’une formulation pour le moins prudente même si (le reste du paragraphe) elle se veut catégorique mais au nom d’une affirmation polémique et nullement probante de quoi que ce soit selon laquelle, aujourd’hui, tous les citoyens mettent systématiquement en doute tout ce qui est affirmé par l’administration fédérale. Cela signifie-t-il que Carter, nouveau-venu au Pentagone, est obligé d’avaliser tout ce qu’on lui dit sans d’autre certitude que la confiance qu’il met dans ces affirmations ? Cela signifie-t-il que ce cas, – ces affirmations des différents services que le chef du Pentagone est obligé d’accepter “en confiance”, – est l’une des raisons du départ toujours inexpliqué de son prédécesseur Hagel qui aurait expérimenté à l’une ou l’autre reprise que certains cas ne justifient pas cette confiance ? Cela signifie-t-il que Hagel n’a rien pu dire d’assuré selon son propre chef et son autorité à son successeur, à propos de l’exercice JH15 ?

(A la lumière de ce passage, la première affirmation de la lettre, qui avait laissé une impression catégorique révèle les mêmes ambiguïtés... «Thank you for your inquiry into whether the Jade Helm 15 military exercise is the first wave of a federal takeover of Texas, the Trojan Horse, as it were, of the end of sovereignty in the Lone Star State. Our response, contrary to the long tradition of official correspondence and military bureaucracy, is concise: no.» Pourquoi ce “Our response” [“Notre réponse”], et pas“My response” [“Ma réponse”], et cette façon de parler de concision alors qu’on s’embarque dans une longue digression historique et polémique, “pour noyer le poisson” dirait-on à nouveau, pour aboutir au paragraphe décortiqué ci-dessus ?)

JH15 contre le Texas

Nous nous sommes attardés sur la fin de cet exposé des faits à des détails parce que, comme chacun sait au pays de Shakespeare, The devil is in the details (ce qui se traduit assez logiquement, selon la si bonne communication par-dessus le chanel, par “le bon Dieu est dans les détails”). Il faut dire que le sujet est explosif aux USA, et d’actualité permanente depuis de nombreuses années, depuis 9/11, et plus précisément depuis 2009 et l’arrivée tonitruante de Tea Party. Pour cette raison, justement, il est difficile d’appréhender un événement dans son déroulement, dans sa substance : sera-ce un événement passager ou bien quelque chose de plus profond, appelé à durer et à laisser des traces, voire à déboucher sur une dynamique incontrôlable ?

Il nous semble que JH15 a fait ses preuves. Apparu sous la forme d’un communiqué anodin du JSOC le 23 mars, il n’a cessé d’enfler depuis, pour atteindre les sphères officielles au début de ce mois, avec l’intervention de personnalités officielles dans la personne de plusieurs parlementaires. Entretemps, les évènements de Baltimore ont amené un peu de beurre dans les épinards de ceux qui jugent que les autorités fédérales sont à l’affut du moindre prétexte pour imposer des mesures autoritaires et la fusillade de Phoenix a fourni un élément indirect de dramatisation. Ce qui est remarquable dans cette affaire-polémique, c’est que la polémique, justement, a pris du temps à d’affirmer. La presse-Système n’a pas étouffé l’affaire mais a pris résolument la voie du “complotisme”, au point, comme on l'a vu, que Wikipedia a ouvert une page “Jade Helm 15 Conspiracy Theory” (plutôt que “Jade Helm 15”).

Le problème est que le “complotisme” n’est pas dans ce cas sans appui solide dans la mesure de la spécificité, du caractère inhabituel et de la massivité de l’évènement annoncé. Ainsi a-t-on vu le processus se renverser : au lieu du “complotisme” se développant sur un événement spectaculaire qui a déjà éclaté et a suscité une narrative, et par conséquent se heurtant à une version officielle, c’est cette fois le “complotisme” qui précède l’aspect spectaculaire de l’événement. Cela est dû essentiellement à l’activisme notoire de Infowars.com, qui réagit le 27 mars après l’annonce quasiment inaperçue de JH15 trois jours avant. Il y a à boire et à manger chez Infowars.com, mais cette fois il aurait plutôt ouvert l’appétit...

En effet, l’événement s’est “calibré” de lui-même lorsqu’au caractère déjà signalé de l’exercice, se sont ajoutées les circonstances opérationnelles. JH15 opère principalement pour une manœuvre figurant une opération massive de contrôle des populations et des structures de fonctionnement économique et politique principalement dans sept États (Texas, Nouveau Mexique, Colorado, Arizona, Utah, Californie, Nevada). Selon le scénario de l’exercice, deux États sont déclarés comme “hostiles” au centre fédéral, le Texas et l’Utah, avec une “poche insurrectionnelle” dans l’extrême Sud de la Californie, tandis que le Nouveau Mexique est classé comme “incertain mais penchant vers l’hostilité”. C’est bien sûr essentiellement le choix du Texas qui s’est avéré explosif, avec aussitôt la spéculation de savoir s’il s’agit d’un simple choix d’exercice ou s’il y a derrière un véritable jugement opérationnel des forces et des éléments de sécurité nationale du centre fédéral. Le choix du Texas est explosif en raison de la puissance de cet État, de sa spécificité voire de sa prétention à la souveraineté, de la puissance de son mouvement néo-sécessionniste (le plus puissant avec le mouvement néo-sécessionniste du Vermont). Du coup, les jugements et les opinions, complotisme ou pas, se sont vivement tendus. On a ainsi abouti à l’annonce spectaculaire du gouverneur du Texas de la mobilisation de la garde Nationale pendant l’exercice, pour surveiller les agissements des forces de l’US Army opérant sur le territoire et autour de l’État. («I’ve ordered the Texas State Guard to monitor Jade Helm 15 to safeguard Texans’ constitutional rights, private property, and civil liberties.»)

Cet enchaînement transforme les données du problème, ou plutôt crée un problème aux données connues dans l’histoire des USA, et toujours craintes par le pouvoir central. La rhétorique polémique, dès lors qu’elle est suscitée dans les conditions qu’on voit, à partir d’une poussée populaire qui est née de l’activité des réseaux avec comme élément déclencheur la formidable puissance d’audience de Infowars.com, prend aussitôt les allures d’un affrontement constitutionnel entre l’État et le centre, pour savoir qui dirige qui, qui a autorité sur l’État mis en question, etc. ; c’est-à-dire, les habituels instruments de la grande querelle de la sécession, qui reste le problème structurel fondamental des USA, avec la problématique de la souveraineté... Très vite, on n’est plus très loin de parler d’affrontement, d’accuser l’un d’abus de pouvoir fédéral intolérable, d’accuser l’autre de tendances sécessionnistes.

Ce qui rend JH15 encore plus explosif, c’est d’autre part une question d’autorité et de contrôle des forces, que nous effleurons plus haut en faisant notre petite explication de texte du secrétaire à la défense Carter. Une certaine impression prévaut d’un certain “flou” dans cette vaste opération, ce flou alimenté par le caractère assez singulier des forces spéciales (largement présentes dans JH15), que Seymour Hersh, par exemple, présente comme une sorte de “Garde Prétorienne”. (... Du président pensait Hersh en 2011, mais aujourd’hui cela est moins sûr, quoique l’idée de “Garde Prétorienne” subsiste, – mais de qui, alors ?). Bien entendu, s’ajoute là-dessus le soupçon classique concernant la technique connue des manœuvres pour préparer sinon effectuer, soit une prise de contrôle, soit une conquête pure et simple d’un territoire. (L’invasion de la Tchécoslovaquie par les forces du Pacte de Varsovie en août 1968 avait été précédée par plusieurs exercices aux frontières de la Tchécoslovaquie qui permirent de faire des concentrations de forces postées pour l’invasion, voire d’enchaîner directement d’une manœuvre à l’invasion elle-même.)

Un aspect remarquable de tout ce tintamarre, qui a encore de longues semaines pour éventuellement prendre encore de l’ampleur, c’est l’absence de l’argument le plus simple, – celui qu’avance explicitement Carter dans sa lettre : pourquoi une armée nationale envahirait-elle une portion de son territoire qui, par ailleurs, se trouve dans une situation en apparence normale, – ni insurrectionnelle, ni même en rapport crisique avec le centre ? On voit là l’effet de communication considérable véhiculé depuis plusieurs années par des tensions internes de divers ordres, surtout depuis la crise de 2008, et marquées par un antagonisme latent mais d’une puissance stupéfiante au sein du Système entre les élites-Système et divers composants antiSystème du territoire, avec même certains éléments du Système évoluant vers des positions antiSystème dans certains cas. C’en est à ce point où la question évoquée plus haut ne se pose même plus : il n’est même plus nécessaire d’avoir une cause d’antagonisme pour évoluer vers l’antagonisme, parce que la situation est antagonisme pur....

Il n’y a pas un cas d’affrontement bien précis, une querelle nettement identifiée, mais une perception générale d’un état de tension crisique qui prend naturellement aux USA la forme d’un affrontement de type centrifuge (les composants de l’Union contre le “centre“ de l’Union). Dans ce cas, on mesure le travail de termites réalisé par les réseaux sur l’internet, avec des centres activistes particulièrement virulents (Infowars.com). Il s’agit de l’expression américaniste du malaise général produit par le processus d’effondrement du Système qui s’effectue dans des conditions difficilement identifiables, sinon insaisissables, mais qui alimente sans aucun doute une atmosphère anxiogène et des réflexes d’antagonisme de type localiste, et, pour l’expression politique, à tendance sécessionniste. Face à cette évolution, l’attitude du “centre” (du Système) est fonction de sa constante réaction de surpuissance, de sa sur-réaction face à des dangers ou des menaces simplement hypothétiques ; il s’agit évidemment d’un renforcement de la puissance vers la surpuissance, avec l’armement en constante militarisation des polices, des opérations constantes de surveillance et de contrôle des populations, et enfin, comme dans le cas de JH15, des mouvements de forces militaires qui sont complètement inhabituelles et à la limite des pratiques constitutionnelles, sinon en violation de ces pratiques (le Posse Comitatus Act de 1878 limitant l’emploi des forces militaires fédérales sur le territoire des USA). Le résultat est d’accroître encore la tension et, éventuellement de donner de la substance, sinon simplement de donner naissance aux menaces jusqu’alors réduites à des hypothèses antagonistes. Peut-être JH15 est-il en voie de suivre, ou de susciter ce processus.

Une dernière remarque concerne une sorte d’“isolationnisme communicationnel” qui tend à séparer la perception des situations crisiques entre les différentes zones, les continents, les ensembles, etc., favorisé par le comportement de la presse-Système qui dissimule tout, de toutes les façons, mais aussi et surtout dans ce cas par le comportement des dissidences et des résistances. Pour notre compte, on constate que, sauf quelques cas spécifiques, la dissidence et la résistance aux USA sont peu intéressées par la situation ukrainienne, et à peine un peu plus par la situation de tension avec la Russie, juste le temps d’évoquer la possibilité d’une guerre nucléaire. C’est, en plus des crises au Moyen-Orient où des forces US sont engagées, les crises intérieures de manipulation et de tension qui retiennent surtout l’attention, tandis qu’elles sont souvent faiblement documentées pour les dissidences et les résistances européennes. C’est le résultat d’une extension de toutes les façons et dans tous les sens du domaine crisique. Cela ne constitue nullement un obstacle à l’évolution antiSystème et réserve au contraire des opportunités nouvelles lorsque des crises jusqu’alors ignorées des autres zones arrivent à un paroxysme et offrent brusquement une occasion de renforcement aux crises de ces autres zones. Il y a des convergences souterraines, que nous ignorons souvent pendant un temps, qui contribuent à l’accélération de l’effondrement du Système sans que le phénomène puisse être mesuré pour ce qu’il est.

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MessageSujet: La police municipale se réarme   Lun 27 Juil - 17:33

La police municipale se réarme valeursactuelles.com

Sécurité. À la suite des attentats de janvier, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’était engagé à remettre aux policiers municipaux 4.000 revolvers.


Citation :
L’après Charlie

Après l’assassinat d’une policière municipale, Clarissa Jean-Philippe, par Amedy Coulibaly le 8 janvier dernier, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’était engagé à remettre aux policiers municipaux près de 4.000 pistolets. En, effet, les derniers chiffres officiels (qui datent de 2013) sont édifiants comme le relate le JDD : 43% des 20.000 policiers municipaux sont armés, et seulement deux tiers d’entre eux possèdent un gilet pare-balle. Bernard Cazeneuve déclarait le 14 janvier dernier, à l’Assemblée nationale: « Il faut assurer la protection de nos policiers ».

Pour ce faire, des revolvers Manurhin issus des stocks de la police nationale vont être distribués gratuitement à près de 4.000 agents. L’hebdomadaire affirme que les premières livraisons devraient avoir lieu d’ici à la fin du mois.

Les plus grosses villes bénéficiaires seraient Marseille, Orléans, Limoges, Poissy et Nice, avec 420 agents. Metz attend 93 armes. Selon l’adjoint à la tranquillité publique, « pour la commune, c’est une économie de 80.000 euros. Mais il a fallu sécuriser l’armurerie, faire homologuer le stand de tir et il faudra financer la formation des effectifs ». Sébastien Koenig insiste cependant : « Ces armes entrent uniquement dans une logique de légitime défense, notamment pour nos unités de contrôle routier et de soirée ».
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MessageSujet: Les policiers bientôt mieux armés face à la menace terroriste et au grand banditisme   Lun 27 Juil - 17:37

Les policiers bientôt mieux armés face à la menace terroriste et au grand banditisme William Molinié 20minutes 20 juillet


William Molinié a écrit:
Finis les pistolets-mitrailleurs (PM) Beretta 9 mm qui s’enrayent à chaque entraînement, sur le pas de tir, ou pire, en intervention. L’arme, dont les patrouilles de police sont dotées depuis plus de trente ans, va être réformée. Selon les informations recueillies par 20 Minutes, la Place Beauvau a pris la décision de renouveler l’armement d’épaule du policier pour s’adapter aux nouvelles menaces.

« Face à des individus parfois munis d’armes de guerre, il nous faut une arme moderne afin de répondre aux attaques dont on est victime », explique Philippe Capon, secrétaire général de l’Unsa-Police. Le PM Beretta, modèle 12, de calibre 9 mm, peut tirer 20 cartouches par chargeur. Mais face à des Kalashnikovs ou autres automatiques, utilisées dans le grand banditisme ou pour les actes terroristes, la capacité de réponse des forces de l’ordre était jugée limitée.

Vers une arme modulable ?

Si le changement de l’arme collective – l’arme individuelle des policiers est le Sig Sauer 9mm – est acté, reste à savoir quel modèle sera choisi. « L’écriture de l'appel d’offre en est encore à l'état embryonnaire », pondère-t-on au sein de la direction générale de la police nationale (DGPN). Selon Le Figaro, Beauvau projetterait de se procurer 4.000 nouvelles carabines 9 mm et 4.000 autres modèles de calibre 5.56 mm. Ces derniers devraient avoir la particularité de pouvoir traverser des gilets pare-balles identiques à ceux que portaient les terroristes Merah, Coulibaly et les frères Kouachi.

Les patrons du Service achat équipements logistique de la sécurité intérieure (Saelsi) recherchent précisément une arme qui serait modulable et pourrait, selon son affectation dans les services, tirer du 9 mm ou du 5.56 mm. Mais ce type d'arme ne court pas les armureries et coûte très cher.

Livraison premier semestre 2016

Le 9 mm devrait revenir aux policiers de voie publique, police secours et polices du « quotidien ». Les armes de 5.56 mm, qui peut perforer certains gilets pare-balle, seraient attribuées, aux polices dites spécialisées type brigade anti-criminalité (BAC), compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI), compagnies républicaines de sécurité (CRS)... « Il n’est pas question que tous les policiers se baladent avec une arme longue », prévient Philippe Capon.

Une différenciation pas toujours vue d’un bon œil. « Pourquoi ne pas généraliser le 5.56 mm? C’est souvent les services police secours qui arrivent en premier rideau et sont exposés », fait remarquer Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d'Alliance Police Nationale. « Ce qui est important, c’est d’avoir décidé de changer le pistolet-mitrailleur, très vieux », tranche Nicolas Comte, porte-parole d’Unite SGP-Police-FO.

Avant de recevoir leur nouveau calibre les policiers devront tous être formés à son maniement et obtenir une habilitation. La distribution dans les services serait prévue pour le premier semestre 2016.
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MessageSujet: Terrorisme : de nouvelles armes plus puissantes pour la police du quotidien   Lun 27 Juil - 17:40

Terrorisme : de nouvelles armes plus puissantes pour la police du quotidien Le Figaro 13 juillet


Les patrouilles de police appelées à intervenir très vite sur les lieux d'une prise d'otages ou d'une tuerie de masse,
souvent avant les unités d'élite (RAID, BRI, GIGN), devraient voir leur puissance de feu renforcée

Les pistolets-mitrailleurs Beretta dont sont dotées les patrouilles vont être remplacés d'ici la mi-2016 par 4000 nouvelles carabines 9 mm et 4000 autres modèles de calibre 5.56 mm qui ont la particularité de traverser des gilets pare-balles semblables à ceux que portaient Coulibaly ou les Kouachi.


Citation :
Pour faire face à la menace terroriste, les patrouilles de police appelées à intervenir très vite sur les lieux d'une prise d'otages ou d'une tuerie de masse, souvent avant les unités d'élite (RAID, BRI, GIGN), devraient voir leur puissance de feu renforcée. Depuis six mois, le ministère de l'Intérieur travaille sur une nouvelle doctrine d'intervention dont Le Figaro dévoile l'ébauche. Selon nos informations, les pistolets-mitrailleurs Beretta dont sont dotées les patrouilles depuis une trentaine d'années vont être remplacés d'ici la mi-2016 par 4000 nouvelles carabines 9 mm et 4000 autres modèles de calibre 5.56 mm qui ont la particularité de traverser des gilets pare-balles semblables à ceux que portaient Merah, Coulibaly ou encore les frères Kouachi.

«Nous cherchons un modèle modulable selon les missions et assez compact pour être embarqué dans les voitures, équipé d'un réducteur de son, d'une aide à la visée ou encore d'une lampe d'éclairage, confie Michel Vilbois, chef du Service achat équipements logistique de la sécurité intérieure (Saelsi). Les munitions «optimisées» auront un pouvoir de perforation adapté afin de ne pas causer de dommages collatéraux dans les endroits à forte densité de population». CZ tchèque, Glock autrichien, Heckler & Koch allemand ou encore Colt américain: au total, une dizaine de fournisseurs potentiels ont été identifiés, pour des tarifs allant de 1500 à 4000 euros l'unité.
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MessageSujet: La police municipale d'Angoulême bientôt équipée d'armes létales   Lun 27 Juil - 17:47

La police municipale d'Angoulême bientôt équipée d'armes létales Bernard Dussol Poitou-Charentes 02/07/2015

La décision a été prise le 29 juin par Xavier Bonnefont qui en a fait l'annonce à la fin du conseil municipal : après une formation, les policiers municipaux d'Angoulême seront équipés de tasers puis de pistolets dans quelques mois


Les polices municipales sont déjà autorisées a utiliser le Taser,
ce pistolet a impulsion électrique qui permet l'immobilisation d'un individu dangereux
sans avoir recours à une arme a feu

Bernard Dussol a écrit:
Les polices municipales sont déjà autorisées a utiliser le Taser, ce pistolet a impulsion électrique qui permet l'immobilisation d'un individu dangereux sans avoir recours à une arme a feu. © Maxppp

Le 12 janvier 2015, des policiers municipaux manifestaient devant l'hôtel de ville d'Angoulême en brandissant une affichette à la manière de "Je suis Charlie". Mais celle-ci indiquait : "Je suis une cible." Xavier Bonnefont les a entendus : ils seront bientôt équipés d'armes létales, décision prise après avoir consulté le préfet de Charente et le Procureur d'Angoulême.

Depuis les années 80, les effectifs des polices municipales ont quadruplé en France pour atteindre environ 20 000 hommes et femmes, dans 4 349 communes. Moins de la moitié -43 %- sont armés et Xavier Bonnefont fait donc entrer sa police municipale dans cette catégorie. C'est une décision qui ne crée pas franchement de polémique au sein même du conseil municipal puisqu'une partie de la gauche ne s'y oppose pas et que les Verts "regrettent", sans plus.

Angoulême va donc devenir la première grande ville de la région Poitou-Charentes à équiper sa police municipale d'armes létales. En effet, Poitiers, Châtellerault ou La Rochelle refusent cette mesure à ce jour. A Châteaubernard en Charente, un débat vient d'animer le conseil municipal sur l'opportunité d'armer sa police. Là aussi les édiles ont choisi de ne pas presser le pas, d'autant qu'ils y sont incités par une décision du ministre de l'Intérieur. Bernard Cazeneuve vient en effet de publier une circulaire proposant de doter les policiers municipaux de 4000 Manhurin.


Revolver Manurhin MR
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MessageSujet: Le ministère de l’intérieur contre l’interdiction du Flash-Ball    Lun 27 Juil - 17:54


Le ministère de l’intérieur contre l’interdiction du Flash-Ball


un manifestant à Lyon

Pas question de « désarmer les forces de l’ordre ». C’est ce qu’a répondu le ministère de l’intérieur, mercredi 22 juillet, au Défenseur des droits, qui avait réclamé un moratoire sur l’usage du Flash-Ball et recommandé son interdiction lors des manifestations dans une recommandation publiée mardi.

Valentine Arama a écrit:
Dans la nuit du 13 au 14 juillet, un adolescent de 14 ans avait été blessé à Argenteuil (Val-d’Oise) par un tir de Flash-Ball au niveau des testicules par la police. Deux autres adolescents, l’un aux Mureaux (Yvelines), l’autre aux Ulis (Essonne), ont été blessés par la même arme. Trois enquêtes ont été ouvertes et confiées à l’IGPN (inspection générale de la police nationale). Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, s’était saisi d’office trois jours plus tard. « Au vu du risque de blessures graves induit par cette arme, comme de troubles à l’ordre public susceptibles de survenir suite à son usage, le Défenseur des droits ne peut qu’appeler à un retrait rapide », peut-on lire dans cet avis.

Aujourd’hui, les armes non létales peuvent être utilisées dans n’importe quelle situation d’« attroupement »

Utilisées par les policiers, y compris municipaux, des gendarmes et l’administration pénitentiaire, les armes dites « de force intermédiaire », Flash-Ball Super Pro, lanceur de balles 40/46 et Taser X26, sont régulièrement critiquées. Dans sa recommandation, l’ancien ministre de la justice fait état de plusieurs problèmes qui touchent à l’encadrement et à l’usage de ces armes. « C’est le fruit d’une longue réflexion sur les droits fondamentaux », dit-il.

Un premier avis avait été publié en mai 2013 sur l’utilisation des armes non létales par la police et la gendarmerie. La réponse apportée alors par le gouvernement, au travers de l’instruction du 2 septembre 2014, apparaît insuffisante au Défenseur des droits. Parmi les griefs : le retrait des caméras vidéo installées sur les Taser. « Cette caméra était le seul garde-fou qui encadrait l’usage de cette arme », indique Salomé Linglet, responsable de la privation des libertés et des violences policières à l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture).

Toutefois, le principal problème demeure l’utilisation des Flash-Ball. « Le fabricant reconnaît lui-même l’imprécision de cette arme », assure Jacques Toubon. Arme de poing, elle peut tirer une balle à 360 km/h, mais ne possède pas de viseur électronique et n’a qu’une portée limitée. Jugé obsolète par l’IGPN, le Flash-Ball s’avère particulièrement dangereux. L’IGPN vante aujourd’hui les mérites du LBD 40/46, une arme d’épaule et de précision qui possède une plus longue portée et un viseur optique. Le Défenseur des droits plaide lui aussi pour le LBD 40/46, « qui a vocation à être une arme de neutralisation », au contraire du Flash-Ball, qui permet de riposter instantanément à une agression.

« Banalisation »

Au sein de la police, la décision a été prise il y a deux ans de remplacer tous les Flash-Ball par des LBD 40/46. « Le fait que cette résolution ne soit toujours pas mise en place nous a poussés à proposer le moratoire », insiste M. Toubon.

L’ACAT va plus loin et demande l’interdiction systématique de ces deux armes. Selon Salomé Linglet, « le problème ne provient pas d’une simple imprécision de tir mais bien d’une banalisation de l’usage de ces armes ». Surtout, il est indispensable, selon elle, de mieux sensibiliser les forces de l’ordre à la dangerosité de ces armes, car « les policiers n’ont parfois pas conscience qu’elles peuvent être dévastatrices ».

Le Défenseur des droits recommande une formation intensifiée et un meilleur encadrement de ces armes, pour lutter contre les excès de zèle. Le Flash-Ball, introduit en 1995, était au départ réservé à des situations bien précises. Aujourd’hui, les armes non létales peuvent être utilisées dans n’importe quelle situation « d’attroupement ». Pour Salomé Linglet, il est impératif de renforcer le cadre juridique qui entoure ces armes.

Parmi les demandes formulées au gouvernement, le retrait pur et simple du Flash-Ball lors des manifestations. « On se rappelle tous de Sivens, au lendemain du drame [la mort du militant écologiste Rémi Fraisse], le ministre de l’intérieur avait décidé de retirer les grenades offensives des mains de la police, c’est donc possible », note Jacques Toubon – un moratoire « contre-productif qui pourrait avoir des conséquences dangereuses », estime-t-on au contraire dans l’entourage du ministre de l’intérieur.



Hospitalisé, Joan, étudiant de 25 ans, risque de perdre la vue

La dépêche 23 mars 2009
Joan a écrit:
« J'ai un œil en moins. J'y vois tout noir. La rétine est décollée, avec un hématome interne, le plancher orbital fracturé. Le pronostic des médecins est réservé… » Joan, 25 ans, est hospitalisé depuis jeudi soir au service d'ophtalmologie du CHU Purpan. Il va subir dans les prochains jours deux interventions délicates, pour tenter de lui sauver son œil. C'est la triste conséquence pour cet étudiant en L3 au Mirail qui s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, jeudi soir, en marge de la manif interprofessionnelle de Toulouse.

Joan a été atteint au visage, vraisemblablement par un tir de flash ball, lors des incidents qui ont éclaté devant le magasin Monoprix au centre ville en début de soirée entre les forces de l'ordre et les manifestants du mouvement étudiant. Les policiers de la Bac et de la compagnie d'intervention ont fait usage de ces armes, tirant des balles en caoutchouc, pour repousser les manifestants qui venaient d'effectuer un « blocage économique » aux entrées du magasin.

Quelques uns d'entre eux étaient entrés à l'intérieur, pour une action « d'auto distribution » symbolique aux plus démunis, méthode apparentée aux Robins des bois.

« J'étais à la manif et je suis resté dans la cortège étudiant. On s'est retrouvé devant Monoprix. Je suis resté aux abords. je n'étais pas dans la chaîne humaine qui bloquait le magasin. Et puis, ça a basculé. Les flics ont chargé. J'ai entendu des bruits de détonation. Un attroupement s'est formé, je me suis replié à l'intérieur pour ne pas rester isolé. On s'est mis à reculer doucement.

A MOINS DE DIX METRES

On était contre la ligne des CRS. Ils m'ont tiré dessus alors que j'étais à moins de 10 mètres d'eux. J'étais effectivement au premier rang, confiant, entrain de dire on recule, on s'en va. Je n'ai absolument pas jeté de canettes ni de projectiles. Je suis sûr que c'est une balle de flash ball qui m'a touché, vu la force et l'impact… On m'a clairement visé ».

Mael, 19 ans, étudiant et pompier volontaire a prodigué les premiers soins à Joan, transporté par ses camardes à l'intérieur du Virgin Mégastore. « On a attendu près de trois quarts d'heure avant que les secours, bloqués derrière la ligne de police, puissent accéder jusqu'à nous ».

« Il est certain que je ne récupérerai pas la totalité de ma vision, un petit peu dans le meilleur des cas », confie Joan, « je trouve que c'est complètement disproportionné et injuste. Sincèrement, je ne comprends pas pourquoi ils ont tiré… »


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MessageSujet: La militarisation de la police et la banalité de la violence   Lun 27 Juil - 20:28

extrait de :

Ce que « Ferguson » révèle du racisme systémique aux États-Unis Charlotte Recoquillon, chercheure associée, Institut français de géopolitique 7 juillet

2. La militarisation de la police et la banalité de la violence

Charlotte Recoquillon a écrit:
2.1. Des politiques qui permettent la violence

Discuter de la violence aux États-Unis, qu’elle soit d’État ou perpétrée par des citoyens, nécessite de mesurer à quel point les politiques publiques et la législation la permettent et l’encouragent. Pour commencer, il est utile de rappeler que la possession d’une arme pour se défendre est permise par le Deuxième Amendement de la Constitution. La conséquence logique est le grand nombre d’armes en circulation : 310 millions en 2009 tant légales qu’illégales (Bailey Grasso, 2014), tandis qu’un tiers des ménages américains en possèderait au moins une (Pew Research Center, 2014). Les tueries régulières et le très grand nombre de personnes victimes n’ont pourtant pas raison de l’opinion publique qui continue de soutenir le droit des armes (Pew Research Center, 2014). La probabilité que des policiers soient confrontés à des personnes armées est forte, et leur impose de prendre la décision, souvent en une fraction de seconde, d’utiliser leur propre arme. À ce jour, la loi autorise les policiers à faire feu si eux-mêmes ou des personnes à proximité se sentent en danger. C’est bien cela – d’avoir craint pour sa vie — qui a conduit Darren Wilson à tirer sur Michael Brown, selon ses propres déclarations. Et c’est bien sur cet argument que les policiers s’appuient tandis que les stéréotypes raciaux, sociaux et de genre jouent inconsciemment un grand rôle dans leurs agissements et décisions.

Par ailleurs, ce qui est vrai pour les citoyens l’est aussi pour la police qui bénéficie de moyens et d’équipements de plus en plus lourds et performants. Ainsi, au cours de l’année 2011-2012, plus de 500 départements de police ont reçu un ou plusieurs véhicules blindés. Depuis 2006, près de 94 000 armes automatiques, plus de 500 avions et hélicoptères et 45 000 paires de jumelles à vision nocturne ont ainsi été acquises par les polices locales (Apuzzo, 2014). Au total, entre 1990 et 2012, c’est 4,3 milliards de dollars d’équipements militaires et paramilitaires qui ont été transférés du ministère de la Défense à celui de l’Intérieur (programme 1033 – ACLU, American Civil Liberties Union, 2014). En outre, depuis les années 1980, de plus en plus d’unités spéciales d’intervention (SWAT, Special Weapons and Tactics) ont été formées et sont déployées environ 50 000 fois chaque année dans des opérations souvent disproportionnées. En effet, préparées pour intervenir dans des situations à haut risque, elles sont en fait déployées principalement pour des petites infractions et des interventions de faible intensité comme des perquisitions ou des infractions administratives, mais ayant en commun de cibler majoritairement les minorités, en particulier les Noirs : ainsi selon l’ACLU, en 2011, au moins 39 % des déploiements auraient concerné des Noir(e)s.


La militarisation de la police, de ses équipements et de ses méthodes, a pour conséquence d’accroître les tensions avec la population. En effet, forts de leurs tenues de combat, les policiers ont de plus en plus la mission explicite de « maintenir l’ordre » au lieu de « protéger et servir ». Ils se comportent comme des soldats dans des zones de guerre – les quartiers et centres urbains – dont les ennemis seraient les habitants – pauvres, noirs et/ou hispaniques le plus souvent. D’ailleurs, il est à remarquer que certains matériels de recrutement et de formation mettent justement l’accent sur ces équipements, l’action de haute intensité, plutôt que sur la capacité de dialogue, le rôle de médiateur ou de pacificateur du policier, attirant ainsi des candidats potentiellement plus enclins à faire usage de leurs armes (RAND 2010 ; Balko, 2014 ; Denvir, 2015).


L’institution judiciaire est, elle aussi traversée par des stéréotypes et des préjugés racistes, d’autres facteurs encouragent la violence comme la série de jurisprudences qui permettent aux policiers de faire usage de leur arme, la rareté des inculpations ou la multiplication des acquittements et les faibles peines infligées aux policiers quand ils sont reconnus coupables. À cela, il faut ajouter le rôle des médias, essentiel pour comprendre la banalisation et l’intériorisation de représentations racialisées et racistes de la violence et du crime.

2.2. Le rôle des médias dans la banalisation de la violence et l’intériorisation de représentations racistes

Les médias (papier, télévision, internet) se sont émus et ont accordé une attention inédite aux meurtres d’hommes noirs depuis le cas de Michael Brown. Pourtant, loin de refléter la réalité (Jewkes, 2004, p.37), ces derniers jouent un rôle important dans l’intériorisation de préjugés et de représentations racistes inconscients. De nombreuses études ont montré que la figure du Noir criminel et violent est renforcée par les médias et « presque toutes les recherches universitaires sérieuses révèlent des préjugés constants contre les Africains Américains, tant dans la couverture de crimes que plus généralement » (Entman et Gross, 2008, p. 97). Concrètement, par exemple, trois mois d’étude des programmes d’information de quatre chaînes d’information de la télévision à New York (WCBS, WNBC, WABC et WNYW [12] – d’octobre à décembre 2014, après l’affaire Michael Brown donc) ont montré que la couverture médiatique surreprésente les Noirs suspects de crimes et délits : sur ces chaînes, 74 % des suspects dans des affaires de meurtre sont Noirs, ainsi que 84 % des suspects de vol et 73 % des suspects d’agression alors même que les chiffres de la police font état de 54 % de Noirs arrêtés pour meurtre, 55 % pour vol et 49 % pour agression (Angster et Colleluori, 2015). Une autre étude (Entman et Gross, 2008, p. 100) portant sur la télévision à Chicago a montré que les accusés noirs étaient plus souvent illustrés par une photo prise par la police (mugshot) que par une photo personnelle. Ils sont aussi plus souvent représentés menottés, contraints par la police ou dans des situations de soumission ou de violence. La question de la représentation des Noirs, même quand ils sont les victimes, avait d’ailleurs été popularisée [13] sur le réseau social Twitter par le hashtag #IfTheyGunnedMeDown qui répondait aux premières photos de Michael Brown qui avaient circulé le représentant en train de faire un signe avec ses doigts qui, dans les esprits, pouvait être assimilé au code d’un gang.

« Les analyses des informations télévisées indiquent systématiquement une surreprésentation des hommes noirs en tant que coupables et une sous-représentation en tant que victimes (…). L’exposition à des messages stéréotypés a des conséquences. Comme l’illustre le travail de Dixon, consommer des informations où les Noirs sont systématiquement surreprésentés dans des affaires criminelles renforce l’association cognitive entre Noirs et criminalité (…) » (Mastro et al., 2009).



D’une façon générale, les médias montrent moins souvent les Noirs en situation de victimes, y compris dans le cas extrême des disparitions d’enfants dont on estime pourtant que 37 % de ceux qui disparaissent sont noir(e)s (Black And Missing Foundation, 2014 [14]). C’est ce qu’on appelle le syndrome de la « missing white girl » (la petite fille blanche disparue) [15], une manifestation cruelle de la différence de valeur entre les enfants blancs et noirs (Sobel Fitts, 2014). La télévision n’a toutefois pas le monopole en matière de traitement inégal de ses sujets. Et dans l’affaire Michael Brown, c’est une Une du New York Times qui a particulièrement fait polémique [16] (Read, 2014 ; Massie 2014).

Le 25 août, le quotidien publie à la une deux portraits parallèles de Michael Brown et Darren Wilson. Alors que l’exercice est courant en journalisme, la mise au même niveau formel de la victime et du coupable cause provoquait déjà une émotion. Mais c’est ce que contenaient les portraits qui illustre le traitement inégal des Noirs et des Blancs, le racisme systémique et le privilège blanc. Sur la base d’interviews, le portrait de Michael Brown indiquait, entre autres, qu’il vivait dans un quartier difficile, qu’il avait déjà essayé drogue et alcool, qu’il avait déjà eu une bagarre avec un voisin, que sa mère avait été obligée de se rendre à son école avec le ticket de caisse d’un iPod qu’il était accusé d’avoir volé et que récemment, il s’était mis à rapper et écrire des textes vulgaires. Tous ces éléments factuels personnels incitaient le lecteur à penser que ce garçon « n’était pas un ange » comme si cela pouvait avoir quelque poids dans le fait qu’il était mort. Sa description de petit garçon n’étoffait pas plus cette affirmation mais la mention de ces anecdotes le présentait comme ayant des comportements anormaux. En parallèle, le portrait de Darren Wilson le présentait comme un homme sans histoire ayant eu quelques passages difficiles au début de sa vie et de sa carrière. En fait, adolescent, Wilson avait évolué dans « un environnement chaotique » et avait eu une « enfance troublée », sa mère avait eu des ennuis avec la justice et même été condamnée pour escroquerie. En tant qu’officier, il avait débuté dans un département de police tellement raciste et corrompu que celui-ci avait été tout simplement fermé. Pour le New York Times donc, Darren Wilson n’était qu’un « officier discret aux débuts perturbés » quand sa victime elle, Michael Brown, « n’était pas un ange ».


La une du New York Times, 25 août 2014

Le texte sur Michael Brown (en html)
Le texte sur Darren Wilson (en html)

"Ferguson" à travers les unes de la presse aux États-Unis (août 2014-avril 2015)



Cliquer sur l'image pour démarrer le diaporama en mode automatique (dans l'original)

Selon les criminologues Linneman et al. (2014), le traitement médiatique de faits divers particulièrement exceptionnels permet aux médias d’en diaboliser les auteurs et de les rendre « tuables » par la police, dans une logique du « lui ou moi » et justifiant ainsi la violence d’État.

On pourrait encore multiplier les exemples et les supports pour illustrer la manière dont on construit un lien implicite mais systématique entre Noirs et violence, Noirs et criminalités, à l’instar d’une étude sur les documentaires tournés en prison et maisons d’arrêt qui se concentrent sur des phénomènes relativement anecdotiques – détenus violents, gangs, rebellions – qui contrastent avec la « platitude » des activités de la majorité des détenus – lecture, télévision, exercice physique, etc. – (Cecil, 2010, p. 85). L’omniprésence de la violence à la télévision, la représentation fréquente de personnages noirs caricaturaux (y compris dans le cinéma et même dans les films de la "Blaxploitation" [17] produits justement en réponse à une industrie du cinéma raciste mais accusés de perpétuer les stéréotypes dominants (Mason, 1972, pp. 61-70) et la récurrence d’images de corps noirs maltraités habituent le public à la violence, à la souffrance et à la dévaluation. D’ailleurs, ce phénomène a une résonance particulièrement violente dans l’histoire américaine très récente puisque les corps des personnes lynchées étaient souvent exposés au public, tels des trophées, en guise d’avertissements. L’émotion et la colère des habitants de Ferguson à propos du traitement du corps de Michael Brown, qui est resté exposé, baignant dans son sang, plus de quatre heures au soleil et à la vue de tous, trouvent sans doute leurs racines dans cette histoire douloureuse.

C’est donc ainsi, et par de nombreux autres mécanismes, que les inconscients sont entraînés à faire des distinctions de valeur entre les individus selon leur appartenance raciale réelle ou supposée, et à établir des corrélations inconscientes entre Noirs et crime, Noirs et violence, Noirs et danger.


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MessageSujet: 1971-2015 : meurtres policiers et révoltes populaires en France   Jeu 30 Juil - 15:54

1971-2015 : meurtres policiers et révoltes populaires en France/ en PDF


Liste non exhaustive des crimes racistes et sécuritaires de 1971 à aujourd’hui en France, accompagné des circonstances et verdicts, des résistances et luttes, et des éléments de contextualisation (Mis à jour au printemps 2015)

Citation :
* Sources *

Permis de tuer – Chronique de l’impunité policière – , éditions Syllepse
Rengainez on arrive, – Chroniques des luttes contre les crimes racistes ou sécuritaires, contre la hagra policière et judiciaire des années 1970 à
aujourd’hui-, Mogniss H. Abdallah, éditions Libertalia

La Domination policière, une violence industrielle, Mathieu Rigouste, La Fabrique Éditions [Patlotch : livre déjà signalé sur mon blog l'an dernier. Je précisé que Mathieu Rigouste a été accusé d'être un flic ou fachos infiltré par les "antifas"...]


http://atouteslesvictimes.samizdat.net/?page_id=376
https://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=677 Ratonnades -chronologie
http://quefaitlapolice.samizdat.net/
http://www.gisti.org/spip.php?article4118
http://www.bastamag.net/Homicides-accidents-malaises
http://mrap.juridique.free.fr/wiki/index.php/Lutte_contre_le_racisme

– 1/3 des affaires classées sans suite, 40% des affaires : sursis, 5% de prison ferme –
Plus de 127 personnes tuées par la police entre 2000 et 2014.
La majorité des personnes tuées ces cinquante dernières années sont des jeunes des quartiers populaires et issus de l’immigration.

en orange : crimes délibérément racistes (où le tueur n’est pas un agent de police)

Mathieu Rigouste : « La mort de Rémi n’est pas une bavure, c’est un meurtre d’Etat »

Mathieu Rigouste[i] a écrit:
« Il faut replacer le meurtre de Rémi dans une histoire longue où la police apparaît très clairement pour ce qu’elle est : un appareil d’État chargé de maintenir l’ordre économique, politique et social (capitaliste, raciste et patriarcal) par l’usage de la violence.

La police sait reconnaître ses maîtres, et distribue différents degrés et formes de violence selon la classe, la race et le genre des personnes qu’elle contrôle. Elle a ainsi toujours brutalisé, mutilé et tué certaines parties de la « population » de la ville capitaliste (misérables, marginaux, prostituées…). Elle entretient, dans toutes les puissances impérialistes, un rapport particulier avec les quartiers et les classes populaires les plus pauvres, avec les parties du prolétariat les plus ségréguées et les plus exploitées, généralement issues de l’immigration et de la colonisation. Elle est chargée de dominer, bannir et soumettre les couches sociales qui auraient le plus intérêt à se débarrasser de ce système parce qu’elles en bénéficient le moins. La police tue ainsi entre 10 et 15 habitants des quartiers populaires par an en moyenne. Avec la prison et le système de harcèlement et d’occupation policière de la rue, il s’agit d’une véritable entreprise de « nettoyage social » et d’écrasement de toutes formes d’autonomie populaire. »
[/i]

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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Mer 19 Aoû - 23:09


ils sentent bon le sable chaud...

Un millier de légionnaires sur le Larzac à l'horizon 2018 La Dépêche 01/08/2015



Jean-Claude Luche et Alain Marc expliquaient hier comment l'unité (politique) a permis de finaliser le dossier

L'information a été confirmée hier : la 13e demi-brigade de la légion étrangère va bien s'installer sur le camp du Larzac. Basée actuellement sur le territoire des Emirats Arabes Unis, la demi-brigade s'apprête donc à faire ses valises pour le sud-Aveyron dans «un avenir proche».

Citation :
Dès cette année, 70 militaires rejoindront la base militaire située près de la commune de la Cavalerie. 400 autres les rejoindront en 2016 et ils seront au total entre 1200 et 1300 légionnaires sur le plateau à l'horizon 2018.

«C'est une nouvelle qui doit nous réjouir» commente Jean-Claude Luche. «Les retombées économiques d'un millier de personnes auxquelles s'ajoute leur famille sont une chance. Une chance qui arrive grâce au travail en bonne intelligence des élus qui ont sur faire fi de leurs différences politiques pour mener à bien ce projet».

Le président du département a été un des moteurs de cette initiative au côté d'Alain Marc, sénateur et Alain Fauconnier, Maire de Saint-Affrique.

«Lors des cérémonies du 8 mai dernier, j'avais un rendez-vous à Paris pour parler de l'avenir du CEITO. En apprenant que la légion cherchait un point de chute, j'ai appelé Jean-Claude Luche et nous avons proposé le Larzac» indique Alain Marc.


Unité politique

«Tout s'est décidé très vite, un colonel est venu visiter le camp et a apprécié sa situation, l'autoroute et l'aérodrome» raconte le parlementaire. «Alain Fauconnier s'est également joint à notre démarche pour nous appuyer auprès du ministère. Ce qui a été décisif dans cette histoire, c'est l'unanimité des politiques locaux autour du projet».

Une véritable mutation pour le camp du Larzac qui aujourd'hui n'accueillait plus qu'une centaine de militaires et dont on avait même évoqué la disparition en 2010.

Dans le sud Aveyron, on parle déjà d'un «doublement de la population» de La Cavalerie, «d'un réel changement pour le territoire», de «retombées économiques»...

Équipements

40 millions d'€ seront investis par l'État dans le projet de réhabilitation du complexe militaire, qui sera rénové - mais pas étendu.

De leur côté, les collectivités territoriales pourraient apporter de 10 à 15 millions d'€ pour financer l'installation de nouvelles infrastructures.

Quant au projet de collège sur le Larzac, il revient sur le devant de la scène. Souvent évoqué, mais jamais validé de peur de mettre en péril d'autres établissements proches, il bénéficie là d'un sérieux coup de pouce. Car au-delà des installations militaires, les équipements scolaires et sportifs sont espérés par les légionnaires - et plus encore par leurs familles.

Larzac, les pionniers de la ZAD

Alors qu'un détachement de la treizième demi-brigade de la Légion étrangère a été dépêché en Irak au début de l'année, afin de former des soldats dans le cadre des opérations contre Daesh, les troupes qui vont s'installer sur le Larzac découvriront un lieu ayant lui aussi, en son temps, servi de théâtre à une lutte anti-armée.

Le 28 octobre 1971, Michel Debré dévoilait officiellement un projet d'extension du camp sis à La Cavalerie. Le ministre de la Défense souhaitait que sa superficie passât de 3 000 à 17 000 hectares, faisant bien peu de cas des agriculteurs installés sur place. «Il y a (...) quelques paysans, pas beaucoup, qui élevaient vaguement quelques moutons, en vivant plus ou moins moyen-âgeusement, et qu'il est nécessaire d'exproprier», lança le secrétaire d'État à la Défense, André Fanton, bien décidé à mater promptement leur rébellion, que lui et tout le gouvernement Chaban-Delmas auront le tort de sous-estimer.

Car à un peu plus de six cents kilomètres de là, sur le plateau, la résistance s'organise. Le 6 novembre, une première manifestation rassemble six mille personnes à Millau. Les exploitants menacés d'expropriation discutent entre eux et parviennent à s'entendre pour écrire le «serment du Larzac», dans lequel ils s'engagent à ce que «pas un agriculteur ne (soit) chassé contre son gré» ; un texte qu'ils seront cent trois à cosigner. Des militants de tous bords leur apportent leur soutien et le mouvement prend de l'ampleur, comme l'attestent les dizaines de milliers de personnes qui se rassemblent, en août 1973, 1974 et 1977 sur le site de Rajal del Guorp. Dans le même temps, les agriculteurs signeront plusieurs actions d'éclat en effectuant, en 1973 et 1978, deux marches vers Paris, accompagnés par des tracteurs et des brebis. «On s'est aperçus que c'était une arme extraordinaire car nous, on sait comment la prendre, une brebis ; des flics…», racontait ainsi Pierre Burguière, un des éleveurs, dans le film «Tous au Larzac».

à son arrivée dans la capitale, la cohorte est accueillie par des dizaines de milliers de personnes et ses représentants sont reçus par François Mitterrand, qui s'engage, s'il est élu président de la République, à leur rendre leurs terres. La condition étant remplie par le scrutin de 1981, le locataire de l'Élysée officialise, peu après son arrivée au palais, l'abandon définitif du projet.

R.G.



Dernière édition par Patlotch le Sam 19 Déc - 11:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Mar 1 Sep - 22:55


dans le Larzac, les opposants ne sont pas légions



L'arrivée de la Légion agite le Sud-Aveyron 31/08/2015


La nouvelle bataille du Larzac  

L'arrivée programmée en 2016 de la 13e demi-brigade de Légion étrangère ( 13e DBLE) au camp militaire du Larzac agite le Sud-Aveyron. Enthousiasme des élus et des commerçants face aux potentielles retombées économiques; méfiance voire hostilité chez une partie de la population.

Citation :
Quarante ans après la lutte historique contre l'extension du camp militaire du Larzac, une nouvelle bataille va-t-elle s'ouvrir sur le vaste plateau sud-aveyronnais ? On n'en est certes pas encore là, mais la requalification du centre d'entrainement au tir interarmées (Ceito) annoncée le 31 juillet dernier par le ministère de la Défense suscite de nombreuses réactions bien tranchées, à la fois d'enthousiasme et d'hostilité.

Dans le cadre de la refonte de la carte militaire, le camp du Larzac va, en effet, «être densifié», selon l'expression du ministère de la Défense.

Transfert de la Légion

Le document de 16 pages rendu public le 31 juillet sur les principales mesures de restructurations des armées qui seront mise en œuvre en 2016 indique que «la 13e demi-brigade de la Légion étrangère actuellement stationnée aux Emirats arabes unis sera transférée sur le camp du Larzac et sera renforcée.»

Cette unité, longtemps en place à Djibouti, actuellement basée à Abou Dhabi, a été créée le 27 février 1940 et a compté dans ses rangs l'ancien Premier ministre Pierre Messmer et surtout le général Jacques Pâris de Bollardière, celui-là même qui deviendra plus tard une figure de la non-violence et rejoindra... les militants et paysans opposés à l'extension du camp du Larzac dans les annés 70. Curieux pied de nez de l'histoire...

Un appel à François Hollande


Loin de ces considérations historiques, les élus et les commerçants des villages environnant le camp militaire se réjouissent majoritairement de l'arrivée des quelque 1 200 légionnnaireset de leur famille d'ici 2018. L'union sacrée des élus a même été de mise dans un Sud- Aveyron où l'on n'aime rien tant que les joutes politiques. Ainsi le sénateur Les RépublicainsAlain Marc et le maire socialiste de Saint-Affrique Alain Fauconnier défendent de concert le transfert de la Légion sur le Larzac pour remplacer un Ceito dont les effectifs allaient en diminuant. Les retombées financières pourraient atteindre 2 M€ supplémentaires. Des recettes de nature à financer plusiers projets comme un éventuel collège à La Cavalerie, le bourg le plus proche du camp.

Mais l'arrivée de la Légion ne fait pas que des heureux, à commencer par les figures historiques du Larzac qui se sont battues pour limiter la présence militaire sur le plateau et rêver de voir fermer le Ceito. Henri Celié, Christian Burguiere, Marisette Tarlier et 67 autres «paysans et citoyens ont interpellé le 4 août François Hollande. Estimant que «l'Etat rompt le contrat moral établi par François Mitterrand en 1981», ils demandent au chef de l'Etat «d'annuler» la décision. En attendant, les opposants au transfert de la Légion battent le rappel des troupes. Ce soir, comme il y a quatre décennies, ils se réunissent pour organiser la résistance. Gardarem lo Larzac version 2015.


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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Jeu 3 Sep - 22:53

signalé par un ami, pas pris le temps de traduire...



West Point Professor Calls for Military Strikes on Journalists Critical of War on Terror Cassius Methyl September 2, 2015

ANTIMEDIA a écrit:
West Point, NY — An assistant professor from the U.S. Military Academy at West Point recently declared that professionals critical of the “War on Terror” constitute a “treasonous” opposition that should be subject to military force.

He believes the U.S. should have the right to attack people who are critical of U.S. military operations — specifically, professionals, legal scholars, journalists, and other people effectively spreading ideas that oppose war.

Professor William C. Bradford went as far as to publish a long academic paper in the National Security Law Journal that aggressively promotes suppressing dissent about military force, civilian casualties, and expanding military operations in the Middle East.

Using the excuse that victims would be “lawful targets,” Bradford argues that “law school facilities, scholars’ home offices and media outlets where they give interviews” should be targeted with military force to suppress dissent. He asserted that the war on terror should be expanded, “even if it means great destruction, innumerable enemy casualties, and civilian collateral damage.”

He further suggested that the U.S. should wage “total war” on “Islamism,” using “conventional and nuclear force and [psychological operations]” to “leave them prepared to coexist with the West or be utterly eradicated.”

He said that “Threatening Islamic holy sites might create deterrence, discredit Islamism, and falsify the assumption that decadence renders Western restraint inevitable.”

Despite his self-description as an “associate professor of law, national security and strategy,” a representative of the National Defense University has tried to distance the school from Bradford by saying he wasn’t part of the staff, but rather a contracted professor.

Sporting a long history of exaggeration and pro-military extremism, “He resigned from Indiana University’s law school in 2005 after his military record showed he had exaggerated his service,” according to The Guardian.

Though the man seems to be held in high esteem by the military, he spoke with such disregard for human rights that the National Security Law Journal had to apologize.

The NSLJ released a statement on the front page of its website, saying it

“…made a mistake in publishing [the] highly controversial article…”

“The substance of Mr. Bradford’s article cannot fairly be considered apart from the egregious breach of professional decorum that it exhibits,” it admitted. “We cannot ‘unpublish’ it, of course, but we can and do acknowledge that the article was not presentable for publication when we published it, and that we therefore repudiate it with sincere apologies to our readers.”

Ironically, Bradford has a Master of Laws (LL.M.) degree from Harvard University with a focus in Human Rights Law.

This is a man who is apparently incorporating his violent philosophy into his teaching at West Point. He started on August 1st 2015 — after he published his article.

This is only the tip of the iceberg in forming a complete understanding of the ideological fabric held by many of the war hawks in U.S. Military.

This article (West Point Professor Calls for Military Strikes on Journalists Critical of War on Terror) is free and open source. You have permission to republish this article under a Creative Commons license with attribution to Cassius Methyl and theAntiMedia.org. Anti-Media Radio airs weeknights at 11pm Eastern/8pm Pacific. If you spot a typo, email edits@theantimedia.org.

Cassius Methyl joined Anti-Media as an independent journalist in March of 2014. His topics of interest include thinking, creating a future, deep spirituality, and astrology. He resides in Sacramento, California. Learn more about Methyl here!



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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Mer 4 Nov - 0:37


Népal: la police charge les manifestants à la frontière avec l’Inde RFI Avec notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis 03-11-2015


La police a usé de balle réelle contre les manifestants, un Indien a été tué.
Birganj, à la frontière entre le Népal et l'Inde, le 3 novembre 2015
AFP PHOTO / Prakash MATHEMA

Citation :

Le Népal souffre toujours d'un blocage de ses échanges avec l'Inde, qui empêche le pays de recevoir du pétrole depuis plus d'un mois. Les populations du Sud, appelées Madhesis, protestent contre la nouvelle Constitution qui ne leur offrirait pas assez de reconnaissance. Lundi, la police népalaise a essayé de briser ce blocus, ce qui a relancé les affrontements avec la population et causé la mort d’un Indien. Un couvre-feu a été imposé, mais la tension reste palpable.

Lundi matin, la police a chargé contre la centaine de manifestants qui sont installés depuis plus de quarante jours sur le pont qui sert de frontière entre le Népal et l'Inde, au niveau de la ville de Birganj. L'objectif était avant tout, selon la police, de permettre le retour de 250 camions indiens, coincés depuis le début du mouvement au Népal.

Les protestataires ont résisté et la police a usé de balle réelle, tuant un Indien. « La police et le ministre de l'Intérieur affirment que la victime participait aux manifestations et jetait des pierres sur la police, mais nous avons parlé aux témoins et aux proches de cette personne, et ils affirment qu'il venait de rendre visite à sa soeur et il était en train de rentrer chez lui. Nous avons également parlé aux médecins qui ont examiné le corps et ont dit qu'il avait été abattu à bout portant », rapporte Kanshan Jha, un journaliste local.

Ce décès a de nouveau enflammé cette région des plaines, où la population se sent discriminée par les élites des montagnes de la capitale et demande des amendements à la nouvelle Constitution. Il y a un mois, les premiers affrontements avec la police avaient causé la mort de 31 civils, dont un enfant de 18 mois. Ce mardi, la population locale a défié le couvre-feu et envoyé des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre.


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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Sam 19 Déc - 11:46



Des ados portent plainte contre des policiers Lefigaro.fr avec AFP 19/12/2015

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire vendredi après la plainte déposée par dix-huit adolescents qui accusent des policiers de violences, agressions sexuelles et insultes racistes à leur encontre, indique une source judiciaire



Citation :
La plainte, déposée jeudi, vise une dizaine de policiers du commissariat du XIIe arrondissement de Paris.

Les jeunes, âgés de 14 à 18 ans, ont signalé des faits de "violences volontaires aggravées", "agression sexuelle aggravée", "discrimination", "séquestration" et "abus d'autorité", qui auraient été commis entre l'été 2013 et l'été 2015
.

Certains ont rapporté que des agents leur mettaient "des doigts dans les fesses", d'autres qu'ils avaient été "contraints de se déshabiller" devant les policiers, d'autres ont encore affirmé avoir été "gazés au visage avec de la bombe lacrymogène", a rapporté une source proche du dossier, confirmant une information du Monde.

"Singes", "vieille tête de noire", "Libanais de merde" : les adolescents affirment que des insultes à caractère racial ont aussi été proférées

Ils dénoncent des faits de violence comme des coups de poings au visage, dans les côtes ou dans le dos.

"Les faits relatés sont d'une extrême gravité. S'ils devaient être avérés, il conviendrait de les sanctionner avec la plus grande fermeté", a réagi dans un communiqué Catherine Baratti-Elbaz, maire du XIIe arrondissement, ajoutant avoir appris le dépôt de plainte par la presse.

"Les politiques se sont engagés à lutter contre la discrimination raciale et sociale. Rien n'a été fait. Nous sommes aujourd'hui obligés d'aller en justice pour faire respecter leurs droits", a déploré leur avocat Slim Ben Achour.

"Des éducateurs se sont rapprochés du commissariat pour évoquer ces problèmes, la mairie a été avertie. Ces démarches de médiation n'ont rien donné et il y a même eu des représailles des policiers sur certains jeunes", a-t-il assuré.

"La mairie a été avertie qu'il y avait des problèmes entre la police et des jeunes, mais pas des faits aussi graves", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la mairie du XIIe arrondissement, ajoutant qu'un "dialogue" avait été initié par les élus entre les jeunes et la police.

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", a été saisie.


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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Ven 1 Jan - 15:57

États-Unis : en 2015, la police a tué 3 civils par jour Le Point.fr  AFP  31/12/2015

Comptabilisées pour la première fois de façon indépendante, les bavures policières ont fait plus 1 100 morts de l'autre côté de l'Atlantique


Les hommes noirs, qui constituent seulement 6 % de la population américaine,
représentent 40 % des personnes non armées abattues par les policiers (photo d'illustration)
© Angelo Merendino

Citation :
Pour la première fois aux États-Unis, les bavures policières ont été comptabilisées de façon indépendante sur toute une année : avec plus de 1 100 civils tués, cet inquiétant bilan 2015 confirme l'urgence de réformer les modes d'intervention des forces de l'ordre. La dernière affaire plus qu'embarrassante pour les autorités s'est déroulée samedi à Chicago : appelés pour une simple dispute familiale, des agents en patrouille ont apparemment eu la gâchette facile, abattant un homme de 19 ans et sa voisine, mère de cinq enfants.

Le premier, Quintonio LeGrier, brandissait une batte de base-ball et souffrait de troubles psychiatriques et la deuxième, Bettie Jones, n'a, selon ses avocats, fait qu'ouvrir sa porte. De telles fusillades sont fréquentes en Amérique et, dans la troisième ville du pays, celle-là vient jeter de l'huile sur un feu déjà bien ardent, que n'a pu éteindre le limogeage du chef de la police début décembre. Ayant écourté ses vacances, le maire de Chicago, Rahm Emanuel, s'est donc retrouvé à jouer les pompiers : il a annoncé mercredi qu'il allait doubler le nombre de pistolets électriques Taser - censés lancer des décharges non létales - pour ses agents et renforcer leur formation.


Un adolescent criblé de 16 balles

"Il y a une différence entre pouvoir utiliser une arme à feu et devoir utiliser une arme à feu",
a justifié l'élu démocrate. Cet ancien chef de cabinet de Barack Obama est sur la sellette, accusé d'avoir cherché à étouffer le scandale de l'homicide de Laquan McDonald, un adolescent criblé de 16 balles par un policier blanc. LeGrier, Jones et McDonald étaient noirs, et ce n'est pas anodin car les Noirs représentent proportionnellement une part écrasante du nombre de personnes tuées par la police américaine. D'où les critiques contre le FBI, qui ne publie pas cette statistique sensible.

Pour combler cette carence, deux journaux, l'édition américaine du Guardian et le Washington Post, ont tenu leur propre recensement en 2015, année charnière en raison de la multiplication de vidéos - amateur ou embarquées par les policiers - à la source de scandales fracassants. Selon The Counted, le site du Guardian, 1 130 personnes ont été tuées par la police au jour de jeudi, que ce soit par balle, par Taser, renversées par un fourgon ou en garde à vue. Le Washington Post, qui ne compte que les personnes tuées par balle, avait, lui, jeudi un bilan de 979 civils tués par la police. Ces morts se partagent en trois catégories : ils étaient armés et donc représentaient une menace, ils souffraient de troubles mentaux ou suicidaires ou ils étaient en train de fuir une interpellation.


Des "homicides justifiés" ?

Dans la majorité des cas où les policiers ont abattu un agresseur armé, cet individu était blanc, souligne le quotidien. Mais la question de l'origine ethnique est bien centrale pour les cas où le danger était moindre, précise-t-il : les hommes noirs, qui constituent seulement 6 % de la population américaine, représentent 40 % des personnes non armées abattues par les policiers. De son côté, le FBI rend public seulement son recensement des "homicides justifiés", soit les criminels tués dans le cadre de la loi par les forces de l'ordre. En 2014, le bilan officiel avait été de 444 personnes.

Mais le vent tourne, face à l'ampleur des bavures et sous la pression notamment du mouvement Black Lives Matter, à la pointe des dénonciations d'abus policiers contre des Noirs. La ministre américaine de la Justice, Loretta Lynch, a lancé une étude-pilote en estimant que des données statistiques complètes étaient "cruciales pour la transparence et l'attribution des responsabilités". Dans une étude publiée ce mois-ci par la Public Library of Science (PLOS), des chercheurs de l'université de Harvard recommandent de classer les homicides imputables à la police parmi les décès à déclaration obligatoire. "Les décès liés à la police, qu'il s'agisse de personnes tuées par les forces de l'ordre ou d'agents tués en service, sont un problème de santé publique et non juste une question de justice pénale, car ces événements influencent le taux de mortalité et ont des répercussions sur la vie des familles et des communautés concernées", ont-ils justifié.


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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Ven 15 Jan - 15:13

En plein état d’urgence

Des travailleurs français condamnés à la prison ferme pour avoir lutté pour leurs emplois Kumaran Ira 15 janvier 2016

Mardi, le tribunal pénal français d’Amiens au nord de la France a condamné huit anciens travailleurs de l’usine de pneus de Goodyear Amiens à deux ans de prison, dont neuf mois fermes. Les travailleurs ont été accusés d’avoir séquestré deux cadres de Goodyear en janvier 2014 lors d’une grève contre le projet de fermeture de leur usine et la perte de 1173 emplois. Les syndicats ont par la suite conclu un accord avec la direction pour mettre fin à la grève et accepter la fermeture de l’usine.

Citation :
La décision de poursuivre les travailleurs pour avoir brièvement séquestré des cadres est sans précédent en France. L’avocate en droit du travail Stéphanie Stein a déclaré « Neuf mois ferme, c’est rarissime. Il y a manifestement la volonté de faire un exemple alors que les séquestrations, qui sont des actes gravissimes, se sont multipliées ces dernières années. »

Depuis le déclenchement de la crise économique de 2008, des séquestrations de patrons ont eu lieu lors de manifestations contre des licenciements massifs en 2009 (Caterpillar, Molex, Scapa, 3M Santé, Sony), 2010 (La Poste), 2011 (Constellium, Nature), 2012 (PSA Aulnay), et 2013 (Forgital). Il n’y a eu aucune poursuite suite à ces actions.

La décision des procureurs de poursuivre l’affaire Goodyear était d’autant plus remarquable que les dirigeants de Goodyear aient choisi eux-mêmes de ne pas poursuivre les ouvriers qui les avaient séquestrés, faisant remarquer qu’il n’y avait pas eu de « comportement qui menaçait notre sécurité physique. »

Le sociologue Jean-François Amadou a signalé que généralement dans ce genre de cas « c’est que la direction abandonne la plainte pour apaiser les tensions. » Il a poursuivi : « C’est d’ailleurs ce qu’a fait Goodyear. Là, ce qui étonne, c’est que le ministère public ait choisi de poursuivre dans un contexte où il s’agit de gens ayant perdu leur emploi. »

Cette décision provocatrice et réactionnaire intervient au milieu d’un état d’urgence de trois mois imposé par le gouvernement du Parti socialiste (PS) du président François Hollande après les attentats terroristes du 13 novembre à Paris. C’est un acte délibéré d’intimidation politique, établissant clairement que les vastes pouvoirs de l’état d’urgence dont bénéficie l’État visent directement à la classe ouvrière.

Du point de vue juridique, l’état d’urgence transforme la France en un état policier. Le gouvernement PS peut interdire et réprimer les manifestations, effectuer des perquisitions et des saisies arbitraires, et lancer des arrestations massives. Hollande prépare un amendement constitutionnel qui pourrait prolonger l’état d’urgence indéfiniment et permettre à la police de fouiller et de détenir toute personne qu’ils considèrent être une menace même potentielle pour l’ordre public.

Les travailleurs de Goodyear, dont cinq sont des membres de la CGT (Confédération générale du travail), ont dénoncé la décision du tribunal. Hassan Bourki a déclaré, « Je m’y attendais, mais en même temps on trouve la décision très injuste. On va faire appel. Ça fait longtemps que la confiance en la justice est cassée ».

Un autre travailleur, Reynald Jurek, a qualifié la décision de « purement politique ».

La décision de l’État de punir les travailleurs de Goodyear marque un profond changement dans les relations de classe en France et à l’étranger. Après près d’une décennie d’austérité sociale pour les travailleurs et le renflouement des banques pour les super-riches, au cours de laquelle des dizaines de millions de travailleurs à travers l’Europe ont perdu leur emploi, il y a la colère sociale explosive. Craignant une éruption soudaine de la lutte de classe, comme celle de la grève générale française de 1968, en dehors du contrôle de la bureaucratie syndicale, la classe dirigeante signale qu’elle a l’intention de punir impitoyablement toute contestation.

Alors qu’il a imposé l’état d’urgence au nom de la « guerre contre le terrorisme », le PS lance simultanément une offensive contre les principaux droits sociaux de la classe ouvrière, comme le droit de grève, qui est inscrit dans la Constitution française.

La condamnation à la prison ferme des travailleurs de Goodyear survient après l’arrestation en octobre dernier des travailleurs d’Air France accusés d’avoir pris d’assaut une réunion du comité d’entreprise d’Air France et agressé des membres de la direction qui les menaçaient de licenciements massifs. Le PS a menacé les grévistes de sanctions lourdes, le Premier ministre Manuel Valls a déclaré qu’il était « scandalisé ». Par la suite, quatre travailleurs ont été licenciés par Air France.

En décembre, Sodexo, l’entreprise multinationale de services dans l’alimentation, a licencié 19 travailleurs dans la région de Marseille, après qu’ils ont fait grève.

Cette atteinte au droit de grève souligne l’importance de la normalisation par la classe dirigeante française du Front national (FN) d’extrême-droite et l’adoption par le PS de politiques longtemps associées avec le FN, comme la déchéance de la nationalité française de ceux condamnés pour des infractions liées au terrorisme. La déchéance de la nationalité fut la peine la plus infâme appliquée à des milliers de Juifs français par la dictature fasciste de Vichy qui a collaboré avec les nazis pendant l’Occupation allemande de la France dans la Seconde Guerre mondiale. Plus tard, Vichy expulsa les Juifs vers les camps de la mort nazis à travers l’Europe.

La classe capitaliste française fut contrainte d’inscrire les droits sociaux fondamentaux tels le droit de grève dans la Constitution après la Seconde Guerre mondiale comme un gage qu’elle ne reviendrait pas aux crimes commis par Vichy. En jetant au rebut ses engagements à maintenir les droits sociaux fondamentaux et en se tournant vers des formes autoritaires de gouvernement, entraînée par des contradictions économiques et financières insolubles, la classe dirigeante se positionne pour légitimer le FN et adopter des politiques tirées de l’arsenal juridique du fascisme du 20e siècle.

Malgré leurs occasionnelles critiques faiblardes à l’égard du PS, les syndicats et leurs alliés politiques tels que le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et le Parti communiste français stalinien (PCF) n’offrent aucune voie progressiste permettant aux travailleurs de lutter contre la dictature et la suppression des droits sociaux. Les attaques actuelles contre la classe ouvrière démontrent la faillite historique de leur soutien accordé depuis des décennies au PS, qui est un parti réactionnaire du capital financier.

Le dirigeant de la CGT Philippe Martinez a déclaré sans conviction « Cette décision fait en sorte, une nouvelle fois, que l’action syndicale soit assimilée à un crime. Ça fait partie d’un climat de plus en plus lourd ».

Pour sa part, André Chassaigne, député PCF et chef de file du groupe parlementaire du Front de gauche à l’Assemblée nationale, a déclaré : « C’est une honte. Quand j’ai appris cette condamnation, je me dis que véritablement le fait de criminaliser l’acte syndical prend une dimension qu’on ne pouvait pas imaginer ».

Les positions tant de la CGT que du Front de gauche sentent la mauvaise foi à plein nez. Ils se sont engagés tous les deux à faire élire le président Hollande en 2012, et depuis cette élection, ils ont tout fait pour bloquer une possible mobilisation de la classe ouvrière contre les mesures d’austérité réactionnaires du PS et les politiques autoritaires.

Les syndicats ont isolé et trahi les grèves chez Goodyear, PSA et Air France et supprimé l’opposition de la classe ouvrière aux dizaines de milliards d’euros de coupes sociales imposées par Hollande, tandis que le Front de gauche a voté en faveur de l’imposition de l’état d’urgence du PS.

Le jugement contre les travailleurs de Goodyear est destiné non seulement à intimider les travailleurs, mais aussi pour signaler aux bureaucraties syndicales que la classe dirigeante ne tolérera aucune protestation symbolique irréfléchie. À en juger par le bilan de la CGT sur près de quatre années de la présidence de Hollande, il ne sera pas difficile pour le PS de brider les bureaucraties syndicales.

Cependant, étouffer indéfiniment l’opposition de la classe ouvrière est une autre paire de manches. En rendant la protestation sociale illégale dans une tentative d’imposer ses politiques réactionnaires, le PS ne laisse aucun choix à la classe ouvrière que de prendre la voie révolutionnaire, de développer ses luttes en dehors des canaux syndicaux traditionnels et indépendamment du PS et de ses satellites politiques.


(Article paru en anglais le 14 janvier 2016)

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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Sam 16 Jan - 10:22



Policier acquitté après avoir tué un braqueur : sur Twitter, la révolte et le fatalisme 15-01-2016 22:10

Après l'acquittement d'un policier, jugé pour avoir tué d'une balle dans le dos un malfaiteur armé, les twittos font le constat d'une impunité de la police et comparent les justices française et américaine


Citation :
Un policier de 36 ans, jugé pour avoir tué d'une balle dans le dos un malfaiteur armé, a été acquitté ce vendredi par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis. La cour a estimé que Damien Saboundjian avait agi en état de légitime défense et qu'il n'était donc pas responsable pénalement de la mort d'Amine Bentounsi, tué d'une balle dans le dos lors d'une course-poursuite dans les rues de Noisy-le-Sec, le 21 avril 2012.

Le fonctionnaire devait répondre de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", des faits passibles de 20 ans de réclusion car commis, circonstance aggravante, par une personne dépositaire de l'autorité publique. L'accusation avait requis cinq ans de prison avec sursis et une interdiction définitive d'exercer contre le policier.

Twitter révolté

A l'annonce de cette décision de justice, Twitter s'est de suite mis à commenter la nouvelle. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les twittos ne sont pas contents. Une grande majorité déplore cet acquittement et rapproche la justice française à la justice américaine, où les faits divers causés par la police remuent les rues et les médias très régulièrement.



Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité

Les compte-rendus d'audience de Nadir Dendoune


A Bobigny, le 11 janvier 2016 : Abdellatif Bentounsi et Amal Bentounsi (au centre),
père et sœur d'Amine Bentounsi, tué par un policier en avril 2012

Photo Marc Chaumeil pour Libération






Marche de la dignité, 31 octobre 2015, photos Patlotch




Amal Bentounsi, grande soeur courage et bête noire de la police

Rien ne prédisposait Amal Bentounsi à devenir militante à plein temps contre les violences policières. Mais, depuis que son frère a été tué d'une balle dans le dos par un policier, la fondatrice du collectif "Urgence notre police assassine" ne vit plus que pour obtenir justice


Citation :
Quand Amal a appris par la télévision que son frère Amine, de sept ans son cadet, était mort dans une "fusillade" à Noisy-le Sec (Seine-Saint-Denis), la jeune femme aux longs cheveux noirs a pensé: "Il a joué au con et il a perdu."

Mais, très vite, mue par une "intuition", elle enquête et découvre que "quelque chose ne va pas" dans la version de la police qui soutient qu'au soir du 21 avril 2012, un policier a tiré en état de légitime défense sur un braqueur dangereux.

Commence alors, pour elle, un long combat à valeur de "thérapie".

"Ca m'est tombé dessus. Je n'avais rien d'une militante, je gagnais très bien ma vie", témoigne cette femme active de 40 ans et mère de quatre enfants, en couple depuis 26 ans. Sa fille aînée est étudiante en droit à la Sorbonne. L'un de ses garçons -né en 2013- s'appelle Amine, le petit dernier est âgé de trois semaines.

Entre avril et juin 2012, un mégaphone à la main, la quatrième de la fratrie Bentounsi bat le pavé de Noisy-le-Sec en quête de témoins.

"Entendez-nous, c'est pas un chien qui est mort dans la rue, si vous avez vu quelque chose, allez voir la police", lance-t-elle à la ronde.

La mobilisation paie: plusieurs témoins se manifestent et, à l'issue d'une longue instruction, le policier est finalement renvoyé devant les assises, fait rarissime.

Une première victoire qui confère une aura à la militante. Elle réunit autour d'elle une "deuxième famille": des militants des quartiers engagés contre les violences policières, mais aussi des proches de victimes.

"Amine, c'était un peu comme mon fils, je l'ai quasiment élevé", confie-t-elle.

Leur père, Abdellatif, a débarqué en 1973 en région parisienne pour travailler dans la métallurgie. En 1982, il fait venir sa femme et ses quatre enfants. Les deux derniers, Amine et Dellal, sont nés à Meaux, en Seine-et-Marne.

A l'âge de 13 ans, Amine est exclu de son collège. Il traîne dans la rue, fait de mauvaises rencontres. Pour avoir participé à l'incendie d'une école, il est incarcéré à Fleury-Mérogis et devient le plus jeune détenu de France.

"Jeté en pâture aux braqueurs et aux violeurs", l'adolescent, "détruit", replonge vite dans la délinquance à sa sortie.

En 1999, en quête d'un nouveau départ, il fait des démarches pour changer son prénom en "Jean-Pierre".

- 'Haine de la police' -

"Amine, on lui a volé son enfance. Il a été tué deux fois, la première fois à 13 ans et la seconde fois le 21 avril 2012", raconte-t-elle à la cour d'assises de Seine-Saint-Denis, qui jugeait cette semaine le policier qui a tué son frère.

"Cela fait trois ans et demi que j'attends d'être devant vous", a-t-elle dit en s'avançant à la barre, droite et "digne", selon les mots de l'avocat général. La salle d'audience, archicomble, retient son souffle.

Pour l'avocat de la famille Bentounsi, Michel Konitz, Amal est une "femme admirable" qui a su "dépasser sa haine de la police".

Mais la violence de ses attaques dérange.

En 2014, la militante est poursuivie en diffamation par le Premier ministre Manuel Valls pour avoir déclaré dans une vidéo: "Vous voulez commettre des violences et crimes en toute impunité, sans jamais être inquiété ? La police recrute et la justice vous protège."

Relaxée, elle continue à être de toutes les manifestations antiracistes


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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Dim 17 Jan - 15:56

Antiterrorisme : le gouvernement veut étendre les pouvoirs de la police Jean-Baptiste Jacquin Le Monde 05.01.2016


Des policiers, au Trocadéro le 30 décembre

Citation :
C’est un important renforcement des pouvoirs du parquet, de la police et des préfets dans la lutte antiterroriste que le gouvernement est décidé à mettre en œuvre, selon le projet de loi qu’il a transmis au Conseil d’Etat et que Le Monde a pu consulter. Malgré la succession de lois antiterroristes depuis vingt ans, et notamment celle de novembre 2014 et celle sur le renseignement de juillet 2015, le gouvernement de Manuel Valls est convaincu que la police dispose d’outils insuffisants face à la menace terroriste. D’où la déclaration de l’état d’urgence le soir même des attentats de Paris et Saint-Denis, le 13 novembre.

Dans le texte transmis au Conseil d’Etat, le gouvernement explique donc vouloir « renforcer de façon pérenne les outils et moyens mis à disposition des autorités administratives et judiciaires, en dehors du cadre juridique temporaire mis en œuvre dans le cadre de l’état d’urgence ». Le projet de loi « renforçant la lutte contre la criminalité organisée et son financement, l’efficacité et les garanties de la procédure pénale » ne devrait pas être prêt avant début février.

Dans ce projet de loi initialement prévu pour ne concerner que la procédure pénale a été introduit un certain nombre de dispositions voulues par le ministère de l’intérieur après les attentats du 13 novembre. Avec pour objectif « d’obtenir des outils performants susceptibles de réduire la nécessité de l’état d’urgence », décrypte un proche du dossier.


Des procédures d’exception dans le droit commun

Exemple : les perquisitions de nuit peuvent être décidées par les préfets dans le cadre de l’état d’urgence alors qu’en temps normal elles sont réservées aux informations judiciaires, donc décidées par un juge d’instruction – les locaux d’habitation en étaient en outre exclus. Désormais, elles pourront être ordonnées dès l’enquête préliminaire dans des affaires de terrorisme, y compris dans les logements, et seront même possibles de façon préventive lorsqu’il s’agira de « prévenir un risque d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique ». Les pouvoirs de la police judiciaire sont ici considérablement renforcés. Néanmoins, on reste éloigné des mesures propres à l’état d’urgence.

Mais la tendance est bien au glissement des méthodes du renseignement vers l’antiterrorisme, de celles de l’antiterrorisme vers le crime organisé, puis du crime organisé vers la délinquance ordinaire. La France s’accoutume de certaines procédures d’exception au point où elles se retrouvent dans le droit commun.

Les policiers, prévoit le texte, pourront désormais fouiller les bagages, les voitures, et contrôler l’identité de n’importe qui. Il fallait jusqu’ici une présomption d’infraction, ou une autorisation sur un périmètre délimité et une durée limitée des parquets. Désormais, les gardiens de la paix y seront autorisés, en cas de suspicion d’activité terroriste, à la seule demande des préfets.

Par ailleurs, les forces de l’ordre peuvent aujourd’hui retenir une personne sans pièce d’identité pendant quatre heures. La nouveauté, c’est qu’elles pourront aussi le faire si cette personne, même mineure, et hors la présence d’un avocat, a une pièce d’identité. A la condition assez floue qu’il y ait « des raisons sérieuses » de penser qu’elle a un lien avec une activité terroriste.

Le projet de loi assouplit les règles d’engagement armé des policiers au-delà de la légitime défense. Ils pourront utiliser leur arme lorsque cela apparaît « absolument nécessaire pour mettre hors d’état de nuire une personne venant de commettre un ou plusieurs homicides volontaires et dont il existe des raisons sérieuses et actuelles de penser qu’elle est susceptible de réitérer ces crimes dans un temps très voisin des premiers actes ».

Autre innovation, la création d’une assignation à résidence et d’un contrôle administratif, hors état d’urgence, pour les personnes revenant d’Irak ou de Syrie, ou seulement soupçonnées d’avoir « tenté de se rendre sur un théâtre d’opérations de groupements terroristes ». Les nouveaux outils à la disposition de la police s’accumulent. Mais, le gouvernement ne parviendra pas à la faire adopter avant la fin de l’état d’urgence, le 26 février. A moins qu’il ne soit prolongé en attendant.


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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Mar 19 Jan - 14:47

Site d'information du Courant Communiste Révolutionnaire du NPA [sic]

Communiqué. Quatre syndicalistes « Ford »convoqués par la police

Après les Goodyear, les Ford. La répression et les intimidations continuent 18 janvier 2016


Nous venons d’être informés par les services de police que 4 syndicalistes de l’usine Ford-Blanquefort allaient recevoir dans les jours qui viennent une convocation pour être auditionnés le lundi 1erfévrier au commissariat de Paris 15

Citation :
Visiblement le parquet de Paris donne suite à deux anciennes plaintes de Ford : une de 2012 pour dégradation d’un véhicule lors de notre manifestation au salon de l’auto, une autre de 2014 pour dégradation du stand Ford lors d’une autre manifestation au salon de l’auto. Deux plaintes longtemps laissées au fond d’une pile qui se retrouvent aujourd’hui au-dessus.

Nous ne savons pas ce que cela signifie réellement, s’il s’agit d’une formalité administrative avant de classer des vieux dossiers ou du début d’une procédure judiciaire. Mais dans le contexte actuel de répression du mouvement social il y a de quoi s’inquiéter.

Quelques jours à peine après la grave condamnation de nos camarades de Goodyear, quelques semaines après la campagne d’attaques contre les militants d’Air France qui avait laissé exploser leur colère contre un nouveau plan de suppressions d’emplois, sans oublier les gardes à vues ou les assignations à résidences de plusieurs militants écologistes ou syndicalistes, ces convocationssemblent faire partie d’un acharnement contre les militant(e)s et toutes celles et ceux qui résistent aujourd’hui.

Nous communiquerons rapidement sur la suite et sur comment nous allons répondre à ces convocations. Ce qui est sûr, d’ores et déjà, c’est notre volonté d’une manière ou d’une autre, de mener la bataille contre la politique répressive du gouvernement actuel, contre l’Etat d’urgence, contre la restriction des libertés publiques et aussi bien sûr contre les attaques patronales.

Nous comptons discuter et riposter avec celles et ceux qui subissent les attaques contre nos droits, nos libertés d’expression et de contestation.

Dans la période qui vient, la solidarité entre nous est fondamentale. C’est d’un « tous ensemble » dont on a besoin pour changer la donne.

Blanquefort, le 18 janvier 2016


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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Sam 27 Fév - 20:22


« Chaque Français doit... »

à la guerre comme à la guerre !

Lutte contre le terrorisme : ce que prévoit le plan du ministère de l'Intérieur pour protéger "chaque Français" Francetv info 26/02/2016

Bernard Cazeneuve veut déployer des brigades anticriminalité et des pelotons de gendarmes, lourdement armés, capables d'intervenir n'importe où en 20 minutes.


Des membres de la BRI et de la BAC, lors de la cérémonie des vœux à la police,
à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, le 15 janvier 2015. (MAXPPP)

Citation :
Paris et sa région ne sont pas les seules cibles potentielles des terroristes. La décapitation d'un chef d'entreprise en Isère en juin 2015, l'attaque armée d'un commissariat à Joué-les-Tours en 2014, et d'autres projets similaires déjoués, en témoignent. Ainsi, "chaque Français doit pouvoir bénéficier du même niveau de sécurité", a garanti Bernard Cazeneuve, devant les responsables de la gendarmerie et du renseignement, le 12 février.

Le Figaro détaille, vendredi 26 février, le plan du ministre de l'Intérieur pour protéger "l'ensemble du territoire national" des menaces terroristes. Un programme estimé à 16,6 millions d'euros, et destiné notamment à acheter 490 véhicules et à renforcer l'arsenal dont disposent les membres des forces de l'ordre, avait déjà précisé Bernard Cazeneuve, en octobre. En voici les principales dispositions.

Quatre "niveaux de riposte"


Le Figaro détaille les quatre étapes qui doivent permettre aux forces de l'ordre de mettre fin à une attaque terroriste.

Police-secours, en ville, et les gendarmes territoriaux, dans les zones rurales, "formeront la première vague", en cas d'attaque terroriste, explique Le Figaro. Ils seront chargés d'éloigner le public et de tracer un périmètre de sécurité, en attendant les renforts.

Les brigades anticriminalité de la police nationale (BAC) et les pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG), formeront un deuxième maillon, renforcé, avant l'éventuelle intervention des antennes locales de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) ou du GIGN.

En dernier recours, le Raid et les gendarmes d'élite du GIGN, qui sont eux basés en région parisienne, sont "projetables au besoin par moyens aériens".

Des spécialistes "armés comme à la guerre"

Le ministère de l'Intérieur souhaite que les membres de la BAC et des PSIG deviennent des forces d'intervention "armées comme à la guerre", selon Le Figaro.

Quelque 150 pelotons de gendarmerie baptisés PSIG-Sabre devraient être déployés, à partir de juin. Leur équipement sera renforcé : boucliers "sarcophages" comme ceux de la BRI, pistolets-mitrailleurs à visée électronique, fusils d'assaut allemands HK G36 et stocks de munitions renforcés.

Dans la police, les 1 745 équipes de la BAC seront rééquipées, détaille encore Le Figaro. Elles bénéficieront également de ces fusils d'assaut et de boucliers souples. Chaque policier de la BAC, y compris en civil, aura, en outre, à sa disposition un casque balistique, un gilet porte-plaques, des protège-tibias et protège-épaules.

Un maillage resserré pour intervenir en 20 minutes

Les attaques terroristes "durent entre 30 et 80 minutes", selon Le Figaro. D'où la nécessité pour les forces de l'ordre d'être en mesure d'intervenir rapidement. Le ministre de l'Intérieur souhaite que la BAC et les PSIG puissent se trouver à 20 minutes de n'importe quel lieu touché par une attaque. Une exigence qui impose un maillage resserré et des discussions entre police et gendarmerie afin de couvrir l'ensemble du territoire.

Les PSIG-Sabre seront déployés "jusque dans les territoires les plus reculés", et "ces unités quadrilleront leur secteur à bord de puissants monospaces", précise Le Figaro. Les forces d'intervention seront, en outre, équipées d'un système de géolocalisation, afin de pouvoir dépêcher l'équipe la plus proche d'une cible.


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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Sam 26 Mar - 10:57

Violences policières : de Paris à Ferguson, qui sont les Michael Brown français ?
Par Juliette Deborde  et SIX PLUS, Libération, 23 mars 2016


Rassemblement à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne), le 12 avril 2008, en hommage à Baba Traoré, jeune Malien mort noyé quelques jours auparavant dans la Marne.  
Photo Stéphane Lagoutte pour Libération
 
A l'occasion de la diffusion du documentaire de la militante antiraciste Rokhaya Diallo «De Paris à Ferguson : coupables d'être noirs», ce soir sur France Ô, voici l'histoire de douze hommes noirs ou arabes décédés pendant ou après leur interpellation par les forces de police françaises.


Citation :
Michael Brown, Freddie Gray, Tamir Rice, Eric Garner… Les noms de ces Afro-Américains victimes de violences policières ont été largement relayés ces derniers mois dans les médias français, et les tensions raciales que leurs décès ont ravivés, de Ferguson à Baltimore, largement couvertes. L’été dernier, Libération revenait, dans une série de portraits de victimes, sur ces bavures des forces de police américaines. Et en France ? Les décès survenus pendant ou à la suite d’une interpellation sont souvent traités sous l’angle du fait divers, et la dimension raciale, largement tue, soulève un documentaire réalisé par Rokhaya Diallo et diffusé ce mercredi à 20h50 sur France Ô (visible en avant-première ici). «Dans le miroir que nous tend Ferguson [ville du Missouri où Michael Brown a été tué, ndlr], la France devrait reconnaître sa trouble silhouette», écrivait déjà la journaliste et essayiste dans une tribune (cosignée avec la militante antiraciste Sihame Assbague) publiée dans Libération en 2014.

La dimension raciale est pourtant au cœur des violences policières en France, en atteste un rapport sur le sujet publié il y a quelques jours par l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture). Si aucune statistique officielle ne recense les personnes blessées ou tuées lors des opérations de police ou de gendarmerie dans le pays, l’association chrétienne, qui s’est penché sur 89 cas de violences alléguées entre 2005 et 2015, a décompté 26 décès. «Au moins 22 [d’entre eux] concernaient des personnes issues de minorités visibles», peut-on lire dans le rapport. Soit plus de 80%. Ces violences teintées de racisme sont souvent ignorées et impunies, dénonce par ailleurs l’association. Dans des rapports publiés en 2005 et en 2009, Amnesty International pointait également cette impunité et évoquait même des «motivations racistes». Ces dernières n’ont jamais été attestées par la justice, et les condamnations pour des faits de violences policières, réclamées par les familles et les proches des victimes, restent rarissimes.

Libération revient sur les circonstances du décès de douze de ces hommes, noirs ou arabes, qui ont trouvé la mort ces dernières années au cours ou après une interpellation violente, après avoir essuyé des tirs de Taser ou de flash-ball, dans un véhicule de police ou dans un commissariat, ou abattus par la police. (Cliquez sur les noms pour faire apparaître le texte).

Juliette Deborde, SIX PLUS    

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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Ven 1 Avr - 1:04

.
je ne fais pas un laïus, mais il me semble à observer les manifestations d'hier que l gouvernement a décidé de passer à la phase suivant de l'intimidation et de la répression des protestations sociales. Nombre de témoignages d'une provocation policière y compris devant des défilé très calmes

.
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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Mar 19 Avr - 13:07

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MessageSujet: Re: POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES   Mar 19 Avr - 22:02


un petit futé a ajouté, sous l'affiche de la CGT Stop à la violence policière :


en espérant que le message passe aussi dans son SO...

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POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES
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