PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 la classe écologiste du capital

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Patlotch



Messages : 1018
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: la classe écologiste du capital   Sam 9 Sep - 19:13


ce ne sera pas un fil sérieux, il y aurait trop à faire, et l'on n'en finirait plus de dénoncer les écolos, mais ceux qu'on rencontrera ici en tiennent une couche  scratch  moyenne !


le côté pratique du capitalisme

Allez, viens, on crée notre supermarché !

Camille Jourdan Reporterre 9 septembre 2017

Une trentaine de supermarchés collaboratifs sont en projet ou lancés, dont la Cagette, à Montpellier, qui a ouvert ses portes mercredi 6 septembre. Fondés sur le principe que les clients sont aussi les propriétaires, ce sont des « vrais supermarchés, mais en mieux ».


Citation :
Ils s’appellent la Louve, la Cagette, Superquinquin ou la Chouette Coop. De Lille à Montpellier en passant par Paris ou Toulouse, les projets de supermarchés coopératifs se multiplient depuis quelques années. Ils sèment un peu partout en France leurs drôles de noms et leurs principes alternatifs à la grande distribution. Leur but ? Être des supermarchés qui appartiennent à leurs clients associés et coopérateurs : pour pouvoir y faire ses courses, chacun doit acheter ses parts sociales, et travailler trois heures par mois à la caisse, à l’étiquetage ou encore à la livraison.

Parmi la trentaine de supermarchés en devenir en France, certains étalent déjà leurs produits sur des rayons, d’autres les stockent dans un local provisoire. Les plus jeunes se contentent pour le moment d’organiser des réunions, dans le café du coin ou dans un appartement. Car, pour monter un supermarché de A à Z ou, plutôt, de l’approvisionnement au passage en caisse, il faut du temps… et un paquet de bénévoles.

Ça part souvent de deux ou trois potes, peut-être quatre. Ils ont entendu parler de la Park Slope Food Coop, ce gigantesque supermarché coopératif de Brooklyn, au détour d’un voyage, dans le documentaire Food Coop ou grâce à la Louve, son homologue parisienne. Celle-ci n’échappe pas à la règle : elle est née de l’idée de deux amis états-uniens, qui ont décidé d’importer le modèle new-yorkais en France. Les projets français qui ont suivi apparaissent comme de petits « louveteaux » : « Ce sont des initiatives sœurs de La Louve », affirme Muriel Prévot-Carpentier, chercheuse en philosophie. Elle a observé le projet parisien durant plusieurs mois : « En 2013, lorsque leur financement participatif a été lancé, rares étaient les personnes qui connaissaient ce concept et la Park Slope Food Coop. Ce n’est qu’après que sont nés de multiples projets similaires, qui s’inspirent tous du modèle parisien, lui-même calqué sur celui de New York. » Pour Martial, membre du projet lyonnais Demain, c’est clair : « La Louve a ouvert la voie en France. »

Un moyen de se former et d’acquérir de nouvelles compétences


Mais deux potes ne suffisent pas pour monter un projet qui s’étalera sur plusieurs centaines de mètres carrés. Le premier pas est donc de partir à la chasse aux bénévoles ou, plus précisément, aux adhérents : Les Amis de la Louve est l’association qui préfigurait le supermarché. De la même manière sont nés Les Amis de la Cagette ou Les Amis de Superquinquin, premières structures juridiques de ces projets au long cours. Le nombre d’adhérents de la plupart de ces associations n’a pas mis longtemps à croître, tant les principes qu’elles portent sont en vogue : choisir les produits que l’on consomme, à des prix abordables, en privilégiant les articles locaux voire bio et en rémunérant convenablement les producteurs. Si la Louve avait déjà emballé de nombreux bénévoles en peu de temps, les initiatives sœurs ont parfois du mal à suivre tant les intéressés se bousculent : en neuf mois, Scopeli, à Nantes, a regroupé deux mille adhérents, et l’Éléfàn, à Grenoble, a enregistré plus de cent demandes mensuelles durant plusieurs mois.



Avant d’ouvrir leur supermarché, la plupart des projets attendent généralement
de regrouper au moins 1.000 adhérents. La Louve à Paris en compte plus de 5.000.

Pour travailler plus efficacement, toutes ces petites mains s’organisent en groupes de travail : achats, communication, financement, comptabilité et gestion, juridique, informatique, vie associative, gouvernance… Sous des dénominations différentes, chaque projet se dote plus ou moins des mêmes commissions, et laisse ainsi choisir à ses adhérents un ou plusieurs domaines pour mettre la main à la pâte. Les compétences requises ? En théorie, aucune. Mais quand il s’agit de déterminer la forme juridique de la future coopérative ou de gérer les logiciels comptables, quelques connaissances sont les bienvenues. « Beaucoup de bénévoles apportent leurs compétences professionnelles dans le projet », observe Muriel Prévot-Carpentier. C’est ainsi que Martial, titulaire d’un diplôme en gestion des affaires et des administrations, a rejoint le groupe comptabilité-gestion de Demain. Mais certains adhérents se jettent parfois à l’eau dans des domaines qui leur sont étrangers. « Les deux référentes de notre commission approvisionnement n’avaient jamais touché à des métiers similaires », témoigne Olivier, du projet Éléfàn. Le milieu associatif devient alors un moyen de se former et d’acquérir de nouvelles compétences.

Sur les questions les plus pointilleuses, les jeunes projets peuvent toujours demander un coup de main à ceux qui ont pris de l’avance. « L’aide des autres projets nous est précieuse, confirme-t-on chez les Breizh’i Potes, il y a une réelle solidarité entre tous. » Débarqués à Rennes en septembre dernier, ils ont vite rencontré l’équipe de Nantes. « On avait plein d’interrogations : comment capter de nouveaux adhérents au début ? Comment se financer ? Comment gérer les plannings de travail ? » Le relais passe ainsi de projet en projet : après avoir reçu des conseils de la Louve et de la Cagette, l’Éléfàn a donné quelques tuyaux aux projets de Lyon, d’Annecy et de Chambéry. On se partage les modèles de statuts, les documents utiles, le logiciel comptable… Une rencontre « Intercoop » a même réuni une bonne partie des projets français et belges en février 2017.

« Conserver le côté pratique du supermarché »

Le but de tous ces projets reste d’ouvrir un « vrai supermarché, mais en mieux, résume Muriel Prévot-Carpentier, dans lequel on peut faire l’ensemble de ses courses tout en sachant d’où provient chacun des produits que l’on glisse dans son panier. » Pour Benjamin, membre du conseil d’administration de l’Éléfàn, il est important de « conserver le côté pratique du supermarché : à terme, le but est de répondre à 100 % des besoins des clients ». Fruits et légumes certes, mais aussi viandes, poissons, produits d’entretien, biscuits… on doit pouvoir tout trouver sur les étals d’un supermarché coopératif.

Cela implique un énorme travail de recherche, souvent mené par la commission achats ou approvisionnement, qui se charge de dénicher les producteurs qui accepteront de prendre part à ce projet. Des sous-groupes de travail sont bien souvent dédiés à un produit en particulier : le pain, les fruits et légumes, les œufs… La plupart des projets misent en priorité sur la production locale, en passant parfois par des coopératives de producteurs. « Pour l’achat de produits plus exotiques, comme le café ou le chocolat, nous aimerions regrouper nos commandes avec les autres supermarchés coopératifs de Rhône-Alpes », confie Benjamin.



Chaque adhérent a droit à une voix lors des votes en assemblée générale,
pour garantir un système qui soit le plus démocratique possible. (Ici, l’Éléfàn.)

Une question fait souvent surface lorsqu’il s’agit de fixer la « charte produits », qui définira la qualité des articles en rayon : bio ou pas bio ? À Nantes, Scopeli aimerait « participer à l’organisation de la filière bio : nous sommes donc partis sur des produits issus de l’agriculture biologique ou en conversion », dit Laure, du groupe communication. À Grenoble, en revanche, la question a été tranchée après de longues discussions avec les membres de la commission approvisionnement : « Le cœur du projet, ce n’est pas le bio, résume Olivier, c’est d’offrir des produits de qualité à des prix abordables pour tous. »

Attirer des coopérateurs de toutes les tranches sociales est également l’un des objectifs revendiqués de tous les projets de supermarchés coopératifs. Et ce n’est pas toujours facile : à la Louve, Muriel Prévot-Carpentier a vu défiler de nombreux coopérateurs et la majorité venait du même milieu, plutôt embourgeoisé. Mais elle ne doute pas de la volonté de mixité sociale du projet, qui s’est implanté dans le 18e arrondissement et a mis en valeur des produits qui ne se limitent pas aux panais bios.

L’étape cruciale de l’« épicerie test »

Si la Louve a déjà investi ses locaux définitifs, ce n’est le cas de presqu’aucun des projets de supermarché coopératif français. Beaucoup préfèrent commencer petit, avec ce qu’ils appellent leur « épicerie ou supermarché test ». Celui de Superquinquin a ouvert en avril dernier, et l’Éléfàn prévoit d’ouvrir le sien à la rentrée : « C’est un laboratoire de notre futur supermarché, explique Benjamin. On va y tester notre mode de gestion, notre approvisionnement, nos produits, notre système de caisse, nos plannings de travail des adhérents… » Une étape cruciale avant de pouvoir passer à la suivante. Avant d’en arriver là, les produits sont souvent testés par les adhérents, qui les commandent et les récupèrent dans un local provisoire ou même chez l’un des bénévoles. Une manière de mettre en route le groupement d’achats, deuxième structure juridique qui s’inscrit à côté de l’association. C’est ce qu’a fait l’Éléfàn durant plusieurs mois : avant de s’installer dans son laboratoire de 180 m², l’association a erré entre une pépinière d’associations et un local abrité dans une école d’architecture.



Fruits et légumes, pâtes, confitures, mais aussi chocolat ou papier toilette :
on doit pouvoir trouver de tout dans un supermarché coopératif.

Mais le projet grenoblois n’a pas encore trouvé le lieu idéal pour son futur supermarché de 1.500 m². Il faut dire qu’il n’est pas facile de dénicher un lieu assez grand, qu’il soit possible d’aménager et qui ne coûte pas trop cher. Scopeli a enfin trouvé le sien : « C’était très compliqué : nous avons cherché pendant un an, en ne trouvant que des locaux trop grands, trop loin, où il y avait trop de travaux à mener, décrit Laure. Avec l’aide de la métropole nantaise, nous nous installons finalement dans une ancienne salle de sport de 1.000 m². » À Paris, la mairie du 18e arrondissement a donné un coup de pouce à la Louve dans sa recherche de local.

Le soutien des collectivités se révèle ainsi primordial, notamment en matière d’accompagnement et de financement. Des subventions peuvent venir compléter les fonds récoltés par les adhésions. Car, même aux balbutiements, un peu d’argent est nécessaire : la communication n’est pas gratuite et acquérir un local et l’aménager l’est encore moins. Une autre source de financement immanquable ? Le financement participatif. Tous les projets passent par là. À terme, les parts sociales des coopérateurs — versées cette fois à la société coopérative, la dernière structure juridique — et une très légère marge sur les produits seront les seules sources de financement.

Pas facile pour un projet de longue haleine de ne perdre personne en route

Entre les prémices de la Louve, dès 2010, et le lancement de l’épicerie test, il s’est passé… six ans. Les projets qui se lancent depuis mettent un peu moins longtemps à émerger, mais il s’écoule au minimum entre deux et trois ans avant de voir les premiers produits en rayon. Les premiers mois se passent plutôt autour d’une table, aux assemblées générales, aux réunions d’information souvent mensuelles, et aux réunions de groupe, parfois hebdomadaires. Discuter, débattre, poser des questions et trouver des solutions ; tous les projets veulent fonctionner sur le mode le plus démocratique possible. Souvent, un conseil d’administration prend les décisions quotidiennes, mais les choix les plus importants sont adoptés en assemblée générale.

« Le plus difficile est de montrer en interne que le projet avance
, confie Olivier, pour qu’aucun des centaines d’adhérents ne se sente exclu. » Pas facile pour un projet de longue haleine de ne perdre personne en route. « Au bout d’un certain temps, les gens ont besoin de concret, reconnaît Laure. Si le supermarché reste à l’état de projet trop longtemps, les bénévoles s’essoufflent. » La campagne de financement est souvent une étape qui permet de remotiver les troupes. Celles-ci voient des adhérents aller et venir, ou ne s’investir que quelques heures par mois. « Comme dans tout projet associatif, il est nécessaire qu’un noyau consacre énormément de temps au projet, et ce dans la continuité, analyse Muriel Prévot-Carpentier. Un tel projet ne pourrait pas exister si chacun des bénévoles ne s’investissait au départ qu’à hauteur de trois heures par mois, comme il est prévu dans le projet final. » Certains y consacrent tout leur temps libre, d’autres profitent d’une période de chômage pour s’engager dans un projet qui leur apportera de nouvelles compétences. D’autres encore ne donnent que quelques minutes de temps en temps, mais apportent ainsi leur pierre à l’édifice. Un édifice qui prendra, à terme, l’aspect d’un supermarché. Leur supermarché.

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Patlotch



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MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Dim 10 Sep - 13:37


Faire confiance à la nature et à ses processus

Michel Griffon Reporterre 9 septembre 2017

 
Présentation du livre par son éditeur :
Citation :
Réchauffement climatique, pollution, érosion de la biodiversité, épuisement des ressources, explosion des maladies liées à l’environnement… notre planète est aujourd’hui en danger. Et l’accroissement de la population mondiale n’arrange pas les choses !

Pourtant, la Terre pourra demain nourrir tous ses habitants sans poursuivre sa course folle aux engrais, aux pesticides, à la déforestation et au défrichement. Comment ? En s’inspirant du vivant, en intensifiant les processus naturels. Il s’agit, par exemple, de stimuler l’activité biologique du sol en associant des variétés complémentaires et en recyclant systématiquement les débris végétaux, de lutter contre les ravageurs en accentuant la lutte biologique et la lutte intégrée.

Il est possible de produire plus et mieux avec moins : un développement agricole plus productif tout en étant écologique et équitable peut voir le jour si l’on s’inspire de la nature et de son fonctionnement.

Au-delà des techniques, il s’agit finalement de promouvoir une agriculture durable, dans un cadre d’écosystèmes eux aussi durables, pour des sociétés économiquement et socialement viables.

Écologie intensive. La nature, un modèle pour l’agriculture et la société
, de Michel Griffon, éditions Buchet Chastel, septembre 2017, 256 p., 20 €.

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Patlotch



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MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Lun 11 Sep - 13:05


l'appel de la forêt

« Fainéant, cynique, extrême » : il abandonne les nanotechnologies pour vivre dans une yourte

Lorène Lavocat Reporterre 11 septembre 2017

Harassé par sa lutte contre l’aveuglement scientifique face aux nanotechnologies, Benjamin Caillard a démissionné de l’enseignement supérieur pour se régénérer au cœur de la forêt landaise. Reporterre l’a rencontré sous sa yourte, d’où il poursuit son engagement. Autrement.


Citation :
Saint-Magne (Gironde)

La petite route mal goudronnée qui mène au bout de l’allée du Roumegous s’achève en cul-de-sac, au milieu de la pinède landaise. Un garçon sort d’une maisonnette en briques roses et me salue ; je cherche un certain Benjamin Caillard, lui dis-je. Il hausse les épaules : aucune idée, plusieurs personnes passent et vivent ici. Je scrute les alentours. Une prairie, quelques voitures vides, et la forêt, touffue.

Je sors le courriel que Benjamin nous a envoyé en mars dernier, et relis ses vers : « L’eau, l’air et la terre en nous ne forment qu’un, nous sommes le grand chêne, nous sommes le saule, le cèdre, nous sommes le hêtre face au néant. » J’y suis donc. Je jette un regard à la signature, intrigante, qui m’a poussée jusqu’au fond des Landes : « Un ancien maître de conférence en micro et nanotechnologies, qui a démissionné l’an dernier. »



L’écolieu Potabilis.

Quelques instants plus tard, un homme d’une quarantaine d’années, cheveux en bataille et short déchiré [c'est ça la survie en milieu hostile], s’approche à grandes enjambées. D’un sourire, il se présente — « Benjamin Caillard » —, et m’invite à le suivre sur un chemin de terre. Plus loin dans la forêt, au détour d’un poulailler, une yourte apparaît dans une clairière, entourée de fougères roussies par le soleil. Toilettes sèches, panneaux solaires, poêle à bois. C’est là que Benjamin vit depuis plus d’un an, en autonomie [hmm, pas d'essence dans les voitures, pas d'argent pour tout ça ?]. Il s’excuse du bazar, nous sert une tasse de café noir, se roule une cigarette, puis commence son récit. Les mots fusent, l’histoire s’écoule en gros bouillons, parfois dispersés. Car, derrière son sourire doux, cet ermite des temps modernes cache un tempérament de fonceur et une vie tumultueuse. Une fois la touche Play enclenchée, plus moyen de l’arrêter.

« Que de révolutions à venir pour le progrès de l’humanité ! »

De son enfance entre Paris et la Nouvelle-Calédonie, il garde le souvenir des baignades dans les rivières océaniennes, des démonstrations politiques de son père, indépendantiste caldoche, mais surtout de sa passion pour les sciences. « J’étais hyper scientiste : j’avais une confiance totale, une croyance, dans des innovations technologiques, qui allaient apporter plus de bien-être à l’humanité. » Ado, il dévore chaque nouveau numéro de Sciences et Avenir, s’intéresse à tout ce qui touche au progrès technique : mécanique, chimie, optique, biologie… C’est ainsi qu’il se retrouve tout naturellement dans une prépa scientifique puis dans une école d’ingénieurs en électronique. Après une thèse sur la fiabilité des systèmes microélectroniques, il s’envole pour le Japon, au sein d’un laboratoire de recherche tokyoïte.


L’airial, typique des habitations des Landes de Gascogne, de l’écolieu Potabilis.

Baigné dans l’océan des nouvelles technologies, il découvre avec un mélange de curiosité et de prudence les nanotechnologies, ces techniques fondées sur la maîtrise de l’infiniment petit. « Du tricotage d’atomes », résume-t-il. « J’étais émerveillé par les possibilités offertes par ces particules : des écrans solaires super efficaces au dioxyde de titane, des molécules de médicament parfaitement dosées transportées dans la cellule exacte grâce à une nano… que de révolutions à venir pour le progrès de l’humanité ! »

Mais, très vite, le doute s’immisce. Depuis tout jeune, Benjamin cultive en effet un esprit rebelle [ben tiens donc...]. Il aime poser les questions qui dérangent, ébranler les certitudes. Jeune adulte, il s’initie au cannabis, et « développe une empathie et une connexion profonde avec la nature », [connexion à la nature par l'herbe] assure-t-il. En bon scientifique, il se passionne alors pour le climat et l’étude des écosystèmes. Peu à peu, sa conscience écologiste s’affirme, et son cœur rompu au cartésianisme se gonfle de révolte.

« Je suis devenu radical dans mon mode de vie — que du bio et du vélo
, raconte-t-il. Mais je continuais à travailler dans la microélectronique, persuadé que je pourrais faire bouger les choses dans le bon sens. » Entre temps, Benjamin s’est établi en Gironde, où il a décroché un poste de maître de conférence [salaire entre 3100 et 4500 €] en micro et nanotechnologies au sein de l’université d’excellence de Bordeaux. « J’avais conclu une sorte de contrat moral avec moi-même : faire mon métier de la manière la plus intransigeante et éthique possible. »


« Mais, vous savez, les gens n’ont pas envie de savoir »
[Ah les cons !]

Face à la « fascination béate » de ses collègues envers les « nanos », il creuse les zones d’ombre, épluche les rapports sur les risques sanitaires et environnementaux. Car ces particules de taille atomique — la différence de taille entre une nanoparticule et une orange est la même qu’entre une orange et la Terre — peuvent pénétrer le derme et les cellules, avec des effets toxiques avérés, quoique mal étudiés. Malgré les dangers, près de 2.000 produits contiendraient des nanoparticules : aliments, cosmétiques, emballages en tout genre. Or, nos stations d’épuration et autres centres de gestion des déchets ne savent pas traiter des substances aussi infimes. Toutes ces nanos toxiques se retrouvent donc dans les écosystèmes… et advienne que pourra ! Comme nous vous l’avions raconté dans notre dossier sur ces technologies, Benjamin Caillard acquiert très vite une certitude : « On est en train de nous refaire l’amiante. »


Les oies de Potabilis.
les oies sont capitales !

Benjamin se lève, se ressert un café. Autant les anecdotes affluent vite, autant il rythme ses explications scientifiques de silences pensifs. « Une seule nanoparticule peut tuer une cellule, à partir du moment où elle est suffisamment petite pour traverser la peau, insiste-t-il. On appelle cela l’effet de taille. Et n’importe quel procédé industriel, même parfaitement calibré, présente le risque de produire des nanos trop petites. Cela sera peut-être mille particules sur des milliards, mais cela suffit pour être nocif. » Or, moins de 10 % des recherches sur les nanos concernent l’étude des risques.

Il tente alors d’alerter ses collègues. En vain. Lors du débat national sur les nanotechnologies, en 2009, il interpelle plusieurs éminences grises. « À ma question sur le manque de débats concernant l’éthique et l’environnement, on m’a répondu clairement : mais, vous savez, les gens n’ont pas envie de savoir. » Pour lui, c’est le déclic, l’étincelle qui allume la mèche et le mènera, sept ans plus tard, à la démission. « Dès ce moment, je n’ai cessé de pointer les risques et dénoncer l’omerta, et je n’ai cessé de me prendre des murs. »



Dans la yourte de Benjamin Caillard.

« La classe sociale des chercheurs [sic] se plaît dans cette activité intellectuelle stimulante, reconnue, bien payée, elle n’a pas du tout envie qu’on remette en cause ses objets de recherche ou ses méthodes, avance-t-il. Nous sommes censés être l’élite, mais être BAC +8 n’amène pas à plus de conscience politique. » Avec d’autres moutons noirs, il monte des projets de recherche sur l’éthique des nanos et sur les low techs : tous sont retoqués. Puis il bataille au côté de syndicalistes pour le remplacement des hottes aspirantes, déclarées défectueuses alors qu’elles permettent — quand elles sont en bon état — de limiter les inhalations de nanoparticules par les chercheurs.

La yourte, un petit cocon d’une vingtaine de mètres carrés

En parallèle, il monte une conférence gesticulée avec l’aide de la Scop Le Pavé, sur les nanos et la recherche scientifique. À la fin du spectacle, sorti en 2012, il assure : « Je ne vais pas démissionner, car il est important, voire essentiel, de changer le système de l’intérieur. » Mais peu à peu, il s’épuise. Le « taureau », comme certains l’appellent, se met dans le rouge. Jusqu’au point de non-retour : en 2016, il démissionne. « Je reste persuadé que pour changer un système, il faut lutter avec — donc en étant dedans —, sans — en autonomie — et contre — par des actions directes, insiste-t-il. Seulement, je n’avais plus l’énergie de me battre depuis l’intérieur. » Il dit avoir manqué de subtilité et de persévérance. Mais comment faire quand les portes se claquent et que les fenêtres se ferment ?


Dans la yourte de Benjamin Caillard.

Au cœur de la forêt, une bruine fine s’est mise à couler. Benjamin entre dans la yourte, son petit cocon d’une vingtaine de mètres carrés. Deux lits mezzanines — un pour lui, un pour sa fille — entourent une petite table à manger et un poêle, installés sous un puits de lumière. Au milieu, le sol est plus bas d’un mètre, afin d’apporter un peu de fraîcheur les jours de canicule. La douche se trouve à l’orée du bois, entre les chênes. Quant aux toilettes, elles sont installées au milieu des fougères. « Je me sens bien ici, c’est moins confortable qu’un appartement, mais je suis plus en cohérence avec moi-même. »

Il participe aux travaux collectifs de Potabilis, l’association qui gère l’écolieu sur lequel il a posé bagages et yourte. Potager, four à pain, construction en palettes. Ils sont cinq à vivre en permanence sur les 37 ha appartenant à Béa, à l’origine du projet : « Depuis 2009, nous cherchons à faire revivre ce lieu, en accueillant des personnes, de manière temporaire ou plus pérenne, m’explique cette ancienne employée de Total, revenue vivre dans le berceau familial, situé à trois quarts d’heure de Bordeaux. Chacun vit de manière indépendante, mais nous essayons de créer une oasis, dans l’esprit des Colibris. »


« Il faut trouver une navigation entre cœur et cerveau, une harmonie entre intelligence, ressenti, action »

Benjamin n’a pas pour autant renoncé à toute forme d’interaction avec notre société : il s’est formé à l’accompagnement organisationnel de collectifs. Éducation populaire, pédagogie active, dynamiques de groupe, communication non violente. « Mes années de militantisme et d’enseignement, mon travail de conférencier gesticulant m’ont donné envie de transmettre mon expérience, de poursuivre le combat que je menais, mais sous une forme différente. »


Un tipi de Potabilis.

À l’instar d’Alexandre Grothendieck, ce prestigieux mathématicien devenu ermite, il cherche à recréer du lien entre émotions et raison. « Lui disait que la recherche lui avait volé ses émotions, cite-t-il. Je pense aussi qu’il faut trouver une navigation entre cœur et cerveau, une harmonie entre intelligence, ressenti, action. » C’est ce qu’il appelle l’écologie mentale, essentielle à ses yeux, tout comme l’écologie sociale (la justice et l’harmonie entre êtres humains) et environnementale (la préservation des écosystèmes). « Ici, je vis à mon rythme et à celui de la nature : je me lève au chant des oiseaux, me lave sous le regard des chevreuils, travaille dans l’odeur des pins. Je suis parfois seul, peut-être trop, mais me sentir connecté, à moi, à ce et à ceux qui m’entourent, me rend profondément heureux. »

19 h, le soleil décline à travers les arbres. Nous parlons depuis plus de neuf heures, sans interruption. Avant de reprendre ma route vers la « civilisation », Benjamin me demande : « Comment as-tu compris toute mon histoire ? » Selon moi, son cheminement recoupe celui de celles et ceux qui se heurtent à un système destructeur, s’épuisent en tentant seul de le faire bouger, puis reviennent à l’essentiel, puiser leur renaissance : dans la forêt.

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Patlotch



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MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Ven 22 Sep - 17:47


petit fermier deviendra grand ?


La Fontaine

Travaillez, prenez de la peine :
C'est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.


Fermes d’avenir, des petites fermes aux grandes ambitions

Nathalie Picard Reporterre 22 septembre 2017

L’association Fermes d’avenir fonde son projet alternatif sur la multiplication des petites fermes. Mouvement à la communication efficace, il suscite beaucoup d’intérêt mais aussi la discussion. Son nouveau projet ? Exploiter une ferme de 60 hectares en permaculture.


Rochecorbon (Indre-et-Loire), reportage

Citation :
15.000 participants, 300 bénévoles, 220 visites de fermes. Après trois mois de péripéties et 3.300 kilomètres à vélo, le « Fermes d’avenir Tour » s’est achevé le 14 septembre en Touraine à Rochecorbon (Indre-et-Loire). Créatrice de ce festival itinérant, l’association Fermes d’avenir a profité de l’occasion pour organiser ses quatrièmes journées annuelles. Un retour aux sources, puisque ce mouvement est né à une dizaine de kilomètres, de l’autre côté du fleuve, à la ferme de la Bourdaisière, à Montlouis-sur-Loire. En lisière de forêt, bordée par les jardins potagers du château homonyme, elle s’étend sur 1,4 hectare, dont 8.000 m² de cultures maraîchères diversifiées. L’objectif de cette expérimentation lancée en 2013 était d’évaluer la viabilité technique et économique de petites fermes inspirées de la permaculture et conduites en maraîchage biologique intensif. Et de trouver, dans ce modèle, une nouvelle voie pour l’agriculture.


À la ferme de la Bourdaisière, en juin.

De petites fermes, donc, mais une grande ambition. Au cœur de la stratégie de Fermes d’avenir : l’ouverture. « Nous sommes là pour construire des ponts entre tous les acteurs. Ce n’est pas évident en France, avec nos querelles de clocher… Continuons à convaincre par la positivité et l’enthousiasme », invitait le président de Fermes d’avenir, Tristan Lecomte, à l’ouverture des journées annuelles. Tous les acteurs ? D’aucuns reprochent à l’association sa longue liste de partenaires plus ou moins vertueux. Comme Decathlon, partenaire du Fermes d’avenir Tour, qui n’hésite pas à construire ses « villages sportifs » sur des terres agricoles. Mais il y aussi Renault, qui triche sur ses émissions de polluants, Schneider Electric, Casino, Fleury Michon… « Si l’on veut nourrir toute la population en bio, il faut travailler avec tout le monde », se défend Maxime de Rostolan, fondateur et directeur de Fermes d’avenir. Y a-t-il une ligne rouge ? « Jamais je ne travaillerais avec des vendeurs de pesticides comme Bayer ou Monsanto. »

« Il n’y a pas assez de recul sur la viabilité du concept »

Une stratégie d’ouverture, une communication efficace, un réseau influent : ces ingrédients ont permis à l’association de se faire une place dans le paysage national… tout en restant un peu à part. Pas toujours appréciée par les porteurs historiques de l’agriculture paysanne ou biologique. Parmi les points de friction, la viabilité économique de ces petites fermes. Permettent-elles de générer un revenu décent dans des conditions de travail acceptables ?


« Si l’on veut nourrir toute la population en bio, il faut travailler avec tout le monde », dit Maxime de Rostolan, fondateur et directeur de Fermes d’avenir.

Une première étude menée par l’Inra de 2011 à 2015 au Bec Hellouin, en Normandie, a montré la potentialité d’un tel système : sur cette ferme biologique sophistiquée, une surface de production maraîchère d’environ 1.000 m² (0,1 ha) permet de dégager un revenu acceptable. Mais la ferme de 20 hectares ne peut se résumer à ces 1.000 m² de cultures intensives : « Le Bec Hellouin est un cas particulier : un idéal, mais pas un seuil minimum atteignable par tous, confirme François Léger, principal auteur de l’étude et enseignant chercheur à AgroParisTech. Aujourd’hui, on ne peut pas affirmer qu’une ferme de 1.000 m² puisse être viable. » Face au manque criant de références, plusieurs études ont démarré pour étudier la performance économique de telles fermes. « Le discours de Fermes d’avenir, centré sur un message optimiste, pourrait laisser entendre que la viabilité est déjà prouvée. Or, nous n’en sommes qu’aux prémices. »


À Rochecorbon, lors de la dernière étape du Fermes d’avenir Tour.

En attendant, ce système suscite l’engouement des porteurs de projet à l’installation qui frappent à la porte des associations de développement, comme celles du réseau Fnab (Fédération nationale d’agriculture biologique). « Nous tentons de répondre à leurs attentes tout en restant prudents, car il n’y a pas assez de recul sur la viabilité du concept. Si nous sommes contents de cette dynamique autour de la bio et de la permaculture, nous voulons être sûrs que ces gens puissent vivre de la vente de leurs produits », souligne Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab.

Une dynamique qui cherche aujourd’hui son modèle économique


Autre point de tension, le métier de « payculteur », concept inventé par Fermes d’avenir, pour qualifier un entrepreneur chargé d’accompagner des projets alimentaires territoriaux. À l’automne dernier, les associations locales de développement de l’agriculture paysanne et biologique du pôle Inpact 37 partageaient leurs craintes : le « payculteur », sorte de « manager de plusieurs fermes », pourrait empiéter sur l’autonomie et la liberté de décision des agriculteurs.

« Nous voulons simplement créer un maillon manquant — l’ingénierie de projet de territoire — face à un double constat : l’offre en produits bio locaux est inférieure à la demande, et les collectivités locales disposant de foncier ne savent pas comment installer un paysan »
, explique le directeur de Fermes d’avenir. Les associations historiques jouent déjà ce rôle, mais elles n’ont pas assez de moyens. « Il existe un réel besoin d’accompagnement territorial », confirme Stéphanie Pageot.

Payculteur formé récemment par Fermes d’avenir, Frédéric Denel, président de l’association Heko permaculture, a trouvé, en lien avec les collectivités locales, quinze terrains cultivables sur un total de quinze hectares, à Marseille et ses environs. Une dynamique qui cherche aujourd’hui son modèle économique. Deux projets sont lancés, dont la création d’une ferme urbaine dans le cadre du projet de renouvellement urbain de la cité de Frais-Vallon, dans les quartiers Nord de Marseille.


À la ferme de la Bourdaisière, en juin.

L’avantage des petites fermes ? De faibles surfaces et des charges minimales, qui les rendent accessibles à des candidats avec une faible capacité d’investissement, comme c’est souvent le cas des néopaysans. Mais les petites fermes peuvent-elles changer le système agricole ? En tout cas, la tendance de l’agriculture reste à l’agrandissement. « Le risque serait de voir apparaître un modèle dual, avec un noyau de microfermes d’un côté, et des exploitations de plus en plus concentrées de l’autre, craint Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France. D’autant que, contrairement à l’objectif qu’avait annoncé l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, la politique agricole commune ne privilégie toujours pas les petites et moyennes fermes, alors qu’elles maintiennent plus d’emplois par hectare. »

Aujourd’hui, Fermes d’avenir change justement d’échelle en expérimentant la permaculture et l’agroécologie sur de plus grandes surfaces. L’objectif : lancer une expérimentation dans trois fermes de 60 hectares, la taille moyenne d’une exploitation française
.

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MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Lun 25 Sep - 12:30


Né il y a dix ans, le salon agricole Tech et Bio accueille des milliers de visiteurs venus du monde entier. Entre machines agricoles originales et écolos, et club d’affaires où se croisent banquiers et paysans, ce salon témoigne du dynamisme du secteur.
Bourg-lès-Valence (Drôme), reportage



Citation :
« Nous voulions dépasser les conflits. Montrer que la bio, ce n’était pas un truc pour marginaux, que des agriculteurs pouvaient en vivre, montrer des résultats techniques et économiques. Or, discuter derrière la charrue, c’est le meilleur moyen de rassembler des agriculteurs ! » se souvient Jacques Pior, le monsieur Bio de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), à l’origine de l’initiative en 2007. D’où l’idée de faire des démonstrations sur le terrain, au début chez quelques agriculteurs qui prêtaient leurs terres, puis très rapidement, au lycée agricole de Bourg-lès-Valence, dont l’exploitation est entièrement bio. « Le choix d’un lieu de formation pour exposer est un message aux jeunes, et plus encore aux professeurs et aux proviseurs, d’autant qu’aujourd’hui, la formation aux pratiques bio est un réel enjeu », dit-il.
La première édition a rassemblé 4.000 visiteurs. Cette année, près de 17.000 sont venus les 20 et 21 septembre. Parmi eux, des professionnels dont des agriculteurs, bio ou non, tel ce jeune maraîcher, allongé sur une machine, face contre terre, en train d’essayer un « lit de désherbage ». La machine avance avec la pression des jambes, ou avec une batterie électrique. Elle permet de travailler le sol, en solitaire ou à deux, tout en soulageant le dos.



En dix ans, le nombre de visiteurs a quadruplé. [sic vu la photo]

Plus loin, c’est le robot désherbeur Naïo qui trace tout seul entre les rangs. Depuis sa présentation il y a deux ans, les équipements de désherbage innovants se multiplient. Normal, le désherbage est délicat et capital en bio. Et de plus en plus problématique pour beaucoup d’agriculteurs qui veulent réduire les traitements sans pour autant sauter le pas du bio. Les machines vont devenir plus accessibles.

Tout à l’autre bout du salon, plus exactement de l’une des parcelles, démonstration est faite de traction animale tandis qu’un poulailler monté sur roues, concept novateur venu d’Allemagne, intrigue : le déplacement aisé des poules pondeuses influe sur la qualité de leur nourriture, les parcelles se régénèrent plus rapidement. Il y a aussi une tondeuse à pré conçue pour faucher plus haut et favoriser la repousse et la biodiversité. Dans la partie dédiée aux grandes cultures (céréales…), on observe la démonstration d’un drone qui largue un invisible prédateur de la pyrale du maïs en capsules en des endroits très précis. Habituellement, l’agriculteur qui n’utilise pas de traitements chimiques de synthèse doit déposer le prédateur sur la plante à la main, en passant entre les rangs. 500 mètres et plus dans un sens, puis dans l’autre, et ainsi de suite, la balade entre les hautes tiges à feuilles coupantes n’est pas des plus agréables, explique Marie Aubele, responsable technique chez Sangosse, entreprise de biocontrôle dans le Sud-Ouest. « Les bio loin de tout, c’est fini. Souvent, ils sont en avance et ce qu’ils font intéresse tout le monde. Pour preuve, nous avons autant d’agriculteurs bios que de non bios qui s’intéressent à cette technique. Elle permet à ces derniers de diminuer les traitements chimiques. »



Un drone pour des traitements ciblés.

Cette préoccupation rend le monde agricole de plus en plus sensible aux propositions techniques des bios qui ont fait leurs preuves. Ce chargé de mission pour un pôle de compétitivité, venu de Bretagne, le confirme : « La frontière est de plus en plus ténue. C’est bien l’intérêt des échanges dans ce salon. De plus, le rôle de l’agriculteur dépasse le périmètre de sa ferme. » En témoigne la présence d’équipementiers de production d’énergie (méthanisation…). Au stand Boiron, dont « la vente des médicaments homéopathiques vétérinaires connaît une croissance à deux chiffres depuis 10 ans », « ce n’est pas le statut bio ou non bio qui détermine le choix de l’homéopathie, mais l’approche de l’agriculteur vis-à-vis de ses animaux », explique-t-on.
Dans le carré Fertilité et profils des sols, une agricultrice explicite la vie de « ce sol qui était là avant nous et qui restera après nous. Nous devons tout faire pour le renouveler et pour que les plantes y trouvent le gîte et le couvert ». Juste à côté, un large et profond trou a été creusé au tractopelle afin de bien montrer la composition du sol, de sa partie la plus organique en surface à la plus minérale, caillouteuse, bien plus bas, et leurs rôles et interactions. Deux jeunes diplômés de l’année de la licence pro Agriculture biologique espèrent trouver ici des contacts pour un emploi. De l’amont à l’aval, la filière représente 118.000 emplois directs (selon l’Agence Bio), près de 11 % de l’emploi agricole.



Jacques Pior

« Les bios de demain sont les conventionnels d’aujourd’hui. Et les agriculteurs qui vont s’engager et changer de modèle ont besoin de réponses techniques, économiques », explique Jacques Pior. Qui mieux que d’autres agriculteurs pouvaient leur en donner ? Dans l’agriculture bio, on rencontre des gens particulièrement créatifs, innovants, des exploitations autonomes étonnantes, d’où l’idée en 2013 de créer une sorte de concours général de la bio. Sauf que ce n’est pas vraiment un concours parce que, « en bio, on est pas trop compétition », dit-il précisant qu’il y en a 15 chaque année, mais qu’on aurait pu en présenter plus [1]. Leur témoignage et leur expérience sont des modèles. Leurs dossiers de candidature sont analysés par les étudiants en licence pro AB dans le cadre de leur cursus à partir des critères spécifiques de la méthode Idea, mise au point par l’Institut national de recherche agronomique, qui évalue performances techniques, économiques, écologiques et sociales.
Parmi les Talents 2017, Sébastien Brache, ingénieur écologue et ornithologue de formation installé dans la Drôme, a recréé une ferme quasi autonome avec des brebis, des poules et des fruitiers, des mares et des ruisseaux restaurés et sur les principes de l’agroforesterie. Son atout principal est la performance écologique [2].



Les Talents 2017

Au fil des éditions bisannuelles, le salon s’est étoffé et enrichi. Organisé par type de production (arboriculture, viticultures, maraichage) et par thème (semences, eau et irrigation…), le salon est immense : 25 hectares, 350 exposants, 100 démonstrations, 120 conférences et des ateliers, un Club affaire avec la présence d’une vingtaine d’entreprises pour permettre à l’amont de la filière – les producteurs — de rencontrer l’aval afin d’écouler leurs produits. Un Club des financeurs présente depuis cette année les banques ou organismes pouvant compléter financièrement un projet. « Inimaginable il y a 10 ans », observe Jacques Pior. Autre nouveauté, un « concours » des toutes dernières innovations agricoles en matière de machinisme, de service ou d’intrant. C’est le public qui vote. Exemple : ce pulvérisateur à usage viticole ou maraîcher pour la biodynamie ou l’agriculture bio, à traction animale ! Ou encore, un effaroucheur sonore électronique, dernier cri !


L’effaroucheur dernier cri.
[le bio n'est pas contre le bruit]

Dans les allées, on entend parler anglais et aussi portugais, allemand, finnois… Des délégations sont venues venues de 16 pays. Celle de la Polynésie se dit impressionnée par l’avance de la métropole. « C’est formidable, ces démonstrations ! Un salon comme celui-ci n’existe nulle part ailleurs », ajoute Stoïlko Apostollov, un vétérinaire de la délégation bulgare. « L’agriculture augmente assez rapidement en Finlande, précise Johanna Helkimo, dont la délégation se compose d’agriculteurs, d’un entrepreneur, d’un chercheur et de conseillers. Nous avons un projet régional dans le nord du pays. Notre but est d’innover dans les techniques et de trouver de nouveaux contacts. » Pour son collègue représentant de la délégation italienne, Federico Marchini, « le bien commun n’est pas la propriété d’une nation ou d’une région, c’est un concept de bien-être le plus élargi possible et un service rendu à une société, à un environnement soutenable et possible économiquement ». C’est pour ça qu’il est venu à Tech et Bio. Pour connaître et partager les connaissances, « sans jalousie, et dans l’espoir de pouvoir reproduire ce salon dans notre terroir ».

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MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Sam 30 Sep - 20:21


écologie pour les pauvres

Comment réduire sa consommation

Reporterre 17 juillet 2017


21 jours pour devenir « consomm’acteur ! »

Citation :
Nous sommes tous des consommateurs et nous pouvons orienter nos achats en fonction de nos valeurs les plus profondes. Que vous soyez novice en la matière ou déjà engagé dans cette démarche, vous trouverez dans cet ouvrage un programme sur mesure pour consommer en conscience et de façon équitable.

. 1 test pour faire le point sur votre consommation.
. Des missions à relever pour progresser de façon décomplexée et visualiser vos progrès en un clin d’oeil.
. Des recettes cosmétiques, culinaires et de produits ménagers, à faire vous-même.
. Des bons plans et une base solide pour faire de vraies économies !

En famille, en couple ou en solo, vous prenez de bonnes habitudes et vous apprenez à consommer moins et mieux. Et si consommer devenait enfin un acte citoyen ?!

« Ce livre précieux ne prétend pas apporter des solutions magiques. Il vous prend par la main et propose une succession de petits pas libérateurs qui, additionnés les uns aux autres, pourraient transformer le monde ! »
- Cyril Dion
J’arrête de surconsommer, Marie Lefèvre et Herveline Verbeken, éd. Eyrolles, 206 p., 11,90 €.

cheers

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MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Sam 7 Oct - 11:55


l'avis de château

Ils vivent dans une coloc écolo et ils sont heureux

Fanny Laemmel Reporterre 7 octobre 2017


Près de Paris, ils sont huit à vivre en colocation depuis 2013. L’originalité de leur projet : il est écolo, c’est-à-dire que l’on veille autant à sa consommation d’eau et d’énergie qu’à la convivialité.

Citation :
Ils sont huit : Adeline, Benjamin, Julie, Jonathan, Ludovic, Morgane, Romain et Younes, et vivent ensemble dans une colocation écolo. Depuis 2013, une grande maison de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) est leur domicile commun, qu’ils veulent en accord avec un mode de vie écologique. À seulement vingt minutes de RER du centre de Paris, le dépaysement est complet. Bordé d’un côté par la Seine et de l’autre par la ligne D du RER, l’imposante bâtisse est nichée au milieu de la verdure.

Potager et compost sont évidemment au programme de cette coloc écolo, qui a aussi expérimenté le poulailler et les toilettes sèches dans le jardin. On veille à la réduction de déchets, mais aussi aux dépenses en énergie (eau, électricité). Des « référents » prennent en main la gestion de chaque domaine : potager, bricolage, compta, ménage ou encore « suivi conso », mais tous sont coresponsables du bon déroulement de la vie collective. Et l’ouverture vers l’extérieur occupe une place importante : la colocation accueille souvent des événements militants, comme ce fut le cas pendant la COP21. Une rencontre intercolocations écolo est en prévision.

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MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Dim 8 Oct - 14:50


pourquoi McDo se met au vert

Ce que cache l'étonnant hamburger végétarien de McDonald's

Adrien Schwyter Challenges 06.10.2017

Coup de tonnerre dans le marché hexagonal du burger. Le leader incontesté du secteur lance pour la première fois un hamburger végétarien en France. Coup de com ? Pas seulement car McDo veut continuer à verdir son image et entend suivre les évolutions de ses consommateurs. Le numéro 1 du fast-food en France proposera pour la première fois à partir du 10 octobre un burger sans viande, végétarien


Citation :
Les végétariens vont-ils devenir fans du grand M ? Cette question peut paraître totalement saugrenue, voire déplacée pour la marque emblème de la junk food qui avait inspiré en 2004 le film Supersize me, où l'Américain Morgan Spurlock mangeait McDo durant 30 jours d'affilée. Pourtant le géant américain du fast-food vient d'annoncer l'impensable: l'arrivée mardi 10 octobre d'un hamburger veggie dans ses 1.400 restaurants en France. Un véritable coup de tonnerre qui se traduit par un bun de graines de courge, de sésame et de pavot. Au milieu des émincés de choux rouge et blanc, de jeunes pousses d'épinard, de roquette et de salade verte, des tomates et une galette panée de carottes et salsifis. Au centre, une tranche d'emmental et pour relever le tout, une petite sauce au pesto rouge. Le tout pour 760 kilos calories annoncés, comparable au Big Tasty ou au 280.

Baptisé sobrement, "Le Grand Veggie", le burger de McDo aura une durée de vie brève: du 10 octobre au 27 novembre. Pourtant il a selon l'entreprise nécessité une année de développement qui a donné lieu à 10 versions différentes de burgers végétariens. Et l'heureux élu a été désigné par des panels de consommateurs. "La vocation de McDo est de s'adresser à tous développe Delphine Smagghe, vice-Présidente achat et qualité pour McDonald's France. Ce burger végétarien est là pour élargir la gamme et l'offre afin de susciter de l'intérêt des végétariens mais aussi chez tous les fans de burgers. Ce qu'on voit dans nos études, c'est qu'un Français sur deux aujourd'hui souhaite élargir encore plus son alimentation".

L'empereur du fast-food a déjà expérimenté ces opérations séductions des végétariens en Europe, plus particulièrement en Allemagne, Norvège, Royaume-Uni et Italie. "Dans chaque pays, un burger propre a été développé pour répondre aux attentes des consommateurs locaux" développe Delphine Smagghe. Et McDo d'insister lourdement: "tout est Français dans notre Grand Veggie sauf la tomate car vu la saison il nous faut aller en Espagne pour en trouver".

Niveau prix, le nouveau burger sera proposé au menu à 7,90 euros, en version maxi best of à 8 euros 50 et en burger seul vers 5 euros (les prix peuvent varier de quelques dizaines de centimes en fonction des restaurants).  

Viser les fléxitariens

Mais pourquoi donc McDo se met-il désormais à faire des burgers végétariens ? "Ils ne font pas des burgers végétariens pour les 3% de la population qui ne mangent pas de viande analyse Bernard Boutboul du cabinet d'études Gira Conseil. Sauf qu'un Français sur 3 est fléxitarien. En gros ces personnes se disent qu'il faudrait qu'elles mangent un peu moins de boeuf, mais de meilleure qualité et que de temps en temps, on peut faire un repas ou une semaine veggie pour changer".

En bref pour le spécialiste du marché du fast-food en France, "McDonald's se contente de suivre le marché. Et ils le font tardivement car cela fait 2-3 ans que Big Fernand, Burger King ou King Marcel le font déjà". Un détail étonne pourtant Bernard Boutboul : "le produit aurait pu être vegan mais il ne l'est pas. La faute à la tranche d'emmental. Ils ont voulu marquer un palier avant peut être de passer une étape supplémentaire".

Un jour du bio chez McDo ?

Pourtant McDo est encore loin de mettre en place des burgers bio. "On souhaite faire du bio mais d'origine France détaille Delphine Smagghe. Sauf que nous rencontrons des problématiques de volumes car nous avons 1,8 million de clients par jour. Aujourd'hui nous avons déjà 2 produits bio dans notre gamme: le petit jus de fruit et le yaourt bio".

Sauf qu'à écouter Bernard Boutboul, le bio ne fait pas saliver les foules. "Le bio en France représente 1,5 milliard d'euros par an quand le halal en pèse 9. Donc contrairement à ce qu'on peut entendre, les Français ne sont pas vraiment fans de bio. Et de fait il n'y a pas trop de bio dans la restauration car ce n'est pas un régime alimentaire particulier". Quick a tenté en 2009 de lancer un burger bio... arrêté après 6 mois faute de ventes suffisantes.

"Opportuniste"


Pourtant la chaîne d'hamburgers parisiens Bioburger, croit depuis 2011 dans le fast-food bio. L'initiative du burger végétarien de McDo laisse le cofondateur de l'enseigne, Louis Frack, circonspect. "Je suis partagé face à cette initiative. Bien sûr d'un côté je trouve ça cool que le patron incontesté du burger se mette à faire du végétarien. Cela veut dire que nous on était dans le vrai et qu'on a pu faire bouger les lignes. Sauf que notre principal réserve, c'est que c'est une manoeuvre opportuniste marginale. Cela vient un peu comme un cheveu sur la soupe. On verra si l'initiative se poursuit". Ainsi le lancement du "Grand Veggie" relèverait plus d'un coup stratégique de McDo que d'un changement complet de paradigme. "Il y a un marché pour les produits végétariens poursuit-il. S'ils veulent rester leader, il fallait qu'ils répondent pour ne pas passer pour une entreprise has-been".

Et quand on demande à la vice-présidence achat et qualité de l'empereur des fast-food si le lancement de ce burger végétarien participe d'un certain green washing après le changement de son logo avec un M jaune sur fond vert en 2009 (au lieu d'un fond rouge), le ton se tend. "Non non ce n'est pas du tout le cas. La modification de la couleur du logo, s'était pour mieux s'intégrer dans l'environnement architectural proche des restaurants".

Et si la France entière se rue sur le burger végétarien de McDo, sera-t-il titularisé de facto à la carte? "Non on va l'arrêter fin novembre pour faire le point sur le lancement. On verra s'il a trouvé son succès". McDo aime les burgers végétariens. Mais il ne faut pas pousser trop non plus.

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MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Mer 11 Oct - 13:24


"Mon point de vue de banquier, mais aussi d'ingénieur de formation, est que la transition énergétique est aujourd'hui l'autre nom du développement économique" fait valoir Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas.



Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas
(Crédits : Reuters)

Citation :
La banque cesse le financement de projets d'exploration, de production et de transport d'hydrocarbures non conventionnels. Un pas dans la bonne direction, selon l'association des Amis de la Terre, qui appelle le Crédit Agricole, la Société Générale et Natixis à faire de même.

L'annonce tombe à point nommé, à tout juste deux mois du Sommet Climat qui se tiendra à Paris à l'initiative du président Emmanuel Macron le 12 décembre prochain. La banque BNP Paribas, la première de la zone euro en termes d'actifs, annonce ce mercredi de nouveaux engagements très concrets dans la lutte contre le réchauffement climatique, en alignant ses activités de financement et d'investissement « sur le scénario de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) visant à contenir le réchauffement climatique en dessous de 2° d'ici la fin du siècle.»

Le géant bancaire français va mettre en place « une nouvelle politique mondiale de financement relative à l'exploration, la production et le transport des hydrocarbures non conventionnels », faisant valoir que « le gaz et le pétrole de schiste et le pétrole issu des sables bitumineux, sont des sources d'énergie dont l'extraction et la production sont très émetteurs de gaz à effet de serre et ont un impact négatif sur l'environnement.»

D'une part, BNP Paribas cesse ses relations avec les acteurs dont l'activité principale est l'exploration, la production, la distribution, le marketing ou le trading de gaz et de pétrole de schiste et/ou de pétrole issu des sables bitumineux. D'autre part, la banque arrête de financer des projets « majoritairement dédiés » au transport et à l'exportation de gaz ou pétrole de schiste (pipelines, terminaux LNG). En outre, BNP Paribas s'engage à ne pas financier de projets d'exploration ou de production de gaz et de pétrole en Arctique.

"Un pas dans la bonne direction" pour les ONG

Lors de l'assemblée générale des actionnaires en mai dernier, des militants écologistes, notamment de l'association des Amis de la Terre, venue avec un chef de tribu sioux, avaient interpellé le directeur général de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, au sujet du financement du très controversé oléoduc Dakota Acces Pipeline (DAPL) aux Etats-Unis. Société Générale et Crédit Agricole avaient subi le même sort.

Ce mercredi, les Amis de la Terre reconnaissent que l'annonce de BNP Paribas constitue « un pas dans la bonne direction. »

« Malgré les zones d'ombre [sur le périmètre d'application], nous saluons la direction suivie par la banque : l'urgence climatique requiert de renoncer à des pans toujours plus larges des énergies fossiles, et exclure les énergies fossiles non conventionnelles est bien l'étape suivante après les mesures déjà adoptées sur le charbon.

Nous appelons désormais les autres banques françaises Crédit Agricole, Société Générale et Natixis à suivre la voie tracée par BNP Paribas et à aller encore plus loin ! »
lance une porte-parole de l'ONG dans un communiqué.

L'ONG relève que « BNP Paribas est la première banque à s'engager à ne pas vouloir financer ni des pipelines de gaz de schiste ni des terminaux méthaniers qui liquéfient et exportent principalement des gaz de schiste », même si elle continue de servir de conseil au projet de terminal Texas LNG.

Etre un accélérateur de la transition énergétique


Jean-Laurent Bonnafé a pris la plume sur le réseau social LinkedIn pour expliquer la démarche du groupe.

« Financer l'économie au XXIème siècle, c'est être un accélérateur de la transition énergétique. [...] Mon point de vue de banquier, mais aussi d'ingénieur de formation, est que la transition énergétique est aujourd'hui l'autre nom du développement économique.»

Il souligne que la banque s'est fixée en interne « l'objectif de neutralité carbone à l'horizon fin 2017 » et qu'elle a « décidé de ne plus financer de mines et de centrales thermiques à charbon dans le monde et de ne financer que les entreprises de ce secteur qui sont engagées dans une stratégie de diversification de leurs sources de production. » Le patron de BNP fait valoir :

« Partenaire historique du secteur énergétique et acteur engagé dans la transition vers un monde plus durable, notre rôle de banque internationale est d'être un accélérateur de la transition énergétique et un acteur engagé dans la décarbonisation de l'économie. »

La banque de la rue d'Antin avait déjà pris une série de mesures et d'engagements pour le climat, en particulier « un objectif de 15 milliards d'euros de financement des énergies renouvelables à l'horizon 2020 » et un investissement de 100 millions d'euros dans les start-up spécialisées dans la transition énergétique (stockage d'énergie, efficacité énergétique, etc.).

Début septembre, le groupe a créé début septembre une direction de l'engagement, dans l'objectif de « franchir un cap dans la prise en compte des enjeux sociétaux et environnementaux. »



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MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Jeu 12 Oct - 13:46


sous les ponts d'Hidalgo, coule l'idée
d'un combat écolo entre capitalistes


Plus d'essence à Paris en 2030 : comment, Madame Hidalgo ?

Eric Bergerolle Challenges 12.10.2017

La Ville de Paris s'était déjà donnée pour objectif d'éradiquer le Diesel sur son territoire en 2024. L'heure sonnera pour l'essence en 2030, dix ans avant l'objectif de Nicolas Hulot. Une belle opération de communication... Qui ne répond pas aux questions écologiques majeures qu'une telle décision engendrerait.


Anne Hidalgo promeut la voiture électrique en oubliant toutes les centrales nucléaires nécessaires à un tel chantier.
AFP

Citation :
Anne Hidalgo avait déjà annoncé son ambition de bouter les véhicules Diesel hors des murs de Paris à l'horizon 2024. La voici qui l'étend aux véhicules à moteur à essence, cette fois à partir de 2030.

Sauf que non. La Mairie de Paris croit nécessaire de préciser, dans un communiqué diffusé tôt ce matin, que l'objectif "n'est en aucun cas formulé dans le plan climat comme une interdiction à l'horizon 2030, mais bien comme une trajectoire qui semble à la fois crédible et soutenable".

La nuance est d'importance, pour qui croit que la politique d'élus municipaux — qui ne seront peut-être plus aux commandes en 2030 — peut avoir une influence sur le cours de l'évolution de l'industrie automobile. Les autres savent que les capitaines de ces lourds et lents navires qu'on appelle les constructeurs automobiles ont déjà engagés les investissements colossaux qui les mèneront irrémédiablement vers la propulsion électrique. Qu'elle soit pure, à 100 %, ou bien partielle, associée dans le cas des hybrides à un petit moteur thermique.

Objectif non coercitif

On a beaucoup glosé sur ces maires des grandes villes européennes qui pèsent sur la politique de leur pays en matière de transports. Sur le thème du volontarisme local qui prend le pas sur l'immobilisme national, avec une prise de conscience chez le citoyen de l'urgence environnementale et sanitaire, bien avant qu'elle ne se concrétise chez le politique.

Le problème est que ces élus locaux aux ambitions parfois démesurées jouent volontiers de l'effet d'annonce, sans se soucier sérieusement de mesurer l'impact économique, social ou même environnemental de leurs vœux.

Ouvrons donc une fois la boîte de Pandorre et laissons s'échapper les arguments des pros et des antis tout-électrique.

Oui, la propulsion électrique permet d'éradiquer les émissions de gaz polluants. Mais seulement au cul du véhicule, pas au sommet des cheminées des centrales thermiques. Et puis demeure une source non négligeable d'émission de particules, du fait de l'usure des pneumatiques et des plaquettes de frein. Ce problème-là appellent le développement d'autres solutions techniques.

15 centrales nucléaires de plus...

Oui, la propulsion électrique permet de diminuer la dépendance de notre pays aux hydrocarbures. Parce que nous avons la chance de compter de nombreuses centrales hydro-électriques et nucléaires, encore que celles-ci soulèvent d'autres problèmes. Il faudra sans doute investir encore beaucoup et longtemps pour capter le vent et la force des marées, afin de produire le courant nécessaire à l'alimentation d'un parc de plusieurs dizaines de millions de voitures et de camions électriques.

On lit, ici et là, que la France aurait besoin de quinze centrales nucléaires supplémentaires ; que l'Allemagne et la Chine ne pourraient faire autrement que de redémarrer ou d'ouvrir de nouvelles centrales électriques au charbon.

Combien ? Personne ne le sait précisément. Car les architectes du futur électrique affirment qu'à partir d'un certain nombre, les véhicules à piles rendront pour bonne part le courant qu'ils emmagasinent. C'est le concept du réseau électrique intelligent, où les véhicules qui se branchent en fin de journée vident leur batterie pour alimenter le logis. Une fois le pic de consommation passé, le réseau autorise la charge durant le restant de la nuit. Malin.

... Et une surexploitation des terres rares

Rêver d'une ville sans moteur thermique à l'horizon 2030 implique l'existence d'une provision suffisante de voitures électriques de seconde main, fiables et bon marché. Si l'on en croit les estimations de Bloomberg New Energy Finance, le prix de revient des batteries au lithium-ion sera passé de 1.000 dollars le kWh en 2010 à 120 dollars à l'horizon 2030. Il pourrait même baisser plus rapidement encore, sous la concurrence de nouvelles chimies de batteries.

Reste la vaste question de l'impact sur l'environnement de l'extraction des terres rares et des métaux précieux requis pour la fabrication des batteries et des piles à combustibles. Les rapports s'accumulent pour dénoncer l'exploitation outrancière des sols et des hommes dans les mines de lithium.

La question du recyclage des batteries au lithium-ion est habilement repoussée par la perspective d'une seconde carrière qui s'ouvre pour les accumulateurs. Après 7 à 10 ans passés dans le plancher d'une voiture, ils seront entassés dans le garage des maisons ou bien d'immenses entrepôts. Leur mission ? Emmagasiner ce courant renouvelable que produisent les éoliennes et les panneaux photovoltaïques. La perte progressive de capacité des batteries serait compensée par leur accumulation en grand nombre et le pilotage précis de leur taux de charge optimal.

Comme si ces enjeux ne suffisaient pas à vous faire douter d'un virage voulu trop rapide vers le tout-électrique, il existe la question épineuse du coût astronomique de l'installation de chargeurs rapides, disséminés dans nos villes et nos résidences. Il y a le coût des travaux de terrassement mais aussi celui, largement sous-estimé, du cuivre dans les câbles conducteurs. Leur diamètre augmente avec la puissance de charge.

Pour terminer, on pourrait évoquer les risques pour la santé de l'exposition à des champs électromagnétiques émis par le câblage des chargeurs. Sans parler de ceux auxquels s'exposent les passagers des voitures électriques.

A l'occasion du Salon de l'Automobile de Francfort, en septembre dernier, le patron du Groupe PSA, Carlos Tavares s'inquiétait de savoir si nous ne nous préparons pas des lendemains qui déchantent : "Si les pouvoirs publics imposent le passage à la propulsion électrique, ils devraient endosser la responsabilité scientifique de ce choix et assumer les conséquences qui pourraient en découler à l'avenir. Nous sommes dans un tel emballement qu'il ne faudra pas s'étonner dans quelques années qu'on vienne à découvrir des choses qui ne sont pas aussi sympathiques qu'elles en avaient l'air. Je crains que, dans vingt ans, on se dise au sujet de la voiture électrique ce qu'on se dit aujourd'hui au sujet du Diesel."

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