PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
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 l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...

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MessageSujet: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Dim 3 Mai - 14:50

le titre annoncé en page d'accueil doit être déplié : il s'agit bien de critiquer la démocratie, la démocratie politique, et la politique


ce sont trois niveaux qu'il convient à la fois de distinguer et de lier, puisqu'ils le sont dans le "système capitaliste", avec la fonction des États, l'existence d'une « société civile », de « citoyens » et de la « citoyenneté », toutes choses analysées par Marx dans ses écrits de jeunesse, en 1843, dans « La question juive », et l'Introduction à la Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel, en 1845

la critique de la religion est la matrice de la critique de l'Etat et de la politique, en relation à la "société civile" et à la "citoyenneté", avec le célèbre : « La religion est l'opium du peuple » lu à l'envers par certains "marxistes" et laïcards, comme d'autres lisent le Coran, d'où la parenté profonde entre terrorisme islamiste et terrorisme d'État

toutes ces notions sont compatibles, aujourd'hui, quel que soit le type de gouvernement : monarchie absolue et dictature monarchiste ou républicaine, monarchie constitutionnelle démocratique, république dont on a cru longtemps qu'elle était indispensable à la démocratie politique

(en cours de rédaction, à suivre)

je n'ai écrit de spécifique sur la démocratie, considérant sa critique radicale comme un résultat acquis de la théorie de la communisation. D'autres formes peuvent néanmoins advenir nécessitant d'y revenir

un questionnement tout de même : voir le sens que prend la démocratie radicale chez Toni Negri et Michael Hardt, particulièrement dans Commenwealth, ou dans Ceci n'est pas un Manifeste, 2013

en effet, il convient de ne pas s'arrêter au mot, à son étymologie, à son sens selon la période historique et les approches politiques, qui n'a pas nécessairement selon moi un lien intrinsèque à l'existence d'un État. Autrement dit, et contrairement à l'acception critique de tous les théoriciens de la communisation jusqu'ici

question qui risque de faire hurler les « camarades », ne peut-on envisager une compatibilité des concepts de communisation et de démocratie ? Pourtant, les mêmes soutiendront une historicité du concept de communisme, qui fut aussi le nom sous lequel l'envisageait, comme programme d'étape à mettre en œuvre, le mouvement ouvrier jusque dans les années 1970. De cette historicité, nos 'anciens' ont accompli alors une rupture dans la théorie de la révolution, qui a littéralement "inventé" le concept actuel de communisation


Dernière édition par Admin le Mar 27 Sep - 10:48, édité 8 fois
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MessageSujet: textes sur la démocratie s'inscrivant dans la théorie de la communisation   Dim 3 Mai - 15:29

je ne promets pas ici d'être exhaustif, d'autres complèteront s'ils le jugent utile

Le point d'implosion de l'idéologie démocratiste, 1989 de la revue Le Brise-Glace, republié par troploin

le démocratisme radical Roland Simon / Théorie Communiste 2001 Senonevero

Critiquer le «citoyennisme», élaborer la théorie de la communisation ? anticitoyennisme

Mort à la démocratie Léon de Mattis 2007. LdM fut membre du collectif de la revue Meeting et auteurs de textes dans la revue Sic

(en cours, à compléter plus tard...)


Dernière édition par Admin le Dim 3 Mai - 17:27, édité 3 fois
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MessageSujet: hors théorie de la communisation : démocratie 'participative', 'radicale', 'à la base', etc.   Dim 3 Mai - 15:50

La démocratie contre l’Etat, Miguel Abensour 1997

La haine de la démocratie et autres textes Jacques Rancière 2005...

« Démocratie insurgeante » et Institution, Miguel Abensour 2008

Alain Bertho, divers textes relevant de l'idéologie dite du 'démocratisme radical'


(en cours, autres références prochainement)
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MessageSujet: "le réformisme radical et son cheval de bataille l'immigration de guerre"   Jeu 7 Mai - 18:50

sans commentaire à ce stade. Ici, on fait flèche de tous bois, parfois en langue de bois, qui vivra triera  bounce

Jean-Louis Roche a écrit:
le réformisme radical et son cheval de bataille l'immigration de guerre
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Charlie révolutionnaire
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MessageSujet: REVOLUTION 14 JUILLET 2015, FRANÇAIS DANS LA RUE POUR UNE VRAIE DEMOCRATIE   Mar 26 Mai - 20:49


REVOLUTION 14 JUILLET 2015, FRANÇAIS DANS LA RUE POUR UNE VRAIE DEMOCRATIE

APPEL DEMOCRATIQUE lancé à TOUS LES FRANÇAIS se sentant trahis par nos « élites », faisons entendre notre voix!

Ministres, députés et sénateurs servant uniquement vos propres intérêts nous allons vous rappeler qui vous devez servir: LE PEUPLE FRANCAIS, blanc ou noir, riche ou pauvre! Reprenons ensemble le pouvoir politique et décisionnaire, ne nous laissons pas dicter tout et n’importe quoi par quelques personnes déconnectées des réalités sociales et économiques!

Seule une MOBILISATION GENERALE est efficace, nous allons tous nous lever de notre fauteuil et quitter nos écrans d’ordinateurs afin d’agir et de nous faire entendre dans la rue! Nous étions beaucoup à être CHARLIE en Janvier, alors soyons DEMOCRATIE le 14 Juillet 2015!

Pour cela, dans un premier temps nous devons occuper pacifiquement chaque grande place dans les plus grandes villes françaises afin de nous retrouver et être plus forts TOUS ENSEMBLE, UNIS MALGRE NOS DIFFERENCES afin de décider ensemble de ce que nous voulons réellement pour nos enfants: UNE VRAIE DEMOCRATIE inspirée des Droits de l’Homme et du bon sens. Ramenez vous, posez vos fesses, posez vos tentes et occupez le terrain, ouvrez votre gueule mais ne cassez rien, sinon nous serons diabolisés par les médias!

Notre REVENDICATION est la suivante: réclamer un plébiscite à l’échelle nationale où nous pourrions avoir le choix entre plusieurs modes de GOUVERNANCE :

– Démocratie représentative actuelle (s’apparentant plus à une oligarchie qu’à une démocratie)
– Démocratie réelle
– ou autre (à voir)

Bien entendu, la plupart d’entre nous souhaite la mise en place d’une DEMOCRATIE REELLE. C’est à dire un système politique où les projets de lois sont rédigés par une assemblée populaire (500 députés citoyens eux mêmes tirés au sort pour un mandat d’un an maximum et non renouvelable) avec l’aide d’experts indépendants afin de les aider pour la rédaction. Ces projets de lois seront ensuite proposés à l’ensemble des citoyens régulièrement (une fois par semaine ou par mois par exemple) et devront être votés via une plateforme sécurisée de vote en ligne.

REPRENONS NOTRE LIBERTE, NOTRE EGALITE ET NOTRE FRATERNITE!

Les rendez-vous auront lieux dans les villes suivantes (10 plus grande villes en terme de population) et la mobilisation débutera à 10H du matin:

– PARIS: Place de la concorde 10h
– MARSEILLE: Vieux-Port De Marseille 10h
– LYON: Place Bellecour 10h
– TOULOUSE: Capitole de Toulouse 10h
– NICE: Place Masséna 10h
– NANTES: Place Royale 10h
– STRASBOURG: Place Kléber 10h
– MONTPELLIER: Place de la Comédie 10h
– BORDEAUX: La Place de la Bourse 10h
– LILLE: Grand Place 10h

Je vous invite à PARTAGER l’évènement que ce soit sur Facebook, Twitter @DEMOCRATIE1407 avec le hashtag » #JESUISDEMOCRATIE » et via le bouche à oreille (ne comptons pas sur les médias traditionnels) à tous vos amis, vos familles, vos proches ainsi qu’à n’importe quel citoyen se sentant concerné par l’avenir de notre pays, de nos enfants et nos générations futures.

Que vous soyez étudiant, boulanger, chef d’entreprise, routier, sans emploi, policier, retraité, ingénieur, agent d’entretien, graphiste, maçon, conducteur de bus, ou rêveur qui veut changer tout ça alors rejoignez nous le 14 JUILLET 2015!

LA DEMOCRATIE N’EST PAS UNE UTOPIE!

#JESUISDEMOCRATIE

Pour que la révolution ne reste pas un rêve mais devienne une réelle évolution!
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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Mar 26 Mai - 22:12


Cher 'Charlie révolutionnaire', auriez-vous fait erreur ? Seriez-vous, ou me prendriez-vous, pour un charlot ? Vous lisant tantôt, Patlotch m'a fait savoir qu'il irait le 14 juillet 2015 au bal nègre, place des Antilles, avenue du Trône près de la Nation, et ceci dès l'aube, se réservant la meilleure place sous les jupes des filles de couleurs. Vous voyez bien que rien ne concorde avec votre rendez-vous parisien

Par conséquent, vous en serez d'accord : chacun sa place !
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MessageSujet: vague à l'âme citoyenne   Jeu 28 Mai - 1:02

lu chez Bellaciao

Fred a écrit:
projection du film Vague citoyenne et débat sur l’eau

Vague citoyenne est comme l’eau. Tombe du ciel, coule, s’infiltre et surtout gonfle comme les flots. L’eau est à qui ? Aux multinationales, aux gouvernements, aux financiers, aux politiques ou tout simplement… à nous ? Des femmes et des hommes, en une déferlante citoyenne, réclament leur simple droit vital. L’eau. En France. Berceau des marchands mondiaux de ce bien commun. Face à la voix unique de l’argent, d’autres voix s’élèvent. Des collectifs, des associations, des élus, des spécialistes ou de simples citoyens agissent pour que l’eau soit reconnue comme un bien commun de l’humanité. Ce film, sorti en avril 2015, retrace 6 années de ces mouvements.

Projection du film au Lieu-dit le dimanche 14 juin à 18h - entrée libre suivie d’un débat avec le réalisateur François Guieu ; Stefania Molinari, activiste pour l’eau bien commun, co-auteure du livre Désobéir pour l’eau aux éditions le passager clandestin ; Xavier Renou fondateur du mouvement des Désobéissants et directeur de la collection Désobéir. Le Lieu-dit 6, rue Sorbier Paris 20e

question : un citoyen et un financier sont dans un bateau. Le financier tombe à l'eau. Que reste-t-il ?

modération par Admin : les vagues à l'âme citoyenne ne sont pas autorisées dans le forum
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MessageSujet: le capitalisme et la démocratie : mariage sans divorce   Mer 3 Juin - 22:46

lu sur Bellaciao (très très résumé)

titre : Divorce définitive (sic) entre capitalisme et démocratie

premier intervenant : Il y aurait eu un mariage ?

un autre : « Tout le rêve de la démocratie est d’élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois » Flaubert

Flaubert, a eu là une belle illumination, car malgré la compassion de certains textes (Un cœur simple), il n'aimait pas plus le populaire que les bourgeois. À propos des Communards : « Le peuple est un éternel mineur, et il sera toujours (dans la hiérarchie des éléments sociaux) au dernier rang, puisqu'il est le nombre, la Masse, l'illimité » Lettre à George Sand, 30 avril 1871

personne à cette heure n'a cité Marx : « La classe laborieuse substituera, dans le cours de son développement, à l’ancienne société civile une association qui exclura les classes et leur antagonisme, et il n’y aura plus de pouvoir politique proprement dit, puisque le pouvoir politique est précisément le résumé officiel de l’antagonisme dans la société civile » Misère de la philosophie, 1847

autrement dit, le capitalisme et la démocratie sont mariés par l'État depuis le début. Question : pour en finir avec le capital, que faire de la démocratie ?
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MessageSujet: "Les Républicains" : pourquoi ?   Mar 23 Juin - 9:28


intervention dans un sujet de discussion sur Médiapart hier 22 juin

Grammaire républicaine

Patlotch a écrit:
sur le nouvel label de l'ex-UMP, Les Républicains, je pense qu'il faut y regarder à deux fois; Je vois un déluge de dénonciations, à gauche (mais peu importe pour mon propos), de ce qui serait un hold-up de ce qui serait à tout le monde, le bien commun de tous les "citoyens" français, depuis la Révolution française, et finalement, l'établissement durable en France de la République française (cad nationale, les mots sont importants), et la défaite définitive de la Monarchie

parenthèse, une part importante des grands pays européens sont des monarchies, certes constitutionnelles, et pourquoi pas donc, des monarchies républicaines. Tout le monde sait, au demeurant, que la Constitution française est une des plus "monarchistes" qui soit, par les pouvoirs qu'elle donne au Président de la République (sic), Chef des Armées, et doté de moyen pour passer outre toute majorité d'opposition (49-3 etc.)

mais là n'est pas l'essentiel

je pense au contraire que Nicolas Sarkozy, ou quelque conseiller inspiré, a fait, comme souvent un choix politique, pour ne pas dire historique, des plus avisés, de son point de vue bien sûr, mais qui pourraient tout aussi bien être celui d'un parti de gauche, prétextant que lui serait plus légitime à le faire


j'en viens au fond, mais dans ce cadre, c'est un peu difficile de l'exposer avec toute l'argumentation nécessaire, disons la démonstration théorique, développant tous ce que cache les termes, les concepts, de République, peuple, politique, démocratie, représentation, citoyenneté, société civile, Nation, etc. en termes d'antagonisme de classes dans le capitalisme. Marx a fait ce travail dans ses dits "Écrits de jeunesse", contre Hegel et ses amis les "Jeunes Hégeliens", contre Feuerbach, contre Proudhon, etc. Ce n'est donc pas une courte histoire en matière ce théorie politique, et de critique de l'économie politique


la République, donc, c'est en gros la non-Monarchie en terme de non-pouvoir absolu, mais représentation du peuple (sic, non d'une classe, puisque l'Etat est trans-classiste par essence, par définition). Toute l'histoire du couple paradigmatique qu'est l'opposition gauche-droite laisse entendre que la droite, c'est les plus pauvres, le vrai peuple (d'en-bas), le petit peuple, le cœur, les valeurs universelles antiracisteset antifascistes, etc... et la droite les "bourgeois", les "riches", le cœur sec, le cynisme froid, etc.

au fil du temps historique, ce fut de moins en moins vrai, et en tout cas, complètement faux depuis 1981, et de pire en pire, comme on l'a vu avec Jospin, puis maintenant avec le couple Hollande-Valls, et la visée carriériste de celui-ci, se faire élire, comme Sarkozy dans la même situation visée, contre Marine au second tour de la Présidentielle en 2017, donc ni plus à droite qu'à gauche. On peut vérifier que leurs politiques sont les mêmes, et d'ailleurs, en Europe, qui est capable de dire si les mesures prises partout l'ont été par des gouvernements de droite ou de gauche, depuis 20 ans au moins ?


la République, pour y revenir, c'est grosso-modo le symbole de la démocratie politique, conférant le dernier mot au peuple, qui choisit sa représentation dans l'Etat. Les articulations entre ces deux niveaux (et concepts) se font par la "société civile", avec ses multiples niveaux d'expressions, des partis politiques à toutes sortes d'associations, en passant par les médias, les élus locaux dans les départements et régions, etc. Plus, plus le droit constitutionnel de manifestation, de grève, de pétitionnement... bref, tous les "contre-pouvoirs" distinguant une "vraie démocratie" d'une dictature. Bref, tout ce dont nombreux ici et dehors s'évertuent à exiger le retour... qui ne reviendra pas


tout cet ensemble, c'est précisément ce dont quoi Marx a montré, il y a plus d'un siècle et demi, qu'il était la forme d'organisation politique adéquate au capitalisme constitué en mode de production éconmique. Forme donc non contingente, mais essentielle : structurelle


un peu taillé à la serpe dans le cadre d'un commentaire, j'en conviens. Mais pourquoi pas y réfléchir à deux fois : et si Sarkozy avait fait, avec Les Républicains, le bon choix pour le capitalisme français, entré en crise à la fois économique et politique, en revenant, avec ce terme, à l'essence même de l'Etat au service du capital ?
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MessageSujet: Contribution à la critique de l’autonomie politique   Mer 8 Juil - 0:52


Contribution à la critique de l’autonomie politique troploin 2009 PDF

troploin a écrit:
« Que faire ?

Rien ne sert de faire le tri entre la mauvaise démocratie (bourgeoise) et la bonne (directe, ouvrière, prolétarienne, totale). Ni non plus ni de se déclarer anti-démocrate : la démocratie n’est pas pour nous l’ennemi n°1, l’obstacle enfin identifié, l’écran ultime masquant la révolution, et dont le dévoilement ouvrirait les yeux des prolétaires.

Il n’y a pas à mener d’action « anti-démocratique », pas plus que de campagne systématique contre la publicité dans la rue ou la télévision, - réalités d’ailleurs étroitement liées à la démocratie. Dans tout mouvement social tant soit peu important auquel nous sommes et serons mêlés, nous côtoyons des grévistes, manifestants ou insurgés qui qualifient leur propre pratique de démocratique. Ils pensent agir en praticiens d’une démocratie enfin vraie parce que directe, sans séparation entre représentés et représentants, et croient rendre effectif ce qui est illusoire chez les bourgeois. Ils savent fort bien que leur pratique n’a rien à voir avec les jeux parlementaires, et même qu’elle en est le contraire. Et c’est parce qu’elle en est le contraire qu’ils y voient la seule démocratie authentique, parce qu’ils identifient démocratie et liberté collective, démocratie et auto-émancipation. Pour chacun de ces participants, démocratie est synonyme de traiter l’autre, le voisin d’atelier, celui ou celle qui avec lui manifeste, construit une barricade et prend part à un meeting, comme un semblable, comme un sujet au même titre que chacun des autres.


Il serait absurde pour nous d’entrer dans un conflit frontal avec lui pour qu’il renonce au mot « démocratie ». La définition de la démocratie, et sa limitation, c’est de faire passer un composant nécessaire de tout changement révolutionnaire pour la condition première, sinon pour l’essentiel du changement.

Aussi la seule « critique de la démocratie » qui vaille, ce n’est pas de faire la leçon à ceux qui revendiquent le mot, mais de contribuer aux transformations sociales les plus profondes et irréversibles possible : créer un monde sans argent, sans échange marchand, sans achat et vente du travail, sans ces pôles de valeur accumulée en concurrence les uns avec les autres appelés entreprises, sans séparation entre le travail et le reste de nos vies, sans sphère spécialisée dans la gestion des conflits appelée la politique… transformations à la fois favorisant et nécessitant (faut-il le répéter ?) la destruction inévitablement violente de la machine étatique. Comme l’écrivait G. Landauer (1870-1919), bien plus qu’un ensemble d’institutions qu’un coup de force pourrait abattre, l’Etat est « une certaine relation entre des êtres humains (..) que nous détruirons en entrant dans d’autres relations, en nous conduisant différemment ».

La révolution, c’est la combinaison de pratiques radicalement autres et d’une suite d’affrontements avec les moyens de pression et de répression dont l’Etat ne manquera de faire usage pour empêcher ou briser ces pratiques nouvelles. C’est cette « communisation » qui aidera finalement, dans la pratique, à se passer de la démocratie comme forme aliénée de la liberté. Puisque démocratie est synonyme de priorité à la forme sur le contenu, le bouleversement du contenu social remettra les questions de forme à leur juste place.

L’essence de la pensée politique, c’est de chercher comment organiser au mieux la vie des hommes, au lieu de commencer par se demander ce que font les hommes ainsi organisés. Une révolution qui changera le mode de vie changera aussi les priorités, et fera dépérir la question démocratique. »

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MessageSujet: pour la démocratie révolutionnaire   Mar 4 Aoû - 12:26


de l'attribut de la démocratie, contre la tribu de la communisation

un infléchissement est intervenu depuis quelques temps, une clarification dans ce qu'il est convenu d'appeler "la démocratie" et "la politique"

la théorie de la communisation fut soucieuse :

- d'une part héritant de Marx de critiquer LA politique comme étant le lien entre l'État et les citoyens, la représentation des classes sociales par des partis politiques, le système de la "république" dans lequel le "peuple" choisit ses représentants par des élections

critiques de la "démocratie radicale" (troploin de Gilles Dauvé et Karl Nesic), du "démocratisme radical" (Théorie Communiste, 2000), Léon de Mattis (Mort à la démocratie 2007)... c'est de façon systématique que le concept de démocratie est réduit à celui de démocratie politique, donc de représentation du peuple, des classes sociales

je partage cette critique de la politique et de la démocratie politique, mais pas celle du politique, qui est un sens tactique de l'organisation dans le cadre d'une stratégie visant des objectifs, et les mettant en œuvre par des activités politiques, pour ce qui nous concerne communistes et décoloniales

- d'autre part, héritant de l'ultra-gauche, cette critique se fait, concernant le prolétariat, comme celle de sa conduite révolutionnaire par un parti ou des organisations de classe, et d'avant-garde de cette classe, censées en porter les intérêts "politiques"

la démocratie est encore critiquée comme mode d'organisations des partis, des syndicats, des assemblées générales, et même de l'auto-organisation, concept des plus flou, à géométrie variable entre positivité au sens d'invention spontanée, et négativité au sens arrêté d'autonomie ouvrière

la critique de la démocratie par la théorie de la communisation est donc celle de toute utopie démocratique, dont l'idéal serait, au-delà de la démocratie "représentative", "participative, la "démocratie à la base", en un mot la "vraie démocratie"

mais comme toujours chez ces théoriciens, "plus radical que moi tu meurs", il faut en rajouter et donc démocratie => poubelle

il n'est pas difficile de voir que cet idéal (car c'en est un aussi), se compense en "pratique" d'un plus alloué aux "leaders objectifs" (Bernard Lyon à propos de la Grèce), et, que ce soit en matière de théorie ou de luttes, à ceux qui non seulement portent leur "dynamique" à "franchir le pas", les "limites" du capital, mais aussi pour ce faire à user de tous les ressorts bien connus de la manipulation psycho-sociale des troupes, dont les "pratiques théoriques" de ce milieu donnent des exemples qui n'ont rien à envier aux so called "méthodes staliniennes" de pouvoir

en ce qui me concerne, je considère qu'il convient de revoir radicalement cette radicalité-là, qui se paye de mots et ne produit qu'impuissance et démobilisation, pour reposer à nouveaux frais les questions de l'indispensable organisation des luttes, dans la durée, sans tout miser sur la spontanéité en temps réel des masses. Ce sont au demeurant les luttes mêmes qui nous le disent : les émeutes, pour autant qu'elle ne soient pas organisées, ne sont pas moins, dans l'histoire, confrontées à leur échec que les organisations permanentes préalables (formule de l'Adresse de Meeting qui en fait un "constat" bien rapide)

Citation :
la constatation que toute organisation de classe permanente, préalable aux luttes ou persistant au-delà, est aujourd’hui confrontée à son échec

il est certes précisé « aujourd'hui », tant en en déduisant que cela vaut pour la « communisation » plus tard : comment l'affirmer ? Mystère de la boule de Crystal de ces préviseurs d'avenir...

je ne suis pas en train de faire rentrer par la fenêtre le parti viré par la porte, ce serait contradictoire avec l'idée que je me fais de luttes auto-théorisantes, d'auto-organisation, de non-convergence stratégique, de pluriversalité du mouvement communiste

je pense que rien ne s'oppose à une utilisation révolutionnaire du concept de démocratie, mais qu'il n'est pas moins à historiser que celui de communisme même (ce qu'a fait le courant communisateur en critiquant le programmatisme)

point besoin de sortir de la cuisse de la théorie pour le comprendre, mais plutôt d'un savoir écouter, d'un peu d'ouverture d'esprit, d'imagination, et de créativité. C'est aussi à cela que sert une poétique révolutionnaire qui ne prétend pas mettre des fleurs aux fusils ni écrire des grammaires de la novlangue de bois révolutionnaire



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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Lun 21 Sep - 17:34

Illusions sur la gauche parlementaire dndf 21/09/2015

Traduction d’un texte du blog « communist i situ » : https://cominsitu.wordpress.com/2015/09/18/doom/



dndf a écrit:
Le texte qui suit est un extrait d’une intervention plus longue de Franco Berardi (Bifo), avant une conférence prévue par la revue Effimera à Milan, en Italie. Nous ne prévoyons pas d’assister à cette conférence, car nous trouvons l’approche de Bifo et d’Effimera très éloignée d’une compréhension du monde. Il est clair, par exemple, que ces gens ont placé beaucoup d’espoir en Syriza, une tendance visible dans de nombreuses parties de la gauche mondiale désorientée, que nous ne comprendrons jamais vraiment. Et nous trouvons cette révélation «soudaine» de l’échec tout aussi surprenante. En outre, nous n’avons plus de temps pour un récit qui explique et comprend la gestion de la crise européenne comme une simple continuation du plan géopolitique de l’Allemagne nazie avec des moyens différents, une notion tout à fait ridicule que l’on peut lire (à leurs propres risques) dans la seconde partie (non traduite) du texte original de Bifo. Mais ce que nous avons trouvé attrayant dans ce texte, c’est sa description de la perte et de la défaite, ainsi que la façon poignante dont il détruit (leurs) illusions sur la gauche parlementaire. Dans ce contexte, nous avons pensé intéressant de le traduire et de le publier ici, simplement comme  document historique qui témoigne de la façon dont une  partie de la gauche à comprend notre situation.



cominsitu a écrit:
[…] L’idée d’une conférence est née du flux sans fin de la revue Effimera dans les jours frénétiques de Juillet, après le référendum et avant la «capitulation». Une conférence semblait urgente à tout le monde, alors qu’en réalité elle ne l’était pas. Pendant quelques jours, nous avons cru que «l’action et la volonté » étaient de retour sur scène, mais cela était simplement une illusion. En réalité, les choses ont évolué vers la seule direction possible, l’automate financier et économique a prévalu et la société n’a pas trouvé le moyen d’en sortir, n’a pas trouvé la route qui mène à l’autonomie.

Après le référendum, Tsipras a réalisé (et l’a dit ouvertement) que ni lui ni ses camarades n’avaient les compétences  nécessaires pour trouver un moyen de sortir du monument des dispositions techno-linguistique contraignantes de la gouvernance. Et ils ne possédaient pas cette connaissance pour la simple raison que celle-ci n’existe pas. Quelqu’un possède t-il la quadrature du cercle? Bien sûr que non, de même que l’on ne peut ne pas posséder les connaissances nécessaires pour échapper au cercle vicieux de la dette. Si vous l’acceptez, vous êtes mort. Si vous la refusez, vous êtes aussi morts.

Et ainsi, sans hâte, la conférence aura-t-elle  lieu les 3 et 4 Octobre à Milan, nous laissant largement le temps de réfléchir. Quel en serait le sujet? L’horizon? Je n’ai pas de proposition spécifique, ou de programme sur mesure à suggérer, mais je ne crois que le mieux serait d’avancer sans présupposer ce que «nous serons en mesure de faire » dans la période à venir. Dans  les 30 dernières années, chaque conflit social, toutes les luttes contre le pouvoir, se terminent par notre défaite, nous laissant quelques mètres en arrière, espérant que nous pourrons tenir jusqu’à la prochaine attaque et peut-être commencer une contre-attaque. Stop, SVP. Il n’y aura pas de résistance ou de contre-attaque. Regardons la « capitulation » de Syriza de façon réaliste. Au niveau électoral le résultat immédiat de cette capitulation est l’effondrement de la moindre crédibilité que la gauche parlementaire avait encore. Pourquoi les espagnols ou les italiens votent-ils pour la gauche après la performance de Syriza? Pourquoi vous aligner avec quelqu’un qui va inévitablement être vaincu? Pourquoi combattre Schäuble s’il  il n’y a pas d’alternative à gauche?

Ceci est la première leçon de cet été amer, si nous voulons comprendre ce qui est arrivé et non pas simplement rester amer. Entre le jour ou 62% du peuple grec a dit non au chantage et celui ou Tsipras a enlevé sa veste et dit: «vous pouvez aussi l’avoir », la dernière bataille de la gauche, à mon avis, a été perdue. Il est possible que Tsipras ait appelé au référendum en espérant qu’il perdrait, de sorte qu’il serait alors chargé, par le vote, de reconnaître et d’accepter le caractère irréversible de l’automatisme économique et financier. Dès lors, il a été forcé de trahir le résultat du scrutin puisque la seule alternative serait le chaos, la violence dans les rues, une éventuelle intervention de la police, avec l’influence bien connu qu’Aube dorée a à l’intérieur …

Tsipras est une personne décente, et ceci est la raison pour laquelle les Grecs le soutiennent, il n’est pas un économiste radical comme Varoufakis. Cela explique son choix de ne pas conduire le pays à la guerre civile, dans la direction que les criminels de l’Eurogroupe construisaient. La défaite de Syriza n’est pas le résultat d’erreurs, ni une trahison de quelque sorte. Elle est tout simplement l’acceptation que la domination de ceux qui gouvernent, qui est la domination de l’abstraction financière et économique sur la réalité de la vie sociale, ne permet pas de changements politiques. Après la fin de l’histoire grecque, nous ne verrons ni sabotage, ni tentative ridicule de réveiller et de réactiver la gauche. Mais il est temps de réaliser que la capacité de la gauche à résister politiquement n’est rien d’autre qu’un souvenir qui n’a jamais gazouillé aussi faiblement.

Avons-nous besoin d’une conférence pour en arriver à ces conclusions? Probablement pas. Mais afin d’avoir une conférence qui ne soit pas de la simple rhétorique ou de du pur auto apitoiement, nous devons inverser la perspective à partir de laquelle nous regardons la situation dans son ensemble. Pour abandonner sans ambiguïté l’idée de résistance et d’espoir, et pour considérer comme acquis les développements désastreux à venir. Pour plus d’honnêteté et une meilleure compréhension, je vous propose le titre suivant pour la conférence: « comment survivre et être heureux dans la période à venir de pauvreté, d’esclavage et de guerre ? ». Un tel titre a deux conséquences interconnectées. D’une part, nous sommes amenés à reconnaître que les conditions sociales et psychologico-éducatives pour résister n’existent pas. Donc, la résistance ne résiste pas. D’autre part, il devient nécessaire de venir avec une proposition pour la production d’une carte des «voies d’évacuation » existentielles collectives […]



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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Sam 10 Oct - 14:48



importé de la discussion Insoumis -3 questions à Tzvetan Todorov 05 octobre 2015 |  Par Pascal.Boniface

thomas lasbleiz a écrit:
"c’est la désacralisation accrue de la fonction politique"... j'ai du mal avec la notion de sacré dans le domaine politique, surtout en France où le rituel du sacré est monarchique : "le président incarne la france"


la fonction politique est sacrée par essence, et de par sa genèse, sa structure, son dogme. Je ne développe pas mais sur l'essence religieuse de l'État

quand Pierre Legendre rencontre Karl Marxrenvoie à deux explications parmi mille :


1) chez Pierre Legendre, une explication plus récente, plus historique et fondamentale, ou comme il dit, dogmatique, au sens fort, dans Ce que l'Occident ne voit pas de l'Occident, 2004, Mille et une nuits, 12 €

extraits :

Pierre Legendre a écrit:
page 52 : « Enfin, l'avènement de l'État du concept d'État, cette notion juridique d'abord protéiforme, reprise au Moye Âge par la théologie politique et par le droit, pour en faire une construction abstraite, apte à tous les usages modernes. Nous sommes là devant une invention majeure, à vocation planétaire : fabriquer l'outil politique standardisé de série. »

et ci-dessous, où l'on retrouve votre idée, Thomas Lasbleiz, à propos d'Emblème, de drapeaux, de souverains, chefs d'État, de République française et de son président...


Pierre Legendre a écrit:
pages 114 et 115 : « Emblème vient d'un verbe grec qui signifie incruster. Métaphoriquemùent, un Emblème incruste en l'homme un signe. Plus excactement l'Emblème incruste en l'homme un signe qui lui rappelle que quelque chose le dépasse ou le gouverne, mais avec quoi il est en relation.

Concrètement, on peut dire que les drapeaux, les marques, les devises ou même les slogans sont des Emblèmes. À un autre niveau, les grands textes traditionnels fonctionnent comme des Emblèmes : la Bible, le Coran, etc.

Allons plus loin. Les souverains traditionnels, mais aussi les chef d'Etat modernes, sont des Emblèmes vivants : le pape, le roi ou la reine d'Angleterre, le président de la République française, etc. Qu'y a-t-il de commun entre ces formes emblématiques ?

Ces formes sont en délégation, en représentation de quelque chose qui n'est pas là, en représentation d'une absence qui, si j'ose ainsi m'exprimer, est l'invisible fondement du Pouvoir.

Le pape est en délégation du Dieu Chrétien; ce Dieu, nul ne le voit, c'est un nom. Le roi ou la reine d'Angleterre est en délégation du Royaume britannique; nul ne le voit, c'est un nom; et le diadème que porte le monarque n'est que le signe apparent d'une Couronne invisible entre les mains de Dieu. Le président de la République française est en délégation de la République; nul ne la voit, c'est un nom. Tous ces noms participent de l'échafaudage qui porte la culture; et les papes, les rois ou les reines, les présidents, sont les délégués de ces noms, les Emblèmes vivants de ces noms. »

page 119 et 120 : « Que veut dire « institution », « institutionnel » ? « Institution » est un terme transmis à l'Occident par le droit romain. Étymologiquement, il signifie : faire tenir debout, tenir fermement, établir, fonder. Dans la même ligne sémantique, il y a le fameux terme latin status, qui a donné dans les langues d'Europe de l'ouest, State, Staat, Stato, Estado, et en français État.

L'État, avant d'atteindre son sens technocratique, a été une notion beaucoup travaillée par la philosophie du Moyen Âge, qui associe le mot status à la position verticale du corps humain : l'homme peut être debout, assis, couché, mais c'est la verticale que, conformément à la nature, la tête se trouve en haut et les pieds touchent le sol. [...]

C'est pourquoi mes travaux évoquent la fonction totémique des États modernes, qui par les procédés juridiques, exportés par l'Occident, sont contraints, eux aussi, de prendre cette question en charge. Que les juristes, Occidentaux et non-Occidentaux, n'aient pas consecience de cette fonction structurale ne change rien au fait qu'une seule logique est à l'œuvre. »

page 121 : « Les institutions font jeu la loi d'une relation [...]. Autrement dit, le but logiquement premier du montage auquel préside, si j'ose dire - le Totem ou l'État, en tant que poseurs de règles, «Ruler» (pour reprendre le terme du droit anglais) -, le but de ce montage normatif est de fixer et faire tenir la relation du biologique et de la vie de la représentation.»

page 124 : « L'expérience institutionnelle du XXe siècle prouve qu'un État, comme un sujet, peut délirer, et toujours sur la base d'un discours qui subvertit la fonction généalogique, et à travers elle la logique ternaire. »


2) chez Karl Marx, dans Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel, Introduction, 1845, où la critique de la religion est la matrice de la critique de l'Etat et de la politique, en relation à la "société civile" et à la "citoyenneté", avec le célèbre : « La religion est l'opium du peuple » lu à l'envers par certains "marxistes" et laïcards, comme d'autres lisent le Coran, d'où la parenté profonde entre terrorisme islamiste et terrorisme d'État

je ne cite pas puisque le texte court de l'Introduction est en ligne. On pourra s'amuser à comparer les textes de Marx et Pierre Legendre. J'y reviendrai si nécessaire, puisque parler de Marx provoque à certain.e.s des boutons



2005

quatrième de couverture
Pierre Legendre a écrit:
« « Faisons un pas de côté. Regardons l'Etat et le Droit fameuse formule de la dogmatique industrielle comme une étrangeté.

L'univers institutionnel, qui soutient la reproduction de l'humanité, remet en scène indéfiniment la question fondatrice dont aucune société ne fait l'économie : pourquoi des lois ?

Portés par la Révolution de l'interprète en Occident, l'Etat et le Droit font figure de solution, dûment payée par les cultures d'aujourd'hui, pour entrer dans le discours institutionnel de la causalité.

Filiation, contrat, religion, pouvoir, ces grandes catégories familières désignent la finalité des montages de représentation dont relève l'effet normatif stylisé en productions multiples par le juridisme de tradition ouest-européenne duquel dépend sa pointe combattante, le Management.

Solitaires sont les systèmes institutionnels, inexpugnable est en chacun d'eux la forteresse des représentations fondamentales du politique, comme sont inépuisables les formes de négociation et sans cesse perfectionnés les instruments de conquête. Quelque chose a résisté et résistera aux tentatives d'uniformisation planétaire : l'impératif structural de différenciation, auquel est lié l'ordre subjectif, matière première des institutions.

Entrelacée dans ces leçons, une proposition nécessaire : réviser le concept occidental de religion
. »




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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Sam 10 Oct - 14:54

sur PIERRE LEGENDRE, Le désir politique de Dieu, Fayard, 1988, 437 p.

Michel BOUVIER (extrait de Politica Hermetica, pp. 152-155)

Michel BOUVIER a écrit:
Le problème de l'origine fondamentale de l'Etat et du droit, qui recouvre également celui de la production de l'ordre juridique et social, est écartée par le positivisme juridique. La question, lorsqu'elle est posée, est le plus souvent appréhendée au travers d'une évolution issue du fond des âges, allant de la communauté la plus élémentaire au sein de laquelle le politique serait totalement imbriqué au religieux jusqu'à la rationalisation la plus absolue de l'ordre juridico-politique que l'on trouverait réalisée dans les sociétés occidentales contemporaines, caractérisée par un "désenchantement du monde" (M. Weber) et par un autonomie absolue des individus dans la production de leurs institutions. Selon une telle logique, il y aurait eu ainsi passage d'une souveraineté légitimée par la religion, ou par la nature, à une légitimité toute entière appuyée sur la rationalité et la liberté d'individus libres de tout préjugé. Cette rupture d'avec l'archaïsme, ou encore l'accession à la modernité, formalisée au siècle des Lumières, verrait son accomplissement total avec l'ère des "managers". Autrement dit, tout au long d'un tel processus, le politique se serait sécularité, autonomisé par rapport aux anciennes mythologies et croyances, pour parvenir aujourd'hui aux sommets de la rationalité et de la scientificité (la religion demeurant affaire personnelle et par ailleurs vouée peu à peu à disparaître, tout au moins dans son rôle explicatif et moteur des sociétés).


C'est à cette approche évolutionniste, voire même historiciste, qu'entend s'attaquer Pierre Legendre qui la considère en effet, au même titre d'ailleurs que le positivisme juridique, comme une façon de refouler ce qui constitue fondamentalement l'Etat et le droit et même d'éliminer le juridique de nos sociétés. Car, selon l'auteur, c'est en réalité en parfaite inconscience, au sens psychanalytique du terme, que nous produirions et ferions fonctionner nos institutions, ne pouvant nous résoudre à reconnaître que le "juridisme médiéval puis classique véhicule jusqu'au cœur du Politique industrialisé le malaise de la modernité face à l'univers dogmatique où elle s'inscrit et dont elle vit" ; et, pour P.L. , un tel "refoulement des textes de la tradition juridique" aurait pour effet de nous faire oublier "ce dont il est question au fond du phénomène dogmatique, la reproduction, du côté des enjeux suprêmes de l'espèce humaine, la mort, le pouvoir, la parole". Avec "Le désir politique de Dieu", P.L., sans s'y référer explicitement, poursuit, en l'enrichissant et en le réarticulant selon une problématique nouvelle, tout un débat (auquel il a d'ailleurs lui-même participé) qui a connu ses moments les plus forts à la fin des années soixante et dans la première moitié des années soixante-dix, débat mené par des auteurs tels que J. Lacan, M. Foucault, C; Castoriadis, G; Deleuze, F. Guattari, R. Lourau, F. Braudel, G. Balandier, M. Serres, pour ne citer que ceux qui viennent immédiatement à l'esprit. Et il faut en effet pour apprécier pleinement la portée de cet ouvrage se remémorer ce foisonnement conceptuel qui, à la recherche du caché institutionnel, du refoulé, du non-dit, de "l'impensé radical", faisait appel à la linguistique, à la psychanalyse, à l'esthétique, à l'histoire et à l'anthropologie.


Pierre Legendre, à l'époque, déjà persuadé du rôle fondamental joué par le droit romano-canonique, fut l'un des rares juristes à prendre le risque de s'engager dans ce mouvement informel de la pensée. Il procède aujourd'hui à une véritable généalogie de l'Etat et du droit en établissant les rapports entre métaphysique et pouvoir sur la base de la pensée scolastique, venant ainsi étayer solidement une thèse qui, si elle a pu être suggérée par certains auteurs tels que C; Schmitt, n'a jamais vraiment trouvé un point d'ancrage débouchant sur une aussi convaincante démonstration.




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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Sam 10 Oct - 14:55

sur PIERRE LEGENDRE, Le désir politique de Dieu, Fayard, 1988, 437 p.

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Michel BOUVIER a écrit:
En effet, P.L. ne se borne pas à affirmer que "tout système politique joue la scène divine, ou si vous préférez, sa transposition" ; il établit, en s'appuyant sur les textes, que l'Etat est un véritable produit scolastique, ce qui lui confère d'emblée sa facture religieuse. Or, loin de donner à penser que nous nous serions peu à peu libérés de cette emprise toutes les réflexions contemporaines sur les institutions seraient articulées sur la structure scolastique et viseraient en même temps à masquer cet aspect. La pensée occidentale ne ferait donc que ruser pour se conforter "dans l'idée d'en avoir fini avec les mythes" et la distinction religieux/séculier, loin d'être un principe nouveau ne serait qu'un effet de la structure toujours agissante et déterminante, celle imposée par la dogmatique. Ainsi, "ayant à gérer les dimensions structurales du temps et de l'espace, le Managements doit livrer bataille, sans se douter des enjeux, sur un terrain qu'il ne contrôle pas : la métaphysique du pouvoir". Autrement dit, l'ordre industriel contemporain serait concurrent de l'ordre religieux, cela dans une parfaite inconscience, mais avec la nécessité de se représenter de manière légitime, ce qui l'obligerait à combler le manque laissé par Dieu ou la Nature, en développant à propos de lui-même un discours fictif, un discours de mise en scène afin "d'authentifier une place vide". La vie institutionnelle se présenterait finalement comme un théâtre, un "ordre de fiction" au sein duquel l'Etat n'est plus qu' "un signe linguistique qui serait vidé de son signifié et qui subsiste comme un signifiant". C'est ainsi que le principe même de l'ordre juridique, son fonds métaphysique se trouverait à la fois invalidé et refoulé ; ne resterait plus qu'un discours explicite, sans réalité profonde, faisant barrage à toute recherche susceptible de laisser émerger en pleine lumière la vérité des montages juridiques. Ce discours que tiendrait la société sur elle-même, c'est le discours de l'Autre, qui se veut discours du sujet, de l'individu souverain participant à une auto-fondation de la société. C'est en fait l'imaginaire institutionnel qui parle ; c'est le désir qui s'exprime avec toutes ses incertitudes comme le montre la psychanalyse et cela se vérifier également  en ce qui concerne "le désir politique de Dieu" comme l'estime P.L. Aussi bien ,"la normativité est-elle enracinée, comme science des mots et du pouvoir de la parole, dans le mécanisme de la représentation, lequel se donne à voir selon les innombrables versions de la culture". C'est cependant toujours "au nom de" que fonctionnent les systèmes institutionnels, au nom d'un "Sujet monumental" comme le qualifie P.L. Et lorsque la pensée sociale évacue ce Sujet, elle laisse un vide qu'elle s'efforce de combler par une mise en scène faisant perdre de vue toute causalité mythologique. Peut-on ainsi répondre simplement à la question : qui fait les institutions ou par qui est légitimé le pouvoir en se bornant à ériger les individus en sujets lucides, conscients, rationnels ? Qu'est-ce qui fonde la légitimité de nos sociétés ? Qu'est-ce qui fait que tout n'est pas possible et qu'un équilibre peut s'établir sans que tout s'effondre ? "Eliminons le fatras des idéologies, écrit P.L., soustrayons les commentaires et compilations techniques, tout ce qui entoure l'Etat comme des bandelettes, que reste-t-il ?"


(à suivre)


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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Sam 10 Oct - 14:56

sur PIERRE LEGENDRE, Le désir politique de Dieu, Fayard, 1988, 437 p.

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Michel BOUVIER a écrit:
Une forme vide ou plutôt un système institutionnel qui continue à fonctionner dans la lignée des glossateurs selon un principe impensable "dans l'atmosphère quelque

peu scientiste où baignent les études de Droit". La méconnaissance de l'articulation du droit sur un invariant structurel engendre la conviction que les sociétés industrielles ont le pouvoir de créer leurs propres normes, librement, sans base mythologique. En vérité, "une scène originelle" authentifiant le pouvoir demeurerait bien présente au cœur de nos édifices institutionnels comme elle a existé et existe encore dans les sociétés traditionnelles, ce qui leur confère leur sens, leur référence fondamentale. P.L. nous invite à retourner le discours anthropologique, à le confronter aux rituels occidentaux, à la dogmaticité "cette force obscure de l'immuable". S'intéresser aux "matériaux dogmatiques" utilisés pour la "production technique" de l'Etat, telle est la direction à laquelle nous sommes conviés. Ce qui implique de s'intéresser au Texte, à l'écrit qui "en tant qu'image donnant corps à l'objet absolu constitue pour les cultures dites du Livre le lieu privilégié et névralgique par lequel transite tout ce qui, dans un système institutionnel, touche le rapport humain à l'image et cela sur tous les plans". Et c'est par l'examen du Droit et des écrits juridiques que cette recherche fondamentale est susceptible d'aboutir, car qu'est-ce qu'un  juriste sinon l'interprète d'un texte qui, comme n'importe quel acteur d'une pièce de théâtre, ne se borne pas à répéter l'écrit mais "ajoute au texte son interprétation, selon sa place dans l'appareil social de la légalité". C'est par le juriste que s'effectue le passage du métaphysique au politique et surtout que se constituent les montages susceptibles d'en conférer une représentation humainement acceptable dans laquelle peuvent se reconnaître les sujets. La "médiatisation de l'absolu par le pouvoir" s'opérerait par un "assujettissement à la représentation" lisible au premier chef dans les écrits des juristes. A partir de là, les affrontements que l'on peut ou que l'on a pu constater au cours de l'histoire peuvent se lire comme une "guerre des écrits, c'est-à-dire fondamentalement à la défense de la loi et aux enjeux de transgression". De la sorte la conception scolastique de l'Etat s'est trouvée "canalisée vers les temps modernes" sans rupture malgré les apparences et malgré "le raz de marée laïciste des XVIIIe et XIXe siècle" qui ne fit qu'utiliser une différenciation, et par dessus tout la séparation religion/Etat, qui trouve son origine dans la pensée scolastique. De pareilles divisions "avant d'être l'instrument des politiques révolutionnaires…  avaient subi le marteau et l'enclume de la scolastique médiévale devenant ainsi un outil de pouvoir au service de la Cause majuscule, quelle qu'elle soit, y compris de la Religion". Si l'on suit le raisonnement de P.L., la religion constitue un "phénomène de la conquête du monde par les interprètes", elle se confond donc avec le Droit, avec les montages légalistes opérés par les juristes, un Droit qui apparaît comme un véritable "musée vivant" et qui en même temps laisse voir sa réalité mythologique profonde au-delà de la mise en scène qu'impose paradoxalement cette seule et unique logique, "la logique du tiers dans les institutions". C'est donc bien toujours l'Autre qui parle ce qui interdit toute approche linéaire de l'histoire des institutions, ou encore c'est cette "représentation de l'Autre absolu qui préside aux échanges et rend pensable le discours des interprètes".


(à suivre)


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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Sam 10 Oct - 14:58

sur PIERRE LEGENDRE, Le désir politique de Dieu, Fayard, 1988, 437 p.

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Michel BOUVIER a écrit:
L'Etat et le Droit procèdent ainsi d'une herméneutique. Déchiffrer les textes devient un art et l'art lui-même, par les images qu'il véhicule, donne corps à la Référence et inscrit les emblèmes du pouvoir au tréfonds des consciences comme la meilleure des propagandes politiques. L'analyse du rapport entre l'institutionnel et le désir vient éclaircir le phénomène car si l'on admet que "l'homme ne sait pas ce qu'il désire", qu'il est en situation perpétuelle de quête de son être, une telle situation n'est vivable que si le vide peut être comblé, si les hommes peuvent avoir le sentiment de faire corps avec le tout, d'être intégrés dans une totalité cosmique porteuse de sens. Là est le fond du politique, son "fond structural" comme le définit P.L. Le religieux est toujours là dans nos institutions, le lien avec le sacré n'est pas rompu, simplement il se reproduit sous des formes non identifiables à première vue parce que masqué par l'inscription de la sécularisation dans les esprits. Autrement dit le sujet humain fait avec ses interrogations les plus fondamentales, il ruse avec le désir, il s'évertue à masquer sa terreur et se donne des raisons légitimes pour perpétuer son espèce, il combe son "désir politique de Dieu". P.L. expose parfaitement ce "tour de passe passe religieux et ses métamorphoses", il le place sous l'éclairage d'une analyse au sens fort qui confère à cet ouvrage une qualité intellectuelle considérable. Les tâtonnements et les formalisations plus ou moins complètes de la pensée occidentale dans les domaines les plus variés se retrouvent dans ce qu'on doit qualifier comme "l'œuvre" de Pierre Legendre. Cet ouvrage constitue à notre sens une étape fondamentale dans la recherche entreprise par un auteur qui est certainement l'un des meilleurs penseurs de notre temps.


Michel BOUVIER

(extrait de Politica Hermetica par Association Politica Hermetica, pp. 152-155)


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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Dim 11 Oct - 11:20


L’illusion de l’État social : entretien avec Joachim Hirsch

Revue Période


On assiste aujourd’hui à un regain d’intérêt pour les théories de l’État proposées par Gramsci ou Poulantzas. C’est cependant sur une autre tradition, largement méconnue en France, que revient ici Joachim Hirsch : celle de la « dérivation de l’État » – il s’agit d’aborder la forme politique spécifique que prennent la domination de classe et l’abstraction marchande dans la société bourgeoise. Contre toute illusion réformiste, Hirsch rappelle ainsi que l’État n’est pas un instrument neutre, mais un moment essentiel de l’accumulation capitaliste. À ce titre, il reste le lieu de conflits mettant en jeu la reproduction même de la société.

Citation :
Vous avez participé au débat dit de la dérivation de l’État dont le point de départ fut la publication dans la revue Politique socialiste de l’article « L’illusion de l’État social et la contradiction entre travail salarié et capital » de Wolfgang Müller et Christel Neusüß. Parallèlement au facteur académique, existait-il aussi un élément déclencheur d’ordre politique ?

Joachim Hirsch : Tout d’abord, les gauches académique et politique n’étaient pas aussi séparées l’une de l’autre à l’époque – placée sous le signe de la contestation étudiante – que maintenant. De manière générale, la gauche était moins isolée au sein de la société. Le débat sur la dérivation de l’État avait un point de référence explicitement politique. Comme le titre de l’article le laisse déjà entendre, il se positionnait contre les illusions sur la marge de manœuvre et les possibilités offertes par une politique réformiste d’État. L’arrière-plan fut l’arrivée au gouvernement de la coalition sociale-libérale en 1969 et la conception corrélative selon laquelle il était dorénavant possible de mener une politique sérieuse de transformation sociale. C’était l’époque de la « marche à travers les institutions ». Aujourd’hui, suite à la réélection d’un gouvernement sous direction sociale-démocrate en 1998, nous faisons l’expérience drastique de l’aboutissement de cette marche. La critique avait ainsi visé juste. Avec la « dérivation de l’État », il s’agissait de fonder théoriquement le rejet politique du réformisme.

Quelles étaient alors les racines du réformisme ? Comment se manifestait-il ?

J.H. : La coalition sociale-libérale jouait évidemment un rôle central. Mais il existait aussi de forts courants réformistes au sein du mouvement contestataire, des Jeunes socialistes1 jusqu’au Parti Communiste Allemand (DKP). Il régnait un optimisme vis-à-vis du dirigisme étatique dans la politique comme dans les sciences sociales. On pensait qu’une transformation émancipatrice de la société pouvait être menée par le biais d’une politique réformatrice d’État. Ce dernier était perçu comme l’instrument d’une politique sociale et nombreux étaient ceux qui s’imaginaient pouvoir dompter le capitalisme pour de bon avec l’aide de l’État ou – selon l’expression en vogue dans les débats les plus récents à ce sujet – le « civiliser ». La répression d’État était dirigée en premier lieu contre des fractions de la gauche radicale. En revanche, des concessions matérielles notables furent faites à la classe ouvrière jusqu’à la crise du milieu des années 1970. De même, dans les écoles et les écoles supérieures, la politique d’interdiction professionnelle2 était largement combinée à une stratégie réformiste : développement quantitatif, ouverture, participation accrue, etc.

L’optimisme du dirigisme étatique trouve bien sûr ses racines dans le fétichisme de l’État de la social-démocratie et du léninisme. À vrai dire, la dérivation de l’État n’a fait que se confronter à son propre passée non digéré…

J.H. : En plus du passé non digéré, il convient aussi de signaler que la théorie matérialiste-critique avait été systématiquement réprimée depuis le national-socialisme jusqu’à la fin de la république d’Adenauer. La situation ne changea qu’avec le mouvement étudiant. Une génération dut ainsi déterrer et se réapproprier intégralement des théories et discussions longtemps oubliées. L’optimisme dirigiste semblait effectivement fondé jusqu’au début des années 1970 comme l’atteste par exemple le dépassement de la crise de 1966 qui avait conduit à la chute du gouvernement Erhard. Il prit cependant fin avec la grande crise économique mondiale du milieu des années 1970. Marquée par la chute du chancelier Brandt, la crise signe aussi la fin du réformisme social-démocrate. L’inévitabilité des crises du capitalisme et la faiblesse de l’action étatique face à la dynamique du capital devinrent de nouveau évidentes. À cet égard, la critique du réformisme se vit confirmée pratiquement.

En 1930, le juriste soviétique Evgeny Pašukanis posait déjà la question programmatique suivante : « pourquoi la domination de classe ne demeure-t-elle pas ce qu’elle est, à savoir l’assujettissement d’une partie de la population à l’autre ? Pourquoi revêt-elle la forme d’une domination étatique officielle, ou ce qui revient au même, pourquoi l’appareil de contrainte étatique ne se constitue-t-il pas comme l’appareil privé de la classe dominante, pourquoi se sépare-t-il de cette dernière et revêt la forme d’un appareil de pouvoir public impersonnel, détaché de la société3 ? » Cette question a-t-elle été résolue ?

J.H. : Oui, cette question a été résolue. La réponse fut, en bref, que l’État n’est ni un sujet propre ni un instrument neutre qui puisse être utilisé à souhait par un groupe dominant ou une classe, comme l’ont affirmé par exemple les théories critiques du pluralisme ou encore la théorie du capitalisme monopoliste d’État. Il constitue plutôt une composante structurelle du rapport de production capitaliste lui-même, sa forme spécifiquement politique. Les rapports de classe et d’exploitation capitalistes sont constitués de telle sorte que la classe dominante sur le plan économique ne peut pas dominer directement sur le pan politique. Sa domination doit ainsi d’abord se réaliser par la médiation d’une instance relativement distanciée des rapports de classes : l’État. En même temps, l’État reste soumis à la logique structurelle et fonctionnelle de la société capitaliste. Il n’est pas une instance qui existerait hors du capital. L’État bourgeois est ainsi un État de classe sans être directement l’instrument d’une classe. Et c’est bien cette « particularisation » ou « relative autonomie » de l’État qui se trouve à la base de l’illusion étatique.

La théorie dite du « Capitalisme monopoliste d’État », couramment désignée comme théorie du « Stamokap4 », n’était-elle pas plus concrète, par exemple à travers le mot d’ordre « d’alliances anti-monopolistes » qu’elle mettait en avant ?

J.H. : La théorie du Stamokap, qui postulait que l’État est directement l’instrument des monopoles, pouvait effectivement sembler plus concrète et permettait avant tout de légitimer une stratégie réformiste d’État qui paraissait pouvoir être immédiatement mise en œuvre. Elle n’examinait absolument pas les structures complexes de la société bourgeoise et requerrait moins d’efforts théoriques. Elle se désignait comme marxiste mais ne mobilisait pas du tout les éléments centraux de la théorie de Marx. Cette simplicité et son apparence de praticabilité immédiate expliquaient son attractivité, y compris dans de larges fractions de la social-démocratie. Par le biais d’une grande alliance s’étendant de la classe ouvrière au capital non-monopoliste en passant par les classes moyennes, il s’agissait de créer un rapport de force qui serait la base d’une vaste politique de réformes. On voit que, sur le plan théorique, la proximité avec les conceptions réformistes de la social-démocratie et des « partis populaires » était assez grande. Répétons-le, la théorie du Stamokap est plutôt une théorie pluraliste de gauche et a de ce point de vue, si l’on veut, un caractère « bourgeois ». À l’encontre de celle-ci, la théorie matérialiste de l’État, telle qu’elle fut mise en œuvre dans le débat sur la dérivation de l’État, se rapporte aux idées centrales de la critique marxienne et tente – en tant que critique de la politique – de les approfondir.

Pourquoi le débat sur la dérivation de l’État prit-il fin aussi abruptement ?

J.H. : Une des raisons en est sûrement que le débat sur la dérivation de l’État fut conduit à un très haut niveau d’abstraction et qu’il prit souvent les traits d’un pur jeu théorique. Son importance fut ignorée. La dérivation de l’État n’est en effet pas une théorie de l’État finie mais simplement la détermination de la forme politique de la société bourgeoise qui doit être replacée dans un contexte théorique et historique plus large. Si on ne fait pas cela, alors on se dirige vers un cul de sac théorique. C’est pourquoi le débat déboucha sur un examen approfondi d’autres approches théoriques, par exemple celles de Gramsci, Poulantzas ou plus tard la théorie de la régulation. On tenta de combiner ces dernières aux résultats de la critique matérialiste de l’État. De ce point de vue, la fin abrupte du débat est aussi d’une certaine façon l’expression d’un développement théorique sensé. À côté de cette problématique intra-théorique, l’apparition de ce que l’on nomme les nouveaux mouvements sociaux à l’orientation théorique, dans la mesure où ils en avaient une, plutôt diffuse joua aussi un rôle important dans la fin du débat. Finalement, la fondation et le succès des Verts générèrent une nouvelle conjoncture favorable à l’illusion du réformisme d’État. La critique matérialiste de l’État fut alors pratiquement mise hors-jeu.

Dans vos travaux sur la théorie de l’État, à côté du débat sur la dérivation de l’État, vous vous référez à Antonio Gramsci et Nicos Poulantzas. Quelle est selon vous l’importance de ces deux auteurs ? Pourquoi Poulantzas connaît-t-il une renaissance contrairement au débat sur la dérivation de l’État ?

J.H. : L’expression « à côté de » ne convient pas tout à fait. Les approches de Gramsci et de Poulantzas peuvent être précisées et approfondies par le biais des résultats de la dérivation de l’État. Pour faire bref, l’œuvre de Gramsci porte sur les processus d’hégémonie et le rapport complexe entre l’État et la société « civile ». Chez Poulantzas, c’est la détermination de l’État bourgeois comme forme contradictoire de l’institutionnalisation des rapports de classe qui se trouve au premier plan. Ces deux éléments ne jouèrent aucun rôle dans le débat sur la dérivation de l’État. Poulantzas connaît peut-être aujourd’hui une renaissance parce que son approche est la plus adaptée pour mener le débat sur le réformisme sans succomber aux illusions réformistes.

Au début des années 1970, le rejet du réformisme constituait l’axe politique commun du débat. Quel serait aujourd’hui le point de départ politique ? Un nouveau débat autour de la question : « réforme ou révolution » ?

J.H : La vieille distinction entre réforme et révolution ne nous permet plus aujourd’hui d’aller très loin. Le débat sur la dérivation de l’État est actuellement traité par les théories de l’État comme un chien crevé5 . Il fut juste et nécessaire mais il faut maintenant le dépasser. Ceci concerne aussi la critique abstraite du réformisme. Il faut prendre conscience du fait que l’État constitue certes un produit et une composante de la société bourgeoise, qu’il n’est pas un levier politique situé à l’extérieur de celle-ci mais qu’en même temps il forme aussi un terrain d’affrontement important. Certes, l’État ne peut pas être l’instrument d’un changement social émancipatoire. Pour autant, les luttes autour de l’État influencent les rapports de force et les conditions de l’action politique. Il s’agit ainsi, comme l’a formulé une fois John Holloway, de développer une stratégie « au sein et contre l’État ». Si l’on prenait cela sérieusement, alors tout le débat autour d’Attac ne serait plus mené d’une manière aussi abstraite, comme c’est le cas actuellement. En tant qu’analyse de la forme politique de la société bourgeoise, le débat sur la dérivation de l’État reste valable et indispensable. Un concept théorique allant au-delà est cependant nécessaire. Celui-ci devrait permettre de comprendre les changements structurels historiques du capitalisme et de l’État, les structures de classe concrètes, les processus hégémoniques et les crises.

Vous utilisez pour décrire la régulation politique internationale le concept de « re-féodalisation » et mettez en avant la précarisation de la forme politique. Ce concept n’est-il pas trompeur ? Plus précisément : en insistant sur la perte de démocratie au niveau international, ne promeut-on pas une conception idéaliste de la démocratie au niveau national ?

J.H : Je dois admettre que le concept n’est pas tout à fait adapté, car il suggère la résurrection des rapports sociaux médiévaux. Cela ne refléterait pas vraiment l’état de chose que nous cherchons à décrire. Le constat que la démocratie libérale se vide de plus en plus de son contenu en conséquence de l’internationalisation de l’État est d’abord un état de fait et pas une idéalisation. Je précise aussi à chaque fois : la démocratie bourgeoise-libérale. Mais si celle-ci se décompose, alors le mode de reproduction sociale et politique de la société change, ce qui doit être pris très au sérieux. Cela relève d’un problème théorique et politique central : il s’agit de savoir si la transformation de la structure étatique qui s’affirme dans la mondialisation– les mots clefs sont ici ceux d’internationalisation et de privatisation – s’avère si profonde qu’elle remet en cause la détermination formelle spécifiquement capitaliste de l’État comme instance relativement séparée de l’économie et des classes sociales. Cela affecterait sérieusement les fondements des rapports de production capitaliste et la capacité de reproduction de ce système. Il ne s’agit pas d’une thèse mais d’une question. Afin d’y répondre, il nous faut la théorie dont nous avons parlé.

Des problèmes de reproduction au sens d’une disparition voire d’une mort de l’État national ? Ou au sens de la thèse de l’ « Empire » d’Antonio Negri et de Michael Hardt ?

J.H. : Non, pas au sens de la thèse de l’Empire. Je trouve ce livre théoriquement assez faible et par conséquent politiquement problématique. À partir de leur perspective, ils ne peuvent même pas poser cette question et encore moins y répondre. Ce n’est pas un hasard si les auteurs s’expriment d’une manière extrêmement floue et contradictoire sur l’avenir de l’État. Ils ne le comprennent pas. Et c’est pourquoi le concept d’ « Empire » repose sur un sol instable.

Pourriez-vous développer d’avantage à ce sujet ?

J.H. : Développer cette critique ici n’est possible qu’au prix de grandes difficultés. Je devrais examiner tout ce que Negri et Hardt ont négligé. C’est pourquoi je me contenterai de quelques courtes remarques : il s’agirait de saisir le capital non comme un sujet mais comme un rapport social. Si l’on procède ainsi, alors l’opposition entre « Multitude » – quel que soit le sens qu’on accorde à ce terme – et « Empire » n’est plus possible.

Au lieu de parler d’un « Empire » nébuleux, on ferait mieux d’étudier en détail les transformations actuelles de l’État et du système inter-étatique dans le contexte de la réorganisation globale des rapports de classe et d’exploitation. Et on ne devrait pas du tout parler de l’État d’une manière aussi légère. Il demeure le point de cristallisation et le centre institutionnel des rapports de pouvoir et de domination existants. On néglige ces derniers sur le plan théorique si l’on ne traite pas de l’État. Cela explique la proximité parfois bluffante entre Negri et Hardt et les théoriciens néo-libéraux.

De multiples illusions aux conséquences politiques fatales sont ainsi produites. Notamment celle d’après laquelle le capitalisme serait déjà dépassé, ce que je considère comme une appréciation fausse et contra-factuelle évidente. Un point de départ politique serait plutôt à chercher dans le développement du mouvement altermondialiste qui ne peut absolument pas contourner l’exigence de résolution de la « question de l’État ». Son développement ultérieur va très clairement en dépendre. Et alors, peut-être les chiens crevés ressusciteront-ils.

Entretien mené par HW et CHB, paru dans Arranca!, n°24, juin 2002.

Publié ici avec l’autorisation de l’auteur

Traduit de l’allemand par Memphis Krickeberg.


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1.NDT : organisation de jeunesse du SPD [↩]
2.NDT : Le 28 janvier 1972, le chancelier de la RFA, Willy Brandt et les chefs de gouvernement des Länder instituèrent le décret dit Radikalenerlass (Décret anti-radicaux). D’après ce dernier, les individus considérés comme ayant des opinions « radicales » et/ou membres du DKP ou d’autres partis d’extrême gauche ou de droite pouvaient être interdits d’être embauchés comme fonctionnaires. Ce décret fut présenté et justifié comme une réponse au terrorisme de la Fraction armée rouge. [↩]
3.Evgeny B. Pašukanis, La théorie générale du droit et du marxisme, trad. Jean-Marie Brohm, Paris, EDI, 1970, p. 133. Le chapitre V de l’ouvrage, « Droit et État » est disponible sur le site. [↩]
4.Stamokap pour « Staatsmonopolistischer Kapitalismus ». [↩]
5.NDT : il s’agit d’une référence à la postface du Capital, dans laquelle Marx écrit : « Mais au moment même où je rédigeais le premier volume du Capital, les épigones grincheux, prétentieux et médiocres qui font aujourd’hui la loi dans l’Allemagne cultivée se complaisaient à traiter Hegel comme le brave Moses Mendelssohn avait, du temps de Lessing, traité Spinoza, c’est-à-dire en « chien crevé ». Aussi me déclarai-je ouvertement disciple de ce grand penseur et même, dans le chapitre sur la théorie de la valeur, j’eus la coquetterie de reprendre ici et là sa manière spécifique de s’exprimer. » Karl Marx, Le Capital, Livre I, trad. J.-P. Lefebvre, Paris, PUF, 1993, p. 17. [↩]

Joachim Hirsch




Dernière édition par Admin le Dim 17 Juil - 8:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Ven 16 Oct - 23:53

pour rigoler, enfin, si ça vous fait rire...

Les six aphorismes électoraux du Situationnisme Patapoliticiste Paul Laurendeau 16 octobre 2015  par  
 

YSENGRIMUS a écrit:
Nous sommes entrés, depuis un bon moment déjà, dan l’Ère Patapoliticienne. Le «politique» est profondément, durablement et irrémédiablement discrédité. La «vie démocratique» contemporaine se réduit à la conformité électorale myope puis à la vie parlementaire somnolente des gras durs éligibles dans leur bocal à banquettes. Il faut donc faire avec cette situation en la jouant, justement, situationniste. Le Situationnisme Patapoliticiste s’impose. Ni cynique, ni défaitiste, ni arriviste, ni triomphaliste, cette posture philosophico-politique se donne l’heure juste, sans rêver ni renoncer. Nous dégageons ici les six aphorismes clefs du segment électoralesque de la pensée patapoliticiste. La référence situationniste situationnelle est ici le Québec (et le Canada) mais nous nous formulons dans des termes suffisamment généraux pour que la transposition se fasse sans trop de difficulté et ce, pour partout dans le monde patapolitisé contemporain.

1- Il faut aller ne pas s’abstenir de voter. Il faut aller (ne pas s’abstenir de) voter, tout simplement parce que ne pas aller voter c’est laisser la bourgeoisie bénéficier de notre silence. Quel que soit le taux d’abstention électoralesque, la bourgeoisie continuera toujours de rouler dans son système pseudo-consultatif. Il faut donc caraméliser le moteur en agissant plutôt que de croire pouvoir le mettre à sec en ne faisant rien. Oui, oui, abstentionnistes qui vous voulez de gauche, notez le bien que le fait de ne pas voter, c’est ouvertement donner son silence-lobby à la bourgeoisie (que toute élection auto-légitime) et/ou abandonner son vote aux petits escrocs chapardeurs de voix qui sont bien loin d’avoirs quitté le service depuis le duplessisme. Il faut occuper intégralement son espace patapoliticiste et bien aller boucher la coche avec notre croix ou notre point noir. C’est pas une si grosse perte de temps, surtout de nos jours avec le vote anticipé et tout et tout. Une abstention est une manifestation de servilité hargneuse sans aucune valeur situationniste effective. Au siècle dernier, Ronald Reagan fut élu sur les plus hauts taux d’abstentions de l’histoire de son temps. L’abstention sert la réaction. Toujours.

2- Il faut voter pour ce qui est le plus à gauche sur son bulletin, sans fidélité particulière. Votez Marxiste-Léniniste, Communiste, Trotskyste, Maoiste, Ho-Chi-Ministe, Situationniste, Gauchiste, Guévariste, Gramsciste, même Solidariste ou N-Pédalo-Socialo. Prenez ce qui est le plus à gauche sur la feuille, sans tergiverser, et cochez. Le fait est que voter pour le genre de gauche molle qu’on nous propose dans le coin est mieux, mille fois mieux, statistiquement notamment, que de s’abstenir. S’abstenir c’est donner son vote à l’ennemi de classe, sans rien prendre en retour. Voter pour la gauche-bouffon, c’est au moins s’amuser un petit peu aux dépends de l’ennemi de classe… Il faut agir en se gaussant mais froidement et sans complexe. Vote durablement protestataire et politique du pire-moins-pire à fond le caisson, histoire de bien foutre les choquottes de la gauche au reste du camembert… Les partis politiciens (ceux d’extrême-droite inclusivement, naturellement) servent la bourgeoisie de façons fort analogues sinon identiques. De fait, savoir qu’ils travaillent tous ensemble, telle est la Loi Un de la saine conscience patapoliticiste contemporaine. Tous les partis politiciens perpétuent de concert la mythologie parlementaire… Le seul vote valide désormais n’a plus rien à voir avec le théâtre de marionnettes de la chambre: c’est celui qui fait pencher la barque à gauche. Il faut bouger dans l’isoloir pour leur rougir la vessie statistique un petit brin et tirer les pourcentages à gauche. C’est la seule chose à faire et ça les fait bien blêmir et cesser de nous prendre pour une petite populace de buveurs de bière et d’écouteurs de tribuns.

3- Il ne faut jamais militer pour un parti politicien. Militer pour un parti politicien (même un se voulant de gauche), quelle fadaise archaïque. Des pas et des pas, des portes claquées au nez, pour envoyer un autre trèfle dormir au parlement. Plus informés, plus rétifs aussi, nos concitoyens ne changent plus d’avis aussi facilement qu’avant, en matière politicienne. C’en est ainsi surtout parce que, patapoliticisme oblige, la politique politicienne n’est plus prise au sérieux autant qu’avant. Les positions sont donc relativement cantonnées… tant et tant que militer dans le giron électoralo-politicien, c’est un peu jouer du pipeau sous la pluie en faisant la manche dans une ruelle déserte. Ainsi, par exemple, le vote de gauche au Québec n’est pas un vote de protestation ad hoc mais bien de conviction stabilisée. La sensibilité de gauche est bien présente dans notre société. Souvenons-nous de la marée NPD, au fédéral en 2011, qui fut largement d’inspiration patapoliticiste et qui ne surprit vraiment que les Tartuffes médiatiques qui voudraient tant pouvoir prendre nos compatriotes pour des amateurs un peu épais de sport professionnel, sans plus. Le pépin contemporain c’est pas vraiment avec notre adhésion aux valeurs de gauche… c’est bien plutôt qu’on croit encore bien trop aux institutions parlementaires. Là, on dort au gaz pis pas à peu près… Si l’Assemblée Nationale est un espace de mythologisation, elle n’est certainement pas un espace de pouvoir. «Gauche parlementaire», c’est la formule soporifique par excellence, le nouvel opium du peuple progressiste. Militer pour ça, c’est du mauvais situationnisme et du vrai de vrai somnambulisme. S’il vous plait, éviter de le faire. Mobiliser l’énergie militante autrement et, surtout, ailleurs. Il faut militer social fondamental, pas politicien restreint.

4- Il ne faut jamais voter «contre» ou «pour punir» des politiciens. Le vote «stratégique» (dit aussi vote «utile») est une fadaise affligeante dans laquelle les partis bourgeois vous encouragent copieusement parce qu’elle les aide dans leur petit dispositif complice d’alternance, dont la veulerie faussement compétitive ne fait que s’accentuer de par la logique croissante des chambres minoritaires que nous vivons de nos jours. Savez-vous comment on guérissait un patient atteint de la syphilis avant les antibiotiques? On lui injectait la malaria. Les intenses poussées de fièvre des accès de malaria tuaient le syphilicoque… Une des maladies disparaissait mais une autre la remplaçait, non fatalement mortelle mais fort dangereuse et emmerdante quand même. Tel est le pis-aller politicien du voter «contre» ou «pour punir». En 1984, les canadiens ont voté pour sortir Pierre Trudeau (ou son souvenir falotement incarné en John Turner) et ils ont rentré le conservateur Brian Mulroney. Syphilis/Malaria, je ne vous dis que ça. Il ne faut pas entrer dans leur logique d’alternance, de baratin de balancier, de fausses crises politiques en ritournelles. Le patapoliticisme contemporain sait parfaitement que la crise politique fondamentale, la vraie, la cruciale, la seule, c’est l’existence intégrale de la politique politicienne. Voter «utile contre» c’est la perpétuer dans sa jubilation pendulaire, sans lui faire sentir la virulence du moindre message utile. Il ne faut pas faire ça. Pour savoir ce qu’il faut faire voir le # 2.

5- La politique politicienne est un spectacle. Le vivre comme tel en n’oubliant surtout pas de s’en amuser. C’est un show. C’est un zoo esti. Voyons et rions. N’oublions jamais que la grande bourgeoisie alimente la caisse électorale de tous les partis politiciens de façon tendanciellement uniforme. Premier Ministre Lambda ou Première Ministre Epsilon, les vrais décideurs d’officines s’en tapent totalement. Les nuances introduites par l’un politicien et par l’autre politicienne sont les tressautements aux couleurs clinquantes des calicots rapiécés d’un petit tréteau de guignol en déglingue.

La continuité de l’État est la seule notion patapoliticiste qui vaille à ce jour, et le cynisme qui la constate est bel et bien celui de la bourgeoisie (pas de la société civile) et ce, depuis des décennies. Observons aussi que la procédure de la grande-cause-sociétale-distraction est désormais au cœur du spectacle en place. Circa 2010-2012, Jean Charest a absorbé l’attention sociétale avec sa raideur parlementaire et policière devant la crise des grèves étudiantes et la lutte des carrés rouges. Lui succédant sans vraiment le refaire, Pauline Marois a artificiellement déchaîné les passions avec sa Charte des Valeurs Ethnocentristes et Démagogues. Pendant que la société civile se distrayait avec ces grandes causes brasiers, allumées et éteintes juste à temps, pile-poil pour les échéances électorales, les deux grands partis parlementaires québécois travaillaient discrètement ensemble sur la question des scandales de corruption dans les grands travaux d’infrastructures et sur la braderie des ressources minières, pétrolières et gazières d’Anticosti et du grand nord, sans que le public ne se prenne trop à discuter ces questions là. Au fédéral, on a fait du guignol parlementaire avec les centaines de milliers de dollars gaspillés par des sénateurs inutiles à Ottawa pour bien éviter de parler des dizaines de milliards de dollars flaubés par des soldoques canadiens tout aussi inutiles (mais beaucoup plus coûteux et nuisibles) à Kaboul (Afghanistan) circa 2002-2014. Les marchands de sable politiciens font mumuse dans leur bac à sable politicien et ils endorment qui, vous pensez?

6- Il faut surveiller la politique politicienne non pour ce qu’elle dit mais bien pour ce dont elle est le symptôme. Il faut agir et bien voir ondoyer le mirage baratineur. Il ne faut surtout pas se retirer du monde patapoliticiste et/ou rentrer bouder dans ses terres pour autant. Il faut assurer, les yeux bien ouverts, l’intendance méthodique de notre vaste démobilisation politicienne. Certains partis politiciens se veulent plus mythologiques-lyriques. Ils font rêver et fantasmer. D’autres sont plus réalistes-cyniques. Ils (in)sécurisent et flagornent au ras des mottes. Il faut suivre les fluctuations clinquantes du show car elles sont autant de rides et de vaguelettes évocatrices sur la surface du cloaque bourgeois. Le vrai Situationnisme Patapoliticiste n’est pas abstraitement indifférent à la politique politicienne: il s’en moque, ce qui est, de fait, la suivre très attentivement et voir à lui faire révéler tout ce qu’elle n’admet que de fort mauvaise grâce.

Il faut suivre (observer) et ne pas suivre (ne pas marcher à la suite de)…

À suivre donc…


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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Mar 20 Oct - 18:07

Raison d’État et science de la police : deux technologies de l'ordre via blog Médiapart de Segesta

Les discours du politique : Ecole thématique Violence, consensus, sécurité

vidéo 1:48 dans l'original


Citation :
Michel Senellart se livre ici à une analyse de la Raison d'Etat et de la police comme deux modes très différents d'exercice du pouvoir. Il propose une définition, une histoire et une liste des attributions de la police ainsi qu'une définition de la Raison d'Etat, d'après Giovanni Botero. Il précise que c'est avec Botero, en 1589, que cette expression accède à la dignité d'un concept théorique.

La Raison d'Etat consiste en une "connaissance des moyens de maintenir et affermir la domination de l'Etat". Michel Senellart rappelle que la conservation de l'Etat était déjà le problème de Machiavel et s'interroge sur le but ultime de l'Etat - le bonheur commun - ainsi que sur celui de la police et de la politique.

Equipe technique Directeur de la production: Christophe Porlier, Responsable des moyens techniques: Francis Ouedraogo, Réalisation : Service commun audiovisuel et multimédia Captation vidéo
: Sebastien Boudin, Julien Lopez, Mathias Chassagneux, Son: Samuel Bazin, Montage-Encodage-Diffusion Web : Jean-Claude Troncard


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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Lun 2 Nov - 17:33

je reviendrai sur le sens de la Marche de la dignité du 31 octobre 2015, et son demi-succès, car il ne faut pas se voiler la face, les jeunes des banlieues étaient peu nombreux, et 10.000 manifestants ce 31 octobre pour 4 millions le 11 janvier, où ceux-là étaient encore plus absents, ya pas photo

j'ai dû me planter quant à la présence des banderoles des partis politiques (NPA, PCF, Parti de gauche, Ensemble, Verts ?...), mais honnêtement, je ne les ai pas vues. Une amie m'a dit qu'elles étaient en fin de cortège...

je le ferai en relation avec l'intervention d'Houria Bouteldja à la Bastille, appréciant positivement cette présence comme annonçant des jours meilleurs pour l'unité antiraciste, dans le cadre d'alliances politiques

je le ferai en relation avec le texte de Saïd Bouamama, La nécessaire politisation de l’antiracisme bouamamas 30 octobre 2015, Contribution au futur livre d’ATTAC sur l’antiracisme, et cette chute :

Saïd Bouamama a écrit:
L’antiracisme « fraternaliste » pour reprendre une expression d’Aimé Césaire ne nous sera d’aucune utilité non plus. Il débouche sur une euphémisation des enjeux et sur un rapport paternaliste à l’égard des victimes du racisme qui est désormais refusé par les premiers concernés. Seule l’auto-organisation des premiers concernés c’est-à-dire des personnes racisées dans le cadre d’une alliance égalitaire avec les forces sociales et politiques progressiste est susceptible de permettre une reprise de l’offensive. Enfin l’antiracisme général ne désignant pas les cibles et visages contemporains du racisme (islamophobie, négrophobie et Rromophobie) est également condamné à l’échec.


car on l'aura compris, si je pense que « Seule l’auto-organisation des premiers concernés c’est-à-dire des personnes racisées » s'impose, c'est « dans le cadre » d'une alliance de classe « susceptible de permettre une reprise de l’offensive » et non « d’une alliance égalitaire avec les forces sociales et politiques progressiste »


autrement dit, j'ai été bien optimiste en considérant que la démarche du Front Uni des lmmigrations et des Quartiers populaires (FUIQP), dont Saïd Bouamama, ex-trotskiste, est un des leaders et animateurs conséquents, serait de son point de vue du moins très différente de celle du PIR souhaitant en tant que Parti politique fédérer ces mouvements auto-organisés

à cet égard, et plus encore à une semaine d'élections nationales, la petite phrase d'Houria Bouteldja dès la fin de la Marche de la dignité sonne déjà comme un appel à canaliser l'expression des "immigrations" et des "quartiers populaires" vers les urnes, ce qui n'est pas sans contradiction avec ce sur quoi d'autres insistent au MAFED, dans la tribune de Libération rapportée plus haut

MAFED a écrit:
En 1956, Aimé Césaire publiait une lettre dans laquelle il écrivait à propos du «fraternalisme» des communistes français :

Aimé Césaire a écrit:
« Car il s’agit bel et bien d’un frère, d’un grand frère qui, imbu de sa supériorité et sûr de son expérience, vous prend la main (d’une main hélas ! parfois rude) pour vous conduire sur la route où il sait se trouver la Raison et le Progrès. Or, c’est très exactement ce dont nous ne voulons pas. Ce dont nous ne voulons plus, et il ajoutait ce n’est pas volonté de se battre seul et dédain de toute alliance. C’est volonté de ne pas confondre alliance et subordination ».


Pour nous, cette critique s’applique à toute la gauche française, et elle est toujours d’actualité. C’est encore trop souvent une subordination qui nous est proposée. On nous fait miroiter un futur au prix d’un renoncement à nous-mêmes. Or, nous entendons désormais déclarer notre indépendance, et renouer avec notre histoire et nos droits pour forger notre avenir en toute souveraineté.


le ver politique est dans le fruit de l'auto-organisation, et cela ne doit pas nous tromper
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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Lun 9 Nov - 1:45

"Une élite dirigeante polyvalente" Luc Rouban, directeur de recherche (CNRS) l'Alsace.fr Francis Brochet


le texte de l'étude en PDF : Septembre 2015 www.cevipof.com

Citation :
Premier constat de votre étude, « L’Ena ou 70 ans de paradoxe » (Cevipof) : les énarques sont de plus en plus issus de l’élite

Oui, le projet d’ouverture sociale de 1945 a échoué. Aujourd’hui, le recrutement du concours externe se fait à 70-75 % dans les classes sociales supérieures. Cela crée une fracture entre énarques : d’un côté, l’élite de l’élite, passée par les grandes écoles (Sciences Po Paris, HEC…), qui occupera des postes de pouvoir. De l’autre, les énarques issus des concours internes, qui peuvent avoir de belles carrières, mais n’accèdent pas aux postes les plus élevés.

Le pouvoir pouvant être aussi bien privé que public

Nous assistons à la constitution d’une élite dirigeante polyvalente, qui marque l’adaptation des élites supérieures à la mondialisation. Mais on s’éloigne du deuxième objectif de 1945, qui était la formation d’une élite au service de l’État, maintenant dévolu aux catégories moyennes.

Autre paradoxe : la valeur des énarques en entreprise a baissé, peu accèdent à la direction

Le pantouflage est plus risqué. Les jeunes passent dans les cabinets ministériels, se constituent un réseau politique, et partent à 30-40 ans vers les entreprises. Ils doivent y faire leurs preuves, car les entreprises, surtout les plus mondialisées, ont maintenant les moyens de recruter ailleurs… D’où l’intérêt d’avoir des ressources politiques. Mais cela alimente le soupçon sur l’existence d’oligarchie intégrée – haute administration, grandes entreprises et pouvoir politique.



Hollande, Royal, Villepin… Le fabuleux destin de la "promo Voltaire" de l'ENA FranceInfo 15/05/2012

Sortie en 1980 de la prestigieuse école d'administration, la "promotion Voltaire" forme encore aujourd'hui un puissant cercle d'amis qui est aux avant-postes du pouvoir. Revue de détail de ce club très fermé.

Citation :
L'Ecole nationale d'administration (ENA) est une école de champions. Fondée en 1945 par le général de Gaulle, elle est destinée à former l'élite de la fonction publique et a fourni trois présidents de la République (Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et François Hollande) et sept Premiers ministres (Jacques Chirac, Laurent Fabius, Michel Rocard, Edouard Balladur, Alain Juppé, Lionel Jospin et Dominique de Villepin). Mais aussi pléthore de hauts fonctionnaires nationaux et internationaux, ainsi que des grands patrons.

Une promotion de l'ENA attire particulièrement l'attention, celle de François Hollande. Diplômée en 1980, elle est connue comme la "promo Voltaire" et a fourni nombre de ministres, golden boys, hauts fonctionnaires… Zoom sur cette promo qui pèsera lourd dans le nouveau quinquennat.

• Ceux qui sont dans la lumière

La "promo Voltaire", c'est d'abord un couple : Ségolène Royal et François Hollande. C'est à l'ENA qu'ils se rencontrent. Mais le président de la République investi mardi 15 mai tisse aussi de solides amitiés sur les bancs de la prestigieuse école. Des amis qui fondent le premier cercle politique de François Hollande : Michel Sapin (ancien ministre de l'Economie, en charge du projet présidentiel du candidat socialiste) et Jean-Pierre Jouyet, ancien secrétaire d'Etat aux Affaires européennes de Nicolas Sarkozy et actuel président de l'Autorité des marchés financiers. Ce dernier reste pourtant l'ami du nouveau président de la République et continue de le conseiller.

A droite, parmi les 156 élèves de la "promo Voltaire", on retrouve l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin et Renaud Donnedieu de Vabres, ancien ministre de la Culture, issu du corps préfectoral. On peut aussi citer Henri de Castries, président du groupe Axa.

• Ceux qui sont dans l'ombre

La "promo Voltaire" rassemble aussi de nombreuses personnalités qui s'agitent dans les coulisses de la vie publique et occupent les postes les plus importants dans l'administration. Le tout nouveau secrétaire général de l'Elysée, nommé par François Hollande mardi, Pierre-René Lemas, haut fonctionnaire, ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Bel au Sénat. Sylvie Hubac, conseillère d'Etat, également nommée mardi, au poste de directrice de cabinet de François Hollande à l'Elysée. Jean-Maurice Ripert, Pierre Duquesne, Brigitte Joseph-Jeanneney et Patrick Delage ont pour point commun d'avoir travaillé au cabinet d'un Premier ministre. Jean-Ludovic Silicani est aujourd'hui président de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep). Jean Gaeremynck est quant à lui président du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, après avoir été directeur de cabinet de Pierre Méhaignerie au ministère de la Justice.

D'autres occupent ou ont occupé des postes clés dans les grandes entreprises françaises : Nicolas Duhamel, directeur général des Finances et membre du directoire du groupe Banques Populaires-Caisses d'Epargne ; Bernard Cottin, ex-patron de Numericable et de Piasa, une maison de vente aux enchères ; Jean-Jacques Augier, ex-PDG des taxis G7 et du loueur Ada.

• Droite ou gauche, un réseau qui s'entraide

Plus qu'une asso d'anciens élèves, la "promo Voltaire" est un réseau organisé d'entraide. L'élection présidentielle de 2012 l'a une nouvelle fois prouvé. Trente-deux ans après s'être quittés, ces énarques, de gauche comme de droite, ont apporté un soutien sans faille à François Hollande.

C'est l'avocat Dominique Villemot qui anime le club Répondre à gauche (destiné à faire la promotion du candidat socialiste) avec un autre ancien de la promo, Jean-Marie Cambacérès, ex-député socialiste, explique L'Express.fr. De nombreux anciens de la "promo Voltaire" se sont investis dans la campagne, des fidèles de toujours (Jean-Maurice Ripert, Bernard Cottin, Jean-Pierre Jouyet...), mais pas seulement.

Ainsi, le patron d'Axa, Henri de Castries, proche de Nicolas Sarkozy, a versé 7 500 euros à titre privé - le maximum légal - pour financer la campagne de François Hollande, relate Le Parisien (article payant). "Mais c'était plus pour éviter que Martine Aubry l'emporte que par adhésion au programme de Hollande", assure son entourage au Monde. Dominique de Villepin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac, s'est montré "convaincu [que Hollande] a l'étoffe" pour être chef de l'Etat : "Il est préparé. C'est quelqu'un qui a concentré sa vie sur cet objectif."

Une synthèse d'énarques de droite et de gauche autour de François Hollande qui s'explique par "l'intérêt général", explique au Parisien François Miquel, haut fonctionnaire classé à droite. "Le rassemblement de la promotion s'est opéré afin que l'on retrouve le rôle central de l'Etat. On a besoin de ce type de leader plutôt que de quelqu'un qui part tout seul à l'assaut du pont d'Arcole", ajoute-t-il.

• Une promo devenue un mythe

La "promo Voltaire", une génération qui est aux avant-postes depuis les années 80 et qui parvient à s'y maintenir. Quel est le secret de ces anciens camarades ? Voici ce qu'expliquait François Hollande à L'Express en 1998 : "On se voit toujours beaucoup, on passe des vacances ensemble, des réveillons. Nos enfants se connaissent. Est-ce que cela a aidé nos carrières ? C'est surtout un lien amical qui nous a permis de rester forts quand cela allait moins bien." Résultat, le réseau est efficace et structuré, les amis se confondent avec les cercles politiques. Pas besoin de réunions formelles, des dîners amicaux, des anniversaires, des coups de téléphone, des e-mails suffisent, raconte encore L'Express.

L'histoire de cette promotion de l'ENA est donc devenue une saga. Elle a même été adaptée en un téléfilm en deux parties. L'Ecole du pouvoir, réalisé en 2009 par Raoul Peck, raconte l'aventure de trois jeunes énarques partant à l'assaut des sommets de l'Etat et de la politique, mélangeant fiction et réalité. Les noms ont été modifiés, mais on y reconnaît François Hollande, incarné par Matt, un "formidable orateur", "ambitieux par essence" qui se mettra en couple avec Caroline ; "il en fait toujours trop, mais ça marche", décrit Arte. On reconnaît aussi Ségolène Royal en Caroline, "tenace, obstinée, opportuniste, pragmatique", qui refuse d'épouser son compagnon pour "garder son autonomie". Dominique de Villepin, lui, apparaît sous les traits de Louis de Cigy, don juan issu de l'aristocratie.


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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Lun 9 Nov - 11:26



Pour ne pas oublier… parce que nous n’aurons que ce que nous prendrons ! Robert GIL 3 novembre 2015  
   
[intertitres de Patlotch]
Citation :
vous avez dit violences...

Air France aujourd’hui, les « Conti » et bien d’autres hier, demain à qui le tour ? Vous peut-être ? Le climat social devient de plus en plus tendu à chaque nouveau plan de licenciement et de liquidation des salariés. Et à chaque fois, une belle unanimité se fait jour dans les médias ainsi qu’au gouvernement et dans l’opposition pour exprimer indignation et condamnation face aux « violences » qui auraient été exercées par des salariés en colère. Tous poussent des cris d’orfraies et rappellent, l’état de droit et le respect des lois. Le respect des lois écrites et votées par une élite, pour une élite, des lois pour protéger le système capitaliste. Mais c’est parce que le peuple, au cours de l’histoire, n’a pas respecté les lois que l’on voulait lui imposer, qu’il a pu s’émanciper et améliorer son sort. Pour la caste dirigeante la violence physique est insupportable, alors que la violence sociale est totalement légitime, il n’y a aucune violence à jeter à la rue des milliers de personnes dès l’instant où les actionnaires sont satisfaits. Face à la morgue et à la violence de la classe patronale répond la violence de classe des salariés. Peut-il en être autrement face à tant d’inhumanité, d’arrogance et de mépris ?


un détail de l'histoire : la violence anti-ouvrière

Il ne serait pas inutile, dans un contexte d’amnésie collective entretenue par nos gouvernants et les médias, de rappeler que l’histoire du mouvement ouvrier et de ses conquêtes, depuis ses origines jusqu’à nos jours, a été ponctuée de violences et de répressions : les journées de juin 1848, la Commune de Paris en 1871… Est-il si loin le temps où l’armée tirait sur les grévistes et les enfants de Fourmies (1891) ? Est-il si loin le temps où l’on pendait à Chicago les travailleurs en lutte pour la journée de 8 heures (1886) ? Cet événement est à l’origine de nos défilés du 1er mai. Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l’un des syndicalistes condamnés, Augustin Spies : « Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui ».

Est-il si loin le mois de juin 1936 avec ses occupations d’usine par les grévistes ? Est-elle si loin l’année 1948 qui vit le monde du travail s’embraser en France ? Des dockers de Marseille aux sidérurgistes lorrains ou aux pêcheurs bretons, sans oublier les houillères du Nord-Pas-de-Calais et du centre de la France, toute la classe ouvrière s’était soulevée face à un gouvernement qui avait beaucoup demandé pour l’effort de reconstruction d’après-guerre, mais refusait de donner en échange. La répression fut sauvage (le gouvernement et la presse de l’époque n’hésitaient pas à parler de grève insurrectionnelle). Jules Moch, ministre socialiste de l’Intérieur, envoya les CRS et les blindés avec autorisation de tirer sur les grévistes. Il y eut des milliers de blessés, des dizaines de morts, plusieurs centaines de mineurs emprisonnés et trois mille d’entre eux licenciés. Et enfin, sont-elles si loin les journées chaudes de mai 1968 ?


indignez-nous ?

Quels intérêts défendent aujourd’hui ces syndicats dont les dirigeants déclarent avoir honte ou s’indigner de violences indignes ? Condamnent-ils avec la même force et la même indignation la violence faite aux travailleurs par le patronat et ses serviteurs zélés ?

Le capitalisme s’est instauré par la violence et ne peut perdurer que par la violence. La constitution d’une société capitaliste, de par son mode de production, légitime les pires exactions à l’encontre des travailleurs. Il ne faut donc pas faire semblant de s’étonner quand ces mêmes travailleurs relèvent la tête résolument pour s’opposer, parfois vigoureusement, à l’exploitation féroce dont ils sont l’objet afin d’instaurer un monde plus juste. « Le droit à sa colère et la colère du droit est un élément du progrès » écrivait Victor Hugo.


valeurs républicaines

Il ne serait pas inutile de rappeler aussi que les « valeurs républicaines » dont aiment à se parer nos gouvernements de droite comme de gauche, reposent sur des fondamentaux acquis par la lutte et la révolte populaire.

La Révolution française débute par un acte éminemment insurrectionnel (la prise de la Bastille commémorée consensuellement tous les ans) et se poursuit jusqu’au 9 thermidor par des discours, des écrits, des constitutions, etc., mais aussi par des émeutes et des soulèvements (10 août 1792, par exemple) : « À quoi d’autre devons-nous la liberté qu’aux émeutes populaires ? » (Jean-Paul Marat, L’Ami du Peuple, 10 novembre 1789).

L’histoire de la construction républicaine est ponctuée d’émeutes, d’insurrections et de conflits parfois violents : juillet 1830, février 1848, loi de séparation des Églises et de l’État (1905), loi Weil (1975)…

Sans oublier non plus que le programme du Conseil National de la Résistance n’aurait pu voir le jour sans la lutte armée contre l’occupant nazi et l’État français du maréchal Pétain. Programme élaboré par des personnes qui avaient expérimenté de près jusqu’à quel degré de barbarie le capital était capable d’aller pour engranger toujours plus de profits et mettre les peuples à leurs bottes. La nationalisation de grands moyens de production (Air France est devenue propriété de l’État à la Libération) et la création des garanties collectives et la protection sociale des travailleurs que les néo-libéraux ne cessent de rogner et de vouloir mettre à bas depuis, sont nées de ce programme.


des sans-dents

N’oublions jamais que ce qui fait les bonnes réformes, c’est quand la classe populaire montre les dents. En fait, les partis institutionnels et nos hommes politiques n’ont pas envie de grands mouvements populaires qui s’émanciperaient de leurs tutelles, et il faut se souvenir que les grandes avancées sociales ont été arrachées par la lutte, et non par la volonté d’un gouvernement, fût-il de gauche. Les classes dirigeantes ont peur de la colère du peuple, s’ils veulent des sanctions exemplaires contre les éléments les plus vindicatifs c’est qu’ils ont peur, ils ont peur de la violence populaire car au fond d’eux ils savent qu’elle est légitime !


démocratie, etc.


La démocratie du système, telle qu’elle est, est en crise car elle produit sans cesse des politiques à l’image de la classe dominante. Tant que l’on accepte cet état de fait, il devient très compliqué de se battre contre les politiques menées par les gestionnaires de l’Etat bourgeois. Il faut construire une autre forme de légitimité démocratique, celle du bas vers le haut. N’oublions jamais que nous n’aurons que ce que nous prendrons, et tant que nous resterons dans les clous et les limites fixées par nos exploiteurs, nous n’obtiendrons rien !

Merci à JM...

« On parle toujours de la violence du fleuve, jamais de celle des berges qui l’enserrent. »…
Bertolt Brecht


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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Lun 16 Nov - 15:51


l'État dans tous ses états... d'urgence

état d'urgence vs État d'urgence

Paul Alliès est Professeur Emérite à l'Université de Montpellier. Membre du Conseil National du Parti socialiste. Président de la Convention pour la 6° République (C6R)

une simple remarque, Paul Alliès, vous écrivez dans votre billet « État d'urgence » , renvoyant à l'État, institution politique, alors qu'il s'agit de « l'état d'urgence », mesure gouvernementale, donc prise par l'État, et certes lui donnant un caractère d'Etat d'exception, comme dit Agamben


Citation :
L'état d'exception, que nous avons coutume d'envisager comme une mesure toute provisoire et extraordinaire, est en train de devenir sous nos yeux un paradigme normal de gouvernement, qui détermine toujours davantage la politique des états modernes.

Cet essai se propose de reconstruire l'histoire du paradigme, et d'analyser le sens et les raisons de son évolution actuelle - de Hitler à Guantanamo. Il faut bien voir en effet que, lorsque l'état d'exception devient la règle, les équilibres fragiles qui définissent les constitutions démocratiques ne peuvent plus fonctionner, la différence même entre démocratie et absolutisme tend à s'estomper.

Démontant une par une les théorisations juridiques de l'état d'exception, Giorgio Agamben défriche le terrain vague entre politique et droit, et jette une nouvelle lumière sur la relation occulte qui lie la violence au droit.


comme on le lit dans cette quatrième de couverture du livre de 2008, nous pouvons poser ces questions, d'autant que les dates, depuis la Guerre d'Algérie, se sont rapprochées, en France métropolitaine : 2005 Les émeutes, 2015, les attentats

la mesure proprement juridique ne doit pas non plus créer l'illusion d'une rupture avec l'état "normal", par exemple celui que nous vivons depuis les attentats de janvier, avec une mobilisation militaro-policière sans précédent depuis la Guerre d'Algégie également, car même en 1968, de mémoire, on n'a pas assisté à ça, même si l'armée est intervenue pour suppléer aux éboueurs en grève, et si de Gaulle a fait sa petite promenade à Baden-Baden

voir La classe politique prise de panique en mai 1968 : comment la guerre civile fut évitée ? 16 février 2009

extrait :

Citation :
En mai 1968, « ni la classe politique, ni précisément le parti communiste n'avaient mesuré la faiblesse de l'État et combien il était vulnérable, mal assuré de lui-même et de ce qu'il représentait », témoigne Michel Jobert, directeur du cabinet du Premier ministre (p. 40)

De Gaulle lui-même s'exclama à Baden-Baden : « Tout est foutu. Les communistes ont provoqué une paralyse générale du pays. Je ne commande plus rien ».

Et François Mitterrand déclara : « Il n'y a plus d'État. Et, ce qui en tient lieu ne dispose pas des apparences du pouvoir » (Déclaration à la presse le 24 mai). »



à titre d'illustration, ce qui ne vaut pas approbation du contenu

Julie Guitare a écrit:
Les socialistes renouent avec de vieilles tendances, dirait-on

euh... Paul Alliès est Professeur Emérite à l'Université de Montpellier. Membre du Conseil National du Parti socialiste. Président de la Convention pour la 6° République (C6R)

je ne m'étends pas... Je ne partage pas l'analyse de ce billet, mais voyons avec quelles « vieilles tendances » il souhaite renouer, particulièrement dans la chute (je souligne en gras) :

Paul Alliès a écrit:
On a donc à faire, avec l’Etat d’urgence et ce qu’il recouvre,  plus à une démobilisation de la société qu’à sa mobilisation démocratique. La III° République avait inventé contre le général Boulanger la « défense républicaine » qui est devenu une tradition contre les menaces intérieures  pour sortir des crises (jusqu’à celles des années Soixante).

A chaque fois, il s’agissait (contre les entreprises autoritaires ou totalitaires) de mobiliser l’opinion en faveur d’une démocratisation que seul pourrait renforcer le projet politique de la République. Celle-ci y trouvait une nouvelle jeunesse, légitimité, utilité. Des évènements dramatiques étaient ainsi reconvertis en ressource démocratique de la société toute entière. C’est une histoire et une méthode avec lesquelles il convient de renouer plus que jamais
.

ces phrases montrent une claire incompréhension de la nature de l'État pour le capitalisme, et quant à histoire de l'Etat sous la IIIème République, il faudrait y regarder de plus près, mais dans le contexte de cette discussion vu l'approbation générale du billet, je ne vois pas l'enjeu, et n'y perdrai donc pas mon temps

je vois que Paul Alliès est Président de la Convention pour la 6° République (C6R) : 2 fois 3 = 6, le compte est bon pour redoubler d'ardeurs républicaines, et pour baigner dans l'idéologie française, en attendant les bains de sang

quant au bébé noyé dans l'eau du bain, il sera difficile de l'en sortir...



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MessageSujet: Re: l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...   Mar 17 Nov - 1:06

suite

j'ajoute, que je viens de trouver, et dont le titre recoupe étrangement ce que j'ai écrit au-dessus avec Agamben, ce communiqué de la LDH



Projets du président de la République : l’état d’urgence en permanence ? LDH, 16 Novembre 2015

LDH a écrit:
On ne peut qu’être inquiet des projets du président de la République.

La logique de guerre qu’il a mise en avant conduit à modifier en profondeur plusieurs aspects de l’Etat de droit : qu’il s’agisse de la Constitution, de la procédure pénale ou des règles de la nationalité, ou d’autres encore.

Ces mesures, loin d’être limitées dans le temps, vont s’inscrire dans la durée comme l’actuel état d’urgence qui va être prorogé pour trois mois, soit au moins jusqu’au mois de février 2016, sans qu’on en comprenne la raison. [sic]

Le peu de précisions apportées par le président de la République quant au contenu exact des réformes envisagées et la rapidité avec laquelle le Parlement est sommé de les entériner atteste que le pouvoir exécutif entend imposer sa vision d’une démocratie où ce dernier l’emporte sur les autres pouvoirs et sur les libertés individuelles.

Cette démarche est d’autant plus inquiétante que le président de la République a observé un silence total sur les causes profondes de la situation actuelle, les échecs observés et ne présente qu’une seule alternative : un pouvoir fort ou le terrorisme, sans se préoccuper d’assurer la cohésion sociale et l’égalité des droits.

La LDH exprime son inquiétude face à des projets délibérés sur injonction, dans la précipitation et usant de l’émotion provoquée par les attentats commis.

D’ores et déjà, elle désapprouve la prorogation de l’état d’urgence et souhaite que les pouvoirs publics ne se contentent pas de faire référence au respect de l’Etat de droit mais qu’ils le respectent effectivement.


Paris, le 16 novembre 2015


(sic) pour tout le sens benêtement démocratiste du texte...

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