PATLOTCH / CIVILISATION CHANGE / COMMUNISME, SEXE, et POÉSIE

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 LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?

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MessageSujet: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Dim 3 Mai - 18:22


note du 29 février 2016 : je change le titre de ce sujet, parce que je pense être arrivé à la possibilité d'un texte court de synthèse exprimant un état, sinon définitif, relativement abouti de mes travaux depuis quelques années, ou quelques décennies selon


en relation, plus ancien : un manifeste révolutionnaire (réflexions pour -)

mis à jour le 13 août 2015

« Le monde existe pour aboutir à un livre »

Mallarmé


PourquoiPas a écrit:
Vous tenez ici la matière d'un bon livre : un plan bien structuré, des contenus riches et des questions ouvertes, une documentation sérieuse et des arguments de poids. Vous voyez bien que personne n'a envie de discuter avec vous. Vous êtes seul et isolé. Un livre vous obligerait à synthétiser davantage pour une lecture plus aisée. Je vous assure qu'il aurait davantage de succès. Édité par Senonevero et traduit par ses soins, il pourrait devenir une référence concernant la communisation, et trancher sur ce qu'on a l'habitude de lire en matière de théorie communiste.

Vous devriez y songer, plutôt que saturer ce lieu qui ne peut être un véritable forum de discussions. Qu'en pensez-vous ?

je ne suis pas un auteur de livres en papier, c'est comme ça.

on me suggère d'écrire des "vrais" livres depuis des années... Je ne l'ai pas fait sur le jazz, bien qu'il soit en ligne, ni pour ma poésie ou d'autres créations 'artistiques', par fuite de tout intermédiaire, alors que mes poèmes sont (à trier...) ce que je pense le meilleur, et le plus durable de mon "œuvre"

des raisons de principe relatif à la théorie communiste, comme théorie en chantier permanent et activités communistes transversales aux luttes


concernant la théorisation du communisme comme mouvement et combat, mes raisons sont plus profondes, et doivent se comprendre facilement ici, en relation avec ce que j'ai posé d'emblée :

1) ma critique de la concurrence entre théoriciens sur le marché des idées révolutionnaires, de l'égotisme conduisant au sectarisme et à l'évacuation de thèses considérées comme adverses : pourquoi pourrais-je faire ce que je reproche à d'autres ? (qui n'est pas d'écrire des livres, mais de ramener la couverture à eux)
2) plus important, la théorie communiste n'est pas affaire de livres surgissant de loin en loin, comme le dernier cri de la théorie, ou pire destinés aux bibliothèque du futur, l'histoire faite
3) encore plus important : « La théorie communiste doit être faite par tous. Non par un. » reprenant la formule de Lautréamont pour la poésie

un éventuel livre serait la formulation du « chantier permanent »

ce ne pourrait donc  être qu'un livre numérique, avec mise à jour permanente, ce à quoi peut effectivement faire penser ce forum, la structure de son plan, et son sens que j'ai expliqué en introduction

le communisme décolonial, au stade actuel de sa mise en perspective, doit être un POTLATCH, au sens que lui conféraient les situationnistes
Potlatch n°22 1955 a écrit:

« Tous les textes publiés dans Potlatch peuvent être reproduits, imités, ou partiellement cités, sans la moindre indication d'origine »
on est ici bien au-delà ici de toute norme d'un droit, même au "gratuit"

un autre principe auquel je suis attaché : dire ce que je fais, faire ce que je dis. Corollaire : ne pas faire etc.

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Dernière édition par Admin le Lun 31 Oct - 20:28, édité 14 fois
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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Ven 29 Mai - 20:11

Stuart Hall a écrit:
« Je ne cherche pas à obtenir le statut de théoricien. A quoi bon être théoricien ? Je recours à la théorie pour comprendre et déverrouiller les conjonctures dans lesquelles je me trouve, de façon à agir politiquement en leur sein » Le "populisme autoritaire" selon Stuart Hall, Le Monde 31 janvier 2008
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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Lun 29 Juin - 14:36

il me faut y revenir encore une fois. Suite à ma diffusion par mails alentours en Europe du plan de ce livre-forum, une camarade grecque me demande où l'on peut trouver mon livre à Paris...

il n'y a ni n'aura de livre-papier. J'ai expliqué comment ce plan, ces rubriques, fonctionne selon la méthode de Marx dans sa critique de la totalité capitaliste en mouvement, avec sa méthode dialectique articulée à plusieurs niveaux (voir problèmes dialectiques, problèmes de dialectique et de méthode

mais nous ne sommes plus à l'époque de Marx et des livres papiers, ni d'une œuvre de 40 ans de 1841 (Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure, thèse de doctorat en 1841), à sa mort en 1883 (Lettres d'Alger et de la Côte d'Azur) en 1882

œuvre de Marx dont des textes essentiels ne furent connus que dans les années 1930 (L'idéologie allemande, de 1845, que n'avait pu lire Lénine, entre autres), Les Gründrisse (Introduction à la critique de l'économie politique de 1859, traduite en français à la fin des années 1960 ainsi que le 6ème chapitre "inédit" du Capital), des textes regroupés dans Marx écologiste de John Bellamy Foster, édition française en 2011, des textes l’édition française (2015) de « Marx aux antipodes. Nations, ethnicité et sociétés non occidentales »

et couétéra, puisqu'une grande partie de Marx n'est toujours pas accessible en français...

la compréhension dynamique que nous pouvons avoir aujourd'hui de la « totalité capitaliste » dont ce LIVRE-FORUM poursuit la critique, peut se donner à saisir autrement que par des textes séparés les uns des autres, grâce à la technologie des liens interactifs. Naturellement, cela rend les choses plus complexes, pour naviguer d'un texte à l'autre, mais aussi plus facile et plus économe de temps qu'en passant d'un livre à l'autre, comme les théoriciens y étaient contraints avant, et comme continuent de le faire ceux qui n'ont pas acquis une pratique d'Internet, n'y fonctionnant qu'à l'ancienne (de Théorie Communiste à Temps Critiques, pour ne citer que deux exemples d'un fonctionnement en et entre revues ou longs textes, hérité des années 1970)

voilà pourquoi ce "livre" ne peut pas en être un comme un autre. Voir Les habits neufs de la communisation ? Pourquoi pas un livre ?

d'autres raisons tiennent au fait que Patlotch n'est pas un théoricien comme on l'entend de façon classique
Patlotch a écrit:
Patlotch n'est pas un peintre
Patlotch n'est pas un musicien
Patlotch n'est pas un poète
Patlotch n'est pas un artiste. Point
Patlotch n'est pas un théoricien communiste. Point
Patlotch n'existe pas
Patlotch ? Un cadavre !

tout ceci ne relève pas d'une pose de dandy manchot mais d'une cohérence qui refuse de s'établir en système clos, comme les corpus théoriques tels que ceux de Théorie Communiste à Temps Critiques

je ne pourrais pas critiquer le le théorisme, maladie sénile du communisme ou poser des exigences sur le 'théoricisme' : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer , et continuer à user et abuser des mêmes pratiques théoriques, jusque dans la méthode et dans la présentation formelle, qui portent un contenu, autant que Le Capital en son temps, avec son plan qui fit de la part de Marx l'objet de tant d'attention, pour exposer une représentation du réel, entre celui-ci et le « concret de pensée" et l'ordre d'exposition adéquat entre matériaux pour l'analyse et conceptualisation, et de controverses chez ses héritiers *

* voir à titre d'exemple Ernest Mandel 1976 : Le plan du Capital

sans doute pourrais-je proposer quelques étapes de synthèses, mais ceci même est extrêmement risqué, puisque cassant la dynamique complexe et dialectique de l'ensemble en tant que « critique de la totalité capitaliste »

du point de vue le plus "politique", on peut en avoir une idée dans un Manifeste révolutionnaire ? des "so called marxistes" faisons table rase où l'on retrouvera le lien de "ma" méthode avec celle de Marx, son esprit plutôt que sa lettre prise au pied par des impenseurs et compenseurs "marxistes" au petit pied

voilà ce que signifie

à livre ouvert, un intellectuel collectif pour un chantier communiste permanent



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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Jeu 13 Aoû - 13:39

je procède au ménage des sujets pour éclaircir positivement la théorisation du Communisme décolonial, et en balayer ce qui relève par trop de sa genèse pour moi depuis dix ans, la critique de la théorie de la communisation puis plus largement de la post-ultragauche dans l'idéologie française eurocentriste

cette critique étant achevée, elle tient dans mon approche la place que tenait l'Idéologie allemande dans l'évolution de Marx et Engels, livre qui fut publié et connu seulement dans les années 1930, après donc la mort de Lénine et sauf erreur inconnu de Gramsci...

ma critique de la mouvance théorique radicale post-ultragauche et 'communisation' peut aujourd'hui être livrée à celle des souris d'ordinateur et des virus spéculatifs que n'intéresse pas un combat communiste au présent

il n'est maintenant plus exclu que j'envisage d'écrire une brochure facilement imprimable, dans le genre un MANIFESTE du COMMUNISME DÉCOLONIAL. C'est un lourd travail de synthèse et de formulation claire et synthétique du point où je suis parvenu aujourd'hui. Il suppose que j'en détermine avec soin la fonction et le public visé et par conséquent le contenu et la forme. Ce public ne saurait être celui qui s'intéresse habituellement aux questions de théorie communiste, aux approches universitaires, en militants de tels partis ou organisation, mais tout un.e chacun.e susceptible de contribuer où il se trouve à ce combat défini au présent et dans une perspective révolutionnaire d'abolition des colonialités et du capitalisme

c'est une lourde responsabilité, dans la mesure où le concept de communisme décolonial n'existe pas ailleurs qu'ici, alors que paradoxalement, il est en phase avec bien plus de mouvements, de sensibilités et d'aspirations dans le monde que la plupart des expressions politiques à prétention révolutionnaire : c'est un peu comme si des millions de personnes dans le monde faisaient du communisme décolonial sans le savoir, comme Monsieur Jourdain de la prose... en quoi ce sont elles qui ont écrit ce livre dont je ne suis que le lourd porte-plume

deux erreurs seraient à éviter :

- vouloir faire la leçon à ceux qui, de par leur situation de "colonisés", soit dans des pays sous le joug impérialiste et néo-colonialiste, soit comme minorités non blanches dans "nos " pays, porte l'essence de ce double combat

- considérer que la seule teneur "décoloniale" des luttes suffirait à en garantir l'inscription dans une perspective révolutionnaire communiste : c'est un terrain de confrontations et de luttes "internes" à ces mouvements, aussi bien en théorie que dans les situations concrètes de luttes

écrire un Manifeste serait donc une sorte de pari sur sa réception, sur son utilité, et sur sa performativité, c'est-à-dire un pari sur la possibilité qu'il change la donne des luttes sociales, féministes, écologistes... en France particulièrement, puisque ce pays est comme à l'avant-garde de l'idéologie qui s'y oppose le plus : l'eurocentrisme et la production permanente d'un racisme par ceux qui prétendent le combattre au nom du prolétariat universel ou de l'universalité des valeurs humaines du communisme et du féminisme de tradition occidentale

il est donc évident que ce livre s'adresserait, comme à fronts renversés, à des publics divers se caractérisant par un manque, soit par aveuglement eurocentriste, soit pas manque d'une perspective révolutionnaire communiste

je ne suis pas encore prêt à l'écrire pour qu'il réponse à ces diverses exigences

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Sam 15 Aoû - 20:24


notes prémilinaires pour un Manifeste communiste décolonial


Un spectre hante l'Europe : le spectre de l'immigration. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : les États-nations et les banquiers, Hollande et Schäuble [1], les radicaux de Grèce et les policiers d'Allemagne.

Quelle est l'opposition qui n'a pas été accusée de communautarisme par ses adversaires au pouvoir ? Quelle est l'opposition qui, à son tour, n'a pas renvoyé à ses adversaires de droite ou de gauche l'épithète infamante d'anti-colonialiste ?

Il en résulte un double enseignement.

Déjà l'immigration est reconnue comme puissance par toutes les impuissances d'Europe.

Il est grand temps que les communistes décoloniaux exposent à la face du monde entier, leurs conceptions, leurs buts et leurs tendances; qu'ils opposent au conte du spectre migratoire un manifeste du parti lui-même du communisme décolonial.

C'est à cette fin que des communistes de diverses nationalités se réuniront partout et rédigeront le Manifeste du communisme décolonial, qui sera publié en toutes langues du Tout-Monde.


[1] François I, élu pape, passait pour "un anticapitaliste", mais il n'était pas moins hostile au communisme que ministre fédéral des Finances Wolfgang Schäuble qui, dès avant la dé-communisation de Ukraine en 2015, joua en Europe le rôle de gendarme. Juste à ce moment-là, il y eut lieu un rapprochement entre Manuel Valls, Premier Ministre de la République française et chef reconnu de toute l'idéologie eurocentriste, et Benyamin Netanyahou, sioniste éminent et Premier ministre israélien, idéologue de la grande bourgeoisie financière et industrielle et ennemi intransigeant du prolétariat moyen-oriental. À la demande du gouvernement israélien, Valls expulsa les indigénes de Paris. La police française persécutait les migrants non seulement en France mais aussi en Orient, en Afrique et même aux Antilles, s'efforçant par tous les moyens d'entraver leur propagation.


Le manifeste du Parti communiste 1847
Marx & Engels a écrit:
Un spectre hante l'Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le tsar, Metternich et Guizot [1] , les radicaux de France et les policiers d'Allemagne.

Quelle est l'opposition qui n'a pas été accusée de communisme par ses adversaires au pouvoir ? Quelle est l'opposition qui, à son tour, n'a pas renvoyé à ses adversaires de droite ou de gauche l'épithète infamante de communiste ?

Il en résulte un double enseignement.

Déjà le communisme est reconnu comme une puissance par toutes les puissances d'Europe.

Il est grand temps que les communistes exposent à la face du monde entier, leurs conceptions, leurs buts et leurs tendances; qu'ils opposent au conte du spectre communiste un manifeste du Parti lui-même.

C'est à cette fin que des communistes de diverses nationalités se sont réunis à Londres et ont rédigé le Manifeste suivant, qui est publié en anglais, français, allemand, italien, flamand et danois.



[1] Pie IX, élu pape en 1846, passait pour "un libéral", mais il n'était pas moins hostile au socialisme que le tsar Nicolas I° qui, dès avant la révolution de 1848, joua en Europe le rôle de gendarme. Juste à ce moment-là, il y eut lieu un rapprochement entre Metternich, chancelier de l'Empire autrichien et chef reconnu de toute la réaction européenne, et Guizot, historien éminent et ministre français idéologue de la grande bourgeoisie financière et industrielle et ennemi intransigeant du prolétariat. A la demande du gouvernement prussien, Guizot expulsa Marx de Paris. La police allemande persécutait les communistes non seulement en Allemagne mais aussi en France, en Belgique et même en Suisse, s'efforçant par tous les moyens d'entraver leur propagande. (N.R.)



PS : ceci n'est pour l'heure qu'un pastiche de détournement situationniste dont ma lectorate ne manquera pas de relever le caractère amusé

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Ven 12 Fév - 17:18


Manifeste : l'éternel détour ?

dans un échange (ici), Corinne Cerise relance l'idée d'écrire un Manifeste. C'est venu comme ça :

Citation :
Patlotch a écrit:
du coup, peut-on "parler au présent de communisation" ? Je réponds : à quoi bon ? Pour quoi faire ? Nous n'en sommes pas là, s'il y a ce grand "cycle de luttes" il y en a dedans d'autres plus immédiats, qui appellent une pensée et des activités communistes, et celles-ci sont (pour moi) décoloniales. Ma question est donc : si notre cycle de luttes actuel est décolonial, comment s'y comporter en communiste ? Autrement dit : Qu'y faire ?

Corinne Cerise a écrit:
C'est une question à laquelle vous répondez depuis déjà bien des mois (voire des années...)
Pour ce qui est de la "stratégie", je ne démords pas du "Manifeste". Ecrivez donc un Manifeste, et vous verrez. Non, je parle sérieusement.

Patlotch a écrit:
au-delà des luttes décoloniales, on ne va plus loin qu'en produisant ce plus loin dans des luttes immédiates, on ne dépasse pas des limites sans les avoir repoussées... L'immédiateté de la communisation ne se construit pas du jour au lendemain en attendant l'auto-émergence de la bonne "conjoncture". La question est alors : peut-on y concevoir des activités communistes ?

à propos de Manifeste, en août dernier, j'en étais là

Patlotch a écrit:
c'est une lourde responsabilité, dans la mesure où le concept de communisme décolonial n'existe pas ailleurs qu'ici, alors que paradoxalement, il est en phase avec bien plus de mouvements, de sensibilités et d'aspirations dans le monde que la plupart des expressions politiques à prétention révolutionnaire : c'est un peu comme si des millions de personnes dans le monde faisaient du communisme décolonial sans le savoir, comme Monsieur Jourdain de la prose... en quoi ce sont elles qui ont écrit ce livre dont je ne suis que le lourd porte-plume

deux erreurs seraient à éviter :

- vouloir faire la leçon à ceux qui, de par leur situation de "colonisés", soit dans des pays sous le joug impérialiste et néo-colonialiste, soit comme minorités non blanches dans "nos " pays, porte l'essence de ce double combat

- considérer que la seule teneur "décoloniale" des luttes suffirait à en garantir l'inscription dans une perspective (de classe), révolutionnaire et communiste : c'est un terrain de confrontations et de luttes "internes" à ces mouvements, aussi bien en théorie que dans les situations concrètes de luttes

écrire un Manifeste serait donc une sorte de pari sur sa réception, sur son utilité, et sur sa performativité, c'est-à-dire un pari sur la possibilité qu'il change la donne des luttes sociales, féministes, écologistes... en France particulièrement, puisque ce pays est comme à l'avant-garde de l'idéologie qui s'y oppose le plus : l'eurocentrisme et la production permanente d'un racisme par ceux qui prétendent le combattre au nom du prolétariat universel ou de l'universalité des valeurs humaines du communisme et du féminisme de tradition occidentale

il est donc évident que ce livre s'adresserait, comme à fronts renversés, à des publics divers se caractérisant par un manque, soit par aveuglement eurocentriste, soit pas manque d'une perspective révolutionnaire communiste

je ne suis pas encore prêt à l'écrire pour qu'il réponse à ces diverses exigences

il ne faut pas confondre deux choses :

- l'idée d'un LIVRE, d'une brochure présentant un condensé d'où nous en sommes arrivés, plus lisible que cette "synthèse". Je m'en sens incapable, ou plutôt je n'en ai pas envie : ce qui ne s'invente pas comme réponse à un besoin présent et pressant ne m'a jamais intéressé *

* c'est une conformation 'artiste' : Miles Davis disait qu'il ne repassait jamais ses disques précédents. C'est l'anti-thèse des rabâcheurs de langage cuit en formules magiques, dont Roland Simon est le modèle par excellence communisateur anti-communication


- l'idée d'un MANIFESTE, et dans les conditions posées plus haut, ou ici un manifeste révolutionnaire (réflexions pour -)


le moment n'est pas venu d'écrire un Manifeste

un Manifeste, même écrit par un seul, est le produit d'une pensée collective à partir et pour des luttes collectives. Le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels est une commande *, et leurs noms ne figurent pas sur la couverture de la première édition en février 1848. Il est écrit en pleine période révolutionnaire en Europe, c'est « l'année du Printemps des Révolutions (ou Printemps des peuples) en raison d’une vague de soulèvements révolutionnaires en Europe »


* « Le Manifeste du Parti communiste est un essai politico-philosophique commandé par la Ligue des communistes (ancienne Ligue des justes), et rédigé par le philosophe allemand Karl Marx. Écrit fin 1847 et début 1848 avec la participation de son ami Friedrich Engels et publié en février 1848, il a été diffusé à l'origine sous le titre Manifeste du parti communiste (il n'existait alors aucun Parti communiste, le terme « parti » désignant à l'époque l'ensemble des courants partisans du communisme), et il a ensuite été republié sous le titre Manifeste communiste. » Wikipédia


il n'existe pas aujourd'hui de Ligue des communistes décoloniaux et personne ne m'a passé de commande. Pour une fois je dirais qu'il faut être absolument modeste et pour reprendre les termes de Roland Simon, ne pas « s'auto-considérer » ni « s'auto-instituer » dans une fonction à « la pointe extrême de la théorie révolutionnaire de l'époque. »

comme tout écrit 'révolutionnaire', un Manifeste ne peut que prendre acte de l'état où nous en sommes, et reformuler des perspectives révolutionnaires dans cette situation présente, en termes de stratégie et de politique, c'est-à-dire d'activités révolutionnaires *

* ici, je ne retiens pas l'idée que n'est révolutionnaire que ce qui fait immédiatement la révolution, mais ce qui, à un moment donné, fait avancer le schmilblick

en ce sens, un Manifeste prend acte et dans le même mouvement prend parti. Il a lieu d'être écrit s'il a quelque chance de devenir une prise de parole performatrice, une geste susceptible de changer la donne parce que les conditions en existent dans le mouvement des luttes. Sans quoi il tombe à plat, et de très haut, parce qu'il fait le contraire de ce qu'il exige

Patlotch a écrit:
s'opposer à toute séparation de "la théorie" et de "la pratique"... Toute praxis de lutte collective est insécablement pensée-action, pensée-lutte qui s'invente dans un faire ensemble au présent
tiré d'ici

c'est une chose de construire abstraitement une telle perspective, comme théorisation même fondée sur les luttes, dans le débat virtuel de ce forum; une autre de considérer qu'elle est posée explicitement dans la réalité des luttes, avec un objectivisme du genre de la fuite en avant de Théorie Communiste avec la revue Sic. Je ne prends pas nos désirs pour la réalité et ne me sens de nulle part appelé, mandaté comme le fut Marx par la Ligue des communistes, comme rédacteur d'un Manifeste

bref, pour autant que je serais un rédacteur idoine, capable d'assumer la responsabilité d'un tel écrit, je n'ai pas de commande, je n'en attends pas et je ne me passerai pas d'auto-commande, pour la bonne raison que le moment n'est pas venu d'écrire un Manifeste


« un mouvement de fond, de masse, de classe, quoi… »
Lisbeth Salander

laissons les gauchismes aux gauchistes

la question avec laquelle il va nous falloir avancer est celle des activités communistes dans les luttes, auto-organisées ou organisées de façon associatives, et là, les termes du Manifeste de 1848 n'ont pas pris une ride :

Marx & Engels a écrit:
Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers. Ils n'ont point d'intérêts qui les séparent de l'ensemble du prolétariat. Ils n'établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier... les communistes sont la fraction la plus résolue, qui stimule toutes les autres, avec une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement. Le but immédiat des communistes est la constitution des prolétaires en classe et le renversement de la domination bourgeoise... Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde.

Le Manifeste de 1847, Prolétaires et communistes


dans les conditions d'aujourd'hui, on ne parlera pas de « partis ouvriers » mais de toutes formes organisées ou non d'activités sur les lignes d'affrontement avec le capitalisme dont il est question dans ce forum. Les "communistes" dont nous parlons sont dedans, ils y sont déjà, le plus souvent sans ce nom. Il ne s'agit donc ni d'y faire de l'entrisme ni de l'activisme en mouches du coche avant-gardistes

nous n'empêcherons pas l'existence marginale de gauchismes, ni celui de la "vraie démocratie", ni celui de la "vraie révolution", de la pureté révolutionnaire, cet ultra-gauchisme apparu dans les années 70 sous forme théoriciste, intellectuelle, typique des couches moyennes et des professeurs en révolution, coupés de tout lien ouvrier, et dont le "courant communisateur" fut le dernier avatar. Les activités communistes dont je parle n'ont rien à voir avec ça parce que nous ne voulons plus que participer à « un mouvement de fond, de masse, de classe, quoi… » (Lisbeth Salander, ici)

Guy Debord a écrit:
Le même Sardou dit aussi: « Vainement est relatif au sujet; en vain est relatif à l’objet; inutilement, c’est sans utilité pour personne. On a travaillé vainement lorsqu’on l’a fait sans succès, de sorte que l’on a perdu son temps et sa peine: on a travaillé en vain lorsqu’on l’a fait sans atteindre le but qu’on se proposait, à cause de la défectuosité de l’ouvrage. Si je ne puis venir à bout de faire ma besogne, je travaille vainement; je perds inutilement mon temps et ma peine. Si ma besogne faite n’a pas l’effet que j’en attendais, si je n’ai pas atteint mon but, j’ai travaillé en vain; c’est-à-dire que j’ai fait une chose inutile…

On dit aussi que quelqu’un a travaillé vainement, lorsqu’il n’est pas récompensé de son travail, ou que ce travail n’est pas agréé; car dans ce cas le travailleur a perdu son temps et sa peine, sans préjuger aucunement la valeur de son travail, qui peut d’ailleurs être fort bon ».

Guy Debord ~ Commentaires sur "La société du spectacle" 1988 - Éditions Gérard Lebovici


il ne faut rien lâcher de ce qui précède, sinon nous aurons travaillé en vain car sans objet, et vainement, car sans sujet, donc sans succès


N'an laara, an saara

« Si nous nous couchons, nous sommes morts »


Joseph Ki-Zerbo


réforme de l'orthographe avant la lettre et sans accent circonflexe

cyclops



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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Sam 13 Fév - 0:16


Patience...
Chéri ton disque est rayé




Silly ooh, assied-toi et écoute ce que j’ai à te dire, c’est sérieux…
Silly ooh, vu ton comportement chéri, je suis découragée…
Silly ooh, si tu savais que tu avais le succès auprès des nanas…
Silly ooh, pourquoi tu es venu me chercher de chez mes parents ?

Tu m’as suppliée de t’épouser, pour toi j’étais la femme de ta vie…
Je me suis donnée corps et âme pour le bonheur de notre foyer…
Aujourd’hui je suis devenue la gardienne de la maison…
Silly ooh, ta colère c’est toujours contre mes parents…
Silly ooh, tes retards ont toujours une raison…
Tu rentres à 21h, tu dis : « chérie, j‘avais trop de travail »…
Tu rentres à 23h : « chérie, j‘étais retenu par mon patron »…
Tu rentres à minuit : « chérie, j‘avais des problèmes avec ma voiture »…
A 4h du matin : « chérie, j‘avais une réunion politique »…
Tu rentres trois jours plus tard : « chérie, j‘étais envoyé à une mission secrète »…
Silly ooh, je suis fatiguée d’entendre la même chose tous les jours…
Silly ooh, je suis vraiment désolée chéri, voici mon message :

Je veux te dire maintenant chéri que ton disque est rayé…
Je te le répète encore chéri que ton disque est rayé…

Silly ho hooo, w'oyéri mé lé koura chéri hééé…
Bisi lè bou lé wa bébé hééé…
Ba koua gn'oyéri, mè sè gn'oyéri, wa bisa tira, mé tchou ma kèlè…

Chéri hé mé mi kôlô hééé, mé mi kolo hé
Bébé hé mé mi kôlô hé, mé mi kolo hé
Chéri hé mé mi kôlô hééé, mé mi kolo hé
Bébé hé mé mi kôlô hé, mé mi kôlô hé
Mi kôlô hé hé hééé, bébé hééé

Je veux te dire maintenant chéri que ton disque est rayé
Je te le répète encore chéri que ton disque est rayé

Je veux te dire maintenant chéri que ton disque est rayé
Je te le répète encore chéri que ton disque est rayé

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Mer 17 Fév - 18:09


manifestement : une geste

cheers

Corinne Cerise a écrit:
J'ai vu que le forum était en pleine effervescence. Vous avez renommé la rubrique "THÉORIE de la COMMUNISATION et CRITIQUE DÉCOLONIALE : tresser sans stress ni strass" en "CRITIQUE DÉCOLONIALE et RÉVOLUTION COMMUNISTE : perspectives."

Avec une prise de position très forte :


Patlotch a écrit:
soyons clair : aucun syncrétisme n'est possible entre théorie de la communisation et pensée décoloniale, parce que leurs approches sont globalement contradictoires du point de vue épistémologique

Patlotch a écrit:
c'est vrai  Basketball

Corinne Cerise a écrit:
Serait-ce après la coupure, la naissance d'un Manifeste ?

Patlotch a écrit: a écrit:
pas vraiment, j'avais répondu à votre suggestion, ici : un LIVRE ? un MANIFESTE ? de qui pour quoi ? Manifeste : l'éternel détour ? / le moment n'est pas venu d'écrire un Manifeste...

Corinne Cerise a écrit:
Oui, j'ai lu, et c'est précisément pourquoi j'ai pensé à un manifeste, car ça (voir dessous) y ressemble quand même drôlement, du moins dans la fougue :

notre visée et notre ambition, c'est de remettre en selle la perspective d'une révolution communiste
en termes de luttes de masse,
et sa théorisation au cœur d'échanges avec ceux qui pensent la lutte de classe
comme décoloniale en termes de révolution de civilisation

Ce n'est quand même pas rien, dites donc.

Patlotch a écrit:
si vous voulez, c'est une façon tranchante de trancher, qui peut s'entendre comme une geste manifeste, mais dans ce cas l'on voit bien que ce n'est pas que la mienne, car par-delà accords et désaccords, beaucoup s'inscrivent dans cette visée et cette dynamique, et le dire peut avoir un effet performatif

il n'y a donc aucune raison que moi, ou même un.e autre, écrive un manifeste au sens d'une brochure telle que le Manifeste de 1847. Non seulement le moment n'est pas venu, mais je ne suis pas même sûr que cela puisse se poser un jour en ces termes. S'il y a création de liens organiques-luttes-pensée des luttes, si la dynamique crée une contre-hégémonie face au capital, et puisque les partis ou avant-gardes théoriques, c'est fini, qui serait légitime pour l'écrire ? Assez de balles dans le pied !

« la fougue » ? n'est-ce pas enthousiasmant ? Pour le dire avec Brel


il faut bien que le corps exulte


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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Jeu 18 Fév - 20:41


parenthèse dans ce sujet avec un débat organisé par la librairie Mille Bâbords autour du manifeste du parti communiste de 1847




Suite du débat "Vies et Mort de la Lutte de classes"

Citation :
Faisons le point et allons plus loin !

Nous avons ces dernières semaines fait un bilan du débat qui a eu lieu à Mille Bâbords le 8 janvier autour du livre de R. KURZ et de la théorie critique de la valeur. Les satisfactions, les apports, les limites, les déceptions que cette discussion a fait apparaitre et a produit nous font faire un constat : Les concept fondamentaux qui ont été utilisé dans le discours de chacun sont parfois mal connus ou confus et au centre de ceux-ci la question de la lutte de classe.

Nous vous invitons donc à nous rejoindre lors d’Atelier de réflexion autour du manifeste du parti communiste de 1847 qui évoque en premier ces concepts. Il ne s’agit pas d’une formation où les présupposés domineraient, nous voulons proposer une réflexion ouverte et sans dogme.

Si ces discussion vous intéresse envoyez nous un mail à contact-biblio [at] millebabords.org nous vous communiquerons rapidement la date de ces ateliers.

A l’initiative de la Commission Bibliothèque, a été organisé un débat sur le thème : « Vies et mort de la lutte de classes » à partir d’une lecture critique du livre de R. Kurz « Vies et mort du capitalisme ». Pour la Commission, il ne s’agissait pas de discuter des thèses de cet auteur se réclamant du mouvement « Critique de la valeur » mais de se centrer sur l’affirmation qu’il n’existe pas, au sein de la société capitaliste, un sujet révolutionnaire. Pour la Commission, ce qui a motivé ce débat, c’est son désaccord avec la conception fataliste de Kurz excluant toute action humaine influençant l’évolution du capitalisme et donc son rejet de la notion de lutte de classes et de l’existence d’un sujet révolutionnaire. Pour la Commission, il s’agit de clarifier et pour cela de revenir sur une question de base, que recouvre ce concept « lutte de classes » et est-il encore opérant aujourd’hui ? et voir pourquoi une telle faiblesse actuelle du prolétariat ?

Le débat a réuni une trentaine de personnes venant d’horizons différents [sic], des non organisés comme des organisés. Ce débat a été instructif puisqu’il a permis de mieux comprendre plusieurs types d’argumentations qui soit convergeaient vers les thèses de Kurz, soit affirmaient le contraire avec des points de vue différents, soit posaient simplement des questions. Différents courants étaient représentés, comme des partisans du courant bordiguiste, anarchiste, des représentants de « Théorie Communiste » et des militants du Courant Communiste International [bref, ce que j'appelle en gros la post-ultragauche, avec ses débats dans la bulle à quelques dizaines...] .

Il est impossible de traiter de manière exhaustive les différents positionnements et questionnements, mais seulement les grandes lignes qui se sont dégagées. Si nécessaire, un forum de discussions pourrait être ouvert pour une expression plus précise de ces différents positionnements. Ce qu’il ressort de ce débat, c’est :

-  Pour le courant bordiguiste, l’affirmation que la classe ouvrière est une classe historiquement révolutionnaire qui s’exprime à travers la création d’un parti révolutionnaire [mais encore ? L'intérêt de Bordigua c'est sa conception du parti...] ;

-  Pour « Théorie Communiste », la classe ouvrière n’est pas une classe révolutionnaire, tout le mouvement ouvrier du passé avait comme objectif une meilleure intégration du prolétariat au sein du capitalisme, ceci était le programme des bolcheviks [pas seulement, mais de tous les courants communistes, y compris l'ultragauche, les situationnistes...] . En ce sens le prolétariat ne lutte pas contre son exploitation et encore moins pour se libérer des chaines du capitalisme. Il n’y a rien à espérer de la classe ouvrière [TC ne dit pas ça, qui est très approximatif, voire faux] ;

-  Une position plus traditionnellement anarchiste : les projets révolutionnaires sont multiples, les acteurs révolutionnaires sont aussi multiples. La classe ouvrière n’est pas le seul sujet révolutionnaire et le communisme n’est pas l’unique objectif, d’autres opprimés comme les paysans sont aussi révolutionnaires et leurs objectifs tels que l’autogestion sont aussi des projets révolutionnaires. En fait les luttes du Chiapas sont un exemple de mouvement révolutionnaire où se construit un autre projet de société.

-  Le Courant Communiste International, argumentant sur la nature révolutionnaire du prolétariat, porteur du projet communiste, s’est aussi attaché à analyser les faiblesses que rencontre le prolétariat actuellement : le poids encore très fort de la campagne anticommuniste après 89 qui lui a fait perdre toute perspective révolutionnaire du fait que les luttes des années 80, au cœur du capitalisme, avaient eu du mal déjà à dégager un tel objectif politique ; de la place de la classe ouvrière au sein des rapports de production capitalistes avec tout le poids de l’aliénation qui pèse renforçant ses difficultés actuelles.

Dans cette discussion, des interventions sont plus allées dans le sens de poser des questions :

-  Il est nécessaire de périodiciser les luttes ouvrières, comprendre ce qui s’est passé, ce que nous pouvons en retenir, dans quel contexte elles se sont déroulées ;

-  Une autre intervention s’interrogeait sur la perte actuelle de l’identité de classe, surtout en Occident, alors que dans les pays comme la Chine et d’autres, la notion de classe ouvrière est plus claire ;

-  Une autre intervention, disait que le Manifeste de Marx est son livre le plus exécrable, interrogeait l’assistance sur pourquoi on ne discutait pas de certains thèmes mis en avant dans le livre de Kurz, l’aliénation du travail, la question de l’argent, l’effondrement du système capitaliste.

Ce que fait apparaitre cette discussion, c’est que la notion de lutte de classe est soit différemment interprétée soit confuse pour certains des présents. Etant donné ce constat, pour la Commission, pour savoir de quoi on parle, pour comprendre et évaluer la pertinence actuelle des concepts comme « lutte de classe », « classe ouvrière »…il serait nécessaire de revenir aux textes fondamentaux, et en ce sens celui qui vient en premier, puisqu’il traite fondamentalement de cette question, c’est le « Manifeste du Parti Communiste » de Marx.

La réunion du 8/01 a ouvert un champ de réflexion à poursuivre, sous la forme d’ateliers de discussions. Reprendre le Manifeste de Marx, d’y réfléchir dessus autour de 3 axes :

-  Une lecture pour mieux comprendre les concepts qui s’en dégagent avec un esprit critique, ce qui reste valable et ce qui ne l’est plus ;

-  Comment ces concepts ont été opérants dans l’histoire : revenir sur le mouvement ouvrier révolutionnaire ;

-  Est-ce que le Manifeste est-il encore d’actualité ? Comment et pourquoi ?

Voici le document : PDF - 189.7 ko

Pour la Commission, ces ateliers sont conçus comme un lieu de réflexion et non pas une « école » avec des élèves et des professeurs. Afin de mieux les organiser, la Commission propose, à ceux qui sont intéressés, et dans l’état d’esprit défini plus haut, de nous envoyer un mail. contact-biblio [at] millebabords.org

LA COMMISSION BIBLIOTHEQUE DE MILLE BABORDS

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Jeu 18 Fév - 21:46


la geste manifeste
mieux vaut l'avoir black et d'équerre que molle et blanche

parenthèse dans ce sujet avec un débat organisé par la librairie Mille Bâbords autour du manifeste du parti communiste de 1847. À chacun.e de mesurer l'écart avec notre façon de poser la question, loin de ces débats d'intérêt théorique moyen, parce qu'ils ont pris un coup de vieux, de couches moyennes vieilles et blanches : on a les débats qu'on mérite et dont on hérite...



Suite du débat "Vies et Mort de la Lutte de classes"

Citation :
Faisons le point et allons plus loin !

Nous avons ces dernières semaines fait un bilan du débat qui a eu lieu à Mille Bâbords le 8 janvier autour du livre de R. KURZ et de la théorie critique de la valeur. Les satisfactions, les apports, les limites, les déceptions que cette discussion a fait apparaitre et a produit nous font faire un constat : Les concept fondamentaux qui ont été utilisé dans le discours de chacun sont parfois mal connus ou confus et au centre de ceux-ci la question de la lutte de classe.

Nous vous invitons donc à nous rejoindre lors d’Atelier de réflexion autour du manifeste du parti communiste de 1847 qui évoque en premier ces concepts. Il ne s’agit pas d’une formation où les présupposés domineraient, nous voulons proposer une réflexion ouverte et sans dogme.

Si ces discussion vous intéresse envoyez nous un mail à contact-biblio [at] millebabords.org nous vous communiquerons rapidement la date de ces ateliers.

A l’initiative de la Commission Bibliothèque, a été organisé un débat sur le thème : « Vies et mort de la lutte de classes » à partir d’une lecture critique du livre de R. Kurz « Vies et mort du capitalisme ». Pour la Commission, il ne s’agissait pas de discuter des thèses de cet auteur se réclamant du mouvement « Critique de la valeur » mais de se centrer sur l’affirmation qu’il n’existe pas, au sein de la société capitaliste, un sujet révolutionnaire. Pour la Commission, ce qui a motivé ce débat, c’est son désaccord avec la conception fataliste de Kurz excluant toute action humaine influençant l’évolution du capitalisme et donc son rejet de la notion de lutte de classes et de l’existence d’un sujet révolutionnaire. Pour la Commission, il s’agit de clarifier et pour cela de revenir sur une question de base, que recouvre ce concept « lutte de classes » et est-il encore opérant aujourd’hui ? et voir pourquoi une telle faiblesse actuelle du prolétariat ?

Le débat a réuni une trentaine de personnes venant d’horizons différents [sic], des non organisés comme des organisés. Ce débat a été instructif puisqu’il a permis de mieux comprendre plusieurs types d’argumentations qui soit convergeaient vers les thèses de Kurz, soit affirmaient le contraire avec des points de vue différents, soit posaient simplement des questions. Différents courants étaient représentés, comme des partisans du courant bordiguiste, anarchiste, des représentants de « Théorie Communiste » et des militants du Courant Communiste International [bref, ce que j'appelle en gros la post-ultragauche, avec ses débats dans la bulle à quelques dizaines...] .

Il est impossible de traiter de manière exhaustive les différents positionnements et questionnements, mais seulement les grandes lignes qui se sont dégagées. Si nécessaire, un forum de discussions pourrait être ouvert pour une expression plus précise de ces différents positionnements. Ce qu’il ressort de ce débat, c’est :

-  Pour le courant bordiguiste, l’affirmation que la classe ouvrière est une classe historiquement révolutionnaire qui s’exprime à travers la création d’un parti révolutionnaire [mais encore ? L'intérêt de Bordigua c'est sa conception du parti...] ;

-  Pour « Théorie Communiste », la classe ouvrière n’est pas une classe révolutionnaire, tout le mouvement ouvrier du passé avait comme objectif une meilleure intégration du prolétariat au sein du capitalisme, ceci était le programme des bolcheviks [pas seulement, mais de tous les courants communistes, y compris l'ultragauche, les situationnistes...] . En ce sens le prolétariat ne lutte pas contre son exploitation et encore moins pour se libérer des chaines du capitalisme. Il n’y a rien à espérer de la classe ouvrière [TC ne dit pas ça, qui est très approximatif, voire faux] ;

-  Une position plus traditionnellement anarchiste : les projets révolutionnaires sont multiples, les acteurs révolutionnaires sont aussi multiples. La classe ouvrière n’est pas le seul sujet révolutionnaire et le communisme n’est pas l’unique objectif, d’autres opprimés comme les paysans sont aussi révolutionnaires et leurs objectifs tels que l’autogestion sont aussi des projets révolutionnaires. En fait les luttes du Chiapas sont un exemple de mouvement révolutionnaire où se construit un autre projet de société.

-  Le Courant Communiste International, argumentant sur la nature révolutionnaire du prolétariat, porteur du projet communiste, s’est aussi attaché à analyser les faiblesses que rencontre le prolétariat actuellement : le poids encore très fort de la campagne anticommuniste après 89 qui lui a fait perdre toute perspective révolutionnaire du fait que les luttes des années 80, au cœur du capitalisme, avaient eu du mal déjà à dégager un tel objectif politique ; de la place de la classe ouvrière au sein des rapports de production capitalistes avec tout le poids de l’aliénation qui pèse renforçant ses difficultés actuelles.

Dans cette discussion, des interventions sont plus allées dans le sens de poser des questions :

-  Il est nécessaire de périodiciser les luttes ouvrières, comprendre ce qui s’est passé, ce que nous pouvons en retenir, dans quel contexte elles se sont déroulées ;

-  Une autre intervention s’interrogeait sur la perte actuelle de l’identité de classe, surtout en Occident, alors que dans les pays comme la Chine et d’autres, la notion de classe ouvrière est plus claire ;

-  Une autre intervention, disait que le Manifeste de Marx est son livre le plus exécrable, interrogeait l’assistance sur pourquoi on ne discutait pas de certains thèmes mis en avant dans le livre de Kurz, l’aliénation du travail, la question de l’argent, l’effondrement du système capitaliste.

Ce que fait apparaitre cette discussion, c’est que la notion de lutte de classe est soit différemment interprétée soit confuse pour certains des présents. Etant donné ce constat, pour la Commission, pour savoir de quoi on parle, pour comprendre et évaluer la pertinence actuelle des concepts comme « lutte de classe », « classe ouvrière »…il serait nécessaire de revenir aux textes fondamentaux, et en ce sens celui qui vient en premier, puisqu’il traite fondamentalement de cette question, c’est le « Manifeste du Parti Communiste » de Marx.

La réunion du 8/01 a ouvert un champ de réflexion à poursuivre, sous la forme d’ateliers de discussions. Reprendre le Manifeste de Marx, d’y réfléchir dessus autour de 3 axes :

-  Une lecture pour mieux comprendre les concepts qui s’en dégagent avec un esprit critique, ce qui reste valable et ce qui ne l’est plus ;

-  Comment ces concepts ont été opérants dans l’histoire : revenir sur le mouvement ouvrier révolutionnaire ;

-  Est-ce que le Manifeste est-il encore d’actualité ? Comment et pourquoi ?

Voici le document : PDF - 189.7 ko

Pour la Commission, ces ateliers sont conçus comme un lieu de réflexion et non pas une « école » avec des élèves et des professeurs. Afin de mieux les organiser, la Commission propose, à ceux qui sont intéressés, et dans l’état d’esprit défini plus haut, de nous envoyer un mail. contact-biblio [at] millebabords.org

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Mer 2 Mar - 15:27


complété et mis à jour, un court texte en chantier. J'ai ajouté un "?", parce qu'au fond je ne sais pas le statut d'un tel texte. Après tout l'on n'est pas obligé de figer le sens de "manifeste" plus que celui de "communisme" ou de "révolution". Je sais par contre que des écrits peuvent être performatifs, a minima en suscitant des remises en questions, en ouvrant des problématiques. En toute immodestie, je souhaite que ce soit le cas, sans quoi je n'aurais pas passé des années de ma vie pour en arriver là, à souhaiter quelque influence


ceci n'est pas un manifeste ?

le temps de la synthèse est peut-être venu. Ébauche et première esquisse, et du coup changement de titre général, allez, disons un peu optimiste, mais Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir :

COMMUNISME FEMINISTE & DECOLONIAL > LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA

la révolution qui viendra


1) l'état des lieux historiques
du capital mondial et de l'Occident

nous pouvons maintenant reformuler schématiquement le cheminement historique depuis les années 1960 :

les contradictions du capitalisme à la fin des empires coloniaux, et du compromis keynésien entre luttes ouvrières, États et patronats nationaux dans les « pays développés », aboutissent, après 1968, à la décomposition du programmatisme prolétarien, du mouvement ouvrier international et de ses organisations, et à la restructuration globale du capitalisme, ouvrant la voie à de nouvelles contradictions dans l'histoire croisée de la domination occidentale depuis cinq siècles et du mode de production/reproduction capitaliste depuis deux siècles


c'est l'échec de l'internationalisme prolétarien, qui n'aura été qu'un universalisme prolétarien pour, dixit Marx lui-même, « unir les ouvriers de tous les pays... civilisés »

la longue période de défaites ouvrières face au capitalisme néo- et ultra-libéral, et la montée en puissance de capitalismes non-occidentaux, engendrent alors deux types de résistances :

1) caractéristiques de la sphère occidentale des "pays développés" du "Centre", ou du "Nord" :

de la part de la classe ouvrière et des couches salariées d'en-bas, des luttes plus défensives que revendicatives contre la remise en cause des "acquis sociaux" et de l'État-providence (gestionnaire et répartiteur du salaire socialisé, alimenté par la plus-value du travail productif)

de la part des couches moyennes menacées de prolétarisation, l'alternative démocratique "anticapitaliste" dans les pays développés, portée par les partis de gauche de plus en plus délaissés par le prolétariat qu'attire le populisme de droite ou le retrait abstentionniste

ce fut le moment de recherche d'une « convergence des opprimé.e.s, dominé.e.s, racisé.es...» l'exploitation capitaliste n'en étant au mieux qu'une composante, le moment du démocratisme radical et l'altermondialisme citoyen, avec ses composantes féministes et combats des minorités sexuelles, écologistes, etc. le moment de l'intersectionnalité sans 'structure à dominante' dans le capital

2) caractéristiques de la "périphérie", ex "Tiers-Monde", mais aussi du "Quart-Monde" et des populations "indigènes" minoritaires, issues des ex-colonies, dans la sphère occidentale des "pays riches" :

avec la crise des rapports post-colonialistes dans les ex-pays colonisés, dits hier « en voie de développement », aujourd'hui « économies émergentes », c'est la montée de luttes nouvelles des populations concernées, particulièrement indigènes (c'est par exemple le moment des démocraties populistes en Amérique latine, qui s'achève), luttes contre les bourgeoisies nationales corrompues autant que contre la domination des pays dominants, par l'extractivisme de matières naturelles et la spoliation des paysans pauvres, sur fond de trafics en tous genres (mafias, argent sale, paradis fiscaux, drogue, êtres et organes humains, travail des enfants...), la pression militaro-policière et les guerres de tous niveaux d'intensité qui les accompagnent


2) les luttes actuelles dans la double crise de l'Occident et du Capital

dans la crise économique, politique, idéologique et culturelle, qui met en cause la suprématie des puissances occidentales dans le capitalisme mondial, avec l'expansion des terrorismes engendrés par les crises des régions à ressources pétrolières ou autres - crise de la rente foncière sur laquelle sont assises les dictatures de ces pays amis-ennemis de l'Occident à domination américaine -, et avec la croissance démographique de ces régions très jeunes alors que les pays européens vieillissent, atteints de plein fouet par les mouvements migratoires qu'accroissent les guerres qu'ils conduisent pour la sauvegarde de leurs intérêts économiques, dans l'espoir de leurs dirigeants aux abois de contrebalancer l'effondrement de leurs situations économiques et sociales internes (ce qui ressemble aux motivations des colonialismes anglais et français dans la première moitié du 19ème siècle, un aspect oublié sur lequel il faudra revenir)

d'un côté la planète est menacée d'une guerre mondiale pour le maintien des taux de profits ((loi de la baisse tendancielle du taux de profit moyen) de chaque région capitaliste ou des capitaux transnationaux concurrents, pour conserver ou acquérir une place dans un "nouvel ordre mondial" qui ne pourrait être que chaotique,

d'un autre, dans la double crise de l'Occident et du capitalisme sont engendrées des luttes d'une nature nouvelle, dites décoloniales, et qui sont économiques et sociales, politiques, écologiques, féministes... brassant de façon contradictoire et inédite la question des identités nationales, ethniques et 'raciales', religieuses, et posant la question de leurs possibles dépassements des blocages de luttes de classe offensives aux limites de la reproduction du capital...



3) une perspective révolutionnaire nouvelle
vers
la subjectivation d'une classe des émancipations/abolitions
pour une communauté du vivant

c'est dans ces dynamiques réciproques, aux dialectiques complexes, entre double crise et nouvelles luttes de contenus et formes extrêmement diverses, que la montée en puissance de celles-ci peut redessiner des perspectives révolutionnaires d'abolition du capital et d'émancipation humaine : nouvelles formes et contenus de la lutte des classes, si « les damnés de la terre » trouvent les chemins d'alliances pour dépasser les segmentations entre "expulsés" du prolétariat salarié, "nègres du monde", nouveaux "lumpen", et populations exploitées ou dominées à divers titres

l'économie politique continue à conduire le bal entre « Monsieur le capital et Madame la terre » (Marx ici), mais elle n'écrit plus la partition d'un orchestre aujourd'hui privé de chef; elle n'est pas seule à mener la danse et rythmer la cadence désormais démultipliée, polyrythmique et polymétrique, créolisante, des dynamiques et processus de changements d'ampleur historique posant la nécessité d'un changement de civilisation

le prolétariat occidental, au sens ouvrier ancien sur lequel reposaient tant le programme prolétarien universel jusqu'à la fin des années 1960, que la théorie virtuelle de la communisation entre 1975 et 2010, n'est définitivement plus au cœur d'un processus de subjectivation révolutionnaire de classe , qui ne pourra plus suivre un seul chemin vers la "communauté humaine", mais des voies pluriverselles vers des communismes sans unité de contenus que pour renverser le mode de production et de reproduction économique, politique, culturel, idéologique et psychologique du capital destructeur de la vie sur terre et au-delà, vers une communauté du vivant

alors les individus pourront devenir des autres, et se livrer en liberté à l'épanouissement  de leurs capacités créatrices de tous ordres et désordres vitaux, poétiques et amoureux


Twisted Evil

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Ven 11 Mar - 15:37


critique marxienne de l'économie politique et communisme décolonial

compatibilités

en relation, importé du billet de Lucie Couvreur Le nouveau Krach à venir va-t-il nous permettre de changer de paradigme ? Une nouvelle révolution est en marche


je pense aussi qu'une révolution pourrait être en marche, mais que la crise économique n'en sera pas le seul déclencheur, parce que la crise est double, d'une part celle du capitalisme et en lui de la suprématie du capitalisme occidental, d'autre part crise de l'Occident même, de la modernité occidentale et de l'universalisme sur cette base

sur la crise économique, un autre point de vue, au vrai assez difficile à comprendre car nécessitant une bonne connaissance de la critique marxienne de l'économie politique

Michael Roberts Blog blogging from a marxist economist

Imperialism and super exploitation March 7, 2016

après quelques courbes...



(taux de profit)



... la chute :

Michael Roberts a écrit:
There may well be more room for imperialism to exploit the proletariat globally and so counteract falling profitability again, for a while.  There are still reserve armies of labour from the rural areas in many countries to be drawn into globalised commodity production (and yes, often at below-value wages). But there are limits to the ability of imperialism to raise the rate of exploitation indefinitely, not least the struggle of this burgeoning proletariat in the South (and still substantial numbers in the North).

Marx’s law of profitability has not and will not be counteracted indefinitely even with super-exploitation. The law of profitability and the struggle of the global proletariat are imperialism’s Achilles heels.

d'un autre article plus bas :

Michael Roberts a écrit:
Why do governments refuse to introduce such policies in a meaningful way ?  Well, it’s because government spending means more taxation on the corporate sector and/or on households, or it means more borrowing when public sector debt is at record highs.  And it means the encroachment of government into the capitalist sector just when profitability is turning down.

Monetarist solutions to the global slowdown have failed; Keynesian fiscal solutions are not being introduced and would not work in the long run anyway.  The only way out is another slump.

ce point de vue est relativement compatible avec mes analyses évoquées, comme au demeurant celui du géographe marxiste David Harvey, avec lequel Michael Roberts s'oppose régulièrement, notamment sur la baisse réelle du taux de profit, question épineuse car difficile à résoudre au niveau mondial en raison de la fermeture de la péréquation par zones transnationales des capitaux (d'où la nécessité de la guerre, analyse classique de Marx à Jaurès)

.
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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Jeu 16 Juin - 13:45

du 15 juin

il fallait sortir de mon "esprit trop confus" suite à la manifestation parisienne... Retour à la théorisation sur la base des luttes, "difficile à chaud", disais-je, mais dans la théorie comme dans l'action, qui ne tente rien n'a rien


1847-2016, DU MANIFESTE À LA MANIFESTATION

retour sur les "activités communistes"

quelques réflexions sur une pratique théorique possible
embarquée dans les luttes

à ce stade de ce moment particulier de la lutte des classes en France, j'essaye d'avancer quelques pistes de réflexions quant à ce que 'nous' pouvons dire et faire, donc doublement pratique théorique et pratique dans les luttes : praxis

je commencerai par des aspects généraux avant d'en venir aux luttes actuelles



I. INTRODUCTION

1. je m'exprime à la première personne du singulier mais au delà de ma gouverne. J'intègre dans cette réflexion, sans y revenir nécessairement, tout le cheminement précédent depuis les discussions dans "le milieu de la communisation" à partir de 2005 et depuis que je m'en suis éloigné. On retrouvera les thèmes et schèmes théoriques qui ont fait l'objet de "discussions" et de l'élaboration des concepts propres à ma démarche initiatique '(j'introduirai dans une version ultérieure les liens et références aux sujets correspondants du forum ou de mon site Patlotch.com)

je dis ouvrir des pistes donc, à ce stade de l'écriture, sous la forme de questions ou de leur reformulation relativement au points considérés comme acquis, comme expliqué dans SYNTHÈSE et LIGNE GÉNÉRALE : résultats et reformulations, conversations et problèmes


les difficultés de l'interprétation des événements, de leur analyse à chaud et de la théorisation embarquée, ne peuvent ni doivent empêcher de mettre en œuvre nos principes méthodologiques, sans quoi il n'y a pas d'embarquement possible

voir DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENT À PRODUIRE


II. OUVERTURE

que sont les communistes ?

2. en avançant ici un 'nous' des communistes proche du sens du Manifeste de Marx et Engels. Pour la réflexion à partir de ce fondateur et sur la question d'un manifeste pour aujourd'hui, voir LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA : un LIVRE ? un MANIFESTE ?

Le manifeste du Parti communiste II. Prolétaires et communistes 1847
Citation :
1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, [les communistes] mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat.

2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.

Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.



III. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

des activités communistes au présent

3. pour reprendre des échanges avec Corinne Cerise, il s'agit simplement de répondre à la question : comment définir aujourd'hui des activités communistes dans les luttes auxquelles nous participons près de chez nous, ou pas parce que nous ne sommes pas partout ni à la place de tous les communistes dans des situations particulières et singulières ni dans le monde, ni même « dans notre pays » : cela réaffirme donc l'idée que de telles activités communistes sont possibles et nécessaires et se distinguent d'autres qui ne le sont pas, par rapport auxquelles il s'agit de se situer en en faisant la critique

sortir du théoricisme, embrasser luttes et théorie

4. la différence avec le théoricisme*, consistant à élaborer séparément une théorie comme histoire de ce qui se passe pour servir aux temps futurs d'une conjoncture proprement révolutionnaire (qu'on peut appeler communisation, je n'y vois pas d'inconvénient), part de la définition du communisme comme mouvement toujours présent des contradictions entre prolétariat et capital, lutte antagonique entre ces classes, donc communisme comme combat permanent, tel que je l'avance depuis quelques années

* voir 'THÉORICISME' : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer

pour moi, il n'y a donc pas de pratique théorique qui ne soit pratique pratique, seul moyen d'en finir avec la séparation entre une théorie intellectuelle et une pratique militante

5. corollaire : être communiste au présent, ce n'est pas être communisateur au présent, et se distingue d'être « partisan de la communisation », comme producteur théoriciste ou contemplateur passif de textes

prendre parti, prendre des risques

avoir des activités communistes embarquées dans les luttes, c'est prendre parti des deux côtés, dans la pratique théorique et dans la pratique pratique. Cela suppose une certaine cohérence entre les deux

6. prendre parti, c'est prendre des risques

dans la pratique théorique, le risque est de se tromper, de dire quelque chose que l'on considèrera comme entaché d'erreurs qu'il s'agit donc de reconnaître pour avancer. Cela n'a rien d'une morale de l'autocritique comparable à une confession


dans la pratique pratique, le risque est dans la conflictualité politique et physique. En tant que communiste on est pas seul comme entre soi avec des textes. Les activités communistes, étant partie prenante de luttes où tous ne le sont pas, s'y intègrent avec des accords et désaccords sur ce qui est à faire et sur ce qui se fait, ce qui est fait par d'autres. Cette intégration est conflictuelle, c'est là la prise de risque, sans parler de ceux pris dans la lutte proprement dit, face au patron, face à l'État, face à la police

7. il ne s'agit pas de prendre position sur tout, sur chaque action, sur chaque acte pour lui donner une note bonne ou mauvaise relativement aux "justes activités" communistes considérées comme pures, autant que dans des textes où elles sont conceptualisées, catégorisées et décrites de façon si générales qu'elle n'impliquent rien de très clair dans telle situation concrète sur le terrain des luttes

on évitera ainsi de dire quelque chose "qui ne sert à rien" autant que de donner des leçons qu'on n'applique pas à soi-même


IV. UNE MANIFESTATION THÉORISANTE

dans un précédent échange avec Corinne Cerise, les 25 et 26 avril, nous avons interrogé en quoi Nuit Debout pouvait être une lutte auto-théorisante ou mouvement qui ne s'auto-comprend pas

s'il ne s'agit pas de faire parler des luttes "ventriloques" (reproche de AC à RS), nous suivons Marx en considérant que « théoriquement, les communistes ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien », nous partons de l'intelligence propre, immanente aux luttes telles quelles, pour reformuler en leur sein ce qui serait le sens du communisme comme mouvement de contradictions entre les classes. Par conséquent nous posons ici que ces manifestations nous apprennent quelque chose et nous essayons de dire quoi. La fonction des communistes me semble s'insinuer entre le caractère théorisant et celui auto-théorisant des luttes : s'ils y sont sont, cela favorise l'auto-compréhension, et nous avons dépassé le stade de considérer les luttes comme "théoriciennes", donc supposant l'extériorité de la "théorie au sens restreint" (RS/TC). Voir le primat des luttes 'théorisantes' sur la théorie : inverser la perspective27 février 2014

ce qui vaut pour les manifestations parisiennes, que j'ai le mieux suivies, ne me semble pas différent dans les villes de "province"


caractériser les violences et les casses

sur la violence comme problématique actuelle, voir la VIOLENCE venue dans la CONTRE-RÉVOLUTION CAPITALISTE...

8. dans un mouvement de luttes aussi complexe que celui que nous vivons actuellement, les discussions précédentes ont montré une difficulté à caractériser des aspects nouveaux qui émergent dans le contexte actuel pour des raisons à la fois générales (illégitimité/asymétrie, pour l'État et le Capital (patronat) d'un côté, le prolétariat en lutte de l'autre, des revendications ou de la défense des acquis), et conjoncturelles : la montée en généralisation de ce que nous avons sous les yeux n'est pas facile, par exemple, les « têtes de cortège » et la signification des violences, celles de la police et celles diverses des manifestants, débordements et imbordements (RS)

cela complique sérieusement la définition des "activités communistes" définies comme principe abstrait et général plus haut, et là, si l'on ne prend le risque de dire des conneries, autant ne rien dire et revenir à la cage départ dont on voulait sortir, le théoricisme

9. parler des violences en tant que communiste, c'est pouvoir les caractériser, selon, comme nécessaires, inévitables, contraintes, subies, choisies, utiles, contre-productives, nuisibles, débiles...


nous devons toujours les considérer comme des violences produites par la situation dans sa complexité en temps réel, dans la réactivité obligée de certaines actions, de certains actes violents : affrontements avec la police offensifs et délibérément agressifs et provocateurs, ou défensifs et contraints; dans la préparation ou dans l'improvisation spontanée individuelle et/ou collective qu'impose chaque instant de la situation évoluant en permanence en chaque lieu,



polyrythmie des luttes, préparation et improvisation en temps réel individuelle et collective : auto-organisation ?

tout cela se produit dans une polyrythmie et une polymétrie générale (rythmanalyse, Henri Lefebvre) qui constituent ensemble un moment spatio-temporel de la lutte, manifestation "organisée" et/ou "sauvage", autorisée et/ou interdite, légale et/ou illégale... et pour tout dire violences à nos yeux légitimes et justes, ou pas, en tant qu'activités communistes

voir RYTHMES et COMMUNISATION : JAZZ & Black Music, IMPROVISATION, une matrice de la poétique révolutionnaire, improvisation collective, temps réel et création relationnelle


violences subies, violences choisies, stratégies politiques

10. parler des violences en relation avec les activités communistes, c'est donc aborder des questions stratégiques, tactiques, et partant de choix politiques, à distinguer de ce qui n'aurait pas ce sens, des actes de délinquance plus ou moins festifs (cf plus haut interview de "casseurs"), ce qui ne signifie pas qu'ils n'ont pas de sens, comme violence produites par le contexte et telle situation :

en 2005 par exemple, les discussions de Meeting a donné un sens non revendicatif mais antisociétal à la destruction par les émeutiers de bus, écoles, bibliothèques, des services publics symbolisant leur échec dans cette société

choisir, c'est renoncer

ici, il me faut ré-introduire la distinction entre "luttes théoriciennes" (RS/TC), comme portant une théorie sans en avoir claire conscience (le théoricien les fait parler jusqu'à considérer comme "ventriloques" (AC), et luttes (auto-)théorisantes (Patlotch 2014), c'est-à-dire portant une conscience politique, mise en œuvre de choix politiques qui relèvent de la lutte des classes comme celles de toutes les classes sociales, prolétaires et capitalistes, couches moyennes plus ou moins hautes ou prolétarisées

détruire ce qui nous détruit

11. la "casse" matérielle constitue un cas particulier qui n'est pas du même ordre (sic) que les affrontements physiques avec la police


la casse matérielle me semble procéder d'un choix, celui de casser, supposant d'avoir, ou pas, répondu aux questions : pourquoi l'on casse ? qu'est-ce qu'on casse et pourquoi ? qu'est-ce qu'on ne casse pas et pourquoi ?


j'ai entendu en manifestation la même chose que j'ai lue, des 'éléments de langage' qui frisent la langue de bois : les casseurs s'en prendraient uniquement à des symboles de la société capitaliste : banques, concessionnaires automobiles, sociétés ou entreprises particulièrement honnies pour les nuisances humaines ou écologiques de leurs productions ou la dureté physique et psychologique de leur management leurs décisions aux conséquences dramatiques pour les salariés et leurs proches *

*rappelons-nous les délocalisations légitimant un chantage des salariés à la destruction de l'outil de travail, pour obtenir des primes de licenciement, dans les "luttes suicidaires" depuis une quinzaine d'années


force est de constater que c'est un peu plus compliqué et "bordélique" que ça au vu de ce qu'on voit sur place, qu'on y soit ou dans les vidéos




V. UNE LEÇON DE L'ULTRAGAUCHE OUVRIÈRE HISTORIQUE
NON AUX AVANT-GARDISMES PROCLAMÉS


détermination, audace, courage...

Pannekoek a écrit:
« Dans ces circonstances [grèves, agitation révolutionnaire], il apparaît toujours des individus se distinguant des autres en termes de courage ou de clarté d'analyse, que ce soit dans le discours ou dans l'action. Tous ces individus forment une avant-garde de fait, que nous voyons naître au sein de tous les mouvements. Ils deviennent des dirigeants de fait, peuvent contribuer au développement de l'activité des masses et, de par la largeur de leurs vues, être de bon conseil. Quand ils se réunissent en petits groupes ou partis, avec des programmes bien établis, ces relations fluides se pétrifient. Alors, en tant que dirigeants ex officio, ils se prennent pour des chefs et veulent être suivis et obéis. »

Pannekoek, septembre 1954, cité par Roland Simon, Histoire critique de l'ultragauche, deuxième édition, Senonevero, page 235


12. dans l'extrait du Manifeste de 1847 plus haut, il est écrit : « les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres ». Résolu et déterminé, c'est un peu pareil. Encore faut-il savoir à quoi l'on est déterminé, "déter" comme on dit dans le milieu qui se pense le plus déterminé, et entend le montrer par des actes qui le prouvent

la détermination communiste est fondée en contenu par ce qui suit dans le Manifeste : « théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien », et là, évidemment, à chacun ses raisons... Ici je pars des miennes

le courage dans l'action, qu'il soit intellectuel ou physique, est une qualité plus ou moins bien répartie, qui en elle-même n'empêche personne d'agir et penser en communiste, dès lors qu'il fait quelque chose d'utile, qu'il donne le meilleur de lui-même qui n'est pas le même pour tous

prendre un risque physique peut être déterminé sans pour autant être courageux, il y a aussi des personnes qui aiment la violence pour la violence, et ce n'est pas l'apanage des hooligans supporters de foot ou des méchants policiers et fascistes. Autant dire qu'on assiste à des gestes qui ne sont pas preuve de courage et dont le contenu est pour le moins douteux relativement à ce qu'ils sont sensé faire dans un mouvement de luttes de classes

« l'intelligence claire des conditions », si elle n'aboutit pas à se dire en situation de lutte, ne sert à rien, ou seulement à rendre compte après coup de ce qui s'est passé, à quoi l'on a assisté en spectateur théoricien : l'activité de pratique théorique spécifique des communistes, c'est causer dans les luttes, au sens de parler pour produire des effets

choisir n'est pas ici dénoncer, mais renoncer d'abord à se taire, et agir pour faire cesser ce qui nuit au sens du combat communiste

l'audace, ce serait la capacité à initier des activités communistes pertinentes en situation de luttes


VI. QUID ICI DE LA COMMUNISATION ET DE SA THÉORIE ?

quel rapport ce qui précède aurait avec ce que formule RS dans Débordements, imbordements et épuisement (suite) le 25 mai
RS a écrit:
Les possibilités pratiques dans une telle situation doivent mettre l’accent, dans le franchissement du plancher de verre, sur les failles des revendications, s’insérer en elles, car ce sont elles qui ont relancé le mouvement.

Il faut travailler, ne serait-ce qu’en les signalant et soulignant fortement, à faire apparaître l’absence d’autres failles dans les revendications que sont la faiblesse d’une affirmation féminine autonome dans le mouvement et la quasi absence de la racialisation de la force de travail dans son existence quotidienne face au capital et dans son monde.

28/05/2016 à 10:16 en réponse à Robin

C’est dans les failles, les limites, les contradictions d’une lutte et à plus forte raison quand il s’agit d’un mouvement général relativement informe que se constitue leur vérité, à moins que le mouvement soit totalement atteint de sclérose de par sa composition, de par son positionnement dans l’ensemble
[...]
C’est là où seuls ceux qui sont directement impliqués peuvent agir, tant les failles et les contradictions sont le plus souvent très subtiles dans leur apparition et leur existence, c’est pour cela que le terme d’ « intervention » m’incommode encore.
[...]
Je ne sais pas si c’est la première fois que j’écris un « il faut ». Mais dans les textes de TC sur la grève de 1995 (Journal d’un gréviste), celle de 2003, la lutte des chômeurs et précaires de 1998, le « mouvement d’action directe », la lutte anti-CPE, etc., et de façon générale dans les textes et le livre sur le démocratisme radical, on montrait toujours que toutes les activités n’étaient pas équivalentes, que certaines sclérosaient un mouvement dans ses limites et d’autres indiquaient et produisaient une dynamique, mettaient le doigt où ça fait mal.

Il est vrai que quand on dit « il faut », il faudrait toujours mettre des garde-fous tant cette expression recèle de pièges. Le principal étant de séparer ce qui est indissolublement uni : conditions et activités (bien que nous vivions dans leur séparation). Leur séparation est la reconstruction du monde au travers de la question de La Pratique, du choix et de son inverse lié, le déterminisme. C’est-à-dire la reconstruction d’un monde objectif face à l’activité.


VII. NON-CONCLUSION

CONTRIBUTION au COMMUNISME comme MOUVEMENT AU PRÉSENT


des activités communistes favorisant « les intérêts du mouvement dans sa totalité »

il me semble avoir avancé sans « séparer ce qui est indissolublement uni : conditions et activités », en allant plus loin que définir des «failles», parce qu'à proprement parler, je ne vois pas dans les luttes actuelles de failles, sorte de prémisses et promesses d'écarts,

là est une différence importante avec ce théoricien de la communisation, dans ma façon de définir des activités communistes qui s'inscrivent strictement au présent, et non dans la visée déterministe car rétroprojetée d'activités communisatrices, au sens où elles s'exerceraient à des mesures communistes telles que définies par Léon de Mattis le 3 mai, comme un cheveu sur la soupe des Nuit Debout et la suite (Une analyse communisatrice du mouvement actuel, titre qui est pour moi au mieux un raccourci, au pire un non-sens)

par conséquent ce dont je parle ne se pose pas comme « intervention » dans des « failles », mais comme participation, contribution communiste, créatrice à un mouvement d'ensemble qui produit, ou non, par ses résultats une dynamique ou pas, car c'est en ces termes qu'on peut ou non poser la question des écarts, et non dans l'activisme marginal même imbordé de quelques-uns qui seraient en avance parce que débordant quelque chose de trop tranquille ou d'excessivement limité, ou important leurs illusions immédiatistes dans un contexte qui, somme toute, n'en a pas grand chose à faire

si je n'ai pas de scrupule avec des «il faut», c'est en évitant de situer une situation de luttes particulière hors du contexte général, sans en oublier le caractère mondial donc ce qui me semble des limites intrinsèques au moment présent dont rien n'indique qu'elles soient dépassables, ni même débordables : le jour où l'on cessera de prendre ses désirs pour des réalités, du même coup l'on sera capable d'inventer avec audace des activités communiste en prise sur les réalités présentes, en prenant la lutte générale comme le lieu où peuvent seulement se créer des écarts,

"déborder" : un pas en avant, deux pas en arrière ?
d'un gauchisme d'époque

dans une "note pour mémoire" du 14 juin au matin avant la manifestation parisienne, j'ai parlé des "faussaires de l'in-jonction"

Citation :
les gauchistes en tous genres ne savent plus où donner de la tête. On a rarement vu autant d'ineptie écrites en un si court passage de temps, à tel point que cet épisode de la lutte des classes en France nous invite à revenir sur ce qui est ou non "gauchiste", et relativement à quoi : la politique ? le syndicalisme ? la bonne lutte au bon moment ? Que faire ? etc.

j'y reviens dans les termes de la pratique théorique embarquée, praxis précisée dans ce qui précède, en réinjectant le débat 'virtuel' avec les textes de RS sur dndf et les commentaires qui ont suivi

il y a une confusion manifeste entre activités (qui seraient) communistes et actions et actes spectaculaires et violents comme s'ils témoignaient d'une plus grande détermination et celle-ci d'un contenu plus avancé que « le mouvement dans sa totalité ». C'est une confusion entre contenus et formes de luttes, et s'il est vrai que les formes portent des contenus, il importe de discerner lesquels au regard de ce que nous considérons comme des activités communistes

ce dont je parle va plus loin que signifier des manques pour les combler et générer ainsi une dynamique : il faut avoir le courage de dire que non, certaines actions ne créent en rien cette dynamique parce qu'elles en ont l'air par leur violence débordante et spectaculaire, et qu'au contraire, elles peuvent dans certains cas nuire aux « intérêts du mouvement dans sa totalité », comme le dit ce passage du Manifeste cité en introduction :

« Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois,
les communistes représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité »


note 16 juin : reste à savoir ce que sont « les intérêts du mouvement dans sa totalité », entre intérêts immédiats et intérêts révolutionnaires, c'est toujours la même histoire, comment franchir le pas et l'épaisseur idéologique de la crise économique, politique, morale, civilisationnelle ?

tout le monde ne donne manifestement pas la même réponse, et nous ne sommes pas au bout de nos peines

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Ven 4 Nov - 21:58


ce forum est désormais accessible par le sommaire interactif du livre en cours de rédaction

des décalages existent en raison du nouveau plan
dont j'espère qu'il rendra la lecture plus compréhensible
sinon scratch agréable

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MessageSujet: Re: LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA ? un LIVRE ? un MANIFESTE ?    Mar 8 Nov - 20:09


le livre vient mais ce n'est pas un Manifeste

il est désormais plus aisé de s'y retrouver dans ce forum en passant par le sommaire d'accès du livre électronique, maintenant entièrement relié pour les parties non rédigées ou en cours


concernant l'avancement pour la suite, le journal de la rédaction LE JOURNAL de la RÉDACTION (l'évolution du livre, contenu et forme)

COMMUNISME FEMINISTE, DECOLONIAL, ECOLOGISTE : CAPITAL, LUTTES ACTUELLES et CHANGEMENT de CIVILISATION / Livre électronique / Présentation

0. INTRODUCTION  
0.1. 11 thèses sur le communisme féministe et décolonial (à reprendre)  

I. MÉTHODOLOGIE de la DIALECTIQUE COMPLEXE des DÉPASSEMENTS À PRODUIRE  
I.1. Définitions de notions et concepts  
I.2. Méthodologie et dialectique complexe  
I.3. Dépassements à produire  
2014 : le dépassement à produire des identités de classe, genre, race, nations, religions, etc.  
I.4. le primat des luttes 'théorisantes' sur la théorie : inverser le concept de 'luttes théoriciennes' (TC) 2014  
I.5. les liens organiques à promouvoir entre les luttes et leur théorisation : "intellectuel organique" ?  
I.6. la critique du présent : une fonction essentielle de la théorisation communiste  

II. LE MARXISME FÉMINISTE et DÉCOLONIAL (la substance théorique du combat communiste actuel)  
II.1. Marx et les marxismes entre universalisme prolétarien et eurocentrisme  
II.2. critique de l'universalisme prolétarien ou humaniste et de l'eurocentrisme de marxismes et anarchismes  
II.3. critique de l'intersectionnalité classe-genre-race sans dominante  
II.4. pensée décoloniale, dynamique mondiale et limites des luttes 'décoloniales'  
II.3.1. pensée décoloniale, définition et textes de références  
II.3.2 dynamique mondiale des luttes décoloniales dans la crise de l'Occident capitaliste  
II.3.3. relations aux marxismes et à la lutte des classes  
II.3.4. le PIR, contradictions d'une stratégie politique et leurs causes théoriques...  
II.3.5. le mouvement décolonial en France : luttes et limites  

III. LA DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL  
III.1. l'Occident comme histoire, concept, et sa crise dans celle du Capital

IV. LES LUTTES ACTUELLES et LA CRISE : une stratégie ? un Que faire ?  
IV.1. la place essentielle des femmes dans les luttes et la légitimité de la non-mixité  
IV.2. les identités de luttes et leurs dépassements à produire  
IV.3. "ère des émeutes" ?  
IV.4. l'auto-organisation des luttes et ses avatars  

V. LES 'POINTS de VUES', PARTICULARITÉS articulées dans la GÉNÉRALITÉ capitaliste et humaine

V.0. 'expulsions', 'dynamique prédatrice' et 'limite systémique' dans la restructuration globale du capital 'animiste' (avec Saskia Sassen et Achille Mbembe)  

V.1. le capital comme économie politique et exploitation du prolétariat  
V.1.1. critique de l'économie politique, crises et restructurations  
V.1.2. travail et prolétariat, précariat globalisé  
V.1.3. pauvretés et richesses, paupérisation, expulsions...  
V.1.4. migrations, 'nègres du monde', expulsions...  
V.1.5. grande bourgeoisie : exploiteurs, politiques et médiatiques  
V.1.6. couches moyennes : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie...  

V.2. le capital-Etat comme domination politique, idéologique et policère  
V.2.1. critique de l'État-nation : de l'État et de la nation, une urgence stratégique  
V.2.2. critique de la démocratie politique et du citoyennisme  
V.2.3. transclassisme  
V.2.4. populismes et activité anti-révolutionnaire des classes  
V.2.5. police des populations, violences policières et prisons  
V.2.6. le capital comme société, culture et idéologie-structure of feeling (Raymond Williams)  

V.3. le capital comme géopolitique économique en guerres, concurrences, transnationalisme  

V.4. le capital comme domination masculine, machisme sociétal structurel, assignation de genre (sexe social) : féminismes matérialistes et décoloniaux...  
V.4.1. féminismes matérialistes  
V.4.2. féminisme décoloniaux  
V.4.3. critique et dépassement du 'genre', sexe social assigné  

V.5. le capital comme domination "coloniale" : continuité du colonialisme aux colonialités, remontée de l'histoire au présent de la double crise  
V.5.1. la logique capitaliste de l'histoire coloniale aux colonialités d'aujourd'hui  
V.5.2. l'eurocentrisme actuel est un négationnisme raciste réel  

V.6. le capital comme destruction du vivant : l"humanité", la "nature" et les sciences & techniques... extractivisme et agriculture, biotechnologies...  
V.6.1. Introduction : l'humanité et la "nature", la crise écologique, la destruction du vivant  

V.6.2. l'humanité et le 'progrès, les sciences et techniques, le "productivisme"...  
V.6.2.1. robots contre prolétariat ?  
V.6.2.2. ubérisation et exploitation  
V.6.2.3. biotechnologies et numérique, transhumanisme  
V.6.3. agriculture et territoires du capital, appropriation de la terre, extractivisme  
V.6.4. pollutions et catastrophes industrielles, désastres écologiques passés, présents et à venir...  
V.6.5. luttes écologistes, 'théories' et 'pratiques'  

V.7. le capital comme aliénation : individualisme/individus... identités particulières...  

VI. LA SUBJECTIVATION RÉVOLUTIONNAIRE, liens organiques, activités communistes, "utopie concrète"...  
VI.4. les liens organiques à promouvoir entre les luttes et leur théorisation : "intellectuel organique" ?  
VI.5. "l'utopie concrète" avec Ana C. Dinerstein et Ernst Bloch  

VII. l'INDIVIDU et son dépassement, processus révolutionnaire : de l'individualisme à "je est des autres"  
VII.1. l'individu, construction historique et déconstructions  
VII.2. aliénation des individus et capitalisme  
V.II.1. le 'dividu' : quand le'moi' n'existe pas, se divise sans unité, ou ne se dépasse pas  
VII.3. Marx, marxismes et anarchismes, et l'individu  
VII.4. l'individu au-delà de l'individualisme => Je est 'des' autres : communisation  

VIII. la POÉTIQUE de la RÉVOLUTION (dépassement de l'art comme matrice praxique de --)  
VIII.1. l'art comme 'oeuvre-sujet', avec Henri Meschonnic  
VIII.2. 'poétique de la relation' et 'créolisation' avec Edouard Glissant  
VIII.3. un renversement poétique et révolutionnaire, de Guy Debord à Patlotch  
VIII.4. rythmes, improvisation et communisation : Jazz & Black Music, une matrice de la poétique révolutionnaire, temps réel et création relationnelle  

IX. ANNEXES  
IX.1. l'idéologie, vie quotidienne et 'structure of feeling' (Raymond Williams, critique sociétale et culturelle)  
IX.2. les opiums du prolétariat : religions (cas de l'Islam "contre l'Occident"...), sionisme, athéisme intégriste et laïcité  
IX.4. l'idéologie française : une spécificité nationale dans l'idéologiste euro-occidentale  
IX.3. la violence : celle du Capital-État et celle des luttes  
IX.4. une révolution de civilisation  
IX.5. l'éthique communiste : et la morale ? Contre le moralisme, l'immoralisme, et l'amoralisme  
IX.6. chiffres d'un monde en crise - dialectique complexe de la quantité et de la qualité  

NON-CONCLUSION problématiques ouvertes... de zéro à l'infini  
un Manifeste ?  
- Bibliographie sélective  
- Ressources et liens utiles  
- Index électronique  


le plan de ce livre est repensé/reconstruit à partir du forum 2015-2016 et des résultats obtenus et problèmatiques cernées depuis les années 1990-2000 en liaison avec le milieu théorique de la communisation, et des activités communistes depuis 1971. Les 11 THÈSES SUR LE COMMUNISME/FÉMINISME DÉCOLONIAL, à actualiser, donnent une idée synthétique très dense de ce qui sera développé dans ce livre

ce livre-forum-journal fut mon chantier après ce site depuis dix ans. Matériaux d'analyses et synthèses critiques étaient à reprendre dans une nouvelle rédaction plus claire. Ce plan et les pages rédigées prochainement pourront fournir quelques repères pour la réflexion, et penser sa participation aux luttes selon sa situation socio-raciale, culturelle et sexuelle, ses priorités ou centres d'intérêt

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