PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 "Que faire en période non-révolutionnaire ?" troploin 'Le Tout sur le tout' 2010

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MessageSujet: "Que faire en période non-révolutionnaire ?" troploin 'Le Tout sur le tout' 2010   Mer 6 Mai - 17:25



extrait de Le Tout sur le tout, troploin, Dauvé&Nesic 2010

je donne le plan du texte présenté comme réponse à un questionnaire, et dessous la partie [5] Que faire en période non-révolutionnaire ?, qui intéresse la question de l'intervention, y compris théorique
troploin 2010 a écrit:

[1]  Croire encore à la révolution ?
    Est-il encore possible, dans notre époque, de croire raisonnablement à la possibilité (je ne dis pas la nécessité) d’une révolution sociale, et d’agir en conséquence ? Quelles sont les conditions de possibilité d’une telle révolution ?
[2] Communisation ?
    En quoi consiste la transformation communiste de ce qui existe ou, en d’autres termes, le contenu du communisme ? Comment conçois-tu le processus révolutionnaire qui devrait y conduire ?
[3] Quelle différence avec l’anarchisme ?
    En quoi ta conception de la révolution, de la destruction du capital et de l’Etat (la communisation) diffère-t-elle de la conception anarchiste ?
[4] Peut-on encore parler de classe et de lutte de classes ?
    Dans une perspective révolutionnaire, les notions de prolétariat, de lutte de classe et de contradiction capital/travail sont-elles encore significatives ? De quelle façon ?
[5]  Que faire en période non-révolutionnaire ?
    Quelles sont les tâches des communistes dans une période de contre-révolution comme actuellement ?
[6]  Que faire en période révolutionnaire ?
    Quelles sont, au contraire, les tâches des communistes dans une période révolutionnaire ?
[7]  Mais à quoi sert la théorie révolutionnaire ?
    Quelle est la fonction de l’activité théorique dans le cadre du « mouvement réel » ?
[8]  Marx & Reich  
    Quelle est l’importance du facteur caractériel et de la critique des relations sociales « intériorisées », par rapport à la possibilité de succès d’une révolution communiste  (je pense à Wilhelm Reich ou à Giorgio Cesarano, par exemple) ?
[9]  Marx en son temps…  et au nôtre  
    Qu’y a-t-il encore de valable dans la théorie de Marx ? qu’est-ce qui y est obsolète et devrait être rejeté ?
[10]  Développer les forces productives ?
    Si, pour Marx et le marxisme révolutionnaire « classique », le développement des forces productives était une condition objective nécessaire du communisme, après deux siècles au cours desquels ces forces ont montré leur caractère largement nuisible et destructeur, et montré en tout cas qu’elles ne sont pas « neutres » dans la lutte de classes, que reste-t-il aujourd’hui de cette théorie ? Dans quelle mesure doit-elle être corrigée ou rejetée ?
troploin 2010 a écrit:
[5]  Que faire en période non-révolutionnaire ?
Quelles sont les tâches des communistes dans une période de contre-révolution comme actuellement ?

Une réponse rapide serait : rester disponible, ne pas renoncer à comprendre le monde, étant entendu qu’on le comprend en agissant dans et sur lui. Encore faut-il voir quelle action… car il y a des façons d’agir qui stérilisent.

L’activisme a toujours raté son but, ou s’il l’a atteint c’est en créant une organisation comme Lutte Ouvrière. Nous n’y insisterons pas.

Or, il y a un autre activisme, qui ne se lève pas à 4 heures du matin pour distribuer des tracts à la porte des usines, mais croit aux vertus de la communication.

Kautsky et Lénine se voulaient les professeurs de la classe ouvrière. Des pédagogues plus modernes, conscients de la nécessité d’un auto-apprentissage collectif, imaginent que ce qui fait défaut aux prolétaires, c’est l’information. Bien sûr la méthode d’enseignement est différente, car ici l’apprenant, mis en autonomie, est invité à s’instruire lui-même. Pourtant on continue à assimiler le mouvement révolutionnaire à une école. Nous ferons grâce au lecteur de la 3e thèse de Marx sur Feuerbach et l’éducateur ayant besoin lui-même d’être éduqué… Disons seulement que le transmission des luttes (présentes et passées) ne peut venir que des luttes elles-mêmes. C’est en s’engageant aujourd’hui dans un conflit avec la direction que des salariés de Peugeot en sont venus à se renseigner sur les grèves antérieures de l’entreprise, faisant resurgir une mémoire de trente ans quand ils en ont eu besoin. Ce qui vaut dans le temps est vrai aussi dans l’espace. Les ouvriers de Peugeot s’intéressent à ceux de Fiat quand à Peugeot comme chez Fiat le niveau de l’affrontement pose quelque chose de commun aux deux entreprises, et exige plus qu’une transmission d’informations : une action commune, qui se donnera ses propres canaux de communication. On ne « communique » jamais que sur ce que l’on a  de commun. Sinon, c’est une simple information, qui ne pèse pas plus que des millions d’autres au même moment.

Vouloir se faire le chroniqueur des luttes, c’est raisonner comme si toutes les conditions étaient réunies pour qu’à Rio comme à Shanghai les prolétaires s’insurgent, toutes sauf une : ceux de Rio ignoreraient que ceux de Shanghai y sont autant disposés qu’eux (et vice-versa). Donc le problème révolutionnaire consisterait à mettre en relation les prolétaires de ces deux villes et de partout.

Nous ne nous prononcerons pas sur la Chine et le Brésil, mais pour ce qu’il en est du monde  occidental, c’est certainement plus en se déconnectant de l’infinie et omniprésente (voire obligatoire) communication ambiante que les prolétaires iront chercher les contacts qui nourriront leur critique radicale. Ce n’est pas la pénurie de paroles et d’informations qui empêche de penser, mais la parole sur commande et le trop-plein informationnel. Bientôt, annonçait Arthur Cravan à la veille de 1914, il n’y aura plus dans la rue que des artistes. Un siècle plus tard, tout le monde est journaliste, reporter photographe, autobiographe, polémiste, critique de livres, de films, de tout. Parler est nécessaire : se taire aussi, parfois, et le silence peut être une force, disait le cinéaste Elia Suleiman (metteur en scène d’Intervention divine).

Nous n’avons pas, jour après jour, à rendre publique l’idée ou le fait dont la révélation, ajoutée comme une molécule à des milliers d’autres, finirait par renverser chimiquement la situation, et changerait les révoltes partielles en insurrection généralisée. D’ailleurs, dans ce monde qui fait de la vitesse et de la mobilité son mode de vie, l’information « indispensable » à cet instant cède automatiquement la place l’instant suivant à une nouvelle information tout aussi urgente. A fonctionner ainsi, nous nous condamnerions à la fuite en avant qui fait le pain quotidien des médias, mais contredit complètement la logique critique qui est la nôtre.

Sur un lieu de travail, atelier, bureau ou école (et les possibilités de critique radicale ne sont pas les mêmes dans ces trois lieux), le « révolutionnaire », en période de paix sociale, n’est guère en position très différente des autres salariés. Il n’essaye pas d’ « élever » le niveau. Il n’apporte pas à ceux qui luttent le sens de leur lutte. Il participe aux luttes quand il y en a.

Comme chacun a pu le constater, il est fréquent que ceux qui propagent des idées révolutionnaires (en écrivant de la théorie, en participant à une revue ou un journal, ou en publiant des livres sur le passé et le présent) disent faire autre chose que ce qu’ils font. L’essentiel de leur activité consiste à diffuser des textes mais, comme si cela ne suffisait pas, et comme pour éviter d’être taxés de théoriciens (en chambre, il va sans dire), ils se présentent en praticiens. On dirait que cela les gêne de se reconnaître pour ce qu’ils sont. Ce n’est pourtant pas un défaut de manipuler plutôt des mots que des pavés ou des fusils, à condition d’en être conscient, et de savoir quand et où l’édition, les sites, les rencontres et les débats, au-delà d’une simple circulation d’idées, commencent à modifier si peu que ce soit la réalité sociale. Il y a une différence quantitative certaine entre un texte diffusé à 100 exemplaires et un autre diffusé à 10.000 : mais la seule différence qui nous importe est qualitative, lorsqu’un texte influe sur le cours des événements. Alors, l’ampleur de sa diffusion joue son rôle.
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MessageSujet: période révolutionnaire et non révolutionnaire Ah Ah AH   Mer 6 Mai - 21:25

Voilà le grand classique de l'orthodoxie théorique depuis des lustres : les armes de la critiques remplacent la critique des armes. On lit Marx à l'envers, comme d'autres le Coran. Que Faire ? Attendre ! Mais qu'est-ce qui n'est pas lutte, entre la crise et la révolution ?

Alors oui, il faut peut-être se demander si opposer "période non-révolutionnaire" et "période révolutionnaire", ce n'est pas tout simplement révolu, puisqu'on nous dit que ce cycle de lutte est celui où se joue l'issue véritablement radicale de renversement du capitalisme

ça veut dire quoi, attendre, considérer que des luttes valent le coup d'y aller, et pas d'autres. ça veut dire qu'on est extérieur au besoin même de révolution, parce qu'on n'est pas dans le besoin, chaque jour, de se battre pour vivre, survivre. Il n'y a pas de petite lutte, de petit combat, collectif ou individuel. La vie est un combat. Être communiste ou anarchiste, c'est un combat. Pas des bouquins.
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MessageSujet: Re: "Que faire en période non-révolutionnaire ?" troploin 'Le Tout sur le tout' 2010   Jeu 7 Mai - 11:52

peut-être peut-on repartir du texte Il faut planter les haricots quand les lilas sont en fleur du groupe PIC (Pour une Intervention Communiste), «groupe communiste se rattachant au communisme de conseils et ayant existé de 1973 à 1982 » ici l'Intervention : un pas en avant, deux pas en arrière ? l'importance du "dépassement à produire'. Extrait ci-dessous. Celui de troploin me semble s'inscrire dans la même dichotomie période révolutionnaire-période non-révolutionnaire. Ce sera toujours affaire d'appréciation, et l'on reviendrait aux «conditions objectives» ? Bouteille à moitié vide, à moitié pleine, et une poignée d'experts pour annoncer l'heure !?

le problème, c'est que la dernière "situation révolutionnaire", en France, en étant optimiste, c'est 1968. Depuis longtemps, ce sont les mêmes qui attendent la suivante, ils ont passé leur vie à ça, alors, à moins d'envisager une révolution du troisième ou quatrième âge... Quid des générations suivantes, des plus jeunes aujourd'hui ? Qui passera le témoin d'une culture révolutionnaire ? Doit-on compter sur une spontanéité de l'auto-subjectivation d'une nouvelle génération de "révolutionnaires" ?

l'idée d'une avant-garde éclairée qui interviendrait dans le moment révolutionnaire, sans se soucier des luttes "élémentaires" - j'y entends alimentaires -, mépriserait la solidarité avec les miséreux et la nécessaire auto-organisation de la survie dans la crise, comme organisation de la charité, cette idée me dérange et ce n'est pas affaire de morale, mais de réalisme et de connaissance de l'histoire : aucun mouvement révolutionnaire ne peut naître spontanément sans un lien organique tissé en profondeur avec les masses. C'est sans doute ce que la critique des partis et organisations a tendance à oublier, dans la mesure où elle n'a été faite que par des groupuscules constitués de privilégiés sur la plan social. Toute l'extrême-gauche et au-delà a subi une évolution dans sa composition sociale, telle que les prolétaires en sont quasi absents aujourd'hui. Le milieu de la communisation n'y a pas échappé, à quelques rares exceptions individuelles près

je partage la mise au point de Dauvé, je l'ai écrit il y a une douzaine d'année : les "révolutionnaires" sont ceux/celles qui font la révolution. Mais on peut admettre le raccourci "communisateurs" entre guillemets sans lui donner un sens immédiatiste.

PIC a écrit:
L’opposition entre la théorie et la pratique qui se révèle souvent dans une incitation à l’intervention, non seulement oublie qu’il vaut mieux comprendre ce que l’on fait mais aussi que la théorie doit elle-même être conçue en terme d’intervention. Ne pas être réduite à un commentaire de la réalité mais être immédiatement tranchante. Et si elle n’est pas ça ce n’est pas en la distribuant aux masses, à force répétée et sous forme de tracts qu’on la rendra agissante.

Intervenir c’est chercher à transformer un minimum ce qui nous entoure. Encore une banalité mais qui vaut le coup d’être creusée. Il y a des appareils dont le but premier et permanent est leur propre renforcement. Mais, sans faire trop de psychologie, il faut aussi remarquer que la société capitaliste désapprend aux hommes à agir et à prendre des initiatives, tout au moins en dehors du cadre restreint et contraignant du salariat. Le refus de la passivité peut s’accompagner d’attitudes cependant inconséquentes, peu douées ou carrément névrotiques. Il s’agira plus de se défouler ou de se prouver à soi-même que l’on agit que d’agir véritablement.

Évidemment ces attitudes d’individus ou de groupes ne peuvent être séparées des conditions générales qui offrent plus ou moins de facultés d’actions.

Notre position est que, dans la période actuelle, même s’il est nécessaire d’établir un minimum de permanence dans nos liens, il ne faut pas chercher à intervenir à tout coup. Surtout en réduisant l’intervention pratiquement à la seule diffusion des textes. On peut vouloir pour chaque événement faire connaître "le point de vue communiste". Mais à notre avis c’est une erreur symétrique à celle de ceux qui prétendent qu’il n’y a absolument rien à faire aujourd’hui. Il faut intervenir quand véritablement on a les moyens théoriques et matériels. Tenter d’être percutants. Ne pas s’user en faisant de notre activité une routine.

Ceux qui voudront agir à tout prix dans une situation défavorable s’useront sans succès. S’ils se renforcent et qu’il leur semble avoir un impact, cela pourrait être simplement parce qu’ils se renient en tant que révolutionnaires, tant dans leurs objectifs que dans leur mode de fonctionnement.

A quel propos agir ? Comment ? Dans quelle perspective ? Il n’y a pas à attendre le début de la communisation pour commencer à agir en tant que révolutionnaires et d’ailleurs peut-être que s’il fallait l’attendre, elle ne viendrait jamais puisque son avènement dépend quand même de la formation de fractions sociales. Par contre il faut toujours souligner que nos possibilités d’action et notre renforcement -qui s’entretiennent mutuellement- dépendent aussi des perspectives que nous mêmes et d’autres auront quant aux possibilités du capital de régler ou non ses problèmes.

Il y a un certain nombre d’enjeux où l’on peut établir un rapport avec le communisme. Donnons trois exemples :

1) Les mouvements de squatter : il est facile de comprendre qu’il est légitime de passer par dessus la propriété pour se loger.
2) L’opposition aux mesures et aux discriminations anti-immigrés et en général à tout ce qui vise à fermer les frontières, aux regains de patriotisme.
3) Les mouvements contre l’armée dans la mesure où ils ne prêchent pas une réforme de cette institution.

Cependant il ne faut pas oublier que ces mouvements ont très peu de force propre pour faire reculer le capitalisme. Ils sont actuellement coupés de la masse du prolétariat et seraient souvent prêts à chercher des aménagements pour peu qu’on veuille les leur accorder.

La question clé reste celle de définir une attitude à l’égard de la lutte élémentaire du prolétariat telle qu’elle se présente dans les entreprises. Et cette question est liée à l’idée que l’on se fait du rapport entre lutte de classe élémentaire et communisme.
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MessageSujet: Re: "Que faire en période non-révolutionnaire ?" troploin 'Le Tout sur le tout' 2010   Dim 10 Mai - 20:24

Sur la composition sociale des milieux d'extrême gauche, je ne parlerai que celui que je connais, celui anarchiste. Je peux affirmer qu'il y a beaucoup de proletaires mais aussi de sous-prolétaires, au sens contemporain d'inemployables, pour qui, coupés de la socialisation par le travail, le milieu permet de sortir de chez soi et de voir des gens. Les relations avec les individus de la classe moyenne sont toujours empruntes d'une certaine distance voir méfiance.

En effet, l'activisme idiot est plus le fait de ces individus que des prolétaires. Il semblerait qu'ils aient moins besoin de sens et de convictions pour agir que les  autres étant moins proche de certaines nécessités matérielles du prolétariat ou de la simple survie des "surnuméraires"

L'antithéoricisme est donc souvent du côté de certains membres de la classe moyenne qui a des choses à se prouver et une culpabilité refoulée vis-à-vis des membres des classes en dessous d'eux-mêmes. Un autre élément est une rivalité entre les membres cultivés et politisés, et ceux moins instruits de cette même classe.

De l'extérieur, on pourrait en rire ou même être compréhensif, mais cela devient beaucoup plus insupportable pour un prolétaire ou un sous-prolétaire, quand quelqu'un vient régler ses problèmes de conscience de classe en donnant des leçons d'activisme ou d'engagement à des prolétaires qui aimeraient bien avoir la même culture théorique que lui mais n'ont pas luxe de faire comme s'ils n'en avaient pas.

Je crois donc qu'il est faux de penser que le prolétariat et le sous-prolétariat n'ont pas besoin de théorie pour agir, tout être humain a besoin de sens pour ses actions, pour se projeter dans le futur et/ou celui de ses enfants.

Les critiques d'avant-gardisme théorique hérités des années 70 me semblent être décalées vis-à-vis de la situation actuelle. Il y a aujourd'hui une pénurie de culture révolutionnaire plutôt qu'une surabondance. Les années 80 ont rompu le passage de relais entre les générations et à présent les plus jeunes n'imaginent plus qu'on puisse sortir du Capital, du Travail et de l'État.

Par conséquent, je crois qu'un moyen modeste, mais pragmatique, d'intervenir dans la période où nous sommes est d'abord de rediffuser la culture révolutionnaire à des classes qui n'ont plus immédiatement accès comme auparavant du temps de l'identité ouvrière. Bien entendu, ce n'est pas pour reconstituer une identité ou une illusoire autonomie de classe mais de donner des raisons d'espérer et donc de  se battre à ceux qui en ont besoin, le prolétariat et le sous-prolétariat. Plus concrètement, je crois que vulgariser est une tâche aujourd'hui nécessaire à côté de celle de théoriser les luttes.

Bon, je dois reconnaître que la vulgarisation est un peu mon dada !…
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MessageSujet: Re: "Que faire en période non-révolutionnaire ?" troploin 'Le Tout sur le tout' 2010   Dim 10 Mai - 22:16

ton intervention étant une des plus 'éclairantes' sur notre surabondance ou notre absence de 'lumières', je n'en ferai aucun commentaire risquant de nuire à sa lucidité

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MessageSujet: Re: "Que faire en période non-révolutionnaire ?" troploin 'Le Tout sur le tout' 2010   Lun 11 Mai - 13:48

Cela me travaille peu. Je me demande s'il y a une pointe d'ironie, voire d'agacement, dans cette dernière réponse. Je peux me tromper, mais cela ne m'est pas très clair.
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MessageSujet: sur la nécessité de la théorie, contre son usage théoriciste   Lun 11 Mai - 14:26

U.235 a écrit:
Cela me travaille peu.  Je me demande s'il y a une pointe d'ironie, voire d'agacement, dans cette dernière réponse. Je peux me tromper, mais cela ne m'est pas très clair.

aucune ironie, c'est au premier degré, et si je n'ai pas fait de commentaires, c'est qu'ils peuvent parfois nuire à la lecture de ce qui est commenté

je trouve que tes remarques vont à l'encontre d'idées reçues sur la réception de la théorie. Par exemple quand tu dis

U.235 a écrit:
L'antithéoricisme est donc souvent du côté de certains membres de la classe moyenne qui a des choses à se prouver et une culpabilité refoulée vis-à-vis des membres des classes en dessous d'eux-mêmes.
U.235 a écrit:
Il y a aujourd'hui une pénurie de culture révolutionnaire plutôt qu'une surabondance. Les années 80 ont rompu le passage de relais entre les générations et à présent les plus jeunes n'imaginent plus qu'on puisse sortir du Capital, du Travail et de l'État.

toute la difficulté est de faire la part des choses entre nécessité de la théorie et critique de la théorie séparée (des luttes), et de ce point de vue, on ne peut nier un certain théoricisme chez les théoriciens de la communisation. Il n'est pas qu'un problème d'exposition ou de vulgarisation de ce qui serait la conceptualisation en bonne et due forme théorique, avec son nécessaire appareil conceptuel, parce que c'est la méthode même qui porte la séparation, chez TC par son structuralisme, une manière tyrès éloignée de celle dont Marx théorisait

j'ai souligné récemment que le théoricisme pourrait ne pas être intrinsèque aux théories, mais dans la lecture que l'on en a, et l'usage qu'on en fait, ou non. La citomanie - manie de citer des bribes comme autant de slogans - des marxismes vulgaires n'a pas épargné les "partisans de la communisation", mais bien souvent, dès qu'ils quittent les textes, ils en exposent une caricature, qui naturellement ne peut satisfaire leur auteur. C'est différent de considérer que le concept fera son chemin, dans les luttes, comme leur production nécessaire. C'est en quelque sorte un activisme théoriciste, l'autre face de l'activisme "pratique", et il était normal qu'ils se rencontrent, pour combler leurs manques réciproques

donc je prends ton message comme une bonne défense de la théorie

je m'efforce moi-même de montrer, sur des problèmes concrets auxquels nous sommes confrontés, la nécessité de la théorie, de concepts adéquats pour cerner ce qui se passe, le comprendre, et partant de là, faire avancer l'en-commun de la théorie de la communisation. On pourrait, avec ce forum, me faire le reproche d'un volontarisme, de faire un forcing avec ce qui ne peut ni être compris, ni être utile aux luttes aujourd'hui. Mais j'ai dit clairement me situer dans une perspective stratégique, politique au sens fort, communiste en un mot, et c'est pour moi la seule façon d'échapper à un usage théoriciste de la théorie, en attendant les luttes qui le feront d'elles-mêmes

j'ai avancé mes propres concepts, si l'on veut, avec "luttes auto-théorisantes" # luttes théoriciennes de TC, "identités de luttes", généraliser le concept dialectique de "dépassement produit" de TC à plusieurs lignes de front en relation avec la contradiction de classe

tout dernièrement, j'ai montré l'intérêt de concepts de la critique décoloniale, qui ne sont pas à confondre avec l'époque de la décolonisation, etc. Mais là aussi, on constate un usage parfois caricatural de ces concepts dans la mouvance du PIR, un usage assez proche du marxisme vulgaire des gauchistes. On n'y peut rien, il y a toujours un risque de portage idéologique de la théorie, aussi bonne serait-elle, le concept même de communisation n'y a pas échappé, comme l'a relevé Roland Simon

voilà, pour paraphraser Diderot, Hâtons-nous de rendre la communisation populaire !

je copie cet échange dans sur le 'théoricisme' : le vrai comme moment du faux... idéologique ?
où la discussion peut sans doute se poursuivre plutôt qu'à partir du texte de troploin, avec tout le respect Wink
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MessageSujet: Re: "Que faire en période non-révolutionnaire ?" troploin 'Le Tout sur le tout' 2010   Mer 29 Juil - 12:32


les maîtres du milieu et leurs cahiers, au feu !

quelques remarques après avoir relu ce extrait du texte de troploin. Ma question est ici, de qui parle Dauvé et à qui s'adresse-t-il ? Ma réponse en-dessous

extrait de Le Tout sur le tout, troploin, Dauvé&Nesic 2010

troploin 2010 a écrit:

Quelles sont les tâches des communistes dans une période de contre-révolution comme actuellement ?

Une réponse rapide serait : rester disponible, ne pas renoncer à comprendre le monde, étant entendu qu’on le comprend en agissant dans et sur lui. Encore faut-il voir quelle action… car il y a des façons d’agir qui stérilisent.

L’activisme a toujours raté son but, ou s’il l’a atteint c’est en créant une organisation comme Lutte Ouvrière. Nous n’y insisterons pas.

[...]

Sur un lieu de travail, atelier, bureau ou école (et les possibilités de critique radicale ne sont pas les mêmes dans ces trois lieux), le « révolutionnaire », en période de paix sociale, n’est guère en position très différente des autres salariés. Il n’essaye pas d’ « élever » le niveau. Il n’apporte pas à ceux qui luttent le sens de leur lutte. Il participe aux luttes quand il y en a.

Comme chacun a pu le constater, il est fréquent que ceux qui propagent des idées révolutionnaires (en écrivant de la théorie, en participant à une revue ou un journal, ou en publiant des livres sur le passé et le présent) disent faire autre chose que ce qu’ils font. L’essentiel de leur activité consiste à diffuser des textes mais, comme si cela ne suffisait pas, et comme pour éviter d’être taxés de théoriciens (en chambre, il va sans dire), ils se présentent en praticiens. On dirait que cela les gêne de se reconnaître pour ce qu’ils sont. Ce n’est pourtant pas un défaut de manipuler plutôt des mots que des pavés ou des fusils, à condition d’en être conscient, et de savoir quand et où l’édition, les sites, les rencontres et les débats, au-delà d’une simple circulation d’idées, commencent à modifier si peu que ce soit la réalité sociale. Il y a une différence quantitative certaine entre un texte diffusé à 100 exemplaires et un autre diffusé à 10.000 : mais la seule différence qui nous importe est qualitative, lorsqu’un texte influe sur le cours des événements. Alors, l’ampleur de sa diffusion joue son rôle.

si je comprends bien, les communistes doivent « rester disponibles », mais ne sont pas des « activistes », et quand ils participent aux luttes « Sur un lieu de travail, atelier, bureau ou école », même argument que Théorie Communiste, « Il n’essaye pas d’ « élever » le niveau. Il n’apporte pas à ceux qui luttent le sens de leur lutte. Il participe aux luttes quand il y en a.»

la suite ne comporte, comme activité communiste, rien d'autre que la propagande, ce qui laisse entendre qu'elle est fabriquée hors des conditions réelles d'un « lieu de travail » singulier et situé, donc toujours conçue, conceptualisée, comme un apport de l'extérieur, ce qui est parfaitement contradictoire avec tout ce qui précède : Dauvé refuse la posture militante mais il est en plein dedans, ou plutôt en plein retrait de l'activité communiste comme un poisson dans l'eau des luttes sur le lieu où elle se présente comme nécessité immédiate, jamais comme intervention : là où l'on vit, là où l'on bosse, on en est, on n'y intervient pas

le vrai problème de ces théoriciens et de leurs camarades, c'est leur origine et leur appartenance sociale, et pour la plupart le type activité professionnelle quand ils exercent une qui les mette en rapport avec des "collègues" sur un plan d'égalité, car bénéficiant d'avoir fait des études supérieures, ils sont rarement au bas de l'échelle (nous avons vu que ça change avec les générations de couches moyennes déclassées, mais sans origine prolétarienne, qui constituent le gros des leader d'opinions et des troupes en milieu activiste ou anti-système)

à partir de là, quelle relation entretiennent-ils avec leurs collègues, quelle proximité de destin ressentent-ils, puisqu'ils se croient si différents, ne serait-ce que de se considérer comme "communistes" ? Pour ceux que j'ai connus, leur personnalité fournit des éléments de réponses, car ils ne se prennent pas pour des merdes, du ayant les cochons ensemble avec « ceux d'en-bas », qu'ils ont surtout connus comme élèves dans leur classe, et rarement depuis l'estrade des « rencontres et les débats », puisque ces catégories sociales ne vont jamais dans ce type de réunion

dans le cas où quelques "racailles" s'y pointent, j'ai entendu des "communisateurs" travailleurs sociaux ou instituteurs de banlieue se dirent choqués qu'ils parlent fort, coupent la parole... Bref : ces mauvais sujets empêchent d'entendre la bonne parole qui leur explique qu'il n'y a rien à faire... sauf que ceux-là, quand ils se battent, font tout autre chose que des luttes « quand il y en a » auxquelles participent, ou non, les collègues "communisateurs"

c'est ici que le concept de « structures de sentiment » de Raymond Williams est précieux, parce que l'idéologie sous-jacente à la posture de ces "communisateurs", en vérité la justification de leur so called non-interventionnisme, c'est qu'ils ne se considèrent pas comme les autres dont ils prétendent mener les luttes, « quand il y en a ». En fait, leur réalité sociale fait qu'ils ne peuvent poser que la question d'intervenir ou pas

il est donc compréhensible que les "partisans de la communisation" distinguent une « période non-révolutionnaire »... Pour leurs théoriciens, elle fut si adéquatement pratique à leur théorie qu'elle aura duré depuis leur jeunesse aux alentours de 68 : une vie à se dire "communiste" pour n'en rien faire, que du papier

en attendant, pour ne jamais agir ni même théoriser en communiste au présent du présent, Dauvé occupe ses vieux jours comme on le voit, doutant de tout... pour tenir l'essentiel. On se demande lequel, à consulter ses textes et l'iconographie très classe... moyenne et blanche de DDT21

ma réponse à la question est donc : Dauvé s'adresse à lui-même et à ses semblables



Tract Les écoles en feu et les maîtres au milieu ! Travail non, jouissance oui !

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otowa
Invité



MessageSujet: comme une pyramide reposant sur la pointe   Mer 29 Juil - 16:03

Salut,

Il serait très étonnant que les personnes très impliquées dans la production, la réflexion, la diffusion, en bref la propagande se sentent non-différentes, elles le sont effectivement et représentent une infime minorité non seulement de la population, cela va s'en dire, mais aussi une proportion négligeable de la classe prolétaire, et encore au sein de cette classe, les personnes en question se recrutent-elles principalement chez les professions nécessitant diplôme et études supérieures.
Peu d'ouvriers, d'ouvrières, peu de routiers, routières, de vendeuses, de livreuses, etc...

citation :[...]quelle proximité de destin ressentent-ils, puisqu'ils se croient si différents, ne serait-ce que de se considérer comme "communistes" ?

N'y a-t-il pas une part de ressentiment de la part des "engagé-es" envers l'ensemble de la classe au vu de la situation présente?

En ce qui concerne "l'intervention": les personnes qui propagent les revendications des prisonnières, des migrant-e-s parquées dans les centres de rétention, celles qui organisent des manifestations, ou tout type d'agitation autour de ces faits sociaux, comme au sujet des violences policières... cette question est un non-sense puisque tout ce qui peut aider ces personnes emprisonnées, illégales, victimes d'abus et de crimes est bienvenu, ces personnes sont en danger, parfois de mort.
En ce qui concerne les luttes à propos du travail : est-ce "intervenir" que d'y participer, même si l'on n'est pas directement concerné? Nous ne sommes pas seulement concernées par notre propre (?) travail, ou galère, ou souvent les deux, nous aimons hommes femmes enfants animal (on est mal,on né mal?) arbres vies, par là concernées...
Et d'une pirouette, un peu bête, cernées par les c...
Car, enfin notre sujet, une pyramide (ou une toupie?) reposant (ou tournant très vite, sinon...) sur sa pointe : ceux et celles qui pensent souffrent d'avantage, la lucidité, ou ce qui revient au même la critique rendent la vie difficile, et cette souffrance en plus prend sa source dans la base même, le présupposé 1er : la classe, peut, et doit révolutionner le monde pour en finir avec...

Je suis partiellement en accord avec G.Dauvé, sur le fait qu'écrire et diffuser ce n'est pas rien faire, et que pour certaines personnes, pour des raisons de modes de survie, d'état d'esprit, d'âge, de facilités (càd: travail intellectuel) cela soit la seule manière de participer, ou d'intervenir sur le plan social ou politique. C'est de la propagande, oui mais ce forum? ces lectures? ces faits sociaux ici relayés, commentés, ce n'est pas de la propagande?
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Invité
Invité



MessageSujet: Re: "Que faire en période non-révolutionnaire ?" troploin 'Le Tout sur le tout' 2010   Mer 29 Juil - 17:05

otowa a écrit:
Je suis partiellement en accord avec G.Dauvé, sur le fait qu'écrire et diffuser ce n'est pas rien faire, et que pour certaines personnes, pour des raisons de modes de survie, d'état d'esprit, d'âge, de facilités (càd: travail intellectuel) cela soit la seule manière de participer, ou d'intervenir sur le plan social ou politique. C'est de la propagande, oui mais ce forum? ces lectures? ces faits sociaux ici relayés, commentés, ce n'est pas de la propagande?
c'est effectivement la question à se poser ou la critique à me faire

d'accord et pitié pour Dauvé et son âge, à peine plus que le mien, mais il fait ça depuis les années 70. Alors quelles seraient les (mes) différences ?

- fort peu dans la forme d'élaboration « en chambre », ou de diffusion par Internet, j'en conviens. Mais il faut prendre en considération le fait que :

1) ce forum est ouvert à la critique, et même le fait que ceux du milieu théorique se refusent à y participer, ou à d'autres blog (ils n'ont pas garder les cochons avec ceux d'en-bas des forums)

2) je me refuse à élaborer un corpus...

3) j'ai écarté l'idée d'en faire un livre, ce qui est la pratique commune des théoriciens en tous genre (voir Les habits neufs de la communisation ? Pourquoi pas un livre ?

qu'ils ne soient pas universitaires n'empêche ces théoriciens modestes de tomber dans le travers dont parlent Salar Mohandesi et Asad Haider ici

Viewpoint Magazine a écrit:
les universitaires ont eu tendance à devenir des entrepreneurs. Il y a une incitation à publier, aller à des colloques, réseauter, faire sa promotion, distribuer des cartes de visite – pour le dire succinctement, devenir célèbre. Ce genre de comportement a aussi contaminé les universitaires marxistes. Ils et elles contribuent à des revues pour ajouter une ligne sur leur CV, pour étendre leur lectorat, être connu et reconnu

la possibilité existe donc, mais si elle n'est qu'offerte, virtuelle, de participer, et je l'ai dit, on peut le vérifier, on en trouve ici pour tous les "niveaux", sans posture anti-intello ni même anti-universitaire par principe : des textes longs et difficiles, d'autres informations choisies pour leur intérêt, avec ou sans commentaires dont elles peuvent souvent se passer dans le contexte où elles sont présentées, parce qu'elles y sont immédiatement théorisées, sans besoin de concepts ni de faire un dessin

à cet égard, une différence entre Dauvé et moi, c'est ce sujet (et d'autres) puisqu'ici, j'ai importé un texte de leurs textes et qu'on peut en discuter, ce qui n'est pas possible sur le site de troploin. En revanche, depuis bientôt dix ans que je m'exprime par des textes sur la communisation, Dauvé n'a jamais commenté une seule de mes propositions théoriques, en me citant ou non : pour lui et son lectorat intéressé par la communisation, c'est comme si mes idées n'existaient pas. Mais faire l'autruche, on sait ce que ça veau... bon pour le cuir et la viande, au prix fort... Alors ceinture !


j'ai une infinie confiance a priori dans la capacité de tout un chacun à se forger un avis par lui-même, pour autant qu'il fasse un effort, qu'il ait envie d'apprendre, et d'apprendre à penser sans maître : tout ce que je fais ici peut être fait ailleurs par d'autres qui s'en inspireraient ou y mettraient leur originalité, je ne demande que ça. Point besoin de répéter, de blog en blog "amis", la même chose dans le même langage

- dans le "contenu", autrement dit la conceptualisation et son rapport aux réalités de la totalité du monde actuel, sans angles morts pour arranger mon point de vue théorique, je pense qu'il n'y a pas photo, et qu'un minimum d'honnêteté suffit pour le reconnaître

dans la mesure où je considère que ce que je fais relève d'un combat communiste, je ne suis pas, moi, en contradiction avec faire de la propagande. Je pense même que le mot d'ordre de Karl Liebknecht, « Studieren, organisieren, propangandieren », que j'ai souvent opposé aux pratiques théoriques et militantes des "communisateurs", a quelque chose de toujours actuel

enfin et surtout, je ne diffuse pas, moi, comme Dauvé et les autres "communisateurs", un message subliminal décourageant qui en aurait envie de se battre, et je ne fournis pas des prétextes pour ça, comme cela n'échappe pas à une lecture symptomale de leurs textes

il ne s'agit pas de convaincre, mais de fournir des billes à qui s'en servira ou non, et comme elle l'entendra

tout cela définit et se traduit ici par une pratique théorique qui tranche avec les habitudes du milieu radical, et qui résulte de la critique que j'en ai faite : j'ai balayé devant ma porte et même à l'intérieur de ma maison

très immodestement, je considère donc avoir fait des progrès relativement à la relation que le milieu radical entretient d'une façon générale à ceux avec qui il s'adresse, car tout le monde sait bien qu'ils recherchent des publics privilégiés, quitte à les critiquer, de milieux anarchistes de préférence, et qui pourront se faire caisses de résonance de leurs thèses, ce qui est encore en contradiction avec la non-militance et de non-intervention (la leur est théorique) qu'ils revendiquent, puisqu'hors de toute situation située,  spécifique et concrète

ici, les militants, je m'en fous, je ne les privilégie ni ne les méprise en tant que personnes qui se battent, diffusent leurs convictions, agissent de façon solidaires avec les migrants comme d'autres avec les personnes âgés ou les crève-la-faim. La différence est qu'ils ont besoin, en plus des humanitaires trop communs pour eux, d'un risque de violence policière... pour s'en glorifier ? Pourquoi s'occuper des sans-papiers ou des migrants à Paris et pas des "racisés" dans les quartiers populaires, dont ils conchient le "communautarisme" ?

je ne critique pas ce qu'ils font en militant (et non " en militants"), mais leur posture identitaire et communautariste, de se reconnaître entre eux quelque chose de plus, affiliés à telle ou telle mouvance toujours mieux que celle d'à côté - l'idéologie, c'est les autres... Cf un sujet qui a beaucoup de succès : Claude Guillon, un cadavre : l'anarchisme communautariste et l'identité non dépassable ? Yves Coleman : Patlotch raciste... le surf des bobos anars dans l'idéologie française universelle... de cheval blanc

ce succès, chez moi, de Guillon - très relatif, pas plus visité, en proportion du nombre de messages, que dépassement produit...- ce succès dit que si quelque chose est raté, c'est bien que les visiteurs s'intéressent davantage à Claude Guillon qu'à d'autres sujets y compris posant les mêmes questions, mais de façon plus générale, et pas ad hominem : comme disait Marx, la critique radicale passe par là

c'est donc que je ne touche pas assez de personnes qui n'ont rien à voir avec le militantisme anarchiste, féministe, écologiste ou communiste, mais qui sont comme des millions inquiets du train d'enfer qu'a pris le monde, près de chez eux, et qui aimeraient bien y pouvoir quelque chose : c'est à les aider que je travaille. C'est aussi de mon âge, comme Dauvé, sauf qu'il publie en anglais, pour le monde trop loin...

... et que je suis moi, en théorie, un cadavre !

Twisted Evil

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MessageSujet: Re: "Que faire en période non-révolutionnaire ?" troploin 'Le Tout sur le tout' 2010   

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"Que faire en période non-révolutionnaire ?" troploin 'Le Tout sur le tout' 2010
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