PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES, ÉCOLOGISTES... et POÉTIQUES !
 
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 Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME

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MessageSujet: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Dim 12 Juin - 18:53

qu'on le prenne en un sens ou un autre, non rien de très "poétique". Pourtant, on le verra, la critique radicale du sport n'est pas sans rapports avec celle de l'art

pour faciliter leur lecture, je reprends ici les épisodes Intermerde à la Fat'boule ! du roman-feuilleton 'NUIT DEBOUT' et 'LOI-TRAVAIL', informations, analyses et théories : le roman d'un mentir-vrai français



l'avenir radieux de la fat' boule
Patlotch en deça au-delà de son temps 9 novembre 2014


9 juin 2016

la CGT, la fat' boule ET les luttes :

des écarts et des failles


Euro 2016 : Philippe Martinez refuse que la CGT ait à "bloquer les supporters"

L'Express avec AFP 09/06/2016 à 16:00  , mis à jour à  16:41  


Placide 6 juin

En plein cœur d'un mouvement de protestation sociale massif et à la veille de l'Euro de football, le leader de la CGT, Philippe Martinez, a estimé ce jeudi qu'un blocage des supporters ne serait pas "la meilleure image qu'on puisse donner de la CGT".

Citation :
Le mouvement contre le projet de loi Travail "n'est pas terminé", a affirmé ce jeudi le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez. Pourtant, à la veille de l'ouverture de l'Euro-2016 de football, il dit ne pas être "sûr que bloquer les supporters soit la meilleure image que l'on puisse donner de la CGT".  

Le syndicaliste, qui s'exprimait lors du congrès du l'Union départementales CGT du Loiret à Saran a affirmé qu'il "souhaite que l'Euro se déroule comme une vraie fête populaire dans les stades comme dans les fan zones". Ses militants iront "distribuer des tracts" et discuter avec les supporters, indique-t-il aussi.  

"Soit le gouvernement accepte la démocratie, soit le conflit dure"

Le premier juin, le leader militant avait déjà évoqué ces blocages. "Est-ce que la CGT a dit qu'il fallait bloquer l'Euro ? Il n'est pas question de bloquer l'Euro. Ce ne sont pas les grèves dans les transports qui bloquent l'Euro, bien sûr que non" avait-t-il assuré lors de son passage dans l'émission Questions d'info sur LCP.

"Soit le gouvernement accepte la démocratie, soit le conflit dure et on fait en sorte qu'il s'élargisse. On a encore de la marge. (...) La balle est dans le camp du gouvernement depuis trois mois", a lancé Philippe Martinez, qui appelle de nouvelles entreprises à rejoindre le mouvement de contestation. "On est en train de pratiquer en 2016 la même stratégie que Nicolas Sarkozy en 2010 (lors du conflit sur la réforme des retraites), a aussi estimé le leader syndicaliste. On attend autre chose du président François Hollande que ce qu'a fait son prédécesseur".  



Placide 8 juin

Trois nouveaux jours d'action en juin

Quant à la grève à la SNCF, dont la reconduction chaque jour a été lancée notamment par la CGT, depuis le 31 mai, Philippe Martinez a rappelé que la lutte concernait tout autant la convention collective pour éviter à terme "le dumping social". Il a précisé qu'il renvoyait la décision sur l'accord d'entreprise aux assemblées générales de cheminots. La discussion sur le projet de loi Travail s'engage quant à elle lundi prochain au Sénat en deuxième lecture.

L'ensemble des branches de la CGT prévoient par ailleurs trois nouvelles journées d'action d'ici la fin du mois, les 14 (avec une grande manifestation à Paris), 23 et 28 juin. Les deux matches programmés le 14 juin ne devraient pas être impactés par le mouvement puisqu'ils ont lieu en province, à Bordeaux (Autriche-Hongrie) et Saint-Etienne (Portugal-Islande).






du rififi en perspective dans la "convergence des luttes"

un grand écart sans faille




Un Euro 2016 sous le signe de la contestation

Paris-Luttes Infos 9 juin 2016

Compilation de textes autour de l’Euro 2016 qui débute ce vendredi 10 juin. Des blocages aux manifs, l’Euro c’est bientôt et on est prêt-e-s !

Citation :
Plusieurs appels circulent pour empêcher le bon déroulement de l’Euro :

Appel à perturber l’Euro 2016

Appel à saborder l’Euro 2016

Boycott de l’Euro 2016 par les intermittents de l’audiovisuel


Alors même que l’Euro n’a pas commencé, des actions ont déjà perturbées, comme cette kermesse bien huilée :

Récit de l’opération "Joue-la comme Pogba"

Des manifestations sont prévues également du côté de Paris et Saint Denis à partir du 10 juin, jour du lancement de la compétition :

- A Denfert-Rocherau : Cet été, l’Euro Debout : « Vive le foot, nique L’UEFA »

- Au Champ de Mars : Opération Fan Zone Euro Football

- A Saint-Denis : Manifestation L’Euro pas sur notre dos ! / Paye ta visseuse


nul n'est tenu de prendre position sur tout, sur le foot encore moins,
l'injonction à le faire n'a rien de révolutionnaire
quand on s'en fout on s'en fout et la vie n'est pas un sondage d'opinion

perso, mon cœur balance, car j'ai sur la question une position à la fois radicale, contre le sport professionnel voire la compétition, et individualiste, qu'on ne m'emmerde pas avec ça : je ne me sens pas obligé de prendre parti entre ce qu'en dit la direction confédérale de la CGT et les anti-euro, mais il faut être pragmatique sans perdre de vue des objectifs de lutte à portée, sans rêver debout, ni considérer que des grévistes pourraient avoir tort. Ce n'est pas essentiel aujourd'hui, mais ces divergences sont  inévitables, à prendre comme un tout constitutif de ce moment

il sera dit que le football rend aussi fou que l'Islam, et qu'ils sont solubles dans le capitalisme, le syndicalisme, et le hooliganisme réunis




"Jeux des enfants ne sont pas jeux" photos Patlotch novembre 2014



Dernière édition par Patlotch le Dim 12 Juin - 19:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Dim 12 Juin - 18:54

Ven 10 Juin - 19:13

intermerde à la Fat' boule ! épisode 0

« le traître Martinez fait passer le foot avant la lutte du prolétariat »

philosophie politique que les "vrais révolutionnaires" réaliseront, c'est une "annonce" de "l'écart" entre :


chacun chez soi et son prolétariat pour tous, les "beaufs cégétistes" et les "moutons gauchistes" seront bien gardés... par la police et l'idéologie française, qui tourne rond... comme un ballon carré



pour supporter à la télé

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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Dim 12 Juin - 18:55

Ven 10 Juin - 22:44

intermerde à la Fat' boule ! épisode 1

supporters de tous les pays, allez vous faire foot !


Zidane crée une émeute en Inde


Citation :
"Zizou" "Zizou" "Zizou", que ce soit en France, en Espagne, ou même en Inde, la fièvre Zinedine Zidane touche tout le monde. A son arrivée à l'aéroport de Mumbai, le coach du Real Madrid a provoqué une véritable émeute.

La visite de l'ancien numéro 10 des Bleus est professionnelle. En effet, Zinedine Zidane est ambassadeur du promoteur immobilier indien Kanakia
.[...]

Ah là Fat'boul est grand

Ven 10 Juin - 22:52

intermerde à la Fat' boule ! épisode 2


ÉLOGE DU SABOTAGE

Sabotons sabotons ça
Bottons sabotons ça beau
Tout sabotons sabotons

Faisandons des couac couac quoi
Qu'en face en disent les couards
Faisant sous couette du lard
Donc sabotons ça beaucoup

(...)


FoSoBo, 24 avril 2005, 1h06
LIVREDEL VIII 7 CHANTIRE


Ah là Fat'boul est grand

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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Dim 12 Juin - 18:58

samedi 11 juin 0:11

intermerde à la Fat' boule ! épisode 3

l'horreur fatboulistique




le ballon rouge, le mur, et moi

tout le monde connaît la question « Qu'emporteriez-vous sur une île déserte ? » Question stupide car personne ne songe à y aller et moins encore à préparer ses bagages pour le faire

il y a pourtant des moments où je n'entrevois pas d'autre solution, comme les interminables semaines enfilées de coupes de football en France, pendant lesquelles on ne peut y échapper si l'on sort de chez soi : drapeaux aux fenêtres, emblèmes dans les voitures, klaxons, maillots partout, cris, alcools, délires français, portugais, algériens...

en 1998, l'année de la fumeuserie "black-blanc-beur" championne du monde, j'ai failli me faire lyncher : sollicité dans la rue pour soutenir "la France", j'ai répondu « La France je l'emmerde », ou l'équivalent, genre « nique la France » avant la lettre

là je partirais volontiers et j'emporterais... un ballon, rouge et solitaire. Quand j'étais petit, j'aimais bien jouer contre un mur. Le mur est toujours là, mais ce n'est plus le même, il ne renvoie pas la balle et je suis fatigué



samedi 11 juin 4:08

intermerde à la Fat' boule ! épisode 4

le football est transclassiste

il montre la collaboration de classe dans le sport, et au-delà son machisme consubstanciel
et son racisme produit via la compétition entre État-nations et la mondialisation marchande des joueurs


"du pain et des jeux : on vous donne le foot, le pain attendra"

le transclassisme du football de compétition internationale est au fond mis en évidence, doublement, par le « conseil » du ministère de l'Intérieur de « ne pas parler politique aux abords des stades », et le souci de la CGT de ne pas créer de clivage entre grévistes et supporters, ménageant ainsi les supporters grévistes et syndicalistes (voir Grévistes et supporters des Bleus BFMTV 10 juin)



c'est un peu comme quand on dit qu'il faut éviter les discussions politiques en famille : "la France est une grande famille", "le sport une grande famille", "la famille olympique"... Relevons ici que la compétition pacifique mobilise des forces de police comme en temps de guerre, et d'ailleurs on évoque les réquisitions, explicitement prévues dans ce cas aussi


pendant le sport, les affaires continuent

dans les stades et les fan-zones, il est interdit d'apporter son boire et son manger, pour raisons de sécurité comme dans les avions. On peut l'acheter à l'intérieur, la peau des fesses. Combien coûte aller à Paris, Marseille, Lyon ou Bordeaux pour y voir tel match ou supporter telle équipe ? et rien que la panoplie du supporter, c'est bonbon (voir ici)

moi, rien que l'idée de supporter les supporters...




il est proprement effarant de voir tout ce qui se vend au nom du sport, pour sa pratique, sa mise en scène, ou son image dans des objets qui n'ont rien à voir. Regarder les pub pour s'en faire une idée, cela marche aussi bien que le style "militaire", y compris chez les femmes : notre époque est sportive et guerrière en tous genres, cela doit être le comble de cette civilisation


émancipation ou démence : la démancipation

bien triste de faire grève contre la loi travail ou pour gagner un peu plus et pouvoir se payer ces emblèmes débilitants de la soumission aux marques, à la fierté d'une victoire acquise par d'autres, dont on fait son héros, pour une gloire par procuration

"on" dira, « mais voyons, Patlotch, si tu n'aimes pas le football, n'en dégoûte pas les autres, car tu n'as rien compris à l'esprit du jeu, et tu n'es pas sensible au génie des joueurs... ». Que répondre ? Basta, "on" est un con



pour une critique communiste, décoloniale et féministe, du sport

je n'entrerai pas ici dans une critique du sport de compétition, faite ailleurs (voir Quelques critiques du sport dans "Nouveau millénaire, Défis libertaires"), mais il me semble évident que le problème est plus profond que la mainmise de l'argent sur le sport et le football en particulier, autrement dit qu'on ne peut pas plus en rester à la critique du sport-marchandise qu'à celle de l'art-marchandise (cf le sujet UN RENVERSEMENT POÉTIQUE et RÉVOLUTIONNAIRE de Guy Debord à... Patlotch...) ni à une critique humaniste-moraliste du virilisme dans le sport, et là il nous faudrait attaquer la question d'un point de vue féministe, ce qui n'est pas à ma portée, ni ma priorité ni ma tasse de thé

les femmes ne se disputent pas le ballon, elles en ont chacune un

Basketball



L'équipe de France féminine s'entraîne le 22 février 1979 à Soulac-sur-Mer
AFP/CARL FOURIE


bounce

(je suis le rebond)

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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Dim 12 Juin - 19:01

samedi 11 juin 21:28

intermerde à la Fat' boule ! épisode 5

les stades sont les camps de concentration
de l'horreur à la connerie capitaliste



Vélodrome d'Hiver, juillet 1942 ©DR


Chili 1973

le crépuscule du sport policé


France 2016

Ah là Fat'boul est grand !

dimanche 12 juin 0:54


intermerde à la Fat' boule ! épisode 6

il y a quelques années, Léon de Mattis, leader objectif de la communisation en milieu anarchiste "de gauche" (français, comme Tintin est belge) avait décrété "Brohm/Bourdieu caca"... On voit aujourd'hui en quelles eaux troubles mais blanches et brunes, devenu adulescent mais resté politicien post-PS dans l'âme, sans bouton mais bientôt vieux(pas)beau (aussi laid que Dauvé et Finkie réuni c'est peu dire), il nage (sa moto est amphibie)

L'Euro 2016™, arme de mystification idéologique et de démobilisation du mouvement social

avec Jean-Marie Brohm (professeur émérite de sociologie)




Une émission consacrée au contre-feu idéologico-médiatique au mouvement d'opposition au projet de loi-travail, l'Euro 2016™, arme suprême de l'Etat français, suivie d'une critique générale du système footballistique comme sous-système capitaliste et comme appareil idéologique du capitalisme et de l'Etat – avec Jean-Marie Brohm (professeur émérite de sociologie, fondateur de la théorie critique du sport comme sous-système capitaliste, auteur notamment de Le football, une peste émotionnelle aux éditions Gallimard)

Citation :
Il y a quelques jours paraissait sur Paris Luttes Infos un article « Non à l’Euro 2016 : la domination sportive », où il était écrit

« ce mois de juin 2016 se déroule en France un tournoi européen de football. Il est la propriété privée de la multinationale UEFA [...] qui a sa marque déposée : « l'Euro 2016 ». Notons également que cette « union » est adhérente de la très corrompue FIFA [...]. Pour ce soi-disant événement, une véritable mobilisation nationale se met en place. Par exemple, Hollande demandait récemment en vue de ce championnat que la Marseillaise soit chantée pour exalter les valeurs de la République [...]. Et Najat Vallaud-Belkacem [...] pouvait [...] annoncer la participation de jeunes scolaires au dispositif propagandiste ad hoc (la « Fan-Zone ») pour acclamer les mercenaires à crampons des pelouses. [...] L'institution sportive est une pieuvre qui colonise tous les secteurs de la société et en particulier l’École. Qui ne voit pas que la fonction politique de la propagande en faveur de ce tournoi estival est d'anesthésier la population afin de la détourner des véritables enjeux sociaux comme, par exemple, la lutte contre la loi travail ? C'est ainsi que l'institution sportive a su récemment imposer à l'État français – à l'occasion de l'Euro 2016 et ce, jusqu'en 2024 – ses exigences économiques et ses prérogatives en obtenant des cadeaux fiscaux scandaleux. Mais par là même, c'est aussi une vision du monde qui est imposée à tous : mettre en concurrence des performances physiques mesurables afin de produire des individus compétitifs aptes à « jouer » dans le cadre du marché capitaliste mondial. Produire des subjectivités qui intègrent l'existence de gagnants et de perdants, telle est la finalité politique du sport. [...] Le sport n'est-il pas le règne de la compétition au cœur même de chaque institution [capitaliste] ([...], le Travail, l'Armée, l'École, etc. [...] » ?

Pour éviter toute incompréhension, disons d’emblée que nous désignons par "football" un système capitaliste de compétition organisée par des fédérations, des clubs amateurs au football professionnel, en-dehors donc des jeux de balle au pied entre amis (même si ceux-ci sont influencés par ce système institutionnel capitaliste) ; et rappelons aux adorateurs béats du sport institutionnel cette définition qu’en donnait Coubertin, père des Jeux Olympiques modernes :

« Le sport [...] doit [...] être pratiqué avec ardeur, je dirai même avec violence. Le sport, ce n’est pas l’exercice physique bon pour tous au point de vue de l’hygiène à condition d’être sage et modéré. Le sport est le plaisir des forts ou de ceux qui veulent le devenir physiquement et moralement. Il comporte donc la violence, l’excès, l’imprudence [...] [dans] son essence ».


Jean-Marie Brohm écrivait déjà il y a 40 ans :

« Le sport est le système social de la compétition permanente, de la compétition névrotique [...] Le sport est [...] un système de compétition physiques généralisées, universelles [...] Le sport ne peut qu’être compétition [...] et recherche des meilleurs rendements » (dopage compris) [...] Mais ce système, évaluations et classements ne sont pas réservés aux élites professionnelles ou amateurs : ils sont l’apanage de la société sportive dans sa totalité concrète [...] des plus jeunes [...] aux plus vieux [...] qui s’organisent [...] sous l’impulsion des classements de toutes les fédérations, de toutes les ligues, structurées pyramidalement [...] du fort au faible. » (Sociologie politique du sport)





Le football,

institution capitaliste, opium du peuple et peste émotionnelle


+++++++++++++
http://www.quelsport.org/ :

La propagande d'État du gouvernement Hollande/Valls pour l'Euro 2016, relayée par les médias et les fanatiques du ballon rond - journalistes intoxiqués par la footmania, intellectuels footolâtres, politiciens supporters - résonne comme un tambour tapé par la FIFA, l'UEFA et la FFF. Cette mise en condition massive, avec ses slogans mercantiles, son affairisme publicitaire, sa mobilisation nationaliste, a déjà envahi tout l'espace public comme une vaste opération de chloroformisation des consciences. L'unanimisme tapageur de l'Empire-football vise en effet à susciter la « solidarité nationale » autour des « Bleus », à empêcher quiconque de penser autrement qu'en supporter exalté, à entretenir l'enthousiasme pour un événement entièrement dévolu aux intérêts financiers des sponsors, partenaires et actionnaires du foot.

Quel Sport ? entend dénoncer l'asservissement idéologique et l'abrutissement culturel du football-opium du peuple, avec sa corruption, ses violences, son crétinisme supportériste. Quel Sport ? entend aussi démystifier le miroir aux alouettes du football-spectacle - que le Parti socialiste, le Parti communiste et leurs alliés nous présentent comme une « fête » « citoyenne » et « populaire » -, alors que les salaires mirobolants des mercenaires du crampon, les sommes astronomiques des transferts, les profits capitalistes de la FIFA et de l'UEFA dissimulent comme un écran de rêve, ou de cauchemar, la réalité effective de la misère sociale : chômage de masse, précarité de la jeunesse, destruction des services publics, dégradation des conditions de vie et d'habitat.

Dans un contexte européen où les menaces d'attentats islamistes n'ont jamais été aussi élevées, l'Euro 2016 est non seulement une entreprise politique de diversion et d'enfumage, mais aussi une exposition à hauts risques aux débordements des hooligans et aux menées terroristes des djihadistes français et étrangers.


crève la fat' boule, camarade !



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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Dim 12 Juin - 19:02

dimanche 12 juin 15:58

intermerde à la fat' boule épisode 7

de tragédies en farces et attrapes nigauds
un peu d'histoire


1907 : Depuis 15 ans, les grèves sont de plus en plus dures.
On redoute une grève dans les transports de l’ampleur de celle de 1891



source

déjà en 1907 : Angleterre-Russie match nul

Citation :
La Convention anglo-russe de 1907 est un accord signé le 31 août 1907 entre la Grande-Bretagne et la Russie impériale à Saint-Pétersbourg. Ce traité définissait les sphères d’influence respectives de la Russie et de la Grande Bretagne en Perse, Afghanistan et au Tibet.


La Perse entre l'Ours et le Lion

heureusement, la France en position d'arbitre veillait au grain

1907 la triple entente : France, Angleterre, Russie



et voilà t'il qu'hier nos frères se fritèrent

2016 : la triple désentente



Marseille théâtre de nouvelles violences entre supporteurs avant Angleterre-Russie

le match a été arbitré par des Marseillais en pleine forme
mais tout ça pour un nul Angleterre-Russie 1 à 1

face à la fat'boule, c'est peu dire que je suis mal armé

la chair est triste, hélas !
mais je n'ai pas vu tous les matchs


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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Dim 12 Juin - 19:03

dimanche 12 juin 18:37

intermerde à la fat' boule épisode 8

dans les épisodes précédents, j'ai évoqué l'essence capitaliste du football à sa naissance, mais sans en donner de preuves historiques. En voici


Citation :
Partie 1: Au commencement il y eut la soule [1]

Une des théories critique du football le présente comme une transformation capitaliste de la soule, qui était au Moyen-Age un des loisirs les plus en vogue parmi les couches populaires du nord-ouest de l’Europe. Transformation et non « continuité » car la bourgeoisie trouve un intérêt dans l’encadrement des loisirs du prolétariat, une manière de le domestiquer. Le football n’a peut-être même jamais été un jeu.


La soule est une des nombreuses dénominations ou variantes des jeux de balle médiévaux, mais en Angleterre elle est connue sous l’appellation de mob football, qui signifie « football de masse » ou « football du peuple » selon les traductions. Le principe est assez simple. Deux équipes, composées soit d’habitants de villages voisins, soit de célibataires d’un côté et d’hommes mariés de l’autre, s’affrontent. Ils doivent parvenir à amener une balle, souvent constituée d’une vessie de porc gonflée ou rempli de foin, dans un en-but. Cet en-but peut alors être une habitation ou une grange. C’est un jeu qui se pratique principalement en milieu rural.

Une fois ces éléments en tête, disons pour faire vite que la soule se caractérise par son absence de règles. Il n’y a pas de nombre limite de participants, pas de limite de terrain, pas de limite de temps et bien sûr pas d’arbitre. Pour transporter cette fameuse balle dans son en-but, tous les coups sont permis. La violence physique fait donc partie intégrante du jeu. Il faut s’imaginer la partie de soule comme un vaste grabuge festif, qui se joue les rares jours de congés qu’ont alors paysans et domestiques pour se défouler. Ces congés sont calqués la plupart du temps sur le calendrier religieux, comme par exemple le Shrove Tuesday (Mardi Gras), et sont réappropriés par les pauvres qui y pratiquent leurs loisirs avec fracas que soit par le carnaval ou la soule. Les parties soule sont d’ailleurs autant de rares moments de leur vie quotidienne où leurs patrons et les autorités locales n’ont absolument pas de prise sur eux.

Une partie occasionne des dégâts, des dégradations et des éclopés, quand ce ne sont pas des cadavres qui jonchent le sol[2]. Les autorités tenteront pendant plusieurs siècles d’en interdire la pratique, en vain, à coup de décrets comme celui qu’on pouvait lire sur les murs de Londres en 1314: « En raison des grands désordres causés dans la cité par des rageries de grosse pelote de pee dans les prés du peuple, et que cela peut faire naître beaucoup de maux que Dieu condamne, nous condamnons et interdisons au nom du roi, sous peine d’emprisonnement, qu’à l’avenir ce jeu soit pratiqué dans la cité. » Pratiquer ce type de jeu n’était alors pas loin d’être considéré comme une activité diabolique, et risquait bien de t’envoyer en prison, en attendant d’aller en enfer bien sûr.

En plus de la brutalité de la soule, les autorités fustigent l’inutilité de tels jeux et tentent d’imposer la pratique du tir à l’arc, à l’arbalète ou à la fronde. Non pas que cela fut moins divertissant ou même moins brutal, c’était surtout un excellent entraînement à la guerre, qui dans ces années-là pouvait durer cent ans. Le roi anglais Edouard III en 1365, puis Richard II quelques vingt ans plus tard, ordonnèrent par exemple aux shérifs londoniens de faire proclamer que « tout homme sain doit utiliser des arcs et des flèches quand il en a le loisir, et interdit sous peine d’emprisonnement de se mêler à des lancers de pierre et aux jeux de balle à la main ou au pied. »

Aucun des décrets, ni même la répression, n’eut de réel impact sur la pratique du mob football ou de la soule et ce jusqu’à l’avènement du capitalisme.

Entre-temps, au 17e siècle, dans l’Angleterre pré-industrielle une variante réglementée sera pratiquée dans certains établissements scolaires auxquels seule la progéniture bien née accède. Le nombre des joueurs est restreint, le terrain est délimité, l’en-but matérialisé par des rouleaux de paille. Cette variante ne sortira jamais de son girons élitiste et ne fera pas mieux que coexister avec le mob football historique sans attenter à sa popularité. C’est, plusieurs décennies plus tard, la bourgeoisie qui finira par avoir sa peau.

Contrairement à ce qui est parfois avancé par facilité, le passage de la soule au football n’est pas le fait d’une simple évolution historique. Le football ne peut être considéré comme une soule à laquelle on aurait juste ajouté des règles. Il s’agit d’une transformation politique en profondeur de ce qui était une pratique ludique, ancrée dans la culture de la paysannerie.

C’est le développement de l’industrie anglaise et du mode de production capitaliste et par la même du prolétariat qui va transformer le mob football et, d’un jeu en faire un sport. Au cœur du rapport social d’exploitation, la pratique sportive revêtira d’emblée un autre sens, celui du capitalisme qui implique philosophie du rendement et contrôle accru sur les corps des ouvriers pour la reproduction de la force de travail. Ce qui jadis était combattu par la royauté car « inutile », va devenir très utile à la bourgeoisie industrielle anglaise qui accède au pouvoir politique au 19e siècle à la faveur de la nouvelle ère victorienne.

Dans le même temps que le football, cette époque voit plus largement la naissance du contrôle social. Et le football s’avérera être un instrument utile à ce contrôle social.


Notes partie 1 :

[1] On prête plusieurs ancêtres au football. Concernant la soule il s’agit même d’un ancêtre commun au football et au rugby, deux sports nés dans une Angleterre qui était alors le premier pays à s’industrialiser. Cela n’interdit pas de parler prochainement du Calcio Fiorentino, l’autre ancêtre historique reconnu au football.

[2] La soule est produite par son époque et le fait qu’on y meure n’a rien de surprenant quand on sait la population médiévale entretient une proximité quotidienne avec la mort, au prix des guerres, famines ou épidémies.

Partie 2 : Comment la bourgeoisie industrielle a inventé le football ?




Contrairement à ce qui est parfois avancé par facilité, le passage de la soule au football n'est pas le fait d'une simple évolution historique. Ce n'est pas une soule à laquelle on aurait juste ajouté des règles. Il s'agit d'une transformation politique en profondeur de ce qui était une pratique ludique et culturelle de la paysannerie. Ce qui pouvait être pratiqué par futilité, ne doit plus l'être pour la bourgeoisie que par utilité. La philosophie du rendement et l'idéologie productiviste étant au fondement de la vision bourgeoise du sport.

Le développement de l'industrie anglaise au 18e siècle va attirer de nombreux paysans aux abords des villes. Ce qui ne sera pas sans effet sur la pratique du mob football. Celle-ci, principalement rurale, s'avère vite antagonique avec les intérêts économiques de la bourgeoisie. Les dégâts causés par les parties de mob football engendrent beaucoup trop de destruction de capital agricole à leurs yeux. Pour remédier à cela, le Highway Act est promulgué en 1835. Il en interdit la pratique dans les rues et à travers champs et la contraint sur des terrains clos dédiés à cet effet.

Parallèlement à cela, les programmes des public schools et des proprietary schools sont révélateurs de la nouvelle mainmise bourgeoise sur les institutions éducatives, et vont placer le sport comme une discipline scolaire à part entière. L'accès à l'éducation se démocratise mais cela concerne surtout les enfants de la petite-bourgeoisie, car les enfants de prolétaires vont eux soit à l'usine soit à la mine.

Si le sport tient une place de choix et s'institutionnalise c'est aussi que certains directeurs d'école ont compris que ça pouvait être un parfait outil pour canaliser l'indiscipline des élèves. Cela sera l'utilisation première du sport dans les public schools. Mais cette vision utilitariste propres aux éducateurs bourgeois reste néanmoins en concurrence avec la vision du sport beaucoup plus élitiste de l'aristocratie, partisane d'un « sport pour le sport », pratiqué entre « gentlemen », et autres valeurs excluantes qui persisteront, elles, à travers l'olympisme.

Le sport qui se pratique alors dans les public schools est une sorte de soule « raccourcie » à partir de laquelle seront inventés et le football moderne et le rugby. La séparation entre les deux sports s'officialise par la première codification des règles visant à unifier la pratique du football, connue sous le nom de Cambridge Rules édictées par des représentants de plusieurs écoles de la ville en 1848, afin de faciliter les rencontres sportives. Les premières compétitions ne tardent pas, puisque la première coupe d'Angleterre, la Cup, est jouée en 1871.

Ces règles sont emblématiques et fondatrices car elles proscrivent l'usage des mains. On parle alors aussi de dribbling game, sorte de pré-football où il s'agit de pousser la balle à l'aide des pieds. Le dribbling game est caractérisé par son approche très individualiste, puisque le joueur qui a le ballon dans les pieds, le pousse jusqu'à ce qu'il le perde. La passe intervient toutefois quelques années plus tard (passing game), orientant ainsi le jeu vers une pratique plus collective.

De ce football exclusivement scolaire, qui balbutie ses premiers mots, les ouvriers en sont exclus. Ils ne commenceront à être de la partie que quelques années plus tard, à la faveur de la diffusion du football hors des structures scolaires.

When saturday comes

L'obtention du samedi après-midi et du dimanche chômés, sans diminution de salaire, marque l'invention du « week-end » vers 1850 et va participer au décloisonnement et à la démocratisation de la pratique du football. Il va alors très vite structurer le maigre temps libre des prolétaires, qui vont soit y jouer, soit regarder des matchs comme on assiste à un divertissement. Et le samedi après-midi devient le moment de la semaine dédié à cette pratique.

Des clubs vont alors se construire autour des paroisses (en 1880, environ un quart du millier de clubs sont sous le patronage de l'Église) comme par exemple à Bolton ou Aston Villa. Mais aussi autour des usines ou dans le bassin sidérurgique comme pour Sheffield ou West Ham. Le club de Manchester United dépend lui de l'entreprise des chemins de fer. Tous ces clubs sont alors composés en majorité d'ouvriers. L'adhésion des prolos est au-delà des espérances, bien qu'il s'agisse d'une manière pour le patronat industriel de garder le contrôle sur eux, même pendant leur temps libre. Fort de cette popularité, l'industrie du football va se développer autour de l'industrie anglaise, mais va aussi générer ses propres profits, dans un premier temps surtout les recettes au guichet des stades. Bien plus tard ces profits là se développeront encore avec le marketting, puis la commercialisation des droits de retransmission télévisée.

Avec les clubs londoniens, dont la composition sociale repose plus sur des joueurs issus des classes dominantes, l'essentiel des clubs de football anglais cohabitent au sein de la Football Association, fondée en 1863. Mais l'inévitable opposition entre la bourgeoisie et l'aristocratie va se cristalliser autour de la question du professionnalisme qui sera instauré dès 1885 sous la pression des clubs du bassin industriel du nord du pays[1]. Comme un symbole, deux ans plus tôt, les ouvriers de Blackburn triomphaient de l'équipe du collège d'Eton en finale de la Cup. Une victoire annonciatrice de la suprématie bourgeoise sur le football anglais sur les volontés confiscatrices des aristos.

Naissance du professionnalisme et du sportif-prolétaire

A mi-chemin entre l'acquis social et la condition sine qua non pour que l'industrie du football puisse se pérenniser dans le nord, l'ensemble des clubs des bassins minier et sidérurgique valide le fait de dédommager leurs joueurs. Depuis un certains temps, les joueurs revendiquaient une compensation financière du manque à gagner en terme de salaire, dû à la participation aux matchs et aux entraînements. En plus du dédommagement des absences au boulot, les joueurs évoquent aussi le risque récurrent de blessure et veulent en contrepartie une sorte de prime, en guise d'assurance. Pour les clubs du sud du pays rémunérer des sportifs est totalement inconcevable et justifie la rupture avec les clubs qui le font.

Ainsi naît le premier championnat professionnel de football en 1888. Les industriels qui possèdent les clubs du nord entrevoient eux l'impact bénéfique qu'aura sur la compétitivité de leur club le fait de professionnaliser les joueurs. Autrement dit que leur quotidien soit dévolu à la pratique du football et à la valorisation de la marque associée au club qui les emploie.

Car bien sûr les footballeurs sont des employés, et le professionnalisme instaure un rapport de force nouveau avec les propriétaires de clubs qui leur imposent des conditions contractuelles drastiques. Le système de retain and transfer ne laisse aucune marge de manœuvre au joueur qui souhaiterait changer de club et, même s'il est un cran au-dessus du salaire moyen, un salaire maximum est institué. Cette situation, en plus des nombreuses brimades et amendes pour « misconduct » vont déboucher sur la première expérience syndicale en 1907 après 14 années de tentatives infructueuses, avec la création de l'Association Football Players' Union[2].

Les années suivantes virent la diffusion du football à travers le monde au gré de l'impérialisme anglais et du commerce international. A côté de ça plusieurs initiatives exclusivement ouvrières vont voir le jour et peu à peu se fédérer dans le sport travailliste. Un nouveau front s'ouvre alors.


Notes partie 2 :

[1] Le même type de scission, et pour les mêmes motifs, marquera la naissance du rugby à XIII

[2] A lire le court texte de Claude Boli : « La création du syndicat des footballeurs anglais ». https://onclefredo.wordpress.com/2015/12/02/2-decembre-2007-le-premier-syndicat-de-footballeur-voit-le-jour-en-angleterre/


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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Lun 13 Juin - 15:22


intermerde à la fat' boule épisode 9

repris de dndf, récréation

"Ils font chier, ces cégétistes qui gâchent la belle et saine émulation de la fête du foot-ball !!!"


Lisbeth Salander a écrit:
13/06/2016 à 12:54

Le « hooligan » est au match de foot ce que le « casseur » est à la manifestation : consubstanciel, intimement embarqué, de même contenu… la forme n’est qu’un aspect d’activités de même nature.

Se poser le problème de la violence dans un mouvement social ce serait comme se poser la problème des buts dans un match.


des mots de la concurrence économique...



le but argent comptant content

"émulation", "compétition", "concurrence"... le principe et le vocabulaire du sport d'équipes en face à face sont ceux de la guerre économique. Il s'agit de "marquer des points", d'accumuler des buts comme de l'argent pour gagner sous la loi de la baisse tendancielle du taux de profits

vu le fric comme enjeu, on a dépassé le stade de la métaphore, propre au sport amateur, pour se situer  directement sur le terrain économique : le joueur appartient au capital


voici les joueurs...

dans cette compétition, les salariés d'une entreprise sont avec leur patron concurrents de l'entreprise d'en face, patrons et salariés ensemble, d'une aire nationale face à ceux des autres pays, d'un groupe transnational contre un groupe transnational concurrent, d'une aire du monde face à une autre (la Chine et l'Asie vs l'Occident par exemple)




voilà les supporters...







... aux maux de la guerre, voici les hooligans

cette compétition "pour la paix entre les nations", idéologie des jeux olympiques, singe la guerre, la vraie et ses lois de la jungle, tous les coups permis

trêve de plaisanterie


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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Lun 13 Juin - 16:06


« Ainsi se recompose l’interminable série des affrontements dérisoires mobilisant un intérêt sous-ludique,
du sport de compétition aux élections. »


Guy Debord, La Société du Spectacle, 1967
III. Unité et division dans l'apparence. 62


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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Mar 14 Juin - 17:04




L'OBS AFP PHOTO / BORIS HORVAT

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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Ven 24 Juin - 20:34




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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Jeu 7 Juil - 22:46


chronique d'un malheur annoncé

dans ma rue, 20-25 % de Portugais qui n'ont même pas connu la Révolution des œillets, en 1974, et qui ne s'expriment ici que par le BTP et le foot-ball. À chaque but, j'ai l'info en direct par les klaxons et les pétards, avant les actus de Google


les maisons arborent, alternativement, drapeaux français et portugais, l'horreur nationalée...


dimanche, je me franxite à l'anglaise !

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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Dim 10 Juil - 23:50


Collector Euro 2016


le zéro et l'amer

Valls : "Chez nous, on est presque invincible"

Challenges.fr 10 juillet



Héros de la mer, noble peuple,
Nation vaillante, immortelle,
Relevez aujourd'hui de nouveau
La splendeur du Portugal !

Aux armes, aux armes !
Sur terre, sur mer,
Aux armes, aux armes !
Pour la patrie, il faut lutter !
Contre les canons marcher, marcher !


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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Dim 1 Oct - 2:09


la fat boule est mortelle, comme tout opium du peuple

Amiens-Lille : haine morts à zéro ?



va savoir

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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Ven 12 Jan - 23:12


Les femmes ont été autorisées pour la première fois à assister à un match de football, nouveau signe d'un début d'ouverture sociétale consenti par les autorités.


Citation :
Arij al-Ghamdi a pendant des années soutenu son équipe de football préférée à distance, devant son écran de télévision chez elle, à Jeddah. Vendredi soir, cette femme saoudienne a enfin pu le faire depuis les gradins d'un stade de foot.

Pour la première fois en Arabie saoudite, les femmes ont été autorisées ce vendredi soir à assister à un match de football, dernière manifestation en date de l'ouverture sociétale affichée par les autorités. "Je suis venue au stade avec mon père et mon frère. On est tous fans de l'équipe d'al-Ahli", confie l'étudiante, l'écharpe verte du club autour du cou, racontant toutes les fois où sa maison s'est transformée en club de supporters.

Des timides réformes sociétales

Laissant entrevoir un jeans sous l'abaya et le visage parfois mangé par des lunettes noires, les premières supportrices ont fait leur entrée dans le stade presque deux heures avant le coup d'envoi de la rencontre de la Ligue professionnelle saoudienne entre Al-Ahli et Al-Batin. Seules ou accompagnées de leur famille, près de 300 femmes ont rejoint les places qui leur étaient réservées dans le stade de Jeddah (ouest), le royaume interdisant la mixité dans les lieux publics.

Cette soirée est la dernière illustration des récentes réformes sociétales lancées par les autorités et largement médiatisées, parmi lesquelles figure un allègement des restrictions imposées aux femmes. Ces dernières seront par exemple autorisées à conduire à compter du mois de juin.

Mais dans ce pays régi par une forme rigoriste de l'islam sunnite, les femmes continuent de devoir porter le voile intégral en public et avoir l'assentiment d'un tuteur masculin -père, mari ou frère- pour voyager ou faire des études. L'ouverture, même timide, est attribuée au prince héritier Mohammed ben Salmane, 32 ans, qui se présente comme un modernisateur dans ce royaume conservateur où plus de la moitié de la population est âgée de moins de 25 ans.

"Pourquoi je ne peux pas y aller?"

Bien avant le premier coup de sifflet à 20 heures, l'enthousiasme était palpable dans les rues et sur les réseaux sociaux. Mais également visible sur le visage de Saleh Ziadi accompagné de ses trois filles devant la King Abdallah Sports City de Jeddah. "Mes filles n'y croyaient pas, elles ne se rendaient pas compte qu'elles allaient assister au match de leur équipe préférée", raconte le père, habitué à faire le déplacement seul.

Autour d'eux, des femmes s'activent pour fouiller les spectatrices puis les conduire à leur place. Fin octobre, Ryad a autorisé les femmes à assister à des événements sportifs dans trois stades du pays à partir de 2018, dont celui de Jeddah. Après le match de vendredi, une rencontre aura lieu samedi et une troisième le 18 janvier.

"Moi je regardais toujours les matchs à la télévision pendant que mes frères allaient les regarder au stade",
se souvient Noura Bakhrji. "J'avais le coeur serré à chaque fois que je les voyais revenir et qu'ils me racontaient" leur match, ajoute-t-elle. "Plusieurs fois je me suis demandée 'Pourquoi je ne peux pas y aller?'. Mais aujourd'hui les choses ont changé", se réjouit la jeune femme.

ah, les sacro-saintes "réformes sociétales"...

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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Mer 11 Juil - 18:42


Soccerdoce

« Le sport n'est comparable qu'à la religion »


Soccer : le football, en anglais états-unien
sacerdoce : Fonction qui présente un caractère quasi religieux en raison du dévouement qu'elle exige


Citation :
« Peut-être les historiens d'un lointain avenir, consternés, appelleront-ils notre époque l'Ère du sport, ou l'Âge du sport, comme on parle aujourd'hui des Lumières, de la Renaissance, ou du Romantisme. Le mot sport servira alors à désigner une période historique. »


il conviendrait alors, a minima, d'instaurer une laïcité impliquant le principe de séparation de l'État et de la société sportive, par laquelle on ne parlerait pas de "La France", mais de "l'Équipe française", et les responsables politiques seraient tenus de la plus grande neutralité à cet égard


mais, me direz-vous, la laïcité dans les affaires religieuses ne serait-elle pas justement le moyen paradoxal d'entériner le caractère sacré  de l'État ? (cf Pierre Legendre). Tout apparaît comme si, à travers les drapeaux et visages tricolores (ou autres), c'était l'État-nation qu'il s'agissait d'adorer, via le sport...

du pain, des croyances, et des jeux...

19 millions de Français ont regardé le match France-Belgique sur TF1, soit un tiers des Français en âge supposé... C'est beaucoup, mais somme toute pas majoritaire. Mais il n'empêche, il faut faire donner les experts pour mettre tout ça en orbite idéologique, comme dans l'entretien ci-dessous avec un "sociologue du sport"


Des millions de personnes ont communié après la victoire des Bleus face à la Belgique qui les qualifie pour la finale de la Coupe du monde. Franceinfo a interrogé un sociologue du sport pour comprendre les racines de cette passion qui dépasse les habitués du foot.


je ne suis pas « allergique au football ». Ça ne m'intéresse pas, c'est tout, et moins encore dans ce contexte de matraquage auquel il est quasi impossible d'échapper, sans parler du nationalisme et de l'esprit de compétition inter-nationale poussé au ridicule, jusqu'à Macron pour qui l'important n'est plus, comme avec ses prédécesseurs, de participer, mais de gagner. On se souvient de la « joie pure » de Mélenchon devant la défaite de l'Allemagne, comme si cela avait un sens politique, ou prenne la place de la politique comme étant (Clausewitz) la guerre continuée par d'autres moyens ("Comme si on gagnait une guerre" : la liesse de la finale envahit Paris, L'Obs aujourd'hui)

cela dit, je ne répugne pas à regarder un match (j'en vois bien un ou deux tous les sept ans, en moyenne  Twisted Evil

ce match de demi-finale est le premier que je suis intégralement (en vidéo sur TF1, je n'ai pas la télé), sans doute parce que je n'avais rien d'autre à faire. Je ne l'ai pas trouvé passionnant, plutôt bloqué, et l'équipe de France n'a pas véritablement dominé, mais joué la gagne une fois un but marqué, ce que disent à raison certains joueurs belges. Le match Japon-Belgique, que j'ai suivi de plus loin, était bien plus ouvert, et les Japonais n'ont pas blindé une fois devant, il ont attaqué jusqu'au bout...

le score m'était indifférent. À aucun moment je ne me suis « pris de passion pour les Bleus », ou n'ai apprécié différemment leurs actions de celles de joueurs d'autres pays. À la limite, vu la pression "chez nous", je n'ai pas spécialement envie que "la France" gagne, non au niveau sportif, mais pour que ces millions d'individus ridicules se calment un peu

à peine au milieu de la nuit les klaxons et pétards s'apaisaient-ils que ce matin, nous étions survolés par les avions à réaction et autres s'entraînant pour le défilé du 14 juillet...

PS : un point est effectivement intéressant du point de vue du suivi de l'idéologie française, c'est la comparaison avec la victoire "Black, Blanc, Beur" de 1998. Ici les éléments donnés par le sociologue dans l'article de FranceInfo ne sont pas sans intérêt. Je relève aussi qu'il est question de « communier avec la victoire des Bleus », ce qui renvoie au sport comme religion nationale. Pas besoin d'être grand clerc pour comprendre la place que ça occupe dans la période actuelle. À côté de ça, les délires sur l'islamisme ou l'antisémitisme, en proportion, donnent largement plus l'impression que le football est l'opium du peuple, du moins que le principal problème identitaire ici, c'est l'identité française

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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Ven 13 Juil - 14:12


un cadeau du football... à l'État-nation

Selon l'ex-star des Bleus, champion du monde en 1998, invité vendredi de franceinfo, l'équipe de France de football "permet de faire de la cohésion".

extraits
Citation :
il y a beaucoup d'enfants qui vivent dans la société française qui ne sont pas reconnus comme Fançais, qui ne se reconnaissent pas comme Français. À travers les victoires de l'équipe de France, ils assument d'être Français. C'est un cadeau extraordinaire.

Paul Pogba a écrit:
On se sent tous Français, on est heureux de porter ce maillot, heureux d'avoir la culture française, d'avoir grandi en France. La France est belle comme ça avec toutes les couleurs, c'est comme ça qu'on l'aime et on l'aimera toujours.


Préfecture de police a retweeté
Gérard Collomb a écrit:
@gerardcollomb

À week-end exceptionnel, mobilisation exceptionnelle.
110 000 policiers et gendarmes & 44 000 sapeurs-pompiers veilleront sur vous, partout sur le territoire.
#14juillet #FiersdetreBleus #TDF2018




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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Lun 16 Juil - 15:32


le spectacle était presque parfait

« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. »

sous la déferlante fatboulhystérique, on hésite entre parler et se taire, laisser passer la vague avant que ne revienne "le réel" des rapports sociaux conflictuels. Mais en attendant le réel, c'est ça, « une idée qui s'empare des masses et devient force matérielle »... Tout a été dit du phénomène spectaculaire sportif de compétition dans le capitalisme, et concernant le football en particulier, de sa fonction de « cohésion et d'unité nationales », c'est-à-dire de transclassisme autour de l'État-nation, alias de fait la collaboration de classe


alors quoi de neuf, avec Macron ? Parlant du plus haut en France, anticipant là où ses prédécesseurs ne faisaient que suivre, il libère toutes les institutions, plus encore qu'en 1998, des tweets victorieux de la Gendarmerie nationale aux stations de métro renommés par la RATP, et dans son sillage toute la classe politique se vautre dans cette boue idéologique, qu'au demeurant, ministres ou leaders d'opposition, on aime ou pas le football : ils y sont obligés, au point que ce serait pour nous une invitation à détester la politique plus que le football et ses "héros" réels, ces demi-dieux maintenant que « Dieu est mort », remplacé par un ballon rond né en même temps* que Nietzsche en faisait l'annonce (en 1882 dans Le gai savoir)

* En 1885, le professionnalisme est autorisé en Grande-Bretagne, tandis que les premiers clubs sont créés à travers le monde, particulièrement en Europe et en Amérique du Sud. La Fédération internationale de football association (FIFA) est fondée en 1904 à Paris par des représentants de sept pays européens. Encouragée par le succès populaire rencontré par les tournois de football aux Jeux olympiques, la FIFA organise en 1930 la première édition de la Coupe du monde, qui devient un des principaux événements sportifs planétaires.

parmi les articles de commentaires, nous avons choisi celui-ci, qui tente d'analyser le rôle d'Emmanuel Macron dans tout ça. Sous l'angle de ses apparitions multiples à l'occasion d'événements populaires (cf JOHNNY HALLYDAY, ROCK FRANÇAIS et IDÉOLOGIE POLITIQUE du MACRO N' POPULISME) se dessine le portrait d'un président français tout-à-fait adéquat à la situation. Comme acteur au théâtre, il serait vraisemblablement mauvais, mais dans son rôle et sa fonction, il est parfait, trempé comme dans la potion magique de la vulgarité des temps (il n'est qu'à constater, parallèlement, sa nullité relativement aux arts de la musique, de la peinture, de la littérature, hors le vernis culturel propre aux technocrates bourgeois)



Pour Arnaud Benedetti, Emmanuel Macron a su profiter de la lumière de la victoire finale de l'Equipe de France pour nourrir son propre storytelling.

Arnaud Benedetti est professeur associé à l'Université Paris-Sorbonne. Il vient de publier Le coup de com' permanent (éd. du Cerf, 2017) dans lequel il détaille les stratégies de communication d'Emmanuel Macron.


Citation :
Une photo de profil, un buste en mouvement de trois-quart, un poing lancé au-dessus du stade: c'est un Macron romain qui saisit l'instant du triomphe de ses gladiateurs pour dire son bonheur. Du haut de la tribune il est le président qui salue cette extase collective qui vient et qui s'apprête à déborder de partou t! Force de ce jeune homme que de susciter l'image à vif, d'accrocher la lumière de l'instant. Macron est celui qui grave son récit dans le flux de l'immédiat. Il a la prescience de la viralité. Il l'exploite à la vitesse du buzz qu'il sait instantané. Son exultation footballistique n'a d'égal que son aptitude à électriser le moment. Avec le sport, le foot singulièrement, il exploite là une arme de communication massive dont il sait, par passion et par raison, qu'elle le rechargera en humanité, en spontanéité, en vitalité communicante... La question n'est pas tant de savoir s'il surjoue à cet effet (encore une fois la caractéristique de ce président est de ne jamais oublier qu'il est sur une scène où le rideau ne s'abaisse jamais) que de comprendre ce que porte ce message du Prince-supporter.

Macron use d'abord de la ressource photographique pour décliner la grammaire de sa personnalité. Il se veut naturel, forçant ce dernier, sans filtre, produisant des postures comportementales qui racontent sa présence aux événements. Il bouge son corps comme pour mieux s'inscrire dans la dynamique de l'événement. Il pose pour une postérité. Sa volonté iconique, ici, est de parler plus à la légende encore qu'à la seule actualité. Ce Macron est tout projeté dans la trace qu'il entend conférer de son rapport intuitif à la dimension exceptionnelle de ce qui se joue alors. Il se représente, se statufie, se construit sa représentation ultérieure. Ce «bonapartisme communicant» conjugue à travers un cliché la rage de la victoire et l'émotion de l'homme. Il profite dans tous les cas de l'intensité du moment pour intensifier à son tour le volume de sa présence. Dans les vestiaires, à la rencontre des joueurs, Macron produit sa scène où il magnifie la victoire, redit sa prophétie d'avant-Coupe du monde, réactive cette idée de l'homme qui ne se trompe pas, qui «miraculise» le destin...


L'opportunisme consiste ici à user jusqu'à la moelle de la force communicante de l'événement
pour s'envelopper du drap des vainqueurs.

C'est de bonne guerre mais c'est bien fait et ce n'est pas tout: l'opportunisme consiste ici à user jusqu'à la moelle de la force communicante de l'événement, de son hybris émotionnelle, pour s'envelopper du drap des vainqueurs - celui des joueurs en l'occurrence - et de se saisir de la sorte d'une part du butin d'enthousiasme suscité par ce deuxième titre de champion du monde. Mais Macron le fait avec une démonstration de passion telle qu'il est crédible: il aime en effet le football comme un supporter lambda, ne dissimulant en rien son appétit de bonheur devant un spectacle qui nourrit les grandes fièvres collectives des sociétés où l'on ne dit plus son attachement à la terre-nation par le sacrifice de sa vie mais par le rassemblement autour d'une certaine idée ludique du pays... Macron est posttragique en ce sens qu'il est toujours plus dans le récit que dans le vécu. Vu sous cet angle il pourrait bien être le premier président entièrement produit par la culture du divertissement, déployant à sa manière cette sincérité des enfants de l'entertainment qui substitue à l'écorce de l'histoire la douceur irénique de la fiction. Sans doute ceux qui voient dans le Macron supporter de l'équipe de France un récupérateur de l'exploit des bleus se trompent-ils. Car pour récupérer un objet, faut-il encore introduire une distance entre soi et l'objet. Or Macron est tout entier dans l'événement, dans le ressenti, sans écart, sans affectation ; il en épouse le parti pris parce qu'il est lui-même le produit de cette histoire où la civilisation du loisir de l'hédonisme, du plaisir irrigue jusque dans nos épidermes sa douce légèreté. Macron est plus dans la feinte lorsqu'il prétend incarner la gravité que dans ce moment où se cristallise à l'unisson des supporters d'un jour sa passion du football. Un Président a aussi le droit d'être heureux ...

Macron est plus dans la feinte lorsqu'il prétend incarner la gravité que dans ce moment
où se cristallise à l'unisson des supporters d'un jour sa passion du football.

Le cliché détermine le récit à venir, il dit l'intime du souverain, il signifie aussi la rencontre prédestinée parce que prédéterminée d'un homme avec sa génération. Même communion, même volonté de «s'éclater ensemble» à l'intérieur d'une parenthèse dionysiaque, d'un temps suspendu au-dessus du précipice des inquiétudes... La communication retrouve sa voie originelle, celle qui consiste selon son dérivé latin à «communicare», autrement dit «à mettre en commun». Reste à savoir ce que l'on partage: la joie de la victoire, l'euphorie de la réussite ...mais aussi la diversité des destinées. En invitant avec lui le soldat blessé Cabrita, en le présentant aux joueurs, le chef de l'État a voulu ramener sans doute un peu de ce «vieux monde» dans les vestiaires de la gloire, rappelant à juste titre que l'histoire n'est pas un jeu, qu'elle ne se cicatrise pas à coups d'acmé festive, et que derrière le pouvoir d'être heureux il existe aussi la nécessité de rappeler la vraie nature de l'héroïsme. Mettre en commun, en quelque sorte et en même temps, la représentation de la joie collective et de la douleur lancinante, du spectacle et du sacrifice, comme pour conjurer toutes les interprétations unilatérales, en équilibrant les symboles, en ajustant les figures sur la grande scène des vivats et des émotions, le temps éphémère d'une liesse...


en même temps, pas chauvin...

il faut bien reconnaître que, de la part d'un Président pour qui le nationalisme est « la lèpre qui monte un peu partout en Europe » (21 juin 2018), se montrer en Führer de ces foules en drapeaux tricolores ne manque pas de sel, et c'est bien du côté de l'identité nationale française qu'il a marqué un point, y compris contre le populisme de droite (et de gauche), y compris en s'assurant les participations des "indigènes" intégrés... par le football : "« Ce sont les joueurs et eux seuls qui racontent l’histoire qu’ils ont envie de raconter. Et ce sont eux et eux seuls qui ont décidé de faire rimer universalité du football et universalité de la République», martèle le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit." (Libération 16 juillet 2018 à 21:16)

il faut dire aussi le côté désespérant de dizaines de milliers de "j'aime" sur autant de tweets exprimant la « joie pure » par de la pure connerie

une pensée compatissante pour tous ceux (et celles...) qui auraient préféré fêté le cinquantenaire de 68, dont beaucoup souhaitaient la convergence des luttes, et n'auront obtenu - y compris de leurs leaders - que celle de la politique vers la convergence des buts




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Patlotch



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MessageSujet: Re: Merde à la Fat'boule : FOOTBALL, IDÉOLOGIE des ÉTATS-NATIONS et du CAPITALISME    Jeu 19 Juil - 15:00


quelle critique du sport, du jeu, de la compétition ?

voici un texte tranché, avec lequel je pourrais être d'accord. Quelque chose me gêne là-dedans, je ne sais pas bien quoi, mais je me sens mal placé pour critiquer le sport comme compétition en général (voir pourquoi plus bas) : le glissement est peut-être discutable ?...


gras dans le texte
Citation :
Comme à chaque fois à l'approche d'une future coupe du monde, voilà qu'on nous refait le coup du football populaire. A travers un joli petit récit, on nous conte l'histoire d'un football rebel et underground qui relèverait d'une sous-culture si chère aux culturals studies importées d'outre-atlantique. Et ce football du peuple n'aurait strictement rien à voir avec celui de la FIFA et du tsar de Russie.

Depuis quelques années, une sorte de passion sportive de gôche et branchée prétend qu'on peut sauver le soldat « football ». Et dernièrement ce sont des supporters décomplexés qui écrivent maintenant des livres pour parer leur passion de grandes vertus révolutionnaires. Ils prétendent aller au-delà des clichés sur les supporters et leur crétinisme mais n'en font qu'en répéter un autre : celui de la confiscation du football par la bourgeoisie qui nécessite une réappropriation populaire. En France comme en Italie, là où en Europe les partis staliniens étaient forts, on connaît bien cette rhétorique stalinienne. Le sport rouge doit arracher le football à sa domination bourgeoise.

A écouter et lire ces incroyables niaiseries sportives, c'est à croire que ces supporters dans le vent ne savent pas ce qui se passe sur les terrains de campagne du dimanche, et dans les cours d'école où le virilisme concurrence durement la tricherie, le chauvinisme et la violence. Mais non. Ils le savent. Ils justifient plutôt tout cela en disant qu'il s'agit de valeurs qui ne sont pas celles de la bourgeoisie : ils décident que ce sont des valeurs propres au peuple et appellent cela « éthique de la rivalité, de la confrontation ».

Sans doute leur croyance leur vient-elle d'une nostalgie pour leurs émotions juvéniles lorsqu'ils pratiquaient le football. En tout cas, à l'image des sociologues postmodernes, qui ne les ont pas attendus pour débiter cette prose relativiste avec des arguments autrement plus sophistiqués, ils reconnaissent facilement les aspects peu reluisants du football mais, cela étant tellement banal, ils ne veulent pas plus en parler. Ce qui les intéressent par contre — avec leur polo Fred Perry et leurs Addidas « spécial » ou « Samba » — c'est de mettre en spectacle leur passion et leur rôle de supporter dans cette société.

Misère du football... Ces supporters qui écrivent préfèrent conforter une situation qui a besoin d’illusions plutôt que d'exiger que la situation renonce aux illusions du football populaire. Et gageons que ces idéologues du football ne rateront pas un match de la FIFA-Poutine à la télé, ingurgitant son flot décérébrant d'insanités publicitaires et politiques (la loi du plus fort), ou bien piétineront avec le troupeau vers l'écran géant sur une place ou dans un café bondé pour beugler comme tout le monde. Au fond de leur cœur, ils ne peuvent empêcher la petite fibre nationale de vibrer quand l'équipe de France joue.

Et oui, il n'y a pas deux football : le bon (le foot-populaire) qu'on pourrait dissocier du mauvais (le foot-business). Il n'y a qu'un seul football qui comprend en son sein des petites différences plus ou moins transgressives qu'on pourra bien appeler subversives. Mais il ne faut pas se raconter d'histoire : ce qui fait vibrer les supporters, c'est la victoire de leur équipe contre celle de l'autre. Le football n'a rien de dialectique sur ce plan : c'est soit l'un, soit l'autre, jamais les deux dans une unité contradictoire. « Entre les deux il n'y a rien ». Le football est une tragédie de pacotille qui agrège et aligne les consciences. Le subterfuge idéologique du football populaire consiste à ne jamais parler du football réellement existant : celui de la compétition avec ses équipes constituées, ses règlements, ses vedettes, ses légendes. En effet, de quel football nous parle-t-on ? Le football qui compte n'est pas celui d'un club amateur de banlieue avec des supporters de gôche (pas de propos homophobes ou racistes ?). C'est celui des stades, des compétitions retransmises par les télévisions à des centaines de millions de téléspectateurs. Le vrai football est là. Dans cette société, il a une fonction politique réactionnaire.

Le football doit être concrètement analysé et dénoncé. C'est-à-dire tout à l'opposé d'une opération consistant à le repeindre en rose pour se donner bonne conscience. Par exemple se représenter le football comme double et valoriser dans son intérêt narcissique, une part rebelle imaginaire. La supercherie consiste ainsi à vouloir jouer avec une telle représentation, le rôle de chercheur participant alors qu'on évacue le réel au profit du rêve. Avec l'inversion (le football, lieu essentiel d'émancipation ?) et la dissociation (foot-business vs foot-populaire), on a là les mécanismes fondamentaux de l'idéologie sportive. CQFD.

s'il est indéniable, nous l'avons vu plus haut, que l'invention du football moderne est complètement prise dans la montée du capitalisme sociétal à tous les niveaux, de l'économie à la politique, de l'idéologie au "spectacle", alors ce texte a raison d'affirmer qu'il n'y a qu'un football, mais cela doit être vrai surtout pour ceux qui n'y jouent pas, qui s'en contentent ou le refusent comme spectateurs, d'autant plus omnubilés par le résultat qu'ils n'apprécient pas le jeu en lui-même, et quand le jeu se définit par son but, gagner, c'est faire perdre l'adversaire, certes, comme à la guerre...

quand j'étais enfant, je n'aimais pas les séances de gymnastique, et tout ce qui allait avec, la discipline, les défilés, les uniformes, l'agressivité requise, le rapport au(x) corps, les groupes "non-mixtes"... De tout ça l'esprit militaire n'est jamais bien loin

mais d'une façon générale, je n'avais pas l'esprit aux jeux, indifférent au fait de gagner ou perdre. Ça me faisait ça même à la belote, avec mes grands-parents. Et rien n'est plus désagréable que d'avoir un partenaire qui s'en fout. J'aime jouer dans la vie, voire jouer la vie, mais inventer des jeux hors de la vie me semble le comble du remplissage contre l'ennui de vivre. Bref, les jeux m'ennuient, et je suis donc mal placé pour juger de ce qu'ils apportent à d'autres

si je fuyais les sports en équipe, je me souviens par contre du plaisir à taper seul dans un ballon contre un mur, à faire seul des paniers de baskets, à m'entraîner seul à la pétanque en m'inventant un double comme adversaire, où de viser une cible avec une fronde ou un pistolet de compétition : on ne naît pas adroit, on le devient, et dans une insurrection révolutionnaire, on n'aurait pas envie que les communistes soient les plus mauvais tireurs (et tireuses) : il faudra s'entraîner, camarades !

il y a aussi dans le sport, particulièrement l'athlétisme, l'idée de se dépasser, de faire mieux que soi-même sinon que l'adversaire : sauter plus haut, plus loin ; courir plus vite ; viser plus juste... Qu'à-t-elle de critiquable : où finit la stimulation ? où commence la compétition ?

voilà, je n'ai aucune idée de ce que deviendrait le sport dans un monde débarrassé de la valeur, mais j'imagine mal des révolutionnaires n'ayant pas envie de se dépasser, sinon les autres, et tout dépend en quoi

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