PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION

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 au-delà du vrai et du faux, tragique comédie

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PEUTÊTRE



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MessageSujet: Re: au-delà du vrai et du faux, tragique comédie   Lun 30 Avr - 7:12


« Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon bluejeans aussi devenait idéal ;
»

d'après Arthur Rimbaud, Ma bohème




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PEUTÊTRE



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MessageSujet: Re: au-delà du vrai et du faux, tragique comédie   Lun 28 Mai - 17:44


Griveaux a lu Vaneigem

« notre modèle social aide à survivre plutôt que permettre de vivre »

Le gouvernement se bat pour "les droits de l'homme pauvre", affirme Griveaux
L'Obs 27 mai 2018

Le gouvernement se bat pour "les droits de l'homme pauvre", qui, "sans doute, n'a pas voté aux dernières élections", a affirmé dimanche le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux dans une tribune parue dans "le Parisien".


image ajoutée

Citation :
"Dans le pays des droits de l'homme, nous remettons au cœur de notre combat les droits de l'homme pauvre. Cet homme pauvre, sans doute, n'a pas voté aux dernières élections. Mais c'est pour lui que nous nous battons", écrit-il en conclusion de ce long texte.

Défendant de "nouvelles protections pour chacun" comme "seule solution qui soit à la fois juste et efficace", Benjamin Griveaux dénonce une "faillite de notre modèle social", qui, selon lui, "aide à survivre plutôt que permettre de vivre", et des politiques "limitées à l'achat de la paix sociale à coup de subventions, d'allocations, de compromissions".

Il a cité les "100.000 élèves [qui] sortent de notre système scolaire sans aucun diplôme chaque année", "un chômage endémique" et "9 millions de personnes pauvres, dont 3 millions d'enfants, 4 millions de mal-logés et une espérance de vie inférieure de dix ans pour les plus modestes".

Depuis vingt ans, les gouvernements ont "organisé méthodiquement l'aumône républicaine d'un Etat-providence sans boussole", considère ce membre de la petite équipe à l'origine d'En Marche ! qui gravitait dans l'orbite de Dominique Strauss-Kahn après 2002. Et de critiquer une droite "coupée en deux" sur ces sujets et la création par la gauche de "droits formels".

"Nous attaquons les inégalités à la racine"
La lutte contre la pauvreté a été négligée, selon lui, par la classe politique précédente car c'est "un très mauvais investissement électoral". "Sortir les plus fragiles de la précarité prend du temps, des années, parfois une génération", et "les quartiers les plus pauvres enregistrent les plus forts taux d'abstention", développe-t-il.

"A ceux qui, chaque jour, interpellent le gouvernement sur sa jambe sociale et qui voudraient que nous traitions par une dépense publique pavlovienne les symptômes d'un profond malaise social, je veux dire que nous attaquons les inégalités à la racine. Que nous ne jouons pas la prochaine élection, mais la prochaine génération", lance-t-il.

Outre une défense et illustration des réformes engagées, il évoque les prochaines réformes des retraites et du système de santé, qui "dessineront un Etat d'investissement social" et "une société de l'émancipation".

[...]


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Patlotch



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MessageSujet: Re: au-delà du vrai et du faux, tragique comédie   Mar 29 Mai - 7:41


Spectacle du Spectacle


cimetières sous les nuls

il y a 50 ans, Debord renversant Hegel écrivait dans La société du spectacle : « Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. ». Aujourd'hui, le vrai est moment du vrai moment du faux moment du vrai.... La mise en abyme joue à tous les degrés comme sur les boîtes de Vache qui rit, à commencer par le fameux "second degré" de tous les cynismes post-68tards. Et si vous ne suivez pas, c'est que vous êtes un "réac", un conservateur, un gardien de cimetières

les cimetières, nous y voilà, justement. Ce n'est plus « Laissons les morts enterrer leurs morts et les pleurer » que Marx, dans une lettre à Arnold Ruge en mai 1843 , détourne de L'Évangile selon Luc, mais laissons les vivants déterrer nos morts et en rire, une autre forme du vandalisme

ceci de la part d'un grand visiteur du Père Lachaise



photo Patlotch 2014

« Printemps des cimetières »
J'irai me marrer sur vos tombes

Anne-Sophie Chazaud Causeur 28 mai 2018

Il ne s’écoule guère de semaine sans qu’une nouvelle initiative de la Mairie de Paris métamorphosée en bateau ivre ne suscite le rire, le désappointement et, il faut bien le dire, une forme d’inquiétude de type quasi-psychiatrique.

Citation :
Après les naturistes du Bois de Vincennes, les moutons d’Ouessant sur le périphérique ou le remplacement souhaité des « père et mère » à l’état civil au profit des « parents 1 et 2 », entre autres joyeusetés sans cesse renouvelées, voici venue l’heure d’aller chanter et danser sur les tombes, avec l’opération « Printemps des cimetières » (sic) qui a fait son apparition à Paris ce 26 mai 2018.

Le Printemps des croque-morts
Résonant quelque part entre le Printemps des poètes, Halloween, The Walking Dead et les Nuits blanches, parmi la myriade de fêtes imposées collectivement en toutes circonstances et sur tous sujets, l’idée, importée pour la première fois cette année en fanfares et trompettes dans la capitale, est désormais de valoriser le patrimoine à la fois culturel et écologique présent dans les nombreux cimetières de la ville à travers des animations diverses.

Le projet en lui-même n’est pas absurde, si l’on considère en effet la question sous un jour patrimonial, et de nombreux visiteurs se rendent déjà au Montmartre, au Père Lachaise ou au Montparnasse afin d’y suivre les allées conduisant aux dernières demeures célèbres ou anonymes qui en font le mystère. On comprend toutefois mal pourquoi les Journées du Patrimoine ne suffisent pas à héberger cette mise en valeur… patrimoniale quand bien même il faudrait, pour bien faire, les rebaptiser en Journées du Matrimoine. Il s’agit donc bien plutôt, on le voit, d’isoler le cimetière en tant qu’objet spécifique de curiosité festive et, ce faisant, d’en subvertir la représentation collective.

Bobodiversité
L’enjeu de ces remaniements symboliques constamment réinventés consiste à brouiller idéologiquement les repères traditionnels selon un logiciel subversif par ailleurs totalement éculé à force d’utilisation. C’est en quelque sorte devenu l’Oulipo de la subversion, selon des combinaisons qui semblent de plus en plus aléatoires et dénuées de sens.

Valoriser le vivant écologique qui s’y trouve constitue un autre aspect de l’argumentaire – et l’on attend avec impatience une animation festive sur l’activité rédemptrice et écologique des asticots -, alors qu’il est déjà parfaitement loisible à chacun de déambuler parmi les chats, les arbres et les herbes folles qui jalonnent ces lieux, d’aller, dans l’intimité de sa conscience, y méditer plus ou moins joyeusement sur la mort, la vie et le sens de cette dernière. Mais cela ne suffit manifestement pas. Ce qu’il faut, c’est danser, chanter, faire du bruit et, surtout, le faire collectivement.

On connaît l’immense et légitime fortune rencontrée par le concept d’homo festivus de Philippe Muray, et l’on ne peut que constater chaque jour l’immense fécondité de cette analyse dans son incarnation et sa quintessence parisiennes sous règne gauchiste, à l’extrême limite de la décomposition extatique du corps social.

In memoriam Verdun
L’une des intentions déclarées en l’espèce est de modifier le regard porté par les habitants sur la mort. Les cimetières, lieux de silence, de recueillement, sont donc supposés se transformer pour l’occasion en dancefloors citoyens et terrains de jeux, ce dont nous avions déjà eu un abominable aperçu lors des célébrations désacralisantes du centenaire de Verdun avec la chorégraphie post-apocalyptique de Volker Schlöndorff.

Sauf qu’à vouloir prétendument changer la perception de la mort, mieux l’apprivoiser (ce qui est honorable et légitime au plan philosophique), la société post-moderne révèle une nouvelle fois sa hantise de ce qu’est la réalité de la mort, à savoir précisément le silence. Car il se trouve que c’est cela, la mort : c’est le silence. Le silence de ceux qui nous ont quittés et qui ne nous parlent plus autrement qu’à travers nos mémoires ou les symboles dont nous habillons le vivant. Le silence partout combattu dans la société contemporaine et dans l’espace public par tous les habillages sonores et musiques d’ambiance possibles : tout plutôt que le silence et sa tragique plénitude.

Festivus municipalis
Le silence qui règne dans les cimetières permet à chacun, dans l’intimité de son vécu, de sa conscience, de ses convictions personnelles, de l’investir à sa manière, qui peut d’ailleurs parfaitement être individuellement festive. Il n’est pas compassé, bourgeois, conventionnel ni morbide : il est habité possiblement des émotions intimes de chacun, il est donc un lieu de respect et de liberté individuelles. Il est aussi le moyen par lequel l’humain peut entrevoir la réalité de la mort au milieu du brouhaha de la ville et de la vie. Il est une indispensable parenthèse, une respiration, un temps mort aux sens propre et figuré.

C’en est évidemment trop pour le festivus municipalis qui pourrait en devenir fou d’angoisse et s’effondrer sur le champ dans le néant intérieur qui l’habite : alors vite, faire du bruit, vite s’étourdir, vite de la distraction, vite du collectif, vite de l’agitation, vite du rien ! Les convulsions de Saint-Médard ne sont jamais bien loin…

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MessageSujet: Re: au-delà du vrai et du faux, tragique comédie   Mar 19 Juin - 5:48


éloge de la normalité

« Les homosexuels sont un peu atypiques par rapport à la norme sociale
mais aussi la norme biologique
[donc il faut que] leur projet supporte des profils d'enfants atypiques »


Adoption par les couples homosexuels :
"Uniquement pour des enfants atypiques" en Seine-Maritime

Coralie Moreau France Bleu Normandie 18 juin 2018

Depuis la loi sur le mariage pour tous, les couples homosexuels peuvent adopter, en théorie. Mais dans la réalité, le parcours est très compliqué. En Seine-Maritime, ces couples ne sont pas exclus... s'ils sont "ouverts aux profils d'enfants atypiques".

Citation :
En Seine-Maritime, les dossiers d'adoption des couples homosexuels ont très peu de chances d'aboutir ©️ Radio France - Radio France

Le mariage pour tous devait donner aux couples homosexuels les mêmes droits qu'aux couples hétérosexuels. C'est en partie le cas mais des discriminations persistent, notamment en ce qui concerne l'adoption, en Seine-Maritime.

Les témoignages sont nombreux, de couples homosexuels désireux d'adopter et découragés, souvent, durant leurs démarches pour obtenir l'agrément. Le parcours est le même pour tous les postulants, seuls ou en couple. Il faut passer par le département qui accorde ou non l'agrément après plusieurs rencontres, avec des psychologues notamment. Les dossiers sont ensuite soumis au Conseil de famille, instance constituée de personnes de la société civile, qui choisit la famille qui pourra accueillir l'enfant en attente d'adoption.

Pour les couples homosexuels, obtenir un agrément n'est pas compliqué mais c'est après que ça se corse. Selon Pascale Lemare, responsable du service adoption au département de Seine-Maritime,

Pour les couples homosexuels, "des enfants dont personne ne veut"

Ce que confirment des couples homosexuels, candidats à l'adoption. "On nous a dit que, pour avoir une chance, nous devions nous préparer à accueillir _un enfant à besoins spécifiques, c'est-à-dire grand ou avec un problème de santé, un handicap_", témoigne une jeune femme.  Des propos confirmés par la responsable de l'adoption au département : "Eux-mêmes sont un peu atypiques par rapport à la norme sociale mais aussi la norme biologique [donc il faut que] leur projet supporte des profils d'enfants atypiques".

Pour la responsable de l'adoption au département, les couples homosexuels doivent être "ouverts" sur le profil de l'enfant à adopter

Un discours qui choque. Pour cette autre femme qui a choisi d'abandonner les démarches, l'homosexualité souffre encore de fortes discriminations au sein même des institutions et des collectivités.

En Seine-Maritime, selon le service de l'adoption, un couple d'hommes a accueilli un enfant... à besoins spécifiques.

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MessageSujet: Re: au-delà du vrai et du faux, tragique comédie   Jeu 28 Juin - 18:00


@JLMelenchon a écrit:
09:21 - 27 juin 2018

Joie pure : la Mannschaft est éliminée. Trop forts les Coréens.


Simone Weil a écrit:
Indépendamment des revendications, cette grève est en elle-même une joie. Une joie pure. Une joie sans mélange. Oui, une joie. J’ai été voir les copains dans une usine où j’ai travaillé il y a quelques mois. J’ai passé quelques heures avec eux. Joie de pénétrer dans l’usine avec l’autorisation d’un ouvrier qui garde la porte. Joie de trouver tant de sourires, tant de paroles d’accueil fraternel. Comme on se sent entre camarades dans ces ateliers où, quand j’y travaillais, chacun se sentait tellement seul sur sa machine ! [...]
source

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MessageSujet: Re: au-delà du vrai et du faux, tragique comédie   Ven 10 Aoû - 7:53


tel quel : McDo résistance

la malbouffe au secours de l'emploi


Le McDonald's de Saint-Barthélemy fait l'objet d'un projet de reprise difficile à cerner. Pour les 77 salariés, la fermeture du restaurant aurait de graves conséquences sociales et économiques dans un secteur déjà isolé et paupérisé.


Des salariés du restaurant McDonald's Saint-Barthélemy de Marseille (Bouches-du-Rhône),
le 7 août 2018.  (FABIEN MAGNENOU)

Citation :
"On est des travailleurs et on reste des travailleurs." Kamel Guemari a le sourire face aux salariés du McDonald's Saint-Barthélemy, ce jeudi 9 août : le tribunal de grande instance a suspendu la vente du restaurant. Le sous-directeur de l'établissement se bat depuis trois mois pour sauver les 77 emplois – dont 55 CDI – de ce fast-food installé dans les quartiers nord de Marseille. L'avant-veille, il avait menacé de s'immoler par le feu. Ce "cri d'alarme, un geste de ras-le-bol", a permis de médiatiser ce dossier qui le hantait depuis des semaines.

A la tête depuis janvier 2015 de six McDonald’s à Marseille, leur gérant, Jean-Pierre Brochiero, les a mis en vente pour raisons de santé, dit-il. Mais seuls cinq ont fait l'objet d'une offre de reprise par Mohamed Benassi, un investisseur qui possède déjà des parts dans plusieurs fast-foods de la ville. Pourquoi celui de Saint-Barthélemy fait-il exception ? "Ce site est sans doute le dernier petit village gaulois, avec une forte concentration syndicale", estime Tony Rodriguez, délégué SUD-Solidaires. Grâce à d'anciennes mobilisations, les salariés des six restaurants ont notamment obtenu un treizième mois à partir d'un an d'ancienneté et le remboursement de la mutuelle à 90%.

Le sort de Saint-Barthélemy est désormais suspendu au projet de reprise déposée par l'énigmatique Hali Food, une entité domiciliée en Tunisie qui a promis d'investir 500 000 euros et de conserver les emplois. Les employés, eux, doutent de la solidité du projet et craignent une liquidation déguisée, permettant d'éviter un coûteux plan social au vendeur du restaurant. "Nous soupçonnons une opération globale d'escroquerie pour conduire le restaurant à la faillite", explique l'avocat des salariés, Ralph Blindauer.

"Les vapeurs commençaient à m'étouffer"


La tension est telle que l'histoire a pris une tournure dramatique, mardi. Ce jour-là, une réunion d'expertise se déroule à Vitrolles. Kamel Guemari tient alors des propos équivoques face à Jean-Pierre Brochiero, selon un document sonore consulté par franceinfo. "Un homme n'a pas peur de mourir, lance-t-il, conscient du sort défavorable réservé aux salariés. Moi, aujourd'hui, je quitte la société avant vous." Le sous-directeur sèche une seconde réunion consultative et fonce jusqu'au restaurant pour parler aux employés. Beaucoup sont en pleurs. "Là, je me suis dit : 'c'est bon, je ne peux plus'", se remémore-t-il deux jours après.

Kamel Guemari part chercher trois jerricans à la station-service, revient par la porte arrière et brise les clés dans les serrures, pour condamner l'accès au restaurant. "J'avais peur et j'étais impressionné par le nombre de policiers dehors... J'avais envie d'exprimer ma colère et celle de tous les salariés." Il s'asperge d'essence, qui le démange et lui brûle la peau. "On tapait sur les fenêtres mais on ne pouvait rien faire !" raconte une salariée qui assiste, impuissante, à la scène. Lui veut frapper un grand coup, mais il n'a pas l'intention d'enflammer le combustible.

"Les vapeurs commençaient à m'étouffer et j'avais la tête qui tournait", se souvient Kamel Guemari. Il passe à la plonge pour s'arroser d'eau et soulager ses douleurs. Au téléphone, un policier lui demande de "ne pas faire le con" et mentionne ses "trois enfants". "J'avais peur de sortir, de la pression de l'extérieur et du regard de mes proches." Après 45 minutes, il ouvre finalement la porte au commandant de police. "Les forces de l'ordre ne m'ont jugé à aucun moment. J'aurais même voulu que mon interlocuteur monte avec moi dans le fourgon de pompiers."

L'homme est placé sous masque à oxygène à l'hôpital de la Timone, avant d'être transféré à la Conception pour un examen psychologique. Dès le lendemain, Kamel Guemari est de retour auprès de ses collègues. Mais cette fois-ci, son corps flanche et il s'écroule sur le carrelage. Il entend quelqu'un lui dire : "Tu veux un filet-o-fish ?" En sueur, soutenu à bout de bras par des collègues, Kamel Guemari est évacué et part enfin prendre du repos.


Le sous-directeur de l'établissement, Kamel Guemari, est pris d'un malaise, mercredi 7 août 2018.  (FABIEN MAGNENOU / FRANCEINFO)

"Ce McDo a compensé les déficiences de l'Etat"

"Ce qu'a fait Kamel, j'aurais pu le faire aussi, glisse Hacène, un employé quinquagénaire lassé de craindre l'avenir. J'y ai parfois pensé, mais je suis croyant." Pour ces salariés, le restaurant représente davantage qu'un fast-food. Il est l'âme d'un quartier oublié des employeurs et des pouvoirs publics. En 1992, le McDo ouvre dans une ancienne station-service, avec la bénédiction des pouvoirs locaux qui subventionnent son installation. À l'époque, la mascotte Ronald fait même le tour des centres sociaux pour amuser les enfants. Enfin un peu d'animation.

Six ans plus tard, Kamel Guemari, 16 ans et demi, prête main forte lors d'une sortie du clown jaune et rouge. Le lendemain, il frappe à la porte de l'enseigne. "Les personnes nous donnent rarement de l'attention. Ici, je me suis senti enfin considéré, explique celui qui a débuté comme équipier. Tout au long de ma carrière, j'ai essayé d'offrir à d'autres la même opportunité."

Peu à peu, le fast-food est devenu le lieu incontournable d'un quartier situé en marge du développement marseillais. "Il a compensé la déficience des services publics de l'Etat", explique Salim Grabsi, membre du Syndicat des quartiers populaires de Marseille (SDQPM). Au tournant des années 2010, le trajet de la nouvelle rocade L2 a même été modifié pour ménager l'établissement, un temps menacé. "Je suis une enfant de Ronald", sourit Sarah, 19 ans, employée dans un autre McDo. Les centres aérés de Picon, Font Vert, Busserine, Paternelle y font un saut. "Tout le monde connaît ce restaurant parce qu'on n'a que ça depuis qu'on est petits."

Loin d'être de simples jobs étudiants, ces emplois ont sauvé cet autre salarié engagé la même année. "S'il n'y avait pas eu McDo, je pense que je serais derrière les barreaux. Tous les gens de ma génération ont goûté à la prison, sont morts ou ont quitté la région."

Le taux de pauvreté est de 40% dans le 14e arrondissement de Marseille, et celui du chômage atteint près de 30% pour les 18-25 ans. "Généralement, travailler à McDo est un job de passage, ici c'est un métier", poursuit ce salarié. L'enseigne est aujourd'hui le premier employeur privé des quartiers nord, devant l'hypermarché Carrefour.  

"Les jeunes vont faire quoi ? De la drogue ?"

Les habitants ont peu de perspectives d'emploi et, de fait, les profils des salariés tranchent ici avec la politique de l'enseigne, qui draine traditionnellement un flot d'étudiants. Zora, 47 ans, est mère de famille célibataire. Quatorze ans de McDo et 1 000 euros par mois à temps partiel. "Je vais faire quoi après ? Ici, c'est les quartiers nord, il n'y a rien. On nous a isolés. Les jeunes vont faire quoi ? De la drogue, de la prostitution ?" Certains comparent l'éventuelle fermeture du restaurant à celle d'un café dans une commune rurale.


Un salarié regarde une chaîne d'information en continu relayant le conflit social au McDonald's Saint-Barthélemy,
le 9 août 2018 à Marseille (Bouches-du-Rhône). (FABIEN MAGNENOU / FRANCEINFO)

Jean-Pierre Brochiero n'a pas répondu à notre appel et McDonald's France ne souhaite pas commenter le sort du restaurant. Si l'ordonnance de suspension du tribunal de grande instance de Marseille a soulagé les salariés, ces derniers continuent tout de même à occuper le restaurant depuis dimanche soir.

Ce soir-là, des violences ont été commises par une douzaine d'individus, qui ont porté des coups aux clients et à sept employés. Les agresseurs ? Inconnus au bataillon. "Quand ils l'ont appris, des gens du quartier ont voulu venir pour en découdre avec ces personnes", explique un salarié. Des individus auraient déclaré qu'il y aurait "bientôt du changement" dans le restaurant, selon l'avocat Ralph Blindauer. Une référence à la future reprise ? Invérifiable, mais l'épisode a encore tendu la situation.

La fermeture du restaurant ferait tache à l'heure des grands investissements publics. Au total, 132 millions d'euros ont été investis dans un projet de renouvellement urbain (PRU) à Picon-Busserine et Saint-Barthélemy, dans le 14e arrondissement. "C'est l'un des PRU les plus ambitieux de Marseille en termes de coût, explique Karima Berriche, membre du SDQPM. On ne peut pas dépenser autant et programmer la mort économique et sociale de ces territoires."

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MessageSujet: Re: au-delà du vrai et du faux, tragique comédie   Mer 15 Aoû - 10:09


Citation :
Amaury NAVARRANNE @aNavarranne 1 heure
Ancienne fête nationale, le #15août est pour la France l'occasion de rappeler que nos racines profondes puisent dans le catholicisme la sève de notre avenir. Bonne fête de l'#Assomption !

Guillaume Bernard @GB_GBernard 2 heures
#15Aout: bonne fête de l'#Assomption! Certains voudraient modifier les jours fériés sous prétexte de laïcité ou de diversité oubliant que la France existait avant les théories du contrat social et qu'elle est ontologiquement catholique indépendamment de la croyance des individus.

Louis Riel @LouisRielFrance 11 minutes
En ce #15août 2018, je vous souhaite à tous une très belle fête de l'#Assomption, en vous rappelant que ce jour férié est, à partir du "Vœu du roi Louis XIII" à la Vierge Marie en 1638, la #FêteNationale de la #France, et demeure encore aujourd'hui la Fête nationale de l'#Acadie.



Dolto @Fils2Psy 48 minutes
Les croyants attendent avec impatience le #15Aout jour de l'#Assomption de Marie pour connaître eux aussi la « montée au ciel » sans avoir connu la corruption de la mort ...
-  Ô Dieu, Tandis que je m’élève, je te remercie de m’avoir offert la possibilité d’être sur cette terre.


Père Louis † ن @ldevilloutreys 12 heures
Chers catholiques, demain #15août c'est comme un dimanche : messe pour tous. Nous fêtons l'oeuvre de Dieu en Marie : conçue sans péché, la bienheureuse Mère de Dieu toujours vierge "a été élevée en corps et en âme à la vie céleste".
C'est fête patronale de la #France.

Jean-François Jalkh @JFJalkh 19 minutes
À l'heure où nos racines sont en danger, utile de rappeler qu'avant d'être un jour férié, le #15Août, c'est l'#Assomption de la Vierge Marie.

ElisabethLK ن @bablouv 35 minutes
"Elle est le grand honneur de notre race déchue."  
#Marie #Assomption #15août

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