PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 "L'INDIVIDUALISME RÉVOLUTIONNAIRE", et autres serpents à sornettes

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MessageSujet: "L'INDIVIDUALISME RÉVOLUTIONNAIRE", et autres serpents à sornettes   Jeu 7 Mai - 19:56

l'individualisme révolutionnaire

L’individualisme pseudo-révolutionnaire Jean Zin 2008
retrouver Jean Zin dans l'écologie révolutionnaire, ça n'existe pas ?

De l'individualisme révolutionnaire suivi de Le Gué et de Correspondance avec Philippe Sollers Alain Jouffroy 1997

Citation :
Depuis 1965, Alain Jouffroy utilise la notion d'individualisme révolutionnaire pour combattre les différentes théories qui ont censuré l'existence et le rôle des individus dans l'histoire des idées et des œuvres révolutionnaires. Il donne ici de nombreux exemples de poètes, d'écrivains et d'artistes qui ont changé non seulement la conception traditionnelle de l'individu (égoïste, narcissique, etc.) et de la collectivité, mais le langage même de l'écoute et de l'entente des individus libres. Pour lui, l'individu est la chance de la collectivité, comme la collectivité est la chance de l'individu.

En pratiquant des brèches dans les doctrines systématiques : «psychanalytique», «marxiste», «économique», Alain Jouffroy n'a cessé d'ouvrir un gué entre l'individualisme révolutionnaire et tous les autres. Le gué n'est pas une fin, mais ouverture, commencement perpétuel, comme le montrent les vingt-huit lettres qu'Alain Jouffroy et Philippe Sollers ont échangées de 1976 à 1977. Les commencements cachés : tout est là.


Dernière édition par Patlotch le Mer 27 Mai - 13:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: "L'INDIVIDUALISME RÉVOLUTIONNAIRE", et autres serpents à sornettes   Dim 10 Mai - 16:51

merci de ces références, que je connaissais, effectivement des classiques que j'avais évoqués dans mes ressources classées relative à la communisation

sur l'individualisme révolutionnaire, y compris dans ses formes anti-autoritaires radicales (références à donner), j'ai de gros doutes sur la capacité de cette approche à dépasser l'individualisme du capital. En fait, il n'y a pas vraiment de réflexion approfondie sur le dépassement de l'individu créé par la modernité et le capitalisme. Il n'y a pas de production, en terme théorique, d'une pensée de l'individualité dans la Gemeinwesen, la Communauté humaine, que je préfère nommée Communauté du vivant

on pourra creuser, mais pour moi, cela relève d'une maladie infantile post-stirnérienne, et pas toujours bien digérée... En tous cas, du point de vue des luttes, ça ne mène pas très loin, ça flirte avec des postures individualistes au sens banal du terme, pas dépassée plus loin qu'un communautarisme anarchisant, alors que la question est quand même de créer du commun, du combat collectif... de masse, et une conception individuelle de l'individualité par et pour les autres. Avec "l'individualisme révolutionnaire" et les dogmes post-stirnériens d'aujourd'hui, on en est loin
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MessageSujet: « trois niveaux d'approche de la liberté »   Mer 20 Mai - 13:29

sans prétention à la théorie, mais témoignant d'un souci dépasser l'individualisme , quelques lignes d'Italo Calvino, qui fut membre du Parti Communiste et de la résistance italienne durant la guerre. Extrait de la postface, en 1960, à un recueil de trois histoires écrites dans les années cinquante
Italo Calvino a écrit:
J'ai voulu en faire une trilogie d'expériences sur la manière de se réaliser en tant qu'êtres humains :

dans Le chevalier inexistant la conquête de l'être,
dans Le vicomte pourfendu l'aspiration à une intégralité au-delà des mutilations imposées par la société,
dans Le baron perché un chemin vers une intégralité non individualiste à laquelle parvenir à travers la fidélité à une autodétermination individuelle :

trois niveaux d'approche de la liberté.
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MessageSujet: Re: "L'INDIVIDUALISME RÉVOLUTIONNAIRE", et autres serpents à sornettes   Mer 27 Mai - 13:23

le sujet est un peu étroit. Voir donc en relation les autres dans la catégories INDIVIDUS face au Capital, à l'État, dans l'idéologie = ALIÉNATION -> l'individualité vers la communisation

la critique vaut aussi pour la prétention à être comme le SERPENT - LIBERTAIRE, anarchiste individualiste, quand on voit le ramassis de textes qui ne sont ni l'un ni l'autre

Vaneigem, ce vieux serpent rangé des voitures qui brûlent, n'a pas dit que des conneries, écrivait : « il suffit de faire avaler des couleuvres pour qu'ils chient des vipères »

toute l'égotisme réel, et son masque de carnaval, l'anarchisme individualiste va s'effondrer dans la crise, d'autant plus qu'il est porté par une idéologie qui n'a aucun sens de classe, et des individus ou groupe sans relations avec les prolétaires. Cela ne vise évidemment pas tous les anarchistes ou communistes libertaires, qui en sont aussi dépités que moi, et qui se battent pour un minimum de clarification dans le landerneau
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MessageSujet: Re: "L'INDIVIDUALISME RÉVOLUTIONNAIRE", et autres serpents à sornettes   Jeu 2 Juil - 23:55

« Car je n'omettrai jamais de combattre de toutes les manières une pensée qui se contente de soi pour juger de cette chose réellement infinie, donc incernable, qu'est l'individualité d'autrui.» Alain Jouffroy, L'individualisme révolutionnaire et la poésie, 1974, Tel Gallimard 1997, p.68

« Le plus grand ennemi des individus libres est l'individualisme lui-même, forme suprême d'idéologie dominante de cette fin de siècle : je reprends volontairement ces "mots abstraits", qu'on a voulu vider de tout leur sens, parce qu'ils ne feront que s'en recharger dans les temps qui s'annoncent.» Jouffroy, L'individualisme révolutionnaire et l'histoire, sept. 1993, id. p.355
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MessageSujet: Re: "L'INDIVIDUALISME RÉVOLUTIONNAIRE", et autres serpents à sornettes   Lun 21 Déc - 20:07


puisque j'avais ouvert un sujet sur un de ses livres, je place dans ce contexte critique la nouvelle de la mort d'Alain Jouffroy. Si la lecture de quelques textes bien après leur écriture aura participé de ma formation aux problématiques de l'art moderne et au débats qu'il a suscité, Alain Jouffroy ne m'aura guère passionné comme poète ou théoricien anarchiste d'une individualité trop individualiste à mon goût, mais jamais laissé indifférent : sa sincérité était rare, et tranchait avec d'autres dans ce panier de crabes littéraires, dont tant ont si mal vieilli. Triste nouvelle pour ceux qui auront su le lire

les articles ci-dessous en dessous, de plumitifs copiant-collant l'Agence France-Presse, sont tout sauf des hommages. Je les donne pour information


Le poète surréaliste Alain Jouffroy est mort par Thierry Clermont  21/12/2015

Également romancier, essayiste, critique d'art, directeur de revue et éditeur, Alain Jouffroy est l'auteur de plus d'une centaine d'ouvrages


Citation :
DISPARITION - L'écrivain, prix Goncourt de la poésie en 2007 et proche d'André Breton et de Louis Aragon, est décédé dimanche à l'âge de 87 ans. Il laisse derrière lui plus d'une centaine d'ouvrages.

Le poète surréaliste Alain Jouffroy, proche entre autres d'Aragon et prix Goncourt de la poésie en 2007, est mort dimanche 20 décembre à l'âge de 87 ans, a-t-on appris auprès de ses proches. L'écrivain s'est éteint à l'hôpital Saint-Louis à Paris où il était hospitalisé depuis deux semaines.

Également romancier, essayiste, critique d'art, directeur de revue et éditeur, Alain Jouffroy est l'auteur de plus d'une centaine d'ouvrages. Il avait été de toutes les avant-gardes, qu'elles soient littéraires ou artistiques.

Né à Paris en 1928, admirateur d'Henri Michaux, il a été un grand témoin et un acteur important de la vie intellectuelle de la deuxième moitié du XXe siècle. Lié au mouvement surréaliste (malgré une brouille avec André Breton qu'il défendra cependant toute sa vie), il se lia d'amitié avec des artistes comme Victor Brauner et le Chilien Roberto Matta. Il fut l'un des principaux introducteurs en France, au début des années 1960, du Pop Art, des écrivains de la Beat Generation, dont il publia une anthologie dès 1965, sans oublier les «Nouveaux réalistes» dont il prit fait et cause [l'ami poète et affichiste François Dufrêne en était].

En 1966, il participe à la création de la collection de poche «Poésie» chez Gallimard, qui rendra les grands poètes accessibles au plus grand nombre. D'ailleurs, en 2005, une anthologie de ses poèmes est parue sous le titre C'est aujourd'hui toujours (1947-1998).

Défenseur de la liberté d'expression

Artiste à la fois engagé et réfractaire à toute forme d'embrigadement, il fut à l'origine, durant la guerre d'Algérie des manifestations «Anti-procès» à Paris, à Venise et à Milan pour la défense de la liberté d'expression. Au cours des années 1970, il publie de nombreux romans, essais, poèmes et textes critiques sur l'art. Outre Opus International et Connaissance des Arts, il collabore à L'Œil, Quadrum, L'Express, et aux Lettres Françaises, l'hebdomadaire dirigé par Aragon (de 1968 à sa disparition en 1972).

Parmi les titres qu'il a publiés, on pourra citer Arthur Rimbaud et la liberté libre, La vie réinventée: l'explosion des années 20 à Paris, Calder, l'impossible réalisé et son dernier recueil de poésie paru: Être-avec, en 2007.

L'année précédente, il avait publié un long poème inspiré de Dante (Trans-Paradis-Express), où l'on pouvait lire: «Que leur amour demeure/Dans le lieu déserté de leurs accords de corps,/Et qu'on ne supprime pas d'un trait le désir d'union». L'éternel «révolté contre les absences de révolte» est parti rejoindre ses amis, ceux qui étaient persuadés que le rêve est une autre forme de réalité.


Décès du poète surréaliste Alain Jouffroy, proche d'Aragon Culturebox (avec AFP) @Culturebox  21/12/2015 à 16H38


Le poète Alain Jouffroy en 2001 à Reims © ALAIN JULIEN / AFP

Lié au mouvement surréaliste, il a introduit en France le Pop Art et la Beat Generation

Le poète, éternel "révolté contre les absences de révolte", s'est éteint à l'hôpital Saint-Louis à Paris où il était hospitalisé depuis deux semaines, a indiqué à l'AFP son épouse Fusako Hasae.


Citation :
Né à Paris en 1928, admirateur de Michaux, proche d'Aragon, Alain Jouffroy a été un grand témoin et un acteur de la vie intellectuelle de la deuxième moitié du XXe siècle. Lié au mouvement surréaliste (malgré une brouille avec André Breton qu'il défendra cependant toute sa vie), il se lia d'amitié avec des artistes comme Victor Brauner et Matta.

Toujours à l'avant-garde, il fut l'un des principaux introducteurs en France, au début des années 1960, du Pop Art et des artistes de la Beat Generation. Artiste à la fois engagé et réfractaire à toute forme d'embrigadement, il fut à l'origine, durant la guerre d'Algérie des manifestations "Anti-procès" à Paris, Venise et Milan pour la défense de la liberté d'expression.

Roman, poèmes, critiques et de nombreux ouvrages monographiques

Militant pour "une révolution du regard" chez l'artiste et le spectateur, il publie un an avant Mai 68 un essai sur "L'Abolition de l'art". Toujours en 1967, Alain Jouffroy participe à la fondation de la revue "Opus International", créée pour répondre à un regard moins monolithique sur l'art.

La revue n'aura de cesse de défendre de jeunes artistes comme Daniel Buren ou Olivier Mosset et de traiter de disciplines non conventionnelles comme le cinéma de Jean-Luc Godard. En mai 1968, Alain Jouffroy est aussi cofondateur de l'Union des écrivains.

Au cours de sa carrière, Alain Jouffroy a publié plus de 120 ouvrages, dont de nombreux ouvrages monographiques et des essais sur des artistes comme Miro, Max Ernst mais aussi David ou Franco Gentilini.

Au cours des années 70, il publie de nombreux romans, essais, poèmes et textes critiques sur l'art. Il a également préfacé des catalogues d'exposition sur Erro, Fromanger, Hains, Hélion, Matta, Monory, etc. La plupart de son œuvre est publiée chez Gallimard.

En 1974, Alain Jouffroy devient rédacteur en chef de la revue d'avant-garde "XXe siècle". A partir de la fin des années 1970, il se passionnait pour l'art et la littérature d'Extrême-Orient, notamment japonaise. De 1983 à 1985, il est conseiller culturel de l'ambassade de France à Tokyo, où il organise deux sommets culturels franco-japonais.


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MessageSujet: Re: "L'INDIVIDUALISME RÉVOLUTIONNAIRE", et autres serpents à sornettes   Jeu 24 Déc - 7:10


en passant par l'absence de portes

« le commerce consiste à transformer les expressions les plus libres de la pensée en produits,
et c’est plus que jamais, contre cette instrumentalisation économique de la pensée,
qu’il faut trouver des moyens, ironiques, inattendus, de sabotage »


Alain Jouffroy
« Une petite cuillère dans un bol » Paroles d’aube, 1998


Alain Jouffroy a vécu toute sa vie comme un poème Muriel Steinmetz L'Humanité 23 Décembre 2015


Paris, mai 68. A. Jouffroy (2e à droite) participe à une manifestation
avec Godard et Guillevic

Il s’est éteint à Paris à l’âge de 87 ans. Grand voyageur, témoin actif de la vie intellectuelle et artistique de son temps, ami de Breton et d’Aragon, il a parcouru tous les sentiers de la création, la sienne et celle des autres

Citation :
Le poète Alain Jouffroy, atteint d’une tumeur au poumon, s’est éteint dimanche à Paris à l’âge de 87 ans. Personnage multiple, passionné, passionnant, libertin révolutionnaire et dandy, il a traversé le siècle et laisse une œuvre considérable, à l’écriture tendue et nerveuse, au charme puissant, consacrée à la poésie, qu’elle soit dans les mots ou dans la vie.

Né à Paris en 1928, il connaît très jeune le surréalisme, abreuvé à cet élixir de vie, après avoir rencontré par hasard André Breton à Huelgoat (Bretagne) en 1946. Il a 18 ans.



De droite à gauche : Francis Bouvet, Sarane Alexandrian, Jean-Dominique Rey,
Alain Jouffroy, Victor Brauner, Jacqueline Brauner, Mme Teddy Brauner,
dans l'atelier de Victor Brauner, juin 1955. (Photo Teddy Brauner)

En 1966, il fut l’un des derniers à rendre visite, dans le Lot, à l’auteur de Nadja. C’est après la mort de Breton qu’Alain Jouffroy décide d’aller voir Aragon dont il devient l’ami. Touché par les textes d’Aragon sur Breton, il souhaitait les réunir par-delà la mort et perpétuer l’exigence initiale du surréalisme. Ce fut en vain. Il collabore dès lors assidûment aux Lettres françaises, Aragon lui laissant toute latitude pour publier de grands textes dont celui voué à la révélation des jeunes poètes du Manifeste électrique aux paupières de jupes. Il écrit dans les Lettres françaises jusqu’en 1972 et, lorsque Jean Ristat reprend la direction du journal, il continue à y donner des textes importants.

Dora Maar lui ouvre les portes de la critique d’art

À ses débuts, Alain Jouffroy a connu une phase résolument surréaliste. Il a été exclu du mouvement pour « raison morale » [sic] en même temps que Matta, Brauner et Stanislas Rodanski… C’est plus tard, pourtant, qu’il se réconcilie avec Breton. Il fréquente Henri Michaux, Francis Picabia, Francis Ponge et Tristan Tzara, découvrant alors combien est précieuse la liberté personnelle de penser et d’écrire.

Sa position, il la théorisera ultérieurement en détail dans un essai intitulé l’Individualisme révolutionnaire. C’est ainsi que dans son Anthologie de la poésie française à la première personne du singulier, il s’affirme en partisan résolu de la différence dans l’écriture sans gommer les contradictions. Dora Maar, l’ancienne compagne de Picasso (La femme qui pleure) lui ouvre les portes de la critique d’art. La reconnaissance dans ce domaine vient dès ses premiers textes, parus notamment dans la revue l’Œil.



Au tournant des années 1960, il marque de son empreinte l’avant-garde littéraire et artistique. Il est l’ami des peintres Marcel Duchamp, Joan Miro, Vladimir Velickovic, Max Ernst, Daniel Pommereulle, Jean-Jacques Lebel… Il a un lien très fort avec Roberto Matta et avec Wifredo Lam, le peintre cubain. Engagé mais hostile à toute forme d’embrigadement, il est à l’origine, durant la guerre d’Algérie, des manifestations « anti-procès » à Paris, Venise et Milan pour la défense de la liberté d’expression.


Prix Goncourt de la poésie en 2007

On ne peut séparer en lui le critique d’art du poète. N’est-il pas le premier à introduire en France les artistes du pop art et les poètes de la Beat generation ? Son livre Une révolution du regard est un apport considérable à l’art de ce temps-là. Passeur infatigable, il crée la collection de poche « Poésie », fondée avec Antoine Gallimard pour la NRF.

Alain Jouffroy a beaucoup voyagé : Mexique, États-Unis, Cuba (il y rencontre Fidel Castro aux côtés de Michel Leiris et de Régis Debray), l’Afrique et l’Asie, surtout le Japon. Il est d’ailleurs nommé conseiller culturel à l’ambassade de France du Japon à Tokyo (entre 1983 et 1985). Un an avant Mai 68, il publie l’Abolition de l’art, se rapproche de Philippe Sollers et du groupe Tel Quel, dialogue avec Godard. Il participe à la création de la revue Opus international et fonde l’Union des écrivains avec Jean-Pierre Faye, au moment même où il se rapproche d’Aragon. C’est dans ces années 1970-1975 qu’il va sans doute donner la part la plus significative de son œuvre avec, entre autres, le Roman vécu (1978), qui est une sorte d’autobiographie écrite entre 45 et 50 ans. Un texte magistral dans lequel il mêle la poésie, l’art et la politique sans hiérarchie apparente, en présentant les gens sous leur vrai nom.


1986

En 1974, il devient rédacteur en chef de la revue d’avant-garde XXe siècle. Plus tard, il fera paraître des livres considérables : C’est aujourd’hui toujours (1947-1998), C’est, partout, ici (1955-2001), Trans-Paradis-Express (2006) (les trois chez Gallimard), qui a pour ambition de : « Réécrire au bien, hic et nunc, ce que Dante dans son “Enfer” décline au mal. » Il est aussi l’auteur d’un essai sur Rimbaud. En 2007, le prix Goncourt de la poésie le récompense pour l’ensemble de son œuvre. Au mois de janvier 2016, le Centre Pompidou ouvrira un espace d’exposition dédié aux écrivains critiques d’art. Alain Jouffroy, qui est aussi l’inventeur du « posage », (disposition de menus objets à la frontière du collage et du montage), y sera en bonne place. On sait, selon son biographe Samuel Dudouit qui le voyait encore récemment, qu’il était toujours en ébullition de pensée (1). Il corrigeait alors un livre d’entretiens avec les critiques d’art Pierre Restany et Jean-Clarence Lambert.

Il se réclamait d’une « poésie vécue comme être-au-monde ». Il l’a prouvé sans jamais fléchir.

(1) Vient de paraître une biographie d’Alain Jouffroy par Samuel Dudouit, Alain Jouffroy passe sans porte (Éditions du Littéraire), la première remontant à 1986.





Passer par l'absence de portes

heureusement par miracle par souci de tranquillité par

appétit du malheur par esprit de camaraderie par lâcheté

par folie du sacrifice par résignation par un coup de tête

heureusement par mille coups de tête heureusement par

trois millions de coups de tête hélas cent mille fois hélas

par bêtise par passion heureusement cent mille fois par

amour par sensualité hélas mille fois hélas quatre cent

mille fois par hasard

je suis passé

je ne suis pas passé

je refuse de passer

je m'oblige à passer

je crois que je vais passer

je redoute de ne pas passer

hélas

par les portes de derrière les portes

par l'absence de
Septième porte

par le
Trou où nul n'est apparu

hélas hélas hélas

mille fois hélas mon gardien de musée

cher gardien des 365 portes de
Toussaint
Louverture

très cher gardien des 120 journées de
Saumane

hélas hélas

je ne suis pas passé

mais par les portes de la cascade par les portes emportées

dans la débandade par les portes enfoncées les unes après

les autres par les caves du vieux navire fracassé par mon

corps par ma tête par ma catatacte par l'absence même de

portes

je suis passé

je passe

je ne cesserai jamais de passer



poèmes d'Alain Joufroy


il va me falloir redécouvrir Alain Jouffroy...

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