PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» VA-SAVOIR : chronique à la com, la dialectique du quotidien en propotion magique
Hier à 18:17 par Patlotch

» 8. poèmes, fables et contes pour en causer
Hier à 17:57 par Patlotch

» LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)
Hier à 14:18 par Patlotch

» au-delà du vrai et du faux, tragique comédie
Hier à 14:02 par Patlotch

» l’écosocialisme entre théories révolutionnaires et alternative capitalisme verte
Hier à 12:57 par Patlotch

» OUTRE-MER : outre frontière de races, classes et sexes ?
Hier à 12:43 par Patlotch

» JAZZ, BLUES, R'n'B, SOUL, RAP... pour "double paire d'oreilles"
Hier à 12:27 par Patlotch

» des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...
Hier à 4:19 par Patlotch

» "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, interclassisme, prolophobie... et théorie
Hier à 0:45 par Tristan Vacances

» 0. un livre ? Une théorie est apparue... Diffusion, réception... débats ?
Hier à 0:20 par Tristan Vacances

» EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde
Mer 18 Oct - 23:58 par Patlotch

» 9. l'apparition plurielle d'une nouvelle théorie communiste ? questions parentes
Mer 18 Oct - 16:43 par Patlotch

» 5. LA CONSTITUTION EN CLASSE POUR LE COMMUNISME : quel sujet révolutionnaire ?
Mer 18 Oct - 14:05 par Patlotch

» la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL
Mer 18 Oct - 13:47 par Patlotch

» ÉMEUTES, typologie formes/contenus : des réalités à l'idéologie
Mar 17 Oct - 20:26 par Patlotch

» la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...
Mar 17 Oct - 14:56 par Patlotch

» la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...
Mar 17 Oct - 13:24 par Patlotch

» MARXISME FÉMINISTE et DÉCOLONIAL avec Ana Cecilia Dinerstein : 'utopies concrètes', 'organiser l'espoir'... auto-subjectivation révolutionnaire
Mar 17 Oct - 11:29 par Patlotch

» des ŒUVRES-SUJETS PERFORMATRICES en ARTS : des usages révolutionnaires ?
Lun 16 Oct - 14:18 par Patlotch

» FÉMINISME et MARXISME : SEXES, GENRE, CLASSES, et CAPITALISME, avec Cinzia Arruzza... Silvia Federici, Selma James, Sara Farris, etc.
Lun 16 Oct - 13:10 par Patlotch


Partagez | 
 

 L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Mar 26 Jan - 17:29



2016

Extractivisme : Exploitation industrielle de la nature : logiques, conséquences, résistances Anna Bednik 2016

Citation :
« Extra-quoi ? » Le terme « extractivisme » déroute. Il manque d’élégance, exige un effort de prononciation. Pourtant, ce vocable circule de plus en plus, car l’exploitation industrielle de la nature, à laquelle il renvoie, s’intensifie partout sur la planète. La quête sans fin des « ressources naturelles » (70 milliards de tonnes qui doivent être fournies aux chaînes de production et de consommation de marchandises !) repousse toujours plus loin les limites géographiques et technologiques de cette exploitation.

C’est à cet envers trop souvent occulté de la « croissance » économique qu’est consacré ce livre.

L’auteure commence par retracer les différents usages de la notion, les représentations du monde qu’elle recouvre – elles-mêmes structurées par ces « croyances » occidentales que sont les idées de « progrès universel de l’humanité » et de « développement » –, et les fausses solutions qui servent désormais de caution aux pratiques qui en découlent (le « développement durable », la « croissance verte », la « dématérialisation »...). En une plongée vertigineuse au cœur de la « planète-marchandise », elle procède ensuite à l’étude documentée des logiques de l’extractivisme : qu’extrait-on ? Où et comment le fait-on ? Qui extrait ? Avec quels objectifs, quels discours de légitimation, quelles conséquences réelles et quelles perspectives pour l’avenir ?

Au Sud, mais également au Nord – comme le montre l’exemple des gaz et huiles de schiste –, partout l’extractivisme est synonyme de transformation de vastes territoires en « zones de sacrifices » destinées à alimenter la mégamachine. Il est ainsi devenu le nom de l’adversaire commun pour de multiples résistances collectives et locales qui, tout en défendant des espaces pour être, réinventent des façons d’habiter la Terre. Ce sont aussi les raisons, les formes et la portée de ces résistances que restitue cet ouvrage essentiel.




Exploitation industrielle de la Nature Jean Rouzaud 20 janvier 2016

L'extractivisme forcené au service d'un capitalisme sauvage



Citation :
Au départ, le mot extractivisme définissait la sylviculture en Amazonie brésilienne, vu l’importance de ce que la forêt proposait à l’homme : de la nourriture au plantes médicinales ( sauf le bois), et toute la société qui en vivait.

Puis cette corne d’abondance est devenue un terrain d’exploitation totale, avec déforestation puis forage des sous-sols, et l’extractivisme devint hélas, le terme générique de l’extraction des mines et hydrocarbures, puis, devant la montée du phénomène, la définition de « toutes les activités d’exploitation des ressources naturelles à échelle industrielle. »

Aujourd’hui le phénomène est mondial, car toutes les régions exploitables du monde sont passées au peigne fin et la nature dans son ensemble : fruits légumes, sucres, bois, minerais et même l’eau et le sable sont la proie des vautours.  

Et dans le monde entier , y compris en France, des résistances s’organisent devant ce pillage intégral, et ces luttes ont déjà des décennies de conflits en Amérique du sud, du nord, Afrique et Asie…

Le Passager Clandestin publie sur plus de 350 pages la somme d’informations que la journaliste Anna Bednik a réunie, notamment au cours de ses voyages en Amérique Latine. Le côté obscur de la mondialisation …  Pour tous ceux qui veulent habiter cette planète en conscience, ce dossier répond à l’historique de ce phénomène, sociétés et gouvernements impliqués, pourcentages et bénéfices, nom des associations, théoriciens et luttes dans le monde entier.  

Exemple: avec la raréfaction des produits et la demande croissante, la France relance ses mines, sans informer quiconque. Il faut scruter le journal officiel ou le site  du ministère de l’industrie… et on a 3 semaines avant l’octroi du permis pour envoyer de simples remarques !Ainsi des élus locaux ne sont pas informés…

Seules des associations peuvent influer sur ces permis: le gaz de schiste en 2011 menaçait des destruction de sites et de détournement d’eau gravissimes. Mr Borloo avait tout autorisé sans état d’âme.

Il en va de même pour nos mines d’or , argent … des produits de séparation comme mercure ou arsenic ( cyanure pour le fer) sont extrêmement toxiques et dangereux. Les états sont souvent impliqués à 50% et plus dans la possession et la gestion de ces groupes miniers, ce qui est un peu moins dramatique que les acteurs privés qui se comportent comme de véritables pilleurs, mais on est loin de la responsabilité à long terme. Enrichissement et réserves restent les maitres mots.

Tout se résume à un seul mot : AVIDITÉ

Comme le proclament les militants du monde entier : l’or n’est pas un nécessité de VIE ! (mais un bien de stockage, de réserve, de pouvoir, de stratégie purement économique, donc ne profitant qu’aux groupes puissants, avec lobbies pour agir). Les chiffres faramineux que ce livre donne par pays, par chapitres, par année… et  les noms des multiples sociétés, la plupart jamais citées dans les médias, y compris les fabricants de matériel d’exploitation et les transporteurs, sont légions.

On y apprend aussi des mots nouveaux comme ces « vraquiers », mastodontes de  centaines de milliers de tonnes transportant « en vrac » céréales ou minerais, gaz, pétrole…On les nomme bétaillers, céréaliers, butaniers, charbonniers, butaniers… L’échelle même des ces « extractions », montre qu’on ne s’encombre plus de « détails » humains, régionaux, ou moraux. Le « Bien Vivre » est loin .

Ce BUEN VIVIR, résistance lancée par les militants d’Amérique latine et les énormes réserves entamées dans la brutalité, le chantage et même le crime.  

C’est le système de la DETTE ( Fond monétaire international et Banque Mondiale ont organisé emprunts et intérêts à vie…) les états ne peuvent alors plus freiner ou bloquer les extractions massives et localement, des milices font taire les habitants… L’extractivisme est un sujet trop important et chaud pour être ignoré… Nous devons au moins être globalement conscients, pour pouvoir réagir à une des plus grandes urgences du monde.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Ven 8 Avr - 9:04

Extractivisme: jusqu’où surexploiter la nature ? 7 avril 2016 | Par Jade Lindgaard

Forer du pétrole à 3 km sous le niveau de la mer, faire exploser le sommet des montagnes pour en extraire charbon et minerais, creuser la roche mère à la recherche d’hydrocarbures : ces techniques extrêmes fondent un système de prédation des ressources naturelles sans limite apparente, explique la journaliste et militante Anna Bednik.

Citation :
C’est un premier effet, modeste, de la COP21 : le congrès que l’industrie pétrolière tenait du 5 au 7 avril à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, à l’invitation du groupe Total, pour étudier les meilleures perspectives de forage d’hydrocarbures en haute mer, le MCE Deepwater Development (MCEDD) 3, a été perturbé par près de 300 militants au nom de la justice climatique (voir une vidéo ici 3).

Alors que les réserves pétrolières conventionnelles s’épuisent petit à petit, les producteurs d’énergies fossiles investissent dans des sites et des techniques de forage de plus en plus extrêmes, risquées et coûteuses. Cette course aux matières premières, malgré l’argent qu’elle coûte, les désastres écologiques qu’elle cause, la destruction irréversible de lieux de vie et de paysages qu’elle entraîne, porte un nom : l’extractivisme.

Ce n’est pas qu’un sujet d’ingénierie de l’extrême, c’est un véritable système économique, social et idéologique, analyse la journaliste et militante Anna Bednik, qui y consacre un livre : Extractivisme. Exploitation industrielle de la nature : logiques, conséquences, résistances, paru en 2015 aux éditions Passager clandestin.

Elle s’en explique dans cette nouvelle édition du « Champs des possibles », l’émission que Mediapart consacre aux alternatives concrètes et aux refondations théoriques.



Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Sam 25 Juin - 18:26


120.000 personnes ont manifesté contre l'extractivisme à Ibagué
(Colombie, Province de Tolima)




par «Radio Salmon» et «Radicales libres»

traduction Adé (merci), images ajoutées

De son côté, Guillermo Alfonso Jaramillo, maire de la ville d'Ibagué, a exprimé dans une courte allocution son émotion devant cette foule, en soulignant, entre autre, que Tolima refuse sur son territoire la présence des Multinationales minières et extractivistes.


Notre reportage en Colombie, aura pour sujet à l' occasion de « la Marcha Carnaval pour la vie, l'eau et le territoire » dans la ville d'Ibagué, sans laisser de côté la «Minga agraria, paysanne ethnique et populaire» (Minga = Engendrer des facultés et des aptitudes à connaître et interpréter de manière critique les problématiques et dynamiques économiques, politiques, sociales et culturelles des familles de paysans dans les champs d'action de chaque minga. Mingas: travaux collectifs solidaires.), qui poursuit sa montée en puissance et sa mobilisation dans 65 Municipalités parmi 23 Départements du pays.

Citation :
Le 23 juin dernier, à Ibagué, capitale du département de Tolima a eu lieu la « VIII Marcha Carnaval » afin de manifester le refus des habitants de Tolima des activités minières ainsi que le rejet de la multinationale Anglo Gold Ashanti. Valentina Camacho Montealegre du Comité environnemental de Tolima, a signalé que ce jour-là les départements de Caquetá, Tolima et Quindío se sont mobilisé contre la « locomotive » extractiviste (minerais et énergie) que le gouvernement de Juan Manuel Santos prétend imposer aux communautés du territoire colombien.

Valentina ajoute que la « Marcha Carnaval » est une proposition de mobilisation au cours de laquelle les communautés veulent manifester de manière pacifique, joyeuse et colorée en faveur de la vie et de la nature et contre les projets miniers à grande échelle. Cette protestation s'est muée en un symbole de résistance contre l'extractivisme. Dans le département de Tolima, tous les ans toujours plus de municipalités se mobilisent et cette année Armenia et Florencia s'y sont rajouté, la «Première Marcha Carnaval» s'étant déroulée en 2011 à Ibagué.




D'un côté, pour José Antonio Gutiérez, journaliste du site « Rebelión», dont un article à ce sujet paraîtra sur la revue imprimée  «Salmon Urbano», «Le département de Tolima, au centre de la Colombie, est un point névralgique dans le bras-de-fer qui oppose deux modèles antagoniques pour le pays: d'une part un modèle de  court terme, insoutenable et destructeur du milieu naturel et des communautés, contenu dans le « Plan Nacional de Desarrollo» (= Plan National de Développement) du gouvernement actuel. Malgré sa phraséologie «verte» et social-démocrate, la continuité des politiques favorables à l'agro-industrie, à l'extractivisme spoliateur, et à la concentration des terres et des capitaux, est évidente. D'un autre côté, les communautés qui maintiennent une défense farouche et digne de l'eau, de la vie, de l'environnement, de la vocation agricole des territoires de Tolima, ainsi que la nécessité de penser un développement en accord avec les besoins de la communauté, à long terme et respectueux de l'environnement.»



José Antonio Gutiérez ajoute : « Cette contestation se manifeste concrètement dans la résistance des communautés face aux méga-projets hydro-électriques et miniers impulsés par le gouvernement dans le département. Ces projets sont intiment liés entre eux, en effet les sept projets hydro-électriques prévus dans le sud du département de Tolima ont pour but apparent d'alimenter l'énorme demande de la part des méga-projets miniers tels que La Colosa (= Colosse au féminin) du groupe AngloGold Ashanti (qui a mis la main sur 60 % du territoire de la municipalité de Cajamarca, soit 30.440 hectares, avec 21 concessions minières). Le peuple de Tolima a opposé une résistance massive et durable à ce scénario,  résistance qui aujourd'hui commence à porter ses fruits avec des propositions de développement alternatifs, comme par exemple les «Zonas de Reserva Campesina » portées par les associations paysannes de Tolima ».

De son côté,  Guillermo Alonso Jaramillo, maire de la commune d'Ibagué a affirmé lors d'une courte et émouvante allocution le rejet formel des projets des Multinationales des secteurs miniers ou énergétiques par le département de Tolima.

Les méga-projets ne sont pas une affaire menaçant uniquement les secteurs ruraux, éloignés des villes. Ibagué qui a été depuis 2009 le théâtre de massives «Marchas Carnavales» contre l'extraction minière, et pour la défense de l'eau et de la vie est, littéralement, une municipalité en concession pour l'exploitation de l'or, du cuivre, de l'argent, du platine, du plomb et du zinc. Selon les statistiques  de « Agencia Nacional Minera», 30% du territoire de la commune, est distribuée en 99 concessions avec une surface totale de 42.712 hectares, plus 44 demandes de concessions d'une surface de 33.251 hectares, soit 23% du territoire de la commune. Parmi ceux-ci, 27 titres de propriété appartiennent à la multinationale AngloGold Ashanti avec une surface de 31.354 hectares (73,4%), 1 titre de propriété pour Continental Gold Limited, 4.223 hectares (9,9%), et trois titres pour Negocios Mineros S.A. avec 2.752 hectares (6,4%), 68 titres pour diverses entreprises, soit 4.382 hectares (10,3%) selon José Antonio Gutiérez.



Pour Andrés Tafur Villareal, dans un article paru dans le blog «El Olfato»  (= Le Flair), sous le titre de : « ¿ Qué queda a los pro-mineros ?» (= Que reste-t-il aux pro-mines ?), Cajamarca, Ibagué et le département de Tolima se sont transformés en une référence nationale et internationale pour la défense d'un environnement sain, du territoire et de l'eau, et contre la «locomotiva minera» impulsé par le gouvernement de Juan Manuel Santos. Les consultations populaires, les «Marchas Carnaval » avec leur consignes plurielles «pour la vie» sont reprises dans différentes régions de Colombie et d'Amérique Latine. Nous sommes loin d'un mouvement mû par le ressentiment et animé par des adeptes de la marihuana, comme se plaisent à le définir certains médias et « décideurs » économiques et politiques de Tolima, mais bien d'une vitrine de la diversité culturelle, politique, sexuelle et inter-générationnelle de la ville et du département, note Tafur Villareal.

Par ailleurs, à propos de la «Minga Nacional» agraire, paysanne, ethnique et populaire en plein développement depuis  le 31 mai dernier, elle est l'objet de stigmatisation de la part du gouvernement; rien de nouveau à cela, puisque c'est la réponse habituelle du gouvernement à la population des villes et des campagnes. Alors que le gouvernement affirme via le journal «País» que «La Minga» est terminée et que les négociations ont été menées à terme, la commission politique de «La Minga » dément formellement cette information, et affirme quant à elle que la coordination représentée dans le sommet agraire et les communautés noires, paysannes et indigènes, ne sont pas prêtes à lâcher le morceau, tant que des garanties en matière de droits humains ne sont pas données pour leur légitimes revendications, et que les négociations ne sont pas commencées.



Au sujet de stigmatisations, à part le fait de voir dans les mobilisations la main de l'ELN ( Guérilla : Armée de Libération Nationale), Santos, en personne a déclaré que: « Le Catatumbo est une sorte de Bronx au niveau national», le chef de l'État a comparé la situation de cette région avec le secteur du Bronx dans le centre de Bogotá, zone sensible considérée comme «une cocotte-minute» ce qui a soulevé l'indignation des «catacumberos» (Catatumbo = une région située au nord-est du departement de Norte Santander, en Colombie. Plus spécifiquement la Cordillère Orientale). Au sujet de «La Minga Nacional», le 10 juin dernier, après 12 jours celle-ci a annoncé avoir suspendu le blocage le la route Panaméricaine dans le département de Cauca pour une durée de 36 heures, afin de participer aux négociations à Quinamayό, dans le département de Cauca, alors que «La Minga» se poursuit dans le reste du pays.




Andrés Tafur Villareal écrit également dans l'article cité du «El Olfato» que les «Águilas Negras» (=Aigles Noirs), qui qu'ils soient, comprennent parfaitement la force du mouvement environnementaliste, c'est pourquoi ils le menacent constamment. Ils ont récemment franchi une nouvelle étape en menaçant directement le maire d'Ibagué. Le gouvernement tant au niveau national que départemental, ainsi que les politologues qui les conseillent croient-ils réellement que les menaces envers les militants qui développent leurs activités au sein d'un cadre institutionnel ne constitue pas en soi un agenda politique ? La paix signifie que l'histoire de l'«Unión Patriótica » ne se répète pas.

Source: Kaos en la Red

Info. en rapport : http://www.lemonde.fr/planete/



Hay 450 niños trabajando en minas de oro de Ataco (Tolima) Archivo Portafolio.co

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Dim 3 Juil - 20:10



Acaparamiento de tierras

Au cours des dernières décennies, l’accaparement des terres par les États, les entreprises privées et les particuliers a augmenté de manière exponentielle. Cette situation met en danger la souveraineté alimentaire des peuples ainsi que celle de millions de citoyens dans le monde.

Citation :
L’organisation GRAIN a rapporté dans une étude que, depuis 2006, environ 35 millions d’hectares de terre répartis dans 66 pays ont été achetés par des investisseurs étrangers pour la production de denrées alimentaires1. Un nombre important de ces appropriations se produit en Afrique, mais existe aussi en Amérique latine, en Asie et en Océanie.

En Colombie, le processus d’accaparement des terres a ses particularités : à l’époque coloniale, la terre a été attribuée aux Espagnols et aux créoles de la classe oligarchique émergente de la Colombie et ces derniers ont accumulé de vastes étendues de terres qui, par la suite, ont été transférées à leurs héritiers.

Au cours du siècle dernier, de nouveaux territoires ont été colonisés par des paysans pauvres. Ces mêmes territoires (Caqueta, Meta, Antioquia, par exemple) ont ensuite fait l’objet d’accaparement par d’anciens et de nouveaux grands propriétaires qui, dans la plupart des cas, ont utilisé des méthodes violentes. Les paysans alors déracinés ont entrepris de nouveaux processus de colonisation, ce qui engendra encore l’expansion de la frontière agricole.

Depuis la fin de la seconde moitié du XXe siècle et jusqu’à présent, le processus d’occupation des terres a été exacerbé par l’émergence de l’économie de la drogue. La loi 160 de 1994 a cependant délimité une quantité importante de terres incultivables appartenant à la Nation.

En Colombie, la terre a été liée au pouvoir car posséder de grandes étendues de terre donne le pouvoir politique et le statut social au possesseur. En outre, les terres en Colombie ont été un instrument : en termes marxistes classiques, la terre en Colombie ne joue pas un rôle majeur dans le capitalisme car elle ne génère pas de capital qui peut être réinvesti pour générer encore plus de capitaux. En effet, les terres en Colombie génèrent une accumulation de revenus et, jusqu’aux années 50 du siècle dernier, le système de production rural ressemblait plus à une exploitation féodale qu’à une production capitaliste.

Les modèles de développement appliqués en Colombie ont généré une «ruralisation» des villes, c’est-à-dire une migration massive des paysans vers les villes. Causés par la pauvreté et non par un développement économique agricole, ces déplacements ont de fait augmenté la taille des bidonvilles. Au cours de la première moitié du siècle dernier, la proportion d’habitants en Colombie était d’environ 70% des personnes vivant dans les zones rurales et 30% vivant dans les zones urbaines, aujourd’hui, cette proportion s’est exactement inversée2.

Caractéristiques du modèle néolibéral dans le secteur agricole

Politiques monétaires restrictives: augmenter le taux d’intérêt pour diminuer l’inflation et la dévaluation.

Politiques fiscales restrictives: augmenter les impôts à la consommation et réduire les impôts à la production et à l’accumulation de rente.

Libéralisation du commerce et des investissements privés: signature de plusieurs Accords de Libre-échange, TLC; importations massives de produits agricoles; monopoles des semences par les grandes multinationales et interdiction de l’usage de semences produites localement; accaparement des terres; élimination ou réduction de barrières tarifaires d’importation des produits agricoles; monoculture; Mise en place de barrières dans les pays développés aux produits agricoles des pays du tiers monde; élimination des subventions aux petits paysans (tandis que, dans les pays développés, elles sont toujours maintenues et même augmentées); spécialisation en production de matières premières .

Privatisation: privatisation de l’assistance technique agricole aux petits paysans; fermeture des instruments de commercialisation des produits agricoles publics qui régulent les prix des grains, semences, engrais, etc.

Déréglementation: on considère que trop de règles et de lois inhibent l’activité économique, approbation de lois favorisant l’accaparement des terres par des investisseurs nationaux et étrangers.

Le modèle néolibéral et le secteur agricole en Colombie

Le modèle actuel donne la priorité à la production rurale dans des domaines de l’économie qui peuvent être soumis à l’exportation, tels que la canne à sucre, les biocarburants et le caoutchouc qui demandent de grandes étendues de terres; sans compter les grandes exploitations qui se consacrent à l’élevage extensif. Ce modèle sacrifie la petite production agricole (économie rurale), qui est responsable de la production de 70%3 de tous les aliments consommés par les Colombiens pour donner la priorité aux importations. Selon la Société d’Agriculteurs de Colombie, SAC, entre janvier et novembre 2015, les importations de produits agricoles et agro-industriels en Colombie ont totalisé 10,6 millions de tonnes et sa valeur a atteint 5.369 millions de dollars.

A partir de 1991, les importations agricoles se sont mis à la mode. Ceci du fait de la mise en œuvre du modèle néolibéral qui a ouvert les frontières, supprimé les droits de douane, aboli les subventions agricoles et favorisé la signature de plusieurs accords de libre-échange (TLC). Les importations de la Colombie sont passées de 700.000 tonnes d’aliments en 1990 à plus de 10 millions de tonnes en 20154.

De nombreuses organisations et tous ceux qui s’étaient opposés aux TLC ont vu leurs prédictions devenir réalité: des cultures telles que le blé, l’orge, l’avoine, les graines de sésame et le tournesol ont disparu. La production d’autres cultures, tels que le maïs, le coton, le sorgho et le soya, a chuté de façon spectaculaire5.

En Colombie, l’accaparement des terres a été lié à la spoliation effectuée par divers groupes armés illégaux. On ne peut pas parler de cette situation sans faire la liaison avec la guerre que le pays a connue au cours de la seconde moitié du siècle dernier.

Cet accaparement est principalement dû à deux manières d’opérer, le plus important étant réalisé en utilisant la force.

1. L’achat légal des terres, par des particuliers ou des entreprises encouragées par le gouvernement colombien grâce à des normes juridiques, correspond en Colombie à un pourcentage minimum de terres amassées.

Ce dispositif (l’achat légal) est largement utilisé par les entrepreneurs qui utilisent les mécanismes permis par les lois colombiennes. Ces lois conçues dans le cadre du modèle de production de la monoculture et de l’exportation, la « modernisation du champ»; offre un cadre juridique sans être légitime pour autant. En effet, la spoliation se fait de façon «légale» car des terres de petits exploitants agricoles ou encore des terrains publics sont donnés aux entreprises nationales et étrangères. Le gouvernement colombien approuve des règles permettant l’accaparement des terres en s’appuyant sur un discours prônant le « développement», la modernisation et la compétitivité ».

Certains mécanismes juridiques sont des initiatives du Ministère de l’Agriculture6 comme les «Partenariats d’affaires». Dans le cadre de ce mécanisme d’affaires, l’entrepreneur signe un contrat avec de nombreux petits agriculteurs pour exploiter de l’huile de palme, du caoutchouc ou un autre produit; le paysan pauvre met la terre et la main d’œuvre à disposition et l’entrepreneur met à disposition l’assistance technique, les semences et achète souvent le produit à un prix inférieur à celui du marché. Ces contrats sont signés pour 20 ans et obligent le paysan à dépendre d’un employeur qui utilise tous les mécanismes à sa disposition pour exploiter de manière «légale» les petits producteurs. Il existe encore d’autres mécanismes juridiques tels que la récente loi adoptée par le Congrès7, le ZIDRES8.

Cela a généré une prolétarisation des agriculteurs qui reçoivent de bas salaires régulés par la production ou la quantité de produit récolté au cours de la journée.

Pour les concessions minières existe un autre mécanisme juridique d’accaparement des terres. Selon Alejandro Pulido, de la campagne «La Gran Mineria Envenena», à ce jour, le gouvernement national a donné en concession 5 millions d’hectares dans 12.000 titres miniers à des entreprises nationales et multinationales, mais les demandes de concessions couvrent environ 25 millions hectares. Ce mécanisme a des conséquences désastreuses sur l’environnement, les structures sociales, la souveraineté alimentaire, l’autonomie, l’autodétermination et la souveraineté nationale.

2. La spoliation comme mécanisme de l’accaparement des terres en Colombie. Bien qu’il n’y ait pas de chiffres exacts sur le nombre d’hectares qui ont été volés aux petits agriculteurs pendant la guerre en Colombie, on estime que près de huit millions d’hectares ont été volés et repris par les grands propriétaires terriens et les entreprises pour la plantation d’huile de palme, la plantation de caoutchouc, les routes de trafic de drogues, les cultures illicites, l’exploitation minière illicite et l’élevage extensif de bovins. Selon CODHES9, une ONG active dans le domaine des droits humains, environ six millions de personnes ont été déplacées de leurs terres et ont dû quitter leurs maisons, 45% des ménages déplacés sont dirigés par des femmes.

Ce fait sans précédent dans l’histoire de l’humanité place la Colombie au premier rang des pays qui connaissent un déplacement interne ainsi que la dépossession de millions d’hectares et un nombre impressionnant de meurtres liés à la propriété foncière.

La Defensoría del Pueblo (Bureau de la Colombie de l’Ombudsman), dit «qu’entre 2006 et 2011, au moins 71 dirigeants des processus de restitution des terres ont été tués. Il y a une seule condamnation pour l’un de ces meurtres». Cela montre le niveau d’impunité et les liens étroits entre ceux qui ont volé des terres et le système judiciaire en Colombie.

La spoliation comme mécanisme d’accaparement a également une implication politique: le contrôle du territoire. En effet, les régions où il y avait le plus de pillage étaient les zones où les groupes paramilitaires d’extrême droite avaient tenté de mettre en œuvre leur modèle socio- économique et leur projet politique. L’aménagement du territoire dans la logique du pouvoir paramilitaire s’identifie totalement à celle proposée par le modèle économique du gouvernement: la production de monocultures à grande échelle pour l’exportation, la modernisation de la campagne et le monopole des terres réparties entre quelques mains.

Le modèle néolibéral et l’accaparement des terres :

• Selon l’indice de GINI, (où 0 correspond à une égalité totale et 1, à une inégalité absolue), la Colombie a aggravé sa distribution inéquitable des terres de 0,85 à 0,87 entre 2000 et 2012. En comparaison internationale, ce dernier atteint un des niveaux les plus élevés du monde. En effet, les exploitations de plus de 500 hectares occupent 62% du territoire national et sont détenues par seulement 4% des propriétaires10. 

• Actuellement, 77% des terres cultivables sont entre les mains de 13% des propriétaires, mais 3,6% d’entre eux ont 30% des terres11. 

• Entre 2000 et 2013, la surface associée à la culture de canne à sucre utilisée dans la production de biocarburants est passé de 0 à 41’000 hectares. Concernant l’huile de palme, la surface de culture est passée de 157’000 à 476’000 hectares12. 

Au cours des trois dernières décennies qui ont été marquées par le conflit armé, on estime que 8 millions d’hectares ont été expropriés. Cela représente 19% des terres propices à l’agriculture du pays. 

• Malgré le manque d’accès à la terre, 70% de la nourriture produite dans le pays proviennent de petits agriculteurs et en particulier grâce au travail des femmes. 

• La terre colombienne est étroitement liée au pouvoir local, national et à l’accumulation de rente. Le contrôle du territoire a joué un rôle clé dans ce processus de spoliation et d’accaparement. 

• L’accaparement des terres est le résultat non pas des achats de terres – par les Etats ou des entreprises étrangères –, mais plutôt du phénomène de spoliation qui a eu lieu pendant la guerre et dont les politiciens, les propriétaires fonciers et les multinationales ont profité. 

• En Colombie, il y a environ 10 entreprises et familles qui ont bénéficié de l’accaparement des terres: en premier lieu, Cargill opère à travers quatre de ses sociétés: Cargill de Colombia Ltda., Cargill commercial Colombia Ltda., La Colombie Agro SAS et Black River Colombia SAS. Deuxièmement la société Graines Monica, Poligrow avec des entreprises chinoises, argentines, étasuniennes et d’autres comme des usines du sucre comme Mayagüez, Manuelita, Riopaila bénéficient de cet accaparement. En troisième lieu, des familles qui se seraient approprié 2.000.000 hectares dans le cadre des opérations frauduleuses d’accaparement avant l’adoption de la loi ZIDRES (familles Santos, Valencia Iragorri, Sarmiento Angulo, Ocampo, Lafourie et Lizarralde)13. La participation des propriétaires étrangers est encore faible mais, avec la mise en œuvre de la loi ZIDRES, un grand espace a été ouvert à travers lequel ces derniers peuvent recevoir des concessions foncières illimitées, en particulier dans l’Altillanura colombien.



Bibliographie 

• MACHADO Absalón, Informe Nacional de Desarrollo Humano. Colombia rural, razones para la esperanza. PNUD. 2011. 

• RUEDA PLATA José, El Campo y la Ciudad: Colombia de país rural a país urbano. Publicaciones del Banco de la República de Colombia. Noviembre 1999. 

• GRAIN. Los nuevos dueños de la tierra. 2010.

• Oxfam. El creciente escándalo en torno a una nueva oleada de inversiones en tierras. 2011.

• Revista Semana. La Nueva Colombia, entre la Orinoquía y Amazonía el país se juega el futuro de sus próximos 50 años. ¿Estaremos a la altura de este desafío?.

• ALVAREZ ROA Paula,Mercado de Tierras en Colombia: ¿acaparamiento o soberanía alimentaria?. Instituto Mayor Campesino, IMCA Marzo 2012. 

• GRAIN, El Acaparamiento de Tierras en Colombia. 13 agosto 2015, escrito por GIRALDO Omar Felipe. https://www.grain.org/es/article/entries/5251-acaparamiento-de-tierras-en-colombia

• Así es la Colombia Rural, revista Semana, 2012. http://www.semana.com/especiales/pilares- tierra/asi-es-la-colombia-rural.html 



Notes:

1 https://www.grain.org/es/article/entries/4481-grain-publica-conjunto-de-datos-con-mas-de-400-acaparamientos-de- tierra-agricolas-a-nivel-mundial

2 RUEDA PLATA José, El Campo y la Ciudad: Colombia de país rural a país urbano. Publicaciones del Banco de la Republica de Colombia. Noviembre 1999. Se puede encontrar en: http://www.banrepcultural.org/node/32860

3 Revista SEMANA Colombia, http://www.semana.com/especiales/pilares-tierra/asi-es-la-colombia-rural.html. 2012.

4 Journal El Tiempo, http://www.eltiempo.com/archivo/documento/MAM-1524716. 24 novembre 2004.

5 Ibid

6http://business-humanrights.org/es/colombia-dos-empresarios-agr%C3%ADcolas-condenados-a-12-a%C3%B1os-de-c %C3%A1rcel-por-apropiarse-de-subsidios-que-deb%C3%ADan-ser-para campesinos?utm_source=Business %26+human+rights+-+Weekly+Update&utm_campaign=b8254dedd8- Spanish_Weekly_Update_13_April_20154_12_2016&utm_medium=email&utm_term=0_3a0b8cd0d0-b8254dedd8- 181905749

7 Ici la Loi ZIDRES: http://es.presidencia.gov.co/normativa/normativa/LEY%201776%20DEL%2029%20DE%20ENERO %20DE%202016.pdf

8 Análisis de ONG:https://www.oxfam.org/sites/www.oxfam.org/files/file_attachments/story/loqueocultaproyectodeley223- 2.pdf

9 CODHES c’est une organisation de la société civil en Colombie spécialisée dans les droits humains et le déplacement . http://www.codhes.org/.

10 Ici tous les chiffres sur le rural en Colombie: http://www.semana.com/especiales/pilares-tierra/asi-es-la-colombia- rural.html

11 ibid

12 https://www.grain.org/es/article/entries/5251-acaparamiento-de-tierras-en-colombia

13 ALVAREZ ROA Paula, Mercado de Tierras en Colombia: ¿acaparamiento o soberanía alimentaria?. Instituto Mayor Campesino, IMCAMarzo 2012.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Jeu 14 Juil - 16:12


Niels Planel se penche sur un phénomène mal connu, dont on s’accorde à faire remonter l’émergence à la crise alimentaire mondiale de 2007-2008 au moment de la flambée des prix dans le monde et des "émeutes de la faim" : l'"accaparement des terres."  


Certains États se mettent en quête de terres à acquérir pour préserver leur "sécurité alimentaire"
Brennan Linsley/AP/SIPA
 
Citation :
L'"accaparement des terres" : c’est ainsi que beaucoup désignent un phénomène mal connu, dont on s’accorde à faire remonter l’émergence à la crise alimentaire mondiale de 2007-2008 : la flambée des prix dans le monde et les "émeutes de la faim" qui s’en suivent affolent alors plusieurs États riches qui dépendent fortement pour leur alimentation d’importations dont les cours grimpent rapidement dans un contexte de crise.

Ces États, à l’instar de la Chine, de la Corée du Sud ou des pays du Golfe, persuadés que la croissance démographique mondiale ne peut que contribuer à pousser à la hausse le prix des denrées, se mettent rapidement en quête, non de ressources, mais de terres à acquérir afin de préserver leur "sécurité alimentaire". C’est à ce titre que des dizaines, voire des centaines de millions d’hectares ont été "acquis" au fil des années via des investissements (essentiellement sous forme de baux) réalisés par ces États dans plusieurs pays à travers le globe.

Même raisonnement côté secteur privé

A l’époque, un raisonnement semblable se développe du côté de grands investisseurs privés et autres hedge funds, qui voient dans la terre un nouvel actif bon pour la spéculation dans un contexte de hausse des prix des denrées. Commence alors bien l’ère de l’accaparement des terres, qui met une énorme pression commerciale sur des millions d’hectares à travers le monde : terres, eaux et forêts deviennent des actifs financiers.

Si les prix sont plus stables depuis 2011, et si les hedge funds sont moins nombreux à spéculer aujourd’hui (remplacés pourtant par les fonds de pension), le phénomène ne s’amenuise pas pour autant, et ce, pour plusieurs raisons.

D’abord, la population de la planète ne cesse d’augmenter, ce qui devrait générer davantage de demande pour les produits agricoles. Par ailleurs, plus de la moitié de l’humanité vit désormais en ville, et s’est donc, mécaniquement, éloignée des activités agricoles.

De plus, la classe moyenne s’élargit dans les pays émergents, qui souhaite trouver dans ses assiettes les mêmes plats – riches (notamment en viande), divers, abondants – qu’en Occident.

Enfin, les changements climatiques menacent désormais directement l’avenir des terres arables dans bien des régions du monde.

Entre légitimité, légalité et corruption

Ces opérations à vaste échelle se tiennent, selon beaucoup, à la frontière de la légitimité et de la légalité faute de "due diligence" (travail de vérification autour d’une transaction) appropriée par les gouvernements concernés, quand elles ne sentent pas la corruption à plein nez. Pire, blanchiment d’argent ou évasion fiscale sont aussi associées à ces mouvements, selon certaines organisations issues de la société civile.

Plus largement, le phénomène repose trop souvent sur des transactions autour de faux titres de propriété dans des pléthores de pays dans lesquels le cadastre est inexistant ou si peu précis qu’il en est quasi inexploitable. Et il est également difficile de trouver les détenteurs de sociétés-écrans enregistrées par exemple à New York, où la loi ne permet pas de retrouver leur identité.

Des implications graves pour les populations locales

Le phénomène est également facilité par le fait que les grands décideurs dans les gouvernements ou ailleurs ne sont pas très au fait des dossiers, et que nombre de législateurs dans les pays en voie de développement sont aussi des propriétaires terriens, désireux d’attirer les acquéreurs ; en clair, ceux qui sont au pouvoir peuvent être imbriqués dans ces transactions. Enfin, il y a évidemment une corrélation forte entre la faiblesse des institutions dans les pays pauvres et l’ampleur des opérations d’accaparement des terres qui y sont menées.

En Afrique, continent où les acquisitions grignotent parfois des régions entières, les droits des populations locales sont bafoués, les bulldozers arrivant parfois même sans prévenir, conduisant à des déplacements de populations et des dynamiques d’appauvrissement de paysans qui perdent leur gagne-pain et/ou leur moyen de subsistance alimentaire.

Si, en Amérique latine, les choses sont un rien différentes, les titres de propriété ne sont pas toujours échangés de manière régulière, ou même acquis légalement, et le lien entre criminalité et agriculture est souvent évoqué, par les médias comme par les ONG.

"Un nouveau colonialisme" ?

Ainsi, le New York Times note : "Les investisseurs considèrent parfois ces transactions comme une façon de diversifier leurs portefeuilles. Mais certains fonctionnaires et certains activistes soutiennent que ces transactions déracinent les paysans pauvres, font passer le contrôle des ressources essentielles de production alimentaire aux mains d’une élite internationale et détruisent les systèmes agricoles traditionnels, pour les remplacer par de grandes plantations industrielles qui produisent des denrées pour l’exportation". D’autres vont jusqu’à évoquer un "nouveau colonialisme".

Les pays en voie de développement ne sont pas les seuls concernés : L’Australie ou la France connaissent ce phénomène chez elles, et la cellule de Bercy Tracfin s’est par exemple inquiétée d’opérations menées dans le secteur vitivinicole de l’Hexagone par une société-écran ukrainienne mais dont l’ultime bénéficiaire serait la Chine.

"Expulsions"

Dans "Expulsions", l’un des ouvrages les plus importants sur le capitalisme global publiés ces dernières années (2014 en anglais, 2016 en français), la spécialiste de la mondialisation et enseignante de sociologie de Columbia Saskia Sassen dédie une part non-négligeable de ses analyses à ce qu’elle désigne sous le terme de "nouveau marché mondial des terres".

La sociologue relève que "plus de 200 millions d’hectares de terres sont censés avoir été achetés entre 2006 et 2011 par des entreprises et des gouvernements étrangers", ce, à travers le monde, et avec des conséquences diverses selon les cas : éviction de petits exploitants, famines, toxicité de l’environnement, disparition de villages ou de petites entreprises locales, dégradation de la terre et de l’eau, déforestation, érosion de l’autorité d’Etats souverains sur leurs territoires – notamment lorsque des pans entiers sont acquis par d’autres, à l’instar de la République démocratique du Congo ou de l’Indonésie, où plus de 15% des terres ont été appropriés par des pays tiers, selon des statistiques citées par l’universitaire.

"Trop de citoyens et une trop grande partie de la biosphère sont exploités et surexploités sans la moindre considération de leur santé et de leur prospérité", juge cette dernière.

"Vous prenez ce qu’il y a à prendre, puis vous passez au filon suivant"

L’enseignante a bien voulu élaborer davantage[1] sur les suites les plus contemporaines du phénomène, "qui semble s’accroître" et qu’elle compare à une opération d’extraction minière : "Vous prenez ce qu’il y a à prendre, puis vous passez au filon suivant", m’a-t-elle expliqué, ajoutant que les plantations peuvent tuer la terre assez vite (à coups d’insecticides, de pesticides et de monoculture), "ce qui signifie que les [accapareurs] vont vouloir davantage de terres à mesure que celles qu’ils utilisent commencent à mourir", citant également les exemples de Coca Cola et Nestlé, qui ont pour leur part asséché des ressources en eau souterraine dans une pluralité de pays.

Elle dénombre environ 25 nationalités impliquées dans l’accaparement des terres, accaparement qui peut résulter selon elle en spéculation dans les cas où il y a des intermédiaires impliqués dans l’acquisition qui peuvent bénéficier de prix plus importants.

Et si les preneurs de décisions sont absents sur la question, c’est "parce qu’ils voient cela comme du développement", précise-t-elle, notant que ces opérations agricoles qui peuvent déloger les petits paysans… ajoutent au PIB. Saskia Sassen, qui a grandi en Amérique du Sud, où elle s’est sensibilisée aux problématiques de la propriété terrienne chez les petits exploitants, n’est pas la seule à attirer l’attention sur ce phénomène.

Les ONG se mobilisent

Les ONG sont également très mobilisées sur la question. Transparence et responsabilité sont pour ces groupes les maîtres mots pour mieux comprendre et brider le phénomène. L’organisation GRAIN figure parmi les plus actives (Land Matrix est l’autre référence en la matière), soutenant les luttes des paysans, relayant les informations liées au phénomène sur le site dédié farmlandgrab.org et établissant régulièrement des états des lieux très détaillés (données à l’appui) sur les initiatives d’accaparement. Le dernier, publié il y a peu, est sans appel : les analyses de 2016 indique que 494 opérations d’accaparement à grande échelle par des investisseurs étrangers ont eu lieu sur la décennie écoulée, essentiellement pour la production d’aliments (l’huile de palme est aussi importante). Ces transactions couvrent 26 millions d’hectares dans 78 pays, mais ne représentent qu’une partie de ce qui se passe à l’échelle du monde. Même si les « mégaprojets » ont ralenti depuis 2012 (à cause de leur démesure irraisonnable), les transactions augmentent et génèrent de plus en plus de conflits avec les communautés locales.

Plus grave, GRAIN s’alarme du lien observé entre l’accaparement de terres et le changement climatique, issu du système agroalimentaire lui-même et de la recherche de profits incitant à son expansion. Accéder aux terres devient de plus en plus, selon l’ONG, une stratégie pour profiter des marchés carbone, des ressources minérales et en eau, des graines, du sol et des services environnementaux.

Des journalistes menacés et des paysans ou des indigènes tués

Mais l’organisation observe également que la résistance et la mobilisation face à ces « deals » est en hausse, du fait de la circulation de l’information et des actions entreprises à plusieurs niveaux par divers groupes. Mais cela ne se fait pas sans risque : certains militants sont emprisonnés, des journalistes menacés et parfois même assassinés, et les paysans et autres leaders indigènes sont régulièrement tués, dénonce GRAIN. Pire, les structures off shore et les flux financiers illicites jouent un rôle important dans ce phénomène, accuse l’ONG, citant par exemple le cas de la Colombie, où la Cour des Audits nationale a estimé que les trafiquants de drogue possédaient près de la moitié des terres du pays.

GRAIN estime que ses données montrent combien "l’agrobusiness" s’étend, mais de manière inefficiente, et sans bien sûr se soucier de résoudre les questions de pauvreté rurale ou de faim dans le monde. Mais elle se réjouit du rôle joué par de nouveaux acteurs dans ce débat, notamment institutionnels, qui freinent ces transactions à la source.

De l’Ethiopie à la Chine en passant par le Myanmar ou l’Indonésie

Exagérations de journalistes en quête de sensationnel ou de petits groupes qui seraient en guerre contre le grand Capital ? Ceux qui le croiraient pourraient tout aussi bien lire les analyses du Financial Times – pas exactement une publication apparentée à L’Humanité – pour s’en convaincre : la quotidien des affaires britannique suit avec attention, et même parfois une certaine crainte, l’évolution de l’accaparement des terres, lui consacre des pages entières et offre un trésor de détails sur ces affaires très lucratives réalisées par les groupes qui amassent les terres arables à travers la planète. Et de prévenir : "avec la fin du super-cycle des matières premières, la terre – la ressource ultime – pourrait, ou devenir le prochain gros truc [the next big thing], ou la source de disputes transfrontalières".

Dans une série de reportages récente et intitulée "la Grande ruée vers les terres" (lien payant), les correspondants du journal vont ainsi de l’Ethiopie, où une cinquantaine de pays "loue" des terres et où une résistance forte à des pressions violentes et armées s’est mise en place dans certaines régions du pays, à la Chine en passant par l’Indonésie pour expliquer comment le phénomène menace ces pays d’une manière ou d’une autre.

Ainsi, les témoignages des "dépossédés", fermiers victimes du phénomène au Myanmar, évoquent le destin brisé de paysans qui perdent leurs terres – et donc souvent leur source de subsistance alimentaire – dans un contexte de corruption à peine cachée et d’abus des droits de l’Homme pour se retrouver à trimer pour des groupes industriels étrangers, condamnés à un labeur d’une grande dureté et payé moins de cinq dollars par jour (dans un pays où le salaire horaire s’établit à 36 cents US de l’heure). Déplacements de communautés, dédommagement inadéquat, fausses promesses, les conséquences sont tout aussi tragiques.

"Si on perd notre terre, on ne peut plus rien faire"

"Avant que la terre ne soit accaparée, on pouvait au moins survivre ; mais depuis que nous sommes devenus des travailleurs manuels, on lutte vraiment durement. Nous sommes des fermiers ; si on perd notre terre, on ne peut plus rien faire", témoigne ainsi une "dépossédée" birmane. Et le reporter de conclure : ces pauvres erres connaissent "l’idéal capitaliste à l’envers : de propriétaires d’un lopin avec des moyens indépendants pour survivre, ils sont devenus des paysans sans terre dépendant de petits boulots ou des caprices de leurs employeurs", une fermière ayant même le sentiment d’avoir pris le "chemin de la servitude". Au reste, l’urbanisation contemporaine se nourrit aussi de ces agriculteurs pauvres qui s’en vont bientôt peupler les bidonvilles.

 Certains agissent pour préserver ce qui peut l’être. La Norvège, par exemple, a offert un milliard de dollars à l’Indonésie en 2010 pour sauver ses vastes forêts en tâchant de décourager un déboisement intensif, phénomène qui affecte le pays et contribue bien sûr au changement climatique.

La Banque mondiale a proposé 7 règles pour limiter les effets négatifs

D’autres s’emploient à favoriser une gestion responsable de ces "acquisitions de terre à grande échelle", formule plus policée, afin que les investissements et les bénéfices qu’ils peuvent générer continuent à irriguer les pays sans faire de mal aux populations. Cela se traduit par la création de régimes de propriétés ou de cadastres, d’adoption de lois foncières, ou de titrisations. Les consultations avec les populations locales sont également fortement encouragées pour limiter les conflits.

Dans une étude de 2011 intitulée "Un intérêt mondial émergent pour les terres arables", la Banque mondiale[2] s’est ainsi alarmée du phénomène et de nombre de ses corrélats (dont sa contribution potentielle au changement climatique) et a proposé sept règles pour en limiter les effets négatifs : respect des droits relatifs aux terres et aux ressources, garantie de la sécurité alimentaire, transparence et bonne gouvernance, consultations et participations, agro-investissements responsables, impact social positif durable, et durabilité environnementale.

Et de noter à ce titre que les institutions internationales peuvent assister les pays, notamment en intégrant les informations et analyses relatives aux acquisitions dans les stratégies nationales, en offrant un soutien technique, ou encore en favorisant des convergences entre les parties prenantes en faveur d’agro-investissements plus vertueux.

Dans le même temps, les maisons de négoce en matières premières sont devenues des "titans"

Mais alors que l’accaparement des terres s’accentue, un autre phénomène inquiétant a également été signalé dans le domaine : les maisons de négoce en matières premières sont devenues dans la même période des colosses économiques, le Financial Times allant jusqu’à évoquer la possibilité qu’elles soient devenues "trop grosses pour faillir" (lien payant), que ces groupes devenus des « titans » des matières premières, à l’instar de Glencore, Trafigura, ou Vitol, soient en fait déjà "systémiquement importants". En 2012, les 10 plus gros avaient ainsi un revenu combiné de 1200 milliards de dollars.

Discrètes, voire quasi anonymes, donc peu transparentes, cherchant à minimiser les impôts qu’elles ont à payer au travers de stratégies désormais bien comprises, ces maisons de négoce restent peu sujettes aux réglementations et s’adonnent à la spéculation, altérant artificiellement les prix des aliments ou du pétrole.

Ces titans se sont nourris des besoins en matières premières de la Chine, et en une décennie, les plus grands ont affiché des gains record de 250 milliards de dollars – plus que les cinq plus gros constructeurs automobiles combinés. Aujourd’hui exposés aux cycles affectant les prix des matières premières et à l’impact du ralentissement de la croissance chinoise, ils peuvent donc perdre beaucoup à la faveur de chocs soudains – et générer des dégâts tout aussi conséquents autour d’eux.

Tirer la sonnette d’alarme

On le voit : de la Banque mondiale aux ONG en passant par les universitaires et les médias les plus sérieux, tous tirent la sonnette d’alarme et s’accordent à dire qu’il faut encadrer et brider ces phénomènes qui affectent, trop souvent pour le pire, nos ressources à tous et le destin de ceux qui les cultivent.

Les pays développés, aux institutions plus solides et dotés de davantage de moyens de légiférer, peuvent agir pour initier une dynamique dans la bonne direction sur cette question. Surtout, une initiative internationale jetant la lumière sur l’ensemble de ces transactions est désormais un impératif autant qu’un préalable pour protéger cette agriculture que nous avons plus que jamais en partage.


[1] Dans un entretien réalisé par email le 12 juin 2016.

[2] Dans un souci de transparence, je me dois de préciser que j’ai été consultant à la Banque mondiale de 2007 à 2014.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Mer 3 Aoû - 14:08


reçu de Adé




EN COLOMBIE... La restitution des terres est une opportunité pour reconnaître, qu'au fond, les contradictions internes du modèle de développement est ses modes d'accumulation sont insoutenables; il est donc impératif de politiser le débat sur la possession des terres dans le pays.

Article original : Joseph Martinez, Verdad, restitución de tierras y la aparente contradicción del neoliberalismo Traduction : adé


Fuente de la imagen: https://www.agronews.co

Citation :
Mi-juin, le représentant en Colombie du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme des Nations-Unies, Todd Howland, a accepté une invitation bien étrange en apparence. Dans une lettre ouverte Howland  écrit avoir décidé d'accompagner José Felix Lafaurie dans le périple que celui-ci lui s'était proposé d'effectuer afin de vérifier le bien-fondé des contestations au sujet du processus de restitution des terres en cours depuis 2011 en Colombie. La lettre ouverte de Howland paraît plusieurs mois après les propos de Lafaurie au sujet des restitutions des terres, qui selon lui représenteraient «le premier versement en vue du contrôle territorial» que le gouvernement national offrirait aux FARC (1).

Ce que ni la lettre de Howland, ni les déclarations de Lafaurie ne disent ce sont les arrangements qui permettent ce genre d'affirmations. Il ne s'agit pas de simples bourdes, mais au contraire d'une démonstration très spécifique des manifestations, apparemment contradictoires du néo-libéralisme. Car l'accaparement des terres et leur restitution qu'aujourd'hui Lafaurie désavoue ne peuvent se comprendre sans connaître la raison et la forme de gouvernement néo-libéral.

Dans les années 80, la Banque Mondiale orchestra une transformation des politiques agraires dans des pays tels que la Colombie, au moment-même où Milton Friedman observe le cas du Chili comme un miracle économique facilité par un arsenal de mesures de libre-marché et d'intensives privatisations, et alors même que le gouvernement britannique sous l'égide de M.Thatcher promouvait une réduction du budget de l'État consacré aux dépenses sociales ainsi que d'amples privatisations.

  Au cours de cette décennie sont apparues les politiques '' Market-Led Agrarian Reform'', un type de réforme agraire qui allait supposément permettre une distribution des terres plus adéquate, évitant les conflits, et bien sûr, garantissant une meilleure croissance économique. Les points clés de ce modèle postulaient que la seule façon de parvenir à réformer la distribution des terres était d'établir un marché sur lequel se rencontreraient vendeurs et acheteurs, sans la présence de l'État qui était jusqu'à lors intervenu dans les précédentes réformes agraires.

Dans les années 90, la Loi 160 de 1994, celle-là même qui légalisa les ''Zonas de Reserva Campesina'' (=Zones de Réserve Paysanne), importa le modèle et prétendait distribuer un million d'hectares dans le pays avec les critères soi-disant transparents du libre-marché. La promesse n'a pas été tenue, et les 100.000 hectares environ qui furent affectés par le programme furent acquis pour la plupart par de riches paysans, ou pour citer Saturnino de Borras par ''la bourgeoisie agraire'' (2). Le legs le plus important de cette loi ne sont pas les 100.000 hectares, mais ce qui va advenir grâce aux mesures de libéralisation de l'achat-vente des titres de propriétés des terres du pays.

Il est clair que, bien avant la loi de 1994, la distribution de la propriété des terres en Colombie avait bénéficié aux grands propriétaires, ceux-ci n'hésitèrent pas dès le début du XXème siècle à utiliser la loi, l'argent et milices privées afin d'empêcher toute transformation dans la distribution des terres, et son contrôle dans le pays (3).
La cartographie des propriétés et l'usage productif des terres en Colombie aujourd'hui, concentrée dans l'élevage et les grands projets agricoles, s'est écrite en lettres de sang et feu sous prétexte d'augmentation de la productivité et de croissance économique. Cependant la Loi 160 mérite une place spéciale dans cette histoire, car elle a ouvert la voie à légaliser tous azimuts les expropriations massives des années 1990 et 2000, opérées majoritairement au profit des paramilitaires, des éleveurs et des investisseurs qui saisirent l'occasion pour acheter des terrains dans un but spéculatif.

  «Ou tu vends, ou on négociera avec ta veuve » ( NdT : dans l'original : O vende, o negociamos con la viuda) dit l'aphorisme par lequel les chefaillons paramilitaires légalisaient ''proprement'' certaines expropriations à travers tout le pays, et plus  spécialement dans le nord. La foi absolue dans le marché était telle que l'État, tout autant que les paramilitaires pouvaient déclarer que leurs efforts en vue de la transformation des structures agraires en Colombie avaient été fructueux.

Pour certains, il semblerait que cette relation non-fortuite entre libre marché (pratiques néo-libérales, selon l'expression consacrée) et conflit armé n'existe pas. José Felix Lafaurie, président de la ''Federación de Ganaderos de Colombia'' (NdT=Fédération des Éleveurs de Colombie= FEDEGAN) et Alejandro Ordoñez, Procurador General de la Nación semblent appartenir à ce groupe ( Procuraduría General de la Nación= Organe autonome chargé d'enquêter sur les abus commis par l'état, fonctionnaires ou dépositaires de l'autorité publique, président élu pour 4 ans par le Sénat...https://es.wikipedia.org/wiki/Procuradur%C3%ADa_General_de_la_Naci%C3%B3n_%28Colombia%29 ). Depuis le mois d'avril dernier, Ordoñez n'a cessé d'insister sur la nécessité de réformer le processus de restitution des terres initié par le gouvernement colombien destinée aux victimes des spoliations et expulsions pendant le conflit armé et social en cours dans ce pays depuis des décennies. Son argumentaire est que la restitution a entraîné de nouveaux cas de spoliations vis-à-vis des personnes ayant acquis légalement des terres et devant à présent les restituer à leurs anciens propriétaires qu'ils ne connaissaient pas, et qui en avaient été dépouillés eux-mêmes (4). Ordoñez a affirmé avec véhémence : « C'est quand la loi s'est appliquée  que l'on a découvert les erreurs commises, car rien n'a été prévu des tensions extrêmes que cette loi générerait dans de larges secteurs du ''paysannat'' (NdT : dans l'original: campesinado )colombien. Il semble donc aller de soi que la loi doit être revue puisqu'elle a bénéficié à des tiers ».

Les affirmations de M. Ordoñez laissent des questions en suspens. Qu'en est-il du '' paysannat'', et qui sont ces  ''tiers''? Le titre de propriété fait-il le paysan ? Qui est le tiers, et si celui existe, qui sont les deux autres personnes en question ? Lafaurie en tant que président du FEDEGAN paraît y apporter quelques éléments de réponses.

 Le fait que le procureur Ordoñez viennent prêter main forte au leader de la corporation des éleveurs, qui comptent parmi les pires accapareurs qui soient pourrait  sembler assez amusant, et plus encore lorsque l'on sait que ses déclarations sur le « premier versement » destiné aux FARC ont été prononcées dans la localité de Sabanas de San Ángel et destinées à un public d'éleveurs. Il a mis ceux-ci en garde contre le fait que les Zonas de Reserva Campesina et le Fondo de Tierras,  issus des accords de La Havane, allaient être alimentés avec des terres « honnêtement acquises» par les éleveurs (6).

 Sabanas de San Ángel, Magdalena,  San Alberto, et Cesar sont des lieux où tant Ordoñez que Lafaurie ont été présents afin de recevoir les plaintes de personnes se disant affectées par les restitutions, et insuffisamment indemnisées pour la perte de leurs terrains. San Alberto est un cas qui nuance la discussion et offre des pistes quant à ce qui semble être également en jeu au sujet de l'opposition aux restitutions. Dans cette localité, la spoliation des terres qui s'est produite au milieu des années 90, suite aux déplacements dus aux massacres perpétrés par les paramilitaires en 1995, a bénéficié aux familles des gros éleveurs. Ce cas n'est pas exceptionnel, ni à Córdoba, ni à Magdalena, ni à Cesar.

L'argumentation de Lafaurie et Ordoñez se base sur une position qui peut sembler faible, cependant il ne convient pas de la sous-estimer. Ce qu'ils affirment, c'est que les transactions commerciales concernant la propriété des terres sont absolument légitimes, indépendamment des conditions dans lesquelles elles se sont déroulées. Le marché définit et administre ce qui est juste, ordonné et correct. Au fond, les arguments de Lafaurie et Ordoñez insistent sur le fait que le marché est le lieu de la véridicité -comme le remarque Foucault- où s'établissent les conditions qui valident (ou infirment) les formes de gouvernement, et au passage, l'expérience. C'est pour cette raison que les indemnisations doivent être justes pour les propriétaires devant rendre des terres, même si celles-ci ont été acquises précisément dans le but d'agrandir la superficie des terrains déjà dans leurs mains et dédiés au seul élevage, ce qui tend à aggraver les conditions générales de dépossession.

La sphère de véridicité du marché offre l'opportunité parfaite pour occulter le rapport étroit existant entre certaines formes d'accumulation et les formes de violence et de spoliation en Colombie. Et il est également certain que cette opportunité a été saisie par l'État en Colombie afin de soutenir un modèle de développement nourri de grands projets agro-industriels et extractivistes.  Mais les deux (marché-état)  en ont tiré des conclusions différentes, les uns perçoivent les restitutions comme une menace, car mettant en doute la véridicité du marché, et donc le droit de propriété des éleveurs ; les autres perçoivent ces mêmes restitutions comme une opportunité d'acquisition et de vente des terrains indispensables à la mise en œuvre de l'extraction de pétrole,  de l'industrie minière, ou de la culture destinée à l'exportation. Le néo-libéralisme est hétérogène et se confronte à lui-même d'une façon telle qu'il semblerait que ses principes fonctionnels sont en jeu, alors qu'il n'en est rien.

La restitution des terres constitue en fait une opportunité pour reconnaître, qu'au fond, les contradictions internes du modèle de développement, et de ses modes d'accumulation sont insoutenables ; il est donc impératif de politiser le débat sur la possession des terres dans le pays. La réforme agraire, la réforme de la propriété terrienne, ne doit pas se penser comme un processus légitimant la marchandisation  des rapports avec la terre, c'est-à-dire comme légalisation des titres de propriété dans le but de démocratiser l'accès et la participation au marché. La réforme agraire doit être une proposition de transformer, non seulement la propriété du sol, mais aussi son contrôle et les conditions de son accès, ceci exige de transformer les rapports de force sociaux qui rendent possible la spoliation et la dépossession en éliminant toute relation à la terre hormis celle de son exploitation, ses matières premières et le profit que l'on en tire. Ceci implique à son tour que la transformation de la tenure des sols ne peut avoir pour objectif un « juste distribution », entre des « paysans » ou des « tiers », dixit Ordoñez, mais bien un bénéficiaire particulier, ce que précisément ne sont pas les grands propriétaires, éleveurs, ou planteurs, ni les entreprises d'extraction minière. Ceci s'avère constituer une nouvelle sphère de véridicité.

Notes :

1- Contexto ganadero(2016). « Estamos listos para un debate serio con ONU Colombia » Lafaurie. =Nous sommes prêts à un débat sérieux avec l'ONU Colombie.
De : http://www.contextoganadero.com/politica/estamos-listos-para-un-debate-serio-con-onu-colombia-lafaurie

2- Borras, S. (2003). Questioning Market-Led Agrarian Reform : Experiences from Brazil, Colombia and South Africa, Journal of  Agrarian Change, 3 (3), p.321 à 394. The Agrarian Question and Vilolence in Colombia : Conflict and Developement. Journal of Agrarian Change, 11 (3), p. 321 à 356.

3- Thompson, F. (2011). Questioning Market-Led Agrarian Reform : Experiences from Brazil, Colombia and South Africa, Journal of  Agrarian Change, 3 (3), p.321 à 394.

4- El País (2016). Polémica nacional por la ley de restitución de tierras. =Polémique nationale sur la loi de restitution des terres.
Sur : www.elpais.com.co/elpais/colombia/proceso-paz/noticias/restitucion-tierras-tema-ahora-enfrenta-gabierno-y-procuraduria

5- On estime que le la grande propriété vouée à l'élevage (latifundio ganadero) est l'un des facteurs qui a le plus contribué à l'accaparement des sols en Colombie. Selon des estimations, les terres dévolues à la pâture ont augmenté depuis l'année 2000 à ce jour de 470.000 hectares. Plus sur l'accaparement des terres en Colombie : GRAIN (2015) Acaparamientos de tierras en Colombia.
Sur :  https://www.grain.org/es/article/entries/5251-acaparamiento-de-tierras-en-colombia

6- El Espectador (2016) « Era evidente el libreto » : Minagricultura sobre evento que convocó el procurador. = ''Le livret était évident'': Minagriculture (sic) sur la conférence convoquée par le procureur.
Sur : http://www.elespectador.com/noticias/economia/era-evidente-el-libreto-minagricultura-sobre-evento-con-articulo-626307.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Jeu 18 Aoû - 12:30





Un Amérindien devant le Congrès à Brasilia, pendant la manifestation contre l'amendement PEC 215 en mars 2015
Photo: Richard Silva/PCdoB à la Chambre de Députés. CC BY-NC 2.0


Ce texte a originalement été publié sur le site de l'Institut Socio-environnemental (ISA), avec lequel Global Voices entretient un partenariat pour la republication de textes.

liens dans le texte original
Citation :
Le Congrès brésilien a repris ses activités au début du mois d'août. Et les menaces contre les droits socio-environnementaux ne cessent de s’amonceler. Divisée en sous-groupes distincts, l'action du Front parlementaire ruraliste (NdT: qui défend les intérêts des grands propriétaires terriens), du lobby des sociétés d'exploration et des industries d'exploitations minières, suit son chemin à la Chambre des Députés.

Pour tout comprendre, voir ci-dessous les principales menaces contre l'environnement et les populations indigènes et traditionnelles — et pourquoi nous nous devons d'avoir l’œil sur chacune d'entre elles.

La fin du permis d'exploitation environnemental

Ce projet d'amendement constitutionnel PEC 65/2012, doit tout simplement mettre fin au permis d'exploitation minière, principal instrument de contrôle et de prévention prévu par la loi contre les dommages écologiques. Il stipule que la simple présentation d'une étude de l'impact environnemental (EIA-Rima) réalisée par une entreprise, entrainera automatiquement son autorisation et qu'à partir de là, rien ne pourra plus la suspendre ni l'annuler.

Si le projet est approuvé, il n'y aura plus d'analyse approfondie concernant la viabilité socio-environnementale de quelque chantier que ce soit. Les populations et les écosystèmes touchés seront à la merci de la bonne volonté des industriels.

Le PEC est revenu devant la Commission Constitution et Justice (CCJ) du Sénat, qui doit rapidement se prononcer sur l'opinion contraire du sénateur Randolfe Rodrigues (Rede-AP). Ensuite, le projet sera présenté à la commission parlementaire et, si il est approuvé, soumis à la Chambre des Députés. Il est inclus dans “l'Agenda Brasil”, un ensemble de mesures prioritaires du Président du Sénat, Renan Calheiros (PMDB-AL).

Il est possible de donner son avis sur le Portal do Senado. Deux pétitions sont actuellement en cours sur les sites Avaaz et Change.org pour demander son retrait .

Un turbo-permis d'exploitation environnemental

Ce projet de loi du Sénat (PLS) entend affaiblir le permis d'exploitation environnemental, en réduisant à huit mois le délai d'obtention du permis, tout du moins en ce qui concerne les grands chantiers considérés comme stratégiques par le gouvernement – un “turbo-permis”.

Le projet intéresse en premier lieu de grandes entreprises, comme les sociétés d'exploitation minières, dont un certain nombre impliquées dans les récents scandales de corruption. S'il passe, les risques de désastres écologiques seront de plus en plus nombreux, comme celui de Mariana en novembre 2015, lorsqu'un barrage avait cédé, déversant des tonnes de résidus d'exploitations dans le bassin du Rio Doce. Il deviendra alors de plus en plus difficile d'éviter et d'atténuer les dommages socio-environnementaux causés par les sociétés d'exploitation minières.

Le projet ne prévoit pas d'auditions publiques et élimine toute une séries d'étapes du processus d'obtention du permis, y compris les trois phases de licence préalable, d'installation et d'exploitation.

L'amendement pourrait donc être voté à n'importe quel moment en assemblée plénière au Sénat. S'il était approuvé, il serait présenté à la Chambre des Députés. À l'origine de la proposition, se trouvent les sénateurs Romero Jucá (PMDB-RR) et Blairo Maggi (PR-MT), autrement dit, le ministre de l'agriculture en exercice et aussi, l'un des plus grands producteurs de soja au monde.

Jucá est l'un des principaux adversaires des droits indigènes, et fait l’objet de quatre enquêtes au STF (Tribunal Suprême Fédéral ) et de deux actions en justice intentées contre lui devant le Tribunal Fédéral. Maggi, est quant à lui sous le coup d'une enquête au STF, pour blanchiment d'argent, ainsi que d'une action intentée contre lui devant le Tribunal Fédéral pour improbité administrative.

En plus du Portail du Sénat, où l'on peut s'exprimer, une pétition contre le projet circule aussi sur Petição Pública. On peut envoyer des messages contre le projet par la Panela de Pressão.

Biodiversité en danger

Un autre PLS (Projet de Loi du Sénat) souhaite autoriser l'implantation d'aires et de parcs aquacoles jusqu'à 0,5% de la superficie des lacs, plans d'eau et retenues de barrages du domaine de l'Union (NdT: On rappelle, ici, que le Brésil est une république fédérative). Sous ce prétexte, il fragilise ou annule les dispositifs mis en place pour exercer un contrôle sur les activités dans ce secteur.

Il permettrait par exemple, la pratique de la pêche sans permis, ni concession, ni autorisation ou enregistrement émis par l'organisme compétent. Le projet de loi ouvre la route à l'introduction d'espèces non-natives dans ces zones, ce qui constitue évidemment une grande menace pour le biodiversité, la pêche et l'aquaculture des poissons de la région.

Le projet peut être voté à n'importe quel moment à la Commission Constitution et Justice du Sénat. S'il était approuvé devant les autres commissions, il pourrait se retrouver directement à la Chambre des Députés, sans passer par l'assemblée plénière.

L'auteur en est le sénateur Marcelo Crivella (PRB-RJ), candidat à la mairie de Rio de Janeiro et ministre de la Pêche du gouvernement Dilma Rousseff, et répond aux attentes des grandes entreprises du secteur. On peut voter contre ce PLS sur le Portail du Sénat.

PEC 215: La grande menace qui pèse sur les droits indigènes

La Proposition d'Amendement à la Constitution (PEC) 215/2000 est une des atteintes les plus graves aux droits indigènes garantis par la Constitution et c'est aussi l'un des chevaux de batailles des ruralistes. La proposition prétend transférer du gouvernement fédéral au Congrès la possibilité d'avoir le dernier mot en ce qui concerne les Terres Indigènes. Selon les règles actuellement en vigueur, il revient à la Fondation Nationale de l'Indien (FUNAI), au Ministère de la Justice et à la Présidence de la République de prendre l'ultime décision dans les cas de litige sur les démarcations de terres.

Si le projet est approuvé, la reconnaissance des terres indigènes, en cours de réalisation, devrait être pour de bon paralysée. Il sera voté en assemblée plénière à la Chambre des Députés et passera ensuite au Sénat. Trois pétitions sont en circulation sur Avaaz, Petição Pública et Ipetitions.

Enfoncées, les portes des Terres Indigènes

Toujours du même auteur, le sénateur Blairo Maggi (PR-MT), le PEC 76/2011 ambitionne d'ouvrir les Terres Indigènes à l'installation d'usines hydroélectriques, d'activités minières avec leur grand potentiel de destruction de l'environnement et des modes de vie des populations traditionnelles. En attente de décision en assemblée plénière au Sénat, s'il est approuvé, il passera devant la Chambre des Députés.

Avec les leaders indigènes, l’ISA a dénoncé le projet à la Conférence sur le Climat de Paris (COP-21), l'un des plus grands rendez-vous sur l'environnement de l'histoire, en décembre 2015. On peut, là aussi, voter contre, sur le Portail du Sénat.

Retarder et compliquer les démarcations

Deux projets de loi (PLs 1.216/2015 et 1.218/2015) prétendent, dans la pratique, compliquer au maximum les démarcations de terres indigènes en instituant, par exemple, un “cadre temporel” pour prouver son droit à la terre : en cas d'approbation de ces textes, seuls seraient reconnus les territoires occupés par les indigènes à la date de la promulgation de la Constitution Fédérale, le 5 octobre 1988 (NdT: autant dire pas grand chose, puisque les démarcations ont commencé bien après cette date).

Les deux projets passent en ce moment à la Commission Constitution et Justice de la Chambre des Députés et seront ensuite présentés en assemblée plénière. En cas d'approbation, ils iront au Sénat. L'auteur du PL 1216, le député ruraliste Covatti Filho (PP-RS) est financé par l'industrie agro-alimentaire.

Exploitation minière en terre Indigène

Un autre projet du sénateur Romero Jucá (PMDB-RR), a pour but de permettre l'activité minière en terres indigènes. La proposition est une menace pour les peuples indigènes et l'environnement, l'industrie minière étant une activité hautement préjudiciable dans le domaine socio-environnemental. Les communautés indigènes n'ont pas été consultées sur le sujet, ce qui va à l'encontre de la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), que le Brésil a signée.

S'il est approuvé par la commission spéciale, le PL suivra en commission plénière. Depuis quelques année, l'ISA surveille le déroulement de la procédure du projet, ainsi que les demandes d'enquêtes et les procès en cours concernant les terres Indigènes en Amazonie pour attirer l'attention sur cette menace.

Un nouveau Code de l'activité minière

Le nouveau Code de l'activité minière entend simplifier les procédures nécessaires à leur mise en oeuvre, qui a en général de gros impacts socio-environnementaux. Il apporte peu de garanties environnementales, sociales ainsi qu'en termes de droit du travail, pour les populations et les zones affectées. La proposition intéresse bien évidemment l'industrie minière, puisqu'elle affaiblit le pouvoir de l'État, en termes de régulation de l'accès du secteur privé aux ressources minérales.

L'actuel rapporteur du projet, le député Laudívio Carvalho (SD-MG), peaufine une nouvelle proposition, mais on ne sait pas encore laquelle des deux sera soumise au vote, ni devant quelle instance (commission ou assemblée plénière) elle le sera, et encore moins quand. Parmi les donateurs de la campagne du député, se trouve la multinationale Vale (NdT: ex Vale do Rio Doce, en partie responsable du désastre écologique de Mariana).

Une pétition contre le Nouveau Code minier circule sur le site Petição Pública.

C'est transgénique ?

Le Projet de Loi nº 34 de 2015 de la Chambre des Députés met fin à l'obligation d'apposer le symbole “T” sur l'emballage des produits transgéniques. La proposition a été approuvée par la Chambre des Députés mais rejetée ensuite par la Commission Sciences et Technologie du Sénat en audience publique, suite à la divulgation d'un avis contraire et de manifestations de la part de l'ISA et d'organisations partenaires.

La proposition passe aujourd'hui [le 8 août] devant la Commission Agriculture du Sénat et, ensuite, devant les Commissions de l'Action Sociale et de l'Environnement. L'auteur du PL, le député Luís Carlos Heinze (PP-RS), est l'un des parlementaires ruralistes les plus radicaux et l'un des principaux auteurs de projets anti-indigènes et anti-environnementaux à la Chambre des Députés. En 2013, lors d'un discours à Vicente Dutra, dans l'Etat du Rio Grande do Sul, il a soutenu que “les quilombolas (NdT: descendants d'esclaves vivant en communautés en milieu rural, mais plus généralement, les pauvres), les Indiens, les gays, les lesbiennes” étaient “tout ce qu'il y avait de pire”. Il fait l'objet de l’une des enquêtes de l'opération Lava Jato du STF.

Des pétitions circulent, toujours sur Avazz et Petição Pública contre ce projet.



Ecrit par ISA Conheça 9 projetos de lei que ameaçam direitos socioambientais no Brasil 8 août 2016

Traduit par Jean Saint-Dizier

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Dim 18 Sep - 8:22


via le compte tweeter
Extractivismo @Extractivismo

Extractivismo: minería, hidrocarburos, monocultivos y otros emprendimientos extractivistas. Programa de CLAES





“El capitalismo está acabando con la vida y la especie humana” Hugo Chávez Frías

“O muere el capitalismo o muere la Madre” Tierra”, Evo Morales

“Si en esta conferencia (Cumbre de París) fracasamos y no logramos acuerdos vinculantes para proteger este único planeta que tenemos, podría empezar el entierro de nuestra civilización”
Rafael Correa

“Cambiar el sistema para ponerlo en servicio de los seres humanos, al servicio del pueblo, al servicio de la sobrevivencia en el planeta, en la Pachamama”
Nicolas Maduro


Citation :
Desde mediados del siglo pasado, se ha suscitado un intenso debate sobre las características del proceso de desarrollo de nuestras sociedades y la configuración de los estados nacionales en el marco de la expansión del neocolonialismo. Las elites políticas e intelectuales reproductoras de la visión eurocentrica impulsan un imaginario donde las tesis desarrollistas, y neodesarrollistas, en el presente, han marcado el devenir de los programas y estrategias de las políticas públicas cuya finalidad es avanzar en la consolidación de un modelo de desarrollo a imagen y semejanza de las sociedades del norte (EE.UU y Europa) ejes del sistema mundo moderno global del capitalismo. A la par, sectores progresistas y revolucionarios promueven las ideas de ruptura con la lógica y el orden capitalista, y la necesidad de construir una sociedad alternativa al capitalismo, a partir de la reconceptualización y redefinición de la noción de desarrollo. Discusión situada en el ámbito de lo económico y de lo sociopolítico, sin éxitos aún en el plano de lo concreto.

El inicio del siglo XXI avizoró una esperanza. La insurgencia de los gobiernos progresistas del continente, a partir de las experiencias de Brasil, Bolivia, Argentina, Venezuela y Ecuador, presentaban en el plano ideopolítico un cuestionamiento al orden establecido, y un discurso antineoliberal que contaba con amplio apoyo popular. En el plano económico, impulsaron estrategias distributivista orientadas a disminuir las desigualdades entre los distintos sectores sociales, y en lo externo, impulsaron políticas integracionistas orientadas a romper la hegemonía del orden económico internacional dominante. En la actualidad, la discusión sobre los modelos de desarrollo sigue vigente, por cuanto, el eje nuclear de la misma, sigue sin obtener respuesta, y es lo atinente al modelo de desarrollo que estamos construyendo. Si el mismo insurge contra la lógica de acumulación capitalista, o por el contrario, se apoya en la misma dinámica extractivista-rentista que estimuló la dependencia, el atraso y la pobreza. En definitiva, el modelo primario exportador, como instrumento de articulación y entrega de recursos de nuestras economías al sistema global del capitalismo.

Neoextractivismo y la lógica depredadora

El desarrollo del capitalismo en América latina está basado en la practica extractivista caracterizada como lo señala Gudynas (2012) por la explotación de grandes volúmenes de recursos naturales de origen agrícola y minero que se exportan como mercancías implicando la transferencias de importantes recursos que ingresan al circuito global del capitalismo. La expoliación de nuestros recursos naturales ha sido una constante. La lógica depredadora que sustenta el desarrollo del capitalismo ha sido la causante del deterioro de las condiciones socioambientales en el planeta. El daño ocasionado al medio ambiente como consecuencia del modelo de desarrollo es incalculable. En este sentido, el ascenso de los gobiernos progresistas a inicios del siglo XXI, no significó una ruptura con el esquema extractivista, derivando en un modelo de desarrollo denominado neoextractivismo1 que si bien presenta diferencias o matices con el extractivismo clásico, en cuanto a que impulsaron un nuevo marco normativo que intenta desde el estado controlar las distintas fases del proceso extractivista incluyendo una serie de impuestos y tributos que incrementan los ingresos fiscales de los estados, no es menos cierto, que en términos estructurales no implicó cambios significativos en cuanto al impulso de nuevas formas de organización de la producción y el trabajo, ni una ruptura con la lógica productiva depredadora -expoliadora –neocolonial, sobre el cual se asienta el modelo neoextractivista..

Plan de la patria y Arco Minero

Se presentan una serie de contradicciones de carácter teórico, ideológico, filosófico, económico y político entre los programas y políticas públicas propuestas y la orientación progresistas, revolucionaria de los gobiernos de América del sur. En particular en el caso de Venezuela, al analizar el Plan de la Patria 2013-2019 se observa el énfasis en la consolidación del papel de Venezuela como potencia energética mundial, basado en la explotación de los recursos petroleros, gas y la minería. Se propone algunas acciones que citaré a continuación…” A) incrementar el nivel de prospecciones geológicas para aumentar la certificación de reservas de minerales a nivel nacional. B). Explorar nuevos yacimientos minerales en el Escudo de Guayana, Sistema Montañoso del Caribe, Cordillera de los Andes y Sierra de Perijá, con la prospección geológica y la utilización de nuevas tecnologías de bajo impacto ambiental .C) Duplicar las reservas minerales de bauxita, hierro, coltán (niobio y tantalita), níquel, roca fosfórica, feldespato y carbón, con la certificación de los yacimientos ubicados en el Escudo de Guayana, Cordillera de los Andes, Sistema Montañoso del Caribe y la Sierra de Perijá. D). Duplicar las reservas minerales de oro y diamante con la certificación de los yacimientos ubicados en el Escudo de Guayana, para su utilización como bienes transables para el fortalecimiento de las reservas internacionales. E) Desmontar el sistema neocolonial de dominación imperial”.2 Estas líneas de acción no implican una ruptura con el modelo neoextractivista-rentista y con la lógica industrialista de alto impacto ambiental. Hasta el presente la explotación de yacimientos minerales como el oro, diamante y coltan, entre otros, implican un deterioro irreversible al ambiente, no se dispone de tecnología de bajo impacto como lo señala el plan de la patria. Por el contrario, las corporaciones transnacionales dedicadas a estas actividades tienen un amplio prontuario de ecocidios en el planeta como la Gold Reserve, para mencionar solo una de las 150 empresas invitadas a participar en la explotación de la zona de desarrollo estratégico que abarca 111.843 km cuadrados, el llamado Arco minero. Por otra parte, el quinto de los grandes objetivos históricos del Plan de la Patria plantea “Contribuir con la preservación de la vida en el planeta y la salvación de la especie humana, y la necesidad de construir un modelo económico productivo ecosocialista, basado en una relación armónica entre el hombre y la naturaleza, que garantice el uso y aprovechamiento racional y óptimo de los recursos naturales, respetando los procesos y ciclos de la naturaleza”. Al analizar los acuerdos firmados con las empresas transnacionales, se infiere que el propósito e intereses de esas corporaciones son radicalmente distintos a lo propuesto en este quinto objetivo del plan de la patria. Extensas zonas de bosques y selvas están en peligro, al igual que la población indígena que habita la región. El arco minero se extiende a la cuenca del Orinoco, Caura, Caroní, la sierra de Imataca, norte del estado Bolívar y una parte del estado Amazonas y Delta Amacuro. Región estratégica para la conservación de la biodiversidad. Se refuerza la dependencia tecnológica y financiera colocándose en peligro la soberanía y la independencia nacional. Contribuyendo al deterioro de la calidad de vida de la población del planeta y poniendo en peligro la especie humana, objetivos contrarios a lo propuesto en el plan de la patria. En este sentido, desde diversos sectores sociales, movimientos, indígenas, organizaciones políticas y revolucionarias han alertado sobre la inconveniencia y lo contradictorio del Desarrollo del Arco Minero, en tanto que reproduce el modelo extractivista-rentista, favoreciendo a los grupos transnacionales y al gran capital. Es imperativo que se propicie un espacio para la discusión sobre un tema central para el proceso revolucionario, como es el de definir y conceptualizar el modelo de desarrollo que queremos transitar y el tipo de sociedad que queremos construir, a los fines de superar las contradicciones que se presentan entra la teoría y la praxis, para avanzar hacia un modelo que supere el neoextractivismo y el neodesarrollismo, presente en el accionar de los gobiernos progresistas y revolucionarios de América latina. La gravedad del problema obliga a no perder tiempo. Profundicemos el debate y la discusión para superar las contradicciones de la revolución bolivariana con relación a este tema vital para definir el desarrollo del proceso histórico de construcción de una sociedad alternativa a la sociedad capitalista.


Referencias Bibliográficas

Gudynas E (2012) Nueva Sociedad No 237, enero-febrero de 2012, www.nuso.org

(2009) «Diez tesis urgentes sobre el nuevo extractivismo. Contextos y demandas bajo el progresismo sudamericano actual» en aavv: Extractivismo, política y sociedad, caap / claes, Quito, Plan de la patria 2013-2019. Gobierno de la República Bolivariana de Venezuela.Caracas.2013

*sociologo44@hotmail.com

1 Revisar: E. Gudynas: «Diez tesis urgentes sobre el nuevo extractivismo. Contextos y demandas bajo el progresismo sudamericano actual» en aavv: Extractivismo, política y sociedad, caap / claes, Quito, 2009.

2 Ver Plan de la Patria 2013-2019. Gobierno República Bolivariana de Venezuela pp.27-37


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Tristan Vacances



Messages : 373
Date d'inscription : 21/12/2016

MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Sam 21 Jan - 16:35


Land Grabs Are Partly To Blame For Skyrocketing Violence In Central America
Global firms and local elites are taking land from farmers, which pushes them to cities, where jobs are few
.

Saskia Sassen  HuffPost 01/16/2017
Sociology Professor, Columbia University;
Author, “Expulsions: Brutality and Complexity in the Global Economy”


Thousands of Central American migrants ride atop trains,
known as La Bestia, or the Beast, through Mexico to reach the U.S.

JOHN MOORE VIA GETTY IMAGES

Citation :
In 2013, San Pedro Sula in Honduras was the world’s murder capital, with a murder rate of 187 murders per 100,000 inhabitants, driven by a surge in gang and drug trafficking violence. Nationwide, the year before, Honduras’s murder rate was 90 murders per 100,000 people ― the highest in the world.

What’s behind this ongoing surge in gang and drug trafficking violence? The answer is multi-faceted but a key element has been overlooked again and again: Local elites and foreign corporations gained control over much of the land that could grow crops, forcing smallholder farmers off their land.

After a land grab, large cities are often the only places farmers and others from rural parts of the country can go. But the cities offer few economic options for the migrants, and in response, they too often are targeted by gangs that make up a murderous urban sub-culture. Thus, many Central American refugees showing up at America’s door are both refugees of urban violence and, before that, of land grabs.

Many Central American refugees showing up at America’s door are both refugees of urban violence and, before that, of land grabs.

Honduras is a prominent example. Land grabs accelerated there in the 1990s after the government passed the Agricultural Modernization Law, which privatized collective landholdings. This favored large landholders and destroyed the claims of smallholders, who typically do not have modern-style contracts affirming their land ownership. According to Tanya Kersson, author of Grabbing Power: The New Struggles for Land, Food and Democracy in Northern Honduras, a few powerful landowners grabbed more than 21,000 hectares in a short period between 1990 and 1994. This accounted for 70 percent of peasant lands in the Lower Aguan Valley, one the most fertile areas in the country and the site for much of the land conflict in Honduras.

Land grabs and violence against rural Hondurans have gotten worse since the 1990s. The 2009 military coup gave the large landholders even more flexibility in expelling small landholders from their land. The incentives for doing so also grew with the entry of rich foreign corporations and strong World Bank support. A prominent company called Dinant Corporation, which is owned by one of Honduras’s most powerful men, has been accused of killing over 100 peasants in recent years. Dinant is financed by the World Bank’s International Finance Corporation, supported by the U.N. Clean Development Mechanism and has links with global corporations like Mazola Oils.

Honduras is not the only country where this is happening. Large corporations have been taking control of rural land in many parts of the world over the last decade. That access is sometimes lawful but other times shadowy, and it is sometimes accompanied by brutal armed conflict against unarmed peasants. Globally, land grabs accelerated in the mid-2000s, putting a large number of smallholders in crisis. Large foreign corporations joined in, and there have been killings and terrorizing of smallholders who fight back.


This chart from the Land Matrix Global Observatory,
an organization that tracks the conversion of smallholder land to corporate use,
shows transnational agricultural deals.

LAND MATRIX GLOBAL OBSERVATORY

Much of what gets registered as “modernization and development” by governments and institutions like the World Bank looks very different to local peasants and local activists, journalists and scholars. They see environmental destruction and criminal activity. The companies do create some rural jobs but those workers are underpaid and overworked. The costs associated with some development projects have been known for years, especially in Honduras, where dozens of legal practitioners and human rights defenders, not to mention farmers and environmentalists, have been killed over the past few years. Many of these crimes remain unsolved.

The consequences of these rural expulsions are varied, and the connections with land grabs are rarely made. For instance, the U.S. Border Patrol was taken by surprise when 63,000 unaccompanied minors, most from Central America, crossed the southern border of the U.S. between Oct 1, 2013 and July 31, 2014. This was nearly twice the number of previous years. The explanation given by the children was “La Violencia,” referring to the violence in the cities. Fear led them to cross the whole of Mexico to get to the U.S. For most, their parents were dead or in prison. Neither the border patrol nor most analysts of this surge in unaccompanied migrant children connect La Violencia with the fact that many of their parents were forced from their land and fled to the cities.

Much of what gets registered as ‘modernization and development’ looks very different to local peasants.


Toward the end of 2014, the U.S. Border Patrol predicted up to 90,000 unaccompanied children would cross into the U.S. that year. The U.S. government asked Mexico to control its southern border to stem the flow of migrants from Central America. Between October 2014 and April 2015, Mexico detained almost 93,000 Central American migrants. Detention by Mexico’s guards at its southern frontier was brutal and put the U.S. in a dubious position. Washington eventually loosened the pressure on Mexico’s southern border detentions. So once again, the flow of Central Americans to the U.S. border, if they could make it that far, jumped sharply.

Countless individuals and families making this long trip have died, given up, stayed somewhere in Mexico or been kidnapped to work in plantations, mines or the sex economy. And these migrations are not likely to end. In addition to the violence, Honduras, Guatemala and El Salvador are among the poorest nations in Latin America with 21 percent, 11 percent and 4 percent, respectively, of their people living on less than $2 a day.

Little will be learned from all this as long as the explanation from entities, such as the World Bank, and other experts is focused on gang violence in poor areas of cities. La Violencia is out of control. But these cities were not always this way. Violence does not fall from the sky. It is made. In this case, it is made partly by large modern corporations that expel small farmers.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Mer 1 Fév - 21:33


chères terres rares


vidéo conseillée

« Le Moyen-Orient a le pétrole, la Chine a les terres rares »
Deng Xiaoping 1992


j'ai découvert la question des "terres rares" par un polar du franco-mongolien Ian Manook, Yeruldelgger, mine d'infos passionnantes sur la Mongolie ancestrale et contemporaine, très primé bien qu'assez mal écrit

Citation :
[les terres rares] sont dix-sept éléments chimiques qui sont devenus indispensables à toute nouvelle technologie. Pas d'éoliennes, pas de moteurs hybrides, pas de panneaux solaires, pas de nouveaux alliages sans eux. Le Chine revendique quatre-vingt quinze pour cent des ressources en terres rares et vient de décider de ne plus en exporter. Elle va organiser ce qu'on appelle déjà l'« industrialisme de pénurie » où la demande sera si forte que le prix ne sera même plus le critère de choix. Le critère sera politique. Permettre ou non à tel pays de développer son industrie ou pas.
p. 619

cet article concerne principalement les éoliennes, et le capitalisme vert des ONG, Greenpeace en tête


Le développement de technologies vertes telles que les éoliennes reposent sur les « terres rares », dont l’exploitation en Chine se fait dans des conditions sanitaires et environnementales scandaleuses.

Citation :
L’appellation « terres rares » regroupe un ensemble de 17 éléments chimiques comprenant le scandium, l’yttrium et les 15 lanthanides (en gros tous les éléments chimiques allant du numéro atomique 57 au 71). Évidemment, à moins de maitriser la chimie comme un Walter White, ces éléments ne vous disent probablement rien. Pourtant, ceux-ci sont présents en petites quantités depuis longtemps dans la plupart des produits high-tech qui garnissent notre quotidien.




Si le développement des nouvelles technologies tend à pousser la demande de terres rares à la hausse, une industrie s’est nettement démarquée du lot pour sa demande exponentielle de terres rares ces dernières années : j’ai nommé l’industrie éolienne ! Pourquoi donc ?




Comme vous le voyez ci-dessus, une éolienne cache dans ses entrailles toute une panoplie d’équipements dont un alternateur à aimants permanents. Ces fameux aimants permanents – extrêmement couteux au passage – sont généralement en partie composés d’un alliage de terres rares (néodyme-fer-bore dans la majorité des cas, avec de plus petites quantités de dyprosium et de praséodyme). Ainsi, pour fabriquer une éolienne de 3 MW, la compagnie Frontier Rare Earths, spécialisée dans le domaine des terres rares, cite des quantités de terres rares allant jusqu’à 2 700 kg ! Avec le développement de l’éolien au niveau mondial, l’industrie des terres rares s’attend donc à une demande de plus 8 000 tonnes de la part de l’industrie éolienne en 2014.

Sur la route des terres rares…

Si les terres rares sont assez uniformément réparties au sein de la croûte terrestre (on en a trouvé sur tous les continents), la Chine en est aujourd’hui incontestablement le premier producteur mondial avec 97% de part de marché ! D’autant plus surprenant quand on sait que jusqu’au cours des années 80, les États-Unis étaient les premiers producteurs mondiaux avec le dépôt de Mountain Pass en Californie.

Dans un marché en pleine augmentation comme celui-ci, comment les Chinois ont-ils fait pour conquérir la quasi-totalité du gâteau ? En broyant les prix, pardi ! Et là, arrive la question qui fâche : comment ont-ils broyé les prix ? Tout d’abord, la main d’œuvre chinoise est relativement abordable, même si les mineurs travaillant dans le domaine des terres rares sont relativement mieux payés que leurs compatriotes (£145 par mois en 2010, d’après un envoyé spécial du Daily Mail). En fait, le gros des économies réalisées par les compagnies minières chinoises vient du non-respect systématique de l’environnement et de la sécurité de leurs travailleurs, et comme vous allez le voir, la situation est réellement peu réjouissante.

En Chine communiste, les informations sensibles sont strictement contrôlées. De fait, il est extrêmement dur d’accéder aux fameuses mines de terres rares et encore plus ardu d’en ramener des images. Cependant, le Daily Mail a réussi à réaliser deux reportages exclusifs dans l’une d’elles, en Mongolie Intérieure en 2010, reportage dont j’aimerais reprendre ici les faits saillants et les images.



mine de Baiyun Obo


Autant vous dire que les photos ci-dessus n’ont pas été approuvées par les autorités chinoises ! En ce qui concerne, l’extraction des terres rares, celle-ci a lieu dans des conditions complètement impensables pour un Occidental, je me permets ici de traduire un passage du reportage du Daily Mail :


Citation :
À l’intérieur de l’usine, de l’acide sulfurique à ébullition coule dans des tranchées ouvertes et de la lave jaune en fusion jaillit des fourneaux rotatifs. L’air remplit de sulfure piquait les yeux et brûlait les poumons. Les vêtements des ouvriers étaient parsemés de tâches d’acide.

« On nous donne des uniformes au début mais ils se font rapidement ronger par l’acide » m’a dit un des travailleurs dont le pantalon était couvert de brûlures d’acide. « On nous donne des gants et des masques. Mais les masques ne font pas grand chose. J’ai du mal à respirer après mes shifts de 12 heures. »


À l’intérieur de ces ateliers, les conditions de sécurité sont inadéquates et le matériel rudimentaire, comme le montrent ces mages [non actives]

Évidemment, cette accumulation de négligences et d’irresponsabilité totale se devait de produire son lot d’effets pervers dans les régions minières de la Mongolie Intérieure [c'est le thème du polar évoqué]. En premier lieu on pourrait citer le fait que tous les habitants de la région portent désormais des masques partout où ils vont, ou encore le fait que des villages entiers aient été déplacés, ou encore que les radiations radioactives du bassin de résidus (photo 2) sont 10 fois supérieures à ce que l’on mesure aux alentours (l’exploitation des terres rares met à nu des roches relativement radioactives habituellement enfouies). On pourrait encore parler des cas de cancer surabondants, des cas d’ostéoporoses, des enfants qui naissent avec des malformations osseuses, etc. En fait, dans cette région, c’est l’environnement entier qui est devenu inhabitable, même les eaux de surface ont été jugées impropres à l’irrigation ! Ce désastre environnemental, c’est le prix à payer pour produire du néodyme à des prix ridiculement bas comme les font les Chinois.

Voilà la face cachée de l’industrie éolienne, une industrie dont les produits, déjà hors de prix et peu performants, souvenez-vous, ne pourrait sûrement pas se relever d’une augmentation substantielle du prix des terres rares du fait de la mise en place de règles environnementales sérieuses en Chine. Alors, comme vous l’imaginez, dans l’industrie on se garde bien d’évoquer le sort des régions reculées de la Chine où le précieux néodyme est extrait dans des conditions absolument catastrophiques.

Une vérité qui dérange…

Devant un tel scandale sanitaire et environnemental, j’ai donc été curieux de connaître le point de vue des grosses organisations environnementales de ce monde (Greenpeace, WWF, Environmental Defense, etc.) sur le sujet.

Chez Greenpeace : Apparemment, chez Greenpeace, le néodyme, ça n’évoque rien [...] Visiblement, chez Greenpeace le scandale des terres rares en Chine, on ne connait pas. Étrange, pas la moindre publication, photo, vidéo ou dépêche…




Essayons chez le WWF : Chou blanc encore… J’ai essayé avec les mots clés « rare earths mining China » mais le moteur de recherche se bornait à me sortir une liste d’animaux en danger n’ayant rien à voir avec le sujet. Essayons encore ! Chez Environmental Defence maintenant :

À force de recherche, j’ai bien fini par trouver quelques références au problème des terres rares en Chine sur quelques rares sites d’ONG (ex : le site des Amis de la Terre). Mais, là encore, peu de détails, et surtout aucun lien entre cette industrie et l’industrie éolienne. Pourquoi donc ce silence assourdissant des ONGs, elles qui savent d’ordinaire si bien attirer notre attention et nous sensibiliser à différentes causes ?

Prenons le cas de Greenpeace par exemple, chez Greenpeace, on est pourtant bien conscient des problèmes environnementaux que peuvent soulever les exploitations minières, la preuve, le mot « mining » renvoie 493 résultats :

Pourquoi donc ce silence radio sur une catastrophe environnementale dont les proportions sont largement supérieures à la moyenne des affaires traitées par Greenpeace ? Eh bien, une bonne partie de la réponse réside sûrement dans le fait que Greenpeace s’est ouvertement posé en porte-étendard de l’industrie éolienne partout dans le monde. On peut légitimement être estomaqué par le cynisme de la position de Greenpeace (et des autres ONGs d’ailleurs) pour qui le soutient sans faille à l’industrie éolienne passe par une omerta totale sur les méfaits environnementaux qui bénéficient aux fabricants d’éoliennes. Imaginer un instant un scandale pareil bénéficiant de près ou de loin à l’industrie pétrolière. Quelle serait la réaction de Greenpeace & Co ? Entre l’industrie éolienne et les autres industries, c’est décidément deux poids, deux mesures.

Mais pourquoi donc se faire du souci quand on est pro-éolien ? L’éolien c’est green, c’est hype, c’est solidaire ! Pas comme les vilaines énergies fossiles aux mains de multinationales qui puent l’ultra-libéralisme ! Mais surtout, les pauvres Chinois qui vivent la dure réalité de la transition énergétique au jour le jour sont si loin, pourquoi s’en inquiéter ? Bref, au train où vont les choses, les mâts d’éoliennes n’ont pas finis d’être érigés dans nos campagnes, au grand profit de nouveaux capitalistes façon Al Gore : la main gauche dans le pot de confiture des subventions étatiques, la main droite en train de signer des contrats pour vendre ce qu’ils ont eux-mêmes fait subventionner, le tout les fesses assises dans un jet privé pour aller à l’autre bout du monde informer la populace de l’impérieuse nécessité d’amorcer la transition énergétique à grands frais. Il parait qu’on appelle ça l’économie verte…

un texte se référant à Marx :

métaux rares dans le capitalisme
Métaux rares, matières premières

Marx au 21è siècle août 2016

Citation :
Leur rôle a toujours été stratégique dans le capitalisme. Selon Marx la valeur des matières premières (énergie, métaux) se comptabilise dans C, le capital constant, en tant que partie fixe incontournable. Il importe que ces matières coûtent le moins cher possible. Pour ce faire, leur extraction, puis leur production, doivent s'exécuter au moindre coût: salaires bas, pas de frais environnementaux. C'est tout l'intérêt d'avoir la mainmise sur les cours des matières premières. Sinon C peut croître inconsidérément.

Il est donc intéressant de trouver ces matières dans les colonies, puis dans les pays soumis, avec une main d'oeuvre gratuite ou mal payée, sans prendre garde à l'environnement. Aujourd'hui les pays dirigés par des dictateurs, obligés vis à vis de l'Occident, font l'affaire, car ils garantissent une main d'oeuvre mal payée. C'est pourquoi prétendre considérer un pays producteur de matières premières, avec ses salariés, comme des partenaires à égalité, comme certains disent, relève de l'utopie ou de la parfaite mauvaise foi. Il convient non seulement d'extraire une plus value maximum sur les salariés des mines, donc de les payer peu, mais d'extraire le métal, le liquide ou la roche avec des méthodes soit expéditives, soit hautement techniques, mais polluantes, parce que cette partie de C doit être stable ou diminuer.

Ce qui précède constitue la base, théoriquement et dans les faits. Cette analyse de Marx est parfaitement vérifiée.

Plus le capitalisme utilise des technologies pointues dans la course à la compétitivité, plus il a besoin de métaux rares. Ces technologies ne sont pas là pour satisfaire des besoins humains, mais pour aiguiser la concurrence. L'attention portée à des besoins humains pourrait très bien se passer d'une grande partie des technologies actuelles, surtout si l'on reconsidérait notre façon de vivre.

L'énergie et les métaux stratégiques sont donc un enjeu de taille qui nécessite l'intervention de l'ETAT pour constituer et protéger des stocks pour l'industrie.

Les spécialistes n'excluent pas des guerres directes ou indirectes, des tensions extrêmes, et la construction de guerres civiles dans cette recherche et appropriation de métaux rares. Nous avons déjà vu, à propos du pétrole, qu'on peut parfaitement faire la guerre ou la faire faire, pour son partage. Ce qui se passe aujourd'hui au Moyen Orient ajoute à notre connaissance des éléments importants : les guerres en Irak, surtout celle de 2003 pour l'appropriation totale du pétrole par les USA.

1) Qu'est-ce que les "Terres rares" et autres métaux stratégiques ?

Dans les années 70 les métaux rares étaient le lithium, l'indium, l'or, le chrome, le cobalt, le titan, le cuivre, le coltan, les platinoïdes.. Il faut ajouter aujourd'hui les "terres rares" soit 17 métaux particuliers (dont le néodyme, le lanthane, l'europium, l'holmium..).

Leur demande est supérieure à l'offre, donc les grands Etats se constituent des stoks stratégiques, et lancent des recherches minières. Les USA font des stock de métaux rares depuis 1939. Puis le GB et la France. le complexe militaro industriel en a expressément besoin.

2) Où se trouvent les réserves et qui assure la production ?

Réserves et production sont deux choses différentes. Des sondages peuvent révéler les lieux où des réserves sont sûres. Mais pour passer à la production, il faut investir et parfois beaucoup. Donc l'extraction et la production n'ont pas forcément lieu.

Les réserves et la production de "terres rares" se trouvent principalement aujourd'hui en Chine (province de Jiangxi vers Beitou, la plus grande réserve mondiale): 97% de la production pour l'instant, mais la donne pourrait changer. Voir l'Afghanistan qui en contiendrait. Les fonds marins du Pacifique en regorgeraient, mais ne seraient pas exploitables avant 10 ans (découverte par les japonais). Idem pour le cuivre. Il y en a un peu aux USA, au Brésil, en Inde, en Malaisie, dans les pays du CEI

En 2016, on découvre en Espagne au sud de Madrid des collines où les "terres rares" abonderaient à Torrenueva.

Les platinïdes sont en Afrique australe et en Russie.

Au Congo RDC, on trouve du coltan, du cobalt, des diamants et des "terres rares"....pour lesquels les groupes guerriers en opposition et les pays voisins se battent, en l'absence d'un vrai Etat centralisateur. La guerre civile n'y a pas cessé depuis plus de 20 ans en raison des richesses du sous-sol.

Les réserves se trouvent aujourd'hui dans les déchets industriels. On y fait travailler les enfants dans les pays du Tiers Monde.

Les programmes de recherches ont lieu en Australie, au Brésil, au Canada, en Afrique de l'ouest.

Les "terres rares" font l'objet d'un marché opaque, pas de cotation publique.

3) La Chine est le principal exportateur

La Chine a diminué ses exportations de "terres rares" de 72% ces dernières années. Elle a compris que d'un point de vue capitaliste, elle pourrait assurer ainsi en priorité les technologies du futur. La compétition s'accélère donc. Les pays occidentaux sont tous dépendants de la Chine qui utilise 60% de sa production pour ses industries.

Celle-ci pourrait stopper ses exportations dans un but industriel. Les pays occidentaux pourraient chercher à mettre la Chine dans une situation de "donnant-donnant" sur le terrain industriel, mais certaienment pas sur la question des droits de l'homme....

Ce sont principalement les salariés chinois qui pourraient mettre un terme à ce chantage et ces productions, en décidant que l'humanité n'en a que faire pour ses besoins, et en redéfinissant justement la nature d'une production utile.

4) Pour quel usage ?

Les "terres rares" sont utilisées dans les véhicules électriques, les lasers, les nanotechnologies, les téléphones mobiles, les ordinateurs, le verre industriel, les dispositifs photovoltaïques.....

Seuls les grands pays industrialisés peuvent progresser dans ces productions à condition d'avoir accès au moindre coût aux métaux rares dans les pays du tiers monde et en Chine.

5) L'environnement, la pollution

La pollution est précisément terrible en Chine, dans la province de Jiangxi vers Beitou. Les techniques d'extraction sont très dangereuses et polluantes, pour les hommes qui y travaillent, pour l'eau de la région, pour les cultures. On y utilise du sulfate d'ammonium.

En outre beaucoup de petits patrons privés se sont glissés une production sauvage, et vendent les produits en contrebande dans la région voisine, le Guangdong. La corruption des dirigeants du parti est telle qu'il est presque impossible de maîtriser la situation.

Les patrons qui louent les trres ne payent pas les locations, et les paysans n'ont pas les moyens de les y contraindre, sauf à en venir à des insurrections.

Pour effectuer l'extraction, il a fallu déboiser les collines de Jiangxi.A la saison des pluies, des torrents de boues, qui ne sont plus retenues par des arbres, s'écoulent dans les villages et les terres cultivées. Les villages sont privés d'eau potable. Les patrons payent ou menacent de mort.

Les paysans espagnols de Torrenueva, parfaitement avertis de cela, refusent toute exploitation. Leurs terres sont en principe protégées, mais l'odeur de l'argent peut amener sur les terres, l'armée et la police contre les paysans....

En France des centaines de tentatives de forrage (ou de réouverture de mines fermées) ont lieu depuis quelques années pour trouver des métaux rarres, même en quantité réduites, mais utiles à l'industrie de pointe. Idem, le pouvoir politique est prêt, le cas échéant, à envoyer l'armée et la police, pour "les besoins de la nation", c'est à dire les besoins du Capital confrontés à la compétition internationale. Il en est de même en fait dans tous les pays occidentaux.

6) les populations victimes des guerres civiles

Ce sont évidemment les populations civiles qui sont les victimes de cette recherche effrénée de métaux rares, principalement dans les pays du Tiers monde, et bien sûr en Chine.

L'exemple le plus catastrophique est donc la RDC, où les hordes armées au service aussi bien du gouvernement congolais que de ceux des pays voisins comme le Rwanda de Kagamé, tout en sachant qu'à l'arrière de cette lutte, ce sont des sociétés étrangères cachées qui recueillent l'essentiel de ces exploitations. Et comme dans toute guerre civile, ce sont les femmes les premières visées dans le but de les faire fuir des villages. Elles sont affreusement violées, puisque le viol est l'arme de guerre la plus prisée dans les guerres civiles fomentées par les grands de ce monde. C'est l'épisode maintenant connu des interventions du Dct Denis Mukwege pour opérer et réparer les femmes détruites physiquement, en dit long (le film "L'homme qui répare les femmes". Si ce dernier est maintenant protégé par l'ONU pour faire son travail de médecin, quels sont les Etats qui sont intervenus publiquement pour que cesse ce scandale ? Qu'on nous le dise ! Et tout cela pour du coltan, des diamants.

La guerre civile en Centrafrique n'a pas d'autre objet que l'appropriation des diamants et autres richesses. Mais on nous chante la chanson des "guerres religieuses" qui arrangent bien les puissances cachées exploitantes de ces richesses, lesquelles laissent les populations dans la misère au Congo comme en Centrafrique.

Toute l'Afrique est particulièrement visée par cette recherche effrénée des métaux rares (entre autres les mines de cuivre en Zambie...).

Dans le même temps le cours des matières premières baisse, les pays s'endettent alors que les taux d'intérêts augmentent. Les méthodes de pillage colonial n'ont jamais cessé, elles se sont même améliorées.

Quelle issue ?

Nous l'avons évoquée à propos de la Chine. Les salariés du monde occidental seraient les bienvenus d'avoir le courage de redéfinir ce qui constitue réellement les besoins humains, pour en finir avec toute extraction des métaux, mettre un point final à certaines productions et certains objets futiles dont l'humanité peut et doit se passer. Mais cela signifie rompre avec la société dite de consommation et ses objectifs mortifères. En d'autres termes en finir avec le capitalisme et la course à l'accroissement du capital.



et la France ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Jeu 24 Aoû - 17:05


Une pétition lancée par les opposants a reçu près de 166 000 signatures en cinq mois, alors que le gouvernement n’a toujours pas autorisé la construction de la mine. Le projet « Montagne d’or » serait à l’origine de la première mine d’or industrielle de Guyane. Ici, le site minier aurifere de Yaou, le 17 septembre 2011, à Maripasoula, en Guyane française.


Citation :
Le sujet n’en finit pas de soulever les critiques en Guyane. Pour dénoncer le plus grand projet d’extraction d’or jamais proposé en France, l’opposition a lancé une pétition en mars, qui a déjà récolté 165 800 signatures, et est soutenue par 110 organisations nationales et internationales.

« Il y a cent cinquante ans que la Guyane a eu une histoire d’amour avec l’or, mais il faut que cela cesse. Ce ne sont pas les meilleures orientations économiques pour la Guyane », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Nora Stephenson, porte-parole du collectif Or de question. Treize chefs coutumiers de Guyane se sont déclarés contre ce projet industriel inédit, évoqué pour 2022. « Au nom de l’économie, vous êtes prêts à écraser une nouvelle génération », a déploré au début d’août Bénédicte Fdjéké, présidente des chefs coutumiers. « Faire des trous partout, dans le sol qui nous nourrit, c’est une mauvaise chose », a aussi jugé Christophe Pierre, leader du collectif Jeunesse autochtone, lors d’une réunion publique à la fin de juillet.

La raison de leur colère : le projet « Montagne d’or », prévu près de Saint-Laurent-du-Maroni, dans l’Ouest guyanais, et détenu à 55 % par le russe Nordgold et à 45 % par le canadien Columbus gold. Il suscite une telle controverse qu’il n’a pas encore été autorisé par le gouvernement français.

Ampleur économique hors norme

« Montagne d’or » est « hors normes par ses aspects économiques », souligne une « note d’information » interministérielle de février 2016 obtenue par l’AFP, qui prévient également que les « empreintes spatiale et écologique sont de dimensions inconnues en France ».

Selon cette note, les taxes associées à la production minière représenteraient « 80,6 millions d’euros » et celles à l’importation « 325,5 millions d’euros ».

Les industriels, qui prévoient d’extraire « 6,7 tonnes » d’or par an pendant « douze ans », soit une valeur estimée à plus de 3 milliards d’euros, souhaitent un débat public resserré. « Après consultation des élus locaux, tout le monde est pour un débat qui serait guyanais », a affirmé le représentant des industriels, Rock Lefrançois.

Il a saisi la commission nationale de débat public (CNDP) pour lui demander d’organiser un débat local. Au début de juillet, la CNDP a rejeté la demande en l’état, au motif que les coûts initiaux du projet étaient flous et considérant « l’importance considérable des enjeux sociaux, économiques et environnementaux ». La compagnie minière Montagne d’or a annoncé qu’elle organiserait un débat « au cours du quatrième trimestre » avec « le public directement concerné » par le projet.

Impact écologique inquiétant

Mais les opposants craignent pour les conséquences écologiques du projet industriel. S’il était validé par le gouvernement, les miniers creuseraient en pleine forêt tropicale une fosse grande comme trente-deux Stades de France. Les détracteurs du projet s’alarment de la proximité du site avec des massifs à haute biodiversité, dont la plus vaste réserve biologique intégrale de France.

Ils s’inquiètent aussi des déchets qu’engendrerait l’extraction de l’or. Des millions et des millions de mètres cubes de roche devraient être charriés et traités au cyanure pour extraire les 85 précieuses tonnes d’or que Nordgold pense possible de récupérer en quinze ans.

Le déblai entraînerait la création artificielle et permanente de deux dômes de roches de 100 mètres de haut, ainsi que d’un mont endigué de 70 m de haut renfermant, selon les industriels, « 54 millions de tonnes » de boues issues du processus de traitement de la roche avec le cyanure.

Face aux craintes environnementales dans un territoire caractérisé par des retards structurels, notamment en gestion et prévention des pollutions, Rock Lefrançois précise que des « forages […] surveilleront les eaux souterraines pour voir s’il y a des traces ou des niveaux élevés de certains métaux » libérés par la roche à nu ou par les traitements physico-chimiques pour récupérer l’or. « Les forages resteront sur site pendant cinq ans après la fermeture, ensuite il y aura un suivi environnemental sur trente ans », assure-t-il.

« Le drainage minier acide peut durer des centaines d’années, c’est très difficile à maîtriser et ça coûte cher »
, rétorque Thibault Saint-Aubin, de l’association Ingénieurs sans frontières systèmes extractifs et environnements, soutien d’Or de question. Pour fonctionner, la mine demandera aussi des investissements publics importants (routes, énergie, port, exonérations), dans un territoire où 15 % des foyers du littoral et 30 % des foyers de l’intérieur n’ont pas accès à l’électricité.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Patlotch



Messages : 868
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Dim 24 Sep - 9:37


Pillage des ressources et néocolonialisme

Jérôme Duval CADTM 19 septembre 2017


Christophe Meneboeuf cc - pixinn.net

Citation :
Finalement, les pays dits « en voie de développement » (PED) d’aujourd’hui remplacent les colonies d’hier : les grandes entreprises multinationales occidentales se placent dans les anciennes colonies, y investissent et en extorquent les ressources pour accumuler de faramineux profits qui s’évadent dans des paradis fiscaux appropriés. Tout cela se déroule sous le regard bienveillant des élites locales corrompues, avec l’appui des gouvernements du Nord et des Institutions financières internationales (IFI) qui exigent le remboursement de dettes odieuses héritées de la colonisation. Par le levier de la dette et des politiques néocapitalistes imposées qui la conditionnent, les populations spoliées paient encore le crime colonial d’hier et les élites le perpétuent subrepticement aujourd’hui, c’est ce qu’il est convenu d’appeler le néocolonialisme. Pendant ce temps, hormis quelques tardives et bien trop rares reconnaissances des crimes commis, on se hâte d’organiser l’amnésie collective afin d’éviter tout débat sur de possibles réparations. Celles-ci, ouvrant la voie à des réclamations populaires, pourraient engager un devoir de mémoire émancipateur jusqu’à de possibles restitutions. Une perspective à étouffer avant qu’elle ne s’embrase ?

Domination esclavagiste, occupation et expropriation des ressources


Suite aux voyages de Christophe Colomb, l’invasion espagnole dévaste royaumes et régions entières, les dépeuplant et les brûlant. Les Indiens accueillent pourtant les chrétiens du mieux qu’ils peuvent, souvent en offrant hébergement, nourriture et quantité d’or. Les colons espagnols, quant à eux, répandent presque systématiquement la peur, massacrent, torturent ou brûlent les Indiens dès leur arrivée afin d’assurer leur domination et faciliter leur colonisation. Bartolomé de las Casas, un des rares à dénoncer cette extermination au moment des faits, décrira l’horreur avec laquelle ces tyrans décimèrent les populations originaires |1|. Les grandes puissances coloniales, le Portugal, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, la Hollande et la Belgique principalement, ont provoqué la mort d’une grande partie des populations autochtones des Amériques, d’Asie, puis d’Afrique afin d’en soustraire les ressources naturelles (or et argent en premier lieu), de les exploiter et d’en tirer un maximum de profit.

Argent d’esclaves

En l’an 1545, la découverte de Potosí, une énorme mine d’argent de l’actuelle Bolivie (qui à l’époque appartenait au Pérou), marque le début de l’expropriation des richesses du sous-sol latino-américain. Vers 1571, on commença à employer le mercure pour amalgamer l’or et accroître son extraction malgré les graves problèmes de pollution que cela entraîne et les dommages causés sur les mineurs contaminés. En 1572, Francisco de Toledo, cinquième vice-roi du Pérou, fit élargir les rues, commença la construction de l’église de la Matriz et de la Casa de Moneda où, dès le 28 mars 1574, on frappait le métal en monnaie. La ville de Potosí détenait le gisement le plus important du monde dans le ventre du Cerro Rico, « la colline riche », remplie d’argent, son ascension est fulgurante. « Dix-huit mois après sa fondation, elle compte 14 000 habitants et vingt ans plus tard 100 000 ; au XVIIe siècle, elle en hébergera 160 000, et sera alors, avec Mexico, la ville la plus peuplée d’Amérique. » nous dit Fernand Braudel |2|. En effet, à son apogée, vers 1580, Potosi, malgré la rudesse des conditions climatiques, compte plus d’habitants que Madrid, Séville ou Rome. Avec près de 200 000 habitants, la ville est la plus peuplée du Nouveau Monde et la plus opulente de la région, elle abrite 36 églises, plusieurs théâtres et écoles de danse, quantité de maisons de jeu et de somptueuses demeures appartenant aux riches colons espagnols.

Des milliards d’onces d’argent sont extraites par le travail forcé sous la colonisation espagnole. Des milliers d’esclaves africains ont été conduits de force dans les mines pour remplacer et pallier la perte de milliers d’autres indigènes morts au travail |3|. L’extorsion de cet argent a servi à gonfler le trésor du roi Charles Quint, à alimenter les caisses du Royaume d’Espagne pour financer ses guerres et, au-delà de l’Europe, au développement du commerce avec la zone la plus développée de l’époque, l’Asie. La monnaie issue du travail d’esclaves à Potosí, contribua au développement du capitalisme et de la révolution industrielle. Mais à quel prix ? « Chaque peso frappé à Potosi a coûté la vie à dix Indiens, morts au fond des mines », écrivait Fray Antonio de la Calancha en 1638. Qu’en est-il de l’énorme quantité d’argent extrait de la mine de Potosi à la sueur des mineurs-esclaves amérindiens et africains lorsque l’on voit l’état de pauvreté de la ville du même nom |4| ? Il est tout à fait raisonnable d’affirmer que l’expropriation des ressources et le commerce qui s’en suivit via la colonisation sont en grande partie à l’origine de la richesse actuelle des puissances coloniales. Pour ne prendre qu’un exemple, Bruxelles ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans le pillage opéré au Congo belge. Outre l’exploitation de la force de travail esclavagiste et la fortune colossale des métaux précieux extorqués, notamment or et argent, les Européens n’auraient pas eu accès à la soie et au coton, à la technique du verre soufflé, à la culture du riz et de la canne à sucre venant d’Asie ainsi qu’à la pomme de terre, à la tomate, au maïs, tabac, piment, cacao d’Amérique, aussi rapidement sans l’entreprise dévastatrice de la colonisation.

L’or au mépris de l’humain et son environnement

Le pillage des matières premières se poursuit encore aujourd’hui dans les colonies ou ex-colonies : À Arlit, dans le nord du Niger, Areva exploite l’uranium depuis 1976. Aujourd’hui, une bonne partie de cette région, balayée par les vents de sable, est contaminée |5|. « La Terre est notre mère, l’or est son cœur. Si on lui arrache, elle meurt », résumait Aïkumalé Alemin, Amérindien wayana de la région du Haut-Maroni. Le mercure utilisé par les orpailleurs en Guyane française empoisonne les populations amérindiennes vivant en forêt tropicale guyanaise. En effet, les Amérindiens sont contaminés par les poissons qui constituent une grande part de leur alimentation. « De nombreuses études scientifiques pratiquées sur les Indiens Wayana ont confirmé que le niveau de mercure est jusqu’à deux fois supérieur au seuil fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). » 40 tonnes de mercure sont rejetées chaque année dans les eaux de l’Amazonie péruvienne par les chercheurs d’or illégaux « Si rien n’est fait à court terme, on va vers une forme de génocide », dénonçait en 2014 Jean-Pierre Havard, responsable de Solidarité Guyane. Avec des salaires de misère, 3 tonnes d’or sont extraites chaque année de Guyane française au péril de la santé des populations autochtones et de leur environnement. Au total, dix ethnies seraient menacées d’empoisonnement au mercure dans les pays de la région. Au Pérou, la contamination au mercure dans les eaux des rivières de l’Amazonie, due aux mineurs illégaux, va au-delà des zones d’exploitation aurifère. Dans le cas de la communauté Nahua, qui se trouve dans la région d’Ucayali, à l’Est du Pérou, la consommation d’un poisson-chat, le Mota Punteada (Calophysus macropterus) de son nom local, dont l’organisme a la capacité d’accumuler le mercure présent dans l’environnement, est la cause de cette contamination qui provoque notamment des problèmes rénaux sérieux et des cas d’anémie. Selon le ministère péruvien de l’Environnement, 40 tonnes de mercure sont rejetées chaque année dans les eaux de l’Amazonie péruvienne par les chercheurs d’or illégaux |6|. Reconnaîtra t-on un jour l’empoisonnement des terres et rivières comme une dette écologique dont les peuples autochtones sont les créanciers ?

Le comble du paradoxe : Transformer les matières premières extorquées pour les vendre au pays producteur

En Afrique, le pillage des matières premières se poursuit et, comme aux temps des colonies, la transformation s’opère au Nord, avant que le produit ne revienne, éventuellement transformé, dans le pays producteur de la matière première. Ce dernier perdant donc au passage les gains de plus-value obtenue par la transformation.

Saignées de l’or noir

Quant au pétrole brut extrait d’Afrique, il est majoritairement destiné à l’exportation quitte à revenir, raffiné, depuis le pays importateur. Sur la quarantaine de raffineries présentes en Afrique, beaucoup pâtissent d’un manque d’investissement et de maintenance, sont sujettes à des privatisations rampantes et n’arrivent pas à satisfaire la demande régionale. Résultat, le continent reste dépendant de l’importation de produits raffinés pour sa propre consommation. Ainsi, le Nigeria, premier producteur de pétrole du continent et onzième mondial, n’arrive pas à satisfaire son marché intérieur |7| et, comble du paradoxe, importe 70 % de ses besoins en pétrole raffiné malgré une production journalière d’environ deux millions de barils de pétrole brut dont la majeure partie part à l’exportation vers les États-Unis et l’Europe ! Pour satisfaire sa demande intérieure, le Nigeria importe quotidiennement des millions de dollars de carburant (pétrole raffiné), représentant près de 14,9 milliards de dollars sur l’année 2016, une somme colossale |8|.

Le Nigeria, un des pays les plus inégalitaires au monde


Lorsqu’on commença à extraire des quantités significatives de pétrole au Nigeria dans les années 1960, des dirigeants de Shell passaient dans les villages et projetaient un film d’entreprise vantant aux habitants la prospérité qu’allait leur apporter le pétrole |9|. Pourtant, les habitants du delta du Niger d’où provient la grande majorité de cette ressource tant convoitée, se sont appauvris et ont vu leurs terres et leurs eaux polluées par cette industrie. Malgré une croissance positive jusqu’en 2016 (+ 2,7 % en 2015), 22 milliardaires et 34 000 millionnaires en dollars recensés, plus de la moitié de la population vit avec moins d’un dollar par jour, la majorité des Nigérians n’ont pas accès à l’électricité, un enfant sur 10 meurt avant l’âge de 5 ans encore aujourd’hui |10| et l’espérance de vie ne dépasse pas les 54 ans |11|.

De plus, le Nigeria subit les affres de la pollution et de son corollaire, le réchauffement climatique. Pourtant, un habitant du Nigeria émet en moyenne 10 fois moins de gaz à effet de serre qu’un habitant de la France, et 34 fois moins qu’un habitant des États-Unis, le plus gros pollueur de la planète |12|.

En plus de se faire piller leurs matières premières, les populations des pays producteurs payent la plus-value des produits transformés au Nord par les multinationales occidentales. Ce mécanisme grève les caisses des États qui, pour ne pas trop amputer dans leurs budgets, doivent s’endetter toujours plus. Les créanciers sont, dans ce système dette à leur mesure, encore une fois les gagnants d’une partie de poker dangereuse et mortifère.

Partie 1 - Occupation et génocide en guise de « découverte »
Partie 2 - Haïti : de la colonisation à l’esclavage économique
Partie 3 - Pillage des ressources et néocolonialisme


Notes

|1| Bartolomé de las Casas, Très Brève relation de la destruction des Indes, publié en 1552.

|2| Braudel Fernand. Du Potosi à Buenos Aires : une route clandestine de l’argent. In : Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 3ᵉ année, N. 4, 1948. pp. 546-550.

|3| Ces chiffres proviennent de la page Wikipedia en espagnol : https://es.wikipedia.org/wiki/Potos%C3%AD

|4| Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l’Amérique latine, Pocket, p. 25. Cette histoire implacable du pillage d’un continent de l’écrivain uruguayen est parue pour la première fois en 1971 et fut aussitôt censuré dès l’instauration de la dictature militaire dans son pays en 1973, ainsi qu’au Chili ou en Argentine.

|5| La colère est dans le vent (54 min, 2016, Niger/Bénin/France), documentaire de Amina Weira, dont le père a travaillé 35 ans à la mine d’uranium d’Areva à Arlit, dans le nord du Niger.

|6| Eric Samson, « Pérou : état d’urgence déclaré en Amazonie pour pollution au mercure », RFI, 31 octobre 2016. http://www.rfi.fr/ameriques/20161031-perou-amazonie-mercure-eaux-rivieres-indiens-isoles-mota-punteada

|7| Trois des quatre raffineries du Nigeria ont été réactivées en juillet 2015, mais ne fonctionnent qu’entre 60 % et 80 % de leurs capacités (jusqu’à 210 000 b/j). Incité à la dépendance de la ressource pétrolière par les Institutions financières internationales (Banque mondiale en tête), le Nigeria tire 70 % de ses revenus et environ 90 % de ses ressources en devises des exportations de brut. Seulement 10 % de sa production est raffinée dans le pays.

|8| « En 2016, le Nigéria a dépensé 14,9 milliards $ en importation de pétrole raffiné » Agence Ecofin, 9 juin 2017. http://www.agenceecofin.com/investissement/0906-48010-en-2016-le-nigeria-a-depense-14-9-milliards-en-importation-de-petrole-raffine

|9| Peter Mass, Pétrole brut, enquête mondiale sur une richesse destructrice, ed. Autrement, 2010.

|10| Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est de 109 pour 1000 en 2015, l’un des plus élevés au monde après la République centrafricaine, la Somalie, le Tchad et la Sierra Leone. Selon l’ONU, 6,9 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts dans le monde en 2011, principalement à cause de maladies évitables.

|11| Direction du Trésor, « Nigeria »,https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/pays/nigeria

|12| Christophe Bonneuil, François Gemenne, Geneviève Azam, Jean Jouzel, Maxime Combes, Nicolas Haeringer, Stefan Aykut, Valérie Cabannes : « Climat : Nicolas Sarkozy, dangereux marchand de doute ». Tribune publiée dans Libération le 16 septembre 2016. https://france.attac.org/se-mobiliser/changeons-systeme-pas-climat/article/climat-nicolas-sarkozy-dangereux-marchand-de-doute

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patlotch



Messages : 868
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: Re: L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...   Lun 25 Sep - 10:18


Extractivisme

5 épisodes disponibles
France Culture, Terre à terre par Ruth Stégassy janvier-février 2016

1. « Trou Story » : exploitation industrielle des ressources naturelles

Terre à terre propose une plongée dans l’univers de ceux qui envisagent froidement de cribler de trous la planète entière pour gratter les moindres miettes de minerais.



2. Comment nos belles campagnes sont devenues de vrais trous

En Creuse, dans le Lot et en Bretagne, en Ariège… les projets miniers se multiplient. Un peu partout, la résistance s’organise...



3. La forêt qui cache la déforestation

Les dangers de l'exploitation forestière industrielle comme solution au changement climatique et à la crise énergétique, or il est urgent de promouvoir une autre approche de la forêt.



4. On ne prête qu’aux ruches

Autour des méthodes industrielles d'exploitation des ruches, une autre forme d'apiculture est possible



5. L'eau témoigne des dégâts miniers sur les territoires

Quoi de commun entre toutes les industries extractives ? L'eau. Pompée sans merci, souillée, épuisée, détournée, retirée aux populations locales, l'eau témoigne des dégâts miniers sur les territoires.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» L'Argent-Dette
» Mon hommage aux troupes polonaises de la République et du 1er Empire
» Soldats Sarthois du 1er Empire
» La dette de l'Etat sur un compteur à Rouen
» Carte de l'Empire romain...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION :: ENTRÉES THÉMATIQUES : CAPITALISME, MONDE, COLONIALITÉS... LUTTES :: HUMAIN, CLASSES et "NATURE", Sciences et Techniques -> COMMUNAUTÉ du VIVANT ! :: AGRICULTURE et PAYSANS, extractivisme : pas de capitalisme sans Rente foncière-
Sauter vers: