PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste

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Patlotch



Messages : 652
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste   Ven 22 Sep - 2:55


pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste

à l'heure où les théoricien.ne.s communistes essayent d'y voir clair dans la stratification des classes sociales dans le capitalisme contemporain, j'ouvre ce sujet pour un état des lieux, questions et problèmes posés à la lutte des classes comme antagonisme entre la classe capitaliste et... that is the question, même si l'exploitation au travail demeure la structure de base de l'existence du capitalisme comme mode de production (MPC), mais il n'est pas que ça, en raison de la multiplication des rapports sociaux qui entrent en jeux et 'perturbent' ce rapport social structurel

dans ce forum n'existe pas de sujet abordant cette question de manière générale, mais des sujets spécifiques par classes ou catégories sociales diverse, auxquels je renvoie :


- PROLÉTARIAT

- TRAVAIL et EXPLOITATION : Tous au boulot !? Précaires, chômeurs, expulsés, morts... mais...

- "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail

- DOMESTIQUES (travailleuses et travailleurs) / DOMESTICS WORKERS / Servants

- FÉMINISME et MARXISME : SEXES, GENRE, CLASSES, et CAPITALISME

- FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents

- ENFANTS au TRAVAIL dans le monde

- TRAVAILLEURS HANDICAPÉS

- "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, interclassisme, prolophobie

'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État...

- "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...

- et les "PETITS BLANCS" dans tout ça ?

- AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE

- LA GRANDE BOURGEOISIE CAPITALISTE : EXPLOITEURS et POLITIQUES

- PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes

- BIDONVILLES : SLUMS : BARRIOS DE TUGURIOS

- (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "EXPULSÉS", "NÈGRES du MONDE"...

dans le cadre de mon livre sur une éventuelle constitution en classe révolutionnaire contre le capital :

- 5bis. du LUMPENPROLETARIAT à la POPULATION en SURPLUS : une classe ? le SOUS-PROLÉTARIAT pour ou contre la révolution ?

- 5. UNE CLASSE POUR LA RÉVOLUTION sujet révolutionnaire, composition et constitution

si le rapport au travail est central dans le capital il n'est pas univoque selon des classes sociales telles que prolétariat, classes moyennes, et grande bourgeoisie, mais chacune d'elles est traversée par d'autres rapports sociaux, homme et femmes; nationaux et étrangers immigrés, et minorités ethnico-religieuses, et cela au sein d'un seul État-nation, par continents et mondialement, transnationalement, ça se complique, et plus encore du fait que le grand capital n'est plus structuré sur des aires nationales comme dans le fordisme, avant la restructuration globale engagée dans les années 1970...

le tout dépend également, pour ceux qui ont a un travail,  de la nature des fonctions effectuées : manuelles ou d'exécution, de production et conception, d'encadrement, quelquefois par les mêmes personnes ou dans les parcours professionnels. Dans le capitalisme en subsomption réelle - domination de tous les rapports sociaux - distinguer travail productif de plus-value, qui définit le prolétariat (industriel) le rapport au capital par l'exploitation, est devenu un casse-tête

pour commencer, deux articles qui posent quelques distinctions que nous retrouverons par la suite. Je ne suivrais nécessairement pas les auteurs dans leurs conclusions politiques, mais ici, elles restent discrètes :



Paul Bouffartigue est sociologue, directeur de recherche au CNRS. Il a dirigé Le Retour des classes sociales. Inégalités, dominations, conflits, paru à La Dispute en 2004, et codirigé avec Sophie Béroud Quand le travail se précarise. Quelles résistances collectives ?, à paraître également à La Dispute. La lutte des classes continue-t-elle d’exister sans classes mobilisées ? Nous lui avons posé la question.

Citation :
Peut-on parler de « classe ouvrière » aujourd’hui, face aux transformations du salariat, avec notamment la montée du secteur tertiaire ?

Paul Bouffartigues : Oui et non.

Oui, soit que l’on s’en tienne à la définition étroite qui est, de longue date, celle des « ouvriers » dans la classification socioprofessionnelle officielle – en gros, l’ensemble des travailleuses et travailleurs manuels salariés –, groupe qui existe bel et bien numériquement puisqu’il forme un quart de la population active ; soit qu’on actualise l’approche de Marx en se demandant qui sont, « objectivement », les producteurs des richesses aujourd’hui, ce qui conduirait à y inclure la plupart des salariés. Il est vrai que les frontières se sont largement brouillées entre les ouvriers et toute une frange des employés peu ou pas qualifiés, voire au-delà.

Non, si on écarte ces deux définitions, pour ne retenir que celle de la « classe pour soi » de Marx, celle qui est pleinement consciente non seulement de son existence mais également de son « rôle historique ». En particulier, il faut prendre acte que la notion de classe ouvrière n’est plus un opérateur de mobilisation politique, ne fait plus sens pour désigner un sujet politique révolutionnaire. Devant ces difficultés, les sociologues qui enquêtent sur le monde ouvrier utilisent plus volontiers maintenant la notion de « classes populaires », notion plus pragmatique et plus réaliste que celle de classe ouvrière, qui continue pour autant de faire référence aux clivages de classe, et qui rappelle que ces classes populaires – en gros, les ouvriers et employés – représentent toujours une bonne moitié de la population.

Les travaux récents sur les personnels d’encadrement remettent-ils en cause la thèse de la « moyennisation » de la société française, défendue dans les années 1980 ?

Paul Bouffartigues : Ces travaux montrent que l’espace du salariat intermédiaire est lui-même l’objet d’un processus de polarisation sociale, avec une minorité qui « tire son épingle du jeu », et une majorité qui est sous la pression des nouvelles contraintes, au travail et en dehors du travail, exercées par le capitalisme financiarisé. Sans dramatiser les dynamiques en cours chez les « classes moyennes », comparativement aux effets dramatiques de la crise dans de larges fractions des classes populaires, elles connaissent incontestablement des difficultés nouvelles, même si ce sont surtout les nouvelles générations qui les subissent de plein fouet.

Comment analyser la thèse de l’« individualisation du social », qui a marqué nombre de politiques sociales des vingt dernières années ?

Paul Bouffartigues : Qu’il y ait un processus historique de très longue durée – étudié en tant que tel par Norbert Elias [1] – de développement d’une « société des individus », est incontestable. Mais, comme le montre Robert Castel [2], l’individualisation du social n’a été possible que par le développement de multiples « supports » sociaux. Leur démantèlement, au nom de la « responsabilisation » des individus, perçus comme fondamentalement responsables de leurs malheurs, conduit tout droit à une formidable régression qui accentuera la précarisation des plus fragiles.

On parle beaucoup des groupes sociaux dominés, mais que sait-on aujourd’hui des classes dominantes, en particulier la grande bourgeoisie ?

Paul Bouffartigues : On en sait encore relativement peu de choses, malgré les importants travaux de Monique et Michel Pinçon [3] sur la grande bourgeoisie française. Ce déficit de connaissances reflète d’ailleurs le processus d’abstraction du capital et d’anonymisation de ses propriétaires, qui sont de plus en plus souvent des fonds de pension ou des fonds d’investissement. Quand des ouvriers licenciés séquestrent des cadres dirigeants à l’échelon d’un établissement – cadres qui ne sont que les gérants des affaires des grands actionnaires –, c’est une manière de protester contre cette anonymisation des décideurs, qui sont lointains et qui refusent de rendre des comptes. Reste qu’il y a des liens étroits et multiples entre la grande bourgeoisie traditionnelle, les hauts cadres dirigeants, et les détenteurs du capital financier. J’aime bien l’image de « dernière classe » utilisée par les Pinçon, pour dire que cette grande bourgeoisie est finalement la seule qui conserve l’ensemble des attributs d’une classe : communauté de situation, de destin, sentiment d’appartenance, et stratégies multiples de reproduction, stratégies dont font partie les actions en vue d’affaiblir le monde du travail. Au passage, cela confirme que la lutte des classes continue d’exister, mais que la configuration des classes qui résulte de cette lutte est, paradoxalement, caractérisée par l’effacement apparent des classes traditionnelles. A la limite, on a presque une « lutte des classes sans classes »...

Comment articuler la prise en compte des inégalités de genre et de race à l’analyse des groupes sociaux et des dynamiques sociales de classe ?

Paul Bouffartigues : On ne comprend pas grand chose aux réalités sociales concrètes si on ne prend pas en compte la combinaison, mieux l’intrication, de tous les grands rapports sociaux, qui sont d’ailleurs tous des rapports de domination sociale – rapports incluant la lutte contre cette domination. Par exemple le monde des employés est un monde féminin à 80 %, le genre féminin construit cette catégorie sociale. C’est encore plus vrai pour certains groupes professionnels, comme les infirmières. Toute une série d’enjeux et de luttes chez elles consistent à se dégager de l’héritage de la domesticité et du bénévolat qui pèse encore – leurs grandes luttes de la fin des années 1980 avançaient le mot d’ordre « ni nonnes, ni bonnes... » – sans renoncer à la contribution positive du genre féminin à la construction de la « compassion » qui soutient leur professionnalité. Autre exemple, le travail et les conditions spécifiques de son exploitation, et jusqu’au style des grèves chez McDo sont incompréhensibles sans prise en compte de la jeunesse, et du statut d’étudiant d’une partie de la main-d’œuvre. Et une fraction d’entre elle est formée de ces « jeunes des banlieues » qui forment également une partie de la clientèle. Dernier exemple, la lutte des travailleuses et des travailleurs sans papiers d’Ile-de-France pour leur régularisation. Elle n’a été possible que parce que ces salariés sont initialement inscrits dans des rapports de solidarité communautaires, mais au travers de cette action ils parviennent à retourner leur image négative d’« immigrés clandestins » dans celle positive de « travailleurs », et de « sans papiers », c’ est à dire injustement privé de ses droits légitimes.

Que peut-on dire de la conflictualité sociale en France, avec un éclatement mais aussi un renouveau des luttes, notamment chez les précaires ? Les conflits du travail sont-ils centraux pour comprendre les dynamiques sociales ?

Paul Bouffartigues : Aujourd’hui, la conflictualité sociale se voit d’abord dans la rue, et les salariés n’en ont pas le monopole. La jeunesse scolarisée est de longue date – depuis 1968 au moins – l’une des catégories la plus mobilisée collectivement, et ce de manière récurrente, selon un cycle qui mériterait d’être étudié. La conflictualité sur le lieu de travail est très vivace, mais moins visible que par le passé, car elle prend moins souvent la forme de grèves franches, et plus souvent celle de pétitions, délégations, refus des heures supplémentaires, aux côtés des formes plus traditionnelles de freinage... A mon sens ces conflits demeurent centraux pour comprendre les dynamiques sociales, parce que le travail demeure une expérience socialement et psychologiquement vitale pour les individus. Pour le pire – en l’absence de conflit collectif, c’est l’individualisation et la personnalisation des tensions qui l’emporte, avec la montée de la « souffrance » et du « stress » – et pour le meilleur : l’action collective, même quand elle échoue dans l’immédiat, accroît le pouvoir d’agir et fait reculer le sentiment d’indignité et de fatalité.

Quel serait pour vous le rôle d’une sociologie critique ?

Paul Bouffartigues : Travailler en lien – ce qui ne veut pas dire en rapport de subordination – avec les mouvements et les acteurs sociaux : mettre à disposition la masse des savoirs critiques accumulés à l’Université sur le monde social ; apprendre de l’expérience sociale, tout particulièrement dans les moments « chauds » des conflits, traditionnellement trop peu explorés, ce qui signifie développer une connaissance critique qui ne soit pas désespérante mais réappropriable par les acteurs sociaux, dans la mesure où elle peut mettre au jour les contradictions dans la domination ; contribuer, modestement, aux tentatives pour repenser l’alternative sociale...

Propos recueillis par Violaine Bertho (AL93)

[1] Norbert Elias, La société des individus, Fayard, 1991.
[2] Robert Castel, Les métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat, Folio essais, 1999.
[3] Voir notamment leur contribution dans Le retour des classes sociales. Inégalités, dominations, conflits.


Par Paul Bouffartigue, sociologue au CNRS, Marie Cartier, de l'université de Nantes, Isabelle Coutant, du CNRS, Olivier Masclet, de l'Université Paris-Descartes, Nicolas Renahy, de l'Inra, Yasmine Siblot de l'Université Paris-VIII (1) et Nasser Mansouri- Guilani, économiste.

Citation :
Quand la lutte des classes brouille les repères  de(s) classe(s)… par Paul Bouffartigue Sociologue au CNRS, a dirigé "le Retour des classes sociales" (nouvelle édition, février 2015).

À l’aide de Marx, pour qui les classes se construisent dans leur(s) lutte(s), on comprend mieux les paradoxes du présent. Notre société est plus que jamais une société de classes : s’y radicalise et s’y universalise un conflit central entre une oligarchie soudée aux intérêts de la finance et le peuple. D’ailleurs, la conscience qu’il existe une lutte des classes semble vivace. Pourtant, il nous faut prendre acte – et tenter d’en comprendre les sources et les implications – du bouleversement des anciens contours et identités de classe, du basculement du sentiment d’appartenance à la classe ouvrière vers celui de classe moyenne. Y compris dans de larges segments des classes populaires. C’est que les formes actuelles de la lutte de classe se traduisent par un paysage social où ont été largement balayées les représentations des classes consolidées lors des années 1930 à 1960, et profondément modifiées les conditions matérielles d’existence qui leur sont associées. En tant que classe en soi, il n’est guère difficile de repérer une vaste classe des travailleurs salariés, subalternes et intermédiaires, diversement soumise aux processus d’exploitation et de domination. Mais elle ne fait pas face, en soi, à la grande bourgeoisie, quant à elle toujours aussi consciente et mobilisée. Elle paraît éclatée, sous l’effet, entre autres, du chômage de masse, de la précarité, des discours populistes et xénophobes, d’un sentiment d’abandon par les gauches.

Point de repère pertinent pour décrire notre société, les classes le demeurent. Les sources statistiques le confirment : les inégalités, les distances et les proximités entre grands groupes socioprofessionnels ont un caractère systémique. Classes populaires, moyennes et supérieures peuvent être distinguées au regard de la distribution de leurs avoirs et de leurs pouvoirs. Les sources socio-ethnographiques permettent quant à elles d’affiner ce tableau. Elles montrent comment s’intriquent aux rapports de classe d’autres rapports sociaux – de sexe, de race, de générations – en construisant pratiques et identités sociales concrètes… Tout en amenant rarement les individus, par ailleurs objectivement membres des classes populaires, à se reconnaître subjectivement dans ces dernières. La montée d’un sentiment de paupérisation ou de déclassement social et d’hostilité aux classes dirigeantes va de pair avec la montée des conflits identitaires et du ressentiment pour les plus pauvres, perçus comme assistés. Et même lors des hauts de cycles de conflictualité sociale, la contestation peine à se situer sur le terrain de l’alternative politique.

Parmi les nombreux éclairages à ces paradoxes, un retour critique sur l’histoire du mouvement ouvrier est utile : des séquelles laissées par la marginalisation des orientations syndicales et politiques privilégiant l’auto-organisation des dominés, à celles de la question coloniale, en passant par les questions du travail et du consumérisme, de l’adhésion au mode de développement fondé sur le fordisme. La nostalgie des classes d’antan paralyse l’action. Aucun groupe ne remplacera le groupe ouvrier comme noyau fédérateur. Une nouvelle vision, moins sociologique et plus politique, de la mobilisation, de l’unification et de la promotion possibles des opprimés dans les conditions contemporaines, reste à construire.

Des inégalités reproduites de génération en génération, par Marie Cartier Université de Nantes, Isabelle Coutant CNRS, Olivier Masclet Université Paris-Descartes, Nicolas Renahy Inra et Yasmine Siblot Université Paris-VIII (1)
(1) Auteurs de Sociologie des classes populaires contemporaines. Éditions Armand Colin, 2015, 368 pages, 34 euros.

Il semble aujourd’hui plus facile de parler de classes sociales pour décrire le haut de la société que le bas. La croissance des inégalités de richesse économique, le maintien des écarts de richesse culturelle en dépit de la massification scolaire, la culture d’un entre-soi résidentiel dans des espaces proches des centres urbains offrent aux groupes sociaux les mieux dotés des conditions d’existence et un avenir privilégiés, pour eux-mêmes comme pour leurs enfants. Finalement, que de larges parties de la France d’en haut, quand bien même celles-ci sont loin de se reconnaître toujours comme telles, forment une classe à la fois sur le papier (on peut repérer des propriétés communes et distinctives) et mobilisée (qui sait défendre ses intérêts), est un fait peu discuté.

Mais parler de classes populaires fait davantage problème. Ces groupes seraient trop fragmentés pour qu’on puisse parler de classe. Il est vrai que les classes populaires contemporaines que l’on définit un peu mécaniquement en agrégeant les ouvriers et les employés forment un ensemble hétérogène, lui-même structuré par des inégalités qui désavantagent les non-qualifiés, les femmes et les immigrés. Ces inégalités, plus documentées qu’autrefois, sont aussi plus fortes du fait de la divergence des conditions d’emploi : ouvriers et employés stables des fonctions publiques et des grandes entreprises ont aujourd’hui un avantage certain sur ceux des petites entreprises ou sur les contractuels voués au chômage et à la précarité. Mais, s’il existe bel et bien des écarts en matière de stabilité des conditions économiques d’existence et de style de vie entre ouvriers et employés et en leur sein, ces écarts sont moins importants que ceux qui, encore et toujours, les séparent des classes moyennes et supérieures.

C’est net en termes de salaires (écarts de 1 à 3) et encore plus de patrimoine (écarts de 1 à 10, voire de 1 à 100 si on compare les ouvriers non qualifiés aux professions libérales), mais aussi sur tous les autres plans : les ouvriers et les employés consacrent une part toujours plus importante de leur budget pour se loger et se nourrir et toujours moins pour se distraire ou partir en vacances. La mortalité des employés et surtout des ouvriers est plus élevée, de même que leur exposition aux maladies et accidents professionnels ou encore à la vieillesse en situation de dépendance. L’accès aux études pour leurs enfants se fait toujours principalement dans des filières courtes et peu valorisées. Enfin, la hausse continue de l’abstention et des votes intermittents parmi les ouvriers et les employés, l’éclatement de leurs votes entre gauche et extrême droite, mais aussi le recul de leur part parmi les dirigeants politiques, les élus, les militants marquent une différence forte avec les autres groupes sociaux.

Par-delà ces indicateurs d’inégalités, trois processus rapprochent aujourd’hui ouvriers et employés, et entretiennent leur position sociale dominée.

1. L’assignation des moins diplômés à des activités professionnelles peu considérées, souvent usantes physiquement mais aussi psychologiquement (les véritables situations de tension au travail, celles où les exigences du travail sont élevées, mais les ressources pour y faire face absentes, concernent davantage les salariés d’exécution) et qui s’effectuent de plus en plus souvent selon des horaires atypiques ou décalés, très contraignants pour la vie familiale et personnelle.

2. Une raréfaction depuis les années 1980 des voies de promotion vers les professions intermédiaires et des possibilités d’accès au statut de petit fonctionnaire ou d’indépendant : à l’inverse, les circulations entre employés et ouvriers se sont accrues entre générations.

3. Les alliances conjugales restent fortement inscrites dans la classe sociale d’origine – 40 % des couples sont formés d’ouvriers, d’employés ou d’inac-
tifs –, cette homogamie sociale contribuant largement aux mécanismes de la reproduction des inégalités d’une génération à l’autre. Ces processus concrets donnent aujourd’hui à l’expérience individuelle du salariat d’exécution la consistance d’une condition de classe. La démobilisation politique des ouvriers et des employés, visible depuis les années 1980, n’enlève rien à la pérennité de cette condition.

Nourrir la conscience de classe par Nasser Mansouri-Guilani, économiste

La réponse se trouve dans les propos d’un financier américain : il y a une lutte des classes dans le monde et, pour l’instant, c’est ma classe qui l’emporte ! Cette formulation exprime une identité de classe à travers la lutte des classes. Sans cette identité, le mot devient pervers, par exemple lorsqu’on parle de la classe politique qui gouverne le pays de façon indifférenciée. Une telle formule favorise le simplisme et l’extrême droite.

Le concept de classe est un repère pour la compréhension de la société et la transformation sociale. Dans un système capitaliste, les rapports sociaux sont définis selon les intérêts conflictuels de deux entités bien distinctes : le capital et le travail. Il s’agit de l’exploitation du travail par le capital. L’identité de chaque classe est déterminée selon sa place dans les rapports d’exploitation et de domination ; elle s’exprime par un ensemble de positionnements politiques, idéologiques, voire culturels. Le concept de classe exprime une réalité mouvante car le système évolue en permanence, ce qui rend plus difficiles la compréhension et l’explication de l’exploitation et des rapports conflictuels entre les individus ou les groupes d’individus qui représentent le travail et le capital. Jadis, le patron représentait le capital et l’ouvrier le travail. À présent, le monde du travail englobe un ensemble plus vaste : un salariat plus qualifié mais précarisé et une armée de réserve de privés d’emploi. Le patron, à qui on a affaire quotidiennement, est souvent salarié, représentant et agissant pour le compte des propriétaires ou actionnaires. Les actionnaires sont souvent anonymes et transnationaux. Parfois, ce sont des fonds de pension ou autres fonds qui agissent pour le compte des salariés. Enfin, le salarié peut être aussi actionnaire et porter en son sein la contradiction entre le travail et le capital.

Malgré ces complexités, la réalité demeure : dans le système capitaliste, les intérêts du capital et du travail sont conflictuels. Si, en tant que salariés, les gens veulent avoir de meilleures conditions, plus de salaire, plus de formation…, ces revendications entrent en conflit avec la logique de rentabilité qui motive la production capitaliste. Dans le contexte de la mondialisation et du développement des marchés financiers, partout dans le monde la part des travailleurs dans les richesses qu’ils produisent diminue. Plus que jamais, nous assistons à une communauté d’intérêts des travailleurs.

Contrairement aux apparences, les travailleurs français résidant dans les régions sinistrées ont plus d’intérêts communs avec les travailleurs des autres pays qu’avec leurs compatriotes français propriétaires des sites fermés ou des entreprises délocalisées. Comprendre et expliquer cette réalité est difficile mais indispensable pour la transformation sociale. On retrouve là la question de la construction d’une conscience de classe pour connaître ses intérêts et devenir acteur de la transformation sociale. De ce point de vue, les détenteurs de capitaux et leurs protecteurs sont en avance. Un ensemble de facteurs contribue à l’affaiblissement de la conscience de classe des travailleurs : pratiques patronales et pression idéologique des libéraux et des médias ; abandon de l’idée de progrès social par une partie de la gauche ; peur d’assumer l’identité de classe des travailleurs par crainte d’être taxé d’archaïsme…

Profitant des dégâts du libéralisme, le FN mobilise le vote populaire au service des intérêts du capital. Assumer, haut et fort, l’identité de classe des travailleurs – au lieu d’employer des formules vagues comme les classes moyennes – est, pour les progressistes, le meilleur moyen de lutter contre la montée du FN.

UN OBJET SOCIOLOGIQUE RETROUVÉ
« La fin des classes sociales semblerait une évidence pour de nombreux auteurs contemporains, au point que cette question a disparu de la production des sciences sociales (…). Objectivement visibles mais subjectivement désarticulées, les classes sociales sont porteuses d’un avenir plus ouvert qu’on ne le conçoit généralement. » Louis Chauvel (OFCE).



Dernière édition par Patlotch le Ven 22 Sep - 8:10, édité 1 fois
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Patlotch



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MessageSujet: Re: 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste   Ven 22 Sep - 4:11


prolétariat révolutionnaire, classe moyenne contre-révolutionnaire
la topologie marxiste remise en cause

dans la tradition marxiste, à la suite de Marx, le rapport antagonique entre prolétariat et capital, via son exploitation dans les grandes usines avec la possibilité qui en découle de s'unir sur la base de ses intérêts communs, cette division de la société/mode de production en deux grandes classes détermine la vision des autres classes relativement à ce rapport

j'écris 'tradition marxiste' et non 'marxienne' puisque la classe moyenne ayant émergé au milieu du 20e siècle n'existait pas de sont temps, et que Marx n'a donc pas pu la théoriser

si beaucoup de théoriciens et militants marxistes ont abandonné non ce schéma, mais l'idée (tirée de Luttes de Classes en France de Marx où il distingue 7 classes sociales), mais celui d'une représentation politique par classes bien tranchée, tous en sont restés à ce schéma structurant, même après le constat de la disparition de l'identité ouvrière, c'est-à-dire de la classe pour soi, consciente de ses intérêts et organisée en syndicats et partis. Beaucoup parient sur la recomposition de ce sujet révolutionnaire, et ce présupposé, que rien ne vient confirmer dans les luttes actuelles, détermine leur compréhension des classes sociales, notamment des classes moyennes, qui envahit tout le champ de leurs observations (on y parle très peu, par exemple, de la paysannerie, de la distinction de genre ou de celle entre générations dans la participation aux luttes, de la forte mobilité entre travail, précariat, et chômage qui rend l'appartenance de classe mouvante, entre paupérisation et prolétarisation, de la composition des familles et des enfants à charge...)

c'est le cas de l'étude de Hic Salta Le ménage à trois de la lutte des classesPour une définition marxienne de la CMSsur la base du "sur-salaire". Cette étude est reprise par le texte italien du groupe Il Latto Cattivo, Foto dal Fenestrato, avec un graphique des classes (p.9) tout bonnement inapte à rendre compte de l'interconnexion complexe de rapports sociaux autour de l'axe du travail. On y trouve l'affirmation indiscutable que cette classe moyenne salariée est intrinsèquement contre-révolutionnaire comme le prolétariat révolutionnaire par nature, en raison de sa position dans les rapports de production ou par son caractère de 'sans réserve', n'ayant pour vivre que sa force de travail, puisque sa définition se promène entre ces deux définitions qui étaient celles de Marx

il faudrait encore montrer que le salaire+sursalaire des salariés de la classe moyenne ainsi définie est toujours ou massivement supérieur au salaire des vrais prolétaires, d'entreprise à entreprise, de branche à branche, ou de pays à pays. Et montrer ce qui différencie un sous-prolétaire ruiné venu de cette classe moyenne d'un autre du vrai prolétariat, une fois 'sans réserve' : est-il prolétarisé ou seulement paupérisé ? Et suivre s'ils y participent leurs comportements dans les luttes et non se contenter de les comparer bloc à bloc à partir de statistiques officielles et d'une promenade au bord des manifestations

je n'en reprends pas ici d'autres remarques figurant dans sujet sur les classes moyennes, et se trouve maintenant contredite par une nouvelle génération de théoriciens portant leur attention sur les fragmentations non plus sulement à partir du rapport au travail, mais selon les rapports sociaux de genre, de race, de nationalités...

voir également le fil du LUMPENPROLETARIAT à la POPULATION en SURPLUS : une classe ? le SOUS-PROLÉTARIAT pour ou contre la révolution ?

cela ne signifie pas que les classes moyennes n'existent pas, qu'elles ne sont pas a priori moins portées à remettre en cause un système économique dans lequel elles n'ont pas que leurs chaînes à perdre, mais qu'elles peuvent, ou partie des individus qui les composent, le remettre en cause pour une autre raison : le racisme, produit par le capital; la domination masculine conditionnée par le capital; la pollution industrielle et ses catastrophes, produites par le capital; et pour nombre de jeunes leur ras-le-bol de ce monde de merde : le capital

par conséquent, il est très difficile d'affirmer que les classes moyennes, ou la classe moyenne salariée, est une classe pour soi défendant en bloc ses intérêts communs contre-révolutionnaires quand le prolétariat, lui, serait absout, en attendant qu'il bouge dans le bon sens, ce qui ne s'observe plus depuis quatre décennies, pour autant qu'il n'ait pas toujours défendu ses intérêts de survie dans le capitalisme, cad qu'il n'ait jamais été révolutionnaire au point de mettre à son programme l'abolition du capitalisme

on n'est pas loin, chez les marxistes, de tirer un trait d'égalité classe moyenne = petite bourgeoisie, un schéma plus simpliste que les 7 classes de Marx en 1850 : l'aristocratie financière, la bourgeoisie industrielle, la bourgeoisie commerçante, la petite bourgeoisie, la paysannerie, le prolétariat, le sous-prolétariat




autrement dit, on se trouve confronté à un modèle idéologique grossièrement économiciste incapable de rendre compte de l'importance des aspects subjectifs dans l'entrée en lutte ni de leurs contenus et objectifs, et pas suite de la possibilité d'une subjectivation révolutionnaire sans rapport strict avec la détermination de la conscience de classe qui fondait la révolutionnarité du prolétariat industriel

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MessageSujet: Re: 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste   Ven 22 Sep - 4:20


augmentation du chômage dans le monde



non emploi des jeunes



Youth unemployment around the world Global - KIB September 2013

autres cartes et graphiques : unemployment rate in the world

enfants au travail






Pourcentage d’enfants âgés de 5 à 14 ans qui travaillent (1999–2006)


en fonction des caractéristiques familiales (1999–2006)

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MessageSujet: Re: 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste   Ven 22 Sep - 4:39



OIT : La main-d’œuvre mondiale compte 150 millions de migrants 16 décembre 2015

Une nouvelle étude statistique de l'OIT se penche sur les travailleurs migrants, avec notamment des statistiques par région de destination et secteur d'activité ainsi qu'un focus sur les travailleurs domestiques migrants

Deux tiers des migrants dans le monde sont des travailleurs, selon l'OIT

Répartition des travailleurs par région, secteur d'activité et sexe
afp.com/Vincent LEFAI

GENÈVE (OIT Info) – Les travailleurs migrants représentent 150,3 des quelque 232 millions de migrants dans le monde selon une nouvelle étude de l’Organisation internationale du Travail (l’OIT)

Le rapport, Estimations mondiales de l’OIT sur les travailleurs migrants, montre que les travailleurs migrants constituent 72,7 pour cent des 206,6 millions de la population immigrée en âge de travailler (âgée de 15 ans et plus). La majorité d’entre eux sont des hommes – 83,7 millions – et 66,6 millions sont des travailleuses migrantes.

Citation :
Le phénomène des migrations de main-d’œuvre concerne toutes les régions du monde, même si près de la moitié (48,5 pour cent) des travailleurs migrants se concentrent dans deux grandes régions: l’Amérique du Nord et l’Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest. Les Etats arabes se caractérisent par la plus forte proportion de travailleurs immigrés dans l’ensemble de leurs travailleurs, avec un taux de 35,6 pour cent.

L’étude examine aussi la répartition de la main-d’œuvre immigrée dans les grands secteurs d’activité. La grande majorité des travailleurs migrants se trouve dans le secteur des services, avec 106,8 millions de travailleurs représentant 71,1 pour cent du total, suivi par l’industrie, y compris la production manufacturée et la construction, avec 26,7 millions de travailleurs (17,8 pour cent), et par l’agriculture avec 16,7 millions de personnes (11,1 pour cent). Parmi tous les travailleurs migrants, 7,7 pour cent sont des travailleurs domestiques.

«Cette évaluation montre que l’immense majorité des migrants part en quête de meilleures perspectives d’emploi. En appliquant une méthodologie robuste, nous pensons enrichir considérablement notre base de connaissances sur les migrations et offrir une base solide pour élaborer des politiques migratoires efficaces»,
a déclaré Manuela Tomei, Directrice du département des conditions de travail et de l’égalité (WORKQUALITY).

Des taux d’activité élevés chez les travailleurs migrants



What is the likelihood of migrant men and women to be in the labour force?


Taux d'activité mondiaux des migrant(e)s et des non-migrant(e)s, par sexe, 2013

En général, les migrants ont une plus forte propension à travailler que leurs homologues locaux. Ces taux d’activité plus élevés sont pour l’essentiel associés à une proportion plus élevée de femmes migrantes dans la main-d’œuvre.

Les données utilisées pour le calcul des estimations figurant dans ce rapport font référence aux travailleurs migrants dans le pays de destination et mesurent le nombre de migrants en 2013. Les données de 176 pays et territoires représentant 99,8 pour cent de la population mondiale en âge de travailler (âgée de 15 ans et plus) ont été intégrées dans cette étude.

Gros plan sur les travailleurs domestiques migrants

Le rapport met aussi l’accent sur les chiffres mondiaux élevés concernant les travailleurs domestiques migrants et les fortes disparités hommes/femmes dans ce secteur.

Le travail domestique est l’un des secteurs les moins régulés de l’économie et, à ce titre, préoccupe particulièrement l’OIT. En raison de la concentration des travailleuses migrantes et de la visibilité relativement faible de la main-d’œuvre dans ce secteur, de multiples formes de discrimination se superposent.

Sur les quelque 67,1 millions de travailleurs domestiques dans le monde, 11,5 millions, ou 17,2 pour cent, sont des migrants internationaux. Environ 73,4 pour cent (soit environ 8,5 millions) de tous les travailleurs domestiques migrants sont des femmes. L’Asie du Sud-Est et le Pacifique en accueillent la plus grande part, avec 24,0 pour cent de la totalité des travailleuses domestiques migrantes, suivis par l’Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest, avec 22,1 pour cent du nombre total, et les Etats arabes avec 19,0 pour cent.

Avec le vieillissement des sociétés et d’autres évolutions démographiques et socioéconomiques, les travailleurs domestiques migrants devraient continuer à s’expatrier massivement pour satisfaire les besoins en matière de soins et de services domestiques.


Répartition des travailleurs domestiques migrants par sexe



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MessageSujet: Re: 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste   Ven 22 Sep - 5:11


États-Unis
des inégalités salariales plus fortes selon d'autres catégories que la fonction au travail par classes sociales

en clair, un ouvrier blanc peut gagner davantage qu'un cadre noir ou latino, différence accrue selon le sexe


Median weekly earnings of full-time wage and salary workers, by sex, race, and ethnicity, U.S., 2009

à relativiser avec le pourcentage de ces catégories raciales dans la population laborieuse




Citation :
Women and minorities have entered higher paying occupations, but their overall earnings still lag behind those of white men. Why? Looking nationwide at workers across all employment levels and occupations, the author examines the unexpected ways that prejudice and workplace discrimination continue to plague the labor market. He probes the mechanisms by which race and sex groups are sorted into "appropriate" jobs, showing how the resulting segregation undercuts earnings. He also uses an innovative integration of race-sex queuing and segmented-market theories to show how economic and social contexts shape these processes. His analysis reveals how race, sex, stereotyping, and devaluation interact to create earnings disparities, shedding new light on a vicious cycle that continues to the leave women and minorities behind.



écart salarial hommes-femmes par 'races'



autres données

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MessageSujet: Re: 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste   Ven 22 Sep - 7:18


un "sous-salaire" pour une sale "race sociale" ?

La galère des jeunes d'origine maghrébine pour trouver un travail

L'Express, 23/12/2015

Une nouvelle étude rend compte des difficultés d'accès à l'emploi des candidats issus de l'immigration nord-africaine. Ces jeunes mettent plus de temps à décrocher un travail stable et restent surreprésentés aux postes les plus précaires.


A l'heure de trouver un premier emploi, le chemin est beaucoup plus complexe pour les jeunes d'origine maghrébine, selon une étude du Céreq. Reuters/Eric Thayer

Citation :
Il existe bien une "pénalité maghrébine" dans l'accès à l'emploi. Une nouvelle étude du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq), consacrée aux débuts de carrière des jeunes issus de l'immigration nord-africaine, confirme les conclusions de plusieurs précédentes enquêtes : à l'heure de trouver un premier emploi, le chemin est beaucoup plus long et tortueux pour les candidats dont les deux parents sont nés étrangers en Tunisie, au Maroc ou en Algérie, que pour tous les autres.

L'analyse s'appuie sur les données de l'enquête Génération 2004, une cohorte de Français sortis de formation cette année-là, puis suivis pendant sept ans. Or les jeunes d'origine maghrébine sont défavorisés à chaque étape de leur parcours, non seulement par rapport aux Français d'origine française, mais aussi vis-à-vis des jeunes issus de l'immigration d'Europe du Sud, Portugais en tête.

Quand ces derniers passent en moyenne sept mois au chômage dans les sept premières années de leur vie active, le chiffre grimpe à 27 mois pour les enfants d'immigrés nord-africains. Les délais d'obtention d'un contrat stable sont également beaucoup plus longs et ils connaissent plus de "séquences d'emploi", autrement dit une alternance entre travail et chômage, signe d'un enchaînement de contrats précaires.




Une partie de ces inégalités s'explique par les difficultés sociales et économiques que rencontrent les Français d'origine maghrébine. Ils restent moins diplômés, notamment à cause d'une "orientation contrariée" qui alimente l'échec scolaire. 40% sont enfants d'ouvriers contre 12% pour les Français d'origine, 23% résident dans des zones urbaines sensibles, etc. Mais "ces facteurs ne permettent pas de rendre compte de l'intégralité de ces écarts dans l'accès à un emploi, a fortiori un statut stable, ce qui confirme l'existence d'une discrimination à l'embauche à l'encontre de cette population", avance l'étude.

Des emplois de "mauvaise qualité"

Car même embauchés, les jeunes issus de l'immigration nord-africaine décrochent des emplois de moins bonne "qualité" que leurs homologues nés de parents français. Un "désavantage" qui "se maintient après sept ans de vie active" et ne se retrouve pas chez les jeunes originaires d'Europe du Sud. Les salariés d'origine maghrébine sont surreprésentés dans les emplois précaires et le sous-emploi - des CDD, des contrats d'intérim ou aidés, avec des salaires proches du smic, sans perspective d'évolution, voire à temps partiel... Ils sont nettement moins nombreux en CDI et dans la fonction publique, aux postes qui ouvrent des possibilités d'augmentation et de promotion...

source : CEREQ Les débuts de carrière des jeunes issus de l’immigration : une double pénalité ? PDF décembre 2015

- Tableau 1 • Caractéristiques et perceptions des emplois occupés en 2007 et 2011 selon l’origine (%)

Citation :
Ainsi, le désavantage lié à l’origine maghrébine, particulièrement fort dans l’accès à l’emploi et accentué par la discrimination à l’embauche, apparaît également, bien que dans une moindre mesure, au niveau de la qualité des emplois occupés. Cette «double pénalité» est principalement liée aux difficultés rencontrées en amont, à une récurrence des situations de chômage et à des phénomènes de discrimination. La crise économique accentue néanmoins leur désavantage et les cantonne à des segments du marché du travail caractérisés par une précarité de l’emploi.

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MessageSujet: Re: 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste   Ven 22 Sep - 8:05


une discrimination raciale interclassiste



Contrôleuse du travail, j'ai été victime de discrimination raciale. Un comble

Mornia Labssi L'Obs 18-04-2016
Édité et parrainé par Louise Auvitu

La discrimination raciale existe-t-elle au sein du ministère du travail ? Mornia Labssi, 41 ans, contrôleuse du travail, estime en avoir été victime. Blocage indemnitaire, comportements abusifs et pressions à son encontre… pour cette représentante syndicale CGT, cette situation s’explique essentiellement par son origine raciale. Après avoir démissionné de son mandat syndical, elle a décidé de porter l’affaire en justice. Témoignage.


Citation :
En 2002, j’ai passé les concours administratifs de catégorie C pour devenir adjoint administratif. En 2010, j’ai décroché celui de contrôleur du travail.

Pour moi, le ministère du Travail se doit d’être un modèle de diversité et d’égalité professionnelle. Cela devrait être dans sa vocation même. Le sexisme existe, mais jamais je n’aurais pu concevoir que le fait d’être une femme, syndiquée et d’origine maghrébine puisse poser un problème dans ma carrière.

Pourtant, tout a basculé en 2012, année durant laquelle un changement de direction s’est opéré. Jusqu’à ce jour, on m’avait toujours jugée compétente.

Tout s’est fait de manière insidieuse

Au départ, je ne me suis rendu compte de rien. Non seulement parce que mon travail consistait à lutter contre ce type de discriminations, mais aussi parce que cette différence de traitement ne se manifestait pas de manière brutale.

On ne me disait pas "tu n’auras pas de primes parce que tu es d’origine algérienne", c’était toujours plus insidieux.

C’est le cumul de différents éléments qui m’ont permis de réaliser que j’étais victime de discrimination sexiste, raciale et sociale.

Pas de primes, pas d’évolution. Rien

Il y a d’abord eu un blocage au niveau de mon avancement professionnel et de mes rémunérations. Pendant cinq ans, je n’ai eu ni gratifications ni avancement de poste.

Il faut savoir que les agents de la fonction publique sont évalués chaque année. Quand l’appréciation est située entre "excellent" et "très bon", l’agent se voit attribuée une prime. En moyenne, il la reçoit environ une fois tous les trois ans. Après cinq ans, je n’ai jamais reçu la moindre gratification malgré de très bonnes évaluations.

Pourquoi des agents aussi compétents et professionnels que moi bénéficiaient-ils de cette prime alors que j’en étais privée ? J’ai demandé à ma direction de me donner des critères objectifs pouvant expliquer une telle décision. Je n’ai obtenu aucune réponse de leur part.

Cette prime ne m’était pas essentielle (elle s’élevait environ à 60 euros par mois), mais avec le recul, je ne comprends pas cette différence de traitement. Était-ce parce que j’étais une femme "racisée" ou encore en raison de ma montée en puissance au sein du syndicat ?

Je devais me taire

Mon quotidien était lui aussi imprégné de cette différence de traitement. Par exemple, lors de réunions, je n’étais pas considérée de la même façon que les autres représentants syndicaux. Eux, hommes et femmes "non racisés" avaient le droit d’avoir un nom de famille. Pour moi, on se contentait de m’interpeller par mon prénom.

Souvent, on ne me donnait pas la parole. La direction se contentait de me déclarer : "Mornia, il y a des gens qui ont des choses plus intéressantes à dire."

Lors des mobilisations, on me demandait de me taire. Quand je demandais de faire valoir mes droits, on me répondait que j’avais un comportement agressif.

Un bureau pas plus grand qu’un cagibi

Un jour, alors que nous avions un nouveau stagiaire dans nos locaux et qu’il avait été convenu que je l’accompagne pour une inspection, la direction a finalement décidé de faire machine arrière, déclarant qu’il était préférable que "quelqu’un d’autre" s’en charge. Pourquoi ?

Et que dire de mon bureau ? Le changement de direction a entraîné des mouvements au sein de nos locaux. C’est ainsi que je me suis retrouvée dans une salle microscopique, non cloisonnée, avec une porte qui ne fermait pas et sans possibilité d’y mettre une seconde chaise. Il était tout simplement impossible d’accueillir qui que ce soit dans ces conditions.

J’ai vécu tous ces moments comme une mesure punitive. Dans les couloirs, certains collègues ne me saluaient plus. J’étais stigmatisée.

Je ne suis pas la seule à subir cette différence de traitement

Lassée de devoir systématiquement me justifier et ne comprenant pas cette différence de traitement flagrante, j’ai commencé à constituer un dossier, à me renseigner sur ce qui se passait pour d’autres femmes. J’ai ainsi appris que, au sein de ma direction générale, seules deux personnes n’avaient pas évolué dans leurs postes : moi et une autre femme de couleur.

Évidemment, il est difficile de tout démontrer, mais au fur et à mesure j’ai recueilli d’autres témoignages de femmes qui se trouvaient dans la même situation que moi.

Entre nous, il arrivait que nous en parlions, mais le sujet restait tabou. Par exemple, une autre femme d’origine maghrébine a été qualifiée de "tire-au-flanc" à cause d’un arrêt-maladie. Elle a été mutée, ses effets personnels ont même été déplacés en son absence.

Une évaluation vexatoire et humiliante

Mon évaluation de l’année dernière a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Elle était vexatoire et humiliante. J’étais passée de "bon agent" à "agent doté d’une qualité de travail faible par rapport à la normale."

On m’accusait de "gonfler mes mandats", mes compétences techniques étaient "à parfaire" et on suggérait que je sois "accompagnée". Le coup a été très difficile à encaisser. Quelques jours plus tard, à cause du stress, mon visage a doublé de volume. J’ai été hospitalisée une semaine.

Après plusieurs recours, la direction a été contrainte de retirer ce rapport d’évaluation en déclarant publiquement qu’il constituait "un jugement sur la personne."

J’ai démissionné et je porte plainte pour discrimination

En l’absence de mesure prise par l’administration sur ma situation, je me suis effondrée. J'ai finalement démissionné de mon mandat, demandé ma mutation et décidé de porter plainte. Le Défenseur des droits a été saisi, un dossier a été ouvert.

Je voulais que ça se sache, briser le tabou et prendre la parole pour toutes les autres femmes de ce service elles-aussi victimes de discriminations.

Je trouve scandaleux qu’au sein même du ministère du Travail, nos droits fondamentaux ne soient pas respectés. Comment une administration qui prône la Charte de la diversité et qui la signe peut-elle ne pas l’appliquer ? De quel droit peut-elle s’affranchir de ses obligations ?

Je ne suis pas en train de fantasmer ce que j’ai vécu et ce que d’autres vivent. Aujourd’hui, tout ce que je souhaite, c’est que ma direction prenne ses responsabilités, qu’elle sorte de ses certitudes et reconnaisse que des discriminations existent. Si elle soutient que ce n’est pas le cas, j’estime normal d’en avoir les preuves objectives.

En attendant, il n’est pas question d’accepter ce silence.

évidemment la prise de conscience est somme toute limitée, et demeurant individuelle, rentre dans le rang de la réclamation en justice, du bon droit face à un problème de racisme institutionnel d'État au sein de sa propre administration

autres articles


Discriminations Raciales au Travail
Enquête du 9 décembre 2005 Tissé Métisse

là encore, les mesures préconisées poussent à "l'intégration"...

Citation :
Et la grande majorité insiste sur la sensibilisation et l’éducation

- Toujours en parler.
- Changer les mentalités pour pousser les individus à évoluer.
- Rappeler que les personnes nées en France issues de l’immigration sont des français à part entière. Rappeler ce qu’est une nation qui est l’antithèse du communautarisme et donc « égalité, fraternité, liberté » et laïcité.
- Arrêter de dire aux jeunes nés de parents immigrés, qu’ils sont d’origine magrébine ou africaine ; parler de jeunes français et leur apprendre l’histoire de leur pays et l’histoire du pays de leurs parents.
- Faire des campagnes de sensibilisation et des dialogues interculturels car la parole est la meilleure des armes contre toutes les bassesses.
- Valoriser les personnes d’origine étrangère ayant fait des études et qui font tout ce qu’ils peuvent pour réussir à s’intégrer dans la société.
- Continuer les émissions télévisuelles multi-ethnies, bien dire dans des spots télévisés ou autres que c’est un délit, rétablir des émissions télé telles que Saga-Cités

Discrimination raciale : la réalité en chiffres


Discrimination raciale en France ©️ 2011 Ludovic/Rea/Redux

au feminin  13 mars 2012

Dans cette période pré-électorale, le délit de faciès revient souvent au coeur des débats politiques. Au-delà du combat idéologique gauche/droite qu'il représente se pose la question des faits. La discrimination raciale est-elle une réalité aujourd'hui en France ? Le mieux est encore de laisser parler les chiffres..

Citation :
Commençons par observer les médias, reflets supposés de notre société. En juillet dernier, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel évaluait à 13% le taux de présence de la diversité ethnique sur nos petits écrans. Le CSA notait également que "la sur-représentation des personnes perçues comme blanches dans les rôles de héros est systématique". Et les rôles de voyous, voleurs, et autres méchants, ils sont pour qui ?

Des contrôles de police plus fréquents

Justement, fin janvier dernier, l'association Human Right Watch dénonçait les contrôles d'identité abusifs. Fondé sur 67 entretiens menés auprès de jeunes issus de minorité, le rapport affirme que la police française s'en prend davantage aux jeunes noirs et arabes. De nouveaux témoignages qui confirment les chiffres de l'étude réalisée en juin 2009 par le CNRS. Les statistiques sont formelles : les Arabes ont 7,8 fois plus de risques d'être contrôlés que les Blancs. Pour les Noirs, c'est 6 fois plus. Même constat en ce qui concerne les fouilles : seuls 3,3% des Blancs doivent s'y soumettre contre 9,9% des Noirs et 12,4% des Arabes. Autre conclusion notable : 47% des personnes contrôlées affichent un look particulier : hip-hop, grunge ou gothique. Pourtant, cette catégorie d'individus ne représente que 10% de la population française ! Le délit de "sale gueule" prend tout son sens...

Au travail, l'égalité des chances reste théorique

Si toute forme de discrimination à l'embauche est strictement interdite, il existe bel et bien un sentiment d'injustice et de stigmatisation au sein de la population française. En effet, l'enquête aufeminin.com sur la diversité réalisée en octobre 2011 révèle que pour 83% des répondants, l'origine ethnique consitue un frein à la réussite. Un chiffre qui corrobore les résultats du baromètre de la perception des discriminations au travail CSA/Défenseur des droits/OIT publié en janvier dernier. L'origine ethnique arrive en première position des critères de discrimination. Alors, fantasme ou fait avéré ?

Il suffit d'éplucher les rapports de l'Insee pour en avoir le coeur net. Une étude de janvier 2011 montre que les Français ayant au moins un parent originaire du Maghreb ont des taux d’emploi inférieurs de 18 points à ceux dont les deux parents sont français de naissance. Et cette différence ne s'explique pas uniquement par le niveau d'études ! En effet, une fiche de 2009 sur l'insertion des jeunes révèle qu'à diplôme égal, le chômage touche davantage les Français qu'on appelle "issus de l'immigration" par rapport aux jeunes dont les deux parents sont nés en France. Par exemple, pour des individus dotés d'un Bac + 2, le taux de chômage enregistre un écart de 12 points selon leur origine.

Le délit de faciès au quotidien

Selon l'ultime rapport de la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) publié en avril 2011, l'origine ethnique constitue le premier critère de discrimination : cela représente entre 27 et 29% des réclamations enregistrées depuis 2007. Outre l'emploi, le délit de faciès s'immisce aussi dans la sphère privée. Si le phénomène reste difficilement mesurable, on peut tout de même citer quelques chiffres : 15% des cas de discrimination traités par SOS Racisme concernent l'accès au logement, tant sur la vente que sur la location. 35% portent sur les services (entrée en discothèque, location de voiture, de skis etc.). Comme si la couleur (pâleur ?) de peau était un gage de sérieux et de fiabilité. A l'heure où les Etats-Unis ont élu un Président noir, la France semble engluée dans ses préjugés...

quand de so called marxistes et anarchistes 'colorblind' (sic) auront fini de se branler contre les Identity Politics, ils se donneront peut-être une chance d'être crédibles au lieu de surfer sur l'idéologie française à la recherche du prolétariat révolutionnaire incolore et unisexué universel

recherche :
discrimination raciale



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MessageSujet: Re: 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste   Ven 22 Sep - 8:49



recherche : discriminations générationnelles

LES JEUNES FACE AUX INJUSTICES ET AUX DISCRIMINATIONS
Olivier Galland
OFCE | « Revue de l'OFCE » 2017/1 N° 150 | pages 95 à 111

Les jeunes ressentent plus que les adultes les injustices et les discriminations vécues personnellement. En revanche ils sont moins sensibles à l’injustice sociale dans l'ensemble de la société. Cet article explore quelques explications possibles de ce paradoxe : particularités des injustices ressenties et probablement subies par les jeunes, effets de composition sociale du groupe des
jeunes par rapport aux adultes contribuant à atténuer la sensibilité à l’injustice sociale, nature des liens, chez les jeunes, entre le positionnement politique et la perception de l’injustice dans la société.


extraits
Citation :
Les jeunes Français sont réputés subir des discriminations économiques particulièrement marquées dans les générations qui ont suivi la « génération dorée » qui est née entre la fin des années 1930 et le début des années 1940 et dont les carrières ont débuté au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (Chauvel, 1998). La thèse de la « génération sacrifiée » a certes été nuancée, à la fois parce que le désavantage relatif dont souffraient les nouvelles générations semble s’être interrompu à partir de celles nées dans les années 1960 et 1970 (Insee, 2014) et parce que les « jeunes » ne forment pas du tout un groupe homogène (Cahuc et al., 2017). Néanmoins l’idée que les nouvelles générations sont, dans leur ensemble, fortement discriminées économiquement semble tellement ancrée dans le débat public qu’on s’attendrait à ce qu’elle trouve un large écho chez les jeunes eux-mêmes.

Or une récente enquête sur la perception des inégalités et des injustices1 (Galland, 2016a) montre à cet égard des résultats paradoxaux.

Les jeunes présentent en effet la caractéristique d’être certes plus sensibles que les adultes aux injustices et aux discriminations
vécues personnellement, mais ils le sont moins concernant l’injustice de la société globale et la force des inégalités en son sein : en effet deux courbes dans le graphique 1 (injustices et discriminations ressenties) décroissent globalement avec l’âge, alors que deux autres (société injuste et force des inégalités dans la société) croissent au contraire nettement avec l’âge.

Sur l’ensemble de l’échantillon, ces quatre variables sont corrélées, mais les deux dimensions micro (injustices vécues et

Graphique 1. La perception des inégalités et des injustices selon l’âge


1. Injustices personnelles, injustice dans la société

Tableau 1. Analyse en composantes principale des dimensions de l’injustice, des inégalités et des discriminations


— 1) les jeunes sont plus soumis que les adultes à des formes particulières d’injustices et de discriminations qu’ils ressentent plus intensément sur le plan personnel ;
— 2) mais des effets de structure atténuent leur sentiment global d’injustice sociale ;
— 3) la sensibilité à l’injustice est moins fortement associée au positionnement politique, notamment à gauche, chez les jeunes.

1.1. La spécificité des injustices et discriminations ressenties par les jeunes

Graphique 2. Les injustices ressenties personnellement et les inégalités et l’injustice perçues dans la société selon l’âge


Graphique 3. Domaines d’injustices ressenties évoqués par les jeunes et les adultes


Graphique 4. Motifs de discrimination évoqués par les jeunes et par les adultes


1.2. Un registre d’explication lié à des facteurs structurels

Graphique 5. Sensibilité à l’injustice sociale en fonction de l’âge


Graphique 6. Répartition des différentes situations d’activité


Tableau 2. Situation des générations 2004 et 2010 de sortants du système éducatif, trois ans après la fin de leurs études
" />

Graphique 7. Sensibilité à l'injustice sociale des étudiants et des retraités en fonction du sentiment de difficultés financières


1.3. La sensibilité à l’injustice moins fortement associée au positionnement politique chez les jeunes

— 1) le niveau d’étude n’exerce pas d’effet significatif chez les jeunes ;
— 2) que le positionnement politique n’exerce qu’un effet très faible alors qu’il est fort et très significatif chez les adultes

Graphique 8. Indicateur de sensibilité aux inégalités et à l’injustice sociale chez les jeunes et les adultes en fonction de la position sur l’échelle gauche-droite


Graphique 9. Sentiment que la réussite sociale est indépendante de l’origine


Tableau 3. Régression logistique « sentiment d’injustice sociale »


Graphique 10. Accord sur le fait que « la fréquentation des musées ou des théâtres est réservée à une élite » selon l’âge et le positionnement politique


2. Pour conclure…

Les jeunes se sentent personnellement plus touchés que les adultes par les injustices et les discriminations, mais ce ressenti
individuel ne trouve pas de transposition au niveau macrosocial, c’est même le contraire : les jeunes ont en moyenne des jugements moins sévères que les adultes sur les inégalités et l’injustice dans la société.

Ce paradoxe peut s’expliquer d’abord par la nature des discriminations ressenties par les jeunes : pour une part importante elles
ont trait à l’apparence et n’ont pas de dimension socioéconomique. Des facteurs structurels peuvent également expliquer que les
jeunes ressentent moins que les adultes les injustices de nature économique : les étudiants ressentent moins l’injustice sociale, alors que les autres inactifs – essentiellement des adultes, souvent des retraités – la ressentent nettement plus, sans doute parce que leurs espoirs d’amélioration sont très limités.

Un dernier facteur est de nature politique : l’enquête montre que les clivages politiques sont moins marqués chez les jeunes que chez les adultes, notamment à gauche. S’agit-il d’un effet-retard de la socialisation politique, ou d’un effet de génération qui verrait s’atténuer le lien entre le positionnement politique aux extrêmes et la radicalité sociale, ce qui irait à l’encontre de bien des idées admises ? L’effet retard joue certainement un peu puisque l’on voit (graphiques 1 et 2) que les jeunes de 25-29 ans sont plus sensibles à l’injustice de la société que ceux de 18-24 ans, mais il ne suffit pas à expliquer l’écart entre l’ensemble des jeunes et les adultes. Même si l’enquête ne permet pas véritablement de trancher sur ce point (puisqu’elle ne permet pas de comparer différentes générations au même âge), plusieurs résultats suggèrent que les attitudes politiques des jeunes, notamment à l’extrême-gauche de l’échiquier, sont moins corrélées qu’elles ne l’étaient dans les générations précédentes à l’idée que le destin individuel est dicté par des lois sociales imprescriptibles.

Cette idée laisse plus ouverte la possibilité d’échapper au sort qui serait dicté par une société intrinsèquement injuste.

drôle de conclusion, car échapper à son sort, pourquoi pas, mais individuellement ? collectivement ? par classe d'âges ? avec une classe pour la révolution ?

hic salta ?



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MessageSujet: Re: 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste   Ven 22 Sep - 9:13



recherche : xénophobie

Xénophobie, « cultures politiques » et théories de la menace
Guillaume Roux Revue française de science politique 2008/1 (Vol. 58)

Citation :
Certaines sociétés d’Europe de l’Ouest se révèlent-elles davantage xénophobes que d’autres, et surtout pourquoi ? Certaines démocraties apparaissent-elles mieux armées contre la « tentation xénophobe », présente ou future ?

L’audience électorale des partis politiques d’extrême droite, pour marquante qu’elle soit, n’est pas nécessairement représentative des attitudes de l’ensemble d’une population nationale. Que sait-on alors des variations nationales des attitudes xénophobes ? Les comparaisons internationales systématiques visant à comprendre, à l’échelle de l’Europe de l’Ouest, la dimension nationale de ces attitudes demeurent peu nombreuses, la recherche ayant surtout porté jusqu’ici sur les causes ou variables individuelles – sociodémographiques et psychosociales – du phénomène. Mais le développement de grandes enquêtes internationales par sondage a néanmoins suscité, dans la période récente, plusieurs analyses en termes de contexte national .

Ces travaux se réfèrent pour l’essentiel aux « théories de la menace » : une population se montrerait d’autant plus xénophobe qu’elle estime que les minorités ethniques font peser une menace sur ses propres intérêts. Appliquées à l’analyse contextuelle internationale comparée de la xénophobie, ces théories ont conduit à souligner l’influence de phénomènes comme l’immigration ou la présence de minorités ethniques : une société présenterait des niveaux de xénophobie d’autant plus élevés qu’elle comprend une forte proportion de minorités ethniques, ou qu’elle connaît une immigration intense.
4
Ces résultats soulèvent cependant un certain nombre de questions : l’effet des variables contextuelles associées aux théories de la menace (immigration, etc.) ne dépend-il pas des caractéristiques « structurelles » des sociétés européennes, ou relevant de l’histoire longue de ces pays ? Les études empiriques des « cultures politiques » attirent ainsi l’attention sur la permanence de différences nationales au regard des phénomènes que constituent le « libéralisme culturel » ou le « capital social », qui structurent les attitudes individuelles dans un grand nombre de domaines. De même, la plus grande expérience ou familiarité des sociétés d’immigration ancienne avec la « question ethnique » semble a priori susceptible d’influencer – via le débat public notamment – la perception des minorités concernées. Dans quelle mesure la xénophobie relève-t-elle alors de l’histoire et de la « culture » caractéristiques d’une société donnée (à travers l’implantation de normes et valeurs dominantes), ou de phénomènes plus ou moins contingents (situation économique, immigration), réputés induire le sentiment d’une menace ?
5
Pour le savoir, nous nous appuierons sur les résultats de grandes enquêtes européennes par sondage, au premier rang desquelles l’enquête Eurobaromètre « Racisme » (2000). Celle-ci permettra d’abord d’interroger la possibilité d’un « classement européen » de la xénophobie, qui tienne compte du caractère multidimensionnel des attitudes observées. Nous nous demanderons alors dans quelle mesure les variables associées aux théories de la menace permettent d’expliquer les résultats obtenus, avant de formuler puis tester un modèle théorique alternatif. Plutôt que de choisir entre l’approche économique ou « instrumentale » (théories de la menace) et axiologique ou « culturelle », nous tenterons ainsi d’appliquer au cas européen l’hypothèse historique de Myrdal, qui permet d’envisager la complémentarité des deux types de phénomènes : à l’implantation d’une norme et de valeurs « de tolérance » s’oppose couramment la persistance de peurs ou le sentiment d’une menace relative à l’altérité ethnique, le niveau de xénophobie d’une société donnée pouvant alors se comprendre comme le résultat du conflit entre ces deux phénomènes. [...]

Tableau 1 - « Classement européen » de la xénophobie : moyennes nationales* sur différentes dimensions (année 2000) 


Tableau 2 - Proportions d’étrangers non européens (pour 10 000 habitants) et scores de « menace induite » associés
Source : Eurostat, Statistical Yearbook 2003


Tableau 3 - Menace induite par plusieurs variables contextuelles : scores de « menace induite »pour chaque variable et « menace contextuelle globale », par pays


Tableau 4 - Indicateurs « d’ouverture » des « cultures politiques » : scores associés et« ouverture culturelle globale », par pays


Tableau 5 - Scores résumant l’effet attendu du contexte national sur la xénophobie, par pays :
effet conjoint de la « menace contextuelle » et de « l’ouverture culturelle »



Tableau 6 - Enquêtés favorables à la préférence nationale à l’embauche en cas de chômage, par pays,
en lien avec la « menace contextuelle » et « l’ouverture culturelle »



Tableau 6 bis - Enquêtés favorables à la préférence nationale à l’embauche en cas de chômage,
en lien avec la « menace contextuelle » et « l’ouverture culturelle » : Danemark, Pays-Bas, Suède et Finlande



Tableau 7 - Pourcentages de « xénophobes radicaux » et « d’antiracistes », par pays


« Classement européen » de la xénophobie pour l’année 1997
(moyennes nationales * sur différentes dimensions)



« Effet brut » et « effet net » du contexte national sur les attitudes xénophobes,
par dimension de la xénophobie





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MessageSujet: Re: 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste   Ven 22 Sep - 9:53


au pied du mur des lamentations, une perspective nouvelle


dans les LA THESES Endnotes écrit en décembre 2015 de Los Angeles :

Citation :
At the same time, the decline of the workers’ identity revealed a multiplicity of other identities, organizing themselves in relation to struggles that had, until then, been more or less repressed. The resulting “new social movements” made it clear, in retrospect, to what extent the homogeneous working class was actually diverse in character.

Dans le même temps, le déclin de l'identité ouvrière révéla une multiplicité d'autres identités, s'organisant par rapport à des luttes jusqu'alors plus ou moins réprimées. Les «nouveaux mouvements sociaux» qui en résultent ont montré clairement, en retour, dans quelle mesure la classe ouvrière homogène était en réalité de nature composite.

à vrai dire, est-ce "la classe ouvrière" seulement, qui était composite ? Les discriminations et segmentations que nous avons observées ont certainement existé dans les sociétés sur divers critères selon leurs structures sociales, économiques, politiques et culturelles, dont il reste encore plus que des traces (en Inde, en Afrique...). Elles ne se structurent pas uniquement selon des rapports sociaux de production ni même selon la "division du travail"

alors certainement ont-elles été masquées par la division en classes qui ressortait à l'évidence pendant la période où le mouvement ouvrier était puissant, la théorie marxiste étant très influente chez les observateurs de toutes disciplines, mais est-ce à dire qu'elles ne font que resurgir à la faveur de la perte d'identité ouvrière de classe, ou bien que l'on n'y a pas assez prêté attention, d'autant qu'on ne s'en préoccupait guère en milieux marxistes pendant le colonialisme et avant la montée du féminisme ?

faut-il déplorer la situation actuelle faite de fragmentations et segmentations (de quel sujet politique réellement existant ?) ou au contraire prendre en compte ses causes dans le capitalisme en subsomption réelle (société capitaliste dominant tous les rapports sociaux), et travailler à leur mise en évidence comme « conscience du capital » (Endnotes thèse 8.) ?

le réel me semble ici très rationnel (Hegel) et cette situation découler logiquement de l'histoire du capital et des dominations masculine et occidentale, sans cesse reformulées selon des situations particulières (cf les différences par pays)

cela ouvre véritablement des perspectives nouvelles à la pensée communiste et à la possibilité de l'émergence et de la constitution d'une nouvelle classe révolutionnaire, mais selon des modalités complètement différentes d'une classe homogène telle que le prolétariat révolutionnaire conçu par Marx. C'est la proposition que j'ai faite dans le premier chapitre de mon livre du capitalisme à la communauté humaine, UNE CLASSE pour LA RÉVOLUTION


Citation :
1. LES CLASSES SOCIALES, COMPOSITION et CONSTITUTION d'HIER à AUJOURD'HUI
1.1. les classes pour Marx, constitution historique, classe au sens générique et au sens spécifique
1.2. la bourgeoisie et sa constitution en classe capitaliste
1.3. le prolétariat, la classe ouvrière et sa constitution, classe en soi, classe pour soi
1.4. la « classe communiste, catégories du possible et du placement »
1.5. composition et décomposition de la classe ouvrière du 19e siècle aux années 1970 : conscience, identité...
identité, conscience de classe, composition, quelques problèmes vus par 'Endnotes'
1.6. 1968, 1975... les derniers feux du programmatisme prolétarien, théorie de la communisation et fuite en avant humaniste hors classe de la « révolution à titre humain »
1.7. le problème actuel et futur de la composition et constitution d'un sujet révolutionnaire comme classe communiste de la révolution : la classe communiste se constitue comme révolutionnaire ou elle n'est rien
1.7.1. ce que n'est pas la classe communiste de la révolution
1.7.2. la constitution de la classe communiste n'est pas convergence organisationnelle ni compromis devant une contradiction principale prioritaire
1.7.3. les femmes et le communisme
1.7.4. les luttes écologistes peuvent-elles devenir révolutionnaires ?
1.7.5. et la classe ouvrière, elle compte les points ? dans le processus révolutionnaire, la classe communiste absorbe et dissout le prolétariat ?
1.7.6. identités de luttes et leurs dépassements à produire : médiations temporelles / à propos d'Identity Politics, et de Whiteness (blanchité)

FAIRE LE MÛR

Ce mur est soutenu de tonnes de poussière
au béton pas d'oreille et seul l'écho s'y ment
d'un soleil refroidi sans brûler le ciment
sa foi vendue cent fois le prix de ses prières

Nous étions seuls au bord chacun venu d'hier
à braver des demains au nom de ce moment
qui dresse son phallus en plus haut monument
église de papier sur sa dernière pierre

Ils ont gravé des mots alignant leurs mensonges
dans les croassements à l'ombre des tombeaux,
brisant l'envie du bec, ces avides corbeaux

Alors voler plus haut d'un zèle encor plus beau
et des serres creuser la source la plus dure
enfin, l'esprit en sang, plonger aux sens impurs

Ailleurs, 26 septembre 2006, 16h09
À TOUTES FAIMS


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MessageSujet: Re: 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste   Ven 22 Sep - 19:18


document sur les rapports de classes et de "races"


Qu’est-ce que la lutte des races sociales ?

Selim Nadi, membre du PIR, 22 septembre 2017

Intervention de Selim Nadi lors de la table ronde « Conditions noires et politique : de la nécessité de la violence », organisée à Sciences Po le 13 Avril 2017.


Citation :
Tout d’abord, je souhaiterais remercier l’Association Sciences Po pour l’Afrique d’avoir invité le Parti des Indigènes de la République (PIR) à participer à cette table ronde. Je vais tenter d’esquisser ici quelques hypothèses stratégiques qui découlent de la pensée politique du PIR — et notamment du concept de « lutte des races sociales », développé par Sadri Khiari dans La contre-révolution coloniale en France (La Fabrique, 2009). En effet, le militantisme décolonial implique également d’avoir des débats et des hypothèses stratégiques – découlant d’une analyse plus globale des contradictions raciales. Comme l’écrit, en substance, Sadri Khiari dans Malcolm X. Stratège de la dignité noire (Amsterdam, 2013), le système est une abstraction et dans la lutte on ne s’oppose pas à des abstractions, mais à la forme concrète que revêt immédiatement le système. C’est à cette forme concrète que nous allons nous intéresser — afin de ne pas débattre, de manière abstraite, du système raciste. Cette communication, forcément incomplète, se propose d’amorcer une discussion autour de la place de l’État dans les contradictions raciales afin de re-poser quelque peu la question de la politisation de la lutte indigène en France.

I.

En premier lieu, il me semble important de revenir rapidement sur les enjeux politiques que pose la popularisation croissante du terme de « race » dans certaines sphères du milieu militant français ces dernières années (bien que celui-ci soit très loin d’être accepté au niveau national). Alors que le concept de « race » commence, peu à peu, à s’imposer dans des cercles militants et/ou académiques de gauche, nous pourrions nous en réjouir et penser que le travail d’analyse politique mené par des intellectuels organiques de l’indigénat français porte (enfin) ses fruits. Loin s’en faut. Car si l’on veut bien admettre l’existence de la race, de manière assez abstraite, on se garde bien de s’interroger sur ses effets réels, et sur l’intérêt politique pour les non-blancs de mobiliser ce concept. Pour nous, parler de « la race » au singulier n’a pas de sens, car cela revient à occulter l’existence de deux pôles raciaux qui s’affrontent. L’un n’existe évidemment pas sans l’autre. C’est pourquoi nous disons, au PIR, que la race est un rapport social et politique, et non un objet sociologique abstrait ou une catégorie immuable. En vérité, si le terme de « race » fait de moins en moins peur, c’est autour du terme « lutte » que se cristallisent les craintes. Qu’entendons-nous par « lutte des races » ? La « lutte » signifie qu’il existe deux pôles raciaux dont les intérêts respectifs s’opposent. Au fond, si l’expression « lutte des races » fait peur à certains militants et sociologues de la gauche radicale, c’est parce qu’elle pose la question du pouvoir comme une question centrale. Une lutte entre groupes sociaux aux intérêts antagonistes implique nécessairement d’aborder la question du pouvoir. La lutte des races sociales se décline (principalement) en deux volets :

Un rapport social racial lié aux structures de l’État et aux conditions objectives d’existence des colonisés de l’intérieur en France – donc également aux rapports de classes. Ce rapport se fait notamment par les antagonismes sociaux entre ces deux pôles raciaux. Bien que ce rapport racial soit constant, il atteint parfois des points culminants, comme ce fut le cas avec les révoltes de 2005 dans les quartiers populaires français. C’est, en partie, à partir de l’analyse de ces conditions objectives dans lesquelles vivent les non-blancs qu’il est possible d’élaborer une stratégie capable d’amener l’indigénat à la seconde phase de la lutte des races.
L’organisation de pôles raciaux en forces politiques (et plus uniquement en forces sociales). Autrement dit, le degré de conscience politique indépendante de chaque groupe social. La conscience d’appartenir à une race sociale, ayant des intérêts convergents, pose la question de l’organisation politique. C’est ici que, d’elle-même, s’impose la lutte en termes de pouvoir. A ce propos, les années 2004 et 2005 ont été relativement intéressantes de ce point de vue, avec la création du CCIF, de la BAN, de la Voix des Rroms et du MIR (puis PIR à partir de 2010).

Ainsi, contrairement à la lutte des classes qui, dans sa forme primaire, œuvre au niveau du lieu d’exploitation (autour des rapports ouvriers/patron, des conditions d’exploitation des  ouvriers, etc.), la lutte des races, sous sa forme élémentaire, se dirige, elle, directement contre l’État (ex. : révoltes indigènes de 2005, Marches silencieuses suite à des crimes policiers, etc.). Elle comporte donc dès le début, un aspect politique, même si celui-ci ne s’exprime pas en tant que tel – ici nous séparons artificiellement les rapports raciaux des rapports de classe par souci de simplicité, mais il est évident que ceux-ci sont co-constitutifs et profondément imbriqués.

C’est parce que le pouvoir blanc est institutionnalisé qu’il est le pôle dominant de la lutte des races sociales. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille occulter les résistances que le pouvoir blanc a toujours rencontré sur son chemin, souvent plus spontanées que réellement structurées il est vrai. La passivité des indigènes est un mythe (le « mythe du nègre docile est un mythe » écrivait CLR James en 1938). Néanmoins, il faut admettre notre faiblesse principale : la quasi-absence d’une organisation politique capable de lutter sur le même plan que le pôle blanc. Paradoxalement, les sociologues et militants de gauche qui ne rechignent plus à user du terme « race » permettent justement de maintenir notre lutte aux confins du politique. Vidée de sa substance politique, la lutte des races est trop vite associée au concept bourdieusien de « domination ». Ce qui est un rapport dynamique qui oppose deux pôles raciaux antagonistes est décrit alors comme un simple état de domination : la simple distribution asymétrique des positions sociales occupées par les individus.

La repolitisation du concept de « domination » est donc un enjeu central pour les indigènes. Le fait que l’on utilise le terme de « racisés » pour désigner uniquement les indigènes prouve d’ailleurs que la race est souvent pensée en dehors de tout rapport social. Or, si les indigènes sont racisés, les blancs le sont également. Ils représentent une race sociale, dotée de privilèges sociaux. Il n’y a donc pas de « racisés », mais plutôt des processus de racialisation qui constituent les indigènes et les blancs.

Ainsi, notre condition raciale est inséparable de la question du pouvoir, donc de celle de l’État qui détermine politiquement l’existence de privilèges raciaux. Ceci dit, pour nous, l’État n’est pas un bloc homogène qui serait un « simple » outil de la race sociale dominante. Il est un champ stratégique, l’organisateur du pôle racial blanc. C’est un espace conflictuel, où s’organisent, se recomposent, s’élaborent les stratégies du bloc au pouvoir.

II.

L’État est l’instance oppressive principale des indigènes et c’est pourquoi il occupe une place si importante pour nous. La stratification raciale est constitutive de l’État-nation. L’histoire de la formation des États-nations est intimement liée à l’apparition et à l’évolution de la lutte des races sociales. Selon David Theo Goldberg, « les États modernes sont raciaux dans leur modernité et modernes dans leur racialité » (The Racial State, Blackwell Publishing, Oxford, 2002). Avec l’expansion européenne qui débute au XVe siècle, on assiste à la production des races. Non plus seulement des ethnies ou des peuples, mais des races sociales. La transformation des cités-États en États modernes a amené, avec elle, une stratification raciale. L’esclavage a, bien sûr, joué un rôle primordial dans la naissance des races sociales. Dans The Invention of the White Race, Theodore W. Allen écrit que lorsque le premier Africain posa le pied en Virginie, vers 1619, il n’y avait pas de « blancs » [pour d'autres auteurs, c'est dans les ports antillais...]. La catégorie raciale de « blancs » a été inventée en tant qu’instrument de contrôle de la classe dominante en réponse à la solidarité entre les « esclaves-contractuels » blancs et les esclaves noirs (le débat entre certains historiens – notamment entre Theodor Allen et Noel Ignatiev par exemple – a surtout porté sur le degré de conscience d’instauration de tels privilèges). La mise en place de cette stratification raciale permit donc de couper court à toute volonté d’union entre les esclaves noirs et blancs, afin de conserver le système esclavagiste. Mais cela a également permis aux travailleurs blancs de ne plus défendre leurs intérêts de classes. Le système-monde moderne qui s’est mis en place ne se limitait pas uniquement aux États-Unis, mais s’étendait aussi à certaines capitales européennes. Ainsi, dès le XVIIe siècle, des villes comme Londres ou Amsterdam ont vu leur population se diversifier racialement. À Londres, les premiers Noirs arrivèrent en 1555. Il s’agissait de cinq Africains de l’Est, venus en Angleterre afin d’apprendre l’anglais pour faciliter le commerce des esclaves. Certaines villes européennes doublèrent de population. Entre 1600 à 1700, la population de Londres passa de 200 000 à 575 000 habitants. C’est en se créant, puis en se modernisant que les États européens participèrent de la stratification raciale qui avait déjà débuté de l’autre côté de l’Atlantique. Finalement, le racisme scientifique du XIXe siècle ne consistait qu’à justifier de manière « scientifique » l’existence de races sociales et n’a aucunement « créé » le racisme. Cette justification a d’ailleurs largement participé aux conquêtes coloniales. C’est par son entreprise coloniale que l’État s’est en effet retrouvé face à d’importantes populations indigènes, qui développèrent alors des dispositifs de gestion et de répression des différences culturelles, des systèmes économiques existants, etc. Le traitement d’exception dont est victime le « néo-indigénat » aujourd’hui n’est donc pas simplement une tradition de la République française. Il est constitutif des États modernes européens (voir à ce propos cet excellent texte d’Houria Bouteldja : Pouvoir politique et races sociales).

La question de l’État est donc essentielle et ne peut être occultée lorsque l’on entend parler des antagonismes raciaux. Tout indigène se représente l’État à travers l’expérience qu’il fait de sa violence physique organisée : la police ! Les non-blancs sont les victimes principales des violences et des meurtres policiers. En enfermant les non-blancs, en les réprimant lorsqu’ils manifestent, en les contrôlant sans cesse dans la rue, l’État remplit son rôle de coercition et fait peser sur les indigènes une menace permanente qui entend les immobiliser politiquement. Le rôle d’une organisation politique doit donc être de faire sortir les indigènes de cet immobilisme politique, en partie conséquence de la constante répression d’État ; non seulement à travers une plus grande dynamisation politique, mais également par des alliances politiques avec des forces politiques blanches que l’on rencontre sur le terrain des luttes anti-racistes, qui défendent des positions anti-impérialistes. La dernière grande initiative politique, qui a réellement constitué une sorte de prémisse à un éventuel bloc contre-hégémonique décolonial regroupant indigènes et militants de la gauche radicale blanche, fut sans aucun doute, la Marche pour la Justice et la Dignité du 19 Mars dernier, à Paris.

III.

L’État ne se limite pourtant pas à son rôle répressif. L’idéologie est un autre aspect qui organise la lutte des races sociales. Par « idéologie », nous n’entendons pas de simples idées abstraites, mais bien des pratiques matérielles qui, en passant par des appareils idéologiques d’État, interpellent les individus en sujets. En effet, afin d’asseoir les privilèges raciaux dont jouissent les blancs, l’État ne peut se contenter de faire uniquement appel aux forces répressives, mais se doit également de mobiliser une idéologie. Celle-ci, en devenant hégémonique, participe ainsi totalement de l’exclusion des indigènes du champ politique blanc, de l’accès à l’emploi, de la délégitimation de tout discours indigène prenant le contre-pied de l’adoration de l’État-nation français, etc. Mais cette idéologie a également une autre fonction dans la lutte des races sociales : faire barrage à toute solidarité non seulement entre les blancs pauvres et les indigènes, mais également entre les différentes communautés indigènes. Car exercer une hégémonie sur un groupe suppose de prendre en considération, et même parfois d’assouvir, les intérêts matériels du groupe subalterne. Ainsi, pour paraphraser David Roediger («  »Labor in White Skin » : Race and Working Class History », in : David Roediger, Towards the Abolition of Whiteness, Verso, London-New-York, 1994), s’il est vrai que le racisme évolue dans un contexte de rapports de classes, la classe se définit également partiellement en termes raciaux. C’est un aspect essentiel pour saisir le rôle du racisme dans la lutte des classes. Alors que l’État se désengage de plus en plus, au lieu de considérer le racisme d’une frange du prolétariat blanc comme un simple manque d’éducation (ou une sorte de « fausse conscience »), il faudrait plutôt voir celui-ci comme la défense de ses supposés intérêts de classe à court terme et la défense réelle de ses intérêts raciaux (qui vont parfois même à l’encontre de ses intérêts de classe). Une bonne illustration de cela est ce que l’on a appelé « les grèves de la haine » dans les années 1940 aux États-Unis, où des ouvriers blancs refusèrent de travailler avec des ouvriers noirs dans des usines de Détroit et Baltimore, mais aussi des manifestations de conducteurs (blancs) de tramway, à Philadelphie, pendant l’été 1944, qui manifestaient contre l’amélioration des conditions de travail de leurs collègues noirs. C’est donc via l’idéologie d’État notamment que peuvent se passer des alliances ponctuelles entre la bourgeoisie blanche et le prolétariat blanc lorsqu’il s’agit de défendre leurs privilèges raciaux. C’est aussi cela qui participe à la création de ce que nous nommons « l’intégrationnisme » ou ce que les militants noirs américains nomment les « Oncles Tom ».

Si l’on reprend l’analyse, développée par Sadri Khiari, selon laquelle le « racisme n’est qu’une modalité — idéologique — d’existence de la lutte des races sociales », celui-ci ne devient hégémonique qu’en passant par des appareils d’État. La lutte contre l’État passe donc également par une lutte pour bâtir une contre-hégémonie idéologique et politique — qui peut passer par l’usage de la contrainte, mais pas uniquement ; pour renverser une fameuse formule de Gramsci, notre lutte contre-hégémonique aussi doit pouvoir se cuirasser de coercition.

Idéologie et répression travaillent donc main dans la main. La lutte des races sociales ne peut se réduire à une lutte abstraite contre l’État. Celui-ci organise les privilèges raciaux et c’est un rôle qu’il assume totalement. L’État explique ainsi ouvertement qu’il entend réprimer les femmes voilées, les émeutiers, etc., pouvant gagner un large soutien de la population blanche. L’État est créateur de pouvoir, organisateur idéologique, non seulement au niveau institutionnel, mais plus largement au niveau de la population blanche. Comme l’écrit Sadri Khiari, « [l]a violence, même quand elle n’a pas le goût de la matraque, est inhérente aussi aux rapports postcoloniaux. » (La contre-révolution coloniale en France, La Fabrique, 2009).

Pour résumer : le pouvoir se matérialise à travers des appareils d’État, mais ne s’y réduit pas.  Cependant, puisque le fondement de ce pouvoir racial apparaît clairement s’incarner dans des institutions d’État, il semble important d’insister sur la prise du pouvoir d’État comme horizon stratégique nécessaire, indépendamment de sa signification concrète – sur laquelle il paraît prématuré de proposer une quelconque formulation dans l’état des rapports de force actuel. Néanmoins, si nombre d’antiracistes reconnaissent aujourd’hui que la lutte pour le pouvoir est nécessaire, il importe de rappeler que cette lutte s’inscrit dans un cadre plus large, tel que l’a théorisé Sadri Khiari en 2009 : la lutte des races sociales dont la pertinence est plus actuelle que jamais.

1. Thomas Guénolé est un politologue qui a dressé, au cours d’un débat télévisé, un réquisitoire contre l’ouvrage d’Houria Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et nous. Voir https://www.youtube.com/watch?v=O5sn-Tbyz_0 [↩️]

2. http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/05/03/nuit-debout-peut-etre-porteur-d-une-transformation-sociale-de-grande-ampleur_4912446_3224.html [↩️]

3. http://gauche.blog.lemonde.fr/2016/05/23/autain-valls-veut-substituer-la-question-de-lidentite-a-la-question-sociale/ Il faut par ailleurs noter que, dans un entretien récent, Clémentine Autain proposait, en tant qu’élue de Sevran, un plan d’action contre le « djihadisme » qui faisait nombre de concessions au consensus anti-terroriste et sécuritaire : « En tant qu’élue de Sevran, je demande que la police dispose des moyens de mener une action de renseignement et d’action sur le terrain pour mettre hors d’état de nuire les recruteurs sectaires et djihadistes et prévenir de nouveaux attentats. Cette action de la police doit aussi permettre de prévenir les trafics en tout genre : je renouvelle notre exigence d’un commissariat de plein exercice à Sevran, un commissariat ouvert 24 heures sur 24, aux effectifs et aux moyens techniques renforcés sur le terrain. Nous n’avons pas besoin de l’état d’urgence permanent mais de justice et d’égalité. Nous n’avons pas besoin que soient surveillées toutes nos libertés mais que les réseaux d’embrigadement soient démantelés par les services de renseignements spécialisés. » [↩️]

il est rare d'avoir, d'un membre du PIR, un texte de cette qualité théorique, et avec celui-ci, on peut commencer à vraiment discuter

en sus de mes nombreuses interventions sur la question depuis 2014, sur mon blog ou ici : 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État..., on peut aussi considérer d'autres éléments de ce débat dans Travaux en cours du groupe TC Théorie Communiste, la soute

j'y reviendrai donc, quitte à en causer avec Selim Nadi, puisque nous nous "suivons" réciproquement sur tweeter. Il a travaillé sur la réception française de Rosa Luxemburg (Master 1), ainsi que sur le mouvement Antideutsch (Master 2). Sa thèse porte sur les échanges politiques et théories entre les gauches radicales françaises et allemandes pendant la période de la décolonisation. Il est l'auteur de deux textes publiés par Période

- Nation, race et impérialisme dans la gauche allemande depuis la réunification
- Antideutsch : sionisme, (anti)fascisme et (anti)nationalisme dans la gauche radicale allemande


autres textes en ligne chez Contretemps

comme on le sent à partir ce texte, certains désaccords pourraient apparaître non proprement sur l'articulation classe-race conduisant à la nécessité de cette « luttes des races sociales », ou alors il faudrait les expliciter, mais sur le plan politico-strétégique, en terme de théorie communiste, et compte tenu de la stratégie du PIR en la matière

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Patlotch



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MessageSujet: Re: 5ter. CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Retissage général, pour une critique révolutionnaire de la totalité capitaliste   Sam 23 Sep - 9:52


lutte de classe : franchir le pas !

le populaire est à la mode et les auteurs n'en font pas un usage populiste. C'est déjà bien, mais...

Les classes populaires, sujet politique

À propos de :
S. Béroud, P. Bouffartigue, H. Eklert et D. Merklen, En quête des classes populaires, un essai politique, La dispute

Sophie Wahnich idées.fr 22 septembre 2017

Les classes populaires sont fragmentées et précarisées. Ce constat doit-il conduire à dénier leur potentiel de subversion politique ? Des sociologues et politistes répondent par la négative dans ce stimulant essai.


septembre 2016

Citation :
Avec ce travail rigoureux, précis et relativement bref (216 pages), Sophie Béroud, Paul Bouffartigues, Henri Eckert et Denis Merklen réalisent une démonstration en acte de la possibilité de réarticuler les questions épistémologiques, politiques et poétiques. D’une manière ultime l’enjeu de ces pages est cependant politique. Il s’agit de savoir s’il faut, dans un contexte de fragmentation des classes populaires précarisées, faire le deuil d’une lutte des classes telle qu’elle avait été formalisée par la tradition marxiste. La réponse est très élaborée et aboutit à un « non » en forme de pari utopique sur l’inventivité.

Politique

L’ouvrage s’appuie sur une analyse des luttes, non seulement syndicales, mais aussi luttes des femmes, luttes antiracistes et luttes plus diffuses dans les quartiers sensibles où l’émeute est trop souvent restée inintelligible. Toutes habitent ces mondes populaires certes fragmentés, mais tentant de « résister à l’avenir qu’on voudrait leur imposer » (p. 211). Or ces tentatives, comme le disent les auteurs, permettent de renouer avec la perspective d’une « conscience de classe » car, avec ces luttes, ces groupes sociaux, ces fameuses classes populaires se constituent subjectivement et peuvent s’imaginer en nouveau sujet politique. Certes il s’agit encore de penser les modalités qui permettraient d’unifier ces fragments dans une conscience commune. Elle n’est pour le moment qu’embryonnaire, voire incertaine.

Même en mal d’unification, le sociologue et le politiste ne peuvent pas ne pas voir que la dépolitisation, la désaffiliation, la domination symbolique ne sont pas les seuls objets à observer et à comprendre aujourd’hui, bien au contraire. Voilà une bonne nouvelle. Il s’agit de saisir en lieu et place des refus des modes ordinaires de la politisation partidaire et des modes de représentation qui lui sont attachés, la montée en puissance d’une nouvelle politicité arc-boutée sur l’expérience vécue. Les auteurs appellent politicité tout témoignage de la condition politique active des êtres en société, quelle que soit la forme que prend cette activité. Cette politicité débouche sur la réalisation de nouveaux modes d’engagement et d’action autonomes. S’ils sont parfois difficiles à décrypter, comme les incendies de bibliothèque, ils sont d’autres fois inscrits à même la lettre volée des créations culturelles spécifiques à ces classes, comme le hip-hop et le rap, en particulier en banlieue. Loin de l’atomisation individuelle résultant de la précarisation de la condition salariale, l’affiliation est désormais de fait, territoriale et culturelle.

En tant que telles ces nouvelles affiliations témoignent d’une capacité à ne pas subir seulement la domination symbolique, mais à tirer les bénéfices, même parcimonieux, d’une scolarité de service public plus longue et donnant ainsi accès à un mode spécifique et neuf de créativité par l’usage de la langue. N’est-ce pas avoir conscience de ce gain que de réclamer que l’éducation, comme bien de l’État social, soit à la hauteur de la promesse d’égalité entre tous les citoyens qu’elle annonce ? La politisation consiste alors non plus à réclamer la redistribution sous forme consumériste des gains de la croissance, mais bien à revendiquer, parfois d’une manière paradoxale, cette égalité des citoyens qui n’est autre que l’égalité politique. À ce titre les nouvelles revendications ne se contentent plus de réclamer la survie et la consommation, elles revendiquent une vie bonne et autonome pour chacun et pour tous, ce qui constitue une véritable demande d’ethos démocratique et une critique ferme de la république actuelle, qui n’a plus rien de républicaine au sens que prend ce terme dans l’histoire révolutionnaire et dans celle du mouvement ouvrier.

Épistémologie

Cette proposition politique n’est ni péremptoire, ni produite dans une affirmation de vérité absolue. Elle demeure une hypothèse à tester, vérifier, ou réfuter. Elle est ici étayée sur une démonstration qui tient compte des travaux accumulés dans les champs respectifs des auteurs, sociologie du syndicalisme, du travail, des banlieues depuis les années 1980, voire, en amont, dans la fragilité assumée d’un changement de perspective épistémologique. Il s’agit de quitter les territoires de l’académisme sociologique et politiste sans en renier les apports substantiels, mais en explicitant la nécessité d’une critique active de certaines routines de la pensée.

Tout politique qu’il soit cet ouvrage est un ouvrage de savants qui prennent au sérieux leur responsabilité de savants et considèrent qu’elle consiste à choisir des positions épistémologiques qui conduiront à pouvoir se donner de meilleures lumières sur le présent et ainsi à pouvoir agir sur lui avec plus de lucidité. Cet enjeu épistémologique ne se fabrique pas dans ce livre parmi une offre qui existerait déjà, mais en passant au crible les écueils des travaux qui, tout engagés qu’ils soient du côté d’un désir d’émancipation, ont reconduit ou naturalisé des catégories sans adopter de véritable position critique.

La première catégorie inquiétée est celle même de classes populaires au pluriel, dont les auteurs considèrent qu’elle n’est plus désormais suffisamment interrogée dans ses implications idéologiques, car comme ils le soulignent, tout enjeu de nomination et de catégorisation est d’abord idéologique, la langue portant l’idéologie comme la nuée porte l’orage. Ils retrouvent là, sans le dire, les enjeux les plus massifs du marxisme inventif : ceux hérités, bien sûr, de « l’idéologie allemande », et des liens entre production sociale de la conscience et langage comme manière pour l’être humain de dire sa perception du monde vécu, sinon du monde réel, mais aussi ceux de la Critique de la raison dialectique de Jean Paul Sartre qui, dans « questions de méthode », revient longuement sur les rapports entre langage, langue et idéologie. Ceux aussi, enfin, de la tradition marxiste de l’analyse de discours à la française, inaugurée par des althussériens comme Régine Robin, puis Jacques Guilhaumou. Althusser d’ailleurs rôde souvent dans les pages de ce travail, aux côtés de Poulantzas, quand les auteurs convoquent l’idée d’une classe qui ne serait pas antécédente aux luttes, mais dérivée et coextensive des luttes. La fameuse conscience de classe est alors elle même coextensive aux luttes et se distingue ainsi d’une conscience vécue de domination aliénée.

Or à cet égard nos auteurs soulignent un fait. Alors que les sociologues les plus engagés se réclament par exemple de E. P. Thompson et de sa « formation de la classe ouvrière anglaise », parfois de Marx et de son universalité historicisée de la lutte des classes, ils continuent de traiter les classes sociales comme les étagements d’une société hiérarchisée qui se donnerait comme telle d’une manière quasi naturelle. Loin d’expliquer les classes par les luttes, et de tenir compte du fait que chaque classe se constitue dans le conflit, les études sociologiques font l’inverse et expliquent les luttes par les catégories et les situations économiques et sociales. Elles décrivent le monde en fabriquant des déterminations en lieu et place de l’historicité, qui par définition suppose de refuser les déterminations naturalistes au profit d’une analyse des contingences et des situations. Les formations sociales, si elles dépendent des rapports de production, sécrètent leur propre culture conflictuelle du fait des contradictions qui les habitent ; c’est à ce titre qu’elles sont historiques et contingentes. Or, c’est bien cette contingence potentiellement porteuse d’inventivité, de créations idéologiques comme armes de combat qui est trop souvent gommée dans la catégorisation « classes populaires ».

Historicité

L’effort proposé consiste donc à réintroduire cette variable historique dans une épaisseur temporelle réelle, à comprendre la teneur d’historicité des classes populaires, comprendre d’où elles viennent pour mieux comprendre ce qu’elles sont, ce qu’elles sont devenues et ce qu’elles peuvent devenir. Comprendre comment et pourquoi.

J’avoue ne pas avoir été complètement convaincue par l’usage de l’histoire proposé dans les premiers chapitres, un usage un peu éloigné des archives et peu critique à l’égard des débats historiographiques et idéologiques qui habitent la discipline, même dans les grandes synthèses sérieuses. Mais peu importe pour le moment, car ce que l’ouvrage indique, c’est un nouveau rapport d’usage pour l’interrogation sociologique faisant le détour par l’histoire. L’histoire ne sert plus à trouver une genèse rassurante et linéaire, mais à comprendre que les erreurs d’analyse sur le présent peuvent aussi relever d’erreurs d’analyse sur le passé, et que ce sont donc les interrogations sur le présent qui permettent de poser les bonnes questions sur le passé. La dénaturalisation passe par ce rapport dialectique au temps. Ainsi est-il proposé de ne plus considérer la fragmentation des mondes populaires comme une donnée matérielle nouvelle, mais bien comme délitement de la représentation académique, politique et syndicale d’une classe ouvrière homogène qui, en fait, n’avait jamais existé. Non pour dire qu’en vérité rien n’a changé, mais pour faire varier le questionnaire, et se demander, non pas comment la fragmentation est apparue, mais pourquoi elle est redevenue lisible alors que les fonctionnements de la représentation en avaient gommé les aspérités.

Si la notion de « classe ouvrière » n’est plus un ouvroir politique pertinent aujourd’hui pour l’intérimaire, le précaire, la femme dominée, les groupes ethniquement, sexuellement discriminés, etc., il faut donc varier les laboratoires historiques pour sortir d’un état de stupeur et élargir les focales en pensant à nouveau les processus de prolétarisation et les modes de résistance et d’affirmation qu’ils génèrent. Se demander ainsi quel genre de politicité existait à la veille de la Révolution française, savoir que même à l’apogée du concept de classe sociale et de classe ouvrière au sens marxien du terme, il n’y avait pas que l’exploitation qui suscitait une conscience de classe, mais aussi l’illettrisme, la répression policière, l’abandon ou la discrimination étatique, pourvu que des luttes se soient organisées pour en refuser la fatalité. On comprend alors que les enjeux théoriques de cette nouvelle alliance disciplinaire ne fait plus de l’histoire l’arrière-cour du présent comme genèse, origine ou fondation, mais lui demande d’étayer de nouvelles représentations dénaturalisantes du monde, d’offrir des ouvroirs imaginatifs en rendant lisibles des luttes restées dans l’ombre, et de redonner le courage de penser le présent et d’agir sur lui.

En pointant les ambiguïtés du « populaire », le sociologue comme l’historien récusent le relativisme qui pèse sur le terme s’il reste détaché des luttes d’émancipation. En effet le vocable « populaire », cantonné à une description sociologique classique de groupes sociaux, recèle une ambiguïté politique fondamentale. Le spectre est large, des catégories sociales pauvres qui peuvent être embrigadées aussi bien dans une référence au fascisme qu’au communisme. Pour comprendre et critiquer cette complexité des usages du populaire, l’histoire s’offre comme moment spécifique d’analyse critique.

Où en est-on avec la domination ?


Mais au delà de cette alliance disciplinaire et de ce retour de l’historicité sous de multiples faces, « c’est une critique épistémologique de la sociologie de la domination que cet ouvrage propose. En ayant troqué la lutte des classes pour les positions de groupe, l’exploitation pour la domination, Pierre Bourdieu a proposé des outils aptes à décrire un moment spécifique de l’idéologie des Trente Glorieuses où le symbolique supplantait selon lui l’économique et le politique. Face à la décomposition de la classe ouvrière, soit les chercheurs restaient figés et médusés dans un archéo-marxisme devenu inopérant, soit ils abandonnaient la notion de classe sociale et de lutte de classe. Les sociologues ont ainsi contribué à affirmer la « fin de la classe ouvrière ».

Cette lecture ne consiste nullement à renier Bourdieu, mais à affirmer sur un plan théorique que la domination n’est jamais totale et que chacun construit son espace « propre » de lutte et de subjectivation, et que lorsqu’on parle des classes populaires la découpe des objets doit en tenir compte. Des formes d’entraide, de solidarité, de marges d’action contestent de fait les normes dominantes de la société, des syndicats et des partis. Exploitation, domination, exclusion résultant du chômage de masse, effets de désaffiliation, vulnérabilité, aucun de ces phénomènes ne fait les « classes » populaires. Ces dernières se constituent en fonction des situations qu’elles doivent affronter, des luttes qu’elles doivent mener, des visions du monde produites qui sont chaque fois différentes. Il faut donc retrouver la question de la lutte des classes comme manière de réhistoriciser le présent. Les classes populaires se font elles-mêmes en se dotant de collectifs (antiracistes, contre les violences policières, contre la domination masculine, etc.) et en construisant le sens de ce qu’elles vivent par leurs productions culturelles (en particulier dans le domaine de la musique et de la littérature). Ce sont ces objets liés aux luttes effectives qui aujourd’hui doivent être découpés par les sciences humaines et sociales si elles veulent produire une contribution substantielle à la transformation radicale des mondes contemporains et à leur émancipation.

à la lecture de cet article, le titre du livre ne semble pas en première analyse correspondre aux réponses apportées, puisque « la fragmentation des classes populaires précarisées » ne permet pas « de faire le deuil d’une lutte des classes telle qu’elle avait été formalisée par la tradition marxiste. », que « le vocable « populaire », cantonné à une description sociologique classique de groupes sociaux, recèle une ambiguïté politique fondamentale ». Si, pour les auteurs « chaque classe se constitue dans le conflit », et s'il s'agit « d'expliquer les classes par les luttes », il y a bien un renversement théorique avec le primat de la chose sur le concept avec sa dose de déterminisme

le mouvement semble donc un peu le même que celui que j'ai suivi depuis quelques années, primat des luttes, constitution en classe à venir sur une multiplicité de fronts remettant en cause le capital

toutefois, demeure une ambiguïté quant à l'usage du terme "politique". "Sujet politique" ne s'entend pas, en philosophie politique, nécessairement comme sujet citoyen pour la représentation politique, les institutions politiques, bref la démocratie politique. Et c'est ici que l'on sent que ça peut glisser de l'un à l'autre, puisque la question du contenu de cette "lutte de classe" ne semble pas évoqué, le mot rupture avec le capital n'étant pas prononcé

alors, oui, « les « classes » populaires [] se constituent en fonction des situations qu’elles doivent affronter, des luttes qu’elles doivent mener, des visions du monde produites qui sont chaque fois différentes. Il faut donc retrouver la question de la lutte des classes comme manière de réhistoriciser le présent », mais c'est à populaires et non à classes que j'aurais mis les guillemets

si « L’ouvrage s’appuie sur une analyse des luttes, non seulement syndicales, mais aussi luttes des femmes, luttes antiracistes et luttes plus diffuses dans les quartiers sensibles [...] » il est faux d'affirmer que « Toutes habitent ces mondes populaires certes fragmentés », ou du moins que les mondes des luttes des femmes et antiracistes soient le seul fait des classes populaires. Si l'on est loin du populisme qui remplace le "prolétariat" par le "peuple", quand on dit "classes populaires", on pense "gens d'en-bas", et il est alors difficile de poser leur constitution en classe comme sujet politique. Le même flou que pour définir le "prolétariat" dans sa relation avec des catégories sociales en luttes qui n'en sont pas de façon homogène (femmes, "racisés"...). À la complexité de la situation correspond l'ambivalence des concepts

autrement dit, cela fait trois ambiguïtés, dans l'usage des mots "populaire", "classe", et "politique", ambiguïtés levées par la présentation de l'éditeur

Citation :
Les forces d'alternative ne doivent-elles pas à nouveau relever le défi majeur d'organiser leur représentation et leur action politiques ?

reste que le questionnement part du même constat que le mien, et que si la réponse reste au milieu du gué, ça n'empêche pas d'autres de franchir le pas. Comme il ne l'est pas dans la réalité, il est normal qu'il ne le soit pas en sociologie, et il ne le sera pas par la sociologie

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