PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?

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MessageSujet: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Lun 4 Mai - 18:34

note du 22 janvier 2016 : petit changement de titre, l'ancien étant Communiste ou Anarchiste ? Quel besoin d'un nom

un petit texte sans prétention, qu'à poser des questions
comment peut-on être anarchiste ? vs communiste ? Patlotch 17 décembre 2014 (là-bas, il y a des images, ici, ça viendra, ou pas...)

il pourrait rejoindre d'autres catégories du forum CLASSES et IDENTITÉS ('RACES', RELIGIONS, NATIONS...) : comment dépasser les divisions ? ou INDIVIDUS face au Capital, à l'État, dans l'idéologie = ALIÉNATION -> l'individualité vers la communisation, ou encore
LUTTES ACTUELLES et THÉORIES : stratégie politique ? intervention ? organisation ? subjectivation : un Manifeste révolutionnaire ?

seulement voilà, si l'on veut classer, il faut choisir, et choisir c'est renoncer... parfois on ne sait pas... et l'on peut encore moins renoncer aux étiquettes militantes, pourquoi ?

Patlotch a écrit:
comment peut-on être communiste ? vs anarchiste ?

cette question me vient d'une part parce que j'imagine que le seul mot de communisme en page d'accueil de mon site suffit à en éloigner nombre de passant.e.s peu curieux d'aller y voir de plus près. D'autre part, je vois que Claude Guillon annonce sur son nouveau « blogue généraliste, Lignes de force » la sortie en 2015 de « Comment peut-on être anarchiste ? »

pourquoi je fais dans mes interventions davantage référence au communisme qu'à l'anarchisme ou à l'anarchie ? Il est vrai que je tape souvent sur les anars même "de gauche", dans le sens où le principal défaut des anarchistes, avec d'heureuses exceptions, c'est de s'en prendre davantage à l'État, à son ordre et à sa police, qu'au Capital qui les justifie. Mais je ne m'en prends pas moins aux marxistes et communistes pour qui l'État, ou le parti, sont en quelque sorte des médiations possibles d'une transition au communisme, sous le nom de socialisme ou autre

à vrai dire, pour moi, une fois dépassés les conceptions anciennes du communisme ou de l'anarchisme, les deux questions Comment peut-on être anarchiste ? et Comment peut-on être communiste ? n'en sont qu'une seule et même

si je m'interroge sur le pourquoi de la différence que j'établis de fait en privilégiant communisme plutôt qu'anarchie, je n'en trouve les raisons que dans mon parcours politique puis critique, davantage passé par des compagnonnages avec des organisations ou groupes se disant communistes plutôt qu'anarchistes

* Je constate par exemple que le courant communisateur, s'il se réfère plutôt au communisme en ce qu'il pose d'abord le Capital puis l'Etat comme lui étant nécessaire, a cherché à se faire connaître plutôt par le milieu "anarchiste de gauche" (les activistes autonomes se considèrent plus héritiers des anarchistes que des communistes en général, ce dont témoignent leurs attaques privilégiées contre la police et le grand cas qu'ils font des émeutes en général, sans trop regarder ce qu'elles mettent en cause, pourvu que ce soit la police). On le comprend aisément dans la mesure où des organisations qui se nomment encore communistes, bien au-delà du PCF dans la mouvance démocratique radicale, et sans parler des syndicats, ne sont pas sans être souvent du côté de la police dans le cas d'affrontements violents : dans la période récente, on l'a vérifié en Grèce, en France, en Afrique du Sud...

on me dira qu'il existe depuis longtemps des anarcho-communistes ou des communistes libertaires *, alors pourquoi pas simplement m'inscrire dans ces courants ? Ma réponse tient à ce qu'ils sont aujourd'hui; les groupes qui s'en réclament s'inscrivent dans une continuité historique remontant à Kropotkine et Malatesta, avec les restes d'idéologie programmatiste et partisane qui les animent. Du point de vue théorique comme politique, du point de vue de l'activité, cela rend impossible que je m'y reconnaisse

* « Le « communisme libertaire » est proclamé pour la première fois à la Fédération italienne de l'AIT (anti-autoritaire de St-Imier créée en 1872) au congrès de Florence de 1876 par Costa, Errico Malatesta, Carlo Cafiero et Covelli. Ce positionnement est pris en opposition au collectivisme qui est la position officielle de l'AIT anti-autoritaire (avec l'influence de Bakounine) de cette époque.» Wikipédia anarcho-communisme

Kropotkine a écrit:
« Toute société qui aura rompu avec la propriété privée sera forcée, selon nous, de s'organiser en communisme anarchiste. L'anarchie mène au communisme, et le communisme à l'anarchie, l'un et l’autre n'étant que l'expression de la tendance prédominante des sociétés modernes, la recherche de l'égalité.» Kropotkine, La Conquête du Pain 1892

Bakounine a écrit:
« Je déteste le communisme, parce qu'il est la négation de la liberté et que je ne puis concevoir rien d'humain sans liberté

un argument pour préférer communisme à anarchisme et surtout à libertaire, c'est qu'à part les dynosaures en quête d'un parti de masse et d'avant-garde, communiste est moins qu'anarchiste ou libertaire sujet à la tendance qu'ont ces deux-là à recouvrir n'importe quoi de droite à gauche et du milieu, puisqu'être contre l'autorité vous vaut toujours une belle considération. L'autorité renvoie à des dominations, plus qu'à l'exploitation capitaliste, et combien vous diront : je suis anarchiste plus que communiste parce que ce terme ne renvoie pour eux qu'à une privation de liberté, mais surtout parce que l'antagonisme de classes, ils s'en moquent comme de leur première chemise (blanche à col ouvert). Un petit texte de DDT21 le dit bien concernant l'autonomie dans le paragraphe horizontalité du texte Le militant au XXIème siècle Gilles Dauvé

cela étant j'ai mis beaucoup d'anarchisme dans mon communisme, et d'autres l'inverse, et franchement je ne vois pas pourquoi opposer ces rapprochements ni comment faire autrement. Quand au nom, il n'importe que pour qui les mots sont plus importants que les choses, les idées que les actes, et je ne peux rien pour ceux qui sont incapables de dépasser ce stade. Je constate simplement que les deux mots, communisme et anarchisme, sont toujours bons à créer des identités militantes et sectaires, ces poisons dans l'eau du bain de l'émancipation humaine

dans les communismes comme combats : une exploration des voies de la révolution en relation abolir les classes / dépasser les identités de 'genre', 'race'... de militants et d'individus


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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Jeu 7 Mai - 17:33

Pour ma part, je viens de l'anarcho-communisme, de la filiation théorique de Kropotkine et Malatesta.
L'anarcho-individualisme d'un Max Stirner est avant tout, me semble t-il, une position morale, mais il est compatible avec la pensée politique libérale.
Néanmoins, les libertariens américains et leurs théoriciens sont pro-capitalistes, qu'ils soient minarchistes ou anarcho-capitalistes alors que Stirner était anti-capitaliste.
Je pense qu'il faut d'ailleurs distinguer ce courant politique de ce qu'on nomme en France les anarchistes de droite (je dois bien avouer que cette expression n'a pas beaucoup de sens à mes yeux). Cela renvoie à des écrivains et des artistes conservateurs voire réactionnaires, tel Céline, Aymé, Malet et …Sardou, qui rejettent le capitalisme et l'étatisme mais rêvent de revenir à une société féodale précapitaliste.
Cela dit, les libertaires sont très soucieux de morale dont la justification théorique est une anthropologie philosophique. Hélas, la réflexion théorique de ce côté là est rare et peu synthétique alors qu'elle nécessiterait de lire les résultats de l'anthropologie sociale contemporaines (sans pour autant sombrer dans le scientisme d'un Kropotkine et de son darwinisme social de gauche).
Sur la nécessité de détruire l'État et le Capital, je n'ai que très rarement croisé des anarchistes qui ne souhaitaient que supprimer l'État et étaient indifférents au Capital. Il est bien évident que l'un ne va pas sans l'autre, que la propriété privée ne peut se maintenir sans la police et l'armée de l'État, mais que celui-ci n'est pas neutre et est dirigé par la bourgeoisie et dans ses intérêts.
En conséquence, nous sommes toujours dans une société de classes dont nous souhaitons la disparition en tant que communistes et/ou anarchistes (cohérents).
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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Jeu 7 Mai - 17:40

U.235 a écrit:
je viens de l'anarcho-communisme, de la filiation théorique de Kropotkine et Malatesta.

Sur la nécessité de détruire l'État et le Capital, je n'ai que très rarement croisé des anarchistes qui ne souhaitaient que supprimer l'État et étaient indifférents au Capital. Il est bien évident que l'un ne va pas sans l'autre, que la propriété privée ne peut se maintenir sans la police et l'armée de l'État, mais que celui-ci n'est pas neutre et est dirigé par la bourgeoisie et dans ses intérêts.

En conséquence, nous sommes toujours dans une société de classes dont nous souhaitons la disparition en tant que communistes et/ou anarchistes (cohérents).

que voilà une bonne nouvelle. Bienvenu, compagnon-camarade cheers
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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Jeu 7 Mai - 17:50

Dans les milieux anarchistes contemporains, ceux qui croient qu'une alternative est possible au sein même du Capital et l'État, il y a la fiction de l'autogestion. Des associations et des entreprises composées de militants essaient de s'organiser de manière horizontale, sans hiérarchie ni autorité. En admettant même que cela soit effectivement possible dans un milieu libertaire, il est rarement compris que l'autogestion dans le Capital était nécessairement autoexploitation et copropriété. J'imagine que cela doit conférer un supplément d'âme à leur activité, mais il y a là une certaine misère de l'anti-autoritarisme et de l'alternativisme.
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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Jeu 7 Mai - 17:53

Merci à toi pour ta bienveillance, ton initiative de forum et son animation.
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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Jeu 7 Mai - 18:10

merci de ton appréciation, qui me fait naturellement plaisir. N'en point trop rajouter, c'est un peu gênant

je connais à vrai dire peu le milieu anarchiste, sauf par quelques Foires aux livres, où l'uniforme noir et rouge m'a rappelé le pire des tuniques militantes : des curés sans dieu ni maître ? Ah bon...

Stirner a écrit:
l'unique et sa propriété

j'ai toutefois eu un pote, collègue de travail, un des fondateurs des Radio Libertaire, Wally Rosell. Par certains côtés le folklore anarchiste dans toute sa splendeur française, par d'autres des qualités humaines, une inventivité pratique au-dessus du lot. Un de mes meilleurs souvenirs de la haute administration. Nous nous entendions comme larrons en foire pour les faire chier, et le genre Woland ne nous a jamais échappé  affraid

lui non plus n'a jamais "fait carrière"
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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Jeu 7 Mai - 18:18

Pour continuer sur le courant anarcho-capitaliste américain, il y a une branche, à moins que tu ne la connaisses déjà, qui serait susceptible de t'intéresser, Patloch, dans une réflexion sur le transhumanisme, qui sont les extropiens et qui en sont les théoriciens d'origine dont le principal est Max More.
Les modifications du corps humain se font au nom de sa propriété et l'ensemble du vivant à pour finalité d'être breveté dans les versions les plus extrêmes et utopiques de ce courant pro-capitaliste
Il est à noter que c'est un mouvement qui date des années 80, mais qui à une très grande influence idéologique sur des entreprises comme Google et est en partie à l'origine du programme américain de convergence scientifique et technologique NBIC de 2002.
Comme quoi et malgré ce que continue de vouloir croire certains, les théories ont bien des effets sur le réel en réussissant à convaincre leurs lecteurs de leur bien fondé.
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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Jeu 7 Mai - 18:23

Je n'ai pas encore lu l'histoire Woland, j'irais voir ça.
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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Jeu 7 Mai - 18:26

merci. On verra ça dans l'HUMAIN' et la 'NATURE' : ÉCOLOGIE COMMUNISTE ? destruction de la vie ou communauté du vivant ?

j'ai ouvert un dossier sur mon blog Communauté des Êtres Vivants : réflexions préliminaires et une rubrique révolution pour trans-humanité ?

mais je ne peux pas être partout. Il faut absolument que d'autres se penchent, dans la perspective de la communisation, sur de tels aspects particuliers qui exigent des connaissances, parfois scientifiques, pour ne pas avancer n'importe quoi...
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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Jeu 7 Mai - 18:30

U.235 a écrit:
Je n'ai pas encore lu l'histoire Woland, j'irais voir ça.

prends ton temps, c'est très accessoire, et bien que ça préoccupe le milieu, ce n'est pas au centre des problèmes, ni théoriques, ni communistes... Qu'ils se dépatouillent dans leur caca

Patlotch a écrit:
Caca haut de cul bas... Ah nanas de la Martinique !
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MessageSujet: COMMUNISME ? ANARCHISME ?   Ven 26 Juin - 12:09

COMMUNISME ? ANARCHISME ?

Citation :
ticle est tiré des Cuadernos de Negación (numéro 2 – Juillet 2009). Revue produite par des camarades argentins. Le premier numéro a paru à l’automne 2007. L’intégralité des numéros de cette revue thématique sont disponibles sur le blog : http://cuadernosdenegacion.blogspot.fr/

[quote]Mis à part deux trois références très localisées dans le contexte sud-américain, en tous cas argentin, ce que les notes de bas de page se chargent de rendre plus lisibles, l’article qui suit critique avec simplicité le rapport à l’idéologie et ses écueils dans une perspective authentiquement révolutionnaire, celle de l’abolition des classes. En partant de deux tendances majeures du mouvement révolutionnaire : l’anarchisme et le communisme, et sans en renier les influences, les animateurs de la revue contribuent au débat sur le dépassement des formes militantes sclérosées.]

Groupe « Ruptura » a écrit:
“Nous voulons en finir avec le capitalisme et cela ne se réalise pas simplement en faisant appel à une forme ou une autre comme celui qui invoque un sort étrange.”  Communistes ou anarchistes ? [1]

Gilles Dauvé a écrit:
Le communisme ce n’est pas une société qui satisferait adéquatement celui qui a faim, soignerait le malade, logerait ceux qui n’ont pas de maison… Il ne peut reposer sur la satisfaction des besoins tels qu’ils existent aujourd’hui, ni comme on pourrait les imaginer dans le futur. Le communisme ne produit pas assez pour tout le monde et le répartit de façon égalitaire entre tous. C’est un monde où les gens entrent dans des relations et des actes (entre autres choses) desquels résulte qu’ils sont capables de s’alimenter, se soigner, se loger… eux-mêmes. Le communisme n’est pas une organisation sociale. C’est une activité. C’est une communauté humaine. Déclin et renouveau de la perspective communiste.

Se revendiquer de l’anarchie et du communisme actuellement peut être surprenant pour beaucoup de gens, puisque les deux catégories sont imprégnées (et non sans raison) de beaucoup de déchets, et certains les considèrent même antagoniques. Au-delà des signes [2] et de ce qui se dit, il y a la réalité de ce qui se fait : se définir comme communiste-anarchiste ne signifie pas nécessairement que notre praxis le soit. De la même manière, les formes de praxis aussi dites communistes-anarchistes, ne sont pas nécessairement portées par des individus qui se définissent comme tels. De fait, la majeure partie des personnes qui participèrent aux tentatives révolutionnaires n’étaient pas des partisans de telle ou telle idéologie révolutionnaire.

Les exemples abondent : un grand nombre de communistes autoproclamés jacassent à propos de leur internationalisme et position de classe, mais dans la pratique ils ne font jamais plus que de choisir un camp dans les guerres capitalistes – de préférence celui de « la nation la plus opprimée » ou la moins développée pour justifier ce « moindre mal » qu’est l’anti-impérialisme. D’autres communistes autoproclamés peuvent, également, mettre en avant la nécessaire destruction de l’État, mais dans leur pratique ils en assument la défense jusqu’à l’extrême, pas seulement en participant de façon répétitive aux élections parlementaires, mais en le pressant encore et encore d’accomplir sa fonction et arrêter son déséquilibre. Pour, en définitive, le maintenir debout et repousser sa destruction aux calendes grecques.

En outre, certains autres anarchistes auto-définis, soi-disant ennemis irréconciliables de l’État, ont occupés des postes dans le gouvernement de la République espagnole de 36. Il y a aussi des exemples plus autochtones et plus camouflés comme les anarchistes K [3] qui soutiennent activement et « de manière critique » le gouvernement des Kirchner en Argentine.Retour ligne automatique

Donc nous l’affirmons : se définir de telle ou telle doctrine n’apporte aucune garantie. Et d’ailleurs les raisons abondent encore pour affirmer : soit on prépare les élections, soit on prépare la révolution.

Le communisme et l’anarchie ne sont pas un idéal à atteindre : ce sont des formes d’activité et des rapports sociaux qui se manifestent comme une tendance dans les luttes réelles et concrètes contre le capital et l’aliénation en général. A travers le communisme dans l’anarchie on ne peut pas donner de solutions aux problèmes du capitalisme, on ne propose pas que celui-ci soit plus rationnel ou moderne : ce sont là les fondations du vieux monde, justement celles que l’on veut détruire, et non pas améliorer, cela c’est le travail du réformisme, pas des révolutionnaires. Puis lorsqu’on nous demande « mais quelle société vous proposez ? » nous concluons : qu’en attendant les réponses aux questions de ce monde, ce ne sont pas les réponses qui échouent, mais la question qui est un échec.

L’anarchie n’est pas un ensemble de mesures à prendre au lendemain de la révolution, c’est ce que nous faisons aujourd’hui pour y arriver, ou pour mieux nous développer dans une situation pré-révolutionnaire.

Nous comprenons que des décennies et des décennies de contre-révolution et de passivité des « communistes » et des « anarchistes » provoquent le dégoût pour ces concepts : les pays dits « communistes », les groupuscules nationalistes, populistes, stalinistes, trotskystes, léninistes, maoïstes d’une part ; et libéraux, artistes, opportunistes, pacifistes, intellectuels, punks drogués, hippies accrocs à la consommation de misère et d’autres vomissements de la sous-culture de l’autre… ont seulement servi d’obstacles au développement des outils pour l’auto-suppression de notre classe. Mais malgré tout ça, nous refusons de rejeter tout l’arsenal du mouvement révolutionnaire, car il fait partie de notre histoire et nous ne permettrons pas qu’il reste entre les mains des imbéciles de toujours.

Nous comprenons l’activité révolutionnaire comme une tension [4], puisqu’elle dépasse ce que peut être une philosophie, une théorie politique et même une pratique : c’est une manière de concevoir la vie, de s’impliquer dans ce qu’on essaie de transformer. Cela ne peut en aucune manière être autre chose que la réalité, et c’est clairement pour cela que nous changeons personnellement, mais ce ne sera jamais l’objectif final, mais seulement une conséquence logique, interne à ce que nous appelons communément « les contradictions que nous vivons ». Ce concept est aussi relativement discutable, car comme nous le disions auparavant, notre intention n’est pas de transformer un objet extérieur à nous-mêmes mais transformer la vie, cette même vie qui nous contient : nous voulons abolir la contradiction entre cette forme de non-vie et précisément l’humain.

Cette contradiction, à son tour, n’apparaît pas au moment de l’adoption d’une idéologie particulière. De fait, les idéologies n’apporteront en ce sens rien de plus que le sentiment d’appartenance et mouvement, comme si l’adhésion allait conduire à la révolution finale. En définitive, nous voulons faire comprendre ceci : nous ne sommes pas en contradiction avec cette réalité en raison de l’idéologie à laquelle nous adhérons ou pas, c’est à dire que nous ne sommes en contradiction parce que nous sommes communistes et que nous vivons dans le monde de la propriété privée, nous ne sommes pas en contradiction parce que nous sommes anarchistes et vivons sous le regard de dieu et sous la semelle d’un gouvernement. Nous sommes en contradiction parce que nous sommes salariés, exploités et opprimés dans tous les aspects de notre vie et c’est cela qui nous pousse à lutter. Nous reconnaîtrons plus clairement la contradiction entre la vie et ce qui la menace, mais jamais nous ne sortirons de la réalité, pour la simple et bonne raison que nous vivons dans ce monde.

La simple idée d’être libres dans un monde d’esclaves est inadmissible, comme est inadmissible pour cette même situation la justification d’autres « contradictions idéologiques » qui sont elles-mêmes résolubles comme la cohérence entre les moyens et la fin, la solidarité, etc. La réalisation immédiate [5] de l’individu l’est aussi, car il semblerait que la propagande capitaliste ait porté ses fruits : nous voulons tout, ici et maintenant, et si quelque chose ne nous l’offre pas, nous ne l’achetons pas… Si, nous achetons ! Parce que parfois on comprend la théorie-pratique révolutionnaire comme une marchandise supplémentaire, qui peut et doit plaire, donner une identité avec laquelle il est possible de sympathiser, et finalement l’abandonner quand bon nous semble, parce qu’il s’agit d’une partie séparée de notre vie, de laquelle on pourra se passer quand ce sera nécessaire.

Mais nous avons compris, comme beaucoup de gens que la révolution n’a de sens que comme transformation du quotidien, même si malheureusement cela a été mal interprété au point de croire qu’une transformation du quotidien équivaudrait à une révolution [6].

Cette conception est similaire aux tendances, pas si nouvelles que ça, du new age, qui nous disent qu’on peut être heureux et accomplis si nous avons la « paix intérieure », c’est juste que certains en arrivent à la même conclusion avec une « révolution intérieure ». Révolution intérieure que nous croyons nécessaire au préalable, comme une étape essentielle, mais qui nous dépasse dans le même instant car il ne s’agit pas d’une invention individuelle de chacun, c’est peut-être un aspect de la lutte révolutionnaire qui peut commencer en modifiant certains aspects de nos vies et en nous poussant plus tard à avoir un rôle dans l’extension de ces changements à la totalité du monde… Puisque nous ne pouvons nous réaliser en tant qu’individu que dans la mesure où nous interagissons avec d’autres gens.

« Ceux qui parlent de révolution et de lutte des classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont un cadavre dans la bouche », affirmait Raoul Vaneigem, et derrière cette affirmation se sont planqués, et non sans raison, lui comme les autres « réformateurs de la vie quotidienne ». Mais nous pourrions aussi comprendre cette déclaration en comprenant son autre face : que ceux qui parlent de transformer la vie quotidienne sans se référer explicitement à la révolution et à la lutte des classes, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’action individuelle mais aussi sociale et de positif dans le refus des idéologies individualistes, ceux-là ont aussi un cadavre dans la bouche… Les deux affirmations sont vraies, mais séparées ce ne sont que des vérités partielles.

Notre plus grande force réside dans la globalité de notre implication, dans notre adhésion non pas à un groupe, une contre-culture, une idéologie ou un chef… mais au mouvement réel d’abolition de tout ce fait de nous des étrangers à nous-mêmes. « Ce qui rend une lutte globale et universelle, ce n’est pas sa généralisation ou sa généralité, mais sa radicalité ; c’est à dire son aspect transgressif, subversif, sa capacité à menacer la totalité du système et sa légitimité. Bien que partielle, locale ou ponctuelle, cette lutte contre chaque aspect de la violence capitaliste prend, si elle est radicale, un caractère total. Elle ne débouche pas sur une distribution différente du pouvoir mais sur sa destruction. Elle ne vise pas la nationalisation des moyens de production mais la destruction de la valeur d’échange et la gratuité du don [7] ».

POST DATA :

Nous n’avons ni l’intention d’adhérer ni de contribuer à ces courants hybrides appelés « marxisme libertaire » ou « anarcho-marxisme », nous ne sommes pas en train de fabriquer un casse-tête, et n’ajoutons aucun fragment de Marx à Bakounine (ou vice versa), mais nous prenons plutôt en compte certains anarchistes et Marx (mais pas les marxistes) comme ils durent évaluer certains révolutionnaires du passé pour pouvoir les dépasser.

D’une part, derrière la catégorie « anarchisme » certains ont nommé, tel que nous l’avions déjà dit, plusieurs courants et conceptions du monde, même antagoniques, peut-être à cause de leur propre manque d’un guide ou d’une doctrine plus rigide. Ça a heureusement permis à certains anarchistes d’avancer véritablement sans le poids de cette « Sainte Famille » de penseurs et de dogmes, pour d’autres ça leur a permis d’appeler « anarchisme » tout ce qu’ils ont envie. D’autre part les marxistes, avec les textes de Marx qui clama expressément « je ne suis pas marxiste », ont aussi fait ce qui leur faisait envie. Comme quoi, ajouter un « isme » au nom d’une personne déjà morte ne garantit rien non plus.

Depuis les débuts du mouvement ouvrier, les deux courants historiques avaient en leur sein une expression réformiste et une autre révolutionnaire, mais il semble que maintenant au lieu de réfléchir sur leurs points forts, ils revendiquent leurs faiblesses, et ne pas seulement de la part de leur rival respectif et pour le triomphe de son idéologie dans une discussion médiocre, mais aussi définis par le « iste » dont on parlait. Dans le passé, s’être défini comme bakouniniste ou comme marxiste ne permit pas de dépasser ces deux idéologies, et c’est aujourd’hui que cette division nous arrive rampante du passé et à chaque fois plus pourrie. Notre avantage de les considérer comme des idéologies réside dans le fait montrer clairement la nécessité de dépasser ce que cette division a de faux problème. Pour Debord, chacune d’elle possède « une critique partiellement vraie, mais perdant l’unité de la pensée de l’histoire, et s’instituant elles-mêmes en autorités idéologiques  ».

Un courant peut avoir compris que l’État doit être aboli de n’importe quelle manière, l’autre aura compris quelles sont les raisons qui conduisent à instituer un État et dans quel but il existe, par exemple… alors qu’allons-nous faire ? Chacun défendre son « isme » contre celui de l’autre pour ainsi chacun avoir une vérité partielle, qui séparées l’une de l’autre n’aboutirons jamais à rien ?Retour ligne automatique
Si nous nous subordonnons à un « isme », nous serons toujours moins critique à propos de lui que des autres, puisque nous subordonnerons toute notre activité (y compris la critique) au triomphe de l’« isme » pour lequel on a pris partie. Nous nous transformerons en défenseur de cet « isme », en conservateur de cette tradition spécifique [8].

Ces tendances (anarchisme, marxisme…) sont des exigences de la pratique, mais ce dont il s’agit c’est de la théorie du prolétariat, qui est requise par sa pratique pour s’auto-supprimer en tant que classe.


Notes :

1 Texte paru dans le numéro 2 de la revue Ruptura, éditée à Madrid. Recommandé pour approfondir cette question. http://gruporuptura.wordpress.com/about/

2 Dans notre histoire, les révolutionnaires se sont appelés ainsi eux-mêmes ou ont été nommés de plusieurs façons : luddites, communistes, socialistes, nihilistes, anarchistes, libertaires, situationnistes, encapuchonnés et même libéraux (comme le groupe auquel participait Ricardo Flores Magon). Ces adjectifs ont aussi qualifié divers réformistes et bourgeois. Et bien que ces catégories tendent à améliorer la communication et la compréhension, bien souvent elles provoquent l’inverse.

3 Pour plus d’informations à ce sujet, lire l’article écrit par Federico Martelli, dans la revue Veintitrès (Fév. 2007), intitulé « Los anarquistas de Scioli », où on peut lire des choses du style : « J‘ai une formation anarchiste, socialiste et péroniste. J’essaie de garder le meilleur de chacun de ces courants. Je garde de l’idéologie libertaire l’amour de la liberté. Du péronisme les profondes transformations sociales réalisées. Des partis il peut y en avoir beaucoup, l’important c’est de savoir quel est le mouvement national qui représente les travailleurs. » Extrait du numéro 42 de la revue ¡Libertad! (publiée par le groupe du même nom). [NdT : Se référer aussi l’article de Juan Manuel Ferrario, intitulé « Anarcho-péronistes ? », traduit par le collectif de traduction CATS et accessible sur leur site : http://ablogm.com/cats/].

4 « Voici ce qui différencie un politicien d’un révolutionnaire anarchiste. Pas les mots, pas les concepts et si vous le permettez, à certains égards même pas les actions, car sa finalité n’est pas de se conclure dans une attaque – disons radicale – ce qui les qualifie, mais dans le mode dans lequel est la personne, le compagnon qui effectue ces actions, et parvient à en faire un moment expressif de sa vie, une caractérisation spécifique, de la force pour vivre, de la joie, du désir, de la beauté, et pas une réalisation pratique, pas la réalisation d’un acte qui se suffit mortellement à lui-même et octroie le pouvoir de dire : « j’ai fait ça aujourd’hui ». Alfredo M. Bonanno, La tension anarchiste.

5 Ici réapparaît la vision moderne du monde selon laquelle tout est instantané… dans l’imaginaire révolutionnaire, nous commettons souvent l’erreur de vouloir utiliser comme synonymes « spontané » et « immédiat ». Dans les faits, « spontané » fait référence à ce qui est réalisé sans être provoqué par des éléments externes, et pas par l’immédiateté (ou pas) avec laquelle s’effectue l’acte révolutionnaire.

6 Gilles Dauvé, Préface à l’édition espagnole de Déclin et renouveau de la perspective communiste, aux éditions Espartaco Internacional. http://www.edicionesespartaco.com/

7 Etcétera, Glosa marginal a las « Glosas criticas marginales ». http://www.sindominio.net/etcetera/

8 N’importe quel exemple peut toujours être mal interprété (ou mal compris), particulièrement dans celui-ci, nous ne nous affairons pas, comme certains le prétendent, à combiner « l’idéalisme anarchiste » à « l’économicisme de Marx », d’une part car ça ne nous intéresse pas de le faire et d’autre part, et c’est la raison principale, car nous caricaturons pas ces courants à base d’adjectifs stupides et erronés.

9Ricardo Fuego, La propaganda subversiva y los « ismos » (2006). http://proyectocai.zymichost.com/nuestros/index_nuestros.html

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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Dim 2 Aoû - 12:45

importé de PENSER-LUTTER-TRANSFORMER, avec Henri Meschonnic

Guillon l'écrivain à l'insu de l'anarchiste

si, à suivre Meschonnic, on retient ce qu'il pense qu'est penser, on peut se demander si Claude Guillon n'a pas pointé à l'insu de son plein gré une vérité avec ce titre : « Communisation » : l'impensable projet

cette "vérité" ne tient pas tant au son contenu critique du texte de Claude Guillon, aussi faible qu'il pouvait l'être en s'attaquant à l'une des plus mauvaises formulations de ce qu'est la communisation, celle de Léon de Mattis, paradoxalement nommée « Qu’est ce que la communisation ? », ce qui, pour reprendre Meschonnic, en faisait un « produit », non une « activité », une « pensée intempestive » : un produit qui fut "consommé" comme il devait l'être, dans l'intervention, qu'elle soit "pratique" ou "théorique", toujours séparée, comme son nom l'indique

Claude Guillon a écrit:
Le révolutionnaire « communisateur » ne dit jamais, comme le coureur cycliste : « Je suis content d’avoir participé ; j’ai fait de mon mieux ; j’essaierai de faire mieux la prochaine fois. » Il s’efforce de ne pas être dupe de la réalité, dont il sait qu’elle n’est jamais à la hauteur de son « idéal ». Il ne parle plus d’« idéal » d’ailleurs. Et pourtant, son idéal existe, aussi vrai qu’existe toujours la lutte des classes ; il l’a même placé plus haut qu’il a jamais été dans l’histoire de la pensée révolutionnaire et utopique.

L’utopiste proposait un modèle, avec des arrière-pensées plus ou moins programmatiques. Il espérait, parfois sans oser le dire, que son geste littéraire aurait des conséquences littérales. On dirait aujourd’hui, en langage post-moderne : qu’il aurait un pouvoir performatif.

Le « communisateur », croit-il au pouvoir performatif de son verbe ?


passons sur ce "performatif" qui tiendrait au "post-moderne", ou sur les « arrières-pensées programmatiques », et supposons que "l'utopie" redescende sur la terre de la pensée des luttes, car ce n'est pas l'utopie, le romantisme anarchiste, qui n'a plus aujourd'hui ni roman ni poème, ni poétique ni théorie, qui va nous sortir de l'enlisement nominaliste des vieux dogmes...

on peut d'ailleurs considérer, dans le faux bras-de-fer entre "anarchistes", "communistes libertaires" et autres "communisateurs", qu'en critiquant le conseillisme de l'ultra-gauche historique, comme relevant du programmatisme ouvrier, les communisateurs sont tombés du côté de l'anarchisme plus que du communisme comme mouvement au présent

c'est en quoi, parfois, l'écrivain Guillon dit plus et mieux que ce qu'il croit dire en tant qu'«écrivain anarchiste », le plus fécond étant, ce n'est pas une surprise, dans son écriture plus que dans sa posture, dans sa poétique plus que dans sa non-théorie : ses impensés

rappel 24 juillet in DÉCOLONISER l'ANARCHISME...
Patlotch a écrit:
je tiens au concept de communisme comme mouvement, parce qu'il n'a pas d'équivalent...

on pourrait certes dire, en paraphrasant Marx et Engels dans Marx L'Idéologie allemande : « Pour nous, l'anarchisme n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons anarchisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement.»

mais bon, à ma connaissance aucun théoricien de l'anarchie ne l'a écrit, et la plupart des anarchistes considèrent au contraire l'anarchisme comme « un idéal auquel la réalité devra se conformer », ce qui leur permet, en matière de racisme, de se planquer derrière l'universalisme abstrait condamnant les "racisés" pour "communautarisme"... identitaire : l'hôpital qui se fout de la charité

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MessageSujet: Anarchie et Communisme, Carlo Cafiero, 1880   Sam 15 Aoû - 21:44


Anarchie et Communisme Carlo Cafiero 1880 via Infokiosques.net

"Anarchie et communisme" est la reproduction du rapport lu par Carlo Cafiero en 1880 à l’occasion du congrès de la Fédération jurassienne de l’A.I.T. (Association Internationale des Travailleurs) à Chaux-de-Fonds. Ce texte de Cafiero fut publié pour la première fois la même année à Genève, dans le journal anarchiste "Le Révolté".



Carlo Cafiero (1846–1892

On ne peut pas être anarchiste sans être communiste. En effet, la moindre idée de limitation contient déjà en elle-même les germes d’autoritarisme. Elle ne pourrait pas se manifester sans engendrer immédiatement la loi, le juge, le gendarme.

Nous devons être communistes, car c’est dans le communisme que nous réaliserons la vraie égalité. Nous devons être communistes, parce que le peuple, qui ne comprend pas les sophismes collectivistes, comprend parfaitement le communisme comme les amis Reclus et Kropotkine l’ont déjà fait remarquer. Nous devons être communistes, parce que nous sommes des anarchistes, parce que l’anarchie et le communisme sont les deux termes nécessaires de la révolution.



Carlo Cafiero a écrit:
Au congrès tenu à Paris par la région du Centre, un orateur, qui s’est distingué par son acharnement contre les anarchistes, disait : Communisme et anarchie hurlent de se trouver ensemble.

Un autre orateur qui parlait aussi contre les anarchistes, mais avec moins de violence, s’est écrié, en parlant d’égalité économique : Comment la liberté peut-elle être violée, lorsque l’égalité existe ?

Eh bien ! je pense que les deux orateurs avaient tort.

On peut parfaitement avoir l’égalité économique, sans avoir la moindre liberté. Certaines communautés religieuses en sont une preuve vivante, puisque la plus complète égalité y existe en même temps que le despotisme. La complète égalité, car le chef s’habille du même drap et mange à la même table que les autres ; il ne se distingue d’eux que par le droit de commander qu’il possède. Et les partisans de "l’Etat populaire" ? S’ils ne rencontraient pas d’obstacles de toute sorte, je suis sûr qu’ils finiraient par réaliser la parfaite égalité, mais, en même temps aussi le plus parfait despotisme, car, ne l’oublions pas, le despotisme de l’Etat actuel augmenterait du despotisme économique de tous les capitaux qui passeraient aux mains de l’Etat, et le tout serait multiplié par toute la centralisation nécessaire à ce nouvel Etat. Et c’est pour cela que nous, les anarchistes, amis de la liberté, nous nous proposons de les combattre à outrance.

Ainsi, contrairement à ce qui a été dit, on a parfaitement raison de craindre pour la liberté, lors même que l’égalité existe ; tandis qu’il ne peut y avoir aucune crainte pour l’égalité là où existe la vraie liberté, c’est-à-dire l’anarchie.

Enfin, anarchie et communisme, loin de hurler de se trouver ensemble, hurleraient de ne pas se trouver ensemble, car ces deux termes, synonymes de liberté et d’égalité, sont les deux termes nécessaires et indivisibles de la révolution.

Notre idéal révolutionnaire est très simple, on le voit : il se compose, comme celui de tous nos devanciers, de ces deux termes : liberté et égalité. Seulement il y a une petite différence.

Instruits par les escamotages que les réactionnaires de toute sorte et de tout temps ont faits de la liberté et de l’égalité, nous nous sommes avisés de mettre, à côté de ces deux termes, l’expression de leur valeur exacte. Ces deux monnaies précieuses ont été si souvent falsifiées, que nous tenons enfin à en connaître et à en mesurer la valeur exacte.

Nous plaçons donc, à côté de ces deux termes : liberté et égalité, deux équivalents dont la signification nette ne peut pas prêter à l’équivoque, et nous disons : "Nous voulons la liberté, c’est-à-dire l’anarchie, et l’égalité, c’est-à-dire le communisme."

Anarchie, aujourd’hui, c’est l’attaque, c’est la guerre à toute autorité, à tout pouvoir, à tout Etat. Dans la société future, l’anarchie sera la défense, l’empêchement apporté au rétablissement de toute autorité, de tout pouvoir, de tout Etat : pleine et entière liberté de l’individu qui, librement et poussé seulement par ses besoins, par ses goûts et ses sympathies, se réunit à d’autres individus dans le groupe ou dans l’association ; libre développement de l’association qui se fédère avec d’autres dans la commune ou dans le quartier ; libre développement des communes qui se fédèrent dans la région – et ainsi de suite : les régions dans la nation ; les nations dans l’humanité.

Le communisme, la question qui nous occupe plus spécialement aujourd’hui, est le second point de notre idéal révolutionnaire.

Le communisme actuellement, c’est encore l’attaque ; ce n’est pas la destruction de l’autorité, mais c’est la prise de possession, au nom de toute l’humanité, de toute la richesse existant sur le globe. Dans la société future, le communisme sera la jouissance de toute la richesse existante, par tous les hommes et selon le principe : De chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins, c’est-à-dire : De chacun et à chacun suivant sa volonté.

Il faut remarquer, – et ceci répond surtout à nos adversaires, les communistes autoritaires ou étatistes – que la prise de possession et la jouissance de toute la richesse existante doivent être, selon nous, le fait du peuple lui-même. Le peuple, l’humanité, n’étant pas des individus capables de saisir la richesse et la tenir dans leurs deux mains, on a voulu en conclure, il est vrai, qu’il faut, pour cette raison, instituer toute une classe de dirigeants, de représentants et de dépositaires de la richesse commune. Mais nous ne partageons pas cet avis. Pas d’intermédiaires, pas de représentants qui finissent toujours par ne représenter qu’eux-mêmes ! Pas de modérateurs de l’égalité, pas davantage de modérateurs de la liberté ! Pas de nouveau gouvernement, pas de nouvel Etat, dut-il se dire populaire ou démocrate, révolutionnaire ou provisoire.

La richesse commune étant disséminée sur toute la terre, tout en appartenant de droit à l’humanité entière, ceux donc qui se trouvent à la portée de cette richesse et en mesure de l’utiliser l’utiliseront en commun. Les gens de tel pays utiliseront la terre, les machines, les ateliers, les maisons, etc., du pays et ils s’en serviront tous en commun. Partie de l’humanité, ils exerceront ici, de fait et directement, leur droit sur une part de la richesse humaine. Mais si un habitant de Pékin venait dans ce pays, il se trouverait avoir les mêmes droits que les autres ; il jouirait en commun avec les autres de toute la richesse du pays, de la même façon qu’il l’eût fait à Pékin.

Il s’est donc bien trompé, cet orateur qui a dénoncé les anarchistes comme voulant constituer la propriété des corporations. La belle affaire que l’on ferait, si l’on détruisait l’Etat pour le remplacer par une multitude de petits Etats ! Tuer le monstre à une tête pour entretenir le monstre à mille têtes !

Non ; nous l’avons dit, et nous ne cesserons de le répéter : point d’entremetteurs, point de courtiers et d’obligeants serviteurs qui finissent toujours par devenir les vrais maîtres : nous voulons que toute la richesse existante soit prise directement par le peuple lui-même, qu’elle soit gardée par ses mains puissantes, et qu’il décide lui-même de la meilleure manière d’en jouir, soit pour la production, soit pour la consommation.

Mais on nous demande : le communisme est-il applicable ? Aurions-nous assez de produits pour laisser à chacun le droit d’en prendre à sa volonté, sans réclamer des individus plus de travail qu’ils ne voudront en donner ?

Nous répondons : Oui. Certainement, on pourra appliquer ce principe : De chacun et à chacun suivant sa volonté, parce que, dans la société future, la production sera si abondante qu’il n’y aura nul besoin de limiter la consommation, ni de réclamer des hommes plus d’ouvrage qu’ils ne pourront ou ne voudront en donner.

Cette immense augmentation de production, dont on ne saurait même aujourd’hui se faire une juste idée, peut se deviner par l’examen des causes qui la provoqueront. Ces causes peuvent se réduire à trois principales :

1. L’harmonie de la coopération dans les diverses branches de l’activité humaine, substituée à la lutte actuelle qui se traduit dans la concurrence ;

2. L’introduction sur une immense échelle des machines de toutes sortes ;

3. L’économie considérable des forces du travail, des instruments de travail et des matières premières, réalisée par la suppression de la production nuisible ou inutile.

La concurrence, la lutte est un des principes fondamentaux de la production capitaliste, qui a pour devise : Mors tua vita mea, ta mort est ma vie. La ruine de l’un fait la fortune de l’autre. Et cette lutte acharnée se fait de nation à nation, de région à région, d’individu à individu, entre travailleurs aussi bien qu’entre capitalistes. C’est une guerre au couteau, un combat sous toutes les formes : corps à corps, par bandes, par escouades, par régiments, par corps d’armée. Un ouvrier trouve de l’ouvrage où un autre en perd ; une industrie ou plusieurs industries prospèrent, lorsque telles ou telles industries périclitent.

Eh bien ! imaginez-vous lorsque, dans la société future, ce principe individualiste de la production capitaliste, chacun pour soi et contre tous, et tous contre chacun, sera remplacé par le vrai principe de la sociabilité humaine : chacun pour tous et tous pour chacun – quel immense changement n’obtiendra-t-on pas dans les résultats de la production ? Imaginez-vous quelle sera l’augmentation de la production, lorsque chaque homme, loin d’avoir à lutter contre tous les autres, sera aidé par eux, quand il les aura, non plus comme ennemis, mais comme coopérateurs. Si le travail collectif de dix hommes atteint des résultats absolument impossibles pour un homme isolé, combien grands seront les résultats obtenus par la grande coopération de tous les hommes qui, aujourd’hui, travaillent hostilement les uns contre les autres ?

Et les machines ? L’apparition de ces puissants auxiliaires du travail, si grande qu’elle nous paraisse aujourd’hui, n’est que très minime en comparaison de ce qu’elle sera dans la société à venir.

La machine a contre elle, aujourd’hui, souvent l’ignorance du capitaliste, mais plus souvent encore son intérêt. Combien de machines restent inappliquées uniquement parce quelles ne rapportent pas un bénéfice immédiat au capitaliste ?

Est-ce qu’une compagnie houillère, par exemple, ira se mettre en frais pour sauvegarder les intérêts des ouvriers et construira de coûteux appareils pour descendre les mineurs dans les puits ? Est-ce que la municipalité introduira une machine pour casser les pierres, lorsque ce travail lui fournit le moyen de faire à bon marché de l’aumône aux affamés ? Que de découvertes, que d’applications de la science restent lettre morte, uniquement parce qu’elles ne rapporteraient pas assez au capitaliste !

Le travailleur lui-même est aujourd’hui l’ennemi des machines, et ceci avec raison, puisqu’elles sont vis-à-vis de lui le monstre qui vient le chasser de l’usine, l’affamer, le dégrader, le torturer, l’écraser. Et quel immense intérêt il aura, au contraire, à en augmenter le nombre lorsqu’il ne sera plus au service des machines ; au contraire, elles-mêmes seront à son service, l’aidant et travaillant pour son bien-être !

Enfin, il faut tenir compte de l’immense économie qui sera faite sur les trois éléments du travail : la force, les instruments et la matière, qui sont horriblement gaspillés aujourd’hui, puisqu’on les emploie à la production de choses absolument inutiles, quand elles ne sont pas nuisibles à l’humanité.

Combien de travailleurs, combien de matières et combien d’instruments de travail ne sont-ils pas employés aujourd’hui par l’armée de terre et de mer, pour construire les navires, les forteresses, les canons et tous ces arsenaux d’armes offensives et défensives ! Combien de ces forces sont usées à produire des objets de luxe qui ne servent qu’à satisfaire des besoins de vanité et de corruption !

Et lorsque toute cette force, toutes ces matières, tous ces instruments de travail seront employés à l’industrie, à la production d’objets qui eux-mêmes serviront à produire, quelle prodigieuse augmentation de la production ne verrons-nous pas surgir !

Oui, le communisme est applicable ! On pourra bien laisser à chacun prendre à volonté ce dont il aura besoin, puisqu’il y en aura assez pour tous. On n’aura plus besoin de demander plus de travail que chacun n’en voudra donner, parce qu’il y aura toujours assez de produits pour le lendemain.

Et c’est grâce à cette abondance que le travail perdra le caractère ignoble de l’asservissement, en lui laissant seulement le charme d’un besoin moral et physique, comme celui d’étudier, de vivre avec la nature.

Ce n’est pas tout d’affirmer que le communisme est chose possible nous pouvons affirmer qu’il est nécessaire. Non seulement on peut être communiste ; il faut l’être sous peine de manquer le but de la révolution.

En effet, après la mise en commun des instruments de travail et des matières premières, si nous conservions l’appropriation individuelle des produits du travail, nous nous trouverions forcés de conserver la monnaie, partant une accumulation de richesses plus ou moins grande, selon plus ou moins de mérite, ou plutôt d’adresse des individus. L’égalité aurait ainsi disparu, puisque celui qui parviendrait à posséder plus de richesses se serait déjà élevé par cela même au-dessus du niveau des autres Il ne resterait plus qu’un pas à faire pour que les contre-révolutionnaires établissent le droit d’héritage. Et, en effet, j’ai entendu un socialiste de renom, soi-disant révolutionnaire, qui soutenait l’attribution individuelle des produits, finir par déclarer qu’il ne verrait pas d’inconvénients à ce que la société admît la transmission de ces produits en héritage : la chose selon lui, ne porterait pas à conséquence. Pour nous qui connaissons de près les résultats auxquels la société en est arrivée avec cette accumulation des richesses et leur transmission par héritage, il ne peut pas y avoir de doute à ce sujet.

Mais l’attribution individuelle des produits rétablirait non seulement l’inégalité parmi les hommes, elle rétablirait encore l’inégalité entre les différents genres de travail. Nous verrions reparaître immédiatement le travail "propre" et le travail "malpropre", le travail "noble" et le travail "ignoble" : le premier serait fait par les plus riches, le second serait l’attribution des plus pauvres. Alors ce ne serait plus la vocation et le goût personnel qui détermineraient l’homme à s’adonner à tel genre d’activité plutôt qu’à un autre : ce serait l’intérêt, l’espoir de gagner davantage dans telle profession. Ainsi renaîtraient la paresse et la diligence, le mérite et le démérite, le bien et le mal, le vice et la vertu, et, par conséquent, la "récompense", d’un côté, et la "punition", de l’autre, la loi, le juge, le sbire et la prison.

Il y a des socialistes qui persistent à soutenir cette idée de l’attribution individuelle des produits du travail en faisant valoir le sentiment de la justice.

Etrange illusion ! Avec le travail collectif, que nous impose la nécessité de produire en grand et d’appliquer sur une large échelle les machines, avec cette tendance, toujours plus grande, du travail moderne à se servir du travail des générations précédentes, - comment pourra déterminer ce qui est la part du produit de l’un et la part du produit d’un autre ? C’est absolument impossible, et nos adversaires le reconnaissent si bien eux-mêmes, qu’ils finissent par dire : "Eh bien ! nous prendrons pour base de la répartition l’heure de travail" ; mais, en même temps, ils admettent eux-mêmes que ce serait injuste, puisque trois heures du travail de Pierre peuvent souvent valoir cinq heures du travail de Paul.

Autrefois nous nous disions "collectivistes", puisque c’était le mot qui nous distinguait des individualistes et des communistes autoritaires ; mais, au fond, nous étions tout bonnement communistes antiautoritaires, et en nous disant "collectivistes", nous pensions exprimer par ce nom notre idée que tout doit être mis en commun, sans faire de différence entre les instruments et matières de travail et les produits du travail collectif.

Mais, un beau jour, nous avons vu surgir encore une nouvelle nuance de socialistes qui, ressuscitant les errements du passé, se mirent à philosopher, à distinguer, à différencier sur cette question, et qui finirent par se faire les apôtres de la thèse suivante :

"Il existe – disent-ils – des valeurs d’usage et des valeurs de production. Les valeurs d’usage sont celles que nous employons à satisfaire nos besoins personnels : c’est la maison que nous habitons, les vivres que nous consommons, les vêtements, les livres, etc., tandis que les valeurs de production sont celles dont nous nous servons pour produire : c’est l’atelier, les hangars, l’étable, les magasins, les machines et les instruments de travail de toute sorte, le sol, matières de travail, etc. Les premières valeurs qui servent à satisfaire les besoins de l’individu – disent-ils – doivent être d’attribution individuelle, tandis que les secondes, celles qui servent à tous pour produire, doivent être d’attribution collective."


Telle fut la nouvelle théorie économique trouvée, ou plutôt renouvelée pour le besoin.

Mais je vous demande, à vous qui donnez l’aimable titre de valeur de production au charbon qui sert à alimenter la machine, à l’huile servant pour la graisser, à l’huile qui éclaire sa marche – pourquoi le refuserez-vous au pain et, à la viande dont je me nourris, à l’huile dont j’assaisonne ma salade, au gaz qui éclaire mon travail, à tout ce qui sert à faire vivre et marcher la plus parfaite de toutes les machines, le père de toutes les machines : l’homme ?

Vous classez dans les valeurs de production la prairie et l’étable qui sert à abriter les bœufs et les chevaux et vous voulez en exclure les maisons et les jardins qui servent au plus noble de tous les animaux : l’homme ?

Où est donc votre logique ?

D’ailleurs, vous-mêmes qui vous faites les apôtres de cette théorie, vous savez parfaitement que cette démarcation n’existe pas en réalité, et que, s’il est difficile de la tracer aujourd’hui, elle disparaîtra complètement le jour où tous seront producteurs en même temps que consommateurs.

Ce n’est donc pas cette théorie, on le voit, qui aurait pu donner une force nouvelle aux partisans de l’attribution individuelle des produits du travail. Cette théorie n’a obtenu qu’un seul résultat : celui de démasquer le jeu de ces quelques socialistes qui voulaient atténuer la portée de l’idée révolutionnaire ; elle nous a ouvert les yeux et nous a montré la nécessité de nous déclarer tout carrément communistes.

Mais enfin abordons la seule et unique objection sérieuse que nos adversaires aient avancée contre le communisme.

Tous sont d’accord que nous allons nécessairement vers le communisme, mais on nous observe qu’au commencement, les produits n’étant pas assez abondants, il faudra établir le rationnement, le partage, et que le meilleur partage des produits du travail serait celui basé sur la quantité du travail que chacun aura faite.

A ceci nous répondons que, dans la société future, lors même que l’on serait obligé de faire le rationnement, on devrait rester communistes : c’est-à-dire le rationnement devrait se faire, non pas selon les mérites, mais selon les besoins.

Prenons la famille, ce modèle du petit communisme (d’un communisme autoritaire plutôt qu’anarchiste, il est vrai, ce qui, d’ailleurs, dans notre exemple, ne change rien).

Dans la famille, le père apporte, supposons cent sous par jour, l’aîné trois francs, un garçon plus jeune, quarante sous, et le gamin seulement vingt sous par jour. Tous apportent l’argent à la mère qui tient la caisse et qui leur donne à manger. Tous apportent inégalement, mais au dîner chacun se sert à sa guise et selon son appétit ; il n’y a pas de rationnement. Mais viennent les mauvais jours, et la dèche force la mère à ne plus s’en remettre à l’appétit et au goût de chacun pour la distribution du dîner. Il faut faire un rationnement et, soit par l’initiative de la mère, soit par convention tacite de tous, les portions sont réduites. Mais voyez, cette répartition ne se fait pas suivant les mérites, car c’est le plus jeune garçon et le gamin surtout qui reçoivent la plus grosse part, et quant au morceau choisi, il est réservé pour la vieille qui ne rapporte rien du tout. Même pendant la disette, on applique dans la famille ce principe de rationnement selon les besoins. En serait-il autrement dans la grande famille humaine de l’avenir ?

Il est évident qu’il y aurait à dire davantage sur ce sujet, si je ne le traitais pas devant des anarchistes.

On ne peut pas être anarchiste sans être communiste. En effet, la moindre idée de limitation contient déjà en elle-même les germes d’autoritarisme. Elle ne pourrait pas se manifester sans engendrer immédiatement la loi, le juge, le gendarme.

Nous devons être communistes, car c’est dans le communisme que nous réaliserons la vraie égalité. Nous devons être communistes, parce que le peuple, qui ne comprend pas les sophismes collectivistes, comprend parfaitement le communisme comme les amis Reclus et Kropotkine l’ont déjà fait remarquer. Nous devons être communistes, parce que nous sommes des anarchistes, parce que l’anarchie et le communisme sont les deux termes nécessaires de la révolution.


Carlo Cafiero


Eléments biographiques (repris et adaptés du site « Le Drapeau Noir »)

Né le 1er septembre 1846 à Barletta, province des Pouilles, en Italie, Carlo Cafiero est issu d’une famille bourgeoise. Il effectue des études de droit puis voyage en France, en Russie et en Angleterre où il se lie d’amitié avec Friedrich Engels. Celui-ci lui fait découvrir le socialisme et le charge, en juin 1871, de consolider les sections de l’Internationale en Italie. A Florence et à Naples, il prend contact avec des groupes de militants, dont Errico Malatesta, et collabore au journal « La Campana » (« La Cloche »). Du 4 au 6 août 1872, à Rimini, il préside la conférence des sections italiennes de l’Internationale qui prend la décision de rompre avec le communisme autoritaire et le conseil général de Londres (qui voulait supprimer l’autonomie des sections). Le 2 septembre 1872, le congrès de La Haye (les sections italiennes n’y assistent pas) marque la rupture définitive entre autoritaires (proches de Karl Marx) et anti-autoritaires (proches de Mikhaïl Bakounine). Carlo Cafiero, présent en tant qu’observateur, dénoncera l’exclusion de Bakounine et de James Guillaume. Il participe ensuite, les 15 et 16 septembre 1872, au congrès international antiautoritaire de Saint-Imier, qui signe en quelque sorte l’acte de naissance du mouvement anarchiste.

En 1877, il participe au mouvement insurrectionnel de la « bande du Matese » qui tente de proclamer le communisme libertaire dans divers villages de la province de Bénévent. Il est arrêté avec ses compagnons, quelques jours plus tard, et passe quinze mois en prison pendant lesquels il traduit « Le Capital » de Marx. Le procès se déroule en août 1878 et se solde par un acquittement général.

A partir de 1883, sa santé mentale se détériore et il sombre peu à peu dans la folie. Après plusieurs internements, il meurt le 17 juillet 1892 à l’asile de Nocera Inferiore (Campanie).

Cafiero était marié à une militante révolutionnaire russe, Olimpiada Evgrafovna Kutuzova.


« Liberté, justice et une nouvelle société sans État, sans maîtres ni esclaves, sans soldats ni propriétaires... »



« ... en étudiant, en vivant avec la nature, en admirant le travail des arts, en aimant. »

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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Ven 22 Jan - 0:33


suite d'une conversation dans suite d'une 'conversation' engagée dans "GENRE", "INDIVIDUS" et "NATURE" : une « RÉVOLUTION des 'INSTINCTS' » ? Conversation



subjectivation révolutionnaire -> identité révolutionnaire -> sujet révolutionnaire
=> classe révolutionnaire

corinne cerise a écrit:

Patlotch a écrit:
ne se pose-t-on en ces termes le problème de la subjectivation révolutionnaire ce genre de question que si l'on n'a pas que ses chaînes à perdre, et pas de lutte immédiate à mener pour sa survie, ce qui est de fait le cas de tous les penseurs de la communisation ?

Je n'ai pas compris "ne se pose-t-on en ces termes le problème de la subjectivation révolutionnaire ce genre de question"

c'est moi qui posais la question en ces termes que je caricature : de tels récits sur la radieuse communisation peuvent-ils armer un désir communiste de révolution, donc participer d'une subjectivation révolutionnaire ? Et j'y opposais qu'on n'a de désir révolutionnaire que si l'on n'a pas d'autre choix, mais que ses chaînes à perdre, et dans ce cas pas besoin de se raconter des histoires récits...

j'avais engagé ché pu où* un sujet sur la subjectivation révolutionnaire, parce que cela me paraissait un aspect important d'un processus de construction d'un sujet révolutionnaire, autrement dit d'une classe de la communisation

* voir Google "subjectivation révolutionnaire" Patlotch


il n'est quand même pas saugrenu de se dire que la réputation du communisme, la connotation du mot communisme, quoi qu'on y mette, est liée à ce qui fut fait en son nom, et à ce qui se dit sous ce nom, même si le nom n'importe que peu. Pour le passé, on ne va pas le défendre, mais si parler de communisme doit en faire un repoussoir, je ne pense pas que ça fasse avancer le schmilblick non plus. Or j'ai la modeste ambition de donner du communisme une présentation qui donne plus envie de l'embrasser que de partir en courant, même si la subjectivation révolutionnaire n'est pas de l'ordre d'une activité de forum

s'il existe des anarchistes anti-marxistes, anti-communistes et anti-communisateurs, c'est qu'il y a pour eux une différence, et donc pour nous aussi. On ne s'en sort pas en accolant à communiste "libertaire", "révolutionnaire" ou tout autre label qui signifierait que le communisme puisse être en essence autre chose qu'un combat absolu pour la liberté donc pour la révolution pour la liberté...

même dans le milieu de la communisation, on parle beaucoup de communisme, mais jamais de communistes : pourquoi ?

j'ai déjà discuté de nom dans ANARCHISTE ou COMMUNISTE ? Quel BESOIN d'un NOM ? 2 août 2015 :

Patlotch a écrit:
on pourrait certes dire, en paraphrasant Marx et Engels dans Marx L'Idéologie allemande : « Pour nous, l'anarchisme n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons anarchisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement.»

mais bon, à ma connaissance aucun théoricien de l'anarchie ne l'a écrit, et la plupart des anarchistes considèrent au contraire l'anarchisme comme « un idéal auquel la réalité devra se conformer », ce qui permet à certains, en matière de racisme, de se planquer derrière l'universalisme abstrait condamnant les "racisés" pour "communautarisme"... identitaire : l'hôpital qui se fout de la charité



retour sur l'identité communiste

mais au fond, est que (se) subjectiver individuellement et collectivement, ce n'est pas se construire une identité, nommer ce que l'on est par ce que l'on fait pour en changer ? Ici, une identité révolutionnaire, une identité de classe révolutionnaire, une identité de classe de la communisation, nécessairement multiple et non pliée à un dogme prolétarien auto-dissolvant ? Donc se donner un nom ?

j'ai critiqué autrefois l'identité communiste, mais c'était celle des militants du PCF, elle valait davantage et au-delà contre toute identité sectaire de parti ou de groupe, idée militante en tant qu'avant-gardiste, mais une fois compris, une identité communiste, c'est autre chose...  

comme nom, communiste me convient et me suffit, mais il faut bien pouvoir parler avec d'autres qui ne s'y reconnaissent pas sans que ce soit rédhibitoire : on ne demandera à personne de montrer ses papiers pour faire la révolution
.


Dernière édition par Patlotch le Ven 22 Jan - 2:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Ven 22 Jan - 1:42

21 Janvier 2016 22:20

théorie de la communisation
comme
critique de la raison prolétarienne


à propos de "noms"

Corinne Cerise a écrit:
Aujourd'hui [...] j'ai navigué à droite et à gauche sur le Net. Je me suis notamment attardée sur le livre-forum et sur le fameux forum "marxiste révolutionnaire de l'idéologie française".

Et donc, à propos de "noms" j'ai bien aimé que vous reteniez au final celui de "communisme/communiste" à la suite d'un débat avec vous-même (et avec d'autres, via des textes par exemple). De toute façon, ceux que le terme fait fuir pour cause de "socialisme-réel" sont des ennemis, surtout lorsqu'ils sont des faux culs honteux style NPA ou autres. À preuve...

... A preuve : sur le forum du NPA et assimilés (les "révolutionnaires marxistes" donc), j'ai remarqué quelque chose d'énorme qui m'a profondément choquée. Dans leur rubrique "syndicalisme et mouvements sociaux", ils font référence aux "Contis", aux "Goodyear", aux "Molex", etc.

En réalité ils REVENDIQUENT plein pot le fait que le capital assigne les prolétaires au travail, en tant qu'êtres séparés donc. Les "Contis", les "Goodyear", faut le faire quand même, non ? Nommer les prolétaires par le nom que leur donne le capitalisme, c'est un exploit.

Pas un seul Pierre, Paul ou Jacques sur ce forum, non, les "Contis", les "Molex" ! Une masse indistincte, lointaine, un vide sans "nom" justement. Pour ces marxistes de l'idéologie française, ça ne pose aucun problème de tirer un trait d'égalité entre prolos et travail ; ces "marxistes" ne revendiquent pour les prolos que l'existence par le travail. C'est hallucinant... Gattaz peut applaudir à deux mains.

Mais ce qui me choque le plus c'est que cela arrive encore à me surprendre.

Précision : ça ne me dérange pas qu'entre eux les ouvriers/res de Continental en lutte se soient eux-mêmes nommés ainsi, même si c'est pas génial. Ce qui est dégueulasse c'est que des "révolutionnaires" tous extérieurs aux luttes s'approprient ce vocabulaire jusqu'à en faire la caricature de ce qu'en font les patronS.



2010

Patlotch a écrit:
on pourrait admettre qu'un prolo, comme Césaire, leur retourne :

« Et quand je parlais de prolitude, c'était pour répondre précisément aux patrons qui nous considéraient comme des prolos. Hé bien non ! Prolo vous m'appelez, hé bien oui, prolo je suis !

N'allez pas le répéter mais le prolo vous emmerde. »


ce qui nous ramène au dépassement à produire d'identités de luttes sur la base de ces identités comme reconnaissance d'une existence déterminée par le rapport d'exploitation ou l'assignation à une race par la couleur de peau

un moment donc qui va au-delà de la résignation à rester ce qu'on est (esclave, genre femme, homme de couleur, prolétaire...) mais qui de ce point de vue entend ne pas le rester. Moment qui peut se scinder en deux postures :

- l'une "nationaliste identitaire" : c'est celle de Senghor dans la Négritude ou de Malcolm X dans le Black Power ,

- l'autre qui dépasse cette assignation tout en posant comme nécessaire l'autonomie de lutte (c'est celle qu'on trouve massivement dans les mouvements décoloniaux)

le moment de dépassement de ces postures s'engage avec d'autres conceptualisations : par exemple la créolisation selon Édouard Glissant, la définition « post-raciale » des "Nègres du monde » d'Achille Mbembe, mon je est des autres sur le plan individuel, et in fine l'identité de classe communiste produite par subjectivation révolutionnaire, que l'on préfèrera à la très programmatique et problématique "conscience de classe"

tel était, schématiquement, le mouvement de mon appel du 18 juin 14 à dépasser les identités de classe, genre, race, nations, religions... d'individus du capital et les identités militantes




Textes inédits - Reliure inconnue - 1955

extraits

« LES TACHES IMMÉDIATES DE LA PENSÉE RÉVOLUTIONNAIRE » Carlo Suarès, 1953

Citation :
DAUMAL
Conscience révolutionnaire est un pléonasme.

SUARÈS
Toute conscience naît d’un doute, et le doute s’attaque à toute foi, à tout dogme, à toute institution morte…

DAUMAL
… à toute prétention d’organiser la pensée et le sentiment. Elle renie le moi individuel égocentrique (nous disons le plus souvent le moi tout court) que trop souvent l’on nomme à tort la conscience.

BOUSQUET
Oui. Parfait.

SUARÈS
La fonction de la conscience doit donc être identique à celle de la Révolution.

BOUSQUET
Oui, Révolution : prise de conscience à quoi peut se résoudre toute étape d’un devenir individuel. Guerre de 1914 donnant à ceux qui y ont pris part le droit de ne plus se consi­dérer comme des Français, comme je l’écrivais dans un article pour les Cahier du Sud qui a été étouffé.

DAUMAL
Conscience : libérer l’homme du moi individuel. Révolution : libérer le social des moi-individuels.

SUARÈS
Conscience : briser le moi qui est une contradiction inté­rieure.
Révolution : briser les institutions nées sur la même contradiction intérieure.
Conscience : détruire, en l’absorbant, l’inconscient, qui est le passé.
Révolution : détruire, en les absorbant, les œuvres fon­dées sur le passé, qui était inconscient.

DAUMAL
Conscience : amener à la surface consciente les couches profondes de l’inconscient.
Révolution : amener au pouvoir les couches profondes de la société.

SUARÈS
Conscience : libérer l’homme de son passé pour lui per­mettre d’adhérer au présent.

DAUMAL
Révolution : donner à la collectivité le pouvoir d’adapter sans cesse les formes sociales au présent…

SUARÈS
… dans un état d’auto-création constante.



de fait, Corinne, votre remarque m'a conduit à considérer que, pour le meilleur et sans le pire, la théorie de la communisation est une critique de la raison prolétarienne, d'où le titre de ce commentaire

.
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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Ven 22 Jan - 2:35


« ça faisait mauvais genre de dire "communiste" ? »

Seb (antifrance) à Léon de Mattis

Corinne Cerise a écrit:
De toute façon, ceux que le terme [communiste] fait fuir pour cause de "socialisme-réel" sont des ennemis, surtout lorsqu'ils sont des faux culs honteux style NPA ou autres...

« ou autres », comme vous dites, Corinne. Rappelez-vous pas plus tard qu'hier la remarque, ICI, de Seb (antiFrance) à Léon de Mattis

seb (antifrance) a écrit:
dans "mort a la démocratie", l'auteur se présente rapidement : "Léon de Mattis, hier socialiste, aujourd'hui anarchiste..."...* sachant que tu n'étais pas anarchiste (ce qui n'est pas une tare), dans quel but se faire passer pour tel ? ça faisait mauvais genre de dire "communiste" ? c'était honteux de dire "communisateur" ? ou c'était juste une manœuvre liée au regain (faible) de l'anarchisme chez les jeunes gauchistes ? y a pas de honte a être communiste (j'ai aussi des amis communistes Wink), mais se faire passer pour ce que tu n'es pas, c'est un peu bizarre, non ? surtout que tes amis politiques (de ta tendance), pas toi, professaient publiquement leur mépris pour ces "bouffons d'anarchistes" (je résume)... alors, est-ce que je peux remettre en cause ton honnêteté intellectuelle ? ou peut-être n'as-tu pas choisi ce mot (anarchiste), mais j'en doute...

dans le milieu de la radicalité théorique post-ultragauche, cette espèce de gauchisme intellectuel du gauchisme politique, on parle volontiers de "camarades", mais l'on se/les nomme rarement "communistes". Je pense que ce n'est pas étranger au fait que l'on s'y vive davantage comme anarchistes existentiels et qu'on laisse aux "militants programmatistes" ou autres la charge trop lourde pour eux de porter le nom de communistes

il y a une quinzaine d'années, à une ex-camarade du PCF que j'avais quitté dans les années 80, et qui revendiquait ce nom de communiste à propos de je ne sais plus quelle guimauve relevant de la charité chrétienne, je répondais : « Mais non, Bernadette [son vrai prénom], vous n'êtes pas communistes, il y a bien longtemps que le PCF n'a plus rien de communiste... »



s'assumer comme communiste

une auto-revendication révolutionnaire ?


Twisted Evil



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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Ven 22 Jan - 3:34


langage t'engage

ou ce que les mots nous disent

ainsi les langages de la restructuration du capital et du démocratisme radical en naviguèrent-ils de conserve politiquement correcte, en évitant les mots cochons de capitalisme, remplacé par néo- ou ultra-libéralisme, et de communisme, à quoi l'on préféra l'alternative citoyenne

du côté plus-radical-que-moi-tu-meurs, on s'inventa toutes sortes d'identités plus révolutionnaires les unes que les autres : Les Fossoyeurs du vieux monde, Action Directe, Black Blocs... jusqu'à ce Comité Invisible annonçant la disparition qui vint


se distingue encore « Prolétaires pour le communisme (PPLC), groupe autonome fondé en 1986, fort d'une trentaine de militants, qui cofondent le Comité des mal logés... PPLC s'autodissout  en 1991 et trois de ses membres dissidents fonderont « Groupe de Prolétaires Vers le Communisme » (GPVC) » (d'après Wikipédia)


Le "Comité des mal-logés" était un collectif parisien de lutte contre la spéculation et pour le logement fondé en novembre 1986 par des militants autonomes du groupe "Prolétaires Pour Le Communisme" ayant participé à l’ouverture du squat du 67 rue des Vignoles dans le 20e arrondissement de Paris.

en attendant : la faim

ce fut une manifestation


6 décembre 2014 Place Esquirol à Toulouse

c'est devenu une souscription

Des Thunes en attendant le communisme
Nous avons besoin de votre soutien militant.
Car tant qu'il y aura de l'argent, il en faudra pour diffuser nos idées !


2016, tranquille chez Tant Qu'il... même l'écriture est invisible !



Michel Leiris a écrit:
Poésie... révolution...
mon désir d'un monde fraternel où ne sévirait plus la misère et que ne morcèleraient plus ni barrières de classe ou de race ni cloisons d'aucune sorte - métamorphose trop profonde pour pouvoir s'opérer en douceur

Frêle bruit, 1976, cité ICI, 4 août 2015

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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Jeu 1 Sep - 18:20


communisme : le mot qui fâche ? ou laisse indifférent ?

de ma petite expérience de surfeur impénitent, et plus récemment d'abonné à Twitter où j'ai fait la recension des comptes relatifs au communisme, à l'anarchisme, et à leurs variantes libertaires ou anti-bureaucratiques, et jusqu'à la communisation (très peu communiste au présent des luttes de classe), je peux dire qu'au-delà de vieilles barbes plus ou moins fossilisées dans leurs dogmes, le mot communiste est assez peu revendiqué, alors qu'anarchiste et libertaire se portent plutôt bien




communiste est encore plus mal perçu que marxiste qui vous garde une aura théorique protégeant de l'accusation de stalinisme

je n'en ferai pas une fierté au point de cultiver ma singularité, car vu ce que je pense de l'air du temps, cela ne me semble pas un hasard, même si je pense qu'un révolution communiste a peu de chance de se produire sous ce nom, et franchement, quelle importance ?


mais qu'on se rassure, le communisme décolonial n'en est pas encore là



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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   Mer 7 Sep - 14:33


David Graeber dans sa présentation sur Twitter @davidgraeber


Citation :
I'm an anthropologist, sometimes I occupy things & such. I see anarchism as something you do not an identity so don't call me the anarchist anthropologist

Je suis un anthropologue, parfois j’occupe de choses et d'autres. Je vois l’anarchisme comme quelque chose dont on ne fait pas une identité donc ne m’appelez pas l’anthropologue anarchiste


si Claude Guillon voyaient ainsi les choses, il comprendrait pourquoi je l'ai épinglé quand il s'auto-proclame "écrivain anarchiste"

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MessageSujet: Re: IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?   

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IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?
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