PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES, ÉCOLOGISTES... et POÉTIQUES !
 
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 des MOTS que j'aime et d'autres pas

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Patlotch



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MessageSujet: des MOTS que j'aime et d'autres pas   Mer 2 Aoû - 8:01

commencé le 1er août, mis à jour

ma lectorate l'a compris, je m'ennuie. J'occupe mon temps entre ici et des ailleurs pas loin. Pendant que cuit mon lapin, j'ai rendez-vous avec les mots. Faites les mots, la cuisine et l'amour, mais n'oubliez pas la vaisselle

quels mots ? Des mots que j'aime + et d'autres - pas, tels qu'ils me passent par la tête, et me disent pourquoi


+ lapin : clapier de Pépé, terrine à Mémé, Jeannot... J'ai rendez-vous avec lapin depuis l'enfance. Lapin rime à la pine, le pain et la peine, le pin et la veine, le vain qui lutine... la chance !

- intemporel : un temps pour personne, perdu du temps, jamais trouvé, toujours ailleurs : un temps pourri

+ nonobstant : malgré son désuet, sans égal néanmoins, d'usage inaisé cependant, bien que j'en use à l'aise

- gestion : l'un dit gestion et jouit des étagères. L'autre attend l'état de la révolution. Gerbons

+ compost : con comme l'être à la poste, le son, le sens, le parfum, le toucher, le faire... Gide : « obscur compost de sentiments... » Shakespeare : « La terre est une voleuse qui se nourrit et s’alimente du compost furtif de tous les excréments. ». Flaubert : « Les trous étant creusés, ils coupèrent l'extrémité de toutes les racines, bonnes ou mauvaises, et les enfouirent dans un compost. Six mois plus tard... » Bouvard et Pécuchet

- raison : avoir raison, entendre raison, raisonner, raisonnable... à la nausée disque rayé zonzon : prison !

+ acédie


Wikipédia a écrit:
L’acédie est un concept moral, religieux et psychologique qui a pris des sens différents selon les cultures dans lesquelles il est utilisé. Elle signifie à l'origine un manque de soin. La notion fut ensuite christianisée par les pères du désert pour désigner un manque de soin pour sa vie spirituelle. La conséquence de cette négligence est un mal de l’âme qui s’exprime par l’ennui, ainsi que le dégoût pour la prière, la pénitence et la lecture spirituelle. Quand l'acédie devient un état de l’âme qui entraîne une torpeur spirituelle et un repli sur soi, elle est une maladie spirituelle. Le pape Grégoire le Grand intègre l’acédie dans la tristesse, dont elle procède. Prise en tant que telle, l'acédie est donc à cette époque un simple vice.

L'acédie assez dit sans cédille a cessé
la boulimie dans l'aboulie déboule
les boules en bouillie c'est
là que tout s'écroule

hélas où rien ne s'abolit
dans le brouillard des arts au désert exercés
brouillés en vain dans le Brouilly
tu vois que boire fait des faux

devins Ah ces chers asséchiés sans Saussure
à s'épier pris de soif en socquettes de haine
à côté de leurs pompiers en fleurs
de rhétorique et nunc à niquer la nunuche pendule

à leur coup d'essor rage Oh que rouge est mon cœur
où j'ai le noir en sang de mon cri pur de corps

(dans Le Sang noir de Louis Guilloux, Cripure est inspiré de son ami Georges Palante)


MABOUL ISIDORE, roman-feuilleton
Patlotch, février 2012



- promesse : trop messe. Dit en face, que le fasse. Poil aux fesses

+ nuage : le ciel habite au soleil en or bit, une fois sur deux


des nuages de laid flottaient sur l’amer sombre
et j’y voyais noyé l’un tel un tout du nombre


dans d'outre amer, poèmes de 2016, 13 décembre

- couche : moyenne. Comme on est moyen on se couche

+ cruel : crue elle est vérité


18 CRUELLE ILYA

N'imaginez pas qu'Ilya  
soit bonne et juste  
ni plus méchante ou criminelle

Elle n'est que cruelle  
elle est abrupte  
aussi diablesse que déesse

Sa justesse tue la tendresse


LE ROMAN D'ILYA
allégorie de la réalité
en 84 sonkus (mi-sonnet mi haïku de mon invention), 7 "jours" de 12 poèmes


- bobo ! : même pas mal. Beau bobard. Beauf ? Bof...

Quant n'ont assez fait dodo, / Ces petits enfançonnets, / Ils portent sous leurs bonnets / Visages pleins de bobo.
Charles d'Orléans, Poésies, XVe siècle

+ merle : merde !:

Le merle est mort, donc, et la cerise en deuil,
tout le monde s'en moque comme du mot cœur
quand la fausse commune est pleine des rancœurs


À L'INFINI BORD D'ELLE

17 mars 2017

- excessivement : énorme et ment. Trop c'est trop

Elle est Canon !
« À première vue, sa femme est excessivement belle et sexy »

+ leurre : l'heureux niais sans l'argent ni le beurre

LEURRE D'ÉTAIS

Heure d'été
le jour fait leurre
étai de nuit

Un soleil nu
ensommeillé
taie d'or rayé
nuées d'ennui

À l'étalage
vole un nuage
entre deux montres
intéressé

L'ennemi dort
monstre évincé
mort d'avoir nui


sonnets de 2017
FoSoBo 26 mars 2017 09:16 sonnet 403


(à suivre)

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MessageSujet: Re: des MOTS que j'aime et d'autres pas   Mer 2 Aoû - 20:24


pourquoi j'aime tel mot pas tel autre ?


évidemment pas pour ce qu'il représente ou signifie, sans quoi pourquoi aimer "cruel" ou "leurre", et pas "intemporel" ou "promesse", qui recèlent autant de potentialités poétiques, sens et sons ?

moi j'aime le ramage des corbeaux, pas besoin de lui trouver un sens, et quelqu'un qui n'aime pas le fromage se fout qu'on l'appelle fromegi, frometon ou "pâte faite de lait caillé, fermenté ou non"...

mais j'aime aussi les mots qui traduisent avec justesse ce qu'ils représentent, donc pas bobo, alors qu'il sonne bien (d'où son succès ?). Souvent quelqu'un traitant un autre de bobo en dit autant sur lui

le mot lapin n'a pas de qualité particulière, mais Jeannot lapin ou La fiancée du petit lapin, c'est comme lapin aux pruneaux, ou en gibelote : j'aime tout dans le lapin et le tort tue le lièvre de la fable



MON BEAU LAPIN

Mon beau lapin
roi des forêts
que j'aime ta fourrure

Quand par l'hiver
je m'en irai
te dépouiller
de cet attrait

À mes copains
je t'offrirai
dans la friture

Qu'ils sont mignons
beaux les rognons
si ronds tes rables
 
Toi que Noël  
passe à la table  
foi de lapin


FoSoBo 17 décembre 2016 11:59


d'après Mon beau sapin, chant de Noël
dont la musique fut utilisée par le mouvement international de travailleurs « The Red Flag »
(le Drapeau Rouge)




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MessageSujet: Re: des MOTS que j'aime et d'autres pas   Ven 4 Aoû - 16:44

de loin : j'aurai pu professer avec la forme/contenu, le signifiant/signifié, etc. blabla théorique, linguistique, sémiologique, etc.

à quoi bon ? Un poème, t'as tout le truc, en direct, praxis !
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MessageSujet: Re: des MOTS que j'aime et d'autres pas   Lun 7 Aoû - 13:22

En même temps, comme dirait Macron, un mot, ça veut rien dire, sans un autre à côté

Un mot n'est ni bon ni mauvais, dès lors qu'il crache sa valda

Le problème du mot, c'est qu'il pue pas, donc ne peut rien guère au-delà de ce que lui assigne chaque usage

C'est pourquoi l'on trouvera dans ma poésie des mots que j'aime et d'autres pas

J'en déduis qu'in fine, j'aime tous les mots, du moment qu'ils me permettent d'exprimer une chose
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MessageSujet: Re: des MOTS que j'aime et d'autres pas   Lun 7 Aoû - 16:45

- genre : c'est le genre de mot qui veut tout dire et son contraire. Ma lectorate en sait quelque chose. Mauvais, genre !

Plus les mots sont conceptuels, plus ils ont de problèmes avec les choses. Au demeurant, les concepts ne font ni la guerre ni l'amour. C'est pourquoi la poésie philosophique n'est pas de la poésie

8 août

à vrai dire, j'ai toujours souffert d'un manque de vocabulaire. Dans ma famille, on confondait 'entendre' et 'écouter'. Mon 'amour' des mots a commencé à  l'adolescence, par faire des mots croisés, comprendre fabriquer des grilles. Gageure que diminuer le nombre de cases noires et d'utiliser des mots simples, ou de concevoir des  mots croisés thématiques (jazz...). Après, la difficulté tient à la définition, stade qui ne m'intéressait pas plus que les grilles des journaux

écrire des poèmes est venu de surcroît, par esprit de jeu plus que nécessité intérieure romantique ou connaissance des poètes. Toute ma connaissance était un vague mélange de fables de La Fontaine et de vers de Racine

en ce temps-là, tout à la main, pas d'ordi, pas d'Internet. Aujourd'hui, j'utilise sans complexes dictionnaires en ligne, pour le sens ou le son, CNRTL, synonymes, rimes, ''mots commençant par'', etc. Pour la haute voltige, il faut avoir sous la main le plus grand choix possible pour la plus grande liberté de sens, dans la contrainte de sons et rythmes, sans quoi on ne sort pas du jeu, des 'mots croisés'
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MessageSujet: Re: des MOTS que j'aime et d'autres pas   Mar 8 Aoû - 15:19

+ herbe : mauvaise herbe, mon cul ! Pas plus que de mauvais mots, dès lors que t'en cultive ton jardin. Pas de racailles au pays de la poésie

Quand j'étais petit, ''arracher les mauvaises herbes'' était la corvée du jeudi. Vu comme ça, j'étais pas pour la semaine des quatre. Aujourd'hui, je le vois d'un autre œil : non, il n'y a pas de mauvaises herbes, et plus pas de jeudis que de quatre saisons

- pelouse : petite bourgeoisie de l'herbe

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MessageSujet: Re: des MOTS que j'aime et d'autres pas   Mer 9 Aoû - 22:44

+ ou - ? Vacance / Vacances : quelque chose balance, de l'un à l'autre, c'est pas triste

Tristan Vacances : - Je n'ai rien dit...

Patlotch : - quelle idée que m'encombrer de vos remarques  !

Tristan V. : - Que vous soyez en vacances ou pas, vous êtes toujours aussi agréable...

Patlotch : - je déteste l'idée de loisirs, à laquelle j'assimile celle de vacances

Tristan V. : - Facile, quand on n'a que ça à faire...

Patlotch : - ça quoi ?

T'.V. : - À vous de le définir !

P. : - à quoi bon le définir ? Je le fais

TV : - Ah Ah, ''Les lois de nos désirs sont des dés sans loisirs''

P : - laissez Desnos en paix, que je revienne au mot 'vacance'... La vie ne s'étant pour moi jamais séparée entre vacances ou pas, je ne suis jamais en vacance

TV : - Vous êtes comme moi, triste en vacances ?...

Patlotch : - Oui mais pas comme vous

Tristan Vacances : - Vous imaginez, si Marx avait dit ' Les travailleurs n'ont que leurs vacances à perdre '...

Patlotch : - et un camping-gaz à gagner ?

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MessageSujet: Re: des MOTS que j'aime et d'autres pas   Jeu 10 Aoû - 17:40


l'ennui résulte de l'insatisfaction programmée de ce qu'on pourrait faire pour en sortir. C'est une perte d'envie telle qu'elle surpasse la volonté


l'ennui est la vacance du vouloir


l'ennui de l'ennui,
bien qu'il rime à nuit,
c'est qu'il nuit le jour,
et ruine l'amour


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MessageSujet: Re: des MOTS que j'aime et d'autres pas   Dim 20 Aoû - 13:53


sur le mot communisme, voir COMMUNISME : pensées de traverse

j'y propose ici une promenade empruntant des chemins de traverse, pour penser dans les marges de ce qui s'est dit et fait au nom du communisme

sommaire à ce jour :

- le communisme, c'est d'abord un mot histoire d'un mot
- le communisme n'est pas... un peu de rap
- le communisme et le droit à la mort de Paul Lafargue au Père Lachaise
- le communisme est poétique deux poèmes sur le mot
- le communisme est formidable quelles peurs en Occident ?
- le communisme n'est pas anagrammatique exercice de style
- par son mot même le communisme mis à nu poème avec 8 lettres
- le communisme est à la masse quantité et qualité
- le communisme, c'est le parti pris des choses avec Francis Ponge entre les mots et les choses
- le communisme est débondance, non abondance rap-poème, Mandel et troploin
- la femme est l'avenir du communisme et réciproquement


si l'on me demandait quel est le mot qui résume le mieux ce forum, je choisirais communisme.[...]

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MessageSujet: Re: des MOTS que j'aime et d'autres pas   Lun 21 Aoû - 9:45


la libellule demoiselle
bleue et belle
posée sur l'eau
s'est envolée

elle est allée
de l'i à l'e
rêver l'école buissonnière
de la rivière

elle a lu l'u
elle a bu l'o
aile et voyelle
bleue et belle




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MessageSujet: Re: des MOTS que j'aime et d'autres pas   Lun 18 Sep - 4:27


funèbres cortèges et prise de tête

“Les vivants sont dans le corbillard, les morts suivent le cortège.”
Koan zen

dommage, cortège, ça sonne plutôt bien... pour une messe d'enterrement ?


Cortège funèbre de Suzanne Bernard, 1912


comment est-on passé de la tête du cortège au cortège de tête ?

comment a-t-on pu revendiquer de se nommer par ce qui caractérisait les manifestations syndicales pépères et mémères ?




glané ici ou là (CNRTL, Larousse...)

Citation :
Les cortèges pharaoniques; le cortège du député de Paris, du pape. Les gens qui forment le cortège de l'ambassadeur / La voiture était suivie d'un cortège de chiens / La guerre et son cortège de malheurs / Jongleurs qui mènent à l'église le cortège de l'épousée / accepter l'amour avec tout son cortège de souffrances / etc.

cela doit tenir du « cortège ronflant de l'existence » (Virginia Woolf, Les vagues, 1931), genre « Nos vies méritent bien un cortège »

ainsi sont-ils ensemble, cortège et tête de cortège, le nœud de leur problème : tête de nœud ?

à tout prendre, on aurait aimé que ce cortège n'ait pas de tête, un cortège sans tête, ouais... d'accord ça fait neuneu, mais pas de tête, c'est aussi pas de chef, c'est assez anar, non ? avec cagoule en couvre-chef contre le couvre-feu

les discours sont piégés par le langage, on a toujours celui que mérite leur contenu


All the King’s men Internationale situationniste, Numéro 8, Janvier 1963
Guy Debord a écrit:
Tous les langages fermés — ceux des groupements informels de la jeunesse ; ceux que les avant-gardes actuelles, au moment où elles se cherchent et se définissent, élaborent pour leur usage interne ; ceux qui, autrefois, transmis en production poétique objective pour l’extérieur, ont pu s’appeler « trobar clus » ou « dolce stil nuovo », — tous ont pour but, et résultat effectif, la transparence immédiate d’une certaine communication, de la reconnaissance réciproque, de l’accord. Mais pareilles tentatives sont le fait de bandes restreintes, à divers titres isolées. Les événements qu’elles ont pu aménager, les fêtes qu’elles ont pu se donner à elles-mêmes, ont dû rester dans les plus étroites limites. [jusque-là tout va bien]

Un des problèmes révolutionnaires consiste à fédérer ces sortes de soviets, de conseils de la communication, afin d’inaugurer partout une communication directe, qui n’ait plus à recourir au réseau de la communication de l’adversaire (c’est-à-dire au langage du pouvoir), et puisse ainsi transformer le monde selon son désir. [amère victoire d'un conseiller du conseillisme]

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MessageSujet: Re: des MOTS que j'aime et d'autres pas   Lun 23 Avr - 10:14


barricade


2008, p. 20-21

Citation :
Alain Rey ou l'honneur du langage. Lexicographe savant et attentif au monde où il vit, amateur de chère et de vin, expert en jazz et en jeux, cet esprit vaste, subtil et gai, raconte les mots comme personne.

Alain Rey a écrit:
Farouche, dans la tradition révolutionnaire. Souvent parisienne. On y tirait, on y mourait ; pas « douce France » pour un sou. D'abord, elle était faite pour barrer, pour arrêter, pour bloquer. Ce n'était pas un barrage filtrant. On s'y retranchait, en protection des attaques.

Les barres ne suffisant pas pour bloquer une rue, on eut recours à un mot venu d'Aquitaine, terre de bons vins depuis l'Antiquité, et ce fut la barrique, barrica, détournée de ses fins pour devenir l'élément d'un rempart provisoire. La barricade est un objet kitsch. Mais du kitsch historique, car les barriques vidées, accumulées, plus ou moins écrasées à la manière des voitures de César ou des violons d'Arman, devinrent des lieux d'émeute et de révolte. À Paris, on parla des barricades de la Fronde ; deux siècles plus tard, celles de juillet 1830 sont à jamais mémorables, grâce à Hugo et à son Gavroche sacrifié.

La barricade devint symbole de combat pour la liberté. Sort glorieux, pour une accumulation de tonneaux !


Les barricades érigées à Ribemont-sur-Ancre (Somme), dans la ruelle du Charron, en 1918,
sont un des témoignages qui évoquent la présence australienne dans le village


Arrow


2013

Citation :
Qu’est-ce qu’une barricade ?

Eric Hazan s’attelle déjà à cerner son sujet. Il définit une date de naissance. Le mot est né fin XVIème dans le contexte des guerres de religion. A l’époque, les barricades sont le fait de l’aristocratie alors qu’au XIX ème siècle ce seront les ouvriers qui les érigeront. Il montre qu’il ne s’agit pas d’un "retranchement ordinaire" et il invite à une histoire sur trois siècles avec une focalisation sur le XIXème siècle. Il propose l’étude de onze moments différents qui ont vu des barricades. Plusieurs chapitres sont consacrées à l’année 1848. Il caractérise chaque épisode comme pour Lyon avec les premières barricades prolétariennes. Eric Hazan note également que, malgré ce temps long, la technologie de la barricade évolue peu au fil du temps. Il signale également qu’il y en eut relativement peu durant la Révolution française. Il choisit de clore son étude à la fin du XIX ème siècle : on y reviendra.

De longues citations et des plans

L’auteur choisit de proposer des plans pour montrer les barricades et leur positionnement. Il privilégie aussi les longues citations qui sont autant de moyens de restituer l’ambiance de l’époque. Il choisit aussi de raconter jour après jour, ou par heure les épisodes. Il mêle sa voix à celle des témoins pour créer un récit vivant. En même temps, ils sont tous restitués dans leur contexte.
On peut citer comme révélateur le chapitre sur les barricades de 1830 avec Chateaubriand et Alexandre Dumas convoqués comme témoins, ou sur 1851 avec Victor Hugo. Lyon était alors la première ville industrielle de France et 90 000 personnes vivaient du tissage de la soie. Sur les journées de Lyon en novembre 1831, Eric Hazan raconte jour après jour : " le dimanche 20 novembre 1831, les chefs d’atelier et les compagnons …décident une manifestation pacifique le lendemain dans toute la ville. "
Eric Hazan convoque dans d’autres chapitres des acteurs moins connus, comme Prosper Olivier Lissagaray à propos de la Commune. Ce combattant a d’ailleurs passé le reste de sa vie à étudier l’histoire des événements qu’il a vécus.

Paris, capitale internationale de la barricade

Ce n’est sans doute pas un hasard si Paris fut associé à la barricade, et ce, au-delà du XVI ème siècle. Paris disposait d’une topographie favorable à la barricade au contraire de villes réaménagées telles Londres ou qui se voulaient modernes dans leur construction comme Berlin.

Paris fut le lieu d’accueil des réfugiés politiques au XIX ème siècle. Lorsqu’ ils repartirent, ils exportèrent également la technique dans leur pays. Ce fut au printemps de 1848 que la barricade s’exporta en masse en Europe. Cet objet, appelé à être détruit, a tout de même parfois laissé des traces tangibles comme dans le célèbre tableau d’Eugène Delacroix "La liberté guidant le peuple" ou encore dans la littérature grâce à Gavroche.

Du sens et de l’avenir des barricades


Tout au long du XIX ème siècle, la barricade fut donc, selon Eric Hazan, une "forme symbolique de l’insurrection". Il signale ainsi qu’elle était dressée par les habitants de cette même rue, mais comme le prolétariat a été contraint de travailler de plus en plus loin de là où il vivait, l’enjeu s’est déplacé vers l’usine. Les foyers insurrectionnels ont donc migré de plus en plus du centre vers la périphérie. C’est pour cela qu’il choisit de ne pas évoquer d’autres barricades comme celles de Barcelone en 1936 ou de Paris 1944.

La barricade est avant tout un blocage et elle n’est sans doute plus adaptée aux conditions actuelles. En revanche, on pourrait trouver des équivalents modernes avec le blocage des flux ferroviaires ou informatiques.

Au total, la barricade est donc plus qu’un objet car, à travers elle, c’est une histoire politique et aussi de la révolte populaire qui peut être envisagée. Ce livre ouvre donc des perspectives et c’est bien là l’essentiel. Il creuse le sillon d’une collection originale qui donne envie d’en poursuivre l’exploration.

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