PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION

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MessageSujet: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Ven 8 Mai - 10:45

robots et emplois recherche Google


Les robots contre l'emploi Les Échos 7 mai 2015

Jean-Marc Vittori a écrit:

Avec les technologies de l'information, la production peut être beaucoup plus automatisée. La moitié des emplois pourrait être en jeu. Un choc colossal ! Trois scénarios seraient alors possibles. Pour l'instant, rien n'est joué.

La scène se passe en 1589. L'inventeur anglais William Lee montre à la reine Elisabeth sa machine à tricoter les bas. Mais la souveraine ne goûte guère les gains de productivité : «  Considérez ce que l'invention pourrait faire à mes pauvres sujets. Elle les mènerait assurément à la ruine en les privant d'emploi. » Pas question d'autoriser un tel engin ! Malgré l'interdit royal et l'hostilité de la guilde des bonnetiers, Lee continue de travailler sur sa machine. Son associé est arrêté et exécuté pour trahison. Lee fuit en France, où il est accueilli à bras ouverts par Henri IV. Mais le roi est bientôt assassiné, et son successeur se montre beaucoup moins favorable à l'innovation… Quatre siècles plus tard, les gouvernants risquent d'être confrontés à la même question. Des innovateurs fabriquent des voitures qui roulent toutes seules, des robots à tout faire, bientôt des médecins numériques. Et les gouvernants seront tentés de les empêcher au nom de l'emploi.

La question n'est donc pas nouvelle. De William Lee jusqu'à nos jours, en passant par les luddites qui détruisirent des métiers à tisser au début du XIXe siècle et le « chômage technologique » théorisé par Keynes en 1930, l'émergence de nouvelles machines a suscité enthousiasme et inquiétude. L'efficacité contre l'emploi ! Jusqu'à présent, les enthousiastes ont eu raison. Les nuées de miséreux promises par les prophètes de malheur se sont dissoutes dans la création de nouveaux emplois. Mais, cette fois-ci, l'inquiétude revient avec une vigueur nouvelle. Car les nouveaux outils sont incroyablement efficaces. Les machines de la première révolution industrielle savaient seulement faire des tâches simples : tisser une toile, couler de l'acier. Celles de la seconde révolution industrielle pouvaient aider à réaliser des tâches complexes comme le montage d'une automobile, mais de manière répétitive. Les machines actuelles savent au contraire effectuer des tâches non routinières, avec des ordinateurs de plus en plus puissants et de moins en moins chers, des capteurs de plus en plus précis, des informations de plus en plus fluides. Elles peuvent apprendre par elles-mêmes (« machine learning »), accomplir des tâches intellectuelles. Les robots deviennent mobiles. L'automatisation ne concerne plus seulement quelques métiers mais des centaines.

Une étude publiée il y a dix-huit mois a cristallisé cette inquiétude. Deux chercheurs de l'université britannique d'Oxford, Carl Frey et Michael Osborne, ont évalué la probabilité de « computérisation » (automatisation d'un emploi avec des équipements pilotés par ordinateur) de 700 professions aux Etats-Unis. Leur conclusion ? «  47 % des emplois américains sont en risque. » Un emploi sur deux pourrait être automatisé d'ici à une ou deux décennies ! Des experts du cabinet de conseil Roland Berger ont appliqué cette grille d'analyse à la France. Ils parviennent au chiffre de 42 % et évoquent la destruction de 3 millions d'emplois dans les dix prochaines années.

Une innovation a donné corps à ces anticipations affolantes : la Google Car. La voiture qui se conduit toute seule est d'abord apparue comme une prouesse technique. Mais des économistes ont vite fait remarquer que le métier de chauffeur était le plus répandu aux Etats-Unis (4 millions d'actifs pour poids lourds, cars, bus et taxis). L'opérateur de voitures avec chauffeur Uber a fait savoir son intérêt pour des voitures… sans chauffeur. Un jeune prospectiviste, Zack Kanter, a imaginé un avenir où les voitures autonomes remplacent les autres. Plus personne n'aurait alors son auto, car il serait beaucoup moins cher d'en louer. L'industrie automobile s'effondrerait, et avec elle celle de l'assurance, des parkings, etc. Des foules d'emplois sont bel et bien en jeu.

Face à ces perspectives, il y a trois avenirs possibles.

Le premier est… la lenteur. Il y aurait bien automatisation, mais en une ou deux générations. Une recherche réalisée par Georg Graetz, de l'université suédoise d'Upsal, et Guy Michaels, de la London School of Economics, tempère l'inquiétude. Examinant ce qui s'est passé dans dix-sept pays en quinze ans, elle montre que la robotisation a fait gagner près d'un demi-point de croissance par an sans nuire à l'emploi.

Le deuxième avenir possible est la création de nouveaux emplois. On connaît les postes d'hier, pas ceux de demain. En France, sur un siècle, l'emploi a été divisé par dix dans l'agriculture avec la mécanisation, mais il a doublé dans l'industrie et les services. Dans l'« économie du quaternaire » décrite par l'économiste Michèle Debonneuil ou l'«  iconomie  » explorée par son collègue Michel Volle, le travail se réorganise complètement autour non des produits et des services, mais des « solutions ». Et sans doute sous d'autres formes que le salariat.

Le troisième avenir paraît plus sombre : la destruction d'emplois n'est pas compensée, ou pas assez vite. Le chômage explose. Facile ici d'imaginer le chaos social. L'économiste Jeffrey Sachs, de l'université Columbia, conclut ainsi un récent article académique publié avec trois autres chercheurs : «  Les machines intelligentes pourraient n'apporter à long terme que misère pour tous », sauf à supposer «  une politique budgétaire appropriée qui redistribue des gagnants aux perdants. » L'Etat serait alors appelé à la rescousse, comme le fut jadis la reine Elisabeth. Il pourrait ralentir le mouvement, en interdisant par exemple les véhicules sans conducteur ou en ne remboursant pas les radios analysées sans médecin. Ou partager le travail. Ou instaurer un revenu minimal pour tous, idée remise au goût du jour par des libéraux comme Gaspard Koenig . Ou prendre de l'argent aux machines (et donc à leurs détenteurs) pour le donner aux hommes. En accentuant la priorité au capital, le capitalisme déboucherait alors sur une nouvelle forme de communisme.

Citation :
Les points à retenir

Depuis des siècles, l'émergence de nouvelles machines a toujours suscité enthousiasme et inquiétude.
La peur de voir des emplois disparaître revient aujourd'hui avec une vigueur nouvelle. Car les nouveaux outils sont incroyablement efficaces.
Les machines actuelles savent effectuer des tâches non routinières, avec des ordinateurs de plus en plus puissants et de moins en moins chers. Les robots deviennent mobiles.
L'automatisation ne concerne plus seulement quelques métiers mais des centaines.



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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Ven 8 Mai - 16:11

La reponse du capital aux 529 millions de diaosi revendiqués en Chine

Plus de 30 usines de robots en construction en Chine
Publié le 2014-10-27 à 14:56 | french.xinhuanet.com
Une semaine

SHANGHAI, 27 octobre (Xinhua) -- La Chine est le plus grand marché de robots industriels du monde avec plus de 30 usines de robots en construction, ont annoncé les autorités.
Qu Daokui, directeur adjoint du Centre national de recherche en robotique, a déclaré dimanche lors d'un forum à Shanghai que la robotique et l'Internet transformeraient l'activité manufacturière mondiale, et que la Chine entrait dans une décennie d'or du développement des robots fabriqués en Chine.

Il n'y avait pas d'industrie de la robotique en Chine avant 2008, a-t-il indiqué. Néanmoins, avec la disparition du dividende démographique et le manque croissant de main d'oeuvre, la Chine est devenue le plus grand marché de robots industriels du monde en 2013, a-t-il précisé.

Au cours des dix dernières années, le coût de production des robots a baissé de 5% en glissement annuel, tandis que le coût de la main d'oeuvre a augmenté de 10% sur un an, a révélé M. Qu.
La robotique favorisera la transformation et l'amélioration de la main d'oeuvre chinoise, et les entreprises devront faire face à de nouveaux défis, tels que le recrutement et la formation du personnel, la transformation des technologies de production et le management, a-t-il ajouté.

http://french.xinhuanet.com/science/2014-10/27/c_133745568.htm
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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Ven 22 Mai - 13:59

une discussion s'était engagée dans Black Feminist Revolution in Japan ?... Immigration et racisme, immigration et robotisation

U.235 a écrit:
Au-delà de ce constat un peu triste... le Japon mène néanmoins une politique très active de développement de l'industrie de la robotique pour pouvoir se passer de main d'œuvre étrangère. Cet argument explicitement xénophobe pour justifier une politique industrielle me semble assez intéressant dans le cadre d'une réflexion sur le dépassement du travail tel que l'envisage la communisation (je pense notamment au livre de Bruno Astarian sur ce sujet).
Malheureusement, je suis bien incapable de me souvenir où j'ai lu cette information sur la robotique japonaise…

Pour revenir à l'automation, il faut noter que les situationnistes ont pendant un temps promu le mythe de la libération du travail par l'automation et qu'aujourd'hui l'automation revient sous une nouvelle forme mythique pour combattre les "dangers" des travailleurs étrangers.
Il me semble donc bien ici qu'une politique industrielle se fait sur des arguments si ce n'est raciaux aux moins explicitement xénophobes.

U.235 a écrit:
J'ai retrouvé l'article où j'avais lu cette information, il date de plus 8 ans

merci pour l'article, que voici
L'Express a écrit:

Japon: pas d'immigrés, des robots ! 4 juillet 2007

Plus de 100 séries télévisées sur le sujet, dont le populaire Astro Boy, 6 automates industriels sur 10 en activité dans le monde... Le Japon est décidément le terrain de prédilection des robots. Cela ne date pas d'hier: durant l'époque d'Edo (de 1603 à 1868), le pays raffolait déjà des automates. L'explication a pourtant grandement changé au cours des années. En 1927, le pays développe le Gakutensoku - littéralement, la «raison divine» - une machine capable d'écrire à la plume grâce à un système d'air comprimé. Dotée de cheveux d'apparence indienne, d'un nez africain, de joues asiatiques ou encore d'yeux européens, elle est d'abord un hommage à la diversité. Aujourd'hui, le motif de création des robots est plus prosaïque.

L'archipel, vieillissant, prend conscience des besoins de personnels qu'il va devoir satisfaire à l'avenir. Or il ne souhaite pas recourir à l'immigration. « La robotique doit à présent apporter une solution au risque de pénurie de main-d'œuvre dans l'industrie et, à plus long terme, dans les services ou la santé », explique un conseiller diplomatique en poste à Tokyo. Un plan gouvernemental d'envergure a été déployé, dès janvier 2005, pour favoriser la production de robots «employables». Leur mission: remplacer sous peu les agents de nettoyage, les vigiles, les gardes d'enfants ou encore les assistants de personnes âgées.

cela me conforte dans mon impression. La citation est de 2005. Dix ans ont passé, et la politique gouvernementale a changé son fusil d'épaule, il y aura des robots ET des immigré.e.s. On les voit mal se passer des deux

notons qu'au Japon, il existe encore ce qu'on appelait autrefois des "journaliers", travailleurs employés à la journée, logés dans des foyers misérables. J'en connaissais un près de chez ma "belle-famille", de la gare conduisant à Kobé-Kyotô, et du zoo d'Osaka, haut-lieu des bas-fonds, pour la concentration des SDF et autres "lumpen". Le malheur (absolu) des uns faisant le bonheur (relatif) des autres. Ils avaient alors de la chance, peu après le tremblement de terre de Kobé, en 1995 il y avait du travail pour tous, et la reconstruction allait très vite malgré l'ampleur des dégâts, surtout dans les quartiers pauvres, où les maisons traditionnelles n'étaient pas construites selon les normes anti-sismiques. Ma compagne ayant une amie là-bas, où elle-même avait fait ses études, nous avons parcouru Kobé quelques mois après le séisme, et je peut dire en paraphrasant Emmanuelle Riva dans le film d'Alain Reisnais * : « Je n'ai rien vu à Kobé »
* Hiroshima mon amour 1958
à Hiroshima au demeurant, la même année 1995 allant visiter de la famille, j'ai encore plus rien vu, mais j'ai appris de la bouche d'une tante dont une partie avait disparu sous les bombes américaines ou par la suite, qu'un véritable racisme nucléaire s'exerçait contre ces familles... le même qui a resurgi et qui sévit aujourd'hui, instrumentalisé par l'État japonais, contre les victimes de Fukushima, où l'on envoie à une mort promise les mêmes sous-prolos, japonais ou immigrés, dans les travaux les plus dangereux autour de la centrale accidentée
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MessageSujet: Chine « L'usine zéro ouvrier »   Jeu 28 Mai - 7:15

Première usine «zéro ouvrier» dans le Guangdong le Quotidien du Peuple 4 mai 2015

L'usine "zéro ouvrier" ne veut pas dire que nous n'aurons pas de salariés, mais que nous allons réduire la taille de l'effectif de plus de 90%

Le Quotidien du Peuple a écrit:
Des bras de robot soudent des pièces automobiles dans l'usine de voitures de Dongfeng Peugeot Citroen Automobile Co à Wuhan, la province centrale du Hubei, le 24 septembre 2014. [Photo/IC]

Un centre de fabrication dans la province chinoise de Guangdong (sud du pays) a commencé la construction de la première usine «zéro ouvrier» de la ville, un signal fort des autorités locales pour promouvoir la stratégie «robot assemblage de ligne».

La société privée, Dongguan Everwin Precision Technology, va lancer 1000 robots lors de la première phase du projet, a rapporté la China National Radio.

« L'usine "zéro ouvrier" ne veut pas dire que nous n'aurons pas de salariés, mais que nous allons réduire la taille de l'effectif de plus de 90% », a déclaré Chen Qixing, le président de la compagnie. Après le démarrage des travaux, le responsable a expliqué qu'au lieu de 2 000 ouvriers, la force actuelle de la main-d'œuvre, la firme aura seulement besoin de l'aide de 200 personnes pour faire fonctionner le système de logiciels et la gestion dans les coulisses.

Sous la pression actuelle de la pénurie de main-d'œuvre, les appels pour utiliser des robots intelligents dans les villes du delta de la rivière des Perles, notamment Foshan et Dongguan, sont de plus en plus pressants. « Ce remplacement est absolument nécessaire, étant donné la pénurie de main-d'œuvre sévère et une augmentation des coûts du travail », a noté Di Suoling, à la tête de l'Association d'affaires de Taïwan basée à Dongguan.

Les fabricants de cette région ont été touchés par une pénurie de 600 000 à 800 000 ouvriers, selon les données publiées après la Fête du Printemps en février derniers. A cette période, des dizaines de milliers de travailleurs migrants étaient déjà rentrés chez eux pour se retrouver en famille et certains d'entre eux ont décidés de s'installer dans leur ville natale, où les coûts de la vie sont moindres par rapport aux villes côtières.

Face à la situation dramatique d'une population active en baisse, les économistes suggèrent que la nation devrait améliorer sa technologie et utiliser largement des robots intelligents. Les autorités du Guangdong avaient annoncé au mois de mars vouloir investir 943 milliards de yuans (152 milliards de dollars) pour remplacer les humains par des androïdes au cours des trois prochaines années. Le gouvernement local va s'activer pour permettre la mise en place d'automates dans 1950 entreprises dans toute la province, et prévoit de construire deux bases industrielles avancées pour la production de robots d'ici 2017.

Robots industriels : la Chine s'équipe mais innove peu 27 mai 2015

Actualité technologique internationale a écrit:
Avec trois robots industriels pour 1.000 ouvriers, la Chine est aujourd'hui très peu robotisée. A titre de comparaison, le taux d'équipement mondial moyen est de 6,2 robots pour 1.000 ouvriers et le taux record, atteint en Corée du Sud, est de 45 pour 1.000.

En 2013, la Chine est cependant devenue le premier marché du robot industriel. En 2014, 56.000 unités y ont été vendues, ce qui représente près d'un quart du volume mondial. La Fédération internationale des robots prévoit [1] que la Chine comptera en 2017 plus de 400.000 robots, soit davantage que les Etats Unis (292.000).

Vers l'usine intelligente

La robotisation de l'appareil industriel chinois est en marche et compte parmi les priorités du gouvernement. En mars dernier, le premier ministre LI Keqiang a dévoilé [2] le programme Made in China 2025, qui à l'instar du programme allemand Industry 4.0, entend valoriser le secteur manufacturier en stimulant l'innovation grâce au rapprochement des technologies industrielles et des technologies de l'information. Le tournant vers l'industrie intelligente et vers l'usine numérique passe notamment par l'équipement des industries avec des robots modernes. Plusieurs gouvernements locaux ont déjà mis en place des outils financiers pour mettre en place la stratégie. Celui du Guangdong a par exemple annoncé [3] qu'il investirait 943 milliards de yuans (environ 135 milliards d'euros) au cours de ces trois prochaines années pour lancer et accompagner la transformation de son industrie en remplaçant une partie de sa main d'oeuvre humaine par des systèmes robotisés. Le plan d'action, publié en mars dernier, identifie 1 950 entreprises (dans les secteurs de l'automobile, de l'électronique, du textile, des équipements ménagers et des matériaux de construction) qui pourraient bénéficier de subventions pour s'équiper de systèmes automatisés. Dans les principales villes du Guangdong, les industries reçoivent déjà des aides des autorités municipales. A Dongguan par exemple, 60% des entreprises auraient commencé à implanter leur site de production avec des robots. L'entreprise Everwin Precision Technology Ltd, produisant des composants pour téléphones portable et des supports à LED, se targue d'être en passe de devenir la première entreprise chinoise "0 ouvrier". Son objectif étant d'installer 1.000 robots [4] et de réduire de 90% le nombre de ses ouvriers - qui passerait de 2.000 à 200 - pour ne garder que la main d'oeuvre nécessaire à la supervision des systèmes informatiques.

Encourager l'innovation nationale

Mais chez Everwin, comme dans la majorité des manufactures, les robots nouvellement installés ne sont pas chinois, mais japonais, européens ou américains. Car dans le domaine de la robotique industrielle de pointe, la Chine n'est pas au rendez-vous. Conséquence : seul 1/5 des unités installées en Chine sont des technologies locales. Et bien souvent, les composantes clés de ces machines -comme les moteurs ou les réducteurs de vitesse - sont importées. Pour pallier ce retard, les acteurs industriels, académiques et politiques commencent à s'organiser. A l'échelle nationale, une "Alliance stratégique pour l'innovation dans les technologies industrielle intelligentes" a par exemple été créée [5] fin 2014, rassemblant des fabricants de robots, des instituts d'enseignement supérieur, de recherche et des offices nationaux de propriété intellectuelle. Les principales entreprises dans le domaine de la robotique ont de leur côté signé des accords de coopération avec des universités et des instituts de recherche. A Qingdao (province du Shandong) par exemple, l'International Robot Industrial Park héberge depuis début 2014 plus d'une dizaine d'entreprises et de start-ups, qui développent leurs projets en partenariat avec les laboratoires de recherche de la ville. C'est le cas de Baojia Automation Equipment qui a été la première, sur ce site, à créer un robot intelligent entièrement chinois. Baptisé "Baozhi", ce dernier est dédié à la manipulation et à l'empilement et est capable de calculer le meilleur itinéraire entre deux points donnés. A Dongguan, une autre zone [6] dédiée à la robotique est en train de voir le jour. Des entreprises spécialisées dans le contrôle du mouvement et les équipements haut de gamme s'y implanteront aux côtés des fabricants de robots industriels et de robots de service.

D'après le journal chinois The Economic Observer [7], une quarantaine de projets de parcs dédiés à la robotique auraient déjà été recensés en 2014 sur l'ensemble du territoire chinois. Mais parmi eux, rares sont ceux qui parviennent à attirer des entreprises chinoises sérieuses et innovantes. La majorité des fabricants de robots industriels nationaux se concentre en effet sur la production de technologies équivalentes aux technologies étrangères existantes. L'innovation en Chine est avant tout portée par les grandes sociétés étrangères qui y ont implanté des centres de R&D, comme - par exemple - le groupe helvético suisse ABB [8] qui se développe dans le secteur pionnier de la robotique industrielle collaborative. Parmi les acteurs locaux, l'entreprise Siasun Robot and automation, premier fabricant chinois de robots, travaillerait à la conception de nouveaux équipements et se développerait également dans la robotique de service.


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MessageSujet: Après l'industrie, les robots se multiplient dans l'univers des services   Jeu 28 Mai - 7:27

Après l'industrie, les robots se multiplient dans l'univers des services Benoît Georges et Philippe Bertrand Les Echos

Les Échos a écrit:


image: Robot serveur, à Liaocheng (province de Shandong, en Chine). Des emplois peuvent disparaître, mais ils seront remplacés par d'autres qui offriront d'autres services où l'humain est durablement inégalable. - Sipa Asia/Zuma/REA

Des entrepôts des distributeurs aux maisons de retraite, les robots sont déjà une réalité. Une tendance qui va se renforcer avec la voiture sans chauffeur et d'autres innovations concrètes.

Depuis Jules Verne - pour ne pas parler du cheval de Troie - jusqu'à la série suédoise « Real Humans » et ses androïdes employés de service parfois très intimes, le robot est un objet de fantasme. Les études sont nombreuses pour prédire le grand remplacement des employés - après les ouvriers des usines - par des automates. Selon Gartner, société de conseil high-tech américaine, un tiers des emplois pourraient être occupés par des robots dans dix ans. Et presque la moitié dans vingt ans. Alors fantasme ou réalité ? Sans jouer les Cassandre, force est de constater que les robots quittent les ateliers industriels et apparaissent dans de plus en plus d'activités de service. Les services, un secteur de main-d'oeuvre par excellence.

S'il est encore trop tôt pour parler de déferlante, la multiplication des exemples et des initiatives dessine ce qui ressemble à une tendance. Dans la logistique, tous les distributeurs français sont en train de réorganiser en profondeur leurs entrepôts. Et de les automatiser. Objectif ; 5 % à 10 % d'économies sur les coûts d'éclatement, qui seront réinjectés dans la guerre des prix. Leclerc, en Alsace, a déjà construit un site entièrement automatisé équipé de transtockeurs géants. Les autres enseignes étudient des solutions plus souples, comme celles de la start-up Balyo, qui automatise les traditionnels Fenwick. Pour 50.000 euros environ, on remplace un conducteur. Le belge Delhaize a déjà adopté la technologie.

Le cauchemar des femmes de ménage

Toujours dans le secteur de la distribution, les caisses automatiques et le scanning de chariots pleins existent depuis des lustres. Seule la prudence sociale des enseignes les empêche de supprimer des dizaines de milliers de postes de caissière. Bientôt, des robots permettront aussi de repérer les produits manquants en rayon et d'aider au réapprovisionnement.

Après les chariots élévateurs, ce sont les nettoyeuses industrielles qui pourront être automatisées. Déjà, des dizaines de milliers d'aspirateurs, dont certains passent la serpillière, sont vendus chaque année par iRobot et ses concurrents. Le cauchemar des femmes de ménage.

Plus sophistiqué, Nao le petit robot androïde d'Aldebaran, propriété du japonais Softbank, pénètre les maisons de retraite. Des robots arrivent aussi dans les vignes et les champs français. Des robots tracteurs pour un désherbage écologique « comme à la main » effectué autrefois par des saisonniers. Sur quatre roues également, les voitures sans conducteur de Google ou les projets de Safran et Valeo. Une perspective qui fait rêver Travis Kalanick, le patron d'Uber.

Dans l'univers des services, il faut souligner la montée en puissance des robots « invisibles », comme les services d'accueil vocaux automatisés, de l'américain Nuance notamment, qui commencent à être utilisés dans les centres d'appels. Sans compter la digitilisation de nombreuses fonctions. L'investissement de 60 millions que va réaliser Air France-KLM dans des bornes interactives et des dépose-bagage automatiques (en 45 secondes) en est une illustration.

Autant d'exemples concrets qui ne relèvent pas de la science-fiction. L'automation menace toutes sortes de fonctions. « Je ne crois pas que cela soit entré dans l'esprit des gens », indiquait récemment Bill Gates, cofondateur de Microsoft, au « Wall Street Journal ».

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MessageSujet: Qui a peur des robots ?   Jeu 28 Mai - 7:36


Qui a peur des robots ? David Barroux Les Échos 26 mai 2015

David Barroux a écrit:
Après avoir eu la peau des ouvriers dans les usines, les robots vont-ils piquer le travail des employés des services.

Accusée d'avoir remplacé l'homme dans l'industrie, la machine s'affirme de plus en plus à même d'accomplir des tâches jusque-là confiées à des hommes et des femmes dans les entrepôts, les magasins, les voitures ou les gares. Le distributeur et la caisse automatiques remplacent guichetier et caissière, les chariots autonomes et les drones intelligents s'invitent dans la logistique. Et d'ici peu, rien ne dit que les taxis ne rouleront pas sans chauffeur comme de vulgaires métros automatiques.

Cette peur du déclassement liée à l'essor d'une puissance cyborg n'est pas sans fondement. Le progrès permanent des semi-conducteurs, le boom du Big Data et de l'intelligence artificielle et les bonds en avant de la robotique et des réseaux télécoms rendent ce futur un peu moins lointain mais pas forcément inquiétant. Au même titre que les pays ayant le plus automatisés leurs usines sont ceux qui profitent le mieux de la mondialisation en parvenant à marier gains de productivité et montée en gamme, l'avenir appartiendra à ceux qui sauront progresser en s'appuyant sur une robotique de plus en plus performante.

Ce deuxième âge de la robotique débouchera cependant sur un double défi. Les Etats vont devoir investir plus - ou au moins mieux - dans la formation car les emplois répétitifs sans réelle valeur ajoutée sont incontestablement menacés. Et les entreprises ne doivent pas voir la robotisation que comme un simple moyen de réduire leurs coûts mais plutôt comme un outil permettant de se différencier en réinventant leurs modes de production et en affectant à des services réellement utiles pour leurs clients le personnel qui faisait hier ce que le robot pourra faire demain.

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MessageSujet: Des robots mieux à même de travailler avec l’homme   Mer 1 Juil - 3:18

Des robots mieux à même de travailler avec l’homme Les Échos


Le japonais Fanuc présentera son premier cobot, capable d’assister l’homme dans des taches pénibles en toute sécurité.
Equipé de caméras et de capteurs d’effort, il peut porter une charge utile de 35 kg

Vincent Charbonnier a écrit:
Les robots collaboratifs sont l’une des vedettes du salon Innorobo qui se déroule du 1er au 3 juillet à Lyon. Ils joueront un rôle majeur dans l’usine du futur.

Un robot qui fait des gâteaux ? Ce n’est plus de la science-fiction. A Champagne-au-Mont-d’Or, près de Lyon, un robot va faire son entrée dans le laboratoire de la pâtisserie de Richard Sève. Avec son bras articulé, ce robot collaboratif « accomplira des tâches qui sont ingrates pour l’homme », explique le pâtissier lyonnais qui emploie une soixantaine de salariés. Ce robot trempera par exemple un intérieur de chocolat dans une meringue, un geste fait à la main jusqu’à présent. Ce qui permettra de confier des activités plus nobles aux ouvriers de la maison.

Souvent appelé « cobot », le robot collaboratif est « un robot qui cohabite avec l’homme, qui commence à avoir une appréhension de son environnement », explique André Montaud, directeur du centre de ressource en mécatronique, productique et management de l’innovation Thésame. Lorsque l’homme entre dans son champ d’action, il ralentit la cadence de ses gestes. » Assimilé souvent à une « troisième main », ce type de robot améliore le geste de l’homme. Il intervient dans l’assemblage de pièces compliquées ou peut suppléer un employé pour porter des charges lourdes.

Ces robots tiendront le haut du pavé lors du salon Innorobo, qui ouvre mercredi à Lyon. Le japonais Fanuc présentera son premier cobot, capable d’assister l’homme dans des taches pénibles en toute sécurité. Equipé de caméras et de capteurs d’effort, il peut porter une charge utile de 35 kg. L’américain Rethink Robotics aura sur son stand Sawyer,un robot mono-bras à la fois précis et polyvalent proposé à 29.000 dollars l’unité tandis que le CEA dévoilera son premier prototype de robot collaboratif Sybot.

Preuve du bouillonnement du secteur, ces pionniers de la robotique suscitent l’appétit de grands groupes. Après le rachat du français Aldebaran par le japonais Softbank, le danois Universal Robots vient d’être repris par l’américain Teradyne.
Citation :
« La cobotique qui fait appel à des robots plus petits, plus flexibles, est l’une des grandes tendances de la robotique, davantage en Europe qu’en Asie », explique Catherine Simon, organisatrice du salon Innorobo. Les robots collaboratifs permettent à des PME et à des TPE de regagner en productivité, à des artisans de pouvoir exprimer leur créativité ». Mais ils « restent encore à des prix élevés », relève André Montaud qui constate que « toutes les applications industrielles ne se prêtent pas à un robot collaboratif ».

Des robots pour des usines plus flexibles


Le robot collaboratif sera néanmoins l’un des acteurs de l’usine du futur. Il aura toute sa place dans l’usine flexible 4.0. Sur ce marché émergent, la France a sa carte à jouer, estime André Montaud. Certaines sociétés comme le français RB3D ou le fabricant de robots industriels Stäubli se sont déjà positionnées sur ce créneau. La société Akeoplus est également reconnue pour ses systèmes robotisés avec vision embarquée.

Le leadership français dans le domaine de l’intelligence artificielle, véritable cerveau des systèmes cobotiques, est aussi un atout. Avec des centres de recherche de l’INRIA à Grenoble et à Lyon, des laboratoires du CNRS comme le LAAS à Toulouse dont les travaux sur la robotique portent sur l’interaction entre l’homme et son environnement.

Ce potentiel suscite des convoitises en région. Dans le sillage des deux plus grands fabricants de robots en France, Stäubli et Adept, implantés en Haute-Savoie, la région Rhône-Alpes vient de lancer la Coboteam, un hub qui vise à animer et structurer le développement de la filière robotique, qui comprend 400 entreprises en Rhône-Alpes impliquées dans la fabrication de briques technologiques intégrées dans les robots. Un levier de plus pour ne pas manquer le train de la robotique de demain.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/industrie-lourde/021176064045-des-robots-mieux-a-meme-de-travailler-avec-lhomme-1133141.php?qU5SiG9ut2LISOQI.99




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MessageSujet: les robots produisent-ils de la plus-value ?   Mer 1 Juil - 13:41


à lire toute la presse empressée d'alerter sur le remplacement des salariés en chair et en os par des robots en matériaux composites et puces électroniques, on se dit : voilà l'homme nouveau du capital, c'est foutu pour la cause communiste...

pour tout bon bon marxiste pas "so called", une question vient

les robots produisent-ils de la plus-value ?



la plus-value, c'est ce surplus de produit que l'"ouvrier" fabrique durant son temps de travail, au-delà du temps nécessaire à produire l'équivalent de sa force de travail dépensée : il touche le juste salaire pour reconstituer cette force de travail, revenir le lendemain, etc.

dans la force de travail de l'ouvrier, ou du producteur de plus-value moderne, entre tout ce qui l'a construit depuis sa naissance, ses muscles et son intelligence, ses connaissances et compétences apprises à l'école, les soins prodigués par sa maman, sa compagne, sa maîtresse et son chien, etc. C'est tout cela qu'il reconstitue hors de l'usine pour y être un productif de plus value efficient

le prolétaire productif (de plus value) est donc une marchandise (force de travail) possédant cette propriété de produire plus qu'elle n'exige pour être reproduite

au niveau générationnel, c'est la fabrication des petits prolétaires par "les femmes qui font des enfants", et constituent donc la première force de reproduction de la force de travail mondiale pour le capitalisme


le robot, lui, ne saurait produire davantage d'équivalent valeur d'un produit qu'il n'en faut pour le reconstituer. Il n'a ni maman, ni épouse fidèle, ni maîtresse (encore que... nous verrons), ni chien (là aussi...), il peut travailler 24h/24 sans faire les 3x8...


le robot, en travaillant à la place d'un prolétaire humain, dépense, ou plus exactement consomme, ce qui l'a constitué comme machine-outil dotée d'une intelligence artificielle limité aux tâches auxquelles il sera assigné,

dans ce qui constitue la "force de travail" du robot, comme marchandise porteuse d'une "valeur", entrent sa conception, sa fabrication, [son achat-vente par l'industriel qui l'utilise à l'industriel fabricant], l'énergie pour son fonctionnement (électricité, manipulation minimale, déplacement, par un prolétaire humain), son entretien jusqu'à usure complète ou obsolescence face à la concurrence mieux équipée du robot dernier crie (le robot crie quand le robot craque)


autrement dit, malgré ses grands airs - surtout quand il a figure humaine et travail côte à côte d'un prolo faisant la même chose moins vite - le robot n'est que du travail incorporé mis à la dépense productive, du capital fixe (" pour Marx le capital fixe est la part du capital dévolue, dans l'investissement productif, à l'achat de bâtiments (installation d'une usine par exemple), de machines et d'outils ")

le robot ne fait en "produisant" que se consommer, que se consumer jusqu'à sa mort comme déchet "vert" à recycler pour la fabrication de robautres

résultat : le robot ne produit pas de plus-value

le leurre, dans cette histoire, est le fameux "General Intellect" et le "capitalisme cognitif" mis à toutes les sauce (surtout par les négristes, et particulièrement les négristes français, Moulier-Boutang et Multitude) cf Negri-Vercellone Le rapport capital / travail dans le capitalisme cognitif

par General Intellect, Marx dans les Grundrisse entend la constitution collective, socialisée, de la force de travail par le capitalisme en subsomption réelle, fondée sur l'expropriation de plus-value relative (Marx 1867)

ce qui nous ramène à notre robot, dont l'utilisation accroit la productivité réelle du travail c'est-à-dire la quantité de produit fabriquée dans un temps donné de travail, la productivité simple consistant à augmenter la plus-value absolue en faisant travailler l'ouvrier plus longtemps

ce qui est une autre manière d'établir que

le robot, en lui-même et par lui-même, ne produit pas de plus-value, ni absolue, ni relative. Il n'en produit pas davantage qu'un marteau ou un fer à repasser

NB : le robot n'est pas non plus un esclave, travaillant à s'épuiser sans être payé en salaire. L'esclave est dans la même situation que le cheval de trait ou le bœuf de labour, et la femme-esclave vouée de plus à la reproduction des petits esclaves, comme la vache fait le veau et la poule fait l'œuf

Patlotch a écrit:
21 D'la poule et d'z'œufs et d'le poulet

Maboul dit « La lutte et le communisme, c'est comme la poule et l'œuf. » « La poule et l'œuf ne font que le poulet. » lui oppose Isidore - Hmm, fait Maboul, la police du capital... - Capital et communisme même combat ? - Hmm... moui, face à face - Alors après la révolution, plus de capital, plus de communisme ? - Ça dépend - De quoi ? - Du temps - Je s'rai plus là - Si c'est pas toi, quelqu'un des tiens - Quelqu'un détient quoi, si la propriété l'est abolie ? - Chacun l'unique en sa propriété - Mais moi je ne suis rien, qu'à toi qui est mon tout, Maboul - Rien ne sera plus à personne, Isidore - Tu veux dire qu'avec la révolution, Maboul, je ne serais pas même, un peu, ta poul... - Merde ! Isidore, c'est l'heure de pondre ! - Fait pas un temps à mettre un œuf dehors - On répond pas on pond ! Pas d'temps à perdr faut pondr ! - Pour la reproduction du poulet ? - Qu'on rattrap jamais - Si, la preuve, c'est qu'on le mange - J'ai pas dit le poulet, le temps perdu ! Isi' tes con ou quoi ? - T'as raison, Mab', l'capital, c'est la recherche du temps gagné - Triste de nous, v'là-t'y pas Proust communist en son genre ? - J'le vois pas l'rapport, quel genre ? - Le rapport sexuel n'existe pas - Dieu non plus - Vrai, sinon s'rait genre communist en chef de parti - C'est t'y pas la preuve qu'exist mêm pas - Pas comm l'homm - Lui non plus ? - Lui non plus quoi ? - L'homm qu'existe pas comm Dieu - Si qu'il exist pas, le communism l'est foutu - Foutue preuve qu'l'homm l'exist pas comm Dieu - Ça dépend pas ? - Quoi qui dépendrait d'qui zou quoi ? - L'existenç d'l'homm, d'la lutt, du genr Dieu, qu'est-c'que j'en sais de quoi encore ? - Rien. T'en sais rien que je sache nous n'conchiassions. Pis d'abord, c'est quoi l'rapport ? - T'as t'y point dit C'est comm la poul et l'œuf ? »


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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Mer 1 Juil - 13:58

« Rien n'est sacré tout peut se dire » Raoul Vaneigem
« Le ventre encore fécond, d'où a surgi la bête immonde » Bertold Brecht  
« Au plus élevé trône du monde, on n'est assis que sur son cul » Montaigne
« Et plus que l'air marin la douceur angevine » Heureux qui, comme Ulysse Joachim du Bellay
etc.

fin

à la mémoire d'Albert, ami et camarade paysan de Haute-Saône,
physicien, mort asphixié à 24 ans par son poêle à charbon, en Algérie, 1973


Rien n'est sacré tout peut se vendre
le prix encor fait qu'on
trône plus bas qu'immonde

La mort construit sa tour aussi haute que si
elle avait le contrôle du ciel
l'horizon aboli la raison engloutie

Ne vois-tu rien venir du haut de tes fadaises ?
« Un homme à la mer ! » quelle idée !
pourquoi pas une femme ?

Mais non, c'est un robot imprimé en 3D
insensible au sale air systémique
au chômage, au fromage de vache, à la magie humaine

Quand la cyberéthique s'empare des masses
l'immatériel est l'avenir de l'homme
pas de robote à dominer

le robot et le rat c'est tout comme
des villes et des champs réuni
il se reproduit biotech-né

Le post-humain est arrivé
à rendre l'ange vain
son genre a fait un beau voyage
heureux comme un nu lisse

en cage sans barreau
sans maton ni béton
sans parents et sans âge
sans douceur sans village

ni baiser ni aimer, ni boire ni manger
ni beauté ni danger
la vie est la non-vie réelle et fonctionnelle

plus de contradiction, résolue sans révolution
l'art révolu résolution
la vérité du rêve est la liberté fictionnelle

Poil au velu rebelle
au policier imberbe
en meute de la faim

Et qu'habile Berbère
dans ce parfait désert
compte les Blancs mutins

Quel besoin de sommeil ?
demain sera la veille
sans mémoire

Tu verras tu verras
comment commencera
sans histoire

L'éternité
in-oubli-able
une fuite de sable

Un souvenir sans temps  
le vrai moment s'entend
du faux incontestable

Plus de temps plus d'espace
plus de loin plus de proche
plus de lieu plus de place

Et jamais un reproche
inutile l'armure
indifférente différence

Tombes sont tous les murs
et dans les ruines l'essentiel
la solitude du silence

L'ennui universel
d'un immortel commun
règle l'égale égalité

Personne pour chercher
personne pour trouver
personne demandé

Qui dira
le mot
?



FoSoBo 15 mai 2014 01:15


si c'est un homme ?
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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Mer 1 Juil - 14:45

resituons ce qui précède dans l'ensemble de l'exploitation capitaliste du prolétariat, sans cesse renouvelé dans la restructuration sans fin du capitalisme

car, me dit raton
pourquoi les capitalistes utilisent-ils des robots, si ça ne leur rapporte pas de plus-value supplémentaire ?


ils le font poussés par la concurrence, chacun pour le maintien de son taux de profit, qui dépend de la productivité réelle, autrement dit de la plus-value relative

globalement, il y a un déplacement-remplacement, élimination d'ouvriers non ou peu qualifiés, accomplissant des tâches minutieuses mais répétitives : les robots sont d'abord arrivés sur les châines, Cf Chaplin, Les Temps modernes)

en amont, des emplois qualifiés sont créés de chercheurs, ingénieurs concepteurs, électroniciens et informaticiens, programmateurs, techniciens supérieurs, etc. qui deviennent de ce fait (dans "nos pays") les véritables prolétaires productifs de notre temps...


de même que les personnels de services nouveau prolétariat

et les autres



2011
Daniel Cardot a écrit:
Alternatives Economiques  n° 310 - février 2012  
Les nouveaux prolétaires, par Sarah Abdelnour
Coll. Petite encyclopédie critique, Textuel, 2012, 140 p., 9,90 euros.

Ils sont " dominés par la hiérarchie, vivant dans une forte insécurité matérielle et dans une position sociale vulnérable. " Longtemps quasi-synonyme de salariat, à l'époque où ce terme désignait des sans-terre et des sans-droit, le prolétariat s'est peu à peu restreint aux ouvriers, notamment sous l'influence de Karl Marx.
 
Aujourd'hui, c'est le mouvement inverse qui prévaut, estime l'auteur : le salariat redevient peu à peu un prolétariat new-look, résultant de " la fin de l'emploi salarié stable qu'accompagne une accentuation de la dégradation de la qualité du travail ". Les nouveaux prolétaires seraient donc les membres de ce que Robert Castel nomme " le précariat ", résultat de l'effritement de la société salariale sous la pression du système économique lui-même, qui recherche une plus grande flexibilité de la main-d'œuvre et tente de l'obtenir derrière le mot d'ordre (sans grand contenu) de " flexicurité ". La conscience de classe de ces nouveaux prolétaires se heurte à la fragilisation engendrée par la précarité : " la désaffiliation " (le terme est de Serge Paugam) produit des émeutes plus que des luttes.

Toutefois, aussi intéressante soit-elle, cette tentative de synthèse n'éclaire guère ce mot-valise qu'est la précarité, trop vite réduite au statut et à l'instabilité de l'emploi, alors que le problème est bien davantage l'insécurité, une distinction qu'elle n'effectue pas, tout comme elle se méprend en qualifiant le RSA de workfare. Dommage.
en relation, le sujet "le précariat définit le salariat" : Seuls 25% de tous les travailleurs du monde ont un emploi stable

le mouvement n'est pas récent. Cf 1968 Cheverny Julien — Les cadres. Essai sur de nouveaux prolétaires

comme la CGT une UGICT Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens CGT


et toutes les (bonnes celles-ci mais...) qu'avaient le PCF de créer une revue ITC (Ingénieurs-techniciens-cadres) dans les années 1970

Julian Mischi, « Le communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970 »,
NPA a écrit:
Dans la foulée de la signature du programme commun avec le PS et le PRG en 1972, le groupe dirigeant [du PCF] s’est en effet engagé dans une politique de désouvriérisation de son discours et de son recrutement, se tournant notamment vers les enseignants et les ITC (ingénieurs-techniciens-cadres). Or, après avoir recruté dans ces secteurs et désorienté une partie des militants et cadres ouvriers, le PCF a opéré un revirement idéologique et organisationnel au moment de la rupture de septembre 1977 avec le programme commun. Ce tournant ouvriériste a engendré de nouvelles tensions mais, surtout, masqué paradoxalement selon Mischi une double désouvriérisation du PCF : du personnel et du discours communistes.

et comme ce message manque cruellement de femmes-prolétaires...


et pour compléter le tableau en couleur.e.s : travailleurs et travailleuses domestiques / Domestic Workers

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MessageSujet: Cyber-Proletariat, Global Labour in the Digital Vortex   Mer 1 Juil - 14:56

en relation Cyber-Proletariat Global Labour in the Digital Vortex


review a écrit:
The utopian promise of the internet, much talked about even a few years ago, has given way to the information highway’s brutal realities: coltan mines in the Congo, electronics factories in China, devastated neighborhoods in Detroit. In Cyber-Proletariat, Nick Dyer-Witheford shows the dark side of the information revolution through an unsparing analysis of class power and computerization.

He reveals how technology facilitates growing polarization between wealthy elites and precarious workers and how class dominates everything from expanding online surveillance to intensifying robotization. At the same time he looks at possibilities for information technology within radical movements, casting contemporary economic and social struggles in the blue glow of the computer screen.
           
Cyber-Proletariat brings Marxist analysis to bear on a range of modern informational technologies. The result is a book indispensable to social theorists and hacktivists alike and essential reading for anyone who wants to understand how Silicon Valley shapes the way we live today.

Benjamin Noys, University of Chichester and author of Malign Velocities

“Nick Dyer-Witheford’s Cyber-Proletariat tracks the  eddies and flows of the perfect storm that is contemporary capitalism. This panoramic work reveals the relentless force of material destruction and brutal violence concealed by the sleek surfaces of digital culture. Not without hope, Dyer-Witheford offers a clear-eyed reflection on the conditions facing the global proletariat in its struggle to win a better world.”

Dorothy Kidd, University of San Francisco

“In Cyber-Proletariat, Dyer-Witheford teases out the tensions between new communization and autonomist Marxist theories to portray the struggles of workers along the entire global capitalist commodity chain. An epic story, it is two parts the unending battle against capitalist cyber-vampires, and one part the Wizard of Oz- like alliance of ‘all who care for one another and for the world.’”

George Caffentzis, University of Southern Maine

Nick Dyer-Witheford follows up his now-classic Cyber-Marx with a synoptic view of the relationship between the poles of the contemporary global proletariat from the Turkish miners killed in a shaft collapse to the highly paid "hackers" in Silicon Valley. Cyber-Proletariat is rich in empirical detail and has a wide theoretical horizon. You will find in these pages workers in Foxconn contemplating suicide cheek-by-jowl with the Gezi Park demonstrators protesting the enclosure of a public park to build a shopping mall. It is written with Dyer-Witherford's well-known eloquence and passion. Cyber-proletarians should thank him for writing it and get it.”
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MessageSujet: Entretien avec Rémy, ouvrier-robot et révolté   Dim 5 Juil - 13:21


en attendant un hypothétique grand remplacement entretien avec un vrai prolo en robot

Entretien avec Rémy, ouvrier-robot et révolté pièces et main d'œuvre.com

Rémy a écrit:
Q : Tu t'es présenté à nous comme "robot" dans une usine de "robots". Le mot "robot"
signifie "travailleur" en tchèque, mais tu n'es pas né robot ; pourrais-tu nous raconter
comment tu l'es devenu, à partir de ton histoire familiale et personnelle ?

R : Pour aller directement au but, je dirais que pour devenir "robot", il faut faire une chose qui
peut sembler a priori simplissime : se taire. Mais il faut des années pour apprendre à se taire. Et
accessoirement arrêter de réfléchir (ou en avoir la sensation).
Comme tout le monde (ou presque), je suis issu de parents biologiques en chair et en os qui ont
évolué dans le milieu industriel dans des tâches subalternes ou à petite responsabilité. À temps
partiel et rémunéré au minimum pour la détentrice du sexe féminin, à temps (plus que) plein et
avec une petite gratification pour le masculin. Normal, n'est-ce pas ? Bien que "travailleurs",
"ouvriers" ou "prolétaires", je suppose que ce n'étaient pas (tout à fait) des robots dans le sens où
il leur était possible d'avoir des échanges verbaux structurés, des discussions (même anodines)
avec les collègues et la hiérarchie.
Comme l'Education Nationale, les conseillers d'orientation, le tissu social et l'enclavement
géographique sont bien huilés, je me suis retrouvé dans le même milieu. Celui des industriels et
des entrepreneurs. Bref, des "preneurs de risques".

Q : Quand tu parles de tes parents biologiques, peux-tu préciser leur emploi exact ?

R : Durant la plus longue durée sans discontinuité, ma mère a été employée comme "opératrice
de production", c'est-à-dire à effectuer des tâches diverses - ébavurage, tri, assemblage, contrôle
... - sur des pièces en plastique destinées à l'automobile ou la connectique électrique. Des tâches
répétitives et avec des cadences à tenir. Une fois que le terrain industriel n'a plus eu besoin
d'elle, ce qui l'a pas mal occupée, c'est de passer la serpillière et le plumeau comme
"technicienne de surface". La linguistique managériale déborde d'inventivité.
Quant à mon père, qui a évolué dans le même environnement que ma mère, il était "monteurrégleur"
sur des presses à injection plastique. Chargé d'effectuer la mise en route et les réglages
avant de lancer la production, d'en effectuer le suivi et de superviser quelques "opérateurs". Le
tout sur un parc d'une quinzaine de machines. Ceci avant d'intégrer une fabrique d'éléments pour
l'aéronautique et de déclarer une maladie que le corps médical a eu du mal à diagnostiquer. Sa
salle d'attente pour la retraite s'intitule "longue maladie".
***
La zone géographique dans laquelle j’ai travaillé se dénomme la "Plastic Vallée", une invention
de technocrates lorsque les années 1980 étaient glorieuses. L'entreprise dont je relate le plus
largement l'existence et qui s'est occupé de moi dernièrement se situe aux confins de l'Ain et du
Jura.2

J'ai actuellement 31 ans. J’ai commencé en 2005 - à 21 ans - par des missions intérimaires d'une
semaine, au SMIC, pendant plus de deux ans au sein d'un groupe international fabriquant des
jouets. Et je n'avais pas à me plaindre. Des collègues de l'atelier de production, la plupart
d'origine maghrébine ou turque, subissaient le régime intérimaire au même poste depuis
plusieurs années. Totalement illégal mais parfaitement autorisé.

Ensuite, l'entrée dans le monde des robots s'est faite en douceur, si je peux dire. Avec le sacrosaint
CDI décroché au bout d'à peine trois mois d'intérim, en 2008. En douceur car si le
dispositif de surveillance et les techniques de manipulation visant à rendre la main d'oeuvre
docile étaient en cours de mise en place, la taille de l'entreprise (environ 150 personnes), ses
pôles d'activité (fabrique d'éléments pour l'aéronautique civil et militaires ainsi que l'armement
où le flux tendu n'existe pas) et le comportement de la direction (complètement "foutraque",
excusez du terme) faisaient qu'une solidarité mais aussi des inimitiés favorisaient la prise de
parole, ne serait-ce que le temps d'une pause ou durant le passage des consignes, travail en
horaires décalés oblige. Des horaires décalés qui justifient une prime permettant de hisser le
salaire au niveau du revenu médian de ce pays (environ 1600 euros mensuels) mais où le taux
horaire est tiré vers le bas. Avec le recul, le (seul ?) point positif était le tempo, relativement
lent, de certaines productions qui favorisait le temps de la réflexion. Un temps lent qui, de
l'usine à chez moi, était continu et m'a aidé à lire certains livres. Comme ceux des groupes
Marcuse et Oblomoff, les fameux 1984 d’Orwell et Le meilleur des mondes de Huxley sans
oublier L'homme superflu de Philippe Vassort ainsi que le chef d’oeuvre de Günther Anders :
L'obsolescence de l'Homme. Après quatre années de "La guerre, c'est la paix", je démissionnai
de cet endroit.

Après des années de résistance à l'objet fétiche de notre temps, je devais céder aux regards et
remarques des négriers modernes (comprendre agences intérimaires) et recruteurs de tous poils,
et acquérir un téléphone portable.

Je retombais aussitôt, en 2012, dans un nouvel endroit de torture. Et pas n'importe lequel. Celui
que toute ma position intellectuelle refusait alors. Je refermais à peine L'obsolescence de
l'Homme que je mettais les pieds dans LE lieu interdit. J'hésite à comprendre ce qui s'est
réellement passé. Et je me demande ce qui m'a incité à y rester. Peut-être la nécessité de payer
des factures. Bref, la "honte prométhéenne" des premières pages de Günter Anders n'a pas tardé
à s'abattre sur moi.

Visite guidée. Alarmes infra-rouge anti-intrusions. Entrée dans les locaux par lecteur
d'empreinte digitale avec le malheureux avertissement de la CNIL dans le corridor. Le même
dispositif sépare deux zones à l'intérieur même de l'entreprise. Caméras de surveillance à foison.
Locaux aseptisés. Propreté clinique. Port de la blouse obligatoire. Disposition du parc de
machines-outils de façon à rendre impossible tout échange verbal à distance. Ça, c'est pour les
60 autres pitres qui investissent les lieux quotidiennement.

En ce qui me concerne, j'ai accès - malheureusement - au joyau, au nec plus ultra : la cellule (on
ne rigole pas, c'est ainsi que se dénomme l'endroit au sein de l'atelier). Le grillage est là pour en
attester. De l'autre coté de la grille, la machine : le robot de marque Fanuc (dont le cours des
actions en bourse ne cesse d'exploser). De part et d'autre du robot, deux centres de fraisage à
"alimenter" en pièces. Pour stocker les pièces en attente d'usinage, deux magasins. Pour mettre
les pièces dans le magasin, on les fixe sur des palettes. Lesquelles palettes sont
"robotentionnées" jusqu'aux machines.

Et pour connaître la position exacte des pièces afin qu'elles soient usinées, les palettes doivent
passer sur un banc de palpage pour en faire le pré-réglage. Pour superviser le tout, gérer le flux
de production, un attirail informatique hors du commun est à disposition. Aucune erreur 3
possible, chaque intervenant peut contrôler les autres ; chaque "bug", pouvant arriver à n'importe
quel moment, retarde irrémédiablement le déroulé de la journée de façon dramatique. Le tout
avec des séquences de travail (préparation des pièces, palpage, ajout de programmes dans le
logiciel dédié, usinage, recherche et montage d'outils) très rapides, de l'ordre de quelques
secondes à quelques minutes et avec des cotes très précises à tenir (de l'ordre de 0.01 mm,
parfois moins).

Alors que le climat interdit implicitement de sourire, espérer échanger un mot est vain.
Au bout d'un moment, l'ouvrier, le technicien ne se sent pas seulement esclave mais bel et bien
partie intégrante du dispositif technico-informatique. L'humain n'existe plus. Les ordres
semblent tomber du ciel (il y aurait un "on" qui a décidé de quelque chose) et le terme "urgent"
se décline entre "très urgent" et "très très très très très urgent". Le travail en binôme est un
cauchemar car les consignes ressemblent à des injonctions et à des ordres militaires. Le bruit
ambiant n'aide pas la communication orale et la rapidité de l’exécution multiplie le stress. Il faut
venir voir (de préférence le vendredi vers 15h) dans quel état psychique se trouve l'ouvrier
chargé du lancement de la production pour le week-end. Comme le flux ne doit être arrêté sous
aucun prétexte : travailler de 7h30 à 16h30 (en théorie, plus souvent 17h ou 17h30) n'est pas
suffisant. La nuit, la machine et le robot bossent, eux. D’où la cerise sur le gâteau : un
Blackberry -fourni par l'entreprise- est là en cas de "plantage". Un système d'alarme à distance
permet au Blackberry d'émettre une jolie sonnerie auprès de l'employé alors "en astreinte" (une
semaine sur trois !). Qui gagne le droit de retourner à l'usine jusqu'à 20h pour remettre en route
le dispositif sans savoir s’il en aura pour 15 minutes ou trois heures. Et même le week-end. À ce
stade, l'ouvrier n'est plus esclave, il n'est plus humain, il n'est peut-être même plus animal ni
vivant mais simple particule. Comme une particule d'ADN permettant à l'entreprise de vivre.
Faut-il chercher ailleurs la source d'insomnies, le sentiment de s'être fait "orwelliser" et de
ressembler à Winston Smith ?

Tout ça pour fabriquer des outillages métalliques permettant l'injection d'éléments (emballages,
tubes) en plastique destinés au monde pharmaceutique, notamment auprès de laboratoires
sponsorisés par la Sécurité Sociale.

Pour mettre un terme au processus de robotisation dont j'ai fait l'objet et espérer ne pas en avoir
trop de séquelles, j’envoyais un nouveau recommandé au bout de deux ans. Plusieurs mois
après, l'humain reprend le dessus mais certaines choses ont été définitivement anéanties.

Q : "Définitivement anéanties" : peux-tu expliquer ?

R : Le passage dans cette entreprise a été à la fois éprouvant et destructeur. Éprouvant car le
tempo était très soutenu, couplé à une masse d'informations à gérer et à une pression liée à la
précision des pièces à usiner. Destructeur car le stress s'accumule à la fatigue, le mode de
communication - une sorte de braille oral où formuler une phrase relève du parcours du
combattant - impacte les capacités de réflexion. Le fait d'être quasiment en permanence devant
des situations impossibles à résoudre provoque une espèce de fracture du cerveau : comment,
dans le même laps de quelques minutes, répondre à la question posée par l'individu A, ne pas
oublier de passer la consigne à B, se demander ce que C vient faire par là afin d'essayer
d'anticiper sa question et la réponse à apporter, contrôler à la loupe binoculaire un outil de
0.2 mm de diamètre qui doit être placé dans la machine sans erreur, superviser une liste d'outils
à vérifier, attendre les résultats du service de métrologie - ce qui influera sur une décision à
prendre - et planifier le lancement de 48 heures de production, le tout sous des caméras de
vidéo-surveillance ? À cela s'ajoute le service d'astreinte qui ne pose plus de limite entre temps
de travail et temps personnel. À croire que le slogan soixante-huitard "Jouir sans entrave et vivre 4
sans temps mort" a particulièrement "bien" été adapté dans cette usine. Mais quelle jouissance et
quelle vie ?

Après plusieurs mois de ce régime, les sens sont touchés. Perte d'empathie (ne rien éprouver à la
perte d'un proche), troubles du comportement, céphalées, capacités de réflexion atrophiées,
écouter de la musique (chose vitale jusque-là pour moi) devient un calvaire et perte d'identité
puisque la seule parade pour tenir le choc a été de me dire : "Ce n'est pas possible, ce n'est pas
moi qui vais là-dedans". Avec le recul, je désignerais bien l'ensemble du dispositif comme
"Management par la privation sensorielle."

Q : Quel métier ou quelle vie voulais-tu quand tu étais enfant ?

R : Spontanément, j'ai envie de répondre : "Rien" ou "Aucun métier !" Et à la vie désirée, je
dirais, justement : "Vivre !" Je n'avais aucune idée pré-conçue de ce qu'il faudrait faire plus tard.
Et j'ai toujours ressenti ce monde d'hyper-compétition au point que lorsque les choix
d'orientation scolaire devaient se faire et qu'il était de bon ton de visiter différents établissements
scolaires pour en "choisir" un, j'avais le sentiment d'être entouré de sprinters dans les startingblocks
tandis que j'étais (et espère être toujours) un invétéré promeneur dans les sous-bois et
explorateur des champs.

Il y a aussi cette question qui m'horripile : "Qu'est-ce que tu fais dans la vie ?" À laquelle je
réponds : "Comment ça, vivre ne se suffit pas à soi-même ? Il faut aller prouver à untel que je
sais faire telles et telles choses - sans en connaître les tenants ni les aboutissants - en échange
d'argent octroyé sur des critères totalement biaisés ?"

Depuis quelques années, notamment depuis le passage au sein de cette Société Mentalement
Perturbée où toutes mes convictions personnelles m'intimaient de ne pas rester mais où la
nécessité économique et matérielle m'a forcé, je suis en ébullition. Et je cherche. Quoi, je n'en
sais rien. Car même si j'en avais déjà le pressentiment auparavant, c'est là que j'ai bel et bien
compris qu'il y a une différence entre ce que le complexe technico-industriel (ou "Machine de
Travail Planétaire" selon la théorie "Bolo'bolo" de P.M.) nous fait faire (souvent contre de
l'argent et un statut social) et ce que nous faisons chacun, individuellement, affranchi des codes
auxquels nous devons nous soumettre.

Q : Si tu avais le choix de faire autre chose que de travailler en usine, que voudrais-tu faire ?

R : Je n'en sais toujours rien. Et je n'ai la vocation pour rien. Me projeter sur des années m'est
totalement impossible. Et le fait de faire quelque chose de "bien pour la communauté et plaisant
pour soi-même" peut être un piège au point de devenir monomaniaque. Je me répète mais je
veux vivre ! Les quelques pistes que je regarde sont inaccessibles, ont un avenir compromis ou
sont tellement peu rémunératrices... Je ne désire pas rouler sur l'or mais j'avoue que le salaire
médian (même jusqu'à 10 % de moins) m'est nécessaire, même en réduisant les frais au
maximum. En creusant, peut-être qu'être à la fois clown, libraire et... tourneur-fraiseur, puisqu'il
semblerait que ce métier soit si essentiel et que j'aie fini par y décrocher quelques compétences,
me conviendrait.

Q : Tu sembles lire beaucoup, tu écris avec facilité : comment cela t'est-il venu et comment
as-tu découvert les auteurs anti-industriels (Anders, Orwell, Huxley) que tu cites ?

R : Lorsqu'est paru - en 2008 - Le téléphone portable, gadget de destruction massive, je me suis
dit "Ah, enfin, il y en a qui se réveillent". Depuis l'adolescence, j'avais refusé cet instrument de
contrôle et d'asservissement le plus longtemps possible, ainsi que le mode de vie que cet outil
allait générer - j'y ai cédé un an avant les révélations d'Edward Snowden au sujet de PRISM. De
plus, cela fait des années que je me pose des questions sur le monde qui nous entoure et la vie 5
qu'il me fait mener ainsi qu'aux autres humains peuplant ce globe. Plutôt que de rester dans
l'expectative, j'ai préféré me documenter. Ne dit-on pas "A l'heure de l'information de masse,
l'ignorance est un choix" ? C'est ainsi que j'ai entamé un cycle de lectures diverses qui m'ont
emmené dans cette direction. Lorsqu'il n'y a plus d'écran télévisé, il faut bien le remplacer.
Pour donner suite à la question précédente, relative à "ce que je voudrais faire", et compléter
celle-ci, peut-être qu'il y a quelque chose à chercher du côté de l'écriture puisqu'il semblerait que
cela me convienne. Mais étant donné le contexte économique environnant, il paraît - au risque
de paraître provocateur - que l'offre "d'emplois" se résumera bientôt à "employé de plate-forme
pétrolière" pour les hommes et "aide à domicile pour personnes âgées" pour les femmes. Et nous
savons bien que la vie ne se situe pas dans l'emploi.

Q : On a bien compris comment tu t'étais mis à lire des livres anti-industriels, mais comment
as-tu commencé à lire, qu'est-ce qui t'a donné le goût de la lecture ? Et que lisais-tu ? Ce
n'est plus un goût très courant dans ta classe d'âge et dans ta classe sociale.

R : Même si enfant il m'arrivait de bouquiner, j'ai perdu le fil à l'adolescence (au profit de
l’écoute de musique) et repris la lecture au moment où j'ai rompu avec l'instrument de
manipulation mentale qu'est la télévision, vers 25 ans. Et puisqu'Internet a ses limites, il fallait
bien un supplétif pour profiter de plages de temps libres et de calme. Le déclic a dû se faire avec
un livre que mon grand père maternel m’a conseillé et prêté : L'âge des extrêmes - Histoire du
court XXe siècle, de Eric Hobsbawm. Par la suite, il me semble que c'est avec la "jonction rougeverte"
d’Hervé Kempf (et sa trilogie Comment les riches détruisent la planète ; Pour sauver la
planète, sortez du capitalisme ; L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie) et des écrits plutôt
noirs, à tendance libertaire - mon fond de pensée - que j'ai commencé à creuser un sillon.
Pour accéder à ces livres ? Vivre des situations impossibles, ressentir des injustices et en
chercher les causes plutôt que d'accepter, bras ballants, en pensant que "de toute façon, on y peut
rien". Petit à petit, j'ai élaboré une petite bibliothèque assez cohérente. Puisque tous les moyens
d'action semblent vains, ne reste que la réflexion. Mais même "juste ça", ils veulent nous l'ôter,
que ce soit en nous rendant hyperactifs et/ou en nous aliénant au salariat.
Pour terminer, je dirais que je n'ai presque jamais été au bon endroit au bon moment avec les
bons individus, quitte à paraître cruel. J'ai souvent été "à coté" ou à la mauvaise époque. Un peu
comme l'automobiliste qui remonte l'autoroute à contre-sens et vitupère contre la masse qui
prend une mauvaise direction...

Q : Pourquoi as-tu refusé le téléphone portable à l'adolescence - un âge où justement tout le
monde en veut ? Comment cela s'est-il passé, est-ce que ça a ruiné ta vie sociale avec tes
copains ?

R : Sans vouloir paraître omniscient, je ressentais déjà à l'époque instinctivement le sentiment
que cet instrument était un outil de flicage, à plus ou moins grande échelle, de son détenteur. Et
qu'au-delà, cela allait déstructurer nos vies, en plus d'être au service du Pouvoir, notamment
économique. Force est de constater que le temps m'a tristement donné raison, que ce soit en
théorie ou en pratique. Ce n'est peut-être pas le seul élément mais j'ai effectivement cette
impression : à partir du moment où la téléphonie mobile est arrivée et que je ne suis pas monté à
bord du joli réseau, je me suis retrouvé tel Robinson Crusoé sur un rocher de solitude. Je ne
crois pas avoir justifié mon choix à l'époque, mais c'était tellement limpide que je ne ressentais
pas le besoin de le faire.

Q : On t'a vu avec un petit groupe lors du forum contre Center Parcs. Peux-tu nous présenter
tes copains, que font-ils dans la vie, avez-vous une activité politique ? 6

R : Un apiculteur, un travailleur social, un maçon, un chômeur, un enseignant et un ouvrier
ensemble, si je n'ai oublié personne, c'est forcément louche, n'est-ce pas ?
Nous sommes des individus libres de penser et autonomes dans nos actions, qui nous
interrogeons sur l'avenir qu'on nous prépare et voudrions ne pas faire n'importe quoi au nom de
l'emploi, de l'argent ou du saccage des conditions de survie de notre espèce. De là à en conclure
que ceci est déjà une activité politique...
Plus concrètement, nous désirons intervenir directement, en complément des actions de
l'association Le Pic Noir, à l'encontre du projet de Center Parcs prévu dans le Jura, près de
Poligny, similaire à celui du Rousset en Saône-et-Loire ou de Roybon, en Isère.

Q : Tes parents sont-ils des militants ? Ont-ils comme on dit des "opinions politiques" ? Et
que pensent-ils de l'anti-industrialisme ?

R : Mes parents ne sont pas militants à proprement parler mais "conscientisés politiquement"
depuis longtemps : LIP, la centrale du Bugey, le Larzac, le MAN (Mouvement pour une
Alternative Non-violente), ils l'ont vécu. Eux non plus n'ont pas désiré passer leur vie à l'usine,
mais force est de constater que cela a été le seul moyen qu'ils ont trouvé pour payer des factures.
Mordre la main qui a nourri si longtemps n'est peut-être pas si facile. Concernant le mouvement
d'anti-industrialisme (que je renommerais bien "anti-technologisme", non pas que l'industrie soit
positive et la technologie négative mais pour distinguer une différence de consistance entre
industrie d'une part et technologisation de l'industrie d'autre part) tel qu'il est
élaboré depuis quelques années par PMO, L'Echappée ou Le Pas de Côté, nous n'en avons que
très peu parlé.

Q : Tu dis que tu souhaites exercer une activité - ou du moins toucher des revenus -
équivalant au salaire médian (1600 € à peu près ?). Nous ne sommes pas sûrs d'ailleurs que
tu souhaites exercer une activité quelconque, sinon vivre et rêver. À quoi correspond cette
somme ? Comment détermines-tu tes besoins ?

R : Comme pas mal de monde de "notre milieu", j'ai un rapport ambivalent à l'argent et j’ai
navigué entre deux conceptions. D'un côté "Tant que l'argent existera, il n'y en aura pas pour
tout le monde", "L'argent salit tout sur son passage" ou encore "L'argent est une arme et en tant
que pacifiste forcené, je refuse de m'armer". De l'autre, quelque peu autoritaire, "Merde enfin !
Cet argent existe bel et bien !" (surtout vus les milliards qui gravitent en bourse), c'est juste que
ceux qui le détiennent ne veulent pas le céder à n'importe quelle condition ni à n'importe qui.
Ces deux facteurs étant de plus en plus imbriqués en ces temps de surveillance généralisée.
Je sais aussi qu'initialement, la monnaie – qui existe depuis près de 3000 ans sous la forme
actuelle - est un moyen permettant de modérer des relations, un instrument de médiation afin
d'éviter les conflits. Et qu'actuellement, la monnaie – dématérialisée - devient justement le
moyen de ne plus avoir de relation humaine avec personne. Chacun va chercher ses petits sous
pour les réinjecter dans la machine économique sans que personne ne se pose la question de la
provenance ni de la destination de cet argent.

A contrario, tendre à se passer de monnaie reviendrait, en plus de se ré-approprier des savoirfaire
("Faire pousser ta propre nourriture, c'est comme imprimer ton propre argent"), à nouer un
cercle d'humains avec lesquels les interactions permettent de se passer d'argent. Cela s'appelle le
don, le contre-don, le partage. L'ouverture aussi.

Le montant évoqué (1600 €) est "simplement" le revenu médian en France. Cela veut dire que la
moitié des individus travaillant à temps plein gagne moins et l'autre moitié gagne plus. Il se
trouve que c'est le niveau de revenu que j'ai depuis longtemps, sans avoir rien fait d'autre que de 7
donner mon énergie physique, mes capacités intellectuelles et mon temps à quelqu'un ou une
organisation de gens qui, eux, en avaient besoin. À croire que moi, je n'avais pas besoin de tout
ça. En termes de revenu, vu que je me situais "au milieu" de la population, j'estimais ne pas trop
avoir à me plaindre, bien conscient que d'autres gens galèrent bien plus pour bien moins
d'argent, et me méfiant de gagner plus, synonyme de se faire acheter pour de l’argent superflu,
dont une partie est reversée à l'État via l'impôt sur le revenu. Au fil du temps, j'ai réussi à réduire
ma durée de temps de travail et améliorer mes horaires en conservant le même salaire. Et c'est
ainsi que j'ai essayé de garder cette ligne-là : se loger (le moins cher), manger (bio et local, si
possible), se déplacer (beaucoup trop de voiture mais usage du train dès que possible), régler les
factures incontournables de frais fixes en les tirant vers le bas et orienter ce qu'il reste au fond du
tiroir-caisse vers des choses que je juge vertueuses : livres, disques, revues, concerts, cinéma,
dons à des initiatives qui me semblent pertinentes. Voter avec le porte-monnaie, en somme
même si cela n'a pas la même force qu'un acte libre et désintéressé. Pas très glorieux pour
quelqu'un désireux d'une vie gratuite pour tout le monde. Mais vu que je déserte les isoloirs
depuis 10 ans, il ne me reste que ce moyen d'action. Peut-être ne suis-je pas aussi pacifiste que
je croyais.

Q : Es-tu partisan d'un revenu universel garanti, et si oui, suivant quelles modalités ?

R : Ah, j'attendais ce sujet ! Cela fait des années maintenant que je suis convaincu qu'un Revenu
Universel d'Existence est une (si ce n'est LA seule) issue au bourbier dans lequel nous nous
trouvons. C'est un outil qui touche à plusieurs facteurs de la vie sociale et économique tout en
redonnant à l'écologie la place centrale qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Après, entre la belle
idée aux potentialités émancipatrices, égalitaires et libertaires qu'elle peut être (comme la
Dotation Inconditionnelle d'Autonomie qui, justement, démonétarise une partie de
l'accès aux biens de première nécessité) et l'enfer collectif que cela peut devenir (l'Impôt Négatif
des minarchistes libertariens ou le Revenu Citoyen où le droit de vote est Roi et les règles de la
représentativité actuelle inchangées), il y a un monde. Car sans être rabat-joie, il n'y a qu'à voir
ce que des avancées sociales sont devenues au fil du temps : le droit au chômage un chemin de
croix doublé de l'aumône à pleurer ; les congés payés une exhortation à brûler du pétrole ; les
droits à la formation une chimère derrière laquelle il faut courir tout en faisant les bons exercices
d'assouplissement pour en jouir. De plus, cela fait partie des thématiques de réflexion autour
d'un tel revenu : il me semble qu'il faudrait obligatoirement y adjoindre au moins deux choses
complémentaires, un Revenu Maximal Acceptable et un réel Droit Au Logement peu onéreux.
Enfin, pour entrer un peu dans le détail et rejoindre les sujets de prédilection de PMO, il y a une
question qui me taraude sérieusement, c'est celle de "l'inconditionnalité". Comment accorder
quelque chose (surtout de l'argent) à tout le monde sans que le Pouvoir n'exige de contrepartie
de la part de ceux qui en bénéficient ? Ce serait tout bonnement inconcevable. C'est bien pour
cela que la CAF va mettre son nez dans les caleçons de "ses" allocataires. Donc, en me mettant à
la place du Pouvoir - surtout à l'heure où les frontières nationales sont de plus en plus poreuses
et le maillage électronique omniprésent -, je ne vois qu'une réponse rapide, simple et efficace : le
puçage des populations. C'est ainsi qu'on a froid dans le dos... et commence à douter du bienfondé
d'une si belle idée.

Q : Pourquoi ne tailles-tu pas la route, tout simplement ? Beaucoup l'ont fait qui ne sont pas
réduits à la misère noire. Quelles réticences aurais-tu par exemple à vivre des "minima
sociaux" (RSA), quitte à les compléter avec du bricolage ?

R : Tailler la route pour quoi au juste ? Cela peut paraître irrévérencieux, ou l'aveu d'un souhait
même pas essayé, de répondre par une question. Mais étant donné que nous vivons dans un
monde où il n'y a plus "d'ailleurs", sur une planète qui est une prison (voire un camp de 8
concentration) à ciel ouvert, à quoi bon brûler encore du pétrole ? Et en quête de quoi ? Être
pisté par satellite à cause d'un "smartphone" ou d'un "laptop" qu'il faudrait toujours détenir ?
Non merci. Question de tempérament et de personnalité aussi. Ce qui n'est pas sans lien avec la
fin de votre question. Autant, je peux admirer les individus qui "jouent au chat et à la souris"
avec la CAF et Pôle Emploi, autant je me sentirais totalement incapable de faire de même. Sans
compter sur ce satané contrôle social - l'actualité la plus brûlante nous le rappelle encore - que
ces autorités se permettent d'effectuer en échange de quelques miettes qu'il faut aller leur
quémander ! C'est quoi ce délire ? À cela, il faut ajouter, comme je le disais, que se passer
d'argent revient à échanger des savoir-faire. Vu que je ne sais rien faire, à part peut-être
réfléchir, écrire et lire, et que je pense n'avoir pas besoin de grand chose, en dernière analyse,
peut-être préfèré-je rester un simili-robot en cours d'aliénation (mais luttant contre autant que
possible !) plutôt que de déserter totalement le salariat.

Aussi, je mentionnerais que le contexte géographique et social est particulier ici. Une petite ville
(environ 10 000 habitants) assez enclavée dans un bassin de population d'environ 20 000 âmes
où tout le monde finit par se connaître. Et où l'alternative n'a pas beaucoup de place, où les
individus "pensant différemment" sont très peu nombreux, tous plus ou moins coincés entre "nos
idées" et "leur monde". Bref, un peu comme Obélix qui est tombé dans la marmite, je suis tombé
dans l'argent et n'ai pas réussi, même si j’ai essayé - sans doute mal -, à m'en dégager totalement.
Alors, je fais avec, le moins mal possible.

Q : Peux-tu nous parler de tes collègues ouvriers et robots ? Comment vivent-ils ? Que
pensent-ils ? Qu'espèrent-ils ? Echanges-tu avec eux ? Savent-ils qu'il existe un mouvement
de critique de l'industrie et des technologies ? Un mouvement de critique de l'emploi ? Qu'en
pensent-ils ? Comment pourrions-nous les approcher et discuter avec eux ? À quelles
conditions pourraient-ils envisager de se rallier à une vision "luddite" du monde ?

R : Mes ex-collègues de travail. Tout un programme. J'aimerais bien ne pas devenir trop
caustique ni sarcastique car au fond, ce sont des gens qui croient bien faire mais font trop
confiance à leur entourage, à la télévision et au bulletin de vote. Ajoutez à cela le travail en luimême
qui est d'un non-sens absolu, la fatigue, la peur d'envoyer sa démission et la
consommation comme échappatoire et vous obtenez un savoureux cocktail. Un peu de routine,
faire des gamins comme tout le monde, les apéros et les barbecues, le gros crédit immobilier
et/ou auto, de la misogynie et du racisme et ça prend feu. Et un peu par une espèce de "pudeur
altruiste", je ne vais pas trop m'étendre.

Mais force est de constater que dans la fabrique pour l'armement, où j'étais en contact plus ou
moins fréquent avec une cinquantaine sur 160 employés, il n'y a qu'avec un collègue que je
prenais plaisir à discuter, et on se croise encore maintenant. Quant à l'asile de 60 pingouins
officiant pour les laboratoires pharmaceutiques dont je me suis évadé fin 2014, il y avait peutêtre
un type avec qui j’aurais pu parler, mais cela était impossible, même hors du temps de
travail. La surveillance panoptique ne s'arrête pas entre 12h et 13h. Et parler, c'est se dévoiler.
Souvenez vous : c'est un milieu où il faut apprendre à se taire. Et où j'ai joué à l'homme
invisible. De toute façon, cela n'aurait pas mené bien loin : à la fin de mon contrat là-bas, je lui
ai parlé du "Revenu de Base" et il m'a répondu que "c'était utopique".

En fait, les gens d'aplomb sont ceux qui ne sont pas restés longtemps dans cet endroit. Plus de
deux ou trois ans là-dedans et tu deviens comme eux, comme dans une secte.
Une vision globale de cette strate sociale montre le désir d'american way of life, composé d'un
nombre incalculable de moteurs à explosion (à 4 roues pour Monsieur, à 4 roues pour Madame,
à 4 roues pour la forêt le week-end - le quad -, à 2 roues l'été - la moto -, sans oublier la pléthore
d'instruments acquis auprès du magasin de bricolage local : tondeuse, tronçonneuse,
débroussailleuse..., de la grosse maison, du lieu de vacances où on se rend en avion, sans oublier 9
les sorties en parc d'attraction, le grand écran plat relié au bouquet Internet ET à la parabole et,
certes moins marquée, la course frénétique vers les téléphones mobiles, smartphones et tablettes.

Ce qu'ils pensent et ce qu'ils espèrent ? Plus d'ordre, de sécurité et d'argent. Bref, entre Sarkozy
et Le Pen, Hollande n'a qu'à multiplier les tonfas comme d'autres les petits pains d'ici 2017.
Et aussi "faire des heures". Des heures de quoi ? De travail, pardi ! Je viens de me rendre
compte que j'en ai croisé pas mal qui, étant jeunes, auraient voulu être gendarmes. C'est
évocateur d'un certain "logiciel de pensée", même si "de pensée" peut sembler être un groupe de
mots optionnel dans ce cas.

Dans l'usine pour l'armement, au bout de deux ou trois ans de présence, une fois, en pause, je me
suis juste permis de dire que "la journée de six heures, donc la semaine de 30 h, sans perte de
salaire, ce serait pas mal quand même." Avouons qu'en respectant les règles du contrat social en
vigueur dans plusieurs pays occidentaux, cette proposition n'a absolument rien de
révolutionnaire et devrait même être le strict minimum vers "autre chose". Sur une douzaine de
bonshommes, un seul a réagi verbalement et m'a dit : "Mais on ferait quoi ?" Ça donne le
niveau.

Ensuite, dans l'usine rattachée au monde pharmaceutique, alors que les paroles sortant
strictement des tâches à effectuer étaient quasiment impossibles, j'ai glissé le même genre de
propos alors que nous étions quatre à discuter "du problème des heures supplémentaires". Cela
m'a valu d'être qualifié "d'intello" quelques mois après. Aussi, fait assez révélateur, durant la
pause de midi (qui dure une heure), quelques types n'avaient comme préoccupation que d'aller
courir ou faire du vélo avant de manger en vitesse et de retourner à leur poste. Tout en sachant
que le tempo de travail était très soutenu et la semaine plus proche des 42 heures que des 35.
Des hyperactifs qui, le jour de la retraite – s’ils ne meurent pas avant -, s'effondrent en un clin
d'oeil.

Quant à la distinction entre activité, travail et emploi, à la critique de l'industrialisation du
monde et de nos modes de vie, j'ai bien peur de n'avoir qu'une réponse laconique à apporter :
c'est hors de propos, à mille lieux de leurs préoccupations et plutôt pisser dans un violon que
d'espérer quelque chose. Peut-être qu'au bout de dix ans dans ce milieu, j'ai développé quelques
aigreurs - sans m'être jamais fait beaucoup d'illusion - mais tenter d'approcher cet univers pour
l'étudier, c'est comme aller au zoo. Il est parfois difficile d'apprivoiser certaines espèces. C'est
plutôt l’inverse : vous adoptez leur mode de fonctionnement par mimétisme, par défaut.
Enfin, l'ultime question me laisse à la fois enthousiaste et désemparé. Enthousiaste car vous me
semblez d'un incommensurable optimisme et dans l'attente d'un "mouvement" de leur part. Mais
je suis désemparé, ou sans voix, ni voie d'ailleurs, car face à l'ogre techno-industriel, il n'y a
aucune parade possible, tout au plus une escarmouche ou un acte isolé de "djihadisme luddite"
désespéré. La seule issue, c'est la fuite.

Q : Pour finir, aurais-tu quelque chose à ajouter ?

R : Un conseil à vous et aux lecteurs de PMO. Il existe une petite brochure qui tourne depuis
quelques mois dont le contenu m'a énormément séduit. Ce n'est pas forcément évident à trouver
mais pas sorcier non plus. C'est écrit par un certain Bocs et ça s'appelle Vagabonder parmi les
dix mille êtres. Cherchez, trouvez, savourez.
Voici une petite poésie que j'ai confectionnée il y a quelques années.
"Contrairement aux apparences. 10

À force d’y rester, on ne sait plus faire autre chose que ce qui nous y a conduit. Et commence
alors l’écriture d’une question : « Pourquoi, pourquoi moi ? »
Il est fortement conseillé de respecter les horaires, sous peine de sanction, y compris pour
prendre son repas. Il faut redoubler d’ingéniosité pour contourner tel ou tel article du règlement
intérieur. Et ne parlons pas de la promenade quotidienne et sa durée rigoureusement
chronométrée. La sonnerie, aussi froide qu’immuable, délivrance une fois par jour, véritable
coup de poignard à chacun de ses autres retentissements. Selon la qualité des embastillés, les
conditions d’hygiène qui leur sont accordées varient du supportable à l’exécrable. Puisqu’on
tourne autour du bidet, la sexualité est tout à la fois thème tabou et centre de toutes les
espérances mais force est de constater l’accumulation de frustrations - pour ne rien dire des
convoitises - au fil que le temps passe ou que la gent féminine montre le bout de son nez. Par
moments, sans raison apparente, une furie s’empare des lieux en un mélange de tintements et de
grognements. Si les visites de l’extérieur sont planifiées d’avance, on n’est pas à l’abri d’une
descente du sommet de la pyramide à n’importe quelle heure du jour ; comme de la nuit. Sous
les néons de la capitainerie, c’est le flou artistique - si je puis me permettre la métaphore en de
telles circonstances - puisque s’enchevêtrent les responsabilités. Les prises de décision
s’effectuent à la va-vite non sans avoir fait subir au préalable le supplice de tantale à celui qui en
est le sujet, si ce n’est l’objet.

D’un côté comme de l’autre de la barrière, tout le monde reste sur le qui-vive, à s’épier les uns
les autres, quitte à tenter de déchiffrer à distance les paroles d’un coreligionnaire en lisant sur
ses lèvres, un mot de trop pouvant tout faire basculer. Tous prêts à de petites mesquineries au
rythme des velléités que chacun a de prendre du galon ou d’accroître son espace vital.
L’entraide, lorsqu’elle existe, s’effectue par groupuscules, toujours en suspens et mouvants,
souvent disloqués au bout d’une poignée de semaines, parfois après quelques heures seulement.
C’est le règne du caïdat où les plus téméraires rêvent de devenir calife à la place du calife, à
leurs risques et périls. On pourrait croire ce récit issu d’une prison mais, contrairement aux
apparences, c’est d’un autre genre de taule dont il s’agit puisque je vous parle de l’usine. La
différence entre les individus les remplissant, au final, est infime : certains claironnent de ne
s’être jamais fait prendre tandis que d’autres clament leur innocence, jusqu’à rendre le
discernement entre ces populations quasiment impossible."
Enfin, une citation qui me tient à cœur : "Lichtenberg disait sa curiosité de savoir le titre du
dernier livre qui serait imprimé. Je crois que personne n'a celle d'assister à l'ultime journal
télévisé."

Baudoin de Bodinat - La Vie sur Terre. Réflexions sur le peu d'avenir que contient le temps où
nous sommes
(Editions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2008).
Propos recueillis par Pièces et main d’œuvre
8 juin 2015
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MessageSujet: Un robot tue un ouvrier. Une tendance, pas une fatalité   Lun 6 Juil - 0:55

Sujet: les robots contre le prolétariat ? mais... quelle plus-value ?

Un article du site du Réseau des communistes italiens Contropiano, sur l'accident mortel arrivé lundi dernier dans l'usine Volkswagen en Hesse (Allemagne). L'allusion à la "fatalité" dans le titre renvoie au traitement de la nouvelle dans la plupart des sites d'information.

Un robot tue un ouvrier. Une tendance, pas une fatalité par Dante Barontini [précision admin : traduction Segesta]



Dante Barontini a écrit:
5.07.15 - Des accidents du travail il en arrive par milliers, avec un nombre de victimes proportionnel et très élevé. Ce qui est arrivé il y a trois jours dans l'usine Volkswagen de Baunatal, en Hesse, à quelques km de Francfort, a cependant une puissance symbolique difficilement sous-estimable.

La dynamique a été reconstruite assez facilement. Le jeune ouvrier  décédé est entré dans une sorte de cage pour faire l'entretien normal d'un robot "de position", de ceux qui déplacent de lourdes charges avec un bras mécanique, d'un point à un autre. Visiblement il n'avait   pas été désactivé, parce que le bras a attrapé le manutentionnaire de 22 ans et l'a écrasé contre une paroi métallique.
Avec un culot ineffable la société a déterminé qu'il s'était agi d'une "erreur humaine". Il reste à en déterminer l'auteur, comme nous le verrons dans un instant.
Pourquoi cette mort sur le travail prend-elle une valeur symbolique - sans exagération - même épocale ?

Il faut savoir que - par pure coïncidence - en octobre de l'année dernière, le chef du personnel de Volkswagen, Horst Neumann, avait  fasciné des journalistes en expliquant que, dans les usines allemandes du groupe, "Dans les 15 prochaines années vont prendre leur retraite 32 mille personnes ; elles ne seront pas remplacées. " Mais la production de voitures dans ces usines ne cessera pas. Simplement, à leur place seront "engagés" des robots. Plus évolués et "sensibles" de cette brute qui a écrasé un ouvrier, capable d'opérations sophistiquées lors de l'assemblage des pièces.

Un robot fait le même travail, avec une plus grande précision, à une vitesse supérieure, il ne se fatigue pas, ne proteste pas, ne fait pas de  grève. Tout au plus, il se casse, mais cela arrive beaucoup plus souvent à l'être humain. Surtout, il coûte moins cher. "Dans l'industrie automobile allemande les coûts du travail sont plus élevés de 40 euros par heure, en Europe de l'Est sont de 11, 10 en Chine", ajoute M. Neumann. "Aujourd'hui, le coût d'un substitut mécanique pour les travaux de routine dans l'usine est d'environ cinq euros. Et avec la nouvelle génération de robots il deviendra vraisemblablement encore moins cher. Nous devons être en mesure d'exploiter cet avantage économique. "

La tendance est tracée avec une clarté exemplaire. Nous ajoutons, pour notre part, que la voiture est la marchandise pivot du développement capitaliste du XXe siècle, le produit majeur aussi symboliquement, autour duquel tourne un complexe d'activités qui a garanti l'emploi, le bien-être, la richesse, le consumérisme forcé, la liberté de mouvement, la rapidité des déplacements, l'imaginaire littéraire et cinématographique ...

L'industrie automobile, d'ici quelques années, sera presque entièrement robotisée. La main d'œuvre encore nécessaire sera limitée précisément aux "manutentionnaires", quelques ingénieurs pour contrôler la fonctionnalité du système, quelques dizaines de caristes pour alimenter chaque segment de la chaîne automatisée, etc.

La même chose arrivera naturellement pour des dizaines d'autres produits destinés au marché de masse, fabricables donc en millions d'unités. Donc, l'emploi de masse ne sera plus garanti par la production de masse. Et on ne voit aucun contexte de production de la valeur où, au contraire pourraient servir des millions d'êtres humains "libérés" du travail en usine.

Nous ne rentrerons pas dans des analyses trop complexes à faire en un seul article et nous renvoyons volontiers au dernier numéro de la version papier de Contropiano.

La technologie au service de la production a toujours été le principal instrument de "réduction du coût du travail" au sens où elle élimine une part croissante de travailleurs dans la production. Mais la robotisation, tendanciellement universelle, de la production nous met en face d'une limite jamais aperçue auparavant - sinon par la théorie marxienne : le travail humain nécessaire pour produire des biens se réduit à très peu en proportion de la masse des marchandises produites. En un mot : peu d'emplois, beaucoup de chômeurs, de nombreux biens, peu d'acheteurs solvables.

Du point de vue du mouvement ouvrier, ce n'est pas un problème nouveau. Mais il n'avait jamais pris autant d'évidence pratique. Ici, le fantôme de Ned Ludd, le "destructeur" de machines, ne peut pas revenir. Il est en effet ridicule, de "culture Amish", de penser pouvoir arrêter, ou même seulement freiner, le développement technologique ; et de cette façon "sécuriser l'emploi". C'est un raisonnement d'esclaves salariés qui veulent le rester.

Dans la triangulation profit-technologie-travailleurs il y a un élément qui mérite d'être éliminé. Il n'est pas difficile de voir lequel ...


Robot Fatally Injures Contractor at Baunatal Volkswagen Plant Will Barber Volkswagen News 2 juillet


An investigation is under way into whether human error was to blame for the death of a contractor at the hands of a robot at a Volkswagen production plant. Photograph: Joerg Sarbach/AP
Robot kills worker at Volkswagen plant in Germany

Citation :
Contractor was setting up the stationary robot when it grabbed and crushed him against a metal plate at the plant in Baunatal

A robot has killed a contractor at one of Volkswagen’s production plants in Germany, the automaker has said.

The man died on Monday at the plant in Baunatal, about 100km (62 miles) north of Frankfurt, VW spokesman Heiko Hillwig said.

The 22-year-old was part of a team that was setting up the stationary robot when it grabbed and crushed him against a metal plate, Hillwig said.

He said initial conclusions indicate that human error was to blame, rather than a problem with the robot, which can be programmed to perform various tasks in the assembly process. He said it normally operates within a confined area at the plant, grabbing auto parts and manipulating them.

Another contractor was present when the incident occurred, but was not harmed, Hillwig said. He declined to give any more details about the case, citing an ongoing investigation.

German news agency DPA reported that prosecutors were considering whether to bring charges, and if so, against whom.
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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Lun 6 Juil - 17:28

merci, Segesta, pour votre traduction et votre envoi de l'Italie profonde, et prolétaire
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MessageSujet: « On va vers un robotariat qui abolira ce qu’il reste du prolétariat » Bruno Teboul   Sam 18 Juil - 16:42


tout sauf un point de vue critique du capital et de l'économie politique, et pour ma part, à la fois un fantasme et une panique déconnectée de la question : les robots, quelle plus-value ? à laquelle j'ai apporté plus haut des éléments de réponses

Bruno Teboul : « On va vers un robotariat qui abolira ce qu’il reste du prolétariat » Christophe Alix Libération 25 juin 2015


Citation :
L’uberisation est un néologisme qui décrit un phénomène récent dont la société de technologie californienne Uber est l’inspiratrice directe et la parfaite illustration. Uber a développé une plateforme mobile de mise en relation d'utilisateurs avec des chauffeurs équipés de véhicules de tourisme (VTC) géolocalisés en temps réel. Toute la relation depuis la commande jusqu’au paiement est dématérialisée, plus de frais d’approche, plus d’attentes interminables pour trouver un taxi. Le succès est tellement fulgurant que Uber est disponible dans plus de 250 villes et bouleverse l’ordre établi des taxis dans la plupart des mégalopoles !

L’uberisation de l’économie, c’est ce phénomène généralisé de « disruption destructrice » valable quelle que soit l’industrie balayée, dépossédée, siphonnée le plus souvent par une startup « venue de la périphérie » qui redistribue violemment « les cartes et les territoires » d’un marché.

L’uberisation est-elle un progrès ou bien un déclin de l’économie contemporaine ? Les startups du numérique sont-elles créatrices de valeur pour l’économie ? Quelles sont les conséquences sur l’emploi de l’uberisation ? Quelles sont les stratégies à mettre en œuvre pour se prémunir d’une uberisation inéluctable ? Voici les problématiques qui sont traitées dans ce livre où les auteurs ont aussi invité des personnalités remarquables du monde académique, de l’entreprise et de l’entreprenariat pour décrypter l’uberisation et ses conséquences récentes…


Bruno Teboul est diplômé d’une Maitrise de Philosophie, d’un DEA de Sciences Cognitives de l’École Polytechnique et de l’EHESS, d’un Executive MBA (HEC). Ancien Directeur Marketing et Digital (Boulanger, Office Depot, PPR, La Poste, Galeries Lafayette, Carrefour et Devoteam) et entrepreneur du web (QXL, Brandalley). Auteur de plusieurs articles (Les Echos, Le Monde…) et de livres édités chez Kawa dont « L’Absolu Marketing : Web 3.0, Big Data, Neuromarketing ». Il est actuellement Directeur Scientifique, R&D et Innovation du groupe Keyrus. Membre de la Gouvernance de la Chaire Data Scientist de l’Ecole Polytechnique. Doctorant et enseignant en Sciences de Gestion à l’Université Paris-Dauphine.

Thierry Picard est diplômé de Polytech’ Marseille en informatique industrielle, d’un Master en Ingénierie des Applications Réseaux et Multimédia de l'Ecole des Mines de Paris et certifié du Data Science Starter Program de l'Ecole Polytechnique. Ancien Chief Digital Officer (La Nouvelle République du centre ouest, Hermès International, Ministère de l'Agriculture, Royal Canin) et entrepreneur du web (Digit, gt web). Auteur de plusieurs articles (Les Echos, l'internaute, stratégies), contributeur de l'Internet Marketing 2013 édité par l'EBG "L'omni-commerce" et d'un livre aux éditions de l'Hèbe : "ministère amer, 3 ans chez ces fous qui dirigent la France". Formateur à la Digital Academy de Paris-Dauphine en data marketing et performance digitale. Directeur de l’Innovation Digitale du groupe Keyrus.


Table des matières

»» Jean-Michel Billaut

I- Ubérisation et innovation numérique

II- L’économie numérique est-elle créatrice de valeur ?

III- Les conséquences de l’Uberisation sur l’emploi
IV- Stratégie préventive : comment ne pas se faire uberiser ?
V- Conclusion

INTERVIEW Auteur de «Uberisation = économie déchirée ?», le directeur de l’innovation, de la recherche et du développement de Keyrus, un cabinet de conseil en nouvelles technologies, enseigne à l’université Paris-Dauphine.


Citation :
L’uberisation déchire-t-elle l’économie ?

L’accélération prodigieuse de la transformation numérique à laquelle on assiste constitue à la fois une formidable opportunité et un puissant facteur de déstabilisation. Cette dualité trouble autant qu’elle fascine. Comme on l’a vu avec Airbnb ou Uber, cela se traduit par d’indéniables avantages pour les consommateurs en termes de prix et de services. Mais ce mouvement ne fait pas que créer de la valeur, il en détruit pas mal également et sans doute plus qu’il n’en crée. L’économiste autrichien Joseph Schumpeter parlait de «destruction créatrice» pour décrire l’innovation, je pense que l’on doit maintenant parler de «disruption destructrice».

Vous êtes pessimiste ?


Je suis réaliste. Les effets de l’uberisation sur l’emploi et notre modèle social seront considérables. En combinant automatisation et numérisation, ce phénomène ouvre la voie à des modèles économiques radicalement différents et très peu de secteurs seront épargnés. Toutes ces plateformes créent certes de nouveaux emplois hyper-qualifiés mais ils sont réservés à ceux qui maîtrisent les algorithmes et l’exploitation des données. Pour le reste, c’est-à-dire la majorité, quantité de métiers et de compétences vont disparaître du fait de leur obsolescence.

Uberisation = précarisation ?

Ces nouveaux services de mise en relation entre consommateurs et «producteurs» de biens et services en tous genres détruisent des activités fonctionnant majoritairement sur le modèle du salariat. Ils participent ainsi à un mouvement général de «freelancisation» du monde du travail. Aux Etats-Unis, un actif sur quatre n’est pas salarié et une société comme Uber compte 160 000 chauffeurs affiliés pour seulement 2 000 employés.

L’uberisation actuelle n’est pourtant qu’une première étape, dites-vous…

La révolution à venir de l’intelligence artificielle aura des effets bien plus importants encore avec le nouveau cycle de «mécanisation du cognitif» qui s’enclenche. Autrement dit, les cols blancs ne sont plus à l’abri et risquent eux aussi de se trouver rapidement déqualifiés. Dans une étude récente, le cabinet Roland Berger estime ainsi que trois millions d’emplois pourraient disparaître en France à l’horizon 2025. Le problème, c’est que les emplois créés, hyperspécialisés, ne se substitueront pas aux emplois détruits.

Selon vous, la conduite automatique finira également par mettre au chômage les particuliers qui vivent d’UberPop ou les particuliers livrant des colis pour Amazon… N’est-ce pas exagéré ?


C’est en tout cas l’idée. Cela peut paraître de la science-fiction, mais l’emprise croissante de la technologie sur nos vies va nous entraîner vers un «robotariat» sans horaires de travail ni charges sociales qui abolira ce qu’il reste du prolétariat. L’uberisation n’est que la face émergée de l’iceberg, prémices du monde à venir. L’histoire est loin d’être écrite à ce stade mais il faut prendre conscience que ce mouvement dépasse et de très loin le cas de quelques professions qui n’ont pas su se moderniser à temps.

«Ubérisation = économie déchirée ?» de Bruno Teboul et Thierry Picard, éditions Kawa, 23,95 €.

Recueilli par Christophe Alix
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MessageSujet: Et la robotique créa le chômage   Mer 29 Juil - 8:46



Et la robotique créa le chômage Thom Ruff 29 juillet 2015  


Un robot m'a mis au chômage
Citation :
Selon Gartner, un emploi sur trois sera remplacé par des robots ou des logiciels d'ici à 2025. Cet article n'a pas été rédigé par un robot. Dans dix ans, cela sera sûrement différent. Selon une étude réalisée par l'institut Gartner, un emploi sur trois sera remplacé par des robots ou des logiciels d'ici à 2025.

Thom Ruff a écrit:
La robotique des seuls services sera un marché qui pèsera 200 milliards d'euros en 2023. Bienvenue dans l'ère des « smarts machines ». Les progrès faits par l'intelligence artificielle sont tels que des logiciels peuvent déjà effectués des tâches intellectuelles : trading à haute fréquence, rédaction d'articles de sport, diagnostics médicaux...
 
Lu dans la presse, mars 2014 : « Selon une étude de Oxford, 40 % des emplois seront confiés à des robots d’ici 15 ans, mais seulement 2 à 3 millions d’emplois assurés dans la robotique et secteurs affiliés (maintenance, vente…) ».

Aujourd’hui, un travailleur sur 4 est frappé durement par le phénomène du chômage de masse, en augmentation permanente depuis les années 60. Et la plupart d’entre nous, né après 65, connaîtrons une période de chômage et plusieurs employeurs. Souvenons-nous des premières révoltes ouvrières en Angleterre fin du XVIII. Le sujet a fait coulé beaucoup d’encre dont celle de Jéremi Rifkin et son livre « la fin du travail ». Un chercheur américain qui dissèque le concept « travail » et sa mécanisation, et facture au passage chacune de ses conférences plusieurs dizaines de milliers de dollars aux gouvernements qui l’invitent. Son œuvre fait référence dans les couloirs de Science-po.

ON PEUT FAIRE CARRIÈRE DANS LE CHÔMAGE : LE NOUVEL ELDORADO SOCIO-INTELLECTUEL

Quoiqu’il en soit, la solution qui balaiera d’une main la montée inexorable des chiffres des inactifs, est tout aussi difficile à trouver que la preuve de la conjecture de Poincaré. Mais que fait Grigori Perelman (qui prétend pouvoir contrôler l’univers depuis sa chambre de bonne, qu’est-ce qu’il attend ?) A moins que cela ne dépasse l’intelligence humaine « hydrogénée » et qu’il faille en confier la résolution à notre futur cerveau artificiel. Gros gâteau en silicone, cousu de fil d’or par 10 000 multi-core en réseau optique intercontinental. Les plombiers du langage Turing auront toujours du pain sur la planche.

Je rappelle que sur une planète où les ressources en matière première sont limitées, le modèle économique de la CROISSANCE INFINIE est une absurdité évidente. A moins que tout le monde crève de boulimie imaginaire. (sans parler des obèses NATO, galérant pour passer les portiques, ceux que que Jacques Chirac truande avec allégresse sur une photo mémorable de l’Histoire de France).

Reste que le remplacement du geste productif et naturel par le surhumain robotisé, augmenté, singularisé vers plus de rentabilité sans les inconvénients de la revendication et les facteurs physio-psychologiques pavlovien, propre au travailleur « animal », tout ce que le robot remplace sans bronché (en vertu des lois de Asimov). Longue séance de 5 heures. Sieste assurée. Cinéma d’auteur pornographique et subliminal. Cannes Jack-pot. Seydoux devient Pape du Gore familial. Le fantastique à la Sorbonne. Tout le monde s’ennuie. Victoire de la bourgeoisie de gauche contre le prolétariat de droite.

Monde sans douleur, méta-hédonisme. Oui d’accord, mais qu’est-ce qu’on fait du temps libre ainsi crée ? On baise et rebaise ? on accouche de futurs chômeurs ? Qui paiera leur retraite ? Les robots ? Une loi-raciale « solution finale » antichômeur ? Une guerre entre chômeurs de toutes les nations du monde ? Une classe politique au chômage forcé devant le taux d’abstention massif ? Un pouvoir d’achat anéanti au profit d’une élite robotique sans besoin calorique ? Non ; Monsieur Robot a besoin de graisse pour ses articulations, et de jus EDF pour éprouver son amour (romantisme Blade Runner). Déroulons le tapis rouge.


Pôle Emploi Robot, ministère robots. WE ARE JOBLESS ROBOTS.


Citation :
“What are the jobs of the future? How many will there be? And who will have them? We might imagine—and hope—that today’s industrial revolution will unfold like the last: even as some jobs are eliminated, more will be created to deal with the new innovations of a new era. In Rise of the Robots, Silicon Valley entrepreneur Martin Ford argues that this is absolutely not the case. As technology continues to accelerate and machines begin taking care of themselves, fewer people will be necessary. Artificial intelligence is already well on its way to making “good jobs” obsolete: many paralegals, journalists, office workers, and even computer programmers are poised to be replaced by robots and smart software. As progress continues, blue and white collar jobs alike will evaporate, squeezing working- and middle-class families ever further. At the same time, households are under assault from exploding costs, especially from the two major industries—education and health care—that, so far, have not been transformed by information technology. The result could well be massive unemployment and inequality as well as the implosion of the consumer economy itself.

In Rise of the Robots, Ford details what machine intelligence and robotics can accomplish, and implores employers, scholars, and policy makers alike to face the implications. The past solutions to technological disruption, especially more training and education, aren’t going to work, and we must decide, now, whether the future will see broad-based prosperity or catastrophic levels of inequality and economic insecurity. Rise of the Robots is essential reading for anyone who wants to understand what accelerating technology means for their own economic prospects—not to mention those of their children—as well as for society as a whole.”

We need a new version of capitalism for the jobless future


Citation :

On Jul 24th 2015 - in Advancing Technologies, Venture Capital, Washington Post 1 Comment /
410
 





robot-handshake“There are more net jobs in the world today than ever before, after hundreds of years of technological innovation and hundreds of years of people predicting the death of work.  The logic on this topic is crystal clear.  Because of that, the contrary view is necessarily religious in nature, and, as we all know, there’s no point in arguing about religion.”

These are the words of tech mogul Marc Andreessen, in an e-mail exchange with me on the effect of advancing technologies on employment. Andreessen steadfastly believes that the same exponential curve that is enabling creation of an era of abundance will create new jobs faster and more broadly than before, and calls my assertions that we are heading into a jobless future a luddite fallacy.

I wish he were right, but he isn’t. And it isn’t a religious debate; it’s a matter of public policy and preparedness. With the technology advances that are presently on the horizon, not only low-skilled jobs are at risk; so are the jobs of knowledge workers. Too much is happening too fast. It will shake up entire industries and eliminate professions. Some new jobs will surely be created, but they will be few. And we won’t be able to retrain the people who lose their jobs, because, as I said to Andreessen, you can train an Andreessen to drive a cab, but you can’t retrain a laid-off cab driver to become an Andreessen.  The jobs that will be created will require very specialized skills and higher levels of education — which most people don’t have.

I am optimistic about the future and know that technology will provide society with many benefits. I also realize that millions will face permanent unemployment. I worry that if we keep brushing this issue under the rug, social upheaval will result. We must make the transition easier by providing for those worst affected. In the short term, we will create many new jobs in the United States to build robots and factories and program new computer systems.  But the employment boom won’t last long.

Within 10 years, we will see Uber laying off most of its drivers as it switches to self-driving cars; manufacturers will start replacing workers with robots; fast-food restaurants will install fully automated food-preparation systems; artificial intelligence–based systems will start doing the jobs of most office workers in accounting, finance and administration. The same will go for professionals such as paralegals, pharmacists, and customer-support representatives. All of this will occur simultaneously, and the pace will accelerate in the late 2020s.

Andreessen agrees that there will be disruption and that professions will disappear because of the productivity improvements that technology will enable. The libertarian book that he wanted me to read claims that, although the unemployment of skilled workers through mechanization is a tragedy for those involved, it is an inevitable consequence of societal progress and makes the economic pie bigger — and is therefore a good thing.

Another technologist whom I hold in high regard, Vinod Khosla, worries as I do about the effect of increasing income disparity. Discussing the revolution in progress in machine-learning technology, which is enabling computers to analyze information and make judgments better than human beings can, Khosla wrote:


While the future is promising and this technology revolution may result in dramatically increasing productivity and abundance, the process of getting there raises all sorts of questions about the changing nature of work and the likely increase in income disparity. With less need for human labor and judgment, labor will be devalued relative to capital and even more so relative to ideas and machine learning technology. In an era of abundance and increasing income disparity, we may need a version of capitalism that is focused on more than just efficient production and also places greater prioritization on the less desirable side effects of capitalism.

So the real debate is about the new version of capitalism: do we design this or pretend that everything will be okay as the tech elite get richer and people who lose their jobs get poorer?

The impact of advancing technologies will be different in every country. China will be the biggest global loser because of the rapid disappearance of its manufacturing jobs. It has not created a safety net, and income disparity is already too great, so we can expect greater turmoil there.

But developing economies will be big winners.

In his office in Mexico City last month, I had a lengthy discussion about the global impact with Mexican industrialist Carlos Slim Domit. He had a surprisingly good understanding of the advances in technologies such as computing, sensors, networks, robotics, artificial intelligence, and 3D printing. He spoke of the uplift of society in the developing world through broader access to information, education, health care, and entertainment — and the need to share and spread the prosperity that advancing technologies will create. He predicted the emergence of tens of millions of new service jobs in Mexico through meeting the Mexican people’s basic needs and enabling them to spend time on leisure and learning. He sees tremendous opportunities to build infrastructure where there is none, and to improve the lives of billions of people who presently spend their lives trying to earn enough on which to subsist.

Countries such as India and Peru and all of Africa will see the same benefits — for at least two or three decades, until the infrastructure has been built and necessities of the populations have been met.

Then there will not be enough work even there to employ the masses.

Slim’s solution to this is to institute a three-day workweek so that everyone can find employment and earn the money necessary for leisure and entertainment. This is not a bad idea. In the future we are heading into, the cost of basic necessities, energy, and even luxury goods such as electronics will fall low enough to seem almost free — just as cell-phone minutes and information cost practically nothing now. It is a matter of sharing the few jobs that will exist in an equitable way.

The concept of a universal basic income is also gaining popularity worldwide as it becomes increasingly apparent that declining costs and the elimination of bureaucracies, make it possible for governments to provide citizens with income enough for the basic necessities. The idea is to give everyone a stipend covering living costs and to get government out of the business of selecting what social benefits people should have. The advantage of this approach is that workers gain the freedom to decide how much to work and under what conditions. Enabling individual initiative in the work that people pursue, in fields ranging from philosophy and the arts to pure science and invention, will result in their enrichment of their cultures in ways we can’t foresee.

In his book Rise of the Robots, Martin Ford says that a basic income should be tied to measures such as gaining education, performing community service, or participating in environmental projects. This might motivate people to work instead of spending all of their time in holographic worlds.  But it would get government back into the business of unnecessarily deciding what is right for individuals.

Another opportunity is for governments to direct labor to rebuilding the crumbling infrastructure of cities. With sensors, new nanomaterials and composites, and 3D-printing technologies, we could be building massive smart cities that use energy more efficiently and provide a better quality of life for their inhabitants.  Think of the futuristic cities we saw in science-fiction movies. Infrastructure projects such as these would require all sorts of skills, which laid-off workers can be retrained for.

Another potential solution, the brainchild of Internet pioneer Vint Cerf and entrepreneur David Nordfors, is to develop A.I. software that matches jobs to the skills, talent, passions, experiences, and values of each individual on the planet. They say that there is an almost infinite amount of work that needs to be done and that only a fraction of all human capacity is being used today. People hate their jobs, consequently losing tremendous amounts of productivity. With jobs tailored to a person’s passions, we could create a work environment in which people give 100 percent of their capacity to work and the economy expands because more is being done. This is indeed a utopian dream; but it’s something we can and should aspire to.

The problems and possibilities are endless in the future we are headed into.  We need to be prepared and to develop a new version of capitalism that benefits all.


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MessageSujet: Who Will Own the Robots?   Mer 29 Juil - 9:05


Who Will Own the Robots?



We’re in the midst of a jobs crisis, and rapid advances in AI and other technologies may be one culprit. How can we get better at sharing the wealth that technology creates?

Editor’s note: This is the third in a series of articles about the effects of software and automation on the economy. You can read the other stories here and here.

The way Hod Lipson describes his Creative Machines Lab captures his ambitions: “We are interested in robots that create and are creative.” Lipson, an engineering professor at Cornell University (this July he’s moving his lab to Columbia University), is one of the world’s leading experts on artificial intelligence and robotics. His research projects provide a peek into the intriguing possibilities of machines and automation, from robots that “evolve” to ones that assemble themselves out of basic building blocks. (His Cornell colleagues are building robots that can serve as baristas and kitchen help.) A few years ago, Lipson demonstrated an algorithm that explained experimental data by formulating new scientific laws, which were consistent with ones known to be true. He had automated scientific discovery.

Lipson’s vision of the future is one in which machines and software possess abilities that were unthinkable until recently. But he has begun worrying about something else that would have been unimaginable to him a few years ago. Could the rapid advances in automation and digital technology provoke social upheaval by eliminating the livelihoods of many people, even as they produce great wealth for others?

Lipson a écrit:
More and more computer-guided automation is creeping into everything from manufacturing to decision making. In the last two years alone, he says, the development of so-called deep learning has triggered a revolution in artificial intelligence, and 3-D printing has begun to change industrial production processes.

For a long time the common understanding was that technology was destroying jobs but also creating new and better ones

Now the evidence is that technology is destroying jobs and indeed creating new and better ones but also fewer ones. It is something we as technologists need to start thinking about.


Citation :
Worries that rapidly advancing technologies will destroy jobs date back at least to the early 19th century, during the Industrial Revolution in England. In 1821, a few years after the Luddite protests, the British economist David Ricardo fretted about the “substitution of machinery for human labour.” And in 1930, during the height of the worldwide depression, John Maynard Keynes famously warned about “technological unemployment” caused by “our discovery of means of economising the use of labour.” (Keynes, however, quickly added that “this is only a temporary phase of maladjustment.”)

Now, technology is once again under suspicion as rising income inequality confronts the United States, Europe, and much of the rest of the developed world. A recent report from the Organization for Economic Cooperation and Development concluded that the gap between the rich and poor is at a historically high level in many of its 34 member countries, driven largely by a drop in earning power for the bottom 40 percent of the population. Many of the lowest earners have seen wages decrease over the last few decades, and the OECD warns that income inequality is now undermining economic growth. Meanwhile, the erosion of the American middle class and the pressure on the lowest-paid U.S. workers has been painfully evident for years.

Only 68 percent of men between 30 and 45 who have a high school diploma were working full time in 2013, according to a recent report by the Hamilton Project at the Brookings Institution, a Washington-based public-policy group. Earnings for the typical worker haven’t kept up with the growth of the economy for decades. Median earnings for a man without a high school diploma fell 20 percent from 1990 to 2013, while wages for those with only a high school diploma dropped 13 percent. Women have fared somewhat better, though they still generally earn less than men. Over the same period, earnings for women without a high school diploma dropped 12 percent, while earnings for those with a high school diploma actually rose by 3 percent.

Do today’s rapid advances in artificial intelligence and automation portend a future in which robots and software greatly reduce the need for human workers?

It is notoriously hard to determine the factors that go into job creation and earnings, and it is particularly difficult to isolate the specific impact of technology from that of, say, globalization, economic growth, access to education, and tax policies. But advances in technology offer one plausible, albeit partial, explanation for the decline of the middle class. A prevailing view among economists is that many people simply don’t have the training and education required for the increasing number of well-paying jobs requiring sophisticated technology skills. At the same time, software and digital technologies have displaced many types of jobs involving routine tasks such as those in accounting, payroll, and clerical work, forcing many of those workers to take more poorly paid positions or simply abandon the workforce. Add to that the increasing automation of manufacturing, which has eliminated many middle-class jobs over the past decades, and you begin to see why much of the workforce is feeling squeezed.


These are long-term trends that began decades ago, says David Autor, an MIT economist who has studied “job polarization”—the disappearance of middle-skill jobs even as demand increases for low-paying manual work on the one hand and highly skilled work on the other. This “hollowing out” of ­the middle of the workforce, he says, “has been going on for a while.”

Nevertheless, the recession of 2007–2009 may have sped up the destruction of many relatively well-paid jobs requiring repetitive tasks that can be automated. These so-called routine jobs “fell off a cliff in the recession,” says Henry Siu, an economist at the University of British Columbia, “and there’s been no large rebound.” This type of work, which includes white-collar jobs in sales and administration as well as blue-collar jobs in assembly work and machine operation, makes up about 50 percent of employment in the United States. Siu’s research also shows that the disappearance of these jobs has most harshly affected people in their 20s, many of whom seem to have simply stopped looking for work.

That’s bad enough. But there’s an even more fundamental fear. Is this a harbinger of what’s to come for other sectors of the workforce, as technology takes over more and more of the jobs that have long been considered secure paths to a middle-class life? Are we at the beginning of an economic transformation that is unique in history, wonderful for what it could do in bringing us better medicine, services, and products, but devastating for those not in a position to reap the financial benefits? Will robots and software replace most human workers?

Scaring children

No one knows the answer. Many economists see little convincing evidence that advances in technology will be responsible for a net decrease in the number of jobs, or that what we’re undergoing is any different from earlier transitions when technology destroyed some jobs but improved employment opportunities over time. Still, over the last several years, a number of books and articles have argued that the recent advances in artificial intelligence and automation are inherently different from past technological breakthroughs in what they portend for the future of employment. Martin Ford is one of those who think this time is different. In his new book, Rise of the Robots: Technology and the Threat of a Jobless Future, Ford points to numerous examples of new technologies, such as driverless cars and 3-D printing, that he thinks will indeed eventually replace most workers. How then will we adapt to this “jobless future”?

Ford recommends a guaranteed basic income as part of the answer. Simply put, his prescription is to give people a modest amount of money. It’s not a new idea. One version of it, called a negative income tax, was popularized by the conservative economist Milton Friedman during the early 1960s as a way to replace some of the growing government bureaucracy. And Ford quotes ­the economist Friedrich Hayek, who in 1979 described assuring a minimum income as a way to provide “a sort of floor below which nobody need fall even when he is unable to provide for himself.” Both Richard Nixon and his 1972 presidential rival George McGovern, a liberal Democrat, championed some form of the policy.

The idea went out of fashion in the 1980s, but it has returned in recent years as a way to help those people shut out of the labor markets. In the libertarian version, it’s a way to provide a safety net with minimum government involvement; in the progressive version, it supplements other programs to help the poor.


Whether it is good politics or good social policy has been endlessly debated. Recently, others have suggested a related policy: expanding the Earned Income Tax Credit, which would give some extra money to low-paid workers. These ideas probably do make sense as a way to strengthen the social safety net. But if you believe that the rapid advance of technology could eliminate the need for most workers, such policies do little to directly address that scenario. Allowing a large number of workers to become irrelevant in the technology-centric economy would be a huge waste of human talent and ambition—and would probably put an enormous financial burden on society. What’s more, a guaranteed basic income does not offer much to those in the middle class whose jobs are at risk, or to those who have recently fallen from financial security in the absence of well-paying jobs.

It might also be premature to plan for a dystopian future of hardly any jobs. Ford’s Rise of the Robots offers many examples of impressive achievements in automation, software, and AI that could make some jobs obsolete—even those requiring highly trained professionals in fields like radiology and law. But how do you assess just how specific technologies like these will affect the total number of jobs in the economy?

In fact, there is not much evidence on how even today’s automation is affecting employment. Guy Michaels and his colleague Georg Graetz at the London School of Economics recently looked at the impact of industrial robots on manufacturing in 17 developed countries. The findings tell a mixed story: the robots did seem to replace some low-skill jobs, but their most important impact was to significantly increase the productivity of the factories, creating new jobs for other workers. Overall, there was no evidence that the robots reduced total employment, says Michaels.


If it’s difficult to quantify the effect of today’s technology on job creation, it’s impossible to accurately predict the effects of future advances. That opens the door to wild speculation. Take an extreme example raised by Ford: molecular manufacturing. As proposed by some nanotechnology boosters, most notably the author K. Eric Drexler, the idea is that one day it will be possible to build almost anything with nanoscale robots that move atoms around like tiny building blocks. Though Ford acknowledges that it might not happen, he warns that jobs will be devastated if it does.

The credence Ford gives to Drexler’s vision of nanobots slaving away in molecular factories seems less than warranted, though, given that the idea was debunked by the Nobel-­winning chemist Richard Smalley more than a decade ago (see “Will the Real Nanotech Please Stand Up?”). Smalley saw great potential for nanotech in areas such as clean energy, but his objection to molecular manufacturing as ­Drexler described it was simple: it ignores the rules of chemistry and physics governing the way atoms bind and react with each other. Smalley admonished Drexler: “You and people around you have scared our children. I don’t expect you to stop, but … while our future in the real world will be challenging and there are real risks, there will be no such monster as the self-replicating mechanical nanobot of your dreams.”

Though Ford does note Smalley’s criticism, one begins to wonder whether his conjuring the “rise of the robots” might not indeed be needlessly scaring our children. Speculating about such far-fetched possibilities is a distraction in thinking about how to address future concerns, much less existing job woes.

A more realistic, but in its way more interesting, version of the future is being written in the downtown Chicago offices of Narrative Science. Its software, called Quill, is able to take data—say, the box score of a baseball game or a company’s annual report—and not only summarize the content but extract a “narrative” from it. Already, Forbes is using it to create some stories about corporate earnings, and the Associated Press is using a rival’s product to write some sports stories. The quality is readable and is likely to improve greatly in coming years.

“Short-term and medium-term, [AI] will displace work but not necessarily jobs.”

Yet despite the potential of such technology, it is not clear how it would affect employment. “As AI stands today, we’ve not seen a massive impact on white-collar jobs,” says Kristian Hammond, a Northwestern University computer scientist who helped create the software behind Quill and is a cofounder of the company. “Short-term and medium-term, [AI] will displace work but not necessarily jobs,” he says. If AI tools do some of the scut work involved in analyzing data, he says, people can be “free to work at the top of their game.”

And as impressive as Quill and other recent advances are, Hammond is not yet convinced that the capabilities of general-purpose AI are poised for great expansion. The current resurgence in the field, he says, is being driven by access to massive amounts of data that can be quickly analyzed and by the immense increase in computing power over what was available a few years ago. The results are striking, but the techniques, including some aspects of the natural-language generation methods that Quill employs, make use of existing technologies empowered by big data, not breakthroughs in AI. Hammond says some recent descriptions of certain AI programs as black boxes that teach themselves capabilities sound more like “magical rhetoric” than realistic explanations of the technology. And it remains uncertain, he adds, whether deep learning and other recent advances will truly “work as well as touted.”

In other words, it would be smart to temper our expectations about the future possibilities of machine intelligence.

The gods of technology

“Too often technology is discussed as if it has come from another planet and has just arrived on Earth,” says Anthony Atkinson, a fellow of Nuffield College at the University of Oxford and a professor at the London School of Economics. But the trajectory of technological progress is not inevitable, he says: rather, it depends on choices by governments, consumers, and businesses as they decide which technologies get researched and commercialized and how they are used.

Atkinson has been studying income inequality since the late 1960s, a period when it was generally a subject on the back burner of mainstream economics. Over those years, income inequality has grown dramatically in a number of countries. Its levels rose in the U.K. in the 1980s and have not fallen since, and in the United States they are still rising, reaching historically unprecedented heights. The publication last year of his frequent collaborator Thomas Piketty’s remarkably successful Capital in the 21st Century made inequality the hottest topic in economics. Now Atkinson’s new book, called Inequality: What Can Be Done?, proposes some solutions. First on his list: “encouraging innovation in a form that increases the employability of workers.”


When governments choose what research to fund and when businesses decide what technologies to use, they are inevitably influencing jobs and income distribution, says Atkinson. It’s not easy to see a practical mechanism for picking technologies that favor a future in which more people have better jobs. But “at least we need to ask” how these decisions will affect employment, he says. “It’s a first step. It might not change the decision, but we will be aware of what is happening and don’t have to wait until we say, ‘Oh dear, people have lost their jobs.’”

Part of the strategy could emerge from how we think about productivity and what we actually want from machines. Economists traditionally define productivity in terms of output given a certain amount of labor and capital. As machines and software—capital—become ever cheaper and more capable, it makes sense to use less and less human labor. That’s why the prominent Columbia University economist Jeffrey Sachs recently predicted that robots and automation would soon take over at Starbucks. But there are good reasons to believe that Sachs could be wrong. The success of Starbucks has never been about getting coffee more cheaply or efficiently. Consumers often prefer people and the services humans provide.

Take the hugely popular Apple stores, says Tim O’Reilly, the founder of O’Reilly Media. Staffed by countless swarming employees armed with iPads and iPhones, the stores provide a compelling alternative to a future of robo-retail; they suggest that automating services is not necessarily the endgame of today’s technology. “It’s really true that technology will take away a class of jobs,” says O’Reilly. “But there is a choice in how we use technology.”

In that sense, Apple stores have found a winning strategy by not following the conventional logic of using automation to lower labor costs. Instead, the company has cleverly deployed an army of tech-savvy sales employees toting digital gadgets to offer a novel shopping experience and to profitably expand its business.

O’Reilly also points to the enormous success of the car service Uber. By using technology to create a convenient and efficient reservation and payment service, it has created a robust market. And in doing so, it has expanded the demand for drivers—who, with the aid of a smartphone and app, now have greater opportunities than they might working for a conventional taxi service.

The lesson is that if advances in technology are playing a role in increasing inequality, the effects are not inevitable, and they can be altered by government, business, and consumer decisions. As the economist Paul Krugman recently told an audience at a forum called “Globalization, Technological Change, and Inequality” in New York City, “A lot of what’s happening [in income inequality] is not just the gods of technology telling us what must happen but is in fact [due to] social constructs that could be different.”

Who owns the robots?

The effects of automation and digital technology on today’s employment picture are sometimes downplayed by those who point to earlier technology transitions. But that ignores the suffering and upheaval during those periods. Wages in England were stagnant or fell for around 40 years after the beginning of the Industrial Revolution, and the misery of factory workers is well documented in the literature and political writings of the day.

In his new book, The Great Divide, the Columbia University economist Joseph Stiglitz suggests that the Great Depression, too, can be traced to technological change: he says its underlying cause was not, as is typically argued, disastrous government financial policies and a broken banking system but the shift from an agricultural economy to a manufacturing one. Stiglitz describes how the advent of mechanization and improved farming practices quickly transformed the United States from a country that needed many farmers to one that needed relatively few. It took the manufacturing boom fueled by World War II to finally help workers through the transition. Today, writes Stiglitz, we’re caught in another painful transition, from a manufacturing economy to a service-based one.

Those who are inventing the technologies can play an important role in easing the effects. “Our way of thinking as engineers has always been about automation,” says Hod Lipson, the AI researcher. “We wanted to get machines to do as much work as possible. We always wanted to increase productivity; to solve engineering problems in the factory and other job-related challenges is to make things more productive. It never occurred to us that isn’t a good thing.” Now, suggests Lipson, engineers need to rethink their objectives. “The solution is not to hold back on innovation, but we have a new problem to innovate around: how do you keep people engaged when AI can do most things better than most people? I don’t know what the solution is, but it’s a new kind of grand challenge for engineers.”


Ample opportunities to create jobs could come from much-needed investments in education, aging infrastructure, and research in areas such as biotechnology and energy. As Martin Ford rightly warns, we could be in for a “perfect storm” if climate change grows more severe at a time when technological unemployment imposes increased economic pressure. Whether this happens will depend in large part on which technologies we invent and choose to embrace. Some version of an automated vehicle seems inevitable, for example; do we use this to make our public transportation systems more safe, convenient, and energy efficient, or do we simply fill the highways with driverless cars and trucks?

There is little doubt that at least in the short term, the best bulwark against sluggish job creation is economic growth, whether that’s accomplished through innovative service-intensive businesses like the Apple stores and Uber or through investments in rebuilding our infrastructure and education systems. It is just possible that such growth will overcome the worries over robots taking our jobs.

Andrew McAfee, the coauthor with his MIT colleague Erik Brynjolfsson of The Second Machine Age, has been one of the most prominent figures describing the possibility of a “sci-fi economy” in which the proliferation of smart machines eliminates the need for many jobs. (See “Open Letter on the Digital Economy,” in which McAfee, Brynjolfsson, and others propose a new approach to adapting to technological changes.) Such a transformation would bring immense social and economic benefits, he says, but it could also mean a “labor-light” economy. “It would be a really big deal, and it’s not too soon to start the conversation about it,” says McAfee. But it’s also, he acknowledges, a prospect that is many decades away. Meanwhile, he advocates pro-growth policies “to prove me wrong.” He says, “The genius of capitalism is that people find things to do. Let’s give it the best chance to work.”

Here’s the rub. As McAfee and Brynjolfsson explain in The Second Machine Age, one of the troubling aspects of today’s technological advances is that in financial terms, a few people have benefited from them disproportionately (see “Technology and Inequality”). As Silicon Valley has taught us, technology can be both a dynamic engine of economic growth and a perverse intensifier of income inequality.

Whoever owns the capital will benefit as robots and artificial intelligence inevitably replace many jobs.

In 1968, J.C.R. Licklider, one of the creators of today’s technology age, co-wrote a remarkably prescient article called “The Computer as a Communication Device.” He predicted “on line interactive communities” and explained their exciting possibilities. Licklider also issued a warning at the end of the paper:

J.C.R. Licklider a écrit:
“For the society, the impact will be good or bad, depending mainly on the question: Will ‘to be on line’ be a privilege or right? If only a favored segment of the population gets a chance to enjoy the advantage of ‘intelligence amplification,’ the network may exaggerate the discontinuity in the spectrum of intellectual opportunity.”

Various policies can help redistribute wealth or, like the guaranteed basic income, provide a safety net for those at or near the bottom. But surely the best response to the economic threats posed by digital technologies is to give more people access to what Licklider called “intelligence amplification” so that they can benefit from the wealth new technology creates. That will mean providing fairer access to quality education and training programs for people throughout their careers.

It also means, says Richard Freeman, a leading labor economist at Harvard University, that far more people need to “own the robots.” He’s talking not only about machines in factories but about automation and digital technologies in general. Some mechanisms already exist in profit-sharing programs and employee stock-ownership plans. Other practical investment programs can be envisioned, he says.

Whoever owns the capital will benefit as robots and AI inevitably replace many jobs. If the rewards of new technologies go largely to the very richest, as has been the trend in recent decades, then dystopian visions could become reality. But the machines are tools, and if their ownership is more widely shared, the majority of people could use them to boost their productivity and increase both their earnings and their leisure. If that happens, an increasingly wealthy society could restore the middle-class dream that has long driven technological ambition and economic growth.
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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Sam 15 Aoû - 3:03


exosquelettes

Un exosquelette pour soulager les ouvriers dans leur travail Newsroom 22.07.15

Les exosquelettes quittent les secteurs médical et militaire pour faire leur entrée dans la vie quotidienne. L’entreprise japonaise Panasonic a annoncé récemment la commercialisation prochaine d’un exosquelette conçu pour assister des ouvriers humains dans la manipulation de charges lourdes.



Citation :
L’exosquelette, développé en collaboration avec la filiale de Panasonic ActiveLink, permettra de soulever et porter des objets plus facilement et avec un risque de blessures réduit. Selon le porte-parole de Panasonic, Moi Yamanaka, l’entreprise “s’attend à ce que les exosquelettes, ou les combinaisons à assistance électrique, soient largement présents dans la vie des gens d’ici 15 ans.” L’entreprise “s’attend à ce qu’ils soient utilisés pour des tâches qui requièrent une certaine force physique, comme déplacer des objets et effectuer des livraisons, dans les travaux publics, la construction, l’agriculture ou la sylviculture.”

L’exosquelette pèse 5 kilogrammes et permet de soulever 15 kilogrammes de charge utile supplémentaire. Il possède des attaches au niveau du dos, des cuisses et des pieds. Il fonctionne grâce à un moteur léger en fibres de carbone. Des capteurs activent le moteur lorsque l’utilisateur soulève ou porte un objet. Panasonic est actuellement en train de concevoir une version plus massive de l’exosquelette capable de soulever jusqu’à 100 kilos.


L'exosquelette industriel de Panasonic

L’utilisation d’exosquelettes dans le domaine industriel n’est cependant pas une nouveauté. Le constructeur automobile allemand BMW avait déjà équipé ses ouvriers d’une orthèse imprimée en 3D leur permettant d’effectuer des tâches répétitives. L’entreprise Audi teste en ce moment un appareil appelé Noonee qui fournit un support du dos aux ouvriers devant s’accroupir régulièrement.

Du côté des constructeurs, l’entreprise japonaise Cyberdyne commercialise déjà des exosquelettes médicaux et industriels. Ces exosquelettes utilisent les signaux nerveux de l’utilisateur pour détecter le mouvement désiré et assister l’opérateur. Cyberdyne a récemment signé un accord avec l’entreprise Omron pour développer une technologie fonctionnelle pour une utilisation en usine. L’entreprise américaine US Bionics développe actuellement deux exosquelettes en vue de les commercialiser. Le premier est conçu pour la réhabilitation médicale et le deuxième est destiné à un usage industriel. Celui-ci sera plus léger, moins cher et plus flexible que le modèle médical. En France, la société RB3D commercialise l’Hercule V3 pour la manipulation de charges et d’outils et BA Systèmes développe ROBO-K, un dispositif pour aider les patients dans la rééducation de la marche.


BRRR...




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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Jeu 20 Aoû - 20:12

Numérique, destruction d’emplois et avenir du travail Le Monde.fr 18.08.2015 Margherita Nasi  

 
Margherita Nasi a écrit:
D’ici 2025, 3 millions d’emplois touchant tout autant les classes moyennes, les emplois d’encadrement et les professions libérales que les métiers manuels pourraient avoir disparu en France, selon une étude de Roland Berger commandée par le Journal du Dimanche (JDD). Une transformation immense, qui annonce une nouvelle explosion d’insolvabilité généralisée, bien pire que celle de 2008, s’inquiète Bernard Stiegler dans son nouveau livre La société automatique - l’Avenir du travail.

Plus alarmant encore : le sujet serait mal connu en France. Ainsi le rapport « Quelle France dans 10 ans ? » remis par Jean Pisani-Ferry durant l’été 2014 au président de la République française « ne dit pas un mot de ces perspectives littéralement bouleversantes - qui bouleversent toute la macro-économie à venir », selon Bernard Stiegler, qui critique ces « deux cent pages d’eau tiède qui ne disent pas un mot des hypothèses de réduction drastique de l’emploi ».

Un recommencement possible

Pourquoi dissimuler des études pointant la disparition des emplois ? Le philosophe avance une réponse perturbante : Pisani-Ferry aurait « intériorisé un état de fait calamiteux dont il entretient la mécompréhension à travers une analyse profondément erronée, empêchant la France de prendre la mesure d’une situation exceptionnellement périlleuse ». D’ici à 2025, un tiers des emplois pourraient être occupés par des machines, des robots ou des logiciels dotés d’intelligence artificielle et capables d’apprendre par eux-mêmes.

Comment faire face à la fin du travail salarié ? Comment tirer le meilleur parti de cette immense transformation ? Y-a-t-il un autre avenir, un recommencement possible dans le processus d’automatisation intégrale et généralisée auquel aboutit la réticulation numérique planétaire ? Autant de questions que soulève Bernard Stiegler dans son nouvel ouvrage, dont le but est d’anticiper, qualifier, alerter, mais aussi proposer, en envisageant « une façon tout à fait alternative de redistribuer la richesse engendrée par le numérique ».

Des automatismes au service de la raison

Il s’agit, pour lui, de sortir de l’ère de l’Anthropocène, l’ère du capitalisme industriel au sein duquel le calcul prévaut sur tout autre critère de décision et où, devenant algorithmique et machinique, il se concrétise et se matérialise comme automatisme logique. Depuis 1993, un nouveau système technique planétaire se serait mis en place, basé sur la rétention tertiaire du numérique, et dont l’économie du data est le destin à venir. Un destin en réalité inexistant, puisqu’il ne peut mener qu’au nihilisme. L’infrastructure actuelle « évolue à grands pas vers une société d’hypercontrôle fondée sur les équipements mobiles, tels que le smartphone, les équipements domestiques, telle la télévision connectée, les habitats, telles la smarhouse et la smartcity, et les équipements de transport, telle l’automobile connectée » et soulève des questions en termes d’espionnage automatique des individus et destruction de notre économie.

Dans De la misère symbolique, Bernard Stiegler cernait les enjeux du stade numérique de la grammarisation, et en pensant ce qu’alors on n’appelait pas encore les réseaux sociaux, spéculait sur la toxicité potentielle de l’automisation élargie à laquelle devait conduire ce stade où lecteurs et scripteurs connectés par l’écriture réticulaire produiraient des traces numériques qui conduiraient à leur désintégration sociale et psychique.

Une colère mal orientée

« C’est ce qui s’est produit depuis », avec la gouvernementalité algorithmique, affirme le philosophe. Mais alors que la plupart des créateurs de l’Internet déplorent la façon dont leur créature est tombée aussi bas, leur colère est mal orientée. La faute n’est pas à cette entité amorphe mais à « l’absence d’une politique de gauche en manière de technologie ».

C’est une telle politique que l’auteur souhaite établir, à travers deux volumes consacrés à l’avenir du travail et du savoir qui proposent de sortir du capitalisme industriel pour entrer dans une nouvelle époque, celle du « Néguanthropocène ».

Quand les automatismes algorithmiques prennent de vitesse la possibilité de délibération de la société, il n’y a pour le philosophe qu’une solution : mettre les automatismes au service de la raison.



pas de panique, camarades...

wiki a écrit:
Pour Bernard Stiegler, la question politique fondamentale est celle-ci : comment sauver le « capitalisme » et la productivité de la consommation contre tous les phénomènes destructeurs qui les menacent et conduisent à ce que le philosophe appelle la « guerre ». La mondialisation et le phénomène d'uniformisation des comportements et des modes de vie s'attaquent ainsi à la singularité des individus et des cultures. C'est par le biais de la technique numérique, de l'américanisation du monde, des monopoles et du contrôle de la distribution, que le capitalisme s'autodétruit en niant le concept de singularité, et la vocation combative des cultures...


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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Dim 13 Sep - 17:54



à signaler dans l'interview une question sur la "théorie de la communisation"...


Cyber-Proletariat: an Interview with Nick Dyer-Witheford Viewponit Magazine

Nick Dyer-Witheford and Gavin Mueller September 8, 2015


Citation :
Gavin Mueller: Your 1999 book Cyber-Marx is an excellent summary of autonomist Marxism and post-operaismo as well as an argument for its relevance for struggles against a capitalism increasingly suffused with information and communication technology. With Cyber-Proletariat, you are less sanguine about post-operaismo’s embrace of cybernetic technologies. Can you explain your shift in position? What has made information and communication technology appear as a bigger threat for the global working class?

Nick Dyer-Witheford: My change in position reflects involvement in two moments of struggle – that of alter-globalization from the late 1990s through the early 2000s; and then, from 2008 on, the new social antagonisms and struggles that emerge in the wake of the financial meltdown. Both struggles have revealed new possibilities and new problems for anti-capitalist movements attempting to use cybernetic technologies. On the one hand, there was the evident and much-discussed use of social media and cell phone networks in what we might call the 2011 revolts – the riots, the strikes, the occupations. At the same time, and on the other hand, all those events reveal the difficulties that can attend using those technologies as an organizational matrix—for example, what we can call the “up like a rocket, down like a stick” syndrome that characterized some of the 2011 movements. Also during that cycle, and particularly coming with the Snowden revelations in North America, was revealed the scope and intensity of the surveillance to which militants are likely to be subjected within the cybernetic milieu.

Underlying those points – which we might call tactical points about the usage of cybernetic technologies by revolutionary movements – is another larger, more strategic point: the changes in class composition which have been effected by capital in terms of its restructuring of the global workforce using automata and networks and, in the financial system, networks of automata. Cyber-Proletariat starts with the question of the validity and significance of the “Facebook revolution” trope, but then moves from that into an attempt at analysis of the deeper effect of cybernetics on the restructuring of labor within advanced capitalism.

GM: That brings me to my next question. This is primarily a book about class composition in the 21st century. Almost every chapter is a weaving of the various forms of labor making up the global supply chains of cybernetic objects such as cell phones and social media sites – miners in the Amazon, content moderators in the Philippines, app developers in San Francisco. Are there potentials for such far-flung varieties of labor, “internally striated and fractioned,” as you put it, to unite politically? Can there be shared interests with such divergences in “subjectivity” – a word you use several times – among these workers?

NDW: The path of global class restructuring that capital has taken over the past 40 years has been one of intensified differentiation and inequality. This has taken a form of the bifurcation of the labor force between upwardly mobile sector of professionals, and on the other hand, a vast sea of insecure, precarious low-wage proletarianized labor. This has been a striking split within what was formerly conceived of – even if somewhat mythically – as the potential solidarity of the industrial mass labor force. This a split is now also intensified by its distribution across the multiple wage zones traversed by the supply chains of global capital. At the same time, while there are growing inequalities between these two strata – the professional intermediate classes and the proletarianized labor forces – the even greater inequality is, of course, between plutocratic capital and both those segments.

Hence, there are simultaneously issues of real antagonism between these different fractions of capital’s labor, but also possibilities for forms of cooperation. All the more so because what we are seeing emerge increasingly is a range of various re-proletarianizations of the professional strata – all too visible within the university setting, in which people with aspirations towards professional careers find themselves trapped in the ghettos of precarious work; the famous situation of the graduate student without a future, cited by Paul Mason as a critical dynamic in 2011.

So what we saw during the 2011 cycle was the surfacing both of the potential alliances and the potential antagonisms within this global labor force. There were undoubtedly points in the great occupations, such as Tahrir Square, where the mobilization created large solidarities of different strata against a kleptocratic authoritarian regime. In other places, like Britain in 2011, one saw strands of struggle running parallel but without meeting. You have the eruption of powerful campus revolts among students, and then riots in the cities amongst the most excluded and dispossessed sectors. Both have strong resonances as protests against austerity regimes, but also exist almost in worlds apart, and sometimes with great suspicion and hostility between them. And then in yet other settings one sees situations in which some of the tactics of the 2011 occupations are adopted by middle class strata struggling to preserve elements of their privilege, for example in Thailand and Venezuela.

This is a long way of saying that we’re looking at an extraordinarily contradictory set of class formations that pose very serious organizational questions for communist-oriented movements, questions which I do not think were successfully answered in the 2011 movements, although those movements have posed the questions in the most acute form.

GM: You temper some of your previous work in autonomist Marxist theory with an engagement with communization theory as presented in journals such as Tiqqun, SIC, and Endnotes. How does this body of work supplement or modify autonomist theory?

NDW: Autonomism and communization theory are undoubtedly the most interesting strands of communist movement theorization today and are largely critical of each other. Autonomism emphasizes workers’ antagonism to capital. Communization theory insists that we must understand that workers are also part of capital. Autonomism has always emphasized and celebrated the circulation of struggles amongst different groups of workers. Communization theory reminds us that, as we were just discussing, these segments of the working class can often be antagonistic to each other.

I’ll say that both these strands of theory have their characteristic problems. Autonomism is chronically optimistic, always keen to see one swallow making a spring. Communization theory has a very studied melancholia. In some way, this book is an attempt to set in play a conversation that I found myself having intellectually in my reading, a conversation between these twin faces of ultra-leftism in order to see what emerged from that.

GM: Could you say a bit more about how you see this melancholia as a weakness of communization theory?

NDW: The element in communization theory that I’m most critical of is actually one that it shares to some degree with autonomism: its rejection of what it calls programmatism and its scrupulous refusal to describe any path to a communist situation short of the immediate abolition of the commodity form. I believe that it is extremely difficult to persuade people, including oneself, to embark on the time-consuming, demanding, and, in crisis situations, dangerous task of attempting to create a new society without having any provisional ideas of what that path might look like.

Indeed, I would say that what we saw recently in Greece, which can be taken on the one hand as a failure of classic social democratic electoral strategies, also really seriously shows the problems that can arise when there is a rejection of any attempt to think transitionally about various stages and phases in the movement of anti-capitalist struggle. So I don’t completely buy that part of communization theory, where participants whose work I otherwise I admire, rather exempt themselves from doing some hard work.

I’m much more sympathetic on that front to groups like Plan C in the United Kingdom, who recognize that we do need to collectively as a movement think about issues of transition, but in a non-dogmatic and explorative way that will have to admit the huge degree of uncertainty that would attend any crisis which could result in major transformations.

GM: It has become somewhat common for rising precarity and technological unemployment to be viewed in a somewhat positive light. Most recently British journalist Paul Mason wrote a long essay in The Guardian predicting that a post-work, post-capitalist future is being created before our eyes. In a different vein, accelerationist theory embraces advancing subsumption of social relations to capitalism and its technologies. How does your work respond to these kinds of arguments?

NDW: They point to a reality which many other radical thinkers have pointed to: it’s clear that capitalism is creating potentials – not just technological, but organizational potentials – which could be adapted in a transformed manner to create a very different type of society. The evident example is the huge possibilities for freeing up time by automation of certain types of work. For me, the problem both with Paul’s work, which I respect, and with the accelerationists, is there is a failure to acknowledge that the passage from the potential to the actualization of such communist possibilities involves crossing what William Morris describes as a “river of fire.” I don’t find in their work a great deal about that river of fire. I think it would be reasonable to assume there would be a period of massive and protracted social crisis that would attend the emergence of these new forms. And as we know from historical attempts in the 20th Century to cross that river of fire, a lot depends on what happens during that passage. So there is, if one could put it that way, a certain automatism about the prediction of the realization of a new order in both these schools, which we should be very careful about.

GM: Your final chapter discusses the organization of proletarian struggles. These struggles, you argue, must adapt themselve to wartime, to this evocative metaphor of the river of fire. You also envision a networked, rather than hierarchical, form of organization. Can you say more about the future of organization? Are there examples of these kinds of emergent forms you can point to?

NDW: You’ve named some of the provocations I suggest in terms of thinking about new organizational forms, provocations elicited by the dilemmas of the 2011 struggles. Amongst these, one that I put very close to the top of the list is the need for the emergence of new forms of labor organization, which can take better account of the realities of precarious work and unemployment. These are already under way in a variety of forms, both in attempts – and here I’ll speak from my Canadian vantage point – I’m aware of some major trades unions which, if only for reasons of self-preservation, are attempting to open themselves more to the precarity of increasing numbers of their members. But there are also initiatives coming from outside the established trades unions, from precarious workers themselves. to find new forms. So, first, there is a huge challenge around workplace – or unplaced work – organization.

The second thing I suggest is the need for a reassessment of digital organizing tactics: a clearer recognition of the necessity of such organizing, because we do live in a form of capitalism in which social life has become cybernetically subsumed, but also for an appreciation of the limitations and risks of those forms of organization.

I also suggest that this seems to be a moment to think very seriously about new organizational syntheses that could overcome the verticalist-horizontalist split, which of course is a centuries-long division, but now seems particularly necessary to get beyond. Without getting all bubbly about things, I’m encouraged by what I see in terms of experiments with various forms of common front organizations, some of which are active here in Ontario, which are bringing together in tentative, provisional, and experimental ways, people from the Occupy movement, labor movement, and a range of other social movements.

We’ve already mentioned a fourth point, the importance of developing a new non-dogmatic approach to envisaging what one could frankly call transitional strategies – Plan Cs. The fifth, final point, which really is what you started with, wartime, is simply a suggestion there is a need to be better prepared for truly major crises and for the sorts of risks and openings that these entail. My observation is that, certainly within North America, what calls itself “the left” was taken completely by surprise by what happened in 2008. We had a massive crisis of capital. But organizationally, largely due to the wear-down by neoliberalization, there was a real inability to seize the historical moment. It seems highly likely that there will be further historical moments of crisis, possibly soon. There’s a lot to be learned from the experiences of comrades in such places as Syria, Turkey, Ukraine: places where, insofar as progressive organizations can even still function in the polarizing fatalities of civil war situations, they have to come to grips in a digital environment with issues of potentially fatal surveillance, encryption, verification, authentication in order to operate in these very extreme circumstances. I think we need to think very seriously about that, and prepare seriously.

GM: I hasten to add that, while our conversation has been quite theoretical, your book is a wonderful catalog of a variety of struggles, and packed with empirical details that are of interest to anyone who has been following or participating in struggles, especially since 2008.

NDW: The book is an attempt to sort out some of these struggles and dilemmas that have arisen particularly over the past seven years, and more broadly over the past 15 years, from the position of an academic participant in some of the events that I’m describing. It’s a book that’s very much in motion, and it wears its contradictions on its sleeves, because we need to be able to talk about contradictions and conflicts within the movement in order to be able to move past what, for the moment, seems like an impasse.



Nick Dyer-Witheford is an Associate Professor in the Faculty of Information and Media Studies at the University of Western Ontario. He is the author of Cyber-Marx: Cycles and Circuits of Struggle in High Technology Capitalism (Chicago: University of Illinois, 1999) and Cyber-Proletariat: Global Labour in the Digital Vortex (London: Pluto Press, 2015).


Gavin Mueller is a graduate student in Washington, DC.



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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Ven 18 Sep - 21:52

selon que... en avoir peur ou pas...

Un robot fera-t-il bientôt votre travail ? Le Monde 18 septembre 2015




Un prototype de robot en démonstration déplace des bouteilles pour les mettre dans des cartons à Tokyo

Citation :
Si l'avenir vous fait peur, que vous craignez pour votre travail ou que la saga Terminator vous a persuadé que les robots prendront un jour le pouvoir, alors ne faites surtout pas le test proposé par la BBC.

Le site d'information britannique a mis en ligne un simulateur de robotisation. Le principe est simple : entrez votre métier dans la barre prévue à cet effet et validez. Vous connaîtrez ainsi les chances que vous avez d'être remplacé au travail par un robot dans les deux prochaines décennies. Le résultat s'affiche sous la forme d'un pourcentage et d'un petit commentaire, ainsi que de graphiques et de chiffres-clés sur votre métier.

Big Browser a eu peur, mais Big Browser est désormais rassuré : selon le simulateur, il n'y a que 8 % de risques que les journalistes soient remplacés. Ouf ! Pourtant, des expérimentations d'écriture automatisée menées par le Los Angeles Times nous montrent que les machines pourraient très bien faire une partie du travail journalistique... Expérience également menée au "Monde" à l'occasion des élections cantonales, pour lesquelles de courts textes de présentation des résultats ont été générés pour plus de 30 000 communes et 2 000 cantons.

Métiers manuels et répétitifs en danger

En guise de résumé, la BBC explique dans des petits encadrés que si votre travail consiste à aider les autres, négocier ou encore avoir des idées originales, vous êtes préservé de l'automatisation. Si au contraire votre emploi vous force à travailler serré dans de petits espaces, à manipuler de petits objets ou à les assembler, alors vous pouvez commencer à vous inquiéter.

En bref, si votre métier requiert de l'empathie ou de la créativité (travailleur social, thérapiste, psychologue, artiste, designer, etc.), vous êtes tranquille. Idem si votre travail nécessite des compétences managériales. Mais les télévendeurs, les ouvriers et les secrétaires juridiques sont dans le top 3 des métiers potentiellement à la merci des robots.

Le simulateur a été élaboré à partir d'une étude de l'université d'Oxford menée par Michael Osborne et Carl Frey, agrémentée de chiffres fournis par l'Office national britannique de la statistique et par le cabinet Deloitte. Les pourcentages du simulateur se basent donc sur des données britanniques, mais France Info rappelle que les données ne sont pas très différentes dans le reste du monde.

Une information validée par une étude de re.sources, du groupe Randstad France, sur « l'impact de la robotique sur l'emploi ». L'un des graphiques montre ainsi que la robotisation n'aurait pas « d'impact négatif direct sur l'emploi » dans les pays les plus robotisés comme l'Allemagne ou les Etats-Unis. Une autre infographie dresse la liste des métiers susceptibles d'être robotisés à l'horizon 2025 et va dans le sens de celle établie par l'étude de l'université d'Oxford. A la lecture de toutes ces données, un constat s'impose : la « robolution » a beau être en marche, l'humain a encore de l'avenir.


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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Sam 7 Nov - 7:32

Faut-il détruire les ordinateurs pour sauvegarder les emplois?[/b] par Robert Bibeau les7duQuébec 6 novembre 2015  


Nous inspirant d’un article publié dans une revue française spécialisée dans les technologies numériques nous présentons le point de vue marxiste à propos de la numérisation, l’informatisation et l’automatisation des moyens de production, caractéristiques importantes de l’évolution du travail salarié sous le mode de production capitaliste.

 
Robert Bibeau a écrit:
Il y a plus d’un siècle Marx a eu maille à partir avec les luddites anglais qui brisaient les machines à tisser pour s’opposer à la précarité de leurs emplois de journaliers (2). La classe prolétarienne ne devrait pas s’opposer à l’informatisation, numérisation et automatisation des postes de travail et des tâches qui pourraient ainsi devenir moins pénibles, moins polluantes, demander moins de temps de travail et laisser plus de temps de loisirs. Mais comment approuver l’automatisation quand ces technologies détruisent les emplois et détériorent les conditions de vie et de travail des salariés ?


Les emplois intellectuels sont aussi menacés

Avec l’arrivée du numérique, même les emplois intellectuels, après les métiers ouvriers, sont menacés dès lors qu’ils correspondent à des tâches répétitives. C’est ce que montre l’étude réalisée par le cabinet Roland Berger de Paris. À l’horizon 2025, le numérique pourrait supprimer jusqu’à 3 millions d’emplois en France seulement. Ces suppressions concerneraient non seulement la production de biens matériels, mais aussi les services. C’est ce qu’annonce l’étude « Think Act : les classes moyennes face à la transformation digitale » publiée par la société Roland Berger (3).


Comment éviter ces suppressions d’emplois qu’impose l’informatisation ? En réformant la formation continue prétendent les spécialistes du perfectionnement tout au long de la vie. C’est un peu comme les policiers de l’État bourgeois qui matraquent les manifestants et qui violent les Amérindiennes, qui pratiquent le trafic de la drogue et rançonnent les commerçants des quartiers, alors que les officiers de police réclament une meilleure formation pour les limiers afin qu’ils apprennent à mieux gérer et à mieux dissimuler leurs activités de ripoux.


Big data, machine intelligente, numérisation et informatisation

Quelles sont les causes des suppressions d’emplois ? Le Big data, la numérisation, les machines apprenantes et l’informatisation en général. Ces technologies sont susceptibles de transformer profondément les activités de service et les opérations intellectuelles qu’on croyait jusqu’ici protégées de l’automatisation, poursuit l’étude. Ce qui rend une tâche automatisable, qu’elle soit manuelle ou intellectuelle, c’est son caractère répétitif.

Les sections de la classe prolétarienne travaillant dans les secteurs des services tertiaires seront durement touchées par les techniques numériques. Des emplois intermédiaires sont à risque, il s’agit des fonctions administratives en entreprise, des métiers juridiques, des fonctions-conseils et d’expertises financières, et des fonctions d’encadrement qui ont été historiquement pourvoyeuses d’emploi pour la soi-disant « classe moyenne ». En fait, cette pseudo « classe moyenne » est formée des sections de la classe prolétarienne travaillant dans le tertiaire clérical qui se sont longtemps cru à l’abri de la paupérisation, mais qui depuis 2008 en sont affecté par l’approfondissement de la crise économique systémique du capitalisme. Déjà les secrétaires, les caissières, les commis bancaires ont subi les contrecoups de l’informatisation de leurs postes de travail. Demain, ce seront les conseillers en assurances et en placements financiers, etc.

Certes, les analystes prétendent que l’informatisation-automatisation des moyens de production ouvre de nouvelles perspectives d’emplois, notamment dans les domaines de l’environnement, de la performance des entreprises, de la relation avec la clientèle et des nouvelles technologies qui sous-tendent cette évolution. Mais l’innovation technologique s’attaque déjà à ce type d’emplois tertiaires comme l’automatisation des centres d’appels le démontre amplement. Ainsi, l’étude de Roland Berger pointe vers la profession de courtier d’assurance comme étant un de ces métiers susceptibles de disparaitre. On dispose désormais de comparateurs d’offres sur internet, et de systèmes de gestion de portefeuilles. Le cœur de l’activité de courtage peut être automatisé avec le courtier en ligne (Assur3D). Et le logiciel de Backoffice de courtage Pro CRM tire parti du Big data pour comparer instantanément un très grand nombre d’offres. La prise en charge par logiciel de tâches toujours plus nombreuses dans ce métier pourrait réduire de 1800 le nombre de courtiers en France seulement. Le cabinet Roland Berger prend comme exemple de la menace sur les tâches intellectuelles, le cas du logiciel Quill qui permet la rédaction de contenus factuels et simples, impactant forcément le journalisme sportif ou financier, les rapports annuels d’entreprise et l’automatisation de contenus markétings et promotionnels. Autre cas, le robot TUG d’Aethon qui se déplace dans des environnements imprévisibles permet d’automatiser des tâches comme la distribution de médicaments et de repas dans un hôpital, une tâche jusqu’ici dévolue aux aides-soignants. Plus de 140 hôpitaux en sont équipés aux États-Unis affirme la firme-conseil.

Selon l’étude Roland Berger, trois grands types d’applications auront un impact important sur le marché de l’emploi, au vu des gains de productivité qu’ils génèrent. Il s’agit d’abord de l’informatique décisionnelle, qui repose sur trois technologies, le « Machine Learning » (logiciel apprenant), le Big data et le Cloud (une invention de la firme IBM), assurant des tâches jusqu’alors réalisées par l’homme. De même, les appareils connectés devraient permettre d’importants gains de productivité dans les secteurs de l’assurance, et de l’énergie. Enfin, la robotique avancée et en particulier les véhicules autonomes vont bouleverser le secteur des transports, taxis y compris. De fait, l’étude évalue que 42% des corps d’emploi pourraient être affectés par l’informatisation, et l’automatisation des moyens de production.


La « croissance » du digital

L’étude du cabinet Berger reconnait que les entreprises digitales connaissent la croissance la plus importante et que les entreprises françaises doivent impérativement s’engager dans la numérisation de leurs activités. Au Canada, de nombreux spécialistes ont déjà accroché le grelot de l’innovation numérique. Comment expliquer que la numérisation des tâches et des postes de travail n’améliore nullement le sort des travailleurs et ne fait qu’accentuer la misère de la classe ouvrière ?

Le géant multinational Amazon utilise de plus en plus de robots dans ses entrepôts. Le géant du e-commerce utilise 30 000 appareils Kiva dans ses centres de traitement des commandes. Le nombre de machines a doublé depuis 2014. Amazon avait racheté le spécialiste des appareils de manutention Kiva Systems en 2012. « Le cout en capital de ces robots est compensé par leur rendement important. Cet investissement a certes des conséquences sur notre structure de couts, mais nous sommes pour l'instant satisfaits de Kiva », a souligné Phil Hardin, directeur principal chez Amazon. Ces robots permettent à Amazon de diminuer les couts de main-d'œuvre et de faire baisser les risques de blessures des salariés du groupe, lui permettant in fine de réaliser des économies et surtout d’engranger des profits (4).


Là où le bât blesse, c’est que cette hausse dans la composition organique du capital de la société Amazon – cette hausse dans son capital constant global (Cc), compensée par une baisse de son capital variable (Cv) – les salaires – entraine effectivement une augmentation de la plus-value relative et extra, mais tout cela est temporaire. Aujourd’hui Amazon obtient un profit supplémentaire du fait que la valeur de la force de travail total qu’elle emploie est dépréciée par rapport au marché global de l’emploi. Mais demain les concurrents d’Amazon auront disparu, ou alors, ils auront intégré ces innovations technologiques à leur production abaissant eux aussi la valeur moyenne de la force de travail engagée, accroissant d’autant la misère de la classe ouvrière.


Pas de substitution des emplois

Pour le cabinet Roland Berger, les emplois créés ne se substitueront pas aux emplois détruits, ni en termes de niveau de compétence requis, ni en termes de position sur la chaine de valeur, ni en termes de répartition géographique. « Conséquence, il faut lancer dès maintenant une stratégie volontariste pour parer les difficultés (lire ici, parer aux résistances de la classe prolétarienne à la détérioration de ses conditions de vie et de travail. NDLR), et saisir les opportunités (lire ici, se servir de ces gains de productivité pour accroitre la profitabilité du capital investit en France, sans rien céder aux salariés. NDLR) » (5).

Évidemment, bureaucrates syndicaux et gauche bourgeoise réformiste réclameront une plus juste répartition des gains de productivité sans en réaliser l’impossibilité. Le grand capital national qui cèderait à de telles réclamations se placerait aussitôt en situation de vulnérabilité économique, commerciale et financière vis-à-vis les multinationales faisant affaires dans d’autres sphères et dans d’autres ères du planisphère. La concurrence internationale entre les branches et les secteurs du capital est une caractéristique de la phase impérialiste du mode de production capitaliste.

Dans dix ans les gains de productivité liés à la numérisation des entreprises pourraient représenter 30 milliards d’euros de recettes fiscales (sic) et 30 milliards d’investissements privés additionnels en France seulement prétend Roland Berger. Selon l’expert, la France doit engager une stratégie volontariste d’adaptation de son système productif aux enjeux du numérique. Le cabinet Roland Berger s’inquiète devant le faible taux de robotisation du secteur manufacturier français comparé à celui de ses concurrents, ce qui selon lui n’a pas permis à la France de « protéger son appareil productif et ses emplois industriels » (sic). La perte de compétitivité liée au retard français aurait détruit plusieurs emplois industriels. Tous auront compris le ridicule paradoxe que stigmatise la firme-conseil. Si le capital français a perdu des emplois en France métropolitaine, c’est parce qu’il n’a pas détruit suffisamment d’emploi par l’informatisation-automatisation des tâches, il les a détruits par la délocalisation des manufactures. Le capital français, au même titre que le capital du monde entier, ne souhaitait pas modernisé l’appareil productif national quand il pouvait délocaliser et aller chercher des gains de productivité – lire de plus-value absolue, relative et extra – dans les pays « émergents » où le prolétariat travaillait ardemment, ployant sous le fouet des hobereaux locaux – représentants nationaux d’un camp impérialiste ou d’un autre, le tout accompagné des chants de libération nationalistes chauvins et assassins.

Qu’est-ce qui a donc changé depuis le milieu des années 2000 pour que tout à coup les spécialistes français, canadiens, européens sonnent l’alarme et réclament encore des hausses de productivité ? Voilà la véritable question à laquelle il faut s’attarder pour comprendre cette croisade des économistes bourgeois déjantés.


Chômage à 18% en France, et à combien aux États-Unis ?

Face à ces menaces, l’étude évalue deux scénarios. Dans le premier, l’État pourrait être tenté de mettre en place des garde-fous règlementaires pour sauvegarder certaines professions menacées. Une telle stratégie ne serait efficace qu’à très court terme. Elle mènerait à une adaptation par le bas, et vers le « Low cost worker ». Les conséquences en seraient désastreuses avec un chômage grimpant à 13% ou 18%.


Second scénario, l’étude préconise du soutien par l’État bourgeois de la R&D ; de l’investissement des entreprises ; des infrastructures numériques ; l’amélioration de la coopération entre la recherche publique et privée, ainsi que le développement de « clusters » (entreprises innovantes) de taille suffisante pour lutter à l’international. De même, elle préconise le renforcement de l’intégration européenne afin de disposer d’un marché d’une taille suffisante. Bref, l’étude du bureau Roland Berger préconise que l’État bourgeois joue son rôle de gouvernance et qu’il ordonnance la réponse du capital multinational (section France) au défi que pose la crise économique systémique qui perdure et pour laquelle les États-Unis, et la Chine, les deux grands concurrents de l’Euroland, ont déjà commencé à apporter des réponses désespérées. Les altermondialistes et les gauchistes bourgeois auront compris que le « néo-libéralisme antiétatique » (sic) n’est qu’une fumisterie dont ils sont chargés d’assurer la crédibilité.

Alors que l’informatisation-automatisation des tâches répétitives et ennuyeuses offre une excellente perspective à la classe prolétarienne qui devrait s’en réjouir, ces innovations technologiques sont les moteurs d’agressions constantes contre leurs conditions de vie et de travail. Pourquoi ? Parce que sous le mode de production capitaliste l’innovation technologique dans les méthodes et les moyens de production ne visent pas à alléger le fardeau des esclaves salariés ni à améliorer les conditions de vie et de travail des employés. L’étude du cabinet-conseil le répète à satiété, l’innovation technologique doit servir à accroitre la productivité et l’intensité du travail afin d’assurer la position concurrentielle des monopoles multinationaux et leur permettre d’accroitre leur production de plus-value et la profitabilité du capital immobilisé. Hors de cette loi d’airain point de salut. L’étude le souligne, les États-Unis ont déjà entrepris cette métamorphose et les grands capitalistes américains ont commencé à rapatrier sur le territoire américain des entreprises assurant l’extraction de plus-value absolue, relative et extra, exigeant de la classe prolétarienne américaine qu’elle se saigne pour conserver le privilège d’être exploité dans des « sweatshops » à peine moins insalubres que ceux que l’on retrouve dans les pays « émergents » (6). Aux États-Unis les revenus (salaires et allocations gouvernementales) d’une portion de plus en plus importante des salariés sont sous les conditions de reproduction de leur force de travail (7). C’est là une autre caractéristique du stade impérialiste du mode de production capitaliste.


Il ne faut pas oublier que dans tous les pays capitalistes ayant atteint le stade d’évolution impérialiste l’informatisation-automatisation des postes de travail s’ajoute à la précarisation des emplois conséquence de la réduction, d’abord relative et aujourd’hui absolue, des dépenses gouvernementales consacrées à la reproduction de la force de travail. C’est ainsi que les services éducatifs, les services de santé, les services de loisirs, sportifs et culturels sont partout comprimés suite aux déficits gargantuesques grevant les finances publiques.


Marx n’avait-il pas prédit cette échéance du mode de production capitaliste. Dans le Manifeste du Parti communiste il écrivait « Elle ne peut plus régner, (la classe bourgeoise) parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu’elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui ». Dans son volume Travail salarié et capital il ajoutait « Si toute la classe des salariés était anéantie par le machinisme, quelle chose effroyable pour le Capital qui, sans travail salarié, cesse d’être du Capital ». Nous y sommes justement à la négation de la valorisation et de la plus-value par le Capital, et à sa fin ultime en définitive.


Faut-il s’attaquer au symptôme ou à la maladie ?

Faut-il que les classes prolétariennes américaine, française, canadienne, russe, chinoise et mondiale s’opposent à l’informatisation-automatisation de la production et des postes de travail ? Évidemment non ! Ce serait s’aligner sur la gauche bourgeoise qui voudrait abolir les structures étatiques supra nationales issues de la mondialisation impérialiste (ONU, FMI, BM, OCDE, OACI, SWIFT, Libor, Union européenne, ALENA, traité Trans Pacifique, etc.), stigmatisant la plaie purulente qui atteste effectivement que l’organisme est profondément déficient. C’est l’organisme dans son entier qu’il faut purger et changer pour construire un nouvel organisme – un nouveau mode de production socialisé – plutôt que de tenter de réformer ce qui ne peut être réparé, mais devrait être éradiqué. Le problème qui confronte la classe capitaliste monopoliste française et européenne, tout autant que la bourgeoisie américaine et canadienne c’est de savoir si la classe prolétarienne acceptera ces conditions de perdition sans broncher ou si les services de répression parviendront à écraser la résistance des ouvriers. La première manche de ce combat épique, classe contre classe, est déjà engagée, elle consiste, pour la gauche bourgeoise, à mystifier ces questions afin de désarmer la classe ouvrière devant son ennemi antagoniste.

Puisque le mode de production capitaliste ne sait plus assurer la reproduction élargie de leur société – capital – plus-value – moyen de production et force productive salarié – alors il devrait être renversé et remplacé par un nouveau mode de production appropriée, communiste (Cool.


NOTES

1.Source de l’article.La revue du digital.Publié le 28 octobre 2014 par http://www.larevuedudigital.com/2014/10/28/3-millions-demplois-menaces-en-france-a-cause-du-numerique/

2.E. https://fr.wikipedia.org/wiki/Luddisme

3.E. http://www.larevuedudigital.com/wp-content/uploads/2014/10/Roland_Berger_TAB_Transformation_Digitale-201410301.pdf

4.E. http://www.usinenouvelle.com/la-redaction/lelia-de-matharel.5235

5.E. http://www.larevuedudigital.com/2014/10/28/3-millions-demplois-menaces-en-france-a-cause-du-numerique/

6.E. http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/le-taux-de-chomage-avoisine-0-aux-usa/

7.E. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-capitalisme-aux-soins-intensifs/

8.Robert Bibeau (2014). Manifeste du pari ouvrier. Publibook. Paris. 183 pages. http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520





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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Sam 7 Nov - 10:07

Le monde inégalitaire de demain 06 novembre 2015 | Par christophe lemardelé

Dans la désormais célèbre série suédoise Real Humans, un aspect de l’impact des robots dans la vie humaine n’apparaissait pas : leur place dans le monde du travail. Le « cyberanthropologue » Michel Nachez répare cet oubli en proposant pour la France une évaluation par secteurs professionnels de cet impact dans un ouvrage intitulé Fin de l’emploi – Pour les humains ?...



Citation :
L’ouvrage est bref et facilement accessible pour les internautes puisqu’il est téléchargeable gratuitement à partir de la fiche de l’auteur sur le site de l’Institut d’ethnologie de Strasbourg ou sur son blog personnel. Le constat de Michel Nachez est implacable : la perte d’emplois sera considérable – elle l’est déjà – et les responsables politiques et économiques se montrent irresponsables en ne prenant pas la mesure des changements qui vont intervenir.

Car il ne s’agit pas que de robots, l’automatisation de certaines tâches et la net-économie sont déjà pleinement à l’œuvre. Hier, la Société Générale annonçait une fermeture progressive de nombreuses agences bancaires du fait même que beaucoup d’opérations se font désormais via le net. Autant d’emplois à jamais perdus… Lorsque les robots arriveront, sans doute alors la prise de conscience sera-t-elle brutale et salutaire, mais un peu tardive. En effet, les sociétés ne seront pas préparées à une telle évolution économique et il ne sera alors plus du tout pertinent de culpabiliser des chômeurs peu qualifiés qui, de fait, n’auront plus aucune place sur le marché du travail.


Autrement dit, comme l’affirme l’anthropologue, les progrès stupéfiants de la productivité des entreprises s’accompagneront vraisemblablement de la paupérisation d’une partie de plus en plus importante des populations. Ainsi verrons-nous une société à deux vitesses s’installer, l’une active, voire hyperactive, l’autre déclassée, ramassant les miettes d’une richesse de plus en plus indécente dans les beaux quartiers. Des taux de chômage inacceptables chez les jeunes les poussant aux aventures les plus extrêmes seront de règle pour ceux qui n’auront pas eu la capacité et/ou l’opportunité sociale de réaliser les meilleures études.


Le néo-libéralisme à l’œuvre depuis une bonne vingtaine d’années a déjà préparé l’avènement de cette société bipartite. Tout dernièrement, les milliers de suppressions d’emplois à Air France ont peu pesé dans la balance médiatique comparés au fait que deux de ses dirigeants furent quelque peu molestés : les nantis ont immédiatement pris position en faveur de leurs semblables. Ceux qui travaillent s’estiment des acteurs méritants et n’ont donc que mépris pour ceux qui perdent leur emploi : c’est winner contre looser. Autant dire que l’empathie sera minimale demain pour ceux qui seront relégués dès leur scolarité.


Michel Nachez ne désespère pas totalement d’une réaction salutaire dans les milieux dirigeants mais il ne semble guère optimiste. Dix milliards d’habitants à l’horizon 2050 – avant que la transition démographique achevée partout ne stabilise la population mondiale –, mais combien de chômeurs, de travailleurs pauvres non déclarés, de gens ne subsistant que grâce à l’économie informelle, aux trafics ?...


Certes, comme on l’envisage dans les pays scandinaves, un salaire universel sera sans doute, à terme, nécessaire pour amortir le choc social, à condition qu’il ne soit pas un revenu minimum, c’est-à-dire un salaire de pauvre. Mais ce salaire ne permettra pas véritablement un accès à la dignité. L’arrivée des robots devrait fournir l’occasion de repenser le partage du temps de travail – le robot n’est-il pas censé alléger la tâche de l’homme ? –… le néo-libéralisme a malheureusement mis à terre cette idée.


Dans un monde régi par le néo-libéralisme, les robots seront donc au service de leurs maîtres, non au service de l’humanité. Au lieu d’être un outil réducteur d’inégalités, ils seront sans doute l’instrument de leur accroissement. En plus, c’est formidable, en cas de révolte des futurs déclassés, les robots pourront encore mieux assurer la sécurité publique sans même commettre de bavure… Et ce n’est pas de la science-fiction, ce n’est pas dans un futur lointain, c’est demain.


Michel Nachez, Fin de l’emploi – Pour les humains ?..., 76 pages.


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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Sam 7 Nov - 10:24



« Ayez peur du capitalisme, pas des robots » estime Stephen Hawking
26 octobre 2015 / Catégories: Articles, Rédaction / Tags: capitalisme, chômage, critique, débat, Hawking, risque, robot, robotisation, Stephen / Réclamations et signalements

Stephen Hawking, le brillant physicien et cosmologiste britannique, s’est récemment exprimé sur le capitalisme. Selon lui, l’apocalypse économique ne viendra pas des robots et de la technique, mais de l’avidité des Hommes


Citation :
Dans une session exceptionnelle de questions/réponses organisée par le site Reddit.com, Stephen Hawking a eu l’occasion de répondre à certaines interrogations des internautes sur l’état de la société. Une question qui soulève les pires craintes de nombreux citoyens lui a été posée : Nous développons sans cesse des technologies d’automatisation des processus de production, entendez, des robots. Ne va-t-on pas, de ce fait, vers un effondrement de l’économie et une explosion du chômage ? À cette question pertinente, Stephen Hawking répond avec beaucoup de rationalité, mettant le système économique en cause, pas la technologie.


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« Si les machines produisent tout ce que nous avons besoin, le résultat dépendra de la façon dont les richesses sont distribuées. » En effet, le fait même de la complexité technique est le souhait naturel et humain de faciliter une tâche pour la produire avec moins d’effort. Mais en matière d’économie, l’effort est perçu comme un coût pour les détenteurs de capitaux. Ainsi, dans un monde où les richesses s’accumulent, permettant certains investissements dans des technologies nouvelles qui remplacent l’humain, le non-travail (part d’inactivité) semble inévitable à moins d’entrainer une croissance toujours plus forte.

Ainsi, le scientifique estime que l’inégalité économique va monter en flèche avec l’automatisation des emplois dans le cadre où les détenteurs de capitaux refuseraient de partager le fruit de la production de ces machines. « Tout le monde peut jouir d’une vie luxueuse faite de loisirs si la richesse produite par une machine est partagée, ou alors, la plupart des gens peuvent finir misérablement pauvres si les propriétaires de ces machines organisent avec succès leur lobbying contre la redistribution des richesses. » explique-t-il. Mais sa vision de l’avenir est plutôt pessimiste à la vue de l’économie triomphante : « Jusqu’à présent, la tendance semble être à la deuxième option, avec une technologie qui entraine de plus en plus d’inégalités. » Ainsi, les robots trouveront leur place dans l’humanité si ceux qui les créent sont contraints par la collectivité à redistribuer une partie des richesses produites par ces machines.


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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   Sam 7 Nov - 17:43

dans la discussion du billet signalé plus haut : Le monde inégalitaire de demain 06 novembre 2015 |  Par christophe lemardelé

Duduche a écrit:
Il me semble qu'on pourrait s' inspirer du modèle saoudien vis à vis de leurs employés étrangers,  mais cette fois-ci, l'appliquer aux robots et machines qui remplacent les travailleurs humains


Haro sur les travailleurs étrangers en Arabie saoudite Qui remplira le vide laissé par les départs ? Claire Beaugrand 10 décembre 2014

Citation :
« Depuis plus d’un an, les travailleurs étrangers qui se trouvent en situation irrégulière en Arabie saoudite sont la cible d’une campagne pour les forcer à rentrer dans leur pays. Avec une extrême brutalité, les autorités ont expulsé des centaines de milliers d’entre eux. Pourtant, le départ d’un immigré ne crée pas automatiquement un emploi pour un Saoudien et des secteurs comme le bâtiment pâtissent déjà d’une pénurie de main d’œuvre. [...] »



Migrants éthiopiens d'Arabie saoudite sur le point d'embarquer
dans un minibus pour retourner dans leur pays. Unicef Éthiopie, 17 décembre 2013


Duduche a écrit:
Je pensais plutôt à leur système de ponction des richesses sur les travailleurs étrangers déclarés: chaque travailleur ėtranger  se fait taxer 50% de son salaire par un citoyen saoudien qui le "parraine". Cela évite ainsi aux citoyens saoudiens de devoir travailler, ou ça leur fait un double revenu.


ah bon ? Et qu'est-ce que le salaire d'un robot sur lequel prélever une taxe ?

j'ai montré* quelle est la différence entre un salarié, payé un temps de travail à un prix (son salaire) inférieur à ce qu'il rapporte à son employeur : la différence est la "plus-value", c'est le principe de l'exploitation capitaliste

un robot crée-t-il de la plus-value ? Pour cela il ne suffit pas de prendre en compte ce qu'il produit immédiatement dans le procès de travail, mais tout ce qu'il a coûté pour être conçu, fabriqué, acheté par cet employeur, ce qu'il coûte d'entretien et sa durée de vie, comme "capital constant", au même titre que n'importe quelle machine

c'est un peu compliqué, parce qu'il faut le faire dans la durée, car dans un premier temps, le robot est évidemment plus rentable que le salarié qu'il remplace, sinon l'employeur ne l'achèterait pas. Mais c'est à terme qu'il faut voir ça

le capitalisme fonctionne comme ça, il investit à court terme sur la base du crédit, gageant ses profits qu'il remboursera plus tard... à condition de réaliser la valeur, le profit nécessaire. Or ce n'est pas le cas pour tous dans les crises : les bulles financières éclatent, particulièrement dans la "nouvelle économie", les plus faibles sont éliminés, et quand il veulent réaliser leurs avoirs en argent de référence (or par exemple), dans les banques il n'y en a plus assez pour tout le monde, puisque l'argent en circulation excède la valeur totale disponible

voilà pourquoi ce que vous proposez Duduche, n'est qu'une simple vue de l'esprit

Phlebas a écrit:
bien que d'accord avec le fait que la productivité va continuer à augmenter, il me semble qu'il ne faut pas confondre l'augmentation de cette productivité, souhaitable, avec l'organisation sociale.[...]

Ceci dit, pour moi, ce n'est pas une fatalité technologique, c'est un problème d'organisation sociale, de politique économique


à mon avis non, c'est un problème d'essence du capitalisme, et les robots ne sont qu'un tigre mortel dans le moteur de son économie politique

j'ai donné plus haut, schématiquement, le problème que le capital rencontrera inéluctablement avec la robotisation, car il sera un jour où l'autre confronté à la possibilité même de se reproduire, en partie pour certains (concurrence éliminant les plus faibles dans la course au taux de profit vu sa tendance à la baisse). La prochaine grosse crise devrait nous en donner un aperçu

par ailleurs, quand vous parlez de « productivité », il ne suffit pas de la considérer à l'instant T ou sur un courte période, mais dans le processus de la crise quasi-permanente dans laquelle il se démène aujourd'hui, et surtout dans ses soubresauts, dont le dernier des années 2007-2010, et le prochain, on verra...

sur la distinction entre « productivité » au niveau du procès de production et « productivité réelle », je suppose ne pas avoir à vous donner de leçon sur les différences, en micro entre « plus-value absolue » et « plus-value relative », qui entraîne en macro celle entre « subsomption formelle » et « subsomption réelle », la caractéristique actuelle étant que la mondialisation capitaliste, globalement en subsomption réelle, n'empêche des secteurs entiers, notamment en Chine, en Asie et dans les émergents, en subsomption formelle (comme aux débuts du mode de production capitaliste, au 19ème siècle)

quant à rêver d'« organisation sociale et de politique économique » permettant de sortir de « toute cette merde », comme disait Marx, je vous laisse à vos rêves : qui vivra verra


?
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MessageSujet: Re: ROBOTS contre PROLÉTARIAT ? mais... quelle plus-value ? UBÉRISATION et EXPLOITATION   

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