PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde

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Patlotch



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MessageSujet: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Ven 28 Juil - 10:05


chaque fois que j'ai terminé quelque chose, une peinture, un texte, un poème, une série de photos... c'est post coïtum, homine triste, pour ne pas dire "omne triste" (tout est triste)

ainsi là cette étude COMMUNISME(S), RELIGION(S), FOI, et RÉVOLUTION, qui m'aura occupé, comprendre désennuyé, un demi-mois durant

une fois fait, ça ne m'intéresse plus, un peu comme Miles Davis disait qu'il n'écoutait jamais ses anciens disques. Et donc tout retombe au pied du mur de la création qui viendra, ou pas, selon que j'en aurai l'envie, ou pas. Brel disait l'inspiration, c'est l'envie, et d'une certaine façon, c'est vrai, il suffit de s'y coller, de se donner un coup de pied aux fesses chaque matin, en maçon sans contrefaçon, en œuvrier comme dit Bernard Lubat

parler d'extime, à la première personne du singulier en assumant ma singularité, je l'ai fait dans journal extime, 2014-2016, et d'une certaine façon je n'ai jamais fait que ça, partout où je me suis exprimé; je pourrais ajouter : comme tout le monde, le sachant ou sans le savoir. Durant dix ans de confrontation avec la théorie de la communisation, ce qui m'aura le plus blessé est la sanction de Roland Simon (Théorie Communiste), que je me considérerais comme « le centre du monde » en exprimant « le comble du narcissisme ». Venant de lui, qui formule modestement sa théorie impersonnelle de la révolution mondiale en offrant aux "luttes théoriciennes", scientifiquement et dialectiquement, ses mots dont elles seraient privées, ça ne s'invente pas. En même temps, comme dirait Macron, si cela m'a blessé, cela dit encore un fond d'estime pour lui, qui confine aujourd'hui à la compassion pour ce que je considère comme son échec radical du point de vue de la théorie révolutionnaire. Que Dieu me garde de la pitié...

et maintenant, que vais-je faire ? Que sera ma vie ? Bof... D'un côté je m'en fous, d'un autre si je ne m'en préoccupe pas, je me dégrade, et crever, plus que de me sauver, risque d'emmerder ceux qui m'aiment. Car s'ils n'étaient pas là, il y aurait bien le suicide, mais j'en suis retenu par l'idée qu'eux en souffriraient davantage qu'à me supporter comme je suis. Alors je continue, vaille que vaille, et je me soigne en tâchant de créer, et d'aimer

est-ce que j'aime la vie ? Oui et non. On est toujours soupçonné, aimant la vie dans, malgré ou contre ce monde, d'aimer ce monde. Comment alors se prétendre révolutionnaire ? Sans doute est-ce ce qui conduit au nihilisme, « car tout ce qui existe est digne d'être détruit » (Méphistophélès, dans le premier Faust, de Gœthe, 1808, traduction de Gérard de Nerval)

j'aime ma compagne, mon fils, mon amie Fadia Haddad et mon ami Stan Brown. J'aime quand les gens se battent pour sauver leur peau. J'aime Billie Holiday, Charles Mingus et Abbey Lincoln. J'aime lire et écrire. J'aime faire et offrir. Cuisiner le lapin. J'aime les vers de terre de mon compost, le goût qu'ils donnent à mes tomates et à mes fleurs leurs parfums et couleurs. J'aime faire l'amour et la vaisselle, pas le ménage. J'aime ma chatte et mon chat. Pas les chiens. J'aime les baisers, pas le sport. J'aime me promener dans les bois quand les autres n'y sont pas. J'aime les choses simples, à rêver de mourir au bord d'une rivière, sous un arbre, les oiseaux, le ciel et ses nuages. Je n'ai besoin ni de la mer, ni de l'éternité. Je n'ai vraiment pas la pensée d'un homme de dix-sept ans, je ne me pas m'empêcher d'être sérieux



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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Ven 28 Juil - 11:37


ça me fait quoi, d'être né comme Flora Tristan ou Billie Holiday un 7 avril ? Sur 7 milliards de vivants, 20 millions sont nés un même jour de l'année, alors sur deux siècles, quelle loterie !

ça ne veut rien dire, ça n'a aucun sens, et pourtant, au-delà de toute astrologie, qui est insensible à de tels signes ? C'est un hasard objectif des plus subjectifs. Alors pourquoi ça me fait rien que ce même jour calendaire soient nés Jacky Chan et Jean-Louis Borloo, ou même Charles Fourier ?

va savoir ce qu'ont ces deux femmes-là pour que je m'en soit senti proche, moi qui n'est rien vécu de leur vie...




Le paradis, un peu plus loin ?


'la vie est un collage' Patlotch 1988-1989

ce fut mon programme




d'une étrange actualité


j'étais très fier que la cellule du PCF dont j'étais alors secrétaire, vers 1975, ait été baptisée Flora Tristan. J'ai alors lu tout ce que je trouvais sur elle, ses livres disponibles. Encore un hasard objectif, elle avait habité à deux pas de mon travail boulevard Saint-Germain, au 100 bis rue du Bac. La maison avait disparu. C'est là que son mari lui avait tiré dessus un coup de pistolet : Accusation de tentative d’assassinat sur la personne de Mme Flora Tristan, par le sieur Chazal, son mari Journal des débats, 13 septembre 1838

une loi autorisant le divorce avait été promulguée en 1792 pendant la Révolution et abrogée en 1816 sous la Restauration, et elle en fera un des objectifs de son combat. Il est rétabli en 1884

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Ven 28 Juil - 12:27


qu'est-ce que l'extime ? Le mot apparaît en 1923, Lacan le reprend en 1969 (année érotique) Tarona de Théorie Communiste le définit en l'opposant à l'intime dans les rapports hommes-femmes : l'extime

j'ai l'impression d'être vaguement d'accord avec elle, mais aujourd'hui, je ne sais plus, je ne peux plus lire ce genre de textes. J'ai besoin de choses plus simples, même dans leur complexité

ajout le 30 juillet
Tarona parle de l'extime dans le cadre d'une discussion sur l'intime rapporté aux relations hommes-femmes dans la vie privée sexuelle. Introduit dans ce contexte, j'avais trouvé ses remarques très pertinentes. Mais, cet extime, c'est du sextime, pour ne pas dire du sexe time. Or l'intime ce n'est pas que le sexe, c'est tout ce que pense un individu de/dans ses relations privées ou publiques, et qu'il ne dit pas : de ses collègues de travail, de ses amis, de telle conversation... de telle théorie même. L'intime, en ce sens, c'est la pensée individuelle quand elle ne s'exprime pas, ne devient pas extime. C'est à la fois le sens que cela prend dans "journal intime", et le contraire qu'en a fait Michel Tourner en 2002, puisqu'il n'y parle pas de lui



Tournier a écrit:
Il y a longtemps que j'ai pris l'habitude de noter non seulement les étapes et incidents de mes voyages, mais les événements petits et grands de ma vie quotidienne, le temps qu'il fait, les métamorphoses de mon jardin, les visites que je reçois, les coups durs et les coups doux du destin. On peut parler de "journal" sans doute, mais il s'agit du contraire d'un "journal intime". J'ai forgé pour le définir le mot "extime".

je pense donc qu'il faudrait généraliser la définition de l'extime, comme quelque chose entre intime et rapports sociaux interpersonnels. À partir de là, voyez-vous, c'est un peu comme si l'intime, ça n'existait pas, ou pas sans inclure les rapports sociaux en soi. L'intime, comme l'inconscient, il sort toujours, qu'on le veuille ou non, de l'individu séparé, qui n'existe pas

Serge Tisseron, L’intimité surexposée, 2001
Citation :
Je propose d'appeler "extimité" le mouvement qui pousse chacun à mettre en avant une partie de sa vie intime, autant physique que psychique. Ce mouvement est longtemps passé inaperçu bien qu’il soit essentiel à l'être humain. Il consiste dans le désir de communiquer sur son monde intérieur. Mais ce mouvement serait incompréhensible s'il ne s'agissait que "d'exprimer". Si les gens veulent extérioriser certains éléments de leur vie, c'est pour mieux se les approprier en les intériorisant sur un autre mode grâce aux échanges qu’ils suscitent avec leurs proches. L'expression du soi intime - que nous avons désigné sous le nom "d'extimité" - entre ainsi au service de la création d'une intimité plus riche. Cette opération nécessite deux postures psychiques successives. Tout d’abord, il nous faut pouvoir croire que notre interlocuteur partage le même système de valeurs que nous. (…) Autrement dit, (…) il nous faut d'abord identifier cet autre à nous-mêmes. Mais, sitôt la dynamique de l'extériorisation de l’intimité engagée, l'interlocuteur qui nous renvoie quelque chose n'est plus un double de nous-mêmes. Pour accepter son point de vue et commencer à nous en enrichir, il nous faut maintenant nous identifier à lui. Ce mouvement a toujours existé. (Il est réalisé) à la fois avec des gestes, des mots et des images. Ces constructions ne sont pas forcément conscientes ni volontaires. Elles relèvent d'une sorte "d'instinct" qui est le moteur de l'existence, aussi bien du point de vue psychique individuel que des liens sociaux. En revanche, ce mouvement a longtemps été étouffé par les conventions et les apprentissages. Ce qui est nouveau, ce n'est pas son existence, ni même son exacerbation, c’est sa revendication et, plus encore, la reconnaissance des formes multiples qu'il prend. (…) Les pratiques par lesquelles le soi intime est mis en scène dans la vie quotidienne ne revêt pas une seule forme, mais trois : verbale, imagée et corporelle.

l'article extimité de Wikipédia, dont j'ai tiré cette citation, dit plus loin : « la notion d’extimité est inséparable de celle d’identités multiples. », une conception qui ne me satisfait pas

voilà pourquoi j'ai placé ce sujet dans la rubrique INDIVIDUS, en relation à L'INDIVIDU au-delà de L'INDIVIDUALISME => "Je est des autres" : COMMUNISATION, et non dans mes "pensées" ou autres de RÉVOLUTION de la POÉTIQUE et POÉTIQUE de la RÉVOLUTION




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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Ven 28 Juil - 13:12


je me considère comme une sorte de penseur, mais pas comme un intellectuel, encore moins un philosophe ou un théoricien. Je ne suis expert en rien, en rien d'autre que ce que je fais, quand je le mène jusqu'au bout. Je ne suis pas un encyclopédiste, mais il m'est nécessaire de documenter, citer, donner les sources de mes références, que chacun.e puisse s'en emparer aussi et mettre sa propre pensée en chantier avec ça

au fond, je ne suis pas pour le détournement façon cachée, à la Debord. Je ne veux prendre ma lectorate ni pour une conne, ni pour une érudite supposée connaître, en plus de ce que j'ignore, la même chose que moi. Je n'écris pas pour des spécialistes, et d'ailleurs, ceux dont j'utilise les travaux me le rendent bien, dont le sens du potlatch est assez limité. Ils causent entre eux, et encore, pas toujours...

je n'ai pas de mémoire, sauf pour ce que je mets, à un moment donné, sur le métier, le jazz, la théorie communiste, la poétique... Alors il me faut tout noter, annoter, dénoter, déconnecter et reconnecter... sans déconner !

non vraiment, je ne sais plus qui je suis, ça n'a plus de sens pour moi, et d'ailleurs assez peu d'intérêt dès lors qu'être des autres est devenu une seconde nature, un faisceau de relations extimes. Mais paradoxalement, ça ne peut s'exprimer que de façon personnelle, singulière plus qu'individuelle au sens habituel du terme. Il me semble que ce n'est pas dépassable. La création collective peut s'envisager entre individus qui sont dans cette disposition, dans ce rapport entre eux de dépassement de leur individualité égotiste

voir à propos du jazz II1.3 la création collective, les échanges, l’individualité et le groupe, Patlotch 2002


Ornette Coleman a écrit:
Lorsque nous avons enregistré Free Jazz (en 1959), les sept jazzmen qui se trouvaient en ma compagnie se rendaient parfaitement compte qu’il aurait été absurde de jouer chacun pour soi. Si l’un d’entre eux l’avait fait, il se serait situé en dehors de l’expérience que nous tentions. Celle-ci consistait non pas à s’interroger sur la valeur d’un chaos musical ou la place qu’y tiendrait l’égo de chacun, mais bien à exprimer une musique spontanée qui fut aussi collective...

Les Cahiers du jazz n°14, 1966, tr. F. Paudras



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Patlotch



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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Ven 28 Juil - 14:50


si j'ai envie d'être lu ? Évidemment, comme tout un chacun qui écrit. Connu ? Reconnu ? Quel sens autre que la ramener à soi, à sa personne ? Ça ne va pas sans contradictions, bien sûr, puisque la plupart ont tendance à mettre en avant le bonhomme qui a produit telle œuvre, comme un tout que le plus souvent ils n'ont que survolé, plutôt que telle de ses idées pour la mettre en chantier de vivre ou de penser par soi-même

c'est un vrai culte de la personnalité. En fait, le vedettariat a envahi tous les domaines de la vie, via les médias et pis, internet. Chacun a besoin d'avoir ses idoles dans tous les domaines, de la politique au sport, de l'art à la culture, aux spectacles...


Alexandre Zinoviev a écrit:
L’Occident se moquait des cultes de la personnalité dans les pays communistes, mais il tombe dans le même travers et dans des proportions largement supérieures. Il crée et maintient en permanence le culte de présidents, de Premiers ministres, de chanceliers, de généraux, de professeurs, d’acteurs de cinéma, de sportifs et même de criminels. L’industrie à produire d’« éminentes » personnalités est tellement puissante que l’on peut qualifier la société occidentale de « cultiste ». Il ne s’agit nullement de mettre à l’honneur des actes réels d’individus d’exception, mais d’enfoncer dans la tête des gens la conviction que la société et son évolution résultent des efforts de ces personnalités.

L'Occidentisme - essai sur le triomphe d'une idéologie, Plon, 1996, L'idéologie, p. 207-208

il ne faut pas croire que cela ne concerne que les personnalités largement connues et reconnues. C'est comme la corruption, ça commence petit, entre copains des copains... Ça commence et fonctionne dès le premier cercle, et même dans le petit milieu qui s'intéresse à la théorie communiste. Machin, qui est connu, a écrit ça, qu'on retweete et diffuse à tous vents, sans rien en dire, puisqu'il suffit que Machin l'ait écrit pour que cela devienne une référence obligée. Vrai que c'est un domaine où des médiocrités mondiales passent pour incontournables; voyez Badiou, Zizek, au bout du compte, un tel creux !

en tant qu'individu réel en chair et en os, il faudrait rester absolument inconnu, n'exister aux yeux des autres qu'à travers son œuvre. Dès que vous devenez connu en tant que personne, il est très difficile de créer de la même façon désintéressée, qui est pour moi la seule qui vaille. Pessoa savait ça, comme le dit Houellebeq : « On pourrait penser à adopter une stratégie à la Pessoa : trouver un petit emploi, ne rien publier, attendre paisiblement sa mort. » Lui aussi, au début, mais il voulait déjà la "reconnaissance posthume", qu'il souligne :


Michel Houellebecq a écrit:
Vous n'avez pas à vous battre. Les boxeurs se battent; pas les poètes. Mais, quand même, il faut publier un petit peu; c'est la condition nécessaire pour que la reconnaissance posthume puisse avoir lieu. Si vous ne publiez pas un minimum (ne serait-ce que quelques textes dans une revue de second ordre), vous passerez inaperçu à la postérité; aussi inaperçu que vous l'étiez de votre vivant. Fussiez-vous le plus parfait génie, il vous faudra laisser une trace; et faire confiance aux archéologues littéraires pour exhumer le reste.

Cela peut rater; cela rate souvent. Vous devez au moins une fois par jour vous répéter que l'essentiel est de faire son possible.

Survivre, dans Rester vivant, 1991, Librio p.20

le moins qu'on puisse dire c'est que ça n'a pas raté pour lui : à quel prix ?

Alexandre Zinoviev a écrit:
Je crois que pour réussir dans une sphère quelconque de l'activité humaine, il ne suffit pas d'y avoir des dispositions. Serait-on très doué, si l'on n'est pas soutenu par ceux qui sont à même de reconnaître et de pousser un talent, le succès est impossible.

Les confessions d'un homme en trop
, 1991

mais la vraie question est plutôt entre (re)connaissance de l'œuvre ou de l'auteur :


Citation :
C’est vrai que Cioran ne voulait pas passer à la télévision parce qu’il avait peur d’être reconnu dans la rue ?

Oui. Il voulait pouvoir se promener au Luxembourg et qu’on lui fiche la paix.



Une fois, Matzneff avait fait un article sur Cioran, dans le Figaro Magazine qui avait envoyé un photographe ici. Avec la gueule qu’avait Cioran, quand il est sorti dans la rue quelques jours après, évidemment, il a été reconnu. Une dame l’arrête. Il avait trouvé un truc. Quand on lui demandait : vous êtes Cioran ? il répondait : non. Plus tard, ça me navre d’y penser, il commençait à aller mal, il avait des pertes de mémoire, il était dans la rue, et quelqu’un l’arrête et lui dit : vous êtes Cioran ? et il répond : je l’étais.

Interview de Simone Boué par Norbert Dodille dans Lectures de Cioran, Paris, L’Harmattan, 1997, p. 11-41.

moi, je suis tranquille, je peux me promener incognito partout. Je ne suis pas encore Patlotch, et tant mieux

L'homme sans ambitions, Patlotch 2005


Patlotch a écrit:
« Il faut savoir ne pas faire carrière »
Bram VAN VELDE, Rencontres avec --, Charles Juliet, 1967

Il était une fois un homme sans ambitions. Ni goût du pouvoir. Ni de l'argent. Non qu'il fût sans faiblesses. Les siennes étaient ailleurs.

Il n'aimait pas ce monde, mais il aimait la vie. Au jeu du monde, il était un piètre stratège, mais pas un tricheur. Tout juste un bon comédien, qui avait retenu la leçon de son époque : « Il faut être acteur de sa vie », cet aveu du Spectacle sur lui-même. En attendant de le botter en touches, il lui montrait son culte.


C'est ainsi qu'en dehors de ce qu'il choisissait lui-même de faire, dans une relative liberté, l'homme sans ambitions tenait à la perfection les rôles qu'on lui avait assignés, les poussant à la caricature. Contrairement à nombre de ses contemporains, cette dérision cynique n'était à ses yeux qu'un pis-aller dans la défaite, et, pour sa gouverne, qu'un moyen de survie psychologique, un ersatz de suicide, car on ne sait jamais, la vie pourrait encore servir, même s'il ne voyait pas bien ni à quoi, ni comment.


Dépourvu d'ambitions, il vaquait dans un simple bonheur, du fait que sa propre vie n'avait pour lui-même aucun intérêt. Il ne savait pas depuis quand il en allait ainsi. Il n'avait jamais eu l'envie de devenir ceci ou cela, de réaliser le moindre projet de carrière. Il était généralement insatisfait de tout à commencer par ce qu'il faisait de mieux, mais très persuadé qu'il n'avait rien de mieux à faire que se laisser porter par ce qui viendrait s'il évitait l'ennui et trop d'ennuis. Son principe vital était simple : non pas réaliser ses désirs, mais refuser tout ce qui s'y opposait à leur réalisation. Son insatisfaction n'en devenait en toutes circonstances que plus satisfaisante. Toujours insatisfait, il n'était jamais déçu, ni par les autres, ni par lui. Il faut dire à cet égard que ce qu'il n'attendait pas de lui-même, il l'aurait encore moins exigé des autres, qui lui paraissaient encore moins bien placés pour le réaliser. Par là même, il n'était ni jaloux ni envieux des succès de tous ordres.


Il avait ainsi mis en oeuvre pour son propre compte une véritable utopie négative, dans une vie et un monde dont il n'attendait rien, sauf à titre très intime ou très universel. Il surfait sur la vague auto-agitée de son propre nihilisme.


Mais cette laborieuse philosophie personnelle n'avait rien d'un désintéressement : sans ambitions ne signifie pas sans intérêts. Cela n'aurait eu aucun sens, sans la promesse en contrepartie d'une satisfaction : n'avoir rien à perdre, hormis sur un plan strictement économique. N'avoir à perdre que ses chaînes suppose d'être enchaîné le moins possible, de n'avoir aucun engagement susceptible de brider sa pensée ou son itinéraire vital s'il devait se produire un événement matériellement décisif du point de vue de la collectivité. C'est cela qu'il avait conquis de haute lutte comme produit de son absence d'ambitions personnelles. Bien entendu, comme tout le monde sauf ceux qui accordent un peu trop d’importance à leur cas singulier, il n’avait pas manqué de s’engager dans certaines voies collectives, mais il avait payé cette erreur de jeunesse, cette précipitation, en s’y révélant beaucoup plus mauvais que seul, y compris pour la collectivité concernée, et aucune expérience ne l'avait convaincu que d'autres y réussissaient mieux que lui. On ne l'y prendrait plus. Pour lui, la plupart de ceux qui s'agitent en groupe le font parce qu’ils en ont besoin pour eux-mêmes et, dès lors, aliènent à l'esprit de groupe leurs propres capacités. Il n'avait vécu aucun exemple du contraire, y compris avec ceux dont il avait partagé les plus nobles convictions, les plus vaillants combats ou les plus justes théories. L’engagement collectif de groupe n’est bon que pour les faibles d’esprit ou les aspirants au pouvoir ou à la célébrité. Le groupe, contrairement à ce qui est communément admis, n'atteint pas une qualité supérieure à la somme de ses membres, mais tend à empêcher chacun d'apporter ce qu'il possède de meilleur en tant que c'est pour chacun différent. Tout groupe commence par assècher si bien ses propres membres, qu'il est fort mal placé pour construire hors de lui une communauté d'individus libérés : groupo sado, mas prolo pas maso, comme dit le proverbe bien connu.


Dépourvu d'ambitions, il n'avait pas davantage de désirs matériels, si ce n'est de livres introuvables, à moins qu'ils n'aient jamais été écrits. (En toute relativité, il faut préciser qu'il vivait dans un confort qui, bien qu'assez moyen, l'autorisait à ne pas trop se préoccuper pour lui et ses proches d'immédiateté matérielle).


Adolescent, son père lui reprochait déjà d'être sans ambitions. C'est vrai que dans son initiation à la vie, chaque fois qu'il aurait pu réussir dans une voie, il s'était empressé de la quitter ou de simuler son échec, avec un tel talent destructeur que ses proches y voyaient la peur d'assumer ses responsabilités d'adulte, ou le moindre engagement. Lui, tout simplement, suivait son absence d'ambitions comme la boussole la plus sûre vers la liberté de pensée et d'action. Il n'avait au fond aucune chaîne psychologique à perdre hormis celles qui nous attachent tous à un matérialisme qui ne doit rien à la philosophie.


Tournant le dos à toute éventuelle réussite, il sentait qu'il avait mieux à faire, sans savoir quoi ni s'en préoccuper, mais s'était accoutumé à en trouver la preuve tangible dans le fait que, jusque-là, il préférait ce qu'il avait fait à ce qu'il aurait pu faire de mieux aux yeux des autres. Tout ce qu'en ce monde d'autres nommaient "réussite", il l'aurait considéré pour lui-même comme le dernier des abandons, la dernière des lâchetés. Pour lui, en ce monde, réussir, c'était trahir. Quoi qu'il en soit, il se sentait destiné à bien mieux, c'est-à-dire à bien moins. Il revendiquait paradoxalement une élévation dans la banalité, sans voir qu'il lui tournait ainsi le dos.


La pratique de l'homme sans ambitions relevait par conséquent d'un art de la fuite, d'une forme de marronnage existentiel. Pour autant cette fuite ne se traduisait pas comme chez d’autres par des envies de voyages. Il n’aimait pas les voyages et n’aurait pu s’en offrir que du genre tourisme, sous une forme ou une autre. Il n’existe d’ailleurs rien d’autre que le tourisme, le sexe, le terrorisme, le banditisme, les affaires ou la guerre, pour justifier de se déplacer loin de son territoire d'attache, que le monde entier visite, si ce n'est pas une île déserte. Lui n'avait voyagé que pour l’amour d'une femme ou d'une autre, quand il s'était avéré qu'elles ne viendraient pas à lui. Constatant le regard sur le monde que portaient les voyageurs, il se disait qu’il était inutile de se déplacer pour apprendre si peu de la vie, sur les autres et sur soi. La plupart ne voient ici ou là que ce qu’ils veulent y voir. Il n'avait pas eu à bouger pour en faire le tour.


* Note du 7 mars, je trouve cette citation de Thomas BERNHARD : « [...] les voyages autour du monde, une fois qu'on les regarde de plus près, ne valent pas beaucoup plus qu'une promenage au Prater.» [Nota : À Vienne, le Prater est une sorte de parc d'attractions] (Les Mange-pas-cher, trad. Claude Porcell, p.99, Gallimard/nrf, 2005)

PATLOTCH : UN CADAVRE ! Mise à mort de "l'artiste" par lui même
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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Ven 28 Juil - 17:28


l'extime, pour qui crée dans le registre artistique, s'exprime de fait nécessairement dans ses œuvres. C'est comme ça que je conçois ma poésie comme une expression totale, bien davantage que mes divagations théoriques. C'est comme ça que je comprends cette étonnante sortie de Picasso, en 1945 dans Picasso s'explique, avec Jérôme Seckler


Citation :
Je suis communiste, et ma peinture est de la peinture communiste. Mais si j'étais cordonnier, royaliste ou communiste, je ne serais pas obligé de clouer mes chaussures d'une manière spéciale pour montrer mes opinions politiques

je pense qu'il ne faut pas prendre Picasso au pied de la lettre. Le pied de la lettre, dans ses propos, n'a jamais été son truc. Je n'ai jamais considéré que ma poésie était communiste, quelle horreur ! mais elle ne serait pas la même si je n'étais pas communiste

à l'inverse, je pense comme un "artiste" plus que comme un philosophe ou un théoricien. J'essaye de m'en expliquer : j'écrivais, ici : « je pense le réel comme Picasso peint ». Cela renvoyait à ses considérations, telles que :


Picasso a écrit:
Dire que je n'ai jamais su faire un tableau ! Je commence dans une idée, et puis, ça devient tout autre chose.
Daniel-Henri Kahnweiler, entretien avec Picasso, 13 février 1934

Je ne fais jamais un tableau comme une œuvre d'art. C'est toujours une recherche. Je cherche constamment, il y a un enchaînement logique dans toutes cette recherche. C'est pourquoi je les numérote, et je les date. [...] Pour moi chaque tableau est une étude. Je me dis : je vais un jour le finir, en faire une chose finie. Mais dès que je commence à le finir, il devient un autre tableau et je crois que je vais le refaire. Et c'est toujours quelque chose d'autre à la fin. Si j'y retouche, j'en fais un autre tableau
Alexandre Lieberman, Picasso, in Vogue 1956

Le fait que je peigne un si grand nombre d'études fait simplement partie de ma façon de travailler. Je fais cent études en quelques jours, tandis qu'un autre peintre peut passer cent jours sur un seul tableau.
Roland Penrose, Picasso, His Life and Work, 1958

on peut en avoir une idée en regardant les images des études et tableaux de Picasso d'après Manet, Le déjeuner sur l'herbe, ou d'après Les Ménines, de Vélazquez, sans parler de sa minotauromachie

quand j'ai vu récemment l'exposition Cézanne, portraits, au Musée d'Orsay, j'ai découvert des toiles que je croyais connaître, Madame Cézanne, par exemple, il y en a des dizaines... si bien que je ne sais plus laquelle j'avais en souvenir. Je crois que ne voir qu'un seul de ces tableaux donne une compréhension assez mauvaise du travail du peintre

quand j'ai fait 'Lénine-Matisse AR', entre 1989 et 1992, j'étais dans cet esprit


 

de même en 1991 pour le déjeuner sans l'herbe


nature morte numérique à la carte banquaire, 9 octobre 2014

chaque série me tenait une semaine ou quelques mois, après il me fallait passer à autre chose

quand je me suis mis à écrire ce qui ressemblait à de la théorie communiste, dans les années 2000, je l'ai fait de façon très improvisée comme d'autres œuvrages. Cela ne pouvait guère passer dans un milieu où l'on apprécie les textes construits, aboutis, achevés comme autant de tableaux réalisés en cent jours ou plus par certains théoriciens

dans ce forum, rien n'est jamais achevé, c'est de la pensée en continu, une étude interminable avec des ramifications partout que seul rend possible l'hypertexte. Au fond je considère que cela ne peut être arrêté nulle part, et que c'est impubliable sous forme d'un livre, de livres séparés, successifs. C'est trop insatisfaisant de laisser ça dans la nature, alors qu'on pense déjà autrement. Publier au fur et à mesure, cela tient de vouloir construire sa statue plus que son œuvre (distinguo du commentaire précédent), quelque chose de vivant dont seul compte pour soi le dernier état, ou plutôt le suivant, qui viendra ou pas. Au demeurant, si je voulais maintenant le faire, le récrire sous cette forme, je retomberai sur le problème que dit Picasso : « Je me dis : je vais un jour le finir, en faire une chose finie. Mais dès que je commence à le finir, il devient un autre tableau et je crois que je vais le refaire. Et c'est toujours quelque chose d'autre à la fin. Si j'y retouche, j'en fais un autre tableau »

source des citations Picasso, Propos sur l'art, Gallimard 1998, réédition 2015




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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Ven 28 Juil - 18:26


rester en vie, sans créer, m'est impossible. Quand je ne crée pas je me sens mort-vivant. L'angoisse est positive dans l'acte de création, mais négative, morbide jusqu'à mortifère, dans les périodes de "stérilité prolongée", comme dit Houellebecq dans le texte cité plus haut, "Survivre" :


Houellebecq a écrit:
Un poète mort n'écrit plus. D'où l'importance de rester vivant.

Ce raisonnement simple, il vous sera parfois difficile de le tenir. En particulier au cours des périodes de stérilité créatrice prolongée. Votre maintien en vie vous apparaîtra, dans ce cas, douloureusement inutile; de toutes façon, vous n'écrirez plus.
À cela, une réponse : au fond, vous n'en savez rien. Et si vous vous examinez honnêtement, vous devez finalement en convenir. On a vu des cas étranges.
Si vous n'écrivez plus, c'est peut-être le prélude d'un changement de forme. Ou d'un changement de thème. Ou des deux. Ou c'est peut-être, effectivement, le prélude de votre mort créatrice. Mais vous n'en savez rien. Vous ne connaîtrez jamais exactement cette part de vous-même qui vous pousse à écrire. Vous ne la connaîtrez que sous des formes approchées, et contradictoires. Égoïsme ou dévouement ? Cruauté ou compassion ? Tout pourrait se soutenir. Preuve que, finalement, vous ne savez rien; alors ne vous comportez pas comme si vous saviez. Devant votre ignorance, devant cette part mystérieuse de vous-même, restez honnête et humble.

Non seulement les poètes qui vivent vieux produisent dans l'ensemble davantage, mais la vieillesse est le siège de processus physiques et mentaux particuliers, qu'il serait dommage de méconnaître.
Cela dit, survivre est extrêmement difficile. On pourra penser adopter une
stratégie à la Pessoa : trouver un petit emploi, ne rien publier, attendre paisiblement sa mort.

Rester vivant, 1991, Librio p.19

c'est un écrivain encore inconnu qui écrit ça à 33 ans, pas un maître qui donne des conseils à de jeunes écrivains. Certes, Rilke a moins de trente ans dans ses Lettres à un jeune poète, qui sont de toute autre exigence et maturité, quant au travail d'écriture, que les considérations de Houellebecq où s'exprime son souci de la « reconnaissance posthume », ce qui explique peut-être le caractère par certains aspects bâclé de ses derniers romans, où leur "style" adéquat à une diffusion de masse immédiate, sans attendre la postérité post-mortem. Peut-être que d'être trop connu a détruit chez lui une potentialité à faire mieux. À moins que cela ne relève dans son cas d'un problème idéologique ? (voir ici)

mais il est vrai qu'on ne sait pas. On ne sait pas si l'on pourra encore créer. Je ne sais pas et j'ai peur. Je n'ai pas peur de la mort. Ni de n'être ni lu ni reconnu. J'ai peur de ne plus pouvoir créer, parce que ce serait comme ne plus vivre

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Sam 29 Juil - 0:32


au fond, me direz-vous, ce que j'expose là, ce n'est pas de l'extime, c'est du méta-extime, des considérations sur l'extime. Je n'y confesse rien de très intime. Hé bien ça pourrait venir, mais il est vrai que ça nous éloigne un peu du texte de Tarona, qui portait sur les rapports entre hommes et femmes, et d'abord les rapports sexuels; au demeurant un texte théorique sur l'extime, où l'on n'apprend rien sur ses histoires de fesse ou de cœur. Avec moi, ça pourrait venir parce que je ne vois pas comment on peut parler d'une chose, et particulièrement de la chose, sans parler de soi, ou écrire des romans, mentir-vrai. Je pense que le théoricisme atteint son comble avec le sexe, sans quoi autant parler d'amour sans le faire

mais si vous voulez du sexe et savoir ce qu'en pense Patlotch, voyez ET LE SEXE DANS TOUT ÇA ?

et puisque je vous ai dit que pour moi, l'extime, que j'ai redéfini comme quelque chose entre intime et rapports sociaux interpersonnels, s'exprime au mieux dans ma poésie, lisez-là, avec ou sans mes considérations poétiques. On peut entrer par

quant à savoir pourquoi je préfère parler de poétique que d'art ou pourquoi je mets des guillemets à "artiste", voir UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...

Tristan Vacances : - Si vous voulez mon avis, tout ça n'est qu'auto-complaisance, et si vous aviez fait appel à mes compétences, vous n'en seriez pas là


wikipédia a écrit:
La notion de biais d'auto-complaisance désigne la tendance des gens à attribuer la causalité de leur réussite à leurs qualités propres (causes internes) et leurs échecs à des facteurs ne dépendant pas d'eux (causes externes), afin de maintenir positive leur image de soi.

Patlotch : - de quoi me mêle-je ? Seriez-vous au chômage avec si peu d'employabilité que vous ne puissiez vendre ailleurs vos talents ?

Tristan Vacances : - Je ne suis que votre obligé, une marionnette dont vous tirez les fils...

Aliblabla, Florage, Cassandre, quelqu'un et quelqu'un d'autre : - C'est vrai, nous plussoyons

Patlotch : - plus vous êtes, moins vous êtes, et si ça vous chante, proposez une pétition anti-Patlotch, mais ici foutez-moi la paix

tous ensemble : - totalitarisme ! Et la démocratie ?

Patlotch : - j'emmerde la démocratie, et je conchie les démocrates médiocrates

tous ensemble : -  scratch       Shocked       affraid       study       affraid       Shocked       scratch

Patlotch : - putain d'intimité extime !

Cassandre : - Dire "putain", c'est sexiste !

Patlotch : - depuis quand "le plus vieux métier du monde" serait-il réservé aux femmes plutôt qu'aux hommes ?

Cassandre : - Finassez pas, quand on dit "pute" on pense aux femmes d'abord

Patlotch : - les putes, je les aime bien. Ma reine des putes, c'est Billie Holiday. Elle se rêvait lesbienne



Billie Holiday poses outside the apartment house where she became a prostitute at 15,
as she re-enacts her life story to EBONY Magazine in 1956,
in this handout photo provided by the Ebony Collection. —
Reuters pic

Tristan Vacances : - Ne confondriez-vous pas extimité et extrémité ? Je vois en vous une sorte de gauchiste

Patlotch : - qu'à dieu ne plaise ! Le sexe, tant qu'il n'est pas extrême, pourquoi en parler extimement ? Et à quoi bon, dans tout ça, par fausse pudeur, ignorance et inexpérience, confondre baiser et faire l'amour ?

Cassandre : - Avec une prostituée, vous faites la différence ?

Patlotch : - certaines la font, d'autres non, ce n'est pas tant une question de besoin économique qu'affectif et érotique. De ce point de vue, toute femme est une pute car elle n'a pas le choix. Dans ce monde, nonobstant le sexisme, c'est-à-dire la domination masculine, tout individu est une pute, quel que soit son genre, son sexe supposé biologique ou ses appétences sexuelles. Cela posé dans la société marchande, le capitalisme, l'échange des corps comme marchandises. Au-delà, je ne sais pas comment peuvent s'échanger les valeurs affectives et érotiques, mais tout ce que j'en ai lu me semble assez naïf, ou idéologique, selon

Cassandre, Tristan Vacances, AliBlabla, quelqu'un : -  scratch

Florage : - Le communisme sans l'amour, je ne vois pas

Patlotch : - oui mais toi t'as tout vécu, t'as tout senti, t'as tout compris, c'est pour ça que je t'aime

Florage : - T'as le droit, j'en dispose, à l'occase

Patlotch : - toutes les mêmes !

Cassandre, Aliblabla, Tristan Vacances, quelqu'un et quelqu'un d'autre : -  Laughing        bounce         Very Happy         bounce         Laughing

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Sam 29 Juil - 15:42


AliBlabla : - Tout d'abord merci à Tristan Vacances de m'accueillir, puisqu'ayant perdu mon login, je ne peux plus intervenir sous mon nom.

Je relève, Maître Patlotch, une putain de contradiction dans votre posture de "dépassement poétique de l'artiste". D'un côté vous semblez vous plaindre ne n'être pas lu davantage, d'un autre vous vous refusez la publication, et vous faites semblant de penser que les écrivains qui font appel aux éditeurs, que vous conchiez, ne visent qu'à construire leur statue dans le marché ou pour leur postérité, etc.


Patlotch : - tout d'abord, gamin, merci de faire rentrer le mot "putain" dans le vocabulaire admis de notre forum, sans plus de connotation sexiste, puisque la prostitution masculine existe depuis l'antiquité. En toute rigueur de féminisation du "plus vieux métier du monde", on devrait dire un putain, une putaine. Si tu étais sexiste, tu aurais alors écrit une putaine de contradiction

Tristan Vacances : - "putaine" existait en moyen français, parlé à la fin du Moyen Âge et à l'époque de la Renaissance.

Cassandre : - Si j'aurais su j'aurais pas fait putaine.

AliBlabla : - Puritaine ne te va pas non plus.

Tristan Vacances : -  scratch

Patlotch : - pour revenir, Blabla, à ton reproche d'autocomplaisance en fait comme ton mentor Tristan, je me suis expliqué de cette contradiction, sans la nier, mais en affirmant la nécessité de la tenir par principe pour ce qu'elle est, dans UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...

AliBlabla : - Ah Ah Ah ! Patlotch se dévoue en renonçant à la brillante carrière d'artiste qui lui était promise si... Il se pose en martyre de la poétisation communiste du monde.

Patlotch : - si c'est un reproche d'immédiatisme, je ne me considère pas comme un exemple à suivre, et ne nourris aucune illusion sur l'influence que je pourrais avoir, puisque pour les "artistes", cela reviendrait à se suicider comme tels en abandonnant la diffusion de leurs œuvres

ma contradiction d'individu veut en mettre une autre en évidence dans la société capitaliste, l'art comme marchandise et spécialisation, et reposer ainsi comme inhérente à la situation actuelle la question du dépassement de l'art, comme celle de l'individu séparé. Je me sens en phase avec ce passage de L'Idéologie allemande en 1845-46, dont la chute est plus connue que le développement qui y conduit :


Karl Marx a écrit:
La concentration exclusive du talent artistique chez quelques individualités, et corrélativement son étouffement dans la grande masse des gens, est une conséquence de la division du travail. A supposer même que dans certaines conditions sociales chaque indi­vidu soit un excellent peintre, cela n'exclurait en aucune façon que chacun fût un peintre original, si bien que, là aussi, la distinction entre travail « humain » et travail « unique » aboutisse à un pur non-sens.

Dans une organisation communiste de la société, ce qui sera supprimé en tout état de cause, ce sont les barrières locales et nationales, produits de la division du travail, dans lesquelles l'artiste est enfermé, tandis que l'individu ne sera plus enfermé dans les limites d'un art déterminé, limites qui font qu'il y a des peintres, des sculpteurs, etc. Qui ne sont que cela, et le nom à lui seul exprime suffisamment la limitation des possibilités d'activité de cet individu et sa dépendance par rapport à la division du travail. Dans une société communiste, il n'y aura plus de peintres, mais tout au plus des gens qui, entre autres choses, feront de la peinture.

entre ma position, qui n'engage que moi, et cette contradiction à dépasser par et pour tous, il y a justement de l'extime, du je est des autres, et une profonde résonance entre Marx en 1845 et Lautréamont en 1870 (Poésies II): « La poésie doit être faite par tous. Non par un. », phrase qui fut longtemps pour moi la matière et le fil rouge de nombreux œuvrages tant de poésie que de peinture, sous forme typographique ou calligraphique. Voir les images


quant il s'agit de transferts sur toile ou papier, c'est à regarder dans un miroir


en relation : individualités et singularités pour le communisme, où est le problème ?

AliBlabla : - Et voilà, ça se termine toujours pas la rediffusion des œuvres du maître par lui-même

Patlotch : - benêt, si elles sont restées dans mes soutes pendant 20 ou 30 ans, je les diffuse depuis 2004 sur Internet, et gratuitement, preuve que je ne refuse pas absolument qu'elles soient connues, et que je ne les considère pas comme des marchandises à échanger ou dont tirer un bénéfice, reproductibles qu'elles sont à l'envie sans copyright de ma part. Leur appropriation est rendue impossible, puisque j'en ai ainsi aboli la propriété

AliBlabla : - Luxe de rentier !

Patlotch : - vrai, c'est de l'auto-mécénat. J'ai pu les produire parce que j'avais un salaire, avec lequel payer mes pinceaux et couleurs, et aujourd'hui une retraite, salaire indirect. La belle affaire, et quelle mesquinerie d'esprit

AliBlabla : - Euh, salaire indirect... des autres

Patlotch : - Je est des autres, et mon extime te dit merde !

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Dim 30 Juil - 15:49


interlude

Dostoïevski, Les démons, deuxième partie, traduction André Markowicz, Babel p. 27-28

Dostoïevski a écrit:
Piotr Stépanovitch : - [...] Moi, je vous avouerai, je voulais jouer le nigaud, parce que, le nigaud, c'est plus facile que sa personne propre; mais comme le nigaud, quand même, c'est un extrême, et que l'extrême suscite la curiosité, eh bien je me suis arrêté sur ma propre personne, définitivement. Bon, et qu'est-ce que c'est, ma personne propre ? Le juste milieu : ni bête, ni intelligent, assez médiocre, il est tombé de la lune, comme disent les braves gens d'ici, c'est ça, non ?

- Ma foi, peut-être, fit Nikolaï Vsévodolovitch (Stravoguine), esquissant un sourire.

- Ah, vous êtes d'accord - enchanté; je le savais, que vous pensiez ça... Ne vous en faites pas, ne vous en faites pas, je ne vous en veux pas, ce n'est pas du tout pour ça que je me suis défini de cette façon, pour susciter les compliments contraires : « Mais non, voyons, vous n'êtes pas un médiocre, non, non, enfin, vous êtes intelligent... » Ah, vous souriez encore !... Je me fais encore piéger. Jamais vous n'auriez dit : « Vous êtes intelligent », bon, mettons, j'admets tout. Passons*, comme dit mon père, et entre parenthèses, ne m'en veuillez pas de tout ce flot de paroles. Tiens, à propos, exemple; je parle toujours beaucoup, c'est-à-dire, je dis beaucoup de mots, et je me presse, et ça ne marche pas. Et pourquoi est-ce que je dis beaucoup de mots et que ça ne marche pas ? Parce que je ne sais pas parler. Ceux qui savent parler bien, ils parlent court. Et donc, vous voyez, voilà, je suis un médiocre - n'est-ce pas ? Mais, comme ce don d'être un médiocre, je l'ai, déjà, à l'état naturel, alors, pourquoi ne pas m'en servir comme d'un artifice ? Et donc, je m'en sers. C'est vrai, en venant ici, au début, je m'étais dit que j'allais me taire; mais, vous comprenez, se taire - c'est un grand talent, et donc, pour moi, c'est indécent, et puis, se taire, on a beau dire, c'est dangereux; bon, donc, alors, j'ai décidé, définitivement, que, le mieux, c'était de parler, et justement comme un médiocre, c'est-à-dire beaucoup, beaucoup, beaucoup, être très-très pressé de démontrer, et finir toujours par m'embrouiller dans mes démonstrations, en sorte que l'auditeur baisse les bras quand il vous quitte, qu'il reste sans la fin, et qu'il laisse tomber, le plus souvent. Le résultat, d'abord, c'est que vous démontrez que vous êtes un bon bougre, que vous faites bâiller à mourir, et que personne ne vous comprend - trois avantages d'un coup !

Piotr Stépanovitch est inspiré à Dostoïevski par Serge Netchaïev, et, peut-être, Stravoguine par Bakounine. Voir Bakounine et Dostoïevski


du film Les possédés par Andrzej Wajda, 1988

Ce film s'inspire du roman éponyme de Dostoievski, montrant les fondements révolutionnaires de la Russie de la fin du siècle, en prise avec ses démons. Vers 1870, un groupe de révolutionnaires nihilistes souhaite détruire la société traditionnelle russe par des actions terroristes. Mais des tensions vont naître entre eux avec l'arrivée de leur chef : Stavroguine.


Evil or Very Mad             Twisted Evil              Evil or Very Mad              Twisted Evil             Evil or Very Mad              Twisted Evil              Evil or Very Mad    
   

Tristan Vacances : - Vous m'excuserez, cher Patlotch, mais je ne vois ici le rapport avec "l'extimité", et en quoi cet interlude ressortirait de vos "confessions"

Patlotch : - à chacun selon sa lecture, et son extime. Il y est question de s'arrêter sur sa propre personne, et de parler beaucoup, dans un flot de paroles, très-très pressé de démontrer, et ça ne marche pas, jusqu'à la chute fort drôle, in fine : vous faites bâiller à mourir, et personne ne vous comprend.... La preuve, vous ne me comprenez pas

Tristan Vacances : - Certes, mais quelle confession ?

Patlotch : - parfois, je me trouve un peu comme ça, et puis, lire un livre, cela tient de l'extime, non ?

Tristan : - L'extime, c'est plutôt en sens inverse, l'intime qui sort, pas celui des autres qui rentre

Patlotch : - réfléchissez un peu, et vous verrez que c'est pareil, en réciprocité, selon d'où l'on se place. Les extimités se rencontrent, celle de l'auteur et du lecteur via ses personnages, et ici celles de ma lectorate et la mienne, du mois j'espère, sinon, à quoi bon ?

Tristan Vacances : - Mais pourquoi ce thème, Dostoïevski... Netchaïev ?

Patlotch : - parce que je le suppose commun à qui s'intéresse à ce forum, et que je mets toujours les divers sujets en relation par rotation, comme je l'ai fait plus haut avec Billie Holiday, Flora Tristan, la jazz, la poétique et ma peinture, l'individu et son dépassement, etc. Donc ici, explicitement COMMUNISME(S), RELIGION(S), FOI, et RÉVOLUTION, puisque j'y ai cité le 23 juillet Netchaïev et son catéchisme révolutionnaire

Tristan Vacances : - C'est un peu complexe, et difficile de vous suivre...

Patlotch : - complexe, je ne vous le fais pas dire; me suivre ? ça m'ennuierait : je pense donc ne suis pas

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Dim 30 Juil - 17:25


j'ai introduit une précision, plus haut, dans le commentaire le 28 juillet

ajout le 30 juillet
Tarona, de Théorie Communiste, parle de l'extime dans le cadre d'une discussion sur l'intime rapporté aux relations hommes-femmes dans la vie privée sexuelle. Introduit dans ce contexte, j'avais trouvé ses remarques très pertinentes. Mais, cet extime, c'est du sextime, pour ne pas dire du sexe time. Or l'intime ce n'est pas que le sexe, c'est tout ce que pense un individu de/dans ses relations privées ou publiques, et qu'il ne dit pas : de ses collègues de travail, de ses amis, de telle conversation... de telle théorie même. L'intime, en ce sens, c'est la pensée individuelle quand elle ne s'exprime pas, ne devient pas extime. C'est à la fois le sens que cela prend dans "journal intime", et le contraire qu'en a fait Michel Tourner en 2002, puisqu'il n'y parle pas de lui



Tournier a écrit:
Il y a longtemps que j'ai pris l'habitude de noter non seulement les étapes et incidents de mes voyages, mais les événements petits et grands de ma vie quotidienne, le temps qu'il fait, les métamorphoses de mon jardin, les visites que je reçois, les coups durs et les coups doux du destin. On peut parler de "journal" sans doute, mais il s'agit du contraire d'un "journal intime". J'ai forgé pour le définir le mot "extime".

j'ajoutais, ce même 28 juillet : je pense donc qu'il faudrait généraliser la définition de l'extime, comme quelque chose entre intime et rapports sociaux interpersonnel

on a vu que d'un commentaire à l'autre, j'ai encore dépassé cette définition, puisque je ne parle pas que de rapports entre personnes, mais aussi avec des œuvres, entre autres

Tristan Vacances : - C'est bien joli, tout ça, mais alors, qu'est-ce que l'extimité selon Patlotch ?

Patlotch : - hé bien, loin de toute prétention théorique, ce sera tout ce qu'on trouve dans ce sujet, et tant pis si ça ne fait pas un gros concept

Tristan Vacances : - Je vois ça comme une sorte de promenade aléatoire...

Patlotch : - je prends : une promenade aléatoire de la rencontre, en attendant le clinamen

Tristan Vacances :

Wikipédia a écrit:
Clinamen : Dans la physique épicurienne, le clinamen est un écart, une déviation spontanée des atomes par rapport à leur chute dans le vide, qui permet aux atomes de s'entrechoquer. Cette déviation est spatialement et temporellement indéterminée et aléatoire, elle permet d'expliquer l'existence des corps et la liberté humaine dans un cadre matérialiste.

Patlotch : - je suis un déviationniste

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Dim 30 Juil - 22:19

j'ai parlé de ma poésie comme exprimant au mieux mon extimité. Je pourrais citer des centaines de poèmes pour l'illustrer. J'ai choisi celui-ci, du 5 mars 2012, extrait de TEMPS BASCULÉS



LE TRAVAILLEUR À BEC ROUGE

Parfois la poésie n'est pas assez la vie
n'est pas assez ma poésie est parfois trop
ta vie n'a pas de peau parfois ta poésie
saisit ma vie hésite et mal soupèse un mot
sans poids cent fois sans main tu a pris trop de gants
et je t'étouffe avec des moufles les sanglots
secs de nos pardons morts sur le sentier sans gloire
où un ami m'attend au bord d'un verre vide
l'esprit gourd les doigts lourds perdus dans le bottin
d'avant mon numéro d'avant tu sais ma guerre
qu'on croyait pour de rire ah oui fallait me voir
penser en revenir vivant parmi les miens
seul à seul détourner les pages du milieu
d'une histoire à jamais sans fin dès le début
tu sais quand la page était blanche et tu disais
continue le combat je sais plus qui avait
commencé de toi pour rigoler de moi par
bravade un peu d'audace à la folie beaucoup
à regarder passer les trains de la défaite
annoncée comme si c'était moins triste à deux
d'avoir raison contre un milliard d'heureux cocus
de vivre à en mourir ni pour nous ni pour eux
ni personne à ce jour non oui l'art de tromper
les travailleurs sera des travailleurs le chef
d'œuvre même Ont-ils rien de plus sûr dans la place
aux abonnés absents rayés des listes rouges
tu te souviens non oui je sais quand ça t'arrange
tu oublies l'avenir c'est toujours pour plus tard


(D'après Wikipédia) Le travailleur à bec rouge est un petit passereau, l’oiseau le plus nombreux au monde avec plus d'un milliard d’individus. Il vit en Afrique, en colonies très denses. La femelle a le bec jaune [et donc elle est et n'est pas un travailleur à bec rouge]. Il cause des dégâts aux rizières. [C'est pourquoi, souvent, il reste bec dans l'eau]




c'est donc un mâle


mais s'il ne restait qu'un poème de moi, je voudrais que ce soit celui-ci, du 18 octobre 2003, avant tout ce merdier théorique entre communisation et décolonial, où l'on retrouve, incidemment, Gauguin



LA PEAU TRAVERSE LES LANGAGES


L'une
Et l'autre
Anonymes
Corps multitude
Unanimement
Songent où l’étranger
Habite leurs solitudes  


Paul Gauguin, D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? 1897

Peuplé de couleurs je suis
Nous la peau la traversée
Des siècles des peurs aux joies
D’être si même à mémoire
Cicatrice transpercée
De haines aux noms de gloires
Aux dieux tors vaines fois


Aux yeux violés des regards
Vides de l'avide d’avoir
Toujours plus de rien qui ne soit vivre
Tessons dardés d’un empire barbare
Bambins sans larmes à têtes de vieillards
Ou babouins mimant la grande personne ivre
Du leurre qui la possède avec l’argent du leurre


Où la raison s’endort en croyant s’éveiller
Aux Lumières que leurs ombres font vaciller
Continent entartré dans sa blancheur de plomb
Salivant seul à seul d’un ridicule aplomb
Sans dénouer son goût désuet d’unité
De part en part gonflé par tant de vanités
Cause qui cause en se mettant le doigt dans l’œil


Et ce pays non plus le mien j’arrive
Trop tard et je le trouve si petit
Si dérisoire d’oublier le temps
Passé à trier son passé ses Vive
La Républiqu’ désarmant l’appétit
D'un peuple souverain déjà vaincu
Dès qu'il entre à l’Église de l’État


Toutes voiles dehors le voile hors
L’école aux enchères des marchands
Du temple de l’égalité mord
La poussière épuisée de ses chants
Au miroir fétiche de ses ors
Chaire sévère de l’irréel
Quand le savoir n’est plus alléchant


Pas de quartier just the ghetto
French colored people en cage
D’escaliers pour tout bateau
De plaisance où le caïd nage
D’aisance et frime sur le dos
De gosses interdits de rage
Et bons pour la fosse commune


Pourtant qu’elle fut d’autant belle que n’étant plus depuis longtemps
À faire Trop bonne à la mise en scène d’un théâtre sans rêves
La révolution en attente la tentation de tant et tant
De croire au printemps de l’histoire Oh mais quelle histoire irait sans trêves
De saison à saisons de raisons à raison et de militants
À gogos vers les urnes ou même dans la rue pour que se lèvent
Le grand matin les désirs de seuls pour tous se sortir du pétrin


Nous n'avons plus de nom nous sommes les sans
Noms nous n'avons plus de dieux nous sommes les
Sans horizon sans illusions et laissant
Les murs désolants les maisons isolées
Aux facteurs de ruines maculées de sang
Nos mains déduisent des lieux la parole et
Vont se fondre en chairs et autres en dansant


Je marche tu marches elle danse nous danse
Quand je nous décentre il vous la valse en transe
La flamme prend le dernier métro
Les papiers au feu et le maître au
Charbon à la mine ravie
Et si c'était ça la vie
Pour en avoir envie


Sur la branche il neige
Mon beau sapin endormi
À pas de loup de fougère
Tam-tam un ami
Blanche oublie l'eau du café
Un silence allège
Le merle en perd ses cerises


Comment fais-tu l'amour toi
Qui n'a pas de nom pour
Dormir sous mon toit
Plantant le jour
Un jardin
Sous la
Lune

?


de souvenir les emprunts de formes, ou par allusion (détournement), sont à Toni Negri pour la multitude; à Aragon, les strophes en quasi versets claudéliens à 17 syllabes, Blanche ou l'oubli; François Truffaut, Le dernier métro; Claude Roy, À pas de vent de loup de fougère et de menthe; et Renet Fallet, Comment fais-tu l'amour, Cerise ?; plus quelques proverbes et chansons bien connues, Le temps des cerises et le merle moqueur...; et pour la construction et les passages autour de l'alexandrin, aux classiques, notamment Racine, et Hugo

la structure d'ensemble, 12 strophes de 7 vers, 84, renvoie à la celle habituelle de mes œuvrages


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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Lun 31 Juil - 13:03




Miles Davis trompette
Barney Wilen saxophone ténor
René Urtreger piano
Pierre Michelot contrebasse
Kenny Clarke batterie


autres

une façon d'écouter le jazz comme improvisation collective dans laquelle chaque musicien transcende sa personnalité par le groupe, est de focaliser son écoute tour à tour sur un instrument, pas nécessairement le soliste : ici, la contrebasse, puis la batterie, le piano, la trompette... en prenant conscience de se qui se passe autour, et in fine dans le groupe entier par les interrelations entre chacun devenant des autres

on peut procéder de la même manière pour danser, sur du jazz, de la salsa... Dans le meilleur des cas, en club ou dans un dancing comme à l'époque des Big Bands de la Swing Era, ou encore dans la musique-danse africaine traditionnelle, les danseurs s'intègrent au groupe comme dit ci-dessus, mais de manière réciproque : ils dansent sur la musique et influencent le jeu des musiciens. Il est évident que dans cette musique improvisée par Miles et ses compagnons sur les images du film, le jeu de Jeanne Moreau participe du résultat final. Peut-on imaginer que le film aurait pu être tourné live, les musiciens improvisant pendant le tournage ? Cela semble difficile, mais peut-être que Jeanne Moreau aurait moins manqué de rythme...


wikipédia a écrit:
La séance d’enregistrement, organisée par Marcel Romano, eut lieu la nuit du 4 au 5 décembre, au studio du Poste Parisien où Jeanne Moreau, la principale interprète du film, accueillit les musiciens derrière un bar improvisé. Barney Wilen, René Urtreger, Pierre Michelot et Kenny Clarke, qui n’avaient pas été informés du visionnement tenu quelques jours plus tôt, furent surpris par le calme et l’assurance de leur leader, qui agissait comme s’il savait exactement ce qu'il voulait faire et ce qu'on attendait de lui. Louis Malle expliqua aux musiciens que la musique devait être en net contrepoint de l’image, et il les encouragea par conséquent à ne jamais chercher, à travers leur jeu, à traduire ou à refléter directement l’action. Des extraits de vingt à trente secondes du film furent projetés, sur lesquels le groupe improvisa très librement, à partir d’instructions sommaires de Miles Davis, visant surtout l’atmosphère à rendre. Trois heures à peine suffirent pour enregistrer une cinquantaine de minutes de musique, dont dix-huit furent utilisées pour le film. À en croire Miles, le seul véritable problème rencontré au cours de la séance fut de faire coller des séquences musicales à la démarche de Jeanne Moreau, qui manquait selon lui cruellement de rythme.

Ascenseur pour l'échafaud (album)

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Jeu 24 Aoû - 14:04


après une forte production de poèmes en ce début d'année 2017, le feuilleton de la présidentielle et l'analyse du macronisme, un passage à vide, j'ai noyé ma déprime par une plongée nouvelle dans le communisme, et le moral est revenu avec une belle année de tomates sur la terrasse

mettre le communisme au cœur des cogitations du forum insiste sur une cohésion difficile à percevoir, et me procure le sentiment d'une unité dans la fidélité

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Lun 28 Aoû - 1:55


on ne naît pas vieux, on le devient

parfois l'on se sent vieux, alors qu'on ne l'est pas et ça vous prend plus vite, alors,
à tout âge, qu'importe celui de vos artères mais,
quand même, ça compte, les années

je me suis senti vieux, et seul, à quarante ans, et j'en tombai malade...
alors aujourd'hui je comprends les vieux, les vrais



aujourd'hui, je ne me sens pas vieux encore,
seul l'ennui menace, de vieillir plus vite que mon corps,
de n'avoir plus envie de vivre ni des autres,

alors je crée, désespérément, de quoi être, au monde, contre ce monde
pour en sortir, serait-ce mort, vivant

difficile d'assumer des convictions matérialistes qui ne tombent pas à
raconter des histoires
être poète exige d'éradiquer tout romantisme révolutionnaire
et apprend à le faire mieux que toute théorie



écrit d'un café, à Montreuil, où l'on rencontre des vivants, de tous âges et origines, mais en gros riches de leurs seules expériences de vivre. Dans ce quartier, Alexis Corbière, bras droit de Mélenchon, est venu faire sa propa, serrer les mains pour être élu député. Depuis, ils ne l'ont pas revu : comment voulez-vous qu'ils ne conchient pas la politique ?

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Dim 3 Sep - 3:32


où que j'aille, j'ai autant de talent pour me faire désirer que me rendre indésirable. D'où je le deviens, je m'en vais. Qui me chasse ignore à quel point il est l'impotent gibier de mes potences : l'inopportun sans importance

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Lun 4 Sep - 21:13


dépassement produit

dans tout travail que l'on conduit avec assiduité et persévérance, arrive un moment où l'on se dépasse soi-même, c'est-à-dire que sort de soi quelque chose qui n'est pas directement conscient. Je l'ai montré par de nombreux témoignages de musiciens de jazz improvisant en public, quand ils oublient ce qu'ils connaissent et se lâchent

il m'est arrivé parfois cette sorte d'expérience, dans la peinture, quand j'ai découvert un procédé de transfert sans produits chimiques, à la suite d'un collage raté

je pense que cela vient de se produire dans le passage de l'affirmation, il y a un mois, que je ne considérais pas mes cogitations théorique à la hauteur de formuler une théorie de la révolution communiste. Pourquoi et comment m'est venue l'idée de réintégrer le sujet révolutionnaire comme classe, avec le problème de sa constitution... Par le travail évidemment, partant de ce qu'est une classe au sens générique, etc. mais franchement sans intention d'aboutir à ce qui est devenu le 1er septembre une nouvelle théorie de la LUTTE des CLASSES pour une RÉVOLUTION COMMUNISTE

c'est tout à fait ce qu'un artiste ressent et connaît quand il se considère comme un œuvrier à l'écoute de son œuvrage


les voix de la création sont impénétrables

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Mer 6 Sep - 21:57


il me faut dire que, les ayant beaucoup critiqués, je m'en suis plus encore inspiré : des théoriciens de la communisation, de Temps Critiques et de théoriciens 'marxistes' auxquels je ne pouvais que reprocher leur vision de la lutte des classes et de (l'absence de) la révolution ou leur obsession envahissante du prolétariat

il me faut payer ma dette envers eux : les critiquer c'est reconnaître leurs apports

des théoriciens décoloniaux même issus du marxisme, je ne dirais pas la même chose, parce que leurs idées s'inscrivent dans une dynamique de luttes produites par la double crise de l'Occident et du capitalisme, comme critique de l'eurocentrisme universaliste

ma posture vis-à-vis des uns et des autres en est forcément différente, mais jamais, au grand jamais, non, même quand ils le revendiquent, je ne pourrais considérer leurs œuvres comme des touts à prendre ou à laisser

nous sommes convoqués à penser avec et contre ce qui se passe, et ce qui s'en écrit, avec et contre 'nos' autres



Canal+ 2010
pour rigoler qui, comme moi, n'a pas de ces tourments

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Jeu 7 Sep - 23:07


lettre bleue à mon âme

vois-tu, mon âme, j'ai des bleus à toi. Je t'écris donc en noir, désespérant que d'autres m'écoutent, et même de toi

cette semaine, j'ai écrit un livre, de toute mon âme, mon âme, et je m'attends à ce qu'il soit lu par des ânes, mon âme. Ignoré par des cons, qui ne sont pas des ânes, mais des égos qui n'ont pas d'âme, et se vivent en concurrents sur le marché où ils diffusent, comme moi, bouteilles à la mer, leurs idées, dans la solitude de leur amertume

Ah l'amer... tu m'emmerdes ! et ton éternité intemporelle hâlé à l'ombre de soleils jamais levés, jamais levain, jamais le pain, toujours la faim, sans fins, sans fin

mais pourquoi t'ennuyer, mon âme, si tu veux me répondre, tu sais où me trouver, dans quelque rêve, ou via courriel à PatlotchATfreePOINTfr, ou sur mon compte tweeter par message privé : https://twitter.com/patlotch?lang=fr

le vert est sorti du fruit, mon âme, le vert est bleu à l'âme, noir comme un blues



Enregistrées il y a plus de 60 ans à Parchman Farm « ces chants appartiennent à la tradition musicale que les africains ont apporté au nouveau monde, mais ils sont aussi américains que le fleuve Mississippi.»
Alan Lomax

cinq heures d'écoute pour double paire d'oreilles

cyclops

Lomax est mort en 2002, « il y a plus de 60 ans », c'est un peu plus aujourd'hui...

si comme moi, les jeunes français blancs, avaient eu la chance de découvrir cette "musique" au milieu des années 60, je parie qu'ils n'auraient pas eu la même attitude face au rock blanc (Beatles, Rolling Stones...) et ses avatars, qui ont alors, économiquement, tué le jazz et le blues

quand tu as comme moi écouté et vu Sister Rosetta Tharpe sur scène, tu relativises un peu la Cream d'Éric Clapton et Ronnie Wood, guitariste des Rolling Stones ou Paul McCartney, John Lennon et George Harrison, guitaristes des Beatles que des requins pros de studio devaient doubler pour leurs disques les plus vendus pour les plus gros profits de leur compagnies de disques, alors que les Nègres du blues et du jazz se vendaient en musiques de merde (ce qu'ils disent), comme taxis, ou crevaient dans les rues américaines

on ne peut pas en vouloir aux ignorants ni aux sourds de deux oreilles, mais c'est le capitalisme occidental qui les a produits, -
comme la musique de merde blanche qui a volé et violé ses origines noires -, même en tant que gauchistes, marxistes et tout leur tsoin tsoin eurocenriste

PS : cela dit, mes maîtres en guitares furent autant de Blancs que de Noirs, et de "Rroms", mais pas des clowns du spectacle capitaliste occidental

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Sam 9 Sep - 0:25

peut-être qu'après tout, en situation, les poèmes sont moins des trucs de poètes, de poète à poète, ou, sur la marché de la poésie comme sur celui de la théorie, de revue à revue

il n'y a pas de poésie, de chant, de chanson, de tract, de militant, qui soit révolutionnaire en dehors d'une activité située, un jour, une heure, à tel endroit de cette merde à foutre en l'air...

avec la chanson qui va avec, évidemment


1974

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Dim 10 Sep - 16:00


l'extémité, chacun la sienne

J’AI PERDU TOUT ESPOIR

Citation :
J’ai perdu tout espoir qu’un jour ce monde change réellement. J’avais déjà perdu celui qu’on puisse le changer par la démocratie, mais j’ai perdu récemment celui qu’on le change par l’extérieur de la démocratie. L’espoir est la laisse de la soumission, disait l’autre.

Pourquoi donc ça me rend si triste ? Parce que l’espoir est aussi la branche sur laquelle j’avais juché mes plus précieux rêves de soulèvement, et qu’en la sciant ils se sont brisés. Et je me trouve là, seule devant l’immensité du néant. Et il n’y a aucune racine qui ne survive à l’abattage du tronc.

Me voilà donc démuni, entre l’effondrement de ma vision fantasmée d’un futur potentiel et ma compréhension du passé qui s’effrite à sa suite. Enfermé dans le « no future » des punks, tant décriés par les spécialistes politiques d’un « milieu radical » quelconque. Je me retrouve à poil au centre d’un monde qui me fait gerber, des militaires aux assistants sociaux, des capitalistes aux pacificatrices qui ne font que frustrer ma rage en temporisant son expression jusqu’à nouvel ordre.

Mais pourquoi attendre encore lorsqu’on a réalisé qu’il n’y a rien à attendre ? Et pourquoi ne dit-on pas qu’on a perdu cet espoir alors que plus personne n’ose vraiment croire à un grand basculement possible ? Parce qu’on n’ose pas s’avouer qu’on a toutes eu la même idée ? Qu’on préfère se rassurer en propagandes sur l’insurrection qui n’en finit plus de venir ? Qu’on n’ose pas vraiment tirer les conclusions qui s’imposent après la perte de cette illusion ? Que finalement on partage l’idée naïve que répéter à l’envi un slogan résolument mensonger peut le rendre vrai, et que tout le monde se mette réellement à détester la police ?

On essaie de parler aux opprimées pour politiser leur révolte, ou aux gens politisés pour qu’ielles se révoltent. Mais on ne se demande même pas pourquoi ce qui nous semble être l’évidence représente pour tout le monde un non-sens évident.

Pourquoi même consacre-t-on tant d’énergie à cette vaine tentative de persuasion ? On méprise le verbiage condescendant de celleux qui cherchent à « massifier le mouvement », mais on s’imagine apparemment que les attaques diffuses et anonymes vont parler à des complices potentiels et se multiplier. Si l’anonymat limite assez certainement l’apparition de spécialistes de l’attaque, est-ce qu’il n’y a pas, dans notre hallucination collective à voir des complicités révoltées partout, la persistance tenace d’une croyance qu’un jour ces complices imaginés se soulèveront pour détruire ce qui les détruit ?

Et si on n’y croit pas réellement, mais qu’on continue de prêcher la mythologie de la révolution insurrectionnelle, est-ce qu’on ne fuit pas notre confrontation avec l’absurde ? Si on tente de convaincre d’autres que cette révolution/insurrection va venir, sans y croire nous-mêmes, qu’est-ce qui nous distingue des pires charlatans, promoteurs sans relâche de la marchandise et du Spectacle ? Et qu’est-ce que cela révèle sur notre rapport aux autres et sur notre humilité, lorsqu’on essaie de faire croire à d’autres ce à quoi nous ne croyons même plus nous-mêmes ?

S’il n’y a rien à espérer, pourquoi conserver de tels vestiges du catéchisme révolutionnaire ?

Et comment imagine-t-on répondre à celles et ceux qui en voudront aux évêques de l’insurrection, lorsqu’on les tiendra pour responsables de la souffrance endurée lors de la disparition de ces rêves impossibles ?

Si on a pu être séduites par ce refus catégorique d’attendre sagement la réunion des conditions objectives, pourquoi nous sommes-nous alors empressées d’élaborer des stratégies théoriques, qui ne sont finalement que de nouveaux prétextes à la patience et à l’inaction ?

J’en ai marre de me trouver des prétextes. J’en ai marre d’essayer de convaincre d’autres de ce à quoi je ne crois plus. J’en ai marre d’être sans cesse déçu par ces mouvements qui meurent et tout ce monde qui revient si facilement à la normalité.
La triste réalité me dit que je ne suis que quelques-unes, au beau milieu d’une foule de résignations accumulées. Je n’ai rien d’autre que mon corps, et au-delà de ma mort il n’y a rien. Ni Dieu, ni Euromillions, ni Révolution, ni Insurrection.

La survie quotidienne n’a rien à voir avec ce que j’appelle vivre. La vie sérieuse des adultes responsables me répugne, car je veux rester un vilain garnement. Leurs principes et leur vivre-ensemble puent la charogne, parce qu’ils consistent surtout à toujours supporter dans la douleur, sans réagir. J’emmerde le stoïcisme et leur pieuse religiosité, j’ai pas envie de m’autodétruire en laissant ce monde me dissoudre peu à peu.

Ils veulent m’anéantir en me rendant prévisible, en me surveillant dans la rue, en traçant mon téléphone, en supprimant les recoins et les virages, limitant ainsi les possibilités d’embuscade ; en fixant solidement le mobilier urbain au sol et en remplaçant les pavés par des grandes dalles indestructibles ; en délimitant scrupuleusement les espaces et les pratiques autorisées, tout ce qui sort de ce cadre étant blasphème ; en nourrissant ma peur des châtiments infligés à celleux qui franchissent la ligne qu’ils ont tracée pour que je réprime moi-même mes désirs singuliers.

Mais je sais aussi que rien de vivant n’est prévisible et que je refuse de mourir de l’être.

Si je tiens tant à vivre, c’est pour ces rayons de soleil qui percent les sous-bois, pour l’embrasement de cette voiture de flics, pour le son de cette vitrine qui éclate, mais surtout pour la sensation de celle qui serre le marteau lorsqu’il traverse le verre, pour le frisson qui me traverse lorsque j’allume la mèche, pour la sensation de ton sexe qui jaillit par saccades dans le fond de mon rectum, pour les pas feutrés et nocturnes dans mon nouveau chez-moi, pour la chaleur enveloppante de l’amitié qui m’envahit lorsque je pense à toi, pour mes larmes irrépressibles à l’annonce de ton incarcération, pour tous ces fous-rires incontrôlables et ces orgasmes fulgurants qui se gravent dans ma mémoire.

J’ai perdu tout espoir de voir un jour ce monde rêvé dont on m’a tant chanté les louanges et qui me permettrait de vivre dans l’harmonie avec mes semblables, en l’absence de tout pouvoir et de toute autorité. J’ai perdu tout espoir que ce monde soit réellement détruit, que je vive cette fameuse révolution.

Mais cet espoir était un mirage artificiel qui camouflait bien mal les ravages qui s’annoncent.

Aventurière dans la fourmilière, à la recherche d’une vie vraiment vécue, je ne crois plus en rien et je vivrai tout.

un beau texte,

"Les plus désespérés sont les chants les plus beaux.
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots"

écrit Alfred de Musset dans sa Nuit de mai

pour des phrases scandées par le verbe croire, telles que  : « Et pourquoi ne dit-on pas qu’on a perdu cet espoir alors que plus personne n’ose vraiment croire à un grand basculement possible ? / Et si on n’y croit pas réellement, mais qu’on continue de prêcher la mythologie de la révolution insurrectionnelle, est-ce qu’on ne fuit pas notre confrontation avec l’absurde ? Si on tente de convaincre d’autres que cette révolution/insurrection va venir, sans y croire nous-mêmes... ? Et qu’est-ce que cela révèle sur notre rapport aux autres et sur notre humilité, lorsqu’on essaie de faire croire à d’autres ce à quoi nous ne croyons même plus nous-mêmes ? S’il n’y a rien à espérer, pourquoi conserver de tels vestiges du catéchisme révolutionnaire ? / Aventurière dans la fourmilière, à la recherche d’une vie vraiment vécue, je ne crois plus en rien et je vivrai tout.

ce texte pourrait se glisser dans l'étude COMMUNISME(S), RELIGION(S), FOI, et RÉVOLUTION

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Dim 10 Sep - 23:10


d'une extimité à l'autre

ce texte ici puisqu'après tout, il est bien écrit par un individu, et pas une classe, ni prolétarienne, ni autre. Les classes n'écrivent pas, on les écrit

j'ai trouvé peu convainquant le raisonnement contre l'usage de "la sortie du capitalisme", car après tout, la révolution communiste est bien un moyen de sortir du capitalisme, et Bruno Astarian présente La communisation comme sortie de crise. Quand on dit sortir de la merde, ou de la misère, tout le monde comprend. Il n'y a pas a priori dans la formule sortir du capitalisme l'idée de se retirer dans un monde possible sous le capitalisme, c'est à dire une forme ou une autre d'autonomie, et c'est au fond cela que critique l'auteur

la dernière partie, que je copie ci-dessous, m'a davantage intéressé. J'y ai vu comme un écho au texte précédent J'ai perdu tout espoir... d'en sortir ?


La sortie, c’est par où ?

À propos de la sortie de l’économie et du capitalisme.

Vosstanie - Août 2017 (version modifiée le 7/09)


Citation :
Dépassement et totalité.

Si certains veulent « sortir » du capitalisme et le proposent par le « dépassement », on se demande alors s'il s'agit de se véhiculer. On sait déjà qu'il s'agit de ne plus utiliser le train, de là à utiliser un vélo sans pédale ! Surtout si l'on doit l'entendre comme une course contre la montre ou un effondrement...

Le dépassement « marxien » des contradictions dialectiques n'a rien à voir avec le retrait politico-communautaire, ou il s'agit d'inventer son localisme et un entre-soi puritain, ou l'éthique devient morale, par L'Appel au retrait ou la « sortie » comme prescription « médicale ».

La « réalisation » de la philosophie chez Marx n'est pas une affaire de petits groupes en retrait, ou une affaire de « virus dans le système » ou d’exemplarité (même s’il bon d’être cohérent avec soi-même) mais d'une nécessité consciente de la majorité du prolétariat organisé.

Il ne s'agit pas de « rentrer en relation » avec le réel par un retour aux « sources » d'un communisme imaginaire et primitif ou s'inspirant des sociétés traditionnelles où la « terre » se voit parée de toutes les vertus « authentiques » du travail (manuel) réconcilié avec lui-même. Où il s'agirait d’exhumer sous le travail l'activité, et de jouer la carte de l'artisanat de proximité contre l'industrie. De nier l'historicité pour le mythe, un âge d'or, ou un retour aux « communaux » par exemple.

Le dépassement ne sera pas plus urbain. Il en finira avec le « dehors » et le « dedans ». Il n'y aura plus à « sortir » où à « rentrer » ou à faire rentrer. Il est la négation et la liquidation des « espaces séparés » et des catégories du monde marchand comme du prolétariat.

La compréhension, du fait qu'il n'y pas à « sortir de » ou à se « retirer vers » [c'est deux sens assez différents], car la chose est impossible, nous impose de renouer alors avec la notion de totalité. Notre monde est total, il forme un tout indivisible. La chose s'affirme encore plus chaque jour, car il n'existe pas un lieu un espace qui ne soit annexé par la nécessité de vendre sa force de travail pour survivre, même s'il ne nous est pas interdit de lutter contre ce que certains peuvent définir comme son « esprit » et que nous définissons comme son ordre concret.

Notre propos n'est pas de dissuader un certain type d'initiatives, car enfin on a les illusions que l'on a envie, ou que l'on peut avoir selon son extraction sociale, son lieu de vie, son histoire.

Mais pour prendre l'assaut du ciel, il y a des fondamentaux comme le fait de comprendre la loi de la gravitation sous peine de se fracasser et de se ramasser éternellement sur le premier nid-de- poule alors qu'il s’agit au moins dans un premier temps de franchir ne serait-ce que la première colline du jardin bio-autogéré.[12]

Penser la « sortie », c'est se condamner à une sortie sans fin ; parce qu'il n'y pas de « sortie » puisqu'il n’y a pas d’Au-delà, même si l’on peut théoriquement concevoir un monde débarrassé de la nécessité d’être une marchandise, un esclave salarié ou de se faire auto-exploiter. [cette phrase se contredit : ce "monde débarassé..." est bien un au-delà, sans majuscule, du capitalisme]

Si renouer avec l'esprit utopique reste une nécessité psychique peut-être n'y a-t-il rien de pire que les utopies dites « réalistes » qui se terminent bien souvent comme le lit de Procuste [13]. Il va sans dire qu'il y a même une forme de paradoxe à parler d'Utopies réalisables *. C'est un peu comme si l'on se proposait de réaliser un fantasme. Or l'on sait ce qu'il en est de la réalisation de son fantasme. [* à mon sens ce n'est pas le sens d'utopie concrète dont parle A.C. Dinerstein]

Est-ce à dire que le « désir » du communisme est un fantasme ? C'est fort possible. Il en va de même de la « nécessité historique »* d'une certaine manière, si cela est compris comme obligation. Car il n'y a rien d'inscrit, d’inéluctable dans la perspective communiste. [* pour moi, nécessité historique s'entend bien pour le passé, quelque chose qui ne pouvait qu'être produit par les circonstances historiques, mais l'utiliser au futur frise le déterminisme, ce que semble dire l'auteur ci-dessous]

Elle ne pourra se nourrir du désespoir, de la peur ou d'une réconciliation, sinon d'une forme de raison. Et même si l’analyse objective du capital peut nous permettre de comprendre que tant que le capitalisme existera il y aura des résistances, des luttes, cela n'implique pas l’inscription obligatoire de l’optique communiste révolutionnaire à l'agenda du prolétariat organisé ou pas.

Notre démarche première consiste surtout à refuser les mythologies, l'esprit religieux pour nous permettre de retrouver le chemin de l'historique et de la conscience nécessaire qu'implique de vouloir transformer nos conditions d’existence. [cette formulation est problématique, car seules les luttes peuvent apporter cette "conscience nécessaire", c'est à dire se porter au niveau d'un contenu nécessaire pour une rupture]

Dans le calendrier du prolétaire lambda qui n'est pas fait que de jours fériés, et qui n'est pas payé à être un fonctionnaire de la révolution ou de vivre pour la « cause » aussi libertaire soit-elle, il reste tout à fait concevable d'entrevoir le « retrait ». Sous des formes qui peuvent paraître totalement dépolitisées au premier abord. Qu'il soit « volontaire », parce que lié à une fatigue du monde, cela est bien compréhensible, ou qu'il soit lié à l'atomisation dans nos sociétés contemporaines nous le comprenons véritablement. Du défaitisme au dégoût jusqu'à la désillusion quoi de plus normal ? Mais que celui-ci se fasse apologétique nous paraît alors d'une autre teneur, une autre démarche. Elle est quant à elle bien politique.

Que certains retraits soient imposés et non idéologiques, c'est peut-être l’objet qui nous intéresse le plus, car il nous touche le plus souvent parce qu’il est lié à une forme de précarité et de pauvreté. La “nécessité” n'est pas joyeuse, l'aigreur et la frustration y sont plutôt présentes. La vertu y est obligatoire et moins festive que les poses intellectualistes de pseudo-anachorètes.

Il existe un tas de nouveaux pères du désert en milieu radical qui pensent avoir inventé l'eau chaude en milieu thermal. Qu'ils s'arrosent sans fin de vieilles eaux théoriques, usées et tièdes au milieu des ruines pourraient ne pas nous poser de problèmes.



Mais que d'autres viennent recueillir sur les murs décrépis de l’obéissance, la triste condensation d'un nouvel avant-gardisme, c'est peut-être qu'il faut fuir impérativement ceux qui nous proposent encore et toujours la direction vers LA « sortie ».

À ce compte-là, il est certain que comme prolétaires nous lutterons toujours pour une forme de « retrait » et un certain éloge de la fuite de tous les univers néo-avant-gardistes, il en va de même de la toxicité des impératifs catégoriques.

Il est possible que cette affaire soit quantique, que l'aventure du combat de classe contre le capital n'ait pas de direction aussi tracée que cela, sinon celle que nous lui imprimerons collectivement. Ce qui est certain, c'est que tant que nous ne mènerons pas cette lutte totale, aucune ligne d'horizon ne se dégagera, et elle renverra systématiquement alors la perspective communiste au niveau du débat scolastique. Ce qui semble en arranger beaucoup puisque le métier de gourou, de prophète semble avoir un bel avenir.

Que nous ouvre comme perspectives Snowpiercer, le Transperceneige [14] ? Même si le film se termine sur une tonalité plutôt convenue et ouverte.

Qu'il ne sert à rien de prendre le contrôle de quelque chose qui ne peut être contrôlé. Car la logique est vampirique ou cannibale. Que la « sortie » ne se trouve pas devant, à l'avant ou au niveau d'une porte latérale.

L'espoir n'ouvre aucune porte de sortie de train. Il se révèle même aussi fort ambiguë, car que n'est-on pas prêt à faire pour gagner le « dehors » par la « sortie » ce nouvel Au-Delà. Se sacrifier et sacrifier les Autres peut-être ? Quant au désespoir quand il est lié à la catastrophe, à la chute, à l’effondrement, il ne donne accès qu'à des désillusions et à de fausses solutions fussent-elles collectives, quand elles ne proposent pas uniquement de se « révolutionner » intérieurement par la pensée magique.

Il n'y a que la vie et les rencontres, les échanges, qui nous permettent de rompre avec les notions de dehors et de dedans, d'espoir et de désespoir, d'optimisme et de pessimisme. Si le chemin n'est pas tout, il n'est pas rien. Les chemins explosent les frontières et décloisonnent. Mais faire d'un chemin le but, et faire passer une éthique pour une praxis révolutionnaire, c'est liquider la dimension historique du capital et des forces mobilisées par sa logique. Cela n'impose aucune obligation bien évidemment quant à l'activité des acteurs de la transformation ou du statu quo social. Mais l'auto-activité reste la base du combat pour la transformation du monde unitaire contre des mondes séparés, fétichisés, et qu'on nous vend comme impérativement divisés jusque dans ces utopies progressistes ou réactionnaires.
 
NOTES

[12] Voir La société communiste se passera-t-elle d'ascenseurs et de motocyclettes ?
[13] Voir Diodore de Sicile, La bibliothèque historique.
[14] Voir aussi notre émission : Séries, cinéma, idéologies et luttes des classes Autour du cinéma populaire, des blockbusters, des séries et du cinéma dit militant et politique. https://vosstanie.blogspot.fr/2014/12/emission-de-la-web-radio-vosstanie-du.html

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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Jeu 14 Sep - 20:53


il y a des lectures, des concepts, des trucs de philosophes, - et leur langage - qu'il me faut des années pour comprendre, là où pour d'autres, c'est immédiat, des sur-doués ou des tombés petits dedans, privilégiés de la comprenote que lire me donne mal à la tête, parfois pour pas grand-chose

alors je fais avec le temps, avec le temps, va, tout revient




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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Ven 15 Sep - 10:26


quand, à force de travail et d'efforts, l'on parvient à établir de façon mûre et sûre les résultats d'une recherche, et à les exposer clairement dans toute la simplicité possible, après avoir une partie de sa vie ferraillé avec et contre d'autres et soi-même, alors on s'exprime avec plus d'assurance et d'humilité. On n'a plus besoin (de faire semblant) d'avoir des certitudes en les assénant par vaines polémiques, non pas que l'on ne doute pas encore, mais parce qu'on ne doute plus d'avoir découvert quelque chose d'important, qui tient debout tout seul face à la réalité

cela n'a rien à voir avec l'autosatisfaction d'un ego démesuré quand, des rapports aux choses, aux autres et à soi, on a trouvé la juste mesure

alors l'on n'est plus dupe du fait que dans certaines théorisations énoncées par dialectique ou rhétorique subtiles, celles-ci ont pour objet, plus ou moins conscient, de contourner les problèmes qu'elles ne savent pas résoudre ni même poser

il est certain que si les derniers sujets du forum sont 2 à 3 fois plus lus que ne l'étaient à leur création les anciens, cela tient à ce qu'ils présentent quelque chose de plus abouti, et qui suscite des curiosités nouvelles ou renouvellées




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MessageSujet: Re: EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde   Sam 16 Sep - 19:38



parfois l'on ne sait plus si la poésie accompagne le monde
ou lui la poésie en musique de fond, le monde qu'on encaisse
à fond la caisse et sans défense qu'on défonce


« Il ne s’agit pas de mettre la poésie au service de la révolution,
mais bien de mettre la révolution au service de la poésie. »


All the King’s men
Internationale situationniste Numéro 8 Janvier 1963
Directeur : G.-E. Debord


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EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde
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