PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

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 Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche

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MessageSujet: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Jeu 13 Oct - 10:11


je place ici un texte, ses commentaires chez dndf et les miens. Vu l'intérêt décroissant et leur peu de sérieux, je le retire du sujet initial THÉORICISME : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer / THÉORIE COMMUNISTE et/ou THÉORIE de la RÉVOLUTION ? Sur la théorie de la communisation et sa "solitude"

je perdrai moi-même toute crédibilité théorique en poursuivant mes commentaires dans le cadre de ce qui avait encore un enjeu avant de discerner théorie de la révolution (au futur) et théorie communiste (au présent), quitte à les articuler comme je le fais en héritier de Marx

5 octobre



les enfants de TC tuent le père

pour mémoire d'outre-milieu, une texte d'ex-adeptes de TC en désamour



que la théorie ne leur sert à rien, ils le disent : « Enfin nous pensons qu’explorer l’option inverse, celle où tout va mal et où le prolétariat a déjà perdu, à part comprendre ce contre quoi nous battre, ne nous sert à rien. Comme cela ne nous sert à rien d’envisager la prochaine étape d’une restructuration du capital post-crise, c’est-à-dire dans un futur d’après notre défaite.»

je le comprends comme cela ne nous sert à rien de savoir où nous en sommes dans la crise, mais n'ayant pas lu TC25, je ne sais pas si TC envisage maintenant plus qu'avant une "restructuration post-crise", que je pense probable. En fait "la théorie doit servir à la pratique", rien de nouveau sous le soleil du militantisme

je ne comprends pas "politique" comme BL dans son commentaire d'aujourd'hui *, et si je souscris à la nécessité d'un combat communiste au présent, donc d'une stratégie politique, je ne pense pas qu'elle puisse se définir ainsi par quelques-uns au nom de tout le prolétariat, en desesperados genre "la communisation ou la mort"

* BL « évidemment la communisation sera à faire sera une lutte acharnée, multiple et incertaine mais pas politique , mais contre la politique et déjà maintenant. »


autre exemple d'une belle contradiction, à se demander s'ils comprennent ce qu'ils écrivent : « L’adieu à une question centrale chez TC depuis longtemps : « comment le prolétariat, agissant strictement en tant que classe, peut-il abolir les classes ». Tout a commencé par la remise en cause de l’adverbe «strictement» en tant que classe. Puis, le fil, l’aiguille, on connaît la chanson. », et plus loin, « De la même manière et au même moment,  les femmes prolétaires n’ont d’autres échappatoires que la lutte contre leur propre condition. Cela implique aussi pour elles d’agir spécifiquement en tant que femmes prolétaires dans cette destruction.», c'est-à-dire la reprise de l'"articulation classe-genre de TC, donc l'abandon du « strictement en tant que classe », faudrait savoir...

ils ne comprenaient déjà pas grand chose à Théorie Communiste quand ils croyaient en suivre des prescriptions pour leur pratique, on ne va pas leur demander d'en faire aujourd'hui une critique pertinente, pas plus que de comprendre leur époque. On retiendra qu'ils coupent le cordon ombilical en ayant encore besoin de pleurer dans le foulard rouge de papa Simon, tout en posant à qui prend la relève théorique. À ce niveau d'exigence et de nombrilisme, ça va leur être difficile...

le texte est globalement mauvais et certains passages indigents (sur la "race"). Il ne faut tout de même pas confondre la théorie communiste avec la suffisance stylée de cette phraséologie volontariste alignant des syllogismes ni vrais ni faux, tant le point de vue est étroit de ce "nous" prolétaire franco-universel

mais pour la fonction "politique" de ce texte en milieu anonyme jamais concrètement (socialement/mondialement) situé, c'est bien suffisant



Dernière édition par Admin le Jeu 3 Nov - 12:13, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Jeu 13 Oct - 10:12

6 octobre


misère et solitude du déterminisme théoriciste et attentiste

il faut donner intégralement ce commentaire de BL "le préviseur"

Citation :
BL dndf 05/10/2016 à 11:56

On fait pas de politique , il ne peut y avoir de stratégie, la défense du prolétariat contre les communautarisme c’est évidement du bête programmatisme. Evidement la crise qui vient sera énorme et sera d’abord une catastrophe pour les prolétaires, évidement la communisation sera à faire sera une lutte acharnée, multiple et incertaine mais pas politique, mais contre la politique et déjà maintenant

ici, la crise démiurge ouvre de façon déterministe une fenêtre révolutionnaire, sa seule issue. Le mot "politique", à la polysémie pourtant connue, ne souffre qu'une compréhension, celle de BL, expert pour faire dire aux autres ce qu'ils ne pensent pas en enfermant les mots-concepts dans leur seule signification pour Théorie communiste : les autres n'ont rien compris, le langage-TC est la novlangue de toute théorie communiste possible, ce que dit le choix de ce nom

d'une part cette façon de faire de la théorie interdit d'emblée tout débat, elle est à l'opposé radical de toute poétique de la relation et d'un "je est des autres", et ces théoriciens s'étonneraient d'être confrontés à leur solitude, la prenant pour celle de la théorie communiste (Astarian) ?

d'autre part elle rend inutile et vaine a priori la théorisation communiste comme participant d'un combat communiste au présent : s'il n'y a pas de stratégie politique communiste, il n'y a pas d'activités communistes, il n'y a pas d'auto-théorisation communiste des luttes. On sort complètement de toute l'approche marxienne du Manifeste, et ceci bien au-delà de la critique du programmatisme. On n'est pas loin, n'en déplaise à TC, de l'attentisme dont ils se défendent, ce qui se comprend comme confusion entre théorie communiste et théorie de la révolution engagée (voir plus haut)

on a même perdu l'idée que la lutte de classe du prolétariat dans la communisation, l'activité de crise selon Bruno Astarian, est activité communiste révolutionnaire au simple sens de production du mouvement positif et conscient du communisme abolissant le capital, avec cette question récurrente : qui sont alors les so called "communisateurs" dans la communisation ?


7 octobre



sans stratégie révolutionnaire, pas de théorie révolutionnaire

cela devient presque sadique de remuer le couteau dans la plaie de Théorie Communiste. Un commentaire à la suite du texte « Où t’es, TC où t’es ? »

Pas de stratégie ? a écrit:
dndf 07/10/2016 à 00:24 | #3 Cher BL,

Tu dis « il ne peut y avoir de stratégie ». Or il me semble qu’à la lecture du « démocratisme radical » de Roland Simon, le fait de confondre la fin aux moyens est le principe de ce qui est reproché aux « alternativistes ». Il me semble d’ailleurs que c’est ce qui donne, à raison, sens à tout le reste de la critique de ce livre. De plus, je crois que tu tends le bâton pour te faire battre, puisque c’est ce que ce texte reproche à TC, leur soi-disant absence de stratégie. D’autant que ce texte, à supposer qu’il mérite d’être critiqué (ou même lu) peut être attaqué d’une infinité d’autre façon…


de ces « infinités de façon d'attaquer ce texte », j'ai donné quelques-unes plus haut, et je ne suis donc pas seul à le trouver mauvais et quasi sans intérêt que prendre acte de leur "rupture" annoncée avec tambours et trompettes par ces gardes champêtres du milieu

plus significatif est que TC, via Pepe@dndf *, n'ait que ce genre de texte à se mettre sous la dent pour exister, se contentant désormais de fort peu en matière d'adversité théorique chez « les plus proches », qu'il voit s'éloigner. Mais cela fait un certain temps que ça dure, dans la « séquence particulière », puisque les belles heures des bras de fer de RS avec Temps Critiques, Aufheben, troploin, Astarian... sont de l'histoire ancienne

* sic : « il nous a paru pertinent de proposer à la réflexion ce texte... »

plus profondément, il me semble que TC n'est pas dépourvu de stratégie ni de politique, mais elle se présente comme anti-stratégie politique. BL ne milite pas moins que quiconque, mais il milite contre une conception du communisme comme combat au présent

de ce point de vue et de ce point de vue seulement puisqu'il n'en saisit pas les raisons, le texte « Où t’es, TC où t’es ? » met bien le doigt là où ça fait mal

il n'y a pas de mouvement communiste, au sens marxien, sans activités communistes, et pas d'activités communistes sans stratégie communiste. Nous ne sommes pas en "période révolutionnaire"* ? Et alors, on compte les points des luttes menées par d'autres ?

si d'une théorie communiste ne se dégage pas une stratégie adéquate à la période présente, c'est tout simplement qu'elle est fausse. Encore faut-il qu'au-delà de raisons externes, comme Bruno Astarian questionnant sa "solitude", elle cherche aussi des causes en elle-même

* voir "Que faire en période non-révolutionnaire ?" troploin 'Le Tout sur le tout' 2010. C'est un hasard si le sujet s'ouvre par une banderole des adeptes de TC de la mouvance "communisons nos vies..." qui coupe aujourd'hui le cordon

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Jeu 13 Oct - 10:16

8 octobre


citations à preuve déshistorisées, dogmatisme, manque de clarté et de franchise :
toutes conditions d'un non-débat théorique

R a écrit:
dndf 07/10/2016 à 13:48 | #4

« L’ouvrier anglais moyen déteste l’ouvrier irlandais en qui il voit un concurrent qui dégrade son niveau de vie. Par rapport à l’ouvrier irlandais, il se sent membre de la nation dominante et devient ainsi un instrument que les aristocrates et capitalistes de son pays utilisent contre l’Irlande. Ce faisant, il renforce leur domination sur lui-même. Il se berce de préjugés religieux, sociaux et nationaux contre les travailleurs irlandais. Il se comporte à peu près comme les blancs pauvres vis-à-vis des nègres dans les anciens États esclavagistes des États-Unis. L’Irlandais lui rend avec intérêt la monnaie de sa pièce. Il voit dans l’ouvrier anglais à la fois un complice et un instrument stupide de la domination anglaise en Irlande.

Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clergé et les revues satiriques, bref par tous les moyens dont disposent les classes dominantes. Cet antagonisme est le secret de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise, malgré son organisation. C’est le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste, et celle-ci en est parfaitement consciente. »


K. Marx - F. Engels Le parti de classe / Vers la guerre et la Commune / L'Internationale et un pays dépendant, l'Irlande 1872


que nous apprend ce texte cité hors contexte et sans commentaire ? Sûrement pas ce qu'en pense "R" qui le cite à preuve, peut-être en réponse à Adé plus haut

1) que la bourgeoisie utilise le racisme et les différences ethniques
2) que le prolétariat s'y fait piéger

Marx, quant à lui :
1) partait de ce qu'il avait sous les yeux en son temps
2) en tirait une critique théorique
3) prenait parti en communiste
exemple, quand il conseille à "Lincoln" d'engager des régiments noirs dans la guerre contre les Confédérés du Sud ayant fait Sécession, et ceci contre l'avis d'Engels, qui était pourtant des deux compères le spécialiste de la chose militaire (source KB Anderson)

autrement dit, il n'y a de ce passage rien à tirer dans un sens ou l'autre quant à l'articulation classe/race, d'autant que la situation actuelle n'est pas celle de l'époque mais la sortie de ce cycle historique, et que la question raciale - dans le mouvement de l'esclavage au salariat et des conquêtes colonialistes - ne pouvait s'interpréter comme aujourd'hui la double crise historique du capital et de l'Occident

on a ici un parfait exemple de non-débat sur une position dogmatique qui ne s'exprime pas franchement : dites-moi pourquoi leur fille est sourde ?


10 octobre



d'«une fuite en arrière», le pop-corn est crevé

les oreilles ont des murs

suite à propos du texte « Où t’es, TC où t’es ? »

Temps perdu a écrit:
dndf 09/10/2016 à 17:39 | #5

Ben ouais!

Mais cette citation montre quoi à part que Marx avait au moins un peu bossé pour tenter d’expliquer le racisme ? [ce que j'écrivais en substance]

Tandis que le texte ici présent sous-entend juste que communautarisme et racisme sont immédiatement la même chose. Le besoin de faire communauté, le profit qu’en tire la classe capitaliste, et le racisme en tant que tel, et surtout comme mesures concrètes (histoire, lois + exemples etc.), n’y sont pas traités. Ça sent simplement le sous-entendu douteux.

Est-ce parce qu’ils sont trop communautaristes que les prolétaires sont sujets à subir le racisme ?

Un tant soit peu moraliste pour ne pas dire pire, mais passons. Et donc on fait quoi ? Le texte nous suggère que pour lutter contre ça, il faut commencé par être contre ça. Ça nous fait une belle jambe ! Ah oui, il faut aussi s’organiser. Merci pour la leçon, on avait vraiment besoin de l’entendre !

Et le genre, qui lui, a quand même le droit exceptionnel d’être compris comme forme d’exploitation spécifique (c’est la moindre des choses, mais qu’en est il des autres formes? Il n’y en a pas ? Problème réglé ?). De plus il apparaît comme un cheveu sur la soupe[et contradictoire dans le texte]. Une manière d’en parler sans en parler qui semble vouloir dire : « Ne vous inquiétez pas, on est quand même féministes. » Qu’est ce qu’on en a à foutre ?

Si vous voulez sortir du post-modernisme*, faites-le par le haut ! Pas par un déni de problématique et un refus de travail sérieux. Ce texte n’est qu’une fuite en arrière, et en cela, en tapant sur les post-modernes, il ne fait que bourgeter*.

* ici, bis, je ne vois pas ce que TC a de "post-moderne", ce pont-aux-ânes des imbéciles qui n'ont pas vu le film du post-colonialisme

Pour en revenir à TC. « comment le prolétariat, agissant strictement en tant que classe, peut-il abolir les classes ?» Pour peu qu’on ait le besoin de revenir vers le concret (et on peut au contraire reprocher à TC de pas l’avoir fait plus tôt !), s’abolir en tant que classe peut-il sérieusement signifier autre chose qu’abolir ce qui la constitue, c’est-à-dire ses divisions ? Vous avez cru que TC voulait substituer à l’affirmation du travail une sorte d’affirmation de la race ? [elle est bien bonne, celle-là] Il me semble qu’ils essayent actuellement plutôt de comprendre ce qu’ils ont sous les yeux : des divisions concrètes. Je n’ai pas lu le dernier TC, mais ça me paraît être un meilleur point de départ que votre soi-disant non-incantation. (Vous dites que les arguments seraient trop nombreux à énoncer ici pour vous en défendre, je doute de leur validité.)

Vous dites « nous partons du principe que le prolétariat ne se laissera pas écraser sans réagir. » Il ne vous attend pas, se fout de vos conseils d’avant garde, et réagit déjà, comme il le peut à partir de sa situation, de ce qu’il est aujourd’hui dans et par le capital. Et donc ? Vive la réaction ?

Il ne s’agit plus d’apprécier ou de déplorer la lutte de classe. Le rideau du cinéma programmatiste est tombé. Allez manger votre pop-corn ailleurs !

Bourgeter : Verbe. En référence, rétrospectivement, au discours de Mr Hollande à Bourget critiquant le mandat de Mr Sarkozy au moment des élections présidentielles : Avoir l’outrecuidance de faire pire que ce que l’on dénonce !


les gamins se ramassent des claques méritées, mais franchement qui les a embarqués là-dedans, à force d'ambiguïté pour les draguer (« C'est au présent que nous parlons de communisation ») ? Silence ! Papa Simon fait la sieste... En d'autres termes si TC savait, ou avait su parler, er reconnaître ses responsabilités, c'eût été un progrès. Mais l'on a vu qu'il ne savait pas : les oreilles* ont des murs

* « Dans les départements et territoires d'outre mer, les Zoreilles (ou Zoreils, Zorey) sont les Français venus directement de métropole » (Wikipédia)


11 octobre



théorie de la communisation : fin agonique d'un cycle théorique

« Sans doute avons-nous atteint à ce moment la limite de la compréhension de notre propre activité
et donc de son possible devenir. La publication en 2011 de "Communisation" a peut-être achevé un cycle.»


Karl Nesic, Et maintenant ? 2012

le cycle théorique de la théorie de la communisation n'en finit plus de se refermer sur son questionnement existentiel, comme en témoignent, autour de ses trois théoriciens auto-isolés, Roland Simon de Théorie Communiste, Gilles Dauvé de troploin/DDT21, et Bruno Astarian de Hic Salta, les textes qu'ils nous proposent depuis quelques années

Karl Nesic a écrit:
Au plan externe, s’il est exact que parfois les publications de troploin ont suscité de la sympathie, et même quelques « accords » théoriques, il est évident que ces convergences n’ont pas été jusqu’à la mise en commun de nos réflexions, ni le désir de faire ensemble un bout de chemin. Chacun a préféré continuer son propre jardin, son propre isolement.

l'unique point d'accord et d'accroche de mon point de vue est la mise en perspective d'un moment révolutionnaire d'abolition du capital, dit communisation. Cela explique d'une part que je ne puisse abandonner purement et simplement la veille sur leurs productions (on sait jamais...), d'autre part que cela n'a plus qu'un rapport à la marge de mes propres travaux. C'est pourquoi je regroupe dans ce sujet l'ensemble des questions, au-delà du théoricisme qui ne les cerne que partiellement

il est patent que nos méthodes de théorisation se séparent essentiellement sur le rapport de la théorie au présent, que ce courant théorique n'est plus à même de produire :


Karl Nesic a écrit:
Au plan interne, il s’est produit une rupture dans notre capacité (ou volonté) d’articuler de façon dialectique la critique de la vie quotidienne, et la critique de sujets plus fondamentaux comme la composition de classe, la crise, la communisation, etc., pour ne plus finir par s’occuper que de la seconde forme de la critique.

le cheminement vivant de mes cogitations théoriques est dans le sujet THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse

PS : fin "agonique" au vu de la médiocrité des "débats" proposés et des questions non posées


13 octobre



pour Pepe l'innocent, l'histoire c'est arrêtée
au plénum du CC de TC

vraiment, mais vraiment, parce qu'en attendant c'est sans fin et du seul intérêt de confirmer ce qui précède : ils ne comprennent pas ce qu'ils font... Une intervention d'un des auteurs, puis la réaction de Pepe et RS

R a écrit:
12/10/2016 à 16:27 | #6

pour résumer l’un des enjeux de ce texte, disons qu’il nous faut arriver à sortir « vainqueurs d’une défaite ». (#B2O, le pauvre n’avait pas encore été cité).

On a le droit de penser qu’on ne peut rien y faire que la catastrophe arrive, que c’est plié. Ou que cela ne dépend pas de nous (quel nous direz vous ?). Mais alors, sincèrement, soit cela est vain, et en ce cas ça vous dérange en quoi de nous laisser essayer ce qu’on peut à notre échelle ? Soit y a de quoi faire, et alors allons-y.


Pepe a écrit:
dndf 12/10/2016 à 21:21 | #7

En fait, le texte du post est la xème resucée du vieil affrontement interventionnistes VS attentistes.

Et ça n’est pas les quelques petites fioritures culturelles modernes qui rafraîchiront le propos…. Stromae, PNL etc ne suffisent pas à moderniser le fond.

« Mais alors, sincèrement, soit cela est vain, et en ce cas ça vous dérange en quoi de nous laisser essayer ce qu’on peut à notre échelle ? »
Mais c’est ce texte qui interpelle les vieux théoriciens et renvoie (élégamment !) les vieilles barbes, cacochymes, attentistes à une retraite méritée. Il faut à tout prix trouver les justifications théoriques à l’inextinguible soif d’action des (jeunes) militants « en lutte » permanente. Vieille histoire ! [celle de TC aussi, sauf son déni : Denis ?]

tout de même un rien triste qu'un des protagonistes, membre de Théorie Communiste, et donc (?) des mieux placés, en soit resté au début du film, en figurant (en plan...), parce que non, désolé, ça n'est pas que « la Xème resucée... », mais le retour du bâton merdeux aux deux bouts, que TC a le premier trempé dans la merde "interventionniste", avec Meeting et Denis/Léon de Mattis

je vais finir par croire que Pepe est aussi innocent qu'il est bête, et quant à «l'élégance», s'ils avaient celle de reconnaître leur responsabilité en temps et heure dans cette histoire, elle aurait cesser ça c'est sûr


R.S a écrit:
12/10/2016 à 21:23 | #8

Salut
j’ai presque honte de demander ça, mais c’est quoi B20 avec le hiéroglyphe* devant, qui n’avait pas été cité. J’ai vraiment l’impression que je ferai mieux de finir ma retraite à la pétanque.


* #B20 sur tweeter

en cherchant on trouve, mais je préfère encore lire de « l'illisible TC », parce qu'en bossant on finit par comprendre, ce qui n'est jamais le cas des "hiéroglyphes" post-modernes qui se foutent de la gueule des lecteurs

pour le reste rien que des vieux sous le soleil, à qui le cochonnet ?


13 octobre



les Dupont et Dupond
dupés dupant de la communisation




ou
théoricisme et activisme
deux faces d'une même monnaie de songes

R a écrit:
12/10/2016 à 22:03 | #9

@R.S
Ce signe (#) est un hashtag, qui permet de mettre en avant un mot clé. Ce signe a été popularisé sur twitter. B2O est un rappeur, Booba. Il n’avait pas été cité contrairement à d’autre rappeur dans le texte (la FF, PNL, etc)
Faut pas le prendre mal c’est une blague le coup de la pétanque.

Sinon, bien sûr que cette partie du commentaire précédent revient sur la vieille querelle… Et on est pas obligé de l’avoir, on connait la position des uns et des autres.


cordonnier mal chaussé marche à côté de ses pompes

s'ils n'avaient pas cette «querelle»,- car il ne "discutent" plus qu'entre eux, TC plus de longtemps d'autres théoriciens de la communisation -, ils n'existeraient pas dans le champ de la théorie communiste, parce que leurs approches la définit au présent d'en parler vainement, à côté de la plaque tectonique du monde actuel. TC ne donne pas même l'air d'avoir compris ce qu'il a fait avec et de Meeting, puis de Sic...

comme disent Adé et Corinne Cerise, cela les fait exister, mais plus théoriquement, car au plan théorique où ils sont finis, cela montre qu'ils ne sont que les deux faces d'une même monnaie de songes...

c'est pourtant pas compliqué à comprendre, si ?

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Ven 14 Oct - 0:27


papa Simon sort ses boules

R.S a écrit:
13/10/2016 à 20:25 | #13

Salut

Si la « pétanque » était une « blague », alors c’est tout le texte qui est une plaisanterie, car, si je sais encore lire, c’est toute la critique de TC qui est résumée dans cette formule concise et plaisante [ça s'annonce bien résumé comme ça, dans le fil de "l'élégance" selon Pepe]. Il m’arrive parfois de manquer d’humour surtout quand je joue aux boules. [l'humour de RS est iRRésistible. Perso à la pétanque ou à la belote, je me fous de gagner ou perdre, je fais de mon mieux et je comprends que les joueurs à ces jeux-là pris au sérieux aient des limites en pratique théorique, généralement mauvais perdants, tout à l'égo]

Malgré ses « blagues » inutiles, ce texte soulève de nombreuses questions théoriques actuelles et je pense que nous (TC) allons en discuter et y répondre.


prions pour ces «proches» de RS sous le déluge qu'il annonce, et qui permettra à TC de se refaire une santé sans trop parler des choses qui fâchent dans le rapport de sa théorie aux réalités présentes. Ils n'ont vraiment que ça à faire


avoir le dernier mot dans une "réponse à..."
puis arrêter de parler pour clore le débat

comme prévu, le couple des Dupontd dupés/dupants fonctionne à merveille, trois gamineries chez dndf et c'est reparti pour un tour de magie du savant de Marseille, qui va le transformer en méga-enjeu théorique : pour qui ? RS/TC s'accroche à cette mauvaise critique pour exister (cf Adé) : qui en est dupe ?

je l'ai montré et démonté*, ça dure de la part de R.S depuis 45 ans avec Henri Simon/ICO dès le début des 70', TempsCritiques, Troploin, Aufheben, Charrier, Astarian, "Des Américaines", Friends of the Classless Society, d'autres et moi... accessoirement des subalternes dans le genre cocus de TC (Incendo, féministes radicales...). Sans parler des "essentialistes" de la race comme Saïd Bouamama, mais prudence en la matière vu l'indigence théorique de TC sur la question raciale...

* critique du 'courant communisateur' 2014

en général TC pond un truc assassin contre quelqu'un dont il déforme les propos, qui lui répond légitiment "je n'ai pas dit ça", et pfff... plus de nouvelles, voilà sa conception du débat "Sparring Partner" (courrier perso de R.S avant qu'il ne m'accuse de "comble du narcissisme" et de me prendre pour "le centre du monde". C'est toujours préférable au centre de son jeu de boule...)

R.S est malhonnête intellectuellement, devenu pervers narcissique de ses conceptualisations sans preuves empiriques

qui relance en redemande, qui en reçoit relance ? Les temps changent, un "partisan de la communisation" averti en vaut deux : TC n'existe plus que de ça




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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Ven 14 Oct - 14:39


à méditer, repris du 27 septembre, avant la "querelle" entre TC et ses orphelins


comprendre le sectarisme comme le produit d'une erreur théorique

dans la théorie de la communisation et chez ses 3 théoriciens historiques, il y a la critique du contenu, je l'ai faite; de la forme-contenu et de la méthodologie, je les ai faites; et celle de la pratique théorique et du sectarisme, faites aussi. Ils n'ont rien trouvé à dire : rien

le comble de la solitude dont parle Astarian, c'est d'être monté il y a 40 ans au dernier étage d'une tour d'ivoire, dont ils ont retiré l'échelle, ne débattant avec personne, et difficilement entre eux. Cette seule raison devrait avertir les plus circonspects, parce que ce comportement "social" est quasi définitoire d'une secte

ils me rappellent une collègue, Témoin de Jéhovah, charmante dans toutes nos relations, mais complètement verrouillée dès qu'on touchait à un point de son dogme. Elle a fini par les larguer et nous sommes devenus amis

extrait d'un texte d'Alain Bihr, alors lié au "négationnisme d'ultragauche", mais remarques valant de façon plus générale (je souligne en gras). Mon commentaire dessous


« Les mésaventures du sectarisme révolutionnaire »
Alain Bihr Négationnisme : les chiffonniers de l’histoire, Editions Syllepse et Golias, 1997

De l’ultra-gauche comme sectarisme révolutionnaire

Citation :
Au-delà ou plutôt en deçà des positions théoriques de l’ultra-gauche, c’est sa pratique politique [je dirais plutôt sa pratique théorique, puisque de politique ils n'ont pas] elle-même qu’il faut en définitive interroger si l’on veut comprendre les raisons de la dérive négationniste de certains de ses membres [cela permet de comprendre bien d'autres choses au-delà du négationnisme, dont tous n'ont pas été comptables. Ici l'amalgame  facile est devenu repoussoir sans discussion des thèses théoriques]. Héritiers de courants ultra-minoritaires du mouvement ouvrier, les différents groupes qui la composent se caractérisent traditionnellement par un fonctionnement politique sectaire. De la secte politique, ces groupes présentent en effet quelques uns des traits archétypiques.

A commencer par leur commune conviction d’être les détenteurs exclusifs d’une « vérité révolutionnaire » [c'est encore vrai quand Astarian parle de "la solitude de la théorie communiste" en référence unique à la théorie de la communisation : il n'y a pas de théorie communiste hors de la leur !] qu’ils ont pour mission de faire entendre et de propager contre le mensonge généralisé dans lequel vivrait le monde ambiant, vérité qu’il faut à la fois faire partager à tout le monde et défendre contre tout le monde. Cela conduit inévitablement au dogmatisme le plus étroit : à la rigidité doctrinale, au fétichisme des textes, à la confiance aveugle en ceux qui sont censés en être les dépositaires et les interprètes autorisés (un Guillaume par exemple), à une obsession de la « pureté doctrinale » en définitive. Nous avons vu comment cette rigidité a pu conduire certains groupes de l’ultra-gauche à nier la réalité dans son essentielle complexité plutôt que de modifier leur « grille de lecture », dès lors que celle-ci s’avérait évidemment insuffisante.

Cette obsession de la « pureté révolutionnaire » n’est pas moins caractéristique d’un fonctionnement sectaire, incitant à pratiquer une sorte de fuite constante en avant dans l’hyper-criticisme (pour se distinguer des forces classiques de gauche et mêmes des « gauchistes »), encore accélérée par l’idée, classique à l’ultra-gauche, que l’effondrement du capitalisme est imminent et qu’il faut le hâter en lui portant des coups fatals. D’où par exemple la surenchère à la radicalité révolutionnaire entre les différents groupes de l’ultra-gauche, chacun étant constamment enclin à suspecter et à dénoncer chez les autres telle « tiédeur  » ou reste d’« idéologie bourgeoise » propre à les disposer au compromis ou à la déviation. D’où aussi leur recherche délibérée de la provocation et du scandale, de surcroît seule façon de conquérir une audience en sortant de leur marginalité. Et, de ce point de vue, la cause négationniste était parfaite, et c’est pourquoi ils se sont empressés de l’épouser : pour un milieu qui avait tendance à mesurer l’authenticité et la radicalité de son engagement politique à sa capacité à faire scandale, à se mettre à dos à la fois la grande presse, l’Université mais aussi les organisations représentatives classiques du mouvement ouvrier, quelle meilleure occasion rêver ?

D’autant plus — et cela aussi est un trait caractéristique du fonctionnement sectaire — que cela leur aura permis de se poser en martyrs de la vérité révolutionnaire : en victimes de la persécution qui frappe partout et toujours les authentiques détenteurs de la vérité critique et de la pratique révolutionnaire. Dès lors critiques, attaques ou poursuites pénales sont autant de preuve de la vérité inaudible et scandaleuse dont le groupe est porteur : celui-ci ne peut avoir qu’autant de fois raison que les autres, tous les autres, lui donnent tort. Ressort propre à toute pensée paranoïaque.

Autrement dit, là où, en principe, l’héritage d’une pensée critique, la discussion collective et la discipline (l’auto-contrôle) du groupe auraient pu et dû éviter des dérives de cette sorte, le caractère sectaire du fonctionnement des groupes d’ultra-gauche les aura au contraire favorisés, en court-circuitant l’ensemble de ces garde-fous.

De ce point de vue, la secte révolutionnaire, dont les groupes de l’ultra-gauche constituaient dans les années 1970 et 1980 une bonne illustration, apparaît comme beaucoup plus dangereuse [?] encore que le « parti de type léniniste », dont certains de ces groupes se voulaient pourtant une critique en acte. Ne pouvant pas comme le second espérer prendre et exercer le pouvoir, ne se plaçant pas même dans une telle perspective, n’étant pas davantage contraint comme le second à composer avec la réalité (ne serait-ce que sous la forme de l’opinion publique) dans la marche au pouvoir ou dans l’exercice réel du pouvoir, la secte révolutionnaire peut laisser libre cours à son délire verbal. Elle compense ainsi en somme son impuissance politique réelle par un hyper-criticisme.


une critique superficielle
pour des raisons idéologiques

évidemment, cette critique, venant d'Alain Bihr, pèche par son point de vue démocratiste, et dans une certaine mesure (car Bihr a évolué vers un anarcho-trotskisme d'État) un reste de programmatisme ("prendre le pouvoir")

à mon sens, cette critique est valable sur le plan phénoménologique, puisque tout un chacun a pu vérifier ces travers sectaires et hyper-critiques dans une pureté, sinon de l'action, de la posture révolutionnaire; elle ne l'est pas dans ces explications : le sectarisme n'est qu'un produit de cette posture, qui vient elle-même d'une erreur théorique

dans les textes théoriques, on n'a pas l'impression d'un "délire verbal", parce qu'ils ont toutes les apparences d'un discours rationnel, ce qui est d'ailleurs frappant dans les sectes et explique l'efficacité de leur propagande : on y trouve des "explications" correspondant au besoin que l'on a d'en avoir, et l'on survole l'argumentation sans la questionner, cela m'est arrivé quand j'ai découvert les thèses sur la communisation. Dans ce premier contact, l'enjeu est de ne pas tomber dedans et de garder sa distance critique en cherchant ce qui cloche. Ce travail m'a demandé des années

le sectarisme est toujours dénié, parce qu'au fond, ses adeptes ne le vivent pas comme ça, ils sont dedans et cette accusation les fait sourire, comme la majorité des militants de partis; mais ils ont néanmoins besoin de rester collés par delà leurs divergences pour se rassurer en permanence, le sectarisme fait boucle, et le parti ou le groupe fait communauté, communautarisme. Pour des gens qui critiquent le parti, c'est la cerise sur les gâteux, l'Eglise plus importante que la foi

lus pour eux-mêmes, les textes ultragauche et de la communisation sont d'une grande cohérence interne, et s'y laisse prendre qui ne la rapporte pas à ce qui manque, les apories critiques et le lien au moment présent du capital et de la lutte des classes sous tous leurs aspects et dans leur concrétude qu'écrase le concept-roi : un hégelianisme de l'Idée, contre Marx. Dans un autre texte que je n'ai pas retrouvé, Bihr parle au demeurant d'idéalisme

ma différence avec Bihr, c'est que je cherchais à conserver le "noyau de vérité", la perspective de la révolution comme communisation, alors que lui n'avait pas à s'en embarrasser, d'où le superficiel de sa critique

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Ven 14 Oct - 15:09


sur l'aporie théorique du rapport classe/race

dans un commentaire, émerge ceci

Temps perdu a écrit:
dndf 13/10/2016 à 14:35 | #12

Simplement, faites attention à l’avenir en tapant sur ceux que certains d’entre vous(?) appellent les « raciologues » comme un tout indistinct. Car pour esquisser un dépassement, lutter contre, ou juste émettre une critique du racisme, il faut bien commencer par se demander ce que c’est. Il faut donc l’étudier (désoler pour le gros mot)…


bonne résolution, mais que n'a-t-il ou que n'ont-ils commencé à le faire sérieusement, plutôt, concernant TC notamment, que de trancher la question à l'avance, et de n'en tirer que ce qu'ils avaient posé au départ ? Toute considération sur la race était à leur yeux suspecte d'essentialisme, et c'est cela qu'il convenait d'abord d'y chercher, plutôt que d'étudier l'articulation classe/race avec sérieux, dans la production du racisme comme nécessité pour le capital, mais aussi comme facteur de luttes d'émancipation en retour, des luttes des esclaves aux luttes décoloniales d'aujourd'hui

la phase BL, « il ne faut pas secondariser le genre par rapport à la race », dans Utérus vs Mélanine en 2012, fut quand même le comble de l'indigence théorique, et je ne sache pas que TC soit revenu là-dessus

par conséquent 'Temps perdu', en ne le reprochant qu'aux auteurs du texte "TC t'es où ?", déouane TC de toute responsabilité en évitant de chercher en quoi leur position hérite aussi de la théorisation de TC sur la question. Roland Simon utilise lui-même l'expression d'«entrepreneurs en racialisation » concernant les décoloniaux. On n'est plus du tout là dans « le vieil affrontement interventionnistes VS attentistes.» (Pepe) mais bel et bien dans une position à quelque chose près partagée

il sera donc intéressant d'observer comment R.S en traitera dans sa réponse à « ce texte [qui] soulève de nombreuses questions théoriques actuelles et je pense que nous (TC) allons en discuter et y répondre. »



Dernière édition par Admin le Ven 14 Oct - 16:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Ven 14 Oct - 16:02


reçu de Adé


"restons sport"

Adé a écrit:
Un  peu d'éty mot logique : Pétanque vient de pè tanqué : les pieds plantés, en opposition avec le jeu lyonnais, ou du sud-ouest, où l'on prend son élan, et même l'on court.
 
Tanqué lui même venu de Estanque : piquet, pieu, ainsi on a peut entendre "arrête ou je t'en tanque une" nul besoin de traduire puisqu'on dit aussi "je t'en plante une".

D'une belle femme, d'un bel homme - mais alors avec la connotation costaud - on dit : Elle/il est bien tanqué. Une belle plante, mais seulement pour les femmes.

On dit "ça m'a estanqué" pour assommé, étourdi, bras-balants...

Enfin en Catalan Tancat signifie Fermé, "Tancat fins a dimecres", fermé jusqu'à mercredi, et la "estaca" est aussi un piquet, chanson anti-régime chanté par LLACH, devenue une sorte d'hymne anti-franquiste : le piquet c'est le régime et si l'on tire d'un côté et puis de l'autre côté, le piquet va tomber, tomber, tomber, et je tire fort d'un côté et tu tires de l'autre, etc.




Patlotch a écrit:
d'où une redoutable question : la révolution sera-t-elle étymologique ? Rien que d'y penser ça donne les boules

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Ven 14 Oct - 16:17


pour comprendre certaines allusions, je replace ce commentaire/échange avec Corinne Cerise du 11 octobre, importé de THÉORICISME : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer...



à propos de « C'est au présent que nous parlons de communisation »

Théorie Communiste coincé sur sa propre base


Corinne Cerise a écrit:
J'ai vu que vous enfonciez le clou sur le texte "Où t'es ? TC où t'es". J'avoue ne pas y comprendre grand chose n'ayant pas lu TC 25. Néanmoins je trouve ce texte assez peu convaincant. J'ai l'impression que chacun dans le milieu souhaite se montrer, voire désire simplement exister. Je ne sais pas ce que vous en pensez.

Patlotch a écrit:
1) votre sentiment rejoint l'appréciation de adé

Adé a écrit:
Tout cela a-t-il, in fine d'autre intérêt que celui de faire exister les auteurs, les groupes ou les individus, une démarche de recherche de sa propre existence, une façon de se considérer.

Les polémiques sont le pain quotidien des groupes et tendances révolutionnaires, c'est ce qu'il reste à faire quand rien de positif n'émerge, un succédané à l'espoir créateur, aux luttes créatrices
.


2) si j'enfonce le clou, c'est en marge de l'essentiel de ma réflexion théorique, parce que ce milieu me semble s'être mis lui-même en marge des réalités, fermé à lui-même dans ses contradictions, variantes et oppositions. Pas un hasard que ce texte sorte au même moment que celui d'Astarian, mais qu'il ne s'adresse qu'à TC leur pourvoyeur en théorie pour la pratique, dont les auteurs sont les enfants déçus après l'échec de Sic et de la théorie de l'écart. Ils se situent entre les "immédiatistes activistes" (L'appel, Comité invisible) et les thèses de TC mal digérées, disons le milieu plus jeune dont Léon de Mattis est un peu le "leader objectif"

le contenu est faible, contradictoire. TC ne dit rien, mais c'est habituel. Que pourrait-il répondre, au delà des bribes de BL qui passe à côté de façon caricaturale ? TC a entretenu l'activité de ses adeptes par un ambiguïté calculée ("c'est au présent que nous parlons de communisation" ouvrant la porte à "communisons nos vies" pour se plaindre ensuite d'être incompris). Il lui faudrait donc faire une autocritique sérieuse pour pouvoir (en) répondre. Alors comme d'hab' (cf dndf), on a des morceaux de discussion qu'on peine à recoller, chacun assénant, sans écouter l'autre, plus de certitudes que posant à nouveaux frais des questionnements : experts en avortements de tout débat engagé

je ne suis pas loin de considérer qu'il y a là une pathologie qui doit plus à des personnalités et des caractères, qu'à des positions claires, tellement elles sont hors-sol par rapport au moment actuel au niveau mondial

le texte d'Astarian, qui est loin de ce commérage, permettait je pense de cerner mieux les raisons de l'auto-isolement des théoriciens, Dauvé et TC compris

je n'ai pas lu TC25 non plus, que je me procurerai à l'occasion, mais je crois que le texte vise toute l'histoire de TC depuis leur "assemblage" cad les années 2000, donc TC 18 ou 19, Meeting et Sic


dit autrement :

il a toujours été pour moi évident que cette formule, encore citée en exergue de dndf, était idéale pour tout à la fois :

- poser la communisation comme problème à penser dès maintenant, par une théorie mettant en perspective la révolution, ce qui n'est pas critiquable

- le faire dans la confrontation avec les "activistes immédiatistes" pour sortir de sa marginalité et assurer la diffusion de TC au-delà de son lectorat habituel avant 2000, tout en les critiquant (RS vs Léon de Mattis comme raison d'être et colonne vertébrale de Meeting). Ici, Astarian et Dauvé sont hors de cause, TC porte seul l'entière responsabilité de cette fuite en avant

la "théorie de l'écart" le permettait, puisqu'elle voyait dans les luttes d'alors s'annoncer des dépassements, dont ces "activistes" auraient été ici ou là partie prenante (notamment pendant le CPE où quelques camarades de Meeting ont joué un rôle dans les blocages lycéens et étudiants)

mais la 'théorie de l'écart' s'est avérée fausse, ou du moins prématurée, car sans preuve empirique concrète, seulement des projections fantasmatiques surinterprétant de rares luttes et généralisant cette observation trop partielle. Du reste, RS l'a reconnu : "le cœur est allé plus vite que la tête... trop vite en besogne", mais sans pouvoir en tirer les conséquences pour sa pratique théorique, puisque sa théorie est intrinsèquement théorie d'une future révolution dont elle cherche l'annonce aujourd'hui :

j'affirme depuis des années, et je l'ai démontré, que Théorie Communiste est coincé sur sa propre base. Il ne s'agit donc plus d'une polémique entre eux et moi, mais de leur problème propre, qui explique leur crise actuelle et leur impossibilité de productions théoriques fécondes depuis un certain temps, dont la responsabilité serait le blocage de la lutte des classes : encore cette conviction d'avoir raison contre le réel, qui se trompe... Qui explique aussi pourquoi TC, ainsi auto-coincé, ne peut rien dire de mes propositions théoriques, et se comporte du coup comme si elles n'existaient pas : ce qui est réel est rationnel, surtout chez d'indécrottables hégéliens

devant le vide théorique (du moins dans l'inintérêt pour mes thèses) cette alliance opportuniste s'effondre par son maillon faible, des "partisans de la communisation" qui n'y trouvent plus de quoi conforter leurs engagements, ceux-ci n'ayant d'ailleurs rien d'original dans l'idéologie des "cortèges de tête"

TC ne s'est jamais autocritiqué de cette instrumentalisation/manipulation de ses "partisans" douteux, et a ensuite usé du même draguage des féministes radicales avec sa théorie genre/classe : on ne pouvait littéralement pas émettre des réserves sans se faire déglinguer chez Pepe@dndf. Non seulement c'est raté, mais ils ont eux-mêmes raté le clivage essentiel des féministes aujourd'hui, qui passe par la question raciale et les luttes féministes décoloniales, et tout ce milieu prend des positions interlopes jouant gravement avec l'idéologie française du "communautarisme" des luttes décoloniales. Ça n'a pas échappé à tout le monde, cf dernier commentaire chez dndf :


Temps perdu a écrit:
le texte ici présent sous-entend juste que communautarisme et racisme sont immédiatement la même chose. Le besoin de faire communauté, le profit qu’en tire la classe capitaliste, et le racisme en tant que tel, et surtout comme mesures concrètes (histoire, lois + exemples etc.), n’y sont pas traités. Ça sent simplement le sous-entendu douteux.

Est-ce parce qu’ils sont trop communautaristes que les prolétaires sont sujets à subir le racisme ?


le texte 'Où est TC...' est la déception de ces adeptes qui avaient enfourché ce cheval técéiste. Ils sont tombés de cheval et reprochent aujourd'hui à TC d'avoir abandonné cette ligne, mais tout ce rapport entre eux est un gruyère dont ni les uns ni les autres n'expliquent ou ne veulent voir que les trous sont plus importants que la pâte

des malades d'eux-mêmes qui ne veulent pas se soigner. On leur souhaite de guérir

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Ven 14 Oct - 18:46


encore à propos de "stratégie" et de "politique"


et suite à BL dndf : « On fait pas de politique , il ne peut y avoir de stratégie...»

un texte de Viewpoint




Class isn’t just made at the point of production – it’s a consequence of politics, too

la classe n'est pas qu'une affaire de production, c'est une conséquence de la politique aussi

je ne l'ai pas encore lu, mais le titre m'a inspiré ceci :

d'abord, je redis que parlant de stratégie et de politique, il serait mieux chaque fois de préciser ce qu'on entend par là : je distingue la politique liée à l'État, aux institutions, aux partis... de la politique comme tactique des activités; elle découle d'une stratégie elle-même dépendante de la théorie dont on se réclame

l'affirmation de BL est donc, comme souvent, l'utilisation de ces mots dans le sens unique qu'ils combattent, et sous réserve de ces précisions, moi aussi

je réaffirme donc, détournant Lénine, que sans stratégie et politique, il ne peut y avoir d'activités communistes au présent dans une perspective révolutionnaire de communisation. C'est encore ce qui fait que l'on ne peut pas séparer théorie communiste et théorie de la révolution, à condition de les avoir auparavant discernées

désolé, mais cette conception qui refuse toute stratégie/politique ne permet pas à TC de résister à l'accusation d'attentisme, sans parler qu'il se prend les pieds dans ce qu'il fait : comme si TC, dans Meeting et SIC, ou chaque fois qu'il s'exprime, ne mettait pas en œuvre, aussi, une stratégie et une politique, serait-elle de l'attente

ici encore, on renvoie à ses blocages réciproques l'opposition « interventionnistes VS attentistes » du débat de dndf (ICI)

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Sam 15 Oct - 9:07

écho

le sujet révolutionnaire, c'est l'activité communiste de classe (ici 14 oct)

« je préfère définir les classes en terme d’activités contradictoires... »


Temps perdu a écrit:
dndf 15/10/2016 à 02:41 | #14

R & R.S,

Ça me fait mal au cœur de vous voir vous torturer à répéter les mêmes injonctions
à savoir s’il faut faire parti de la lutte ou pas. Ou les mêmes critiques de cette injonction sous les mêmes formes.

Ça me parait simple. Qu’on soit bourgeois, prolétaire, petit-bourge, théoricien-obsessionnel, activiste-je-sais-pas-quoi, illuminati-mon-cul, on fait de fait tous parti de la « lutte de classe », on fait de fait tous parti de l’histoire. Soit qu’on accumule, soit qu’on fasse en sorte de s’accommoder d’être exploité, soit qu’on en crève. Non ?

C’est pour ça que je préfère définir les classes en terme d’activités contradictoires qu’immédiatement en termes de groupe de personne. Par ailleurs, ça laisse de la marge pour envisager la production des identités, si particulières soit-elles… Enfin bref, c’est comme ça que j’avais cru lire TC/RS.


il y a effectivement dans TC, et d'autres théories émergeant dans les années 70, l'idée que le prolétariat n'est pas en soi révolutionnaire, que l'est sa "négation" comme objet/sujet du capital, qui conduit à la théorie communisatrice que le prolétariat s'auto-abolit en abolissant les (rapports de) classes

quant à l'identité, elle est de même rapport, de l'individu aux autres, à la société, aux classes, etc. En dehors des rapports sociaux, il n'y a pas d'identité de l'individu séparé. À proprement parler, il n'y a pas d'identité communiste comme attribut d'un ou plusieurs individus. L'identité se définit aussi dans et par l'activité

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Sam 15 Oct - 14:56


série de 7 poèmes en 7 quatrains, 6



MARASMES


Ça sent si bon le champignon
qu'on en ferait des omelettes
et si j'étais un homme leste
j'irais au bois mon compagnon

Les accueillir en ma musette
avec un couteau et des noix
avec un bonheur et la foi
à renverser dans la moussette

La belle au bois dormant parfois
sous un chêne ou bien à paraître
entre mon rêve et comme un être
un sapin cadeau d'autrefois

Et là tout soudain que je vois
des mousserons tournant en rond
sur la moquette et sous mes pas
je ne vais pas rester marron

Et casser mes œufs sur le plat
pendant que le loup n'y est pas
on dansera et la sorcière
jettera au feu sans prière

Les cahiers les maîtres avec
ces professeurs du vrai marasme
leurs théories et leurs fantasmes
leurs façons de clouer le bec

Aux vérités et aux poètes
Aux enfants de la liberté
Aux battants d'actualité
Aux champignons de notre quête





Le Marasme des Oréades
(Marasmius oreades)  ou faux mousseron
en rond de sorcière



« Comme un marasme (comme un édito) » TC 25



FoSoBo 15 octobre 14:29


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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Sam 15 Oct - 17:33


Quid d'«enquêtes ouvrières» actuelles, en France ?

à tout prendre je préfèrerais des témoignages de participants aux luttes, « contre la loi travail et son monde ou autres », témoignages de discussions portant leurs limites, celles du syndicalisme, des partis, de la casse à totos et le reste... Bon là c'est par leur faute ni aux uns ni aux autres (TC & Cie), j'ai pas fait mieux même en suivant au jour le jour le mouvement (ICI)

bref de la castagne théorisante in situ, plutôt que ce filtre théorique de plus en plus pseudo-théorique derrière les obsessions et fantasmes des uns et des autres, qui ne nous apprend rien de neuf depuis un ou deux lustres, et ne pose pas même des questions théoriques pertinentes de l'heure, qui elles sont bien présentes dans ces luttes, et ça, tout le monde le sait, notamment la segmentation à base raciale

avec à la clé une question : on discute de quoi entre interventionnistes et syndicalistes, entre prolos d'une même boîte ou dans les manifs, blocages, etc. ?

petit corollaire : quel rapport avec ce débat sur TC, en pour et contre ce qu'il fait qu'il ne faudrait pas, ce qu'il ne fait pas qu'il faudrait ? Quoi qu'ils disent et fassent (moi non plus), ça changerait quoi ? comme le pose Bruno Astarian dans "Solitude de la théorie communiste", objet d'un autre débat (ICI)

à mon avis ça changerait qu'on y verrait plus clair, car ce débat entre frères amis-ennemis, loin d'y contribuer, nous enfûme autour de préoccupations que je n'hésite pas à qualifier de comble du narcissique théoricien ou activiste, pour reprendre l'expression de R.S à mon encontre

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Jeu 20 Oct - 16:16


la véritable défaite ?

la véritable défaite, dans l'immédiat, plus que celle de la théorie de la communisation même, est celle de l'absence de discussions, petite défaite de ses théoriciens qui n'ont su, ou pu, alimenter des débats audibles et compréhensibles, dans la "solitude de la théorie communiste" que généralise Bruno Astarian

une des causes, du moins sur Internet, est l'habitude prise de s'exprimer de façon anonyme, ou sous initiales, une seule parfois, R, S, A... quelques-une identifiées (R.S, BL, DD...), un prénom, "l'anonyme"... Cela n'empêche que plusieurs ont l'air de se reconnaître, comme si l'alphabet permettait de faire le tour de leur milieu...

l'inconvénient majeur c'est qu'on ne sait pas d'où parlent la plupart, bien qu'on suppose qu'ils le savent entre eux, à quelque code... Des bribes passant pour théoriques sont échangées sans référence à un corpus ou une position qu'aurait éclairée un précédent commentaire, parfois même formulé sous un autre pseudo : quel sens du collectif, du commun, dès le stade de la discussion ? Quel souci de se faire comprendre ? D'échanger sur une base claire ? Sans parler du niveau, quelle décadence ! Si leur truc se barre en couilles, la faute à qui ? Tout à l'égo, coco ?!

vrai que d'aussi dangereux révolutionnaires doivent se cacher de la police, mais en attendant, c'est bal masqué


Dans un monde qui n'est qu'une foire et un bal masqué,
il est dur de ne pas même conserver les franchises des foires et les libertés du carnaval.


Johann Paul Friedrich Richter dit Jean-Paul



explication bien formelle, mais sans changer de tels procédés, on ne saura pas s'ils n'y sont pas pour quelque chose

j'ai posé cette règle pour s'inscrire et participer à ce forum, que de se présenter a minima pour intervenir, sans quoi l'on n'y comprend rien. Peine perdue de le demander par courriel, puisqu'aucun des individus concernés n'a répondu...

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Sam 22 Oct - 16:03


Ô ronge mécanique

Patlotch a écrit:
Avec les TC&Cie, j'en viendrais à m'excuser de dire simplement des choses élémentaires ? Que découvrent des choses qui me dépassent, via la poésie/la théorie, mais eux m'im-passent de s'enfermer comme ça, c'est si triste déjà que la vie, ce monde de merde

Corinne Cerise a écrit:
Il est vrai que depuis quelque temps TC s'empêtre dans son grand mécano dialectique, sans tenir compte de la réalité des luttes. C'est pour ça que j'ai apprécié la limpidité simple de votre propos en pratique théorique, qui part des luttes et qui élargit le champ des luttes à chaque partie dominée, et particulièrement ceci :

Patlotch a écrit:
sur toutes les lignes où le capitalisme exploite, domine, détruit... des formes de luttes le mettent en cause pour ce qu'il est de façon à la fois totale et particulière, car chaque particularité exprime la totalité de façon différente et spécifique (hologramme). Elles n'ont pas à le faire en tant que prolétariat, sauf à redéfinir celui-ci bien au-delà de la classe ouvrière productive

Voilà, dit en quelques mots.

faire de la dialectique un "grand mécano" aura été une spécialité de certains philosophes marxistes, comme Lucien Sève... et Roland Simon

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Sam 22 Oct - 17:22


Les murs parlent…

Pepe@dndf 22 octobre



un mot d'ordre capitaliste ?


n'en rate pas une, Pepe, les murs ont des oreilles, mais les sourds sont les rois du milieu : comprend-il ce qu'il lit, ce qu'il dit, ce qu'il fait ? J'en doute, Pepe est une nuit dormant debout à lui tout seul

et dieu seul, qui ne fait pas les trois-huit, sait à qui appartient l'avenir


Dernière édition par Admin le Ven 28 Oct - 15:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Sam 22 Oct - 22:28


tentative de revenir à la grande poésie, en 12 x 2 alexandrins 'modernes'


GRAND PARGEMENT

fin de partie carrée


Maintenant vient ici toujours déjà demain
à la porte du crime j'attends l'assassin

de mes rêves, ou la censeure de mes rimes
vers l'échafaud pervers entre impairs et intimes.

Nul n'aura lu la fin - qui connaît le début ? -
hier est le trop loin de ce vieil à tribu :

il s'offre lendemains qui sentent son cercueil.
Sur sa tombe j'irai cracher le sang à l'œil,

mes dettes sont payées, reste à faire le deuil
de sa mutique absence, de sa geste hautaine

et d'indigestes plats repassés comme on pisse
la haine et le pistou à base illico bis

trop d'ail aïe aïe au lit, où se couche Marseille
l'ombre d'un avenir court après le soleil,

à l'Estaque on t'estanque, une boule de feu
te coule dans la gorge et le coup tôt se porte

à l'étripage en gage à l'arrache dedans,
la salle de ta bouche est pleine en attendant

la chirurgie dantesque, un cheval achevé
sur la langue et le bœuf sur la toile au chevet

de maman, le fils indigne un prodige en vers
lents, grouille-toi l'asticot, touche-moi mon pote !

Où je suis mort tu es vivant, dans le compost
il reste de la page à écrire comme on saigne


FoSoBo 22 octobre 22:12


« On dit "ça m'a estanqué" pour assommé, étourdi, bras ballants...» sur l'étymologie de la pétanque, d'après Adé

j'ai volé "salle de bouche" et "un cheval sur la langue" à Étienne Candel, parmi ses 'ironèmes' de ce jour sur Twitter : merci !

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Lun 24 Oct - 21:40


TC would prefer not to
d'après Melville Bartleby


tout ce que je sais dont j'ai accumulé les "preuves" (qu'exigeait R.S), c'est que TC NE SAIT PAS QUOI RÉPONDRE, ET NE PEUT RIEN RÉPONDRE SANS SE CONTREDIRE dans la forme et/ou le contenu, ce qui est très différent de la période où il ne répondait pas, parce que ça n'aurait servi à rien, et risquait de passer pour hautain ou méprisant, ce dont il pouvait à juste titre alors se foutre

on ne peut pas être et avoir été (au demeurant jamais indien ni premier des Mohicons)




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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Mer 26 Oct - 17:38


rien de nouveau à l'ombre de TC

pour info, via dndf sous le titre auto-satisfait "Tiens, ça bouge !!" (sic vu le contenu et la date des morceaux de texte-collage), et sous le chapeau suivant :

Le blog de travail de « Théorie communiste » vient de faire une mise à jour en rapport avec les discussions actuelles autour de la racisation, entre autres, voir le post ci dessous  « Ou t’es? TC ou t’es? » et autres post précédents.


voir dans l'original pour les mots en italique
TC a écrit:
Il y a tou­jours eu seg­men­ta­tion de la force de tra­vail, il faut la prendre comme une déter­mi­na­tion objec­tive de la force de tra­vail face au capi­tal, cela tient natu­rel­le­ment à la divi­sion du tra­vail, mais là on pour­rait n’avoir que le décou­page dans un maté­riau homo­gène et une simple gra­da­tion quan­ti­ta­tive de la valeur de cette force de tra­vail (tra­vail simple ou tra­vail com­plexe, osmose dans le MPC entre contrainte au sur­tra­vail et tra­vail spé­ci­fique de direc­tion de la coopé­ra­tion, etc.). Mais la seg­men­ta­tion n’en serait pas une si elle n’était qu’un décou­page quan­ti­ta­tif dans un maté­riau homo­gène. Deux pro­ces­sus inter­viennent alors qui s’entrecroisent : d’une part, le MPC est mon­dial, il peut s’approprier et détruire tous les modes de pro­duc­tion tout en conser­vant en lui des carac­té­ris­tiques de ces modes de pro­duc­tion qu’il redé­fi­nit ; d’autre part la valeur de la force de tra­vail com­porte une com­po­sante morale, cultu­relle et his­to­rique. Parce que l’exploitation capi­ta­liste est uni­ver­selle, parce que le capi­tal peut s’emparer de tous les modes pro­duc­tions ou les faire coexis­ter avec lui, en exploi­ter la force de tra­vail ou la déta­cher de ses anciennes condi­tions d’existence, le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste est une construc­tion his­to­rique qui fait coexis­ter dans son moment pré­sent les dif­fé­rentes strates de son his­toire. La seg­men­ta­tion n’est pas une « mani­pu­la­tion ». Il existe une acti­vité volon­taire de la classe capi­ta­liste et de ses pro­fes­sion­nels de l’idéologie, mais cette acti­vité met en forme et agit sur un pro­ces­sus objec­tif, une déter­mi­na­tion struc­tu­relle du mode de production.

Si la classe ouvrière a tou­jours été seg­men­tée, il faut tou­jours contex­tua­li­ser cette seg­men­ta­tion, c’est-à-dire la situer dans la forme géné­rale de la contra­dic­tion entre pro­lé­ta­riat et capi­tal dans un cycle de luttes. Sans cela, l’opposition aux iden­ti­tés, iden­ti­fiées à tort aux com­mu­nau­tés, est seule­ment nor­ma­tive. Même si l’on confère à cette seg­men­ta­tion une grande impor­tance cir­cons­tan­cielle, l’être est ailleurs, dans une pureté acces­sible ou non. On ne sort pas d’une oppo­si­tion réci­pro­que­ment exclu­sive ce qui est à ce qui devrait être.

Sur la rela­tion entre seg­men­ta­tion et raci­sa­tion, il existe deux posi­tions uni­la­té­rales qui se font face. Pour la pre­mière, le maté­ria­lisme se limite à rame­ner l’identité à sa base sans consi­dé­rer son effi­ca­cité et sa logique propres. La seconde, tout autant maté­ria­liste, s’arque-boute sur un refus de consi­dé­rer les faits et dit : si la raci­sa­tion se ramène en tota­lité à sa base elle n’est alors qu’une construc­tion volon­taire et mal­fai­sante et ce qui en font un objet ne font que divi­ser la classe et pro­mou­voir la bar­ba­rie (je cari­ca­ture à peine). Ce qui échappe aux uns et aux autres, c’est tou­jours la ques­tion de l’idéologie qui n’est pas reflet mais ensemble de réponses pra­tiques et cré­dibles, sous lequel opèrent des pra­tiques. Il y a iden­tité quand il y a décou­page et auto­no­mi­sa­tion d’un domaine d’action propre. Chaque idéo­lo­gie – au sens employé ici - ou iden­tité a son his­toire et son fonc­tion­ne­ment propres, repé­rables par les pra­tiques opé­rant sous cette idéo­lo­gie. L’identité est alors une essen­tia­li­sa­tion défi­nis­sant un indi­vidu comme sujet.

Une déné­ga­tion nor­ma­tive de la seg­men­ta­tion raci­sée ne cherche pas de contra­dic­tions dans ce qui existe, mais se contente de se poser en contra­dic­tion à ce qui existe : la classe contre sa seg­men­ta­tion, sans consi­dé­rer que la classe, dans une contra­dic­tion entre pro­lé­ta­riat et capi­tal qui porte sur la repro­duc­tion, n’existe que dans sa seg­men­ta­tion. L’opposition nor­ma­tive à la seg­men­ta­tion réelle du pro­lé­ta­riat abou­tit à une occul­ta­tion idéo­lo­gique de cette réa­lité que le PIR, inver­se­ment, tra­vaille à sa façon.

Répé­tons que toute lutte du pro­lé­ta­riat se pro­duit et se déve­loppe dans les caté­go­ries de la repro­duc­tion et de l’autoprésupposition du capi­tal. La lutte de classe n’existe tou­jours que « sur­dé­ter­mi­née » parce qu’elle est lutte de classe, c’est le rêve pro­gram­ma­tique qui veut une classe qui se dégage de son impli­ca­tion réci­proque avec le capi­tal et s’affirme en tant que telle dans une pureté auto­dé­ter­mi­née, une classe sub­sis­tant par elle-même. Dans ce « plus », cette « sur­dé­ter­mi­na­tion », ce n’est pas un manque ou un détour­ne­ment qui réside, mais c’est l’existence et la pra­tique en tant que classe que l’on trouve, c’est-à-dire la repro­duc­tion réci­proque du pro­lé­ta­riat et du capi­tal dans laquelle c’est tou­jours le second qui sub­sume le pre­mier qui agit alors à par­tir des caté­go­ries défi­nies dans la repro­duc­tion du capi­tal. Les frac­tions du pro­lé­ta­riat, sa seg­men­ta­tion appa­raissent sur le mar­ché du tra­vail comme des condi­tions préa­lables, parce que le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste, au-delà même du mar­ché du tra­vail, se meut à l’intérieur des formes concrètes qu’il a créées, et que ces formes qui en sont le résul­tat, l’affrontent dans le pro­cès de repro­duc­tion, comme des condi­tions préa­lables toutes faites, déter­mi­nant le com­por­te­ment aussi bien des capi­ta­listes que des pro­lé­taires, leurs four­nis­sant leurs motifs d’agir et leur conscience.

La seg­men­ta­tion déve­loppe « ensuite » sa propre effi­ca­cité idéo­lo­gique qui découpe une popu­la­tion, soli­di­fie les dif­fé­rences, c’est là où les Indi­gènes appa­raissent comme des entre­pre­neurs en raci­sa­tion, comme il y a des entre­pre­neurs en natio­na­lisme, c’est une élite qui se consti­tue un racket, heu­reu­se­ment sans grande effi­ca­cité jusqu’à main­te­nant. Là, la cri­tique doit être sans conces­sion. L’homophobie tac­tique, l’antisémitisme latent, la « com­pré­hen­sion » du « pro-Saddam » pen­dant la guerre du Golfe, la mise au ren­cart (« pour le moment ») des luttes fémi­nines etc. ne sont pas des « dérives », ce qui pré­sup­po­se­rait un point de départ plus ou moins « sain » ; ces posi­tions sont consti­tu­tives de l’activité d’entrepreneurs en raci­sa­tion qui est la rai­son d’être du PIR. Ils découpent même un seg­ment par­ti­cu­lier dans la popu­la­tion « immi­grée » sous le vocable de « post­co­lo­nial ». Il leur faut défi­nir une iden­tité essen­tielle. Même si le PIR est insi­gni­fiant dans les quar­tiers, son tra­vail idéo­lo­gique est en phase avec la situa­tion qui y pré­do­mine main­te­nant : « Depuis le milieu des années 1970, nous pou­vons dis­tin­guer trois confi­gu­ra­tions suc­ces­sives, trois âges de la ban­lieue : un monde désor­ga­nisé mais encore proche, des ter­ri­toires requa­li­fiés par les tra­fics et vio­lences urbaines, un uni­vers mar­qué par la fer­me­ture et la séces­sion. » (Michel Koko­reff et Didier Lapey­ron­nie, Refaire la cité, l’avenir des ban­lieues, Ed. Le Seuil). On peut par­ler d’un sen­ti­ment d’impuissance devant son propre rap­port à la société, qui fait face à l’individu comme contrainte col­lec­tive cho­si­fiée. Nous avons là la forme et le contenu d’une conscience indi­vi­duelle de soi pro­pre­ment reli­gieux : la consi­dé­ra­tion de l’aliénation de l’individu vis-à-vis de la com­mu­nauté (qui n’est plus un mode de pro­duc­tion comme ensemble de rap­ports de pro­duc­tion) comme un état : la misère inhé­rente à la nature humaine. Dans la consti­tu­tion capi­ta­liste de l’exclusion, l’aliénation du pro­lé­taire vis-à-vis de l’ensemble des rap­ports sociaux et de sa propre repro­duc­tion n’apparaît plus comme le pro­duit de sa propre acti­vité, et l’aliénation comme le rap­port contra­dic­toire qu’il entre­tient avec l’ensemble de cette société, mais comme une don­née inhé­rente à son indi­vi­dua­lité, c’est le pauvre, la plèbe. Deve­nue inhé­rente à l’individualité, la sépa­ra­tion d’avec les autres indi­vi­dua­li­tés et d’avec la com­mu­nauté ne se résout que dans une rela­tion qui trans­cende ces indi­vi­dua­li­tés et se pose face à elles comme radi­ca­le­ment exté­rieure. C’est la struc­ture reli­gieuse même et sa pro­duc­tion. La reli­gion peut alors deve­nir la réunion de toutes les déter­mi­na­tions de l’individualité et un puis­sant levier pour les entre­pre­neurs en identités.

Toutes les iden­ti­tés se donnent une généa­lo­gie ima­gi­naire qui est effi­cace et réelle de par sa recons­truc­tion et c’est tout le pro­blème des iden­ti­tés, mais aussi leur carac­tère très labile, plas­tique et fra­gile (mal­gré les appa­rences), car la contra­dic­tion de cette phase de la sub­somp­tion réelle est aussi au niveau de la reproduction.

Mais alors entre les entre­pre­neurs en raci­sa­tion et le déni nor­ma­tif, la voie des contra­dic­tions du réel est étroite.

[Pour ce qui suit il est utile de se réfé­rer au bref texte « Ten­ta­tive de défi­ni­tion des classes » à la suite]

Le lieu de pro­duc­tion des iden­ti­tés, c’est la mul­ti­tude de rap­ports qui ne sont pas stric­te­ment éco­no­miques dans les­quels se construit et se vit l’appartenance de classe. Il faut ensuite ajou­ter leur pro­ces­sus de pro­duc­tion. Les inégaux niveaux de déve­lop­pe­ment jusqu’à leur mise en abyme dans le capi­ta­lisme actuel, la divi­sion du tra­vail, l’aspect his­to­rique de la valeur de la force de tra­vail, le jeu entre rap­ports de pro­duc­tion et rap­ports de dis­tri­bu­tion (avec la pré­do­mi­nance que ceux-ci peuvent acqué­rir sur les pre­miers), la déna­tio­na­li­sa­tion de l’Etat (voir TC 25 : Une séquence par­ti­cu­lière) consti­tuent ce pro­ces­sus de pro­duc­tion. Les méca­niques de pro­duc­tion s’appliquant dans ce lieu sont diverses : contin­gence de l’appartenance classe, seg­men­ta­tion de la force de tra­vail créa­tion de l’individu comme sujet, oppres­sion (le « moment coer­ci­tion » que contient le renou­vel­le­ment du face à face de la force de tra­vail et du capi­tal), rap­ports de dis­tri­bu­tion. Il faut voir comme les « Indi­gènes » ne parlent que d’oppression et d’opprimés, c’est, entre autres choses, leur façon de décou­per et pro­duire une iden­tité. Ils donnent forme à une vraie logique de l’identité s’adressant à des indi­vi­dus pour les­quels la défi­ni­tion pre­mière est la « mise à l’écart » de la « vraie société » et le « manque de res­pect ». Ce que l’on voit c’est une constante sur­dé­ter­mi­na­tion, constant décou­page, de la logique des classes à par­tir d’elle-même, c’est tout le pro­blème qui échappe au déni nor­ma­tif et au culte de l’être vrai et pur de la classe.

Ces méca­niques inhé­rentes à l’autoprésupposition du capi­tal tra­vaillent le maté­riau des rap­ports non stric­te­ment éco­no­miques, il sort de ce tra­vail sur ce maté­riau toute sorte de pro­duits : com­mu­nau­tés reli­gieuses, eth­nies, races, appar­te­nance ter­ri­to­riale, etc., les pro­duits pos­sibles sont qua­si­ment infi­nis. C’est tout ça la lutte des classes et ce n’est pas tou­jours joli et nous avons à y prendre parti parce que c’est là-dedans que nous vivons et non dans le monde des Idées pures. Nous sommes au fond de la Caverne.

Une erreur fré­quente consiste à rame­ner l’identité construite à sa « base », la seg­men­ta­tion, sans com­prendre que si c’est bien là la base, l’identité construite suit « ensuite » la logique propre qui est la sienne et fonc­tionne selon cette logique, elle orga­nise toute une vision du monde, et la rela­tion aux rap­ports de pro­duc­tion s’organise selon cette logique. Tous ces fac­teurs sont les agents per­ti­nents de l’invention des dis­tinc­tions et de leur varia­tion ou dis­pa­ri­tion (à Mar­seille, un Ita­lien ou un Espa­gnol ne sont plus que de sym­pa­thiques joueurs de boules). La raci­sa­tion (ou la pro­duc­tion d’identités spé­ci­fiques) n’appartient pas au concept même du capi­tal (à la dif­fé­rence de la dis­tinc­tion de genre inhé­rente au tra­vail comme force pro­duc­tive), mais celui-ci donné, elle est une forme de mani­fes­ta­tion néces­saire. La trans­for­ma­tion du rap­port social en chose, c’est-à-dire « para­doxa­le­ment » en sujet est aussi bien une trans­for­ma­tion de cette chose en rap­port social entre sujets. En quelque sorte, le sujet est l’héri­tier du mou­ve­ment qui le crée. Cette inver­sion est la façon réelle dont les rap­ports de pro­duc­tion n’agissent que dis­si­mu­lés en tant que volon­tés et déci­sions de sujets.

Mais alors toute la construc­tion sociale dont tout cela pro­vient s’efface d’elle-même. La dis­tinc­tion de races ou d’ethnie joue alors son propre rôle selon des déter­mi­na­tions pres­crites par elle-même dans l’autonomie du domaine d’action qu’elle se crée : un noir peut deve­nir pré­sident des Etats-Unis, il reste noir, et un pro­lé­taire noir n’est pas un pro­lé­taire blanc. Exis­tant pour elle-même dans son domaine d’action la dis­tinc­tion peut même être l’objet d’une acti­vité poli­tique ins­tru­men­tale comme on l’a vu en France lors de la grande vague de grèves dans l’automobile dans les années 83 – 84 et encore plus aujourd’hui. La dis­tinc­tion est une idéo­lo­gie et en tant que telle effi­cace comme assi­gna­tion et rela­tion des indi­vi­dus à leurs condi­tions d’existence et de repro­duc­tion, c’est-à-dire à leurs rela­tions aux rap­ports de pro­duc­tion. Parce que tout cela est réel, objec­tif, cela ne se nie pas par une grande invo­ca­tion rituelle de l’être vrai de la classe, comme si l’on deman­dait aux pro­lé­taires de faire sécession.

C’est toute l’autoprésupposition du capi­tal que nous avons là : la repro­duc­tion du fameux face à face entre le pro­lé­ta­riat et le capi­tal. Ins­crites dans les contra­dic­tions de l’autoprésupposition du capi­tal, dans son exis­tence de contra­dic­tion en pro­cès, et fina­le­ment dans la lutte des classes, ces iden­ti­tés sont donc plas­tiques selon les néces­si­tés de cette dis­tinc­tion (qui passe par toutes les ins­tances non direc­te­ment éco­no­miques) et fra­giles selon la capa­cité de cette dis­tinc­tion à se repro­duire elle-même.

Les iden­ti­tés sont là, elles peuvent même être des points d’appui pour la lutte (contrai­re­ment aux vœux nor­ma­tifs), mais elles ne sont jamais fixes (contrai­re­ment à ce que veulent en faire les pra­tiques entre­pre­neu­riales) et même quand elles se « fixent » en com­mu­nau­tés, elles repro­duisent alors les contra­dic­tions de classes en leur sein. Il ne faut jamais oublier que toutes les iden­ti­tés sont construites, his­to­riques et fra­giles. La révo­lu­tion, mais aussi les luttes actuelles comme les émeutes dites de ban­lieues (2005 n’a pas été une révolte eth­nique) affrontent la sclé­rose de la défi­ni­tion de la classe comme caté­go­rie socio-économique, mais aussi affrontent ou par­fois seule­ment minent, inter­rogent, remettent en cause, toutes les iden­ti­tés qui se consti­tuent sur elles — natio­nales eth­niques, raciales, etc. — comme ses sur­dé­ter­mi­na­tions, ses condi­tions d’existence. Ce n’est pas une ques­tion intel­lec­tuelle reve­nant à savoir qui est qui, car cette sclé­rose et la lutte contre elle sont la confron­ta­tion de pra­tiques intri­quant la révo­lu­tion et la contre-révolution. La classe n’apparait pas tou­jours en clair et même rare­ment (il n’est pas dans la nature de la révo­lu­tion de faire son­ner l’heure de la der­nière ins­tance) : c’est dans une mul­ti­pli­cité de pra­tiques et de contra­dic­tions avec le capi­tal et de contra­dic­tions internes, de confron­ta­tions avec toutes sortes d’identités, d’actions à par­tir d’elles et de dépas­se­ment de celles-ci, qu’elle peut s’auto-transformer en classe com­mu­ni­sa­trice, c’est-à-dire s’abolir. La révo­lu­tion ne peut plus être affir­ma­tion d’un pro­lé­ta­riat se recon­nais­sant pour lui-même en tant que force révo­lu­tion­naire dans le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste face au capital.

Les luttes n’existent tou­jours que « sur­dé­ter­mi­nées ». Dans cette « sur­dé­ter­mi­na­tion » ne réside aucun détour­ne­ment, mais c’est l’existence et la pra­tique réelles. C’est le rêve pro­gram­ma­tique qui veut une classe qui se dégage de son impli­ca­tion réci­proque avec le capi­tal et s’affirme en tant que telle dans une pureté auto­dé­ter­mi­née, une classe sub­sis­tant par elle-même.

Quand lut­ter en tant que classe est la limite de la lutte de classe, la révo­lu­tion devient une lutte contre ce qui l’a pro­duite, toute l’architecture du mode de pro­duc­tion, la dis­tri­bu­tion de ses ins­tances et de ses niveaux se trouvent entraî­nées dans un pro­ces­sus de bou­le­ver­se­ment de la nor­ma­lité / fata­lité de sa repro­duc­tion défi­nie par la hié­rar­chie déter­mi­na­tive (cha­cune bien à sa place et « cause » de la sui­vante dans l’ordre des bases, infra­struc­tures, super­struc­tures, ces der­nières elles-mêmes hié­rar­chi­sées) des ins­tances du mode de pro­duc­tion. C’est parce qu’elle est ce bou­le­ver­se­ment et seule­ment si elle l’accomplit que la révo­lu­tion est ce moment où les pro­lé­taires se débar­rassent de toute la pour­ri­ture du vieux monde qui leur colle à la peau et les consti­tue come tels, tout comme les hommes et les femmes de ce qui consti­tue leur indi­vi­dua­lité. Il ne s’agit pas d’une consé­quence mais du mou­ve­ment concret de la révo­lu­tion où toutes les ins­tances du mode de pro­duc­tion (idéo­lo­gie, droit, poli­tique, natio­na­lité, éco­no­mie, genres, etc.) peuvent être tour à tour la foca­li­sa­tion domi­nante de l’ensemble des contra­dic­tions. Une conjonc­ture désigne le méca­nisme même d’une crise comme crise de l’autoprésupposition du capi­tal : le bou­le­ver­se­ment de la hié­rar­chie déter­mi­na­tive des ins­tances du mode de pro­duc­tion. La révo­lu­tion comme com­mu­ni­sa­tion aura à se nour­rir de l’impureté, de la non-simplicité, du pro­cès contra­dic­toire du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste. Chan­ger les cir­cons­tances et se chan­ger soi-même coïn­cident : c’est la révo­lu­tion, c’est une conjonc­ture. Les iden­ti­tés ne sont pas des essences, même si elles se donnent et fonc­tionnent comme telles (tout le monde est à peu près d’accord là-dessus). Si on consi­dère leur lieu et leur méca­nique de pro­duc­tion, la ques­tion de leur dépas­se­ment se ramène aux ques­tions rela­tives à la révo­lu­tion comme conjonc­ture : bou­le­ver­se­ment de la hié­rar­chie des ins­tances et cir­cu­la­tion de la domi­nante.

Il serait faux de voir là quelque chose d’absolument nou­veau n’arrivant que dans « la conjonc­ture », nous avons une idée pos­sible de cette fra­gi­lité dans la construc­tion même des iden­ti­tés, qu’elles soient raciales, eth­niques, ou com­mu­nau­tés reli­gieuses, et sou­vent un mix de tout cela, mix s’originant et tra­versé par les contra­dic­tions de classes.

L’objet de la cri­tique com­mu­niste, théo­rique et, quand cela est pos­sible, pra­tique, ce n’est ni l’entreprenariat, ni le déni ou l’opposition nor­ma­tive qui ne consi­dèrent que l’exclusion réci­proque des termes entre classe et « iden­ti­tés » et encore moins une « com­pré­hen­sion dis­tan­ciée. L’objet de la cri­tique, sa cible, son point d’appui, c’est cette labi­lité, cette plas­ti­cité et cette fra­gi­lité : l’historicisation, la « décons­truc­tion », la contex­tua­li­sa­tion et, pour­quoi pas, dans cer­taines situa­tions, le fait que ces iden­ti­tés peuvent être des pro­ces­sus dyna­miques de consti­tu­tion d’une lutte spé­ci­fique et par­ti­cu­lière et par là la refor­mu­la­tion d’un rap­port de forces géné­ral entre les classes. Mais même cela est com­pli­qué. La labi­lité de la construc­tion iden­ti­taire est très dif­fé­rente selon les niveaux sociaux et cultu­rels, on constate que la labi­lité est plus forte dans les luttes qui gagnent. Ne pas oublier en outre que la dis­pa­ri­tion de la racia­li­sa­tion ne va qu’avec celle des classes, ce n’est pas un préa­lable et qu’elle est aussi la parole du capital.

Une reprise des luttes en France, dans un rap­port de forces favo­rable est en grande par­tie sus­pen­due actuel­le­ment à la lutte par­ti­cu­lière et auto­nome des pro­lé­taires raci­sés contre leur raci­sa­tion, cela ne peut se faire en niant la raci­sa­tion comme nulle et non ave­nue. Cela ne sert à rien de som­mer les indi­vi­dus de se défendre « en tant que pro­lé­taires », comme si les seg­men­ta­tions et la raci­sa­tion ne fai­sait pas par­tie de leur exis­tence de pro­lé­taires. Mais la mise en avant d’une iden­tité peut être à la fois sa recon­nais­sance et sa dé-essentialisation qui passe par l’attaque de ce qui fait de cer­taines carac­té­ris­tiques his­to­riques, cultu­relles, une défi­ni­tion per­son­nelle et les agents d’un cli­vage socia­le­ment et éco­no­mi­que­ment opé­ra­toire, parce que choi­sies et déli­mi­tés. C’est-à-dire por­ter le fer sur la dis­tance qui sépare la Loi offi­cielle de l’égalité, de la citoyen­neté et même les abs­trac­tions sur les­quelles fonc­tionnent le capi­tal d’avec les règles réelles inverses de la Règle offi­cielle (ce que tout le monde sait) et les condi­tions réelles de tra­vail et de vie. Il ne s’agit pas d’assumer la « dif­fé­rence » (et de la gom­mer en même temps), cette « dif­fé­rence » n’est rien d’autre qu’un sta­tut d’inférieur ins­crit de façon indé­lé­bile dans la per­sonne. Il faut affir­mer que « l’intégration » est un exa­men où vous n’avez aucune chance de réus­site, d’autant plus quand elle se couple avec la « guerre contre le ter­ro­risme ». Rompre avec la règle du jeu, mon­trer que la règle offi­cielle n’est pas la règle réelle, mon­trer que la divi­sion raciale prise dans la seg­men­ta­tion de la force de tra­vail fonc­tionne selon ses propres néces­si­tés, il n’y a pas de « tous ensemble » a priori. Même si cela paraît « réfor­miste » et un « objec­tif inter­mé­diaire », ce n’est pas gagné…

Quand on pos­sède la com­pré­hen­sion géné­rale de la pro­duc­tion des iden­ti­tés, contre les entre­pre­neurs de l’identité et ceux de la norme de La Lutte de Classe, tout se ramène à l’analyse par­ti­cu­lière d’une situa­tion par­ti­cu­lière.

Pour­quoi aujourd’hui un tel sujet est-il aussi sen­sible ? Voir qua­si­ment toutes les ques­tions sociales et la plu­part des luttes ne pou­voir s’exprimer que dans le lan­gage des iden­ti­tés, des eth­nies, des reli­gions et des races suf­fi­rait à répondre à cette ques­tion. Mais cela n’explique pas la vio­lence et la cris­pa­tion que cela pro­voque dans notre « milieu ». L’opposition pure­ment nor­ma­tive à la seg­men­ta­tion réelle de la classe est là pour conju­rer ce qui serait l’anéantissement de l’identité géné­rale de pro­lé­taire dont se réclame le mili­tant et sans laquelle il implose. C’est sa propre exis­tence qu’il sait être en jeu sur cette ques­tion. Quelle bles­sure nar­cis­sique que de ne plus pou­voir s’identifier aux « las­cars de banlieue » !

Ten­ta­tive de défi­ni­tion du prolétariat

La défi­ni­tion essen­tielle du pro­lé­ta­riat est un concret de pen­sée, elle n’exclut pas les mani­fes­ta­tions, elle est tou­jours pré­sente en elles et n’existe elle-même que dans la tota­lité de ses formes, de ses attri­buts. Qu’est-ce alors qu’une classe ? Ten­tons une défi­ni­tion pos­sible du pro­lé­ta­riat comme classe. Défi­ni­tion qui a tou­jours navi­gué entre deux pôles : une défi­ni­tion socio-économique, et une défi­ni­tion comme caté­go­rie his­to­rique défi­nie par une pra­tique (dans les débuts de la cri­tique du pro­gram­ma­tisme l’ambigüité avait été arti­fi­ciel­le­ment sur­mon­tée par la dis­tinc­tion entre classe ouvrière et prolétariat).

Par­tons non pas du simple mais du plus simple : de l’impératif de vendre sa force de tra­vail. Ajou­tons que cet impé­ra­tif n’a de sens que pour la valo­ri­sa­tion du capi­tal, ce qui amène à dire que cette vente pour la valo­ri­sa­tion se défi­nit comme une contra­dic­tion pour le capi­tal et pour elle-même. La vente de la force de tra­vail ne dit pas ce qu’est le pro­lé­ta­riat si cette vente n’est pas sai­sie dans sa rela­tion à la valo­ri­sa­tion du capi­tal comme contra­dic­tion. C’est alors cette contra­dic­tion qui est la défi­ni­tion des classes. La vente de la force de tra­vail n’explique rien par elle-même si on en reste à ce niveau, elle ne défi­nit pas plus la classe même si on la relie sim­ple­ment à la valo­ri­sa­tion du capi­tal. La défi­ni­tion n’apparaît qu’au moment où cette situa­tion (la vente de la force de tra­vail) et cette rela­tion (de la vente à la valo­ri­sa­tion) sont sai­sies comme contra­dic­tion pour cela même dont elles sont la dyna­mique. C’est la contra­dic­tion entre le tra­vail néces­saire et le sur­tra­vail, c’est la baisse ten­dan­cielle du taux de pro­fit com­prise comme une contra­dic­tion entre le pro­lé­ta­riat et le capi­tal, c’est, de même, le capi­tal comme contra­dic­tion en pro­cès. Nous avons alors l’unité de la défi­ni­tion des classes comme situa­tion et pra­tique (comme « en soi » et « pour soi » si l’on veut).

Pour­sui­vons, s’il est vrai que les classes se défi­nissent comme une posi­tion spé­ci­fique dans les rap­ports de pro­duc­tion, les rap­ports de pro­duc­tion sont des rap­ports de repro­duc­tion et là en ce qui concerne la défi­ni­tion des classes tout se com­plique. Nous retrou­vons ici le déni nor­ma­tif face à la « dis­har­mo­nie » entre ce qu’il se passe à un moment donné et le fameux « ce que le pro­lé­ta­riat doit faire confor­mé­ment à son être ». Cette « dis­har­mo­nie » ne tient pas seule­ment à des cir­cons­tances momen­ta­nées liées à des moments par­ti­cu­liers, elle est inhé­rente au fait que si être une classe est une situa­tion objec­tive don­née comme une place dans une struc­ture, parce que cela signi­fie une repro­duc­tion conflic­tuelle et donc la mobi­li­sa­tion de l’ensemble du mode de pro­duc­tion, cela implique une mul­ti­tude de rap­ports qui ne sont pas stric­te­ment éco­no­miques dans les­quels les indi­vi­dus vivent cette situa­tion objec­tive, se l’approprient et s’auto-construisent comme classe.

PS : il fau­drait pro­duire cette ten­ta­tive de défi­ni­tion à par­tir de la par­ti­cu­la­ri­sa­tion de la tota­lité, là ça part d’un pôle et non du tout. Ce n’est pas très grave mais c’est un peu gênant.

ce texte en reprend et colle d'autres précédents (d'au moins un an : ça bouge, dit Pepe...), les normes et dogmes de TC... Le passage sur "Les Indigènes" (sic) et le PIR vaut son pesant de... racialisation eurocentriste, dans la ligne de Gilles Clavreul, sous-ministre de Valls, et pire concernant l'homophobie ou l'absence de féminisme... RS a viré son passage concernant Saïd Bouamama "essentialiste" qui faisait tache... Pour lui la pensée et les luttes décoloniales dans le monde se ramènent au PIR, dont j'ai montré la limite sur ce terrain même sans parler du politique

un exemple

RS/TC a écrit:
Là, la cri­tique doit être sans conces­sion. L’homophobie tac­tique, l’antisémitisme latent, la « com­pré­hen­sion » du « pro-Saddam » pen­dant la guerre du Golfe, la mise au ren­cart (« pour le moment ») des luttes fémi­nines etc. ne sont pas des « dérives », ce qui pré­sup­po­se­rait un point de départ plus ou moins « sain » ; ces posi­tions sont consti­tu­tives de l’activité d’entrepreneurs en raci­sa­tion qui est la rai­son d’être du PIR

laissons de côté Saddam il y a 15 ans (le PIR n'existait pas !), plus facile qu'avec la Palestine aujourd'hui... pour apprécier la vulgate anti-PIR sur l'homophobie, l'antisémitisme et le nom féminisme : cela ferait plaisir aux homosexuels assez nombreux dans les réunions et manifestations décoloniales (la Marche de la dignité était organisée par des collectifs de femmes, comme le Camp décolonial cet été... Parce qu'elles sont indigènes, elles ne sont pas féministes ?) : ce genre d'injures les fait rire. RS sait-il lire, a a-t-il lu le livre de Bouteldja, sorti après ce texte présenté comme nouveau (ça bouge !!) ?

on s'en doutait, confirmation, Roland Simon fraye dangereusement avec le racisme de l'idéologie française dont la post-ultragauche anarchiste est comme une 5ème colonne. Sur la question raciale, les décoloniaux, du moins le PIR puisqu'il ne touche pas aux théoriciens et ne parle pas des luttes, sont la cible principale de TC

mais rien de tout ça n'est nouveau, confirmation de l'eurocentrisme de Théorie communiste, arqué sur « la classe et le genre sont structurels, la race non », où l'histoire du capitalisme est survolée de façon structuraliste en évacuant tout travail sérieux du type de la pensée décoloniale (RS ironise sur la déconstruction...). Je n'y reviens pas, pour la critique détaillée, voir les sujets sur la question... On cherchera en vain quelque chose de concret à se mettre sous la dent, mais à ce stade de laisser-aller théorique (rien sur la dialectique des identités et de leur dépassement dans et par les luttes...) sous couvert d'hyper-conceptualisation pour gogos fascinés du milieu, "on" serait bien con

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Ven 28 Oct - 10:11


encore un exemple de l'honnêteté intellectuelle* de RS/TC, quand il est coincé sur le plan théorique

* voir TC 'Théorie Communiste' : fin de partie truquée février 2014 dans critique du 'courant communisateur' 2014
dans le texte Classe / seg­men­ta­tion / raci­sa­tion. Notes, après un passage dogmatique sur les identités, qui contredit l'analyse par TC de l'identité ouvrière et de son dépassement produit, ceci


TC a écrit:
pour­quoi pas, dans cer­taines situa­tions, le fait que ces iden­ti­tés peuvent être des pro­ces­sus dyna­miques de consti­tu­tion d’une lutte spé­ci­fique et par­ti­cu­lière et par là la refor­mu­la­tion d’un rap­port de forces géné­ral entre les classes

or ceci, RS l'a repris de mes considérations sur les "identités de lutte" et les "dépassements à produire", dont il m'écrivait en novembre 2015 que cela pose un "redoutable problème"*

* comme d'habitude quand il emprunte à d'autres, il ne le dit pas. Il appelle ça une relation "Sparring Partner"...

pourquoi, ce qui du point de vue dialectique présente un intérêt général pour le dépassement à produire y compris de l'identité prolétarienne (c'est le modèle communisateur de l'auto-abolition du prolétariat), n'est-il pas approfondi, alors que RS m'écrivait, en novembre 2015, que ma conceptualisation n'était « pas de la gnognotte comme Dauvé », mais posait de « redoutables problèmes » ?

hé bien parce que TC, sur la base de son corpus, ne peut pas. La rétroprojection sur le présent de son modèle terminal ne lui permet pas, alors même que la période ne peut produire des "écarts". On retrouve la différence entre théorie de la révolution (communisation) comme abolition du capital et des classes, et théorie communiste comme celle des activités communistes dans les luttes actuelles, que je propose

on a ici un (collage de) textes gonflé à la polémique sans preuves, sans la moindre matière concrète pour aboutir à des généralités qui se présentent non comme "concret de penser" que RS revendique, mais comme abstraction théorique sans base, dans une démarche plus proche de la philosophie idéaliste et du structuralisme que du "matérialisme dialectique et historique" de Marx

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Ven 28 Oct - 12:47


tangente et fuite en arrière

TC insiste à juste titre pour ne pas tomber dans les fausses oppositions, "activistes/attentistes" concernant le premier texte, "entrepreneurs en racialisation/déni de la question raciale" dans les notes...

pratique théorique ?

de fait, les renvoyant dos à dos et focalisant sur ces positions binaires et campistes, TC n'entre pas dans le fond des questions que cela pose entre les lignes, ou seulement en récitant ses généralités dogmatiques abstraites (cf plus haut Karl Nesic). Ce dont ils ne parlent pas, en commun dans leur bras de fer, laisse penser que le problème n'existe pas : c'est cohérent, comme le refus de parler du féminisme pendant 30 ans. Je n'affirmerais pas que TC le fait consciemment, mais que cela lui sert à éviter les problèmes théoriques nouveaux que pose la situation actuelle, du fait que la structuration de son corpus l'en empêche. On présente une cohérence totalement auto-référentielle, ce qui évite toute discussion avec ce qu'on peut alors écarter voire censurer, procédé habituel des sectes. Voilà côté pratique théorique

au pied du mur on voit le maçon

sur le fond, TC évacue ainsi le débat, et s'appuie sur ce qui fait encore polémique avec lui pour exister, et ceci de plus en plus depuis les attentats de janvier 2015, prenant des positions douteuses en pleine "islamophobie" de l'idéologie française au gouvernement et dans les médias, préférant taper sur le PIR (et Saïd Bouamama plus discrètement) avec une raréfaction drastique des textes et des débats sur dndf, déserté par la plupart de ses adeptes, ce qui n'a échappé à personne

même la période du mouvement Nuit Debout/ Anti loi travail a posé de sérieux problèmes à TC face à ses critiques*, et faire passer l'intervention théorique dans les "failles" (RS) en l'absence d'écarts n'a montré qu'une chose : TC n'est pas sorti de son attente de formes-contenus de luttes sur le schéma de la communisation à la fin

* voir AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée

le symptôme est sans appel, et la dégradation théorique s'accélère : pour qui sonne le glas ?

certes tout théoricien, à défaut d'être approuvé, préfère encore qu'on parle de lui négativement. Cela m'est arrivé aussi (ex avec Ross Wolfe avec, The Charnel Housse, qui présentait mes thèses à sa façon dans Decolonial Communization ?, mais il y avait là un enjeu, rétablir la vérité de ces thèses, en espérant que Ross Wolfe en tienne compte : lui est resté ouvert...

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Dim 30 Oct - 12:59


importé d'un échange sur twitter ce matin


théoriser le rapport race/classe
nécessité de nouveaux mots-concepts

Jeune Mwaka Sauvage a écrit:
@Selraak

les notes de lecture qui vont avec le dernier texte de TC : http://blogtc.communisation.net/?p=133


Patlotch a écrit:
notes plus intéressantes que le texte. La "tension immigré/travailleur" semble admettre la validité de mon concept de "prolétaire racialisé"

j'ai proposé "prolétaires racialisés" (recension Google) à la place d'indigènes même pris au sens de catégorie sociale, cad différente du raccourci "Indigènes" pour "Parti des Indigènes", mais en relation avec son concept de "race sociale"

en relation aussi à "race des travailleurs" de Marx, qui fonctionne réciproquement, au double sens de race sociale et classe racialisée (recherche Google)

on a ainsi une batterie de nouveaux mots-concepts, sans lesquels on ne peut pas théoriser le rapport classes/races, d'autant qu'il passe par le genre, les luttes des femmes prolétaires dans le monde


les différences entre ces notes et le texte de TC, sans doute plus récentes et réel travail de lecture, font ressortir le caractère normatif/dogmatique de celui-ci et son retard, sa manière de trancher pour des raisons non théoriques, mais politiques et opportunistes, sous la contrainte des conflits internes au milieu TC & Cie. Si TC va jusqu'au bout de cette réflexion, d'une part il doit reconstruire l'ensemble de son corpus, d'autre part remettre en cause ses relations douteuses aux anti-racialisateurs du « déni » , majoritaires chez ceux pour lesquels il fait référence. Cf le texte "TC où tu es ?"

Citation :
membres d’un courant qu’à défaut on appellera communiste antigestionnaire, TC est une des références théoriques

«Race», l’autre nom du désastre

C’est l’enjeu des discours actuels portant sur la dite « question de la race» : la constitution d’une représentation de certains prolétaires d’une façon conforme aux desiderata du capital. [...]


parler de race serait ainsi un « désastre», c'est tout bonnement l'idéologie occidentale universelle : « la race n'existe pas » !

comme dit plus haut, la question a été posée

Temps perdu a écrit:
Tandis que le texte ici présent sous-entend juste que communautarisme et racisme sont immédiatement la même chose. Le besoin de faire communauté, le profit qu’en tire la classe capitaliste, et le racisme en tant que tel, et surtout comme mesures concrètes (histoire, lois + exemples etc.), n’y sont pas traités. Ça sent simplement le sous-entendu douteux.

Est-ce parce qu’ils sont trop communautaristes que les prolétaires sont sujets à subir le racisme ?


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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Dim 30 Oct - 15:46


quand la propagande normative remplace la problématisation théorique

significatif que Doc Sportello, animateur du blog Kommunisierung.net et compte Twitter @Kommunisierung, se soit empressé d'indiquer la traduction anglaise de ce texte. Outre que son compte ne fait référence qu'aux textes du milieu TC &Cie, au milieu d'un fatras d'infos sans commentaires sur les luttes où la violence est spectaculaire, sa position est clairement du déni de la question raciale dans celle de classe (on l'a vu dans ses mamours avec Ross Wolf de The Charnel House Decolonial Kommuniization ?, Sportello évacuant Patlotch sans en avoir jamais rien discuté, sur la base des ragots du milieu

les voies impénétrables de ma censure chez les "so called communisateurs"

Doc Sportello a écrit:
‏@Kommunisierung  · 25 juil.  
@rosswolfe  Funny to write about Patlotch, in France he's almost systematically ignored by anyone. His comments give you an idea why...

C’est marrant d'écrire au sujet de Patlotch, en France, il est presque systématiquement ignoré par tout le monde. Ses commentaires vous donnent une idée pourquoi...


Patlotch a écrit:
@patlotch  
@Kommunisierung @rosswolfe Ah bon ? Mais encore ?

pas de réponse évidemment. Les chemins de ma censure sont impénétrables. Mais Sportello Doc ne croit pas si bien dire : « une idée pourquoi » : ma critique de l'eurocentrisme de l'universalisme prolétarien, à ce jour sans réponse théorique de leur part. Le "pourquoi" de Sportello, ce sont mes "insultes et anathèmes" qui ont fait ma réputation relayée par YTC/RS/dndf et traduite en Europe jusque, par Claide Guillon, pour l'Américain Ross Wolf : je l'assume comme forme correspondant au fond de leur travail de censure et de sape théorique du rapport classe/race

cet empressement de Sportello confirme la signification de ce texte de TC et son faux équilibre, d'où l'usage idéologique qui peut en être et ne manquera pas d'en être fait, alors que les notes qui suivent ont bien plus d'intérêt théorique (elles portent cependant sur les années 1970-80 en France, en rien sur la situation actuelle dans le monde)

c'est ainsi que ce milieu se sclérose et accumule ses retards théoriques en évacuant ce qui est le plus problématique. Ce n'est plus de la théorie communiste mais de la propagande militante par des perroquets traducteurs, avec toutes les tares sectaires d'une ligue politique comme les autres, dotée des moyens d'internet


Doc Sportello a écrit:
dndf Doc Sportello 30/10/2016 à 00:09 | #1

Traduction anglaise : http://www.luchanofeik.club/2016/10/29/theorie-communiste-notes/




le double langage de Théorie Communiste

si ce texte de TC est prétexte à une propagande idéologique eurocentriste en milieu radical, ce n'est pas le fruit du hasard

RS/TC a écrit:
La seg­men­ta­tion déve­loppe « ensuite » sa propre effi­ca­cité idéo­lo­gique qui découpe une popu­la­tion, soli­di­fie les dif­fé­rences, c’est là où les Indi­gènes appa­raissent comme des entre­pre­neurs en raci­sa­tion, comme il y a des entre­pre­neurs en natio­na­lisme, c’est une élite qui se consti­tue un racket, heu­reu­se­ment sans grande effi­ca­cité jusqu’à main­te­nant. Là, la cri­tique doit être sans conces­sion.

deux temps :

1) les "Indigènes" pour le "Parti des Indigènes de la République" (PIR), soit un amalgame : la critique des activités de lutte d'une catégorie sociale mondiale (relativement eu concept d'Occident et sa crise) réduite à celle d'un particule politique français reconnu comme peu représentatif (alors quelle nécessité obsessionnelle de le déglinguer en suivant l'ambiance dominante en France ?), et l'évacuation du courant de pensée décoloniale dans sa diversité et ses rapports complexes au marxisme et à la lutte des classes. Les luttes en tant qu'elles sont objectivement décoloniales dans la lutte des classe : « le racket d'une élite » ?

faut-il comprendre que tous les décoloniaux sont des "entrepreneurs en racialisation" ? On ne le saura pas, bien que RS ait lu le livre de Claude Bourguignon-Rougier, Philippe Colin et Ramón Grosfoguel (dir.), Penser l’envers obscur de la modernité : une anthologie de la pensée décoloniale latino-américaine

RS devient complètement paranoïaque et schizophène, dans ce qui frise la haine à l'encontre des luttes à base raciale et de ceux qui les mènent, oubliant les principes de rigueur dont son travail théorique avait la réputation

2) « la critique doit être sans concession » ce qui s'entend chez RS par tous les moyens de la déformation dont il s'est fait le spécialiste quand il s'agit de déglinguer la concurrence théorique

et bien entendu, ce texte sera compris et utilisé comme ça, cf Doc Sportello @Kommunisiering ci-dessus

avec ça, BL/TC dit ne pas faire de politique ! Nous prennent vraiment pour des imbéciles...

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Dim 30 Oct - 17:48


quand la propagande normative remplace la problématisation théorique

significatif que Doc Sportello, animateur du blog Kommunisierung.net et compte Twitter @Kommunisierung, se soit empressé d'indiquer la traduction anglaise de ce texte. Outre que son compte ne fait référence qu'aux textes du milieu TC &Cie, au milieu d'un fatras d'infos sans commentaires sur les luttes où la violence est spectaculaire, sa position est clairement du déni de la question raciale dans celle de classe (on l'a vu dans ses mamours avec Ross Wolf de The Charnel House Decolonial Kommuniization ?, Sportello évacuant Patlotch sans en avoir jamais rien discuté, sur la base des ragots du milieu

les voies impénétrables de ma censure chez les "so called communisateurs"

Doc Sportello a écrit:
‏@Kommunisierung · 25 juil.
@rosswolfe Funny to write about Patlotch, in France he's almost systematically ignored by anyone. His comments give you an idea why...

C’est marrant d'écrire au sujet de Patlotch, en France, il est presque systématiquement ignoré par tout le monde. Ses commentaires vous donnent une idée pourquoi...


Patlotch a écrit:
@patlotch
@Kommunisierung @rosswolfe Ah bon ? Mais encore ?

pas de réponse évidemment. Les chemins de ma censure sont impénétrables. Mais Sportello Doc ne croit pas si bien dire : « une idée pourquoi » : ma critique de l'eurocentrisme de l'universalisme prolétarien, à ce jour sans réponse théorique de leur part. Le "pourquoi" de Sportello, ce sont mes "insultes et anathèmes" qui ont fait ma réputation relayée par TC/RS/dndf et traduite en Europe jusque, par Claude Guillon, pour l'Américain Ross Wolf : je l'assume comme forme correspondant au fond de leur travail de censure et de sape théorique du rapport classe/race

cet empressement de Sportello confirme la signification de ce texte de TC et son faux équilibre, d'où l'usage idéologique qui peut en être et ne manquera pas d'en être fait, alors que les notes qui suivent ont bien plus d'intérêt théorique (elles portent cependant sur les années 1970-80 en France, en rien sur la situation actuelle dans le monde, sic pour les ratages, dès sa naissance 1975, de ce milieu théorique français)

c'est ainsi que ce milieu se sclérose et accumule ses retards théoriques en évacuant ce qui est le plus problématique. Ce n'est plus de la théorie communiste mais de la propagande militante par des perroquets traducteurs, avec toutes les tares sectaires d'une ligue politique comme les autres, dotée des moyens d'internet


Doc Sportello a écrit:
dndf Doc Sportello 30/10/2016 à 00:09 | #1

Traduction anglaise : http://www.luchanofeik.club/2016/10/29/theorie-communiste-notes/




le double langage de Théorie Communiste

si ce texte de TC est prétexte à une propagande idéologique eurocentriste en milieu radical, ce n'est pas le fruit du hasard

RS/TC a écrit:
La seg­men­ta­tion déve­loppe « ensuite » sa propre effi­ca­cité idéo­lo­gique qui découpe une popu­la­tion, soli­di­fie les dif­fé­rences, c’est là où les Indi­gènes appa­raissent comme des entre­pre­neurs en raci­sa­tion, comme il y a des entre­pre­neurs en natio­na­lisme, c’est une élite qui se consti­tue un racket, heu­reu­se­ment sans grande effi­ca­cité jusqu’à main­te­nant. Là, la cri­tique doit être sans conces­sion.

deux temps :

1) les "Indigènes" pour le "Parti des Indigènes de la République" (PIR), soit un amalgame : la critique des activités de lutte d'une catégorie sociale mondiale (relativement eu concept d'Occident et sa crise) réduite à celle d'un particule politique français reconnu comme peu représentatif (alors quelle nécessité obsessionnelle de le déglinguer en suivant l'ambiance dominante en France ?), et l'évacuation du courant de pensée décoloniale dans sa diversité et ses rapports complexes au marxisme et à la lutte des classes. Les luttes en tant qu'elles sont objectivement décoloniales dans la lutte des classe : « le racket d'une élite » ?

faut-il comprendre que tous les décoloniaux sont des "entrepreneurs en racialisation" ? On ne le saura pas, bien que RS ait lu le livre de Claude Bourguignon-Rougier, Philippe Colin et Ramón Grosfoguel (dir.), Penser l’envers obscur de la modernité : une anthologie de la pensée décoloniale latino-américaine

RS devient complètement paranoïaque et schizophène, dans ce qui frise la haine à l'encontre des luttes à base raciale et de ceux qui les mènent, oubliant les principes de rigueur dont son travail théorique avait la réputation

2) « la critique doit être sans concession » ce qui s'entend chez RS par tous les moyens de la déformation dont il s'est fait le spécialiste quand il s'agit de déglinguer la concurrence théorique

et bien entendu, ce texte sera compris et utilisé comme ça, cf Doc Sportello @Kommunisiering ci-dessus

avec ça, BL/TC dit ne pas faire de politique ! Nous prennent vraiment pour des imbéciles...

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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Jeu 3 Nov - 10:32


TC en Amérique

quelques remarques de Ross Wolf/The Charnel House sur la traduction en anglais et le contenu du texte de Théorie Communiste. On les relativisera vu la considération de Ross Wolf pour tout ce qui de près ou de loin porte le nom de "décolonial". Quant à la critique du PIR, encore un effort pour discerner ce qui relève d'une dynamique pas seulement française d'une stratégie politique discutable du double point de vue marxiste et décolonial voir ici)...

la vraie question serait de faire une critique de la pensée déconiale à partir de ses théoriciens originaux et des luttes, plutôt que de les ignorer souverainement et de s'en prendre au maillon faible, le PIR. Cela relève d'une facilité pour évacuer le problème, qui reviendra, puisqu'il est. Cela en dit plus long sur les apories de la théorie de la communisation et la posture politique de TC&Cie à l'ultragauche de l'idéologie française, pour qui le gouvernement et le sinistre Clavreul n'ont pas mérité autant de critiques que le PIR...

concernant la traduction, apprécions : « J’ai trouvé cette traduction presque illisible et donc décidé d'y revenir encore une fois avec mon Français (certes assez pauvre) et de faire quelques modifications. Ce n’est sans doute toujours illisible, mais je l’espère un peu moins.» Le français de Wolf, pour ce que j'ai constaté concernant mes textes, est tout sauf "pauvre", et la lisibilité des textes de TC ne tient pas à leur traduction...

quant à la référence au texte de BL "Utérus vs Melanine", de 2012, comment croire qu'elle serait de nature à relancer un débat que les participant.e.s américain.e.s à SIC ont, à leur manière, réglé, en prenant leurs distances avec cet eurocentrisme à prétention universelle. Il faut quand même être un peu sérieux


Class, segmentation, racialization: Reading notes

Théorie Communiste
Lucha No Feik Club (October 26, 2016)

Editorial note
Ross Wolf a écrit:
Ori­gin­ally pub­lished by Théorie Com­mun­iste as «Classe/seg­men­ta­tion/raci­sa­tion. Notes». Trans­lated from the French by LNFC, with sub­stan­tial re­vi­sions by Ross Wolfe. I can’t take cred­it for the ma­jor­ity of this trans­la­tion, as I worked from the one pos­ted by the Lucha No Feik Club. Nev­er­the­less, I found this trans­la­tion al­most un­read­able, and so de­cided to go over it again with my (ad­mit­tedly quite poor) French and make some modi­fic­a­tions. Right now it’s prob­ably still un­read­able, but hope­fully a little less so. Just to point out some of my own ed­its, and give a sense of my reas­ons for mak­ing them, a few words might be ad­ded here. For ex­ample, I changed cho­si­fiée from “thingi­fied” to “re­ified.” Un­doubtedly the former is used from time to time, but it comes across here as clunky and in­el­eg­ant. Also, I rendered face à face as “faceoff,” rather than the dread­fully lit­er­al “face-to-face.” Vari­ous oth­er minor cor­rec­tions were made, some of them slight over­sights. Part of the prob­lem is in the ori­gin­al text, however, as there are a couple places where there are word-for-word re­pe­ti­tions of en­tire sen­tences. These were no doubt un­in­ten­tion­al, and have been ex­cised from the present ver­sion.

As re­gards the con­tent, I am quite in­ter­ested in see­ing how Théorie Com­mun­iste relates the phe­nomen­on of “ra­cial­iz­a­tion” [raci­sa­tion] to the struc­tur­al lo­gic of cap­it­al and its his­tor­ic un­fold­ing. Clearly, the art­icle takes race to be a more ar­bit­rary con­struc­tion than gender. Gender is rooted in the sexu­al di­vi­sion of labor with­in the oikos, wherein the fam­ily is the fun­da­ment­al eco­nom­ic unit. There are more bio­lo­gic­al de­term­in­ants for gender, at least ini­tially. Some of this is sketched out in an­oth­er short art­icle pub­lished by Théorie Com­mun­iste, “Uter­us vs. Melan­in,” which as yet re­mains un­trans­lated. However, while race is more re­cent and based on ac­ci­dent­al fea­tures, it is no less real than gender. Théorie Com­mun­iste loc­ates ra­cial­iz­a­tion with­in the seg­ment­a­tion of the work­force, where su­per­fi­cial dis­tinc­tions such as skin col­or and dif­fi­culties of com­mu­nic­a­tion (mul­tiple lan­guages, etc.) be­come mark­ers of dif­fer­ence. Deni­al of these dif­fer­ences, in the name of some norm­at­ive ideal of what class should be, is sharply cri­ti­cized for ig­nor­ing the seg­men­ted real­ity of so­cial­ized labor. Loren Gold­ner put this quite nicely a while back, when he wrote that “the ‘col­orblind’ Marx­ism of many left com­mun­ist cur­rents — a pro­let­ari­an is a pro­let­ari­an is a pro­let­ari­an — is simply… blind Marx­ism.”

Of course, race does not op­er­ate every­where uni­formly. It doesn’t al­ways fall along a col­or spec­trum run­ning from “white” to “black.” To be sure, the leg­acy of ra­cial­ized slavery in the United States over­shad­ows most oth­er his­tor­ic­al de­term­in­a­tions of race. But xeno­pho­bia to­ward vari­ous poor im­mig­rant groups — the Ir­ish in the 1850s, the Chinese in the early 1900s, Itali­ans in the 1920s-1930s, Lati­nos today — also plays a ma­jor role. Para­noia about Is­lam also in­forms a great deal of the hate­ful rhet­or­ic we’ve seen spouted against refugees since 2001. An­ti­semit­ism is less pro­nounced in the United States than in con­tin­ent­al Europe, cer­tainly, but it’s not al­to­geth­er un­known. Ra­cial dy­nam­ics work them­selves out a bit dif­fer­ently in France, with its his­tory of co­lo­ni­al­ism. However, I’m heartened to read that Théorie Com­mun­iste has no pa­tience for the re­ac­tion­ary polit­ics of race peddled by groups like the Parti des indigènes de la République and its lead­er, Houria Bouteldja. Roughly two years ago I cri­ti­cized the cul­tur­al re­lativ­ism of this par­tic­u­lar group, which per­vades de­co­lo­ni­al dis­course in gen­er­al, its “tac­tic­al ho­mo­pho­bia” and “lat­ent an­ti­semit­ism” (as the fol­low­ing art­icle puts it). Later I re­pos­ted an ex­cel­lent piece writ­ten by Ma­lika Amaouche, Yas­mine Kateb, and Léa Nic­olas-Te­boul.. «Classe/seg­men­ta­tion/raci­sa­tion» lam­bastes the PIR, who Théorie Com­mun­iste calls the “en­tre­pren­eurs of ra­cial­iz­a­tion.” I don’t blame Bouteldja et al. for pur­su­ing this en­ter­prise, though; someone had to tap the mar­ket left un­touched by Bloc Iden­titaire.

suit le texte avec les corrections de Ross Wolf




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MessageSujet: Re: Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche   Mer 23 Nov - 22:41


la véritable farce de la fausse  scission

pour info, un ex de Théorie Communiste, revenu un temps, fait à nouveau bande à part, avec un nouveau blog



pensée binaire, aucune complexité du monde, qui se donne entièrement à lire comme lutte des classes, à condition, ici remplie, de ne pas parler de 90% de ce qui s'y passe

l'indigence au nom de la critique radicale. Pauvre Marx...
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Baisse tendancielle du taux de sérieux théorique (TC & Cie et le "racialisation") / sur le sectarisme, communautarisme identitaire du milieu post-ultragauche
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