PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» JAZZ, BLUES, R'n'B, SOUL, RAP... pour "double paire d'oreilles"
Hier à 22:22 par Patlotch

» CAPITALISME et RELIGIONS, histoire et présent, étude
Hier à 21:50 par Patlotch

» POLICE, RÉPRESSION, MILITARISATION et VIOLENCES POLICIÈRES
Hier à 18:04 par Admin

» ÉMEUTES, des réalités à l'idéologie, formes et contenus, typologie...
Hier à 17:47 par Patlotch

» des ŒUVRES-SUJETS PERFORMATRICES en ARTS : des usages révolutionnaires ?
Hier à 17:42 par Patlotch

» EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde
Hier à 15:27 par Patlotch

» ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...
Hier à 13:47 par Patlotch

» DÉCOLONISER le FÉMINISME ! Féminisme, voile, race et Islam... "Féministes blanches"... sexisme et racisme... et le burkini ?!
Hier à 13:18 par Patlotch

» la classe écologiste du capital
Hier à 12:30 par Patlotch

» MARX, le MARXISME et l'ÉCOLOGIE
Hier à 12:00 par Patlotch

» 9. l'apparition multiple d'une nouvelle théorie communiste ? questions et thèses parentes
Hier à 11:31 par Patlotch

» L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...
Hier à 10:18 par Patlotch

» PENSÉES diverses à marier sans modération
Dim 24 Sep - 21:50 par Patlotch

» EUROPE (et au-delà) : paradigme d'un DÉMOCRATISME POPULISTE ? POPULISME RADICAL ? Brexit, classes, immigration et racisme, Trump...
Dim 24 Sep - 19:07 par Patlotch

» 5bis. du LUMPENPROLETARIAT à la POPULATION en SURPLUS : une classe ? le SOUS-PROLÉTARIAT pour ou contre la révolution ?
Dim 24 Sep - 17:21 par Patlotch

» pour une ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE
Dim 24 Sep - 16:15 par Patlotch

» les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness ? BLANCHITÉ ? BLANCHITUDE ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'
Dim 24 Sep - 12:20 par Patlotch

» 8. poèmes pour en causer
Dim 24 Sep - 12:06 par Patlotch

» 7. le livre : du capitalisme à la communauté humaine, UNE CLASSE pour LA RÉVOLUTION (sommaire, texte complet et renvoi aux compléments)
Dim 24 Sep - 11:49 par Patlotch

» pour une ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE renvoi au sujet
Dim 24 Sep - 10:41 par Admin


Partagez | 
 

 la classe écologiste du capital

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Patlotch



Messages : 652
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: la classe écologiste du capital   Sam 9 Sep - 19:13


ce ne sera pas un fil sérieux, il y aurait trop à faire, et l'on n'en finirait plus de dénoncer les écolos, mais ceux qu'on rencontrera ici en tiennent une couche  scratch  moyenne !


le côté pratique du capitalisme

Allez, viens, on crée notre supermarché !

Camille Jourdan Reporterre 9 septembre 2017

Une trentaine de supermarchés collaboratifs sont en projet ou lancés, dont la Cagette, à Montpellier, qui a ouvert ses portes mercredi 6 septembre. Fondés sur le principe que les clients sont aussi les propriétaires, ce sont des « vrais supermarchés, mais en mieux ».


Citation :
Ils s’appellent la Louve, la Cagette, Superquinquin ou la Chouette Coop. De Lille à Montpellier en passant par Paris ou Toulouse, les projets de supermarchés coopératifs se multiplient depuis quelques années. Ils sèment un peu partout en France leurs drôles de noms et leurs principes alternatifs à la grande distribution. Leur but ? Être des supermarchés qui appartiennent à leurs clients associés et coopérateurs : pour pouvoir y faire ses courses, chacun doit acheter ses parts sociales, et travailler trois heures par mois à la caisse, à l’étiquetage ou encore à la livraison.

Parmi la trentaine de supermarchés en devenir en France, certains étalent déjà leurs produits sur des rayons, d’autres les stockent dans un local provisoire. Les plus jeunes se contentent pour le moment d’organiser des réunions, dans le café du coin ou dans un appartement. Car, pour monter un supermarché de A à Z ou, plutôt, de l’approvisionnement au passage en caisse, il faut du temps… et un paquet de bénévoles.

Ça part souvent de deux ou trois potes, peut-être quatre. Ils ont entendu parler de la Park Slope Food Coop, ce gigantesque supermarché coopératif de Brooklyn, au détour d’un voyage, dans le documentaire Food Coop ou grâce à la Louve, son homologue parisienne. Celle-ci n’échappe pas à la règle : elle est née de l’idée de deux amis états-uniens, qui ont décidé d’importer le modèle new-yorkais en France. Les projets français qui ont suivi apparaissent comme de petits « louveteaux » : « Ce sont des initiatives sœurs de La Louve », affirme Muriel Prévot-Carpentier, chercheuse en philosophie. Elle a observé le projet parisien durant plusieurs mois : « En 2013, lorsque leur financement participatif a été lancé, rares étaient les personnes qui connaissaient ce concept et la Park Slope Food Coop. Ce n’est qu’après que sont nés de multiples projets similaires, qui s’inspirent tous du modèle parisien, lui-même calqué sur celui de New York. » Pour Martial, membre du projet lyonnais Demain, c’est clair : « La Louve a ouvert la voie en France. »

Un moyen de se former et d’acquérir de nouvelles compétences


Mais deux potes ne suffisent pas pour monter un projet qui s’étalera sur plusieurs centaines de mètres carrés. Le premier pas est donc de partir à la chasse aux bénévoles ou, plus précisément, aux adhérents : Les Amis de la Louve est l’association qui préfigurait le supermarché. De la même manière sont nés Les Amis de la Cagette ou Les Amis de Superquinquin, premières structures juridiques de ces projets au long cours. Le nombre d’adhérents de la plupart de ces associations n’a pas mis longtemps à croître, tant les principes qu’elles portent sont en vogue : choisir les produits que l’on consomme, à des prix abordables, en privilégiant les articles locaux voire bio et en rémunérant convenablement les producteurs. Si la Louve avait déjà emballé de nombreux bénévoles en peu de temps, les initiatives sœurs ont parfois du mal à suivre tant les intéressés se bousculent : en neuf mois, Scopeli, à Nantes, a regroupé deux mille adhérents, et l’Éléfàn, à Grenoble, a enregistré plus de cent demandes mensuelles durant plusieurs mois.



Avant d’ouvrir leur supermarché, la plupart des projets attendent généralement
de regrouper au moins 1.000 adhérents. La Louve à Paris en compte plus de 5.000.

Pour travailler plus efficacement, toutes ces petites mains s’organisent en groupes de travail : achats, communication, financement, comptabilité et gestion, juridique, informatique, vie associative, gouvernance… Sous des dénominations différentes, chaque projet se dote plus ou moins des mêmes commissions, et laisse ainsi choisir à ses adhérents un ou plusieurs domaines pour mettre la main à la pâte. Les compétences requises ? En théorie, aucune. Mais quand il s’agit de déterminer la forme juridique de la future coopérative ou de gérer les logiciels comptables, quelques connaissances sont les bienvenues. « Beaucoup de bénévoles apportent leurs compétences professionnelles dans le projet », observe Muriel Prévot-Carpentier. C’est ainsi que Martial, titulaire d’un diplôme en gestion des affaires et des administrations, a rejoint le groupe comptabilité-gestion de Demain. Mais certains adhérents se jettent parfois à l’eau dans des domaines qui leur sont étrangers. « Les deux référentes de notre commission approvisionnement n’avaient jamais touché à des métiers similaires », témoigne Olivier, du projet Éléfàn. Le milieu associatif devient alors un moyen de se former et d’acquérir de nouvelles compétences.

Sur les questions les plus pointilleuses, les jeunes projets peuvent toujours demander un coup de main à ceux qui ont pris de l’avance. « L’aide des autres projets nous est précieuse, confirme-t-on chez les Breizh’i Potes, il y a une réelle solidarité entre tous. » Débarqués à Rennes en septembre dernier, ils ont vite rencontré l’équipe de Nantes. « On avait plein d’interrogations : comment capter de nouveaux adhérents au début ? Comment se financer ? Comment gérer les plannings de travail ? » Le relais passe ainsi de projet en projet : après avoir reçu des conseils de la Louve et de la Cagette, l’Éléfàn a donné quelques tuyaux aux projets de Lyon, d’Annecy et de Chambéry. On se partage les modèles de statuts, les documents utiles, le logiciel comptable… Une rencontre « Intercoop » a même réuni une bonne partie des projets français et belges en février 2017.

« Conserver le côté pratique du supermarché »

Le but de tous ces projets reste d’ouvrir un « vrai supermarché, mais en mieux, résume Muriel Prévot-Carpentier, dans lequel on peut faire l’ensemble de ses courses tout en sachant d’où provient chacun des produits que l’on glisse dans son panier. » Pour Benjamin, membre du conseil d’administration de l’Éléfàn, il est important de « conserver le côté pratique du supermarché : à terme, le but est de répondre à 100 % des besoins des clients ». Fruits et légumes certes, mais aussi viandes, poissons, produits d’entretien, biscuits… on doit pouvoir tout trouver sur les étals d’un supermarché coopératif.

Cela implique un énorme travail de recherche, souvent mené par la commission achats ou approvisionnement, qui se charge de dénicher les producteurs qui accepteront de prendre part à ce projet. Des sous-groupes de travail sont bien souvent dédiés à un produit en particulier : le pain, les fruits et légumes, les œufs… La plupart des projets misent en priorité sur la production locale, en passant parfois par des coopératives de producteurs. « Pour l’achat de produits plus exotiques, comme le café ou le chocolat, nous aimerions regrouper nos commandes avec les autres supermarchés coopératifs de Rhône-Alpes », confie Benjamin.



Chaque adhérent a droit à une voix lors des votes en assemblée générale,
pour garantir un système qui soit le plus démocratique possible. (Ici, l’Éléfàn.)

Une question fait souvent surface lorsqu’il s’agit de fixer la « charte produits », qui définira la qualité des articles en rayon : bio ou pas bio ? À Nantes, Scopeli aimerait « participer à l’organisation de la filière bio : nous sommes donc partis sur des produits issus de l’agriculture biologique ou en conversion », dit Laure, du groupe communication. À Grenoble, en revanche, la question a été tranchée après de longues discussions avec les membres de la commission approvisionnement : « Le cœur du projet, ce n’est pas le bio, résume Olivier, c’est d’offrir des produits de qualité à des prix abordables pour tous. »

Attirer des coopérateurs de toutes les tranches sociales est également l’un des objectifs revendiqués de tous les projets de supermarchés coopératifs. Et ce n’est pas toujours facile : à la Louve, Muriel Prévot-Carpentier a vu défiler de nombreux coopérateurs et la majorité venait du même milieu, plutôt embourgeoisé. Mais elle ne doute pas de la volonté de mixité sociale du projet, qui s’est implanté dans le 18e arrondissement et a mis en valeur des produits qui ne se limitent pas aux panais bios.

L’étape cruciale de l’« épicerie test »

Si la Louve a déjà investi ses locaux définitifs, ce n’est le cas de presqu’aucun des projets de supermarché coopératif français. Beaucoup préfèrent commencer petit, avec ce qu’ils appellent leur « épicerie ou supermarché test ». Celui de Superquinquin a ouvert en avril dernier, et l’Éléfàn prévoit d’ouvrir le sien à la rentrée : « C’est un laboratoire de notre futur supermarché, explique Benjamin. On va y tester notre mode de gestion, notre approvisionnement, nos produits, notre système de caisse, nos plannings de travail des adhérents… » Une étape cruciale avant de pouvoir passer à la suivante. Avant d’en arriver là, les produits sont souvent testés par les adhérents, qui les commandent et les récupèrent dans un local provisoire ou même chez l’un des bénévoles. Une manière de mettre en route le groupement d’achats, deuxième structure juridique qui s’inscrit à côté de l’association. C’est ce qu’a fait l’Éléfàn durant plusieurs mois : avant de s’installer dans son laboratoire de 180 m², l’association a erré entre une pépinière d’associations et un local abrité dans une école d’architecture.



Fruits et légumes, pâtes, confitures, mais aussi chocolat ou papier toilette :
on doit pouvoir trouver de tout dans un supermarché coopératif.

Mais le projet grenoblois n’a pas encore trouvé le lieu idéal pour son futur supermarché de 1.500 m². Il faut dire qu’il n’est pas facile de dénicher un lieu assez grand, qu’il soit possible d’aménager et qui ne coûte pas trop cher. Scopeli a enfin trouvé le sien : « C’était très compliqué : nous avons cherché pendant un an, en ne trouvant que des locaux trop grands, trop loin, où il y avait trop de travaux à mener, décrit Laure. Avec l’aide de la métropole nantaise, nous nous installons finalement dans une ancienne salle de sport de 1.000 m². » À Paris, la mairie du 18e arrondissement a donné un coup de pouce à la Louve dans sa recherche de local.

Le soutien des collectivités se révèle ainsi primordial, notamment en matière d’accompagnement et de financement. Des subventions peuvent venir compléter les fonds récoltés par les adhésions. Car, même aux balbutiements, un peu d’argent est nécessaire : la communication n’est pas gratuite et acquérir un local et l’aménager l’est encore moins. Une autre source de financement immanquable ? Le financement participatif. Tous les projets passent par là. À terme, les parts sociales des coopérateurs — versées cette fois à la société coopérative, la dernière structure juridique — et une très légère marge sur les produits seront les seules sources de financement.

Pas facile pour un projet de longue haleine de ne perdre personne en route

Entre les prémices de la Louve, dès 2010, et le lancement de l’épicerie test, il s’est passé… six ans. Les projets qui se lancent depuis mettent un peu moins longtemps à émerger, mais il s’écoule au minimum entre deux et trois ans avant de voir les premiers produits en rayon. Les premiers mois se passent plutôt autour d’une table, aux assemblées générales, aux réunions d’information souvent mensuelles, et aux réunions de groupe, parfois hebdomadaires. Discuter, débattre, poser des questions et trouver des solutions ; tous les projets veulent fonctionner sur le mode le plus démocratique possible. Souvent, un conseil d’administration prend les décisions quotidiennes, mais les choix les plus importants sont adoptés en assemblée générale.

« Le plus difficile est de montrer en interne que le projet avance
, confie Olivier, pour qu’aucun des centaines d’adhérents ne se sente exclu. » Pas facile pour un projet de longue haleine de ne perdre personne en route. « Au bout d’un certain temps, les gens ont besoin de concret, reconnaît Laure. Si le supermarché reste à l’état de projet trop longtemps, les bénévoles s’essoufflent. » La campagne de financement est souvent une étape qui permet de remotiver les troupes. Celles-ci voient des adhérents aller et venir, ou ne s’investir que quelques heures par mois. « Comme dans tout projet associatif, il est nécessaire qu’un noyau consacre énormément de temps au projet, et ce dans la continuité, analyse Muriel Prévot-Carpentier. Un tel projet ne pourrait pas exister si chacun des bénévoles ne s’investissait au départ qu’à hauteur de trois heures par mois, comme il est prévu dans le projet final. » Certains y consacrent tout leur temps libre, d’autres profitent d’une période de chômage pour s’engager dans un projet qui leur apportera de nouvelles compétences. D’autres encore ne donnent que quelques minutes de temps en temps, mais apportent ainsi leur pierre à l’édifice. Un édifice qui prendra, à terme, l’aspect d’un supermarché. Leur supermarché.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patlotch



Messages : 652
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Dim 10 Sep - 13:37


Faire confiance à la nature et à ses processus

Michel Griffon Reporterre 9 septembre 2017

 
Présentation du livre par son éditeur :
Citation :
Réchauffement climatique, pollution, érosion de la biodiversité, épuisement des ressources, explosion des maladies liées à l’environnement… notre planète est aujourd’hui en danger. Et l’accroissement de la population mondiale n’arrange pas les choses !

Pourtant, la Terre pourra demain nourrir tous ses habitants sans poursuivre sa course folle aux engrais, aux pesticides, à la déforestation et au défrichement. Comment ? En s’inspirant du vivant, en intensifiant les processus naturels. Il s’agit, par exemple, de stimuler l’activité biologique du sol en associant des variétés complémentaires et en recyclant systématiquement les débris végétaux, de lutter contre les ravageurs en accentuant la lutte biologique et la lutte intégrée.

Il est possible de produire plus et mieux avec moins : un développement agricole plus productif tout en étant écologique et équitable peut voir le jour si l’on s’inspire de la nature et de son fonctionnement.

Au-delà des techniques, il s’agit finalement de promouvoir une agriculture durable, dans un cadre d’écosystèmes eux aussi durables, pour des sociétés économiquement et socialement viables.

Écologie intensive. La nature, un modèle pour l’agriculture et la société
, de Michel Griffon, éditions Buchet Chastel, septembre 2017, 256 p., 20 €.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patlotch



Messages : 652
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Lun 11 Sep - 13:05


l'appel de la forêt

« Fainéant, cynique, extrême » : il abandonne les nanotechnologies pour vivre dans une yourte

Lorène Lavocat Reporterre 11 septembre 2017

Harassé par sa lutte contre l’aveuglement scientifique face aux nanotechnologies, Benjamin Caillard a démissionné de l’enseignement supérieur pour se régénérer au cœur de la forêt landaise. Reporterre l’a rencontré sous sa yourte, d’où il poursuit son engagement. Autrement.


Citation :
Saint-Magne (Gironde)

La petite route mal goudronnée qui mène au bout de l’allée du Roumegous s’achève en cul-de-sac, au milieu de la pinède landaise. Un garçon sort d’une maisonnette en briques roses et me salue ; je cherche un certain Benjamin Caillard, lui dis-je. Il hausse les épaules : aucune idée, plusieurs personnes passent et vivent ici. Je scrute les alentours. Une prairie, quelques voitures vides, et la forêt, touffue.

Je sors le courriel que Benjamin nous a envoyé en mars dernier, et relis ses vers : « L’eau, l’air et la terre en nous ne forment qu’un, nous sommes le grand chêne, nous sommes le saule, le cèdre, nous sommes le hêtre face au néant. » J’y suis donc. Je jette un regard à la signature, intrigante, qui m’a poussée jusqu’au fond des Landes : « Un ancien maître de conférence en micro et nanotechnologies, qui a démissionné l’an dernier. »



L’écolieu Potabilis.

Quelques instants plus tard, un homme d’une quarantaine d’années, cheveux en bataille et short déchiré [c'est ça la survie en milieu hostile], s’approche à grandes enjambées. D’un sourire, il se présente — « Benjamin Caillard » —, et m’invite à le suivre sur un chemin de terre. Plus loin dans la forêt, au détour d’un poulailler, une yourte apparaît dans une clairière, entourée de fougères roussies par le soleil. Toilettes sèches, panneaux solaires, poêle à bois. C’est là que Benjamin vit depuis plus d’un an, en autonomie [hmm, pas d'essence dans les voitures, pas d'argent pour tout ça ?]. Il s’excuse du bazar, nous sert une tasse de café noir, se roule une cigarette, puis commence son récit. Les mots fusent, l’histoire s’écoule en gros bouillons, parfois dispersés. Car, derrière son sourire doux, cet ermite des temps modernes cache un tempérament de fonceur et une vie tumultueuse. Une fois la touche Play enclenchée, plus moyen de l’arrêter.

« Que de révolutions à venir pour le progrès de l’humanité ! »

De son enfance entre Paris et la Nouvelle-Calédonie, il garde le souvenir des baignades dans les rivières océaniennes, des démonstrations politiques de son père, indépendantiste caldoche, mais surtout de sa passion pour les sciences. « J’étais hyper scientiste : j’avais une confiance totale, une croyance, dans des innovations technologiques, qui allaient apporter plus de bien-être à l’humanité. » Ado, il dévore chaque nouveau numéro de Sciences et Avenir, s’intéresse à tout ce qui touche au progrès technique : mécanique, chimie, optique, biologie… C’est ainsi qu’il se retrouve tout naturellement dans une prépa scientifique puis dans une école d’ingénieurs en électronique. Après une thèse sur la fiabilité des systèmes microélectroniques, il s’envole pour le Japon, au sein d’un laboratoire de recherche tokyoïte.


L’airial, typique des habitations des Landes de Gascogne, de l’écolieu Potabilis.

Baigné dans l’océan des nouvelles technologies, il découvre avec un mélange de curiosité et de prudence les nanotechnologies, ces techniques fondées sur la maîtrise de l’infiniment petit. « Du tricotage d’atomes », résume-t-il. « J’étais émerveillé par les possibilités offertes par ces particules : des écrans solaires super efficaces au dioxyde de titane, des molécules de médicament parfaitement dosées transportées dans la cellule exacte grâce à une nano… que de révolutions à venir pour le progrès de l’humanité ! »

Mais, très vite, le doute s’immisce. Depuis tout jeune, Benjamin cultive en effet un esprit rebelle [ben tiens donc...]. Il aime poser les questions qui dérangent, ébranler les certitudes. Jeune adulte, il s’initie au cannabis, et « développe une empathie et une connexion profonde avec la nature », [connexion à la nature par l'herbe] assure-t-il. En bon scientifique, il se passionne alors pour le climat et l’étude des écosystèmes. Peu à peu, sa conscience écologiste s’affirme, et son cœur rompu au cartésianisme se gonfle de révolte.

« Je suis devenu radical dans mon mode de vie — que du bio et du vélo
, raconte-t-il. Mais je continuais à travailler dans la microélectronique, persuadé que je pourrais faire bouger les choses dans le bon sens. » Entre temps, Benjamin s’est établi en Gironde, où il a décroché un poste de maître de conférence [salaire entre 3100 et 4500 €] en micro et nanotechnologies au sein de l’université d’excellence de Bordeaux. « J’avais conclu une sorte de contrat moral avec moi-même : faire mon métier de la manière la plus intransigeante et éthique possible. »


« Mais, vous savez, les gens n’ont pas envie de savoir »
[Ah les cons !]

Face à la « fascination béate » de ses collègues envers les « nanos », il creuse les zones d’ombre, épluche les rapports sur les risques sanitaires et environnementaux. Car ces particules de taille atomique — la différence de taille entre une nanoparticule et une orange est la même qu’entre une orange et la Terre — peuvent pénétrer le derme et les cellules, avec des effets toxiques avérés, quoique mal étudiés. Malgré les dangers, près de 2.000 produits contiendraient des nanoparticules : aliments, cosmétiques, emballages en tout genre. Or, nos stations d’épuration et autres centres de gestion des déchets ne savent pas traiter des substances aussi infimes. Toutes ces nanos toxiques se retrouvent donc dans les écosystèmes… et advienne que pourra ! Comme nous vous l’avions raconté dans notre dossier sur ces technologies, Benjamin Caillard acquiert très vite une certitude : « On est en train de nous refaire l’amiante. »


Les oies de Potabilis.
les oies sont capitales !

Benjamin se lève, se ressert un café. Autant les anecdotes affluent vite, autant il rythme ses explications scientifiques de silences pensifs. « Une seule nanoparticule peut tuer une cellule, à partir du moment où elle est suffisamment petite pour traverser la peau, insiste-t-il. On appelle cela l’effet de taille. Et n’importe quel procédé industriel, même parfaitement calibré, présente le risque de produire des nanos trop petites. Cela sera peut-être mille particules sur des milliards, mais cela suffit pour être nocif. » Or, moins de 10 % des recherches sur les nanos concernent l’étude des risques.

Il tente alors d’alerter ses collègues. En vain. Lors du débat national sur les nanotechnologies, en 2009, il interpelle plusieurs éminences grises. « À ma question sur le manque de débats concernant l’éthique et l’environnement, on m’a répondu clairement : mais, vous savez, les gens n’ont pas envie de savoir. » Pour lui, c’est le déclic, l’étincelle qui allume la mèche et le mènera, sept ans plus tard, à la démission. « Dès ce moment, je n’ai cessé de pointer les risques et dénoncer l’omerta, et je n’ai cessé de me prendre des murs. »



Dans la yourte de Benjamin Caillard.

« La classe sociale des chercheurs [sic] se plaît dans cette activité intellectuelle stimulante, reconnue, bien payée, elle n’a pas du tout envie qu’on remette en cause ses objets de recherche ou ses méthodes, avance-t-il. Nous sommes censés être l’élite, mais être BAC +8 n’amène pas à plus de conscience politique. » Avec d’autres moutons noirs, il monte des projets de recherche sur l’éthique des nanos et sur les low techs : tous sont retoqués. Puis il bataille au côté de syndicalistes pour le remplacement des hottes aspirantes, déclarées défectueuses alors qu’elles permettent — quand elles sont en bon état — de limiter les inhalations de nanoparticules par les chercheurs.

La yourte, un petit cocon d’une vingtaine de mètres carrés

En parallèle, il monte une conférence gesticulée avec l’aide de la Scop Le Pavé, sur les nanos et la recherche scientifique. À la fin du spectacle, sorti en 2012, il assure : « Je ne vais pas démissionner, car il est important, voire essentiel, de changer le système de l’intérieur. » Mais peu à peu, il s’épuise. Le « taureau », comme certains l’appellent, se met dans le rouge. Jusqu’au point de non-retour : en 2016, il démissionne. « Je reste persuadé que pour changer un système, il faut lutter avec — donc en étant dedans —, sans — en autonomie — et contre — par des actions directes, insiste-t-il. Seulement, je n’avais plus l’énergie de me battre depuis l’intérieur. » Il dit avoir manqué de subtilité et de persévérance. Mais comment faire quand les portes se claquent et que les fenêtres se ferment ?


Dans la yourte de Benjamin Caillard.

Au cœur de la forêt, une bruine fine s’est mise à couler. Benjamin entre dans la yourte, son petit cocon d’une vingtaine de mètres carrés. Deux lits mezzanines — un pour lui, un pour sa fille — entourent une petite table à manger et un poêle, installés sous un puits de lumière. Au milieu, le sol est plus bas d’un mètre, afin d’apporter un peu de fraîcheur les jours de canicule. La douche se trouve à l’orée du bois, entre les chênes. Quant aux toilettes, elles sont installées au milieu des fougères. « Je me sens bien ici, c’est moins confortable qu’un appartement, mais je suis plus en cohérence avec moi-même. »

Il participe aux travaux collectifs de Potabilis, l’association qui gère l’écolieu sur lequel il a posé bagages et yourte. Potager, four à pain, construction en palettes. Ils sont cinq à vivre en permanence sur les 37 ha appartenant à Béa, à l’origine du projet : « Depuis 2009, nous cherchons à faire revivre ce lieu, en accueillant des personnes, de manière temporaire ou plus pérenne, m’explique cette ancienne employée de Total, revenue vivre dans le berceau familial, situé à trois quarts d’heure de Bordeaux. Chacun vit de manière indépendante, mais nous essayons de créer une oasis, dans l’esprit des Colibris. »


« Il faut trouver une navigation entre cœur et cerveau, une harmonie entre intelligence, ressenti, action »

Benjamin n’a pas pour autant renoncé à toute forme d’interaction avec notre société : il s’est formé à l’accompagnement organisationnel de collectifs. Éducation populaire, pédagogie active, dynamiques de groupe, communication non violente. « Mes années de militantisme et d’enseignement, mon travail de conférencier gesticulant m’ont donné envie de transmettre mon expérience, de poursuivre le combat que je menais, mais sous une forme différente. »


Un tipi de Potabilis.

À l’instar d’Alexandre Grothendieck, ce prestigieux mathématicien devenu ermite, il cherche à recréer du lien entre émotions et raison. « Lui disait que la recherche lui avait volé ses émotions, cite-t-il. Je pense aussi qu’il faut trouver une navigation entre cœur et cerveau, une harmonie entre intelligence, ressenti, action. » C’est ce qu’il appelle l’écologie mentale, essentielle à ses yeux, tout comme l’écologie sociale (la justice et l’harmonie entre êtres humains) et environnementale (la préservation des écosystèmes). « Ici, je vis à mon rythme et à celui de la nature : je me lève au chant des oiseaux, me lave sous le regard des chevreuils, travaille dans l’odeur des pins. Je suis parfois seul, peut-être trop, mais me sentir connecté, à moi, à ce et à ceux qui m’entourent, me rend profondément heureux. »

19 h, le soleil décline à travers les arbres. Nous parlons depuis plus de neuf heures, sans interruption. Avant de reprendre ma route vers la « civilisation », Benjamin me demande : « Comment as-tu compris toute mon histoire ? » Selon moi, son cheminement recoupe celui de celles et ceux qui se heurtent à un système destructeur, s’épuisent en tentant seul de le faire bouger, puis reviennent à l’essentiel, puiser leur renaissance : dans la forêt.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patlotch



Messages : 652
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Ven 22 Sep - 17:47


petit fermier deviendra grand ?


La Fontaine

Travaillez, prenez de la peine :
C'est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.


Fermes d’avenir, des petites fermes aux grandes ambitions

Nathalie Picard Reporterre 22 septembre 2017

L’association Fermes d’avenir fonde son projet alternatif sur la multiplication des petites fermes. Mouvement à la communication efficace, il suscite beaucoup d’intérêt mais aussi la discussion. Son nouveau projet ? Exploiter une ferme de 60 hectares en permaculture.


Rochecorbon (Indre-et-Loire), reportage

Citation :
15.000 participants, 300 bénévoles, 220 visites de fermes. Après trois mois de péripéties et 3.300 kilomètres à vélo, le « Fermes d’avenir Tour » s’est achevé le 14 septembre en Touraine à Rochecorbon (Indre-et-Loire). Créatrice de ce festival itinérant, l’association Fermes d’avenir a profité de l’occasion pour organiser ses quatrièmes journées annuelles. Un retour aux sources, puisque ce mouvement est né à une dizaine de kilomètres, de l’autre côté du fleuve, à la ferme de la Bourdaisière, à Montlouis-sur-Loire. En lisière de forêt, bordée par les jardins potagers du château homonyme, elle s’étend sur 1,4 hectare, dont 8.000 m² de cultures maraîchères diversifiées. L’objectif de cette expérimentation lancée en 2013 était d’évaluer la viabilité technique et économique de petites fermes inspirées de la permaculture et conduites en maraîchage biologique intensif. Et de trouver, dans ce modèle, une nouvelle voie pour l’agriculture.


À la ferme de la Bourdaisière, en juin.

De petites fermes, donc, mais une grande ambition. Au cœur de la stratégie de Fermes d’avenir : l’ouverture. « Nous sommes là pour construire des ponts entre tous les acteurs. Ce n’est pas évident en France, avec nos querelles de clocher… Continuons à convaincre par la positivité et l’enthousiasme », invitait le président de Fermes d’avenir, Tristan Lecomte, à l’ouverture des journées annuelles. Tous les acteurs ? D’aucuns reprochent à l’association sa longue liste de partenaires plus ou moins vertueux. Comme Decathlon, partenaire du Fermes d’avenir Tour, qui n’hésite pas à construire ses « villages sportifs » sur des terres agricoles. Mais il y aussi Renault, qui triche sur ses émissions de polluants, Schneider Electric, Casino, Fleury Michon… « Si l’on veut nourrir toute la population en bio, il faut travailler avec tout le monde », se défend Maxime de Rostolan, fondateur et directeur de Fermes d’avenir. Y a-t-il une ligne rouge ? « Jamais je ne travaillerais avec des vendeurs de pesticides comme Bayer ou Monsanto. »

« Il n’y a pas assez de recul sur la viabilité du concept »

Une stratégie d’ouverture, une communication efficace, un réseau influent : ces ingrédients ont permis à l’association de se faire une place dans le paysage national… tout en restant un peu à part. Pas toujours appréciée par les porteurs historiques de l’agriculture paysanne ou biologique. Parmi les points de friction, la viabilité économique de ces petites fermes. Permettent-elles de générer un revenu décent dans des conditions de travail acceptables ?


« Si l’on veut nourrir toute la population en bio, il faut travailler avec tout le monde », dit Maxime de Rostolan, fondateur et directeur de Fermes d’avenir.

Une première étude menée par l’Inra de 2011 à 2015 au Bec Hellouin, en Normandie, a montré la potentialité d’un tel système : sur cette ferme biologique sophistiquée, une surface de production maraîchère d’environ 1.000 m² (0,1 ha) permet de dégager un revenu acceptable. Mais la ferme de 20 hectares ne peut se résumer à ces 1.000 m² de cultures intensives : « Le Bec Hellouin est un cas particulier : un idéal, mais pas un seuil minimum atteignable par tous, confirme François Léger, principal auteur de l’étude et enseignant chercheur à AgroParisTech. Aujourd’hui, on ne peut pas affirmer qu’une ferme de 1.000 m² puisse être viable. » Face au manque criant de références, plusieurs études ont démarré pour étudier la performance économique de telles fermes. « Le discours de Fermes d’avenir, centré sur un message optimiste, pourrait laisser entendre que la viabilité est déjà prouvée. Or, nous n’en sommes qu’aux prémices. »


À Rochecorbon, lors de la dernière étape du Fermes d’avenir Tour.

En attendant, ce système suscite l’engouement des porteurs de projet à l’installation qui frappent à la porte des associations de développement, comme celles du réseau Fnab (Fédération nationale d’agriculture biologique). « Nous tentons de répondre à leurs attentes tout en restant prudents, car il n’y a pas assez de recul sur la viabilité du concept. Si nous sommes contents de cette dynamique autour de la bio et de la permaculture, nous voulons être sûrs que ces gens puissent vivre de la vente de leurs produits », souligne Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab.

Une dynamique qui cherche aujourd’hui son modèle économique


Autre point de tension, le métier de « payculteur », concept inventé par Fermes d’avenir, pour qualifier un entrepreneur chargé d’accompagner des projets alimentaires territoriaux. À l’automne dernier, les associations locales de développement de l’agriculture paysanne et biologique du pôle Inpact 37 partageaient leurs craintes : le « payculteur », sorte de « manager de plusieurs fermes », pourrait empiéter sur l’autonomie et la liberté de décision des agriculteurs.

« Nous voulons simplement créer un maillon manquant — l’ingénierie de projet de territoire — face à un double constat : l’offre en produits bio locaux est inférieure à la demande, et les collectivités locales disposant de foncier ne savent pas comment installer un paysan »
, explique le directeur de Fermes d’avenir. Les associations historiques jouent déjà ce rôle, mais elles n’ont pas assez de moyens. « Il existe un réel besoin d’accompagnement territorial », confirme Stéphanie Pageot.

Payculteur formé récemment par Fermes d’avenir, Frédéric Denel, président de l’association Heko permaculture, a trouvé, en lien avec les collectivités locales, quinze terrains cultivables sur un total de quinze hectares, à Marseille et ses environs. Une dynamique qui cherche aujourd’hui son modèle économique. Deux projets sont lancés, dont la création d’une ferme urbaine dans le cadre du projet de renouvellement urbain de la cité de Frais-Vallon, dans les quartiers Nord de Marseille.


À la ferme de la Bourdaisière, en juin.

L’avantage des petites fermes ? De faibles surfaces et des charges minimales, qui les rendent accessibles à des candidats avec une faible capacité d’investissement, comme c’est souvent le cas des néopaysans. Mais les petites fermes peuvent-elles changer le système agricole ? En tout cas, la tendance de l’agriculture reste à l’agrandissement. « Le risque serait de voir apparaître un modèle dual, avec un noyau de microfermes d’un côté, et des exploitations de plus en plus concentrées de l’autre, craint Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France. D’autant que, contrairement à l’objectif qu’avait annoncé l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, la politique agricole commune ne privilégie toujours pas les petites et moyennes fermes, alors qu’elles maintiennent plus d’emplois par hectare. »

Aujourd’hui, Fermes d’avenir change justement d’échelle en expérimentant la permaculture et l’agroécologie sur de plus grandes surfaces. L’objectif : lancer une expérimentation dans trois fermes de 60 hectares, la taille moyenne d’une exploitation française
.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patlotch



Messages : 652
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: Re: la classe écologiste du capital   Hier à 12:30


Né il y a dix ans, le salon agricole Tech et Bio accueille des milliers de visiteurs venus du monde entier. Entre machines agricoles originales et écolos, et club d’affaires où se croisent banquiers et paysans, ce salon témoigne du dynamisme du secteur.
Bourg-lès-Valence (Drôme), reportage



Citation :
« Nous voulions dépasser les conflits. Montrer que la bio, ce n’était pas un truc pour marginaux, que des agriculteurs pouvaient en vivre, montrer des résultats techniques et économiques. Or, discuter derrière la charrue, c’est le meilleur moyen de rassembler des agriculteurs ! » se souvient Jacques Pior, le monsieur Bio de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), à l’origine de l’initiative en 2007. D’où l’idée de faire des démonstrations sur le terrain, au début chez quelques agriculteurs qui prêtaient leurs terres, puis très rapidement, au lycée agricole de Bourg-lès-Valence, dont l’exploitation est entièrement bio. « Le choix d’un lieu de formation pour exposer est un message aux jeunes, et plus encore aux professeurs et aux proviseurs, d’autant qu’aujourd’hui, la formation aux pratiques bio est un réel enjeu », dit-il.
La première édition a rassemblé 4.000 visiteurs. Cette année, près de 17.000 sont venus les 20 et 21 septembre. Parmi eux, des professionnels dont des agriculteurs, bio ou non, tel ce jeune maraîcher, allongé sur une machine, face contre terre, en train d’essayer un « lit de désherbage ». La machine avance avec la pression des jambes, ou avec une batterie électrique. Elle permet de travailler le sol, en solitaire ou à deux, tout en soulageant le dos.



En dix ans, le nombre de visiteurs a quadruplé. [sic vu la photo]

Plus loin, c’est le robot désherbeur Naïo qui trace tout seul entre les rangs. Depuis sa présentation il y a deux ans, les équipements de désherbage innovants se multiplient. Normal, le désherbage est délicat et capital en bio. Et de plus en plus problématique pour beaucoup d’agriculteurs qui veulent réduire les traitements sans pour autant sauter le pas du bio. Les machines vont devenir plus accessibles.

Tout à l’autre bout du salon, plus exactement de l’une des parcelles, démonstration est faite de traction animale tandis qu’un poulailler monté sur roues, concept novateur venu d’Allemagne, intrigue : le déplacement aisé des poules pondeuses influe sur la qualité de leur nourriture, les parcelles se régénèrent plus rapidement. Il y a aussi une tondeuse à pré conçue pour faucher plus haut et favoriser la repousse et la biodiversité. Dans la partie dédiée aux grandes cultures (céréales…), on observe la démonstration d’un drone qui largue un invisible prédateur de la pyrale du maïs en capsules en des endroits très précis. Habituellement, l’agriculteur qui n’utilise pas de traitements chimiques de synthèse doit déposer le prédateur sur la plante à la main, en passant entre les rangs. 500 mètres et plus dans un sens, puis dans l’autre, et ainsi de suite, la balade entre les hautes tiges à feuilles coupantes n’est pas des plus agréables, explique Marie Aubele, responsable technique chez Sangosse, entreprise de biocontrôle dans le Sud-Ouest. « Les bio loin de tout, c’est fini. Souvent, ils sont en avance et ce qu’ils font intéresse tout le monde. Pour preuve, nous avons autant d’agriculteurs bios que de non bios qui s’intéressent à cette technique. Elle permet à ces derniers de diminuer les traitements chimiques. »



Un drone pour des traitements ciblés.

Cette préoccupation rend le monde agricole de plus en plus sensible aux propositions techniques des bios qui ont fait leurs preuves. Ce chargé de mission pour un pôle de compétitivité, venu de Bretagne, le confirme : « La frontière est de plus en plus ténue. C’est bien l’intérêt des échanges dans ce salon. De plus, le rôle de l’agriculteur dépasse le périmètre de sa ferme. » En témoigne la présence d’équipementiers de production d’énergie (méthanisation…). Au stand Boiron, dont « la vente des médicaments homéopathiques vétérinaires connaît une croissance à deux chiffres depuis 10 ans », « ce n’est pas le statut bio ou non bio qui détermine le choix de l’homéopathie, mais l’approche de l’agriculteur vis-à-vis de ses animaux », explique-t-on.
Dans le carré Fertilité et profils des sols, une agricultrice explicite la vie de « ce sol qui était là avant nous et qui restera après nous. Nous devons tout faire pour le renouveler et pour que les plantes y trouvent le gîte et le couvert ». Juste à côté, un large et profond trou a été creusé au tractopelle afin de bien montrer la composition du sol, de sa partie la plus organique en surface à la plus minérale, caillouteuse, bien plus bas, et leurs rôles et interactions. Deux jeunes diplômés de l’année de la licence pro Agriculture biologique espèrent trouver ici des contacts pour un emploi. De l’amont à l’aval, la filière représente 118.000 emplois directs (selon l’Agence Bio), près de 11 % de l’emploi agricole.



Jacques Pior

« Les bios de demain sont les conventionnels d’aujourd’hui. Et les agriculteurs qui vont s’engager et changer de modèle ont besoin de réponses techniques, économiques », explique Jacques Pior. Qui mieux que d’autres agriculteurs pouvaient leur en donner ? Dans l’agriculture bio, on rencontre des gens particulièrement créatifs, innovants, des exploitations autonomes étonnantes, d’où l’idée en 2013 de créer une sorte de concours général de la bio. Sauf que ce n’est pas vraiment un concours parce que, « en bio, on est pas trop compétition », dit-il précisant qu’il y en a 15 chaque année, mais qu’on aurait pu en présenter plus [1]. Leur témoignage et leur expérience sont des modèles. Leurs dossiers de candidature sont analysés par les étudiants en licence pro AB dans le cadre de leur cursus à partir des critères spécifiques de la méthode Idea, mise au point par l’Institut national de recherche agronomique, qui évalue performances techniques, économiques, écologiques et sociales.
Parmi les Talents 2017, Sébastien Brache, ingénieur écologue et ornithologue de formation installé dans la Drôme, a recréé une ferme quasi autonome avec des brebis, des poules et des fruitiers, des mares et des ruisseaux restaurés et sur les principes de l’agroforesterie. Son atout principal est la performance écologique [2].



Les Talents 2017

Au fil des éditions bisannuelles, le salon s’est étoffé et enrichi. Organisé par type de production (arboriculture, viticultures, maraichage) et par thème (semences, eau et irrigation…), le salon est immense : 25 hectares, 350 exposants, 100 démonstrations, 120 conférences et des ateliers, un Club affaire avec la présence d’une vingtaine d’entreprises pour permettre à l’amont de la filière – les producteurs — de rencontrer l’aval afin d’écouler leurs produits. Un Club des financeurs présente depuis cette année les banques ou organismes pouvant compléter financièrement un projet. « Inimaginable il y a 10 ans », observe Jacques Pior. Autre nouveauté, un « concours » des toutes dernières innovations agricoles en matière de machinisme, de service ou d’intrant. C’est le public qui vote. Exemple : ce pulvérisateur à usage viticole ou maraîcher pour la biodynamie ou l’agriculture bio, à traction animale ! Ou encore, un effaroucheur sonore électronique, dernier cri !


L’effaroucheur dernier cri.
[le bio n'est pas contre le bruit]

Dans les allées, on entend parler anglais et aussi portugais, allemand, finnois… Des délégations sont venues venues de 16 pays. Celle de la Polynésie se dit impressionnée par l’avance de la métropole. « C’est formidable, ces démonstrations ! Un salon comme celui-ci n’existe nulle part ailleurs », ajoute Stoïlko Apostollov, un vétérinaire de la délégation bulgare. « L’agriculture augmente assez rapidement en Finlande, précise Johanna Helkimo, dont la délégation se compose d’agriculteurs, d’un entrepreneur, d’un chercheur et de conseillers. Nous avons un projet régional dans le nord du pays. Notre but est d’innover dans les techniques et de trouver de nouveaux contacts. » Pour son collègue représentant de la délégation italienne, Federico Marchini, « le bien commun n’est pas la propriété d’une nation ou d’une région, c’est un concept de bien-être le plus élargi possible et un service rendu à une société, à un environnement soutenable et possible économiquement ». C’est pour ça qu’il est venu à Tech et Bio. Pour connaître et partager les connaissances, « sans jalousie, et dans l’espoir de pouvoir reproduire ce salon dans notre terroir ».

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
la classe écologiste du capital
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» L’ONE introduit en Bourse une part de son capital dans EET
» Classe Wielingen : évolutions & modernisations
» Le capital régional et coopératif Desjardins
» Made in UK : les frégates de la classe Leander
» Un lycéen poignarde son prof en pleine classe

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION :: ENTRÉES THÉMATIQUES : CAPITALISME, MONDE, COLONIALITÉS... LUTTES :: HUMAIN, CLASSES et "NATURE", Sciences et Techniques -> COMMUNAUTÉ du VIVANT ! :: ÉCOLOGIE, écologie et marxisme, écologie révolutionnaire, luttes écologiques...-
Sauter vers: