PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes

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Tristan Vacances



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MessageSujet: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 16:30

suite à la conversation dans 'LES' COMMUNISMES, UNE IDÉE NEUVE DANS LA CIVILISATION, pages  5 et 12 entre autres, je prends la responsabilité d'ouvrir ce sujet

Florage a écrit:
Admin a écrit:
le communisme, les femmes, et moi

si vous ne le faites pas, Tristan, je n'ouvrirai pas un tel sujet, SEXE(S) ET COMMUNISME(S). Non qu'il soit dépourvu d'intérêt, mais parce que sans précautions, c'est une pente savonnée

tout ce qui concerne dans ce forum les luttes des femmes, et l'expression des féministes de tous bords, je l'ai traité avec le soin de leur laisser la parole, en les citant, sans espoir de potlatch

dans la mesure où, à l'exception de ma regrettée Corinne Cerise, aucune n'a souhaité s'exprimer, je n'ai plus envie de faire le boulot à leur place, et je conçois parfaitement qu'elles préfèrent d'autres lieux

je vous laisse l'ouvrir, mais sans femme, j'y vois mâle intérêt, mais libre à vous de vous sentir à la hauteur de l'aventure...

Je n'ai pas de mâle intérêt, mais je n'ouvrirai pas un sujet sur le sexe et le communisme. Pour commencer, je mettrai mon grain de selle par-ci par là, par goût de l'aventure.

remarque Patlotch, hors échanges : ce sujet n'a de sens que dans le prolongement de ceux de la rubrique LUTTES :: 'FEMMES' & 'hommes'... Domination masculine -> machisme structurel et sociétal. En tant qu'il aborde la sexualité de plaisir plus que de reproduction, il n'aurait pas pu être ouvert avant, et ne saurait se lire qu'en relation avec les dimensions essentielles de la question en terme de luttes contre la domination masculine et le machisme sociétal

sommaire glissant

le sujet aborde la sexualité de plaisir plus que de reproduction

page 1 : panorama : « La vie sexuelle révolutionnaire » ! Trotsky et Reich, Speculum et spéculation vu par Patlotch, dessins humoristiques sur le thème sexe et communisme, "Le sexe est-il soluble dans le Communisme ?" (Fourier, Proudhon, Courbet, Kollantaï, Reich...), Alexandra Kollontaï, Sexualité et lutte des classe

page 2 : Paola Tabet et le concept d’échange économico-sexuel, le sujet s'oriente vers la sexualité de plaisir plus que de reproduction, Wilhelm Reich, Gilles Dauvé Sur la « question » des « femmes », Arletty et "la collaboration horizontale"

page 3 : Non-mixité : faut-il parfois exclure les hommes du combat féministe ? Ali Baba et les 40 voleurs[/i] et 'la femme', Lubin, 1944, Chérubin de Pigault-Lebrun en 1800 à Donville en 1934, Roger Vailland écrivain communiste et libertin, Liberté sexuelle, nécessités psychologiques et révolution, avec Bernard Muldworf, psychiatre communiste, Clouscard... Liberté sexuelle et anarchisme, Florage : distinguer : l'objectif illusoire d'une libération sexuelle pour tous dans la société capitaliste; la révolution comme moment transitoire de sortie du capitalisme et la fonction des désirs, dont sexuels, dans ce processus; la projection future nécessairement abstraite

Page 4 : Miles Davis, Nougaro, Sexualités féminines dans les séries (Zones subversives) , Les mouvements de révolution sexuelle (Zones subversives)

page 5

- sur l'attirance sexuelle et la recherche du plaisir, déterminée ou non par la fonction de reproduction
- de la découverte du plaisir féminin à l’émancipation de la femme
- le plaisir clitoridien
- théorie de la communisation : une ablation théorique du clitoris
- Le pouvoir des femmes et la subversion sociale, la fonction capitaliste de l’utérus : « Mais il ne s’agit pas seulement de poser le clitoris contre le vagin, mais tous deux contre l’utérus.  »

page 6

- Jeter le bébé avec l'eau du bain
- lesbiennes et communisme
- 'Les Guérillères' de Monique Wittig 1969
- une critique des rapports sociaux sexuels ? Et la sexologie ? Florage
- 'Homosexualité & révolution', Daniel Guérin 1983
- 'Le corps féminin confisqué', Brigitte Pengam-Ferriere, Invariance de Jacques Camatte, 2015
- « Homosexualité communiste (1945-1989) » Colloque International février 2017

rien de transcendant à la page 7, à part le Coming Out d'Angela Davis, vous pouvez la passer, c'est le week-end, tout le monde se relâche

page 8 : Natsuo Kirino 'Out', Lilith, Jane Seberg, Baby Doll, Elia Kazan, les sextoys et la Chine...

Page 9 : Sextoys, Kamasutra, homosexualité en URSS, la classe ouvrière et les homosexuels, la bienséance et ses règles bourgeoises, Ronsard Les Amours de Cassandre, la gale

page 10 : Galant..., Félicien Rops, l'amour, les cochons et religieuses (Diderot, Becat, Bosch...), tous les hommes sont des cochons, Brel Les bourgeois..., Pro-Life...

Page 11 : L'an 40, L'intruse, Sans queue ni tête, Baudelaire et le dandysme, "le bon goût est un moment du mauvais goût" (AliBlabla), Désirs de révolution Nadejda Tolokonnikova Pussy Riot /Trump,

Page 12 : Bandits vs Gentleman, Nos désirs font désordre (lesbiennes), Freud Le mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient, dialectiquement parlant, le juste milieu n'existe jamais...

Page 13 Houellebecq, cochons et religieuses bis, proposer la botte, le duel émancipé duels de femmes au 19e siècle, Johnny Guitar un western féministe ?

Page 14 : le sexe, un plaisir animal trop humain ? "Amour et sexualité : l’homme est-il différent des animaux ?", "Le sexe chez les animaux, pas qu'une simple affaire de reproduction...", "Sexualité : Exprimer notre animalité, "Les grands singes sont tous menacés d'extinction" (dont les humains ? s'inquiète Cassandre), Brigitte Bardot et Frigide Barjot...

Page 15 : Un cochon à tête de singe, Sommes nous issus d'un croisement entre un porc et un singe ?, "Transformation des hommes en singe et en porc" un point de vue islamique, Orwell La ferme des animaux, des cochons et des hommes, Orwell machiste, Orwell populiste, encore des cochons avec Brecht et Jeanne d'Arc, un homme ?, Vivre et penser comme des porcs, de Gilles Châtelet 1998, l'UN, Cassandre à "Je lutte des classes" en passant par Stirner : une dérive perverse ?

Page 16 : foufoune, le bovarysme, Pénis. 45 % des hommes satisfaits de la taille de leur sexe, timbré/détimbré, Le féminisme délicieusement timbré de Miss.Tic, Tendresse (Florage)...

Page 17 : tendresse et sexualité, tendresse et désir, les hommes, les femmes...

Page 18 : l'idéologie psychologique machiste de la "tendresse des hommes", le désir comme manque et  l'amour comme échange économique, la transformation des participant.e.s en marionnettes

Page 19 : les marionnettes se présentent, premiers signes de rébellion pour la vraie vie (AliBlabla) et de fragmentation du sujet pantin

Pages 20 et 21 : la segmentation à son comble par les tendances identitaires... Guignol et le gendarme

Page 22 : Cassandre immédiatiste, les autres se défilent, le slibard et le c cédille, le détournement

Page 23 : Cassandre et AliBlabla, le "métier" de prédiseur et le détournamant

Page 24 : "le vrai est moche", En attendant Godo vidéo, pièce minimalistes en quatre actes... l'amour révolutionnaire dans les boites, l'Assemblée généreuse des marionnettes, l'émeute des pantins et pantines, épilogue

Page 25 : Ras-la-touffe, La valse à mille temps, "Il n'y a pas de rapport sexuel" (Lacan...), Les sucettes à l'anis, dialogues "tout le monde a lu le forum. Sauf...", Autums Leaves, Hic Salto pour les mouches

Page 26 : Baby, Please Don't Go !, "ça, moi, surmoi", Texte POUR UN ART BIOCRITIQUE : SEXUALITÉ ET ACTION POLITIQUE, Trois récits création de l’Œuvre multiorgasmique

Page 27 : Il y a un temps pour tout, la « plus-value sexuelle », les sexbots, l'érotisation du capital, Le marteau sans maître, une immense accumulation de sexe

Page 28 : divers rebondissamants produits et une révélation fracassante, La Gitanella de Cervantes, Ysabel's Table Dance Mingus, Boiter n'est pas pécher Freud/Israël, The Revolution will not be televised Gil Scott Heron, Avanie et Framboise Lapointe, Sept ans de malheur Max Linder, On n'est pas là pour se faire engueuler Vian, Je ne regrette rien Piaf, la contradiction de genre est héraclitobitococoïtoquitienne de souche...

Page 29 : Othello, un bon coup de sexe dans le communisme, La « libération sexuelle » est une guerre économique d’occupation, La pénétration, une arme de destruction massive de notre intégrité, la double castration théorique : un gauchisme féministe radical, le plaisir masculin ne se réduit pas à la pénétration, "les féministes, des mal-baisées !" ?, le sujet devient catégorie du forum "ET LE SEXE DANS TOUT ÇA ?"

Page 30 Dany-Robert Dufour « Le capitalisme libidinal veut faire de nous des drogués », Du soleil, du sexe et de l'idéologie, Rabelais et la somate, Contrôle des corps et misère sexuelle, Anne Archet Hypersexualisation mon cul, Marxisme et psychologie, Désir de révolution et révolution du désir, révolution des désirs et subjectivation révolutionnaire, Marx et Legendre Désir de dieu désir d'État, Montaigne, Que notre désir s'accroît par la malaisance, Misère sexuelle et solitude affective sont dans un même rapport au capital que la pauvreté

Page 31 : libido / libidinal

(à suivre)



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 16:41


Il y a un peu d'autoorganisation chez Patlotch


Serait-ce un héritage patlotchien de Meeting ? Il y a un peu d’auto­organisation chez Meeting ! 19 janvier 2006 / Bernard Lyon Meeting

Il y a un peu d’auto­organisation chez Meeting, de la tartufferie aussi, Patlotch, 19 janvier 2006
Patlotch a écrit:
Cette intervention-­invitation est a priori tout à fait sympathique.

Doit-­on écarter le problème que pose, dans la bouche de Bernard LYON, l’affirmation selon laquelle :


BL a écrit:
Les participants là où ils se trouvent être plusieurs forment, de fait, des « Meetings locaux », c’est le cas à l’heure actuelle dans les régions Marseillaise et Parisienne.


Le forum est-il un Meeting local globalement sexuel ?


Dernière édition par AliBlabla le Sam 14 Jan - 17:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 17:03

FLORILÈGE


« La vie sexuelle révolutionnaire » !

Wilhelm Reich à Léon Trotsky, Octobre 1933, extrait
Citation :
La bureaucratie répliquait en opposant la question sociale à la question sexuelle au lieu de l'y integrer, et en visant à «mobiliser les masses» par des mots d'ordre économiques excluant la politique sexuelle, ce qui aboutit à mener le mouvement à la stagnation. Je fus limogé de la direction nationale, et le mouvement déclina.[...]

Je crois que, mieux que d'autres, vous serez à même de saisir l'importance de la politique sexuelle pour la lutte de classes.[...]

Je suis encore membre du KPD, mais en très forte opposition à la direction. Si je n'ai pas encore été exclu, c'est d'abord parce qu'on n'a trouve personne de compétent qui soit capable de critiquer une théorie de politique sexuelle, et ensuite parce que mon influence est trop grande.[...]

Étant donné que mon travail concerne, tant du point de vue théorique que pratique, un domaine nouveau et jusqu'alors inexploré du front révolutionnaire, je dois me garder une certaine autonomie, sans vouloir jouer les francs-tireurs, jusqu'à ce que le parti révolutionnaire soit d'accord sur les principes développés
.

source Wilhelm Reich et Léon Trotsky, Lettres inédites (1933-1936), Cahiers Léon Trotsky 45, mars 1991, p. 79-91


note p. 85
Citation :
23. La Revue de Psychologie Politigue et d'économie Sexuelle (Zeitschriftfir politische Psychologie und Se:xualOkonomie) parut de 1934 a 1938; elle contenait de nombreux articles de Wilhelm Reich, généralement signés de l'un de ses divers pseudonymes : Ernst Parell, Karl Teschitz, Julius Epstein ou Walter Roner. Quant à l'Organisation Internationale de Politique Sexuelle (Internationale Sexualpolitische Organisation), il semble qu'elle n'ait jamais eu d'existence bien réelle.

Florage a écrit:
La vie sexuelle n'est révolutionnaire ni chez les prolétaires ni chez les bourgeoises.

AliBlabla a écrit:
T'as appris ça chez les bonnes sœurs de la charité sexuelle ?


La Religieuse. Diderot. Quinze illustrations de Paul-Emile Bécat 1947

Florage a écrit:
Non, en lisant Charles Fourier, tiens-toi bien, dans Théorie de l'unité universelle, 1823, en plein dans le sujet !



Florage a écrit:
Le sexe, le capitalisme et le communisme sont de tous les sujets ouverts ou à ouvrir, sans excès.

AliBlabla a écrit:
Soyons réalistes, sans un minimum de cul, un forum n'est pas lu.

Florage a écrit:
C'est pourquoi les jeunes radicaux sont si friands du genre. Je me demande comment ils voient l'érotisme dans leur monde idéal où femmes et hommes sont abolis.

La théorie communiste est assez puritaine dans l'ensemble. C'est un transfert, Marx l'avait bien vu : « La philosophie est à l’étude du monde réel ce qu'est la masturbation à l’amour sexuel. » L'idéologie allemande



Tristan Vacances a écrit:
Ne lisez pas TC, lisez Dauvé, c'est plein d'histoires de cul.



AliBlabla a écrit:
Et « l'amour révolutionnaire », dans tout ça ?




Florage a écrit:
Bouteldja n'aborde pas vraiment le côté sexuel de l'amour, ou en termes très chastes. C'est « Aimons-nous les uns les autres comme nous aimons le Prophète », au mieux, si on ne le lis pas comme l'amour vu par les religions castratristes, un humanisme politique.

Le plaisir avec, sans ou sous le voile, pourquoi pas, mais pas comme ça.


Tristan Vacances a écrit:
Florage a écrit:
Bouteldja n'aborde pas vraiment le côté sexuel de l'amour, ou en termes très chastes. C'est « Aimons-nous les uns les autres comme nous aimons le Prophète », au mieux, si on ne le lis pas comme l'amour vu par les religions castratristes, un humanisme politique.

Religion et gauchisme sont chez elle les deux faces d'une même monnaie puritaine. C'est une grosse différence entre décoloniaux musulmans et décoloniaux blacks. Il suffit de voir comment les unes et les autres s'habillent. Dans les rassemblements, c'est le PIR qui fait exception, très loin de son modèle décolonial latino-américain.

Florage a écrit:
Tristan Vacances a écrit:
Religion et gauchisme sont chez Bouteldja les deux faces d'une même monnaie puritaine.

Chez elle, oui, mais tu peux ajouter deux autres faces, le puritanisme des athéïstes laïcards, en version républicaine ou anarchiste. Une monnaie à quatre faces, c'est mieux que la réalité augmentée en 3D.


AliBlabla a écrit:
Florage a écrit:
surtout ne pas montrer celles qui sont, de fait, les plus authentiquement féministes et décoloniales, puisque dans cette pensée, le corps a une importance centrale, et n'est pas opposé à l'esprit, avatar occidental de l'âme des chrétiens, qu'on retrouve en version communisatrice dans le théoricisme de TC.

Là, ma Florage préférée, t'es jubilante. Si les anti-racialisateurs et TC ont les mêmes cibles que l'État, les racines sont profondes, ininterrogées par leur théorie d'un radical qui ne prend pas les choses à la racine.


Tristan Vacances a écrit:
AliBlabla a écrit:
leur théorie d'un radical qui ne prend pas les choses à la racine.

Comme dirait le Califorum, ils sont coincés dans tous les sens. Besoin d'un bon dérèglement ?


Dernière édition par AliBlabla le Sam 14 Jan - 17:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 17:13

Pour la racine de Florage, on sait pas encore, mais elle nous avait prévenu en s'inscrivant, comme féministe de souche

Florage a écrit:
Ma souche est dans ma culotte.

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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 17:15

Florage a écrit:
Ma souche est dans ma culotte.

Voilà qui me rappelle une inscription sienne d'un communisateur à l'EHESS

Anonyme a écrit:
Le Dasein est dans mon cul

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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 17:21


Ce sujet va ainsi nous permettre d'approfondir l'essence du rapport sexuel race-genre.

spéculation de genre sur le sexe des anges, et réciproquement



Patlotch nature, natures mortes et instablations

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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 17:28

Pour Patlotch, tout est histoire de chatte et de spéculation.



La spéculumation est le plus vieux métier du monde : « Les speculum vaginaux et anaux étaient utilisés par les grecs et les romains, et des speculum ont été trouvés à Pompeii.»



Ceci n'est pas un tire-bouchon

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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 17:39

Vous êtes bien partis, les mecs, pour donner raison à Patlotch quant à un tel sujet : « sans femme, j'y vois mâle intérêt »

Je mettrai donc mon grain de selle ici aussi, pour vous sauver d'une déplorable image de machos ricancanants.
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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 18:00


Commençons par un petit rappel des classiques



- Et quand le Grand Soir sera venu...
- Ta bouche, mimi ! Quand le grand soir sera venu, je te connais... tu iras coucher avec un bourgeois !




- Et c'te soupe ?...
- Fiche-moi la paix, je lis Karl Marx




Class structure, proletarian struggle, gender/power relations and false consciousness
- all in one little old comics frame. Marxists, enjoy…


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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 18:01

Ouais bon, la soupe c'est pas très sexy, Marx non plus.



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 18:08

Tu me déçois, je pensais que t'allais me sortir Marx et la bonne...



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 18:14

T'as vu, je suis galant. L'auto-organisation est un partage du non-travail.

Feminism is Communism

The Red is not UNDER your bed, she is ON YOUR BED





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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 18:16

Et les Cahiers sortis de prison ?



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 18:20

Quand vous aurez épuisé tout l'anticommunisme bourgeois, on pourra peut-être passer à plus sérieux ?



Pictures that an Internet poster on China’s Weibo microblogging site
went viral when it was suggested they were of officials in Lujiang County.


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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 18:23

C'est toi plus jeune, Florage ?



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 19:42

AliBlabla a écrit:
C'est toi plus jeune, Florage ?

Si tu me prends pour le Petit Chaperon Rouge



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 22:09

Lecture du soir, espoir...

Sexe, drogue, fusées et communisme

rêveurs de lune et de liberté


Alain Nicolas, L'Humanité, 4 août 2016


Mojave épiphanie, d’Ewen Chardronnet. Inculte/Dernière marge, 380 pages, 19,90 euros. De 1935 à 1955, dans une ambiance de liberté impensable, des pionniers fondaient l’aventure spatiale américaine. Ewen Chardronnet écrit leur saga folle, vraie, à lire d’urgence.



une énergie et une créativité qui, dans une atmosphère de liberté politique, scientifique, amoureuse,
ont à peu près tout inventé

Citation :
Tout n’a pas commencé avec Werner von Braun. Contrairement à ce que nous croyons, avant que les services secrets n’importent d’Allemagne les V2 et leurs concepteurs nazis, des savants, des ingénieurs et des techniciens, à deux pas de Los Angeles, jetaient les bases de l’aventure spatiale américaine. Qui étaient-ils ? Que leur doit-on ? Pourquoi leurs noms ne sont-ils jamais prononcés ?

Ewen Chardronnet s’attaque frontalement à ce monument d’oubli qui entoure l’aventure des « Rocket Boys » californiens. Le résultat de cette imposante enquête est une saga qui, portée à l’écran, laisserait pantois ceux qui ont vibré aux exploits des Glenn et des Armstrong. Pas de satellite, ni de vol habité au crédit de ces pionniers. Mais une énergie et une créativité qui, dans une atmosphère de liberté politique, scientifique, amoureuse, ont à peu près tout inventé. Non sans impasses, non sans dégâts industriels, politiques et humains. Mais à l’arrivée, un joyau dont le nom est encore associé à chaque pas dans le Système solaire, le Jet Propulsion Laboratory (JPL).

La passion naissante pour le « voyage interplanétaire »


S’il faut une origine à cette histoire, on pourrait la trouver à la création à Pasadena, en 1926, du Guggenheim Aeronautical Laboratory at the California Institute of Technology, le Galcit. Mais l’aventure commence vraiment quand débarque un jeune diplômé texan, Frank Malina. Fils d’un immigré tchèque, diplômé d’une école peu connue, il est remarqué par son professeur de génie mécanique, qui a détecté sa passion naissante pour le « voyage interplanétaire ». Au Caltech il fait la connaissance de Jack Parsons, un jeune chimiste travaillant dans une usine d’explosifs qui construit des fusées dans un arroyo perdu du désert de Mojave. On est en 1935, ils ont à peine plus de 20 ans. Le bel âge pour fonder le noyau des Rocket Boys.




Entre Frank, l’ingénieur, et Jack, le bricoleur, le courant passe. Outre la passion de l’espace, ce qui les réunit, c’est un solide anticonformisme et une profonde inquiétude face à la montée du fascisme en Europe. Tout aurait pu les séparer : Malina, rigoureux scientifique, d’origine modeste, fréquente très tôt les cercles communistes de Pasadena, animés notamment par Frank Oppenheimer, le frère cadet de Robert, le futur père de la bombe atomique. Jack, issu d’une riche famille de Pasadena, est embrigadé par le sulfureux « mage » Aleister Crowley dans l’Ordo Templi Orientis, où on pratique une magie « thélémite » à base de sexe et de peyotl.

Ces oppositions n’ont de réalité qu’avec la distance historique. Tout ce monde communique dans une ferveur qui révolutionne la science, les arts, la société et les mœurs sans que nul ne s’en choque. Cela n’empêchera nullement Parsons de surmonter les problèmes de stabilité, de sécurité et de puissance des carburants, et Malina de finir sa thèse en améliorant l’aérodynamique. Leur équipe attire les talents, comme le Chinois Tsien Hsue-Shen, qui établira les équations balistiques des fusées. On est loin de la « Suicide Squad » qui avait fait exploser son labo au cœur du campus.

La dévorante Nasa avalera tout ça, s’annexera le JPL, et portera au premier plan von Braun, comme si rien n’avait existé avant. Cela finit sur la Lune avec un grand pas dans l’histoire de l’humanité. L’histoire des hommes qui l’ont rendu possible, on l’ignore. Malina, fuyant le maccarthysme, s’exile à l’Unesco. Parsons se perd dans sa dérive sectaire, où il croise Ron Hubbard, déjà escroc mais pas encore inventeur de la scientologie. Tsien, las des enquêtes et des gardes à vue, devient communiste, lui qui ne l’était pas, et sera le père des fusées chinoises. Sur cette période où l’originalité était le carburant de la science, on tire un voile pudique. Dans le livre, une photo montre Malina, Parsons et d’autres pionniers dans ce désert de Mojave qui a été le théâtre de cette brillante épiphanie. On peut la voir sur le site du JPL, sans leurs noms, comme s’il fallait effacer toute mémoire de ces rêveurs de lune et de liberté.



pas beaucoup de femmes dans l'article, dans leurs rêves de lune et de liberté, peut-être davantage...



Dernière édition par Tristan Vacances le Sam 14 Jan - 23:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 22:27


Lectures pour tous

Le sexe est-il soluble dans le Communisme ?

Thierry Savatier Les mauvaises fréquentations, 30 septembre 2010

La question soulevée par le titre de cet article peut paraître inattendue, voire ubuesque. Cependant, l’Histoire nous montre que le Communisme, dans sa pratique, a presque toujours fait preuve de méfiance, voire d’hostilité envers le libre exercice de la sexualité, quelque forme qu’il prît.


Citation :
Sans doute pourrait-on étendre cette hostilité à d’autres mouvements de gauche. Le philosophe Pierre-Joseph Proudhon, que l’on présente souvent comme le père de la mouvance libertaire, professait, sur la question, contrairement à Charles Fourier, un conservatisme qui pouvait rivaliser avec celui de l’Eglise de son temps et le puritanisme qui sévissait au XIXe siècle. Proudhon ne concevait la sexualité que dans le strict cadre du mariage fécond et classait toute forme de libertinage ou de recherche d’une liberté sexuelle parmi les « vices » intrinsèques, pensait-il, à la classe dirigeante du Second Empire… et aux femmes ! Il manifestait en outre, surtout sur la fin de sa vie, une véritable obsession contre l’homosexualité dans laquelle plusieurs historiens voient aujourd’hui un rejet de ses propres désirs et de ses expériences de jeunesse.




Comme je l’avais écrit dans un article de Philosophie Magazine, le puritanisme de Proudhon freina sans aucun doute la veine créatrice érotique de Gustave Courbet, lequel ne peignit ses nus les plus explicites (La Femme au perroquet, L’Origine du Monde et Le Sommeil) qu’après la mort de son ami. Une lecture attentive de trois ouvrages importants du philosophe, De l’art et de sa destination sociale, La Pornocratie ou les femmes dans les temps modernes et enfin De la justice dans la Révolution et dans l’Eglise apporte un éclairage sur la radicalité de sa pensée en la matière. De nos jours, apparaissent d’autres courants d’une gauche non communiste, mais moralisatrice, bien-pensante, qui, sous couvert de respect de la dignité humaine, d’ordre juste ou de protection des mineurs, condamnent la « pornographie » – notion toujours délicate à définir – et le discours sexuel jusque dans la publicité et les œuvres d’art dont ils approuvent la censure, s’opposant ainsi aux valeurs libertaires nées à la fin des années 1960.




Gustave Courbet 1866


Pourtant, dès la Révolution russe de 1917, un espoir s’était fait jour d’une liberté sexuelle que le changement de régime aurait pu favoriser en se démarquant de la morale religieuse traditionnelle. L’une des théoriciennes de ce mouvement, Alexandra Kollontaï (1872-1952), qui fut la première femme ministre d’un gouvernement, dut subir de vives attaques, tant de Trotski que de Lénine, qui, redoutant qu’elle ne produisît un chaos social, qualifièrent sa conception de la liberté sexuelle et de l’émancipation de la femme de « décadente ». Parallèlement, à un groupe de jeunes qui l’interrogeait sur le même sujet, Lénine fit une réponse sans ambigüité : il leur conseilla de réserver leur énergie à l’action politique et aux tâches productives, et d’en dépenser l’éventuel trop plein dans des activités sportives, en particulier la natation…




Alexandra Kollontaï

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le PC italien adopta une position tout aussi conservatrice et calquée sur le modèle stalinien, fondée sur une morale rigide et la stabilité d’un mariage fécond, mettant en exergue les bienfaits d’une vie « sévère et honnête », par opposition à une vie dite « dissolue ». Don Camillo et Peppone marchaient donc sur cette voie main dans la main… En France, Jeannette Thorez-Vermeersch, farouchement opposée au Deuxième sexe de Simone de Beauvoir, partit en guerre contre le contrôle des naissances, qu’elle qualifiait de « vice de la bourgeoisie » dans un article de 1956. Plus tard, elle publia une série de chroniques affichant un conservatisme moral de dame-patronnesse si déphasé par rapport aux aspirations de la société qu’il choqua nombre de militants et de cadres, dont Pierre Juquin. Le Communisme chinois ne se démarque pas, jusqu’à nos jour, de cette morale rigide qui voit dans la sexualité et l’érotisme le ferment d’un chaos. Sa politique de filtrage des contenus « pornographiques » de la toile en témoigne, bien qu’il faille, sur ce point précis, rester prudent et ne pas trop rapidement lui jeter la pierre, car une grande démocratie, l’Australie, a mis en œuvre un programme de blocage des sites « jugés mauvais pour la santé de la Nation » (incluant la «pornographie») dont le but est tout à fait similaire. Et le reste de l’Occident ne semble plus à l’abri d’une telle initiative.

Le domaine de l’art n’échappait naturellement pas à la rigueur morale communiste qui s’exprimait sans retenue à son égard. L’art officiel excluait toute référence érotique et les créateurs – plasticiens ou écrivains – qui s’étaient engagés dans cette voie se voyaient sévèrement réprimés et exclus du Parti. A titre d’exemple, les Communistes français manifestèrent leur incompréhension à l’égard des dernières œuvres de leur compagnon de route Picasso, à l’érotisme débridé. On voulut voir dans ces créations, faute de mieux, un signe de sénilité !




Courbet 1866


Dans un tel contexte, on imagine la perplexité dans laquelle furent plongés les officiers de l’armée Rouge qui pillèrent à la fin de la guerre les coffres des banques de Budapest lorsqu’ils ouvrirent la caisse dans laquelle était emballée L’Origine du monde de Gustave Courbet, toile qui appartenait alors au grand collectionneur et mécène hongrois Ferenc Hatvany…



La Chine, dont la culture plusieurs fois millénaire reste influencée par la notion d’harmonie née du confucianisme, a résolu cette question d’une manière assez étonnante, dont je me suis trouvé le spectateur involontaire. J’avais été assez étonné qu’un éditeur chinois se fût intéressé à mon essai sur L’Origine du monde, tant son thème me semblait, dans ce pays, à la frontière de l’acceptable. Si les éditions française, italienne et espagnole affichaient le tableau sur leur couverture, il me paraissait impensable qu’il figurât sur celle de la traduction chinoise. Or, il y a quelques temps, j’ai reçu plusieurs exemplaires de ce livre. Avec une subtilité propre à l’Empire du milieu, le tableau n’apparaît pas, une photo du peintre le cache. Dans le même esprit, la toile qui, est-il besoin de le rappeler, représente, peint en technique réaliste, un sexe de femme, ne figure pas davantage dans le cahier d’illustration, lequel s’enhardit toutefois à reproduire, en très petit format, Le Sommeil, tableau ouvertement saphique.

Et voilà comment l’édition – bien réalisée, pour autant que je puisse en juger, dans la mesure où je ne lis pas le chinois –  d’un essai entièrement consacré à l’histoire d’un tableau mondialement connu parvient à éviter toute représentation du tableau lui-même, comme s’il avait été dissout… André Breton avait inventé le « poisson soluble » à travers l’écriture automatique ; dans le Manifeste du surréalisme, il avait précisé « l’homme est soluble dans sa pensée ». De la même manière, on peut finalement se demander si le sexe ne serait pas soluble dans le Communisme…


Illustrations : Pierre-Joseph Proudhon, photographie – Alexandra Kollontaï, photographie – Couverture de l’édition chinoise de L’Origine du monde, histoire d’un tableau de Gustave Courbet.


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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 22:51


'Les 12 commandements sexuels du prolétariat révolutionnaire'

La vie sexuelle ne peut être autorisée que sous une forme qui contribue
à l’accroissement des sentiments collectivistes, de l’organisation de classe,
de l’activité de production, de création et de combat, ainsi que du désir de connaissance.


Aron Zalkind, ex-disciple hongrois de Freud
Thèse publiée à Leningrad, 1926




Die zwölf sexuellen Gebote des revolutionären Proletariats
publié en 1924, dénonce la polygamie et l'excès sexuel

"Le sexe sans excès"
Quelques réponses à Amer Simpson et Patlotch

Roland Simon, Théorie Communiste, 2014

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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Sam 14 Jan - 23:17





extraits de Wikipedia Alexandra Kollontaï

Féminisme

Citation :
Copenhague, 1910, VIIIe congrès de l'Internationale socialiste, au centre Alexandra Kollontaï avec Clara Zetkin.
Comme beaucoup de socialistes ou de communistes, Alexandra Kollontaï condamne le féminisme de son époque, le considérant comme « bourgeois », puisqu'il détourne la lutte des classes en affirmant qu'il n'y a pas qu'une domination économique, mais aussi une domination des genres. Mais elle travaille cependant à l'émancipation de la femme dans le combat communiste ; elle déclare ainsi : « La dictature du prolétariat ne peut être réalisée et maintenue qu’avec la participation énergique et active des travailleuses6. »

Elle participe à la première conférence de l'Internationale socialiste des femmes, le 17 août 1907, à Stuttgart (Allemagne). En 1910, elle accompagne la femme politique allemande Clara Zetkin (qu'elle aide à créer la Journée internationale des femmes, le 8 mars) à la deuxième conférence qui se tient à Copenhague ; elle y représente les ouvrières du textile de Saint-Pétersbourg4. Elles y rencontrent Inès Armand et Rosa Luxemburg.

Lors de la conférence qui a lieu deux ans plus tard à Bâle, elle est qualifiée de « Jaurès en jupons »)2. Elle est membre honoraire de la British Society for the Study of Sex Psychology2. Elle est membre en 1921-1922 du secrétariat international des femmes au Komintern, en tant que secrétaire générale.

L'action d'Alexandra Kollontaï, en tant que commissaire du peuple, et de ses consœurs leur permet d'obtenir le droit de vote et d'être élues, le droit au divorce par consentement mutuel, l'accès à l'éducation, un salaire égal à celui des hommes, des congés de maternité et l'égalité de reconnaissance entre enfants légitimes et naturels. Le droit à l'avortement est obtenu en 1920 — il sera limité en 1936 par Staline, puis rétabli après la mort de ce dernier. Elle sera au cœur de nombreuses polémiques sur la place des femmes dans la société soviétique.


Amour libre (amour-camaraderie)

Citation :
Elle pose la question de ce que seront les relations amoureuses dans une société libérée de la morale bourgeoise. Appliquant à l'amour le concept marxiste d'idéologie, elle considère qu'à chaque type d'organisation sociale (féodalisme, capitalisme, etc.) correspond un idéal amoureux, dont les caractéristiques permettent l'efficacité et le maintien de cette organisation. Pour elle, l'association entre sentiment amoureux et sexualité et le principe de fidélité au sein du couple marié sont des principes répondant aux besoins de la bourgeoisie dans une société libérale.

«  Le réformateur religieux Luther, et avec lui tous les penseurs et hommes d'action de la Renaissance et de la Réforme (xve-xvie siècles) mesuraient très bien la force sociale que renfermait le sentiment de l'amour. Sachant que pour la solidité de la famille – unité économique à la base du régime bourgeois – il fallait l'union intime de tous ses membres, les idéologues révolutionnaires de la bourgeoisie naissante proclamèrent un nouvel idéal moral de l'amour : l'amour qui unit les deux principes [sentiment amoureux et sexualité]. [...]

L'amour n'était légitime que dans le mariage ; ailleurs, il était considéré comme immoral. Un tel idéal était dicté par des considérations économiques : il s'agissait d'empêcher la dispersion du capital parmi les enfants collatéraux. Toute la morale bourgeoise avait pour fonction de contribuer à la concentration du capital. »


Elle estime que le mariage et la fidélité, qu'elle appelle la « captivité amoureuse », sont amenés à disparaître, et théorise une nouvelle morale sentimentale, l'amour-camaraderie, préfigurant le concept moderne de polyamour et basé sur trois principes :

- l'égalité des rapports mutuels.
- l'absence de possessivité et la reconnaissance des droits individuels de chacun des membres du couple.
- l'empathie et le souci de l'autre réciproque (qui n'est exigé, précise-t-elle, que de la femme vers l'homme dans la "civilisation bourgeoise"). Elle-même vit des relations amoureuses libres et multiples.

Elle est critiquée par Lénine comme par Trotski, plus prudes, qui estiment le couple fidèle comme la forme naturelle d'expression amoureuse. Au courant de ses nombreuses liaisons, Lénine qualifie la vision de Kollontaï de « décadente »


Prostitution (abolitionnisme)

Citation :
Alexandra Kollontai milite pour l'abolition des lois règlementant ou interdisant la prostitution, dénonçant la réglementation comme la prohibition de la prostitution comme des "hypocrisies" qui frappent avant tout les prostituées les plus démunies. Le gouvernement dont elle fit partie mit fin aux réglementations de la prostitution qui existaient sous le régime tsariste.

«  Le scandale de cette règlementation, c’est qu’elle retombe entièrement sur les femmes des classes pauvres ; devant les prostituées riches, la police comme les règlements ne font qu’ôter poliment leur chapeau. »

Tout en s'opposant farouchement à la prostitution, elle met celle-ci sur un pied d'égalité avec le mariage tel qu'il existe à son époque, préfigurant la notion d'échange économico-sexuel de l'ethnologue contemporaine Paola Tabet.

« Dans la société bourgeoise, une femme est persécutée non pas quand elle ne travaille pas utilement pour la collectivité8, ou parce qu'elle se vend pour des raisons vénales (deux tiers des femmes de la société bourgeoises se vendent à leur époux légitime), mais lorsque leurs relations sexuelles sont informelles et de courte durée. Le mariage dans la société bourgeoise se caractérise par la durée et la nature formelle de son enregistrement. L'héritage de la propriété est ainsi préservé. Les relations temporaires sans validation officielle sont considérées par les bigots et les hypocrites tenants de la morale bourgeoise comme étant honteuse. [...]

Pour nous, dans la république ouvrière, il n'est pas important qu'une femme se vende à un homme ou à plusieurs, qu'elle soit catégorisée comme une prostituée professionnelle vendant ses faveurs à une succession de clients ou comme une femme se vendant à son mari.»


Elle s'oppose également à la pénalisation des clients de la prostitution :

« Le problème suivant qu'il nous fallut résoudre fût de déterminer si la loi devait punir ou non les clients de prostituées. Certains membres de la commission furent pour, mais ils durent renoncer à l'idée, qui ne suit pas, logiquement, nos prémisses de base. Comment un client peut-il être défini ? Est-il quelqu'un qui achète les faveurs d'une femme ? Dans ce cas, les maris de nombreuses femmes légales seraient coupables. Qui décide qui est client et qui ne l'est pas ?  »

Pour elle, la fin de la prostitution ("qui est une violence que s'inflige une femme à elle-même pour des raisons financières") doit venir par l'égale participation des femmes et hommes au travail collectif et à l'égale distribution des ressources produites, mettant fin à toute nécessité, pour les femmes, de se vendre à des hommes en échange d'argent - c'est-à-dire mettant fin à la fois au mariage bourgeois et à la prostitution.

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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Dim 15 Jan - 12:33

Salut,

Je reviens là-dessus:

Wikipedia a écrit:
Elle est critiquée par Lénine comme par Trotski, plus prudes, qui estiment le couple fidèle comme la forme naturelle d'expression amoureuse. Au courant de ses nombreuses liaisons, Lénine qualifie la vision de Kollontaï de « décadente »

Il faudrait en savoir un peu plus, mais ma remarque sur la réponse de Trotsky à Reich est à revoir. Il n'a plus d'illusion sur le régime stalinien, il voit les choses autrement parce qu'il a besoin de nouveaux soutiens. Reich étant un homme d'une « influence trop grande » parmi les communistes pour la négliger, il doit être traité mieux que Kollontaï.

AliBlabla a écrit:
Ouah ! Ils étaient chauds les trostkos, en 33. Enfin, pas tous, apparemment. Mais la réponse du Vieux est plutôt ouverte.

L. Trotsky a W. Reich 7 novembre. 1933

Citation :
Si je reponds avec tant de retard a votre lettre d'octobre 1933, c'est que durant un mois j'ai ete «en conge »pour des raisons de sante. En outre, je n'ai toujours pas eu le loisir d'etudier votre ouvrage «Psychologie de masse du fascisme», que vous n'avez si gentiment fait parvenir. Quant aux deux travaux sur la question de la jeunesse et l 'histoire de I' economie sexuelle, je ne les ai jamais r~us.

Je dois avouer franchement que, de fa~on generale, je suis plutot ignorant dans votre domaine, et ne me suis jamais interesse de pres au point de vue que vous mettez en avant. Ceci ne correspond en aucun cas a une caracterisation du domaine sur lequel vous travaillez. Je ne meconnais evidemment pas la signification generate des problemes sexuels pour l' education de la jeunesse ouvriere et serais heureux de m'informer plus en details sur vos conceptions, vos experiences et vos plans dans ce domaine.

IL va sans dire que le contact etroit que vous proposez me parait tres souhaitable, et j'espere qu'il ne restera pas au niveau personnel.

Avec mes remerciements et salutations cordiales

L.T.

Patlotch a écrit:
AliBlabla a écrit:
Ouah ! Ils étaient chauds les trostkos, en 33.

euh, juste là-dessus : W. Reich écrit qu'il était au KPD et peu après il s'exile à travers divers pays d'Europe puis aux États-Unis. Le KPD était on ne peut plus dans la ligne stalinienne de l'Internationale, Classe contre classe, et opposé à la tactique de Front unique, donc l'alliance avec le SPD, prônée par Trotsky...

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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Dim 15 Jan - 12:48

Dans l'article plus haut Le sexe est-il soluble dans le Communisme ?

Savatier a écrit:
Pourtant, dès la Révolution russe de 1917, un espoir s’était fait jour d’une liberté sexuelle que le changement de régime aurait pu favoriser en se démarquant de la morale religieuse traditionnelle. L’une des théoriciennes de ce mouvement, Alexandra Kollontaï (1872-1952), qui fut la première femme ministre d’un gouvernement, dut subir de vives attaques, tant de Trotski que de Lénine, qui, redoutant qu’elle ne produisît un chaos social, qualifièrent sa conception de la liberté sexuelle et de l’émancipation de la femme de « décadente ». Parallèlement, à un groupe de jeunes qui l’interrogeait sur le même sujet, Lénine fit une réponse sans ambigüité : il leur conseilla de réserver leur énergie à l’action politique et aux tâches productives, et d’en dépenser l’éventuel trop plein dans des activités sportives, en particulier la natation…

Ce n'est pas du tout loin des '12 commandements sexuels du prolétariat révolutionnaire' d'Aron Zalkind : “La vie sexuelle ne peut être autorisée que sous une forme qui contribue à l’accroissement des sentiments collectivistes, de l’organisation de classe, de l’activité de production, de création et de combat, ainsi que du désir de connaissance.”

La continuité de Lénine à Staline est sans rupture sur le plan de la morale sexuelle, qui doit servir la révolution pour "l'activité de production".

Wikipedia nous dit encore :

Citation :
Comme beaucoup de socialistes ou de communistes, Alexandra Kollontaï condamne le féminisme de son époque, le considérant comme « bourgeois », puisqu'il détourne la lutte des classes en affirmant qu'il n'y a pas qu'une domination économique, mais aussi une domination des genres.

Ce n'est pas très clair vu ses positions semblant plus avancées dans la suite de l'article. Faudrait qu'on regarde ça dans les écrits de Kollontaï.
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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Dim 15 Jan - 13:20

On y voit plus clair dans un texte de 1920 diffusé par la revue Période:

Kollontaï: Pour une histoire du mouvement ouvrier féminin en Russie

" Kollontaï retrace une histoire du mouvement ouvrier féminin en Russie depuis le dernier quart du XIXe siècle jusqu’à 1908, année du premier Congrès pan-russe des femmes. Conférant un rôle décisif à la révolution de 1905, elle poursuit à travers cet essai historiographique un objectif théorique et politique clair : montrer que l’émancipation des femmes du prolétariat est inatteignable par les voies du « féminisme » (bourgeois) et qu’émancipation ouvrière et émancipation féminine, sans se confondre, sont organiquement liées."


Extrait:

Kollontaï a écrit:
J’ai volontairement donné des détails sur les féministes bourgeoises pendant la première révolution car, au cours ces années, le mouvement féministe bourgeois représentait une menace sérieuse pour l’unité du mouvement ouvrier. Non seulement les ouvrières, qui venaient tout juste de s’éveiller à la politique et commençaient à chercher la voie de leur libération, mais aussi les social-démocrates11 organisées et expérimentées, étaient captivées par les slogans des féministes qui étaient nouveaux et (dans le contexte russe) avaient un caractère militant.

En 1905 et 1906, le poison du féminisme infecta non seulement les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires mais aussi certains bolcheviks actifs. Lors de la première grande assemblée de femmes organisée le 10 avril 1905 à l’Institut Tenichevskaïa à Saint-Pétersbourg, seules deux oratrices (dont l’une était ouvrière) osèrent exprimer leur dissentiment devant le chœur amical des représentants des divers groupes sociaux et partis politiques. Nous, qui étions opposées à tout bloc, même temporaire, avec les féministes bourgeoises, mîmes en garde les ouvrières contre la tentation du féminisme et les appelâmes à se placer sous la seule bannière ouvrière révolutionnaire. Mais les résolutions que nous proposâmes, soulignant les principes de l’unité de classe prolétarienne et mettant l’accent sur la nécessité d’une lutte conjointe pour les intérêts communs des travailleurs, furent fermement rejetées.

À cette époque, la position à présent acceptée par tous – que, dans une société fondée sur les contradictions de classes, il n’y a pas de place pour un mouvement des femmes embrassant sans distinction toutes les femmes – devait être conquise de haute lutte. Le monde des femmes est divisée, comme celui des hommes, en deux camps : l’un est, en termes d’idées, d’objectifs et d’intérêts, proche de la bourgeoisie, l’autre du prolétariat, dont les aspirations à la liberté renferment l’entière solution de la question féminine. Ainsi, les deux groupes, bien qu’ils partagent le slogan général de la « libération des femmes », ont des objectifs différents, des intérêts différents et des méthodes de lutte différentes. Chacun de ces groupe représente instinctivement les intérêts de sa classe, ce qui confère à leurs objectifs et à leurs actions un caractère de classe.

Individuellement, une femme peut s’élever au-delà de ses propres intérêts et les rejeter au nom de la victoire d’une autre classe ; cependant, une organisation féminine reflétera nécessairement l’ensemble des besoins et des intérêts du groupe social qu’elle représente. Pour les féministes, la bataille visant à acquérir des droits égaux à ceux des hommes à l’intérieur des limites du monde capitaliste est un objectif se suffisant à lui-même ; pour les femmes du prolétariat, c’est seulement un moyen d’étendre la lutte contre l’oppression économique de la classe ouvrière. Les féministes considèrent que les hommes, qui se sont injustement arrogé tous les droits et privilèges et ont laissé les femmes dans les chaînes, avec mille obligations, sont les principaux ennemis, et que la victoire résidera dans l’abandon par le sexe masculin de ses prérogatives exclusives. Les femmes du prolétariat voient la situation très différemment. Elles ne considèrent certainement pas les hommes comme des ennemis ou des oppresseurs. Pour elles, les hommes de la classe ouvrière sont des camarades qui partagent la même triste existence ; ce sont de fidèles combattants dans la lutte pour un avenir meilleur. Les mêmes conditions sociales accablent les femmes et leurs camarades masculins, les mêmes chaînes du capitalisme pèsent sur eux et assombrissent leur vie. Il est vrai que certaines spécificités de la situation présente engendrent un double fardeau pour la femme, et les conditions d’emploi de la main-d’œuvre font que, parfois, la femme est perçue comme l’ennemi plutôt que comme l’ami des hommes. La classe ouvrière comprend néanmoins cette situation.

Avoir accès aux urnes et aux sièges de députés est le véritable but du mouvement féministe. Et les ouvrières les plus conscientes politiquement savent que ni l’égalité politique, ni l’égalité légale, ne peuvent résoudre définitivement la « question féminine ». Aussi longtemps que la femme aura à vendre sa force de travail et à subir l’esclavage capitaliste, elle ne sera pas libre et indépendante ; elle ne pourra pas être une femme qui choisit son mari en fonction seulement de ce que lui dicte son cœur, une mère qui n’a pas à craindre pour le futur de ses enfants. Les femmes du prolétariat entendent donc briser les antagonismes du monde divisé en classes et faire naître une société autre et meilleure, où il n’y aura aucune place pour l’exploitation d’une personne par une autre.

Les femmes ne deviendront libres et égales que dans un monde où le travail aura été socialisé et où le communisme l’aura emporté.


Le chapeau de Période m'a tout l'air de surinterpréter le texte de Kollontaï en y voyant « un objectif théorique et politique clair : montrer que l’émancipation des femmes du prolétariat est inatteignable par les voies du « féminisme » (bourgeois) et qu’émancipation ouvrière et émancipation féminine, sans se confondre, sont organiquement liées. » Les termes de sa distinction entre « le poison du féminisme bourgeois » et la bataille des « femmes du prolétariat » ne laissent pas voir un lien organique tels que la lutte des femmes ne soit pas conditionnée à sens unique par celle de l'ensemble du prolétariat, ce qui est confirmé par sa dernière phrase : « Les femmes ne deviendront libres et égales que dans un monde où le travail aura été socialisé et où le communisme l’aura emporté. »

C'est en gros le discours de tout le mouvement ouvrier programmatiste jusqu'en 1968 et la naissance de la Deuxième vague féministe.
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Florage



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Dim 15 Jan - 13:50

Tristan Vacances a bien fait de rapprocher ces deux textes, Le sexe est-il soluble dans le Communisme ? et sur Kollontaï. Ils donnent une vision panoramique et historique du problème. Ce qui me frappe, c'est que sur un siècle et demi, de Fourier et Proudhon au féminisme des années 60, en passant par Reich dès l'avant-guerre, on a clairement un clivage entre les "prudes" et puritains et les "libertaires", sur la question sexuelle en relation avec la lutte des classes.

Le texte de Kollontaï montre que dès le début du 20è siècle, les luttes étaient pleines de ces questions croisées, et ceci à un niveau théorique somme toute surprenant avec le recul. Paola Tabet n'est pas si loin...

Dans la situation de régression généralisée actuelle sur les deux lignes de l'émancipation des femmes et de celle du prolétariat, cette histoire est riche d'enseignements. Maintenant, il faut voir si les problèmes peuvent être posés dans les mêmes termes.

Dans l'approche de Patlotch, des voies révolutionnaires multiples, d'un mouvement des communismes, pourquoi pas dessiner une voie féministe-communiste, entrant en relation assez complexe avec la lutte des classes dans le contexte d'un prolétariat devenu "anti-révolutionnaire" - les femmes du prolétariat sont-elles plus avancées que les hommes ? voire.

Autrement dit, cela questionne encore l'universalisme prolétarien, la "convergence des luttes", et la vision d'une révolution dans l'unité d'un sujet révolutionnaire idéal, et idéel : idéaliste.
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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes   Dim 15 Jan - 14:11

Sur la quatrième de couverture du Maspero/Kollontaï, on relève cette référence, de 1974, le livre est de 1968 en allemand.


Rien trouvé en français sur ce bouquin. Une recension dans le Zeit en 1968 :

Sexualität und Klassenkampf
Helmut Reiches Versuch, die neue „Revolution“ zu psychologisieren

Gisela Stelly 29 November 1968
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SEXE, DÉSIR, PLAISIR, RÉVOLUTION et COMMUNISME, essai théorique et poétique + théâtre-roman de marionnettes
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