PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME

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Patlotch



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MessageSujet: de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME   Jeu 12 Oct - 14:43


ce que vous n'avez jamais voulu savoir ni même vous demander

un fétichisme du concept : l'objet n'existe pas matériellement

une aporie majeure de la théorie communiste radicale

ce n'est pas ici de la fabrique conceptuelle de la marchandise qu'il sera question, celle que Marx a construite dans les premières pages du capital et poussée jusqu'à la critique du fétichisme de la marchandise*, c'est de sa fabrique, de sa production matérielle, telles qu'en sont pleines les pages du Capital, et le plus souvent vides les textes théoriques actuels

* cf France Culture : Le Capital de Karl Marx (3/4) Le fétichisme de la marchandise 11/10/2017


classe et classes de la pensée pure

pourquoi un tel dédain des choses ? J'ai là-dessus ma petite idée. Les milieux théoriques sont le plus souvent, depuis 1968, de formation littéraire, philosophique, issus de lycées (de garçons à l'époque) dans lesquels il pouvait y avoir un enseignement scientifique, mathématique, mais aucun technique ou technologique. Lycées dans lesquels on était orientés selon la sélection sociale, et où le pourcentage d'enfants d'ouvriers était faible. J'étais moi-même dans un de ces lycées techniques (de garçons) et la question n'a jamais été posée par mes parents qu'il en aille autrement : avoir un futur emploi, c'était forcément dans une branche "solide", le reste était littérature

de même on constate qu'aujourd'hui, les lycées "bloqués" sont des lycées de ce type, malgré la redistribution des enseignements depuis quarante ans (Bergson, Voltaire, Lamartine, Renoir... à Paris), y compris en banlieue (voir les enseignements y compris STMG, du lycée Jean Jaurès à Montreuil)

cet état de fait, concernant les cursus lycéens et étudiants, correspond à l'absence des connaissances et apprentissages pratiques, scientifiques, techniques et technologiques qui sont indispensables à la production matérielle industrielle, y compris des machines supports du cognitif via le numérique, l'informatique, le so called "immatériel", car un ordinateur c'est d'abord du hardware, « Ensemble de l'équipement matériel, mécanique, magnétique, électrique et électronique, qui entre dans la constitution d'un ordinateur, ou des machines de traitement de l'information en général » : Qui fabrique vraiment nos PC ?


robinsonnades en marmites de l'avenir

autrement dit, à l'absence du prolétariat industriel dans des luttes de rupture correspond l'absence du matériel dans la production théorique radicale, et la tendance à l'utopie romantique pour ce qui concerne la description d'un monde post-capitaliste débarrassé des contraintes de la production matérielle. Certains vont jusqu'à dire qu'il n'y aura plus de "produits", mais n'abordent jamais la question de savoir comment l'on fabriquera, dans un « flux d'activités immédiates entre individus », sans usines ni ouvriers ni professions qualifiées, des chaussures, des moyens de transport, de l'électricité ou de l'eau potable et leur distribution, comment l'on transformera en aliments comestibles la production agricole, etc. Les exemples qu'ils donnent ne sont rien d'autres, pour reprendre Marx, que des "robinsonnades", et quand ils les critiquent les de l'autonomie sous le capitalisme, c'est pour mieux promouvoir leurs robinsonnades post-capitalistes

le concept contre la chose

il faut absolument que leurs démonstrations soient le plus abstraites et générales possibles, sans quoi ça ne marche pas. Et même ainsi, ça ne marche qu'aux yeux de qui ne se pose jamais ces questions bassement matérielles. À l'inverse, ces spéculations ne peuvent intéresser ceux qui ont, en la matière, la tête sur les épaules, dont nos intellos révolutionnaires pensent bien sûr qu'ils sont des bourrins, et qu'il faut résister à leur "réalisme", qui ne serait qu'idéologie (l'idéologie, c'est toujours celle des autres). À mon avis, c'est ce qui rend si peu crédible toute cette théorisation et qu'elle rencontre, dans sa "solitude", si peu d'intérêt chez tous les producteurs réels de plus-value dont ils font tant de cas, sans jamais les écouter

la division du travail redoublée

ce n'est certes rien d'autre qu'un effet de la division du travail entre "intellectuel" et "manuel", mais qui se redouble d'une domination de la pensée abstraite de ceux qui ne font pas sur les activités intellectuelles de production matérielle, domination dans laquelle "la race des professeurs" prédomine, qui n'interroge jamais sa position de classe. Autrement dit, c'est l'idéologie dominante au sein même de celle qui prétend la combattre

disant ceci, je ne suis pas plus anti-intello qu'anti-universitaire, opposant qui fait et qui pense, mais contre les intellectuels qui pensent mal parce qu'ils sont de la race qui ne fait pas


mon objet est ici de parler de la fabrique matérielle sous le capital, aujourd'hui : comment et par qui sont réalisés ces objets dont nous nous servons tous les jours pour vivre ?

comment fabrique-t-on...?



« La philosophie est au monde réel ce que la masturbation est au sexe.»

Marx

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MessageSujet: Re: de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME   Jeu 12 Oct - 17:02


produire pour le capital vs produire pour le communisme

L’industrie au quotidien : comment sont fabriqués les sièges automobiles en cuir ?
afpa 28 octobre 2015

Vélos, toboggans, cannes à pêche, prothèses médicales, habillage pour les voitures et les transports en commun, aménagement pour les cabines d’avion, peinture, parfums, DVD, écrans plasma… tous ces objets de notre quotidien sont pensés et conçus par les professionnels de l’industrie. Aujourd’hui, Eric Oulhen, formateur sellier garnisseur et 3eme génération d’artisan sellier-garnisseur, nous explique la conception d’un siège automobile en cuir.

Citation :
La sellerie, kesako ?

Le métier de sellier se décline en 4 spécialités : sellier bourrelier, sellier garnisseur, sellier harnacheur et sellier maroquinier. L’automobile, le nautisme, l’aéronautique,  les loisirs et  le secteur du plein air ont souvent recours à des selliers. Les ateliers sont pour la plupart industriels, sauf ceux de l'automobile de luxe qui exécutent le travail à la commande et sur mesure.

Focus sur la sellerie automobile

Le sellier garnisseur est un ouvrier qualifié qui confectionne, à l'unité ou en petites séries, des sièges, des habillages, aménagements intérieurs pour les véhicules automobiles ainsi que des capotes de cabriolets.

Les grands constructeurs automobiles proposent deplus en plus souvent des garnitures cuir partielles ou totales des sièges de l’habitacle ou d’éléments comme le volant, la planche de bord, contreportes… Les marques de luxe (Ferrari, Bentley, Maserati…) utilisent des cuirs de très grandes qualités pour leurs modèles exclusifs. Certains modèles nécessitent jusqu’à plus de 10 peaux.

Un marché de niche : celui des collectionneurs qui ne demandent que du sur-mesure et nécessite beaucoup de préparation.  « La demande ne cesse de d’augmenter mais il y a de moins en moins d’artisans », déclare Eric Oulhen.

Comment est fabriqué un siège automobile en cuir ?

Cahier des charges et gabarit

« Le client nous transmet un cahier des charges qui porte essentiellement sur la sécurité et l’ergonomie. A partir de ce cahier des charges, un prototype est réalisé. S’il convient aux clients, un gabarit est conçu », explique Eric Oulhen.

Le sellier-garnisseur  découpe le gabarit sur les peaux de cuir. Après avoir placé la mousse sur l’ossature ou éventuellement la carcasse le sellier prend une toile blanche et lui fait épouser la forme à habiller. La toile blanche étant souple suit fidèlement les galbes. Le sellier peut utiliser aussi du papier kraft pour cette opération.

Choix des matériaux

Cuir, cuir perforé, cuir Alcantara, skaï mais aussi pour les véhicules haut de gamme, des peaux exotiques comme le crocodile… « Il faut que cela soit hors-norme. »

Confection

Dans les grandes entreprises, le sellier-garnisseur fait appel à une couturière qui lui fabrique une série de 20 à 30 pièces.  « Un accoudoir est fabriqué en 20/30 minutes ; un siège baquet peut prendre 8 heures », précise Eric Oulhen.  

Dans une petite entreprise, le sellier-garnisseur assemble lui-même les pièces de cuir, ajoute des morceaux de mousse. « La mousse peut être plus ou moins dure. Maintenant, et notamment sur les Twingo, on utilise de plus en plus de mousse injectée, déjà formée, qui ne nécessite aucune couture. C’est un manque à gagner pour la profession. »

En plus de la couture simple, un sellier-garnisseur peut procéder à la couture rabattue, la double couture ou le passepoil, des types de couture plus esthétiques.

Garnissage et finitions

Le sellier-garnisseur rend au siège sa forme d’origine en tirant, tendant le cuir afin qu’il épouse parfaitement la forme du siège et d’amener les coutures à leurs emplacements exacts. La finition des coutures est un travail très rigoureux.

Les coutures ne doivent pas se détériorer au fil des années.

Le sellier-garnisseur peut être amené à réaliser une teinture. Pour redonner de la souplesse à des intérieurs fatigués, il utilise de la graisse ou del’ huile pied de bœuf.

Contrôle et remontage

Le sellier-garnisseur contrôle son travail et effectue le montage. « Ce n’est pas un métier alimentaire. C’est presque un métier d’art. Il faut avoir le goût du travail bien fait et parfois accepter de recommencer de A à Z. »

la science au service du capital

une chose n'est pas dite, c'est que dans l'industrie, toute production fait l'objet d'un calcul économique de rentabilité (donc en gros le profit moyen escompté), qui détermine la qualité de fabrication, le nombre de pièces considérées "bonnes" entre des limites fixées, qui feront sa fiabilité et sa durée prévisible dans le temps, et donc, à l'inverse son « obsolescence programmée », le prix et la durée de la "garantie" étant fixés en conséquence

le cadre-ingénieur producteur de plus-value

cela fait appel à des connaissances poussées en statistiques et probabilités, en métrologie, et en réglage de machines plus ou moins perfectionnées et pilotées par des ouvriers ou techniciens plus ou moins qualifiés. C'est de tels cours que j'avais quand j'étais élève-ingénieur à l'Ecole supérieure de micro-mécanique et mécanique de précision de Besançon, où je ne suis resté qu'un an, peu empressé de gagner ma vie au service des patrons : notons qu'ici ce n'est pas la fonction d'encadrement qui est en cause, mais la fonction de producteur de plus-value des cadres non ouvriers. Je ne sais pas si l'on peut parler dans ce cas de sursalaire, puisque la production de plus-value est bien réelle, comme dans la production en amont de robots remplaçant le travail humain, qui eux n'en produisent pas

la science au service de la révolution ?

on peut imaginer (parlant de production sans productivité Bruno Astarian l'a fait - j'y reviendrai à partir d'une critique superficielle de Temps Critiques) que dans une société libérée des contraintes de la productivité et dans une certaine mesure du temps passé à produire des objets, il n'y aura plus d'intérêt à les fabriquer en prévoyant et programmant leur usure pour qu'ils soient à plus ou moins court terme remplacés, relançant production et consommation du marché capitaliste. On peut même envisager que le calcul de probabilités soit mis au service d'une production plus efficiente sur des critères de temps, pénibilité, et durée d'usage

je ne sais pas ce qu'en penseront les vaches du futur, mais l'utilisation du cuir devrait plutôt se généraliser, et coûter à la longue moins de temps de travail global, ce qui à qualité et quantité égale peut aboutir à une diminution du temps de travail pour chacun.e


anciennes tanneries à Roanne, ma bonne ville





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MessageSujet: Re: de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME   Jeu 12 Oct - 18:41


produire, c'est chocolat ?

n'ayant pas la télévision, je ne saurais l'assurer, mais il me semble que peu d'émissions portent sur la fabrication des objets, de la nourriture, et quand elles existent s'en tiennent à la technologie et aux méthodes. Cela traduit sûrement le peu d'empressement du patronat à montrer ce qui se passe dans ses usines, ou seulement à travers des visites "guidées"

Comment c'est fait (How It's Made en anglais) est un documentaire télévisé canadien diffusé pour la première fois aux États-Unis sur Science Channel en 2001, au Canada sur Discovery Channel Canada et au Québec sur Ztélé.



j'ai pu dans les années 60 visiter la chocolaterie de Casino, à Saint-Étienne. Le souvenir qu'il m'en reste est l'odeur et les vapeurs insupportablement écœurantes du chocolat chaud dans certains ateliers, et que le personnel y était essentiellement féminin. J'ignore si c'est nuisible à la santé, si les ouvrières mangeaient du chocolat à leurs heures de loisir, et si elles fabriquaient des gâteaux au chocolat pour le dimanche en famille


Citation :
Le personnel syndiqué de la chocolaterie de Noisiel réuni en A.G. le 28 janvier 1906 envoie, à l'occasion du renouvellement de l'année au journal le Briard, l'expression de sa gratitude et de sa vive reconnaissance pour la campagne qu'il a menée en faveur des ouvriers de la dite chocolaterie au point de vue de leur émancipation sociale et pour la part qu'il prend a défendre les intérêts des travailleurs par l'action syndicale, seul moyen capable d'amener l'amélioration de leur sort et le respect des libertés ouvrières.
Le secrétaire Émile Jannet





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MessageSujet: Re: de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME   Jeu 12 Oct - 19:16


et l'acier fut trempé







le travail c'est la santé



Italie : le géant national de l'acier dans le collimateur de Bruxelles

latribune.fr  20/01/2016

Les émissions toxiques du site de Terente, dans les Pouilles, semblent avoir favorisé des taux anormalement élevés de cancers dans la région. Une procédure pénale est en cours. (Crédits : Reuters)

Citation :
Le sidérurgiste ILVA va faire l'objet d'une enquête approfondie de la Commission européenne, afin de déterminer si 2 milliards d'euros d'aides d'Etat dont il a bénéficié respectent le droit de la concurrence. Par ailleurs, le parquet italien attribue au moins 400 décès à l'aciérie de Tarente, l'une des plus polluantes d'Europe. En outre, le groupe, en difficultés financières, cherche un repreneur.

Le groupe sidérurgique ILVA, dont l'usine de Tarente (dans les Pouilles) est accusée d'être l'une des plus polluantes d'Europe, sera au centre d'une enquête approfondie de l'UE. Mais non pas sous le prisme du respect du droit de l'environnement. Bruxelles vérifiera plutôt si l'aide d'Etat accordée à l'entreprise par l'Italie est conforme aux règles de la concurrence, a annoncé la Commission européenne mercredi 20 janvier.

La Commission compte "examiner en particulier si les mesures facilitant l'accès d'Ilva à un financement en vue de la modernisation de son aciérie de Tarente confèrent à l'entreprise un avantage indu dont ne bénéficient pas ses concurrents".

"Compte tenu des problèmes de surcapacité que connaît le secteur sidérurgique de l'Union, les règles de l'UE en matière d'aides d'État autorisent uniquement les mesures de nature à promouvoir la compétitivité et l'efficience de la sidérurgie à long terme, et non le soutien aux producteurs en proie à des difficultés financières", précise la Commission européenne dans un communiqué.

De nombreuses plaintes

Les mesures visées par l'enquête représentent environ deux milliards d'euros de financements susceptibles d'avoir bénéficié d'un soutien de l'Etat. Ce montant regroupe des garanties publiques sur des prêts, ainsi que des lois accordant aux créanciers d'Ilva une priorité absolue de remboursement en cas de faillite et assurant au groupe l'accès à des fonds saisis dans le cadre d'une procédure pénale en cours visant ses actionnaires. La Commission dit avoir reçu de nombreuses plaintes contre ces différentes aides.

L'ouverture d'une enquête approfondie par la Commission européenne permet aux tiers intéressés de présenter leurs observations sur les mesures soumises à examen. Elle ne préjuge en rien de l'issue de la procédure.

16.000 emplois en cause

Confrontée, comme d'autres groupes sidérurgiques européens, à une concurrence violente de leurs rivaux chinois, Ilva a été placée sous administration judiciaire en 2013, après la saisie par la justice de 8,1 milliards d'euros détenus par ses actionnaires, la famille Riva, sur fond d'allégations selon lesquelles les émissions toxiques du site favorisaient des taux anormalement élevés de cancers dans la région de Tarente, dans les Pouilles. L'Etat a repris le site l'an dernier pour sauver ses quelque 16.000 emplois et gérer la dépollution.

Le 5 janvier dernier Rome a lancé la procédure visant à trouver un repreneur au groupe. Le directeur général Massimo Rossini, qui avait été chargé par les trois administrateurs nommés par le gouvernement de remettre l'entreprise sur pied avant de lui trouver un repreneur, a quitté son poste mardi. Le Commissaire européen à la Concurrence, Margrethe Vestager, a souligné approuver la démarche, en déclarant que "la meilleure garantie pour assurer un avenir durable à la production sidérurgique dans la région de Tarente est la vente des actifs d'Ilva à un acquéreur qui les mette à niveau pour leur permettre de respecter les normes environnementales et qui les exploite à des fins productives".

400 décès au moins

Le parquet italien attribue au moins 400 décès à l'aciérie de Tarente, la plus grande d'Europe. A ce propos, l'UE a d'ailleurs précisé:

"Compte tenu de la nécessité impérieuse de décontaminer l'installation d'Ilva à Tarente, la décision de la Commission prévoit également des mécanismes qui permettent à l'Italie de procéder immédiatement à des mesures de dépollution".

Seule condition exigée par la Commission: que les frais engagés soient par la suite remboursés par le pollueur. L'Italie est en train de la formaliser par décret.

Des relations déjà tendues

L'enquête survient au moment où les relations sont déjà tendues entre le chef du gouvernement italien Matteo Renzi et la Commission européenne, notamment à propos de la flexibilité budgétaire et de la crise migratoire. D'un côté comme de l'autre, on a donc tenu à rassurer.

Margrethe Vestager, a déclaré: "Nous collaborerons avec l'Italie afin de dépasser nos inquiétudes actuelles". La ministre italienne du Développement économique, Federica Guidi, a pour sa part réagi en promettant que "l'Italie allait continuer à collaborer avec la Commission européenne pour démontrer que ses interventions sur Ilva sont correctes".


Citation :
Voici un livre mythique de la littérature soviétique. Il nous raconte la vie aventureuse du jeune Pavel Kortchaguine emporté par les événements de la révolution d'Octobre. Il participe à la guerre civile contre les armées blanches, connaît des amours contrariées, et sa vie brûle au feu de l'action. Et l'acier fût trempé est le livre du romantisme révolutionnaire. Introuvable en France depuis de nombreuses années, c'est un roman qui a profondément marqué des générations de lecteurs. Son auteur, Nicolas Ostrovski, qui écrivit ce roman dans les années trente, fut également un des acteurs de cette révolution (à quinze ans, il entre dans la cavalerie rouge de Boudienny). Il meurt à trente-deux ans, aveugle et paralysé, après avoir écrit deux romans majeurs, celui-ci et Enfanté par la tempête.

à défaut de comprendre le russe, un excellent documentaire photos



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MessageSujet: Re: de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME   Jeu 12 Oct - 21:16


la voiture du voisin, avant l'émeute


certains propos des techniciens, dans cette vidéo, sont un chef-d'œuvre d'admiration béate, sans le moindre recul critique. Bref un must de fétichisme de l'objet et de la marchandise et de sa production. On regrette Charlot...


"Le pauvre et le prolétaire"
Roland Barthes Mythologies 1957


Roland Barthes a écrit:
Le dernier gag de Charlot, c'est d'avoir fait passer la moitié de son prix soviétique dans les caisses de l'abbé Pierre. Au fond, cela revient à établir une égalité de nature entre le prolétaire et le pauvre. Charlot a toujours vu le prolétaire sous les traits du pauvre : d'où la force humaine de ses représentations, mais aussi leur ambiguïté politique. Ceci est bien visible dans ce film admirable, Les temps modernes. Charlot y frôle sans cesse le thème prolétarien, mais ne l'assume jamais politiquement; ce qu'il nous donne à voir, c'est le prolétaire encore aveugle et mystifié, défini par la nature immédiate de ses besoins et son aliénation totale aux mains de ses maîtres (patrons et policiers).

Pour Charlot, le prolétaire est encore un homme qui a faim : les représentations de la faim sont toujours épiques chez Charlot : grosseur démesurée des sandwiches, fleuves de lait, fruits qu'on jette négligemment à peine mordus; par dérision, la machine à manger (d'essence patronale) ne fournit que des aliments parcellés et visiblement fades. Englué dans sa famine, l'homme-Charlot se situe toujours juste au-dessous de la prise de conscience politique: la grève est pour lui une catastrophe parce qu'elle menace un homme réellement aveuglé par sa faim; cet homme ne rejoint la condition ouvrière qu'au moment où le pauvre et le prolétaire coïncident sous le regard (et les coups) de la police. Historiquement, Charlot recouvre à peu près l'ouvrier de la Restauration, le manœuvre révolté contre la machine, désemparé par la grève, fasciné par le problème du pain (au sens propre du mot), mais encore incapable d'accéder à la connaissance des causes politiques et à l'exigence d'une stratégie collective.

Mais c'est précisément parce que Charlot figure une sorte de prolétaire brut, encore extérieur à la Révolution, que sa force représentative est immense. Aucune œuvre socialiste n'est encore arrivée à exprimer la condition humiliée du travailleur avec autant de violence et de générosité. Seul Brecht, peut-être, a entrevu la nécessité pour l'art socialiste de prendre toujours l'homme à la veille de la Révolution, c'est-à-dire l'homme seul, encore aveugle, sur le point d'être ouvert à la lumière révolutionnaire par l'excès «naturel» de ses malheurs. En montrant l'ouvrier déjà engagé dans un combat conscient, subsumé sous la Cause et le Parti, les autres œuvres rendent compte d'une réalité politique nécessaire, mais sans force esthétique.

Or Charlot, conformément à l'idée de Brecht, montre sa cécité au public de telle sorte que le public voit à la fois l'aveugle et son spectacle; voir quelqu'un ne pas voir, c'est la meilleure façon de voir intensément ce qu'il ne voit pas : ainsi au Guignol, ce sont les enfants qui dénoncent à Guignol ce qu'il feint de ne pas voir. Par exemple, Charlot dans sa cellule, choyé par ses gardiens, y mène la vie idéale du petit-bourgeois américain : les jambes croisées, il lit son journal sous un portrait de Lincoln, mais la suffisance adorable de la posture la discrédite complètement, fait qu'il n'est plus possible de s'y réfugier sans remarquer la nouvelle aliénation qu'elle contient. Les plus légers engluements sont ainsi rendus vains, et le pauvre est sans cesse coupé de ses tentations. En somme, c'est pour cela que l'homme-Charlot triomphe de tout : c'est parce qu'il échappe de tout, rejette toute commandite, et n'investit jamais dans l'homme que l'homme seul. Son anarchie, discutable politiquement, représente en art la forme peut-être la plus efficace de la révolution.


à suivre

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MessageSujet: Re: de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME   Ven 13 Oct - 16:25


« la bouteille représente le temps de travail...»



chaud devant



Shocked

Usine de fabrication de godemichet en verre
vidéo ina.fr 1988

Citation :
Dans l'usine de MONSIEUR MAX en banlieue parisienne les ouvriers s'atellent à la fabrication de godemichets. On découvre ainsi toutes les étapes de façonnage de cet objet.

affraid

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MessageSujet: Re: de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME   Sam 14 Oct - 16:13


13 octobre


le travail comme libre activité de création pour tous

à ce stade de notre visionnage, que pouvons-nous dire ? Rien de surlecutant pour la théorie communiste de « l'abolition du travail »,
dès lors que dans ce mot on enferme le concept du travail exploité, du travail salarié, du travail aliéné, et de la séparation du producteur de son produit dans l'économie capitaliste

remplacer le mot travail par activité ne change pas le fait que beaucoup se réalisent dans leur travail, qu'ils soient ou non exploités, et qu'une des plus grandes souffrances du travail, privation de travail, est de ne plus se sentir utile à rien, même si en cela on se trompe, puisqu'au-delà du besoin d'argent, on peut toujours créer

on perçoit, comme avec prolétariat, l'enfermement du concept dans le mot, un nominalisme, et partant de là, l'impossibilité d'ouvrir certains débats tabous dans le milieu radical, et de celui-ci à débattre en dehors de lui-même, car on ne peut discuter avec qui réagit devant un mot en chien de Pavlov du langage



Bruno Astarian a écrit:
Le fait que depuis quelques décennies, depuis les luttes des années 1960-1970, on a pu commencer à envisager le communisme sans travail – ce qui ne veut pas dire sans production. La grande différence est là.

La valeur et son abolition. DDT21 5 septembre 2017

on en viendrait presque à avoir des scrupules à nommer travail ce que l'ont fait avec plaisir, cuisiner, bricoler, jardiner, écrire des poèmes... Et si l'on dit labeur, aura-t-on changé le problème ? J'utilise œuvrage, ça vaut ce que ça vaut...

on évitera le culot de comparer le plaisir naïvement cynique voire sadique du management, perceptible dans les interviews des cadres sur la fabrique de l'usine automobile, avec l'amour du travail bien fait chez les artisans ou ouvriers professionnels. Dans la communauté humaine réalisée par le communisme, il faut espérer que les individus prendront du plaisir, non pas à travailler, mais à ouvrager bien au service de tous


Marx a écrit:
Le travail est de prime abord un acte qui se passe entre l’homme et la nature. L’homme y joue lui-même vis-à-vis de la nature le rôle d’une puissance naturelle. Les forces dont son corps est doué, bras et jambes, tête et mains, il les met en mouvement afin de s’assimiler des matières en leur donnant une forme utile à la vie. En même temps qu’il agit par ce mouvement sur la nature extérieure et la modifie, il modifie sa propre nature et développe les facultés qui y sommeillent. Nous ne nous arrêterons pas à cet état primordial du travail où il n’a pas encore dépouillé son mode purement instinctif. Notre point de départ c’est le travail sous une forme qui appartient exclusivement à l’homme. Une araignée fait des opérations qui ressemblent à celles du tisserand, et l’abeille confond par la structure de ses cellules de cire l’habileté de plus d’un architecte. Mais ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit préexiste idéalement dans l’imagination du travailleur. Ce n’est pas qu’il opère seulement un changement de forme dans les matières naturelles ; il y réalise du même coup son propre but dont il a conscience, qui détermine comme loi son mode d’action, et auquel il doit subordonner sa volonté.

nous nous y arrêterons, à cet état du travail mais sans le considérer comme purement instinctif. C'est d'ailleurs ce que Marx a fait à plusieurs reprises, et sans quoi l'on ne sait plus ce qu'il critique dans le travail exploité et aliéné. Pour lui le travail est aliéné lorsqu'il n'est pas « libre activité physique et intellectuelle [...], qu'il est le moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail » et :

Marx a écrit:
Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l'asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l'opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel ; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital ; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l'horizon borné du droit bourgeois pourra être définitivement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! »

Gloses marginales au programme du Parti Ouvrier allemand, 1875

14 octobre

y aurait-il, dans le travail, l'activité de travail, le rapport au travail, une part qui ne se laisse pas aliéner ? Oui et non, puisqu'on l'a vu, cet "amour du travail bien fait" participe en même temps d'une aliénation, la rendant plus douce, jusqu'à devenir raison de vivre : trouver un travail "intéressant", etc.

autrement dit, sous cet angle de l'intérêt pris à toute activité de création, sortir du travail capitaliste serait en abolir la part dont le besoin est "en-dehors", dans la création de valeur


il ne s'agit donc pas tant d'abolir le travail que la valeur
en tant que le travail est le moyen de l'obtenir


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Patlotch



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MessageSujet: Re: de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME   Dim 15 Oct - 11:47


le charme persistant de la vulgate marxiste

texte très intéressant que j'utiliserai comme antithèse "marxiste" (et marxienne) de ce que j'ai soutenu précédemment. L'auteur commence très fort par soutenir une connerie concernant LE langage comme n'étant que le "langage bourgeois", comme on le disait de la science. Et donc le mot "travail" n'a qu'un sens, celui, ne manque pas de rappeler ce perçant "Oeil de faucon", de son étymologie : travail = torture

et l'on verra que sur cette sentence s'enfilent toutes les perles qui suivent, Marx et Engels à la rescousse, à qui ainsi cités hors contexte on peut faire dire tout et son contraire. Problème : le nominalisme n'est pas la dialectique, et les sens du mot travail, les langages y compris les mots des prolos lui disent "merde !"


Activité humaine contre travail

Œil de faucon Les7duQuébec 13 octobre 2017

« Il ne s’agit pas d’affranchir le travail, mais de le supprimer. »
– Karl Marx –

je souligne en gras et commente en bleu. On a un brassage de considérations marxiennes toujours justes avec une série d'affirmations qui ne tiennent la route que par un usage idéologique du langage. Généralement, ça fonctionne à merveille, les militants peuvent asséner des notions simplistes, qu'ils sont les seuls à croire, s'étonnant que le prolétariat ne les suivent pas : où est le véritable mépris ?
Citation :
Le mot « travail » est la dénomination bourgeoise pour « activité humaine »

Le langage, comme toute sphère de la société bourgeoise, est déterminé par le capital. Le langage est fondamentalement le langage de la classe dominante, le langage bourgeois. On peut définir celui-ci comme la suprématie de l’idéologie bourgeoise s’exerçant dans la manière même de communiquer. [ça c'est de la linguistique "prolétarienne" !] Le langage bourgeois est l’échange verbal qui se fait à l’aide des signes offrant le plus de commodités à la perpétuation de la domination de classe de la bourgeoisie. Ainsi, le mode de communication régnant réussit dans une large mesure à nous imposer ses limites. Comme il ne peut s’agir actuellement de réinventer un langage qui ne pourrait être basé que sur une nouvelle compréhension des rapports humains, nous sommes par conséquent continuellement obligés de démasquer la perfidie des mots et de les redéfinir de la même manière que se redéfinissent les concepts. [autrement dit, c'est la novlangue. À un seul sens qu'auraient les mots sous le capital, on va opposer "le nôtre", tout aussi unique, et idéologique]

Le mot « travail » est l’exemple parfait, total de la falsification des consciences humaines. Alors que l’homme s’est toujours défini, exprimé, réalisé au travers de son activité vitale (qu’est-ce que la vie sinon l’activité ?), alors que la réalisation de l’homme ne peut que passer par la matérialisation de cette activité vitale (la création d’objets, d’idées, …), le système marchand va enfermer cette activité dans la forme « travail ». [tout travail est activité, mais toute activité humaine n'est pas travail, et même "l'idéologie dominante" ne le prétend pas] Le capital universalisera cette forme en en faisant sous son aspect salarié, le rapport dominant de la planète. Ainsi, aujourd’hui, en étant l’unique possibilité de survie de l’immense majorité des personnes, la seule manière d’exister pour le prolétariat, la forme « travail » devient aussi l’activité vitale centrale de l’homme, l’activité universelle, celle autour de laquelle tout tourne. [ça c'est vrai, mais ne tient pas qu'au sens du mot travail par le "langage bourgeois". Il s'agirait au demeurant de "faire le tour du monde" (Pierre Legendre) du concept travail et des mots pour le dire dans les différentes langues. On aurait quelques surprises avec la pauvreté de l'opposition travail/activité] Le travail étant devenu l’activité essentielle de l’homme, l’activité la plus importante, la bourgeoisie nous explique l’essence de l’homme comme étant le travail.

Voilà comment le mot « travail » (1) qui ne désigne en fait qu’une forme bien particulière de l’activité humaine [ah bon, mais le mot travail ne désigne que celui du capital... C'est vraiment prendre les gens et les prolos en particulier pour des imbéciles. Heureusement que les "marxistes" sont là], résonne aujourd’hui aux oreilles de tout un chacun comme le synonyme complet d' »activité », puisque pour la majorité des hommes, le travail est effectivement devenu dans la réalité, la totalité de leur activité ! Dès lors, « agir » signifie « travailler » et « être actif » se comprend comme « être travailleur », c’est-à-dire d’un bon rendement ! [évidemment, quand on utilise "travailler" en ce seul sens, on obtient "les travailleurs", un syllogisme de plus] L’hypocrisie et le cynisme du langage bourgeois culminent dans des expressions telles que « faire travailler l’argent », image d’une richesse hermaphrodite, se reproduisant de par elle-même, comme si derrière l’argent ne se trouvaient pas les bras, la sueur et le sang de ceux à qui l’on extorque la plus-value, seule source d’enrichissement des capitalistes.

Il faut donc, lorsque l’on parle de « travail », comprendre en quoi l’utilisation de ce terme détermine une catégorie, une forme bien précise de production de l’activité humaine, intrinsèquement liée au système marchand; il faut comprendre le travail comme étant la production de l’activité humaine en tant qu’activité étrangère à l’homme, à la manifestation de sa vie et à la conscience qu’il a de sa vie; c’est l’homme réduit à l’état de travailleur.


« Le travail est l’acte d’aliénation de l’activité humaine pratique »
(Marx – Manuscrits de 1844)

Le travail n’est pas autre chose que l’expression de l’activité humaine dans le cadre de l’aliénation, l’expression de la manifestation de la vie comme extraénisation de la vie, dépossession de son être. [la confusion continue entre toute forme de travail, tous sens du mot travail, et travail exploité, aliéné, salarié. Avec cette méthode, on peut tout démontrer] Le caractère aliéné du travail apparaît de différentes façons et tout d’abord au travers de l’objet créé : celui-ci, en effet, n’appartient pas à l’ouvrier. Alors que le résultat de la production humaine devrait se définir comme l’affirmation de l’homme, le moyen de reconnaissance par l’autre de sa propre personne humaine, le travail rend l’homme étranger à son produit, celui-ci lui faisant face et s’opposant à lui. L’ouvrier est dessaisi de l’objet qu’il crée. Contraint de vendre sa force de travail, il met sa vie dans l’objet et cette vie ne lui appartient plus désormais. L’extraénisation du travail est bien la nécessité pour le prolétaire de vendre sa force de travail afin de produire une marchandise qui lui est totalement étrangère. L’ouvrier ne peut tirer aucune satisfaction du résultat de son travail. [si, justement, la satisfaction du "travail bien fait", quoi qu'elle porte comme aliénation, elle existe, il suffit de les écouter, les ouvriers] Quand bien même l’objet créé aurait pour lui un intérêt immédiat, il ne peut pas en jouir; [si justement, sans quoi l'on ne consommerait pas toutes ces merdes, jouissance aliénée, mais jouissance réelle] sa réalisation lui est arrachée, elle est soumise aux lois de l’économie marchande. L’absurdité d’un tel état de chose apparaît alors parfois dans toute sa cruelle dimension lorsque des ouvriers travaillant aux pièces par 35°, sans climatisation ni ventilation, apprennent que l’usine pour laquelle ils travaillent produit également des appareils de climatisation vendus avec le slogan: « Les températures estivales ne nuiront pas à votre énergie si vous possédez un climatiseur X »!!!

Mais le prolétaire ne s’est pas seulement rendu étranger l’objet de son activité, il s’est rendu étranger son activité elle-même. L’activité productrice ne lui appartient pas non plus en tant qu’activité libre; en effet, le travail est extérieur à l’ouvrier, mais comme il est la seule activité lui permettant de se procurer les moyens de subsistance en système capitaliste, il est bien obligé, pour survivre, de s’y soumettre. Le travail est donc l’activité non libre par excellence, il ne peut être que contraint et forcé.


« Le caractère étranger du travail apparaît nettement dans le fait que,
dès qu’il n’existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fuit comme la peste. »

(Marx – Manuscrits de 1844)

En travaillant l’ouvrier ne s’affirme donc pas, mais se nie. De la même manière qu’il met sa vie dans l’objet et qu’il en est dépossédé, il abandonne son existence à l’activité de production de cet objet.

Citation :
Si donc le produit du travail est l’aliénation, la production elle-même doit être aliénation en acte, dessaisissement de l’activité, l’activité du dessaisissement. L’aliénation de l’objet du travail n’est que le résumé de l’aliénation, de l’extraénisation, dans l’activité du travail elle-même.
Marx – Manuscrits de 1844

Le travail, l’acte de production en système capitaliste, devient donc pour l’ouvrier, l’activité en tant que passivité, la force en tant qu’impuissance; chaque jour, huit heures d’activité absurde, contraire à l’essence [sic] et à la raison humaines; l’aliénation de soi comme plus haut, l’aliénation de la chose.

Perte de soi, perte de l’objet, reste encore la perte de l’autre. Le travail aliéné rend étranger à l’homme le genre humain (2). Il sépare la vie individuelle de la vie générique. Ce qui distingue l’homme de l’animal est que ce dernier s’identifie directement avec son activité vitale, « il est cette activité. L’homme fait de son activité vitale l’objet de sa volonté et de sa conscience. Il a une activité vitale consciente. » (Marx – Manuscrits de 1844) L’activité vitale de l’homme devenant travail aliéné dans le système marchand, le rapport se renverse dans la mesure où l’ouvrier est obligé de faire de son activité vitale consciente un simple moyen de subsistance, un moyen d’exister. Alors que cette activité vitale consciente se doit d’être l’expression de l’homme en tant qu’élaboration par l’homme d’un monde objectif dans lequel il peut se contempler, se reconnaître, cette production étant sa vie générique active, comme reconnaissance des hommes entre eux, le travail aliéné réduit l’activité vitale de l’homme à la simple production de richesses; il fait de l’activité de l’homme un simple moyen de subsister. Sous le capital, le travail domine l’homme et pas le contraire!


« La conscience que l’homme a de son genre se transforme donc du fait de l’extraénisation,
de telle façon que la vie générique devient pour lui un moyen. »

(Marx – Manuscrits de 1844)

Le travail rend l’homme étranger à lui-même, à son être générique et donc à l’autre, à l’homme en face de lui.

Citation :
Ce qui est vrai du rapport de l’homme à son travail, au produit de son travail et à lui-même, est vrai du rapport de l’homme à l’autre ainsi qu’au travail et à l’objet du travail de l’autre. D’une manière générale, la proposition que son être générique est rendu étranger à l’homme signifie qu’un homme est rendu étranger à l’autre comme chacun d’eux est rendu étranger à l’essence humaine. [Marx était là encore très feuerbachien]
Marx – Manuscrits de 1844

Cette conscience du genre humain, conscience de l’espèce [resic], de l’autre est détruite sous le capital. Les manifestations de solidarité de classe sont la trace et l’ébauche de ce qu’est cette conscience générique de l’homme: l’homme qui comprend que ses intérêts propres passent par ceux de la communauté, l’être humain qui comprend la satisfaction de ses besoins et de ses désirs au travers de la jouissance de l’être collectif. [exemple, sous le capital, il va au bal popu, activité humaine s'il en est]

L’abolition du travail s’exprime sous la forme politique de l’émancipation du prolétariat

Nous venons de voir en quoi l’être humain aliéné par le travail ne s’appartient plus. Mais s’il ne s’appartient plus, il se doit dès lors d’appartenir à quelqu’un d’autre. Si l’activité humaine devient tourment pour l’ouvrier, c’est qu’elle est nécessairement jouissance d’un autre. Au travers du travail aliéné, l’homme ne crée pas seulement un rapport étranger à son produit et à sa production, il engendre également la domination de celui qui ne produit pas, domination qui s’exerce sur son produit, sur son activité productrice et sur lui-même.

Rien ne justifie aujourd’hui que l’activité humaine reste emprisonnée, aliénée, extraénisée, dans la forme « travail », si ce n’est l’intérêt de la classe dominante; le profit que tire la bourgeoisie de sa domination l’empêche de voir plus loin que ses propres intérêts égoïstes. La classe sociale qui libérera l’humanité du travail extraénisé ne peut être que celle qui en subit les effets néfastes, l’émancipation universelle de l’homme dépend de l’émancipation du prolétariat car cette dernière classe se concentre dans son rapport à la production, TOUT l’asservissement de l’homme.


Citation :
Une classe aux chaînes radicales, une classe de la société civile qui ne soit pas une classe de la société civile; un ordre qui soit la dissolution de tous les ordres, une sphère qui possède, par ses souffrances universelles, un caractère universel, qui ne revendique pas un droit particulier parce qu’on n’a pas commis envers elle une injustice particulière, mais l’injustice pure et simple, qui ne peut provoquer à un titre historique, mais seulement à un titre humain, qui ne soit pas en opposition unilatérale avec les conséquences, mais en opposition globale avec les présuppositions de la forme de l’Etat, une sphère enfin qui ne peut s’émanciper sans s’émanciper de toutes les autres sphères et par là les émanciper toutes, qu’en un mot, elle soit la perte totale de l’homme et ne puisse se reconquérir qu’à travers la réacquisition complète de l’homme. La dissolution de la société en tant qu’état particulier, c’est le prolétariat.
Marx – Critique de la philosophie du droit de Hegel

C’est donc au prolétariat que revient la tâche historique de libérer l’humanité du travail et de résoudre une fois pour toutes les antagonismes entre l’homme et la nature, entre l’homme et l’homme, entre son activité et sa jouissance, entre l’individu et l’espèce. [perso, je ne ferais pas trop confiance au "prolétariat" pour me libérer du travail]

A bas le travail !

A la suite de ce développement, on peut peut-être se rendre plus facilement compte en quoi les mots d’ordre syndicalistes et gauchistes de « droit au travail » et de « garantie de l’emploi » sont éminemment réactionnaires et utopiques. Les prolétaires savent que le travail en système capitaliste est le seul moyen de subvenir à leurs besoins et qu’en ce sens, ne pas avoir de travail signifie très clairement crever. On en voudra pour preuve les milliers d’êtres humains assassinés de faim chaque jour. Il faut donc comprendre l’exigence d’un emploi par l’ouvrier comme l’exigence d’une possibilité de se nourrir, de se vêtir et de se reproduire, lui et sa famille. Mais revendiquer du travail pour tous au sein du système bourgeois, c’est faire croire que cela est possible, c’est nier le caractère catastrophique du capitalisme, son non-contrôle sur le mouvement qu’il engendre. Les communistes savent que la revendication du travail pour tous est utopique et ils en prennent pour preuve évidente que si le capital n’est pas parvenu à réaliser le plein emploi au niveau mondial en période de prospérité, on voit mal comment il pourrait satisfaire cette demande en pleine période de crise. Le mot d’ordre est réactionnaire car il correspond à une vue idéalisée du système en place; c’est la négation de la nature contradictoire du capital qui, s’il développe le travail ne peut que développer le chômage, c’est-à-dire le travail au degré zéro; la nature de la dictature du capital est la richesse engendrant la misère. Tous les « économistes » et autres idéologues du travail tenteront de nous expliquer en quoi le travail est nécessaire parce qu’ils confondent production de marchandises et richesses sociales. [dans la société produite par le communisme, le travail ne cesse pas d'être « le premier besoin vital » (Marx), il crée des produits qui ne sont plus des marchandises] C’est là la plus haute hypocrisie que de tenter de nous présenter le travail comme étant l’unique source de richesse. Nous définissons le travail, en tant qu’activité aliénée, extraénisée, comme la perte de l’homme.


Citation :
Le travail lui-même, non seulement dans les conditions présentes mais en général dans la mesure où son but est le simple accroissement de la richesse, je dis que le travail lui-même est nuisible et funeste. [bien lire cette phrase : dans la mesure, ce n'est pas dans toute mesure, ou non-mesure, du temps de travail, entre autres...]
Marx – Manuscrits de 1844

Au lieu du mot d’ordre réactionnaire, « un salaire équitable pour une journée de travail équitable », Marx nous disait déjà d’inscrire le mot d’ordre révolutionnaire: « abolition du salariat ». De la même manière, à la place des revendications de « travail pour tous », nous opposerons le mot d’ordre invariant du programme communiste: « à bas le travail ! ».

Travail, loisirs et communisme


Citation :
Dans toutes les révolutions antérieures, le mode d’activité restait inchangé et il s’agissait seulement d’une autre distribution de cette activité, d’une nouvelle répartition du travail entre d’autres personnes, la révolution communiste par contre, est dirigée contre le mode d’activité antérieur, elle supprime le travail et abolit la domination de toutes les classes en abolissant les classes elles-mêmes.
Marx – L’idéologie allemande

Le communisme détruit le mode d’activité spécifique au système capitaliste : le travail, essence de la propriété privée. En même temps qu’il supprime le travail, il supprime l’organisation des loisirs en tant que complément indispensable au travail aliéné. Il faut comprendre par loisir le temps donné au prolétaire pour refaire sa force de travail. [si "le communisme supprime le travail" comme "premier besoin vital", c'est bien simple, l'humanité crève] Tout comme le salaire représente l’entretien de l’ouvrier et ne peut être considéré que comme le « graissage » nécessaire à la continuité d’un bon fonctionnement des pistons, les loisirs n’ont qu’une utilité, un rôle d’exutoire aux tensions occasionnées durant l’activité-travail. Loisir ne correspond aucunement à temps libre puisqu’il ne peut s’agir pour l’ouvrier que de préparer ses forces, ses énergies, pour un rendement chaque fois plus efficace, pour une exploitation encore plus intense de ses capacités. Les loisirs sont dictés par la nécessité pour le prolétaire d’être au poste et en forme le lundi matin. De par son travail l’homme ne connaît plus le véritable sens de son activité vitale et il ne reproduira pendant ses heure « perdues » qu’une activité « miroir » du travail aliéné, de manière à ce que cette période de son temps, de son activité dite « libre » n’entre pas en contradiction avec la période « travail »; à l’activité extraénisée ne peut correspondre que l’inactivité extraénisée; au travail extraénisé, les loisirs extraénisés. Le capital oppose temps de travail et temps de loisir; il sépare les deux activités tout en les rendant complémentaires. La scolarité prépare déjà cette séparation: « vous êtes ici pour travailler; vous êtes ici pour vous amuser; mais ne faites jamais les deux en même temps! ». Mais l’activité humaine est une totalité. En ce sens, la société communiste n’a rien à voir avec une quelconque société des loisirs, idéalisation du pôle « positif » du système bourgeois. A la séparation travail/loisir, le communisme oppose l’activité vitale qui est jouissance, la jouissance qui est activité. [ah la belle jouissance, opposée romantiquement à tout "réalisme", comme dit Astarian, en quoi la théorie de la communisation ne se différencie pas des fossiles de l'utopie du paradis sur terre, renversement "matérialiste" de la religion]

« L’activité et la jouissance, tant par leur contenu que par leur genre d’origine sont sociales :
elles sont activité sociale et jouissance sociale. »

Marx – Manuscrits de 1844

Dans le communisme primitif, le même mot désignait travail et jeu [ah bon, en toutes langues, ou seulement en gaulois du Québec ?]. De la même manière, le communisme supprime les oppositions entre temps de travail et temps de loisir, entre production et apprentissage, entre ce qui est vécu et expérimenté. Cette description ne résulte aucunement d’une anticipation idyllique, d’une vision idéalisée du futur mais bien du mouvement même de l’histoire et du monde. [pour savoir ce que produira le mouvement de l'histoire, il n'y a pas mieux que nos prophètes et préviseurs marxistes, pas déterministes pour deux sous] Ce mouvement n’est en rien le fruit du hasard, c’est le développement fantastique des forces productives [sic, un marxisme qui date un peu...] qui rend plus actuelles que jamais la possibilité, la nécessité du communisme.

L’abolition du travail en tant qu’activité humaine extraénisée est un point essentiel du programme communiste [ie le programmatisme prolétarien] et le prolétariat accomplira cette oeuvre humaine en s’affirmant comme classe dominante pour nier toutes les classes [c'est la dictature du prolétariat]. Aux quarante heures semaine, aux tortures des levers de matin, à l’angoissante recherche de travail, aux crachats polis des capitalistes qui licencient, aux fins de journée pressurisées et debout dans le métro, à l’abrutissement des heures creuses, aux cadences infernales, aux assassinats de travail, à la propriété privée, nous opposerons notre force, notre connaissance et notre détermination d’une société sans travail, une société communiste assurant pour la communauté la libre disposition du temps comme champ d’épanouissement de l’activité humaine. [beau comme du Jean Ferrat, j'en fera rien]


Citation :
Une autre source de l’immoralité des travailleurs, c’est le fait qu’ils sont des damnés du travail. Si l’activité productrice libre est le plus grand plaisir que nous connaissons, le travail forcé est la torture la plus cruelle, la plus dégradante. Rien n’est plus terrible que de devoir faire, du matin au soir, quelque chose qui vous répugne. Et plus un ouvrier a des sentiments humains, plus il doit détester son travail, car il sent la contrainte qu’il implique et l’inutilité que ce travail représente pour lui-même.
Engels – La situation de la classe ouvrière laborieuse en Angleterre  1854 [c'est 1844, sans quoi on n'aurait pas eu Le Manifeste en 1847]

Notes :
1. L’origine étymologique du mot « travail » provient du latin « trepalium » qui signifie « instrument de torture » ! (cf. Petit Robert). De même « labor » signifie « peine ».

2. Il faut comprendre le genre comme l’homme se comprenant en tant qu’Homme, la conscience que l’individu humain peut avoir de l’espèce humaine.

où l'on perçoit le besoin d'une telle science d'avant-garde, et que nous sommes sans elle tous des cons, c'est qu'aucun, dans son activité de bricoler, cuisiner, écrire, peindre, bref de créer quotidiennement hors de son éventuel travail salarié pour le capital, ne dit jamais : « je retourne à mon activité humaine », mais bel et bien « à mon travail », ou « au boulot »

je ne serais jamais le dernier à considérer avec Marx que « dès qu’il n’existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fuit comme la peste.» À preuve, ce que j'en disais autant dans MABOUL ISIDORE, roman-feuilleton


Patlotch a écrit:
10 D'un débat intérieur vu de l'extérieur

À la question Qu'est-ce qu'être normal ?, Freud répondait : « aimer et travailler ». Pour Nietzsche, le travail salarié constitue « la meilleure des polices », « il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance ».

Isidore M dit à Maboul I Va pour aimer, mais travailler,  et quoi encore, aimer travailler !? Maboul I lui répond, la civilisation du manège, la ronde à la folie, c'est l'injonction d'aimer et travailler et le rendre impossible. Ensemble ils en conviennent, calmons-nous, rendons affreux ce qui est à Freud.

37 De l'activité

Isidore Maboul dit que confondre travail et activité est idée d'esclave-esclavagiste. Isidore a remplacé l'ennui de la passivité par l'ennui comme activité, le travail nécessaire par l'activité socialement inutile. Oui, pis-allé individéalisé. L'humanité se libèrera du travail en prenant la mesure de l'activité libre et gratuite, sans la confondre avec le loisir, complément du travail. La bonne mesure à prendre ? Supprimer, non le temps, mais la mesure par le temps. Ne mesurant plus le temps de travail, on n'en pourra plus comparer les quantités, plus de valeur, et, partant, plus d'échange possible, donc plus besoin d'argent. On aura fait mentir le proverbe "Time is money". On ne mesurera pas davantage son temps libre. Le temps humain et l'idée de liberté partiront en voyage la main dans la main, semaine au vent, le pied ! L'avenir passera au présent pour l'éternité.

Isidore est Maboul. Isidore est d'accord.

autrement dit je jouais à l'intérieur du syllogisme marxiste du travail salarié, exploité, aliéné..., mais je ne faisais là qu'un libre travail d'écriture

florilège pour le travail

petit défi : trouver là-dessous l'idéologie dominante du capital, et merci aux "camarades" de ne pas censurer les artistes au travail, ni de faire dire aux mots ce qu'ils ne disent pas toujours ni seulement

“Quant au bonheur établi, domestique ou non...
non, je ne peux pas. Je suis trop dissipé, trop faible.
La vie fleurit par le travail, vieille vérité : moi, ma vie n'est pas assez pesante,
elle s'envole et flotte loin au-dessus de l'action, ce cher point du monde.”
[/b]
Arthur Rimbaud Une saison en enfer 1873

“Relie par des rêves bien dirigés le travail du soir au travail du matin.”

Jules Renard Journal

“Être artiste, c'est une affaire de vocation et de discipline, une discipline de fer.
Être artiste, c'est du travail, du travail, du travail et encore du travail.”

Jean-Louis Murat Le Monde 18 Novembre 2007

“Le travail est l'aliment des âmes nobles.”

Sénèque

“Le travail est pour les hommes un trésor.”
Esope Fables

“Un travail constant vient à bout de tout.”
Virgile Géorgiques

“Je ne crois pas au génie, seulement au dur travail.”
Michel Petrucciani, pianiste de jazz

“Le fruit du travail est le plus doux des plaisirs.”
Vauvenargues Réflexions et maximes

“C'est par le travail que l'homme se transforme.”

Louis Aragon

“Le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin.”
Voltaire Candide ou l'optimisme

et pour ne pas mourir en marxiste idiot : travail, définitions CNRTL



lecture : un peu de théorie

Pour en finir avec la critique du travail , Théorie Communiste 2001, extraits :
TC a écrit:
La critique du travail ne peut avoir d’objet et se justifier elle-même que si elle construit son objet antérieurement aux rapports sociaux, mais alors elle devient purement spéculative ; inversement si ce sont les rapports sociaux historiquement déterminés qu’elle se met à critiquer, elle entre alors en contradiction avec son premier moment de formalisation abstraite de son objet. La critique du travail voudrait le travail comme rapport social antérieurement à tout rapport social. La critique du travail est une impasse.

Premièrement, elle construit un objet d’analyse qui est le travail en soi ; deuxièmement, elle veut déduire de l’analyse de cette activité, qui telle qu’elle l’a posée est une abstraction spéculative, les rapports sociaux contradictoires dans lesquels évoluent les hommes. Cela, soit par un développement contradictoire interne de cette activité, soit de par un caractère irréductible à l’aliénation que, par nature, cette activité posséderait. Les modulations particulières de cette impasse générale aboutissent toutes à la transformation de la critique de la société capitaliste et de son rapport social fondamental, l’exploitation, en critique du travail, critique de l’activité.

Ne confondons pas « le travail aliéné » tel qu’il fonctionne dans les « Manuscrits… » et l’aliénation du travail que l’on retrouvera dans les « Fondements… » ou dans « Le Capital ».
Dans le premier cas, le « travail aliéné » est l’auto mouvement de l’essence de l’homme comme être générique ; dans le second, il n’est plus question d’essence de l’homme, mais de rapports sociaux, historiquement déterminés, dans lesquels le travailleur est séparé en totalité ou en partie de ses conditions de travail, de son produit et de son activité elle-même (la petite production marchande, de par l’échange des produits et donc leur production comme marchandise, est également une aliénation du travail).

Il n’y a ni  contradiction, ni nécessité, de posséder une définition ontologique du travail, pour le considérer simultanément comme « auto production de l’homme » et comme négation de toute « manifestation de soi » pour l’ouvrier, car le travail n’a pas de définition en soi, mais n’est défini que dans la mesure où il est investi par les rapports sociaux, tout comme l’essence de l’homme n’est pas une nature inhérente à chaque individu, mais l’ensemble de ces rapports sociaux. Pour parvenir à nous débarrasser de cette définition « éternelle » du travail

Nous avons vu que le terme de « travail » était ici un abus de langage, même si  « l’éternité » de ce qui est désigné dans cette notion ne souffre aucune contestation. Mais il faut se garder de voir dans la révolution communiste le triomphe, le libre développement enfin réalisé, de ce « travail éternel ». Dans l’abolition du travail, ce qui est aboli, c’est la possibilité d’une production d’un « travail en général » et de sa distinction par rapport aux formes historiques concrètes du travail et par rapport aux travaux particuliers. etc.

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME   Dim 15 Oct - 13:13


les mots pour le dire,
et pour penser de façon critique créatrice

Tristan Vacances : - N'est-ce pas vous, au contraire, qui faites l'idiot en faisant mine de ne pas comprendre ce que disent du travail les marxistes, que tout le monde a bien compris ?

Patlotch : - en êtes-vous certain ? Il ne disent qu'une chose, liée à un sens unique du mot travail, qui réduit considérablement ceux qu'il avait pour Marx. Ce sur quoi j'attire l'attention, c'est que procédant ainsi, par un usage idéologique du langage, d'une part l'on peut démontrer n'importe quoi, d'autre part on ne peut plus parler qu'avec soi-même

on aboutit à un dialogue de sourds, à se couper de tout entendement et de toute possibilité d'intelligence commune, et pire on ne sait plus penser. Je l'ai montré concernant ce qu'est une classe, la constitution en classe qui ne se ramène pas au seul prolétariat, à partir de sa construction par Marx comme sujet révolutionnaire adéquat à son époque

Tristan Vacances : - Où est le problème ?

Patlotch : - il en va de même toutes les fois qu'un concept est porté par un mot du langage courant, les mots classe, race, valeur... en font aussi les frais. On remplace un échange de fond par une dispute de mots auxquels on donne des sens différents. Il va sans dire que nous avons besoin de concepts, la théorie a son langage propre, mais elle a bon dos quand elle s'enfonce à ce niveau de contre-vérités, propres à la rendre ridicule. Et qu'elle s'étonne ensuite d'être "seule"...

s'ils ne sont pas foutus de trouver les mots pour le dire, les militants resteront les dupes stupides d'eux-mêmes. Pour le dire avec Rimbaud, ils ne sont pas près de dérégler tous les sens

Tristan Vacances : - Vous ne les aimez guère...

Patlotch : - ça dépend lesquels, mais beaucoup c'est vrai me foutent les boules, me font chier, et j'ose le dire me font peur. Ils ne me donnent aucun désir de leur "communisme" de la castration mentale ni de leur société du "travail aboli", cette foutaise : je me passerai du mot et ils me trouveront en face, où ils n'auront pas que le capital. Et je continuerai à travailler, sans dieu ni maître, ni patrons, ni militants cons !

Tristan Vacances : - Vous proposez quoi ?

Patlotch : - de partir des sens que les gens donnent à leurs propos, quels que soient les mots qu'ils utilisent, d'entendre derrière les mots, sous les mots, comme un poète, comme un psychanalyste, comme un sociologue, bref, de façon pragmatique en penseur sérieux, pas en coupeur de têtes dépourvus d'oreilles, d'empathie et d'imagination. C'est exactement le comportement des flics et des professeurs face au langage des banlieues

Tristan Vacances : - Vous niez l'existence d'un langage de classe dominant ?

Patlotch : - plusieurs classes plusieurs langages, qui dominent dans leurs milieux et selon les situations. Personne ne parle chez lui comme au boulot, du moins c'est à espérer, mais je défie quiconque de le rapporter à ces simplismes, y compris dans une classe sociale donnée. Écoutez les hommes de la bourgeoisie quand ils se lâchent. Lisez les textes des "révolutionnaires" en tête, pas mieux comme niveau de langage sorti de l'école de la bourgeoisie. Comme retour du refoulé, on fait pas mieux, car il n'y a pas mieux que le langage pour trahir une origine de classe. Je m'avoue incapable d'écrire comme eux et j'en suis fier

je connais des jeunes banlieusards qui sont parfaitement bilingues, peuvent parler un français châtié ou le langage de la "racaille", qui relèvent de codes différents dont ils savent parfaitement user en situations différentes



Tristan Vacances : - ça nous éloigne un peu de la marchandise et des objets produits avec amour...

Patlotch : - lalangue est un objet produit par les langages, un objet d'amour, du moins pour les poètes. Il n'y a rien de plus désaliénant le langage qu'écrire un poème qui traverse et bouscule les sens, avec ses contraintes de son et de rythme


TRAVAIL

Travail que vaille
ensommeillé
baille à trouvaille

Bête de somme
payée à l'œil
quand au soleil
se dore un bail

Fosobo, 15 octobre 2017 11:23




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de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME
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