PATLOTCH / CIVILISATION CHANGE / COMMUNISME, SEXE, et POÉSIE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» COMMUNISME : chemins de traverse
Hier à 22:55 par Patlotch

» ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?
Hier à 21:58 par Patlotch

» ALIÉNATION des INDIVIDUS, et CAPITALISME
Hier à 21:33 par Tristan Vacances

» sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE
Hier à 20:01 par Admin

» 'PROGRÈS', SCIENCES, HUMAIN, SANTÉ et capital... TRANSHUMANISME et dés-humanité
Hier à 19:11 par Patlotch

» VA-SAVOIR : chronique à la com, la dialectique du quotidien en propotion magique
Hier à 16:07 par Patlotch

» MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME
Hier à 15:32 par Patlotch

» PROLÉTARIAT : je t'aime, un peu, beaucoup... à la folie... pas du tout ?
Hier à 15:18 par Patlotch

» Vers un MARXISME DÉCOLONIAL / des marxistes s'emparent de la pensée décoloniale
Hier à 13:48 par Patlotch

» DÉCOLONISER le MARXISME, l'ANARCHISME, l'ULTRAGAUCHE et la "COMMUNISATION"... Histoire et nécessité actuelle d'un clivage, pour en finir avec les dogmes universels eurocentrés
Hier à 13:29 par Patlotch

» DÉCOLONISER les ESPRITS, les SAVOIRS, les THÉORIES et les 'FAIRE' : CRITIQUE DE L'EUROCENTRISME y compris 'POST-COLONIAL'
Hier à 12:38 par Patlotch

» les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness ? BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'
Lun 21 Aoû - 11:22 par Patlotch

» 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?
Lun 21 Aoû - 11:11 par Patlotch

» POPULISME de GAUCHE : CHANTAL MOUFFE et ERNESTO LACLAU théoriciens transclassistes, PÉRONISME... TONI NEGRI, ses ambiguïtés et les limites de l'OPÉRAÏSM
Lun 21 Aoû - 10:06 par Patlotch

» des MOTS que j'aime et d'autres pas
Lun 21 Aoû - 9:45 par Patlotch

» RACISMES : DES CHIFFRES
Dim 20 Aoû - 19:22 par Patlotch

» BIDONVILLES : SLUMS : BARRIOS DE TUGURIOS
Ven 18 Aoû - 11:27 par Patlotch

» DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE
Jeu 17 Aoû - 18:27 par Patlotch

» LA RÉVOLUTION vers LA COMMUNAUTÉ HUMAINE
Jeu 17 Aoû - 17:02 par Admin

» COMMUNISME(S), RELIGION(S), FOI, et RÉVOLUTION (étude)
Jeu 17 Aoû - 16:59 par Admin


Partagez | 
 

 FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Ven 6 Mai - 13:05


Québec, Le Devoir


L’écart de revenus avec les hommes atteint 30%, révèle une étude du CSF

6 mai 2016  | Robert Dutrisac - Correspondant parlementaire à Québec - Le Devoir

Les femmes sans diplôme gagnent moins, sont plus souvent sans travail et travaillent moins souvent à temps plein que les hommes en pareille situation.


Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Citation :
Les femmes sans diplôme gagnent moins, sont plus souvent sans travail et travaillent moins souvent à temps plein que les hommes en pareille situation.

Le Conseil du statut de la femme (CSF) constate que c’est entre les hommes et les femmes non diplômées que l’écart de revenus d’emploi est le plus grand, soit 30 %. Ces femmes non diplômées sont « les oubliées du féminisme », juge la présidente du CSF, Julie Miville-Dechêne.
 
« Les perspectives des femmes sont toujours difficiles par rapport aux hommes parmi ceux qui ne restent pas sur les bancs d’école »,
a affirmé au Devoir Julie Miville-Dechêne. Le CSF a rendu public jeudi un «Portrait statistique Égalité femmes hommes : ensemble du Québec». Tiré des données du recensement, ce portrait est publié tous les cinq ans par le Conseil.
 
Les femmes non diplômées représentent 22 % de la population féminine. Quand elles travaillent à temps plein, elles gagnent 69,8 % du salaire médian des hommes, ou un peu moins de 24 000 $. En revanche, lorsqu’elles détiennent un diplôme, elles gagnent 80 % du salaire moyen des hommes diplômés, ou 40 000 $.
 
Les femmes sans diplôme gagnent moins, sont plus souvent sans travail et travaillent moins souvent à temps plein que les hommes en pareille situation.
 
Julie Miville-Dechêne a souligné que les salaires sont moins élevés pour les emplois traditionnellement féminins que pour les emplois traditionnellement masculins. Un manoeuvre qui bouche des trous dans la chaussée gagne beaucoup plus cher qu’une préposée en soins à domicile, une fonction qui nécessite pourtant plus de compétences, selon la présidente du CSF.
 
Progrès
 
La solution pour ces femmes sans diplôme, c’est qu’on les aide à s’orienter vers des métiers traditionnellement masculins, a-t-elle avancé.
 
Julie Miville-Dechêne trouve « encourageante » la progression « constante » du salaire horaire que touchent les femmes : il atteint aujourd’hui 90 % de celui des hommes.
 
Les femmes sont aujourd’hui plus éduquées que les hommes : dans la cohorte des 20-44 ans, elles sont 36 % plus nombreuses que les hommes à détenir un diplôme universitaire. En médecine, en médecine dentaire, en médecine vétérinaire et en optométrie, elles dominent : elles sont 73 % plus nombreuses que les hommes à détenir un diplôme. Le taux d’emploi des diplômées universitaires est élevé, à 81,5 %, et il se rapproche du 83,4 % affiché par les diplômés universitaires.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Ven 6 Mai - 13:25


Japon: la pauvreté cachée des femmes prend de l'ampleur


Dominique Cettour Rose@GeopolisFTV 04/05/2016

« 70% des femmes occupent un emploi précaire »
« Les mères célibataires rencontrent souvent des difficultés pour décrocher une activité professionnelle
à plein temps, souvent incompatible avec leur vie de mère »



Au Japon, face à la pauvreté, les femmes et les enfants sont les plus vulnérables
© STR / JIJI PRESS / AFP

Si la pauvreté des Japonais n’est pas visible au premier coup d’œil, elle a pourtant progressé ces dix dernières années, «jusqu’à des niveaux supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE». Elle concerne surtout les femmes dont 70% occupent un emploi précaire. Depuis 2012, le Japon fait figure de mauvais élève, au sein de l'OCDE, affichant un taux de pauvreté infantile supérieur à celui des adultes.

Citation :
En 2012, le ministère japonais des Affaires sociales recensait 16,1% des nippons vivant sous le seuil de pauvreté, contre 11% à la même période dans les pays de l'OCDE. Cette population vivait alors avec 1,22 million de yens (8 629 euros) soit moins de la moitié du revenu médian annuel. Et pour la première fois, la part des enfants pauvres dépassait celle des adultes, atteignant 16,3%.

«Autour de moi, personne n'est pauvre, c'est à peu près ce que pensent tous les Japonais. Car la pauvreté est honteuse, on la cache et on se cache, ce qui aboutit aussi à une pauvreté relationnelle, à l'isolement», constate l'essayiste Atsuko Hida, qui enquête depuis quinze ans sur la pauvreté cachée au Japon.

Les familles monoparentales, environ un million au Japon, sont particulièrement touchées. Selon le ministère japonais des Affaires sociales, le taux de pauvreté de ces foyers s’élève à 54%, contre 12,3% quand les deux parents sont présents. Ce qui laisse penser à Mme Hida que certaines prestations sociales «n'ont pas de sens» : une mère célibataire perçoit «une allocation mensuelle d'environ 42.000 yens (336 euros) pour le premier enfant, mais seulement 5.000 yens (40 euros) supplémentaires pour le deuxième et 3.000 yens pour le troisième», regrette-t- elle.

Être mère célibataire est symbole d'échec


Elle ajoute qu'«en cas de divorce, une femme qui vivait sur le salaire de son mari se retrouve soudain démunie, tend à s'exclure elle-même du cercle de "mama-tomo" (des mamans-amies au sein d'une école) car elle n'ose pas avouer sa situation nouvelle de mère seule», symbole d'échec au Japon.

Cette pauvreté cachée s'est trouvée être à l'origine de faits divers tragiques dans l'archipel. «Récemment, une mère a tué sa fille quand elle a appris que toutes les deux allaient être expulsées de leur HLM de la banlieue de Tokyo. Comment vivrait-elle avec sa fille sans logement ? Elle a préféré épargner cela à son enfant lycéenne, qui paraissait pourtant heureuse, avait un smartphone, signe extérieur de normalité. La mère n'a pris conseil auprès de personne», raconte Atsuko Hida.

En février 2015, un adolescent de 13 ans, livré à lui-même pendant que sa mère travaillait jour et nuit pour élever ses cinq enfants, a été poignardé dans la banlieue de Tokyo. Sa mère s'est publiquement reproché sa mort.



Les mères célibataires rencontrent souvent des difficultés pour décrocher une activité professionnelle à plein temps, souvent incompatible avec leur vie de mère. Pour la énième fois, l'OCDE a invité autorités et entreprises nipponnes à faciliter le couplage travail et vie privée, tant pour les femmes que pour les hommes. Ces derniers, qui ont l'habitude de passer plus de temps dans l'entreprise qu'à la maison, doivent changer cette habitude. Pour les femmes, l'organisme international préconise d'augmenter les crèches.

Avec l'allongement de la durée de vie, la pauvreté des personnes âgées devient également problématique: 40% de la population aura plus de 65 ans en 2050.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Ven 6 Mai - 15:17


femmes dans le coton


William Aiken Walker




Georgie 1880






Oklahoma in 1870-1885


Mississipi 1908


Mississipi 1939


Inde

Deux femmes sont attelées comme des bêtes de somme pour aider à labourer un champ pour les graines de coton dans le village de Nani Kisol dans l’État du Maharashtra, en Inde. Selon le livre d’Andrée-Marie Dussault, les femmes en Inde n’auront jamais fini de se battre. Surtout quand elles proviennent des communautés tribales, elles héritent des tâches les plus viles.
Photo: Agence France-Presse (photo) Sam Panthaky


Inde


Syrie


Syrie


Pakistan


Kazakhstan


Ouzbékistan
dans les champs de coton et muriers ébranchés


Ouzbékistan


Ouzbékistan


Turkménistan


l'or blanc de l'Afrique : le coton


Mali


Mali



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Ven 6 Mai - 16:03


棉花地裡的歌聲 吳語平湖話

The Songs of the Cotton Fields - Pinghu dialect of Wu Chinese




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Ven 6 Mai - 16:13


Cotton Blues & Worksongs











Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Ven 6 Mai - 16:50


le monde du riz au féminin - masculin

Rice farming in India: 'Now I produce enough food for my family'



Vietnamese Farmers planting rice in Tam Doc, Vietnam Feb 2011




Growing Rice - Jiuxiancun, China



Cultivation of Rice in Nepal, Part1/5



Got Rice? Subsistence Rice farming in Rural Nepal



System of Rice Intensification in Cambodia




Rice Farming: More Fun in the Philippines



Women rice farmers of Africa



Prewar AFRICAN Rice culture mask dance


]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Ven 6 Mai - 17:08


les thés indiens... ou pas

The Tea Trade: India's Most Dangerous Job? (2001)



In The Emperor's Tea Garden - Japan (1931)



Women tea workers pluck tea leaves in Assam, Inde



Women tea worker plucking tea leaves in tea garden, Darjeeling



Tea plantation worker in Darjeeling - West Bengal



Sri Lanka tea factory and plantation Nuwara Eliya



Picking leaves of Fulu tea in Luye Township, Taiwan



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Ven 6 Mai - 17:29


Japon - chant de travail au champ

Field work scene from Takeshi Kitano's Zatoichi





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Ven 6 Mai - 19:07


Un reportage tourné à Besançon en avril 1980 au sein d’une population de femmes travaillant dans les secteurs industriel et tertiaire. Quelques-unes d’entre elles, déléguée régionale à la condition féminine, ouvrière dans une usine de confection, ingénieure en physique nucléaire, chauffeur d’autobus, témoignent de leur recherche d’emploi, de leurs charges professionnelles et de leur aménagement quotidien avec la vie domestique.
Extrait Vivre femme, série « Information pour l’orientation », © CNDP, 1980
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Ven 6 Mai - 19:09


Le Travail Des Femmes [2000 ans d'histoire]



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Ven 6 Mai - 19:17


Sénégal

Comment les femmes de Walfadjri viennent au travail




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Sam 7 Mai - 6:42


Blacksmiths



Traditional blacksmiths are usually nomads. Women from these communities indulge in hard labour just like their male counterparts, in addition to taking care of household chores. Photo: G.N. Rao.

Daily wage labourers


Equal pay for equal work is certainly not the case for daily wage labourers. For instance, Women working in the salt pans in the Prakasam district, Andhra Pradesh, get a very meagre payment of Rs 240 per head for 11 hours of arduous work against Rs 440 earned by men. Photo: Kommuri Srinivas

Household work


If you think there isn't much work to do at home, think again. A report by National Commission of Women states a rural woman walks about 6 km a day to fetch potable water. A young girl carries empty buckets to fetch water on the outskirts of Jammu. Photo: AP

Self help groups



Though women form half the workforce in construction industry, they are never allowed to become masons. Glaring wage disparity can be seen as men earn 32 per cent more than women in this industry, according to Journal of International Women’s Studies. Photo: A.M. Faruqui

Construction workers


Though women form half the workforce in construction industry, they are never allowed to become masons. Glaring wage disparity can be seen as men earn 32 per cent more than women in this industry, according to Journal of International Women’s Studies. Photo: A.M. Faruqui

Others : Scavengers, Domestic help, Beedi workers, Agriculture labourers, Textile labourers, Street vendors, Fisherfolk, Forest produce
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Sam 7 Mai - 6:52

62p AN HOUR: What women sleeping 16 to a room get paid to make Ed and Harriet's £45 'This Is What A Feminist Looks Like' T-shirts, MailOnline 1 november 2014

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Sam 7 Mai - 6:59


A feminist group based in Guangzhou staged an online protest against the sexual exploitation of women in the workplace. The sign reads: "My vagina does not come free with my labor."Credit Courtesy of Ms. Zheng

Citation :
Four women, dressed in T-shirts and panties, lined up in a row before the camera. One of them, Ms. Zheng, dropped down on one knee, revealing a message boldly written in red on a whiteboard behind them: “My vagina does not come free with my labor.” More words were written on the women’s thighs, reiterating: “Not freebies.” And then, a food deliveryman who was briefly detained to serve as cameraman released the shutter.

The resulting photograph is the centerpiece of an online campaign by a group of feminists in response to a recent fatal rape case. In June, a 20-year-old woman at a state-owned company in Chongqing was asked by her boss to a dinner. She was sexually assaulted by her boss’s friend and died as a result of her injuries, the Chinese news media reported this week.

The feminist group, which is based in Guangzhou and says it has more than 100 volunteers across China, asked not to be named, and Ms. Zheng declined to provide her full name to avoid drawing government scrutiny. The Chinese government has long been suspicious of advocacy groups, wary of their potential for political organization.

The group posted the photo on the Twitter-like site Sina Weibo on Wednesday evening, and within a few hours, it was reposted on Weibo hundreds of times and shared on online forums and on the popular instant-messaging app WeChat. The message accompanying the photo is that women’s bodies have long been regarded by employers as a free benefit that comes with their employment. It says that recruiters usually prefer women who are “a pleasure to the eye in the office” and alongside their bosses at social events.

One social media commenter, described as a social worker, agreed with that characterization of work culture: “If bosses ask female employees to ‘drink with them,’ women might lose their jobs if they say no. But they will be judged as frivolous if they say yes, and may probably fall victim to sexual assault.”

It is common to see female employees accompanying company officials to social events outside office hours in China, where business connections are cultivated over interminable toasts over banquet tables. According to news accounts of the Chongqing case, the boss’s friend and the woman were heavily intoxicated, as has been the case in many similar rape reports in recent years.

Ms. Zheng, 24, acknowledges that invitations to after-work gatherings do not always lead to forced sex, and some commenters on the group’s post questioned whether accompanying officials to social functions could really be equated with sexual exploitation. One noted: “Male employees are asked to drink with bosses even more than female ones.”

Ms. Zheng countered: “When it comes to men, it’s not an exploitation of their sexual body.”

Later, in a WeChat message, she said: “But asking women to go to such social events is itself exploitation of women’s sexual capital. Women’s appearance has been used to help employers attract more clients and better investment.”

Ye Haiyan, an advocate of women’s and children’s rights who attracted headlines in 2013 when she started an online campaign raising awareness about the rapes of six students, agrees. She reposted the group’s photo and commented: “Don’t ask your staff to provide part-time escort services.”

“Women should only be asked to provide knowledge or technical skills in the workplace, but not other things,”
she said in telephone interview from Hubei Province. “Of course, it would be a different story if you are a sex worker.”

“Going to various social events frequently takes up women’s spare time, and they are used to pleasing other people,” Ms. Ye said. “But they don’t get paid for these extra endeavors.”

Ms. Ye thinks that as long as the balance of power in the workplace tips in men’s favor, the exploitation of women will continue, especially because it is difficult for women to defy the unwritten rules.

“If you say no, you lose your job,” she said. “That’s why we see things happening between employees and bosses, and even between attractive news anchors and senior officials.”

In a 2011 case, a secondary school teacher was raped by a local land administration official after the school’s principal forced her to attend an after-work gathering at which she drank with eight officials, according to news reports.

“Men have to change their mentality,” Ms. Ye said. “A man should be ashamed if he thinks having a beautiful woman by his side at business negotiationsenhances his status.

A project manager at a state-owned construction company says female workers are called in to various business-related social occasions and indeed run the risk of ending up in bed with their bosses. He asked not to be named because he was not authorized to speak to the news media.

“Pretty women get pursued everywhere, don’t they?”
he said, adding that employers would not promote female staffers who refused such invitations.

Dr. Ralph Litzinger, an anthropology professor at Duke University who has studied labor conditions in China, said that the latest online campaign was an outlet for women. Because taking action against sexual harassment by employers is difficult in the workplace, he said, women “can take their grievances and outrage online and attract attention and support there.”

“These four women send a powerful message to male bosses and managers: Our bodies are not yours to play with,” he said. “In the Chinese context, rarely have we seen activism that so explicitly links the laboring female body with workplace harassment and sexual exploitation.”

In the Chongqing case, the family of the woman who died has reached an agreement with her employer for compensation: 1.3 million renminbi, or $210,000. In the end, the company recognized her death as work-related.

source chinoise



Chinese feminist activists still in police detention





le blog de Chuang


Manufacturing #17, Deda Chicken Processing Plant, Dehui City, Jilin Province, China Edward Burtynsky, 2005

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Sam 7 Mai - 7:27

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Dim 8 Mai - 18:01


The Role of Women on the Farm in the Early 20th Century


Citation :
The line “a woman’s work is never done” certainly held true for farm women during the Great Depression and early twentieth century. While men generally handled a majority of the fieldwork women traditionally kept the household going. Women raised the chickens and grew the gardens. They canned produce, baked bread, did the laundry and cared for the family and home.

This segment from Iowa Public Television's documentary "The People in the Pictures: Stories from the Wettach Farm Photos" features original photography, filmed recreations, and first-person accounts of farm life in rural America during the Great Depression and early twentieth century




Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Dim 8 Mai - 18:04

Women and Work in Early America
Before the Domestic Sphere



Women Spinning Linen Yarn, About 1783
Hulton Archives / Getty Images

By Jone Johnson Lewis, Women's History Expert, November 27, 2014

Citation :
From the late colonial period through the American Revolution, women's work usually centered on the home, but romanticizing this role as the Domestic Sphere came in the early 19th century.

In early America, the work of a wife was often alongside her husband, running a household, farm or plantation. Cooking for the household took a major part of a woman's time. Making garments -- spinning yarn, weaving cloth, sewing and mending clothes -- also took much time. After the Revolution and into the early 19th century, higher expectations for educating the children fell, often, to the mother. Widows and the wives of men off to war or traveling on business often ran large farms and plantations pretty much as the sole managers.

Other women worked as servants or slaves. Unmarried women, or divorced women without property, might work in another household, helping out with household chores of the wife or substituting for the wife if there was not one in the family.

Many women, especially but not only widows, owned businesses. Women worked as apothecaries, barbers, blacksmiths, sextons, printers, tavern keepers and midwives.

In the 1840s and 1850s, as the Industrial Revolution and factory labor took hold in the United States, more women went to work outside the home. By 1840, ten percent of women held jobs outside the household; ten years later, this had risen to fifteen percent.

Factory owners hired women and children when they could, because they could pay lower wages to women and children than to men. For some tasks, like sewing, women were preferred because they had training and experience, and the jobs were "women's work." The sewing machine was not introduced into the factory system until the 1830s; before that, sewing was done by hand.

Text © Jone Johnson Lewis


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Dim 8 Mai - 18:04


Les femmes au XIXème siècle dans les Vosges



Reportage sur les femmes au XIXème siècle dans les Vosges réalisé dans le Musée de la Soyotte à Sainte-Marguerite









Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Dim 8 Mai - 18:53

texte plus qu'intéressant pour moi à double titre :

d'abord sur le plan théorique dans une situation particulière, au cœur de l'articulation classe - genre donc de ce sujet mais aussi de l'ensemble du forum

ensuite parce que c'est dans une bonneterie à Roanne, non à Troyes comme dans cet article, que ma mère a commencé sa vie de jeune ouvrière à la fin des années 40. Elle était à la coupe et devait manier des ciseaux très lourds, les cadences très dures; elle n'a pas tenu très longtemps, et puis elle était enceinte... Elle est décédée l'an dernier, et je lui ai dédié ce sujet...

pas d'illustration, mais l'on pourra se faire une idée des conditions de travail en parcourant les pages précédentes


Citation :
La bonneterie ou bonnèterie désigne la fabrication, le commerce, ou le lieu de fabrique et de vente des articles d'habillement en maille, et tout particulièrement des chaussettes, des bas et de la lingerie. Ils sont en laine, en coton, en fil ou en soie, fabriqués à la main ou à la machine sous forme de jersey. Wikipédia

Made in Troyes : Genre et classe dans la bonneterie française

Helen Harden-Chenut p. 125-141


Citation :
La division sexuelle du travail constituait un des paradigmes fondateurs de l’histoire des femmes dans les années 1960, au moment où celle-ci émergait de l’histoire ouvrière. Depuis cette époque, le genre comme catégorie d’analyse en histoire prédomine sur la classe sociale. Dans un ouvrage récent, The Fabric of Gender, l’auteur rééquilibre les deux catégories, genre et classe, dans son analyse de la culture ouvrière du textile troyen sous la Troisième République. Cette étude explore les conséquences à long terme de l’industrialisation sur quatre générations d’ouvriers et d’ouvrières, en traçant l’évolution des conditions de travail et du mouvement ouvrier socialiste. Grâce à la formation d’une contre-culture de résistance, les ouvriers du textile se mobilisent pour défendre leurs droits au travail et à la consommation selon leur vision d’une République sociale. Cette étude souligne l’importance du genre pour comprendre la production et la consommation du textile.

plan

Genre et classe sociale
La production et la consommation
L’industrialisation et le travail à domicile
La culture politique et l’utopie
La république sociale ou une vision alternative des rapports sociaux et du genre



Citation :
1
Le genre a-t-il trouvé une place reconnue dans l’historiographie en partie grâce au champ fertile de recherches sur « femmes et travail » exploré par bon nombre d’historiennes dans les années pionnières de 1960 à 1975 ? On pourrait le supposer puisque les recherches sur ce sujet ont évolué depuis, en se multipliant grâce à l’exploration de nouveaux thèmes et problématiques et en remontant dans l’histoire de l’activité féminine aux périodes moderne et médiévale, moins étudiées par le passé. Le travail des femmes comme objet d’étude en histoire contemporaine s’est constitué à cette époque en s’appuyant sur les études du mouvement ouvrier en France. Mais depuis 1989 on assiste à un déclin de ce dernier alors que s’élargissent les études historiques sur les femmes et le genre. Cette évolution suit en quelque sorte le mouvement des femmes et leurs revendications d’égalité dans le monde d’aujourd’hui, un mouvement contre les disparités et les discriminations par rapport aux hommes1. Le livre que je vais présenter, The Fabric of Gender, a suivi un cheminement un peu similaire, notamment par l’élargissement des thèmes traités et par l’approfondissement de certaines questions conceptuelles concernant genre et classe2. L’analyse historique est centrée sur la culture ouvrière dans la ville textile de Troyes sous la longue Troisième République.

2
Au départ, ma démarche a été structurée par des questions désormais classiques. Comment se constitue la classe ouvrière troyenne dans les rapports de pouvoir de l’époque ? Quels sont les rôles du capitalisme industriel, du politique et de l’État dans ce processus ? Quel est l’impact à long terme du capitalisme sur la classe ouvrière ? Son impact est-il différent selon qu’on est homme ou femme ? Quelles sont les tensions entre ouvriers et ouvrières, quelle est la part des intérêts de classe et de genre ? Un volet important de cette étude s’est constitué autour de la consommation populaire car la bonneterie troyenne produit principalement des vêtements et des accessoires de luxe à partir de la Belle Époque. L’attitude des travailleurs, en tant que producteurs, face à cette consommation de luxe me semblait une question intimement liée aux rapports sociaux du travail. Est-ce que les ouvrier(ère)s revendiquent le droit à consommer ? D’autres questions ont surgi concernant les droits politiques des femmes et le suffrage. Au cours de ma recherche, j’ai pu établir un lien entre les ouvrières qui avaient manifesté un intérêt pour le politique et la campagne suffragiste en France3. En fait, elles sont très peu nombreuses à exercer un droit accordé dès 1907, le suffrage limité aux élections prud’homales. La grande majorité des ouvrières manifestent des intérêts de classe par une participation importante dans les mouvements de grève.

3
Je voudrais d’abord passer en revue les principaux thèmes et thèses du livre et présenter ensuite mes conclusions. Le livre est articulé autour de quatre grands axes ou thèmes qui se recoupent :

1) genre et classes sociales ; 2) production et consommation ; 3) industrialisation et travail à domicile ; 4) culture politique et utopie. Ces quatre thèmes ont une portée nationale, au-delà de la ville de Troyes, et permettent d’appréhender les rapports sociaux sous la Troisième République.

Genre et classe sociale

4
Ces deux catégories d’analyse historique, auxquelles on ajoute « race » ou ethnicité, sont largement acceptées par les historiens américains. Cependant, la notion de classe fait l’objet d’un questionnement intense dans le milieu des historiens anglophones du mouvement ouvrier d’orientation marxiste, et ceci pour des raisons politiques, liées à la chute du communisme en 1989 – les questions portent sur son utilité en tant que catégorie d’analyse historique, et sur sa signification devant l’émergence d’identités multiples à l’intérieur de la classe ouvrière4. Cette remise en question de la notion de classe a permis l’émergence d’une idée de classe sociale comme une soi-disant « communauté imaginaire » – le terme est pris en prolongeant ou en empruntant d’une façon métaphorique la notion du nationalisme développée dans l’étude de Benedict Anderson5. Cette notion a-historique et abstraite de communauté vide, à mon avis, le concept de classe de son contenu de rapports sociaux de pouvoir. Il n’est pas question dans mon étude d’évacuer la notion de classe sociale, mais de montrer sa diversité. Les arguments pour fonder une notion de classe se constituent autour d’une hypothèse centrale : la formation d’une contre-culture de résistance à l’intérieur de la classe ouvrière troyenne face au capitalisme industriel bourgeois. Cette contre-culture émerge dans une dialectique avec les fabricants bonnetiers qui détiennent le monopole du marché du travail. De ce fait, l’exercice de leur pouvoir mène souvent à des confrontations.

5
À partir de cette hypothèse, j’ai essayé de cerner les identités individuelles et collectives de la classe ouvrière, situées à plusieurs niveaux, d’où ressort une diversité idéologique, politique, religieuse, et professionnelle. Je m’appuie sur des facteurs comme les origines sociales, la formation, la place dans la production, mais aussi sur les réseaux de rapports sociaux, l’espérance de vie, ainsi que sur les vêtements portés qui sont autant de signes d’appartenance sociale. Il faut également tenir compte d’autres facteurs plus institutionnels : les syndicats, les partis politiques et les coopératives de consommation. À cette époque, il y avait plusieurs coopératives à Troyes, mais « La Laborieuse », fondée en 1886, au même moment que le syndicat du textile, a créé ce que l’historien américain Daniel Boorstin appelle une « communauté de consommation », fondée sur des pratiques ouvrières6.

6
Le Gender, ou genre, est partout dans l’industrie textile, tout spécialement dans la bonneterie : il ordonne la division sociale et sexuelle du travail, la ségrégation spatiale, la nomenclature des métiers, et même les machines en bonneterie. La division sexuelle du travail paraissait dans les années 1970-1980 comme le paradigme qui expliquait le mieux à la fois les inégalités entre les sexes et la persistance de ces inégalités. Dans la bonneterie, certaines professions sont préalablement définies comme masculines ou féminines. Les illustrations du travail en bonneterie dans L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert montrent la division sexuelle du travail dans la société traditionnelle : « L’homme au métier, la femme au bobinoir. » Au premier abord, cette division du travail paraît fixe, régie par une notion de complémentarité. Mais à y regarder de plus près, c’est l’homme qui est reconnu comme producteur et qui travaille sur l’outil le plus productif – le métier à bas – et la femme qui accomplit les tâches secondaires.

7
Plusieurs questions ont structuré ma démarche dans une problématique de genre et classe. Premièrement, comment ces distinctions de genre ont-elles été construites et perpétuées ? La hiérarchie des métiers masculins et féminins est intégrée au monde du travail textile : on la retrouve dans le vocabulaire technique de la bonneterie, dans les manuels d’apprentissage et dans les représentations des professions féminines. La notion de qualification féminine – qu’est-ce qu’un métier féminin en bonneterie, par exemple – permet de comprendre la place des ouvrières dans la production et la valeur attribuée à leur travail. J’ai retracé l’évolution des qualifications des ouvrières, en partant de leur place dans la production à domicile (domestic manufacture), en passant par la période transitoire du travail en usine sur des petites machines, jusqu’aux négociations de la première convention collective en 1936. J’ai constaté qu’au cours de ce processus, le travail des ouvrières, comparé à celui des ouvriers, était de plus en plus parcellisé et leurs qualifications dévalorisées.

8
La deuxième question concerne les rapports de pouvoir : pourquoi les ouvrières sont-elles marginalisées dans le mouvement ouvrier troyen ? Cette question paraît paradoxale puisqu’elles représentent une force réelle par leur place prépondérante dans la main-d’œuvre. En 1906 les ouvrières en bonneterie représentent 52,5 % de la population active dans le département de l’Aube, en 1921 elles sont 61,5 % et en 1976 elles dépassent 70 %7. De plus, elles sont une composante importante et très active dans les grèves, mais elles sont par contre peu nombreuses à exercer des responsabilités politiques et syndicales. Pourtant on retrouve des ouvrières qui prennent la parole dans les meetings politiques, ce qui constitue un indice de conscience politique.

9
La troisième question a trait aux stratégies employées par les militants syndicalistes et politiques pour organiser et mobiliser les ouvrières. Pour des raisons qu’il faut identifier et expliquer, l’adhésion des femmes aux syndicats reste faible, sauf au moment des grèves. Suzanne Gallois de la CGTU lance un appel aux bonnetières. Elle s’interroge sur leur devenir dans une organisation de masse, car elle estime que ses camarades de travail se sont déterminées dans leur vie d’une façon beaucoup plus affranchie que ne veut l’admettre la culture dominante. Agissant en militante consciente des obstacles à dépasser, des limites à repousser, elle se réfère à un passé de lutte collective comme moyen de se libérer. Néanmoins, Suzanne Gallois avoue qu’elle s’est souvent trouvée isolée en tant que femme revendiquant un rôle dans la vie politique à Troyes8.

La production et la consommation

10
Au cours des années 1980 l’historiographie du mouvement ouvrier s’est centrée sur le travail industriel et la production. De ce fait, l’histoire de la consommation ouvrière a été négligée et son lien avec la production occulté. Ainsi les historiens ont-ils adopté la perspective de certains dirigeants socialistes du xixe siècle qui considéraient le mouvement coopératif comme une source d’aliénation de l’ouvrier. À titre d’exemple, l’ouvrage de Gérard Noiriel traite les coopératives de production en quelques lignes, mais les coopératives ouvrières de consommation ne figurent pas dans sa synthèse sur la vie ouvrière9.

11
Comme l’explique Daniel Roche dans La culture des apparences, l’étude de la vie matérielle est un moyen « d’aller au cœur de l’histoire sociale. C’est un moyen de retrouver la question essentielle – que faut-il produire ? – et son cortège d’interrogations conséquentes – que faut-il consommer ? que faut-il répartir ? C’est un bon moyen aussi pour voir comment peuvent s’entrecroiser, dans la réalité que l’on essaie d’atteindre, les effets variés de différents modèles idéologiques qui, coexistant, se disputent le règlement des conduites et des habitudes10 ». Car la consommation, tout comme la production, est un terrain idéologique. Tout changement de la notion de consommation, comme toute transformation de la production, a une histoire conflictuelle. Les ouvriers troyens ont lié les deux notions en créant en 1886 – année de la fondation du syndicat du textile – une coopérative ouvrière de consommation.

12
Certains dirigeants socialistes, comme Jules Guesde, essaient de montrer que les objectifs des coopératives ouvrières de consommation sont en contradiction avec les idées socialistes. Selon le courant révolutionnaire, les coopératives sont des organisations réformistes qui opèrent en collaboration avec le capitalisme industriel et commercial. Jules Guesde écrit : « La coopération peut servir à toute espèce d’usage et ne vaut, pour nous socialistes, que selon l’usage qu’on en fait […] Je me demande si cette coopération, ainsi mise à toutes les sauces, conservatrice, cléricale, bourgeoise ici, socialiste et révolutionnaire là, ne suffirait pas à démontrer que la coopération en elle-même n’a absolument rien de socialiste11. » Néanmoins, les militants guesdistes ont fondé une coopérative de consommation à Troyes, qui a largement servi à financer des activités de propagande du Parti Ouvrier Français. En contradiction avec Jules Guesde, les syndicalistes révolutionnaires troyens considèrent le mouvement coopératif comme un moyen d’harmoniser les rapports entre la production et la consommation. Cette vision plus utopique favorise le mouvement coopératif comme moyen de libération.

13
Les économistes et les réformateurs sociaux du xixe siècle ont étudié la consommation ouvrière afin de mesurer les inégalités sociales en se servant des budgets et dépenses des familles ouvrières. C’est le cas de Frédéric Le Play et de ses disciples. Aujourd’hui les recherches sur la consommation partent d’approches très différentes, sans consensus sur les méthodes. Aux États-Unis, toutes les études récentes sur l’histoire de la consommation en France posent la question fondamentale : à partir de quel moment débute la démocratisation des biens de consommation en France, et pourquoi ? Autrement dit, quand peut-on parler d’une société de consommation de masse ? Tous ces historiens s’accordent sur le fait que la périodisation et les étapes sont différentes en France et aux États-Unis, où la consommation de masse est plus précoce12.

14
Les deux notions – production et consommation – vont de pair dans mon étude, car la bonneterie troyenne est une industrie du textile et plus précisément de la confection de vêtements tricotés, destinés à la consommation de luxe. Les fabricants bonnetiers ont le souci de vendre. Aussi se spécialisent-ils pendant la Belle Époque dans la bonneterie de luxe : bas de soie brodés ou à jours, noirs ou écrus. Ils fabriquent également des sous-vêtements en coton et des vêtements de sport. De plus, quelques fabricants sont aussi producteurs de machines de bonneterie car ils ont acheté des patentes anglaises et les ont perfectionnées. De cette manière, les plus importants fabricants ont intégré tout le processus de fabrication : la construction de machines (métiers de bonneterie), la filature, la teinture, le tricotage et la confection.

15
Mes propres questions sont centrées sur le vêtement et sur sa signification sociale comme autant de signes d’appartenance de classe. À la fin du xixe siècle, différents objets de consommation sont destinés à différentes classes sociales. Dans la rue et à la sortie de l’usine, les pratiques vestimentaires sont encore signe du rang social. Mon étude s’appuie sur une grande variété de sources : sur des inventaires après décès, sur des photographies et des cartes postales de l’époque, et sur des monographies des disciples de Le Play, actifs en Champagne à la fin du xixe siècle. Les archives de la coopérative ouvrière de consommation « La Laborieuse », qui couvrent la période de 1886 à 1935, date à laquelle elle a disparu en fusionnant avec une coopérative régionale, nous permettent de comprendre une vision alternative au capitalisme commercial. « La Laborieuse », forte de plus de 2 500 familles adhérentes en 1898 (soit près de 7 000 membres), constitue un moyen d’existence et d’éducation populaire à la gestion économique. Et cette coopérative a duré presque 50 ans !



Carte postale ancienne – sortie de l’usine Mauchauffée (Troyes)
© Archives départementales de l’Aube


L’industrialisation et le travail à domicile

16
Il faut désormais repenser la notion d’un modèle d’industrialisation unique – le modèle anglais – et l’idée d’un processus linéaire de développement industriel par des étapes bien définies. En effet, cette interprétation des révolutions industrielles ne correspond pas à la réalité des histoires nationales, y compris celle de la France – ce fameux « retard français » par rapport à l’Angleterre qu’on retrouve dans les manuels scolaires… Toutes les recherches en cours soulignent au contraire la diversité des voies d’industrialisation et des temporalités selon les pays, les régions, les types d’activité13.

17
Dans une perspective comparative avec d’autres régions textiles françaises, il a fallu identifier, sur la longue durée14, les caractéristiques spécifiques de l’industrialisation du textile troyen. À Troyes, il est frappant de constater la persistance des petites usines et ateliers à côté de quelques grandes usines. La concentration industrielle se fait partiellement entre 1880 et 1900, mais on s’aperçoit que la grande majorité de la population ouvrière travaille encore dans des ateliers urbains relativement petits. Sur les 27 établissements recensés au moment de la grève de 1900, 16 employaient de 20 à 250 ouvriers et ouvrières, et une seule usine avait plus de 1 000 ouvriers. La très grande entreprise est rare à Troyes et la constellation de petites usines et ateliers persiste jusqu’aux années 1930.

18
La bonneterie troyenne s’appuie aussi sur des formes de travail à domicile : d’une part les ateliers familiaux, dits ateliers de façonniers, et d’autre part un système d’organisation et de distribution du travail en ville. Il existe ainsi tout un réseau de femmes travaillant chez elles sur des petites machines à coudre ou à remmailler qui se prêtent à un usage domestique. Grâce au prêt de ces machines et à la livraison du travail à faire, les mères de famille peuvent continuer à travailler tout en s’occupant de leurs enfants. Donc, l’industrie dispose de structures flexibles de production grâce, en partie, à l’utilisation de la main-d’œuvre féminine. Dans la même logique économique et technologique, il faut souligner la dépendance des fabricants bonnetiers face à cette main-d’œuvre féminine. Léon Vitoux, patron bonnetier, l’exprime très clairement en 1904 15 : « Rappelons au législateur, que, quand il inscrit dans la loi de 11 heures de travail pour la femme, qu’il lui reste encore 5 heures de travail à faire chez elle, rappelons-lui que la loi, qui a pour but de réglementer le travail, a en même temps pour devoir de protéger la femme, la fille. C’est ce que j’appellerai, si vous voulez bien, ménager la poule aux œufs d’or. N’oublions pas nous-mêmes que la femme est pour notre industrie une question de vie ou de mort et que nous devons la ménager 16. » Ce texte souligne l’importance primordiale de la main-d’œuvre féminine pour l’industrie textile.

19
L’apport des historiennes féministes à l’analyse de l’industrialisation reste important à souligner. Les études sont trop nombreuses pour les citer, mais il faut insister sur quelques points. D’abord, les historiennes et des sociologues féministes ont remis en cause la catégorie « ouvrier » comme modèle et unique catégorie d’analyse. Elles soulignent que le travail lui-même est sexué, tantôt masculin, tantôt féminin. Ensuite, les travaux de recherche des anthropologues et des historiennes féministes montrent le lien entre le genre et la technique et ils dénoncent la fausse neutralité des techniques. Si les techniques ordonnent le monde social, elles sont aussi façonnées par le genre 17. L’invention de machines spécifiques, conçues pour le travail féminin en bonneterie, sont par exemple vantées pour leur adaptation aux « qualités naturelles » des ouvrières. Les historiennes féministes ont aussi montré comment la division sexuelle du travail produit des inégalités, déqualifie les femmes par rapport aux hommes dans le travail. Il faut signaler ici l’importance du travail pionnier de Madeleine Gilbert, sociologue, qui en 1966, a mis en évidence les cloisonnements entre le travail masculin et le travail féminin, et l’usage particulier qui est fait de la main-d’œuvre féminine par les employeurs18. Depuis 1970, les travaux sont nombreux, et ceux de Danièle Kergoat et de Catherine Omnès en France, de Judith Coffin et de Laura Downs aux États-Unis, sont exemplaires 19.

20
Or, leurs recherches ont aussi porté sur le travail à domicile, montrant qu’il ressemble aux sweatshops du xixe siècle et qu’il légitime l’exclusion des femmes de la conception, des apprentissages et du maniement des outils les plus sophistiqués et les plus productifs. Mes propres travaux à Troyes démontrent que les travailleurs à domicile ne sont pas seulement des femmes. Dans l’Aube, la persistance des ateliers de façonniers témoigne du rêve du bonnetier de travailler d’une façon semi-autonome en famille, à la maison. Émile Caillot, délégué ouvrier envoyé par la ville de Troyes à l’exposition universelle de 1900, fait l’éloge d’une petite tricoteuse destinée aux femmes pour un usage domestique :

« La supériorité de la tricoteuse sur nos grands métiers de bonneterie est frappante. L’ouvrier peut conduire 10 machines tricoteuses […] pour les besoins de la maison, marchant à la main ou au pied. Et il ne faut pas un grand apprentissage pour pouvoir travailler ou faire de la bonneterie pour la famille… et quelquefois pour la vendre. Dans dix ans presque toutes les familles auront leurs tricoteuses, comme ils [sic] ont leur machine à coudre 20. »


21
Caillot souligne ensuite les avantages sociaux liés, selon lui, à cette organisation du travail en famille :

« Voici, Messieurs, ce qu’il faut que vous fassiez pour conserver à notre cité le monopole de la bonneterie. Opposer à la grande industrie la petite, et ne plus construire de nouveaux ateliers. Ne construisez plus d’usines, ni de grands métiers – pas de frais d’amortissement. Donnez vos petites machines chez l’ouvrier, le propriétaire lui donnera bientôt la force motrice – pas de frais généraux. Où toute la famille sera occupée à la finition de cet ouvrage – santé, moralité. Et cette vieille cité troyenne sera rajeunie de 40 ans. À cette époque tous les ouvriers et ouvrières travaillaient chez eux. Les enfants élevés sous l’œil des parents faisaient de bons sujets. Pas de débauche, plus de contagion, plus de maladies contagieuses, plus de tuberculose ou réduit à la plus simple expression, plus d’injustice dans les ateliers. Plus de grèves, car les ouvriers qui travaillent chez eux avec leurs familles et qui gagnent leurs vies sont anti-grévistes. »

22
Ce discours sur l’atelier familial évoque son opposé – le travail en usine – comme malsain, immoral, dangereux, bref comme un monde hostile. Émile Caillot saisit un modèle du passé et le projette comme un autre destin possible pour sa famille et ses enfants. Cette évocation d’un contre-modèle de production industrielle amène mon quatrième thème.

La culture politique et l’utopie

23
La période de 1880 à 1914 représente des années d’intense mobilisation du mouvement ouvrier en France. Deux questions me semblent importantes : comment expliquer la politisation des ouvriers du textile troyen ? Et pourquoi le socialisme a-t-il persisté dans la région ? Les travaux de Claude Willard analysent l’implantation des guesdistes dans l’Aube, attribuant leur succès électoral au grand rôle joué par quelques militants exceptionnels. Il faut citer en effet Étienne Pédron, propagandiste et chansonnier, qui a formé des militants guesdistes à Troyes entre 1890 et 1897. Il compose plusieurs chansons socialistes pendant son séjour (Les Huit Heures, La Troyenne, Les Cafards, etc.) et il crée une troupe théâtrale pour jouer de petites pièces politiques. J’ai pris connaissance de ses pièces dans les archives de police, car elles n’ont jamais été publiées. Pédron joue un rôle important dans les campagnes électorales comme candidat du Parti Ouvrier Français. Les guesdistes prônent une stratégie du socialisme électoral, la conquête du pouvoir par le bulletin de vote à tous les niveaux, du municipal au national. Ils ont cependant un discours révolutionnaire destiné à la vulgarisation du marxisme en France. Rob Stuart dans son livre sur le guesdisme, Marxism at Work, les caractérise comme « les soldats de l’idée21 ». Ils fondent des institutions à Troyes et dans l’Aube : un parti politique (POF), les syndicats du textile et de la métallurgie, et une coopérative de consommation.

24
Malgré leurs tentatives pour organiser la classe ouvrière troyenne, les guesdistes essuient des échecs : ils perdent les élections municipales de Troyes en 1900 derrière un radical ; ils sont obligés de fermer leur coopérative de consommation à cause de la mauvaise gestion et de la concurrence ; enfin, leur appel à la syndicalisation lancé aux ouvrières ne donne pas de résultats en dehors des moments de grève. De plus, l’échec de la grande grève de 1900 dans la bonneterie provoque la scission du syndicat du textile dominé par les guesdistes, et le départ de la plupart des ouvriers et ouvrières vers la CGT. En effet, l’échec de la grande grève permet aux syndicalistes révolutionnaires de l’emporter parmi les ouvriers troyens. Ils auront par la suite une influence politique prépondérante dans le mouvement ouvrier. Ils appelleront à l’action directe qui assurerait l’autonomie ouvrière, et ils prôneront la « grève générale » qui, par un syndicalisme de solidarité, conduirait à la révolution. Cette vision alternative de la société, basée sur l’utopie, telle que la décrivent Émile Pouget et Émile Pataud dans leur roman Comment nous ferons la révolution, anime l’esprit des jeunes apprentis, meneurs de la grande grève de 1900 qui éclate d’une façon spontanée par une déclaration de « grève générale22 ».

25
L’esprit de « grève générale » suggère une stratégie alternative visant à fonder le socialisme à Troyes. Émile Pouget, rédacteur du journal Le Père Peinard à Paris, avait un correspondant à Troyes qui lui envoyait des articles. Ce correspondant rend compte des luttes dans les usines et note aussi le harcèlement sexuel des jeunes ouvrières par des contremaîtres. Bien informé sur les revendications émises au moment de la grande grève, il critique sévèrement les conseils donnés par des parlementaires socialistes de passage à Troyes afin de soutenir les grévistes. En fait, il reproche aux socialistes d’« endormir les grévistes », de leur donner de mauvais conseils, comme celui de « rester calmes devant les provocations de vos affameurs ». Après l’échec de la grève, Pouget fait le commentaire suivant : « Je connais assez bien les Troyens pour savoir qu’en temps ordinaires, pas un ne laisserait passer une insulte sans la relever de belle façon23. » La teneur de ses critiques montre l’âpre rivalité entre guesdistes et syndicalistes révolutionnaires pour capter la loyauté des ouvriers et ouvrières du textile. Rivalité aussi entre deux stratégies : le socialisme par le bulletin de vote, stratégie guesdiste ou le socialisme par l’abstention aux élections, par la grève générale et l’action directe, programme préconisé par les syndicalistes révolutionnaires.

La république sociale ou une vision alternative des rapports sociaux et du genre

26
L’intérêt d’une étude sur la longue durée est, tout d’abord, d’analyser le lent processus de démocratisation de la société française. Elle permet en quelque sorte de mesurer le changement social pendant la longue Troisième République. L’approche suggérée ici souligne la complexité et les contradictions de ce processus, les avancées et les reculs, les ruptures, les moments de manque de volonté politique, ainsi que les accélérations dans le changement.

27
Les luttes du mouvement ouvrier troyen s’accompagnent d’une forte critique du régime parlementaire qualifié de « régime bourgeois ». On montre de la méfiance à l’égard de certains hommes politiques, même face à Jean Jaurès. La revendication exprimée par les guesdistes et les syndicalistes révolutionnaires se focalise sur la création d’une « république sociale ». Cette demande est surtout révélatrice de ce qui est perçu comme une mauvaise distribution du pouvoir politique et social, avec comme résultat le manque d’intégration de la classe ouvrière dans la société française. Les critiques reprochent aux parlementaires et aux dirigeants politiques d’agir selon leurs propres intérêts : ils « tiennent l’assiette au beurre », selon la formule consacrée – c’est l’expression qui revient dans les discours de Pédron et dans Le Père Peinard. Ce journal publie des caricatures critiques des parlementaires. L’une d’elles, datée de 1897, montre un banquet : le gouvernement et quelques parlementaires à table devant un festin opulent, les ouvriers assis par terre devant un plat de purée de pommes de terre24. C’est la métaphore de « l’assiette au beurre ».

28
L’avènement du Front Populaire par des élections démocratiques constitue un tournant, la promesse d’un changement révolutionnaire sans passer par une révolution. Par les mesures accordées en juin 1936, le gouvernement de Léon Blum légitime les revendications ouvrières d’avant 1914. De plus, les occupations d’usines en 1936 représentent un renversement de l’autorité patronale à Troyes, surtout après deux lock-out (1900 et 1921) et tant de conflits. Le patronat troyen capitule devant l’occupation des usines et le rapport de forces défavorable. Le succès des grèves de juin 1936 soulève un immense espoir parmi les travailleurs, hommes et femmes, et chez les syndicalistes. Ils espèrent tous une transformation des relations entre patrons et ouvriers. Voici le témoignage de Suzanne Gallois, syndicaliste CGTU que j’ai longuement interviewée comme actrice de ces événements à Troyes ; elle parle de l’occupation de la plus grande usine, Devanlay-Recoing :

« Le Front Populaire, j’étais contente que les gens, ils occupaient les usines, ah ! J’étais heureuse ! […] ça s’est passé chez Devanlay, mais j’étais heureuse de voir ça, parce que pour moi, la militante syndicaliste, c’était la revanche de celui qui travaillait contre le seul bonhomme là, omnipotent, qui était toujours présent, même ces sous-chefs qui menaient la vie dure aux ouvrières. Je voyais, ce que je n’ai pas vu avec la venue de M. Mitterrand, je voyais à cette époque-là un élargissement complet de ceux qui travaillaient. Je me suis trompée, j’avais cru au Front Populaire, moi, de par cette occupation des usines. […] J’ai dit, on va pouvoir parler, on va pouvoir discuter avec ceux qui nous emploient, on ne va pas toujours nous considérer comme des bêtes, comme des chiens […] parce que vous savez, j’ai commencé à travailler, c’était en 1914. En 1914, il faut vous dire, le patron était roi […] Et vous pensez que, quand j’ai vu les usines occupées, j’ai dit, là il va y avoir une ouverture formidable, et puis ça s’est refermé25. »


29
Il faut signaler un fait saillant du Front Populaire à Troyes : les occupations d’usines ont été relativement brèves et disciplinées mais, entre 1937 et 1938, le patronat a essayé de récupérer son autorité et de briser les syndicats. La lutte collective de la plus grande entreprise troyenne, Devanlay, avait été très dure. Suzanne Gallois y avait travaillé au début des années 1930 et elle a pu organiser les ateliers de femmes. Un bulletin, La voix des usines, leur permettait d’exprimer les brimades liées au travail. Suzanne Gallois fut renvoyée pour son action syndicale et mise à l’index – elle dut faire des ménages pour survivre.

30
En résumé, quelques changements interviennent au cours de la Troisième République : une meilleure intégration de la classe ouvrière dans la nation après 1920, une résolution partielle de « la question sociale » par les accords de Matignon. Mais l’ajournement des droits politiques des femmes persiste malgré leur plus grande participation à la vie politique à travers le suffrage limité (aux conseils des prud’hommes) et leur très grande visibilité dans les diverses luttes du Front Populaire.

31
Une deuxième conclusion se rapporte à la chronologie et au caractère spécifique de l’industrialisation à Troyes par rapport à d’autres modèles proposés – un processus non-linéaire, relativement tardif et incomplet, qui s’appuie sur l’emploi des femmes. La transition entre le système de production domestique et la production en usine n’est pas clairement articulée. La persistance du travail à domicile et d’autres formes de production extérieure aux usines troyennes témoigne d’une volonté patronale de maintenir les femmes au travail. Des ateliers familiaux dans les banlieues de Troyes et à la campagne perdurent jusqu’à la crise des années 1930. La féminisation croissante de la main-d’œuvre employée à la finition des articles de confection s’explique par une logique économique – la main-d’œuvre féminine est moins chère. Les fabricants bonnetiers confient aux ouvrières certaines tâches qui sont difficilement mécanisables (le contrôle des articles, le raccoutrage ou la réparation des défauts). Leur place quantitativement croissante dans la confection s’accompagne d’une déqualification progressive de leur travail, situation codifiée ensuite dans la première convention collective de l’industrie en 1936. Le perfectionnement technique n’intervient pas sur ces postes féminins de confection, ce qui fait que, au contraire des ouvriers, les femmes ne profitent pas du changement technologique.

32
Enfin, pour éviter les grèves et l’action syndicale, le patronat troyen a recouru à la décentralisation de la production vers des ateliers ruraux, composés essentiellement de femmes. Le style de confrontation verbale, parfois physique, montre le durcissement progressif des tensions. Les conflits de travail et l’action des syndicats ont donc eu un impact important sur l’organisation du travail. Les fabricants bonnetiers croyaient pouvoir refuser l’arbitrage des conflits, refuser de reconnaître les syndicats ou le comité de grève, demander des dérogations à la loi des 8 heures, imposer des lock-out. Tous ces pouvoirs, ils les ont exercés pour défendre l’autorité patronale face aux socialistes qui prônaient la lutte des classes. Le gouvernement a refusé d’intervenir, entre autres, dans la grande grève de 1900. Par conséquent, l’identité collective ouvrière s’est construite dans la dynamique de ces rapports de forces, en dialectique avec les rapports de pouvoir du patronat. En fait, l’émergence d’une contre-culture ouvrière de résistance montre une volonté importante d’autonomie, qui se manifeste par la création d’institutions de solidarité ouvrière entre les hommes et les femmes.

33
Une troisième conclusion concerne l’importance de la consommation dans la vie ouvrière de cette époque. Dans les discours et les pratiques des ouvriers, le droit à consommer est lié d’une façon explicite au droit au travail. Les deux notions sont très présentes dans les revendications salariales et s’expriment parfois par rapport au coût de la vie. Le mouvement coopératif capte une partie du mécontentement en le canalisant vers une solution pragmatique répondant aux besoins quotidiens. Mais la coopération reste, malgré tout, une utopie. Vers 1830, elle est proposée dans la mouvance des sociétés de secours mutuels, puis la tendance socialiste du mouvement coopératif se présente à la fin du XIXe siècle comme une alternative au capitalisme industriel et commercial. La coopérative ouvrière de consommation « La Laborieuse » connaît une nette progression tant dans le nombre de ses adhérents que dans le type de services qu’elle offre au cours des cinquante années de son existence : épicerie, boulangerie, rayon d’habillement, tissus et confection, caisse de prêts, pharmacie mutuelle, bibliothèque de prêt. Vers 1920, elle coordonne des associations de loisir et de sport ainsi que des colonies de vacances.

34
« La Laborieuse » devient donc une vraie communauté de consommation, un symbole d’autonomie et d’autogestion de la classe ouvrière troyenne. Elle se réclame du courant socialiste, adhère à la Bourse des Coopératives Socialistes, et bénéficie de la solidarité de ses adhérents. Son succès commercial permet son expansion : création de succursales dans les banlieues troyennes, boutiques en centre ville. Face à la vie souvent précaire de la famille ouvrière, la coopérative constitue une source de stabilité économique pour les adhérents. Elle renforce l’identité collective ouvrière par le choix de vêtements et d’articles vendus au rayon d’habillement, des vêtements solides pour le travail, des casquettes et des jupons, etc. Mais on trouve aussi des vêtements de ville pour les hommes, des accessoires de mode pour les femmes. La coopérative favorise l’affirmation de classe.

35
Néanmoins, un souhait de démocratisation de la mode émerge avant 1914 dans un contexte social difficile, où le manque de crédit et la précarité des salaires freinent le désir de consommer. Cependant, les ouvriers qui, avant 1914, revendiquent le droit de se changer après la journée de travail manifestent leur goût pour le prêt-à-porter masculin, et d’une façon spontanée la blouse bleue est remplacée par la cotte, et la casquette s’impose. Mais il faut attendre la première guerre mondiale et la transformation de la silhouette féminine des années 1920 pour que les ouvrières accèdent vraiment à la mode. La simplification du vêtement féminin permet une diffusion populaire de la mode grâce à des modèles plus faciles à confectionner soi-même. Cependant, les problèmes d’achat persistent – les règlements de la coopérative interdisent la vente à crédit et les fluctuations du coût de la vie troublent la vie quotidienne. Pour quelques-unes, les habitudes d’épargne freinent aussi les achats, notamment au moment des crises de vie chère. Les femmes se retrouvent face à un dilemme : s’autoriser des dépenses vestimentaires pour se distinguer des autres ou s’interdire la consommation au risque de se confondre avec les autres dans la rue.

36
Les socialistes marxistes d’avant 1914 comme Jules Guesde aimaient à critiquer le mouvement des coopératives de consommation, jugées comme des organisations « réformistes ». En regardant de plus près, l’histoire de la coopérative « La Laborieuse » montre le renforcement de l’action collective, la solidarité ouvrière, et la recherche d’autonomie politique et sociale. Pouget et Pataud soulignent ces mêmes facteurs dans leur roman utopique. Pour eux, le mouvement coopératif fournit les moyens d’harmoniser les rapports entre production et consommation par une distribution plus égalitaire des biens.

37
L’expansion du marché des biens de consommation populaire en France – allant des marchés régionaux à un marché véritablement national – s’amorce lentement dans l’entre-deux-guerres, mais elle est freinée par la crise économique, le chômage et la baisse du pouvoir d’achat. La chute des ventes à l’exportation oblige les fabricants bonnetiers à se retourner vers le marché domestique et à remplacer la production des articles de luxe par la production d’articles standardisés à usage courant. Si l’on reprend la question fondamentale que se posent les historiens de la consommation, à savoir à quel moment peut-on parler de la démocratisation des biens dans la société française, la réponse est claire : on ne peut identifier une société de consommation de masse en France qu’après la deuxième guerre mondiale.

38
En conclusion je voudrais souligner l’importance du genre dans les rapports sociaux de travail. La prédominance des rapports de classe sur les rapports de genre entre ouvriers et ouvrières à la fin du XIXe siècle ressort des sources écrites : leur solidarité manifestée dans les grèves et leur sens du métier en constituent deux exemples. Même les femmes se targuent d’avoir un métier à cette époque. D’une manière générale la culture technique sert de soudure, et l’endogamie professionnelle dans le monde du travail textile renforce cette tendance. Il en résulte une forte identité de classe, implicite et explicite, dans la ville, qui sert à atténuer des conflits de sexes. Pourtant des tensions existent au travail. Elles ressortent des archives du Conseil des Prud’hommes pour les années 1920 et 1930 : des conflits entre bobineuses et contremaîtres, mais aussi entre ouvrières et contremaîtresses sont très fréquents. Le processus de féminisation irréversible de la main-d’œuvre (61 % en 1921) tend à augmenter l’incidence des conflits. Cette féminisation s’accompagne d’une dévalorisation progressive de l’image de l’ouvrière bonnetière dans la ville : le terme « bonnetière » signifiait en 1900 une femme indépendante qui gagne sa vie par son métier ; mais vers 1930 on parle d’une bonnetière comme « d’une fille d’usine », celle qui est revendicative. Ce changement dans la perception de la bonnetière s’explique en partie par la déqualification de son travail. L’ouvrière en bonneterie n’a plus de « métier » dans le sens d’un travail qualifié. Elle a désormais un emploi.

39
Le travail des femmes en bonneterie est pourtant reconnu comme un facteur économique important à Troyes, où les ouvrières ont des identités multiples : l’ouvrière est bonnetière, mais aussi couseuse (sa profession au travail), gréviste, soutien familial, mère, et même en certains cas, reine (élue à la fête de la bonneterie)26. Leur existence en tant que « femmes individues » indépendantes est signalée à partir des années 1920 par le nouveau statut de « divorcée » dans les recensements. L’indépendance économique se gagne, mais elle a aussi son prix.

40
Pourtant l’écart persiste entre les qualifications des femmes et leurs salaires. Il se creuse avec la codification des qualifications contenue dans la première convention collective de l’industrie, négociée par les syndicats du textile à Troyes en 1936. La convention collective stipule le réajustement des plus bas salaires, ce qui touche la plupart des emplois féminins. Mais elle ne modifie pas d’une façon substantielle la situation des ouvrières par rapport aux ouvriers. Au contraire, la codification sexuée des métiers et des fonctions contenue dans la convention collective trace des limites aux devenirs des ouvrières : le manque de mobilité professionnelle, le cantonnement dans des tâches parcellaires, etc.

41
L’importance du genre n’est plus à prouver en ce qui concerne le syndicalisme. À partir de 1920 les syndicats cherchent à attirer des femmes et les militants chargent leurs adhérentes des recrutements. Dans les années 1930, au cours d’une réunion au niveau national de la CGTU, Suzanne Gallois souligne que c’est le devoir des hommes, des maris, des collègues de travail, d’amener les femmes au syndicalisme, que le recrutement des ouvrières est aussi une affaire d’hommes. Le manque de reconnaissance, par les dirigeants syndicaux, du potentiel des femmes dans l’action syndicale est grave parce qu’il prive ces organisations des effectifs nombreux qu’elles recherchent. Il est évident que les organisations ouvrières se sont structurées sur un modèle masculin qui attire peu de femmes. Or, Suzanne Gallois l’exprime très clairement, il faut pour militer adopter ce modèle et ses normes : l’affiliation au syndicalisme reste donc masculin jusqu’à une époque très récente. On peut tracer la progression de l’adhésion des femmes au syndicalisme par leur participation aux élections prud’homales. Les ouvrières troyennes ne voteront en nombre significatif qu’à la fin des années 1920, quand les syndicats ouvriers chercheront à recruter les femmes à leurs côtés et qu’ils utiliseront ces élections pour tester leurs propres forces.

42
L’histoire de la différence sexuelle – gender history – implique donc une analyse des rapports de domination des hommes sur les femmes, dans une perspective de transformation de ces rapports qui sont depuis longtemps ancrés dans la division sexuelle du travail, dans les institutions et dans les structures de la vie quotidienne. Cette étude, The Fabric of Gender, participe à la construction du savoir – d’un savoir nouveau – qui fait avancer et la cause des femmes dans la société et la compréhension entre les hommes et les femmes. En France, l’égalité des droits existe comme une garantie formelle et abstraite. La pratique de la citoyenneté, sa mise en œuvre, est une autre histoire.


Note de fin

1 Françoise Thébaud retrace l’évolution de l’histoire des femmes en France dans son étude historiographique, Écrire l’histoire des femmes, Paris, ENS Éditions, 2001. Voir aussi : Maruani, Margaret, « Travail et genre : les tribulations de la variable sexe », dans Bard, Christine, Baudelot, Christian, Mossuz-Lavau, Janine (dir.), Quand les femmes s’en mêlent, Paris, La Martinière, 2004, p. 171-186 ; Laufer, Jacqueline, Marry, Catherine et Maruani, Margaret (dir.), Le Travail du genre: Les sciences sociales du travail à l’épreuve des différences de sexe, Paris, La Découverte, 2004.

2 Chenut, Helen Harden, The Fabric of Gender: Working-Class Culture in Third Republic France, University Park, Pennsylvania State Press, 2005.

3 « Groupe de l’Aube, Union Française pour le Suffrage des Femmes, Cahier de comptes rendus de réunion, 1913-1915 ». Ce cahier manuscrit d’une association auboise de suffragistes à Sainte-Savine a été retrouvé récemment sur un marché aux puces. L’association était constituée en majorité par des institutrices groupées autour de la directrice de l’École normale de Sainte-Savine. Leur travail a été interrompu par la Grande Guerre. Voir Leclerc, Marie-Dominique, « Union française pour le suffrage des femmes : le Groupe de l’Aube », La Vie en Champagne, n° 28, octobre-décembre 2001, p. 20-31.

4 Voir l’article de Eley, Geoff, Nield, Keith, « Farewell to the Working Class ? » dans le numéro special de International Labor and Working Class History, n° 57, Spring 2000, p. 1-30, qui ouvre un forum de débat historiographique.

5 Anderson, Benedict, Imagined Communities: Reflections on the Origins and Spread of Nationalism, London, Verso, 1983.

6 Boorstin, Daniel, The Americans: The Democratic Experience, New York, Random House, 1973. Boorstin observe que les hommes se définissent par les objets qu’ils achètent et que les biens de consommation sont destinés à telle ou telle classe sociale ; ces « communautés de consommation » deviennent plus homogènes avec l’avènement de la production standardisée.

7 Chenut, Helen Harden, The Fabric of Gender…, p. 92-93.

8 Voir Chenut, Helen Harden, « L’analyse d’un auto-portait : Suzanne Gallois, militante syndicaliste de l’Aube » Clio. Histoire, Femmes et Sociétés, n° 3, 1996, p. 182-90.

9 Noiriel, Gérard, Les Ouvriers dans la société française, Paris, Éditions du Seuil, 1986.

10 Roche, Daniel, La Culture des apparences, Paris, Éditions du Seuil, 1989, p. 13.

11 Compère-Morel, Adéodat et Louis, Paul, Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative de l’Internationale ouvrière, tome 2, Paris, Librairie Aristide Quillet, 1913, p. 40.

12 Voir Auslander, Leora, Taste and Power: Furnishing Modern France, Berkeley, University of California Press, 1996 ; Furlough, Ellen, Consumer Cooperation in France: The Politics of Consumption, 1834-1930, Ithaca, Cornell University Press, 1991 ; Grazia, Victoria de, Irresistible Empire, Cambridge, Harvard University Press, 2005.

13 Sabel, Charles, Zeitlin, Jonathan, « Historical Alternatives to Mass Production : Politics, Markets and Technology in Nineteenth Century Industrialisation », Past and Present, n° 108, August 1985, p. 133-176 ; Horn, Jeff, The Paths Not Taken, Baltimore, Johns Hopkins Press, sous presse.

14 Voir les monographies de : Hilden, Patricia, Working Women and Socialist Politics in France, 1880-1914, Oxford, Oxford University Press, 1986 ; Reddy, William, The Rise of Market Culture: The Textile Trade and French Society, Cambridge, Cambridge University Press, 1984 ; Liu, Tessie, The Weaver’s Knot: The Contradictions of Class Struggle and Family Solidarity in Western France, 1750-1914, Ithaca, Cornell University Press, 1994 ; Poisat, Jacques, Les origines de la bonneterie en France et dans le Roannais, Roanne, Groupe de Recherches Archéologiques et Historiques du Roannais, 1982.

15 Déposition sur le travail des femmes devant la Commission Parlementaire d’Enquête sur l’Industrie Textile, 1904.

16 Arch. nat., C 7318, Enquête sur la situation de l’industrie textile (1902-1904).

17 Voir l’ouvrage collectif : Chabaud-Rychter, Danielle et Gardey, Delphine (dir.), L’Engendrement des choses: Des hommes, des femmes et des techniques, Paris, Éditions des Archives Contemporaines, 2002.

18 Guilbert, Madeleine, Les Fonctions des femmes dans l’industrie, Paris, Mouton, 1966.

19 Kergoat, Danièle, Les ouvrières, Paris, Éditions le Sycomore, 1982 ; Omnès, Catherine, Ouvrières parisiennes. Marchés du travail et trajectoires professionnelles au xxe siècle, Paris, EHESS, 1997 ; Coffin, Judith, The Politics of Women’s Work: The Paris Garment Trades, 1750-1915, Princeton, Princeton University Press, 1996 ; Downs, Laura, L’inégalité à la chaîne. La division sexuée du travail dans l’industrie métallurgique en France et en Angleterre, Paris, Albin Michel, 2002.

20 Arch. mun. de Troyes, 2F 47, « Exposition universelle à Paris 1900, Rapports des délégués ouvriers ».

21 Stuart, Robert, Marxism at Work. Ideology, Class and French Socialism During the Third Republic, Cambridge, Cambridge University Press, 1992.

22 Pataud, Émile, Pouget, Émile, Comment nous ferons la révolution, 1909, réédition, Paris, Éditions Syllepse, 1995.

23 Le Père Peinard, 7 avril 1900.

24 Cette caricature est parue dans Le Père Peinard du 28 mars 1897.

25 Témoignage recueilli le 24 mai 1984.

26 Chenut, Helen Harden, « Les Fêtes de la Bonneterie à Troyes de 1909 à 1938 : fêtes corporatives, fêtes industrielles et fêtes populaires », Bibliothèque municipale de Troyes, Catalogue d’exposition, Musée de la bonneterie, 1997.



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Lun 9 Mai - 12:37


Words and women II: writing gender and identity in early 1915

Lynda Mugglestone, March 9, 2015 

les différents nouveaux mots sexués apparus au cours de la guerre
en raison de l'augmentation des femmes sur le marché du travail
 
In this guest blog post, Professor Lynda Mugglestone, who specialises in the history of English, explores the various new gendered words that came into existence during the war due to the increase of women in the workforce.

Citation :
The English Words in War-Time Project tracks language and language change across 1914-1918, using the hitherto largely unexplored archive of material gathered during WWI by Andrew Clark, under the heading English Words in War-Time, and now housed in the Bodleian Library, Oxford. A long-time volunteer on the Oxford English Dictionary (the first edition of which was still on-going as war began), Clark decided to use the methods of the OED – but to make a self-standing collection in order to examine the interrelationships of history and language in a period of significant change. Unlike the OED, he decided to focus on ephemera and news discourse as sources of evidence on the basis that these might provide the most immediate reflection of events, and the ways in which language might change in response. Clark asks interesting questions about the extent to which words can tell a history of the war, and the kind of forgotten stories that might thereby also come to light.

A marked feature of war (and comment on war) in early 1915 was, as Clark confirms, the labour shortage which arose following the departure of some two million men to the Front. Historically, this would be resolved, at least in part, by a range of changing opportunities for women to enter the workforce. In terms of language, as the Words in War-Time archive documents, this would, however, bring opportunities of a different kind – generating a range of constructions which, in various ways, reflected women’s increasingly visibility outside the home. By March 1915, there were some ’10,000 Women War Workers’, as the Daily Express affirms in an extract which Clark carefully gathered up. Language and the women war worker, as Clark realised, offered yet another fertile domain of enquiry in his attempt to fuse historical principles with the documentation of on-going change.

War worker, as the modern OED confirms, is itself an interesting creation of WWI. Given as a coinage of 1915, war worker remains deeply expressive of the ways in which combatants and non-combatants could be yoked together in the enterprise of war. War effort could be expended at home, while effort (and endeavour) of a different kind were demanded on the battle field. While women war worker, alongside other related coinages, did not appear in the OED, the Words in War-Time archive yields some very interesting results in this respect. Even in December 1914, Clark was, for example, carefully noting down airwomen, here in relation to the Russian Military. The Princess Shakovsky “has been permitted to join General Ruzsky’s staff as a military airwoman”, as the Scotsman recorded on December 2nd 1914.



Two women replace the traditionally male porters at Marylebone Station in London
during the First World war. Original Publication: Illustrated London News – pub. 1915

(Photo by Hulton Archive/Getty Images)

The novelty of such transferred roles under the exigencies of war would, in fact, generate plentiful evidence of relevant words. Agent nouns such as porter were, for example, formally unmarked in terms of gender – but their use, and meaning, had traditionally been constrained by underlying assumptions of male as norm. For the Star, for example, change in this respect was, in another telling combination, made to  constitute a war phenonomen in its own right. Here, the move from porter to woman porter is described in ways which extol female willingness to ‘do their bit’ even as a certain surprise is evoked at women’s successful adaptation to the roles now extended to them.

“Another war phenomenon has appeared in the person of the women who understands time-tables. She does not speak of ten minutes past twelve, but of 12.10 with all the glibness of an accustomed traveller. She does not come panting on to the platform one minute after the train has gone, nor stand helpless amid a pile of luggage. If she is surrounded by luggage it is not her own, and she is far from helpless, for she is the new woman porter who has sprung into existence at Marylebone”.


Traditional gender stereotyping – and its discriminatory overtones — could, as this suggests, be both challenged, and reinforced, in this respect. Woman porter, as other evidence in the archive proves, would by no means be an isolated example of this form. A similar article in the Daily Express, also from April 1915, celebrates the endeavours of the porters in petticoats for whom changed social roles – and sustained femininity – are made to unite.

As other news articles in the archive confirm, such shifts, and the overt gender marking which relevant forms acquired, formed a significant part of what was seen as war change – the transformative effects of war on ordinary life. Women carriage cleaners are recorded in the Daily Express in April 1915, railway women in the Evening Standard on April 7th 1915, and women air mechanics in the Scotsman (even if these are, in reality, French rather than English)

“Women mechanics have proved very successful. A great number of them, having been employed in motor or engineering shops practically from girlhood, have become quite clever as turners or in the manipulation of machinery. They are found to be regular at their work and persevering and do not waste time” (Scotsman, 15th April 1915)

The Evening News even began its own collection of these changing images of identity:

“Within the last few weeks we have had the girl district messenger, the lift-girl at Harrod’s, the girl ticket collector at Paddington, the girl in the newspaper stall on the Piccadilly Tube …”. (Evening News, 28th April 1915)

Evidence in the modern OED, we might note, can remain distinctly at odds – lift-boy, for example, is the sole form it records. Lift-girls do not appear. “Lift-boys always have aged mothers”; “Chauffeurs, waiters, lift-boys…they are the operators” states the accompanying evidence in citations which derive respectively from 1904 and 1967. The Words in War-Time archive can therefore often tell a somewhat different story – tracking the changes by which gender and identity were represented and recorded in response to the social and economic pressures of the war years.

By May 1915, the Daily Express was even extolling the advent of the “the First Call Girl” – a form which is, however, perhaps likely to be read with raised eye-brows when read outside the immediate context of war – and the register of the theatre on which it depends. As the OED confirms, a call-boy, is ‘a youth employed (in a theatre) to attend upon the prompter, and call the actors when required on the stage’.  Call-girl in the OED has very different resonances: call-girl (orig. U.S.), “a prostitute who makes appointments by telephone”. It is dated to 1940 (and verified with the quotation ‘Call Girls Die Young’). The call-girl of 1915 instead epitomises other aspects of war change. ‘Innovation at Shaftesbury Theatre’, as the Daily Express proclaimed, in Clark’s densely documented notebook for spring 1915:


“Tovey, the call-boy at the Shaftesbury Theatre, has joined the Army as a trumpeter, and Mary Powell, who is only fourteen, has taken his place. She has the distinction of being the first call-girl in the world” (Daily Express, Fri 28th May 1915)

Some apparently transgressive forms can nevertheless be produced by the combination of changing social role and overt gender marking, as in the girl page-boy which the Daily Express records on May 11th 1915:

“The girl “page-boy” is the latest outcome of the shortage of labour owing to the war. She has made her appearance, neatly uniformed, in the service of a leading Harrogate hotel, and meets guest on their arrival at the railway station”

Similar concerns were raised by the new uses required of the verb to man. ‘Girls “Man” a Station’. Booking Clerk Wears a Cream Blouse”, states a headline in the Daily Express on June 7th 1915. Manning a station already raised some uncertainties as to grammatical propriety if the ‘manning’ in question was to be done by women.

“The first London railway station to be “manned” entirely by girls was opened yesterday. It is Maida Vale Station, on the Bakerloo Line”.

Perhaps especially interesting in early 1915 is, however, the diction of the war woman. ‘The manner in which war is affecting the character of woman is a matter of vast importance’, the Daily Express commented. The war woman who appeared, for example, in the title of a series by Miss Lorette Aldous, linked what was described as ‘real history’ (located in the female experience of war, on both Home and Western Front) with ‘a modern woman’s ambition and revolt’. Like her antecedent the new women, the war woman is thereby rendered interestingly transgressive; if she emblematises modernity by means of her confidence in taking on new activities in the public realm, she is potentially dangerous too, offering dissent, discontent, as well as ambition. As later posts on the Words in War-Time archive will explore, such conflicted images remain in evidence across the remaining years of war.



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Lun 9 Mai - 13:14



thèse de 1979

Citation :
Elles balaient, font la cuisine, montent les seaux de charbon, vident les cuvettes et frottent l'argenterie, du matin jusqu'au soir. Elles n'ont point de vie à elles. Car ce sont les bonnes. Mais d'elles, on exige plus encore que l'accomplissement des tâches ménagères. Il faut qu'elles soient le dévouement incarné. Car elles sont les servantes. Et si ce livre s'emploie, en détaillant leurs conditions de travail et d'existence, en décrivant les mentalités dans lesquelles elles étouffent, à dire quelle place est assignée aux bonnes par la moralité bourgeoise à la Belle Epoque, c'est dans le but d'exorciser le fantôme de la servante, qui hante encore la plupart des femmes d'aujourd'hui, lorsqu'elles rentrent à la maison

Citation :
Ma thèse, publiée sous le titre La Place des bonnes. La domesticité féminine à Paris en 1900 (Grasset, 1979 ; Perrin, coll « Tempus », 2004) a un rapport direct avec ma propre histoire familiale. Ma grand-mère, veuve de guerre, est devenue, après la Première Guerre mondiale, dans les années 20, gouvernante, bonne d'enfants, dans une famille bourgeoise.

Mais les femmes ne constituent pas, en tant que telles, l'essentiel de mon propos. En fait, le fond de mes recherches est ailleurs : compte tenu de mon milieu d'origine, mon obsession, c'était plutôt de savoir ce qu'était un bourgeois, une famille bourgeoise, de comprendre ce que cela impliquait de faire partie d'une classe dirigeante. Du coup, l'étude des bonnes était une manière aisée de pénétrer dans la famille bourgeoise.

V. Figureau - Un peu comme dans les films de Chabrol ?

A. Martin-Fugier -Oui, c'est exactement cela... (rires). Après les bonnes, je me suis intéressée à la mère bourgeoise, à ses obligations de femme, non pas « au » mais « de » foyer (La Bourgeoise. Femme au temps de Paul Bourget, Grasset, 1983 ; Hachette, coll. « Pluriel », 2007). La famille bourgeoise est difficile à attraper : c'est un ordre flou, une réalité qui vous échappe dès qu'on s'en approche. Je m'en suis approchée, j'ai essayé de la comprendre par la littérature, notamment l'œuvre de Marcel Proust, qui est, pour moi, le rêve littéraire sur la mise en scène bourgeoise, une manière sublimée d'entrer en bourgeoisie...


source Entretien avec Anne Martin-Fugier L'Obs 11 janvier 2010


Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Lun 9 Mai - 22:09


New York shirtwaist strike of 1909

Citation :
The New York shirtwaist strike of 1909, also known as the Uprising of the 20,000, was a labor strike primarily involving Jewish women working in New York shirtwaist factories. Led by Clara Lemlich and supported by the National Women's Trade Union League of America (NWTUL), the strike began in November 1909. In February 1910, the NWTUL settled with the factory owners, gaining improved wages, working conditions, and hours. The end of the strike was followed only a year later by the Triangle Shirtwaist Factory Fire, which exposed the plight of immigrant women working in dangerous and difficult conditions.


Two women in early 20th century clothing wear sashes that read, "Picket Ladies Tailer Strikers," while standing on a sidewalk in front of a building. A number of men stand on the sidewalk around them, some looking at the strikers, some facing away.











on arrête les mutines...



mais on n'arrête pas les affaires...




autres images

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Lun 9 Mai - 22:30


Working Women: The Women's Trade Union League






Rose Schneiderman





un siècle plus tard, dans Nuit Debout,
on dénie aux femmes la légitimité de réunions non mixtes !




Mary Macarthur addressing a crowd in Trafalgar Square about the Corruganza box factory strike in Tooting, London (1908)
Secretary of the Women’s Trade Union League (WTUL) in 1903, Mary MacArthur became a spokesperson for women workers, helping them to organise union activity



Mary Macarthur addressing the crowds during the chainmakers' strike, Cradley Heath 1910

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Lun 9 Mai - 23:45


vous avez dit "les midinettes" ?

1. Jeune fille ou jeune femme naïve et sentimentale qui affecte d’être une dame de qualité.
2. (XIXe siècle) Jeune ouvrière ou vendeuse dans la couture parisienne, qui se contentait à midi d’une dinette, c’est-à-dire d’un repas sommaire.


Grève des « midinettes » (couturières), rassemblées à la Grange-aux-Belles à Paris, le 18 mai 1917


Agence Rol, Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie [EI-13 (553)]

source L’émancipation des femmes : mythe ou réalité ?

Hélène Brion, une institutrice contre la Grande guerre

Roger Colombier, 23 Novembre 2013

Citation :
Hélène Brion naît à Clermont-Ferrand le 27 janvier 1872. Institutrice en 1905, elle adhère à la jeune SFIO, tout en étant adhérente de la Fédération féminine universitaire, avec deux idées en tête : les droits des femmes en général et le suffrage féminin. Dès sa vingtième année, elle se consacre à l’écriture d’un ouvrage L’encyclopédie féminine, qu’elle va poursuivre toute sa vie.

Enseignante dans le 13ème arrondissement de Paris, elle adhère à la Fédération nationale des instituteurs, amicale ou syndicat selon le pouvoir en place. Effectivement, la loi de 1884 sur les syndicats ne s’applique pas aux fonctionnaires. Mais la Fédération, formée le 13 juillet 1905, s’affilie à la CGT en 1909.

Le 16 août 1912, à Chambéry, Hélène Brion est déléguée au congrès de la Fédération nationale des instituteurs et institutrices publics de France et des colonies. Les hommes y sont majoritaires, alors que l’enseignement se féminise (53,4% d’institutrices en 1881 ; 58,2% en 1911) et que les femmes participent nombreuses à l’activité des 46 syndicats organisés au sein de la CGT.

Mais preuve que le courant féministe marque des points, Hélène Brion est élue secrétaire générale adjointe du syndicat en janvier 1914, le secrétaire général étant toutefois un instituteur.



1912 : deux ans avant le ralliement d'une majorité de la CGT à l'Union sacrée


Avec son syndicat et son parti, Elle espère en une grève générale des travailleurs des deux côtés du Rhin pour empêcher la guerre qui se précise à l’été 1914. Elle déclare son pacifisme dans La Bataille syndicaliste. Mais à peine Jean Jaurès enterré, SFIO et CGT rallient l’Union sacrée, Hélène Brion aussi, mais pour peu de temps. « C’est vrai, j’ai cru comme tant d’autres à la guerre du droit et de la justice. Mais je reconnais maintenant que je me suis trompée et je considère cette erreur comme la plus grande faute de ma vie », confie-t-elle dès les premiers soldats décimés sur le front. Dès lors, Hélène Brion s’engage contre la guerre : tracts, affiches, brochures, prises de parole publiques.



Maison des fédérations de la CGT en 1913


Si dans la SFIO aucune opposition à la guerre ne naît, des premiers signes de résistance se font voir au Comité confédéral national de la CGT, son instance dirigeante, en décembre 1914. Ils se manifestent aussi lors du CCN du 15 août 1915 dont Hélène Brion, devenue secrétaire générale de la Fédération des instituteurs, le responsable en titre appelé au front.

Elle se rallie à la minorité autour d’Alphonse Merrheim, secrétaire général des métallurgistes. Mais ce courant est battu par 79 voix contre 26. Or, la résolution contre l’Union sacrée, est publiée dans la presse syndicale des instituteurs.

Hélène Brion adhère au Comité de défense syndicaliste qui se propose « de lutter contre la déviation du mouvement ouvrier opérée par la majorité confédérale de la CGT ». Au CCN du 25 décembre 1916, l’action de la CGT est toujours soutenue par 99 voix contre 26 et 8 abstentions.

1917, quatre vagues revendicatives déferlent sur la France : en janvier, mai, juin et septembre. La secrétaire générale de la Fédération des instituteurs y tient toute sa place dans Paris. Hélène Brion est des manifestations organisées par les ouvrières, comme des rassemblements à la Grange-aux-Belles, siège de la CGT. Et son activité en faveur des femmes ne faiblit pas : elle est du Comité intersyndical d’action contre l’exploitation des femmes au travail, fondé par les minoritaires de la CGT en juillet 1915.

Mais, au CCN du 25 décembre 1917, Léon Jouhaux et les siens l’emportent toujours. Hélène Brion n’y assiste pas. Elle a été arrêtée, puis relâchée le 27 juillet 1917, mais inculpée de haute trahison et suspendue de traitement. Elle est à nouveau emprisonnée le 17 novembre à la prison des femmes de Saint-Lazare, puis passe devant le Conseil de guerre du 25 au 31 mars 1918. « Je comparais ici comme inculpée de délit politique, or je suis dépouillée de tous les droits civiques », assène-t-elle à ses juges.




Le Conseil de guerre confirme sa révocation de l’enseignement public avec effet au 17 novembre 1917 et la condamne à trois ans de prison avec sursis pour propagande défaitiste. Elle ne sera réintégrée que 7 ans plus tard sous le gouvernement du Cartel des gauches.




Malgré sa révocation, elle est déléguée au congrès confédéral de la CGT, à Versailles, en juillet 1918. Elle en assure la présidence d’une séance. Mais de cette tribune, elle fustige la confédération qui, en 1917, ne l'a guère soutenue lors de ses démêlées avec la justice. Allusions à Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT et Commissaire de la Nation, ce qui lui ouvrait bien des portes dans les ministères.

Les congressistes ne la suivent pas. Et sur les trois déléguées à ce congrès (alors que les femmes sont entrées en force dans le monde du travail), elle seule se range du côté des minoritaires : 253 voix contre 908 pour la ligne confédérale de Léon Jouhaux.




Lignes tirées de mon ouvrage Le travail des femmes autrefois jusqu'aux années 1960 paru aux éditions l'Harmattan.



PS : j'ai rajouté quelques images au texte de l'ami Colombier
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6317
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Mar 10 Mai - 0:01


« La Sortie de l'usine Lumière à Lyon est un film français réalisé par Louis Lumière, sorti en 1895, qui existe en au moins trois versions reconnues, et fait partie des 10 films montrés au Salon indien du Grand Café à partir du 28 décembre 1895.

Le personnel de l'usine Lumière sort de son lieu de travail, d'abord les ouvrières, puis les cadres. Dans la première version, le cortège se termine par la sortie de véhicules et les portes sont ensuite refermées. »


PS : dire que ce film fut le premier de l'histoire du cinéma, même commercial, est plus que controversé...

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
 
FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 6 sur 8Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant
 Sujets similaires
-
» Premier mai Fête du travail dans le monde
» Le portage dans le monde
» 91 % des crimes d’honneur dans le monde sont commis par des musulmans
» Dans mon monde à moi, y a que des poneys [LGee G5]
» Les différentes formes d'immatriculation dans le monde

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PATLOTCH / CIVILISATION CHANGE / COMMUNISME, SEXE, et POÉSIE :: ENTRÉES THÉMATIQUES : CAPITALISME, MONDE, COLONIALITÉS... LUTTES :: 'FEMMES' & 'hommes'... Domination masculine -> machisme structurel et sociétal-
Sauter vers: