PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Lun 23 Mai - 14:20


comme 100ème message de ce sujet, un long texte abordant les rapports entre économie politique, guerre et géo-stratégie. Si, du point de vue théorique marxien, il est assez aisé de comprendre pourquoi « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage » *, il est moins évident d'en faire l'analyse empirique concrète. Peut-être ce texte le permet-il, nonobstant ses références aux théoriciens trotskistes de l'économie politique (Mandel, Bensaïd...)

* Cette citation est en fait une reformulation issue du discours de Jaurès à la Chambre en 1895 (voir la citation complète)



«Pour qui vise à l’épanouissement de tous les hommes et de tout l’homme, dans l’invention commune d’un milieu approprié de production et d’échange, la guerre impose des problèmes bannis, ordinairement, du champ de la pensée économique» François PERROUX [1]

Les années 2014 et 2015 ont été marquées par une recrudescence des guerres et des conflits armés dans toutes les parties du monde. La plupart de ces conflits sont devenus objets d’information quotidiens, en particulier dans leurs aspects les plus dramatiques et meurtriers, mais il est parfois difficile de les resituer dans le contexte global d’évolution de la géopolitique mondiale. Au plan international, le point de départ du cycle actuel se trouve certainement aux Etats-Unis où « l’après-11 septembre  2001 » a fortement contribué à radicaliser les politiques « sécuritaires » et donc la guerre elle-même. La « guerre juste » préconisée par la « doctrine » Bush est progressivement devenue une guerre permanente contre le terrorisme et les Etats voyous[2].

Citation :
Tous les conflits qui se sont poursuivis ou déclenchés depuis lors, avec ou sans l’intervention directe américaine, en ont été affectés : Afghanistan, Irak, Syrie et Moyen Orient, opérations françaises au Mali et en Centre Afrique… « L’après-Charlie » de l’année 2015 et les attentats terroristes de novembre à Paris, avec leur énorme impact médiatique, n’ont fait que renforcer une situation de guerre sécuritaire permanente, aux objectifs et aux modes d’action de plus en plus difficiles à appréhender.

Dans cette conjoncture politique chaotique, il s’agira surtout ici de mettre en évidence, l’évolution et les nouvelles formes de cette situation de guerre multiforme, les intérêts économiques concernés, le lien entre l’économie privée du militarisme et les stratégies de défense et de puissance des Etats. D’un point de vue plus strictement conjoncturel, nous tenterons aussi de montrer en quoi la mondialisation marchande et la crise économique mondiale initiée en 2008 ont influencé la mondialisation armée et l’économie d’armement des principales puissances.

LA GUERRE AUJOURD’HUI : QU’EST-CE QUI A CHANGÉ ?

Historiquement, la guerre a toujours eu un fort contenu politique selon la formule bien connue de Clausewitz pour qui  la guerre « n’était  que le prolongement de la politique par d’autres moyens ». Plus particulièrement en Europe, la guerre, « marqueur de puissance » était partie prenante de la constitution des Etats, de leur renforcement ou de leur affaiblissement à travers la modification des frontières et les mutations territoriales.

Mais les interventions militaires récentes, quelles qu’en soient l’origine et le théâtre opérationnel, témoignent du fait que la guerre, dans son sens le plus général, a profondément changé : dans son déclenchement, dans sa mise en œuvre, dans ses objectifs eux-mêmes. Déjà vrai par rapport au dernier grand conflit mondial, celui de 1939-1945, le constat s’est confirmé après 2001 où l’engagement déterminé des Etats-Unis dans la « guerre contre le terrorisme » a constitué un tournant décisif. Une nouvelle situation qui a été parfois été décrite comme une situation d’hyper-terrorisme[3].




Mais les déboires de l’engagement américain en Afghanistan et en Irak, le déclenchement de la crise économique mondiale aux Etats-Unis ont confirmé l’affaiblissement de l’hégémonisme impérialiste des Etats-Unis[4]. Au nom de la sécurité intérieure et de la lutte globale contre le terrorisme que sont devenus les objectifs politiques ou économiques « concrets » de la guerre ? Contrôler les approvisionnements pétroliers au Moyen-Orient ? Imposer un nouvel ordre impérial en Asie centrale ? Recomposer les Etats faillis en Europe centrale ou en Afrique ? La doctrine Bush de la « Justice sans limites » paraissait avoir fait de la guerre une guerre illimitée contre un ennemi insaisissable et multiforme : « Notre guerre contre la terreur commence par Al-Qaïda mais elle ne se terminera que lorsque chaque groupe terroriste capable de frapper à l’échelle mondiale aura été repéré, arrêté et vaincu » (Bush, discours du 20 Sept. 2001).  La complexité de la situation héritée de cette période a conduit plus récemment le Président Obama à prôner non plus la guerre dissuasive tous azimuts, mais la « patience stratégique », prenant acte du fait que « nombre des questions de sécurité, dans ce monde complexe, ne se prêtent, ni à des solutions rapides, ni à des solutions miracles ».

La guerre serait donc devenue « morale », « éthique », forme de croisade permanente dont les objectifs restant indéfinis conduisent, non pas clairement à des défaites ou des victoires « militaires » mais à une succession d’interventions plus ou moins réussies consistant à tenter de maintenir en place des régimes politiques et des sociétés déstructurées face à des « oppositions » qui ne sont pas seulement terroristes mais qui sont aussi identitaires, politiques et sociales. Le concept de « guerre hybride » avancé par certains experts essaie de rendre compte de cette complexité.

D’autres analystes ont en ce sens théorisé « la fin » de la guerre au sens originel du terme pour ne plus voir dans les « conflits armés », qu’une violence latente qu’il faudrait contenir par des « interventions » permanentes dans le cadre d’un dispositif général de sécurité. La guerre constituait jusqu’alors une véritable rupture historique, les interventions militaires à répétition rétabliraient les continuités [5]. Cette situation justifierait donc l’existence d’une nouvelle forme d’économie de guerre avec la professionnalisation à outrance du « métier de la guerre ». Disparition du « soldat patriote », défenseur de la nation souveraine[6] au bénéfice de mercenaires appointés et de militaires professionnels de plus en plus qualifiés au niveau technique. Avec la « déshumanisation » de l’emploi de la force, plus besoin de « patriotes ». La porte est ouverte aux mercenaires et sociétés militaires privées.

Un premier constat s’impose donc : la guerre ne concerne plus seulement des Etats rivaux cherchant à affirmer leur puissance ou leurs intérêts nationaux. L’issue de la guerre n’est plus seulement donnée, via la diplomatie, par des négociations et des traités sur des territoires ou des frontières. La mondialisation politique, la globalisation commerciale et financière qui se sont affirmées depuis maintenant plus de deux décennies ont engendré de nouvelles « formes de conflictualité » et de violence (faut-il encore utiliser le terme de guerre ?) qui proviennent d’abord de la décomposition sociale de sociétés entières, et de la faiblesse, voire de l’effondrement, de nombreux Etats[7]. De nombreux « acteurs » de la guerre ne sont effectivement plus aujourd’hui de véritables Etats. L’exemple de l’intervention française au Mali en 2013 peut être ici rappelé : il concernait une ancienne puissance coloniale, un Etat africain en faillite économique et politique, des milices armées représentant des communautés ethniques, religieuses et surtout des groupes terroristes fortement organisés[8].



Quand l’Ukraine était une des bases de fabrication de chars pour l’URSS


Le récent exemple de l’Ukraine montre pourtant que « la guerre pour le territoire », expression souvent masquée de la lutte pour des intérêts économiques considérés comme essentiels n’a pas disparu. Les protagonistes s’affrontent cette fois pour des territoires et des équipements biens industriels bien réels, avec d’un côté la Russie, de l’autre un ancien pays sorti de l’orbite soviétique, soutenu par le camp occidental. Derrière la dimension géopolitique du conflit ukrainien, existe un autre enjeu, peu ou pas analysé, celui du sort des usines ukrainiennes d’armement, pourvoyeuses de matériels de guerre pour la Russie.

Jusqu’en 2013, l’Ukraine exportait annuellement vers la Russie 400 millions de dollars de ces équipements. Les deux pays ont toujours été sur ce plan très interdépendants et Moscou a cherché à plusieurs reprises à acquérir ou à transférer certaines usines du complexe militaro-industriel ukrainien, en particulier en échange de la dette gazière de l’Ukraine envers ce pays (dette évaluée en 2014 à 18,5 milliards de dollars)[9]. Bien d’autres exemples montrent que les enjeux en termes de territoire et de contrôle des ressources minières et pétrolières sont plus que jamais concernés, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique. Il ne s’agit plus nécessairement de conquêtes directes de territoires mais de contrôle de zones d’influence ou d’approvisionnement en pétrole ou en matières premières.

Les conflits interétatiques, le plus souvent masqués par des jeux complexes d’alliances, n’ont évidemment pas disparu et la grille d’analyse des « Etats-nations » doit se superposer à celle de la mondialisation. La mondialisation économique ne supprime aucun des grands conflits régionaux, pas plus qu’elle n’atténue la volonté de domination des grandes puissances [Hassner P. 2004][10]. Qui ne saurait aujourd’hui voir, derrière la prolongation du sanglant conflit syrien, une forme de résurgence du conflit d’influence entre les Etats-Unis et la Russie ?

Les récents évènements de Novembre 2015 à Paris ont conduit, de la part de responsables politiques à reprendre le terme de guerre, à « déclarer la guerre » pour condamner des actes terroristes et sanglants que l’on sait. Peut-on parler d’une « armée terroriste » venue frapper Paris pour qualifier la sauvagerie et la violence des actes qui y ont été perpétrés? Il faudrait certainement refonder le concept de guerre comme l’ont récemment rappelé plusieurs politologues car un terroriste n’est pas un soldat, il tue sans affronter aucune armée.

Le terrorisme ce n’est ni la guerre « interétatique » ordinaire, ni la guerre civile, il faut donc trouver des qualificatifs plus adéquats pour prendre en compte la conjoncture actuelle. Le terme de « guerre asymétrique » souvent utilisé pour décrire les deux guerres invasives d’Irak ou encore la situation récente en Afghanistan n’est pas non plus satisfaisant. La « guerre diffuse » ? La « guerre hybride » ? Autant de concepts que la prise en compte et l’ étude de l’économie d’armement, de sa place par rapport à l’Etat et dans la mondialisation, pourraient contribuer à définir.

« L’ÉCONOMIE » DE LA GUERRE, QUELLE APPROCHE STATISTIQUE ?

Dès l’instant où l’on veut tenter d’appréhender les rapports réciproques guerre- économie, on se trouve confronté à de nombreuses difficultés méthodologiques qui tiennent à la nature des données disponibles mais aussi et surtout, au caractère politiquement sensible de la « dépense de guerre » et du « secret-défense ». La transparence n’est pas vraiment de mise dans un secteur qui se caractérise par l’étroite imbrication entre raison d’Etat, intérêts publics et privés.

L’industrie de l’armement est en effet, comme telle, difficile à identifier et à délimiter avec précision. Elle se caractérise davantage par la « destination » de ses produits ou services que par leur caractère intrinsèque, un même matériel pouvant être considéré comme « militaire » ou « civil » selon l’usage que pourra en faire l’utilisateur final. Le secteur d’armement se présente donc comme « secteur transversal » par rapport à la typologie traditionnelle des branches d’activité.

Ainsi, pour la France, si l’on s’en tient à la classique nomenclature d’activités (NAF) de l’INSEE pour mesurer la « marchandise armement », sous ses différentes formes, on est vite confronté au contenu hétérogène de certaines rubriques et à la difficulté d’opérer une distinction entre équipements civils et militaires[11]. A côté des productions d’armement, une rubrique « Défense » doit évaluer les services rendus par l’Etat en matière militaire : l’administration et la gestion des armées ainsi que de toutes les activités des forces armées terrestres, navales, aériennes et spatiales[12], tâche rendue difficile par la grande diversité de statuts et l’ambivalence des personnels.

De manière générale, plus on se rapproche de la conception et de la production des « produits d’armement », plus l’influence de la recherche et des innovations technologiques est importante, ce qui rend difficile toute évaluation sérieuse. En effet, c’est bien souvent dans le secteur militaire que de nouvelles technologies sont mises en œuvre et ce, grâce à des programmes initiés et financés en tout ou partie, par l’Etat ou des institutions étatiques (ministères ou administrations militaires ad’hoc). Mais, comment, à partir de ces coûteux programmes, isoler la valeur ajoutée spécifique à la production de « biens militaires » ? Surtout lorsque ces recherches sont, pour partie, concédées à des firmes privées ?

Il est un secteur, particulièrement important pour la France, où la prise en compte et la mesure de la dimension proprement militaire s’avère très ardue, c’est celui du nucléaire. Considéré comme industrie « civile », le nucléaire reçoit , par l’intermédiaire du CEA[13], d’importants crédits pour la recherche-développement du secteur. Or, en moyenne, entre 2007 et 2013, les crédits Recherche-Développement du ministère de la Défense affectés au nucléaire représentaient 40% du total. Comment évaluer alors le coût de la « dissuasion », et en particulier de la dissuasion nucléaire qui participe de la Défense du territoire ? Cela est d’autant plus difficile que le nucléaire est, en France, protégé par le « secret défense ».

Nous ne résoudrons évidemment pas ici ces problèmes de méthodologie, nous contentant d’utiliser, au plan macroéconomique, l’indicateur « basique » de comparaison internationale qui consiste, pour chaque pays, à considérer la « Dépense militaire » et à la rapporter au Produit Intérieur Brut[14], tout en sachant que les modes d’évaluation pourront différer selon les pays. Ainsi en France, la « dépense militaire » est dépendante du chiffrage de grands programmes d’armement, conçus pour le long terme, alors que les budgets sont annualisés. Le rassemblement des données n’est guère facilité par le fait que, là où le Ministère du Budget et le Parlement contrôlent, à chaque exercice, la conformité de l’exécution de la dépense publique aux autorisations d’engagement et de crédits de paiement votés en loi de finances, l’armée, elle, se réfère aux Lois de Programmation militaire ou aux différents « Livres Blancs » de la Défense, utilisant des procédures spéciales dérogatoires aux règles de la Comptabilité publique.

Une partie du fonctionnement courant des armées échappe ainsi au Budget de la Défense. Ainsi en est-il des OPEX (opérations avec l’extérieur) qui, au-delà des crédits prévus chaque année sont financées par « l’interministériel », en fait supportées par d’autres Ministères[15].

COÛT COMPTABLE ET COÛT HUMAIN DES GUERRES

Le défaut patent de transparence qui caractérise la gestion des armées et l’exécution des programmes invite donc à questionner sérieusement les indicateurs utilisés. Le secteur de l’armement, par ses finalités, par la  destination  et la nature même de ses « produits », avec des activités classées « secret défense », est un secteur politiquement sensible. Il faut donc aborder avec précaution un secteur où l’intérêt public et certains intérêts privés sont souvent difficilement dissociables, secteur où aussi, au plan international, les procédures de conquête des marchés et de vente des matériels militaires dépendent parfois autant de la raison d’Etat que de la rationalité économique.

Les statistiques de défense et d’armement inscrites dans les budgets des Etats, l’examen de leurs exportations d’armes ou d’équipements militaires sont utiles mais sous-estiment très largement le coût véritable des guerres et donc leur impact sur l’économie globale. Les problèmes posés pour cerner « l’économie de l’armement et de la guerre, l’insuffisance des indicateurs, ont conduit certains économistes à changer de perspective d’approche et à s’attacher au  coût de la guerre elle-même, à son coût humain « réel » pour la société.




Dans un ouvrage pionnier au niveau méthodologique, STIGLITZ et BILMES [2008] ont estimé, pour les Etats-Unis, le coût « réel » de première guerre d’Irak. Leurs estimations conduisent en fait à tripler le coût « officiel » de la guerre[16].

Leur démarche a consisté à montrer qu’entre les estimations initiales de l’Administration Bush et les dépenses effectives pour l’Irak, l’écart était considérable car il ne fallait pas seulement considérer les chiffres inscrits au Budget de défense mais tenir compte de ce qui était, selon les auteurs, « dissimulé » dans d’autres administrations : celles relevant de la sécurité, des Anciens combattants et aussi des administrations qui assument les énormes dépenses de suivi sanitaire : système d’assurance-maladie et de soins aux blessés, pensions d’invalidité.

De manière plus générale, il aurait fallu prendre en compte dans le coût de cette guerre, l’ensemble de ces coûts « sociaux » ainsi que toute une série de données comme les indemnités pour «vie perdue ». Et, pour la société prise globalement, il était pour eux nécessaire de considérer les pertes de capacités productives pour le pays, le « coût » de la destruction des vies familiales et les conséquences psychologiques et mentales qui en ont résulté .  Quelle est la « valeur statistique » d’une vie ? François Perroux avait déjà, en son temps, relevé les limites de l’approche économique orthodoxe en la matière : « L’économiste en tant que tel ne pense pas jusqu’au bout la destruction parce qu’il est pour le moment incapable de mesurer, en rigueur, les pertes directes et indirectes de la destruction des hommes »[17].

PROFITS ET PROFITEURS DE GUERRE

On comprendra maintenant qu’il soit bien difficile, à partir des données statistiques disponibles, pas même de mesurer, mais simplement d’évaluer les profits l’industrie de l’armement. Faute d’une approche macroéconomique d’ensemble, il faut se référer aux résultats financiers et boursiers des différentes entreprises ou grandes firmes d’armement. Lorsqu’elles sont cotées en Bourse on pourra par exemple examiner leur capitalisation, l’évolution du cours de leurs actions, le montant des dividendes distribués aux actionnaires[18].

Historiquement, peu nombreuses sont les études sur les profits de guerre. Des monographies et des études récentes ont cependant pu établir, notamment pendant et après la seconde guerre mondiale, l’enrichissement considérable de certains grands magnats de l’industrie et de la banque, partie prenante de l’économie de guerre nazie mais aussi de la militarisation des économies en France, en Angleterre et aux Etats-Unis[19].

Dans ce dernier pays, le montant des profits de guerre a toujours été une question très sensible. La « morale » de la guerre s’accommode mal de l’enrichissement indu et des « profiteurs de guerre ». Des profits certes, mais « raisonnables et  justes », a « fair profit » avait dit Roosevelt. Dès 1933, des associations de vétérans de la 1ère guerre mondiale exigent de lui et des « new-dealers » [20] la réglementation des profits de guerre. En mars 1934 est adopté le « Vinson-Trammel Act » qui doit la mettre en œuvre. Conscient de l’importance du sentiment anti-interventionniste américain quant à la situation en Europe, Roosevelt en fera un des thèmes de ses campagnes de réélection en 1936 et encore en 1940[21]. Dans les faits, comme le montre bien Brandes [1997], ce contrôle s’avérera très largement illusoire. La conversion forcée de l’industrie manufacturière civile en industrie de guerre qui va s’accélérer au début des années 1940 sera en fait facilitée par des exemptions fiscales et des marchés d’équipements militaires monopolisés au profit des plus grandes firmes dont certaines en tireront d’importants bénéfices.

Au plan historique, s’il n’existe aucune donnée macroéconomique globale sur les profits de guerre, un certain nombre de monographies ont révélé, notamment pour l’Allemagne et les Etats-Unis, les enrichissements parfois spectaculaires obtenus, pendant la seconde guerre mondiale, par certains grands magnats de l’industrie lourde et de la chimie, secteurs clés de l’industrie d’armement. Quelques études ponctuelles plus récentes ont aux Etats-Unis cherché à comparer les rendements obtenus par un échantillon des principaux « fournisseurs de guerre ». Ainsi, une étude sur 20 ans (1970-1989) des profits de ces intermédiaires révèle des retours sur investissement et surtout des rendements boursiers supérieurs à la moyenne (de 11 à 27% pour les premiers, de 38 à 50% pour les seconds). Donc, des investissements où le risque moyen était moindre que dans d’autres secteurs[22].

Il serait ici nécessaire, à partir d’archives d’entreprises quand elles n’ont pas disparu de systématiser ces recherches et peut-être de faire des comparaisons internationales entre différents pays.

LES POLITIQUES ÉCONOMIQUES DE LA GUERRE ET DE L’ARMEMENT

Peu d’économistes ont « théorisé » l’économie de guerre et cherché à l’insérer dans les mécanismes généraux de la croissance ou de la crise du capitalisme. Mais, nombre d’entre eux ont préconisé, notamment dans les périodes de conflits armés, des éléments de politique économique susceptibles d’en expliquer le financement et aussi, après coup, de proposer des mesures pour répondre aux exigences de la reconstruction des économies détruites. Ce sont les deux grandes guerres mondiales du XXème siècle, avec leurs prolongements, qui serviront naturellement de champ « d’expérimentation » à ces politiques.

   A/ LE « KEYNESIANISME MILITAIRE »

Adam SMITH est celui des économistes classiques qui a le mieux magnifié les avantages de l’économie de marché et des intérêts privés. Cependant, après avoir dans les deux premiers livres de la « Richesse des nations », décrit le fonctionnement de l’économie marchande, l’harmonie des mécanismes de la production et de l’échange par la « main invisible » du marché, il aborde dans le livre V, « l’économie publique » et en particulier la guerre qui pourrait menacer les bases de la société marchande. Il estime alors nécessaire une économie de la défense pour en assurer le fonctionnement mais « c’est seulement la sagesse de l’Etat qui peut faire du métier de soldat un métier séparé, distinct de tous les autres ». Les individus isolés, les milices ne sauraient assurer la fonction de défense qui doit, pour lui, être assurée par l’Etat.

C’est peut-être l’économiste anglais A.C. PIGOU qui, le premier, a tenté, dans une perspective largement fonctionnaliste, de mettre en évidence l’impact de la guerre sur le fonctionnement de l’économie. S’appuyant sur l’exemple de la première guerre mondiale et sans s’attarder sur les causes de la guerre elle-même (selon lui, essentiellement « le désir de domination » des Etats), il souligne tout d’abord l’importance pour un pays d’avoir des « ressources disponibles » pour la guerre et la nécessité pour son gouvernement de recueillir, par l’intermédiaire d’un « fonds national de guerre » les épargnes personnelles des citoyens.

Pour lui, deux modes de financement « direct » sont possibles : les impôts ou les emprunts de l’Etat avec un recours possible aux prêts bancaires. En tout cas, la guerre, compte tenu, de l’insuffisance des ressources disponibles, obligera à un contrôle des quantités et des prix des produits, notamment alimentaires et à des mesures de rationnement. A partir de l’exemple de la Grande-Bretagne de l’après première guerre mondiale, Pigou mettait aussi en évidence, l’importance de la dette interne, de la nécessité d’en prévoir et d’en évaluer le coût [23].




C’est certainement parce que J.M. KEYNES a été confronté aux conséquences de la première guerre mondiale ainsi qu’à la préparation et au déroulement de la seconde, qu’il a pu, sur une longue période, proposer les politiques économiques à mettre en œuvre, pas seulement en Angleterre mais aussi en Europe et aux Etats-Unis. Un de ses premiers ouvrages, publié en 1919, « Les conséquences économiques de la paix » concernait précisément les indemnités de guerre demandées par les Alliés (dont la France) à l’Allemagne. Keynes, on le sait, avait jugé ces indemnités exagérées, hypothéquant non seulement le relèvement économique de l’Allemagne mais aussi le commerce international dans son ensemble. Il estimait donc nécessaire d’abroger ce régime humiliant des indemnités.

Contrairement à ce qui est parfois affirmé, les analyses et les propositions économiques de Keynes n’ont guère influencé le New Deal américain des origines. C’est seulement au déclenchement de la guerre, en 1939-1940, que ses conceptions interventionnistes vont recevoir davantage d’attention. Keynes est maintenant confronté à la nouvelle guerre qui est engagée, et il lui faut proposer des solutions, en particulier quant à son financement. Dans « How to Pay for the War » publié en 1940, il développe, dans le contexte de préparation à la guerre, sa vision quant au  nouveau  rôle de l’Etat dans l’économie. Non plus un Etat « social » ou redistributeur (ce qu’on qualifiera par la suite d’Etat-providence) mais un Etat capable de mettre en œuvre une politique fiscale rigoureuse afin de réduire la demande privée. Les mesures à appliquer relèvent de la plus pure orthodoxie budgétaire et financière : des hausses d’impôts et l’épargne obligatoire. L’objectif à atteindre est de réduire le pouvoir d’achat des ménages, de supprimer la demande effective excédentaire et, pour ce faire, des mesures de contrôle direct sont désormais nécessaires. On ne pouvait selon lui avoir à la fois « le beurre et les canons » comme le pensaient certains  keynésiens américains dont Alvin HANSEN [24] qui n’hésiteront pas à critiquer ces mesures.

La dépense publique « militaire » est considérée comme un moyen de rétablir la croissance et le niveau de l’emploi. Bien que Keynes ait admis dans « La Théorie générale.. » que les dépenses militaires puissent produire des bénéfices à court terme mais rester improductives à long terme puisqu’orientant la production « vers des usages n’ayant aucune utilité sociale », on peut considérer que ce plan « keynésien de guerre », pourtant, selon lui, « politiquement impossible dans une démocratie » a bien été une référence pour la nouvelle bureaucratie de guerre dont une part importante était issue du personnel politico-administratif du premier New Deal.  L’ère des réformes » était bel et bien terminée. L’intervention de l’Etat était toujours aussi nécessaire, non pas pour la réforme sociale mais pour imposer l’alliance fructueuse entre le monde des affaires, le military business et le pouvoir politico-militaire.

L’effort de guerre, version keynésienne, conduisait bien à une augmentation de la « demande effective » mais une demande générée par les dépenses de guerre de l’Etat et non plus par la demande de « consommateurs » dont on avait au préalable, par la contrainte, ponctionné l’épargne et restreint le pouvoir d’achat. Evidemment, le décompte des morts de la seconde guerre mondiale n’entrait pas dans le bilan de cette « économie interventionniste du bien-être » dont les épigones de l’après-guerre feront de Keynes l’initiateur.

L’utilisation massive des dépenses d’armement comme moyen de surmonter, par la guerre, la stagnation et la crise a été considérée par certains keynésiens de gauche comme une grave déviance théorique par rapport au keynésianisme originel puisque n’étant pas en mesure de distinguer entre « bons » et « mauvais » usages de gestion et de stimulation de la demande. Joan ROBINSON avait qualifié ce keynésianisme militaire de « keynésianisme bâtard », un keynésianisme capable de convaincre les hommes politiques qu’il n’y avait finalement aucun mal à laisser les Etats creuser leurs déficits et laisser le complexe militaro-industriel en tirer bénéfice.

Une autre version du keynésianisme militaire, découlant de la guerre et de la reconstruction, va trouver un écho important chez d’autres économistes. En 1942, Paul SWEEZY avait publié son ouvrage : « La théorie du développement capitaliste ». A partir de l’exemple américain, il y reprenait implicitement l’idée que les dépenses d’armement pourraient contribuer à résoudre le problème de la « sous-consommation » des travailleurs. L’analyse est développée dans un autre ouvrage publié en 1966 avec Paul Baran [25]. L’accent est mis sur l’importance du concept de « surplus économique global » (la différence entre la valeur de ce qu’une société peut produire et le coût de cette production). Ce « surplus », très différent de la « plus-value » au sens de Marx, sera plus élevé dans une structure de production monopolistique, celle du secteur des armements, car on pourra y fixer plus librement les prix, les commandes et les débouchés étant largement dépendants de l’Etat.

Le surplus découlant du « capital monopoliste » croîtra donc plus vite que dans l’économie prise globalement, contribuant ainsi à retarder les effets de la sous-consommation. Les dépenses militaires, davantage encore que « les dépenses  pour vendre » ou les dépenses sociales de l’Etat, étaient donc, pour Baran et Sweezy, un moyen essentiel pour réduire la menace de sous-consommation dans la société. Pervertissant certains concepts marxistes, très influencée par Keynes, la « théorie » du capital monopoliste justifiait en fait les dépenses militaires de l’après-guerre aux Etats-Unis car, sans elles, le pays aurait pu retomber dans la récession des années 1930.

Certes, Baran et Sweezy, n’avaient pas l’illusion de penser que la prospérité pourrait être assurée par une croissance illimitée des budgets militaires, car d’une part, ce “capital monopoliste” conduirait à l’instabilité et aux conflits internationaux, d’autre part ce secteur militaire deviendrait de plus en plus « intensif en capital », réduisant les avantages pouvant être obtenus en terme d’emplois et donc de baisse du chômage.

B/ LA GUERRE, L’APRÈS-GUERRE ET LA GUERRE FROIDE

A l’issue de la Première guerre mondiale, pendant une quinzaine d’années, désarmement et démobilisation avaient conduit logiquement à réduire l’arsenal militaire dans la plupart des pays et d’abord aux Etats-Unis. Mais la crise allemande et l’hyperinflation du début des années 1920 vont, faute de solution politique, favoriser la montée d’Hitler au pouvoir et conduire très vite au réarmement de l’économie de ce pays[26].

Aux Etats-Unis, la crise de 1929 que la seconde phase du New Deal, après 1935, ne parviendra pas à résoudre conduit aussi, à la mise en place progressive d’un important secteur « militaire de paix », préparatoire à la guerre, mais qu’il faut évidemment distinguer de l’économie de guerre proprement dite.

L’exemple-type de l’économie de guerre reste évidemment celui des Etats-Unis entre 1940 et 1945. Le territoire américain n’est pas le théâtre du conflit et le pays, à la différence de la plupart des pays européens et du Japon n’aura pas, après coup, à reconstruire bâtiments et infrastructures. Mais le système productif et la main d’œuvre sont dès le début de la guerre engagés dans le conflit dans la mesure où il s’agit de fournir en armements l’ensemble du camp allié. Une économie émerge qui conduit l’Etat à financer de nouvelles usines et aussi à reconvertir des anciennes manufactures et industries civiles afin de les faire produire pour la guerre . Seize millions d’Américains seront mobilisés dans cette production occasionnant des migrations massives de main d’œuvre, notamment du Sud rural et pauvre vers les « boomtowns » du Nord.

Au plus fort de la guerre, le chômage est officiellement considéré comme presque résorbé (il avait été évalué encore à 10% en 1940). Une part importante de la force de travail est en utilisée dans la conscription (22%) et les forces armées, l’autre part, ce sont les employés de l’administration, les employés et ouvriers civils des industries d’armement. Cette force de travail « résidu», directement ou indirectement concernée par la guerre, représentait en 1940, 17,6% de la main d’œuvre, elle en représentera plus de 40% en 1945, revenant à 10% entre 1946-1949. La plupart des « military jobs » sont mal payés, souvent dangereux. Le nombre des femmes au travail a presque doublé pendant la guerre (de 11 à 20 millions), leur salaire représentant en moyenne 60% du salaire masculin. La mobilisation pour la guerre justifie la remise en cause des garanties sociales et des revendications syndicales. Il faut une force de travail stable et productive. Sous l’égide du National Labor Relations Board (Bureau des Relations du Travail), un « médiateur du travail » doit, dans un cadre tripartite, celui des « industrial councils » (patronat, Etat, bureaucrates syndicaux) s’attacher à subordonner le mouvement social aux impératifs de la guerre [27].

Ce modèle productif n’a pu se développer aussi rapidement sans que l’Etat, en phase directe avec les dirigeants des principaux groupes industriels et des banques, ait mis en place des institutions spécifiques, une véritable « bureaucratie de guerre » scellant une étroite alliance entre le monde des affaires et le pouvoir militaire[28] . Entre juillet 1940 et juin 1945, deux tiers des investissements dans le secteur manufacturier et d’équipement a été financé par le gouvernement. D’autres investissements militaires ont été facilités par une politique ciblée de subventions et d’allégement d’impôts en faveur de certains grands groupes décidée dès 1940[29].




Du point de vue de la production militaire, l’après-seconde guerre mondiale diffère assez largement de l’après 1914-1918 dans la mesure où les politiques de réarmement sont engagées très rapidement par les vainqueurs dès les années 1950. Les raisons en sont d’abord politiques. Un certain nombre de pays ont été démilitarisés, notamment l’Allemagne et le Japon, mais il faut en assurer la « stabilité politique et sociale » par la mise en place de bases militaires américaines en Europe et en Asie. Le nouveau partage de l’Europe s’étant effectué avec la constitution d’une large zone sous influence soviétique, il s’agit, pour les Alliés d’en éviter l’extension mais aussi de se prémunir contre l’idéologie de système soviétique : la Guerre froide est née qui va se traduire de nouvelles formes d’escalade militaire.

Suite aux énormes destructions de la guerre, plus particulièrement en Europe, la reconstruction économique, même au prix d’énormes privations, ne peut que stimuler le retour à la croissance. Combinées avec cette reconstruction, les politiques de réarmement vont conduire à de nouvelles sphères d’accumulation du capital et constituer une des bases du « boom économique » de l’après-guerre[30]. L’après-guerre voit aussi les puissances victorieuses, comme les Etats-Unis mais aussi la France tenter de maintenir leurs positions en Asie et financer les guerres de Corée, d’Indochine, puis du Vietnam. Les dépenses militaires, notamment celles des Etats-Unis et de la Russie atteignent alors des sommets[31].

Alors que certains économistes soulignent les effets bénéfiques du réarmement en termes d’emploi, de salaires, de revenus mais aussi de profits élevés pour les entreprises, d’autres stigmatisent le coût exorbitant de la course aux armements qui se fait au détriment de productions utiles et d’exportations des différents pays, mais aussi aux dépens du niveau de vie des populations. Pour chacune des deux grandes puissances protagonistes de la Guerre froide, le conflit ne saurait être simplement expliqué en termes de profits, de gains ou de pertes car les dépenses d’armement vont, dans les années 1950, largement excéder les revenus escomptés, en particulier pour les guerres engagées en Asie. Pour la Russie dont la productivité industrielle était estimée à la moitié de celle des Etats-Unis, le coût de la militarisation de l’économie a été en partie financée par le pillage et les transferts d’équipement au détriment des pays d’Europe de l’Est désormais sous son contrôle. En fait, ce qui est en jeu entre l’URSS et les Etats-Unis, c’est d’abord le conflit d’hégémonie politique, chacun d’eux cherchant à maintenir, voire à étendre sa sphère d’influence [Harman, 2009][32]. Pour beaucoup d’analystes de l’époque, le caractère ouvertement impérialiste du conflit sino-soviétique, avec l’escalade militaire de la « course aux armements » qu’il implique, ne pourra conduire qu’à l’affrontement direct entre les blocs, c’est-à-dire à la troisième guerre mondiale[33].

Alors qu’un nouveau conflit mondial semblait à beaucoup inévitable, il faut cependant constater, qu’au niveau économique, le boom de l’après-guerre avait perduré, conduisant même, après une période de restrictions et de privations pendant la reconstruction des économies européennes, à une prospérité relative , notamment en termes d’emploi et de niveau de vie pour le salariat. Le capitalisme s’était en apparence stabilisé, l’effondrement prévu n’avait pas eu lieu. Pour certains réformateurs du système, on pouvait même envisager, grâce à des réformes graduelles, de passer au socialisme[34].

C/ L’ÉCONOMIE PERMANENTE D’ARMEMENT

C’est dans ce contexte que certains économistes d’obédience marxiste ont été amenés à reconsidérer la nature de la dépense militaire. Ainsi, Paul KIDRON, met-il en avant la théorie de « l’économie permanente d’armement »[35].  Si le système économique des grandes nations semble s’être stabilisé depuis la fin de la guerre et que le boom économique s’est maintenu, il faut en expliquer les raisons. En termes marxistes, Kidron considère que, sans les dépenses d’armement, la plus-value extraite des travailleurs se serait accumulée, augmentant la composition organique du capital dans la sphère « productive » et donc venant faire pression à la baisse sur les taux de profit. Cette plus-value n’avait alors d’autre usage que de s’orienter vers la production des armes et autres secteurs de l’économie du « gaspillage ».

La « théorie » de l’économie permanente d’armement ne considérait pas qu’il serait possible d’éviter la crise qui, tôt ou tard, aurait lieu mais, dans l’immédiat, la tendance à la baisse du taux de profit se trouvait ralentie , éloignant d’autant l’avènement d’une nouvelle guerre mondiale.

Un autre élément de la théorie était mis en avant par Kidron. Grâce aux techniques de planification mises en œuvre par l’Etat, l’économie d’armement, loin d’être un handicap, pouvait constituer une solution à la surproduction latente. La planification permettait de « superviser les excès de l’industrie privée », notamment par l’intermédiaire des contrats d’armement. Certains « marxistes » de l’époque stalinienne se trouveront là confirmée la validité et l’efficacité du modèle de production planifié « soviétique », voyant même là un moyen « pacifique » d’aller vers le socialisme.

Si Kidron pensait que l’insertion de l’armement dans l’économie globale avait contribué à sa compétitivité grâce à la mise en œuvre de budgets militaires flexibles et adaptables, il mettait en garde contre les dangers de la course aux armements. Au niveau international, la rivalité entre Etats pouvait conduire à l’escalade militaire avec des mesures de représailles les uns contre les autres. Il ne s’agissait déjà plus de la seule rivalité USA-URSS mais aussi de la situation au sein de l’OTAN (retrait de la France et pressions des Etats-Unis pour pousser les Etats européens à renforcer leur contribution à la protection nucléaire, désormais nouvelle « arme de dissuasion).

L’existence d’une  limite économique aux dépenses d’armement était donc essentielle à l’économie permanente d’armement[36]. Mais où fixer la limite ? Kidron proposait lui-même la réponse : « ..dans une économie de guerre, les limites sont fixées par les ressources physiques et le consentement de la population à endurer les privations et les massacres. Dans une économie d’armement, l’aptitude de l’économie à affronter la concurrence globale, aussi bien dans le domaine militaire que dans les autres formes de production, ajoute une contrainte supplémentaire ».

Les traits fondamentaux de cette économie étaient donc la permanence d’un niveau élevé de dépenses de guerre, expression de l’intervention croissante de l’Etat dans l’économie, avec des taux élevés d’accumulation du capital et un chômage réduit. Comme le dira justement A.Pozo : « n’était-ce le danger mortel de perdre la bataille finale, il était supposé que le système capitaliste avait retrouvé une nouvelle jeunesse [37].

D’autres auteurs feront de l’économie permanente d’armement, une nouvelle phase dans l’évolution du capitalisme dont les composantes étaient celles d’une concentration accrue du capital avec des firmes en position de monopole, capables d’échapper en partie à la loi de la concurrence. Ernest MANDEL modifie quelque peu la démarche en faisant, au début des années 1970, de l’économie de réarmement permanente, une des caractéristiques de son « troisième âge » du capitalisme[38]. L’extension du secteur des services mais aussi « l’inflation permanente », autres composantes de ce capitalisme également qualifié de « tardif » semblaient aussi éloigner des ruptures brutales des économies de guerre.

Pourrait-on, avec la « théorie » de l’économie permanente d’armement » mettre en évidence, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, un cycle spécifique de l’armement fondé sur des critères économiques ? Difficilement, car, en fait, ce sont les grandes dates de la géopolitique mondiale qui vont, en particulier pour les deux grands protagonistes de la Guerre froide, influencer, avec un certain délai, le niveau et le rythme des dépenses militaires




Ainsi, au moment de la guerre de Corée, les dépenses militaires des Etats-Unis représentaient 13% du Produit intérieur brut du pays (20% en URSS à la même époque). Au début des années 1960, ce pourcentage tombe entre 7 et 9% du PIB, puis se redresse assez fortement au moment de l’aggravation de la guerre au Vietnam après 1965. Ce nouveau bond des dépenses militaires aura sa part, en 1971, dans la décision unilatérale prise par les Etats-Unis de dévaluer le dollar, de le « décrocher » du système de Bretton Woods. Le Président Nixon avait alors déclaré : les Etats-Unis ne veulent plus être les seuls «à assurer la défense du monde libre ». En 1971, pour la première fois depuis la guerre, les importations américaines avaient dépassé leurs exportations. Le « dynamisme » du secteur militaire pouvait alors contribuer à affaiblir la position concurrentielle du pays dans d’autres secteurs, mais n’empêchait pas les firmes d’armement de réaliser d’importants bénéfices. Sur le plan militaire, l’Allemagne et le Japon ne pouvaient être considérés comme concurrents des « deux grands » puisque soumis à la démilitarisation et au contrôle de leur production militaire. La France et la Grande Bretagne apparaissaient comme puissances militaires relativement mineures, la première très réticente à s’engager, dans le cadre de l’OTAN, derrière les Etats-Unis. Désormais la lutte entre « les deux Grands » semble s’atténuer au nom de la « coexistence pacifique » prônée par la Russie. Chacun des « blocs » comprenant les dangers d’un affrontement global, on était entré, au plan militaire dans l’ère de la « dissuasion nucléaire ». Ce nouvel « équilibre de la terreur » pouvait laisser espérer une hypothétique politique de désarmement réciproque[39].

La fin de la Guerre froide et l’effondrement politique de l’Union soviétique marquent un tournant. Pour beaucoup, il s’agissait alors de récolter « les dividendes  de la paix » et on assiste à une baisse des dépenses militaires (la dépense militaire russe passe ainsi de 15% du Produit intérieur en 1987 à son plus bas niveau de 3,3% en 1998).

En fait, les conflits et les guerres régionales n’avaient jamais cessé (exemple de la guerre particulièrement meurtrière Iran-Irak entre 1981 et 1988). La seconde  guerre du Golfe, avec en 1991, la campagne « Tempête du désert », marque une étape importante et pas seulement au niveau des « techniques militaires » mises en œuvre. La guerre apparaît de moins en moins comme conflit entre « nations » ou « blocs » hérités de la guerre froide que comme un affrontement autour d’intérêts géostratégiques où la maitrise de zones d’influence et de ressources énergétiques devient essentielle. La guerre tendait ainsi à se « mondialiser » et à constituer un support de plus en plus marqué au profit de multinationales de l’armement et d’intérêts privés, sous leur contrôle. Cette tendance s’accentuera, comme nous le verrons plus loin, après les évènements du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. (A suivre)

_____

[1]   PERROUX F. [1958] : “La coexistence pacifique”, Tome 3, Guerre ou partage du pain?, p.489      PUF, Paris.

[2]   DOLAN Chris J. [2005] : « In War we Trust. The Bush Doctrine and the Pursuit of Just War”.  Ashgate Ed.

[3]   HASSNER Pierre [2003] : « La Terreur et l’Empire ». Le Seuil. Essais.

[4]   SHOR F. [2010] : « War in the Era of Declining US Global Hegemony” , Journal of Critical Globalization Studies. N° Spécial: Globalization and War, pp.65-75.

[5]   GROS Frédéric [2006] « Etats de violence. Essai sur la fin de la guerre »  Gallimard.

[6]   Nous sommes évidemment loin du « soldat-citoyen » de l’armée populaire préconisée pour la France par Jean JAURES dans « L’armée nouvelle »        publié en 1908. Voir notamment le Chap. X : Le ressort moral et social. L’armée, la patrie et le prolétariat (pp. 377-496), Tome II, Editions de l’Imprimerie Nationale [1992].

[7] Le philosophe Daniel BENSAID écrivait déjà en 2003 : « Il serait illusoire de croire qu’une circulation sans frontières des capitaux et des marchandises pourrait aller sans une circulation sans frontières de la violence et sans une dissémination de ses acteurs non étatiques. Et tout aussi illusoire d’imaginer que la privatisation généralisée de la production, des services, de l’information, du droit, du vivant, du savoir, de l’espace, puisse ne pas aboutir à une privatisation de l’exercice de la violence, d’autant que les techniques de l’armement s’y prêtent ». BENSAID D. [2003] : « Le nouvel internationalisme. Contre les guerres impériales et la privatisation du monde », Ed. Textuel.

[8] BADIE Bertrand [2014] : « Le temps des humiliés », Ed. Odile Jacob et « Le Monde » : « L’opération au Mali marque un périlleux retour aux conflits d’antan »,  23 Janvier 2013.

[9] Ainsi, la moitié des moteurs des hélicoptères russes Mi-8 et Mi-24 ainsi que de plusieurs avions de combat, le missile russe SS-18 et les systèmes de guidage de plusieurs types de ces missiles, 60 % des moteurs des navires de guerre russes et d’autres équipements étaient produits dans des villes du Sud-Est ukrainien dont certaines passées rapidement aux mains des « séparatistes » : Kharkov, Dniepopetrovsk, Zaporojia, etc. Vladimir Poutine a exigé, en mai 2014, que toutes les commandes militaires soient désormais assurées par des entreprises russes. Outre la complexité et le coût des «  reconversions », les conséquences pour la main d’œuvre ukrainienne sont aujourd’hui catastrophiques. « Les industries d’armement ukrainienne et russe », Le FIGARO Economie, 6 juin 2014.

[10] Dans le N° spécial de la Revue « ESPRIT : « Le nouveau désordre mondial », Août-Sept. 2014.

[11] Quelques exemples : la fabrication des véhicules militaires de transport entre dans la même rubrique que les véhicules automobiles; pas de distinction entre les matériels navals et aérospatiaux selon l’usage civil ou militaire (un navire de guerre est considéré de la même manière qu’un navire de commerce !) ; plus important encore, l’intégration et la prise en compte des coûts de l’innovation technologique (composants, systèmes informatiques, électroniques, optiques, tous les matériels embarqués par exemple dans les tanks, les avions ou les drones) ne peuvent être distingués selon leur usage final, civil ou militaire, etc..

[12]  Pour une approche plus précise, voir SERFATI Claude [2014] : « L’industrie française de défense ». La   Documentation française, p.17 et suiv.

[13] CEA, Commissariat à l’Energie Atomique. Son statut est celui d’un EPIC (Etablissement à caractère industriel et commercial). Il était jusqu’à présent contrôlé à 60% par AREVA, concepteur et fabricant de l’EPR (European Pressurized Reactor). EDF doit reprendre certaines activités d’Areva pour remplacer peu à peu le parc nucléaire français actuel par ces EPR de nouvelle génération.

Ce programme nucléaire, très largement déficitaire, a encore accumulé 2 milliards de pertes en 2015 et AREVA doit être recapitalisé par l’Etat, donc par les contribuables. Qui pourrait dans cette affaire déterminer la part du « militaire » dans le déficit ?

[14] Les résultats, pas toujours rapportés aux mêmes bases et avec des méthodes d’évaluation différentes selon les pays, indiquent pour la France, une baisse de moitié du ratio au cours des 50 dernières années puisque passant de 4% au début des années 1960 à 2% en 2010, ratio qui serait même tombé à 1,5% en 2014 avant de se redresser assez nettement ces deux dernières années. Par comparaison, pour les Etats-Unis, au début des années 2010, les dépenses militaires sur le PIB auraient représenté 5,1%.

[15] Les OPEX sont justifiées par la nécessaire disponibilité opérationnelle des forces armées, appelées à intervenir à tout moment hors du territoire. Ainsi, en 2014, où il a été notamment décidé d’intervenir au Mali (opération Serval) et en Centre Afrique (opération Sangaris), les OPEX auraient coûté 1,1 milliard d’euros, trois fois les sommes initialement prévues (450 millions d’euros).

[16] STIGLITZ E. , BILMES L. [2008] : « Une guerre à 3000 milliards de dollars ». Traduction française Fayard.

[17] PERROUX F. [1958] : « La coexistence pacifique », tome 3, Guerre ou partage du pain, PUF,   p.417.

[18] Voir, pour la France, le tableau en Annexe. Notons simplement que les sociétés dites d’armement cotées en Bourse n’ont pas un rendement (dividende/cours) supérieur à la moyenne du marché. En revanche, la volatilité de la plupart d’entre elles est moindre. En particulier, lors des crises boursières de Juin-Août 2015 et encore de janvier 2016, leurs cours ont moins baissé que le marché dans son ensemble.

[19] Concernant la France de l’Occupation, entre 1940 et 1944, les circuits de production et de fournitures d’armes, d’équipement, de vivres avec l’Allemagne ont ainsi permis à certains industriels et intermédiaires de réaliser d’immenses fortunes. Voir HAZERA J.C., ROCHEBRUNE R. : Les Patrons sous l’Occupation » . Odile Jacob, Paris, nouvelle édition.

[20] Parmi eux, Bernard BARUCH, un Démocrate du Sud, financier bien connu à Wall Street et membre du « brain trust » de F.D. Roosevelt, avait été le responsable du « War Industry Board » pendant la 1ère guerre mondiale. Cette expérience de « planification contrôlée » devait, selon BARUCH, être reprise pour la préparation du prochain conflit à venir mais il fallait remettre en cause le « Sherman Act », la loi anti-trust jugée trop « rigide ».

[21] « If we face the choice of profits or peace, the Nation will answer, must answer, we choose peace », F.D. Roosevelt, Adresse de campagne en 1936. Encore en 1940 : “I don’t want to see a single war millionaire created in the United States as a result of this world disaster. I think everybody is entitled to a reasonable profit”. Cité par BRANDES S.J. [1997] : “Warhogs. A History of War Profits in America”. The University Press of Kentucky.

[22]  HIGGS Robert [2006]: “Depression, War and Cold War”, Oxford University Press, chap.9: “Profits of US Defense Contractors”, pp.186-194.

STIGLER G.J., FRIEDLAND C. [1971] : “Profits of Defense Contractors”. American Economic Review 61 (4), pp.694-96.

[23] PIGOU A.C. [1921] : “The Political Economy of War” ,  Mac Millan, Londres. Voir surtout les chapitres 10 et 17.

[24]   BARBER W.J. [1996] : « Designs within Disorder : F.D. Roosevelt, the Economists and the Shaping of American Economic Policy, 1933-1945” .  Cambridge University Press.

[25] BARAN P.- SWEEZY P. [1968] : « Le capitalisme monopoliste : un essai sur la société industrielle américaine »,  Ed. F. Maspéro. Paris.

[26] En Allemagne, c’est dès 1933-34 que débute la militarisation de l’Economie, notamment par la construction des infrastructures pour le transport des équipements militaires. De 700 millions de marks en 1932, les dépenses de l’Etat pour le réarmement passent à 5,4 milliards en 1935, puis 10,2 milliards en 1936 (1,3% du PIB en 1932 et déjà 18% du PIB en 1935). Mais nous sommes déjà dans un contexte d’économie de guerre avec une production d’armes qui augmentera de 75% entre 1932 et 1938 (+ 109% pour les biens d’investissement, seulement +32% pour les biens de consommation). Une réduction spectaculaire du chômage est obtenue grâce un programme de travaux publics et la militarisation de la main d’œuvre (salaires très bas et dures conditions de travail, les syndicats ayant été liquidés dès mars 1935). La mobilisation de plus de deux millions de jeunes (dans l’armée et dans la bureaucratie national-socialiste) alors qu’une loi de 1934 interdisait le travail des femmes contribua aussi à réduire le chômage . Voir OVERY R.J. [1982]: “The Nazi Economic Recovery” . Mac Millan Press, Londres, pp. 3 et 50.

[27]   En termes de “production militaire”, les chiffres sont impressionnants. Aux Etats-Unis, entre mi-1940 et mi-1945, ont été fabriqués : 86.338 tanks, 297.000 avions, 17.400.000 fusils, 315.000 pièces d’artillerie et mortiers, 64.500 bateaux d’abordage, 5400 cargos et bateaux. Voir KOISTINEN P.A.[2004] : « Arsenal of World War II ». The Political Economy of American Warfare, 1940-1945 ». University Press of Kansas. Par comparaison, entre 1939 et 1945, on estime que la production de munitions a été multipliée par 5 en Allemagne, par 10 au Japon, par 25 en Grande-Bretagne, par 50 aux Etats-Unis. Rappelons qu’en Allemagne, la production de guerre a été engagée bien avant 1939. STERNBERG F. [1951]: “Capitalism and Socialism on Trial”, Londres, 1951, p.438.

[28] WADELL parle d’une “military-corporate alliance”. Aux Etats-Unis, la bureaucratie de guerre de la seconde guerre mondiale est calquée sur celle de la première. Un « bureau des ressources de guerre », le War Resources Board qui devient en 1942 le War Production Board est institué. Il est doublé par un « Supply Priorities and Allocations Board », chargé de répartir les fournitures et les approvisionnements, civils et militaires. Seule une petite partie du personnel politico-administratif du New Deal y sera recyclée.

[29] HIGGS   Robert [2006]: “Depression, War and Cold War” . Oxford University Press. p.72

[30]   En 1950, la part des dépenses militaires dans le Produit National aux Etats-Unis a atteint 13 %, on estime qu’il avait, en URSS, dépassé les 20%.

[31] La part prise par les budgets d’armement dans la dépense mondiale est en effet devenue considérable. En 1962, avant même que la guerre du Vietnam ne les fasse encore augmenter (côté américain mais aussi côté russe) une étude des Nations Unies les évalue mondialement à 120 milliards de dollars courants, ce qui représentait entre 8 et 9 % du total de la production mondiale de biens et de services et plus des deux tiers du revenu national de tous les pays sous-développés. C’était aussi l’équivalent de la valeur du total mondial annuel des exportations de marchandises et environ la moitié de la formation brute de capital au niveau mondial. UNITED NATIONS [1962] : « Economic and Social Consequences of Disarmament »,  New York, p.4.

[32]   HARMAN Chris [2009] « Zombie Capitalism. Global Crisis and the Relevance of Marx », Bookmarks Publications, Londres, pp. 180-81.

[33] Voir, dans une perspective marxiste  HALLAS D. [1951) « Problems of Rearmament » consacré à l’Angleterre de l’immédiat après-guerre et CLIFF Tony [1957] : «Perspectives of the Permanent War Economy » pour une approche plus générale. Textes publiés dans « Socialist Review » reproduits dans : marxists.org.archive

[34] En suivant par exemple le modèle proposé, dès avant la guerre, par un économiste hongrois, de l’Académie des Sciences soviétique, Eugen Varga qui avait été très influencé par l’expérience du réarmement « planifié » en Allemagne. VARGA E. [1939] : « Two Systems : Capitalism and Socialism ». Laurence Wishard.

[35] KIDRON M. [1967] : « A Permanent War Economy ». International Socialism, Spring, pp.1-25, www.marxists.org.

[36]   Une des faiblesses de la « théorie » de l’économie permanente d’armement, tout comme celle de Baran et Sweezy d’ailleurs, c’est le manque d’éléments empiriques pouvant venir à l’appui des démonstrations. Pourtant, dans les années 1970, plusieurs études partielles ont tenté de vérifier la validité de la relation entre certains indicateurs de croissance et le niveau de dépense militaire. Une étude de A. Szymanski a comparé, pour 18 pays, les taux croissance, les niveaux d’emploi, les dépenses militaires par rapport au Produit National Brut . Pas de résultats probants dans la mesure où, dans la plupart des cas, les pays à revenus plus élevés ne dépensaient pas nécessairement une plus grande part de leur PNB en armements. SZYMANSKI A. [1973] : « Military Spending and Economic Stagnation ».  American Journal of Sociology, n°1, vol.79.

[37] POZO G. [2010] : « Reassessing the Permanent Arms Economy » , International Socialism, N° 127, Juin. London.

[38] MANDEL Ernest [1997] : « Le troisième âge du capitalisme ». Dernière édition révisée en français . Les Editions de la passion, Paris.

[39] Dans un des rares ouvrages français se proposant d’établir un rapport « conceptuel » entre la guerre et l’économie, Christian SCHMIDT utilise ces périodes de « dissuasion » pour, à l’aide de la théorie des jeux, évaluer les modes de résolution des crises internationales et des choix qui pourraient être faits, pour chaque pays, entre « l’efficacité militaire » et « l’efficacité  économique ». Est-il besoin de dire que cet apport des économistes mathématiciens à la « théorie » de la guerre n’est pas très convaincant ?   SCHMIDT C. [1991] : « Penser la guerre, penser l’économie ». Editions O. Jacob. Paris. Chap. IV et V.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Ven 15 Juil - 12:57


l'ère des attentats ?

10 fois plus d'attentats et de morts en 15 ans


nombre d'attentats terroristes et attentats meurtriers dans le monde depuis 2000

source Wikipédia (chiffres depuis 1800)

nombre d'attentats et de morts, par année depuis 2000

l'augmentation est globalement régulière pour les deux "chiffres". Le nombre de morts est multiplié par 5 à 10 en 15 ans, celui des attentats par 10 à 15

Citation :
2000 : 1814 attaques terroristes. Elles ont causé la mort de 4422 personnes
2001 : 1907 attentats terroristes dans le monde qui ont tué 7738 personnes. Plus du 33 % des victimes mondiales de cette année-là sont décédées à New-York lors des Attentats du 11 septembre 2001.
2002 : 4799 personnes sont décédées dans des attentats terroristes, qui sont au nombre de 1332
2003 : 1262 attentats qui ont causé la mort de 3271 personnes. C'est l'année du 21ème siècle faisant le moins de victime
2004 : l'année où il y a le moins d'attaques terroristes au 21ème siècle. Elles sont au nombre de 1161. Cependant, le nombre de victimes augmentent en comparaison à l'année précédente. Elles passent de 3271 à 5713.
2005 : 2014 attaques terroristes ont eu lieu en en 2005 dont 25 attentats-suicides en Afghanistan et dans les zones tribales du Pakistan. 6311 personnes sont décédées lors des 2014 attaques terroristes
2006 : 2751 attaques terroristes ont eu lieu à travers le monde dont 136 attentats-suicides ont eu lien en Afghanistan et dans les zones tribales du Pakistan. Ceci a causé la mort de 9362 personnes
2007 : Cette année-là, la barrière des 10 000 victimes d'attentats est franchie pour atteindre les 12 586 victimes pour 3241 attentats
2008 : le nombre d'attentats augmente toujours pour atteindre les 4788. Le nombre de victimes de ces attentats, quant à lui, a légèrement baissé. Les victimes sont au nombre de 9093
2009 : Le nombre de victimes et d'attentats se stabilise. Il y a eu 9271 personnes tuées pour 4722 attentats
2010 : Le nombre de victimes d'attentats est toujours en baisse. Il y a eu 7697 victimes pour 4819 attentats
2011 : Le nombre d'attentats franchi pour la première fois la barre des 5000 attentats en une seule année (5065 attentats). Il y a eu 8176 victimes
2012 : 2012 est l'année de l'explosion du nombre d'attentats et de victimes. Ceci est dû en grande partie à la guerre faisant rage en Syrie et en Irak. Il y eu en tout, cette année-là, 15 457 victimes pour 8491 attentats perpétrés
2013 : les nombres sont de plus en plus grands. 22 211 personnes ont perdu la vie dans les 11 999 attentats de cette année-là
2014 : la Guerre civile syrienne et la Seconde guerre civile irakienne continuent. La Guerre civile yéménite, la Deuxième guerre civile libyenne et la Guerre du Donbass voient le jour cette même année. Cela explique, sans doute, le nombre énorme d'attentats et de victimes. En effet, en 2014, il y a eu 43 512 victimes (presque le double que l'année précédente) pour 16 818 attaques terroristes. Il y a eu plus de victimes en 2014 que durant les 7 premières années des années 2000
2015 : Malgré les différents attentats de l'État islamique dans différents pays occidentaux, 2015 voit marquer la première baisse de nombre d'attentats et de victimes depuis 2010. La coalition en Syrie et en Irak arrive à réduire les forces de groupe islamiste. En 2015, il y a eu 11 772 attaques terroristes qui ont provoqué 28 328 décès.






74 à ce jour, dont 10 en Irak, 6 en Syrie...

Janvier

1er janvier 2016 Afghanistan : Un restaurant français à Kaboul est la cible d'un attentat perpétré par les talibans qui a fait trois morts dont un enfant et au moins 15 blessés.
1er janvier 2016 Israël : Une fusillade dans un bar à Tel-Aviv fait 2 morts et au moins 10 blessés.
2 janvier 2016 Inde : Une base militaire est attaquée près de la frontière avec le Pakistan, les quatre assaillants ayant tué au moins 7 personnes.
5 janvier 2016 Nigeria : Une attaque de Boko Haram dans le nord-est du pays fait au moins 7 morts.
7 janvier 2016 Libye : Une explosion près d'un centre de formation de la police a Zliten fait 65 morts.
11 janvier 2016 Irak : Prise d'otages, voiture piégée et fusillade dans un centre commercial à Bagdad faisant 12 morts et 14 blessés. L'attentat est revendiqué par Daech. Le même jour, à Mouqdadiyah, 20 personnes sont tuées par un double attentat dans un café.
12 janvier 2016 Turquie : Un attentat-suicide dans le centre touristique d'Istanbul fait 11 morts (tous Allemands) et au moins 15 blessés.
13 janvier 2016 Turquie : un attentat à la voiture piégée devant un commissariat à Çınar fait 5 morts et 39 blessés.
14 janvier 2016 Indonésie : un attentat à Jakarta fait au moins 6 morts.
15 janvier 2016 Burkina Faso : Un attentat à Ouagadougou dans l'hôtel Le Splendid et le restaurant Le Capuccino fait au moins 30 morts de 18 nationalités différentes. L'attentat a été revendiqué par AQMI.
17 janvier 2016 Afghanistan : À Jalalabad, un attentat-suicide perpétré par l'État islamique tue 14 personnes. Le consulat pakistanais était visé.
19 janvier 2016 Pakistan : Un kamikaze se fait exploser près de Peshawar et fait au moins 11 morts624.
20 janvier 2016 Pakistan : Une attaque des Talibans dans l'université de Bachar Khan à Charsadda fait au moins 21 morts.
20 janvier 2016 Afghanistan : Un kamikaze se fait exploser près de l'ambassade de Russie, faisant au moins 7 morts.
21 janvier 2016 Somalie : attentat à la voiture piégée et des fusillades dans un restaurant à Mogadiscio fait au moins 19 morts. L'attaque est revendiquée par les islamistes shebabs
22 janvier 2016 Égypte : L'État islamique revendique un attentat à la bombe au Caire qui fait 9 morts, dont 6 policiers.
25 janvier 2016 Cameroun : trois attaques sur le marché de Bodo par les islamistes de Boko Haram font 29 morts et au moins 30 blessés.
26 janvier 2016 Syrie : Double-attentat revendiqué par l'EI à Homs. Au moins 24 personnes sont tuées.
27 janvier 2016 Nigeria : Trois kamikazes se font exploser, tuant au moins personnes, dans la ville de Chibok, dans le nord-est du Nigeria.
27 janvier 2016 Égypte : L'État islamique revendique un attentat à la bombe qui a tué 4 militaires dans le Sinaï.
29 janvier 2016 Arabie saoudite : Un kamikaze de L'EI se fait exploser dans une mosquée chiite à l'est de l'Arabie saoudite, faisant 2 morts et 7 blessés.
29 janvier 2016 Nigeria : Un attentat-suicide commis par un adolescent dans un marché à Gombi fait au moins 10 morts.
31 janvier 2016 Syrie : Au moins 45 personnes sont tuées et près de 110 blessés dans une triple explosion à la bombe près du sanctuaire chiite de Sayeda Zeinab, au sud de Damas. Daech revendique l'attentat.
31 janvier 2016 Tchad : Dans la région des Grands Lacs, deux attentats-suicides commis par Boko Haram tuent 3 personnes et en blessent plus de 50 autres.
31 janvier 2016 Nigeria : Une attaque de Boko Haram fait au moins 85 morts dans un village proche de Maiduguri.

Février


6 février 2016 Pakistan : Neuf personnes au moins sont tuées et 35 blessées par un kamikaze à Quetta, dans l'ouest du Pakistan.
9 février 2016 Nigeria : Un double attentat suicide fait au moins 58 morts dans le camp de Dikwa.
17 février 2016 Turquie : Une voiture piégée explose à Ankara, visant des militaires, et faisant au moins 28 morts et 45 blessés.
17 et 18 février 2016 Soudan du Sud : Des hommes armés ouvrent le feu sur des réfugiés dans la base de l'ONU à Malakal. Il y a eu au moins 18 morts et 40 blessés.
19 février 2016 Cameroun : Un double attentat suicide fait 24 morts et 112 blessés à Meme.
21 février 2016 Syrie : Une série d'attentats revendiqués par l'EI à Homs et Damas font près de 180 morts.

Mars

4 mars 2016 Yémen : Fusillade dans un hospice catholique, faisant au moins 16 morts.
13 mars 2016 Côte d'Ivoire : Une attaque dans des hôtels et une plage, sur un site balnéaire fréquenté par les Occidentaux, près d'Abidjan, fait au moins 19 morts - les témoins parlant de victimes éventuellement emportées par le flots.
13 mars 2016 Turquie : Un véhicule piégé explose sur la place Kizilay à Ankara, à 18h45 heure locale, et fait 37 morts635. L'attentat est revendiqué le 17 mars par Les Faucons de la liberté du Kurdistan.
17 mars 2016 Nigeria : Deux kamikazes se font exploser à Maiduguri dans une mosquée pendant la prière du matin faisant 25 morts et au moins 30 blessés.
19 mars 2016 Turquie : attentat-suicide à Istanbul dans une rue commerçante, faisant au moins 4 morts et 20 blessés
21 mars 2016 Mali : Attaque revendiquée par le groupe Al-Mourabitoune contre le quartier général à la mission de formation militaire de l'Union européenne à Bamako, un assaillant tué et deux personnes interpellées.
22 mars 2016 Belgique. Deux explosions à l'aéroport international de Bruxelles et une explosion dans la station de métro Maalbeek, entraînant 35 morts et plus de 300 blessés.
26 mars 2016 Irak : Un kamikaze se fait exploser dans un stade de foot situé à Al-Asriya et tue 32 personnes, dont 17 mineurs et a blessé 84 personnes dont 12 sont dans un état grave. Daesch revendique cet attentat en déclarant que le kamikaze était un adolescent.
27 mars 2016 Pakistan : Un kamikaze se fait exploser à l'entrée d'un parc municipal à Lahore, capitale de la province de Pendjab à l'Est du pays et ville natale du Premier ministre pakistanais. L'attentat fait 73 morts et plus de 300 blessés. Il est revendiqué par une faction islamiste lié aux Talibans en raison des fêtes de Pâques, cet attentat ayant ciblé les chrétiens.
29 mars 2016 Irak : un attentat suicide à Bagdad fait 3 morts et une dizaine de blessés.

Avril

4 avril 2016 Irak : Quatre attentats suicides revendiqués par Daesh à Bassora en Irak. Ces attentats font une trentaine de morts et plus 70 blessés637.
4 avril 2016 République du Congo : 17 congolais sont décédés à Brazzaville lors d'une fusillade survenue tout le long de la nuit dans la capitale638.

Mai


1er mai 2016 Turquie : Deux policiers sont tués et 22 personnes blessées dans l’explosion d’une bombe devant le quartier général de la police turque à Gaziantep, une ville proche de la frontière avec la Syrie.
1er mai 2016 Irak : Au moins 33 personnes sont tuées et une cinquantaine blessées dans un double attentat à la voiture piégée à Samawa, en Irak640.
9 mai 2016 Irak : Un attentat à la voiture piégée fait 12 morts et 40 blessés à Bakouba.
9 mai 2016 Somalie : Au moins cinq personnes, dont trois policiers, tuées dans un attentat à la voiture piégée à Mogadiscio.
10 mai 2016 Turquie : L’explosion d’une voiture piégée fait au moins trois morts à Diyarbakir, ville du sud-est de la Turquie à majorité kurde.
10 mai 2016 Afghanistan : 11 morts et 23 blessés dans un attentat à la voiture piégée dans la province de Nangarhâr, dans l'est du pays.
11 mai 2016 Irak : Au moins 94 personnes sont tuées dans trois attentats à la voiture piégée à Bagdad, dont l'un a visé un marché bondé, lors de la journée la plus meurtrière dans la capitale irakienne cette année.
11 mai 2016 Yémen : Au moins 8 personnes sont tuées et 18 blessées dans un attentat-suicide revendiqué par Al-Qaïda visant un convoi militaire et plus particulièrement le général Abdul-Rahman al-Halili645 près de la ville d’Al-Qatan (en) dans l’est du Yémen.
13 mai 2016 Irak : 16 supporters du Real Madrid perdent la vie dans une attaque terroriste dans un café irakien.
23 mai 2016 Syrie : Le régime syrien est frappé en plein cœur par une série d'attentats qui font 148 morts dans ses fiefs de la région côtière et sont revendiqués par le groupe jihadiste État islamique (EI).
23 mai 2016 Yémen : Deux attentats suicides à la ceinture d'explosif à Aden font un total de 45 morts.

Juin


8 juin 2016 Israël : un attentat à l'arme à feu perpétré par 2 terroristes palestiniens contre des civils attablés à un café du centre de Tel Aviv fait 4 morts et 7 blessés.
11 juin 2016 Syrie : L'état islamique mène une double attaque à l'explosif contre un lieu saint chiite d'une banlieue de Damas, tuant une vingtaine de personnes.
12 juin 2016 États-Unis : Un attentat à l'arme à feu est perpétré par l'État islamique dans une boîte de nuit gay à Orlando en Floride. Un bilan provisoire de cet acte terroriste homophobe annonce 49 morts et 53 blessés.
13 juin 2016 France : Un commandant de police et sa compagne sont tués à l'arme blanche à Magnanville, dans les Yvelines. Le RAID et la BRI interviennent pour abattre le terroriste présumé, tandis que le fils du couple est retrouvé vivant dans la maison. Le soir, le parquet antiterroriste de Paris se saisit de l'enquête et dans la nuit, Daech revendique l'action par la voie de son agence.
17 juin 2016 Nigeria : Une attaque du village de Kuda, dans l'Adamawa, par des combattants de Boko Haram, fait 18 mortes.
27 juin 2016 Yémen : Trois attentats à la bombe ont provoqué la mort d'au moins 35 personnes à Moukalla, dans le sud du Yémen.
27 juin 2016 Liban : 8 d'attentats-suicides font 5 morts et 28 blessés à Al-Qaa, un village chrétien situé a quelques kilomètres de la frontière syrienne.
28 juin 2016 Turquie : Attentat-suicide : Trois kamikazes se sont fait exploser à l'aéroport Atatürk d'Istanbul provoquant la mort de 44 personnes et au moins 238 blessés. L'attentat n'a pas été revendiqué, mais des indices permettent à la Turquie de pointer le groupe État Islamique.

Juillet


1er juillet 2016 Bangladesh : 22 morts et 6 terroristes tués après l'attaque d'un restaurant à Dacca . Le groupe État Islamique a rapidement revendiqué l'attaque.
3 juillet 2016 Irak : Au moins 300 personnes ont été tuées dans l'attentat suicide à la voiture piégée revendiqué dimanche par le groupe jihadiste État islamique (EI) à Bagdad ainsi qu'environ 200 blessés660.
4 juillet 2016 Arabie saoudite : Trois attentats font au moins quatre morts à Médine , Quatif et Djeddah.
5 juillet 2016 Syrie : Un attentat-suicide fait 16 morts et 40 blessés dans le quartier kurde de Hassaké.
6 juillet 2016 Libye : Onze soldats libyens sont tués dans un attentat à la voiture piégée à Benghazi.
6 juillet 2016 Yémen : Double attentat à la voiture piégée près d’une base militaire d’Aden (sud), tuant au moins 7 militaires.
7 juillet 2016 États-Unis : 5 policiers sont tués et 6 autres sont blessés par des tirs de snipers dans le centre-ville de Dallas.
8 juillet 2016 Irak : Des membres du groupe État islamique (EI) ont attaqué un mausolée chiite au nord de Bagdad, faisant 40 morts.
8 juillet 2016 Nigeria : 6 morts dans un attentat suicide contre une mosquée de Damboa, dans le nord-est du Nigeria.
10 juillet 2016 Turquie : Deux attaques meurtrières, ont tué six soldats et un garde, dans le sud du pays.
12 juillet 2016 Irak : Un attentat à la voiture piégée tue 11 personnes et en blesse 32 autres à Rashidiya, un quartier chiite au nord de Bagdad.
13 juillet 2016  Irak : Un attentat à la voiture piégée fait au moins 7 morts et 11 blessés à Rashidiya, près de Bagdad. Cette attentat est le deuxième à toucher ce quartier chiite en l'espace de deux jours.

14 juillet 2016 France : Un camion fonce dans la foule à Nice lors du feu d'artifice annuel de la fête nationale française, faisant au moins 84 morts.

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Ven 15 Juil - 18:11





Nafeez Ahmed's picture

Des recherches prouvent que la « guerre contre le terrorisme » menée par les Etats-Unis a tué pas moins de 2 millions de personnes ; mais ce chiffre n'est qu'une fraction de l'ensemble des morts dont l'Occident s'est rendu responsable en Irak et en Afghanistan depuis 1990

Citation :
Le mois dernier, Physicians for Social Responsibility (PRS), organisation basée à Washington DC, a publié une étude historique qui conclut que le nombre de morts occasionnées au cours des dix ans de la « guerre contre le terrorisme », lancée suite aux attentats du 11 septembre, s'élève à au moins 1,3 million de personnes et pourrait atteindre 2 millions de personnes.

Produit par un groupe de médecins lauréat du prix Nobel de la paix, ce rapport de quatre-vingt-dix-sept pages est le premier à comptabiliser le nombre total de victimes civiles des interventions antiterroristes des Etats-Unis en Irak, en Afghanistan et au Pakistan.

Le rapport de PSR a été rédigé par une équipe interdisciplinaire d'éminents spécialistes de la santé publique, dont le Dr Robert Gould, directeur de la sensibilisation et de l'éducation des professionnels de la santé au centre médical de l'université de Californie, à San Francisco, ainsi que le Pr Tim Takaro, de la faculté des sciences de la santé de l'université Simon Fraser.

Ce rapport a été presque complètement ignoré par les médias anglophones, bien qu'il s'agisse de la première tentative effectuée par un organisme de santé publique d'importance mondiale de produire un calcul scientifiquement solide du nombre de victimes de la « guerre contre le terrorisme » dirigée par les Etats-Unis et la grande Bretagne.

Attention aux écarts

Le rapport de PSR est décrit par le Dr Hans von Sponeck, ancien secrétaire général adjoint de l'ONU, comme « une contribution significative visant à réduire l'écart entre les estimations fiables du nombre de victimes de la guerre, en particulier parmi les civils en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, et les chiffres tendancieux, manipulés voire frauduleux ».

Le rapport procède à un examen critique des précédentes estimations du nombre de victimes de la « guerre contre le terrorisme ». Ainsi, le document critique fortement le chiffre le plus fréquemment cité par les médias traditionnels comme faisant autorité, à savoir 110 000 morts, selon les estimations de l'Iraq Body Count (IBC). Ce chiffre est tiré d'un assemblage de reportages des médias sur les massacres de civils ; cependant, le rapport produit par PSR identifie de graves lacunes et des problèmes d'ordre méthodologique liés cette approche.

Par exemple, alors que 40 000 corps avaient été enterrés à Najaf depuis le lancement de la guerre, IBC a enregistré seulement 1 354 victimes à Najaf pour la même période. Cet exemple montre l'ampleur de l'écart entre l'estimation publiée par IBC pour Najaf et le nombre de morts réel, dont le coefficient est de plus de 30 dans ce cas.

La base de données d'IBC est truffée de ce genre de lacunes. Dans un autre exemple, IBC a enregistré seulement trois frappes aériennes au cours d'une période donnée en 2005, alors que le nombre d'attaques aériennes était en fait passé de 25 à 120 pendant cette année. Encore une fois, l'écart atteint un coefficient de 40.

Selon l'étude publiée par PSR, l'étude très controversée de la revue The Lancet, qui a estimé à 655 000 le nombre de victimes en Irak jusqu'en 2006 (et plus d'un million jusqu'à aujourd'hui, par extrapolation), était susceptible d'être beaucoup plus précise que les chiffres avancés par IBC. En effet, le rapport confirme un quasi-consensus parmi les épidémiologistes quant à la fiabilité de l'étude du Lancet.

Malgré certaines critiques légitimes, la méthodologie statistique appliquée dans l’étude est la norme universellement reconnue pour déterminer un nombre de victimes dans des zones de conflit, utilisée par les agences et les gouvernements internationaux.

Un déni politisé

PSR a également examiné la méthodologie et la conception d'autres études présentant un nombre de morts inférieur, tel qu'un article du New England Journal of Medicine, sérieusement imprécis sur tout un ensemble de points.

Cet article a fait l'impasse sur les zones les plus touchées par la violence, à savoir Bagdad, Anbar et Ninive, et s'est appuyé sur les données erronées d'IBC pour extrapoler sur ces régions. Il a également imposé des « restrictions à caractère politique » sur la collecte et l'analyse de données – les interviews ayant été menées par le ministère irakien de la Santé, qui était « totalement dépendant de la puissance occupante » et avait refusé de publier des données sur le nombre de victimes irakiennes enregistré, sous la pression américaine.

En particulier, PSR a évalué les affirmations de Michael Spaget, John Sloboda ainsi que d'autres professionnels qui ont remis en question les méthodes de collecte de données de l'étude du Lancet, les accusant d’être potentiellement frauduleuses. PSR a montré que ces allégations étaient fallacieuses.

Les quelques « critiques justifiées », conclut PSR, « ne permettent pas de remettre en cause dans leur ensemble les résultats des études menées par le Lancet. Ces chiffres représentent toujours les meilleures estimations actuellement disponibles. » Les résultats de l'étude du Lancet sont également corroborés par les données d'une nouvelle étude publiée dans la revue PLOS Medicine, qui est arrivée au chiffre de 500 000 victimes irakiennes causées par la guerre. Dans l'ensemble, PSR conclut que le nombre le plus probable de victimes civiles en Irak de 2003 jusqu'à ce jour s'élève à environ un million.

L'étude de PSR ajoute à ce chiffre au moins 220 000 victimes en Afghanistan et 80 000 au Pakistan, tuées directement ou indirectement à cause de la guerre menée par les Etats-Unis, pour un total « prudent » d'1,3 million de victimes. Le chiffre réel pourrait facilement atteindre « plus de 2 millions ».

Pourtant, même l'étude menée par PSR comporte des limites. Premièrement, la « guerre contre le terrorisme » post-11 septembre n'était pas une nouveauté, mais simplement une extension des politiques interventionnistes antérieures menées en Irak et en Afghanistan.

Deuxièmement, le sérieux manque de données concernant l'Afghanistan a probablement conduit PSR à sous-estimer le nombre de morts en Afghanistan dans son étude.

En Irak

La guerre en Irak n'a pas commencé en 2003, mais en 1991 avec la première guerre du Golfe, qui a été suivie par le régime de sanctions des Nations unies.

Une première étude du PSR, dirigée par Beth Daponte, alors démographe au Bureau du recensement du gouvernement américain, est arrivée au constat que le nombre de morts causées en Irak par l'impact direct et indirect de la première guerre du Golfe s'élève à environ 200 000 Irakiens, principalement des civils. Son étude gouvernementale interne a été supprimée.

Après le retrait des forces dirigées par les Etats-Unis, la guerre en Irak s'est prolongée sous une forme économique, à travers le régime de sanctions des Nations unies imposé par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, sous le prétexte de refuser de fournir à Saddam Hussein les matériaux nécessaires pour fabriquer des armes de destruction massive. Selon cette logique, les articles interdits à l'Irak comprenaient un grand nombre d'articles du quotidien indispensables.

Selon les chiffres incontestés de l'ONU, 1,7 million de civils irakiens, dont la moitié était des enfants, sont morts à cause du régime de sanctions brutal imposé par l'Occident.

Ces morts de masse semblaient délibérées. Parmi les articles interdits par les sanctions de l'ONU figuraient des produits chimiques et des équipements essentiels pour le système de traitement des eaux irakien. Un document secret de la Defence Intelligence Agency (DIA) américaine, découvert par le professeur Thomas Nagy de la School of Business de l'université George Washington, a constitué selon ce dernier « une première ébauche d'un génocide commis contre les Irakiens ».

Dans son article pour l'Association of Genocide Scholars de l'université du Manitoba, le Pr Nagi a expliqué que le document de la DIA révélait « dans les moindres détails une méthode pleinement fonctionnelle visant à "dégrader complètement le système de traitement de l'eau" de toute une nation » sur dix ans. La politique de sanctions créerait « les conditions propices à une large propagation de maladies, y compris d'épidémies à très grande échelle », permettant ainsi de « liquider une partie importante de la population irakienne ».

Cela signifie qu'en Irak uniquement, la guerre menée par les Etats-Unis entre 1991 et 2003 a tué 1,9 million d'Irakiens, auxquels s'ajoutent environ un million de victimes entre 2003 et aujourd'hui, pour un total de presque 3 millions de victimes irakiennes en l'espace de deux décennies.

En Afghanistan

L’estimation par PSR du nombre total de victimes en Afghanistan pourrait également être très prudente. Six mois après la campagne de bombardement de 2001, Jonathan Steele du journal The Guardian a révélé que dans l’ensemble des zones, 1 300 à 8 000 Afghans ont été tués directement, tandis que 50 000 autres morts évitables ont été causées indirectement par la guerre.

Dans son livre Body Count: Global Avoidable Mortality Since 1950 (2007), le Pr Gideon Polya a appliqué la même méthodologie que celle utilisée par The Guardian aux données de mortalité annuelle de la Division de la population des Nations unies afin de calculer des estimations plausibles de la surmortalité. Biochimiste retraité ayant officié à l'université de La Trobe, à Melbourne, Polya conclut que le total des victimes afghanes évitables de la guerre en cours depuis 2001 et des privations imposées par l'occupation s'élève à environ 3 millions de personnes, dont environ 900 000 enfants de moins de cinq ans.

Bien que les conclusions du Pr Polya n’aient pas été publiées dans une revue universitaire, son étude réalisée dans l'ouvrage Body Count a été recommandée par le Pr Jacqueline Carrigan, sociologue à l'université d'Etat de Californie. Dans un compte rendu publié dans Socialism and Democracy, revue diffusée par la maison d'édition Routledge, le Pr Carrigan décrit le travail du Pr Polya comme étant « une description riche en données de la situation globale de la mortalité ».

Comme en Irak, l'intervention américaine en Afghanistan a commencé bien avant le 11 septembre, sous la forme d'un soutien militaire, logistique et financier apporté secrètement aux talibans à partir de 1992 environ. Cette aide américaine a servi d'élan à la conquête violente par les talibans de près de 90 % du territoire afghan.

Dans un rapport publié en 2001 par l'Académie nationale des sciences américaine, « Forced Migration and Mortality », Steven Hansch, épidémiologiste éminent et directeur de Relief International, a noté que la surmortalité en Afghanistan due aux impacts indirects de la guerre à travers les années 1990 pourrait au total se situer entre 200 000 et 2 millions de victimes. Bien entendu, l'Union soviétique a également sa part de responsabilité après avoir contribué à dévaster les infrastructures civiles, ouvrant ainsi la voie à toutes ces morts.

En tout, cela indique que le nombre de morts total en Afghanistan liées aux impacts directs et indirects de l'intervention menée par les Etats-Unis du début des années 1990 jusqu'à aujourd'hui pourrait atteindre 3 à 5 millions de victimes.

Le déni des chiffres

Selon les chiffres explorés ici, le nombre total de victimes des interventions occidentales en Irak et en Afghanistan depuis les années 1990 (directement par des massacres et suite à l'impact à long terme des privations imposées par la guerre) s'élève probablement aux environs de 4 millions (2 millions en Irak de 1991 à 2003, puis 2 millions lors de la « guerre contre le terrorisme ») et pourrait atteindre 6 à 8 millions en prenant en compte les estimations plus élevées du nombre de morts évitables en Afghanistan.

Ces chiffres pourraient être trop élevés, mais on ne le saura jamais avec certitude. Les forces armées américaines et britanniques, dans le cadre de leur politique, refusent de garder une trace du nombre de victimes civiles des opérations militaires, qui constituent un inconvénient superflu.

En raison du sérieux manque de données en Irak, de la quasi-absence complète d'archives en Afghanistan et de l'indifférence des gouvernements occidentaux vis-à-vis des victimes civiles, il est littéralement impossible de déterminer la véritable ampleur des pertes de vies humaines.

En l'absence même de toute possibilité de corroborer les calculs, ces chiffres fournissent des estimations plausibles basées sur l'application des normes de méthodologie statistique aux meilleures données disponibles, même si celles-ci sont rares. Ces chiffres donnent une indication, voire une description précise, de l'ampleur du cataclysme.

Une grande partie de ces morts ont été justifiées dans le contexte de la lutte contre la tyrannie et le terrorisme. Pourtant, grâce au silence des grands médias, la plupart des gens n'ont aucune idée de l'ampleur réelle de la longue vague de terreur provoquée en leur nom par la tyrannie américaine et britannique en Irak et en Afghanistan.


- Nafeez Ahmed est journaliste d’investigation et auteur à succès. Titulaire d’un doctorat, il s’est spécialisé dans les questions de sécurité internationale, examinant ce qu’il appelle les « crises de civilisation ». Il a obtenu une récompense de la part de l’organisation Project Censored dans la catégorie « Outstanding Investigative Journalism » (« journalisme d’investigation d’exception ») pour un reportage d’investigation, publié par le journal The Guardian, sur l’intersection des crises globales de nature écologique, énergétique et économique et des conflits et géopolitiques régionales. Il a également écrit pour The Independent, Sydney Morning Herald, The Age, The Scotsman, Foreign Policy, The Atlantic, Quartz, Prospect, New Statesman, Le Monde diplomatique et New Internationalist. Son travail sur les causes profondes et les opérations secrètes liées au terrorisme international a officiellement contribué à l’établissement de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les Etats-Unis du 11 septembre 2001 et à l’enquête du Coroner sur les attentats du 7 juillet 2005 à Londres.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Légende photo : un garçon irakien regarde les photos des victimes d'un raid aérien américain qui a tué 450 hommes, femmes et enfants réfugiés dans l'abri d'al-Ameriyah en 1991, Bagdad (Irak), le 17 juillet 2003 (AFP).

Traduction de l’anglais (original).


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Dim 17 Juil - 15:01


victimes civiles sous les bombes américaines et françaises

Selon une ONG* les bombardements des avions de la coalition dans ces deux pays auraient en 6 mois (de décembre 2015 à mai 2016) causé la mort de 1100 à 1560 civils


Civilian victim of a Coalition strike on January 11 2016, which targeted millions of dollars in a Daesh-controlled bank (via NRN News)

Si le gros des bombardements a été l’œuvre des Américains (par exemple en Irak 5850 bombardement), les alliés de la coalition ne sont pas restés inactifs : 761 bombardements par les Britanniques et 670 par les Français en Irak.

* texte complet : International airstrikes and civilian casualties in Iraq and Syria: December 2015 to May 2016 Alex Hopkins on June 17, 2016





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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Dim 17 Juil - 15:13


quand on parle du loup...


nous voilà rassurés, le Brexit n'empêche pas la coopération franco-britannique

La France et le Royaume-Uni vont renforcer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme

Vivienne French.china.org.cn 17-07-2016

Citation :
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et son nouvel homologue britannique Boris Johnson, qui ont eu samedi une conversation téléphonique, ont convenu de renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme, a fait savoir le Quai d'Orsay.

Boris Johnson s'est dit bouleversé par l'attentat de Nice et a exprimé la solidarité de son pays avec la France.

La conversation entre les deux chefs de la diplomatie intervient deux jours après l'attentat terroriste de Nice, qui a causé au moins 84 morts et 202 blessés.

Les deux ministres ont également souligné leur attachement au partenariat étroit entre la France et le Royaume-Uni.

A propos de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Unoin européenne (UE), M. Ayrault a déclaré que les négociations devraient avoir lieu dans les meilleures conditions et dans la clarté.

"Les deux ministres se retrouveront, le 18 juillet à Bruxelles, où ils participeront au Conseil des Affaires étrangères", a ajouté le porte-parole du Quai d'Orsay. Fin

Source: Agence de presse Xinhua


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mar 19 Juil - 22:11


"C'est vraisemblablement une erreur"

Syrie: près de 60 civils tués dans des frappes de la coalition internationale
 
BFMTV 19/07/2016



Un Rafale français décolle d'une base située dans le Golfe, le 8 septembre 2015. - Ecpad - AFP
 
Citation :
Près de 60 civils dont des enfants ont été tués mardi 19 juillet dans un village près d'Alep en Syrie, par des frappes de la coalition antijihadiste menée par Washington selon une ONG syrienne.

Au moins 56 civils dont 11 enfants ont péri et des dizaines d'autres ont été blessés dans des raids de la coalition internationale, mardi 19 juillet près d'un village tenu par le groupe Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie, selon une ONG syrienne.

Les avions de la coalition menée par Washington visent les jihadistes dans et autour de ce village situé à 14 km au nord de la ville de Minbej, un fief assiégé de l'EI par les forces kurdes syriennes antijihadistes. Pour le directeur de  l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane:

"C'est vraisemblablement une erreur"

Lundi 18 juillet, au moins 21 civils avaient déjà péri dans des raids aériens de la coalition sur Minbej et al-Toukhar, selon l'OSDH.



COMME SYRIEN ÉTAIT

Le Figaro 10/12.2011

Civils
Dont 7 enfants tués
Par forces
Manifestations contre

12 civils dont enfants
12 ans péri contestation contre
Dont enfants tués
Femme fillette tuées

Contestation civils
Dont adolescent tués
Péri par balles

Personnes tuées
Par forces
Révolte populaire contre

10 décembre 2011, sonnet 163

*

AFGHAN SONNET

Agence France-Presse in 07/12/2011

Civilians women and children were killed
Exploi of home-made bomb
Arose drama balance
12 killed civilians 7 women

Killed seven women of same family
Left Lashkar capital sanguin of exploi
Most violent murderous conflict
Home-made bombs favor insurgents

Face government allies of NATO
Hunted by power individual
Aim in theory of coalition

Are first cause of death
Conflict at civilians
By far victims

9 décembre 2011, sonnet 162


LIVREDEL X4 CRISE EN VERS

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mer 20 Juil - 13:56


En Syrie, la pire bavure de la coalition anti-EI

LE MONDE | 20.07.2016 à 11h24 |
Par Allan Kaval et Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)

Depuis maintenant deux ans, le régime de Damas et les rebelles s'affrontent dans ce qui est devenu une guerre civile au bilan humain terrible. Deux ans de guerre sanglante en Syrie



Sur le porte-avions américain « Eisenhower », engagé en mer Méditerranée contre l’EI, le 6 juillet.

Citation :
C’est la plus grosse bavure jamais commise par la coalition internationale contre l’organisation Etat islamique (EI) depuis son entrée en action dans le ciel de la Syrie, en septembre 2014. Plusieurs dizaines de villageois des environs de Manbij, une ville de 50 000 habitants tenue par l’organisation djihadiste, à 100 km au nord-est d’Alep, ont péri dans des bombardements aériens dans la nuit du 18 au 19 juillet. La coalition conduite par les Etats-Unis, qui comprend dix autres membres dont la France et le Royaume-Uni, mène depuis la fin mai une vaste offensive en partenariat avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), à majorité kurde, pour déloger l’EI de ce carrefour stratégique.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui s’appuie sur un réseau d’informateurs et de médecins sur le terrain, les bombardements ont fait 56 morts civils, dont 11 enfants, dans le village de Toukhar, une dizaine de kilomètres au nord de Manbij. Des photos de corps démembrés, couverts de poussière, en train d’être déposés dans une fosse commune, ont circulé sur les réseaux sociaux. L’organisme de communication des djihadistes de l’EI, Aamaq, évoque pour sa part 160 morts. Selon Hassan Al-Nifi, membre du conseil révolutionnaire de cette localité, qui vit en exil dans la ville turque de Gaziantep mais dispose de contacts sur place, le bilan pourrait être encore plus élevé.

« Quand les membres de la défense civile sont intervenus mardi matin, ils ont récupéré 85 cadavres dans les décombres, principalement des femmes et des enfants, explique le responsable municipal, joint par téléphone. Mais lorsqu’ils ont pu faire venir leur matériel de déblaiement, beaucoup d’autres corps sont apparus. Nous sommes à plus de 200 morts et le décompte n’est pas terminé. » Lundi matin déjà, au moins 21 civils avaient trouvé la mort dans d’autres raids aériens sur des faubourgs de Manbij.

La coalition a reconnu avoir procédé à 18 frappes dans cette zone le 18 juillet, visant toutes, selon elle, des positions et des véhicules de l’EI. « Nous allons examiner toutes les informations dont nous disposons sur l’incident », ont indiqué les militaires, qui ne se prononcent pas pour l’instant sur d’éventuelles erreurs de tir. « Nous prenons toutes les dispositions pendant nos missions pour éviter ou minimiser les pertes civiles (…) et nous conformer aux principes du droit de la guerre », poursuit le communiqué, envoyé en réponse à un e-mail de l’AFP.

Le carnage de Toukhar a déclenché un tollé au sein de l’opposition syrienne. L’indignation est avivée par la méfiance traditionnelle de ses membres vis-à-vis des combattants du Parti de l’union démocratique (PYD), la composante kurde des FDS, qu’ils accusent de menées séparatistes. Dans un courrier envoyé à Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, Riyad Hijab, le président du Haut conseil pour les négociations (HCN), le bras diplomatique des anti-Assad, fustige le « silence international » qui entoure ces « centaines de morts ».

le Pentagone reconnaît 41 civils tués depuis septembre 2014

Le Conseil national syrien (CNS), l’une des principales composantes de l’opposition, représentée au sein du HCN, dénonce pour sa part un « massacre d’innocents », tout en déplorant que les précédentes attaques contre des civils n’aient pas fait l’objet d’enquêtes approfondies.

« Il doit y avoir une enquête rapide, indépendante et transparente pour déterminer ce qui s’est passé, qui est responsable et comment éviter des pertes civiles supplémentaires », renchérit Magdalena Mughrabi, du département Moyen-Orient d’Amnesty International. L’ONG de défense des droits de l’homme soutient que le Pentagone a écarté des « dizaines » d’accusations de morts civils, pourtant « crédibles » selon elle, et affirme que le nombre de personnes mortes sous les bombes de la coalition, en Syrie et en Irak, se chiffre désormais en « centaines ».

Le collectif Airwars, spécialisé dans le recensement des victimes collatérales de l’offensive anti-EI menée par Washington depuis vingt-deux mois, dispose d’une évaluation encore plus précise. Après avoir croisé et vérifié de multiples sources, des communiqués militaires aux décomptes des ONG, en passant par les comptes rendus des médias locaux, l’organisation parvient au chiffre de 1 422 civils tués, ce qu’elle considère comme une estimation basse. Le Pentagone pour sa part ne reconnaît à ce jour que 41 morts.

Sur place, Hassan Al-Nifi, le responsable du conseil local de Manbij, ne décolère pas contre la stratégie des Etats-Unis et de leurs alliés kurdes, consistant à encercler la ville et à avancer pas à pas vers le centre, sous le couvert des avions de la coalition, qui ont effectué 450 frappes depuis le début de l’opération, le 31 mai. « Nous soutenons le combat contre Daech [acronyme arabe de l’EI] », assure M. Nifi, qui se dit proche de l’Armée syrienne libre, la branche modérée de l’insurrection syrienne, « mais, en interdisant toute fuite possible aux djihadistes, la coalition les condamne à se battre jusqu’à la mort, dans un cadre de guérilla urbaine où ils excellent, en utilisant, qui plus est, la population comme bouclier humain. C’est une stratégie erronée. Daech finira par être vaincu, mais au prix de la destruction totale de Manbij ».

L’hécatombe risque de nuire à l’image des troupes kurdes

Les morts de Toukhar pourraient peser sur la suite de l’offensive des FDS dans cette localité et dans le nord de la Syrie en général. Durant le week-end, ces forces se sont certes emparées du quartier général des djihadistes, installé dans un hôpital dans l’ouest de la ville. Mais l’hécatombe risque de nuire à l’image des troupes kurdes, déjà passablement mauvaise dans cette zone à majorité arabe, et de compliquer la gestion sur le terrain de l’après-EI. La plupart des Syriens, en particulier ceux acquis à l’opposition, redoutent qu’après avoir repris Manbij les Kurdes cherchent à opérer la jonction avec Afrin, plus à l’ouest, de façon à asseoir leur contrôle sur la quasi-totalité de la bande frontalière avec la Turquie.

Sur place, à Toukhar, les habitants achèvent de compter leurs morts. Ironie macabre : le massacre du 18 juillet survient quatre ans jour pour jour après la « libération de Manbij », c’est-à-dire l’expulsion de l’armée syrienne de la ville.


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mer 20 Juil - 14:03



Citation :
ALEP, Syrie – Après un raid aérien sur la Syrie que la France a reconnu, prétendant avoir bombardé le groupe terroriste Daesh en représailles de l’attentat de Nice, la Syrie accuse. En effet, ce bombardement français, localisé dans la région de Manbij, plus précisément dans le village de village de Al-Tukhar, a tué au moins 85 civils, en lieu et place des combattants de Daesh.


Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a adressé une lettre de protestation officielle aux Nations unies. Elle vise à condamner le raid aérien français, d’une part, et d’autre part, la violation de son espace aérien.

Le village de Al-Tukhar, situé dans le nord-est rural du gouvernorat d’Alep, cible française, était un coin paisible dans lequel Daesh ne sévissait pas. La mort de ses habitants est la résultante de l’incohérence occidentale dans la lutte contre le terrorisme en Syrie, en excluant le gouvernement légitime du pays…


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Jeu 21 Juil - 23:29


dernière livraison de la série de Tristan Leoni chez Gilles Dauvé/DDT21, ce texte me semble de meilleure tenue que les précédents



je ne l'ai pas lu de façon serré, mais il me paraît éviter une question : après Daesh, quel autre monstre dans le miroir de l'Occident et de l'Islam réunis sur le terrain du capital mondial dans ses contradictions et "le tournant décolonial" de l'histoire du monde ?

poser le problème en termes de "Califat et barbarie" fait peu de cas de la barbarie capitaliste qui vient sans besoin de califat, de Daesh ni d'Islam : c'est une sérieuse limite à ce genre de questionnement qui se veut "modeste", dans l'esprit de DDT21

RIP Dauvé & Cie and scies

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Ven 22 Juil - 14:02


Lutte contre Daech : François Hollande annonce la livraison d'artillerie à l'Irak

Le Parisien 22 juillet 2016

« Ce ne serons pas nos soldats qui feront la guerre au sol »


Le président François Hollande, le 21 juillet 2016 à l'Elysée
AFP/STEPHANE DE SAKUTIN

Citation :
La France intensifie la lutte contre l’Etat islamique. François Hollande a annoncé vendredi, à l’issue d’un Conseil de défense, le renforcement de l’«appui militaire à l’armée irakienne», avec la livraison de matériel d’artillerie français dès le mois d’août pour l'aider dans sa lutte contre l'Etat islamique. Le chef de l’Etat a également confirmé le nouveau déploiement du porte-avions Charles de Gaulle d’ici fin septembre. «Il nous permettra d’intensifier les frappes contre les groupes terroristes en Syrie et en Irak.»

«Ce ne serons pas nos soldats qui feront la guerre au sol»

Ces deux décisions seront évoqués devant le Parlement dans les prochains jours. «J'ai demandé au ministre de la Défense (ndlr, Jean-Yves Le Drian) d'informer les parlementaires mais il ne s'agit en aucun cas de changer la nature de notre intervention», a précisé François Hollande, écartant la perspective d'un déploiement de l'armée française sur le terrain. «Ce ne serons pas nos soldats qui feront la guerre au sol en Syrie et en Irak», a-t-il martelé.

Huit jours après l’attentat sur la Promenade des Anglais de Nice, qui a provoqué la mort de 84 personnes, dont 13 enfants, le chef de l’Etat a par ailleurs rappelé que douze personnes se trouvaient toujours entre la vie et la mort vendredi.


« Le porte-avions Charles-de-Gaulle sera de nouveau déployé
afin de nous permettre d'intensifier nos frappes en Irak et en Syrie avec nos avions Rafale »



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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Mar 16 Aoû - 8:28

Ron Jacobs : « l’Occident a besoin des terroristes islamistes »

Mohsen Abdelmoumen Palestine Solidarité 14 août 2016


Ron Jacobs. DR.

English version here:https://mohsenabdelmoumen.wordpress.com/2016/08/14/ron-jacobs-the-west-needs-islamic-terrorists/

Citation :
Mohsen Abdelmoumen : Que représentent pour vous Frantz Fanon et la Révolution algérienne ?

Ron Jacobs : Frantz Fanon est pour moi un écrivain anticolonialiste qui, peut-être plus que tout autre écrivain familier pour moi, explique la nature du colonialisme et de l’impérialisme européen et américain et ses effets sur le colonisé et le colonisateur. En utilisant ses écritures comme un viseur, je suis capable d’y comprendre les sens psychologiques de l’impérialisme et de la résistance contre celui-ci. Cela vaut pour les situations outre-mer et dans ce que les Black Panthers et d’autres ont appelé la colonie noire interne aux États-Unis.

Saviez-vous que Kamel Daoud était dans un maquis islamiste du GiA en Algérie dans les années ‘90 ? Comment expliquez-vous qu’un ancien terroriste islamiste tel que Kamel Daoud ait autant de succès en Occident ?

Je ne savais pas que Daoud était un membre du GIA. Je ne peux pas vraiment expliquer son succès par rapport à son appartenance au groupe, sauf pour dire que peut-être c’est son statut d’ancien membre qui l’explique partiellement.

Dans le cas de Kamel Daoud, faut-il être un terroriste doublé d’un révisionniste qui renie le sacrifice de son peuple et qui glorifie un écrivain pied-noir colonialiste tel qu’Albert Camus, pour être reconnu par l’Occident ? Boualem Sansal, autre écrivain « algérien », s’est renié et a insulté la révolution algérienne et nos martyrs tout en vendant son âme à Israël. Le reniement et la trahison peuvent ils être des armes pour un opposant ou un dissident ? Kamel Daoud n’est-il pas le bâtard littéraire d’Albert Camus et de Boualem Sansal ?

Je ne vois pas le livre de Daoud comme glorifiant Camus. Au lieu de cela, je le comprends pour être une réponse au livre de Camus L’Étranger qui aborde l’impérialisme psychologique plus ou moins subtil du roman, tel que décrit dans l’œuvre de Fanon.

Pourquoi, selon vous, l’Occident a-t-il besoin des terroristes islamistes, pas seulement comme cheval de Troie pour détruire des pays comme les nôtres (Libye, Syrie, Irak, et l’Algérie avant tous les autres pays) dans le cadre du chaos créatif des néo cons, mais en faisant de certains d’entre eux des célébrités et des modèles du monde culturel et médiatique ?

C’est une question intéressante. Je pense que la réponse facile est que l’Occident a besoin des terroristes islamistes parce qu’ils fournissent un ennemi simpliste qui leur permet de faire la guerre quand, où et comme ils le souhaitent. La raison pour laquelle je dis que cette question est intéressante, c’est à cause de votre interprétation de certains terroristes comme des célébrités. Je ne les ai jamais perçus de cette manière, mais si l’on considère la quantité de temps de média que certains de ces individus reçoivent, il est vrai qu’ils sont des célébrités.

Que reste-t-il de l’épopée de la lutte du mouvement pour les Droits civiques aux États-Unis ?

La lutte pour les droits civiques aux États-Unis est dans une impasse. En dépit du fait que l’on garantit la protection égale à tous et la possibilité d’être couvert par la loi, il existe un manque très réel et persistant des deux. Je crois comprendre que cela existe en raison de la nature même du système économique américain. C’est un système qui a été fondé sur l’esclavage des Africains et de leurs descendants, le génocide des peuples autochtones et la discrimination systémique contre les pauvres, en particulier ceux qui n’ont pas la peau blanche. Je ne crois pas qu’il y aura une protection égale ou une opportunité pour les Afro-américains jusqu’à ce que ce système capitaliste soit ou bien réformé pour assurer cette égalité, soit supprimé entièrement.

Comment expliquez-vous la montée du racisme anti-Noir, notamment au sein de la police américaine ?

Je pense que la réponse à cette question est double. La première partie de ma réponse est que la police aux États-Unis a toujours été raciste. Ils sont embauchés pour protéger et servir ceux qui ont la propriété, ce qui signifie, si l’on considère que les Noirs ont d’abord été introduits dans ce pays comme propriété des esclavagistes blancs, que la police n’est pas là pour protéger les Noirs, mais pour les contrôler pour les maîtres d’esclaves. Aujourd’hui, les policiers sont utilisés pour contrôler les Noirs et les autres pour les descendants des maîtres d’esclaves. La deuxième partie de ma réponse a un rapport avec les embauches individuelles. Beaucoup d’hommes et de femmes blancs postulant des emplois auprès de la police sont soit membres ou sympathisent avec diverses organisations racistes blanches.

L’Amérique a eu un président noir. À quoi cela a-t-il servi ? Une femme va être élue, les figures passent mais le système reste le même. Selon vous, y a-t-il un enjeu stratégique dans cette élection ou est-ce juste une passation de pouvoir entre un président noir et une femme qui a été sa secrétaire d’État ?

La présidence de Barack Obama a enseigné à ceux qui ont pensé qu’un président Noir apporterait un changement fondamental dans la politique américaine que cela n’arrivera pas. Pas plus qu’en ayant une femme présidente. Les visages changent à la Maison Blanche des États-Unis, mais le programme reste le même. Cela a été ainsi depuis un long, long moment. Quant à cette élection, je pense que la seule question stratégique se pose en termes de politique étrangère des États-Unis, qui, je crois, prendra un ton encore plus belliqueux que ce soit sous Hillary Clinton ou sous Donald Trump.

Dans un de vos articles, vous qualifiez le capitalisme de tragédie. Pourquoi ?

Dans le dictionnaire, les trois premiers mots utilisés pour décrire la tragédie sont: «désastre, calamité, catastrophe…». Je crois que ces trois mots décrivent bien les effets du capitalisme pour la majeure partie de la population mondiale, tant historiquement qu’actuellement.

Elvis Presley, les Rolling Stones et surtout Bob Dylan reviennent souvent dans vos articles. Pourquoi ? Comment voyez-vous l’évolution de Dylan par rapport a Joan Baez qui vient de déclarer récemment qu’elle a besoin de silence ?

Je mentionne ces musiciens populaires dans mon travail en raison de leur influence sur la culture dans laquelle j’ai grandi et dans laquelle je continue à vivre. Bien que leur influence soit beaucoup plus grande dans la culture occidentale, c’est un aspect de l’impérialisme culturel occidental que ces musiciens sont connus dans le monde entier. Ce fait fournit à un auteur une base de compréhension familière à beaucoup de leurs lecteurs, bien que la compréhension de chaque lecteur puisse être légèrement différente. Je vois Bob Dylan comme un artiste perpétuel dont la curiosité l’a conduit à presque tous les styles de musique connue du public nord américain. C’est comme s’il ne pouvait pas arrêter de chanter, de jouer et d’écrire, de peur de cesser de vivre.

Pourquoi, à votre avis, les forces progressistes aux USA et à travers le monde ont-elles du mal à s’organiser pour abattre le système capitaliste et son stade suprême l’impérialisme ?


C’est une question à laquelle je pense souvent. Je crois qu’il n’y a pas qu’une seule réponse et que les pouvoirs déployés contre les forces désireuses d’en finir avec le capitalisme et l’impérialisme sont si puissants que peut-être le meilleur que nous puissions faire est de garder ces forces à distance jusqu’à que notre organisation crée une masse critique capable de vaincre les malédictions du capitalisme et de l’impérialisme.

Interview réalisée par Mohsen Abdelmoumen

Qui est Ron Jacobs ?


Ron Jacobs est un écrivain et un bibliothécaire américain. Parmi ses livres : The Way the Wind Blew: A History of the Weather Underground, Daydream Sunset: 60s Counterculture in the ’70s, et les romans All the Sinner’s Saints, Short Order Frame Up, et The Co-Conspirator’s Tale. Il a participé activement à la lutte anti-impérialiste, à l’organisation anti-raciste et syndicale depuis les années 1970. Il vit actuellement dans le Vermont aux États-Unis.


Published in English in American Herald Tribune, August 13, 2016 :http://ahtribune.com/politics/1141-ron-jacobs.html

In Oximity:https://www.oximity.com/article/Ron-Jacobs-l-Occident-a-besoin-des-ter-1

Reçu de l'auteur pour publication


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Lun 19 Sep - 9:05

de vlad2, déplacé

L'hégémonie du capital US en Moyen Orient en question :

Citation :
DEBKAFiles 17 septembre 2016

Le Pentagone et l’US Army n’exécutent pas les ordres de leur Commandant-en-Chef Barack Obama pour l’application de la coopération militaire en Syrie conclu par secrétaire d’État John Kerry et le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov, le 12 septembre à Genève. »

repris dans L’erreur très-“déplorable” de l’USAF

dedefensa.org dit:

Le pouvoir exécutif à Washington reproduit de plus en plus le schéma d'un immense trou noir où se déverseraient les débris peu ragoûtants d’une politique de sécurité nationale devenue complètement folle et et complètement laissée à elle-même. Dans tous les domaines, les USA ressemblent de plus en plus à un Titanic évidemment exceptionnel, qui, refaisant l’histoire, aurait perdu son gouvernail et ferait des ronds dans l’eau avant son rendez-vous avec l’iceberg bien connu.

http://www.dedefensa.org/article/lerreur-tres-deplorable-de-lusaf

La raison profonde de cette apparente cacophonie :

La marche sur Riyad

La guerre au Yémen est en train de tourner à la révolution

Par Catherine Shakdam – Le 12 septembre 2016 – Source New Eastern Outlook

La guerre au Yémen est en train de prendre une tournure sans précédent… Mais laissez-moi reformuler ma phrase : la guerre au Yémen est en train de prendre une tournure que ni Riyad ni ses alliés occidentaux n’avaient anticipée et encore moins planifiée.

Je dirais que le Destin, pour ne pas utiliser un autre mot, a le sens de l’humour. Après avoir vécu dix-huit mois dans ce que l’on pourrait qualifier comme l’une des interventions militaires la plus violente, cruelle et vicieuse de notre génération, le pauvre Yémen est un train de donner une leçon de résistance à la riche Arabie saoudite, leçon qu’elle n’est pas prête d’oublier.

Alors que je suis assis devant mon ordinateur à écrire sur les prouesses militaires du Yémen, ce sont deux provinces méridionales d’Arabie saoudite qui sont déjà sous le contrôle du mouvement de résistance yéménite : Asir et Najran. Malgré la pression politique, financière, militaire et humanitaire, le Yémen a réussi à lever une vague révolutionnaire contre la tyrannie qui a caché le soleil d’Arabie pendant de trop longs siècles.

Cette même guerre, faite pour empêcher les autres – oui, cette guerre était faite pour servir d’avertissement à toutes les autres nations assez folles pour se croire libres alors qu’elles sont sous le couperet des wahhabites d’Arabie saoudite et des néoconservateurs américains – cette guerre, donc, s’est complètement retournée contre les agresseurs et le loup est en train de devenir la proie.

Alors que le Yémen brûle encore sous le feu nourri des al-Saoud… par simple vengeance, sentiment venant facilement aux al-Saoud, même si cela doit impliquer le massacre de civils innocents, le pays a répondu à ce génocide par une résistance farouche.
Loin de se soumettre à la volonté des puissants, le Yémen s’est taillé un chemin dans le royaume, à la fois source d’inspiration et d’espoir et preuve que la force siège dans le cœur de ceux qui chérissent le courage plutôt que l’argent.

Je pense que le public ne se rend pas compte de l’étendue de la souffrance yéménite, sa destruction systématique, le chantage auquel est soumise toute une population pour que les al-Saoud puissent revendiquer le contrôle de l’Arabie et des routes pétrolières. Il aurait été bien plus facile d’abandonner ! Il faut rappeler que le Yémen aurait pu, depuis bien longtemps, se vendre et se soumettre à la théocratie wahhabite des al-Saoud et devenir une monarchie du Golfe de plus.
Laissez-moi être très clair la dessus, la guerre contre le Yémen est une guerre de domination politique et d’endoctrinement religieux. Les blablas à propos de démocratie et de légitimité institutionnelle ne sont que pures distractions jetées à un public crédule par des médias accommodants. Après avoir été par deux fois démis de ses fonctions, le président en fuite Abdo Rabbo Mansour Hadi ne peut pas vraiment être la justification d’une telle tempête militaire.

Pourquoi des puissances étrangères essaieraient-elles de porter secours à ce piètre président, si ce n’était pour servir leurs propres intérêts ?

Selon le Shafaqna Institute for Middle Eastern Studies et le Mona Relief Organization, plus de 12 000 civils ont été tués depuis mars 2015, sans compter plus de 70 000 blessés… Pas de quoi pavoiser pour les Nations Unies.

Dois-je rappeler au lecteur comment Riyad a utilisé ses milliards de dollars pour se blanchir de ses crimes et faire porter la faute à ceux qui ne font que se défendre ? Toute critique du mouvement de résistance yéménite revient à une négation du droit du Yémen à protéger sa souveraineté et son intégrité territoriale. [Il en est de même pour le mouvement de résistance palestinien, NdT]
Comment pouvons-nous remettre en question le droit d’un pays à protéger ses territoires et le futur de ses institutions alors que nous-mêmes considérons de tels droits comme acquis ? Si dingue et ridicule que cela puisse paraître, c’est exactement ce que la communauté internationale demande au Yémen.

En écho à l’impérialisme saoudien, la communauté internationale a fait campagne et demandé que le Yémen se rende, cherchant à travestir une telle injustice en droiture politique.

Mais le Yémen n’est pas du genre à se courber face a la tyrannie.
Le Yémen a combattu et combat encore là où tous les autres auraient déjà abandonné… Pourquoi, vous demanderez-vous ? Pourquoi combattre une guerre impossible ? Pourquoi résister contre la multitude ? Parce que ne pas le faire serait contre la nature profonde du pays.
Valeur dont nous devrions tirer enseignement et qui ne peut se comparer à aucune richesse…

Si vous pensez encore que le Mouvement de résistance du Yémen, ces guerriers que la presse occidentale traite de rebelles pour vous manipuler afin que vous les dénigriez, est un mouvement rebelle, demandez-vous ce que vous feriez pour défendre votre terre, votre peuple et votre identité nationale ?

Enfin, demandez-vous pourquoi, une fois de plus, vos médias préférés vous inondent d’idées sectaires, jouant tel un chef d’orchestre avec vos préjugés. Vos gouvernements ne veulent tout simplement pas que vous compatissiez avec les Houthis, les représentants de l’indépendance yéménite.
Ils ne veulent pas que vous reconnaissiez dans la résistance yéménite l’expression de votre propre nationalisme… parce qu’alors vous pourriez demander que l’Arabie saoudite se retire.

Alors, sûrement, vous auriez qualifié les massacres saoudiens contre des civils sans armes d’actes de Terreur – ce qu’ils sont en réalité – et demandé à votre gouvernement de mettre fin à tous les accords passés avec de tels criminels de guerre.

Hélas, le voile du mensonge reste aussi épais que l’avidité des capitales occidentales.
Mais n’imaginez pas que le Yémen soit en train d’être vaincu ! Comme le professeur Mohammad Marandi de l’université de Téhéran l’a remarqué au cours d’une interview avec moi pour l’Institut Shafaqna d’études moyen-orientales : «Aussi difficile à concevoir que cela puisse paraître, l’Arabie saoudite a rendu service au Yémen en réunissant son peuple sous un même drapeau.»

En vérité, suite au colonialisme meurtrier de Riyad, le Yémen s’est réuni grâce à son mouvement de résistance. Plus fragmenté, plus opposés les uns aux autres, un autre Yémen renaît des cendres de la guerre.

Aujourd’hui ce Phénix réclame son dû.
Aujourd’hui, le Yémen demande que ses terres lui soient rendues et lutte pour que la maison des Saoud s’écroule.
Aujourd’hui, le Yémen a repris le contrôle de deux de ses trois anciennes provinces : Asir et Najran… Alors peut être bientôt Jizan.
Le mouvement de résistance yéménite ne combat plus une bataille perdue d’avance. Et même si de nombreuses nations se tiennent à l’écart du champ de bataille, le Yémen n’est certainement pas seul. Les tribus d’Azir, de Jizan et de Najran ont depuis longtemps déclaré leur loyauté au Yémen, leur patrie.

Et pourquoi ne le feraient-elles pas alors qu’elles souffrent dans leur chair et dans leur foi l’intolérance brutale du wahhabisme, ce culte qui appelle au meurtre de toutes les religions sauf la sienne ?
Catherine Shakdam est directrice de programme à l’institut Shafaqna

Article original publié dans New Eastern Outlook

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-marche-sur-riyad


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Sam 24 Sep - 8:52


Abattre l'antiterrorisme

Groupe de lecture de la revue Période, 4 octobre 2016 à 18h30

Pour sa première séance, le groupe de lecture de la revue Période #Paris propose de s'intéresser à la question de l'antiterrorisme, à la lumière d'un texte de Christos Boukalas : "État d'exception ou étatisme autoritaire : Agamben, Poulantzas et la critique de l'antiterrorisme".

Citation :
L'antiterrorisme est souvent appréhendé en termes d'exception et de suspension de l'État de droit. Contre cette lecture exceptionnaliste notamment développée par Giorgio Agamben, Christos Boukalas défend une approche stratégique-relationnelle des mutations des États capitalistes et des appareils sécuritaires, au regard de laquelle l'étatisme autoritaire apparaît comme une forme normale du pouvoir politique dans les sociétés capitalistes. Dans cette perspective, les potentiels de résistance aux stratégies du pouvoir ne doivent pas être localisés dans la « vie nue » mais dans les forces sociales et les luttes concrètes qui caractérisent la conjoncture actuelle.

Lire le texte en intégralité : http://revueperiode.net/etat-dexception-ou-etatisme-autoritaire-agamben-poulantzas-et-la-critique-de-lantiterrorisme/

C'est Au Chat Noir, mardi 4 octobre 2016 à 18h30.
76 rue Jean-Pierre Timbaud, dans le onzième arrondissement de Paris (Métro ③ Parmentier)

Revue Période

Depuis bientôt 3 ans, la revue Période (revueperiode.net) mène un travail de publication, de traduction et de diffusion de textes théoriques issus de la tradition marxiste.

La revue s'inscrit dans une phase de redécouverte et de réappropriations du marxisme en France, d'un point de vue critique et ouvert.

Dans ce contexte, le revue a notamment mis au cœur de ses chantiers la publication des courants, auteurs et autrices non francophones, la (re)découverte de thématiques parfois sous-traitées dans le marxisme français (féminisme, antiracisme, études culturelles, écologie politique, questions esthétiques, opéraïsme, théories de la forme-valeur) et a enfin entrepris de revisiter des questions plus classiques liées à l'histoire du mouvement ouvrier ou à l'économie politique.

Pour prolonger cette démarche, pour lire et discuter collectivement des travaux encore peu diffusés, plusieurs groupes de lecture se mettent en place à Strasbourg, à Lyon (reprise en novembre), à Paris (dès le début d'octobre) et bientôt à Grenoble.

Plutôt que de lire chacun et chacun.e individuellement, nous vous proposons d'initier une dynamique collective d'autoformation, dans un cadre qui ne soit pas étroitement académique mais informé à la fois par des démarches intellectuelles issues des nouvelles radicalités politiques et par les questions stratégiques posées aux courants anticapitalistes.

Si vous souhaitez participer à la mise sur pied d'un groupe de lecture dans votre ville ou dans votre université, n'hésitez pas à nous contacter : revueperiode@gmail.com

Pour être informé•es des activités des groupes de lecture déjà à l'œuvre :

Strasbourg : periodestrasbourg@gmail.com
Lyon : groupedelecturelyon@gmail.com
Paris : periodeparis@gmail.com
Grenoble : periodegrenoble@gmail.com


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Lun 26 Sep - 12:21

si gentiment demander, ça ne se refuse pas : hors sujet déplacé

vlad2 a écrit:
à déplacer ... ?

Pour faire la guerre il faut encore des soldats (prolétaires sous l'uniforme), le seul mouvement anti-guerre est interne à l'armée US ? [...]

L'Empire Us malade de son armée ?(photos ), plus que du reste :

L'empire malade
25 Septembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus
Publié dans #Etats-Unis, #Economie, #Moyen-Orient, #Russie
http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/09/l-empire-malade.html

Il ne reste pour la guerre que l'aviation et ses drones :

citation :

Un général américain haut-placé prévient qu’une zone d’exclusion aérienne en Syrie signifie la guerre avec la Russie
Par Bill Van Auken 
26 septembre 2016

http://www.wsws.org/fr/articles/2016/sep2016/syri-s26.shtml


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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Jeu 13 Avr - 21:53


LA MERDE TOUTES LES BOMBES !

Les États-Unis larguent la «mère de toutes les bombes» en Afghanistan

Etienne Jacob Le Figaro, AFP, AP, Reuters Agences

la plus puissante bombe non-nucléaire jamais utilisée par les Américains
un engin de plus de 10.000 kilos




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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Jeu 25 Mai - 15:02


tous ensemble, tous ensemble !

Donald Trump décroche l’engagement de l’OTAN dans la coalition anti-Etat islamique

LE MONDE | 25.05.2017
Nathalie Guibert, Gilles Paris (Washington, correspondant) et Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)[/b]

Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’organisation, a annoncé que l’Alliance atlantique allait satisfaire à une demande de longue date de Washington et Londres.


Le président américain Donald Trump, avec Donald Tusk, président du Conseil européen,
et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, à l’OTAN (Bruxelles), le 25 mai. OLIVIER MATTHYS / AP

C’est une concession d’une série de pays, dont la France, à l’administration Trump : les dirigeants européens promettent aux Etats-Unis de « se mobiliser » contre le terrorisme et de faire en sorte que l’OTAN, qui accueille jeudi 25 mai le président américain et ses homologues pour un mini-sommet, s’implique davantage dans cette mission. Au bout d’un an d’une négociation ardue, l’Alliance atlantique a donc décidé, mercredi 24 mai, de devenir membre à part entière de la coalition internationale contre l’organisation Etat islamique (EI).

Citation :
Les Européens sont déjà tous engagés à titre individuel au sein de cette coalition emmenée par Washington. Paris et d’autres capitales manifestaient cependant des réticences, craignant qu’un affichage trop clair de l’OTAN n’éloigne certains Etats arabes de la coalition et suscite l’hostilité des opinions publiques au Moyen-Orient. Toutefois, « il ne s’agissait pas de gâcher la fête », ironise un diplomate, dans une allusion aux pressions du Pentagone pour obtenir cette décision avant la réunion de Bruxelles et l’inauguration du nouveau siège de l’OTAN, à l’entrée duquel trônera un vestige des Twin Towers de New York.

Cette pièce devait être dévoilée jeudi après-midi par le président américain (en même temps qu’un morceau du mur de Berlin) et symboliser la « lutte commune » contre le terrorisme.

« Quand vous voyez cela, vous réalisez à quel point il est important de gagner cette bataille. Et nous gagnerons cette bataille », a déclaré, à son arrivée à Bruxelles, mercredi, M. Trump au sujet de l’attentat commis à la Manchester Arena, en Angleterre. Cet événement, revendiqué par l’EI, a contribué à vaincre les dernières réticences des Européens, qui ne pouvaient donner l’impression de le minimiser.

La décision de rejoindre la coalition, réclamée de longue date par les Etats-Unis, « enverra un fort message politique d’unité dans la lutte contre le terrorisme », a assuré le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg. Mais « cela ne signifie pas que l’OTAN s’engagera dans des opérations de combat », a-t-il ajouté.

Le réengagement américain auprès des Européens attendu

En échange, les Européens attendaient une déclaration de M. Trump propre à les rassurer. Ils espéraient que le président dirait pour la première fois publiquement qu’il souscrit totalement à l’article 5 du traité de Washington. Ce texte prévoit que tous les alliés apportent une aide, y compris militaire si nécessaire, à l’un des leurs s’il est attaqué. Les pays baltes et d’Europe orientale craignent un désengagement de Washington depuis que le président a évoqué le caractère « obsolète » de l’OTAN.

« Le président Trump est le seul président américain qui n’ait pas explicitement endossé l’article 5 », écrit Thomas Wright, de la Brookings Institution de Washington. « Le fait que le conseiller de Trump pour les affaires étrangères, Stephen Miller – qui avait repris la rhétorique de campagne du président sur le fait que l’OTAN est “obsolète” – devait écrire son discours pour la réunion n’est pas rassurant pour ceux qui aimeraient penser que la politique étrangère de Trump est devenue “normale” », commente pour sa part Steven Keil, du German Marshall Fund.

M. Trump allait-il prononcer les mots attendus ? C’était, finalement, la seule inconnue de cette « réunion » – le mot « sommet » ayant été banni. Son entourage évoquait plutôt le discours « dur » qu’il allait tenir aux Européens quant à leur manque d’investissement dans leur propre défense et dans l’OTAN.

Selon la rumeur, le président allait profiter du dîner à huis clos avec ses partenaires pour les sermonner et leur rappeler l’objectif d’atteindre, pour chacun d’entre eux, l’objectif de 2 % de leur richesse nationale consacré à leurs forces armées.

Plus de moyens financiers réclamés pour l’OTAN

Avant de décider de déployer plus de moyens contre le terrorisme, il faut que les Européens consacrent plus de moyens tout court pour leur défense, exige M. Trump. « Il n’a aucune patience pour les soutiens de façade. Il est très déterminé sur cette question », a indiqué un conseiller influent s’exprimant sous couvert d’anonymat, à la veille du voyage présidentiel. En jeu : le partage d’un « fardeau » jugé « injuste pour le contribuable américain ». La Maison Blanche a nuancé plus tard cette déclaration, en assurant que M. Trump est, « pour l’instant », « satisfait de ce qu’il voit », notamment au sujet des engagements financiers.

Les visites antérieures à Bruxelles du secrétaire d’Etat Rex Tillerson et du secrétaire à la défense James Mattis, en début d’année, s’étaient voulues rassurantes. Et le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déminé le terrain en rencontrant Donald Trump à Washington, en avril. « Ni lui ni moi ne croyons que ce sera facile, mais nous allons dans la bonne direction », expliquait-il récemment à des journalistes.

La décision prise lors du sommet de 2014 au sujet des 2 % de la richesse nationale à atteindre en 2024 semble avoir été suivie d’effet. Selon l’OTAN, les budgets cumulés ont augmenté de 3,8 % en 2016, soit 10 milliards d’euros de plus. En 2017, entre sept et dix Etats membres devraient atteindre les 2 %. Et l’OTAN dit tenir, pour la première fois depuis longtemps, ses objectifs de planification d’équipements.

« Si le Canada et les Européens faisaient un effort de 2 %, ils dépenseraient 100 milliards de dollars de plus par an pour leur défense, a souligné début mai devant l’Institut français des relations internationales Camille Grand, secrétaire général adjoint. Ce serait un vrai facteur de changement des équilibres, l’Allemagne pesant pour un tiers de ces 100 milliards. » L’Allemagne (1,2 %) entend augmenter son budget, mais refuse de s’engager sur les 2 %, en soulignant l’ampleur des moyens qu’elle consacre à l’aide au développement.

Par ailleurs, comme le met en avant Paris, la question est de savoir comment l’OTAN peut mieux utiliser ces ressources supplémentaires. La France bloque tout accroissement des fonds communs pour des missions de contre-terrorisme labellisées OTAN, estimant qu’avec ses opérations militaires extérieures elle investit déjà beaucoup dans ce domaine.

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MessageSujet: Re: "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME   Jeu 28 Sep - 12:09


un terrorisme peut en cacher un autre

AL-QAIDA PRÉPARE L’APRÈS-ETAT ISLAMIQUE

TTU Online, Lettre d'informations stratégiques et de défense, 25 septembre 2017

Citation :
La débandade de l’EI sur le front syro-irakien offre un nouveau terrain de conquête, ou plutôt de reconquête, pour la hiérarchie d’Al-Qaida. Depuis le redoublement des offensives de la coalition et des forces russes sur les derniers territoires tenus par l’organisation d’Abou Bakr Al-Baghdadi, les désertions au sein de l’EI au profit de sa rivale Hayat Tahrir al-Cham se sont multipliées.

Cette coalition de plusieurs organisations, dominée par l’ex-Front Al-Nosra, liée à Al-Qaida, n’a cessé depuis sa naissance en janvier dernier de gagner du terrain, progressivement perdu par l’EI. Une occasion de reprendre pied dans la zone qui n’a pas échappé aux héritiers d’Oussama Ben Laden. Dont le plus naturel d’entre eux, son fils Hamza, qui a marqué une montée en puissance dans l’organisation depuis 2015.



Dans un enregistrement diffusé le 14 septembre, le jeune homme âgé aujourd’hui de 29 ans appelle à la mobilisation de ses «frères musulmans de l’Indonésie au Maghreb pour se joindre au djihad» en Syrie contre le régime et les pays de la coalition. Son intronisation aux commandes d’Al-Qaida, qui serait prochaine, selon les sources spécialisées, permettrait de rajeunir et de redynamiser une organisation ringardisée par l’émergence de l’EI.

L’actuel dirigeant Ayman Al-Zawahri, 65 ans, y travaillerait activement. Sa dernière intervention sur les réseaux sociaux le 15 septembre marque une certaine coordination avec la nouvelle figure montante, sur un certain partage des «dossiers» : le successeur historique d’Oussama Ben Laden cible de son côté le continent africain, et le Sahel en particulier, terrain de la rivalité entre AQMI et ses alliés, et l’EI et ses franchises. Al-Zawahri y appelle à la mobilisation les combattants «d’Abidjan, Ouagadougou et Tombouctou aux sommets de l’Atlas, de Chinguitti (Mauritanie) à Seva (Ghana)» à «donner une leçon» à la France.

Comme pour rappeler d’où vient Al-Qaida et le chemin parcouru depuis sa création, et ainsi mieux l’inscrire dans l’avenir, les communicants de l’organisation ont mis en ligne le 11 septembre une ancienne vidéo de son fondateur, suivie d’un des testaments jamais diffusé d’un des 19 auteurs des attentats de New York.

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