PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 1968 POÈMES, SLOGANS, MOTS DITS...

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Patlotch



Messages : 1262
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: 1968 POÈMES, SLOGANS, MOTS DITS...   Dim 14 Jan - 16:18


MAI 1968
Jacques Prévert

On ferme !
Cri du coeur des gardiens du musée homme usé
Cri du coeur à greffer
à rafistoler
Cri d'un coeur exténué
On ferme !
On ferme la Cinémathèque et la Sorbonne avec
On ferme !
On verrouille l'espoir
On cloître les idées
On ferme !
O.R.T.F. bouclée
Vérités séquestrées
Jeunesse bâillonnée
On ferme !
Et si la jeunesse ouvre la bouche
par la force des choses
par les forces de l'ordre
on la lui fait fermer
On ferme !
Mais la jeunesse à terre
matraquée piétinée
gazée et aveuglée
se relève pour forcer les grandes portes ouvertes
les portes d'un passé mensonger
périmé
On ouvre !
On ouvre sur la vie
la solidarité
et sur la liberté de la lucidité.




17 Poèmes de Mai 1968 à Paris

Georges Moustaki : « En mai 1968, la poésie était partout sur les murs »
L'Humanité 2 mai 1968

Citation :
Au moment ou l'on célèbre les quarante ans de Mai 68, vous dites que ce fut pour vous « un moment de grande poésie » ?

Georges Moustaki. C'est comme ça que je qualifierais ce qu'on appelle les événements, la révolution, la révolte. Pour moi, c'était la poésie qui s'exprimait dans la rue, avec des revendications sociales, mais tout cela était en termes politiques, et c'est peut-être ce qui faisait sa beauté. J'ai entendu ce qui se passait à la Sorbonne. J'étais à Caen et nous sommes rentrés parce qu'on avait envie de savoir ce qui s'y passait. C'était exceptionnel. Comme je n'habite pas loin, j'étais confronté tous les jours aux bruits des bombes lacrymogènes, des manifestations qui avaient lieu dans le voisinage. Je suis allé voir avec des amis musiciens et on a décidé d'accompagner les événements avec nos guitares et nos chansons. On a été présents, mais pas en première ligne. On était très solidaires et concernés par ce qu'on était en train de vivre.

Dans le Temps de vivre, vous aviez écrit : « Écoute ces mots qui vibrent sur les murs du mois de mai »...

Georges Moustaki. La poésie est contagieuse. Elle était partout sur les murs, cela m'a donné envie d'être en résonance. Il n'y a pas eu beaucoup de chansons écrites sur ce mois de mai. La vraie poésie, elle était dans les rues. Avec ces mots, j'indique la source. C'est une chanson qui accompagnait un film de Bernard Paul, le Temps de vivre, qui se tournait au mois de mai 1968, adapté d'un livre d'André Remacle, écrivain communiste de Marseille. Il y avait une concordance entre le film, le livre, les événements et la chanson.



67/68 : une autre révolution culturelle… Prenez garde à la poésie (15/44)
Radio Fañch en partenariat avec Ina.fr

Citation :
Ici, le vendredi, jusque fin juin 2018, en complément du feuilleton "société" publié chaque lundi, je vous raconte, quelques faits marquant de "la vie culturelle" de l'époque. À travers les livres, les films, les disques qui ont marqué la révolution culturelle qui couve. Avec des archives audio radio en exclusivité, les sources de la presse nationale et régionale, et… mes propres souvenirs.




15. Prenez garde à la poésie… (de la rue)

En 1967, la poésie qui percute c'est celle des Beatles avec la sortie de Sgt Pepper le 1er juin, celle d'Hendrix, celle d'Aragon que chante Ferré (1961), celle de Bernard Dimey et de tant d'autres poètes. De Luc Bérimont qui animait au début des années 60, sur France Inter, "La fine fleur de la chanson française"…

En 1967, Aragon est élu à l'académie Goncourt. France Culture en rend compte d'une façon un peu austère. Aragon lui même semble assez peu enthousiaste… Dans quelques mois pourtant la poésie et la parole vont s'afficher, s'écrire sur les murs de Paris et d'autres villes de France.

Le début de l'entretien avec Aragon commence à 27'50"

Dix ans auparavant, sur la chaîne nationale était diffusée l'émission "Prenez garde à la poésie". Voilà comment la présente Jean-François Remonté et Simone Depoux (1) : "Une grande première et sans doute une grande dernière, cette émission de variétés en public dont la vedette est la poésie. C'est Paul Gilson, directeur de la radio et poète lui-même, qui offre à Philippe Soupault et Jean Chouquet [producteur et réalisateur à la radio publique, ndlr] cette occasion de produire un vrai show poétique. Le titre est déjà un clin d'œil : … on va rire, on va être surpris et on découvrira que la poésie n'est pas nécessairement affaire de componction et de gravité."

Et puis puisque j'évoquais Luc Bérimont, voici une occasion d'entendre deux femmes de radio qui évoquent un homme de radio…

(1) "Les années radio", L'arpenteur/Gallimard, 1989.
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Patlotch



Messages : 1262
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: Re: 1968 POÈMES, SLOGANS, MOTS DITS...   Hier à 5:26


intéressante recension, bien qu'exclusivement parisienne en milieu étudiant. On y trouve les slogans les plus connus, devenus classiques, les citations et détournements de Marx, Lénine... les mots d'ordre situationnistes... Un constat s'impose, l'imagination n'était pas massivement au pouvoir (du contre-pouvoir), et si la poésie était dans la rue, les murs ne l'ont pas retenu. Sur le plan théorique, à boire et à manger, mais une dominante, ça part dans tous les sens, y compris les plus réactionnaires, individualistes, machistes..., et pour le meilleur, ça ne dépasse pas les limites du mouvement, son sens historique pas même atteint, sauf peut-être dans l'élan, la dynamique, la geste même

concernant les slogans et graffitis des mouvements récents (Nuit debout, Cortèges de têtes...), j'ai pu penser qu'il y avait régression, folklorisation de 68, mais je dois reconnaître qu'il n'en est rien. Cela dit, ces slogans ne traduisent pas tout de ces mouvements

on comprend alors concernant la suite, les années 70, 80... que pour certains, il n'y eut pas grand chose à "trahir", mais tout à investir dans la vie quotidienne redevenue normale, cours quotidien du capital restructuré : idéologique, économique et politique



Citation :
À chaque fois que le renseignement était donné, j'ai indiqué le lieu où le slogan a été écrit. Parfois, différentes sources donnent des endroits différents, ce qui explique le "et/ou" dans certaines indications de lieu.

À bas la charogne stalinienne
À bas les groupuscules récupérateurs

Rue d'Ulm
À bas la société de consommation.
À bas la société spectaculaire-marchande.
À bas le crapaud de Nazareth

Sorbonne
À bas le réalisme socialiste. Vive le surréalisme.
Condorcet
À bas les journalistes et ceux qui veulent les ménager
Sorbonne, hall grand amphi.
À bas l'État.
À bas le sommaire
Vive l'éphémère

Jeunesse Marxiste Pessimiste
Vive l'Association Internationale des Travailleurs
Sorbonne
À bas le vieux monde
"Je me souviens de cette inscription qu'on avait mise sur le mur de la poste de la rue des Archives: `À bas le vieux monde !', je la regardais et je croyais que le vieux monde allait disparaître parce qu'on l'avait écrit. On avait une idée biblique de la parole !" (Alexandre, cité par Nicolas Daum, Des révolutionnaires dans un village parisien, Londreys, Paris, 1988, p. 111).
À bas l'objectivité parlementaire des groupuscules. L'intelligence est du côté de la bourgeoisie. La créativité est du côté des masses. Ne votez plus.
Sorbonne
Abolition de l'aliénation.
Abolition de la société des classes.
L'aboutissement de toute pensée, c'est le pavé dans ta gueule, C.R.S.

Rue de Rennes
L'action ne doit pas être une réaction mais une création
Censier
L'action permet de surmonter les divisions et de trouver des solutions.
L'âge d'or était l'âge où l'or ne régnait pas.  Le veau d'or est toujours de boue.

Odéon, foyer
L'agresseur n'est pas celui qui se révolte mais celui qui affirme
Nanterre
L'agresseur n'est pas celui qui se révolte mais celui qui réprime
Rue Saint-Jacques
Aimez-vous les uns sur les autres
Censier
L'alcool tue.  Prenez du L.S.D.
"Amnistie : acte par lequel les souverains pardonnent le plus souvent les injustices qu'ils ont commises." (Ambrose Bierce)
[La définition dans le Devil's Dictionary de Bierce est plus précisément : "magnanimité de l'État envers les contrevenants qu'il serait trop coûteux de punir".]
L'anarchie c'est Je
Nanterre, entrée côté A1
L'aptitude de l'étudiant à faire un militant de tout acabit en dit long sur son impuissance.  -Les filles enragées.
Les armes de la critique passent par la critique des armes
Odéon, rue Rotrou
Arrêtez le monde, je veux descendre
Cité ici par le Garde-mots; certains attribuent cette phrase à Obaldia.
L'art est mort. Godard n'y pourra rien.
Sorbonne
L'art est mort, libérons notre vie quotidienne.
L'art est mort, ne consommez pas son cadavre.
Attention : les arrivistes et les ambitieux peuvent se travestir en "socialards".
Attention les cons nous cernent. Ne nous attardons pas au spectacle de la contestation, mais passons à la contestation du spectacle.

Odéon
"Au grand scandale des uns, sous l'oeil à peine moins sévère des autres, soulevant son poids d'ailes, ta liberté."
André Breton, "Ode à Charles Fourier", Salle C20, Nanterre
Autogestion de la vie quotidienne
Place du Panthéon
Autrefois, nous n'avions que le pavot. Aujourd'hui, le pavé.
Nanterre
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
À vendre, veste en cuir spéciale manifestation, garantie anti-CRS, grande taille, prix 100 F

Nanterre
Ayez des idées
Faculté de droit du Panthéon
Baisez-vous les uns les autres sinon ils vous baiseront
Sorbonne, hall Richelieu
Bannissons les applaudissements, le spectacle est partout.
La barricade ferme la rue mais ouvre la voie

Place Saint-Michel et/ou Nanterre, amphi musique
Le bâton éduque l'indifférence
Sorbonne (certaines sources mentionnent "béton" et non "bâton"; "béton" me semble moins compréhensible)
Belle, peut-être pas, mais ô combien charmant.  La vie contre la survie.
Bien creusé vieille taupe
Rue de la Montagne-Sainte-Geneviève
Le bleu restera gris tant qu'il n'aura pas été réinventé
Nanterre
Le bonheur est une idée neuve.
Un bon maître nous en aurons dès que chacun sera le sien

Hall Sc. Po.
La bourgeoisie n'a pas d'autre plaisir que de les dégrader tous
Assas
Cache-toi, objet
Sorbonne, hall Richelieu
Camarades, 5 heures de sommeil sur 24 sont indispensables : nous comptons sur vous pour la révolution.
Camarades, l'amour se fait aussi à Sc. Po., pas seulement aux champs

Sciences Po
Camarades, lynchons Séguy !
Camarades, si tout le peuple faisait comme nous...
Camarades, vous enculez les mouches

Nanterre, amphi. musique
Céder un peu c'est capituler beaucoup
Beaux-Arts
Celui qui peut attribuer un chiffre à une (é)motion est un con
Sorbonne
Ce n'est pas seulement la raison des millénaires qui éclate en nous, mais leur folie, il est dangereux d'être héritier
Nanterre
C'est en arrêtant nos machines dans l'unité que nous démontrons leur faiblesse.
Rue de Seine
"C'est parce que la propriété existe qu'il y a des guerres, des émeutes et des injustices." (Saint Augustin)
C'est pas fini !
Boulevard Saint-Michel
Ceux qui ferment les portes à clé sont des froussards donc des ennemis
Censier
Ceux qui font les révolutions à moitié ne font que se creuser un tombeau.
Ceux qui parlent de révolution et de lutte des classes sans se référer à la réalité quotidienne parlent avec un cadavre dans la bouche

Lycée Henri IV
Changez la vie, donc transformez son mode d'emploi
Odéon, rue Rotrou
Chassez le flic de votre tête.
Le Christ seul révolutionnaire

Sorbonne (photo)
Colle-toi contre la vitre. Croupis parmi les insectes
Nanterre
"Le combat est père de toute chose." (Héraclite)
Comment penser librement à l'ombre d'une chapelle ?
Sorbonne
Concours du prof le plus bête. Osez donc signer les sujets d'examen.
Sorbonne
Le conservatisme est synonyme de pourriture et de laideur
Nouvelle faculté de médecine, Grand Hall
Consommez plus, vous vivrez moins
Rue de Rennes et/ou Sorbonne, hall Richelieu
Construire une révolution, c'est aussi briser toutes les chaînes intérieures
Médecine
Contestation. Mais con d'abord
Nanterre, escalier C
Cours camarade, le vieux monde est derrière toi
Sorbonne et/ou Odéon, rue Rotrou et/ou Sorbonne, hall grand amphi.
Cours camarade, le P.C.F. est derrière toi

???? Référence à G. Séguy, à la position ("récupératrice", disait-on à l'époque) du Parti Communiste Français lors des élections, etc.
Cours, connard, ton patron t'attend
Métro Duroc
Créez.
Crier la mort c'est crier la vie

Nanterre, salle C20
C.R.S. S.S. (affiche)
On ignore souvent que cette association d'acroynymes remonte en fait aux violentes grèves de 1947 dans les Houillères du Nord. Après la révocation de Delfosse, secrétaire de la fédération CGT du Sous-sol, une dure bataille s'engage entre les mineurs et les CRS, vite remplacés par l'armée mobilisée par Moch. La fin de la Seconde Guerre n'est pas loin et le Nord de la France garde encore des souvenirs douloureux de l'occupation allemande. Aussi, les ouvriers associent-ils les forces de l'ordre aux SS qu'ils ont, pour certains, combattus dans la Résistance.
Les premières missions des CRS, créées le 8/12/1944 et principalement composées, à l'époque, de militants communistes, sont pourtant de participer au rétablissement de la légalité républicaine au fur et à mesure de la libération: missions de surveillance et de prévention des pillages et des trafics, garde des prisonniers allemands, surveillance des centres d'internement des miliciens et des collaborateurs. L'inscription "CRS SS" se voit nettement sur des films d'actualité ou documentaires tournés alors, tels que La grande lutte des mineurs de Louis Daquin, réalisé en 1948 et censuré à l'époque.
C.R.S. qui visitez en civil, faites très attention à la marche en sortant
Odéon
La culture c'est l'inversion de la vie
Rue de Vaugirard
"Dans la révolution, il y a deux sortes de gens : ceux qui la font et ceux qui en profitent." (Napoléon)
Dans le décor spectaculaire, le regard ne rencontre que les choses et leur prix.
Dans les chemins que nul n'avait foulés, risque tes pas !  Dans les pensées que nul n'avait pensées, risque ta tête !

Odéon, escalier hall
Debout les damnés de l'Université.
Déboutonnez votre cerveau aussi souvent que votre braguette

Odéon
Déchristianisons immédiatement la Sorbonne
Sorbonne
Déculottez vos phrases pour être à la hauteur des Sans-culottes
Rue d'Ulm et/ou Cour Sorbonne
Déjà 10 jours de bonheur
La Mutualité et/ou Censier
Défense de ne pas afficher
Sc. Po
Désirer la réalité, c'est bien ! Réaliser ses désirs, c'est mieux
Sorbonne, Hall Grand amphi.
Dessous les pavés c'est la plage...
Sorbonne
Dieu, je vous soupçonne d'être un intellectuel de gauche
Condorcet
Le discours est contre-révolutionnaire.
Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend

Nanterre
L'économie est blessée, qu'elle crève !
Rue Linné
Écrivez partout !
L'éducateur doit être lui-même éduqué
Sorbonne
Élections pièges à cons
Place Saint-Michel
L'émancipation de l'homme sera totale ou ne sera pas
Censier
Embrasse ton amour sans lâcher ton fusil
Odéon
L'ennemi du mouvement, c'est le scepticisme. Tout ce qui a été réalisé vient du dynamisme qui découle de la spontanéité.
L'ennui est contre-révolutionnaire.
Enragez-vous

Nanterre, amphi. Musique et/ou Censier, les C.A.
En tout cas pas de remords !
Espérance : ne désespérez pas, faites infuser davantage.

Sorbonne, Cour. Cette phrase est dûe à Henri Michaux.
Est prolétaire celui qui n'a aucun pouvoir sur l'emploi de sa vie quotidienne et qui le sait
Nanterre et/ou Odéon
Et cependant, tout le monde veut respirer et personne ne peut respirer et beaucoup disent "nous respirerons plus tard".  Et la plupart ne meurent pas car ils sont déjà morts.
Êtes-vous des consommateurs ou bien des participants ?
Être libre en 1968, c'est participer.
Être réactionnaire c'est justifier et accepter la réforme sans y faire fleurir la subversion

E.S. Saint-Louis
Être riche c'est se contenter de sa pauvreté ?
Censier
Et si on brûlait la Sorbonne ?
Sorbonne
L'état c'est chacun de nous
Quai Malaquais
Les étudiants sont cons.
Exagérer c'est commencer d'inventer

Censier
Exagérer, voilà l'arme
Censier
Examens = servilité, promotion sociale, société hiérarchisée.
Explorons le hasard

Boulevard Saint-Germain
Fais attention à tes oreilles, elles ont des murs
Censier
Faites l'amour et recommencez
Rue Jacob et/ou Odéon
Faites la somme de vos rancoeurs et ayez honte
Censier
Le feu réalise !
Nanterre
Fin de l'Université.
Un flic dort en chacun de nous, il faut le tuer

Censier
La forêt précède l'homme, le désert le suit.
Sorbonne, hall grand amphi.
Les frontières on s'en fout.
Les gens qui travaillent s'ennuient quand ils ne travaillent pas.  Les gens qui ne travaillent pas ne s'ennuient jamais
Sorbonne
Godard : le plus con des Suisses pro-chinois !
L'homme n'est ni le bon sauvage de Rousseau, ni le pervers de l'église et de La Rochefoucauld.  Il est violent quand on l'opprime, il est doux quand il est libre.
Un homme n'est pas stupide ou intelligent : il est libre ou il n'est pas

Médecine
D'un homme, on peut faire un flic, une brique, un para, et l'on ne pourrait en faire un homme ?
Nanterre, amphi. musique
L'humanité ne sera heureuse que quand le dernier capitaliste sera pendu avec les tripes du dernier gauchiste
Condorcet
L'humanité ne sera vraiment heureuse que lorsque le dernier des capitalistes aura été pendu avec les tripes du dernier des bureaucrates
Rue Lhommond
Hurle.
Ici, bientôt, de charmantes ruines.
Ici, on spontane

Censier
Il est douloureux de subir les chefs, il est encore plus bête de les choisir.
Il est interdit d'interdire

Rue Saint-Jacques et/ou Nanterre, amphi musique
Je lis sur Wikipedia que cette phrase aurait été prononcée par dérision par Jean Yanne dans une de ses émissions radiophoniques du dimanche au printemps 1968; il aurait été surpris de l'avoir entendue reprise au premier degré.
Il est interdit d'interrompre
Hall, Sciences Po.
"Il faut porter en soi un chaos pour mettre au monde une étoile dansante." (Nietzsche)
Il faut systématiquement explorer le hasard
Censier
Il n'est pas de pensées révolutionnaires. Il n'est que des actes révolutionnaires
Rue Gay-Lussac
Il n'y a de mortel, de temporel, de limitée et d'exclusif que dans l'organisation et dans les structures
Nanterre, hall A1
Il n'y aura plus désormais que deux catégories d'hommes : les veaux et les révolutionnaires.  En cas de mariage, ça fera des réveaulutionnaires.
Educat. surveillée
Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n'empêcheront pas la venue du printemps
?
Il y a, en France, 38 000 communes... nous en sommes à la seconde
Sciences-Po
"Imagination n'est pas don mais par excellence objet de conquête." (Breton)
L'imagination prend le maquis
Sorbonne
L'imagination prend le pouvoir
Rue de Seine et/ou Science Po., escalier
L'insolence est la nouvelle arme révolutionnaire
Médecine
Interdit d'interdire.  La liberté commence par une interdiction : celle de nuire à la liberté d'autrui.
Sorbonne
Inventez de nouvelles perversions sexuelles (je peux pus !)
Nanterre, devant cafetaria hall C
J'aime pas écrire sur les murs.
J'ai quelque chose à dire mais je ne sais pas quoi

Censier
Je décrète l'état de bonheur permanent
Sc. Po., escalier
Je joue
Nanterre
Je jouis dans les pavés
Rue Gay-Lussac
"Je me propose d'agiter et d'inquiéter les gens.  Je ne vends pas le pain mais la levure." (Unamuno)
J'emmerde la société et elle me le rend bien
Condorcet
Je ne sais qu'écrire mais j'aimerais en dire de belles et je ne sais pas
Censier
Je ne suis au service de personne, le peuple se servira tout seul
Sorbonne
Je ne suis au service de personne (pas même du peuple et encore moins de ses dirigeants) : le peuple se servira tout seul.
Censier
Je participe.
Tu participes.
Il participe.
Nous participons.
Vous participez.
Ils profitent.
Je plane/hashich

Nanterre, ascenseur bâtiment GH
Je prends mes désirs pour la réalité car je crois en la réalité de mes désirs
Sorbonne, hall Grand amphi.
Je rêve d'être un imbécile heureux
Nanterre, amphi. musique
Je suis marxiste, tendance Groucho
Nanterre, salle C20
Je suis venu, j'ai vu, j'ai cru
Sorbonne
Je t'aime !!! Dites-le avec des pavés
Gare de Nanterre
Jeunes femmes rouges toujours plus belles
Faculté de médecine
Les jeunes font l'amour, les vieux font des gestes obscènes.
Jouissez ici et maintenant

Nouvelle Faculté de médecine
Jouissez sans entraves
Rue de Vaugirard
(Immortalisé par une superbe photo d'Henri Cartier-Bresson, ©️ Magnum Photos).
Jouissez sans entraves, vivez sans temps morts, baisez sans carotte
Nanterre, cité universitaire, ascenseur
("Vivre sans temps morts et jouir sans entraves" termine "De la misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel, et de quelques moyens pour y remédier", petit ouvrage collectif sorti en 1966 à Strasbourg; il a été réédité chez Sulliver en 1995).
Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes... et la peur du noir aux staliniens
Rue Bonaparte et/ou Beaux-Arts
Les larmes des Philistins sont le nectar des dieux
Sorbonne, hall Grand amphi.
La liberté, c'est la conscience de la nécessité
Place de la Sorbonne
La liberté, c'est le crime qui contient tous les crimes, c'est notre arme absolue
Sorbonne, hall Grand amphi.
La liberté, c'est le droit au silence
Censier
La liberté commence par une interdiction.  Celle de nuire à la liberté d'autrui
Nanterre
La liberté d'autrui étend la mienne à l'infini.
La liberté est le crime qui contient tous les crimes.  C'est notre arme absolue.
La liberté n'est pas un bien que nous possédions. Elle est un bien que l'on nous a empêché d'acquérir à l'aide des lois, des règlements, des préjugés, ignorance...

Nanterre
Libérez nos camarades.
Luttons contre la fixation affective qui paralyse nos potentialités. -Comité des femmes en voie de libération.
Lynchons Séguy ! La marchandise, on la brûlera !

Institut pédagogique
Le mandarin est en vous
Nouvelle faculté de médecine, grand hall
Mangez vos professeurs
Sorbonne
Manquer d'imagination, c'est ne pas imaginer le manque
Nanterre, amphi. musique
La marchandise, on la brûlera
Sorbonne, hall Richelieu
Le masochisme aujourd'hui prend la forme du réformisme
Sorbonne
Make love, not war.
La marchandise est l'opium du peuple.
Même si Dieu existait, il faudrait le supprimer.
Merde au bonheur (vivez)

Sorbonne
Mes désirs sont la réalité
Nanterre, C 24
Métro, boulot, dodo
Ce slogan serait tiré d'un poème de Pierre Béarn, Couleurs d'usine, paru chez Seghers en 1951: Au déboulé garçon pointe ton numéro / pour gagner ainsi le salaire / d'une morne journée utilitaire / métro, boulot, bistro, mégots, dodo, zéro. Pierre Béarn, romancier, poète, journaliste et fabuliste prolifique, est mort en 2004 à l'âge de 104 ans.
Mettez un flic sous votre moteur
Rue Daubenton et/ou Censier
Millionnaires de tous les pays, unissez-vous, le vent tourne.
Mort aux tièdes

Censier
La mort est nécessairement une contre révolution
Langues orientales
Les motions tuent l'émotion
Censier
Mutation lave plus blanc que révolution ou réformes
Censier
Mur baignant infiniment dans sa propre gloire
Nanterre, Hall A
Les murs ont des oreilles. Vos oreilles ont des murs
Condorcet
N'admettez plus d'être / immatriculés / fichés / opprimés / réquisitionnés / prêchés / recensés / traqués /
Odéon, escalier foyer
La nature n'a fait ni serviteurs ni maîtres, je ne veux donner ni recevoir de lois
Hall, Sciences Po.
Ne changeons pas d'employeurs, changeons l'emploi de la vie
Sorbonne
Ne consommons pas Marx
Censier
Ne dites plus : Monsieur le Professeur, dites : crève salope !
Rue Cujas
Ne dites plus : urbanisme, dites : police préventive
Beaux-Arts
Ne me libère pas, je m'en charge
Nanterre, bâtiment GH, ascenseur
Ne nous attardons pas au spectacle de la contestation, mais passons à la contestation du spectacle.
Ne nous laissons pas bouffer par les politicards et leur démagogie boueuse.  Ne comptons que sur nous-mêmes.  Le socialisme sans la liberté, c'est la caserne.
Ne prenez plus l'ascenseur, prenez le pouvoir

107, avenue de Choisy
Ne travaillez jamais !
Nanterre et/ou Sorbonne
Ne vous emmerdez pas, merdifiez
Censier
Ne vous emmerdez plus, emmerdez les autres
Nanterre, Hall C. Rz.
Le n'importe quoi érigé en système
Nanterre
Le nihilisme doit commencer par soi-même
Censier
Ni maître, ni Dieu. Dieu, c'est moi
Censier
Ni robot, ni esclave
Censier
Non à la révolution en cravate.
Notre espoir ne peut venir que des sans-espoir

Hall Sc. Po.
Nous avons une gauche préhistorique
Hall Sc. Po.
Nous n'avons fait que la 1ère insurrection de notre révolution
"Or, les vraies vacances, c'était le jour où nous pouvions regarder une parade gratuitement, où nous pouvions allumer un feu géant au milieu de la rue sans que les flics nous en empêchent." Harpo Marx (Harpo speaks)
Sorbonne
Nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui.
Sorbonne (une autre source mentionne "garantie" au lieu de "certitude", ce qui correspond à ce que l'on peut lire dans l'introduction du Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem, paru en 1967: "La lutte du subjectif et de ce qui le corrompt élargit désormais les limites de la vieille lutte des classes. Elle la renouvelle et l'aiguise. Le parti pris de la vie est un parti pris politique. Nous ne voulons pas d'un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui. L'homme de la survie, c'est l'homme émietté dans les mécanismes du pouvoir hiérarchisé, dans une combinaison d'interférences, dans un chaos de techniques oppressives qui n'attend pour s'ordonner que la patiente programmation des penseurs programmés.")
Nous refusons d'être H.L.M.isés, diplômés, recencés, endoctrinés, sarcellisés, sermonés, matraqués, télémanipulés, gazés, fichés.
Nous sommes des rats (peut-être) et nous mordons.
Les enragés
Sorbonne
Nous sommes rassurés : 2 + 2 ne font plus 4
Censier
Nous sommes tous des "indésirables".
Nous sommes tous des juifs allemands

Gare de Lyon
On peut trouver un bout d'histoire de ce slogan ici. Et ici, dans l'Express du 16/04/1998, j'imagine que c'est Cohn-Bendit qui commente ce slogan en écrivant: "Et ce slogan a servi de support au refus de l'exclusion sous toutes ses formes: «Nous sommes tous des immigrés», «Nous sommes tous des étrangers», «Nous sommes tous des sans-papiers». Il traduit une identification d'une partie de la jeunesse avec ceux qui sont en marge de la société. C'est un slogan qui a eu une vie autonome. Il a survécu comme symbole de solidarité. C'est un bon slogan. Il a une puissance émotive très explicite. Il supporte sa propre métamorphose. Je lui souhaite longue vie."
Nous voulons : les structures au service de l'homme et non pas l'homme au service des structures. Avoir le plaisir de vivre et non plus le mal de vivre
Odéon
Nous voulons une musique sauvage et éphémère.  Nous proposons une régénération fondamentale : grève de concerts, des meetings sonores : séances d'investigation collectives, suppression du droit d'auteur, les structures sonores appartiennent à chacun.
Nous voulons vivre.
La nouveauté est révolutionnaire, la vérité aussi

Censier
Nul n'arrive à comprendre s'il ne respecte, conservant lui-même sa propre nature, la libre nature d'autrui
Censier
L'obéissance commence par la conscience et la conscience par la désobéissance
Censier
Occupation des usines.
O gentils messieurs de la politique, vous abritez derrière vos regards vitreux un monde en voie de destruction. Criez, criez, on ne saura jamais que vous avez été castrés.

Sorbonne, galeries Lettres
On achète ton bonheur, vole-le !
Sorbonne, hall Richelieu
On n'a... pas le temps d'écrire !!!
On n'efface pas la vérité (ni d'ailleurs le mensonge)

Nanterre, salle C20
On ne revendique rien, on prend
Faculté de médecine
On ne revendiquera rien, on ne demandera rien, on prendra, on occupera
Sorbonne, hall grand amphi.
L'orthografe est une mandarine
Sorbonne
Ôsons
Nanterre
"Ôsons ! Ce mot renferme toute la politique de cette heure." (Saint-Just)
Oubliez tout ce que vous avez appris.  Commencez par rêver
Sorbonne
Ou vous vous emparez des usines, des bureaux, des banques, de tous les moyens de distribution, ou vous disparaîtrez sans laisser de traces ! La révolution a besoin d'argent et vous, aussi; les banques sont là pour nous en fournir ! Une organisation, oui ! Une autorité ou un parti, NON ! (Bonnot and Clyde)
Rue de l'Estrapade
Ouvrez les fenêtres de votre coeur
Censier
Ouvrons les portes des asiles, des prisons et autres facultés
Nanterre, amphi. Musique
La paresse est maintenant un crime, oui, mais en même temps un droit
Censier
Parlez à vos voisins (et à vos voisines, bordel !)
Rue Racine et/ou Censier
Participez au balayage. Il n'y a pas de bonnes ici
Beaux-Arts
Pas de liberté aux ennemis de la liberté.
Pas de replâtrage, la structure est pourrie.
"La passion de la destruction est une joie créatrice."
(Bakounine)
Le patron a besoin de toi, tu n'as pas besoin de lui.
Au pays de Descartes les conneries se foutent en cartes

Lycée Condorcet
La pègre, c'est nous
Rue Moufetard. Pendant la nuit d'émeutes du 24 au 25 mai, le ministre de l'Intérieur, Christian Fouchet, avait stigmatisé "la pègre qui sort des bas-fonds de Paris et qui est véritablement enragée".
Une pensée qui stagne est une pensée qui pourrit
Rue des Fossés-Saint-Jacques et/ou Sorbonne
Penser ensemble, non. Pousser ensemble, oui
Assas, faculté de droit
La perspective de jouir demain ne me consolera jamais de l'ennui d'aujourd'hui
Nanterre, escalier C, 1er étage
Plébicite : qu'on dise oui qu'on dise non, il fait de nous des cons.
Pluie. Pluie et vent et carnage ne nous dispersent pas mais nous soudent
(Comité d'agitation culturelle)
Sorbonne
La plus belle sculpture, c'est le pavé de grès. Le lourd pavé critique c'est le pavé que l'on jette sur la gueule des flics.
Sorbonne, hall du grand amphi
Plus jamais Claudel
Nanterre, Hall E
Plus je fais l'amour, plus j'ai envie de faire la révolution. Plus je fais la révolution, plus j'ai envie de faire l'amour
Sorbonne
La poésie est dans la rue
Odéon, rue Rotrou
La politique se passe dans la rue.
Pour mettre en question la société où l'on "vit", il faut d'abord être capable de se mettre en question soi-même.
Pourvu qu'ils nous laissent le temps...
Le pouvoir avait les universités, les étudiants les ont prises.  Le pouvoir avait les usines, les travailleurs les ont prises.  Le pouvoir avait l'O.R.T.F., les journalistes lui ont pris.  Le pouvoir a le pouvoir, prenez-le lui !

Sc. Po., hall d'entrée
Le pouvoir est au bout du fusil (est-ce que le fusil est au bout du pouvoir ?)
Nanterre, hall C Rz
Le pouvoir sur ta vie tu le tiens de toi-même
Rue Dauphine et/ou Odéon, rue Rotrou
Prenez vos désirs pour la réalité
(photo)
Prenons la révolution au sérieux, mais ne nous prenons pas au sérieux
Odéon
Professeurs, vous êtes aussi vieux que votre culture, votre modernisme n'est que la modernisation de la police, la culture est en miette (les enragés)
Sorbonne
Professeurs, vous nous faites vieillir
Rue Soufflot
Quand l'assemblée nationale devient un théâtre bourgeois, tous les théâtres bourgeois doivent devenir des assemblées nationales
Odéon
Quand le dernier des sociologues aura été étranglé avec les tripes du dernier bureaucrate, aurons-nous encore des "problèmes" ?
Sorbonne, hall GD amphi.
Quand le doigt montre la lune, l'imbécile regarde le doigt (proverbe chinois)
Conservatoire de musique
Quand les gens s'aperçoivent qu'ils s'ennuient, ils cessent de s'ennuyer.
Que c'est triste d'aimer le fric.
Qu'est-ce qu'un maître, un dieu ?  L'un et l'autre sont une image du père et remplissent une fonction oppressive par définition

Médecine
Qui parle de l'amour détruit l'amour.
Le reflet de la vie n'est que la transparence du vécu

Sorbonne, hall Grand amphi.
Réforme mon cul.
Regarde-toi : nous t'attendons !

Odéon
Regarde ton travail, le néant et la torture y participent
Sorbonne, hall grand amphi.
Regardez en face !!!
Les réserves imposées au plaisir excitent le plaisir de vivre sans réserve.
Le respect se perd, n'allez pas le rechercher

Condorcet
Le rêve est réalité
Censier
La révolution cesse dès l'instant qu'il faut se sacrifier pour elle.
La révolution, c'est une INITIATIVE.
La Révolution doit cesser d'être pour exister

Nanterre, hall A1
La révolution doit se faire dans les hommes avant de se faire dans les choses
Beaux-Arts
La révolution est incroyable parce que vraie
Censier
Révolution, je t'aime.
Un révolutionnaire est un danseur de cordes

Nouvelle faculté de médecine
La révolution n'est pas seulement celle des comités mais avant tout la vôtre.
La révolution prolétarienne est l'acte intellectuel par excellence

Cannes, Palais des festivals, juin 1968
Une révolution qui demande que l'on se sacrifie pour elle est une révolution à la papa
Médecine
Un rien peut être un tout, il faut savoir le voir et parfois s'en contenter
Nanterre, amphi. musique
Le rouge pour naître à Barcelone, le noir pour mourir (non, Ducon, pour vivre à Paris)
Boulevard Saint-Michel
Le sacré, voilà l'ennemi
Nanterre, hall B
Savez-vous qu'il existait encore des chrétiens ?
Sorbonne
Scrutin putain
Censier
Seule la vérité est révolutionnaire.
Un seul week-end non révolutionnaire est infiniment plus sanglant qu'un mois de révolution permanente

Institut des langues orientales
SEXE : c'est bien, a dit Mao, mais pas trop souvent.
Si besoin était de recourir à la force, ne restez pas au milieu

Rue Champolion
Si tu rencontres un flic, casse-lui la gueule
Gare Saint-Lazare
Si tu veux être heureux, pends ton propriétaire.
Si vous continuez à faire chier le monde, le monde va répliquer énergiquement

Nanterre, salle des prof. RC
Si vous pensez pour les autres, les autres penseront pour vous
Nanterre, salle C24
La société est une fleur carnivore
La société nouvelle doit être fondée sur l'absence de tout égoïsme, de tout égolatrie.  Notre chemin deviendra une longue marche de la fraternité.
Sorbonne, hall bibliothèque
Sous les pavés la plage
Place du Panthéon, place Edmond-Rostand et beaucoup d'autres lieux
Soyez réalistes, demandez l'impossible
Censier
Soyez salés, pas sucrés !
Lycée Louis-le-Grand et/ou Odéon
Soyons cruels
Rue des Écoles
Staliniens vos fils sont avec nous
Place Denfert-Rochereau
Les syndicats sont des bordels
Rue Lafayette
Toi, mon camarade, toi que j'ignorais derrière les turbulences, toi jugulé, apeuré, asphyxié, viens, parle à nous.
Tout acte de soumission à la force qui m'est extérieure me pourrit tout debout, mort avant que d'être enterré par les légitimes fossoyeurs de l'ordre.

Hall Nouvelle fac. médecine
Tout ce qui est discutable est à discuter
Nanterre
Tout enseignant est enseigné. Tout enseigné est enseignant.
Sc. Po., hall bibliothèque
Tout est Dada
Odéon, foyer
"Toute vue des choses qui n'est pas étrange est fausse." (Valéry)
Tout le pouvoir aux conseils ouvriers (un enragé).
Tout le pouvoir aux conseils enragés (un ouvrier).
Tout pouvoir abuse.  Le pouvoir absolu abuse absolument.
Nanterre, escalier C, 2è étage
Tout réformisme se caractérise par l'utopiste de sa stratégie et l'opportunisme de sa tactique
Sorbonne, Grand Hall
Travailleur : tu as 25 ans mais ton syndicat est de l'autre siècle.
Le vent se lève.  Il faut tenter de vivre

Nanterre, salle C20
Vibration permanente et culturelle.
La vie est ailleurs

Sorbonne
La vieille taupe de l'histoire semble bel et bien ronger la Sorbonne.  Télégramme de Marx, 13 mai 1968.
Vigilance ! Les récupérateurs sont parmi nous ! "Anéantissez donc à jamais tout ce qui peut détruire un jour votre ouvrage." (Sade)
Sorbonne
Violez votre Alma Mater.
Vite !

Collège de France
D'après Pierre Marcolini, "Vite !" aurait été "le plus beaux des slogans d'après les situationnistes" (Le mouvement situationniste. Une histoire intellectuelle, Paris, L’échappée, 2013, p. 321).
Vive le pouvoir des conseils ouvriers étendu à tous les aspects de la vie
Nanterre
Vive les enragés qui bâtissent des aventures.
Sorbonne, hall Grand Amphi.
Vive les mômes et les voyous
Nanterre, hall C. Rz.
Vivre au présent.
Voir Nanterre et vivre.  Allez mourir à Naples avec le Club Méditerranée.
Vous aussi, vous pouvez voler

Sorbonne
Vous êtes creux.
Vous êtes en face d'une force. Prenez garde de déclencher la guerre civile par votre résistance.

Nanterre
Vous finirez tous par crever du confort
Nanterre, hall grand amphi.
Zelda, je t'aime !  À bas le travail !

Citation :
J'ai glâné une première provision de slogans dans les livres suivants :

Interdit d'interdire.  Les murs de mai 68, par les Enragés anonymes (introduction de Michel Lévy), L'Esprit frappeur, n° 16, 1998, 64 pages, ISBN 2-84405-032-8. Ce livre ne contient que des slogans.
Mai 68 à l'usage des moins de 20 ans, préface de Jean-Franklin Narodetzki, Babel, série Révolutions, n° 323, 1998, 20 pages, ISBN 2-7427-1652-1. Ce livre reproduit également quelques tracts.
Paroles de mai, textes rassemblés par Michel Piquemal, préface de Jacques Le Glou, Albin Michel, 1998, 64 pages, ISBN 2-7028-1828-5. Ce livre contient des slogans, des tracts et quelques photos.

J'ai également pillé la collection de slogans que l'on trouve à la page  http://www.bopsecrets.org/French/graffiti.htm, dont les sources sont les suivantes :

L’imagination au pouvoir de Walter Lewino, Losfeld, 1968.
Les murs ont la parole de Julien Besançon, Tchou, 1968.
Paris ’68 de Marc Rohan, Impact, 1968.
Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations de René Viénet, Gallimard, 1968.
Mai 1968 : brûlante nostalgie de Gérard Lambert, Pied de nez, 1988.

À propos de Mai 68 en général, j'ai aussi consulté :

Mai 68. Histoire des événements de Laurent Joffrin, Seuil, coll. Points Politique Po133, 1998, 376 pages, ISBN 2-02-010163-7.
Les mouvements de 1968 de Marie-Claire Lavabre et Henri Rey, Casterman - Guinti, 1998, 127 pages, ISBN 2-203-61030-1 (avec quelques photos).
Génération de Hervé Hamon et Patrick Rotman, Seuil
1. Les années de rêve, 1987, 619 pages, ISBN 2-02-009549-1
2. Les années de poudre, 1988, 697 pages, ISBN 2-02-009864-4 (2-02-009550-5 pour les deux volumes).
Interdit d'interdire. Les murs de mai 68 par les Enragés anonymes, L'esprit frappeur, 1998, ISBN 2-84405-032-8.
Sorbonne 68 graffiti, préparé par Yves Pagès, Verticales, 1998, 110 pages, ISBN 2-84335-000-X (un recueil extensif de tous les graffiti de la Sorbonne).
Beauty is in the street. A visual record of the May '68 uprisings, édité par Johan Kugelberg et Philippe Vernès, Four Corners Books, 2011, ISBN 978-0-9561928-3-7 (un superbe gros livres contenant des centaines d'affiches très bien reproduites, quelques photos de slogans et des traductions anglaises de nombreux tracts; ce livre avait été nominé au concours Designs of the Year 2012 organisé par le Design Museum à Londres).
Sous les pavés la plage. Mai 68 vu par Gilles Caron, préparé par François Armanet, Max Armanet et Yves Bigot, éditions La Sirène, 1993, 126 pages, ISBN 2-84045-047-X (de belles photos de Gilles Caron pour illustrer les témoignages de 16 acteurs de l'époque);
1968. The year that rocked the world, par Mark Kurlansky, Jonathan Cape, 2004, 441 pages, ISBN 0-224-06251-4 (une vue mondiale des mouvements de 1968).

Et enfin, je recommande vivement deux documentaires, que les Belges peuvent emprunter auprès de PointCulture :

Grands soirs et petits matins, Mai 68 au Quartier Latin, un reportage d'époque de William Klein. Il est disponible en DVD, édité par Arte. Référence PointCulture : TD4853. On peut aussi le trouver ici.
68, un documentaire de Patrick Rotman. Le DVD a été édité en 2008 par France 2 Éditions. Référence PointCulture :TH9975.

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