PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?

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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Mer 4 Mai - 13:13


sans mémoire l'oubli ils n'ont de rien
ni à se souvenir
de la guerre, de la paix

le fait de brasser en désordre le temps et l'espace de la vie des femmes au travail attire l'attention sur le « court vingtième siècle », à prolonger du précédent et du début de celui-ci

« L'Âge des extrêmes, histoire du court XXe siècle (1914-1991) » Eric Hobsbawm 1994


ce qui saute aux yeux, avec notre peu de mémoire, c'est notamment qu'en France on ne sait plus ce qu'est vivre dans la guerre et l'on "oublie" qu'en une courte unité de temps des femmes ont traversé des situations somme toute très semblables dans leur rapport au capital comme mode de production par l'exploitation et les dominations, dont celle des hommes sur les femmes (on pourrait en dire autant des enfants...)

et quand ce rapport rencontre, en France, le rapport de domination raciale, on ne veut pas le voir. En ceci la France ignore qu'elle fait aussi son événement local comme global : c'est une spécificité de sa crise dans celle de l'Occident du capital, ce qui donne à la fois raison et tort à Emmanuel Todd : “ la France n’est plus dans l’histoire ”


un peuple qui ne sait pas d'où il vient
ne sait pas où il est
il n'a pas d'avenir

il dort debout


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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Mer 4 Mai - 15:58


femmes au travail en Espagne



Diego Velázquez (1599-1660): Las hilanderas o Fábula de Aracne Lienzo, 220 x 289



Les travailleuses de la Real Fábrica de Tabacos à Séville



femmes et petites filles dans l'industrie textile



Hommes et femmes travaillent ensemble dans une usine à saucisses / Adolfo de Torres

La crise déclenche l'écart salarial pour les femmes

Au début de la récession, les femmes gagnaient 16,1 % de moins que les hommes assumant des fonctions identiques, tandis qu'aujourd'hui ce nombre s'élève à 18,8 % (mesurée en salaire par heure)



Estramadur



Femmes travaillant dans une usine de nougat / CE.





Las mujeres navarras copan de forma "escandalosa" la precarización laboral



Victoria Blázquez est l'une des mille 1 600 femmes qui travaillent dans les lignes de production de l'usine de SEAT à Martorell, Barcelone



Manifestation pour les droits des travailleurs domestiques Flick : Olga Berrios
source Una de cada tres empleadas domésticas que trabajan en España lo hace sin protección social eldiaro.es mars 2016

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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Mer 4 Mai - 16:19


en Amérique latine



Denuncian la explotación laboral de las mujeres del Tercer Mundo por grandes marcas textiles
Dénoncer le travail des femmes de l'exploitation du tiers-monde par les grandes marques de textile



Argentine

source Les femmes travaillent plus que les hommes et gagnent 24 % de moins : Nations Unies



Mexique




Des travailleuses assemblant des autoradios dans une maquiladora à Matamoros,
ville du Mexique collée sur la frontière des États-Unis




les femmes sont la première force de reproduction du prolétariat et du capital



source América Latina busca su propia receta para dar más salud a sus ciudadanos El Païs  7 octobre 2013
L'Amérique latine cherche sa propre recette pour donner à ses citoyens plus de santé

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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Mer 4 Mai - 16:44


en las minas
(dans les mines)

ni la terre ni les femmes ne sont des territoires de conquêtes






Les résidentes de Matagalpa, au Nicaragua, ont dénoncé l'exploitation minière par le Canada
Photo : Facebook



La mina Marlín y la resistencia de las mujeres 4 juin 2015



Les protestations contre le projet minier de Las Bambas au Pérou font quatre morts et plusieurs blessés   Traduction publiée le 6 Octobre 2015    
       

Las Bambas - Perú. Manifestation contre le projet cuprifère de Las Bambas.
Image de l'Observatoire des Conflits Miniers au Pérou (OCM)



en relation le sujet L'EMPIRE EXTRACTIVISTE. Vols, dette, malnutrition, accaparement de terres et ressources...

ÉQUATEUR - Conséquences du système capitaliste dans les communautés et peuples indiens Humberto Cholango 15 octobre 2015

Amérique Latine : les ressources naturelles pillées au mépris des populations locales  (ré)écouter cette émission disponible jusqu'au 22/07/2018

Quillagua, Chili

Chili : quand l’industrie minière assoiffe les villages et pollue l’environnement 17 novembre 2015 par Anne Le Bon

.
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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Mer 4 Mai - 22:32


la prolétariate se ramasse à l'appel




c'était mieux avant...



Bureau central téléphonique. Avenue de l’Opéra. Paris. 1881




Standardistes téléphoniques à Salt Lake City, États-Unis dans les années 1910


opératrices États-Unis, années 1914-1917






Central téléphonique de Toulouse en 1939

c'est pas mal maintenant




























ce sera mieux après...





Dernière édition par Patlotch le Jeu 5 Mai - 2:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Mer 4 Mai - 23:28


lourd




Van Gogh, femmes de mineurs portant des sacs de charbon, I881


Parqueuses d'huîtres, Arcachon


Femme Sioux


Bor, Soudan


Ouarzazate, Maroc




Ottawa, Canada


Jodhpur, Inde


Rwanda

The heavy-lifting 'mule women' of Melilla







Maria still works, despite her injured leg

Maria travaille encore, malgré sa jambe blessée

負傷した足にもかかわらず、マリアがまだ動作します

Maria todavía funciona, a pesar de su pierna lesionada

מריה עדיין עובד, למרות רגלה פצוע

Maria ainda funciona, apesar de sua perna ferida

Maria immer noch funktioniert, trotz ihrem verletzten Bein

ماريا لا تزال تعمل، على الرغم من ساقها المصابين

Maria lavora ancora, nonostante la sua gamba ferita

瑪麗亞仍然有效,儘管她受傷的腿

Мария по-прежнему работает, несмотря на ее травмированную ногу

Maria toujou ap travay, malgre janm blese l



Dernière édition par Patlotch le Jeu 5 Mai - 5:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 3:59


la mine l'heureuse

« les femmes descendaient aussi au fond »



Citation :
Art 1384 : Mme Lheureux, dernière femme mineur de fond ?Madame Lheureux, née Elise Fiévet est née à Bruay le 2 novembre 1860. Dès l'âge de 13 ans, elle commença à travailler à la fosse 3 des mines de Ferfay.

" A cette époque, raconte notre nonagénaire, on effectuait le raval du puits; je descendais par les échelles. J'étais occupée au fond, dans la même taille que mon père. Un jour, je me suis retrouvée restaplée. J'ai bien vu que ça miettait mais je n'ai pas eu le temps de me sauver. Je me suis donc retrouvée racouverte avec quelques ouvriers. Mais je ne suis pas restée trop longtemps dans cette mauvaise posture. Trois jours après, j'étais dégagée par mon père. "

Mme Lheureux nous signale qu'elle ne fut pas seulement occupée en taille. Elle fut rouleuse, hercheuse et fit également coupe à terres. Elle remonta en 1876 lorsqu'il fut interdit aux femmes de descendre au fond. Mariée et installée à Haisnes, elle éleva une famille de 15 enfants dont 9 ont travaillé à la fosse 6 de Lens. Aujourd'hui encore, elle discute de son métier de mineur avec son fils Léon, pensionné, chez qui elle habite.

" Qu'on ne me raconte pas d'histoire, je sais comment qu'ça se passe ",  assure-t-elle.

PS : Cet article de Mme Lheureux parut dans la revue " Notre mine en décembre 1951" nous révèle que des femmes ont travaillé au fond, ce que j'ignorais complètement. Hommes et enfants, oui, mais heureusement que cette loi a pris fin en 1876, car combien de nos mères auraient pu se retrouver dans une situation semblable !

un autre témoignage
« Je vais vous parler du travail des femmes dans les mines, qui mérite qu'on s'y intéresse aussi, leur présence a été souvent ignorée. Lorsqu'on parle de l'histoire des mines, les femmes sont un peu oubliées même si elles ont contribués au développement de celles-ci.»

les trieuses




« Leur travail consistait à casser des pierres afin d'en extraire les divers minerais, elles choisissaient, mettaient dans des sacs les minerais extraits. Les travaux dans les mines exposaient les femmes à diverses maladies car elles travaillaient à mains nues.»


source : Mines en Sardaigne

Les clapeuses : Elles trient le charbon en surface. C'est le travail des femmes à la surface car elles ne descendent pas dans la mine. Les déchets sont évacués. Source Les métiers de la mine




les femmes aux berlines au jour












Allemagne

« La femme [sic], quand elle ne travaille pas à la mine, est toujours présente aux côtés du mineur. C'est elle qui se lève à 4 heures du matin pour préparer le café fort du mineur ; c'est elle qui prépare le briquet (casse-croûte) qu'il prendra à la pause ; c'est elle qui frottera son dos meurtri quand il se lavera dans le grand baquet au retour de ses 10 heures de fosse. C'est aussi la femme du mineur qui gère le budget du ménage. Ce sont également les femmes de mineurs qui entretiennent les grèves quand la situation devient trop difficile. »


« Les jeunes filles sont employées à la lampisterie, où elles remettent, en échange d'un jeton numéroté, la lampe aux mineurs qui descendent. Ce système permettait de savoir quel était le nombre de mineurs dans la mine et de connaître les manquants en cas d'accident.»



le patron aide les jeunes filles



autres photos de femmes lampistes


Femme poussant un wagonnet en Belgique © Collection Yves Paquette

Liège, l’enfer des femmes, le purgatoire des hommes, et le paradis des prêtres



1886. La révolte générale et la répression sanglante

Une semaine après les événements à Liège, les bassins houillères du Hainaut (Charleroi, le Borinage et le Centre) s'enflamment à leur tour. Le jeudi 25 mars 1886, le charbonage du "Bois Communal de Fleurus" se mettait en grève et faisait arrêter une mine voisine, la "Société du Nord" à Gilly. De mine en mine, des groupes de grévistes formaient des cortèges et se répandaient partout pour arrêter d'autres puits. source

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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 4:14

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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 4:23











The Industries of Scotland: Coal Mining





au début du 22ème siècle, c'est promis, des images plus actuelles


2006 au Zimbabwé, dans les mines de diamants, région de Marange
Photo : Tsvangirayi Mukwazhi/AP


Inde, mines de charbon illégales

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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 12:58


« Dans une usine de Tôkyô, quatre femmes travaillent de nuit...»


De minuit à cinq heures du matin, sans la moindre pause, Masako, Yoshié et Yayoi garnissent des paniers-repas qui passent devant elles sur un tapis roulant. le travail à la chaîne exigeant une forte dose de complicité, les quatre femmes s'entraident.


Elles ont d'autant moins la vie facile que le jour, elles doivent malgré leur fatigue affronter une vie de couple ennuyeuse et des maris qui les traitent comme de vulgaires objets encombrants. Lorsque commence le récit, Yayoi vient une fois de plus de se disputer avec son conjoint, qui dilapide au jeu l'argent qu'elle est seule à gagner. Un jour, n'y tenant plus, elle l'étrangle.




S'engage très vite une terrifiante lutte à mort...


scènes de la nuit au travail de 3:00 à 12:00



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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 13:41




Source, site de l'auteur, 7 mars 2014 : extraits de mon livre Le travail des femmes autrefois

Citation :
Un peu d’histoire

En 1888, à Londres, une conférence syndicale internationale projette une manifestation à date fixe dans tous les grandes villes du monde pour défendre la journée de travail à huit heures. Mais c’est le congrès fondateur de la IIe Internationale, à Paris en 1889 qui décide de l’organiser. La journaliste Clara Zetkin (1857-1933) participe à ce congrès dans les rangs du parti social-démocrate allemand.



Clara Zetkin

Le 1er mai ou le 8 mars

Dès 1900, les femmes du parti social-démocrate allemand se réunissent en amont du congrès national. En 1907, à Stuttgart, la Conférence féminine de la IIe Internationale élit Clara Zetkin secrétaire du Bureau féminin International et fait de son journal Die Geichheit (L’Égalité) -premier journal féminin en Europe et plus de 120 000 abonnés en Allemagne- l’organe international des femmes socialistes. Le rôle de la journaliste est capital dans les progrès du mouvement d’émancipation des femmes. Elle a écrit Question des travailleuses et question féminine de notre époque, pour que la femme soit reconnue comme un travailleur à part entière et sans protection pour sa nature qui puisse lui interdire un métier. Dans son journal, elle expose des idées contestées par la société et les hommes, sur le rôle de la femme, sur le couple, sur l’éducation des enfants par les parents ou sur l’école.

En 1910, Le congrès de la IIe Internationale se tient à Copenhague, au Danemark du 23 août au 3 septembre. La Conférence féminine, qui le précède, (une centaine de déléguées représentant 17 pays), à l’instar de Clara Zetkin, vote une résolution sur l'idée d’une journée pour les droits des femmes. Finalement, le congrès minore l'idée et adopte ceci : « En accord avec les organisations politiques et syndicales du prolétariat dans leurs pays respectifs, les femmes socialistes de tous les pays organiseront chaque année une journée des femmes qui, en premier lieu, servira à la propagande en faveur du vote des femmes […], cette journée des femmes doit avoir un caractère international et être soigneusement préparée. » Aucune date n’est précisée, sinon que Clara Zetkin propose le moment des « fêtes de mai ».

Le 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord, une manifestation avait tourné au drame. La troupe tirait sur une foule pacifique: 10 morts dont 8 âgés de moins de 21 ans et de nombreux blessés. Dès lors, l’Internationale socialiste, en août de cette année, adoptait la date du 1er mai comme jour international de manifestations. Et elle votait donc pour une autre date (à fixer) en faveur des femmes, du moins pour leur droit à voter aux élections politiques.




En France, la CGT est persuadée, jusque dans les années 1970, que le 8 mars commémore la grève des ouvrières du textile de New York, réprimée sauvagement par la police ; son journal féminin, Antoinette, écrit en mars 1973, que les ouvrières new-yorkaises firent le serment de se « retrouver chaque année » à cette date. Or, ces évènements ne sont relatés ni dans la presse ni dans les Archives des USA. Et d’ailleurs, les dirigeantes du mouvement féminin international n’en font jamais mention dans leurs travaux.

Le Parti social-démocrate allemand, lui, fixe cette journée des droits de la femme au 19 mars 1911, à l'initiative de Clara Zetkin, pour célébrer la Révolution de Berlin en 1848 et la Commune de Paris en 1871.

Mais le 8 mars 1917 (23 février du calendrier orthodoxe), éclate en Russie la Révolution d’Octobre : des ouvrières du textile manifestent à Petrograd avec les métallurgistes. Ensuite, intervient la scission du mouvement ouvrier international entre socialistes et communistes : le mouvement féminin socialiste se divise aussi malgré que Clara Zetkin tente une réunification en 1919. Mise en minorité dans le Parti social-démocrate allemand, elle est chassée de son journal qu’elle a dirigé durant 22 ans. Elle va adhérer au Parti communiste allemand dont elle sera députée de 1922 à 1933. En août 1932, à la tribune du Reichtag, dont elle est la doyenne, elle appelle à combattre le nazisme. Contrainte de fuir l’Allemagne nazie, après l’interdiction du Parti communiste allemand, elle s’exile à Moscou, malgré son opposition à Staline. Elle y décède quelques semaines après son arrivée.

Le 8 mars


Après cette scission, la CGTU et le PCF choisissent le 8 mars comme journée internationale des droits de la femme. En 1921, Wladimir Ilitch Lénine (1870-1924), président du Conseil des Commissaires du Peuple de Russie, avait décrété le 8 mars, « journée internationale des femmes ». Et  lors de son 3ème congrès, l’Internationale communiste vote une résolution sur des méthodes et des formes d’organisation du travail envers les femmes, dans les syndicats, entreprises et quartiers. Forte de ceci, la CGTU organise des commissions féminines départementales, dont le recrutement sera fait exclusivement par des femmes.

Après 1945, un nouveau départ

L’histoire retient que le 8 mars 1945 est célébré dans le camp de concentration nazi de Ravensbrück par les femmes déportées.




A la Libération, l’abattement de 10% sur les salaires des femmes est aboli en France. Sous l’impulsion de Marie Couette, secrétaire confédérale, la CGT tient sa première conférence de la main d’œuvre féminine ; le Bulletin des travailleuses est créé. Auparavant, Marie Couette a été la représentante de la CGT à l’Assemblée Constituante qui va promouvoir la 4ème république : peu de femmes dans cette assemblée d’hommes. Mais elle y défend leurs droits, la réforme du Code civil afin de rééquilibrer les droits des épouses, considérées mineures de leurs conjoints. La Déclaration des droits de l’Homme précise désormais : « Les Hommes et les Femmes naissent libres et égaux en droits ».

En 1948, à la CGT, toujours sous l’impulsion de Marie Couette, un Conseil national des femmes est formé avec les responsables à l’activité féminine des unions départementales et des fédérations. Son objectif : « l’égalité réelle, économique et sociale de la femme avec l’homme en tant qu’être humain et pour hâter la libération de la classe ouvrière, par l’émancipation des femmes ». Dès le 8 mars 1948, la CGT appelle les femmes à déposer des « cahiers revendicatifs auprès des patrons et des pouvoirs publics ».




En juin 1955, Madeleine Colin devient secrétaire confédérale de la CGT. Chargée des droits des femmes au travail et dans la société, elle fonde un magasine féminin Antoinette, unique en son genre au sein des syndicats français ; elle en est directrice de 1955 à 1975. Sous son égide, la CGT entreprend une campagne de longue durée : « gagner du temps et les moyens de vivre ». Il s’agit de faire admettre le rapport de la femme entre son travail et son temps domestique, sans sacrifier son droit à travailler, de gagner l’égalité salariale et, à partir de là, de faire bouger les rapports entre époux et l’image globale des femmes dans la société. Le journal Antoinette est porte-parole de cette politique revendicative. Mais cela devance aussi une évolution plus lente de la confédération en la matière. Et pourquoi le mouvement ouvrier a-t-il tant de difficultés à se revendiquer du féminisme ? Madeleine Colin va défendre l’idée que l’émancipation des femmes participe aussi à la transformation de la société.




Le 8 mars 1982, le gouvernement socialiste de François Mitterrand donne un statut officiel à cette journée en France. Mais cette institutionnalisation modifie son caractère de « luttes ». Elle devient simplement « journée de la femme », voire « journée de la fête de la femme ».

Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT écrit, en 2010, sous le titre « Cent ans de luttes féminines » dans un numéro de Mémoires Vives, journal de l’Institut CGT d’histoire sociale d’Île-de-France : « La spécificité de la démarche de la CGT mérite d’être connue pour son courage et sa constance même si elle n’est pas dénuée d’insuffisances ou d’erreurs. Il y a plusieurs féminismes, comme et parce qu’il y a plusieurs visions des enjeux de la société et des perspectives de transformation sociale. Loin d’être l’exclusivité des femmes, le débat concerne tous ceux qui veulent changer la société. […] La CGT a aujourd’hui la légitimité pour affirmer son « féminisme syndical » qui lutte pour « une société démocratique libérée de l’exploitation capitaliste et des autres formes d’exploitation et de domination […] et agit pour l’égalité entre les hommes et les femmes » comme le stipulent les statuts ».

D’autre part, l’historienne Jocelyne George, dans Les féministes de la CGT, pense qu’il est nécessaire de restituer la place et le rôle du syndicalisme et des luttes ouvrières dans l’histoire du féminisme, nombre d'historiennes actuelles ne mentionnant rien ou presque entre 1945 et 1970. Or, durant cette période, des milliers de femmes sont syndiquées à la CGT et ont lutté pour leur émancipation (réduction du temps de travail, indemnisation du congé maternité, formation professionnelle). Jocelyne George rappelle aussi que la CGT a veillé à une répartition des responsabilités au sein des syndicats, même si les « préjugés bourgeois sur l’inégalité et l’infériorité des femmes ne sont pas sans effet sur les militants ».


Aujourd’hui, malgré des avancées notables dans l’émancipation des femmes, des reculs dans ce combat surviennent aussi et sans que cela n’émeuve trop.

Par exemple, le Code du Travail est « réécrit » sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy. L’article R 234-6 limitait à 25kg le port d’une charge supportée par du personnel féminin. Désormais, l’article L 4541-1 sur « la manutention des charges » est vide au nom de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, sans pour autant qu’un texte législatif condamne l’inégalité salariale entre un homme et une femme.

Et ne comptons pas sur François Hollande pour que cela change. Pourtant existe une ministre des Droits des femmes...


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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 13:47



Monique Lebailly (Traduction), 2002
Citation :
Comment les rôles sexuels et familiaux ont-ils été modifiés depuis le XVIIIe siècle, en France et en Angleterre, par le processus d'industrialisation ?

Ce livre qui, dès sa parution, s'est imposé comme un classique, brosse un paysage surprenant : bousculée par des transformations économiques et démographiques, la cellule familiale répond en souplesse, mais se repose presque entièrement sur les rôles féminins.

C'est aux femmes que l'on demande en effet de s'adapter aux nouvelles conditions économiques, en conservant de façon immuable la responsabilité des tâches domestiques et en modulant leur rythme de travail à l'extérieur sur les besoins économiques de la communauté familiale. Joan W. Scott est professeur de sciences sociales à l'Institut des hautes études de Princeton.

Louise A. Tilly est directrice du Programme des études historiques à la New School for Social Research (New York).


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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 13:51



Citation :
Les femmes ont toujours travaillé ! Il importe d'écrire l'histoire du travail des femmes pour faire barrage à l'incessante construction sociale de l'invisibilité du travail des femmes et parce que c'est le meilleur des démentis au mythe de la modernité : "maintenant que les femmes travaillent..."

Voici donc les multiples facettes cachées sinon occultées du travail féminin dans les différents secteurs d'activité urbains ainsi que les obstacles qui occultent sa reconnaissance sociale.


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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 14:07






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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 14:13



Citation :
Quand les femmes réfléchissent à la place qu’occupe le travail dans leur vie : rencontre avec les auteurs du livre « Exploitées ? Le travail invisible des femmes »

Elles ont beau travailler, se former, assumer la double journée, elles sont souvent invisibles. Exploitées. Discriminées.

Elles s’appellent Colette, Salematou ou Manuela. Elles sont couturière, restauratrice, femme de ménage ou masseuse. Ensemble, elles ont pris la parole et la plume pour parler du travail, de leur travail et de la condition des femmes au travail. De cette série d’entretiens, de témoignages et d’un atelier collectif, est né le livre « Exploitées ? – Le travail invisible des femmes » : un projet de l’association Éclats de Voix pour donner la parole aux « invisibles » du travail.Cet ouvrage collectif, porté par Nadine Jasmin, la fondatrice de l’association Éclats de Voix, est le fruit d’une recherche menée par 12 femmes sur le travail. Il mêle des témoignages de femmes quant aux obstacles qu’elles rencontrent au quotidien, une analyse sans complaisance des dysfonctionnements spécifiques au travail féminin et fait surtout des propositions concrètes pour transformer la place des femmes dans le monde du travail.

Pas de plaintes, mais un constat précis et des propositions élaborées collectivement pour changer le regard et les pratiques du travail ; pour construire l’égalité entre les femmes et les hommes ; pour transformer la société.

Un livre engagé, pour nourrir le débat. Un travail qui a déjà porté ses fruits car il a été pour celles qui ont co-écrit l’ouvrage, une véritable prise de conscience et a réellement changé leur rapport à elles-même, à leur travail et surtout leur vie tout simplement ! Rencontre avec des femmes engagées et … libres ! En bonus, les photos réalisées par Neven Jagodic durant l’émission !

Colette est couturière, elle travaille à son compte et partage ses talents au travers de projets humanitaires en Afrique.




Salematou a longtemps été restauratrice, ce métier est sa passion, mais aujourd’hui elle est femme de ménage pour gagner sa vie. Elle confectionne le meilleur « jus de gingembre de Paris » et prépare les repas pour vos réceptions …




Emma se lance dans une activité qui est aussi sa passion : l’esthétique et le bien être !




Pour Nadine Jasmin, universitaire et coordinatrice du projet, le pari est gagné !



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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 14:23



2003

Préface de Caroline Archer, détentrice d’un doctorat de l’Université de Reading, journaliste spécialisée, auteure, directrice de la Saint Bride Printing Foundation, administratrice de l’Association internationale des Amis de la bibliothèque Saint Bride de Londres.

Citation :
J’ai eu la chance que mon enfance ait eu pour cadre un foyer où des caractères en plomb occupaient des tiroirs normalement dévolus à l’argenterie, avec de l’encre d’imprimerie entreposée dans la chambre d’amis, des rames de papier empilées dans les penderies et où des cliquetis de presses résonnaient là où le ronronnement d’un moteur de voiture aurait été attendu. Les plus anciennes réminiscences de mon premier âge mêlent d’odeur de l’encre au staccato d’une presse verticale Meihle ; puis de vieux exemplaires du Penrose Annual, si ce n’est du Penrose’s Pictoral Annual, revues des arts graphiques, furent les préférés d’entre mes premiers livres d’images. Imprimer était une passion pour mon père, autant qu’un métier, et mon initiation typographique provient de l’osmose familiale et de ma fureteuse curiosité exigeante d’enfant avide de réponses. Mais je dois surtout cette éducation à la patiente et enthousiaste pédagogie de mon père, qui chérissait son travail de compositeur, et se fit mon attentif précepteur.




Aussi, lorsque, âgée de quatorze ans, j’annonçais que je voulais devenir imprimeur, je m’attendais à ce que cette évidence soit considérée toute naturelle. Cependant ma décision ne suscita guère l’approbation familiale et l’attendrissement de mon père : on se récria de désarroi. Le passe-temps considéré avec bienveillance ne pouvait convenir pour mon avenir. Pourquoi cette vocation fervente suscita-t-elle tant d’anxiété ? L’époque, celle du début des années 1970, marquait un incertain tournant pour les métiers de l’imprimerie : les presses à plat finissaient de céder face à l’offensive de l’offset, la photocomposition reléguait le composteur au placard et, certes, les débouchés paraissaient incertains. Mais surtout, j’étais fille, et c’était là l’obstacle principal redouté : dans ce secteur, les jeunes femmes n’étaient pas admises !




Je me suis donc d’abord conformée à ces mises en garde et j’occupais divers emplois sans rapport avec l’imprimerie. Mais l’appel de la vocation fut trop fort, et après quelques errements, mon destin me rattrapa ; je repris le chemin des presses sans attendre de rémunération puis, progressivement, j’ai trouvé de quoi tirer des moyens de vivre en réalisant des mises en page, en composant, enseignant ou écrivant sur les domaines des arts graphiques. C’est là mon choix. Et je ne le regrette toujours pas.

Pour une jeune femme se destinant à une carrière dans l’imprimerie, trouver des exemples d’aînées l’y ayant précédée ou de contemporaines n’est pas facile. En 550 années d’existence, l’imprimerie a employé de nombreuses ouvrières anonymes, mais bien peu de doyennes de renom. Cherchant un précédent pouvant me servir de référence et d’émulation, mon père m’évoqua Charlotte Guillard, audacieuse novatrice du seizième siècle, qui marqua les domaines de l’impression et de l’édition françaises, et me vanta le travail de Beatrice Warde, alors déjà réputée au Royaume-Uni pour ses travaux de recherche sur les caractères de Garamond et leurs sortes parentes. Hormis ces deux noms, les références typographiques féminines susceptibles d’inspirer et conforter une jeune femme se destinant à l’imprimerie à leur suite brillaient surtout par leur rareté.

Les ouvrages généraux portant sur l’histoire de l’imprimerie ou la presse professionnelle n’évoquaient des femmes que furtivement et avec une extrême parcimonie. S’il en était parfois question, il s’agissait de mentions des humbles tâches dévolues à des ouvrières peu qualifiées secondant les opérateurs. Et ces rapides allusions n’avaient vraiment rien de réconfortant. Quelle jeune femme aurait envisagé de s’employer dans l’imprimerie alors que l’opinion du dix-neuvième siècle considérait acquis que ce secteur n’attirait pas les jeunes filles " convenables " et que celles qu’il recrutait n’étaient guère mieux considérées que des filles arpentant le trottoir ? Si les jeunes ouvrières célibataires de cette période ne jouissaient pas d’une flatteuse considération, trouver à se marier empirait leur situation. Les règlements internes de certaines imprimeries bannissaient l’emploi de femmes mariées sur des bases de moralité, partant du principe que le mari allait dilapider ce pécule supplémentaire en pintes et autres libations.




Les réticences mentales envers l’emploi d’épouses étaient monnaie courante et la plupart de leurs employeurs s’inquiétaient de l’influence néfaste de leur langage sur les plus jeunes restées célibataires. Outre le fait que sa présence perturbait la bonne marche des entreprises en ouvrant la porte à la licence graveleuse, on ne considérait l’ouvrière qu’en tant que main d’œuvre bon marché aux aptitudes limitées aux tâches les plus simples et répétitives comme le pliage et l’assemblage, et tout emploi ne nécessitant pas d’apprentissage, excluant de manipuler de lourdes charges ou d’exercer des responsabilités. Tout contribuait à décourager les vocations féminines et détourner du secteur les moindres aspirations juvéniles.

Et pourtant, des femmes se sont adonnées à l’imprimerie, ont géré avec brio leurs entreprises, employé des hommes, produit des ouvrages d’une qualité irréprochable ou supérieure, réussi en affaires, et démontré que tout travail soigné, expert et exigeant un haut niveau de conscience professionnelle ou d’exercer des responsabilités n’était pas l’apanage des hommes. Depuis le quinzième siècle, l’essor des métiers de l’imprimerie doit beaucoup à l’apport des femmes ; mais les hommes ont eu seuls droit à toutes les attentions et honneurs. L’histoire des métiers du Livre a trop constamment négligé les réussites des femmes et omis de mentionner leurs contributions, modestes ou importantes, courantes ou notoires.




Par le passé - et encore trop fréquemment - les biographes et les historiens du Livre ont estimé que le travail productif des femmes était de qualité négligeable ou subordonné à celui des imprimeurs s’il s’agissait de leurs épouses ; sa contribution à l’histoire de l’imprimerie restait donc subalterne, anecdotique. Si l’œuvre des éditrices ou des dirigeantes d’imprimeries les plus prolifiques a été relevée, la mémoire de la plupart de ces femmes a été occultée. Avec ce livre, et son mémoire universitaire traitant des femmes et des métiers du Livre, rédigé sous la direction de Françoise Barret-Ducrocq, spécialiste réputée de l’époque victorienne, de l’histoire des femmes, et à laquelle doit tant l’Académie universelle des Cultures, Jef Tombeur a fait œuvre salutaire. Femmes et métiers du Livre est une entreprise - trop longtemps attendue - de reconnaissance de la place de ces femmes et de réfutation de ce que laissent supposer, en les excluant, l’écrasante majorité des dictionnaires ou recensions des grands imprimeurs, et tant de bibliographies, d’études historiques. Sa publication survient aussi très opportunément puisqu’un intérêt croissant pour le travail des femmes, y compris dans l’imprimerie, se nourrit, depuis une ou deux décennies, de contributions remarquées. Il les met en valeur et les prolonge, et nourrit cette attention.




De plus, Jef Tombeur ne se borne pas à revisiter l’histoire des femmes dans l’imprimerie. Il s’est aussi intéressé aux aspects les plus actuels. Alors même qu’en ce vingt-et-unième siècle la prégnance du " politiquement correct " s’accroît, le débat sur le rôle des femmes au travail n’est pas plus révolu que résolu ; il se poursuit, fait problème : les dirigeantes d’imprimeries ou d’ateliers, de studios de création typographique, restent rares, et font toujours figure d’exceptions. Il peut poser question que cela soit dû à la raréfaction des opportunités découlant des concentrations d’entreprises, d’un marché de l’emploi plus restreint, ou du fait que le nombre des jeunes femmes se destinant à une carrière dans la typographie ou l’imprimerie stagnerait. Néanmoins, ces femmes actives et d’influence qui, comme celles qui les ont précédées, ont défié les lois des nombres et réussi à se hisser à des positions en vue, font des émules. Il est bienvenu que la plupart doivent leur ascension et la reconnaissance dont elles jouissent à leurs aptitudes, leurs compétences techniques et talents créatifs, et que les considérations relatives à leur appartenance à un sexe passent au second plan : peu de celles se destinant à ces carrières auront à surmonter ce genre d’obstacle. Ce qui rassemble ces contemporaines et celles dont elles ont pris la suite, c’est l’amour du métier et la conviction que l’imprimerie et la typographie sont des domaines ouverts à toutes et tous montrant de l’allant et l’envie de mieux faire pour se réaliser pleinement.

Londres, 13 novembre 2003


Tombeur, Jef, Femmes et métiers du Livre (Women in the Printing Trades), Mons, Talus d’approche, Paris, Convention typographique, fév. 2004, ISBN 2-87246-099-3 - 300 p., dont 266 de texte incluant la préface de Caroline Archer (Friends of the St Bride Library), illustrations, biblographies, annexe, colophon d’Alain Hurtig


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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 15:47


femmes : imprimer sans déprimer ?


Manufacture de cartes à jouer, Place Dauphine in Paris, vers 1680



Femmes dans la typographie lyonnaise (1850-1917)

Le genre de la contestation ouvrière. France. 19-20e siècles


Clavier typographique de Rosenborg, L’Illustration, 1843


Prospectus publicitaire, pianotype de Delcambre dans les années 1850


L’atelier des presses mécaniques de l’Imprimerie impériale vers 1860
J. Turgan, Les grandes usines, Paris, A. Boudillat, 1860, t. 1, p. 104


Les jeunes filles de l’internat professionnel de composition typographique (vers 1870)


Image in The Sixth Star from West Coast Journal, May 18, 1870
sourced at Bancroft Library
Women in Printing Historical Essay By Libby Ingalls, March 2013


La femme-culotte : l’étrange typographe Monsieur Foucault


Châtillon-Presse 1976 Les souvenirs d'un typographe

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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 16:03

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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 17:10


à corps et à coudre au 19ème siècle


Workers at their machines in a knitting mill, 1800s






Woman using a Spinning Jenny, c1880. The Spinning Jenny was invented by James Hargreaves (c1720-1778) in 1764. On his original machine, a single wheel controlled eight spindles rather than the single spindle on conventional spinning wheels. Later versions had upwards of eighty spindles. Spinners were suspicious of Hargreaves' invention, believing that it would enable mill owners to employ less workers.


COTTON SPINNING at Dean Mills, Manchester, in 1851


Birmingham


Machine Room in a Steam Sewing Factory, 1854. This view is of Holloway, Crowe & Holloway's clothing factory, Stroud, Gloucestershire, England. Twenty sewing machines were installed, powered by steam through belt and shafting under the workbench. The female operatives controlled the machines by means of individual foot levers. Holloways, one of the principal employers in Stroud, introduced division of labour in their factory and one pair of trousers passed through 16 pairs of hands, each operative carrying out a specific task. From The Illustrated London News. (London, 16 December 1854).



A Victorian literary gentleman reading poetry to his wife, who tries to look suitably impressed whilst carrying on with her stitching on an early sewing machine. Engraved illustration from Punch's Almanack for 1882, published by Punch, London, in 1881. Punch was a British magazine newspaper founded in 1841, famous for its humorous and satirical cartoons which were created by some of the foremost illustrators of the day: the Almanack was a supplement.




Femmes empesant des cols et des poignets, vers 1901
M. T. S., QC, N. M. Hinshelwood


Femme chinoise cousant à la machine sur le trottoir (2008)

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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 17:56


au boulot comme à la mort



workers factory 19th century collection d'images Alamy








A Roberts loom in a weaving shed in 1835
Un métier à tisser Roberts dans un hangar de tissage en 1835







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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 18:25


de la marchandise émouleuse à la marchandise argent
en passant par la marchandise couteau...

















source, entre autres : L’histoire des couteaux de Thiers
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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 19:13


... ne pas oublier la caissière






années 50




années 60
















Citation :
Elle s’appelle Anna, elle a vingt-huit ans, un diplôme universitaire de littérature et huit ans d’expérience derrière une caisse de supermarché. Un métier peu propice aux échanges, ponctué de gestes automatiques… Anna aurait pu se sentir devenir un robot si elle n’avait eu l’idée de raconter son travail, jour après jour.

Elle vous a vu passer à la caisse. Vous avez été des clients faciles ou des emmerdeurs, riches ou pauvres, complexés de la consommation ou frimeurs. Vous l’avez confondue avec une plante verte ou vous lui avez dit bonjour, vous avez trépigné à l’ouverture du magasin ou avez été l’habitué nonchalant des fermetures. Anna, vous l’avez draguée, méprisée, insultée.
Il ne se passe rien dans la vie d’une caissière ? Maintenant, prenez votre chariot et suivez Anna jusqu’à sa caisse.


Citation :
Client : Vous êtes ouverte ?
La caissière polie : Moi non, ma caisse oui.

Par jour en moyenne :

- 250 "Bonjour"
- 250 "AuRevoirBonneJournée"
- 500 "Merci"
- 200 "Avez-vous la carte fidélité ?"
- 70 "Vous pouvez composer votre code"
- 70 "Vous pouvez retirer votre carte"
- 30 "Les toilettes sont par là"
... et encore plein d'autres phrases aussi poétiques.

Voilà, en quelques chiffres, le métier de votre vie... Vous en rêviez ? Les grandes surfaces l'ont fait. Vous, un robot ? Mais non. Un robot ne sourit pas.

Mais en tant qu'hôtesse de ce lieu aphrodisiaque, attendez-vous à inspirer, vous aussi, du désir (même si votre blouse est super moche). Préparez-vous à recevoir de belles déclarations d'amour :

Caissière : 65,78 euros, s'il vous plaît. Vous avez la carte de fidélité ?
Client (entreprenant) : Vous voulez coucher avec moi ce soir ?



de la caisse hier... à la caisse demain




La caisse enregistreuse, devenue incontournable dans tous les commerces, a été inventée aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle. Depuis sa création, cette machine a connu de nombreuses évolutions technologiques, liées notamment à l’invention du code-barres et de la carte bancaire. [...]

.
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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 19:48






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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Jeu 5 Mai - 20:07


et le "communisme" dans tout ça ?



Salaire, prix et profit 1865

Troisième Internationale (1919-1943) : une essentialisation des femmes comme mères

les femmes ? Plus tard !

le féminisme, jamais ?

Citation :
L'Internationale Communiste convoqua une première conférence des femmes communistes et créa en 1920 un secrétariat international pour la propagande parmi les femmes, avec représentation permanente au Comité Exécutif de l'Internationale. Clara Zetkin disait que Lénine l'avait « grandement encouragé », car « beaucoup de camarades, et de bons camarades, ont vivement combattu l'idée que le Parti devrait avoir des organes spéciaux pour un travail systématique parmi les femmes. » *

* Clara Zetkin, Souvenirs sur Lénine, Janvier 1924

L'IC insiste sur la nécessité d'accentuer la propagande envers les femmes prolétaires[26], notamment parce que lorsque celles-ci ne sont pas incluses dans le mouvement communiste, l'influence religieuse et bourgeoise peut les pousser dans le camp réactionnaire. Elle prend comme modèle l'implication des femmes dans la Révolution d'Octobre. La volonté de faire participer les femmes à tout type de tâches est réaffirmée, ainsi qu'une vigilance pour « que les ouvrières soient élues à l'égal des ouvriers dans les organes dirigeants des syndicats et des coopératives. »

Dans la continuité du féminisme de la Deuxième internationale, on retrouve une essentialisation des femmes comme mères.

« Seul, le communisme créera un état de choses dans lequel la fonction naturelle de la femme, la maternité, ne sera plus en conflit avec les obligations sociales et n'empêchera plus son travail productif au profit de la collectivité. [...]

Reconnaître la maternité comme une fonction sociale, prendre et appliquer toutes mesures nécessaires à la défense de la femme dans sa qualité de mère. »
*

L'IC réaffirme aussi une nette opposition à toute collaboration avec le féminisme non prolétarien, et donc a fortiori à des "organisations autonomes de femmes" :

« Il n’y a point de question « spécialement féminine » ; tout rapport de l’ouvrière avec le féminisme bourgeois ne fait qu’affaiblir les forces du prolétariat et, en retardant la révolution sociale, empêche en même temps la réalisation du communisme, c’est-à-dire l’affranchissement de la femme. Nous n’atteindrons au communisme que par l’union dans la lutte de tous les exploités et non par l’union des forces féminines des deux classes opposées »

* III° Congrès de l'Internationale communiste, La propagande parmi les femmes, 1921



avec ça, nous fûmes bien enfumé.e.s

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MessageSujet: Re: FEMMES au TRAVAIL dans le MONDE, histoire et actualités en photos et documents : des IMAGES à une THÉORIE de la RÉVOLUTION FÉMINISTE COMMUNISTE ?   Ven 6 Mai - 0:31


ici, pour la compréhension théorique de ce qui précède, voir le sujet




l'essentiel est de comprendre, de fait, la différence entre la position programmatiste du communiste - les femmes doivent attendre l'émancipation du prolétariat, qui entraînera la leur -, celle de la critique du patriarcat - lutte entre les classes d'hommes et de femmes selon Christine Delphy -, et ma thèse du dépassement à produire des identités de classe et de genre, donc aussi de 'races' par laquelle elle s'exprime massivement dans la crise de l'occident capitaliste

nous observons la centralité dans le capital et les luttes entre ses classes antagonistes, bourgeoisie et prolétariat, du rapport de genre, entre sexes sociaux, et nous pouvons commencer de percevoir, dans les travaux assignés aux femmes, les contradictions de la distinction entre travail salarié, exploité, travail marchand d'échanges entre marchandises, y compris humaines corps et âmes, et activités de production positives au sens communiste,...



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