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 L'ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, ça n'existe pas ? Jean ZIN...

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MessageSujet: L'ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, ça n'existe pas ? Jean ZIN...   Mar 5 Mai - 11:34

il faut bien l'avouer, je n'ai trouvé rien de vraiment satisfaisant en terme d'écologie radicale, qui soit sur le plan théorique communisation-compatible


Développement durable : Plan National Déchets
« Trier et valoriser les déchets alimentaires » (Ségolène Royal) La France Agricole 10 novembre
Patlotch en deça au-delà de son temps

en France, je connais Jean Zin est un auteur prolixe des plus sérieux, aux connaissances encyclopédiques, mais aux participations politiques parfois douteuses (Ecorev, etc.). Je le trouve plus intéressant pour ses avis scientifiques que pour ses propositions politiques. Il est en tout cas bon connaisseur de Marx > Jean Zin et Marx Jean Zin, sélection de textes

Je donne plus bas l'extrait d'un texte de 2006 intitulé
écologie révolutionnaire

les 3 écologies


1. l'idéologie fondamentaliste réactionnaire
2. l'écologie environnementaliste
3. l'écologie politique


catastrophisme, décroissance et alternative écologiste

les alternatives écologistes


1. le productivisme durable
2. le productivisme bridé
3. la décroissance conviviale
4. le développement humain


l'écologie révolutionnaire

Jean Zin 2006 a écrit:

Il n'est pas question de nous satisfaire de cette société qui n'est pas supportable et on ne peut se contenter d'un réformisme mou devant les menaces planétaires. Nous devons affirmer le caractère révolutionnaire d'une écologie qui ne se borne pas à entretenir les pelouses ou à rendre un peu plus durable l'exploitation de la planète, mais porte le seul projet à l'horizon de ce troisième millénaire. Nous devons dire clairement que nous sommes déterminés à lutter pour des mesures radicales à la hauteur de notre misère sociale, les exclus ne sont pas obligés de se fier à la démagogie fasciste et raciste aggravant le désastre.
     
Il faut redonner aux gens la certitude qu'ils peuvent peser sur les événements et ainsi, formuler ce qu'ils veulent, ce qu'ils refusent vraiment. Être révolutionnaire c'est vouloir transformer le monde et pour cela prendre le parti du négatif, de la critique et de l'amélioration infinie, plutôt que s'illusionner de quelque utopie positive idéale et trompeuse. Ce n'est pas se contenter d'un réformisme qui adapte les règles et pare au plus pressé, il nous faut changer les règles elles-mêmes pour les rendre conformes à notre avenir. Être révolutionnaire, c'est vouloir être un véritable Citoyen et non pas un simple administré.
     
On est loin d'une révolution léniniste ou du mythe du grand soir révolutionnaire (qu'il y en ait une multitude !). L'écologie révolutionnaire ne veut pas "prendre le pouvoir" par la violence mais changer notre base productive radicalement. Il ne s'agit pas d'instaurer une dictature mais de s'engager dans la sortie du salariat. L'écologie révolutionnaire veut sortir du productivisme et abolir le salariat, conscience des contraintes planétaires, des transformations du travail et des possibilités de l'avenir. Cette sortie du processus de valorisation, de l'économie séparée de la société, est le début de la réappropriation de notre vie.
(...)
Il y a toutes sortes d'écologistes révolutionnaires. Ils peuvent être "marxistes", libertaires, alternatifs ou de simples opposants à la "croissance" et à la destruction de la société, c'est-à-dire de véritables écologistes, mais pour nous l'écologie n'est pas une simple amélioration de l'existant, ce qui permettrait de rendre un peu plus durable le monde actuel et son développement inégal et destructeur, rendre un peu plus supportable ses souffrances et ses injustices. Au contraire, pour nous l'écologie est la dénonciation d'un monde qui se fait contre nous. L'écologie est pour nous l'urgence de l'avenir.


Dernière édition par Admin le Lun 24 Aoû - 20:38, édité 4 fois
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vlad2
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MessageSujet: Re: L'ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, ça n'existe pas ? Jean ZIN...   Ven 8 Mai - 16:52

“il faut bien l'avouer, je n'ai trouvé rien de vraiment satisfaisant en terme d'écologie radicale, qui soit sur le plan théorique communisation-compatible”

Peut etre pas ?

Sur le front de l’écologie politique critique, il me semble que le collectif grenoblois PMO a avançé dans l’intervention en produisant un groupe de théorie pratique sur la durée et sur le réel par le bas ,mon seul regret est qu’il soit resté trop local ?,mais ce n’est peut etre qu’une apparence :

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/

un livre ,un lieu :

Le pic pétrolier, le climat qui se dérègle, la biodiversité qui disparaît… Les scientifiques nous bombardent de nouvelles alarmistes, mais que faire ? Prenons-les enfin au sérieux, préconise Pablo Servigne, co-auteur de « Comment tout peut s’effondrer ». Mais pas de panique : même si le chemin n’est pas facile, il faut l’accepter, pour commencer à préparer le monde d’après.

construire des « réseaux des temps difficiles »:

je ne sais pas vivre sans voiture et sans supermarché.

« Tout va s’effondrer. Alors... préparons la suite »
7 mai 2015 / Entretien avec Pablo Servigne

http://www.reporterre.net/Tout-va-s-effondrer-Alors
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MessageSujet: Re: L'ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, ça n'existe pas ? Jean ZIN...   Dim 10 Mai - 16:42


salut Vlad2 et merci de troubler ma solitude  Sad

vlad2 a écrit:

Sur le front de l’écologie politique critique, il me semble que le collectif grenoblois PMO a avançé dans l’intervention en produisant un groupe de théorie pratique sur la durée et sur le réel par le bas ,mon seul regret est qu’il soit resté trop local ?,mais ce n’est peut etre qu’une apparence :
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/

les apparences peuvent être trompeuses Shocked Je n'ai jeté qu'un œil rapide, et je n'ai rien trouvé d'aveuglant dans ce site, où l'on trouve à boire et à manger, sûrement bio, au demeurant

il ne semble pas y avoir de "ligne générale" et pas de fondements théoriques très clairs de rupture avec le capitalisme
Pièces et Main-d'œuvres a écrit:
Ainsi formons-nous l’espoir qu’à Grenoble et ailleurs se multiplient les enquêteurs et les enquêtes, liant le local au global, le concret à l’abstrait, le passé au futur, le particulier au général, afin de battre en brèche la tyrannie technologique, et d’élaborer de technopole à technopole une connaissance et une résistance communes.

si j'en crois la partie documents, matière à penser il me semble que cela relève en gros de la critique anti-technologique, anti-industrielle, et de la promotion de la "décroissance"... jamais antipathique (il faudra bien casse des usines ou en faire autre chose...), mais dans le contexte de la perspective révolutionnaire qui nous intéresse ici, ça ne casse pas trois pattes à un canard, non ?

plus douteux encore, dans un champ sans rapport à la critique écolo-radicale, le relai de textes tels que

Protestation devant les libertaires d’aujourd’hui sur les capitulations devant l’islamisme avec les classiques de l'idéologie française : La question palestinienne devient la question juive... L’islamophobie, la manipulation des mots...L’ambition politique de l’islam... La laïcité dévoyée...

et l'analyse des deux Jacques de Temps Critiques, caractérisée par son quasi-ralliement à la cause humaniste de la République française bourgeoise... L’être humain est la véritable communauté des hommes / Quelques dits sur l’événement de janvier 2015 à Paris 5 février 2015 par Jacques Guigou
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MessageSujet: Cinq thèses de l'écologie révolutionnaire des peuples du Sud, par Mohammed Taleb   Sam 1 Aoû - 7:59

L'écologie vue du Sud - Pour un anticapitalisme éthique, culturel et spirituel


Citation :
L'écologie, à l'instar de bien d'autres domaines, est traversée par un clivage central : à l'écologie dominante s'oppose l'écologie du Sud, comprise comme un ensemble réfractaire à l'hégémonie occidentale capitaliste. À la fois théorique et pratique, cette écologie est avant tout une démarche d'alternatives et de résistance. ""L'écologie vue du Sud"" donne une voix à cette parole méconnue à travers un choix d'exemples significatifs et porteurs d'une dimension universelle. Du Burkina Faso aux luttes paysannes indiennes en passant par le Mouvement des ""sans terre"" au Brésil et la résistance écopaysanne palestinienne, Mohammed Taleb retrace une aventure écologique faite de spiritualité, de justice sociale et de pluralisme culturel. Et cette aventure n'est pas celle des « pauvres victimes » de la crise écologique, mais celle de producteurs de sens, de créateurs d'analyse, d'inventeurs de solutions alternatives. Écouter le Sud, c'est faire dialoguer les cultures et les civilisations, c'est faire avancer le Nord.

Cinq thèses de l'écologie révolutionnaire des peuples du Sud, par Mohammed Taleb 31 juillet 2015 |  Par malto cortese

Citation :

Les cinq thèses présentées ci-dessous sont d'une certaine façon un condensé des orientations politiques, philosophiques, éthiques et spirituelles des grands mouvements de la résistance socio-écologique des peuples du Sud, et notamment, des mouvements éco-paysans, des peuples autochtones, des mouvements de libération nationale, des réseaux tricontinentaux et plurireligieux de la théologie de la libération.

1ère thèse. Procéder à la délégitimation du développement durable

Même si l'idéologie du «  développement durable » exerce une énorme pression sur les sociétés du Sud, elle ne peut prétendre au monopole en matières d'idées et d'alternatives. Beaucoup l'ont montré : le développement durable correspond à un réaménagement formel de la civilisation capitaliste.  La durabilité envisagée n'est pas celle de l'environnement,  mais celle de l'économie libérale de marché.  Et pour que cette dernière dure le plus longtemps possible, il devient nécessaire pour elle d'intégrer le paramètre environnemental, en tant que contrainte. Cette approche véhicule une représentation technocratique et économiciste de l'environnement.  Elle est aussi étroitement « ressourciste ».  En effet, l'environnement naturel qui nous entoure n'est qu'un ensemble de de matières premières, qu'un stock de ressources. La seule relation que le développement durable propose avec cet environnement est celle de la « gestion ». Dit autrement,  le développement  durable  n'est  pas  une réponse  sérieuse  à  la  crise  socio-écologique.  Au contraire,  il fait partie du problème. Heureusement, nous connaissons d'autres modes d'organisation sociale et de valeurs, comme, pour l'Amérique afro-latino-indienne, le  buen vivir, le Sumak Kawsay de la langue quechua, ou encore le Suma Qamana de l'aymara, expressions qui renvoient à la notion de « plénitude ». En réalité, toutes les cultures de l'humanité sont porteuses de visions écologiques et de socialités alternatives.

2ème thèse. Reconnaître la lutte des classes qui traverse l'écologie

Si en Occident, l'écologie, dans le sillage du développement durable, est largement prise en charge par les classe moyennes aisées,  dans les pays du Sud,  elle est essentiellement l'affaire des prolétaires de la terre,  des paysans sans terre,  des peuples autochtones,  des dépossédés,  des « réfugiés climatiques »,  de ces centaines de millions de personnes qui survivent dans ces  no man's land sociaux,  culturels,  et psychiques que sont les zones périphériques des grandes métropoles du Sud,  du Caire à Sao Paulo,  de Manille à Mexico,  de Delhi à Rio de Janeiro.

Dans le Sud,  l'écologie porte l'empreinte des classes populaires.  C'est pourquoi la réforme agraire,  la souveraineté alimentaire et le droit des peuples à se nourrir eux-mêmes,  le refus du gigantisme des projets économiques et techniques (comme les barrages en Inde ou au Brésil) font le lien entre les  quêtes  de justice  sociale et de justice  écologique.  On peut avec raison parler d'un écosocialisme à propos de l'écologie des peuples du Sud.

3ème thèse. Penser la mondialisation capitaliste, comme masque mortifère de l'occidentalisation du monde

Le capitalisme est d'abord la « mégamachine » qui affecte l'humanité et la Terre, les plongeant dans l'infernale tourmente d'une entreprise qui fait la guerre au vivant.  Son cadre idéologique (la modernité capitaliste) est l'alliance entre la raison technoscientifique, la raison économique et le mythe du progrès.  Ils sont au cœur de la crise socio-écologique, déterminant les processus de la mondialisation dans lesquels évoluent les peuples du Sud.  Mais le discours mondialitaire ne doit pas nous faire oublier ceci : la mondialisation, loin de faire émerger un «  village planétaire » , une «  économie-monde  »,   une «  modernité-monde  » ,   une «  science-monde  » ,  se manifeste réellement comme un «  village planétaire occidentalisé  » , une  « économie-Occident  » ,  une «  modernité-Occident  » ,  une «  science-occident   » .  La mondialisation est d'abord la projection à l'échelle planétaire de la civilisation capitaliste occidentale. La mondialisation est un terme qui voile l' «  occidentalité  »  des dynamiques en cours, qu'elles soient économiques,  technoscientifiques,  agricoles,  juridiques,  culturelles, etc.  Les peuples, les mondes, les univers socioculturels de l'humanité ne sont pas parties prenantes, en tant que sujets historiques autonomes, de cette mondialisation.

4ème thèse. Retrouver les acquis des travaux de «  l'école de la dépendance »

La crise socio-écologique, si elle trouve un déploiement planétaire avec la mondialisation, plonge d'abord ses racines dans le capitalisme qui en constitue la dynamique historique. Or, le capitalisme demeurera inintelligible si nous n'avons pas conscience de l'injustice et de l'inégalité qui structurent les rapports Nord/Sud ( dit aussi Centre/Périphérie ). Ils sont fondés sur l'  échange inégal. Ce concept est important si nous voulons comprendre les crises socio-écologiques d'aujourd'hui. L'échange inégal suppose l'existence, non pas de deux systèmes différents  et juxtaposés ( un Nord développé à côté d'un Sud sous-développé ), mais d'un unique système dans lequel le développement du Nord et le sous-développement du Sud sont intimement articulés.  Plus que de sous-développement, il faut parler de «  mal-développement  »  dans le Sud, car, même si des pays d'Amérique du Sud ou d'Asie peuvent, dans certaines conditions, augmenter les capacités d'exploitation,  de production, de consommation,  ce « développement » ne sera jamais autre chose qu'un «  capitalisme dépendant » . On ne dira jamais assez à quel point les travaux de l'École de la dépendance sur l'échange inégal, dès les années 1960, restent d'une grande actualité : le pillage écologique et l'exploitation des peuples du Sud sont la règle des échanges Nord/Sud.   Samir Amin, Immanuel Wallerstein, Arghiri Emmanuel, Celso Furtado, André Gunder Franck, Raúl Prebisch, Fayçal Yachir, et bien d'autres, malgré les changements importants que la scène économique et stratégique planétaire a connus, restent les références sûres d'une analyse de l'économie-monde capitaliste.

5ème thèse. Pour en finir avec le désenchantement capitaliste du monde

C'est dans la mesure où l'universalité que  nous  voulons  défendre  déconstruira l'universalisme bourgeois et occidental, qu'elle pourra fonder une philosophie écosociale de la libération.  L'Un se décline au pluriel.  Nul ne peut prétendre incarner, seul et définitivement, le sens ou la vérité.  Il n'y a que des figures multiples,  des façons diverses de dire le vrai, des visages à chaque fois différents.  Notre universalité sera plurielle,  bariolée,  multiforme,  frappée  du sceau de la diversité.  Une pensée socio-écologique forte peut le montrer : la bio-diversité n'est pas seulement éco-systémique et environnementale, mais aussi aussi culturelle, civilisationnelle et spirituelle.  Il ne peut y avoir d'alternative écosociale sur fond d'amnésie, non pas seulement celle des luttes anciennes,  mais aussi et plus fondamentalement celle des cultures de l'humanité.  Les peuples du monde ne prendront en charge leur émancipation et leur écologie que dans la mesure où ces causes peuvent se dire avec les «  mots de la tribu ».   Ce  n'est  pas  un  repli sur soi,  mais,  au contraire,  la conjugaison au pluriel d'un humanisme concret, d'un universalisme ancré dans la diversité du monde.  À ce titre, les  Occidentaux  soucieux  du  bien  commun  feraient bien de participer, eux aussi, à la remise en question de ce hold-up  de  l'universel  par  le  monde  occidental.  De même qu'il y eut,  un temps,  un non-alignement géopolitique en Afrique,  en Asie et en Amérique du Sud,   de même l'écologie doit se relier à un non-alignement philosophique, éthique et spirituel. Ce n'est donc pas uniquement le climat ou la bio-diversité qui doivent être guéris, c'est l'histoire et le futur du monde et des mondes qui doivent être sauvés de la noyade «  dans les eaux glacées du calcul égoïste » .

Mohammed Taleb,  philosophe, auteur de L'écologie vue du Sud, éd. le Sang de la Terre, 2014

Ce texte est extrait du journal LA DÉCROISSANCE,  juillet-août 2015


Mohammed Taleb : L'écologie vue du Sud, Pour un anticapitalisme éthique, culturel et spirituel, 2014

Citation :
La lecture de ce livre nous convainc encore un peu plus que le renouveau humain, spirituel et social jaillira et jaillit déjà des bouillantes périphéries plutôt que des centres attiédis ; que les figures qui incarnent au plus haut point le sel de la terre évangélique émergent toujours dans l'inconfort ou la pauvreté des marges méprisées et non de nos salons prospères d'où l'on disserte sur l'avènement d'un monde meilleur entre personnes bien éduquées.

Avant de donner des leçons de civilisation, d'évangélisation et de conscience écologiste à la terre entière, commençons par nous laisser enseigner et convertir par ces plus humbles, qui nous précèdent, souvent de loin, en ces domaines, sur les chemins de Dieu.

Si l'écologie est traversée par un clivage central, c'est bien sur ce plan qu'il se situe, correspondant du reste à un clivage plus global. Il y a une écologie du Nord et il y a une écologie du Sud, comme il y a une «mondialisation» structurée par un rapport Nord/Sud fondé sur l'échange inégal, quoique voudraient nous faire croire les contes mystificateurs autour du gentil «village planétaire». L'hyperdéveloppement de l'occident capitaliste et le maldéveloppement de franges entières des pays du sud sont les deux faces d'un système mondial structurellement liées.

Imprégnée par ce schéma global, l'écologie du Nord, en tout cas dans sa version dominante et médiatisée (donc respectabilisée), est celle qui prétend définir les enjeux, à travers le paradigme du «développement durable» et de la «croissance verte», ces légendes qui unissent les élites et les classes moyennes occidentales dans une même duperie, langues pendues derrière Nicolas Hulot et ses nombreux sponsors, pour sauver le climat et la planète! Miaou miaou....

Pour Mohammed Taleb, l'approche de cette écologie «est clairement technocratique, technoscientifique, économiciste. Elle occulte la profondeur historique de la crise écologique, en même temps qu'elle réprime toutes les écologies dissidentes» (d'où par exemple les avalanches de tartes à la crème sur la décroissance «sectaire», «extrémiste», «qui veut nous faire revenir en arrière», etc...).

Tout l'objet de ce livre, à travers des exemples significatifs et d'une portée universelle, est de nous présenter l'autre versant de l'écologie, celle qu'impulse le Sud : écologie d'alternatives et de résistances, fondamentalement populaire et paysanne, irriguée par ses nombreuses sources spirituelles et culturelles, radicale dans sa critique de la modernité capitaliste.

Ce qui rend son livre d'autant plus passionnant, Mohammed Taleb nous présente cette écologie du sud en entremêlant constamment les références aux actions populaires et militantes les plus concrètes avec les dimensions théoriques, littéraires et poétiques qui mettent en mots le sens à la fois local et universel de ces actions libératrices et la vision du monde et du cosmos qui les habite.

Le regard se pose d'abord sur l'Inde, pays dans lequel le rapport à la nature est intimement forgé par la dimension cosmique de la culture, par un sens du sacré qui traverse toute la vie quotidienne. Aussi l'écologie indienne est inséparablement spirituelle et sociale. On ne peut par exemple comprendre la question de l'approvisionnement en eau de Delhi par le fleuve Yamuna sans prendre en compte la sacralité des fleuves en Inde, déjà mentionnée dans le texte canonique hindou du Rigveda.

Chercheur et militant du peuple autochtone des Adivasis, Alex Ekka exprime en ces termes cette profondeur spirituelle de l'écologie : «C'est seulement en comprenant la vision holistique du monde qui nous anime que vous pourrez comprendre pourquoi nous, Adivasis, nous nous battons pour nos droits, pour notre existence et pour la survie de l'humanité et du cosmos tout entier. Bien loin d'une vision anthropocentrée qui considère l'eau, la forêt, l'atmosphère et les animaux comme étant au service de l'homme, notre façon de voir le monde et notre environnement est cosmo-centrée».

Mohammed Taleb évoque la figure du grand poète et écrivain indien Rabindranah Tagore (1861-1941), «pourfendeur de la logique anti-écologique de la modernité occidentale et chantre de la Nature vivante», dont il perçut dès son plus jeune âge à la fois la puissante présence du divin en son sein et la violence qui lui était infligée sous les coups de boutoir du «progrès». Il en est très vite convaincu : «La Machine est la monstrueuse figure de cette civilisation qui entend porter la mort dans la vie de l'Âme universelle. Ses propos, sévères, sont ceux d'un Indien qui voit son pays dominé par l'impérialisme britannique».

L'ampleur de la crise écologique en Inde doit en effet être inscrite dans une perspective historique longue, marquée par l'empreinte de l'impérialisme occidental, en particulier britannique, qui, sous la forme de la Compagnie des Indes (constituée en 1600), fut partout synonyme d'imposition par la force d'une conception prédatrice du monde. L'introduction par l'empire colonial britannique du droit à la propriété privée de la terre en 1793, rompt avec une tradition indienne ancestrale de gestion villageoise et communautaire de la terre : «la paysannerie fut confrontée à l'émergence d'une nouvelle classe sociale : les grands propriétaires terriens (…) Les britanniques allaient poser, avec cette réforme juridique, les conditions d'une explosion agraire».

Les multinationales sont aujourd'hui l'autre nom d'une dépendance structurelle au capitalisme occidental. Un des symboles de leur œuvre : 20 000 morts, 300 000 victimes de maladies, en 1984, dans la catastrophe de Bhopal, où explosèrent les installations d'une multinationale américaine, productrice de pesticides.

Le tournant néolibéral pris par l'Inde en 1991, notamment par la ratification des accords de l'OMC, n'a fait qu'accélérer la dépossession des droits et de la souveraineté du pays, et la servilité vis à vis de l'occident. Premier exportateur mondial de riz, l'Inde compte 220 millions d'habitants vivant dans un état de sous-alimentation chronique (chiffre FAO).

Dans un pays où près de 75% de la population vit directement ou indirectement de l'agriculture, un des symboles dramatiques d'un rapport à la terre réduit à la dépendance, est l'explosion des cas de suicides de paysans indiens, notamment sous l'influence de l'introduction des OGM dans l'agriculture (Coton Bt et «Golden Rice») : «A l'origine, les rendements devaient être fabuleux (promettait-on évidemment!) et les semences technologiques résister aux maladies (les paysans devinrent au contraire d'autant plus dépendants des pesticides). Mais le prix à payer, au sens propre et au sens figuré, fut très lourd. Pour la même quantité de semences, les agriculteurs devaient dépenser jusqu'à dix fois plus, faisant de leur surendettement un horizon inéluctable». Outre que les semences transgéniques devaient être rachetées chaque année, elles consommaient beaucoup plus d'eau que les semences locales et altéraient les sols en profondeur.

Le paysan indien est plongé dans la solitude de son sentiment de honte de ne pouvoir nourrir sa famille. Le nombre de suicides de paysans indiens est estimé à 284 000 entre 1995 et 2013, 15 000 par ans! Comble de l'inhumanité de ce système : «Un des aspects de ce drame est que les dettes ne se volatilisent pas à la mort, mais sont transmises aux enfants».

Mais au delà de ces drames, Mohammed Taleb évoque aussi les chemins de la résistance et de l'alternative, dans un pays dont la conscience écologique fut marquée dans les années 70 par la lutte contre la déforestation menée par le mouvement Chipko dans le Nord du pays, dont le caractère gandhien et pacifique fut repris dans plusieurs autres États indiens. De nombreux mouvements écologistes se mobilisent contre la construction de barrages, synonymes de déplacements massifs de populations, de destruction de la biodiversité et d'engloutissement de pans entiers du patrimoine culturel et spirituel.

Une des figures mondialement connue de l'écologie indienne est cette physicienne de formation, Vandana Shiva, à la fois promotrice d'une recherche scientifique indépendante des milieux d'affaires et de l'État, fortement engagée pour la mise en valeur des savoir-faire ruraux, des semences paysannes et de l'agriculture familiale, et théoricienne de l'écoféminisme.

Le Brésil est particulièrement représentatif de cette écologie populaire du sud où les combats pour l'environnement et la justice sociale, suscités par des spiritualités de libération, sont indissociablement liés. Le paysan sans terre est la figure emblématique à la fois du drame socio-environnemental et de la profonde créativité des mouvements sociaux au Brésil.

Mohammed Taleb replace d'abord l'enjeu dans son contexte global, celui de choix politiques agricoles dictés par «le marché international au détriment de l'autonomie alimentaire, et la répression, étatique ou privée, qui peut aller jusqu'aux assassinats». Ces chiffres se suffisent presque à eux-mêmes pour poser le décor d'une effarante injustice : «1% des grands propriétaires (les latifundios) occupent 45% des terres cultivables. En 2010, 175 millions d'hectares de terre étaient non cultivés (en friche), tandis que près de 4 millions de familles étaient sans terre».

Les paysans pauvres font face non seulement aux latifundios, mais de plus en plus également aux multinationales de l'agro-industrie, dans un contexte de baisse de la production alimentaire, parallèle à l'augmentation de la production destinée aux biocarburants ou aux monocultures du soja transgénique (comme dans l'État du Mato Grosso), qui laminent toute vie sur leur passage. Ce qu'écrit ici le sociologue François Houtart au sujet de la Colombie vaut autant pour le Brésil : «J'ai personnellement marché des kilomètres dans des plantations de palmes du Choco en Colombie, où il n'y avait plus ni un oiseau, ni un papillon, ni un poisson dans les rivières, à cause de l'usage massif de produits chimiques comme fertilisants et pesticides».

La lutte des paysans, des écologistes et des religieux pour la récupération des terres, entraîne une répression parfois sanglante, dont Mohammed Taleb fait état à travers plusieurs exemples. Des organisations criminelles travaillant pour le compte des propriétaires fonciers créent un climat de menace et d'intimidation dans les camps de sans terre, assassinent des milliers de paysans ou des figures de proue de la résistance, telle Dorothy Stang, cette religieuse catholique américaine, assassinée en 2005 en Amazonie par deux tueurs à gages. Elle s'était mise au service des paysans au sein de la Commission pastorale de la terre. La liste des crimes non punis par la justice est particulièrement longue.

Cette même Commission (CPT) est largement la source «matricielle» du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST), cœur du mouvement social des paysans au Brésil. Née dans les années 60 dans la dénonciation courageuse des dictatures d'extrême-droite, dans la lutte contre le capitalisme et l'impérialisme Nord-américain et dans la volonté de rompre avec les attaches de classe de l'Église catholique, «la Commission Pastorale de la Terre plonge ses racines dans le «socialisme chrétien», paradigme théologico-politique d'une partie importante de la théologie de la libération». Composée principalement de religieux et directement dépendante de la Conférence nationale des évêques brésiliens, la CPT s'est particulièrement investie dans un travail de conscientisation sociale et d'auto-organisation des travailleurs ruraux.

C'est dans cette filiation historique et spirituelle que s'inscrit la naissance du MST en janvier 1985 à Curitiba, au cours du premier congrès des associations de paysans sans terre. L'objectif prioritaire de la réforme agraire était affiché, auquel la dimension écologique s'articulera par la suite, à travers un programme situant l'impératif d'une agriculture biologique et familiale, une répartition équitable des terres et des semences et un combat ouvert contre la marchandisation de la nature.

Tout un travail est effectué au sein du MST visant à sensibiliser les paysans quant à la dimension écologique du combat social, avec par exemple la création de banques semencières, parfois à l'encontre de certaines habitudes, comme celle de la monoculture de la canne à sucre, très ancrée depuis la colonisation. L'accent est de plus en plus mis sur la formation agroécologique des paysans.

Contre la marchandisation de la terre, le MST privilégie la dimension économique coopérative, en mettant en place en 1992 la Confédération des coopératives de réforme agraire du Brésil. «L'un des critères, pour le MST, du caractère «populaire» de la réforme agraire réside dans la capacité des populations rurales et urbaines à décider elles-même de ce qu'elles veulent «produire et manger». Très tôt, le thème de la souveraineté alimentaire a été posé et, avec lui, celui de la nature de la production agricole».

Le combat pour la biodiversité semencière et agricole a débouché sur la constitution du réseau Bionatur, faisant des paysans les acteurs de leur économie alternative, tant dans le choix des variétés à cultiver que des marchés à alimenter. Bionatur est devenue une des principales entreprises de semences agroécologiques du Brésil, fondée sur cette conviction : «les semences ne sont pas un bien marchand, mais les fruits d'un savoir-faire rural, d'une imagination sociale créatrice, une part essentielle de la culture paysanne. Autant les OGM sont des produits sans âme, autant les semences traditionnelles, fermières, paysannes portent l'âme des lieux et l'âme des communautés. L'affrontement entre Monsanto et le MST possède incontestablement une forte dimension culturelle, éthique, et même spirituelle».

L'action du MST a pris une dimension mondiale, contribuant fortement à la création en 2001 du Forum social mondial de Porto Alegre, expression d'une «dynamique planétaire de résistance à la mondialisation néolibérale». De même le MST est largement à l'origine du réseau international Via Campesina, créé en 1992, «devenu l'un des visages les plus lumineux de l'écologie vue du sud».

Après un court chapitre consacré aux indiens des États-Unis, Mohammed Taleb nous conduit ensuite en Palestine, dans un chapitre particulièrement vibrant de son livre.

Avec la création d'Israël en 1948, 750 000 palestiniens sont chassés de leurs terres, dans ce qui fut un plan d'expulsion planifié par les chefs sionistes, ce que le gouvernement d'Israël continue de nier. L'occupation et la conquête sont en marche et ne s'arrêteront pas. Entre 1948 et 1967, l'unité de la société palestinienne éclate entre les «réfugiés», les «occupés» de Cisjordanie et de la bande de Gaza, et les «palestiniens de l'intérieur» qui ont réussi à rester chez eux, envers et contre tout. La dimension écologique du drame palestinien réside essentiellement en ceci : «On peut dire que la création de l'Israël en 1948 a constitué une catastrophe écologique pour le peuple palestinien, car la fabrication de cet État, littéralement «hors sol», a brisé l'unité existante entre ce peuple et son territoire vécu. La revendication palestinienne, portée par ses mouvements populaires, ses organisations de fedayins, ses élites sociales, politiques et culturelles, est fondamentalement écologique, car elle entend restaurer, sans pour autant tomber dans un retour au passé, cette connexion entre un peuple et son espace de vie».

De nombreux écrivains et poètes palestiniens ont célébré cette relation intime entre les hommes et la terre de Palestine. Parmi eux, Mahmoud Darwich, né en 1941, a vécu dans sa chair le traumatisme de 1948, voyant sous ses yeux son village détruit par les troupes israéliennes : «Très vite, la poésie devient sa vocation la plus intime. Il devient le porte-parole non seulement de son peuple, mais aussi de la nature meurtrie par l'occupation». Il ne cessera d'écrire que pour le palestinien, sa terre relève à la fois de la politique et du sacré.

La nature coloniale de l'État sioniste induit une guerre à la fois contre un peuple et contre son environnement : «Accaparer le plus de terres est sa raison d'être (…) On veut la terre sans la population autochtone (…) Ce qui est en jeu est le remplacement d'une population par une autre», ce que mit particulièrement bien en lumière la linguiste israélienne et anti-sioniste Tanya Reinhart (1943-2007).

En 1969 l'exégète français Emmanuel Lévyne, analysait avec des accents eschatologiques la nature du conflit israélo-palestinien, comme manifestation «extrême» de la guerre techno-capitaliste occidentale livrée à la vulnérabilité d'un peuple : «L'État d'Israël, c'est la civilisation occidentale à la conquête de l'Orient. Les peuples pauvres ont entrepris la Guerre tricontinentale contre les nations riches, contre les géants industriels pour survivre et échapper à l'extermination, pour ne pas être écrasés par les bottes et leurs machines comme des insectes. Ils comprennent et comprendront de plus en plus clairement le rôle capital de l'État sioniste dans la défense de la civilisation technicienne (…) Le sort du monde – la victoire ou la défaite de l'impérialiste, l'esclavage universel ou la libération messianique de l'humanité – se joue au Moyen-Orient. Le peuple palestinien a un caractère christique, il souffre pour les fautes du monde, Dieu s'incarne en lui. Dieu est avec lui. Il vaincra le sionisme et l'impérialisme - parce qu'il est le plus faible et le plus pauvre – avec l'aide de tous les révolutionnaires du monde. Debout les damnés de la Terre. En marche vers Sion pour établir le royaume de la justice sur terre. Le Dieu qui a libéré les esclaves vous appelle. Il vous invite au jugement dernier du monde capitaliste».

Ce qui est en jeu, c'est bien le lien organique entre la puissance planétaire du monde occidental et le projet colonial sioniste : «Civilisation conquérante qui a fait reculer les limites de l'humainement possible, l'Occident voit en Israël sa propre représentation en miniature. Et s'il l'admire tant, c'est parce que cette vénération flatte son narcissisme», écrit Bruno Guigue.

La lutte palestinienne contre l'expropriation et la confiscation des terres a vu se constituer dès 1958 le mouvement Al Ard (La Terre). S'opposant au projet sioniste, ce mouvement a été déclaré illégal par la Cour suprême israélienne, avant que ne lui succède dans les années 70 l'organisation Abnaa Al Balad (Les Fils du pays), qui perpétue la lutte pour le droit à la terre, malgré l'intensification de la colonisation et de l'expropriation des terres.

En 1975, dans la ville arabe de Nazareth, naît la Conférence nationale pour la défense des terres arabes, au terme d'un grand rassemblement de paysans, de militants politiques, ou encore de religieux chrétiens et musulmans. Seulement deux mois après, le gouvernement travailliste y répond en confisquant 2 500 hectares de terre en Galilée : «Le projet est clair : chasser les palestiniens, créer des zones militaires et construire de nouvelles colonies juives».

La revendication d'un État palestinien ne peut-être dissociée du combat pour la maîtrise des ressources naturelles, telles que l'eau, et pour l'accès aux fruits de la terre. Les écologistes palestiniens, à travers le réseaux PENGON, mènent la résistance contre ce mur de 700 km, construit depuis 2002 par les autorités israéliennes, aussi inhumain qu'anti-écologique, qui sépare des villages ou des champs en deux.

De son côté, l'Union des comités de travail agricole, créée en 1986, «est active essentiellement sur le terrain de la défense des terres, et des intérêts de la paysannerie palestinienne», en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Il soutient en même temps les milliers de travailleurs migrants thaïlandais, eux aussi exposés dans leur travail agricole aux produits chimiques manipulés sans protection, ou grimpant en haut de palmiers sans système de sécurité, en général sans le moindre contrat de travail.

D'autres mouvements mettent l'accent sur le danger nucléaire et chimique que constitue l'État d'Israël dans les territoires occupés, où sont enterrés les déchets nucléaires et où sont implantées des usines de produits chimiques particulièrement nocifs, à proximité de fermes agricoles palestiniennes.

Loin de dresser un tableau exhaustif de tous les enjeux du drame environnemental et des expériences écologistes alternatives, Mohammed Taleb entend plutôt se focaliser sur un certain nombre d'entre elles, révélatrices des spécificités de l'écologie du sud.

Ainsi, dans le contexte particulier de l'Afrique, il évoque cette expérience politique unique au Burkina-Faso, autour de Thomas Sankara, «président de l'eau, de l'arbre et de la vie», grande figure de l'Afrique des années 80. Devenant en 1983 président du Conseil national révolutionnaire, il verra très tôt le lien entre la lutte contre la désertification et la lutte, ô combien politique, visant à rétablir un équilibre entre l'homme, la nature et la société. Lors d'une conférence à Paris, il s'exprimait en ces termes : «Notre lutte pour l'arbre et la forêt est d'abord une lutte populaire et démocratique. Car l'excitation stérile et dispendieuse de quelques ingénieurs et experts en sylviculture n'y fera jamais rien ! De même, les consciences émues, même sincères et louables, de multiples forums et institutions ne pourront reverdir le Sahel, lorsqu'on manque d'argent pour forer des puits d'eau potable à 100 mètres et que l'on en regorge pour forer des puits de pétrole à 3000 mètres! Karl Marx le disait, on ne pense ni aux mêmes chose, ni de la même façon selon que l'on vit dans une chaumière ou dans un palais. Cette lutte pour l'arbre et la forêt est surtout une lutte anti-impérialiste. Car l'impérialisme est le pyromane de nos forêts et de nos savanes».

La révolution démocratique, les besoins humains vitaux et l'urgence d'une régénération de la nature étaient si étroitement articulés, qu'il fit de l'arbre l'axe central de sa politique. Cette action ne pouvait être mobilisatrice et faire son œuvre qu'en étant enracinée dans la profondeur des traditions culturelles des communautés. Dans son esprit, la catastrophe de la désertification était liée à la perte des référents traditionnels, mis à mal sur l'autel de la «modernisation» occidentalo-centrée, et le renouveau devait passer par cette réappropriation des vivantes traditions : «C'est le reboisement, l'acte positif pour recréer la nature. Nous avons ordonné que toutes les villes, tous les villages aient un bosquet d'arbres. Dans la tradition africaine, existait une forme de préservation de la nature, un système socio-économique : le bois sacré. On y accomplissait un certain nombre de rites initiatiques. D'un point de vue mythique et animiste, ces bois avaient une puissance supposée qui les protégeait. Mais en même temps que ces valeurs ont cédé la place au modernisme, à un certain cartésianisme et même à d'autres religions, en même temps la protection a manqué et ces bois ont disparu. Les écrans qu'ils constituaient ont sauté et la désertification a, naturellement, pu faire son chemin plus rapidement encore. C'est une des raisons qui nous a poussés à créer ces bois. Et bien que nous ne réussissions pas à leur donner le contenu religieux d'antan, nous essayons de leur attribuer une valeur sentimentale qui soit équivalente. Ainsi tous les événements heureux sont marqués par une plantation d'arbres : un baptême, un mariage, une cérémonie».

Pour son franc-parler, pour sa dénonciation inlassable de la corruption et de la soumission à l'influence politique française, Thomas Sankara a très tôt représenté une menace pour de nombreux intérêts politico-économiques. Plusieurs éléments laissent à penser que le gouvernement socialiste français de l'époque «l'avait à l'oeil». Il sera assassiné le 15 octobre 1987 avec douze de ses collaborateurs, et depuis plusieurs années nombre de ses amis ou des personnalités internationales, demandent l'ouverture d'une enquête indépendante sur l'assassinat de cet homme qui, quatre années durant, a incarné les espérances de tout un peuple.

La dernière partie de l'ouvrage synthétise les caractéristiques communes à ces écologies du sud dont la puissance subversive tient en ce lien constant entre justice écologique, justice sociale, enracinement culturel et épaisseur spirituelle.

Ainsi l'économiste algérien Fayçal Yachir (1947-1997) mettait en lumière le face à face frontal entre ces deux visions du monde par essence incompatibles : issue du rationalisme occidental et de l'idéologie dominante du XIXème siècle européen, la croyance mécaniste en l'existence d'une offre illimitée de ressources naturelles plaçait l'homme dans une position de toute-puissance et rompait en cela avec les cosmogonies traditionnelles, «lesquelles dessinaient des limites transcendantes à l'activité humaine» : «Dans les religions comme dans les mythologies, l'homme était toujours perçu comme un élément parmi d'autres, inséré dans une totalité, la Création, l'Univers ou la Nature, plutôt que comme le centre rayonnant de sa puissance sur tous les éléments».

En cela, pour Mohammed Taleb, l'écologie du sud est foncièrement un combat contre «la mise sous tutelle par l'Occident des trajectoires historiques des divers peuples du monde», par laquelle la toute puissance du capitalisme occidental est imposée de gré ou force en tant que «système de mise à mort, par le biais de la réification/aliénation de l'Âme du monde».

L'écologie du sud révèle cette fracture fondamentale, l'épicentre d'un conflit à la vie et à la mort : oui, sur toute la surface de la terre, il y a combat entre la puissance destructrice et nihiliste du capitalisme, et la puissance de vie dont sont porteuses les traditions religieuses et spirituelles, aussi inachevées soient-elles.

Contre les ingénieurs experts en endormissement des consciences, qui travaillent à retarder la mise à jour de ce conflit dernier, à sauver les meubles en tentant de rendre compatible ce qui ne le sera jamais, à grands coups de «moralisation du capitalisme», de «développement durable», d' «éthique en entreprise» et autres mensonges, laissons plutôt la parole au philosophe colombien Alfredo Gomez-Muller : «Le capitalisme n'est pas seulement une logique d'appropriation privée du travail social, mais aussi une logique de destruction de la culture en général, c'est à dire de la capacité des personnes et des sociétés à produire du symbolique : des sens et des valeurs permettant d'imaginer des possibles par-delà les finalités du profit, du rendement, de l'accumulation et du pouvoir».

Ici encore, il faudra bien établir un jour ce lien, direct et radical, entre la colonisation capitaliste des esprits et le processus concomitant de refoulement de la vocation humaine la plus profonde et la plus universelle : la recherche de Dieu et de la Vie en Lui. Et si tel était la visée suprême et dernière du capitalisme, dans l'assurance apparemment implacable de sa marche? Dans cette perspective, susciter la division et le choc des grandes traditions religieuses afin de faire obstacle à la menace que constituerait pour lui leur rencontre, n'est-elle pas la ruse et la diversion la plus diabolique qu'aujourd'hui le capitalisme met en œuvre sous nos yeux embrumés?

Parmi les grandes forces de résistance spirituelle, Mohammed Taleb nous ouvre à l'islam cosmique, à travers Fazlun Khalid, directeur de la Fondation islamique de l'écologie et des sciences environnementales (IFEES). Au plus loin des représentations médiatiques caricaturales qui entourent cette notion, «pour Fazlun Khalid, la sharia est considérée non comme une loi qui s'imposerait de façon autoritaire, mais comme un chemin à parcourir». Les divers textes auxquels se réfère la sharia, «fournissent un grand nombre de prescriptions concernant le respect de la Création, l'amitié que nous devons entretenir avec les éléments, la protection de la biodiversité et, bien sûr, la cessation de toutes les activités qui heurteraient les rythmes du vivant».

Marqué par la philosophie spirituelle de l'iranien Seyyed Hossein Nasr, "une des personnalités les plus en vue de «l'islam cosmique»", Fazlun Khalid, en vue d'élaborer une écologie musulmane, se réfère au principe coranique du Mizan, qui signifie la balance et la juste mesure. Celui-ci n'est pas sans faire écho à la notion grecque du nomos (la Loi), opposé à l'hybris (la démesure).

Autre force de résistance à la fois spirituelle, écologique et sociale : la théologie de la libération, impulsée en Amérique du Sud, enracinée dans le vécu concret des Communautés ecclésiales de base, et expression emblématique de ces spiritualités de combat contre l'impérialisme et le néolibéralisme. Apparue dans les années 50-60, la théologie de la libération, c'est ce qui fait sa force novatrice indéniable, a posé les enjeux de la question sociale sur le mode de l'action chrétienne simultanément personnelle et collective : «le mouvement allait de la charité à la justice. Des théologiens et des théologiennes, des religieux et des religieuses, des moines et des sœurs, des laïcs, élaborèrent à partir d'une expérience spirituelle, intérieure et sociale, une vigoureuse critique du capitalisme d'Amérique du Sud. Pour ces femmes et ces hommes, ce capitalisme était injuste, injustifié et immoral. Ensemble, ils dénoncèrent cette alliance entre les bourgeoisies locales (qui n'avaient de «nationale» que le nom), le capital international, l'impérialisme des États-Unis, les régimes dictatoriaux qui s'imposaient (Brésil, Argentine, Nicaragua, Chili, etc.) et les composantes conservatrices et réactionnaires de l'Église».

Un de ses principaux apports fut le principe de «l'option préférentielle pour les pauvres», qui sous son influence fut du reste intégré dans l'enseignement social de l'Église, sous Jean-Paul II.

Avec Mohammed Taleb, on ne peut que se réjouir des nombreuses convergences, qu'il souligne dans sa conclusion, entre toutes ces écologies du sud et les diverses sensibilités de l'écologie radicale «dissidente» en Occident. Avec lui également, en ces obscurs temps charliesques où des spécialistes de la diversion voudraient nous faire croire que le genre humain est menacé par l'islam (afin de mieux nous faire oublier qu'il l'est dans sa substance même par le capitalisme), on croit plus que jamais que le terrain de l'écologie et/donc de la justice sociale, sera un des lieux privilégiés de la rencontre entre les grandes traditions religieuses. Et avec lui, sans aucun doute aussi, on frémit d'impatience à l'approche imminente de l' «explosive» encyclique sociale du pape François sur l'écologie.


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MessageSujet: Re: L'ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, ça n'existe pas ? Jean ZIN...   Lun 17 Aoû - 23:15

Une écologie du dépassement pour en finir avec les chimères du vieux monde

17 août 2015 |  Par benjaminjoyeux@gmail.com

benjaminjoyeux a écrit:
Cette année, triste nouveau record, c'est le 13 aôut que tombait le « Earth Overshoot Day », le jour du dépassement. A cette date, la population mondiale a consommé la totalité des ressources naturelles que la Terre est capable de renouveler en une année, six jours plus tôt qu'en 2014 et près d'un mois et demi plus tôt qu'en 2000. Depuis le 13 août, l'humanité vit donc à crédit sur le dos de la planète. Le FMI va-t'il demander, comme pour la Grèce, un plan d'austérité drastique à l'échelle mondiale, en commençant par demander à nos 1826 milliardaires (autre record cette année) à travers le Globe d'arrêter de consommer, pour commencer à payer cette honteuse dette écologique? Il semble bien que non, et pourtant.. Pourtant nous vivons tous à crédit, à l'instar des Grecs. Tous les chiffres, sur le climat, sur les ressources, sur les conditions nécessaires à l'ensemble de la vie sur terre sont au rouge, mais ce qui semble toujours compter pour nos dirigeants, ce sont d'autres chiffres, ceux des comptes publics, des dettes des Etats, des prestations sociales, du nombre de migrants que l'on daigne accepter en nos contrées en nous bouchant le nez, tous les chiffres de la solidarité qui doivent être le plus bas possible, pour continuer tranquillement le « business as usual ». A quelques mois de la conférence de Paris sur le climat qui réclame à la communauté humaine un ultime sursaut de conscience avant les désastres annoncés, le vieux monde et ses chimères de compétitivité et de croissance infinie sur une petite planète aux ressources finies ne veut rien savoir. Ce même 13 août 2015, tragique symbole, comme un écho funeste à l'actuelle folie des hommes, à Tianjin, quatrième ville de Chine, une énorme explosion dans un entrepôt industriel a provoqué des centaines de victimes et des milliers de sans abris. Du coup, Pékin se remet doucement de cette gueule de bois et accélère sa réflexion sur le coût écologique et humain de son modèle de croissance économique.

Mais en même temps partout émergent des alternatives à l'hystérie et l'inconséquence capitalistes actuelles, qu'elles soient individuelles ou communautaires, s'exprimant dans de multiples domaines : agroécologie, économie sociale et solidaire, nouveaux outils de partage à l'ère du numérique, etc. Des alternatives naissent même en des lieux des plus inattendus, comme au Rojava, peut-être un des endroits les plus dangereux de la planète, au fin fond du monde kurde, où pris en étau par les régimes turcs et syriens et la barbarie de Daesh, des femmes et des hommes de tous horizons réinventent pourtant une utopie démocratique, sur le modèle zappatiste ou de la Commune de Paris. Des pires terreaux surgissent parfois les plus belles plantes. L'espoir doit donc rester de mise, et c'est du côté de toutes ces alternatives que les écologistes doivent tourner les yeux, pour donner à voir le monde de demain, celui qui surgira enfin sur les cendres de nos chimères actuelles. Nous n'avons plus le temps de perdre de vue cette urgente réalité dans des guerres d'égos, des agendas électoraux contraints ou des conjonctures d'alliances plus ou moins cohérentes. Entre générations et élections futures, les premières sont évidemment notre priorité. Alors si le « jour du dépassement » est maintenant derrière nous, il est grand temps de savoir nous dépasser collectivement.

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MessageSujet: Re: L'ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, ça n'existe pas ? Jean ZIN...   Lun 24 Aoû - 9:47

Vlad2 a écrit:
Mieux que les paysans ?

Jean Zin dit :

Créer un mouvement des alternatifs ?

LE DIMANCHE 23 AOÛT 2015 - 16:30

Le parti écologiste est perdu dans la politique politicienne. Il peut être utile, notamment au niveau européen, en soutenant quelques mesures importantes, mais il donne un spectacle lamentable et il n'y a rien à en attendre, déconsidérant plutôt l'écologie aux yeux de tous - tout autant d'ailleurs que les écologistes extrémistes et moralisateurs dont se moquent tout le monde. C'est absolument dramatique alors même que l'urgence écologique se fait plus pressante et que les populations y sont de plus en plus sensibles...

http://jeanzin.fr/2015/08/23/creer-un-mouvement-des-alternatifs/

Appel depuis les zads et autres espaces en résistance. Pour que des convois convergent jusqu’à la COP 21

dimanche 23 août 2015 - 18h29 - Signaler aux modérateurs

Nous appelons à former des convois, marches, tracto-vélos...et à nous rendre aux manifestations contre la COP 21, sommet intergouvernemental sur le réchauffement climatique début décembre à Paris. Nous cheminerons depuis des territoires en lutte jusqu’à la capitale, avec toute l’énergie composite de nos mouvements, en créant en route des espaces de rencontres et de mobilisation.

Nous convergerons à Paris parce nous ne concevons pas de laisser le gouvernement se refaire une verte image de protecteur providentiel de la couche d’ozone, alors qu’il ne veut officiellement renoncer ni à l’aéroport de Notre dame des Landes, ni à mille autres projets destructeurs de vies, forêts, et prairies, de territoires habités et cultivés. Il faut parfois aller interpeller ceux qui s’obstinent à pourrir la planète précisément là où ils espèrent donner l’illusion de la sauver.......

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article147110

en lien,une blague ou enigme ?

https://noblogs.org/register/


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MessageSujet: Re: L'ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, ça n'existe pas ? Jean ZIN...   Mer 23 Déc - 13:42

Et Marx ?

Citation :
La production capitaliste concentre la population dans de grands centres urbains avec une double conséquence. D’une part, elle concentre les forces historiques motrices de la société et d’autre part elle détraque l’interaction métabolique entre l’humanité et la terre ; elle empêche, autrement dit, le retour à la terre de ses éléments nutritifs constituants […].

Tout progrès dans l’agriculture capitaliste devient ainsi un progrès dans l’art, non seulement de dépouiller le travailleur, mais de spolier le sol ; tout progrès qui accroît la fertilité du sol pour une durée déterminée est aussi un progrès qui ruine ses sources à plus long terme. Ainsi, la production capitaliste ne développe la technique et ne contribue au procès social de production qu’en minant simultanément les sources originelles de toute richesse : le sol et le travailleur.

Le Capital
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MessageSujet: Re: L'ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, ça n'existe pas ? Jean ZIN...   Mer 23 Déc - 22:17


sans parler de Marx, pour lequel j'ai créé un sujet MARX ÉCOLOGISTE ?... le marxisme actuel a abandonné le "productivisme"... , c'est presque faire injure à Jean Zin que de classer ces zombis du capitalisme vert démocratique et citoyen ici

mais il est vrai qu'on s'y perd dans l'écologie toujours plus radicale qu'elle-même, cette forme de gauchisme au "naturel", comme on dit du thon, et qu'on y gagne pas grand chose en matière de théorie critique

plus intéressantes sont les luttes - de masse, paysannes prolétaires - de par le monde, y compris sous certains aspects en France, que reflète assez mal le zadisme, ce folklore déteint des parigos partis élever des chèvres dans la Larzac, dont Bové est le leader incontesticulable



TAMBOURS SUR TEMPÊTES

Aux petits soldats de l'administration du désastre et de la soumission durable, de l'écologisme d'Etat et du capitalisme vert

12 attendus


Au temps pour tous importe
        peu le vent amer
               à contretemps

Qu'une saine colère
        mette à la porte
               l'ombre d'une chimère

Quand passe sur hier
        la serpillière de l'hiver
               un propre vers printemps

Que sombre dans l'oubli
        le moment des poisons
               pipi sur la moquette

Que s'efface la trace
        de crasse et pollution
               durable de l'esprit

Et leur autorité de la dissolution
        mentale
              à l'environ dément

Que brûle en sa poubelle
        le déchet étatique
               de l'égocitoyen

Qu'on lui décerne en prix
        de sa bioconnerie
               l'écolabel démocratique

Que sa gestion du même
        crève d'indigestion
               managériale

Que gronde la raison
        quand tonne le critère
               de notre exploitation

Qu'un sens impur génial
        de la rébellion générale
               abreuve nos sillons

D'une musique nouvelle
        faites par tous non contre uns  
               avec tambours et tempêtes


19 février 2010



IX AS TIME GOES BY, Livre de l'absence
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MessageSujet: Re: L'ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, ça n'existe pas ? Jean ZIN...   Mer 23 Déc - 22:35

Corinne Cerise a écrit:

Oui, vous avez raison, j'ai viré mon message ci-dessus.


mais non... C'est comme ça, la so called "écologie". On fait avec, c'est-à-dire contre

je le verse dans l’écosocialisme entre théories révolutionnaires et alternative capitalisme verte
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MessageSujet: Re: L'ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, ça n'existe pas ? Jean ZIN...   Lun 17 Oct - 11:21


écologie, lutte pour le vivant, catastrophe écologique : quel sujet révolutionnaire ?

j'ai peu abordé la question de dites de l'«écologie» que je préfère appeler celle du vivant, sur terre et au-delà

voir les sujets dans HUMAIN, CLASSES et "NATURE", Sciences et Techniques -> COMMUNAUTÉ du VIVANT !

si l'on opte pour un catastrophisme de la destruction du vivant par le capitalisme, c'est-à-dire de l'autodestruction de la civilisation capitaliste, se pose à nouveaux frais celle d'une révolution pour en préserver l'humanité et son environnement comme condition de vie

à cet égard, quel serait le sujet de cette révolution, que j'ai posé comme activité révolutionnaire plus que défini sociologiquement

l'intérêt immédiat du prolétariat industriel productif est de préserver son outil de travail lui permettant de vivre pour son salaire, c'est-à-dire ce qui produit la destruction de son environnement. On n'a pas commencé de sortir de cette contradiction, comme le montrent les oppositions entre luttes écologistes et revendications ouvrières

une révolution de civilisation se pose donc tant dans les termes d'une remise en cause de son exploitation par le prolétariat, auto-abolition en tant qu'objet-sujet du capital, que contrainte de l'ensemble de l'humanité, au capital et au prolétariat, contre le productivisme destructeur de ses conditions de (sur)vie

elle se présenterait donc, de ce point de vue écologiste, comme un mixte entre révolution à titre prolétarien (Théorie Communiste et autres théoriciens de la communisation), et révolution à titre humain (Temps Critiques). J'avais déjà renvoyé dos-à-dos ces approches faussement opposées sur la base de l'humanisme théorique et de leur anthropocentrisme commun dont l'aporie est la non remise en cause des rapports séparés humain-nature typique de l'occidentalo-centrisme

c'est encore une boucle théorique qui se boucle

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L'ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE, ça n'existe pas ? Jean ZIN...
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