PATLOTCH / COMMUNISME et CIVILISATIONS

CONTRE LE CAPITAL, LES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES, ÉCOLOGISTES... et POÉTIQUES !
 
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 PERMACULTURE : MODE ou 'RÉVOLUTION' ? Expériences et réflexions

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Patlotch



Messages : 1645
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: PERMACULTURE : MODE ou 'RÉVOLUTION' ? Expériences et réflexions   Lun 20 Aoû - 12:02


j'ai un peu hésité à ouvrir ce sujet, pour plusieurs raisons :

- la mode écologique dans laquelle se développe l'engouement pour la permaculture et les jardins en ville rend difficile d'en parler sereinement dans un contexte où l'idée de lutte de classes révolutionnaire renvoie toute expérience humaine au magasin des accessoires réformistes
- je n'ai de la chose qu'une expérience limitée, qui plus est sur une terrasse, et à vrai dire, les "méthodes" que j'utilise et que j'ai améliorées expérimentalement depuis une quinzaine d'années, avec une proportion égale de réussites et d'échecs, ne l'ont pas été en appliquant dogmatiquement des principes arrêtés pour cultiver "bio", bien que j'ai eu recours à des conseils glanés ici ou là (livres, blogs...)

ajout 17 septembre : j'ai modifié le titre. Pour certains, la permaculture est une révolution et dans l'agriculture et dans le rapport des humaines au vivant : permaculture révolution. Mode donc au double sens de la mode et de mode de vie, en lien, via Jacques Camatte et sa perspective de "régénérer la nature", avec le sujet LE CONCEPT DE RÉVOLUTION en questions



ce n'est pas ma terrasse, mais disons qu'elle s'apparente à ça

en clair je ne détesterais rien tant que d'être pris pour un "écolo-bobo"*

* comme antidote, voir, sur les deux versants du problème, les sujets la classe écologiste du capital et LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA ÉCOLOGISTE OU NE SERA PAS (écologie et marxisme)

je commencerai par préciser ce qu'on appelle permaculture, ceci à l'échelle d'un jardin de ville, petit terrain, terrasse ou balcon. Je parlerai des raisons qui m'ont amené à créer, progressivement, un jardin sur ma terrasse dont bonne partie en potager, avec quelques petits arbres fruitiers. Pour le reste et comme d'habitude*, documents, digressions, critiques...

* particulièrement comme dans le fil de la CUISINE avant toute chose, ou les marmites de l'avenir, cuisiner (avec) ce qu'on cultive étant bien sûr le but de la manœuvre


wikipédia a écrit:
La permaculture est une méthode systémique et globale qui vise à concevoir des systèmes (par exemple des habitats humains et des systèmes agricoles, mais cela peut être appliqué à n'importe quel système) en s'inspirant de l'écologie naturelle (biomimétisme ou écomimétisme) et de la tradition. Elle n'est pas une méthode figée mais un « mode d'action » qui prend en considération la biodiversité de chaque écosystème. Elle ambitionne une production agricole durable, très économe en énergie (autant en ce qui concerne le carburant que le travail manuel et mécanique) et respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques, tout en laissant à la nature « sauvage » le plus de place possible.

L'inspirateur de ce modèle d'agriculture naturelle est l'agriculteur japonais Masanobu Fukuoka (1913-2008). Cette méthode a été théorisée dans les années 1970 par les Australiens Bill Mollison (biologiste) et David Holmgren (essayiste). Le terme permaculture signifiait initialement « agriculture permanente » (permanent agriculture), mais il a été rapidement étendu pour signifier « culture de la permanence » car les aspects sociaux faisaient partie intégrante d'un système véritablement durable. Cette dernière signification est encore aujourd'hui sujette à polémique.

Avec ce sens étendu, la permaculture forme des individus à une éthique ainsi qu'à un ensemble de principes (design permaculturel). L'objectif étant de permettre à ces individus de concevoir leur propre environnement, et ainsi de créer des habitats humains plus autonomes, durables et résilients, et donc une société moins dépendante des systèmes industriels de production et de distribution (identifiés par Mollison comme le fondement de la destruction systématique des écosystèmes).

Elle utilise entre autres des notions d'écologie, de paysagisme, d'agriculture biologique, de biomimétisme, d'éthique, de philosophie et de pédologie. La permaculture invite à mettre ces aspects théoriques en relation avec les observations réalisées sur le terrain de façon harmonieuse.

[...] source

quelques distinctions


Citation :
L’agriculture biologique recouvre potentiellement le nombre le plus large de pratiques. Cultiver en bio veut dire ne pas utiliser d’intrans, ni de produits phytosanitaires issus de la pétrochimie. Pour autant, il existe un bon nombre d’agriculteurs bio, qui, à cette exception près, travaillent presque comme des agriculteurs conventionnels : cultures de plein champs, en rang, sur une terre dénudée, beaucoup de travail du sol, très peu de biodiversité, beaucoup de mécanisation.

L’agroécologie (en tant que pratique agricole) va plus loin. En plus de techniques comme le compostage, la recherche de complémentarité entre les espèces, la culture sur buttes…, elle va chercher à intégrer dans sa pratique l’ensemble des paramètres de gestion écologique de l’espace cultivé, comme l’économie et la meilleure utilisation de l’eau, la lutte contre l’érosion, les haies, le reboisement…

La permaculture n’est pas à proprement parlé un système agricole. Son objet est plus vaste. Elle consiste à construire des installations humaines durables et résilientes.

Elle va donc pouvoir intégrer l’ensemble des bonnes pratiques de l’agriculture biologique et de l’agroécologie mais également les énergies renouvelables, l’écoconstruction… Ses applications sont multiples : villes (notamment les villes en transition), entreprises, économie, énergie…

L’esprit de la permaculture est de relier tous les éléments d’un système les uns avec les autres, y compris les êtres humains. Tout particulièrement, la permaculture va chercher à recréer la grande diversité et l’interdépendance qui existent naturellement dans des écosystèmes naturels, afin d’assurer à chaque composante, et au système global, santé, efficacité et résilience. C’est un fonctionnement en boucle où chaque élément vient nourrir les autres, sans produire de déchets « exportables ». Dans son application agricole, la permaculture s’inspire beaucoup des forêts où le sol n’est pas travaillé.

L’agroécologie en tant que mouvement (dans l’acception qu’en donne Pierre Rabhi et Terre & Humanisme par exemple) se rapproche beaucoup de l’esprit de la permaculture, sans pour autant avoir développé le même corpus de pratiques comme le zoning ou les secteurs. Ils partagent en revanche les mêmes idées d’écosystèmes résilients, appuyés sur une vision holistique et sur l’utilisation intelligente et mesurée des ressources locales, pour le plus grand bénéfice des êtres humains qui y vivent.

je n'ignore pas que la seule évocation de Pierre Rhabi peut donner des boutons, en raison de ses références à l'anthroposophie et pour le dire rapidement de sa conception plutôt réactionnaire de l'écologie. Ça fait partie de la difficulté à aborder la question face aux avis tranchés sur le principe de l'amalgame en milieux militants, qu'ils soient d'extrême-droite ou d'ultragauche. Pour ma part, rien à cirer de Pierre Rhabi, un peu moins de Claude et Lydia Bourguignon, s'ils n'étaient pas devenus des gourous

comme contre-feu on peut s'informer de la permaculture dans les ZAD



Dernière édition par Patlotch le Lun 20 Aoû - 15:50, édité 2 fois
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Patlotch



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MessageSujet: Re: PERMACULTURE : MODE ou 'RÉVOLUTION' ? Expériences et réflexions   Mar 21 Aoû - 12:12


histoire et histoires de ma "terrasse-jardin"

pour commencer, je vais expliquer très précisément mes motivations et les conditions dans lesquelles je pratique le jardinage. Je dis "ma", "mes", étant entendu que nous vivons à trois dans ce qui est un appartement en copropriété, en banlieue Est près du quartier des Grands-Pêchers à Montreuil. Pour l'heure, je suis le seul "jardinier", mais pas le seul à en profiter

20 août

raisons et contraintes
locataires jusqu'en 2002, le montant du loyer et notre peu d'économies nous a fait opter pour acheter, plus loin de Paris et ne pouvant nous offrir une maison avec un jardin, un appartement avec une terrasse, mais de 7,50m sur 5m. Étant donné que nous ne disposons ni de garage ni de cave, une certain nombre de choses doivent y être entreposées, ces zones de rangement limitant encore les possibilités quant aux fonctions souhaitées, un endroit pour les repas sur lequel donne la cuisine (c'est en somme notre "salle à manger" d'été), des circulations et la partie cultivée, qui ressort actuellement à environ 8 m2, en pots et bacs. Elle pourrait être portée à 15 m2, sans compter les cultures en hauteur

l'exposition est au Nord-Est, avec l'ombre de la maison et du toit à mi-largeur en été, et trois murs de 1,60m sur les autres côtés, dont deux mitoyens avec d'autres terrasses, un en surplomb de 7m sur un jardin. Il s'en suit que les différentes zones vont de pratiquement toujours à l'ombre, à toujours au soleil en plein été. Le quartier est en altitude relativement au bas de Fontenay-sous-Bois, et balayé par les vents, dont des bourrasques violentes par temps d'orage, et des phénomènes propres à la configuration fermée des lieux : les plantes qui n'aiment pas le vent sont déconseillées, de même celles qui ont besoin d'un air humide (je n'ai jamais pu tenir plus de deux ou trois ans des érables japonais)

héritage et rêve de jardin

j'ai été élevé par des parents qui avaient un jardin potager, et des grands-parents paternels, fille et fils de paysans (métayers) qui étaient autonomes en matière de fruits et légumes, et de volailles, qu'ils n'achetaient jamais, le tout provenant du jardin ou de terrains loués (luzerne, patates, betteraves, fruitiers...). Vu le salaire et plus encore la retraite de mon grand-père cheminot, ce n'était pas du luxe. Pourtant, hors de vagues souvenirs, je n'ai hérité d'aucun savoir-faire en matière de jardinage (on ne m'a jamais confié que l'arrachage des "mauvaises herbes" et l'arrosage, que je vivais enfant comme des corvées). Adulte, pendant trente ans, j'ai vécu en petits appartements en région parisienne, et donc disposer d'un coin de terre était une sorte de rêve, que j'ai fini par réaliser... sur des dalles de ciments, ce qui ne va pas sans problème (étanchéité, drainage, évacuation, poids...)

les contenants
dans les premiers temps, hormis quelques pots en plastique ou en argile, de plus en plus grands, j'ai construit des bacs en bois récupéré sur les trottoirs les jours de ramassage des gros déchets. Vu mes antécédents familiaux et mes études techniques, je n'ai pas de problème pour bricoler le bois, j'ai fabriqué mes bibliothèques, mon bureau, des petits meubles... mais j'ai ici commis l'erreur d'utiliser aussi de l'aggloméré (qui boit l'eau, gonfle, pourrit, éclate) et de vernir les bois pleins avec des produits qui ne les protégeaient évidemment pas comme les bacs traités autoclave que l'on trouve dans le commerce, durables mais chers. Résultat, il faut en changer au bout de quelques années, casser, jeter, fabriquer... et j'ai opté pour un remplacement progressif par des bacs en fibrociment, peu lourds et résistants aux variations de température

moralité : la récup' c'est bien pour se lancer, mais avec des limites. Ce qu'on nous montre tout nouveau tout beau(bo), des bacs en palettes aux boîtes diverses, ne dure qu'un temps, sans parler de cultiver dans des cabas en plastique. D'une année à l'autre, entre deux photos ou deux vidéos séduisantes, c'est du boulot, et parfois pour rien, alors que si l'on pense les choses avant...

la terre et le compost


« Ce qui les ébahit par-dessus tout, c'est que la terre, comme élément, n'existe pas.» Flaubert, Bouvard et Pécuchet, III Science

quant à la terre, j'ai dû au départ l'acheter en sacs, des terreaux divers. Contrairement aux conseils donnés par les marchands, je ne l'ai jamais changée une fois épuisée ou pleines d'éléments indésirables supposés facteurs de maladies. Je l'ai nettoyée de racines ou autres (parfois à tort), désherbée à la main sans produits, mais surtout nourrie de ce que produisait mon compost réalisé dans un conteneur fourni par la commune pour 10 € (~ 30€ dans le commerce, modèle ci-dessous 400 litres) et normalement destiné à être posé sur la terre, car il n'a pas de fond. Il est alimenté par les déchets de cuisine et ceux du jardin suivant les règles à respecter en la matière (sur toutes ces questions, voir compostage). J'estime diminuer d'un tiers ce qui va à la poubelle



j'y ai mis une vingtaine de vers de terre ramassés ci ou là qui depuis douze ans se sont multipliés par centaines voire milliers. Quand ils (ou elles) ne sont pas content.e.s, ils descendent sous les dalles de ciment, remontent parfois dans les pots quand il pleut. Bref, les vers vivent leur vie et font leur boulot, tels ceux des poètes. Le résultat général, vu la taille du conteneur, est intermédiaire entre le lombricompostage et le compostage en grande quantité, la différence étant une moindre montée en température (guère plus de 50 à 60 degrés). On peut avec cette terre organique (en partie végétale mais aussi animale, en un mot vivante), quand elle est "mûre", faire du "jus de compost" avec lequel arroser de temps à autres

avec les années, et sans avoir utilisé sciemment les principes de la permaculture, que j'ignorais, comme le paillage ou le remplissage des pots en lasagne, j'estime donc qu'il n'est pas nécessaire de remplacer la terre, et pratiquement pas d'en acheter de nouvelle sauf extension, puisque la quantité produite remplace celle qui se perd. De ce point de vue se vérifie le caractère permanent de la permaculture

inutile de préciser que je n'utilise aucun engrais du commerce, comptant principalement* sur la richesse moyenne du compost pour que les plantes y puisent ce dont elles ont besoin, et des mélanges de bac à bac entre deux plantations, équivalent approximatif d'une rotation des cultures. Avantage ou inconvénient, avec le temps j'ai à peu près la même terre partout, ce qui va à l'encontre de l'idée telle plante => telle terre. J'ai des plantes sauvages du midi qui se sont faites à cette nécessité

* à vrai dire, j'ai fabriqué quelquefois du purin d'orties ou de pissenlit, qui relèvent plutôt du jardinage traditionnel que de la permaculture à proprement parler, dont j'ignorais alors les principes

retours d'expériences ?
en vérité j'ai davantage suivi des conseils glanés par mes lectures que véritablement tiré des leçons de telle ou telle pratique, tout simplement parce que j'ai jardiné en dilettante plutôt qu'en jardinier "de métier". Ce qui marchait ou ce qui ratait, je n'ai pas toujours su pourquoi, et c'est plus difficile que ça n'en a l'air. J'ai bien sûr repéré des erreurs (par exemple, dans la taille des tomates, ôter tous les gourmands ; mis des salades sous trop de soleil... et surtout quant à l'arrosage, sur quoi je reviendrai). Il y a eu des impondérables (telle année trop de pluie sur les tomates ou les pommes de terre, d'où maladies, et difficulté technologique de couvrir vu la hauteur à préserver compte tenu de la faible surface de plantation)

ensuite le tout est d'adapter ce qu'on fait aux conditions et contraintes, et la limite est la surface autant que l'ensoleillement, selon les plantes en hauteur, celles qui produisent dans le sol, ou en l'air. Là, il est évident que les conseils donnés pour qui commence la permaculture* (faire un plan de répartition préalable) sont un gain de temps et d'efficacité appréciable en années, en ce qui concerne la distribution des plantations selon l'ensoleillement tout au long de la journée et des saisons, les vents, etc.

les mélanges vertueux de plantes sont à favoriser, mais là encore, expérimentalement ça prend du temps (exemple : le basilic et les œillets-dindes sous les tomates, c'est excellent pour tous). De ce point de vue, ne pas hésiter à serrer voire superposer les pots et bacs, car cela crée des micro-systèmes y compris climatiques (température, ensoleillement, humidité...) ; je l'ai expérimenté cette année par hasard, car j'ai dû rapprocher les pots en raison d'un nouveau système d'arrosage automatique pour les deux semaines où je me suis absenté (j'y reviendrai), et cela a été bénéfique

* les meilleurs, car des moins fantaisistes, que j'ai trouvés sont de Joseph Jauffrey, avec son jardin à Sotteville-lès-Rouen



pour quelle production ?
je dis "dilettante" mais néanmoins avec un objectif, obtenir une production de quantité dépassant le seul plaisir et la fierté d'obtenir une mini-courgette, deux poivrons ou quelques tomates cerises pour l'apéro (quelques permaculteurs-tristes sont très fiers de mettre en photo sur tweeter leurs pots de balcons où l'on ne voit pas toujours des fruits). Au bout de quelques années, j'ai pu cueillir 20 à 30 kilos de tomates (trois mois sans en acheter), des plantes aromatiques (persil, thym, coriandre, basilic, ciboulette, cive, estragon, romarin, sauge, menthe, mélisse, verveine...) mais pas jusqu'à l'autosuffisance pour la cuisine quotidienne intensive qui est la nôtre. Les plantes japonaises ont posé quelques problèmes, notamment le shiso, dont la meilleure cueillette fut celle que je n'avais pas plantée, celle-ci se dégénérant d'une année sur l'autre et perdant tout son goût (problème de pollinisation croisée ?)



juin 2014

les fraises prennent beaucoup de place au sol si l'on veut plus de quelques desserts dans l'année. Il vaut mieux les planter en l'air, ce qui peut provoquer d'autres problèmes. Les pommes de terre de même pour la quantité, encore que je n'ai enterré que celles qui germaient, au petit bonheur, où replanté celles qui sortaient toutes seules du compost, en raison des épluchures. Les potimarrons itou (graines au compost), qui valent au moins pour la décoration, avec leurs grandes feuilles et des tiges qui s'étirent jusqu'à plusieurs mètres. Car on a de divines surprises...


groseilles et fleurs de navet, mai 2014

jardin d'Alexandrie

cultiver mon jardin ce n'est pas pour l'oseille
j'y mets pas un radis mais des fleurs de navets

j'aime m'en occuper comme de mes oignons
c'est bête comme chou mes carottes sont crues

ayant fait le poireau j'ai gros sur la patate
un vendeur de prunier m'a pris pour une poire

raconté des salades et laissé cornichon
(grosse légume c'est la fin des haricots)

je vais lui envoyer mes tomates pourries
plutôt que les farcir, le meilleur c'est le riz

je n'ai pas le melon, ne vais pas aux asperges
mais ramène ma fraise avant de les sucrer

je n'ai pas à rougir... heureux qui communiste
a fait un beau jardin où voyager de près

FoSoBo 9 juin 2014 22:57

note : l'oseille rouge est envahissante ; un spécialiste d'un grand magasin de jardinage m'a vendu un prunier pour un poirier ancien... Pour les expressions utilisées voir Histoire de légumes

arrosage
c'est une des plus grandes difficultés de la culture en pot, voire en bac, et qui exige a priori une présence continue, donc problème pour qui part en vacances (nous depuis longtemps pas plus de deux semaines d'affilée, vu les contraintes professionnelles de ma compagne ou familiales avec nos parents - les quatre sont morts en deux ans, de suites...)

il n'y a pas (encore) de sortie d'eau sur la terrasse, et donc c'est tuyau depuis le dessous d'évier et passant par la bouche d'aération de la cuisine*. De ce point, j'ai d'abord installé un tuyau d'arrosage. Les premières années, un ami ou la voisine étaient invités à passer pendant nos vacances. Le stade suivant fut la pose d'un programmateur horaire et d'un dispositif en hauteur de jet en parapluie au centre de la terrasse (programmé quelque 5mn matin et soir). Problème : les plantes en bac le long des murs étaient plus ou moins arrosées, et qui plus est sur les feuilles, ce que n'apprécient guère les tomates, qui poussent et mûrissent précisément dans la période où l'on part en vacances (juin à août-septembre)

* je songe à faire poser un robinet... clandestin : une terrasse avec l'eau augmente les impôts locaux...

parallèlement, j'ai installé un récupérateur d'eau sur le chéneau des eaux de pluies provenant du toit, ce qui permet de remplir et vider quelques arrosoirs tant qu'il n'est pas vide, autrement dit aux moments où l'on en aurait le plus besoin

cette année, devant m'absenter fin juillet-début août pour deux semaines et sous la menace de la canicule, j'ai installé un système automatique d'irrigation : gros tuyau, petits tuyaux, dérivations... sans trop de fioritures (les gadgets pullulent, dont nombre inutiles). 10mn matin et soir. Vu les hauteurs différentes des différents bacs et pots, il faut pas mal d'essais-ajustements pour obtenir des pressions permettant d'arroser toutes les plantes. Le résultat à notre retour est globalement positif. Les quelques plantes non arrosées étaient mortes, les autres en plutôt bonne forme, du persil comme jamais (j'en avais secoué les graines de l'an passé) et des tomates à profusion, y compris des "sauvages", repoussées de graines perdues de tomates cerises tombées de l'année dernière; un potimarron honnête de ~15cm. Bonne feuillaison d'été sur le lilas et les fruitiers (j'y reviendrai), etc.

depuis que nous sommes rentrés, je mets le système en service manuellement de façon plus contrôlée en durée et débit, en fonction du temps et des résultats (les tomates éclatent si trop d'eau...), et je complète à l'arrosoir où il convient

mais bon, je le répète, cultiver en pot et bac sur la durée, c'est du point de vue de l'arrosage une gageure. Qui prétend qu'un jardin en permaculture hors-sol est pratiquement autogéré avec quelques minutes d'intervention par jour, celui-ci - celle-là -, est un.e petit.e plaisantin.e (?)

PS : durant notre absence, notre fils de 21 ans était présent, a invité ses copains pour des barbecues et autres, mais j'ai préféré ne rien lui demander... Du coup, il a quand même ramassé les tomates


les insectes et autres petites bêtes

pour simplifier, je classe...

- les "nuisibles"
précisons que je n'ai pas trop de scrupules "vegan" mais pas non plus de phobie criminelle envers tous animaux. Sur la terrasse, on trouve des bêtes dont on se demande comment elles sont arrivées là, notamment celles qui, n'ayant pas lu Proudhon, ne volent pas : limaces grises dévorant les salades et autres, petits escargots, sauterelles vertes spécialisées dans la groseille qu'elles finissent par détruire, punaises vertes (d'abord noires et blanches) dans les tomates, fourmis élevant les pucerons sur les hautes feuilles des arbustes, charançons, etc.



Patlotch septembre 2014, punaise verte

pour tous ceux-là existent diverses recettes plus ou moins écolos. Les limaces, c'est la nuit à la lampe de poches, des dizaines pendant quelques jours, les écraser ou les jeter vivantes ailleurs ; les charançons ou assimilés, qui ne sortent que la nuit, de même ; les fourmis, des poudres ; les pucerons, savon noir en pulvérisation ; les sauterelles, comme on peux si on les trouve...


sauterelle verte dans les groseillers

- les "utiles"
une règle absolue est de le pas les détruire, à commencer par ceux trop petits pour qu'on les voit, sortant du compost et participant à la décomposition de la terre et à la fabrication de l'humus... Donc les produits pesticides, sans commentaire. On y trouve aussi de grosses larves de cétoines, pas de problème ; ni avec les araignées, sauf petites rouges et autres, qui trimbalent des maladies. Il y a encore, bien sûr, les abeilles, les bourdons, les syrphes...  tous pollinisateurs indispensables



Patlotch 2014, bourdon des champs dans l'abélia

la nuit, c'est plus compliqué avec les papillons, particulièrement ceux qui raffolent des choux, feuilles de navets, salades, etc. je n'ai pas (encore) de recette miracle

je reviendrai ailleurs sur les diverses mouches, guêpes et frelons

cette année, belle surprise avec les mouches-soldats, dont j'ai parlé ailleurs, qui ressemblent à des guêpes noires, sont inoffensives, un peu molles, et ont pondu au-delà de l'imaginable dans le compost, cent fois plus rapides que les vers de terre pour broyer les éléments même durs (on les entend grignoter, le niveau descend d'un jour à l'autre), mais produisent un jus à forte odeur acide et qui dit-on fait fuir les lombrics



photo M. Ponsot, source

j'ai laissé faire. De retour de vacances, plus d'asticots de mouches noires, et une génération de jeunes vers de terre en plein travail. Je suppose que la très forte chaleur et l'absence d'arrosage du compost ont eu raison d'elles, à moins qu'elles ne se soient envolées se faire voir ailleurs, car je n'ai trouvé que peu de cadavres


guêpe noire (Isodontia mexicana) sur du fenouil,
à ne pas confondre avec la mouche-soldat (Hermetia illucens)
source, photos Patlotch la petite bête

21 août

je reviendrais ultérieurement sur les arbustes, fruitiers, et fleurs comestibles ou pas, les oiseaux... Les prochains commentaires s'élargiront à des expériences menées ici ou là et à des considérations plus générales

(à suivre)

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Patlotch



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MessageSujet: Re: PERMACULTURE : MODE ou 'RÉVOLUTION' ? Expériences et réflexions   Lun 27 Aoû - 11:55


conversation avec un compostiste

Le potager minimaliste @potager_minimal tweeter 26 août


Citation :
Le potager minimaliste : - Y-a-t-il des adeptes du compostage de surface dans des pots de fleurs parmi vous ?

Patlotch : - ben ça dépend : je mets à la surface des pots du compost à moitié mûr, mais pas directement des déchets

- Du compost de jardin ?

- non, en composteur sans fond sur une terrasse de dalles ciments, entre compostage de jardin et lubricompostage. Voir mon sujet [renvoi ici]. Précision : la terrasse est hors sol au deuxième étage, les dalles reposent sur des plots avec étanchéité de la dalle béton. Donc pas de terre profonde, les vers circulent selon leurs besoins, remontent dans les pots quand il pleut...

- Super, mais du coup les vers se retrouve sous les dalles à l'air libre ? Il doivent être au frais du coup ! Et comment vous récupérez le jus ?

- sous les dalles, il y a toujours une sorte de boue, une perte des pots. Je ne récupère pas le jus, je prends du compost plus ou moins mûr et le dilue dans l'arrosoir. Je rejette le dépôt dans le compost ou dans les pots...

- D'accord et aucun soucis avec l'humidité sous le composteur ? J'ai adoré votre témoignage, je m'y reconnais bien
Dommage de ne pas profiter du jus, doit y avoir un moyen de bricoler quelque chose non ? Le problème c'est qu'il faut vider le composteur quoi...

- merci. C'est improvisation depuis une douzaine d'années. Du fait d'un composteur sans fond sur dalles hors-sol, j'ai mis un grillage. Dire "entre compost jardin et lombricompostage" est un résumé (centaines de vers), mais je ne vois pas l'intérêt du jus en tant que tel

- Le jus perdu c'est de l'engrais perdu..

- ça ne coule pas comme d'un lombricomposteur, l'humidité est absorbée par les déchets, et je remue assez souvent

Le compostage en surface, c'est quoi ? PotagerDurable. Intéressants commentaires sur diverses expériences, bien qu'au jardin, pas en terrasse

il existe aussi une méthode pour faire du compost en pots, et cultiver directement dessus. Je ne l'ai pas essayée, mais il pousse, en bas du composteur, des tomates, potimarrons, des graines de l'année précédente (tomates cerises dégrainées en cuisine ou tombées abîmées) ou des patates des épluchures qui germent à l'intérieur. Moralité : éviter de jeter au compost les graines de "mauvaises plantes" si l'on ne veut pas qu'elles envahissent les bacs et pots



compostage en sac

rappelons en effet qu'un des principes du compostage est, en grande masse, la montée en température : 70 à 80°C dans des tas de plusieurs dizaines de m3), alors qu'on obtient au mieux 50 à 60°C en composteur de moins d'un m3. Le mien fait 400 litres. En dessous de 60°C, les graines ne meurent pas. Ce sont essentiellement les vers de terre et bactéries qui font le boulot de transformation, c'est pourquoi je parle d'intermédiaire entre lombricompostage et compostage de jardin

par ailleurs, composter en surface dans des pots attire pas mal de bestioles (les fruits particulièrement), et l'équilibre vert/brun (azote/carbone), humidité et l'air, n'est pas évident à maintenir dans plusieurs pots, d'où possibilité de pourritures, mauvaises odeurs, etc.

l'art du compost n'est pas un long fleuve tranquille, quand on veut mettre la campagne à la ville


« On devrait construire les villes à la campagne car l'air y est plus pur ! »
Alphonse Allais


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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: PERMACULTURE : MODE ou 'RÉVOLUTION' ? Expériences et réflexions   Dim 16 Sep - 16:27


Quand les Aztèques faisaient de la permaculture…
Catherine Pizani[1] Transition France 13 septembre 2018

Le jour où Cortès arriva aux abords de Tenochtitlán (l’ancêtre aztèque de la ville de Mexico) il regarda longuement ce paysage fait de canaux et de Chinampas[2] sans savoir exactement ce qui le surprenait le plus : la beauté de la cité lacustre ou le génie de son système hydraulique.


Crédits photo : peinture de Diego Rivera. Source : Entorno Turístico

Cortès y rencontra certainement l’ancêtre nahua[3] de Pedro, cultivateur dans une des chinampas et qui se présente en nahuatl de la façon suivante : « mon glorieux passé est écrit dans le ciel, la terre, les fleurs et l’air et dans les pierres. » Sa famille cultive des parcelles à Xochimilco[4] depuis des générations.


Crédits photo : Museum of New Zealand

Véritable prouesse architecturale, Tenochtitlán était au tout début une petite île perdue au milieu de l’immense lagune de Texcoco que les Mexicas[5] ont transformé peu à peu en cité lacustre autosuffisante grâce à un réseau de potagers et de jardins construits dans les marais et marécages de la vallée de Mexico. Au fil des siècles la cité lacustre est devenue un modèle de durabilité qui suscite encore aujourd’hui la curiosité voire l’admiration de nombreux historiens et spécialistes de l’environnement.

Citation :
Les chinampas sont l’ancêtre de la permaculture et de l’aquaponie au Mexique. Ce sont de petites parcelles de terre faites à partir d’un matelas végétal constitué de couches successives de matière organique et de boue riche en nutriments. Quand les Aztèques voulaient immobiliser la parcelle, ils le faisaient grâce à des pieux plantés dans le fonds de la lagune ou à l’aide de saules qu’ils plantaient tout autour du potager. En poussant, les racines des arbres finissaient par immobiliser la parcelle. Sur les potagers ils répandaient une couche de matière organique puis une autre de boue fertile jusqu’à ce que la superficie de la parcelle dépasse d’au moins un mètre celle de l’eau. Au moment des cultures ils replantaient les semis dans d’autres potagers préparés avec de la boue, différents matières biodégradables dont des excréments et un savant mélange végétal. Très tôt les semis n’avaient plus besoin d’être arrosés puisqu’ils absorbaient l’humidité du sol lui-même irrigué par l’eau de la lagune. Un système agricole qui témoigne de l’inventivité du peuple aztèque dans une vallée inhospitalière aux centaines de marais et marécages insalubres.


Maquette représentant les chinampas qui alimentaient les habitants de Tenochtitlán. Crédits photo : Museum of New Zealand


Les chinampas actuelles. Crédits photo : Sedema

Le système ingénieux sur lequel reposent les chinampas a non seulement permis aux Aztèques de subvenir aux besoins croissants de leur population pendant des siècles mais aussi d’étendre leur empire militaire, de développer leurs villes et de mettre en place un système agricole très efficace à partir de petites parcelles de terre extrêmement fertile. Leurs techniques agricoles étaient uniques par rapport à celles d’autres peuples chasseurs-cueilleurs qui faisaient plutôt de l’agroforesterie sur des grandes parcelles.


Crédits photo : (Sources : Coe, 1964 ; Moriarty, 1969)

En 1519, les conquistadors espagnols découvrent avec fascination un enchevêtrement de canaux d’irrigation, de digues, de ponts, de parcelles flottantes, de drainages, de terrains sédimentés qui permettaient non seulement d’importer et d’exporter des marchandises de la cité mais aussi de cultiver une variété de légumes, de fleurs et de fruits impressionnante.

Les cinq grands lacs qui se trouvaient dans la vallée de Mexico ont ainsi permis à la civilisation aztèque de laisser libre cours à son génie architectural et agricole. Tenochtitlan entourée de ces centaines d’îles artificielles a pu prospérer grâce à un système d’irrigation conçu pour faire circuler l’eau, les sédiments et aussi les poissons entre les chinampas. Le sud de la lagune était divisée par une digue qui séparait les eaux saumâtre de l’eau douce et alimentaient ainsi en eau potables les cités lacustres de la vallée.

Un paysage architectural magnifique et complexe dont les fondements reposaient sur des techniques agricoles élaborées, écologiques et durables : les potagers et jardins flottants ont non seulement permis de diversifier les cultures mais aussi de satisfaire les besoins des générations suivantes. Un équilibre écologique surprenant qui donnait au moins trois récoltes à l’année et a ainsi contribué à la prospérité du peuple aztèque.

Qu’en est-il aujourd’hui de ce miracle écologique ? Que reste-t-il du génie agricole des Aztèques ? Les jardins flottants de Xochimilco, l’un des tout derniers quartiers de la cité lacustre aztèque sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1987 pour leur témoignage des techniques préhispaniques d’aquaculture. La FAO[6] reconnaît les chinampas comme faisant partie du patrimoine agricole mondial et comme techniques agricoles permettant de contribuer à la sécurité alimentaire. Cependant, ce fragile équilibre écologique est aujourd’hui menacé par le déversement d’une partie des égouts de Mexico qui polluent l’eau et les sols, un tourisme mal géré, de nouvelles techniques agricoles pollueuses, une urbanisation forcenée et certains conflits internes entre les acteurs de cette zone.

A l’époque aztèque, les chinampas couvraient une superficie de 120 km² et nourrissaient jusqu’à 100 000 personnes. Elles ne représentent plus aujourd’hui que 40 km² au sud de Mexico (dans l’arrondissement de Xochimilco) et font partie d’un tissu urbain dense.[7]

De la cité lacustre aztèque il ne reste désormais que quelques centaines de parcelles que certains agriculteurs comme Pedro[8] continuent de cultiver en utilisant les mêmes techniques ancestrales. La terre est généreuse, fertile, très fertile et Pedro la travaille avec respect comme l’ont fait ses ancêtres. Ce système agricole très particulier qui a permis de bâtir un empire dans le passé peut être une solution aux problèmes environnementaux et alimentaires de la ville de Mexico.

À l’heure des changements climatiques, de l’insécurité alimentaire, d’une urbanisation rampante qui affecte la plupart des pays en développement, ne serait-il pas judicieux de reprendre ces techniques agricoles ancestrales? La chinampa est un petit paradis qui répond aux normes de la permaculture. C’est un mode de culture agro-écologique qui rend de nombreux services écosystémiques, produit ses engrais naturels, recycle son eau, veille à la diversité de ses espèces et nourrit l’être humain.

Cette alliance magnifique entre l’homme et la nature nous montre que l’on peut combiner le meilleur du passé avec les exigences de notre présent. Au-delà de la volonté politique il faut peut-être aussi un peu de sagesse paysanne aztèque…


Crédits photo : cndp


[1] http://lebureaudelatraductrice.com/

[2] La chinampa vient de deux mots nahuatl « chinamitl » qui veut dire « enchevêtrement de troncs, de rondins, de roseaux » et « pan » qui signifie « au-dessus de quelque chose ». Les chinampas sont des terrains maraîchers quadrillés par de multiples canaux. À la différence des jardins flottants elles sont stabilisées par des pieux ou des racines.

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Nahuas

[4] Quartier qui se trouve au sud de Mexico et qui est un vestige de la cité lacustre qui a existé il y a plusieurs siècles.

[5] Peuple fondateur de Tenochtitlán (en 1325), l’ancêtre de Mexico. Ce peuple était d’origine aztèque.

[6] Organisation des Nations unis pour l’agriculture et l’alimentation

[7] Pour plus de détails : https://www.youtube.com/watch?time_continue=1545&v=a7GrUo5Y11s

[8] Voir lien suivant : https://www.youtube.com/watch?time_continue=1545&v=a7GrUo5Y11s

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Patlotch



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MessageSujet: Re: PERMACULTURE : MODE ou 'RÉVOLUTION' ? Expériences et réflexions   Lun 17 Sep - 18:54


hasard ou nécessité, sur de petits ou grands terrains, les esprits se rencontrent


Notre chantier BRF chez Jacques Camatte à Belaye
(46) Maxime Fau
Citation :
4 février 2014

le chantier participatif du Dimanche 16 Février chez Jacques Camatte consistera à broyer du BRF [Bois raméal fragmenté] le matin et l'après-midi pour l'épandre sur la zone du futur potager, entrecoupé d'une partie théorique animée par Pierre-Yves sur l'utilisation du bois, comment, pourquoi, les mycorhizes... et bien sûr l'auberge espagnole et encore des gens merveilleux à rencontrer ou à revoir

Jacques nous expliquera ses projets, ses expériences, son verger à Bélaye (46)

'un groupe Sud-Ouest' de permaculture "Brin de Paille"

17 février 2014

Jacques est une personne superbe, âgée et pourtant plein de beaux projets de permaculture pour l'avenir, et qui ne s'est pas économisé dans l'effort physique de ce chantier.

Pour nous treize ce fut effectivement une bravade au mauvais temps et aux épines que de défricher les pruniers sauvages et autres pour les transformer en broyat grâce à Marcel.

A cause du sol trop humide nous n'avons pas pu épandre au pied des arbres fruitiers du grand verger, mais Denis le fera certainement très vite.

Ce fut une très belle rencontre, l'auberge espagnole aussi avec un tour de présentation qui renforce les liens, et toujours du transfert de connaissances.

On va continuer ces chantiers et on tachera de garder des traces vidéo et photo :





Les bois raméaux fragmentés, ou BRF, sont pour certains une révolution agronomique. Il s'agit d'apporter directement au sol de jeunes rameaux de feuillus broyés, issus de la taille de haies ou d’élagage.


Citation :
Les premiers essais de la technique BRF remontent aux années 1970 où quelques chercheurs québécois ont eu cette idée saugrenue. Renouvelés avec toutes sortes de cultures et sous différents climats, les résultats de ces essais semblent très encourageants : importante production d’humus, amélioration très nette de la structure des sols, rendements accrus avec des effets prolongés sur trois ans, importante réduction des besoins en eau, moins de désherbage, de maladies et de ravageurs...

Recréer un humus forestier

En fait, tout se passe comme si on reproduisait, en les accélérant, les processus en œuvre dans la formation de l’humus forestier. Les bois raméaux, extrémités des branches des arbres de diamètre inférieur à 8 cm, concentrent 80 % de tous les nutriments des arbres. La plupart de ces nutriments sont assez facilement dégradables. L’un d’eux, la lignine – matériau carboné qui assure la rigidité et la durabilité du bois – l’est beaucoup moins. Mais dans les petits rameaux, elle n’a pas encore acquis la stabilité qu’elle acquiert dans les plus grosses branches. Au contact du sol, après broyage des rameaux, cette lignine est rapidement attaquée par une famille de champignons, les basidiomycètes du sol, également appelés "pourriture blanche". Cette déconstruction de la lignine stimule considérablement la vie du sol en provoquant toute une série de transformations et elle produit de grandes quantités d’humus. L’utilisation directe des BRF permet de faire l’économie du processus du compostage, avec une efficacité supérieure puisqu’il n’y a ni montée en température, ni perte d’éléments.

Produire des BRF
Au jardin, la première difficulté consiste à produire ou à se procurer une quantité importante de BRF. La plupart des broyeurs à végétaux de jardin ne peuvent accepter des branches de diamètre supérieur à 4 cm. Et les apports recommandés par les initiateurs de cette technique sont très importants : 3 cm d’épaisseur sur toute la surface cultivée. A moins de posséder un grand jardin boisé ou de très longues haies, l’autoproduction avec un broyeur de jardin ne permettra pas d’apports aussi importants sur toutes les parties cultivées, d’autant qu’il faut exclure les branches de résineux. Plusieurs solutions :
- apports limités à quelques cultures (arbres et arbustes fruitiers, tomates, aubergines, rosiers…) selon les quantités produites sur place,
- apports alternés un an sur deux ou trois,
- apports moins importants (1 ou 2 cm) chaque année,
- ou encore achat de broyat de feuillus auprès d’un élagueur ou du service espaces verts de sa commune (pas facile car ils sont de plus en plus valorisés).

Comment les utiliser ?
Il est préférable d’épandre les BRF peu après le broyage, à l’automne ou au début du printemps et de les incorporer rapidement à la couche superficielle du sol (5 premiers cm). En effet, le développement des champignons basidiomycètes peut provoquer des problèmes de "faim d’azote" (jaunissement, croissance ralentie) sur des végétaux plantés ou semés juste après l’incorporation des BRF : dans une première phase qui dure au moins un mois, les champignons prélèvent de l’azote dans le sol.
Evitez également d’utiliser des fongicides, y compris à base de cuivre, qui s’accumulent dans les sols et inhibent le développement des champignons.
Vérifiez la présence des champignons de pourriture blanche une semaine ou deux après l’incorporation. Un mois (minimum) après, plantez ou semez.
On peut également utiliser les BRF en mulch (couverture du sol) sans incorporation, notamment au pied des arbres et arbustes fruitiers, des rosiers et autres vivaces. Les effets fertilisants seront moins importants, le développement des champignons et la dégradation de la lignine se faisant de manière beaucoup plus progressive ; mais ce mulch assurera une excellente protection contre la sécheresse et réduira le développement des mauvaises herbes.

Antoine Bosse-Platière


ce commentaire est en relation avec LE CONCEPT DE RÉVOLUTION en questions où il est question de "Jacques Camatte et nous"

quand on croise la recherche communisation et permaculture, on trouve quelques commentaires au texte diffusé par Libcom en mai 2014, Disaster communism part 2 - communisation and concrete utopia, les voici :


Citation :
kingzog Jun 3 2014 17:12
As long as "sustainable" doesn't refer to small scale gardening in the cities or permaculture and refers to a way of "sustainably" continuing large scale industrial farming, then it's good. Oftentimes "sustainable" refers to farmers markets and crypto-primitives agriculture that could never sustain current population levels.

globno Jun 24 2014 07:55
Applying some permaculture can be just as industrial and productive as the modern dominant techniques. Seriously though it sounds like you haven't ever studied botany. You know what Mao's solutions to troubles in agriculture were and I can assure you we are in a far worse stat of affairs in today agriculture. Soil degradation is real not to mention the countless other shit that the leading agricultural methods produce. I want fucking massive self-replenishing forests of food and industrial food gardens not rows and rows of self defeating bullshit that will eventually kill the soil and constantly lower crop yields.

Also fuck sustainability, sustaining is not a good fucking goal at all.

But seriously the leading trends in agriculture have caused famines, droughts, the dust bowl, massive species die-off, degradation of crops, depletion of the soil etc etc etc

This isn't about wanting to go back to some fabled past, this is about not marching over a fucking cliff because it's what happens to be going on. I got family in Kansas that farm corn and soy and damned if they don't know growing crops like they do is killing them and they land they're on.

"Can you not see that it is the INDUSTRIAL SYSTEM...which must be changed?" - Lucy Parsons

nous avons introduit ce sujet en tentant de discerner la mode de la permaculture jusque dans son ridicule bobo, de son intérêt dans un contexte de rupture avec le capitalisme, donc avec "l'agriculture industrielle", car la permaculture comme technique n'exclut pas son industrialisation dans l'esprit du capitalisme vert, du développement durable ou de l'agriculture et du commerce soutenables, toutes utopies dont Camatte n'est pas plus suspect que moi (cf la classe écologiste du capital). Il y a aussi un facteur quantitatif pour qu'émerge un changement significatif à l'échelle mondiale, et la permaculture comme style ou mode de vie n'est pas la panacée universelle, mais tout de même, si j'ose dire, un mode de production... de la vie

 scratch

maintenant, on peut aussi procéder par amalgame, pourquoi pas Jacques Camatte = Pierre Rhabi = Patlotch... Nous sommes habitués à ces procédés, tels que la discussion chez Libcom en donne quelques exemples. Au demeurant on a vu la méthode de Théorie Communiste pour évacuer avec TC26 tout intérêt à la pensée et aux luttes décoloniales. Histoire de faire d'une pierre deux coups, et de bien cerner ses "contre-révolutionnaires", nous suggérons à ses adeptes de faire de même avec la permaculture, par exemple via le texte Decolonizing Permaculture

à propos de Pierre Rhabi déjà signalé : L'ARNAQUE PIERRE RABHI...! Brigitte Pascal, Blog Médiapart 30 juillet 2018

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Patlotch



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MessageSujet: Re: PERMACULTURE : MODE ou 'RÉVOLUTION' ? Expériences et réflexions   Mer 19 Sep - 14:22


situer la permaculture et l'écologie radicale dans une perspective révolutionnaire
de changement communiste de civilisation

j'ai déjà émis l'idée que l'on ne peut parler de "civilisation industrielle" en dehors du mode de production/reproduction capitaliste. Je préfère parler de "civilisation capitaliste", voire de "capitalocène", et de changement communiste de civilisation plutôt que de « démanteler la civilisation ». Il s'agit aussi de créer un clivage avec toutes robinsonnades tendant à vouloir créer une humanité de bons sauvages. Par ailleurs, je ne suis pas favorable aux centrages idéologiques sur un seul concept qui engloberait ou ignorerait d'autres approches radicales, que ce soit le marxisme, le décolonial, ou l'écologie radicale... Elles sont toujours la source de "rackets" militants et d'exclusions de tout ce qui n'entre pas dans leurs visions totalisantes. Cela posé, je partage avec l'auteur de cet article l'idée implicite qu'il ne s'agit pas d'attendre la révolution

corollaire, je ne partage pas l'opposition entre Communisme de l’attaque et communisme de la défection, de Marcel (Meeting 17 mars 2007) ni la réponse de Théorie Communiste (14 mai 2007)



Pourquoi tous les enseignements de permaculture devraient inclure le soutien d’une culture de résistance
Essai initialement publié (en anglais) sur la Colorado Permaculture Guild


Actuellement, la permaculture opère dans le domaine de l’écologisme grand public et semble croire que la culture actuelle peut être transformée. Pourtant, les permaculteurs feraient mieux de s’aligner avec les écologistes radicaux qui soutiennent le démantèlement de la civilisation, parce qu’ils ont conscience de son caractère irrémédiable , et parce qu’elle détruit la vie sur la planète.

Citation :
Voici quelques raisons auxquelles j’ai pensé :

Le mouvement de la permaculture a toujours navigué à contre-courant des croyances et des principes de la civilisation mondiale, percevant la nature comme une partenaire, une enseignante et une guide que l’on honore et dont nous dépendons totalement. Ce qui s’oppose fondamentalement à la vision culturelle de la civilisation occidentale, selon laquelle le monde naturel est là pour nous servir, pour être utilisé et abusé à volonté, et selon laquelle cet abus est justifiable.

La pratique permaculturelle est, par définition, une tentative de se séparer du modèle d’exploitation et d’importation de ressources dont dépend la civilisation. Le concept de la vie permanente en un lieu est à l’opposé du schéma récurrent des civilisations. Les civilisations ne peuvent rester en place. Elles importent et exploitent violemment leurs ressources humaines et naturelles, épuisent leurs écosystèmes, connaissent des surpopulations, et s’effondrent en ne laissant que des terres épuisées dans leurs sillages. La civilisation industrielle occidentale joue actuellement ce script à l’échelle mondiale. La permaculture ne peut non seulement pas exister dans le cadre de la civilisation, mais elle ne peut simplement pas coexister avec une civilisation qui dévore le globe. Je pense qu’il n’est ni éthique ni possible pour les permaculteurs de tenter de le faire.

Une autre raison est liée aux visions communes de primauté de la Terre partagées par les écologistes radicaux et les permaculteurs. La première éthique de la permaculture est de « prendre soin de la Terre ». Sans ce principe de base, les seconde et troisième éthiques, « prendre soin des gens », et « redistribuer le surplus à ceux dans le besoin », sont impossibles. Les organismes sains produisent du surplus comme une manière de nourrir et d’enrichir l’écosystème dont ils font partie. Simplement dit, si la santé de la communauté biotique dont nous participons n’est pas considérée comme primordiale, notre culture ne sera pas viable.

Comme l’explique Derrick Jensen dans sa 16ème prémisse du livre Endgame, « la Terre est ce qui importe. Elle est élémentaire. Elle est notre maison. Elle est tout. »

Il y a des comportements communs à la Permaculture et au mouvement de l’écologie radicale. Les permaculteurs œuvrent avec et non pas contre la nature. Le respect de toute vie est inhérent à la permaculture. L’estime des gens et de leurs capacités crée plus de diversité, plus de créativité et de productivité dans la permaculture et dans les communautés de l’écologie radicale. Le parallèle entre les mouvements de l’écologie radicale et de la permaculture est particulièrement frappant à travers deux principes de design permaculturels : chercher à préserver, à régénérer et à étendre tous les paysages naturels et traditionnels est un objectif commun à ces deux communautés ; préserver et accroître la biodiversité est considéré comme essentiel par les écologistes radicaux et par les permaculteurs.

Une des principales raisons pour lesquelles la permaculture devrait faire partie d’une culture de résistance est que ses deux principes primordiaux incitent logiquement au démantèlement de la civilisation. La civilisation a prouvé sa destructivité vis-à-vis des écosystèmes, et ce depuis son avènement. La civilisation industrielle occidentale entraîne la destruction totale de tous les écosystèmes de la planète.



Aric McBay a écrit : « la culture dominante mange des biomes entiers. Non, cette formulation est trop généreuse, parce que manger implique une relation biologique naturelle ; cette culture ne fait pas que consommer les écosystèmes, elle les anéantit, elle les assassine, l’un après l’autre. Cette culture est une tueuse en série écologique, et il est plus que temps que nous nous en rendions compte ».

Une réponse à la hauteur de cette destruction est nécessaire. Les tactiques du mouvement environnemental ont été jusqu’ici insuffisantes. Nous perdons. Il est temps de changer de stratégie. C’est pourquoi le mouvement de l’écologie radicale préconise que toutes les tactiques soient envisagées en tant que moyens de stopper la destruction de la planète. Ce qui comprend, sans s’y limiter, la pratique de la permaculture, la législation, l’action juridique, la désobéissance civile et le sabotage industriel.

Présenter le mouvement de la permaculture comme l’unique solution contre la destruction globale pose plusieurs problèmes. Bien qu’effectuer une transition vers la soutenabilité dans nos propres vies soit important, il est encore plus important de confronter et de démanteler les systèmes de pouvoir oppressifs qui propagent l’insoutenabilité, l’exploitation et l’injustice à échelle mondiale. D’ailleurs, si ces systèmes perdurent, les gains liés à la pratique de la permaculture seront balayés par la vague de destruction générée par la civilisation.

« Tout système économique ou social qui ne bénéficie pas aux communautés naturelles sur lesquelles il se base est insoutenable, immoral et stupide. La soutenabilité, la moralité et l’intelligence (ainsi que la justice) requièrent le démantèlement de tout système économique ou social de ce genre, ou au minimum qu’on l’empêche d’endommager le monde naturel »
, a écrit Derrick Jensen.

Le second principe directeur de la permaculture, « l’équité intergénérationnelle » nécessite également une action immédiate face à la force destructrice de la civilisation. Ce principe affirme que les futures générations ont les mêmes droits que nous de bénéficier d’une nourriture saine, d’un air et d’une eau propres, et de ressources. Cette affirmation est vraie pour les humains et les non humains, sans aucune distinction. Des espèces entières sont quotidiennement éliminées à cause des activités de la civilisation industrielle. Pour elles, « l’équité intergénérationnelle » n’existe plus depuis longtemps, et chaque jour qui passe, de nouvelles espèces sont détruites. Permettre à cela de continuer est inadmissible.

La permaculture se base sur une observation minutieuse du monde naturel, et ne peut selon moi parvenir à son plein potentiel qu’au sein d’une communauté humaine reconnaissant les lois naturelles des écosystèmes comme primordiales. Toute autre pratique différente de la permaculture équivaut à subvertir nos principes et à trahir tout ce qui nous nourrit et nous soutient, tout ce qui est sacré, notre planète vivante. Nous n’appartenons véritablement qu’à une culture de résistance.

Les permaculteurs comme les écologistes radicaux savent que la Terre est tout, qu’il n’y a rien de plus important que cette planète, que la vie elle-même. Nous lui devons tout, et sans elle, nous mourrons.

C’est ainsi, nous avons besoin les uns des autres, de tout le monde, et de toutes les tactiques que nous pouvons rassembler pour défendre la Terre.

Nous n’avons jamais été en mesure de nous offrir la civilisation.

« le rôle d’un activiste n’est pas de naviguer au sein des systèmes d’oppression avec autant d’intégrité personnelle que possible. C’est de démolir ces systèmes. » Lierre Keith

Jennifer Murnan / Deep Green Resistance
Traduction: Nicolas Casaux

Édition & Révision: Héléna Delaunay & Maria Grandy

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MessageSujet: Re: PERMACULTURE : MODE ou 'RÉVOLUTION' ? Expériences et réflexions   Dim 23 Sep - 15:13


reçu d'un ami, son témoignage. Nous avons vu plus haut le BRF, il est question ici de la méthode Jean Pain


Citation :
Sur la permaculture, je n'ai jamais pratiqué, je verrai si je suis admis au "jardins partagés" de ---, car bien qu'ayant postulé lors de leur création, il y a plusieurs années de ça, je n'ai jamais eu de suite, l'espace est relativement réduit, tout au plus quelques 10 parcelles de 30m2 chaque, et il y a déjà une... liste d'attente. J'ai souvent jardiné, toujours bio, ici ou là au gré des rencontres et déménagements, dans le Gard [...]

Je connaissais la méthode Pain, immersion de débris de bois, puis broyage (broyeur Pain...)  couche de plusieurs dizaines de cm et plantation. Expérience dans le Var, au milieu d'une pinède sans arrosage.

Existait aussi le jardinage sans labours, ni désherbage avec re-semis spontané, au Japon.

Il y a beaucoup de plantes dans notre vie, des vivaces d'appartement, en fait de "loggia", certaines récupérées, car trouvées, jetées sans plus d'égards, d'autres achetées, ou données. Il y a les anciennes, et j'ai eu de la peine lorsque j'ai vu dépérir l'asplénium, le doyen, plus de vingt-cinq ans...

Récemment (l'année 2016)  j'ai trouvé un Monstera dans la poubelle, et un Pothos, du moins une branche survivante, en bas d'une tour, les deux se sont bien repris, d'ailleurs le monstre n'était pas en piteux état, la branche de Pothos a donné une plante d'environ 40, ou 60 cm avec ses jolies feuilles en cœur et panachées. l'année dernière un géranium aux feuilles veloutées, fleurs rouges, odeur d'enfance, en Algérie ? en Espagne ? La bouture, à présent bien en place sourit, en me lançant des œillades ! ah ! ces Géraniums alors !


Citation :
Quelle différence entre la Méthode Jean PAIN et les autres formes d'agriculture ?

Fondamentalement, la pratique de la Méthode Jean PAIN se contente d'apporter au sol une matière organique ligneuse non minéralisée qui va favoriser l'apparition d'une riche microbiologie (champignons, bactéries, micro-organismes, ...) qui permettra au sol de fournir tout les éléments nutritifs dont la plante cultivée a besoin, au moment où elle en a besoin (nous pouvons appeler cela la "nourriture temporelle").

Les besoins des plantes évoluent à chaque stade de leur développement, il est donc impossible à l'homme d'apporter juste les nutriments dont la plante à besoin temporellement, ce qui engendre dans les autres pratiques agricoles carences et surplus.
On peut imaginer que les plantes installées, au fur et à mesure de leur développement, "émettent" des messages qui "informent" le sol de leurs besoins immédiats de nutriments en qualité et quantité.

À la réception de ces messages, le sol "active" les éléments microbiologiques "concernés" qui vont "synthétiser" les nutriments demandés, sans surplus. Tout cela étant dit avec moult précautions (les guillemets ne sont pas là par hasard).
Jean PAIN a dès le début considéré que cela se passe de cette manière dans la fertilité forestière, puisque c'est l'observation de ce milieu qui lui a donné l'idée de créer son "Compost de Broussailles".

Nous reproduisons la Fertilité Forestière au niveau du sol agricole. Certes avec quelques artifices, le broyeur déchiqueteur utilisé dans la méthode n'étant pas à l'origine de la forêt.

C'est également pour cela que Jean PAIN parle de Nourriture Originelle du Sol dans son ouvrage Les Méthodes Jean PAIN.

Et le BRF, quelle différence ?

A l'origine, mandaté par le (vice)ministre de l'agriculture Canadienne, le professeur Lemieux de l'Université de LAVAL (Quebec) est venu rencontrer Jean PAIN pour connaitre les tenants et aboutissants de cette méthode particulière très performante... Le professeur Lemieux a voulu "simplifier" le processus de réalisation du "Compost de Broussailles" en se passant de la fermentation en tas.

Ses premières expérimentations d'épandage de broyat de bois directement sur le sol ne donnant pas les résultats escomptés, il dut utiliser des lisiers de porc en sur-épandage pour obtenir de bons résultats. Cela ne le satisfaisait pas, car ces lisiers provenant d'élevages industriels n'étaient pas conformes à ses convictions. Au fil de ses expériences, il a créé la méthode du BRF, avec les restrictions nécessaires dans le choix de la matière première pour pouvoir se passer de ces lisiers.

Les résultats obtenus avec la méthode BRF sont très proches des résultats obtenus avec la Méthode Jean PAIN, car le BRF repose sur les mêmes fondements que la Méthode JEAN PAIN. Là aussi, il est apporté au sol une matière organique ligneuse non minéralisée et la culture se passe de tout autre apport, comme dans la Méthode Jean PAIN.

Le professeur Lemieux revendique aussi la copie de la Fertilité Forestière au niveau du sol agricole. Bien entendu le broyeur déchiqueteur est là aussi l'artifice.

Méthode Jean PAIN ou BRF ?
L'opposition de ces deux méthodes n'est pas de mise ! En effet le fondamental est le même ; apport au sol de matière organique ligneuse non minéralisée.

Alors ?

Dans le BRF, la récolte des végétaux doit se restreindre à certaines essences et se limiter à un diamètre de 7 cm à l'entrée du broyeur déchiqueteur. Dans la Méthode Jean PAIN, seule la capacité du broyeur déchiqueteur limite le diamètre utile, et toutes les essences de végétaux sont acceptées. Cela est possible grâce à la fermentation en tas, qui va permettre la transformation des biocides (huiles essentielles, tanins, résines, ...) contenus dans le bois.

C'est à notre sens la seule différence notable entre BRF et Méthode Jean PAIN.

Concernant la Méthode Jean PAIN, il y a pour certains une confusion liée au mot Compost. Dans la Méthode Jean PAIN le "compostage en tas" n'est en fait qu'une fermentation qui ne doit en aucun cas aboutir à la minéralisation de la matière organique, contrairement à ce qui est recherché dans les autres méthodes de compostage.

Pour terminer sur le chapitre BRF, nous pouvons dire qu'il est, peut-être, plus confortable pour un particulier de choisir la méthode BRF car celui-ci n'a pas forcément suffisamment de matière disponible pour réaliser un tas nécessaire à une bonne fermentation et que le broyeur déchiqueteur dont il dispose est limité en diamètre.

Pour un professionnel, la Méthode Jean PAIN s'impose. N'étant pas limitée en choix d'essence végétale et en diamètre (si ce n'est la capacité du broyeur déchiqueteur), la récolte est d'autant plus économique et donc rentable.

BRF et Méthode Jean PAIN, le MÊME OBJECTIF.

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