PATLOTCH / CIVILISATION CHANGE / COMMUNISME, SEXE, et POÉSIE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
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 LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE

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AuteurMessage
Tristan Vacances



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MessageSujet: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Lun 31 Juil - 0:20


Patlotch : - ce sujet commencera par un état des lieux de notre réflexion, et prendra le relai de THÉORISATIONS COMMUNISTES... remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse. Il est en effet apparu que les sujets trop longs ne sont plus lus, alors qu'un nouveau sujet régulièrement alimenté et vivant l'est par 40 à 100 personnes en continu. Les premiers commentaires reformuleront une synthèse pour ceux qui n'ont pas suivi le forum depuis mai 2015 ou mes blogs depuis 2004


Arrow

Tristan Vacances : - Vous êtes, cher Patlotch, au-delà d'une théorisation "post-prolétarienne" (Charrier) de la révolution, contre la 'Théorie de la communisation' qui ne fait selon vous que prolonger/renverser le programmatisme prolétarien qu'elle critique, puisqu'elle conserve le prolétariat comme classe révolutionnaire, et en ceci vous rejoignez 'Temps Critiques', il me semble

Patlotch : - épargnez-moi la comparaison avec ces Jacques (Wajnsztejn et Guigou), antimarxistes secondaires, et leur "tension individu-communauté" aboutissant à une "révolution à titre humain", selon des processus flous qui n'auraient rien de dépassements dialectiques, à croire leur dernier livre. Franchement, exceptées quelques remarques pertinentes, je ne les considère pas très fécondants, ni en terme de théorie, ni de critique, puisqu'ils font à cet égard une distinction dans laquelle je peux somme toute me reconnaître

pour le reste, ayant pris quelque distance avec ma période la plus "théorique", je cherche à recoller les morceaux entre ma critique (donc notamment de la théorie de la communisation), et mes considérations sur le monde actuel, sur la base desquelles les perspectives révolutionnaires sont nécessairement différentes, mais que je n'ai pour l'heure pas explicitées ou pas de façon satisfaisante à mes yeux

Tristan Vacances : - Je sens que vous allez ouvrir un nouveau sujet...

Patlotch : - c'est probable, si vous ne le faites pas avant


Question

Tristan Vacances : - Après cette ouverture extraite de PROLÉTARIAT : je t'aime, un peu, beaucoup... à la folie... pas du tout ?, voici les commentaires de Patlotch qui m'ont conduit à ouvrir ce sujet


classes, classe ouvrière, prolétariat, sujet et activités révolutionnaires

30 juillet

1) prolétariat, classe ouvrière, classe moyenne salariée
encore un effort de clarification, camarades

dans l'Épisode 3 de Le ménage à trois de la lutte des classes, les auteurs d'Hic Salta font cette remarque judicieuse en note 12 :

Citation :
Pauperisation n’est pas synonyme de prolétarisation; nous développerons cette distinction dans une autre section.

un point m'a toujours turlupiné dans les textes communisateurs, aussi bien chez Christian Charrier (La Matérielle), Roland Simon (Théorie Communiste) qu'ici chez Astarian (Hic Salta) : le rapport entre prolétariat et classe ouvrière (productive), et salariés n'est pas clair. Ce texte même n'est pas sans ambiguïté, par exemple dans 3.3 – Le prolétariat, avec le tableau des grèves de salariés, donc au-delà de la seule classe ouvrière

dans la Conclusion, on trouve la formule « les prolétaires et les salariés de la classe moyenne », qui laisse entendre que le prolétariat, ce sont les ouvriers (et peut-être les employés ?)

comme l'écrit Karl Nesic en 2012 dans Et maintenant ? Deux ou trois raisons de ne pas désespérer :


Citation :
La classe ouvrière. D’abord, personne n’a jamais affirmé que le prolétariat se résumerait à la classe ouvrière.

si si, pour Théorie Communiste (divers textes) :

TC a écrit:
Il faut dire cette chose triviale : le prolétariat c'est la classe des travailleurs productifs de plus-value.

ce flottement terminologique, au sein même de la théorie de la communisation, témoigne qu'il s'agit surtout d'adapter ces concepts à la construction abstraite de la révolution comme auto-abolition du prolétariat et par lui des classes et du capital, la version la plus directement renversée du programmatisme ouvrier étant celle de Théorie Communiste

pour ma part, j'en resterais volontiers à une définition du prolétariat, dans le Manifeste de 1847, comme les travailleurs qui « n'ont que leurs chaînes à perdre », autrement dit que leur travail, quand ils en ont un, cad leur salaire pour vivre. Cette définition concerne, bien au-delà des ouvriers productifs (la classe ouvrière), nombre de « salariés de la classe moyenne » inférieure

quant aux producteurs (de plus-value), dans le capitalisme avancé (en subsomption réelle), des techniciens voire des ingénieurs participent directement à la production de plus-value, qui n'ont au demeurant aucune fonction d'encadrement. Ils sont de la « classe moyenne salariée », mais en raison de leur « sursalaire » (Hic Salta, Épisode 2) et de leurs ressources extrasalariales parfois, ils n'ont pas (encore) que leurs chaînes à perdre

reste encore la nouvelle classe des expulsés (Saskia Sassen), qui n'ont même plus de chaînes du travail à perdre, Nègres du monde (Achille Mbembe), phénomène massif dans les migrations, qui conduirait encore à renouveler notre compréhension de la structuration par classes de la population mondiale (cette question est développée ici V.0. 'expulsions', 'dynamique prédatrice' et 'limite systémique' (Saskia Sassen) dans la restructuration globale du capital 'animiste' (Achille Mbembe) et le sous-chapitre V.0.1. une classe des expulsés par le capital hors du prolétariat ?)

j'ai comme l'impression que les théoriciens de la communisation fabriquent là des objets conceptuels sur mesure du sujet révolutionnaire dont ils ont besoin pour leur vision finaliste de la révolution, et que « Parfois, il semble que les théoriciens de la communisation ne se comprennent pas eux-mêmes », comme l'écrivaient en 2011 « Freundinnen und Freunden der klassenlosen Gesellschaft » dans Sur la communisation et ses théoriciens



2) abandonner le prolétariat comme concept d'un sujet révolutionnaire ?

esquisse en cours, à préciser et compléter

fort de ce qui précède, la plus grande confusion terminologique et conceptuelle, il me semble qu'on pourrait, sans grand inconvénient, abandonner le concept de prolétariat du moins pour une théorisation actualisée du communisme et de la révolution

je veux dire abandonner le prolétariat comme sujet révolutionnaire a priori, puisque les définitions ne s'accordent plus, mais au contraire doivent être ajustées pour que les deux concepts n'en fassent plus qu'un, ou au contraire que certains renoncent à toute caractérisation d'un sujet comme classe de la révolution. À cet égard c'est le concept d'activités communistes révolutionnaires qui compte, pas l'identité, encore moins la sociologie de la composition sociale de ceux qui y prennent part, constituant la classe révolutionnaire sur des critères tant objectifs que subjectifs

cela ne pourrait se faire qu'à certaines conditions :

1) distinguer, voire séparer, composition de classe et activités de classe révolutionnaire, ce qui suppose de revenir à la distinction classe en soi (composition) / classe pour soi (activité de lutte consciente)

- poursuivre la théorisation des contradictions entre classes sociales en terme de composition (la classe en soi*), l'antagonisme capital/classe productive, classe ouvrière, classes moyennes, etc. (à la manière, ici, du travail de Hic Salta dans Le ménage à trois de la lutte des classes)

- s'en tenir pour le concept de classe de la révolution, à la classe pour soi*, classe consciente c'est-à-dire portant intrinsèquement par ses activités sa théorie

* pour faire simple et gagner du temps, je renvoie à Wikipédia

Citation :
La distinction, effectuée pour la première fois par Karl Marx, entre classe en soi et classe pour soi soulève la question de la définition d'une classe sociale. Une classe en soi est une classe sociale qui existe de fait, c'est-à-dire objectivement : les individus faisant partie de cette classe ont des interactions entre eux. Cependant ils n'ont pas forcément conscience d'une appartenance commune [ni surtout de leur lutte commune pour leurs intérêts communs]. Les classes en soi correspondent à des groupes ayant des conditions et un style de vie très proches. Au contraire, une classe pour soi est une classe dont les individus la composant ont conscience d'une appartenance commune [dans une lutte commune avec des objectifs communs]. C'est la classe pour soi qui va par la suite permettre, dans l'idéologie marxiste une lutte des classes

2) remettre en chantier la question du sujet révolutionnaire, classe de la révolution, en relation avec les activités communistes  et la subjectivation révolutionnaire, transclasse (et non transclassiste), prenant en compte que non, la classe ouvrière n'en est pas la seule composante, et que le concept de prolétariat brouille les pistes par son rapport confus ou variable à la production de plus-value*

* Théorie communiste évacue la question par une pirouette conceptuelle en posant une stricte égalité entre "prolétariat" et "classe des travailleurs productifs de plus-value", puisque dans le même temps il pose l'égalité prolétariat = sujet révolutionnaire. Ces deux égalités produisent une tautologie, qui ne démontre rien, ou sur le seul plan schématique de concepts ayant perdu leur concrétude. C'est la "cohérence" interne de TC

3) comprendre et intégrer la temporalité du processus révolutionnaire et pas seulement son déclenchement dans le capitalisme en crise : le prolétariat s'y autotransforme en absorbant ou dissolvant les autres classes, alors qu'il, ou plutôt la classe ouvrière, ne produit plus de plus-value. C'est dire que très vite, dans ce mouvement, le sujet révolutionnaire n'a plus rien à voir, en composition, avec le prolétariat/la classe ouvrière, tout simplement parce que la (re)production capitaliste s'est arrêtée, ou et se transforme en d'autres rapports sociaux entre production, distribution, et consommation. C'est un moment qu'on peut situer entre ce que Bruno Astarian appelle activité de crise du prolétariat, et la disparition complète des classes, c'est-à-dire la révolution accomplie comme abolition du capitalisme (ce qui ne suffit pas, mais le reste, les diverses dominations, sort du sujet)

ici, la communisation doit être comprise comme processus dialectique, c'est-à-dire mouvement de contradictions dans le temps, et non comme à décrire à tel stade, tel moment comme figé dans le temps, "l'insurrection", suivi de "l'activité de crise du prolétariat", et ainsi de suite jusqu'à la victoire finale

- etc.

mais j'entends déjà les hauts cris, sans parler des sarcasmes chez les maîtres à penser le prolétariat universel plus que la communauté humaine...


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Patlotch



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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Lun 31 Juil - 11:23


quelques problèmes, avec Endnotes

Patlotch : - votre initiative, Tristan, est sympathique, mais vous me prenez de court. Hier encore je ne songeais pas un instant m'attaquer à ce problème, de « recoller les morceaux entre ma critique (donc notamment de la théorie de la communisation), et mes considérations sur le monde actuel sur la base desquelles les perspectives révolutionnaires sont nécessairement différentes. », ou, comme je l'ai considéré in fine, suspendue à une nouvelle restructuration du capitalisme dont il faut attendre l'aboutissement pour connaître les nouvelles conditions dans lesquelles peut se poser l'antagonisme avec le capital et donc les termes de la recomposition d'une classe révolutionnaire, classe pour soi qui ne serait plus le so called prolétariat réduit à la classe ouvrière productrice de plus-value, comme dans la vision programmatiste ou celle communisatrice de Théorie Communiste

cependant, il me faut bien prendre les choses par un bout pour avancer. J'ai choisi le texte LA THESES, Endnotes, Los Angeles, December 2015, parce qu'il recoupe des thématiques que j'ai abordées, et va me permettre de préciser ma pensée

le gras est de Endnotes, les passages en bleu entre crochets de moi

Endnotes a écrit:
5) Dans le même temps, le déclin de l'identité ouvrière révéla une multiplicité d'autres identités, s'organisant par rapport à des luttes jusqu'alors plus ou moins réprimées. Les «nouveaux mouvements sociaux» qui en résultent ont montré clairement, en retour, dans quelle mesure la classe ouvrière homogène était en réalité de nature composite [par définition, ces luttes sur la base d'identités de dominés ne sont pas le seul fait de la classe ouvrière, qui est devenue une identité parmi elles, disons la classe des exploités]. Ils ont aussi établi que la révolution doit impliquer plus que la réorganisation de l'économie : elle exige l'abolition des distinctions de genre, de race et de nation, etc. Mais dans la confusion des identités émergentes, chacune avec ses propres intérêts sectoriels, on ne sait pas exactement ce que doit être cette révolution. Pour nous, la population excédentaire n'est pas un nouveau sujet révolutionnaire [si cette population excédentaire recoupe les "expulsés" de Saskia Sassen dont j'ai parlé comme d'une nouvelle classe, non exploitable, je n'en fait pas non le sujet révolutionnaire par excellence]. Il s'agit plutôt d'une situation structurelle dans laquelle aucune fraction de la classe ne peut se présenter comme le sujet révolutionnaire. [Endnotes me semble ici proche de mon affirmation, ce n'est pas un problème de composition]

6) Dans ces conditions, l'unification du prolétariat n'est plus possible [ici, on ne sait pas trop ce qu'est "le prolétariat", sinon en termes anciens]. Cela peut sembler une conclusion pessimiste, mais il a une implication inverse qui est plus optimiste : aujourd'hui, le problème de l'unification est un problème révolutionnaire [oui, ce qui est autre chose que la "convergence des luttes" des dominés sur le mode démocratique radical]. Au sommet des mouvements contemporains, sur les places et les usines occupées, dans les grèves, les émeutes et les assemblées populaires, les prolétaires ne découvrent pas leur pouvoir en tant que véritables producteurs de cette société, mais plutôt leur séparation en une multiplicité d'identités (statut d'emploi, genre, race, etc.) [encore une fois, il n'y a pas que les prolétaires qui le découvrent, puisque dans cette "multiplicité d'identités" certaines n'en sont pas, sauf à définir le prolétariat comme le sujet révolutionnaire a priori. Le texte se contredit]. Celles-ci sont marquées et tricotées par l'intégration désintégrée des États et des marchés du travail. Nous décrivons ce problème comme le problème de la composition : des fractions prolétariennes diverses doivent s’unifier, mais ne trouvent pas une unité faite dans les termes de cette société déréglée. [même défini dans les termes d'Endnotes, ce ne sont pas que des "fractions prolétariennes"]

7) C'est pourquoi nous pensons qu'il est si important d'étudier en détail le déroulement des luttes. Ce n'est que dans ces luttes que l'horizon révolutionnaire du présent est défini [cela présuppose que ces luttes annonceraient la forme de la révolution, ce que mon hypothèse sur une nouvelle restructuration du capital se refuse d'affirmer *]. Au cours de leurs luttes, les prolétaires improvisent [oui] périodiquement des solutions au problème de la composition. Ils appellent à une unité fictive, au-delà des termes de la société capitaliste (plus récemment : le black bloc, la démocratie réelle, 99%, le mouvement pour les vies noires, etc.), comme un moyen de lutter contre cette société. Tandis que chacune de ces unités improvisées s'effondre inévitablement, leurs échecs cumulatifs tracent les séparations qu'il faudrait surmonter par un mouvement communiste dans le chaotique tumulte d'une révolution contre le capital. [la formule "mouvement communiste" me convient évidemment]

* au demeurant, en 2013 dans Endnotes 3, spontanéité, médiation, rupture, une remarque va dans le sens de mon reproche de rétroprojeter le schéma révolutionnaire final sur l'analyse du présent : « Qu’est-ce qui est à renverser ou à abolir, pour que le communisme devienne une force réelle dans le monde ? Il y a deux approches à cette question, l’une déductive et l’autre inductive : (1) Qu’est-ce que le capitalisme, et par conséquent, qu’est-ce qu’un mouvement communiste aurait à abolir, pour que le capitalisme cesse d’exister ? (2) Qu’est-ce qui, dans les luttes et le vécu des prolétaires, annonce ou pose la question du communisme ? En fait, nos réponses à la première question sont mises en forme par les réponses à la seconde.»

8 ) C'est ce que nous voulons dire quand nous disons que la conscience de classe, aujourd'hui, ne peut plus être que la conscience du capital. Dans la lutte pour leur vie, les prolétaires doivent détruire ce qui les sépare. Dans le capitalisme, ce qui les sépare est aussi ce qui les unit: le marché est à la fois leur atomisation et leur interdépendance. C'est la conscience du capital comme notre unité dans la séparation qui nous permet de poser, à partir des conditions existantes – même si c’est seulement comme un négatif photographique – la capacité humaine pour le communisme. [ce qui pour Endnotes est différent de la conception de Temps Critiques d'une "Révolution à titre humain"]

depuis quelques années, j'ai forgé le concept d'identités de luttes à dépasser, dans le sens de dépassements à produire sur la base de ces identités. Si, comme le soutient Endnotes, « la conscience de classe, aujourd'hui, ne peut plus être que la conscience du capital », ce que je partage, la question devient de savoir si ces luttes à base d'identités*, bien qu'elles ne se constituent pas sur la base de l'antagonisme capital-classe ouvrière (que je préfère donc à prolétariat), peuvent remettre en cause le capital. Objectivement, elles le font puisqu'elles partent de dominations produites par le capital comme société, "système capitaliste", mais subjectivement, c'est une autre histoire, dans laquelle on retrouve la nécessité d'une subjectivation révolutionnaire pour la recomposition d'une classe pour soi, qui n'est pas que prolétarienne (ouvrière) et dont l'unité se forge dans le processus révolutionnaire même (idée partagée par les communisateurs)

* formule préférable à "luttes identitaires", bien que le risque existe toujours de communautarismes, on l'a vu avec le féminisme comme avec l'antiracisme décolonial, mais aussi dans tout milieu militant identitaire, anarchiste comme communiste. C'est justement le problème du dépassement de ces identités, que j'ai largement exploré ailleurs...

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Patlotch



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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Lun 31 Juil - 13:16


un gros problème soulevé par Camatte

Marx et la Gemeinwesen, Jacques Camate, Invariance, octobre 1976

je souligne en gras
Jacques Camatte a écrit:
Pour qu’il y ait communauté humaine, il faut une réduction de la population. Le trop grand nombre dilue la dimension Gemeinwesen; elle ne peut plus s’effectuer en l’être individuel. En outre la communauté sera l’intégrale d’une foule de petites communautés vivant uniquement dans les zones aptes à un épanouissement humain. Notre espèce abandonnera de ce fait toute une série de régions qui ont été conquises, mais où les êtres humains se sont perdus parce qu’ils ont dû dépenser trop d’énergie pour pouvoir subsister, ou parce qu’ils sont devenus trop dépendants de la technique.

nous y (re)voilà. Ainsi, serait réglé de façon communiste le problème de la population excédentaire (Endnotes), des expulsés de Saskia Sassen, des Nègres du monde d'Achille Mbembe : « il y a toute une humanité subalterne dont le capitalisme n'a pas besoin. Le drame d'aujourd'hui, c'est de ne même plus pouvoir être exploité, alors qu'hier le drame était d'être exploité. » (2013, source Patlotch)

le capitalisme résoudrait le problème théorique, et même pratique, quant à la composition d'un sujet révolutionnaire, en débarrassant le mouvement communiste de ceux dont, au fond, il n'a pas plus besoin que le capital, puisque n'étant pas exploités ni exploitables, ils ne sont pas supposés devenir révolutionnaires. Mais là, on n'est plus chez Camatte...

en effet, ce cynisme n'est pas absent de certaines conceptions de la révolution, par exemple quand on voit marier anarchisme, communisme, et transhumanisme (voir Pour un transhumanisme marxisteanarcho-transhumanisme), vers une sorte d'homme nouveau digne du Meilleur des mondes de Huxley. Une utopie qui vaut bien celle, réalisée, de la démocratie grecque, si l'on oublie qu'elle fonctionnait économiquement sur le dos des esclaves. Là, on fait mieux, on les élimine. Finalement, cela évoque les thèses anti-migratoires d'une certaine ultragauche (Jean-Louis Roche...) ultradroite identitaire européenne (Francis Cousin...), qui se rejoignent en considérant que les migrants et immigrés empêcheraient le prolétariat universel européen de faire la révolution

il est vrai que si la population est pour le capital la première force productive à exploiter (Théorie Communiste sur la double contradiction de classe et de genre), jusqu'à un certain moment de l'histoire, son augmentation garantit celle du profit, mais en sommes-nous bien encore là ? Ça dépend où...


La Chine envisage d'accorder des aides financières pour encourager les naissances, Les Échos 01/03/2017

Citation :
Les autorités s'inquiètent du vieillissement rapide de sa population. Pékin veut convaincre les parents d'avoir un deuxième enfant.

C'est un virage à 180 degrés que prend le Parti communiste chinois en matière de politique familiale. Après avoir limité les naissances pendant près de quatre décennies, le voilà en passe de les encourager ! [...]

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Lun 31 Juil - 15:44


reprenons le fil

Tristan Vacances : - vous dites plus haut que « les perspectives révolutionnaires sont nécessairement différentes sur la base de ce qu'est le monde actuel, et suspendues à une nouvelle restructuration du capitalisme dont il faut attendre l'aboutissement pour connaître les nouvelles conditions dans lesquelles peut se poser l'antagonisme avec le capital et donc les termes de la recomposition d'une classe révolutionnaire ». L'ouverture de ce sujet est donc pour vous prématurée, puisqu'on ne pourrait pas voir dans le moment présent s'annoncer les formes d'une révolution future ?

Patlotch : - je ne vous le fais pas dire, mais prématurée ne signifie pas inopportune, le capitalisme est là avec en lui les luttes telles qu'elles sont, et elles ne sont manifestement pas révolutionnaires, ni en germe, ni par des "écarts" qui annonceraient qu'elles vont le devenir. Je pense comme Endnotes qu'« il est important d'étudier en détail le déroulement des luttes. » (point 7 des LA Theses), mais qu'il est prématuré d'affirmer que « Ce n'est que dans ces luttes que l'horizon révolutionnaire du présent est défini »

si mon hypothèse d'une nouvelle restructuration du capitalisme mondial est juste, les luttes ne déterminent que son issue vers de nouvelles conditions pour d'éventuelles luttes révolutionnaires. Là, oui, on peut peut-être voir l'annonce de ce résultat, justement dans les luttes sur la base d'identités exploitées ou dominées, mais en quoi définissent-elles un « horizon révolutionnaire » si l'on n'y entrevoit pas la possibilité du dépassement de ces identités de luttes par la remise en cause du capital même ?

Tristan Vacances : - Vous considérez donc que nous ne sommes pas dans un dernier « cycle de luttes » (TC) aboutissant dans la crise à la révolution ?

Patlotch : - exactement, puisque je ne vois pas dans la restructuration en cours, malgré son caractère de crise permanente avec des soubresauts (tel qu'en 2008), les caractères d'une crise de reproduction du capital, tel qu'en attendent les communisateurs à échéance variable. Cette position me semble logique et cohérente

Tristan Vacances : - Il s'agirait donc bien « d'étudier en détail le déroulement des luttes », mais pas en espérant y trouver une quelconque annonce de la révolution ou de ses formes ?

Patlotch : - on peut le reformuler comme ça, mais puisque ce sujet reprend le fil de THÉORISATIONS COMMUNISTES... remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse, il convient de repartir de mon dernier point, le 7 juin :


Patlotch a écrit:
quelle restructuration du capitalisme ?

Tristan Vacances : - Qu'entendez-vous par "restructuration du capitalisme", et en quoi diffère-t-elle des précédentes, dans la première moitié du 20è siècle le fordisme et l'État-providence keynésien de la période de croissance en Occident, et à partir des années 1970 la restructuration mondiale (globale) avec l'effondrement concomitant du programmatisme ouvrier et de ses organisations communistes pour un communisme d'État ou autogestionnaire par étapes ?

Patlotch : - on pourrait dire que toute l'histoire du mode de production capitaliste n'est que celle de ses restructurations, et réciproquement de la lutte entre classes antagonistes en son sein. Le point commun est qu'à chaque fois, cela se résout en un compromis historique dans lequel le capitalisme établit les nouvelles modalités de sa domination mondiale

pour ne considérer que les deux grandes restructurations du 20è siècle que vous citez, et qui peuvent se lire théoriquement comme deux phases de la subsomption réelle, donc des modalités d'extorsion de la plus-value (respectivement absolue ou relative), ces compromis attachent la classe ouvrière, le prolétariat, à ne se battre qu'au sein de la règle de l'exploitation, pour de meilleures conditions de travail et de salaire

le compromis keynésien est clair concernant le fordisme/État providence, avec les "acquis des luttes" précisément mis en cause avec la seconde restructuration depuis 40 ans, qui casse la reproduction du capital sur des aires nationales, ce à quoi rêve de revenir de façon keynésienne le populisme de gauche

ce compromis entre classes est moins clair concernant la période de 1970 à ~2008, mais on peut le rapporter à l'altermondialisme (ATTAC, sommets mondiaux..), sa montée à partir de 1995, son apogée au début du siècle, et sa chute avec la crise de 2008, altermondialisme qui, au nom de la démocratie, n'a fait qu'éterniser un anticapitalisme dans le système, et repousser l'horizon d'une sortie révolutionnaire du mode de production étatique et capitaliste. La différence avec le compromis keynésien est qu'il n'est pas parvenu au pouvoir, en raison même de son irréalisme économique. L'altermondialisme anticapitaliste était et reste un oxymore, un compromis impossible

Tristan Vacances : - j'ai l'impression de lire "Théorie Communiste" et son phasage historique du capitalisme...

Patlotch : - jusque-là, à quelque chose près...

Tristan Vacances : - Alors quelle est la différence ?

Patlotch : - d'une façon générale et méthodologique, ma conception "renverse" cette théorie de la communisation, déterministe et idéaliste, comme on a dit que Marx renverse Hegel

la différence réside en plusieurs points, dont précisément l'apparition d'une nouvelle restructuration globale, qui évacue l'idée d'un ultime "cycle de lutte" au bout duquel surgirait la révolution communiste

c'est pourquoi je me refuse à la nommer "restructuration dans la restructuration", sans quoi autant dire le capitalisme n'est que cela depuis le début

Tristan Vacances : - Que serait le "compromis historique" dans cette phase et ce macronisme ?

Patlotch : - à ce stade, point besoin de faire un dessin concernant ce qui se passe en France, puisque le macronisme est porté par une majorité des citoyens électeurs, la 'société civile', etc. Et quant aux autres, prolétaires ou expulsés en masse du système, ils n'agissent pas contre, à moins de le voir dans la gesticulation prétendue révolutionnaire de quelques centaines d'individus cagoulés obsédés par l'État policier...

le nouveau compromis s'établit sur le travail, comme toujours, à commencer par celui qui produit de la plus-value, ou le permet puisque il est devenu impossible de discerner les frontières d'une classe ouvrière productrice en ce sens, et c'est ce à quoi l'on assistera dans les mois qui viennent avec la réforme Macron et le positionnement des syndicats comme de ceux qui les suivront ou les pousseront par leurs luttes pour un compromis le moins mauvais possible

Tristan Vacances : - Quelles sont les spécificités de cette restructuration et en quoi n'est-elle pas restructuration dans la précédente engagée depuis près d'un demi-siècle ?

Patlotch : - je la caractérise par la nécessité historique, pour le capital global, de résoudre sa crise économique et politique en même temps que l'Occident doit résoudre la sienne, l'ensemble au croisement de cinq siècles concernant le colonialisme et ses avatars, de deux siècles concernant le mode de production capitaliste proprement dit, décrit par Marx au mitant du 19è siècle

la montée du capitalisme vert, que traduit l'entrée de Hulot au gouvernement et symbolise la poignée de main Macron-Trump, en est une dimension essentielle en ce que, via une sorte de plan Marshall au niveau mondial, elle peut permettre une sortie de crise transitoire du capitalisme. Cela fait aussi partie du compromis historique liée à cette nouvelle restructuration, puisque l'idéologie écologiste est devenue hégémonique

les luttes décoloniales, par leur ambivalence, peuvent alimenter le renversement de la suprématie occidentale, par exemple en Amérique du Sud ou le concept est né dans les luttes, et en Afrique où peut se développer un capitalisme moins dépendant de l'Occident

nous sommes au cœur de ce processus, qui voit la fin de la suprématie occidentale dans le capitalisme mondial et les conditions d'une nouvelle répartition des intérêts de classes qui invite à redéfinir leur conception marxienne, et à abandonner la certitude d'un sujet révolutionnaire prolétarien universel, serait-ce pour sa propre abolition en tant qu'être du capital. Maintenant, si on appelle prolétariat ce sujet en le définissant sur mesure, évidemment que le problème ne se pose plus, je préférerais classe révolutionnaire, mais quoi qu'il en soit c'est pour l'heure une tautologie, un jeu de mots où le langage conceptuel l'emporte sur la réalité des choses

je soutiens qu'il est impossible à ce stade de prédire ce qui sortira, sous une à quelques décennies, de cette restructuration, et qu'il est donc irréaliste de faire comme si ce qui se passe d'ici-là pouvait être saisi, analysé et théorisé sous les catégories et concepts anciens du marxisme même le meilleur : l'universalisme prolétarien eurocentré est trop lourd pour appréhender tous les aspects actuels de ces bouleversements

Tristan Vacances : - Et donc pour vous, le "macronisme" serait le moment français de l'engagement dans cette restructuration mondiale ?

Patlotch : - exactement, sous réserve que ce label ne soit pas entendu comme la politique déterminant l'économie ce qu'à mon avis interdit justement sa forte caractéristique de renouveler la "gouvernance" État-Capital et sa dimension d'emblée européenne et mondiale. En ce sens, le macronisme, c'est aussi les luttes qu'il déclenchera dans cette période, comme on peut dire que le bonapartisme engendra la Commune...

au demeurant, Louis-Napoléon Bonaparte était saint-simonien, il met l'État en adéquation à la première restructuration du mode de production capitaliste en France dans le contexte de l'Empire colonial français... Il était un révolutionnaire capitaliste, comme Emmanuel Macron rêve de l'être : Révolution est le titre de son livre de 2016, à prendre au pied de la lettre...





quelle théorisation communiste ?

Tristan Vacances : - Quelle serait alors selon vous les conditions d'une théorisation communiste aujourd'hui ?

Patlotch : - difficile question, parce qu'à la limite de mes considérations, celle-ci est actuellement impossible, et elle l'est du point de vue même de ce qui, en sus de sa critique de l'économie politique dans Le Capital, reste de plus valide chez Marx : sa méthode, dont je prétends hériter la mienne, cf DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE

il nous est impossible d'affirmer aujourd'hui que "la lutte de classe est le moteur de l'histoire", dans la mesure où seul le capital est à l'initiative, et qu'il se transforme essentiellement par la concurrence pour le maintien du taux de profit par zones géo-économiques et dans le transnationalisme des capitaux, dont la crise de l'Occident (capitaliste) est évidemment un aspect majeur. Bien sûr, la résistance du prolétariat en est une composante, mais seulement en tant qu'elle participe au niveau du compromis au sein du "système", et bien sûr elle est "lutte de classe", mais pas au sens révolutionnaire du terme

comment envisager une théorisation communiste sur la base de l'absence d'une lutte révolutionnaire d'un quelconque sujet ou d'une activité de classe révolutionnaire inexistante, voire son contraire avec les populismes ?

tout bien considéré, le prolétariat, depuis le début du capitalisme comme mode de production, n'a jamais été révolutionnaire, ou alors seulement pour des "révolutions" au sein du capital, ce qui devrait en soi interroger l'universalisme prolétarien, et plus encore quand son activité tourne à l'empêchement d'une telle révolution communiste

Tristan Vacances : - vos considérations ne relèvent donc plus d'une théorie communiste ?

Patlotch : - non puisque je ne sais pas comment définir une théorie révolutionnaire sur la base de l'absence de mouvement révolutionnaire. Mais oui, ma théorisation est communiste dans le même sens que la critique radicale du capitalisme initiée par Marx pour l'économie politique et par les anarchistes pour l'État, les deux mêlées dans l'ultragauche ouvrière antiléniniste, antistalinienne et antitrotskiste

en sus de sa critique du Capital, Marx lui-même n'aura véritablement théorisé que le programmatisme ouvrier, le pouvoir du prolétariat, une théorie communiste pas moins incomplète puisque ces principes ont révélé leur incapacité à sortir du capitalisme, et nous savons aujourd'hui pourquoi

Tristan Vacances : - Cela pose tout de même la question de l'action, de la pratique correspondant à cette théorie...

Patlotch : - on a longuement disserté à ce propos... toute théorisation conséquente part du réel et y retourne car en fait, elle ne devrait pas en sortir. Celle que je produis ne sort pas de mon chapeau et n'est pas en avance sur ce qui se passe; elle s'élabore au rythme des luttes telles qu'elles sont, dans leur diversité, grèves et émeutes comprises, la question étant celle de la qualité, le contenu, et de la quantité, la puissance, dans les contradictions nouvelles de cette restructuration

Tristan Vacances : - Mais alors, que devient "la crise" de reproduction comme fenêtre pour une révolution communiste ?

Patlotch : - elle est suspendue à ce qui sortira de la restructuration que nous avons sous les yeux, que nous ne pouvons anticiper, et a fortiori moins encore une conjoncture communisatrice

toute conjoncture de luttes est actuellement déterminée par la restructuration actuelle, et rien d'autre


CNRTL a écrit:
conjoncture : Liaison d'événements concomitants dans une situation donnée.
« la conjoncture ou le nœud de circonstances formant grumeau au centre d'une situation imprévue » Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien, 1957


Tristan Communistes : - Ce doit être très décevant, pour des communistes qui sont impatients de faire la révolution...

Patlotch : - il y a plusieurs façon d'être impatient, mais si c'est pour attraper la lune tout de suite, cela relève de « l’ersatz fantasmatique de ce qui ne peut pas être fait plutôt que la description de ce qui se passe en actes. » (Hic Salta Episode 3: Le mouvement contre la «Loi Travail» en France (2016), 3.1 – Cortèges de tête)

il est même probable que ces considérations les intéressent peu, dans la mesure où elles n'apparaissent pas comme portant une théorie de la révolution, mais seulement, pour détourner Marx (IE), le mouvement réel qui transforme l'état actuel des choses. Si on ne peut pas vraiment le nommer mouvement communiste, alors c'est qu'aujourd'hui, de mouvement communiste il n'y a pas, ce que semble admettre Endnotes dans son point 7. C'est la différence, dans la reprise de Marx, entre transformer et dépasser, ou abolir

Tristan Vacances : - Vous parlez donc d'une "médiation temporelle" ?...

Patlotch : - oui mais pas dans le sens de la controverse entre Roland Simon et Léon de Mattis, sur l'immédiatisme, l'activisme, l'interventionnisme, etc., puisqu'ils étaient d'accord entre eux sur le fait que nous serions dans cet ultime cycle de luttes conduisant à la révolution (la discussion est , sauf erreur)

Tristan Vacances : - Ne convient-il pas plutôt de parler d'une 'période dans ce cycle de luttes', puisque fondamentalement, vous êtes d'accord dans vos façons de concevoir la révolution comme "immédiate" ?

Patlotch : - pourquoi pas, mais à quoi bon barguigner sur ce concept de "cycle de luttes", qui en réalité ne nous sert pas à grand chose, et ne se comprend que dans le corpus de TC ? Je n'en ai pas besoin et il ne fait que troubler ma lectorate

Tristan Vacances :


Molière a écrit:
A quoi bon tant barguigner et tant tourner autour du pot ?
Monsieur de Pourceaugnac
, acte I scène 7

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Lun 31 Juil - 17:17


et le décolonial, dans tout ça ?

Tristan Vacances : - Vous me semblez avoir délaissé la piste décoloniale, telle qu'elle s'exprimait en théorie dans Vers un MARXISME DÉCOLONIAL / des marxistes s'emparent de la pensée décoloniale et les sujets de DÉCOLONIALITÉS pour des COMMUNISMES pluriversels sans frontières ni classes . Qu'en est-il ?

Patlotch : - j'ai surtout cesser de relayer et critiquer toutes les âneries qui peuvent se dire en France pour ou contre cette pensée, que ce soit du côté de l'État, des anarcho-ultragauchistes anti-racialisateurs, ou chez les militants décoloniaux eux-mêmes, qui sont à cette pensée, dans sa diversité et ses problématiques, ce qu'étaient à Marx les marxistes

le mot décolonial est venu sur le devant de la scène médiatique l'an dernier par l'État français quand il a mis en cause l'organisation d'"un Camp décolonial interdit aux blancs", avec des effets variables, mais pas vraiment un débat de fond, puisque cette question était minée par celle de l'Islam, les "islamo-gauchistes", les positions du PIR bouffées par cette question et son positionnement théorico-politique fondamentalement démocrate radical

la preuve en est qu'à la recherche d'actualités ou de textes récents, au mot décolonial, on ne trouve plus rien en français. Le dernier épisode, en mai dernier, est le pas de deux ridicule d'Anne Hidalgo dans l'organisation par les afro-féministes de Mwasi d'un festival, qui s'est déroulé ces trois derniers jours. La tentative de recommencer comme l'an dernier a fait long feu, mais il faut dire qu'avec elles, il est difficile de faire l'amalgame avec l'islamisme. Restait à se mettre sous la dent la non-mixité de genre et de race...



le problème est en France que cette pensée est massivement ignorée par ceux qui font de la théorie communiste, et qu'elle est confondue avec le post-colonialisme dans un mélange avec le post-modernisme et la French Theory. On trouve chez moi les éléments d'une critique décoloniale du post-colonialisme : DÉCOLONISER les ESPRITS, les SAVOIRS, les THÉORIES et les 'FAIRE' : CRITIQUE DE L'EUROCENTRISME y compris 'POST-COLONIAL'

prenez par exemple un texte récent, relayé par l'ineffable Claude Guillon et autres "anti-racialistes" : Le postmodernisme ne casse pas des briques, par Sandra C., dans “Négatif”. C'est un tel salmigondis mélangeant, à la manière d'Yves Coleman, des théories qui ont 30 ans d'âge ou plus avec des luttes actuelles qui ne s'en réclament même pas, que j'ai renoncé à lui répliquer. Un tel manque de sérieux est inquiétant de la part d'une historienne avec laquelle Dauvé avait eu en 2015 un entretien intéressant : 1789-1799 : Révolution bourgeoise et luttes de classes en France

Tristan Vacances : - Vous ne répondez pas à ma question...

Patlotch : - il est épuisant de vouloir ouvrir un débat qui semble n'intéresser personne, et je pense avoir, dans 'Vers un MARXISME DÉCOLONIAL', ouvert des pistes et posé des questions qui n'ont pas depuis évolué. Le fond de la question est le même que pour les luttes féministes ou écologistes, à savoir la possibilité que ces luttes puissent un jour produire des dépassements communistes de ces identités, ce qui ne signifie pas pour moi dépassement prolétarien, comme dit plus haut

Tristan Vacances : - les luttes écologistes peuvent devenir révolutionnaires ?

Patlotch : - il est vrai que l'écologisme ne définit pas une identité, mais à chaque commentaire suffit sa peine, ne mélangeons pas tout

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Lun 31 Juil - 19:18


et la lutte écologique, dans tout ça ?

Tristan Vacances : - Voyez comme je suis discipliné... Je repose ma question : les luttes écologistes peuvent-elles devenir révolutionnaires ?

Patlotch : - l'anti-nucléaire à la façon Hulot, ministre d'État, ne devrait pas nous mener plus loin qu'une restructuration du capital. Dauvé écrit quelque part que « Le lobby nucléaire construira des éoliennes », et, en 2009 :


Gilles Dauvé a écrit:
La connaissance de la nature, les inquiétudes écologiques et les réactions aux abus faits aux animaux ne sont pas le signe d'une humanité qui deviendrait consciente de son impact sur le reste de la planète [ ... mais que ... ] le capital possède le monde et qu'aucun propriétaire ne peut s'offrir de ne pas prendre soins de ses possessions.

c'est strictement juste. En découle que l'écologisme est massivement intégré à l'idéologie dominante. Maintenant, quand on sait que le capitalisme met en danger la possibilité même de vivre sur cette terre, soit il se transforme écologiquement, ce vers quoi il semble s'orienter dans cette restructuration, et l'on pourra encore envisager une révolution, soit la question ne se posera plus, ou trop tard

Tristan Vacances : - dans la présentation de son livre De la crise à la communisation, qui vient de paraître en français, on peut lire :


Citation :
Le concept de com­mu­ni­sa­tion a été le pro­duit d’une époque, et est aujourd’hui marqué par une autre. Né voici plu­sieurs décen­nies d’une crise spé­ci­fi­que, il se déve­loppe main­te­nant sous le poids d’une autre grande crise, qui a l’ampleur et la gra­vité d’une crise de civi­li­sa­tion. Comment la résis­tance des pro­lé­tai­res à l’exploi­ta­tion et à la dépos­ses­sion peut-elle être plus qu’une résis­tance ? Comment peut-elle pro­duire un monde pro­fon­dé­ment dif­fé­rent ?

Patlotch : - est-il raisonnable de penser qu'une crise de civilisation engageant toute l'humanité ne trouve pour la résoudre que l'action des seuls prolétaires ? Je ne le pense pas. Nous en avions discuté l'an dernier avec Corinne Cerise, ici : CRISE et RÉVOLUTION de CIVILISATION : éléments... et conversation. Nous y évoquions justement Dauvé, et l'on y retrouve des débats décoloniaux

quoi qu'il en soit, une communauté du vivant post-capitaliste ne me semble pas envisageable sans révolution

Tristan Vacances : - Une de vos rubriques est justement intitulée HUMAIN, CLASSES et "NATURE", Sciences et Techniques -> COMMUNAUTÉ du VIVANT !...

Patlotch : - oui, à l'époque, j'avais voulu sortir de l'anthropocentrisme de certaines considérations sur la communauté humaine, et donc par communauté du vivant établir une différence, mais l'expression n'est pas satisfaisante : en quoi les animaux ou la nature seraient-ils partie prenante d'une communauté, puisque cela suppose des activités conscientes dont seuls les êtres humains sont capables ? Mes chats sont adorables, mais ils ne mettent pas leurs crottes aux ordures ménagères



Tristan Vacances : - Esprit de l'escalier, j'ai vu que la Chine veut interdire l’importation de certains déchets. Selon Pierre Moguérou, vice-président de la filière Plastiques de la fédération française des industriels Federec, « A court terme, on va avoir un engorgement du marché européen avec forcément une baisse des prix de vente, parce que les capacités des usines de recyclage en Europe ne suffiront pas à absorber des volumes qui vont rester sur le marché européen »

Patlotch : - c'est l'exemple d'une situation qui pousse à la restructuration écolo-capitaliste à l'échelle planétaire. Dans ce contexte, les luttes écologistes sont internes à la concurrence inter-capitaliste, et les prolétaires ouvriers n'y sont pour rien voire s'y opposent, puisque dans les branches industrielles condamnées à terme, ce n'est pas leur intérêt immédiat de perdre leur travail. C'est une des contradictions internes, entre segments du prolétariat, que soulevait Endnotes

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Mar 1 Aoû - 0:01


et la critique marxiste actuelle ?

Tristan Vacances : - Que pensez-vous de l'actualité du marxisme aujourd'hui ? Pouvez-vous en dresser un état des lieux critique ?

Patlotch : - j'en suis bien incapable. Je lis moins de livres qu'il y a quelques années, je me contente d'une veille avec la Revue Période ou autres en ligne, je ne lis plus les textes en anglais, sauf exception, sur Viewpoint et parfois HistoricalMatérialisme, plus évidemment les blogs communisateurs... et pas du tout les textes en espagnol, chinois, indien, ou autres... De quoi pourrais-je rendre compte ?

Tristan Vacances : - C'est déjà beaucoup, qu'en tirez-vous ?

Patlotch : - j'ai dit mon insatisfaction de revues qui se contentent de diffuser ou traduire des textes, donnant certes à penser, mais qui sont des auberges espagnoles, puisqu'aucune ligne générale n'en ressort, ou qu'elles ne se démarquent pas d'un mixte de programmatisme et de démocratisme radical. Certes il est intéressant de pouvoir lire des textes anciens qui ressortent, sont traduits ou commentés de manière nouvelle, mais la tendance est à vouloir faire parler pour aujourd'hui Marx, Lénine, Althusser, etc.

un des débats les plus intéressants est celui qui s'est tenu autour du livre de Joshua Clover The Crisis and the Rift: A Symposium on Joshua Clover’s Riot.Strike.Riot dont j'ai parlé dans ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important. Là, en tout cas pour moi, il faudra attendre les traductions

Tristan Vacances : - Bref, vous considérez que votre point de vue en vaut bien un autre plus connu ?

Patlotch : - il serait incongru de prétendre penser par soi-même, et d'en tirer quelques formulations de portée théorique, sans en être convaincu. Quel penseur ne considère pas qu'il détient quelque vérité sur la réalité ?

Tristan Vacances : - Je vous sens aigri, amer, ou déçu...

Patlotch : - là n'est pas le problème, ce n'est pas celui de ma personne. Ce versant subjectif voire subjectiviste des choses est abordé dans EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde

Tristan Vacances : - Un dernier mot ?

Patlotch : - si la question est celle d'une révolution communiste, abolition du capital, etc. non seulement nous ne sommes pas dans une "période révolutionnaire", mais dans un moment où le prolétariat peut avoir des activités anti-révolutionnaires (pour être contre-révolutionnaire, il faut une révolution). Aucune théorie pertinente de la révolution ne peut émerger dans ce contexte, qui ne serait frappée de spéculation abstraite, de retour à la philosophie critiquée par Marx

quant à la critique marxiste actuelle, je ressens un creux entre deux l'épuisements : le mélange programmatisme-démocratisme radical, et les tautologies de la théorie de la communisation qui les renverse. Je tente de le combler, mais je concède que cela ne fait pas une théorie de la révolution

Tristan Vacances : - Quoi qu'il en soit, vous me semblez inquiet de nourrir ce qui donne un sens à votre vie, le communisme ?

Patlotch : - je vous avoue que moi qui ne vais jamais au cinéma, j'irai voir quand il sortira Le jeune Karl Marx de Raoul Peck, réalisateur haïtien. Bien qu'a priori méfiant, je suis curieux de ce que peut me faire de voir Marx au cinéma. Ça m'avait fait pareil avec Charlie Parker dans Bird ou Ray Charles dans Ray, mais eux étaient nos contemporains, qu'on avait vus de leur vivant, du moins pour moi Ray Charles en concert, et Parker en films... Le résultat ne manquait pas d'être émouvant, le réalisme venait de surcroît. Là, va savoir...



le même a réalisé un documentaire sur James Baldwin


Citation :
En juin 1979, l'auteur noir américain James Baldwin écrit à son agent littéraire pour lui raconter le livre qu'il prépare : le récit des vies et des assassinats de ses amis Martin Luther King Jr, Medgar Evers, membre de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) et Malcolm X. En l'espace de cinq années, leur mort a traumatisé une génération. En 1987, l'écrivain disparaît avant d'avoir achevé son projet. Il laisse un manuscrit de trente pages, «Remember this House», que son exécuteur testamentaire confie plus tard à Raoul Peck («L'Ecole du pouvoir», «Lumumba»). Avec pour seule voix off la prose de Baldwin, le cinéaste revisite les années sanglantes de lutte pour les droits civiques, les trois assassinats précités, et se penche sur la recrudescence actuelle de la violence envers les Noirs américains...

Tristan Vacances : - Vous ne pouvez pas vous empêcher de dériver...

Patlotch : - je n'en ferais pas moi une théorie, ce ne serait au mieux qu'un détournement




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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Mar 1 Aoû - 11:21


la foi des camarades en question


je renvoie ici à l'étude COMMUNISME(S), RELIGION(S), FOI, et RÉVOLUTION 16-29 juillet 2017
elle est conçue pour retisser une compréhension de diverses thématiques du forum et notamment les rapports entre les communistes et la classe de la révolution autour de la formule de Marx : « Une idée devient une force lorsqu'elle s'empare des masses », qui articule idéel et réel (Godelier), objectivité (situation, classe en soi), et subjectivité (conscience, classe pour soi))

jusqu'où le communisme peut-il devenir une religion, le Parti une Église, la théorie un dogme, et les trois des opiums du prolétariat ou des militants ? La subjectivation révolutionnaire de classe, massive, n'est-elle pas pour autant une foi communiste ? Chemin faisant, on balaye, du point de vue théorique comme dans l'histoire et le vécu des individus, tout le spectre des rapports entre communisme et subjectivité, dans leurs relations conceptuelles ou historiques à la foi, à la religiosité, aux religions, à l'idéologie.... Ce travail, qui est aussi un travail sur soi auto-analytique, est un miroir tendu à qui est confronté à ces questions, d'un côté, de l'autre, ou des deux, avec ou sans dieu. Gage qu'après lecture, quelle que soit sa position sur ces questions, on ne les verra plus du même œil


glossaire, index, sommaire

glossaire

petit lexique des termes spécifiques au sujet, à retrouver dans leurs contextes...

abstrait, activité(s), aliénation, annonce, anticipation, athéisme, besoin(s), catéchisme, certitude, communauté, concept, conception, concret, conscience, conversion, conviction, credo, critique, croisade, croyance(s), désir(s), déterminisme, dieu(x), divin, doctrine, dogme, doute, Église, endoctrinement, engagement, eschatologie, espérance, espoir, essence, éthique, événement, expérience, fanatisme, fantasme, fatalité, faux, fétichisme, fin, finalité, foi, folie, histoire/historiser/historicisme, humain, humanisme théorique, antihumanisme, idéal, idéalisme, idée, idéel, identité, idéologie, idole, ignorance, illusion(s), imaginaire, inconscient, interprétation, laïc/laïcité/laïque, marxisme, matériel/matérialisme, mensonge, militantisme, mirage, morale, mythe, naïveté, névrose, nihilisme, norme, objectivité, objectivisme, opinion, paradis, pari, pensée, persuasion, philosophie, possible, potentialité, pratique, préfiguration, prévision, projection, promesse, propagande, prophétie, prophétisme, raison/rationalisme, réalisation, réalité(s), réel, réification, religion, religiosité, représentation, récit, révélation, rêve, sacré, salut, savoir, science, séculier, séculariser, sens, scepticisme, spéculation, spiritualité, structure, structuralisme, subjectivité, subjectivation, sujet, superstition, symbolique, syncrétisme, téléologie, théologie, théorie, transcendance, validité, vérité, virtuel, volonté, vrai, utopie

on aura donc, selon les auteurs, des assemblages plus ou moins conceptuels, certains semblant paradoxaux voire oxymoriques, tels que :

activité révolutionnaire (Marx Th/F), activité pratique-critique (Marx, id), aliénation pratique/théorique (Glosier), besoin d'illusions (Marx), conscience abstraite/conscience théorique (Astarian), désir de révolution, foi communiste (Koestler, Löwy...), foi marxiste (Goldmann), foi matérialiste, imaginaire collectif, paradis terrestre, pari communautaire / pari dialectique (Goldmann), pratique révolutionnaire (Marx), pratique symbolique (Godelier), principe espérance (Bloch), réalités idéelles (Godelier), religion sans dieu, religion séculière (Aron, Gaucher...), spiritualité profane (Rosier), subjectivation révolutionnaire, superstructure idéologique (Marx IE), volonté subjective (Dauvé/Nesic), utopie concrète (Dinerstein)...

liste non exhaustive mais subjectivante, bref, de quoi faire travailler l'imagination...



index des noms cités

Svetlana Alexievitch, Althusser, Hannah Arendt, Raymond Aron, Bruno Astarian, Alain Badiou, Bakounine, Balzac, Daniel Bensaïd, Auguste Blanqui, Ernst Bloch, Étienne Cabet, Denis Collin, Confucius, Gilles Dauvé, Jean-Toussaint Desanti, Ana C. Dinerstein, Enrique Dussel, Buenaventura Durruti, Engels, Ludwig Feuerbach, Mirsaid Sultan Galiev, Marcel Gauchet, Maurice Godelier, Lucien Goldmann, Che Guevara, Hegel, Michel Houellebecq, Arthur Koestler, Arlette Laguillier, Pierre Legendre, Lénine, Michael Löwy, Bernard Lubat, Rosa Luxembourg, Mao Zedong, Marx, Louise Michel, Edgar Morin, Karl Nesic, Serge Netchaïev, Anton Pannekoek, Blaise Pascal, Picasso, Wilhelm Reich, Jean-Maurice Rosier, Roland Simon, Trotsky, Jacques Wajnsztejn, Alexandre Zinoviev, Slavoj Zizek

et quelques illustres camarades et compagnons anonymes



sommaire

- 30 juin au 16 juillet, suite aux lectures de Maurice Godelier (IDÉOLOGIES et CROYANCES : RÉEL, IDÉEL, IMAGINAIRE, SYMBOLIQUE...)
. une dimension politico-religieuse inhérente au communisme ? / de la religion au communisme
. Michel Houellebecq : "Je ne suis plus athée"

- 17 juillet
. sur la croyance avec Jean-Toussaint Dessanti / foi ou croyance ?

- 18 juillet
. Lucien Goldmann, marxiste pascalien (Michael Löwy) / Le pari mélancolique de Daniel Bensaïd, Edgar Morin...

- 19 juillet
. où va Patlotch ? / un "nous" communiste, kesako ? l'esprit de parti au-delà du parti
. activité humaine pratique... quand on ne transforme rien, on ne comprend rien, on croit (ad Feuerbach)
. Marx : « La religion est l'opium du peuple », Balzac : « La loterie est l'opium de la misère »

- 20 juillet
. la 'foi communiste', c'est la subjectivité révolutionnaire de classe
. la communisation comme eschatologie (Bruno Astarian / Théorie Communiste))
. subjectivation révolutionnaire : "volonté subjective" (troploin) ? imaginaire et révolution / désir ?
. et l'aliénation, dans tout ça ?

- 21 juillet
. vous avez dit athée ? L'athéisme de Marx, vidéo avec Jean-Maurice Rosier
. Marx, la religion, et l'athéisme avec Enrique Dussel

- 22 juillet
. où en est Patlotch ? Résumé d'étape
. conversations divagations / destruction créatrice du communisme

- 23 juillet
. une religion de la destruction destructrice : 'Le catéchisme du révolutionnaire' de Netchaïev, 1868

- 24 juillet
. communisme, idéologie et religion, science... la double foi. Avec Denis Collin contre Badiou, Alexandre Zinoviev, Étienne Cabet et les socialisme religieux & utopiques pré-marxistes,... et Arlette Laguillier

- 25 juillet
. pourquoi êtes-vous communiste / anarchiste ? Enquête : « Je suis communiste, parce que...»
. conversation avec un ami
. "La fin de l'homme rouge" Où il est question d'une autre bible et d'autres croyants, témoignage d'un vieux bolchévique


- 26 juillet
. et les religions non chrétiennes ?
. Mao, maoïsme et religions en Chine théorie et pratiques
. et l'Islam dans tout ça ? Islam et communisme
. "religiosité ouvrière", "religiosité communiste", "foi révolutionnaire"...
. l'ultragauche conseilliste et la religion : Anton Pannekoek
. annexe 1 : le capital qu'on vit et Le Capital qu'on lit, avec Althusser

- 27 juillet
. conversation avec un ami
. synthèse sainte thèse ?, présentation de l'étude
et remarques : éthique communiste, anticommunisme / "communisme réel" avec Zinoviev  et retour à Godelier, Idéel et matériel / communisme de situation, communisme par solidarité à partir d'Althusser (29 juillet) /

. Glossaire du sujet
. Index des noms cités
. sommaire

trouvaille, un Cabet d'aujourd'hui a écrit son credo



en prime, puisque ce sujet était parti des travaux de l'anthropologue Maurice Godelier (cf IDÉOLOGIES et CROYANCES : RÉEL, IDÉEL, IMAGINAIRE, SYMBOLIQUE...)

Ordres, classes, Etat chez Marx
Actes du colloque de Rome (18-31 mars 1990)

on y verra que la formule du Manifeste  « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours, c’est l’histoire de la lutte des classes » est faussement simple, car elle recouvre plusieurs sens du mot classe dans l'œuvre de Marx, que Godelier explicite. Toutefois il n'y est pas question de la distinction de Marx entre classe en soi et classe pour soi, l'article concernant davantage la première dans son rapport aux ordres au cours de l'histoire.



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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Mar 1 Aoû - 13:01


vous avez dit Révolution ?... Insurrection ?

Tristan Vacances : - le titre du sujet est sans ambiguïté, la marche vers la communauté humaine passe par une révolution. Pourquoi ?

Patlotch : - c'est vous qui l'avez ouvert

Tristan Vacances : - Ne barguignons pas. Qu'est-ce qui vous porte à considérer que le processus de sortie du capitalisme prendrait la forme d'une révolution ?

Patlotch : - quand le capitalisme aura disparu, par définition, l'humanité aura vécu, réalisé, une révolution. Le concept est incontournable, ses formes concrètes discutables car imprévisibles

Tristan Vacances : - On y entend l'idée de violence

Patlotch : - nous parlons de révolution communiste, d'abolition du mode de production capitaliste, des classes et des rapports sociaux d'exploitation et de dominations. Nous parlons d'un changement de civilisation, pas de la définition du Larousse : « changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d'un État, qui se produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place, prend le pouvoir et réussit à le garder ». Pour citer Mao « La révolution n'est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s'accomplir avec autant d'élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d'amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d'âme. La révolution, c'est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre. » (Le petit livre rouge, 1966)

sur la violence, qui ne définit pas par elle-même une forme révolutionnaire, voir la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...

Tristan Vacances : - Les théoriciens de la communisation sont d'accord pour considérer qu'elle commence par une insurrection

Patlotch : - au niveau de la conjoncture courte, événementielle, je suis d'accord, mais il se passe avant, pendant, et après, des choses qui empêchent de réduire le processus révolutionnaire à ce moment insurrectionnel

. avant : la conjoncture ne tombe pas du ciel, elle est produite en amont par l'intensification des contradictions antagoniques du capitalisme. On peut presque dire que le processus révolutionnaire commence avant la révolution proprement dite, par le fait que le changement de civilisation est devenu une nécessité historique

. pendant : l'insurrection même s'accompagne de toutes sortes d'activités de survie et d'invention de rapports nouveaux entre les insurgés et la population

. après : les bases de nouvelles formes de vie ayant été posées dans et par la destruction des anciennes, une fois l'ordre ancien éradiqué, subsistent des tentatives de retour en arrière, et l'exigence (nécessité, besoin, désir) d'organiser ces nouveaux rapports

Tristan Vacances : - C'est très général...

Patlotch : - mais suffisant pour poser quelques questions à ceux qui centrent toute la théorie communiste sur le moment insurrectionnel, par exemple Bruno Astarian dans Solitude de la théorie communiste, Hic Salta 2016. Extraits :

Bruno Astarian a écrit:
1 – La théorie communiste et la lutte de classes

L’existence même de ce rapport social insurrectionnel pose pratiquement la question du dépassement du MPC [mode de production capitaliste]. C’est dans ce rapport social insurrectionnel que la théorie communiste trouve son ancrage. Elle en est la conscience de soi.

2.1 – Le cas particulier de la théorie communiste

C’est dans l’insurrection prolétarienne que la contradiction des classes éclate ouvertement et appelle à son dépassement pratique, car dans cet éclatement la société dans son ensemble se bloque.

Après la défaite de l’insurrection, après que l’ouverture sur tous les possibles a disparu dans le retour à la routine du travail, la théorie communiste se donne pour tâche de comprendre pourquoi ça a raté. Presque par essence, la théorie communiste se développe post festum, et donc dans la séparation d’avec le rapport social qui est sa source.

Patlotch : - on n'est pas très loin des insurrectionnalistes, à l'immédiatisme près

Tristan Vacances : - En 2009, Astarian étudie d'autres aspects dans La communisation comme sortie de crise : « activité de crise du prolétariat, production sans productivité, ‘consommation’ sans nécessité »...

Patlotch : - s'il en parle, c'est que ces questions se posent déjà à la théorie communiste, et donc qu'elle ne se limite pas à la « conscience de soi du rapport social insurrectionnel »

Tristan Vacances : - Vous disiez pourtant hier qu'« un des débats les plus intéressants est celui qui s'est tenu autour du livre de Joshua Clover Émeutes, grèves, émeutes : The Crisis and the Rift: A Symposium on Joshua Clover’s Riot.Strike.Riot

Patlotch : - je parlais du débat, donc aussi des désaccords avec Clover, or l'émeute n'est pas l'insurrection, alors que Joshua Clover théorise l'émeute comme forme de l'insurrection à venir (présentation du livre : Award-winning poet Joshua Clover theorizes the riot as the form of the coming insurrection)

Citation :
Baltimore. Ferguson. Tottenham. Clichy-sous-Bois. Oakland. Nôtre est devenu l'« âge des émeutes », la lutte du peuple contre l'État et le capital a envahi les rues. Joshua Clover, poète primé et érudit offre une nouvelle compréhension de ce moment présent et de son histoire. L'émeute a été la forme centrale de protestation aux XVIIe et XVIIIe siècles et a été supplantée par la grève au début du XIXe siècle. Elle est revenue dans les années 1970, et profondément modifié ainsi  les coordonnées de race et classe.

Des premières revendications salariales aux récentes campagnes pour la justice sociale poursuivies par des occupations et des blocages, Clover relie ces protestations aux bouleversements de l'économie sclérosée dans un état d'effondrement moral. Des événements historiques tels que la crise économique mondiale de 1973 et le déclin des syndicats, du point de vue de vastes transformations sociales, sont le cadre adéquat pour comprendre ces éruptions de mécontentement. Comme l'agitation sociale contre un ordre insoutenable continue de croître, cette histoire précieuse aidera comme guide futur dans leurs luttes vers un horizon révolutionnaire.

Tristan Vacances : - Vous continuez à penser qu'il faut travailler sur les contenus positifs de la révolution et du communisme ?

Patlotch : - oui, j'ai parlé en 2012 de positivité communiste

Citation :
Ce qui importe à mon sens, c'est de considérer que nombre d'activités humaines actuelles, même menacées et/ou redéfinies par le contexte capitaliste, portent des potentialités de reconversion dans un contexte de monde non capitaliste, non échangiste, non marchand, selon d'autres critères de valeur, sans jeu de mot, en admettant qu'à défaut de droit, d'État, le nouveau monde produise ses propres valeurs déterminant les nouveaux rapports entre individus, communauté, comme on voudra...

Naturellement, et c'est en quoi je suis d'accord avec les communisateurs, ce ne sont pas des activités susceptibles en elles-mêmes de détruire les rapports sociaux capitalistes...

Pourquoi diantre ne faudrait-il pas y voir une positivité, une capacité présente des individus humains, prolétaires ou pas, de vivre sans le joug capitaliste et la loi de ses valeurs ? Une positivité sur laquelle seront produites d'autres valeurs ? Des valeurs communistes...

Tristan Vacances : - Cela fait partie de la théorie communiste ?

Patlotch : - évidemment, et même de la théorie de la révolution. Il faut l'étudier dès aujourd'hui concernant l'avant insurrection évoqué plus haut, car c'est à partir de là que se construit dans les masses une subjectivation révolutionnaire, un désir de révolution

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Mar 1 Aoû - 14:38


c'est tout ?

Tristan Vacances : - Nous avons balayé nombre de points : prolétariat, classe, sujet et activités révolutionnaire; identités de luttes à dépasser; restructuration du capitalisme; luttes décoloniales, féministes et écologistes; le marxisme actuel; la foi révolutionnaire; la révolution au-delà de l'insurrection. Considérez-vous qu'ils cernent bien vos positions actuelles ?

Patlotch : - Oui et non, c'est un survol...

Tristan Vacances : - Quoi d'autre encore ?

Patlotch : - tout ce qui fait l'objet de catégories du forum, l'individu, la poétique, le sexe... puisqu'elles sont vues de manière hologrammatique, un regard sur le tout d'un point de vue particulier, et que ces points permettent de saisir les apories des théories de la révolution, qui font parfois leur angélisme

Tristan Vacances : - Que voulez-vous dire ?

Patlotch : - qu'un changement de civilisation porte sur tout ce qui fait vivre les êtres humains ensemble dans leur environnement, et que le terme même d'abolition, compris comme des mesures à prendre, est loin du compte. En définitive, il est simpliste de considérer que ce n'est qu'une affaire de luttes


Alexande Zinoviev a écrit:
Pratiquement (et logiquement) il est impossible de délimiter les éléments favorables et les éléments défavorables. Ce n'est qu'une fois le processus achevé qu'il devient possible de juger du passé en fonction du résultat obtenu, et cela s'en trop risquer d'erreurs.

Le Communisme comme réalité
, 1981

Tristan Vacances : - Puisqu'on ne peut pas anticiper, voir au-delà d'un horizon des luttes, pourquoi se torturer la vie théorique en la chargeant de pessimisme et de complications psycho-sociales : pour désespérer ceux qui y croient ?

Patlotch : - parce qu'ils sont plein d'illusions et de visions révolutionnaires à courte vue. Ici, nous faisons un survol, mais eux, ils planent



allégorie du prolétariat révolutionnaire guidé par des organisateurs de son auto-organisation

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Mar 1 Aoû - 16:25


la révolution s'organise ?

Tristan Vacances : - Je saisis au vol votre allusion moqueuse à l'organisation et à l'auto-organisation, c'est-à-dire au fait que les communistes se considèrent toujours peu ou prou comme une avant-garde distincte de masses à guider. Comment poseriez-vous l'incontournable question de l'organisation de et dans la révolution ?

Patlotch : -  je ne le poserais pas. Il y a auto-organisation à une échelle à la fois locale, située, et une connexion de ces activités révolutionnaires locales, et c'est alors le problème des individus qui y participent. Par conséquent le point de vue communiste séparé, théorique ou dans les luttes, sur l'auto-organisation des autres relève de l'hypocrisie, y compris quand il critique le parti et toute forme d'avant-garde

bref, soit il y a auto-organisation, soit il n'y en a pas, et à la question du titre, je réponds : la révolution s'auto-organise

Tristan Vacances : - Mais il faut bien des sujets, des individus, pour le faire...

Patlotch : - ne confondons pas des activités révolutionnaires de masse généralisées avec les interventions de groupes prétendus auto-organisés d'aujourd'hui, quand ce sont les mêmes qui y participent depuis des années, donc en les préparant pour les provoquer. Les Blacks Blocs ne sont pas auto-organisés, mais pré-organisés, même si dans le feu de l'action il y a une part d'improvisation, de créativité, de réaction à ce qui se passe à chaque instant, au demeurant sans surprise, sur un scénario qui se répète (exemple dernièrement à Hambourg). Il est même difficile de qualifier cela d'émeutes, vu l'absence de spontanéité qui caractérise ces actions

Tristan Vacances : - Il n'y aurait donc pas de communistes à l'avant-garde ?

Patlotch : - non. L'avant-garde c'est tous ceux qui font, et l'organisation celle des activités. L'insurrection de masse et les activités créatrices de communisme ne sont pas le fait de révolutionnaires plus ou moins professionnels et bien préparés. Dans l'action se dégagent des individus révélant plus de courage ou de compétences, y compris organisationnelles, que d'autres, mais ils sortent de partout, pas du parti. Certains font la cuisine, parce que les révolutionnaires ont faim et veulent manger; pas même besoin d'être un (ex)prolétaire pour ça. D'autres font la guerre, et mieux vaut qu'ils s'y soient particulièrement entraînés. Ceux qui se constituent en partis ou en groupes ont des qualités spécifiques pour le faire. Leur défaut est de ne savoir faire que ça, et quand ils participent aux activités révolutionnaires, ce n'est plus en tant que membres du groupe ou du parti, du moins ça ne devrait pas l'être

Tristan Vacances : - N'est-ce pas une distinction par trop tranchée ?

Patlotch : - c'est celle qu'il convient de faire pour penser une conjoncture révolutionnaire autrement que la prise du palais d'hiver





lectures

1) De l'organisation, Jacques Camatte, 1969-1972

2) spontanéité dans spontanéité, médiation, rupture Endnotes 3, septembre 2013
[/color]

Endnotes a écrit:
La spontanéité se comprend généralement comme une absence d’organisation. Quelque chose de spontané provient d’une impulsion soudaine, comme s’il survenait naturellement. Les marxistes de la Seconde internationale pensaient que la révolte des ouvriers était spontanée en ce sens : qu’elle était une réaction naturelle à la domination capitaliste, qui devait être mise en forme par le parti. Cette idée repose sur ce qu’on pourrait qualifier de sens dérivé du terme de spontanéité. Au XVIIIe siècle, lorsque Kant décrivait l’unité transcendantale de l’aperception — le fait d’être conscient de soi comme ayant sa propre expérience — il l’a nommée un acte spontané11 Kant pensait à l’opposé de quelque chose de naturel. Un acte spontané est un acte librement entrepris. En fait, le mot spontané dérive du latin sponte, signifiant « de son propre chef, librement, volontairement ». En ce sens, la spontanéité ne relève pas de l’action contrainte ou automatique. Elle est action sans contrainte extérieure. Nous participons chaque jour aux rapports sociaux capitalistes : en allant au travail, en faisant des achats, etc. Mais nous sommes libres de décider de ne pas le faire, quelques puissent en être les conséquences (en fait, les conséquences sont parfois dures, parce que notre participation au capitalisme n’est pas un choix, mais bien une contrainte)12.

Quatre points découlent de cette réinterprétation du terme :

1. La spontanéité, précisément parce qu’elle est librement désirée, est intrinsèquement imprévisible. Pour cette raison, il ne peut y avoir de théorie figée de la lutte. Il ne peut y avoir qu’une phénoménologie de l’expérience de la révolte. Bien entendu, la révolte entretient un lien avec la crise, qu’elle soit économique ou autre, puisque les crises rendent les conditions de vie existantes des prolétaires insupportables. Mais le rapport entre crise et révolte n’est jamais mécanique. La révolte demeure fondamentalement indéterminée ou surdéterminée : elle ne survient jamais quand elle est censée le faire, et quand elle survient, elle surgit souvent du côté le plus improbable. Le mécontentement peut couver, mais alors un meurtre policier ou une hausse du prix du pain « déclenche » soudainement la révolte. Toutefois nul ne sait par avance quel sera l’événement déclencheur à un moment donné. Ce n’est pas pour dire que la révolte n’est pas planifiée, ou que les militants ne jouent pas un rôle dans le déclenchement des révoltes. De fait, les militants essayent en permanence de déclencher des révoltes. Le fait est que leur réussite est déterminée par quelque chose qui leur est étranger (cette chose se révèle dans des moments-clés, quand le matériel humain sur lequel travaillent les militants cesse tout à coup de réagir à leur micro-gestion — soit une lutte s’élance dans une direction inattendue, soit elle s’étiole)13. Qui peut prédire quand le fait de se rendre dans un parc conduira simplement à une autre manifestation, et quand cela explosera en une guerre civile ?

2. La spontanéité, étant une rupture avec le quotidien, est aussi nécessairement une perturbation. La spontanéité apparaît comme un ensemble d’actions perturbatrices : grèves, occupations, blocages, pillages, émeutes, autoréductions et plus généralement auto-organisation. Mais la spontanéité n’est pas seulement une concoction à partir de ces ingrédients. Elle possède une histoire, et dans l’histoire de la spontanéité, les tactiques particulières prévalent, sous deux aspects. (a) Les tactiques sont ce qui fait écho, à travers les lieux de travail ou les quartiers, les pays ou même les continents. Quelqu’un s’immole, ou quelques individus occupent une place. Spontanément, d’autres gens commencent à faire la même chose. Au cours des événements, les prolétaires adaptent une tactique donnée en fonction de leurs vécus, mais ce qui est essentiel, dans la mesure où ils adoptent des tactiques qui viennent d’ailleurs, c’est qu’il y ait interruption du flux continu du temps. L’histoire locale prend un tour qui peut seulement se comprendre globalement. (b) La prévalence des tactiques provient aussi du fait que les gens prennent part à des vagues d’activités perturbatrices, même alors qu’ils débattent des raisons de le faire. Les participants peuvent formuler des revendications contradictoires : les mêmes tactiques sont utilisées à différentes fins, dans différents endroits. Dans le même moment, parce que les luttes s’intensifient et s’étendent, les participants sont plus audacieux dans leurs revendications — ou dans l’absence totale de revendications. Les barrières entre les gens commencent à s’effondrer. À mesure que les murs tombent, le sentiment qu’ont les individus d’un pouvoir collectif s’accroit. Comme de plus en plus de gens participent, les risques de s’impliquer diminuent. La lutte bâtit ses propres fondations au cours de son évolution.

3. La spontanéité n’est pas seulement perturbation, elle est aussi création. Elle engendre un nouveau contenu de lutte qui est adéquat au vécu quotidien des prolétaires. Ce vécu évolue sans cesse, conformément aux changements des rapports sociaux capitalistes (et de la culture en général). C’est pourquoi la révolte qui éclate de l’intérieur, spontanément, tend à se répandre plus largement et plus violemment que celle qui viendrait de l’extérieur — des militants, etc. Cela reste vrai même lorsque les militants interviennent sur la base de leur propre vécu d’une révolte précédente (dans les années 60, nombre de militants dénonçaient le sabotage et l’absentéisme comme des formes de lutte « infantiles » ; en fait, elles annonçaient une vague de grèves sauvages massive). Les militants se mettent ainsi en position délicate. Ils sont les vestiges humains d’un conflit passé, mobiles dans le temps et l’espace. S’il existe des histoires nationales ou locales de la lutte, c’est en partie parce que des militants ont maintenu une continuité de l’expérience. Des formations militantes fortes peuvent devenir des agents d’intensification au présent ; pour autant, en essayant d’appliquer les leçons du passé à un présent toujours changeant, les militants courent le risque de banaliser la nouveauté au moment où elle survient. Cette position est dangereuse, dans la mesure où, pour nous, il est évident qu’il faut faire confiance à la nouveauté comme seul moyen de rompre avec les rapports sociaux capitalistes.

4. La révolte spontanée implique non seulement la création d’un nouveau contenu de lutte, mais aussi, nécessairement, de nouvelles formes de lutte, adéquates ou conformes à ce contenu. Hegel a écrit : « Dans cette opposition de la forme et du contenu, il faut surtout remarquer que le contenu n'est pas informe, mais qu'il détient en lui la forme, qui d'ailleurs lui est extérieure.14 » Cette forme peut tout d’abord être naissante : elle peut n’exister que potentiellement, mais elle se réalise lorsque les luttes s’étendent et s’intensifient. Il y a ici aussi une dimension créative — l’émergence d’une forme sans précédent historique. L’histoire témoigne à maintes reprises de ce fait : les luttes naissantes méprisent les formes existantes. Au contraire, elles engendrent leurs propres formes, qui sont alors méprisées, à leur tour, par les vagues de révolte futures. C’est cet aspect de la spontanéité, sa tendance à l’innovation formelle, qui proscrit toute représentation de la communisation qui tiendrait la révolution communisante comme fondamentalement informe. Il nous est impossible de connaître les formes d’organisation spontanée qui joueront un rôle dans la communisation et celles qui devront être dépassées à ce moment-là.

Contre les théories révolutionnaires du passé, nous pouvons aujourd’hui affirmer que l’organisation n’est pas externe à la spontanéité. Au contraire, la révolte de masse est toujours organisée. Pour donner à ce terme une définition adéquate à son rôle dans la théorie révolutionnaire, nous pourrions dire que l’organisation est l’accompagnement nécessaire à la coordination et à l’extension de l’activité perturbatrice spontanée. Mais cela n’implique pas que l’organisation soit toujours formelle. Elle peut aussi être complètement informelle, et, de fait, aux niveaux les plus élevés, elle est toujours informelle. La coordination est la diffusion des tactiques par le bouche à oreille, les journaux, la radio, la télévision, les vidéos tournées avec des téléphones portables, etc. (non que des moyens techniques particuliers soient nécessaires : une vague de grèves mondiale a déjà balayé l’Empire britannique dans les années 1930 ; la technique apporte simplement d’autres possibilités à la lutte).

Dans toute révolte il y a des débats sur la question de l’organisation : « Quelle est la meilleure façon de coordonner et d’étendre cette activité perturbatrice particulière ? » Les réponses sont toujours fonction du contexte de la révolte en question. Nombre d’individus, par ignorance ou par peur, se posent différentes questions : « Comment pouvons-nous en finir avec cette perturbation ? » « Comment pouvons-nous conclure ou remporter cette manche, pour qu’on puisse retourner aux misères habituelles de notre quotidien ? ». Dépasser l’ignorance et la peur, parvenir à se faire confiance les uns aux autres pour agir et le faire de façon coordonnée, avec des centaines, des milliers, des millions et finalement des milliards de gens, ce problème de coordination ne peut pas être résolu à l’avance. Il n’est résolu que dans et par le déroulement d’une séquence de luttes.

3) à chercher dans RYTHMES, IMPROVISATION et COMMUNISATION : JAZZ & Black Music, une matrice de la poétique révolutionnaire, improvisation collective, temps réel et création relationnelle, Patlotch 2015

le concept d'improvisation collective fait le lien entre savoir (-oublier dans l'action), organisation, et spontanéité


Question


en relation, les sujets documentés :

- AUTO-ORGANISATION et THÉORISATION ? De qui ? Pour quoi faire ? Comment ? Jusqu'où ?...

- critique de l'INTERVENTION par Théorie Communiste, 2008, 2010, et autres considérations de 1981 à aujourd'hui



Dernière édition par Tristan Vacances le Mar 1 Aoû - 17:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Mar 1 Aoû - 17:21


une révolution mondiale ?

Tristan Vacances : - L'idée est assez partagée chez les marxistes, anarchistes, et communisateurs, que la révolution ne peut réussir que si elle se déclenche à l'échelle mondiale, et simultanément, ou par extension rapide. Certains l'envisagent sans trop en poser les difficultés, d'autres n'y croient pas :

extrait d'un échange dans « Du mouvement communiste à la communisation », dndf septembre 2011
Citation :
- pouvons nous sincèrement envisager qu’il y aura une homogénéité spatio-temporelle d’une révolution communiste à l’échelle mondiale ? Ceci relève d’une douce rêverie pour ne pas dire qu’il s’agit d’une production fantasmée du communisme et de sa dérive « théoriciste »...

- Quand on dit « la révolution communiste sera mondiale ou ne sera pas », c’est pas du pinaillage parce qu’on est pressé. C’est qu’elle sera mondiale, ou ne sera pas communiste, au sens ou un assaut partiel contre l’économie, contre le capitalisme, la valeur, etc. ne peut hélas qu’être défait...

Tristan Vacances : - Comment voyez-vous ça, cher Patlotch ?

Patlotch : - Je ne le vois pas. Je partage bien sûr l'idée qu'une révolution communiste à l'échelle nationale est une contradiction dans les termes, mais franchement, c'est une des questions les plus difficiles qui se pose(ra) si le jour en vient

là encore, on a le concept de révolution mondiale parce qu'elle ne peut réussir qu'à cette échelle, mais le projeter de façon abstraite relève en termes théoriques de la démonstration par l'absurde, et l'imaginer en termes concrets du récit de science-fiction

à ma connaissance, personne ne l'a fait - n'a pu le faire - de façon sérieuse, d'autant que les questions de seuils quantitatifs ne sont généralement pas abordées, la dialectique théorique se contentant généralement de considérations qualitatives, ce qui revient à dire qu'elle reste au niveau conceptuel :


le concept de révolution ne la fait pas



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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Mer 2 Aoû - 22:43


conversation auto-organisée ?

Rolling Eyes

reçu d'un ami

un ami a écrit:
j'apprécie particulièrement ton sujet "penser la Révolution" sur le forum. Cela donne une bouffée d'air frais à la théorie du communisme, m'est avis.

Patlotch a écrit:
j'aime tout particulièrement ceci (je cite) : "L'avant-garde c'est tous ceux qui font, et l'organisation celle des activités. L'insurrection de masse et les activités créatrices de communisme ne sont pas le fait de révolutionnaires plus ou moins professionnels et bien préparés. Dans l'action se dégagent des individus révélant plus de courage ou de compétences, y compris organisationnelles, que d'autres, mais ils sortent de partout, pas du parti. Certains font la cuisine, parce que les révolutionnaires ont faim et veulent manger; pas même besoin d'être un (ex)prolétaire pour ça. D'autres font la guerre, et mieux vaut qu'ils s'y soient particulièrement entraînés. Ceux qui se constituent en partis ou en groupes ont des qualités spécifiques pour le faire. Leur défaut est de ne savoir faire que ça, et quand ils participent aux activités révolutionnaires, ce n'est plus en tant que membres du groupe ou du parti, du moins ça ne devrait pas l'être."

Nous voilà là bien éloignés des fadaises du "prolétariat universel". Cela dit, et toutes proportions gardées, n'est-ce pas un peu ce que Marx disait dans sa célèbre formule : "L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes" ? Je précise bien, toutes proportions gardées vis à vis de l'époque à laquelle Marx élabora le Manifeste, puis plus tard Le Capital.

Je ne sais pas ce que tu en penses...

Patlotch a écrit:
merci...

j'ai fait ça dans la lancée de COMMUNISME(S), RELIGION(S), FOI, et RÉVOLUTION, ça résume en gros où j'en suis

c'est l'occasion de préciser qq trucs, sur le "sujet révolutionnaire", le prolétariat, et l'auto-organisation, qui est rarement celle des sujets concernés, mais celle des militants organisés en partis ou groupes qui veulent (prétendent) les auto-organiser (une contradiction dans les termes qu'on trouvait déjà ça chez Trotsky et encore au NPA, au FUIQP de Bouamama, etc.)

voir Wikirouge Auto-organisation des travailleur-se-s, Auto-organisation et parti révolutionnaire...



ça vaudrait le coup de faire un historique de l'auto-organisation, concept et réalités, entre militants anarchistes ou communistes et prolétaires en luttes qu'ils prétendaient auto-organiser. Vu que la forme parti en a un coup dans l'aile depuis quelques décennies, ça s'est déplacé vers d'autres formes, mais le rapport d'extériorité est-il si différent ?

à part ça, oui, je suis d'accord, c'est a priori le sens de la formule de Marx, mais bon, lui voulait un parti, des communistes, et surtout un programme... ce qui donc donne :

- un désaccord avec Marx : programmatisme vs révolution d'emblée communiste,

- une question aux marxistes/communistes/anarchistes, en théorie et dans les luttes : quel est votre rapport à la classe de la révolution ?

un débat ? sans blague...

Ben Malacki discute ici la théorisation "marxienne" de la classe moyenne par Hic Salta, et aboutit à cette conclusion :  « La classe moyenne est en réalité la partie du prolétariat qui a encore les moyens de s’identifier au capital. », ce qui confirme la confusion évoquée plus haut, entre classe ouvrière, prolétariat, et sujet révolutionnaire, sans atteindre à la problématique des activités révolutionnaires contre le capital en tant que système civilisationnel

cela joue sur les mots-concepts et perd jusqu'à l'intérêt de remarques pertinentes

aucun intérêt, théorique ou pour les luttes, de participer à de telles discussions, on s'y enlise sans en retirer rien de clair. C'est bien pourquoi cela plaît tant aux contemplateurs du communisme - spectacle de l'absence -, tant qu'il n'est pas question de penser le communisme en transformant le capitalisme (Marc ad Feuerbach 11)

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Jeu 10 Aoû - 16:34

comme suite à ma remarque ci-dessus j'ouvrirai dans quelques jours un sujet L'AUTO-ORGANISATION, MYTHES et RÉALITÉS, petite histoire entre concept et luttes, d'Owen à nos jours en passant par Marx, les partis et ''l'autonomie'' : qui ''auto-organise'' qui et quoi, et pour quoi faire ?
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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE   Jeu 17 Aoû - 17:02


avertissement : un nouveau sujet s'ajoute à la série que j'ai entreprise en juillet 2017, visant à mettre à jour et clarifier ce qui devenait confus voire illisible dans la lourdeur du forum, vu l'évolution de mes cogitations. Elle comporte, par ordre d'entrée en ligne :


- COMMUNISME(S), RELIGION(S), FOI, et RÉVOLUTION (étude)

- PENSER LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE

- AUTO-ORGANISATION RÉVOLUTIONNAIRE, une vision renouvelée

- COMMUNISME : pensées de traverse

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LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE
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