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 AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Jeu 2 Juin - 18:24


30 mai


retour sur une absence : « les Maghrébins »

« une dynamique que Nuit Debout ne peut avoir »

Semi flop pour Nuit debout Grenoble à la fête du quartier de la Villeneuve

Séverine Cattiaux Plac'Gre.net 30/05/2016

Citation :
Nuit debout Grenoble avait fait le pari d’être présent à la fête du quartier de la Villeneuve à Grenoble, ce samedi 28 mai. Si le stand des militants a enregistré un grand nombre de passages, l’assemblée populaire en fin de journée n’a en revanche réuni qu’une cinquantaine de personnes…


Tracts distribués par Nuit debout Grenoble.
© Séverine Cattiaux

L’occasion était trop belle pour Nuit debout Grenoble qui entendait bien faire d’une pierre deux coups, ce samedi 28 mai, à la fête de quartier de la Villeneuve : faire passer ses idées et s’ouvrir à un nouveau public issu “des quartiers”.

Profitant de l’affluence habituelle de cette manifestation, le mouvement Nuit debout « contre la loi Travail et son monde » avait ainsi décidé d’y tenir toute la journée un stand, et dans la foulée, d’y organiser son assemblée populaire.

A coup de tracts distribués toute la journée sur le lieu de la fête et d’échanges sur son stand, le mouvement Nuit debout a incontestablement gagné en notoriété auprès d’un certain nombre d’habitants. Mais quand a sonné l’heure de l’assemblée populaire – fixée une fois n’est pas coutume à 19 heures plutôt qu’à 18 heures – seules quelques dizaines de personnes sont restées au point de ralliement, place Rouge.



Assemblée populaire de Nuit debout Grenoble, place Rouge à la Villeneuve
© Séverine Cattiaux – placegrenet.fr

Comme pour se rassurer, un spectateur tentait de replacer les choses dans une perspective plus large : « Ce n’est pas le nombre de gens venus qui importe. Nuit debout joue un rôle considérable et historique en faisant le lien entre les différents temps de la grève et en ouvrant la parole à tous, tous les jours. »

« Où sont les Maghrébins ? »

Force est de reconnaître que les animateurs de l’assemblée populaire avaient, pour l’occasion, soigné l’introduction de l’assemblée générale, avec en préambule des prises de parole, un petit rappel historique du mouvement et un bilan des actions menées par Nuit debout. Le tout avec l’appui de supports cartonnés.

Des efforts de pédagogie louables… Sauf que les militants ont surtout prêché à des convertis – habitués ou occasionnels – mais pour sûr, très peu aux nouveaux venus à Nuit debout.

« Où sont les Maghrébins ? Les gens du quartier ne sont pas venus… Cela ne les intéresse pas ! », se désolait, en aparté, un fidèle du mouvement Nuit debout, habitant le quartier de La Villeneuve. Face à lui, une assemblée populaire clairsemée, où la diversité du quartier n’était pas au rendez-vous.

Un contraste d’autant plus saisissant qu’une heure auparavant, la même place Rouge était pleine à craquer d’habitants du quartier, attirés par le son des tambours de la BatukaVi et par la danse de géants articulés.

Au final, qu’il s’agisse des prises de parole libres ou de celles des deux thématiques du jour « violences policières » et « loi Travail », très peu de contributions émanaient de personnes issues du quartier, venant pour la première fois à Nuit Debout. De quoi interroger quant à la pertinence des sujets choisis par le mouvement alternatif. Voire même sur la convergence des luttes de Nuit debout Grenoble et celles menées au sein des quartiers populaires…


RS a écrit:
28/05/2016 à 10:19 | #8 en réponse à Habib

dans tout ce commentaire les « Nuits debout » sont considérées isolément et l’on cherche à l’intérieur de ce moment isolé une dynamique que de toute façon il ne peut pas avoir. Il me semble que les « Nuits debout » sont arrivées au terme d’une première phase de leur existence, qu’il y en ait une seconde n’est pas certain [pour moi, Nuit Debout n'existe plus en tant que tel, ce qui pouvait en sortir vers la participation aux grèves, blocages et manifs l'a fait. Si de formes de débats comparables reviennent, ce ne sera plus "Nuit debout" dans la logique de Lordon et Ruffin, que l'on entend plus].

La dynamique qui pourrait les transformer n’est pas une dynamique interne mais un effet du jeu de tous les éléments du mouvement actuel sur elles. Tous ces éléments « agissant pour eux-mêmes » (commentaire de Pepe) interagissent entre eux, c’est à ce niveau que du nouveau peut émerger. Si cet interaction peut impacter les « Nuits debout » c’est à partir de deux aspects que signale Habib : « la convergence avec les autres luttes » ; « l’acceptation et la défense de la légitimité de la violence ».


revenir sur une "absence" (?)

comme en écho muet d'une absence, la question raciale, celle des quartiers populaires et des prolétaires racialisé.e.s, ont été peu posées dans nos débats

au-delà de mes accords avec les analyses de RS, cette question devra être posée dans le bilan d'étape que nous ferons de l'ensemble du mouvement Nuit Debout/Loi travail, parce qu'elle en impacte le sens en creux, comme déjà dans la marche du 11 janvier 2015 après les attentats parisien contre Charlie Hebdo et l'hyper-casher, que RS avait relevée dans un texte du 16 janvier 2015

il nous faudra naturellement interroger les positions, dans cette période, des organisations décoloniales, notamment celle du PIR et du FUIQP (Saïd Bouamama). Le Facebook d'Houria Bouteldja témoigne du peu d'intérêt pour ces luttes sociales, grèves et manifestations, relativement aux tweets de Sihame Assbague, mais pour autant Bouteldja n'y rend pas compte non plus des raisons de la relative (cf les "têtes de cortèges") absence des quartiers populaires, comme elle avait commencé de le faire le 22 avril Nuit (blanche) Debout : Comment sortir de l’entre-soi ?

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Jeu 2 Juin - 18:26


30 mai


de la tête de manif à la classe prolétarienne

règlement de décomptes, quiproquo, imbroglio et mise au point

commentaire d'un "anonyme" discutable sur sa catégorisation en classes sociales, mais son décompte des manifestants en tête est selon moi plus exact que celui de "salle des machines"

Anonyme a écrit:
dndf 30/05/2016 à 18:46 | #11

les un ou deux milliers de jeunes et moins jeunes qui se placent en tête de manif et débordent l’encadrement par le SO syndical et les cordons de police...

salle des machines a écrit:
30/05/2016 à 19:40 | #12

non il n’y avait pas 1 ou 2 milliers de jeunes, mais au moins 10 000 personnes jeunes et moins jeunes dans le cortège parisien auquel j’ai participé.

d'abord tous les manifestants du cortège de tête ont-ils à « déborder le SO syndical » ? Arrivant par devant la manif, on pouvait tout un temps traverser le cordon de police qui ne s'y opposait pas dans ce sens, et pour s'installer devant la tête de cortège officiel on n'a pas à faire au SO syndical... J'ai pu aller-venir devant et derrière les flics et la tête de manif et dans le cortège sans déborder personne. Certaines des rues adjacentes étaient fermées et c'est seulement à l'arrivée qu'on était vraiment canalisé, pris dans "la nasse", sauf si l'on était passé avant

ensuite toute la tête de manif ne « déborde les cordons de police ». Seulement une partie le fait, ce qui se comprend aisément au vu de sa « composition de plus en plus diversifiée » (RS 27/05/2016 à 11:06 | #5, et voir les photos). C'est corroboré par le fait que dans les affrontements avec la police, il n'y a pas « un ou deux milliers » mais au plus quelques centaines de personnes

de dizaines à centaines, mille à dizaine de millier, on jongle de manière fantaisiste avec les ordres de grandeur

la plupart des commentaires parlent de quelques dizaines ou centaines (de "casseurs") et moi ce qui m'a frappé d'emblée, c'est de décompter environ un millier de personnes très diverses dans la tête de manif. Plus de quelques centaines donc, mais sûrement pas « au moins 10 000 personnes jeunes et moins jeunes dans le cortège parisien » (le cortège ou la tête de manif dont parle anonyme ?)

il est facile de le vérifier à la longueur de cette tête de manif sur la largeur du Boulevard Diderot, comparés à une salle de spectacle de même surface au nombre de places connu, la Bourse du travail à Saint-Denis par exemple : 400 places assises, jusqu'à 1000 bondée

les chiffres de cette manifestation parisienne allaient de « 100.000 manifestants pour FO à 19.000 pour la police », et la proportion de la tête de cortège était loin, respectivement, de 10% ou de la moitié


théoriser ne s'accommode ni de flou ni de normes conceptuelles figées

classe moyenne et prolétariat ne font pas une partition (des parties séparées) de la population en âge de travailler ou chômer, et quand on parle de prolétarisation de la classe moyenne cela porte un sens, celui d'une dynamique historique, d'un mouvement, d'une évolution avec ses conséquences que nous avons sous les yeux dans la conjoncture actuelle, des changements dans la nature et la forme des luttes : par définition, des changements ne se définissent pas par des catégories figées

j'ai donné ailleurs les références d'un livre et d'un article du Monde diplomatique parlant des étudiants salariés, les moins privilégiés par leurs origines sociales se sentant progressivement plus salariés qu'étudiants, jusqu'à abandonner leurs études. Ces catégories sont donc extrêmement poreuses et dépendantes de parcours individuels variés, mais grosso modo, le mouvement est à la panne de "l'ascenseur social" et à l'accélération du "descendeur social". Le poids des origines sociales et "raciales", celui des rencontres car Nuit Debout en a permis beaucoup, sont important dans les investissements de luttes et cela explique aussi les "porosités", une sorte de dépassement produit d'une part de Nuit Debout dans le "rebondissement" de la lutte anti Loi-Travail marges comprises (en fait "anonyme" me semble le dire aussi)


la classe prolétarienne, un concept de lutte face au capital

le prolétariat est composé de qui n'a que sa force de travail pour vivre, toute les classes moyennes inférieures au moins en font donc partie et pas la seule classe ouvrière, ce qui en dit long sur le flou qui nous habite pour parler de « composition sociale » en termes de classes : à partir de là on peut écrire n'importe quoi, surtout quand on veut absolument construire un modèle schématique et des normes révolutionnaires. Le débat ayant semble-t-il dépassé ce stade, il serait dommage de l'y enliser

le concept de classe, s'il a pu recouvrir chez Marx la sociologie de la classe ouvrière, n'est pas une catégorie sociologique de la population et moins encore une somme d'individus y appartenant ou non, mais un concept dans la lutte de classe, lutte du prolétariat face au capital : dans le capitalisme en subsomption réelle, avec une production de plus-value et une reproduction du capital diffuses dans toute la société, parler de classe prolétarienne serait plus juste que de classe ouvrière

il est donc paradoxal que des débats fonctionnent avec les repères caduques du programmatisme ouvrier

ce qui n'empêche que sans grève de la classe ouvrière, sans laquelle "aucun rouage ne tourne", on ne peut pas durablement bloquer la production et la circulation de marchandise

quoi qu'il en soit la réalité peut aimer les chiffres, mais elle se fout des normes et schémas

.
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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Jeu 2 Juin - 18:27


31 mai


la grève, le syndicat, le pouvoir capitaliste...
et l'ultragauchisme des purs en gueule

à la veille des grèves à la RATP, SNCF, Air France... les articles de presse se multiplient pour nous expliquer que tout ça n'a rien à voir avec la Loi travail, puisque les salariés titulaires de ces entreprises ne sont pas impactés par le texte, et donc que la CGT instrumentalise l'opinion favorable au retrait de la loi, en racontant n'importe quoi

Citation :
Loi travail: 67% des Français ont une mauvaise opinion du leader de la CGT, Philippe Martinez 20Minutes 29.05.2016

Le secrétaire général de la CGT est perçu unanimement comme un contestataire (84 %), politisé (75 %), éloigné des réalités des entreprises (54 %), pas ouvert au dialogue (65%) et pas compétent (58 %). Enfin, 62% voit en lui, le principal opposant à François Hollande.

il est clair que d'un point de vue théorique, la différence ne nous a pas échappé, et des "camarades" faisaient ce genre de remarque en 2006 quant aux blocages des raffineries pendant la lutte pour le retrait du CPE

je me contenterai de faire remarquer que ces luttes portent, d'une façon ou d'une autre, directement ou indirectement, sur le salaire, et du point de vue syndical pour le négocier au meilleur prix en faveur des salariés. Le reste n'est pas littérature mais aussi stratégie et tactique de luttes, et solidarité de classe




La grève à la SNCF le 25 mai 2016 - EAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Le retrait de la loi Travail est loin d’être la seule revendication des syndicats appelant à la grève dans le secteur des transports…


Citation :
Bien sûr, il y a la loi Travail. Elle semble cristalliser la colère des syndicats dans le secteur des transports. Pourtant, le retrait du projet de loi El Khomri est loin d’être la seule ni même la principale revendication des organisations syndicales. Ce sont avant tout des problématiques internes qui les poussent à demander l’arrêt du travail. Mais alors, que veulent vraiment ces syndicats ? 20 Minutes fait le point.

La SNCF

Quand débute la grève ? Ce mardi à 19h. Il s’agit d’un mouvement à durée « illimitée ».

Concerne-t-elle la loi Travail ? Oui mais seulement pour deux des trois syndicats qui appellent à cesser le travail. Concrètement, la CGT-Cheminots et SUD-Rail demandent le retrait du projet de loi El Khomri, mais pas l’UNSA-Ferroviaire.

Et sinon, quelles sont les revendications ? La direction et les syndicats de la SNCF sont en train de négocier une nouvelle organisation du travail des agents. La première la voudrait plus flexible, notamment sur les temps de repos des personnels roulants, mais ce week-end, elle a dû lâcher du lest. Le gouvernement lui a en effet mis la pression pour proposer un texte que la CFDT juge désormais « équilibré ». C’est d’ailleurs pour cette raison que le syndicat à renoncer à se joindre au mouvement de grève illimitée. L’UNSA-Ferroviaire pourrait en faire de même – une réunion est prévue ce jour pour en discuter. D’après les observateurs, le texte proposé par la direction – et soufflé par le gouvernement – maintient en fait la quasi-totalité des règles actuellement en vigueur à la SNCF.

La RATP

Quand débute la grève ? Ce jeudi. Comme à la SNCF, il s’agit d’un mouvement à durée « illimitée ».

Concerne-t-elle la loi Travail ? Oui mais l’appel à la grève est lancé uniquement par la CGT. Toutefois, un autre syndicat – SUD – appelle lui aussi à la grève illimitée, mais seulement à partir du 10 juin. Parmi ses revendications figure également le retrait du projet de loi El Khomri.

Et sinon, quelles sont les revendications ? Les salaires. La CGT exige la réouverture des négociations salariales annuelles alors que, pour la seconde année consécutive, l’indice salarial n’a pas été augmenté. « Par ce gel, l’entreprise bloque volontairement les augmentations générales pour mettre en place des primes (qui ne financent pas notre protection sociale), pseudo-compensations des dégradations des conditions de travail », estime la CGT. Qui prévient : « Si la direction reste arc-boutée sur sa position, nous n’avons pas l’intention de faire une trêve "événementielle" dans les semaines à venir, Euro 2016 inclus ».

Direction générale de l’aviation civile (DGAC)

Quand débute la grève ? Vendredi. Elle doit durer jusqu’à dimanche. Le mouvement est lancé par tous les syndicats.

Concerne-t-elle la loi Travail ? Non.

Et sinon, quelles sont les revendications ? Les contrôleurs protestent surtout contre les baisses d’effectifs et l’organisation du travail – notamment l’externalisation de certaines tâches. D’après les syndicats, les effectifs ouvriers hors ateliers sont passés de 850 en 2008 à 690 au 1er janvier 2016. Ce qui a des conséquences sur les possibilités de mobilité, avec un refus croissant des mutations, et sur le déroulement des carrières, le nombre d’avancements étant abaissé.

Air France

Quand débute la grève ? La date n’est pas encore arrêtée mais des actions devraient se tenir en juin.

Concerne-t-elle la loi Travail ? Non. Le mouvement à venir, voulu par les pilotes et plus particulièrement par ceux du SNPL, le syndicat de pilotes majoritaire à Air France, ne fait aucune référence au projet de loi El Khomri.

Et sinon, quelles sont les revendications ? Les pilotes protestent contre la baisse de leur rémunération, qui sera effective dès le 1er juin. La direction avait pris cette décision suite au refus des pilotes d’accepter de se soumettre à « Transform 2020 », nouveau plan de restructuration censé redonner de la compétitivité à Air France. Le SNPL n’est pas pressé d’agir : il a pour l’heure proposé aux autres syndicats d’Air France de le rejoindre pour lancer un combat plus vaste contre la « politique de délocalisation, de démantèlement et de réduction obsessionnelle des coûts » de la direction.



des nouvelles du front... contre la CGT ?
ou
un "travail de sape"... du débat ?

quant aux "camarades" qui commencent à sortir leur scoop ultragauchiste "A taaaaabbbblllleee !!!", qu'ils se demandent où est leur cohérence en se posant quelques questions :

- si la CGT ne négocie pas, en quoi est-elle un syndicat dont c'est la nature même de négocier sur le salaire ? Ici, il est aussi question de stratégie et de tactique, dans un bras de fer à qui emporte l'opinion publique, donc le rapport de force, notamment sur l'article 2, tout ou partie. Or la lutte évolue et "le bras de fer" continue, évidemment, chacun avançant ses pions... sur la table. Mais nos petits Machiavel de blogs "communisateurs" ont-ils la moindre intelligence tactique ?

rappel :


Robin a écrit:
26/05/2016 à 00:24 | #2

Nous avons à faire un travail de sape sur le fantasme que les revendications (retrait de la loi, semaine de 32h, revenu universel, Etat réellement au service du peuple…) pourrait être intégrées à la logique du système A-M-A’


RS a écrit:
28/05/2016 à 10:16 | #7

je suis réservé sur le « travail de sape ». Il faut savoir ce que l’on entend par là. L’opposition frontale serait, dans ce cas, une erreur pratique et théorique. C’est dans les failles, les limites, les contradictions d’une lutte et à plus forte raison quand il s’agit d’un mouvement général relativement informe que se constitue leur vérité, à moins que le mouvement soit totalement atteint de sclérose de par sa composition, de par son positionnement dans l’ensemble, ce qui est peut-être en train d’arriver aux « Nuits debout ».


- en quoi cela interroge-t-il « la revendication devenue illégitime » (RS/TC) comme entériné par le prolétariat lui-même ? Question que j'ai posée il y a quelques jours, au moment du rebondissement de la lutte syndicale

- en quoi des luttes allant plus loin peuvent s'imaginer autrement que sur la base de luttes revendicatives comme un tout indissociable de ce qui en franchit les limites ? Ce qui n'est pas s'affranchir de ses limites en pures et vaines paroles...

- comment peut-on, autrement dit, scinder une dynamique de luttes qui se comprend comme un tout , une "généralité" (RS) dans laquelle apparaissent des "failles" (RS) : des failles imaginables hors du tout, comme "débordements" sans "imbordements" ?

dans la conjoncture actuelle, selon moi, les choses sont telles qu'elles sont dans leur complexité et leur finesse aussi; rien d'autre n'est même concevable, sauf évidemment pour des "révolutionnaires" annonçant que Martinez est un "traître" au moment où il en prend plein la gueule de la part du patronat et du pouvoir d'État :

ça c'est de la théorie courageusement embarquée... dans la démagogie envers ceux des activistes qu'on critique par ailleurs... Les leçons du passé (Sic etc.) ne servent décidemment à rien à certains "partisans de la communisation", même proches de leur maître à penser

si participer aux luttes en tâchant de les pousser plus loin, c'est diffuser des textes faisant réfléchir à une chose et des slogans donnant à la saisir de travers, je crains que sur leur 'taaaaabbbblllleee' de pratique théorique il y ait comme une bug

mais il faut bien que les gauchistes, surtout ultra, servent à quelque chose : se faire plaisir en passant pour des durs ?!


sans la même prétention théorique, dans une discussion sur Bellaciao, Ça sent le roussi... lo beret liure


Le rebelle a écrit:
31 mai 2016 - 14h44

Camarade, pourquoi nier l’évidence ? Martinez va lâché les grévistes. C’est un fait !
Et dire cela ce n’est pas aller contre la CGT.
En tant que précaire, je fais partie de ceux qui vont déguster un max après le vote de cette saloperie de loi El Khomri
Crois moi, j’ai la rage, à la vu de cette trahison annoncé !


Soleil-Rouge a écrit:
31 mai 2016 - 14h36

Les échos, c’est bien la presse patronale, la presse du capital ???
Alors pourquoi s’en servir pour la retourner contre la CGT ?
Ce genre d’attitude est loin d’être révolutionnaire, elle sert les intérêts du Kapitalisme et ses valets ... son auteur en serait-il ??


92.***.86.** a écrit:
31 mai 2016 - 15h04

Franchement si le gouvernement recule sur 4 points avec une mobilisation qui n’a pas crevé le plafond, bravo à la CGT !
Attention au renversement de l’opinion !


86.***.100.** a écrit:
31 mai 2016 - 16h20

DÉCLARATION RÉELLE DE MARTINEZ CITE PAR LE PARISIEN LIBÉRÉ .

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a salué mardi la reprise du dialogue avec le gouvernement sur le projet de loi travail, jugeant que "quand on se parle, c’est quand même mieux", lors d’un déplacement à Fougères (Ille-et-Vilaine).

Le Premier ministre Manuel Valls a appelé le numéro un de la CGT samedi, pour la première fois depuis plusieurs semaines.

"La chose nouvelle (...) c’est que depuis trois mois, pas de son, pas d’image, et que samedi il y a eu un coup de fil du Premier ministre", a souligné M. Martinez devant la presse, ajoutant : "quand on se parle, c’est quand même mieux que quand on dit +ma porte est ouverte, mais on ne discute pas plus... On a pris ça comme une volonté de dialoguer, c’est ce qu’on demande depuis trois mois",
a-t-il poursuivi.

La CGT continue cependant d’estimer qu’"il faut retirer cette loi".

Il a rappelé que la CGT refuse "quatre articles majeurs" :

"l’inversion de la hiérarchie des normes" qui donne la priorité aux accords d’entreprises sur la branche,

"le périmètre des licenciements collectifs,

la question du référendum" en entreprise, "

et puis notamment la médecine du travail".

Alors les ceusses qui entonnent leur couplet anticegetiste primaire en bêlant et répétant la haine de classe distillée par les plumitifs aux ordres du triptyque MEDEF PS CFDT vis a vis des salariés et de LEUR SYNDICAT LA CGT . Ayez au moins la décence de vérifier vos sources avant de dire n’importe quoi...

Et je pouffe de voir les plus révolutionnaire que moi tu meures se faire les porte voix et les hauts parleurs des mensonges des journaleux aux ordres du MEDEF ..... !!!!!

L’heure pour la CGT n’est pas au compromis mais a augmenter le rapport de force POUR GAGNER



ben oui, gagner contre la Loi travail ce sera encore perdre contre le Capital : une solution miracle fidèle au prolétariat en lutte ?


même son de cloche chez les super-trostkistes...

WSWS
Publié par le Comité international de la Quatrième Internationale


La CGT tente de bloquer la grève générale contre la loi travail

Alex Lantier 4ème Internationale 31 mai 2016

Dimanche soir, le chef de la Confédération générale du travail (CGT) Philippe Martinez est passé sur l'émission BFM-Politique pour discuter du mouvement de grève contre la loi travail du Parti socialiste (PS). La présentatrice Apolline de Malherbe, des journalistes, et le député PS Philippe Doucet l'ont interrogé, souvent de manière hostile, sur la décision de la CGT d'appeler à des grèves contre la loi.

Citation :
Martinez cultive une image radicale depuis que les manifestations de jeunes et les grèves ont éclaté contre la loi El Khomri il y a deux mois, et en particulier depuis que la CGT a commencé à appeler à des grèves contre la loi ces deux dernières semaines. Il a appelé à « généraliser » les grèves contre la loi. Néanmoins, son interview a confirmé que la CGT poursuit des discussions en coulisse avec le PS et, malgré la vague montante de grèves, veut arriver à un accord afin d'assurer le passage de la loi.

Cela pose à la bureaucratie de la CGT d'énormes difficultés: une vaste vague de grèves se propage ; la possibilité matérielle d'une grève générale en France et dans toute l'Europe émerge [Ah bon ?]. Le Président François Hollande, le Premier ministre Manuel Valls et le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis ont insisté, cependant, qu'ils n'accepteront que des changements cosmétiques à la loi. Les déclarations de Martinez sont un avertissement que les travailleurs en lutte contre la loi doivent ôter la lutte des mains de la CGT et s'organiser de façon indépendante afin d'éviter une trahison.

Malherbe et les autres intervieweurs ont passé une grande partie de leur temps à attaquer Martinez depuis la droite, visant à discréditer toute grève ou manifestation contre la loi. Doucet a montré une photo d'un siège local du PS criblé de trous de balle tirées au cours d'une manifestation; il a ensuite attaqué la CGT, exigeant hystériquement que Martinez renonce à des attaques violentes sur le PS. Malherbe et un journaliste de Le Parisien ont attaqué les grèves de la CGT dans les journaux qui ont refusé de publier un éditorial écrit par Martinez.

Néanmoins, le cœur de l'interview de Martinez a été une série d'affirmations voilées mais sans équivoque qui démontraient que la CGT soutient le gouvernement PS et veut un accord.

« J’ai eu pour la première fois en deux mois un appel du Premier ministre. C’est plutôt mieux quand il n’est pas dans une posture ! », a déclaré Martinez. Prié par les journalistes de dire au public ce qu'il avait discuté avec Valls, cependant, Martinez a carrément refusé.

«Conversation secrète», a-t-il répondu.

Martinez refuse d'informer la population sur ses discussions secrètes avec Valls, mais ses commentaires montrent qu'il prépare une capitulation. Il a abandonné les appels précédents par les responsables syndicaux pour un « retrait » de la loi, appelant plutôt à une « rediscussion ».

Martinez a insisté à plusieurs reprises sur le fait que la CGT n'entrerait pas en conflit politique avec le PS. Il a déclaré qu'il n'était pas dans un « bras de fer avec Valls ». Il a souligné que la CGT est « dans son rôle » en tant que syndicat.

C'était une déclaration plus ou moins explicite de soutien au PS. Interrogé pour savoir s'il regrettait l'appel de la CGT à voter pour Hollande lors des présidentielles en 2012, Martinez a refusé de dire oui ou non. Il a dit que la CGT n'avait pas « fait assez attention » à l'époque. Il a rappelé qu'en 2012, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, avait appelé à voter contre l'adversaire de droite de Hollande, Nicolas Sarkozy. Puis il a déclaré que à « une autre époque », la CGT émettait des consignes de vote pour des candidats à la présidentielle.

C'était une référence voilée à l'alliance de la CGT avec le Parti communiste français (PCF) stalinien, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale et jusqu'à aujourd'hui. Un proche allié de la bureaucratie soviétique contrerévolutionnaire jusqu'à la dissolution de l'URSS en 1991, le PCF est étroitement lié au PS depuis la fondation du PS, peu après la dernière grande lutte révolutionnaire de la classe ouvrière en France, la grève générale de 1968. Il a été un partenaire officiel ou officieux de tous les gouvernements PS depuis l’arrivée au pouvoir du président François Mitterrand en 1981.

Cela montre pourquoi la CGT a émergé comme la direction de fait de la grève. C'était plutôt par défaut : les partis qui depuis des décennies se font passer pour la «gauche» -- le PCF, les alliés du PCF au sein du Front de gauche dirigé par Jean-Luc Mélenchon, et le Nouveau Parti anticapitaliste - ne s'opposent pas au PS.

Comme d’autres partis semblables dans l’Europe postsoviétique, tels que Rifondazione Comunista en Italie ou Syriza en Grèce, ils ont soutenu ou rejoint des gouvernements pro-austérité et pro-guerre. Aujourd'hui, alors que des masses de travailleurs se mobilisent dans la lutte dans diverses industries, du pétrole et du gaz à l'électricité, l'automobile, le transport routier, les ports et le transport en commun, ils ne cherchent pas à mobiliser la classe ouvrière dans une lutte politique contre Hollande.

Ceci démontre le contenu des appels de la CGT non pas à une grève générale, mais à une «généralisation» de la grève. La CGT s’oppose à une grève générale, c'est-à-dire une lutte pour mobiliser et unifier l'ensemble de la classe ouvrière dans une grève commune contre le gouvernement PS et la classe capitaliste. Alors qu'une colère explosive agite de larges sections de travailleurs, ils veulent enchaîner diverses grèves déconnectées dans diverses industries pour servir de soupape sociale, mais en aucun cas pour faire tomber le gouvernement Hollande.

Etant donné en particulier que le gouvernement du PS est tout à fait résolu à imposer la loi, cette stratégie signifie une tentative par la CGT de maintenir le contrôle politique des luttes ouvrières tout en préparant une trahison.

Martinez a couvert les préparatifs pour cette trahison avec des mensonges politiques et historiques. Lorsqu’on lui a demandé d'expliquer pourquoi la CGT se sentait obligée de continuer à appeler à la grève, Martinez a déclaré qu’on a «jamais vu dans l' histoire» qu’alors que les travailleurs voulaient se battre, la CGT avait cherché à empêcher une grève.

En fait, l'histoire du stalinisme français se compose essentiellement de luttes où, en raison de son hostilité au programme de la révolution socialiste mondiale représentée par Léon Trotsky et ses partisans, la CGT a mis fin aux luttes et stabilisé la bourgeoisie française. Le chef du PC Maurice Thorez, soutenu par la direction de la CGT, fit la déclaration tristement célèbre qu’« il faut savoir terminer une grève », alors que le PCF trahissait la grève générale de 1936.

Le dirigeant de la CGT Georges Séguy fut hué à l'usine de Renault Boulogne-Billancourt en 1968, quand il a essayé de forcer les travailleurs à reprendre le travail pendant la grève générale.

Le rôle de la CGT aujourd'hui ne sera que plus hostile aux travailleurs. Comme le PCF et les autres syndicats, l'appareil cégétiste a totalement perdu sa base de masse dans la classe ouvrière depuis la dissolution de l'URSS il y a 25 ans, pour émerger comme tendance petite-bourgeoise hostile à la classe ouvrière. Alors qu’elle monte cyniquement des actions ponctuelles contre les tentatives du PS de détruire les acquis des travailleurs, la CGT prépare encore plus de trahisons réactionnaires.

La classe ouvrière entre en lutte contre le système capitaliste et la classe dirigeante. La tâche essentielle à laquelle sont confrontés les travailleurs est d'établir leur indépendance politique et organisationnelle du PS et de tous ses satellites, comme la CGT.

(Article paru en anglais le 30 mai 2016)


pour « bloquer une grève générale », encore faudrait-il qu'elle ait été généralisée ou qu'elle s'avère généralisable...

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Jeu 2 Juin - 18:29


1er juin


la fat-boule passe après ? Je suis d'accord !...
... mais qui ne veut du pain et des jeux ?


Il faut sacrifier l'Euro 2016

Yves Cavarec, Consultant en stratégie, Les Échos 01/06 à 12:08

Le gouvernement doit conduire la loi Travail jusqu'au bout, quitte à ce que le mouvement social parasite l'Euro 2016.


Citation :
Grève illimitée à la RATP à partir du 2 juin , grève reconductible à la SNCF, grève dans l'aérien du 3 au 5 juin, difficultés de s'approvisionner en carburant ... La mobilisation contre la loi Travail risque de paralyser le pays, à quelques jours seulement du début de l'Euro 2016 , organisé en France du 10 juin au 10 juillet. Tant pis si le gouvernement sacrifie la compétition sportive, il doit tenir bon face aux blocages.

L'exécutif doit résister

De l'avis général, le gouvernement ne tiendra pas, même si Manuel Valls se montre ferme . La CGT et les syndicats opposés à la réforme du droit du travail auraient pour eux le rapport de force indispensable pour gagner dans toute négociation. Par ailleurs, certains observateurs estiment qu'ils utilisent l'Euro 2016 pour faire céder l'exécutif.

Pourtant ceci n'est vrai que si l'on considère qu'il s'agit d'une négociation de rupture, comme dans une guerre ou dans certains divorces. Dans ce cas précis, forces syndicales et gouvernement seront obligés de cohabiter sur le long terme. Du coup, le rapport de force établi par la CGT ressemble au pillage d'un bateau en perdition. Ce qui compte, c'est ce qu'on pourra emporter.

Un mauvais signal

Aujourd'hui, tous les groupes sociaux sont légitimes à revendiquer davantage : les bas salaires peinent à s'en sortir, la classe moyenne est en train de disparaître, les gens fortunés sont mieux traités ailleurs, les fonctionnaires n'ont aucune perspective de carrière, les chefs d'entreprises se demandent combien de temps ils vont continuer, les retraités ne sont pas en reste, les perspectives des chômeurs ne sont pas réjouissantes...

Alors, même si l'Euro est un événement majeur, il ne faut pas céder. Cela enverrait un mauvais signal aux contestataires et le gouvernement pourrait se mettre à dos les Français favorables au texte. Ceci pourrait créer en France une crise d'autant plus forte. Ne prenons pas ce risque.


retournons l'argument

le sport de compétition, c'est l'idéologie dominante aussi, ni plus ni moins que les médias, les loisirs de consommation, la culture marchande des intermitteux, etc. alors tant qu'à rêver d'un autre monde, pourquoi ne pas foutre tout ça par terre ?

misère sportive de l'anticapitalisme

poser la question, c'est y répondre, la pseudo radicalité anticapitaliste ne porte bien souvent que la reproduction idéologique du même, en mieux. Aller plus loin que le retrait de la loi, ça commence par là, mais qui le veut ? Les discours "révolutionnaires" de qui ne peut se passer du foot-ball à la télé, c'est la servitude volontaire : du pain et des jeux...

PS : raisonnement par l'absurde, évidemment, comme quoi l'on est loin du compte et de réels écarts...




l'avenir radieux de la fat' boule, 9 novembre 2014
Patlotch en deça au-delà de son temps

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Jeu 2 Juin - 18:31


1er juin


un bon tract pour casser l'idéologie et penser la lutte

"Qu’on casse ou pas, la loi travail on n’en veut pas"

26 mai 2016

Citation :
Deux mois maintenant qu’on est dans la rue. Ce sont des millions de personnes à travers le pays qui disent de différentes manières leur refus de la réforme du code du travail en cours. Le gouvernement prétend toujours laisser les patrons décider « librement » avec leurs salariés du sort qu’ils leur réservent via des accords d’entreprise, jetant à la poubelle les conventions collectives. Derrière cette question, deux mondes s’affrontent : nous défendons la solidarité et l’auto-défense des plus faibles, quand ils imposent la compétition et la loi du plus fort.

Certains d’entre nous découvrent la grève, d’autres la difficulté de la faire. L’indispensable caisse de grève n’annule pas la pression des collègues et la peur de perdre un emploi déjà précaire. Alors quand certains peuvent assumer une grève à l’ancienne, d’autres s’arrangent comme ils peuvent pour se rendre disponible les jours de manifestations : mot d’absence, travail reporté à plus tard, combine avec des complices au travail.

Dans la rue, nous avons applaudi devant les premières publicités taguées et brisées, quand on ne les barbouillait pas nous-même. Ne nous agressent-elles pas tous les jours, ces images de bouffe toujours plus industrielle ? Ces photos de femmes toujours plus nues, toujours plus maigres ? Les banques ont suivi dans les bris de verre, et nos applaudissement ont redoublé. Est-il vraiment nécessaire d’expliquer longuement ce qui ne va pas avec ces boutiques qui nous vendent l’argent à prix d’or ? Combien sommes-nous à ne rien casser, non par désaccord, mais par peur ou manque de préparation ? Ce n’est pas l’envie qui manque.

Puis vint le tour de la police, avec ces bouteilles jetées sur les lignes bleues postées tout autour de nous. S’attaquer directement à des individus, même en uniforme, pose question. Mais enfin la police, on la connaît. On a mangé des coups, déjà. On a soutenu les familles de ceux que la police assassine, à qui justice n’est jamais rendue. On a été aspergés de gaz lacrymogènes, on a vu le viseur du flashball bien en face.
La police finit par attaquer même les plus sages des cortèges. Nos corps blessés s’en souviennent.




Alors entre ceux qui donnent les coups tous les jours et ceux qui les rendent une fois de temps en temps, le choix est vite fait. « Nous sommes tou.te.s des casseurs », comme disait une banderole. Il arrive que la police abandonne un peu la rue lorsque des gens déterminés lui font face. Et quand il s’agit de faire face aux forces de l’ordre, la frontière entre l’attaque délibérée et la défense improvisée est si mince qu’il ne nous est pas venu à l’idée d’aller pinailler sur les choix des uns ou des autres. Trop contents qu’enfin la rue soit un peu libérée de l’ordre « capitaliste », puisqu’il faut bien appeler les choses par leur nom.

Qu’une voiture brûle ne nous fera pas changer d’avis. L’accusation de « tentative d’homicide volontaire » pourrait nous faire rire tellement elle est grotesque après une attaque certes violente, mais où nul ne peut sérieusement déceler une quelconque envie de tuer. La blague serait drôle si elle ne risquait pas d’envoyer des gens en prison pour longtemps, simplement parce qu’ils ont eu le tort d’être sur les listes hasardeuses des services de renseignement. La préfecture elle-même reconnaît qu’elle a arrêtés ceux qu’elle avait sous la main, sans aucun élément à charge. C’est pour leur présence depuis des mois en tête de manif à nos cotés que certains payent aujourd’hui le prix fort ! [1]. On les soutient, comme on soutient toutes celles et ceux qui ne peuvent plus être là à cause de contrôles judiciaires, d’interdiction de déplacements ou de blessures.

Alors oui, la tension monte. Mais peut-on imaginer gagner sans qu’il y ait de tensions ? Quoi qu’on fasse, le gouvernement réprimera celles et ceux qui s’opposent à lui. Personne ne s’intéresse aux élections de l’année prochaine. Personne ne croit à la possibilité d’élire une personne courageuse qui irait seule affronter les banquiers pour changer les règles du jeu. C’est dans la rue que ça se passe. Ça tombe bien, nous y sommes. Foulards et lunettes de protection en poche, pour pouvoir y rester.

Quelques dizaines de personnes de banlieue parisienne / Précaires, chômeuses, fonctionnaires, doctorantes… qui bossent au black, en CDI ou sans salaires / Et participant toutes aux cortèges de tête offensifs et solidaires contre la loi Travail

[1] Soutien aux mis en examen du 18 mai : le parquet fait appel, RDV jeudi 2 juin à partir de 12h place St-Michel dans le Ve arrondissement.

Tract trouvé dans la manifestation contre la loi Travail du jeudi 26 mai. Lire aussi Qu’on bosse on pas, la loi travail on n’en veut pas, un tract signé de la même manière et diffusé lors de la manifestation parisienne du 31 mars.


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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Jeu 2 Juin - 18:32


2 juin 10:36


à chaque jour suffit sa peine
dndf : d'un dialogue pour initiés que personne n'écoute

longue réponse d'AC (+LG) à celle de RS pour son commentaire #1 dans le fil Débordements, imbordements et épuisement (suite), ici : How High the Moon



deux parties

la première est une mise au point quant aux méthodes de "discussions" de RS qui sollicite ce à quoi il "répond" en dehors de ce qui a été est connu mais pas écrit *. AC n'a pas apprécié d'être le dernier en date des pigeons tirés par RS, ses "Sparring Partner", les "plus proches" sur qui il "aime bien taper", se fabriquant sur mesure des interlocuteur avec lesquels, au fond, il ne discute pas, destinés qu'ils sont aux rôles de faire-valoir ou de prétexte à développer longuement ses thèses sans rapport avec leurs courts développements « d'un autre ordre de discours » [AC : « peu importe la méthode, pourvu qu’on avance : il n’est pas absolument requis d’être honnête pour ce faire. » tiens tiens, je ne suis pas le seul à douter de l'honnêteté intellectuelle de RS]

* remarque faite aussi par BL plus haut, mais tout passe inaperçu pour qui ne connaît pas AC, familier plus ou moins proche de TC depuis très longtemps : ils parlent entre eux en prenant le lectorat de dndf à témoin, mais seuls les initiés peuvent suivre (d'où je suppose, un rien désabusés, How High the Moon en exergue, voir traduction plus bas). De fait, qui aurait envie de s'en mêler en passant pour un imbécile, alors que « la radicalité n'a plus rien à foutre » des thèses théoriques sur le quai (vs embarquées) et de leur entre-soi ? Quand RS répond à Robin que faire un « travail de sape », « opposition frontale [aux âneries démocratiques de Nuit Debout], serait une erreur pratique et théorique », c'est affaire de tactique plus que remise en cause de ses certitudes

AC et LG a écrit:
On pourrait s’étendre sur le fait que cette réponse sous forme d’invention d’un ennemi ad hoc est un triste symptôme de l’isolement de RS, et ramener ce constat au « marasme » dont parle TC 25 [pas lu, je ne sais de quel "marasme" il est question, j'ai constaté de longue date celui de toute la post-ultragauche]

la seconde porte sur le fond et aborde plusieurs problèmes surgis des articulations entre les mouvements Nuit Debout, anti Loi-travail et activités des "activistes" et "casseurs", voire du milieu radical, sur fond de lutte de classe, de la question de la violence [la remarque de RS était au moins incompréhensible], des rapports entre syndicats (chefs et base) et grévistes ou bloqueurs, et surtout de "l'illégitimité (assymétrie) de la revendication salariale", thèse de TC bousculée depuis le "rebondissement" revendicatif contre la loi-travail, comme je l'ai alors questionné après le premier texte de RS (p.10 de ce sujet), "débordements et imbordements", du 3 mai (il y a un mois, et ici AC tient peu compte de l'évolution de la lutte pour critiquer les réponses de RS)

plusieurs remarques de AC/LG rejoignent les miennes, explicites ou ressortant de mes commentaires appréciant certaines interviews de grévistes, bloqueurs et/ou "casseurs", car montrant l'importance aussi de parcours individuels qui appellent à la prudence quant au rangement des protagonistes en catégories figées : RS est allé trop vite en besogne et de façon trop générale et abstraite, sur la base de ses thèses précédentes, ce qui ne lui a pas permis d'entrer vraiment dans la matière des choses, la composition, le sens nouveau de Nuit Debout, le retour en force de revendications salariales même "baroud d'honneur" au pied du "niet" du pouvoir directement piloté par les capitalistes, la diversité des "débordements" (AC : « Ce qui est problématique, c’est peut-être d’abord de ne pas distinguer entre les « débordements »)... tout étant comme cadré par des considérations générales avant même d'être analysé concrètement dans sa complexité

je trouve AC et LG durs sur certains points : la composition extrêmement variée des têtes de cortèges relevée par RS ne me semble pas si éloignée de ce qu'ils semblent vouloir dire eux-mêmes, et le conditionnel prudent de RS est nouveau dans une forme de questionnement embarqué. Au fond, ils n'usent pas moins de catégories discutables dans leur réponse. Un autre aspect est le contexte mondial de la crise, que RS a en tête je pense quant à l'issue annoncée dans une paupérisation généralisée sans précédent en Europe depuis le 19ème siècle

cela dit, bien d'accord avec AC/LG, pas d'"écart" en vue, et les "failles" vues par RS ne me semblent pas en annoncer, elles s'inscrivent plutôt dans le modèle (présup)posé par le corpus de TC sans en interroger... les limites apparues pourtant de façon claire depuis l'aventure SIC. AC et LG le disent à leur manière mais ne le formulent pas comme moi, parce que ça ne leur vient pas même à l'idée, et Patlotch compte pour du beurre dans ces débats sectaires, bien que l'on constate ici ou là des reprises discrètes : qui vivra verra

AC et LG a écrit:
C’est parce que « l’asystémie intégrée par le mouvement », n’est pas spécifiée concrètement et donc de manière contradictoire, n’est pas montrée dans le cours de la lutte et dans l’articulation de ses différents épisodes, parce qu’en somme elle est posée de manière générale et abstraite, qu’on peut passer aussi rapidement de cette considération à « l’annonce de l’appartenance de classe comme contrainte extérieure », qui mènerait à un « écart dans les pratiques revendicatives ». L’« annonce » faite à qui ? A Marie ? Pour qu’il y ait « annonce » autrement que comme un message tombé du ciel dans l’oreille du Prophète, il faudrait qu’il y ait des activités d’écart qu’on puisse au moins interpréter comme telles. Or, pour l’heure, on ne voit rien apparaître qui aille franchement dans ce sens.

mon sentiment est que les luttes actuelles n'offrent plus de prise aux considérations du milieu théorique ultragauche, et que fort peu sont capables de prendre les choses autrement qu'avec leurs présupposés théorico-idéologiques. Tant d'éléments sont laissés de côté que les fondements premiers de la théorie de la communisation (qui ont quarante ans d'âge !) semblent flotter hors sol sans trouver aucune base sur laquelle s'appuyer aujourd'hui

et encore ne parle-t-on ici que de la France, supposée sous nos yeux, mais alors que certains du "milieu radical" participent à ces luttes françaises, ils ne s'avèrent pas moins objectivistes que tous les militants d'extrême-gauche, et la tendance militante française reste au nez sur le guidon et le goudron français. C'est au point qu'un des constats les plus désespérant est bien que face à un capitalisme globalisé/mondialisé, il semble n'y avoir de réactions que dans des cadres nationaux, y compris dans les analyses : voilà une sérieuse limite générale, qui rejoint au demeurant le peu d'intérêt en France pour la crise en tant que telle de l'Occident capitaliste, et partant pour la critique décoloniale

AC et LG a écrit:
Les « lignes de faille » que RS identifie dans le mouvement semblent plus attester sa hâte de donner un contenu à ses allégations, quitte à ne pas y regarder de trop près, que la rigueur de son analyse. Les « actions minoritaires » peuvent être aussi bien la preuve de la minorité réelle des syndicats, qui ne parviennent pas à faire entrer les autres salariés dans la lutte, et n’ont dès lors d’autre choix que se lancer dans des blocages (ceux des plates-formes de distribution, déjà pratiqués en 2010, par exemple) qui sont le seul moyen d’avoir un peu de visibilité, sont la traduction immédiatement compréhensible du mot d’ordre « bloquer le pays » et peuvent se pratiquer avec une faible mobilisation, quitte à rester largement symboliques. La « porosité » entre syndicalistes à dossards et cortèges informels s’explique alors par le besoin de trouver ailleurs du soutien, non plus dans le monde de l’entreprise, mais chez les étudiants, chômeurs, précaires, qui forment la base militante du mouvement [il n'y a pas d'ouvriers, syndiqués ou non, à la base du mouvement ?].

Cette rencontre entre ceux pour lesquels la précarité est un mode de vie (certes pas toujours joyeusement assumé : on est loin des « chômeurs heureux » de 1998), et ceux pour qui le travail est un moyen d’existence ne se fait pas sans heurts, et elle n’a rien d’acquis [étrange partition, comme si les squatteurs/activistes avaient un poids déterminant dans l'activité de luttes de tous les précaires, étudiants-salariés...]. La « relation en cascade qui unit tous les niveaux de la lutte », si elle est bien présente comme tendance à spécifier, n’a rien de simple ni d’univoque. Cette formulation même, qui par son vague voudrait évoquer une complexité, n’est qu’un moyen de faire l’économie d’une analyse plus détaillée, dont les résultats seraient sans doute plus nuancés, voire totalement différents.

Il semblerait que c’est bien cela qu’a senti RS dans le commentaire qui fait l’objet de départ de ce texte : la mise en cause (indirecte) de sa certitude indifférente. Il y a bien loin d’intuitions même théoriquement étayées à la compréhension du mouvement réel, et plus loin encore de l’appartenance de classe comme limite de la lutte en tant que classe, au pas qui franchit cette limite.


demain est un autre jour

ces luttes ont incontestablement franchit sinon des limites, des pas dans la quantité et la qualité des formes plus que des contenus mais portant d'autres contenus possibles. Pourtant dit et répété, la construction théorique déterministe de TC, sur le modèle terminal du débordement du capitalisme par la communisation, une sorte de programmatisme communisateur, ne permet pas d'analyser au présent les dépassements produits des luttes pour ce qu'elles sont et peuvent seulement être (on se trompe d'époque comme disait Karl Nesic en 2012), sans parler des adeptes et de leur glissement de la religion communisatrice à la suffisance avant-gardiste qui s'épuise alors en gauchisme ultra et "extra" (au sens de "snob"), vidé de la positivité de l'ultragauche ouvrière (que porte encore l'humilité d'un Henri Simon, d'Échanges)

ce n'est donc pas un paradoxe que les meilleures remarques ou questionnements de RS sortent des limites... du corpus técéiste, au point qu'il en perde sa sainte cohérence structuralo-systémique, ce qui n'est pas plus mal, même si c'est moins valorisant pour l'égo du théoricien en tant que tel. Mais il demeure quant à la méthode au milieu du gué, entre "luttes théoriciennes" et luttes auto-théorisantes : franchir ce pas remettrait en cause son statut de professeur de la communisation

cela ne l'empêche pas néanmoins de faire des constats pertinents, mais la difficulté reste d'une analyse pour caractériser ce qui se passe entre généralité et particularités à différents niveaux et sous divers points de vue dialectiquement articulés (la formulation de AC/LG est plus rhétorique polémique que dialectique des contradictions). C'est en quoi j'ai pu apprécier les dernières interventions de RS comme dignes d'intérêt relativement aux miennes, et à la faiblesse théorique et méthodologique de ce qu'on lit un peu partout, comme au silence généralisé du milieu théorique de la communisation, tout simplement parce qu'il ne peut plus rien dire d'intéressant qui soit en prise sur les luttes : silence d'une fuite en avant de l'inspection des travaux finis, en attendant la fin, qui les intéresse d'autant moins qu'ils sont maintenant assurés ne pas la vivre

How high the Moon... la lune est haute, mais deux choses sont possibles : ne pas regarder le doigt du théoricien et ne pas rêver de la décrocher sans échelle. À l'assaut du ciel, qu'on le veuille ou non, il y a des étapes, des dépassements à produire sur la base des choses telles qu'elles sont, sur autant de lignes de front que le capital en oppose et en impose à une classe prolétarienne bien loin d'avoir trouvé les chemins de son unité révolutionnaire, et même de sa subjectivation révolutionnaire, de son désir de révolution : ce sont ces dépassements produits qu'il conviendra de mieux cerner quand ce moment aura donné ce qu'il pourra, en instruisant la suite

l'un dans l'autre, entre la convergence des partis et organisations, ce rêve de sauter par-dessus les segmentations dont a témoigné Nuit Debout, et la convergence des luttes par la lutte présente depuis le rebondissement anti-Loi travail et le réveil sans précédent de la lutte de classe proprement ouvrière, nous vivons un moment de dépassements de blocages antérieurs qui laissera des traces puissantes dans les années qui viennent, parce qu'il engage des générations qui ne vivent plus ni ne se battent plus sur aucun des modèles que nous connaissions



la bande sonne très faux, je l'ai choisie pour ça, comprenne qui pourra

et n'oubliez pas qu'aujourd'hui dans les manifs, tout le monde porte des capuches,
même ceux qui peuvent se payer un costard


cité par AC/LG

How high the moon
Is the name of this song
How high the moon
Though the words maybe wrong
We’re singin’ it because you ask for it
So we’re swingin’ it just for you


traduction/adaptation Patlotch

Comme la lune est haute
C'est le nom de cette chanson
Bien que les mots peut-être mentent
Vous demandez, on vous la chante
Mais ne swinguons rien que pour vous


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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Ven 3 Juin - 5:48


'dépassements produits' dans les formes de luttes

nouvelle remarque méthodologique

si je retiens de Théorie Communiste la notion de "dépassements produits", je ne la limite pas à celle du franchissements de limites imposée par le capital et son État dans une dialectique sur le modèle des écarts vers la production terminale d'une conjoncture de la révolution/communisation

je l'utilise dans le cours quotidien des affrontements entre classes sur plusieurs lignes de fronts et à plusieurs niveaux de généralités. De leur constat comme production par les luttes, je tire la possibilité de se donner des objectifs stratégiques pour des dépassements à produire de façon consciente, ce que je nomme une subjectivation révolutionnaire par des luttes auto-théorisantes : leur formulation théorique vise à promouvoir la construction de liens organiques entre luttes et pensée des luttes. C'est ce que je nomme pratique théorique embarquée

ce qui suit en est un exemple concret de mise en œuvre




Une grande manifestation nationale contre la loi El Khomri est programmée le mardi 14 juin à Paris. En attendant, les mobilisations se révèlent plus dispersées et moins massives qu’au début de la fronde, mais avec un impact cependant non négligeable. Exemple avec la journée de jeudi
.



Péage gratuit à la barrière de Thun-l’Évêque sur l’A2 hier matin,
à l’initiative des opposants à la loi travail.
PHOTO THOMAS LO PRESTI VDNPQR



Lille : moins de monde dans les rues contre la loi Travail, mais des propos virulents


Lille : faible affluence à la manifestation régionale contre la loi Travail

Citation :
1. Révolu, le temps des gros cortèges

Il est loin le temps où la police comptabilisait 10 000 manifestants opposés à la loi travail dans les rues de Lille (c’était le 31 mars). La mobilisation a essayé de tenir bon au fil des semaines, mais jeudi, à l’occasion du neuvième appel à battre le pavé, nous avons compté entre 600 et 700 manifestants . Effet d’usure. La colère demeure cependant, elle a juste changé de nature.



PHOTO CHRISTOPHE LEFEBVRE


2. Plutôt des opérations coup de poing

Plus de démonstrations de force donc, mais des opérations menées par des groupes de militants remontés, essentiellement estampillés CGT et SUD. Après une opération escargot, le syndicat SUD-rail (vingt véhicules, quarante personnes) a justement mené jeudi matin une opération péage gratuit à la barrière de Thun-l’Evêque, sur l’A2. Forcément, en dépit des ralentissements, l’accueil des automobilistes est plus souple (le 17 mai, la barrière de péage de Setques dans l’Audomarois avait fait l’objet de barrages en bonne et due forme).

Autre opération relevée jeudi, un blocage de la zone économique de Capécure à Boulogne-sur-Mer , dès 1 h 30 dans la nuit, avec des bouchons et des répercussions sur une sortie de l’A16 (déblocage dans l’après-midi).

Des manifestants ont par ailleurs paralysé un axe fréquenté d’Hazebrouck . Petits effectifs, gros impact.

3. Un effet contamination

Il n’aura échappé à personne que les cheminots sont entrés dans la danse, d’abord pour peser sur les négociations internes à la SNCF et par extension contre la loi travail. Le taux de grévistes (CGT, SUD-rail, UNSA) ne bat pas des records (17 % mercredi, 15,2 % jeudi) mais les effets sont importants (lire ci-dessous). Surtout que cette grève-là est reconductible chaque jour !

Du côté du contrôle aérien aussi, la gronde s’est traduite par une mobilisation de la branche aviation civile de la CGT jeudi (quelques perturbations à Lesquin). Sinon, on échappe au pire avec la levée du préavis de grève de cinq syndicats qui devait paralyser le trafic ce week-end, mais trois organisations de pilotes à Air France appellent à la grève du 11 au 14 juin. Pour des raisons purement internes dans les deux cas.

La contamination a même touché la centrale nucléaire de Gravelines jeudi : 70% des personnels déclarés en grève, mais pour le coup aucun impact sur la production électrique.

4. La guerre du carburant n’a pas lieu

Pour reprendre une expression à la mode, ça va mieux… Après une crise d’angoisse et des pompes à sec entre le 20 et le 27 mai grosso modo, on ne signale plus de problème de livraison de carburant dans les stations-service de la région, même si, au niveau national, quatre raffineries sur huit étaient toujours à l’arrêt mercredi. Sachez également que l’interdiction d’acheter de l’essence en jerrican a été levée mardi dans le Pas-de-Calais. Elle est toujours en vigueur dans le Nord.



quels "changements de nature ?"

1) dans ma recherche d'informations et matériaux pour la compréhension de ce qui se passe, je constate depuis des mois que la presse locale et régionale est souvent plus "objective" que la presse nationale : est-ce par qu'elle peut moins mentir sur ce qui est vérifiable près de chez soi ? Cette presse, sur Internet, il faut généralement la chercher par thématiques, car elle vient moins en page d'accueil actualités de Google...

cela ne vaut naturellement pas des informations de première main, soit par une participation directe ou des témoignages sur les blogs et réseaux sociaux, soit à organiser comme "enquêtes de terrain" de type "enquête ouvrière", qui montrent les limites sérieuses de toute approche analytique avec des catégories dépassées de la critique et une lecture normative, objectiviste et dogmatique dépassée (cf comme caricature le dernier texte de Temps Critiques)

2) il convient de porter une attention particulière à des "changements de nature" dans l'affrontement entre classes avec une grande diversité de comportements individuels et collectifs, sans rupture de continuité entre catégories classiques de l'analyse. Ils ne sont pas en profondeur ceux relevés superficiellement par cet article :

plus le mouvement dure et se fait dur, plus nombreux sont ceux confrontés de gré ou de force à la violence policière, et plus nombreux aussi ceux qui l'affrontent voire la provoquent délibérément, dépassant leurs peurs, jeunes et moins jeunes s'armant de courage. Ce phénomène me semble important et traduire un changement au sein de ce conflit appelé à durer par la suite. Il renvoie à la transformation de nature de l'État de la démocratie politique en un État de la démocrature politico-policière et à la question centrale de la violence de classe dans tous les domaines, par le travail et hors du travail

3) je reviendrai sur la possibilité de voir, dans les changements des formes sinon des contenus de luttes, des dépassements produits par l'implication réciproque dans le "bras de fer" et la "guerre des nerfs" entre le gouvernement et le patronat d'une part, les anti-Loi-travail de l'autre, avec le poids considérable de l'opinion publique, qui reflète l'idéologie comme "vie quotidienne" (RS)

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Sam 4 Juin - 13:56


3 juin 17:02


"fascisme", "antifascisme", "ultragauche"...
des mots pour ne pas dire les choses ?

on lira en relation mon commentaire à l'entretien avec Emmanuel Todd, qui utilise le terme de "fascisme rose" alors qu'un appel est lancé à une "manifestation antifasciste" demain : le goût du fascisme et la couleur du socialisme ?

l'interview ci-dessous, d'un chercheur expert en "ultragauche" reste formaliste et superficielle, mais elle permet par là-même de prendre l'air du temps, comme en écho au succès garanti de "l'antifascisme" et du fourre-tout "ultragauchiste" dans lequel on voudrait enfermer les formes nouvelles de luttes actuelles dans les catégories du passé (voir mon commentaire précédent sur les 'dépassements produits' dans les formes de luttes)



Loi travail : les groupes antifascistes de l'ultragauche au devant de la scène

L'Express AFP 03/06/2016 à 10:05

une expertise caricaturale et fausse


Des manifestants masqués le 2 juin 2016 à Nantes
afp.com/JEAN-SEBASTIEN EVRARD

"Plus politisés" et "plus composites" qu'autrefois, selon le chercheur Jacques Leclercq, les groupes antifascistes de l'ultragauche, peu nombreux mais parfois très violents, sont revenus au devant de la scène avec la mobilisation contre la loi travail.

Citation :
Depuis la première manifestation contre le projet de loi El Khomri le 9 mars, ces militants de l'ultragauche n'ont cessé de faire parler d'eux. Ils prennent systématiquement la tête des cortèges parisiens, sous l'œil parfois agacé des traditionnelles organisations syndicales (CGT, FO, Unef...), et scandent des slogans hostiles aux forces de l'ordre comme: "Tout le monde déteste la police".

"C'est une sphère très difficile à cerner, qui a parfois des réactions surréalistes et des actions très violentes", explique Jacques Leclercq, auteur de l'ouvrage "Ultragauche, autonomes, émeutiers et insurrectionnels", dans un entretien avec l'AFP. On les reconnait à leur "dress code": "des vêtements noirs, des bottes hautes... Comme les militants de l'extrême droite, à la différence que les gauchistes ont des lacets rouges et les autres, des lacets blancs". ["sphère" d'autant plus "difficile à cerner" qu'on ne le fait que sur la forme des luttes et sur un "look" ridiculement décrit, autrement dit les apparences vues de très loin, et les considérant comme muets sur les sens divers et variés qu'ils donnent à leurs actes]



L'Harmattan 2013, une lecture critique

Ils semblent peu nombreux, mais leurs actions (vitrines cassées, murs tagués, pavés arrachés, voitures vandalisées) en marge des manifestations et leurs échauffourées avec les forces de l'ordre viennent régulièrement brouiller le message des syndicats. [voilà la vulgate, il n'y aurait pas de porosités, cf ce qui a été dit des "têtes de cortèges"]

Sur leur site, les "antifas" de l'AFPB (Antifascistes Paris Banlieue) se disent "dans le viseur du ministère de l'Intérieur". [comme s'ils ne l'étaient pas, et le revendiquer comme une preuve justifiant en boucle leurs activités anti-État policier, puisque leur anticapitalisme n'est pas généralement fondée sur une compréhension critique de l'économie politique]

Un épisode violent a de fait marqué les esprits. Alors que des policiers manifestent à Paris le 18 mai contre "la haine anti-flics" de plus en plus répandue selon eux lors de la mobilisation contre la loi travail, une poignée d'autonomes s'en prennent à une voiture de police, d'où deux agents sortiront légèrement blessés.

Les vidéos montrent plusieurs personnes cagoulées jetant de lourds projectiles sur le véhicule, cherchant à frapper l'un des deux policiers, puis tirant un fumigène dans l'habitacle avant que le voiture s'embrase. Des suspects mis en examen dans cette affaire sont des membres connus de la mouvance des "antifas".

"Ce sont des militants chevronnés, proches des milieux libertaires et anarchistes, qui viennent des ZAD (Zones à défendre, ndlr) de Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Turin... et que l'on voit aujourd'hui aux avant-postes des manifestations sauvages", explique Jacques Leclercq.

- "Un cycle offensif" -

Sur leur site, ces militants se présentent avant tout comme "une organisation antifasciste et anticapitaliste". Une définition assez large, qui permet d'attirer vers eux "pour la première fois (...) des militants traditionnels, d'associations de gauche, des syndicalistes ou des écologistes mobilisés contre la COP21". [à mon avis ils en attirent effectivement, mais cela ne recouvre et n'explique pas le recours à des formes de luttes comparables de la part d'une partie de la jeunesse révoltée, et surtout cela ne l'explique pas essentiellement, c'est-à-dire comme produit pas le moment actuel de l'affrontement de classe]

Une alliance entamée avec l'instauration de l'état d'urgence, lors des attentats du 13 novembre, et qui se poursuit à travers la mobilisation sociale. "Cette ultragauche est à l'affût de toutes les luttes : il y a trente ans, les redskins tapaient contre les fascistes, au début des années 2000 on retrouvait ces groupes sur les manifestations contre les sommets gouvernementaux et aujourd'hui, ils se rassemblent contre la loi travail".

[non, ceux dont il parle se rassemblent pour aller plus loin que le retrait de la Loi travail, et c'est le sens qu'ils donnent à leur participation à ces manifestations comme à Nuit Debout précédemment : ce que les manifestants dans l'ordre des choses veulent démocratiser et nettoyer pour un capitalisme vert et propre - exemple : boycott des entreprises non "éthiques -, ils n'en veulent plus... - exemples : casser les vitrines des "gros" : concessionnaires automobiles, banques, panneaux publicitaires - C'est leur raison de (se) manifester là où c'est posé dans la tradition syndicaliste revendicative, et c'est ce qui fait du caractère débordements/imbordements un tout (RS) : ils se manifestent là, pas ailleurs à un autre moment, alors qu'on pourrait tout à fait envisager ces actions de "casses" à toutes occasions hors des luttes 'traditionnelles', ce qu'il n'est pas exclus de voir apparaître dans les mois et années qui viennent]


C'est aussi le résultat des rassemblements successifs contre le CPE (2006), pour les retraites (2010) ou, plus récemment, pour les migrants. "Même si ce ne sont pas les mêmes générations militantes qui agissent, il y a eu comme un passage de témoin", observe Jacques Leclercq. [là encore, ce chercheur sûrement un peu loin du 'terrain' insiste sur le retour en continuité de formes - qu'il faudrait regarder de plus près, ainsi que les discours qui les accompagnent - sans voir le caractère qualitatif et quantitatif nouveau du 'phénomène', et encore moins s'interroger sur le pourquoi maintenant ?]

A deux ans du premier cinquantenaire de "Mai 68", le chercheur relève que "beaucoup de slogans, d'affiches de cette époque sont repris aujourd'hui dans les cortèges" avec des appels pour les "grèves, blocages et manifestations sauvages".

Alors qu'on croyait le mouvement antifasciste "atone" depuis le décès d'un de ses membres, Clément Méric, il y a trois ans, le 5 juin 2013 au cours d'une bagarre avec des skins d'extrême droite, l'ultragauche reprend des couleurs. [c'est ici que le fourre-tout sous-conceptuel "ultragauche" est pratique et joue son rôle de brouillage idéologique, sans soute à l'insu de ce chercheur, mais peu importe : il est convoqué comme "expert"]

"Globalement, les antifascistes d'aujourd'hui sont moins violents, plus politisés et plus composites que dans les années 80", relève le chercheur. "Ils sont souvent surdiplômés", viennent de "milieux plus bourgeois" mais "ne trouvent pas de raison d'être à travers le travail". [pourtant, ces constats sur la composition sociologique ne l'amènent pas à s'interroger sur les différences avec l'activisme des Antifas, Black blocs et Action directe dans les années 2000-2010, qui accompagnait le démocratisme radical]

La société plonge avec eux dans "un cycle offensif" : "une action violente, suivie d'une répression forte". L'ultragauche cherche ainsi "à créer plus de solidarité entre groupes, et recruter de nouveaux militants dans les rangs des défenseurs de liberté". [le terme "recruter" est singulièrement décalé relativement au refus d'organisation de ces groupes et plus encore des regroupements de circonstances à l'occasion des dernières manifestations, dont une certaine spontanéité improvisée en temps réel, situation oblige, n'est pas absente]



affiche du Comité antifasciste Paris-Banlieue



« Nous ne sommes pas responsables de l’utilisation que les médias, la police et les institutions en général font ou ont fait du terme ultragauche. »
Roland Simon, Histoire Critique de l'ultragauche. Trajectoire d'une balle dans le pied, Senonevero 2009

double trajectoire d'une balle dans le pied ?

mais le brouillage s'épaissit car cela vaut aussi pour la critique ultragauche traditionnelle de l'antifascisme et ses avatars "communisateurs", qui s'enlisent au présent dans une pratique théorique auto-contradictoire, leur boussole déterministe n'indiquant plus une direction claire vers l'horizon de leur utopie communisatrice, qu'ils pourraient eux-mêmes suivre sans faux-semblants avec clarté : s'ils ne sont effectivement « pas responsable de cet usage du terme ultragauche », on peut aussi se demander de quoi, comme enfermés dans leur "certitude indifférente" (AC), ils se sentent véritablement responsables, puisque leurs critiques ne manquent jamais de viser en priorité les mêmes adversaires que le pouvoir, laissant à d'autres sa trop banale critique concrète au quotidien et se réservant de compter les points

on dira que ce n'est que l'effet d'une communication calamiteuse dans la perspective d'une vertueuse communisation

plus étrange en effet, le succès de l'antifascisme et de l'anti-flics comme boussole ne se dément pas dans des milieux le pourfendant sur le plan théorique, ce qui n'est pas le moindre de leurs paradoxes et des contradictions internes de leur posture... anarcho-post-ultragauche (au sens de l'ultragauche ouvrière historique, le conseillisme)

je pense en particulier aux contradictions évidentes du blog dndf entre textes théoriques de Théorie Communiste (théorie de la communisation), articles relayant relai sans distanciation des blogs constituant la galaxie "ultragauche" sur Internet (Paris-Luttes Infos, Lundi Matin, sites anars...) : aucune ligne générale ne ressort clairement de la recension des textes postés, mais une offre "radicale" floue et confuse voire racoleuse, témoignant de l'incapacité récurrente et durable, pour ce milieu théorique, à s'inscrire de façon combative, cohérente et pragmatique, dans des luttes dont il fait pourtant grand cas dans sa quête d'écarts bousculant les limites du capital, et d'annonces d'une "conjoncture révolutionnaire" : trajectoire d'une balle dans le pied ?

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Sam 4 Juin - 16:47


« de deux choses l'une, l'autre c'est le soleil » (Prévert)

"How High the Moon"


(suite du débat entre RS et AC & LG chez dndf)

il y a plusieurs points de la réponse à RS sur lesquels je ne me suis pas arrêté, des questionnements théoriques intéressants. Si je me suis contenté de dire qu'ils recoupaient mes observations ou remarques sans préciser en quoi, c'est aussi que nos méthodologies et surtout nos fondements théoriques généraux sont devenus différents et incompatibles, les miens ayant critiqué radicalement ce qu'ils ont en commun, la réciproque étant improbable car à mon avis impossible sur leur base

j'accumule quotidiennement des matériaux sur lesquels je fais des commentaires évoluant au fil de ce mouvement. Il me semble ainsi de pas décrocher de ses réalités concrètes, et c'est sciemment, méthodologiquement, que je ne vais pas jusqu'à des formulations théoriques aussi abouties que ces textes à la manière traditionnelle du milieu théorique : j'ai franchi le pas de mettre la théorie derrière les luttes auto-théorisantes, un pas que AC, plus rhétorique ici que dialectique, n'a pas franchi, sans quoi il n'en serait pas scotché à cet échange avec RS et sur dndf, il s'exprimerait de façon aboutie de sorte qu'on puisse saisir chez lui une vision d'ensemble cohérente d'où il parle plus clairement. Il n'y a que RS, lui AC et ceux qui le connaissent pour savoir ce que signifiaient ses remarques laconiques dont il se plaint qu'elles sont déformées par RS, mais sans se soucier qu'elles puissent être incompréhensibles au lectorat non initié de dndf : on a les débats qu'on mérite, et pour cela il faut commencer par respecter son propre lectorat sans le contenir comme spectateur, ou ne pas venir se plaindre d'être enfermé dans l'entre-soi du milieu et que "la radicalité s'en foute" (moi pas et je le prouve)

j'ai néanmoins noté chemin faisant plusieurs sauts qualitatifs dans la passage de Nuit Debout aux grèves/manifs/blocages, vers l'ébauche de premiers résultats théoriques traduisant ce qui me semble nouveau et sans retour en arrière possible. Je ne l'ai pas articulé dans un premier temps sur "l'illégitimité de la revendication", mais interrogé ce point au moment du "rebondissement" après le 49-3, si bien que je peux partager avec AC&LG ce point :


Citation :
On dira que nous sommes bien d’accord avec RS, que nous reconnaissons nous aussi la centralité de l’illégitimité de la revendication dans ce mouvement. C’est exact, nous pensons avec RS que « l’asystémie » est le point central de cette lutte, ou en tout cas son cadre général incontournable, et qu’elle est même consciemment et efficacement mise en scène par le gouvernement : « No pasaran » semble dire Valls, pour la rassurer, à la classe capitaliste, en se dressant face à la contestation. Mais il nous semble que RS déproblématise cette question en en faisant immédiatement « l’essence reconnue par elle-même de la lutte ». C’est aller trop vite, et ça n’est pas seulement une question de méthode.

Nous ne demandons pas que RS habille de considérations factuelles sa réflexion théorique. Il nous semble qu’à ne pas prendre en compte les articulations internes de la lutte et ses contradictions, c’est-à-dire la manière dont l’asystémie n’est pas intégrée mais également combattue, ou n’est intégrée qu’en étant combattue, RS passe à côté de la compréhension du mouvement, et fait courir à de justes considérations théoriques le risque de devenir de purs mots d’ordre.


je ne demande plus rien à RS, dont la malhonnêteté intellectuelle est pour moi rhédibitoire : le démontage ici par AC de ses procédés a déjà été fait par Bruno Astarian dans "Où va Théorie Communiste" et par moi à diverses occasions. Mais je partage donc ceci :

AC & LG a écrit:
Il semblerait que, dans son texte du 3 mai comme dans « Suite », RS soit plus pressé de faire jouer le concept d’illégitimité de la revendication salariale que de voir comment, en réalité, l’illégitimité elle-même est présente dans le mouvement et comment il se détermine face à elle. RS se préoccupe plus de l’illégitimité de la revendication  que de la manière dont elle existe dans le mouvement, comme réaction au « niet » du gouvernement.

C’est que le concept d’illégitimité, vu par le prisme de la « radicalité » du mouvement actuel (le terme n’est pas employé par RS, mais c’est bien ce qui est visé), nous mène tout droit à un concept-clé de la théorie de TC : ce qui apparaît au prolétariat dans cette lutte, c’est « le capital comme sa raison d’être, son existence face à lui-même, comme la seule nécessité de sa propre existence », et il n’y a entre cette reconnaissance, et « la remise en cause de sa propre existence comme limite de sa lutte », qu’un pas, on le sait, que RS n’hésite plus à franchir. [en quoi il n'est pas sorti de sa fuite en avant même en se dégageant de SIC en 2013, et dans sa « certitude indifférente » (AC), n'a pas tenu compte au fond des remarques d'Astarian ou des miennes, parce que son corpus en prend un tel coup qu'il ne sait plus comment le reconstruire même avec des critiques qu'il reconnaît pertinentes et avec les nouveautés qu'il relève lui-même : l'inertie théoricienne est consubstancielle de sa méthode et de son théoricisme depuis les années 70]

Citons : « Le mouvement qui actuellement balbutie en France n’arrive pas à se définir, à se comprendre lui-même, car il est, ici, le premier à sentir qu’il est constitué par le changement structurel dans le mode d’accumulation et de reproduction du capitalisme qui est entré en crise en 2008. L’illégitimité de la revendication dans la période du mode de production capitaliste qui est entrée en crise est en train de l’infiltrer par tous ses pores et il le sait et il le revendique. » On passe d’un mouvement qui « n’arrive pas à se comprendre lui-même » au fait qu’il « sente » les changements, pour en arriver à « savoir » que l’illégitimité est partout et finalement la « revendiquer ». Là encore, RS joue les ventriloques, et à défaut d’une analyse précise sur laquelle fonder ces allégations, il nous demande non seulement de le croire sur parole, mais, plus grave, il ne semble pas sentir lui-même le besoin de mieux spécifier les choses.


« le mouvement qui ne se comprend pas lui-même », c'est la formule que j'ai utilisée dans l'échange avec Corinne sur les luttes auto-théorisantes, et je ne vois pas la nécessité d'y revenir parce que cela ne fait pas de doute, ce qui ne signifie pas qu'il puisse porter ici ou là une certaine lucidité, dont j'ai fait part après des discussions que j'ai eues dans et après la manif du 26 mai. Personnellement, je n'ai eu aucune attitude condescendante dans ces discussions, pas même soucieux de « pousser plus loin » (que quoi ? sur quoi se prétendre en avance ?), de parler de "communisation" comme Léon de Mattis ou Robin, ou d'intervenir, n'étant pas là pour ça mais pour alimenter une intervention que je conçois ici : qu'elle produise ou non des effets immédiats n'est pas ma préoccupation, et constatant que je suis le seul à faire ce type de travail, je le considère comme prioritaire dans mes activités

entre ces deux propositions de RS sur la place des « revendications sectorielles », je ne vois pas vraiment d'incompatibilité entre s'en servir de "prétexte", et le fait que "ça bouge sur leur base", j'ai même dit que c'était de bonne guerre de classe, ce qui certes diffère de la vision anti-syndicaliste primaire de la post-ultragauche gauchiste :


Citation :
De même, lorsque dans les « Quelques remarques » RS déclare avoir « l’impression que, contrairement à 2010, les revendications spécifiques de tel ou tel secteur viennent un peu comme des prétextes, des justifications », on peut d’une part constater qu’il revient très nettement sur ce qu’il posait deux jours avant dans « Suite » (« Il faut d’abord remarquer que ce qui est en train de bouger et semble contredire la perspective de l’épuisement se fait sur la base de revendications sectorielles. »), mais on peut également se demander si cette « impression » ne fait pas surtout état du besoin de RS de fonder ses intuitions sur l’intégration de l’illégitimité par le mouvement. [j'ai fait cette remarque en introduisant "un questionnement théorique" au moment du "rebondissement"]

« Au fond, la revendication, personne n’y croit plus », nous dit RS, en langage vulgaire. Ce à quoi on serait tenté de lui répondre, tout aussi vulgairement : « C’est bien sûr, ca ? »


quoi qu'il en soit, ces revendications, comme l'opposition à la Loi travail, portent aussi sur le salaire et dans des conditions particulières à des secteurs qu'elle ne touche pas en tant que tels (le cas des fonctionnaires viendra, qu'ont anticipé la FSU pour l'enseignement et des territoriaux)

une catégorisation sociologique et théorique simpliste
et un champ trop étroit

une des remarques les plus importantes me semble celle-ci :

AC &LG a écrit:
Et, fait massif qui n’est guère pris en compte par RS qui pourtant repère d’autres « absences » : il n’y a que la frange syndiquée de la classe ouvrière qui soit actuellement en grève. Pas de grèves sauvages, de débrayages incontrôlés, de secteurs du privé rejoignant le mouvement [me semble vite dit et généralisé, ce serait à vérifier]. On a simplement vu il y a quelques semaines, des chauffeurs de taxi venir à Nuit debout, mais il n’y a pas eu de suite. Il aurait peut-être été bon de le souligner. Car ce qui est absent de la lutte ici, c’est tout ce qui vit déjà sous le règne de ce que la loi Travail veut généraliser : les CDD, précaires, chômeurs en jachère ou employés à temps partiel, qui ne sont pas syndiqués et ne peuvent pas l’être, c’est l’illégitimité de la revendication salariale dans ses effets mêmes.

je trouve la remarque essentielle sous réserve de vérifier qu'elle ne catégorise pas de façon simpliste et limitée au contexte français. L'enquête sur la composition de Nuit Debout à République faisait état de 20% d'ouvriers, sans doute plus ou moins encore étudiants ou ayant fait des études supérieures

or le précariat touche majoritairement des jeunes non diplômés du supérieur ayant quitté l'école après le collège ou de la filière professionnelle du secondaire, bac pros... Quand ils bossent, c'est dans des entreprises où ils se mêlent avec des CDI syndiqués ou non, des intérimaires... ils ne sont pas toujours mécontents de bosser parce que de familles qui n'ont pas les moyens de les entretenir même quand ils habitent encore chez leurs parents. Ceux-là donc ne relèvent pas de « ceux pour lesquels la précarité est un mode de vie » vs, selon AC-LG, « ceux pour qui le travail est un moyen d’existence ne se fait pas sans heurts ». Ils vivent en banlieue, sont des "petits Blancs" ou des "racisés", les absents du mouvement (mon fils a ses amis dans cette catégorie socio-raciale, ils comprennent vaguement ce qui se passe mais ne se sentent pas concernés, c'est comme ça)


si le mouvement semble enfermé dans le cadre national, l'analyse elle ne doit pas l'être

par conséquent, même si les observations de AC &LG semblent directes ou de première main, je m'interroge sur leur focale et la qualité des matériaux sur lesquels ils s'appuient, si bien que leur reproche à RS de ne pas y regarder de trop près peut valoir pour eux aussi, et pour moi relativement au manque de témoignages suffisants (cf remarque sur le besoin d'"enquête ouvrière")

j'ajoute que l'illégitimité de la revendication salariale ne me semble pas prouvée en Chine, en Asie, ni dans l'émergence du "capitalisme africain" qui vient alimenter la thèse d'une nouvelle restructuration du capitalisme mondial même globalisé, et personne n'analyse ce moment français de la lutte des classes dans le contexte mondial...

la violence

accessoirement, je partage le passage concernant la violence, n'ayant pas mieux compris que AC & LG la remarque de RS le 3 mai (« La question de la violence est absente, elle est, de fait, évacuée comme question. Il n’y a plus que les journaux de la télévision pour dire « les manifestants » et les « casseurs », même les flics et leurs porte-paroles ne s’expriment plus ainsi. »), mais c'était le 3 mai...

directions syndicales, "base", salariés non-syndiqués...


AC & LG a écrit:
Il ne s’agit en aucun cas des grèves et des blocages « dans leur ensemble », qui seraient « l’action propre des syndicats » mais de ces grèves et des ces blocages-là, à ce moment-là, et de ce syndicat-là, qui les mène : avant que la CGT ne mette les raffineries et les centrales en grève, les raffineries et les centrales n’étaient pas en grève, c’est comme ça. Au Havre comme à Saint-Nazaire, le port n’a été bloqué que quand la CGT a appelé à bloquer le port, à l’heure et au jour décidé par elle, c’est comme ça. Ça ne se fait naturellement pas sans tenir compte de l’état des troupes : il n’y a aucune grève qui tombe du ciel, sans qu’il y ait l’habituel jeu entre les UD et les UL, et la direction.

Mais pour l’heure, comme justement on ne croit pas que les syndicats trahissent ou déforment ce que veut ou dit la base, on n’oppose pas l’activité ouvrière à l’activité syndicale : quand cette opposition apparaîtra clairement, on en reparlera. Pour le moment, il semblerait que ça ne soit pas le cas, et ça n’est pas juste une impression : il y a nombre de blocages et de barrages où n’apparaissent que des dossards rouges, et on n’a pas encore vu un black bloc tenir un dépôt de carburant.


ça va sans le dire mais encore mieux en le disant, et rejoint mes remarques sur le gauchisme post-ultragauche qui sort son révolver dès qu'il entend parler de syndicats en général et de la CGT en particulier. Au moment où ils en prennent plein la poire du pouvoir d'État et du patronat, "A taaaaabbbblllleee !!!" de dndf fait écho le 31 mai à Gattaz le 30 mai : "CGT terroriste", c'est sans doute ce qu'ils appellent « participer aux luttes en les poussant plus loin... »

gauchisme communisateur

tous les idéologues objectivistes ont leur gauchisme spécifique, les "communisateurs" aussi, une façon de faire de la surenchère verbale qui se veut radicale mais ne prend pas les choses à la racine. On la trouve chez les politiciens démocrates d'extrême-gauche, chez les féministes, les écologistes, c'est une maladie juvénilo-sénile qui s'empare de tous les militants et qui n'épargne pas ici RS dès lors qu'il dit « il faut » "intervenir" dans « les failles ». En ce sens "ultragauche" n'est pas en soi gauchiste, mais il existe un gauchisme post-ultragauche qui s'est emparé, je pense majoritairement, de ce milieu théorique radical, avec lequel les plus sérieux font preuve d'une complaisance irresponsable


sur ce "débat" à sens unique

dans la mesure où j'y participe sans y être réciproquement inclus et n'y produit nul écho explicite, que RS voit chez moi « le comble du narcissisme » sonne comme un hommage du vice à la vertu. Il est somme toute plaisant voire flatteur de retrouver et chez RS et chez AC des idées que j'avais formulées avant, mais sans référence aucune à ce forum. Quand AC & LG écrivent...

Citation :
On pourrait s’étendre sur le fait que cette réponse sous forme d’invention d’un ennemi ad hoc est un triste symptôme de l’isolement de RS, et ramener ce constat au « marasme » dont parle TC 25.

C’est ce vieil ennemi dont l’absence s’est fait cruellement sentir, ces derniers temps : personne, par exemple, face à « De débordements en imbordements » pour crier au théoricisme, à l’abstraction, au mouvement autotélique et circulaire de la théorie et à sa déconnection de la réalité.


pour trouver "personne" qui "crie" à tout cela, il faut qu'AC et LG ne sortent pas de chez eux, centrés encore qu'ils sont sur (ce qui reste de) la théorie de la communisation, en relation interne avec elle, ce qui n'est pas mon cas puisqu'ayant ma propre base d'analyse externe, je n'en ai plus besoin que relativement à ce qui est partagé, et cette question de l'illégitimité de la revendication l'est, du moins comme problème de la période, dans le désert théorique alentour

... j'ai bien noté que dans TC 25 il y avait de RS « une réponse à Patlotch » (que je lirai quand ils me l'enverront ou la publieront gratuitement) mais nulle part dans ces débats la moindre référence à ma construction théorique d'ensemble :  le "marasme" est leur problème commun, car en définitive tout ce passe comme si eux disaient entre eux des choses intéressantes mais personne d'autre ailleurs - ils ne citent personne hors d'eux-mêmes, de façon auto-référentielle, en prenant à témoin des fantômes muets -, et cela vaut pour AC & LG pas moins que pour RS

bref, AC (car LG pas connaître) me semble ne pas aller au bout de la logique théorique qu'il semble initier dans cette réponse, et le côté règlement de compte avec lui-même autant qu'avec RS prend le pas sur la sortie de cet enfermement : How High the Moon se moquant de RS lui revient dans le nez, et c'est comme ça que je l'avais lu


improvisation collective en orbite

Comme la lune est haute
C'est le nom de cette chanson
Bien que les mots peut-être mentent
Vous demandez, on vous la chante
Mais ne swinguons rien que pour vous nous


une remarque quant à How High the Moon

cette chanson écrite en 1940 par Morgan Lewis (musique) et Nancy Hamilton (paroles), est devenue un standard du jazz classique tardif, d'avant le "be-bop". Charlie Parker en fait en 1946 le détournement mélodico-harmonique, et du titre, avec Ornithologie en 1946. Suivent Miles Davis en 1954 avec Solar, John Coltrane en 1960 avec Satellite (les liens renvoient à des vidéos permettant de saisir la différence avec la rengaine originale, comme ici entre mon point de vue et ceux auxquels je ne rends pas grâce de l'alimenter à sens unique)










j'ai donc l'impression d'un fossé dans la compréhension et d'un impossible échange : pour filer la métaphore du jazz puisqu'il est question de danser/swinguer, et, nonobstant le bel effort de AC & LG, l'impression confirmée que ce milieu en est encore à relire sa partition classique, incapable d'improvisation collective en temps réel et en miroir des luttes. Là-dessus j'ai dit que je ne reviendrai pas en arrière

je me suis délibérément placé sur une orbite différente, car c'était de deux choses l'une, et l'autre c'est le soleil : les yeux, les oreilles et les bouches du monde !

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Lun 6 Juin - 14:07

continuité et discontinuité sans rupture

l'insomnie et l'assommoir ou l'entonnoir des urnes :

Mélenchon a réussi sa mue populiste de gauche

Mélenchon, c'est de la politique, de la vraie, de la démocratie, de la "vraie", de l'ivresse, le l'ivraie délivrée

le Mélenchon nouveau est arrivé, en mélange de Chavez et Tsipras, de Gaulle et Marchais, on va voir ce qu'on va voir. La vie politique institutionnelle dans la préparation des élections présidentielles ne relève pas a priori d'un sujet « Nuit Debout » - « Loi travail », mais tout se passe comme si l'épisode de la « France insoumise » ce dimanche en était un des résultat, et comme un écho aussi de « La Manif pour tous » et des « Bonnets rouges » : la boucle est bouclée depuis le populisme de gauche de Chantal Mouffe et l'opération Lordon-Ruffin engageant Nuit Debout (on n'a entendu aucun démocrate de base de la place de la République protester contre l'homme providentiel)



Mélenchon : « Allez, au boulot ! »
(il faut penser que cela fut dit sans ironie...)
Politis 5 juin 2016

Dimanche, Jean-Luc Mélenchon lançait, place Stalingrad à Paris, sa campagne pour la présidentielle, en présence d'une foule compacte.


Citation :
« Ça y est, je retrouve les même sensations que la dernière fois », glisse une spectatrice à sa voisine. Elle n’était sans doute pas seule à avoir ce sentiment de « déjà-vu », dimanche, Place-Stalingrad, dans le 19e arrondissement de Paris. Même lieu, même foule compacte, même Marseillaise et Internationale entonnées en fin de meeting, même verve qu’il y a cinq ans, presque jour pour jour, lors du premier meeting de Jean-Luc Mélenchon pour la campagne de 2012. Seuls manquaient les drapeaux Front de gauche flottant dans le public, la cravate rouge et… quelques rayons de soleil.

La présidentielle, Jean-Luc Mélenchon y retourne. Pour gagner, cette fois. Porté par de bons sondages, l’ex leader du Parti de gauche, débarrassé des oripeaux des partis (du PCF notamment, qui organisait au même moment un pique-nique jour pour fêter la fin de son congrès), a opté pour une échappée gaullienne. Une rencontre directe entre lui et le peuple.

Et le peuple était là, dimanche. « Nous sommes 10 000 ! », hurlait au micro Charlotte Girard, co-animatrice de l’événement, tandis que Mélenchon s’avançait, sous les « hourras », pour prendre possession de l’estrade.

Auparavant, des dizaines d’« insoumis » y avaient défilé. Cheminots, sans-papiers, métallos, personnels hospitaliers, intermittents, syndicalistes, agriculteurs bio, profs, fonctionnaires territoriaux, chômeurs, taxis « ubérisés »… L’idée étant de rassembler sous une même colère tout ce que la France compte de déçus du hollandisme – et ils sont nombreux, comme chacun sait. Et de montrer que tous les ras-le-bol mènent à Mélenchon : des « Nuit Debout » aux « antifas », en passant par les anti-loi-El-Khomri et même… les inondés. « Jean-Luc, je te souhaite bien de belles victoires », a adoubé, sur écran géant, l'ex-présidente du parlement grec, démissionnaire de Syriza, Zoé Konstantopoulo.

« Agissez ! »

Dans le public, on a vite retrouvé les vieux réflexes – scander « Résistance, résistance ! » au lieu de « Jean-Luc, président ! ». Et à la tribune, le candidat a renoué avec ses – désormais célèbres – « accents gaulliens » pour un discours de politique générale plutôt inspiré. De mobilisation, aussi. Au centre de ses critiques, pas tant la loi El-Khomri que « le monde » qui va avec *. Ce « monde de la souffrance au travail », du chômage, du désastre climatique. Appelant à « réorganiser la civilisation humaine », en passant notamment « au 100 % énergies renouvelables », il a évoqué le « destin de la France [...] splendide de savoirs et de culture ». De Gaulle n’était pas loin, en effet.

Jamais avare de bonnes formules, il a vilipendé les « 40 obstinés du gouvernement », les « postures parlementaires » (des frondeurs socialistes), les « candidats passe-muraille » et les « candidats champignons »...« Il faut du caractère, de la volonté, pour défier [les] lobbys immenses, a-t-il souligné. Mieux vaut pour vous d’avoir des porte-parole rusés et malins que des poulets de l’année ! » Éclat de rire dans la foule, conquise.

Bien conscient qu’en cette époque « 2.0 », le parti politique traditionnel a vécu, Jean-Luc Mélenchon a mené une véritable séance d’« empowerment » à l’attention de ces « insoumis » qui s’affirment ou s’ignorent. Oui, on peut « reprendre le contrôle sur notre destin », a-t-il assuré. « Vous êtes le nombre, la force, vous êtes irrépressibles. » Et de lancer le principe du « un pour un », chacun devant convaincre un autre « qu’il est possible de mieux faire » qu’en 2012. « Je suis votre porte-parole, quant au reste, agissez ! », a-t-il dit, réussissant en cet instant précis à faire se rencontrer le « moi-je » de la Ve République et le « nous autres » de la VIe… Puis de conclure, autant pour lui-même qu'à l'attention de la foule se dispersant : « Allez, au boulot ! »



Mélenchon... "et son monde"

ajout 6 juin 12:40 : principe de base démago-populo-politicard, ratisser large, Mélenchon reprend ici la formule de François Ruffin dans Fakir, Nuit debout : « Non à la loi El Khomri et à son monde ! » 14/04/2016 mais s'il le fait... c'est qu'il y a continuité dans la reprise :












PS : le PCF a réussi, quant à lui, son auto-laminage en un Congrès sauvé par la présence de Martinez pour une CGT "courroie de transmission à l'envers"

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Mer 8 Juin - 15:16


la queue entre les jambes

"aveu de faiblesse", "politique syndicale"... "stratégie" sur la comète,
des questions à problèmes aux bonnes intentions

dndf " a reçu" ce texte de "communistes, Paris-banlieue", qui recoupe plusieurs des constats que j'ai fait chemin faisant concernant l'articulation entre grèves et blocages, selon que ceux-ci sont organisés par les grévistes ou de l'extérieur

il semble très impressionné par l'efficacité de l'organisation syndicale tout en dénonçant les appareils syndicaux, un classique... Relevons, puisque les auteurs le disent, qu'ils n'appartiennent pas à la classe ouvrière "industrielle", comme dit Il Lato Cattivo, ce qui interroge, remarque faite en 2012, ce que sont les "communistes" en termes d'appartenance de classe et relativement à un "sujet révolutionnaire" : d'où parlent-ils et quelle sorte d'extra-terrestres sont-ils si ce qu'ils disent ne s'appliquent pas à eux ?

en attendant la suite, Martinez peut se frotter les mains : il a réinventé un anarcho-syndicalisme rappelant les origines de la CGT, qui se retourne contre lui en tant qu'apparatchik syndical, mais qui serait dorénavant la route à suivre, baptisée ici "politique syndicale"...


Stratégie quand tu nous tient !! le texte ne comporte pas de titre.dndf (l'orthographe tient donc de dndf. J'ajoute le gras et les intertitres)
Citation :
Dans le mouvement plutôt atypique de ces derniers mois, il y a des salariés qui participent aux journées de mobilisation d’une part, et ceux qui ne savent pas trop où se mettre mais voudraient continuer une fois passées les manifestations. Pour ces quelques militants, différentes alternatives se sont composées, aboutissant à des résultats sensiblement semblables : comités d’action, assemblées de luttes, segments radicaux des Nuits debout se sont conjointement développés dans la tendance aux actions de blocage.

Ces blocages ont pu être de natures différentes : blocage de lieux de production (port de Gennevilliers, blocage de Macdo…) ou blocage de flux (rails, périphériques…). Mais quelles qu’aient été les lieux ou la nature du blocage (on parle ici uniquement des blocages organisés par des militants extérieurs, sont exclues les blocages dans le cadre d’un conflit de travail comme c’est le cas pour les routiers), ils semblent composer une stratégie obsolète à ce stade du mouvement, une stratégie qui n’est pas payante. Stratégie sur laquelle le mouvement aurait tout intérêt à prendre du recul, et à discuter. C’est sans mépris pour ceux qui font – et parmi lesquels nous nous trouvons – et en saluant les nombreuses initiatives qui ont lieu, ce qui est toujours mieux que rien, que nous rédigeons ce texte.

Pour commencer il faut bien constater que les seuls blocages qui ont fonctionné (à l’exception notable du très réussi blocage d’une plate-forme de distribution à Bordeaux, tenue avec le soutien des routiers, et sans doute d’autre blocages moins médiatisés, mais qui ne constituent pas une majorité) l’ont été à l’initiative des salariés concernés : Macdonald’s lorsque les grévistes étaient présents, blocages des embauches à La Poste. Le blocage exogène (venant de l’extérieur, sans appui sur les salariés), lui, n’a jamais fonctionné : ni au port de Gennevilliers, ni dans les Macdonald’s dont le personnel n’était pas gréviste, et on peut supposer que, sur ce modèle, il ne fonctionnera nulle part : pas plus dans les aéroports que dans les enseignes de distribution.

ces blocages extérieurs ne permettent pas de stopper durablement la production

Lorsque nous disons que ces blocages ne fonctionnent pas, c’est du point de vue du mouvement : évidemment, pour une heure ou deux, parfois plus, ils permettent de stopper la production. Le patron, le rentier, le capitaliste, perdent un petit chiffre. Mais ils ne fonctionnent pas du point de vue de la mobilisation. On peut toujours bloquer une route, même à quarante, et empêcher ainsi les travailleurs de se rendre dans leur boîte : l’effet n’est jamais celui d’une grève, initiée par les travailleurs, car ni la conscience ni l’organisation ni l’autonomie ni la lutte des salariés n’y sont. Il faut avoir l’objectif à l’esprit : l’objectif, c’est la lutte sociale et massifiée, la perte de chiffre d’affaire, un moyen. Que la grande crue arrive à Paris, et les flux comme la production seront bloqués : mais la révolution n’aura pas lieu [ah bon, elle doit avoir lieu par temps sec ?], car la crue – le blocage – n’est pas une expression de la lutte des classes. Nous pouvons bien bloquer un Macdo, un port… : nous ne sommes la plupart du temps ni équipiers, ni dockers. L’effet n’y est pas. Du point de vue des salariés sur place, lorsque l’action n’est pas concertée, il n’y a au mieux pas d’effet du point de vue de la nécessité de s’investir dans la lutte ; au pire, le dégoût de voir des militants – parfois plus privilégiés – prétendre apprendre quelque chose, sauver quelque chose, d’un lieu où ils n’ont pas mis les pieds, auquel ils ne connaissent rien et où ils ne reviendront pas.

un aveu de faiblesse

Ces problèmes ne sont certes encore que des petits inconvénients incommodes d’un mouvement social ; l’enjeu, pensons-nous, étant de maintenir autant que cela est possible et par tous les moyens un niveau d’agitation et de conflictualité acceptable pour continuer la lutte. Mais il y a quelque chose de plus déterminant dans cette stratégie de blocage, à long-terme : c’est qu’elle est un aveu de faiblesse. Au contraire des salariés qui participent aux journées de mobilisation, si nous ne savons pas « où nous mettre », c’est précisément que notre lieu de travail n’est pas en grève, notre boîte n’est pas occupée. Nous devons bloquer chez les autres, car nous n’occupons pas notre propre lieu de travail.

C’est de manière générale un aveu de faiblesse – nous ne sommes pas capables –, c’est aussi une position de repli – nous ne pouvons pas ou ne voulons plus faire ce travail considérable et souvent pénible qui est de mobiliser ses propres collègues, son propre secteur. Il est vrai que les cadres syndicaux, les outils et la conjoncture ne sont pas favorables, et cette faiblesse n’est en aucun cas une faute personnelle. C’est un événement social ; mais les faits sont là.

un mouvement différent de 1968, 2006, 2010... l'absence des fonctionnaires, la présence ouvrière et la difficulté des précaires à participer

Le mouvement actuel est atypique : il ne ressemble pas aux modèles que des fées pleines de bonnes intentions lui avaient proposé. Ce mouvement-ci n’est ni 1968, ni 2006, ni 2010 ; il ne pouvait pas l’être. Aussi pendant deux mois, chargé de ces bonnes intentions, le mouvement n’a pas cessé de commencer sans statuer sur son rythme, sa forme ; il ne prend finalement la forme qui semble devoir être la sienne au moment le moins opportun, lorsque tout pourrait sembler joué. Cette forme qui est bien celle du mouvement actuel, c’est celle de l’absence des fonctionnaires à l’exception de secteurs en lutte propre (hospitaliers, postiers, cheminots), de cortèges en conséquence moins fournis, mais dans lesquels la présence ouvrière est plus visible et la combativité beaucoup plus forte (comme la tolérance à la violence). De surcroît, le mouvement arrive dans une période de pénurie pour beaucoup de collègues : baisse des salaires, durcissement des conditions de management, augmentation des temps partiels et d’emplois peu sécurisants vis-à-vis du droit de grève, expliquent pour partie l’absence d’un certain type de salariés. Dans les boîtes, le contexte de mobilisation est donc très difficile ; la grève, épisodique. Vint le blocage.

discuter la "stratégie", relancer l'activité de type syndicale...

Avec le recul que nous donnent trois mois de mouvement, nous pouvons commencer à envisager de discuter cette stratégie. Elle semble ne mener nulle part et faire la démonstration d’une incapacité militante. Nous avons pourtant besoin d’agir : et pour que la critique que nous formulons fraternellement ne devienne pas une caution à l’attentisme, il faut envisager sous quelles autres modalités nous pouvons travailler. Il nous semble qu’elles sont de type syndical, un travail rébarbatif mais qu’il faudra bien mener : collages, rédaction et distribution de tracts, information partout.

Également, sur le plus long terme, l’investissement dans des structures syndicales locales : quelques militants révolutionnaires peuvent susciter beaucoup de combativité dans leur boîte, leur secteur, en redressant la ligne des syndicats en présence. Les secteurs combatifs, victorieux, qui aujourd’hui sont présents en cortège avec le plus de détermination, sont de ceux qui ont éprouvé ce lent et pénible travail : cortège des salariés de la CGT Carrefour Market, lutte des femmes de chambre de l’hôtel Campanile, des personnels de nettoyages OMS…

la quantité ("massification") et la qualité ("orientation" : contenus)


En tant que révolutionnaires, ce « retour à la base » est inconditionnel. Mais tout en se posant comme nécessaire, il ne doit pas faire oublier qu’un mouvement se joue sur un double-plan : celui de la massification, et celui de son orientation. Le travail à la base assure la massification, et permet de conforter la combativité dans des secteurs où nous pouvons formuler des perspectives et mots d’ordre révolutionnaires ; l’orientation, elle, s’appuie sur une vision globale du mouvement, pour laquelle il faut formuler tant des éléments de programme que des perspectives qui doivent s’avérer politiques. C’est ce gigantesque travail que nous avons encore devant nous, dans une période qui pourrait bien se trouver favorable : la grève reprend, les organisations ouvrières redécouvrent qu’elles ont la main sur le pays, la production, et que le soutien populaire est massif. La dynamique est bonne ; à nous de l’appuyer.

étrange éloge de la "politique syndicale"

Par ailleurs, cette perspective, adressée à des camarades qui peuvent légitimement douter du principe d’organisation syndicale, « tort le bâton » dans le sens d’une politique syndicale. Mais il ne s’agit pas de se voiler la face : comme toute structure, les syndicats ne sont ni « bons » ni « mauvais », ils forment des organes nuancés sur lequel la lutte des classes doit s’appuyer de manière « utilitaire ». Ainsi, le mode d’organisation syndical peut être à un certain moment un facteur de combativité, par les garanties matérielles qu’il propose (caisses de grève, etc.) et l’ »unité de volonté » qu’il met en place sur la base de conditions matérielles vécues par les travailleurs. L’investissement à la base ne doit pour autant pas être la légitimation des appareils syndicaux, organes profondément et structurellement réformistes.

signé : des communistes, Paris-banlieue


au milieu du gué, militons triste

1) commençons par remarque sur la chute : je ne vois pas pourquoi les "appareils syndicaux" sont des "organes [plus] profondément et structurellement réformistes" que l'action "de type syndical à la base", et les exemples donnés le montrent, l'objectif est le même, négocier "les conditions matérielles vécues par les travailleurs" : qui a organisé des "caisses de grève" et encouragé "la combativité" sinon des appareils syndicaux ? machines syndicales dans lesquelles le poids de la bureaucratie est énorme, mais sans rupture de continuité de la base au sommet, les lignards étant à tous les étages, où s'expriment des positions différentes voire conflictuelles, non seulement entre syndicats (CGT, FO, SUD et la CFDT...) mais aussi au sein de la CGT

2) comment peut-on poser un problème de "stratégie" sans caractériser le mouvement d'un point de vue théorique dans le moment actuel et à une échelle qui suppose de ne pas le prendre en soi comme moment français ? Ici, aucune considération sur la question de "l'illégitimité de la revendication salariale", la question de savoir si ce mouvement l'entérine ou non, comme acceptée par "le prolétariat", hors les constats faits sur "l'aveu de faiblesse", et l'absence de certaines couches salariées les plus touchées par cette "illégitimité" du point de vue du capital et de l'État (remarque faire à RS par AC & LG)

3) affirmer « il faut envisager sous quelles autres modalités nous pouvons travailler [...] elles sont de type syndical » revient à considérer, vraie question, que l'illégitimité de la revendication n'est pas actée par la classe ouvrière en lutte, mais aussi à ne pas poser la question du dépassement de la lutte revendicative dans le respect de la règle du jeu capitaliste. Il est donc contradictoire de le faire "en tant que révolutionnaires"

4) d'un côté on peut apprécier le réalisme, le souci de pragmatisme et d'efficacité, et qu'on ne se gargarise pas ici avec l'apparition de "failles" (RS) dans lesquelles "~intervenir" pour "annoncer" et promouvoir d'éventuels "écarts", la vision de Théorie communiste,

d'un autre côté penser que la "faiblesse" est surtout celle de l'analyse, puisqu'ici aucun objectif de contenu n'est donné qu'en recul : s'organiser en terme de « politique syndicale » , mi-chèvre mi-chou entre "revendiquer est encore légitime" et une posture qui se démarque comme étant "révolutionnaire" alors qu'elle en constate l'impossibilité et ne définit pas ce qu'en seraient les contenus actuels

5) or de deux choses l'une, soit ce moment de la lutte des classes en France comporte des "failles" dans lesquelles peut s'inscrire une activité communiste susceptible de produire un dépassement des "limites" face au capital et son État, soit une telle dynamique n'existe pas, ou seulement en rêve dans la phraséologie gauchiste : dynamique de quel contenu, en relation avec la perspective révolutionnaire affirmée, puisqu'elle serait "de type syndical" ?

ici, le texte affirme que « la dynamique est bonne » et qu'il faut « l'appuyer », parce s'ouvre « une période qui pourrait bien se trouver favorable : la grève reprend, les organisations ouvrières redécouvrent qu’elles ont la main sur le pays, la production, et que le soutien populaire est massif. » Notons que ce "soutien populaire" peut aussi bien se retourner, d'où la prudence de la CGT y compris à la SNCF à la veille de l'Euro de foot, et que revient en force le populisme de gauche avec la perspective des élections présidentielles (voir plus haut Mélenchon à Stalingrad et dans les sondages, Ruffin contre le PS pour une alternative institutionnelle et constitutionnelle, montée discrète mais non démentie du FN...)

6) j'ai souligné que cette reprise de la combativité ouvrière (tout de même très limitée en quantité) est gage de confiance en soi, c'est "bon pour le moral" et le serait encore plus le retrait ou le vidage de la Loi travail est obtenu, ce qui est tout sauf gagné. Ce retour de la combativité ouvrière pourrait être le principal acquis durable de ce moment français, mais il n'en pose pas moins la question essentielle quant à son sens : fin d'une période et « dernière chance à saisir et baroud d’honneur » (AC & LG) ou début d'une autre qui serait, et c'est mon avis, entièrement à redéfinir à l'échelle mondiale dans la double crise de l'Occident et du Capital

7) trop d'absences dans ce texte : quelle évolution de la démocratie politique et de la fonction/nature de l'État national mondialisé ? Quelle dépassement produit de la violence réciproque dans l'affrontement entre classes ? Quel sens à l'absence des jeunes des quartiers populaires "racisés" ou non, de questions posées par les femmes dans les luttes ? Quel sens dans le contexte global de la crise (cf les pronostics pessismistes de la Banque mondiale, de l'OCDE et de la Banque de France annonçant une baisse de la sacro-sainte "croissance")


ce n'est qu'en dépit, continuons le 'marasme'


au total une réflexion nouvelle et intéressante, qui prolonge les remarques de AC & LG (le texte n'étant publié que par dndf...), mais si peu contextualisée, comme dirait RS, et si étroite de champ d'observation, une "analyse" fondée sur tant de présupposés à la limite du programmatisme ancien ou relooké, que je ne vois pas très bien sur quoi d'autre elle débouche qu'un volontarisme avant-gardiste marginal et hors-sol, ni même en quoi malgré ses bonnes intentions elle peut se prévaloir d'être "communiste" avec une pareille chute la queue entre les jambes...

en fait, comme le texte de AC & LG, How High the Moon, ce texte témoigne d'un malaise et ne va pas au bout de sa logique "théorique", qui serait bien plus désespérante de la foi déterministe, car constat du "marasme" de la radicalité post-ultragauche communiste française

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Mer 8 Juin - 15:16


piqûre de rappel


on y danse tous en rond...


si l'on veut pouvoir définir une activité communiste embarquée dans les luttes tant par la qualité de sa vision théorique que par le contenu de son 'intervention', il faut sortir radicalement d'une conception qui se trompe d'époque, et ne pourra apporter à ses adeptes que de plus en plus de désillusions,

elle est à mi-chemin de percevoir son échec et théorique et pratique , sans accepter encore un changement de perspective et de compréhension des luttes comme porteuses d'une dynamique historique dans leur ensemble à l'échelle du monde, et non par leurs marges impuissantes dans la vieille Europe se pensant en avance ou croyant maîtriser son destin par une vision universaliste héritée des Lumières et du marxisme traditionnel

c'est à quoi je proposais de s'atteler l'an dernier avec ruptures communiste et décoloniale dans la théorie de la révolution, n'ayant eu de cesse depuis de préciser les grandes lignes de cette démarche, telle qu'elle apparaît au fil de ce forum


si je n'ai pas de certitude que mon point de vue soit juste, que le leur est faux, oui, mais tant que cela leur conviendra, les "camarades" continueront de discuter d'autre chose, en rond, ne faisant qu'approfondir leur "marasme"

Le Marasme des Oréades
(Marasmius oreades) ou faux mousseron
 en rond de sorcière




Jean-Pierre Ring, Saint Sardos - Tarn et Garonne, 04 novembre 2009
SFO-PCV Société Française d'Orchidophilie de Poitou-Charentes et Vendée


excellent en omelette, ce qui suppose de casser des œufs


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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Mer 8 Juin - 17:54


ce sujet est un fil de synthèse. Commentaire recopié dans le sujet général ICI


le texte de "communistes, Paris-banlieue", dit bien son origine, province inexistante, or c'est la province qui donne le la des luttes depuis 3 mois…?

d'où cette pirouette

Quand le pouvoir parisien du capital prend l'eau ? C'est encore la province qui trinque… déjà 300 000 sinistrés

Pourquoi la crue de la Seine a-t-elle été sous-estimée ? Audrey Garric et Pierre Le Hir, La Monde | 03.06.2016  

Citation :
Or c'est surtout la crue des affluents qui a été sous-estimée

Des orages dévastateurs en Ile de France, on en parle... la même chose dans la Somme et le Pas de Calais c'est le silence : étonnez-vous de leur sentiment d'exclusion et de ce que ça entraîne sur tous les plans....


un début de réponse ou confirmation :

Rhône : Six syndicats de pompiers déposent un préavis de grève pendant l’Euro 08/06/2016 par xxx Le Progrès, 8 juin 2016 :
Citation :
Les syndicats SUD, CGT, CFTC-SPA, Unsa, FA et FO du service départemental métropolitain d’incendie et secours (SDMIS) ont déposé un préavis de grève qui couvre sept journées entre le 13 juin et le 6 juillet, en plein pendant l’Euro 2016.

https://communismeouvrier.wordpress.com/2016/06/08/rhone-six-syndicats-de-pompiers-deposent-un-preavis-de-greve-pendant-leuro/

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Mer 8 Juin - 20:24


"communiste" ? la nouvelle "politique syndicale" Paris-Banlieue ?

vlad2 a écrit:
le texte de "communistes, Paris-banlieue" dit bien son origine, province inexistante, or c'est la province qui donne le la des luttes depuis 3 mois…?

franchement je ne vois pas comment opposer Paris et Province, les manifestations parisiennes, grèves et blocages en Île-de-France ayant eu bien des caractéristiques communes avec ceux de Nantes, Brest, Toulouse ou Marseille

ce texte n'étant diffusé que sur dndf d'abord, sans passer par les canaux habituels (Paris-Luttes Infos, etc), son origine me semble liée à la discussion de dndf, s'adresser au "milieu radical", et particulièrement prolonger les interventions précédentes de AC, "anonyme", et RS. Comme ils le précisent, ils parlent d'eux-mêmes et nous font part de leurs états d'âmes en en faisant des questions "stratégiques" [merci la modestie] en les généralisant à une catégorie ramassant des pommes et surtout des poires pour leur soif d'intervention : « savoir où se mettre »

Citation :
il y a [sic] des salariés qui participent aux journées de mobilisation d’une part, et ceux qui ne savent pas trop où se mettre mais voudraient continuer une fois passées les manifestations. Pour ces quelques militants, différentes alternatives se sont composées, aboutissant à des résultats sensiblement semblables : comités d’action, assemblées de luttes, segments radicaux des Nuits debout se sont conjointement développés dans la tendance aux actions de blocage.

[...]

Au contraire des salariés qui participent aux journées de mobilisation, si nous ne savons pas « où nous mettre », c’est précisément que notre lieu de travail n’est pas en grève, notre boîte n’est pas occupée. Nous devons bloquer chez les autres, car nous n’occupons pas notre propre lieu de travail.


le nouveau syndicalisme 'révolutionnaire' est arrivé ?!

« notre boîte n'est pas en grève et nous devons bloquer chez les autres » est d'une tristesse affligeante, et tout ça pour passer d'un anti-syndicalisme, primaire car incompris, à un néo syndicalisme révolutionnaire qui voudrait se distinguer du « réformisme des appareils syndicaux, organes profondément et structurellement réformistes », parce qu'au fond ils reconnaissent contradictoirement que ce sont ces derniers qui ont fait prendre la sauce de la mobilisation et de la combativité, alors que leurs pratiques furent pour eux un échec, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas compris le sens (dans la "généralité") de la diversité de ce même à quoi ils ont apporté leur contribution (on a eu de telles réactions post-coïtum triste des "activistes" de la revue Meeting après le CPE)

le problème de la révolution ne sera pas de "se mettre" ailleurs qu'on est déjà dans l'implication réciproque capital-prolétariat, mais depuis cette situation quand elle s'y prêtera d'y participer, sur la base même de ce qu'elle est face au capital et sur les lignes de front où l'on se situe de façon vitale : c'est bien parce que ce moment ne contient aucune prémisse révolutionnaire qu'on se pose ce genre de questions extérieure à ce qu'on est, et qu'il est donc vain de vouloir résoudre la quadrature du cercle avant-gardiste "que doivent faire les révolutionnaires "en période non révolutionnaire"

cela sonne à mes oreilles comme les précédents de Tant Qu'il... et du Réseau Communiste antigestionnaire, qui prennent leur situation comme le centre d'on ne sait quoi, en mal d'une théorie qu'il ont cru trouver chez TC ou ses avatars, et qui n'ont plus le vent en poupe, alors ils flottent en quête d'explications qui n'en sont pas

je ne sais ni qui ils sont ni combien, mais j'appelle ça du narcissisme collectif égocentré sur leurs "pratiques" et tentant une malheureuse autocritique tout aussi nombriliste : on ne définit pas SA lutte sans la situer dans un moment de la crise du capital, et dans ses particularités au sein d'une lutte générale sur laquelle elle ne saurait être en avance, mais pire est ici de la prendre comme susceptible de faire bouger le tout : l'autocritique ne vaut pas mieux que ce qu'elle critique, elle n'est que réformisme ajouté au gauchisme interventionniste, "politique syndicale" mon cul !

on est passé de
on veut des thunes en attendant le communisme
à
on en fait des tonnes pour savoir "où se mettre"

et dndf balance cette bouillabaisse parisienne sans la moindre distanciation marseillaise, comme d'hab'

Qui sommes-nous ?



des communistes avec un problème de management participatif ?

voir en relation le sujet AUTONOMIE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Lun 13 Juin - 23:16


Coupat qui va et vient
en marchand de lui-même


« Ce qui se passe actuellement dans ce pays,
c'est que la politique classique n'offre de toute évidence aucune issue à une situation devenue intolérable,
et que de plus en plus de gens en prennent acte. »


Pour Julien Coupat, “la loi travail est l’affront qui fait monter au front”

Les Inrocks 13/06/2016

À lire sur mediapart.fr [en accès payant]
remarque : de Potlatch gratuit aux 10 pages de Coupat réservées aux abonnés payant, en attendant que l'insurrection vienne, et alors tout peut se mettre gratuitement en ligne, au comble de la marchandise de lui-même, Monsieur Coupat se vend

Christophe Gueugnaux a écrit:
Le « réseau affinitaire Coupat » est-il derrière les débordements observés lors de la mobilisation contre la loi El Khomri ? Manuel Valls l'a dit à l'Assemblée, une note de la DGSI, qui a fuité dans la presse, l'affirme également. Julien Coupat et Mathieu Burnel, tous deux mis en examen dans l'affaire de Tarnac, répondent dans Mediapart : « Ce qui se passe actuellement dans ce pays, c'est que la politique classique n'offre de toute évidence aucune issue à une situation devenue intolérable, et que de plus en plus de gens en prennent acte. »

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Julien Coupat et ses amis refont parler d'eux. Ou plutôt, le pouvoir en parle à nouveau. Fin mai, le premier ministre, Manuel Valls, a tenté d'expliquer devant les députés que les débordements observés lors des manifestations contre la loi sur le travail étaient orchestrés par les black blocs et les « amis de Julien Coupat ». Quelques jours plus tard, le journal Le Point citait de larges extraits d'une note de la DGSI appuyant cette thèse. Au même moment ou presque, les prévenus de l'affaire dite « de Tarnac » voyaient la chambre d'instruction se pencher sur leur situation. D'ici la fin du mois, on saura si oui ou non il faut qualifier de terrorisme les faits qui leur sont reprochés. [...]


C’est une note de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) dont de larges extraits ont été publiés par Le Point récemment qui a fait resurgir le nom de Julien Coupat, militant anarcho-autonome considéré comme le leader du “groupe de Tarnac”.


ni Dieu, ni Maître, ni Coupat ?

Citation :
Dans cette note, lui et “son réseau affinitaire” sont soupçonnés de faire dégénérer systématiquement les manifestations, voire même de noyauter Nuit debout. Médiapart a interrogé Julien Coupat et Mathieu Burnel, tous deux mis en examen dans l’affaire de Tarnac, pour avoir leur avis sur le contexte de mobilisations contre la “loi Travail”.

Tout d’abord, à propos de cette note, ils expliquent qu’elle a provoqué chez eux “hilarité et embarras”. Cette idée que “les amis de Julien Coupat” seraient à l’origine des débordements “en dit long de la capacité d’invention burlesque de l’imaginaire antiterroriste”, estiment-ils.

“Il y a de la casse, indéniablement. Il n’y a pourtant pas de ‘casseurs'”

Dans ce long entretien (4 pages), les deux militants analysent les récentes manifestations, le rôle des syndicats, et la focalisation médiatique sur les “casseurs”. Selon eux, ces-derniers n’existent pas :

“Il y a de la casse, indéniablement. Il n’y a pourtant pas de ‘casseurs’. Médias, politiques et sociologues devraient moins s’attarder à essayer de cerner les introuvables contours du ‘casseur’ que de se demander simplement : pourquoi, désormais, tant d’actes de casse sont-ils accueillis, dans les cortèges de tête, par des applaudissements ? Pourquoi, lorsqu’une innocente borne d’Autolib’ se fait fracasser, la foule entonne-t-elle un ‘tout le monde déteste Bolloré’ ?

Au moins depuis l’apéro chez Valls, où le boulevard Voltaire avait été intégralement décrassé de ses banques dans l’assentiment général, au son de slogans fort explicites, il se trouve de plus en plus de gens pour manifester leur approbation de la destruction, quand celle-ci vise des objectifs évidents.”

Ils commentent également la controverse qui a lieu entre eux et l’éditeur Eric Hazan à propos de la violence dirigée contre la police. Ils reconnaissent en effet avoir un désaccord sur la manière de destituer les tenants du pouvoir :

“Éric pense que c’est en criant ‘la police avec nous !’. Nous pensons que c’est en exerçant sur le corps policier une pression populaire, physique et morale telle qu’une partie de lui doive se dissocier des 50 % qui votent déjà FN et se verraient bien en petits S.A. d’une prochaine révolution nationale.”

“Il y a là une rage et une détermination qui ne sont pas ‘de gauche'”

Enfin, ils nient le fait que la mobilisation actuelle, faite de débordements successifs – des syndicats, des places, des manifestations – soit un “mouvement social”. Selon eux, elle témoigne d’un ras-le-bol plus profond – “c’est l’affront qui fait monter au front” :

“Le refus qui s’exprime là est autrement plus large que le refus d’une loi ; c’est le rejet de toute une façon d’être gouverné, et peut-être même, pour certains, le refus pur et simple d’être encore gouverné.”

D’ailleurs, ils rejettent aussi l’étiquette “de gauche” ou “de gauche radicale”, qui ne sont bonnes que pour les prétendants à la présidentielle selon eux :

“Il y a là une rage et une détermination qui ne sont pas ‘de gauche’. ‘Être de gauche’ a toujours eu quelque chose de vague, de lâche, d’indécis, de bien intentionné, mais pas au point d’agir en conséquence. Ce qui se passe en France depuis plus de trois mois maintenant a justement à voir avec l’impossibilité d’être encore de gauche sous un pouvoir socialiste”

D’ici la fin du mois, la chambre d’instruction doit se prononcer sur les faits qu’ils leur sont reprochés. On saura alors si le terme de “terrorisme” est maintenu ou non.


que voilà une écume médiatique comme RS écrivait que « Nuit Debout est l'écume sociale de cette situation »
(ici)


« ce n’est pas la manifestation qui déborde, c’est le débordement qui manifeste »

dndf 13/06/2016

Le site Médiapart publie ce lundi 13 juin 2016 un long entretien avec Julien Coupat : «La loi travail est l’affront qui fait  monter au front» dont nous avons extrait quelques passages, la totalité de ce texte de près de 10 pages étant réservée aux abonnés.article de Médiapart

Pas une seule référence de classe, comme d’hab…. Et très très optimiste !!!

Julien Coupat a écrit:
Ce qui se passe actuellement dans ce pays, c’est que la politique classique n’offre de toute évidence aucune issue à une situation devenue intolérable, et que de plus en plus de gens en prennent acte………………….

Ce que joue Philippe Martinez dans ce conflit, c’est la légitimité contestataire de son organisation par rapport aux autres formations syndicales, et sa propre légitimité contestataire au sein de cette organisation – légitimité qui lui faisait parfaitement défaut même après le dernier congrès de la CGT. Cela étant, à voir dans tant de villes le nombre de CGTistes qui rejoignent le cortège autonome de tête et défilent, drapeaux au vent, avec les jeunes masqués, quand ils ne s’organisent pas carrément avec eux, on ne peut sous-estimer la distance qui s’est faite, en bien des endroits, entre la direction et sa base. On ne s’explique d’ailleurs pas les postures prises par Philippe Martinez ces derniers temps si l’on ne mesure pas la nécessité, pour la direction, de résorber cette distance [rien de très différent, en somme, des "analyses" de la presse bourgeoise et de certains gauchistes]

À ce point, il n’est pas sûr qu’il y ait encore quelque chose comme « la CGT », qui au reste a toujours été une fédération [et même une fédération de fédérations, une confédération comme son nom l'indique, avec justement la question aussi des accords par branches, celles des fédérations de la CGT, qui est au centre de l'article 2 de la loi Travail, mais Coupat ne travaille pas, ni même la théorie...]. Il y a la CGT qui rosse des manifestants à Marseille et celle qui défonce des locaux du PS au Havre. Il y a la CGT qui sabote des lignes téléphoniques en Haute-Loire, autoréduit la facture de centaines de milliers d’usagers d’EDF et celle qui voudrait bien négocier quelques clopinettes avec le gouvernement. Il y a la CGT qui a pour objectif d’être devant la CFDT et celle qui a pour objectif le blocage de l’Euro. Il y a même des SO [services d’ordre – ndlr] qui se battent entre eux, en pleine manifestation, pour déterminer la marche à suivre. Peu de gens y comprennent quoi que ce soit, et certainement pas le gouvernement………………………. [prendre les dirigeants d'États pour des imbéciles n'a jamais été une preuve de lucidité, cf leur réactivité "internationaliste" après les attentats contre Charlie Hebdo]

Que le pouvoir tremble de voir se répandre des processus d’organisation autonomes à la base, et notablement dans les manifestations, n’autorise en rien à entonner la rhétorique anti-casseur [il reste à prouver que "le pouvoir tremble" et qu'il tremblerait pour cette raison-là essentiellement. Il ne me semble pas que l'État soit menacé].

Toute cette rhétorique inépuisable, et vieille comme les manifestations, ne vise qu’à isoler la fraction la plus intrépide, parfois la plus téméraire, des manifestants. [il est pourtant évident que dans ce mouvement, la dynamique ne vient pas si clairement d'une part ou d'une autre comme par exemple en 2006 contre le CPE, ce qui rejoint au demeurant le fait que selon moi, il n'y a pas d'écarts]. Elle vise surtout à couper à chacun d’entre nous l’accès à sa propre faculté de révolte, à nous détourner de la libération que peut former, à un certain point de l’existence, le fait de se masquer, de se ganter et de faire preuve de courage………………….. [le "masque et les gants de la libération" comme "preuve de courage", tout un programme...]

Pour commencer, il faut se défaire de l’idée que nous serions face à un « mouvement social ». Ce qui se passe dans le pays depuis trois mois n’a pas l’aspect, massif en apparence, mais indécis en réalité, de ce que l’on connaît en France, depuis des lustres, sous le nom inoffensif de « mouvement social ». Encore moins s’agit-il d’un « mouvement social contre la loi Travaille ! ». La loi « Travaille ! » n’est que la loi de trop, l’affront qui fait monter au front………… [si nous critiquons le label "mouvement social", en vogue depuis une vingtaine d'année, c'est parce qu'il efface celui de luttes de classe, pas parce qu'il masque une vague subjectivité de révolte, comme en témoigne Nuit Debout, dont Coupat n'est ici qu'un avatar émoustillé, sur le retour d'âge - le Coupat qui re-vient]

Le refus qui s’exprime là est autrement plus large que le refus d’une loi [ça, Martinez le dit aussi, et qui ne le dit ou ne le sent pas ?] ; c’est le rejet de toute une façon d’être gouverné, et peut-être même, pour certains, le refus pur et simple d’être encore gouverné [exit la dimension sociale, prosaïquement la thune, les petits-bourgeois romantiques ne savent pas ce que c'est d'en manquer]. C’est toute la politique, de droite comme de gauche, qui fait l’effet d’un spectacle oscillant entre le pathétique et l’obscène [il n'y a "rejet de la politique" qu'en tant qu'« ils sont tous pourris », comme disent ensemble Le Pen et Mélenchon. Que ce gouvernement ait perdu toute crédibilité ne signifie nullement un rejet profond de la politique, de la démocratie politique, de l'État et de l'État-nation comme inhérents au capitalisme. Ce n'est pas même de l'«optimisme», mais une incompréhension majeure de ce moment politique dans la crise économique]

Le désir général est que cette mauvaise pièce prenne fin, et d’enfin tenter de se saisir des enjeux d’une époque cruciale et terrible à la fois. Nous sommes dans un navire qui fonce tout droit vers un iceberg et où l’on ne veut parler que de la robe de telle ou telle comtesse en ce beau soir de bal. En toutes choses, les appareils gouvernementaux ont fait la preuve de leur impuissance. [leur "impuissance" est celle de la politique vis-à-vis de l'économie, mais elle toute relative, puisqu'ils reçoivent leurs ordres directement du patronat]

Il ne nous reste plus que l’insurrection, c’est-à-dire à apprendre à faire sans eux……………………………..


la grenouille Coupat, qui se veut grosse comme papa Debord,
a un problème de météo



Coupat joue volontiers de sa ressemblance physique avec Debord, qu'il singe sans en avoir la puissance théorique, ni son Comité invisible l'efficience de l'Internationale situationniste, mais il est très mauvais théoricien, en ce qu'il ne saisit pas ce qui pourrait être nouveau dans ce mouvement même comme moment de la lutte des classes en France

côté lutte, l'IS ne fut pas une tragédie mais Coupat la bégaye en farce, et côté plume, s'il fait plus de bruit médiatique de son vivant que Debord, il ne sera jamais dans Gallimard

pour trouver comme dndf Coupat « très très optimiste », encore faudrait-il partager avec lui sa vision d'un dépassement (on ne sait pas vraiment de quoi), et d'un dépassement par l'insurrection, mais vu que dndf pointe aussi « une seule référence de classe » je suppose que la souris à Pepe a dépassé sa pensée


abaslecommerce a écrit:
13/06/2016 à 17:49 | #1

le texte complet sur demande ici : abaslecommerce@gmail.com

Patlotch a écrit:
bonsoir,

je veux bien avoir accès à votre texte payant par ailleurs, proposé sur dndf

le Potlatch n'est plus ce qu'il était, mais bon...

bonne épicerie en attendant l'insurrection,

Patlotch@free.fr






Dernière édition par Admin le Mar 14 Juin - 0:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Mar 14 Juin - 1:00


entre les eaux glacées et les eaux tièdes du calcul égoïste,
l'histoire a encore de la marge




La loi travail, ultime stade de la crise capitaliste

Alternative Libertaire 9 juin 2016 par Commission Journal

Le texte défendu par le gouvernement s’inscrit dans un long processus de mesures néolibérales visant à accroître les profits, diminuer les salaires et saper la protection sociale. Cette volonté de profit s’inscrit dans le contexte d’un capitalisme en crise, dont les solutions palliatives ont démontré leurs limites. À nous d’inscrire les combats d’aujourd’hui dans le cadre d’un projet de société émancipée dans l’avenir.

Citation :
La loi travail s’inscrit dans la continuité des réformes néolibérales menées par les gouvernements successifs depuis le tournant de la rigueur de 1982-1983. La crise de 1974 s’est traduite par le constat de l’échec des politiques keynésiennes (investissements de l’État pour stimuler la production et la consommation) et redistributives (hausses des salaires), dont les limites se sont révélées dans les années 1980. La chute des taux de profit et les ralentissements de la croissance ont entraîné l’impossibilité d’assurer à la fois investissement, protection sociale et remboursement de la dette croissante de l’État, liée aux politiques sociales keynésiennes d’avant crise.

Le projet néolibéral était alors de redresser les taux de profit par tous les moyens, en jouant sur tous les leviers d’augmentation de la plus-value, c’est-à-dire sur tout ce qui permet de produire autant ou plus sans dépenser davantage, ou en dépensant moins, notamment au niveau des salaires. En découlent des politiques visant la flexibilité à l’embauche et la facilitation des licenciements, la diminution des salaires, l’augmentation du temps de travail sans hausse de salaires, l’intensification des cadences, la hausse de la productivité technique, les délocalisations. En découlent aussi les logiques de démantèlement des acquis salariaux, les réductions de taxes sur les entreprises, (en réduisant les budgets des services de l’État), ainsi que les cadeaux fiscaux faits aux patrons (pour stimuler la production et l’embauche).

Les néolibéraux espèrent qu’en détruisant toute entrave à la réalisation de profits, à travers une longue phase d’austérité, les entreprises seront en mesure de devenir compétitives sur le plan international. La logique consiste à accumuler suffisamment pour réinvestir plus tard dans de nouvelles activités, et ainsi recréer de la croissance et de l’emploi, et pouvoir rembourser une part suffisante de la dette publique.

Une crise de surproduction

La limite de toutes ces mesures est qu’elles sont incapables d’agir sur les causes profondes de la crise. Au contraire, elles conduisent inévitablement à son aggravation. La crise du capitalisme prend ses racines dans le développement illimité de la technologie appliquée à la production industrielle. Le progrès technique permet certes, pour un capitaliste pris individuellement, d’économiser au niveau de la masse salariale, mais aussi de la dépense en moyens de production (produits en série à grande échelle par d’autres moyens de production, employant peu de force de travail, ce qui réduit leur prix).

Cependant, la productivité technique, en se développant, tend à supprimer l’emploi, qui est la source même de la valeur et de la plus-value (le profit des capitalistes étant fondé sur l’exploitation des travailleurs). Tandis que le taylorisme et le fordisme ont porté un coup terrible à l’emploi qualifié, le développement de l’automatisation, de la robotique et de la programmation intelligente a à la fois dégradé les conditions de l’emploi non qualifié et celles d’emplois hautement qualifiés. Dans ces secteurs, les créations d’emplois ne peuvent dorénavant être qu’inférieures aux destructions de postes. De plus, cette logique ne se limite pas à l’emploi industriel : elle se reporte depuis longtemps dans l’ensemble des secteurs dits de « déversement » de la main-d’œuvre (les secteurs d’activités en développement nécessitant de la force de travail dans lesquels les travailleurs et travailleuses licencié-e-s peuvent se reconvertir) : production de moyens de production, distribution, services, administration, et même éducation.

Le fait qu’une part croissante de la production de biens et services soit effectuée par des machines implique, pour que les capitalistes embauchent, que le coût salarial soit égal et même inférieur au coût d’une production automatisée. Ce coût est donc lui-même amené à diminuer pour les mêmes raisons (davantage de production automatisée, moins de travailleurs à payer). La tendance générale du capitalisme est donc de se diriger vers les modèles d’usines entièrement automatisées (Foxconn, par exemple) ou vers des conditions de travail proches de l’esclavage.

En conséquence, le pouvoir d’achat des ménages tend à diminuer, entraînant une diminution du nombre de personnes en capacité d’acheter (la demande solvable). La production n’étant pas vendue en totalité, les entreprises produisent à perte et ne bénéficient pas de l’ensemble des recettes. La production excédentaire est alors sans valeur marchande et inutile, tandis que des personnes sont dans la ­misère et ne peuvent satisfaire leurs besoins faute de pouvoir d’achat : c’est une crise dite de « surproduction ».

À supprimer de plus en plus de travail humain, le capitalisme tend ainsi vers une situation paradoxale. D’une part, il est un mode de production capable de produire pour toute l’humanité, où le travail humain devient progressivement superflu. D’autre part, son mode de distribution marchand nécessite des salaires suffisants, donc des salarié-e-s bien rémunéré-e-s, pour écouler ses marchandises, mais dont les salarié-e-s coûtent trop cher pour le capital par rapport à l’usage de moyens de production automatisés, aboutissant à des salaires diminués. Les conditions d’une crise majeure sont ici réunies.

Sans intervention politique sur l’économie, le capitalisme aurait connu une crise profonde dès la fin des années 1970. Cette crise a été amortie par le développement de la finance et du système du crédit. Il s’agissait d’apporter de l’argent rapide aux entreprises, aux ménages et à l’État, afin d’entretenir la croissance, c’est-à-dire la production et la consommation. De cette manière, on peut dire que la finance est venue au secours du capital. Cependant, il s’agissait là d’un cadeau empoisonné. Le système du crédit consistant dans l’anticipation de la création de valeur à venir, le ralentissement de la croissance à partir de cette période constituait un signe annonciateur de l’impossibilité de réaliser cette valeur future (c’est-à-dire de vendre les marchandises produites), et donc de rembourser les crédits. Pour qu’elle se réalise, il aurait fallu que les ménages puissent simultanément consommer toujours plus massivement et rembourser toujours plus de crédits (l’un limitant nécessairement l’autre), sans que leurs salaires ou que leur pouvoir d’achat ne diminue, et sans que la technique ne supprime potentiellement toujours plus d’emplois et ne déqualifie toujours plus de travailleuses et de travailleurs.

Ce qui se produisit est alors bien connu : une situation de remontée des profits et de forte accumulation sans croissance de l’économie réelle, accompagnée d’un gonflement des bulles financières, tandis que se multipliaient les titres pourris (actions perdant leur valeur) et que l’augmentation de la dette des entreprises, des États et des ménages, ne faisait qu’aggraver ces difficultés de réalisation. Cette situation a débouché sur la crise financière de 2008, celle de 2015 en Chine, tandis que les économistes prévoient déjà une crise économique bien plus profonde dans les années à venir.

L’impasse d’un autre capitalisme

La majeure partie de la gauche se trompe donc lorsqu’elle crie « haro » sur les banquiers et les financiers et les accusent de limiter le développement du capital productif et d’empêcher la relance de l’économie. La critique du capital fictif et du pouvoir de la finance ne peut être dissociée de celle du capital productif et du pouvoir patronal.

D’autre part, elle se trompe tout autant d’un point de vue programmatique. Il est bien évident que les vieilles recettes des Trente Glorieuses sont devenues obsolètes. Les politiques keynésiennes de relance ne pourraient aboutir qu’à un endettement encore plus massif ; tandis que la répartition des richesses, quant à elle, conduirait à une baisse plus rapide de l’accumulation, et ne ferait au mieux que différer le problème de quelques années.

Réduction du temps de travail

La diminution du temps de travail à 32 heures hebdomadaires, puis 30, 28, 24, 20, 16, etc., dans le cadre du mode de production capitaliste, amortirait peut-être le choc temporairement. Cependant, la transformation du mode de production ne se résume pas à une simple diminution du temps d’exécution. Elle affecte la nature même du travail. Or ces mutations mènent davantage vers un besoin de main-d’œuvre hautement qualifiée, consistant en une formation sur de nombreuses années et pas nécessairement accessible à chacun et chacune (si tant est que l’on n’en remplace pas une grande partie par des intelligences artificielles).

D’autre part, les mutations du travail sont en accélération constante, si bien que les travailleurs et travailleuses sorti-e-s de formation sont aujourd’hui presque systématiquement dépassé-e-s en quelques années par les évolutions du système. La réduction du temps de travail favorise ainsi les nouveaux entrants sur le marché du travail, c’est-à-dire les jeunes, mais elle laisse sur le carreau les travailleurs et travailleuses déqualifié-e-s en milieu ou fin de carrière.

On touche alors ici à la difficulté de former en temps et en heure suffisamment de main-d’œuvre adaptée aux évolutions du capital. D’autre part, il ne faudrait pas oublier que d’un point de vue capitaliste, il est plus rentable de former et d’embaucher un seul travailleur hautement qualifié que deux. Dans ce cadre, la tendance, déjà opérante, est à l’exclusion d’une quantité grandissante de travailleurs et travailleuses. Tout ceci mène droit vers un effondrement de la demande solvable.

Le capitalisme est à bout de souffle, ne proposant plus aux travailleuses et aux travailleurs qu’une alternative entre austérité croissante et exclusion sociale. La seule possibilité, à terme, est donc la rupture avec les fondements mêmes du capitalisme : la propriété privée des moyens de production, la concurrence, l’échange marchand de biens, services et force de travail. Il s’agit de sortir de la logique aveugle des échanges marchands, de la concurrence et de la croissance technique incontrôlée, et d’organiser la production et la distribution sur la base de délibérations démocratiques, autogestionnaires, en faisant en sorte d’employer tout le monde, sur un temps égal, et de distribuer la production en fonction des besoins, et non plus de la capacité productive ou de la compétence.

De la résistance à l’émancipation

Cette rupture ne se fera bien évidemment ni en un jour, ni en quelques années. Durant ce temps se livre une bataille dont l’enjeu est la conservation des avantages d’une classe au prix de l’appauvrissement de l’autre. Pour les capitalistes, l’enjeu réside dans la baisse sans limites des salaires directs et indirects et la destruction de l’ensemble des règlementations favorables au salariat. Pour les travailleuses et les travailleurs, il consiste, dans l’immédiat, à défendre ces acquis sociaux.

C’est dans ce cadre que s’inscrit la lutte contre la loi travail. Dans un second temps, à court terme, il est possible de gagner de nouveaux droits et de réduire, voire de supprimer totalement, la part des profits que les capitalistes destinent à leur consommation personnelle, afin de limiter l’approfondissement de l’austérité. À moyen terme, cette perspective ne peut conduire qu’à l’expropriation des capitalistes. Mais elle ne supprime pas les causes systémiques de la crise. La lutte des classes ne pourra déboucher sur une émancipation réelle que si elle se fixe l’objectif d’une rupture anticapitaliste et s’organise progressivement, au niveau international, pour y parvenir.

Flo (AL Marne)


un pareil eurocentrisme, une absence de 80 % de la population mondiale dans leur analyse, que dire ?  qu'entre les eaux glacées et les eaux tièdes du calcul égoïstes, l'histoire a encore de la marge


le dernier stade de la défaite ouvrière

sans entrer dans les détails du texte, le titre « La loi travail, ultime stade de la crise capitaliste » me semble aussi faux que l'affirmation "la loi Travail est au retour au XIXe siècle" (une remarque juste de Temps Critiques).

c'est peut-être un dernier stade de la mort du capitalisme keynésien et donc l'effondrement de la perspective communiste du programmatisme ouvrier, sur fond d'«illégitimité de la revendication salariale» en Occident, mais quant à rêver en "privilégiés" du prolétariat ou des couches moyennes des pays développés, à crédit sur le dos des colonisés, on sent que ces gens-là n'ont pas vraiment conscience de l'état du monde ni de leur niveau de vie dans ce monde

en d'autres termes, ils ne sont au bout ni de leur "dernier stade" de la survie moyenne, à chier au meilleur prix près de chez soi, ni de leurs déconvenues politiques et théoriques

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Mar 14 Juin - 1:57


les faussaires de l'in-jonction

note pour mémoire :

il faudra revenir sur la confédération des anti-syndicalistes, qui veulent "aller plus loin que le retrait de la loi Travail" sans trop s'en préoccuper n'étant pas concernés, et sur la réalité de l'auto-organisation proclamée par des "comités" et "coordinations", pilotés par les mêmes depuis deux à trois décennies embarquant tout et son contraire sous le nouveau label branché « têtes de cortèges », mais ayant en commun de mépriser le corps qui suit : « pas d'organisation permanente préalable à la lutte »* ? Mon œil !

* disait en 2005 l'adresse de Meeting, revue internationale pour la communisation, de mémoire, car les liens sont rompus

des textes circulent ainsi bourrés de contrevérités en quantité et qualité, pas à une contradiction près sur ce qui les fait exister et sans quoi ils ne seraient pas même écrits



dans le même genre de réflexion, Collector trotskiste

du présent faisons table rase ?

La CGT tente de casser la lutte contre la loi El Khomri en isolant les grèves
Anthony Torres WSWS 4ème Internationale 13 juin 2016


Citation :
Depuis plusieurs semaines, des sections de la classe ouvrière luttent contre la loi travail du gouvernement Hollande. Tentant de profiter de l'absence d'une perspective politique dans la classe ouvrière la CGT, avec le soutien de ses alliés pseudo de gauche comme le Nouveau parti anticapitaliste, isole les travailleurs par branche afin de mettre fin à la lutte. [...]


de la maladie infantile à la maladie sénile,
au-delà du gauchisme ? La connerie !

les gauchistes en tous genres ne savent plus où donner de la tête. On a rarement vu autant d'ineptie écrites en un si court passage de temps, à tel point que cet épisode de la lutte des classes en France nous invite à revenir sur ce qui est ou non gauchiste, et relativement à quoi : la politique ? le syndicalisme ? la bonne lutte au bon moment ? Que faire ? etc.

PS : il ne s'agit pas de dire ici que la CGT serait autre chose qu'un syndicat faisant son boulot dans les limites de l'exploitation capitaliste, mais simplement de prendre en compte son poids réel dans le mouvement actuel, ce qui est "comme ça" n'est pas toujours comme prévu par les aveugles, sourds, bravaches et braillards


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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Mar 14 Juin - 9:03


tout Coupat, rien que Coupat, qui vaque et vient (2)

NPA Tendance CLAIRE
pour le Communisme, la Lutte Auto-organisée, Internationaliste et RévolutionnairE


Julien Coupat: « La loi travail est l’affront qui fait monter au front »

texte intégral


Après la manifestation du 1er mai et l'évacuation de la place de la République,
tag dans la station Jacques Bonsergent. © CG



COMMUN LUNDI

Ça va comme l'un dit
l'autre le même ne va pas

Ça va ça vient cahin caha
l'un dit « ça passera »
et l'autre est dans l'impasse

L'un l'autre casse
comme un lundi


Fosobo, 15 septembre 2006, 0h52

TRAVAILLER POÈME

voir commentaires sur des extraits hier 13 juin 22:28

il y a somme toute dans ce texte des passages plus intéressants que les extraits sélectionnés ici ou là, mais l'ensemble sonne comme si "Coupat et ses amis" ne pouvaient plus que rappeler des "banalités de base" (Vaneigem 1962), mais en retard d'un train théorique, le tout dans une veine finalement plus anarchiste anti-pouvoir que radicalement pour l'abolition du capital comme économie politique. Si la lutte des classes en est absente, comme le note dndf, c'est d'abord par la faiblesse de cette critique, et son masquage par un romantisme révolutionnaire que peine à dépasser la forme littéraire : ce style aura fait son temps... sans le faire

parmi les passages qui ont retenu mon intérêt, la critique de Nuit Debout, mais on se demande bien ce qu'ils y faisaient, à part se mettre en scène, comme Anselm Jappe, contre Lordon


Citation :
Nuit debout a permis à toutes sortes de déserteurs [tu parles, Charles...] de se rencontrer, de se parler, de constituer un contre-espace public, mais surtout d'offrir une continuité à ce qui ne pouvait s'agréger par des jours de grève ponctuels ou de simples manifestations. Cela a aussi servi de point de départ à toutes sortes d'actions méritoires contre des cibles logiques.

Pour le reste, si monsieur Valls s'est chargé, avec son 49-3, de démontrer toute l'inanité de la démocratie représentative, les AG de Nuit debout place de la République ont donné à voir toute l'inanité de la démocratie directe. Ce que le Comité invisible disait dans À nos amis au sujet des assemblées générales, et qui paraissait si scandaleux il y a encore un an, est devenu une sagesse partagée, du moins par les esprits honnêtes. S'assembler, discourir puis voter n'est manifestement pas la forme par excellence de l'agir politique, c'est seulement sa forme parlementaire, c'est-à-dire la plus spectaculaire et certainement la plus fausse d'entre toutes.

Rien ne témoigne mieux de la confusion qui régnait dans les esprits place de la République que la façon dont s'y est répandue, comme une traînée de poudre, l'idée saugrenue qu'il leur incomberait de rédiger une nouvelle Constitution plutôt que de s'interroger sur les moyens d'abattre la Constitution existante. [à se demander, donc, ce qui était "déserté"...]


droite-gauche : par défaut d'une critique de classe, Coupat ne va pas au bout de celle de la démocratie politique

Citation :
« Être de gauche » a toujours eu quelque chose de vague, de lâche, d'indécis, de bien intentionné, mais pas au point d'agir en conséquence. Ce qui se passe en France depuis plus de trois mois maintenant a justement à voir avec l'impossibilité d'être encore de gauche sous un pouvoir socialiste. [pas compris en quoi ce serait mieux sous un pouvoir "de droite", dans la mesure où cette affirmation contredit la critique de la démocratie politique et de son opposition gauche-droite, mais là encore, en l'absence de repères de classe, quoi d'étonnant ?]

C'est une fuite hors de tous les cadres de la gauche, voire leur implosion ; et c'est une très bonne chose. L'échec de la rhétorique anti-casseur en témoigne [échec très relatif, à preuve la CGT a surfé dessus sans problème avec un certain succès, et répétons-le, dans un cortège, il n'y a pas que la tête]. La digue morale qui séparait le refus platonique du cours des choses et l'assaut direct à ce que l'on refuse, digue morale qui faisait la gauche et sa lâcheté caractéristique, a sauté.

Présenter la désertion de la gauche comme la constitution d'une nouvelle « gauche radicale », voilà le genre d'escamotages opportuns, le type de tours de prestidigitation politicienne, la sorte de manœuvres de récupération éhontée qu'il faut laisser aux futurs candidats à la présidentielle et à tous ceux qui spéculent sur ce que les autres vivent. Cela ne marchera pas, parce que nous avons tous vu ce qui s'est passé en Grèce l'année dernière et en Espagne récemment. Il n'y a plus de gogos pour cette arnaque-là. [ah bon ? Mélenchon, évoqué plus bas dans le texte, semble pourtant attirer les "gogos". Ici, pas de critique du "populisme de gauche", sur quelle planète vit Coupat ?]


le passage suivant me rappelle le mythe du "pouvoir vacant" en 68, - il n'y aurait plus eu qu'à se baisser pour le ramasser, s'il n'y avait pas eu les traîtres de la CGT et du PCF -, comme si Coupat rêvait de remplacer les stades de l'Euro par un Charletty debout 2017

Citation :
Tout ce que l'on peut souhaiter de meilleur aux forces autonomes qui se sont agrégées ces derniers mois, c'est qu'elles aillent à la rencontre les unes des autres et forment un tissu de réalité toujours plus profond, plus intense et plus étranger au spectacle politique, qu'il y ait un décrochage général entre un discours public de plus en plus vain et extraterrestre et des processus locaux d'organisation, de pensée, de rencontre et de lutte de plus en plus denses.

Le niveau de discrédit de la politique est tel dans le pays qu'un tel processus paraît imaginable. Nous l'avons appelé « destituant » en ce que, par sa simple existence et par ses interventions ponctuelles, il ruinerait pas à pas la faculté du gouvernement à gouverner. Cette mise en échec des stratégies gouvernementales successives, ramenées à de minuscules avortons de gestes, n'est-ce pas de cela que nous sommes témoins depuis plus de trois mois ?


parler d'«agrégation des forces autonomes», c'est leur donner beaucoup d'importance et beaucoup d'autonomie, comme oublier ici encore l'entonnoir des urnes, que désertent et déserteront en masse ceux dont Coupat ne parle pas : les prolétaires d'en-bas. Et non, au risque d'être à contre-courant de lieux post-situs devenus lieux communs, la politique n'est pas qu'un spectacle, elle est la médiation actuelle par laquelle s'expriment aujourd'hui des contradictions entre classes, et ce nœud est très loin d'être défait, comme défaire le pouvoir économique qui le serre et s'en sert

Citation :
Sur un mur parisien, après une manifestation, on pouvait lire le tag suivant : « La présidentielle n’aura pas lieu. » Vous pensez qu’un blocage total est possible ? Qu’est-ce qui pourrait provoquer le coup fatal ?

Ce qui fait défaut aux mobilisations en cours est de nature affirmative. Nous n'arriverons pas à transpercer l'obstacle qui nous fait face tant que nous ne viserons pas au-delà, tant que nous ne discernerons pas, ne fût-ce que par une image, les contours du monde que nous désirons, un monde qui laisse place à toutes sortes de mondes. Nous lisons dans À nos amis : « Ce n'est pas la faiblesse des luttes qui explique l'évanouissement de toute perspective révolutionnaire ; c'est l'absence de perspective révolutionnaire crédible qui explique la faiblesse des luttes. Obsédés que nous sommes par une idée politique de la révolution, nous avons négligé sa dimension technique. Une perspective révolutionnaire ne porte plus sur la réorganisation institutionnelle de la société, mais sur la configuration technique des mondes. »

Cela nous semble plus juste que jamais. En fait de campagne électorale, c'est peut-être de cela que nous devrions discuter, dans chaque quartier, dans chaque ville, dans chaque campagne, dans l'année qui vient. L'humanité et la terre sont en piteux état. Partout, les êtres se construisent sur des failles narcissiques gigantesques. Même les esprits les plus modérés se sont faits à l'idée que nous n'allons pas pouvoir continuer à vivre ainsi.

Nous sommes arrivés à une extrémité de la civilisation. Un bouleversement est nécessaire. Nous n'y couperons pas. Et ce bouleversement ne sera pas seulement social, il sera d'abord existentiel.

il y a une façon de dire des choses qui ne sont pas fausses... pour enfiler des perles. Cette chute me rappelle irrésistiblement et risiblement Philippe Corcuff, ses « enjeux spirituels » et sa « spiritualité démocratique » (ici). La subjectivation révolutionnaire est une affaire autrement matérielle et les pieds sur terre

quand Coupat et Burnel affirment : « On n'a jamais vu des millions de personnes se laisser mourir de faim, a fortiori des millions de personnes ayant lutté ensemble », je ne sais pas où ils regardent pour trouver ces millions en luttes et ne pas voir les millions qui meurent et pas que de faim, ni toujours sans se battre pour survivre, ce qui en soi n'a rien de révolutionnaire : ils ne parlent (en 10 pages !) que de la France, comme d'une île au centre de tout, bien qu'à grands renforts de considérations sur "le monde". Romantisme révolutionnaire à l'assaut du ciel des idées ?


« je préfère le vin d'ici à l'au-delà »

Francis Blanche


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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Mer 15 Juin - 14:43

1847-2016, DU MANIFESTE À LA MANIFESTATION

retour sur les "activités communistes"

quelques réflexions sur une pratique théorique possible
embarquée dans les luttes

à ce stade de ce moment particulier de la lutte des classes en France, j'essaye d'avancer quelques pistes de réflexions quant à ce que 'nous' pouvons dire et faire, donc doublement pratique théorique et pratique dans les luttes : praxis

je commencerai par des aspects généraux avant d'en venir aux luttes actuelles



I. INTRODUCTION

1. je m'exprime à la première personne du singulier mais au delà de ma gouverne. J'intègre dans cette réflexion, sans y revenir nécessairement, tout le cheminement précédent depuis les discussions dans "le milieu de la communisation" à partir de 2005 et depuis que je m'en suis éloigné. On retrouvera les thèmes et schèmes théoriques qui ont fait l'objet de "discussions" et de l'élaboration des concepts propres à ma démarche initiatique '(j'introduirai dans une version ultérieure les liens et références aux sujets correspondants du forum ou de mon site Patlotch.com)

je dis ouvrir des pistes donc, à ce stade de l'écriture, sous la forme de questions ou de leur reformulation relativement au points considérés comme acquis, comme expliqué dans SYNTHÈSE et LIGNE GÉNÉRALE : résultats et reformulations, conversations et problèmes


les difficultés de l'interprétation des événements, de leur analyse à chaud et de la théorisation embarquée, ne peuvent ni doivent empêcher de mettre en œuvre nos principes méthodologiques, sans quoi il n'y a pas d'embarquement possible

voir DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENT À PRODUIRE


II. OUVERTURE

que sont les communistes ?

2. en avançant ici un 'nous' des communistes proche du sens du Manifeste de Marx et Engels. Pour la réflexion à partir de ce fondateur et sur la question d'un manifeste pour aujourd'hui, voir LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA : un LIVRE ? un MANIFESTE ?

Le manifeste du Parti communiste II. Prolétaires et communistes 1847
Citation :
1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, [les communistes] mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat.

2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.

Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.



III. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

des activités communistes au présent

3. pour reprendre des échanges avec Corinne Cerise, il s'agit simplement de répondre à la question : comment définir aujourd'hui des activités communistes dans les luttes auxquelles nous participons près de chez nous, ou pas parce que nous ne sommes pas partout ni à la place de tous les communistes dans des situations particulières et singulières ni dans le monde, ni même « dans notre pays » : cela réaffirme donc l'idée que de telles activités communistes sont possibles et nécessaires et se distinguent d'autres qui ne le sont pas, par rapport auxquelles il s'agit de se situer en en faisant la critique

sortir du théoricisme, embrasser luttes et théorie

4. la différence avec le théoricisme*, consistant à élaborer séparément une théorie comme histoire de ce qui se passe pour servir aux temps futurs d'une conjoncture proprement révolutionnaire (qu'on peut appeler communisation, je n'y vois pas d'inconvénient), part de la définition du communisme comme mouvement toujours présent des contradictions entre prolétariat et capital, lutte antagonique entre ces classes, donc communisme comme combat permanent, tel que je l'avance depuis quelques années

* voir 'THÉORICISME' : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer

pour moi, il n'y a donc pas de pratique théorique qui ne soit pratique pratique, seul moyen d'en finir avec la séparation entre une théorie intellectuelle et une pratique militante

5. corollaire : être communiste au présent, ce n'est pas être communisateur au présent, et se distingue d'être « partisan de la communisation », comme producteur théoriciste ou contemplateur passif de textes

prendre parti, prendre des risques

avoir des activités communistes embarquées dans les luttes, c'est prendre parti des deux côtés, dans la pratique théorique et dans la pratique pratique. Cela suppose une certaine cohérence entre les deux

6. prendre parti, c'est prendre des risques

dans la pratique théorique, le risque est de se tromper, de dire quelque chose que l'on considèrera comme entaché d'erreurs qu'il s'agit donc de reconnaître pour avancer. Cela n'a rien d'une morale de l'autocritique comparable à une confession


dans la pratique pratique, le risque est dans la conflictualité politique et physique. En tant que communiste on est pas seul comme entre soi avec des textes. Les activités communistes, étant partie prenante de luttes où tous ne le sont pas, s'y intègrent avec des accords et désaccords sur ce qui est à faire et sur ce qui se fait, ce qui est fait par d'autres. Cette intégration est conflictuelle, c'est là la prise de risque, sans parler de ceux pris dans la lutte proprement dit, face au patron, face à l'État, face à la police

7. il ne s'agit pas de prendre position sur tout, sur chaque action, sur chaque acte pour lui donner une note bonne ou mauvaise relativement aux "justes activités" communistes considérées comme pures, autant que dans des textes où elles sont conceptualisées, catégorisées et décrites de façon si générales qu'elle n'impliquent rien de très clair dans telle situation concrète sur le terrain des luttes

on évitera ainsi de dire quelque chose "qui ne sert à rien" autant que de donner des leçons qu'on n'applique pas à soi-même


IV. UNE MANIFESTATION THÉORISANTE

dans un précédent échange avec Corinne Cerise, les 25 et 26 avril, nous avons interrogé en quoi Nuit Debout pouvait être une lutte auto-théorisante ou mouvement qui ne s'auto-comprend pas

s'il ne s'agit pas de faire parler des luttes "ventriloques" (reproche de AC à RS), nous suivons Marx en considérant que « théoriquement, les communistes ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien », nous partons de l'intelligence propre, immanente aux luttes telles quelles, pour reformuler en leur sein ce qui serait le sens du communisme comme mouvement de contradictions entre les classes. Par conséquent nous posons ici que ces manifestations nous apprennent quelque chose et nous essayons de dire quoi. La fonction des communistes me semble s'insinuer entre le caractère théorisant et celui auto-théorisant des luttes : s'ils y sont sont, cela favorise l'auto-compréhension, et nous avons dépassé le stade de considérer les luttes comme "théoriciennes", donc supposant l'extériorité de la "théorie au sens restreint" (RS/TC). Voir le primat des luttes 'théorisantes' sur la théorie : inverser la perspective27 février 2014

ce qui vaut pour les manifestations parisiennes, que j'ai le mieux suivies, ne me semble pas différent dans les villes de "province"


caractériser les violences et les casses

sur la violence comme problématique actuelle, voir la VIOLENCE venue dans la CONTRE-RÉVOLUTION CAPITALISTE...

8. dans un mouvement de luttes aussi complexe que celui que nous vivons actuellement, les discussions précédentes ont montré une difficulté à caractériser des aspects nouveaux qui émergent dans le contexte actuel pour des raisons à la fois générales (illégitimité/asymétrie, pour l'État et le Capital (patronat) d'un côté, le prolétariat en lutte de l'autre, des revendications ou de la défense des acquis), et conjoncturelles : la montée en généralisation de ce que nous avons sous les yeux n'est pas facile, par exemple, les « têtes de cortège » et la signification des violences, celles de la police et celles diverses des manifestants, débordements et imbordements (RS)

cela complique sérieusement la définition des "activités communistes" définies comme principe abstrait et général plus haut, et là, si l'on ne prend le risque de dire des conneries, autant ne rien dire et revenir à la cage départ dont on voulait sortir, le théoricisme

9. parler des violences en tant que communiste, c'est pouvoir les caractériser, selon, comme nécessaires, inévitables, contraintes, subies, choisies, utiles, contre-productives, nuisibles, débiles...


nous devons toujours les considérer comme des violences produites par la situation dans sa complexité en temps réel, dans la réactivité obligée de certaines actions, de certains actes violents : affrontements avec la police offensifs et délibérément agressifs et provocateurs, ou défensifs et contraints; dans la préparation ou dans l'improvisation spontanée individuelle et/ou collective qu'impose chaque instant de la situation évoluant en permanence en chaque lieu,



polyrythmie des luttes, préparation et improvisation en temps réel individuelle et collective : auto-organisation ?

tout cela se produit dans une polyrythmie et une polymétrie générale (rythmanalyse, Henri Lefebvre) qui constituent ensemble un moment spatio-temporel de la lutte, manifestation "organisée" et/ou "sauvage", autorisée et/ou interdite, légale et/ou illégale... et pour tout dire violences à nos yeux légitimes et justes, ou pas, en tant qu'activités communistes

voir RYTHMES et COMMUNISATION : JAZZ & Black Music, IMPROVISATION, une matrice de la poétique révolutionnaire, improvisation collective, temps réel et création relationnelle


violences subies, violences choisies, stratégies politiques

10. parler des violences en relation avec les activités communistes, c'est donc aborder des questions stratégiques, tactiques, et partant de choix politiques, à distinguer de ce qui n'aurait pas ce sens, des actes de délinquance plus ou moins festifs (cf plus haut interview de "casseurs"), ce qui ne signifie pas qu'ils n'ont pas de sens, comme violence produites par le contexte et telle situation :

en 2005 par exemple, les discussions de Meeting a donné un sens non revendicatif mais antisociétal à la destruction par les émeutiers de bus, écoles, bibliothèques, des services publics symbolisant leur échec dans cette société

choisir, c'est renoncer

ici, il me faut ré-introduire la distinction entre "luttes théoriciennes" (RS/TC), comme portant une théorie sans en avoir claire conscience (le théoricien les fait parler jusqu'à considérer comme "ventriloques" (AC), et luttes (auto-)théorisantes (Patlotch 2014), c'est-à-dire portant une conscience politique, mise en œuvre de choix politiques qui relèvent de la lutte des classes comme celles de toutes les classes sociales, prolétaires et capitalistes, couches moyennes plus ou moins hautes ou prolétarisées

détruire ce qui nous détruit

11. la "casse" matérielle constitue un cas particulier qui n'est pas du même ordre (sic) que les affrontements physiques avec la police


la casse matérielle me semble procéder d'un choix, celui de casser, supposant d'avoir, ou pas, répondu aux questions : pourquoi l'on casse ? qu'est-ce qu'on casse et pourquoi ? qu'est-ce qu'on ne casse pas et pourquoi ?


j'ai entendu en manifestation la même chose que j'ai lue, des 'éléments de langage' qui frisent la langue de bois : les casseurs s'en prendraient uniquement à des symboles de la société capitaliste : banques, concessionnaires automobiles, sociétés ou entreprises particulièrement honnies pour les nuisances humaines ou écologiques de leurs productions ou la dureté physique et psychologique de leur management leurs décisions aux conséquences dramatiques pour les salariés et leurs proches *

*rappelons-nous les délocalisations légitimant un chantage des salariés à la destruction de l'outil de travail, pour obtenir des primes de licenciement, dans les "luttes suicidaires" depuis une quinzaine d'années


force est de constater que c'est un peu plus compliqué et "bordélique" que ça au vu de ce qu'on voit sur place, qu'on y soit ou dans les vidéos




V. UNE LEÇON DE L'ULTRAGAUCHE OUVRIÈRE HISTORIQUE
NON AUX AVANT-GARDISMES PROCLAMÉS


détermination, audace, courage...

Pannekoek a écrit:
« Dans ces circonstances [grèves, agitation révolutionnaire], il apparaît toujours des individus se distinguant des autres en termes de courage ou de clarté d'analyse, que ce soit dans le discours ou dans l'action. Tous ces individus forment une avant-garde de fait, que nous voyons naître au sein de tous les mouvements. Ils deviennent des dirigeants de fait, peuvent contribuer au développement de l'activité des masses et, de par la largeur de leurs vues, être de bon conseil. Quand ils se réunissent en petits groupes ou partis, avec des programmes bien établis, ces relations fluides se pétrifient. Alors, en tant que dirigeants ex officio, ils se prennent pour des chefs et veulent être suivis et obéis. »

Pannekoek, septembre 1954, cité par Roland Simon, Histoire critique de l'ultragauche, deuxième édition, Senonevero, page 235


12. dans l'extrait du Manifeste de 1847 plus haut, il est écrit : « les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres ». Résolu et déterminé, c'est un peu pareil. Encore faut-il savoir à quoi l'on est déterminé, "déter" comme on dit dans le milieu qui se pense le plus déterminé, et entend le montrer par des actes qui le prouvent

la détermination communiste est fondée en contenu par ce qui suit dans le Manifeste : « théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien », et là, évidemment, à chacun ses raisons... Ici je pars des miennes

le courage dans l'action, qu'il soit intellectuel ou physique, est une qualité plus ou moins bien répartie, qui en elle-même n'empêche personne d'agir et penser en communiste, dès lors qu'il fait quelque chose d'utile, qu'il donne le meilleur de lui-même qui n'est pas le même pour tous

prendre un risque physique peut être déterminé sans pour autant être courageux, il y a aussi des personnes qui aiment la violence pour la violence, et ce n'est pas l'apanage des hooligans supporters de foot ou des méchants policiers et fascistes. Autant dire qu'on assiste à des gestes qui ne sont pas preuve de courage et dont le contenu est pour le moins douteux relativement à ce qu'ils sont sensé faire dans un mouvement de luttes de classes

« l'intelligence claire des conditions », si elle n'aboutit pas à se dire en situation de lutte, ne sert à rien, ou seulement à rendre compte après coup de ce qui s'est passé, à quoi l'on a assisté en spectateur théoricien : l'activité de pratique théorique spécifique des communistes, c'est causer dans les luttes, au sens de parler pour produire des effets

choisir n'est pas ici dénoncer, mais renoncer d'abord à se taire, et agir pour faire cesser ce qui nuit au sens du combat communiste

l'audace, ce serait la capacité à initier des activités communistes pertinentes en situation de luttes


VI. QUID ICI DE LA COMMUNISATION ET DE SA THÉORIE ?

quel rapport ce qui précède aurait avec ce que formule RS dans Débordements, imbordements et épuisement (suite) le 25 mai
RS a écrit:
Les possibilités pratiques dans une telle situation doivent mettre l’accent, dans le franchissement du plancher de verre, sur les failles des revendications, s’insérer en elles, car ce sont elles qui ont relancé le mouvement.

Il faut travailler, ne serait-ce qu’en les signalant et soulignant fortement, à faire apparaître l’absence d’autres failles dans les revendications que sont la faiblesse d’une affirmation féminine autonome dans le mouvement et la quasi absence de la racialisation de la force de travail dans son existence quotidienne face au capital et dans son monde.

28/05/2016 à 10:16 en réponse à Robin

C’est dans les failles, les limites, les contradictions d’une lutte et à plus forte raison quand il s’agit d’un mouvement général relativement informe que se constitue leur vérité, à moins que le mouvement soit totalement atteint de sclérose de par sa composition, de par son positionnement dans l’ensemble
[...]
C’est là où seuls ceux qui sont directement impliqués peuvent agir, tant les failles et les contradictions sont le plus souvent très subtiles dans leur apparition et leur existence, c’est pour cela que le terme d’ « intervention » m’incommode encore.
[...]
Je ne sais pas si c’est la première fois que j’écris un « il faut ». Mais dans les textes de TC sur la grève de 1995 (Journal d’un gréviste), celle de 2003, la lutte des chômeurs et précaires de 1998, le « mouvement d’action directe », la lutte anti-CPE, etc., et de façon générale dans les textes et le livre sur le démocratisme radical, on montrait toujours que toutes les activités n’étaient pas équivalentes, que certaines sclérosaient un mouvement dans ses limites et d’autres indiquaient et produisaient une dynamique, mettaient le doigt où ça fait mal.

Il est vrai que quand on dit « il faut », il faudrait toujours mettre des garde-fous tant cette expression recèle de pièges. Le principal étant de séparer ce qui est indissolublement uni : conditions et activités (bien que nous vivions dans leur séparation). Leur séparation est la reconstruction du monde au travers de la question de La Pratique, du choix et de son inverse lié, le déterminisme. C’est-à-dire la reconstruction d’un monde objectif face à l’activité.


VII. NON-CONCLUSION

CONTRIBUTION au COMMUNISME comme MOUVEMENT AU PRÉSENT


des activités communistes favorisant « les intérêts du mouvement dans sa totalité »

il me semble avoir avancé sans « séparer ce qui est indissolublement uni : conditions et activités », en allant plus loin que définir des «failles», parce qu'à proprement parler, je ne vois pas dans les luttes actuelles de failles, sorte de prémisses et promesses d'écarts,

là est une différence importante avec ce théoricien de la communisation, dans ma façon de définir des activités communistes qui s'inscrivent strictement au présent, et non dans la visée déterministe car rétroprojetée d'activités communisatrices, au sens où elles s'exerceraient à des mesures communistes telles que définies par Léon de Mattis le 3 mai, comme un cheveu sur la soupe des Nuit Debout et la suite (Une analyse communisatrice du mouvement actuel, titre qui est pour moi au mieux un raccourci, au pire un non-sens)

par conséquent ce dont je parle ne se pose pas comme « intervention » dans des « failles », mais comme participation, contribution communiste, créatrice à un mouvement d'ensemble qui produit, ou non, par ses résultats une dynamique ou pas, car c'est en ces termes qu'on peut ou non poser la question des écarts, et non dans l'activisme marginal même imbordé de quelques-uns qui seraient en avance parce que débordant quelque chose de trop tranquille ou d'excessivement limité, ou important leurs illusions immédiatistes dans un contexte qui, somme toute, n'en a pas grand chose à faire

si je n'ai pas de scrupule avec des «il faut», c'est en évitant de situer une situation de luttes particulière hors du contexte général, sans en oublier le caractère mondial donc ce qui me semble des limites intrinsèques au moment présent dont rien n'indique qu'elles soient dépassables, ni même débordables : le jour où l'on cessera de prendre ses désirs pour des réalités, du même coup l'on sera capable d'inventer avec audace des activités communiste en prise sur les réalités présentes, en prenant la lutte générale comme le lieu où peuvent seulement se créer des écarts,

"déborder" : un pas en avant, deux pas en arrière ?
d'un gauchisme d'époque

dans une "note pour mémoire" du 14 juin au matin avant la manifestation parisienne, j'ai parlé des "faussaires de l'in-jonction"

Citation :
les gauchistes en tous genres ne savent plus où donner de la tête. On a rarement vu autant d'ineptie écrites en un si court passage de temps, à tel point que cet épisode de la lutte des classes en France nous invite à revenir sur ce qui est ou non "gauchiste", et relativement à quoi : la politique ? le syndicalisme ? la bonne lutte au bon moment ? Que faire ? etc.

j'y reviens dans les termes de la pratique théorique embarquée, praxis précisée dans ce qui précède, en réinjectant le débat 'virtuel' avec les textes de RS sur dndf et les commentaires qui ont suivi

il y a une confusion manifeste entre activités (qui seraient) communistes et actions et actes spectaculaires et violents comme s'ils témoignaient d'une plus grande détermination et celle-ci d'un contenu plus avancé que « le mouvement dans sa totalité ». C'est une confusion entre contenus et formes de luttes, et s'il est vrai que les formes portent des contenus, il importe de discerner lesquels au regard de ce que nous considérons comme des activités communistes

ce dont je parle va plus loin que signifier des manques pour les combler et générer ainsi une dynamique : il faut avoir le courage de dire que non, certaines actions ne créent en rien cette dynamique parce qu'elles en ont l'air par leur violence débordante et spectaculaire, et qu'au contraire, elles peuvent dans certains cas nuire aux « intérêts du mouvement dans sa totalité » , comme le dit ce passage du Manifeste cité en introduction :

« Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois,
les communistes représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité »


note 16 juin : reste à savoir ce que sont « les intérêts du mouvement dans sa totalité », entre intérêts immédiats et intérêts révolutionnaires, c'est toujours la même histoire, comment franchir le pas et l'épaisseur idéologique de la crise économique, politique, morale, civilisationnelle ?

tout le monde ne donne manifestement pas la même réponse, et nous ne sommes pas au bout de nos peines

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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Jeu 16 Juin - 0:25


le verre brisé pas le plancher



la maladie infantile et le «souvenir odieux» de l'hôpital des enfants malades

dans récréation chez dndf un incertain Jacques Séguéla et l'ami adé ont un échange à propos des dégradations de l'hôpital Necker

à cette occasion, adé cite Marx,

Marx a écrit:
Bien loin de s’opposer aux prétendus excès, aux exemples de vengeance populaire contre des individus haïs ou des édifices publics auxquels ne se rattachent que des souvenirs odieux, il faut non seulement tolérer ces exemples, mais encore en assumer soi-même la direction.

ce passage est extrait de l'Adresse du Comité Central à la Ligue des communistes en 1850, dont voici le paragraphe entier. Remarque amusante, Marx s'y adresse à ses "Frères", non à ses "Camarades"...

Marx a écrit:
1. En ce moment où les petits bourgeois démocratiques sont partout opprimés, ils prêchent en général au prolétariat l'union et la réconciliation ; ils lui tendent la main et s'efforcent de mettre sur pied un grand parti d'opposition, qui embrasserait toutes les nuances du parti démocratique ; en d'autres termes, ils s'efforcent de prendre les ouvriers au piège d'une organisation de parti où prédomine la phraséologie social-démocrate générale, qui sert de paravent à leurs intérêts particuliers et où, pour ne pas troubler la bonne entente, les revendications particulières du prolétariat ne doivent pas être formulées. Une telle union tournerait au seul avantage des petits bourgeois démocratiques et absolument tout au désavantage du prolétariat.

Le prolétariat perdrait toute sa position indépendante, conquise au prix de tant de peines, et retomberait au rang de simple appendice de la démocratie bourgeoise officielle. Cette union doit donc être repoussée de la façon la plus catégorique.

Au lieu de se ravaler une fois encore à servir de claque aux démocrates bourgeois, les ouvriers, et surtout la Ligue, doivent travailler à constituer, à côté des démocrates officiels, une organisation distincte, secrète et publique du parti ouvrier, et faire de chaque communauté le centre et le noyau de groupements ouvriers où la position et les intérêts du prolétariat seraient discutés indépendamment des influences bourgeoises. Combien peu les démocrates bourgeois prennent au sérieux une alliance où les prolétaires auraient la même puissance et les mêmes droits qu'eux-mêmes, c'est ce que montrent par exemple les démocrates de Breslau qui, dans leur organe, la Neue Oder-Zeitung [7], attaquent furieusement les ouvriers qu'ils appellent socialistes, groupés en organisations distinctes.

S'il s'agit de livrer combat à un adversaire commun, point n'est besoin d'union particulière. Dès qu'il faut combattre directement un tel adversaire, les intérêts des deux partis coïncident momentanément ; et dans l'avenir, comme jusqu'à ce jour, cette alliance prévue simplement pour l'heure s'établira d'elle-même. Il va de soi que, dans les conflits sanglants imminents, ce sont surtout les ouvriers qui devront remporter, comme autrefois, la victoire par leur courage, leur résolution et leur esprit de sacrifice. Comme par le passé, dans cette lutte, les petits bourgeois se montreront en masse, et aussi longtemps que possible, hésitants, indécis et inactifs. Mais, dès que la victoire sera remportée, ils l'accapareront, inviteront les ouvriers à garder le calme, à rentrer chez eux et à se remettre à leur travail ; ils éviteront les prétendus excès et frustreront le prolétariat des fruits de la victoire. Il n'est pas au pouvoir des ouvriers d'empêcher les démocrates petits-bourgeois d'agir ainsi ; mais il est en leur pouvoir de rendre difficile cette montée des démocrates en face du prolétariat en armes, et de leur dicter des conditions telles que la domination des démocrates bourgeois renferme, dès son origine, le germe de sa déchéance et que son éviction ultérieure par la domination du prolétariat s'en trouve singulièrement facilitée.

Il importe surtout que les ouvriers, pendant le conflit et immédiatement après le combat, réagissent autant que faire se peut contre l'apaisement préconisé par les bourgeois et forcent les démocrates à mettre à exécution leurs présentes phrases terroristes (sic). Leurs efforts doivent tendre à ce que l'effervescence révolutionnaire directe ne soit pas une nouvelle fois réprimée aussitôt après la victoire. Il faut, au contraire, qu'ils la maintiennent le plus longtemps possible. Bien loin de s'opposer aux prétendus excès, aux exemples de vengeance populaire contre des individus haïs ou des édifices publics auxquels ne se rattachent que des souvenirs odieux, il faut non seulement tolérer ces exemples, mais encore en assumer soi-même la direction.

Pendant et après la lutte, les ouvriers doivent en toute occasion formuler leurs propres revendications à côté de celles des démocrates bourgeois. Ils doivent exiger des garanties pour les ouvriers, dès que les bourgeois démocratiques se disposent à prendre le gouvernement en main. Il faut au besoin qu'ils obtiennent ces garanties de haute lutte et s'arrangent en somme pour obliger les nouveaux gouvernants à toutes les concessions et promesses possibles ; c'est le plus sûr moyen de les compromettre. Il faut qu'ils s'efforcent, par tous les moyens et autant que faire se peut, de contenir la jubilation suscitée par le nouvel état de choses et l'état d'ivresse, conséquence de toute victoire remportée dans une bataille de rue, en jugeant avec calme et sang-froid la situation et en affectant à l'égard du nouveau gouvernement une méfiance non déguisée.

Il faut (sic) qu'à côté des nouveaux gouvernements officiels ils établissent aussitôt leurs propres gouvernements ouvriers révolutionnaires, soit sous forme d'autonomies administratives locales ou de conseils municipaux, soit sous forme de clubs ou comités ouvriers, de façon que les gouvernements démocratiques bourgeois non seulement s'aliènent aussitôt l'appui des ouvriers, mais se voient, dès le début, surveillés et menacés par des autorités qui ont derrière elles toute la masse des ouvriers.

En un mot, sitôt la victoire acquise, la méfiance du prolétariat ne doit plus se tourner contre le parti réactionnaire vaincu, mais contre ses anciens alliés, contre le parti qui veut exploiter seul la victoire commune.



Marx, la "revendication ouvrière", et les "phrases terroristes des démocrates"
ou un sommet du programmatisme communiste

c'est un chef-d'œuvre d'intervention programmatiste du père fondateur, et relevons qu'il s'agit là de revendications ouvrières à l'État bourgeois, autrement dit avant la lettre de syndicalisme, et pour Marx d'y critiquer « les démocrates bourgeois », que je suis certainement comme ce Séguéla, ce qui rend le débat passionnant

arrête ton char, ma charité ne se fout pas de l'hôpital

on appréciera que l'Hôpital Necker, "pour les enfants malades", puisse être considéré comme appartenant aux « édifices publics auxquels ne se rattachent que des souvenirs odieux ». Gage que Marx eût préféré que ses enfants puissent être soignés dans un hôpital plutôt que mourir faute de soin. Il est certain que les enfants et leurs parents préfèreraient n'avoir le souvenir odieux ni de la maladie ni du séjour à l'hôpital, du moins de certains aspects inhérents à cette situation

dans cette inepte comparaison, où est la CGT, qui porte des revendications ouvrières, et qui condamne les violences de quelques-uns en marge de la manifestation, celles de la police, et l'instrumentalisation par le pouvoir démocrate bourgeois ? Bref, perso j'y perds mon latin communisateur mais certain pas son baratin campeur : au plaisir dans l'attente, c'est l'hôpital qui se fout de la charité...

remarque : je préfère quand les grévistes passent le courant en heures creuses pour la population

pour le reste ce texte de Marx est dans son entier, lu en contexte, très intéressant, je ne le connaissais pas : merci adé


Laughing

dans le sujet, et pour relativiser l'événement Necker, ce qui ne veut pas dire éviter de poser ces questions comme je l'ai fait plus haut. Dénoncer l'instrumentalisation de tels actes par le pouvoir n'épargne pas de s'interroger sur leur sens, étant donné que si celui-ci est facilement récupérable, il n'est que la partie visible d'une accumulation de dégradations diverses dont je n'ai pas moi fait le même constat que l'auteur de cette mise au point : « Pour celles que j’ai pu constater, elles étaient toutes « ciblées » : banques, assurances et publicités ». Ce serait trop simple, ce qui n'empêche que parfois, je ne boude pas mon plaisir, je l'ai dit concernant Decaux la veille de sa mort : ce n'est pas la casse de ses meubles urbains qui l'a tué...

on peut justifier tout ce qu'on veut, et l'on ne va pas faire la liste des bonnes et mauvaises cibles, mais l'inconvénient est que ça n'explique rien, la question étant quand même de savoir comment cela participe du mouvement et vers quoi


scratch

instrumentalisation par les uns vs justification par les autres
quel bras de fer pour vitres brisées dans le miroir d'un petit tout spectaculaire !


"Lorsqu’ils mettent sur le même plan « émotionnel » des plaques de verres cassées et ces centaines de milliers de familles éprouvées, MM. Valls et Cazeneuve, n’ont-ils pas honte ?"

Un lecteur de lundimatin nous a fait parvenir ce témoignage à vif.

Citation :
Hier, il y avait des centaines de milliers de manifestants dans les rues de Paris. En tête, des milliers de personnes, cagoulées ou non, syndiquées ou pas, se sont retrouvées pour tenir la dragée haute à un dispositif policier hors norme.

Je comprends facilement ce qu’il peut y avoir de désespérant là-dedans pour le gouvernement. Alors que l’on pouvait imaginer qu’au fil des semaines et des mois, la rue se fatigue et la violence soit de plus en plus isolée, c’est tout le contraire qui se passe : la peur de la police ne dissuade pas.

Hier, les manifestants ont commis de nombreuses dégradations. Pour celles que j’ai pu constater, elles étaient toutes « ciblées » : banques, assurances et publicités. Je ne suis pas sûr que cela nécessite beaucoup de débat. Il n’est pas certain que le monde de la finance tremble à chaque fois qu’un distributeur de billet est vandalisé mais que la jeunesse y voie un symbole, je le comprends parfaitement. Qu’une assurance doive appeler son assureur et demander le coût de la franchise, je dois avouer que lorsque j’y ai pensé, ça m’a fait rigoler. Ces gens engrangent des milliards en ponctionnant la solidarité. Quant aux publicités détruites, c’est — malgré la méthode—, la meilleure chose qui puisse leur arriver.

Au milieu de tout cela, quelques vitres de l’hôpital Necker ont été brisées. Bien que les vitres en question n’aient pas d’autre rôle que celui d’isolant thermique : j’en conviens grandement, ce n’est pas très malin.

Certes, briser les vitres d’un hôpital, même par mégarde, c’est idiot ; mais sauter sur l’occasion pour instrumentaliser la détresse des enfants malades et de leurs parents pour décrédibiliser un mouvement social, c’est indécent et inacceptable. Et c’est pourtant la stratégie de communication mise en œuvre depuis hier, par MM. Cazeneuve et Valls. Allègrement reprise par la droite et relayée sur un plateau doré par tous les médias.

Je le dis d’autant plus volontiers que l’hôpital Necker, j’y ai passé beaucoup de temps et que la détresse et l’angoisse des parents d’enfants très malades, je vois particulièrement bien ce que c’est. Instrumentaliser cette souffrance à des fins aussi bassement politiciennes est abjecte.

Cette indécence est d’autant plus choquante lorsque l’on connaît la situation de l’hôpital public aujourd’hui. MM. Valls et Cazeneuve, « révoltés » du fond du cœur par cinq vitres brisées, le sont-ils autant par les conditions de travail effarantes des personnels hospitaliers ? Lorsqu’un généticien clinique doit travailler 70h par semaine car la direction de son hôpital n’a pas les moyens d’employer un nouveau docteur ni même une secrétaire, quelles en sont les conséquences sur tous ces gentils petits enfants malades au chevet desquels nos ministres accourent depuis hier ? Quand les aides-soignantes et les infirmières sont épuisées, usées jusqu’à la moëlle et rémunérées au minimum, qu’en est-il de la qualité des soins et de l’attention nécessaires à ceux qui passent des mois voire des années dans des couloirs d’hôpitaux ?

Lorsqu’ils mettent sur le même plan « émotionnel » des plaques de verres cassées et ces centaines de milliers de familles éprouvées, MM. Valls et Cazeneuve, n’ont-ils pas honte ? Et tous ces journalistes qui ont titré sur cet horrible assaut contre l’hôpital des « enfants malades », prennent-ils la mesure du sens de leurs mots ?

La palme de l’infamie revient évidemment à M. Cazeneuve qui a tout de même réussi à ajouter à l’équation le fils des deux policiers tués avant-hier.

Des centaines de milliers de personnes défient le gouvernement dans la rue. Une ou deux cassent le double vitrage d’un hôpital. Une ordure tue deux policiers à l’arme blanche. Leur fils de trois ans est en soin à Necker. M. Cazeneuve établit un rapport émotionnel, affectif et psychique entre ces deux séries de faits : la lutte contre la Loi Travail et son gouvernement, le choc produit par la brutalité de ce double meurtre et la situation dramatique de cet enfant. Si les jeunes émeutiers qui ont cassé les vitres de Necker ont été idiots, MM. Valls et Cazeneuve, eux, sont obscènes.

Plutôt que de courir les plateaux télés pour dire des conneries pareilles, retirez la loi travail, financez correctement les hôpitaux et épargnez aux enfants et à leurs parents votre ignoble instrumentalisation. Merci d’avance.

Un parent d’enfant très malade de l’hôpital Necker


PS : cet épisode m'évoque le tweet d'Aya Ramadan et ma critique du "soutien total" du PIR et du FUIQP au nom de "peuple palestinien" (ici), comme les réactions 'campistes', « qui n'est pas avec moi est contre moi » : sans parano, inutile de me demander pourquoi personne n'est avec moi, je suis une machine à faire le vide... Plus sérieusement, sans même parler de théorie, l'impossibilité de débats sérieux est un des aspects les plus graves de ce qui se passe en France




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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Sam 18 Juin - 14:30

mis à jour 15:10

un serpent de mer théorique qui se mord la queue

les vieux pots et la soupe du programmatisme ouvrier

ou
quand la montagne de la "stratégie" accouche d'une souris revendicatrice

c'est une constante de la lutte des classes d'être en diverses proportions indissociablement économique, sociale et politique, de s'en prendre à la fois à l'État et au Capital. Mais que peut-on comprendre si l'on ne saisit pas la différence entre lutte revendicative/défensive, dans le respect de la règle du jeu capitaliste, et lutte révolutionnaire, pour l'abolir ?

non, la montée en puissance de la première ne produit pas le passage à la seconde, par "transcroissance des luttes revendicatives", et ce mouvement contre la Loi-travail en est une nouvelle démonstration. L'apparente radicalité du propos n'y change rien, elle ne fait qu'entretenir la confusion et les illusions, de la même manière que le texte "Printemps sans soleil", signé "des communistes de la région parisienne", qui tourne et se traduit dans le milieu franco-européen de la communisation, a tout d'une dérive gauchiste et réformiste. J'en ai supprimé ma critique d'hier, voir la raison plus bas

le texte ci-dessous se noie dans des considérations de formes des luttes et d'organisation sans prise en compte des contenus de rupture. Il n'est donc pas étonnant qu'il prétende faire la meilleure soupe dans les vieux pots du programmatisme démocratique



J'ai retrouvé le petit carton que j'avais pris l'autre jour en fin de manif près du miroir d'eau, par lequel Indymedia proposait de publier des articles sur son site. Dont acte :

Un petit bilan après plus de trois mois de mobilisation contre la loi dite « travail » est sans doute nécessaire avant d'aborder quelques questions stratégiques que nous allons devoir discuter.

(Devoir discuter si nous pensons que ce qui se passe depuis trois mois est le début de quelque chose – d'un autre chose – , si nous pensons qu'il faudra sans doute « toute une génération » pour reconstruire dans toute son épaisseur et sur une large surface un mouvement révolutionnaire victorieux, enfin, tout simplement, devoir discuter si nous voulons gagner).


Questions stratégiques pour faire retirer la loi travail (… et son monde ?)

Citation :
Bilan de trois mois de mobilisation

Les premières mobilisations sérieuses sont parties des universités*, avec des noyaux d'étudiant-e-s très déterminés, qui ont su entraîner une (petite partie) de leurs camarades. Cette mobilisation étudiante a touché le monde lycéen, avec un relatif succès, même si très vite seuls des noyaux ont réussi à tenir sur la durée dans les différents lycées.

* cela va devenir une légende, comme Nuit Debout... "Contre la loi travail", c'est évidemment faux

Bien que cela ne soit jamais bon pour un gouvernement et pour les partisans de « l'ordre », il était clair pour tout le monde que la seule mobilisation de la jeunesse scolarisée ne permettrait pas de faire remballer son projet à Hollande-Valls-Medef, auquel on pourrait rajouter la CFDT puisque rapidement celle-ci s'est estimée satisfaite « d'avoir obtenu ce qu'elle voulait » dans cette loi. (!)

Dès le 9 mars, des groupes « autonomes » (qu'on peut appeler ainsi par convention : autonomes car n'ayant de compte à rendre qu'à eux-mêmes, mais on pourrait dire aussi « déterminés », ou autre chose ; mais pas « casseurs », qui fait parti du lexique des représentants de « l'ordre », c'est-à-dire, aujourd'hui, de l'ordre bourgeois), des groupes autonomes, disais-je, ont repeint les murs et les banques de slogans marrants et justes (à peu près), et ont commencé à agir pour maintenir les « forces de l'ordre » à distance, lorsque celles-ci s'approchaient d'un peu trop près.

Troisième composante et non des moindres, les salarié-e-s se sont également mobilisés dès le 9 mars, suivant l'appel d'une intersyndicale qui était pourtant bien frileuse, ne prévoyant de n'appeler que le 31 mars. Au cours de ce mois, on a constaté dans le milieu militant CGT (dans les syndicats et les Unions Locales) une forte poussée de la base pour en découdre avec le Gouvernement. Malgré tous les obstacles habituellement mis lors de son Congrès pour limiter le nombre de partisans d'une ligne dure, le 51e congrès de la CGT à Marseille à révéler la très grande détermination du « corps » militant CGT – pour faire cours et sans rentrer dans les détails.

Et il faut dire, à la surprise de pas mal d'entre-nous (je suis militant CGT) que Philippe Martinez s'est, au jour où j'écris cette note – le 17 juin – fait le porte-parole de cette « ligne dure ». (dont au sujet de laquelle il faudra reparler, avec les questions évidentes : ligne dure – jusqu'où ? Et jusqu'à quand ?)

A partir de là, ce « corps » militant CGT s'est remis en ordre de marche à une hauteur qu'il n'avait plus connu depuis 2010 (avec toutefois un nombre de militants très actifs relativement moins conséquent – si on compare à 1995, dernière victoire d'un mouvement gréviste d'ampleur). Par contre, la CGT a été rejointe par un corps de militants des syndicats SUD/Solidaires ayant augmenté depuis, notamment chez les jeunes, les cheminots, les postiers.

L'activité militante déployée dans le courant du mois d'avril a permis de concrétiser, fin avril et surtout courant mai, un certain nombre de points d'appui dans la perspective d'une grève générale reconductible : actions dans l'énergie électrique (Cordemais), grèves chez les employés territoriaux (restauration scolaire notamment, éboueurs, mais pas seulement), grèves chez les dockers, les portuaires, les intermittents du spectacle, les cheminots, les postiers, dans l'aéronautique et autour des aéroports, et surtout grèves reconduites avec piquets de grèves dans les Raffineries et les dépôts de carburant.

Toutefois, même si lors des journées de mobilisations (avec appels à manifester de l'intersyndicale nationale), de nombreux secteurs et de nombreuses boîtes ont connu des taux de grève pas vus depuis longtemps (2010, encore), nombreuses sont les boîtes et les administrations où la mobilisation est trop faible voire inexistante : secteurs clés comme l'automobile notamment, les hôpitaux, l'enseignement, et encore les petites boîtes et très petites boîtes (dont on connaît les difficultés de mobilisation – par exemple pour se mettre en grève).

Enfin, même si cela reste limité en terme de participation, notamment populaire (par là j'entends les ouvrier-e-s, employé-e-s, chômeur-euse-s qui vivent dans les quartiers « populaires ») les phénomènes des Nuits debout, des On-bloque-tout, des AG de luttes interpro, sont porteuses d'une efficacité démultipliée en cas de généralisation de la grève.

Bien sûr, à ce bilan, il faut également ajouter les provocations et l'extrême violence de la répression policière, récurrente depuis la lutte à Notre Dame des Landes. (Et qui, plus au sud, a tué Rémi Fraisse). Et tout ça sous un gouvernement qui est parvenu à associer le terme socialisme à une envie de vomir, un premier ministre aux allures de caudillo, et à coups d'articles 49.3, de mensonges et de manipulations.

Un État et des médias serviles, enfin, qui en temps « normal », entretiennent une illusion de neutralité, mais qui, sous les coups de boutoirs de ce mouvement de rébellion populaire, dense et uni, montrent leur vrai visage de chiens de garde des intérêts généraux du Capital, faisant montre d'une agressivité « incroyable ».

Les points d'appui

Cependant, après plus de trois mois de mobilisation, nous sommes encore en échec pour l'instant à faire retirer cette loi El Khomri.

Pour autant, nous disposons de points d'appui. Un réel soutien populaire, d'abord, malgré toutes les tentatives des chiens de garde pour discréditer tel ou telle composante du mouvement, et qui s'est exprimée très tôt par les 1 350 000 signatures de la pétition en ligne sur change.org contre la loi.

L'opinion est majoritairement contre cette loi, solidaire du mouvement qui la combat, et défavorable au Gouvernement.

Ensuite, malgré des velléités d'en séparer les composantes (venues principalement de FO et de la FSU, mais parfois aussi de responsables CGT), le mouvement reste uni et solidaire, notamment dans les cortèges des manifestations de rues, entre jeunes scolarisés, déterminés cagoulés et travailleurs (je parle de « travailleurs » en tant que classe politique, qu'elles et ils aient du travail ou non – chômage – ou qu'elles et ils en soient sortis – retraite ou vie sur un autre mode).

Il n'y a, semble-t-il, pas de victoire sociale d'importance possible sans un début de commencement de grève générale, et il n'y a pas de grève générale se faisant craindre de la classe bourgeoise tant que les secteurs « périphériques » n'entrent pas en grève. C'est-à-dire les boîtes de moyenne importance, puis encore plus petites. (puisque c'est son anniversaire, souvenons-nous des 2 millions de grévistes de juin 1936, avec 12 000 usines occupées, et les 10 millions de grévistes de mai 1968, où même les vendeuses des petites boutiques se mettaient en grève et « sortaient »).

Nous n'en sommes certes pas là (ou pas encore, mais ce genre d'événements se déclenche et se répand de manière fulgurante), mais il y a localement quelques signes de mobilisations inédites depuis longtemps. Ne serait-ce que dans la Zone Industrielle de Saint-Herblain, il y eu notamment 90 % de grévistes chez Gascogne Sack le 26 mai, 70 % de grévistes chez Waterman le 14 juin.

Au fil des infos qui se diffusent dans la CGT, il semble que ce genre de mobilisations ne soient pas aussi localisées ou isolées qu'on ne pouvait le penser de prime abord, un peu partout en France, depuis fin mai. Dans différentes régions, des débrayages ou des grèves ont eu lieu dans le secteur privé sur les salaires, les conditions de travail, ou contre les restructurations et autres suppressions de postes. L'offensive patronale, constante mais accentuée suite à la « crise » de 2008 ne passe plus, et déborde le seul rejet de la loi El Khomri.

Enfin, la durée du mouvement est en elle-même inédite, et le fait que des secteurs, des militant-e-s restent mobilisés depuis maintenant plus de trois mois est un signe de la détermination – certes, d'une minorité – mais qui exprime un ras-le-bol beaucoup plus largement partagé parmi la classe « travailleuse ».

La lutte des classes n'a jamais cessé, mais cela a pris la forme depuis plus de 20 ans d'une classe qui donne des coups, et de l'autre qui encaisse. Mais nous, prolétaires, nous relevons la tête aujourd'hui, d'une manière nouvelle et déterminée (qui surprend et effraie à la fois encore un certain nombre parmi nous), mais nous avons retrouvé un itinéraire, une flamme qui n'est pas prête de s'éteindre, quoi qu'il advienne de la loi El Khomri : nous avons retrouvé le chemin de la lutte des classes ! [c'est vrai dans les limites d'une lutte défensive qui caractérise la dynamique massive de ce mouvement, et les discours "radicaux" comme les pratiques qui vont avec n'y changent rien, ils n'y créent pas d'écarts]

Construire sur le temps long

Un des points d'appui, aussi, ce sont les films et les documentaires dénonçant les méfaits du mode de production capitaliste, qui se multiplient, et qui ont un succès croissant.

Pouvons-nous nous passer, également, de ce patient et exigeant travail d'explication, d'étude et de débat collectif, d'argumentation, afin de décortiquer, de démêler les fils du système qui nous spolie et nous exploite ? Personne ne peut le nier, il me semble, si nous voulons élargir la surface de la résistance, de la rébellion, de la révolution qui vient [Ah bon ? Où ça ?].

Construire, organiser, sont des attributs de la lutte des classes.

Je renvoie ici à la lecture de l'article « Les deux jambes du militantisme » paru dans le Monde Diplomatique de juin 2016. Texte écrit par Astra Taylor, elle montre, à travers l'expérience de l'ancien activiste américain Mark Rudd dans les années 1960, que deux types de combat, la lutte organisée et l'action spontanée, s'ils se côtoient ou rivalisent parfois, peuvent aussi se rejoindre.

« De larges segments de l'activisme contemporain risquent de succomber au piège de l'individualisme. Or l'organisation est coopérative par nature : elle aspire à entraîner, à construire et à exercer un pouvoir partagé. Elle consiste, comme l'écrit le jeune sociologue et militant Jonathan Smucker, à transformer un 'bloc social en force politique'. », écrit-elle. « Mais l'éducation n'est pas la même chose que l'organisation, laquelle n'implique pas uniquement d'éclairer l'individu qui reçoit votre message, mais aussi d'agréger des personnes autour d'un intérêt commun afin qu'elles puissent combiner leurs forces. L'organisation, tâche de longue haleine et souvent fastidieuse, implique de créer des infrastructures et des institutions, de trouver des points vulnérables dans les défenses de vos adversaires, de convaincre des individus dispersés d'agir au sein d'une même équipe. » Et elle conclut son article ainsi : « Les élites n'ont jamais eu de mal à faire passer ceux qui contestent leur pouvoir pour des perdants et des grincheux. Il leur sera toujours plus difficile de disqualifier des organisateurs qui ont réussi à mobiliser une base populaire qui agit de façon stratégique. »

j'ai lu cet article de source américaine, qui pose de de façon assez classique la question stratégique du militantisme et de l'organisation, dans une perspective politique, comme une nostalgie du programmatisme ouvrier. Pas étonnant qu'il soit proposé tel quel par le Monde diplomatique, champion de l'alternative "anticapitaliste"

Bon, si on passe sur les formulations et le regard de sociologue de l'article, il reste que cette articulation, ce désir de maintenir une mobilisation dans la durée se pose. Nous n'avons pas encore réussi à faire retirer la loi « travail ». Mais qui dans les composantes du mouvement peut se prévaloir d'une stratégie pour gagner ?

Les jeunes sont-ils en mesure de faire plier le gouvernement, de le renverser ? En occupant facs et Lycées, en défilant dans les rues ?

Les autonomes, les activistes, sont-ils en mesure de faire plier le gouvernement, de le renverser ? En refaisant la déco des banques, des murs de la ville, en s'organisant pour ne plus laisser les jeunes se faire réprimer ? En créant et défendant une ZAD ? En « cassant » ? Quoi ? Les marchandises, les outils, le capital accumulé ?

Et les salarié-e-s ? Nous savons qu'ils et elles occupent une place particulière dans le mode capitaliste de production [la classe ouvrière productrice oui, pas tous les salariés en tant que tels]. Dans quelle mesure sont-ils et sont-elles capables de faire plier un gouvernement, de le renverser ? Quelle idée avons-nous – et quelle vision en ont les salarié-e-s – des grèves, de la Grève – reconductible, générale, avec occupation ?

Et autour de ces questions, gravitent celles du pouvoir, de la démocratie, de la violence, de l'État... [mais pas la question du capital...]

Nous devons apprendre, discuter, débattre.

Un mouvement a sans doute plus de chance d'être victorieux (et de garder ensuite, de manière prolongée voire permanente, de grandes qualités de mobilisation) s'il se construit, et cela demande du temps. Nous devons travailler en profondeur, et élargir la surface de la contestation anti-capitaliste.

Les camarades dont j'ai énuméré plus haut les secteurs/métiers font tout le temps le lien entre leur haut degré de syndicalisation et leur forte mobilisation. Les raffineurs sont massivement syndiqués, les dockers sont systématiquement tous à la CGT, les cheminots, les postiers, connaissent de forts taux de syndicalisation (toujours évidemment dans les syndicats plus combatifs, là : CGT et SUD).

5% de travailleurs syndiqué-e-s en France, est-ce suffisant ? Oui, si les non-syndiqué-e-s sont tout aussi combatifs. Mais est-ce le cas ?

La classe salariée est la force sociale fondamentalement révolutionnaire, par la place qu'elle occupe dans la société capitaliste. Elle s'exerce et se forme dans la bataille contre ses exploiteurs, bataille parfois quotidienne. La construction sur le temps long, réalisé par des équipes syndicales combatives, sur le terrain de la lutte contre le patronat ou l'État, constitue à mon avis une étape incontournable dans la progression de la lutte des classes. Mais discutons-en. Entre tous ceux qui se sont mobilisés depuis trois mois, et dans l'extrême-gauche. [l'idée sous-tendue est celle de la transcroissance des luttes revendicative aux luttes révolutionnaires, sans bond qualitatif]

Ne pas relâcher la pression, en permanence

Maintenant que nous sommes là, que nous (re)-venons de débouler dans la lutte anti-capitaliste, contre la classe bourgeoise, maintenant que nous avons restauré cela : comment allons nous faire pour ne pas relâcher la pression, en permanence ?

Nous devons saisir toutes les opportunités, nous immiscer dans toutes les brèches de ce monde en décrépitude, bien sûr. Mais chacun risque de retourner dans son domaine d'intervention, dans une construction – ou pas – mais bien souvent, avec pour objectif de faire grossir « sa » boutique.

Rien de bien critiquable d'ailleurs. En soi, il est évident et normal que chacun-e continue et contribue à la réussite de la voie, des perspectives dans lesquelles il ou elle s'est engagé.

Mais comment rester unis et solidaires comme nous l'avons été ? Comment continuer à nous coordonner ? Pour continuer ce que nous avons commencé : porter des coups au pouvoir qui vacille (mais jusqu'ici ne rompt pas), pour les frapper ensemble, tout en marchant séparément ?

C'est l'enjeu des discussions que nous devons avoir. Qui n'est pas de confronter des écrits, programme contre programme, mais de voir ce que nous pouvons faire ensemble.

Nous avons peut-être quelques pistes : les travailleurs et les pauvres issus de l'immigration, avec lesquels nous devons nous liés ; proposer au prolétariat, aux pauvres, une reconquête de l'idée qu'un autre chemin/monde est possible, mais directement avec eux et pour eux ; lutter contre les nouvelles pratiques du capitalisme (les multinationales, le Medef qui dictent leur loi) ; dénoncer ceux qui, passés de l'autre côté, sont maintenant les plus violents et les plus agressifs zélateurs et godillots du capitalisme revenu à son énergie primitive, comme seul chemin possible pour l'humanité, j'ai nommé : le Parti Socialo (et sans doute la CFDT).

Avec des questions à poser auprès des classes pauvres de travailleurs, mais aussi de la classe moyenne « contente d'elle-même » :

• Si la lutte des classes est morte, pourquoi interdire le droit de manifester ?

• Peut-on encore lutter pour changer de société ?

Juste un dernier point, car j'ai été bien long, sur l'attitude vis-à-vis des forces de police.

Certains camarades considèrent (à juste titre) que les forces de police sont des fonctionnaires, salarié-e-s comme nous, et qu'ils seront objectivement nos alliés, dans la perspective du renversement d'un pouvoir aux abois et devenu totalement illégitime par la violence avec laquelle il voudra nous faire accepter la loi du Capital et l'exploitation sans freins. Certes, mais sans doute pas tous. Et puis nous n'en sommes pas encore là, et, en attendant, nous devons plutôt, c'est vital, nous faire respecter des « forces de l'ordre » (sic), fermement et efficacement. (Ce qui n'implique évidemment pas d'aller jusqu'à « vouloir tuer des policiers », comme il a été dit par Valls en parlant des « casseurs », dans son délire médiatico-politico-hystérique, le 15 juin 2016).

(J'en profite pour souhaiter un joyeux anniversaire à Yann Le Merrer, révoquer de la Poste pour avoir organisé un vaste mouvement de grève dans le 92... Bon anniversaire à toi camarades ! Avec 10 ou 20 000 mecs ou nanas de ta trempe, la révolution, on en serait plus très loin !)


les débordements d'un verre d'eau parisien ne mouillent pas le port de Marseille

on n'en finirait pas de la critique de textes "radicaux" voire à prétention théorique qui ne font plus que noyer le poisson de la lutte des classes dans les eaux troubles d'une phraséologie gauchisante qui se mord la queue

exemple : 14 juin – Naissance de notre force, Mouvement anarchiste révolutionnaire 18 juin

que faire de textes où les problèmes sont en boucle dans les questions et les réponses, et dans l'absence de pans entiers de la situation mondiale et de son poids sur la crise en France ? Leur critique n'ayant pas l'efficience de leur vanité, rendez-vous au pied du mur des lamentations : la grève sent les vacances, et les blocages le Tour de France, quand tout va à vélo

l'idéologie française se remet certes à l'heure de la crise mondiale, mais garde le nez sur le guidon

à quoi bon nourrir la stérilité en accordant de l'importance à ce qui n'en a pas ? Je cesserai de me préoccuper de textes censés « alimenter les discussions en cours », quand les deux, n'alimentant plus que le narcissisme ultragauchiste du "milieu radical", n'ont ni pertinence théorique ni poids dans la réalité : ce milieu produit son propre retard sur les luttes par une inertie inhérente à sa conception de la théorie


Dernière édition par Admin le Sam 18 Juin - 16:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Sam 18 Juin - 15:53


« La critique qui s'occupe de cet objet, c'est la critique dans la mêlée. »

Marx 1843

dans une situation de luttes intenses, soit ce que tu as théorisé jusque-là est pertinent, et donc te permet de dire quelque chose au fil d'une lutte qui t'invite à le corriger, soit ta "théorie" a un gros problème pour "s'embarquer" dans les luttes, puisqu'en tant que théorie communiste, elle ne servirait à rien, ce qui n'invalide pas sa nature de théorie mais sa qualité de communiste dans le combat de classe. Ce genre de théorie, celui de la théorie de la communisation y compris Théorie Communiste, tourne le dos à la fonction communiste héritée tant du Manifeste de 1847 que des Thèses sur Feuerbach

autrement dit, la vieille idée que dans les périodes de faible lutte de classes, dites "périodes non révolutionnaires" (troploin, IS sauf erreur, etc.) on produit "les armes de la critique"; et que dans les périodes de luttes intenses, dites "révolutionnaires", on passe à "la critique des armes" - sous-entendu en cessant la première, "ce n'est plus l'heure des discussions" -, cette idée est fausse par tous les bouts, y compris dans l'ambiguïté de la formulation de Marx lui-même, ou du moins sa fréquente interprétation

Marx a écrit:
Il est évident que l'arme de la critique ne saurait remplacer la critique des armes ; la force matérielle ne peut être abattue que par la force matérielle ; mais la théorie se change, elle aussi, en force matérielle, dès qu'elle pénètre les masses.

Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel Introduction 1843


mais il faut y regarder de plus près : ce passage de Marx n'a-t-il été sur-interprété voire compris de travers, car il ne dit pas ici que dans les périodes de luttes intenses, il faudrait s'arrêter de penser


mais aussi je casse donc je pense...

si la théorie communiste est produite par les luttes auto-théorisantes, c'est au contraire les moments de grande intensité qui sont les plus féconds pour produire et promouvoir des liens organiques entre pratique théorique et pratique pratique, pour nourrir une subjectivation révolutionnaire, pour participer à la constitution d'une classe des abolitions, une classe communisatrice

je considère au-delà de mes espoirs que ce moment français de la lutte des classes valide ma conception d'une théorisation embarquée dans les luttes qui la produisent en temps réel, et non pour la beauté du geste d'avoir eu raison après coup, à servir pour la prochaine fois où l'on répètera la même erreur

.
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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Sam 25 Juin - 0:00


Billancourt est mort, désespérons sa mémoire

« l'humanité ne se pose jamais que des problèmes qu'elle peut résoudre,

car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours que le problème lui-même ne surgit que là
où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir. »


Marx Critique de l'économie politique, Préface, 1859

on peut se réjouir du réveil de la combativité ouvrière "contre la loi travail", et au-delà de la remise en cause du système capitaliste "nuit debout", aussi confuse et contradictoire soit-elle

mais une chose qu'on ne peut dire, c'est que ce moment français des luttes de classes poserait concrètement et le moins du monde possible, par ses formes et contenus, la nécessité d'une révolution communiste


Adé a écrit:
Une remarque de Corinne Cerise m'a fait rire, elle a écrit que la révolution ce n'est pas seulement la violence destructrice... etc., certes, mais qui parle de révolution ?

si, dans la double crise de l'Occident et du capital, les luttes décoloniales sont une médiation temporelle nécessaire, à prendre en compte dans le combat communiste révolutionnaire, nous sommes en France massivement à Ground zéro, et, du fait même qu'elle se pense éclairée, dans la variante la plus sombre qui soit du populisme radical

on en est là dans ce pays et le reste est littérature, phraséologie gauchiste franco-universelle. C'est plus qu'inquiétant




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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Dim 26 Juin - 14:34


blocage mon culte !

pour mémoire, une thèse "communisatrice" alors fausse en théorie et aujourd'hui empiriquement effondrée

grève versus blocage

Léon de Mattis, février 2011 (brochure PDF)

Léon de Mattis a écrit:
Le blocage viole le droit de grève. Il vise à empêcher ceux qui veulent exercer leur droit au travail de le faire. Le blocage rompt avec la logique du droit, et d’ailleurs il a tendance à devenir illégal (le délit de blocage des trains existe depuis les lendemains de la lutte anti-CPE, et l’UMP a le projet de l’étendre à tout type de blocage). Il permet de faire jouer à la grève ce rôle de paralysie de l’économie que son encadrement citoyen lui fait perdre.

Il est comme une contre-tendance à cette évolution qui fait que la grève tend à être de moins en moins une pratique de lutte. Contrairement à la grève dans sa version citoyenne qui tend à devenir un choix individuel qui renvoie chacun à sa propre atomisation (je fais la grève et je reste chez moi), le blocage suppose l’action collective, et qui plus est l’action collective qui n’a pas à être majoritaire – même s’il faut être un certain nombre pour pouvoir tenir un blocage. Le blocage est une activité qui rompt avec la passivité de la grève citoyenne.
[...]




communisateur en "théorie"
et cul-de-jatte en "pratique" ?


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MessageSujet: Re: AVRIL-JUILLET... SEPTEMBRE 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée   Dim 26 Juin - 14:37


pour ce qui concerne le problème de la violence à la lumière de Nuit Debout et l'anti-Loi travail, voir les derniers commentaires dans le sujet la VIOLENCE venue dans la CONTRE-RÉVOLUTION CAPITALISTE...

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