PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 8. poèmes pour en causer

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Patlotch



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MessageSujet: 8. poèmes pour en causer   Sam 9 Sep - 0:01


peut-être qu'après tout, en situation, les poèmes sont moins des trucs de poètes, de poète à poète, ou, sur la marché de la poésie comme sur celui de la théorie, de revue à revue

il n'y a pas de poésie, de chant, de chanson, de tract, de militant, qui soit révolutionnaire en dehors d'une activité située, un jour, une heure, à tel endroit de cette merde à foutre en l'air...

avec la chanson qui va avec, évidemment


Livredel, Patlotch 1990
(six cent quarante-cinquième nuit)

Rien pour attendre

Irais-je à la douleur du temps porter querelle
Ne vis que réel
En la honteuse prétention de tirer gloire
Où ne fais que voir
Un siècle se mourir où les hommes se vautrent
Plus ou moins qu'en d'autres
De guerres en pouvoirs et de pouvoir en guerre
Dire der des ders
Ma terre au goût de l'arme cultivée de bombes
Je tu il en tombe
Marché magie à sous pour nous hommes à bâts
Je ne marche pas
Ils vendent pour de l'air des boîtes de vent mort
Fulminez je mords
Une géométrie glacée s'accroche aux murs
Baptisée peinture
Une musique vide ne fait pas danser
Quoi que vous pensiez
Petit j'ai ramassé des patates pour jouer
Je n'ai pas échoué
Sur les rêves d'enfants dans la grève des grands
J'ai vu transparent
Et vous croyez monsieur que ça tient votre histoire
A quoi tient l'Histoire
Je m'en vais en courant par les chants d'outre-siècles
Pâle et le pas sec
Ils ont planté un arbre et brûlé nos forêts
Mais je reviendrai
Leur coller dans les yeux des larmes en plastique
Acatalectiques
Et leur ingurgiter hâchée menue leur prose
A chacun sa chose
Je ne violerai pas l'imbaisable bourgeoise
Ils paieront l'ardoise
En faisant la queue pour acheter mes patates
A l'eau écarlate
On se fera justice en marchant le commerce
Quelle idée perverse
On aura fait la paix à la belle lurette
Et l'amour avec
Catherine aura mille enfants aux yeux d'étoiles
J'aurai mis les voiles
Et mes grands bras armés de beaux vents pacifiques
A l'étreinte orphique
J'aurai la mer à boire et je dirai du Monk
Avec des gants donc
En attendant je chante au bord de notre égoût
A chacun ses goûts


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Patlotch



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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Sam 9 Sep - 0:12




LE TRAVAILLEUR À BEC ROUGE

Parfois la poésie n'est pas assez la vie
n'est pas assez ma poésie est parfois trop
ta vie n'a pas de peau parfois ta poésie
saisit ma vie hésite et mal soupèse un mot
sans poids cent fois sans main tu a pris trop de gants
et je t'étouffe avec des moufles les sanglots
secs de nos pardons morts sur le sentier sans gloire
où un ami m'attend au bord d'un verre vide
l'esprit gourd les doigts lourds perdus dans le bottin
d'avant mon numéro d'avant tu sais ma guerre
qu'on croyait pour de rire ah oui fallait me voir
penser en revenir vivant parmi les miens
seul à seul détourner les pages du milieu
d'une histoire à jamais sans fin dès le début
tu sais quand la page était blanche et tu disais
continue le combat je sais plus qui avait
commencé de toi pour rigoler de moi par
bravade un peu d'audace à la folie beaucoup
à regarder passer les trains de la défaite
annoncée comme si c'était moins triste à deux
d'avoir raison contre un milliard d'heureux cocus
de vivre à en mourir ni pour nous ni pour eux
ni personne à ce jour non oui l'art de tromper
les travailleurs sera des travailleurs le chef
d'œuvre même Ont-ils rien de plus sûr dans la place
aux abonnés absents rayés des listes rouges
tu te souviens non oui je sais quand ça t'arrange
tu oublies l'avenir c'est toujours pour plus tard




TEMPS BASCULÉS 1er janvier - 1er avril 2012 5 mars 2012

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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Sam 9 Sep - 0:39


à propos de 'fossiles' marxistes


BOURRINS À REBOURS

Sonnet, 6 mai 2003

Voilà les vieux chevaux de re-
tour qui cherchent la horde pour
Ne pas mourir idiots dans leur
Tour d'y voir en miroir des sourds

Galopez faux cons malheureux
Du rien d'un mot pris pour l'amour
De vivre Aussitôt morts de peur
Au remord compris à rebours

Bourrins bourrés aux idées prudes
Assoiffés de vos certitudes
Prenant les trous de vos sabots

Pour les allées de l'avenir
Quand nul n'oserait pourtant dire
Que vos désirs sont encor beaux



Picasso, Staline (négatif), 8 mars 1953
L'affaire du portrait

Poésie pour le faire
, patlotch 2003-2004


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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Sam 9 Sep - 13:12


CUMULONIMBÉ

comme un baiser violet meurt ce jour éteignoir
où la couleur de l'ombre en la douleur est grise
et de trahison grosse; et d'illusion est prise
une saison sans horizon dans le sang noir

de ce printemps violent qui vient sous l'assommoir
avec ses vieux refrains et son temps des cerises
abreuvant les sillons d'un disque qui me brise
le cœur encore mais, me direz-vous, pourquoi ?

pourquoi puisque tout s'est dépassé sans retour
et que tousse l'histoire et que pousse l'encore
un monde vers l'abîme où le presse sa mort ?

pourquoi chanter la vie quand les oiseaux se taisent ?
cachez-moi pour mourir entre vos parenthèses,
crachez sur ma tombe et balayez vos remords

FoSoBo 19 mars 2017 20:05
sonnet 396


sonnets de 2017

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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Dim 10 Sep - 15:09


extrait de
LE ROMAN D'ILYA, allégorie de la réalité, 84 sonkus
janvier 2017


le septième jour


73 RÉBELLION D'ILYA

- Qu'est-ce que ce chambard ?  
et que deviens-je, là-dedans,  
au mépris de la réalité ?

Cet associationnisme est de mauvais aloi.  
Faudrait que vous fourriez Fourier à la fourrière,  
l'utopie au placard. Qui fait l'histoire ? C'est moi !


Mais défoulée la foule était en armes, et le poète en larmes

chambard : Grand désordre, tumulte, vacarme.  Au fig. Bouleversement, renversement d'un ordre établi. CNRTL  
se défouler : Se libérer, dans des activités diverses, des tensions, interdits et frustrations intérieurs. CNRTL B1



74 IL Y A DES CONTRADICTIONS

Personne y comprenait rien  
Tout le monde non plus, le poète aussi :

- si la réalité est révolutionnaire,  
qu'est-ce qu'il y a qu'Ilya peut contre faire ?

Il se passe quelque chose inimaginable  
hier encore, et moi, en poète minable,  
je n'ai vu rien venir. La poésie, au diable !


« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »
Charles Perrault, La Barbe bleue, 1697



75 ILYA DÉSUNIE

Il-y-a est explosée, éclatée, pliée  
à la réalité même démultipliée

Et le poète schizophrène en amoureux  
transi, en transit par tous ses sens déréglés  
vers d'autres lieux à l'assaut du ciel et d'Ilya.

Quelqu'un passant par là tint à peu près ce langage :  
« Je l'avais bien écrit, ça devait arriver »

« Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens.  
Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète.»  

Rimbaud, Lettre du voyant, 1871



76 LE POÈTE EN CAMARADE

- Il y a des réalités qu'on ne peut fuir,  
il faut choisir laquelle on se doit soutenir.


Ainsi parlait quelqu'un, une voix qu'entendait  
le poète comme un appel de la forêt,  
la forêt d'Ilya, ses parfums et ses brises,  
une voix dans le vent lui soufflant qu'il ne brise

rien. L'élan se mêle au vent, les semelles devant


77 L'ÉTAT ET LA RÉVOLUTION

Le Ministère de la poésie et des arts beaux  
l'entend d'une autre oreille et tant pis pour l'utopie

Ouh la l'oral, si l'État touche à Aragon,  
« de deux choses l'une, l'autre c'est le soleil »

Alors ce fut la guerre, portée contre l'outrage  
et par la rage, un grand virage, et le carnage

De mémoire d'Ilya, on n'avait pas vu ça

Jacques Prévert, Le paysage changeur, Paroles, 1945


78 ILYA COMME À LA GUERRE

C'est en morceaux que les corps s'amoncellent :  
des bras, des os, des viandes dévariées.

On les glutit de ventre vide avide,  
la chair est triste hélas, et j'ai bu ce désastre  
les yeux désorbités, les tripes à l'envers,

Qu'importe, cette guerre est révolutionnaire,  
poète s'esbigner : pour en tirer des vers ?


79 LE PARTI DE LA RÉVOLUTION

« Les écrits démobilisateurs sont passibles...»

Il doit carapater, impossible de vivre,  
la mort dans tous les camps promise à la victoire,  
des gnons cons compagnons aux sentiers de la gloire

Fuir là-bas fuir où les oiseaux sont libres  
de chanter, les femmes d'enfanter, chacun de dire non !

La poésie ne prend pas le parti de la révolution pour le parti

"Le thème de la Révolution  
est une commande du temps  
Le thème de la glorification de la Révolution  
est une commande du Parti."  

Marina Tsvetaeva, Le poète et le temps, 1932



80 RETOUR À LA NORMALE

Dans les territoires libérés, sur le net,  
le Comité d'auto-organisation mondiale  
de la révolution immédiate
, COMRI,  
publiait mondialement ses conneries,  
mais nul n'écoutait plus leaders ni théories.

Pour le poète et Ilya, rien là de primordial,  
la lutte entre classes suivrait son cours normal


81 UNE LETTRE ANONYME

« La révolution n'est ni récit poétique,  
ni passion gaie, ni roman d'anticipation... »


Le poète : - « n'est ni » que nenni ! C'est qui ce type que de tics  
modiques, pseudo branleur de sa boutique ?


Hors de lui, jusqu'au bout de sa nuit poursuivi  
par des bédoles, des sinoques, des panouilles

De synonyme en synecdoque, quelle embrouille !

bédole, sinoque, CNRTL  
panouille (sic) donné pour synonyme d'imbécile, idiot, bête dans l'ABC de la langue française  
synecdoque : métonymie particulière pour laquelle la relation entre le terme donné et le terme évoqué constitue une inclusion ou une dépendance matérielle ou conceptuelle. (Wikipédia)



82 MES DÉS

Ma lectorate attendait la fin du roman  
comme ma chatte ses croquettes à maman

« L'impatience est contre-révolutionnaire,  
dans l'immédiat, le présent n'est pas notre moment »


Ainsi parlait tard sur le tas, le prévisaire,  
qui avait aboli le hasard et brûlé mes dés

Ilya voulait m'aider, et mes dés c'est Médée

Médée : Le nom de Médée est issu de la racine médique « med », comprendre, concevoir.
Il révèle le savoir ou la capacité à raisonner de Médée, magicienne...



83 LA CLÉ DE VERS

Les assassins de la réalité ? C'est vous !
Vos rêves ? Vous les brisez ! Amoureux des mythes,
médusés des radeaux, naufragés des rites...

La révolution ? Qui vous l'interdit ? C'est vous !
Ilya porte le chapeau, mais vous la culotte !
L'argent ? C'est vous ! L'État ? C'est vous ! Vous à la botte !

Le poète ? Un fou. La poésie est morte !

« Le poète est un fou perdu dans l'aventure,
Qui rêve sans repos de combats anciens... »

Paul Verlaine, Torquato Tasso, 1864



84 ÉPILOQUE

À terre, le poète, dévoré des vers,
met en bouteille son pari de réalité,
encore heureux du corps rené qu'il a offert
à la mer, sous le soleil, à l'éternité

Au septième jour, devant la société en grève,
œuvre achevée, il repose sa plume au vent
d'autant qu'en importe rien, rien, rien, rien rien, rien

« L’attitude du poète dans une époque comme celle-ci, où il est en grève devant la société, est de mettre de côté tous les moyens viciés qui peuvent s’offrir à lui. Tout ce qu’on peut lui proposer est inférieur à sa conception et à son travail secret. » Mallarmé, entretien avec Jules Huret, 1891

« Au septième jour, son œuvre achevée, Dieu se reposa. »
La Bible, Genèse 2/2 adaptation Patlotch




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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Lun 11 Sep - 10:49


le sujet 4) COMMUNISME : chemins de traverse, de la chose au mot à la chose, commençait par affirmer que « le communisme, c'est d'abord un mot », et le 19 août dans 5. le communisme n'est pas anagrammatique, constatait que ses 8 lettres sont « bien assez pour écrire, tout dépend quoi »

le poème qui suivait se voulait ironique, pour moquer l'abstraction conceptuelle. En effet, au-delà du jeu, de mots, et du plaisir lié, j'avais ici en tête que le communisme n'est dans son nom ni comme signifiant, ni dans son concept en tant que généralité abstraite


wikipédia a écrit:
Un concept est un contenu de pensée, parfois considéré comme une idée abstraite, donc séparée de la réalité d'une chose, d'une situation, d'un phénomène. Un concept se distingue aussi bien de la chose désignée par ce concept, que du mot ou de l'énoncé verbal, qui est le signifiant de ce concept.


6. par son mot même le communisme mis à nu

Twisted Evil

COMMUNISME
(scènes immunes in museum)

1.
sous un sun insoumis


scoumoune ?
mouise émise ?
couic !

use une usine ?
sue son smic ?
seum ses soucis ?
couic !

un soce s'insinue soumsoum ?
concussion ennemie
couic !

un coco coince ?
consensus mou
couic !

un minus consomme ?
un con se consume ?
couic !

une nonne s'immisce
conne seins unis ?
couic !

une momie encense
un énième simonisme ?
couic !

2.
sous une moon immense


un môme coinne en un coin : oui-ouin
une nounou énoue son méconium

Inès, insoucieuse, cuisse émincée,
cuisine un couscous
écume coco

Noémie, minou comme une soie, secoue son ennui

Nine, une oiseuse sinoise, nénés nus, suce un nem

Simone émue suçonne un cou couenne cousue

un mec économe ensemence un sosie
couci-couci émoi

une éminence musicienne emmène
un inouï noise en commun-commune :
coincoin meumeu coucou cuicui

Noé cocu, un émeu nie
Isou couine
Isis non

3.

moi-même suis, en osmose, ce succès œcumène
ici ceci commis,
communisons concis


FoSoBo 19 août 2017 23:38


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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Jeu 14 Sep - 21:31


ALLONS HAUT PLUS COURT

poème en sept coups pleins

Comment ne pas désespérer ? De soi ? Des autres ? Du pire ?
de la bêtise en nous gouverne et de l'intelligence à s'en servir ?

Tu te demandes comment une classe, ta classe, exploitée, brimée de parts en parts
de tout côtés la mer des eaux glacées des calculs et gros tics
comment peut-elle encore, épluchée pour plus cher

Se sortir des ornières, arracher ses œillères
s'arracher aux hiers rabâchés de prières
pour lâcher sa colère, s'étancher écolière

Accoucher de lumières, marcher hors des frontières
sans loucher vers l'arrière son foyer d'ouvrière
et s'embaucher sorcière, au bûcher l'épicière

S'harnacher émeutière, cravacher son derrière
et chevaucher guerrière, trancher dans la matière
faucher la banque entière et lyncher la banquière

Ah des fichiers litière à chier sur la rentière !

Bêcher la taupinière et défricher la terre
à faire nourricière et là, enfin pépère,
pécher au nom du père : couchée en jardinière


Patlotch, FoSoBo, 30 novembre 2015, 11:16



Henri Rousseau,
La Guerre ou la Chevauchée de la discorde
vers 1894, huile sur toile, 114 x 195 cm


poèmes 2014-2017

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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Ven 15 Sep - 16:41


LEZ

il entend un bruit...
un autre et puis,
Non. Rien.

ce n'était que lui,
en vain
contre le vent,
qui vient...

c'est un lieu sans échos
pour les cocos
sans biens...

un lieu de vent,
de galère et de vente,
un lieu sans bruit.
un lieu sans l'ouïe.

FoSoBo Jian Hao 15 septembre 2017 15:55]


sonnet 405

lez : à côté de, proche de, tout contre. Archaïsme, n’est plus usitée que dans quelques noms de lieux.

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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Sam 16 Sep - 16:36


DENTAL MENTAL MENT

d'en dedans des dents
d'un député louche
débouche de bouche,
débité boudin
bout d'un discours court,
de la nuit debout
à sa nuit : assis

FoSoBo 16 septembre 2017 10:15/16:34





GO HOME GAG

big bling blind bing
bingo magot gogos
vaut lot voleur vau-l'eau
des veaux dévots
bigre dingue des mots
aux gogues démagogues
et dégueux, oh, vos gueules !

FoSoBo 16 septembre 2017 19:24


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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Dim 17 Sep - 9:31


GENRE ET CLASSE

des gars doux et d'ailleurs
des durs des travailleurs
les gattes les endurent
dans la gadoue et les ordures
les reins sous les violeurs
et l'or du rien
de leurs yeux pleure

FoSoBo 16 septembre 2017 08:08



L'Or du Rhin


LA MIGRANTE

sans papier ni frontière
l'aimait un braconnier
elle est passée hier
lui au bras elle à pied
trépassée morte hier
un qui en est très fier ?
le garde-forestier

FoSoBo 17 septembre 2017 01:06



GAÏA

c'est notre terre dépossédée
qu'ils nous ont volée à la benne
pour bâtir leurs folies urbaines
nous n'avons pas à leur céder

mais pour elle eux nous ont trucidés
tant elle est belle et bonne aubaine
nous l'avons dans la peau d'ébène
point ne la voulons posséder

de toute vie la terre est mère
mais elle en crève pour ces rentiers
et nous avec pas à moitié

nous sommes de la terre entière
faisons de propriété litière
et qu'ils avalent leurs dentiers

FoSoBo 17 septembre 2017 09:25

sonnet 406


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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Dim 17 Sep - 11:12


FLASHS BAL

(Manifeste a-poéthique, 2.)

à James Baldwin, La prochaine fois, le feu, 1962

Le feu des dieux perdus projette une lumière
enfer sur les murs d'ombres
de la cité des hommes

Lumière noire pour nuits blanches, preuve du négatif, ya pas photo
le vrai a mis le feu au faux et le fer dans la plaie, ça déplaît


Rien ne vient plus distraire ni le regard les songes
un réel a crevé l'écran où l'œil aveugle sa pensée
et nul besoin d'images
à qui voit clair avec le ventre

La peur est en la vérité de la violence
son vrai moment du vrai


Le pays s'est voilé son histoire et ses viols
des yeux que la mémoire éblouit au présent
politique en sa foi d'outre-tics
inculte montrant sa fesse gauche à sa droite
douce France qui pue donc tant d'ignorer d'où qu'elle pète

La République sous ses ors d'hier
roule sa caisse en ses ornières


Langage t'engage, lent gage t'enrage
l'urgence longtemps dure et l'Etat trop :
capital, catéchismes, catharsis, catastrophe
tango cahin-caha, tanguez cahots chaos

(...)

Approcher la vérité brûle
la prochaine fois est là, le feu



Patlotch, RER A, 8 novembre 2005, 18h00 / révisé ce jour

« Comment peut-on s'attendre à ce que l'on respecte la Loi, quand la Loi visiblement, ne vous respecte pas ?... Comment peut-on devenir les complices d'un Ordre qui vous enferma dans le ghetto et semble vouloir vous y maintenir éternellement avec vos enfants ? » (James BALDWIN, après les émeutes d'Harlem, 1964)

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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Mar 19 Sep - 5:54


LA CLEF

à Sainte-Lutte et Sainte-Théorie

donnez-moi la clef
du bonheur sur la terre
faites-les taire
laissez-les recycler
leurs idées de l'éther
et de l'éternité
allée à la mer sans soleil

FoSoBo 19 septembre 2017 05:47

en relation avec la clef théorique des luttes pour une révolution communiste totale

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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Mer 20 Sep - 13:29


MAINTENANT UN FUTUR

6 x 7 impairs et pairs et gagne

maintenant tout est là rien ne vient
semble-t-il
que l'hiver et l'effroi et l'insensible ennui
d'un désir impossible

je l'ai vu je l'ai dit je l'ai mis
en conserve
congelé dans la toile ennemie

et qu'on lit comme on se couche assis
aussi content qu'honnête
on se regarde au net
en attendant la fin

plutôt que le début plus tard que dans sa vie.
le pire est arrivé je n'ai plus d'ennemi
tant d'amies inconnues et parfaites

je rêve encor de retrouver les hiers du bonheur
la lutte sans douter
qu'on menait cœurs en fête
et la tête à la main tendue

je rêve de vous croire et je sais que je rêve
rien ne fait foi en moi
l'espoir s'est mis en grève :

c'est la bonne nouvelle, elle descend
au pas des affranchis du crime
dans la rue claire où rime
quelque chose inouï

cela ressemble au temps
avec le goût du temps
car c'est le temps

le temps de faire avec
et pas avec des songes
le temps de faire un pas
pensé le pied dedans

loin des pompes funestes
enterrant les vivants
avec des idées mortes

tu marches l'arme au poing
sur le marché aux peurs
au fusil point de fleurs
la balle est dans ton camp

là-bas les grands ont peur
approche-toi et tu
verras l'avenir de ton cœur

FoSoBo 28 décembre 2014 13:48


poèmes 2014-2017

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Patlotch



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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Mer 20 Sep - 20:28


EUROPEAN LIGHT EMOTIVE

passage à niveau non gardé

la révolution qui ne vient pas
comme un train cache une autre
et cherche un lococomotif
pour franchir le pas,
traverser le désert des nôtres
et l'ennui de leurs leitmotive
pâtenôtres

FoSoBo 20 septembre 2017 19:51



« Dans tous les départements à forte concentration de main-d’œuvre coloniale, des mesures protectionnistes étaient systématiquement revendiquées lors des réunions syndicales : la dégradation des salaires et les risques de chômage de la main-d’œuvre nationale devenaient les leitmotive des interventions ouvrières, y compris des anarchistes. » Mireille Le Van Ho, Des Vietnamiens dans la Grande Guerre : 50 000 recrues dans les usines françaises, 2014, p. 127. Wiktionnaire

« L'ondata 2008-2013, con tutti i suoilimiti, ha rotto la piattezza e la monotonia della «traversata del deserto», ma è ben lungi dall'aver sancitola sua fine. » Foto dal Finestrino, Il Latto Cattivo, septembre 2017

« De l'air d'un faux dévôt qui dit sa patenôtre » Maurice Rollinat, Névroses, 1883, p.116. CNRTL



RUSSE DU DESTIN

1917-2017

la révolution est ruse du destin
octobre en septembre
comme ce mercredi descendre,
noël sans sacristain,
pas qu'au tison
fions-nous au fier instinct :
sortons de prison

FoSoBo 20 septembre 2017 21:40

merci à @bibliobra pour son #ironème Russe du destin, dont j'ai tiré : « La Révolution d'octobre est une russe du destin »

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Patlotch



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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Jeu 21 Sep - 7:57


L'AVENIR

la femme est l'avenir de l'homme
l'homme le passé du robot
le robot l'avenir de l'home
l'avenir le futur du passé,
un spectre hante son fantôme
un présent toujours dépassé
le présent n'est pas un cadeau

FoSoBo 21 septembre 2017 06:55



INOUÏR

un jour sans nuit
s'ennuie le jour et nuit
au songe dans le noir
où rien ne luit,
pas un espoir
aucun inouï
en lui

FoSoBo 21 septembre 2017 08:17


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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Ven 22 Sep - 9:54


FAIRE LE MÛR

Ce mur est soutenu de tonnes de poussière
au béton pas d'oreille et seul l'écho s'y ment
d'un soleil refroidi sans brûler le ciment
sa foi vendue cent fois le prix de ses prières

Nous étions seuls au bord chacun venu d'hier
à braver des demains au nom de ce moment
qui dresse son phallus en plus haut monument
église de papier sur sa dernière pierre

Ils ont gravé des mots alignant leurs mensonges
dans les croassements à l'ombre des tombeaux,
brisant l'envie du bec, ces avides corbeaux

Alors voler plus haut d'un zèle encor plus beau
et des serres creuser la source la plus dure
enfin, l'esprit en sang, plonger aux sens impurs

Ailleurs, 26 septembre 2006, 16h09
À TOUTES FAIMS


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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Sam 23 Sep - 14:32


CONVERGENCE DES LUTHS

corde pincée
accord coincé
dès qu'on converge
c'est qu'on comble
le fond du fossé
où l'on tombe
sans rien renverser

Fosobo 23 septembre 2017 14:02

en lien avec l'érection qui vient (de la tête) ou la convergence des luths


L'ENCENSOIR

d'un pas de deux l'on avance
où l'on croit danser,
on vient de la mouvance
où l'on croit aux jouvences,
aux romans qu'on encense,
et sans y penser
on recule à pas cadencés

Fosobo 23 septembre 2017 14:29


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MessageSujet: Re: 8. poèmes pour en causer   Dim 24 Sep - 12:06


TAMBOURS SUR TEMPÊTES

Aux petits soldats de l'administration du désastre et de la soumission durable, de l'écologisme d'Etat et du capitalisme vert

12 attendus


Au temps pour tous importe
        peu le vent amer
               à contretemps

Qu'une saine colère
        mette à la porte
               l'ombre d'une chimère

Quand passe sur hier
        la serpillière de l'hiver
               un propre vers printemps

Que sombre dans l'oubli
        le moment des poisons
               pipi sur la moquette

Que s'efface la trace
        de crasse et pollution
               durable de l'esprit

Et leur autorité de la dissolution
        mentale
              à l'environ dément

Que brûle en sa poubelle
        le déchet étatique
               de l'égocitoyen

Qu'on lui décerne en prix
        de sa bioconnerie
               l'écolabel démocratique

Que sa gestion du même
        crève d'indigestion
               managériale

Que gronde la raison
        quand tonne le critère
               de notre exploitation

Qu'un sens impur génial
        de la rébellion générale
               abreuve nos sillons

D'une musique nouvelle
        faites par tous non contre uns  
               avec tambours et tempêtes


Ailleurs, 19 février 2010


Patlotch, IX AS TIME GOES BY, Livre de l'absence

en lien avec pour une ÉCOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE

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8. poèmes pour en causer
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