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 "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Ven 20 Nov - 17:17

Bombarder Bruxelles ? Ou quelques contradictions de la guerre contre le terrorisme

18 novembre 2015 | Par Mathias.delori Médiapart

Mathias Delori. Chercheur CNRS au Centre Émile Durkheim de Sciences Po Bordeaux. Co-auteur, avec Gilles Bertrand, du livre Terrorisme, émotions et relations internationales, Paris, Editions Myriapode, 2015.



Citation :
Une idée domine le discours public depuis les attentats tragiques de vendredi dernier : la France est en guerre. Le président Hollande a déclaré cette guerre de manière solennelle devant le Congrès réuni à Versailles ce lundi. À la suite de son discours, l’ensemble des parlementaires ont entonné une marseillaise plus martiale que jamais. Il importe de remarquer, à ce propos, que ces discours et ces chants ne sont pas une posture symbolique. Les Rafales et les Mirages 2000 français bombardent depuis dimanche la ville de Raqqa, un des fiefs de l’État Islamique. Une alliance militaire de grande ampleur se prépare avec la Russie de W. Poutine. Cette guerre se justifie par le fait que les auteurs des attentats de vendredi ont une connexion avec l’État Islamique. Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire présumé, a par exemple séjourné en Syrie. Il s’est d’ailleurs pavané dans une vidéo macabre avec d’autres combattants de l’État Islamique.

Pourtant, l’enquête sur les attentats dramatiques de vendredi dernier renvoie autant, sinon plus, à Bruxelles qu’à Raqqa. Abdelhamid Abaaoud n’est pas syrien mais belge et, qui plus est, bruxellois. Tout comme ses complices de ce triste vendredi 13 et leurs cousins de janvier dernier (A. Coulibaly et les frères Kouachi), il est un enfant de l’Europe. Fort de ce constat, Eric Zemmour a récemment proposé de bombarder le quartier bruxellois de Molenbeek, foyer présumé du terrorisme. Ne le prenons pas aux mots mais faisons une expérience de pensée en nous posant deux questions : Comment réagirions-nous si la France décidait, demain, de bombarder Bruxelles, Lyon ou Munich au prétexte que ces villes auraient servi de repère ou de lieu de vie à plusieurs terroristes ? Avons-nous réagi de la même manière quand nous avons appris, dimanche, le début des bombardements sur Raqqa ?

Le politiste Martin Shaw a exploré cette question dans sa théorie du « transfert de risque ». Shaw observe, pour commencer, que la guerre contre le terrorisme (islamique) est une guerre globale au sens où les puissances occidentales la mènent sur deux fronts : le front dit « intérieur » - le territoire des États-Unis, de l’Europe, etc. - et le front dit « extérieur » : l’Afghanistan, le Mali, l’Irak, la Syrie, des pays qui ont pour point commun d’être à la fois des pays à majorité musulmane et des pays anciennement colonisés. Bien qu’il s’agisse de la même « guerre », les puissances occidentales n’utilisent pas du tout les mêmes armes sur ces deux terrains. Dans le premier cas, elles utilisent des instruments politiques « normaux » : la police, la justice ou, dans les cas d’urgence, des commandos d’élite au sol. Dans le second, en revanche, les puissances occidentales larguent des bombes à partir de drones ou de chasseurs-bombardiers.

La raison de cette différence dans les modalités de la « neutralisation » des terroristes n’est pas technique. Il est possible d’envoyer des commandos d’élite en dehors des frontières. Les États-Occidentaux ne se privent d’ailleurs pas de le faire en certaines circonstances. Pensons, par exemple, à l’assassinat de Ben Laden le 2 mai 2011.

Ces modalités différentes de « traitement » des terroristes prend racine dans un phénomène plus fondamental : le rapport des sociétés occidentales à la violence. Même si les opérateurs de drones et les pilotes de chasseurs bombardier font tout leur possible pour épargner les vies civiles, les bombes qu’ils larguent font – mécaniquement ou cinétiquement – beaucoup plus de « dommages collatéraux » que les balles des policiers ou des tireurs de commandos d’élite. Or si les responsables politiques sont prêts à assumer la probabilité de voir une balle perdue tuer un civil occidental, ils ne sont pas disposés à voir des dizaines de leurs concitoyens mourir à quelques mètres de l’impact d’une bombe de 250 kg lâchée par un Rafale, un Mirage 2000 ou un F18.

Cet usage d’instruments sécuritaires si différents conduit M. Shaw à relever une première contradiction de la guerre contre le terrorisme. Alors que celle-ci est menée au nom de valeurs humanistes, modernes et libérales qui proclament l’égalité de toutes les vies humaines, certaines vies (civiles) ont visiblement moins de valeurs que d’autres. Reprenons l’expérience de pensée évoquée plus haut : que serait la victime collatérale d’une bombe française s’écrasant à Bruxelles ? Probablement une personne humaine qu’on pleurerait (légitimement) en apprenant son nom, son histoire, les multiples anecdotes racontées par ses proches. Qu’est-ce qu’une victime collatérale d’une bombe française s’écrasant à Raqqa : le paramètre invisible d’une équation ou, au mieux, une victime regrettée mais justifiée au nom de ce que Eyal Weizmann appelle le « principe du moindre mal ».

On remarquera, au passage, que cette différence dans la valeur accordée aux vies humaines se lit dans un dispositif capitaliste concret : les compensations financières versées par les gouvernements occidentaux aux victimes de cette guerre. En moyenne, les familles de victime des attentats du 11 septembre ont reçu la somme de 1,8 million de dollars. Les familles afghanes et irakiennes victimes des bombes américaines peuvent prétendre, sous des conditions en réalité drastiques, à 2 500 dollars.

Ces éléments illustrent un fait simple mais important pour notre propos : le cadrage humaniste est distordu par une préoccupation plus traditionnelle, à savoir le fait qu’on a plus de sympathie pour les proches que pour les autres lointains. Or il importe de bien mesurer la portée ce phénomène en apparence trivial. En effet, ce raisonnement communautariste caché ne s’applique pas seulement aux civils mais, également, aux combattants occidentaux. C’est ici que l’expression « transfert de risque » prend tout son sens. Les sociétés et les forces occidentales ne veulent à aucun prix de victime occidentale, y compris parmi les combattants. Dès lors, elles préfèrent transférer aux populations (civiles) non-occidentales les risques de cette guerre. Ce raisonnement explique la centralité, dans la nouvelle guerre contre le terrorisme, des frappes aériennes et des drones. Même si ceux-ci font plus de morts civils non-occidentaux que les commandos d’élite des forces spéciales projetés au sol, ils présentent une vertu inestimable : ils garantissent la (sur)vie des combattants occidentaux.

Cette expérience de pensée – bombarder Bruxelles - présente un autre mérite : illustrer le fait que la « guerre contre le terrorisme » est… une guerre. Cette guerre présente en effet une particularité historique : elle n’est pas perçue comme telle par la plupart de ses supporters. Nous avions relevé ce point lors des attentats de janvier. Il existait un décalage entre le discours d’une partie des manifestants et le sens concret de leur geste. En effet, si l’aile droite des manifestations proclamait sa haine de l’Islam de manière (déjà) martiale, l’aile gauche inscrivait son action symbolique dans un autre champ lexical : le refus de la violence, la mixité inter-ethnique, la défense de la liberté d’expression, etc. La présence à la tête du cortège parisien du 11 janvier du Secrétaire général de l’OTAN, de B. Netanyahou et de 70 autres responsables politiques intéressés par la guerre contre le terrorisme suscita, certes, quelques interrogations. Toutefois, ces personnes qui proclamaient leur refus de la violence ne descendirent pas dans les rues pour protester quand M. Valls déclara la guerre au terrorisme (le 10 janvier), quand les députés français entonnèrent une Marseillaise (déjà) martiale et quand le président Hollande décida d’intensifier les frappes contre Daesh. Toutes les décisions de l’exécutif allaient dans le sens de la guerre. Or celui-ci gagna vingt points de popularité dans les sondages. Cette contradiction explique la surprise et la stupeur d’une partie de l’opinion depuis vendredi. N’ayant pas totalement conscience d’être en guerre, de nombreuses personnes s’étonnent de voir Daesh décider, à son tour, de rendre les coups.

Cette guerre contre le terrorisme (islamique) comporte une troisième contradiction : elle est menée dans une incohérence stratégique absolue. Plusieurs collègues ont relevé ce point en ce qui concerne la « grande stratégie », c’est-à-dire les alliances géopolitiques. La France et les États-Unis sont alliés avec l’Arabie Saoudite, laquelle est fortement soupçonnée d’avoir financé les attentats du 11 Septembre ainsi que le Front al-Nosra en Syrie. De plus, le précédent historique de la guerre américaine contre le terrorisme devrait nous inciter à la prudence. Contrairement à ce qu’affirment quelques « orientalistes » trop présents devant les médias, les États-Unis n’ont pas terrassé Al Qaïda en 2001-2002 et encore moins les Talibans (après avoir fait, au passage, plusieurs milliers de victimes civiles afghanes). Ils ont certes porté un coup à Al Qaïda mais suscité, dans le même geste, des milliers de vocations pour son cousin proche-oriental : Daesh. Cette logique de constitution du terrorisme par l’anti-terrorisme prit une forme encore plus massive lors de l’invasion de l’Irak en 2003. Daesh est directement le fruit de la déstructuration de l’État irakien engendrée par l’intervention américaine.

Cette cécité stratégique est également perceptible dans le volet actuel de cette guerre, à savoir les frappes contre Daesh et la constitution (à venir) d’une alliance avec Poutine. Les partisans de ce « tournant stratégique » ne se rendent-ils pas compte qu’ils réagissent, précisément, selon les modalités souhaitées par leur ennemi ? En effet, plusieurs éléments suggèrent que Daesh espère une intensification des frappes occidentales : le mode opératoire « terroriste » (qui fabrique des émotions belligènes de peur et de blessure identitaire), le fait que cette organisation politique puise sa légitimité dans une rhétorique anti-impérialiste dénonçant les « croisades » occidentales, les accents virilistes de son communiqué – qui fait parfaitement écho, d’ailleurs, à celui de la classe politique française -, etc. Or comme le remarquent Eric Fassin, Edwy Plenel et d’autres, le b.a.-ba de la stratégie stipule qu’il ne faut pas réagir conformément aux attentes de l’adversaire, mais au contraire le surprendre. D’où cette admonestation formulée récemment dans Le Monde par David Van Reybrouck : « Monsieur le président, vous êtes tombé dans le piège ! ».

La guerre contre le terrorisme présente une autre contradiction : alors qu’elle est menée au nom de la démocratie et du libéralisme politique, elle n’a qu’une conséquence pratique sur le plan intérieur : la restriction des libertés. Le discours du président Hollande devant le Congrès est de ce point de vue un cas d’école. Il propose, tout simplement, de constitutionnaliser l’état d’exception qui se met en place depuis janvier dernier.

On nous objectera que ce phénomène se produit lors de toutes les guerres. Admettons, mais c’est précisément là que le bât blesse. La France a systématiquement renié tous ses principes démocratiques à chaque fois qu’elle est entrée en guerre. Cette histoire a commencé avec l’Union sacrée de 1914, union sacrée qu’on nous somme de respecter encore aujourd’hui. À l’époque, un député allemand avait sauvé l’honneur pluraliste (donc démocratique) de l’Allemagne : le socialiste Karl Liebknecht. Celui-ci avait refusé de voter les crédits de guerre. Jaurès assassiné, tous ses camarades français se jetèrent dans la mêlée. Or qu’est-ce qu’une démocratie où le peuple agit comme un seul homme ? Un état totalitaire.

Cette histoire prit une forme bien plus tragique encore en 1939-1940. Le 18 novembre 1939, le gouvernement républicain d’E. Daladier décida d’interner (déjà !) tous les « individu(s), Français ou étranger, considéré(s) comme dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ». Cette catégorie englobait la plupart des Allemands se trouvant sur le territoire français. Ces milliers de personnes – pour la plupart Juifs et/ou opposants au nazisme – avaient rejoint la France car ils voyaient en elle la patrie des droits de l’Homme. Arriva ensuite la défaite de juin 1940, la dissolution – votée par les parlementaires ! – des institutions démocratiques et l’article 19 de la convention d’armistice qui décidait de livrer ces hommes et ces femmes à Hitler. On connait la suite…

On pourrait en dire autant, bien évidemment, à propos de la guerre d’Algérie. Il est vrai que la France n’a pas attendu la révolution algérienne pour renier ses principes démocratiques au Sud de la Méditerrannée. Dans les départements algériens, le droit français établissait deux catégories juridiques : les citoyens (chrétiens, juifs ou athées) et les sujets (musulmans) qui se voyaient privés de tous les droits politiques. Cette logique s’est cependant accentuée de manière inouïe pendant la guerre d’Algérie à proprement parler avec la censure, les arrestations sommaires, la torture, etc. La « métropole » ne fut d’ailleurs pas épargnée par ces dérives anti-démocratiques. Pensons, par exemple, aux complicités préfectorales dans le massacre des manifestants pacifistes algériens à Paris le 17 octobre 1961.

La comparaison avec la guerre d’Algérie permet d’ailleurs d’illustrer une dernière contradiction de la guerre contre le terrorisme. Bien qu’elle se drape dans les habits du libéralisme politique, cette guerre est menée en dehors de tout cadre légal. Les militaires n’y sont pour rien. J’ai fait de multiples entretiens avec des militaires français qui combattent le terrorisme. Je peux témoigner qu’ils ont, pour la plupart, une conception noble et parfaitement respectable de leur métier. Le problème réside dans le cadre politique de cette guerre. Pour commencer, la distinction entre « civil » et « combattant » - le fondement du droit de la guerre – n’a pratiquement plus cours. Dans bien des cas, est considérée comme « combattante » toute personne de sexe masculin et adulte située sur un site qualifié de « stratégique ». On comprend, dans ces conditions, pourquoi les décomptes relatifs au nombre de victimes civiles divergent de part et d’autre… Par ailleurs, ces combattants sont considérés comme « illégaux » (selon la terminologie états-unienne), ce qui signifie une chose très simple : les conventions de Genève ne les concernent pas.

Sous le mandat de G. W. Bush, le choix de refuser à ces hommes la dignité de combattant légal était pensé de manière instrumentale. Il s’agissait de rendre possible la torture dans le cadre de la quête de renseignement menée par la CIA. Depuis quelques années, ce choix a pris une forme plus identitaire liée à la prétention « humanitaire » de cette guerre. Dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, on ne combat pas un alter-ego menaçant : un « boche », un « Franzmann », un « soviétique », etc. On affronte au contraire des ennemis de l’humanité, qualifiés plus couramment de « barbares ». Or que fait-on des non-humains ? On les « éradique », pour reprendre un terme devenu populaire dans le discours public. Cette remarque nous ramène à la comparaison avec la guerre d’Algérie. Franz Fanon écrivait à ce propos que « sous l'occupation allemande les Français étaient demeurés des hommes. Sous l'occupation française [de l’Allemagne de 1945 à 1949], les Allemands sont demeurés des hommes. En Algérie, il n'y a pas seulement domination, mais à la lettre décision de n'occuper somme toute qu'un terrain ». Franz Fanon savait de quoi il parlait : il fut à la fois un grand révolutionnaire algérien et un grand résistant français.

Précisons, si besoin était, que ces remarques ne puisent pas leur inspiration dans une condamnation morale de la guerre ou dans une sorte de pacifisme intégral. L’histoire nous a appris à nous méfier de ce type de raisonnement. Les grands stratèges nous enseignent cependant que l’usage de la force armée n’est pas le seul instrument de résolution des problèmes de sécurité. Si l’on admet la thèse selon laquelle le terrorisme qui a frappé Paris est d’abord européen ou occidental dans sa généalogie, appliquons-lui les mêmes recettes qu’aux autres terrorismes. Au cours de la Seconde moitié du XXe siècle, la France a traité et résolu de multiples problèmes terroristes (d’extrême droite, d’extrême gauche ou encore régionaliste) de manière policière et judiciaire. Les forces de police et les juges anti-terroristes s’y attèlent d’ailleurs avec courage et efficacité depuis vendredi. Pourquoi ne pas concentrer ses efforts sur ces instruments ? Si l’on retient la thèse que le terrorisme islamique nous vient surtout du Moyen-Orient, il existe aussi l’option diplomatique. Après les attentats de Madrid de mars 2004 (près de 200 morts), le nouveau Premier ministre José Luis Rodriguez Zapaterro a maintenu sa promesse de se retirer d’Irak et les attentats ont cessé. Il est vrai que cette proposition paraîtra curieuse à ceux qui estiment (en bons humanistes ?) qu’on ne négocie pas avec les ennemis de l’humanité.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Sam 21 Nov - 0:40

« Nous payons les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient » Sophie Bessis et Mohamed Harbi* (Historiens) LE MONDE | 17.11.2015

* Jean-Louis Roche fait remarquer que Mohammed Harbi n'est pas seulement un ancien du FLN, comme l'indique le monde... mais aussi de Socialisme ou Barbarie. Vu ce texte, s'il n'a pas sombré comme Edgar Morin, il n'en est pas loi



Laurent Fabius et le ministre du pétrole saoudien Ali al-Naimi le 8 novembre à Paris

Citation :
Soyons réalistes, demandons l’impossible, clamaient dans les rues de Paris les utopistes de mai 1968. Etre réaliste aujourd’hui, c’est réclamer à ceux qui gouvernent d’aller aux racines de ce mal qui, le 13 novembre, a tué au moins 129 personnes dans la capitale française. Elles sont multiples, et il n’est pas question d’en faire ici l’inventaire. Nous n’évoquerons ni l’abandon des banlieues, ni l’école, ni la reproduction endogamique d’élites hexagonales incapables de lire la complexité du monde. Nous mesurons la multiplicité des causes de l’expansion de l’islamisme radical.

Comme nous savons à quel point l’étroitesse des rapports entretenus dans tout le monde arabe entre les sphères politique et religieuse a pu faciliter son émergence, nous n’avons aucune intention simplificatrice. Mais, aujourd’hui, c’est la politique internationale d’une France blessée, et de l’ensemble du monde occidental, que nous voulons interroger.

Sur l’islamisme d’abord. Depuis le début de sa montée en puissance, dans les années 1970, les dirigeants occidentaux se sont convaincus qu’il devenait la force politique dominante du monde arabo-musulman. Addiction au pétrole aidant, ils ont renforcé le pacte faustien les liant aux Etats qui en sont la matrice idéologique, qui l’ont propagé, financé, armé. Ils ont, pour ce faire, inventé l’oxymore d’un « islamisme modéré » avec lequel ils pouvaient faire alliance.

Le djihadisme est avant tout l’enfant des Saoud et autres émirs auxquels elle se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués. On ne veut pas voir que la même idéologie les anime

Le soutien apporté ces derniers mois au régime turc de M. Erdogan dont on connaît les accointances avec le djihadisme, et qui n’a pas peu contribué à sa réélection, en est une des preuves les plus récentes. La France, ces dernières années, a resserré à l’extrême ses liens avec le Qatar et l’Arabie saoudite, fermant les yeux sur leur responsabilité dans la mondialisation de l’extrémisme islamiste.

Le djihadisme est avant tout l’enfant des Saoud et autres émirs auxquels elle se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués, faisant fi des « valeurs » qu’elle convoque un peu vite en d’autres occasions. Jamais les dirigeants français ne se sont posé la question de savoir ce qui différencie la barbarie de Daesh de celle du royaume saoudien. On ne veut pas voir que la même idéologie les anime.

Cécité volontaire

Les morts du 13 novembre sont aussi les victimes de cette cécité volontaire. Ce constat s’ajoute à la longue liste des soutiens aux autres sanglants dictateurs moyen-orientaux – qualifiés de laïques quand cela convenait – de Saddam Hussein à la dynastie Assad ou à Khadafi – et courtisés jusqu’à ce qu’ils ne servent plus. La lourde facture de ces tragiques inconséquences est aujourd’hui payée par les citoyens innocents du cynisme à la fois naïf et intéressé de leurs gouvernants.

L’autre matrice du délire rationnel des tueurs djihadistes est la question israélo-palestinienne. Depuis des décennies, les mêmes dirigeants occidentaux, tétanisés par la mémoire du judéocide perpétré il y a soixante-dix ans au cœur de l’Europe, se refusent à faire appliquer les résolutions de l’ONU susceptibles de résoudre le problème et se soumettent aux diktats de l’extrême droite israélienne aujourd’hui au pouvoir, qui a fait de la tragédie juive du XXe siècle un fonds de commerce.

On ne dira jamais assez à quel point le double standard érigé en principe politique au Moyen-Orient a nourri le ressentiment, instrumentalisé en haine par les entrepreneurs identitaires de tous bords. Alors oui, soyons réalistes, demandons l’impossible. Exigeons que la France mette un terme à ses relations privilégiées avec l’Arabie saoudite et le Qatar, les deux monarchies où l’islam wahhabite est la religion officielle, tant qu’elles n’auront pas coupé tout lien avec leurs épigones djihadistes, tant que leurs lois et leurs pratiques iront à l’encontre d’un minimum décent d’humanité.

Exigeons aussi de ce qu’on appelle « la communauté internationale » qu’elle fasse immédiatement appliquer les résolutions des Nations unies concernant l’occupation israélienne et qu’elle entérine sans délai la création trop longtemps différée de l’Etat palestinien par le retour d’Israël dans ses frontières du 4 juin 1967.

Ces deux mesures, dont riront les tenants d’une realpolitik dont on ne compte plus les conséquences catastrophiques, n’élimineront pas en un instant la menace djihadiste, aujourd’hui partout enracinée. Mais elles auront l’immense mérite d’en assécher partiellement le terreau. Alors, et alors seulement, les mesures antiterroristes prises aujourd’hui en l’absence de toute vision politique pourraient commencer à devenir efficaces.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Sam 21 Nov - 1:06



Aux origines de Daech : la guerre du pétrole Secrets d'info par Jacques Monin jeudi 19 novembre 2015


La France peut-elle continuer de signer des contrats avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, alors que ces deux pays ont contribué à fabriquer Daech contre lequel nous sommes aujourd’hui en "guerre" ? Comme le démontre notre enquête, le rôle joué par ses deux pays est en effet plus que trouble.


Citation :
L'influence de l'Arabie Saoudite et du Qatar

Lors du renversement de Saddam Hussein, l’Arabie Saoudite et le Qatar, dont les intérêts divergent souvent par ailleurs, se rejoingent dans la crainte commune de voir se dessiner un croissant chiite aux frontières de leurs pays sunnites. Ils regardent donc favorablement le développement des groupes djihadistes sunnites, sur un terreau alimenté par la déliquescence de l’Etat Irakien, une corruption endémique, et une haine profonde des chiites et des occidentaux. De cette jungle émergeront des groupes djihadistes dont il existe aujourd’hui deux principales composantes : Al Nosra, et Daech.


Des enjeux économiques à l'origine de la montée en puissance de Daech

Dans une région dont la complexité sociale politique et religieuse est séculaire, des projets économiques contemporains ont cristallisé la situation : en 2010, l’Iran projette de construire un pipe-line qui passerait par l’Irak et la Syrie pour acheminer du pétrole et du gaz vers la méditerranée. Cela redistribuerait les cartes de la production pétrolière dans le golfe. Or le gaz pour le Qatar, et le pétrole pour l’Arabie Saoudite, c’est vital.

Selon Alain Juillet, ancien directeur du renseignement de la DGSE : "L’Arabie saoudite et le Qatar prennent très mal l’idée d’un pipeline qui pourraient concurrencer leurs livraisons de pétrole. Ils vont se dire : mais dans le fond le problème c’est Bachar. Il est en train de signer un accord qu’il ne devrait pas signer avec l’Iran. Donc c’est un personnage extrêmement dangereux. Donc il faut renverser Bachar."

Cela permet de comprendre pourquoi, le Qatar et l'Arabie Saoudite soutiennent les mouvements djihadistes. Ils contribuent donc à la montée en puissance de Daech, même si les circuits financiers sont difficiles à établir.



Un financement souterrain existerait toujours pour le pétrole de Daech © SIPA

Le groupe Etat islamique en passe de devenir autosuffisant

En Arabie Saoudite, explique Pierre Conesa, ex haut fonctionnaire du Quai d’Orsay, la distinction entre argent public et privé n’existe pas . Il est donc difficile de tracer des circuits officiels par nature opaque. Mais il existe un autre financement qui passe par des associations soit disant caritatives : "Ce pays est une espèce de ghetto dans lequel il n’y a aucune bibliothèque, aucun cinéma, aucun théâtre. Quand les saoudiens vont à l’étranger, ils font donc tout ce qui est leur est interdit chez eux. Et lorsqu’ils reviennent, ils achètent des indulgences en finançant des fondations qui, elles, financent les groupes islamistes."

Le financement du terrorisme a ainsi continué jusqu’en 2013. Il cesse officiellement lorsque les deux pays constatent que leur créature leur échappe. Le groupe Etat Islamique grandit. Il se rapproche de leurs frontières. Et il finira par devenir autosuffisant, à cheval entre la Syrie et l’Irak.


Le pétrole de Daech et son financement souterrain

Un financement souterrain existerait toujours. C’est ce que soutient Loic Le Floch Prigent, l’ancien patron d’Elf qui a longtemps travaillé dans la région et qui reste très informé : "Le pétrole de Daech ne peut sortir et ne peut être payé que par des gens qui sont prêts à le payer et à étouffer son existence." Et d'ajouter : "Il y a forcément derrière des Turcs et des Saoudiens qui le recyclent dans leur propre pays."


La France doit-elle continuer à faire des affaires avec le Qatar et l'Arabie Saoudite ?

En Mai 2015, François Hollande signait au Qatar un contrat portant sur la vente de 24 rafales. En octobre de la même année, soit un mois avant les attentats de Paris, Manuel Valls lance devant un parterre de dignitaires saoudiens : "Venez investir dans notre pays, au cœur de l’Europe, c’est le moment plus que jamais."

La question est simple : doit-on continuer à faire des affaires avec des pays qui ont financé une organisation contre laquelle nous nous disons en guerre ? N’y a-t-il pas deux poids deux mesures ? Une posture morale qu’on voulait adopter à Damas, et une autre beaucoup plus cynique, en Arabie Saoudite.

Alain Chouet, autre ex patron du renseignement de la DGSE l'exprime clairement : "On ne pourra pas continuer éternellement dans une politique schizophrène. On a fermé les yeux sur l’idéologie prônée par ces pays parce que rien ne se passait chez nous. On n’en voyait pas les effets. Eh bien maintenant on les voit."



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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Sam 21 Nov - 1:44



La course de fonds de l’Etat islamique Jean-Louis Le Touzet et Vittorio De Filippis Libération 19 novembre 2015

L’organisation terroriste se sert désormais des vieux réseaux baasistes pour cacher sur des comptes offshore sa gigantesque fortune tirée du pétrole, de l’impôt, du pillage, de l’agriculture…



Des raffineries de pétrole dans la province syrienne de Hassaké, en partie contrôlée par l’EI.
Il y aurait 2 000 milliards de dollars de réserves de brut sur ces zones.
Photo Yann Renoult/Wostok Press/Maxppp


sous-titres

Daech : un Etat ? Un territoire ?

D’où vient l’argent dont dispose l’EI ?

Quelles sont ses dépenses ?

Où est cet argent ?

Comment l’argent sort-il du pays ?

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Lun 23 Nov - 9:02



Les forces spéciales américaines déployées au Mali après l’attaque d’un hôtel à Bamako Thomas Gaist WSWS 23 novembre 2015

Thomas Gaist a écrit:
Des hommes non identifiés armés de grenades et de fusils d’assaut ont investi, le vendredi 20 novembre, l’hôtel de luxe Radisson Blu dans la capitale malienne Bamako, tuant au moins 27 personnes et capturant jusqu’à 170 otages

Alors que des avions de guerre français survolaient l’hôtel, des troupes françaises, américaines, onusiennes et maliennes le cernaient et donnait l’assaut; ils finirent par sécuriser l’établissement haut de gamme après un siège qui dura une bonne partie de la journée.

Des forces spéciales américaines ont participé à l’opération et évacué une douzaine de ressortissants américains se trouvant à l’intérieur durant l’attaque, selon les médias américains. Les forces américaines ont également fourni des renseignements et au moins un drone « Reaper » en soutien à l’opération de sauvetage.

Des dizaines de soldats des forces spéciales américaines et françaises, en plus des substantielles forces de commandos déjà maintenues par les deux pays dans la région, ont été déployés à Bamako en réponse à l’attaque. Au moins 25 soldats américains étaient déjà présents à Bamako et ont coordonné leur action avec celle du gouvernement.

Un Américain au moins a été tué dans l’attaque a rapporté CNN le 20 novembre au soir. Jusqu’à cinq membres du Département américain de la Défense se trouvaient dans l’hôtel au moment de l’attaque ont dit des responsables anonymes du Pentagone au Los Angeles Times.

Le gouvernement du Mali a déclaré l’état d’urgence nationale pour 10 jours à partir de vendredi minuit en réponse aux attaques.

La milice islamiste Al Mourabitoun, une scission d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, formée par le terroriste international notoire Mokhtar Bel Mokhtar, a revendiqué l’attaque dans un message Twitter et un enregistrement immédiatement après l’attaque. Dans sa déclaration audio, Al Mourabitoun a affirmé que l’attaque avait été lancée en représailles d’atrocités commises par les forces gouvernementales maliennes et françaises contre la population dans le nord.

Venant à la suite des attentats terroristes politiquement chargés de Paris et celui visant un avion de ligne russe au-dessus du Sinaï, l’attaque de l’hôtel très en vue Radisson Blu, fréquenté par une clientèle internationale et de classe supérieure a des implications inquiétantes.

Washington et Paris se sont déjà saisis des attentats de Paris pour amplifier leurs guerres en Irak et en Syrie et imposer des mesures autoritaires à leurs propres populations. Dans la semaine écoulée depuis les attentats, les avions français ont intensifié massivement leurs bombardements en Syrie et les villes françaises ont été placées sous la loi martiale.

La France entretient déjà une garnison transsahélienne substantielle de plus de 3.000 soldats, chargés d’opérations « antiterroristes » illimitées au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad dans le cadre de l’opération Barkhane.

S’exprimant vendredi, les dirigeants français ont comparé les événements de Bamako avec les attentats de Paris et promis d’organiser une réponse « nationale et internationale. »

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a dénoncé sur un ton belliqueux l’« idéologie meurtrière » des assaillants islamistes présumés et annoncé que les diplomates français rédigeaient une résolution onusienne appelant à de nouvelles initiatives antiterroristes transnationales.

« Il n'est pas possible de négocier avec eux car tout ce qu'ils veulent, c'est tuer quiconque n'accepte pas leur domination. Nous devons donc les combattre… au niveau national et au niveau international » a dit Fabius.

« Une fois encore les terroristes veulent marquer de leur présence barbare tous les lieux où ils peuvent tuer, où ils peuvent impressionner et massacrer, »
a dit le président français François Hollande

Les responsables américains ont eux aussi signalé que Washington allait intensifier son intervention au Mali. Le gouvernement américain allait « rester un partenaire indéfectible du gouvernement du Mali et d’autres dans la région de la lutte contre les groupes terroristes, » a déclaré vendredi le porte-parole de la Maison-Blanche pour la sécurité nationale, Ned Price.

« Nous sommes prêts à aider le gouvernement malien dans les prochains jours », a-t-il dit.

Les experts militaires cités par les médias américains appellent de plus en plus à une présence militaire accrue dans la région. Le déploiement français Barkhane est actuellement « trop ​​éparpillé », selon des experts cités par le Los Angeles Times.

« Il y a tellement de groupes différents qui essayent de faire un nom. Nous allons continuer à subir ces attaques » a dit au Wall Street Journal un analyste de la sécurité européenne.

Les réseaux islamistes armés se sont développés rapidement dans toute l’Afrique du Nord ces dernières années au fur et à mesure que se déstabilisait rapidement l’ordre régional dû aux retombées de la guerre USA-OTAN de 2011contre la Libye.

La désintégration de l’État libyen sous l’assaut des États-Unis et de l’OTAN a transformé la Libye et les pays voisins en aires de rassemblement pour groupes islamistes et autres milices ethniques, et a inondé d’armes et de combattants la moitié nord du continent.

Les nombreuses milices « rebelles », dont des forces islamistes affiliées à Al-Qaïda, mobilisées contre le régime de Kadhafi par les puissances occidentales comme forces mandataires ont continué à faire la guerre en Libye et dans les pays voisins. Beaucoup de ces forces sont ensuite allées se battre dans la guerre civile fomentée par les Etats-Unis en Syrie, introduites dans le pays grâce à des filières terroristes secrètement gérées par les renseignements américains.

La destruction de la Libye par les États-Unis et l’OTAN a également fourni des forces pour une guerre civile au Mali, y poussant par le sud de la Libye des milices touareg, islamistes et autres armées jusqu’aux dents avec les armes pillées dans les arsenaux libyens ou données par les gouvernements occidentaux.

La saisie des villes du nord du Mali par des combattants tribaux Touareg et des milices islamistes juste sorties de la guerre libyenne a rapidement provoqué une guerre civile et précipité un putsch militaire à Bamako, dirigé par un officier formé aux États-Unis.

La France a répondu en envahissant le pays en janvier 2013, soutenue par les Etats-Unis. Présentée comme une mission antiterroriste, l’intervention française a en réalité été lancée dans le cadre plus large de la campagne des puissances impérialistes pour réimposer une domination politique et militaire directe en Afrique, et massivement accélérée depuis 2008.

Depuis la création officielle en 2008 du Commandement américain en Afrique (AFRICOM), des détachements américains sont engagés dans littéralement chaque pays africain dans des opérations militaires ou couvertes. En plus des forces conventionnelles importantes d’AFRICOM, les forces spéciales américaines ont mis au point de vastes opérations en République centrafricaine, en Somalie, au Mali, en Ouganda et ailleurs. Durant toute l’année 2015, quelque 1.400 soldats des forces spéciales américaines ont été en opération dans au moins 23 pays africains, selon le chef du Commandement des opérations spéciales pour l’Afrique (SOCOM), le général Donald Bolduc.

AFRICOM affirme mener des opérations pour « démanteler » des dizaines de groupes terroristes présumés différents, dans chaque sous-région majeure en Afrique.

Les forces spéciales américaines visaient, outre la Lords Resistance Army d’Ouganda, au moins 43 groupes terroristes et milices dans la seule sous-région d’Afrique centrale, a dit le général Bolduc plus tôt ce mois-ci

Le gouvernement français a fait pression pour que les États-Unis continuent de soutenir ses opérations au Mali et en général au Sahel, a dit au Huffington Post l’ancien ambassadeur français aux États-Unis, Gérard Araud.

L’Impérialisme allemand prépare ses propres missions de combat « indépendantes et robustes » au Mali. Les opérations allemandes seront étroitement coordonnées avec quelque 600 membres des forces néerlandaises déjà stationnées dans le pays et y « déploieront toute la gamme des moyens à sa disposition », selon les directives de l’opération.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré à propos des événements de vendredi, « l’attaque terroriste d’aujourd’hui montre clairement qu’il y a un long chemin à parcourir avant que le Mali ne soit stabilisé » et, « le terrorisme islamique dans la région n’a pas encore été vaincu ».

Le gouvernement allemand prévoyait des « joint-ventures » et de « l’investissement direct » en Afrique centrale, a déclaré Steinmeier vendredi depuis la Zambie.

Les nouvelles opérations au Mali correspondent aux lignes directrices de la politique adoptée par Berlin l’an dernier et appelant à des interventions militaires et politiques allemandes agressives sur le continent. Celles-ci déclaraient ouvertement que ces efforts visaient un contrôle allemand sur une Afrique « riche en ressources naturelles. »

La dissolution de l’Union soviétique a ouvert de nouvelles perspectives africaines aux Etats-Unis et aux pouvoirs européens, qui y ont réagi par une ruée féroce pour repartager les ressources et les marchés de l’Afrique.

En collaborant à ce projet, les élites bourgeoises nationales de l’Afrique sont devenues riches mais elles se sont par là discréditées aux yeux des masses. Partout sur le continent, les gouvernements chancellent et l’agitation sociale atteint des niveaux historiques. Le gouvernement malien, malgré l’importante aide militaire de l’Occident, ne peut même pas sécuriser les rares enclaves riches de sa capitale.

(Article paru d'abord en anglais le 21 novembre 2015)


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Lun 23 Nov - 10:12

texte de Robert Kurz publié par Clément Homs, du site Critique de la valeur-dissociation. Repenser une théorie critique du capitalisme . De quoi regretter la disparition (en juillet 2012) du penseur allemand, dont les textes sont quand même d'une autre tenue que les répétitions lancinantes de Anselm Jappe, sans parler de l'ineffable et creux Clément Homs qu'a vu l'homme... mais pas l'exploitation du prolétaire par le capital

« Économie totalitaire et paranoïa de la terreur. La pulsion de mort de la raison capitaliste » Robert Kurz 2001
20 Novembre 2015

En écho aux attentats à Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015, nous reprenons ici un article de Robert Kurz (paru dans Avis au naufragés, 2005) évoquant déjà en 2001 face aux attentats aux Etats-Unis, la seule réaction émancipatrice possible face à un monde immonde qui ne peut qu'engendrer des actes immondes


je souligne en gras ce qui dans ce texte qui a 14 ans pourrait dater d'hier...
Robert Kurz a écrit:
Dans l’histoire de l’humanité, les catastrophes hautement symboliques ont toujours été l’occasion d’un recueillement au cours duquel les grands de ce monde se font plus humbles et où les sociétés se mettent à réfléchir sur elles-mêmes afin de reconnaître leurs limites.

Dans la société capitaliste mondialisée, rien de tout cela ne peut être observé après l’attaque suicide contre les centres vitaux des USA. On dirait presque que l’attaque barbare venue du fond de l’irrationnel a non seulement anéanti le World Trade Center, mais aussi les derniers restes de capacité de jugement du public démocratique existant dans le monde. Cette société refuse de se reconnaître dans le miroir que lui tend la terreur. Sous l’impact de l’horreur, elle devient au contraire encore plus complaisante, encore plus bornée et plus inconsciente qu’auparavant. Plus elle se voit rappeler violemment ses propres limites, plus elle s’entête à revendiquer son pouvoir et s’obstine à cultiver son unidimensionnalité.

 Après l’attentat terroriste, les élites de fonction (1), les médias et la piétaille du système mondial de  « l’économie de marché et de la démocratie » se comportent comme s’ils étaient les acteurs et les figurants d’une mise en scène en vrai du film Independence Day. Hollywood avait anticipé un événement apocalyptique et en a tiré un film à grand renfort de kitsch patriotique et de morale rétrograde. Ainsi, l’industrie culturelle a banalisé la réalité de la catastrophe, la déréalisant avant qu’elle ne devienne réalité. Le deuil spontané et le désarroi sont recouverts par les faux rituels d’un schéma réactionnel programmé qui rend impossible toute compréhension de la relation intrinsèque entre le terrorisme et l’ordre existant.

 Quand l’acteur amateur qui tient le rôle du président américain invoque l’idée d’une « gigantesque lutte du Bien contre le Mal », il devient manifeste que la conscience démocratique officielle s'est figée en inconscience enragée. Parce type de vision du monde simpliste, on ne fait que projeter vers l’extérieur les contradictions intérieures. C’est le schéma de base de toute idéologie : au lieu de mettre en lumière l’ensemble des relations dans lesquelles on est impliqué, on s’efforce de trouver une cause étrangère aux événements et de définir un ennemi extérieur. Or, contrairement aux mondes oniriques infantiles de Hollywood, la dure réalité de la société mondiale qui s’écroule ne connaîtra pas de happy end.

 Dans le film Independence Day, ce sont significativement des extra-terrestres qui attaquent le « pays même de Dieu » et qui, bien sûr, finissent par être héroïquement repoussés. De toute évidence, ce rôle d’alien extra-terrestre, extra-capitaliste et extra-rationnel échoit maintenant à l’islamisme militant, comme s’il s’agissait d’une culture que l’on vient à peine de découvrir et qui se révélerait une sombre menace. A la recherche des racines du Mal, on feuillette le Coran comme s’il pouvait fournir les mobiles d’actes qui, autrement, resteraient inexplicables.

 Des intellectuels occidentaux en émoi décrivent sans rougir le terrorisme comme l’expression d’une conscience « pré-moderne » qui aurait raté le coche des Lumières, ce qui l’obligerait à « diaboliser en bloc et par des actes de haine aveugle cette merveilleuse liberté occidentale qui prône « l’auto-détermination de l’individu », le libre marché, l’ordre libéral, bref tous les bienfaits de la civilisation occidentale. Comme si l'on n'avait jamais réfléchi à la « dialectique de la raison » (2) et comme si, dans l’histoire catastrophique du XXe siècle, la notion libérale de progrès ne s’était pas couverte de honte depuis longtemps, nous assistons dans la confusion provoquée par cet acte de folie d’un nouveau type, au retour du fantôme aussi arrogant qu'ignorant de la philosophie de l’histoire bourgeoise des XVIIIe et XIXe siècles. Dans sa tentative désespérée d’attribuer la nouvelle dimension de la terreur à une entité étrangère, le raisonnement occidental démocratique tombe définitivement en dessous de tout niveau intellectuel.

 Mais le fait que tous les phénomènes de cette société mondialisée soient intimement liés ne se laisse pas balayer à coups de redéfinitions : en réalité, après cinq cents ans d'histoire coloniales et impérialiste sanglante, cent ans d’une désastreuse industrialisation bureaucratique et de modernisation de rattrapage (3), cinquante ans d’intégration destructrice dans le marché mondial et dix ans sous le règne absurde du nouveau capital financier transnational, il n’existe plus d’Orient exotique que l’on pourrait percevoir comme étrange et extérieur. Tout ce qui se passe aujourd’hui est un produit, soit direct soit indirect, du système mondial unifié par la force. Le One World du capital est le sein qui enfante la méga terreur.

 C’est l’idéologie militante du totalitarisme économique occidental qui a ouvert la voie à des élucubrations néo-idéologiques tout aussi militantes. La fin de l’ère du capitalisme d’État et de ses idées a été l’occasion de faire taire toute théorie critique. Il ne fallait plus que les contradictions de la logique capitaliste soient montrées du doigt. Ainsi les déclara-t-on inexistantes, tout comme la possibilité de libérer la société du système marchand. Avec la supposée « victoire finale » du principe du marché et de la concurrence, la capacité des sociétés occidentales à la réflexion intellectuelle a commencé à s’éteindre. Il fallait que les habitants de ce monde deviennent identiques aux fonctions capitalistes, bien que la plupart d’entre eux aient déjà été déclarés « superflus ».

 Pendant que les mécanismes de crise capitalistico-financiers de la valeur actionnariale (Shareholder Value) plongeaient des milliards d’êtres humains dans la misère et le désespoir, la majorité de l’intelligentsia dans le monde entier se mit à entonner - comble de honte ! - l’hymne de l’optimisme libéral et démocratique. Maintenant, elle en paie le prix : quand la raison critique se tait, c’est la haine meurtrière qui prend sa place. Alors, le caractère objectivement intenable du mode de production et du mode de vie dominants se traduit dès lors d’une façon non plus rationnelle mais irrationnelle. C’est ainsi que le recul de la théorie critique fut suivi par l’avancée du fondamentalisme religieux et ethno-raciste. Tant que la critique du capitalisme (sous sa forme radicale et émancipatrice) ne renaîtra pas, les accès de paranoïa sociale et idéologique seront la seule et unique aune permettant de mesurer le degré atteint par les contradictions de la société mondiale. Dans ces conditions, la nouvelle qualité de la méga-terreur aux USA signifie que la crise du système capitaliste mondial (officiellement ignorée ou banalisée) a pris une nouvelle dimension.

 Ce qui apparaît comme un mystérieux déchaînement de la terreur a non seulement poussé sur le sol fertile du One World de l’économie libérale, mais il est de surcroît le produit d’élevage des appareils répressifs des démocraties occidentales qui s’en lavent les mains aujourd’hui. Ce sont là en effet les balles perdues de la guerre froide et des guerres démocratiques pour un nouvel ordre mondial de l'après guerre froide. L’Occident a armé Saddam Hussein contre le régime des mollahs iraniens, lui-même issu des ruines de la modernisation lancée par le régime du shah. Ce sont les USA qui ont choyé les talibans, les ont entraînés et équipés d’efficaces missiles anti-ariens parce qu’à l’époque tout ce qui était dirigé contre l’Union soviétique faisait partie de l’empire du Bien. Quant à ce fou d’Oussama Ben Laden, que l'on gonfle maintenant en réincarnation mythique du Mal, il est entré dans l’arène mondiale de la paranoïa armée pour la même raison : à l’origine, il était le « bébé » des services secrets occidentaux. Aujourd'hui, l’impérialisme sécuritaire de l’Otan, qui entend contrôler par la force cette part de l’humanité dont le capital n’arrive plus à assurer la reproduction, se sert aussi de régimes tortionnaires amis et de fous divers dans des pays tels que la Turquie, l’Arabie saoudite, le Maroc, le Pakistan, la Colombie et autres. Mais parce que ce monde court à sa perte, ses enfants bâtards en viennent à s’autonomiser les uns après les autres. Le « bébé » d’aujourd’hui est toujours le « monstre incompréhensible » de demain.

 Mais les princes de la terreur, les guerriers de Dieu et les milices claniques ne sont pas seulement des forces que l’Occident a instrumentalisées de l’extérieur et qui commenceraient maintenant à lui échapper. En outre, leur état d’esprit n’est pas « moyenâgeux » mais post-moderne. Les ressemblances structurelles entre la conscience de la « civilisation » libérale et la conscience des terroristes islamiques ne surprennent guère, quand on sait que la logique du capital constitue une fin en soi irrationnelle, qui n’est rien d’autre qu’une religion sécularisée. Le totalitarisme économique régnant divise, lui aussi, le monde en « fidèles" et « infidèles ». La « civilisation » de l'économie libérale est incapable d'analyser rationnellement la terreur car, alors, elle devrait se mettre elle-même en question. Ainsi l’Occident, prétendument éclairé, en vient-il à définir l’islamisme comme « œuvre du diable », tout comme l'islamisme le fait avec l'Occident. Les images dichotomiques et irrationnelles du « Bien » et du « Mal » se ressemblent jusqu'au ridicule.

 Ce qui se passe dans la tête des leaders terroristes n’est pas, de par son caractère, plus bizarre que la façon dont les dirigeants de l’économie libérale mondialisée - sous la contrainte destructrice du calcul abstrait d'une économie qui sacrifie tout aux besoins de l' « entreprise » - perçoivent et traitent les êtres humains et l'environnement. La terreur religieuse frappe tout aussi aveuglément et irrationnellement que la « main invisible » de la concurrence anonyme sous le règne de laquelle, constamment, des millions d’enfants meurent de faim (pour ne donner qu’un exemple qui jette une lumière étrange sur le culte de la compassion pour les victimes de Manhattan).

 Lorsque les médias laissent voir - entre les lignes - une secrète admiration pour les immenses capacités techniques et logistiques des terroristes, l’affinité d’esprit entre les deux se laisse voir également : les deux côtés relèvent pareillement de la « raison instrumentale » moderne. Car ce que dit l’inquiétant capitaine Achab dans Moby Dick, cette grande allégorie de la modernité, vaut pour l’un comme pour l’autre : tous mes moyens sont rationnels, seule la fin poursuivie est folle. À l’économie de l’horreur correspond, comme dans un miroir, l’horreur de l’économie. Le terroriste kamikaze se révèle ainsi être la conséquence logique de l’individu isolé dans la concurrence universelle, dans une situation qui ne laisse aucune échappatoire. Ce que nous voyons surgir ici, c'est la pulsion de mort du sujet capitaliste. Que cette pulsion de mort soit inhérente à la conscience occidentale et qu'elle ne soit pas seulement déclenchée par la misère sociale du système de marché totalitaire mais également par sa misère spirituelle, voilà ce que montrent les actes de folie meurtrière commis dans les écoles des USA par des enfants issus de la classe moyenne ou l’attentat d’Oklahoma City, qui - comme on sait - fut un authentique produit de la folie régnant à l’intérieur même des USA. L’être humain qui se voit réduit aux seules fonctions économiques devient aussi fou que celui qui se voit rejeté comme « existence superflue » par le processus de valorisation. La raison instrumentale licencie ses enfants (4).

 Parce que le noyau irrationnel de son idéologie ressemble à s’y méprendre au fondamentalisme islamique, le capitalisme n’a d’autre choix que d’en appeler à la croisade, à la guerre sainte de la « civilisation » occidentale. Lors des commémorations, seuls sont réellement pleurés comme des victimes le chroniqueur vedette, le broker de Manhattan, le citoyen de la liberté occidentale. Les civils irakiens et les enfants serbes déchiquetés par des bombes larguées à dix milles mètres d’altitude pour ne pas égratigner la précieuse peau des pilotes américains ne furent pas considérés comme des pertes humaines, mais comme des « dommages collatéraux ». L’apartheid mondial ne s’arrête même pas devant les morts. La notion occidentale des droits de l’homme contient tacitement comme condition préalable le caractère vendable de la personne et sa solvabilité. Qui ne remplit ces critères n’est au fond plus un être humain mais un morceau de biomasse. Ainsi le fondamentalisme occidental divise-t-il le monde en un empire prétendument « civilisé » d’un côté et les « nouveaux barbares » de l’autre, comme l'écrivain français Jean-Chistophe Ruffin le constatait déjà au début des années 1990 (5).

 L’empire vacille. En l’espace de quelques mois, le mythe de l’invulnérabilité économique s’est effondré lamentablement avec la chute de la New Economy. Et voilà parti en fumée, en même temps que le Pentagone, le mythe de l’« invulnérabilité » militaire. Mais, de cette catastrophe même, la pensée utilitariste des élites de fonction tente encore de tirer profit. Au beau milieu de l’écroulement des marchés financiers, on trouve en effet matière pour échafauder une « légende du coup de poignard dans le dos »(6) : ce n’est pas l’ordre dominant qui est caduc quand les bulles financières explosent et que l’économie mondiale menace de s’effondrer ; la cause serait plutôt le « choc externe » de l’attaque terroriste - ainsi que l’affirme le directeur de la Banque centrale européenne (BCE), Wim Duisenberg. L’échec du système est transformé à coups de redéfinitions en méchanceté extérieure d’étranges « infidèles », mais cela ne change rien : les faits sont têtus.

 En même temps se déclenche une vague de propagande guerrière aussi hystérique que sirupeuse, comme si nous étions en août 1914. Partout, des volontaires s’enrôlent en masse ; en plein krach, les actions de l’industrie d’armement grimpent : on verrait presque apparaître l’espoir d’une conjoncture de croisade. Mais des groupes clandestins d’hommes armés de canifs et de cutters, ne provoqueront pas la mobilisation en masse et l’unification de toutes les forces sociales. La terreur ne représente pas un contre-empire extérieur de même niveau, tant pour ce qui est des institutions étatiques que de l’économie de guerre. Elle est la Némésis intérieure du capital mondialisé même. C'est pourquoi elle ne saurait déclencher un nouveau boom de l’armement. Et au niveau militaire également, la croisade sera un coup d’épée dans l’eau. Qu’il s’agisse d’éventuelles « frappes de représailles » de la part des USA qui décimeront, comme par le passé la population civile depuis dix mille mètres d'altitude, ou qu'il s'agisse de troupes terrestres errant à travers de lointaines régions montagneuses en subissant de lourdes pertes (comme l’armée Rouge l’a appris à ses dépens en Afghanistan) : ce n’est pas dans une telle pseudo-guerre contre les démons de la crise mondiale que le capitalisme a lui-même engendrés, que celui-ci pourra trouver de quoi s’alimenter pour continuer à vivre.

 On entend également quelques voix de la raison, depuis des pompiers new-yorkais jusqu’à des journalistes en passant par certains hommes politiques, qui ont au moins l'intelligence de dire qu’une guerre serait totalement insensée. Mais cette raison risque de demeurer impuissante et d’être finalement emportée par la vague d’irrationnel si elle ne trouve pas le chemin d’une analyse des rapports de crise. Il n’y a qu’une voie pour empêcher réellement le terrorisme de prospérer : la critique émancipatrice du totalitarisme mondial de l’économie.



Traduit de l’allemand, et paru dans Robert Kurz, Avis aux naufragés. Chroniques du capitalisme mondialisé en crise, Lignes, 2005 (recueil traduit par Olivier Galtier, Wolfgang Kukulies, Luc Mercier et Johannes Vogele).

Nous renvoyons sur ce thème à d'autres articles sur ce site :

- Clément Homs, Crise de la modernité capitaliste et révolutions du " Printemps arabe "

- Robert Kurz, Moudjahidine de la valeur. Des bombes pour défendre le fétiche marchandise

- Robert Kurz, Pas la moindre révolution nulle part !

- Norbert Trenkle, Pourquoi l'islamisme ne peut pas être expliqué par la religion

- Georg Klauda, Homophobie musulmane, Occident éclairé ?

-  Franz Schandl, Affaiblissons tous les fronts ! Refusons de prendre partie dans la guerre des civilisations.

- Gerd Bedszent, C'en est fini de la Libye

- Tomaz Konicz, Plongée dans la guerre civile mondiale

- Robert Kurz, Impérialisme de crise. Six thèses sur la nature des nouvelles guerre pour l'ordre mondial



Notes du texte :

1) NdT : désigne les groupes sociaux et les personnes exerçant des fonctions de contrôle particuliers et complexes au sein de la société marchande et de ses structures objectivées; renvoie à une analyse du capitalisme qui n’est pas en termes de classe. Le prolétariat n’y est pas considéré comme sujet révolutionnaire à priori et les groupes dominants comme de simples exécutants de la valeur, de simples élites de fonction (cf revue Krisis)

2) NdT: allusion à l’ouvrage homonyme de Th. W.-Adorno et Max Horkheimer

3) NdT : cette notion désigne le modèle de développement capitaliste pour les pays sous-développés : Russie, Chine

4) Allusion au roman de Wolfgang Leonhardt, La Révolution licencie ses enfants (1964).

5) Cf. L'Empire et ses nouveaux barbares (1991).

6) NdT : expression de la droite nationaliste allemande pour désigner la révolution de 1918 qui aurait, selon cette droite, trahi les soldats du front de l’Ouest en les coupant de leurs arrières.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mar 24 Nov - 17:58

L'État islamique utilise la France comme un leurre Jacques Benillouche Slate 24.11.2015


Benghazi, le 7 juillet 2015 I REUTERS/Stringer

Pour Daech, le vrai combat se déroule en Libye, où elle mobilise aujourd'hui une bonne partie de ses troupes

je souligne en gras
Jacques Benillouche a écrit:
L’État islamique n’est pas parvenu au sommet des organisations terroristes islamistes par défaut. Son théoricien, Abou Moussab Al-Souri, et l’adepte qui s’est inspiré de son idéologie, Abou Bakr al-Baghdadi, ont été les artisans de l’implantation au niveau international de ce qui était à l’origine un petit mouvement islamiste concurrent d’Al-Qaïda. La réussite de Daech résulte d’une stratégie patiemment élaborée. Le groupe État islamique s’intéresse peu aux pays occidentaux, sauf pour faire diversion. Son objectif principal consiste à islamiser les pays musulmans, en particulier les pays faibles ou en phase de décomposition.

Les experts israéliens sont convaincus que les attentats de Paris tendent à détourner l’attention des Occidentaux sur ce qui se trame en Libye depuis quelques mois. Ils lui servent aussi de vecteurs de publicité pour attirer à lui de nouveaux candidats au djihad à la recherche d’un idéal ou d’aventures sanglantes. Les terroristes éliminés en France, très dangereux parce qu’incontrôlables, sont cependant des petits délinquants à la kalachnikov facile. Ils représentent des troisièmes couteaux suffisamment fous, hâbleurs et habiles pour occuper l’espace médiatique tandis que les vrais chefs expérimentés, issus de l’armée et des services de sécurité de Saddam Hussein, sont aux commandes. D’ailleurs, les tueurs de Paris ont montré leurs limites et leur manque d’expérience puisqu’ils ont laissé des traces qui ont mené la police vers leur refuge. Leur maladresse a permis d’épargner le Stade de France avec ses 80.000 spectateurs.


Créer les structures d'un État

La diversion semble fonctionner. Les djihadistes ont d’abord attaqué les centres-villes de la Libye pour mobiliser les dirigeants locaux tandis que la périphérie devenait une proie facile. La deuxième phase consiste à se lancer dans des massacres d’une rare sauvagerie pour forcer les populations à rejoindre les djihadistes en croyant qu’ils sont ainsi les seuls à rétablir la paix civile face à des gouvernements locaux qui ont échoué. La cruauté n’est pas gratuite mais efficace pour mener à la victoire. Les djihadistes utilisent ensuite leurs techniques barbares en Libye pour asservir les récalcitrants en décapitant et en accrochant à des croix douze combattants locaux, dont des salafistes, qui voulaient les déloger de Syrte. L’exemple marque; les civils tremblent et les moins téméraires se rallient en nombre.


En Libye, trois provinces ont déjà été envahies par des combattants aguerris

Daech recherche, enfin, le rétablissement du califat qui prône le rejet de la démocratie, du nationalisme et de l’Occident. Fondé sur un islam rigoriste, il pourra alors s’installer dans la durée en créant les structures d’un État qui s’appuie sur de nouveaux juges et une nouvelle police. En contrepartie, il organise la vie sociale et les aides à une population soumise par la force et qui, de toute façon, se contente de dons matériels à défaut de liberté. Cependant, les dirigeants occidentaux parlent de démonstration de force pour détruire Daech en faisant allusion à la Syrie et à l’Irak envahie par les djihadistes. Mais ils négligent l’impact des filiales autonomes de l’État islamique installées au Yémen, dans la péninsule du Sinaï, et en Algérie même, faisant d’ailleurs concurrence à Al-Qaïda qui perd de plus en plus de son influence.


La plaque tournante du djihadisme mondial

En Libye, trois provinces ont déjà été envahies par des combattants aguerris qui n’ont rien à voir avec les «petites frappes» de Paris. En fait, l’État islamique profite des divisions politiques et du chaos généralisé pour renforcer sa présence à l’est et à l’ouest du pays. Un an après l’allégeance d’un petit groupe islamiste libyen au «califat», les djihadistes sont à présent bien implantés. Ils représentent les nouvelles structures d’un État qui a disparu dans les décombres de la guerre civile. Les arsenaux de Kadhafi, dont il reste encore quelques fusils à roquette, aident les terroristes dans leur conquête.

L’Occident considère que cette avance irrémédiable est neutralisée par les combats entre factions rivales. Or, Daech puise auprès de combattants désarçonnés un nouveau vivier de jeunes subjugués par sa réussite qui fait la une des medias internationaux. Les groupes islamistes concurrents se vident alors de leurs meilleurs éléments qui rejoignent les vainqueurs.


Si ce monde explose ou se décompose, les conséquences rejailliront sur tout le continent européen

Daech contrôle Syrte et une grande partie de la côte-est. Cette ville côtière, qui comptait 75.000 habitants et où était né Kadhafi, est aux mains de Daech depuis juin. Il a réussi à diviser la ville de Benghazi en se substituant aux autres groupes extrémistes. D’ailleurs, l’État islamique conforte son implantation dans le pays en y envoyant toutes ses nouvelles recrues étrangères venant de Syrie et d’Irak. La Libye devient la plaque tournante du djihadisme mondial dans l’indifférence totale de l’Occident. Il dispose d’une forte capacité de nuisance auprès du monde musulman, tout en étant à quelques centaines de kilomètres de l’Europe. Si ce monde explose ou se décompose, les conséquences rejailliront sur tout le continent européen, sans compter l’envoi de terroristes déguisés en migrants qui affluent pour constituer la cinquième colonne. Daech a compris que celui qui contrôle les côtes libyennes contrôlera en fait le flux migratoire vers l’Occident.

Ne pas répéter l'abandon kurde

Mais l’Europe ne sera que secondairement touchée. Daech utilisera la tête de pont libyenne pour menacer les pays voisins faibles comme la Tunisie et d’une certaine manière l’Algérie. D’ailleurs, il est déjà établi que les terroristes qui ont attaqué les centres touristiques tunisiens ont été formés en Libye, dans les camps djihadistes. L’Occident, s’il le décide, n’a qu’un seul moyen pour freiner l’expansion en Libye en soutenant les nombreuses tribus qui constituaient jadis l’ossature du régime de Kadhafi. Elles ne sont pas prêtes à abandonner leur mainmise sur les zones dont elles ont le contrôle. Cette structure clanique, qui a freiné l’unité du pays, est la seule aujourd’hui qui pourrait s’opposer à l’État islamique pour l’instant rejeté.


Les Américains ont bien lancé le 13 novembre 2015 un raid aérien contre Daech, à Derna dans l’Est-libyen qui a permis d'éliminer le chef local

Mais encore faut-il que l’Occident se comporte mieux qu’avec les Kurdes qu’il a abandonnés alors qu’ils étaient les seuls à occasionner des pertes sévères aux djihadistes. Les tribus libyennes ont beaucoup appris du déroulement des faits en Syrie. Ils veulent à présent protéger avec toute leur énergie les puits de pétrole pour empêcher le financement des troupes de Daech. Seul le chaos en Libye pourrait servir de catalyseur à l'État islamique pour s’emparer du pays à moins que les Occidentaux n’aident ces tribus par des frappes aériennes plus nombreuses et plus ciblées. Mais pour l’instant les Rafale visent les bases de Daech en Syrie en occasionnant peu de pertes puisqu’elles sont toutes souterraines.

Plus de 5.000 combattants

Les Américains, qui se sont brusquement réveillés de leur léthargie, ont bien lancé le 13 novembre 2015 un raid aérien contre Daech, à Derna dans l’Est-libyen, qui a permis d’éliminer le chef local de l’État islamique, l’irakien Wissam Najm al-Zoubaïdi (Abou Nabil), ancien membre d’Al-Qaïda. Mais l’effet est temporaire. Sa mort va certes réduire la capacité de l’organisation à procéder en Libye au recrutement de nouveaux membres, à la création de nouvelles bases et à la planification d’attentats à l’extérieur. Mais cela ne dissuadera pas l’implantation de Daech en Libye puisque les rangs des djihadistes, qui ne cessent de grossir, compteraient aujourd’hui plus de 5.000 hommes, avec des combattants étrangers venus de Tunisie, du Soudan et du Yémen.


Un rapport de l’ONU du 16 novembre 2015 précise que «des groupes armés ayant prêté allégeance à Daech ont pris le contrôle et consolidé leur emprise sur des portions du territoire libyen commettant des abus graves dont des exécutions sommaires sur la base de leur religion». Un proverbe tunisien de circonstance prétend que «ne ressent la brûlure de la braise que celui qui marche dessus». La brûlure n’a pas encore atteint les Occidentaux.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mar 24 Nov - 20:06


Le complexe militaro-industriel en pleine effervescence après les attentats de Paris donbishopsam Blog : Emphasis on Analysis 24 nov. 2015

Source : Un effort de 17 milliards d'euros pour la défense britannique (Mediapart)

Citation :
David Cameron a annoncé que la Grande-Bretagne allait acheter neuf avions de surveillance maritime P-8 Poséïdon construits par Boeing pour contribuer à la protection de sa force de dissuasion nucléaire. Ces appareils sont censés pallier l'abandon en 2010 du programme d'avion-espion Nimrod, une décision vivement critiquée. Le gouvernement va aussi acheter au moins 13 nouvelles frégates pour la Royal Navy, dont huit seront des « Types 26 » conçus par BAE Systems.

La Grande-Bretagne se dotera aussi d'ici 2025 de deux brigades d'intervention rapide de 5 000 soldats chacun. Ses chasseurs Typhoon vont être modernisés pour accroître de dix ans leur durée de vie, ce qui aura pour effet de constituer deux escadrilles supplémentaires.Londres va aussi investir dans de nouveaux drones de surveillance et accélérer l'acquisition de chasseurs F-35 Lightning II auprès de Lockheed Martin, dont 24 devront être déployés sur les porte-avions britanniques d'ici 2023 dans le cadre d'une commande totale de 138 appareils.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mer 25 Nov - 4:00

Les femmes kamikazes, nouvelle stratégie des djihadistes valeursactuelles.com


Les femmes djihadistes sont de plus en plus utilisées dans les combats ou les attentats
Photo © AFP

Attentats. Alors qu’une kamikaze s’est donné la mort en activant sa ceinture d’explosif, ce mercredi, lors de l’assaut du raid à Saint-Denis, les interrogations subsistent sur le rôle donné aux femmes dans le cadre du combat terroriste.

Citation :
Pour la première fois sur le sol français, une femme a commis un attentat suicide. Ne faisant aucune victime, elle a activé sa ceinture lors de l’opération menée par le Raid ce mercredi matin, à Saint-Denis. Ce procédé pose question, alors que l’on considère souvent que l’islamisme radical place les femmes dans un rôle subalterne, et les cantonne à un rôle de « femme au foyer » ou, pire, de simples esclaves sexuelles réservées au « repos du guerrier ».

Elles sont de plus en plus à rejoindre Daesh

« Avant la création du califat, de nombreuses femmes partaient en Syrie avec leur mari. Depuis qu’il a été établi en juillet 2014, nous voyons un grand nombre de femmes qui y vont seules » affirme dans lalibre.be, la chercheuse britannique Mélanie Smith, qui scrute les réseaux sociaux et consulte régulièrement les chats et tweets d’environ 180 femmes ayant quitté les pays occidentaux pour rejoindre l’Etat Islamique.

Selon un rapport sénatorial d’avril 2015, 119 françaises auraient rejoint les zones de combat en Syrie.

Convaincues que l’Etat Islamique est le seul endroit où elles pourront pratiquer leur religion et être respectées, par opposition à un occident qui les force à côtoyer les hommes et donne de la femme une vision dégradante, elles évoquent plusieurs raisons pour justifier leur départ. Certaines invoquent des causes politiques concrètes, comme l’interdiction du niqab en France et en Belgique, d’autres la lutte contre le capitalisme, d’autres encore citent directement les écritures.

« Mariées dans les deux à trois semaines après leur arrivée »

Toutes se rejoignent néanmoins sur la volonté de soutenir un combat et d’aider à l’établissement de leur pays idéal, et ce par la natalité et l’éducation des enfants, futurs combattants. « En général, les filles sont mariées dans les deux à trois semaines de leur arrivée. Si leur mari décède sur la ligne de front, elles ne peuvent se remarier qu’après trois mois. C’est le délai de viduité, l’Idda. (Précepte islamique selon lequel une femme divorcée ou veuve doit attendre trois mois avant de se remarier ndlr) Cela permet aux femmes de faire le deuil et de vérifier si elles ne sont pas enceintes » précise Mélanie Smith. Une agence matrimoniale a même été créée dans la ville d’Al-Bab, au sud d’Alep, pour les femmes souhaitant épouser un combattant radical.

Parmi ces femmes, beaucoup sont à peine majeures. De nombreuses affaires de très jeunes adolescentes parties en laissant un simple mot à leurs parents, ont ému les opinions publiques ces dernières années. Parmi elles, Nora 15 ans, qui a quitté sa ville d’origine, Avignon, depuis le 23 janvier dernier. Elle n’avait informé personne de son départ, laissant sa famille dans un profond désarroi.

Des combattantes qui sèment la terreur

Plus que le simple fait de l’Etat Islamique, cette évolution semble être l’apanage du terrorisme radical. « Les groupes qui n’ont auparavant jamais utilisé de femmes, comme les talibans, Boko Haram et, plus récemment, les islamistes shebab, ont commencé à en recruter de plus en plus » constate Mia Melissa Bloom, professeure des études en sécurité à l’université du Massachusetts, sur Euronews.

Si elles restent une minorité, certaines sont donc pleinement impliquées dans les plans d’attaques terroristes ou dans les combats. La brigade Al-Khansa, créée par l’Etat Islamique à l’été 2014, est ainsi exclusivement féminine. Chargées de faire respecter la charia ou de participer aux combats en cas d’attaque, elles sèment la terreur à Raqqa et à Mossoul. Leur principal combat est la lutte contre toute forme d’émancipation. Elles n’hésitent pas à utiliser la torture, allant jusqu’à battre à mort les récalcitrantes.

Utilisation régulière de femmes kamikazes

Mais les femmes peuvent également jouer un rôle clé dans les attentats terroristes. Moins soupçonnées que les hommes, elles font un souvent un travail de l’ombre qui permet d’organiser les attaques.

Hayat Boumediene, par exemple, avait été complice des meurtres d’Amedy Coulibaly à l’Hyper Casher en janvier. Actuellement en Syrie, elle aurait notamment aidé le terroriste dans ses communications. Une enquête du journal Marianne, rapporte par ailleurs que de nombreuses épouses servent d’intermédiaires pour leurs maris islamistes radicaux en prison. Plusieurs évasions et attentats auraient ainsi été préparés grâce à l’action en coulisses de femmes.

Si les attentats perpétrés par des femmes kamikazes sont plus rares dans le cas de L’Etat Islamique, la pratique est de plus en plus répandue en Afrique et souvent utilisée par le groupe Boko Haram. L’attentat suicide de Saint Denis, annonce peut-être une prise plus régulière des armes par les femmes radicalisées, ainsi qu’une participation directe dans les attaques terroristes.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mer 25 Nov - 6:34



La Syrie représente en fait une « Opération ben Laden bis »



« Vous êtes en train de créer un véritable Frankenstein » Michel Collon Investig'Action 24 novembre 2015

L'écrivain Michel Collon se penche sur la création de Daesh et l'opération Cyclone menée par la CIA dans les années 1980


Citation :
« Opération Cyclone » fut une des plus longues et coûteuses opérations de la CIA. De 20 à 30 millions $ par an au début des années 80 pour culminer à 630 millions $ en 1987. Lancée par Brzezinski sous la présidence Carter, « Opération Cyclone » devint un projet central sous la présidence Reagan et continua jusqu’en 1992.

Ainsi, pendant de longues années, Washington finance des groupes terroristes. Dans quel but ? Renverser le gouvernement socialiste Taraki venu au pouvoir en Afghanistan. Pourtant, il fait du bon boulot : un Etat laïc est instauré, rompant avec le féodalisme et l’intolérance religieuse ; les femmes acquièrent l’égalité des droits, les mariages d’enfants et les dots féodales sont supprimés, les syndicats sont légalisés, on construit des routes, des centaines d’écoles et des hôpitaux. Le gouvernement lance un programme d’alphabétisation et aide les petits paysans.

Mais c’est insupportable pour Washington car l’Afghanistan est soutenu par l’Union soviétique. Problème : sortant d’une défaite honteuse au Vietnam (1961-1975), les Etats-Unis ne peuvent plus se permettre d’entrer eux-mêmes en guerre de façon ouverte. Alors, ils s’associent à l’Arabie saoudite et au Pakistan pour armer, entraîner et financer des terroristes : les moudjahidines. Trente-cinq mille combattants venus individuellement de quarante pays différents sont entraînés dans des camps de la CIA et du MI6 britannique au Pakistan. Parmi eux, un certain ben Laden joue un rôle de plus en plus important. C’est donc Washington et Riyad qui ont permis à ceux ce qu’on appellera plus tard, d’un nom impropre, « les islamistes » de devenir une force politique et militaire importante.

A l’époque, les moudjahidines afghans sont appelés « combattants de la liberté » par les Etats-Unis et les médias. Curieuse conception de la liberté et des droits de l’homme. « Une de leurs méthodes favorites est de torturer leurs victimes, de leur couper le nez et les oreilles, ainsi que les parties génitales, et ensuite d’enlever une fine couche de peau, l’une après l’autre pour provoquer une mort très lente. Malgré des rapports très documentés sur ces atrocités, le président US Ronald Reagan invita un de ces groupes à la Maison-Blanche en 1985 et les présenta ainsi aux médias : « Ces gentlemen sont les équivalents moraux des pères fondateurs de l’Amérique »*.

Du moment qu’ils étaient anticommunistes, Washington se fichait de savoir ce qu’ils faisaient sur le terrain. D’ailleurs, à la même époque, les Etats-Unis utilisaient des terroristes et des escadrons de la mort aussi en Amérique latine, notamment au Salvador.

Comme nous l’avons indiqué dans le livre ici mentionné, l’Opération ben Laden s’est prolongée dans d’autres pays. Washington a utilisé, plus ou moins discrètement, les mêmes terroristes comme armée de subtitution pour renverser ou tenter de renverser des gouvernements qui lui déplaisaient : Yougoslavie, Tchétchénie, Libye, Syrie et d’autres encore. La Syrie représente en fait une « Opération ben Laden bis ».

Pourtant, en 1989, la première ministre du Pakistan, Benazir Bhutto, avait mis en garde George H.W. Bush (ex-directeur de la CIA) qui venait de succéder à Ronald Reagan : « Les extrémistes qui ont tant été encouragés par les Etats-Unis sont en train d’exporter leur terrorisme dans d’autres parties du monde. Vous êtes en train de créer un véritable Frankenstein. »** En 2007, Bhutto sera assassinée par Al-Qaïda qui revendiquera l’opération.

Le 11 septembre n’est donc pas tombé du ciel, c’est un enfant, non reconnu, de la CIA. Malgré cette catastrophe, les Etats-Unis ne renoncèrent pas à utiliser des terroristes, qu’ils envoyèrent en Syrie pour renverser Bachar. Avec des retombées un peu partout qu’on découvre à présent. Cette « Opération Cyclone » vient de frapper à Paris. Et demain ? A Bruxelles, à Londres, à Madrid ?

Aujourd’hui, à la télévision française ou belge, il n’y a plus aucun espace où on peut parler de ces choses-là, simplement sur base des propres documents des Etats-Unis. On n’a pas le droit de dire que Frankenstein a été créé par l’Occident. Et peu importe si, en ne s’attaquant pas aux causes profondes, on va permettre au terrorisme de frapper encore.

Pour s’informer et comprendre, il va falloir créer autre chose.

Notes : * Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ? Investig’Action, 2017, p. 39-41.


** "The Road to September 11". Evan Thomas. Newsweek. 1er octobre 2001. Mathieu Auzanneau, Or Noir, La Découverte, 2015, p. 467.



A propos du « confusionnisme » et de l’extrême droite Michel Collon, Radio Campus 17 octobre 2015

Citation :
Michel Collon est attaqué en permanence par "confusionnisme.info". Liée aux milieux néocons français, la journaliste Ornella Guyet se présente pourtant comme "anarchiste". Michel répond ici à cette diabolisation pour Radio Campus. Qui est gêné par ses investigations sur les guerres de l'Occident ? Est-ce un hasard si les attaques se sont déchaînées après la publication de son Israël, parlons-en ! ?

Pour aller plus loin lisez le Dossier de l’Observatoire du néoconservatisme :

Ornella Guyet : L’archétype de la désinformation


Source : Radio Campus / Collectif Investig’Action




Dernière édition par Admin le Ven 15 Juil - 13:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mer 25 Nov - 19:27


Placide est museau



Placide



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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Jeu 26 Nov - 4:05


L'Allemagne se dit prête à envoyer environ 650 soldats au Mali RFI 25-11-2015


Des Casques bleus de la Minusma, la mission des Nations unies au Mali,
ici, à Kidal, le 22 juillet 2015. REUTERS/Adama Diarra

Au troisième et dernier jour de deuil national au Mali après l'attaque contre l'hôtel Radisson de Bamako vendredi dernier, l'Allemagne a annoncé qu'elle allait apporter son soutien à la Minusma et à la France dans leur mission au Mali. L'Allemagne est prête à envoyer jusqu'à 650 militaires au Mali. Le but est de soutenir les efforts de la France dans le Sahel, afin que Paris puisse s'engager sur d'autres fronts, notamment en Syrie


Citation :
Déployée depuis mars 2013, la Mission de l'ONU au Mali se compose d'environ 10 000 soldats. Une cinquantaine de pays contribuent à cette opération de maintien de la paix. A l’origine, son but est de ralentir la progression des forces jihadistes du nord du pays.

Sur le terrain, les éléments de la Minusma se confrontent à plusieurs difficultés, notamment à la présence de mines. Plusieurs zones échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. A cela s'ajoutent les attaques ponctuelles, à caractère terroriste.

C’est dans ce contexte que la présence militaire allemande au Mali pourrait être multipliée par quatre pour atteindre environ 800 soldats. Le mandat du Bundestag prévoit actuellement jusqu'à 150 hommes, mais dix seulement sont présents sur place. L'armée allemande explique qu'elle n'est pas actuellement sollicitée pour le transport aérien et le ravitaillement en vol, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut.


Renseignements et logistique

Le nouveau mandat parlementaire, qui doit être voté début 2016, prévoit jusqu'à 650 soldats avec notamment des missions de reconnaissance, mais aussi de protection du camp de Gao. D’après une source au ministère français de la Défense, ces troupes allemandes devraient apporter un soutien sur le plan des renseignements et de la logistique. Ce qui, toujours selon cette source, permettrait à la France, à terme, d'alléger son dispositif dans le Sahel.

Cette annonce intervient suite aux derniers attentats terroristes qui ont touché Paris, mais aussi Bamako. Réunis à Bruxelles le 17 novembre dernier, les ministres européens de la Défense ont décidé de « déployer des solidarités ». Cette réunion devrait permettre d’avoir un « contingent européen renforcé », commente un responsable français.

Pour l’heure, Berlin participe également avec 208 hommes à la mission européenne UETM de formation de l'armée malienne présente dans le Sud, dirigée depuis juillet par un général allemand. Cet engagement n'est pas revu à la hausse. L'armée allemande dispose par ailleurs d'un hôpital de campagne à Koulikoro. Enfin, Berlin dirige la mission civile européenne EUCAP Sahel Mali qui doit aider Bamako à restaurer l'autorité de l'Etat sur son territoire.


Vu d'Allemagne

La décision ne provoque en Allemagne qu'un enthousiasme modéré et des interrogations sur le choix de ce pays pour lutter contre la priorité, à savoir le groupe Etat islamique.

« Mais qu'est-ce-que la Bundeswehr a à faire au Mali ? » s'interroge un quotidien, reprenant sans doute à son compte la réflexion de nombreux Allemands traditionnellement hostiles aux interventions militaires à l'étranger. Mais si le journal explique les raisons de cet engagement, l'enthousiasme reste modéré.

Dans la classe politique à Berlin, on ne partage pas la rhétorique de guerre de Paris et on s'interroge sur sa finalité. « Des propos martiaux mais pas de stratégie » titre par exemple l'hebdomadaire Die Zeit. Mais Berlin était sous pression et ne pouvait pas faire un geste au profit de son plus proche allié.

Peu importe que l'augmentation du contingent allemand au Mali ait été prévu avant les attentats de Paris et qu'il serve notamment à compenser le retrait de forces néerlandaises. Le quotidien Süddeutsche Zeitung parle d'un geste solidaire en faveur de la France, tout en soulignant que l'intérêt immédiat de l'Allemagne consisterait plutôt à faire pression sur les acteurs du conflit syrien.

Mais si quelques chrétiens-démocrates isolés ont réclamé l'envoi d'avions de reconnaissance allemands pour soutenir la coalition contre Daech, une majorité d'Allemands s'oppose à une participation de leur pays à la lutte contre l'organisation islamiste.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Jeu 26 Nov - 9:08

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Jeu 26 Nov - 9:29

il est assez surprenant que le thème d'une possible troisième guerre mondiale, qu'elle soit inévitable ou nécessaire au capitalisme, est fort peu présent en France, alors qu'il préoccupe davantage des commentateurs étrangers, et notamment anglo-saxons, dont les marxistes de WSWS et Robert Bibeau, des 7 du Québec

j'ai ouvert un sujet sur la question, une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ? mais sans avoir personnellement de certitude à cet égard

pourtant, comme l'indique le texte ci-dessous, tout se passe comme si... et nous pourrions avoir là un élément de réponse à la question de Roland Simon : « Que se passe-t-il depuis vendredi soir ? » [13 novembre, jour des attentats de Paris]


LA « GUERRE » AU TERRORISME DONT L’OBJECTIF EST D’ENCLENCHER UNE TROISIÈME GUERRE MONDIALE

le 25 novembre 2015 par Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com


La problématique des conflits internationaux

Pour comprendre la politique, nationale et internationale – les deux étant reliées – il faut étudier l’économie, puis appliquer ces enseignements à la politique. Il faut poser la question : « Quelles sont les intérêts en jeux dans tel conflit régional ou mondial ? », ce qui devrait ensuite mener à se demander : « Quelles classes sociales sont en action dans ce conflit et pour défendre quels intérêts économiques ? » Ce sont ces questions auxquelles nous allons tenter de répondre (1).


Citation :
L’hypothèse que nous privilégions est à l’effet que l’alliance des trusts financiers internationaux – associée à plusieurs gouvernements impérialistes dominants – manœuvre en coulisse pour sauver le mode de production capitaliste. Pour ce faire, chacune des alliances impérialistes mène sa politique régionale et internationale en confrontant les autres alliances et en tentant d’inféoder les forces nationalistes des classes bourgeoises et prolétariennes des pays assujettis à ces conflits. Nous verrons que la classe ouvrière tient bien peu de place dans ces manigances alors que, pourtant, elle est l’enjeu final de ces malversations.


Deux axiomes complémentaires

Les clés pour comprendre les récents évènements économiques et politiques internationaux sont d’une part : admettre que l’économique commande au politique et rarement l’inverse. De ce premier axiome découle le second, stipulant que les puissances de la finance mondiale commandent aux puissances de la politique internationale, qui elles, doivent s’assurer que les classes sociales s’engagent sans tergiverser sur les sentiers qui leurs sont assignés. Ces sentiers d’austérité pouvant être, d’accepter le degré d’exploitation de la force de travail requis pour sauver ce système économique déjanté. Ces sentiers d’austérité pouvant être de se résigner aux sacrifices ultimes que les généraux dicteront – pouvant aller jusqu’à la mort – pour sauver ce système économique dépravé.

Une fois admis ces axiomes, il devient aisé de démêler l’écheveau compliqué des intérêts entrecroisés ainsi que le salmigondis des théories « complotistes » qui se disputent la scène du théâtre de Panurge que constitue l’estrade politique internationale.


L’historique du nationalisme chauvin « islamiste »

Depuis 1979, depuis la Révolution iranienne dirigée par l’ayatollah Khomeiny, la religion musulmane est devenue un facteur identitaire très puissant parmi les États-nations où sévie cette religion et l’exploitation néocoloniale. Les bourgeoisies nationalistes locales ont, dans la plupart de ces pays, réussit à faire l’amalgame de leurs multiples intérêts en se servant de ce dénominateur commun qui permet d’apaiser les rapports de classes et parfois même de mobiliser les populaces locales, vivant sous des rapports de production archaïques (semi-féodaux), pour mener des guerres fratricides affectant le partage des prébendes suite au bradage des ressources nationales.

Ainsi, l’Irak sunnite fut mobilisé contre l’Iran chiite dans une guerre de huit ans qui couta un million de morts de chaque côté. De la chair à canon ouvrière pour forcer un réalignement politique et économique de la part de la bourgeoisie iranienne dissidente (2). Il est entendu que les puissances impérialistes occidentales tiraient les ficelles en coulisse, encourageant Saddam Hussein à saccager l’Iran qui osait utiliser le nationalisme chiite iranien pour prendre ses distances vis-à-vis ses anciens maitres d’Occident. L’Iran poussera l’affront  jusqu’à suggérer que le pétrodollar pourrait être remplacé sur le marché de l’or noir (3). On comprend depuis la signature de l’accord sur le nucléaire iranien que si l’Iran sait se délester de telles inimitées, elle peut rallier la communauté des États accrédités par l’impérialisme mondialisé (4).


L’intégrisme en Afghanistan  

Il en fut de même quand la bourgeoisie gauchiste afghane fit mine de prendre le contrôle de ses ressources pour les vendre aux plus offrants, allant même jusqu’à signer des ententes de défense avec le bloc impérialiste soviétique. Aussitôt, les féodaux nationalistes musulmans afghans, dont les talibans, furent enrégimentés par Al-Quaida, financé par la CIA, pour éradiquer cette bande de nationalistes – laïcs – soumis aux intérêts de l’autre camp impérialiste. Depuis ce temps, les Américains ont été chassés. Les talibans ont repris le contrôle du pays et la population afghane est retournée sous le joug de ses maitres nationalistes islamistes après 30 années de guerre terroriste sanguinaire, menée par les avions et les drones de l’OTAN.


La guerre civile au Liban et en Palestine occupée

La guerre civile au Liban fut une autre démonstration de l’utilisation du nationalisme islamiste pour disqualifier un clan et en promouvoir un autre sous de multiples armoiries religieuses-nationalistes (chiite, sunnite, chrétien, druze). C’est le Hezbollah,  l’organisation la plus nationaliste chiite qui est sorti vainqueur de  l’affrontement. Il en fut de même dans la guerre entre les clans religieux en Palestine où la bourgeoisie sunnite finit par discréditer les factions bourgeoises laïcisées membres de l’OLP. La bourgeoise nationaliste du Hamas sunnite s’est imposée comme porte-parole de la bourgeoise palestinienne avide de conclure une entente de partage des terres disputées avec les factions religieuses juives au pouvoir à Tel-Aviv. Incidemment, il est intéressant de constater que la puissance impérialiste israélienne, industrialisée et occidentalisée, n’a pas su échapper à cet impératif du nationalisme religieux chauvin, coincé qu’elle se trouve au milieu de cet océan nationaliste-religieux au confluent de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient arriérés (5).


L’Algérie sous les coups du FIS et du FLN

L’Algérie a connu, elle aussi, des crispations islamistes de la part de factions bourgeoises réactionnaires qui avaient été délaissées lors du partage du pouvoir politique – potiche – suite à la guerre « d’indépendance » que dirigea la bourgeoisie nationaliste laïc (pseudo socialiste). Il faut dire que les groupes religieux n’avaient pas fortement contribué au coup d’épée au cours de la guerre « d’indépendance nationale » (sic). Toujours est-il que la population algérienne miséreuse, extrêmement déçue des résultats de la gouvernance « indépendante », entendit d’une oreille complaisante les appels à la révolte des factions islamistes nationalistes opportunistes. Ce que la petite bourgeoisie algérienne en exil à Paris et à Montréal ne lui pardonnera pas. C’est pourtant la classe prolétarienne algérienne, celle qui est toujours sous le joug des potentats nationaux laïcs ou islamistes, qui souffrit davantage de cette guerre civile de quinze ans entre les factions nationalistes islamistes (FIS) et les factions terroristes regroupées dans le FLN nationaliste, laïc, pseudo socialiste (6). Même situation en Tunisie et au Maroc dont le poids économique est marginal dans les affaires internationales et où les factions nationalistes religieuses sont stoppées, emprisonnées ou fusillées avant d’avoir pu s’incruster au pouvoir.


L’islamisme intégriste en Turquie, l’alliée de l’OTAN

En Turquie, depuis Atatürk, la bourgeoisie nationaliste chauvine, un peu comme en Syrie et en Égypte, est solidement aux commandes de l’appareil d’État capitaliste. Cependant, ce pays, tout comme l’Égypte, est en voie d’industrialisation accélérée ce qui provoque – la crise systémique ayant ici aussi ses réminiscences – des affrontements ouvriers et des soulèvements populaires que craint souverainement la bourgeoisie nationaliste chauvine islamiste, qui avait été mis sur la touche au temps d’Atatürk. Cette fraction de la classe bourgeoise ayant fait de l’islamisme son fonds de commerce refit surface pour réclamer sa part de l’héritage ottoman. La nouvelle Turquie « islamisée » joue docilement sa partition dans le concert des nations manœuvrant dans la région. Elle est donc peu inquiétée par les attaques « djihadistes », jusqu’à présent du moins. L’attaque qu’elle vient de perpétrer, sur ordre de l’OTAN, contre les avions de chasse russes le démontre amplement (7). Les États-Unis et l’OTAN laissent cette bourgeoisie véreuse massacrer les nationalistes chauvins kurdes tout en favorisant la dissidence nationaliste des Kurdes d’Irak et de Syrie de manière à brouiller les cartes dans cette région du monde ensanglantée.

On se demande pour qui tourne Thierry Meyssan quand il prétend que : « D’une main, le gouvernement français mobilise tous ses médias pour focaliser sa population sur les attentats du 13 novembre, puis sur la Cop21. De l’autre, il profite de l’inattention générale pour lancer avec Israël une nouvelle guerre en Irak et en Syrie. Son objectif n’est plus de renverser le régime laïque syrien, ni de détruire son armée, mais désormais de créer un État colonial à cheval sur l’Irak et la Syrie, géré par des Kurdes, afin de prendre en tenailles les États arabes. Le rêve d’une puissance israélienne du Nil à l’Euphrate est de retour » (Cool.

La France et Israël ne sont absolument pas au poste de commande des guerres au Proche-Orient que dirige l’État-major américain en prenant grand soin de composer avec son nouvel allié iranien, si puissant dans le Golfe persan (9). L’Iran n’entend pas laisser partitionner l’Irak ou la Syrie. Elle tolère le Kurdistan pour l’instant, mais pour un temps seulement. Les capitalistes israéliens doivent être bien désespérés pour s’acoquiner avec l’Élysée dont l’aviation fut incapable d’assassiner Mouammar Kadhafi sans le soutien logistique et l’intervention décisive de l’aviation américaine (10) Les impérialistes français doivent être bien désespérés pour s’acoquiner avec les « loosers » de l’armée israélienne tout juste capable de massacrer la population civile de Palestine mais incapable d’affronter le Hezbollah.


Les Frères musulmans en Égypte

L’Égypte de Moubarak fait bon ménage avec les Frères musulmans depuis longtemps. Le pays fut soumis à une révolte populaire, puis ouvrière, de grande envergure, non pas pour obtenir le droit de vote en vue d’élire un nouveau dictateur, mais pour obtenir le droit de vivre décemment. Contrairement à ce que prétendent certains commentateurs, les révoltes populaires furent réelles et la répression sanguinaire. Cependant, les factions bourgeoises nationalistes faisant des religions musulmane et copte leurs fonds de commerce furent effrayées à la vue de cette succession de soulèvements populaires, durement réprimés par l’armée et elles furent amenées à accepter le maintien du clan despotique de Moubarak (sans Moubarak) et à rétrocéder le pouvoir aux militaires sans déclencher d’actions terroristes à l’étranger. Les Frères musulmans égyptiens, nationalistes religieux chauvins, ont toutefois maintenu une branche d’Al Quaïda dans le Sinaï, telle une épée de Damoclès au-dessus de la tête du pouvoir militaire au Caire. Ils attendent que la situation nationale et internationale se calme avant de revendiquer à nouveau le pouvoir que les urnes bourgeoises leur avaient concédé (11).


L’islamisme intégriste dans l’empire saoudien

L’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie jouent la carte nationaliste wahhabite extrémiste depuis très longtemps. Étant donné que ces pays archaïques – où les rapports de production féodaux craquent sous la pression des forces productives sociales – se plient scrupuleusement au partage des redevances pétrolières et à l’usage du pétrodollar pour le commerce de l’or noir, il n’est pas nécessaire d’y créer des troubles sociaux-religieux pour affermer ces États patentés. Cette conjoncture se constate par la relative quiétude dans laquelle vivent ces pays commanditaires des cliques de mercenaires « djihadistes » qui sévissent dans les pays limitrophes. Les brigands  « djihadistes » savent que l’on ne mord pas la main qui vous nourrit. Il en va tout autrement au Yémen où une portion de la bourgeoisie locale d’obédience chiite, soutenue par l’Iran, la nouvelle puissance impérialiste régionale, s’est révoltée contre l’autorité féodale des anciennes vandales commensales. L’Arabie Saoudite – état terroriste – y subit une défaite militaire cuisante aux mains de « djihadistes » locaux. C’est le sort qui sera probablement réservé aux velléités des nationalistes séparatistes kurdes d’Irak et de Syrie cherchant à créer un Kurdistan à la solde des sionistes israéliens.


L’intégrisme islamiste en Irak et en Libye

Quand la bourgeoisie nationaliste laïque d’Irak tenta de s’affranchir de la tutelle des multinationales du pétrole, le maitre du jeu envahit le pays, démantela l’État irakien et offrit le pays en pâture aux clans nationalistes islamistes comme un avertissement de ce qui pourrait survenir à tout autre État récalcitrant. Le Libyen Kadhafi et sa clique capitaliste n’ayant pas compris subirent le même sort quelques années plus tard (12). Depuis ce temps, divers clans de mercenaires représentant du soufisme assurent l’intérim dans ce pays démembré et exsangue. La classe bourgeoise libyenne s’étant rapidement effondré les corsaires du désert, djihadistes sponsorisés, ont été dirigé vers le Sahel, du Soudan à la Mauritanie, en passant par le Mali. Que les puissances occidentales  se rassurent, seuls les peuples de Libye et du Sahel subissent les malversations de ces terroristes affrétés. Sous le « false flag » djihadiste ils s’adonnent à divers crimes de droit commun comme le commerce d’esclaves, la contrebande d’armes et de drogues, rien qui ait à voir avec l’Islam.


Les terroristes « djihadistes » sévissent contre la Syrie

Le clan Assad s’était assuré du contrôle sur l’État syrien depuis les années cinquante – au temps où les bourgeoisies nationalistes régionales se répartissaient les pouvoirs en fonction de leur allégeance idéologique, clanique, et sectorielle (industrie et commerce). Le territoire syrien ne recèle pas de grandes richesses naturelles ce qui limite fortement les convoitises des grandes puissances. La « communauté internationale » (sic) consentit à ce que la Russie – une puissance impérialiste concurrente – bénéficie d’un port militaire à Lattaquié, aux confins de la Méditerranée. Mais la géopolitique mondiale, bouleversée par le déclin de l’empire américain et européen et par la montée en puissance de la Chine lointaine – le véritable concurrent de l’ancienne puissance déclinante – il devint nécessaire, aux yeux de la puissance hégémonique décadente, de porter des coups à la Russie afin de l’éloigner de la Chine et de plier son économie aux besoins des entreprises occidentales. S’en suivit une série de conflits téléguidés en Tchétchénie pour commencer, dans le Caucase, dans les Balkans, en Ukraine, puis en Syrie pour terminer.

Ce dernier front est de loin le plus compliqué à analyser et à déchiffrer. C’est que les malfrats des services secrets occidentaux n’ont pas trouvé d’appui sérieux parmi la bourgeoisie syrienne, pas même parmi les hiérarchies religieuses (sunnite, alaouite, chiite, chrétienne) pour déclencher une guerre civile interne et mettre à genoux le clan de Bachar al-Assad, issu d’un compromis entre ces différentes factions bourgeoises nationalistes-religieuses, maintenues par son père dans un fragile équilibre. Les services secrets des puissances occidentales (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne) et des puissances régionales (Turquie, Arabie Saoudite, Qatar) ont dû transporter, entrainer, armer, financer, ravitailler une armée de mercenaires de pseudo « djihadistes » recrutés parmi les millions de « réservistes » paumés et désœuvrés venus de 40 pays en crise (13).

En Syrie, le pire des scénarios que pouvait imaginer le Pentagone s’est cristallisé. Le clan de Bachar al Assad n’a pas lâché prise malgré la violence de la sarabande ; la population syrienne, désespérée, effrayée par les atrocités commises par les assassins déversés sur le pays, ne s’est pas soulevée contre le pouvoir despotique, au contraire, elle a trouvé que le despote était plus rassurant que ces truands que l’Occident avait lâché lousse sur la contrée ; la Russie, si vite écartée en Libye, ne s’est pas dégonflé, pas davantage que l’allié iranien que l’on croyait coincer par les sanctions internationales et le boycott de la « communauté internationale » (sic). Enfin, la situation sur le terrain s’est  détériorée pour les opportunistes réunis pour la curée qui ont commencé à suivre leur propre agenda. Les mercenaires « djihadistes », se demandant si une autre issue que la mort est envisageable, commencent à fatiguer ou à paniquer. Ceci explique les coups de force, comme ceux de Paris, quand la bisbille est prise entre d’anciens complices (14). Et voici que le sous-lieutenant Erdogan est envoyé au front par l’OTAN qui espère toujours que cette guerre atypique se transformera  en guerre atomique (15).


L’analyse opportuniste de la gauche bourgeoise

Monsieur Geraoid O’Colmain, analyste politique, déclarait récemment que :

Citation :
« Les attaques terroristes de soi-disant groupes islamistes sont orchestrées de l’étranger tout comme les attaques terroristes de l’OTAN contre l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et le Yémen, notamment, ont été orchestrées de l’étranger, par les mêmes puissances néo-impérialistes et néocoloniales américaine et israélienne (…) Ces attaques constituent un approfondissement de la guerre entreprise par ces puissances impériales contre les peuples du Moyen-Orient, d’Europe et d’Afrique afin de les diviser pour mieux régner et ainsi tous les soumettre aux puissances du Nouvel ordre mondial en construction, un nouvel ordre dirigé par une poignée de dirigeants tyranniques, une élite machiavélique. (…) Il n’y pas de guerre contre le terrorisme, poursuit monsieur O’Colmain, il y a une guerre menée en utilisant des groupes terroristes « proxys », par ces puissances occidentales, contre les États-nations qui résistent à la domination américano-israélienne et pour « discipliner » les populations laborieuses d’Europe, d’Afrique et d’Orient afin de les soumettre au dictat de ces puissances qui souhaitent provoquer une guerre mondiale entre tous ces peuples afin de nourrir leur industrie militaire et d’armement. Les migrations forcées de millions de réfugiées constituent une ingénierie migratoire coercitive aux dépens des pays de l’Est européens et de l’Allemagne où la pression sera accrue sur les salaires et les emplois des masses ouvrières locales, suscitant régionalement de grands troubles sociaux contre ces migrants innocents. Monsieur O’Colmain ajoute, il n’y a pas et il n’y a jamais eu de guerres antiterroristes de l’Occident contre la religion musulmane, puisque ces groupuscules terroristes, pseudo islamistes, sont les créatures des services secrets occidentaux, Al Quaïda étant l’archétype en ce domaine, conclut l’analyste » (16).


Dans ce paragraphe succinct, l’analyste condense la théorie du « complot » dont raffole la gauche bourgeoise et qu’elle tente d’accréditer au sujet de la succession d’attaques terroristes qui accablent certains pays depuis des décennies. De nombreuses affirmations faites par ce spécialiste sont véridiques, mais elles relèvent du sophisme dans la mesure où elles accréditent la thèse d’un complot régi par l’alliance israélo-américaine construisant un Nouvel ordre mondial (sic), faisant l’impasse sur la responsabilité des bourgeoisies nationalistes chauvines locales, européennes et mondiales. De ce constat, il découle que pour s’opposer aux activités terroristes, de basses intensités commis par des paumés, des brigands, des repris de justice de bas étage ; tout comme pour s’opposer aux activités terroristes de grande envergure, commis par des généraux à l’aide de porte-avions, d’avions de chasse, de drones et de bombardiers géants, il faut renverser chaque bourgeoisie nationale, chacun chez soi, en pays arriérés, néo-colonisés, et islamisés, tout comme en pays industrialisés et impérialisés.

Il n’y a aucun Nouvel ordre politique mondial possible. Un Nouvel ordre politique mondial ne peut reposer que sur un nouveau mode de production en construction. Loin de voir émerger un nouveau mode de production, nous voyons  plutôt s’étioler l’ancien mode de production capitaliste, prêt à lancer l’humanité dans une guerre nucléaire apocalyptique plutôt que de s’écarter.


La propagande officielle quant au terrorisme « islamiste »

L’éditorialiste du quotidien l’Orient – Le Jour résume ainsi la position officielle que les médias « mainstream » doivent propager à propos des évènements incriminés :
Citation :

« Les évènements régionaux et internationaux semblent se précipiter. Le Liban, la France et le Mali, trois pays dans trois continents différents, ont été frappés en huit jours par le terrorisme islamiste qui semble étendre ses tentacules de haine un peu partout et menace de nouvelles capitales d’agressions du même type (Bruxelles notamment). Le monde entier se mobilise désormais contre Daech, et des frappes ciblées et intensives sont menées par les Français. Ce qui d’ailleurs suscite une question élémentaire : que faisait jusqu’à présent la coalition internationale menée par les États-Unis qui avait déclaré la guerre à Daech depuis près d’un an et demi ? Toujours est-il qu’en quelques jours, l’opinion publique internationale a basculé, poussant les dirigeants du monde à agir contre cette organisation terroriste » (17).


Ce qui est troublant dans cette série d’allégations c’est que sans s’arrêter à répondre à l’importante question qu’elle soulève, la journaliste s’empresse d’affirmer que la situation a basculé et que dorénavant l’opinion publique internationale poussera les dirigeants de la « communauté internationale » à agir (!) Le laïus de la rédactrice fait partie intégrante de l’intoxication médiatique extrémiste. Elle laisse entendre que les États-Unis et leurs alliés ont déclaré la guerre aux terroristes alors que de très nombreuses informations font savoir que ce sont ces mêmes puissances coalisées qui recrutent, financent, entrainent, arment et soutiennent de toutes les manières imaginables ces pseudo « djihadistes », pour la plupart pauvres et sans moyens de subsistances, et dont 100 000 seraient morts depuis quatre ans en Syrie, et dont les effectifs se maintiennent tout de même à 30 000 combattants actifs grâce à l’aide occidentale notamment.

Le chroniqueur René Naba, ajoute et accuse

Citation :
« [le gouvernement français] non seulement en Libye et en Syrie, mais aussi par son silence mortel sur le Yémen, son alliance privilégiée avec le royaume saoudien, l’incubateur absolu du djihadisme erratique dégénératif et son appendice du Qatar, la Mecque de la confrérie des Frères musulmans, la matrice de toutes les organisations radicales djihadistes d’Al Qaida et Jabhat An Nosra. Enfin, dernier, et non le moindre, de la Turquie le volant régulateur des djihadistes sur le plan militaire, en même temps que le principal pourvoyeur du flux migratoire à destination de l’Union européenne en crise systémique de son économie » (18).


Les services secrets ne dissimulent même pas leurs activités de soutien à l’État islamique  (EI). « Les services secrets français auraient encouragé près de 3 500 islamistes français radicaux à se rendre en Syrie (…) soit ils parviendront à renverser le régime syrien, soit ils mourront sur place. L’idée du retour en territoire français n’était même pas envisagée (…) Selon les chiffres avancés, il y aurait ainsi désormais 10 000 combattants de nationalité européenne qui se battent sous la bannière de l’État islamique » (19).

Le président Vladimir Poutine, dont l’allié syrien est au cœur de la tourmente, a déclaré avoir les preuves que 40 personnalités d’affaires internationales, provenant de pays membres de la coalition anti-EI, financent l’EI directement (20). Des informations tendent à prouver que le chef de Daesh est un agent avéré de la CIA (21). Il est maintenant reconnu que le fils du Président Torque Erdogan coordonne le commerce du pétrole saisi par l’EI dans les puits d’Irak et de Syrie, contribuant ainsi au financement de l’État honni. « Un faisceau de preuves tend à prouver que le Qatar a acheté à l’Ukraine du matériel militaire antiaérien sophistiqué pour le compte de Daesh. L’opération s’est déroulée fin septembre 2015, juste avant l’intervention militaire russe contre l’organisation terroriste. Elle a été approuvée par l’ambassade des États-Unis à Doha. Le matériel a été transféré via la Bulgarie et la Turquie. Officiellement, le Qatar, l’Ukraine, les États-Unis, la Bulgarie et la Turquie luttent contre Daesh » (22).

Enfin, la défiance est tellement grande vis-à-vis des autorités gouvernementales  que d’aucuns se demandent si ce ne serait pas l’État bourgeois lui-même qui aurait organisé, orchestré ou laissé s’organiser ces attentats « false flag » au cœur de Paris (23). À l’évidence, le grand capital international ne parvient pas à créer les conditions d’une conjuration et si des voix s’élèvent pour réclamer la guerre, plus nombreux sont ceux qui contestent la propagande des médias à la solde et appellent à se défier des autorités gouvernementales.


L’objectif, c’est la guerre

Brulant les étapes, probablement par excès d’enthousiasme, un expert des affaires irakiennes a vendu la mèche et a dévoilé sans ambages :
Citation :

« À l’aune de pareille expérience, je ne puis voir que d’un bon œil, comme vu d’Irak puis sans doute de Paris, dans la foulée du rapprochement encore frais entre Poutine et Obama, l’inclination de plus en plus forte en faveur d’une alliance unifiée, à l’instar de celle constituée pour abattre le nazisme. Et, à l’heure où Paris est endeuillé, de plus en plus de responsables politiques et de géostratèges militaires mettent lucidement en avant l’efficacité opérationnelle des frappes russes qui, en une semaine, ont eu davantage d’impact que les Américains en une année… En dépit des fortes réticences de ces derniers, apparemment toujours mus par le « Nouvel ordre mondial » jadis proclamé et décrété dès 1991 par Bush père ; semblable prouesse militaire peut s’expliquer par-delà la force mise en œuvre : en effet, ces mêmes Russes sont surtout parvenus à intégrer les autorités irakiennes, iraniennes et syriennes autour d’une structure unique de coordination du renseignement anti-Daech, basée à Bagdad » (24).


C’est bien là où le grand capital multinational souhaite entrainer le monde entier. Rééditer l’exploit de 1940. Recréer l’international de l’apocalypse guerrière, afin de lancer les travailleurs des différents pays les uns contre les autres dans un immense holocauste mondial pour le partage des zones de ressources, des marchés et des secteurs de production de plus-value. Le spécialiste irakien n’a simplement pas compris que l’alliance ne peut être dirigée par deux puissances hégémoniques concurrentes, les États-Unis et la Russie. Contre qui une telle alliance d’ennemis serait-elle dirigée ? Contre un État fantôme, possédant quelques armes fournies par ses ennemis, financer par des commanditaires dorénavant ligués contre lui et ses 30 000 combattants désormais désarmés. En 1940, les puissances de l’axe alignaient  près de15 millions de soldats surarmés et bien  entrainés… Assurément l’alliance réactionnaire en construction ne vise pas l’État islamique fantoche. Qui vise-t-elle alors ?

Jacques Attali, publie ses rêveries ces temps-ci, et dans ses rêves les plus lucides l’ex-conseiller de François Mitterrand voit une troisième guerre mondiale en préparation dont il fixe le déclenchement en 2030 (25). Pour l’éviter, le poncif  propose la création d’un supra-état de droit mondial, la création d’un Nouvel ordre mondial la lubie des bobos de la gauche bourgeoise. L’ONU, en quelque sorte, mais en plus autoritaire, solidement ancrée entre les mains des magnats de la finance mondiale assujettissant des milliards de travailleurs ployant sous la cravache du travail salarié. Bref, le larbin propose de donner à ceux qui fomentent la prochaine guerre un instrument supplémentaire pour parvenir à leurs fins.

L’expert Patrick Martin pronostique que « Le complexe militaire et du renseignement américain est engagé dans des préparatifs systématiques pour la Troisième Guerre mondiale. Pour le Pentagone, un conflit militaire avec la Chine et/ou la Russie est inévitable, et cette perspective est devenue la force motrice de sa planification tactique et stratégique » (26). Pour faire la guerre – qui plus est – la guerre mondiale – il faut des armes, beaucoup d’armes.  En novembre 2015, le recherchiste Jules Dufour du Groupe Mondialisation a publié une étude intitulée : « Le réarmement planétaire » où il révélait que le monde est de plus en plus militarisé. Les dépenses militaires augmentent sans cesse dans un très grand nombre de pays. Plus de 5 milliards de dollars par jour sont consacrés à la guerre ou à sa préparation. Les gouvernements sont totalement soumis aux exigences des lobbys militaires (…) 640 millions d’armes légères sont disséminées à travers le monde (une pour dix personnes). La production de cartouches militaires est de 14 milliards par an. (…) Les dépenses militaires mondiales ont atteint le total de 1 747 milliards de dollars en 2013. Cela correspondait à 2,4% du PIB mondial (27).

Le spécialiste Larry Chin commente :
Citation :

« Cette crise apocalyptique n’est pas une guerre « contre le terrorisme », mais une guerre « de » terrorisme, menée par des terroristes, guidée par des terroristes, et par des criminels de guerre psychopathes qui se placent au dessus de la loi. Ils n’ont nullement l’intention de mettre fin au terrorisme. En fait, c’est tout le contraire : les armées terroristes de l’Occident sont un atout majeur utilisé pour infiltrer et déstabiliser, pour renverser les régimes que l’OTAN cherche à se rallier, à envahir et à conquérir. Et ils tombent ainsi, l’un après l’autre : d’abord l’Iraq et la Libye, puis les évènements actuels en Syrie, tout cela pour la réalisation d’ambitions plus vastes encore. La « guerre contre le groupe État islamique » ne concerne même pas ce groupe, et ce, quelles que soient les atrocités commises par les tueurs d’ISIS/ISIL eux-mêmes. Cette guerre est, et a toujours été, une guerre mondiale entre superpuissances opposant l’Occident à la Russie et à la Chine, et ce, partout où le dictent les intérêts de l’Occident et de ses grandes entreprises, qu’ils soient géostratégiques ou axés sur les ressources » (28).


Conclusion

Que pourrait-on ajouter sinon que tout est manigancé pour pousser les masses prolétariennes vers la guerre totale. De fait, une guerre mondiale ne peut opposer que deux ennemis irréductibles luttant pour leur survie. Soit ce conflit mettra aux prises l’alliance impérialiste Atlantique dirigée par le « has been » étatsunien, opposé à l’alliance Asiatique dirigée par la Chine et la Russie comme le prédisait Samuel Huntington dans son livre « Le choc des civilisations » (29). Cela signifiera que les bourgeoisies nationalistes chauvines auront gagné leur pari de mobiliser les masses prolétariennes pour s’entretuer dans une guerre pour le partage des ressources, des marchés et des secteurs de production de plus-value, source de tous les profits. Une fois cette nouvelle guerre terminée la chair à canon salariée retournera à son esclavage journalier (30).

Mais ce conflit international pourrait opposer deux autres ennemis encore plus irréductibles, la grande bourgeoisie mondiale, et ce qui restera de ses appareils d’État, au prolétariat international, pour l’éradication du mode de production capitaliste et l’édification du nouveau mode de production communiste.


Références


1.Robert Bibeau (2015) L’intégrisme islamiste contre le national chauvinisme. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/integrisme-islamiste-contre-national-chauvinisme/
2.http://www.histoire-pour-tous.fr/guerres/3202-la-guerre-iran-irak-1980-1988.htm
3.Robert Bibeau (2015) La guerre des monnaies. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-guerre-des-monnaies-contestation-de-lhegemonie-du-dollar/
4.Robert Bibeau (2015) Le ralliement de l’Iran par les accords sur le nucléaire. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-ralliement-de-liran-par-les-accords-sur-le-nucleaire/
5.Robert Bibeau. (2015) La « question nationale » palestinienne, bourgeoise et réactionnaire.  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-question-nationale-palestinienne-bourgeoise-et-reactionnaire/
6.http://www.20minutes.fr/monde/151104-20070411-15-ans-guerre-civile-algerie
7.http://www.lefigaro.fr/actualites/2015/11/24/01001-20151124LIVWWW00087-en-direct-avion-russe-abattu-Turquie-Syrie-s-24-avion-de-chasse-abattu.php
8.Thierry Meyssan (2015). La France et Israël lancent une nouvelle guerre en Irak et en Syrie.
9.http://www.voltairenet.org/article189360.html
10.Sauf pour les jeux de massacres que la bourgeoisie israélienne organise régulièrement contre les résistants nationalistes palestiniens dans les camps de concentration de Cisjordanie et de Gaza.
11.Robert Bibeau (2011) Le parricide, la guerre civile en Libye. http://www.mondialisation.ca/le-parricide-la-guerre-civile-en-libye/23498
12.Robert Bibeau (2012) Le « Printemps arabe » bilan d’un avortement. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-printemps-arabe-bilan-dun-avortement-2/
13.Robert Bibeau (2011) La lutte de libération néocoloniale du peuple libyen se poursuit. http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-lutte-de-liberation-neo-100583
14.http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/colere-et-lucidite/
15.Michel Colon (2015)  J’accuse. http://www.michelcollon.info/Terrorisme-Michel-Collon-accuse-et.html
16.http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/12881-syrie-helicopteres-russes-envoyes-porter-secours.html
17.« À propos des attaques à Paris le vendredi 13 novembre 2015 ».  https://www.youtube.com/watch?v=f3rYKr28DBs&feature=youtu.be
18.Scarlett Haddad. L’Orient-Le Jour – 21/11/15. http://www.france-irak-actualite.com/2015/11/la-guerre-contre-daech-change-la-donne.html
19.René Naba (2015) La rémission par le sang de civils innocents.  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-remission-par-le-sang-de-civils-innocents/
20.Complots  « False flag »   http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/attentats-de-paris-qui-tire-les-51610  et  http://www.france-irak-actualite.com/2015/11/la-guerre-contre-daech-change-la-donne.html
21.https://www.youtube.com/watch?v=Fe1Oc2eccXU
22.Le chef de DAESH  travaille pour la CIA  http://mai68.org/spip/spip.php?article7949
23.Andrey Fomin (2015) Le Qatar et l’Ukraine viennent de fournir des Pechora-2D (fusée sol-air) à Daesh http://www.voltairenet.org/article189368.html
24. Complots  « False flag »   http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/attentats-de-paris-qui-tire-les-51610
25.http://www.france-irak-actualite.com/2015/11/l-intervention-russe-en-syrie-vue-d-irak.html
26.Jacques Attali. Une 3e guerre mondiale. https://www.youtube.com/watch?v=QfPjTt3U96E
27.http://www.mondialisation.ca/washington-se-prepare-a-la-troisieme-guerre-mondiale/5487295?utm_source=Infolettre+Mondialisation&utm_campaign=396d25a961-Infolettre_08_11_1511_8_2015&utm_medium=email&utm_term=0_24340f1e06-396d25a961-82720701&ct=t(Infolettre_08_11_1511_8_2015)&mc_cid=396d25a961&mc_eid=74b176f7a
28.Jules Dufour (2015) Le réarmement planétaire   http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/le-rearmement-planetaire/

29. Larry Chin. 19.11.2015  Pousser les masses vers la guerre totale. http://www.mondialisation.ca/pousser-les-masses-vers-la-guerre-totale/5490191?utm_source=Infolettre+Mondialisation&utm_campaign=61c2cb15c5-Chin_article11_23_2015&utm_medium=email&utm_term=0_24340f1e06-61c2cb15c5-8272070

30 Samuel Huntington. (1997)  Le choc des civilisations. https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Choc_des_civilisations

31. Robert Bibeau (2015) Les attentats terroristes indiquent le désespoir des capitalistes.  http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/les-attentats-terroristes-indiquent-le-desespoir-des-capitalistes

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Jeu 26 Nov - 10:25

Le 11 septembre et les attentats terroristes de Paris Peter Schwarz WSWS 26 novembre 2015

De nombreux organes de presse ont comparé les récentes attaques terroristes de Paris aux attentats du 11 septembre 2001 qui ont détruit les tours jumelles à New York et une aile du Pentagone à Washington. Du point de vue de l’importance des attentats, la comparaison est manifestement exagérée. Si l’on examine les réactions de la classe dirigeante cependant, la comparaison est tout à fait appropriée

Citation :
Aux Etats-Unis, la classe dirigeante a réagi au 11 septembre par des années de guerres ininterrompues, des violations massives du Droit international et la mise en place du cadre d’un Etat policier.

Bien que les circonstances n’aient jamais été élucidées, les attentats servirent de prétexte à la réalisation de projets élaborés de longue date. La véritable raison de l’explosion du militarisme américain après le 11 septembre était la crise de l’impérialisme américain à l’échelle mondiale et les tensions de classe grandissantes aux Etats-Unis mêmes. Le renforcement de l’appareil militaire visait à maintenir l’hégémonie américaine sur ses rivaux et à orienter les tensions de classe internes vers un ennemi extérieur.

Il en va de même pour les attentats à Paris. Bien que les assaillants aient été bien connus des agences de renseignement, ils ont pu agir quasi librement. Leur cerveau présumé, Abdulhamid Abaaoud, 27 ans, condamné en Belgique par contumace à vingt ans de prison, fut néanmoins en mesure d’entrer en France et d’en sortir plusieurs fois.

Les services de sécurité n’ont riposté pleinement qu’après les attentats. A l’issue d’un siège de trois heures durant lequel la police a tiré 5.000 munitions, Abaaoud a été tué dans une banlieue parisienne fortement peuplée. L’Assemblée nationale a adopté à la quasi-unanimité la prolongation de l’état d’urgence de douze jours à trois mois. Dans toute la France, la police a pénétré sans mandat de perquisition dans des appartements, interpellé arbitrairement des suspects et les a assigné à résidence.

Bruxelles, la capitale belge, d’où sont originaires certains des assaillants, fut également littéralement bouclée pendant plusieurs jours par le gouvernement belge.

François Hollande, depuis longtemps le président dont la cote de confiance est la plus basse de l’histoire, s’affiche en président de guerre. Avec l’arrivée du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale, la France a déployé plus de 30 avions de chasse dans le ciel syrien. Actuellement, Hollande parcourt le monde pour essayer de bricoler une coalition internationale pour la guerre.

L’escalade de la violence tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger ne peut être comprise que dans le contexte de l’aggravation des tensions sociales. Depuis des années, notamment depuis la crise économique de 2008, le niveau de vie de grandes parties de la population a décliné tandis qu’une infime minorité s’est enrichie. Le fossé social et politique qui sépare la vaste majorité de la population des partis politiques traditionnels est insurmontable.

Des forces de la pseudo-gauche comme Syriza, qui avaient promis de mettre fin à la crise sociale sans toucher aux fondements de la société capitaliste, ont brutalement viré vers la droite et se sont fortement discréditées.

L’arrivée en Europe de centaines de milliers de réfugiés venant de Syrie et d’autres pays ravagés par la guerre a polarisé encore davantage la société. Alors que les réfugiés ont été accueillis et portés par une vague de sympathie et de soutien de la part de vastes sections de la population, l’élite dirigeante a réagi en renforçant et en bouclant les frontières et en réarmant l’Etat, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le capitalisme européen et international se retrouve une fois de plus dans une impasse identique à celle où il était à la veille de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, en 1914 et 1939. Les élites capitalistes dirigeantes n’ont rien à offrir en dehors de l’oppression sociale, du repli national sur soi et de la guerre.

Tout dépend de la construction de nouveaux partis révolutionnaires qui donnent à la résistance de la population laborieuse une orientation socialiste internationale. [ça c'est la chute normative habituelle chez les dogmatiques attardés du programmatisme ouvrier, complètement hors sol et illusoire dans la mondialisation du capital et la fragmentation de la classe ouvrière...]

(Article original paru le 25 novembre 2015)


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Jeu 26 Nov - 12:34



Le chef de l'Etat devient le pèlerin de la guerre D.D. 24/11/2015


François Hollande et David Cameron./ Photos Élysée, MaxPPP

En moins d'une semaine, François Hollande va rencontrer pas moins de six chefs d'États et des responsables internationaux. Pour autant, une coalition cohérente reste difficile à construire, avec des intérêts qui divergent selon les pays…


Citation :
Cameron, Merkel, Obama, Poutine, Renzi, Xi Jinping et Ban Kimoon… En quelques jours, le président de la République française va rencontrer les plus grands dirigeants du monde, que les attentats de Paris ont, si ce n'est émus, à tout le moins interpellés, puisque la menace est finalement la même pour tout le monde. Chacun est bien conscient qu'il faut agir : mais le diable se cache dans les détails et c'est bien un casse-tête qui attend François Hollande. Car si tout le monde s'accorde à vouloir se débarrasser au plus vite de Daech, personne n'est d'accord sur les modalités. Petit tour du monde des chancelleries…

Grande-Bretagne : David Cameron s'est recueilli hier devant le Bataclan avec François Hollande. A titre personnel, il se dit favorable à une intervention britannique. Mais pour que les Tornado de la Royal Air Force aillent bombarder Raqqa, il faudra l'accord d'un Parlement qui jusqu'alors ne voulait pas entendre parler de guerre. L'élan francophile né outre-Manche après le 13 novembre va-t-il changer la donne ?

États-Unis : François Hollande rencontre aujourd'hui Barack Obama. Sur le principe, « Détruire Daech est une tâche que nous allons mener jusqu'au bout », assure le patron de la Maison Blanche. Et si François Hollande a semblé lâcher du lest, devant le Congrès, sur l'avenir immédiat de Bachar, Obama reste intransigeant. Et puis surtout, les États-Unis n'ont pas du tout envie d'une grande coalition avec la Russie de Poutine, et encore moins avec l'Iran, l'ennemi absolu depuis 1978, et qui ne revient dans le jeu qu'à tout petits pas depuis les accords sur le nucléaire.

Allemagne : Hollande demandera à Angela Merkel, lors de ce repas de mercredi, des appuis sur l'accueil des réfugiés et plus globalement, la solidarité européenne ; pas vraiment un engagement militaire.

Russie : Là aussi, il faudra jouer fin, lorsque Hollande rencontrera Poutine. Le jeu de la Russie n'est pas très limpide, vu du côté européen : elle soutient Bachar, en frappant semble-t-il davantage les forces d'opposition (que l'Europe aide !) que Daech. Cela va peut-être changer dans la mesure où la Russie vient de reconnaître que le crash de son avion dans le Sinaï était bien l'œuvre de terroristes. Par ailleurs, Poutine est aussi l'allié de l'Iran : le président russe était hier en compagnie du «guide suprême» Ali Khamenei. On le sait, l'Europe a quelques réserves, c'est un euphémisme, vis-à-vis du régime de Téhéran. Et si Obama hésite à s'allier avec Poutine, on ne s'étonnera pas que Poutine hésite lui aussi à s'allier avec Obama !

…et aussi !

Cette tournée diplomatique se terminera avec Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU et Xi Jinping, le président chinois. A priori, on évoquera davantage la COP21 que les attentats de Paris.

Par ailleurs, François Hollande n'a pas prévu de rencontres avec d'autres acteurs majeurs de ce conflit, comme la Turquie ou l'Arabie Saoudite. Il faut dire que la situation est délicate, pour ne pas dire tendue, avec la Turquie, qui joue un rôle très trouble, en approuvant publiquement la coalition, mais dont la frontière passoire permet tous les trafics et toutes les contrebandes de l'EI. Enfin, quid de l'Arabie Saoudite ou du Qatar, eux aussi dans des positions schizophréniques, approuvant la coalition occidentale officiellement, mais abritant de richissimes «bienfaiteurs» de Daech ? Voilà une équation à inconnues multiples.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Jeu 26 Nov - 21:42



Terrorisme. La fausse grande guerre


Citation :
“La fausse grande guerre”, titre l’hebdomadaire britannique conservateur The Spectator au-dessus d’un dessin montrant le premier Ministre britannique David Cameron, le président américain Barack Obama et le président français François Hollande, assis sur une bombe qui symbolise les interventions militaires contre l’organisation Etat islamique en Irak et en Syrie.

L’hebdomadaire donne la parole à un ancien colonel de l’armée américaine, Andrew J. Bacevich, qui craint que les frappes contre l’organisation terroriste “ne fassent qu’aggraver le désordre dans la région”.

Certes, l’Occident est capable d’éliminer Daech, concède l’ex-militaire, “mais cela ne va pas faire disparaître les problèmes sous-jacents dont le terrorisme n’est qu’un symptôme. Un nouveau Daech, sous un autre nom mais probablement sous la même bannière, verra le jour, tout comme Daech est né des cendres d’Al-Qaida en Irak”.

Pis encore, “au lieu d’éteindre le brasier du radicalisme, les interventions l’attisent. Il est grand temps que nous changions notre façon de penser”, conclut Bacevich.


La guerre contre le terrorisme à la une des magazines internationaux
















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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Ven 27 Nov - 3:58

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Ven 27 Nov - 4:34

toujours intéressantes, les analystes de ces maoïstes hors du commun



La base économique-politique des différences d'attitude entre puissances moyen-orientales Servir Le Peuple 23 Novembre 2015

Nous avons maintes fois analysé, et encore à nouveau suite aux terribles évènements de Paris, les sanglants conflits qui se déroulent depuis de longues années maintenant au Proche/Moyen-Orient comme l'expression de grandes concentrations de capitaux (issus principalement de l'exportation d'hydrocarbures) qui se retrouvent "à l'étroit" dans leurs pays respectifs et cherchent donc des "terrains" (en clair : des pays) pour s'y investir et valoriser (fructifier).

Citation :
La plupart (pour ne pas dire la totalité) des forces que l'idéologie dominante occidentale regroupe dans le grand sac d'"islamistes" s'inscrivent en réalité dans ce paradigme comme "soldats" de ces visées expansionnistes, soit qu'elles aient été créées en tant que telles, soit qu'elles s'y rattachent tout en menant une lutte anti-impérialiste qui en soi est légitime (l'on pense bien sûr à la Palestine et au Liban).

Néanmoins, tous les "acteurs" régionaux ne partagent pas les mêmes objectifs ni les mêmes méthodes, et ceci a des raisons d'ÉCONOMIE POLITIQUE.

Nous allons essayer ici de voir synthétiquement lesquelles :

- L'Iran est un producteur important d'hydrocarbures, mais aussi un pays de très grande taille (trois fois l'Hexagone français) et très peuplé (plus de 80 millions d'habitant-e-s), doté d'une véritable économie productive : une agriculture ; une industrie aux ouvriers qualifiés dont profitent d'ailleurs beaucoup... les constructeurs automobiles des pays occidentaux soit-disant "ennemis", etc. etc. Il cherche à placer ses capitaux ainsi qu'à se constituer un "glacis stratégique" dans une démarche néo-séfévide, en s'appuyant notamment sur le "trait d'union" évident que représente la religion chiite ; mais cette nature économique explique son attitude à la fois "ferme" (assumant la confrontation avec l'Occident et ses autres rivaux) et "pragmatique" (ne faisant pas n'importe quoi n'importe comment, contrairement à ce que veulent faire croire les dirigeants israéliens pour mobiliser leur "opinion") : ce n'est pas une puissance aux abois, dans une fuite en avant. C'est en revanche un régime très "dur" en interne, très répressif, car il est issu d'une révolution confisquée par l'alliance de la bourgeoisie nationale (bāzār) et de la classe religieuse des mollahs ; alliance qui s'est transformée en nouvelle bourgeoisie bureaucratique compradore.


- Il est possible de dire exactement la même chose de l’État turc, en "version" sunnite et "néo-ottomane". Comme le Qatar ci-dessous, depuis l'élection du parti AKP en 2002, c'est surtout un soutien des forces relevant des Frères musulmans, qui sont dans une démarche "pragmatique" et souvent légaliste de conquête du pouvoir. Sa complaisance avérée envers les djihadistes de Syrie est elle aussi pragmatique, dans une optique anti-Assad/anti-Iran (avec lequel Ankara a rompu après des années de bonnes relations) et surtout anti-kurde ; tout comme le sont les liens qui ont pu se tisser entre les "islamistes" AKP et les ultra-nationalistes "semi-laïcs" et panturquistes du MHP. En réalité, l’État turc repose sur une démarche "état-nationale" tellement factice et condamnée à l'autoritarisme le plus brutal qu'il est surtout obsédé par éviter sa propre désintégration. Par conséquent, dès lors qu'un modus vivendi est possible, il s'installe tout simplement.

À l'opposé diamétral de Daesh, il en existe ainsi un avec... les Kurdes d'Irak : ils ne soutiennent pas et même combattent (fut-ce mollement) le PKK, ils n'ont globalement pas l'intention de fomenter la libération nationale kurde en dehors de leurs frontières, les affaires commerciales vont bon train ; bref tout va bien ! Il en va exactement de même avec le projet de "Califat" djihadiste qui n'a pour le moment manifesté l'intention de s'attaquer qu'aux Kurdes, aux "chiites" alévis et aux forces progressistes et révolutionnaires très liées à ces deux communautés. Ankara ne va donc pas entrer dans une "inutile" conflictualité avec lui alors que des centaines de cellules djihadistes pourraient passer à l'action et semer le massacre sur tout le territoire. En contrepartie, les régions "turques" frontalières sont mises à sa disposition comme "profondeur stratégique"...

- Le Qatar est un cas un peu "à part" parmi ses voisins du Golfe. En effet, il ne produit pas principalement du pétrole mais surtout du gaz pour GPL : un carburant d'avenir donc, et dont les réserves sur lesquelles il est assis semblent à ce jour illimitées. Il est donc dans une démarche relativement "zen" : il a bien sûr besoin de trouver où investir ses milliards, dont moins d'1% peuvent l'être au Qatar même (qui est un banc de sable sur la mer et où il n'y a pratiquement rien) ; mais le temps reste son allié. C'est pourquoi il soutient surtout des forces de type Frères musulmans, dont il est devenu de fait le quartier-général mondial, afin de constituer un "bloc" géopolitique autour de lui ; et que rarement des forces plus agressives comme au Mali (ce qui n'exclut pas, bien sûr, que des Qataris à titre privé puissent investir et chercher un retour sur investissement rapide dans le djihad).

En tant que "généreux" investisseur et même prêteur, il a également su (un peu comme la Chine) placer les bourgeoisies occidentales dans un rapport complexe avec lui, même lorsqu'il se trouve de fait en guerre avec eux comme quand il s'est "offert" le groupe Ansar Dine au Mali (ces contradictions peuvent toutefois se dénouer par moments en sa défaveur, la surprenante abdication de l'émir Hamad au profit de son fils Tamim en 2013 étant sans doute l'un de ces "dénouements" malheureux). Faire du Qatar, donc, le "sponsor" du djihadisme qui vient de frapper à Paris est n'avoir rien compris à rien et tout mélanger (mais un tel "mélange-tout" est bien sûr caractéristique de la mobilisation réactionnaire de masse et de ses serviteurs "de gauche", y compris "communistes" et même "maoïstes"). Si le Hamas palestinien a condamné les attaques de Paris, c'est que le Qatar condamne ; car le Hamas est l'une des "voix" du Qatar.

- Les autres États du Golfe, en revanche, sont surtout des producteurs de pétrole, source d'énergie de plus en plus remise en cause et dont les réserves, exploitées depuis 60 voire 70 ou 80 ans, vont en s'épuisant. Ils sont donc non seulement confrontés à la nécessité d'investir leurs immenses revenus, ce que leurs économies nationales hors-pétrole ne permettent pas, mais aussi au problème d'un tarissement à brève échéance de la source de ces mêmes revenus ! Il n'en faut pas plus pour expliquer leur comportement schizophrénique : leurs potentats "officiels" vont faire "risette" devant les dirigeants occidentaux afin de préserver leur unique ressource (l'écoulement de leur production pétrolière) et jouent les alliés indéfectibles, envoyant même les salafistes dont ils ont financé les mosquées appuyer... un coup d’État "laïc" en Égypte ; mais dans le même temps leurs grandes fortunes privées, en lien avec des éléments d'"État profond" (services secrets etc.), vont financer (investir dans) ni plus ni moins que les formes les plus agressives et meurtrières du djihad international ; tout simplement en raison de cette base économique précaire qui est la leur et les rend "aux abois".
















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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Ven 27 Nov - 5:37




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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Ven 27 Nov - 5:41





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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Lun 30 Nov - 22:26

Complément à Echanges...

[b]LE TERRORISME ARME DU CAPITAL POUR SON INDUSTRIE DE GUERRE[/b] Gérard Bad, 30 novembre 2015  
                                                 
Tout d' abord, il nous faut rappeler que tout état est arrivé au pouvoir par la terreur. La terreur, ensuite se stabilise sous la forme d' un état et considère à son tour tout opposant comme un futur terroriste.


Citation :
Pour la France il suffit de se souvenir du FLN algérien passé du statut de terroriste au statut d' ami de la France depuis la paix en Algérie. Ceux qui furent opposés à la paix, allaient devenir des terroristes, et l' OAS organisation de l' armée secrète un ennemi de l' état gaulliste...Des histoires de ce type il y en a des centaines, notamment les groupes Irgoun et Stern qui allaient être à la tète de l' état d' Israël. Le terrorisme n' est jamais qu'un embryon d' état en devenir qui cherchera une reconnaissance à l' international. La aussi les exemples ne manquent pas, exemple les kurdes, les sarahouis qui reviennent sur le devant de la scène, les kabyles contre l' état algérien...

L'IRA face à la Grande Bretagne,les indépendantistes basques et tous les petits nationalistes en herbes voulant une reconnaissance. Le franchouillard Hollande le sait, c' est pour cela qu'il a pris soin de dire qu'il ne fallait pas dire Etat Islamique mais Daesh.

Daesch est directement ou indirectement une production des rivalités capitalistes autour de la rente pétrolière et de son recyclage, rivalités qui peuvent être atténuées si les principaux acteurs de l' ordre mondial et le capital financier globalisé y trouvent leur compte et parviennent à masquer et colmater l'émergence d'une nouvelle crise financière. La chute du prix du pétrole1, est en quelque sorte un choc pétrolier à l' envers qui permet de réduire les dettes des pays « désindustrialisés » aux frais des peuples de certains pays de l' OPEP. L' Arabie saoudite, nous dit on serait devenue le mauvais élève de l' oncle Sam  refusant de réduire sa production de pétrole pour maintenir les cours. De plus elle serait l' accoucheuse de Daesch dont elle ne maîtriserait plus les actes.

La réalité est tout autre et tourne toujours autour de la rente pétrolière, du capital financier, et le bloc militaro-industriel mondial. Quelques auteurs comme Luc Manpaey et claude Serfati ont amplement démontrer la place de la finance dans la transformation du système militaro-industriel (SMI) américain depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Récemment encore Luc Mampaey 2 indiquait que

Luc Mampaey a écrit:
« l’indice boursier du secteur de l’armement (DFI) n’intéressait que très peu les investisseurs, surtout braqués sur le Nasdaq. C’est ce que l’on a appelé la « bulle Internet ». Celle-ci a explosé en avril 2000 et nombre d’investisseurs se sont rabattus sur le DFI, qui a connu un envol, accentué par les attentats du 11 septembre 2001 et l’agression contre l’Irak en 2003. La valeur du DFI a ensuite chuté, comme toutes les autres, lors de l’automne 2008, avant de reprendre et de ne plus cesser d’augmenter depuis. Actuellement, elle représente 2000 % de ce qu’elle était en 1996, alors que celle du Nasdaq ne représente que 300 %. Ce qui montre qu’il y a bel et bien militarisation de l’économie. Le travail s’annonce très difficile pour le mouvement pour la paix. »

Ceci démontre qu' au delà des rivalités apparentes au sein même du capital , celui-ci à un intérêt commun, celui de maintenir et de développer son secteur le plus parasitaire celui de la « sécurité » en fabriquant un climat de terreur de plus en plus généralisé. Climat visant à justifier la militarisation de l' économie, l' union sacrée, et le recrutement de militaires, avec bien sur la note à la clef pour le citoyen contribuable. Pour rappel c' est la 1ére guerre mondiale qui a justifiée l'impôt sur le revenu. Mais aujourd'hui il y à mieux, les dirigeants américains, dans la pure tradition des nazis qui s'attaquaient au biens des juifs, s' attaquent aux biens de ceux qui s'opposent à leur politique :

« Depuis 2007, les Etats-Unis ont procédé la confiscation des biens de personnes qui s’opposent à leur politique en Irak et au Liban. Cette mesure a été appliquée aussi bien à des nationaux qu’à des étrangers ; que leur opposition ait pris une forme violente ou non. Ces dispositions, prises par l’administration Bush, ont été prorogées par l’administration Obama. Elles violent aussi bien la Constitution des Etats-Unis que le Pacte des droits civils et politique de l’ONU, dont Washington est pourtant signataire. » (Les Etats-Unis ont confisqué les biens d’opposants à leur politique en Irak et au Liban )

Il faut sauver le soldat Daesch et tuer les islamo-fascistes. Comme le dit Michel Chossudovsky :

Citation :
« Ceux qui ont ordonné les bombardements sont ceux qui sont derrière le projet de califat.Les milices de l’EI, qui sont actuellement la cible présumée d’une campagne de bombardements des États-Unis et de l’OTAN en vertu d’un mandat de « lutte au terrorisme », ont été et sont toujours soutenues clandestinement par les États-Unis et leurs alliés.

Autrement dit, l’État islamique a été créé par le renseignement étasunien , avec le soutien du MI6 britannique, du Mossad israélien, de l’Inter-Services Intelligence (ISI) pakistanais et l’Al Mukhabarat Al A’amah de l’Arabie saoudite (ou General Intelligence Presidency (GIP) en anglais). Par ailleurs, selon des sources du renseignement israélien (Debka), l’OTAN, en liaison avec le haut commandement turc, était impliqué dans le recrutement de mercenaires djihadistes dès le début de la crise syrienne en mars 2011.

En ce qui concerne l’insurrection syrienne, les combattants de l’État islamique ainsi que le Front Al-Nosra, des forces djihadistes affiliées à d’Al-Qaïda, sont les fantassins de l’alliance militaire occidentale. Ils sont secrètement soutenus par les États-Unis, l’OTAN et Israël. Leur mandat consiste à mener une insurrection terroriste contre le gouvernement de Bachar al-Assad. Les atrocités commises par les combattants de l’État islamique en Irak sont similaires à celles commises en Syrie
. »

Dans le chaos qui règne au moyen orient, les effets d' annonces et l'intox généralisée dans les médias (occidentales et orientales) sont si courantes qu' il est bien difficile de savoir qui est avec qui et pourquoi. Même Machiavel doit se retourner dans son tombeau. Michel Chossudovsky a raison de dénoncer une mascarade de guerre entretenue volontairement :

Michel Chossudovsky a écrit:
« Les meurtres de civils innocents par les terroristes de l’État islamique en Irak sont utilisés afin de créer un prétexte et une justification en faveur d’une intervention militaire étasunienne pour des raisons humanitaires. Les bombardements ordonnés par Obama, cependant, ne sont pas destinés à éliminer l’État islamique, qui constitue un « atout du renseignement » étasunien. Bien au contraire, les États-Unis visent la population civile ainsi que le mouvement de résistance irakien. »

Ce n' est certes pas une nouveauté d' apprendre que les Etats-Unis, ont toujours collaboré avec les forces les plus réactionnaires du monde arabe :

Timothy Mitchell a écrit:
« En règle générale, les régimes les plus laïcs du moyen-Orient sont ceux qui se sont montrés les plus indépendants vis-à-vis des États-Unis. Plus un régime est allié avec Washington, plus il est islamique. L’Égypte de Nasser, l'Irak républicain, le mouvement national palestinien, l'Algérie d'après l'indépendance, la République du Yémen du Sud, la Syrie baasiste : tous ces pays ont choisi une trajectoire indépendante des États-Unis. Aucun d'eux ne s'est proclamé État islamique, et ils sont nombreux à avoir réprimé chez eux les mouvements islamiques. En revanche, les gouvernements dépendants des États-Unis ont toujours revendiqué une autorité islamique, qu'ils soient gouvernés par un monarque affirmant descendre du prophète, comme en Jordanie, au Yémen du Nord et au Maroc, ou prétendant à un rôle particulier de protecteur de la foi, comme dans le cas de l'Arabie saoudite. Quand d'autres gouvernements se sont rapprochés des États-Unis – l’Égypte de Sadate dans les années 1970, le Pakistan de Zia ul-Haq dans les années 1980 -, leur rhétorique politique et leur mode de légitimation se sont faits ouvertement plus islamiques. »

(Carbon democracy, Timothy Mitchell, p. 240/241,ed. La découverte.)
Le New Deal militaro-industriel

Nombreux sont ceux qui ont entendu cette histoire que durant le New Deal, on faisait creuser des trous par des chômeurs qu'ils devaient ensuite reboucher pour simplement les occuper. L' affaire Daesh est du même tabac. Les occidentaux et les pétromonarchies comme nous venons de le voir ont mis sur pied Daesh à grand renfort de vente d' armes de part et d' autre, comme l' indique René Naba : Le croquemitaine n’est peut pas celui que l’on croit:

Rena Naba a écrit:
« A l’Iran s’est superposée depuis la créature saoudo américaine, Da’ech. Ses prises de guerre sur l’ennemi notamment le matériel de guerre pris à l’armée irakienne conduit au renouvellement des stocks. Le jackpot est ainsi assuré pour l’industrie américaine d’armement avec l’appauvrissement consécutif des pays arabes et l’accentuation de leur dépendance.

Par un subterfuge que les politologues américains désignent du vocable de «Politics of Fears, l’Iran sert depuis trente ans de prétexte pour éponger le surplus de pétrodollars arabes en alimentant le complexe militaro-industriel américain, et Israël, un prétexte pour maintenir la dépendance technologique arabe.

Alors que le Monde arabe accuse un retard manifeste tant au niveau de la recherche scientifique que du développement des nouvelles technologies et que le chômage atteint des proportions rarement égalées ailleurs dans le monde, quatre pétromonarchies auront débloqué la colossale somme de 253 milliards de dollars en cinq ans (123 milliards en 2010+130 milliards en 2014-2015), pour résorber le chômage…. des Etats-Unis.

Force est pourtant de constater que l’unique intervention militaire iranienne contre les pétromonarchies s’est produite à l’époque où l’Iran se situait dans la mouvance occidentale dans la décennie 1970 sans que la protection américaine n’ait été d’un grand secours aux protégés arabes qui se sont vus amputer ce jour là de trois îlots appartenant à l’Émirat d’Abou Dhabi: (la grande et la petite Thomb et l’île d’Abou Moussa. Il est vrai que le Chah d’Iran Mohamad Reza Pahlevi faisait office à l’époque de gendarme du Golfe pour le compte des Américains et que les princes arabes ne pouvaient qu’obtempérer, sur injonction américaine, au super gendarme régional qui leur avait été assigné.
»

(Renè Naba « Vers une révision des priorités saoudiennes en matière de désignation de l’ennemi principal : L’Iran ou Da’ech ? » extrait.)


Le rôle de l' état français dans la guerre au moyen orient et ailleurs

Il est bien connu que le rôle de la France dans le cadre de l' alliance atlantique et de l' OTAN est sous contrôle américain. Que les Etats Unis s' occupent du ciel et la France du sol , ceci est toujours d' actualité pour la présence française en Afrique. Mais la donne a quelque peu changé sous la présidence de Sarkosy, ce dernier s' est lancé dans l' opération Harmattan4 contre la Libye de Kadhafi sous les conseils de BHL bernard henri lévy,

L'Etat français nous l' avons sans cesse souligné, veut être la tête de pont de l' armée européenne, tous les conflits se doivent de montrer la capacité de la France d' intervenir...Derrière chaque opération il y a cette volonté de faire fonctionner le complexe militaro-industriel européen, avec l' autorisation américaine qui s’octroi la gestion informatique des théâtres de guerre. Chaque intervention française est à ce titre, un présentoir de sa panoplie guerrière, et doit se traduire par des commandes, les éternels achats puis annulation de la vente du rafale, l' affaire des Mistral; finalement vendus à l’Égypte.

Bien entendu toutes les occasions sont bonnes pour faire un appel aux armes et au drapeau et entraîner tous les gogos des stades aux églises à chanter la Marseillaise « aux armes citoyens » mais il n' est nullement question de l' armement du peuple dans cette affaire ; mais de son adhésion à la guerre et à l 'état d'urgence. Quand la mayonnaise du national sera bien prise , l' État passera aux frais de la guerre5 vis à vis de la classe moyenne, les autres sont déjà bien plumés (prolétaires, retraités, chômeurs et indigents de toute sorte), Là, ils ne chanteront plus la « Marseillaise » ni la « Carmagnole » mais l' Ave Maria pour enterrer les morts.

A ce titre, Daesh fait figure d' un nouveau fascisme « les islamo-fascistes » que la démocratie prétend combattre sur le plan militaire et idéologique. Comme toujours on fabrique un ennemi extérieur pour créer un réflexe national et occidental aujourd'hui, la dichotomie au sein de laquelle on veut placer le prolétariat mondial est « démocratie ou barbarie ».

Nous devons combattre les deux ,car ils sont du même moule : la terreur capitaliste , celle des « marchands de canons »

GERARD BAD


1 - Au 19 novembre 2015 il est à son cours le plus bas 41,47 USD le baril WTI

2- directeur du GRIP depuis mai 2012.Il a publié de nombreux travaux et articles et collaboré à plusieurs ouvrages sur l’évolution de l’industrie de l’armement aux États-Unis et dans l’Union européenne et plus généralement sur les questions liées à l’économie de l’armement. Il coordonne au GRIP les travaux de recherche relatifs à la production d'armements et à la gouvernance dans les grands groupes de l'industrie de l'armement.

3 - Michel Chossudovsky est un économiste canadien, professeur à la faculté des sciences sociales de l'université d'Ottawa, fondateur et directeur du Centre de recherche sur la mondialisation à Montréal.

4 - Les noms de codes des interventions d'armées étrangères sont l'opération Harmattan pour la France19, l'opération Ellamy pour le Royaume-Uni, l'opération Odyssey Dawn pour les États-Unis, l'opération Mobile pour le Canada20 et l'opération Unified Protector pour l'OTAN.

5- l'heure de vol d'un Rafale est estimée à 13 000 euros et l'heure d'intervention du porte-avions Charles-de-Gaulle à 50 000 euros. Une dizaine de millions d'euros concerne enfin les primes versées aux militaires.» Le Monde FR 05 05 2011

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Lun 30 Nov - 22:30

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mar 1 Déc - 12:11

États-Unis et puissances européennes préparent une escalade militaire en Irak et en Syrie Thomas Gaist WSWS 1 décembre 2015

Il est clair, un peu plus de deux semaines après les attentats terroristes de Paris, que les Etats-Unis et les classes dirigeantes européennes ont l'intention de s’en servir comme d’un prétexte pour une escalade massive de la guerre en Irak et en Syrie. Un consensus émerge rapidement pour de nouvelles opérations terrestres et aériennes contre des villes à travers la Syrie et l'Irak

Thomas Gaist a écrit:
Invités d’émissions-débats dimanche, des candidats aux présidentielles et des députés ont braillé en faveur d’une série de mesures militaires contre cette région déjà ravagée par la guerre.

A l'émission télévisée «Face the Nation» Jeb Bush a demandé une zone d'exclusion aérienne et des « zones de sécurité » au sol en Syrie. Les troupes terrestres américaines nouvellement déployées devaient « être intégrées à l'armée irakienne » et les Etats-Unis devaient chercher à « réengager les chefs tribaux sunnites qui étaient des partenaires efficaces au cours de la poussée militaire », a dit Bush. Dans le nord de l'Irak, les Etats-Unis devaient « armer directement les Kurdes ».

Au cours de la même émission, le sénateur Lindsey Graham a appelé les forces américaines à lancer de nouvelles opérations visant à renverser le président syrien Bachar al-Assad et à éradiquer l'influence iranienne dans la région. Graham a exigé que des opérations soient montées pour « chasser Assad et ne pas abandonner une capitale arabe de plus. »

Graham a plaidé pour l'envoi d'au moins 20.000 troupes terrestres américaines en Syrie et en Irak, dans le cadre d'une force arabe beaucoup plus grande et basée en Europe qui saisirait et occuperait des zones actuellement détenues par l'Etat islamique (EI).

La nouvelle invasion de l'Irak permettrait aux États-Unis de sécuriser le pays contre l'influence iranienne, a dit Graham: « L'Iran est partout en Irak. Ils ont rempli le vide créé quand nous sommes partis ».

Des voix venant de l'establishment militaire et du renseignement appellent pareillement à de nouvelles opérations de grande envergure et à des méthodes de terre brûlée.

Dans un long commentaire publié la semaine dernière, «EI: Présence sur le terrain?», le Financial Times (FT) citait de hauts responsables militaires et de la sécurité occidentaux qui appelaient à de nouvelles attaques agressives contre l'Irak et la Syrie.

L'article cite des experts qui recommandent de nouvelles opérations de siège contre des villes irakiennes dont Ramadi, Tikrit et Mossoul, et le bombardement intensif des infrastructures civiles et des zones civiles sur lesquelles s’appuient les forces de l'EI.

Le siège américain sanglant de Falloujah en 2004 est « un modèle qui devrait être appliqué » aux opérations au sol contre l’EI a dit au FT l'expert militaire britannique Afzal Achraf. Le journal fait remarquer que cette opération avait « nécessité des milliers de soldats et des mois de violence » et que « la ville des mosquées » était « devenue une ville des décombres ». Il poursuit néanmoins en citant abondamment Achraf qui préconise des offensives de style Falloujah dans tout l'Irak.

« Les ressources nécessaires pour le faire étaient phénoménales, » a dit au FT Achraf qui a été un haut responsable de la lutte contre le terrorisme à Bagdad.

« La campagne aérienne a des limites», a encore dit Ashraf. « Attaquer les villes une par une ne va pas être efficace pour se débarrasser de l'EI. Il faut frapper Ramadi, Tikrit, Mossoul, et la Syrie aussi, simultanément. C'est là une opération massive».

La guerre menée par les USA est entrée dans une « nouvelle phase » « de nouvelles cibles pour les États-Unis et leur alliés incluent l'infrastructure économique de l’Etat islamique et des positions militaires dans des zones civiles », fait remarquer le FT.

« Nous ne laissons par la puissance aérienne être efficace. Nous pourrions le faire en quelques semaines, pas en quelques années », a déclaré le général David Deptula de l'US Air Force au FT

Le général américain à la retraite s’est plaint de ce que Washington avait été trop délicat dans l’attaque de cibles près des zones et des infrastructures civiles, « ce qui donne un avantage à nos adversaires que je trouve difficile à comprendre ». Il a appelé la coalition menée par les USA à augmenter les bombardements à un niveau comparable à celui des 1200 frappes américaines par jour de la guerre du Golfe de 1990-1991.

Au moment où Washington pousse à une augmentation dévastatrice de ses bombardements, l’engagement croissant de la France, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne montre clairement que la Syrie est en train de devenir l'arène principale d’une guerre par procuration entièrement mondialisée.

Depuis les attentats de Paris, l'armée française a massivement accéléré sa campagne aérienne contre le nord de la Syrie. Les bombardiers français vont maintenant recevoir l’assistance d’avions de reconnaissance Tornado allemands.

L'Allemagne envisage d'envoyer 1.200 soldats, avec des forces navales et aériennes, dans la zone de guerre, selon les plans décrits dimanche par le chef d'état-major allemand Volker Wieker. La semaine dernière, les autorités allemandes ont dit à Der Spiegel que la nouvelle force pourrait être rapidement mêlée à des opérations de combat.

La Grande-Bretagne semble également prête à de nouvelles interventions majeures; le parlement doit voter mercredi des mesures militaires générales pour la Syrie
. Quel que soit le résultat du vote des dizaines de commandos SAS britanniques allaient être déployés en Syrie dans les prochaines semaines a annoncé le bureau du premier ministre britannique David Cameron ce week-end.

La Russie pourrait être sur le point de déployer des forces de combat terrestres considérables à elle, selon les médias syriens et syro-libanais.

Les informations sur un déploiement terrestre russe arrivent au moment où les tensions entre Moscou et Ankara se sont aggravées comme jamais après que l’aviation turque a abattu un bombardier russe la semaine dernière. Les médias russes et syriens ont réagi en dénonçant la Turquie, indiquant le soutien d'Ankara aux groupes terroristes islamistes et le profit qu'il tire de la vente du pétrole contrôlé par l’EI.

« Le gouvernement turc a récemment renforcé son soutien aux terroristes et le niveau des fournitures d’armes et de munitions pour qu’ils poursuivent leurs actes criminels en échange de pétrole et d'antiquités bon marché volées à la Syrie et à l'Irak, profitant de la présence de terroristes à qui il a permis de contrôler des zones frontalières », écrit l’agence syrienne d’Etat SANA pendant le week-end.

En effet, l'Etat turc est profondément impliqué dans les réseaux de l’EI et d’autres groupes terroristes associés, issus des opérations secrètes lancées par le Etats-Unis, les pouvoirs européens, la Turquie et les émirats du Golfe Persique pour renverser Assad.

Déjà la semaine dernière, les forces américaines ont bombardé intensivement des centaines de camions de carburant de l’EI dans le nord de la Syrie, probablement en route vers des acheteurs turcs. L'initiative américaine, suggèrent les analystes, a été déclenchée par les bombardements turcs des milices kurdes soutenues par les Etats-Unis.

Tandis que les États-Unis et les puissances européennes se bousculent pour maximiser leurs parts respectives d'un nouveau partage de la Syrie, l’escalade de la guerre syrienne par procuration pousse les puissances régionales à prendre des risques agressifs, augmentant le risque d'un embrasement soudain.

Au cours du week-end, des avions israéliens ont fait une incursion soudaine en Syrie pour y frapper des cibles près de la frontière libanaise, ce qui semble avoir provoqué ultérieurement des incursions d’avions de guerre russes dans l'espace aérien israélien.

Tous ces événements mettent en évidence le danger croissant d’un embrasement généralisé et de l'éruption d'une guerre mondiale. Après des semaines d'efforts tant vantés pour concocter quelque accord ou coalition pour mettre « fin » à la guerre en Syrie, les développements récents sur le terrain montrent que les grandes puissances foncent tête baissée vers un conflit.

(Article paru en anglais le 30 novembre 2015)


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mar 1 Déc - 13:03




Alain Rodier : Daesh souhaite des combats au sol pour pouvoir exploiter les images dans sa propagande
RT 28 nov. 2015



Alain Rodier© Capture d'écran, vidéo RT

L’ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, Alain Rodier a parlé dans l’émission de RT SophieCo, des difficultés dont Daesh fait face et tout ce qui concerne le groupe terroriste

Citation :
RT : Des attaques contre la Russie, la France, le Liban et l’Irak, le tout en seulement quelques jours. Comment Daesh a-t-il réussi ? Est-ce que l’Etat islamique surpasse dorénavant les services de sécurité qui s’opposent à lui ?

Alain Rodier (A. R.) : Il est vrai que nous assistons à un changement de stratégie de Daesh qui jusqu’à maintenant se concentrait sur son noyau syro-irakien. Il voulait bien renforcer l’«Etat» islamique dans cette zone et développer un certain nombre de province à l’étranger, en Libye, dans le Sinaï, dans le Caucase, en Afghanistan. Mais quelque chose a changé, c’est-à-dire qu’il n’est plus en odeur de victoire.

Je ne dis pas qu’il est en train de perdre en Syrie et en Irak, mais il rencontre des difficultés. Et pour revenir sur le devant de la scène, il a changé de stratégie et il passe à des attentats de masse qui ont commencé effectivement avec l’attaque contre l’airbus russe.


RT : La France a intensifié ses bombardements contre Daesh, promettant de détruire le groupe. Est-ce que les frappes aériennes sont suffisantes pour éliminer la menace terroriste de Daesh qui pèse sur la sécurité de l’Europe ?

A. R. : Les frappes aériennes, par elles-mêmes n’ont jamais gagné une guerre. Une exception près, c’est le bombardement contre le Japon pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais c’est tout de même un petit peu exceptionnel et je ne crois pas que nous allons employer les armes nucléaires.

Ainsi, les frappes ne suffiront pas, il doit y avoir une exploitation au sol mais les exemples d’Afghanistan et d’Irak nous servent de leçon. On ne peut pas envoyer des troupes occidentales vraiment au sol comme ça, parce qu’après on est considéré comme des troupes d’occupation.

Il faut employer les forces qui sont déjà en place. Il s’agit de l’armée irakienne, les milices irakiennes, les Kurdes syriens, les peshmergas irakiens (proches du PKK) et l’armée et les milices syriennes. Mais c’est là où il y a un problème politique puisque la France jusque maintenant mettait comme préalable le départ de Bachar el-Assad avant toute solution politique. Il semble que ce préalable est passé un petit peu deuxième plan. L’ennemi a été désigné : c’est Daesh, pour Bachar el-Assad, on verra plus tard.

RT : Que pensez-vous de la coopération entre la France et la Russie en Syrie ?

A. R. : C’est vraiment historique. Il est vrai que pendant la Deuxième Guerre mondiale nous avons coopéré avec les forces de l’Union soviétique à l’époque. Avec par exemple la fameuse escadrille Normandie-Niémen, qui était complétement intégrée dans l’armée de l’air soviétique. Eh bien, c’est la première fois effectivement que des militaires russes et français vont se retrouver côte à côte face à un adversaire commun.

RT : Un chercheur qui a passé du temps en compagnie d’anciens et actuels djihadistes sur le terrain en Syrie et en Irak a indiqué à RT que les actions de Daesh sont conçues de façon à susciter une réaction occidentale à leur encontre, pour mener les pays occidentaux vers la guerre. Croyez-vous que ces terribles attentats du 13 novembre ont été perpétrés pour engager l’Occident dans une invasion massive ?

A. R. : Ce qui est simple avec Daesh :c’est qu’ils disent ce qu’ils vont faire et ils font ce qu’ils disent. Donc, ils l’ont déclaré : «nous voudrions qu’il y ait des soldats américains au sol». Parce que leur rêve c’est de faire des prisonniers, c’est une évidence. Et ensuite de mettre en œuvre toute leur propagande en se livrant à des abominations avec ces prisonniers. C’est ça ce qu’ils souhaitent ardemment. C’est-à-dire un combat quasi au corps à corps sur le terrain qu’ils puissent exploiter médiatiquement.


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