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dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
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 la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...

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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Dim 9 Oct - 1:06


de la 'discussion' sur la dialectique qualité/quantité dans DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE à partir du 15 septembre



qualité vs quantité ? (suite)

si une loi générale est 'la qualité s'oppose à la quantité',
c'est un problème redoutable pour une révolution à faire par les masses

au-delà de la critique de la démocratie, quel sens aurait une révolution par une minorité
si ce n'est sans fin la contrainte par la force et la violence

et le pouvoir comme moyen de se débarrasser du pouvoir ?

on aboutit à une contradiction dans les termes
de l'émancipation de tous par chacun.e.s
par et pour la liberté

en attendant le dîner de gala
nous avons à le poser en théorie communiste de la communisation

Mao a écrit:
La révolution n'est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie; elle ne peut s'accomplir avec autant d'élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d'amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d'âme. La révolution, c'est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre.

Mao Zedong, Le Petit Livre rouge, 1966


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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Dim 9 Oct - 5:30

rappel et ajout

le titre complet serait la VIOLENCE est venue, dans la CONTRE-RÉVOLUTION en cours, prévenir une RÉVOLUTION qui viendrait... c'est un titre très lourd, j'en conviens   Embarassed


ajout : de plus le terme de "contre-révolution" est problématique, puisqu'il laisse entendre un révolution en cours. Si celle-ci n'apparaît pas s'annoncer, cela signifie-t-il que la lutte de la classe capitaliste n'entreprendrait rien aujourd'hui pour l'empêcher de surgir un jour ?

même si les dirigeants politiques et économiques du capital sont eux plutôt immédiatistes, en ce sens qu'ils pilotent à vue, il serait naïf de considérer qu'ils n'ont pas de stratégie, et l'évolution de la fonction des États avec le rôle accru de la police et des armées, la montée de la surveillance des populations et de la violence armée comme économique et sociale, psychologique et symbolique ne doivent laisser aucun doute

face à ce qui se présente comme des choix stratégiques du capital, s'agirait-il que la classe prolétarienne s'en tienne à l'injonction de BL de Théorie Communiste : « On fait pas de politique , il ne peut y avoir de stratégie... » dndf ici ? Pour ma part je trouve ce propos totalement irresponsable du point de vue du combat communiste, sans lequel les luttes de la classe prolétarienne ne seraient que pures activités sans conscience, c'est-à-dire sans théorisation conséquente. On comprend que de tels théoriciens considèrent peu ou prou qu'ils ne servent à rien

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MessageSujet: Re: la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...   Mer 16 Nov - 5:16


avec Franz Fanon et Gayatri Spivak




Göran Hugo Olsson, Concerning violence, Blaq Out, 2015
Citation :
1
C’est à une réflexion sur la violence comme outil de résistance et de libération que nous invite le documentaire du réalisateur suédois Göran Hugo Olsson. Concerning Violence se veut un hommage et une illustration des Damnés de la terre, le dernier ouvrage de Frantz Fanon, publié l’année de sa mort en 1961.

2
Le film s’ouvre avec une préface éclairée et engagée de Gayatri Chakravorty Spivak, professeure à Colombia et connue pour ses travaux sur les « subalternes »1, qui rappelle la trajectoire de Frantz Fanon. Né en 1925 en Martinique, il grandit dans une famille bourgeoise et se rend en métropole lorsqu’il s’engage dans les forces gaullistes, puis, après 1945, pour suivre ses études de médecine. Il réalise que ses privilèges de classe ne valent rien aux yeux des Blancs. Il va se servir de son expérience vécue pour analyser la colonisation dans le monde, mais surtout en Algérie, où il exerce comme psychiatre et s’engage dans la lutte pour l’indépendance. Pour Spivak, il ne s’est pas contenté de vouloir comprendre la colonisation, mais il a tenté d’agir par rapport à elle, ce qu’il a fait grâce à la psychiatrie, en soignant ceux qui ont souffert de la violence.

3
Le film se concentre sur les réflexions de Fanon sur la violence, qu’il mène dans la première partie des Damnés de la terre et dans lesquelles Jean-Paul Sartre, rédacteur de la préface à la première édition, a surtout vu une apologie de la violence. Or, comme Spivak le rappelle, Fanon considère la violence comme le dernier recours des colonisés, « parce qu’il n’y a pas d’autre réponse possible à une absence absolue de réponse et à un exercice absolu de la violence érigée en loi de la part des colons ». La leçon de Fanon est qu’il faut utiliser les armes des colons contre eux : selon lui, le colonialisme est « la violence à l’état de nature et ne peut s’incliner que devant une plus grande violence » 2. Dans cette optique, la violence du colonisé est pensée comme inévitable, et elle se justifie parce qu’elle est seconde.

4
L’intérêt de la préface de Spivak réside dans ses considérations sur la question du genre. Le documentaire rappelle que les mouvements de libération laissent place à une apparente égalité entre hommes et femmes, alors même que le nouvel État postcolonial qui s’en suit retourne toujours aux vieilles structures de domination masculine. C’est ici que Spivak soulève ce qui relie colons et colonisés : la violence sexiste. La chercheuse insiste sur le fait que le viol est une arme de guerre, utilisée quel que soit le niveau de développement des pays concernés, sur les femmes des populations civiles, celles engagées dans la lutte armée mais aussi celles engagées dans les armées régulières. Cette violence de genre vient peut-être rappeler le monopole masculin de la violence, que vient subvertir l’accès des femmes aux armes3. Cet aspect genré de la colonisation et de la résistance vaut la peine d’être appuyé, parce qu’il n’est que faiblement illustré dans le documentaire.

5
Le titre du film est sous-titré « Neuf scènes de l’autodéfense anti-impérialiste », ce qui annonce les neuf parties du film. Toutes portent sur la situation de pays d’Afrique dans les années 1960, 1970 et 1980. Le choix de parler d’« autodéfense » renvoie au fait que, dans les années 1960 aux États-Unis, le Black Panthers Party for self-defense, dont le droit à l’autodéfense des Afro-Américains est le principe fondamental, avait imposé la lecture des Damnés de la terre à ses membres, faisant le parallèle entre la situation des Noirs aux États-Unis et celle des Algériens. Le film navigue entre images de colons, en Rhodésie par exemple, et images de mouvements insurrectionnels, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) et le Front de libération du Mozambique (FRELIMO) notamment. La quatrième partie, intitulée d’après l’expression de Fanon « Un monde coupé en deux », illustre la séparation spatiale entre la ville des colons et l’habitat des populations colonisées, avec les forces de l’ordre qui jouent le rôle d’intermédiaire et qui amènent la violence dans les maisons et l’esprit même des colonisés. Cette séquence se termine par une interview de Robert Mugabe, leader politique du Zimbabwe, qui affirme la nécessité d’une société qui n’établit pas de différenciation sociale en fonction de la couleur de peau ou l’origine raciale. Une attention est aussi portée aux questions émotionnelles et psychologiques dans la deuxième partie, « Indifférence », où un jeune professeur sud-africain évoque l’absence de sentiments qu’a provoquée sa libération après cinq années de prison. Les dimensions économiques de la colonisation sont également abordées, dans la dernière partie sur le Burkina Faso. On peut relever une place importante faite aux pays lusophones, en particulier la Guinée-Bissau, l’Angola et le Mozambique, ce qui s’explique peut-être par le soutien passé du réalisateur Göran Hugo Olsson au Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap Vert (PAIGC), dans un contexte d’engagement de la Suède pour l’autodétermination des colonies portugaises en Afrique.

6
Il faut souligner la qualité esthétique du film, qui plonge le spectateur dans une ambiance particulière. La place est laissée aux images d’archives sur lesquelles s’affichent les extraits du texte de Fanon, lus par la chanteuse Lauryn Hill. Le documentaire constitue une belle mise en image des propos de Fanon, mais on peut critiquer l’absence de l’Algérie, alors même que c’est là que Fanon a vécu, observé et compris le colonialisme. C’est à partir de la situation algérienne qu’il a élaboré ses réflexions sur la domination coloniale et la décolonisation. C’est pourquoi on regrette que cet exemple décisif dans la pensée et l’engagement de Fanon n’ait pas été illustré.


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