PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 autres formulations du Communisme féministe et décolonial (avec E. Glissant...)

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MessageSujet: autres formulations du Communisme féministe et décolonial (avec E. Glissant...)   Mer 7 Sep - 9:59


avec Marx et Édouard Glissant

jusqu'ici le concept de Communisme féministe et décolonial a été défini par un détournement de la définition du communisme dans L’Idéologie allemande

Marx&Engels a écrit:
« Le communisme n'est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal d'après lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement, réel qui abolit l'état actuel. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses actuellement existantes »

thèse I
Citation :
nous appelons COMMUNISME DÉCOLONIAL le mouvement des luttes au présent qui, dans la DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL, transforment en permanence la perspective révolutionnaire d'abolition du capitalisme (communisation) comme totalité économique et sociale, politique et sociétale, exploitation et dominations le constituant comme structure à dominante et idéologie : exploitation du prolétariat, État et police, expulsion des 'nègres du monde', dominations masculines et racialistes, aliénation des individus, destruction de l'humain et du vivant (Patlotch août 2015-septembre 2016)

le communisme féministe et décolonial comme pensées-luttes en archipels

rien n'empêche personne de le ré-interpréter autrement, en partant du point de vue qui lui est propre : décolonial, féministe, marxiste, anarchiste, écologiste...

pour ma part j'essaye de tenir ensemble en cohérence théorique ces points de vue particuliers, mais de façon pragmatique, politique, il n'est pas possible de le faire sans retomber dans l'ornière de l'intersectionnalité et de l'injonction que dénonçait Houria Bouteldja dans Classe-Genre Race, une nouvelle divinité à trois têtes (voir avec HOURIA BOUTELDJA et le PIR, "RACE, CLASSE et GENRE" ? et autres questions communistes : conversations


Houria Bouteldja a écrit:
L’intersectionalité dans son usage en France, et je dis bien en France car je ne prétends pas généraliser cette analyse, est sûrement un précieux outil d’analyse des oppressions mais sûrement pas un outil politique et encore moins un outil de mobilisation. « Le réel, c’est quand on se cogne », disait Lacan. Je prétends que la théorie intersectionnelle se cogne contre le mur de la réalité.

il faut donc bien, dans les luttes, prendre les choses à bras le corps par un bout, et personne dans sa situation individuelle ou collective n'a le choix de ce bout

Marx a écrit:
Les individus sont toujours partis d'eux-mêmes, naturellement pas de l'individu "pur" au sens des idéologues, mais d'eux-mêmes dans le cadre de leurs conditions et de leurs rapports historiques donnés. Mais il apparaît au cours du développement historique, et précisément par l'indépendance qu'acquièrent les rapports sociaux, fruit inévitable de la division du travail, qu'il y a une différence entre la vie de chaque individu, dans la mesure où elle est personnelle, et sa vie dans la mesure où elle est subordonnée à une branche quelconque du travail et aux conditions inhérentes à cette branche

Marx développe le point de vue de la classe ouvrière comme communauté, et d'une certaine façon, le programmatisme prolétarien, en revendiquant l'identité ouvrière, le prolétariat, comme révolutionnaire, tend à figer cette identité pour prendre le pouvoir d'État et établir la « dictature du prolétariat » : n'était-ce pas un communautariste ? Les théoriciens  de la communisation ont balayé cette idée depuis les années 70, et il n'y a pas à y revenir, c'est une "rupture dans la théorie de la révolution" que nous faisons nôtre

Édouard Glissant a écrit:
Avoir le sentiment de faire partie d'une communauté n'est pas forcément participer d'un esprit de communautarisme. Ce qu'on apporte à la vie de tous, c'est justement cela, une dimension autre de la diversité du monde dont chacun a besoin. Toute communauté ouvre ainsi sur la diversité du monde, à quoi elle contribue.

En revanche, le communautarisme me semble la réaction regrettable de ceux dont les apports dont les apports sont repoussés comme étant dangereux pour un équilibre de tous, position qui provient presque toujours de préjugés. Un réalité nationale devrait pouvoir intégrer, c'est-à-dire accepter en tant que telles, toutes les particularités qui la composent.

Sinon la citoyenneté serait un a priori à caractère presque sacré, sinon totémiste et fétichiste...[ici Glissant rejoint les considérations de Pierre Legendre]

source Edouard Glissant, une introduction Aliocha Wald Lasowski, GoogleBook




je trouve Glissant bien optimiste quant à la possibilité qu'aurait « une réalité nationale [d']intégrer, c'est-à-dire accepter en tant que telles, toutes les particularités qui la composent. ». Cela s'est peut-être produit dans la Vienne autrichienne du XIXe siècle, mais pas même à l'échelle nationale, et ça n'a pas duré... Mais le sujet n'est pas ici ce qui me semble une illusion, et que je retrouve dans le discours politique du PIR, à savoir la demande à l'État d'accepter cette diversité. À mon sens et dès lors qu'il y a État-nation, il y a territoire et fermeture selon des frontières non seulement géographiques mais intérieures ("racisés", migrants et réfugiés, chasse au faciès) et dans la conjoncture actuelle cela me paraît inévitable et sans solution politique nationale

plus fécond me semble une reprise dynamique du concept de créolisation, telle que je l'ai esquissée ce matin dans le sujet POÈMES et POÉTIQUE :


il ne s'agit pas ici de poésie, mais de poétique au sens de poétique de la révolution (et non pas poétique révolutionnaire). Je reviens avec quelques citations d'Édouard Glissant précisant son concept de créolisation, et pose quelques questions à ce que pourrait être une créolisation révolutionnaire, c'est-à-dire non le seul constat qu'elle s'empare du "tout-monde" sous nos yeux, mais qu'elle peut participer des dépassements d'identités

Edouard Glissant et la Créolisation du Monde

Olivier Cathus Afro-Sambas.fr février 2011

Édouard Glissant a écrit:
- La pensée unique frappe partout où elle voit ou soupçonne de la diversité. Ce n’est pas pour rien qu’elle a frappé à Sarajevo ou à Beyrouth. La diversité terrifie. Au fond, le raciste, c’est qui ? Quelqu’un qui ne supporte pas le mélange.

- Sapiens est par définition un migrant, émigrant, immigrant. Il a essaimé comme cela, pris le monde comme cela et, comme cela, il a traversé les déserts et les neiges, les monts et les abîmes, quitté les famines pour suivre le boire et le manger. Il n’est frontière qu’on n’outrepasse. Cela se vérifie sur des millions d’années. Ce le sera jusqu’au bout (encore plus dans les bouleversements climatiques qui s’annoncent) et aucun de ces murs qui se dressent tout partout, sous des prétextes divers, hier à Berlin et aujourd’hui en Palestine ou dans le Sud des États-Unis, ou dans la législation des pays riches, ne saurait endiguer cette vérité simple: que le Tout-Monde est la maison de tous – Kay tout moune –, qu’il appartient à tous et que son équilibre passe par l’équilibre de tous…

avec Patrick Chamoiseau Quand les Murs Tombent, L’Identité Nationale Hors-la-loi, 2007



- Le monde se créolise, c’est-à-dire que les cultures du monde mises en contact de manière foudroyante et absolument consciente aujourd’hui les unes avec les autres se changent en s’échangeant à travers les heurts irrémissibles, des guerres sans pitié mais aussi des avancées de conscience et d’espoir.

- La différence que j’établis entre créolisation et métissage est que la créolisation s’applique uniquement aux cultures et que par conséquent, on ne peut absolument pas prévoir ce qu’elle va devenir. On ne peut pas prédire les résultats d’une créolisation tandis que le métissage, on le peut plus ou moins, il a un aspect mécanique alors qu’elle est imprévisible. Les cultures de créolisation ne sont pas forcément des cultures dans lesquelles on retrouve du créole car elle naissent là où des données du monde absolument hétérogène les unes par rapport aux autres, se rencontrent dans un lieu et dans un temps donné et qui, à une vitesse foudroyante, fabriquent une nouvelle donnée culturelle complexe et multiple


interview accordée à Isadora Dartial pour Mondomix

- La créolisation, c’est un métissage d’arts, ou de langages qui produit de l’inattendu. C’est une façon de se transformer de façon continue sans se perdre. C’est un espace où la dispersion permet de se rassembler, où les chocs de culture, la disharmonie, le désordre, l’interférence deviennent créateurs. C’est la création d’une culture ouverte et inextricable, qui bouscule l’uniformisation par les grandes centrales médiatiques et artistiques. Elle se fait dans tous les domaines, musiques, arts plastiques, littérature, cinéma, cuisine, à une allure vertigineuse…


autrement dit, sans grande fidélité à Glissant, je reprends son concept de créolisation d'un point de vue révolutionnant par des luttes s'en emparant de façon dynamique orientée dans le sens du communisme décolonial : s'il s'agit de produire des dépassements, nous n'en restons pas au constat que « Le monde se créolise ». C'est vrai, « on ne peut absolument pas prévoir ce qu’elle [la créolisation] va devenir », mais on peut agir pour qu'elle produise ce qu'on veut

autrement dit, nous pouvons envisager  


la communisation comme créolisation révolutionnaire du tout-monde

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