PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)

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Patlotch



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MessageSujet: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Jeu 5 Oct - 16:09


ce sera un (de mes) hommage à Marx, pour La Nouvelle Gazette Rhénane (Neue Rheinische Zeitung)



Citation :
301 numéros seront publiés entre juin 1848 et 19 mai 1849, date à laquelle le journal est fermé par les autorités, alors que Cologne est de nouveau en état de siège. Il y a alors 6000 abonnés. Les derniers mots du journal (imprimés à l’encre rouge) sont destinés aux travailleurs de Cologne : « émancipation de la classe ouvrière ! »

Marx se réfugie à Paris, puis à Londres après la manifestation du 13 juin 1849, où il s’installe définitivement.

Marx était drôle, et c'est en ceci aussi qu'il n'était pas marxiste. En sus de leurs incompréhensions et déformations se réclamant pourtant de lui, la plupart de ses héritiers semblent frappés d'un esprit de sérieux à faire fuir tout amateur de communisme et de révolution ayant à cœur de libérer la vie

une chose est sûre, je ne serai pas viré, même si les chiens aboient, car la vanne passe



le rédac' chef


La Nouvelle Gazette Rhénane
1848-49


Sommaire et intégral des textes de Marx et Engels

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Ven 6 Oct - 0:08


d'abord, savoir qu'une gazette n'a rien, mais alors rien à voir avec le gaz, même quand elle colporte des fuites


Étymologie
Citation :
(1600) De l’italien gazzetta, du vénitien gazeta « journal », qui désigne d’abord une monnaie vénitienne équivalant au prix d’un journal. L’origine du mot vénitien est controversée : soit du latin classique gāza « trésor, richesses », soit emprunté au grec γάζα, « trésor du roi de Perse », ou, moins vraisemblablement, du vénitien gaza « pie », qui serait de même origine que geai. M. Garcin de Tassy le tire de l'indo-persan kâged ou kâgiz, papier, mais l'origine du nom de monnaie doit prévaloir.

désolé, ma gazette est gratuite, les fuites sont recommandées


de même, la gazette n'est pas une gazinière, cuisinière fonctionnant au gaz, mais elle peut parler en parler :


Citation :
« Dans le même temps [en 1934], La gazette lance un grand concours pour baptiser cet engin-miracle. Elle reçoit 4 000 réponses et déclare vainqueurs ex aequo les quatre concurrents ayant proposé la gazinière. » — (Gaz de France information, no345, 15 décembre 1977, p. 22)

pour aller plus loin...


ou faire bouillir les marmites de l'avenir
(Marx détestait ça, il aimait bien la bonne
mais il ne faisait pas la cuisine)



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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Ven 6 Oct - 0:29


encore une recommandation, ne pas confondre La nouvelle gazette des vannes avec



j'habite en banlieue, et je ne veux pas de problème avec les Vanetais et la vanité de leurs commerces

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Ven 6 Oct - 11:52


vous savez maintenant ce que n'est pas la gazette, mais pas encore ce que sont les vannes


CNRTL a écrit:
Pop., fam.
A. −
1. Propos désobligeant, voire insultant. Synon. pique, vacherie. Lancer, envoyer des vannes à qqn. Encore une vanne comme celui-là, mec, et je te claque le beignet ! (Pt Simonin ill., 1957, p. 289). Ils s'envoient des piques. Ils se balancent des vannes. Ils se traitent de tous les noms (Le Monde, 12 déc. 1985, p. 24). V. parlote ex.

2. Sens affaibli
a) Propos fantaisiste, mensonge. Synon. bobard, boniment. Dire des vannes. Qué que c'est ces vannes que tu m'balances, t'es touché, mon pauvre gonce [gars] ! (Dussort, Preuves exist., 1927, dép. par Esnault, 1938, p. 20).
b) Repartie spirituelle et souvent moqueuse. Synon. blague, plaisanterie. Au déjeuner, le gros, pour les vannes marrants, il a mis en veilleuse. Le cœur y était pas. (Simonin, Touchez pas au grisbi, 1953, p. 164).
3. Mauvais tour, farce. Faire une vanne à qqn. Nous cherchâmes (...) quelle vanne nous pourrions lui faire [au comédien] (...) et nous allâmes corrompre l'accessoiriste (Trignol, Pantruche, 1946, p. 116).

B. − P. antiphr. Occasion favorable, événement heureux, chance. C'était une vanne que la maison Poulaga n'ait pas donné signe de vie. Avec tous ces morts qui s'entassaient ! (Le Breton, Rififi, 1953, p. 209).

Rem. L'empl. du mot au masc. tend à vieillir.

Prononc. et Orth.: [van]. Homon. et homogr. vanne. Étymol. et Hist. 1884 subst. masc. (Moreau, Souv. Pte et Gde Roquette, t. 1, p. 233: Vanne. − Mensonge. Récit fantaisiste); 1893 subst. fém. ici, au sens de « remontrance, semonce violente » (Martellière, Gloss. Vendômois, p. 321); 1901 (Rossignol, Dict. arg., p. 109: Vanne. Faire gagner quelqu'un à un jeu arnaqué est lui faire un vanne [cf. p. 6: ... arnaqués parce qu'il y a des trucs qui empêchent de gagner]); 1936 subst. fém. (Céline, Mort à crédit, p. 270: Toutes les vannes qu'on peut vous filer avec des paroles). Déverbal de vanner ou directement issu de vanner1 à partir du sens de « tourmenter, harasser » et « berner, se moquer de » (v. étymol. et hist. 3 et 4).

un intermédiaire dont je suis familier

CNRTL a écrit:
B. − P. anal. ou au fig. Ouvrir les vannes
1. Laisser passer en abondance (des personnes, des choses). Et soudain les vannes étaient ouvertes: les jeunes arrivaient (Y. Courrière, La Guerre d'Algérie, Le Temps des Léopards, 1969, p. 360).

2. Donner libre cours à. La grève des dockers britanniques a mis au pied du mur M. Edward Heath, le nouveau Premier ministre conservateur. Céder, c'est ouvrir les vannes à la folle inflation des salaires. Résister, c'est condamner à l'asphyxie une industrie malade (L'Express, 27 juill. 1970, p. 9, col. 1).

− En partic., fam. Parler d'abondance. Les longues solitudes, les propos rentrés font que l'on perd un rien le contrôle, dès qu'on commence à ouvrir les vannes (Romains, Hommes bonne vol., 1939, p. 104). On pouvait plus l'arrêter la semi-veuve (...) ça lui faisait du bien à la bonne femme d'ouvrir les vannes, on osait pas l'interrompre... (B. Blier, Les Valseuses, Paris, J'ai lu, 1989 [1972], p. 196).

« Ne vanne pas à tout vent, et ne chemine pas dans tout sentier ;
ainsi fait le pécheur à la langue double.
Sois ferme dans ton sentiment, et n'aie qu'une parole.

Bible, L'Ecclésiaste, V, 9-10


ya du vent dans les gaz

Citation :
Ce rouleau illustré japonais date de l’époque d’Edo (1603-1868). L’auteur de ce pamphlet est inconnu mais il montre une bataille de flatulences entre un groupe de japonais aux pets puissants contre ce qu’on pense être un groupe d’étrangers qui débarquaient un peu plus nombreux au Japon à l’époque.


toute l'histoire

ça vire à l'émeute : on casse tout et son monde !

il en ressort que les vannes sont universelles, avec des aspets particuliers


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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Ven 6 Oct - 18:23


promis juré craché, c'est pas une vanne, la source vérifiée sans fuite, gazette de la Bourse, et des profits aussi


 
Le PDG d'une entreprise, spécialisée dans la vente automobile et basée à Saint-Fons (Rhône), a décidé de reverser 1,6 million d'euros à ses salariés à l'occasion des 25 ans de l'entreprise.


Citation :
Cette somme correspond aux bénéfices cumulés de l'année 2017. Elle va être redistribuée, sous forme de primes (de 500 à 35.000 euros selon l'ancienneté), à la centaine d'employés de l'entreprise. Celle-ci prévoit de vendre près de 17.000 véhicules sur l'année 2017, réalisant un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros (+28% sur un an).

"LOGIQUE QU'ON PARTAGE LES BÉNÉFICES"

"Dans notre entreprise, il y a toujours eu un management participatif",
explique à 20 Minutes le PDG de l'entreprise, Starterre Automobile, Jean-Louis Brissaud. "Nos collaborateurs travaillent depuis des semaines, des mois et même des années pour certaines. Ils se sont investis pour fonder et faire fleurir la société. Il est donc tout à fait logique qu'on partage les bénéfices".

"Dans notre société occidentale, les managers sont bien souvent égocentriques", poursuit-il. "Dans les start-up, on voit qu'on recherche à tirer le maximum avant de revendre. Mais ce n'est pas notre philosophie. Si vous voulez pérenniser une entreprise, il faut savoir faire preuve d'empathie et d'altruisme. Cela n'est pas incompatible avec le fait d'engendrer des bénéfices".

"Le bien-être c'est quelque chose qui tient à cœur" à notre patron, a expliqué sur Europe 1, Christophe, un salarié de Starterre, qui va toucher de "4 à 5.000 euros" pour "trois ans d'ancienneté".

"Je vais toucher 26.400 euros, je crois",
témoigne sur RTL une autre salariée avec 20 ans d'ancienneté. "C'est incroyable. J'ai le souffle court, ça me touche énormément. C'est inimaginable. En France, on ferait mieux de prendre des exemples comme ça".

"Quand on sait partager, on peut emmener ses équipes au bout du monde"
, assure Jean-Louis Brissaud.

déjà qu'ils font pas la révolution avec les patrons qui les font crever, comment voulez-vous, s'ils se mettent tous à redistribuer leurs profits, que le prolétariat y songe ?

non, préférons les patrons saigneurs, et prions le Seigneur de garder pur notre prolétariat révolutionnaire


Aux armes citoyens prolétaires
Formez vos bataillons pelotons
Marchons, marchons, tirons, tirons
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons


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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Sam 7 Oct - 8:55



source : Humans of Late Capitalism

les calembours sur le communisme ne sont pas drôles
à moins que tout le monde ne s'y mette

(libre adaptation)

quelqu'un répond :
les blagues sur le capitalisme sont toujours drôles,
mais certains sont trop paresseux pour en faire


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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Sam 7 Oct - 14:36


la gazette se souvient


Citation :
Mai 68 a sonné le tocsin puis le glas de l’”ordre moral”, le vieux monde est condamné, la libération sexuelle balaie tout sur son passage, tout même les enfants, les nourrissons, Libération se fera le moteur premier de la “révolution sexuelle” et le porte-voix de mouvements tels que le ‘Front de libération des pédophiles‘:

En effet, mai 1977 (republié: Libération 01.03.1979), on lit ceci dans Libération:

« Naissance du « front de libération des pédophiles »


Un nouveau groupe vient de naître: le FLIP (Front de libération des Pédophiles) dont vous pourrez lire ci-dessous la plate-forme constitutive. Qui sont-ils ? Pour l’essentiel, des lecteurs de Libération qui à la suite d’une « lettre ouverte aux pédophiles dans notre édition du 9/2/77 nous firent parvenir un courrier abondant – nous en rapportions quelques-unes dans une double page le 24 mars 77 intitulée : Relations Adultes-Enfants. Le deux avril dernier se tenait à Jussieu une première réunion regroupant une trentaine de personnes. Simple prise de contact. Sans doute, peut-on regretter que l’essentiel des préoccupations ait été d’ordre judiciaire. Il ne fut en effet question que de répression, de défense et de poursuite des pédophiles. Sans méconnaître ces dures réalités, un tel groupe a tout à gagner s’il élargit son champ de réflexions.

Le FLIP (Front de libération des Pédophiles) est né. Quelques objectifs essentiels ont déjà pu être lancés:

— Combattre l’injustice pénale et mener une réflexion critique sur la famille et l’école, fondée sur une analyse politique de la sexualité entre mineurs et adultes.

— S’associer à la lutte des enfants qui veulent changer leur mode de vie et de tout groupe politique qui vise à l’établissement d’une société radicalement nouvelle où la pédérastie existera librement.

— Développer une culture pédérastique qui s’exprime par un mode de vie nouveau, et l’émergence d’un art nouveau.
— Prendre la parole dans des organes d’information qui lui en donnent les moyens et par les voies qui s’imposent.

— Manifester sa solidarité avec les pédophiles emprisonnés ou victimes de la psychiatrie officielle.

La « tyrannie bourgeoise » fait de l’amoureux des enfants un monstre de légende qui croque les chaumières. Nous casserons ensemble monstres et chaumières.

Pour joindre le FLIP, écrivez à Jean-Louis Burckhardt, BP N°361, 75 Paris cédex 02 (ne pas mentionner FLIP sur l’enveloppe, joindre un timbre pour la réponse) ».

Libé définit la pédophilie comme une culture (Libération 10.04.1979) qui cherche à briser la « tyrannie bourgeoise qui fait de l’amoureux des enfants un monstre de légende » (Libération 07-08.05.1977). La rédaction affirme vouloir tout simplement « traiter des relations entre les gens comme des faits de société (…) et ne pas les ghettoïser, en circuits fermés et cinémas spécialisés » (Libération 01.03.1979).





franchement désolant, l'hétéro-flic Patlotch a encore frappé,
alors qu'à l'époque, contre la morale bourgeoise, on explosait les codes sexuels




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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Sam 7 Oct - 22:14


classe, genre, race

Citation :
Ludwig Gumplowitz parle de luttes des races. Il définit les races comme tout groupe humain ayant suffisamment d'homogénéité pour avoir un intérêt commun. C'est dans ce sens qu'il parle de race ouvrière ou de race patronale.  source

il n'est pas le seul : on trouve sinon le terme l'idée de  race ouvrière sous la plume de Marx, Vallès, Lafargue, Zola...
Marx a écrit:
La force de travail d'un homme ne consiste que dans son individualité vivante. Pour pouvoir se développer et entretenir sa vie, il faut qu'il consomme une quantité déterminée de moyens de subsistance. Mais l'individu, comme la machine, s'use, et il faut le remplacer par un autre. Outre la quantité d'objets de nécessité courante dont il a besoin pour sa propre subsistance, il lui faut une autre quantité de ces mêmes denrées de première nécessité pour élever un certain nombre d'enfants qui puissent le remplacer sur le marché du travail et y perpétuer la race des travailleurs.
Salaire, prix et profit 1865

Zola a écrit:
La vérité était que Félicité avait des pieds et des mains de marquise, et qui semblaient ne pas devoir appartenir à la race des travailleurs dont elle descendait.
La fortune des Rougon 1871

quant à la race des patrons...

Marco Valdo a écrit:
Moi, si vous voulez le savoir, je ne suis pas de la race des patrons. Et je ne suis pas non plus de la race des serviteurs… Je suis un travailleur libre et indépendant.
Le ramasseur d'olives

Pierre Bayle a écrit:
En même temps, le même Louis Gallois est un prototype de la nouvelle race des patrons européens, ayant en six ans réussi à faire oublier les rivalités et dissensions franco-allemandes – alimentées il est vrai par des rivalités franco-françaises – pour situer le groupe à des années-lumière, très en avant dans le multinational et le multiculturel.
EADS : Passage de témoin
2011

Citation :
Homme d’affaires prospères, et acteur politique influent, il symbolise d’abord la race des hommes d’affaires Sénégalais capables de vendre le label national.

Le digne héritier de son père est de la race des patrons de la génération émergente. Jeune et instruit, il incarne aussi le savoir vivre et le raffinement.

Allo Dakar
9 décembre 2015


chercher la femme



Ces patrons qui dirigent autrement



Union patronale et interprofessionnelle du Congo



Le Président de Côte d'Ivoire reçoit une délégation de chefs d'entreprises japonais



Emmanuel Macron a rencontré des chefs d'entreprises françaises en Bulgarie



Comité Mondial des Femmes Chef d'Entreprises en Tunisie



Citation :
Plongée dans la jungle économique, la race patronale se doit d'être un corps d'élite versé aux exercices de survie.
Comment devient-on patron ?



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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Dim 8 Oct - 16:36


classe et race comme classement

comme vu ci-dessus, une classe et une race peuvent nommer la même chose. Exemples : chez Marx avec « la race des travailleurs » pour « la classe ouvrière »; « la race des hommes d’affaires Sénégalais », la « race des patrons » pour « la classe des capitalistes ». On pourrait considérer qu'il s'agit plus d'un usage métaphorique concernant "race", mais à bien y regarder, il s'agit d'abord d'une manière de ranger des objets, de faire un classement :

Wikipédia a écrit:
En mathématiques, la notion de classe généralise celle d'ensemble. Les deux termes sont parfois employés comme synonymes, mais la théorie des ensembles distingue ces deux notions. Un ensemble peut être vu comme une collection d'objets, mais aussi comme un objet mathématique, qui en particulier peut lui-même appartenir à un autre ensemble. Ce n'est pas forcément le cas d'une classe, qui est une collection d'objets que l'on peut définir, dont on peut donc parler, mais qui ne forme pas nécessairement un ensemble. Quand une classe n'est pas un ensemble, elle est appelée classe propre. Elle ne peut alors être élément d'une classe (ni, a fortiori, d'un ensemble)

Marx-Engels a écrit:
Dans leur adresse dix-neuf professeurs de Halle s'expriment de même, mais ils poussent le comique jusqu'à parler en passant du « sérieux de leur profession ». Le fond de l'histoire [2], dans les deux adresses, c'est une incroyable fureur soulevée par le refus des impôts. Très compréhensible ! Plus d'impôts - et le savoir privilégié fait faillite. Il suffit que le porte-monnaie de cette race de professeurs cupides soit menacé, même de très loin, pour que toute la science jette feu et flammes. Leur monopole a ses racines dans la royauté de « droit divin ». Ils lui écrivent des adresses de dévouement, c'est-à-dire qu'ils sont dévoués jusqu'à la mort à leur propre monopole. Si le peuple obtient la victoire finale, ces messieurs sauront vite, malgré tout le « sérieux de leur profession scientifique », se mettre du côté de cette souveraineté populaire qu'ils maudissent tant aujourd'hui. Mais le peuple leur criera alors : « Trop tard ! » et se préparera à mettre un terme rapide à toute la misère de ce savoir privilégié.
La Nouvelle Gazette Rhénane n° 156, 30 novembre 1848
Des professeurs allemands donnent la mesure de leur bassesse

on peut vérifier qu'à l'origine, le mot race valait pour classer, sans connotation raciale de couleur. Je ne donne ici que les expressions le montrant :
CNRTL a écrit:
1. Vieilli, littér. [En parlant le plus souvent d'une grande famille] Ensemble des personnes appartenant à une même lignée, à une même famille. Synon. ascendance, descendance. La race des Atrides, vieille race.
Chacune des différentes lignées des rois de France. « Commença, en la personne de Hugues Capet, la troisième race de nos rois » (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 1, 1821-24, p. 93).
− P. ext. Race humaine. Espèce humaine, l'humanité. C'est surtout dans la race humaine que l'infini de la variété se manifeste d'une manière effrayante (Baudelaire, Salon, 1846, p. 148). Tout enfant de la race humaine (Jaurès, Ét. soc., 1901, p. 199).
Race(s) future(s). Génération(s) future(s). Je n'ai pas dédié « Mes enfances » à la postérité, ni supposé un moment que la race future pût s'intéresser à ces bagatelles (A. France, Vie fleur, 1922, p. 560).
Noble, noblesse de race. Noble, noblesse par l'ascendance. Il n'y a pas en France une seule famille noble, mais je dis noble de race et d'antique origine, qui ne doive sa fortune aux femmes (Courier, Pamphlets pol., Procès, 1821, p. 120)
P. méton. Comportement attendu d'un(e) aristocrate; en partic., élégance, distinction, assurance naturelle dans l'affirmation d'une personnalité marquée. Avoir de la race; homme, femme de race. Je la trouve jolie, fine, et infiniment distinguée (...) elle a surtout de la race (Gyp, Pas jalouse, 1893, p. 96).
− P. anal., rare. Catégorie de choses ayant certaines particularités en commun. La nouvelle race des récepteurs couleur modulaires 51 cm (...) vous permet de profiter de la cou-leur pour un moindre coût d'achat (Le Point, 11 oct. 1976, p. 160).
A. − ANTHROPOLOGIE
1. Groupement naturel d'êtres humains, actuels ou fossiles, qui présentent un ensemble de caractères physiques communs héréditaires, indépendamment de leurs langues et nationalités. Race blanche, jaune, noire; race pure, métissée; races primitives, vivantes; croisement entre races;
etc.[/i]


ce n'est donc qu'en anthropologie et en biologie, au 19e siècle, qu'apparaît le [i]sens racial de couleur
du mot race, et par conséquent même son usage raciste auparavant relevait d'un classement, d'une classe au sens de rangement (cf en mathématiques)

c'est au demeurant ce qui ressort, selon Maurice Godelier, de l'usage des divers usages du mot "classe" chez Marx, tel que je l'ai relevé le 30 août dans le sujet UNE CLASSE POUR LE COMMUNISME, sujet révolutionnaire, composition vs constitution



Ordres, classes, Etat chez Marx
Actes du colloque de Rome (18-31 mars 1990)




partant de là, comme j'en avais discuté ailleurs, il n'y a pas à mettre en cause la pertinence de « race sociale » par le PIR ou autre décoloniaux (le meilleur texte : Qu’est-ce que la lutte des races sociales ? Selim Nadi, 22 septembre 2017)

Selim Nadi a écrit:
Ainsi, contrairement à la lutte des classes qui, dans sa forme primaire, œuvre au niveau du lieu d’exploitation (autour des rapports ouvriers/patron, des conditions d’exploitation des  ouvriers, etc.), la lutte des races, sous sa forme élémentaire, se dirige, elle, directement contre l’État (ex. : révoltes indigènes de 2005, Marches silencieuses suite à des crimes policiers, etc.). Elle comporte donc dès le début, un aspect politique, même si celui-ci ne s’exprime pas en tant que tel – ici nous séparons artificiellement les rapports raciaux des rapports de classe par souci de simplicité, mais il est évident que ceux-ci sont co-constitutifs et profondément imbriqués.

le problème n'est donc pas dans l'usage de cette terminologie, qu'on trouve donc fréquent au 19e siècle, mais dans son retournement de signification, la race est ici raciale (presque mais pas que) au sens de la couleur de peau, alors qu'elle est chez Marx une race comme classe dans le rapport d'exploitation capitaliste. RS de Théorie communiste, dans sa lecture de La fabrique du Musulman de Sidi Moussa :

RS/TC a écrit:
Le pro­blème de SM c’est qu’ayant réduit la seg­men­ta­tion raciale de la classe ouvrière à ces « entre­prises » et ayant sous­crit à la légende du mou­ve­ment ouvrier, il ne peut plus voir que la classe ouvrière ne fut jamais une, que la seg­men­ta­tion raciale la tra­verse consti­tu­ti­ve­ment dans son exis­tence de classe de ce mode de pro­duc­tion. Classe et race ne sont pas dans un rap­port d’exclusion réci­proque : soit l’un soit l’autre.

La seg­men­ta­tion et la posi­tion com­mune, race et classe, ne sont pas des contraires exclu­sifs et seule­ment sub­sti­tuables.

En défi­ni­tive, la prin­ci­pale ques­tion ne porte pas sur les iden­ti­tés ou les races, mais sur le pro­lé­ta­riat lui-même qui n’est pas une sub­stance pos­sé­dant en elle sa mis­sion his­to­rique. On pour­rait sim­ple­ment répondre à SM que races et iden­ti­tés nous servent à com­prendre ce qu’il se passe et que ce n’est que dans ce qu’il se passe que se forge la « pers­pec­tive révo­lu­tion­naire ».

La lutte des classes est bien le « moteur de l’Histoire » pour par­ler comme SM, mais la ques­tion raciale n’est pas « subor­don­née à la lutte de classe » comme le dit SM à la suite de C.L.R. James, elle lui est interne

autrement dit, à sa définition près dans le strict prolétariat universel, je suis d'accord, le problème de l'articulation entre classe sociale et race sociale (Selim Nadi parle d'imbrication) est un problème de constitution en classe, et ce davantage que de composition de classe assignant les individus à une appartenance exclusive selon une de leurs autres identités sociales

désolé, ceci n'était pas une vanne


recension du mot race dans La nouvelle gazette rhénane

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Dim 8 Oct - 18:52


la gazette fait risette

autrefois l'on pouvait rire de tout à condition que ce soit drôle. Aujourd'hui, c'est fini, l'intention ne compte plus, mais le soupçon : de racisme, de sexisme, d'homo- ou trans-phobie, de transclassisme, d'islamomythisme ou de juivophobie, de manger de la viande ou de sucer le pouce de son enfant. Ne reste qu'à rire seul, en se trouvant drôle même quand on ne l'est pas, comme ça on ne fait pas de mal à une mouche

au fait, les mouches ont-elles de l'humour ? Va savoir. Il existe certainement, comme des hommes et des femmes, des mouches remarquables, au moins une, qu'il suffirait de rencontrer pour en tenir la preuve par la barbe. Il y a bien la vache qui rit




pourquoi pas la mouche ?

source


moralité, je conseille à ma lectorate de ne pas prendre la mouche



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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Lun 9 Oct - 21:26


et vanne essence

Le Capital de Karl Marx (1/4)
La fabrique de la plus-value

France Culture 09/10/2017
avec Isabelle Garo

Pour introduire cette semaine sur Le Capital de Karl Marx, "le plus redoutable missile qui ait été lancé à la tête des bourgeois" selon son auteur, nous recevons Isabelle Garo qui nous dévoile les secrets de fabrication de la plus-value (survaleur selon les traductions)...


Citation :
Das Kapital est considéré par Karl Marx (1818-1883) lui-même comme son œuvre majeure. Empruntant à différents champs disciplinaires (l'économie, la sociologie, la philosophie, l'essai politique) et s'inscrivant dans la continuité d'Adam Smith (1723-1790, économiste et philosophe écossais), David Ricardo (1772-1723, économiste anglais) et John Stuart Mill (1806-1873, philosophe et économiste anglais), Marx entreprend une « critique de l'économie politique », comme l'indique le sous-titre du Capital. Ce travail sur la structure économique de la société capitaliste comporte aussi une dimension pratique : au-delà d'une interprétation du monde, il s'agit pour Marx de le transformer par une révolution sociale radicale. L'implication de Marx dans l'Association internationale des travailleurs (AIT 1864-1873) traduit bien cette conjonction de la recherche scientifique et du militantisme pratique qui caractérise cette œuvre polymorphe et inachevée : seul le livre I du Capital fut publié par Marx (1867), qui assura lui-même la révision de la traduction en français par Joseph Roy (1873). Les livres II et III ont été repris et publiés par Friedrich Engels, respectivement en 1885 et 1894. Le livre IV fut publié par Karl Kautsky en 1905 et en 1910.

Textes

Marx, Le Capital, Livre I, Section 3, chap. 5, p.410 Lefebvre Trad., Les éditions sociales, 2016, p182.

« Dans la manufacture et dans l’artisanat, le travailleur se sert de l’outil, dans la fabrique il sert la machine. Dans le premier cas, c’est de lui que procède le mouvement du moyen de travail ; dans le second, il doit suivre le mouvement du moyen de travail. Dans la manufacture, les travailleurs sont les membres d’un mécanisme vivant. Dans la fabrique, il existe, indépendamment d’eux, un mécanisme mort auquel on les incorpore comme des appendices vivants.

« La routine affligeante d’un labeur pénible et interminable, où se répète sans cesse le même processus mécanique, est un travail de Sisyphe ; le poids du travail retombe sans cesse, comme le rocher, sur le travailleur accablé. »

Tout en agressant à l’extrême le système nerveux, le travail sur les machines opprime le jeu complexe des muscles et confisque toute liberté d’action du corps et de l’esprit. Même l’allègement du travail se transforme en moyen de torture, dans la mesure où la machine ne libère pas le travailleur du travail, mais ôte au travail son contenu. Toute production capitaliste, dans la mesure où elle n’est pas seulement processus de travail, mais en même temps processus de valorisation du capital, présente ce caractère commun : ce n’est pas le travailleur qui utilise la condition de travail, mais inversement la condition de travail qui utilise le travailleur ; c’est seulement avec la machinerie que ce renversement acquiert une réalité techniquement tangible. C’est pendant le processus même du travail que le moyen de travail, du fait de sa transformation en un automate, se pose face au travailleur comme capital, comme travail mort qui domine et aspire la force vivante du travail. »

suivront :

(2/4) : Remettre la philosophie sur ses pieds 10/10/2017

(3/4) : Le fétichisme de la marchandise 11/10/2017

(4/4) : Le travail c’est la santé 12/10/2017

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Mar 10 Oct - 7:38


le charme peu discret d'un modèle de leader

un vrai moment du faux ?


Pourquoi Karl Marx revient-il à la mode ?
rtbf.info 9 octobre 2017

Citation :
Près de 200 ans après sa naissance, la pensée de Karl Marx semble indépassable. La vie politique est toujours rythmée par ses concepts. Capital/Travail, exploitation, classes sociales, dialectique, bourgeois. Les partis qui se réclament de lui connaissent parfois un succès étonnant (le PTB). Un film lui est même consacré (Le jeune Karl Marx de Raoul Peck).

Après la chute du mur de Berlin et la fin de l’expérience communiste en Union soviétique, certains annonçaient la mort du marxisme. Le triomphe du libéralisme politique et économique qui a suivi n’a pourtant pas effacé Marx de notre culture politique. Bien au contraire, qu’on partage ou pas ses idées, son influence reste considérable. Au début du 21ème siècle, Karl Marx et sa pensée sont toujours bien là, incontournables.

Comment Karl Marx qui a développé une pensée de son temps, le capitalisme de la révolution industrielle du milieu du 19ème, a-t-il traversé les siècles ? Pourquoi Karl Marx reste-t-il si présent dans notre culture politique ? Pourquoi le désastre du communisme soviétique n’a pas renvoyé Marx dans les tréfonds des bibliothèques ? Marx est-il encore adapté au 21ème siècle ?

Ces questions seront au cœur de "Débats Première" ce mardi 10 octobre, en direct de 12h à 13h sur La Première.

la question mérite-t-elle d'être posée tant semble évidente la réponse ? Toutefois j'en poserais une autre : comment Marx est-il remis à la mode, pour en faire quoi ? Je n'ai pas encore vu Le jeune Karl Marx de Raoul Peck, mais il m'a semblé tant faire l'unanimité pour chez les marxistes (des trotskistes Michael Löwy sur le blog Contretemps, Vincent Présumey sur Médiapart, à Jean-Louis Roche le "maximaliste du Prolétariat universel", on l'encense) que contre chez les cinéphiles (de Libération aux Cahiers du cinéma). Un article de Mélanie Simon-Franza, « Le jeune Karl Marx » n’est pas marxiste repris par La tendance claire du NPA, tente de passer entre ces critiques positives et négatives, qui ne m'a pas convaincu, et déplu son « jeune Karl Marx ou l’appel à l’engagement citoyen »

que le film soit bon ou mauvais, fidèle ou pas, est-ce bien la question ? Il est semble-t-il plutôt réussi en tant que "biopic", mais le problème n'est-il pas d'avoir fait de Marx un biopic ? J'ai déjà dit que s'il s'agit des textes, autant les lire que les voir repris oralement dans la bouche d'acteurs aussi bons seraient-ils. J'ai toujours détesté les militants-leaders qui parlent comme des livres, et que ce soit Marx n'est pas pour changer mon opinion. Or c'est bien là que le bât blesse. Que nous dit cet article ?


Mélanie Simon a écrit:
« Lorsque le cinéma fait le portrait d’un homme ou d’une femme, l’individu est souvent sublimé, devient un mythe, une légende sur grand écran. [...] Il est toujours question de l’ériger en héros afin de maintenir le spectateur dans une bulle maitrisée, heureuse. » mais « Dans 'Le jeune Karl Marx', l’acteur Auguste Diehl n’incarne pas un héros à admirer que l’on connaîtrait déjà. [...] Et si, en réalité, 'Le jeune Karl Marx' n’était pas un film sur Karl Marx mais bien sur trois jeunes européens qui décident de changer le monde en luttant ensemble contre une société d’oppression et de répression à l’heure de la révolution industrielle ? [...] Et si Le jeune Karl Marx était cette rencontre nécessaire du spectateur avec le rôle principal qu’il se doit de tenir, acteur de la lutte et du changement ? »

on ne m'ôtera pas de la tête qu'un chef reste un chef, une vedette du militantisme une vedette, et un exemple à suivre un modèle sur mesure, mais de quoi ? On a vu et l'on voit encore suffisamment de brillants jeunes hommes qui s'y croient, des AG aux manifs, pour qu'il soit inutile de leur fournir des modèles clef en main

ce n'est donc pas le film qui est en question, mais le Marx qu'il donne à voir, plus qu'à entendre (faut s'accrocher pour suivre), et qui de fait est sans doute assez proche de ce qu'il fut, en un temps où il s'agissait de construire un parti d'avant-garde, son organisation avec ses chefs. Et l'on comprend alors la raison qu'ont nos trotskistes d'être sous le charme



c'est pourquoi à l'improbable ressemblance du trop beau pour être vrai August Diehl, trop vrai pour être faux, je préfère les images de Marx avec « ses traits stricts et ses contours de granit qui nous étaient si familiers, ceux d’un homme vieillissant, à la figure sage, figée, statique.» Plus il est vieux plus il est jeune, et plus il me plaît



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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Mar 10 Oct - 11:03


un NPA belge

c'est pas une vanne !


Les Trotskistes se muent en "Gauche anticapitaliste"

rtbf.info 09 octobre 2017

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR), petit parti trotskiste représentant en Belgique francophone de la Quatrième internationale, annonce lundi sa mutation en une nouvelle organisation baptisée "La gauche anticapitaliste" qui se veut proche de la base syndicale.


Citation :
Née Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT) dans les années 1970, la mouvance trotskiste avait poursuivi son cheminement à travers le Parti ouvrier socialiste (POS) jusqu'en 2006 avant de prendre l'appellation "Ligue communiste révolutionnaire" (LCR), suivant ainsi l'évolution française. Sous l'impulsion d'Olivier Besancenot, celle-ci a ensuite pris le nom en France, il y a bientôt dix ans, de Nouveau parti anti-capitaliste. Une évolution qui a gagné la Flandre il y a quelques années avec l'émergence du 'SAP - Antikapitalisten'.

Au fil des scrutins, le POS et la LCR s'étaient alliés, au gré des ententes, avec d'autres petites formations d'extrême gauche. En 2014, la LCR était présente sur les listes PTB-GO, dont l'harmonie a rapidement volé en éclat après le succès du PTB.

Parmi les figures de la Gauche anticapitaliste figure l'ex-secrétaire régional de la FGTB-Charleroi Sud Hainaut Daniel Piron, qui s'était opposé au PS en 2013, et qui fut accusé de diviser la gauche, marquée alors par les prémices des premiers succès du PTB. D'autres personnalités sont actives dans les luttes de soutien aux sans-papiers, notamment à travers un collectif 'Rien NVA plus'.


2014 : la Besancenotte en Houten tong *

* langue de bois en néerlandais
on apprend tous les jours quelque chose dans La nouvelle gazette des vannes


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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Mer 11 Oct - 10:44


loin du cinéma :

« Marx ne s'exprimait pas bien en public, il zozotait,
préférait travailler en coulisses, ça il savait faire...
»


Karl Marx, homme du XIX ème siècle


2013 fr 2017

entretien avec l'auteur, France Culture 53mn

à vrai dire je n'ai pas bien saisi la ferveur de l'auteur à démontrer sa thèse-titre. Prolongée de sa responsabilité dans le stalinisme, ça flaire la supercherie. Mais certains passages seront très durs aux oreilles des camarades pour qui leur dieu n'avait pas de défauts, ou sans importance dans sa "pratique théorique" et dans son œuvre, mais ils ont l'habitude des boules quies



ils pourront les ôter pour la suite, tout à fait passionnante :

Le Capital de Karl Marx (3/4) : Le fétichisme de la marchandise

Citation :
Karl Marx, Le Capital , I, section 1 Chapitre 4 « Le caractère fétiche de la marchandise et son secret », Folio, trad. Maximilien Rubel p.152-3

Puisque l’économie politique aime les robinsonnades, faisons d’abord paraître Robinson dans son île. Aussi modeste qu’il soit à l’origine, il n’en doit pas moins satisfaire des besoins divers, et, pour ce faire, accomplir toute une série de travaux utiles d’espèces diverses, faire des outils, fabriquer des meubles, domestiquer des lamas, pêcher, chasser, etc. [...] Malgré la diversité de ses fonctions productives, il sait qu’elles ne sont toutes que diverses formes d’activité du même Robinson, qu’elles ne sont donc que diverses modalités de travail humain. C’est l’urgence des besoins elle-même qui lui impose de répartir exactement son temps entre ses diverses fonctions. L’ampleur plus ou moins grande prise par telle ou telle fonction dans l’ensemble de son activité dépend du niveau plus ou moins élevé de difficultés qu’il lui faut surmonter pour atteindre l’effet utile visé. C’est l’expérience qui lui apprend cela, et notre Robinson, qui a sauvé du naufrage une montre, le grand livre de comptes, l’encre et la plume, a tôt fait de tenir la comptabilité de sa propre personne, en bon Anglais qu’il est. Son inventaire comporte un répertoire des objets d’usage qu’il possède, des diverses opérations requises pour les produire, et finalement du temps de travail que lui coûtent en moyenne des quantités déterminées de ces différents produits. [...] Et pourtant toutes les déterminations habituelles de la valeur y sont contenues.

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Mer 11 Oct - 16:32


les vannes d'un autre

conseillé sur Facebook :

Humans of Late Capitalism










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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Jeu 12 Oct - 18:09


ceci n'est pas une vanne

le charme persistant du programmatisme trotskiste

malgré la disparition de l'identité ouvrière de classe dans la restructuration globale du capitalisme depuis un demi-siècle, on peut assister au succès non démenti du Programme de transition de Trotsky en 1938, plus ou moins édulcoré, démocratisme radical et pincée d'anarchisme libertaire oblige, mais toujours recyclé avec autant d'ardeur par les militants trotskistes et néo-trotskistes

c'est surtout un bon prétexte pour ne plus interroger qu'à la marge le problème d'une révolution communiste, de ses contenus et de ses formes, notamment de sa dimension insurrectionnelle incontournable

une autre tactique trotskiste fait encore ses preuves, l'entrisme. Ils sont partout et bien souvent tirent les ficelles : c'est patent dans les colloques marxistes internationaux, l'idéologie de l'émancipation sans frontières de classes, les revues (Période...), dans les organisations décoloniales et en particulier au PIR. Cela ne les empêche pas, car ils sont des éponges point trop soucieuses de cohérence théorique, d'absorber des éléments d'opéraïsme (Tronti, Negri...) et d'autonomie ouvrière, comme le montre le recyclage des conseils ouvriers (Soviets) à l'occasion du centenaire de la Révolution d'Octobre

si j'avais un piolet...



bien évidemment un truc piqué, écrit par Pete Seeger en 1949



Pete Seeger ou les origines communistes du folk américain



« Je m’identifie toujours comme communiste.
Ce qu’en a fait la Russie à autant à voir avec le communisme
que ce qu’en ont fait les Eglises avec le christianisme. »

Pete Seeger 1995


ce qu'en ont fait les trotskistes a autant à voir avec la révolution que le Pape François est anticapitaliste

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Ven 13 Oct - 15:40


Citation :
The National Police Gazette, commonly referred to as simply the Police Gazette, was an American magazine founded in 1845. Under publisher Richard K. Fox, it became the forerunner of the men's lifestyle magazine, the illustrated sports weekly, the girlie/pin-up magazine, the celebrity gossip column, Guinness World Records-style competitions, and modern tabloid/sensational journalism






quel rapport avec la police, autre que celle des caractères ?

Citation :
It began as a chronicler of crime and criminals, intended for consumption by the general public. [...] Ostensibly devoted to matters of interest to the police, it was a tabloid-like publication, with lurid coverage of murders, Wild West outlaws, and sport. It was well known for its engravings and photographs of scantily clad strippers, burlesque dancers, and prostitutes, often skirting on the edge of what was legally considered obscenity.



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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Sam 14 Oct - 13:42


La Nouvelle Gazette ouvre ses vannes à la Nouvelle droite

affraid

Uber über alles !

Alain de Benoist, entretien avec Jean Paul Brighelli 9 octobre 2017  

La revue 'Eléments' mérite vraiment qu’on en parle. Mieux, elle mérite d’être lue, partagée, et relue. Collectionnée peut-être. Alain de Benoist, le philosophe anarchiste [sic], bon bougre et mauvais coucheur, qui veille sur sa destinée et y produit tous les deux mois des éditos vengeurs et des articles ravageurs (et vice versa), a bien voulu répondre à quelques questions à peine orientées, suscitées par le solide dossier du dernier numéro sur l’ubérisation à marches forcées à laquelle on soumet aujourd’hui la société française mondialisée, et qui nous prépare de jolis lendemains qui chanteront faux.


Citation :
Jean-Paul Brighelli. Voilà que vous détournez le « grand remplacement » ethnique cher à Renaud Camus par un « grand remplacement » économique : l’ubérisation de l’ensemble des sociétés libérales — française, entre autres. Pouvez-vous expliquer en quoi consiste cette mutation ?

Alain de Benoist. Le « grand remplacement économique », ce n’est pas tant l’ubérisation que le remplacement de l’homme par la machine, voire par l’intelligence artificielle, à laquelle conduit l’évolution même du travail, évolution dont l’ubérisation ne représente qu’un aspect.

On l’oublie trop souvent : le capitalisme, ce n’est pas seulement le capital, c’est également le salariat. C’est aussi le système qui repose sur la force de travail, base de la valorisation du capital, et la transformation du travail concret en travail abstrait, concomitante de la transformation de la valeur d’usage en valeur d’échange. La transsubstantiation du travail en argent, puis de l’argent en capital, produit l’autovalorisation de la valeur. Le travail au sens moderne est une catégorie capitaliste. La généralisation du salariat fut une révolution silencieuse, mais une mutation énorme. Hier on avait un métier, aujourd’hui on cherche un emploi. Le métier et l’emploi, ce n’est pas la même chose. L’avènement du marché où l’on peut vendre et acheter contre salaire de la force de travail implique à la fois la destruction des anciennes formes sociales et la séparation du travailleur d’avec les moyens de production.

La contradiction principale à laquelle se heurte aujourd’hui le capitalisme est directement liée à l’évolution de la productivité. Cette contradiction est la suivante. D’un côté, le capital recherche en permanence des gains de productivité lui permettant de faire face à la concurrence, ce qui entraîne des suppressions d’emploi et une diminution du temps de travail global (on produit de plus en plus de choses avec de moins en moins d’hommes). De l’autre, il pose le temps de travail comme seule source et seule mesure de la valeur. La contradiction tient au fait que les gains de productivité aboutissent à supprimer des emplois, alors que c’est justement la forme « emploi » qui a permis au travail d’être le moteur de l’expansion du capital. La contradiction entre le marché actuel du travail et la production réelle de survaleur fait que le système capitaliste est aujourd’hui menacé, non pas seulement d’une baisse tendancielle du taux de profit, mais d’une dévalorisation généralisée de la valeur.

Avec la révolution informatique et le développement de la robotique, la production de richesses se découple par ailleurs toujours davantage de la force de travail humaine, et pour la première fois on supprime davantage de travail qu’on ne peut en réabsorber par l’extension des marchés.

L’argument libéral classique est de dire que tout cela n’a rien de nouveau, que le progrès technique a toujours détruit des emplois, mais qu’il en a créé d’autres. On cite l’exemple de la révolte des canuts lyonnais contre les métiers à tisser, celui des luddites anglais ou celui des tisserands silésiens de 1844. On rappelle aussi la façon dont les emplois du secteur tertiaire ont remplacé ceux des secteurs primaire et secondaire. C’est oublier qu’aujourd’hui tous les emplois ne sont pas substituables, et qu’ils le sont même de moins en moins compte tenu de l’importance prise par les connaissances et de l’inégale distribution des capacités cognitives. Si dans le passé un paysan a pu se reconvertir en ouvrier sans grand problème, un ouvrier du bâtiment aura beaucoup plus de mal à se reconvertir en programmateur informatique. C’est pourquoi la robotique détruit aujourd’hui plus d’emplois qu’elle n’en crée.

Mais c’est oublier surtout que nous sommes en train de sortir de l’époque où les machines faisaient les choses aussi bien que l’homme pour entrer dans celle où les machines font beaucoup mieux. Cela change tout, car cela signifie que les machines peuvent désormais entrer en compétition avec des fonctions qui ne sont plus seulement manuelles ou répétitives, ce qui pose le problème de la décision : la machine est mieux placée pour décider puisqu’elle peut traiter mieux qu’un humain les informations dont elle dispose. C’est ce qu’avaient déjà biens vu Hannah Arendt et Günther Anders. Voilà pour le « grand remplacement » !

JPB. Vous reprenez le terme de « précariat », introduit en économie alternative par des alter-mondialistes et des anarchistes (italiens à l’origine) à la fin des années 1970 — quelques années à peine après le départ de la crise structurelle dont se nourrit depuis cette époque le libéralisme. En quoi consiste-t-il ?

AdB. La précarité, aujourd’hui, tout le monde la constate autour de soi. Face à la montée d’un chômage devenu structurel (et non plus seulement conjoncturel), la tendance actuelle, parallèlement au remplacement des activités productives par des emplois inutiles, qui sont en dernière analyse des emplois de contrôle, destinés à désamorcer les velléités de révolte sociale, est de chercher à diminuer le chômage en augmentant la précarité. C’est la mise en application du principe libéral : « Mieux vaut un mauvais travail que pas de travail du tout ». D’où l’idée de « flexi-sécurité », qu’il faut comprendre ainsi : la flexibilité c’est pour tout de suite, pour la sécurité on verra plus tard. Le refrain mille fois répété par le Medef est bien connu : plus on pourra licencier facilement, moins on hésitera à embaucher. Mais comment expliquer alors que la précarité ait constamment progressé en même temps que le chômage ?

C’est cette montée de la précarité qui a abouti en Angleterre à la multiplication des « travailleurs pauvres » (working poors) et aux contrats « à zéro heure » (on en compte aujourd’hui plus de 1,4 million), et en Allemagne, depuis les réformes Harz, aux « minijobs » (450 euros sans cotisations et sans couverture sociale) qui, en 2013, concernaient 7 millions de travailleurs, soit près de 20% de la population allemande active, parmi lesquels un grand nombre de retraités.

Mais la précarisation, c’est aussi de façon beaucoup plus générale la destruction de tout ce qui dans le passé était solide et durable, et se trouve aujourd’hui remplacé par de l’éphémère et du transitoire. Dans ce que Zygmunt Bauman a très justement appelé la société liquide, tout est à la fois liquéfié et liquidé. Que ce soit dans le domaine professionnel, sentimental, sexuel, éducatif, politique, social ou autre, nous vivons à l’ère du zapping : on « zappe » d’un partenaire à l’autre, d’un métier à l’autre, d’un parti politique à l’autre, comme on « zappe » d’une chaîne de télévision à une autre. Et dans tous les cas, le changement n’aboutit qu’à donner le spectacle du même. On est toujours déçu parce que, sous diverses guises, c’est toujours le même chose qui se donne à voir. L’idéologie du progrès joue évidemment son rôle : avant, par définition, c’était moins bien. Le politiquement correct (qu’il vaudrait mieux appeler l’idéologiquement conforme) joue le sien : en transformant les mots, la « novlangue » transforme les pensées. L’individualisme ambiant fait le reste.

JPB. Un chauffeur de taxi « ubérisé » gagne fort mal sa vie, en moyenne. Serait-ce là l’un de ces « bullshit jobs » nommés pour la première fois par David Graeber pour désigner des « boulots à la con » dans la sphère administrative (privée ou publique) et désormais étendus à l’ensemble de la sphère économique ? À une époque où les employés des grandes surfaces ne sont plus jamais embauchés à temps plein, afin de les tenir en laisse en les faisant vivre avec 800 euros par mois, où un prof débutant touche après 5 à 6 ans d’études 1400 euros par mois, en quoi la précarité concertée est-elle la solution la plus adaptée trouvée par le néo-libéralisme contemporain ?

AdB. Les promesses du « travail indépendant » (l’« ubérisation » de la société) sont de leur côté trompeuses, car la précarité y est la règle plus encore que dans le salariat. Dans le monde post-industriel, qui privilégie les connaissances plus que les machines, chacun se voit convié à « devenir sa propre entreprise » (à être « entrepreneur de soi-même ») pour valoriser ses « actifs incorporels », quitte pour les anciens salariés à devenir des travailleurs multitâches, courant d’une activité à l’autre, cherchant de nouveaux clients tout en s’improvisant juristes ou comptables. L’ubérisation n’est alors qu’un nouveau nom de la parcellisation et de l’atomisation du travail. La précarité devient la règle, car les résultats recherchés se situent sur un horizon de temps de plus en plus court. Plus que jamais, on perd sa vie en tentant de la gagner.

Sous couvert de « flexibilité » on recherche des hommes taillables et corvéables à merci, qui doivent sans cesse s’adapter aux exigences d’une économie dont on estime qu’ils doivent être les serviteurs, sinon les esclaves. La généralisation de la précarité, c’est l’avènement de l’homme substituable, interchangeable, flexible, mobile, jetable. C’est l’entière réduction de la personne à sa force de travail, c’est-à-dire à cette part de lui-même qui peut être traitée comme une marchandise. C’est la soumission à l’impératif de rendement, la vente de soi s’étendant à tous les aspects de l’existence.

JPB. Sur l’ensemble du dossier présenté par votre revue, je vous trouve terriblement marxiste — « le facteur économique est bien déterminant en dernière instance ». Peut-on cependant tisser un lien entre la réalité économique à laquelle on est en train de convertir l’ensemble de l’économie mondialisée, et l’homo festivus inventé par Philippe Muray ? Ou si vous préférez, dans quelle mesure l’ubérisation tous azimuts se conforte-t-elle de la société du spectacle — et vice versa ?

AdB. Pas du tout marxiste, mais marxien pourquoi pas ! Deux cents ans après sa naissance, il serait peut-être temps de lire Marx en étant capable de faire le tri entre les nombreuses facettes de sa pensée – en oubliant les « marxismes » et les « antimarxismes » qui n’ont fait qu’accumuler les contresens sur son œuvre. La philosophie de l’histoire de Marx est assez faible, mais il n’y a pas besoin d’être marxiste pour constater, avec lui, que notre époque est tout entière plongée dans les « eaux glacées du calcul égoïste ». Marx est à la fois l’héritier d’Aristote et celui de Hegel. Il a tort de ramener toute l’histoire humaine aux lutte de classes, mais il décrit à merveille celles de son temps. Ce qu’il écrit sur le fétichisme de la marchandise, sur la « réification » des rapports sociaux, sur l’essence de la logique du Capital (sa propension à l’illimitation, au « toujours plus », qui n’est pas sans évoquer le Gestell heideggérien), sur la théorie de la valeur, va très au-delà de ce qu’on a généralement retenu chez lui.

L’homo festivus dont parlait le cher Philippe Muray est en effet comme un poisson dans l’eau dans l’économie libérale aujourd’hui déployée à l’échelle mondiale. L’homo festivus ne cherche pas seulement à faire la fête tout en aspirant à se vider le crâne (il ne faut pas se prendre la tête !) grâce aux mille formes de distraction contemporaine, au sens pascalien du terme. Il est aussi celui qui a remplacé le désir de révolution par la révolution du désir, et qui pense que les pouvoirs publics doivent faire droit, y compris institutionnellement, à toute forme de désir, car c’est en manifestant ses désirs, quels qu’ils soient, que l’homme manifeste pleinement sa nature.

Cela s’accorde parfaitement à l’idéologie libérale, qui conçoit l’homme comme un être présocial, cherchant à maximiser en permanence son seul intérêt personnel et privé. Comme l’a si bien montré Jean-Claude Michéa, c’est parce que le libéralisme économique et le libéralisme « sociétal » (ou libertaire) sont issus du même socle anthropologique qu’ils ne peuvent à un moment donné que se rejoindre. La société du spectacle, où le vrai n’est plus qu’un moment du faux et où l’être s’efface totalement derrière le paraître, est le cadre idéal de cette rencontre. C’est la société de l’aliénation volontaire, qui croit que les rapports sociaux peuvent être régulés seulement par le contrat juridique et l’échange marchand, mais qui ne débouche que sur la guerre de tous contre tous, c’est-à-dire sur le chaos.

JPB. Vous notez qu’Emmanuel Macron est le chantre de cette ubérisation généralisée. Mais comment diable l’a-t-on élu ? Par un malentendu ? Grâce à l’écran de fumée médiatique ? Par un désir profond d’en arriver à un salaire universel garanti (le seul candidat qui le proposait était Benoît Hamon : un hasard ?) qui permettrait de vivoter dans la précarité sans plus poser de problème à un capitalisme financiarisé qui pourrait alors s’épanouir ? Mais alors, qui achètera les merveilleux produits fabriqués demain par les quelques travailleurs encore en exercice et une noria de machines « intelligentes » ? Bref, l’ubérisation serait-elle le premier pas vers la fin du libéralisme — l’ultime contradiction interne du système ?

AdB. Dans une démocratie devenue elle aussi liquide, Macron a su instrumentaliser à son profit l’épuisement du clivage droite-gauche et l’aspiration au « dégagisme » d’un électorat qui ne supportait plus la vieille classe politique. Il a également compris que l’alternance des deux anciens grands partis de gouvernement ne mettait plus en présence que des différences cosmétiques, et que l’heure était venue de les réunir en un seul. C’est ce qui lui a permis de l’emporter avec au premier tour moins d’un quart des suffrages exprimés.

Macron est avant tout un contre-populiste au tempérament autoritaire et à l’ego hypertrophié. Il reprend à son compte le clivage « conservateurs » contre « progressistes », mais c’est pour choisir la seconde branche de l’alternative : réunir les partisans de l’« ouverture » (en clair : les élites libérales de tous bords) contre les tenants de la « fermeture » (en clair : ceux qui s’opposent, instinctivement ou intellectuellement, à l’idéologie dominante). Contre ceux « d’en bas », il est le représentant de la Caste « d’en haut ». On voit bien aujourd’hui qu’il ne supporte pas qu’on lui résiste, qu’il n’aime pas les corps intermédiaires, qu’il est insensible aux aspirations populaires, qu’il n’a rien à dire à la France qui va mal. A un moment où les classes moyennes, menacées de déclassement et de paupérisation, sont en train de rejoindre les classes populaires, il démontre ainsi son intention de construire une « start up nation », en parfaite conformité avec une religion économique qui exige l’absorption du politique par la gouvernance. Cela augure plutôt mal de l’avenir.

il est toujours troublant de découvrir un tel discours "marxien", qui ne manque pas de recouper celui de la critique communiste radicale de post-ultragauche, dans la bouche d'un philosophe liée à l'extrême-droite, d'autant qu'ici Alain de Benoist ne fait pour ainsi dire pas de politique, pas de propagande pour ceux dont il est le plus proche idéologiquement (FN et Cie)

pour le comprendre il faut le replacer dans l'européisme identitaire qui est le credo de ce milieu politique, et que l'on retrouve sous une autre forme par exemple chez Jean-Louis Roche, maximaliste du Prolétariat universel, au demeurant bien moins bon "marxien" que de Benoist, puisqu'on ne trouve chez ce « dernier des marxistes » aucune analyse théorique du capitalisme contemporain

je n'ai toujours pas compris pourquoi de Benoist et ses thèses, que l'on trouve également chez le "communisateur" Francis Cousin (Radio Courtoisie, Égalité et réconciliation...), ne faisaient l'objet d'aucun commentaire critique de la part des théoriciens de la communisation. Cette politique de l'autruche, - ce dont on ne parle pas n'existe pas -, n'empêche ce courant d'avoir bien plus de relais médiatiques et d'influence idéologique. Mais n'ont-ils pas quelque point en commun ? Va savoir

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Sam 14 Oct - 18:52


3 en 1 !

La Gazette vous informe, vous forme, et vous déforme








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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Lun 16 Oct - 17:37


encore et en Corée



pour les plus patients

Alain Soral – À la découverte de la Corée du Nord

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Mar 17 Oct - 0:43


la naphtaligne générale
ou
le marxisme au musée

c'est fou ce que la révolution d'octobre réveille d'ardeur marxiste... à encenser le passé. Ce n'est pas d'aujourd'hui, mais... On pourrait décompter la proportion de documents du bon vieux temps, quand c'était mieux avant (qu'ils n'ont pas vécu), dans les revues en lignes et autres blogs marxistes ou anarchistes. Ça sent la naphtaligne générale

quelle meilleure preuve qu'ils n'inventent rien que ce repli sur le passé ? Si le capitalisme est son propre fossoyeur peut-être, leur marxisme c'est certain

- Des noms !
- les trots en général et en particuliers, libcom, Période, mondialisme.org, Vosstanie, la plupart des blogs anarchistes, et par ailleurs décoloniaux...

- Normal, l'histoire c'est important !
- ça dépend avec quelle plume on l'écrit et quelles lunettes on la lit

- Ça fait réfléchir !
- oui, comme un miroir, qui ne fait pas penser

- Ça alimente la théorie actuelle !
- oui, en gardien de musée ou restaurateur de tableaux de maîtres

- La théorie communiste est seule ?

- oui, seule à pouvoir sortir de ce qui l'a fossilisée

- C'est très excessif !
- oui, La Gazette est excessive à l'excès donc accessible à l'accès

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Mar 17 Oct - 20:54


il lui sera difficile de le nier :

Serge Thion est mort



Wikipédia a écrit:
Serge Thion, né en 1942 et mort à Créteil le 15 octobre 2017, est un journaliste et universitaire français, spécialiste de l'Asie du Sud-Est, ancien chercheur au CNRS, militant anticolonialiste devenu négationniste à partir des années 1970. [...]

À la fin des années 1970, il commence à s'intéresser au discours négationniste de Robert Faurisson, qui remet en cause l'existence des chambres à gaz et le nombre de morts pendant la Seconde Guerre mondiale. La question émerge au grand jour à la fin de 1978, avec la publication par Le Monde d'un texte de Faurisson, suivie de diverses interventions (Gabriel Cohn-Bendit, etc.) dans différents organes de presse. Notamment, un numéro de la revue Esprit en septembre 1980 traite à la fois la question du négationnisme (Pierre Vidal-Naquet) et du Cambodge (Serge Thion, Paul Thibaud). À cette époque, Serge Thion publie Vérité politique ou vérité historique ? et Faurisson Mémoire en défense, avec une préface de Noam Chomsky. Les deux livres paraissent aux éditions dirigées par Pierre Guillaume La Vieille Taupe, d'origine marxiste-libertaire (Guillaume venant de Socialisme ou Barbarie), mais ayant évolué vers le négationnisme au cours des années 1970.

Accusé par la suite d'avoir « remis en cause l'existence de crimes contre l'humanité », Serge Thion est révoqué en novembre 2000 de ses fonctions de chargé de recherche au CNRS par une commission présidée par l'historien François Bédarida. Il est régulièrement accusé par de nombreuses associations de promouvoir le négationnisme.

Avec Pierre Guillaume, il est considéré comme étant l'un des fondateurs du plus important média négationniste en langue française, le site Aaargh.


Citation :
Ouvrage édité à l'enseigne de La Vieille Taupe, avec la participation et sous la responsabilité de Jacob Assous, Denis Authier, Jean-Gabriel Cohn-Bendit, Maurice Di Scuillo, Jean-Luc Redlinski, Gàbor Tamàs Rittersporn et Serge Thion.

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Mer 18 Oct - 14:36


philosophie de la mégère... apprivoisée

c'est dans les vieilles marmites
qu'on ne fait pas la révolution










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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Jeu 19 Oct - 14:18


hommage à la Catalogne

l'indépendance en nos campagnes


via

@Courant Anarchostalinien


mais ce n'est (presque) pas une vanne !

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MessageSujet: Re: LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)   Ven 20 Oct - 15:36


Citation :
Un quadragénaire a été arrêté dans la nuit de mardi à mercredi, dans une ferme de La Chapelle-sur-Erdre, vers Nantes. Selon Ouest France, il a été surpris par l'agriculteur propriétaire des lieux, alors qu'il était en train de pratiquer un rapport sexuel sur une vache de 3 mois.
Arrêté et placé en garde à vue pour sévices de nature sexuelle envers un animal domestique, apprivoisé ou captif, le zoophile sera entendu au tribunal correctionnel de Nantes, le 20 février prochain.

ça veau bien une vanne, non ?

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