PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...

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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Dim 9 Oct - 1:06


de la 'discussion' sur la dialectique qualité/quantité dans DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE à partir du 15 septembre



qualité vs quantité ? (suite)

si une loi générale est 'la qualité s'oppose à la quantité',
c'est un problème redoutable pour une révolution à faire par les masses

au-delà de la critique de la démocratie, quel sens aurait une révolution par une minorité
si ce n'est sans fin la contrainte par la force et la violence

et le pouvoir comme moyen de se débarrasser du pouvoir ?

on aboutit à une contradiction dans les termes
de l'émancipation de tous par chacun.e.s
par et pour la liberté

en attendant le dîner de gala
nous avons à le poser en théorie communiste de la communisation

Mao a écrit:
La révolution n'est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie; elle ne peut s'accomplir avec autant d'élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d'amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d'âme. La révolution, c'est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre.

Mao Zedong, Le Petit Livre rouge, 1966


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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Dim 9 Oct - 5:30

rappel et ajout

le titre complet serait la VIOLENCE est venue, dans la CONTRE-RÉVOLUTION en cours, prévenir une RÉVOLUTION qui viendrait... c'est un titre très lourd, j'en conviens   Embarassed


ajout : de plus le terme de "contre-révolution" est problématique, puisqu'il laisse entendre un révolution en cours. Si celle-ci n'apparaît pas s'annoncer, cela signifie-t-il que la lutte de la classe capitaliste n'entreprendrait rien aujourd'hui pour l'empêcher de surgir un jour ?

même si les dirigeants politiques et économiques du capital sont eux plutôt immédiatistes, en ce sens qu'ils pilotent à vue, il serait naïf de considérer qu'ils n'ont pas de stratégie, et l'évolution de la fonction des États avec le rôle accru de la police et des armées, la montée de la surveillance des populations et de la violence armée comme économique et sociale, psychologique et symbolique ne doivent laisser aucun doute

face à ce qui se présente comme des choix stratégiques du capital, s'agirait-il que la classe prolétarienne s'en tienne à l'injonction de BL de Théorie Communiste : « On fait pas de politique , il ne peut y avoir de stratégie... » dndf ici ? Pour ma part je trouve ce propos totalement irresponsable du point de vue du combat communiste, sans lequel les luttes de la classe prolétarienne ne seraient que pures activités sans conscience, c'est-à-dire sans théorisation conséquente. On comprend que de tels théoriciens considèrent peu ou prou qu'ils ne servent à rien

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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Mer 16 Nov - 5:16


avec Franz Fanon et Gayatri Spivak




Göran Hugo Olsson, Concerning violence, Blaq Out, 2015
Citation :
1
C’est à une réflexion sur la violence comme outil de résistance et de libération que nous invite le documentaire du réalisateur suédois Göran Hugo Olsson. Concerning Violence se veut un hommage et une illustration des Damnés de la terre, le dernier ouvrage de Frantz Fanon, publié l’année de sa mort en 1961.

2
Le film s’ouvre avec une préface éclairée et engagée de Gayatri Chakravorty Spivak, professeure à Colombia et connue pour ses travaux sur les « subalternes »1, qui rappelle la trajectoire de Frantz Fanon. Né en 1925 en Martinique, il grandit dans une famille bourgeoise et se rend en métropole lorsqu’il s’engage dans les forces gaullistes, puis, après 1945, pour suivre ses études de médecine. Il réalise que ses privilèges de classe ne valent rien aux yeux des Blancs. Il va se servir de son expérience vécue pour analyser la colonisation dans le monde, mais surtout en Algérie, où il exerce comme psychiatre et s’engage dans la lutte pour l’indépendance. Pour Spivak, il ne s’est pas contenté de vouloir comprendre la colonisation, mais il a tenté d’agir par rapport à elle, ce qu’il a fait grâce à la psychiatrie, en soignant ceux qui ont souffert de la violence.

3
Le film se concentre sur les réflexions de Fanon sur la violence, qu’il mène dans la première partie des Damnés de la terre et dans lesquelles Jean-Paul Sartre, rédacteur de la préface à la première édition, a surtout vu une apologie de la violence. Or, comme Spivak le rappelle, Fanon considère la violence comme le dernier recours des colonisés, « parce qu’il n’y a pas d’autre réponse possible à une absence absolue de réponse et à un exercice absolu de la violence érigée en loi de la part des colons ». La leçon de Fanon est qu’il faut utiliser les armes des colons contre eux : selon lui, le colonialisme est « la violence à l’état de nature et ne peut s’incliner que devant une plus grande violence » 2. Dans cette optique, la violence du colonisé est pensée comme inévitable, et elle se justifie parce qu’elle est seconde.

4
L’intérêt de la préface de Spivak réside dans ses considérations sur la question du genre. Le documentaire rappelle que les mouvements de libération laissent place à une apparente égalité entre hommes et femmes, alors même que le nouvel État postcolonial qui s’en suit retourne toujours aux vieilles structures de domination masculine. C’est ici que Spivak soulève ce qui relie colons et colonisés : la violence sexiste. La chercheuse insiste sur le fait que le viol est une arme de guerre, utilisée quel que soit le niveau de développement des pays concernés, sur les femmes des populations civiles, celles engagées dans la lutte armée mais aussi celles engagées dans les armées régulières. Cette violence de genre vient peut-être rappeler le monopole masculin de la violence, que vient subvertir l’accès des femmes aux armes3. Cet aspect genré de la colonisation et de la résistance vaut la peine d’être appuyé, parce qu’il n’est que faiblement illustré dans le documentaire.

5
Le titre du film est sous-titré « Neuf scènes de l’autodéfense anti-impérialiste », ce qui annonce les neuf parties du film. Toutes portent sur la situation de pays d’Afrique dans les années 1960, 1970 et 1980. Le choix de parler d’« autodéfense » renvoie au fait que, dans les années 1960 aux États-Unis, le Black Panthers Party for self-defense, dont le droit à l’autodéfense des Afro-Américains est le principe fondamental, avait imposé la lecture des Damnés de la terre à ses membres, faisant le parallèle entre la situation des Noirs aux États-Unis et celle des Algériens. Le film navigue entre images de colons, en Rhodésie par exemple, et images de mouvements insurrectionnels, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) et le Front de libération du Mozambique (FRELIMO) notamment. La quatrième partie, intitulée d’après l’expression de Fanon « Un monde coupé en deux », illustre la séparation spatiale entre la ville des colons et l’habitat des populations colonisées, avec les forces de l’ordre qui jouent le rôle d’intermédiaire et qui amènent la violence dans les maisons et l’esprit même des colonisés. Cette séquence se termine par une interview de Robert Mugabe, leader politique du Zimbabwe, qui affirme la nécessité d’une société qui n’établit pas de différenciation sociale en fonction de la couleur de peau ou l’origine raciale. Une attention est aussi portée aux questions émotionnelles et psychologiques dans la deuxième partie, « Indifférence », où un jeune professeur sud-africain évoque l’absence de sentiments qu’a provoquée sa libération après cinq années de prison. Les dimensions économiques de la colonisation sont également abordées, dans la dernière partie sur le Burkina Faso. On peut relever une place importante faite aux pays lusophones, en particulier la Guinée-Bissau, l’Angola et le Mozambique, ce qui s’explique peut-être par le soutien passé du réalisateur Göran Hugo Olsson au Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap Vert (PAIGC), dans un contexte d’engagement de la Suède pour l’autodétermination des colonies portugaises en Afrique.

6
Il faut souligner la qualité esthétique du film, qui plonge le spectateur dans une ambiance particulière. La place est laissée aux images d’archives sur lesquelles s’affichent les extraits du texte de Fanon, lus par la chanteuse Lauryn Hill. Le documentaire constitue une belle mise en image des propos de Fanon, mais on peut critiquer l’absence de l’Algérie, alors même que c’est là que Fanon a vécu, observé et compris le colonialisme. C’est à partir de la situation algérienne qu’il a élaboré ses réflexions sur la domination coloniale et la décolonisation. C’est pourquoi on regrette que cet exemple décisif dans la pensée et l’engagement de Fanon n’ait pas été illustré.


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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Dim 1 Oct - 7:59



Elsa Dorlin, professeure de philosophie à Paris-8, est notamment l'auteure de La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française (2008), de Sexe et genre, et sexualtiés. Introduction aux philosophies féminines (2008) et de Black feminism : Anthologie du féminisme africain-américain, 1975-2000 (2008)

Citation :
En 1685, le Code noir défendait « aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons » sous peine de fouet. Au XIXe siècle, en Algérie, l’État colonial interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s’armer. Aujourd’hui, certaines vies comptent si peu que l’on peut tirer dans le dos d’un adolescent noir au prétexte qu’il était « menaçant ».

Une ligne de partage oppose historiquement les corps « dignes d’être défendus » à ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables, sont laissés sans défense. Ce « désarmement » organisé des subalternes pose directement, pour tout élan de libération, la question du recours à la violence pour sa propre défense.

Des résistances esclaves au ju-jitsu des suffragistes, de l’insurrection du ghetto de Varsovie aux Black Panthers ou aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie de l’autodéfense politique. Sous l’histoire officielle de la légitime défense affleurent des « éthiques martiales de soi », pratiques ensevelies où le fait de se défendre en attaquant apparaît comme la condition de possibilité de sa survie comme de son devenir politique. Cette histoire de la violence éclaire la définition même de la subjectivité moderne, telle qu’elle est pensée dans et par les politiques de sécurité contemporaines, et implique une relecture critique de la philosophie politique, où Hobbes et Locke côtoient Frantz Fanon, Michel Foucault, Malcolm X, June Jordan ou Judith Butler.

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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Sam 7 Oct - 10:53


relativement discrète, et faisant moins de bruit que certains universitaires décoloniaux médiatiques, Elsa Dorlin poursuit inlassablement une recherche critique, dans des coins oubliés de la mémoire et de l'idéologie française




Réécouter
L'inégal droit à la défense de soi
France Culture 44min 07/10/2017


Pourquoi nie-t-on à certains la possibilité de se défendre soi-même quand d'autres semblent toujours bénéficier de la "légitime défense" ? La philosophe Elsa Dorlin a mené l'enquête historique, et la romancière Léonora illustre ensuite ce propos en évoquant la situation des hommes noirs.


Un meeting du Black Panther Party dans les années 60 aux Etats-Unis
Crédits : The Bob Fitch Photography Archive at Stanford

Citation :
Quoi de commun entre les suffragettes qui, au début du XXe siècle, se mettent au Ju Jitsu, le désarmement systématique des esclaves, la thanato-éthique des juifs du ghetto de Varsovie, les bataillons d’Amazones de la Révolution Française, le Black Panther Party ou les justiciers vigilants gays et trans des Lavender Panthers ? Une certaine philosophie de la violence, c’est à dire une manière de se défendre, répond Elsa Dorlin. Une pratique et une théorie de l’autodéfense, soit le contraire de la fameuse « légitime défense », celle qui voudrait tout excuser. Elsa Dorlin est philosophe, professeur à Paris 8, on lui doit des travaux importants sur la généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française, et elle publie dans quelques jours aux éditions de La Découverte Se défendre, une philosophie de la violence. Cet essai brillant s’ouvre par le récit de l’affaire Rodney King, le lynchage par la police de Los Angeles de ce jeune homme africain-américain, un tabassage à l’origine des célèbres émeutes qu’a connu la ville au début des années 90, et cet essai se clot par le rappel de l’affaire Trayvon Martin, du nom de ce jeune noir abattu froidement au nom de la si commode en Floride « légitime défense » par un dénommé George Zimmerman, vigilant de l’Etat racial. L’idée m’est donc venue, logiquement, d’inviter pour la deuxième partie de l’émission, celle qui vise à faire dialoguer les sciences humaines et sociales avec d’autres modes de connaissance, ceux de la culture et en l’espèce de la littérature, la romancière Léonora Miano qui publie en cette rentrée Marianne et le garçon noir, un livre né à la suite d’une de ses interventions dans la presse à propos des violences policières, un livre dont elle a eu l’idée, qu’elle a dirigé et qui regroupe différents textes témoignant chacun de l’expérience des Noirs de sexe masculin en France aujourd’hui. Léonora Miano nous rejoindra donc pour la deuxième partie de cette émission. Sylvain Bourmeau




Elsa Dorlin, philosophe. Crédits : Sylvain Bourmeau - Radio France


Léonora Miano, écrivaine. Crédits : Sylvain Bourmeau - Radio France


Elsa Dorlin et Léonora Miano. Crédits : Sylvain Bourmeau - Radio France

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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Jeu 12 Oct - 20:59


ici nous parlons de violence capitaliste d'État, et éventuellement de violence révolutionnaire. Celle des Black Blocs, ou de leur imitation folklorique dans les cortèges de tête est de ce point de vue inclassable, certes significative mais marginale, et du point de vue médiatique, lassante de répétition du même, dont tous les protagonistes ne tirent pas aussi vite les leçons

en effet, l'État, même le plus bête du monde, n'est pas sans réfléchir au moyen de la marginaliser plus encore : à titre préventif contre la maladie infantile ? Va savoir. Quoi qu'il en soit le cycle provocation-répression n'use ni les uns ni les autres, dans une mise en scène surjouée qui envoie quand même pas mal de monde à l'hôpital et d'autres en prison pour pas grand-chose : quand on fabrique ses propres "martyrs", pas s'étonner qu'ils en crèvent

lors d'une véritable insurrection révolutionnaire, il faut espérer meilleure stratégie et considération pour ses propres camarades, et qu'on aura en tête mieux qu'un cortège d'âneries à opposer au capital



Manifestations : face aux violences, les autorités adaptent le maintien de l'ordre

L'Express AFP 09/10/2017


Affrontements avec les forces de l'ordre lors de la manifestation contre la réforme du code du travail à Paris,
le 21 septembre 2017
afp.com/CHRISTOPHE SIMON

Citation :
Après une année 2016 qui a connu un nombre record de manifestations, parfois marquées par des violences, les autorités s'efforcent de s'adapter en mettant en place de nouveaux outils de gestion de foule.

La direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris (PP) a géré l'an dernier 7.600 rassemblements dans la capitale. Notamment les manifestations contre la loi Travail et celles du collectif Nuit debout, qui ont à plusieurs reprises donné lieu à des affrontements entre forces de l'ordre et militants d'extrême gauche.

C'est devenu une habitude: un "cortège de tête" se forme désormais en amont de grandes manifestations, composé entre autres d'autonomes venus en découdre avec la police.  

Or, depuis la rentrée, la PP a changé sa manière d'encadrer ces rassemblements.

"J'ai souhaité éviter de mettre au contact ou même à vue du cortège de tête les forces de l'ordre. (...) Il n'y a plus d'unité marchant devant le début de la manifestation", explique à l'AFP le préfet de police Michel Delpuech.

Les forces de l'ordre sont cantonnées "à proximité pour permettre à tout moment d'intervenir et de mettre fin à des désordres et à la casse. Il faut être en capacité de réagir très vite mais pas se mettre dans une situation où nous sommes des cibles", ajoute-t-il.

Il ne veut plus non plus de "personnel en civil" dans la "nébuleuse". "Vouloir faire du +saute dessus+ ça peut être dangereux pour les policiers et pour les manifestants, avec un résultat judiciaire incertain", souligne-t-il. La vidéo est donc désormais privilégiée.

De fait, les manifestations de septembre se sont déroulées avec nettement moins de violences.

- Synapse -

Ces réflexions sont issues notamment d'une nouvelle cellule de la DOPC baptisée Synapse et composée de quatre policiers et de deux stagiaires "extérieurs" - étudiants à Science-Po, à Polytechnique, ou encore en faculté de droit.

"On a toujours le nez dans le guidon, on ne peut jamais conceptualiser. Synapse permet d'élaborer une doctrine mais aussi d'étudier ce à quoi nous devons nous adapter, tant sur le terrain qu'en termes juridiques",
selon Alain Gibelin, directeur de la DOPC.

Sur le terrain, la préfecture a en outre ressorti le canon à eau. "Il est toujours utilisé avec mon consentement", insiste Michel Delpuech, pour qui "il ne faut pas croire que c'est la solution parfaite".

Quid du marqueur chimique parfois évoqué comme moyen d'identifier les casseurs? "Il a ses vertus mais aussi ses inconvénients, car vous pouvez éclabousser la personne d'à côté qui n'aura rien fait et la mettre en cause inutilement", fait valoir Alexis Marsan, qui dirige Synapse.

Pour les suites judiciaires justement, la police scientifique est de plus en plus utilisée, notamment pour les traces sur les projectiles ou vêtements laissées par les casseurs. Un "procès verbal d'ambiance" est également rédigé tout au long de la manifestation, qui sera joint au dossier après une interpellation, permettant aux juges de contextualiser les faits.

"Synapse nous donne une culture de +RETEX+ (retour d'expérience) qui manquait à la préfecture de police", estime Alain Gibelin, qui comptabilise 33 ans de maison.

Synapse tire des leçons des expériences parisiennes mais se rend aussi sur des rassemblements à l'étranger, comme le G20 à Hambourg.

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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Ven 13 Oct - 13:30


de la, de ma, violence

je bien sûr, comme tout le monde ?, capable de violence. Je parle de violence physique, pas celle, symbolique, dont témoignent mes écrits. Je ne suis pas sûr qu'elle ne soit qu'une "violence de classe". Je ne suis pas sûr, dans certaines circonstances de "luttes", de ne choisir mon camp que sur le seul critère "camarade", mais bien plutôt spontanément, en fonction de ce que je verrais

je reste persuadé que certains, au demeurant plutôt des hommes que des femmes, virilité oblige, aiment la violence pour la violence, et dès lors que cette logique s'embraye, on ne me fera pas croire que le critère de classe prend le dessus avec discernement

dans certains violences provoquées, je ne vois aucun des objectifs prétendus anticapitalistes rechercher et obtenir un résultat prouvant la justesse, stratégique, politique, de ces gestes. Confondre ces situations de pseudos-émeutes avec une insurrection révolutionnaire relève de la supercherie, car si celle-ci a bien une dimension "militaire", c'est celle d'un rapport de force pour détruire l'adversaire dans sa puissance militaire, et non cette puissance en soi

ce qui n'empêche, pour reprendre Elsa Dorlin, que se défendre contre la violence contre la violence est légitime. Quant à l'initier en termes révolutionnaire conséquents, c'est-à-dire pour gagner, je ne pense même pas que le problème se pose un jour, parce que la violence est inhérente au capital et à l'État, et que la leur est déjà là

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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Mar 17 Oct - 13:24


Les corps sans défense d'Elsa Dorlin

France Culture 12/10/2017


La Grande Table reçoit Elsa Dorlin, professeure de philosophie politique et sociale au département de Sciences politiques de l'université Paris VIII

Citation :
Comment exister face à la violence ? Une question soulevée dans son essai par la philosophe Elsa Dorlin.

Auteure de La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française (2006) et de Sexe, genre et sexualités. Introduction aux philosophies féministes (2008), elle publie aujourd’hui Se défendre, une philosophie de la violence, aux éditions de La Découverte.

Comment, en dehors de l'espace public, peut-on politiser cette peur à l'intérieur de soi, et en faire une action de défense ?

Une histoire de la violence, une généalogie de l’autodéfense politique, "pensée comme nécessité vitale, comme pratique de résistance". Qu’est-ce que la violence fait au corps et ce qu’elle met à nu ? quel sujet révèle-t-elle ?

Politiser la peur que connaît le corps dans l'agression, c'est un moyen de faire prendre conscience de la violence des agresseurs.

Depuis des décennies la paranoïa blanche américaine définit le corps africain-américain comme agressif, dangereux.

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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Lun 20 Nov - 12:24


une série de 5 vidéos débutant ce lundi matin



Citation :
Alors que le mouvement suffragiste anglais doit faire face à une répression toujours plus grande, Edith Garrud fonde à Londres en 1909 le Suffragettes Self-Defense Club. C’est là que les femmes du Women’s Social and Political Union se retrouvent pour s’initier au Ju-Jitsu et à l’auto-défense. Il s’agit d’apprendre à se battre face la police autant que dans la rue ou dans l’espace privé.

Elsa Dorlin vient de publier Se défendre, une philosophie de la violence aux Éditions La Découverte. Nous avons réalisé avec elle une série de 5 vidéos. Il s’agit dans chacune de raconter et d’exposer une séquence historique particulière à partir de la manière dont les corps se mettent en jeu, se défendent et se réapproprient la violence.

1/5 Suffragistes et Ju-jitsu



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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Mar 21 Nov - 12:41


Économiste anti-économique, mathématicien en guerre contre l’évaluation, Jacques Fradin mène depuis 40 ans un minutieux travail de généalogie du capitalisme. Il y a presque trois ans, nous avions publié une série de vidéo intitulées Qu’est-ce que l’économie}, cette nouvelle salve en est la suite logique, dans le sens d’un approfondissement. Le propos est rapide, dense et complexe tout autant qu’il est érudit, précieux et indispensable. Enregistrées à l’hiver 2016, ces 9 vidéos demandent de la patience et de la concentration, qualités nécessaires à tout bon lecteur de lundimatin.



Première Série

La Pacification économique La colonisation par l’économie

Citation :
Épisode A La violence à la fondation de l’économie La violence structurelle de l’économie

Depuis maintenant presque trois siècles, nous sommes sous le feu d’une propagande écrasante « pour l’économie ».
Cette propagande parle du bonheur (confortable), de la joie (de posséder), de la satisfaction (de dépenser) et, finalement, de la PAIX qu’apporterait l’extension de la richesse économique.
« L’économie est pacificatrice ».
Elle a été, en Europe occidentale, la solution aux guerres civiles de religion (entre les chrétiens). Elle est, de nouveau, la solution aux guerres civiles idéologiques, solution qui permet à l’Europe, depuis plus de 60 ans de vivre pacifiquement, de vivre une coexistence pacifique.
Voilà le plus vieux thème, depuis le début du 18e siècle, en faveur de l’économie.

Il est nécessaire de briser cette table de propagande.
Nous allons affirmer que la « pacification économique » s’est réalisée par une violence extrême et “sans états d’âme” ; que l’économie est structurellement violence et guerre.
Comme il est bien connu, par toutes les guerres coloniales, en particulier les campagnes de colonisation interne, ces guerres que l’économie guide, la pacification mène à la paix des cimetières.
Que soit ici élevé le mémorial pour les millions de victimes inconnues, pour les victimes de l’expansion économique ou de la modernisation infinie, pour les victimes des génocides tropicaux aussi bien que de la répression sans limite au nom des “libertés économiques”.

Ce qui revient à dire que nous allons développer dans cet épisode l’idée post-marxiste « d’accumulation primitive permanente », actualisée en colonisation interne (ou modernisation qui se modernise).
Nous allons présenter l’économie non pas comme un ensemble productif (ou de production) mais comme un régime politique de conformation.
Le régime politique institué par l’économie est le DESPOTISME.
Extension au monde du despotisme de l’entreprise.
Et chacun sait, qu’aujourd’hui, l’économie forme le régime constitutionnel de l’Europe.

Que veut dire : l’économie est un régime politique ?
Que les éléments clés du monde, du monde soumis à l’économie, sont les éléments qui structurent l’économie.
Et que ces éléments structurants de l’économie sont : le dressage, la formation (au sens fort de conformation), la discipline, l’autorité, l’obéissance, etc.

La vision de l’économie comme système de production (pour le bonheur de tous) est une vision faussée de propagande (de type stalinien).
La production régulière, chinoise, dirons-nous, exige la plus constante autorité. Le despotisme de fabrique étendu au monde.
Le monde, soumis à l’économie, est devenu l’usine universelle, sous l’autorité patronale.
Où l’économie est le prototype de l’articulation de la discipline, c’est une formation disciplinaire, et du contrôle, de l’intendance à la supervision et au management.
C’est maintenant un thème classique que d’analyser le management comme un système politique (machiavélique) : la discipline du travail et le contrôle panoptique (googlelien) des consommateurs complètent un gouvernement basé sur le secret.
Contrairement à ce que pensaient Foucault et Deleuze, on ne passe pas des “formations disciplinaires”, de constitution de l’homo œconomicus laborans, aux “formations de contrôle”, avec leurs énormes bureaucraties économiques, la comptabilité, la gestion, la surveillance permanente et le secret paranoïaque. Quoi de plus bureaucratique que l’entreprise, d’autant plus qu’elle absorbe la puissance politique de l’État ?
Discipline et contrôle sont toujours articulés et conduisent à des formes sécuritaires de plus en plus technicisées.

La légitimation de l’autorité indiscutable des patrons, maîtres et barons, entrepreneurs et ingénieurs, repose sur le plus archaïque thème de la « hiérarchie naturelle ».
Qu’est-ce qu’une « hiérarchie naturelle » ?
L’idée selon laquelle il y aurait naturellement des maîtres (natifs) et des serviteurs (naïfs).
L’idée selon laquelle il n’y aurait pas un seul monde, celui des humains semblables, mais DEUX ou plusieurs mondes, celui des élites et celui des incompétents.
Les hiérarchies naturelles sont toujours historiquement construites (par la guerre de colonisation interne) et évoluent avec l’histoire de la domination.
Les intendants, les surveillants, les officiers, les cadres de tout poil sont des exemples de ces élites (intermédiaires) fonctionnelles.

Pour comprendre l’économie comme un régime politique d’autorité, comme un DESPOTISME, nous devons faire une hypothèse :
L’hypothèse de l’éther esclavagiste (de la permanence de l’esclavage).
L’infrastructure politique des sociétés, l’économie, est un système de servitude.
La servitude est structurante.
Elle renvoie à l’immémorial dressage des chiens, des chevaux et des hommes.
Les pyramides ont été construites par des machines humaines coordonnées en une mégamachine politique.
Les usines ne peuvent fonctionner qu’autant que l’humain est réduit à l’état de machine, au milieu d’autres machines, vivantes ou mécaniques.
Et même le fameux travail immatériel, le digital labor, impose la construction, la fabrication permanente de consommateurs robotisés au milieu d’autres cyborgs.

Quelle est la spécificité propre à l’humain et qui fait si PEUR aux chiens, aux chevaux et aux humains : le cri, le hurlement, la gueulante, l’engueulade, etc.
L’économie repose sur la menace d’exclusion, de chômage, d’élimination et la PEUR permanente.
L’économie, avec son réseau de propriétés privées féodales, exige la plus méticuleuse sécurité.
C’est pourquoi le régime politique de l’économie, le despotisme, est un régime sécuritaire, un régime de sûreté (des propriétés).

Comment alors comprendre l’homo œconomicus machinisé, calculable, planifiable ?
Il faut le comprendre comme un outil vivant ou une machine programmable.
Ce qui est la définition romaine classique de l’esclave.
Que sont les outils vivants : esclaves, serfs, colons, journaliers, serviteurs, louffiats, employés, salariés, etc.

Dans ce cadre, nous pouvons réexaminer la thèse de « la désinstitutionalisation du salariat ».
Le salariat à statut est une parenthèse (courte) qui se referme. Et permet le retour de la servitude personnelle.
Le despotisme économique tend toujours vers son prototype féodal et son avenir à Dubaï.

Mais le précariat averti vaut plusieurs prolétariats intégrés.
Le temps du soulèvement contre le despotisme économique est arrivé.

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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Lun 4 Déc - 9:58


Se défendre, une philosophie de la violence 3/5

Vigilantisme, super-héros et colonialité du pouvoir



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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Mar 5 Déc - 14:39

Violences Policières‏ a écrit:
@Obs_Violences

Antonin Bernanos a été interpellé avec grande violence, ce matin à 6h à son domicile. Il devait participer samedi à la clôture de la Journée Prison-Justice du @GenepiFrance.

G de Lagasnerie‏ @gdelagasnerie

Libérons-les a écrit:
Facebook

Communiqué de la famille d’Antonin Bernanos :

Ce matin à 6h la police judiciaire du XVIIe arrondissement a défoncé la porte de l’appartement de la mère d’Antonin Bernanos, sans sommation, pour interpeller Antonin, afin de faire appliquer immédiatement sa peine dans l’affaire de la voiture brûlée (5 ans de prison de 2 avec sursis). Cette « visite » de la police s’est faite dans la plus grande violence, la vingtaine d’officiers ayant envahi l’appartement sans laisser le temps à Antonin de s’habiller et de préparer son incarcération.

Les agents de police ont prétendu, pour justifier la violence de cette arrestation, qu’Antonin n’avait pas respecté un contrôle judiciaire ; ce motif s’avère largement imaginaire dans la mesure où depuis sa condamnation, Antonin n’est soumis à aucun contrôle de ce type.

Cette procédure expéditive traduit la ferme volonté de court-circuiter la stratégie judiciaire d’Antonin et de le mettre en prison dans le silence médiatique le plus total. À la suite des délibérés, puisqu’il n’avait pas fait l’objet d’un mandat de dépôt, Antonin Bernanos aurait normalement pu être convoqué par le juge d’exécution de la peine, afin de convenir d’une date de mise sous écrou et de pouvoir envisager de négocier un aménagement de peine. Sans nouvelles depuis octobre dernier, date des délibérés, Antonin est arraché à son domicile. Il lui est donc retiré le droit de demander un aménagement avant de longs mois passés en prison.

Cette procédure à l’encontre d’Antonin s’avère extrêmement brutale, et accable encore davantage sa famille. Alors qu’Antonin est à la veille de ses partiels universitaires, cette décision violente, inopinée, sabote délibérément sa reprise d’étude ; une incarcération immédiate vient mettre en péril ses projets d’insertion universitaire et l’élaboration d’un projet de recherche dans le cadre de son Master de sociologie.

Depuis la prison où il sera incarcéré, Antonin ne sera plus en mesure d’envoyer un dossier complet en vue d’un aménagement de peine : comment justifier de sa reprise d’études, de son assiduité, de son insertion dans le laboratoire, s’il ne peut pas participer à des partiels, rencontrer des directeurs de recherche et assister à des séminaires ? Cette décision fournit une fois encore la preuve d’un acharnement judiciaire du ministère public à l’encontre d’un militant antifasciste, elle vise à confirmer les mesures répressives et la vengeance de l’État à la suite du mouvement loi travail.

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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Jeu 7 Déc - 21:47


signe des temps they are a changing

le livre d'Elsa Dorlin fait un tabac dans la presse, Lundimatin, plusieurs articles dans Le Monde et là Le Monde des Livres, Biblio'Obs...

limite, poser le droit à l'auto-défense dans le capitalisme, la justice sociale, l'État de droit et la démocratie, mais comme ce n'est pas l'objet du livre, on n'est pas obligé de le lire sous cet angle démocrate radical



"Ce qui m’intéresse est la façon dont la violence peut, dans certaines situations, constituer la dernière ressource vitale"


RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

La philosophe Elsa Dorlin attaque à un sujet tabou de nos démocraties : l’usage de la violence pour se défendre. En partant de cas concrets, de la répression des révoltes d’esclaves à l’affaire Rodney King.

Citation :
L'OBS. Pourquoi un livre sur l’autodéfense ?

Elsa Dorlin. Parce qu’il y a un paradoxe: dans l’histoire sociale et politique, mais aussi dans certaines luttes actuelles, certains mouvements sont perçus comme violents, et donc comme illégitimes, tandis que d’autres ne subissent pas ce jugement dévalorisant et semblent plus «autorisés». J’ai voulu poser à nouveau cette question de la violence et comprendre aussi ses usages disqualifiants. Dans quelle mesure un même geste peut-il être perçu comme une défense légitime ou, au contraire, comme un acte de rébellion mettant en péril l’ordre public?

Je voulais aussi travailler sur la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, où ceux qui dénoncent les violences sociales, racistes et sexistes, sont constamment perçus comme agressifs, et soumis à l’injonction de rester «calmes», «courtois», «pédagogiques» - assignés à devoir donner des explications sans fin sur la violence du racisme ou du sexisme, quand d’autres en sont épargnés et ne voient pas le problème. Toutes ces mobilisations sont stigmatisées comme violentes. C’est une façon particulièrement efficace de masquer les violences des rapports de pouvoir eux-mêmes, de ne pas les considérer comme faisant partie de la réalité sociale, comme relevant d’une urgence politique.

Prenons l’une des figures que vous analysez dans le dernier chapitre, l’héroïne du roman «Dirty Week End» d’Helen Zahavi…

C’est un roman paru en 1991 qui suscita une vaste polémique. Bella, l’héroïne, est harcelée puis violentée brutalement par un voisin. Elle tente d’abord de restaurer une certaine normalité, en minimisant les agressions dont elle est l’objet ou en prenant sur elle, en rétrécissant son espace vital, en limitant ses mouvements. C’est un vécu assez «banal» pour celles qui en ont fait l’expérience. On tente toujours de ne pas trop donner d’importance à une remarque ou une insulte sexiste dans la rue, au travail, dans la vie privée: on sourit, on ne répond pas, on se mésestime, on se dit que l’on n'a pas bien compris, que l’on est «parano», que c’est de notre faute ou que l’on a pas su répondre…

Dans le roman d’Helen Zahavi, Bella prend conscience qu’elle ne peut pas retrouver une «vie normale», qu’avant même cette agression brutale, elle subissait déjà de nombreux harcèlements quasi imperceptibles, de la part de ses enseignants, de ses petits amis, de ses patrons. Alors, elle va basculer dans une violence radicale: un soir, elle fracasse le crâne de son agresseur. Durant un week-end, elle tue ou blesse tous les hommes qu’elle rencontre. Non pas aveuglement car, de fait, ces hommes ordinaires l’ont effectivement l’insultée, agressée sexuellement ou physiquement ou ont menacé de tuer une autre femme.

Cela vise à décrire l’omniprésence des violences sexistes dont beaucoup de femmes font l’expérience quotidiennement, et témoigne de tous les efforts déployés par ces femmes pour s’en protéger malgré tout et qui ménagent aussi une certaine tranquillité sociale. Or, cette attention défensive permanente est épuisante, elle empêche de se soucier de soi à force de se demander: quelle remarque, quelle insulte, quel geste, quel coup vais-je subir cette fois et comment puis-je m’en sauver?

Bella convertit donc la violence subie en violence agie. Ce faisant, elle reprend soin d’elle-même. Elle ne s’inquiète plus de ce que les autres vont lui faire, mais se concentre sur sa propre capacité à agir. Elle se réalise, devient un sujet. A partir de ce roman, ma démarche est phénoménologique autant que politique: je cherche à comprendre comment l’autodéfense s’inscrit à l’échelle d’un corps, voire d’un muscle, comment ce muscle s’anime dans un élan vital, comment c’est une façon de refaire corps avec soi.

Avant d’en arriver à cet éloge de l’autodéfense, vous en examinez différentes facettes, en commençant par deux cas extrêmes.

En effet, j’ouvre mon livre par la description du supplice de la cage de fer tel qu’il fut importé par les troupes napoléoniennes en 1802 à Pointe-à-Pitre pour rétablir l’esclavage et mater les mouvements insurgés. Dans cette cage, le condamné est assis sur deux étriers, avec, entre les jambes, une lame tranchante. Dès que le corps, épuisé, s’affaisse, il vient s’appuyer sur la lame qui le blesse cruellement. Dans un mouvement réflexe, il se relève et inévitablement retombe de nouveau sur la lame. Il se met à mort lui-même.

En me référant à Michel Foucault, je montre que la cage de fer peut être l’un des indices d’une forme de «gouvernementalité», c’est-à-dire d’une façon inédite de gouverner où il s’agit moins d’agir sur les corps, que de les faire agir grâce à des dispositifs qui contraignent, dirigent, leur conduite pour qu’ils se rendent impuissants. Ici, ce dispositif est conçu de telle sorte que plus le torturé se défend, plus il meurt. Tout se passe comme si l’individu devait intérioriser, incorporer, l’idée qu’il est son propre bourreau et que résister, c’est participer à se mettre à mort.

Or, cette gouvernementalité semble pouvoir être repérée aujourd’hui. Un certain nombre de dispositifs de maintien de l’ordre semblent viser la puissance d’agir des individus, comme pour mieux l’atteindre, la laisser sans défense: plus vous vous défendez, plus vous serez rendus impuissants; plus vous essayez de vous autodéterminer, plus vous allez perdre.

L’autre exemple inaugural, c’est Rodney King, jeune taxi africain américain dont le passage à tabac avait déclenché les émeutes de Los Angeles en 1992.

L’affaire Rodney King marque un tournant, en grande partie en raison de l’usage des images lors du procès des quatre policiers poursuivis pour «usage excessif de la force» lors de l’arrestation de King. D’où l’importance de la vidéo d’un riverain, témoin de la scène, qui a filmé son arrestation et son lynchage par des dizaines de policiers, et de son usage par les avocats des policiers.

Devant les juges, les avocats ont réussi à segmenter la séquence. Ainsi, quand King, à terre, totalement sous le contrôle des policiers, lève le bras, ils vont dire que ce n’est pas un geste pour se protéger, mais une menace. La façon dont un geste de protection se transforme en un geste d’agression permet de rendre certains corps, certains sujets à proprement parler indéfendables. Non seulement King est roué de coups, mais plus il se défend, plus il va prendre de coups, comme s’il en était lui-même la cause et que l’action de la police ne relevait que d’une légitime défense.

L’autodéfense n’est donc pas légitime pour tout le monde ?

Ce n’est pas les termes dans lesquels je problématise la question. J’ai tenté dans ce livre de faire une histoire politique de la notion de légitime défense en montrant qu’il s’agit d’un droit renvoyant à un privilège: certains sont toujours légitimes à se défendre et seront défendus par l’Etat, quand d’autres sont au contraire laissés sans défense, illégitimes à recourir à la violence pour leur propre protection et finalement contraints à l’autodéfense.

Je m’intéresse, par exemple, à la longue histoire de l’autodéfense dans le mouvement pour les droits civiques aux Etats-Unis. Si l’on connaît bien les stratégies d’action non violentes adoptées par Martin Luther King, on oublie souvent que pour d’autres courants, la non-violence était impossible. De la fin du XIXe siècle aux années 1960, dans les états du sud, des petits garçons noirs étaient emprisonnés parce qu’ils avaient joué avec des petites blanches; des femmes étaient molestées ou violées; des centaines d’hommes afro-américains étaient torturés, brûlés, pendus. C’était un rituel très organisé, annoncé dans le journal et pour lequel on interrompait les services administratifs et les cours dans les écoles afin de laisser les enfants assister au «spectacle».

Cette histoire fait partie de la culture américaine. Face à cela, le mouvement pour les droits civiques n’avait pas d’autre choix que l’autodéfense. Il fallait protéger sa vie, ses enfants. A partir des années 1960, le mouvement noir passera à l’autodéfense comme seul moyen de résistance au racisme qui, en l’occurrence, relevait du massacre organisé.

L’autodéfense est bien une question de survie…

Oui, l’autodéfense relève d’une politique vitale. Cela suppose de modeler sa vie, de changer sa posture face au monde. Concrètement, cela passe par un travail sur soi, un entraînement du corps, l’acquisition de techniques, une quête personnelle et collective dans et par laquelle le corps devient une arme. Je parle d’«ascèse martiale» ou encore d’une «éthique martiale de soi».

Ce qui m’intéresse n’est pas à proprement parler le passage à la violence face à «l’ennemi», mais la façon dont la violence peut, dans certaines situations, constituer la dernière ressource vitale, ce par quoi il est possible d’advenir comme un sujet à part entière – lorsque vous êtes précisément nié comme sujet. Pour le dire autrement, il y a des formes de prise de conscience face à la domination qui passent par le corps, par le muscle. J’ai donc prêté une attention particulière à ces formes de conscientisation politique, qui ne sont pas forcément centrées sur le partage d’expériences, sur la parole, mais bien sur des techniques corporelles, des arts de combats, qui jouent sur la politisation de la rage.

J’ai retrouvé ces mêmes caractéristiques dans les techniques martiales que j’ai pu étudier, chez les esclaves, chez les suffragistes anglaises, dans les communautés juives en proie aux pogroms tsaristes, ou encore avec les Black Panthers. Ce sont autant d’arts de combats, d’arts martiaux, qui constituent une archive corporelle précieuse nichée dans l’histoire politique et la mémoire des luttes.

Selon la théorie politique classique, nos démocraties sont fondées sur l’idée que nous déléguons notre droit à nous défendre à l’Etat en échange de sa protection. Se défendre soi-même, est-ce compatible avec le fameux «monopole de la violence légitime» énoncé par Weber ?

Il y a certes une tendance à la monopolisation de l’usage légitime de la violence dans l’histoire des états modernes, mais cela n’a jamais empêché des formes de délégation. Dans le cas précis de l’Etat français, la grande majorité des femmes ont été historiquement écartées des armes et des savoirs martiaux. Si l’on appréhende la France au regard de son histoire impériale, on observe que nombre de législations ou de réglementations, comme le Code Noir ou le Code de l’indigénat, ont donné aux colons le droit de s’armer, tandis que l’esclave ou l’indigène devaient rester totalement désarmés - ce qui supposait par exemple d’interdire les armes, mais aussi le port d’objets pouvant servir d’armes par destination, ou d’interdire les rassemblements, ou toute pratique pouvant être assimilée à une technique de combat.

En outre, en Algérie, les colons avaient officiellement le droit de se faire justice eux-mêmes quand les colonisés étaient au contraire totalement empêchés d’agir en justice (comme en partie, les femmes françaises soumises jusque dans les années 1960 à demander une autorisation à leurs pères ou maris pour acter en justice). Aujourd’hui, on peut observer certaines formes de plus en plus répandue de délégation de «l’usage légitime de la violence»: les vigiles et les polices privées (comme celles mises en place dans les transports ou les ensembles commerciaux) ont le droit d’être violents en toute légitimité.

Il s’agit d’une faillite de l’État de droit ou peut-être d’une forme de rationalisation de son action à travers la mise en place d’une économie de privilèges de l’usage de la violence. Le droit de se défendre ne sera pas évalué de la même façon qu'il s'agisse d'un commerçant qui se défend contre un voleur ou d'une femme qui se défend d’un mari violent.

Pourquoi a-t-on si peur de la violence des dominés ?

La bonne question est pourquoi la violence, lorsqu’elle est exercée par des personnes en position de domination, est à ce point invisible comme une violence? Des individus sont jugés plus dignes de se défendre et donc autorisés à user d’une violence sans limite et ce au nom de leur sécurité ou d’un ordre sécuritaire.

L’actualité en a donné encore un exemple avec ce policier de Cergy qui a tué trois personnes et blessé grièvement sa compagne avec son arme de service parce qu’elle voulait le quitter et que cela constituait pour lui une violence invivable… On parle alors de «drame familial», et non de meurtre sexiste, de violence sidérante, rendue aussi possible par l’extension de la législation sur la légitime défense aux forces de police – laissant le droit aux fonctionnaires de garder leur arme sur eux en dehors de leur service.

Dans un autre contexte, celui où nombre d’éléments permettent d’attester que les contrôles au faciès de la police s’apparentent à du harcèlement raciste, la mort d’Adama Traoré, lors d’une interpellation et alors même qu’il demande de l’aide et que des représentants de l’autorité ne jugent pas nécessaire de lui prêter assistance et de l’emmener d’urgence à l’hôpital, continue de faire débat: on s’interroge encore sur les raisons qui excusent et blanchissent les officiers de police. Qui est violent ici? Qu’est-ce qui relève de la violence?

Mais si tout le monde se défend par soi-même, il n’y a plus d’État de droit ?


En faisant la généalogie de l’autodéfense, je ne préconise pas le retour à l’état de nature. Nous rêvons tous de vivre dans un véritable État de droit qui aurait un usage raisonné et proportionné de la violence pour pacifier les rapports et assurer la justice sociale. Mais il se trouve que ce n’est pas le cas. Sinon ce même État de droit ne laisserait pas 125 femmes mourir sous les coups de leur agresseur chaque année. Je me méfie des réponses abstraites et de la tentation moralisatrice qui évacue trop rapidement que la question se situe au cœur d’une réflexion sur la justice sociale, l’État de droit et la démocratie.



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