PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES, ÉCOLOGISTES... et POÉTIQUES !
 
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 11. QUE FAIRE ? des activités communistes militantes pour la constitution en classe révolutionnaire ?

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AuteurMessage
Patlotch



Messages : 1549
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: 11. QUE FAIRE ? des activités communistes militantes pour la constitution en classe révolutionnaire ?   Ven 17 Nov - 17:35


j'ouvre ce sujet afin d'avancer dans ce qui n'a été jusqu'ici qu'esquissé à partir du fait que toute classe révolutionnaire, dans l'histoire, se constitue avant la révolution, sur la base de sa domination. Aucune révolution, càd aucun changement de pouvoir de classe, ne s'est produite sans luttes préalables, révoltes, insurrections... parfois pendant des siècles

1) l'hypothèse centrale de mon livre part de la relecture de ce qu'est une classe révolutionnaire pour Marx, qui a étudié et pensé la constitution en classe révolutionnaire de la bourgeoisie avant de forger son concept de prolétariat

Citation :
1. LES CLASSES SOCIALES, COMPOSITION et CONSTITUTION d'HIER à AUJOURD'HUI
1.1. les classes pour Marx, constitution historique, classe au sens générique et au sens spécifique
1.2. la bourgeoisie et sa constitution en classe capitaliste
1.3. le prolétariat, la classe ouvrière et sa constitution, classe en soi, classe pour soi
1.4. la « classe communiste, catégories du possible et du placement »
[...]

2) au fil de mes cogitations, émerge l'idée d'un processus révolutionnaire longuement préparé par des luttes sur plusieurs fronts, des luttes particulières ayant à s'inscrire dans une visée universelle par la conscience qu'elles sont confrontées, de façon antagonique, au capitalisme comme tout. C'est ce que j'appelais depuis 2014 le dépassement à produire des identités de lutte (abolir les classes / dépasser les identités de 'genre', 'race'... de militants et d'individus 18 juin 2014 en bas)

3) nous repartons du Manifeste de 1847 :

Citation :
Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers.
Ils n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat.
Ils n’établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.

mais nous en laissons tomber la suite : « l'organisation du prolétariat en classe, et donc en parti politique »

4) les tâches théoriques et politiques des communistes de notre temps sont de favoriser par tous les moyens l'émergence de la « conscience du capital » (Endnotes) dans les luttes sur tous les fronts, prolétariens, féministes, décoloniaux, écologistes... conscience de la nécessité de dépasser l'identité de lutte forgée dans la seule dimension du combat immédiat, afin de faire émerger son caractère universel (point développé ce jour dans 10. luttes plurielles, voies plurielle, communisme pluriel : => classe plurielle des révolutions dans la révolution / communauté humaine comme civilisation pluriverselle

Patlotch a écrit:
il nous faut retrouver ce sens du communisme comme combat au présent, et autant que possible, comme le dit A.C Dinerstein 'organiser l'espoir' par des 'utopies concrètes'

cette proposition théorique est susceptible d'intéresser d'une part des militant.e.s engagé.e.s dans les luttes sociales, féministes, écologiques ou décoloniales, en retrouvant le sens perdu d'une rupture révolutionnaire, d'autre part des amateurs de communisation qui restent l'arme au pied parce que la théorie dont ils se sentent proches ne donne aucune perspective aux luttes actuelles auxquelles ils participent, ou non précisément pour cette raison, mais attention, car l'attentisme déprime, ronge et ligote, au point de se ranger des voitures ou pire de justifier l'inaction, qui est toujours contre-révolutionnaire

5) en un mot nous voulons une théorie qui porte à conséquence, qui fasse causer et des effets dans les luttes, telles qu'elles sont, telles qu'elles sont porteuses de leurs propres dépassements. C'est l'enjeu d'activités communistes, qui sont par conséquent des activités militantes, qui ne viennent pas de l'extérieur de ces luttes sous une modalité d'intervention

6) cette théorie est celle d'une praxis, au sens des Thèses sur Feuerbach I et II :

Marx a écrit:
I [...] [Feuerbach] ne comprend pas l'importance de l'activité "révolutionnaire", de l'activité "pratique-critique".

II La question de savoir s'il y a lieu de reconnaître à la pensée humaine une vérité objective n'est pas une question théorique, mais une question pratique. C'est dans la pratique qu'il faut que l'homme prouve la vérité, c'est-à-dire la réalité, et la puissance de sa pensée, dans ce monde et pour notre temps. La discussion sur la réalité ou l'irréalité d'une pensée qui s'isole de la pratique, est purement scolastique.

7) si l'on croit que l'histoire actuelle est celle de la lutte des classes, il faut en prouver la vérité, c'est-à-dire la réalité, et la puissance de sa pensée, dans ce monde et pour notre temps. C'est à l'opposé d'attendre la fin en faisant la pédagogie d'un renoncement à la lutte communiste au présent par la propagande d'un théoricisme philosophique d'avant Marx

en relation : 5.2. du LUMPENPROLETARIAT à la POPULATION en SURPLUS : quelle classe ? le SOUS-PROLÉTARIAT pour ou contre la révolution ? qui montre surtout que ne pas faire...

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: 11. QUE FAIRE ? des activités communistes militantes pour la constitution en classe révolutionnaire ?   Ven 17 Nov - 20:13


conversation sans bâton ni interruption

Tristan Vacances : - Vous avez donc abandonné votre critique du militantisme...

Patlotch : - si c'est le cas, ça remonte à mes années d'adepte de la théorie de la communisation. Si l'on abandonne l'idée de construire une grand parti révolutionnaire, une internationale communiste, qui traîne encore chez les fossiles bordiguistes (CCI, Prolétariat universel...) ou néo-staliniens nationalistes (PRCF...), et chez les trotskistes car ils sont attachés au programmatisme prolétarien ; et si l'on abandonne les conseils ouvriers chers à l'ultragauche historique jusqu'au situationnisme, alors on peut avoir une vision du militantisme une conception plus positive

Tristan Vacances : - laquelle ?

Patlotch : - celle que j'ai esquissée ci-dessus puisque c'est une question d'activités de luttes portant ou promouvant des contenus de rupture, et non de formes qui dépendent des situations particulières auxquelles on se trouve confronté

Tristan Vacances : - Vous ne pouvez en dire plus ?

Patlotch : - écoutez, il ne s'agit pas de distribuer les bons et les mauvais points, et pas davantage de dire yaka fokon

Tristan Vacances : - Qu'appelez vous « pédagogie du renoncement » ?

Patlotch : - la posture de contemplation et d'analyse en veilleur attendant les "écarts" (Théorie Communiste TC) pour en faire « l'annonce de la communisation » par le théoricien « préviseur » (BL/TC), le rôle imparti à la théorie communiste, dans sa « solitude » de « balayer les illusions » (Astarian/Hic Salta), l'attitude de AC/Carbure à l'égard des cortèges de tête dans son texte Quand le « cortège de tête » fait de la politique qui critique un livre portant une caractéristique des cortèges de tête, avec tous les présupposés de l'analyse qu'il partage avec Astarian de "la classe moyenne", ce qui relève d'un sinistre mépris pour ceux qui participent à ces cortèges, puisqu'il ne les écoute pas. C'est encore Gille Dauvé à longueur de textes sur DDT21... C'est celle de Temps Critiques aussi puisqu'il promeut l'individu dans sa tension vers la communauté humaine, mais dès que les individus se battent à partir de leur situation, leur tape dessus

bref, c'est la posture théoriciste de donneur de leçon, tout en affirmant que la théorie n'est pas un guide, la parfaite schizophrénie du communisateur moyen

Tristan Vacances : - Qu'est-ce qui vous en distingue ?

Patlotch : - partir des luttes dans leurs contradictions, j'hérite de Marx, pas de Platon, comme Badiou

Tristan Vacances : - Quelles contradictions ?

Patlotch : - celle entre posture identitaire, communautariste, et communautaire, particulière à portée universaliste. C'était déjà le cas pour Marx du prolétariat à lui-seul (y compris contre le lumpenprolétariat), prolétariat qui n'a jamais porté d'universel que sa quête du pouvoir politique, dans laquelle il a échoué

Tristan Vacances : - Plus concrètement...

Patlotch : - je vois Adé s'agiter vainement et de façon régressive contre les communisateurs à propos du texte dont je parle ci-dessus :

Adé a écrit:
dndf 16/11/2017 à 19:40 #1
Cette critique, comme toutes les autres concernant les « alternativistes », les démocratistes radicaux », les réformistes, etc… tombe aussitôt à plat pour la simple raison que, contrairement à ces tendances, les communistes (communisation) n’ont aucune pratique qui leur soit propre. Nothing but theorie…

Si les gauchistes aiment le blabla, les théoriciens aiment leurs théories, mais les gauchistes ont une pratique, ce que les communisateurs n’ont pas…

ma critique n'est pas celle du théoricisme en soi, opposant ceux qui écrivent et ceux qui font, car produire de la théorie révolutionnaire est une pratique révolutionnaire. Je mets en cause la part de cette théorie qui aboutit inéluctablement à l'inaction parce qu'elle entretient la désespérance, l'attente du messie prolétarien. Sans tourner autour du pot, c'est à cela que ça conduit, je l'ai non seulement constaté chez eux mais vécu moi-même aux heures de mon allégeance

au bout d'un temps, je me suis senti merdeux, parce que ça ne faisait que justifier la tendance que j'avais avant de les connaître à ne plus participer à certaines grèves et manifestations, au prétexte qu'elles ne servaient à rien

Tristan Vacances : - Vous allez donc retourner dans les manifs, le ferez-vous avec ou sans cagoule ?

Patlotch : - je n'aime pas les cagoules

Philippe Soupault a écrit:
Un militant doit obéir à des règles, Goethe... dès qu'un poète veut faire de la politique, il doit s'affilier à un parti et alors, en tant que poète il est perdu... il lui faut dire adieu à sa liberté d'esprit, à l'impartialité de son coup d'œil et tirer au contraire, jusqu'à ses oreilles, la cagoule de l'étroitesse d'esprit et de l'aveugle haine...

Tristan Vacances : - Vous vous défilez...

Patlotch : - les luttes dont je parle sont à visage découvert, elles n'ont peur ni de la police, ni de la prison, et l'on a là un exemple des limites de l'anticapitalisme de pancartes, quand la forme dénonce le contenu prétendu anti-État chez ceux qui vont chialer en justice d'État

Tristan Vacances : -  scratch

Patlotch : - ce sera tout pour aujourd'hui

Tristan Vacances : -  affraid


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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: 11. QUE FAIRE ? des activités communistes militantes pour la constitution en classe révolutionnaire ?   Sam 18 Nov - 15:57


tout le monde ne déteste pas la police...
pour les mêmes raisons

Tristan Vacances : - « ceux qui vont chialer en justice d'État », vous êtes dur, car face aux violences policières, ils se défendent et réclament justice : « Pas de justice, pas de paix ! »...

Patlotch : - ce n'est pas à ceux-là que je pensais, ni au Collectif Urgence-notre-police-assassine, qui ne se disent pas anticapitalistes et s'adressent à l'État comme le font des syndicalistes en avançant des revendications dans le cadre politique existant, qu'ils ne remettent pas toujours en cause

c'est à ceux qui transgressent la loi avec l'intention d'un affrontement avec la police dans laquelle ils voient le bras armé de l'État et du capital, et mettent en scène ce qu'ils pensent être un affrontement direct avec l'État, qui s'en accommode fort bien

au demeurant, en France et aujourd'hui, l'État préfère éviter les « bavures » ou les limiter à une registre de terreur contre l'usage de toute violence sociale, au nom de la démocratie et de la loi. Faire peur est aussi un sens du passage dans le droit commun des mesures de l'état d'urgence dites « anti-terroristes » avec une extension d'application à d'autres cas que les attentats ou leur préparation : faire peur à ceux qui luttent ou entreraient en lutte, si...

Tristan Vacances : - N'est-ce pas là un État policier ?

Patlotch : - si, bien sûr, et tout État est potentiellement policier, mais l'État et le capital ne sont pas que ça, et se focaliser là-dessus, comme pour prouver un "État d'exception" (Agemben), ne remet en cause ni l'État ni le capital, mais en dévoie et réduit la compréhension



jusque-là, passons, mais quand les mêmes, une fois condamnés, font ressortir que la justice d'État est ce qu'elle est, et aussi justes puissent être leurs propos (ceux d'Antonin Bernanos ici, par exemple) ils ne montrent que l'impasse dans laquelle ils s'enferment eux-mêmes jusqu'à en devenir les victimes : pour quoi faire ? dans ce milieu, fabriquer des martyrs qu'ils exploiteront plus que l'État ne les a vraiment voulus (on n'est pas encore aux États-Unis)

Tristan Vacances : - Bernanos et beaucoup, par exemple qu'on lit sur Paris-Luttes.Info, les Indymédias ou même chez Sihame Asbague, font la jonction entre toutes ces violences policières, qu'elles atteignent les jeunes des banlieues, les participants aux cortèges de tête, ou les syndicalistes

Patlotch : - les circonstances dans lesquelles interviennent ces violences policières ne sont pas les mêmes, et "Bernanos" n'est pas "Traoré" : l'un peut vaquer tranquillement à ses occupations entre deux manifs, l'autre se sentir menacé à toute heure de chaque jour

dans les banlieues (chasse au faciès, BAC omniprésente, police de proximité envisagée, etc.) c'est essentiellement la police qui prend l'initiative, sauf évidemment dans les émeutes plutôt spontanées que ces violences déclenchent (exemple, la mort de Zyed et Bouna suivie des émeutes de novembre 2005, l'affaire Adama Traoré...)



cela concerne les familles et des populations entières dans ces zones sous surveillance policière permanente qui rappelle effectivement le code de l'indigénat dans les colonies françaises, raison pour laquelle le PIR s'est nommé Parti des Indigènes de la République

Citation :
Le Code de l'indigénat fut adopté le 28 juin 1881. Puis c'est en 1887 que le gouvernement français l'imposa à l'ensemble de ses colonies. En général, ce code assujettissait les autochtones et les travailleurs immigrés aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, aux impôts de capitation (taxes) sur les réserves et à un ensemble d’autres mesures tout aussi dégradantes. Il s'agissait d'un recueil de mesures discrétionnaires destiné à faire régner le «bon ordre colonial», celui-ci étant basé sur l'institutionnalisation de l'inégalité et de la justice. Ce code fut sans cesse «amélioré» de façon à adapter les intérêts des colons aux «réalités du pays».


Le Code de l'indigénat distinguait deux catégories de citoyens : les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français, c’est-à-dire les Africains noirs, les Malgaches, les Algériens, les Antillais, les Mélanésiens, etc., ainsi que les travailleurs immigrés. Les sujets français soumis au Code de l'indigénat étaient privés de la majeure partie de leur liberté et de leurs droits politiques; ils ne conservaient au plan civil que leur statut personnel, d'origine religieuse ou coutumière.

Tout compte fait, le colonialisme pratiqué en Nouvelle-Calédonie, en Algérie, à Madagascar, etc., s’apparentait à une sorte d’esclavage des populations autochtones: celles-ci étaient dépouillées de toute leur identité. Ce système colonial odieux, qui paraît sans aucun doute honteux aujourd’hui, semblait normal à l’époque et d'autres pays pratiquaient des politiques similaires. Le Code de l'indigénat était assorti de toutes sortes d'interdictions dont les délits étaient passibles d'emprisonnement ou de déportation. Ce système d'inégalité sociale et juridique  perdura jusqu’en 1946, soit plusieurs années après que les accords de Genève (le 23 avril 1938) eurent interdit toute forme de travaux forcés.

Après la loi du 7 avril 1946 abolissant le Code de l'indigénat, les autochtones (Nouvelle-Calédonie, Madagascar, Algérie, etc.) purent à nouveau circuler librement, de jour comme de nuit, et récupérer le droit de résider où ils voulaient et de travailler librement. Cependant, les autorités françaises réussirent à faire perdurer le Code de l'indigénat en Algérie pratiquement jusqu'à l'Indépendance (1962).

source

les cortèges de tête, du moins une partie de qui y participe (Black blocs ou totos-autonomes dans l'esprit Action directe), prennent l'initiative et entrent dans le cercle vicieux provocation-répression, pour certains venir ensuite se plaindre, à l'État, de sa police et de sa justice. Cela ne concerne que ceux qui prennent ces initiatives


Tristan Vacances : - N'est-ce pas de bonne guerre ?

Patlotch : - ça existe et ça a un sens : la limite de leur compréhension du capital et des formes, comme contenu, qu'ils lui opposent. D'un côté une transgression violente de l'ordre établi, de l'autre une demande démocratique : « Non aux violences policières », comme s'ils n'y avait pas assez de celles dont l'État et sa police prennent l'initiative. J'ai d'ailleurs vu cet automne plusieurs textes se poser la question de l'efficacité de cette stratégie, quand elle aboutit non seulement à des blessés (peu de morts, en France, depuis le cas Rémy Fraisse) mais à de lourdes peines de prison traduisant une vengeance d'État

Tristan Vacances : - Quel rapport faites-vous avec le militantisme ?

Patlotch : - en l'observant du point de vue de ce qui dépasserait le caractère légitimement revendicatif ou démocrate radical mâtiné toto, je ne vois rien venir. Je pense qu'il n'y a pas là ce qui serait un début de dépassement vers la constitution en classe révolutionnaire, car la forme porte un contenu qui contredit la radicalité des pancartes ou des graffitis, contenu d'ailleurs souvent mauvais



Tristan Vacances : - Vous n'y voyez pas des activités communistes de vos vœux, ni rien de positif, donc ?

Patlotch : - communistes elles ne s'en réclament pas et mieux vaut. Positif si, la rage, la révolte, un rejet que beaucoup partagent bien au-delà de qui l'exprime ainsi



Tristan Vacances : - C'est fort peu...

Patlotch : - on en est là

plus tard

Tristan Vacances : - Vous vous opposez à la violence révolutionnaire ?

Patlotch : - non, celle des émeutes de banlieues répond à celle de l'État dont la police venait de vouer à la mort deux adolescents, celle des cortèges de tête provoque celle de l'État sans être pour autant révolutionnaire, avec le slogan « Un bon flic est un flic mort »

voir le sujet la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE... et notamment les derniers posts à propos du livre d'Elsa Dorlin « Se défendre, une philosophie de la violence ». J'y reviendrai lundi matin, puisque le journal éponyme va publier un entretien-vidéo avec Elsa Dorlin dont elle a donné sur facebook un court mais excellent extrait : « "la philosophie à coups de marteau" (Nietzsche), des moments où il va falloir casser quelque chose, casser des corps pour arrêter que ces corps déréalisent des êtres »

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: 11. QUE FAIRE ? des activités communistes militantes pour la constitution en classe révolutionnaire ?   Jeu 23 Nov - 13:13


Tristan Vacances : - Je vous observe vous agiter ici (ici) ou là (sur les réseaux sociaux) dans un soutien à certaines luttes qui vous amène à faire alliance avec des partis ou organisation que vous critiquez sévèrement par ailleurs. N'est-ce pas un peu schizophrénique ?

Patlotch : - il ne s'agit ni d'un "soutien" ni d'une "alliance", car je ne suis pas un parti mais un individu embarqué dans cette merde : c'est une participation de plein pied à ces luttes. On ne peut les rêver pures, sans quoi l'on ne fait rien, et ne rien faire en attendant qu'elles le deviennent, c'est cela qui serait incompréhensible

Tristan Vacances : - Et cette histoire d'antisémitisme dont vous semblez faire si grand cas, dans 'Que se passe-t-il ?', avec la fabrique de l'antisémitisme de l'État français à l'ultragauche. Est-elle si centrale pour mériter cette place ?

Patlotch : - elle n'est pas centrale comme on dit essentielle ou structurelle, elle est une évidence idéologique dans le moment actuel. Et j'ai voulu résumer, préciser ma position que j'avais parfois exprimée de façon maladroite. J'ai voulu comprendre le point de vue de ceux qui ne voulaient pas me comprendre, et j'en ai trouvé la raison dans l'universalisme croisant des traditions de luttes "juives" et marxistes prolétariennes, qui ne sont plus de saison

parler d'antisémitisme, c'est parler de racisme et d'identités qui ne se dépassent pas dans les luttes antiracistes en France, qu'elles soient universalistes (MRAP, Sos racisme...), ou "décoloniales" (PIR, non-mixité...)

Tristan Vacances : - Il faut néanmoins se battre avec ces derniers ?

Patlotch : - ils sont dans le collimateur du pouvoir, certes parce qu'ils s'y sont mis, mais la situation est ce qu'elle est, des conditions qu'on ne choisit pas. Cela crée néanmoins, dans ces contradictions, une dynamique qui crève l'écran, pour le meilleur et pour le pire. Si vous n'y êtes pas, autant vous taire, mais vous y perdrez votre âme


Simone de Beauvoir a écrit:
Guerre d’Algérie : « J’avais aimé les foules : maintenant même les rues m’étaient hostiles, je me sentais aussi dépossédée qu’aux premiers temps de l’occupation. C’était même pire parce que, ces gens que je ne supportais plus de coudoyer, je me trouvais, bon gré mal gré, leur complice. C’est ça que je leur pardonnais le moins. […] J’avais besoin de mon estime pour vivre et je me voyais avec les yeux des femmes vingt fois violées, des hommes aux os brisés, des enfants fous : une Française. […] Je ne supportais plus cette hypocrisie, cette indifférence, ce pays, ma propre peau. » (La Force des choses, tome II, Gallimard, 1963-1972) source

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: 11. QUE FAIRE ? des activités communistes militantes pour la constitution en classe révolutionnaire ?   Ven 1 Déc - 20:08


complété


billard français des luttes et de la théorie

Tristan Vacances : - Vous me semblez en panne de matériaux pour alimenter ce nouveau militantisme que vous voyez venir...

Patlotch : - je ne le vois pas venir, j'essaye de discerner dans ce qui se passe ce qui serait des indices d'un tournant

Tristan Vacances : - Et alors ?

Patlotch : - c'est confus, et selon qu'on regarde ici ou là, avec tels ou tels critères, on est porté à surestimer des aspects positifs, d'autres négatifs, qui en fait forment un nœud de contradictions dont on ne voit pas un heureux dépassement

Tristan Vacances : - Mais encore ?

Patlotch : - en France, les blogs qui rendent compte de luttes parlent plus d'appels à la lutte qu'ils n'en font l'analyse, or il y a un décalage patent. Sur Paris-Luttes.Info ou via le compte tweeter @cortegedetete, pratiquement pas un jour ne se passe sans manifestation, mais comme dit un ami...


Citation :
Sur Twitter t'as l'impression que c'est la révolution chaque matin

Patlotch a écrit:
je dirais même plus, le Grand Soir chaque lundi matin

c'est parfois la grande désillusion

Cortège de tête a écrit:
06:45 - 30 nov. 2017

Triste et froid comme de la neige fondue... (le rdv n'était inscrit que sur Demosphere. Seul les flics l'ont manifestement suivis)


Paris-Luttes a écrit:
https://twitter.com/Paris_luttes/status/936215525755011074 13:49

Hé bien y a tellement peu de monde que nos envoyés spéciaux préfèrent rentrer à la maison. Le suivi le plus court de l'histoire de Paris luttes. Bonne aprèm'





Tristan Vacances : - Ça pour le négatif, mais pour le positif ?

Patlotch : - on observe un tournant dans la prise en compte des questions croisées de classe, de genre et de race, à la faveur des polémiques sur le racisme d'État et la non-mixité. Paris-Luttes témoigne que quelque chose a changé dans le milieu radical actif depuis le bras de fer "racialisateurs"-"antiracialisateurs", tel qu'il apparaissait sur les Indymédia et blogs tenus par des vieux de l'ultragauche, Yves Coleman, Vosstanie, non fides, Guillon... Par conséquent, ce que j'appelais en 2015 la nécessité d'un clivage pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés s'est opéré sous nos yeux :

le fossé se creuse sur le plan théorique à partir de la prise en compte, ou non, de la race (cf Temps Critiques/Théorie Communiste et environs schizosophiques). Au demeurant les antiracialisateurs ne prennent même plus la peine de faire de la théorie, surfer sur la vague idéologique suffit à leur dérive nationaliste sans frontière ni complexe, ni complexité

Tristan Vacances : - Nationaliste est un peu fort...

Patlotch : - comparez les discours, les arguments, l'idéologie française est là, à un point tel qu'on se demande comment ils n'en sont pas conscients. Toujours est-il qu'ils n'ont pas l'air de se sentir concernés

plus important, ce débat s'est élargi et a changé de nature, il s'est emparé des médias au-delà de la seule controverse sur le décolonial vu comme "interdit aux Blancs", tel qu'il est compris en France. D'un autre côté, la tension s'accroît avec les fascistes, identitaires et populo-nationalistes de droite et gauche, et devient un enjeu pour l'État qui envoie des signaux contradictoires à travers lesquels tout se relie : Valls, Blanquer... Mélenchon-Obono... démocrates défendant le PIR... Macron en Afrique...

Tristan Vacances : - Quelle en est la signification ?

Patlotch : - ce n'est pas encore très clair, car cette opposition binaire, qui traverse les clivages politiques traditionnels, s'épargne une compréhension du moment présent du capitalisme, mais la question du fascisme devient une question théorique. Cf les émeutes en Belgique avec cette analyse Traitement gouvernemental de l’émeute : entre opportunisme politique et racisme d’état. Veille Antifa Liège 19 novembre 2017

dans le milieu théorique, on a peu interrogé ce rapport depuis le texte de 2012 La théorie de la communisation et la question du fascisme, sans doute en raison du credo "nous ne sommes pas antifascistes, nous ne sommes pas antiracistes..."

Tristan Vacances : - Quel rapport avec la nécessité d'un militantisme communiste ?

Patlotch : - on est en plein dedans, et l'on ne peut pas se contenter de compter les points entre des parties et des partis qui ne posent pas ces problèmes dans des termes susceptibles de les comprendre donc d'agir avec un minimum d'efficience. En sus d'être inaudible, je pense qu'on a un certain retard théorique à l'allumage, mais c'est un tel imbroglio, billard à quatre ou cinq bandes, que l'on ne sait pas trop par quel bout prendre la queue ni comment frapper pour atteindre la boule rouge

Tristan Vacances : - Un billard très français...

Patlotch : - c'est ça



Tristan Vacances : - Ce serait plus simple à la pétanque...

Patlotch : - va savoir

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MessageSujet: Re: 11. QUE FAIRE ? des activités communistes militantes pour la constitution en classe révolutionnaire ?   

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11. QUE FAIRE ? des activités communistes militantes pour la constitution en classe révolutionnaire ?
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