PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES, ÉCOLOGISTES... et POÉTIQUES !
 
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 notes parallèles à MICROCOSME, roman initiatique...

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Patlotch



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MessageSujet: Re: notes parallèles à MICROCOSME, roman initiatique...   Sam 9 Juin - 0:38

25 avril 2018

éloge de l'imprévisible

je me suis donc lancé il y a deux semaines dans l'écriture de LA FRANCE, roman initiatique imprévisé, que j'ai présenté dans cette courte préface :

Patlotch a écrit:
voici un feuilleton improvisé, en 7 chapitres de 12 épisodes quotidiens. Si le rythme d'écriture s'en soutient, il devrait s'achever avant le 14 juillet 2018

un roman initiatique est traditionnellement le « récit de l'évolution d'un personnage qui tente de comprendre le monde ou lui-même. ». Dit aussi roman d'apprentissage, c'est « la confrontation d'un personnage central avec différents domaines du monde ». Ici, le personnage central, c'est LA FRANCE

l'esprit en est résolument loufoque et débridé, utilisant les événements et leurs protagonistes réels en tous sens et non sens. Comme l'écrit Jorge Volpi en avertissement à La Fin de la folie en 2003, « Ce livre est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec la réalité est à imputer à cette dernière. »

l'ambition est que de ce capharnaüm ressorte paradoxalement une image rendant subjectivement compte de la France contemporaine, ou passée, en ce printemps 2018

l'écriture est imprévisée, c'est-à-dire improvisée sans prévision de la suite, sans canevas ni synopsis préalable

ce n'est pas la première fois que je tente l'aventure, puisque LIVREDEL poème-roman, écrit entre 1988 et 1991 était écrit sur ce principe, avec l'idée de 999 jours pour "faire du neuf" mais sans construction à l'avance d'un plan des parties et chapitres

je l'ai repris avec MABOUL ISIDORE, roman-feuilleton en février 2012, en 42 épisodes, complété par un tome 2 en janvier de cette année

entre ces deux tomes, j'avais commis en janvier 2017 LE ROMAN D'ILYA, allégorie de la réalité, 84 sonkus

cette fois, l'entreprise est un peu plus difficile et risquée, la contrainte étant plus forte et les épisodes livrés en feuilletons quotidiens dont l'improvisation est vérifiable par l'intégration d'éléments pris dans l'actualité

j'ignore un peu comment et où ça va aller. Il paraît qu'on appelle ça angoisse de la création...

5 mai 2018


dans cet écrit, on l'aura remarqué, je ne sais pas où je vais, où va l'action dynamique du "roman", l'intrigue, mais je sais un peu comment, en raison ordonnée du format que je me suis imposé comme contrainte au départ

on ne sait rien avant de le faire, et, vu somme toute, le peu d'intérêt relatif de l'intrigue dans ses rebondissements propres au romanesque à la manière des feuilletons à épisodes du 19e siècle (Eugène Sue...) ou des bandes dessinées sans suite dans les journaux quotidiens (de Charlie Brown à Pif le chien) dont chaque livraison se tient, bien que je m'efforce de construire un vrai roman, tel un polar car, comme disait Aragon dans Je n'ai jamais appris à écrire : « Je n'ai jamais su qui était l'assassin »

se dégage un autre souci : écrire de la prose comme des vers, sonorement et rythmiquement. Cela ne la fait pas plus poétique que le vers ne définirait la poésie, mais relève d'un "style" qui se cherche, qui tente de chanter, d'où les nombreuses références à des musiques et chansons, oiseaux zobligent

quant aux références à l'actualité de ces temps agités, j'ai choisi de mettre ou non des liens, plutôt que des notes de bas de page qui alourdiraient la lecture, de même que pour les citations ou détournements de théories et littératures

pour le reste, ou plutôt pour le tout, je voudrais, au risque de reprise de textes précédents, faire avec ce "roman" le point sur mes possibilités impures d'écriture, de sorte que ce que je fais, parlant du tout, ne ressemble à rien



tour(ne)ments

je ne sais toujours pas où je vais, ou plutôt où me conduit LA FRANCE, roman initiatique, qui de plus en plus ne ressemble à rien, et dans lequel j'ai parfois le sentiment de m'enliser, tenté d'en rester là, de brûler cet essai de dire le tout avec des riens

au point où j'en suis arrivé, je ne suis certain que d'une chose, il me faudra changer le titre. Les titres, parfois on les pose avant, et ils vous inspirent, parfois après, parce qu'ils rendent mieux compte de ce que vous avez fait, que ce soit une peinture, une composition musicale, ou un "roman". Au début, "La France" m'inspirait, maintenant ce titre ne correspond plus du tout, trop grand ou trop petit. C'est ainsi que me vient MICROCOSME, « image réduite du monde ou de la société »

du point de vue de l'écriture poétique, je n'ai jamais autant ressenti que la prose s'écrivait comme le vers (cf Flaubert, Aragon...), et que tout y est affaire de rythme et d'harmonie sonore. C'est pourquoi ce que raconte ce roman m'importe in fine assez peu, hors me tenir en haleine, et j'espère aussi qui me lit. Le véritable sujet est la forme, dans l'étrangeté de son intrigue, en quête d'on ne sait quel "assassin"

ainsi n'aurai-je jamais autant ressenti la sobriété comme nécessaire pour traduire une réalité fort complexe, et pris conscience que ne savais pas encore écrire au point d'être un lecteur satisfait


7 mai 2018

comment écrire un roman en temps réel, that is the question. Poser comme principe que la réalité est toujours ici et maintenant, et en rendre compte en langage "poétique" en temps réel, ou presque ?

sous un autre angle, c'est le même problème qu'a la théorie communiste embarquée dans les luttes, ce qu'on vérifie quotidiennement dans l'exercice d'en rendre compte au jour le jour. Voir le feuilleton 2018, LA VÉRITABLE CONVERGENCE des LUTTES, cas torse du printemps dix-huit, chronique et théorie


26 mai


de la "linguistique incomparable", du langage,
et de l'écart entre le réel et la fiction

à propos de linguistique comparative dans MICROCOSME, roman initiatique, et plus particulièrement de la "linguistique incomparable" selon AliBlaBla (chapitres 4 et 5)

Quand comparaison n'est pas raison :
divergences linguistiques et stéréotypes culturels

Irène Tamba, Mots. Les langages du politique 1994 : Parler du Japon



[...]



[...]




6 juin 2018


à propos de linguistique incomparable,
et autres remarques


au-delà des considérations linguistiques structurelles et culturelles qui précèdent, et du problème de la traduction, la linguistique incomparable du roman intègre la dimension d'incommunicabilité qu'il y a, dans une même langue, créant un écart entre ce que dit l'auteur et ce qu'entend le lecteur, et réciproquement (l'auteur devenant lecteur) : le premier écrit quelque chose, le second lit autre chose, ce que j'ai évoqué avec Barthes à la fin du chapitre 4 : « « nous savons que, pour rendre à l'écriture son avenir, il faut en renverser le mythe : la naissance du lecteur doit se payer de la mort de l'Auteur. » Roland Barthes, Le bruissement de la langue, 1984

mort de l'auteur que je mets en scène et en abyme en tant qu'il devient un personnage variable du roman dont on ne sait plus par qui il est écrit. RS de Théorie Communiste, repris en Dazibao par Pepe@dndf, soutient modestement (?) que « les auteur(e)s ne sont que des accidents de la pensée » dans un cri du cœur idéaliste rappelant l'Idée hégélienne, qui ne laisse pas de questionner leur matérialisme

car, et que ce soit en littérature ou en théorie, vous avez beau vouloir mettre à mort l'auteur ou le chasser comme Barthes par la fenêtre de la lecture, il revient toujours par la grande porte, sinon, c'est dieu qui écrit (cf chapitre 6, épisode 3)

cela n'a évidemment rien à voir avec la mort de l'artiste qu'est l'écrivain statufié socialement et que je refuse de devenir en diffusant gratuitement mes écrits et en refusant l'édition (cf PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même). Auteur, c'est une fonction objective, c'est qui écrit. Écrivain, c'est un statut social, tel que le revendique Claude Guillon-écrivain anarchiste (autrement dit moins que les deux à l'insu de son plein gré). Les questions que se pose un auteur pour écrire ne sont pas celles d'un écrivain et de son éditeur pour être vendus (sic)

à partir de là, on traverse le miroir alternativement, sans plus très bien savoir de quel côté l'on est


Citation :
De l'autre côté du miroir Through the Looking-Glass, and What Alice Found There, Lewis Caroll 1871

Le monde inversé
Le monde du miroir se présente comme un monde inversé [on pense à Marx...]. Ainsi Alice, pour atteindre le jardin, doit-elle d'abord s'en éloigner, de même qu'il lui faut, dans cet univers étrange, courir très vite pour rester sur place.

Si l'espace est mis à mal, le temps n'est pas non plus en reste. Il est ainsi possible de se souvenir du futur, comme la Reine Blanche (en), qui évoque ce qui s'est produit « aujourd'hui en quinze ».

[...] ces inversions ne vont pas sans frustration. Ainsi Alice se voit-elle offrir, pour étancher sa soif, un gâteau sec.

Alice et le non-sens
L'un des aspects les plus frappants et les plus intéressants de l'œuvre est la manière dont elle joue avec le non-sens, exploitant toutes les failles de la langue anglaise (mais les traductions en français ont trouvé d'excellentes équivalences), jouant sur la synonymie, la polysémie, le jeu de mots et autres motifs de quiproquo.

Les personnages auxquels Alice se trouve confrontée sont en fait de véritables linguistes, dont les discours sont une contestation magistrale de l'arbitraire du langage.

il n'y a bien sûr aucune intention de linguistique scientifique, dans ce roman qui lui pose cependant des questions. Si l'un des héros, AliBlaBla, est étudiant en linguistique et homosexuel, c'est peut-être un clin d'œil à Blanche ou l'oubli d'Aragon, dont le narrateur, Geoffroy Gaiffier (sic de gay greffier), est linguiste et traducteur à la retraite. Et si Célanie est lesbienne, c'est peut-être pour épargner à ma lectorate, non l'érotisme du désir sexuel qu'a su dire de tous temps la littérature, mais les scènes de cul obligées dans le roman contemporain

les citations en latin ou en créole sont pour la plupart bricolées avec des dictionnaires en ligne, étant donné que je n'ai rien à perdre de langues jamais étudiées, et j'ai pour mon bonheur fréquenté plus d'Antillaises réellement bilingues que de premiers de la classe de latin, de même que je vis avec une personne qui passe alternativement du français au japonais, selon qu'elle s'adresse à moi, à notre fils, ou une tierce personne de son pays en ma présence, situation fréquente dans mon quartier avec les immigrés maghrébins ou africains, et partout avec le créole des Antillais

rappelons que « James Hardley Chase a écrit la plupart de ses livres en utilisant un dictionnaire d'argot américain, des cartes géographiques détaillées, des encyclopédies et des livres de référence sur les bas-fonds américains. L'action de la majorité de ses livres se déroule aux États-Unis, alors que Chase n'y a jamais résidé. » À l'inverse, hormis le premier chapitre à la Zad Notre-Dame des Landes, et les débuts de Célanie à Argenteuil, toute l'action de mon "roman" se situe dans un périmètre et des lieux que je connais comme ma poche, et dont j'entends faire un microcosme, image réduite du monde, et de la société française

une chose à laquelle je tiens, c'est l'athéisme impénitent des héros de mon trio black-blanc-beur, comme par provocation du laïcisme quel qu'il soit, d'État, d'Église, ou d'anarchisme. C'est une forme d'hommage à ceux et celles qui, assez rares par les temps qui courent, résistent à toutes les pressions idéologiques sans en faire un fromage blanc, des gens bons beurs parce que musulmans, ou des négrophobés au-delà de tout soupçon parce que victimes du racisme. Qui a été arnaqué par des "victimes du racisme" y regarde à deux fois, en pratique et en théorie, sans pour autant dénier la domination raciste au-delà de la distinction raciale, toujours racialiste, particulièrement en France

quelque part c'est un roman à clés autant qu'un roman bâclé, vu la contrainte de l'improvisation et du feuilleton quotidiens, et la matière qu'il y aurait pour dix vrais romans que, capable ou pas, je n'ai pas envie d'écrire. Néanmoins, des problèmes sérieux y sont évoqués, présents dans le méli-mélo(drame, comme dirait Boby Lapointe), où l'essentiel du contenu est dans la forme, par l'écriture, et porté par les rebondissements d'une intrigue dans laquelle il n'y a rien ou trop à résoudre (contrairement à la logique du polar)

qu'il se passe à la fin quelque chose ou rien n'a donc aucune importance : dans la vie, qui n'est jamais d'un seul individu même s'il meurt, est-ce qu'il y a une fin, et où est-il écrit que ce serait le plus intéressant ?

de cet écrit qui ne ressemble à rien, le plus triste serait de ne rigoler point

à la ligne qui pèche

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Patlotch



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MessageSujet: Re: notes parallèles à MICROCOSME, roman initiatique...   Sam 16 Juin - 16:25


documents


à propos des chèvres

L'intelligence des animaux d'élevage #4 : la chèvre
Pauline Tissot Le Point.fr 28/02/2017

VIDÉO [dans l'original] Capable de trouver la sortie de son enclos, ce caprin est conscient des autres – avec qui il faut vivre, batailler, et se réconcilier parfois.

Citation :
« Monsieur Seguin n'avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres. Il les perdait toutes de la même façon. Un beau matin, elles cassaient leur corde, s'en allaient dans la montagne... » S'il ne faut pas raconter la suite de l'histoire pour ne pas couper l'appétit littéraire de certains, il convient d'expliquer comment les chèvres, personnages principaux de la célèbre nouvelle d'Alphonse Daudet, sont capables de briser leurs liens et de s'échapper si facilement de leur enclos. En réalité, les chèvres sont intelligentes et n'en font qu'à leur tête.

Reconnaissance vocale

« Ces animaux sont connus pour leur grande capacité à ouvrir les loquets des portes et à accéder à la nourriture qu'ils convoitent par n'importe quel moyen », écrit Elodie Briefer, chercheuse en comportement animal à Zürich, dans l'ouvrage collectif Révolutions animales. Comment les animaux sont devenus intelligents. Douées donc d'un apprentissage certain, les chèvres ont aussi été étudiées pour leurs capacités à reconnaître leur chevreau par l'odeur, mais aussi visuellement. « Des études ont montré, ajoute Elodie Briefer, que mères et jeunes ont des vocalisations individualisées, ce qui leur permet de se reconnaître mutuellement par la voix, dès la première semaine après la naissance. » Les caprins font également preuve d'une très bonne mémoire : « Il s'avère que, même une année après leur séparation, les mères ont toujours en mémoire et réagissent toujours, au cri de leurs chevreaux de l'année précédente. »



vidéo ajoutée

Théorie de l'esprit

Yves Christen, biologiste et éthologue, insiste sur un autre point révélateur de compétences cognitives poussées chez les chèvres : « Elles sont capables de se mettre dans la perspective d'autrui, par exemple suivre le regard d'un être humain, ou comprendre ce qu'une autre chèvre a dans la tête. Je rappelle qu'un déficit de théorie de l'esprit caractérise l'autisme. Cela est forcément utile, quand vous vivez en société, de savoir que les autres ont un état d'esprit. Parce que les autres, ce sont parfois des concurrents. Ils peuvent vous prendre vos aliments, vos partenaires sexuels, ou encore nuire à vos petits. »

La suite logique est que les scientifiques ont réussi à démontrer que les chèvres savent aussi se réconcilier après un conflit. « Leur comportement se rapproche ainsi de celui des chiens, et elles feraient de merveilleux animaux de compagnie... » conclut Elodie Briefer.


Au Maroc, les chèvres perchées dispersent les graines des arbres en les crachant.


Une étude montre que face à un problème insoluble, les chèvres regardent les humains en quête d’une aide… à l’image des bébés, des chiens et des chevaux.

Citation :
Ne restez pas planté là, cette chèvre est peut-être en train de vous demander de l'aide. Face à un problème insoluble, les caprins s'adressent en effet aux humains.Ne restez pas planté là, cette chèvre est peut-être en train de vous demander de l'aide. Face à un problème insoluble, les caprins s'adressent en effet aux humains. ©️ FIR0002/WIKIMEDIA COMMONS.

FRUSTRANTE. C'est l'histoire d'une expérience frustrante : des chèvres aperçoivent de la nourriture à l'intérieur d'une boîte, résolument close. Après un coup d'œil circonspect autour dispositif, l'animal se tourne vers l'expérimentateur et le regarde un instant, vraisemblablement pour lui demander de l'aide. Voilà le comportement que des chercheurs de la Queen Mary University of London (Royaume-Uni) ont mis au jour. Un comportement similaire à celui des bébés humains, des chiens (Canis familiaris) et des chevaux (Equus caballus), notent-ils dans une étude publiée le 5 juillet 2016 dans Biology Letters. Un trait que partageraient donc les animaux de compagnie et les animaux d'élevage… et qui pourrait donc, bel et bien, être dû à la domestication. Les 34 chèvres testées ont cherché à établir un contact visuel avec le ou les deux humains dans l'enclos, après avoir essayé en vain d'ouvrir la boite. Quand l'expérimentateur leur fait face (plutôt de leur tourner le dos), les biquettes le fixent plus tôt, plus souvent et plus longtemps. "Les chèvres regardent les humains de la même manière que les chiens lorsqu'ils quémandent une friandise hors de portée", analyse dans un communiqué Christian Nawroth, premier auteur de l'étude. Près de la moitié d'entre elles ont même affiché un comportement très particulier : elles fixent alternativement la boîte et l'expérimentateur, effectuant des allers-retours entre les deux. Un langage corporel sans équivoque : les bêtes quémandent la récompense, emprisonnée dans la boîte transparente. Démonstration de ce "paradigme du problème insoluble" en vidéo



Les chèvres, premiers animaux de bétail domestiqués par l'Homme

"Nos résultats fournissent une preuve importante de l’existence d’une communication complexe entre les humains et une espèce domestiquée au départ pour la production agricole. Une espèce qui, de plus, présente des similarités avec des animaux de compagnie ou élevés pour le labeur, comme les chiens et les chevaux." Pas les chats, cependant : "Felis catus a réalisé de maigres performances et a à peine levé les yeux vers les humains, rapportent les chercheurs d’après une étude menée en 2005, un comportement qui s’explique peut-être par le mode de vie solitaire de ces animaux". Selon les auteurs, la domestication aurait un impact plus important qu’attendu sur la communication entre humains et animaux. "Les chèvres ont été les premiers animaux de bétail domestiqués par l’Homme, il y a 10.000 ans, ajoute le chercheur Alan McElligott, qui a dirigé cette étude. Grâce à nos recherches passées, on savait déjà que les chèvres étaient moins bêtes que leur réputation ne le laissait penser, mais ces résultats montrent qu’elles sont capables de communiquer et d’interagir avec leurs éleveurs bien qu’elles ne soient ni des animaux de compagnie, ni des bêtes de somme." L’étude précise toutefois que les caprins testés sont habitués à recevoir de la nourriture de la main de l’Homme. Quoi qu’il en soit, ces recherches auront montré qu’en cas de pépin, les chèvres comptent sur nous pour les sortir d’une impasse. Une question reste cependant en suspens : combien de temps une chèvre peut-elle nous fixer du regard avant de nous rendre mal à l’aise ?

La Chèvre et le poëte
Jean Domec, 2003

Citation :
« Ma bonne chèvre limousine,
Gentille bête à l'œil humain.
J'aime à te voir sur mon chemin,
Loin de la gare et de l'usine.
Toi que ta barbe encapucine,
Tu gambades comme un gamin,
Ma bonne chèvre à l'œil humain.
Je vais à la ferme voisine,
Mais je te jure que demain,
Tu viendras croquer dans ma main,
Du sucre et du sel de cuisine,
Ma bonne chèvre limousine. »


Ce poème à la gloire de la chèvre est écrit par Maurice Rollinat (1846-1903). Le poète berrichon insiste, tant il l'a observé et aimé sur le regard humain de la chèvre. N'est-ce pas la connaissance de la « gentille bête à l'œil humain » qui a conduit nos ancêtres, les Grecs, à en faire la nourrice de Zeus, le père et le maître des dieux ?

Entouré par l'affection et abreuvé par le lait de la chèvre Amalthée, Zeus acquit une immense force. Sa vitalité était telle que bébé, s'amusant avec une de ses cornes, il la brisa ! Pour réparer ce méfait, il la transforma en corne d'abondance. Amalthée put ainsi se rassasier des fruits qu'elle aimait !

Le filleul de George Sand a bien ressenti la joie de la communication avec la nature que donne la chèvre aux humains. La race caprine n'est-elle pas, entre autre, le symbole du retour au sources ? La contemplation de la reine des champs permet à l'homme d'échapper par la pensée à la servitude du travail à l'usine, rançon du progrès ! N'éloigne-t-elle pas sa mémoire de la vision de la gare, représentation déchirante de la rupture avec le pays, pour l'exil vers la cité inhumaine ?

Le spectacle de « la chèvre gambadant comme en gabin » appelle le poète a une espérance de libération vers l'idéal rêvé : l'indépendance et la liberté.

Fin connaisseur de l'espèce caprine, l'auteur des « Brandes » connaît son extrême gourmandise. Il sait sa prédilection pour le sel et le sucre. Gourmande et gourmette, la biquette est cependant l'animal le plus facile à satisfaire. C'est pourquoi, assurant la vie des hommes, même dans le désert, est-elle appelée « la mère du monde ».

Ainsi, a-t-on observé que sur 575 plantes, la chèvre en mange 449, le mouton 387, la vache 278, le cheval 282, le cochon 72.

Aussi, le lait de chèvre est-il recommmandé pour la santé des bébés et des vieillards. Le célèbre naturaliste Buffon (1707-1788) écrit que « le lait de chèvre est plus sain et meilleur que celui des brebis, il est d'usage en médecine et l'on en fait de bons fromages. »

C'est pourquoi en France, depuis la nuit des temps jusqu'en 1930, la chèvre a allaité directement les nourrissons privés de lait maternel.

Michel de Montaigne note dans « Les Essais », « les chèvres sont conduites à venir allaiter les petits enfants, reconnaissant leurs voix quand ils crient et y accourent ; si on leur présente un autre que leur nourrisson, elles le refusent et l'enfant en fait de même d'une autre chèvre. »

À quel autre animal, l'homme a-t-il confié le soin d'allaiter directement son enfant, si ce n'est « à la gentille chèvre à l'œil humain » ? À « la bonne chèvre limousine » qu'aime à chanter le poète ?

je dois encore retrouver, dans Le parti pris des choses, La chèvre, de Francis Ponge, qui serait rien moins qu'un art poétique...


de façon plus personnelle, ma mère fut élevée à la campagne par une nourrisse qui avait des chèvres, avec lesquelles elle a vécu dès l'enfance, et en vacances jusqu'à l'adolescence. Elle me racontait des anecdotes succulentes sur ses "conversations" avec les chèvres, et je l'ai vue dans son grand âge "parler" avec elles, ou du moins leur parler. Elles avaient l'air de l'écouter, pour le reste, va savoir...


Patlotch la petite bête 5 octobre 2014


une des chèvres du Parc des Beaumonts, à Montreuil, en 2014
en quelque sorte le modèle de Blanquette, héroïne du roman
(elle est belle et bêle)


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Patlotch



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MessageSujet: Re: notes parallèles à MICROCOSME, roman initiatique...   Sam 16 Juin - 19:05


dans le même esprit j'importe ici des documents que j'avais versés dans un sujet supprimé, DE LA VIE, EN LANGAGE D'OISEAU, et qui sont en lien avec des thèmes du roman. En toute rigueur chronologique, ce commentaire devrait être placé avant le précédent sur les chèvres


Arrow

migrants

migratoire est l'oiseau, avec solde
pleure pas ce migrant disparu
en Bardot écolo radicolde

un de perdu dix à la rue
cent à l'arrêt mille à la mer

pauvre poète amer
t'avais qu'à les enregistrer

ailleurs, 21 mars 2018 08:44

je songe depuis longtemps à regrouper mes poèmes évoquant les oiseaux, mais dans le fatras de quelques milliers, c'est du boulot

Les oiseaux font pipis
sur la mousse en tapis
pissenlits boutons d'or
rien ne dort ils pépient

Montreuil Parc Montreau, samedi 7 avril 2018 05:02

« Faute de grives on mange des merles » dit le problème. Cela vaut pour les écouter. Les premières disparaissent de 'chez nous', elles seraient passées en Espagne, va savoir, mais les merles sont bien là, et je consacrerai ce premier commentaire à leur chant

Le merle noir
Jean-Marc Onkelinx En avant la musique...! 23 mars 2010

Citation :
La fin du mois de mars, quelques rayons de soleil, une température plus clémente, et soudain, le printemps est là, la nature semble se remettre du rude hiver, les hommes  se remplissent de cette lumière rédemptrice. Mais un signe ne trompe pas. Le retour des oiseaux et de leurs chants matinaux et vespéraux. Quel plaisir, par une météo clémente, de s’asseoir le soir dans le jardin et d’écouter les oiseaux chanter, s’endormir et laisser place, progressivement, au silence de la nuit. C’est la vie de la nature que nous percevons dans toute sa grandeur, dans sa simplicité tout autant que dans sa variété. Mais cela, c’est pour les prochains mois.

Je ne suis pas ornithologue pour un sou. Mon écoute des oiseaux est purement instinctive et, en tant que musicien et musicologue, mon esprit s’amuse à chercher et à associer les hauteurs de sons, les rythmes et les sonorités qui composent les différents chants de ces volatiles musiciens. Ce qui me frappe avant tout, c’est cette polyphonie aléatoire entre les différentes espèces d’une part et les dialogues entre membres d’une même famille. On y distingue de véritables conversations, des parades amoureuses et des cris de défense

Ainsi, depuis de nombreuses années, dans le bois qui jouxte notre jardin, quelques merles noirs nous honorent de leur présence. Le merle (Trudus merula) est une espèce de passereau qui niche en Europe, en Asie et en Afrique du nord. Il semble comporter de nombreuses variantes et, selon la latitude où il se trouve, peut être migrateur ou non. Même si les couples de merles restent dans la même région si le climat est tempéré, on ne l’entend pas vraiment durant les mois d’hiver.



Les nombreuses références littéraires et culturelles à cette espèce commune font grand cas de son chant mélodieux. On dit que le merle siffle, flûte, appelle ou babille. Les plus jeunes peuvent commencer à chanter, par beau temps, dès le mois de janvier (ce qui n’a pas été le cas cette année). Ils établissent ainsi leur territoire. Ce n’est que vers la fin du mois de mars que l’adulte se lance dans son chant mélodieux, flûté et assez grave. On ressent l’impression de véritables strophes plus ou moins longues dont la conclusion se teinte de sons plus grinçants. « Il chante de mars à juin, parfois début juillet. Une étude semble montrer que le chant dure plus longtemps lorsque le mâle est en meilleure santé, et lorsque sa femelle est dans une période de fertilité maximale. Le mâle peut chanter à tout moment de la journée, mais le lever et le coucher du soleil sont les moments où les chants sont plus intenses. Le chant du merle noir est considéré comme l’un des plus beaux chants d’oiseaux d’Europe. Sa richesse de répertoire, ses variations mélodiques et ses capacités d’improvisation distinguent le merle noir européen de la plupart des autres oiseaux » (Wikipédia).

Outre son chant varié, il possède de nombreux appels et signaux d’alarme désignant la présence d’un prédateur terrestre, un chat par exemple, mais il déploie également ces cris pour tenter, le soir, de décourager les autres oiseaux de venir dormir sur son territoire. Il semble que cette défense soit vaine ! Cet animal possède aussi un génie mimétique puisqu’il est capable d’imiter d’autres espèces d’oiseaux, des chats, des humains ou des alarmes de maisons ou de voitures !

Voilà donc un oiseau bien intéressant dont il vous faut découvrir le chant. Olivier Messiaen, qui était, lui, un ornithologue de première classe, a beaucoup utilisé les chants d’oiseaux dans ses œuvres. Tant à l’orchestre qu’au piano ou aux divers instruments, la variété des chants lui a permis une véritable théorie nouvelle de la musique et de son langage. Ainsi, lorsqu’il débuta à vraiment placer les oiseaux au centre de ses préoccupations musicales, il écrivit cette pièce pour flûte et piano intitulée Le Merle noir (1952).





Elle est certes la plus courte des œuvres du compositeur, mais sa durée d’un peu plus de cinq minutes est entièrement fondée sur la stylisation des chants et vocalisations du merle. Cette pièce fait partie du répertoire de chambre de tous les flûtistes et elle préfigure ainsi de nombreuses autres œuvres comme le Catalogue d’oiseaux (1958) où, parmi treize espèces, Messiaen revient au merle, mais le merle bleu, cette fois.


vidéo ajoutée

Alors, par une belle journée, prenez le temps de vous arrêter un peu pour écouter le merveilleux monde sonore de la nature. L’expérience en vaut la chandelle, la vie est là, tout près de nous et, dans notre agitation quotidienne, on oublie trop souvent de savourer cette simplicité élémentaire qui pourtant nous nourrit de son essence.

les études d'Olivier Messiaen sont merveilleuses mais fort peu "ressemblantes", la mélodie étant trop riche pour évoquer le merle à mon sens, dont le chant n'est en aucun cas une suite de variations sur un motif. Il me fait plutôt penser aux phrases courtes de percussions africaines, de djembé notamment, dont on peut légitimement penser qu'elles ont été inspirées par des sons de la nature

il est facile de vérifier l'extrême variété du chant du merle, et aussi que pas deux ne chantent de la même façon. Les deux ou trois qui sont par là depuis quelques semaines, à force de concentration, je les distingue et reconnaît. Les phrases d'une à deux secondes se succèdent avec un arrêt, et chacune est invention, pour ne pas dire improvisation, son répertoire semblant bien connu de ce maître chanteur

j'y reviendrai, si je trouve quelque document plus technique


Merle adore !

corps beau comme un oiseau
sans proie ni l'oie sauvage
au ciel de rage

qu'hors du zoo
la jungle enclore
en cage tricolore

Merde alors !

ailleurs, 4 avril 2018 23:38


Citation :
Trilles, gazouillis et autre virtuosités vocales des oiseaux sont-ils propres à chaque espèce, et donc préprogrammés... ou bien sont-ils le fruit de la créativité individuelle ?

Un chant d'oiseau est à la fois propre à une espèce, et à un individu. Car au sein d'un corpus mélodique semblable chez les oiseaux d'une même espèce, que les jeunes apprennent par imitation, chacun improvise, invente certaines séquences... et y ajoute sa propre signature vocale : une syllabe, un cri particulier, pour mieux se distinguer ! Et les femelles apprécient... Il a même été établi que le merle et le canari ajoutent de nouvelles phrases à leur répertoire chaque année, tandis que l'étourneau, le loriot ou la rousserolle verderolle vont jusqu'à copier les autres espèces pour enrichir leur répertoire choral !

Le chant de la grive se rapproche de la musique humaine

Un comportement d'imitation que l'on retrouve également chez les grives, qui imitent bien souvent les fauvettes. Mieux : leur chant se rapproche de la musique humaine ! Suave, le chant des grives solitaire est composé à 70 % d'harmoniques, des associations de notes dont les fréquences d'ondes sont des multiples les unes des autres, comme dans la musique des compositeurs. Des chercheurs américains l'ont constaté en analysant les vocalises de la grive solitaire (Catharus guttatus). La voix du mâle sonne d'ailleurs comme un instrument à vent...

D'après Science & Vie QR n°19




sonogramme du merle noir


Citation :
Le chant du merle ressemble à celui du rouge gorge mais en plus grave. L'échelle des fréquences du sonogramme est comprise entre 1000 et 5000 Hertz (contre de 3000 à 7000 Hertz chez le rouge gorge).

source : Connaître les chants d'oiseaux




le merle

De mon arbre perché
rôle d'oisif je vous emmerle
en enfilant mes perles
de mots au cœur des luttes

Sorti du bois j'en fais mes flûtes
en moqueur haut branché
des lettres de cachet

ailleurs, 15 mars 2018 09:43



amplitudes de fréquences des instruments de musique



Le printemps est là, pas les hirondelles
Emilie Torgemen Le Parisien 9 mai 2018

Depuis 30 ans, la population a chuté de 42 % pour les hirondelles rustiques et de 39 % pour leurs cousines hirondelles de fenêtre. Associations et scientifiques s’inquiètent d’un retard de l’arrivée de ces oiseaux migrateurs ou, pire, d’une chute des populations.



Citation :
Sur l’île de Ré, Bernard attend toujours « ses » hirondelles. Quelques oiseaux éclaireurs sont bien arrivés en Charente-Maritime mais en apercevant trois de ces flèches filer au milieu des nuages, le retraité pense que d’habitude, les jolies voyageuses arrivent plus tôt et en plus grand nombre.

Bien vu. « Au niveau national, nous constatons un énorme décalage pour la migration des hirondelles comme d’autres oiseaux, s’inquiète Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Si l’on n’a pas encore de décompte, on espère qu’il ne s’agit que d’un retard. A cette date, les emblématiques oiseaux à queue fendue devraient déjà nicher en France. Or l’on voit seulement les premières vagues se déclencher. »

En effet, les hirondelles françaises passent la saison mauvaise en Afrique de l’Ouest (Cameroun, Congo, Gabon, Centrafrique). Si « une seule hirondelle ne fait pas le printemps » (on doit la formule à Aristote), l’arrivée de milliers de ces nicheurs en France, de mi-mars à début mai, coïncide bel et bien avec la fin de l’hiver. Qu’est-ce qui les retarde ainsi ? « Difficile à dire, répond Allain Bougrain-Dubourg. Pour les cigognes noires, échassiers équipés de balise Argos, on sait que les tempêtes en Espagne sur le chemin du retour au bercail ont fait beaucoup de victimes. Peut-être que la même cause a créé les mêmes effets chez les hirondelles. »

À la campagne et en ville
Plus catégorique, Frédéric Jiguet, chercheur au Centre d’écologie et des sciences de la conservation du Muséum national d’histoire naturelle à Paris, penche, lui, pour l’hypothèse « d’une grosse claque dans les effectifs ». Le muséum vient de publier avec le CNRS une étude montrant qu’un tiers des oiseaux ont disparu dans les campagnes françaises faute de garde-manger d’insectes suffisants.

Pour les oiseaux des villes, le contexte n’est pas plus accueillant : les associations constatent de nombreuses destructions de nids — une pratique par ailleurs illégale ! En cause, les fientes qui s’échappent des nids et salissent les murs rebutent beaucoup leurs voisins humains. « Installer des planchettes sous le nid, choisir des revêtements lisses faciles à nettoyer ou construire des hôtels à hirondelles, il existe pourtant de nombreuses solutions pour cohabiter », pointe Allain Bougrain-Dubourg.



2018 serait donc une mauvaise année dans une tendance baissière au long cours. Depuis 30 ans, la population a, selon les décomptes du muséum, en effet chuté de 42 % pour les hirondelles rustiques et de 39 % pour leurs cousines hirondelles de fenêtre. « Or ces baisses fonctionnent par à-coups, explique Frédéric Jiguet. Et ne sont pas homogènes sur tout le territoire. » Ainsi, dans le Loiret, l’association Maison de Loire, qui organise des sorties nature avec les scolaires, compte beaucoup de ces oiseaux et parle au contraire d’une « année à hirondelles ».

Effet du réchauffement climatique

On signalait lundi des vols importants au-dessus du cap Corse (Haute-Corse), source d’espoir à la LPO. Mais si ces grandes voyageuses arrivent trop tard, les conséquences pourraient être graves. Entre l’accouplement, la ponte et la couvée, il faudra attendre trois semaines avant que les parents ne commencent à donner la becquée aux jeunes hirondeaux. Ils risquent alors rater la saison des chenilles, leur principale nourriture, car elles se seront déjà transformées en papillons.

D’autant plus que la hausse globale des températures accélère le cycle de vie de ces insectes. « Cette concordance des rythmes, fruit d’une longue évolution, est bien documentée chez les mésanges charbonnières. Pas sûr que ces dernières, tout comme les hirondelles, arrivent à s’adapter au réchauffement climatique très rapide que nous vivons », pointe Frédéric Jiguet.

des nouvelles du front aviaire

pour qui préfère les images au texte


Citation :
Le constat est le même partout en France : les campagnes deviennent silencieuses. En 20 ans, un tiers des oiseaux des champs, comme les alouettes ou les perdrix, auraient été rayés de la carte. Une disparition massive, due notamment à l’agriculture intensive.

L’équipe d’Élément Terre est allée à la rencontre de ces passionnés d’oiseaux qui alertent aujourd’hui l’opinion publique et de ceux qui ont trouvé des pistes de solutions.

Un reportage de Marina Bertsch, Guillaume Brunet et Valérie Dekimpe.

SANS ROUPIE YÉ YÉ YÉ

l'étourneau sans sonnette
censé né sans sono
tourne haut la chansonnette
catalogue d'oiseaux

disons qu'il a bon bec
pour de pure salade
offrir la sérénade
à la grand dam... oiselle

rendre la pie qui chante
jalouse du moineau
séduire la corneille
à la barb' du corbeau

et de flûte méchante
pis que le perroquet
polyglotte d'oreille
du merle se moquer

il est inouï son zèle
à la nuit imitant
des chants qui n'iront d'aile
annoncer le printemps

au ciel réjoui un soir
de si beaux sons honnêtes
alors que ton espoir
roupille en sens au net

FoSoBo, 31 mars 2005, 22h21


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MessageSujet: Re: notes parallèles à MICROCOSME, roman initiatique...   Mer 20 Juin - 9:44


CALVINO, ENTRE LE NÉO- RÉALISME ET LA FABLE
Gérard-Georges Lemaire L'Humanité 28 Février 2006

Romans, nouvelles et autres récits,
Italo Calvino, préface de Mario Fusco, tome I & II, 840 p., 29 euros chacun


Citation :
Italo Calvino est entré en littérature sitôt après la dernière guerre. Partisan en Ligurie, il veut retranscrire son expérience dans un roman, le Sentier des nids d'araignées, qui ne plaît pas à Vittorini, mais séduit Cesare Pavese, qui le propose à l'éditeur Giulio Einaudi. Rétrospectivement, l'écrivain inscrit cette fiction dans le courant néoréaliste qui s'impose à cette époque non seulement dans la fiction, mais aussi au cinéma : « L'explosion littéraire qu'a connue l'Italie dans ces années-là, avant d'être un fait artistique, fut un fait physiologique, existentiel, collectif. » Et dans une préface écrite en 1964, il précise : « Personnages, paysages, fusillades, slogans politiques, termes vernaculaires, jurons, accents lyriques, armes et étreintes n'étaient que des couleurs de la palette, des notes de la portée ; nous étions bien conscients que ce qui comptait, c'était la musique et non le livret ; jamais on ne vit écrivains réalistes comme nous l'étions devenus, des formalistes aussi farouches d'un lyrisme aussi exubérant, alors que nous passions pour des écrivains "objectifs". » Dans cette longue défense de son premier livre, Calvino pense se justifier en revendiquant l'étiquette du néoréalisme, dont il est somme toute assez loin. Ce qu'il a accompli ici, puis dans les nouvelles

Le Corbeau vient le dernier (1949), c'est plutôt une tentative de « coller » à son époque et à ses convictions (il a adhéré au PCI et a collaboré à l'Unità de Turin entre 1948 et 1949). Mais on sent bien qu'il est embarrassé par cette écriture « engagée » terriblement datée. D'où son besoin d'envisager le problème d'un point de vue qui n'est jamais individuel.

Par la suite, il est tiraillé entre deux options assez antagonistes : d'une part, le réalisme, dépouillé de ses sous-entendus idéologiques, qu'il manifeste dans les belles nouvelles baptisées les Amours difficiles et un roman. La Vie difficile, écrit entre 1949 et 1958, qui conduit à l'un de ses meilleurs ouvrages, la Journée d'un scrutateur (1963) et, de l'autre, vers ce que Vittorini a qualifié de « fable à charge réaliste ». Cela va se traduire par une réussite, le Vicomte pourfendu, paru en 1951 (qui n'apparaît pas dans ce recueil), qui est l'annonce de sa création la plus mémorable - les Villes invisibles, le Baron perché - et par un échec patent, Marcovaldo, paru en 1963, qui frôle hélas le grotesque et le ridicule.

En somme, Calvino « jeune » (il a vingt-quatre ans quand il achève son premier roman) est un mélange d'opportunisme, de conformisme (il veut voyager sur la crête de la vague de ses puissants aînés) et d'hésitations. En fin de compte, il n'existe qu'à partir du moment où il reprend le principe du « réalisme magique » de Massimo Bontempelli et l'adapte avec bonheur et originalité à l'esprit de sa génération.

Italo Calvino (2/4)
Le Voyageur dans la carte

France Culture, 19/06/2018

Pour Barthes, Calvino écrivait sur la ligne de crête entre réalisme et irréalisme. Tenté tout d’abord par le néo-réalisme, les fictions d’Italo Calvino s’orientent finalement vers un détournement facétieux du réalisme à travers le format du conte ou de la fable.


Le martyr de Saint-Ursula devant Cologne (Inconnu, entre 1400 et 1420)
en référence à l'ouvrage "Les Villes invisibles" d'Italo Calvino

Crédits : Inconnu (Source : Wiki)

Citation :
Marqué par l’expérience de la guerre et de la résistance Calvino s’est présenté dans sa jeunesse comme le chef de file du courant néo-réaliste. Mais celui qu’on qualifie souvent de « conteur fantastique » finit par privilégier le format du conte ou de la fable, permettant de délivrer une morale détachée d’un ancrage historique. Notre invité du jour, Philippe Daros, professeur à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, nous guide à travers les différentes phases de l’œuvre de Calvino, à laquelle il a consacré l’ouvrage Italo Calvino (Hachette, 1994).


Italo Calvino, interviewé par Pierre Dumayet, parle, en français, de son livre "Le baron perché", de cet homme qui vit dans les arbres. Il est l'image de l'obstination. Il rappelle l'histoire du "Vicomte pourfendu" et du "Chevalier qui n'existe pas". Il pense réunir ces trois livres dans une trilogie "Nos ancêtres". Il se sent proche du baron perché.



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MessageSujet: Re: notes parallèles à MICROCOSME, roman initiatique...   Ven 22 Juin - 19:50


A Rosny-sous-Bois, des naufragés de la vie,
sans travail ni domicile, ont squatté un parking

Christian Meyze ©️ France 3 Paris 22/06/2018


vidéo dans l'original

Citation :
A Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, depuis déja longtemps, le parking d'une cité du quartier Bois Périer s'est peu à peu transformé en un squatt à ciel ouvert. Une situation de fait à laquelle il n'est pas si simple de faire face

Depuis des mois, et souvent plus, des naufragés de la vie, souvent d'origine étrangère, sans travail, sans ressources et sans domicile, se sont arrêtés dans ce fragile refuge, sur le parking d'une cité de Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, au Bois Périer.

Ils vivent dans de vieilles voitures, parfois hors d'usage. Certains en ont même transformées en sorte de camping car de fortune. Des situations quelque peu désespérées qui génèrent évidemment, pour les habitants de la cité, des nuisances, des vols aussi et souvent aussi de l'exaspération. Mais apporter des solutions n'est pas simple à faire.



Dimanche 11 mars, de 10h à 16h, l’association des Beaumonts propose à tous les habitants de participer à un grand nettoyage de printemps, afin d'embellir le parc de manière conviviale. Chacun doit se munir si possible d’une paire de gants et d’un sac semi-rigide.

Citation :
L’association des Beaumonts, qui organise de nombreuses actions dans le quartier pour améliorer la vie des habitants, vous donne rendez-vous, dimanche 11 mars, pour une journée conviviale d’embellissement du Parc des Beaumonts.

Les volontaires seront accueillis à 10h par un café ou un thé de bienvenue. Les participants sont invités par l’association à amener leurs propres gants et leurs cabas en plastique. Des containers et des sacs poubelles seront mis à leur disposition. Une sensibilisation sur les actions de prévention concernant le moustique Tigre sera également proposée.

Depuis le 1er janvier 2018, la gestion du parc des Beaumonts a été transférée à Est Ensemble.


Célanie corrige le dernier épisode


le vieux va faire les courses


au milieu, Blanquette, chèvre invariante




Héron cendré dans la mare du roman
photo Alain Bloquet







photos Patlotch aux Beaumonts, 2014



Dernière édition par Admin le Dim 24 Juin - 18:40, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: notes parallèles à MICROCOSME, roman initiatique...   Lun 25 Juin - 0:18


l'air de rien

derniers épisodes vers la fin de ces quatre-vingt quatre jours d'écriture publiée en quasi temps réel. Je ne regrette pas l'aventure, mais j'ai touché aux limites de ses contraintes accumulées, notamment faire roman d'une écriture sans repentir, sans retoucher aux pages écrites pour assurer la cohérence de l'intrigue

en même temps, si j'en avais peaufiné le manuscrit avant publication, je ne serais jamais allé au bout, et j'aurais perdu à la fois l'envie, qui fait l'inspiration, et la fraîcheur de l'improvisation. Ce texte a donc les qualités de ses défauts, et je pense avoir été fidèle au vœu initial de faire l'éloge de l'imprévisible, qui supposait qu'en tant qu'auteur aussi, je ne puisse rien prévoir, rien programmer hormis la scansion des 7 chapitres de 12 épisodes que je m'étais imposée au départ

au fond, la tentative se justifie par le fait que dans la vie non plus - aux rythmes imposés dans le défilement linéaire du temps de la vie -, on ne peut jamais refaire le passé, et qu'il serait normal qu'il en aille de même dans une littérature qui prétend rendre compte de cette réalité, car toujours pèse, sur le présent et donc l'avenir, le passé. Le passé, on ne peut que le récrire en y projetant le présent et ses espoirs, ce dont ne se privent jamais les historiens et moins encore les idéologues, si l'on en croit Mikhaïl Pokrovski pour qui « L'histoire, c'est la politique projetée sur le passé. »

on pourrait en dire autant de la psychanalyse de divan, quand elle cherche à reconstruire un passé pour se sortir des ornières du présent

des deux côtés du monde et de la biographie, on adore se raconter des histoires...

je pense avoir tenu la même poétique que dans mes poèmes en vers, à savoir, plus que faire de la forme un contenu, mis sur le même plan la forme et le contenu, le son et le sens, le "signifié" et le "signifiant" dans un chassé-croisé où ils se passent la balle faisant rime (comme blanc rime à noir aussi bien qu'à semblant), parfois pour me sortir d'une impasse du sens, ou du non-sens qui en suppose encore un, ou du moins une certaine logique, un peu comme chez Raymond Devos (par exemple dans "Parler pour ne rien dire" : « Trois fois rien, c'est mieux que rien », etc.)

au fond, avant d'en être, comme d'habitude, insatisfait, je suis plutôt fier que ça ne ressemble à rien

et puis, pour ma lectorate la plus fidèle, maintenir son intérêt par un suspense qui, s'il n'était produit par les rebondissements d'un épisode à l'autre, le serait assurément par la question : « Que va-t-il pouvoir inventer demain pour se tirer de ce mauvais pas ? »


Twisted Evil

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MessageSujet: Re: notes parallèles à MICROCOSME, roman initiatique...   Mer 27 Juin - 11:09


Ali et son double

depuis LIVREDEL en 1990, j'ai toujours été fasciné par les rencontres de « hasard objectif » (Breton, Nadja), que je préfère appeler hasard subjectif, du fait que cette objectivité ne renvoie qu'à soi. Il s'agit de jouer du constat, non d'en devenir supersticieux

AlBlaBla, apprenti linguiste comparatif, entre le son et le sens, se serait-il trouvé un double réel ?


Citation :
« Ali, l’élu du son », c’est le conte musical raconté et joué par l’artiste Manolo toute cette semaine pour les écoliers du quartier des Grésilles. Les deux premières représentations de ce lundi au théâtre du quartier ont lancé le festival «Grésilles en Fête».

Dans ce conte, c’est Mélodia, le dieu de la musique et de la mélodie, qui va missionner le jeune Ali de redonner goût à l’homme de jouer de la musique.

Le jeune Ali, interprété par Manolo, se lance alors dans une aventure à la découverte et autour de la puissance d’instruments que sont le didgeridoo (ou yidaki), le tama, la flûte peul, la kora…

Les personnages incarnés autant que l’artiste sur scène se retrouvent alors à faire place à chacun des instruments. Et chaque instrument a justement sa place dans cette mélodie créée pas à pas. Une aventure où la musique et le chant s’imposent comme «un langage universel, symbole de paix entre les hommes».

La mise en scène ainsi que les touches et notes de musique apportées par l’artiste font que le conte musical tient visuellement en haleine les enfants, comme ce lundi après-midi avec des élèves des écoles Champollion et Lamartine émerveillés d’entrée par les couleurs, les éléments du décor ainsi que les instruments originaux.

Au terme du spectacle, les noms des instruments étaient d’ailleurs tous retenus par les enfants et les applaudissements étaient adressés en choeur à Manolo.

Ce spectacle programmé toute cette semaine, deux fois par jour, comme d’autres animations prévues lors de cette semaine festive aux Grésilles, est offert par la Ville de Dijon, avec le concours du collectif Grésilles Culture, et en l’occurrence de Zutique Productions, pour ce qui est du choix artistique.

Photos du spectacle : manoloconteur.fr



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MessageSujet: Re: notes parallèles à MICROCOSME, roman initiatique...   Mer 4 Juil - 14:57


Citation :
"J'avais demandé à un employé des espaces verts si je pouvais le laisser dans l'enclos du parc Montreau. On m'avait qu'il n'y avait pas de problème, mais apparemment si, puisque la police s'en est mêlée"

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MessageSujet: Re: notes parallèles à MICROCOSME, roman initiatique...   Ven 6 Juil - 17:25


l'événement du jour, c'est la finale du 57è Mondial la Marseillaise à pétanque


les vainqueurs se voient remettre 3 000 euros pour leur triplette, trois médailles d’or et trois litres de pastis

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