PATLOTCH / COMMUNISME et CIVILISATIONS

CONTRE LE CAPITAL, LES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES, ÉCOLOGISTES... et POÉTIQUES !
 
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 RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)

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Patlotch



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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Ven 1 Sep - 14:41


Citation :
Les trois notes de lec­ture ci des­sous s’inscrivent dans le tra­vail en cours pour un texte por­tant sur la seg­men­ta­tion du pro­lé­ta­riat et la méca­nique des assi­gna­tions raciales dans le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste en géné­ral et dans son his­toire récente en par­ti­cu­lier. Texte qui consti­tuera l’essentiel du pro­chain n° de Théo­rie Communiste.







notes de lectures plus qu'intéressantes, et par définition sans doute marginales dans le contenu du prochain numéro de la revue. J'espère en effet que Théorie Communiste ne se contentera pas de critiquer les maillons les plus faibles de la théorisation actuelle de la race et de la critique du racisme, et passera au niveau supérieur de celle de la pensée décoloniale, de la crise de l'Occident dans celle du capitalisme, et donc de l'eurocentrisme, ce qui supposerait de sa part il est vrai une autocritique de son universalisme prolétarien

c'est en effet sur ce terrain qu'il convient maintenant de porter la critique radicale, ou prendre le risque d'un retard à l'allumage et d'un décalage malencontreux pour des débats vraiment actuels à l'échelle mondiale. Mais il est que dans le cadre des controverses de l'idéologie française, il ne semble pas y avoir d'urgence marseillaise, tant qu'on ne trouve en face que les adversaires qu'on se choisit non sans quelque facilité

ajout, dans la lecture du troisième livre, à propos d'islamophobie et de son usage par le PIR (Bouteldja), on lit :


Citation :
Mal­gré leurs cri­tiques, les « Indi­gènes » ne peuvent aban­don­ner « l’islamophobie » : c’est pre­miè­re­ment une notion actuel­le­ment effi­cace pour sou­der la « com­mu­nauté » qu’il leur faut construire pour en être les repré­sen­tants et, deuxiè­me­ment, les « Indi­gènes » appar­tiennent eux-mêmes à cette frac­tion de la popu­la­tion racia­li­sée pour laquelle l’ascension sociale est légi­time et les obs­tacles arbi­traires (nous lais­sons ici de côté tout le fatras idéologico-historique issu des théo­ries déco­lo­niales comme le « déclin de l’identité euro­péenne blanche », il ne s’agit pas d’un déclin mais d’une confi­gu­ra­tion de la mon­dia­li­sa­tion et de la « déna­tio­na­li­sa­tion de l’Etat » qui affecte très dif­fé­rem­ment les indi­vi­dus selon leur posi­tion de classes et qui enve­loppe les contra­dic­tions de classes d’un dis­cours sur l’identité nationale).

je n'ai pas de gros problèmes avec la critique que fait Théorie Communiste du "concept" d'islamophobie, cf le long sujet ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions. Je suis d'accord avec TC pour considérer que cette qualification arrange tout le monde. Je ne sais pas où Bouteldja est allée cherchée, dans la pensée décoloniale, cette idée de « déclin de l’identité euro­péenne blanche » (1). J'ai déjà dit que leur décolonialisme est assez singulier, et qu'il doit beaucoup à Grosfoguel, ce qui ne va pas sans problème, mais je n'ai pas trouvé chez lui ou d'autres théoriciens décoloniaux ce déclin de l'identité blanche. J'en vois plutôt l'affirmation dans ce qui n'est pas déclin de l'Occident mais crise de sa suprématie dans le capitalisme, par peur "chez nous" des "autres", par racisme à l'ancienne sur une base de couleur, marqueur de situations sociales sur-dominées, alors que le problème racial dépasse de nos jours la couleur (Mbembe) : il s'emplit de plus en plus de son fondement social

1. chez elle, dans ce texte :
L’islamophobie, quand les Blancs perdent leur triple A 1er décembre 2012
Bouteldja a écrit:
Pour comprendre cette montée de l’islamophobie, il faut analyser la situation actuelle. Nous sommes aujourd’hui dans un contexte de crise économique globale, de crise de déclin de l’identité européenne face aux pays émergents, la Chine, l’Inde, etc.

L’identité européenne blanche qui a dominé le monde pendant 500 ans est en phase de déclin. Et ce qu’expriment les voix - souvent hystériques - qui s’élèvent dans les médias contre l’Islam, c’est au fond la peur de ce déclin [de leur situation pas de leur identité, le discours d'État]. Qu’est-ce-qui explique cette peur irrationnelle ? Les Blancs perdent leur centralité historique, leur triple A, en quelque sorte [ils ont peut-être, Blancs ou pas, nationaux, peur de perdre leur boulot... il y a peu de convergence d'intérêt entre "issus de l'immigration" et nouveaux migrants], et ils voient tous les non Blancs, abusivement associés, à l’Islam comme une menace pour leur identité [franchement qui voit tous les non-blancs comme musulmans ?]. Après avoir dominé pendant des siècles, ils se rendent compte que les autres veulent, comme eux, vivre et s’affirmer, transformer l’ordre établi par le racisme et le colonialisme ce qui de fait signifie une perte de pouvoir et des privilèges afférents. Ceux qui contestent cet ordre, à juste titre, pour réclamer leur droit et leur place pleine et entière, qui contestent les discriminations sont ainsi perçus comme des envahisseurs.

une question qui vaut la peine d'être posée c'est est-ce que oui ou non, les "racisé.e.s" sont légitimes à s'organiser sur une base communautaire, identité de lutte particulière ?, la question de leur auto-organisation étant posée au-delà des "rackets" politiques de qui entend, comme parti ou organisation politique, les représenter : la critique est ici politique, ou si l'on préfère théorique

comme je n'ai trouvé que de rares occurrences de "décolonial" dans ces notes de lecture, j'imagine que cette charge de TC n'est pas anodine, comme s'il s'agissait, à la manière subtile de Roland Simon, d'invalider en bloc toute une pensée non univoque (2), sur la base de vagues évocations, ici entre parenthèses, excusez du peu, « le fatras idéologico-historique issu des théo­ries déco­lo­niales » sans plus d'arguments; encore une marque de sérieux et d'honnêteté intellectuelle !

et puis hein, surtout, pour paraphraser Panaït Istrati parlant des officiels du PCF en voyage en URSS dans les années 20, « descendant de voitures officielles pour s'asseoir à des tables officielles », quand on veut connaître la situation des "racisé.e.s" on ne la cherche pas dans les bibliothèques, mais en vivant avec eux, ou du moins en essayant de connaître leur vie par quelque moyen que ce soit

2. DÉCOLONIALITÉ : introduction, définitions, textes... et la lutte de classe ? et vers un MARXISME DÉCOLONIAL / des marxistes s'inspirent de la pensée décoloniale

quant à Grosfoguel, autant le lire lui-même : Entretien avec Ramón Grosfoguel Claude Rougier – Réseau d'Études Décoloniales 2 Septembre 2016


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Patlotch



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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Lun 11 Sep - 1:14


race et classe... et "islamophobie"

dans les notes de lectures de la soute de Théorie Communiste, en préparation de TC26, une critique de La Fabrique du Musulman de Sidi Moussa 2016, page 2

très intéressant, ça bouge chez TC, en attendant l'Amérique noire, ils ont même découvert C.L.R. James...



extraits
Citation :
Plu­sieurs fois dans ces notes de lec­ture, nous avons exposé les rai­sons qui à un cer­tain moment, dans cer­taines condi­tions font que l’islam devient le mar­queur de la seg­men­ta­tion et de l’assignation raciale ; mais cela n’explique pas pour­quoi le groupe ainsi dési­gné et consti­tué reprend à son compte l’appellation pour se dési­gner lui-même. Pas tous bien sûr, mais c’est mas­sif et la ques­tion est incontournable. [...]

Le pro­cès de consti­tu­tion des assi­gna­tions raciales est un pro­ces­sus objec­tif dans lequel le racia­lisé n’a pas le choix de son appel­la­tion et même de sa lutte contre elle. [...]

[de la race, comme outil théorique] En par­ler, l’analyser, lui faire toute sa place, ce n’est ni l’exalter, ni en faire l’alpha et l’oméga de tous les faits sociaux. Crier « La classe ! La classe ! » en sau­tant sur sa chaise comme un cabri n’est pas plus effi­cace dans une « pers­pec­tive révo­lu­tion­naire » que de crier « La race ! La race ! ». Il ne s’agit pas de com­bi­ner les deux, comme dans une mau­vaise com­pré­hen­sion de « l’intersectionnalité », les choses sont en fait assez simples : le pro­lé­ta­riat n’existe pas préa­la­ble­ment dans une sorte de pureté théo­rique avant de comp­ter en son sein des Arabes, des Noirs, etc. Tout est donné simul­ta­né­ment mais concep­tuel­le­ment tout n’est pas au même niveau. C’est à par­tir du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste, de l’exploitation, des classes que nous dédui­sons les construc­tions raciales comme néces­saires et le cours des luttes de classe comme inté­grant cette néces­sité.[...]

A force de se foca­li­ser sur les « for­ce­nés de l’identité » ℠ et de réduire la seg­men­ta­tion raciale à leurs acti­vi­tés, SM en arrive à dire n’importe quoi au nom de la pré­ser­va­tion de la pureté pro­lé­ta­rienne s’exprimant dans le mou­ve­ment ouvrier « allié à la petite bour­geoi­sie intel­lec­tuelle » qui, au prix d’une petite entorse intel­lec­tuelle à la « non mixité de classe », trouve tout de même sa place. [...]

On ne peut sor­tir de ces dif­fi­cul­tés que par une com­pré­hen­sion de l’« isla­mo­pho­bie » qui para­doxa­le­ment ne fait pas de l’islam le début et la fin de l’affaire (voir notes sur Haj­jat). Les mesures « isla­mo­phobes » sont des mesures racistes dont l’islam est la forme conjonc­tu­relle. Il importe alors de mon­trer et de mettre l’accent sur les rai­sons de cette conjonc­ture qui implique l’ensemble des rap­ports de classes (voir divers pas­sages dans les notes sur Guillau­min et sur Haj­jat).

En sor­tant l’islamophobie de sa vision comme rele­vant d’un « choc cultu­rel » on l’historicise comme une construc­tion raciale par­ti­cu­lière mais rele­vant des méca­nismes géné­raux des construc­tions raciales dans le MPC, on demeure de plain pied dans les méca­nismes de repro­duc­tion du capi­tal. On montre qu’être musul­man n’est pas une qua­lité inhé­rente à une somme d’individus mais une assi­gna­tion construi­sant le groupe comme tel, tra­versé lui-même de conflits entre hommes et femmes et selon les classes sociales, conflits par­fois propres mais le plus sou­vent iden­tiques au reste de la popu­la­tion dans la même situa­tion sociale. On défait l’homogénéisation induite par « l’islamophobie ».

On s’opposera aux défen­seurs de l’islam qui ont besoin d’en faire le début et la fin de « l’islamophobie » non pas au nom de la cri­tique anti­clé­ri­cale mais parce qu’on aura démonté la construc­tion de l’islamophobie, ce n’est que ce fai­sant que l’on peut alors poser, en situa­tion, si néces­saire, la cri­tique de la reli­gion parce que les adver­saires auront été autre­ment défi­nis.

On cri­tique des mesures racistes en expli­quant pour­quoi elles ont acquis cette « forme », et si on ne défend pas l’islam, on ne défend pas non plus la laï­cité. La laï­cité parle de Liberté, mais der­rière la Liberté, c’est l’Etat qui se pro­file, et avec l’Etat, le pou­voir et l’Ordre qui assigne à cha­cun, au nom de la laï­cité, sa place dans la hié­rar­chie de la civi­li­sa­tion jus­ti­fiant sa pro­mo­tion ou sa relé­ga­tion, le trai­te­ment qui lui est réservé, sa place dans la société.

le livre ayant fait un tabac chez les antiracialisateurs*, du haut d'un point de vue prolétarien singulièrement absent chez eux, ça ne va pas arranger les relations entre TC et certains de ses anciens adeptes, mais néo-trotskistes et libertaires y trouveront de quoi méditer leurs dogmes pieux

* cf les débats organisés par Mille Babords à Marseille, Publico à Paris, Le Rémouleur à Bagnolet, le SCUM de Montpellier; la présentation sans critique du NPA, du blog Zones subversives,Paris-Luttes info le trouvant « particulièrement intéressant », les compliments de Ross Wolf de The Charnel House...

DDT 21 (Gilles Dauvé) a parlé « du très bon ouvrage de Nedjib Sidi Moussa, La Fabrique du Musulman », dans « Par un tour de passe-passe ». Entretien sur l’islamophobie février 2017

avec la palme à l'ineffable Glaude Guillon dès le 17 janvier :

Citation :
Des livres qui tombent à point, comme le mot qu’on avait sur le bout de la langue, comme l’idée qu’on voulait mettre en phrases, comme l’arme que la main tâtonnante trouve au bon moment dans la bagarre.

Il y a des livres salubres, rafraîchissants, comme un courant d’air frais ou un verre d’eau dans la touffeur de l’été. Ils offrent la satisfaction de se sentir reprendre possession de son corps et de son esprit dans un temps d’orages oppressants.

Il y a des livres nécessaires, qui pour cette raison même seront combattus, souvent sans avoir été lus.

Il faut pour les écrire et les publier des auteurs et des éditeurs courageux, qui ne cèdent ni aux modes intellectuelles — niaises et abêtissantes — ni aux facilités militantes — honteuses et contreproductives —.

À l’heure où l’on trouve des «anarchistes» pour affirmer que le slogan «Ni dieu ni maître» peut être considéré comme «raciste», c’est un livre utile, salubre, et nécessaire.

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Patlotch



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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Jeu 14 Sep - 21:08


bingo Patlotch, Théorie communiste a des ennuis avec ses anciens adeptes devenus "anti-racialisateurs"


Des nouvelles de « Théorie Communiste, la soute »suite

B. a écrit:
14/09/2017 à 11:09 | #2
Bon, sur les limites politiques du bouquin, oui, on peut dire que SM [Sidi Moussa] n’est pas communisateur. Jusqu’ici tout va bien. Mais derrière cette note de lecture se manifeste surtout le nouvel appareil théorique de TC qui visiblement n’a pas du côtoyer assez de luttes ces derniers temps et a été contraint de piocher du côté de l’université et ses périphéries. Le premier texte « Classes / segmentation / racisation » relevait d’un coup de force où on pouvait lire des inepties du genre « Une reprise des luttes en France, dans un rap­port de forces favo­rable est en grande par­tie sus­pen­due actuel­le­ment à la lutte par­ti­cu­lière et auto­nome des pro­lé­taires raci­sés contre leur raci­sa­tion, cela ne peut se faire en niant la raci­sa­tion comme nulle et non ave­nue. » ou encore « Quelle bles­sure nar­cis­sique que de ne plus pou­voir s’identifier aux « las­cars de banlieue » ! ».

En gros, TC a un nouveau jouet, la race
. Je ne comprends pas la confusion qu’ils entretiennent entre d’une part une segmentation bien réelle, de type historique liée au développement particulier du MPC [mode de production capitaliste], et d’autre part l’utilisation du concept de race pour définir cette segmentation. Je trouve que ça ne tombe absolument pas sous le sens. C’est à dire que quand on me parle de « division raciale » qui est un état absolu, je trouve qu’on se fait juste embarquer dans la discussion du moment et qu’on apporte rien à l’analyse de ce qui fait du prolétariat sa propre limite, dans son atomisation en abyme. Parce que la question de la racialisation (c’est à dire d’un processus partant d’un pôle émetteur vers un pôle récepteur qui vise à différencier donc discriminer des catégories de la population grâce à l’idéologie de la race) n’est pas le seul exemple de division qui marche avec la baisse du coût du travail pour faire très simple (c’est bien des fois). J’ai en tête le système huku en Chine, ce fameux passeport intérieur mais on peut prendre les différents contrats de taf également.

Si on ne prend pas un peu de distance, on finit par créer des blocs superstructurels dans l’analyse, à l’image du commentaire d’au dessus sur « le privilège blanc », bientôt on verra apparaître la CMSB (classe moyenne salariée blanche) différente de la CMSR. Je trouve ça complètement ahurissant d’essayer de faire passer la pilule en appelant tous ceux qui ne sont pas « blancs » des « racisés » et faire zarma « non non on essentialise personne, c’est un processus du MPC » alors que vous ne vous donnez même plus la peine d’énoncer l’émetteur de ce processus de « racialisation », son côté labile, intermittent etc. Vous en faîtes quasiment des sujets politiques centripètes. Dites non-blancs et acceptez d’être tombés dans le panneau des entrepreneurs en race ça sera plus simple.

Derrière la sophistication de l’appareil théorique de TC, on retrouve la surface, le particulier et surtout les nouvelles lubies universitaires. La surdétermination nous perd parfois.

la « surdétermination » des « lubies universitaires » ne descend certes pas dans les quartiers, mais on voit que B. en a pris plus qu'« un peu de distance », à moins qu'il n'y ait jamais mis les pieds. Il va nous expliquer cette « segmentation bien réelle, de type historique liée au développement particulier du MPC » autrement que par « l’utilisation du concept de race. » Personnellement je me réjouis que TC ait enfin pris en main cet « outil théorique »

le label "racisé" est discutable et même discuté chez les décoloniaux, tout comme l'idée de qualifier de « priviliège blanc » le résultat d'une plus grande exploitation ou disqualification face à l'emploi, au logement, à la police... Mais enfin, en France, mieux vaut être blanc que noir ou beur, c'est comme ça, et l'on en trouve des deux côtés de la ligne de couleur (WEB Dubois) pour le vivre comme un privilège. C'est un aspect tout-à-fait secondaire dans l'analyse qui quoi qu'il en soit doit commencer par écouter celles et ceux qui sont concerné.e.s. Voilà très certainement un gros handicap pour la théorie communiste que de ne pouvoir mener ses propres enquêtes, et d'avoir recours aux livres. Une chose est de le déplorer, une autre de le dépasser

PS : et franchement, opposer à nos "racisés" les hukus des Chinois, c'est malin, et surtout avoir bien compris, comme dit Achille Mbembe, que « Le sous-prolétaire chinois est un nouveau nègre », c'est-à-dire que « la condition nègre ne renvoie plus nécessairement à une affaire de couleur. Le nègre est devenu post-racial, il s’identifie à une nouvelle catégorie de gens qui ne sont même plus exploitables et qui sont, par conséquent, laissés à l’abandon. » cf du LUMPENPROLETARIAT à la POPULATION en SURPLUS : une classe ? pour ou contre la révolution ? 9. un "lumpenprolétariat" de la mondialisation ?

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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Jeu 21 Sep - 20:01


TC : un dépassement théorique auto-produit ?

relevé dans les notes de lecture de Théorie communiste sur L’idéologie raciste, 31 août 2017


R.S. a écrit:
du piège à son dépas­se­ment : Le refus de l’intégration est pris dans le même piège que celui que défi­nit l’intégration ou même la reven­di­ca­tion de l’égalité qui se réfère à la norme domi­nante (les contra­dic­tions et l’impasse des Marches). Lutte néces­saire, mais si la révolte et la lutte du mino­ri­taire est iné­luc­table et néces­saire, elle est un nœud de contra­dic­tions et une impasse tant qu’elle se déli­mite et s’effectue sur l’identité défi­nie et recon­nue socia­le­ment construite par le groupe majo­ri­taire. C’est cepen­dant dans ces contra­dic­tions que peut sur­gir la remise en cause même des iden­ti­tés par l’insatisfaction vis-à-vis de soi. Du fait que cette iden­tité est celle que vous vou­lez que je sois*]

RS cite James Bald­win, « je ne suis pas votre nègre » et Cas­sius Clay, « Je n’ai pas à être ce que vous vou­lez que je sois…»

il est patent que TC n'aurait pu écrire cela avant de plonger plus sérieusement dans le rapport classe/race. Sans le dire, il utilise ici mon concept d'identité de lutte avec le problème de son dépassement (du stade de la Négritude, du Black is Beautiful et du Black Power... cf abolir les classes / dépasser les identités de 'genre', 'race'... de militants et d'individus 18 juin 2014). Si le dépassement surgit des contradictions de l'identité, c'est que celle-ci n'est pas vouée à n'être que cela, comme le voient Temps Critiques et tous les "anti-racialisateurs" réduisant ces luttes à un « communautarisme identitaire » (ce qu'il arrive bien sûr à des militants décoloniaux de faire eux-mêmes jusqu'à l'inconséquence sectaire, particulièrement quand ils sont encartés dans des partis ou groupes peu présents dans les "quartiers" qu'ils prétendent représenter. C'est le double-piège dont il est question à propos d'intégration et de luttes identitaires contre elle)

cela dit, tant mieux si des concepts sérieux conduisent à des théorisations sérieuses... et dialectiques

si l'on considère la « lutte néces­saire » pour « le refus de l’intégration [...] ou même la reven­di­ca­tion de l’égalité », alors les communistes n'ont pas à lutter contre elle mais à favoriser la production de son dépassement face au capital et à l'État

si l'on considère la « lutte néces­saire » pour « le refus de l’intégration [...] ou même la reven­di­ca­tion de l’égalité », alors les communistes n'ont pas à lutter contre elle mais à favoriser la production de son dépassement face au capital et à l'État, « redoutable problème », m'écrivait RS en 2015

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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Ven 22 Sep - 10:54



Jared Ware ShadowProof 20 jun 2017

In the infancy of the Trump presidency, a new community defense network is espousing anti-racist and anti-capitalist politics to build coalitions in cities, small towns, and rural areas across America.

Redneck Revolt recruits predominantly poor and working class white people away from reactionary politics. The organization advances an analysis of their class condition and white supremacy’s role in upholding the wealth and privilege of a small, white elite.


Cover of Redneck Revolt zine
Source: https://www.redneckrevolt.org/printable-resources

Citation :
Redneck Revolt inserts themselves into overwhelmingly white spaces—NASCAR races, gun shows, flea markets in rural communities, and country music concerts—to offer a meaningful alternative to the white supremacist groups who often also recruit in those spaces.

The organization’s growing membership comes as media pundits, the Democratic Party, and the United States’ relatively small socialist parties all grapple with how to address the plight of working class white Americans in the wake of Donald Trump’s election.

“Economic anxiety,” a term presented by the media to defend Trump’s ascension, has become an internet meme for acts of racial terror. Hillbilly Elegy author JD Vance has been paraded around to defend and mythologize the travails of working class white Republican voters.

Establishment liberals debate whether these people, particularly in red states, are worth reaching out to at all. They find the ease with which they embrace nativism, social conservatism, and racism might threaten a liberal voting coalition that includes people of color, immigrants, and the LGBTQ community.

Yet the American historical context that animates the Republican Party-working class white alliance is often absent. The historical failure of neoliberalism to present sustainable pathways out of poverty or a meaningful safety net for American workers is scarcely contemplated.

It is unfair to let poor white people off the hook for their lack of solidarity with the rest of the working class. But it is only through engagement, recognition of the failures of both political parties, and organizing for a more radically unified working class politic that these issues can be overcome.

Historically small socialist organizations like Democratic Socialists of America have gained some traction promoting socialist, or more progressive liberal, politics in the wake of Senator Bernie Sanders’ 2016 presidential bid, but Redneck Revolt is not  prescriptive in regards to how to confront the inequities of the capitalist state.

“We don’t have some grand plan for how we want to remake the world. We’re tackling a specific problem, which is white supremacy, which we find to be built into capitalism,”
said Pittsburgh Redneck Revolt organizer Shaun who, along with Mitch, spoke with Shadowproof about their organizing with Redneck Revolt.

Shaun and Mitch of spoke to Shadowproof about their work with Redneck Revolt. Their last names are being withheld because other members of Redneck Revolt have faced doxxing and harassment by militia members and white supremacists. They don’t want to put their families at greater risk.

“Our gripe with capitalism is it has utterly failed to make the vast majority of people free, because it was never really designed to,” Shaun continued.

“It concentrates wealth in the hands of a small portion of the population, it concentrates power and access to resources in the hands of a small portion of the population, and it leaves the rest of us in a state of variable abjection. It doesn’t work for anybody except the people who are exploiting the rest of us.”

Despite their lack of a prescriptive political ideology, they do have a fairly broad set of principles posted on their website. They include a rejection of capitalism, and “wars of the rich,” standing against “the nation-state and its forces which protect the bosses and the rich” and standing in “organized defense of our communities.” They declare their belief in the “need for revolution.”

Redneck Revolt’s anti-racist, anti-capitalist message seems to be taking hold in communities across the United States. The organization had just 13 chapters in January but has nearly tripled its chapters nationally in the last 6 months. The group now has 34 different branches, 26 of which are in states that voted for Trump. Multiple chapters have over fifty members.

Shaun notes the Pittsburgh chapter is representative of a wide variety of political ideologies, including “anarchists, libertarians, socialists, and even a couple of hold-out Republicans.”

Despite their diverse ideologies and backgrounds, Shaun explains that members are united by their rejection of white supremacy are drawn toward the group’s emphasis on community defense and survival programs.



Phoenix John Brown Gun Club at a MAGA rally in Arizona.
Source: https://www.redneckrevolt.org/single-post/2017/03/28/PHOENIX-MAGA-MARCH-REPORTBACK


Anti-Fascism

Redneck Revolt’s community defense strategy extends to showing up to white power rallies, where hate groups broadcast their ideology into the public sphere.

On April 29, members of Redneck Revolt traveled to Pikeville, Kentucky to counter the Traditionalist Worker’s Party (TWP) and the National Socialist Movement.

Nestled within Appalachia, Pikeville has a population of less than 7,000 and a median household income of $22,026. Ninety-five percent of people living there are white and 80 percent voted for Donald Trump.

“I’ve been to events countering the TWP before. They’re a particularly virulent new pan-white power organization,” Shaun said, reflecting on his trip to Pikeville. “They’re doing a lot of work trying to consolidate different white power movements under one umbrella, which is obviously very dangerous.”

“They’ve been very specifically, targeting Appalachia in a lot of their propaganda and organizing in the last couple of years, and as a native Appalachian, I take that very personally.”


“It was really high stress,” Shaun said, because the TWP and their allies were specific about “wanting to come armed and use Kentucky’s stand your ground laws as a threat and a bludgeon,” against those who would oppose them. “They definitely showed up in force and armed to the teeth,” he said.

George Ciccariello-Maher is an Associate Professor of Politics and Global Studies at Drexel University, where his work often focuses on left-wing political movements. He said the “result of debating and discussing with fascists and white supremacists is that you’re legitimizing their ideas. And you’re also misunderstanding how it is that those ideas function.”

“The rational idea would be to come together as poor people to fight against the system and yet that systematically doesn’t happen,” Ciccariello-Maher said. “So when you realize white supremacy functions on an irrational level, that it is a system, a structured system of institutionalized irrationality, then you begin to realize that you can’t argue your way out of it. Then you start to realize that the only thing you can do is to fight.”

“We didn’t argue your way into white supremacy and slavery, we’re not going to argue our way out of white supremacy,” Ciccariello-Maher said.

With that in mind, Redneck Revolt emphasizes the importance of teaching armed self-defense to its members and more marginalized communities.

“People need to be able to defend themselves. [We] live in a country in the world where people of color and LGBTQ people are routinely victimized and systematically victimized by the people who claim to be there for their defense,” Shaun said.

“We provide free basic firearms training to pretty much everyone who needs it. We focus on trying to provide [self-defense training] when asked for [by] communities of color and LGBTQ folks.
” Their John Brown Solidarity Fund helps community defense initiatives “get off the ground and get training.”


Redneck Revolt PGH @PghRevolt
Raising funds for Black and NBPOC revolutionaries is such an important part of our work, shout out to our comrades in Kansas
12:48 AM - May 13, 2017

Despite facing heavily armed white supremacists, anti-fascists descended from the region to protest TWP and the National Socialist Movement. The people of Pikeville stood along side them in opposition to the hate.

These confrontations have not turned violent. There weren’t brawls or property damage like has been seen in Berkeley and Portland. Violence did not break out at Pikeville, or at the proposed KKK rally in Asheboro, NC a week later, or at a MAGA rally in Phoenix, Arizona in March.

Some have speculated that Pikeville remained relatively peaceful because both sides were armed in a state with stand your ground laws, where a fight would inevitably lead to the discharging of firearms, a chilling deterrent.

The KKK never even bothered to show up in Asheboro, but the local Silver Valley Redneck Revolt managed to put together a counter-rally of approximately 100 people. Another community group organized similar numbers to march as well.

Shaun applauded the Pikeville community’s resistance. “There was a complete refusal to let that fear stop them from showing up to do everything they could to keep it from being some sort of a walk of victory,” Shaun said. “And that was intensely inspiring, because people were scared and people were afraid and they showed up anyway. And they showed up organized and in force.”

Regardless of their political affiliation, Pikeville residents “came out and took a stand, a very vocal stand against white power movements trying to move into their territory and consolidate power. In fact some of the locals were some of the loudest, most strident anti-fascist voices there.”

Survival Pending Revolution

“There’s a narrative that a lot of the media misses about rural areas,”
said Mitch, a member of Redneck Revolt’s Silver Valley chapter.

“The perception is that Appalachia and the deep south is just inundated with racist white supremacists. It’s no secret that there’s certainly a higher concentration in those areas,” Mitch said, “but there’s also swaths of disaffected people who want nothing to do with politics, who don’t think that they can be represented by politicians, and are tired of being jerked around by both parties.”

“They don’t like liberals and they don’t like conservatives. They want to take care of their needs and they’re kind of at the behest of all these other parties that are just jerking them around and they’re just tired of it. That’s part of the demographic that we have a lot of messaging to.”


Mitch described the lack of infrastructure, services, and meaningful political representation in his community in rural North Carolina as the setting where reactionary politics can easily take hold and where presidential elections generally represent a choice between two politicians with nothing meaningful to offer.

“Scattered throughout Silver Valley are some pretty low income places and very much rural ghettos in the form of trailer parks and just really low income housing that nobody bats an eye at, or tries to meet their needs, or organize with them. They’re really forgotten communities,” he said.

Redneck Revolt provides survival assistance tailored to the needs of their local community. This includes food programs, community gardens, clothing programs, and needle exchanges in addition to their armed self-defense programs.

Mitch has a garden on his property, on about ⅓ acre of land, where members try to connect with nearby low income and rural communities to provide free fresh food.

“We get people invested — time and energy wise — into working with us and finding ways to empower those communities to grow their own food, so that it doesn’t have to come just through charity. It’s not just us giving away food, it’s the community itself finding ways to come together to feed their own,” Mitch said.

In the future, Silver Valley members want to assist with distributing Meloxin and other medical supplies, and provide free clinics. “You’ve got to root yourself in the community first and see what their needs are and move to organize in that manner from there,” he said.

Considering Redneck Revolt’s vision, their embrace of the term ‘redneck,’ their belief in building solidarity with working and poor communities, their recruitment within rural white communities, and their embrace of late ‘60’s-style survival programs, it is hard not to draw parallels to the original Rainbow Coalition, and specifically to the Young Patriots (YPO).

The Rainbow Coalition was an attempt—initially lead by Fred Hampton and the Chicago chapter of the Black Panther Party in the late 1960s—to unify the Black Power movement led by the Black Panther Party, the Puerto Rican Nationalist movement led by the Young Lords, and a white working class movement led by the YPO in Chicago.

Shaun confirms that members recognize parallels with the YPO internally.

“The YPO is a huge inspiration for us, specifically because it’s one of the most visible instances of that sort of rupturing racial lines when folks from different demographics were able to step back and realize that their interests allied with one another not with a politician or a company,”
he said.

“There was a real tangible understanding that their liberation was bound up with one another’s liberation. So we draw a lot of really explicit inspiration from the YPO and the work that they did with the Chicago Panthers and the Young Lords.”

Professor Ciccariello-Maher believes that while the Young Lords should be an aspiration, organizers must be prepared for the challenges of coalitions.

“The danger of a Rainbow Coalition is that you can run into a left wing politics that, for example, asks Black Americans to stand-down with their complaints to embrace a broader coalition,” he said.

Ciccariello-Maher cited the Communist Party USA’s organizing as an example.

“I like to think of this in terms of an opposition that comes out of the old Communist Party strategy of what was called ‘unite and fight.’ The U.S. communist party, over a certain period, had a really incredible history of contributing to struggles against white supremacy in the U.S.”

“It was really the main organization accomplishing these aims, but also had its limitations—in particular, when it retreated from those struggles, it argued essentially that workers should unite and fight, meaning a kind of lowest common denominator of what Black and white workers could agree on. The result of this was really to erase the centrality of white supremacy in the workplace and in US history.”


In a modern context, Ciccariello-Maher suggests it’s “Not just how can we get together, you know can Black, white, and brown agree to fight for 15 — the question is what helps us to overcome the very real divisions of the poor and working classes and sometimes that means fighting against white workers, over racial privileges.”

“We need to see these things in motion, we need to understand the ways in which we could build a Rainbow Coalition, but one that understands the historic weight of anti-Blackness or one that understands the historical weight of Indigenous Genocide or of U.S. Imperialism in Latin America.”


Ciccariello-Maher believes W.E.B.s Du Bois’ Black Reconstruction In America provides valuable historical lessons, supporting Redneck Revolt’s principles of standing against white supremacy, capitalism, and the wars of the rich. For Du Bois, the story of the white working class is a tragedy.

“It’s the betrayal of a shared class condition,”
Cicariello-Maher said. “Du Bois is so struck by the fact that poor whites and slaves had so much in common and had so much potential for solidarity, and yet ultimately poor whites sided with the slaveowners and sided with what Du Bois called ‘the petty wages of whiteness.’ Psychological wages that make you feel better than someone else, but also material wages in the sense that you can work as a slave catcher and that’s better than not having any job at all.”

Shaun from Pittsburgh’s chapter of Redneck Revolt discussed the conditions of these “psychological wages.”

Shaun likes to tell potential members, “white supremacy is essentially a fight to be the best treated dog in the kennel.”

“All poor and working class folks suffer at the hands of the rich. We all have trouble — bordering to the point of impossibility — making house rent, paying medical bills especially these days, covering food, making sure that our children and families are cared for and it doesn’t have to be that way,”
he said.

“It’s that way because a vastly small percentage of the population hordes access to resources and they’re able to do this because they’ve managed to get one half of the working class to turn against the other half in exchange for basically preferential treatment.”

“It’s in everyone’s best interests that we as quickly and aggressively as possible dismantle that system so that poor and working folks essentially have something resembling a fair shake at a decent life.”

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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mar 3 Oct - 6:19


Citation :
Les nouvelles populations rencontrées en Afrique et en Amérique suite aux premières découvertes à l’époque moderne, captèrent l’intérêt des naturalistes européens qui cherchèrent à catégoriser l’espèce humaine en différents sous-groupes raciaux ayant des traits biologiques et moraux communs. De cette classification émergea l’idée de supériorité « naturelle » d’un groupe par rapports aux autres, celui de l’élite blanche européenne. Ainsi, les taxonomies raciales qui se développèrent aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles en Grande-Bretagne et en Amérique étaient et continuent d’être inséparables des questions de classe et de hiérarchisation sociale.

Argumentaire

Les nouvelles populations rencontrées en Afrique et en Amérique suite aux premières découvertes à l’époque moderne, captèrent l’intérêt des naturalistes européens qui cherchèrent à catégoriser l’espèce humaine en différents sous-groupes raciaux ayant des traits biologiques et moraux communs. De cette classification émergea l’idée de supériorité « naturelle » d’un groupe par rapports aux autres, celui de l’élite blanche européenne. Ainsi, les taxonomies raciales qui se développèrent aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles en Grande-Bretagne et en Amérique étaient et continuent d’être inséparables des questions de classe et de hiérarchisation sociale.

L’objet de ce colloque sera donc de chercher à comprendre comment ce nouveau discours racial est venu structurer l’ensemble des sociétés britannique et américaine entre le XVIIe et le XIXe siècle. Il sera ainsi intéressant d’étudier la circulation des discours de race et de classe, comment le langage racial est venu alimenter la représentation des différentes strates sociales composant ces deux sociétés. Quelle importance revêtait le corps physique dans la distinction des différentes classes sociales ? Comment les corps et les esprits des élites et des nobles étaient-ils distingués de ceux du reste de la société ? Comment l’idée de race est-elle venue justifier les notions de « sang pur » et d’hérédité ? De quelles façons certains groupes se trouvaient « naturellement » privilégiés ou « naturellement » exclus ? Les minorités sociales comme les indigents ou les femmes étaient-ils marginalisés et stigmatisés de la même manière que les Africains ou les Amérindiens ?

Une approche comparative entre les sociétés de part et d’autre de l’Atlantique ou les études diachroniques seront appréciées.

Les pistes suivantes pourront être explorées:

La généalogie et la hiérarchie familiale
La variété des espèces humaines en philosophie et chez les naturalistes
L’évolution des savoirs médicaux, de la notion d’hérédité et la hiérarchisation des populations humaines
L’évolution des discours sur la race du XVIIe au XIXe siècle
Les justifications biologiques de l’esclavage
L’hérédité et la transmission génétique de l’aristocratie
Le corps humain et ses représentations
Les représentations artistiques et littéraires de la race et la classe
La représentation de l’Africain ou de l’Amérindien en Europe
La solidarité de classe et de race
Les représentations racialisées de l’indigent, de l’aristocrate, de l’Irlandais, de la femme
La perception de l’idéal physique et du métissage
Race et nation: la supériorité ethnique/raciale anglo-saxonne
La race et l’environnement : la dégénérescence des colons américains ou à contrario la supériorité de la « race américaine »
Race et femmes,  féminité, le fait « d’être femme », ou « d’être efféminé » en rapport
Ce colloque accueillera des chercheurs débutants et confirmés de toute branche disciplinaire.

Les communications pourront être faites en français ou en anglais.

Certaines communications pourront être publiées dans des actes de colloque.

Modalités de soumission
Les propositions d’environ 300 mots et une courte biographie sont à envoyer à Anne-Claire Faucquez anneclaire.merlin-faucquez@univ-paris8.fr, Tim Mc Inerney tim.mc-inerney@univ-paris8.fr et Michaël Roy michael.roy@u-paris10.fr

avant le 30 septembre 2017.

Comité d’organisation
Anne-Claire Faucquez, Université Paris VIII, Vincennes-St Denis, TransCrits.
Tim Mc Inerney, Université Paris VIII, Vincennes-St Denis, TransCrits.
Michaël Roy, Université Paris Nanterre, CREA.
Bibliographie sélective
Balibar, Étienne and Immanuel Wallerstein. Race, nation, classe: Les identités ambiguës. Paris: La Découverte, 1988.

Brown, Kathleen M. Good Wives, Nasty Wenches, and Anxious Patriarchs: Gender, Race, and Power in Colonial Virginia. Chapel Hill: University of North Carolina Press, 1996.

Chaplin, Joyce E. Subject Matter: Technology, the Body, and Science on the Anglo-American Frontier, 1500–1676. Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 2001.

Curran, Andrew. Anatomy of Blackness: Science and Slavery in an Age of Enlightenment. Baltimore: Johns Hopkins University Press, 2013.

Dain, Bruce. A Hideous Monster of the Mind: American Race Theory in the Early Republic. Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 2002.

Davis, David Brion, Alden T. Vaughan, Virginia Mason Vaughan, Emily C. Bartels, Robin Blackburn, Benjamin Braude, James H. Sweet, Jennifer L. Morgan, Karen Ordahl Kupperman, and Joyce E. Chaplin. “Constructing Race: Differentiating Peoples in the Early Modern World.” William and Mary Quarterly, 3rd ser. 54.1 (January 1997): 7–252.

Harvey, Sean P. Native Tongues: Colonialism and Race from Encounter to the Reservation. Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 2015.

Horsman, Reginald. Race and Manifest Destiny: The Origins of American Racial Anglo-Saxonism. Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 1980.

Nussbaum, Felicity A. The Limits of the Human: Fictions of Anomaly, Race and Gender in the Long Eighteenth Century. Cambridge: Cambridge UP, 2003.

Shoemaker, Nancy. A Strange Likeness: Becoming Red and White in Eighteenth-Century North America. New York: Oxford University Press, 2004.

Sidbury, James. Becoming African in America: Race and Nation in the Early Black Atlantic. New York: Oxford University Press, 2007.

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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 8 Oct - 19:27


classe et race au sens de classement

Citation :
Ludwig Gumplowitz parle de luttes des races. Il définit les races comme tout groupe humain ayant suffisamment d'homogénéité pour avoir un intérêt commun. C'est dans ce sens qu'il parle de race ouvrière ou de race patronale.  source

il n'est pas le seul : on trouve sinon le terme l'idée de race ouvrière sous la plume de Marx, Vallès, Zola...
Marx a écrit:
La force de travail d'un homme ne consiste que dans son individualité vivante. Pour pouvoir se développer et entretenir sa vie, il faut qu'il consomme une quantité déterminée de moyens de subsistance. Mais l'individu, comme la machine, s'use, et il faut le remplacer par un autre. Outre la quantité d'objets de nécessité courante dont il a besoin pour sa propre subsistance, il lui faut une autre quantité de ces mêmes denrées de première nécessité pour élever un certain nombre d'enfants qui puissent le remplacer sur le marché du travail et y perpétuer la race des travailleurs.
Salaire, prix et profit 1865

Zola a écrit:
La vérité était que Félicité avait des pieds et des mains de marquise, et qui semblaient ne pas devoir appartenir à la race des travailleurs dont elle descendait.
La fortune des Rougon 1871

quant à la race des patrons...

Marco Valdo a écrit:
Moi, si vous voulez le savoir, je ne suis pas de la race des patrons. Et je ne suis pas non plus de la race des serviteurs… Je suis un travailleur libre et indépendant.
Le ramasseur d'olives

Pierre Bayle a écrit:
En même temps, le même Louis Gallois est un prototype de la nouvelle race des patrons européens, ayant en six ans réussi à faire oublier les rivalités et dissensions franco-allemandes – alimentées il est vrai par des rivalités franco-françaises – pour situer le groupe à des années-lumière, très en avant dans le multinational et le multiculturel.
EADS : Passage de témoin
2011

Citation :
Homme d’affaires prospères, et acteur politique influent, il symbolise d’abord la race des hommes d’affaires Sénégalais capables de vendre le label national.

Le digne héritier de son père est de la race des patrons de la génération émergente. Jeune et instruit, il incarne aussi le savoir vivre et le raffinement.

Allo Dakar
9 décembre 2015

Citation :
Plongée dans la jungle économique, la race patronale se doit d'être un corps d'élite versé aux exercices de survie.
Comment devient-on patron ?

comme vu ci-dessus, une classe et une race peuvent nommer la même chose. Exemples : chez Marx avec « la race des travailleurs » pour « la classe ouvrière »; « la race des hommes d’affaires Sénégalais », la « race des patrons » pour « la classe des capitalistes ». On pourrait considérer qu'il s'agit plus d'un usage métaphorique concernant "race", mais à bien y regarder, il s'agit d'abord d'une manière de ranger des objets, de faire un classement :

Wikipédia a écrit:
En mathématiques, la notion de classe généralise celle d'ensemble. Les deux termes sont parfois employés comme synonymes, mais la théorie des ensembles distingue ces deux notions. Un ensemble peut être vu comme une collection d'objets, mais aussi comme un objet mathématique, qui en particulier peut lui-même appartenir à un autre ensemble. Ce n'est pas forcément le cas d'une classe, qui est une collection d'objets que l'on peut définir, dont on peut donc parler, mais qui ne forme pas nécessairement un ensemble. Quand une classe n'est pas un ensemble, elle est appelée classe propre. Elle ne peut alors être élément d'une classe (ni, a fortiori, d'un ensemble)

Marx-Engels a écrit:
Dans leur adresse dix-neuf professeurs de Halle s'expriment de même, mais ils poussent le comique jusqu'à parler en passant du « sérieux de leur profession ». Le fond de l'histoire [2], dans les deux adresses, c'est une incroyable fureur soulevée par le refus des impôts. Très compréhensible ! Plus d'impôts - et le savoir privilégié fait faillite. Il suffit que le porte-monnaie de cette race de professeurs cupides soit menacé, même de très loin, pour que toute la science jette feu et flammes. Leur monopole a ses racines dans la royauté de « droit divin ». Ils lui écrivent des adresses de dévouement, c'est-à-dire qu'ils sont dévoués jusqu'à la mort à leur propre monopole. Si le peuple obtient la victoire finale, ces messieurs sauront vite, malgré tout le « sérieux de leur profession scientifique », se mettre du côté de cette souveraineté populaire qu'ils maudissent tant aujourd'hui. Mais le peuple leur criera alors : « Trop tard ! » et se préparera à mettre un terme rapide à toute la misère de ce savoir privilégié.
La Nouvelle Gazette Rhénane n° 156, 30 novembre 1848
Des professeurs allemands donnent la mesure de leur bassesse

on peut vérifier qu'à l'origine, le mot race valait pour classer, sans connotation raciale de couleur. Je ne donne ici que les expressions le montrant :
CNRTL a écrit:
1. Vieilli, littér. [En parlant le plus souvent d'une grande famille] Ensemble des personnes appartenant à une même lignée, à une même famille. Synon. ascendance, descendance. La race des Atrides, vieille race.
Chacune des différentes lignées des rois de France. « Commença, en la personne de Hugues Capet, la troisième race de nos rois » (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 1, 1821-24, p. 93).
− P. ext. Race humaine. Espèce humaine, l'humanité. C'est surtout dans la race humaine que l'infini de la variété se manifeste d'une manière effrayante (Baudelaire, Salon, 1846, p. 148). Tout enfant de la race humaine (Jaurès, Ét. soc., 1901, p. 199).
Race(s) future(s). Génération(s) future(s). Je n'ai pas dédié « Mes enfances » à la postérité, ni supposé un moment que la race future pût s'intéresser à ces bagatelles (A. France, Vie fleur, 1922, p. 560).
Noble, noblesse de race. Noble, noblesse par l'ascendance. Il n'y a pas en France une seule famille noble, mais je dis noble de race et d'antique origine, qui ne doive sa fortune aux femmes (Courier, Pamphlets pol., Procès, 1821, p. 120)
P. méton. Comportement attendu d'un(e) aristocrate; en partic., élégance, distinction, assurance naturelle dans l'affirmation d'une personnalité marquée. Avoir de la race; homme, femme de race. Je la trouve jolie, fine, et infiniment distinguée (...) elle a surtout de la race (Gyp, Pas jalouse, 1893, p. 96).
− P. anal., rare. Catégorie de choses ayant certaines particularités en commun. La nouvelle race des récepteurs couleur modulaires 51 cm (...) vous permet de profiter de la cou-leur pour un moindre coût d'achat (Le Point, 11 oct. 1976, p. 160).
A. − ANTHROPOLOGIE
1. Groupement naturel d'êtres humains, actuels ou fossiles, qui présentent un ensemble de caractères physiques communs héréditaires, indépendamment de leurs langues et nationalités. Race blanche, jaune, noire; race pure, métissée; races primitives, vivantes; croisement entre races;
etc.

ce n'est donc qu'en anthropologie au 19e siècle, puis en biologie au 20e, qu'apparaît le sens racial de couleur du mot race, et par conséquent même son usage raciste auparavant relevait d'un classement, d'une classe au sens de rangement (cf en mathématiques)

c'est au demeurant ce qui ressort, selon Maurice Godelier, de l'usage des divers usages du mot "classe" chez Marx, tel que je l'ai relevé le 30 août dans le sujet UNE CLASSE POUR LE COMMUNISME, sujet révolutionnaire, composition vs constitution : Ordres, classes, Etat chez Marx, Actes du colloque de Rome (18-31 mars 1990)

partant de là, comme j'en avais discuté ailleurs, il n'y a pas à mettre en cause la pertinence de « race sociale » par le PIR ou autre décoloniaux (le meilleur texte : Qu’est-ce que la lutte des races sociales ? Selim Nadi, 22 septembre 2017)


Selim Nadi a écrit:
Ainsi, contrairement à la lutte des classes qui, dans sa forme primaire, œuvre au niveau du lieu d’exploitation (autour des rapports ouvriers/patron, des conditions d’exploitation des  ouvriers, etc.), la lutte des races, sous sa forme élémentaire, se dirige, elle, directement contre l’État (ex. : révoltes indigènes de 2005, Marches silencieuses suite à des crimes policiers, etc.). Elle comporte donc dès le début, un aspect politique, même si celui-ci ne s’exprime pas en tant que tel – ici nous séparons artificiellement les rapports raciaux des rapports de classe par souci de simplicité, mais il est évident que ceux-ci sont co-constitutifs et profondément imbriqués.

le problème n'est donc pas dans l'usage de cette terminologie, qu'on trouve donc fréquent au 19e siècle, mais dans son retournement de signification, la race est ici raciale (presque mais pas que) au sens de la couleur de peau, alors qu'elle est chez Marx une race comme classe dans le rapport d'exploitation capitaliste. RS de Théorie communiste, dans sa lecture de La fabrique du Musulman de Sidi Moussa :

RS/TC a écrit:
Le pro­blème de SM c’est qu’ayant réduit la seg­men­ta­tion raciale de la classe ouvrière à ces « entre­prises » et ayant sous­crit à la légende du mou­ve­ment ouvrier, il ne peut plus voir que la classe ouvrière ne fut jamais une, que la seg­men­ta­tion raciale la tra­verse consti­tu­ti­ve­ment dans son exis­tence de classe de ce mode de pro­duc­tion. Classe et race ne sont pas dans un rap­port d’exclusion réci­proque : soit l’un soit l’autre.

La seg­men­ta­tion et la posi­tion com­mune, race et classe, ne sont pas des contraires exclu­sifs et seule­ment sub­sti­tuables.

En défi­ni­tive, la prin­ci­pale ques­tion ne porte pas sur les iden­ti­tés ou les races, mais sur le pro­lé­ta­riat lui-même qui n’est pas une sub­stance pos­sé­dant en elle sa mis­sion his­to­rique. On pour­rait sim­ple­ment répondre à SM que races et iden­ti­tés nous servent à com­prendre ce qu’il se passe et que ce n’est que dans ce qu’il se passe que se forge la « pers­pec­tive révo­lu­tion­naire ».

La lutte des classes est bien le « moteur de l’Histoire » pour par­ler comme SM, mais la ques­tion raciale n’est pas « subor­don­née à la lutte de classe » comme le dit SM à la suite de C.L.R. James, elle lui est interne

autrement dit, à sa définition près dans le strict prolétariat universel, je suis d'accord, le problème de l'articulation entre classe sociale et race sociale (Selim Nadi parle d'imbrication) est un problème de constitution en classe, et ce davantage que de composition de classe assignant les individus à une appartenance exclusive selon une de leurs autres identités sociales

recension du mot race dans La nouvelle gazette rhénane

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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Sam 11 Nov - 8:13


Temps Critiques et Théorie Communiste sont dans un bateau...

j'ai hésité avant de dire un mot de cette charge de Jacques Guigou/Temps Critiques contre Théorie Communiste (TC). À vrai dire je ne suis pas concerné, et TC est assez grand pour y répondre s'il le juge nécessaire. 11 ans après Les derniers feux du programmatisme prolétarien de Jacques Guigou et Jacques Wajnsztejn en 2006, ce qui était un incendie serait devenu une noyade, mais TC est toujours là. Mes positions vis-à-vis de ces deux groupes sont claires, détaillées dans mon livre sous divers aspects


Quand des communisateurs colmatent leur barque avec du racialisme

Jacques Guigou tempscritiques 9 novembre 2017

Citation :
Aujourd’hui, pour nombre de communisateurs, les points de vue partiels ou particularistes de genre et de race viennent relayer et se substituer au point de vue ouvrier partiel qui le précédait jusqu’au début des années 70 dans le cadre de la théorie du prolétariat ; théorie de classe, « point de vue ouvrier » pour les opéraïstes. Là où il y avait hiatus entre prolétariat et communisme les « communisateurs » ont mis en place un concept qui, pour eux, leur permet de combler ce hiatus, mais en renvoyant tout à la structure impersonnelle du capital. Devant cette abstraction puissance élevée à la puissance dix mais laminée par le courant dominant des particularismes, la théorie communiste se mue en opportunisme par rapport aux différents points de vue partiels dont les vagues font peu à peu céder tout point de vue universaliste et « à titre humain ». Mais alors que la communisation, emplie d’althussérisme implicite — tout en étant un concept et un mouvement critiquable — restait encore dans le cadre de la critique du rapport social capitaliste, on ne voit pas ce qui pourrait relier les intersectionnalités désormais intégrées par Théorie communiste, avec la communisation, justement. Plus, il n’y a aucun rapport. Sauf à penser que les « racialisés » et les « genrisés » soient les nouveaux agents actifs de la communisation dont, pour la plupart, ils n’ont même pas l’idée parce qu’ils ne produisent aucune critique de ces mêmes rapports sociaux capitalistes ; sauf à croire que ce que TC nomme le « dépassement à produire » est déjà à l’œuvre dans les pratiques qui cherchent à rendre visibles les « discriminations » de genre, de race ou vis-à-vis des religions.

On savait depuis longtemps que la barque de Théorie communiste prenait l’eau et que Roland Simon se dépensait de tout côté pour colmater les brèches. Depuis quelques années maintenant, il avait intégré les théories genristes à son corpus faisant de l’abolition des différences « de genre » une des premières déterminations de sa révolution communisatrice. En 2014 j’avais analysé ce calfatage de la barque TC dans un des chapitres de « Le capital ne réalise pas la philosophie de Hegel » et dans une note de bas de page à la fin du chapitre, j’écrivais :  » Mais comme les luttes de classe de la période qui a suivi les restructurations des années 1970-80 n’ont pas « produit » la révolution communisatrice annoncée, Théorie communiste a récemment révisé sa définition du prolétariat en y ajoutant une composante genriste. Désormais, la communisation supprimera la détermination genrée du prolétaire (comme celle des autres individus) et donc, en attendant, les luttes de genre sont des luttes de classe, qu’on se le dise ! À quand l’autre révision nécessaire au mouvement du « dépassement produit », par la révolution des « racisés » ?

Et bien, aujourd’hui, nous y sommes.

Dans sa critique du livre « La fabrique du musulman » ainsi que dans d’autre recensions d’articles, Roland Simon tente d’éviter le naufrage de sa théorie classiste en intégrant les thèses racialistes et celles sur l’intersectionnalité. Bien sûr, il prend soin de se démarquer de la position des Indigènes de la République mais il ne la rejette pas, il avance seulement qu’elle est « à interroger ». Il n’hésite pas non plus à reprendre à son compte la notion inconsistante de « majorité communautariste » d’Irène Théry ; notion inconsistante aujourd’hui car lorsqu’elle a émergé elle était déjà dépendante des courants US sur les droits civiques qui concevaient alors les luttes citoyennes en terme de majorité et de minorité : les minorités de couleur opprimées contre les majorités blanches dominantes sans que les déterminants de ces deux catégories soient davantage explicités.

Le seul accord de Simon au livre « La fabrique du musulman », c’est… son titre. Détermination du rapport de production des divisions sociales oblige ! Théorie communiste reste structuraliste : tout est produit socialement, a été produit et doit être produit dans le futur. Ainsi, dans d’autres écrits de Simon, on apprend que le dépassement des divisions « culturelles » du prolétariat (la religion est assimilée à la culture) sera « un dépassement à produire » dans… la communisation.

À part son titre, Simon réfute l’essentiel du livre de Nedjib Sidi Moussa car il relève pour lui d’une conception unitariste et puriste de la classe ouvrière ; conception du passé qui a toujours sous-estimé, voire nié, les divisions nationalistes et racistes qui traversaient (et traversent encore) le prolétariat. Il cite plusieurs fois les massacres d’ouvriers italiens à Aigues-Mortes par les ouvriers français en 1893. Le racisme dans la classe ouvrière est donc socialement produit par les rapports capitalistes de production et de reproduction. Il est consubstantiel au MPC, mais, ajoute Simon (toujours pour se démarquer des Indigènes)… il n’est pas à l’origine du capitalisme !

Plus que jamais acharné à trouver dans le moment politique présent des contenus qui vont permettre à la forme du prolétariat-sujet-révolutionnaire de se nier dans la communisation à venir, Simon prêche le soulèvement de l’infrastructure. Son zèle communisateur tend à sous-estimer les déterminations majeures qui opèrent dans le capital aujourd’hui : l’individu (totalement absent ou bien négligeable car relevant de « la subjectivité »), l’État-réseau (pour Simon l’État c’est toujours l’État-nation bourgeois mais « dénationalisé »), les technologies (totalement absentes aussi), l’Islam (la religion c’est « culturel », donc c’est de la superstructure…), les réseaux, etc.

Tant la barque prend l’eau qu’à la fin elle coule…

il s'agit de voir d'où parle Guigou pour saisir sa critique, et comprendre que je puisse en partager certains points : le structuralisme prolétarien, l'absence de pensée de l'individu et de la subjectivité, le bricolage dialectique sur le genre, une tendance à l'intersectionnalité dont pourtant ne peut émaner aucune dialectique... Mais partant de là, puce à l'oreille quand il rejoint la cohorte des "anti-racialisateurs" (Coleman, Guillon...) et sa réception élogieuse du livre "La fabrique du Musulman".

car Temps Critiques n'a pas de pensée de la race et du racisme (massivement seulement de l'antisémitisme) et, privé de toute dialectique de dépassement des contradictions qui caractérisent le moment actuel du capitalisme, condamne toute lutte particulière à demeurer "identitaire et communautariste". Temps Critiques n'a pas davantage de pensée de la révolution autre que "la tension individu-communauté humaine", sans autre détermination de ce qu'est cet individu générique propre à l'humanisme théorique : individus qui n'auraient plus à se constituer en classe ? Temps Critiques n'a pas davantage que TC de pensée de l'Occident et de sa crise de suprématie dans celle du capitalisme, qui caractérise la période actuelle. Un eurocentrisme très semblable à celui des marxistes occidentaux, dont TC tente de se défaire (cf références au Black Feminism, à CLR James...). De tout ça ayant traité je n'y reviens pas

Guigou se prend donc les pieds avec le bras de fer français entre "racialistes" et "anti-racialisateurs", ce qui limite sérieusement l'intérêt de sa critique

j'ai apprécié positivement que TC consacre son prochain numéro à la segmentation racialiste en particulier, et lu avec intérêt les notes de lectures proposées dans la soute. Je pense qu'il faut attendre la livraison de TC26 et prendre connaissance du texte "Le kaléidoscope du prolétariat" pour voir comment TC reconstruit son corpus avec la segmentation raciale, après les bouts de ficelles qui font tenir ensemble genre et classe. Car TC a ici un gros problème de méthode, de dialectique structurelle

mais il n'empêche, et comme le relève Guigou, TC a franchi un pas en brisant sa conception de la révolution à titre "strictement prolétarien", et il est le seul des "communisateurs" à l'avoir fait, Dauvé tournant autour du pot et Astarian s'inquiétant du caractère « contre-révolutionnaire de la CMS (classe moyenne salariée) ». À partir de là, mon intérêt se porte vers une confrontation plus positive que jetant ce nouveau bébé avec l'eau du bain, puisque sauf à nous pondre un nouveau bricolage dialectique, TC ne peut manquer de reposer à nouveaux frais la constitution en classe d'une sujet révolutionnaire, d'où l'embarras des commentaires de ses adeptes, comme on l'a vu dans les commentaires de dndf (voir la discussion dans 5. LA CONSTITUTION EN CLASSE POUR LE COMMUNISME : quel sujet révolutionnaire ?)


les deux TC sont dans un bateau, Temps critiques tombe à l'eau, qu'est-ce qui reste ?

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Patlotch



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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 17 Déc - 8:14


Citation :
Alors que le Défenseur des droits a rendu jeudi les conclusions d'une enquête dans laquelle de nombreuses personnes "immigrées" ou "identifiées comme noires" signalent des discriminations dans l'accès au logement, une étude publiée vendredi montre que le simple fait d'avoir un nom à consonance maghrébine ou sub-saharienne suffit à refroidir les propriétaires ou bailleurs.

"Relativement au candidat de référence présumé d’origine française, Sébastien Petit, le candidat maghrébin Mohamed Chettouh a 26,7 % de chances en moins de voir ses démarches d’accès au logement aboutir", résume l'enquête.


le rapport du CNRS : LES DISCRIMINATIONS DANS L’ACCES AU LOGEMENT EN FRANCE : UN TESTING DE COUVERTURE NATIONALE

qui sait, avec un peu d'espoir, le "matérialisme dialectique" va peut-être pouvoir en tirer quelque chose d'autre que la racialisation de la question sociale par ses victimes...

alors on pourra faire une étude sur la discrimination de la connerie chez les "marxistes"

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Patlotch



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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Ven 29 Déc - 5:38


on aurait préféré ne pas avoir à le dire...

Le « blackface », une pratique raciste encore présentée comme humoristique en France
Cécile Bouanchaud Le Monde 18.12.2017

Si aux Etats-Unis le fait de se grimer le visage en noir est considéré comme raciste, cela n’est pas le cas en France, où Antoine Griezmann a évoqué « un hommage ».


images ajoutées
Citation :
Pour les uns, il s’agit d’une « simple blague », d’aucuns osent dire « un hommage ». Pour les autres, le blackface, qui consiste à se grimer le visage en noir, n’est autre que la manifestation sans équivoque d’un « racisme ordinaire », qui trouve sa source dans une culture post-coloniale insidieuse. Si aux Etats-Unis, cette dernière idée a fait son chemin, cela ne semble pas être le cas en France, où la liste des personnalités s’étant fait une blackface s’allonge, et avec elle, le malaise que cette pratique suscite.

Dimanche 17 décembre, le joueur de l’équipe de France de football Antoine Griezmann a publié sur Twitter une photographie où on le voit grimé en joueur de couleur noire, coiffé d’une perruque afro, et vêtue comme un basketteur de l’équipe américaine des Harlem Globetrotters. Un déguisement qui a contraint l’attaquant de l’Atletico Madrid de retirer sa photo, et de présenter des excuses.

« Je reconnais que c’est maladroit de ma part. Si j’ai blessé certaines personnes, je m’en excuse », a écrit le footballeur sur son compte Twitter. Un peu plus tôt, il s’était justifié en écrivant : « Calmos les amis, je suis fan des Harlem Globetrotters et de cette belle époque… c’est un hommage. »



la parole à la défonce : « un acte antiraciste »
Antoine Griezmann n’est pas raciste, lui
Gilles Lorenzen Causeur 21 décembre 2017

En réaction à cette justification, le député travailliste britannique David Lammy a tenu à faire une mise au point, lui aussi sur son compte Twitter : « Il existe de très nombreuses manières de faire la fête façon années 1980, mais le “blackface” n’en fait pas partie. Je ne peux pas croire qu’en 2017, il soit encore nécessaire de dire qu’il ne faut pas faire de “blackface”. »

Un héritage esclavagiste

Pour comprendre le malaise que le blackface suscite, il faut remonter à l’origine de cette coutume, héritée de l’exposition des esclaves noirs, au début du XIXe siècle. Selon John Strausbaugh, auteur d’un ouvrage paru en 2006 sur le sujet (Black Like You, non traduit en français), le blackface s’inscrit dans une tradition qui consistait à exhiber les Noirs pour divertir les blancs lors de ventes d’esclaves africains.

En 2009, le film d’Abdellatif Kechiche Vénus noire racontait l’histoire tragique de l’esclave Saartjie Baartman, exhibée dans des foires aux monstres et des fêtes foraines d’Angleterre et de France dans les années 1810.

Outre-Atlantique, à la même époque, le public blanc anglo-saxon se retrouvait dans les théâtres où l’on mettait en scène, sous la forme de vaudevilles, appelés « minstrel shows », l’existence des Noirs. Pas question, toutefois, de faire monter des Noirs sur scène, ce sont donc des Blancs qui campent leurs rôles, en se grimant le visage.

L’acteur le plus connu est Thomas Rice, qui popularisa le personnage de Jim Crow au travers de la chanson Jump Jim Crow, racontant l’histoire vraie d’un esclave paralysé travaillant dans les plantations du sud des Etats-Unis. Le clown représente « toutes les tares définies par le regard des Blancs sur les esclaves noirs : paresseux, insouciants, stupides et indolents », explique Sylvie Chalaye, anthropologue des représentations coloniales, interrogée par Slate.

Après avoir été chantée dans tous les minstrel shows du pays, la chanson devint si populaire que le terme « Jim Crow » sert à désigner tous les Afro-Américains. Les « lois Jim Crow » désigneront, elles, plus tard, les mesures qui institutionnaliseront la ségrégation raciale dans le sud des Etats-Unis dès 1876, comme le rappelle Rue 89.

Une pratique répandue au cinéma

Au fil des années, cette pratique est sortie des théâtres pour se répandre dans tous les champs de la culture américaine, notamment le cinéma. La Naissance d’une nation (The Birth of a Nation), de D. W. Griffith, l’un des films fondateurs de l’histoire du cinéma, fresque historique de près de trois heures, sorti en 1915, est aussi l’un des plus racistes.


Pour le réaliser, Griffith fit appel à près de dix-huit mille figurants blancs, dont un grand nombre jouait de façon outrageusement caricaturale des Noirs pendant la guerre de Sécession. Au-delà de la mise en scène, le discours raciste suscita des mouvements de protestation des populations noires dans tout le pays. Pourtant, près de quinze ans plus tard, le premier film parlant, Le Chanteur de jazz, d’Alan Crosland, utilisait, lui aussi, le procédé du blackface.


L’acteur Al Jolson, qui joue dans « Le chanteur de jazz », en 1927 :

Il faudra attendre 1950, et le début des mouvements pour les droits civiques des Afro-Américains, pour que l’opprobre soit réellement jeté sur le blackface.


Californie 1954

« Si le blackface est quand même plus américain que français — puisqu’il n’y a pas la même tradition profonde qu’aux Etats-Unis —, les caricatures racistes ont pu prospérer pendant longtemps et de manière absolument évidente dans l’espace public français, au cinéma ou dans le spectacle », rappelle Pap Ndiaye, historien spécialiste de l’Amérique du Nord, interrogé par Slate en 2016.

« Le maquillage s’enlève »

En France, le message ne semble pas évident. En 2007, le film Agathe Cléry, d’Etienne Chatiliez, présentait une Valérie Lemercier le visage maquillé en noir pour raconter l’histoire d’une directrice marketing raciste, qui voit du jour au lendemain sa peau s’assombrir. Le film n’a pas suscité la moindre polémique — hormis une mauvaise critique sur le fond.



Six ans plus tard, la journaliste du magazine Elle Jeanne Deroo s’était déguisée en Solange Knowles pour une soirée privée, et avait publié la photographie sur les réseaux sociaux. Cette fois, la photo suscita un tollé, après avoir fait le tour du monde.

Dans des émissions de télévision comme « Touche pas à mon poste », « C’Cauet » ou « On n’est pas couchés », plusieurs animateurs se sont grimés le visage en noir. Avant de présenter des excuses, tous évoquaient un « trait d’humour ». C’est aussi pour s’amuser que des étudiants de l’Edhec, l’Ecole des hautes études commerciales de Lille, se faisaient des blackface à l’occasion de certaines soirées, rapporte le site Buzzfeed. Depuis 2016, l’établissement a interdit cette pratique.

Des policiers du commissariat du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) doivent eux être jugés prochainement pour avoir organisé, en juin 2014, une soirée au cours de laquelle ils s’étaient grimés en Noirs, à la suite de quoi ils avaient publié des photos sur Facebook. En mars, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a recommandé que des sanctions disciplinaires soient prises à l’encontre des cinq policiers. Le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) souligne que « le Défenseur des droits reconnaît de fait que le blackface est une pratique raciste ». « Tous ceux qui se griment de la sorte en se retranchant derrière l’art ou l’humour le sauront désormais », a écrit dans un communiqué Louis-Georges Tin, président du CRAN, qui déplore : « L’ignorance est bien souvent à l’origine du racisme. »

S’il fallait encore insister sur le caractère raciste du blackface, Eric Fassin, professeur de sociologie, souligne que se grimer en Noir, c’est faire fi de « l’expérience brutale » qui est la leur, car « le maquillage s’enlève » : « Etre noir, ce n’est pas un travestissement, ce n’est pas pour rire ; c’est une condition, prise dans une histoire raciale. »

en relation :


2008

Citation :
Pourquoi la philosophie s'est-elle si souvent satisfaite au mieux de méconnaître le jazz et, au pire, de le mésentendre (Adorno) ? L'une des réponses serait que l'irruption du jazz, au début du XXe siècle, réimporte des valeurs - oralité, imitation, priorité du corps sur le signe, unité du sens et de la voix - que l'Occident s'est efforcé de congédier dès l'origine de la philosophie occidentale. Deux mille cinq cents ans plus tard, après une lente maturation au sein de la communauté afro-américaine, le jazz consacre des thèmes esthétiques et ontologiques auxquels les nouvelles techniques de communication et de diffusion assurent un retentissement planétaire.

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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mer 28 Mar - 18:00


texte intéressant et fouillé, comme d'hab', de Tristan Leoni pour ddt21 (Gilles Dauvé...), mais service théorique minimum, puisqu'épineux problème pour qui tient la contradiction de classe pour seule et unique moteur de l'histoire


Race et Nouvelle droite

Tristan Leoni ddt21 23 mars 2018

il n'empêche qu'en dépit d'une relative retenue par rapport à des textes précédents de ddt21, comme quoi insensiblement les choses bougent, la réception chez IndymédiaNantes est toujours aussi débilitante

. a écrit:
le 28 mars 2018 à 17:51 par .

ddt21 aka gilles dauvé vieille taupe
communisation proche du pir

plus proche de la connerie, c'est trop loin ?

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 1 Avr - 15:06


À Rio de Janeiro, un assassinat « pour l’exemple »
Armelle Enders The Conversation France 27 mars 2018
Historienne (Institut d'Histoire du Temps Présent), CNRS, Université Paris 8 – Vincennes Saint-Denis

« le choc est très comparable à celui provoqué en France par le massacre
de la rédaction de Charlie Hebdo, polémiques incluses »

Le Brésil vient d’être le théâtre d’un assassinat qui a une forte dimension politique : non seulement parce que la victime est une jeune élue issue des favelas, mais surtout parce que l’attentat met en lumière la radicalisation d’une frange de l’électorat quelques mois avant les élections générales.


Peinture à l'effigie de Marielle Franco, représentée en Wonder Woman, à Rio de Janeiro, le 18 mars 2018. Mauro Pimentel/AFP

Citation :
Rio de Janeiro, 14 mars 2018
Le 14 mars vers 21h30, la voiture de Marielle Franco, membre de l’Assemblée législative de la ville de Rio de Janeiro, a été la cible d’un attentat qui a toutes les apparences du professionnalisme. La jeune élue (38 ans), exécutée de quatre balles dans la tête, est décédée sur le coup, ainsi que son chauffeur, Anderson Pedro Gomes. La nouvelle, un coup de tonnerre à l’unisson de l’énorme orage qui s’abattait sur Rio cette nuit-là, a aussitôt plongé dans le deuil et la consternation une bonne partie de la population, bien au-delà des sympathisants du PSOL (Parti Socialisme et Liberté), la formation de gauche dans laquelle Marielle Franco militait.

Le lendemain, jour des obsèques des deux victimes, à Rio de Janeiro et aussi dans plusieurs grandes villes où des hommages avaient lieu, l’émotion était palpable et ne se dissipe pas, plus de dix jours après les faits. Pour bien des consciences, le choc est très comparable à celui provoqué en France par le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, polémiques incluses. Loin de provoquer un sursaut d’unanimité nationale, la mort de Marielle Franco fait au contraire ressortir les fractures politiques de la société brésilienne.

Un crime politique en pleine intervention militaire à Rio de Janeiro

L’attentat contre Marielle Franco survient dans une conjoncture très particulière. Depuis le 16 février, en effet, la sécurité publique de Rio de Janeiro est placée sous la responsabilité du général Walter de Souza Braga Netto et de l’armée fédérale et, non, comme la Constitution le prescrit, sous celle du gouverneur de l’État de Rio de Janeiro et de la gendarmerie (police militaire) régionale.

Cette mesure exceptionnelle a été décrétée par le président Michel Temer au prétexte que l’insécurité battait des records et qu’il fallait faire de l’ancienne capitale du Brésil un laboratoire pour le reste du pays. Plusieurs États, notamment dans le Nord et le Nord-Est, ont pourtant des taux d’homicides bien plus affolants que la ville-vitrine du Brésil.


À Rio, l’armée aux commandes, le 17 mars 2018. Mauro Pimentel/AFP

Annoncée de manière solennelle et tonitruante, la décision présidentielle a surpris tout le monde, à commencer par le principal intéressé, le général Braga Netto. L’intervention ne s’appuie sur aucun plan d’action longuement mûri et le financement de l’opération donne lieu à divers cafouillages. L’intervention fédérale à Rio de Janeiro est le fruit d’une improvisation et d’une gesticulation purement politiciennes. Elle est, pour l’instant, absolument stérile sur le plan des résultats et entachée du plus grave meurtre politique commis récemment au Brésil.

Les calculs politiciens de Michel Temer
Jusqu’à la mort de Marielle Franco, Michel Temer pensait avoir réalisé un « coup de maître » avec l’intervention fédérale. Cerné par la justice pour des faits très graves, le « roi des coups » cherche à s’assurer une immunité durable et à échapper à l’impuissance du « canard boiteux » en fin de mandat. Temer fait planer l’hypothèse de sa candidature à sa propre succession en 2018, malgré des intentions de vote qui stagnent à 1 % et une impopularité historique dans les annales politiques brésiliennes.

En posant à l’homme fort qui défend les « bons citoyens » (« cidadões de bem ») contre les « bandits » et en s’appuyant sur l’armée, l’institution la moins discréditée selon les sondages, Temer s’efforce d’acquérir sur le terrain sécuritaire l’adhésion que l’économie ne lui a pas apportée et de glaner les quelques points qui lui permettraient d’exister dans la campagne qui s’annonce. La lutte contre la criminalité et ses modalités sont très clivantes dans cette période préélectorale au Brésil et préoccupe surtout la classe média (toute la bourgeoisie, de la petite à la grande).

Mais voilà que l’assassinat de Marielle Franco, au cœur d’une ville de Rio de Janeiro protégée par l’armée fédérale, semble un véritable camouflet adressé à celle-ci et résonne comme un message politico-mafieux adressé aux militants engagés dans la défense des droits humains comme l’était Marielle Franco.

Marielle Franco, une personnalité hors du commun
Née en 1979 dans la favela da Maré, l’une des plus dures de Rio de Janeiro, Marielle Franco évoquait sur sa page personnelle les événements qui avaient décidé de sa vocation.

Le premier est un fait divers tristement banal dans les favelas de Rio. Lorsque Marielle préparait le bac, l’une de ses condisciples avait été tuée par une balle perdue lors d’un affrontement entre trafiquants et policiers. Les victimes collatérales des échanges de tirs se comptent chaque année par centaines dans l’État de Rio de Janeiro. Sa maternité à l’âge de 19 ans était à l’origine, selon elle, de son engagement en faveur du droit les droits des femmes.



Marielle Franco était aussi l’incarnation d’une méritocratie et d’une ascension sociale qui semblaient possibles sous les gouvernements Lula et Dilma Rousseff. Boursière, elle avait pu faire des études supérieures et obtenir un master en administration publique dans une université fédérale.

Une spécialiste des politiques sécuritaires et une militante des droits humains

Son mémoire de recherche portait précisément sur les « unités de police pacificatrice » (UPP), implantées dans les bidonvilles de Rio à partir de 2008, et, globalement les politiques sécuritaires dont elle constatait concrètement les effets délétères au quotidien.

Les interventions des forces de l’ordre, gendarmes ou soldats fédéraux se soldent par des affrontements sanglants entre police et trafiquants, des exécutions sommaires, des vendettas et règlements de compte, des victimes collatérales. Les principales victimes de cette violence sont les jeunes hommes noirs. En 2015, le taux d’homicide pour l’ensemble de la population était de 28,9 ‰ (34 ‰ dans l’État de Rio de Janeiro), tandis que celui des noirs s’élevait à 37,7 ‰ (39,2 ‰ dans l’État de Rio de Janeiro).

Marielle Franco dénonçait, quelques jours avant d’être abattue, les exactions commises par le 41e Bataillon de la police militaire, réputé l’un des plus meurtriers, dans le quartier modeste d’Acari.

La guerre des gendarmes et des trafiquants à Rio de Janeiro s’est compliquée avec l’émergence d’un troisième acteur, les « miliciens », des policiers, ex-policiers ou para-policiers, qui, sous couvert de protéger les habitants des zones périphériques les placent sous leur coupe, les rackettent et usent des mêmes agissements criminels que les « bandits » qu’ils prétendent combattre.

Qui a tué Marielle Franco ?
Aussi les soupçons, confortés par les premières pistes de l’enquête, conduisent-ils vers les escadrons de la mort que forment ponctuellement certains policiers et/ou « miliciens ». Les « vengeances » de ces tueurs véreux n’hésitent pas à frapper aussi des autorités publiques. En 2011, la juge Patricia Acioli, qui avait poursuivi des gendarmes pour divers meurtres, a été « punie » de 21 balles dans la tête et le thorax.

Les cartouches utilisées pour tuer Marielle Franco proviennent d’un lot de munitions qui appartenait initialement à la police fédérale et a été détourné à des fins criminelles. Certaines d’entre elles ont réapparu en 2015, dans l’État voisin de São Paulo, à l’occasion du massacre de 17 personnes par des gendarmes venus appliquer la loi du talion.

Or toute une partie de l’opinion, surtout dans la classe média conservatrice, prend fait et cause pour tout ce qui porte l’uniforme, applaudit aux méthodes expéditives, est nostalgique du temps des militaires où, croit-on, le « bon citoyen » pouvait dormir la porte ouverte.

Les plus modérés ont exprimé leur tristesse à l’occasion de la mort de Marielle Franco, mais en la relativisant immédiatement et en refusant d’en faire un symbole, une disparition plus signifiante que les autres 61 600 homicides perpétrés en 2017 dans le pays.

« Bons citoyens » vs « bandits »
De nombreux commentaires, adressés aux journaux en ligne ou sur les réseaux sociaux, s’indignent qu’on puisse soupçonner la police et désignent les trafiquants comme les probables auteurs du crime. La droite extrême s’en donne à cœur joie pour calomnier Marielle Franco à longueur de tweets et de rumeurs, qui en font la femme d’un parrain de la drogue et la représentante élue d’une faction criminelle, ce qui est absolument faux.

Plus simplement, on la rend responsable de sa propre mort. Depuis longtemps, la droite radicale pose une sinistre équation qui fait des défenseurs des droits humains, militants associatifs, élus ou religieux, ou personnalités apparentées à la gauche brésilienne, les complices des « bandits », voire des « bandits » eux-mêmes. Tous les habitants des favelas, peuplés d’une majorité d’afro-descendants, sont pour elle des « bandits », qu’il est licite d’éliminer.

Le colonel de gendarmerie Washington Lee Abe, dans l’État du Paraná, a synthétisé dans un message posté dans une revue en ligne toute la haine que peut susciter une Marielle Franco dans la droite radicale, bien implantée parmi les forces de l’ordre : « Pourquoi ériger cette édile en martyr ? Représente-t-elle le peuple ? Quel peuple ? Quel segment du peuple ? Les « bons citoyens » ? »

La réponse sous-entendue est que, non, Marielle Franco ne représentait pas les « bons citoyens ». Elle ne pouvait pas les représenter car elle n’en faisait ontologiquement pas partie… Le militaire compare ensuite la discrétion qui entoure la mort « au combat » des policiers et le « tapage » que provoque « la mort de cette “personne” conseillère municipale, défenseure des droits humains, mère, homosexuelle (comme elle se présente elle-même). »

On aura noté les guillemets, comme des pincettes, pour dénier à Marielle Franco la qualité de « personne » que seuls méritent les « bons citoyens », nécessairement blancs, mâles et hétérosexuels. En plus de posséder tous les attributs qui signalent le « bandit », Marielle Franco était une femme politique, engeance détestée par l’extrême droite militaire qui considère les élus comme des parasites et déteste viscéralement la démocratie représentative.

Cette droite radicale s’estime en guerre perpétuelle, hier contre les « subversifs », aujourd’hui contre les « bandits ». Qui pouvait, à ses yeux, mieux incarner le nouveau visage de la « subversion » que Marielle Franco, noire, habitante d’une favela, homosexuelle, intellectuelle, engagée à gauche et détentrice d’un mandat électif ?

« Marielle présente ! »
Par sa trajectoire, son charisme, son intelligence et son élégance, Marielle Franco représentait, pour ceux qui la pleurent aujourd’hui, l’espoir d’un renouveau de la gauche et d’un projet de société plus juste, tolérante et moins inégalitaire. Les femmes, les noirs, les pauvres, la jeunesse, les LGBT, bénéficiaient d’une représentante au verbe redoutable.


Manifestation le 16 mars 2018, à Rio, deux jours après l’assassinat de Marielle Franco
Mauro Pimentel/AFP

Dans les rassemblements en hommage à Marielle Franco, on met en exergue l’une de ses phrases : « ils croyaient nous enterrer mais nous étions des graines » et on scande régulièrement « Marielle présente ! » pour conjurer l’absence. Sa mort lui a conféré une notoriété nationale qu’elle n’avait pas de son vivant et en a fait un symbole qui excède les frontières du Brésil.

Pour l’heure, il est difficile de mesurer quel sera à moyen terme l’impact de son assassinat. Marielle Franco semble réaliser un miracle posthume, le rapprochement, en tout cas à Rio de Janeiro, d’une gauche en proie aux pires divisions.

À l’inverse, sa mort marque une gradation dans la haine et le racisme qui s’expriment de plus en plus dans l’espace public. Elle renforce une polarisation qui commence à prendre une tournure explosive et pourrait servir de prétexte à une dérive encore plus autoritaire.

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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Sam 5 Mai - 10:46


nous l'attendions, il arrive :

un numéro de Théorie Communiste sur la segmentation raciale du prolétariat

si l'on a en tête la façon dont la question était évacuée par TC il y a quelques années, quand il se penchait sur la double contradiction de classe et de genre, l'événement est considérable. Certes, la "race" n'est pas une nouvelle contradiction à articuler avec ces deux-là (chez nous non plus), mais elle est prise en compte à la hauteur des enjeux pour la constitution d'un sujet révolutionnaire qui n'aura pas les atours du prolétariat universel dans sa mission programmatique

sans attendre de lire ce qu'il en est, nous saluons cette évolution salutaire pour le concept même de communisation, puisque nous n'aurons cessé de l'appeler de nos vœux depuis les années 2012-2014


« Le prolétariat « un » et, par nature, révolutionnaire,
fut une construction nécessaire aujourd’hui obsolète. »


Fin 2016 paraissait cette critique de TC 25. Quelques (sic!) mois plus tard, TC 26 est sous presse. Nous vous préviendrons de son arrivée physique d’ici quelques jours (deuxième partie du mois de mai). Voici en avant propos la couverture, dont la quatrième résume l’importance du contenu en ces temps agités!!


La quatrième de couverture :
Citation :
La segmentation raciale du prolétariat est un phénomène objectif qui a dans les catégories du mode de production capitaliste son processus de production, ses lieux de production, ses matériaux, ses outils. Elle fonctionne selon ses propres critères dans son autonomie relative.

De l’identité par le travail des années 50 et 60 à l’essentialisation culturelle parachevée dans le « musulman » et le « voile » en passant par les « Marches », les émeutes et les mouvements issus des cités, les luttes de sans-papiers, les grèves de l’automobile des années 80, les foyers Sonacotra, l’interclassisme et les questions de mixité/non mixité des luttes, la segmentation raciale est un processus mouvant, un virus opportuniste. Le prolétariat « un » et, par nature, révolutionnaire fut une construction nécessaire aujourd’hui obsolète.

Crier « La classe ! La classe ! », n’est pas plus pertinent dans une « perspective révolutionnaire » que de crier « La race ! La race ! ». Il ne s’agit pas de combiner les deux, comme dans une mauvaise compréhension de « l’intersectionnalité ». Le prolétariat n’existe pas préalablement dans une sorte de pureté théorique avant de compter en son sein des Arabes, des Noirs, etc., ou… des femmes (il contient bien des hommes blancs). C’est à partir de l’exploitation dans le mode de production capitaliste que nous déduisons les constructions raciales comme nécessaires et le cours des luttes de classe comme relevant, à leurs risques et périls, de cette nécessité.

Ce n’est pas dans leur situation commune de classe qui contient toutes les segmentations, mais en se retournant contre elle que les prolétaires les dépassent. La lutte de classe travaille la fragilité, la labilité, des segmentations raciales qui bien que configurations mouvantes, sont des processus objectifs et non l’invention de quelques entrepreneurs en racialisation, s’alimentant à la réécriture de l’histoire et du capital selon le Grand Récit décolonial.

sur cette chute à propos du "Grand Récit décolonial", notre conception  d'un marxisme décolonial s'inscrivant dans le moment actuel de la crise historique de la suprématie occidentale sur le capitalisme mondial ne relève pas davantage d'un "grand récit" (étrange reprise des post-modernes de la part de TC) que l'on ne peut mettre tout le marxisme dans un même sac, et comme de multiplicité du marxisme, de la diversité de la pensée décoloniale découlent un réformisme et un gauchisme décolonial que nous savons critiquer sur une base de classe

pour toutes ces raisons et pour la première fois, nous versons une intervention théorique de TC dans le sujet 9. l'apparition plurielle d'une nouvelle théorie communiste ? questions parentes

remarque : TC a choisi pour quatrième de couverture un extrait de sa lecture de La fabrique du musulman, que nous avions reproduit le 11 septembre 2017 comme un passage des plus significatifs d'une évolution théorique sortant de l'universalisme prolétarien

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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Ven 25 Mai - 4:34



”à Cuba, noirs et blancs, c'est pareil” ?

une combinaison de peur de la Négritude et du néo-racisme désinvolte au quotidien. Avec la notion officielle, à Cuba, que parler de Négritude, de racisme et de discrimination raciale divise la nation [...] l'idée persiste que considérer les questions raciales de quelconque façon dilue un “but suprême” vaguement défini. C'est à partir de cette position que sont contestées les notions allant du terme “afro-cubain” à l'existence d'un racisme structurel dans le pays.

Le parlement cubain a maintenant trois vice-président.e.s noir.e.s.
Pourquoi on n'en parle pas ?

traduction de Abdoulaye Bah publiée par Global Voices  22 Mai 2018
d'un article de Sandra Abd'Allah-Alvarez et Ramírez Dulce María Reyes Bonilla
paru sur le blog Negra cubana tenía que ser.

Le 19 avril 2018, la République de Cuba a investi à sa présidence l'ex-professeur d'université Miguel Díaz-Canel Bermúdez, et le 9ème Congrès de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire – l'organe suprême de la direction – a élu un nouveau Conseil d’État. Mais l'euphorie et l'incertitude entourant un supposé “Cuba sans les Castro” et d'autres sujets connexes ont éclipsé un autre développement majeur: la présence de quatre dirigeants noirs dans le nouveau gouvernement jusqu'en 2023.



(De gauche à droite) Inés María Chapman Waugh, Beatriz Jhonson Urrutia et Salvador Valdés Mesa.
Montage par l'auteur à partir de photos sur EcuRed.

Citation :
Les Cubains noirs représentent 10% de la population mais leur représentation dans les cercles du pouvoir est très limitée, en dépit des idéaux d'égalité après la révolution.

Avant Bermúdez, le précédent Congrès avait deux hommes noirs à des postes de responsabilité : le premier vice-président Juan Esteban Lazo Hernández et Salvador Valdés Mesa, président de l'Assemblée nationale. Avec la sélection d'Inés María Chapman Waugh et de Beatriz Jhonson Urrutia comme vice-présidentes, Cuba a, pour ainsi dire, “ajouté plus de couleur” au gouvernement.

Avant de parler de ces deux femmes, je veux consacrer une minute à Valdés Mesa et Lazo Hernández.

Valdés, qui a occupé auparavant les postes de secrétaire de l'Union centrale des travailleurs de Cuba, de ministre du Travail et de la Sécurité sociale, et secrétaire des travailleurs agricoles, ne fait pas partie de la génération de “los históricos”, ceux qui ont dirigé la Révolution cubaine de 1959 et qui ont généralement cédé le pouvoir qu'une fois évincés ou morts. Il est issu de la génération qui a suivi, tout comme Lazo, qui a été élu président de l'Assemblée nationale en 2013 et conservera son poste jusqu'en 2023, quand il aura 79 ans.

Lazo a eu une trajectoire longue et variée dans la politique cubaine. Il a été secrétaire du Parti communiste cubain pour les provinces de Matanzas, Santiago de Cuba et La Havane, membre du parlement cubain depuis 1981 et vice-président du Conseil d'État depuis 1992. Lazo a également représenté les affaires étrangères de Cuba pour les pays des Caraïbes, d'Afrique et d'Asie. Il a été élu président de l'Assemblée nationale du pouvoir populaire le 25 février 2013.

Nouvelle phase de test

Les deux nouvelles vice-présidentes sont relativement jeunes selon les normes parlementaires, si l'on considère l'âge moyen à l'Assemblée législative – où seulement 13% des députés ont moins de 35 ans.

Ines María Chapman Waugh, originaire de Holguín, est ingénieure, actuellement présidente de l'Institut national des ressources hydrauliques. Pour les Cubains, son nom est familier. Depuis longtemps, elle est le visage de l'agence qu'elle dirige, offrant au public des informations importantes pendant la saison des ouragans. Elle a été députée de l'Assemblée nationale pour le Congrès précédent et du Conseil d’État depuis 2008. En 2011, elle a été élue au Comité central du Parti communiste cubain.

Beatriz Jhonson Urrutia est également ingénieure. En 2011, elle a été élue vice-présidente de l'Assemblée provinciale du pouvoir populaire dans sa province natale, Santiago de Cuba. Elle est Présidente de cette instance depuis 2016. Lors du 7ème Congrès il y a une dizaine d'années, elle a été élue au Comité Central. Elle est devenue députée en 2013.

Toutes les deux viennent de la base et ont développé des carrières professionnelles avant ou à côté de leur trajectoires politiques. En tant que femmes noires, elles ont dû travailler dur pour obtenir leurs diplômes et construire leur carrière. Et ces dernières nominations ne signifient pas qu'elles sont arrivées. Elles entrent à présent dans une nouvelle épreuve, où elles seront “évaluées” en raison de leur couleur et soumises à un examen raciste et à l'attente que, tôt ou tard, elles vont sans doute tout faire foirer.

Le silence est aussi du racisme

Pourquoi la presse cubaine et internationale, et les gens en général, n'ont-ils pas accueilli et salué ces développements avec enthousiasme ? Je trouve cela suspect, considérant que dans le scénario politique actuel c'est une plus grande surprise que la nomination Díaz-Canel, qui était attendue. Les médias ont préféré porter l'attention sur la première dame et d'autres futilités tout en continuant à ignorer cette information essentielle.

Invisibiliser est l'un des moyens utilisés par le racisme. Parfois, le silence en dit plus que les mots ne le pourraient jamais. Ce que je pense être à l'œuvre ici c'est une combinaison de peur de la Négritude et du néo-racisme désinvolte au quotidien. Avec la notion officielle, à Cuba, que parler de Négritude, de racisme et de discrimination raciale divise la nation.

Sur ce dernier point, je voudrais ajouter que même parmi les militants sociaux et politiques les plus engagés et les non-initiés, l'idée persiste que considérer les questions raciales de quelconque façon dilue un “but suprême” vaguement défini. C'est à partir de cette position que sont contestées les notions allant du terme “afro-cubain” à l'existence d'un racisme structurel dans le pays.

Si on peut supposer à juste raison qu'il n'y aura pas de changement dans les politiques liées à la race, il convient de souligner que l'arrivée de ces trois législateurs noirs, en particulier les deux femmes, augure favorablement de la tendance vers l'inclusion. Ou, à tout le moins, cela indique qu'elle a été prise en compte dans les sphères les plus élevées du pouvoir de l'île.

Nous pouvons supposer que nul parmi ceux qui siègent à l'Assemblée nationale n'a de programme politique antiraciste explicite. En tant que membres du Parlement cubain, comment le pourraient-ils ? Et je vois cela comme une preuve de racisme, avec les particularités du système électoral cubain et les complexités de l'entrée en “politique” à Cuba. C'est un pays où l'activisme indépendant se situe en dehors des espaces de pouvoir légitimés – ce qui crée une situation anormale où des personnes complètement dépourvues d'intérêt pour la politique ou de reconnaissance publique peuvent siéger, pendant cinq ans, dans l'organe suprême du gouvernement.

Pour changer cela, il faudrait convaincre ceux qui sont dans les couloirs du pouvoir que le racisme est actuellement le problème le plus urgent de Cuba. Il est connecté à beaucoup d'autres, comme la pauvreté. Il limite la jouissance des droits fondamentaux et universels tels que l'accès à l'université.

La crainte de s'attaquer au problème est évidente dans l'impact minimal que tant de publications, de recherches et de thèses liées à la race ont eu sur les décideurs de Cuba. Je me demande ce qui est nécessaire pour susciter une reconnaissance ouverte de cette question et de tout ce qu'elle comporte – ainsi que les propositions de politique publique qui en découlent pour lutter contre le racisme.

Les questions raciales ne sont répertoriées comme sujet / objectif dans aucun des dix groupes de travail permanents de l'Assemblée nationale du pouvoir populaire. Je pense à au moins trois de ces groupes qui sont importantes pour la question de la race : la Commission pour l'attention à l'enfance, à la jeunesse et à l'égalité des droits pour les femmes ; la Commission des questions économiques ; et la Commission de l'éducation, de la culture, de la science, de la technologie et de l'environnement.

Il n'y a pas de racisme à Cuba, ¿de verdad?

S'il y a un sujet sur lequel les Cubains situés aux extrémités opposées du spectre politique sont d'accord, c'est la discrimination raciale. Les partisans et adversaires du gouvernement cubain affirment la main sur le cœur qu'”à Cuba, noirs et blancs, c'est pareil”. Pour les partisans du gouvernement sur et hors de l'île, la situation semble assez bonne, y compris sur cette question. Pour les opposants du monde entier, les choses à Cuba sont si terribles et tout le monde est tellement opprimé que la discrimination raciale ne mérite pas une attention particulière. Ces dynamiques détournent la discussion et nous empêchent d'aller de l'avant. Parmi certains membres de la communauté en exil, le racisme à la cubaine a même supplanté l'animosité antigouvernementale.


Une capture d'écran de Facebook : “Diaz Canel n'est pas le pire de tout. C'est le “N ***** -erie” laissé par [euphémisme cubain homophobe, raciste et xénophobe, se référant à] Raúl Castro à quelques centimètres du pouvoir. Le prochain gouvernement cubain, formé à partir de l'exil, doit exclure les candidats noirs … aucun lien avec le régime, la sorcellerie, la paresse, le vol et les médiocrités “

À l'heure actuelle, nous aurions dû mettre en œuvre des solutions, par exemple, au problème de la surreprésentation des Cubains noirs et métis dans la population carcérale. Il devrait déjà y avoir des progrès vers une discrimination positive dans les projets communautaires d'auto-entreprenariat.

Néanmoins, le fait qu'il y ait maintenant plus de politiciens de haut niveau représentant les Cubains noirs, même imparfaitement, me remplit d'optimisme. Je ne demande rien à nos trois vice-président.e.s noir.e.s que je ne demanderais pas aussi aux autres législateurs, mais lutter contre le racisme et la discrimination à Cuba exige la participation de tous les membres de la société, dans les espaces de pouvoir et de privilège que chacun d'eux occupent.

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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mer 6 Juin - 16:01


quant au(x) langage(s) et aux rapports de classes (et donc de "races" et de genre), il nous faudrait ouvrir un sujet. C'est une question un peu présente dans tous, mais que nous n'avons pas encore abordée spécifiquement. Il est certain que la littérature, et particulièrement la littérature des "Autres", est une aide précieuse, quand elle est bonne...



A 87 ans, l’écrivain américaine Toni Morrison vient de publier un recueil de six conférences qu’elle a données à Harvard sous le titre "L’Origine des autres". Un ouvrage sur la fabrication de l’Autre, aux origines du racisme mais surtout de la violence des oppressions dominatrices.


Citation :
Elle est sans doute, avec Thomas Pynchon, le plus grand écrivain américain vivant. Mais elle aussi, bien sûr, femme et afro-américaine. Elle représente, avec Barack Obama, l’un des symboles de cette Amérique noire qui, en dépit de l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, a durablement bouleversé l’image que les États-Unis se font d’eux-mêmes. Barack Obama lui remettra d’ailleurs, en 2012, la médaille de la Liberté, la plus haute distinction civile américaine. Son œuvre n’est pas seulement célébrée à travers toute l’Amérique. Toni Morrison est en effet la seule femme, et le seul auteur afro-américain à avoir, en 1993, reçu le Prix Nobel de Littérature.

Elle a également dialogué avec le sociologue français Pierre Bourdieu, dialogue durant lequel elle aura ce propos, éloigné de toute considération purement littéraire : « la langue peut être un véritable champ de bataille, un lieu d’oppression, mais aussi de résistance ». Et de fait, Toni Morrison n’aura cessé, dans ses romans, de mettre en scène les tensions et les antagonismes, entre une langue et une littérature blanche, officielle, et une langue et une littérature noire et vernaculaire. C’est ce qui fait de cet immense écrivain non seulement une praticienne et une experte de la langue américaine et afro-américaine. Mais, également, l’une des plus grandes théoriciennes du langage.

Et de fait, lors de son discours de réception du Prix Nobel, Toni Morrison aura ces mots définitifs : « le langage de l’oppression représente bien plus que la violence ; il est la violence elle-même ; il représente bien plus que les limites de la connaissance ; il limite la connaissance elle-même ». Le langage fait bien plus que représenter, refléter les choses et les personnes. Il est un acte, une performance, qui façonne violemment le monde et ce que l’on peut en connaître. Et le langage raciste, sexiste, classiste, n’est pas une représentation parmi d’autre du racisme, du sexisme, du classisme ; il est le racisme, le sexisme, le classisme eux-mêmes.

L’origine de la violence de l’oppression
Mais, dira-t-on, d’où lui vient ce pouvoir, comment fonctionne-t-il ? Et quelle est la raison, l’origine de cette violence ? C’est précisément à cette question que s’attache à répondre Toni Morrison dans son dernier recueil d’essais, L’origine des autres. La romancière afro-américaine n’y revient pas seulement sur son propre travail (des relectures, notamment, de ses plus grands livres, L’œil le plus bleu ou Beloved). Elle n’offre pas seulement non plus une superbe analyse de la place – à vrai dire, l’obsession – de la couleur de peau, chez Hemingway ou Faulkner. Toni Morrison reste d’abord une conteuse exceptionnelle, et c’est en contant ses propres expériences qu’elle est le plus profondément amenée à réfléchir sur la violence du langage.

Première expérience, donc, expérience primaire aussi, comme le sont toutes les expériences de l’enfance, où des mots restent comme inscrits au plus profond de la chair, des derniers replis du cerveau et de la peau. Un jour que Toni Morrison joue avec sa petite sœur, et que son arrière grand-mère, chef incontesté du clan familial, rend visite à leur mère, cette femme majestueuse – devant laquelle même les hommes noirs se lèvent – pointe de sa canne les enfants et les désigne ainsi à leur mère : « Ces petites ont été trafiquées ». Les enfants, pour la vieille et auguste femme noire, ne sont pas assez noires, c’est-à-dire de ce noir-goudron ou ce noir-bleu qui, pour l’arrière grand-mère des petites filles, attesterait d’une pureté, d’une authenticité raciale.

C’est que le langage, avant même d’être accusatoire, est accusatif : il force, accuse un trait différentiel qu’il prélève dans la perception immédiate, et élève ce trait discriminant au rang d’un chef d’accusation unique, auquel seront, dès lors, associés toutes sortes de propriétés. Autrement dit, le langage est catégorique : il divise et rassemble, sous des catégories qui précèdent la perception, des propriétés ou des qualités discriminantes. Ainsi à noir, africain, seront spontanément associées des propriétés comme sauvage, innocent, sage, mais aussi bien brutal et hyper-sexuel. Et peu importe ici que ces propriétés puissent être contradictoires entre elles puisqu’il s’agit moins de connaître autrui, comme le fait remarquer Toni Morrison, que de l’identifier, le classer, dans un ordre de rencontres sociales, éthiques ou politiques.

C’est qu’en fait, nous ne rencontrons jamais tout à fait autrui. Il n’est pas de rencontre qui ne soit faussée, pour ainsi dire, par les histoires de race, de sexe, de classe, que nous nous racontons à nous-mêmes à travers le langage. Toni Morrison conte ici – sur un mode inséparablement ironique et critique, ce qui lui donne évidemment toute sa saveur – une expérience de "fausse rencontre". Un jour qu’elle suit, dans la propriété qu’elle vient d’acquérir, une rivière, elle aperçoit, en bordure du jardin d’une voisine, une vieille femme noire qui, assise sur la digue, pêche là, et lui racontera qu’elle aime à venir fréquemment pêcher, et goûter la saveur de la perche, des poisson-chats en cette saison. « Elle est spirituelle et pleine de cette sagesse que les vieilles femmes semblent toujours parfaitement maîtriser. »

L’identification à l’Autre

Bien sûr, il semble entendu qu’entre les deux femmes, une complicité s’est nouée et qu’elles se retrouveront. Mais, les jours suivants, la vieille femme noire n’est pas au rendez-vous tacite. Et Toni Morrison passera tout un été à l’attendre, la rechercher, en désespoir de cause. Rien. Il faudra s’y résoudre : la vieille femme ne pêchait sans doute pas ; elle n’avait, en tout cas, visiblement pas obtenu d’autorisation de la voisine ; aucun habitant du village n’en a jamais entendu parler. Autrement dit, Toni Morrison s’est racontée une histoire au sujet de cette vieille femme, et se racontant cette histoire, elle s’est racontée une histoire au sujet d’elle-même.

C’est, qu’au fond, cette image de vieille femme noire avait tout à faire avec une image d’elle-même (à la fois vulnérable et protectrice) ; et la vieille femme noire n’était jamais qu’une autre « version » d’elle-même, comme l’écrira Toni Morrison. Et de fait, comment rencontrerions un autre s’il n’était déjà, en quelque manière, cet autre que nous sommes à nous-mêmes ? C’est dire aussi que, nous racontant des histoires à nous-mêmes au sujet de ces images de nous-mêmes, nous ne nous connaissons peut-être pas plus que nous ne connaissons tout à fait les autres. Nous vivons d’identifications ; nous ne passons peut-être, au mieux, que des contrats autobiographiques avec nous-mêmes. Mais des contrats qui répondent à des lois, des injonctions sociales.

Comment s’expliquer, en effet, sinon, que nous n’éprouvions aussi violemment, dans nos rapports avec autrui, des sentiments d’identification aussi intenses ? Que nous cherchions aussi désespérément à nous identifier ou, au contraire, à nous dissocier des autres ? Sinon parce que nous identifiant à cet autrui ou, au contraire, nous dissociant avec violence de lui, nous répondons aux histoires que nous voulons. Et peut-être devons-nous nous raconter à nous-mêmes pour survivre dans une société faite de hiérarchies, de différences sacralisées par toutes sortes de rituels ? C’est du moins ainsi que, scrutant d’abominables archives qui relatent le lynchage ou le viol des hommes et femmes noires, Toni Morrison est amenée à se demander si les récits sadiques des propriétaires blancs ne témoignaient pas en vérité d’une peur panique : celle de se reconnaître et de reconnaître sa propre humanité dans l’humanité noire.

Si tous ces récits sont animés d’une panique morale – comme le sont aujourd’hui les "narratifs" des sociétés occidentales face aux migrants, comme le fait du reste remarquer Toni Morrison –, c’est sans doute que ces confrontations à d’autres versions de nous-mêmes que sont les autres ou les étrangers, viennent perturber les histoires que nous nous racontons sur notre supériorité éthique. On comprend mieux, dès lors, que toute l’oeuvre de Toni Morrison se soit attachée à mettre en scène, à travers des romans aussi magnifiques, les distinctions de race, de genre ou de classe, et les affects qu’elles peuvent susciter à travers le langage et les images. Pour les troubler ou même les neutraliser. C’est que ce que le langage peut faire de violence morale à un homme ou une femme, la littérature, en sollicitant d’autres jeux de langage, peut le défaire.

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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mar 19 Juin - 6:05


Être noire dans des activités d'aide à prédominance blanche
Traduction par Global Voices 18 Juin 2018
Une version de cet article a déjà été publiée sur le blog African Feminism.


Des travailleurs humanitaires du ministère de l'Intérieur haïtien procédant avec les Marines américains
à la distribution de vivres près de Côtes-de-Fer, Haïti en 2010.

(Photographie officielle du Corps des Marines par le sergent Wayne Campbell)

Citation :
Je crois fermement aux voyages, au fait de prendre des mesures bien en dehors de ma zone de confort pour apprendre et de rechercher de nouvelles expériences. Cette règle s'applique tant aux espaces physiques qu'intellectuels. Ainsi, quand l'opportunité d'une mission à court terme avec une grande organisation non gouvernementale internationale (ONGI) s'est présentée, j'ai fait mes valises et me suis rendue en Europe.

Ce n'était pas tant pour les gros sous dont on nous fait croire qu'ils nous attendent, même si le salaire était décent. Ce à quoi personne ne vous prépare, et dont on parle rarement en profondeur, c'est ce que signifie être Africain dans une institution dirigée par une majorité blanche.

Ayant grandi en Ouganda et travaillant principalement dans la région des Grands Lacs, en Afrique de l'Est, je ne savais pas vraiment ce que cela signifierait. Alors que j'étais consciente de la dynamique dans le secteur du développement chez nous, comme le décrit satiriquement le film “NGO – Nothing Going On” d'Arnold Aganze, cinéaste originaire de l'est du Congo, je n'avais pas encore vécu la vie en minorité.

Au niveau international, nous avons assisté à quelques bouleversements au cours des derniers mois depuis les révélations du scandale sexuel d'Oxfam en Haïti [fr], où des employés d'ONGI payaient des femmes locales en échange de rapports sexuels. À la suite de cette tempête et de quelques autres cas médiatisés d'abus dans le secteur de l'aide internationale, Angela Bruce-Raeburn, l'ancienne conseillère principale en matière de politique pour la réponse humanitaire en Haïti à Oxfam America, a rédigé une des réponses les plus pertinentes.

Son article “But wait until they see your black face” [Mais attends qu'ils voient ton visage noir, NdT], Mme Bruce-Raeburn, qui a examiné l'inclusion et le racisme dans cette industrie, a fortement résonné en moi. Et les réactions des autres femmes noires du secteur sur la gymnastique mentale et de la marginalisation à laquelle on doit se livrer pour survivre n'étaient que trop familières.

J'ai travaillé en tant que consultante pour des agences internationales à plusieurs reprises, étant bien consciente de la nécessité pour les populations locales d'avoir leur mot à dire dans ces organisations. J'étais déjà franche à propos des caricatures véhiculées par les médias sur les personnes dans le besoin. Cette opportunité me permettait également de me plonger dans l'un des plus grands défis auxquels les États du monde sont confrontés : la migration forcée. Mais ni mon éducation en sociologie du genre et médias, ni mes expériences lors de courts séjours ainsi qu'une année de vie à l'étranger n'auraient pu me préparer à ce scénario.

J'apprendrais plus tard que j'étais arrivée à un moment de pression pour plus de diversité (pas d'inclusion). Mon responsable m'a présentée à la direction, voulant être apprécié pour avoir fait venir une femme africaine qualifiée. Quelques mois plus tard, le département des communications entièrement blanc a embauché deux brillantes recrues, un Kenyan et un Sud-Soudanais. Une fois le responsable a arrêté le seul manager senior africain de l'organisation dans les couloirs et a appelé les trois d'entre nous pour montrer ses recrues africaines. Peut-être que c'était ainsi que les gens de cette agence étaient reconnus, mais c'était le premier signe que les choses n'allaient pas bien tourner. Nous avons échangé des sourires gênés avec le manager et sommes retournés travailler. C'était la première fois que j'étais distinguée sur mon lieu de travail simplement à cause de la couleur de ma peau.

Quand l'une des recrues africaines n'a pu remettre une stratégie dans un délai très court (une exigence déraisonnable étant donné que la personne en question n'avait même pas terminé son orientation) le responsable est venu dans mon bureau et m'a demandé de lui dire que “si elle n'avait pas sa stratégie à la fin de la journée, elle serait dans l'avion le lendemain pour rentrer dans son pays”. Avant ce jour, aucun harcèlement de la part du responsable n'avait réussi à me briser. Mais cet exemple de racisme et d'insensibilité flagrants m'a fait fermer la porte de mon bureau et pleurer.

J'ai pleuré parce que cette femme africaine avait échappé à la guerre avec sa santé mentale intacte et était venue avec une maîtrise pour offrir ses compétences, seulement pour rencontrer un homme comme ça. J'ai pleuré parce que je ne pouvais pas me résoudre à annoncer le message à ma collègue africaine, croyant que c'était mon devoir de la protéger d'une telle bassesse.

Le responsable en question était un homme européen blanc qui n'avait jamais été en Afrique ou dans le monde arabe, mais qui était considéré comme “apte” à parler des expériences des migrants, et vous savez quel groupe constitue un bon nombre de migrants : “de pauvres Africains”, comme je l'ai entendu à plusieurs reprises. Pour cet homme, nous n'étions que des informateurs africains, pas des employés compétents et méritant à juste titre notre travail.

Pour aggraver les choses, il y avait la situation trouble avec la seule femme blanche dans l'équipe. Je dis trouble parce que tout ce que cette femme soulevait en réunion devait être pris au sérieux. Une fois, elle a suggéré que j'assiste à une certaine réunion que je ne trouvais pas prioritaire, car j'avais beaucoup de travail ce jour-là. Dans les trente minutes qui ont suivi, mon responsable était à ma porte et exigeait que j'y aille, me disant que je ne pouvais pas lui dire non. Je vivais au sein du privilège blanc. Le rôle de cette femme blanche dans cet environnement raciste et sexiste était tout à fait clair. C'est elle qui décidait si votre contrat serait renouvelé, comme l'a appris mon collègue kenyan à ses frais. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai été appelée après le travail et bombardée de critiques parce qu'une chose n'avait pas été exécutée ce jour-là. Et Dieu vous préserve qu'un membre d'un autre département vous félicite pour vos efforts.

Les réunions du personnel étaient devenues prévisibles. Le responsable exprimait toujours de l'animosité envers les femmes cadres (qui étaient toutes blanches) et n'hésitait pas à émettre des commentaires sexistes à leur égard. Alors que la plupart des cadres de niveau intermédiaire étaient au courant des abus que cet homme infligeait, il n'y avait aucune possibilité d'y remédier. Ainsi, alors que le travail ait été intéressant et que j'ai beaucoup appris, ce fut au prix d'avoir à faire face à l'ignorance, au sexisme et au racisme.

Après six mois, j'ai eu un contrat avec un autre département, mais il a exigé de rester mon responsable. Le fait que j'aie obtenu un contrat sans son approbation l'a conduit au pire comportement. Je partageais un bureau avec un agent de communications blanc de sexe masculin qui prenait ses appels téléphoniques avec le haut-parleur, et le responsable appelait en parlant de moi et en m'appelant avec toutes sortes de noms. J'ai appris par d'autres que leur plan était de me pousser à partir, bien que cela, on ne l'ait pas dit.

Mais j'avais construit un système numérique à partir de rien. J'ai pu établir des relations avec le personnel des bureaux de pays qui tremblaient habituellement à la mention du siège. Mais tout cela ne valait rien à moins que je sois reconnaissante et obéissante à cet homme. À la suite de ces brimades et abus flagrants, deux collègues ont quitté leur poste ; un a changé de département et un autre s'est vu refuser un contrat pour ne pas avoir obéi à la responsable blanche du département.

Nous avons tenté en vain de dénoncer ce racisme et ce sexisme. Des collègues supérieurs nous ont dit qu'il était impossible de faire quoi que ce soit, car “il avait de bonnes relations avec les grands patrons au sommet”. De plus, il était inutile d'aller voir le médiateur. Même le seul nouveau venu au bureau des ressources humaines m'a assuré qu'il était inutile de faire un rapport en tant que consultante, car je risquerais de partir avec une mauvais réputation.

Compte tenu de ces obstacles et limitations, j'ai décidé après un an de quitter l'organisation plutôt que de continuer à fouetter un cheval mort appelé diligence raisonnable et justice. Mais que j'étais déprimée. Les femmes représentent moins de 30 % de la population active dans une activité où les femmes sont majoritairement touchées, et j'espère que la conversation autour de #AidToo commencera à révéler l'ampleur du racisme et des abus dans le secteur de l'aide au développement. Les responsables doivent s'efforcer de trouver des solutions et une inclusion, non seulement en augmentant le nombre de membres des minorités et des femmes, mais en veillant à ce qu'il existe de véritables politiques, pratiques et moyens de prévenir de tels abus de pouvoir.

Ecrit par Rosebell Kagumire
Traduit par Abdoulaye Bah

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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Sam 4 Aoû - 18:04



2015

Citation :
In the early years of the twentieth century, newcomer farmers and migrant Mexicans forged a new world in South Texas. In just a decade, this vast region, previously considered too isolated and desolate for large-scale agriculture, became one of the United States' most lucrative farming regions and one of its worst places to work. By encouraging mass migration from Mexico, paying low wages, selectively enforcing immigration restrictions, toppling older political arrangements, and periodically immobilizing the workforce, growers created a system of labor controls unique in its levels of exploitation.

Ethnic Mexican residents of South Texas fought back by organizing and by leaving, migrating to destinations around the United States where employers eagerly hired them--and continued to exploit them.

In From South Texas to the Nation, John Weber reinterprets the United States' record on human and labor rights. This important book illuminates the way in which South Texas pioneered the low-wage, insecure, migration-dependent labor system on which so many industries continue to depend.[/size]

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Patlotch



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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Lun 6 Aoû - 23:01


d'hier 21:54, avec un complément quant à l'indigence des anti-racialisateurs, et de ce fait l'intérêt de les critiquer, bof...


le "concept" de "race", l'universalisme prolétarien
et l'idéologie de la communisation
vs
le racisme comme concept concret lié à l'exploitation capitaliste

on connaît notre réticence à multiplier l'utilisation de concepts pour faire de la théorie, quand ceux-ci deviennent si abstraits qu'on ne sait plus ce qu'ils recouvrent concrètement. À ce propos, la discussion sur dndf, sous la vidéo « CLASSE / RACE : FAUX DILEMME, VRAI PROBLÈME », nous éclaire, et nous permet quelques reformulations

Bof a écrit:
28/07/2018 à 12:17 #3

C’est pas parce que il y a du « racisme » ou de l’ethnicisation des conflits que l’on peut parler de « race » comme concept quasi « positif ».
Racisation au mieux pourra paraître plus juste car scientifiquement le mot race même est invalidé. (racisation peut effectivement s'entendre comme racialisation, ou racialisme, que celle-ci porte une positivité -"j'aime les Noirs"-, ou une négativité, le racisme fondé sur la couleur ; cf en 2015 notre premier texte intitulé Abolition du racialisme)
Dans ce propos l’universalité et le Tout n’est plus possible il n’y a que mystique de la contradictions et c’est presque marrant pour qq qui en fait la critique. Plus de conscience de classe possible dans ce propos. (c'est bien de la critique de cet universalisme abstrait qu'il est question, y compris dans sa variante prolétariste, et ici voir l'évolution de TC26 sur l'ouvrier conceptuel : tant que ce « Tout » n'est pas particularisé en luttes révolutionnaires, il n'a aucun contenu concret, et de ce Tout, on se fout comme de toute religion, car il sombre effectivement dans la mystique. RS #5 : « je laisse « Bof » aux mains immatérielles de la conscience de classe.»

1) un débat dépassé

la controverse du milieu radical, nous l'avons dit, n'est plus la nôtre, car elle a lieu au sein d'une même idéologie du prolétariat universel révolutionnaire, et si nous avons apprécié le tournant de TC sur la "question raciale", il ne nous est pas possible de revenir en arrière à cette vision commune, qui justifie leur polémique*

* elle nous est d'autant plus inutile que le niveau intellectuel de l'argumentaire des antiracialisateurs fait douter et de leur bonne foi et de leur intelligence (cf réponse #6 de Bof à RS #5). Il se pourrait que TC les instrumentalise pour avancer dans sa propre logique interne et la promouvoir sans difficulté face à leur déni du racisme concret, à défaut d'attaquer d'autres approches (dont la nôtre) qui posent des problèmes plus redoutables à sa conceptualisation d'ensemble


autrement dit, pour reprendre le souhait formulé en 2012*, nous voulons montrer que ce n'est pas la race, mais le racisme, qu'il s'agissait de mettre sur la table de la théorie communiste, et qu'il ne s'agit pas d'une affaire de mots, parce que la race est un concept racialiste, alors que le racisme est une réalité que l'on peut conceptualiser en communiste

* « The race question has yet to be put on the table for communisation theory », P. Valentine: The Gender Distinction in Communisation Theory


c'est pourquoi l'explication de R.S est insuffisante, qui n'arrive pas à discerner le problème et s'enferre en laissant entendre que la race existe, prêtant le flan à la critique de Bof en #6. Mais ici, je ne suis pas certain que R.S exprime sa pensée avec justesse :

R.S a écrit:
29/07/2018 #5

Salut je ne crois pas que TC 26 parle de « race » comme quelque chose de « positif », si ce n’est au sens où « positif » signifie « existant », quant au « quasi » je le laisse dans son approximation.
Quand n’importe quel abruti du Kentucky sait, lui, ce qu’est un « noir », je me fous de l’opinion scientifique des prix Nobel de biologie.

sans nous faire l'avocat du diable anti-racialisateur, Bof ou autre Moine Bleu à la rhétorique et aux obsessions similaires, il nous semble que l'on peut s'affranchir d'utiliser le mot race pour théoriser le racisme dans le capitalisme, et sortir de ce qui nous apparaît parfois comme un quiproquo stupidement entretenu et somme toute plus que marginal dans les termes du milieu (pas toujours théorique...)

par ailleurs vient cette appréciation :

Anonyme a écrit:
Oui, il y a une « mystique de la contradiction » quand elle devient un mode de résolution linéaire d'une Unité a priori du Prolétariat.

cette remarque rejoint notre considération sur la constitution en classe d'un sujet révolutionnaire, dont rien n'indique dans le capitalisme totalisant qu'il pourrait être le strict prolétariat de la théorie de la communisation

nonobstant le contexte - la critique par TC des anti-racialisateurs -, l'annonce "a priori" de la communisation relève aussi de cette ''mystique'' en tendant à faire de la théorie communiste une idéologie : elle nous vend pour matérialiste la construction rationaliste d'une utopie, sur la pente idéaliste. Elle ne veut pas que le communisme soit une idée (comme chez le platonicien Badiou), mais comme elle n'a plus du communisme que l'idée sans le mouvement (Marx) c'est-à-dire sans les luttes qui le produisent, elle le reproduit comme idée pour sauver une théorie positive de la révolution communiste. Nous avons choisi en matérialiste conséquent d'assumer cette tragédie, parce que c'est comme ça, pas comme on voudrait que ce soit ; et nous savons que ce n'est pas très vendeur en matière de théorie à servir une pratique...


2) partir des rapports sociaux historiques, non des concepts théoriques (remettre la théorie sur ses pieds)

au bout de notre critique de l'intersectionnalité classe-race-(genre), nous avons vu qu'il était nécessaire de prendre du champ relativement à cette approche conceptualiste (par les concepts), et considérer l'histoire et le présent du capital à partir de bases concrètement analysées, jusqu'à définir la crise actuelle avec cette composante rapportée à la perte de suprématie de l'Occident dans le capitalisme mondial, qui explique et s'alimente de cette dimension (racialiste sur les deux versants du racisme et du décolonialisme quand il devient identitaire comme au PIR, sans perspective de dépassement)

ainsi, nous avons évolué jusqu'à ne plus parler de "race", parce que la critique du racisme dans le capital, c'est-à-dire relativement à l'exploitation capitaliste, permettait de sortir de ce "faux-dilemme classe/race", ce que nous avons fait bien avant que TC ne s'empare enfin de ce « vrai problème » (merci Patlotch). Pour simplifier, on pourrait dire que ce qui importe n'est pas le rapport classe/race, qui semble entériner l'existence de celle(s)-ci (ce que prétend Bof contre RS/TC), mais le rapport exploitation/racisme, ou plus précisément le rapport exploitation/domination raciste* (ou racialiste), de même que l'on comprend mieux le rapport classe/genre comme rapport exploitation/domination sexiste (ou sexualiste), et par conséquent cerne mieux ce qu'est du point de vue des luttes communistes l'antisexisme, ici l'antiracisme

* le blogueur décolonialiste Joao fait remarquer qu'il est préférable de parler de domination raciste que de domination raciale, et l'on comprend désormais pourquoi, puisque racial, relatif aux races donc les supposant exister, sous-entend 'domination d'une race par une autre', et raciste construction idéologique de cette domination comme de l'existence même des races. Reprocher aux décoloniaux de prétendre à l'existence des races est dans ce cas un non-sens : tel est pris qui croyait prendre

et l'on pourrait montrer que l'invention de la race (des races) découle du racisme concret qui a été produit par l'esclavage, la traite, et le colonialisme : il y a eu "construction sociale" (Adé #7, 2 août) des races parce que le racisme était nécessaire à l'exploitation capitaliste. Il y a antériorité du racisme concret sur les idéologies de la race, et donc sur sa fixation en "concept" qu'il soit "positif" ou négatif *, sans quoi ce serait les races qui produiraient le racisme ; autrement dit le racisme ne présuppose pas l'existence des races mais évolue dans leur essentialisation. C'est d'ailleurs pourquoi toute lecture essentialiste de la pensée décoloniale peut tendre à être raciste, ce qui n'autorise pas à en affecter toute cette théorisation

* à cet égard, on pourrait presque apprécier que le mot race ait été sorti de la Constitution française, s'il avait été remplacé par la condamnation du racisme, puisque tel était le sens de la mention rayée du droit français

3) le concept de racisme comme domination et l'exploitation capitaliste

ainsi donc, si importait la prise en compte d'un concept, ce serait celui de RACISME, non de race(s)*, ce qui permet de mettre tout le monde d'accord, et de faire un travail théorique d'analyse sur la base de considérations concrètes (cf par exemple le sous-titre livre référencé ci-dessus : The exploitation of mexican labor, qui pointe le rapport entre exploitation capitaliste d'une catégorie particulière, les Mexicains en tant que Latino-Américains, à travers laquelle se construit un racisme particulier aux États-Unis). De même, pour nous, le concept d'exploitation capitaliste, au demeurant des êtres humains comme de la nature, nous semble plus essentiel (structurel) que celui même de classe, qui en découlant vient après comme existant par ce rapport d'exploitation ou au-delà, classe ayant à se constituer comme révolutionnaire face au capital

* comme disent les décoloniaux, les races n'existent pas, mais le racisme tue, et pour paraphraser Althusser, le concept de race ne mord pas, mais les racistes sont des chiens

4) la "conscience de classe" comme universalité abstraite, c'est encore le communisme comme idée

quant à la "conscience de classe", cette terminologie nous semble appartenir à une conception vieillie de la révolution communiste, comme l'a critiquée Théorie Communiste dans des écrits antérieurs. Toujours est-il que dans notre conception, la conscience de classe (révolutionnaire) est comme dit Endnotes « conscience du capital », et ne se réduit pas à la conscience d'être prolétaire face au capital, sur la pente d'un concept devenu abstrait et ne rendant plus compte des multiples contradictions antagoniques face au capital devenu société, civilisation, et appelant une révolution qui ne peut plus être strictement prolétarienne, dont nous ne pouvons que théoriser la nécessité, au sens de conditions nécessaires, quasi définitoires (abolition de la valeur, etc.)

corollaire : ces précisions nous permettent d'évacuer toute ambiguïté, en renommant le sujet 'RACES' et rapports de CLASSES : RACISME et rapports de CLASSES...

complément pour servir à l'inutilité d'une telle polémique. On notera que ni le mot ni l'idée de racisme n'y figure


Bof a écrit:
dndf 06/08/2018 à 12:13 #8
à adé
J’ai pu participé à la lutte des classes donc je pense avoir concouru j’espère à une forme de « conscience de classe ».
Tu dis « construction sociale » soit rien à dire à ce sujet.
Mais quand je peux lire dans l’intro du texte:
« pour que la lutte des classes soit effacé par la lutte des races. »
C’est à croire « race » est aussi « utilisable » que « classe », positivement c’est à dire conceptuellement ou épistémologiquement.
Il pouvait au moins s’habiller de guillemets ?
Libre à toi si tu souhaites participer à la luttes des « races » et il est fort possible que tu me parles dans quelques heures de « races sociales ».
C’est n’est pas mon terrain et je le combat.
Si je dois compter sur les croyances populaires pour avancer on peut aussi défendre que la terre est plate à ce compte ? Mais nous ne ferons qu’énoncer des « platitudes ». Ce ne n’est pas mon objet.
Quant à « socialement dominant » ça reste franchement à débattre.
Combattre le racisme scientifiquement, humainement et pratiquement me parait bien plus important que de défendre la dangereuse positivité de la « race » et de la « lutte des races ».

bonjour le "niveau théorique" de la controverse que suscite TC216 chez dndf, où Pepe et R.S choisissent leurs interlocuteurs. À savoir et comprendre pourquoi mes commentaires y sont censurés. On a la critique qu'on mérite : bof...

peut-être faudrait-il se poser la question de la prégnance de cette controverse dans les rapports sociaux réels, au-delà des fantasmes d'existence des parties en présence. M'est avis que TC se met le doigt dans l'œil en privilégiant la discussion avec des imbéciles qui n'ont aucun poids dans les luttes, y compris sur la question raciale, les violences policières, etc. Ces gens-là sont tout simplement absents, dans tous les sens du terme, du terrain social, et je ne vois pas l'intérêt de leur faire de la pub, si ce n'est pour s'en faire à soi-même, dans le landerneau


Aux appels de cet étourneau
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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mer 8 Aoû - 11:32


deux interventions enchaînées, la première hier à 13:19... Un ajout ce jour, en bas


le concept de racisme prime sur "la race"

comme suite à notre intervention ci-dessus, le "concept" de "race", l'universalisme prolétarien et l'idéologie de la communisation VS le racisme comme concept concret lié à l'exploitation capitaliste, nous proposons de remplacer le tryptique intersectionnel classe/genre/race par exploitation capitaliste et dominations sexistes et racistes

à propos d'intersectionnalité classe/genre/race, rappelons ce passage de la critique par R.S de La Fabrique du Musul­man, Ned­jib Sidi Moussa, éd. Liber­ta­lia 2017 (dndf, ici) :


R.S a écrit:
Crier « La classe ! La classe ! » en sau­tant sur sa chaise comme un cabri n’est pas plus effi­cace dans une « pers­pec­tive révo­lu­tion­naire » que de crier « La race ! La race ! ». Il ne s’agit pas de com­bi­ner les deux, comme dans une mau­vaise com­pré­hen­sion de « l’intersectionnalité », les choses sont en fait assez simples : le pro­lé­ta­riat n’existe pas préa­la­ble­ment dans une sorte de pureté théo­rique avant de comp­ter en son sein des Arabes, des Noirs, etc. Tout est donné simul­ta­né­ment mais concep­tuel­le­ment tout n’est pas au même niveau. C’est à par­tir du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste, de l’exploitation, des classes que nous dédui­sons les construc­tions raciales comme néces­saires et le cours des luttes de classe comme inté­grant cette néces­sité. La lutte des classes est bien le « moteur de l’Histoire » pour par­ler comme SM, mais la ques­tion raciale n’est pas « subor­don­née à la lutte de classe » comme le dit SM à la suite de C.L.R.James, elle lui est interne.

le problème va sans doute au-delà d'une « mauvaise compréhension de "l'intersectionnalité" », exigeant une critique de ce concept même, quand il porte sur le triptique classe/genre/race qu'il met formellement et de façon quasi définitoire « au même niveau ». Pour le dire abruptement, l'intersectionnalité est un concept idéologique qui ne permet pas ce qu'aux yeux de certains marxistes elle se propose d'articuler

notre proposition ne vise pas à rayer du vocabulaire les mots de race et de genre, et moins encore le concept de classe, puisqu'ils appartiennent à une approche (philosophique, sociologique, politique...) dans laquelle ils se construisent, pour nous relativement à notre conception communiste, d'une façon idéologique qu'il nous importe de critiquer dans ses termes

elle vise à soulever le problème pour pointer l'essentiel en la matière, l'exploitation capitaliste et ses rapports avec les dominations sexistes et racistes, de sorte que l'on privilégie une approche concrète sur une approche conceptuelle, en remettant la théorie sur ses pieds matérialistes et pour en faire un enjeu des luttes plus qu'une controverse intellectuelle

le pire est atteint lorsque cette intersectionnalité se décline individuellement, l'idéal de la position exploitée/dominée étant la femme noire prolétaire, avec ses dérives identitaires que leurs partisan.e.s ont elles et eux-mêmes du mal à dépasser. Et c'est là que doit primer le concept de classe, en tant qu'il n'est pas une somme d'individus, et ne se définit pas, pour l'avenir du mouvement communiste, sur la seule base prolétarienne


Arrow

nous sommes antiracistes et antiracialistes, mais...

pour continuer cette discussion, voici un texte publié aujourd'hui sur IndymédiaBruxelles, dont nous n'avons pas trouvé la source initiale. Il est intéressant de le lire à la lumière de nos dernières remarques. Mes observations en bleu dans le texte


Citation :
[...] Dans tous les cas, il n’y a jamais eu d’autres « races » que des « races sociales », en tout cas construites socialement, même lorsque la race fut déguisée sous des dehors scientifiques.

C’est pourquoi la dé­marquation « sociale », cette distinction que voudraient opérer les néo-racialistes d’avec le racialisme du XIXe siècle n’a pas lieu d’être, à moins de reconnaître la scientificité biologique des « races », mais après tout, on se rendra compte à travers la lecture de cet ouvrage que ce ne serait pas la dernière des ignominies de nos racialisateurs

- Pour l’instant, contrairement à ce qui se passe depuis que l’élevage existe chez les animaux, personne ne s’est avisé sérieu­sement d’organiser la sélection ou même d’utiliser la manipu­lation génétique pour s’essayer à constituer des races à partir de tout ce foisonnement, et même si des formes de sélection génétique commencent à exister chez l’homme, elles n’ont pas pour objectif de créer et de fixer des races. [dans certains cas, c'est tout comme, puisqu'on irait vers un nouvel esclavage dont Le meilleur des mondes d'Huxley donnait une idée dès 1932, un mixte de classe et de race]

- Mais apparemment cela ne suffit pas. Il y a des gens qui tiennent à la « race », et ce ne sont pas tous des nazis et des colonialistes, ni même des anticolonialistes, non, aujourd’hui ce sont les « décoloniaux », accompagnés par certains courants de rénovation universitaire du marxisme et applaudis par des militant-e-s de la déconstruction. [si c'était aussi simple...]

Affinons tout de même : racisme et racialisme ne sont pas synonymes, si l’on veut être précis.
- Le racisme s’appuie sur une hiérarchie entre les races,
- tandis que le racialisme s’occupe, en théorie, de promouvoir leur existence. [en vérité, il existe plusieurs acceptions du terme racialisme, la différence avec le racisme étant que la race peut y être vue de façon négative ou positive. Dans ce dernier cas, la dérive vers le racisme n'est pas obligatoire, voir plus bas pourquoi, l'exemple et le stade de la Négritude. Il existe pour ainsi dire une forme de racialisme qui ne promeut pas l'existence des races, mais prend en compte que le racisme les produit et par conséquent reconnaît la nécessité de l'antiracisme et particulièrement des luttes de ceux qui le subissent]

Le racisme, quand il dépasse le stade d’une intolérance quotidienne à l’autre, de propos de comptoir, d’un énervement entre voisins ou d’une façon de prendre du pouvoir à de petites échelles, familiales par exemple, quand il est une idéologie en somme, part du postulat de l’existence de races au sein de l’espèce humaine [je ne pense pas que « l'abruti du Kentucky », pour reprendre la formule de R.S, s'embarrasse de ce "postulat"-là, son idéologie est vie quotidienne], et considère que certaines catégories de personnes sont intrin­sèquement supérieures à d’autres [voir le modèle français Voltaire plus bas] : en théorie, le racisme est donc, par cet aspect, un pas supplémentaire par rapport au racialisme, qui quant à lui, est beaucoup plus systématique et prosélyte [je ne vois pas ce qui permet de l'affirmer]. Cependant, la nuance n’est importante que dans un cadre historique, à des époques où le concept de «race» apparaissait valide, avant le XXe siècle, donc.

[si l'on veut, « dans un cadre historique », être rigoureux et non « stupidement anachronique », le racialisme comme idéologie est postérieur au racisme, et surtout celui-ci antérieur à l'invention des races humaines : c'est sur la base d'un racisme sans nom, avant la lettre*, devenu nécessaire dans la traite esclavagiste et la colonisation que sont inventées les races, dont la théorisation remonte aux Lumières (Voltaire **...) et se structurent pseudo-scientifiquement dans la deuxième colonisation liée au capitalisme comme mode de production né en Occident. Rien de surprenant pour tout 'marxiste' conséquent, que les faits précèdent les idées, et le racisme réel la race conceptuelle. Il est important de le comprendre, parce que remettre l'histoire sur ses pieds permet aujourd'hui de remettre les choses dans leur compréhension structurelle]


* selon CNRTL, "racisme" est attesté en 1902 dans La Revue blanche, n°223, "rasse" en 1480 : « ensemble des ascendants et des descendants d'une même famille, d'un même peuple », et, même date, « Destruyt sera, luy et sa race ». Dans ce classement à l'époque, nous l'avons déjà souligné, race ne renvoie pas plus à la couleur de peau que « la race des travailleurs » sous la plume de Marx au sens de "race sociale" s'il en est (au demeurant classe dit aussi le souci conceptuel d'un classement catégoriel). Pour qu'elle le fasse, il faudra attendre qu'il soit question de "race des noirs" comme on parle d'espèces animales (Voltaire ci-dessous), puis de "race noire" comme "race des Nègres" et des "quatre races" selon des couleurs de peaux très approximatives



**
Voltaire a écrit:
« Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu’ils ne doivent point cette différence à leur climat, c’est que des Nègres et des Négresses, transportés dans les pays les plus froids, y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu’une race bâtarde d’un noir et d’une blanche, ou d’un blanc et d’une noire. »
« Ils n’ont d’homme que la stature du corps, avec la faculté de la parole et de la pensée dans un degré très éloigné du nôtre. Tels sont ceux que j’ai vus et examinés, la plupart des Nègres sont plongés dans la même stupidité, et y croupiront longtemps. »

« Les blancs et les nègres ne viennent certainement pas du même sol. La différence entre toutes ces espèces est aussi marquée qu’entre un lévrier et un barbet; il n’y a donc qu’un brame mal instruit et entêté qui puisse prétendre que tous les hommes descendent de l’indien Adimo et de sa femme. »
« Les Blancs sont supérieurs à ces Nègres, comme les Nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres. »
Voltaire, "Traité de Métaphysique", 1734

Il serait stupidement anachronique d’affirmer qu’à l’époque moderne, tout le monde était racialiste, parce que la théorie des races était paradigmatique et entièrement intégrée [cette remarque est frappée d'eurocentrisme ; à l'époque moderne, tout le monde n'était pas racialiste, à commencer par les victimes du racisme qui se battaient contre leur esclavage en revendiquant leur égalité sur la base des valeurs de la Révolution française, cf Toussaint Louverture, sans parler des révoltes avant même la modernité occidentale]. Depuis, le concept a été invalidé largement par la philosophie, et beaucoup plus violemment, par l’histoire. S’il subsiste dans certaines régions du monde, qui certes, sont loin d’être « anecdotiques » (Etats-Unis, Chine, Japon, etc.), et dans lesquelles il est toujours un puissant outil de pouvoir, il a été largement abandonné ici [c'est très très vite dit, et un rien cocorico-satisfait], et l’emploi de son vocabulaire relève généralement du scandale, presque toujours, jusqu’à il y a peu, associé à l’extrême droite. [il y a toujours eu un racisme et un racialisme de gauche, dans la colonisation, le post-colonialisme, voire aujourd'hui encore]

- De fait, aujourd’hui, la question spécifique des différences au point de croix entre racisme et racialisme n’empêche pas que nous ayons assurément à nous opposer aux deux sans s’occuper, à ce moment-là, des mérites spécifiques de l’un ou de l’autre. [ce n'est pourtant pas une question accessoire que de distinguer racisme et racialisme. S'il y a une forme de racialisme dans la Négritude, dont hérite partie de la pensée décoloniale, elle y est vue, théoriquement, comme moment dialectique d'un dépassement vers l'universel (reconnaissance de la position de dominé et lutte sur cette base : le Nègre que je suis vous emmerde), sans quoi autant dire que Césaire était raciste, qu'Angela Davis et le Black Feminism sont racistes, ce dont on ne se prive pas plus chez non-fides et ses affidés anarchistes que chez les identitaires français, fascistes de souche...

dans la diversité des luttes et expressions décoloniales, et notamment chez les décoloniaux français (cf le PIR), le moment dialectique du dépassement et sa possible dynamique historique sont souvent oubliés, mais sa possibilité est niée par les antiracialisateurs (sous toutes expressions fossilisées anarchistes, marxistes, Claude Guillon, Yves Coleman, 7duQuébec, Temps Critiques, LO, Prolétariat Universel,...). Autrement dit, ni les uns ni les autres n'accèdent à la problématique et au débat, tels que le posaient déjà CLR James, ce qui n'a pas échappé à TC, mais aussi Césaire et Fanon dont se réclament les décoloniaux, parfois en les contredisant (le versant essentialiste du PIR)]


Désormais, il est d’ailleurs tout à fait clair que le racialisme (promouvoir l’existence des races) porte en lui la promotion du racisme [ben non, pas toujours et pas que, puisque reconnaître l'existence de catégories dominées par racisme n'implique pas de promouvoir la race], et, s’il en était besoin, les déclarations des racialistes concernant ce qu’ils appellent les « mariages mixtes » et leur ----détestation du métissage---- en apportent la preuve évidente. [de même ici, toute organisation spécifique de "racisé.e.s" ne signifie pas nécessairement blocage au stade de l'affirmation communautariste. Quant aux dérives identitaires des revendications du PIR ou autres, elles ne font pas preuve, sauf pour qui veut oublier la problématique de luttes particulières sur la base d'une domination ou d'une oppression spécifique, planqué immatériellement (TC) derrière l'ouvrier conceptuel (TC) et le prolétariat universel]

hier 19:24
où l'on voit que le bras de fer racialistes-antiracialisateurs ne permet pas de poser sereinement la question du dépassement, moins encore en terme de constitution en classe des opprimé.e.s en tous genres. À s'enferrer dans ce « faux dilemme », on en oublie le « vrai problème » (video Guillaume Deloison/TC) du racisme réel, et la nécessité de luttes antiracistes, qu'elles proviennent de qui le subit ou de qui le combat par solidarité ou "conscience de classe universelle"

ce qui n'empêche qu'à cet égard, et contrairement à BL de Théorie Communiste, qui n'est pas "anti" (antiraciste, anticolonialiste, antiimpérialiste... cf Nous ne sommes pas « Anti » - Bernard Lyon, 25 mai 2005), nous sommes antiracistes, et même antiracialistes (cf Patlotch abolir le racialisme par la communisation janvier 2014, écrit explicitement pour que la théorie de la communisation s'en empare ce qu'elle a refusé, justifiant alors notre rupture en 2015, puisque Théorie Communiste ne l'a fait qu'en 2018 avec TC26, que Dauvé fait de la résistance prolétarienne, et qu'Astarian n'en parle pas... encore ?)

ajout 11:14 : quel est le sens de ce texte publié par Indymédia ? Comprenez bien, cher lectorate, qu'aujourd'hui « le racialisme été largement abandonné ici» chez nous, en France, où « son vocabulaire fait scandale », car c'était mieux avant, quand il était « associé à l'extrême droite ». Aujourd'hui, le racisme est le fait des « "décoloniaux", des militant-e-s de la déconstruction ». C'est la rhétorique du pouvoir, de Valls et de son délégué à l'antiracisme Gilles Clavreul (voir RADIOGRAPHIE DE LA MOUVANCE DÉCOLONIALE : ENTRE INFLUENCE CULTURELLE ET TENTATIONS POLITIQUES). Ainsi, pour ce texte anarchiste publié sur un blog anarchiste, l'essentiel du combat antiraciste doit-il être porté contre les décoloniaux. C'est la douce expression de la cinquième colonne de l'idéologie française, en version "de gauche" à peine revisitée

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MessageSujet: Re: RACISME et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Jeu 16 Aoû - 12:32


'la suppression du mot race de la Constitution
vise davantage l'antiracisme que le racisme'

au risque de revenir en arrière sur nos dernières remarques, et de déplacer les enjeux du rapport racisme/exploitation capitaliste, nous conseillons l'écoute de ce qui suit, relatif à la suppression du mot race de la Constitution, évacuant par là le racisme (qui n'est pas entièrement contenu par la notion d'origine, conservée dans le nouveau texte) ; ne serait-ce que pour se familiariser avec les notions d'une histoire trop souvent survolée par ceux qui en parlent, au fond, sans être concernés, ni comme prolétaires exploités, ni comme confrontés au racisme

Le mot race est-il raciste ?
France Culture 19/07/2018

Citation :
Le 12 juillet 2018, l’Assemblée nationale a voté la suppression du mot race de la Constitution. Elle a considéré que l’espèce humaine est une et que ce terme est chargé d’un passé colonial et esclavagiste. Quelles sont les conséquences de cette suppression pour la lutte anti-raciste ?

Le Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen qui a inspiré le préambule de la Constitution de 1946 et l’article 1er de la Constitution de 1958
La France « assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d'origine ou de religion »… Si la réforme constitutionnelle est adoptée, l’article premier ne fera plus référence à la race… Le mot a été supprimé le 12 juillet dernier lors de son passage à  l’Assemblée nationale.

Selon Jean-Christophe Lagarde, président du groupe UDI-agir auteur de l’amendement, ce concept « scientifiquement infondé et juridiquement inopérant » n’avait plus sa place dans la loi fondamentale. Il conclue là un débat lancé au début des années 90 par le biophysicien Bernard Herzberg, le premier à avoir formulé ce projet d’effacement.

Car il y a bien débat… Si le concept de race ne revêt évidemment aucune réalité biologique, il renvoie tout de même à une histoire et à une certaine réalité sociale. Supprimer le mot ne suffit évidemment pas à supprimer la chose, l’antiracisme a, selon certains, besoin du mot de race pour décrire la discrimination dont sont victimes en particulier les afro-descendants.

Alors le mot race est-il forcément raciste ?


Citation :
Le 12 juillet, les députés français ont voté pour la suppression du mot « race » de la Constitution. L’article 1er stipulera désormais que la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d’origine ou de religion » au lieu de « sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Un vote symbolique mais qui risque « d’affaiblir le combat antiraciste » selon Pap Ndiaye, normalien et professeur d’histoire sociale à Sciences Po.

en gros, ces intervenants partagent notre appréciation de cette décision de l'État français, ce qui ne les porte pas à l'analyser en termes de classes. Dit autrement, nous sommes confrontés à des débats, des conflits, qui se déportent des enjeux essentiels selon nous, mais néanmoins qui les nourrissent dans la mesure où les rapports entre classes restent, même en creux, déterminants

moralité, les antiracialisateurs d'ultragauche*, qui ont déjà une tendance à utiliser les mêmes procédés rhétoriques que l'extrême-droite raciste (et au-delà, Bd Voltaire (sic), Causeur...), devraient se préoccuper de se retrouver sur le même terrain que les députés français qui ont décidé cette suppression. Ce n'est pas pour rien que depuis des années, nous mettons en évidence, transversalement aux clivages politiques (droite-gauche...), cette "cinquième colonne" de l'idéologie française (cf UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite

* ceux que nous avons épinglés sont au demeurant très discrets sur le sujet. Il est vrai que se retrouver en phase avec l'État, pour des anars, ça la fout mal...

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