PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)

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Patlotch



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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Lun 23 Oct - 6:20


Octobre 17 ad nauseam !

surtout avec ceux-là


au demeurant il ne reste rien d'Octobre 17, rien que l'on puisse utiliser comme modèle ou inspiration pour une révolution communiste du futur. Non pas même en raison d'erreurs, ou de dévoiement stalinien des rêves bolchéviques, aboutissant au capitalisme socialiste, non...

il ne reste rien parce qu'y compris dans ses objectifs, la révolution léniniste ne s'est jamais proposée d'abolir le capitalisme en son essence, la valeur, le salariat, etc. et ne peut rien nous apprendre des formes et contenus pour le faire

si ceux-là, restes fossilisées du programmatisme prolétarien en version ex-PCF/noé-trotskistes, reconverti en démocratisme radical (Besancenot/Sabado/Michaloux, Martelli, Autain...) puis en idéologie des communs (Laval), si ceux-là s'emparent à grand bruit de la commémoration d'Octobre 17, c'est comme un signe qu'il n'en reste rien : rien pour abolir le capitalisme

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Jeu 26 Oct - 10:54


Octobre 17
Lénine harcelé ? Lénine dévoilé ?



Patlotch 'Lénine à la barre...'
dans la série 'la poésie doit être faite par tous, non par un' n°5, 9 juin 1992,
calligraphie, pigments, transfert typo et photos sur toile 46 x 38 cm
le texte transféré est la phrase de Lautréamont imprimée dans 4 orientations
'Lénine-Matisse AR' peintures 1989-1992




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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Mer 1 Nov - 17:32


portrait du singe en travailleur

encore une histoire de cochon tirée par la queue ? Oui, mon coco, une histoire à la noix !
l'humain descend du singe, et de l'arbre, où il fait remonter le premier, pour le profit...



Les produits à base de noix de coco sont à la mode en Occident. Tout au bout de la chaîne de production, on trouve un primate : le macaque à queue de cochon, une espèce classée « vulnérable »


Citation :
Ces dernières années, la consommation de produits à base de noix de coco, comme l’huile ou l’eau de coco, est à la mode en occident. Mise en avant pour ses vertus curatives et promulguée par des stars de la musique ou du cinéma, la noix de coco n’a jamais été aussi populaire. En Thaïlande ou aux Philippines, où 95% de la production est assurée par des petits producteurs, ils sont nombreux à confier la récolte à des singes spécialement dressés pour la cueillette : les macaques à queue de cochon.

Une espèce vulnérable, dressée pour un rendement maximal

« Ce n'est pas si difficile d'entraîner un singe. La clé est d'être patient. Les humains et les singes sont très différents. Nous ne pouvons pas leur expliquer les choses en utilisant des mots mais nous pouvons être patient et les entraîner graduellement à faire certaines choses. Si nous répétons suffisamment ce processus, nous réussissons, » explique Somjai Sarko, l’une des dresseuses s’occupant des primates.

Le macaque à queue de cochon a été classé comme espèce vulnérable. Cependant, pour servir à la récolte, les bébés sont arrachés à leur environnement et entraînés dans des écoles spécialisées.

La demande en constante augmentation banalise cette pratique, où chaque singe travaille jusqu’à neuf heures par jour sans interruption, pour un rendement de 1000 noix cueillies chaque jour.

Aujourd’hui, l’industrie de la noix de coco pèse plus de 2,2 milliards de dollars à travers le monde.


question théorique : est-ce ou non de l'exploitation ? de l'esclavage ? On ne s'était jamais posé la question pour les chevaux ou les bœufs... Pour les 'Nègres' non plus, d'ailleurs...

en savoir plus : Les animaux utilisés comme travailleurs




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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Sam 4 Nov - 11:55


La Gazette des vannes conchie les commémorations

tout ce que vous ne voulez pas savoir sur "Octobre17"

dans le fatras de la commémoration d'Octobre 17, entre anti-communisme de toujours et idolatrine léniniste, une intervention sérieuse


du même Éric Aunoble :



Citation :
Il y a 100 ans, la révolution en Russie changea la face du monde.

Chose méconnue, en Ukraine, les paysans les plus pauvres se sont organisés en communes exigeants le communisme tout de suite. Et cela avec le soutien du parti Bolchevik. S’organisant dans les propriétés de la grande bourgeoisie foncière, les communes surprennent par leur avant-gardisme social. Même si ce n’était pas toujours réellement appliqué. Les femmes et les jeunes y avaient les mêmes droits que les hommes, les tâches ménagères et d’entretiens étaient partagés par tous et toutes, les décisions étaient collectives. Ces communes montraient alors toute la capacité créative de la classe ouvrière.

Cette aventure ne dura que quelques mois, de janvier à juin 1919 avant d’être renversé par les contre-révolutions. Tout d’abord la blanche, celle des partisans du Tsar, qui écrasèrent par la force et le meurtre les communards. Puis par les paysans “moyens” et koulaks qui reprochaient aux communes d’avoir des terres supplémentaires, pour finir par être délaissé par le parti Bolchevik, qui préféra mettre en avant les Sovkhozes, moins impopulaires.

Plus que voulant décrire les institutions, Éric Aunoble nous explique les attitudes des uns et des autres. Le communisme maintenant nous démontre que la lutte des classes était bien présente dans le milieu paysan et que le parti bolchevik, alors, laissait encore une large place à la base.

Eric Aunoble, doctorant de l’EHESS, est également auteur de La Révolution russe, une histoire française à la Fabrique. Il anime le site internet Kommuna.

à lire également, loin des caricatures opposant anarchistes et bolchéviques :


extrait :
Citation :
Vous avez écrit sur le mouvement des communes en Ukraine soviétique, leur émergence est-elle imputable au passage de l’armée révolutionnaire insurrectionnelle de Makhno ?

Ce qui est très paradoxal par rapport à ce qu’on croit savoir, c’est que les communes, ce n’est pas du tout chez les makhnovistes qu’elles se développent mais du côté rouge, bolchevique. À l’époque, ces derniers avaient alors une politique très radicale, particulièrement les bolcheviks ukrainiens. Ils pensent que seule une socialisation de l’agriculture permettra de nourrir les villes et l’armée sachant qu’en Russie à l’époque, la guerre civile est bien lancée et les villes commencent à crever de faim. C’est dans ce cadre-là qu’il faut l’envisager. Et aussi dans le cadre d’une volonté de mobilisation des couches les plus pauvres.

Vous voulez dire que l’émergence de ces communes part du haut vers le bas ?

Il y a très clairement un mouvement qui vient du haut : il y a par exemple un règlement intérieur des communes qui est un document juridique qui a été écrit à Moscou six mois plus tôt et diffusé en Ukraine. En même temps, les gens qui mettent ça en application sont des militants bolcheviques de base. Dans mes recherches, je suis tombé tout à la fois sur des gens qui vivaient dans les communes et étaient militants du parti bolchevique, responsables de l’administration des affaires agraires dans un canton, petits artisans ayant commencé à participer à la révolution au début de l’année 1917. L’un d’eux avait par exemple pris d’assaut le commissariat de police de son bourg en février 1917. Ils se nommaient eux-mêmes les communards et les références à la Commune de Paris étaient très présentes. Il y a même eu une commune qui s’est appelée “Commune de Paris”, une autre qui s’appelait “Deuxième Commune de Paris”. [...]

On a évoqué plusieurs fois les makhnovistes. Qui est Nestor Makhno et quel est son rôle dans le soulèvement paysan ukrainien ?
Pour reprendre le titre d’un très bon documentaire qui avait été fait dans les années 1990, Nestor Makhno est un paysan d’Ukraine. Il est assez représentatif de toute une génération de militants qui se sont formés avec la tentative de révolution avortée en 1905, et qui a participé à des actions violentes dans la période 1905-1907. C’était quelque chose de très répandu, quelle que soit la couleur politique des militants d’ailleurs. Il y avait des insurrections locales dans les villages, des prises d’armes y compris dans l’armée, des braquages de banque organisés par des partis politiques pour se financer ou des assassinats ciblés de responsables de la répression tsariste ou de l’administration.

Makhno est originaire de Goulaï-Polié, dans la zone des steppes d’Ukraine, les fameuses plaines à blé. C’est un bourg où il y a une minoterie pour transformer le blé en farine, une briqueterie ; pas une ville ouvrière industrielle mais pas un village non plus. C’est dans ce milieu-là qu’il grandit. Il s’engage dans un groupe anarchisant à l’adolescence. Je dis “anarchisant” parce l’anarchie apparaît vraiment telle quelle dans l’empire russe à partir de 1905. Il faut bien comprendre que même si Bakounine et Kropotkine, qui sont parmi les principaux théoriciens de l’anarchisme, sont russes, leur carrière d’anarchistes a été faite entièrement en exil à l’étranger. Il faut donc attendre 1905 pour que leurs écrits anarchistes paraissent en russe. Et dans le cas de Kropotkine, c’est d’ailleurs traduit depuis l’anglais.

C’est donc en 1905 qu’apparaissent les premiers groupes qui se revendiquent de l’anarcho-communisme dans une joyeuse pagaille. Grosso modo, le mouvement socialiste russe était divisé en deux branches : d’un côté, les marxistes subdivisés en bolcheviks et mencheviks, plus des partis nationaux comme le parti socialiste marxiste juif (le Bund) ; et de l’autre côté, les populistes, qui avaient une vision du socialisme plus vague et qui étaient un peu les héritiers des groupes terroristes des années 1870-90, et qui s’appelaient socialistes révolutionnaires. Et c’est à la frange de ces socialistes révolutionnaires que sont apparus des groupements anarchisants. Makhno fait donc partie d’un groupe qui fait des attentats localement. Il est arrêté et condamné à de la prison. Il y passera huit ans. Comme beaucoup d’autres, c’est en prison qu’il reçoit sa formation politique. Les prisons étaient alors de véritables universités populaires où les militants les plus anciens formaient les plus jeunes. Nestor Makhno devient donc un anarchiste constitué idéologiquement et, quand il est libéré par la révolution de Février en 1917, il retourne chez lui et fait la révolution sur place. Il participe à l’organisation des paysans : il devient « président de l’union paysanne régionale, de la commission agricole, du syndicat des ouvriers métallurgistes et menuisiers et enfin président du Soviet des paysans et ouvriers de Goulaï-Polé », dit Voline. En avril 1918, quand l’Ukraine est occupée par les Allemands, comme la plupart des militants d’extrême gauche, il passe dans la clandestinité et organise un groupe de partisans. Je parlais d’une insurrection paysanne qui éclate quand les Allemands se retirent : celle-ci prend forme sur ce qui existait alors, c’est-à-dire des petits groupes armés de toutes les tendances politiques qui avaient fait des petits coups de main pendant l’occupation allemande et qui profitaient de la sympathie de la population. Makhno avait lui aussi son petit groupe armé, comme les bolcheviks à l’est et dans le Donbass et les nationalistes à l’ouest de l’Ukraine.


État-major de l’armée insurrectionnelle de Makhno (premier rang, au centre)

À l’été 1918, Makhno sort clandestinement d’Ukraine pour aller à Moscou. Il rencontre Lénine. Lénine et Makhno ont alors un dialogue sur les communes. À ce moment-là, c’est Makhno qui défend la mise en place de communes et Lénine qui lui demande si c’est très sérieux. Makhno lui répond » Vos bolcheviks sont quasiment absents de nos villages, et là où ils existent, leur influence est tout à fait misérable. Presque toutes les communes paysannes […] en Ukraine ont été fondés par les anarchistes-communistes » C’est exactement au même moment que les bolcheviks font ce fameux règlement intérieur des communes. Ils sont en train de changer d’opinion là-dessus.

Dans les Mémoires de Makhno, le livre d’Archinov sur la makhnovchtchina et La Révolution inconnue de Voline, ils citent quatre communes makhnovistes au début de l’année 1919, alors qu’à l’époque, les makhnovistes contrôlent une zone qui représente à peu près un quart de l’Ukraine. En comparaison, dans le seul petit canton géré par les bolcheviks que j’ai étudié, j’en dénombre 33. Les makhnovistes avaient changé de pied sans le dire vraiment entre une année 1918 insurrectionnelle où les révolutionnaires pouvaient être d’autant plus radicaux qu’ils étaient clandestins et l’année 1919 où la masse de la paysannerie propriétaire se dit qu’elle va récupérer les terres, les repartager.

À mon sens, et je sais que beaucoup de gens ne sont pas d’accord avec moi, Makhno est tout à fait anarchiste en 1919 dans l’idée de la contestation d’un État central mais au niveau des réalisations sociales, je ne vois pas grand-chose. L’énorme popularité des makhnovistes en 1919, s’explique par ça aussi : si les bolcheviks ont des problèmes avec les paysans, c’est justement sur cette histoire de propriété de la terre et si les makhnovistes sont populaires chez les paysans, c’est justement parce qu’ils n’attaquent pas cette question de la propriété. Makhno était peut-être partisan des communes autogérées mais ça ne s’est pas traduit par des actions concrètes.

[...]


également :

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Mar 7 Nov - 14:34


êtes-vous au courant ?

"sans toi aucun rouage ne tourne"
c'est pas des vannes !

la révolution sans les soviets... ni l'électricité ?


Électricité : des restrictions pendant l'hiver ?
Boursorama avec AFP le 07/11/2017
Tous les articles


Citation :
Vague de froid, réacteurs nucléaires à l'arrêt... Pour assurer l'alimentation des foyers français, le gestionnaire du réseau électrique RTE pourrait être amené à prendre des mesures "exceptionnelles" cet hiver, pouvant aller jusqu'à des coupures d'électricité "momentanées".

j'évoquais ici cette nuit Black Out de Marc Elsberg, la panne généralisée d'électricité à l'échelle de l'Europe et le chaos social qui s'en suit. Voici quelques extraits de la situation créée. Nous sommes à Berlin, à la Chancellerie fédérale, où le secrétaire d'État  donne « un premier aperçu des conséquances que peuvent avoir ces événements pour les populations », complété par une responsable de la protection de la population et de la gestion des catastrophes au ministère de l'Intérieur (p. 138 à 150) :

Citation :
Commençons par l'approvisionnement en denrées alimentaires. La majeure partie de l'Allemagne, de nos jours, achète ses aliments dans les supermarchés. Cette source est épuisée.

Toute la chaîne de production et de distribution de denrées alimentaires est plus ou moins à l'arrêt. L'ensemble des systèmes modernes est géré par l'électronique. // Prenons un de nos aliments les plus communs : le lait. La plupart du temps, il n'est plus produit dans de belles fermes, comme le clame la publicité. Il provient de l'levage intensif comptant des milliers de bêtes, qui ne peut fonctionner que grâce à un nombre incalculables de mécanismes automatiques pour nourrir, chauffer, aérer, entreposer. Les grandes exploitations ont des systèmes de secours capables de fonctionner quelques jours. Certains fonctionnent avec des sources autonomes d'énergie. Cela dit, ça ne leur est pas d'une grande aide. En effet, les laiteries ayant en charge le transport et la transformation du lait ne peuvent plus effectuer leur travail. Les réservoirs de leurs camions sont vides. Ils ne peuvent plus faire le plein, parce que sans électricité, impossible de faire remonter l'essence de la citerne souterraine à la pompe. (p. 141)

Et quand bien même elles seraient en mesure de convoyer le lait jusqu'à leurs ateliers de transformation, les machines de ces derniers seraient à l'arrêt.

Tous les produits prêts à être consommés sont stockés dans des entreprises frigorifiques. Sans courant, pas de froid.

Et si les produits sont encore consommables, c'est le transport qui est problématique. Sans carburant, personne ne peut les acheminer des entrepôts aux magasins. En parlant d'entrepôts, dans notre société à l'économie à flux tendu, il y a également des entrepôts de transit dans lesquels les marchandises peuvent être stockées provisoirement pour vingt-quatre heures. La plupart sont vides maintenant. Et dans les supermarchés, ce n'est pas mieux. Ils dépendent de commande de l'"électronique. Tout le processus de commande et de stockage est régi par des ordinateurs. Donc par du courant. Après quelques heures, les employés ne savent plus ce qu'il y a, ou non, en stock. La détresse continue pour des choses aussi simples que des portes qui s'ouvrent et se ferment automatiquement, mais plus maintenant, et se poursuit jusqu'aux caisses où plus personne ne peut payer. Des parties entières du personnel ne peuvent plus aller travailler, parce que les transports en commun ne marchent plus, ou parce qu'ils n'ont pas d'essence. [...] La plupart des magasins ferment à cause de ces événements. Mais ce n'est pas tout [...] p. 142-143

Dans toute l'Europe, des millions de vaches et de poules vont mourir de froid et de fin. Les porcs ne sont pas si sensibles, mais au bout de quelques jours, ce sera pareil. Quant à la production de fruits et de légume, d'ici peu, l'irrigation, le chauffage et l'éclairage seront en panne, y compris pour les exploitations disposant de systèmes auxiliaires. Imaginez-vous les conséquences pour les entreprises. Elles vont toutes faire faillite. Ça signifie également à moyen terme un état critique de l'approvisionnement alimentaire, y compris si nous parvenons à reprendre la situation en main dans les jours à venir ; la production de ces entreprises est altérée et les conséquences se feront sentir pour des semaines et des mois. p. 144

(à suivre avec l'eau...)

Citation :
Comme vous pouvez les constater, un problème en appelle un autre. L'alimentation en eau potable est interrompue dans de nombreuses régions. La moitié de l'Allemagne ne peut déjà plus tirer la chasse. Imaginez un immeuble où personne ne peut plus utiliser les toilettes, mais où on le fait quand même [...]. Nous devons sans plus tarder entreprendre une grande évacuation vers des centres d'urgence. Il s'agit de plus de vingt millions de personnes. [...] p.144

Et de l'eau, on en a besoin également pour bien d'autres raisons. Et notamment pour l'une des plus brûlantes, à prendre au pied de la lettre : éteindre les incendies. [...] Le risque augmente en raison de tentatives prévisibles de faire à manger sur du feu ou de s'y réchauffer. De même que dans l'industrie, notamment l'industrie chimique, à cause de l'arrêt des systèmes de sécurité et d'urgence, il faut compter sur une augmentation des départs de feu. p. 145

Le problème de l'eau concerne également un autre domaine, pour lequel je laisse la parole à mon collègue du ministère de la santé.

(à suivre avec les questions d'hygiène et les risques d'épidémies...
Citation :

Les questions d'hygiène et les risques d'épidémie dus aux cadavres d'animaux ne sont qu'un aspect du problème, du point de vue de notre domaine de compétence. Le système de santé allemand est un des meilleurs du monde. Nous sommes également correctement préparés pour faire face à des crises, mais pas de cette ampleur. [...]

D'une part les hôpitaux. Ils sont équipés de systèmes de courant de secours qui, selon les établissements, assurent de l'énergie pour des périodes allant de quarante-huit heures à une semaine. Les premiers sont déjà confrontés à de très gros problèmes.
Certains commencent à transférer les patients vers d'autres établissements. Très rapidement, on manquera de lits. Et même dans les hôpitaux disposant de suffisamment d'énergie de secours pour les jours à venir, le fonctionnement normal ne peut être assuré.
Les unités de soins intensifs doivent être déménagées, de même que celles pour les prématurés.

Les services d'urgence sont surchargés? SI nous jouons de malchance, l'épidémie de grippe pourrait s'intensifier. Les malades ne peuvent que dans de rares cas se rendre chez leur médecin de famille. De nombreux médecins ne peuvent rejoindre leur cabinet sans essence, en l'absence de transports en commun, et, sans ordinateur, ils ne peuvent pas faire grand chose. Il y a les mêmes problèmes pour les pharmaciens que pour le supermarchés. Les plus touchés sont les malades chroniques, qui doivent régulièrement prendre des médicaments, comme les malades du cœur et les diabétiques. [...]

Les maisons de retraites et de convalescence vont faire face à un pic de décès. Pour peu que ces établissements soient équipés de systèmes de secours, leurs réserves sont bientôt vides.

L'alimentation artificielle ne fonctionne pas, de même qu'aucun autre appareil médical, comme ceux permettant le prolongement artificiel de la vie. Plus de cuisine, plus d'approvisionnement en vivres ni en eau. Laver les pyjamas et les lits est impossible, les conséquences en termes d'hygiène deviendront vite insupportables dans ce cas aussi. Sans chauffage, les chambres seront froides sous quelques heures. Nombre de patients ne peuvent bouger seuls. Les ascenseurs ne marchent plus non plus, les transferts s'avèrent compliqués. De même que pour les médecins, de grandes parties du personnel ne peuvent se rendre au travail. Ceux qui restent sont débordés.

Nous avons besoin de tout un arsenal de mesures pour assurer au moins le ravitaillement rudimentaire de la population et des malades. Et nous en avons besoin séance tenante. Entre autres la mise sur pied de centres médicaux de secours, de décrets pour délivrer des médicaments et tout le soutien que nous pouvons obtenir des unités de santé de l'armée. Il y a des plans pour ce genre de situation. p. 148-149

Merci pour vos exposés, fit le chancelier. Monsieur le ministre de l'Intérieur m'expliquait précisément que nous n'étions pas encore prêts. Je vous propose donc une courte pause. Dégourdissons-nous les jambes et reprenons dans dix minutes.

évidemment, il ne s'agit pas d'une "situation révolutionnaire" rêvée dans une crise économique démiurgique et magique, car si aucun rouage ne tourne, ce n'est pas par la volonté du prolétariat de bloquer l'économie. Le problème, on le voit est d'ordre "humanitaire" et de survie immédiate. Si la situation se dépasse en communisation, les fantaisies de cette théorie sur « la classe moyenne contre-révolutionnaire » (Hic Salta/Astarian, AC/Carbure...), dont il s'agit d'« achever la prolétarisation » (Théorie Communiste), sont de la pure irresponsabilité théorique ultragauchiste de "camarades" ignorants et incompétents dans tous les domaines techniques, scientifiques, médicaux alors requis une fois épuisés les mesures d'emparement de la production, qu'il s'agit alors de relancer : comment ? Avec les gros concepts sur « l'abolition de la valeur » et les « mesures communistes » décrites par le bouffon du milieu radical Léon de Mattis ?

si vous avez des idées sur la question, m'en faire part, La Gazette les publiera




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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Sam 11 Nov - 9:14


communisation/décommunisation : la croix et la bannière



Décommunisation: « Si on ne le fait pas maintenant, alors quand ? »
La Croix, 10 novembre 2017

Citation :
Depuis les mouvements de Maïdan et les lois interdisant les symboles communistes promulguées en 2015, la décommunisation bat son plein. L’État ukrainien veut faire une croix sur son passé soviétique et cela se voit. Plus de 900 statues de Lénine seraient tombées depuis 2014. Sur les 5.500 monuments et statues de l’ancien leader soviétique qui existaient en 1991, il n’en reste presque plus aujourd’hui.

chacun son problème... Alors que les "marxistes" pur jus commémorent Octobre 17 et encensent Lénine embaumé, les populations qui ont vécu cette tragédie historique n'en veulent plus, et nos problèmes de "communisation" n'ont rien à voir avec cette "dé-communisation"

je n'étais certes pas en avance, mais j'avais quand même un peu anticipé :



cela rappelle le Lénine qui, dans la conjoncture d'avril 1917, se posait en substance la question de la révolution : Si on ne la fait pas maintenant, alors quand ? (référence à retrouver)

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Mer 15 Nov - 19:33


la revue Contretemps présente


à bout de souffle

Le souffle d’Octobre. Journée de réflexion et de débat sur la Révolution russe

Société Daniel Bensaïd 2 août 2017

Samedi 18 novembre 2017, à la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord,
20, avenue George-Sand. 93210 La Plaine Saint-Denis (métro : Front Populaire, ligne 12).

extrait
Citation :
1917-2017, après un siècle que reste-t-il d’Octobre 17 ?

Samedi après-midi (fin) 16h 30-18h 30 (table ronde entre les intervenants).

Qui fait la révolution ? Prolétariat, salariat, peuple ?
Révolution ou transformation progressive
Le pouvoir est-ce l’État : l’investir, le prendre, le détruire ?
Social et politique : faut-il un parti, des partis, plus de partis ?
Quelles leçons d’Octobre ? Pour hier et aujourd’hui


Présentation globale : François Sabado.

Intervenants : Clémentine Autain, Olivier Besancenot, Roger Martelli, Christian Laval, Francisco Louçã (Bloc de gauche du Portugal).

Conclusion et présentation de la Société Daniel Bensaïd : Charles Michaloux.

François Sabado est le mentor de Besancenot, celui par qui il est monté dans la LCR. C'est un des maîtres penseurs du NPA, dont il est avec Charles Michaloux un des artisans. Les autres sont connus pour leurs idées révolutionnaires

avec un tel panel les réponses aux questions posées sont sans surprises. La Gazette des vannes vous déconseille d'y aller

quant à "tirer une leçon d'Octobre pour aujourd'hui", cela suppose de reconnaître deux ruptures, historique et théorique, entre la révolution de 1917 et aujourd'hui :

1) - Octobre a pour objectif le pouvoir d'État prolétarien, c'est la mise en œuvre du programmatisme ouvrier, idéologie révolutionnaire initiée par le Marx politique

- pour abolir le Capital, le prolétariat ne peut que s'auto-abolir : c'est une considération logique, abstraite, qui évacue la transition étatique ou auto-gestionnaire, mais cette vision est aussitôt caduque :

2) aujourd'hui, le prolétariat n'existe pas comme classe constituée, sujet révolutionnaire, donc pour paraphraser Marx, il n'est rien. La question révolutionnaire se rapporte donc à la recherche d'un nouveau sujet révolutionnaire, objet de mon livre et particulièrement de 5. LA CONSTITUTION EN CLASSE POUR LE COMMUNISME : quel sujet révolutionnaire ?

il est aisé de constater qu'aucune de ces considérations de base n'est retenue dans les textes sur la commémoration d'Octobre, et cela montre le vide sidéral du marxisme mainstream face au capital, quand il se gargarise d'émancipation et de Communs à la Dardot-Laval/Proudhon, et quand les communisateurs, qui ne commémorent certes pas, en sont à rêver de la re-constitution en classe du prolétariat comme sujet révolutionnaire

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Patlotch



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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Sam 18 Nov - 6:49


un poil occulte

des francs-maçons cons sans façons



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Patlotch



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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Sam 18 Nov - 16:28


la mémoire et l'oubli

Marchais : après vingt ans
Laurent Levy Ensemble 15 novembre 2017


Laurent Levy a écrit:
Il y a vingt ans, le 16 novembre 1997, disparaissait Georges Marchais, qui aura incarné le parti communiste français, de ses audaces stratégiques des années 70 à son enlisement des années 80. Personnage flamboyant et contradictoire, on ne saurait le réduire aux caricatures qu'on en a faites et auxquelles il avait fini par se conformer.

Né le 7 juin 1920 en Normandie dans une famille modeste, d'un père ouvrier plus ou moins anarchiste qui meurt d'un accident du travail quand il n'a que dix ans, et d'une mère paysanne, catholique fervente, qui ambitionne pour ce bon élève un devenir d'instituteur, il passe certificat d'études et brevet élémentaire avec mention « bien », et poursuit son propre rêve : devenir ouvrier dans l'industrie aéronautique. Il entre comme apprenti dans une entreprise parisienne à l'âge de 15 ans. Un an plus tard, c'est le Front Populaire, les grèves, les conquêtes sociales. Même s'il n'y a pas de syndicat dans son entreprise, le jeune homme participe à ce mouvement, avec son tempérament batailleur.

Dans les années qui suivent, il devient ouvrier qualifié dans ce secteur stratégique, pris en charge dès l'occupation par les Allemands. Ce n'est ni en tant que volontaire, ni sous la contrainte du STO – qui n'est alors pas encore institué – qu'il part travailler en Allemagne en 1942, pour Messerschmitt, mais par le jeu des affectations décidées par une entreprise ostensiblement collaborationniste. Il n'a quant à lui alors aucun engagement politique ou syndical au delà de sa participation, avant guerre, à divers mouvements revendicatifs.

À la Libération, il se syndique à la CGT. Dès 1946, le voilà secrétaire du syndicat des métaux à l'UL d'Issy-les-Moulineaux. On apprécie son charisme, et son côté titi gouailleur. C'est déjà un « homme de masse », qui sait parler à ses camarades de travail, et se trouve comme un poisson dans l'eau dans la classe ouvrière industrielle dont il est un représentant typique. Enthousiaste, gai, combatif et fonceur, sans prétention, mais exerçant une certaine autorité parmi ses camarades, Georges Marchais monte dans la hiérarchie syndicale. En 1947, il adhère au parti communiste lorsque celui-ci est évincé du gouvernement, en particulier sous l'influence de Guy Ducoloné, militant prestigieux et ancien résistant. Ayant perdu son emploi suite à une compression de personnel, il devient en 1952 permanent de la CGT, à la direction de l'union syndicale des métallos et de l'UD de la Seine, aux côtés de Eugène Hénaff. Il n'en continuera pas moins, toute sa vie, à se dire « ouvrier ».

Au parti communiste, dans lequel il n'exerce d'abord aucune responsabilité, il ne fait pas preuve d'une grande discipline : il frôlera ainsi l'exclusion pour avoir, à une réunion militante, préféré aller assister à un match de foot où jouait... la Yougoslavie ! En pleine chasse aux sorcières titistes, c'était assez mal pris, et Raymond Guyot – ancien dirigeant du Komintern – en personne se chargera des remontrances. Mais un bouillant responsable syndical, même si on lui reproche à l'occasion de soutenir des mouvements trop durs et trop mal maîtrisés, jeune métallo sympathique et au franc parler, le parti le remarque, et les reproches qui lui sont faits sont aussi liés à l'ambition qu'on a pour lui – et qu'il n'a pas lui-même. On le pousse à basculer de la CGT au parti. Il devient secrétaire de la fédération de Seine-Sud – celle de Maurice Thorez – et entre au Comité central comme suppléant en 1956. Dans la même « promotion », on trouve également Paul Laurent, Henri Krasucki, Roland Leroy, Guy Besse, Henri Martin et Marcel Rosette...

La période est dure. C'est celle, après le XXe Congrès du PCUS, de l'intervention soviétique en Hongrie, et de débats assez lourds au sein du parti où s'expriment les premières dissidences. Et dès sa première intervention au Comité central, en novembre 1956, Georges Marchais s'affirme comme un homme de parti, sourcilleux désormais quant à la discipline et à la fidélité : il y critique le journaliste et romancier Pierre Courtade, représentant de L'Humanité à Moscou, qui avait au cours de la session, insisté sur le fait que les communistes avaient trop idéalisé les démocraties populaires et sous-estimé les erreurs qui y avaient été commises et évoqué l'isolement du PCF. Il demande en outre une sanction contre l'écrivain Claude Roy, qui, comme un certain nombre d'autres intellectuels communistes avait condamné l'intervention soviétique en Hongrie. Cette intervention de Georges Marchais sera au nombre de celles dont L'Humanité publiera un résumé. Son intervention suivante a lieu en octobre 1958, dans le cadre de la préparation des élections qui font suite à la création de la Ve République. Il ne s'y limite pas à des propositions strictement électorales : il dénonce au passage un cellule qui s'est exprimée contre la direction du parti, mettant en cause, non seulement la ligne politique, mais aussi le manque de démocratie interne – une activité jugée « fractionnelle » par le secrétaire à l'organisation Marcel Servin.

En décembre de la même année, c'est cette fois comme analyste de la vie politique qu'il intervient : évoquant les résultats – décevants pour le PCF – des récentes élections, il parle des pertes de voix à Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine, et émet l'idée que « ce n’est pas la question du logement, mais la crainte du fascisme qui a motivé les électeurs ». Il suggère que la propagande des élections municipales devra être axée sur « ce que ressentent les gens ». En mars 1959, analysant les résultats de ces élections municipales, il constate que souvent les socialistes se sont alliés avec la réaction pour faire barrage au PCF.

Au XVe Congrès, en 1959, il devient membre titulaire du Comité central et à sa grande surprise entre également au Bureau politique, en même temps que Gustave Ansart, Roger Garaudy et Georges Séguy. Cette instance est alors composée, outre ces nouveaux entrants, de Maurice Thorez, François Billoux, Jacques Duclos, Benoît Frachon, Étienne Fajon, et Raymond Guyot – tous dirigeants historiques issus des premières générations militantes du parti, et de Jeannette Vermeersch, Georges Frischmann, Léon Feix, Léon Mauvais, Waldeck Rochet, Marcel Servin et Laurent Casanova.

Il s'installe alors comme dirigeant de premier plan. Le 30 juin 1960, il rapporte par exemple devant le Comité central sur le développement des luttes revendicatives dans une séance présidée par Georges Séguy. Il intervient de plus en plus souvent au cours des réunions. Mais à la demande de Thorez, il joue aussi sa partition dans le concert des attaques contre les trop « khrouchtcheviens » Laurent Casanova et Marcel Servin qui conduiront à leur éviction. Sur proposition de Benoît Frachon, c'est Georges Marchais qui, en février 1961, succède à Marcel Servin, démis de ses fonctions, au poste clé de secrétaire à l'organisation du PCF. Il dira plus tard avoir conservé de cet épisode un goût amer, et le sentiment d'avoir été manipulé, instrumentalisé par la direction thorèzienne. C'est quoi qu'il en soit là une ascension fulgurante. En mai 1961, le XVIe Congrès du parti le confirme dans cette position. Avec Maurice Thorez, Jacques Duclos, et Waldeck Rochet, il est le seul dirigeant à être simultanément membre du Bureau politique et du Secrétariat du Comité central. Les trois autres sont des dirigeants historiques ; il incarne la génération montante.

À l'occasion d'une révision des statuts du Parti en 1964, Georges Marchais y introduit une mesure révolutionnaire : l'élection à bulletins secrets des organismes de direction. Il avance aussi diverses autres mesures de démocratisation interne, donnant plus de droits et de pouvoirs aux adhérents. Dans ce débat – et sans que cela entache sa position, il semble qu'il se signale en outre par une prise de position originale fortement critiquée par Jeannette Vermeersch et par Maurice Thorez à propos de... la dictature du prolétariat !

Lorsque, cette même année, Khrouchtchev est démis de ses fonctions en URSS au profit de Leonid Brejnev, le rapport de Georges Marchais devant le Comité central y suscite d'abondantes discussions. Tout en semblant approuver les raisons réelles de sa mise à l'écart (il avait, dit-il, « quitté le chemin du léninisme »), il affirme qu'il ne faut pas « être dupe » des raisons officielles de ce départ. « Pourquoi, demande-t-il, ne pas avoir révélé les raisons réelles de son éviction ? »

Année après année, Georges Marchais assoit sa position clé dans le PCF. Quand Waldeck Rochet succède à Maurice Thorez, il fait figure indiscutable de « numéro 2 » de l'organisation ; c'est sans doute le peu d'atomes crochus entre les deux hommes qui conduit Thorez à lui préférer Rochet pour assurer sa succession. Peut-être aussi s'agit-il de maintenir au pouvoir la génération de l'avant-guerre. Mais Marchais a assurément d'ores et déjà la stature d'un successeur, et son statut d'ouvrier métallurgiste et de syndicaliste, comme sa fibre populaire et son charisme reconnu, lui en donnent le profil. Il ne lui manque encore que l'autorité devant le parti. Il va vite l'acquérir. En attendant, il jouit de très bon rapports avec Waldeck Rochet pour qui il est, avec Jean Kanapa, un appui précieux dans l'aggiornamento du parti communiste.

Bien qu'il n'ait pas d'expérience internationale préalable, ni de connaissance particulière en la matière, il représente le PCF dans la préparation, en 1967-1968, de la conférence mondiale des partis communistes et ouvriers prévue en juin 1969, et y apparaît surtout soucieux de l'indépendance de son parti et de sa position dans le mouvement communiste international. Contrairement à une légende qui ne repose que sur quelques faits épars et surinterprétés, Georges Marchais n'a jamais été « l'homme de Moscou ». Cette histoire n'était pas la sienne.

Au cours du mouvement de mai-juin 1968, Marchais se signale par sa dénonciation du « gauchisme » des « pseudo-révolutionnaires ». S'il apparaît pour la jeunesse étudiante comme un apparatchik brutal et méprisant – c'est un éditorial de sa plume caractérisant Daniel Cohn-Bendit comme « anarchiste allemand » qui entraîne des milliers de jeunes à défiler en scandant « Nous sommes tous des Juifs allemands ! » – il contribue à l'affirmation identitaire des communistes qui se reconnaissent dans son intransigeance à l'emporte-pièce.

Lors de l'invasion de la Tchécoslovaquie en août, il est aux côtés de Waldeck Rochet pour la dénoncer. Il accompagnera ensuite le secrétaire général à Moscou pour la conférence mondiale, et c'est lui qui en rendra compte devant le PCF. Terrassé par une attaque cérébrale au cours de cette conférence, Waldeck Rochet ne recouvrera jamais ses facultés. Marchais devient secrétaire général adjoint, assumant de fait la responsabilité de numéro un du PCF. Il la conservera jusqu'en 1994. Symboliquement, Georges Marchais sera le dirigeant qui inaugurera le nouveau siège du PCF, dessiné par le grand architecte communiste brésilien Oscar Niemeyer, place du Colonel Fabien.

Il sera ainsi l'artisan de la politique unitaire du PCF initiée depuis 1962, aboutissant en 1972, alors qu'il devient officiellement secrétaire général, à la signature du Programme Commun. Avec Jean Kanapa, devenu en 1975 membre du Bureau politique, il négociera également le tournant eurocommuniste du PCF.

Il devient vite une personnalité publique essentielle de la vie politique française. Ses apparitions à la télévision sont autant de spectacles au cours desquels il joue de son statut de représentant des classes populaires dans le paysage politique : celui dans lequel de nombreux travailleurs se reconnaissent et dont ils ont le sentiment qu'il exprime leur dignité avec sa gouaille et son insolence, son sens de la formule, et l'intransigeance moqueuse avec laquelle il refuse de baisser le front devant les puissants « chiens de garde » de la bourgeoisie, lui qui, comme il aime à le souligner, « n'a pas fait l'ENA ». Il noue ainsi une relation ambivalente avec ses meilleurs ennemis télévisés, les journalistes Alain Duhamel et Jean-Pierre Elkabbach qu'il fascine. Elkabbach dira de lui : « Il était la terreur des médias et un spectacle à lui tout seul […] Personne ne l'a remplacé sur les plateaux de télé. » Quant à Alain Duhamel, il écrira : « Pendant au moins une quinzaine d’années, Georges Marchais a été la star politique la plus célèbre et, d’une certaine manière, la plus populaire à la télévision. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, ses émissions étaient attendues par la France entière et battaient tous les records d’écoute. Leur annonce provoquait une floraison d’avant-papiers dans la presse entre intérêt, ironie, appréhension et jubilation. Le jour dit, l’audience était immense. »

Contrairement à l'image qu'il a parfois laissée, fondée sur son discours public, Marchais n'ignore pas la nuance, et doit composer avec un parti dans lequel, comme il s'en plaindra, « nos camarades ont parfois tendance à voir tout blanc ou tout noir » et où « nous pouvons noter de-ci de-là des positions parfois sectaires, mais aussi parfois disons opportunistes »...

L'époque où Georges Marchais prend le le PCF en charge est pour celui-ci une époque de croissance. Le parti, qui comptait moins de 250.000 membres en 1960 connaît sur le plan de ses forces organisées une progression continue sous sa direction : d'à peine plus de 300.000 membres quand il en prend les rênes en 1969, il dépasse les 400.00 en 1975, et les 550.000 en 1978 – avant d'entamer une décrue continue.

Il publie en 1973 un livre remarquable et enthousiasmant, Le défi démocratique, écrit avec le concours de Jean Kanapa. C'est un exposé complet du projet du parti communiste, développant les orientations stratégiques contenues dans le Manifeste de Champigny élaboré en 1968 avec Waldeck Rochet, à la lumière de l'expérience acquise par les premières batailles politiques de l'union de la gauche autour du Programme commun signé l'année précédente. Ce sera la matrice des évolutions des années suivantes.

En 1976, Georges Marchais est au sommet de sa gloire, avec le XXIIe Congrès du PCF, celui de la voie démocratique vers un socialisme démocratique, de l'abandon de la dictature du prolétariat et de la critique sans concession des manquements démocratiques de l'URSS et des pays de l'Est. Si le torchon brûle avec Moscou, un rapprochement s'opère entre autres avec les communistes italiens et espagnols dans le cadre de ce que l'on nommera l'eurocommunisme. La progression constante de la gauche unie semble devoir aboutir à sa victoire rapide.

Mais la stratégie d'union de la gauche échoue. En septembre 1977, les négociations pour une actualisation du Programme commun sont rompues, et les élections de 1978 – où la victoire de la gauche semblait inévitable – sont un échec. Après avoir été le symbole de l'ouverture de son parti et de sa marche triomphante, Georges Marchais devient celui de son raidissement et de son échec. Un débat houleux s'instaure dans le PCF et le secrétaire général y remet à l'ordre du jour un ouvriérisme qu'on pouvait croire dépassé. À propos des militants qui contestent l'orientation du parti, voire demandent simplement que les questions y soient posées, Georges Marchais parle « d'intellectuels assis derrière leur bureau », comme si c'était derrière un établi qu'il rédigeait ses propres textes. Alors qu'il avait favorisé aux débuts de son mandat la libre discussion responsable dans son parti, il y impose un genre de « silence dans les rangs » hérité des années 50. Et lui qui avait su tenir tête sans fléchir aux tentatives de déstabilisation des soviétiques et dénoncer leur « méconnaissance persistante de l'exigence démocratique dont le socialisme est universellement porteur » en vient à défendre fin 1978, quelques semaines à peine après le décès prématuré de Jean Kanapa, leur « bilan globalement positif », avant d'approuver, depuis Moscou, l'intervention soviétique en Afghanistan. Sans le dire, il referme lentement la parenthèse eurocommuniste qu'il avait ouverte. De nouvelles élaborations stratégiques ont néanmoins lieu, avec le tournant autogestionnaire négocié entre 1977 et 1979, et l'affirmation que « l'avenir commence maintenant », alors que le PCF n'envisage en aucun cas – et ne souhaite plus – la victoire électorale en 1981 d'une gauche désormais désunie. On connaît à cet égard l'histoire de l'appel secret à voter contre François Mitterrand lors du second tour de l'élection présidentielle.

Contrairement à d'autres dirigeants de son parti, Georges Marchais n'était pas particulièrement branché sur la « grande culture », dont il avait une connaissance sommaire et peut-être même agacée. Il épousait par contre facilement, avec bonne humeur et de façon parfaitement naturelle certains des goûts les plus populaires. Il pouvait se mettre en survêtement pour regarder un match de football à la télévision et se taper sur la cuisse en riant d'un rire gras. Sa fierté d'avoir eu pour camarade et d'avoir pu fréquenter un homme comme Aragon n'en était pas moins grande, même s'il avait sans doute une approche limitée de son œuvre et si le vers qu'il citait le plus volontiers n'était pas de ses meilleurs ; mais il était pour Georges Marchais plein de signification : « Mon parti m'a donné les couleurs de la France ». Réel ou feint, Georges Marchais a toujours manifesté un fort sentiment patriotique, assez conforme aux traditions de ceux qui l'avaient formé, mais assumées sans grandes nuances, qui lui donnait sans doute à l'époque de l'eurocommunisme une arme supplémentaire pour tenir bon la ligne de l'indépendance. C'est peut-être l'une des sources de ses dérives, au tournant des années 80, à propos de l'immigration qu'il faudrait contrôler et du « seuil de tolérance » qui était désormais atteint.

La fin de l'histoire est peu réjouissante. Marchais supporte mal les échecs électoraux successifs de son parti, qui commencent avec ses propres 15,2% à l'élection présidentielle de 1981. Si la première année du premier septennat Mitterrand est marqué par une politique de gauche et des avancées réelles, le parti communiste se révèle incapable de trouver une attitude juste lors du tournant de la rigueur. Les élections européennes de 1984, pour lesquelles Georges Marchais dirige la liste du PCF, tournent à la déroute. Il ne retrouvera jamais sa superbe. Les crises internes du parti s'aggravent et apparaissent successivement des courants « rénovateur », « reconstructeur » et « refondateur » qui contestent son orientation et son mode de direction. Il s'y oppose avec énergie et raideur, entraînant des dégâts incalculables.

C'est l'époque où son image se ternit, où il en vient à imiter ses propres imitateurs qui s'attachent à le ridiculiser. Flamboyant dans les périodes de pointe, il devient pathétique en période de déclin. Alain Duhamel écrira sur ce point des mots terribles : «  Le Georges Marchais des débuts impressionnait, divertissait, inquiétait. Le Georges Marchais de la fin se pastichait, se caricaturait, s’enfonçait. Il devenait son propre double, son ombre, sa bande dessinée. La télévision l’avait promu, elle le rétrogradait. Elle avait célébré son ascension, elle théâtralisait son déclin. Elle l’avait fait, elle le défit. » S'il est inexact de dire que la télévision l'avait fait, il est clair qu'elle joua son rôle pour le défaire. Mais le déclin de Georges Marchais était d'abord celui du parti communiste.

Si, dans les dernières années de son mandat, prenant acte des évolutions des cultures militantes, il se décide enfin à mettre fin au sacro-saint « centralisme démocratique » auquel il s'était toujours montré attaché, c'est sans la perspective politique, stratégique et culturelle de la nécessaire refondation qui seule aurait donné sens à cette évolution. Il choisit enfin Robert Hue pour lui succéder dans une simple navigation à vue politique. Il s'éteint trois ans plus tard.

Conformément à ses dernières volontés, Georges Marchais n'a pas été inhumé aux côtés des autres dirigeants du parti communiste à deux pas du mur des Fédérés au Père-Lachaise. Il repose dans le cimetière de la ville de Champigny, où il résidait.

Vingt ans après sa mort, on ne reprendra pas, ni pour l'affirmer ni pour l'infirmer à propos de Georges Marchais, la métaphore douteuse du « bilan », soit pour le dire positif, soit pour le dire négatif. Il constitue désormais un objet d'histoire : une histoire qu'il faut savoir regarder dans ses contradictions objectives, contradictions qui sont celle d'un communisme en crise et que, pour le meilleur et pour le pire, il aura incarnées.

concernant le personnage et les aléas internes-externes du PCF, rien trop à redire, j'ai même appris des choses et potins dont seuls se préoccupent les pécéfixologues impénitents qui visitent les placards dont ressortent encore les momies des grands exclus

par contre, du point de vue théorique pour penser le contexte de toute cette histoire, c'est le degré zéro, celui dont Laurent Lévy, que j'ai un peu connu il y a 15 ans, n'a pas décollé depuis

mon titre est donc peu pertinent : Levy n'a rien oublié puisqu'il n'a rien appris. Yvan Najiels, autre ineffable, publie ce texte sur son blog Club Médiapart avec pour titre In Memoriam Georges Marchais

paix aux morts... et aux morts-vivants

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