PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

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 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 14 Fév - 12:30


la première rébellion éclatant dans une grande ville gouvernée par des politiciens noirs

« Noirs contre Noirs, classe contre classe »



« La prochaine fois, le feu »

Retour sur les émeutes de Baltimore de 2015 Curtis Price
Traduction par Émilien Bernard. Texte original publié par le Brooklyn rail, juin 2015

Le 19 avril 2015, à Baltimore, Freddie Gray, Africain-Américain de 25 ans, meurt suite à de lourdes blessures perpétrées par la police lors d’une arrestation musclée. S’ensuit alors plusieurs jours d’émeutes et de pillages dans les quartiers pauvres de la ville, tandis que l’élite gouvernante noire de Baltimore décrète un couvre-feu et appelle la Garde nationale pour rétablir l’ordre. Corruption de la police, infiltration des gangs dans les institutions publiques, ou encore désagrégation du tissu social des quartiers pauvres… Curtis Price, travailleur social initiateur de Street Voice, journal de rue gratuit écrit par les marginaux de Baltimore dans les années 19901, détaille les différents ressorts de cette explosion sociale sans précédant depuis les émeutes de Los Angeles de 1992.

Note du traducteur : Le titre original de cet article de Curtis Price « Baltimore’s ‘Fire Next time’ » fait référence à un ouvrage du romancier noir américain James Baldwin, intitulé Fire Next Time (1963). En VF : La Prochaine fois, le feu. Dans cet ouvrage, Baldwin analysait les mécanismes de la discrimination raciale aux États-Unis, interrogeant notamment le rôle de la police, de l’Église et de l’école dans la perpétuation des mentalités et comportements racistes. Une approche que Curtis Price reprend ici à son compte, disséquant les divers détonateurs sociaux à l’œuvre dans le déclenchement des émeutes d’avril 2015 à Baltimore.


Intervention de la police après qu’un homme a reçu une balle dans la jambe,
Bloc 1600 de Gilmor Street dans le voisinage de Sandtown-Winchester à Baltimore, Maryland

plan
Citation :
- La violence entre gangs et policiers

- « Crains ton voisin »


Peinture murale de Freddie Gray (réalisée après sa mort), près du quartier de Gilmor où Gray a été arrêté, au voisinage de Sandtown-Winchester

- Le cauchemar états-unien

- Le peuple contre-attaque

- Noirs contre Noirs, classe contre classe


extrait
Curtis Price a écrit:
Noirs contre Noirs, classe contre classe

Nul doute que les mises en examen et les enquêtes du département de la Justice ont constitué un moyen, pour la classe politique noire gouvernant Baltimore, prise au dépourvu, de rétablir le contrôle via quelques concessions. Dans les mois à venir, il y aura à coup sûr des événements orchestrés en ce sens, telles que les nébuleuses conférences « Youth Empowerment », destinées à « soigner » la ville et à évoluer dans une direction « positive » (à savoir élire davantage de Démocrates).

Ce point permet de souligner l’un des aspects les plus importants des émeutes de Baltimore, que peu d’observateurs ont noté. Elles ont été. Baltimore n’est en rien Ferguson, la première rébellion éclatant dans une grande ville gouvernée par des politiciens noirs où l’on trouve une couche minoritaire de politiques blancs établis régnant sur une population majoritairement noire et privée du droit de vote. Baltimore est au contraire gouvernée par une majorité noire depuis plus d’une décennie.

Pourtant, durant la longue marche vers le pouvoir menée par la classe politique noire via le Parti démocrate, il y a eu très peu de changements dans des zones comme West Baltimore. En fait, les choses vont de pire en pire, et peu d’efforts ont été faits pour réduire la brutalité policière systématique et le discrédit pesant sur les politiques. Les responsables noirs de Baltimore se contentent généralement de détourner le regard et de se consacrer à leurs propres intérêts en négociant une meilleure représentation de « la communauté noire ». Ainsi que le formulait Adolph Reed avec tant de flair en 1979 dans son attaque du concept de « communauté noire » :
Citation :

Cette classe de “leaders” tend à généraliser leur propre intérêt puisqu’ils appréhendent leur légitimité et leur intégrité via une conceptualisation monolithique de la vie noire. En effet, cette conceptualisation est apparue dans la mythologie unitaire du nationalisme noir à la fin des années 1960. La représentation de la communauté noire en tant que sujet collectif dissimulait parfaitement le système hiérarchique qui sous-tendait les relations entre “dirigeants” et “dirigés”.

A. Reed, 1979, « Black Particularity Reconsidered », TELOS 39, printemps. ↩

À Baltimore, cela a mené tout droit au comportement de la précédente maire, Sheila Dixon, une populiste qui savait aussi bien séduire les gros bonnets financiers du quartier d’affaires qu’aller serrer des mains dans les rues des quartiers pauvres. Elle a finalement été inculpée et destituée pour avoir volé une poignée de cartes de Noël avec bons d’achats destinées aux enfants SDF d’un refuge.

Il est trop tôt pour savoir si la leçon que les leaders noirs vont nous vendre, au même titre que les Blancs, aura des effets durables. Mais pour Freddie Gray, le fait que ses bourreaux du 11 avril aient été des modèles de « diversité » – trois Blancs et trois Noirs, des hommes et des femmes – n’a rien changé à l’affaire. Au final, ils ont tous agi en accord avec leur rôle social.


Peinture murale de Freddie Gray...

Photos : Drew Angerer / Baltimore Unrest

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mar 16 Fév - 19:56


Ferguson In Paris


site

Citation :
Ferguson In Paris est un mouvement fondé en septembre 2014 suite au meurtre de Michael Brown par la police américaine. Il a été créé par des militants luttant contre la négrophobie et ses dérivés prenant la forme d’un racisme et d’une discrimination omniprésents au sein d’une société française beaucoup trop lisse et réservé à ce sujet.

Ferguson In Paris dont le travail est initialement d’informer sur et de lutter contre les violences policières, sensibiliser la population sur les dysfonctionnements du système étatique, et dénoncer les violences policières a pour ambition de rendre visible toutes les discriminations faites aux afro descendants et démontrer que, des Etats Unis à la France, nos problématiques sont toutes liées à une même oppressions et qu’il nous sera impossible d’y mettre un terme sans coalitions et organisation commune.

Nous sommes présents pour démontrer qu’en France tout comme aux Etats Unis et partout dans le monde, les mêmes populations subissent l’oppression d’un système (néo)colonialiste, capitaliste. Les contextes ont beau être différents, les schémas d’oppression restent les mêmes, schémas que nous dénonçons et essayons d’enrayer.

Notre constat est amer : Les violences et agressions systémiques, les injustices et les inégalités socio économiques qui NOUS concernent majoritairement ne sont pas assez dénoncés. Nous sommes trop souvent relégués au niveau de “Citoyens de seconde zone”. On nous appelle “Les autres”, les “issues de” ou les “non métropolitains”, et nous devons constamment justifier de notre présence, de ce que nous sommes.

Trop peu en lutte “ENSEMBLE”? est là notre faute, c’est là notre faiblesse. Nous nous devons de développer, approfondir, ENSEMBLE, une forme de lutte, en France et à l’echelle européenne. Travailler en réseau, créer des connexions et lutter contre le système de la suprématie blanche est NOTRE credo, car tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.

Notre démarche est simple: établir la visibilité que nous méritons à travers des Manifestations, des Sittings, des Photos et vidéos. Nous vivons dans une société où l’image occupe une place très importante, et où tout va plus vite via les réseaux sociaux. Les alternatives aux médias mainstreams sont multiples. A nous de nous en emparer pour rappeler à la France et l’Europe que nous sommes organisés, solidaires et que nous, “AUTRES”, sommes là pour porter la voix des invisibles, nos frères et sœurs qui n’ont pas d’autre choix que de subir systématiquement et en silence un racisme ancré dans les institution.

UNITED WE STAND

FergusonInParis


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Jeu 18 Fév - 14:41


le racisme universel blanc
du gouvernement français à l'ultragauche marxiste et anarchiste


DILCRA Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme et l'Antisémitisme

Installation du Conseil scientifique de la #DILCRA présidée par la sociologue D. SchnapperCC @GillesClavreul

Le conseil "scientifique" de la Dilcra. Pas d'arabe, pas de noir, pas de Rroms, pas d'asiatiques... @GillesClavreul






Maitre Eolas a écrit:
@widadk @GillesClavreul @xternisien Ça garantit leur objectivité.

Mohsan_75 a écrit:
@widadk @GillesClavreul @DILCRA ils sont bien entre-eux... Et ça donne des leçons sur le communautarisme !!!...

cette absence des "autres" est la même dans l'universalisme prolétarien ou humaniste, de Théorie Communiste et Temps Critiques à la propagande politique de groupes anarchistes et post-ultragauches, sans rupture de continuité avec le sionisme et les identitaires "de souche" à l'extrême-droite :

idéologie française du racisme structurel français, nous voilà !

ces théoriciens français fournissent des justifications théoriques à la mouvance post-ultragauche anarchisante *, anti-autoritaire et autres "totos", tout en en critiquant "l'activisme" et "l'interventionnisme", comme si eux n'intervenaient pas...

* il est bien connu que les anarchistes en général ne sont pas très portés sur la théorie, sauf références à leurs maîtres anciens

ce qui portait dans la décennie 2000-2010 sur le rapport théorie-pratique dans des luttes en Europe (France, Grèce, Angleterre...), sans considération de "race", s'est massivement déplacé depuis janvier 2015 dans le sillage de l'idéologie française, idéologie du racisme d'État et du capitalisme euro-occidental en crise

.
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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 21 Fév - 15:50


qui était, que disait Malcolm X ?

assassiné le 21 février 1965
lors d'un meeting à Harlem par un membre des Black Muslims
organisation avec laquelle il avait rompu en 1963
vidéo / actualités

« le Nègre de maison et le Nègre des champs »



(dédicacé à Yves Coleman)

dans la vidéo ci-dessous, on appréciera l'introduction de Pierre Desgraupes, au regard des propos de Malcolm X

Malcolm X ou le racisme à Harlem

racisme blanc, racisme noir






Saïd Bouamama, FUIQP

nègre blanc > fierté noire > auto-défense





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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 21 Fév - 21:08


Racisme, capitalisme et lutte des classes aux USA

Mathieu Bonzom

« Le racisme est un système d'oppression inscrit dans les rapports de production
et pourtant en partie autonome des rapports de classes au sens strict »


« naissance et histoire, l'invention de la "race blanche" processus global, discrimination structurelle, une structure matérielle qui traverse toute la société... rapports avec la France ? 12:46 Abolition de l'esclavage et ségrégation officielle 17:35 Immigration et racisme 34:25 »
.


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mar 10 Mai - 8:00


xénophobie française

Les étrangers sont victimes d'une «logique de suspicion» en France

Blandine Le Cain Le Figaro 09/05/2016


Des migrants sont évacués du camp de la station Stalingrad, à Paris, le 2 mai
Dans son rapport, Jacques Toubon pointe des inégalités de traitement visi-à-vis des étrangers,
notamment dans le droit à circuler librement.
Crédits photo : GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

Citation :
Dans un rapport sur le droit des étrangers, le Défenseur des droits Jacques Toubon souligne les différences de traitement injustifiées réservées aux étrangers.

«Cette logique de suspicion irrigue l'ensemble du droit français.» Le constat du Défenseur des droits est clair: le traitement réservé aux ressortissants étrangers vivant en France n'est pas le même que pour les autres citoyens. Dans un rapport publié lundi, Jacques Toubon estime que de nombreux obstacles «entravent l'accès des étrangers aux droits fondamentaux» normalement garantis, en raison d'une méfiance généralisée.

«Aujourd'hui, l'idée de traiter différemment les personnes n'ayant pas la nationalité française, de leur accorder moins de droits que les nationaux» est «usuelle et convenue», résume le rapport. Et de rappeler que «loin d'être naturelles et immuables, les règles de droit dédiées aux étrangers (...) reposent parfois sur des considérations subjectives, fluctuantes, empreintes de protectionnisme, voire de xénophobie», souligne le texte de 300 pages.

Le rapport relève ainsi l'existence de deux phénomènes. D'abord, la marge de manœuvre importante laissée aux autorités afin de faire face aux différentes situations entraîne, dans ce contexte de méfiance, des décisions plus sévères que celles prévues par le droit. D'autre part, cette méfiance entraîne des cas de discriminations qui n'ont pas de fondement juridique mais perdurent en raison de l'état d'esprit actuel.

Une marge d'appréciation importante laissée aux autorités

Dans une première partie consacrée à l'arrivée des étrangers sur le territoire, Jacques Toubon s'inquiète par exemple de la tendance à refuser des visas de court séjour en raison du «risque migratoire», à savoir le risque que le demandeur ne quitte pas le territoire à l'expiration de son titre de séjour. L'argument, souvent avancé, pourrait l'être «de façon trop systématique» bien qu'existant dans le droit. De même, des visas pour raisons professionnelles seraient parfois refusés faute de garanties financières, sans que la décision ne soit justifiée.

Ces deux types de refus «sont susceptibles de porter atteinte au droit de mener une vie familiale normale et d'interférer dans la vie professionnelle», relève le rapport. Bien que la législation laisse la possibilité à l'administration de prendre de telles décisions, «cela ne la dispense pas de prendre en compte, dans l'examen de la demande de visa, le respect des droits fondamentaux des étrangers», souligne le Défenseur des droits.

Sur le territoire français, le rapport pointe également «des entraves au droit de demander l'asile à la frontière» et «le maintien en zone d'attente, source de privation des droits», ainsi que le temps très long nécessaire à l'examen de leur demande en préfecture ou des mesures d'éloignement «au bien-fondé contestable».

Pour éviter un recours trop fréquent et injustifié à ces motifs et mettre fin aux discriminations fondées sur la nationalité, Jacques Toubon recommande aux ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur de donner des instructions aux autorités consulaires, rappelant les règles en vigueur, et d'assurer qu'une «information claire» soit délivrée aux demandeurs de visas sur leurs droits et contraintes.

Une égalité de traitement «soumise à rude épreuve»

Le rapport s'intéresse par ailleurs, dans une seconde partie, aux situations qui privent les étrangers de leurs droits fondamentaux, sans fondement légal. «Sortis du domaine régalien de l'entrée et du séjour des étrangers, les étrangers bénéficient en principe, en matière d'accès aux droits, d'une égalité de traitement avec les nationaux», rappelle le texte. Un principe mis à mal, selon le Défenseur des droits, par «les objectifs de maîtrise de l'immigration» et par «la banalisation du discours politique autour du “problème de l'immigration”».

Évacuations de campements, interdiction de revenir dans une commune évacuée, notes internes ciblant des «familles “roms”»: autant de situation dans lesquelles «la liberté d'aller et venir» a été restreinte, sans qu'un objectif d'ordre public ne puisse réellement être avancé. L'égalité de traitement est également «soumise à rude épreuve» lorsque des conditions spécifiques concernant les prestations sociales sont mises en place, que des contraintes particulières restreignent l'accès à l'emploi ou que des freins existent dans l'accès au logement.

Des «mythes» à «déconstruire»


Ces comportements sont favorisés par des «idées reçues» sur les migrations, souligne le Défenseur des droits. La peur de l'«appel d'air» qu'engendrerait une politique respectant les droits des étrangers ou l'idée qu'il faudrait «opérer un tri entre les “bons” étrangers et les “mauvais”» sont autant de facteurs d'une politique sévère et inégalitaire. «C'est dans ce contexte que se développent des idées préconçues, des mythes, fréquemment alimentés par la peur», établit le rapport, estimant qu'«il est du devoir des acteurs de la défense des droits de contribuer à déconstruire».

Une déconstruction qui passe, conclut le texte, par l'attention portée au mots utilisés. «Migrants, réfugiés, clandestins, sans papiers, immigrés, exilés sont autant de mots rarement utilisés de manière indifférente», souligne Jacques Toubon. S'attardant sur le mot migrant, le rapport estime qu'il a «tendance à être utilisé, en particulier dans l'expression inappropriée de “crise des migrants”, pour disqualifier les personnes, leur dénier un droit à la protection en les assimilant à des migrants “économiques”» dont la motivation serait «moins légitime que celui lié à la fuite de la guerre ou des persécutions». Le Défenseur des droits estime donc que l'appellation réfugié «est à double tranchant» car elle peut inciter à cette distinction qui «conduit à jeter le discrédit et la suspicion sur les exilés».


le rapport « Les droits fondamentaux des étrangers en France »
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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mer 11 Mai - 7:38

à quelque chose Pepe est bon : comme webmestre...

dndf annonce la traduction de Baltimore Riot. Baltimore Commune? By Joshua Clover / 25 April 2016, introduction à son livre Riot.Strike.Riot: La nouvelle ère des insurrections


mai 2016 ça voir plus

présentation, traduction Patlotch
Citation :
Riot. Strike. Riot: The New Era of Uprisings by Joshua Clover

Award-winning poet Joshua Clover theorizes the riot as the form of the coming insurrection

Baltimore. Ferguson. Tottenham. Clichy-sous-Bois. Oakland. Ours has become an “age of riots” as the struggle of people versus state and capital has taken to the streets. Award-winning poet and scholar Joshua Clover offers a new understanding of this present moment and its history. Rioting was the central form of protest in the seventeenth and eighteenth centuries, and was supplanted by the strike in the early nineteenth century. It returned to prominence in the 1970s, profoundly changed along with the coordinates of race and class.

From early wage demands to recent social justice campaigns pursued through occupations and blockades, Clover connects these protests to the upheavals of a sclerotic economy in a state of moral collapse. Historical events such as the global economic crisis of 1973 and the decline of organized labor, viewed from the perspective of vast social transformations, are the proper context for understanding these eruptions of discontent. As social unrest against an unsustainable order continues to grow, this valuable history will help guide future antagonists in their struggles toward a revolutionary horizon.

Émeute.Grève.Émeute : La nouvelle ère des insurrections par Joshua Clover

le poète Joshua Clover théorise l'émeute comme forme de l'insurrection à venir

Baltimore. Ferguson. Tottenham. Clichy-sous-Bois. Oakland. Nôtre est devenu l'« âge des émeutes », la lutte du peuple contre l'État et le capital a envahi les rues. Joshua Clover, poète primé et érudit offre une nouvelle compréhension de ce moment présent et de son histoire. L'émeute a été la forme centrale de protestation aux XVIIe et XVIIIe siècles et a été supplantée par la grève au début du XIXe siècle. Elle est revenue dans les années 1970, et profondément modifié ainsi les coordonnées de race et classe.

Des premières revendications salariales aux récentes campagnes pour la justice sociale poursuivies par des occupations et des blocages, Clover relie ces protestations aux bouleversements de l'économie sclérosée dans un état d'effondrement moral. Des événements historiques tels que la crise économique mondiale de 1973 et le déclin des syndicats, du point de vue de vastes transformations sociales, sont le cadre adéquat pour comprendre ces éruptions de mécontentement. Comme l'agitation sociale contre un ordre insoutenable continue de croître, cette histoire précieuse aidera comme guide futur dans leurs luttes vers un horizon révolutionnaire
.



l'introduction précise cette présentation avec des réflexions théoriques particulièrement intéressantes sur la différence entre grèves et émeutes du point de vue du rapport au capital, à la production comme à la consommation, c'est-à-dire à la reproduction, à la propriété, et bien sûr aux rapports entre le Capital et l'État. J'y reviendrai traduction en main


A man walks past a burning police vehicle on April 27, 2015, during unrest following the funeral of Freddie Gray in Baltimore.
Gray died from spinal injuries about a week after he was arrested and transported in a Baltimore Police Department van
.
Patrick Semansky / AP

concernant l'articulation entre race et classe à laquelle il est fait allusion, je pense qu'il faudra lire le livre lui-même, en espérant donc également sa traduction

une lecture du livre par Michael Robbins en donne un aperçu : 'Riot. Strike. Riot': Joshua Clover's timely and audacious analysis, Chicago Tribune, May 5, 2016, dans laquelle il est fait référence à Stuart Hall, dont j'ai moi-même utilisé les réflexions sur l'articulation classes-races

extrait

Citation :
Punning on Marx's general formula for capital, and mapping onto Arrighi's historical spin on that formula, Clover designates this sequence "riot-strike-riot prime."

Riot is the recourse of surplus populations: both Marx's "industrial reserve army" and the lumpen, the excluded — those who are "chronically outside the formal wage, or 'structurally unemployed.' "

Clover's analysis of modern riots perforce constitutes a kind of extended meditation on the cultural theorist Stuart Hall's familiar formulation "Race is the modality in which class is lived." As we know, "racialization seems to be a core characteristic of riot prime in the U.S. and more broadly in the industrializing west," in part because of the "racial burden of deindustrialization."

In the U.S., poor black populations have always faced "absolute exposure to superfluity and to state violence." The collapse of manufacturing only exacerbated this exposure for millions of African-Americans who relocated from the rural South to the urban North during the Great Migration.

Riot thus confronts the state as strike confronts the economy, since the economy appears to those ejected from it in the guise of the state. During periods of accumulative surplus, the state can "purchase the social peace"; during crisis, it turns to the police apparatus to manage those forced into illegal or informal economies (recall Eric Garner, killed for selling cigarettes).

Nixon's domestic policy chief, John Ehrlichman, admitted that the drug war was created specifically to incarcerate blacks: "Did we know we were lying about the drugs?" he said. "Of course we did." "Surplus is not synonymous with race," Clover writes; "neither is it easily extricable from it."


j'ai un peu de mal à saisir comment Théorie Communiste et dndf tournent autour du pot sans grande cohérence, rivés à leur position théorique réaffirmée récemment (confirmée par TC 25 annoncé ce mois ?), et diffusant ou traduisant sans commentaires des textes qui ne vont pas vraiment dans le même sens (comme également Incendier et revendiquer. Sur les émeutes en Suède, Zaschia Bouzarri SIC, novembre 2014). Et comme ils ne font aucun commentaire, on ne sait plus sur quel pied danser la dialectique (Bertell Ollman), ce qui n'est certes pas le point fort de Théorie Communiste

concernant Joshua Clover, il est « spécialiste de poésie et poétique anglophone des 20e et 21e siècles, de marxisme, politique économique, analyse des systèmes-monde, théorie de la crise et cultures des finances, s'intéresse à l'environnement, au féminisme et à la lutte politique dans la littérature... ». Hé bien avec tout ça, bien que spécialiste de rien, je me sens moins seul...


j'ai lu quelques poèmes de Clover qui ne m'ont absolument pas convaincu en tant que tels, bien que par le sens je puisse m'en sentir proche, mais certainement pas par l'écriture, ni en vers "spiraliques", ni en prose, tellement ils sont intellectualisés, pauvres en image, en sons et en rythmes. Bref, lourdingues dans le sens d'un « gauchisme esthétique ». Pour un aperçu, voir ICI

si c'est ça être poète, je suis curé, mais il est vrai qu'à la différence de Clover, je ne suis membre d'aucune "Académie de poésie", et si je recevais un "prix de poésie", je le brûlerai comme en émeute de moi-même contre la poésie branchée au temps du capital

en relation deux textes :


- History and the Sphinx: Of Riots and Uprisings Libcom Sep 25 2012
Jasper Bernes and Joshua Clover on The Rebirth of History: Times of Riots and Uprisings by Alain Badiou

Citation :
Rather than seeing theory as a lesson we must teach to the participants of today’s uprising, we might see it as something immanent within what they do. We might adopt a listening posture with regard to the world we live in. The answer to the riddle of the Sphinx is always another question.

Plutôt que de voir la théorie comme une leçon à enseigner aux participants du soulèvement d'aujourd'hui, nous pourrions la voir comme quelque chose d'immanent au sein de ce qu'ils font. Nous pourrions adopter une posture d'écoute en ce qui concerne le monde que nous vivons. La réponse à l'énigme du Sphinx est toujours une autre question.



- The Ends of the State Joshua Clover and Jasper Bernes Viewpoint Magazine, October 12, 2014

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Jeu 12 Mai - 14:39

chez Pepe@dndf, un commentaire (à froid ?) au texte précédent à chaud

à la nuit tombée

« parler de "race" comme ça, comme un cheveu sur la soupe ? »

Plop a écrit:
dndf 11/05/2016 à 20:30 | #1

Pas grand chose à dire sur le fond du texte, y a de bonnes pistes à creuser…

Mais sérieux vous aussi vous vous mettez à parler de « race » comme ça, comme un cheveu sur la soupe ?

Si c’est ça vous semble si théoriquement important pour analyser le mouvement sur la loi travail alors il faudrait un peu développer la question.

Parce que sinon ça fait vraiment « on prend un truc à la mode plus facile à utiliser que les analyses de classe interne au prolétariat »



dans l'extrait mis en ligne par un camarade de Théorie Communiste, le seul passage où il est question de "race" est celui-ci

AC a écrit:
Par l’intervention de Nuit debout il acquiert sa pureté politique et nous engage en tant que « citoyens », c’est-à-dire en tant que sujets démocratiques, jamais spécifiés socialement. La figure socialement neutre du citoyen vient alors masquer toutes les assignations de classe, de genre et de race qui nous font exister comme sujets réels.

pour sûr, ce n'est pas TC-orthodoxe, et plus proche du patlotchisme primaire, ce qui entre autres signes et depuis longtemps, traduit un décaccord au sein du groupe Théorie Communiste sur l'articulation classe-genre-race. En ce sens, oui, Plop peut dire que « parler de "race" comme ça tombe comme un cheveu sur la soupe »

alors oui, c'est « théoriquement important pour analyser le mouvement sur la loi travail » et « il faudrait un peu développer la question.» Je développe un peu :

comme pour la manifestation du 11 janvier 2015, dans la mesure où les "blancs" ne constituent pas une race à leurs propres yeux, on peut constater a minima que la "race" est absente de Nuit Debout, sauf par les figurants sortis du rang des quartiers populaires, ce qui recoupe l'absence du « prolétariat » de souche si j'ose dire, dont il conviendrait pour Plop de faire des « analyses de classe interne » : dans la pureté de « la race des travailleurs » (Marx) ?

si on écoutait le prolétariat quand il s'exprime, au lieu d'imaginer de l'extérieur ce qu'il pense,
à grands renforts de dogmes ultragauchistes ou communisateurs ?

les raisons de cette absence ont été expliquées, par le PIR entre autres n'en déplaise : Nuit (blanche) Debout : Comment sortir de l’entre-soi ?, et j'ai donné aussi nombre de témoignages les recoupant, comme à Marseille ou en banlieues parisiennes, "de l'autre côté du périph", comme on dit, où Nuit debout a fait un plop flop. Paradoxalement, on trouve davantage d'expression prolétarienne authentique dans ce texte du PIR ou dans le livre d'Houria Bouteldja Les Blancs, les Juifs, et nous..., qui balaye ce lieu commun gauchiste, le PIR « petits-bourgeois intellectuels coupés des quartiers »

cela n'en fait évidemment pas une analyse théorique communisatrice, comme nous l'entendons ici, et non dans la leçon inaugurale de Léon de Mattis, mais elle est parfaitement complémentaire de notre approche, et cela même traduit les différences sur tous les fronts, dans les luttes sous identités d'exploitation/dominations, pour dépasser « toutes les assignations de classe, de genre et de race qui nous font exister comme sujets réels. » comme l'écrit AC

je l'ai déjà dit et j'y reviendrai avec ce livre d'Houria, chacun son créneau dans la lutte de classe, avec ses erreurs et tâtonnements, et c'est au moins une chose qu'elle a suffisamment comprise, de souche ouvrière qu'elle est, elle, pour que cela ne soit pas matière à se justifier, ni elle ni moi, encore moins à rendre des comptes à l'on ne sait quelle instance surplombante disant le tout d'une lutte de classe complètement fantasmée, sur une base dogmatique caduque ayant prouvé son impuissance praxique *

* j'ai reçu hier un texte d'ultragauchistes (« Lettre à nos amis du "rojavistes" »), il est de la même eau qui me devient de plus en plus insupportable. Je les ai envoyé paître, en substance : - vous êtes Kurdes, non ? alors fermez-là. Alors de même : vous êtes prolos racialisés, non ? alors taisez-vous, occupez vous de vos fesses et faces de classe-race-genre telles qu'elles sont, depuis ce qu'elles sont, pour ce qu'elles font : donner, au nom d'un prolétariat idéel, des leçons au monde entier, ça suffit !

nous avons là, par Plop, l'expression simple et condensée de l'approche universaliste, colorblind, d'un prolétariat pur comme les luttes de classe qu'il est censé produire, en externe. Hé bien cela n'arrivera plus, ou seulement dans des conjonctures de dépassement des identités sous lesquelles s'exprime le prolétariat, des conjonctures d'unification, de tressage et non de "convergence", de luttes sur la base concrète de situations d'exploitation et dominations complémentaires mais différentes produisant aussi les segmentations et les conflits internes au prolétariat dans son ensemble comme sujet antagonique de la classe capitaliste

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 15 Mai - 20:21


Dans cet entretien accordé à Thinking Africa, Saïd Bouamama expose les relations entre la recherche et le militantisme, apporte un éclairage historique sur les rôles et l’impact du capitalisme et du colonialisme en Afrique, décrypte les masques idéologiques et agendas politiques derrière les flux migratoires (Afrique vers Europe) et explique pourquoi la jeunesse africaine vit actuellement son 3ème âge politique.


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mar 24 Mai - 6:04


Le Monde


Edward Nero, l’un des six policiers jugés dans l’affaire de la mort du jeune Freddie Gray, en avril 2015, a été acquitté, lundi 23 mai, par le tribunal de Baltimore. Il était poursuivi pour violences volontaires, mise en danger de la vie d’autrui et fautes professionnelles.

Citation :
Le juge Barry Williams a rejeté l’idée de violences volontaires. Il a estimé que le « contact » entre Edward Nero et Freddie Gray était « légalement justifié » et il a écarté la notion de « négligence ». Selon le juge, le policier n’est pas non plus responsable du fait que Freddie Gray n’était pas attaché par une ceinture de sécurité lors de son transport par la police.

Freddie Gray avait été mortellement blessé dans la foulée de son interpellation, pour un simple regard, le 12 avril 2015. Emmené menotté dans un fourgon de police pour être entendu au poste, le jeune homme a subi, dans des circonstances toujours floues, une fracture des vertèbres cervicales. Il a succombé à ses blessures le 19 avril.

La maire appelle la population au calme

Sa mort avait déclenché des manifestations contre les violences policières, notamment à l’encontre des Noirs, mais aussi des émeutes, pillages et actes de vandalisme à Baltimore. Les autorités avaient dû déclarer l’état d’urgence, instaurer un couvre-feu et appeler des militaires de la garde nationale en renfort pour ramener le calme. Le procès d’Edward Nero est le deuxième de l’affaire : pour le moment aucun des policiers poursuivis n’a été condamné.


Citation :
Aujourd’hui, le juge Barry G. Williams a jugé l’officier Edward Nero non coupable des accusations pénales (…). Maintenant que l’affaire pénale est finie, le policier Nero va faire l’objet d’une enquête administrative du département de la police, a commenté la maire de Baltimore, Stephanie Rawlings-Blake, à l’annonce du jugement. Nous demandons de nouveau aux citoyens d’être patients et de permettre au processus d’être mené à son terme. En cas de troubles dans la ville, nous sommes prêts à répondre.

La décision du juge connue, une quinzaine de manifestants scandaient devant le tribunal de Baltimore : « Pas de justice, pas de paix ! »


itélé extraits
Citation :
Un risque d’embrasement dans la ville de Baltimore

Plus d'un an après les faits, Edward Nero est le deuxième policier sur six -- trois Blancs, trois Noirs -- à être jugé pour ces faits. Le procès d'un premier officier de police s'était soldé par une annulation surprise. L'homme sera rejugé.

Malgré ce verdict, la famille de Freddie Gray et une partie de la population noire de Baltimore est convaincue qu'il s'agit d'une nouvelle bavure policière visant la communauté noire américaine. Devant le tribunal de Baltimore, après la décision rendue lundi, une quinzaine de manifestants criaient: "pas de justice, pas de paix".

Un climat tendu qui semble inquiéter la maire de Baltimore Stephanie Rawlings-Blake :

“Nous demandons de nouveau aux citoyens d'être patients et de permettre au processus d'être mené à terme. En cas de troubles dans la ville, nous sommes prêts à répondre. Nous protégerons nos voisins, nos entreprises et les habitants de notre ville”

La maire veut éviter que ne se reproduisent les événements survenus après la mort de Freddie Gray, qui avait déclenché des émeutes, pillages et actes de vandalisme. Les autorités avaient dû déclarer l'état d'urgence, instaurer un couvre-feu et appeler les militaires de la garde nationale en renfort.



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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mar 31 Mai - 7:51


un petit livre récent et très documenté




I Qui sont les descendants d'immigrés ?

II Banlieue et exclusion

III De l'école à l'emploi

IV L'entrée dans la vie adulte et formation du couple

V Familles, valeurs et pratiques transnationales

VI Citoyenneté, identité, religion

Conclusion / Étudier les parcours des descendants d'immigrés, une nouvelle approche




chiffres et graphiques

Immigrés et descendants d'immigrés en France - Insee Références - Édition 2012









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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mar 31 Mai - 17:40


Racisme et violences : le calvaire des étudiants africains en Inde



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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mar 31 Mai - 18:12


« En Chine, beaucoup d’Africains souffrent de racisme »

Sébastien Le Belzic Le Monde Afrique 30.05.2016


Extrait de la publicité pour la lessive chinoise Qiaobi

Citation :
Après avoir mis en cause les médias occidentaux pour leur trop grande « susceptibilité » aux questions raciales, l’entreprise à l’origine de cette publicité a dû rétropédaler et présenter des excuses. « Pour le tort causé aux Africains en raison de la propagation de cette publicité et de l’écho qu’elle a trouvé dans les médias, nous présentons nos excuses », a écrit la société chinoise dans un communiqué publié sur le réseau social Weibo.

Une justification un peu courte et publiée en mandarin sur un réseau social lu principalement par les Chinois. L’affaire est devenue le symbole d’une certaine « afrophobie ». « Qui sont-ils ? Que font-ils ? Ils prennent nos femmes. Ils sont peu éduqués. Ils sont sales et violents… Voilà le genre de choses que l’on entend lorsque l’on est Africain en Chine », nous explique la journaliste britannique Nicole Bonnah. Cette jeune femme noire qui vit à Pékin est d’origine afro-caribéenne. « On ne peut pas dire que la Chine est raciste dans son ensemble, mais on constate de plus en plus de pratiques discriminatoires et de brutalités policières. »

« Une afrophobie évidente »


« Bien sûr que le racisme existe en Chine et je sens qu’il se développe », explique Nicole Bonnah. Sur son blog, elle s’insurge contre cette caricature d’homme africain, représenté comme un prédateur sexuel et déshumanisé. « Il n’est rien d’autre qu’une saleté qui doit être lavé pour plus de propreté et de pureté afin d’incarner la beauté véritable. »

« Il y a une afrophobie évidente dans de nombreuses régions du pays », explique la jeune femme qui se demande surtout comment un acteur de couleur a pu se prêter à une telle caricature. Selon nos informations, il s’agit d’un jeune étudiant Nigérian à qui on a proposé une centaine d’euros pour monter dans cette machine à laver. Le malheureux ne savait rien du scénario. Aujourd’hui il a dû quitter la Chine. « Il déprime. Il est attaqué par toute la communauté africaine. Nous disons aux Africains : il ne faut pas participer à ce genre de films ! », nous explique Jilles Djon, directeur de la chambre de commerce africaine à Shanghai.

« C’est vraiment grave. C’est bien plus que du racisme. Nous voyons que beaucoup d’Africains sont rejetés, ostracisés. Ils ont de plus en plus de mal à trouver des stages ou décrocher un emploi en Chine. Le problème c’est le rapport qu’entretient aujourd’hui la Chine avec l’Afrique. Elle se comporte de plus en plus comme un pays dominateur. »

« Il y a en Chine un racisme décomplexé »

« On est passé du Chinois frère, au Chinois maître », conclut le directeur de la chambre de commerce. « Cette publicité montre une facette négative de la Chine, estime également Frédéric Raillard, cofondateur de l’agence de publicité Fred & Farid installé depuis trois ans à Shanghai. Le rapport au racisme n’est pas le même qu’en Occident. Il y a en Chine un racisme décomplexé. Mais là nous avons surtout à faire à une entreprise qui ne maîtrise pas du tout la communication et la publicité. C’est un travail d’amateur. C’est de la bêtise », explique-t-il.

Une bêtise vue quand même par des millions d’internautes à travers le monde. Si en Chine l’affaire fait relativement peu de bruit, en revanche, les médias occidentaux se sont saisis du dossier.

« L’antiracisme est le grand dada de l’Occident et cette triste affaire est l’occasion de présenter les Chinois comme les méchants et les Occidentaux comme les gentils, explique Frédéric Raillard. L’Occident va saisir cette occasion pour blâmer la Chine. » Ce n’est pourtant pas la première fois que la Chine s’aventure sur ce terrain glissant de la publicité raciste. Dans les années 1990, le dentifrice Darkie a fait polémique avant d’être rebaptisé « Darlie ». Mais il est toujours appelé « le dentifrice de l’homme noir » (黑人牙膏).

« La pornographie de la pauvreté »


« Récemment, on a eu le cas à Canton d’un étudiant africain qui s’est retrouvé menacé par toute la communauté pour s’être prêté à une publicité comme celle de Qiaobi », se souvient le directeur de la chambre de commerce africaine. Il a gagné à peine 40 euros dans l’affaire…

Plus récemment encore, l’Institut Confucius a recruté des étudiants africains à Shanghai pour tourner une publicité là encore au genre douteux afin de lever des fonds pour soi-disant lutter contre la pauvreté en Afrique.

Depuis, le film a été retiré des réseaux sociaux. « J’appelle ça de la pornographie de la pauvreté et les étudiants n’avaient aucune idée de ce qu’ils faisaient », s’insurge Jilles Djon, qui met en garde les étudiants africains qui débarquent chaque année de plus en plus nombreux en Chine : « Ne vous prêtez pas à ce genre d’exercices ! »

Dans ce pays où plus de 90 % des habitants sont d’ethnie han, parler de races n’est pas chose taboue. « C’est même normal, explique un jeune Chinois. Nous n’avons jamais colonisé l’Afrique et nous ne sommes pas responsables de l’esclavage des Africains. »

Mais si les Blancs sont appelés en Chine « Lao wai » (老外), c’est-à-dire « étranger », les Noirs sont appelés « Lao hei » (老黑). Le caractère 黑 signifiant à la fois « noir » et « sale ». Dans certaines régions, ils sont méchamment surnommés « Hei gui » (黑鬼) ce qui signifie « monstre noir » en mandarin.

Le quotidien Global Times, porte-voix traditionnel du Parti communiste, a tenté timidement de justifier l’injustifiable, expliquant que les Chinois n’ont pas les mêmes « références culturelles ». « La sensibilité de nombreux Chinois à ces questions raciales n’est pas la même qu’en Occident. »


Sébastien Le Belzic est installé en Chine depuis 2007. Il dirige le site Chinafrica.info, un magazine sur la « Chinafrique » et les économies émergentes.



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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Sam 4 Juin - 23:34


Libération AFP 1 juin 2016


Les personnes "perçues comme non-blanches" incarnent trop souvent des rôles négatifs à la télévision et restent aussi peu nombreuses qu'en 2014, regrette le Conseil supérieur de l'audiovisuel dans un rapport Photo THOMAS SAMSON. AFP

Citation :
Pour la première fois, le Conseil suggère une «modification législative», «qui lui permettrait d’exiger davantage de la part des diffuseurs». Pour l’heure, les chaînes doivent simplement prendre des engagements volontaires chaque année sur le thème de la diversité.

«Il faut aller chercher les concessions une par une auprès des chaînes, puisque nous n’avons pas assez d’appui dans la loi», a expliqué à l’AFP Mémona Hintermann, conseillère au CSA en charge de la diversité.

S’agissant des «attitudes», «celles qui sont négatives sont incarnées à 29% par des personnes perçues comme +non-blanches+ alors que les attitudes positives ne le sont qu’à 12% pour les personnes perçues comme +non-blanches+», relève le Conseil dans ce premier rapport annuel sur la diversité remis au Parlement.

«Si le taux de personnes perçues comme +non-blanches+ est de 21% pour les figurants, il n’est que de 9% pour les héros», poursuit le régulateur, et le taux de personnes perçues comme non-blanches atteint 37% «s’agissant des activités considérées comme marginales ou illégales».

Les programmes audiovisuels sont en outre globalement peu représentatifs de la diversité de la société française, note le CSA, et les chiffres ont stagné en 2015.

Seulement 14% de personnes présentes sur les écrans étaient perçues comme «non-blanches», comme en 2014, et légèrement plus représentées par des hommes (16%) que par des femmes (13%).

Le CSA relève également que, «plus une émission représente une catégorie sociale élevée, moins la part des personnes perçues comme non-blanches est importante».

Le Conseil s’est également intéressé à la représentation des personnes perçues comme handicapées, qui comptent pour seulement 0,4% des individus indexés, un chiffre bien inférieur à la proportion de Français touchés par un handicap.

«La prise de conscience est extrêmement tardive»,
estime Mémona Hintermann, de retour de missions d’observation en Allemagne et aux Etats-Unis. «On a longtemps considéré la télévision comme un instrument mineur», alors qu’elle est «un instrument de cohésion sociale», affirme-t-elle.

Le CSA souhaite que les chaînes prennent des engagements «chiffrés et concrets» sur la diversité, et qu’ils soient notamment intégrés aux prochaines conventions de diffusion que négocieront les chaînes avec le régulateur.

Le baromètre de la diversité 2015 a été réalisé à partir du visionnage des 16 chaînes de la TNT gratuite et de Canal+, pendant deux semaines d’avril et de mai 2015, durant les tranches horaires de 17H00 à 23H00, publicités et divertissements exclus, et des JT de la mi-journée. Soit environ 1.100 heures de programmes, précise dans son rapport le CSA, qui réalisait depuis 2012 un baromètre annuel mais n’effectuait pas de recommandations.


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Jeu 16 Juin - 20:35


Orlando, la race, et la signification du terrorisme

Terrell Jermaine Starr EE 16 juin 2016

A la lumière du massacre d’Orlando, une chose est claire à propos de la politique états-unienne : les musulmans qui commettent des actes de violence massive sont immédiatement qualifiés de terroristes. Les Blancs qui en font de même, non.


Citation :
La tuerie de masse de la boite de nuit « The Pulse » a révélé de subtils penchants dans le langage utilisé par les officiels pour définir le terrorisme, et qui est éligible à ce qualificatif.

Il n’aura fallu que quelques heures, dimanche, avant que les autorités locales et nationales ne commencent à qualifier Omar Mateen, le tireur, de terroriste islamiste. Dans certains cas, cette appellation fut même utilisée avant que les forces de l’ordre ne rapportent que Mateen avait durant l’attaque prêté allégeance à l’Etat islamique (EI).

Son patronyme musulman et ses origines afghanes suffisaient largement pour le qualifier ainsi.

Marco Rubio, sénateur Républicain de l’Etat de Floride, a condamné « ce déchirant acte terroriste ». En mentionnant l’« héritage afghan » de Mateen, l’ancien gouverneur de l’Arkansas, Mike Huckabee, a prévenu les « progressistes qui ont la haine de soi » que le pire était à venir s’ils ne réalisaient pas les dangers de l’« Islam radical ». Le sénateur Républicain du Texas, Ted Cruz, a employé des termes encore plus cinglants : « Du 11 septembre au marathon de Boston, de Fort Hood à Chattanooga, de San Bernardino à cette horrible attaque la nuit dernière à Orlando, l’Islam radical a déclaré le jihad à l’Amérique. »

L’année dernière en revanche, peu de politicien-ne-s ont employé le terme de « terroriste » pour décrire Dylann Roof, qui a assassiné 9 personnes dans une église noire de Charleston en Caroline du Sud. La première réponse de Rubio fut de dire qu’il était « attristé par l’événement de Charleston ». Le lendemain, la déclaration de Cruz ne comportait pas non plus le terme « terrorisme ». Moins d’une semaine plus tard, il faisait des blagues sur les armes à feu.

Le sénateur de Caroline du Sud, Lindsey Graham, a décrit Roof comme étant « un de ces gamins un peu bizarres », et la gouverneure Nikki Haley a quant à elle exprimé sa « perplexité » quant à ses motivations. Roof avait pourtant déjà exprimé sa haine envers les Noir-e-s, et a déjà été pris en photo en train de brûler un drapeau états-unien d’une main, tout en tenant fièrement un drapeau confédéré de l’autre.

Pourquoi cette différence de traitement entre Mateen et Roof ?

« Le terme « terroriste » est ici employé afin de détourner l’attention de cette haine profondément ancrée qui agite l’espace public états-unien » m’a déclaré Eddie Glaude, professeur de religion et d’études Afro-Américaines à l’université de Princeton.

« Dylann Roof nous donne un exemple de l’extrême violence par laquelle peut s’exprimer le racisme, et les politiques nient cet état de fait par la manière dont ils qualifient Roof. « Il est fou. Le problème vient de là ». C’est leur manière de contenir ce racisme, afin que cet acte ne reflète pas aux yeux du monde que notre société est toujours foncièrement raciste. »

En définitive, qualifier les actes de Roof de racistes aurait mis en cause le racisme de la société états-unienne elle-même.

« Reconnaître des actes de terrorisme requiert un volontarisme d’Etat, et je pense que c’est une chose que beaucoup de politiciens blancs ne peuvent concevoir quand cette violence est infligée à des Noir-e-s », m’a dit Chad Williams, professeur et président des études Africaines et Afro-Américaines à l’université de Brandeis. « C’est bien plus facile, au vu du climat racial politique, de diaboliser les musulman-e-s et de transformer leurs actes en sujet de débats politiques ».

Dans les 24 heures suivant l’attaque d’Orlando, les médias questionnaient largement la manière dont Mateen s’était radicalisé. Peu en revanche s’étaient posés ces mêmes questions concernant le racisme bien de chez nous qui avait radicalisé Roof. On a retiré les drapeaux confédérés dans bien des endroits par la suite, mais seulement après avoir s’être soigneusement posé la question si cela n’était pas un signe de haine contre notre « héritage ».

« En tant que petite fille noire de la Nouvelle Orléans, j’ai du lire au sujet d’Anne Frank. On a fait en sorte que je ressente de l’empathie pour elle. Mais on ne m’a jamais fait lire de récit sur les esclaves » me confesse Yaba Blay, professeure de science politique à l’université – historiquement noire – de North Carolina Central.

« Je montre donc [à mes étudiant-e-s] le drapeau confédéré. Et nous avons des discussions à propos de la fierté sudiste. Ce que représente la swastika est pourtant très clair, il n’y a aucun compromis possible là-dessus. Et si quelqu’un se ballade avec une swastika, nous n’allons pas invoquer la liberté d’expression. Pourtant quand il s’agit du drapeau confédéré, soudainement, il peut y avoir discussion ».


Personne ne remet en cause la brutalité sourde qui s’est abattue à Orlando. Il est possible qu’elle soit alimentée par la haine et qu’elle ait pour but de répandre la terreur en même temps. Mais la décision de savoir qui peut être qualifié de terroriste, et pourquoi peut-il l’être, est avant tout une décision politique. Qu’est ce qui est donc désigné comme étant du terrorisme contre les Etats-Unis et les Etats-Unien-ne-s, et qu’est ce qui est désigné comme étant le facteur de radicalisation de ceux perpétrant des actes terroristes ?

L’lerrét Ailith, une femme trans noire, a mis en perspective la fusillade du Pulse lors d’une conversation téléphonique dimanche soir. Bien qu’elle voie le geste de Mateen comme étant un acte terroriste, elle blâme la législation et rhétorique anti-LGBT des politiciens états-uniens, qui a agi selon elle comme une forme de radicalisation états-unienne du jeune homme.

« Ces trans noir-e-s et latinas-os ont probablement été forcé-e-s de partir de chez elles-eux à cause de sentiments anti-LGBT, elles et ils sont exclu-e-s d’opportunités professionnelles, exclu-e-s de la société en général »
me dit Ailith, qui est porte-parole du BYP100, une organisation œuvrant pour la justice sociale des Noir-e-s. « Et lorsqu’elles-ils ont une bulle dans laquelle elles et ils peuvent célébrer qui elles-ils sont, leur résistance, elles et ils sont assassiné-e-s. Et les gouvernants ne se sentent à aucun moment responsables des sentiments qui animent les gens comme cette personne qui a assassiné ces individus. »

Elle a raison. Pendant que Cruz tweetait ses condoléances aux victimes, il s’est aussi opposé à toute mesure législative attribuant aux LGBT égalité des droits et protection. Il a déclaré que la Cour Suprême légiférant en faveur du mariage gay serait « un acte d’activisme judiciaire illégitime et infondé ».

A travers le pays, les mêmes politicien-ne-s Républicain-e-s ayant manifesté « pensées et prières » pour les victimes d’Orlando, sont celles et ceux qui font passer des lois transphobes comme les « bathroom bills » et des lois sur la soi-disant liberté religieuse. Ces actions non seulement alimentent le sentiment anti-LGBT et pourraient tout aussi bien inspirer quelqu’un comme Mateen à pénétrer à l’intérieur d’un club gay et à tuer des gens.

Ce n’est pas exagéré que de l’envisager. Gordon Klingenschmitt, un pasteur homophobe et membre de la Chambre du Colorado, a déclaré en 2014 lors de son émission de télévision locale que les homosexuel-le-s « veulent que vous désobéissez à Dieu afin que vous alliez en enfer avec elles et eux ». Quand Scott Roeder a tué en 2009 un médecin qui pratiquait des avortements, il a affirmé qu’il était « de nouveau né » après avoir vu le spectacle chrétien conservateur « The 700 Club ». Le Southern Poverty Law Center, a une fois identifié au moins 18 groupes chrétiens anti-gays, qui selon le SPLC fonctionnent comme des groupes de haine.

Pourquoi ne nous sommes-nous pas engagé-e-s dans une conversation sur l’ « extrémisme chrétien » ?

Parce qu’en engager une signifierait que les Etats-Unis ne seraient plus en mesure de se concentrer sur l’Islam ou les populations du Moyen-Orient comme étant les seules menaces qui pèsent sur la sécurité états-unienne. Les Etats-Unis devraient se concentrer sur eux-mêmes. Porter un regard critique à la fois sur les lois états-uniennes incitant à la haine anti-gays, sur les lois laxistes qui permettent à des gens comme Mateen d’acquérir légalement des armes, et sur les symboles comme le drapeau confédéré, tout cela forcerait ce pays à se demander s’il n’est pas en train de dispenser son propre style de propagande contre son propre peuple.

La réalité est que les Etats-Unis ne sont pas prêts à faire face à la laideur du racisme, de l’homophobie et de l’indifférence à la vie que génèrent les législations sur les armes à feu. À l’heure actuelle, se concentrer sur l’Islam comme intrinsèquement violent est bien plus rassurant.



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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Lun 27 Juin - 13:00

tous les prolétaires ne se réjouissent pas du Brexit


Que peut-on écrire de définitif sur le vote par la Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne, alors même que cet événement sismique continue de produire ses effets ? En tant que personne racisée [people of colour], essayer là maintenant de donner un sens à mon pays me fait sentir comme si j’étais en quelque sorte désincarnée. Ma propre pensée parait séparée de mon corps. Je ne suis pas à ma place. Je suis vulnérable.


Citation :
Comment pourrais-je ne pas l’être ? Quand les colères et frustrations réelles sont orientées à tort sur le corps des migrant-e-s, alors moi et d’autres personnes racisées avons le droit de nous sentir menacées et exposées.

Aujourd’hui – en réalité durant la campagne référendaire – nous avons été rendues très visibles dans notre différence. Pardonnez ma paranoïa, mais dites-moi, que devons-nous penser lorsque le dialogue national arrivant au « point de rupture » culmine avec cette célèbre affiche ? Lorsque vos concitoyen-ne-s croient dur comme fer que vous êtes la cause de leur douleur, l’histoire vous dit d’en tenir compte comme un sérieux avertissement. Je serais folle de ne pas me sentir comme nécessairement impliquée à chaque fois qu’il est question de « les renvoyez chez eux ».

Le paradoxe de ce référendum a été que celles et ceux qui ont connu les plus hauts niveaux de migration se sont avéré-e-s être les moins inquiet-e-s à ce sujet. La peur de l’inconnu souligne souvent l’intolérance et la xénophobie. Nous le savons.

Ceci, en fin de compte, est la raison pour laquelle j’ai voté pour rester. L’UE, avec ses camps de réfugié-e-s et ses contrôles aux frontières pour le reste du monde, n’est pas vraiment l’endroit rêvé pour les personnes racisées. Mais certaines d’entre elles ont d’ailleurs voté pour quitter l’UE, un vote qui est déterminé à la fois par la classe, l’âge et la situation géographique. Les gens ont des préoccupations très réelles à propos des emplois précaires qui permettent à peine de vivre, des logements qui ne sont pas abordables, et d’un service national de santé saturé car tributaire des financements privés tout en étant pressuré par les coupes budgétaires de l’assurance maladie.

Le basculement vers la catastrophe est facile. J’ai passé la majeure partie de ma journée de vendredi à me dire que tout est allé de travers, et de manière irréversible. Mais penser cela serait notre plus grosse erreur. Ce n’est pas le moment de s’enfermer dans un récit qui dirait que nous sommes condamné-e-s pour toujours.

Cette Grande-Bretagne au racisme profondément intégré dans son ADN culturel n’est pas une surprise. Nous sommes au courant de l’esclavage et du colonialisme. Et, pour citer Walter Rodney, « L’oppression suit logiquement l’exploitation, de manière à la garantir ».

Le racisme a permis à Britannia de régner sur les mers. Ce dont nous avons été témoins, cependant, c’est à une mutation de ce gène. Il ne s’agit pas de puissance impériale là, mais de la peur et de la haine nées de la faiblesse. A quoi d’autre le slogan « Reprendre le contrôle» fait-il allusion, si ce n’est pas à cela ? Tout cela pour dire que les objectifs de nous autres progressistes doivent rester les mêmes : créer une société plus juste dans laquelle les plus vulnérables sont protégé-e-s.

Nous pouvons commencer à nous préparer au travail à venir en trouvant dès aujourd’hui d’autres personnes qui partagent les mêmes aspirations et auprès desquelles nous nous sentons en sécurité et compris-es. Nous devons nous rassembler sans diaboliser celles et ceux qui ont voté pour quitter l’UE, ou les cataloguer comme racistes ou stupides. Ce type de surdité ne nous mènera nulle part. Au-delà de nos propres cercles, nous devons en faire un impératif pour toucher ces électeurs, pour les écouter correctement. Par là, j’entends les écouter sans arrière-pensées.

Ecouter réellement signifie entendre ce que signifie vivre dans cette Bretagne qui n’est plus si Grande. Cela signifie mettre le pied dehors et sortir des villes devenues subitement prospères pour aller dans les centres communautaires de Sunderland, Bradford et Neath Port Talbot. Cela signifie ne pas céder de terrain sur la question des migrant-e-s et renforcer notre engagement à fournir un asile pour les personnes en quête de sécurité.

Nous ne pouvons décemment accepter d’avoir perdu la bataille des idées. En réalité, nous devrions être plus bruyants que jamais à affirmer que les migrant-e-s ne sont pas un problème et qu’il est moralement juste d’offrir refuge aux personnes fuyant la persécution et les conflits.

Si nous ne nous levons pas et n’affrontons pas cela, ce qui est en jeu est beaucoup plus effrayant que le résultat de vendredi. Dans le vide que notre absence va créer, Farage et cie vont avancer. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire.


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Lun 27 Juin - 16:28


Citation :
C'est l'assistant secrétaire du conseil musulman de Grande Bretagne, Miqdaad Versi, qui en fait état dans le quotidien britannique The Guardian, les manifestations physiques de racisme ordinaire à l'encontre des musulmans, et des étrangers de manière plus générale, seraient, en hausse depuis le vote en faveur du Brexit. Si l'on en croît ses chiffres, plus d'une centaine d'incidents racistes auraient été relevés depuis vendredi.

La raison ? Puisque les Britanniques ont décidé de sortir de l'UE, certains pensent qu'il n'est plus nécessaire de continuer à héberger les ressortissants des pays de l'est ou autres musulmans, principales catégories stigmatisées.

De nombreux exemples

Dans Hammersmith, un graffiti raciste a été tagué sur un centre culturel polonais. À Manchester, des manifestants en colère ont crié des slogans à l'extérieur d'une mosquée. Et à Newcastle, une pancarte a été placée exhortant le pays à "commencer le rapatriement".

Le résultat du référendum de l'UE a-t-il enhardi les xénophobes en les amenant à croire que la majorité était d'accord avec leur point de vue sur l'immigration et donc légitimer ces expressions publiques de haine ? Cette explication serait sans doute trop simpliste. C'est cette analyse que Miqdaad Versi développe dans les colonnes du Guardian.  


Après le Brexit, au Royaume-Uni, les racistes se lâchent

Bérengère Viennot Slate.fr 27.06.2016

De nombreux incidents et délits racistes ont été signalés depuis la victoire du «Leave»

Citation :
Le Royaume-Uni a choisi de sortir de l’Union Européenne après une campagne qui a beaucoup joué sur le racisme, la peur de l’autre et l’immigration. Comme le rapporte Slate.com, à présent que le divorce est prononcé, le pays découvre avec angoisse que «certains éléments extrémistes de la société» laissent libre cours à leurs pulsions racistes. Les incidents et délits racistes sont en augmentation depuis que l’issue du référendum est connue. D’après The Independent, «nombre des auteurs supposés [de ces incidents racistes] ont évoqué explicitement la décision de quitter l’Union européenne». Un album Facebook intitulé «Worrying signs» («signaux inquiétants») a été créé pour signaler les incidents à caractère xénophobe.

À Huntington, dans le Cambridgeshire, des cartes où l’on pouvait lire «Quittez l’UE/La vermine polonaise, ça suffit» ont été déposées dans les boîtes aux lettres de familles polonaises le lendemain du scrutin. D’autres ont été distribuées devant des écoles primaires, en anglais et en polonais.

Dans les rues, les insultes racistes contre des personnes «perçues comme des immigrés» se sont multipliées. «J’ai passé une grande partie du week-end à parler à des associations, des individus et des militants qui travaillent dans le domaine des crimes de haine, qui surveillent les occurrences de crimes de haine, et ils révèlent des premiers résultats dérangeants révélés par des personnes arrêtées dans la rue pour s’entendre dire: “Écoutez, on a voté Leave, alors il est temps pour vous de partir”», déplore la baronne Warsi, ancienne présidente du parti conservateur.

Heaven Crawley, directrice des études sur les migrations internationales à Coventry University, a twitté le 24 juin:

«Ce soir, en quittant son travail à Birmingham, ma fille a vu un groupe de gars encercler une musulmane en criant: “Dégage, on a voté Leave.” Horrible époque.»

De nombreux incidents sont même reportés à Londres, s’étonne Slate.com. Un jeune français et son ami se sont par exemple fait hurler dessus: «Leave, leave!» («Partez, partez!») par un homme qui les avait entendus parler français.

Pour Jasvir Singh, avocat à Londres et militant du parti travailliste cité par Bloomberg, le ton de certains discours de campagne a «légitimé la rhétorique raciste. Il y a dorénavant une minorité qui se fait entendre et se sent autorisée à utiliser les résultats du référendum comme prétexte pour cracher sa haine».




le racisme en Europe étant si peu un problème de classe, les "camarades" qui fustigent l'anti-racisme des "bobos démocrates de gôche", et se sont réjouis du Brexit des prolétaires anglais de souche, peuvent ainsi confirmer leur universalisme prolétarien au coude à coude avec les fachos...

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 3 Juil - 17:32


la race et la classe sur la table du Brexit

Brexit

July 2, 2016 Utz McKnight from University of Alabama Ferguson

The posts you will find here discuss issues of race, political theory, and society. The presumption is that readers will engage with what they read, and think seriously about how race impacts societies everywhere.

“Raise your left hand if you are White.” Yes, I mean you. Please raise your left hand if you are white. “Now, please think about this. Even though some of you glanced around and checked to see if it was okay with others, other Whites, a form of affirmative eyeballing to reassure yourself that others who you see as White were about to do it also, what just happened?” “What did you raise you hand too?” Yes, I mean you. What did you raise your hand to? What was the reassurance you were seeking and somehow found? What was the confidence with which you knew exactly what I was talking about? What was the extent of your dismissal, the rebuke now possibly on your lips, simply the aversion to following directions, a refusal to attach yourself to a larger discourse about race? Who am I, to tell you what you think about race, after all.

Citation :
How was this not something you were willing to admit, now in the privacy of your home, on the phone, read on a laptop at work, in the office, at the beach? A Whiteness that was so easy to recall, so easy that you get angry, some of you, that I would make you admit something that should not be named. Not in public, or even in private. Unless called upon as part of an exercise in what some call critical race pedagogy.

So you make an exception to the rule, it is okay that I ask you to collectively, personally admit to being White. But this ready reaction isn’t the same thing as the elimination of the description of race in your own life of course, something we recall that Rorty ran afoul of in his description of the eventual withering away of the language of race, something Charles Taylor made significant and then sought to attenuate by a specific description of history. Walzer’s thick and thin, or is this all about bowling alone, and not really about race at all? Race as a specific social relationship between persons from which someone could be immunized, and therefore political, a form of collectivizing dissensus. So, did you understand and follow through with the impulse to raise you hand? Was the follow through sufficient to implicate you in something the description of which we don’t yet understand?

It is really important that we keep this problem of definition with regard to race in mind in the politics of democratic development in this society. The constant vacating or erasure, thin, ethnic description of Whiteness to which someone is responsible to in that moment is a politics that depends on what can be described as an apparatus of institutions that define equal opportunity, political rights, and decision procedures for political efficacy based on various models of majoritarian democratic politics. The majority-minority, simple majority, and consociation models are techniques, admittedly on a large scale, for controlling the outcomes where social divisions are accepted, not attenuated.

When I used to teach about race this way in class there would always be someone who would object that what I was referring to in the call into subjection, the raised hand, was at best an application of social terms, there was no larger structure (hegemonic or otherwise) according to which a person felt that they show fidelity to with regard to racial categories. To raise a hand was not their actual attachment to the idea of racial difference. In other words, a student always said, that raising a hand can’t make them a racist, or how could raising a hand mean anything more than the procedures which allow for rule following? It’s not like saying, “I do,” as a promise after all. What is a racial speech act, when the only criteria we have in use are those which define these as hate speech? This is not a coincidence, and should warn us of the politics that define someone as a racist and all others as what, cleansed, innocent of intention? The student had begun to adjudicate, justify in a situation that doesn’t require more than a perception that race matters. Enough to raise a hand.

But everyone in the room understood, each time I would do this, in every class, that what I was asking was just that. How racial difference is attached to us, still, in spite of our institutional techniques to attenuate its application to what by some are described in this specific apparatus as life chances. It is here that some Marxists suggest a substitution of race with class, attending to the production of race as though it is merely a mode, residual, ideological, or symptomatic if you will of class relations. Like liberal democrats, the Marxists figure if you just get close enough to an approximation it is a nearly just, good enough model for racial political equality. But why would you assume that race and class are similar, rather than merely, tragically, working through, on, in spite of, one another in some fashion that remains insufficiently unexplored? It may require a completely different theoretical approach, not merely basic algebra.

I use the clumsy term apparatus instead of regime here because its very awkwardness should preserve a certain indeterminate quality about the comprehensive aspirations of the state with regard to racial politics from the 1960s onwards in the US, and from the 1970s in what has become the EU, but where attention is now on England. Again. So if a hand cannot be raised to acknowledge the importance of an idea, one that still seems to linger on the edges in spite of what we do, how can we begin to discuss its importance in a national political campaign to leave, or remain in, the EU? When I taught this exercise in Sweden I would get three reactions.

1) I am White and proud of it. What is wrong with racial differences, when this is only really ethnicity, culture, how and where someone is raised, tradition, a produce of the social gaze, visibility, and not a hierarchy? A horizontal, wonderfully supposedly fruitful Millean polygenesis. Diversity that doesn’t matter too much, since at some level that we have trouble determining, we all do matter equally. All life matters, separately, equally.

2) We don’t believe in race, so why are you bringing it up? It is an archaic and disavowed systematic thinking, something which is now the unthought, the unspoken. To suggest race is to speak to the excessive, that which is sloughed off, rejected as nonideal by democratic principles. All are the same, and race does not exist.

3) There is nothing to be done about racial hierarchy, someone just is White and superior. I once had a student stand up and announce that he was the White racial ideal to the class. Very interesting. Like a raised hand. I rarely teach this clumsy instrument in the US, because the prohibition on (3) is absolute and relentless. And therefore all the more problematic. See what I mean?

I describe these three perspectives as distinct because I want you to think about how important it has become to use (1) and (2) to address the potential application of, to deny (3) as a basis for social activity between persons, within institutions. If we begin to argue through immigrant politics, through the politics of immigration for the new terms by which to address (3), if we begin to no longer rely on something like (1) or (2), and admit that we really meant (3) all along then we threaten the capacity for institutions developed by the state as a democratic politics to attenuate the importance of racial difference. It is not that the racial equality apparatus developed from the 1960s, the 1970s, has failed. Without something like it we devolve, or advance into a new description of racial democratic society. The inevitability of the direction of this progressive, necessary evolution of a post/decolonial and imperial politics depends on how we view the idea of discrete populations in liberal democracy. How capable are we at attenuating the social importance of race? Raise your hand again, please, if you are White.

One model, that argued for differently by Charles Mills and myself in our writing, suggests that the canonical definitions of popular sovereignty and the development of the liberal democratic polity are incapable of adequately addressing the problem of racial populations, of race in these societies. In this model the idea of discrete racial populations isn’t something that the definition of pluralism used in liberal democratic society is supposed to accommodate. The problem of racial difference, to paraphrase Du Bois, is not the problem of majority-minority or simple majoritarian preferences, and agenda setting between competing interest groups, but that of building a society in which those who are not White are excessive, an excess, a permanent remainder, discrete populations that must be identified, always such that the salience, coherence of something called Whiteness remains possible. I use this simple analysis here merely to provoke constructive thinking of course, not to defend a position. This is an old exercise I used to do at the first year or second year undergraduate level. There are many reasons I don’t use it now, but one is the reaction this request has on each one of you who are White. It doesn’t do what I need it to do in a classroom. While it is certainly an advance on Freire or Ranciere, it doesn’t attenuate and instead leaves the student reified, confirmed in their Whiteness in a sense that becomes difficult to address without using a confrontational politics of intervention. The type of politics that I used to see as valuable when I was younger and less optimistic and generous towards others. When I thought nothing could be done about race.

Here, I want us to think about what should be done about this idea of race, its persistence as a problem in the society. In England. In Germany. In France. In the US. I don’t think it is trivial, but race is also not everything. The latter default argument, that it is ether/or arises just because of the social prohibition on admitting a racial attachment, the importance of maintaining thereby a capacity to be White against, alongside, in conjunction with, my Blackness that can not become the object of politics.

The other model is one that accommodates the positions I define above, (1)-(3), without taking race as something that seriously determines the conditions by which someone in these societies would participate as equal citizens in the democratic polity. This model allows someone to say, ‘I don’t know why Black people don’t vote, or vote for XX,” and to describe as false consciousness or simply as a mysterious racial attribution without being racial, the complexity of minority political participation. Reform, revise, resubmit for review, refine. As required. Without a better description of what race does socially, politically, it is difficult to take the arguments of those who otherwise claim to understand what racism looks like, how little race matters, seriously. Please, raise your left hand if you are White. Don’t raise your right hand.


mieux vaudrait une bonne traduction, à venir si j'ai le temps


2010

Citation :
An original contribution to political theory and cultural studies this work argues for a reinterpretation of how race is described in US society. McKnight develops a line of reasoning to explain how we accommodate racial categories in a period when it has become important to adopt anti-racist formal instruments in much of our daily lives.

The discussion ranges over a wide theoretical landscape, bringing to bear the insights of Wittgenstein, Stanley Cavell, Michel Foucault, Cornel West and others to the dilemmas represented by the continuing social practice of race. The book lays the theoretical foundation for a politics of critical race practice, it provides insight into why we have sought the legal and formal institutional solutions to racism that have developed since the 1960s, and then describes why these are inadequate to addressing the new practices of racism in society. The work seeks to leave the reader with a sense of possibility, not pessimism; and demonstrates how specific arguments about racial subjection may allow for changing how we live and thereby improve the impact race continues to have in our lives.

By developing a new way to critically study how race persists in dominating society, the book provides readers with an understanding of how race is socially constructed today, and will be of great interest to students and scholars of political theory, American politics and race & ethnic politics

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Dim 10 Juil - 22:51



le 9 juillet à New York. KENA BETANCUR / AFP

Citation :
Les forces de l’ordre américaines ont procédé à plus de 200 interpellations dans plusieurs villes lors de manifestations dans la nuit de samedi 9 à dimanche 10 juillet, dans un contexte de vives tensions entre Noirs et policiers. Ces arrestations sont intervenues 48 heures après qu’un ancien soldat noir a ouvert le feu sur des policiers de Dallas, tuant cinq d’entre eux et en blessant sept autres.

Le président Barack Obama se rendra mardi dans cette grande ville du Texas, où il s’exprimera lors d’une cérémonie œcuménique. Mais les manifestants qui se sont rassemblés samedi soir voulaient, eux, rendre prioritairement hommage aux Noirs abattus par des policiers, après deux décès en Louisiane et dans le Minnesota filmés par des témoins. Ces vidéos ont été visionnées des millions de fois sur Internet et ont choqué l’opinion publique.

Un autre Noir a succombé après avoir été touché par des tirs policiers samedi à Houston, la première ville du Texas. Alva Braziel portait une arme de poing qu’il a refusé de lâcher, a assuré la police citée par la presse. Plus de 500 personnes ont déjà été tuées par balle par la police en 2016 aux Etats-Unis, selon une base de données compilée par le Washington Post.

« Trop, c’est trop »

Philando Castile en fait partie. Cet employé de cantine scolaire a été mortellement blessé mercredi sur une route de Saint Paul, lors d’un banal contrôle routier. Un total de vingt-et-un agents maintenant l’ordre dans cette ville du Minnesota ont été blessés dans la nuit de samedi à dimanche, ont indiqué les autorités, quand une manifestation a dégénéré, les participants jetant des pierres et refusant d’évacuer un axe routier. Un total de 102 personnes ont été interpellées.

Une autre manifestation tendue s’est déroulée à Baton Rouge, ville de Louisiane où un Noir, vendeur de CD à la sauvette, a été plaqué au sol par deux policiers avant d’être abattu mardi à bout portant. Plus de 100 personnes ont été interpellées, selon la presse locale citant la police. Lors de ce rassemblement, Deray McKesson, une figure du groupe « Black Lives Matter » (« les vies des Noirs comptent »), mouvement à la pointe des dénonciations des bavures policières à l’encontre des Noirs, a filmé sa propre arrestation via l’application Periscope. « La police nous a provoqués toute la nuit », a affirmé ce militant très actif sur les réseaux sociaux.

« L’heure a sonné de dire “trop, c’est trop”! », a réagi sur CNN dimanche Cornell William Brooks, le président de la NAACP, la plus grande organisation de défense des Noirs américains. « Un jeune Noir court vingt-et-une fois plus de risques qu’un Blanc de perdre la vie en étant confronté avec la police », a-t-il souligné.

Obama écourte sa visite en Espagne

Dimanche depuis Madrid, le président Obama a renouvelé ses appels au calme, en précisant que les attaques contre les policiers « desservaient la cause » de ceux qui s’inquiètent, légitimement, des carences du système judiciaire américain.

M. Obama a écourté d’un jour sa visite en Espagne, signe de la gravité des tensions. Samedi, il avait déjà tenté de panser les plaies en s’exprimant depuis Varsovie, en marge du sommet de l’Alliance atlantique (OTAN) :

« Les Américains, de toutes les races, de tous les milieux, sont scandalisés, à juste titre, par les attaques inexcusables sur la police, que ce soit à Dallas ou ailleurs. Y compris les manifestants. Y compris les familles qui s’inquiètent beaucoup du comportement de la police. Il n’y a aucune division. »


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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Lun 11 Juil - 8:55


Lors du Festival d'été de Québec, le rappeur a repris la chanson de protestation contre les brutalités policières après la mort de plusieurs Noirs aux États-Unis.


9 juillet 2016 à Québec

Citation :
Alors qu'une grande tension règne aux États-Unis entre la police et la communauté noire, le rappeur Ice Cube s'est emparé du sujet en reprenant une des plus célèbres chansons de protestation contre les brutalités policières, lors du festival d'été de Québec. Sous une pluie battante, samedi soir, Ice Cube, s'est lancé dans une interprétation énervée de « Fuck tha Police ». Et, au grand plaisir du public majoritairement blanc, la légende du rap a demandé à la foule de faire des doigts d'honneur alors que des images de policiers en armes défilaient sur un écran.

La chanson de son ancien groupe N.W.A, pionnier du gangsta rap, date de 1988. Elle avait surpris par sa condamnation implacable des violences policières contre les Noirs, avant de devenir un classique du hip-hop. Mais la décision d'Ice Cube de l'interpréter à Québec était une sorte de défi, après la mort à Dallas, jeudi, de cinq policiers tués par un tireur embusqué qui voulait venger les abus policiers à l'encontre des Noirs.

Sur les réseaux sociaux, Ice Cube met l'accent sur les brutalités policières, donnant des exemples de violences contre des Noirs et appelant le président Barack Obama à mieux contrôler la police. Après « Fuck tha Police » interprétée au début de son concert, le rappeur n'a pas ménagé ses efforts pour divertir son public malgré la pluie. « Je me fiche de la pluie : je peux faire ça toute la nuit », a-t-il lancé en invitant les « ladies » de Québec à danser sur un extrait de « Jungle Boogie » de Kool and The Gang.

Mobilisation de Beyoncé et Snoop Dogg

Les meurtres de Dallas ont été condamnés par le mouvement Black Lives Matter (la vie des Noirs compte) et par plusieurs artistes qui le soutiennent. La superstar de la pop Beyoncé - qui avait appelé ses fans à écrire à leurs représentants pour « mettre fin à la guerre contre les gens de couleur et toutes les minorités » - a déploré la mort des policiers de Dallas, soulignant que « la paix ne peut venir de la violence ». « Pour pouvoir changer les choses, il faut faire preuve d'amour face à la haine et promouvoir la paix face à la violence », a-t-elle écrit à ses 77 millions d'abonnés sur Instagram.

Snoop Dogg, qui vient de la scène gangsta rap de Californie du Sud comme N.W.A., a conduit une marche pacifique devant le quartier général de la police de Los Angeles et a appelé au dialogue. Professor Griff de Public Enemy, lui aussi un grand du hip-hop, a déclaré avec force qu'il était opposé à l'assassinat de policiers, après l'apparition d'une photo, un selfie apparemment, le montrant en compagnie du tireur de Dallas, Micah Johnson.

Le Festival d'été de Québec se déroule sur 11 jours dans la capitale de la province canadienne francophone. La semaine prochaine doit être marquée par des prestations de la pop star Selena Gomez, des Red Hot Chili Peppers ou du groupe pop-rock britannique Duran Duran. La soirée de samedi avait commencé avec le rappeur canadien d'origine palestinienne Belly, qui avait renoncé en mai à une apparition dans l'émission télévisée Jimmy Kimmel Live, car le candidat républicain à la Maison-Blanche Donald Trump devait y participer.

Belly - qui pourrait avoir à souffrir personnellement de l'élection de Trump si celui-ci mettait à exécution sa menace de fermer les frontières du pays aux musulmans - a invité les spectateurs à montrer leur majeur au milliardaire et à lui crier des insultes. Parmi les artistes moins connus, le groupe punk de Toronto The OBGMs a aussi dénoncé Donald Trump en chanson.


Fuck the police comin straight from the underground
Nique la police J'sors tous droit du côté sombre
A young nigga got it bad cause I'm brown
J'suis un négro qui l'a mauvaise d'être marron
And not the other color so police think
Et pas de l'autre couleur, les policiers Croient
They have the authority to kill a minority
Qu'ils ont l'autorisation de tuer une minorité
Fuck that shit, cause I ain't the one
Nique cette merde, parce que je suis pas le genre qui se laisse
For a punk motherfucker with a badge and a gun
Par un enfoiré de merde avec un badge et un flingue
To be beatin on, and thrown in jail
Taper dessus et balancer en prison
We can go toe to toe in the middle of a cell
Pour se retrouver entassés au milieu d'une cellule
Fuckin with me cause I'm a teenager
Ils me cassent les couilles parce que je suis un adolescent
With a little bit of gold and a pager
Avec un peu de d'herbe et un beeper
Searchin my car, lookin for the product
Ils fouillent ma caisse, cherchant des produits
Thinkin every nigga is sellin narcotics
Pensant que tous les négros vendent de la came
You'd rather see, me in the pen
Vous préféreriez Me voir derrière les verrous
Than me and Lorenzo rollin in a Benz-o
Quand moi et Lorenzo on flambe dans la Benzo
Beat a police out of shape
Je pète la tête de cette police
And when I'm finished, bring the yellow tape to tape off
Et quand j'en ai fini, apporte la bande jaune pour boucler
The scene of the slaughter
La scène du massacre
I don't know if they fags or what
Je sais pas si c'est des Pédales ou quoi
Search a nigga down, and grabbin his nuts
Fouillant un négro et lui touchant les couilles
And on the other hand, without a gun they can't get none
Mais sans leur flingue, ils ne sont rien
But don't let it be a black and a white one
Ne tombe jamais sur un noir et un blanc
Cause they'll slam ya down to the street top
Parce qu'ils te casseront le cul en pleine rue
Black police showin out for the white cop
La police noire suce le flic blanc
Ice Cube will swarm on any motherfucker in a blue uniform
Ice Cube déboule sur tous les enfoirés en uniforme bleuté
Just cause I'm from, the CPT
Et parce que je viens de Compton, Los Angeles
Ounk police are afraid of me !
Ces pourris de policiers sont tous effrayés
A young nigga on the warpath
Un jeune négro sur le sentier de la guerre
And when I'm finished, it's gonna be a bloodbath
Et quand j'aurais fini ce sera un cimetière
Of cops, dyin in L. A.
De flics morts à Los Angeles
Yo Dre, I got somethin to say
Alors laisse-moi raconter mon business
[Fuck the police 4X]
[Nique la police 4*]

suite
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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Lun 11 Juil - 14:56


Arrestation d'une manifestante contre les violences policières, Bâton-Rouge, Louisiane


JONATHAN BACHMAN/REUTERS

Citation :
This is one of the most powerful images I've seen in years.

You're peeking directly into the laboratory of white supremacy. A system that will send TWO men in full riot gear to arrest ONE Black woman for one purpose: give her a criminal record.

If she is charged (most Black protestors are) for participating in a peaceful protest, she'll be forced to disclose her new criminal record on ALL job applications and applications for rent.

That one small change can limit where she works, how much she can get paid, and where she can rent.

The implications are LIFE CHANGING. This act of arresting peaceful Black protestors is SYSTEMATIC RACISM AT WORK, BEFORE YOUR VERY EYES.

"You're a Harvard Law graduate? 7 years of experience? Nice! Ooh, it looks like you have a criminal record... Sorry!"


source Facebook The Love Life Of An Asian Guy

Nouvelle nuit de manifestations contre les violences policières aux Etats-Unis RTS Info 10 juillet













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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Lun 11 Juil - 19:00


Le mouvement antiraciste Black Lives Matter s'exporte à Londres

L'Express.fr avec AFP 11/07/2016


Une femme porte un t-shirt "Black Lives Matter" pendant un hommage rendu à Michael Brown, le 9 août 2015 à Ferguson (illustration) afp.com/Michael B. Thomas

Ils étaient des milliers de personnes à défiler ce week-end dans les rues de la capitale britannique en soutien au mouvement lancé aux Etats-Unis, pour dénoncer les meurtres de citoyens noirs par des policiers.

Citation :
Les vies des Noirs comptent. Ce slogan, bien connu désormais aux Etats-Unis, arrive en Europe. A Londres, pour commencer, où plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi, en soutien aux manifestations organisées dans plusieurs villes américaines.

Le rassemblement a eu lieu dans le quartier multi-ethnique de Brixton, dans le sud de la capitale britannique. Les manifestants portaient des pancartes avec des slogans tels que "Arrêtez de nous tuer" et "Le silence blanc coûte des vies". Ils protestaient particulièrement contre la mort ces derniers jours de deux hommes noirs, tués par la police, en Louisiane et dans le Minnesota.

Cette manifestation intervenait également deux jours après qu'un homme noir a abattu cinq policiers à Dallas (Texas), lors d'une manifestation contre les violences policières, avant d'être lui-même tué.

Un autre défilé dimanche

Dimanche, des centaines de manifestants ont maintenu la mobilisation, notamment au niveau d'Oxford Street, dans le nord de la ville. "Les rues sont les nôtres aujourd'hui", ont-ils scandé, brandissant des pancartes sur lesquelles était notamment inscrit "Pas de justice, pas de paix", et entonnant la chanson de Michael Jackson "They Don't Care About Us". Le cortège s'est arrêté un moment devant l'ambassade américaine.



Au Québec, le rappeur Ice Cube s'est lancé dans une interprétation vigoureuse de "Fuck tha Police". Et au grand plaisir de la foule majoritairement blanche, la légende du rap a demandé au public de faire des doigts d'honneur alors que des images de policiers en armes défilaient sur un écran.  

La chanson de son ancien groupe N.W.A, pionnier du gangsta rap, date de 1988. Elle avait surpris par sa condamnation implacable des violences policières contre les Noirs, avant de devenir un classique du hip-hop.

Aux Etats-Unis, un cliché emblématique




C'est bien aux Etats-Unis que le mouvement reste le plus fort. Les forces de l'ordre ont interpellé plus de 200 personnes dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes, alors que les tensions sont très vives depuis le drame de Dallas. Une photo, prise samedi par un photographe de Reuters qui a couvert la manifestation à Baton Rouge, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, illustrant pour beaucoup l'idée de ce mouvement. "J'étais juste heureux de pouvoir photographié quelque chose comme ça", a témoigné l'auteur du cliché à BuzzFeed. La jeune femme apparaissant sur la photo a été retenue quelques heures par la police.  

Plus de 500 personnes ont déjà été tuées par balle par la police en 2016 aux Etats-Unis, selon une base de données compilée par le Washington Post.

autres infos


Stevie Wonder on stage in Hyde Park. Photograph: Richard Isaac/REX/Shutterstock


Hundreds expected at Black Lives Matter march in Manchester

Similar protests have been held in London, Birmingham and Bristol after latest police shootings of black men in US

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Mer 13 Juil - 19:35


ne laissons pas les Anglais seuls...








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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Jeu 14 Juil - 13:14


Irlande, Dublin Black Lives Matter




Demonstration in solidarity with the Black Lives Matter movement in the US took place in Dublin on O'Connell Street. Photo by: RollingNews.ie

More than 150 people gathered at the Spire in Dublin city centre this evening in solidarity with the 'Black Lives Matter' movement in the US.

Citation :
Freddie Adetoye (26) from Blanchardstown, who  produces a podcast, called Unoriginal Podcast, about the experiences of  black people in Ireland, said it was important to show solidarity with the movement in the US.
 
He told Indpendent.ie that that people should stand with those protesting across the US.

“With the injustices that are going on in America it’s good to show the solidarity with our fellow brothers over in the States and that we support them and understand the struggle that they’re going through,”
he said.




The Black Lives Matter campaign has been gathering momentum as the issue of police shootings of black men has been put under a spotlight – in part because many of the shootings have been caught on camera and uploaded to social media.

Irish teacher Sorcha Hackett (32), from Tallaght, said that the stories coming from the US have moved her.

Stories like that resonate with people, as you can see it resonates with Irish people,” she said. “A lot of people are moved, a lot of people are hurting, a lot of people feel it’s wrong and they don’t know what to do about it so getting together [can help],” she added.

The demonstration, organised by the Anti-Racism Network Ireland and the Movement of Asylum Seekers in Ireland, comes as a fresh wave of protests have gripped the US following the recent shooting by police of Anton Sterling and Philando Castile.

Mr Sterling was killed by officers in Baton Rouge on July 5 when he was selling CDs outside of a convenience store.
 
Meanwhile, Mr Castile was killed in St Paul, Minnesota and his death was live streamed by his partner on Facebook.

A protest in Dallas organised after the shootings became the scene of an attack on police by Micah Johnson who killed five officers in a sniper attack.


Hundreds of Irish march in solidarity with US Black Lives Matter (PHOTOS & VIDEO)


Demonstration in solidarity with the Black Lives Matter movement in the US took place at O' Connell Street Dublin this evening.
Picture: Stephen Collins/Collins Photos

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MessageSujet: Re: 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État... (Black Lives Matter...)   Ven 15 Juil - 10:21


le racisme systémique reconnu par l'État au Canada ? et systématisé par l'État en France ?

Racisme systémique : première consultation publique à Toronto

Philippe de Montigny Radio Canada 15 juillet


Beaucoup de personnes se sont présentées à cette première consultation publique sur le racisme systémique.
Photo : Radio-Canada/Philippe de Montigny

La province a tenu jeudi soir à Toronto sa première rencontre pour discuter des enjeux liés au racisme systémique notamment envers la communauté noire, les musulmans et les peuples autochtones.

Citation :
La tension était tangible au centre Daniels Spectrum de Toronto : les politiciens avaient de la misère à placer des phrases tellement il y avait d'interruptions de la foule. Certains huaient et sifflaient comme des serpents.

Cette première rencontre publique sur le racisme systémique a donné l'occasion aux membres des communautés noires, musulmanes et autochtones de la métropole de partager leurs histoires, de poser des questions et d'être écoutés par les décideurs de la province.



La première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne était présente.
Photo : Radio-Canada/Philippe de Montigny

«J'ai été arrêté par la police à maintes reprises. L'autre jour, je marchais avec une amie, qui est aussi noire, et quelqu'un nous a lancé une bouteille de leur auto.» Desmond Cole, participant à la consultation

Le gouvernement a créé en février la Direction générale de l'action contre le racisme pour justement cibler ce genre d'intimidation et de discrimination.

Par l'entremise de ses consultations, la province veut identifier des actions concrètes pour tenter d'éradiquer la discrimination envers les minorités visibles, de faire cesser l'islamophobie et d'améliorer les institutions telles que les écoles, les prisons et les services policiers.

«Lorsque des jeunes n'ont pas les mêmes opportunités que leurs pairs et qu'ils ne peuvent pas atteindre leur plein potentiel, ça ne les affecte pas seulement eux et leurs familles, mais aussi l'Ontario tout entière.» Michael Coteau, ministre ontarien délégué à l'Action contre le racisme



Une salle de débordement avec un écran avait été prévue.  
Photo : Radio-Canada/Philippe de Montigny

Plusieurs participants ont réclamé une meilleure représentation, notamment autour des tables qui façonneront les nouvelles lois et mesures pour contrer le racisme dans la province.

À la suite de la question d'une participante, le ministre Michael Coteau a souligné que le budget total de l'initiative est de 5 millions de dollars, une somme « insuffisante » selon la foule enragée.

Paige Galette du groupe Black Lives Matter, qui a récemment dominé les manchettes après avoir interrompu le défilé de la Fierté gaie de Toronto pour dénoncer le racisme au sein de la communauté LGBTQ, espère que ces consultations apporteront des changements concrets.

«C'est sûr que ça ne finit pas ici, on veut voir ce que ça va donner. Quand est-ce que, par exemple, les pratiques de profilage racial vont être terminées ?» Paige Galette, membre du groupe Black Lives Matter

Huit autres consultations sont prévues au cours des prochains mois dans différentes villes ontariennes, dont Windsor, Sudbury et Thunder Bay.


au Québec, on en parle...

Racisme : Alexandre Cloutier veut qu'on s'attaque à la discrimination à l'embauche

Bahador Zabihiyan Radio Canada 14 juillet 2016

Le candidat à la direction du Parti québécois (PQ), Alexandre Cloutier se dit favorable à la mise en place d'une commission traitant du « racisme systémique », estimant qu'il est « évident » qu'il y a de la discrimination à l'embauche au Québec.



Alexandre Cloutier  Photo : Radio-Canada/Coralie Mensa

Citation :
En mai 2016, un groupe de personnalités québécoises, dont plusieurs issues des communautés culturelles, demandaient au premier ministre Philippe Couillard la tenue d'une commission parlementaire qui traiterait du « racisme systémique » au Québec. Presque 1900 personnes ont signé une pétition à cet effet, sur le site de l'Assemblée nationale.

Le député péquiste Alexandre Cloutier s'est dit favorable à la tenue d'une telle commission, estimant qu'il s'agit là d'une « bonne idée ».

« Non seulement je veux une commission, mais je veux qu'on aille beaucoup plus loin et qu'on pose des gestes dès maintenant », dit M. Cloutier en entrevue avec Radio-Canada.

M. Cloutier affirme qu'il y a de la discrimination à l'embauche pour les membres des communautés culturelles.

« C'est évident qu'il y a de la discrimination à l'embauche au Québec [...] C'est un véritable enjeu qui doit être traité de façon prioritaire au Québec.» Alexandre Cloutier, candidat à la chefferie du Parti québécois

Selon M. Cloutier, une telle commission parlementaire devra inclure les gais, lesbiennes, et les Autochtones, en plus des communautés culturelles.

Toutefois, il indique qu'une commission parlementaire ne sera pas suffisante pour régler le problème. « Pour moi, une commission parlementaire, c'est un petit pas. Et je pense que le Québec est mûr pour un grand pas, avec des gestes concrets », précise-t-il.

« Il faut s'assurer qu'il n'y a pas de raisons reliées à la race, à la religion, à la couleur de la peau. Lorsqu'on a la formation et qu'on est capable de faire le travail, on devrait être capable de trouver un emploi », dit M. Cloutier.

Le candidat à la direction du PQ estime qu'il faudrait « une intervention gouvernementale » pour régler le problème de la discrimination à l'embauche. Une meilleure reconnaissance des diplômes universitaires est aussi nécessaire, selon lui.

« Ça fait dix ans qu'on en parle au Québec, on a l'impression que c'est toujours le statu quo et que les professions n'agissent pas assez rapidement », dit-il.

Malgré tout, Alexandre Cloutier ne croit pas qu'il y a plus de discrimination au Québec qu'ailleurs. « On n'a pas de leçon à recevoir. J'en suis convaincu; le Québec est une société tolérante [...] mais on peut toujours faire mieux », dit-il.

Haroun Bouazzi, le président de l'Association des arabes et des musulmans pour la laïcité au Québec, estime que la prise de position de M. Cloutier est « importante ».

«Pour nous, il est très important que le mouvement souverainiste n'exclue pas les minorités qui sont pour la souveraineté du Québec. Jusqu'à maintenant, avec l'épisode malheureux de la Charte des valeurs et un certain nombre de déclarations publiques, les minorités racisées ne pouvaient pas faire partie du Parti québécois.» Haroun Bouazzi, président de l'Association des arabes et des musulmans pour la laïcité au Québec

« Cette main tendue est d'autant plus importante que les minorités racisées vont avoir d'autres alternatives politiques aux prochaines élections », dit M. Bouazzi, qui est l'un des instigateurs de la pétition pour la création d'une commission sur le racisme systémique.


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