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 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Ven 15 Juil - 10:44



MANIFESTATION Le mouvement qui dénonce les violences policières contre les citoyens noirs a pris de l'ampleur aux Etats-Unis. A Paris, un rassemblement sous ce nom a lieu ce jeudi place de la République…


Manifestation des Black Lives Matter à Londres, le 12 juillet 2016
Marc Ward/Shutterstock/SIPA

Citation :
Aux Etats-Unis, ils sont devenus incontournables. Le mouvement « Black Lives Matter » (« Les vies des Noirs comptent ») dénonce depuis tout juste trois ans les violences policières à l’encontre des citoyens noirs. Ses membres étaient très actifs lors des manifestations qui ont suivi les morts des deux Afro-américains Alton Sterling et Philand Castile abattus début juillet par des policiers blancs. Les « Black Lives Matter » pourraient également peser dans les prochaines présidentielles américaines, raconte Francetvinfo qui consacre un long papier au mouvement.

Un rendez-vous place de la République à 14h

A Paris aussi, le mouvement a un certain écho. Une manifestation « Paris Black Lives Matter » est même prévue ce jeudi après-midi à 14h, place de la République. 481 internautes disent vouloir s’y rendre sur  la page Facebook dédiée à l’événement. « Tous unis avec nos amis et frères afro-américains et latinos tués par la police raciste et soyons avec eux contre les bavures policières dans leur pays », y est-il écrit.

Derrière cette page se cache Osman, 20 ans, étudiant parisien. « En fait, il y avait déjà eu un rassemblement "Black Lives Matter" à Paris, mais il y a quelque temps déjà, raconte-t-il à 20 Minutes. Il me semblait important de faire une nouvelle manifestation après les événements récents aux Etats-Unis. »

En marge d’un rassemblement contre les violences policières

Osman profite aussi et surtout du rassemblement « contre les violences policières » organisé à la même heure et au même endroit par « Urgence, notre police assassine », un collectif composé de familles ayant perdu un proche à la suite d’opérations policières.

Amal Bentounsi, la fondatrice, prévoit d’organiser jusqu’à 23h divers ateliers tournant autour des violences policières en France et leur traitement médiatique, le tout entrecoupé de concerts. « Nous voulions profiter du passage en France d’Opal Tometi, l’une des fondatrices des "Black Lives Matter", explique Amal Bentounsi. Les morts d’Alton Sterling et Philand Castile l’ont contraint à regagner plus tôt que prévu les Etats-Unis, mais il y aura tout de même des représentants du mouvement avec nous place de la République. »

Ne pas tout mélanger

Mais Amal Bentounsi ne veut pas pour autant tout mélanger. « Ce rassemblement n’est pas l’acte de naissance de la version parisienne de "Black Lives Matter", insiste-t-elle. Nous avons déjà en France plusieurs associations qui luttent contre les bavures policières. "Urgence, notre police assassine" existe par exemple depuis quatre ans, soit un an avant les "Black Lives Matter". Nous aussi, nous disons depuis 2012 que la vie des noirs et des Arabes comptent en France. »

Le collectif dit recenser quinze morts chaque année « tués dans le cadre d’opérations policières souvent opaques ». « Ils sont pour la plupart noirs ou arabes », indique Amal Bentounsi qui publie régulièrement des articles à leur sujet sur le site Internet d’« Urgence, notre police assassine ».

La jeune femme ne voit guère l’intérêt à donner à son collectif le nom de « Paris Black Live Matter » pour profiter de la notoriété du mouvement. L’urgence, explique-t-elle, est bien plus de créer notre propre observatoire national des violences policières avec les collectifs et associations qui seront présents ce jeudi*. « En France, il nous manque des chiffres sur les bavures policières et les médias ont aussi tendance à reprendre les comptes rendus de la police s’en prendre de recul, estime-t-elle. Voilà à quoi pourrait servir cet observatoire. »

Un rassemblement qui pourrait être écourté

Ce jeudi, il sera aussi question pour Amal Bentounsi et Osman de marquer les esprits place de la République. La première espère 3.000 personnes sur l’après-midi. Mais le rassemblement pourrait être écourté. Osman reconnaît ne pas avoir mis au courant la préfecture de police de la marche qu’il souhaite organiser.

A la même question, Amal Bentounsi entretient une certaine confusion. « On a déclaré le rassemblement, répond-elle, mais nous n’avons pas vraiment eu leur accord. »

* Brigade antinégrophobie ; Fergusson in Paris ; Dip Social Klub, Collectif du huit juillet, Stop le contrôle au facès…


Citation :
Soutien :

Brigade Anti Negrophobie, Fergusson In Paris, Dip Social Klub, Collectif du huit juillet, Stop le contrôle au faciès, Stop-Repression, Action Antifasciste Paris-Banlieue, Femme En Lutte 93, Radio Perrino, Fuiqp, Pir, Nuit Debout Paris, Collectif Angles Morts, CNT STE 93. -…

Signatures :

Réseau pour une gauche décoloniale, FUIQP93, Nacira Guenif, Association femmes plurielles, Philippe Perdriau journaliste, NPA, Collectif Hocine Bouras, PIR, Collectif de soutien à Redouane Ikhil, DAL, Comité du 18mai, Comité de vigilance contre les violences policières à Pantin, femmes en lutte 93, Ensemble, collectif stop violences policieres, CGT-Culture Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration.


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Sam 16 Juil - 15:48




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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Sam 16 Juil - 16:03



Kamasi Washington, au Love Supreme Jazz Festival, le 4 juillet, à Glynde (Royaume-Uni).

Citation :
Lors du Red Bull Music Festival à New York en mai, Kamasi Washington jouait sur une scène circulaire. Ses six musiciens, disposés en cercle, s’y faisaient face. C’est ainsi que le saxophoniste de 35 ans, jeune leader de la scène jazz à Los Angeles, actuellement programmé dans les festivals français, a toujours joué dans les jam-sessions de sa ville. Après avoir tourné avec les stars du hip-hop et du R & B (Snoop Dogg, Lauryn Hill, et Raphael Saadiq), travaillé sur le désormais classique To Pimp A Butterfly du rappeur Kendrick Lamar, Kamasi Washington publiait en septembre 2015 un triple album, The Epic.

Le disque a aussitôt été encensé par les critiques, qui ont apprécié qu’il endosse l’héritage spirituel de Sun Ra, Pharoah Sanders, John Coltrane, tout en s’ouvrant à d’autres références, comme Stravinsky, découvert au lycée. Journaliste au Washington Post, Greg Tate a fait de Kamasi Washington la voix jazz du mouvement Black Lives Matter (qui proteste contre la violence policière visant les Afro-Américains), avec une musique capable d’être « un outil de guérison, une source de régénération pour faire face au traumatisme d’être noir aux Etats-Unis ». Dans un entretien à la radio CBC, en juin, le musicien approuvait : « Je suis un excellent exemple de ce mouvement. Je suis grand, très noir de peau, Africain-Américain. Sans même le vouloir, même si je suis un étudiant avec de bonnes notes, je suis une menace pour les forces de l’ordre. Quand tu grandis dans un milieu urbain comme le mien, voir un policier te terrifie. Alors...

L’accès à la totalité de l’article est protégé  


pour en savoir plus sur Kamasi Washington, voir 9 juillet dans RYTHMES et COMMUNISATION : JAZZ & Black Music, IMPROVISATION, une matrice de la poétique révolutionnaire, improvisation collective, temps réel et création relationnelle  

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 17 Juil - 12:25


pollution industrielle, classe et race aux États-Unis

L’industrie du gaz de schiste accusée de venir « mettre ses déchets chez les Noirs et les pauvres »

Olivier Petitjean BastaMag 15 juillet 2016

Déversements sauvages de déchets toxiques, contamination des réseaux d’eau urbains, séismes... La ville de Youngstown dans l’Ohio fait l’expérience cruelle des problèmes environnementaux associés à l’expansion du gaz de schiste. Aussi bien la fracturation hydraulique que la pratique – peu connue en Europe – qui consiste à réinjecter ses eaux usées dans le sous-sol, représentent un risque majeur de contamination des ressources en eau. Une question qui concerne aussi les Européens, alors que la Bruxelles envisage d’ouvrir davantage le continent aux importations de gaz de schiste américain. Deuxième volet de notre reportage sur l’industrie du gaz de schiste dans l’Ohio.


Citation :
Le gaz de schiste est surtout une affaire de gagnants et de perdants. Si l’arrivée dans l’Ohio de cette industrie a profité aux compagnies pétrolières et à leurs actionnaires, les retombées pour les populations locales paraissent autrement plus problématiques. Les propriétaires qui ont loué leurs terres à ces compagnies pour qu’elles en exploitent le sous-sol peinent souvent à recueillir les bénéfices financiers qu’on leur a fait miroiter, tandis que les riverains des sites de fracturations en subissent de plein fouet les nuisances (voir le premier volet de cette enquête). Au-delà, c’est la population dans son entier qui est affectée par l’impact environnemental de l’industrie du schiste.

Autour de Youngstown comme un peu partout dans le monde, ce sont les menaces de contamination de l’eau potable par des produits chimiques toxiques ou du méthane qui focalisent les craintes. Pourtant, malgré les controverses, une grande partie des élus et fonctionnaires américains chargés de réguler le gaz de schiste semblent continuer à se fier aveuglément aux dires des industriels sur l’innocuité de leurs procédés. « Les fonctionnaires d’ici n’ont visiblement jamais entendu parler du principe de précaution », soupire Raymond Beiersdorfer, un habitant de Youngstown qui anime la résistance contre le gaz de schiste.

Un exemple ? À Youngstown même, un permis de fracturer a été accordé à la société Halcón, sur une concession de 5 000 acres (20 km2) en bordure du Meander Reservoir, un immense lac artificiel creusé dans les années 1930 et qui constitue l’unique source d’eau potable de la ville. Apparemment, ni le département municipal de l’eau ni l’agence de l’environnement de l’Ohio n’avaient été notifiés par le département des ressources naturelles de l’État, qui a délivré l’autorisation, malgré le risque que les produits chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique ne migrent progressivement dans le réseau d’eau potable de Youngstown. Début 2013, déjà, des fissures ont été repérées sur un puits de gaz de schiste foré par Consol Energy, dans le bassin versant du réservoir.




Des produits toxiques dans les réseaux d’eau potable

Dès les premiers pas de cette industrie, les risques de contamination des nappes phréatiques par la fracturation hydraulique ont focalisé le mouvement de résistance contre le gaz de schiste. Les images d’eau du robinet prenant feu au contact d’une allumette, en raison de la présence de méthane, ont fait le tour du monde. Depuis, plusieurs études sont venues confirmer la réalité de ces risques [1]. Les puits individuels puisant dans les nappes phréatiques – qui restent une forme très répandue d’approvisionnement en eau potable aux États-Unis en dehors des grandes villes – sont les plus vulnérables, mais les réseaux urbains ne sont pas à l’abri.

Selon les militants de Youngstown, les contrôles de la qualité de l’eau réalisés par le département municipal de l’eau de la ville ne sont pas à la hauteur des risques. Les régulations fédérales américaines contraignent les fournisseurs d’eau à tester la présence de seulement 91 substances dans l’eau potable, alors que la fracturation hydraulique en utilise plusieurs centaines, dont certaines sont tenues secrètes. En outre, durant le deuxième trimestre 2013, le département municipal a tout simplement « oublié » de tester la présence de THM et d’AHA [2]. Deux ans plus tard, en septembre 2015, il a alerté la population sur la présence de THM dans l’eau potable de la ville, mais en déniant toute relation avec le gaz de schiste [3].




Pourtant, la contamination par des eaux usées de la fracturation hydraulique figure bien parmi les causes possibles de l’apparition de ces deux classes de substances chimiques, potentiellement toxiques dans l’eau [4]. C’est ainsi qu’en 2010, le département de l’eau de la métropole de Pittsburgh (Pennsylvanie), à une centaine de kilomètres de Youngstown, a constaté une augmentation anormale des THM dans son eau. Les experts mandatés ont fini par identifier la source du problème : des stations de traitement qui recevaient des eaux usées issues de la fracturation hydraulique mais ne possédaient pas les équipements nécessaires pour les dépolluer efficacement. Celles-ci rejetaient ensuite ces liquides dans l’Alleghany et les autres rivières dont Pittsburgh tire son eau potable [5].

Les déchets déversés dans les zones à fort taux de chômage

Malgré ses risques bien réels, la fracturation proprement dite n’est sans doute pas le principal problème de Youngstown ni la principale menace qui pèse sur son approvisionnement en eau. La majorité des forages de gaz de schiste du gisement d’Utica sont d’ailleurs situés davantage vers le sud de l’État (voir les cartes ci-dessous). En revanche, Youngstown et ses environs accueillent depuis plusieurs années des opérations de « réinjection » souterraine des eaux usées issues de la fracturation hydraulique. « L’Ohio est unique au sens où nous avons décidé de faire tout à la fois : de la production d’hydrocarbures par fracturation hydraulique, de l’injection des déchets liquides et du retraitement des déchets solides issus du fracking, explique Ted Auch, de l’ONG FracTracker. Nos voisins de Virginie occidentale et de Pennsylvanie envoient tous leurs déchets dans l’Ohio. »



Localisation des puits de gaz de schiste dans l’Ohio (source : FracTracker).
Rouge : puits en production ; bleu : puits autorisés ; vert : puits forés ; violet : forages en cours.


Localisation des puits d’injection dans l’Ohio (source : FracTracker)


De quoi s’agit-il ? Après un forage par fracturation hydraulique, une partie du mélange — eau, sable et produits chimiques — injecté dans le sol remonte à la surface, souvent après s’être chargé de particules toxiques supplémentaires. Trop polluées, ces eaux usées ne peuvent être retournées directement au milieu naturel, et – comme l’a démontré l’expérience de Pittsburgh – les installations de traitement existantes sont généralement insuffisantes pour en retirer tous les contaminants. D’où la pratique consistant à les réinjecter dans le sous-sol. Peu connue en Europe, où les controverses restent largement focalisées sur la fracturation et ses impacts directs, cette pratique est pourtant elle aussi une source de risques environnementaux majeurs.

Moins regardant que ses voisins et disposant d’une géologie plus favorable, l’Ohio s’est imposé comme la destination de choix des déchets du fracking, notamment dans ses comtés les plus frappés par la désindutrialisation, comme les environs de Youngstown. « C’est dégueulasse, ils choisissent délibérément de venir mettre leurs déchets chez les pauvres et les Noirs », fulmine Raymond Beiersdorfer. Selon les chiffres collectés par Fractracker, 90% des eaux usées injectées dans le sous-sol de l’Ohio proviennent de l’extérieur de l’État. Entre le troisième trimestre 2010 et le premier trimestre 2015, de 98 à 128 milliards de litres d’eaux usées issues de la fracturation ont été injectés dans le sous-sol de l’Ohio, et le chiffre a continué d’augmenter rapidement depuis [6].

Quand Youngstown devient une zone sismique

En général, les firmes pétrolières ne s’occupent pas elles-mêmes de leurs eaux usées. Ce sont des petites entreprises qui se chargent d’évacuer les eaux usées dans des camions, puis d’autres petites entreprises qui gèrent les puits de réinjection proprement dits. Le secteur ne semble pas extrêmement précautionneux dans ses pratiques environnementales. Selon les militants de Youngstown, lorsque les transporteurs d’eaux usées ne trouvent pas de puits où laisser leur cargaison, ou qu’ils cherchent simplement à « s’alléger » pour faire baisser leurs coûts, les chauffeurs de camion la déversent tout simplement dans une rivière... Les propriétaires de ces firmes échappent facilement à toute sanction en organisant leur faillite du jour au lendemain.




Youngstown a été l’une des premières villes américaines à faire l’expérience des conséquences de cette injection irréfléchie à grande échelle. Le 31 décembre 2011, elle a subi un tremblement de terre de magnitude 4 sur l’échelle de Richter. Plusieurs autres séismes avaient été ressentis dans la ville au cours des semaines et des mois précédents, mais ils n’avaient pas été reconnus officiellement par l’administration. En tout, selon les calculs de Raymond Beiersdorfer, l’Ohio – un État jusqu’alors quasiment épargné par les séismes – a connu plus de 1 000 tremblements de terre entre 2011 et début 2014, dont plus de la moitié à Youngstown même. Le puits d’injection Northstar 1, situé en pleine ville, à quelques dizaines de mètres de l’usine de Vallourec, a été officiellement reconnu comme la source de la plupart des séismes survenus à Youngstown – qui ont continué bien après que le puits ait été mis à l’arrêt forcé [7].

Déversements sauvages

Peu de temps après, grâce à un lanceur d’alerte, l’entreprise qui gérait Northstar 1 a été prise en flagrant délit de déversement d’eaux usées issues de la fracturation dans la rivière Mahoning. Des centaines de milliers de litres de substances toxiques et radioactives auraient ainsi été déversées à au moins 24 reprises entre fin 2012 et début 2013 dans cet affluent de la rivière Ohio, qui s’écoule vers la Pennsylvanie voisine. Le patron de l’entreprise et l’employé qu’il avait poussé à se débarrasser ainsi de ces eaux usées ont été condamnés à des peines de prison ferme. Le coût du nettoyage a été chiffré à trois millions de dollars.

Un autre déversement de substances toxiques a eu lieu en mars 2015 dans une zone humide, dans la localité de Vienna, à quinze kilomètres de Youngstown. Les déchets provenaient d’un puits d’injection appartenant à une autre entreprise, Kleese. Constatant que son terrain et les cours d’eau qui le traversaient avaient été dévastés, et que toute trace de vie y avait disparu, le propriétaire a tenté d’alerter les autorités de l’État, qui ont refusé de se déplacer pendant plusieurs semaines. Il a fallu qu’il contacte les militants locaux anti-gaz de schiste et les médias pour obtenir une réaction – laquelle a été de faire venir des camions pour nettoyer la zone au plus vite et enterrer l’affaire. La firme, sommée de dépolluer le site, a confié ce travail à des prisonniers venus de l’État de Géorgie, à des centaines de kilomètres de là. Selon les témoignages des riverains, ces prisonniers, chargés de récolter et d’évacuer les sacs pleins de cadavres de poissons, de tortues et d’autres animaux, ne disposaient que d’un équipement rudimentaire, sans protection respiratoire.



Oil & Gas Waste Spill Vienna, Ohio March 30, 2015 - ongoing clean-up
Consulter le diaporama de la Frackfree America National Coalition


Autant d’incidents qui sont tout sauf des exceptions : selon une compilation réalisée par l’Associated Press, près de 700 millions de litres d’eaux usées issues de l’extraction de pétrole et de gaz ont été déversées dans la nature entre 2009 et 2015 aux États-Unis, par accident ou de manière délibérée [8].

Une leçon à méditer

Pour Ted Auch, les problèmes qui entourent l’industrie de la réinjection illustrent un enjeu plus général : pour juger du véritable impact du gaz de schiste, il est indispensable de regarder au-delà de la seule fracturation hydraulique, pour considérer cette filière industrielle dans son ensemble. À l’enjeu du traitement des eaux usées s’ajoute ainsi celui des déchets solides. Forer des puits à plusieurs milliers de mètres de profondeur implique de faire remonter des quantités importantes de roche et de terre, elles aussi potentiellement chargées de substances toxiques et radioactives. L’industrie ne communique aucun chiffre, mais Fractracker estime que chaque puits de gaz de schiste produit entre 700 et 800 tonnes de déchets solides. Ces déchets partent dans des camions et, selon Ted Auch, « on n’a aucune idée d’où ils vont. Personne n’est en charge de les superviser. ».

Ce n’est pas tout : il y a aussi l’extraction à grande échelle de sable pour la fracturation, le passage incessant de camions qui abiment les routes, la construction de gazoducs... Ces impacts se font souvent sentir dans des régions différentes : ce sont par exemple les États du Wisconsin, du Minnesota, du Michigan et de l’Illinois, où l’extraction de gaz de schiste est quasi inexistante, qui subissent de plein fouet le développement de l’extraction de sable pour servir les besoins de cette industrie [9]. Ted Auch y voit une leçon que l’Europe devrait méditer. Si, par exemple, l’Angleterre se mettait à pratiquer massivement la fracturation hydraulique — comme l’espère aujourd’hui le gouvernement conservateur — on pourrait voir se multiplier rapidement en France des concessions d’extraction de sable, ou voir arriver les déchets du gaz de schiste.

Olivier Petitjean

- Lire aussi : L’Amérique défavorisée, proie de l’industrie des gaz de schiste, de ses pollutions et de ses escroqueries


Photos : Mark CC (Une) ; NPCA CC (un puits de gaz de schiste à la frontière du Dakota du Nord et du Montana) ; Sarah Craig/Faces of Fracking CC (eaux usées issues de la fracturation hydraulique, Californie) ; OP (les réservoirs du puits d’injection Northstar 1 à Youngstown).


Notes

[1]
Lire par exemple « Drinking water contaminated by shale gas boom in Texas and Pennsylvania », The Guardian, septembre 2014.

[2]
Trihalogénométhanes (THM) et acides haloacétiques (AHA).

[3]
Voir ici.

[4]
Les THM et les AHA sont des composés chimiques qui se forment typiquement après le traitement d’eaux usées ou d’eau brute par des procédés tels que la chloration ou l’ozonation, notamment lorsque ces eaux présentent une forte teneur en bromures et en iodures, comme c’est le cas des eaux fortement salinisées issues de la fracturation hydraulique.

[5]
Après la révélation de ces problèmes dans un article mémorable du New York Times (voir aussi cet article du North Carolina Health News), les firmes qui exploitent le gaz de schiste en Pennsylvanie ont globalement renoncé à faire appel à des stations locales de traitement pour disposer de leurs eaux usées : elles les envoient dans l’Ohio, comme on le verra bientôt.

[6]
Tous ces chiffres sont tirés de cet article de synthèse de Ted Auch.

[7]
Même si de nouvelles régulations ont été mises en place par les autorités de l’État pour encadrer la pratique de la réinjection, elles paraissent confuses et mal appliquées. Les entreprises sont désormais obligées d’installer des sismographes à côté de leurs puits… mais elles restent propriétaires des données.

[8]
L’étude menée par Associated Press est de surcroît incomplète, puisque aucune donnée n’est disponible pour certains États, comme la Pennsylvanie

[9]
Voir par exemple ici.

bon vent à ceux qui, scotchés à leurs concepts, ressassent que "la race n'est pas structurelle au capitalisme" : même si c'est strictement vrai en termes de philosophie abstraite, ça leur et nous fait une belle jambe...

le marxisme de la post-ultragauche, contrairement à un Pannekoek ou un Élisée Reclus, est de plus en plus le fait d'ignorants simplistes de formation littéraire, infoutus d'une approche transdisciplinaire intégrant les sciences physiques, qu'ils confondent sans doute avec un oubli de l'essence du capital et de se "contradiction principale"... Marx était lui un homme cultivé et curieux de tout

avec les sujets sur l'extractivisme, nous établissons encore une fois la preuve que le point de vue sur le rapport humanité-nature est fondamentalement lié à la civilisation capitaliste, et à la place que tient le racisme dans la contradiction de classe

autrement dit, du point de vue des luttes, c'est aussi la preuve que le moment décolonial n'est pas une lubie de bobo niant la nature du capitalisme fondé sur l'économie politique, l'exploitation

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Lun 18 Juil - 14:55


ambiance américaine : flic & sale race

« Quand je porte l’uniforme, j’ai des regards sales et haineux,
et quand je ne le porte pas, je suis considéré comme une menace...
si vous me voyez et que vous avez besoin d’une accolade ou d’une prière, faites-moi signe »


Le message d’exaspération, et d’espoir, d’un des policiers tués à Bâton Rouge

Luc Vinogradoff Le Monde 18.07.2016

Montrell Jackson, 32 ans, est un des trois policiers tués, le 17 juillet, lors d’une fusillade à Baton Rouge, en Louisiane. Quelques heures après sa mort, un message, écrit de sa main il y a deux semaines sur Facebook, a commencé à circuler massivement en ligne.


Photo non datée de Montrell Jackson

Citation :
Le 5 juillet, une bavure policière, filmée par un passant, avait eu lieu dans la capitale de Louisiane. Elle allait avoir des répercussions nationales. Alton Sterling, un trentenaire noir qui vendait des CD dans un parking, était abattu par des policiers blancs alors qu’il était à terre.

Montrell Jackson, en service depuis dix ans, était dans les rues de Baton Rouge dans les jours qui ont suivi le drame, au milieu de la tension, encadrant les manifestations qui dégénèrent et la presse nationale arrivée en masse. Le 8 juillet, il se confie à ses amis sur Facebook. Il vide son sac en leur confiant qu’il est « fatigué physiquement et émotionnellement ». Le message, disparu depuis, circule sous la forme de capture d’écran.



« J’aime cette ville, je le jure devant Dieu, mais je me demande si cette ville m’aime. Quand je porte l’uniforme, j’ai des regards sales et haineux, et quand je ne le porte pas, je suis considéré comme une menace. J’ai connu beaucoup de choses dans ma courte vie et ces trois derniers jours m’ont testé au plus profond de moi-même. »

Des mots résignés qui débouche pourtant sur une conclusion pleine d’espoir. Montrell Jackson sait que son pays vit « une époque éprouvante », mais il a un message pour ses lecteurs :

« S’il vous plaît, ne laissez pas la haine contaminer votre cœur. Cette ville DOIT et VA s’améliorer. Je patrouille dans ces rues pour que n’importe quel manifestant, policier, ami, famille, peu importe, si vous me voyez et que vous avez besoin d’une accolade ou d’une prière, faites-moi signe. »

Dans la matinée du 17 juillet, Jackson et deux de ses collègues, Matthew Gerald et Brad Garafola, étaient en service. Ils ont été appelés en urgence lorsqu’une fusillade a éclaté, avant d’être abattus par un ancien militaire américain surarmé.

Vicki Godal, une voisine du policier qui a contribué à faire circuler son message, se rappelle d’un homme « mal à l’aise avec tout ce qui était lié à la violence » et à la réputation de héros pour avoir risqué sa vie, quelques années auparavant, en essayant de sauver un nourrisson d’un incendie.

Les jours qui ont suivi la bavure policière de Bâton Rouge ont été marqués par d’autres fusillades, d’autres bavures : la mort de Philando Castile, un trentenaire noir, aux mains de la police du Minnesota, l’assassinat de cinq policiers blancs par un forcené lors d’une manifestation du mouvement Black Lives Matter à Dallas et la fusillade à Bâton Rouge, où un projet d’assassinat de policiers avait déjà été déjoué quelques jours auparavant. Les mots posthumes de l’officier Jackson, qui n’étaient destinés qu’à sa petite communauté d’amis Facebook, ont été lus par des millions de personnes, peut-être parce que sa sincérité et son optimisme sont une bouée rassurante dans le tourbillon des dernières semaines.


m'est avis qu'il va falloir affiner la dialectique radicale de la marchandise anarchiste

.......

le slogan de droite pourrait être revendiqué par le KKK




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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Jeu 21 Juil - 19:09




Citation :
Des internautes dénoncent une « bavure policière » après la mort d’un jeune homme dans le Val d’Oise…

La colère gronde sur Twitter après la mort d’Adama Traoré, mardi, lors d’une interpellation policière à Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise). De nombreuses personnes ont exprimé leur colère sur #BLMFrance [ Black lives matter]. 20 Minutes vous explique pourquoi ce hashtag est devenu une tendance France depuis ce matin.

C’est quoi d’ailleurs BLM ?

BLM vient de « Black Lives Matter », qui se traduit par « les vies noires comptent ». BLM est au départ un simple hashtag lancé en juillet 2013 après l’acquittement du policier responsable de la mort de Trayvon Martin. Le slogan, devenu mouvement politique aux Etats-Unis, est depuis utilisé pour dénoncer les violences policières contre les citoyens noirs.

Black Lives Matter a désormais sa plateforme, comptant plusieurs milliers de personnes, et se définit sur le site comme « un appel à l’action et une réponse au violent racisme anti-Noirs qui infiltre notre société », indique l’organisation sur le site Internet. Un mouvement Paris Black Lives Matter organise depuis peu des manifestations à Paris.

Pourquoi #BLMFrance est devenu une tendance Twitter ?

Depuis deux jours, deux versions du décès d’Adama Traoré s’affrontent. Le procureur de la République de Pontoise évoque un malaise cardiaque « pendant le trajet dans le véhicule » vers la gendarmerie. Dans la ville où vivait le jeune homme de 24 ans, certains parlent de « bavure » et refusent de croire à la thèse de l’arrêt cardiaque. Sur Twitter, de nombreux internautes comparent ainsi la mort d’Adama Traoré avec les violences racistes de la police américaine.

Plusieurs mouvements ont appelé les internautes à tweeter avec le hashtag #BLMFrance. C’est notamment le cas de Mwasi-collectif, qui se définit comme « afroféministe décolonial pour l’abolition du blantriarcat capitaliste ».

Que trouve-t-on sur ce hashtag ?

La mort d’Adama Traoré est évoquée, mais pas seulement. On trouve notamment :


Citation :
Mwasi-Collectif ‏@MwasiCollectif  · il y a 23 heures  

La négrophobie TUE partout !

Rdv le samedi 23 juillet #BLMFrance #BlacklivesMatter --> bit.ly 2abqGwH

@LeDon 14:16 - 21 Juil 2016

#BLMFrance #SayNoToRacism forces aux frères noirs qui subissent insultes provocations discrimination a l'embauche et plein d'autres choses
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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mer 3 Aoû - 16:11


“C’est la dernière fois qu’il y a un frère qui tombe” [1]

Publié le 27 juillet 2016 par Aya Ramadan, membre du PIR



Citation :
Une fois de plus, une fois de trop, un des nôtres tombe.

Il s’appellait Adama Traoré, 24 ans, résident de la banlieue parisienne.

La ville : Beaumont-sur-Oise, patelin charmant aux allures de village. On y accède en traversant un petit pont qui surplomb l’Oise, pour arriver directement dans le centre-ville construit sur une colline. Ce paysage pittoresque est loin de ressembler aux ghettos où l’on a l’habitude de voir nos frères tomber. Mais ce n’est évidemment pas tout à fait ici que les Noirs et les Arabes résident, il faut marcher une quinzaine de minutes pour arriver à la cité.



L’histoire est un classique. Un jeune Noir est tué entre les mains de la police. Ici, c’est un gendarme qui tue un Noir. Un membre du corps armé de l’État français tue un indigène. Ce n’est pas la première fois. Les crimes racistes ? Nous les dénonçons depuis des décennies. La Marche pour l’égalité et contre le racisme en 1983 venait d’abord et avant tout dénoncer les violences policières. Elles n’ont jamais cessé. Tous les ans dans la métropole, entre 15 et 20 Arabes et Noirs, jeunes et moins jeunes, sont tués par la police. A chaque fois les policiers s’en sortent sans condamnation aucune, et sans même être démis de leur fonction.

En France, comme aux États-Unis, la race existe et le racisme tue. « La race existe », cela signifie qu’il y a une différence institutionnelle de traitement entre les Blancs et les non-Blancs. Les flics savent qu’ils peuvent frapper, torturer ou étouffer les Arabes, les Noirs et les Rroms, ils savent que la Justice est avec eux, et qu’elle considérera comme eux que la vie d’un indigène ne vaut pas grand-chose. Elle sera complice si l’affaire va devant un Tribunal. Comment oublier à l’heure où j’écris ces lignes le récent procès Saboundjian, ce flic qui a tué d’une balle dans le dos Amine Bentounsi. Un procès scandaleux, le procureur lui-même n’en revenait pas. Tous les témoignages concordaient : il n’y avait aucune forme de légitime défense à proclamer, Amine Bentounsi était à une trentaine de mètres du policier. Il courait, fuyait, quand une balle arrêta sa course subitement. Et il tomba.

Toujours la même histoire donc. Dans un premier temps, le procureur de la République de Pontoise, Yves Jannier, entravant d’ailleurs la procédure classique, annonce que M. Traoré serait décédé suite à un « malaise cardiaque », car il aurait eu « une infection très grave », « touchant plusieurs organes ». Mais voyons ! Que de maladies attrapées dans les commissariats… Puis quelques jours plus tard, nous apprenons que le médecin légiste dans son rapport ne relève en fait aucune cause de décès immédiate. Une contre-autopsie a été obtenue par la famille et va être menée dans les prochains jours.

La famille endeuillée doit faire face au mépris de la classe politique indifférente aux meurtres des nôtres et aux mensonges de la plupart des médias reprenant à leur compte la version officielle des pouvoirs publics.

La plupart du temps, les meurtres racistes ne font même pas l’objet d’une ligne dans les journaux. Ici, la mobilisation pour Adama fut étonnamment importante. Les collectifs et personnalités indigènes ont effectué un travail efficace de relais dans les réseaux sociaux. Des marches se sont tenues à Beaumont, Paris mais aussi Toulouse, Strasbourg, Bruxelles, Lille… Youssoupha et Kery James ont publiquement exprimé leur soutien. La France a entendu parler de l’affaire, certainement aussi parce qu’il y a eu des « émeutes ». Sous couvert d’objectivisme, le point de vue de la famille et des organisations antiracistes n’est pas vraiment pris en compte. Mélenchon s’en est indigné via un statut facebook (il demande l’ouverture d’une enquête indépendante) alors qu’il avait brillé par son indifférence lorsque le frère de Wissam El Yamni et l’épouse d’Amadou Koumé, tous deux tués par les forces de l’ordre, l’avaient interpellé. Sa campagne de séduction des quartiers lancée cet été n’a d’ailleurs sûrement aucun rapport avec son intérêt soudain pour la mort d’Adama[2].

Nuit Debout avait exhorté les « quartiers », la « banlieue », les « racisés » à se joindre au mouvement social. Nuit Debout voulait organiser des marches vers la banlieue, pour qu’enfin le rêve de l’union des travailleurs, des opprimés et des sous-opprimés, se réalise. Nous leur avions répondu : la convergence ne se décrète pas, elle se fera quand vous viendrez grossir nos luttes[3]. Où étaient les dizaines de milliers de personnes qui ont participé à Nuit Debout ? À la manifestation du 22 juillet, nous étions des milliers, nous étions nombreux, une grande majorité d’indigènes. Il y avait de nombreux soutiens extérieurs, il y avait les « islamo-gauchistes » et les amis des villes voisines. Mais aucune organisation blanche, aucun syndicat, eux qui ont pourtant les moyens de mobiliser massivement leurs bases sur les questions dites « sociales ». Quand ces organisations daignent malgré tout communiquer sur nos questions, c’est bien souvent pour mieux en occulter la dimension raciale.

Dès lors, la question raciale est notre affaire. Nous devons la prendre en charge, et surtout éviter que les tentatives d’instrumentalisation se répètent. Dominique Sopo s’était pointé à la marche du 22 juillet, accompagné de deux gardes du corps, espérant apparaître dans les médias : le racisme c’est son business. SOS Racisme travaille avec la DILCRA et l’UEJF. Ils ont pour objectif de réprimer, d’invisibiliser et d’annihiler les organisations antiracistes autonomes. Mais leur temps est révolu.

Nous avons retenu les leçons du passé, nous sommes aujourd’hui organisés. Et nous affirmons que notre autonomie indispensable ne doit pas exempter les militants de gauche et des organisations blanches de remplir leur devoir en se mobilisant massivement sur les crimes racistes de la police et de la gendarmerie.

Nous ne perdons pas espoir. Nous savons que seul le rapport de force politique que nous parviendrons à imposer déterminera la façon dont la Justice reconnaîtra le crime et jugera les auteurs de ce meurtre.


À tous les frères qui sont tombés, Vérité et Justice !

Notes

[1]  Slogan de la marche du 22 juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise

[2]  http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/07/22/melenchon-profite-de-l-ete-pour-lancer-sa-campagne-dans-les-quartiers-populaires_4973216_823448.html

[3] Nuit (blanche) debout : comment sortir de l’entre-soi ? Communiqué du PIR

Le PIR rejoint l’appel à manifester pour Adama TRAORE dans toutes les villes de France et notamment à Paris ce samedi 30 juillet à 16h00 à Gare du Nord.



En soutien à la famille, nous invitons les lecteurs à contribuer à la collecte de dons en ligne :  En mémoire à Adama Traoré

la décoloration universelle

il y a effectivement un moment où les réactions de simple "solidarité" avec les victimes de "violences policières" sont en France le lieu d'un deux poids deux mesures très... décoloré. Car il ne suffit pas de critiquer des réactions qui seraient "identitaires" et "communautaristes" si c'est pour briller par son absence sur une critère qui n'est visiblement (sic) que racialiste

on voit ici et là répété à l'envie le fait que les Indigènes de la République, voire l'ensemble de ceux qui ont défilé pour la Marche de la dignité, ne seraient que des intellectuels sans aucun lien avec les "quartiers populaires racisés" *. Peut-être n'est-il pas vraiment nécessaire à tous ceux-là d'en rajouter, d'où ils parlent de ces quartiers comme des "indigènes" en tant que prolétaires racisés, parce qu'il y a un moment où ça ne correspond plus du tout à des réalités que tout un chacun peut constater par lui-même

alors se pose la question : que veulent-ils prouver, à s'opposer systématiquement à tout ce qui, de près ou de loin, revêt un caractère décolonial, ou qu'on l'appelle comme on voudra ? Que veulent-ils prouver, mais surtout que prouvent-ils à l'insu de leur plein gré, sinon que le concept met le doigt sur ce qu'eux ne veulent pas voir, ni savoir

* deux exemples récents :

- la série ininterrompue des charges de Ross Wolfe (The Charnel-House) contre la pensée décoloniale (Mariategui et Fanon convoqués contre Grosfoguel, Meaningless gibberish and decoloniality, etc...). Comme déjà dit, le niveau théorique est une chose, et encore faut-il l'aborder avec rigueur à partir de la situation actuelle et des faits, dont notre New-Yorkais ne s'embarrasse pas... Une conception de la critique comme démolition systématique et qui ne construit rien de solide sur la base des réalités socio-raciales du moment

- le blogueur de Zones subversives, pourtant bien inspiré parfois, dans un texte au demeurant des plus intéressants, Angela Davis et les luttes actuelles, trouve le moyen de glisser :


Citation :
Le livre s’achève par une tribune commise à l’occasion de la Marche pour la dignité appelée par le Parti des Indigènes de la République (PIR). Angela Davis insiste sur la critique des violences policières. Depuis 2013, des émeutes ont éclaté après la mort de plusieurs noirs tués par la police. Une vague de contestation s’organise contre les institutions policières et judiciaires. Les crimes racistes commis par les forces de l’ordre restent impunis.

Mais Angela Davis, visiblement déconnectée, situe la Marche pour la dignité dans la même lignée. Elle croit que les associations qui ont appelées à cette mascarade existent réellement dans les quartiers populaires. « Du côté de la gauche radicale française, il faut noter que la plupart de ses organisations ont appelé à cette manifestation », observe plus lucidement Angela Davis. Cette marche est effectivement soutenue par l’extrême gauche et par tous les débris issus de la gauche colonialiste et républicaine. Même Podemos y va de son soutien tant recherché.

Cette Marche revendique une dignité et une affirmation identitaire. Mais, dans les quartiers populaires, peu de monde en a entendu parler. La fierté d’être racisé ne concerne que quelques universitaires. Les luttes pour le logement, contre la précarité, contre le racisme et la police semblent bien plus pertinentes.

une somme d'approximations, d'amalgames, et de petite rage rentrée, devenue dans certains milieux "radicaux" un lieu commun : toute lutte décoloniale, où des victimes du racisme elles-mêmes, serait illégitime du point de vue de la lutte de classes, et par conséquent "contre-révolutionnaire" d'y participer, preuve de radicalisme anti-identitaire de les laisser seuls, là-même où ils sont minoritaires dans la population. Autant emporte leur vide, annonce de leur bide universel blanc et de couches moyennes intellectuelles rangées des voitures qui brûlent dans des quartiers où ils n'ont jamais mis les pieds !

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 7 Aoû - 10:46


certes parlant toujours du même lieu idéologique, Éric Fassin se "radicalise"


La mort d’Adama Traoré, une affaire d’État

Eric Fassin Blog : Identités politiques 5 août 2016

À part le procureur de la République de Pontoise, qui peut croire encore que la mort d’Adama Traoré, le 19 juillet à Beaumont-sur-Oise, était un accident? Pour autant, il ne faudrait pas se contenter d’y voir une simple bavure des gendarmes. D’emblée, il s’agissait d’un crime d’État ; mais depuis lors, c’est devenu une affaire d’État.

Citation :
Si l’on peut parler de crime d’État, c’est que ces tragédies à répétition, dont sont victimes des Français noirs ou arabes, ne constituent pas seulement un dérapage. Elles contredisent les discours officiels, mais elles confirment un choix politique effectif, réitéré sous les gouvernements successifs, qui se traduit en actes sur le terrain. On a davantage parlé des violences policières depuis l’instauration de l’état d’urgence, en particulier au cours des manifestations contre le projet de loi Travail. Reste qu’avant cette répression politique, les personnes racisées les subissaient de longue date dans une certaine indifférence. Cette répression au quotidien à l’encontre des habitants des « quartiers » aurait pourtant dû servir d’avertissement à toute la société : l’état d’exception est aussi un état ordinaire.

On n’a pas oublié que François Hollande, une fois élu à la présidence de la République, a rapidement renoncé aux récépissés pour lutter contre les contrôles au faciès. Avant de céder à son ministre de l’Intérieur, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait pourtant rappelé, le 1er juin 2012 3, l’intérêt de cet engagement de campagne : « Ce sera utile à tous » – non seulement « aux personnes contrôlées », mais « aux policiers aussi, car les policiers ont besoin de retrouver la confiance et le respect ». Plus grave, lorsque cette pratique ordinaire a valu à l’État une condamnation pour faute lourde en 2015, son successeur, Manuel Valls, a tenu à se pourvoir en cassation. Pis encore : en 2016, non seulement le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, déclare à l’Assemblée nationale, au vu du faible nombre de plaintes pour discrimination, qu’il s’agit d’un phénomène « totalement marginal  3», mais l’État va jusqu’à justifier les contrôles au faciès.

En effet, pour rechercher des étrangers en situation irrégulière, selon un mémoire adressé au tribunal par le représentant de l’État, et rendu public par Mediapart, n’était-on pas forcé de viser « la seule population dont il apparaissait qu’elle pouvait être étrangère » ? Autrement dit, l’État considère explicitement que les Arabes et les Noirs ont des têtes d’étrangers, soit à l’inverse que les Français, normalement, sont blancs. Voilà pourquoi on peut dire qu’une politique raciale d’État a tué Adama Traoré qui s’est enfui à vélo faute d’avoir ses papiers sur lui : si ce n’est lui le coupable, c’est donc son frère (que les gendarmes venaient arrêter), ou bien quelqu’un des siens.

On peut parler aussi d’une affaire d’État, tant le procureur de la République a pratiqué ce que Le Monde appelle avec retenue « une communication sélective ». Après la première autopsie, Yves Jannier a en effet parlé d’une « infection très grave », « touchant plusieurs organes » ; et puisque le médecin légiste n’avait pas relevé de « traces de violences significatives », le magistrat en concluait : la cause du décès « semble être médicale chez un sujet manifestement en hyperthermie au moment où il a été examiné par les services de secours. » Menotté, allongé en pleine chaleur dans la cour de la gendarmerie alors qu’après avoir déclaré avoir du mal à respirer, il a perdu connaissance, un homme meurt à 24 ans, quelques heures après son arrestation. Mais le problème, ce serait son état de santé, pas l’État !

Pourtant, après la seconde autopsie, il n’est plus question de la pathologie cardiaque évoquée par le procureur. Celui-ci insiste à nouveau sur l’absence d’aucune « trace de violences susceptible d’expliquer le décès » ; mais il ne dit toujours rien des symptômes d’asphyxie, alors qu’ils figurent dans les deux rapports d’autopsie (c’est « par respect de la dignité humaine » que la justice en refuse un troisième). Or, comme le révèle L’Obs, d’après le témoignage des gendarmes, la victime « a pris le poids de nos corps à tous les trois au moment de son interpellation. » Manifestement, le procureur de la République n’a qu’un objectif : écarter tout soupçon des forces de l’ordre. Autant dire que la séparation des pouvoirs se réduit, comme nous l’apprend Mediapart, à ne pas transmettre à la juge d’instruction divers rapports – celui du Service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR), celui des pompiers qui sont intervenus et celui de la police technique et scientifique sur le véhicule des gendarmes.

Le lien entre le crime et l’affaire, c’est l’État, avec une politique qui passe par l’interdiction d’exprimer politiquement ce qui vient de se passer. On l’a vu lorsque la marche « pour la vérité » du 30 juillet a « tourné court », selon l’euphémisme du Figaro : en effet, la Préfecture de police de Paris l’a empêchée au dernier moment pour « des raisons tenant à la protection des institutions », « à la préservation de l’ordre public » et pour assurer « la propre sécurité des manifestants ». Ces trois logiques vont-elles vraiment dans le même sens ? N’est-ce pas contre les soutiens de la famille d’Adama Traoré que les institutions veulent se protéger ? Et l’interdiction de protester contre les abus de l’État, loin de préserver l’ordre public, ne le trouble-t-elle pas ?

Sous prétexte de combattre le terrorisme, ce gouvernement prétend préserver les forces de l’ordre de toute critique. En réalité, cela revient à aggraver l’hostilité d’une partie de la population à leur égard. Décréter leur irresponsabilité ne les protège donc pas, bien au contraire. De fait, ce désordre d’État menace en profondeur la légitimité de nos institutions. La défiance des citoyens à leur égard, si répandue dans les quartiers populaires, s’est diffusée dans des pans entiers de la société. Pour beaucoup de Français, la République n’apparaît plus comme la chose publique mais comme un slogan sans écho. Désormais, on ne saurait parler du « pays des droits de l’homme » qu’avec ironie. Face à ceux qui, à l’instar de Nicolas Sarkozy, réduisent l’État de droit à des « arguties juridiques », les belles paroles de Manuel Valls sur une « ligne infranchissable » sonnent creux, terriblement creux.


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 7 Aoû - 11:37


encourageant constat : la perception d'un racisme structurel et institutionnel d'État s'élargit au-delà des dénonciations d'extrême-gauche et décoloniales


racisme et violence d'État suite

L'affaire Adama Traoré et la question raciale dans le comportement de la police

MétroNews 06-08-2016

La mort d’Adama Traoré reste entourée de zones d’ombre. Si les rapports ont rejeté la thèse des violences policières, il n’en reste pas moins que les gendarmes ont fait usage de leur force physique pour interpeller le jeune homme d’origine malienne, et notamment avec la technique du plaquage ventral. Une méthode qui a fait au moins 8 morts ces dix dernières années selon l’Acat, qui fait part de victimes majoritairement d’origine maghrébine et africaine.


Une manifestante face à la police en marge d'un rassemblement de soutien à Adama Traoré
DOMINIQUE FAGET / AFP

Citation :
"Il y en a marre de ce racisme d’Etat !"

Devant la gare du Nord à Paris le 30 juillet, les mots étaient forts. Proches et soutiens se sont rassemblés pour demander "justice et vérité" autour de la mort d’Adama Traoré. Si la cause de l'asphyxie de ce jeune homme d'origine malienne n'est pas encore déterminée, les circonstances de son interpellation révèlent bien l’usage de la force par les gendarmes. Le procès-verbal rapporte qu’Adama Traoré a "pris le poids (du corps des forces de l’ordre) au moment de son interpellation". Si toute violence policière a été exclue par les deux autopsies, cette technique d’interpellation – le plaquage ventral –  n’en est pas moins violente, voire fatale, car elle entrave la respiration et peut conduire à une asphyxie, comme le notait Amnesty en 2011, et elle pourrait être à l'origine du syndrome asphyxique d'Adama Traoré, estime un des avocats de la famille. Cette dernière, qui qualifie sa mort de "bavure", a décidé de porter plainte pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

Le rassemblement de soutien, qui a réuni près d’un millier de personnes, comptait également des militants de la cause noire et contre les violences policières. Sur les pancartes des manifestants on pouvait ainsi lire : "Non au racisme, non à la violence policière", "Marre des criminels en uniforme", "La vie des Noirs compte". Car au-delà de la seule affaire Adama Traoré, c’est bien l’ensemble des minorités qui crie au ras-le-bol. "Adama Traoré, c’est l’affaire de trop. Il y a pleins d’histoires similaires à la sienne. Il aura fallu qu’on brûle des voitures pour qu’on médiatise cette affaire", s'insurge Amel Bentounsi, porte-parole des collectifs Urgence notre police assassine et Stop au contrôle au faciès. La mort du jeune homme avait en effet entraîné plusieurs nuits de violences dans le Val-d’Oise.

"Un policier a tendance à orienter son contrôle"

L’ampleur de cette affaire est telle qu’elle a trouvé écho outre-Atlantique. Dans son éditorial du 29 juillet titré "Black Lives Matter in France too" ("Les vies noires comptent aussi en France"), le New York Times a épinglé "l’impunité" des forces de l’ordre face à la mort d’Adama Traoré. Le journal américain écrit : "Les organisations de défense des droits de l’Homme ont fait état ces dernières années d’une culture d’impunité, profondément ancrée au sein de la police française, et donnant lieu à des abus à l’égard des minorités."

En dépit de statistiques officielles communiquées par le ministère de l’Intérieur, il est impossible de chiffrer le nombre exact de victimes, blessées ou mortes, du fait de violences policières. Mais plusieurs études ont été menées pour tenter d’établir un état des lieux. Parmi elles, un rapport de 2009 du CNRS, fait état de l'apparence physique comme d'un critère d'interpellation. Outre l'incidence du style vestimentaire, on y apprend que "les Noirs couraient entre 3,3 et 11,5 fois plus de risques que les Blancs d’être contrôlés […]. Les Arabes sont sept fois plus susceptibles que les Blancs d’être contrôlés". Côté police, on répond état d'urgence et lutte antiterroriste : "Dans une période comme celle-là, et ce n'est pas le bon réflexe, un policier a tendance à orienter son contrôle vers ces personnes-là", reconnaît Philippe Capon, secrétaire général adjoint du syndicat Unsa police. "Ce n'est pas pour cela qu'il faut cataloguer toute la population musulmane de France bien sûr, mais on a des critères."

Une situation qu'Amel Bentounsi déplore : "Aujourd’hui le constat, c’est qu’on reçoit énormément de plaintes de contrôles au faciès abusifs. Très clairement, on est contrôlé ou taxé de voyou en raison de sa couleur de peau." Dans un rapport, le collectif citoyen a recueilli des témoignages de personnes contrôlées victimes d’insultes – parfois racistes –, de violences, voire d’attouchements sexuels. "Il y a eu des actes de viols avec des matraques sur des jeunes, rabaissés ainsi dans la rue", ajoute-elle encore. Les violences ? "Je refuse de reconnaître qu'il y a des abus ou des violences lors de contrôles, il n'y a qu'à la justice de le dire", répond Philippe Capon, qui souligne toutefois que "la mort d'une personne lors d'une interpellation reste toujours un drame".

La logique de la "classe dangereuse"

En effet, des personnes sont mortes à la suite d'interpellation, comme Adama Traoré. "Un mort chaque mois en moyenne, trois en juillet", énumère Amel Bentounsi. Le rapport de mars 2016 de l’Acat (Action chrétienne pour l’abolition de la torture) fait état d’un "bilan très mauvais", explique son porte-parole Pierre Motin : "Sur 89 cas étudiés de violences policières entre 2005 et 2015 (dont 26 mortels, ndlr), huit sont morts à cause des techniques de plaquage ventral et de pliage, quatre au taser et un au flash-ball", détaille-t-il. Parmi ces victimes, "en très grande majorité, de jeunes hommes issus de minorités visibles, maghrébine ou d’Afrique subsaharienne". Sur la même période, le collectif Urgence la police assassine a répertorié 103 jeunes personnes noires ou arabes mortes du fait de la violence policière.

"J’ai le sentiment que, parce que je suis noir, le policier en face de moi va être moins enclin à respecter mes droits", confiait à metronews ce jeune homme venu manifester devant la gare du Nord le 30 juillet. Pas de quoi étonner le sociologue Mathieu Rigouste : "La police emploie plus facilement la force quand on est pauvre ou basané. C’est la logique de la classe dangereuse. Mais il n’y a pas que dans les quartiers populaires, il y a aussi contre les migrants aux frontières, les prisons…"

"Avec l’impunité, on crée des monstres"

"C’est de la responsabilité de l’Etat, poursuit-il. Les crimes policiers ne tombent pas du ciel. L’Etat gère, encadre et produit la violence que la police distribue. Et le racisme de la police est structurel, il vient d’en haut". Cette question raciale dans les violences policières est aussi liée aux questions sociales et économiques, en dépit des "rhétoriques de légitimation de la domination policière" qui font un lien entre banlieues et délinquance. "La reproduction de la société capitaliste nécessite d'encadrer les classes les plus dominées pour empêcher qu’elles s'organisent et s’émancipent. On n’a jamais vu un policier faire une clé d’étranglement à un délinquant financier", compare-t-il.

Mathieu Rigouste va jusqu’à parler d’une "violence institutionnalisée, car la police est couverte par la justice". En effet, peu de policiers ont été condamnés dans les affaires de violences policières. Le rapport de l’Acat compte "sept personnes qui ont été condamnées, dont une seule à de la prison ferme", détaille Pierre Motin. Dans "l’affaire Adama Traoré", l’avocat Me Bouzrou a estimé que le parquet avait fait preuve d’opacité et communiqué de manière "partielle et partiale" en "éludant les éléments les plus importants du dossier". Les avocats de la famille ont demandé le dépaysement du dossier, pour qu’il soit traité par un autre tribunal que celui de Pontoise. "Quand il y a enquête, ce sont les propres collègues du policier mis en cause qui enquêtent sur lui, donc il y a un vrai problème d’indépendance", explique encore Pierre Motin. "Maintenant, on n’a plus envie de se taire, assène Amel Bentounsi. Avec l’impunité, on crée des monstres. Et une société qui ne prend pas soin de ses enfants aura le retour de bâton."


moralité : le déni ne passera pas, d'où qu'il vienne, y compris des anti-décoloniaux d'ultragauche et anarchistes sur le terrain de l'idéologie française même

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mer 10 Aoû - 18:00


Violences policières : le département de la justice accable la police de Baltimore

Le Monde 10.08.2016


Dans les rues de Baltimore, la police s’apprête à faire respecter le couvre-feu mis en place
à cause des protestations contre la violence policière, le 29 avril 2015.

AP Photo/Patrick Semansky Patrick Semansky / AP

Citation :
La police de Baltimore discrimine les Afro-Américains au quotidien, fait un usage excessif de la force et n’est pas tenue pour responsable de ses bavures, selon un rapport particulièrement accablant du département de la justice américain rendu public mercredi 10 août. L’enquête fédérale sur la police de Baltimore a été ouverte en avril 2015, après la mort de Freddie Gray, un jeune Afro-Américain de 25 ans qui a eu la nuque brisée dans un fourgon de police lors de son transport vers le poste. Sa mort a provoqué les plus graves émeutes que la ville ait connues depuis des décennies et contribué à un mouvement plus large de protestation contre les violences policières, Black lives matter (« les vies des Noirs comptent »). Depuis le début de l’année 2016, selon le décompte du Guardian, 651 personnes ont été tuées par la police aux Etats-Unis.

Mais, plutôt que de se concentrer sur les circonstances de la mort de Freddie Gray, le rapport examine un ensemble de pratiques potentiellement contraires à la Constitution américaine. Les enquêteurs ont passé plus d’un an à interroger des résidents de Baltimore, des officiers de police, des procureurs, des avocats commis d’office et des élus locaux. Ils ont également assisté à des patrouilles de police et consulté des documents et dépôts de plainte. Des enquêtes similaires sont en cours à Chicago, San Francisco ou encore Ferguson (Missouri), où un autre cas de meurtre d’un jeune Noir par des policiers avait provoqué une vague de protestations à l’été 2014.

Les accusations du rapport contre les pratiques de la police sont accablantes, dans ses fonctions les plus élémentaires, des contrôles routiers au respect de la liberté d’expression, censément protégée par le premier amendement de la Constitution américaine. Mais ces accusations pourraient également servir de moteur au changement : le département de la justice cherche à faire adopter un décret de consentement qui forcerait la police à s’engager à améliorer ses pratiques, sous peine de poursuites fédérales.

Contrôles injustifiés, fouilles et représailles

Les agents s’arrêtent régulièrement, en particulier dans les quartiers Afro-américains pauvres, sur des motifs douteux, et interpellent sans véritable motif des citoyens accusés d’« outrage à agent ». Quatre-vingt-quatre pour cent des contrôles sont effectués sur des résidents afro-américains, même si ceux-ci ne représentent que 63 % de la population de Baltimore. De même, les Afro-Américains représentent 95 % des 410 personnes contrôlées au moins 10 fois par la police entre 2010 et 2015. Le rapport précise qu’aucun individu d’une autre couleur de peau n’a été contrôlé plus de 12 fois. Un homme interrogé par les enquêteurs a affirmé avoir été contrôlé 30 fois en moins de quatre ans. Aucun de ces contrôles n’a mené à des poursuites judiciaires. Dans 26 contrôles sur 27, aucune poursuite n’est engagée.

La force physique est utilisée hors de toute proportion, y compris contre les personnes souffrant de handicaps mentaux, les jeunes gens, les passants qui ne sont pas dangereux ou ne représentent pas une menace immédiate. L’usage de la force devient en fait une technique de représailles lorsque les agents « n’aiment pas les réponses » des individus qu’ils contrôlent. Des arrestations non justifiées sont également de plus en plus nombreuses. Dans un cas cité par le rapport, un homme s’enfuit à l’approche d’une patrouille de police dans un quartier dit « à risques ». L’officier lui donne plusieurs coups de Taser pour l’immobiliser, puis procède à une fouille. L’individu n’est pas armé, « et il n’y avait aucune raison de penser [qu’il l’était], d’après le rapport du policier ».

Les piétons et automobilistes afro-américains subissent des fouilles prolongées. En plus des palpations, les agents de police de Baltimore obligent les individus à enlever des vêtements en public, ce qui est contraire à la Constitution.

Une mentalité du « eux contre nous » qui vient de la hiérarchie


La police de Baltimore « utilise des tactiques agressives », précise le rapport. « La formation de la police de Baltimore instigue une mentalité du “eux contre nous” dont nous avons vu des agents faire preuve contre des habitants, s’aliénant les civils qu’ils sont censés protéger. »

La plupart des pratiques contraires à la Constitution seraient liées à l’instauration d’une politique de « tolérance zéro », au début des années 2000, qui a généré des arrestations en masse pour des faits mineurs comme simplement de « traîner » dans la rue.

Des abus qui viennent directement de leur chaîne de commandement. Dans un cas cité par le rapport, un supérieur a ordonné à un policier d’« inventer quelque chose » après qu’il se fut plaint d’avoir dû contrôler et questionner un groupe de jeunes Afro-Américains sans raison.

La procureure générale de l’Etat du Maryland, Marilyn Mosby, a réagi à la publication du rapport en expliquant qu’il « confirmait des choses que nombre d’entre nous savent déjà, et dont nous avons une expérience de premier plan ». Dans un communiqué, elle a précisé : « Même si la grande majorité des policiers de Baltimore sont de bons agents, nous savons aussi qu’il y en a de mauvais et que la police a de nombreuses fois échoué à repérer, entraîner et responsabiliser ses agents. »

Six policiers ont été accusés du meurtre de Freddie Gray. Trois d’entre eux ont été acquittés, l’un d’entre eux a bénéficié d’un vice de procédure et, pour les deux derniers, les charges ont été abandonnées.


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Jeu 18 Aoû - 23:04


des protestations certes républicaines et démocratiques s'élèvent de plus en plus contre la dérive identitaire et raciste de l'État français. Pour certains "camarades", cela ne casse pas trois pattes à un canard, mais voyons-y un signe des temps : d'étang étant un marécage


racisme d'État : l'écrit du cœur d'un avocat
la république française se mord la queue



Combattre le racisme d'Etat


Arié Alimi, avocat, blog Médiapart, 17 août 2016

Voilà maintenant deux ans que pour la première fois j’ai ressenti le besoin d’écrire pour partager publiquement mon désarroi. J’avais défendu des personnes à qui l’on reprochait d’avoir commis des actes à connotation antisémite, pendant les émeutes de Sarcelles en juillet 2014 ainsi que des personnes parties faire le Jihad. Cela m’a été reproché, parfois violemment, non pas du fait de ma qualité d’avocat, mais parce que de tradition Juive.

J’évoquais déjà un racisme d’Etat à venir. Je ne pensais pas que celui-ci pourrait s’exprimer aussi précocement. Les combats menés depuis m’ont donné tort.


Citation :
Je pense aujourd’hui à ces familles, de confession musulmane, par naissance, tradition familiale ou simplement par choix. Ces familles qui en quelques mois ont subi tous les outrages de la république.

L’état d’urgence d’abord, au cours duquel elles ont été perquisitionnées, violentées, assignées à résidence par un Etat désorienté. Un état d’urgence rendu permanent par le législateur, consacré par des juridictions administratives devenues de vulgaires annexes du ministère de l’intérieur.

Je les entends encore au téléphone, plusieurs mois après que les arrêtés d’assignation à résidence aient été abrogés, me demander pourquoi ? Pourquoi nous ? Qu’avons-nous fait de mal ?

Que puis-je leur répondre ? Que l’état d’urgence est une loi votée et prorogée par le législateur, presqu’unanime ? Que l’injustice et l’horreur qu’ils ont eu à subir est le fait d’une loi ? Ou bien encore qu’il y a désormais une doctrine d’Etat qui fantasme une continuité entre certaines formes de pratique religieuse au terrorisme de l’Etat Islamique, qu’il vaudrait peut être mieux être discret, pratiquer en cachette, préférer les sous-sols pour la prière, l’ombre à la lumière, mais surtout de ne pas renoncer complètement à leur croyance au risque d’être dans la dissimulation, présomption presque irréfragable de terrorisme.

Je n’ai pas su trouver les mots quand à cette première injustice s’est ajouté la déchéance de nationalité. Ce sombre débat touchant à nos plus solides fondements républicains, l’égalité, le droit du sol. Cette pantomime législative, expression violente du refoulé national de la guerre d’Algérie. Pouvais-je seulement imaginer leurs angoisses de voir que leur identité, leur appartenance à la citoyenneté Française pouvait être remise en cause par les représentants qu’ils avaient élus.

Je me souviens encore de cette dame qui avait la grandeur de justifier les exactions commises contre elle, son mari, ses enfants, acceptant d’être sacrifiée sur l’autel de la lutte contre le terrorisme. La déchéance de nationalité n’était-elle pas réservée aux seules personnes condamnées pour des actes de terrorisme ? Nous sommes une famille honorable, comment pourrions-nous être concernés si nous ne commettons pas de tels actes ?

Je me suis alors abstenu de leur dire qu’il n’existait pas de définition réelle du terrorisme, que d’une époque à l’autre, d’une alternance à l’autre, la simple expression, appartenance ou pratique pouvait être qualifiée de terrorisme, dès lors que cette expression, appartenance ou pratique était qualifiée comme telle, qu’un jour viendrait peut être où un simple juge administratif, un premier ministre peut être, viendraient à considérer que le port d’un vêtement, dans le cadre de l’état d’urgence pouvait entraîner un sentiment de terreur dans l’esprit du public.

Je n’avais pas prévu que ce jour se lèverait aussi vite. J’aurais dû pourtant.

Lorsque des maires de toutes obédiences politiques interdisent des mosquées, en exprimant leur haine de l’arabe et du musulman en exhibant une laïcité devenue arme idéologique au lieu de bouclier protecteur de la république et des cultes, j’aurai dû le comprendre.

Lorsque des imams sont assignés à résidence, perquisitionnés, blanchis, puis poursuivis judiciairement pour de faux motifs, j’aurai dû avoir des certitudes. Lorsqu’un représentant d’organisme public antiraciste m’explique benoitement, que les assignés à résidence sont tous musulmans parce que les terroristes se revendiquent de l’islam, j’aurai du moi-même être convaincu.

Convaincu que loin d’un combat contre le terrorisme, un racisme primaire, irrationnel s’était emparé de nos institutions.

Persuadé que la laïcité est une protection de le République pour toutes les croyances ou les non croyances, quand bien même les textes religieux seraient porteurs de valeurs rétrogrades, quand bien même le port d’un vêtement par une femme serait porteur d’une symbolique discriminante et contraire aux valeurs émancipatrices. Parce que la laïcité se conjugue avec la liberté, que la liberté signifie être libre de choisir, choisir de faire ou de ne pas faire, choisir de croire ou de ne pas croire, choisir de porter un vêtement pour pratiquer une religion ou d’avoir les seins nus dans une église pour blasphémer une religion, tant que l’on ne nuit pas à autrui.

Certain que le fait pour une femme de porter un vêtement religieux, quand bien même serait-il porteur d’un projet politique, n’est nullement contraire aux valeurs de la République tant que ce vêtement n’est pas imposé par la loi, mais qu’en revanche, est contraire aux valeurs de la république d’édicter expressément, de juger ou de soutenir un jugement visant une personne en  raison de son expression religieuse.

Convaincu que si le fait de kidnapper, torturer et tuer un jeune juif parce c’est bien connu que les juifs sont riches suffit à caractériser le caractère antisémite de ce crime, alors le fait d’assigner à résidence, violenter, perquisitionner, stigmatiser, harceler des musulmans trop pratiquants parce que c’est bien connu les musulmans trop musulmans sont des terroristes en puissance, suffit à caractériser la caractère raciste des actes d’un Etat sans qu’il puisse en aucun cas trouver sa justification dans la lutte contre le terrorisme.

Camus disait de l’homme révolté qu’il est l’homme situé avant ou après le sacré et appliqué à revendiquer un ordre humain où toutes les réponses soient humaines, c’est-à-dire raisonnablement formulées.

A défaut de pouvoir ou vouloir formuler raisonnablement la problématique, de dire que le terrorisme de l’Etat Islamique est affaire d’emprise mentale et de phénomène sectaire, non de pratique ou de texte religieux, à défaut de réfléchir sur un temps long à des offres synonymes d’espoir pour une jeunesse en proie au nihilisme violent, non sur des anathèmes et normes racistes jetés chaque jour à l’emporte-pièce sur nos concitoyens musulmans, nous devrons combattre avec la plus grande fermeté toutes les manifestations de ce racisme d’Etat
.

dans les commentaires, ce dessin


cela étant, Valls sait ce qu'il fait, entre autres avec l'affaire juteuse du birkini, la droite aussi en le poussant à légiférer

Question du jour Le Parisien 13 août
Citation :
Comprenez-vous l'interdiction du burkini sur certaines plages ?

OUI 76,8 %

NON 23,2 %

Sondage du Point, à ce jour
Citation :
Faut-il interdire le burkini sur toutes les plages de France ?

Oui (66 529 votants) 89.4%

Non (7 898 votants) 10.6%


Suspect

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Sam 20 Aoû - 0:22


un "schéma", comme son nom l'indique, est forcément schématique, mais je trouve celui-ci parlant



source Parti des Indigènes @PartiIndigenes 19 août 2016 09:02

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 21 Aoû - 19:49


Le 7 août un couturier a été agressé à en Seine-Saint-Denis, par trois hommes. Zhang Chaolin était décédé le 12 août des suites de ses blessures.


Les membres de la communauté chinoise d'Aubervilliers étaient rassemblés
afin de faire entendre leur colère après la mort de Chaolin Zhang
. © AFP/ Denis Meyer

Citation :
Un cri d'alerte. Ils étaient près de 2 000 personnes d'origine chinoise à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) dimanche 21 août. Une foule venue exprimer son ras-le-bol des violences répétées dont ils se disent victimes et réclamé des mesures de sécurité renforcées après l'agression mortelle dont a été victime l'un des leurs, a constaté une journaliste de l'AFP.

Aux cris de "liberté, égalité, fraternité et la sécurité pour tous!", 1 800 personnes, selon la police, ont défilé dans les rues de cette ville de banlieue populaire, où Zhang Chaolin, un couturier de 49 ans, a été agressé le 7 août par trois hommes, qui voulaient voler le sac d'un ami, lui aussi d'origine chinoise. Il était décédé le 12 août des suites de ses blessures. "Les agressions sont fréquentes, mais comme on ne parle pas bien français, on porte pas plainte. Et puis on travaille, on n'a pas le temps pour ça", a expliqué Cai Jiang, 26 ans, employé dans un bar-tabac à Paris.

"J'étais Charlie comme vous"

Alors que les vols avec violence visant la communauté chinoise à Aubervilliers ont triplé en un an, le commissariat a obtenu des renforts policiers et une étudiante franco-chinoise a été recrutée dans le cadre du service civique pour améliorer l'accueil des victimes. La préfecture s'est également engagée à étendre le système de vidéo-surveillance. "On fait appel à l'État car on est des citoyens français, même si on ne se sent pas assez considérés comme tels", explique Marina, 23 ans, qui tient une boutique au Fashion Center, le plus grand centre commercial de vente en gros d'Europe.

Dans la foule, de nombreuses mains agitent de petits drapeaux français. "J'étais Charlie comme vous. Je suis Chaolin, où êtes-vous", peut-on lire sur une banderole. "Ils sont en train de nous donner une leçon d'organisation et de République", dit, admiratif, Laurent, qui habite Aubervilliers depuis 30 ans. "Ca fait des années qu'ils subissent le racisme, même les gosses se font agresser!", regrette cet enseignant.

Réputées détenir sur elles de l'argent liquide, les personnes d'origine asiatique sont des "proies faciles", reconnaît la maire PCF de la ville, Meriem Derkaoui, résolue à "faire reculer ces préjugés et sensibiliser la population" à ce sujet. "Quand je vois que les uns les autres montent au créneau, parce que deux trois femmes ont porté un burkini sur une plage, là il y a mort d'homme, alors j'attends que l'État fasse preuve d'un minimum de considération et reçoive la famille", a-t-elle ajouté.

A la fin de la manifestation, un voleur présumé à la tire a été pris à partie par la foule, avant d'être exfiltré par des gendarmes mobiles, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes, a constaté une journaliste de l'AFP.



Bertrand Guay AFP

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Sam 27 Aoû - 13:47


modifié de 11:32 (commentaire de Néri en bas)


pas mal mais peut mieux faire

Utiliser le mot « race » ?

mignonchatonmarxiste 23 juillet 2016


Une polémique [1] a récemment agité le milieu libertaire français concernant l’utilisation des termes race, racialisation, racisés etc. certains dénonçant une essentialisation du débat sur le racisme, essentialisation qui relèverait elle-même du racisme. Selon ce point de vue, reprendre ces termes serait contribuer à propager la grille de lecture raciste.


Citation :
Dans un premier temps il semble que, tel quel, cet argument est absurde : il n’est pas question de reprendre ces termes pour les valider mais pour les étudier afin d’en révéler l’aspect socialement et historiquement construit, et d’en proposer une définition critique qui révèle cet aspect construit.

Cet argument est donc à peu près aussi absurde que si on affirmait que parler de prolétariat pour critiquer l’exploitation reviendrait en fait à contribuer idéologiquement au capitalisme en acceptant de nous reconnaître comme des prolétaires. Ou encore qu’il ne faudrait pas utiliser le mot racisme parce que ce terme contient le mot race, donc valide le racisme. Il ne s’agit pas d’une question de mot mais d’analyse à laquelle ce mot renvoie et dans le contexte de laquelle il est employé.

Pour lutter contre notre situation nous avons besoin de la nommer et de l’analyser parce que les catégories qui nous assignent sont déjà existantes. Nous ne choisissons pas de nous identifier à notre catégorie sociale, celle- ci s’impose à nous, de façon d’ailleurs assez violente, se reconnaître comme racisé ce n’est pas proclamer fièrement une identité, c’est simplement reconnaître que nous sommes la cible d’un dispositif d’assignation sociale spécifique, dispositif socialement construit que nous cherchons à analyser et contre lequel nous voulons lutter.

Bref, comme le disait le proverbe « Il ne suffit pas de nier les barreaux d’une prison pour qu’ils disparaissent ».

Cependant, si la récente polémique ouverte sur la racialisation dans le milieu libertaire est peut-être, entre autres, symptomatique d’une certaine forme de réaction contre la montée en puissance d’une analyse antiraciste critique dans ce dit milieu, on ne peut absolument pas se limiter à cette analyse.

Premièrement parce que cette forme de réaction n’est pas le monopole de personnes plus ou moins assignées blanches. Deuxièmement parce qu’il ne s’agit pas uniquement d’une forme de réaction, au sens droitier du terme, parce que le champ lexical de la race a une connotation, en tout cas en France, purement raciste, et qu’il est absurde de vouloir nier cette histoire si l’on se prétend critique.

Certes, le champ lexical de la race est aussi utilisé depuis maintenant longtemps de façon critique, dans les sciences-sociales [2] par exemple, mais cette utilisation est le fait de spécialistes qui maîtrisent la dimension critique de ces termes et le fait qu’ils se réfèrent, non à des réalités biologiques à proclamer mais à des constructions sociales à critiquer. [c'est mon cas, mais entre-deux, je mets en général race entre guillemets, "race" ou 'race', pour signifier qu'il y a au moins un problème, et la nécessité d'une prise de distances avec l'affirmation basique du racisme 'scientifique' du 19ème siècle, "démontrant" l'existence des "races". Je ne suis pas chercheur en sciences sociales, mais l'exigence théorique est au moins à leur niveau de conceptualisation]

Lorsque l’on sort un ensemble de termes de leur champ d’utilisation spécifique pour un autre, en l’occurrence pour les projeter dans le champ politique, surtout de façon ouvertement polémiste ou provocatrice, il est inévitable que cela suscite une levée de bouclier. Inévitable et même assez sain parce que cela révèle que ces termes restent choquants, ce qui est tout de même un bon signe même si cela ne produit pas que de bons effets. On ne peut pas nier la portée potentiellement choquante de l’usage de ces termes dans le champ politique en France, ni nier que ceux qui ont polémiqué sur leur usage aient pu le faire en toute bonne foi du fait de leur tradition politique ou de leur sensibilité. [bonne foi qui trouve vite ses limites quand, confrontés à ce genre d'explications, ils n'en continuent pas moins à répéter ad nauseam leur "vérités", qu'ils se refilent de blog en blog "anarchistes", "antifas", "communiste libertaire"]

Le débat sur le racisme est un chantier qu’il faut assumer, c’est-à-dire déjà assumer le travail de réflexion, de débat, de pédagogie, voir d’auto-critique éventuelle, qu’il demande. [je souligne]

Pour notre part, nous assumons d’utiliser le mot « race »  pour désigner le « système d’assignation des individus à une catégorie, socialement construite, basée sur des marqueurs physiques/biologiques et/ou ethno-culturels, éventuellement justifiés par un discours pseudo- scientifique ».

Si quelqu’un penser avoir un meilleur terme ou une meilleure définition à proposer, nous sommes à l’écoute.

De notre point de vue on ne peut pas écarter a priori l’idée qu’une essentialisation du débat, et l’émergence de mouvements identitaires et racialistes pourraient survenir à la faveur de crises du capitalisme. On ne peut donc pas blâmer gratuitement ceux qui s’en inquiètent et de renvoyer cela à du racisme de leur part. [on ne peut le faire en bloc, mais sous réserve d'inventaire. La véritable critique passe alors au niveau de celle de l'eurocentrisme, et celui-ci peut révéler un racisme d'un autre ordre, à la fois plus ancien et profond, et paradoxalement plus moderne, racisme inconscient mais néanmoins assumé de façon aveugle car refusant de s'interroger : c'est le propre de toute idéologie, en son noyau dur, et là, effectivement, le noyau dur n'est pas le racisme]

Il faut donc ici rappeler une chose importante : c’est le racisme qui produit la race[je souligne]. Beaucoup de racisés se considèrent comme blancs et découvrent leur assignation raciale vers l’adolescence ou dans le monde du travail après avoir vécu sans aucun lien avec la soi-disant culture d’origine liée à leur racialisation.

L’affirmation d’une identité, qu’elle soit ouvrière, raciale ou autre, à travers une culture réelle ou fantasmée, et les positions d’empowerment, si elles peuvent se comprendre comme formes de réaction à la brutalité de l’oppression subie, relèvent pourtant tout autant de la construction. [cette construction n'est jamais stoppée, elle continue et de façon critique aussi : l'affirmation de l'identité ouvrière, qui dans le programmatisme ouvrier communiste allait de pair avec celle de l'essence révolutionnaire du prolétariat, est montrée aujourd'hui, dans la théorie de la communisation, comme un obstacle à franchir le pas d'une conception de la révolution comme auto-abolition du prolétariat. Il s'agissait bien d'un "empowerment" du prolétariat par les partis... Le mouvement est le même dans le passage de la Négritude, fierté noire, à la considération du dépassement à produire de cette identité assignée et retournée. Il n'y a aucune raison pour figer ces identités de luttes comme identitaires essentialistes, comme si tout était écrit sans contradictions quasi définitoires de ces rapports sociaux dans le capital]

Certes il peut être tentant, voir politiquement utile à un moment donné, de retourner le stigmate en revendication et de commencer à se construire un lien avec son assignation raciale sur des bases culturelles, en « cherchant ses racines » comme on dit. [c'est un moment légitime du processus dialectique évoqué plus haut, le tout est de ne pas s'y arrêter]

Le discours raciste a dominante biologique a produit des formes de résistance qui ont, en retour, investit le terrain du racialisme, comme le suprématisme noir américain. [qui n'est pas le tout des mouvements noirs américains]

Pareillement, il peut être intéressant d’émettre l’hypothèse que le discours ethno-différentialiste, en mettant l’accent sur la culture, produit une réaction de surinvestissement de ce terrain, et donne lieu à l’apparition de discours d’empowerment identitaires, mais cette fois ci sur le mode culturaliste. [on ne peut se contenter de ces catégories, ethno-différentialiste, culture, culturalisme... Il faut les critiquer du point de vue "marxiste" au sens de Raymond Williams, la culture et la société (le sociétal) comme Structure of Feeling, troisième dimension de la critique marxiste : économie, politique, et culture/société : le tout de l'idéologie dominante s'exprime toujours dans ces trois dimensions]

De notre point de vue il s’agit cependant d’une stratégie obsolète, justement parce que, notamment du fait du fort métissage, le racisme repose de moins en moins sur des identités fixes et bien définies. Il devient donc de plus en plus difficile de prétendre assigner une identité culturelle stable à une catégorie raciale.

[d'abord, la réalité des mouvements décoloniaux est qu'ils se construisent davantage comme non blancs européens que sur une base raciale renvoyant à telle couleur de la peau, puisqu'on les trouve toutes en leur sein, agissant ensemble même si certaines association sont spécialisées : le dépassement identitaire est donc inhérent à leurs combats communs, et quand ils sont communs et publics, les blanc.he.s y ont leur place, évidemment : « Personne ne dit que les Blancs ne peuvent pas partager le combat antiraciste. Au contraire. Mais comme pour toutes les autres oppressions, il appartient aux concernés de s’organiser et de lutter pour leur émancipation. » Sihama Asbague, organisatrice du Camp décolonial

ensuite, d'accord pour dire que la couleur de la peau n'est plus le seul marqueur de la race, c'est la thèse d'Achille Mbembe, sur les "Nègres du monde" : « la condition nègre ne renvoie plus nécessairement à une affaire de couleur. Le nègre est devenu post-racial, il s’identifie à une nouvelle catégorie de gens qui ne sont même plus exploitables et qui sont, par conséquent, laissés à l’abandon. » source. Je ne vois pas en quoi elle serait opposable aux thèses décoloniales

enfin, dire qu'« il s'agit d’une stratégie obsolète » supposerait, comme avec « empowerment identitaire », d'être plus précis : que et qui met-on en cause ? S'il s'agit du PIR, Houria Bouteldja explique cette stratégie et ce pragmatisme de façon approfondie dans un texte que nous avons discuté, Corinne Cerise et moi, au début du sujet avec HOURIA BOUTELDJA et le PIR, "RACE, CLASSE et GENRE" ? et autres questions communistes : conversations. Si l'on veut féconder le débat, il faut le faire à ce niveau d'exigence théorique, et là, il est vrai que dans les échanges anarchistes et libertaires sur la question, dire que ça ne décolle pas est un euphémisme]


Les races comme catégories, qu’on les dise biologiques, culturelles ou même sociales, se révèlent de plus en plus floues tandis que la race, comme système d’assignation, devient de plus en plus précis, concret et brutal dans ses manifestations. [c'est bien en ce sens que l'on peut parler comme le PIR de « races sociales », mais à prendre dans les deux sens, y compris celui de la « race des prolétaires » dont parlait Marx. Les "Nègres du monde" transcendent en quelque sorte ce double-sens, d'autant qu'ils ne sont plus toujours prolétaires, au sens d'exploitables, mais « expulsés »(Saskia Sassen)]

On assiste ainsi, en France, à des offensives racistes se manifestant par des dispositifs législatifs ciblant des éléments matériels. On pensera évidemment aux mesures ciblant prioritairement les femmes, et leur habillement (voile à l’école, burkini sur la plage etc.). On pensera également à l’antiterrorisme et aux récentes polémiques sur les « tests de radicalisation » à l’école, pour ne prendre que cet exemple.

Politiquement, ce ne sont pas les catégories (sans cesse changeantes) qui importent mais le système qui les fait exister, les modifie, les remplace par d’autres, et c’est pourquoi les stratégies d’empowerment identitaire nous paraissent obsolètes : les clichés sur la culture d’origine ou les marqueurs physiques ne sont qu’une partie de la racialisation. [je ne saisis pas très bien qui vise empowerment identitaire]. Être racisé c’est être aussi un sauvage, un délinquant, un terroriste potentiel, une menace pour la civilisation, un archaïsme opposé au progrès etc. Il ne s’agit pas simplement de blagues sur le crépu des cheveux ou sur le fait de manger du couscous : les catégories raciales fonctionnent étroitement avec les catégories criminelles et/ou pénales, elles relèvent donc de problématique de gouvernement de la population. Population qui, dans les sociétés capitalistes, est essentiellement de la force de travail. [de plus en plus potentielles, virtuelles seulement, notamment les migrants, pour autant qu'on les considère comme population des "sociétés capitalistes" (lesquelles ne le sont pas ?), ce qui pose un problème à la définition du prolétariat comme ceux qui n'ont que leur force de travail à vendre, puisque beaucoup ne peuvent plus la vendre, ne sont plus achetables, donc jetables, à la mer entre autre]

Toujours pour prendre cet exemple, le racisme français se focalise notamment sur la question de l’Islam, et le prend pour prétexte à des avancées en matière sécuritaire et antiterroristes, et ces mesures n’impactent pas que les « racisés ».

Notre hypothèse de travail, qui se veut critique, est que ce que l’on appelle le racisme semble constituer un moment du contrôle social de la force de travail dans les sociétés capitalistes. Rien ne semble indiquer qu’il existera toujours, en tout cas sous cette forme, ni qu’il ne sera pas intégré et/ou dépassé dans des formes de marquage et de contrôle social plus vastes et plus complexes, peut être hétérogènes à celles que nous connaissons actuellement. [je souligne et partage cette double hypothèse, ce qui fait de la question raciale un enjeu communiste actuel, et de formes à venir un enjeu déjà présent - exemple la bidouille post-humaniste, bio-numérique, propre à inventer de nouveaux clivages de classe fondés sur une conception néo-racialiste et néo-raciste de différences entre êtres humains]

———-
NOTES
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[1]Tiens, ça glisse. Pamphlet anonyme.
Jusqu’ici tout va bien. Pamphlet anonyme.

[2] Patrick Simon. Les statistiques, les sciences sociales françaises et les rapports sociaux ethniques et de « race » in Revue française de sociologie. Volume 49. 2008.
A lire sur :
https://www.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-2008-1-page-153.htm

Mirna Safi. Les inégalités ethno-raciales. (Editions La Découverte, Collection Repères). 2013


suit sous le texte une discussion (qui pourrait être) intéressante, mais il est vrai que c'est pénible, comme dit son auteur : « Voila, la polémique avec les « anti-racialisateurs » étant à peu près de ce niveau intellectuel, je vous laisse, j’ai vraiment mieux à faire que d’avoir des discussions inutiles de ce type. »

une "discussion" chez Indymédia-Nantes

un commentaire après le mien signalant celui-ci


Néri a écrit:
27 août 2016 à 15:33 > La race est un rapport social

La race (et le racisme), rapports sociaux, intrinsèquement inégalitaires comme tous les rapports sociaux, ne sortent pas tout armés du complot de quelques gouvernants. Ça c'est la thèse strictement politique. Mais les rapports sociaux forment les sujets sociaux, ils ne viennent pas de sujets sociaux qui auraient toujours déjà existé préalablement. Et le racisme sort probablement de la société et de ses structures.

C'est tout autant une impasse de nier les rapports de race (en plus en essentialisant en "réponse" ceux de classe), que de les essentialiser dans la politique.

N'oublions jamais que les rapports sociaux ne sont pas une illusion ; notre réalité, y compris dans ses aspects abstraits mais aux conséquences parfaitement concrètes, est sociale. A moins de croire à un humain transcendant, individuel, divin ou naturel. Thèse qui fait converger étonnamment, fut-ce en concurrence, libéraux, libertaires et réactionnaires.


« essentialiser en "réponse" les rapports de classe » : je ne l'avais jamais exprimé comme ça, mais ça rejoint ma pensée concernant certains libertaires et post-ultragauche : ils donnent des leçons de marxisme, le genre de "marxisme" dogmatisé et sclérosé qui faisait fuir Marx et Engels. La référence à la lutte de classe y devient parfois complètement abstraite (cf Coleman, Guillon, non-fides & Cie), juste bonne à dénoncer ceux qui n'en ont pas leur conception pure de toutes réalités sociales concrètes. C'est le pendant nul en théorie du théoricisme qui ne mange pas de pain communiste

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 28 Aoû - 12:56


à propos du texte ci-dessus, une question de son auteur


Chaton Mignon a écrit:
@MignonMiaou 14:46 - 27 août 2016

@patlotch Je connaissais déjà ton site ! Je vais jeter un œil à ta critique. Mais quels sont tes liens avec l'église de la Communisation ?


Patlotch a écrit:
‏@patlotch il y a 12 heures

@MignonMiaou
des liens diaboliques in musica : je suis un triton


Wikipédia a écrit:
En musique, au Moyen Âge, le Diabolus in Musica (litt. « le diable dans la musique ») était le nom donné à la présence d'un intervalle de trois tons (aujourd'hui appelé triton). Cet intervalle (quinte diminuée ou quarte augmentée) engendre une attente ou tension pour l'auditeur, contrairement à une quarte ou une quinte juste qui produit un effet conclusif et apaisant appelé aussi résolution. Cet effet d'intervalle désagréable était d'autant plus présent puisque contrairement à aujourd'hui les instruments n'étaient pas tempérés.

Cet intervalle fut nommé Diabolus in Musica et est interdit par l’église dans la musique religieuse baroque. Néanmoins, certains compositeurs continuèrent de l'utiliser dans la musique profane pour surprendre et déstabiliser l'auditeur.


Jérôme Bosch

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 28 Aoû - 15:07


Asian Americans Draft Viral Letter on Why Black Lives Matter

telesur 9 July 2016


Asian Americans march on Friday against police killings.
Photo: @ashli_padilla

Citation :
.The letter will be translated into dozens of languages, including Arabic and Spanish.

Dozens of Asian Americans co-wrote an open letter to their families explaining why Black lives matter, following the news that the police officer that killed Philando Castile is suspected to have Asian origin.

The letter, led by ethnographer and writer Christina Xu, talks about the prejudices that both Asian Americans and Black people face but adds that racism against Black people by law enforcement has a long history involving slavery.

“Black people have been beaten, jailed, even killed fighting for many of the rights that Asian Americans enjoy today,” says the letter, still being drafted in a Google Document. “We owe them so much in return. We are all fighting against the same unfair system that prefers we compete against each other.”

When Peter Liang was identified as the NYPD officer that killed Akai Gurley, several Asian Americans rallied in his defense.

The letter’s counter: “When someone is walking home and gets shot by a sworn protector of the peace—even if that officer’s last name is Liang—that is an assault on all of us, and on all of our hopes for equality and fairness under the law.”

The plea for empathy with another racial minority is being translated into 18 languages—including Arabic, Urdu, Farsi and Spanish—and is waiting for more, with non-Asian Americans chiming in. Participants will record themselves reading parts of the letter on Saturday in San Francisco, and others are organizing a variety of formats, from zines to animation.


« lorsque je dis « noir » j’entends non-blanc – noir, marron, rouge, jaune »

Malcolm X

Rejoindre la révolution noire mondiale, 8 avril 1964


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Lun 29 Aoû - 12:44




via Bad Bonbon ‏@biscouti  il y a 2 minutes  

Ecrit en 2011, ce passage est toujours criant d'actualité. Cf: le déchaînement contre le @cedecolonial


Twisted Evil

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Lun 29 Aoû - 18:23


du même Chaton qui a écrit "Utiliser le mot « race » ?" Cf plus haut 27 août


Pour en finir avec le terme « racialisateur »

mignonchatonmarxiste  ‏@MignonMiaou 29 août 2016
 

Face à l’émergence politique de la question raciale en France, on peut identifier plusieurs types de réponses de gauche, qui ont toutes en communs d’être des d’avatars « respectables » d’un même discours raciste. Un même discours raciste qui fait des immigrés et des fils d’immigrés des facteurs de division et qui justifie leur invisibilisation, donc leur exclusion de la sphère politique.

Citation :
Mais c’est encore le raciste Alain Soral qui synthétise le mieux ce discours, citons le donc ici :

« Le regroupement familial ne fut pas une naïveté humaniste de grand bourgeois qui plane, mais un projet pervers, dégueulasse : transformer les banlieues rouges à très forte conscience et solidarité de classe (avec un PCF à 30 %) en banlieues beurs.

Car on ne dira jamais assez à quel point la maghrébisation, l’africanisation, la tiers-mondisation de la France ont fait baisser vertigineusement le niveau de civisme et de civilité de la population française. »
[1]

Alain Soral, peu soucieux de parler d’exploitation et de restructuration du capitalisme et de l’organisation du travail, met sur les dos de l’immigration la détérioration de la conscience de classe. Discours raciste- populiste classique dira t- on, mais pourtant ce discours n’est pas cantonné à l’extrême- droite si l’on y regarde de plus près.

Détaillons donc un peu les différentes formes de réaction de gauche face à l’émergence de la politisation de la question raciale. A tous seigneurs tout honneurs, commençons par les franges dominantes, à savoir les franges sociales- démocrate et marxiste- orthodoxe.

Le discours humaniste social- démocrate [2] fait du racisme une cause morale abstraite, soluble dans un grand fourre- tout qui regrouperait indistinctement toutes les formes de dominations, réduites à de simples discriminations [3] et les dépolitise ainsi en empêchant de les analyser dans leurs spécificités respectives.

Le discours marxiste- orthodoxe [4], s’il n’essaie pas d’évacuer en douce la question de classe par le discours humaniste, essaye d’y inféoder la question raciale en faisant du racisme un simple faux discours dont le seul effet néfaste serait de briser la solidarité au sein du prolétariat. Le racisme n’est donc pas traité pour lui- même, comme rapport de domination particulier, mais comme simple idéologie, qui ne serait problématique que du point de vue de la classe.

Bien que ces discours soient de gauche, l’accusation de division, typique de l’argumentaire raciste, n’est jamais bien loin. Pour la gauche, le racisme reste au mieux une lutte secondaire, et sa mise sous tutelle paternaliste est obligatoire. Les racisés doivent accepter de rester de simples victimes du Racisme, dont on prend généreusement soin comme les petits- enfants de l’aide humanitaire, et ne doivent surtout pas tenter de se constituer en sujets politiques autonomes.

La gauche de la gauche a poursuivi et radicalisé ce travail en élaborant un concept pour qualifier ceux qui tenteraient de politiser l’antiracisme : les « racialisateurs ».

L’arrière fond assez clair du discours sous-tendu par ce concept de bazar qu’est le mot racialisateur est parfaitement similaire au vieux discours d’extrême- droite : il s’agit de dire qu’en fait « ce sont les racisés qui nous divisent, on était si bien entre nous, maintenant il n’y en a plus que pour eux etc. » [5].

Ce discours va même plus loin : désormais, les vrais racistes c’est nous, les racisés. Nous voila devenu les nouveaux nazis, les nouveaux fascistes et les prétextes ne manquent pas : non- mixité, religion, burkini, racisme anti- blancs… on en regretterait presque l’époque où l’on ne nous traitait QUE de « fainéants- qui- volent- le- travail- des- français- pour- vivre- sans- travailler- oui- c’est- contradictoire- non- ne- cherchez- pas- la- logique- il- n’y- en- a- pas. »

Entre ces deux baudruches que sont le racisme anti- blanc à l’extrême-droite et le terme racialisateur à la gauche de la gauche, la boucle du racisme est bouclée.

De l’extrême- droite à l’anarchisme, voila la punition pour les ingrats que nous sommes, de n’avoir pas voulu nous intégrer (à la Nation ou au Prolétariat, tous deux Un et indivisibles).

En effet, dès que les racisés n’acceptent plus de dissoudre la spécificité de leur oppression et de la rendre invisible ou secondaire voila que les potes d’hier auxquels il ne fallait pas toucher deviennent soudain ni plus ni moins que les nazis d’aujourd’hui pour avoir commis le crime de prétendre s’organiser en non- mixité [6].

Le racisme a trouvé sa nouvelle justification imparable : les racistes, c’est nous, les racisés ! Il fallait y penser. Les racisés seront invisibles et muets ou se feront traiter de nazis.

De fait, cette idée n’est pas neuve, les féministes en font déjà les frais depuis longtemps avec l’appellation féminazies. On connaissait aussi les enfants- tyrans, terme qui désigne les enfants qui ne supportent pas d’être assis sur des chaises 8 heures par jour pendant 18 ans… quelle bande de petits Hitler en culottes-courtes, en effet.

On peut décliner le concept autant de fois qu’il existe de formes d’oppressions : nous sommes les racialisateurs et, avec les féminazies et les enfants- tyrans, nous attendons impatiemment les homofascistes et les transdictateurs pour pouvoir fonder une chouette ligue de super- vilains.

La situation de domination étant la norme, la rébellion est toujours vécue par les dominants comme une insupportable violence, une injustice qui leur est faite.

« Le pouvoir contre lequel il est totalitaire de vouloir se rebeller » disait un vieux texte.

Blague à part, enfin non, pas blague à part, qu’est ce que je raconte…pour continuer dans l’humour noir (pardon, c’était racialiste) et tant qu’à faire dans le retournement complet de situation, autant y aller à fond.

On peut lire ce genre de commentaires sur un site libertaire [7] :

« Vous êtes bien mignons mes chatons arrivistes avec vos « races » pas si mignonnes, mais votre place est parmi les stars, dans Ce soir ou jamais, sur Acrimed, Streetpress, dans les pépinières d’entreprises anti-discrimination, le community organising, etc. Laissez nous tranquille, parvenez enfin, nous on veut faire la révolution. »

Il aurait tout de même été dommage que la modération du site ne supprime une telle information : il existerait une discrimination positive à l’embauche dans des secteurs économiques valorisés, ouverts exclusivement aux racialisateurs, tandis que, c’est bien connu, les politiciens gauchistes auraient toutes les peines du monde à se reclasser, trop occupés qu’ils sont à mourir héroïquement sur les barricades, à l’Ecole Normale Supérieure.

Cela dit, pour nos collègues racialisateurs qui auraient prit cette information au premier degré et qui prépareraient déjà leur C.V et leur lettre de motivation : calmez vous tout de suite ! On me murmure dans l’oreillette que les sources de cette information ne sont pas vérifiées : un peu de sociologie (pardon, de « post- modernisme ») sur cette question très intéressante du marché de l’emploi dans les notes de fin [8].

Maintenant qu’on a bien ri pour ne pas pleurer, revenons- en rapidement à la question de l’émergence du mot racialisateur dans les milieux libertaires.

Que ce genre de fausse polémique, foncièrement raciste, éclate, c’était inévitable ; qui dit racisme structurel dit racisme partout, y compris à la gauche de la gauche.

Si l’on ne peut pas totalement ni immédiatement agir sur la cause première, , à savoir le racisme structurel, on peut cependant essayer d’isoler quelques causes secondaires qui ont facilité la croissance de cette pseudo- polémique, à savoir l’opportunisme et l’avant- gardisme propres aux organisations idéologico- affinitaire, fussent- elles informelles, ainsi que leur homogénéité sociale.

En dehors du fait que l’émergence d’un antiracisme politique constitue une menace pour la stabilité des rapports de race au sein du gauchisme, cette émergence a aussi fait de ce sujet une thématique politique incontournable. Il faut donc s’y positionner le plus rapidement possible, quitte à donner la parole à n’importe qui, quitte à ce qu’ils disent n’importe quoi, et d’ailleurs tant mieux : plus c’est polémique et plus ça buzz.

On a donc pu voir une partie des milieux libertaires [9] se mettre à discuter le plus sérieusement du monde des racialisateurs, sur la base de textes écrits par des personnes parfaitement ignorantes du sujet, au mépris de tout le travail déjà réalisé par des personnes concernées et des antiracistes sérieux.

On surf ainsi sur l’effet de mode pour produire du bavardage dans lequel on ne dit rien parce que le but n’est pas d’élaborer une méthode, ni même de produire un contenu, mais d’occuper une place. On bavarde ainsi le plus possible pour ne rien dire du tout, ou plutôt si : on prévient les racisés qu’on possède assez de moyens de violence symbolique pour les faire taire et les faire retourner à leur invisibilité, leur exclusion et/ou leur sujétion politique.

De l’organisation d’un débat pour contester le terme d’islamophobie [10] en passant par le relais des pamphlets anti-racialistes [11] le milieu libertaire bavarde tout seul sans prendre la peine de se renseigner, et se livre plus ou moins consciemment à une petite série de provocations racistes en règle. On nous signifie par là que les choses ne vont pas se passer comme ça et qu’il n’est pas question de laisser l’antiracisme se politiser sans réagir, ou du moins tenter de prendre la place du cortège de tête.

Le problème est que ce genre de petites agressions racistes l’air de rien de la part du milieu gauchiste (racistes donc violentes) sont de nature à produire l’effet que ces milieux prétendent dénoncer : à savoir le fait que beaucoup de personnes racisées de ces milieux, ou proches de ces milieux, vont se radicaliser dans des postures identitaires.

A ce sujet, l’auto- critique n’est visiblement toujours pas autorisée : il est permis, sur les sites d’informations libertaires, de critiquer publiquement l’antisémitisme, l’antiféminisme et l’homophobie d’organisations comme le Parti des Indigènes de la République en citant le nom de cette organisation  et en la visant spécifiquement [12]. Mais lorsque des critiques du racisme ou de l’antisémitisme internes au milieu gauchiste essaient d’être publiées sur ces sites [13], curieusement, il ne faut surtout pas citer les organisations visées. Pourquoi ? Pour ne pas relayer, nous dit- on, des « embrouilles internes ». Parce que le racisme et l’antisémitisme, c’est bien connu, sont des embrouilles. On se croirait dans la célèbre scène du deuxième film OSS 117 : « La Shoah ? Ah oui : quelle histoire ça aussi ! ».

Il faut peut-être être clair : ou bien on peut mettre en cause publiquement des organisations politiques parce que ce sont des personnalités publiques et que c’est leur rôle, justement, d’intervenir en tant que telle dans le champ politique, ou bien on ne peut pas le faire. Mais pourquoi un traitement à deux vitesses ? Si ce n’est pas du copinage de milieu on ne sait pas ce que c’est, mais dans ce cas inutile d’essayer de le justifier politiquement.

Au fond, il s’agit d’une autre manière de signifier que les rapports de domination n’existent pas dans les milieux libertaires, en tout cas pas de façon concrète. Puisqu’on accepte de reconnaître le fait que ces rapports sont structurels il faut bien accepter le fait qu’ils existent aussi dans les milieux libertaires, mais dans ce cas ils n’existent pas de façon matérielle. Ils se contentent de planer au dessus de tout le monde, comme des petits démons qui frapperaient au hasard. La seule manière de les écarter est que chacun se livre au petit auto- examen quotidien de ses privilèges, et fasse sa petite déconstruction [14]. Les vrais racistes, sexistes, homophobes, antisémites sont toujours dehors. Et eux, on peut les citer. Et par là même continuer à se disculper sans cesse soi- même.

En tentant de prendre le cortège de tête sur la question raciale (comme sur toutes les autres) avec un savant mélange d’opportunisme politicien, d’ignorance, de copinage, d’avant- gardisme, et de racisme, voila comment les milieux libertaires peuvent saboter tranquillement tout le travail des antiracistes matérialistes. Travail de formation d’un antiracisme politique qui ne nierait pas la spécificité de la question raciale tout en cherchant à dégager ses intrications avec la question de classe, de sexe et toutes les autres. Mais encore faut- il élaborer cette intrication car celle- ci ne tombe visiblement pas sous le sens. Si c’était le cas cela ferait des décennies que le taux de syndicalisation serait à 90%, et les syndicats majoritairement investis par des femmes et des racisés qui en auraient la direction politique.

D’ailleurs il est assez intéressant de voir qu’aucun de ces pamphlets anti-racialisateurs ne traite ni de la question de classe ni de la question raciale : ils se content de faire jouer l’une contre l’autre. On n’est finalement pas loin du discours homophobe tenu par les anti- mariage- pour- tous qui se découvraient subitement une conscience sociale lorsqu’il s’agissait de souligner grassement que :
« Pendant qu’on parle de mariage gay on ne s’occupe pas des ouvriers de PSA et de Continental ».

On n’a, évidemment, jamais vu aucun de ces réactionnaire ouvriéristes de salon lors des manifs de soutien à PSA ou à Continental, la question de classe ne les intéressant que de façon populiste, lorsqu’elle permet d’être mise en concurrence avec d’autres luttes, en l’occurrence celle contre l’homophobie. Pour l’esprit de convergence des luttes on repassera donc.

Entre la gauche libertaire et le prolétariat colonial il y a comme une relation d‘amour/haine étrange qui s’explique notamment du fait que la racialisation de la force de travail remet en question un certain nombre de fantasmes et de postures d’identifications populaires des militants.

Le prolétariat est une réalité segmentée, y compris par des coupes transversales à la classe : se déclasser, se mettre au RSA, ouvrir un squat, s’acheter un jogging, se mettre au graffiti et se faire des tatouages ne suffisent donc pas à vous transformer en ce lumpen viril que vous rêvez d’être.

Vous n’êtes pas, et vous ne serez jamais, un jeune de banlieue. Ouvrir un squat dans un quartier populaire en voie de gentrification pour y monopoliser l’espace politique en déclarant qu’il s’agit de VOS quartiers (vos parents sont dans l’immobilier ?) n’y changera rien. Jamais.

Du fantasme à la déception, et de la déception à la haine de l’objet de son fantasme il n’y a qu’un pas à chaque fois : après avoir été promus, quelques années après les émeutes de 2005, nouveaux sujets révolutionnaires du fait de leurs stigmates sociaux et raciaux (pauvres, virils et sauvages) nos jeunes- de- banlieues se font désormais taxer d’être les nouveaux sujets fascistes. Voila qui leur apprendra à refuser les avances qui leur avaient été faites si gentiment. Pour qui ils se prennent aussi ? On a  tout fait pour eux, vous m’entendez ? TOUT !

La question raciale reste une question irréductible, toute tentative de la diluer a été un échec, y compris avec l’antifascisme, qui constitue un grossier avatar de la réponse sociale- démocrate : dissoudre la spécificité des oppressions dans un fourre- tout qui permet leur mise sous tutelle par les groupes dominants.

Mais cette question revient sans cesse : au sein du prolétariat issu de l’immigration colonial c’est toujours de racisme dont on parle. Pas de fascisme : de racisme. Ni le moralisme anarchiste, ni le marxisme orthodoxe, ni l’universalisme social-démocrate, ni l’antifascisme qui est son avatar jeune et gauchiste, ne sont parvenus à étouffer l’irréductibilité de la question raciale.

Ca ne veut pas dire que la question raciale existe hors de l’horizon du capitalisme, ça signifie simplement que son intrication avec le capitalisme est une intrication spécifique : elle doit d’abord être démêlée, décortiquée, analysée en elle-même.

Il serait peut-être temps d’accepter enfin de politiser cette lutte dans sa spécificité parce qu’on ne comblera pas le fossé entre la gauche et le prolétariat colonial en niant l’existence de ce fossé, on ne fera que continuer de le creuser.

Pour que la convergence des luttes puisse opérer, il faut visiblement (et c’est logique) qu’elle se fasse à partir d’un point de départ matériel, pas d’un principe abstrait.

Ce point de départ matériel, ou plutôt ces points de départ matériels, ce sont les différentes formes de dominations spécifiques, et leurs intrications respectives : si l’on veut poser une passerelle il faut qu’elle repose sur du concret à chacune de ses extrémités, il ne sert à rien de la balancer dans le vide en proclamant qu’elle doit tenir quand même.

———-

NOTES

———-

[1] Alain Soral. Abécédaire de la bêtise ambiante. Banlieue.

[2] https://mignonchatonblog.wordpress.com/2016/07/23/lantiracisme-idealiste/

[3] A ce sujet voire notre premier article https://mignonchatonblog.wordpress.com/2016/07/23/pouvoir-domination-oppression/

[4] https://mignonchatonblog.wordpress.com/2016/07/23/lantiracisme-idealiste/

[5] https://mignonchatonblog.wordpress.com/2016/08/04/cest-toujours-les-memes/

[6] http://alainjakubowicz.fr/index.php/2016/08/24/camp-dete-decolonial-rosa-parks-doit-se-retourner-dans-sa-tombe/

[7] https://nantes.indymedia.org/articles/35456

[8] Adrea Rea. Maryse Triper. Sociologie de l’immigration. (Editions la Découverte. Collection Repères). 2003. Mirna Safi. Les inégalités ethno- raciales. (Editions la Découverte. Collection Repères). 2013.

[9] Les Hiboux & Le Glock. Tiens, ça glisse ! Pamphlet ponctuel. Assemblée en mixité révolutionnaire. Jusqu’ici tout va bien ? Pamphlet ponctuel

[10] Organisé le 13 juin 2016 à 19h30 au local Le Rémouleur.

[11] https://badkids.noblogs.org/post/2016/07/21/jusquici-tout-va-bien/
https://mars-infos.org/tiens-ca-glisse-ou-comment-a-trop-322

[12] https://paris-luttes.info/pour-une-approche-materialiste-de-3512

[13] http://nopasaran.samizdat.net/IMG/pdf/lcqv_1_.pdf

[14] Sur le contenu tendanciellement moraliste et dépolitisant de ces deux termes voir nos articles :
https://mignonchatonblog.wordpress.com/2016/07/23/post-modernisme-contre-universalisme-un-faux-debat/
https://mignonchatonblog.wordpress.com/2016/07/23/vous-avez-dit-privilege/


je ne sais pas s'il faut en finir avec le terme "racialisateur", car je pense que les authentiques racialisateurs sont du côté du capital et de l'État. Ceux qui les épargnent, pour critiquer ceux qui se défendent du racisme comme étant "racialisateurs" ou "entrepreneurs en racisation", posent effectivement un problème : pour qui roulent-ils ?

à l'inverse, suivant sur Twitter les abonnés et abonnements des fournisseurs en dénonciation du racisme, on finit par tous les connaître, et ça tourne entre soi par centaines et milliers de twits, dont pas 1% n'aborde l'exploitation capitaliste...

alors quand Chaton affirme : « Il serait peut-être temps d’accepter enfin de politiser cette lutte dans sa spécificité », les deux termes me posent question :

- « politiser » (c'est le terme du PIR, du FUIQP, et de certains mouvements (pétition Fassin, Delphy...) : "politiser l'antiracisme", et cela renvoie à une stratégie politique, sur le terrain de la démocratie politique

- quelle serait la « spécificité de cette lutte » (antiraciste) si elle n'était pas ancrée dans les causes du racisme, du racialisme et de la racialisation et les moyens de les dépasser ?

un problème se pose effectivement du côté de ceux qui conçoivent la lutte communiste (ou anarchiste, ici c'est pareil) à juste titre comme anti-citoyenniste (post-ultragauche, communisateurs...), parce que les avoir sans cesse dans les pattes avec des arguments dignes de Clavreul ou Soral, c'est grave lourd... Mais combien de divisions peuvent-ils aligner dans les luttes ? Comptent-ils ailleurs que sur leurs blogs ? Ils ne sont tout simplement pas crédibles d'un point de vue anarchiste ou communiste

qu'on le veuille ou non, on n'en finira pas plus avec la "racialisation" qu'avec le racisme par des luttes spécifiques "politisées" à la manière des partis politiques. Plus important, le racisme subi par les prolétaires racialisés (une race sociale au-delà de la couleur de peau) les pousse inéluctablement à se battre, ce qu'ils font toujours prioritairement sur le terrain social, elles et eux de plus en plus sans dieux ni maîtres (à rendre jaloux les blogueurs "libertaires"  scratch )

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Ven 2 Sep - 15:43


conversation avec Corinne Cerise, sur un point qui me paraît obscur dans sa formulation synthétique proposée ICI, 2 septembre 11:26


"races", religions, et dépassement du caractère transclassiste de ces identités

Corinne Cerise a écrit:
Oui, certes vous avez raison, mais ce que nous avons de plus proche, qui nous concerne directement est ce que nous vivons sur place (en France). Et il nous faut faire avec. Je comprends bien votre double moulinet luttes décoloniales / déclin du capitalisme globalisé occidental. Je comprends - et partage - votre critique du PIR. Mais ceci dit, en France ce sont bel et bien les "arabes" les "musulmans", qui sont sujets révolutionnaires pour eux-mêmes. Aux USA, c'est Black Lives Matter. En Amérique du Sud ce sont aujourd'hui par exemple les sans-terre. En Afrique c'est tout le continent qui vit encore et toujours sous l'emprise du néo-colonialisme. En Inde ce sont à nouveau les musulmans et/ou les sikhs, etc. Et chaque dominé-e fait ce qu'il/elle peut avec cette sale merde qui lui colle à la peau tous les jours. (les hommes sont toujours partis d'eux mêmes, etc. refrain connu)

d'abord je ne pense pas qu'on puisse être révolutionnaire en tant qu'arabe, musulman, noir... c'est-à-dire en tant que "racisé", dans la mesure ou demeure dans cette posture :

- d'une part un déplacement de la dominante vers la question religieuse ou raciale (ce qui se conçoit mais n'a pas à être justifié par la théorie communiste, serait-elle décoloniale)

- d'autre part du fait de la nature transclassiste, ou aclassiste, de ces mouvements, et de leur forte composante de couches moyennes, du moins pour Black Live Matter, ou en France de la Marche de la Dignité, dont étaient singulièrement absents (j'y étais et cela m'a sauté aux yeux) les prolétaires racialisés des quartiers populaires

ensuite, replaçons la formule de Marx dans son contexte de l'Idéologie allemande, 1845 : Feuerbach / Opposition de la conception matérialiste et idéaliste C. Communisme production d'échanges lui-même


Marx a écrit:
Les individus sont toujours partis d'eux-mêmes, naturellement pas de l'individu "pur" au sens des idéologues, mais d'eux-mêmes dans le cadre de leurs conditions et de leurs rapports historiques donnés. Mais il apparaît au cours du développement historique, et précisément par l'indépendance qu'acquièrent les rapports sociaux, fruit inévitable de la division du travail, qu'il y a une différence entre la vie de chaque individu, dans la mesure où elle est personnelle, et sa vie dans la mesure où elle est subordonnée à une branche quelconque du travail et aux conditions inhérentes à cette branche. [on pourrait ici ajouter la vie subordonnée à l'appartenance à une nation, une ethnie, une "race", un genre sexuel, etc.]

ce texte est avant la lettre une critique de toute approche trans- ou aclassiste

il faut prendre garde à ne pas confondre une nature révolutionnaire qui serait intrinsèque à telles luttes sous telles identités dominés (racisés, femmes...) ou exploitée (car cela vaut aussi pour le prolétariat défendant son identité ouvrière), avec la notion que j'avance de dépassements à produire d'identités de luttes sur la base de l'existence assignée par le capital, l'Etat, l'idéologie eurocentriste occidentale de ces identités

dans le passage précédent celui plus haut, Marx écrit


Citation :
Si l'on considère, du point de vue philosophique, le développement des individus dans les conditions d'existence commune des ordres et des classes qui se succèdent historiquement et dans les représentations générales qui leur sont imposées de ce fait, on peut, il est vrai, s'imaginer facilement que le genre ou l'homme se sont développés dans ces individus ou qu'ils ont développé l'homme; vision imaginaire qui donne de rudes camouflets à l'histoire. On peut alors comprendre ces différents ordres et différentes classes comme des spécifications de l'expression générale, comme des subdivisions du genre, comme des phases de développement de l'homme.

Cette subordination des individus à des classes déterminées ne peut être abolie tant qu'il ne s'est pas formé une classe qui n'a plus à faire prévaloir un intérêt de classe particulier contre la classe dominante.


comment, aujourd'hui ou demain, les individus dominé et exploités se formeront en classe de la révolution (communisation), c'est une question essentielle, que j'ai abordée sous l'angle de la subjectivation révolutionnaire dans et par leurs luttes, à condition qu'elles produisent ce dépassement de leurs identités, et ne s'y figent pas, en communautarisme voire en essentialisation de cette particularité, comme "racisé", comme "croyant", comme "femme", etc.

pour revenir à ces mouvements, qualifions-les simplement d'antiracistes, et relevons que tant Black Lives Matter et ses reproductions en Europe (Grande Bretagne, Belgique, Allemagne, France...) que la Marche de la dignité regroupent ou ont regroupé aussi une forte minorité de "Blanc.he.s" pas nécessairement membres des organisations politiques qui y avaient appelé (en France NPA, Ensemble...)

je laisse à Marx le soin de conclure, provisoirement, avec le passage qui précède ceux cités. Je souligne en gras


Marx a écrit:
Il découle de tout le développement historique jusqu'à nos jours que les rapports collectifs dans lesquels entrent les individus d'une classe et qui étaient toujours conditionnés par leurs intérêts communs vis-à-vis d'un tiers, furent toujours une communauté [!] qui englobait ces individus uniquement en tant qu'individus moyens, dans la mesure où ils vivaient dans les conditions d'existence de leur classe; c'était donc là, en somme, des rapports auxquels ils participaient non pas en tant qu'individus, mais en tant que membres d'une classe.

Par contre, dans la communauté des prolétaires révolutionnaires qui mettent sous leur contrôle toutes leurs propres conditions d'existence et celles de tous les membres de la société, c'est l'inverse qui se produit : les individus y participent en tant qu'individus. Et, (bien entendu à condition que l'association des individus s'opère dans le cadre des forces productives qu'on suppose maintenant développées), c'est cette réunion qui met les conditions du libre développement des individus et de leur mouvement sous son contrôle, tandis qu'elles avaient été jusque là livrées au hasard et avaient adopté une existence autonome vis-à-vis des individus, précisément du fait de leur séparation en tant qu'individus et de leur union nécessaire, impliquée par la division du travail, mais devenue, du fait de leur séparation en tant qu'individus, un lien qui leur était étranger.

L'association connue jusqu'ici n'était nullement l'union volontaire (que l'on nous représente par exemple dans Le Contrat social [73]), mais une union nécessaire, sur la base des conditions à l'intérieur desquelles les individus jouissaient de la contingence (comparer, par exemple, la formation de l'État de l'Amérique du Nord et les républiques de l'Amérique du Sud). Ce droit de pouvoir jouir en toute tranquillité de la contingence à l'intérieur de certaines conditions, c'est ce qu'on appelait jusqu'à présent la liberté personnelle. — Ces conditions d'existence ne sont naturellement que les forces productives et les modes d'échanges de chaque période.


la chute serait à élargir serait à élargir en le prenant l'économie politique comme structure à dominante sur la base de l'exploitation capitaliste, mais quelle prescience et quelle modernité, ce texte !

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Ven 9 Sep - 3:28



IRA France source photo M. Zahaf - 08/09/2016

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mer 21 Sep - 14:14


What About Racism?

by Keeanga-Yamahtta Jacobin Magazine

Socialists think that the struggle against racism is central to undoing the ruling class’s power


Illustration by Phil Wrigglesworth / Jacobin

This essay appears in The ABCs of Socialism. View the release page for the book and buy a print copy today.

Citation :
For more than a year, the Black Lives Matter movement has gripped the United States. The movement’s central slogan is a simple, declarative recognition of black humanity in a society that is wracked by economic and social inequality disproportionately experienced by African Americans.

The movement is relatively new, but the racism that spawned it is not. By every barometer in American society — health care, education, employment, poverty — African Americans are worse off.

Elected officials from across the political spectrum often blame these disparities on an absence of “personal responsibility” or view them as a cultural phenomenon particular to African Americans.

In reality, racial inequality has been largely produced by government policy and private institutions that not only impoverish African Americans but also demonize and criminalize them.

Yet racism is not simply a product of errant public policy or even the individual attitudes of racist white people — and understanding the roots of racism in American society is critical for eradicating it.

Crafting better public policy and banning discriminatory behavior by individuals or institutions won’t do the job. And while there is a serious need for government action barring practices that harm entire groups of people, these strategies fail to grasp the scale and depth of racial inequality in the United States.

To understand why the United States seems so resistant to racial equality, we have to look beyond the actions of elected officials or even those who prosper from racial discrimination in the private sector. We have to look at the way American society is organized under capitalism.

The Basic Division

Capitalism is an economic system based on the exploitation of the many by the few. Because of the gross inequality it produces, capitalism relies on various political, social, and ideological tools to rationalize that inequality while simultaneously dividing the majority, who have every interest in uniting to resist it.

How does the one percent maintain its disproportionate control of the wealth and resources in American society? By a process of divide and rule.

Racism is only one among many oppressions intended to serve this purpose. For example, American racism developed as a justification for the enslavement of Africans at a time when the world was celebrating the concepts of liberty, freedom, and self-determination.

The dehumanization and subjection of black people had to be rationalized in this moment of new political possibilities. But the central objective was preserving the institution of slavery and the enormous riches that it produced.

As Marx recognized:


Citation :
Direct slavery is just as much the pivot of bourgeois industry as machinery, credits, etc. Without slavery you have no cotton; without cotton you have no modern industry. It is slavery that has given the colonies their value; it is the colonies that have created world trade, and it is world trade that is the pre-condition of large-scale industry. Thus slavery is an economic category of the greatest importance.


Marx also identified the centrality of African slave labor to the genesis of capitalism when he wrote that


Citation :
the discovery of gold and silver in America, the extirpation, enslavement and entombment in mines of the aboriginal population, the beginning of the conquest and looting of the East Indies, the turning of Africa into a warren for the commercial hunting of Black skins, signalized the rosy dawn of the era of capitalist production.


The labor needs of capital alone could explain how racism functioned under capitalism. The literal dehumanization of Africans for the sake of labor was used to justify their harsh treatment and their debased status in the United States.

This dehumanization did not simply end when slavery was abolished; instead, the mark of inferiority branded onto black skin carried over into Emancipation and laid the basis for the second-class citizenship African Americans experienced for close to a hundred years after slavery.

The debasement of blacks also made African Americans more vulnerable to economic coercion and manipulation — not just “anti-blackness.” Coercion and manipulation were rooted in the evolving economic demands of capital, but their impact rippled far beyond the economic realm. Black people were stripped of their right to vote, subjected to wanton violence, and locked into menial and poorly paid labor. This was the political economy of American racism.

There was another consequence of racism and the marking of blacks. African Americans were so thoroughly banished from political, civil, and social life that it was virtually impossible for the vast majority of poor and working-class whites to even conceive of uniting with blacks to challenge the rule and authority of the ruling white clique.

Marx recognized this basic division within the working class when he observed, “In the United States of America, every independent movement of the workers was paralyzed as long as slavery disfigured a part of the Republic. Labor cannot emancipate itself in the white skin where in the Black it is branded.”

Marx grasped the modern dynamics of racism as the means by which workers who had common objective interests could also become mortal enemies because of subjective — but nevertheless real — racist and nationalist ideas. Looking at the tensions between Irish and English workers, Marx wrote:


Citation :
Every industrial and commercial center in England possesses a working class divided into two hostile camps, English proletarians and Irish proletarians.

The ordinary English worker hates the Irish worker as a competitor who lowers his standard of life. In relation to the Irish worker he feels himself a member of the ruling nation and so turns himself into a tool of the aristocrats and capitalists of his country against Ireland.

This antagonism is artificially kept alive and intensified by the press, the pulpit, the comic papers, in short by all the means at the disposal of the ruling classes. This antagonism is the secret of the impotence of the English working class, despite its organization. It is the secret by which the capitalist maintains its power. And that class is fully aware of it.


For socialists in the United States, recognizing the centrality of racism in dividing the class that has the actual power to undo capitalism has typically meant that socialists have been heavily involved in campaigns and social movements to end racism.

But within the socialist tradition, many have also argued that because African Americans and most other nonwhites are disproportionately poor and working class, campaigns aimed at ending economic inequality alone would stop their oppression.

This stance ignores how racism constitutes its own basis for oppression for nonwhite people. Ordinary blacks and other nonwhite minorities are oppressed not only because of their poverty, but also because of their racial or ethnic identities.

There is also no direct correlation between economic expansion or improved economic conditions and a decrease in racial inequality. In reality, racial discrimination often prevents African Americans and others from fully accessing the fruits of economic expansion.

After all, the black insurgency of the 1960s coincided with the robust and thriving economy of the 1960s — black people were rebelling because they were locked out of American affluence.

Looking at racism as only a byproduct of economic inequality ignores the ways that racism exists as an independent force that wreaks havoc in the lives of all African Americans.

The struggle against racism regularly intersects with struggles for economic equality, but racism does not only express itself over economic questions. Antiracist struggles also take place in response to the social crises black communities experience, including struggles against racial profiling, police brutality, housing, health care, educational inequality, and mass incarceration and other aspects of the “criminal justice” system.

These fights against racial inequality are critical, both for improving the lives of African Americans and other racial and ethnic minorities in the here-and-now; and for demonstrating to ordinary white people the destructive impact of racism in the lives of nonwhite people.

Winning ordinary whites to an antiracist program is a key component in building a genuine, unified mass movement capable of challenging capital. Unity cannot be achieved by suggesting that black people should downplay the role of racism in our society so as not to alienate whites — while only focusing on the “more important” struggle against economic inequality.

This is why multiracial groupings of socialists have always participated in struggles against racism. This was particularly true throughout the twentieth century, as African Americans became a more urban population in constant conflict and competition with native-born and immigrant whites over jobs, housing, and schools.

Violent conflict between working-class blacks and whites underlined the extent to which racial division destroyed the bonds of solidarity necessary to collectively challenge employers, landlords, and elected officials.

Socialists played key roles in campaigns against lynching and racism in the criminal justice system, like the Scottsboro Boys campaign in the 1930s, when nine African-American youths were accused of raping two white women in Scottsboro, Alabama.

The liberal National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) had been reluctant to take the case, but the Scottsboro trials became a priority for the Communist Party and its affiliated International Legal Defense.

One part of the campaign involved touring the mothers of the boys around the country and then around the world to draw attention and support to their case. Ada Wright — mother to two of the boys — traveled to sixteen countries in six months in 1932 to tell her son’s story.

Because she was traveling with known Communists, she was often barred from speaking. In Czechoslovakia she was accused of being a Communist and jailed for three days before being expelled from the country.

Socialists were also involved in unionization drives among African Americans and were central to civil rights campaigns in the North, South, and West for African Americans and other oppressed minorities.

This engagement explains why many African Americans gravitated toward socialist politics over the course of their lives — socialists had always articulated a vision of society that could guarantee genuine black freedom.

By the late 1960s, even figures like Martin Luther King Jr were describing a kind of socialist vision of the future. In a 1966 presentation to a gathering of his organization, the Southern Christian Leadership Conference, King commented:


Citation :
We must honestly face the fact that the movement must address itself to the question of restructuring the whole of American society. There are forty million poor people here. And one day we must ask the question, “Why are there forty million poor people in America?” And when you begin to ask that question, you are raising questions about the economic system, about a broader distribution of wealth. When you ask that question, you begin to question the capitalistic economy . . .

“Who owns the oil?” You begin to ask the question, “Who owns the iron ore?” You begin to ask the question, “Why is it that people have to pay water bills in a world that is two-thirds water?” These are questions that must be asked.


As movements continued to radicalize, groups like the Black Panthers and the League of Revolutionary Black Workers followed in the tradition of Malcolm X when they linked black oppression directly to capitalism.

The Panthers and the League went further than Malcolm by attempting to build socialist organizations for the specific purpose of organizing working-class blacks to fight for a socialist future.

Today the challenge for socialists is no different: being centrally involved in the struggles against racism while also fighting for a better world based on human need, not profit.


Keeanga-Yamahtta Taylor is an assistant professor in Princeton University's Center for African American Studies and the author of From #BlackLivesMatter to Black Liberation


mars 2016

Citation :
The eruption of mass protests in the wake of the police murders of Michael Brown in Ferguson, Missouri and Eric Garner in New York City have challenged the impunity with which officers of the law carry out violence against Black people and punctured the illusion of a postracial America. The Black Lives Matter movement has awakened a new generation of activists.

In this stirring and insightful analysis, activist and scholar Keeanga-Yamahtta Taylor surveys the historical and contemporary ravages of racism and persistence of structural inequality such as mass incarceration and Black unemployment. In this context, she argues that this new struggle against police violence holds the potential to reignite a broader push for Black liberation.


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 13 Nov - 21:11

un texte qui me paraît excellent et dont il serait bien d'avoir la traduction


Black representation after Ferguson

John Clegg 'The Brooklyn Rail', May 3rd, 2016


Photo: A Jones. Used under (CC BY-ND 2.0). Desaturated from the original.

John Clegg, of the 'Endnotes' collevtive, examines the state of black politics in the US.


Citation :
Up until the crisis of 2008, racial inequality in the United States was showing signs of improvement. Poverty and unemployment among blacks had fallen sharply in the 1990s, and the wages of black and white workers had begun to converge. These improvements were stopped short by the recession of the early 2000s, but thereafter a boom in subprime lending led to a significant reduction in the wealth gap between black and white households. The popping of the housing bubble threw all these measures into reverse. While most Americans suffered, black Americans were particularly badly affected. In the eight years since the crisis, racial disparities in wealth, poverty, and unemployment returned to or exceeded their pre-1990s levels. It should thus come as no surprise that riots have also made a comeback in recent years.

The triggers were a series of police killings of young black men: Eric Garner, Mike Brown, Freddie Gray. Such events have not become more frequent. Rather, an already existing reign of police terror was the American state’s only means of managing a rapidly deteriorating set of conditions in poor black neighborhoods. Ferguson was a revolt not only against the police, but also against a society which has nothing but police to offer.1

When black proletarians riot, white Americans tend to cast around for an eloquent spokesperson who can either assuage their fear or indulge their guilt. The old Civil Rights leaders were too out of touch in this case, so journalists combed the twitter feeds of protesters for substitutes. Those willing to play the role of spokespersons have been fêted by the media, with cover stories in Ebony, Time and the New York Times Magazine. Some were even featured in Fortune’s 2016 “World’s 50 Greatest Leaders” list. They have received regular invitations to the White House, and Democratic presidential candidates have coveted their endorsement. Yet journalists have also shown a prurient interest in the periodic clashes, both personal and political, among the newly celebrated activists.

All this media attention, however, both positive and negative, owes its existence not to the activists themselves, but to the fact that thousands took to the streets and attacked police and property in Ferguson and Baltimore. Though some activists began organizing prior to Ferguson—in response to the deaths of Trayvon Martin, Jordan Davis, and Renisha McBride—their actions had met with the same lip-service that typically greets protests against police brutality in this country. Officer Wilson’s murder of Mike Brown in Ferguson, following quickly on Eric Garner’s live-action death at the hands of the NYPD, was a watershed, sparking a week-long uprising in a suburban town far from the bi-coastal activist hubs. Baltimore, with protests closer in form to the “inner city riots” of the 1960s, consolidated this newfound vigor, demonstrating the willingness of poor blacks to rise up against a local black elite. The question partisans of this movement must ask is to what extent the new activists can help or hinder the black proletarian insurgency that threw them into the spotlight.

Racism and capitalism

One reason to pose this question is that the activists in the media spotlight often don’t seem to come from the same demographic as the victims of police violence and incarceration they claim to represent. Several apparently grew up in predominantly white middle-class suburbs, and most are either students or university graduates. This, of course, doesn’t mean they aren’t subject to the humiliations at the hand of law enforcement that all black people suffer, or that they aren’t worse off in many respects than white people from comparable backgrounds. But it does mean that there are some marked differences between them and the average resident of South Ferguson or West Baltimore. For instance, over the past decades the chances of incarceration have fallen for blacks with a college education, while they have rapidly risen for the poor, both black and white.2

Black people make up a massively disproportionate share of America’s prisoners: they are 13% of the population and 37.6% of those in prison. Yet since almost all prisoners come from poor backgrounds, the disproportionate representation of poverty in prisons is even greater than that of race.3 There is no contradiction here, nor should this come as a surprise to anyone paying attention, for blackness and poverty have always been overlapping categories in America, and they remain so despite the emergence of a black middle class in recent decades. Today, over a quarter of those in the bottom quintile of the income distribution are black, and almost half of all black households are located in that bottom quintile. It would be just as absurd to think that specifically black struggles are a distraction from the more pressing issue of poverty as to think that alleviating poverty would be of little concern to “the black community.”

Such absurdities were recently, however, on full display in the heavily mediatized tensions between some Black Lives Matter activists and the Sanders campaign, conventionally interpreted as a conflict between “race-first” and “class-first” leftisms. The activists are right to be suspicious of Sanders. After all, he identifies with a tradition of the white left—Debs’s Socialist Party—that really was blind to racism. He’s also operating within a political party whose last two presidents have presided over generalized immiseration and incarceration of black people. But in promoting “black issues” as a Democratic talking-point, distinct from or even opposed to concerns about rising inequality, many activists are supporting a liberal version of anti-racism that is incapable of addressing the root causes of either racial or class inequality, but is readily compatible with the kind of neoliberal politics epitomized by Hillary Clinton.

Mais en promouvant « les questions noires » comme point focal de la démocratie, distinct ou même opposé aux préoccupations concernant la montée des inégalités, de nombreux militants soutiennent une version libérale de l’antiracisme, qui est incapable de s’attaquer aux causes profondes des inégalités qu'elles soient raciales ou de classe, mais est facilement compatible avec le genre de politiques néolibérales incarnées par Hillary Clinton

In the so-called scholarly literature, racial inequality is typically explained as the result of two forms of racism: present-day racial discrimination, and racial discrimination in the past. Examples of present day discrimination include employers who ignore job applications from people with “black-sounding names,” and cops who stop and search black people without cause, while letting others walk by. Academics debate whether these forms of discrimination are due to conscious racist beliefs on the part of cops and employers or unconscious racial bias due to distorted stereotypes, or based on so-called “statistical discrimination,” rooted in reported correlations between average levels of education, wealth, and criminality. For victims of discrimination, it doesn’t really matter what the reasons are, but there is no question that these forms of discrimination exist and contribute to racial inequality.

However, although racial discrimination undoubtedly exists today, its contribution to overall racial inequality is dwarfed by that of baked-in material inequalities established over many generations, the result of much more stringent forms of racism in the past. While present-day racism increases the risk of incarceration and makes it harder for some people to find and retain better jobs, slavery denied wealth and education to almost all black people for more than two hundred years, and Jim Crow denied them civil rights for almost another century. In the post-war period, redlining by federal and local officials further denied black people access to private housing wealth throughout the U.S. As a result, a massively disproportionate share of the black population are born into neighborhoods of concentrated poverty where the risk of ending up poor, unemployed, and incarcerated would be extremely high even if police and employers were blind to race—which of course they are not.

Most scholars and many activists would concede that historical racism is the main cause of present day racial inequality. However, in discussion of this fact the mechanism linking cause and effect is rarely specified. Concepts like “institutional racism” and “white supremacy” tend, at best, to obscure this mechanism by confusing cause and effect. At worst they imply that the only thing that could connect past racism to present racial inequality is either an illicit perpetuation of Jim Crow institutions, or a hidden conspiracy of white people. In fact, the main thing that connects past racism to present racial inequality is simply the normal functioning of capitalism.

Generally speaking, markets allocate resources not to those who need or deserve them, but to those who have them already. As a result, those who are born to poor parents tend themselves be poor. They can expect to have a worse education at every level, be less healthy, have less advantageous social connections, and be less able to draw on their parents’ money to access universities, unpaid internships, and housing wealth. These factors are exacerbated by the concentration of poverty in the neighborhoods where most black people live. Since under capitalism poverty is a heritable condition, even if racial discrimination were completely eradicated, racial inequality would persist. The common notion that in the absence of active discrimination existing inequalities (due to past racism) would be wiped out in the long run is simply false. For the last forty years, inequality in America has been rising and inter-class mobility has been falling. Under these conditions it is plausible to assume the opposite: that initial inequalities will be exacerbated over time.

Of course, to say that racial inequality would continue or worsen even if there were no present-day racism is not to deny the existence of that racism. Even if biological theories of racial inferiority are rarer than in the past, racial discrimination is still ubiquitous. But the causal relationship between racial inequality and racism may today be reversed: whereas in the past it was racism—embodied in state policy and informal codes—that drove racial inequality, it may now be that racial inequality is itself one of the primary causes of racism. That is, racism today may in large part be a post hoc justification for observed racial inequalities, and one that has the potential to reinforce them.

Americans have long been enthralled by the myth of class mobility, what Du Bois called “the American assumption of equal economic opportunity for all, which persisted in the face of facts.”4 Given the widespread belief that anyone can pull themselves up by their bootstraps, Americans are particularly prone to pathologize groups who are disproportionately poor: since free markets are supposed to reward hard work, those who fail to accumulate wealth have no one but themselves to blame. In the past, Americans have reached for biological explanations for this failure, but now it is more common to appeal to a cultural aversion to work and saving, or a lack of family values. These explanations can become grounds for additional discrimination in so far as employers and cops not only treat people who come from poor, crime-ridden neighborhoods differently, but also in so far as the myth of class mobility leads those same employers and cops to expect to find irremediable characteristics among individuals in these groups.

While this feedback effect between racial inequality and racial discrimination is undoubtedly real, the impact of the resulting discrimination is most likely small when compared to the sheer weight of inherited disadvantage. Thus, while anti-discrimination and affirmative action policies may have some effect on overall disparities, and come with other benefits such as reducing the additional psychic stigma associated with race, the underlying disadvantage cannot be substantially reversed merely through policies aimed at removing or reversing discrimination. The existing wealth disparities, in a context where intergenerational wealth transfers dominate all other drivers of inequality, are simply too great. Inherited black disadvantage could only be overcome by challenging the basic workings of capitalist markets, which systematically allocate wealth to the wealthy.

In the 1960s and ’70s, many black radicals recognized capitalism’s role in reproducing black immiseration. Their anti-racism thus went hand in hand with a critique of capitalism. In some cases they sought to temper the power of markets through a program of massive redistribution—the “Marshall Plan for the ghetto” that seemed briefly on the table in the 1960s. In other cases they hoped to overthrow capitalism with a socialist or communist revolution (which they often imagined themselves leading). Yet today, when capitalism plays an even greater role in reproducing racial inequality, the most visible activists in Black Lives Matter rarely adopt an anti-capitalist stance. Even social-democratic redistribution, of the universalist kind proposed by Sanders, is sometimes criticized as a distraction from the crucial task of “changing hearts and minds” about racial bias. Why is this?

First, one of the main drivers of racism today—the myth of class mobility and the pathologization of the poor that results from it—makes it hard to see that capitalism reproduces racial inequality all by itself. Many activists may be influenced by the standard American assumption that the normal functioning of markets is to reward the industrious. Since they are anti-racist, they assume that qualities like industriousness are not disproportionately possessed by one race rather than another. They thus conclude that if it were not for racial discrimination, racial inequality would disappear. Since this thinking involves an implicit assumption that the intergenerational reproduction of class status is a peculiar condition of racialized minorities, we might call it “the myth of white mobility.”

There is some historical justification for this myth. Contemporary anti-racist thinking emerged in the 1960s and ’70s, at the tail end of a period when white mobility really was quite high. New Deal-era redistribution, the hegemony of U.S. manufacturing, and the successive Korean and Vietnam war booms all conspired to allow a large percentage of white Americans to accumulate the housing wealth that blacks were denied due to redlining. Average black incomes also began to rise towards the end of this period, but the social elevator was shut down in the 1970s, just after blacks had successfully fought to get on board. The current populist insurgencies within both parties are indicators that the dream of American uplift is now largely dead.5 Yet in retrospect, as Thomas Piketty has shown, it is the post-war mobility of white Americans that appears exceptional: the historical norm within capitalism has been for class status to be inherited.

A second reason for the limited ambitions of anti-racist activists may be more strategic: focusing on racial discrimination allows for an alliance between poor, middle class, and wealthy blacks, whereas focusing on the main cause of black poverty—lack of income mobility—threatens to divide them. To put it crudely: while wealthy people may want less income mobility, because they are afraid that they or their children will fall down, poorer people want more, because the only way is up. Middle-class activists are rarely willing to face up to such contradictions, and to gloss over them is the sine qua non of liberal anti-racism.

This is evident even in as astute an observer of the interlocking dynamics of race and class as Ta-Nehisi Coates. When he laments, for example, the inability of wealthy blacks to preserve their class status across generations, he ignores the fact that it is precisely the broader tendency towards preservation of wealth that ensures most black people stay poor in the long run.6 Coates recognizes that the principle driver of black disadvantage today is the inheritance of past racism, yet in focusing on the historical origins of racial inequality—something that can’t be changed—he passes over something which can: the market mediations that reproduce it. By restricting his critique to those forms of inherited poverty that can be traced to past racism, and by advocating inheritance of wealth for the black elite, Coates tacitly accepts the broader market forces that condemn the children of the poor to a miserable fate.

Class, Race, and Representation

In the fight for black freedom in America, it has often been necessary to forge strategic alliances across class lines, and leaders of that movement have always disproportionately come from the black elite. There is nothing necessarily wrong with this. Contrary to a myth sometimes propagated on the campus-based left, one doesn’t need to share the fate of a group in order to understand their plight and act in solidarity with them. There are also many aspects of black life that are shared across class divides, most notably the experience of racism.

It has, however, always been a mistake to view the black population as a homogenous entity or “community,” capable of singular representation. It is possible to tell the history of “racial representation” in America as one of continual misrepresentation, a story in which often self-elected—or white-delegated—“leaders,” mostly emanating from the black elite, repeatedly betray their predominantly working-class followers. Among early figures, one could cite Booker T. Washington’s active support for segregation, W.E.B. Du Bois’s elitist pathologizing of black criminality, and Marcus Garvey’s attempted alliance with the Ku Klux Klan. But such an account would overlook the real gains of the movements these people led, and the brutal constraints they often faced. It would also seem merely to invert the “great man” theory of history so often told of these figures. If people like Du Bois and Martin Luther King, Jr. were able to overcome some of their own elitist prejudices and align themselves with an increasingly mobilized black proletariat, this was due not to any particular genius on their part, but to the fact that had they failed to adapt, they would have lost their status as leaders.

This, of course, is not the case today. It’s all very well for some in the Congressional Black Caucus to apologize for their support for Clinton’s 1994 crime bill—or in Kweisi Mfume’s case, to pretend that they didn’t support it—but it is a distortion to present their support as a mistake or aberration. The majority of CBC members have voted in favor of every major federal crime bill that contributed to mass incarceration, including the Anti-Drug Abuse Act of 1986 that introduced the 100-to-1 crack/cocaine sentencing disparity. If they had been accountable to the predominantly black victims of these policies, they would have been thrown out of office. The fact that they weren’t is partly a symptom of the decline of grassroots black activism, but it also reflects a profound transformation in the political and class composition of the black population, a result of the limited successes of the civil rights movement.

Cedric Johnson’s crucial study of black leadership, Revolutionaries to Race Leaders, shows that entry into federal, state, and local legislatures in the 1970s—largely an effect of civil rights victories—coincided with a shift in strategic outlook across the spectrum of black politics.7 On the “black power” left, those leaders who were not eliminated by FBI repression increasingly abandoned anti-capitalism in return for a promise of local political autonomy that satisfied their nationalist ambitions. Meanwhile, the civil rights center shifted towards anti-racist liberalism, gradually exchanging demands for social-democratic redistribution in favor of the black poor for affirmative action programs that focused on middle-class professionals, ensuring “black faces in high places.” Johnson understands this rallying of black political leaders around a politics of “elite brokerage” and “race management” as an effect of several factors: the pre-existing limits of ethnic politics (in both its nationalist and liberal varieties); the rightward turn of American politics in general; the incorporation of radicals into the institutions of the American state, initially via Great Society programs, and later via Democratic political machines. But the neoliberal drift of black politics also corresponded to shifts in the population that these leaders claimed to represent.

Possibly the most durable impact of civil rights legislation was the opportunity to move out of the ghetto that laws against residential discrimination gave to those blacks who could afford it. The black elite had previously been forced to live alongside the poor, and in this and other respects was forced to share their fate. Now they could leave, and they did so in great numbers. In 1970, roughly two thirds of the black middle class lived in predominantly poor inner city neighborhoods. Today the same share lives in predominantly white suburbs. They constitute a professional and managerial class: senior civil servants, doctors, and lawyers; a few managers and entrepreneurs. While relatively small, this new suburban black elite quickly became a vocal political constituency, often entering legislatures on the back of voting-rights victories. It also increasingly distinguished itself—culturally, politically, and economically—from the black poor.

Two important and somewhat contrary facts must be kept in mind when discussing this new black elite. Firstly, they constitute an elite only relative to the extreme and concentrated poverty of the black inner city. They tend to do significantly worse than their white neighbors, especially with respect to wealth, and like all black people they experience racism. Secondly, and despite this, they are in a relative sense more of an elite than the white equivalent, since black wealth in America is far more concentrated than white, and the income gap between top and bottom far greater.8 Thus while it is true, as Coates emphasizes, that downward movements along the income spectrum are more common among black than white elites, it is also true that they have more to lose. It is the growing tension between racial unity and class divergence that besets black political representation today.

The rise of the new black middle class over the last four decades, and its disproportionate impact on black politics, is inseparable from the shifts analyzed by Johnson. Support by black elected officials for punitive carceral policy, for example, is not only an effect of the incorporation and decline of grassroots black activism; it also reflects an increasing divergence of material interests. Although he downplays it in his recent memoir, this was something Coates was acutely aware of when he first wrote about the murder of his friend Prince Jones by a black police officer. At the time, Coates described the officer’s employer, Prince George’s County, Maryland, as “black America’s power base, the largest concentration of the black middle class in the country.” According to Coates:

“Usually, police brutality is framed as a racial issue: Rodney King suffering at the hands of a racist white Los Angeles Police Department or more recently, an unarmed Timothy Thomas, gunned down by a white Cincinnati cop. But in more and more communities, the police doing the brutalizing are African Americans, supervised by African-American police chiefs, and answerable to African-American mayors and city councils.”9

In trying to explain why so few people in P.G. County showed up to a Sharpton-led march in the wake of the Jones shooting, Coates pointed out that “affluent black residents are just as likely as white ones to think the victims of police brutality have it coming.”10

We might add that their political representatives are apt to combine neoliberal politics—Cory Booker of Newark is the outstanding example—with what Johnson calls “race management.” To see how the politics of “race management” play out at the local level we need only compare Ferguson with Baltimore. In Baltimore, where an existing black political elite dominated most aspects of local government, the uprising was quelled in a matter of days, leaving nothing but an eerie silence in its wake (interrupted only by moral panics about rising crime rates). In Ferguson, where there was only a minimal infrastructure of black political representation, the initial week-long uprising was repeated several times, each time politicizing new swaths of black youth, turning the small and hitherto obscure town into a national center for the new activism. Because of Ferguson’s distance from the black political establishment, younger activists there were able to directly challenge the old guard, many of them veterans of the civil rights movement, and prevent them from claiming leadership. Jesse Jackson was booed in Ferguson when he took the opportunity to ask for donations ​to​ his church, and Al Sharpton was condemned for using his speech at Michael Brown’s funeral to excoriate black youth and their “sagging pants.”

But what was being displaced was not merely a generation. Unlike the Civil Rights old guard, who were often brought up with expectations of “race leadership,” for the children of the new black middle class activism has become a professional option. Traditional civil service jobs and voluntary work have been replaced by career opportunities in a non-profit sector. Before he became the face of the new activism, DeRay McKesson, for example, had been an ambassador for Teach for America (TFA), an organization that recruits elite college graduates to spend two years teaching in poor inner-city schools, often as part of a strategy to promote charter schools and bust teachers’ unions. In general, “community organizing” nonprofits are often funded by large foundations such as Ford, Rockefeller, and Open Society. An integral aspect of the privatization of the American welfare state, they can also function as “astroturf” for Democratic politicians and lobbying groups like TFA. Thus, as activists from around the country flooded into Ferguson, so too did non-profit dollars to recruit them.

White Allies and Black Cops

“White people,” DeRay McKesson recently joked to a New York Times journalist, “like hearing about black people in pain.” McKesson, who is currently running for mayor of Baltimore, was explaining one of his campaign slogans—“Baltimore is a city in recovery”—in which he linked the city’s fate to his own story as a child of drug addicts. Given his background in the charter school movement, and the Wall Street money behind his campaign, the “recovery” that DeRay envisages is likely to have something in common with the one neoliberal mayor Nagin offered New Orleans after Katrina: closure or privatization of most public schools and public housing. As his critics point out, DeRay is not really a movement leader; he represents no-one but himself; and—as the Times emphasizes—there is no way he’s going to become mayor of Baltimore. But his joke rings true, and it evokes some of the perils of the new activism.

In 2015 the new activists presented a formidable challenge to the existing black political elite in this country. They have perhaps been given another opening by that elite’s recent kowtowing to Hillary Clinton, in whose victories we witness a perverse alliance of “black power” and the power of capital. The activists who have come together under the heading “Black Lives Matter” form a diverse eco-system, and many are highly critical of self- or media-designated leaders. For instance, Black Youth Project 100 and Project South represent an anti-capitalist wing of the movement that has rejected McKesson’s neoliberal politics. But, with few exceptions, the activists that have received media attention have restricted themselves to a liberal anti-racism that remains popular among students and Democratic politicians, but has seemingly little to offer to an increasingly immiserated black working class.

Take, for example, the Black Lives Matter Network, founded by Alicia Garza, Opal Tometi, and Patrisse Khan-Cullors. Garza’s oft-quoted claim to have invented the slogan “black lives matter” in August 2013 is almost certainly false, for the hashtag can be found on Twitter over a year earlier.11 Despite the conflicts that such proprietary claims have sometimes generated, the network has succeeded in expanding, and has managed to successfully rebuff the predatory advances of the Democratic machine. However, their often vague press releases manage to combine the touchy-feely language of campus-based identity politics with the arid prose of non-profit grant applications. They seek to “change the conversation” and “build and nurture a beloved community,” but to do this by “creat[ing] the infrastructure for this movement project—moving the hashtag from social media to the streets.”12

Specific goals are rarely identified, but given Garza’s professed skepticism of official party politics, her summary of the movement’s successes reveals a surprising degree of faith in these institutions:

If it wasn’t for this movement, we wouldn’t have presidential candidates talking about whether black lives matter. We wouldn’t talk about presidential candidates having platforms on racial justice and criminal justice. We wouldn’t have 40 new laws passed in 26 states in a period of one year around criminal justice. We wouldn’t even have bipartisan criminal justice reform happening at the federal government. We wouldn’t have the Congressional Black Caucus taking on, as a priority, criminal justice reform.13

Garza doesn’t give us any details about these reforms, but the other main group to receive media attention—Campaign Zero, founded by (among others) Johnetta Elzie, DeRay McKesson, and Brittany Packnett—are less shy about specifying their “victories.” The reforms that have passed are typically technical or procedural: body cams, racial bias awareness trainings, limitations on acquisitions of surplus military hardware, and independent (non-criminal) investigations into police shootings. Such policies are unlikely to have any effect on the extent of police brutality or incarceration. The more ambitious proposals, backed by the Congressional Black Caucus and the NAACP, include revising police guidelines to restrict use of force and racial profiling. These may turn out to be more effective (though they depend on the willingness of police, prosecutors, and judges to implement them), but an online policy platform backed by a twitter celebrity is unlikely to convince politicians to pass such laws over the staunch opposition of police unions, at least without more riots.

Campaign Zero’s remaining policy proposals come down to the three C’s: “community oversight,” “community representation,” and “community policing.” That is: more black elected officials, more black police, and more black police informants. It’s not hard to see why the black political elite would support such measures. But the new activists should know better. Baltimore, where DeRay is from and where the riots were the fiercest, has long been a testing ground for such policies. Thus the true meaning of these reforms are to be found, not in DeRay’s vision of the future of Baltimore, but rather in its present misery: a “new Jim Crow” with black faces in white places.14 However, the black working class doesn’t need the example of Baltimore to demonstrate that more black cops would mean more of the same. James Baldwin, reflecting on his time growing up in Harlem in the 1930s, demonstrates that it was already common knowledge back then:

The poor, of whatever color, do not trust the law and certainly have no reason to, and God knows we didn’t. “If you must call a cop,” we said in those days, “for God’s sake, make sure it’s a white one.” We did not feel that the cops were protecting us, for we knew too much about the reasons for the kinds of crimes committed in the ghetto; but we feared black cops even more than white cops, because the black cop had to work so much harder—on your head—to prove to himself and his colleagues that he was not like all the other niggers.”
15

It would be premature to argue that black and white workers should simply “unite and fight.” There are few prospects of a revival of the workers’ movement in America, either within or without the sclerotic unions. Meanwhile, the war that is currently being waged in black neighborhoods, and the rise of an openly racist populism within the Republican party, show that black people don’t have the luxury of waiting for white workers to rebuild such a movement. They are forced to fight today with whatever allies they can find to curb a murderous police force and shut down the prison gulags. Black elites, economic and political, may seem like allies in this fight, but only up to a point: the point at which their own interests in social order, political patronage, and the preservation of wealth come into conflict with demands from the street. At that point the new activists will have some difficult choices to make.

Source: http://www.brooklynrail.org/2016/05/field-notes/black-representation-after-ferguson
1. For an analysis of Black Lives Matter along these lines, see “Brown v. Ferguson.” Endnotes 4 (October 2015).
2. Western and Pettit show that in 2008 the incarceration rate for college-educated black men was six times lower than the rate for poor whites who failed to graduate high school. Bruce Western & Becky Pettit, “Incarceration and Social Inequality.” Dædalus (Summer 2010), 8-19.
3. Poverty statistics are not readily available for contemporary prison populations, but proxies like education and unemployment are. According to recent surveys, while blacks are overrepresented in the prison population by a factor of three, high school dropouts are over-represented by a factor of five, and the unemployed are over-represented by a factor of six.
4. W.E.B. Du Bois, Black Reconstruction in America. (New York: Harcourt. 1935), 585.
5. Clinton’s successes among older black voters suggests that traditional black politics is the one area where the American fantasy of social uplift still has some traction. This may be in part because the Civil Rights movement they lived through appeared actually to offer this. For the rest of the population, and especially for young working class blacks, a Clinton victory will depend not on convincing people that “America is already great”, but that Trump will make it even worse.
6. Ta-Nehisi Coates, “A Rising Tide Lifts All Yachts: Why class-based social policy doesn’t address African Americans’ problems.” The Atlantic (June 14, 2013). See also Coates’ response to Johnson, “The Enduring Solidarity of Whiteness.” The Atlantic (February 8, 2016).
7. Cedric Johnson, Revolutionaries to Race Leaders: Black power and the making of African American Politics (University of Minnesota Press, 2007).
8. In 1966 the richest quintile of blacks had about 8 times the income of the bottom quintile, about the same ratio as whites. By 1996 it had doubled to 17, almost twice the level of whites. In 2013 black people made up 8% of America’s millionaires. Since this is less than 13%, blacks are clearly underrepresented at the top just as they are overrepresented at the bottom. But the striking fact is that there are any black millionaires at all, given both the historical bars to black wealth accumulation, and the fact that today the median black household has only $200 in liquid assets.
9. Ta-Nehisi Coates, “Black and Blue: Why does America’s richest black suburb have some of the country’s most brutal cops?” Washington Monthly (June 2001).
10. Coates concludes: “The truth is, the black middle class is not that much different from the white one. Just as affluent white people aren’t too interested in the plight of poor whites, neither are affluent blacks especially concerned with their brothers in the ghetto.”
11. Alicia Garza, “A Herstory of the #BlackLivesMatter Movement.” The Feminist Wire (October 7, 2014).
 #BlackLifeMatters was more common than #BlackLivesMatters prior to the summer of 2013, but both can be found in speeches, Twitter feeds, and protest banners from early 2012.
12. Ibid.
13. John Riley, “#BlackLivesMatter: Alicia Garza on privilege, justice and founding a movement,” Metroweekly (February 18, 2016).
14. See James Forman Jr., “Racial Critiques of Mass Incarceration: Beyond the New Jim Crow.” New York University Law Review, Vol. 87, 2012.
15. James Baldwin, “Negroes Are Anti-Semitic Because They’re Anti-White.” The New York Times (April 9, 1967).


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mar 10 Jan - 10:56

Viewpoint

Lynching: A Weapon of National Oppression (1932)

Harry Haywood, Milton Howard and Erin Gray January 9, 2017



A map of the Black Belt territory and its surrounding areas.
From James S. Allen’s book, The Negro Question in the United States (International Publishers, 1936)
.

Introduction
Citation :
In the early 1930s, capitalist crisis compelled participants across the political left to face off against a common enemy: extra-legal, ruling-class violence. Anti-black lynchings and summary executions of labor organizers had risen with the onslaught of the worst economic depression since the late nineteenth century. For the first time since radical Reconstruction – when an interracial movement to battle the brutalities of sharecropping and forestall the full implementation of capitalism in the South was brutally halted by the 1876 Tilden-Hayes compromise and the return to political power of the former slave-holding class – large numbers of white labor activists joined black liberationists in opposing lynch law.

Out of this context arose an analysis of lynching as a weapon of class warfare. In 1932, Harry Haywood and Milton Howard co-authored a political pamphlet entitled Lynching: A Weapon of National Oppression. Haywood and Howard’s Marxist-Leninist analysis of lynching emerged from their experiences in the Communist Party USA (CPUSA) and from the Party’s nascent movement to organize impoverished sharecroppers in the southern Black Belt – neighboring counties in the South dominated by the plantation economy and with a black demographic majority. The publication was part of a tradition of CPUSA pamphleteering that informed the Party’s organizing. Pamphlets like James S. Allen’s The American Negro were distributed alongside the Party’s newspaper The Daily Worker to party members and other workers, becoming crucial educational tools as the Party shifted its focus in the late 1920s to the historical relationship between race and class.

[...]


Citation :
Harry Haywood (1898-1985) was a communist activist and theorist. A leading figure of the Communist Party USA from its founding until the late 1950s, he was the principal architect and proponent of the Black Belt nation thesis. He also was at one time a member of the African Blood Brotherhood and the October League. His major writings include Negro Liberation (1948), For a Revolutionary Position on the Negro Question (1958), and Black Bolshevik: Autobiography of an Afro American Communist (1978).

Milton Howard (b. Milton Halpern) was a Communist Party USA activist.

Erin Gray is a PhD Candidate in History of Consciousness at the University of California, Santa Cruz. Her writing appears in GLQ: A Journal of Lesbian and Gay Studies, Panorama: Journal of the Association of Historians of American Art, Open Letter: A Canadian Journal of Writing and Theory, The International Feminist Journal of Politics, Mute, and Upping the Anti: A Journal of Theory and Action.


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mar 24 Jan - 17:31


Qu’entend Cedric J. Robinson par « capitalisme racial » ?

PIR 23 janvier 2017 par Robin D.G. Kelley


Ce texte est l’introduction du dernier numéro de la Boston Review, intitulé "Race Capitalism Justice". Bien qu’introductif, ce texte nous semble essentiel en cela que les travaux de Cedric J. Robinson, trop peu connus en France, participent de la discussion autour du caractère structurellement racial du capitalisme. Surtout connu pour son ouvrage Black Marxism, Cedric J. Robinson, décédé cet été, nous lègue quantité d’interrogations sur la base desquelles nous pouvons affiner notre analyse du système racial.


Citation :
La mort de Cedric J. Robinson cet été, à l’âge de 75 ans, est passée quasi-inaperçue. Professeur émérite de science politique et de black studies à l’université de Californie, Santa Barbara, et certainement l’un des théoriciens politiques les plus originaux de sa génération, aucun journal aux États-Unis n’a décidé que la mort de Robinson méritait ne serait-ce qu’un seul paragraphe. Bien qu’il ne soit jamais tombé dans le piège de la célébrité intellectuelle, son influence était sans doute plus importante qu’il ne l’imaginait. Les mouvements noirs qui s’insurgent, aujourd’hui, contre la violence d’État et l’incarcération de masse, appellent à en finir avec le « capitalisme racial » et voient leur travail comme faisant partie de la « tradition radicale noire » – terme associé au travail de Robinson.

Né le 5 Novembre 1940, Robinson a grandi dans un quartier ouvrier noir, à West Oakland. Vrai touche-à-tout, éduqué à l’école publique, il a passé des heures à la bibliothèque publique, absorbant tout, de la philosophie grecque et l’histoire mondiale à la littérature moderne. Discret, mais jamais « silencieux », il est allé à l’université de Californie, Berkeley, où il a été diplômé en anthropologie sociale et s’est fait un nom en tant que militant sur le campus. Il a aidé à faire venir Malcolm X sur le campus et a protesté contre l’invasion de la baie des cochons, raison pour laquelle il fut suspendu un semestre. Après son diplôme, en 1963, et un bref séjour à l’armée, Robinson a brièvement travaillé au département de probation d’Alameda County, rencontrant à la fois un système judiciaire racialement biaisé et des collègues déterminés à changer celui-ci – y compris sa future femme, Elizabeth Peters. En 1967, inspiré par les rebellions urbaines et par le mouvement anti-guerre, le couple se décida à rencontrer ceux qui étaient déterminés à changer le monde, poursuivant ainsi une vie de militantisme et de travail intellectuel.

En 1974, Robinson soutint son doctorat de doctorat en théorie politique, à l’université de Stanford. Sa thèse, « Leadership : A Mythic Paradigm », discutait les prétentions des théories libérales et marxistes du changement politique, arguant que le leadership – l’idée que l’action sociale effective est déterminée par un leader, séparé ou au-dessus de la masse du peuple – et l’ordre politique sont principalement des fictions. Contestant l’idée que « la pensée orthodoxe occidentale n’était ni universelle, ni cohérente », il est finalement arrivé à la conclusion que « le politique est une illusion historique ». Lorsqu’il soumit une ébauche de sa thèse  en 1971,  l’université était mal préparée pour s’engager dans un projet qui questionnait les fondations épistémologiques de toute la discipline. Puisque personne ne pouvait rejeter une thèse qui semblait élégante et érudite, certains membres quittèrent son jury de thèse, justifiant cela par une incapacité à comprendre ce travail. Il fallut trois ans, et la menace de poursuites judiciaires, afin que sa thèse soit acceptée, et six ans de plus avant que celle-ci ne soit publiée sous le titre The Terms of Order : Political Science and the Myth of Leadership (1980).

La critique de l’ordre politique et de l’autorité du leadership a anticipé les courants politiques de mouvements contemporains comme Occupy Wall Street ou Black Lives Matter – des mouvements organisés horizontalement plutôt que verticalement. Son monumental Black Marxism : The Making of the Black Radical Tradition (1983) reproche à Marx de n’avoir pas su comprendre les mouvements radicaux en dehors de l’Europe. Il réécrit alors l’histoire de l’Occident de l’antiquité au milieu du XXe siècle, en interrogeant l’idée que les catégories de Marx, comme la classe, peuvent être appliquées universellement en dehors de l’Europe. Au lieu de cela, il a caractérisé les rebellions noires comme des expressions de ce qu’il a nommé les mouvements de la « la tradition radicale noire » dont les objectifs et les aspirations déconcertaient l’analyse sociale occidentale. Le marxisme a également échoué à prendre en compte le caractère racial du capitalisme. Ayant écrit une grande partie du livre durant une année sabbatique en Angleterre, Robinson y rencontra des intellectuels qui utilisaient le terme de « capitalisme racial » pour se référer à l’économie de l’Afrique du Sud sous l’apartheid. Il développa ce concept pour le faire passer de la description d’un système bien spécifique à une manière de comprendre l’histoire du capitalisme moderne.

Qu’entendait donc Robinson par « capitalisme racial » ? S’inspirant du travail d’un autre intellectuel noir radical oublié, le sociologue Oliver Cox, Robinson contestait l’idée marxiste selon laquelle le capitalisme était une négation révolutionnaire du féodalisme. Le capitalisme a bien plutôt émergé au sein de l’ordre féodal et fleuri sur le terrain culturel de la civilisation occidentale, déjà profondément imprégnée par le racialisme[1]. En d’autres termes, le capitalisme et le racisme n’ont jamais rompu avec l’ancien système, mais ont bien plutôt évolué avec celui-ci, pour produire un système mondial moderne de « capitalisme racial », dépendant de l’esclavage, de la violence, de l’impérialisme et du génocide. Le capitalisme n’était pas « racial » à cause d’un complot visant à diviser les ouvriers ou à justifier l’esclavage et la spoliation, mais parce que le racialisme avait déjà imprégné la société féodale occidentale. Les premiers prolétaires européens étaient des sujets raciaux (Irlandais, Juifs, Rrom ou Gitans, Slaves, etc.) et ils furent victimes de spoliation (les enclosures), de colonialisme et d’esclavage au sein même de l’Europe. En effet, Robinson suggère que la racialisation au sein de l’Europe était un processus colonial impliquant l’invasion, la mise en place de colonies, l’expropriation et la hiérarchie raciale. Insistant sur le fait que le nationalisme européen moderne était totalement lié aux mythes raciaux, il nous rappelle que l’idéologie du Herrenvolk (le gouvernement par une majorité ethnique) qui a engendré la colonisation allemande de l’Europe centrale et des territoires « slaves », « expliquait l’inéluctabilité et le caractère naturel de la domination de certains Européens sur d’autres Européens ». Reconnaître cela, ce n’est pas atténuer le racisme anti-noir ou l’esclavage des Africains, mais plutôt reconnaître que le capitalisme n’a pas été le super modernisateur qui a donné naissance au prolétariat européen comme un sujet universel, et la « tendance de la civilisation européenne n’était pas d’homogénéiser par le capitalisme, mais de différencier – d’exagérer les différences régionales, sous-culturelles et de dialectes en différences ‘’raciales’’ ».

Black Marxism
est resté assez largement ignoré pendant deux décennies, jusqu’à ce qu’il soit réimprimé en 2000, générant un regain d’intérêt. Et pourtant, alors que Black Marxism et sa discussion autour du capitalisme racial et de la « tradition noire radicale » occupaient le devant de la scène, Robinson a légué un vaste corpus de travaux en tant que théoricien politique et culturel, notamment Black Movements in America (1997), An Anthropology of Marxism (2001) et Forgeries of Memory and Meaning : Blacks and the Regimes of Race in American Theater and Film Before World War II (2007).

Robinson était un penseur complexe qui avait compris que les vérités les plus profondes tendent à déconcerter, rompre avec d’anciens paradigmes et avec le « sens commun ». Lorsqu’on lui demandait de définir son engagement politique, il répondait « Il y a certaines sphères dans lesquelles les noms, les nominations, sont prématurées. Ma seule loyauté est envers un monde moralement juste ; et mon opportunité la plus joyeuse et éblouissante de chahuter la corruption et la tromperie est avec d’autres personnes noires ».

C’est dans cet esprit que les textes suivants centrent leurs discussions autour du rôle que joue l’héritage de l’esclavage racial dans l’œuvre de Robinson,  et mettent ses idées au service d’un monde plus juste. Tout comme l’aurait voulu Robinson, le terrain de leurs investigations est très large, à la fois géographiquement – de St. Louis à l’Afrique du Sud, en passant par l’Amérique du Sud – et conceptuellement, questionnant tous les aspects depuis les interprétations orthodoxes de Marx jusqu’à la généalogie du Black Power. Bien que les contributeurs soient souvent en désaccord (comme l’aurait espéré Robinson), ils ont puisé dans sa vision les ressources intellectuelles et éthiques requises dans la quête contemporaine pour la justice raciale et la lutte globale contre l’exploitation économique.

Traduit de l’anglais par Selim Nadi, membre du PIR

Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur.

[1] N.d.T. : il n’est pas inutile, ici, de préciser qu’alors que le terme « racialisme » en France est régulièrement mobilisé pour attaquer les militants de l’antiracisme politique, ce terme a une connotation plus « neutre » en anglais. L’auteur utilise ce terme au sens d’une position philosophique arguant l’existence de différentes races.



1983 Second Edition 2016

Citation :
In this ambitious work, first published in 1983, Cedric Robinson demonstrates that efforts to understand black people's history of resistance solely through the prism of Marxist theory are incomplete and inaccurate. Marxist analyses tend to presuppose European models of history and experience that downplay the significance of black people and black communities as agents of change and resistance. Black radicalism must be linked to the traditions of Africa and the unique experiences of blacks on western continents, Robinson argues, and any analyses of African American history need to acknowledge this.

To illustrate his argument, Robinson traces the emergence of Marxist ideology in Europe, the resistance by blacks in historically oppressive environments, and the influence of both of these traditions on such important twentieth-century black radical thinkers as W. E. B. Du Bois, C. L. R. James, and Richard Wright.

About the Author
Cedric J. Robinson (1940-2016) was professor of black studies and professor of political science at the University of California, Santa Barbara. His books include The Terms of Order, Black Movements in America, and Anthropology of Marxism.

Reviews
"I can say, without a trace of hyperbole, that this book changed my life. . . . Combining political theory, history, philosophy, cultural analysis, and biography, among other things, Robinson literally rewrites the history of the rise of the West from ancient times to the mid-twentieth century, tracing the roots of black radical thought to a shared epistemology among diverse African people and providing a withering critique of Western Marxism and its inability to comprehend either the racial character of capitalism and the civilization in which it was born or mass movements outside Europe. . . . Black Marxism remains as fresh and insightful as it was when it was first composed, still productively engaged with the central questions posed by histories of the African Diaspora."
--Robin D. G. Kelley, from the Foreword

"Robinson demonstrates very clearly . . . the ability of the black tradition to transcend national boundaries and accommodate cultural, religious and 'racial' differences. Indeed, he shows that, in a sense, it has emerged out of the transformation of these differences."
--Race and Class

"A towering achievement. There is simply nothing like it in the history of black radical thought."

--Cornel West, Monthly Review

"Reflective and thought-provoking, a welcome contribution to the African/Afro-American studies discipline."

--Canadian Review of Studies in Nationalism

"For those interested in pursuing political and ideological alternatives to capitalistic exploitation and underdevelopment of African peoples in the Americas and Africa, Black Marxism provides a well-documented foundation upon which to build ideological and mass social movements."
--Phylon


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mar 15 Aoû - 7:07


Angela Davis :
"Pour détruire les racines du racisme il faut renverser tout le système capitaliste"


France Culture 22.01.2017 Entretien avec Angela Davis - 1ère diffusion : 16/05/1975

En mai 1975, Angela Davis donnait un entretien dans le cadre des "Après-midi de France Culture". Jean Montalbetti recevait la militante de passage à Paris. Elle avait été emprisonnée quelques années plus tôt et évoquait ses combats présents.


Angela Davis à Berlin en 1973
Crédits : German Federal Archives

Entretien avec Angela Davis dans le cadre des "Après-midi de France Culture". En mai 1975, Jean Montalbetti recevait Angela Davis, de passage à Paris. Elle avait été emprisonnée quelques années plus tôt, puis acquittée suite notamment à d'immenses manifestations de soutien en sa faveur. La militante féministe et communiste pour les droits civiques des Noirs et des autres minorités opprimées en Amérique (les Indiens, les Hispaniques) revenait sur ses combats et leur actualité. Elle évoquait (dans un français parfait) le mouvement pour libérer les Noirs opprimés et d'autres minorités, un mouvement parfois plus défensif que combatif en raison des attaques répétées du gouvernement américain. A propos de son communisme elle expliquait :

Angela Davis a écrit:
Je crois que de plus en plus les Noirs voient le racisme et toute l’oppression dirigée contre les Noirs comme une partie d’un système plus grand, comme une partie du capitalisme et alors il est nécessaire pour détruite les racines du racisme de renverser tout le système. Il y a beaucoup de Noirs qui, maintenant, se considèrent comme marxistes.

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   

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