PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Sam 12 Déc - 15:16


califat bidon ? voire...


Expliqué comme le fait F. William Engdahl, c'est un peu court, et ne saisit en rien l'idéologie comme structurellement liée à la poursuite d'intérêts économiques, et sans laquelle ceux-ci n'atteindraient pas leur but de guerre

« la couverture religieuse bidon »
ne comprend la religion, l'idéologie, que comme habillage de surface d'un contenu capitaliste, mais ça n'explique pas pourquoi ça marche. C'est à comparer avec le rôle de la religion chrétienne dans les croisades, puis les premières colonisation, en accompagnement des conquêtes marchandes, puis territoriales, l'esclavage, la colonisation du XIXème siècle et la suite. L'Église catholique accompagne ce mouvement jusqu'à la veille des décolonisations occidentales, et ça aura marché entre 5 et 10 siècles, sans besoin que dieu n'existe

il est même présomptueux de parier, comme Tristan Leoni dans Califat et Barbarie, sur la fin à court terme de l'entreprise dite de Daesh : « Les jours du Califat sont sans doute comptés »

tout État a naturellement besoin d'un territoire, mais rien ne l'oblige à être localisé, unifié. Il n'est pas exclu que la composition quasi internationale de Daesh lui donne un atout pour se sortir même d'une défaite en Syrie, avec un fonctionnement mafieux n'ayant rien à envier avec celui des dirigeants capitalistes occidentaux, russes ou chinois. Il n'y a rien d'archaïque dans leur fonctionnement, même si les coutumes et valeurs traditionnelles de l'Islam sont convoquées

à cet égard, c'est assez comparable avec les références d'une certaine extrême-droite anti-système, qui va jusqu'à recycler les thèses de la communisation dans un syncrétisme avec celles d'Alain de Benoist (voir entre autres, bien connu des "camarades", Max l'Hameunasse et son blog In Limine, ou le très "marxien" Francis Cousin)

toujours est-il que l'ampleur et la rapidité du succès de cette utopie idéologique laissera des traces durables, et qu'elle participera de façon complexe aux guerres économiques et militaires de concurrences intercapitalistes de divers genres

le discours salafiste critique des modes de vie occidentaux n'est rien moins que séduisant, et pour tout dire, je comprends très bien que l'on s'y prenne, sans même besoin d'être arabe. Le rejet culturel fait partie de la base autant que les conditions sociales qui conduisent à céder aux sirènes de cet opium du peuple. Là encore, ne restons pas qu'à moitié marxiens : si nous sommes persuadés que l'origine de la religion n'est pas dans la religion, alors la religion n'est pas la seule réponse possible à ses causes sociales et culturelles (civilisationnelles)

là est vrai cette réflexion d'Olivier Roy :

Citation :
La France en guerre ! Peut-être. Mais contre qui ou contre quoi ? Daech n’envoie pas des Syriens commettre des attentats en France pour dissuader le gouvernement français de le bombarder. Daech puise dans un réservoir de jeunes Français radicalisés qui, quoi qu’il arrive au Moyen-Orient, sont déjà entrés en dissidence et cherchent une cause, un label, un grand récit pour y apposer la signature sanglante de leur révolte personnelle. L’écrasement de Daech ne changera rien à cette révolte.

Le ralliement de ces jeunes à Daech est opportuniste : hier, ils étaient avec Al-Qaida, avant-hier (1995), ils se faisaient sous-traitants du GIA algérien ou pratiquaient, de la Bosnie à l’Afghanistan en passant par la Tchétchénie, leur petit nomadisme du djihad individuel (comme le « gang de Roubaix »). Et demain, ils se battront sous une autre bannière, à moins que la mort en action, l’âge ou la désillusion ne vident leurs rangs comme ce fut le cas de l’ultragauche des années 1970


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Sam 12 Déc - 15:28


Olivier Roy - Zbigniew Brzezinski

1998

Les Moudjahidine de la CIA, par Olivier Roy  Le Nouvel Obs, 15-01-1998/21-01-1998

Citation :
Comment les Etats- Unis ont financé et armé les fous de Dieu d’Afghanistan dans le seul but d’infliger sa dernière défaite sanglante à l’Union soviétique… Et comment ils paient aujourd’hui leur «victoire »

Qu’il est grand, le djihad, qu’elle est belle, la guerre sainte musulmane, vue de la « route des Cinq Cols » ! Tout au long des années 80, des milliers d’islamistes venus du monde entier usent leurs rangers de militants sur ce chemin muletier suspendu entre Peshawar, la base arrière du Pakistan, et les vallées insurgées de l’Afghanistan. Ils volent au secours de leurs frères en religion envahis par les communistes impies. Treillis flambant neufs et sacs de couchage bleus, ils tirent par la bride des chevaux chargés de roquettes et de mitrailleuses, brûlant de devenir les héros de la cause islamique. Prêts à mourir pour la Oumma, cette mythique communauté de l’Islam dont l’unité sacrée s’est dégradée au fil de l’histoire en une multitude d’Etats indignes. Ici, plus d’Arabes, de Persans ni de Turcs : dans la lumière aveuglante de la guerre sainte, il n’y a que des musulmans.

Paradoxe : ces moudjahidine-de-tous-les-pays qui se ruent à l’assaut des Soviétiques n’avaient jusqu’alors pas grand-chose à reprocher aux rouges. Leur ennemi numéro un, c’était le Grand Satan américain conspué par Khomeini. Les combattants qui débarquent dans les camps afghans sont les lointains enfants de mouvements antioccidentaux nés de la révolte contre l’impérialisme britannique dans les années 20-30. Mouvance Frères musulmans en tête, ces groupes avaient viré dans les années 60-70 vers un antiaméricanisme viscéral. Exacerbée par le drame palestinien, l’exécration de l’Amérique avait culminé dans la révolution iranienne. L’ayatollah avait clairement choisi son camp : pas d’ennemis à gauche. L’URSS, baptisée Petit Satan, pouvait attendre. Sus au Grand : assassinat de Sadate en 1981, attentats terrifiants contre les marines américains et les paras français au Liban en 1983-84. Le radicalisme islamique explosait à la figure de l’Occident et de ses alliés.

Malgré leur gravité, ces attaques rageuses n’alarmaient pourtant pas outre mesure le Grand Satan. Son souci principal était ailleurs. Obsédée par l’URSS, l’Amérique surveillait d’un œil inquiet l’extension de l’ennemi de toujours. Envahi en 1979, l’Afghanistan devenait aux yeux de Reagan le dernier haut lieu de la lutte contre l’Empire du Mal. Quel brainstorming, quelle réunion de staff, quel cerveau fertile ont-ils alors accouché de la grande idée : retourner les moudjahidine contre la gangrène communiste ? Une idée de génie. Grâce à elle, l’Amérique déviait contre Moscou la virulence islamiste. Sans jamais engager un agent sur le terrain, sans risquer la vie d’un seul de ses boys, elle infligeait à travers les Afghans un sanglant Vietnam à l’URSS. Soudain, dans les années 80, les moudjahidin vont démoder le romantisme de gauche véhiculé par les fedayine palestiniens. La CIA vient de créer la mode moudjahidine — chapeau afghan Pt étole de laine —, dans l’espoir de faire pièce à l’indétrônable keffieh, symbole de l’antiaméricanisme. Sur le terrain pourtant la sauce prend moins bien. D’un côté, les volontaires musulmans ; de l’autre, les Occidentaux — humanitaires, journalistes ou diplomates —, et entre les deux un abîme de méfiance. Les premiers ne se font pas faute de lancer aux seconds : Quand on en aura fini avec les communistes, on s’occupera de vous autres! » L’Afghanistan, à l’époque, est un joint-venture à trois piliers : Etats-Unis, Arabie Saoudite et Pakistan. Les deux premiers financent, le second se charge de recruter des volontaires de par le monde, le dernier réceptionne et gère armes et combattants. Mais aucun des trois — occidental ou pas — ne se soucie du peuple afghan. Si l’obsession américaine est l’URSS, celle de l’Arabie Saoudite est… l’Iran. Il est vital pour la dynastie wahhabite de ne pas laisser aux ayatollahs le monopole de la cause islamique. Khomeini, se réclamant du Coran qui ne reconnaît aucune royauté, ne se fait pas faute de traiter le roi Fahd de « faux musulman »… Le seul recours de l’Arabie face à l’aura de l’Iran chiite, c’est d’encourager un fondamentalisme sunnite concurrent. Carnet de chèque ouvert, elle finance tout ce qui fleurit de radical sous le ciel sunnite. La geste afghane est sa plus belle réponse du berger à la bergère.

Le troisième associé, le Pakistan, n’est pas en reste d’arrière-pensées. Son obsession à lui, c’est l’Inde, dont il a fait sécession sur le seul motif religieux. Conscient de sa fragilité, de son identité exclusivement fondée sur l’islam, le Pakistan surveille jalousement son voisin afghan, soucieux d’éviter à tout prix l’avènement à Kaboul d’un gouvernement nationaliste laïque susceptible de s’allier avec Delhi. D’où un soutien sans faille aux plus islamistes des Afghans. D’où une implication massive aux côtés des moudjahidine hier, des talibans aujourd’hui.

Totalement inconscients de ces stratégies sacrilèges, les volontaires qui affluent de partout voient dans l’Afghanistan l’éclatant symbole de l’unité musulmane. Brigades internationales d’un genre nouveau, ces islamistes renouent avec le romantisme héroïque et fraternel qui caractérisait jadis la guerre d’Espagne. Le souffle ardent du djihad révolutionnaire transcende tous les clivages.


La vraie division est ailleurs : Hekmatyar est pachtoune, Massoud tadjik. En surface, la résistance contre l’ennemi commun occulté les rivalités séculaires héritées d’une longue histoire de zizanie ethnique. Entre les Tadjiks et les Pachtounes, le grand voisin pakistanais a toujours choisi les seconds. Pourquoi ? Parce que les Pachtounes d’Afghanistan ont des cousins au Pakistan où, bien que minoritaires, ils trustent l’élite, l’armée, les services publics et surtout les services secrets.

Les Soviétiques boutés dehors en 1989, la guéguerre interethnique se déchaîne en guerre civile. Dans Kaboul enfin reconquis, la guerre sainte montre son vrai visage, celui du leurre. Amère prise de conscience chez les volontaires déboussolés : il n’y a pas de sublime combat, pas de (, bons » musulmans à protéger contre des (, mauvais » musulmans. Le djihad sombre dans l’« afghanerie », degré zéro de la Oumma.

L’invasion du Koweït en 1991 brouille davantage encore les cartes. Hekmatyar, le candidat de l’ISI et de la CIA, se range pourtant aux côtés de l’Irak. Les Saoudiens lui coupent aussitôt les vivres. Soucieux avant tout de perpétuer un pouvoir pachtoune et islamique à Kaboul, les Pakistanais se rabattent sur quelques milliers d’élèves d’écoles coraniques dont ils fourbissent l’organisation militaro-politique : le phénomène taliban vient de naître. Soutenus par le tandem Pakistan-Etats-Unis, les séminaristes soumettent le pays à leur puritanisme délirant.

Illuminés de la charia, ils sont persuadés d’œuvrer au triomphe de l’islam. Or, là encore, sous la bannière verte du djihad, les moins religieuses des déterminations se cachent. Les fondamentalistes talibans sont fondamentalement pachtounes. Où l’on retrouve une constante historique : chaque fois que les Pachtounes se soulèvent, ils le font au nom de l’islam, le leur étant par définition plus pur que celui des autres. En fait de puritanisme religieux, les Pachtounes obéissent à un code de l’honneur archaïque et tribal or où l’obsession sexuelle se polarise sur les femmes. A cela l’armée des talibans ajoute une névrose supplémentaire : ces séminaristes, tout frais sortis des madrasas, sont puceaux.

Au fur et à mesure que l’Afghanistan sombre dans le micmac ethnique, les légions islamiques, frustrées de leur djihad, s’en retournent aux quatre points cardinaux. Dix ans plus tôt, la CIA avait armé contre l’URSS la bombe du fondamentalisme islamique ; elle n’en finit plus d’exploser sur la planète, malgré la chute du Mur et la fin de la guerre froide. Bosnie, Cachemire, Philippines…, les survivants de la geste afghane se font voyageurs de commerce d’une guerre sainte universelle pointée contre le Grand Satan et ses alliés. Retour à l’envoyeur.

Ceux qui rentrent au pays tentent de redonner une virginité à leur djihad galvaudé en le brandissant cette fois contre les pouvoirs musulmans compromis avec l’Occident. Ils peuplent l’aile radicale des partis islamistes. Politiquement immatures et militairement surentraînés, ils apportent dans leurs bagages la tenue moudjahidine, l’acrimonie du desperado et le mythe de la guérilla invincible. Ils imposent le seul langage qu’ils connaissent : celui de la violence apprise dans la poussière sanglante de l’Asie centrale.

Expulsés par tous les pays musulmans, un petit groupe d’ultras échoue en Amérique. L’Oncle Sam ne peut refuser de donner refuge aux précieux alliés qui lui ont livré la peau de l’URSS. Au New Jersey, ultime « banlieue de l’islam s, se désespèrent quelques moudjahidine paumés, chez qui la guerre du Golfe a ranimé la haine du Grand Satan. Que faire dans la Babylone qu’ils abominent et dont ils ne peuvent plus sortir ? Enfants monstrueux nés des amours morganatiques de l’Amérique et du djihad afghan, les misfits de l’islamisme s’offrent leur revanche. En 1993, ils dynamitent le symbole de la puissance américaine, un orgueilleux bâtiment érigé vers le ciel de Manhattan. Sur les ruines fumantes du World Trade Center, les moudjahidine continuent de faire vivre la belle histoire du djihad, que la CIA leur avait demandé de conter.

Propos recueillis par URSULA GAUTHIER

(*) Politologue, spécialiste de l’Afghanistan, où il a fait plusieurs séjours entre 1981 et 1988, auteur d’un ouvrage qui fait autorité, « l’Afghanistan : islam et modernité », Seuil, 1985.



LES RÉVÉLATIONS D’UN ANCIEN CONSEILLER DE CARTER



Zbigniew Brzezinski :  « Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes… »

Citation :
Le Nouvel Observateur. — L’ancien directeur de la CIA Robert Gates l’affirme dans ses Mémoires (1): les services secrets américains ont commencé à aider les moudjahidine afghans six mois avant l’intervention soviétique. A l’époque, vous étiez le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité ; vous avez donc joué un rôle clé dans cette affaire. Vous confirmez ?

Zbigniew Brzezinski (2). — Oui. Selon la version officielle de l’histoire, l’aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c’est-à-dire après que l’armée soviétique eut envahi l’Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais la réalité, gardée secrète jusqu’à présent, est tout autre : c’est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l’assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là, j’ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu’à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.

N. O. — Malgré ce risque, vous étiez partisan de cette « covert action » [opération clandestine]. Mais peut-être même souhaitiez-vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous à la provoquer ?

Z. Brzezinski. — Ce n’est pas tout à fait cela. Nous n’avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu’ils le fassent.

N. O. — Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu’ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant, il y avait un fond de vérité… Vous ne regrettez rien aujourd’hui ?

Z. Brzezinski. — Regretter quoi ? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j’ai écrit au président Carter, en substance : « Nous avons maintenant l’occasion de donner à l’URSS sa guerre du Vietnam. » De fait, Moscou a dû mener pendant presque insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l’éclatement de l’empire soviétique.

N. O. — Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes ?

Z. Brzezinski. — Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?

N. O. — « Quelques excités » ? Mais on le dit et on le répète : le fondamentalisme islamique représente aujourd’hui une menace mondiale…

Z. Brzezinski. — Sottises ! Il faudrait, dit-on, que l’Occident ait une politique globale à l’égard de l’islamisme. C’est stupide : il n’y a pas d’islamisme global. Regardons l’islam de manière rationnelle et non démagogique ou émotionnelle. C’est la première religion du monde avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu’y a-t-il de commun entre l’Arabie Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l’Egypte pro-occidentale ou l’Asie centrale sécularisée ? Rien de plus que ce qui unit les pays de la chrétienté…

Propos recueillis par VINCENT JAUVERT

(1) « From the Shadows », par Robert Gates, Simon and Schuster.

(2) Zbigniew Brzezinski vient de publier « le Grand Echiquier », Bayard Editions.


Source : Le Nouvel Obs, 15-01-1998/21-01-1998
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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Sam 12 Déc - 16:14


Le Devoir
(Québec)

Flirts dangereux entre l’Occident et l’Arabie saoudite Karim Akouche - Écrivain 2 décembre 2015

Parrainés par les États-Unis et leurs alliés, l’Arabie saoudite et le Qatar propagent sans complexe le salafisme à travers les sociétés occidentales.


Photo: Fayez Nureldine Agence France-Presse

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Antonio Gramsci

Citation :
« Quand il s’agit d’argent, tout le monde est de la même religion. » Cette citation de Voltaire résume parfaitement les paradoxes qui tourmentent notre époque. Pourra-t-elle expliquer la relation contre nature qu’ont les démocraties occidentales avec les monarchies du Golfe ?

Les premières n’ont rien à voir avec les secondes. Du moins, en apparence. Car, en termes de valeurs, elles n’ont pas grand-chose en commun. L’Allemagne est dirigée par une femme ; or les femmes saoudiennes n’ont même pas le droit de conduire. À Amsterdam, on célèbre le mariage des homosexuels ; à Djeddah, on les lapide. Les Européens sont libres de croire ou de ne pas croire, tandis qu’en Arabie saoudite, ceux qui osent renoncer à l’islam sont jetés en prison ou carrément exécutés. Paris a exclu Dieu des affaires de la cité, tandis qu’Allah niche dans les moindres recoins du royaume wahhabite. En Occident, on célèbre la raison, alors que dans ces monarchies on étouffe l’esprit critique…
 
L’Histoire nous apprend qu’un pacte, baptisé Quincy, a été signé en 1945 entre Franklin Roosevelt et Ibn Saoud, lequel pacte a été renouvelé par George W. Bush en 2005. Pour des intérêts géostratégiques et bassement économiques, les Américains s’allient avec la famille Saoud et lui garantissent, en échange, la protection contre l’Iran et les menaces extérieures. Les démocraties libérales et les monarchies du Golfe partagent une dangereuse passion : l’amour infini du dieu Argent.
 
La civilisation est avant tout un ensemble de valeurs telles que la liberté, la justice sociale, l’égalité homme-femme, l’éducation… En mettant l’argent au-dessus de ces valeurs, les démocraties libérales font perdre leur âme aux peuples qui les composent et les vident de leur identité singulière. Le libéralisme déteste les frontières. Il produit des êtres creux et artificiels qui flottent au gré des vents capitalistes. Il se fout des langues, des coutumes, des pays, des hommes… bref, de l’humain. Son seul but : faire un maximum de profits.
 
La mondialisation a donné naissance à deux capitalismes : le capitalisme sec et le capitalisme vert. Le premier est le libéralisme de Wall Street. Il souhaite remplacer le citoyen par un consommateur carnassier et cynique. Le second est vert (mais pas écologique). Il est dopé à coups de pétrodollars par des enturbannés arriérés et obscènes. Le citoyen n’y a pas droit de cité. Il est écrasé par le croyant. En un mot, le capitalisme sec et le capitalisme vert se liguent contre le citoyen libre.
 
Parrainés par les États-Unis et leurs alliés, l’Arabie saoudite et le Qatar propagent sans complexe le salafisme à travers les sociétés occidentales. Leurs séides infiltrent les institutions internationales, financent des centres islamiques et des chaires de recherche dans les grandes universités, corrompent les dirigeants occidentaux, achètent le silence des élites politiques et médiatiques…
 
Le capitalisme sauvage exacerbe l’individualisme en Occident. L’individualisme, quant à lui, crée des solitudes. Les solitudes engendrent de grandes misères, lesquelles profitent aux islamistes qui n’hésitent pas à recruter les marginaux et les déshérités dans le but de bâtir leur califat mondial. En bout de course, l’Occident perdra ses valeurs. Sa cupidité détruira sa civilisation. Le dieu Argent sera chassé par le Dieu de l’islamisme.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Sam 12 Déc - 16:29

La Tribune

L’aveuglement de l’Occident face à l’islamisme radical Marie-Hélène Miauton  26 novembre 2015

Est-ce par aveuglement ou par duplicité que l’Occident ne cesse d’agir contre ses propres intérêts au Moyen-Orient, et détruit un à un tous les remparts contre l’extrémisme islamique ?


Abdel Fattah al-Sissi, le président égyptien, cherchait en 2014 l'appui russe contre l'embargo alimentaire occidental, et contre les Frères mulusmans

Citation :
Quel incroyable aveuglement conduit l’Europe et les Etats-Unis à promouvoir, depuis plus de trente ans, l’avènement d’un Islam radical au Moyen-Orient sous couvert de lutter contre des dictateurs qui, pourtant, lui faisaient rempart.

Cela a commencé lorsque nous avons abandonné le Shah d’Iran alors qu’il s’efforçait de réformer le pays et qu’il était contesté par les mollahs, fâchés qu’il ait privé le clergé de ses terres et qu’il ait donné le droit de vote aux femmes. Aidé par les mouvements estudiantins iraniens du parti communiste et de l’extrême gauche, Khomeiny reçut le soutien inconditionnel d’un Jean-Paul Sartre ou d’un Michel Foucault alors qu’il avait trouvé asile en France. L’ayatollah prit donc le pouvoir en 1979 pour dix longues années, réprimant ses opposants à l’identique du régime antérieur, mais ramenant son pays à l’obscurantisme en lui imposant la charia. Ainsi, la bienveillance de l’Occident permit l’instauration d’une république islamique là où régnait une politique pro-occidentale.

Puis, ce fut la première guerre d’Irak dont les causes étaient aussi spécieuses que celles qui conduisirent à la seconde. Pour défendre leurs seuls intérêts, et alors qu’ils avaient soutenu Saddam Hussein pendant huit ans, les Etats-Unis entamèrent une guerre dont les effets dévastateurs furent considérables. Puis, ce fut leur deuxième intervention qui, succédant à un embargo de dix ans, fit là-bas plus de morts civiles que le terrorisme n’en produira jamais ici. Ce faisant, l’Occident démit un dictateur laïc pro-occidental pour installer un chaos meurtrier et donner naissance à l’Etat islamique.

Ensuite, comme si nous n’avions pas compris la leçon, il a fallu que nous aidions au renversement de Kadhafi. En 2011, sous l’influence du ridicule BHL, Paris reconnut le chef de l’insurrection comme seul représentant du pays puis, sur ordre du Qatar et de l’Arabie saoudite, les alliés occidentaux entreprirent de mettre de l’ordre en Libye. On sait désormais que Paris serait allé jusqu’à financer la rébellion en échange de futurs contrats et à lui fournir des armes. Actuellement, le pays est déchiré entre l’officiel gouvernement de Tobrouk et son concurrent de Tripoli, soutenu par les Frères musulmans du Qatar et de la Turquie. Mais interviennent aussi des groupes djihadistes proches d’Al-Qaïda, des milices tribales incontrôlées et enfin la branche libyenne de l’EI. Tout ce beau monde nous envoie des milliers de migrants par bateau tandis que les populations locales souffrent. Ce désordre sert évidemment l’implantation de l’EI.

Aujourd’hui, comme si nous ne nous étions pas suffisamment trompés de cible auparavant, nous voulons l’éviction de l’infréquentable (un de plus) chef d’Etat syrien en postulant que les rebelles qui s’y opposent sont des «modérés». Nous boudons notre appui au général égyptien al-Sissi qui a l’impudence de vouloir lutter contre les Frères musulmans et de rétablir un peu d’ordre. Nous conspuons Poutine qui les soutient et devient ipso facto l’ennemi no 1 d’une Turquie, membre de l’OTAN, dont les agissements pervers devraient susciter de notre part des représailles musclées. Une fois encore, nous prétendons détenir la vérité alors que nous travaillons contre nos propres intérêts géostratégiques.

Serait-ce un réflexe pavlovien de la vieille Europe qui l’amènerait, chaque fois qu’il s’agit de destituer un régime autoritaire, à aider les insurgés au nom de la démocratie, comme si de la révolution ne pouvaient surgir que des bienfaits ? Serait-ce de la part des Etats-Unis une façon de semer le trouble aux marges d’une UE qui pourrait lui disputer sa suprématie économique? Serait-ce une forme de syndrome de Stockholm ou une manifestation de dégénérescence chez des peuples lassés de vivre? Serait-ce tout simplement la conséquence des calculs erronés de gouvernements peu éclairés?

Zeus rend fous ceux qu’il veut perdre, disaient déjà les Grecs.

mh.miauton@bluewin.ch


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mar 15 Déc - 14:44

Arabie saoudite : Ryad forme une coalition islamique anti-terroriste de 34 pays SudOuest.fr avec AFP 15/12/2015

Ces pays participant à l’alliance sont : la Jordanie, les Émirats arabes unis, le Pakistan, le Bahreïn, le Bangladesh, le Bénin, la Turquie, le Tchad, le Togo, la Tunisie, Djibouti, le Sénégal, le Soudan, la Sierra Leone, la Somalie, le Gabon, la Guinée, la Palestine, les Comores, le Qatar, la Côte d’Ivoire, le Koweït, le Liban, la Libye, les Maldives, le Mali, la Malaisie, l’Égypte, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, et le Yémen.

La coalition sera placée sous la conduite de l'Arabie saoudite mais l'Iran comme l'Irak n'en feront pas partie


© AFP HO

L'Arabie saoudite a formé une coalition islamique antiterroriste de 34 pays, dont l'Egypte, la Turquie, le Pakistan et le Sénégal, a annoncé mardi l'agence officielle Spa qui publie une liste de ces pays n'incluant pas l'Iran ou l'Irak.

Citation :
Cette coalition, placée sous la conduite de l'Arabie saoudite, sera dotée d'un centre de commandement basé à Ryad pour "soutenir les opérations militaires dans la lutte contre le terrorisme", a ajouté l'agence.

Combattre "toute organisation terroriste"

Cette coalition témoigne "du souci du monde islamique à combattre le terrorisme et à être un partenaire dans la lutte mondiale contre ce fléau", a déclaré le futur prince héritier et ministre saoudien de la Défense, Mohamed Ben Salmane, lors d'une conférence de presse à Ryad.

L'Arabie saoudite, qui dirige une coalition arabe contre les rebelles chiites au Yémen, fait partie aussi de la coalition internationale qui, sous la conduite des Etats-Unis, combat le groupe jihadiste Daesh qui sévit en Syrie et en Irak.

A la question de savoir si la nouvelle coalition va se consacrer à la lutte contre Daesh, le prince Mohamed, fils du souverain saoudien, a souligné que cette coalition allait combattre "toute organisation terroriste".

Dix autres pays musulmans, dont l'Indonésie, soutiennent la nouvelle coalition et pourraient se joindre à elle ultérieurement, selon l'agence Spa.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Sam 19 Déc - 10:53


Absurde et démesuré, l'impressionnant déploiement militaire russe en Syrie laisse perplexe Romain Herreros Le HuffPost avec AFP 18/12/2015 0

Ce vendredi 18 décembre, les grandes puissances se réunissent au siège de l'ONU dans l'espoir de faire avancer le projet (lointain) d'une résolution politique de la guerre civile en Syrie. En tout, ce sont dix-sept pays, dont les Etats-Unis, la Russie, la France, l'Arabie saoudite et l'Iran, et trois organisations multilatérales, ONU, UE et Ligue arabe, qui seront autour de la table au sein du Groupe international de soutien à la Syrie, dans le cadre du processus diplomatique "de Vienne"

Mais au-delà de ces échanges diplomatiques, la situation sur le terrain ne fait qu'empirer. Ce même jour, au moins 32 civils ont été tués par des raids sur une ville et deux localités dans le nord de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Raids attribués à la Russie selon l'ONG qui ne cesse de répéter depuis le début des frappes russes que celles-ci visent en priorité les villes acquises à l'opposition syrienne.


Et au regard de la puissance de feu déployée par le Kremlin sur zone, on peut malheureusement présager que ces drames seront encore nombreux. C'est à se demander si la Russie ne profite pas du conflit pour faire la démonstration de son arsenal, quitte à le déployer dans des proportions absurdes.

Citation :
Sous-marin nucléaire et flotte de croiseur lance-missiles

"Il peut tirer en une fois 12 missiles d'une portée de 70 km". Le capitaine Alexander Shvarts n'est pas peu fier d'exhiber devant la presse la puissance du Moskva, navire russe déployé au large de la Syrie. Fleuron de la flotte de la mer Noire basée en Crimée, le Moskva est le plus grand navire de guerre dépêché par Moscou sur ce théâtre d'opérations.

Ce croiseur datant de l'ère soviétique est équipé de missiles anti-vaisseau Vulkan, pouvant être armés de têtes nucléaires, mais il n'y en a pas à bord. "Ce serait comme tirer sur un moineau avec un canon", explique le porte-parole militaire Igor Konashenkov durant la visite guidée sur le navire. "Ce ne sont pas les armes adéquates pour tirer sur nos cibles en Syrie", rassure-t-il.


"Globalement, avec le Moskva, nous avons 11 vaisseaux impliqués dans l'opération, y compris des navires de débarquement, des vaisseaux lance-missiles plus petits et des bateaux de ravitaillement", a aussi énuméré le commandant Oleg Krivorog dans ce qui s'apparente à une démonstration de force.

Car la semaine dernière déjà, la Russie avait montré une autre facette de son arsenal: des missiles de croisière tirés depuis le sous-marin nucléaire Rostov contre "deux places fortes terroristes" à proximité de Raqqa, avait fait savoir le Kremlin.

(vidéo)

De fait, le déploiement de toute cette force maritime ne va pas sans inquiéter la France et les États-Unis. "Le groupe aéronaval "surveille" un sous-marin russe au large de la Syrie, explique le spécialiste Jean-Dominique Merchet sur son blog Secret Défense dans L'Opinion, précisant que c'est bien du Rostov dont il s'agit.

Mais il n'y a pas que sur les flots que le déploiement russe interpelle les chancelleries occidentales.

Défense anti-missiles et inquiétudes américaines

Sur le terrain aussi l'arsenal russe impressionne. Fin novembre, le Kremlin a indiqué qu'allaient être déployés des systèmes de défense aériens dernière génération. Il s'agit des systèmes S-400 Triumph, que la Russie a envoyés à Lattaquié (ouest de la Syrie) et à la base de Hmeimim (dans le nord du pays).

Comme le détaille le Spiegel, chaque unité dispose de "huit lanceurs de missiles, d'une station de contrôle et d'un radar, qui peut détecter jusqu'à 300 cibles simultanément". En résumé, les missiles S-400 ont une portée de 400 kilomètres et représentent une menace éventuelle pour les avions de la coalition emmenée par les Etats-Unis. D'où cette "inquiétude" exprimée récemment par Washington.


"Il s'agit d'un système d'armement performant qui représente une menace significative pour tout le monde", a regretté un responsable militaire américain sous couvert d'anonymat. "Nous avons de sérieuses inquiétudes sur les opérations aériennes en Syrie", a-t-il ajouté. Un autre responsable américain, également sous couvert d'anonymat, a toutefois estimé que les missiles russes ne devraient pas affecter les vols de la coalition: "Nous n'allons pas nous immiscer dans les opérations russes et ils ne vont pas perturber les nôtres".

Ce responsable a aussi noté que la Russie avait livré plus de 30 chars T-90 et T-72 à Lattaquié. Pour l'heure, impossible de savoir s'ils seront utilisés par des forces russes ou s'ils seront mis à la disposition de l'armée syrienne. Mais quoi qu'il en soit, le déploiement de tout ces missiles permettant à la Russie de couvrir tout le ciel syrien est encore un signal fort envoyé par Moscou. Une démonstration de force parmi d'autres comme les aiment Vladimir Poutine.

Un tel déploiement est absurde

Les moyens engagés par la Russie au regard de ceux dont disposent les groupes rebelles (Daech compris) paraissent effectivement disproportionnés. Les experts restent en effet dubitatifs sur l'intérêt de déployer un tel arsenal face à des rebelles syriens. Et ce, de l'aveu même d'un compatriote de Vladimir Poutine.

"Cela n’a aucun sens du point de vue militaire. Mais c’est un signal lancé à l’Occident sur notre capacité de projection", a estimé Alexandre Golts, analyste militaire russe indépendant , à l'égard du déploiement maritime décidé par le Kremlin.

"On voit arriver les Russes dans tous les compartiments du jeu", notait pour sa part le PDG du constructeur naval français DCNS, Hervé Guillou. Une manière de dire que le théâtre syrien constitue une occasion parfaite pour Vladimir Poutine de faire ostensiblement démonstration de sa force, à l'inverse du conflit ukrainien.

Cette volonté de démonstration n'est pas nouvelle et les puissances profitent toujours des opérations militaires pour prouver l'efficacité de leur arsenal. C'est d'ailleurs le cas pour les Rafale français ou le chasseur-bombardier F-22 Raptor américain. Car derrière les impératifs sécuritaires, se joue également une bataille industrielle sur le marché de l'armement. Le conflit syrien, lui, continue de s'enliser.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Dim 20 Déc - 5:02


Etats-Unis: 30% des électeurs républicains veulent bombarder le pays d’Aladdin
M.C. 20minutes 20.12.2015

ETATS-UNIS Plus de la moitié soutiennent par ailleurs la proposition de Donald Trump d'interdire l'entrée des musulmans aux Etats-Unis...




Le film «Aladdin» sorti en 1992. Disney

Citation :
Quel mauvais génie a frappé les électeurs républicains ? D’après un sondage auprès de celles et ceux qui s’apprêtent à voter pour choisir le candidat qui représentera le parti à l’élection présidentielle américaine de 2016, 30 % jugent qu’il faudrait bombarder « Agrabah », c’est-à-dire la ville – fictive – d’Aladdin dans le film de Disney.

La question piège a été glissée au milieu d’un sondage réalisé auprès de 532 électeurs républicains sur leur candidat favori et des questions de politique étrangère. L’Institut Public Policy Polling (PPP), à l’origine du sondage, explique avoir eu l’idée en regardant le dernier débat républicain, presque exclusivement consacré au Moyen-Orient et à la « menace » que représenterait l’Islam.

Citation :
PublicPolicyPolling  ‎@ppppolls  
30% of Republican primary voters nationally say they support bombing Agrabah. Agrabah is the country from Aladdin. #NotTheOnion
4:22 PM - 18 Dec 2015 14,671 14,671 Retweets 8,571 8,571 likes


« On a voulu voir jusqu’où cela allait, si les gens soutiendraient instinctivement le bombardement de quelque chose dont le nom sonnait vaguement moyen-oriental », explique Jim Williams, un porte-parole de PPP. Selon lui, beaucoup de ceux qui se sont déclarés en faveur de Donald Trump figurent parmi ces 30 %. La question a aussi été posée aux électeurs démocrates, qui se sont prononcés à 36 % contre et, tout de même, à 19 % en faveur du bombardement d’Agrabah.

Citation :
PublicPolicyPolling  ‎@ppppolls  
We asked the Agrabah question to Dem primary voters too. They oppose bombing 'it' 36/19, while GOP supports bombing 'it' 30/13
5:23 PM - 18 Dec 2015 805 805 Retweets 353 353 likes


Camps d’internement

Le reste du sondage trahit le climat qui règne aux Etats-Unis : les électeurs républicains, interrogés sur la proposition de Donald Trump d’interdire l’entrée des Etats-Unis à tous les musulmans, se sont déclarés pour à 54 %, tandis que 46 % soutiennent la création d’une base de données recensant tous les musulmans du pays.

Par ailleurs, quelque 28 % d’entre eux ont répondu oui à la question « les autorités devraient-elles fermer les mosquées ? », et la même proportion a dit soutenir la politique d’internement des Japonais sur le sol américain pendant la Seconde Guerre mondiale.

Will Smith 'Was Really Kind of Joking' About Running for President


On ignore combien soutiennent la possible entrée dans la course de Will Smith. L’acteur a déclaré cette semaine : « Si les gens continuent à dire toutes ces bêtises qu’on entend aux infos » sur les musulmans, « ils vont me forcer à rentrer dans l’arène politique ».

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Dim 20 Déc - 9:47


vendre sa peau à l'ours avant qu'il ne vous tue ?

les nouvelles vont vite, déjà certains se précipitent... Il est vrai que les événements et décisions se sont enchaînés rapidement vers un tournant des perspectives à court et moyen terme au Proche-Orient... La prudence s'impose avec les articles diffusés par les blogs Contrepoints et AgoraVox, mais il reste les faits, qui parlent d'eux-mêmes... jusqu'à la prochaine fois

Poutine impose l’ordre russe au Moyen-Orient Éric Verhaeghe Contrepoints 20 décembre 2015


Kremlin by Larry Koester(CC BY 2.0)

Les dernières évolutions en Syrie montrent que la Russie impose sa vision du monde aux États-Unis et à l’Arabie Saoudite


Citation :
Poutine est-il le véritable maître du monde ? Les dernières évolutions en Syrie montrent, en tout cas, que la Russie est parvenue à imposer sa vision du monde aux États-Unis et à l’Arabie Saoudite. Derrière les vociférations anti-Poutine des médias subventionnés, c’est bien une défaite en rase campagne que l’Occident vient d’essuyer en Syrie.

Poutine a finalement sauvé Assad


On se souvient que Barack Obama n’avait, en Syrie, qu’une seule idée en tête : remplacer Bachar Al-Assad par un régime sunnite piloté depuis l’Arabie Saoudite. Dans sa vision diplomatique digne des plus grands rois de France et du général De Gaulle, François Hollande avait d’ailleurs épousé cette même vision, stimulé par quelques ventes de Rafale aux États du Golfe.

Les mauvaises langues soutiennent d’ailleurs que les États-Unis et la France n’ont pas hésité à armer l’État Islamique, à ses débuts, pour tailler des croupières au président syrien. Là encore, cette politique très inspirée a permis de nourrir un monstre qui a fini par arracher les barreaux de sa cage.

Hier soir, le Conseil de Sécurité a voté une résolution prévoyant des pourparlers de paix entre Assad et l’opposition, sauf les mouvements terroristes. Si, officiellement, la Russie se dit ouverte à un départ d’Assad après une période transitoire, les États-Unis et la France ont manifestement abandonné le préalable, posé jusqu’il y a encore quelques semaines, d’un départ de Bachar.

Poutine piétine l’Arabie Saoudite

Depuis plusieurs semaines, John Kerry s’agite à Vienne pour recoller les morceaux entre tout le monde. Cette agitation a donc servi à quelque chose : la voie est ouverte pour un règlement négocié à la question syrienne. En même temps, elle illustre la perte d’influence de l’Occident au Moyen-Orient : les États-Unis veulent négocier avant que la Russie n’ait définitivement imposé, sur le terrain, un rapport de force qui lui est favorable et qui permette de rétablir le régime d’Assad par une défaite militaire complète de « l’opposition ».

Le grand perdant de cette opération est évidemment l’Arabie Saoudite, qui tente désespérément de sauver ses billes sur le terrain. Non seulement les Saoudiens ont cherché à unifier l’opposition syrienne hors Daesh en organisant une conférence à Ryiad, mais ils ont tenté de monter une alliance militaire islamiste de bric et de broc pour résister à la reprise en main du territoire par l’armée syrienne épaulée par les Russes.

Pour Poutine, la prochaine étape consiste bien entendu à étouffer les mouvements islamistes soutenus par l’Arabie Saoudite et la Turquie pour créer un rapport de force totalement favorable sur le terrain et ainsi mieux négocier. La manoeuvre est triple. Premièrement, l’aviation russe bombarde sans relâche l’opposition syrienne (il semblerait que 80% des raids russes les visent, 20% seulement visent Daesh). Deuxièmement, les négociateurs russes et iraniens ont d’ores et déjà indiqué qu’ils refuseraient que les mouvements terroristes islamistes participent aux négociations de paix. Cet anathème devrait notamment viser le mouvement Ahrar al Cham qui a jugé que la conférence de Ryiad n’avait pas assez mis en avant « l’identité musulmane » du peuple syrien, et qui est le mouvement le plus puissamment armé sur le terrain. Troisièmement, la Russie devrait couper les bases arrière de ces mouvements en exigeant la fermeture de la frontière turco-syrienne.

Poutine profite de l’affaiblissement militaire de Daesh

Ces évolutions n’auraient évidemment pas été possibles sans un affaiblissement militaire manifeste de Daesh.

L’État Islamique vient de rater coup sur coup deux contre-attaques lancées récemment. L’une avait lieu dans le nord du pays. Ce sont les Kurdes qui l’ont repoussée. L’autre avait lieu du côté irakien, à Ramadi.

Après avoir semé la destruction partout où il est passé, notamment à Mossoul où toute présence chrétienne a disparu, l’État Islamique commence à envisager sérieusement sa défaite totale. Son installation à Syrte, en Libye, est bien connue. Face à la possible résistance occidentale à cet essaimage, il commence à préparer le terrain en Afghanistan.

Tout ceci annonce donc un balayage en beauté et explique largement que, face à la débâcle de l’EI, manifestement appauvri, l’alliance contre-nature arabo-occidentale cherche à négocier rapidement une sortie par le haut face à un Poutine qui avance sur le terrain et menace de ruiner tous les efforts anti-Assad menés depuis cinq ans.

Poutine face à l’Europe

Dans ce contexte d’évidente victoire russe, l’Europe joue les vassaux des États-Unis. L’Union a annoncé l’absurde prorogation des sanctions économiques contre la Russie dans l’affaire ukrainienne. Rappelons que ces sanctions frappent durement la filière viande française au profit des filières allemande, irlandaise et hollandaise. Mais le poids de l’agriculture française ne semble pas préoccuper le gouvernement français. Seuls les Italiens cherchent à tempérer la lutte anti-russe en Europe.

L’Allemagne a d’ailleurs décidé de pousser son avantage dans les relations avec la Russie, en proposant la réalisation du gazoduc North Stream, qui lui profite, après avoir bloqué le projet South Stream, qui profitait à l’Italie.

Le naufrage français grâce à Hollande

Pour François Hollande, cette trame d’événements constitue un naufrage complet. Non seulement il n’est pas parvenu à monter sa coalition anti-Daesh, mais la France n’existe plus en Europe sur le dossier russe.

Nous sommes décidément tombés bien bas.


article repris par AgoraVox, qui adore tout ce qui parle au nom du Peuple...

LA CAUSE DU PEUPLE

SYRAK. Poutine triomphe. Obama jette l'éponge.

Un nouveau rapport préparé par le Bureau du Président (OP) Poutine circulant dans le Kremlin d'aujourd'hui (17/12/2015) indique que des événements d’une importance historique viennent d’avoir lieu ces dernières 72 heures entre la Russie et les États-Unis. Ils consacrent la victoire totale du Président Poutine et la défaite de Barack Obama. Ce dernier vient d'ordonner un "repli stratégique pour réévaluation" des forces américaines opérant contre l’État islamique (Daech) et contre d’autres terroristes au Levant.

Citation :
Ceci signifie aussi une "débâcle complète" des médias américains, et plus particulièrement des deux supers menteurs de l’"Axe de la propagande" que sont le New York Times et le Washington Post, dont les mensonges éhontés sont maintenant patents pour le monde entier.

Selon ce rapport, dans une série de réunions tenues à Moscou entre le secrétaire d’État américain John Kerry, le M.A.E. Lavrov, et le président Poutine, les Russes ont soumis aux Américains un "avis immédiat" disant que « le jeu de gamins » des États-Unis en Syrie et en Irak était terminé et que l’option d'une guerre nucléaire entre l'Amérique et la Russie était "sur la table".

Après avoir présenté au secrétaire Kerry l'ensemble des preuves que la Russie possède, concernant les nations et les services de renseignement qui soutiennent DAECH, ainsi que des courriels secrets compromettants de l’ex-secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, et de l’actuel secrétaire à la Défense, Ash Carter, obtenus par le Service fédéral de sécurité (FSB) , Obama a immédiatement "jeté l’éponge" et a décidé des évènements historiques suivants en vue d'obtenir la paix dans cette région.

- Les USA ne demandent plus de changement de régime en Syrie, ce que demandait Obama il y a à peine 4 semaines.

- Le vice-président américain Joseph Biden a ordonné à la Turquie de retirer immédiatement ses troupes d'Irak, alors qu’il y a seulement 6 jours, le Département d’État américain a refusé de reconnaître l'existence de troupes turques en Irak.

- Le Pentagone a ordonné le retrait immédiat des avions de combat F-15 américains stationnés en Turquie et qui constituaient une menace pour les forces aérospatiales russes.

- Obama a accepté de se joindre à la Russie pour présenter une résolution à l'ONU visant à couper tout financement à Daech, et de sanctionner les États récalcitrants.

Afin d’aider Obama à changer d’attitude vis-à-vis de Daech, un autre document essentiel lui a été soumis. Il détaille les tentatives de DAECH, ces dernières semaines, de détruire ou de bloquer INTERNET au niveau mondial. En effet, une attaque massive a été menée par DAECH, qui, si elle avait abouti, aurait plongé les États-Unis dans un chaos total. L’expert en cyber sécurité bien connu, John McAfee, a averti que l’effet d’une telle attaque aurait été "plus dévastateur que toute guerre nucléaire».

Cette attaque a été lancée à partir de serveurs et d’adresses IP appartenant au gouvernement britannique , mais ce dernier prétend les avoir vendus à l'Arabie Saoudite.

Sachant qu’Obama a décidé de suivre Poutine, l'Arabie saoudite a immédiatement annoncé qu'elle formait sa propre coalition de 34 pays, essentiellement musulmans sunnites [1] , pour lutter contre l'État islamique sans le soutien américain, et que la Turquie considère comme une association idéologique plutôt qu'une alliance militaire.

Pour montrer que cette évaluation turque de la coalition saoudite contre l’État islamique est vraie, la première «attaque» de cette coalition a été lancée contre le candidat présidentiel américain Donald Trump et non pas contre des terroristes, alors que le président Poutine a salué Donald Trump en disant que c’est une personnalité brillante et talentueuse et qu’il est certainement le leader absolu de la course présidentielle .


Heureusement pour Obama, qui, évidemment, ne veut pas participer à la Troisième Guerre mondiale, le rapport conclut, que les Forces aérospatiales russes pourront désormais se concentrer entièrement sur le «coup de poignard dans le dos» du gouvernement turc (qui a abattu un bombardier russe au-dessus de la Syrie) sans trop se soucier des avions américains.


Le président Poutine a averti sans ambages les amis de l’État islamique :

Poutine a écrit:
«Ils [les autorités turques] pensaient que nous allions fuir, la queue entre les pattes ! Non, la Russie n’est pas ce genre de pays. Nous avons augmenté notre présence en Syrie, nous avons augmenté le nombre d'avions de combat. Il n'y avait pas de système de défense antiaérienne russe en Syrie. Maintenant il y a des S-400. Si, auparavant, la Turquie avait l’habitude de violer impunément l'espace aérien syrien, qu’ils essayent maintenant [2]. »



Les S-300 et S-400 russes clouent les avions américains au sol

Le déploiement par la Russie des systèmes sophistiqués de défense aérienne en Syrie, dans le cadre de la campagne aérienne de Moscou contre Daesh (ISIL) et d’autres terroristes, a forcé les Etats-Unis à mettre fin aux « vols habités » dans certaines parties du pays, dit un responsable du Pentagone.

Selon BloombergView de jeudi, le porte-parole du Pentagone actuel, Jeff Davis, a admis que ces systèmes de défense aérienne russes ont compliqué la situation pour la coalition menée par les USA dans le ciel syrien. Le gouvernement américain pourrait décider de reprendre les vols destinés à aider de ce qu'il appelle les « djihadistes «modérés», mais cela pourrait risquer d’entraîner un accident mortel avec l'armée russe, a ajouté le responsable.

La Russie a déployé son système de missiles de défense aérienne S-400 près de la ville syrienne de Lattaquié, suite à la destruction par la Turquie du bombardier SU-24 russe, le mois dernier.

Le S-400 a une portée d'environ 400 km et peut détruire des aéronefs tactiques et stratégiques ainsi que des missiles balistiques et de croisière.

Un débat a cours actuellement à Washington sur la façon de répondre.

Le responsable de l'administration a noté que les Russes visent à autoriser les vols américains habités sur certaines parties du ciel de la Syrie et de Washington semble avoir accepté "leur règle de jeu."

[1] Pompiers Pyromanes. Les Saoudiens vont lutter contre DAECH !!

[2] Les alliés des USA impuissants face à la guerre électronique russe
Citation :
Les tout nouveaux systèmes russes de guerre électronique permettant d'intercepter les signaux de l'ennemi et de les brouiller représentent un sérieux défi pour les armées des alliés américains qui organisent des manœuvres en Europe de l'Est, écrit le Wall Street Journal se référant à des militaires américains.

Les technologies à disposition des forces russes permettent non seulement d'identifier la source des émissions de signal de l'ennemi, mais également de mieux masquer leurs propres transmissions, ce qui permet de ne pas dévoiler les déplacements de troupes russes, écrit le quotidien.

D'après les représentants de l'armée américaine suivant le déroulement des exercices en Lituanie, la protection des communications représente la principale difficulté. En l'absence d'une telle protection, les alliés ne peuvent pas dire sur les ondes leur localisation où celle du commandement. Au final, les Américains ont dû envoyer dans les unités russes leurs sergents et envoyer des cryptages par leur biais.

Comme le rapporte le WSJ, les technologies de transmissions américaines permettent d'effectuer des communications d'un très haut niveau de confidentialité, mais en raison des restrictions portant sur l'exportation, ces transmetteurs ne peuvent pas être fournis aux alliés, c'est pourquoi ils reçoivent des modèles plus basiques.

source: http://fr.sputniknews.com/

Hannibal GENSERIC


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Dim 20 Déc - 10:28



Kurde à en mourir


Turquie : plus de 100 morts dans une opération militaire anti-PKK
Le Point.fr  AFP  20/12/2015

10 000 hommes ont été mobilisés pour cette offensive qui a tué en cinq jours 102 rebelles présumés du Parti des travailleurs du Kurdistan


Les offensives militaires se sont intensifiées ces derniers jours. Image d'illustration
© Anadolu Agency/ STRINGER

Citation :
Depuis cinq jours, une vaste offensive de la Turquie a fait une centaine de morts qui appartiendraient au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon un nouveau bilan annoncé dimanche par une source de sécurité locale. Au moins deux soldats et cinq civils ont perdu la vie dans les heurts, a-t-on précisé en outre de même source. L'armée a lancé mercredi dernier conjointement avec les forces spéciales de la police une opération d'envergure avec pour objectif de déloger les militants du mouvement rebelle des centres urbains.

10 000 hommes mobilisés

Au total, 10 000 hommes appuyés par des chars ont été mobilisés pour cette offensive d'une ampleur inédite qui se concentre sur deux villes près de la frontière syrienne et irakienne, Cizre et Silopi (province de Sirnak). Les deux localités sont sous couvre-feu. Un précédent bilan fourni par l'armée samedi était de 70 militants tués. Le chef des forces armées, le général Hulusi Akar, a rendu une visite à ses troupes samedi dans la région et a été informé de l'avancée de l'opération.

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, des combats meurtriers ont repris l'été dernier entre les forces de l'ordre turques et le PKK, faisant voler en éclats les pourparlers de paix engagés en 2012 pour mettre un terme à un conflit qui perdure depuis 1984. Les militants du PKK, surtout les jeunes, ont profité de deux ans d'accalmie pour s'implanter dans les villes, creusant des tranchées et érigeant des barricades pour empêcher l'entrée des forces de sécurité. Une stratégie qui a paralysé ces villes, forçant des dizaines de milliers d'habitants à fuir les combats.

Fort de la victoire de son parti aux élections législatives du 1er novembre, le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé sa volonté d'« éradiquer » le PKK. Ces opérations ont suscité l'indignation de nombreux opposants politiques et d'une partie de la société civile.


pendant ce temps, las, chez DDT21, où l'on doute de tout sauf de ses considérations comme étant essentielles, les théoriciens de la communisation à la retraite (un euphémisme), expliquent à qui ne l'aurait pas compris (des gauchistes, naturellement), que la résistance kurde ne fait pas la révolution, et qu'elle est peu ou prou de même nature étatique que Daesh : really !

dans Kurdistan ?, Gilles Dauvé fait ses gammes routines et rustines d'hier à aujourd'hui, spécialisé qu'il est depuis décennies (on ne peut être et avoir tété) comme modeste donneur de leçons de vraie révolution aux non-militants (pouah!) du monde entier - modeste, car il excelle dans le style sobre et la retenue : « Nous ne sommes pas là pour les « juger ». Ni pour perdre la tête. »


Citation :
Si certaines personnes en Europe et aux Etats-Unis voient dans de tels objectifs une annonce de révolution sociale, faute en est sans doute au « relativisme culturel ». A Paris, ce programme ne provoquerait que moqueries dans le milieu radical, mais « là-bas, c’est déjà pas mal… ».

Ceux qui font un parallèle entre Rojava et révolution espagnole devraient comparer ce Contrat social au programme adopté par la CNT en mai 1936 (et à la manière dont il s’est concrètement traduit deux mois plus tard).


bon alors, vous avez compris, oui ou non ? Pour faire la révolution, c'est pas l'heure, il va falloir attendre


bien qu'en pleine vigueur adulte, Tristan Leoni, l'homme aux pistolets pseudos d'or, qui désespère d'inventer quoi que ce soit de neuf en théorie communiste, ne fait ni dans l'art de la prudence ni dans le détail, mais plutôt dans l'amalgame, à cheval sur sa moto, dont les trépidations mettent à mort la démocratie et font trembler les États du monde entier :

Tristan Leoni a écrit:
La naissance d’un État n’est ni fréquente, ni attendrissante. Et le prématuré, le proto-État, bien que très fragile, est déjà nuisible. Avec l’actuelle restructuration du Proche-Orient, nous assistons à la constitution de nouvelles entités, les plus connues étant l’État islamique (EI) et le Rojava (Kurdistan occidental). Celui-ci, parangon de démocratie et de féminisme, serait un rempart contre la barbarie du premier. Car l’État islamique est un monstre, les images le prouvent.

Califat et barbarie


avec une pensée pour des amis et camarades kurdes de jeunesse, qui sont morts là-bas, dans la fleur de l'âge mais sans fleur au fusil, je souhaite à Gilles Dauvé et Tristan Leoni de mourir dans leur lit : ils l'ont bien mérité

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mar 22 Déc - 11:13


Etats-Unis et pouvoirs européens préparent de nouvelles opérations aériennes et terrestres contre la Libye
Thomas WSWS Gaist 22 décembre 2015

Comme l’indique un article paru dans le Guardian dimanche, les États-Unis et l'OTAN s’apprêtent à mener de nouvelles opérations militaires sur le territoire libyen

Citation :
Selon le journal britannique, les puissances occidentales font pression sur la coalition libyenne de « gouvernement d'union » nouvellement formée et réunie la semaine dernière sous la direction nominale du gouvernement maltais, pour qu’elle approuve des frappes contre des cibles de l’Etat islamique dans le pays (EI).

La première tâche du « gouvernement d'union » devait être de lancer « un appel à l'aide direct à l'Occident », a dit l'ambassadeur de l'UE en Libye. Le premier ministre britannique David Cameron a appelé la nouvelle coalition à agir en « gouvernement unifié et représentatif en Libye dans la lutte contre Daech [EI] ». Les régimes du Golfe aussi enverraient des forces à l'appui du « gouvernement d’union » soutenu par les impérialistes a dit le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond.

Le porte-parole du Département d'Etat américain John Kirby a promis que Washington soutiendrait la nouvelle coalition avec « un plein appui et de l’aide technique, économique et sécuritaire contre le terrorisme ». Dans sa conférence de presse de fin d’année, le 18 décembre, le président Barack Obama a fait allusion à des plans pour une nouvelle intervention militaire US-OTAN en Libye, affirmant que le pays faisait face à « une très mauvaise situation » suite à l'échec de l'OTAN à « reconstruire vite là-bas un gouvernement » après la guerre de 2011.

Le soi-disant «gouvernement d'union» ne comprend aucun des deux régimes prétendant actuellement exercer la souveraineté sur la Libye. Il ne comprend pas non plus les nombreuses autres factions fortement impliquées dans des combats au sol, où au moins six grandes milices tribales se disputent le contrôle des secteurs stratégiques de la côte. Parmi elles l'Armée nationale libyenne, Ansar al-Sharia, la Milice cyrénaïque anti-islamiste, l’Etat islamique, le Conseil révolutionnaire de la Choura et la coalition Libya Dawn (Aube libyenne) des soi-disant « islamistes modérés » et milices berbères.

Loin d’établir une quelconque unité ou stabilité réelle, le nouveau gouvernement a été concocté pour servir de feuille de vigne juridique à un nouvel assaut militaire des puissances impérialistes contre la Libye; celles-ci cherchent à exploiter le chaos politique produit par la guerre de 2011 pour mener une autre campagne de prédations néocoloniales contre l'Afrique et le Moyen-Orient. La Libye possède les plus grandes réserves de pétrole de l’Afrique.

La semaine dernière, les médias occidentaux ont parlé d’une menace croissante venant de la filiale libyenne de l'Etat islamique. Dimanche ils ont affirmé que les milices de l‘EI étaient sur ​​le point de saisir la ville clé d'Ajdabiya. Certains articles affirmaient qu’une telle victoire donnerait aux milices le contrôle d’​​une bonne partie de la richesse pétrolière du pays.

La nature sinistre de ces préparatifs de guerre est soulignée par le silence complet des médias américains sur ces développements. Une escalade imminente en Libye ouvrant un nouveau front dans une guerre qui englobe déjà l'Irak, la Syrie et le Yémen va être lancée dans le dos du peuple américain sans aucune discussion ou débat public.

La semaine dernière, une mission des forces spéciales américaines en Libye s’est terminée par une débâcle. Les commandos ont fait retraite précipitamment après avoir rencontré une hostilité inattendue des forces locales, selon le Guardian.

Les troupes déployées pour « favoriser les relations », auraient été retirées peu de temps après leur déploiement quand il fut clair que les forces libyennes contrôlant la zone étaient hostiles à la présence américaine. Avant de partir, les soldats américains, en civil, munis de fusils à silencieux et optique de haute technologie, se sont fait prendre en photo devant un aéroport libyen.

Dimanche, l’émission NBC News informait les téléspectateurs que les commandos américains étaient secrètement déployés en Libye « depuis un certain temps », « entrant et sortant » du pays, selon des commentaires de responsables américains anonymes.

On savait déjà que les forces spéciales américaines avaient mené de vastes opérations en Libye avant 2011, les États-Unis et l'OTAN cherchant alors à mobiliser des milices islamistes pour des guerres contre les gouvernements libyen et syrien. Le reportage de NBC, un de ceux peu nombreux produits la semaine dernière avant que l'histoire ne soit enterrée par la presse américaine, souligne le fait que les forces américaines ont continué à mener des opérations secrètes en Libye depuis la fin officielle de la guerre.

Ces preuves d’opérations secrètes américaines en Libye surviennent dans le contexte des préparatifs des puissances impérialistes pour des opérations terrestres et aériennes au nom de la lutte contre les forces djihadistes islamistes. Ce sont les mêmes milices que les agences de renseignement américaines et européennes et leurs alliés régionaux comme l'Arabie saoudite ont financés et armés dans la guerre ayant conduit au renversement et à l’assassinat de Mouammar Kadhafi en Libye et qui furent ensuite déployées contre le président Bachar al-Assad en Syrie.

Les propositions les plus agressives de nouvelles opérations en Libye ont été faites par Londres qui s’est concerté avec l'Italie pour développer une stratégie qui enverrait des forces terrestres considérables pour occuper des parties de l'ancienne colonie italienne. La Grande-Bretagne se prépare à déployer au moins 1000 soldats dans le cadre de plans de formation de nouvelles milices soutenues par l'Occident et d’une jonction avec des éléments politiques pro-occidentaux, selon Al Alam.

Plus tôt ce mois ci, le premier ministre français Manuel Valls a précisé que la France allait renouveler ses propres opérations contre la Libye, déclarant, « [N]ous avons un ennemi, Daech, l’Etat islamique, que nous devons combattre et écraser, en Syrie, en Irak et demain sans doute en Libye ».

La semaine dernière, dans un rapport à l'ONU, le gouvernement britannique a affirmé que l’EI considérait la Libye comme «la meilleure opportunité pour étendre son soi-disant califat » et que le groupe islamiste avait établi de nouvelles zones sécurisées et de transit en Afrique du Nord en réponse à l’escalade des opérations par les puissances occidentales en Syrie et en Irak.

L’armée française effectue déjà des missions de reconnaissance en vue de la nouvelle campagne, y compris sur la ville de Syrte, détruite par la campagne de bombardements de 2011. Les médias faisant des déclarations tonitruantes que des centaines de combattants de l’EI se sont rassemblés à Syrte, la ville semble être une fois de plus dans le collimateur des puissances occidentales.

La « guerre contre l’EI » est devenue le prétexte tout-usage pour un nouveau dépeçage impérialiste du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

(Article paru en anglais le 21 décembre 2015)


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mer 30 Déc - 15:36

pour info et pour infos, la suite de l'article de Tristan Leoni chez Gilles Dauvé, DDT21

Califat et barbarie (deuxième partie) 29 décembre 2015


quelques remarques rapides

plus intéressant à mon goût que la première partie, l'analyse est fouillée et bien documentée dans plusieurs directions. Difficile à dire si le tout est bien cohérent, mais c'est un peu dans la nature du phénomène EI/ Daesh de poser plus de questions que de permettre des réponses. Quelques-unes de Tristan Leoni recoupent les nôtres et les thèmes déjà évoqués avec Olivier Roy et Alain Bertho

le premier point qui me semble plus étrange, et qui ne se justifie pas selon moi par le sujet posé comme tel de Daesh/EI dans la région où il tente de construire un État territorial, c'est que la progression en Libye ne soit pas évoquée, qui recoupe pourtant la thèse "califat"

le deuxième est que nulle part ne sont évoqués les intérêts occidentaux comme enjeu de l'intervention de la coalition derrière les États-Unis, ni même le "bras de fer" avec la Russie

troisième point relevé : tout au plus sont les pays européens sont-ils cités pour la population qui émigre pour s'enrôler au service de Daesh ou plus prosaïquement pour s'y faire une meilleure place au soleil qu'à l'ombre des quartiers populaires ou de secteurs urbains pour les couches sociales plus "favorisées", et dans une proportion surprenante de non "Arabes" se convertissant à l'Islam. C'est ici que les remarques de Tristan Leoni sont les plus percutantes

quatrième point : les remarques sur la/les religions me paraissent d'un côté justes dans les limites de classe qu'elles imposent comme « aliénation » par le seul fait de croire en un dieu, au demeurant possiblement terrestre, d'un autre assez éloignées du sens de la critique de Marx ramassé dans la formule « La religion est l'opium du peuple » (il faudrait écrire ici « du prolétariat »),

on perçoit chez Leoni une critique d'obédience plus anarchiste (« Ni dieu ni maître ») que marxienne, défaut d'analyse qui recoupe l'absence dite plus haut de critique des enjeux capitalistes occidentaux dans la crise économique et politique que traversent ces pays encore dominants, même s'ils tirent des ficelles bien usées

il n'y a au fond aucune analyse géo-stratégique des intérêts croisés des multinationales et des États-nations dans leurs diverses alliances concurrentes pour le taux de profit

au total, on a un texte plaisant à lire, bourré d'informations concrètes, mais fort peu réaliste au sens d'une prise en compte réelle du caractère global du capitalisme actuel et de sa crise en quête de restructuration  : celle-ci me semble bien vue au niveau régional de reconfiguration des frontières, mais le sens qu'elle a comme crise de l'économie politique mondialisée me semble absent. Le paradoxe, mais il en va souvent ainsi avec de nombreuses analyses actuelles, c'est qu'elles semblent bien ancrées dans des situations concrètes, mais complètement hors sol d'une analyse globale, et pour le coup structurelle

on aurait ainsi le symétrique de Théorie Communiste, dans sa tendance à la conceptualisation structuraliste abstraite, quelque chose de très concret, mais dépourvu de compréhension du monde comme totalité en double crise de l'Occident et du capital

PS : par simple curiosité, j'ai posté ces remarques en commentaire de l'article chez DDT21

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Lun 4 Jan - 20:47



Libye: le groupe jihadiste EI tente de s’emparer d’une zone pétrolière RFI Afrique 04-01-2016

http://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_16x9_1024_578/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/2014-12-25T183302Z_2106502262_GM1EACQ06YO01_RTRMADP_3_LIBYA-SECURITY-OIL_0.JPG
Trois réservoirs de pétrole étaient en feu, dans un terminal de l'est de la Libye, en décembre 2014.
© REUTERS/Stringer

Citation :
Comme en Irak et en Syrie, le groupe Etat islamique (EI) tente désormais de faire main basse sur le pétrole en Libye. Dimanche 3 janvier, au matin, le groupe a mené plusieurs attaques contre les principaux terminaux pétroliers d'al-Sedra et de Ras Lanouf, dans le nord du pays, et dont la production est à l'arrêt, depuis plus d'un an. Le groupe jihadiste EI revendique aussi la prise de la ville de Ben Jawad, à 160 km à l'est de son fief de Syrte où les combats se poursuivent encore.

Dans sa propagande, ces derniers mois, le groupe Etat islamique avait promis de s'emparer de la manne pétrolière en Libye. Dimanche matin, l'organisation est donc passée à l'action. Plusieurs dizaines de ses pickups, lourdement armés, partis de son fief de Syrte ont d'abord attaqué par surprise Ben Jawad, verrou stratégique vers le croissant pétrolier libyen.

En fin de matinée, les jihadistes revendiquaient, sur Internet, le contrôle total de cette ville côtière. Ben Jawad est située à 600 km à l’est de Tripoli, à 130 km à l'est de Syrte et à 30 km de Nofilia, ville tenue par l'EI. Cependant et selon des sources locales, des combats s'y déroulaient encore dimanche soir.


Au même moment, plusieurs attaques kamikazes étaient lancées contre les terminaux pétroliers de Ras Lanouf et d'al-Sedra pour ouvrir la voie aux jihadistes. Un assaut meurtrier, mais sans succès pour le groupe EI pour le moment. Dans l'après-midi, en effet, les jihadistes ont été repoussés par des forces locales qui s'attendent à de nouveaux assauts.

Avant la guerre, ces terminaux pétroliers, à l'arrêt depuis plus d'un an, exportaient près de 80% du brut libyen. Ils sont aujourd'hui sous la garde d'une milice locale autonomiste revendiquant près d'un millier de combattants.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Jeu 7 Jan - 14:48

L'armée de l'air allemande fait son entrée dans la guerre en Syrie Johannes Stern WSWS 7 janvier 2016

Mardi 6 janvier, quatre avions de combat Tornado de l'armée de l'air allemande ont été déployés à la base aérienne turque d'Incirlik en appui à la guerre contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie. Selon la Bundeswehr (armée allemande), les tornados effectueront leurs premières sorties vers la fin de la semaine. Le 12 janvier, ils seront rejoints par deux autres avions de chasse


Citation :
Les Tornado sont équipés de caméras très sensibles capables de surveiller tout mouvement au sol et de détecter des combattants ennemis. Selon des informations des médias, ils transmettront des données en direct identifiant des cibles pour les militaires américains, français, britanniques et arabes qui participent à la guerre. Si la tâche officielle des Tornado est la surveillance, ils sont armés de missiles sophistiqués air-air infrarouges IRIS-T à courte portée et de canons Mauser de 27mm utilisable sur des cibles au sol et dans l'air.

Tant du point de vue historique que politique l'importance de ce développement ne peut être surestimée. Seulement 70 ans nous séparent de la fin de la Seconde Guerre mondiale. La Luftwaffe a été assimilée à la sauvagerie et à la brutalité de la machine de guerre nazie et aux ravages qu'elle a alors causés à travers l'Europe, l'Union soviétique et l'Afrique du Nord. Le bombardier en piqué Stuka et le hurlement de ses sirènes ont inspiré la terreur aux innombrables victimes des 'blitzkrieg' de l'impérialisme allemand qui ont dévasté des villes comme Varsovie et Stalingrad à l'Est ou Rotterdam et Londres à l'Ouest.

Même avant les tapis de bombes lancés sur Varsovie en 1939 la Luftwaffe s'était imposée comme instrument de meurtre de masse par l'incinération de Guernica en 1937 pendant la guerre civile espagnole.

Après la guerre et la révélation des crimes horribles de l'impérialisme allemand, la position officielle de la classe dirigeante allemande fut de renoncer à la violence militaire. Bien que cette façade se soit de plus en plus érodée après la dissolution de l'Union soviétique et la réunification allemande il y a un quart de siècle, c'est ces deux dernières années que, poussée par les impératifs du capitalisme allemand et la crise mondiale ayant éclaté en 2008, la bourgeoisie allemande a répudié sa retenue militaire et annoncé son retour au militarisme et à la 'realpolitik' du passé.

L'entrée de la Luftwaffe dans la guerre syrienne, appuyée par quelque 1.200 soldats allemands et une frégate, ouvre un nouveau chapitre inquiétant de la résurgence du militarisme allemand. Elle advient deux ans après que le président Joachim Gauck, la ministre de la Défense Ursula von der Leyen et le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, ont proclamé « la fin de la retenue militaire» à la Conférence de Munich sur la sécurité en janvier 2014. Attirant l'attention sur les intérêts économiques et géopolitiques sous-tendant le retour de l'Allemagne à la politique de grande puissance, Steinmeier a déclaré de manière provocante que l'Allemagne était « trop ​​grande et trop importante» pour se limiter « à simplement commenter depuis la touche la politique mondiale »

Les commentaires récents d'hommes politiques en vue, de journalistes et d'universitaires rendent encore plus claires les profondes implications de ces déclarations. L'intervention allemande actuelle n'est qu'un début. On exige entre autre de nouvelles armes pour la Bundeswehr, l'extension des interventions militaires allemandes au Moyen-Orient et en Afrique dont un déploiement de troupes terrestres allemandes en Syrie et la réintroduction du service militaire obligatoire.

La veille de la nouvelle année, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans un long entretien avec Bild am Sonntag, a appelé à « plus de déploiements, plus d'argent pour les forces armées et plus de soldats» ainsi qu'à la création d'une « armée européenne ».

Il a exposé les plans du gouvernement allemand pour 2016: « Ma prédiction pour l'an prochain est que l’idée prévaudra que la crise des réfugiés ne peut qu’être résolue ensemble. Pour l'Allemagne, cela signifie cependant que les sollicitations extérieures pour ce qui est de la politique étrangère et de sécurité sont peut-être plus grandes que nous le souhaiterions. Nous ne saurons stabiliser le Moyen-Orient sans un engagement européen plus fort. La même chose vaut pour l'Afrique.

Pour paraphraser Trotsky, tout les hommes politiques bourgeois allemands ne sont pas des Hitler, mais il y a un peu de Hitler dans chaque politicien bourgeois allemand.

Comment expliquer ce renouveau rapide et véhément du militarisme allemand ?

Comme dans les années 1930, les élites dirigeantes allemandes réagissent à la crise profonde du capitalisme mondial et du système d'Etats-nations sur lequel il est fondé par des appels à la politique de grande puissance et de la guerre. Analysant les forces objectives qui conduisaient à la montée agressive de l'impérialisme allemand, Trotsky écrivait en 1932: « Plus s'affirme le caractère dynamique des forces productives en Allemagne, plus ces dernières étouffent dans le système étatique de l'Europe, semblable au "système" de cages d'une minable ménagerie provinciale ».

Les conséquences de la tentative des élites allemandes de sortir de ce «système de cages » sont bien connues. En 1933, Hitler fut nommé chancelier et la tentative ultérieure par l'Allemagne nazie de «conquérir l'Europe pour régner sur le monde » laissa des pays entiers en ruines et coûta la vie à des millions de personnes.

Soixante-dix ans après la défaite militaire de l'Allemagne nazie, il est évident que l'ordre d'après-guerre n’a résolu aucun des problèmes ou des contradictions qui conduisirent à deux guerres mondiales au XXe siècle.

Bien que l'Allemagne se réarme actuellement dans le cadre de l'OTAN et que la Luftwaffe fonctionne dans le cadre de la coalition menée par les USA contre l’EI, il ne peut y avoir aucun doute que l'escalade de la guerre pour un nouveau partage du Moyen-Orient, et la lutte pour le contrôle de l'Europe de l'Est et de l’Eurasie conduira à des tensions et des conflits croissants entre les Etats-Unis et l'Allemagne.

L'élite dirigeante allemande élabore depuis longtemps des plans pour la poursuite de ses propres intérêts nationaux. Un document stratégique de la Fondation Konrad Adenauer liée à l’Union chrétienne-démocrate et publié en 2001 définit l'«intérêt allemand fondamental » au Moyen-Orient comme suit: « Il s'oriente vers la stabilisation des États et pays affectés de manière à empêcher une mise en danger de la sécurité [de l'Allemagne] et de ses partenaires européens, vers la garantie d'un approvisionnement sans entraves en matières premières et la création de possibilités d'exportation pour les entreprises allemandes ».

L'étude souligne l'importance des « marchés d'exportation des Etats-clés de la région (Egypte, Turquie, Iran), mais surtout des Etats solvables du Golfe » pour l'économie allemande axée sur l'exportation. Il était donc approprié « de contribuer à sécuriser les marchés de vente, d'obtenir autant que possible l'accès sans entrave aux marchés et de défier les concurrents tels que les Etats-Unis, les Etats d'Europe de l'Est, mais aussi les Etats industriels d'Extrême-orient ».

Ces derniers mois, les tensions croissantes entre l'Union européenne dominée par l'Allemagne et le gouvernement droitier nationaliste en Pologne, orienté vers une alliance étroite avec l'impérialisme américain dans sa marche vers la guerre contre la Russie, ont plus encore révélé les divisions entre grandes puissances. La Frankfurter Allgemeine Zeitung s’est récemment plainte de la «vision» polonaise d'un « Intermarium, une alliance d'États allant de la mer Baltique à la mer Noire comme contrepoids à la Russie et à l'Allemagne, nouvel Hégémon de l'Europe ».

L'entrée de la Luftwaffe dans la guerre syrienne ouvre une nouvelle étape dangereuse dans la militarisation du capitalisme mondial.

(Article paru en anglais le 6 janvier 2015)


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mer 3 Fév - 12:40


ne rien tenir et faire douter de l'essentiel ?




après Califat et barbarie, de Tristan Leoni, encore un texte de DDT21 qui, supposé écrit par un ou des communistes, met vraiment mal à l'aise. Le mot de capitalisme y figure à peine, en est déconnectée une critique de l'État, des États et de la démocratie... Mes commentaires dessous


Ennemi Intérieur : le Monstre sur le seuil DDT21 janvier 2016


« Obéir aux forces de l’ordre. […]
Garder les mains levées et ouvertes. »

(affiche gouvernementale, décembre 2015)

DDT 21 a écrit:
État et état de guerre

La France n’est pas partie en guerre contre l’État islamique (EI) pour défendre les Droits de l’Homme ou ceux des femmes, mais pour préserver des intérêts (pas seulement pétroliers), et sa place de grande puissance. Que les attaques de l’EI en soient la riposte ou bien qu’elles visent « notre mode de vie » importe peu pour les victimes. Quand les États font la guerre, leurs armées se combattent, mais prennent aussi pour cible la population de l’État adverse. Les habitants du territoire contrôlé par le Califat sont malgré eux victimes « collatérales » des bombes françaises. Les habitants du territoire contrôlé par l’État français sont malgré eux victimes des assassins au service du Califat.

La différence, c’est que les avions de la coalition anti-E.I. ne visent pas systématiquement et délibérément les civils, alors que le 13 novembre 2015 les djihadistes voulaient tuer des Parisiens qui n’étaient ni militants ni soldats. Chaque État massacre comme il peut. Gageons que si l’EI disposait d’une aviation capable de réduire en gravats le palais de l’Élysée ou l’hôtel de Brienne, il l’utiliserait. En vérité, la guerre fait de chacun de nous l’otage de son État, cible potentielle des bombes, des balles ou des attentats-suicide du camp d’en face. Et, quelle que soit la radicalité de nos opinions ou notre dégoût, elle nous renvoie aussi à un état de « citoyen », voire de « Français ».

Chacun à sa façon et selon ses besoins, tout Etat est oppresseur. L’EI l’est plus visiblement que d’autres.
Dans la course à l’horreur, les candidats ne manquent pas, mais l’opinion publique ne retient que les horreurs commises par ceux que l’Etat lui désigne comme ennemi. Quand en 1965 la prise du pouvoir par les militaires a fait basculer l’Indonésie dans le camp occidental, 500.000 personnes ont été tuées en quelques mois ; elles restent pourtant sans existence pour les consciences françaises ou américaines.

L’Etat, c’est l’état d’urgence

L’État, ce sont des lois qui régissent la société, et un monopole de la violence légitime pour les faire respecter. Etat d’urgence, état de siège, état de guerre… l’existence « normale » de l’État contient la possibilité d’un état d’exception. Toutes les constitutions démocratiques ont prévu les mesures légales qui limitent ou suspendent les libertés publiques au nom de l’ordre et de la sécurité. C’est l’État qui décide ce qui sera considéré comme normal ou traité comme exceptionnel. Mais l’exception peut aussi devenir la nouvelle norme : Vigipirate est en place depuis 1991 et depuis longtemps à son niveau maximal.

Quand la guerre menée par l’État à l’extérieur entraîne des représailles à l’intérieur, l’État offre à la population une protection qui se confond avec un contrôle. La protection a un coût (il va falloir « choisir entre la sécurité ou la sécurité sociale ») et un prix : la liberté (celle du citoyen).

Car traquer la très petite minorité dangereuse implique de repérer et neutraliser ceux qui sont susceptibles de la rejoindre. Depuis le 13 novembre 2015, « radical » est un gros mot. Il serait urgent de dé-radicaliser celui ou celle que policiers, journalistes ou psy désigneront comme tel, c’est-à-dire urgent de l’enfermer et de le soigner. Demain, sera « terroriste » tout partisan d’une rupture sociale. Après-demain, écrire sur Internet qu’il faut détruire l’État et le capitalisme vaudra au site une fermeture administrative pour « apologie de terrorisme ».

Guerre au Monstre ?

« Les mots, du reste, ont fini de jouer. Les mots font l’amour », écrivait Breton en 1922. Ils font aussi la guerre.

Quand la démocratie déchaîne sa violence, en attendant d’éradiquer l’EI, elle monte dans des extrêmes verbaux inaccoutumés : confusion, déclamation, péjoration («  fanatisme », « barbarie »), euphémisation (« frappe » au lieu de « bombardement »), et multiplication des superlatifs (« guerre totale », « hyper-terrorisme », « sans merci », « extermination »). L’État démocratique et le Monstre étant les deux pôles opposés, le vocabulaire doit montrer l’infini qui les sépare ; d’où le fait de refuser à l’EI le qualificatif d’État (car il est bien connu qu’un véritable État ne peut commettre de telles horreurs).

Le citoyen est alors sommé de confirmer son allégeance. Le choix est aisé car les ennemis de l’État ne sauraient être que ceux du Genre humain et de la Civilisation. Le 20 novembre 2015, le Conseil de Sécurité de l’ONU unanime a qualifié l’EI de « menace sans précédent à la paix et à la sécurité internationale ». Sans précédent ? C’est pourtant que l’on nous a dit déjà en 1914 (il fallait partir au front pour éviter « l’extinction de la civilisation »), en 1939, pendant la Guerre froide, contre les « terroristes » du FLN, etc. Nasser fut un « nouvel Hitler », plus tard Saddam Hussein aussi. « La guerre, c’est la paix », proclame le régime totalitaire de 1984. La démocratie moderne dit presque la même chose : « Je pars en guerre pour la paix. »

Démocratie dictatoriale


La démocratie, expliquait Debord en 1988, veut être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. Mais elle les comprend et les traite différemment de la dictature.

La dictature est une. Elle bloque la circulation des idées et des personnes, et exclut le déviant. L’information qu’elle accumule sur la société est tenue secrète. Elle entend tout savoir pour ne laisser exister qu’une vérité officielle. Elle idolâtre l’autorité, ossifie principes et traditions, brise toute contestation et chez elle le bon citoyen est celui qui obéit aveuglément.

La démocratie est plurielle. Elle fait circuler marchandises, idées et personnes, et n’interdit que là où elle voit une menace directe. Elle laisse s’exprimer pour filtrer le danger réel et le neutraliser. Confrontée aux contestations, elle favorise l’émergence de l’inoffensif qu’elle pourra intégrer. Elle dévitalise la critique, canalise et réprime seulement ce qui passe les bornes. Son bon citoyen est celui qui a appris à se modérer. Et s’il ne se modère pas ? Alors la tolérance montre ses limites.

En temps supposé normal, les démocrates pratiquent seulement le pire hors du pays, aux colonies autrefois, dans l’ex-tiers-monde aujourd’hui. Mais la république française en « état d’urgence » se donne le droit de décider qui est suspect non plus sur ses actes, ni même l’expression publique de ses idées, mais sur son « comportement ». Comme dans Minority Report, l’utopie policière est de repérer le suspect avant qu’il agisse. Déjà des logiciels couplés à des caméras de vidéosurveillance détectent le mouvement inhabituel ou le geste hors norme. Si la révolte s’exprime beaucoup moins que dans les années 70, c’est aussi qu’elle est plus contenue, refoulée, il faut donc aller la traquer à l’intérieur des têtes, et la traiter comme une pathologie sociale. Répression et prévention vont de pair : déradicaliser, c’est interrompre le processus de radicalisation avant un éventuel passage à la violence (dont la définition se doit être souple et variable). De la notion de danger, on glisse à celle de « dangerosité ». Si la démocratie a parfois des allures de dystopie totalitaire c’est qu’on passe aisément d’un système à l’autre en fonction des nécessités.

Réprimer. Par tous les moyens nécessaires. Contre Le Monstre, le vrai, l’indicible et l’innommable, c’est-à-dire le prolétaire, tout est permis. C’est lui le vrai danger, que l’on contient de diverses façons, y compris en le mobilisant contre des ennemis extérieurs et intérieurs. En dernier recours, le rempart de l’ordre social, ce seront toujours la police et l’armée : justice et médias suivent. Le jour où elle en a besoin, la démocratie déploie la panoplie complète des méthodes dictatoriales, y compris le massacre de masse habituellement réservé aux « non-civilisés ». La contre-insurrection de juin 1848, avec des milliers de morts dans les combats, plus 1.500 fusillés sans jugement a montré qu’« on peut en plein Paris faire la guerre comme en Algérie » (Marx)

* * *

Nous ne sommes pas au bout de nos peines. En situation « historiquement défavorable », quand l’État crée un « nous » pour faire oublier que tous les États nous font la guerre, le minimum est de rompre le consensus, ce qu’ont fait les rassemblements, défiant l’interdit, le 29 novembre 2015.

Et ne pas faire à l’État le plaisir de céder à la résignation ni au confusionnisme politique qu’imposerait l’urgence. Ne cédons pas à l’état d’urgence, prenons notre temps. L’histoire réserve des surprises, et pas toutes désagréables.

non l'État ce n'est pas que « l'état d'urgence » au sens d'appareil répressif militaire et policier, ou de « démocratie dictatoriale », c'est d'abord l'État pour le capital, et il suffit d'écouter Macron sur les 35 heures, Badinter sur le Code du travail, ou de lire les infos sur les diminutions envisagées de la couverture chômage pour savoir que l'économie politique tire les ficelles

on a ici la continuité et l'approfondissement de la position théorique constante chez Dauvé et troploin, critiquée sur ce point à juste titre par Théorie Communiste, et leur appartenance à une critique in fine plus anarchiste qu'héritée de Marx (on ne s'étonne donc pas de liens privilégiés et réciproque avec la blog radio Vosstanie, par exemple (en ce moment soutien à la librairie Discordia, avec Yves Coleman et non-fides, hommage à Karl Nesic en référence à des textes anciens, comme s'il n'avait rien écrit en 2012, bizarre conception du respect dû aux morts...)

affirmer que « La différence, c’est que les avions de la coalition anti-E.I. ne visent pas systématiquement et délibérément les civils, alors que le 13 novembre 2015 les djihadistes voulaient tuer des Parisiens qui n’étaient ni militants ni soldats. » fait peu de cas du compte des morts, et si ce genre de comptabilité morbide est sans fin, Livres noirs d'un camp contre l'autre, c'est comme pour Israël et Gaza, il faut tout de même comparer ce qui est comparable en quantité et qualité, quand la première passe le seuil de la seconde

« Gageons que si l’EI disposait d’une aviation capable de réduire en gravats le palais de l’Élysée ou l’hôtel de Brienne, il l’utiliserait »... Certes, mais il n'en dispose pas et comme dit Adé répondant à Pepe sur le fait que le racisme fut conjoncturellement le fait de l'Occident blanc, « si on pouvait mettre Paris dans une bouteille, il se retrouverait …au Havre. Imagine ». Depuis quand de supposés marxistes critiquent-ils la réalité comme si elle était autre ?

la décadence de cette théorie se lit dans sa tendance de plus marquée à l'idéalisme et aux raisonnements abstraits, à la sélection des faits et à l'auto-contemplation de sa radicalité supposée plus radicale que les autres, mais qui prend de moins en moins les choses aux racines, car elle n'est pas unique et même concernant le rapport entre État-nation et Capital, encore faut-il aller au bout d'une critique communiste décoloniale de l'État-nation : de l'État ET de la nation / une urgence stratégique

reste la condamnation de l'État d'urgence, et bien d'accord, « Demain, sera « terroriste » tout partisan d’une rupture sociale. Après-demain, écrire sur Internet qu’il faut détruire l’État et le capitalisme vaudra au site une fermeture administrative pour « apologie de terrorisme »., mais pour conclure « En situation « historiquement défavorable », quand l’État crée un « nous » pour faire oublier que tous les États nous font la guerre, le minimum est de rompre le consensus, ce qu’ont fait les rassemblements, défiant l’interdit, le 29 novembre 2015 », ça ne pisse pas plus loin qu'un Claude Guillon ou les condamnations démocrates, politiques et syndicales appelant à ces rassemblements au demeurant un peu vains, puisque seuls compteront les luttes sur le terrain concret de l'affrontement de classe en tant qu'il est économique et social, dans une conjoncture où le racisme n'est pas n'importe lequel non plus, dans la crise tous azimuts de la modernité occidentale

il est bien question, à propos de l'Indonésie en 1965, d'un « camp occidental », mais la question n'est pas creusée, laissée en jachère théorique, comme s'il ne fallait surtout pas y toucher, en attendant la révolution universelle unicolore : Marx ou Benetton ? Ailleurs il est dit « La démocratie moderne dit presque la même chose : « Je pars en guerre pour la paix. » », mais cette rhétorique de la guerre pour la paix ou la civilisation des "barbares" n'est pas un attribut d'une « démocratie moderne » abstraite, c'est le discours occidental par excellence et depuis les Croisades !


Norman Ajari a écrit:
Loin de fonder une éthique des luttes de libération, l’idée d’une guerre visant à en finir avec les guerres réitère au contraire un argumentaire impérialiste vieux de plusieurs siècles. La raison pour laquelle les grands auteurs européens ont, avec une si remarquable constance, assimilé sans vergogne la guerre à la paix, c’est que l’extrême violence elle-même ne procède pas d’une non-éthique de la guerre mais d’un idéal de la paix qui marche main dans la main avec les imaginaires de l’homogénéité précédemment évoqués.

L’ordre institué par les États européens s’est généralement représenté et pensé lui-même comme non violent. Sa caractéristique la plus constante, des massacres du XVIe siècle aux crimes policiers d’aujourd’hui, c’est la qualification de ses crimes comme autant d’application d’une justice sans médiation. Il s’efface systématiquement des actes brutaux qu’il commet et refuse d’assumer son implication.

Ce qui caractérise un tel ordre, ce n’est pas la violence, mais son déni. En effet, la notion de violence implique analytiquement celle de responsabilité : il est impossible de penser qu’une violence s’exerce sur un individu sans envisager en même temps le responsable de cette violence. Or, dans la colonialité, la responsabilité des violences s’exerçant sur les damnés de la terre est structurellement inassignable. Comme l’écrivait James Baldwin, « ce qui n’est pas admissible, c’est que les responsables de tels ravages soient aussi innocents. C’est leur innocence qui constitue leur crime » (La Prochaine Fois, le feu, 1963)

Être et Race. Réflexions polémiques sur la colonialité de l’être Norman Ajari cité dans sur les 'RACES' : dépasser racismes et antiracismes, racisations et racialisme 31 janvier 2016

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mer 3 Fév - 15:58


en commentaire du texte précédent


pepe a écrit:
03/02/2016 En parallèle de cet article et surtout, en complément de « Califat et Barbarie« , sur le même site, un article sociologique très documenté et très intéressant, ICI

ICI est LÀ : L'Etat islamique est une révolution Scott Atran L'Obs 02-02-2016

j'y reviendrai peut-être, mais je me contente de la chute

Scott Atran a écrit:
Les civilisations s’élèvent et s’effondrent selon la vitalité de leurs idéaux culturels, pas seulement selon le poids de leurs actifs matériels.

L’Histoire nous apprend que la plupart des sociétés cultivent des valeurs sacrées pour lesquelles leurs peuples sont prêts à se battre passionnément, à risquer des pertes sérieuses et même la mort, sans faire de compromis.

Notre recherche suggère qu’il en est souvent ainsi pour ceux qui se joignent à l’EI, et pour de nombreux Kurdes qui s’opposent à lui sur les lignes de front. Mais jusqu'à présent, nous ne trouvons aucune volonté comparable chez la majorité des jeunes dans les démocraties occidentales. Avec la défaite du fascisme et du communisme, la recherche de confort et de sécurité ne semble pas suffire à combler leur vie. Suffit-elle à assurer la survie - à défaut du triomphe -  des valeurs que nous pensons acquises, et sur lesquelles nous avons la conviction que le monde est fondé ? Plus que la menace que font peser les djihadistes, ces questions représentent le principal problème existentiel de nos sociétés ouvertes.  

"nos" sociétés occidentales ne sont pas « ouvertes », mais au contraire de plus en plus fermées aux autres et sur elles-mêmes. Leurs « idéaux culturels » (leurs "valeurs") n'ont plus aucune « vitalité ». La vitalité de l'islamisme est un complexe de vie et de mort qui n'a aucune capacité à construire une autre civilisation, mais il surfe sur la crise de l'Occident et l'accroît sans pour autant s'ancrer positivement dans une lutte décoloniale dont il n'est qu'un cancer, et un cancer capitaliste dans le miroir de la civilisation capitaliste occidentale

Citation :
Dans ce long texte, l'anthropologue Scott Atran, spécialiste du terrorisme, explique pourquoi, en fermant les yeux sur la capacité d'attraction de l'EI, l'Occident commet une erreur stratégique majeure.

j'avais effectivement mis en doute une façon d'aller vite en besogne de la part de Tristan Leoni, qui ne faisait que reprendre ce qui se disait dans certains cercles médiatico-politiques, même si cela n'atteignait pas alors la grande presse

Tristan Leoni a écrit:
Califat et barbarie (première partie) novembre 2015

Les jours du Califat sont sans doute comptés, mais la question, elle, demeurera : Pourquoi ça marche ?

Califat et barbarie (deuxième partie)  décembre 2015

Devant l’incertitude

[...] la partie est de toute façon mal engagée pour un Etat qui ne bénéficie pas de l’immensité ni de l’éloignement d’un territoire où construire son « utopie ». L’entrée relative de la Turquie au sein de la coalition internationale anti-Daech change la donne en perturbant ou bloquant des flux vitaux. Le temps s’écoulant particulièrement vite ces dernières années, le Califat ne pourra sans doute pas toucher à un quelconque pain blanc. Sauf surprise historique de taille, comme l’effondrement de l’armée syrienne, suivi d’une chute de Damas et de la déstabilisation du Liban, de la Jordanie ou de l’Arabie Saoudite, la survie à moyen terme de cet État est peu probable. [ici, Leoni ne parle ni de la Lybie, ni de l'Indonésie, ni de l'Europe centrale...]

L’EI a en effet tiré sa puissance, son prestige et ses finances de ses conquêtes guerrières. La stagnation des fronts, les replis tactiques et les incessants bombardements seront sa perte.

Après une longue période de containment les Occidentaux ont semble-t-il décidé de passer au rollback de l’EI. Leur stratégie avait jusque-là été prudente [...]

En fait, c’est le processus de normalisation et d’étatisation dont nous avons tenté l’esquisse dans la première partie qui est mis à mal. [c'est un schéma qui n'est pas limité à la Syrie et à l'Irak...] Le Califat va ainsi voir s’amoindrir les capacités « sociales » qui font sa force ; il ne pourra les compenser que par des augmentations d’impôts et une répression accrue, ce qui ne manquera pas de provoquer le retournement d’une partie de la population et de certains chefs de tribus. Les divergences d’intérêts risquent alors de resurgir (par exemple entre notables locaux et djihadistes étrangers).

La stratégie occidentale est peu délicate mais sans doute payante. [tous les stratèges militaires s'accordent à dire que sans troupes au sol, il est impossible d'en finir. Il y a en a, sous formes de troupes spéciales, mais en petit nombre...] A moins que, associée aux victimes civiles des bombardements et à l’avancée des troupes kurdes et chiites, elle n’ait l’effet inverse, et soude les habitants autour du Califat. Les chances qu’ils soient convaincus des bienfaits de la démocratie et de la laïcité sont par contre assez faibles. Comme celles d’un retour à une paix durable dans la région. Même condamné, le Califat mettra probablement du temps à mourir (et se poursuivra peut-être, sous des formes sans doute différentes, sur d’autres continents). Quant aux volontaires étrangers, ils ne semblent pas déradicalisés par le spectacle…

Projet utopique de construction d’un État sur des bases entièrement nouvelles, l’EI signifie moins une radicalisation de l’islam que l’islamisation d’une révolte, écho d’une confessionnalisation active un peu partout, de la droite conservatrice américaine aux banlieues françaises. [cette analyse rejoint celle d'Alain Bertho, et la mienne...] Sa violence ne tient pas à un extrémisme propre à l’islam, mais au fait que le fanatisme religieux se déchaîne dans un contexte de guerre civile et d’interventions étrangères. [chez nous, dans les quartiers, sa violence est sociale et aussi décoloniale, n'en déplaise]


Sous prétexte que la fin de l’article approche, nous ne céderons pas à un optimisme de convenance qui nous imposerait de conclure, malgré tout, à l’inéluctabilité de la révolution. Quelques certitudes cependant. L’effondrement du Califat ne réglera aucune des causes qui ont favorisé son émergence et son succès.

pour l'heure, on n'en est pas là, et l'histoire de ce temps ne passe pas essentiellement par là

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mar 9 Fév - 20:13


vu le carnage de civils et de "militaires" qui ne sont que des civils en uniformes (dont beaucoup désertent, grossissent les queue de migrants...), l'on ne saurait se réjouir d'un échec de la stratégie (?) Occidentale pour cette victoire à la pire russe, et la suite en aucun cas n'aurait été meilleure si avaient prévalues les positions françaises, que n'ont pas suivies les Américains

se réjouir d'une défaite à la Hollande ? Bien maigre satisfaction que nous laisserons à qui combattre l'idéologie française pour le capitalisme français, et à terme contre la population française, serait rêver d'une meilleure politique extérieure de la France

cela étant, on ne me fera pas dire que nos gouvernants sont bons  
Evil or Very Mad


« pour les Occidentaux, un revers majeur...
une brutale perte de crédibilité qui va bien au-delà du conflit syrien »

l'Obs

"La prise d'Alep consacrerait l'effondrement des forces de l'opposition" Sarah Diffalah

Les forces du régime de Bachar al-Assad, soutenues par la Russie, l'Iran et le Hezbollah libanais, sont parvenues à quasiment encercler Alep, principal bastion des rebelles non-djihadistes. Interview de François Burgat, chercheur au CNRS



Un membre des forces syriennes à Tal Sharba au nord de la ville d'Alep, le 27 décembre 2015
AFP PHOTO / GEORGE OURFALIAN

Les forces du régime de Bachar al-Assad, soutenues par la Russie, l'Iran et le Hezbollah libanais, sont quasiment parvenues à encercler Alep, principal bastion des rebelles non-djihadistes. La perte totale de la deuxième ville du pays affaiblirait fortement la branche armée de l'opposition, déjà en difficulté sur d'autres fronts. L'éventuel siège total d'Alep par le régime syrien mettrait en échec le triple objectif affiché de la coalition occidentale : chasser Bachar al-Assad, vaincre les djihadistes du groupe Etat islamique et tarir le flot des réfugiés. L'analyse de François Burgat, directeur de recherches au CNRS.

Citation :
Jamais l'armée syrienne et ses soutiens n'ont été aussi proches de reprendre la ville. Assiste-t-on à un tournant dans le conflit syrien ?

- Oui, bien sûr, indiscutablement. C'est un tournant militaire parce qu'à terme la prise d'Alep, héritière après la chute de Homs du flambeau de "Capitale de la révolution", consacrerait l'effondrement quasi total du bras armé de l'opposition non-djihadiste à Bachar al-Assad. L'Etat islamique, dont on sait qu'il est combattu non seulement par le régime mais par une très large coalition internationale, - où les occidentaux se battent dans le même camp que la Russie et l'Iran -, deviendrait alors la seule alternative au régime. Cela renforcerait considérablement, de manière réactive, le soutien international de ce dernier. Une défaite militaire de l'opposition la priverait définitivement de tout espoir de faire progresser des négociations, comme cela est d'ores et déjà apparu à Genève où le régime, en position de force, s'est refusé à la moindre concession.  

Alep est quasiment encerclée. Le siège risque-t-il de durer ? Avec quelles conséquences ? Les ONG syriennes ne pourront plus emprunter la principale route qui relie la ville à la Turquie...

- Il est difficile de répondre aujourd'hui, le bouclage de la ville n'étant pas encore total. Et l'attitude des soutiens internationaux des assiégés, turcs, arabes et occidentaux, un temps réunis sous l'appellation des "amis de la Syrie", n'étant pas encore connue. Mais si la ville devait être encerclée et privée de tout ravitaillement, le précédent de Homs - c'est à dire l'inexorable étranglement des quelques civils puis des combattants - risquerait fort de se reproduire. En plus rapide peut-être, compte tenu de la terrifiante puissance de feu engagée impunément par la Russie.  

Pourquoi la coalition internationale menée par les Etats-Unis ne s'engage-t-elle pas plus ?

- Depuis le mois d'août 2014, la coalition internationale réputée soutenir l'opposition - mais qui lui a toujours mesuré très chichement les livraisons d'armes - a fait le choix très paradoxal du "tous contre Daech et seulement contre Daech". Comme cela était prévisible, ce choix montre aujourd'hui ses limites. Il a permis en effet au régime, avec le soutien décisif de la Russie, de concentrer son effort militaire tout entier sur son opposition démocratique, la plus dangereuse pour lui puisque, à la différence de l'EI, elle pourrait bénéficier de la reconnaissance des Occidentaux.  

Qui peut aider l'opposition ?

- La sortie de crise n'est plus depuis longtemps aux mains des Syriens. Elle appartient aux Etats qui se sont investis dans la crise. Ceux qui soutiennent le régime le font avec conviction et efficacité. Ceux qui soutiennent l'opposition sont divisés, hésitants et inefficaces. Les Etats-Unis ont imposé ainsi depuis le début un strict embargo sur les armes, anti-aériennes, qui auraient seules permis de rééquilibrer le rapport de force. Il y a peu de chances que leur position, très frileuse depuis toujours, se modifie significativement.

Au sol, du fait de sa proximité, le rôle de la Turquie sera décisif. Mais ses relations avec le reste de la coalition se sont considérablement dégradées. La raison de ce brutal refroidissement tient d'abord au soutien que les occidentaux apportent, sur la frontière turque, aux partis kurdes qu'ils entendent mobiliser contre l'EI mais que le président Erdogan considère avec encore moins de sympathie que les djihadistes. Le second contentieux porte sur le montant de l'aide financière que la Turquie voudrait recevoir pour gérer le flux exponentiel des réfugiés.  

Vladimir Poutine a-t-il délibérément fait capoter les négociations en ciblant Alep ?

- Dès lors que les Occidentaux avaient laissé la situation militaire tourner spectaculairement à son avantage, Vladimir Poutine avait toutes les raisons de ne pas vouloir négocier. Les Russes ont notamment tenté d'imposer au sein de la délégation de l'opposition, pour accentuer ses divisions, des partis kurdes qui ne sont pas en conflit ouvert avec le régime et de faux opposants (le Conseil démocratique syrien) qui ne sont jamais vraiment sortis de son orbite.  

Est-ce un revers pour les alliés de l'opposition syrienne ? Ou un signe d'impuissance ?

- C'est bien évidemment, pour les Occidentaux, un revers majeur qui prend la forme d'une brutale perte de crédibilité qui va bien au-delà du conflit syrien. Européens et Américains sont en train de parfaire une démonstration qui pèsera lourd dans les choix stratégiques que feront, dans les années à venir, de nombreux acteurs de la scène internationale. La leçon que nos partenaires potentiels vont tirer est dramatiquement claire : il n'est pas raisonnable de confier son destin aux Européens, ni aux Américains. Affaiblis par leurs exigences électorales respectives, ils sont de moins en moins capables de tenir leurs engagements.

A plus long terme, une sortie de crise "par les extrêmes", l'écrasement de l'un des deux camps, au lieu de les prévenir, préparerait inévitablement de nouvelles explosions de violence.

Propos recueillis par Sarah Diffalah

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mar 9 Fév - 20:48


l'évolution rapide de la situation en Syrie remettra la Libye au cœur de la problématique terroriste à laquelle sont confrontés les Occidentaux. Je ne suis pas de ceux qui parierait sur sa défaite annoncée...



Daesh, le grand redéploiement du Califat

Le nombre de combattants de Daesh a doublé en Libye AFP 4 Février 2016


Capture d'écran prise a partir d'une vidéo propagande de l'organisation
HO / AL-HAYAT MEDIA CENTRE/AFP

Le nombre de jihadistes a presque doublé en Libye, pays en proie au chaos vers lequel les combattants islamistes se tournent de plus en plus à défaut de pouvoir gagner l'Irak ou la Syrie, où ils sont bombardés et leur nombre décroit

Citation :
Des responsables de l'administration américaine ont fait état jeudi d'une présence jihadiste radicale désormais "de l'ordre de 5.000 combattants" en Libye. Les précédentes estimations des autorités américaines tablaient jusque-là sur environ 2.000 à 3.000 combattants extrémistes dans ce pays. Mais le nombre de jihadistes est en revanche en baisse en Syrie et en Irak, où ils sont notamment la cible de nombreuses frappes aériennes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis.

Les nouveaux chiffres avancés par des responsables américains ayant souhaité conserver l'anonymat estiment que le nombre de combattants de Daesh en Irak et Syrie se situe désormais dans une fourchette de "19.000 à 25.000", contre "20.000 à 30.000", voire "33.000" auparavant. L'administration américaine a laissé filtrer ces chiffres à quelques jours d'une réunion des ministres de la Défense de la coalition contre les jihadistes à Bruxelles.


Capture d'écran d'une vidéo, diffusée par Aamaq News Agency et fournie par le site américain de surveillance SITE le 9 juin 2015, montrant le drapeau du groupe Etat islamique sur une centrale électrique à Syrte, en Libye
SITE Intelligence Group/AFP/Archives


Vingt-six ministres des pays engagés militairement contre les jihadistes, et le gouvernement irakien, doivent faire le point sur la campagne militaire contre Daesh et chercher le moyen de l'intensifier. Pour les responsables américains, les nouvelles estimations du renseignement sur les effectifs des jihadistes en Irak et en Syrie sont la marque du succès des efforts de la coalition.

Les jihadistes ont subi "des pertes significatives", s'est félicité le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest, qui a estimé de son côté les effectifs jihadistes dans la région à "25.000", contre "31.500" auparavant. "Le groupe Etat islamique a plus de difficultés qu'auparavant pour regarnir ses rangs", a-t-il souligné, en rappelant les efforts faits par la coalition pour tarir le flot de combattants étrangers vers la Syrie.

Revenus du pétrole

Mais elles confirment également que la Libye est en train de devenir un nouveau pôle d'attraction pour les jihadistes.

"Il devient de plus en plus dur de se rendre en Syrie pour les combattants étrangers, et beaucoup d'entre eux se dirigent en conséquence vers la Libye", a souligné le responsable américain de la Défense. Daesh a réussi à prendre le contrôle de Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli, et ses environs, et la situation inquiète de plus en plus les responsables américains.

"Nous allons continuer à surveiller comment évolue la menace en Libye et nous continuerons à nous tenir prêts à agir", a ajouté le porte-parole de la Maison Blanche.


Site d'un attentat près d'un sanctuaire chiite au sud de Damas
LOUAI BESHARA / AFP

Des représentants de la coalition internationale réunis mardi à Rome ont indiqué qu'une intervention militaire contre les jihadistes en Libye n'était pas pour l'instant d'actualité, la coalition misant sur la formation d'un gouvernement d'union nationale dans le pays.

"La dernière chose que nous voulons dans le monde, c'est un faux califat ayant accès à des milliards de dollars de revenus en pétrole", avait toutefois souligné le secrétaire d'Etat américain John Kerry à l'issue de cette réunion.

Le conseil présidentiel libyen a entamé jeudi au Maroc des discussions visant à proposer un nouveau gouvernement d'union dans le cadre d'un accord politique signé sous l'égide de l'ONU pour tenter de sortir le pays du chaos.

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mar 16 Fév - 0:07


c'est reparti comme en 14...
dans les vieux pots on fait la bonne soupe

Du gaz moutarde a été utilisé en Irak contre des combattants kurdes Francetvinfo avec AFP et Reuters

Selon une source citée par Reuters, c'est le groupe Etat islamique qui a eu recours à ces armes chimiques, bannies par les Nations unies depuis 1993


De la fumée s'échappe de la ville de Makhmur (Irak), le 30 novembre 2014,
lors de combats entre les Peshmergas kurdes et les combattants du groupe Etat islamique
HAMIT HÜSEYIN / ANADOLU AGENCY / AFP

Citation :
Du gaz moutarde a été utilisé, en août 2015, en Irak. C'est ce qu'ont indiqué, lundi 15 février, des sources proches de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui s'apprête à publier les conclusions d'une enquête sur le sujet. Selon un membre de l'organisation cité par Reuters, ces armes chimiques ont été utilisées par le groupe Etat islamique.

Des tests en laboratoire ont été menés après que 35 combattants kurdes sont tombés malades lors de l'attaque de deux villes à proximité d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. Une quarantaine d'explosions avaient dégagé une poussière blanche et du liquide noir. "Les résultats de tests ont confirmé l'utilisation de gaz moutarde", ont indiqué ces sources, sous couvert de l'anonymat.

Un gaz moutarde issu des stocks syriens ?

Selon un diplomate, le gaz utilisé en Irak a peut-être été puisé dans les stocks d'armes chimiques qui étaient ceux des troupes syriennes. Cela signifierait que Damas n'a pas divulgué dans sa totalité son programme d'armements chimiques, détruit sous contrôle de l'OIAC en 2013 et 2014.

En revanche, pour un spécialiste de la guerre biologique et chimique, il se peut que les jihadistes de l'Etat islamique aient mis au point leur propre arsenal chimique à Mossoul, et qu'ils se préparent à l'utiliser de nouveau. "Ils ont à disposition tous les éléments, grâce à l'industrie du pétrole, et tous les experts qu'il faut pour les fabriquer", estime-t-il.

Une arme chimique utilisée depuis un siècle

L'OIAC n'a pas souhaité confirmer les informations liées à ce dossier. "L'équipe a terminé sa mission et a partagé les résultats de son travail technique avec le gouvernement irakien", qui est en charge de la publication des résultats officiels de l'enquête, indique un porte-parole de l'organisation.

Selon Reuters, l'OIAC n'identifiera pas explicitement les utilisateurs de l'agent chimique, mais l'enquête a bien confirmé que les armes chimiques avaient bien été utilisées par les jihadistes de l'Etat islamique.

Le gaz moutarde, qui provoque des détresses respiratoires, une cécité momentanée et des cloques très douloureuses, avait été utilisé pour la première fois par les Allemands en Belgique en 1917. Il a été banni par l'ONU en 1993.


PS : mon grand-père maternel se prit une dose de ce gaz dans les tranchées, contracta une maladie des poumons et en mourut prématurément en 1953. J'avais deux ans, je ne me souviens que des photos de famille...

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Sam 26 Mar - 11:25


les conflits dit "identitaires" portent aussi la guerre entre classes

commentaire sous un billet de Roger Martelli Guerre à la guerre 25 mars 2016

Roger Martelli a écrit:
Dans un livre récent (1), où je fais la critique conjointe de « l’état de guerre », de la « guerre des civilisations et de l’obsession identitaire, j’ai essayé d’énoncer « dix thèses contre la peur ». Je me permets d’en redire ici l’essentiel.

L'identité c'est la guerre, Roger Martelli, mars 2016

il y a une guerre économique et sociale, qui porte la guerre armée comme la nuée l'orage, disait Jaurès, jamais si proche de Marx dans Le Capital, Livre III : concurrence, maintien du taux de profit, nécessité de casse du capital en valeur et en êtres humains pour reconstituer le taux de profit des vainqueurs, c'est ce que font les crises économique, par la guerre au besoin

aujourd'hui, dans la double crise du Capital et de l'Occident, la guerre de classe se mène aussi sur le plan démographique : mouvements migratoires, "expulsés" (Saskia Sassen), "nègres du monde" (Achille Mbembe), précariat globalisé transnational comme les capitaux. Elle est naturellement médiée, comme toujours, par d'autres particularités d'appartenance, nationales, ethnico-raciales, religieuses...

les luttes s'exprimant de façon croisée par ces identités, doivent être comprises non comme figeant l'histoire, mais comme des contradictions qui peuvent porter de possibles dépassements. Rien n'est écrit, et rien ne s'écrira par le droit ni ne se déterminera au seul niveau politique. Pas plus que les idées ou la politique ne font l'histoire indépendamment des rapports sociaux-économique de classe, le droit ne produit pas l'histoire, il entérine des rapports de force

revenir à une analyse, et des solutions, par le droit international, avec le concept de 'peuple' à la place de celui de classes, c'est une régression pré-marxienne qui a peu à voir avec une analyse communiste. C'est une pure illusion politiciste et juridiste, très française

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mar 19 Avr - 14:39



L'EI est sur la défensive en Irak comme en Syrie, mais en expansion partout ailleurs 19/04/2016

Si le président américain Barack Obama a déclaré que l'organisation terroriste État islamique (EI) était sur la défensive, des experts ont en revanche estimé que ce n'était manifestement pas le cas dans le reste du monde.

Citation :
"Nous sommes dans une dynamique et nous entendons la maintenir", a indiqué M. Obama à la presse après avoir rencontré les responsables de la sécurité nationale au siège de la CIA la semaine dernière.

Il est vrai que l'EI a essuyé des revers en Irak et en Syrie, où le groupe a récemment perdu de vastes territoires et où ses opérations de recrutement et ses finances ont été affectées.

Néanmoins, l'EI gagne du terrain dans le monde et pose des difficultés aux États-Unis et aux pays occidentaux qui cherchent à vaincre ce groupe radical, selon des experts.

"L'EI est sur la défensive en Syrie et en Irak, mais il s'étend en Libye, au Yémen, en Égypte, en Afghanistan, au Pakistan et ailleurs. Il est en outre sur l'offensive à Bruxelles, en France, en Allemagne et ailleurs en Europe",
a estimé James Phillips, expert du Moyen-Orient au Think Tank Heritage Foundation.

L'EI a perpétré des attentats qui ont fait 130 morts à Paris en novembre dernier et deux attentats à la bombe à Bruxelles en mars, faisant au moins 30 morts et 230 blessés.

Les experts ont indiqué que ces attaques montraient que les terroristes avaient la capacité de commettre des attentats meurtriers loin de leur base et que leur capacité dans ce domaine se renforçait.

Colin P. Clarke, politologue associé de la RAND Corporation, a indiqué que les États-Unis et leurs alliés devraient surmonter de nombreux défis dans leur tentative d'éliminer le groupe.

"L'EI a de toute évidence gagné du terrain hors d'Irak et de Syrie dans des endroits tels que la Libye, la péninsule du Sinaï en Égypte, et plus récemment en Asie du Sud, dans des pays tels que l'Afghanistan et le Bangladesh, et le groupe continue de s'étendre dans d'autres régions, de la Somalie aux Philippines",
a souligné M. Clarke.

Tirer des leçons de la lutte contre Al-Qaïda

La Libye est devenue l'un des bastions de l'EI hors d'Irak et de Syrie. Washington étudie ce qu'elle peut faire dans ce pays d'Afrique du Nord déchiré par la guerre, mais aucun plan n'a été décidé jusqu'à présent.

Maintenant que les opérations de lutte antiterroriste menées par l'Occident se concentrent sur le Moyen-Orient, l'EI agit en toute impunité en Libye et contrôle des territoires dans le pays. L'organisation terroriste a établi une base dans la ville côtière de Syrte, la première située hors du Moyen-Orient, face à l'Europe.

La présence de l'EI dans la ville ne cesse de se renforcer, et des observateurs estiment que le groupe pourrait déjà compter plusieurs milliers de combattants.

Si les combattants de l'EI sont moins nombreux que les soldats de l'armée nationale, le fanatisme sans bornes de ses commandants décuple leur capacité de combat, ont estimé des experts américains.



L'Irak et la Syrie sont prêts à combattre l'État islamique.
Photo : AFP/VNA/CVN


Le groupe pourrait bien déstabiliser la Tunisie et l'Égypte ou lancer des attaques terroristes en Europe depuis la Syrie, ont-ils ajouté.

Selon M. Philipps, la difficulté est de vaincre l'EI sur les plans idéologique et militaire, le combat idéologique étant le plus difficile.

"Les jeunes musulmans impressionnables, en particulier en Europe, doivent être convaincus que la prétendue restauration du califat par l'EI n'est que de la propagande et que c'est l'enfer sur Terre, et non le paradis sur Terre qu'ils promettent", a-t-il indiqué.

Sur le plan militaire, les États-Unis doivent coordonner la réponse de nombreux alliés pour que l'EI perde les territoires qu'il a pris sans débuter une nouvelle occupation militaire, a-t-il ajouté.

M. Clarke a ajouté qu'un certain nombre de leçons devaient être tirées de la lutte des États-Unis contre l'organisation terroriste Al-Qaïda, qui a permis de vaincre le noyau dur de l'organisation, bien que quelques factions du groupe subsistent et restent dangereuses.

"L'une des principales leçons que nous pouvons tirer de la lutte contre Al-Qaïda est que le groupe peut continuer à être efficace et très meurtrier bien après que son noyau dur ait été touché", a-t-il indiqué.

"Je pense que les États-Unis sont conscients qu'après avoir vaincu l'EI en Syrie et en Irak, il faudra encore lutter contre les factions et groupes affiliés à l'EI dans diverses parties du monde dans un avenir proche", a-t-il ajouté.
 
Xinhua/VNA/CVN


cela correspond davantage à la vision que j'en ai, comme dit plus haut, notamment après les textes de Tristan Leoni, DDT21 fin 2015, sur le Califat

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Ven 29 Avr - 15:11



De l’efficacité de la manipulation du terrorisme pour remonter une côte de popularité présidentielle 27 avril 2016 do via les7duQuébec source http://mai68.org/spip/spip.php?article10688

un graphique plus parlant qu'intéressante l'"analyse"...

do a écrit:
Bonjour à toutes et à tous,

Le graphique ci-dessus, donné par France 2 au soir du 14 avril 2016, montre bien que la chute de popularité d’Hollande est permanente, et que les deux seuls moments où elle se met à remonter se situent lors des périodes de spectacle terroriste intense sur le sol-même de la France.

Pas deux sans trois ! après les deux sommets des 7 janvier et 13 novembre 2015, aurons-nous droit à un troisième épisode terroriste en France ?

Si les terroristes veulent rendre service à Hollande, ils viendront à nouveau faire un massacre ! Et s’ils veulent le faire réélire, il faudra un massacre peu avant les présidentielles.

En pratique, si les terroristes veulent vraiment Hollande comme président en 2017, il leur faudra mettre en scène encore deux grands spectacles terroristes provoquant deux remontées spectaculaires de la popularité de François Hollande :

◾ Un pile avant que se décide QUI représentera les « socialistes » aux présidentielles, afin que ce soit Hollande qui soit désigné ;
◾ Et un gros, mais alors un très gros nouveau spectacle terroriste juste avant les élections afin d’assurer la victoire de Hollande par une très forte remontée de sa popularité.

Bien à vous,
do http://mai68.org/spip

Charlie-Hebdo – 7 janvier 2015 – La vidéo du flic assassiné a été censurée parce que sa tête aurait dû exploser et il n’y a même pas de sang : http://mai68.org/spip/spip.php?article8359

Les services secrets français ont-ils organisé les attentats de Paris du 13 novembre 2015 pour faire accepter un coup d’État : http://mai68.org/spip/spip.php?article9449

La théorie du complotisme est un vaccin inventé par le pouvoir pour neutraliser par avance les dénonciations de ses magouilles : http://mai68.org/spip/spip.php?article8947


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Dim 15 Mai - 13:43

13 mai 2016


Les extrémistes gagnent du terrain

Le camp de Aïn el-Heloué [Liban] glisse dans le giron de Daech



Les regards sont à nouveau tournés vers Aïn el-Heloué depuis les derniers incidents qui s’y sont déroulés. Malgré les contacts entrepris pour remédier aux séquelles des échauffourées et les efforts déployés particulièrement par Azzam Ahmad, responsable du dossier palestinien au Liban, qui a débarqué à Beyrouth venant de Ramallah à la demande du président Mahmoud Abbas, la situation ne semble pas sous contrôle.

Chaouki Achkouti a écrit:
La tension qui règne dans les camps de Saïda, depuis les événements qui ont précédé l’assassinat du cadre du Fateh, Fathi Zeidan, a poussé les autorités libanaises à tirer la sonnette d’alarme et à inviter les forces palestiniennes à la vigilance et à l’action pour prendre en main et consolider la sécurité dans leurs camps.

Dans cette perspective, des sources palestiniennes estiment que la franchise et la responsabilité qui ont caractérisé les propos du chef des Renseignements de l’armée au Sud, le général Khodr Hammoud, devant l’importante délégation de la sécurité palestinienne à la dernière réunion à la caserne Zgheib à Saïda, reflètent bien les appréhensions des Libanais. Ceux-ci sont conscients du danger qui menace à ce stade et plaident pour une présence plus efficace et plus musclée sur le terrain de la force sécuritaire palestinienne mixte.

Daech, comme le montrent les derniers rounds de violence dans le camp, infiltre Aïn el-Heloué par le biais de groupes palestiniens et de Syriens venus de Syrie ou d’autres factions déjà présentes sur place. L’influence de ces groupes, qui tentent d’attirer des clans et familles dans de nouveaux quartiers, connaît une véritable croissance. L’idéologie islamiste gagne du terrain, les bandes arrivées de l’étranger sont financées pour recruter des jeunes désœuvrés qui, appâtés par le gain, sont prêts à les suivre.

Le camp de Aïn el-Heloué glisse graduellement dans le giron de Daech. La formation des «Jeunes musulmans», qui contrôle actuellement de nombreux quartiers, fraternise avec l’organisation terroriste. On cite spécialement ceux de Tira-Safsaf-Minchiyé, une partie de Hittin et le camp des Tawarek. Ce qui, au total, représente plus de la moitié de Aïn el-Héloué vivant désormais sous la coupe de Daech et al-Nosra. La carte de la répartition des groupes se présente comme suit:

♦ Oussama Chéhabi: rattaché au Front al-Nosra. Il dirige un groupe de 30 éléments.
♦ Bilal Badr: 50 éléments, favorable à al-Nosra.
♦ Haytham el-Chaabi: 40 disciples, al-Nosra.
♦ Mohammad el-Chaabi: Daech.
♦ Jamal el-Ramid surnommé el-Chichani: émir de Daech dans le camp.
♦ Hilal Hilal, à la tête du groupe militaire de Daech.
♦ Toufic Taha et Raëd Jawhar: ils mènent deux groupuscules liés à Daech.

Le Fateh affaibli


L’apathie et la faiblesse, dont font preuve le Fateh et l’Autorité palestinienne, finiront par faciliter l’extension de l’organisation terroriste vers d’autres parties du camp, dans le cadre d’un plan préétabli pour le contrôler tout entier.
♦ Le mouvement Fateh est divisé en deux factions qui se rapprochent et collaborent en phase avec les intérêts de l’Autorité palestinienne à Ramallah.
♦ L’alliance des partis qui rassemble les Brigades de Syrie, le Jihad islamique, le Front de libération et le Front de la lutte – le Commandement général et al-Saïka, est actuellement dirigée par le Hamas.
♦ Les forces islamiques regroupent le mouvement de Jamal Khattab, Osbat al-Ansar, Abou Tarek Saadi et comptent quelque 300 combattants. Ces forces font leur possible pour alléger la tension et construire des ponts entre les organisations radicales et les brigades.

Les données, que possède l’institution militaire, et qui sont recoupées avec celles des Américains, indiquent que le but de Daech est d’étendre son hégémonie sur l’ensemble du camp de Aïn el-Heloué. Le général Kamil Daher, chef des Renseignements militaires de l’Armée libanaise, a communiqué ces informations aux responsables des mouvements palestiniens, les mettant en garde contre toute éventuelle scission au sein d’une quelconque organisation qui aura pour effet de jeter une partie de ses combattants dans les bras de Daech.

[...]

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mer 18 Mai - 16:15



Sir Mark Sykes (g) et François Georges-Picot (d)

En catimini, le 16 mai 1916, les accords Sykes-Picot sont signés entre Britanniques et Français, dépeçant l’Empire ottoman. Un siècle plus tard, la région est plongée dans un chaos total, posant la question d’une refonte des frontières devenues plus instables que jamais.


Citation :
Le 16 mai 1916, en pleine Première Guerre mondiale, après des mois d'échanges épistolaires entre Paul Cambon, ambassadeur de France à Londres, et Sir Edward Grey, secrétaire d'Etat au Foreign Office, l’orientaliste et conseiller pour le Moyen-Orient au Foreign Office Sir Mark Sykes et le diplomate français François Georges-Picot signent le document qui va redéfinir les frontières du Moyen-Orient.

Dans un bureau de Downing Street, Paris et Londres se répartissent les provinces arabes de l’Empire ottoman alors rallié à l’Allemagne. Les accords Sykes-Picot sont tenus secrets avant d’être révélés en 1917 lors de la révolution d’Octobre en Russie, les bolchéviques découvrant une copie du texte dans les archives du ministère des Affaires étrangères.

Malgré les promesses d’indépendance faites aux Arabes, la France et la Grande-Bretagne découpent ainsi le Moyen-Orient : une zone rouge formée par la Mésopotamie est sous administration directe de la Grande-Bretagne tandis que la France s’approprie une zone bleue comprenant le Mont-Liban, la côte syrienne et la Cilicie. La Palestine est pour sa part internationalisée, Jérusalem étant une ville sainte pour les trois monothéismes.

Pour le reste, les Etats arabes indépendants gérés par les Hachémites sont partagés en deux zones d’influence et de tutelle : la zone A au nord revient à la France et la zone B, au sud, à la Grande-Bretagne. Cent ans plus tard, à l’exception de la Palestine et de la Transjordanie devenue Jordanie (la déclaration Balfour de novembre 1917 prévoyant la création d’un Foyer national juif), les lignes créées par les accords Sykes-Picot sont toujours en place, tant bien que mal.
« Ces découpages territoriaux ont été d'une importance capitale puisqu'ils ont déterminé arbitrairement pour chacun de ces Etats sa superficie, sa configuration géographique, la structure de sa population, ses potentialités économiques, ses possibilités d'accès à la mer, l'identité de ses voisins*. »



Carte du découpage du Moyen-Orient suivant les accords Sykes-Picot
wikipedia.org


Des accords stratégiques

Les intérêts des Empires français et britannique à ces accords ne sont pas seulement énergétiques. Pour les Français, ils sont aussi culturels. Bien avant 1916, la France a une influence scolaire et culturelle considérable en Syrie, certains parlant alors d’une « France du Levant ». Pour les Britanniques, il s’agit d’intérêts stratégiques. Il leur faut absolument maîtriser le Moyen-Orient, passage obligé de la route des Indes.

« Il fallait bien que ces deux empires s’entendent, et pas seulement dans la région. Donc, il y avait nécessairement un compromis à trouver », explique Jean-Paul Chagnollaud, directeur de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée-Moyen-Orient (Iremmo).
« La division du Moyen-Orient en plusieurs Etats n’était pas en soi condamnable : les Hachémites l’avaient envisagée dès le début en faveur des fils ainés de Hussein. Mais elle s’est opérée contre la volonté des populations », analyse l’un des plus grands spécialistes de la région Henry Laurens, professeur au Collège de France. Parce que les accords Sykes-Picot ont imposé des frontières à des populations qui en voulaient d’autres et que les Arabes ont vécu ces accords comme une trahison et une injustice. « Les Arabes ont dû s’y plier, poursuit Jean-Paul Chagnollaud, mais certains ont su y résister. C’est le cas des Turcs. »

Des frontières à l’épreuve du réel

Si les lignes tracées par les accords Sykes-Picot ont instauré des frontières artificielles, faisant fi des diversités ethniques et religieuses des populations, aucun événement n’est parvenu en un siècle à les ébranler, même pas le panarabisme de Gamal Abdel Nasser puisque la République arabe unie (RAU) ne vivra que trois ans (1958-1961).

« En tant que découpage territorial, le partage a duré, essentiellement parce que les nouvelles capitales et leurs classes dirigeantes ont su imposer leur autorité sur le nouveau pays (…) Quand le nationalisme arabe reviendra en force, il ne reconnaîtra pas la légitimité de ce découpage et appellera à la constitution d’un Etat unitaire, panacée à tous les maux de la région. Les Etats réels seront ainsi frappés d’illégitimité et durablement fragilisés. La constitution du Foyer national juif entraînera la région dans un cycle de conflits qui semble loin de se terminer », analyse Henry Laurens dans les colonnes du Monde diplomatique en 2003, année de l’invasion américaine en Irak qui a contribué à faire voler en éclat les frontières.


Citation :
Il n’a y pas de frontières naturelles qui permettraient de séparer les Kurdes des Arabes, les chiites des sunnites...
Alain Gresh, directeur de la revue Orient XXI


Mais aujourd’hui, les accords Sykes-Picot sont mis à l’épreuve des révolutions arabes, certains allant jusqu’à imaginer la création d’un Sunnistan, d’un Kurdistan et de plusieurs Chiistan. Une « balkanisation » du Moyen-Orient, en quelque sorte. Pour le directeur de l’Iremmo, il faut prendre le problème à l’envers, sachant par exemple que beaucoup de chiites, de sunnites, se sentent d’abord Irakiens ou Syriens et que de nombreux nationalismes locaux se sont développés dans les Etats de la région. Les frontières ont ainsi pris de la consistance.

« La vraie question est la suivante : quels sont les peuples qui aujourd’hui veulent un toit politique et qui n’en ont pas ? Ceux qui réclament un territoire sur lequel ils pourront être maîtres de leur destin. Et actuellement il y a deux peuples qui le veulent : les Palestiniens et une partie des Kurdes (ceux du nord de l’Irak puisque les Kurdes de Turquie savent eux qu’il n’en est pas question et réclament plutôt un fédéralisme, comme revendiquent depuis peu les Kurdes syriens). »

Daech bouleverse les accords

En juin 2014, le mur de sable qui marquait la frontière des accords Sykes-Picot entre la Syrie et l’Irak est détruit par le groupe Etat islamique. Tout un symbole. Les jihadistes du groupe EI, comme en leur temps ceux d’al-Qaïda, balaient dès leur arrivée les accords, voulant établir un califat au Moyen-Orient et en finir avec ce qu’ils nomment « le complot occidental ». Les tentatives de panarabisme ayant échoué, l’islam est pour Daech l’élément fédérateur des peuples de la région face à la « domination étrangère ». Lors de la proclamation de leur califat, les jihadistes publient une vidéo intitulée La Fin de Sykes-Picot. « Cette progression bénie ne s'arrêtera pas avant d'avoir fini de clouer le cercueil de la conspiration Sykes-Picot », y clame Abu Bakr Al Baghdadi après avoir envahi une partie de l’Irak et de la Syrie et gommé les frontières.

Pour le groupe EI, les musulmans sont aliénés par l’Occident. « Daech a transformé les accords secrets signés voilà un siècle en une question politique brûlante et contemporaine », note Rashid Khalidi, historien à l’université Columbia et titulaire de la chaire créée pour Edward Saïd en études arabes modernes. Et l’historien de poursuivre : « Les gens qui dirigent l’organisation Etat islamique sont d’anciens cadres de l’Irak de Saddam Hussein que l’idiotie des décisions américaines, après l’intervention de 2003, a jeté dans les bras des extrémistes. Ces gens savent parfaitement gérer un Etat, avec férocité et brutalité, mais aussi avec efficacité. Ils sont donc soucieux des frontières, même s’ils sont également pris dans des rhétoriques religieuses, voire apocalyptiques. »

Vers de nouvelles frontières ?

Ainsi, la question des frontières n’a jamais été aussi brûlante qu’aujourd’hui au Moyen-Orient où de multiples conflits asymétriques sont imbriqués. Des conflits qui engendrent guerres civiles ou régionales, menaces terroristes, épuration ethnique de certaines minorités, etc. Et l’agression américaine de 2003 en Irak a joué le rôle majeur de révélateur : « Il faut inverser Sykes-Picot, analyse Jean-Paul Chagnollaud, il faut une volonté exprimée par les peuples à travers leurs dirigeants. Une volonté d’autodétermination qui crée des frontières, avec des négociations. Ça ne pourra pas se faire autrement. » Et d’ajouter : « Il faut probablement un Etat dans le nord de l’Irak, même si aujourd’hui on ne veut pas en entendre parler. Il faut aussi absolument un Etat palestinien ».

Citation :
[size=14]Le vent de l’histoire sera le plus fort, les Etats et les frontières vont devoir bouger...

Pierre-Jean Luizard, directeur de recherche au CNRS, auteur de «Le piège Daech» (La découverte)

La Palestine, dont les frontières se disloquent comme une peau de chagrin au gré d’une colonisation israélienne illégale et dont le projet est « de plus en plus raciste et expansionniste » selon les mots de Rashid Khalidi, semble être la grande oubliée de ces bouleversements régionaux. Or, c’est une question essentielle, non seulement pour les Arabes mais aussi pour l’Occident. Comme l’explique le directeur de l’Iremmo, l’existence d’un Etat palestinien « constituerait un facteur d’apaisement dans la région, ne serait-ce que dans les imaginaires. Une situation d’occupation qui perdure si longtemps est forcément source de tensions ».

Il y a un siècle, les accords Sykes-Picot traçaient les nouveaux contours d'un Moyen-Orient que les peuples se sont appropriés. Des peuples qui, à l’avenir, devront s’exprimer face à leurs dirigeants pour mettre un terme à ce statu quo mortifère et à l’effondrement des Etats du Moyen-Orient.

*Les Frontières au Moyen-Orient, Jean Paul Chagnollaud et Sid-Ahmed Souiah, 2004, collection « Comprendre le Moyen-Orient », éditions L'Harmattan.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Dim 22 Mai - 12:42


L’inimitié est devenue le mode dominant de relation, à l’ère du capitalisme financier en crise et de la guerre contre le « terrorisme ». C’est le constat que dresse Achille Mbembe. L’historien et philosophe esquisse quelques précieuses voies de sortie pour une politique de la relation à l’échelle globale. En rupture avec les logiques de domination économique, les replis identitaires et les élans impérialistes.


Photo : Nicolas Marques/KR Images presse

Citation :
Vous dépeignez dans votre dernier essai,  Politiques de l’inimitié  (1), un implacable processus de « sortie de la démocratie ». Trois décennies après la chute du mur de Berlin, peut-on parler d’un destin autoritaire du néolibéralisme ?

Achille Mbembe : Nous avons une vision assez partiale de l’histoire de la démocratie. Or, le paradoxe de cette histoire, c’est que la démocratie a deux corps. D’un côté, un corps diurne, presque solaire, que l’idéologie post-1990, après la chute du bloc de l’Est, a magnifié. De l’autre côté, un corps nocturne, lié à la séparation entre un ici et un ailleurs où l’on peut tout se permettre : piller, exploiter, brutaliser, tuer, infliger la mort de façon extrajudiciaire, sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit. Un ailleurs où l’on peut décharger la violence qui, si elle était exercée à l’intérieur, déboucherait sur la menace de la guerre civile. On l’a vu lors du moment colonial. On le voit aujourd’hui dans la guerre contre le djihadisme.

Dans cette phase néolibérale, les deux corps de la démocratie, le corps diurne et le corps nocturne, sont en train de se réunir, au moment où s’effacent les frontières objectives entre l’ici et l’ailleurs. D’où les glissements autoritaires auxquels nous assistons. Le monde est devenu tout petit. Contrairement au monde de la période coloniale, au monde des conquêtes, des « découvertes », il a montré ses limites. C’est un monde fini, traversé par toutes sortes de flux incontrôlés, mouvements migratoires, mouvements de capitaux liés à la financiarisation extrême de l’économie. Sans compter tous les flux portés par l’avènement de la nouvelle raison digitale. Ces flux sont marqués par l’accélération des vitesses, le bouleversement des régimes du temps. Tout cela favorise l’enchevêtrement inédit de l’intérieur et de l’extérieur.

Conséquence, il est désormais impossible de prétendre vivre en sécurité ici quand on fomente le désordre, le chaos ailleurs. Le chaos, le désordre nous reviennent en boomerang. Sous la forme d’attentats, mais aussi par le renforcement de la pulsion autoritaire chez nous-mêmes. Ce glissement autoritaire est présenté comme une condition de la sauvegarde de notre liberté. Or, si nous acceptons plus de sécurité au nom de la préservation des libertés, nous acceptons simultanément le glissement autoritaire. Il y a là une tension entre la capitulation et le désir de révolte, qui est aussi une donnée cruciale des temps que nous vivons. D’un côté l’abdication et de l’autre un désir fondamental d’insurrection qui s’exprime ici et là sous des formes tout à fait nouvelles.

La décolonisation aurait selon vous libéré des passions qui, en retour, viennent justifier, dans les ex-métropoles, de nouvelles expéditions coloniales. La décolonisation comme expérience historique n’aura donc été qu’une parenthèse ?

Achille Mbembe : Disons que la décolonisation aura été un moment ponctuel de reconfiguration des scènes de la lutte. En tout cas, elle n’a pas résolu la question du partage du monde, qui est le seul monde que nous ayons.

Vous évoquez l’obsession de l’Arabe, du juif, du nègre… Qu’est-ce qui est déréglé dans le rapport à l’autre ?

Achille Mbembe : La conscience de ce monde petit, fini exacerbe le sentiment selon lequel il faudrait, pour se protéger, réactiver les frontières, construire des murs, se séparer. Nous n’aurions plus à faire à des adversaires mais à des ennemis qui en voudraient à notre existence, à nos « valeurs », quelle que soit la vacuité de tels termes. Cette réalité de l’ennemi et, là où il n’existe pas, cette propension à s’en inventer un, voilà ce qui a changé. Dans cette configuration, l’autre est perçu comme une menace et le rapport d’inimitié, la volonté de se séparer deviennent la seule forme de relation.

Vous définissez le terrorisme comme une forme de « nécropolitique ». Est-ce un mode d’expression de cette volonté de séparation ?

Achille Mbembe : Oui ! C’est la conséquence ultime de ce mode dominant de la relation, que l’on retrouve aussi, d’ailleurs, dans le colonialisme. Le colonialisme d’extermination ou d’élimination porte aussi cette dimension nécropolitique, de déploiement de la mort comme mode de gouvernement. Cette manière d’exposer les ennemis à des risques mortels est constitutive de la démocratie d’un point de vue historique. Or, le régime autrefois réservé aux colonies, un régime exceptionnel, est rabattu désormais sur le territoire national des « démocraties ». Ce qui autorise le glissement autoritaire indispensable au néolibéralisme pour continuer son déploiement dans cette phase de son histoire. Le terrorisme est l’opportunité historique qui permet d’y arriver, de déconstruire négativement la démocratie par l’abrogation des droits, par la proclamation de l’état d’exception, par la transformation policière des mécanismes de gestion du quotidien.

Dans ce dispositif, quel sens prend l’invocation d’identités figées et fantasmées ?

Achille Mbembe : Les démocraties libérales sont fondées sur une idée de l’identité pensée en termes de racines, d’autochtonie. Est membre de la communauté politique celui qui est né ici, qui est du lieu. Le citoyen est un autochtone. L’étranger peut devenir citoyen s’il accepte de s’autochtoniser, mais c’est un processus compliqué, qui n’est pas ouvert à tout le monde, un processus conditionnel… et réversible, dans le cas de la déchéance de nationalité. Voilà le fondement anthropologique de la démocratie libérale. Or, on sait bien qu’être né quelque part, être né de quelqu’un, tout cela relève de l’accident et non d’un choix. Mais dans l’imaginaire démocratique libéral, cet accident relève au fond d’un destin auquel on est condamné.

Est-ce que cette fixation sur l’identité, qu’elle soit nationale, culturelle, religieuse, n’est pas une forme d’antidote à l’éventuelle cristallisation de la conscience de classe ?

Achille Mbembe : Oui, c’est une manière de fixer les potentiels de révolte sur de mauvais objets, sur des objets accidentels. Clairement, la manipulation des identités malheureuses est une manière de détourner vers de mauvais objets les énergies qui pourraient être utilisées ailleurs, dans des luttes effectives de libération. C’est assez fascinant, l’ampleur des efforts dissipés dans ces histoires alors qu’au fond l’identité, si tant est qu’elle existe, ne saurait être stable. L’identité, c’est l’autre qui me la donne au moment de la rencontre avec lui. Ce qui est important, ce n’est ni la naissance ni les origines, c’est le chemin, les rencontres qui s’opèrent le long du chemin et ce qu’on en fait.

Puisque la traite négrière et l’esclavage furent des conditions de l’émergence du capitalisme moderne, c’est dans ce cadre que furent expérimentés des procédés ensuite appliqués au monde entier. Vous évoquez par exemple la déforestation d’Haïti… L’économie de plantation fut-elle une matrice de la dévastation écologique ?

Achille Mbembe : Il est clair que le colonialisme relève d’un projet de soumission de la nature à la force prédatrice de certaines catégories d’humains, avec la transformation d’une nature dite sauvage en un paysage dit humain. Ce qui implique des réarrangements brutaux, l’éradication d’espèces, leur remplacement par d’autres. Mais les guerres coloniales ont elles aussi une dimension écologique. Il n’y a pas de guerre qui n’ait, quelque part, un coût environnemental.

Vous dites du moment colonial qu’il a été celui d’une reconfiguration de la façon de faire la guerre…

Achille Mbembe : Le droit de la guerre ne s’applique pas à la colonie. La colonie est le lieu d’expérimentation de la guerre hors la loi, de la guerre sans réserves dont l’horizon est l’élimination, l’extermination. C’est le laboratoire de violence inconditionnelle. Il existe aujourd’hui de nombreuses manifestations de la guerre hors la loi. Le symbole le plus spectaculaire, sans doute, le plus postmoderne de cette guerre hors la loi, c’est le drone, qui consacre le principe de l’exécution extrajudiciaire. Mais ceux que l’on appelle les terroristes recourent, eux aussi, aux exécutions extrajudiciaires.

Qu’est-ce qui vous permet de mettre en miroir les drones et les mises en scène macabres d’égorgements ?

Achille Mbembe : Tout est question de moyens technologiques disponibles. Mais nous avons bien à faire à deux mythologies nihilistes qui s’affrontent. Une mythologie nihiliste qui prétend éradiquer les passions religieuses ou soi-disant religieuses par des bombardements aériens, et une autre mythologie nihiliste qui prétend mettre fin aux tutelles externes par le biais de décapitations spectaculaires ou d’opérations par lesquelles on tue les autres en se tuant soi-même, en se suicidant. Ces deux formes de la passion nihiliste visent une chose : l’anéantissement de toute possibilité de relation.

À quelle condition, alors, peut-on rétablir une politique de la relation ? Et si, comme vous le dites, le monde entier est devenu scène coloniale, comment peut s’opérer la « décolonisation radicale » que Frantz Fanon appelait de ses vœux ?

Achille Mbembe : La solution reste à trouver dans l’invention d’une forme de démocratie propre à notre temps, prenant à sa charge l’ensemble du vivant, tout ce dont nous héritons, tout ce dont nous dépendons pour notre propre survie en tant qu’espèce parmi d’autres espèces. L’histoire humaine est une parenthèse dans l’histoire générale du monde. Nous sommes de passage dans le monde. Ce nouveau projet démocratique doit donc faire une place à l’idée, à la pratique du passant. Autre porte de sortie de ce cul-de-sac, l’impératif de redistribution égalitaire des ressources de l’univers. Ce qui implique d’autres manières de reconnaître les dettes. On pourrait imaginer, hors des formes actuelles, une manière non expropriatrice d’honorer les dettes. Dernière porte de sortie, il nous faudra réanimer, cultiver les facultés critiques que la guerre, le militarisme et le capitalisme financier cherchent à détruire. En mettant fin à cette brutalité qui vise à faire cesser la pensée, à assécher les ressources de l’imaginaire, à appauvrir le langage en instituant un monde monosymbolique, sinon antisymbolique.

Sur ce point, Frantz Fanon dit de la lutte qu’elle donne lieu à une « fête de l’imaginaire ». Qu’entendait-il par là ?

Achille Mbembe Cette « fête de l’imaginaire » a pris de multiples formes dans le contexte des luttes anticoloniales. Pour commencer, elle exige de nouveaux rapports avec le corps, en particulier le corps souillé, déshonoré, le corps subalterne, violé et détruit. Ce corps est réanimé, restitué au principe du mouvement, sans lequel il n’est qu’un corps inerte, un corps objet. À la fin de Peau noire, masques blancs, Frantz Fanon adresse cette prière énigmatique au corps : « Ô mon corps fais de moi toujours un homme qui interroge. » C’est l’interminable interrogation, par opposition à l’interminable interrogatoire. Il y a, autour de cette prière au corps, un immense territoire, une immense fête ouvrant sur la possibilité de la transfiguration du corps. Voilà les horizons qu’il faudrait ouvrir pour créer du sens, enrichir la langue et re-symboliser l’univers d’une manière qui favorise le partage plutôt que la séparation.

Professeur d’histoire et de science politique à l’université du Witwatersrand à Johannesburg, Achille Mbembe puise dans l’histoire coloniale et dans celle des luttes de décolonisation des ressources pour analyser et surmonter la violence contemporaine. De l’ère coloniale à la guerre contre le « terrorisme », les démocraties libérales ont toujours ménagé des espaces obscurs, où le droit, la loi sont suspendus, rappelle-t-il. Un régime d’exception qui tend à devenir universel, en plaçant la relation d’inimitié au cœur des reconfigurations du monde.

(1) Politiques de l’inimitié, d’Achille Mbembe. Éditions La Découverte, 2016.



Citation :
Cet essai explore cette relation particulière qui s’étend sans cesse et se reconfigure à l’échelle planétaire : la relation d’inimitié. S’appuyant en partie sur l’œuvre psychiatrique et politique de Frantz Fanon, l’auteur montre comment, dans le sillage des conflits de la décolonisation du XXe siècle, la guerre – sous la figure de la conquête et de l’occupation, de la terreur et de la contre-insurrection – est devenue le sacrement de notre époque.

Cette transformation a, en retour, libéré des mouvements passionnels qui, petit à petit, poussent les démocraties libérales à endosser les habits de l’exception, à entreprendre au loin des actions inconditionnées, et à vouloir exercer la dictature contre elles-mêmes et contre leurs ennemis.

Dans cet essai brillant et brûlant d’actualité, Achille Mbembe s’interroge, entre autres, sur les conséquences de cette inversion, et sur les termes nouveaux dans lesquels se pose désormais la question des rapports entre la violence et la loi, la norme et l’exception, l’état de guerre, l’état de sécurité et l’état de liberté.

Dans le contexte de rétrécissement du monde et de son repeuplement à la faveur des nouveaux mouvements migratoires, l’essai n’ouvre pas seulement des pistes neuves pour une critique des nationalismes ataviques. Il pose également, par-delà l’humanisme, les fondements d’une politique de l’humanité.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Dim 22 Mai - 13:13


dans l'indigence critique française, un moment exceptionnel d'intelligence et de sensibilité

« dans le sillage des conflits de la décolonisation du XXe siècle, la guerre
– sous la figure de la conquête et de l’occupation, de la terreur et de la contre-insurrection –
est devenue le sacrement de notre époque.»


une autre critique radicale de la démocratie


Rencontre avec Achille Mbebme et Alain Mabanckou au musée Dapper
7 mai 2016 - animation : Maboula Soumahoro



2h05

Citation :
Rencontre avec Achille Mbebme et Alain Mabanckou au musée Dapper - 7 mai 2016 - animation : Maboula Soumahoro.

A propos de la parution de l'ouvrage d'Achille Mbembe Politiques de l'inimitié aux Editions La Découverte.

Alain Mabanckou, écrivain et enseignant franco-congolais qui a intégré cette année le Collège de France (chaire Création artistique), nous a fait l'honneur de sa présence. Il s'entretient durant l'événement avec Achille Mbembe.

Achille Mbembe est camerounais. Il est professeur d'histoire et de science politique à l'université de Witwatersrand à Johannesbourg (Afrique du Sud). Chercheur au Witwatersrand Institute for Social and Economics Research (WISER), il enseigne également au département français et à Duke University (aux États-Unis).

Il est notamment l'auteur de De la postcolonie. Essai sur l'imagination politique dans l'Afrique contemporaine (Karthala, 2000), de Sortir de la grande nuit. Essai sur l'Afrique décolonisée (La Découverte, 2010) et de Critique de la raison nègre (La Découverte, 2013).

Ses livres ont fait l'objet de plusieurs traductions en langues étrangères.



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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   

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"GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME
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