PATLOTCH / CIVILISATION CHANGE / COMMUNISME, SEXE, et POÉSIE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
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 SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes

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Admin
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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Dim 29 Jan - 13:48

rappel des épisodes précédents

le sujet aborde la sexualité de plaisir plus que de reproduction


page 1 : panorama : « La vie sexuelle révolutionnaire » ! Trotsky et Reich, Speculum et spéculation vu par Patlotch, dessins humoristiques sur le thème sexe et communisme, "Le sexe est-il soluble dans le Communisme ?" (Fourier, Proudhon, Courbet, Kollantaï, Reich...), Alexandra Kollontaï, Sexualité et lutte des classe

page 2 : Paola Tabet et le concept d’échange économico-sexuel, le sujet s'oriente vers la sexualité de plaisir plus que de reproduction, Wilhelm Reich, Gilles Dauvé Sur la « question » des « femmes », Arletty et "la collaboration horizontale"

page 3 : Non-mixité : faut-il parfois exclure les hommes du combat féministe ? Ali Baba et les 40 voleurs[/i] et 'la femme', Lubin, 1944, Chérubin de Pigault-Lebrun en 1800 à Donville en 1934, Roger Vailland écrivain communiste et libertin, Liberté sexuelle, nécessités psychologiques et révolution, avec Bernard Muldworf, psychiatre communiste, Clouscard... Liberté sexuelle et anarchisme, Florage : distinguer : l'objectif illusoire d'une libération sexuelle pour tous dans la société capitaliste; la révolution comme moment transitoire de sortie du capitalisme et la fonction des désirs, dont sexuels, dans ce processus; la projection future nécessairement abstraite

Page 4 : Miles Davis, Nougaro, Sexualités féminines dans les séries (Zones subversives) , Les mouvements de révolution sexuelle (Zones subversives)

page 5

- sur l'attirance sexuelle et la recherche du plaisir, déterminée ou non par la fonction de reproduction
- de la découverte du plaisir féminin à l’émancipation de la femme
- le plaisir clitoridien
- théorie de la communisation : une ablation théorique du clitoris
- Le pouvoir des femmes et la subversion sociale, la fonction capitaliste de l’utérus : « Mais il ne s’agit pas seulement de poser le clitoris contre le vagin, mais tous deux contre l’utérus.  »

page 6

- Jeter le bébé avec l'eau du bain
- lesbiennes et communisme
- 'Les Guérillères' de Monique Wittig 1969
- une critique des rapports sociaux sexuels ? Et la sexologie ? Florage
- 'Homosexualité & révolution', Daniel Guérin 1983
- 'Le corps féminin confisqué', Brigitte Pengam-Ferriere, Invariance de Jacques Camatte, 2015
- « Homosexualité communiste (1945-1989) » Colloque International février 2017

rien de transcendant à la page 7, à part le Coming Out d'Angela Davis, vous pouvez la passer, c'est le week-end, tout le monde se relâche

page 8 : Natsuo Kirino 'Out', Lilith, Jane Seberg, Baby Doll, Elia Kazan, les sextoys et la Chine...

Page 9 : Sextoys, Kamasutra, homosexualité en URSS, la classe ouvrière et les homosexuels, la bienséance et ses règles bourgeoises, Ronsard Les Amours de Cassandre, la gale

page 10 : Galant..., Félicien Rops, l'amour, les cochons et religieuses (Diderot, Becat, Bosch...), tous les hommes sont des cochons, Brel Les bourgeois..., Pro-Life...

Page 11 : L'an 40, L'intruse, Sans queue ni tête, Baudelaire et le dandysme, "le bon goût est un moment du mauvais goût" (AliBlabla), Désirs de révolution Nadejda Tolokonnikova Pussy Riot /Trump,

Page 12 : Bandits vs Gentleman, Nos désirs font désordre (lesbiennes), Freud Le mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient, dialectiquement parlant, le juste milieu n'existe jamais...

Page 13 Houellebecq, cochons et religieuses bis, proposer la botte, le duel émancipé duels de femmes au 19e siècle, Johnny Guitar un western féministe ?

Page 14 : le sexe, un plaisir animal trop humain ? "Amour et sexualité : l’homme est-il différent des animaux ?", "Le sexe chez les animaux, pas qu'une simple affaire de reproduction...", "Sexualité : Exprimer notre animalité, "Les grands singes sont tous menacés d'extinction" (dont les humains ? s'inquiète Cassandre), Brigitte Bardot et Frigide Barjot...

Page 15 : Un cochon à tête de singe, Sommes nous issus d'un croisement entre un porc et un singe ?, "Transformation des hommes en singe et en porc" un point de vue islamique, Orwell La ferme des animaux, des cochons et des hommes, Orwell machiste, Orwell populiste, encore des cochons avec Brecht et Jeanne d'Arc, un homme ?, Vivre et penser comme des porcs, de Gilles Châtelet 1998, l'UN, Cassandre à "Je lutte des classes" en passant par Stirner : une dérive perverse ?

Page 16 : foufoune, le bovarysme, Pénis. 45 % des hommes satisfaits de la taille de leur sexe, timbré/détimbré, Le féminisme délicieusement timbré de Miss.Tic, Tendresse (Florage)...

Page 17 : tendresse et sexualité, tendresse et désir, les hommes, les femmes...

Page 18 : l'idéologie psychologique machiste de la "tendresse des hommes", le désir comme manque et  l'amour comme échange économique, la transformation des participant.e.s en marionnettes

Page 19 : les marionnettes se présentent, premiers signes de rébellion pour la vraie vie (AliBlabla) et de fragmentation du sujet pantin

Pages 20 et 21 : la segmentation à son comble par les tendances identitaires... Guignol et le gendarme

Page 22 : Cassandre immédiatiste, les autres se défilent, le slibard et le c cédille, le détournement

Page 23 : Cassandre et AliBlabla, le "métier" de prédiseur et le détournamant

Page 24 : "le vrai est moche", En attendant Godo vidéo, pièce minimalistes en quatre actes... l'amour révolutionnaire dans les boites, l'Assemblée généreuse des marionnettes, l'émeute des pantins et pantines, épilogue

Page 25 : Ras-la-touffe, La valse à mille temps, "Il n'y a pas de rapport sexuel" (Lacan...), Les sucettes à l'anis, dialogues "tout le monde a lu le forum. Sauf...", Autums Leaves, Hic Salto pour les mouches

Page 26 : Baby, Please Don't Go !, "ça, moi, surmoi", Texte POUR UN ART BIOCRITIQUE : SEXUALITÉ ET ACTION POLITIQUE, Trois récits création de l’Œuvre multiorgasmique

Page 27 : Il y a un temps pour tout, la « plus-value sexuelle », les sexbots, l'érotisation du capital, Le marteau sans maître, une immense accumulation de sexe

Page 28 : divers rebondissamants produits et une révélation fracassante, La Gitanella de Cervantes, Ysabel's Table Dance Mingus, Boiter n'est pas pécher Freud/Israël, The Revolution will not be televised Gil Scott Heron, Avanie et Framboise[/i] Lapointe, Sept ans de malheur Max Linder, On n'est pas là pour se faire engueuler Vian, Je ne regrette rien Piaf, la contradiction de genre est héraclitobitococoïtoquitienne de souche..., Admin a disparu...

(à suivre)



Dernière édition par Admin le Mar 31 Jan - 13:13, édité 2 fois
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AliBlabla



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Dim 29 Jan - 15:24

AliBlabla : - Nos femmes font la gueule.

Tristan : - Telle mère, telle fille, mais... des bombes sexuelles !

AliBlabla : - Elle vont aller se faire sauter ailleurs...

Tristan : - Pardi, par dix, par d'autres ! On l'a dans le baba, Ali.

AliBlabla : - Tu pourrais te déguiser...

Tristan : - En quoi ?

AliBlabla : - En Hamlet !

Tristan : - En Othello, c'est mieux.

AliBlabla : - Un grand Noir à la puissance augmentée ?

Tristan : - On ne fait pas d'Hamlet sans caser des Zeus.

AliBlabla : - Ni d'yeux ni mettre ? Peut mieux faire...

Tristan : - Othello du bain sans jeter le bébé ?

AliBlabla : - Par exemple. Tu me vois dans quel rôle ?

Tristan : - En bouffon d'Othello, tu seras parfait.

AliBlabla : - L'Arabe de service, quoi...

Tristan : - Arabe et corvéable à merci.

AliBlabla : - Vu ton niveau, je comprends Florage.

Tristan : - En grand Noir, je serais irrésistible.

AliBlabla : - C'est son fantasme à n'en point douter.

Tristan : - Un lieu commun de féministe blanche islamo-gauchiste.

AliBlabla : - Othello est un ex-Musulman converti !

Tristan : - Un Maure, c'est quasi-marxiste !

AliBlabla : - Il y a un problème.

Tristan : - Lequel ?

AliBlabla : - Tu est trop petit.

Tristan : - Des échasses feront l'affaire, avec une djellaba.

AliBlabla : - Un grand échassier rouge et noir, elle à tes pieds ?


Tristan : - Les ailes du désir !

AliBlabla : - En pantin monté sur échasse, tu seras parfait.

Tristan : - Avec toi à mes basques en bouffon, nous deux feront la paire.

AliBlabla : - Lapeyre, pour les échasses.

Tristan : scratch

AliBlabla : - Ils font de la menuiserie sur mesure.

Tristan : - Demain ne peut attendre !



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Cassandre



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Dim 29 Jan - 17:28

Florage : - Que vous êtes joli, que vous me semblez haut !

TristOthello: - Hic niger sum, je suis d'ici le mieux monté.

Cassandre : - Dans les flots démon t'es ?

Florage : - Des démons donne un Noir !

AliBouffon : - Aux races un jet d'espoir.

Cassandre : - Et tu es son esclave ?

AliBouffon : - Ali tuer personne.

Cassandre, Florage : scratch     scratch

TristOthello : - Il est à demi-maure.

AliBouffon : (- qu'est-ce qu'il me joue encore ?)

Florage : - J'aime le Maure entier.

Cassandre : - Je prendrais la moitié.

AliBouffon : - La morue fait salers, ah la vache !

Cassandre, Florage : scratch     scratch

TristOthello : - Pardonnez-le, il est un peu dyslangagé.

Cassandre : - Un atout qui me plaît !

AliBouffon : - Qu'un beau porc vous salue, de la tête.

TristOthello : - Il salue votre port royal.

Florage : - Venons-en aux faits.

TristOthello : - La jalousie est un monstre aux yeux verts.

Florage : - J'ai les yeux noirs !

TristOthello : - Le charme de tes yeux a déplacé mon cœur.

Florage : scratch

TristOthello : - C'est de Shakespeare, vous ne connaissez pas ?

Florage : - Un grand Noir, oui. Un pédant, non !

(elle s'éloigne)

AliBouffon : - Un coup des pédants lots.

Cassandre : scratch

AliBlabla : - Je suis d'art habité.

Cassandre : - D'Arabie t'es où, dites ?

AliBouffon : - Plus ou moins près trop loin.

Cassandre : - On fera avec Hic Salta.

AliBouffon : - C'est un ami à toi ?

Cassandre : - T'es bien mignon, mais trop con.

(elle s'éloigne)

TristOthello : - Mon parti est pris : adieu l'amour, adieu la jalousie !

Florage : - Faudrait savoir ce que vous voulez !

TristOthello : - Combien pauvres sont ceux qui n'ont point de patience.

Florage : - J'attendrai de vous mettre en boîte à mon heure de loisir...

(elle s'éloigne)

Cassandre : - Maman, il est trop grand, il ne rentrera pas...

Florage : - Regarde sur http://www.boxs.fr/ s'il y aurait sa taille.

AliBouffon : - C'est ta vraie maman du vrai ?

Cassandre : - On n'a pas gardé les cochons ensemble.

AliBouffon : - Tu me détournes l'âme en peine.

Cassandre : - Le droit à la tendresse n'est pas à l'ordre du jour.

(elle s'éloigne)

Florage : - Alors, ils ont la taille ?

Cassandre : - http://www.boxs.fr/boites-en-carton/sur-mesure-carton/

(elle revient)

Florage : - Revenez tantôt, j'aurai tout ce qu'il faut.

(elles partent)

Tristan : - L'affaire est dans la boîte.

AliBlabla : - Parle pour toi !

Tristan : - Tu n'avais pas appris ton texte !

AliBlabla : - Mais on m'a dit d'imprivoiser.

Tristan : - Tu verras ça avec ton père !

AliBlabla : affraid  Comment t'as deviné ?

Tristan : - Tu lui ressembles comme un chameau dans le désert d'Abyssinie.

AliBlabla : - C'est pas arabe, l'Éthiopie, et la majorité est orthodoxe !

Tristan : - Pas catholique ! Tu es un islamiste culturel !

AliBlabla : - Tu me traites comme un esclave !

Tristan : - Revanche de l'histoire !

AliBlabla : - Tu te mets Martel en tête pour Florage




Tristan : - Cause toujours, Charles...

AliBlabla : - Attends, TRISTAN !

(trop tard, il est parti, à grands pas d'échasses)

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Dim 29 Jan - 17:38


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AliBlabla



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Lun 30 Jan - 18:06




ceci pourrait être une illustration

(le bouquin me paraît tout sauf intéressant)

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Florage



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Lun 30 Jan - 22:18


un bon coup de sexe dans le communisme

Florage : - T'en retires quoi, de tout ce fatras ?

Patlotch : - d'abord un plaisir certain à foutre le bordel à commencer dans mes idées, par un dérèglement du rapport formes-contenus qui permette, jusque par le non-sens, de retrouver du sens, et de creuser ce que je pense réellement

Florage : - Tu es satisfait du résultat ?

Patlotch : - non, mais l'heure n'est pas au bilan ni à la synthèse, et des résultats, j'en ai

Florage : - Lesquels ?

Patlotch : - Si tu reprends le fil depuis le début, les échanges de Reich avec Trotsky dans les années 30, et le déroules jusqu'à aujourd'hui, hé bien pour ce qui est des rapports entre théories marxistes et sexualité, ça n'a pas beaucoup avancé

Florage : - Comment ça ?

Patlotch : - Par l'intermède 68, cela s'est "libéré" mais a été repris par le Capital, et le reste est allé vers des "émancipations" autour d'identités homosexuelles, trans, LGBT...

en montant sur le cheval du genre, sexe social, Théorie Communiste a pu poursuivre la vaine puritaniste qui caractérisait les partis et le mouvement ouvrier programmatiste. Je dis TC parce que sa théorisation classe-genre, et me concernant directement, son texte "Le sexe sans excès", est paradigmatique de l'évacuation du désir, de la libido dans les motivations des êtres humains à se battre y compris sur le terrain de classe. L'avantage des super-gauchistes, dont le principal exploit est la surenchère, c'est qu'ils font tout à l'excès, sur le papier, mieux que les autres, qu'ils aident donc à comprendre

Florage : - Moralité ?

Patlotch : - moralité, la nécessité d'un bon coup de sexe dans le communisme, au sens d'un coup de désir, et sur tous les plans. L'auto-production d'une subjectivation révolutionnaire en dépend par définition, tout le reste est déterminisme, "contrainte de la classe à faire la révolution", etc. la fiction théoriciste des bourrins communisateurs

Florage : - Tu les trouves inintelligents ?

Patlotch : - aujourd'hui oui, étroits d'esprits, d'un intellectualisme désuet et dans une large mesure incultes et peu curieux de s'instruire, par peur de briser leur noyau dur idéologique. C'est à la limite de la castration théorique volontaire. Le sexe et la race en sont aujourd'hui des révélateurs. J'ai lu leurs textes et j'ai vu leurs têtes, vécu leurs manières. Ils sont issus d'une très petite bourgeoisie intellectuelle, blanche et mâle à 99%, et se comportent en boutiquiers sur le marché des idées "révolutionnaires"

Florage : - Ils ne sont pas les seuls...

Patlotch : - tout le milieu post-ultragauche est particulièrement gratiné, et coincé, TC est à tous égards le meilleur d'entre eux... Regarde la question féminine, ils ont mis 40 ans à y venir, et la race, ils ne l'ont pas encore trouvée, sauf pour s'inscrire dans l'idéologie française avec une bonne partie des marxistes et anarchistes français

Florage : - Ça fait deux ans et plus que tu le mets en avant. C'est ton seul "résultat" ?

Patlotch : - heureusement non, et cela tient 5% du forum, mes considérations s'étant émancipées de ce milieu, comme de tout milieu. Dans ce sujet, le théâtre de marionnettes met en scène, avec quelques personnages, six ou sept clivages : de classe, de genre, de race, de génération, d'éducation, de sexe, avec la 'nature'... et le tout est tissé par une complexité indémêlable par la théorie, parce que la question du désir est partout, comme je disais plus haut, et comme l'écrivait magnifiquement Robert Desnos

« les lois de nos désirs sont des dés sans loisirs »

Florage : - Mais le désir est théorisable, par la psychanalyse. Le fil propose des textes, de Reich à Israël...

Patlotch : - c'est incontournable mais insuffisant pour tisser le lien avec les autres dimensions et notamment le clivage de classe et l'économie politique des rapports humains. Ce que montrent pour moi ces textes est que tout y renvoie, même en théorie, à une pratique, mais cette pratique vue par les cliniciens n'est pas la pratique sociale de la totalité concrète dans la réalité des relations entre les individus, relations sexuelles et autres dans lesquelles entre toujours la question du désir

Florage : - c'est donc la fonction de ton "théâtre-roman de marionnettes" que d'en tenter l'approche ?

Patlotch : - on peut le dire comme ça, mais j'aimerais être à la hauteur, et c'est pour moi une première que ce type d'écriture théâtrale, romanesque voire de polar, qui est difficilement compatible avec l'improvisation. Il faudrait reprendre et corriger la cohérence et la "crédibilité", comme le font les romanciers, ou alors accepter délibérément le caractère loufoque et absurde des "rebondissamants"

Florage : - Pourquoi rajouter un théâtre des marionnettes, puisque tes hétéronymes, comme Tristan, AliBlabla, moi, en sont déjà ?

Patlotch : - nous sommes tous des marionnettes à plusieurs fils dont nous ne connaissons que certains des marionettistes. La marionnette typique du capital est le prolétaire. Nous ne connaissons pas certaines structures du fonctionnement de la société capitaliste actuelle et surtout nous ne savons pas comment se tirent les fils de nos désirs inconscients

dans ce théâtre du théâtre qu'est le forum, tout se met en abîme comme sur la boîte de Vache qui rit, la boîte dans la boîte dans la boîte...




"Patlotch" est  aussi une marionnette et je ne maîtrise pas tout ce qu'elle dit, j'essaye de l'entendre et de le comprendre

Florage :  scratch      study      scratch      study      scratch      study      scratch

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Florage



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 13:02

suite du thème sexualité de reproduction / sexualité de plaisir


Faisons-nous l'amour pour nous reproduire ?

Agnès Giard Libération Les 400 culs 10 Février 2012

De nombreux biologistes et psychologues affirment que nous sommes attirés les uns vers les autres par un soi-disant «instinct de reproduction». Pour les tenants de cette théorie prosaïque et plate, les hommes autant que les animaux seraient mûs par le désir de conserver leur espèce. L’individu ne séduirait et n’aimerait qu’en vue d’assurer sa postérité, la fin ultime étant «la continuité de l’espèce»…


Citation :
Lorsqu’on observe les animaux sauvages, il est toujours surprenant de voir que leurs comportements sexuels —mécaniques et compulsifs— sont réglés comme les aiguilles d’une horloge: en mode automatique. Il y a la période de rut, durant laquelle, frénétiquement, ils se ruent les uns sur les autres, puis plus rien. Eprouvent-ils seulement du plaisir? C’est difficile à dire. Les mâles ont beau éjaculer, on ne saurait être certain qu’ils éjaculent «avec orgasme». Quant aux femelles, elles subissent une saillie si rapide qu’il est presque impossible de dire si leurs cris (quand elles en poussent) ne sont pas de douleur… Ont-elles même seulement le temps d’avoir une sensation? Rares sont les espèces qui coïtent plus de quelques secondes (1). Chez les mammifères les plus évolués, la pénétration peut durer environ 15 secondes. Lorsqu’on descend plus bas dans l’échelle des animaux, il devient encore plus difficile d’envisager l’existence d’un plaisir associé à la reproduction. «On n’est guère tenté d’attribuer un grand émoi aux insectes ou aux araignées, pas plus qu’aux animaux pour qui la fécondation a lieu hors du corps (comme les poissons qui fraient à distance) ou aux animaux qui se reproduisent sans rapport sexuel», expliquent Elisa Brune et Yves Ferroul dans Le secret des femmes. Selon toutes apparences (qui sont peut-être trompeuses, mais nous y reviendrons), les animaux ne font rien d’autre, en s’accouplant compulsivement, que se décharger d’une tension.




Partant du principe que la sexualité des animaux ne semble pas  liée au plaisir, beaucoup de biologistes en sont venus à la conclusion qu’elle n’a d’autre finalité que la reproduction. Ils ont donc mis au point une théorie nommée «l’instinct de reproduction» et ont limité les étreintes animales à de simples processus de sélection naturelle. Ensuite, ils ont affirmé que les hommes et les femmes ne faisaient l’amour, pareillement, que dans le but de conserver leur espèce. Le mâle ne ferait sa parade qu’en vue de féconder la femelle… Dès les années 30, quelques pionniers de la sexologie protestent. Dans Von kosmogonischen eros, l’Allemand Klages s’écrie: « C’est une erreur, une falsification délibérée que de qualifier l’instinct sexuel comme instinct de reproduction. La reproduction est un effet possible de l’activité sexuelle, mais elle n’est pas du tout comprise dans l’expérience vécue de l’excitation sexuelle.» Ses arguments sont de bon sens: pour Klages, il est évident que les animaux sont inconscients. Lorsque des chats s’accouplent, le font-ils en vue d’avoir une portée? Non. Ils s’accouplent parce qu’ils sont possédés par la fureur sexuelle. Dans le règne animal, seul l’homme a conscience de la portée de ses actes. Mais cette conscience n’est pas le moteur de sa sexualité.

Les humains ne font pas l’amour dans le but d’enfanter. « C’est même plutôt rare qu’ils pensent à cette possibilité (en dehors des stratégies pour l’éviter) », se moquent Elisa Brune et Yves Ferroul. Même quand le désir d’avoir des enfants joue un rôle fondamental dans l’union entre un homme et une femme, ce n’est pas en pensant à l’enfant qu’ils parviennent à s’exciter (2)… Et dans le cas où ils ne s’unissent QUE pour mettre au monde des enfants, ce n’est pas cette idée qui met en branle leurs outils sexuels. Le moteur de l’excitation est rarement un but utilitaire, un devoir moral ou une pieuse mission… De même, le moteur de l’amour est rarement la progéniture. Dans la littérature ni dans les mythes, aucun amoureux ne désigne la femme de son coeur comme la “mère de mes enfants”… Lorsqu’Adam découvre Eve, il ne voit pas en elle une «maman». Lorsqu’Eve devient capable d’enfanter, cet événement traumatisant est vécu comme une «chute». La procréation semble d’ailleurs si éloignée de l’idée du paradis qu’aucune des grandes figures amoureuses ne lègue de successeurs au monde: Tristan et Iseult, Roméo et Juliette, Paolo et Francesca n’ont pas d’enfant. Leurs histoires ne se terminent en tout cas pas, comme dans les contes, par « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Quand deux humains sont attirés l’un par l’autres, leur esprit se concentre sur l’idée de ne plus faire qu’un. Ce qu’Elisa Brune résume avec légèreté: « Pourquoi fait-on l’amour ? Eh bien… pour faire l’amour, pardi ! C’est un plaisir en soi, pas besoin d’un dessin. La sexualité fait du bien.»

« Le feu dévore, consume et ne produit pas », écrit Barbey d’Aurevilly, avec des mots plus concis encore. Dans un de ses romans, une amoureuse, à qui l’on demande si elle n’est pas malheureuse de ne pas avoir d’enfant, s’exclame: « Je n’en veux pas! Les enfants ne servent qu’aux femmes malheureuses ».

On pourrait voir dans ce «cri du coeur» une forme d’extrêmisme nihiliste, mais le désir de ne vivre que pour et par la passion (en excluant tout autre motif comme «vulgaire», voire «intéressé») est quelque chose d’inhérent aux formes de vie supérieures… Il est en effet prouvé que plus on monte haut dans l’échelle des organismes, moins on se reproduit. Par opposition aux procaryotes (être vivants dont les cellules sont sans noyau) qui se reproduisent par fission  ou par parthenogenèse (3) et peuvent donner de leur vivant jusqu’à 1000 clones ou copies d’eux-mêmes, les eucaryotes (êtres vivants dont les cellules sont dotées d’un noyau) se reproduisent de façon sexuée, c’est à dire qu’il leur faut réunir deux partenaires pour obtenir une seule progéniture, ce qui réduit de moitié leur productivité. « Il faut aussi compter avec la dépense embarrassante de l’énergie liée à la production de mâles chez les espèces sexuées. Ils restreignent l’obtention de ressources pour les femelles et concurrencent leurs propres descendants, alors qu’ils n’interviennent que pour offrir un tout petit brin d’ADN », souligne Thierry Lodé dans La Biodiversité amoureuse. Curieusement, chez les êtres vivants, plus le système nerveux est complexe, moins ils se reproduisent et plus la force de l’inclination sexuelle augmente… Chez l’être humain, la multiplication se fait beaucoup moins que dans tout le reste du règne animal, alors que l’amour sexuel atteint l’importance et l’intensité la plus grande.




Elisa Brune et Yves Ferroul l’expliquent si bien (dans leur ouvrage à paraître le 11 février : Le secret des femmes), que je ne peux que les citer: « Le plaisir est un raffinement de l’évolution qui demande des câblages particuliers, tout comme la vue réclame des yeux et des nerfs optiques. Jusqu’à l’étape évolutive des reptiles, le système nerveux ne fait rien de plus que contrôler de façon réflexe la physiologie de la reproduction, en un enchaînement de réactions physiologiques programmées, ce qui exclut la notion de plaisir, et donc d’orgasme. Ainsi un poisson qui éjecte son frai dans l’eau de la rivière ou de la mer obéit-il à un automatisme et ne peut-il en tirer du plaisir. Chez les mammifères simples, le système nerveux contrôle en plus les comportements de reproduction déclenchés par les périodes de chaleur ou de rut. On verra apparaître des parades nuptiales et autres rituels d’accouplements mais, là encore, l’automatisme du comportement ne permet pas d’imaginer un appétit de plaisir comme motivation ou comme bénéfice secondaire recherché. Pourtant, ces mammifères disposent déjà d’un circuit nerveux spécialisé de la récompense. Celui-ci rend possible les apprentissages en procurant des sensations agréables ou désagréables. S’accoupler, c’est dans le programme, mais se chouchouter, c’est tout bonus pour le circuit de la récompense qui clignote de joie. L’autofellation des chats et des chiens est bien connue, et d’innombrables autres espèces sont adeptes de gâteries parfois acrobatiques: les lapins sont capables d’autosodomie, par exemple, introduisant leur propre verge dans leur rectum, l’éléphant manie adroitement sa trompe pour se faire éjaculer, les cerfs y parviennent même en se frottant avec l’extrémité de leurs bois (qui a demandé à quoi servait de si longues ramures?), tandis que le taureau doit utiliser le concours d’un arbre, et le fait sans hésiter.

Pour les mammifères au cerveau plus complexe, les comportements reproductifs sont de moins en moins automatiques. Un apprentissage des gestes et des attitudes pour l’approche et l’accouplement est indispensable, et il se fait tout simplement par observation et imitation. Les jeunes rats, par exemple, doivent assister à des interactions sexuelles entre les adultes du groupe —faute de quoi ils seraient incapables de parvenir à leurs fins une fois le moment venu. Finalement, il faut attendre le système nerveux encore plus complexe des primates pour voir apparaître un comportement sexuel orienté essentiellement ou exclusivement vers la gratification – la reproduction étant alors une conséquence secondaire. Chez ces animaux, les chimpanzés, les bonobos, les grands singes et l’homme, toute automaticité est perdue, les apprentissages sont obligatoires, et la réceptivité des femelles est permanente, ce qui se traduit par une invisibilité de l’ovulation dans beaucoup de cas, et par une généralisation de l’activité sexuelle en dehors des périodes fécondes. On observe alors un déploiement sans précédent des pratiques sexuelles non fécondantes comme la masturbation et l’homosexualité entre mâles ou entre femelles. La sexualité sert manifestement d’autres buts que la reproduction.

Propos confirmés par toutes les études portant sur les périodes de joutes amoureuses: c’est l’homme qui consacre aux parades amoureuses et à l’acte sexuel la plus grande part de son temps. Le fait que la femelle humaine soit en rut en permanence (en tout cas, le fait qu’elle soit constamment disponible à une stimulation) place notre espèce au sommet du règne des animaux sexués…».


Ce qui nous ramène à l’éternelle question : si ce n’est pas à la reproduction, mais à quoi sert la sexualité ? C’est l’énigme autour de laquelle nous tournerons toute notre vie, comme des papillons attirés par la flamme.



Note 1/ L’orang-outan (15 mn), le cochon (jusqu’à 20 mn)… « Sur la durée de la copulation, beaucoup d’animaux peuvent largement dépasser la limite de quelques secondes : chez le putois, la copulation peut durer deux à trois heures, et se répéter dix à vingt fois en trois-quatre jours ! Il y a aussi des serpents chez qui la copulation dure plusieurs heures... Et il existe des espèces qui compensent la brièveté du coit par la multiplication de leur nombre : les lions, les rongeurs, les bonobos répètent l’étreinte sans arrêt » (Source : Thierry Lodé).

Note 2/ Si un homme et une femme trouvent excitante l’image de l’enfant qu’ils s’apprêtent à concevoir, il s’agit probablement de pervers qui ont en vue un usage érotique de leur propre progéniture…

Note 3/ En dehors des bactéries et des archées, il existe certaines populations de reptiles et de poissons constituées uniquement de femelles qui se reproduisent par pathenogenèse : lire La biodiversité amoureuse, de Thierry Lodé, page 108 : les lézards arc-en-ciel Gymnophtalmus undrwoodi se passent complètement de mâles pour obtenir une postérité. Les geckos Heteronotia binoei révèlent aussi cette reproduction des vierges. Les poissons poeceliopsis, les caldocères ou encore les phasmes «baton du diable» Carausius morosus ont aussi perdu leurs mâles, tout comme les rotifères bdelloides, microscopiques animaux des mares d’eau.

Le secret des femmes. Voyage au cœur du plaisir et de la jouissance, d’Elisa Brune et Yves Ferroul, éd. Odile Jacob.




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Florage



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 13:39

Patlotch a écrit:
nous ne savons pas comment se tirent les fils de nos désirs inconscients

Floarge : - un propos d'homme, quand ça l'arrange de considérer ses désirs inconscients...


La « libération sexuelle » est une guerre économique d’occupation

“Sexual liberation” is an economic war of occupation


Annie Ferrand Genre sexualité & société 2010

Keywords :économie, échange économico-sexuel, libération sexuelle, inégalités, idéologie

- L’expropriation, un concept central
- Un invisible désir de consentement
- Une négociation sous contrainte
- Devoir prendre plaisir à rendre service
- L’expropriation s’industrialise et se mondialise
- Le « sujet » féminin du patriarcat néolibéral
- La « libération sexuelle » comme projet politique
- La « libération sexuelle », une expansion de l’expropriation des femmes


« Quand ceux qui vous dominent vous amènent a prendre l'initiative de votre propre destruction, alors vous avez perdu plus qu'aucun peuple opprimé n’a jamais pu se réapproprier [...] quand le rapport sexuel existe et a lieu sous les conditions de contrainte, de peur ou d’inégalité, cela détruit chez les femmes la volonté de liberté politique, cela détruit l’amour de la liberté lui-même. Nous devenons des femmes : assiégées ; collaborant les unes contre les autres [...]. Le plaisir de la soumission ne change pas et ne peut changer le fait, le prix, et l’indignité de l’infériorité »
(Dworkin, 1987)

Citation :
1 Paola Tabet a montré que l’amalgame de la violence, de la division du travail, de la dépendance et de la gratification « exproprie » la sexualité des femmes. Elle décrit des pressions matérielles et psychiques qui transforment des sujets en de « pâles prestataires de services sexuels, en objets sexuels » pour les hommes (Tabet, 2004, 47). Elle analyse le contrôle de la sexualité comme le but visé et comme un moyen de sujétion individuelle des femmes. Cet article propose de continuer son interrogation centrale : dans un contexte d’oppression et « là où le viol est le modèle du rapport entre les sexes et de la sexualité, est-il possible de penser un échange réciproque de sexualité ? » (ibid., 66).

2 Dans un premier temps, je décrirai le contexte d’inégalités qui fait de l’expropriation la condition première de l’échange économico-sexuel théorisé par Paola Tabet. Ensuite, par l’analyse qualitative de quelques sources d’éducation à la sexualité, je souhaite montrer comment le service et la tension entre disponibilité et viol sont des modèles de la sexualité proposée aux femmes. Enfin, je mettrai en rapport ces messages culturels avec les messages véhiculés par les industries dites « du sexe » - prostitution et pornographie. Dans le contexte actuel de « culture porno », on assiste à leur promotion au nom de la « libération sexuelle » (Levy, 2007)1. Mais cette voie de libération n’est-elle pas une nouvelle « grande arnaque » ? Ne peut-on dire que l’échange économico-sexuel, loin de se réduire, s’industrialise et se mondialise ? L’expropriation de la sexualité des femmes serait-elle devenue une des facettes du néolibéralisme ? Quel nouveau sujet féminin crée cette économie politique ?

3 Cet article s’inscrit dans le cadre du féminisme matérialiste radical. À l’opposé des postulats individualiste, naturaliste, essentialiste, moraliste, libéral, psychologiste, je considère que les femmes et les hommes sont des groupes sociaux (MacKinnon, 1987, 69). De plus, leurs rôles sociaux ne découlent pas d’une nécessité abstraite mais ils sont structurellement liés aux autres phénomènes sociaux. Or la répartition des ressources et du travail entre hommes et femmes est inégalitaire ; elle assure le quasi monopole des richesses par les hommes au plan mondial (Tabet, 2001, 169). Les groupes sociaux de sexe sont donc deux classes créées par un rapport d’exploitation spécifique (Delphy, 1970). J’utilise donc le « nous » pour parler des femmes pour souligner mon point de vue situé dans ce rapport de pouvoir (MacKinnon, 2001, 112) et le point de vue androcentré des matériaux étudiés. L’oppression des femmes au bénéfice des hommes traverse l’espace social à tous ses niveaux. Il est donc important d’analyser la sexualité comme tout autre phénomène social, à savoir sur les divers plans où s’organise le pouvoir, économique, idéologique et psychologique, sans jamais occulter les bénéfices et les bénéficiaires. Je restreins mon analyse à l’idéologie, cette « face mentale des rapports de pouvoir » (Guillaumin, 1992, 11).

L’expropriation, un concept central

4 L’oppression patriarcale est une oppression d’allégeance : les femmes sont exploitées dans une relation personnelle qui rend leur travail gratuit. Le travail extorqué est sans limite de tâches ou de temps (Delphy, 1976, 222 ; Guillaumin, 1978, 18-19). Cette économie domestique est structurée par les logiques du marché du travail, et par la « mondialisation néolibérale » 2. À côté des formes classiques d’inégalité professionnelle (écarts de salaires, ségrégations verticales et horizontales), se créent des noyaux durs de sur-chômage et de sous-emploi des femmes (Maruani, 2003, 3). Le temps partiel représente 31 % de nos emplois contre 6 % pour les hommes (Conseil économique et social, 2008), et il est aussi qualitativement inégal (Milewski, 2003, 86-88). Les pressions professionnelles renvoient aussi directement à une logique d’appropriation patriarcale : le harcèlement dit sexuel établit un climat de stress et l’extension du travail à des services de type « ménager » le déqualifie et nous dévalorisent (Sémat, 2000). Les retraites des hommes sont deux fois plus élevées que celles des femmes, l’écart se réduisant à 44 % par le système de réversion (Milewski, 2003, 270, 286). Les pressions économiques nous poussent à nous mettre en couple, c’est à dire nous ramène vers une situation d’exploitation où « l’écart entre le niveau de vie indépendant virtuel et le niveau de vie "marié" [ne fait] que s’accroître » (Delphy, 2002, 138).

5 Cette dépendance transforme les échanges entre hommes et femmes en enjeu potentiel d’extorsion. Paola Tabet a analysé ses effets sur notre sexualité : celle-ci devient « un service, c’est à dire une non-sexualité » (Tabet, 2001, 141). Dès lors, nous ne sommes plus sujet du désir dans un échange réciproque de sexualité. Notre désir, rendu passif par les violences systémiques, devient consentement et la recherche du plaisir est un but moins légitime que pour un homme. Paola Tabet nomme cet étouffement de notre sexualité une expropriation (ibid., 131). Parfois celle-ci est rétribuée, nous transformant en valeur d’échange sur un marché matrimonial ou sexuel. Mais le paiement est logiquement secondaire par rapport aux violences économiques et physiques qui conditionnent la sexualité des femmes. La sexualité est donc un front politique de lutte (Plaza, 1978). Elle est construite par les prérogatives de la classe dominante. Les conceptions dominantes de la sexualité s’inscrivent dans une politique sexuelle patriarcale.

6 Il existe un versant psychologique de l’expropriation. Comme l’analyse Nicole Claude Mathieu (1985), la conscience dominée est médiatisée par les intérêts dominants. Elle est ainsi sapée dans ses capacités de synthèse, de vision globale et abstraite, de connaissance organisée par un point de vue autocentré.

7 L’expropriation est aussi physique. L’anatomie est politique (Mathieu, 1991) au sens où elle est construite par un rapport de pouvoir. Le corps subalterne est marqué par le travail extorqué, les violences, les actions imposées ou autorisées. L’argument de l’anatomie sert aussi les discours naturalistes sur l’ordre social. Colette Guillaumin parle de « marque naturelle » pour décrire comment certains faits physiques sont dits être la cause intrinsèque de la place qu’occupe un groupe dans les rapports sociaux (Guillaumin, 1991, 183). Le sexe anatomique a un statut de « marque naturelle » car il est sensé expliquer l’expropriation de notre sexualité et la justifier. En effet, en vertu d’une nature biologique, le pénis serait actif voire agressif et le vagin serait passif, défini comme une voie de pénétration. Andrea Dworkin (1987) a analysé l’effet matériel de cette expropriation « anatomique » : nous sommes physiquement colonisées, occupées de l’intérieur.

8 Un de mes postulats est qu’il n’y a aucune essence de la sexualité, ni pulsion, ni bisexualité, ni fantasme ou inconscient psychogènes. La sexualité peut être définie comme tout ce qu’une société érotise, tout ce à quoi celle-ci donne un sens sexuel (MacKinnon, 2005, 62-63). Je vais analyser un certains nombre de situations qualifiées de « sexuelles » : des modèles de la sexualité dans la presse féminine, la pornographie et la prostitution. Si l’on aborde la sexualité sous l’angle des inégalités, on peut y voir l’érotisation de l’expropriation sur tous les plans décrits plus haut : physique, sexuel, psychique et économique.

Un invisible désir de consentement

9 J’ai analysé vingt manuels d’éducation à la sexualité publiés entre 1997 et 2007 (Ferrand, 2010). Je me suis appuyée sur les analyses de Holland, Ramazanoglu, Sharpe, Thompson (1998), Bouchard (2005) et Boucher (2003). J’ai souligné que les phénomènes de « mâle dans la tête », de « corps problématique » ou d’hypersexualisation sont centraux dans la construction de l’identité des femmes. Les manuels attribuent aux femmes un corps douloureux, naturellement insatisfaisant, que seuls des prothèses et des soins à base de produits commercialisés pourront essayer de corriger. Mais surtout, la description de l’anatomie sexuelle et de la sexualité ancre dans la biologie l’idée que les femmes ont un corps naturellement à envahir, disponible, ouvert et un désir passif, mystérieux, invisible.

10 Quand il est représenté sous un angle pertinent, le vagin apparaît comme étant ouvert. Notre sexe est assimilé au vagin, et défini par sa fonction dans la pénétration : « réceptacle douillet, chaud et humide, qui enserre doucement le sexe masculin » (Vaisman, 1997, 205). Il est parfois appelé un « trou » et représenté comme tel (Mimoun, 2007, 816, 920). Pour désigner l’orifice vaginal il n’y a pas d’autre mot que « l’entrée » du vagin : sa description implique l’action de pénétration. Ce sexe, synonyme d’entrée, semble naturellement compromettre notre intégrité et notre intimité, la possibilité d’un corps à soi, d’un corps privé inviolable.

11 Mais paradoxalement, cet organe voué à la pénétration, n’est pas supposé être pénétré par les filles elles-mêmes. Les rares manuels qui décrivent la masturbation pour les filles évoquent des caresses non pénétratives. Le sexe féminin est donc ouvert non pour soi, mais pour le pénis.

12 La sexualité est surtout associée au plaisir pour les hommes, mais au risque (MST, grossesse) ou à la douleur pour nous. La masturbation est rarement abordée pour les filles alors qu’elle est centrale dans les manuels pour garçons. Le désir sexuel serait donc moindre chez nous. La sexualité est réduite à un acte : la « pénétration » d’un vagin passif par un pénis actif. Notre désir autoérotique ne viserait donc pas « l’acte sexuel », à savoir la pénétration. Seule la masturbation des garçons semble relever de « la » sexualité, car leurs gestes prétendent simuler la pénétration. Nous sommes donc supposées ne pas avoir de sexualité par nous-mêmes.

13 Loin de décrire un désir actif des femmes, les manuels étudiés multiplient les conseils pour « se détendre » afin de ne pas avoir mal la première fois ou éviter les douleurs quand la lubrification est insuffisante. Au contraire, le désir masculin apparaît, au fil des métaphores mécaniques, sportives voire militaires, comme une tension irrépressible, non relationnelle, qu’il faut « décharger ». Il existe un statut différent des désirs au regard de l’acte sexuel et au regard du partenaire : l’un est passif, défini par une absence d’action sur l’autre, le second est impérieux, défini par son action de pénétration d’une femme.

14 Selon une conception naturaliste des manuels, la biologie « cachée » des femmes expliquerait leur désir : « les hommes [sont] très concentrés sur le sexe, ce sexe extérieur qui les pousse à aller vers les femmes, qui [ont], elles, un désir plus tourné vers l’intérieur du corps, attendant de recevoir l’organe masculin » (Vaisman, 1997, 52). Il serait intérieur donc mystérieux. Dès lors, il est davantage décrit en termes psychologiques que biologiques, il est aussi le seul à nécessiter une interprétation, rétive à l’objectivité biologique :

« Comment sait-on si une fille a envie de faire l’amour ? Il suffit d’observer son expression et ses réactions. Si elle sourit, approuve tous vos gestes, vous rend vos caresses, et même prend des initiatives, c’est probablement qu’elle est d’accord. Si en revanche elle repousse vos mains, murmure "non, non, pas ça" c’est qu’elle n’y consent pas. Les réactions de son corps sont également un bon indicateur […] » 3 (ibid., 194).

15 Invisible, il semble ne pouvoir être interprété que dans un second temps, après l’action ou le désir masculins. Il a donc statut de consentement. Au contraire, le désir masculin est construit comme un signe physique indubitable et une manifestation d’importance. Rabattu sur l’érection, il occupe une place sinon centrale au moins indispensable dans les étapes de « l’acte sexuel ».

16 Les « préliminaires » n’ont pour but que de permettre la pénétration. La lubrification est donc définie par ce but : elle permet le rapport sexuel. Selon le Petit Robert, lubrifier signifie atténuer le frottement pour faciliter le fonctionnement. Elle n’est pas décrite comme active et initiatrice du rapport. Elle n’est que très rarement définie comme le signe du désir, elle serait plutôt la conséquence d’une stimulation physique. C’est paradoxalement une excitation passive. Elle est secondaire à l’initiative masculine du rapport ou du désir. Ni l’activité ni le désir des femmes ne sont moteurs « du rapport sexuel ». Ce sexe qui n’est actif qu’en permettant la pénétration semble exprimer la logique de consentement dans laquelle s’inscrit notre désir.

17 D’autres manuels précisent que la sécheresse vaginale ne révèle pas toujours un manque de désir, qu’il s’agit d’un phénomène physique parfois indépendant. La biologie, si fiable d’habitude, serait donc capable de dissimulation pour les femmes. Ces propos font comprendre qu’il n’existe aucun signe tangible du manque de désir chez nous tout comme il n’en existe aucun de notre désir. L’absence du principal signe physique de notre excitation n’a donc aucun sens arrêté, il est aussi soumis à interprétation. Par un même geste de rejet dans le « mystère », ces manuels retirent aux lectrices la capacité de donner un statut d’objectivité (que reconnaîtraient peut-être aussi les hommes) à leur certitude ou à leur doute d’avoir été violées 4.

18 Certains manuels soulignent que les femmes jouissent plus lentement que les hommes. Ils expliquent cela par la biologie, sans évoquer les empêchements que surmontent les femmes - telles les insultes sexistes contenues dans les mots sexuels ou des interrogations sur les représentations d’un partenaire excité par la pornographie. Cette prétendue différence biologique naturalise le fait que la sexualité puisse être frustrante pour les femmes, et que les hommes puissent jouir seuls dans une relation sexuelle. Cela évite d’analyser les conditions sociales, telles la pression idéologique et la chosification sexiste.

19 Dans les manuels comme dans le dernier dictionnaire de référence sur la sexualité (Mimoun, 2007), « la sexualité est largement comprise comme une "action sur" [...]. En fait, les schèmes de la conquête et de la possession, [...] de l’effraction, voire de la souillure et du viol, imprègnent de nombreux aspects de la définition dominante du "rapport sexuel" » (Bereni, Chauvin, Jaunait, Revillard, 2008, 55). La presque totalité des manuels décrivent « l’acte sexuel » comme l’action de l’homme sur la femme : « Lorsqu’un homme pénètre une femme, il effectue des mouvements de va-et-vient [...] » (Vaisman, 2000, 79). Dans son annexe « d’autres mots pour le dire », le dictionnaire Larousse (Mimoun, 2007, 930-943) répertorie les « métaphores des choses du sexe ». Par exemple, défoncer (« pénétrer violemment »), niquer, baiser ou enculer (associés à « tromper, duper »), « proposer la botte à une femme » (sodomiser, venant de botter les fesses), décharger (éjaculer), matraque et braquemart (pénis), crevasse et fente (vulve). La première pénétration surtout semble violente pour les femmes car elles y perdraient leur intégrité physique : déchirer ou rompre l’hymen, lequel sinon est « intact » (Mimoun, ibid., 908). Trois pages après une illustration où une petite femme en arrière plan, nue, allongée sur le lit attend un homme en premier plan, dont le sexe en érection a une forme de couteau, un manuel explique : « Pour bien pénétrer la fille, il faut un peu pousser mais la membrane doit se perforer en douceur et l’opération ne blesse pas le sexe »  (Vaisman, 1997, 202).

20 Quand les manuels envisagent les disfonctionnements sexuels, ils traitent surtout de l’impuissance et de la frigidité, mettant en parallèle un manque d’excitation et un manque de plaisir. La frigidité est associée au manque de lubrification et ils sont expliqués par la biologie ou la psychologie, non la sociologie. La frigidité n’est guère décrite. Elle ne serait qu’une anesthésie. On ignore si les femmes frigides ne sont pas excitées, ne prennent pas plaisir aux actes ou n’ont pas d’orgasme résolutoire. Ainsi les manuels effacent la différence entre excitation et plaisir, donc entre rapport forcé et rapport insatisfaisant. En outre, les manuels ne recommandent pas d’arrêter la pénétration en cas de manque de lubrification ou de frigidité, sinon pour régler les problèmes techniques de la pénétration. Les conseils donnés visent à provoquer une lubrification : augmenter les stimulations préliminaires, mettre du lubrifiant, se détendre. L’absence de désir de la partenaire ne suscite ni réflexion ni analyse, et lorsqu’elle est évoquée, elle est supposée céder sous des préliminaires plus appuyés. Seule l’absence d’érection compromet la pénétration. On décrit donc des situations où la femme ne prend pas de plaisir voire a mal, où elle n’est pas assez excitée ou désirante pour pouvoir mouiller, pendant que l’homme prend du plaisir en continuant à pénétrer. Pour elle, il s’agit d’un acte de complaisance voire une situation de contrainte. Aucun manuel n’évoque une relation violente ou non désirée, mais ils nomment cela sexualité pour les deux partenaires.

21 En conclusion, nous sommes supposées n’avoir pas de sexualité par nous-mêmes. La passivité qui nous est attribuée implique que ni notre désir ni notre excitation ne soient moteurs des actes sexuels avec autrui. Par les définitions partiales de la frigidité, des signes du désir, des temporalités de jouissance, on voit même qu’ils ne sont pas indispensables pour définir une relation comme étant de la sexualité. Se dessine dès lors un continuum de chosification, érigé en modèle : à un pôle du continuum, un sujet actif pénètre un être passif. A l’autre pôle, les actes sexuels sont vécus par nous sans excitation ou sans plaisir. Les hommes semblent désirer quand nous consentons ou cédons. Nous allons voir que ce continuum de la passivité au viol fait l’objet d’une promotion dans les magazines féminins.

Une négociation sous contrainte

22 Paola Tabet met au centre de l’expropriation de notre sexualité la question de la négociation, en cherchant à savoir « qui a pris l’initiative, dans quelles conditions, est-ce qu’un des partenaires aurait pu refuser [...] comment l’acte a été négocié » (Tabet, 2001, 144). Je vais décrire quelques moyens de négociation proposés aux femmes par les journaux féminins. Pour cela, j’ai analysé des articles récoltés en une heure de prospection sur trois sites de journaux à grand tirage, Biba (pour les adolescentes), ELLE et Marie Claire. .

23 Evoquer la simulation du plaisir est banal dans les journaux féminins, parfois pour la constater avec fatalisme mais aussi pour la promouvoir. Par exemple, ELLE propose de « tester nos talents de simulatrice ». L’« experte » use de la simulation car « une partie de jambes en l’air […] s’éternise ou [elle a] une brusque envie de faire plaisir ». La « débutante » feint l’orgasme « par facilité. Mais c’est rare que ça [l’] amuse ». Et la « réfractaire » « préfère tirer la tronche » 5. La simulation serait un jeu qui fait plaisir au partenaire. Mieux, elle permettrait de faire cesser un rapport que l’on ne désire plus. Mais concrètement, la « simulatrice » continue à subir des actes qu’elle ne désire plus tout en semblant y prendre du plaisir. La négociation des actes sexuels semble donc compromise en amont, car elle doit mentir, et en aval, car elle ne peut plus faire valoir son insatisfaction.

24 La négociation peut supposer que nous simulions le désir lui-même. L’article de Biba, « Changer de pratiques sexuelles », donne des conseils pour faire accepter à son partenaire de changer de pratiques sexuelles. Il proscrit les mots, qui ne servent qu’à flatter et à marquer sa gratitude « à la vue de l’organe érigé [...] et pendant la pénétration »6. Pour l’heure, il faut non pas convaincre mais exciter son partenaire, l’influencer. L’article propose à la lectrice de simuler les signes réflexes du désir qui déclenchent automatiquement chez l’homme une attirance irrésistible. Il faut dilater les pupilles en mettant du collyre. Négocier impliquerait donc que nous renoncions à être sujet de la parole pour nous faire objet de désir. De plus, nous ne pourrions exprimer notre demande sexuelle qu’en mentant sur notre désir. Selon l’article, le motif principal de l’insatisfaction serait que les pratiques sexuelles sont trop courtes. Pour y remédier, il faut influencer un autre fait physique7 : le réflexe éjaculatoire du partenaire. Nous sommes alors invitées à mentir, « une fois n'est pas coutume, [pour faire] croire que l’on n’a pas encore orgasmé ». Pour négocier, il nous faut donc savoir flatter un homme, nous taire, simuler le désir et mentir sur notre plaisir. Ces stratégies hors dialogue révèlent que nous n’avons pas le pouvoir ou la liberté d’exprimer notre volonté, notre désir et notre point de vue. Sous ces conditions, la sexualité n’est pas le moyen d’obtenir du plaisir, mais elle sert de monnaie d’échange dans une négociation inégalitaire : notre sexualité est pour part cédée en échange de ce que nous voulons et désirons réellement, et que nous n’obtiendrons peut-être pas.

25 L’article de ELLE, « Faut-il se forcer à faire l’amour ? », rend explicites les conséquences de ce manque d’autonomie des femmes dans la négociation. Selon lui, il faut en effet se forcer à faire l’amour. Le fait de céder est ici défini comme un geste d’amour, de tendresse voire de maturité. C’est un petit sacrifice au nom du couple, « un petit geste sur lequel il faut rester discrète ». L’article distingue entre « la contrainte ponctuelle » qui est normale, et « le sacrifice récurrent »8 qui ne serait qu’un symptôme de difficultés du couple. L’article multiplie les arguments pour faire admettre que l’extorsion est insignifiante, il banalise le fait d’être forcée. D’une part le refus est assimilé au manque de désir et celui-ci à une « flemme », à une « fatigue » passagère, au fait de « n’avoir pas la tête à ça ». D’autre part, céder sans désir ne serait que le symptôme de problèmes de couple, plus sérieux, par exemple un manque de communication, une rupture. Enfin, céder est dit « se » forcer. Pourtant les interviewées témoignent d’une pression réelle : l’une dit éviter ainsi que le refus ne dégénère en dispute, d’autres disent qu’elles n’ont pas envie, mais finissent par avoir des relations sexuelles. La violence du partenaire n’est jamais dénoncée. Pourtant, au vu des témoignages, il peut désirer une partenaire ni excitée ni désirante, il veut son plaisir et peut pour cela s’accommoder d’un premier refus puis d’une partenaire consentante voire réticente. Cette série de violences qui imposent à la partenaire de céder est même explicitement niée comme telle. En effet, l’article dit qu’il existerait une tendance naturelle des femmes à « ne pas oser dire non » et une capacité très féminine à « pouvoir faire l’amour sans envie véritable ». « Se laisser faire » serait même une manière de se laisser entraîner dans son propre désir. Une femme témoigne : » Il m’arrive de me forcer un peu […]. Mais, au final, ça ne me dérange pas, parce que le désir n’est jamais très loin ». De la contrainte pourrait découler le désir ? Le refus cacherait en fait un désir poussif, et forcer une femme devient forcer sa flemme. Plus loin, le journaliste insiste : « prendre sur soi une fois de temps en temps, laisser venir le désir n’induit pas que le rapport sexuel soit sans plaisir ». De la contrainte peut aussi naître le plaisir. Passivité extrême voire masochisme semblent pouvoir relever de la sexualité pour les femmes. Parallèlement, nous sommes longuement prévenues des attentes des hommes9 et de leurs moyens de chantage : ils peuvent partir facilement, c’est vexant et même violent pour eux de se voir opposer un refus, ils se sentent rejetés souligne l’article. Un psychiatre explicite les enjeux du refus : « la femme ne se refuse pas mais dit à son mari : "Dépêche-toi, qu’on en finisse", ce qui est encore plus violent que de dire non ». Enfin, l’article prétend montrer combien les femmes ne « regrette[nt] jamais après » en produisant un témoignage : « quand je ne suis vraiment pas très partante, je concède une petite fellation et, ni vu ni connu, tout le monde est content ! ». « Tout le monde est content » signifie que le partenaire a eu une sexualité de plaisir et l’interviewée a cédé sa sexualité contre la tranquillité. L’article propose aux femmes de ne refuser sous aucun prétexte, quitte à céder un orifice à la place d’un autre. Peut-être suppose-il que la pénétration vaginale est plus significative que la pénétration orale, mais c’est ignorer le droit qui les situe au même plan par la définition du viol.

26 Comme nous l’avons vu, l’échange inégal dans la sexualité peut désigner des situations de sexualité de complaisance sans excitation et de contrainte sans désir, donc de service et de viol. Le refus dissimule en fait un désir, à la passivité plus prononcée que la normale. La sexualité proposée ici aux femmes est moins déterminée par le désir et la recherche du plaisir que par le calcul : éviter le conflit, montrer son amour, satisfaire les désirs de l’autre. On voit se dessiner un cadre classique d’étouffement de notre sexualité : notre désir est consentement, notre excitation est invisible, l’absence de désir voire le refus sont une forme extrême de passivité, l’absence d’excitation cède faces aux actes sexuels, en particulier les préliminaires.

Devoir prendre plaisir à rendre service

27 Les articles étudiés semblent vouloir transformer ce cadre patriarcal en conditions d’accès au plaisir. Pour analyser cet amalgame entre subordination, chosification et connotation de plaisir, Sheila Jeffreys (1991) parle d’érotisation de la domination. La sexualité, en Occident, est pensée comme une voie de construction de soi. Mais chez nous, l’autoréalisation de soi qu’elle crée par le plaisir est moins un processus de subjectivation que de dissociation : elle tend moins à recréer un sujet qu’à nous transformer en chose pour nous-mêmes et pour les hommes. Selon Jeffreys, l’orgasme nous récompense pour une dissociation psychique entre soi et un être passif, alors qu’il récompense les hommes pour le plaisir de dominer par l’objectification. Or l’accès au plaisir est au centre des arguments actuels de libération. Nous assistons à la collusion de deux fictions, patriarcale et capitaliste. D’une part, la sexualité libèrerait les femmes et les femmes libérées aimeraient ce que la société nomme sexualité. D’autre part, la consommation serait le moyen et la conséquence d’une liberté économique. Les magazines féminins construisent la figure d’une femme doublement « libérée » : elle veut jouir dans les cadres inchangés de la sexualité sexiste et elle est une consommatrice décomplexée. Ils nous suggèrent des produits et des techniques pour nous mettre en valeur, en concurrence entre nous, pour augmenter notre désirabilité aux yeux des hommes. Notre corps devient un ensemble de « capitaux » à gérer (capital jeunesse, énergie, beauté, santé, etc.). Ils nous donnent une « valeur » si nous savons les capitaliser et les mettre en scène. Les campagnes sur le modèle « je le vaux bien » (L’Oréal) nous poussent à la consommation pour nous faire consommer dans les échanges sexuels entre hommes.

28 Associant la double prérogative sexiste et néolibérale, les industries dites du « sexe » sont tout indiquées pour construire la figure moderne de « la femme libre ». Les arguments du plaisir en toute condition, de l’épanouissement personnel et de la liberté y fleurissent pour masquer la violence des expropriations. Leur banalisation s’accélère. Le sexisme devient un marché inépuisable pour la prédation néolibérale. Elle parvient à revendre aux femmes leur propre chosification en la leur proposant comme modèle d’identité et de sexualité.

29 Richard Poulin désigne sous le concept de « pornographisation de la culture » (Poulin, 2009, 38) l’influence de la pornographie dans les systèmes de représentation et de communication, sa diffusion d’images explicitement sexistes mais perçues comme sexuelles. Ariel Levy (2007) et Sheila Jeffreys (2005) montrent comment la féminité et la sexualité libérée prennent les codes de la pornographie et de la prostitution. La domination idéologique est telle que des écussons Playboy sont arborés par des femmes comme une marque, sans connotation sexuelle (Levy, 2007). Or les femmes pornographiées ou prostituées ne pratiquent pas la sexualité par désir ou pour le plaisir, elles y consentent pour obtenir de l’argent. Pour cela, elles simulent d’être excitées, de désirer ou de jouir. Elles fournissent un service sexuel classique : elles sont au service du désir masculin, elles consentent à ce qu’elles n’ont pas désiré. Quelle autonomie les industries dites « du sexe » pourraient-elles nous proposer, quelle sexualité ? La liberté promue semble bien être patriarcale et capitaliste. Il nous faut adopter les moyens de liberté des hommes, donc tout ce qui facilite l’accès à nos corps pour eux ; et nous sommes libres de choisir les technologies de cette subordination : sex toys, jeux SM, effeuillage, etc. Et en effet, les magazines féminins abordent la libération sexuelle sous l’angle des gadgets et non de la négociation libre. Ils promeuvent activement ces industries (Poulin, 2009, 40-46 et 59-63). Il nous faut afficher le « glamour » des stripteaseuses, l’assurance des danseuses de cabaret, le pouvoir sexuel des stars du X dans la négociation avec les hommes. Il nous faut acheter leurs produits dérivés pour avoir une sexualité libérée10, accepter les codes de la pornographie pour « assumer » « notre » sexualité ou « notre » féminité. Les articles sur « l’effeuillage » ou la Pole dance11 se multiplient. Selon les journaux, ils doivent devenir un appoint érotique pour les femmes « libérées ». Or ces pratiques sont issues du système prostitutionnel12, et les hommes les consomment dans ce cadre. Mais ils ne nous sont pas présentés sous leur aspect de service sexuel, seulement sous le masque de l’épanouissement personnel et du cadeau amoureux. Par exemple, la Pole Dance, une danse sexuelle autour d’une barre, permettrait de raffermir le corps, donner de la confiance en soi. Tout comme le striptease, elle ne serait pas sexuelle, elle est un spectacle « glamour ». Les articles martèlent que certes tous deux sont des cadeaux, mais ils doivent nous faire plaisir d’abord. Cependant ce plaisir n’est pas sexuel pour nous : les articles parlent de l’excitation de l’homme, jamais de celle de la femme. Le seul plaisir sexuel proposé est celui de l’exhibitionnisme, c'est-à-dire se faire objet de regard. Le modèle central est le plaisir aliéné de donner du plaisir sexuel à un homme. Pour briser les réticences, les articles doivent faire comprendre la différence entre faire comme une professionnelle pour son homme et « faire la pute ». Les conseils contradictoires pleuvent : il faut émoustiller sans provoquer, être sexy sans être sexuelle, suggestive sans être vulgaire. Il s’agit donc de négocier la juste distance avec le stigmate de pute13.

30 Les articles ajustent ainsi des intérêts personnels non sexuels des femmes aux intérêts sexuels des hommes pour une sexualité de service. Ces codes modernes enferment les femmes dans une sexualité peu ou non négociable. En effet, un homme ne peut comprendre que sa copine refuse un rapport sexuel après qu’elle a montré autant son désir et sa disponibilité. Mais si elle adhère au marketing patriarcal, pour elle ce « spectacle » met en scène sa féminité plus que sa sexualité. Il n’est pas sexuel de la même manière, car il n’exprime pas sa réelle excitation et il la chosifie radicalement. Ce malentendu organise une double situation d’extorsion : le service sexuel rendu promet à l’homme un accès sexuel ultérieur.

L’expropriation s’industrialise et se mondialise


31 Nous avons vu comment le néolibéralisme vendait aux femmes l’expropriation de leur sexualité. Nous allons voir maintenant comment il la vend aux hommes. Je l’aborderai sur les plans de l’économie marchande puis des logiques patriarcales. La pornographie et la prostitution seront analysées ici comme des « éléments constitutifs de la situation de base de toutes les femmes » (Delphy, Faugeron, 1984, 6), comme des rouages de la grande arnaque dont il s’agit de comprendre à qui elle profite14.

32 L’échange économico-sexuel se caractérise par le fait qu’il suppose une valeur aux femmes que les hommes peuvent posséder. Dans l’économie patriarcale, la valeur d’une femme réside dans le fait qu’elle puisse être cédée à un homme. « Sa » sexualité peut donc l’être aussi. L’accès sexuel plus ou moins total aux femmes est appelé sexualité et ouvert à la concurrence des hommes dans l’appropriation collective. Dans l’économie marchande, l’argent permet aux hommes, entre autres privilèges, d’acheter l’accès sexuel à une femme. Andrea Dworkin (2007, 60-65) analyse cette hiérarchie comme un pouvoir genré de l’argent : « dans le monde de l’argent, les femmes et le sexe sont la même marchandise » (Dworkin, ibid., 63). Par exemple, dans la publicité, l’idée de l’accès libre à une femme donne de la valeur au produit et le produit est érotisé à cause de ce qu’il coûte. Dans une économie néolibérale, la concurrence entre hommes, devenus acteurs économiques (consommateurs de la publicité, de la pornographie, clients-prostitueurs, proxénètes) s’industrialise et se mondialise. La sphère économique (capitaliste) s’hypertrophie dans l’échange économico-sexuel, la prédation mafieuse appauvrit et illégalise les femmes les plus opprimées.

33 Poulin explique la logique industrielle à l’œuvre dans la prostitution. La forme élémentaire de la richesse bourgeoise est la marchandise, et il faut un moyen pour la créer et transformer l’argent, sa « simple figure métamorphosée », en capital (Poulin, 2005, 86). Ce moyen dans le système proxénète est la mise en circulation des femmes, leur transformation en marchandise dans un rapport d’exploitation. Elles cessent de s’appartenir, au bénéfice des possesseurs de la marchandise, c’est-à-dire les proxénètes. Puisque le capitalisme est opportuniste, la prostitution met à profit toutes les oppressions. Claudine Legardinier (2002, 34-35) montre que le système prostitutionnel, légal et illégal, se nourrit des crises (personnelles et collectives, sociales et internationales). Il recrute les personnes fragilisées par les oppressions néocoloniales, néolibérales et patriarcales. Les axes de trafic vont des pays à faible concentration de capital vers les pays à plus forte concentration : d’Amérique Latine ou d’Asie du Sud-Est ou d’Afrique vers l’Europe du Sud, d’Europe de l’Est ou Centrale vers Europe de l’Ouest (ibid., 13). Le rôle des guerres d’occupation est central (Jeffreys, 2005, 107-129 ; Poulin, 2005, 51-57) : implantation de bordels à l’occasion de manifestations sportives, femmes de « réconfort » de guerre, trafic d’aides contre services sexuels au cœur des ONG. Le crime organisé est indissociable du système légal (Legardinier, 2002, 28-29 ; Poulin, 2005, 29, 70-83). Des auteur-e-s soulignent l’organisation étatique, institutionnelle et transnationale d’un marché des femmes (Poulin, 2004, Legardinier et Bouamama, 2006, 52-64). Le tourisme de masse et l’industrie de loisir en sont des moteurs importants. La prostitution apparaît comme une forme spécifique d’exploitation de la misère, de la guerre voire des catastrophes sanitaires et alimentaires. Les parcours des femmes prostituées, les activités proxénètes, les flux d’argent et la production des images mettent en continuité prostitution et pornographie. Par exemple, Poulin souligne l’explosion concomitante du tourisme sexuel et des pornographies infantile et « exotique » (Poulin, 2005, 132-134).

34 Les industries dites « du sexe » fonctionnent comme le mariage dans l’économie patriarcale : les pressions économiques poussent les femmes dans le système proxénète, c’est-à-dire dans une situation où l’exploitation creuse sans fin la dépendance. C’est une guerre économique adossée à deux caractéristiques de l’échange économico-sexuel. La sexualité est un capital pour les femmes car elles doivent la céder pour se réapproprier ce que les hommes accaparent. Et par l’accaparement collectif des femmes (Guillaumin, 1978), les hommes ont le rôle capitaliste de possesseurs de marchandises. Le rapport dit sexuel est donc l’enjeu d’une défaite politique : une femme pénétrée est possédée. Les hommes construisent leur identité de classe à partir de leur « sexualité ». Par elle, ils retirent aux femmes la part d’humanité dont ils se grandissent : ils prouvent qu’ils ne sont pas une femme, c’est à dire un être à prendre. Ils se grandissent aussi entre eux, dans une concurrence mêlée de partage des prises. Par exemple, ils se racontent ce qu’ils ont fait à une femme pour se valoriser en la dégradant. Ils refusent à leur partenaire le statut de sujet, sa subordination sert à construire une communauté dominante. Or, la pornographie met en scène de manière récurrente la pénétration collective d’une femme. Le triolisme ou la succession des partenaires, illustre un message central : la sexualité produit la disponibilité sans limite des femmes, et l’unique cause de cette destruction serait la pénétration. Plus la violence est grande, plus les insultes expriment cette disponibilité, plus le triomphe est grand. La hiérarchie entre actif et passif, entre sujet et objet est renforcée par l’opposition une contre plusieurs. Les scènes de gang bang montrent et en même temps déréalisent l’extrême violence qui nous construit comme un corps à prendre, offert à tout dominant. Ouvertes par tous nos orifices, nous sommes réduites à une série de « trous » comme autant de sites d’ « entrée » pour les dominants. Nous sommes ce corps sans intégrité : nous incarnons la victoire politique d’un accaparement collectif idéal. La prostitution peut elle aussi s’analyser sous cet angle. La raison pour laquelle le client-prostitueur recourt à une prostituée est qu’avant lui et après lui un homme a été et sera là, sur cette femme ; il se sert de son corps à elle pour partager ce qu’il a de commun avec eux, à savoir le fait de ne pas être elle, de lui être supérieur moralement car il a payé pour l’avoir (Dworkin, 2007, 90-97). D’un point de vue global, la prostitution établit un fond social en dessous duquel il n’y a pas de fond, toute femme peut y tomber mais tout homme est au-dessus de ce fond (ibid.).

35 J’ai décrit plus haut l’anatomie politique que construit l’expropriation : notre corps serait ouvert par un trou voué à la pénétration, il serait mu par un désir passif qui rend intangible aussi bien notre excitation que notre refus. La pornographie met en scène cette expropriation physique et la prostitution la concrétise pour les femmes prostituées. L’expropriation est statique et dynamique. Statique car la hiérarchie du rapport de pouvoir est naturalisée dans les signes d’appartenance de classe, ici les organes génitaux. Ainsi, le membre destructeur de l’homme s’oppose au sexe mutilé, troué de la femme. Concernant la pornographie, Poulin parle d’une « fureur de l’orifice » (Poulin, 2009, 162), suivant en cela un thème majeur de la critique dworkinienne 15. « La chair déchirée de l’actrice des films "hard" […] met en scène […] un corps à "ouvrir", un corps "orificiel", un corps "trou" ». La bouche, après l’anus, est devenue une « voie d’entrée » en nous : « A la bouche capable de parole, renvoyant au pouvoir d’expression de l’être humain, se substitue une bouche trou […] [réduite à] l’impuissance » (Poulin, 2005, 139). Ces trous marquent notre corps du sceau de l’invasion. Ils sont aussi les métaphores du silence qui nous est imposé quant à notre désir et nos refus. De manière dynamique, l’expropriation oppose un sujet à un objet, un actif à un passif. La pornographie prétend montrer sans artifice la « pénétration ». Mais celle-ci est filmée dans une absolue non réciprocité : un homme entre des centaines de fois dans une femme qui ne bouge pas, même pour positionner son bassin sous l’homme ou agripper ses fesses pour guider le mouvement. Son corps est presque inerte, secoué par l’action du partenaire, ballotté par l’expression toujours plus violente de l’excitation virile. Il sursaute sous les « coups » de rein de l’homme. La focalisation sur des seins secoués rythmiquement est fréquente ; elle suffit donc à susciter l’excitation masculine. Notre corps n’agit pas dans l’acte de pénétration mais il apparaît en mouvement. Les corps des hommes ne sont jamais représentés ainsi. Ces scènes montrent comment pénétrer a le sens politique de posséder, prendre, retirer à autrui son autonomie de mouvement pour lui imposer sa propre direction. Les scènes de sodomie illustrent cela de manière radicale. La femme n’esquisse même plus de gestes d’encouragements tels se prendre les seins. La douleur qu’elle est censée redouter tient lieu de contention maximale. Ces mises en scène de la « pénétration » nous déshumanisent : nous y apparaissons comme des êtres inanimés de corps et de désir que la pénétration virile anime, que le sujet masculin réanime. Par la prétention au réalisme, cette violence semble découler de la nature de la pénétration. Sur le plan idéologique, la pornographie montre la destruction qui nous transforme en objet d’échange entre hommes. De plus, elle construit la figure « humaine » de la marchandise qu’est la prostituée sur un marché désormais néolibéral : un sujet particulier qui choisit librement de « se faire prendre » pour de l’argent, elle est là pour ça. Sur le plan économique, elle relève de la prostitution car elle capitalise les bénéfices de cet échange patriarcal.

Le « sujet » féminin du patriarcat néolibéral


36 Prostitution et pornographie définissent désormais les contours de la sexualité dès lors qu’elles souscrivent au critère néolibéral du libre choix. En effet, les industriels dits « du sexe » se justifient en développant une théorie de la subjectivité des actrices sociales, fondée sur deux mensonges. L’un néolibéral : le modèle du travail est la libre entreprise et celui du travailleur est le patron, donc la prostitution serait une manne économique pour les femmes. Le second est sexiste : l’égalité étant déjà là16, les femmes n’ont de sexualité que par plaisir. L’expansion économique et idéologique de l’échange économico-sexuel implique donc que sa violence soit doublement requalifiée : les actes imposés par l’argent deviennent la sexualité de la femme qui la vend, et cette subordination devient un acte d’empowerment, comme l’est toute aliénation de sa force de travail selon l’idéologie néolibérale. L’extorsion marchande et sexiste est donc promue comme un modèle de notre sexualité et de notre libération. Cette idéologie crée une nature féminine : la « salope qui au fond aime "ça" » et en tire profit.

37 Le mensonge néolibéral s’appuie sur une qualité de l’argent dans le système de valeurs sexiste. Selon Andrea Dworkin, il aurait le pouvoir d’effacer les violences sexistes. On comprend que les hommes fassent des choses qu’ils n’aiment pas en échange d’un salaire, on perçoit l’obligation, le manque d’horizon ; on ne pense pas que l’argent efface tout cela, comme si, parce qu’ils sont payés, ils ont été heureux de le faire ou n’aspiraient qu’à cela (Dworkin, 2007, 81). Par contre, si un homme donne de l’argent à une femme, quoi qu’il lui ait fait au nom de la sexualité, elle y aura consenti. Puisque le désir est l’ombre du consentement chez nous, elle l’aura même désiré. Les promoteurs des industries dites « du sexe » exploitent ce pouvoir « magique » de l’argent. Selon eux, il s’agirait d’un travail comme un autre, certes difficile (en raison des politiques de migration et du puritanisme, non du sexisme). Pourtant, il est le seul travail pénible à être décrit comme un métier choisi, épanouissant, où les travailleuses choisissent leurs clients, leurs conditions de travail ou leurs tarifs, où les services ne sont pas déterminés par la pression économique mais par les préférences des travailleuses, où les patrons seraient des collaborateurs et les clients des partenaires. L’échange d’argent efface l’expropriation, la violence, la chosification sous l’idée de consentement, voire de désir. Les clients-prostitueurs et les clients de la pornographie sont poussés à croire que les « pâles prestataires de services sexuels, [les] objets sexuels » (Tabet, 2004, 47) sont là par libre choix.

38 La pornographie illustre le second mensonge, et la prostitution en fait un argument de vente. Les femmes se vendraient par plaisir. Les médias multiplient les témoignages de femmes qui disent que la pornographie ou la prostitution correspond à leur sexualité exhibitionniste ou insatiable. Les proxénètes et les rabatteurs appâtent le client-prostitueur en affirmant que la prostituée a envie d’avoir des rapports avec le client, avec « lui » en particulier. Claudine Legardinier et Saïd Bouamama ont montré que les clients-prostitueurs eux-mêmes attendent de la prostituée qu’elle soit là par désir et qu’elle prenne plaisir aux actes imposés par l’argent : ils veulent « acheter par de l’argent une relation sexuelle qui ne serait pas caractérisée par un échange monétaire » (Legardinier, Bouamama, 2006, 165, 175). En effaçant la contrainte imposée par l’argent, ils attribuent à la femme le désir voire le plaisir d’être là et de se plier à leurs volontés (ibid., 69). Ils n’achètent pas un acte technique, une sexualité mécanique mais un rapport, une relation, une subordination (Delphy, 2005) qui suppose la participation de la prostituée. Cependant, presque la moitié des clients a conscience des trafics (Bouamama, 2004, 29). Parfois la détresse économique est visible (s’ils sont dans un pays du Sud par exemple, ou s’ils utilisent une femme immigrée en France). En fait, ils semblent vouloir démasquer le plaisir que trouve une femme malgré la contrainte.

39 La pornographie construit la subjectivité de la prostituée parfaite, celle qui souscrit aux valeurs sexistes et dites démocratiques de l’idéologie néolibérale. Les femmes aimeraient la manière dont elles sont humiliées par la sexualité, elles jouiraient d’être forcées et en tireraient profit. La pornographie attribue aux femmes un désir pour des actes que les hommes hétérosexuels n’évoquent entre eux que pour s’humilier, les jugeant dégradants voire indignes d’eux (être pénétré, sodomisé, faire une fellation, être à genoux ou à quatre pattes). Ces mêmes actes sont source d’insulte dans les sociétés ciblées par la pornographie : se faire baiser, enfiler, enculer, se faire prendre, s’en prendre plein la face (de sperme), se faire monter dessus, etc. Au moment de la fellation, la femme est montrée dans une attitude servile, attendant une gratification qui arrive souvent sous forme d’éjaculation au visage. Ce qui importe est le contrôle par l’homme : il lui tire les cheveux, la frappe avec son sexe, pousse son sexe dans sa gorge comme dans son sexe peu avant. Quand elle est sodomisée, les insultes expriment souillure et punition, mais elle tourne vers l’homme un regard d’abandon, mêlé d’extase et de crainte. La pornographie ne montre jamais des hommes traités ainsi par des femmes en dehors de scènes SM. La non réciprocité des actes exprime la domination, mais les femmes ne semblent pouvoir jouir qu’ainsi.

« Un de [ses] ressorts principaux consiste pour un ou plusieurs hommes à obtenir l’aveu de plaisir par les femmes […] après qu’elles ont montré quelque résistance. Les schèmes de la souillure et de l’aveu imprègnent notamment les scènes de sodomie […]. La phrase "avoue que tu es (dans le fond) une salope" résume en grande partie ce script de la prise de plaisir forcée » 17 (Bereni, Chauvin, Jaunait, Revillard, 2008, 55).

40 Le fantasme que les scénarios mettent scène est que le désir et le plaisir d’une femme sont contraires à la volonté qu’elle exprime spontanément. Il faut donc la forcer, surmonter ses résistances, pour lui révéler sa vérité profonde qui est la manière dont elle jouit. Le refus n’y est que le masque d’un désir qu’elle ne peut assumer dans un premier temps, car il est contraire à son intégrité et à sa dignité. Mais « au fond », elle veut être prise, être disponible totalement pour satisfaire les désirs des hommes. Cette tension entre le « fond » et les refus de pure forme créent une subjectivité de « salope » mue par un désir qui nie la subjectivité elle-même. En effet, elle veut « au fond » abdiquer sa volonté. De même, elle désire renoncer à sa sexualité, du moins celle qu’elle pense être la sienne. Elle s’abandonne à ce que les hommes veulent pour trouver son authentique désir. Être au service sexuel des hommes ne peut donc que la mener à son propre désir, voire à son plaisir. Cette mise en scène nous attribue une subjectivité et une sexualité servile, toutes deux intimement mêlées. Nous prendrions plaisir à ce qu’un homme les aliène, et par là nous subjugue. Bordo analyse les implications de l’érotisme pornographique : la femme abdique son indépendance, elle est un corps déserté dont la parole ne sait dire que oui, même en disant non (Bordo, 1994, citée par Schrage, 2004). Tous les mythes patriarcaux sont recyclés : les femmes ont le désir secret d’être violées et humiliées, elles ont un fond mauvais qui les pousse à se déshumaniser, à se détruire même physiquement.

La « libération sexuelle » comme projet politique

41 Le fait que la femme filmée crie est donc un élément central de la mise en scène. Le producteur montre combien il est douloureusement jouissif pour une femme de s’abandonner à sa nature profonde. L’acte filmé oscille entre séance d’aveu et punition. Une actrice, Coralie Trinh Thi, en parlant de ses débuts dit à quel point elle était traumatisée par ses collègues en larmes qui enduraient des scènes hard : « d’ailleurs, elles ont plus souvent des tics de souffrance que de jouissance » (Poulin, 2005, 138). Ces tics pourtant contribuent à exciter les clients de la pornographie. Les femmes filmées sont secouées par la pénétration, souvent violente, elles hurlent, leurs mots ou leurs mimiques expriment parfois la douleur ou la peur, elles sont insultées voire menacées. L’unique différence avec une scène de viol sont leur sourire et les mots qu’elles prononcent : « Prends moi plus fort, fais moi mal, encore ! ». L’amalgame de ces messages contradictoires érotise le viol tout en l’excusant moralement au nom de la tendance servile des femmes.

42 La brutalité représentée est déréalisée au nom d’un double mythe néolibéral et patriarcal. Il existerait une rupture entre fiction et réalité, entre les représentations et le contexte social. En outre, tout ce qui excite serait « sexuel » au sens de fondamentalement bon pour tou-te-s. La pornographie masque les violences qu’elle montre et justifie celles qui sont perpétrées contre toutes les femmes. MacKinnon et Dworkin ont porté en 1986 devant les tribunaux les crimes de séquestration, viols, menace avec arme à feu commis contre Linda Boreman pour qu’elle tourne le film Gorge Profonde (MacKinnon, 2005, 242). L’expérience de Linda Boreman prouve que rien dans les images finales ne permet de dire si la femme filmée était consentante, si elle n’a pas été violée, torturée pour ces images ou tuée par la suite. Des viols excitent dès lors qu’ils sont étiquetés « porno ». Quand des crimes sont filmés, diffusés en tant que pornographie, ils deviennent de la sexualité. Ils sont effacés comme tels. Leurs images circulent protégées au nom de la liberté d’expression ou de la liberté sexuelle.

43 La figure créée par l’érotisation du sadisme est la « salope » : celle qui désire être violée, et qui ne peut donc jamais l’être. Quoi qu’on lui fasse, elle l’aura toujours désiré. Sur un plan économique, elle aime tellement l’humiliation sexuelle qu’elle pourrait le faire gratuitement. Quoi qu’on lui extorque, elle en aura toujours profité, par renversement des profits et des coûts entre dominants et opprimées. Cette figure pornographique est donc l’archétype pseudo égalitariste et néolibéral de la femme prostituée. Il masque la destruction qui la réduit à la marchandise, à l’objet sexuel consentant. Mais la « salope » est aussi l’archétype de la féminité dès lors que la pornographie prétend représenter « la sexualité crue ».

44 L’enjeu politique de cet archétype du patriarcat néolibéral est clair. Il sape les prétentions des femmes à l’égalité en leur faisant accepter les termes néolibéraux de l’échange économico-sexuel. Il détruit notre crédibilité civile et juridique (MacKinnon, 2005, 152-156). Il suffit d’invoquer ce mythe de la femme « libérée » pour nier les crimes commis par les industries dites « du sexe », et aussi par leurs consommateurs. En définissant le genre et la sexualité, la pornographie rend excitante la destruction des femmes comme classe, elle excite à la haine contre nous. En cela, « la libération sexuelle, au sens libéral, libère l’agressivité sexuelle masculine, au sens féministe » (MacKinnon, 2005, 153). Les industries dites « du sexe » définissent pour nous une non-sexualité servile, et une non-identité d’être masochiste, elles nous montrent comment jouir en nous haïssant. Elles relèvent donc d’un projet politique : elles brisent notre amour de la liberté.

La « libération sexuelle », une expansion de l’expropriation des femmes

45 Par cet article, j’ai voulu montrer comment l’économie de marché actuelle reconduit et met à profit l’organisation patriarcale de la sexualité. Devoir être libérées « comme les hommes », nous impose d’accepter les violences économiques et physiques qui assoient leur liberté sexuelle. Dès lors, l’étouffement de notre sexualité par sa vente et par l’érotisation de la haine deviennent les conditions de notre liberté. Cette idéologie néolibérale et sexiste infiltre les sources de socialisation étudiées. La presse féminine promeut les codes classiques de notre sexualité de service et les innovations consuméristes qui l’encadrent : jouets érotiques, produits de beauté, voire chirurgie, pour ressembler aux « pâles prestataires de services sexuels » des industries dites du « sexe ». Issues de rapports de classe, la pornographie définit ce que les femmes sont, et la prostitution, ce à quoi elles servent.

46 La « libération sexuelle » n’est qu’une version de la « grande arnaque » décrite par Paola Tabet : elle nous exproprie de notre sexualité. On assiste en fait à une libéralisation des profits masculins et à une libération de la haine sexiste. Le néolibéralisme transforme l’échange économico-sexuel en un marché mondial, organisé par les migrations intra et internationales, la monétarisation, le trafic, une industrialisation qui appauvrit et illégalise les femmes les plus opprimées. Les marchandises de ce marché sont produites par les chosifications sexistes : nous sommes sexualisées, déshumanisées, rendues disponibles par et pour l’exploitation et le viol. L’archétype de cette politique est la « salope », celle qui désire et jouit d’être dominée. Elle définit notre féminité dans le cadre classique de l’inhumanité.



à suivre pour la bibliographie et les notes

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Florage



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 13:43

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Bibliography

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TABET, Paola, La grande arnaque, sexualité des femmes et échange économico-sexuel, Paris, L’Harmattan, 2004.


Notes

1  L’imprégnation culturelle est telle que les arguments promotionnels deviennent des documentaires diffusés au cinéma : Inside Deep Throat, 2004, réalisé par Bailey et Barbato ; « Les travailleu(r)ses du sexe, et fières de l’être », 2009, Carré.

2  C’est une profonde réorganisation du système économique à l’échelle mondiale, où l’économie se déconnecte de plus en plus du social et du politique, et la sphère financière de la production réelle. Les écarts de richesse se creusent, le droit au travail se réduit, le marché du travail devient plus international, illégal et informel, une main d’œuvre précaire, flexible et dévalorisée migre au sein du Sud ou du Sud et de l’Est vers l’Occident (Falquet, 2008, 26-40).

3  C’est moi qui souligne.

4  Parallèlement, elles sont invitées à recourir à l’introspection et à l’autocritique quand elles se sentent insultées ou rabaissées, à nier leurs perceptions, à sortir de leur égocentrisme pour adopter le regard des hommes sur elles.

5  En ligne : http://www.elle.fr/elle/Love-Sexe/Tests-et-quiz/Tests/Etes-vous-une-super-simulatrice, consulté le 01.01.10.

6  PARDO, Judith, « Changer de pratiques sexuelles (et garder le même homme) », Biba. En ligne : http://www.bibamagazine.fr/article.php?id=MDFA-6ZXJXE, consulté le 01.01.10

7  Il semble plus aisé d’influencer des réflexes physiques que de convaincre un homme.

8  GOLDSZAL Clémentine, « Faut-il se forcer à faire l’amour ? », ELLE. En ligne : http://www.elle.fr/elle/Love-Sexe/Sexualite/Dossiers/Faut-il-se-forcer-a-faire-l-amour/Se-forcer-ultime-preuve-d-affection/(gid)/561432, consulté le 01.01.10.

9  Ce procédé rhétorique culpabilise les femmes et leur fait admettre les pratiques qui suscitent le plus de réticence.

10  Par exemple, Marie Claire propose de tester le SM et donne des liens commerciaux : http://www.marieclaire.fr/,sexe-oser-le-sm-en-douceur,20256,10841.asp, consulté le 01.01.10.

11  PENSA Sophie, « Connaissez vous la pole dance ? », Femme Actuelle. En ligne : http://www.femmeactuelle.fr/amour/couple/connaissez-vous-la-pole-dance-01071,  consulté le 01.01.10.

12  Cette expression permet de mettre l’accent sur l’organisation de la vente, donc le proxénétisme et la pluralité de ses formes. C’est sous cet angle que j’emploie le terme « prostitution ».

13  Les articles de ELLE ou de Marie Claire reprennent cette rhétorique : SCNHEIDER Claire, « Pole dance, les conseils d’une pro pour épater son homme », Marie-Claire. En ligne : http://www.marieclaire.fr/,pole-dance-les-conseils-d-une-pro-pour-epater-son-homme,20255,42533.asp et POYARD Emilie, « Effeuillage, nos conseils pour ne pas se rater », ELLE. En ligne : http://www.elle.fr/elle/Site/Saint-Valentin/Saint-Valentin-coquine/Effeuillage-nos-conseils-pour-ne-pas-se-rater/(gid)/1133442#, consultés le 10.01.10.

14  Je ne les aborderai guère sur l’axe raciste. Andrea Dworkin a analysé l’érotisation du racisme dans toute son œuvre;  l’érotisation de la misopédie (la haine des enfants comme classe) est peu théorisée mais on peut trouver des éléments chez Bouchard et Bouchard (2005) sous le concept d’hypersexualisation.

15  Les orifices sont souvent artificiellement rougis, parfois les objets enfoncés tendent les tissus jusqu’à la déchirure, les sexes lésés par des séances de tournages longs et violents sont montrés tels quels (Poulin, 2009, 165-166).

16  Pour une critique de ce mythe, voir Delphy (2007).

17  C’est moi qui souligne.


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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 13:46

Citation :
« Prends moi plus fort, fais moi mal, encore ! »



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 13:49


Exercice de style

ROSE, MON AVOCATE

Patlotch, 21 août 1979

En ventôse c'est la date
Je m'impose à Montmart'
En grandiose diplomate
De la cause phallocrate

A Rose mon avocate
Je propose qu'on s'éclate
Elle s'y oppose Ah, l'ingrate

Cette chose délicate
Ell'suppose qu'on débatte
Moi morose je me gratte
Mais compose démocrate

Je lui cause je la flatte
Ma prose l'acclimate
De l'amour Rose est candidate

Je dépose ma cravatte
Je déchausse mes savates
Je décrochose ses nattes

Elle qui n'ose se débatt'
Toute chose écarlate
Comm'une sauce tomate
Paupières closes comm'une chatte
Elle s'expose ça m'épate

Virtuose de la patte
Je compose ma sonate  
Sur ses peaux au tein mat
Ses seins roses je les tâte
Tel Eros je m'éclate

Mais l'apothéose est plate
Et les choses se gâtent
J'ai les os qui s'dilattent
La nécrose dans l'omoplate
L'ankylose des cul-d'jatte

Tout m'explose dans la rate
Du tétanos les stygmates  
M'indisposent la prostate  
J'ai l'hématose qui rate

Des ecchymoses disparates
La couperose pirate
Et les choses qui m'grattent

Et v'là Rose décontract'
De sa glose d'avocate  
Qui se gausse scélérate  
C'est qu'elle ose renégate
Ah la grosse gougeate

La névrose dans la patate
Je rechausse mes savates
Je rehausse ma cravatte
Je laisse Rose et automate
On m'dépose à mes pénates

Là j'm'arrose de picrate
De Calvados et d'Armagnat'  
J'me repose et constate  
Que mes choses sont intactes

Je m'dispose à combatt'
Pour la cause phalocratte
Il s'impose Oh Socrate  
D'aller chez Rose mon avocate

En pluviôse c'est la date

(...)


source

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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 14:00


LES "TA" C'EST MOI

Chanson, à Bobby Lapointe sur l'air du refrain de "Mon père et ses verres" ou kekchose com'ça

C'est Annie qu'elle s'appelle
Au-dessus que t'habite
Elle est assez belle
Et qui plus est accorte
 
Tape-toi ta voisine
N'en fais pas tabou
Allez mon Achille
T'as vu ces talons
 
Ta vie est au bout
De ton vit avide
Prend ta vitamine
Tout tient à ç't'atout
 
Sa mère est absente
Ta panique est amère
Son père étalé (au soleil)
T'as qu'à yaller voir (au hasard)

Sa bouche est à prendre
Son nez épâté
Ses seins sont appel
Ton dessein t'attend

(T'as besoin d'un crayon, dis ?)

Elle te met à l'aise
Sous ta chemisette
Ses mains sont tapies
(T'as glissé tes chaussettes sous le tapis)

Sa taille ainsi faite
De yaourt allégé
Elle est admirable (de lapin...)

(Attention cher public, ça devient très gros, très grossier, hié hié hié, au désespoir tenant d'obèses circonstances)

 
Voilà que se pointe
Là pointe
Une habile litanie
Dans le lit d'Annie

Qui n'est pas kabyle
(Moi non plus t'as capté)
Faut tout arrêter
Car tout a raté

(Hé, taré, t'as raison, trahison !)

Au nez elle t'a ri
T'as la tête vide  
Ci-el son mari
Mon talent tari


L'honnête est allé
A l'éthérée nuitée
(Pour l'immortalité, t'inquiète pas, ya pas que ta voisine, ni que son père, avec le soleil... eil eil eil)

RER A, 24 janvier 2005, 19h42


LIVREDEL VIII 4 REBOURS A LA CASSE DES PARTS, janvier 2005

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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 14:11




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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 14:29

Tristan : - Cette alternance de textes sérieux qui font réfléchir et d'humour déplacé en la circonstance est du plus mauvais goût. Mais la lectorate en jugera !

AliBlabla : - La majorité silencieuse peut toujours se branler sur tes dictionnaires, et toi avec, mon gros lapin castré.

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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 15:29


la double castration théorique

un gauchisme féministe

Florage a écrit:
Patlotch a écrit:
nous ne savons pas comment se tirent les fils de nos désirs inconscients

Floarge : - un propos d'homme, quand ça l'arrange de considérer ses désirs inconscients...

Patlotch : - ma conviction est que les textes de théoriciennes féministes, particulièrement ceux de Delphy, Dworkin, et d'Annie Ferrand plus haut, qui se présentent comme vérités générales à la manière des textes de théorie communiste, sont à relativiser par leur propre point de vue et expérience de la chose, dont elles ne parlent jamais, et quand on connaît leur rapport sexuel personnel aux hommes, on a une idée du refoulement de leur névrose

autrement dit aucune distanciation, pas d'auto-analyse de leur point de vue, et le bâton tordu dans le sens de leur démonstration : aucune femme ne prendrait du plaisir ou seulement pour celui de l'homme, ce qui est évidemment faux. Et celles qui en prennent sont alors des traitres à la cause, piégées par les magazines féminins du patriarcat...  

ça ressemble comme deux gouttes d'eau au puritanisme marxiste : tu ne jouiras pas, ma fille ! puisque sous le capital et le patriarcat, c'est interdit. L'équivalent de la subsomtion réelle du capital, absolue chez TC, c'est ici la domination réelle totale du patriarcat. On comprend mieux que TC soit parti de Delphy pour construire sa double contradiction classe-genre

j'appellerais ça un gauchisme théorico-féministe. Tabet, c'est tout autre chose, ne serait-ce que du point de vue de sa rigueur scientifique

exemple
Annie Ferrand a écrit:
La « libération sexuelle » n’est qu’une version de la « grande arnaque » décrite par Paola Tabet : elle nous exproprie de notre sexualité

il n'y a aucune mise en perspective révolutionnaire. C'est comme ça, ça le restera toujours ? Pourquoi Tabet ne met-elle pas, sauf erreur, la "libération sexuelle" dans le même sac de "l'arnaque" de l'échange économico-sexuel ? Ferrand mélange du Dworkin, du Delphy et du Tabet, et sort du chapeau sa lapine gauchiste. C'est de la prestidigitation, pas de la théorie sérieuse

les limites de cette critique sont lisibles dans le concept de "patriarcat néo-libéral", c'est ici la faiblesse de la critique radicale du capital

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Florage



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 15:52

dans le même genre, un Collector

La pénétration, une arme de destruction massive de notre intégrité

Je Putréfie le Patriarcat Féministes radicales 5 août 2013

Le coït, une aberration totale (sauf si on regarde sa fonction dans le patriarcat)

Citation :
Je viens de découvrir avec beaucoup de joie une phrase de Christine Delphy dans la video de sa présentation du livre « femmes de droites » d’Andrea Dworkin à Violette & Co. Enfin un peu de bon sens ! Elle parle brièvement de l’arnaque du « libéralisme sexuel » et la fonction qu’ont les contraceptifs et avortements dans le maintien de l’asservissement des femmes par les hommes – (qui passe par le coït) :

« l’avortement, c’est ce qui va rendre toutes les femmes disponibles à tous les hommes. [...] Une des excuses que les femmes pouvaient fournir pour ne pas coucher avec un mec c’était qu’elles ne pouvaient pas être enceinte, car après elles n’avaient plus la contraception, elles n’avaient plus l’avortement ».

Or, aujourd’hui, la pilule et l’avortement font que nous n’avons plus ce moyen de négociation possible, nous n’avons plus d’excuses pour refuser le coït aux hommes. Alors même que la pilule ne permet pas d’éliminer le risque de grossesse (il le réduit seulement) car une grande partie des avortements aujourd’hui se font chez des femmes entre 15 et 27 ans, qui prennent la pilule. Prendre la pilule, ce poison, ce toxique, subir cette invasion tous les matins, tout ça pour quand-même vivre avec la peur de tomber enceinte, la peur d’oublier sa pilule. Quelle arnaque. Combien de fois il n’y a ni préservatif, ni pilule, et que malgré tout, on prend le risque de « céder » au coït car on pense à la pilule du lendemain, et au pire, on se dit, il y a l’avortement. On ignore la peur, la terreur d’être enceinte car on veut croire au mythe qu’être égale à un homme c’est pouvoir baiser comme lui, sans conséquences. On essaie d’ignorer le fait que s’il n’avait pas insisté, initié, s’il n’y avait pas cette pression, cet horrible sentiment d’obligation, la peur de refuser car sinon on est rejetée, jamais on n’aurait pensé au coït. On essaie d’oublier qu’on n’en a pas envie, pas vraiment, pas tout à fait, il y a quelque-chose qui cloche. On veut croire désespérément au mensonge que l’on nous inculque, que « femme + pilule = homme ».

On ne pourrait pas être plus loin de la vérité. Comme tout ce qui est patriarcal, le fait que tout ça soit une libération pour les femmes est une inversion absolue: la réalité et que ça a assuré la continuation et le renforcement de notre asservissement total. La seule vérité que cela contient, c’est que c’est effectivement une libération des contraintes et obstacles à l’accès des hommes aux femmes, par le viol / coït. Or le coït ne peut jamais être une pratique récréative pour les femmes car aucun contraceptif n’élimine les dommages causés par le coït: même le stérilet et la ligature des trompes n’empêche pas à 100% les grossesses – je connais plusieurs personnes qui sont nées des deux. Les dommages du coït ne peuvent être que légèrement mitigés, sachant que les contraceptifs hormonaux, stérilets + avortements sont en eux-mêmes des conséquences graves du coït sur notre santé et intégrité. Le coït comme pratique récréative est forcément inégalitaire, car il comporte des risques tellement énormes pour les femmes (grossesses non-désirées, avortements, complications liées aux deux, possibilité de mourir des complications ou de l’accouchement, problèmes de santé graves suite à des années de prise de pilule, etc) alors que pour les hommes, il existe des risques vraiment infimes (MST) et ceux-ci peuvent de toutes façons être totalement éliminés.

Voici ce qu’en dit Factcheckme :


Citation :
if we are very, very lucky, perhaps some of us, for some period of time, can mitigate the severity and frequency (but not the occurrence) of the female-specific harms perpetrated on us, by men. and female-specific harm includes the risk of female-specific harm…which is harmful in itself, because its stressful and requires behavior and thought modification, because we were born with babymakers in a rape culture, and that has meaning. oh yes it does.

Nous avons donc les facteurs suivants :

1. nous, les femmes, à l’inverse des hommes, avons une machine à reproduire des bébés à l’intérieur de nous.

2. Cette machine à bébés s’enclenche lorsqu’un sperme entre en contact avec un ovule fécondable, c’est à dire lorsque le sperme passe par le vagin jusqu’à rencontrer l’ovule au bout, dans la trompe. Généralement ça se fait par ce qu’on appelle le « coït », l’insertion du pénis dans le vagin, mais la simple déposition de sperme sur la vulve peut suffire à rendre enceinte. (donc même l’idée que le coït soit nécessaire à la reproduction est un mythe)

3. Les hommes savent tout ça, que sperme dans vagin = grossesse.

4. Bien que sperme dans vagin / pénis dans vagin = grossesse, les hommes ont érigé le coït comme pratique hétérosexuelle obligatoire, et nécessairement régulière (« récréative »), appellent ça « sexe » (associé au plaisir) et font en sorte que l’hétérosexualité aussi soit obligatoire. [oui, ce sont les hommes qui l'ont érigé et pas les femmes, car toutes les règles sont édictées par et pour les hommes. C.f. patriarcat].

5. coït = 0 risque pour les hommes; coït = énormes risques pour les femmes (pouvant entraîner la mort); cette pratique est donc nécessairement et biologiquement inégalitaire, oppressive et dommageable pour les femmes. Malgré cela, les hommes continuent à vouloir nous soumettre en permanence au coït, coûte que coûte, quitte à nous faire gober des hormones ou insérer des bouts de ferraille dans l’utérus pour qu’on croie que ça a pas d’incidence sur noues.

6. Quand tu sais que ce que tu fais c’est dommageable pour l’autre, et pour l’autre uniquement, et que tu continues quand-même à le faire, c’est que la nuisance / la destruction est intentionnelle. Car sinon, en sachant les conséquences, si tu ne voulais pas nuire, tu aurais arrêté ton action / ton geste tout de suite. Les hommes savent les conséquences qu’a le coït sur les femmes. Or les hommes n’arrêtent pas le coït.

7. Le coït comme pratique régulière remplit très bien sa fonction: celle de nous détruire. Ce n’est pas un accident. Il a été intentionnellement conçu pour nous détruire, nous asservir aux hommes et surtout nous réduire à du bétail pour reproduire des humains mâles (cf Claire Michard et Paola Tabet).

8. Le fait que les hommes savent que c’est dommageable pour nous et uniquement pour nous, qu’ils insistant tant à ce que nous nous soumettions au coït, et qu’ils mettent tant d’énergie à nous faire croire que c’est du sexe, du plaisir, de la libération malgré que le coït soit totalement inutile autant sur le plan du plaisir que sur le plan reproductif (tout plaisir génital chez noues provient uniquement du clitoris et non du vagin, qui est un muscle), est une preuve de l’intentionnalité de l’usage du coït comme outil de démolition des femmes à l’échelle massive.

Pour reciter Factcheckme :

Citation :
Men know that women are impregnable, as a sexual class, and thats why they rape almost exclusively girls and women, and almost exclusively *not* other men. raping female-bodied persons is like throwing spaghetti against the wall, and knowing some of it will stick: by raping women, all women, regardless of age, and not men, (individual men perhaps, but not men-as-a-class) they know that pregnancies will result. they just wont be around to see it.

Et ici: (source)

Citation :
considering that men know that intercourse is harmful to women, including the risks of disease and pregnancy; and understanding that female-specific reproductive harm is central and critical to male political and interpersonal power; and considering that intercourse-as-sex is therefore the very foundation of patriarchy itself — [...] no sane, healthy, competent etc. person would voluntarily engage in it, considering the risks.  get it?

so sane person.  no human person.  no man.

you see, there is not a man in the entire world, if the risks of intercourse applied to men, who would ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, ever, EVER choose to engage in it for pleasures sake.  never, ever, ever, ever, ever would a man voluntarily place himself in harms way like that, and that includes the most submissive, masochistic and self-hating man.  NO man would EVER do this.

Tout ça pour dire que l’unique raison pour laquelle l’on puisse croire que le coït soit normal et naturel pour nous alors que notre réalité dit exactement l’inverse – c’est à dire que c’est destructeur et totalement anti-naturel voire d’un danger mortel – c’est parce que les hommes, par tous les moyens, nous ont tellement lavé le cerveau avec leur propagande pro-coït, que le coït nous paraît immuable et inévitable comme la roche, au point que toute alternative ou cessation immédiate du coït pour notre santé et intégrité ne soit même pas pensable.

Etant donné que toutes les définitions de la réalité qui nous sont imposées par les hommes ne sont fondées qu’à partir de l’expérience qu’en ont les hommes, et surtout comme la seule définition du coït qui existe est celle qui se base sur l’expérience qu’en ont les hommes, (c’est à dire une érection et pénétration / éjaculation sans conséquences), ceci fait que nous n’arrivons pas à définir et à identifier ce qu’est le coït à partir de notre réalité: qui n’est qu’aliénation, destruction de la santé, peur, maladies, colonisation – qu’il y ait une excitation génitale ou non qui se rajoute à cela ne change en rien cette réalité; cela peut seulement en changer notre perception. Et d’ailleurs, certains hommes ne se privent pas de stimuler le clitoris pendant le coït, pour que petit à petit, notre corps associe mécaniquement le coït à une excitation génitale. Ceci n’est qu’un processus de dressage, pour semer la confusion et nous faire croire qu’au fond nous aimons ça, car les premiers coïts sont dans l’immense majorité douloureux ou sans plaisir.

Cette imposition et impression dans nos cerveaux de leur perspective de la réalité opposée et antagoniste à la nôtre équivaut à de la violence psychologique, ou même de la torture psychologique, car ce n’est autre que que du lavage de cerveau dans des conditions permanentes d’extrêmes violences exercées par les hommes contre noues. Cette violence psychologique, ou ce lavage de cerveau qui consiste à déréaliser les violences qu’ils nous infligent ainsi que leurs conséquences et les nommer par l’inverse de ce qu’ils sont (« amour », « sexe », « plaisir », « érotisme », etc.) ont pour effet et pour but de nous dissocier totalement de nous-mêmes et de ce que nous ressentons, vivons, lorsque nous subissons les coïts et les effets du coït. Ça nous empêche d’identifier ce qu’on subit comme étant préjudiciable pour noues, au moment où on le subit. ça nous empêche donc d’avoir conscience qu’on subit des violences; et donc de nous en protéger, de fuir, de préserver nos intérêts, d’exprimer la violence, notre réalité etc. ça colonise notre conscience. C’est fait exprès: pour qu’on continue de subir, pour qu’on ne s’échappe pas – car là-dessus repose la domination des hommes sur noues. donc les sensations de peur (ou autre) qu’on peut ressentir avant, pendant ou après nous paraissent insensés, sidérants. Le silence absolu sur notre réalité, en plus de l’inversion de la culpabilité sur les femmes, fait que l’on se retrouve dans un isolement total, et la seule option qui noues reste c’est de s’accuser soi-même de se sentir mal. Ces sensations sont intolérables, alors on essaie de les oublier à tout prix ou de faire comme s’ils n’existaient pas car rien ne vient cfndirmer notre réalité.

Donc, je résume. L’idée que le coït c’est de la sexualité est un sordide mensonge, une arnaque absolue. Les hommes méprisent les femmes précisément parce qu’ils savent que ce qu’ils font aux femmes, c’est à dire les pénétrer avec leur pénis, c’est les mépriser, et jamais ils ne voudraient que l’on leur fasse la même chose. Ils méprisent les femmes pour subir ce que jamais eux n’accepteraient de subir, en tant que sujets dans le patriarcat. D’ailleurs, il suffit de faire un tour dans leur langage: ils sont très clairs sur le fait que l’acte de pénétrer une femme c’est l’humilier, la dominer, c’est l’insulter, l’arnaquer, la « baiser » – c’est bien pour cela que c’est une insulte de le dire à un homme, qui n’est pas sensé être pénétré. Il ne fait aucun doute que le coït n’est pas pour les femmes, ou un échange intime et amoureux avec une femme, mais contre les femmes et pour les hommes, les pénétrants.

Croire qu’on peut distinguer entre des coïts désirés et des coïts-viols est illusoire; la réalité est qu’AUCUNE femme ne désirerait un coït dans un état de non-colonisation par les hommes et de lavage de cerveau qui nous dissocie de notre vécu et de la pleine conscience des conséquences du coït sur noues. En d’autres termes, AUCUNE femme n’accepterait de pratiquer le coït de façon récréative, juste comme ça, étant pleinement éclairée et consciente des conséquences du coït sur notre santé et notre intégrité, le risque à prendre étant bien trop énorme, pour des gains au mieux totalement inutiles (la reproduction – il suffit que le sperme soit déposé sur la vulve – ou le plaisir, lorsqu’il est présent – pouvant se remplacer par toute autre manière de stimuler le clitoris, qui, je rappelle, est l’UNIQUE source d’excitation génitale). ça nous paraîtrait complètement aberrant, insensé et suicidaire de nous infliger cela, en fait ça ne nous viendrait même pas à l’esprit.

Le coït, par définition, détruit les femmes, est violent (et au mieux inutilement invasif et intrusif si c’est dans un but reproductif), est imposé à toutes les femmes par des années de dressage à l’hétérosexualité dès la naissance et l’élimination de toute alternative, la violence psychologique et toutes les autres formes de violence : c’est donc un viol, par définition. Certains actes, comme par exemple couper les cheveux de quelqu’un, peuvent être violents ou pas violents selon le contexte dans lequel c’est fait, c’est à dire selon si la personne dont les cheveux sont coupés l’a demandé ou subi, contre son gré. Mais ce n’est pas le cas du coït, dont le préjudice est inhérent pour les femmes, quel que soit le contexte, qu’il soit en apparence voulu ou non-voulu par la femme. Comme pour le coup de poing ou le coup de couteau, le coït est à considérer comme une infraction et une atteinte sur autrui de la part de celui qui l’inflige, c’est à dire de l’homme.

Je suis consciente que c’est impensable pour la plupart d’entre noues de dire cela, mais c’est d’une logique absolue.

Voir aussi ses autres articles de FCM sur le sujet (y’en a plein d’autres, mais en voici des échantillons):

http://factcheckme.wordpress.com/its-the-trauma-bonding-talking/

http://factcheckme.wordpress.com/the-intercourse-series/



PdV (Pénis dans Vagin) La suite

Prenons les choses autrement.

Sortons de toutes discussions sur le plaisir, parce que visiblement ça obscurcit les esprits et l’idée centrale de l’article. Considérez ce qui suit, quel que soit le plaisir qui puisse être obtenu par le PdV. Car ce qui suit vaut que l’on en prenne du plaisir ou non, quelle que soit votre définition du plaisir.

Les résistances au bon sens sont décidément phénoménales. Personne (ou presque) ne semble répondre directement au fait que le PdV soit de façon inhérente un risque et un danger qui peut être mortel pour les femmes, alors que ça ne l’est pas pour les hommes. Malgré cela, partout dans le monde, le PdV s’impose comme LA pratique hétérosexuelle incontournable, forcément fréquente ou régulière, « récréative », et d’une façon générale, les hommes sont incités à mettre leurs bites presque exclusivement (et prioritairement) dans les vagins des femmes – les femmes en âge de procréer étant les principales cibles. Le PdV est défini comme du sexe, comme de la sexualité, et les risques et les conséquences que ça représente pour les femmes sont au mieux minimisés, normalisés, sinon ignorés ou naturalisés, comme si c’étaient des conséquences normales d’une situation inévitable, naturelle, immuable comme la roche.

(j’arrête de dire le coït parce que tout le monde croit que je parle de toutes les pénétrations, or ici je ne parle spécifiquement QUE du PdV – bien qu’une analyse de la pénétration d’un point de vue féministe radicale soit évidemment pertinente).

Le postulat patriarcal / des hommes est le suivant:

1. PdV = sexe sans conséquences + nécessité hétéro (plus ou moins strictement, mais c’est généralement vrai)

2. Conséquences du PdV régulier pour les femmes = conséquences NORMALES d’une situation NORMALE (PdV).

Or ce postulat est Faux. Le PdV est une conséquence normale d’une situation ANORMALE (et par définition non-naturelle, puisque comme toute pratique humaine sociale, elle est éduquée, non instinctive…). La situation anormale étant d’exposer en permanence, fréquemment, ou à intervalles plus ou moins régulières, les femmes au risque de grossesse. Qu’elles le veuillent ou non, qu’elles y prennent du plaisir ou non. Et que soumettre les femmes régulièrement, fréquemment ou même de temps en temps au risque de grossesse, c’est extrêmement dommageable pour les femmes.

D’abord, le fait simple d’exposer une femme, par le PdV, au risque de grossesse en lui-même est un dommage, un préjudice, car cela nécessite de prendre des mesures pour mitiger ce risque, qui génère au MINIMUM du stress, la peur que ça fonctionne pas (préservatif – et c’est souvent que ça fonctionne pas), des moyens intrusifs qui brisent l’intégrité physique, psychique (pilule, stérilet, implant, ligature des trompes, stérilisation) et ont des conséquences graves sur la santé, qui peuvent inclure dans les pires cas le cancer, les maladies cardiovasculaires, des accidents graves, un handicap à vie, la mort. Même les cas graves sont fréquents mais totalement minimisés et considérés comme normaux.

Donc les conséquences décrites plus haut, c’est dans les meilleurs cas, ceux où on a eu de la pure chance, c’est à dire les cas où le risque de grossesse n’a pas abouti à une grossesse, les cas où on a réussi à mitiger le risque, mais pas éliminer le risque. AUCUN contraceptif n’élimine le risque du PdV. TOUS les contraceptifs comportent un facteur de risque plus ou moins élevé, y compris la ligature des trompes (elles peuvent repousser – une amie est née d’une trompe ligaturée). Et tous les contraceptifs, excepté le préservatif (celui le moins utilisé!!! On se demande pourquoi) ont des conséquences directes et graves sur la santé des femmes, en plus d’être intrusives physiquement et psychiquement, stressantes, parfois coûteuses, nécessitant de plus des consultations gynécologiques invasives, sadiques et stressantes.

Je récapépète: Pour les femmes en âge et en capacité de procréer, celles que les hommes exposent le plus au PdV, le risque de grossesse en lui-même ne s’élimine pas. C’est à dire que le risque reste toujours là, et donc également les conséquences des mesures prises pour mitiger le risque.

Ensuite, les conséquences du PdV incluent: grossesse non-désirée (traumatisant et invasif) suivi d’un avortement (traumatisant et invasif, qui peut causer des complications, des vomissements, des déchirements, la perforation utérine, une infection locale, une dépression, des pensées suicidaires, une hémorragie, et pour finir, des décès). Ou une grossesse menée à terme (9 mois de grossesse, extrêmement invasif et traumatisant surtout si non-désirée) qui inclut un accouchement d’une douleur généralement atroce, toutes les autres conséquences listées ici, qui peuvent mener dans les pires cas à des complications d’une gravité extrême, comme les fistules (regardez le magnifique film du fistula foundation), ou à la mort. Ok?

Etant donné que la majorité des hommes dans le monde refusent même de mettre la capote durant le PdV, et que l’immense, immense majorité n’accepterait pas même une vasectomie, qui pourtant est sans douleur (sous anesthésie), sans conséquences sur la santé (comparé à tous les contraceptifs existants pour les femmes, excluant le préservatif) il est certain qu’aucun homme, jamais jamais jamais de sa vie, n’accepterait le PdV si ça avait les mêmes conséquences sur lui que sur les femmes. Le bon sens voudrait qu’ils soient horrifiés et indignés de ce que leur font les femmes par le PdV, et ils arrêteraient tout de suite, ça serait suicidaire de continuer, ça n’aurait aucun sens.

toute mutilation corporelle au nom du maintien du PdV est totalement aberrant et inutilement destructeur, car il suffit de cesser le PdV comme pratique récréative (mais même pour féconder, le PdV est inutile: sperme sur vulve / orifice du vagin SUFFIT) c’est sans risques, ne requiert aucune modification destructive et mutilante du corps, simple comme bonjour!

Pourquoi les hommes nous mettent donc dans des conditions permanentes d’exposition au risque de grossesse, et appellent ça sexe?

Pourquoi les hommes contraignent-ils les femmes à la pratique régulière du PdV si les risques sont aussi graves pour les femmes?

Le fait est que les hommes continuent de mettre leur bite dans le vagin des femmes JUSTEMENT parce qu’il y a ce risque de grossesse. Qu’ils en soient conscients ou non n’a aucune importance, le fait est qu’ils connaissent tous le mode d’emploi pour traiter une femme comme un homme doit traiter une femme qui lui appartient, c’est à dire mettre sa bite dans son vagin, et éjaculer dedans.

Je parle bien de contrainte sociale, car toutes les formes de pressions sont mises en place par les hommes pour qu’on n’ait PAS d’autres alternatives possibles – allant de l’endoctrinement à l’hétérosexualité, mariage et au PdV par toutes les institutions patriarcales qui existent (le PdV est promu et normalisé absolument partout, par l’état, la religion, l’économie, les médias, des films lambda, magasines, presse, littérature, musique, culture, à la porno => toutes ces institutions étant contrôlées par les hommes) à la mise en dépendance affective et économique voire institutionnelle (mariage), à la violence individuelle et collective des hommes / institutionnelle, à la répression sociale en cas de non-conformité – mais souvent cette répression est tellement omniprésente qu’elle est intériorisée, où on n’en est pas conscientes car elle est normalisée. Que se passe-t-il si on refuse le PdV? Quelles sont les réactions du conjoint et des autres? Quelle est sa propre réaction?

L’accès des hommes aux femmes par le PdV, et donc l’exposition permanente des femmes au risque de grossesse, et par là le contrôle et l’appropriation des fonctions reproductives des femmes et l’appropriation des femmes en tant que telles par le PdV et le viol / « mariage », est le pilier de leur domination sur les femmes. Là dessus repose le patriarcat et sur quoi se greffent toutes les autres formes de domination patriarcale, puisque le patriarcat consiste d’abord et avant tout en le fait que les hommes soumettent les femmes de façon permanente et régulière au PdV, dans le but de forcer la reproduction d’humains mâles, et accessoirement de nouvelles reproductrices d’humains mâles. (Cf Paola Tabet « des outils et des armes » et Claire Michard). Les femmes sont réduites mondialement au rang, statut et fonction de « sexe pour l’homme », de « réceptacle » à sperme et à bite pour une raison: car c’est ce qui permet aux hommes d’avoir la mainmise sur les produits de la reproduction, la paternité, les enfants. Ils organisent donc la société de sorte à ce que les femmes n’aient pas d’autre choix que de subir les PdV réguliers, et soumettent les femmes à la captivité permanente par le « mariage » (maintenant « l’hétérosexualité », le « couple »), la traitent comme un objet marchand à échanger d’homme à homme, entre hommes.

Ce qui constitue l’identité masculine, patriarcale, est de pénétrer une femme, est d’être le pénétrant, celui qui est dessus. Tout le rapport au monde des hommes est basé sur la pénétration, la colonisation d’autrui, du monde de l’univers – l’univers autre étant considéré femme. Ce qui constitue la fonction des femmes dans le patriarcat (car ce n’est pas une identité dans le sens où ça ne permet pas d’être sujet, au contraire c’est un anéantissement du sujet) c’est d’être pénétrée par un homme, de lui servir de réceptacle creuse pour le produit de son sperme – l’enfant.

Les contraceptifs modernes jouent un énorme rôle à nous faire croire que nous nous sommes libérées de la tyrannie du PdV, or ce que ça a fait c’est justement l’inverse: ça a renforcé et normalisé encore davantage la contrainte au PdV comme pratique régulière, et renforcé notre colonisation. ça joue un énorme rôle dans la propagande libérale de « libération sexuelle » qui n’est autre que nous vendre le modèle de viol pornographique et prostitutionnel comme étant de la sexualité. Et la pilule ça contribue à nous faire croire qu’on peut y trouver un intérêt à servir de réceptacle à sperme pour n’importe quel homme, au lieu d’un seul dans le cadre du mariage. Je ne suis évidemment pas contre l’utilisation de contraceptifs lorsqu’ils peuvent éviter une grossesse, mais les contraceptifs ne sont pas une libération. Nous devons viser plus haut que recoudre les plaies et nous ramasser à la petite cuillère après des années de PdV. Une étape de la libération c’est déjà la cessation immédiate et sans appel du PdV, et par ailleurs une dé-hétérosexualisation de masse, étant donné le danger et l’épuisement des ressources que les hommes représentent pour les femmes (violences par conjoint, harcèlement, violences économiques, etc).

quelques réactions :

Clémence Tropic a écrit:
Je ne comprend pas bien vos revendications. Une question cependant : votre féminisme, volontiers complotiste et victimaire, ne semble se concevoir que dans la détestation de l’homme. Un autre féminisme est-il envisageable ? [...]

Delphine a écrit:
Cet article me laisse pantoise. Mon mari se passe volontier de la pénétration vaginale, si je n’en ai pas envie, mais la plupart du temps j’en ai effectivement envie car c’est agréable et même bon. [...]

Eloiz a écrit:
Il me semble que si le féminisme rencontre autant de résistance c’est parce qu’il comporte une fragilité dans le discours : on ne peut pas dater l’origine du Patriarcat; on ne peut donc pas prouver l’intentionnalité de la caste masculine de dominer la caste féminine. Il y a un trou au niveau des connaissances historiques entre le règne animal et l’émergence de l’homme.[...]

Reprenons :

Patlotch a écrit:
ça ressemble comme deux gouttes d'eau au puritanisme marxiste : tu ne jouiras pas, ma fille ! puisque sous le capital et le patriarcat, c'est interdit. L'équivalent de la subsomtion réelle du capital, absolue chez TC, c'est ici la domination réelle totale du patriarcat. On comprend mieux que TC soit parti de Delphy pour construire sa double contradiction classe-genre

Ces thèses féministes radicales vont effectivement dans le même sens que celles de Théorie Communiste. Voir page 5 : théorie de la communisation : une ablation théorique du clitoris. Sur quelle base ?

Roland Simon a écrit:
On peut finas­ser tant que l’on veut mais l’accomplissement de cette « atti­rance sexuelle » c’est le coït.

La vision mâle est la seule mise en avant, et le syllogisme parfait, le résultat théorique est ce qui est posé au départ. Comment ne pas se demander ce qu'est la vie sexuelle de ce pauvre type... et celle de "sa femme" ? De ça on se contrefout, mais par contre, on voit bien que c'est sa position personnelle qui détermine sa théorisation universelle de la chose...

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AliBlabla



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 16:17

Florage a écrit:
La vision mâle est la seule mise en avant par TC, et le syllogisme parfait, le résultat théorique est ce qui est posé au départ. Comment ne pas se demander ce qu'est la vie sexuelle de ce pauvre type... et celle de "sa femme" ? De ça on se contrefout, mais par contre, on voit bien que c'est sa position personnelle qui détermine sa théorisation universelle de la chose...

AliBlabla : - Mais ça se tient, puisqu'il te dit en bon marxiste primaire qu'« il ne faut pas partir du perso, de l'individu séparé...».
Bon passons, c'est tout simplement réactionnaire, comme sur la race.

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Florage



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 16:24

Florage : - La démonstration n'est pas complète. Il faudrait encore montrer la réciproque, que le plaisir masculin ne se réduit pas à la pénétration, au coït...

AliBlabla : - Remonte dans le sujet, il y a des témoignages, Page 17 : tendresse et sexualité, tendresse et désir, les hommes, les femmes...

Florage : - Autrement dit, il faut sortir d'une vision machiste du plaisir masculin, et de sa vision féministe en miroir, pour parler de la chose en connaissance de cause.

AliBlabla : - On va leur proposer un petit massage tantrique

Google plaisir, massage tantrique sans pénétration



sur fond rouge, of course !

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 16:51

Tristan : - Vous ne pouvez pas à l'inverse partir de ce qui est exceptionnel. C'est la réalité de masse qui compte, celle dont parle Annie Ferran.

Patlotch : - c'est le type de réponse que m'a opposée Pepe@dndf. Cela portait effectivement sur la subsomption réelle comme absolue accompagnée d'une domination masculine absolue, avec leur phrase préférée, « Tous les hommes s'approprient toutes les femmes. », qui leur permettait de draguer les féministes radicales du genre vu plus haut. Avec à la clé l'impossibilité d'une révolution par une intervention extérieure au capital

Florage : - L'extériorité n'est donc que celle vue par TC, puisqu'ils évacuent tout ce qui ne relève pas de leur vision partielle. C'est encore le syllogisme, on trouve ce qu'on a posé...

AliBlabla : - La jouissance féminine est "exceptionnelle" dans le monde dominé par le Grand Patriarcaca ? Il faudrait faire une enquéquête.

Patlotch : - elle n'est pas de l'ordre d'une exception qui confirme la règle, mais d'une généralité qui l'accompagne, ce qui rend le problème un peu plus complexe que ces raisonnements simplistes à la faucille et au pénis. D'où l'importance d'une méthodologie fondée sur la réalité, toute la réalité

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 17:44

Florage a écrit:
Comment ne pas se demander ce qu'est la vie sexuelle de ce pauvre type... et celle de "sa femme" ?

Tristan : - En marionnette de Patlotch, tu le surpasses. C'est indigne de toi, cette insulte en dessous de la ceinture.

Patlotch : - un prêté pour un rendu, moi, pour RS, je suis Collection Harlequin, on peut vérifier dans ce sujet mon côté fleur bleue...


Patlotch : - et puis surtout, ne cite pas en entier

Florage a écrit:
De ça on se contrefout, mais par contre, on voit bien que c'est sa position personnelle qui détermine sa théorisation universelle de la chose...

en clair, pour penser le monde, RS part de l'individu séparé, son individu à lui. S'il ne le sait pas, je lui fais savoir

Tristan : - Tu peux toujours rêver, il ne te lit pas...

Patlotch : - ok, je me corrige : je le fais savoir à qui a envie d'apprendre quelque chose par soi-même. Comme ça, on peut vérifier lequel est le plus "narcissique" de nous deux. Et j'ai moi plus qu'une idée du plaisir féminin clitoridien et du plaisir masculin sans coït...

affraid

Tristan : - Bien la peine d'envoyer paître en prétendant que ta vie intime et sexuelle ne regarde que toi et tes partenaires.

Patlotch : - il est bien difficile d'exiger des autres une distanciation de leur point de vue perso sans assumer soi-même d'en dévoiler une partie. Ce que j'en dis reste très général. Je parle d'expérience aussi, parce qu'en matière sexuelle, sans cela, autant prendre un canon théorique pour enculer des mouches. C'est la même chose qu'en poésie, en peinture, en musique etc. Sans praxis on en parle dans le vide

Tristan : - Tu ramènes tout à toi.

Patlotch : - non, c'est eux qui ne ramènent rien à eux. La démonstration est faite que l'articulation classe-genre de TC, comporterait-elle un point intéressant, avec le sur-travail, repose sur une ignorance radicale de la sexualité humaine réelle tant des hommes que des femmes. Cette démonstration exigeait de partir de ce qui est écrit et d'où, c'est-à-dire par qui. Cela s'appelle une critique ad hominem

« La théorie est capable de pénétrer les masses dès qu'elle procède par des démonstrations ad hominem,
et elle fait des démonstrations ad hominem dès qu'elle devient radicale.
Être radical, c'est prendre les choses par la racine.
Et la racine, pour l'être humain, c'est l'être humain lui-même.»


Karl Marx
Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel 1843

Tristan : - La racine du sexe, c'est le sexe lui-même ?

Patlotch : - dans les conditions où nous en avons parlé, oui.

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Cassandre



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 18:04

AliBlabla : - Quelle mise en boîte !

Cassandre : - Au fait, on a reçu la nouvelle, http://www.boxs.fr/boites-en-carton/sur-mesure-carton/, assez grande pour TristOthello, vous venez ce soir comme prévu ?

AliBlabla : - Je crains, ma belle, que nous en empêche un fâcheux contre-temps.

Cassandre : - Vous n'êtes que des dégonflés !

AliBlabla : - Il va falloir attendre...

Cassandre : - Le plaisir dans l'attente, ça va bien un moment.

AliBlabla : - Je me dis ça aussi, mais nous ne sommes que des marionnettes.

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AliBlabla



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 18:44


"les féministes, des mal-baisées !"


Question

AliBlabla : - Comme qui dirait ya pas que les marionnettes, à être mal-baisées.

Florage : - Tu vas pas nous la refaire "les féministes, des malbaisées" !?

AliBlabla : - Malbaisé.e.s, si tu préfères.

Florage : - Vrai que ça a l'air de concerner des mâles à structure de pénis dominante, cérébraux de l'abolition du genre.

Tristan Vacances : - La misère sexuelle est l'autre face du capitalisme des désirs. Le manque est érotisé vers le sexe marchandise. C'est l'érotisation du capital.

Patlotch : - mais pour parler de son manque, mieux vaut le reconnaître sous toutes ses coutures, plutôt que lui donner des sexplications qui ne tiennent pas la route

AliBlabla : - Elles tiennent la biroute.

Florage : - Revenons plutôt aux féministes supposées mal-baisé/es.

Patlotch : - on a un documentaliste, qu'il fasse son boulot !

Tristan : - Pour patienter  Google féministes mal baisées



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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 18:57


Délinquantes, mégères, mal baisées, laides...
Voilà comment les femmes qui luttaient pour leurs droits étaient représentées
dans la propagande anti-suffragette à travers 18 affiches choquantes !


Jérémy B. il y a 6 mois

Au début du XXème siècle, les suffragettes ont déclenché un phénomène d’émancipation de la femme. Pour les contrer, les hommes véhiculaient, via la propagande, une image très dangereuse de la gent féminine qui aspirait à plus de liberté et d’indépendance.

Citation :
Il y a un siècle de cela, les femmes n’avaient pas les mêmes droits que les hommes. La place de madame était à la maison et nulle part autre. Mais le mouvement des suffragettes a exhorté les femmes à se battre pour leurs droits, notamment le droit de vote, quitte à faire peur aux hommes qui se complaisaient dans cette hiérarchie sociale bien définie.

Pour véhiculer l’idée que l’émancipation de la femme était la chose la plus dangereuse qui pouvait arriver à la société, une campagne de propagande a vu le jour assez rapidement.

Catherine H. Palczewski, professeure à l’université de l’Iowa du Nord spécialisée dans l’Histoire des femmes et de l’évolution des genres, a ressorti des archives plusieurs affiches de propagande qui dégradaient l’image de la femme émancipée.

À travers ces affiches, on comprend que le combat des femmes pour leurs droits était considéré comme une attaque envers les valeurs familiales et la place de l’homme dans la société. Les suffragettes (nom donné au mouvement féminin) se voyaient traitées de mégères « mal baisées », souvent non mariées. De leur côté, les hommes qui laissaient leurs femmes s'émanciper étaient promis à l'enfer du foyer.

Que les femmes deviennent l’égal des hommes, c’était hors de question et cette propagande nous le fait bien comprendre.

Découvrez 18 affiches de propagande anti-suffragettes (traduites en dessous) qui montrent à quel point elles étaient redoutées et malmenées par les hommes :












etc.


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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 19:06

d'un forum lesbien

Féministes, ces goudoux mal baisées…

Message par Juliettee le Mar 05 Mai 2015, 19:02

Ah bah voilà, féministe car lesbos mal baisée…

Juliettee a écrit:
Ca vous parle? J’espère pas, mais sans doute…

C’est vrai ça fait super cliché, ça fait la meuf vénère, celle qui deteste les mecs et souhaite une putain de vengeance bien coriace, une façon de gerber sa haine mal placée issue d’une lointaine frustration ou oedipe mal géré. C’est vrai. Ca fait cliché la lesbienne féministe.

C’est vrai aussi qu’au plus lointain dans mes souvenirs, les questions d’inégalités de genres m’ont toujours poursuivies, m’ont toujours hantées et frustrées. Avec l’âge ça c’est empiré, je me suis intéressée de plus près aux études de genres, aux travaux menés autour de ces questions, aux mouvements féninistes, aux oeuvres littéraires, aux différents courants du féminisme, aux courants en France mais aussi ailleurs… au féminisme face aux religions, à la politique, à celles d’hier et à celles et ceux que nous sommes aujourd’hui, chacun à notre façon. A l’étranger j’ai assumé mon féminisme, sans honte aucune, au contraire. Fière de faire partie du combat, modestement mais sûrement.

Non je ne suis pas laisée, je ne dépends de personne, je fais mes propres choix, je suis chanceuse. Aussi, je vois autour de moi, je voyage, je pleure quand je mesure l’immensité du combat qu’il reste à parcourir pour libérer ces femmes qui subissent privations de liberté, violences, traitements injustes, inhumains et assouvissant.

Oui je suis énérvée. Non je n’ai pas fini de l’ouvrir. Et oui il reste encore beaucoup à faire, n’en déplaise aux quelques raleuses faiblardes qui ne regardent que leurs nombrils et se sentent offensées qu’on puisse encore parler d’inagalités hommes/femmes de nos jours.
J’ai toujours aimé défendre mes idées de féministe en tant que jeune femme, moderne, feminine, coquette, bonne vivante, sexy, fun. J’ai aimé montrer l’image d’un féminisme plus ouvert, profitable autant aux hommes qu’aux femmes, un féminisme vantant la différence des deux sexes tout en revendiquant plus d’équité et plus de droits.

J’aurais aimé n’en avoir rien à faire de ces injustices, être aveugle, indifférente. J’aurais aimé pouvoir écrire “nous n’avons plus besoin du féministe” et dénoncer bêtement l’introduction des “théorories du genre” dans les programmes scolaires. J’aurais aimé ne pas me sentir concernée par ces questions et maipriser les vieilles lesbos aigries en mal de bites. J’aurais aimé.

Mais voilà, j’ai enfilé mes lunettes de genre et les injustices, les inégalités, les violences faites aux femmes ici et ailleurs me sautent aux yeux.

Mieux vaut cependant ne pas aborder simultanément le sujet du lesbianisme et du féminisme. Ça décridibilise tout. On peut être l’un, on peut être l’autre, mais si on est les 2, c’est bien la preuve que ya un truc qui tourne pas rond chez nous, ça devient pathologique. Pas vrai ?

suivi d'une discussion...

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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Mar 31 Jan - 19:54

Tristan : - Tes marionnettes sont pratiques, comme l'avait bien vu RS dans Le sexe sans excès

Roland Simon a écrit:
Il semble ici que Patlotch expose lui-même la cri­tique de ce qu’il vient d’énoncer. Mais Patlotch est rompu à l’art de la rhé­to­rique : pour mieux défendre son point de vue, il neu­tra­lise la cri­tique que l’on pour­rait lui faire en la pré­sen­tant lui-même.

Patlotch :

1) fais ton boulot de documentaliste, et dans ce texte de 20 pages ou plus, la recension des mots désir, libido, plaisir sexuel, plaisir féminin, etc.

2) dans ces échanges comme dans tout ce forum, les points de vue des uns et des autres sont présents sans censure ou citations hors contexte. Ce texte de RS s'appuie, des mois après, sur des extraits d'interventions spontanées dans des débats en ligne, sous prétexte que ce n'est pas son truc. Comme souvent, il reconstruit la pensée des autres comme ça lui convient pour la démonter

3) quand je tombe sur un sujet, mes dossiers sont plus complets qu'aucuns autres en ligne, sur le jazz et les femmes par exemple, pillé de partout, ce qu'est l'improvisation collective, la poétique et la révolution...

4) ce sujet en particulier s'efforce d'embrasser tous les aspects de la question, et d'en faire débat. Aussi virtuel serait-il, il sera toujours plus vrai et près des réalités que la dialectique de Herr Simon, ou l'art d'avoir toujours raison... en trichant !

5) par conséquent, je ne "neutralise" rien, au contraire, je mets tout sur la table. C'est encore çui-ci qui dit qui y est

6) rappel : mon point dans la gueule si mon chemin croisait Roland Simon de Théorie Communiste

Basketball

Tristan : - Quelle violence !

Patlotch : - Oui, que j'assume. De même que ma sortie lors d'une rencontre de l'ultragauche à Paris avec les camarades grecs de TPTG, je me suis cassé, parce qu'il ne me fallait pas faire de photos, avec ces mots : « - Pas de prolos, pas de négros, pas de photos ? Bonne continuation camarades ! », et cette violence verbale en annonçait une autre, physique, advenue récemment, contre les anti-racialisateurs auquel Roland Simon a fourni sa théorie, en s'en lavant les mains après coup... Aujourd'hui, des quartiers, tous ces blancs becs ressortiraient en sang, ce n'est ni ma faute ni celle d'Houria Bouteldja !

post-ultragauche, l'éternel détour



l'avenir d'une illusion

Tristan : - Franchement, avec ta petite vengeance, tu sors du sujet !

Patlotch : - Non, c'est le sujet du sexe qui sort de lui-même, comme déjà dit. Il contient les autres qui le contiennent aussi, au-delà du genre/sexe social refoulant les désirs et plaisirs sexuels comme structurant les êtres humains hommes ou femmes. Et je vais de ce pas en faire un point de vue particulier sur le tout

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