PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

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 MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME

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Patlotch



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MessageSujet: Re: MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME   Mer 7 Juin - 7:05


25 mai


le populisme entrepreneur

ils n'en vivraient pas tous, mais tous étaient appelés


la sociologie d'En marche ! et de sa représentation politique nous dit autre chose, le populisme entrepreneur

j'écrivais le 27 mars


Patlotch a écrit:
à propos de "populisme", Hollande se donne pour dernière mission d'éviter la victoire du populisme : « éviter que le populisme, le nationalisme, l'extrémisme ne puissent l'emporter ». Suivez son regard, Le Pen, Mélenchon... mais pas Macron. Or celui-ci ne peut exister que sur le fond de la vague populiste

si l'on se réfère au texte de TC/RS M. LE PEN ET LA DISPARITION DE L’IDENTITÉ OUVRIÈRE, 2002, un long passage est consacré au populisme dans lequel on peut lire :


Citation :
Le petit patronat représente idéalement cette réconciliation du travail respectable et du capital mérité, s’épanouissant dans le cadre de la nation, sociale et familiale. Malheureusement, si c’est un idéal c’est que c’est aussi une réalité.
[...]
Le petit patron est tout à fait moderne...

on pourrait dire qu'aujourd'hui, l'électeur idéal de Macron, économiquement, socialement et idéologiquement, c'est (l'auto)entrepreneur plutôt que le petit patron. On a un peu le même rapport au travail, mais pas du tout avec les mêmes couches sociales. Le populisme de Macron ne s'adresse pas au prolétariat, mais aux couches moyennes et supérieures

l'idéologie dominante se donne(ra) à lire, du point de vue culturel et sociétal, comme structure of feeling (Raymond Williams), sous le mot d'ordre : « Devenir entrepreneur de sa vie »


recherche Google "entrepreneur de sa vie"

c'est pourquoi mon invitation plus haut à lire "Révolution", le best-seller de Macron, est tout sauf une boutade, c'est la nouvelle bible idéologique. S'il y a une petite révolution, c'est l'alliance (objective...) entre cette nouvelle petite bourgeoisie et la grande




la classe de l'encadrement en marche

on a vu (plus haut 10:23) qu'ils étaient bien représentés par les candidats macronistes aux législatives. Là, il s'agit du moral des troupeaux de cadres de la société civile. « Le cadre, écrit Debord en 1972, arrive en retard, et en masse, à tout, voulant être unique et le premier. Bref, selon la révélatrice acception nouvelle d’un vieux mot argotique, le cadre est en même temps le plouc »


En mai, la confiance des cadres a bondi, selon le dernier baromètre Viavoice. Un niveau jamais atteint depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. L'arrivée de la crise financière avait rapidement stoppé cette embellie...


Crédit photo © Reuters

Citation :
Depuis l'élection présidentielle, la confiance des cadres est revenue à un niveau qu'elle n'avait plus connu depuis l'avant-crise ! Une progression qui s'explique par plusieurs facteurs d'après Viavoice, qui a publié son baromètre économique mensuel...

L'indice de confiance des cadres bondit

Arrivé à -9, l'indice a bondi de 12 points en ce mois de mai... Un niveau atteint pour la dernière fois juste après l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007. Cette confiance est largement imputable au "profil du nouveau Président de la République, Emmanuel Macron, qui séduit les cadres, convaincus que son élection créera un cercle vertueux de confiance et d'investissements dans les mois à venir".

"L'amélioration de l'activité économique dans les entreprises, perceptible depuis plusieurs mois et amenée à se concrétiser au cours de l'année", est également mise en avant par Viavoice. L'institut souligne, malgré tout, comme principale raison, "la levée d'une incertitude majeure, après la lourde défaite de Marine Le Pen". Une élection qui aurait, selon eux, porté atteinte aux entreprises françaises et aux investisseurs étrangers...

L'élection d'Emmanuel Macron comme catalyseur

Dans le détail, les Français sont "57 % à penser que l'élection d'Emmanuel Macron peut créer un "choc de confiance" encourageant les investissements, l'emploi ou la consommation". Ainsi, 37% des personnes interrogées pensent que le niveau de vie va s'améliorer en France en un an, soit quasiment le double du mois d'avril.

Il n'est pas rare que la confiance des cadres soit positive au lendemain d'une élection présidentielle comme ce fut le cas après Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Néanmoins, la tendance reste à confirmer. Viavoice est optimiste sur ce sujet pour deux raisons : les indicateurs économiques, qui sont repartis dans le vert d'une part, et les réformes économiques majeures, qui ont déjà été réalisées (les retraites, la Sécurité sociale, la baisse des dépenses publiques...), d'autre part...

mais vous avez bien lu, après la confiance en Sarkozy, « L'arrivée de la crise financière avait rapidement stoppé cette embellie... »

Baro-Eco a écrit:
Emmanuel Macron, un Président « pro-business » ?

Les cadres sont ainsi 57 % à penser que l’élection d’Emmanuel Macron peut créer un « choc de confiance » encourageant les investissements, l’emploi ou la consommation. Ils sont également 61 % à penser que le profil du nouveau Président est « un atout pour l’activité économique et l’attractivité de la France », à travers trois qualités perçues :

- Son expérience économique, soulignée comme un atout par 67 % des cadres. Une qualité liée à son passage au Ministère de l’Economie et dans la haute fonction publique, mais surtout à son expérience dans le secteur privé (pour 66 % des cadres).

- Sa capacité à renouveler la vie politique, que ce soit à travers son âge (un atout pour 64 % des cadres), le fait qu’il soit nouveau dans le paysage politique (64 %) ou encore qu’il n’appartienne pas aux partis ayant gouverné ces dernières années (57 %).

- Enfin, Emmanuel Macron est perçu comme un excellent « VRP » pouvant faire profiter l’économie française de son réseau ou de son image au sein des milieux dirigeants : ainsi sont salués sa proximité avec des chefs d’Etat et de gouvernement (56 %) comme avec des dirigeants de grands groupes (56 %).

On comprend dès lors pourquoi 69 % des cadres anticipent un impact positif.

Les cadres anticipent une vraie sortie de crise à court terme


Parallèlement à ces nouvelles perspectives liées à l’élection présidentielle, on observe plus largement une forte amélioration des anticipations des cadres, tant sur le plan macro-économique que personnel :

- Ils sont ainsi 37 % à penser que le niveau de vie en France s’améliorera d’ici un an, en très forte hausse depuis avril (+18 points).

- Même « inversion de la courbe » en matière l’emploi, avec 31 % des cadres qui pensent que le nombre de chômeurs diminuera dans les mois à venir (+9).

- Enfin, sur un plan plus personnel, 26 % d’entre eux pensent que leur situation financière va s’améliorer (+4).

[...]

pour la "sortie de crise", hmm, on verra...

ajout 7 juin

on peut vérifier les aspects sociologiques du macronisme dans Qui sont les candidats de La République en marche ? L’enquête du « Monde »


Citation :
- La République en marche (LRM) a respecté la parité et investi des jeunes
- La « société civile » est présente en nombre
- Le profil sociologique des candidats est endogame : cadres et professions intellectuelles sont surreprésentés
- Un tiers des candidats LRM ont leur propre entreprise
- Sciences Po et grandes écoles pèsent fortement dans les profils de candidats

- 2 ouvriers et 11 agriculteurs
- 155 candidats ont leur propre entreprise


Dernière édition par Patlotch le Mer 7 Juin - 7:41, édité 3 fois
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Patlotch



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MessageSujet: Re: MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME   Mer 7 Juin - 7:09


31 mai


nécessité historique, conjoncture, et dépassement

précisions théoriques et terminologiques

j'ai écrit que l'affirmation d'Alain de Benoist « Macron n’apparaît pas comme la marionnette fabriquée que l’on imaginait » manquait de dialectique des contradictions dans la crise économique et politique. Il n'y avait que Macron pour tenir le rôle qu'appelait sa crise, répondre à une demande et combler un vide dans le trop-plein politique, adapter l'État français à la gouvernance de la mondialisation dans la restructuration du capital

"il n'y avait que Macron..."
était un peu rapide, et je reviens donc sur ce que j'ai appelé "nécessité historique". Il n'y avait évidemment aucune nécessité que ce fut Macron plutôt qu'un autre, mais il était là, il présentait les qualités requises, et c'est à partir de là qu'il a été choisi et littéralement "fabriqué"* parce qu'il correspondait au besoin du capitalisme français d'adapter sa gouvernance d'État. *voir 2017, Le Coup d'État 2017

cette révolution macronienne est une conjoncture au même titre que la révolution d'Octobre est léninienne, dans le sens où, toutes proportions gardées, Macron a compris la situation de 2017 comme Lénine celle de 1917. C'est la rencontre d'une nécessité, d'une opportunité, et d'une possibilité

la notion de "nécessité historique" existe chez Marx bien qu'à ma connaissance l'expression ne figure pas dans son œuvre, ni même celle de « nécessité sociale » qui est le fond de son matérialisme historique. Elle existe dès sa thèse de doctorat La différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure en 1841. Voir Denis Collin, Marx et Epicure

c'est cela même que reprendra Althusser sur le thème du clinamen et du matérialisme de la rencontre qu'on pourrait tout aussi bien appeler matérialisme de la conjoncture. Voir les textes matérialisme de la rencontre conjoncture

il y a donc une gradation et des sauts de logique à éviter. Voir Denis Collin Nécessité, déterminisme et possibilité chez Marx


Denis Collin a écrit:
Quand Marx s’essaie aux prévisions économiques, c’est le plus souvent par une analyse de conjoncture qui ne s’appuie pas sur les éléments spécifiques de sa théorie mais plutôt sur le fonds d’idées communes à tous les économistes, comme si la théorie, n’avait plus rien à dire de spécifique dès qu’on s’intéresse à la réalité quotidienne

nécessité historique signifie nécessité causale et non déterminisme, et c'est ici que passe la frontière entre le constat que 'ceci' ne pouvait pas se passer et l'affirmation que 'cela' ne peut que se produire

on peut constater ce glissement chez Boukharine dans le texte La théorie du matérialisme historique, Déterminisme et Indéterminisme (Nécessité et libre arbitre), La nécessité historique 1921


Boukharine a écrit:
La condition nécessaire de l'évolution est connue sous le nom de nécessité historique. C'est dans ce sens que la Révolution française, sans laquelle le capitalisme n'aurait pu se développer, était une nécessité historique, ou bien le soi-disant « affranchissement des serfs » de 1861, sans lequel le capitalisme russe n'aurait pu continuer à se développer.

C'est en ce sens que le socialisme est une nécessité historique, l'évolution sociale ultérieure étant impossible sans lui. Si la société se développe, nous aurons inévitablement le socialisme. C'est dans ce sens que Marx et Engels parlent de « nécessité sociale ».

la Révolution française peut être vue rétrospectivement comme une nécessité historique, mais dire que le socialisme est inévitable relève du déterminisme, et c'est au fond celui qui est derrière le slogan « Une seule solution, la révolution ». On peut dire que la justice sociale est nécessaire, mais elle n'a rien d'une nécessité historique au sens vu plus haut

concernant la prévision de la communisation par ses théoriciens, c'est un peu plus compliqué, mais de fait, ils n'ont étudié que cette seule hypothèse, et c'est là que se loge leur déterminisme, même tempéré par la notion de "dépassement produit" chère à Théorie Communiste

le problème actuel du communisme comme mouvement est qu'il n'apparaît plus comme une nécessité historique, c'est-à-dire qu'on ne trouve rien dans les contradictions présentes pour poser la lutte des classes comme moteur de l'histoire vers une révolution d'abolition du capital. On ne trouve que les contradictions du capital, et le prolétariat embarqué avec elles, dans le populisme ou l'expulsion/déprolétarisation

en attendant, on a Macron...

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Patlotch



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MessageSujet: Re: MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME   Mer 7 Juin - 7:11


2 juin


d'hier après-midi, corrigé

la morale, une affaire capitale d'État

« la banque de la démocratie » sic...
un cachet d'aspirine pour la démocratie politique en crise

j'écrivais le 22 mai, avant "l'affaire Ferrand"

Patlotch a écrit:

démoralisons la démocratie politique !

c'est parti, on va voir ce qu'on va voir, un sombre député PS a remis au Père la morale, François Bayrou garde des sots, ses Propositions de moralisation de la vie politique. Celui-ci a ouvert le chantier, qui comporte :

Citation :
- Interdire l'emploi d'un membre de sa famille

- Interdire le cumul des mandats dans le temps (pas plus de trois)

- Interdire le cumul entre mandat parlementaire et fonction exécutive locale

- Lutter contre les conflits d'intérêt

- Soumettre les indemnités parlementaires à l'impôt

- Avoir un casier judiciaire vierge

- Retraite : supprimer le régime spécial des parlementaires

globalement, ça effacera la mauvais impression laissée par "les affaires", dont la dernière avec Fillon; ça épargnera un peu les caisses de l'État, par des mesures auxquelles personnes, hormis les intéressés, ne trouvera rien à dire

et puis surtout, cela fera encore un peu plus le ménage de façon à accélérer le remplacement de l'ancien personnel politique par du neuf, au niveau national et local, comme on le voit déjà avec les mesures prises concernant le cumul des mandats (plus de 200 députés sortants sur 577 jettent l'éponge, tous partis confondus)

bref, c'est tout bénef pour Macron et les siens, avec la morale de leur côté aux yeux des citoyens, à qui, à terme, ça fera une belle jambe... pour aller voter ?

il suffisait d'y penser, le non "conflit d'intérêt" entre l'État et les capitalistes est blanchi, et se paye le culot de Hulot, qui lave plus propre...


« le texte et le contexte »

une loi qui vient à point


le contexte n'est pas, comme pour Bayrou et les journalistes l'interrogeant aujourd'hui (point de presse sur la moralisation), le cas Ferrand et ses implications électorales, mais la nécessité de renforcer le lien structurel entre l'État et le capital

tout le barouf autour de Ferrand, et quelques autres, qu'il soit médiatique ou politique, qu'il aille en un sens ou l'autre, n'est qu'un rideau de fumée masquant l'absence de conflit d'intérêt entre l'État et le capital, alors que le macronisme accentue la gouvernance directe de l'État par les capitalistes ou leurs chargés de pouvoirs politiques

quand on voit, de plus, ce qui est reproché à Ferrand, à savoir peanuts relativement aux pratiques courantes et légales de corruption organisée par les déréglementations depuis vingt ans, on se doute que cette orchestration même cacophonique n'a rien d'innocente



en 2004, le philosophe humaniste André Comte-Sponville posait la question "Le capitalisme est-il moral ?". Il y abordait plutôt la question de l'éthique de l'entreprise, mais sa réponse vaut plus largement, puisque l'État jusqu'en son budget est géré comme une entreprise : « prétendre marier profit et éthique relève d'une confusion entre deux ordres différents et ne permet pas de répondre aux problèmes soulevés par les dérives contemporaines de l'économie. Le capitalisme n'est ni moral, ni immoral ; il est « a-moral » dans le sens où la morale est intrinsèquement étrangère à l'ordre économique

cet ancien dirigeant des Étudiants communistes (PCF), n'a semble-t-il pas bien lu Le Manifeste :


Marx a écrit:
La bourgeoisie a noyé les frissons sacrés de l'extase religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste.

I. Bourgeois et prolétaires
1847

le calcul égoïste est-il moral ? Et à quoi le citoyen électeur est-il convié, par cette moralisation de la vie politique, sinon à une "sentimentalité petite-bourgeoise" dans les limites de l'égoïsme intrinsèque à la domination économique ?

les individus, s'ils se déterminent essentiellement à partir de leurs conditions sociales ou de leurs perspectives en la matière, le font aussi de façon subjective, relativement à des "valeurs" que l'on peut dire morales, ou moralistes. C'est précisément là-dessus que reposait la différence entre la gauche et la droite depuis que leurs politiques économiques étaient les mêmes (cf l'opposition entre libéralisme culturel et libéralisme économique décrite par Jérôme Sainte-Marie « Emmanuel Macron incarne la réunification de la bourgeoisie »). C'est cette différence devenue caduque entre gauche et droite, sur la question des valeurs morales, que fait sauter Macron, mais...

quand ce qui est légal apparaît comme immoral aux citoyens électeurs, le pouvoir ne peut plus que faire semblant. C'est à cela que sert, consciemment de la part des puissants, inconsciemment pour les enfumés volontaires, épisodiquement "l'affaire Ferrand", et fondamentalement le texte proposé par Bayrou


le droit entérine un rapport de forces entre classes

Bayrou le dit bien : il s'agit de redonner la confiance aux citoyens tout en leur cachant que le système capitaliste est structurellement immoral (j'assume y compris théoriquement dans l'esprit du Manifeste), ceci en renvoyant la morale à une affaire privée, individuelle, de conflits d'intérêts sur des aspects secondaires, au niveau de ce qui choque l'opinion publique, les risques politiques étant contenus dans le principe qu'elle accepte de la démocratie politique, sous réserve de la moraliser

Bayrou a écrit:
Le projet de loi va adopter le nom de confiance plutôt que celui de moralisation. La morale est une affaire personnelle. Il s'agit de mettre en, place des pratiques et des règles qui redonnent de la confiance à nos concitoyens.

il s'agit donc, comme toujours, d'un compromis entre les intérêts du capital et le niveau des luttes. Bis :

Karl Marx a écrit:
Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. Les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d’idées, donc l’expression des rapports qui font d’une classe la classe dominante; autrement dit, ce sont les idées de sa domination.

K. Marx et F. Engels, L'idéologie allemande, 1845

cela ne signifie nullement que la condamnation morale du capitalisme suffirait à le vaincre, mais qu'il est impossible de séparer les aspects économiques, sociaux, politiques et idéologiques de sa domination, des conditions subjectives pour porter les luttes à cette puissance : c'est le problème de la subjectivation révolutionnaire...


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Patlotch



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MessageSujet: Re: MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME   Dim 11 Juin - 13:24


du 7 juin, nouvelle version


quelle restructuration du capitalisme ?

Tristan Vacances : - Qu'entendez-vous par "restructuration du capitalisme", et en quoi diffère-t-elle des précédentes, dans la première moitié du 20è siècle le fordisme et l'État-providence keynésien de la période de croissance en Occident, et à partir des années 1970 la restructuration mondiale (globale) avec l'effondrement concomitant du programmatisme ouvrier et de ses organisations communistes pour un communisme d'État ou autogestionnaire par étapes ?

Patlotch : - on pourrait dire que toute l'histoire du mode de production capitaliste n'est que celle de ses restructurations, et réciproquement de la lutte entre classes antagonistes en son sein. Le point commun est qu'à chaque fois, cela se résout en un compromis historique dans lequel le capitalisme établit les nouvelles modalités de sa domination mondiale

pour ne considérer que les deux grandes restructurations du 20è siècle que vous citez, et qui peuvent se lire théoriquement comme deux phases de la subsomption réelle, donc des modalités d'extorsion de la plus-value (respectivement absolue ou relative), ces compromis attachent la classe ouvrière, le prolétariat, à ne se battre qu'au sein de la règle de l'exploitation, pour de meilleures conditions de travail et de salaire

le compromis keynésien est clair concernant le fordisme/État providence, avec les "acquis des luttes" précisément mis en cause avec la seconde restructuration depuis 40 ans, qui casse la reproduction du capital sur des aires nationales, ce à quoi rêve de revenir de façon keynésienne le populisme de gauche

ce compromis entre classes est moins clair concernant la période de 1970 à ~2008, mais on peut le rapporter à l'altermondialisme (ATTAC, sommets mondiaux..), sa montée à partir de 1995, son apogée au début du siècle, et sa chute avec la crise de 2008, altermondialisme qui, au nom de la démocratie, n'a fait qu'éterniser un anticapitalisme dans le système, et repousser l'horizon d'une sortie révolutionnaire du mode de production étatique et capitaliste. La différence avec le compromis keynésien est qu'il n'est pas parvenu au pouvoir, en raison même de son irréalisme économique. L'altermondialisme anticapitaliste était et reste un oxymore, un compromis impossible

Tristan Vacances : - j'ai l'impression de lire "Théorie Communiste" et son phasage historique du capitalisme...

Patlotch : - jusque-là, à quelque chose près...

Tristan Vacances : - Alors quelle est la différence ?

Patlotch : - d'une façon générale et méthodologique, ma conception "renverse" cette théorie de la communisation, une religion communiste de plus, déterministe et idéaliste, comme on a dit que Marx renverse Hegel

la différence réside en plusieurs points, dont précisément l'apparition d'une nouvelle restructuration globale, qui évacue l'idée d'un ultime "cycle de lutte" au bout duquel surgirait la révolution communiste

c'est pourquoi je me refuse à la nommer "restructuration dans la restructuration", sans quoi autant dire le capitalisme n'est que cela depuis le début

Tristan Vacances : - Que serait le "compromis historique" dans cette phase et ce macronisme ?

Patlotch : - à ce stade, point besoin de faire un dessin concernant ce qui se passe en France, puisque le macronisme est porté par une majorité des citoyens électeurs, la 'société civile', etc. Et quant aux autres, prolétaires ou expulsés en masse du système, ils n'agissent pas contre, à moins de le voir dans la gesticulation prétendue révolutionnaire de quelques centaines d'individus cagoulés obsédés par l'État policier...

le nouveau compromis s'établit sur le travail, comme toujours, à commencer par celui qui produit de la plus-value, ou le permet puisque il est devenu impossible de discerner les frontières d'une classe ouvrière productrice en ce sens, et c'est ce à quoi l'on assistera dans les mois qui viennent avec la réforme Macron et le positionnement des syndicats comme de ceux qui les suivront ou les pousseront par leurs luttes pour un compromis le moins mauvais possible

Tristan Vacances : - Quelles sont les spécificités de cette restructuration et en quoi n'est-elle pas restructuration dans la précédente engagée depuis près d'un demi-siècle ?

Patlotch : - je la caractérise par la nécessité historique, pour le capital global, de résoudre sa crise économique et politique en même temps que l'Occident doit résoudre la sienne, l'ensemble au croisement de cinq siècles concernant le colonialisme et ses avatars, de deux siècles concernant le mode de production capitaliste proprement dit, décrit par Marx au mitant du 19è siècle

la montée du capitalisme vert, que traduit l'entrée de Hulot au gouvernement et symbolise la poignée de main Macron-Trump, en est une dimension essentielle en ce que, via une sorte de plan Marshall au niveau mondial, elle peut permettre une sortie de crise transitoire du capitalisme. Cela fait aussi partie du compromis historique liée à cette nouvelle restructuration, puisque l'idéologie écologiste est devenue hégémonique

les luttes décoloniales, par leur ambivalence, peuvent alimenter le renversement de la suprématie occidentale, par exemple en Amérique du Sud ou le concept est né dans les luttes, et en Afrique où peut se développer un capitalisme moins dépendant de l'Occident

nous sommes au cœur de ce processus, qui voit la fin de la suprématie occidentale dans le capitalisme mondial et les conditions d'une nouvelle répartition des intérêts de classes qui invite à redéfinir leur conception marxienne, et à abandonner la certitude d'un sujet révolutionnaire prolétarien universel, serait-ce pour sa propre abolition en tant qu'être du capital. Maintenant, si on appelle prolétariat ce sujet en le définissant sur mesure, évidemment que le problème ne se pose plus, je préférerais classe révolutionnaire, mais quoi qu'il en soit c'est pour l'heure une tautologie, un jeu de mots où le langage conceptuel l'emporte sur la réalité des choses

je soutiens qu'il est impossible à ce stade de prédire ce qui sortira, sous une à quelques décennies, de cette restructuration, et qu'il est donc irréaliste de faire comme si ce qui se passe d'ici-là pouvait être saisi, analysé et théorisé sous les catégories et concepts anciens du marxisme même le meilleur : l'universalisme prolétarien eurocentré est trop lourd pour appréhender tous les aspects actuels de ces bouleversements

Tristan Vacances : - Et donc pour vous, le "macronisme" serait le moment français de l'engagement dans cette restructuration mondiale ?

Patlotch : - exactement, sous réserve que ce label ne soit pas entendu comme la politique déterminant l'économie ce qu'à mon avis interdit justement sa forte caractéristique de renouveler la "gouvernance" État-Capital et sa dimension d'emblée européenne et mondiale. En ce sens, le macronisme, c'est aussi les luttes qu'il déclenchera dans cette période, comme on peut dire que le bonapartisme engendra la Commune...

au demeurant, Louis-Napoléon Bonaparte était saint-simonien, il mit l'État en adéquation à la première restructuration du mode de production capitaliste en France dans le contexte de l'Empire colonial français... Il était un révolutionnaire capitaliste, comme Emmanuel Macron rêve de l'être : Révolution est le titre de son livre de 2016, à prendre au pied de la lettre...





quelle théorisation communiste ?

Tristan Vacances : - Quelle serait alors selon vous les conditions d'une théorisation communiste aujourd'hui ?

Patlotch : - difficile question, parce qu'à la limite de mes considérations, celle-ci est actuellement impossible, et elle l'est du point de vue même de ce qui, en sus de sa critique de l'économie politique dans Le Capital, reste de plus valide chez Marx : sa méthode, dont je prétends hériter la mienne, cf DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE

il nous est impossible d'affirmer aujourd'hui que "la lutte de classe est le moteur de l'histoire", dans la mesure où seul le capital est à l'initiative, et qu'il se transforme essentiellement par la concurrence pour le maintien du taux de profit par zones géo-économiques et dans le transnationalisme des capitaux, dont la crise de l'Occident (capitaliste) est évidemment un aspect majeur. Bien sûr, la résistance du prolétariat en est une composante, mais seulement en tant qu'elle participe au niveau du compromis au sein du "système", et bien sûr elle est "lutte de classe", mais pas au sens révolutionnaire du terme

comment envisager une théorisation communiste sur la base de l'absence d'une lutte révolutionnaire d'un quelconque sujet ou d'une activité de classe révolutionnaire inexistante, voire son contraire avec les populismes ?

tout bien considéré, le prolétariat, depuis le début du capitalisme comme mode de production, n'a jamais été révolutionnaire, ou alors seulement pour des "révolutions" au sein du capital, ce qui devrait en soi interroger l'universalisme prolétarien, et plus encore quand son activité tourne à l'empêchement d'une telle révolution communiste

Tristan Vacances : - vos considérations ne relèvent donc plus d'une théorie communiste ?

Patlotch : - non puisque je ne sais pas comment définir une théorie révolutionnaire sur la base de l'absence de mouvement révolutionnaire. Mais oui, ma théorisation est communiste dans le même sens que la critique radicale du capitalisme initiée par Marx pour l'économie politique et par les anarchistes pour l'État, les deux mêlées dans l'ultragauche ouvrière antiléniniste, antistalinienne et antitrotskiste

en sus de sa critique du Capital, Marx lui-même n'aura véritablement théorisé que le programmatisme ouvrier, le pouvoir du prolétariat, une théorie communiste pas moins incomplète puisque ces principes ont révélé leur incapacité à sortir du capitalisme, et nous savons aujourd'hui pourquoi

Tristan Vacances : - Cela pose tout de même la question de l'action, de la pratique correspondant à cette théorie...

Patlotch : - on a longuement disserté à ce propos... toute théorisation conséquente part du réel et y retourne car en fait, elle ne devrait pas en sortir. Celle que je produis ne sort pas de mon chapeau et n'est pas en avance sur ce qui se passe; elle s'élabore au rythme des luttes telles qu'elles sont, dans leur diversité, grèves et émeutes comprises, la question étant celle de la qualité, le contenu, et de la quantité, la puissance, dans les contradictions nouvelles de cette restructuration

Tristan Vacances : - Mais alors, que devient "la crise" de reproduction comme fenêtre pour une révolution communiste ?

Patlotch : - elle est suspendue à ce qui sortira de la restructuration que nous avons sous les yeux, que nous ne pouvons anticiper, et a fortiori moins encore une conjoncture communisatrice

toute conjoncture de luttes est actuellement déterminée par la restructuration actuelle, et rien d'autre


CNRTL a écrit:
conjoncture : Liaison d'événements concomitants dans une situation donnée.
« la conjoncture ou le nœud de circonstances formant grumeau au centre d'une situation imprévue » Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien, 1957

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MessageSujet: Re: MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME   Mar 13 Juin - 18:55



mort de la démocratie ?



le chiffre est symbolique : 51 % des inscrit.e.s n'ont pas voté au premier tour des législatives. Le parti macro-unioniste va "écraser la démocratie" avec un tiers des votants, 13,5 % du corps électoral et ~12% des Français en âge de voter. Près de deux tiers d'abstention chez les ouvriers et les jeunes, et près de 5 millions de non inscrits... Loin du bruit, retenez ce chiffre :

7 adultes français sur 8 n'ont pas soutenu Macron !

c'est l'élément le plus important de cette deuxième phase du macronisme électoral, quelle que soit l'ampleur de sa victoire à l'Assemblée nationale, puisque comme on dit, le troisième tour se jouera dans la rue, quel qu'en soit le niveau et les objectifs à l'occasion des lois antisociales qui vont maintenant tomber du ciel comme écrit dans l'évangile selon Saint-Macron

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MessageSujet: Re: MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME   Sam 24 Juin - 11:28

19 juin, complété


Ruffin Macron, même combat !

je m'abstiendrai de tout commentaire sur le second tour, comme on dit second empire, empire du... les chiffres de la démocratie sont plus encore calamiteux

le pire n'est-il pas d'y voir un Mélenchon et plus encore un Ruffin (Merci Patron, Nuit debout, etc.) y jouer les vedettes ?

j'ai 4 mois de plus que Mélenchon, un de plus que Bayrou, Borloo est mon jumeau, et franchement non que je me sente plus "vieux", qu'ils dégagent, mais putain, avoir l'âge de Ruffin et Macron, et voir venir ce bras de fer français, ça me donne qu'une envie, comme disait Camatte : quitter ce monde !


Tristan Vacances : - Oui bon ben "Ruffin Macron même combat !" si c'est pas de la facilité ultragauchiste...

Patlotch : - écoute, on les connait par cœur, les camarades socio-politiques - c'est mon nouveau concept englobant pour le vieux label "social-démocrate"

les belles âmes gagnent leur paradis au prix du smic et de la démagogie électorable au bout d'un mouvement, Nuit debout, prétendant le contraire..., à chacun ses moyens médiatiques. Citoyen Ruffin, je t'emmerde !


le 19 brumaire, lendemain qui chante ?

par contre, un ami m'écrit :

Citation :
J'ai relu "Le 18 Brumaire", et je suis d'accord avec toi, c'est Macron

en fait, le "18 brumaire" est écrit par Marx au quasi lendemain du coup d'État. Autant fut passionnant le coup d'État politique de Macron, avant même la sanction électorale, tout semblant écrit à ce niveau politique, autant s'ouvre une période plutôt ouverte si j'ose dire, sur le plan économique et social, dans laquelle, du point de vue théorique, il s'agit de mesurer la capacité du capitalisme à se restructurer 'face' à des luttes qui ne lui demanderaient que ça, car c'est à ce niveau que s'annonce un bras de fer syndicaliste dans cette restructuration; en aucun cas une période révolutionnaire...

le second Empire c'est deux décennies de révolution industrielle et capitaliste en France, la révolution Macron est comparable pour ce qui vient plus que par sa prise du pouvoir d'État, ce 18 brumaire pacifique. That is the question !

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MessageSujet: Re: MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME   Sam 24 Juin - 13:52


la révolution macroniste

« Nous sommes en train de vivre un stade final du capitalisme mondial qui, par ses excès, manifeste son incapacité à durer véritablement. Les excès de la financiarisation, les inégalités, la destruction environnementale, l'augmentation inexorable de la population mondiale, les migrations géopolitiques et environnementales croissantes, la transformation numérique :
ce sont là les éléments d'un grand bouleversement qui nous impose de réagir.»


Emmanuel Macron, Révolution, 2016 La grande transformation, Pocket p. 67


la "révolution" macroniste est à une mise à jour française dans le cadre de l'accélération de la restructuration du capitalisme mondial. Ses caractéristiques sont en apparence au niveau de la gouvernance politique du Capital par l'État, mais en profondeur c'est de mutations économiques et idéologiques* qu'il s'agit, comme on le voit dans les articulations de l'économie politique avec l'écologie - intégration totale de l'idéologie du capitalisme vert -, et avec le numérique (le sciento-techno-libéralisme)

* pour moi, l'idéologie appartient à la structure des sociétés historiques, j'y reviendrai

cette restructuration mondiale du capitalisme induit une mutation de niveau civilisationnel et anthropologique qui n'a pour l'heure en face d'elle de limites que celles de la vie sur terre. Toutes les contradictions actuelles sont structurées autour de la quête du profit, et des concurrences intercapitalistes qu'elle entraîne entre classes et au sein de chaque classe. C'est le point qui fait flotter la possibilité même d'une théorie communiste révolutionnaire au-delà d'une critique radicale du capitalisme existant et à venir, et rend invisible et imprévisible toute perspective de sortie révolutionnaire du capital [...]

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MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME
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