PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES, ÉCOLOGISTES... et POÉTIQUES !
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» VERS D'ÉTÉ
Aujourd'hui à 6:30 par Patlotch

» de la CUISINE avant toute chose, ou les marmites de l'avenir
Hier à 23:07 par Patlotch

» LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS (féminisme et marxisme)
Hier à 15:05 par PEUTÊTRE

» PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes
Hier à 14:29 par PEUTÊTRE

» 1968 ANNÉE MUSICALE
Hier à 13:35 par Patlotch

»  "GREAT BLACK MUSIC"... pour "double paire d'oreilles"
Jeu 16 Aoû - 18:18 par Patlotch

» RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)
Jeu 16 Aoû - 12:32 par Patlotch

» sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme
Jeu 16 Aoû - 10:32 par PEUTÊTRE

» REDÉFINIR LE 'GENRE' ? pour la théorisation communiste, féministe et décoloniale, et la communisation. Conversations croisées et digressions sur TRANS, QUEER, et INTERSEXES
Jeu 16 Aoû - 9:15 par PEUTÊTRE

» au-delà du vrai et du faux, tragique comédie
Mer 15 Aoû - 10:09 par PEUTÊTRE

» la vie du forum : réception, conseils, mises à jour, etc.
Mar 14 Aoû - 12:29 par Admin

» ÉMEUTES, typologie formes/contenus : des réalités à l'idéologie
Mar 14 Aoû - 10:12 par PEUTÊTRE

» LES MURS ONT LA PAROLE : SLOGANS DE NOS JOURS (ET NUITS)
Lun 13 Aoû - 22:55 par PEUTÊTRE

» LECTURES de TRAVERSES
Lun 13 Aoû - 19:10 par Patlotch

» PALESTINE et ISRAËL
Dim 12 Aoû - 10:21 par PEUTÊTRE

» TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...
Jeu 9 Aoû - 23:40 par PEUTÊTRE

» CAPITALISME et RELIGIONS, histoire et présent d'un mariage de raisons
Jeu 9 Aoû - 17:05 par PEUTÊTRE

» MACRONISME, ÉTAT français et RESTRUCTURATION de la géoéconomie du CAPITAL
Jeu 9 Aoû - 16:11 par PEUTÊTRE

» la classe écologiste du capital
Jeu 9 Aoû - 12:35 par PEUTÊTRE

» LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)
Mer 8 Aoû - 16:51 par PEUTÊTRE


Partagez | 
 

 le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?

Aller en bas 
AuteurMessage
PEUTÊTRE



Messages : 411
Date d'inscription : 21/12/2017

MessageSujet: le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?   Mar 27 Fév - 22:42


annoncé donc dû, ce sujet, au feeling d'abord on verra ensuite


on est toujours le gauchiste d'un autre

notes préliminaires

- rapprocher la thèse de Théorie communiste, exprimée comme « l'appropriation de toutes les femmes par tous les hommes », Tel quel, Classes et genre, TC 24), « tous les hommes sur toutes les femmes (c'est-à-dire chaque femme), les hommes dominant l'ensemble d'un espace social sexué » Intime et celle du PIR, Parti des Indigènes de la République, avec son "champ blanc" de la politique, laissant entendre, tout en le désavouant par intérêt politicien, que tous les Blancs sont racistes alors qu'est en cause le racisme d'État, ou mieux dit le racisme structurel

on a là une forme commune du gauchisme, consistant à "en rajouter" par la formulation à une idée générale qui n'en a pas besoin, et prêtant à un jugement singulier à partir d'un concept critique général (nous revoilà dans l'idéalisme idéologique : la structure conceptuelle détermine le réel)

l'idée générale, c'est qu'exagérant sur la forme ne fait pas davantage un contenu révolutionnaire. C'est en ce sens que Patlotch a parlé concernant 68 de gauchisme esthétique



- voir que dans Le gauchisme, maladie infantile du communisme, en relève pour Lénine en 1920 qui met en question la participation parlementaire, alors que pour les anarchistes, l'ultragauche et les communisateurs, les gauchistes sont plutôt l'extrême-gauche qui participe aux institutions (NPA, LO...). Le démocratisme radical, en tant que son projet est impossible, utopie capitaliste repoussant la nécessité d'une révolution, peut à cet aulne être considéré comme un gauchisme citoyenniste. Il y a donc inversion du contenu du gauchisme, selon d'où l'on en parle. Le PCF et Marchais ne s'embarrasseront pas de ces nuances en 68


j'essaierai ici de cerner les gauchismes et ce qu'ils ont en commun pour qui leur attribue ce label. À priori c'est l'idée de surenchère qui en décide, mais tout dépend par rapport à quoi. Syriza avait ses gauchistes anti-gouvernement, et pour sa 'gauche', Tsipras est un gauchiste qui a mal tourné... : chacun ses gauchistes, comme on dit chacun ses cons

“Je procède toujours par légère exagération, c’est ma méthode.”
Michel Houellebecq, gauchiste célèbre, interview au Figaro Magazine, 9 janvier 2015


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
PEUTÊTRE



Messages : 411
Date d'inscription : 21/12/2017

MessageSujet: Re: le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?   Mer 28 Fév - 10:16


genèse et évolution

il est donc impossible de trouver une définition unitaire du gauchisme puisque le terme, devenu péjoratif et non objectif, est toujours relatif à qui l'attribue à qui pour des raisons variées voire opposées

1) l'origine non politique du terme renvoie au verbe gauchir provenant lui-même de gauchier (fin 12è siècle) :


CNRTL a écrit:
− Emploi intransitif
1. Devenir gauche, subir une déformation.
2 a) S'écarter de la direction, de la trajectoire prévue.
2 b) Au fig. Prendre une mauvaise direction; s'écarter du vrai ou du bien, s'égarer.

− Emploi transitif
1. Rendre (quelque chose) gauche.
2 a) Déformer, fausser quelque chose.
2 b) Détourner quelque chose de son orientation première, l'écarter du vrai ou du bien.

il y a donc cette idée générale d'altérer, déformer, fausser : gauchir un fait, une idée considérés comme vrai ou juste

2) quant à gauchisme / gauchiste, au 19è siècle il signifie d'abord de gauche « Après le triomphe de juillet, un vieux ténor gauchiste avoua qu'il n'avait jamais écrit que le même article pendant douze ans. » (Balzac, 1843). Il est alors l'équivalent de gaucher : « Et ministres, députés, opposants, centrus, droitiers, gauchers, tous veulent la dissolution [de la Chambre]. » (Balzac, 1831)

Marx et Engels ne l'utilisent pas, mais l'idée est dans leur critique des blanquistes et des anarchistes

gauchiste pourra signifier partisan de solutions extrêmes de gauche, d'où ressort que gauchisme = extrême-gauche aurait quelque chose d'objectif, à ceci près que personne ne se revendique gauchiste, pas même par antiphrase comme impressionnsite retourné par le so called peintre, ou nègre par Césaire (« Nègre vous m'appelez et bien oui, nègre je suis... le nègre vous emmerde. »). On trouve toutefois ce contre-exemple :



1968

3) l'utilisation péjorative semble initiée par Lénine
Wikipédia a écrit:
Dans son ouvrage La Maladie infantile du communisme (le « gauchisme »), rédigé en 1920, Lénine qualifie ainsi de « gauchistes » certains partis communistes d'Europe, dont il jugeait que leur radicalisme (refus de participer aux syndicats non communistes, rejet du parlementarisme) les coupait des masses et par conséquent les empêchait de s'implanter dans la classe ouvrière. Le terme a été employé pour désigner notamment les conseillistes, mais aussi la gauche communiste dans son ensemble. Par extension, il a été utilisé pour qualifier les différentes tendances de l'extrême gauche.

4) mai 68 réactive et généralise l'usage de gauchiste, réservé par le PCF à tous les groupes anarchistes et d'extrême-gauche, pêle-mêle trotskistes, maoïstes, anarchistes... Voir Les disqualifications des gauchistes au sein du PCF


dans ce livre d'août 1968, on peut lire :
Citation :
La lutte idéologique contre le gauchisme, si elle doit tendre à toucher l’ensemble de la classe ouvrière, est particulièrement utile pour la jeunesse, aussi bien pour les jeunes ouvriers qui, en raison de leur inexpérience, pourraient se laisser prendre aux pièges de la provocation et de l’aventure, que pour les étudiants que l’on ne saurait confondre dans leur masse avec les éléments gauchistes qui prétendent les représenter et leur ont fait beaucoup de mal.

le problème est l'origine de la critique, car comment le PCF aurait-il pu considérer l'extrême-gauche plus réformiste que lui-même ? Mais à bien y regarder, ces tares du gauchisme existent bel et bien, et il suffit de lire les slogans de mai 68 pour s'en faire une idée. J'y reviendrai en analysant quelques exemples phares (Il est interdit d'interdire ; Soyons réalistes, exigeons l'impossible...), mais l'on y retrouve l'idée de l'exagération de langage ne recouvrant pas nécessairement un contenu plus révolutionnaire

sous les pavés des mots, la plage réformiste, que l'on retrouve souvent aujourd'hui sous les slogans et la phraséologie des Cortèges de tête



les gauchismes et nous

"nous", ce sera ici Patlotch, PEUT-ÊTRE, Tristan Vacances... pour qui relève du gauchisme une exagération ou déformation de ce qui est une ligne générale que nous acceptons à certaines conditions. Comme tout le monde, nous avons "nos" gauchistes en référence à notre ligne générale. Nous considérons par conséquent qu'il existe :

- un gauchisme 'communisateur', soit dans l'immédiatisme ou l'activisme, soit dans la déformation de la théorie exprimée par les théoriciens : c'est la nébuleuse des antigestionnaires et de certains zadistes qui prétendent communiser leur vie, la terre, dans les conditions du capitalisme, c'est-à-dire en poursuivant l'autonomie d'un sujet révolutionnaire dans des zones libérées annonçant la future société communiste

entendons-nous : nous ne critiquons pas ces luttes en tant que telles mais quand elles se prétendent révolutionnaires, c'est-à-dire faire la révolution, ce qui d'évidence est prendre ses désirs pour des réalités, encore un slogan de 68...




et sa version "artiste"


- un gauchisme décolonial tordant la pensée décoloniale jusqu'à lui faire perdre un de ses sens essentiels, le dépassement de l'essentialisme, vers une régression communautariste identitaire, l'exemple paradigmatique étant le PIR, qui cumule ainsi deux gauchismes, puisque son programme politique est peu ou prou celui, réformiste via la politique institutionnelle, du NPA. Dans ce sens la critique de l'islamo-gauchisme est légitime, sous réserve de ce qu'on y met

- un gauchisme féministe, entre autres dans le mot d'ordre d'abolition du genre au-delà de la domination masculine, c'est-à-dire la suppression de toutes les différences, y compris non hiérarchiques, entre hommes et femmes (un différend relevé en 2012 entre Silvia Federici et Théorie communiste)

- un gauchisme écologiste dans la quête d'un capitalisme vert ou l'illusion d'une écologie radicale qui ne mettrait pas en cause le mode de production capitaliste

- un gauchisme poétique dans l'idée qu'il existerait une poétique révolutionnaire, celle que nous avons nommée gauchisme esthétique dans 1968 POÈMES et SLOGANS, AFFICHES, ARTS et LUTTES... UNE POÉTIQUE RÉVOLUTIONNAIRE ?

en résumé, ce n'est pas parce que le terme de gauchisme est un anathème qu'il n'existe pas

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
PEUTÊTRE



Messages : 411
Date d'inscription : 21/12/2017

MessageSujet: Re: le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?   Mer 28 Fév - 10:58


le gauchisme entre possible et impossible

la preuve du gauchisme est donc qu'il existe, et sa nature est d'exprimer comme possible quelque chose qui ne l'est pas, que ce soit en dessous ou au-dessus de ce qui est réalisable, et considéré, aussi radical serait-ce, comme réaliste du point de vue révolutionnaire

c'est pourquoi nous ne partageons pas la sentence de Bruno Astarian
: « Comme je le dis dans le texte sur la théorie, il faut assumer parfois de ne pas être réaliste. » (entretien avec Gilles Dauvé, DDT21, septembre 2017). . La théorie qui sort du réalisme n'est plus de la théorie, mais relève pour nous du romantisme révolutionnaire et à ce titre est de la même eau que le slogan de 68 repris dit-on de Che Guevara « Soyons réalistes, exigeons l'impossible ». « Seamos realistas, pidamos lo imposible ».



cette phrase est d'ailleurs un parfait oxymore, puisque ce à quoi l'on croit est par définition cru possible, et l'on voit mal comment se battre pour quelque chose en quoi l'on ne croit pas, sauf en désespéré : le socialisme ou la mort ! Guevara a gagné

à l'inverse, le mot d'ordre altermondialiste et démocrate radical d'un autre monde possible est précisément utopique, puisqu'impossible à réaliser dans les conditions mêmes du contenu de cette idéologie



on leur trouverait bien une excuse...


... mais voilà, ce ne sont pas les exagérations qui font réussir les révolutions, il se pourrait même qu'elles en facilitent la défaite

le romantisme révolutionnaire est pour nous un idéalisme qui n'a d'ailleurs rien de poétique au sens où nous l'entendons, puisque pour nous la poésie est quête d'une vérité sur la réalité

notre mot d'ordre semblera donc bien timoré, qui serait : faisons la révolution = réalisons le possible, mais nous considérons comme gauchiste tout ce qui ne s'en tiendrait pas à cette perspective. Est-ce que nous y croyons ? Va savoir...

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
PEUTÊTRE



Messages : 411
Date d'inscription : 21/12/2017

MessageSujet: Re: le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?   Mer 28 Fév - 11:45


l'ultragauche est-elle (ultra)gauchiste ?

ça dépend...

car il convient d'abord de chasser un malentendu, ultragauche renvoyant à plusieurs périodes du mouvement communiste, et à plusieurs regards sur elles

- l'ultragauche ouvrière historique, qui va des gauches germano-hollandaise, conseillistes, des années 1900 à 1968 avec les Situationnistes et surtout ICO (Informations correspondance ouvrières) puisqu'on y trouvait quelques ouvriers, ce qui n'est pas le cas de l'IS (Internationale situationniste)

- les héritiers depuis les années 70, dont les purs conseillistes et divers courants autonomistes, à composante fort peu prolétarienne

- la vision médiatico-policière de l'ultragauche, particulièrement mise en exergue à l'occasion de l'affaire de Tarnac, avec Julien Coupat en vedette

nous avons utilisé le terme de post-ultragauche précisément pour distinguer l'ultragauche ouvrière historique de ses héritages non ouvriers, ce qui inclue les conseillistes actuels, les activistes anarcho-autonomes, les communisateurs (relevant tous de l'universalisme prolétarien) et jusqu'à Temps critiques bien que ce groupe n'envisage plus la possibilité d'une révolution prolétarienne

- l'ultragauche conseilliste historique ne saurait être considérée gauchiste qu'aux yeux des léninistes, puisque c'est la source de cette histoire. On peut y ajouter qu'elle demeure gauchiste aux yeux des trotskistes et de toute la galaxie démocrate radicale "émancipatrice"

- les conseillistes actuels peuvent être considérés comme gauchistes dans l'exacte mesure où l'autonomie-autogestion ne pourrait aller au bout d'une révolution/communisation dans laquelle s'abolirait le prolétariat, puisqu'il cherche son pouvoir. Dans ce cas et en ce sens on peut bien parler d'ultragauchisme

il est à noter que l'on se réclame plus facilement de l'ultragauche que l'on ne se revendique ultragauchiste, sans doute en raison de la charge péjorative qui reste attachée au terme. Il est bien évident que lorsque nous l'utilisons, il s'agit d'une vacherie soulignant cette contradiction terminologique


Twisted Evil

disons pour détourner Théorie communiste que la trajectoire de la post-ultragauche n'est pas nécessairement à balle dans le pied*

* Trajectoire d'une balle dans le pied, Histoire critique de l'ultragauche, Roland Simon, Senonevero




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
PEUTÊTRE



Messages : 411
Date d'inscription : 21/12/2017

MessageSujet: Re: le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?   Mer 28 Fév - 13:13


de quelques slogans de 68 objectivement gauchistes

chacun son gauchisme et ses gauchistes, disions-nous, et nous les avons définis plus haut. C'est notre "objectivité" au demeurant avec sa part de subjectivité...

nous allons sélectionner quelques slogans de la liste importée le 15 janvier dans 1968 POÈMES et SLOGANS, AFFICHES, ARTS et LUTTES..., et tenter de dire en quoi nous les considérons comme gauchistes, au sens critique des critères vus plus haut. Elle est là : Des slogans de Mai 68. Nous laisserons de côté tout ce qui est pour ainsi dire à notre goût mauvais ou puéril, et c'est beaucoup

- Camarades, si tout le peuple faisait comme nous...
typiquement avantgardiste, si la révolution n'a pas eu lieu c'est la faute au peuple, il faut donc en changer, comme disait Brecht

- Le discours est contre-révolutionnaire
aucun discours n'a de contenu hors de ce qu'il dit dans le contexte où il le dit

- L'ennui est contre-révolutionnaire
ça dépend s'il ligote ou pas. Il peut aussi pousser à se désennuyer du monde tel qu'il est

- Exagérer c'est commencer d'inventer / Exagérer, voilà l'arme
on peut aussi inventer des conneries désarmantes

- Les frontières on s'en fout
sauf qu'elles existent, c'est encore prendre ses désirs pour la réalité, faire semblant, 68 comme révolution-simulacre

- Il est interdit d'interdire
censé dire l'absolu de la liberté, il se retourne contre elle, car il n'y a pas de communauté humaine possible sans loi commune, et donc des interdits, seraient-ils d'ordre symbolique, non transcrits dans un droit commun et sa juridiction d'État

- L'imagination prend le pouvoir
quand elle le fait elle cesse d'imaginer

- L'insolence est la nouvelle arme révolutionnaire
insubordination puérile

- Jouissez sans entraves
sans entraves, il n'y a pas de jouissance possible, car elle est aussi transgression d'une entrave... à jouir

- Je prends mes désirs pour la réalité car je crois en la réalité de mes désirs / Mes désirs sont la réalité
les désirs sont une réalité, mais leur réelisation, même possible, n'est pas immédiate. Une fois réalisés, ce ne sont plus à proprement parler des désirs, ou seulement de recommencer

- Ne travaillez jamais !
même dans le sens situationniste, c'était une contradiction dans les termes, puisque l'IS voulait le pouvoir des Conseils ouvriers, les travailleurs d'Arlette Laguiller : une apologie du travail !

- Tout le pouvoir aux conseils ouvriers (un enragé) / Vive le pouvoir des conseils ouvriers étendu à tous les aspects de la vie
idem. L'affirmation qui n'en finira jamais avec le prolétariat

- La révolution a besoin d'argent et vous, aussi; les banques sont là pour nous en fournir !
elle a plutôt besoin d'abolir l'argent...

- La révolution cesse dès l'instant qu'il faut se sacrifier pour elle / Une révolution qui demande que l'on se sacrifie pour elle est une révolution à la papa
un dîner de gala ?

- La révolution doit se faire dans les hommes avant de se faire dans les choses
elle est transformation du rapport entre les humains et entre eux et les choses, leurs activités

- La révolution prolétarienne est l'acte intellectuel par excellence
j'ignore ce qu'est un acte non "intellectuel", si ce n'est un acte manqué

- Le sacré, voilà l'ennemi
voire. Tout sacré n'est pas religieux... Il y a dans la loi non juridique du communisme quelque chose de sacré

- Soyez réalistes, demandez l'impossible
déjà discuté plus haut

- Vous finirez tous par crever du confort
concernant les 68tards officiels, souvent prémonitoire, mais tous n'en sont pas morts : « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
PEUTÊTRE



Messages : 411
Date d'inscription : 21/12/2017

MessageSujet: Re: le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?   Mer 28 Fév - 15:54


le gauchisme interne aux partis et groupes

tous les partis et groupes formels ou non ont leur aile gauche, considérée comme gauchiste. Ainsi Hamon fait-il figure de gauchiste au PS, Juppé pour Wauquiez, Alain de Benoist pour les identitaires fascisants, et Marine Le Pen contre les partisans de son père

il en résulte qu'en sus de voir le gauchisme dans d'autres organisations, les militants le trouveront dans la leur, et tel est bien le cas dans les orgas d'extrême-gauche, au NPA, chez des anarchistes (qui n'est pas anarcho-gauchiste aux yeux des mous de la Fédération anarchiste, FA ?), au PCF, chez les Insoumis de Mélenchon, à Syrisa on l'a vu surtout depuis que la tendance Tsipras est au gouvernement, etc. Nuit Debout avait ses gauchistes contre ses initiateurs Frédéric Lordon et François Ruffin, prototype du nouveau gauchiste parlementaire


gauchisme et communisation

on a connu au mitant des années 2000-2010 le bras de fer de Meeting entre Théorie Communiste et Denis/Léon de Mattis, "leader objectif de l'anarchisme de gauche" et propagandiste coupable d'immédiatisme alternatif. Il n'aura au vrai pas inventé un seul concept, si ce n'est les fantasmatiques "mesures communisatrices" qu'il allait encore annoncer pour dans dix ans ou un siècle les soirs de Nuit Debout, en "globe-trotter de la communisation" (Roland Simon). Vu son parcours depuis sa candidature malheureuse au PS dans les années 80, son pamphlet de 2007, "Mort à la démocratie", apparaît cousu main pour se refaire une santé radicale. Aucun prolétaire n'en ayant besoin pour s'abstenir de voter, la leçon tombe à plat

hors son cas, il est patent qu'au sein du "courant communisateur" et même du groupe Théorie Communiste, certains sont considérés par d'autres comme gauchistes, ne serait-ce que parce qu'à l'instar de nombre d'adeptes, ils ne comprennent pas la théorie dont ils se réclament, et la diffusent comme de la soupe virtuelle dans un salmigondis avec l'activisme pseudo-émeutier, considéré comme immédiatiste, autrement dit gauchiste, par la théorie-mère des pères fondateurs. Nous pourrions trouver dans les textes mêmes de ce groupe ou certains raccourcis des formules taillées à la serpe qui ne sont qu'une gauchisation phraséologique de la ligne générale, nonobstant le centralisme démocratique qui règne à TC

dans leur cas, c'est qu'il s'agit de (se) prouver que non "immédiatiste", on n'en est pas moins partisan d'une révolution aussi radicale que possible (ou qu'impossible au sens de 68, ça ne mange aujourd'hui pas de pain). La phrase, théorique ou pas, vient combler le manque de la réalité, et alimenter la foi devenue croyance idéaliste en l'émergence du sujet révolutionnaire prolétarien, classe constituée, en même temps que son caractère tranchant vient nourrir les controverses avec leur clientèle de prédilection dans "le milieu". L'incompréhension est alors fabriquée par l'opportunisme de la formulation : " c'est au présent que nous parlons de communisation " alimentant la confusion même que l'on pourra ainsi critiquer, pour exister

pourtant et pour l'essentiel, les théoriciens de la communisation ne saurait être considérés comme gauchistes, et d'autant moins que depuis un certain temps, ils s'efforcent plutôt de balayer les incompréhensions ou les illusions dans le caractère révolutionnaire de certaines activités présentes, notamment dans les "couches moyennes" auxquelles ils appartiennent (Bruno Astarian et Hic Salta, Le ménage à trois de la lutte des classes), dans le gauchisme adepte du Rojava révolutionnaire et la critique de l'antimilitariste (Tristan Leoni de DDT21), ou la sphère LGBT (Gilles Dauvé, série Homo, DDT21)

ironie du sort théorique et retour de bâton, ils ne parviennent plus eux-mêmes à (re)fonder en permanence leur théorie prolétariste sur des bases concrètes vérifiables empiriquement et Alain Cornebouc en viendra à disserter sur Principe d’incertitude, lutte des classes et théorie (Carbure, 23 novembre 2017), sans remettre en cause le credo prolétarien de cette mouvance théorique. On pourrait alors parler d'un gauchisme qui ne veut pas l'être mais qui l'est quand même à son insu

(illustrer de quelques citations illustres)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Admin
Admin


Messages : 6334
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?   Mer 28 Fév - 20:36


conclusion provisoire

sommes-nous gauchistes ?

selon nos critères, non mais nous avons nos tendances internes, celle à exagérer aussi. Patlotch avant Patlotch fut anarcho-gauchiste dans le PCF et à la CGT, et sans doute dans le courant communisateur à ses débuts, souhaitant davantage de propagande contre le démocratisme radical

aujourd'hui il apparaîtrait plutôt comme une vieux sage, si ce n'est un vieux singe, à qui l'on n'apprend pas à faire la grimace, y compris derrière les masques





gauchisme : une catégorie pertinente pour la critique ?

au terme provisoire de ce court parcours dans le gauchisme à travers les âges, qu'en tirer qui puisse faire du gauchisme une catégorie pertinente pour la critique ?

dans la mesure où, nous l'avons vérifié, ce qualificatif dépend de qui le porte et de qui le reçoit en fonction de critères parfois opposés, il reste la forme, cette tendance à l'exagération ou à viser l'impossible y compris sous un contenu réformiste, et c'est déjà beaucoup, parce que cette forme d'expression, ou d'action, est en elle-même un contenu

c'est pourquoi, en suivant nos propres critères théoriques, nous pouvons la retenir concernant toutes les lignes sur lesquelles nous avons par ailleurs cerné ceux d'une constitution en classe révolutionnaire par des activités communistes, formes porteuses de contenus de rupture avec le capital

nous retenons donc comme résultat de ce sujet les catégories inusitées de gauchisme décolonial, gauchisme féministe, gauchisme écologiste, et gauchisme poétique, et nous en ferons désormais usage dans le sens commun d'une exagération de langage ou d'activités masquant un contenu en deçà de ruptures révolutionnaires contre le capital, telles que nous les concevons au-delà d'une révolution prolétarienne

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
PEUTÊTRE



Messages : 411
Date d'inscription : 21/12/2017

MessageSujet: Re: le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?   Mar 13 Mar - 16:18


camarades révolutionnaires, encore un effort pour causer du monde réel

les gauchistes de gauche n'auront pas assez relevé qu'en face les droitistes de droite ont a parfois une conception plus ouverte de la discussion, dit autrement que l'on peut y causer surtout si l'on n'est pas d'accord, et qu'aucune censure ne vient vous couper la parole

alors certes, à 80% c'est infecte, raciste, nationaliste, machomâliste, etc. mais personne ne vient vous demander des comptes au nom de la révolution prolétarienne, et de ce fait on y trouve une critique plus fine et spontanée, plus massive, qui en vaut bien une autre si ce n'est la vôtre, car plus symptomatique d'une idéologie française à laquelle pourtant n'échappe pas votre élite de révolutionnaires prolétariens professionnels (Marine Le Pen a pu pour cela saluer l'ultragauche identitaire, genre Cousin Francis le communisateur euro-identitaire détournant Debord et Théorie Communiste)

allez, 'camarades', avouez donc que depuis la défaite ouvrière, ils auront été bien plus forts que vous (nous), avec les mêmes procédés, parole libre en plus : le plus stalinien n'est pas celui qu'on pense

et puis, hein, quand il y a l'évidence d'un constat partagé, et bien formulé, c'est comme sur tweeter, on ne se tortille pas du cul pour chier droit et reconnaître que sur ceci ou cela, on est en phase, y compris en termes de perception de classe... prolétarienne

c'est pas révolutionnaire pour deux euros, mais vaut pas moins que vos "structures" d'intellos de classe moyenne qui, communistes, vous laissent quoi ? cois et cons comme un manche de poule ayant trouvé un couteau, à mouliner votre vieux grain délivré sans ivresse, l'ivraie comme moment du faux

étonnez-vous de notre impuissance quand ils nous détruiront, avec vos méthodes et vos mots à la bouche !

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Admin
Admin


Messages : 6334
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?   Mer 14 Mar - 1:55


ça se baladait dans la bibliographie, depuis janvier 2016, ché pu pourquoi
yavait Corinne Cerise, c'était le bon temps


Patlotch a écrit:
.
un siècle de "gauchismes"
en raccourci

corinne cerise a écrit:
ULTRAGAUCHE OUVRIÈRE et ANARCHISANTE (Conseils ouvriers), dont hérite le situationnisme et la théorie de la communisation : se reporter aux textes en ligne de
Hermann GORTER Lettre ouverte au camarade Lénine

Quand même, ça avait de l'allure ce genre de textes. Et ça reste fort encore aujourd'hui.

d'autant que cette réponse était au Lénine de : La maladie infantile du communisme (le "gauchisme")

j'ai choisi ce texte de Gorter pour ça, parce que moi, en 1971 à l'UEC (étudiants ~ PCF), on m'a donné à lire le Lénine mais on m'a caché la réponse... que je n'ai découverte que 35 ans plus tard ! Nul doute que je serais resté con moins longtemps, alors si ça peut inspirer quelque jeunesse...

quand on voit le sommaire, c'est tout un programme, si j'ose dire :
Gorter a écrit:
Lettre ouverte au camarade Lénine
I. Masses et chefs
II. La question syndicale
III. Le parlementarisme
IV. L'opportunisme dans la troisième Internationale
V. Conclusion

cela étant, les "gauchisses" du PCF, c'était tous les autres, pas seulement les Enragés de Nanterre ou les Situs, mais les maoïstes, les trotskistes (« Le trotskisme, cet anti-léninisme » 1969), et même certains à l'UEC, que Krivine avait quittée en 1965 pour cofonder la LCR... et bien sûr Dany le rouge


il n'a pas dit : « nous sommes tous des Nègres et des Africains »
pour l'Occident, le crime nazi, c'est d'avoir exterminé des Blancs
certains ont bien vu le piège idéologique de l'antifascisme ou de l'antiracisme
mais sont tombés dans celui de l'eurocentrisme prolétarien universel :
on ne change pas le monde avec des abstractions
ni des attractions...

le 2 mai, Minute, journal d'extrême-droite : « Ce Cohn-Bendit, parce qu’il est juif et allemand, se prend pour un nouveau Karl Marx »
le 3 mai, Georges Marchais, dans l'Humanité : « ces groupuscules dirigés par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit »

témoignage d'Henri Simon sur la manif du 13 mai 68 extrait
Citation :
Je m’y étais retrouvé avec un groupe de camarades qui gravitaient autour du groupe ICO, dont Christian Lagant, d’ICO et du groupe Noir et Rouge, et un peu par hasard, aux côtés de Daniel Cohn-Bendit, alors militant du mouvement du 22-Mars et proche de Noir et Rouge (à ce moment il n’était pas encore une vedette médiatique, bien qu’ayant quelque peu fait parler de lui dans le milieu étudiant à Nanterre et à la Sorbonne).
[...]
En arrivant à Denfert, toute cette « avant-garde » tourna à droite par le boulevard Raspail pour gagner le lointain Champ-de-Mars. Cohn-Bendit resta là avec une mission bien précise. J’abandonnai les copains qui poursuivaient et me souviens avoir dit : « Je reste, c’est ici que ça va se décider. » La mission de Cohn-Bendit, armé d’un mégaphone, consistait à haranguer la foule des travailleurs qui suivaient pour les persuader de tourner à droite, et non à gauche pour une dispersion par le boulevard Arago. Pour ce faire, il monta avec son mégaphone sur le Lion de Belfort, ce qui était effectivement une excellente position pour lancer la bonne parole vers la foule des arrivants.

Mais c’était compter sans le pouvoir, non seulement des staliniens mais aussi de tous les appareils syndicaux – et c’était là une incroyable naïveté, doublée d’un avant-gardisme élitiste en même temps qu’une ignorance totale des rapports de force dans le mouvement ouvrier. De plus, les premiers rangs des manifestants syndicaux étaient peuplés des bonzes syndicaux et de leurs services d’ordre.

A peine Cohn-Bendit chevauchait-il le Lion et entamait son slogan « Tous au Champ-de-Mars… », qu’une voiture sono du PCF vint s’installer au pied du Lion et commença à diffuser à plein volume de la musique entrelardée du mot d’ordre syndical « Dispersion par la gauche, par le Boulevard Arago ». Rapidement le cavalier du Lion comprit sa méprise, descendit de sa monture et tenta, avec son mégaphone, de rentrer dans les rangs des manifestants pour y porter la bonne parole. Mais là il se trouva en présence du service d’ordre qui ne faisait pas de cadeaux ; l’un des sbires, d’un coup de poing lui enfonça le mégaphone dans les dents. Cette violence souleva des protestations dans les rangs qui s’avançaient « Laissez le parler ». Le service d’ordre adopta, devant ces protestations un autre tactique : l’isolement et la sortie discrète de la manifestation.

J’étais resté près de Cohn-Bendit, assez isolé car tous ses copains étaient partis vers le Champ-de-Mars pour organiser les débats ouvriers-étudiants. Nous fûmes rapidement entourés par les sbires syndicaux musclés, et gentiment poussés hors de la manifestation. Je me souviens d’un petit du service d’ordre qui me collait aux fesses en proférant des menaces : « On te fera la peau, salope ». Il ne devait pas être très loin de penser que j’étais un provocateur. Je ne sais ce que devint alors Cohn-Bendit (il a d’ailleurs survécu). Quant à moi, je quittai la manifestation et n’allai pas au Champ-de-Mars.

Les « prétentions » avant-gardistes étudiantes m’en avaient suffisamment appris (et j’y ai souvent réfléchi par la suite), et j’avais pas mal à faire quant à mon militantisme dans la boîte où je travaillais : le mai des travailleurs venait de commencer.

Aragon disait en 1968 : « Les jeunes gauchistes feront les vieux cons », ça fait pas mal de candidats aujourd'hui : LO, le NPA... "gauchistes" mais tout ce qu'il y a de plus électoralistes ! Ensemble soutiennent la gauche radicale... de Syrisa : la plate forme de gauche

quelle chance, Corinne, pas de gauchisme chez nous, mais...

le purisme, maladie sénile du communisme

Corinne Cerise a écrit:

Une question de spécialistes

Vous parlez tous en spécialistes. Qui de la communisation, qui de l'anarchisme, ou qui du communisme.

C'est à qui, dans cette discussion de comptoir qui plane plus bas que son ombre, sera le plus près de la "pureté" théorique, de la prétendue vérité "révolutionnaire". Et ce, sans un regard sur les luttes concrètes[...]

Oui, vous restez des "spécialistes", c'est à dire, au final, des anti-communistes [...] la lutte de classes est impure dans son concret et faite de contradictions de tous ordres (ce guide n'est surement pas parfait), mais qu'elle seule peut produire un dépassement malgré/avec toute sa crasse. [...] vos rôles de "spécialistes" sont de toute façon destinés à crever de leur belle mort.

Restez donc avec vos querelles intestines, dans vos postures, "en attendant les luttes", pour détourner DNDF... C'est très confortable, et ça ne risque pas de faire peur à un patron (même pas à un flic).

hier dans AUTONOMIE, INTERVENTION, ACTIVISME...

purisme qui s'accompagne parfois de purinatisme, mais c'est une autre histoire...



la philosophie est au mondé réel
ce que la masturbation est au sexe




Dernière édition par Admin le Sam 17 Mar - 14:49, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
PEUTÊTRE



Messages : 411
Date d'inscription : 21/12/2017

MessageSujet: Re: le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?   Sam 17 Mar - 15:33


bonnes feuilles




S'affronter aux gauchistes p. 59-60

Lola Miesseroff a écrit:
Aujourd'hui, nous employons le terme «gauchiste» pour désigner globalement les différentes variantes de trotskistes et de maoïstes des années 68. Mais il s'agirait d'une « projection anachronique », « un peu comme maintenant le pouvoir politique utilise le terme ultragauche », parce qu'« à l'époque, on ne disait pas les gauchistes, on disait les groupuscules, "gauchistes" c'est venu après », sans qu'on sache exactement à quel moment, peut-être « à l'époque de Mitterrand », dans les années 1980. Ce qui fait que, en 1968, on peut dire que « les gauchistes c'était nous », au sens où nous étions confondus avec l'ensemble des groupes et courants d'extrême-gauche sous ce vocable employé par l'État, le Parti communiste et les médias.
[...]
Mais de l'eau a coulé sous les ponts et, à présent, la quasi-totalité de mes interviewés utilisent, comme je le fais, le terme « gauchiste » uniquement pour qualifier l'ensemble des groupes d'obédience trotskiste ou maoïste de 1968. Notons en outre que l'Internationale situationniste parlait déjà des « partis gauchistes » en 1969.

Ce qui nous opposait d'abord aux gauchistes, c'était leur aspiration à devenir « l'avant-garde du prolétariat », prolétariat auquel ils prétendent « porter la bonne parole » et qu'ils cherchent (plutôt vainement) à « recruter » pour le compte de leurs organisations afin de « prendre la direction de la révolution », laquelle devra, bien sûr, aboutir à la « dictature du prolétariat » (ce qui n'est pas son émancipation !). Il s'agit d'une logique de pouvoir, de direction du parti et de la classe, totalement à rebours de la nôtre, fondée sur l'autonomie de la classe : « Le pouvoir ne nous a jamais intéressé. Notre défiance par rapport au pouvoir est viscérale, c'est notre côté libertaire, notre côté radical. »
[...]
Nous critiquions aussi, à l'instar des situationnistes, le comportement aliéné de tous ces militants ; «militant» est d'ailleurs rapidement devenu une insulte. On y voyait notamment une forme de religiosité : « On ne peut qu'être frappé par les innombrables ressemblances qui rapprochent militantisme et activité religieuse. On retrouve les mêmes attitudes psychologiques : esprit de sacrifice, mais aussi intransigeance, volonté de convertir, esprit de soumission. » (Le militantisme, stade suprême de l'aliénation). La langue de bois, l'adhésion religieuse, la rentrée en confession, c'était visible très rapidement. » [...]
Ce militantisme dévot et sacrificiel se retrouvait dans leur comportement « coincé » et leur « total manque d'humour » : « Les gauchistes, c'étaient déjà des gens pas drôles, tu ne pouvais pas déconner avec eux, tu ne pouvais pas parler musique, ils ne s'intéressaient à rien. » [...]
En témoigne leur attitude rigoriste « de petits curetons puritains »...

nous ne pouvons, par expérience, que souscrire à ces critiques, mais nous aurions préféré que l'essaim des saints de Lola n'en soit pas épargné, comme si elle ne savait pas... Disons que sans son charisme légendaire, ce livre n'aurait pu construire cette "outre-gauche" à travers ses désaccords parfois rédhibitoires, et que le sectarisme d'un groupe à l'autre (car ils ne furent ni ne demeurent tous des « francs-tireurs ») construit à bon compte un "milieu" comme préservé par essence des tares des autres. À d'autres, et cela ne correspond pas vraiment à ce que nous avons pu en vivre dans les années 2000, qui n'avait rien à envier à ce qu'on trouvait au sein du PCF, et de toutes autres orgas structurées, y compris les plus "libertaires". Nous n'avons pas manqué de relever dans la post-ultragauche de ces attitudes de curetons, puritains ou pas, qui ne déméritaient pas par rapport aux maoïstes que nous avons croisés à Lyon en 1971

nous ne choisirons pas entre l'esprit de sacrifice et de sacristie et l'individualisme réel tout-pour-ma-gueule de certains interviewés, quand il est mis en avant au prétexte d'un "Nous ne travaillerons jamais" au nom du "Droit à la paresse", assez loin de la critique du travail exploité

il y a les chefs « gauchistes » qui n'auraient pas eu à trahir l'idéologie qu'ils portaient déjà (là-dessus nous sommes d'accord), et eux qui seraient restés purs, d'où l'intérêt de ne pas s'appesantir sur ce que sont devenus les unes et les autres, avec les contorsions habituelles sur la façon dont ils auraient gagné leur vie plus honorablement que d'autres : tout cet (outre)gauchisme de posture est là...

c'est pourquoi cette construction d'une "outre-gauche", si elle ne manque pas de pertinence pour cerner ce qui les différenciait de leurs gauchistes, n'en comporte pas moins le risque de l'entre-soi et d'une identité communautariste avec son pesant d'avant-gardisme, de suffisance et d'esprit "militant" pourtant critiqué chez les autres, et c'est bien cela que nous avons constaté chez certains que nous connaissons

le choix de l'anonymat, que nous ne critiquons pas, amplifie cette construction d'un "milieu radical" quasi-identitaire, et que beaucoup semblent vivre comme ça, avec l'inconvénient de rompre la logique d'une citation à l'autre, puisqu'on ne peut pas rattacher les propos d'une même source, alors que certaines positions sont absolument incompatibles : les rapprocher aujourd'hui ne tient plus qu'à la nostalgie de Mamie Lola [comme son « ami Claude Guillon » « ayant refusé d'engendrer [...] elle promet un coup de pied au cul [à qui la traitera] de "maman" » p.126. Merci pour toutes les femmes que leurs enfants « traitent » de « maman »]


Citation :
bien d'autres chemins [que la communisation] ont été empruntés par les uns et les autres, beaucoup de nos camarades se refusant à envisager par avance le chemin et les processus de la révolution. On n'en est pas fâchés pour autant et on se retrouve souvent, avec plaisir, au coude à coude dans des discussions, dans les mouvements et les manifestations. p. 209

c'est un joli nom "camarade"...

Twisted Evil

pour revenir au "gauchisme", nous avions déjà vu que cette définition du gauchisme par "l'outre-gauche" renversait en quelque sorte celle de Lénine (sur le parlementarisme notamment, contre les Conseillistes). Quant à nous, nous préférons la définition que nous avons donnée d'un gauchisme entre surenchère radicale (en paroles ou en actes) et réformisme de contenu. Au demeurant, Lola en montre à la fin du livre quelques aspects avec un ton sainement autocritique dans sa réflexion sur les slogans, ou sur la psychanalyse et l'antipsychiatrie, avec cette idée rejoignant la nôtre que Mai 68 fut aussi Un tremplin pour la nécessaire modernisation du capital

Arrow

nous conseillons la lecture de ce livre surtout à qui ne connaît pas cette nébuleuse d'outre-gauche, ses exploits en 1968 et l'intérêt alors incontournable de ses points de vue

ne l'ayant découverte, hormis l'Internationale situationniste, qu'au début des années 2000, nous n'y avons pas appris grand chose quant à ses idées théoriques, contenus et pratiques, puisqu'avec "Communisation ressources classées", nous avions regroupés la plupart des textes disponibles aujourd'hui en ligne. Par contre davantage à travers témoignages et anecdotes

par ailleurs, il nous faudrait en dire les limites, le retour critique esquissé dans les derniers chapitres, qui signe le coup de vieux pris par ce milieu, et son incapacité à ouvrir des questionnements théoriques qui émergent dans la situation actuelle
ce qui fait que nous ne pouvons nous considérer ni comme gauchiste, ni comme ultragauchiste, ni outregauchiste...

ils nous le rendent bien, et nous les en remercions, car quoi de plus triste de savoir que bientôt et grâce à ce livre, certains se réclameront de l'outregauche avec leur galerie de papas et mamans géniteurices, et sans un poil de l'humour de Lola

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
PEUTÊTRE



Messages : 411
Date d'inscription : 21/12/2017

MessageSujet: Re: le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?   Mer 18 Avr - 20:07


vers le plus grand fiasco depuis 1968 ?

l'analyse des luttes en ce printemps français (cf CAS TORSE DU PRINTEMPS DIX-HUIT) serait l'occasion d'exemplifier ce que nous avons ici nommé gauchisme, mélange de contenus de rupture impossibles immédiatement, de réformisme démocratique utopique, et de surenchère verbeuse dans des slogans qui rivalisent de nullité, le tout sur fond d'autoroute au macronisme débridé

du compromis attendu sur la ZAD à la "convergence des luttes", qui ne saurait avoir d'objectif que la démocratie politique, c'est-à-dire un autre pouvoir d'État dans le capitalisme, les luttes sociales de ce printemps s'annoncent actuellement à tous points de vue comme un fiasco sans précédent depuis 1968

certes, nous ne sommes pas encore en mai, mais si nous pouvons nous tromper, nous ne voyons pas au fond sur quoi


dans la restructuration sans fin la défaite ouvrière est sans fin

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?   

Revenir en haut Aller en bas
 
le GAUCHISME : une catégorie pertinente pour la critique ?
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Catégorie MF
» Catégorie synthèse
» Nouvelle grille indiciaire catégorie B
» Modification de la périodicité des visites médicales renforcées suivant la catégorie de travailleurs
» catégorie A ou B

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION :: MONDE ACTUEL, LUTTES, ANALYSES et THÉORISATIONS :: PENSER le MONDE et les LUTTES : refondation d'ensemble-
Sauter vers: