PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

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 sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Lun 6 Fév - 11:32



de la bêtise en Occident


plus amusant qu'inquiétant, vu ce que l'on peut penser du "QI", mais...


Baisse inquiétante du QI en Occident, selon plusieurs études

Lucie Dendooven rtbf.fr 01 février 2017

C'est un phénomène inquiétant. Depuis un siècle, notre quotient intellectuel avait tendance à toujours s’élever dans nos sociétés au fil des générations. Mais voici que plusieurs études récemment réalisées montrent un recul généralisé du QI moyen en Occident. Certains mettent en cause les pollutions chimiques, d'autres, notre monde hyper connecté. Mais ces problèmes sont présents aussi en Asie et n'empêchent pas là-bas le QI moyen de progresser.


Citation :
Notre enquête commence à la Faculté de psychologie de l'ULB. Laurence y réalise ce qu'on appelle un test de QI. Ces tests évaluent notre logique, notre raisonnement, notre rapidité d'action. En gros, nos facultés intellectuelles. Elles ne tiennent pas compte de notre socialisation ou encore de notre intelligence émotionnelle.

"Cerveaux Google"

Depuis la fin de la guerre jusque récemment, les tests de QI montraient que notre cerveau évoluait plutôt bien. Mais au tournant des années 2000, plusieurs études attestent un recul généralisé du QI moyen en Occident. Certains incriminent notre monde hyper connecté. Pour Axel Cleeremans, responsable du centre de recherche cognitive à l’ULB, ces technologies que sont internet et les iPhones ont pris une telle place dans notre environnement que notre mémoire s’externalise.

Nous avons fait un test sur un campus universitaire. Tous les étudiants interrogés étaient bien en peine de nous citer un seul numéro de GSM de leurs proches. Tout est dans leur smartphone. Lorsque nous leur demandons à quoi correspond la date de 1515, ils s’empressent de faire une recherche sur Google pour nous répondre enfin: "Bataille de Marignan ".

Sommes-nous devenus paresseux ? Pour Emmanuel De Becker, chef du service pédiatrie infanto-juvénile à l’hôpital universitaire Saint-Luc, nous sollicitons simplement d'autres zones de notre cerveau. Le fait d’être devant un écran stimule certaines zones cérébrales et pas d’autres.

En fait, la "génération Google" a tellement intégré les nouvelles technologies que son cerveau s'est transformé. Son hippocampe, la zone de la mémoire s'est atrophiée alors que les lobes préfrontaux- les zones de la synthèse se sont développés.

Pour Emmanuel De Becker, les tests de QI devraient prendre en compte désormais ces transformations de notre environnement et mieux intégrer les nouvelles technologies. Mais comment expliquer, dans ce cas, les performances étonnantes réalisées en Asie alors qu'eux aussi sont hyper-connectés. A Hong Kong et Singapour, le QI moyen est de 108, la Corée du Sud 106. Le premier pays européen à se hisser à la 5ème place, c'est l'Italie avec 102.

Pour Laurent Alexandre, prospectiviste également à la tête d’une entreprise de haute technologie : "Les petits Singapouriens nous dépassent dans tous les domaines. Ce n’est pas qu’ils nous dépassent, ils nous écrasent. Probablement avons-nous renoncé à notre leadership technologique, éducatif et scientifique tel que nous l’avions il y a encore 50 ans. A l’inverse, en Asie, des sommes considérables sont investies dans l’enseignement. "

Améliorer notre enseignement, c'est ce que prône ce spécialiste convaincu que c'est la manière d'intégrer le monde de demain. Un monde où nos jeunes devront rivaliser avec l'intelligence artificielle.

autres articles sur la baisse du QI dans les pays occidentaux

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Dim 9 Avr - 12:21


tweet pensée

on ne peut penser l'Occident en l'opposant à l'Orient. Il est mondial, l'Orient non. L'Afrique n'est pas orientale..

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Sam 20 Mai - 6:47


crise de l'Occident, une lecture libérale

« La crise occidentale n’a pas été inventée en 2016, et elle ne disparaîtra pas non plus en 2017.
Elle est structurelle et elle devrait encore durer. »




La montée du “précariat” : La démocratie occidentale n’est pas forcément la meilleure

Audrey Duperron L'Express 9 mai 2017

Citation :
Peu avant le second tour des élections françaises, Edward Luce, rédacteur en chef pour les Etats-Unis et commentateur du Financial Times, et qui est aussi l’auteur du livre «The Retreat of Western Liberalism», à paraître en juin, a rédigé une analyse des forces politiques perturbatrices montantes en Occident. Les problèmes sous-jacents ne sont pas apparus en 2016, et ils ne disparaîtront pas en 2017, écrit Luce :

« La réaction de rejet de la classe moyenne occidentale, la plus grande perdante d’une économie mondialisée qui a rapidement changé et le fera encore pendant des décennies, incube depuis des années. En Grande-Bretagne, nous les appelons les « laissés pour compte ». En France, ils sont les « couches moyennes ». En Amérique, ils sont ceux qui sont « pressés au milieu » (Donald Trump parle des « oubliés »)

La montée du « précariat »


Un meilleur terme serait le « précariat » – ceux dont la vie est dominée par l’incertitude économique. Plus de 160 millions d’Occidentaux travaillent aujourd’hui dans ce que l’on appelle l’économie des petits boulots, selon le cabinet de conseil McKinsey, un multiple de ce qu’ils représentaient il y a cinq ans. Sur ce nombre, près d’un tiers le font par nécessité. On prévoit que leur nombre va continuer à augmenter fortement. Leur part dans les richesses américaines va dans l’autre sens. Les 50 % d’Américains les plus pauvres ne détiennent aujourd’hui que 1 % de la richesse du pays.

[…] Depuis le début du millénaire, mais surtout au cours des 10 dernières années, pas moins de 25 démocraties se sont écroulées dans le monde, dont trois en Europe (Russie, Turquie et Hongrie). La Pologne pourrait être la prochaine. A part en Tunisie, le printemps arabe a été englouti par la chaleur de l’été qui a suivi.

La démocratie subit-elle une correction du marché ou une dépression mondiale ?


« La question de savoir si la démocratie connaît une correction du marché, ou une dépression mondiale reste ouverte »,
dit Francis Fukuyama, le sociologue qui se demandait en 1989 si l’histoire était terminée. La réponse viendra des États-Unis et d’autres démocraties occidentales.

[…] Si Marine Le Pen perd les élections françaises et Merkel reste au pouvoir en Allemagne, la crise du libéralisme occidental ne sera pas terminée, bien que je soupçonne que certains le présenteront ainsi.

De même, l’Amérique n’irait pas mieux non plus si Clinton était à la Maison Blanche. La complaisance des élites occidentales détruit leur capacité à saisir l’ampleur de la menace.

Au mois de décembre, Norbert Hofer, un nationaliste de l’ultra-droite, a échoué de peu à remporter la présidence de l’Autriche. Nous avons néanmoins célébré sa défaite comme s’il s’agissait de la fin de la vague populiste. Nous sommes susceptibles de faire de même si une Française néo-fasciste perd avec 40 % des votes dimanche. Mais Le Front National de Le Pen demeure le plus grand parti dans deux bastions régionaux essentiels – le Nord industriel et la Provence.

Au fur et à mesure que des millions de Français, de Britanniques, d’Américains et d’autres Occidentaux remplaceront dans les années à venir leur emploi sécurisé avec une pension par des emplois d’indépendants sans avantages sociaux, leur sentiment d’insécurité s’intensifiera. […] Avant, l’Etat occidental  protégeait les individus contre les vicissitudes du marché, mais il se désiste de plus en plus de ce rôle.

Obama a offert l’espoir et le changement. 8 ans plus tard, l’Amérique a choisi Trump

Si Emmanuel Macron remporte l’élection, les soutiens de la démocratie libérale dont je fais partie prieront pour que lui et les autres dirigeants comme lui réussissent. Mais il devra cette victoire à des promesses passe-partout, vagues et sans majorité pour les réaliser. Obama a offert le même espoir en 2008 lorsque son parti est arrivé au pouvoir. Huit ans plus tard, l’Amérique a élu Trump.

La crise occidentale n’a pas été inventée en 2016, et elle ne disparaîtra pas non plus en 2017. Elle est structurelle et elle devrait encore durer. Ceux qui cherchent à atténuer ce fait ne rendent pas service à la démocratie libérale ».

Citation :
In his widely acclaimed book Time to Start Thinking, Financial Times chief US columnist and commentator Edward Luce charted the course of America’s relative decline, proving to be a prescient voice on our current social and political turmoil.

In The Retreat of Western Liberalism, Luce makes a larger statement about the weakening of western hegemony and the crisis of liberal democracy―of which Donald Trump and his European counterparts are not the cause, but a terrifying symptom. Luce argues that we are on a menacing trajectory brought about by ignorance of what it took to build the West, arrogance towards society’s economic losers, and complacency about our system’s durability―attitudes that have been emerging since the fall of the Berlin Wall. We cannot move forward without a clear diagnosis of what has gone wrong. Unless the West can rekindle an economy that produces gains for the majority of its people, its political liberties may be doomed. The West’s faith in history teaches us to take democracy for granted. Reality tells us something troublingly different.

Combining on-the-ground reporting with intelligent synthesis of the literature and economic analysis, Luce offers a detailed projection of the consequences of the Trump administration, the rise of European populism, and a forward-thinking analysis of what those who believe in enlightenment values must do to defend them from the multiple onslaughts they face in the coming years.

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Mar 22 Aoû - 12:51


cet article touche indirectement notre sujet, mais il a le mérite de poser, d'un point de vue africain, la question de la double crise de l'Occident et du capitalisme comme une crise de civilisation. Les solutions préconisées ont quelque chose de candide, mais là n'est pas notre propos



Devant la faillite du modèle occidental de développement qui met en avant la culture de l’avoir au détriment de la culture de l’être, il devient urgent de repenser un projet de société fondé sur l’humanitude, un concept qui explore l’ouverture sur l’Autre, seule issue possible d’un monde désenchanté.

je souligne en gras
Citation :
C’est devenu un lieu commun que de dire que notre monde, en prise aujourd’hui avec une crise multidimensionnelle qui s’éternise, va mal, très mal… Cette crise révèle en fait une perte de sens, renforcée par la tendance à l’uniformisation des cultures du monde induite par une mondialisation accélérée des marchés, conduisant à une véritable déshumanisation des relations entre les individus, les peuples, les États. Les défis environnementaux, énergétiques, démographiques, numériques qui se rajoutent aux inégalités et pauvreté, accentuent le sentiment répandu d’angoisse existentielle et de manque de confiance dans l’avenir.

Le « modèle de développement » le plus répandu aujourd’hui, fondé sur ce que j’appelle la culture de « l’avoir », du profit, a montré ses limites et la crise actuelle consacre sa faillite. Ce « modèle occidental » est à l’origine de l’eurocentrisme et de l’occidentalocentrisme qui caractérisent les relations internationales, qu’il s’agisse de biens matériels ou de productions intellectuelles. Dès lors, un changement de paradigme permettant de promouvoir les valeurs liées davantage à la culture de « l’être », devient impératif.

C’est dans cette perspective que j’ai proposé, voilà plusieurs années, d’explorer un nouveau concept, l’humanitude, en référence à la négritude, notion héritée de mon maître à penser, le poète martiniquais Aimé Césaire.

C’est par ce concept d’humanitude que je traduis ce que nous appelons en Afrique maaya (en bamanankan, langue bambara), neddaaku (en fulfulde, langue peule), boroterey (en langue songhay), nite (en langue wolof), ubuntu (dans les langues bantu) et j’en passe. Autant de termes qui signifient littéralement « la qualité d’être humain ».

Relier l’homme à l’homme

En effet, les sociétés africaines ont toujours mis l’être plutôt que l’avoir au cœur de leur développement. Plus globalement, certaines sociétés non-européennes se caractérisent par une cosmovision qui met l’être au cœur de tout le processus de la relation au monde, caractérisée par une recherche permanente de rapports non conflictuels, apaisés, tendant vers le consensus avec les autres et l’harmonie avec l’environnement au sens large du terme. Cette conception du monde a également été longtemps partagée par l’Occident avant d’être dominée par une modernité voulant se fonder sur un fondamentalisme des marchés, du matériel et de l’accumulation individualiste.

L’humanitude, c’est notre ouverture permanente à l’Autre, notre relation d’être humain à être humain, qui exige une relation solidaire permanente, sans calcul, un élan spontané d’accueil de l’Autre… cette humanitude qui permet de « relier l’homme à l’homme », selon la belle expression d’Aimé Césaire, et qui fonde la culture de l’être, à l’opposé d’une culture totalitaire de l’avoir qui induit des relations conflictuelles permanentes, d’acquisition, voire de domination.

Dans une intervention remarquable au colloque « Ubuntu » (link is external), organisé à Genève (Suisse) en avril 2003, mon maître et ami burkinabé, le professeur Joseph Ki-Zerbo (1922‐2006), soulignait avec détermination : « L’essentiel donc pour l’exercice auquel nous sommes invités, c’est de porter au sommet de l’agenda et des luttes sociales planétaires aujourd’hui le concept, la question, la cause, le paradigme d’ubuntu comme antidote axial et spécifique de la mercantilisation de tout homme et de tous les hommes, par le néolibéralisme partisan de la société de marché. » Dans ce texte intitulé « Ubuntu ou “l’homme comme remède de l’homme” », paru ultérieurement dans l’ouvrage Repères pour l’Afrique, Panafrika (Silex/Nouvelles du Sud, Dakar, 2007), Joseph Ki-Zerbo poursuit son analyse, en précisant : « Ubuntu peut être l’outil le plus performant de cette tâche primordiale ; mais surtout, il doit constituer le but et le sens de la paix. Il ne s’agit pas ici de verser dans un culturalisme anthropologique ; mais face au rouleau compresseur de la pensée unique, il est urgent de désamorcer les conflits dont la violence structurelle du statu quo porte la charge… »

Ma conviction est aujourd’hui faite qu’au regard de la faillite des modèles de développement en cours, une réflexion devrait être entreprise pour envisager de concevoir un nouveau projet de société fondé justement sur le concept d’humanitude.

La grande rencontre internationale des sciences de l’homme, la première Conférence mondiale des humanités (CMH) qui se tient à Liège (Belgique) du 6 au 12 août 2017, est l’occasion d’approfondir ce concept.

En effet, la ville de Liège, « Cité ardente », autant par l’esprit que par l’industrie, cité multiculturelle au cœur de l’Europe, accueille une manifestation inédite, sous le Haut patronage de Sa Majesté le roi des Belges.

La faillite du modèle dominant

Pourquoi donc une Conférence mondiale des humanités ?

L’idée s’est imposée à moi en 2009, lors de mon premier mandat de président du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines (CIPSH), organisation non gouvernementale créée sous les auspices de l’UNESCO en 1949.

Elle s’est imposée à moi à partir de trois constats.

Premier constat : faisant suite à des épisodes récurrents d’instabilité liés à la globalisation financière, la crise de 2008-2009, plus que financière ou économique, s’était muée en fait en une crise « totale ». C’était une crise sociétale qui a, d’une certaine façon, consacré la faillite du modèle dominant néolibéral et occidentalocentrique de développement, entraînant une véritable perte de sens.

Deuxième constat : la progressive marginalisation des sciences humaines dans le monde. Comment accepter que face à une telle situation d’interpellation très forte, celles et ceux qui ont la charge de nous éclairer sur la complexité des transformations sociales soient dans une posture d’immobilité ?

Troisième constat : la faible implication, voire l’absence ou la non prise en compte dans la production et la coopération intellectuelle mondiale des représentants des sciences humaines des régions hors d’Europe et de l’Occident. Une situation, aggravée par les risques de disparition des savoirs traditionnels et de la moitié des langues du monde, que l’on désigne désormais par les termes d’épistémicides et de linguicides.

C’est ainsi qu’il m’a paru évident et indispensable de proposer à l’UNESCO, en 2009, l’organisation d’une Conférence mondiale des humanités (CMH), la première du genre, appelée à consacrer la réhabilitation des sciences humaines dans le monde.

Une insupportable anxiété

La question centrale pour la CMH est de discuter le rôle des sciences humaines dans un XXIe siècle qui est marqué par la diversité culturelle, l’échec de différentes formes de pensée unique, le besoin de réintroduire dans les raisonnements du quotidien la dimension du moyen et du long terme. Un siècle frappé par des changements globaux, des migrations croissantes, des tensions sociales et économiques, dont la résolution dépend largement des compétences interculturelles, de la compréhension de l’unité de l’humanité dans sa diversité et du besoin de renforcer les sciences, dans leurs rapports transdisciplinaires, ainsi qu’avec les arts et les technologies.

Un siècle qui aura démarré par le développement d’un terrorisme mondial n’épargnant aucune région du monde, aucun pays, frappant de manière aussi aveugle qu’inhumaine d’innocents citoyens, victimes d’une violence gratuite, barbare et indicible… Une insupportable anxiété traverse la planète d’autant que de telles violences, connues pendant les conquêtes coloniales ou les guerres de libération, restaient, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, relativement inconnues de l’Occident sanctuarisé, à quelques exceptions près.

Ainsi la CMH a pour objectif principal d’étudier comment les disciplines des humanités contribuent ou peuvent contribuer, à l’échelle nationale, régionale et internationale, à mesurer et à comprendre, pour aider à mieux les gérer, les transformations culturelles qui s’expriment dans des dimensions économiques, sociales et environnementales liées à la globalisation progressive des échanges.

Face donc à la crise sociétale, humaine, que nous vivons, face à un monde en panne où le processus de déshumanisation se développe et se renforce, la CMH ambitionne de construire un dialogue fécond des esprits du moment sur les défis, enjeux, connaissances nouvelles par lesquelles les humanités rendent notre monde plus lisible, moins opaque, moins antagoniste, moins meurtrier et par là même, c’est du moins notre commune espérance, plus humain.

Les humanités, c’est la célébration du génie des langues de l’homme, la connaissance du foisonnement de ses pratiques, sociales, politiques, économiques, artistiques…

Réhabiliter et refonder les sciences humaines

Le titre de la CMH, « Défis et responsabilités pour une planète en transition » situe clairement les enjeux de cette conférence. Selon l’UNESCO, les principaux défis de notre planète en transition sont : l’augmentation de la population ; la recomposition des territoires ; les flux migratoires ; les contraintes énergétiques et environnementales ; l’uniformisation culturelle dans le contexte de la mondialisation et à l’inverse, la structuration de nouvelles identités ; et l’avènement de la société numérique qui induit souvent une société duale.

Dans un tel contexte, marqué par un sentiment de faillite des modèles de développement, en particulier le modèle néolibéral qui semble s’imposer aux peuples du monde, il devient impératif de revisiter le rôle des sciences humaines au sein de nos sociétés contemporaines, rôle qui doit associer la double prise en compte des spécificités et des ressources propres à chaque culture – qui doivent être valorisées à bon escient – et des possibilités d’échange, de dialogue et d’enrichissement mutuel entre elles.

La CMH est donc une véritable mise en perspectives, pour la réhabilitation et la refondation des sciences humaines, pour un changement de paradigme permettant de réinventer un monde fondé sur le respect de sa riche diversité culturelle et linguistique et qui nous permettra de substituer aux relations conflictuelles de compétition une véritable solidarité universelle, seule susceptible d’aider à relever les défis de notre planète en transition !

Il s’agit, en somme, d’étancher la soif d’humanité de cette planète en vivant et en consacrant notre humanitude !


Adama Samassékou (Mali) est président de la Conférence mondiale des humanités (CMH). Ancien ministre de l’Éducation nationale du Mali, il a présidé le Comité préparatoire du Sommet mondial sur la société de l’information (Genève 2002-2003). Adama Samassékou a également été le premier Secrétaire exécutif de l’Académie africaine des langues de l’Union africaine, institution spécialisée de l’Union africaine (ACALAN/UA), basée à Bamako. Après deux mandats de présidence du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines (CIPSH), entre novembre 2008 et octobre 2014, il en est actuellement le président honoraire.

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Mar 22 Aoû - 20:01


pour info, un nouveau portail Wikidébats en propose un sur le thème


je ne l'ai pas lu, mais le titre m'arrête : crise n'est pas déclin, et le "débat", avec ses arguments pour et contre, ne traduit pas la vision dialectique que comporte la crise, produit de contradictions qui ne tiennent pas à une rhétorique argumentative. De plus, ces arguments, qu'ils soient pour ou contre, me semblent pris dans une vision réactionnaire eurocentrée de la question, ce qui confirme au moins une chose : la peur des européens occidentaux. Cela dit, ne serait-ce que par son existence et pour son contenu idéologique, ce débat est intéressant

dernier point, je rappelle que le concept d'Occident, notamment critiqué dans la pensée décoloniale comme critique des colonialités, n'est pas géographique, et ne concerne pas la seule Europe

voici le sommaire :


Citation :
Présentation
Citation
Un regain du sujet
Un débat qui a une longue histoire
Les familles d'acteurs


Arguments POUR

1. Un déclin économique

Le monde occidental est dans une crise économique et financière qui va s'aggraver
L'Europe occidentale suit un modèle de développement court-termiste
L'Europe n'a plus les moyens de sa politique sociale
L'Europe est dépassée par les puissances émergentes
L'Europe devient un désert industriel
L'automatisation et l'informatisation détruisent les emplois peu qualifiés
L’Europe vit une crise de l’avenir
La promesse du progrès est bafouée
L'Europe occidentale devient de plus en plus inégalitaire
Objections à l'argument "Un déclin économique"

2. Un déclin politique

La fin du monde unipolaire
Une faiblesse militaire
La crise des institutions
Un alignement sur la politique étrangère américaine
Un recul de la démocratie
La perte de cohésion nationale
L'abstention aux élections et l'anomie
Des pays dirigés par une élite de plus en plus coupée des citoyens ordinaires
Objections à l'argument "Un déclin politique"

3. Une baisse globale de la qualité de la vie

Une hausse de la pollution de l'air, de l'eau et des maladies environnementales
La montée de la malbouffe
L'explosion des maladies dues au mode de vie
La détérioration des relations humaines
La montée de l'insécurité
Une baisse de la qualité de vie au travail
Des transports qui s'allongent
La privatisation des services publics
La dégradation des conditions de vie des personnes âgées
Une montée du malaise existentiel
La dureté de la condition paysanne
Objections à l'argument "Une baisse globale de la qualité de la vie"

4. Un déclin démographique et un choc migratoire

L'Europe fait venir des immigrés qui déstabilisent son identité
L'intégration est en échec
"On assimile des individus, pas des peuples"
Il n'y a pas réellement besoin d'une telle immigration
L'immigration coûte plusieurs milliards par an
L'Europe n'a pas assez de logements et d'emplois pour accueillir de nouveaux arrivants
Objections à l'argument "Un déclin démographique"

5. L'idéologie multiculturaliste détruit la cohésion des nations européennes

L'idéologie multiculturalisme favorise le communautarisme
La fin de l'héritage et des nations
Une évolution à rebours des précédentes immigrations
En acceptant les "accommodements raisonnables", on favorise le communautarisme
Le récit national est attaqué par une histoire "mondiale" tronquée
Le vivre ensemble et l'antiracisme sont en échec
La liberté des individus doit primer sur les exigences de la famille, de la religion ou de la communauté d'origine
Objections à l'argument "L'idéologie multiculturaliste détruit la cohésion des nations européennes"

6. L'islamisation de l'Europe et le risque de sécession


Titre à trouver
La laïcité est incompatible avec l'islam
La guerre civile qui vient
Objections à la famille "L'islamisation de l'Europe et le risque de sécession"

7. Un déclin culturel


L'américanisation des mœurs et de la société
Un recul de la liberté d'expression
Une régression démocratique
L'imposition du politiquement correct de type américain
La fin des débats de qualité
Une perte de la diversité culturelle
Un recul de l'éducation
La dégradation de l'urbanisme
Une haute culture en régression
La fin du modèle de l'école républicaine
Objections générales à l'argument "Un déclin culturel"

8. Un déclin moral

Le monde occidental cultive la haine de soi et la culpabilité
L'Europe promeut des valeurs qui laissent l'homme face à un vide angoissant
La montée de l'insignifiance
Le vide spirituel du monde occidental entraînera sa perte
La philosophie est en crise
Le libéralisme tue l'Occident
Un sentiment morbide de malaise et d'angoisse
L'éloignement de la nature
Une perte de sens esthétique
Le relativisme favorise l'enfermement de chacun sur "sa" vérité et fait le lit de l'intolérance
La fragmentation des savoirs et la fin des Grands récits
La fin de la civilisation
L'ère du vide
Objections à l'argument "Un déclin moral"

9. Un sentiment de vide et un désir de mort

La civilisation occidentale est criminelle par essence
Un désir de mort que l'on voit à l'oeuvre par mille symptômes
L'Europe a perdu son élan vital
L'Europe occidentale laïque s'effondrera nécessairement car il n'existe pas de société humaine sans religion
L'individu occidental entretient un rapport faux avec l'existence et le monde, c'est pourquoi il détruit la planète
La raison instrumentale conduit le monde occidental à l'abîme
Objections à l'argument "Un sentiment de vide et un désir de mort"


Arguments CONTRE

1. L'Europe est un attracteur

Les autres peuples aspirent à rejoindre le modèle occidental
Objections générales à l'argument "L'Europe est un attracteur"

2. Un lieu de concentration des richesses

L'Europe est la première puissance économique
Les Etats-unis sont la première puissance militaire
L'Europe produit un grand nombre de brevets, de livres, d’œuvres d'art
Les Européens se sentent heureux
Objections générales à l'argument "Un lieu de concentration des richesses"

3. Une puissance politique

L'Europe occidentale est une zone de paix et le demeure
Elle est formée d'Etats aux institutions stables, avec alternances démocratiques
L'Europe occidentale est la société la plus aboutie
Objections générales à l'argument "Une puissance politique"

4. Un progrès scientifique et moral

Les normes juridiques et morales vont vers un adoucissement général
On constate l'extension des droits pour les minorités et les animaux
Le niveau d'éducation augmente
La douleur est beaucoup mieux prise en compte
La protection sociale tend à se développer
Les conditions de travail s'améliorent
La généralisation d'Internet conduit à une meilleure prise en compte des citoyens
Objections générales à l'argument "Un progrès scientifique et moral"

5. Une société de plus en plus écologique et éthique

L'Europe connaît une révolution écologique et éthique
Le investissements éthiques, le commerce équitable, dessinent une économie respectueuse des humains et de la nature
Des éco-quartiers, écocités et écovillages se développent
L'explosion du bio
On relocalise la production et privilégie les circuits-courts
La vision de la santé change
Les mentalités aspirent à des relations plus coopératives
Objections générales à l'argument "En transition vers une société plus écologique et éthique"

6. Une société multiculturelle épanouissante

Dans sa version forte, le multiculturalisme est vecteur d'espoir
La force de l'Europe est sa capacité d'autocritique et de comparatisme
Un accès à la diversité du monde et des cultures
L'élaboration d'une pensée complexe
Une confrontation des modes de vie et des visions du monde
Objections générales à l'argument "Une société multiculturelle"

7. Des revirements sont possibles

Un retour aux Lumières
Une thérapie sociale
Le convivialisme
Inventer de nouveaux modèles
Objections à l'argument "Des revirements sont possibles"

8. Le déclinisme est un prisme idéologique erroné


Parler du "déclin" sert à dissimuler les vrais problèmes
La notion de déclin est trop vague
La notion de déclin n'a de sens que par rapport à une norme d'une "bonne société"
Le déclinisme est alimenté par les médias
Les déclinistes ne se fondent pas sur des études sociologiques mais sur des ressentis
Objections à l'argument "Le déclinisme est un prisme idéologique erroné"
À caser
Le multiculturalisme est une chance et non un problème
Au lieu d'alimenter le "choc des civilisations", œuvrer à l'islam des Lumières avec de nombreux musulmans
Les "déclinistes" veulent un retour en arrière qui est impossible à réaliser (ou alors par une dictature !)
Objections
Le déclin des religions et des grandes idéologies est un surplus de lucidité
Toutes les générations disent "c'était mieux avant"
Il est possible de résoudre les conflits "communautaires" au lieu de prophétiser la fin (ou la guerre civile)
Les déclinistes regrettent une société sclérosée et triste : l'ordre moral, l'homogénéité sociale et culturelle
Les déclinistes se focalisent sur des difficultés passagères sans voir l'avantage à long terme des changements en cours
L'Histoire n'est pas écrite

Pour aller plus loin

{{{2}}} Bibliographie
Analyses générales
Livres "déclinistes"
Livres contre le déclinisme
Ouvrages classiques sur la question
{{{2}}} Sitographie
Notes et références

remarque : a priori wikidébats n'a rien à voir avec wikipédia qui le dit lui-même :  « Un wiki est une application web qui permet la création, la modification et l'illustration collaboratives de pages à l'intérieur d'un site web. »

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Mer 23 Aoû - 14:46


la double invention du capitalisme et de l'Occident

Aux origines de l'Occident : machines, bourgeoisie et capitalisme
Augusto Forti
Paris, Presses universitaires de France, coll. « Science histoire et société », 2011

lecture par François Thoreau

Citation :
1 Augusto Forti est scientifique de formation et, nous annonce la préface, « philosophe, érudit,'penseur' en somme » (p. 1). Il signe ici un essai modeste, d'une petite centaine de pages, au cours duquel il se propose de remonter à ce qu'il identifie comme le socle fondateur de la modernité occidentale : le machinisme.

2 L'invention des machines, selon le récit qu'en fait Augusto Forti, est le « facteur décisif » (p. 7) à la base du développement de la bourgeoisie et du capitalisme, rien de moins ! Il y voit en tout cas la condition de possibilité de l'émergence de ces ordres social et économique et, par extension, de la « liberté » (p. 9). En somme, le projet de Forti consiste à suggérer une préhistoire de la révolution industrielle, située aux XIV et XVe siècles, convoquant à nouveaux frais les apports essentiels des machines à notre civilisation, en dépit du mépris dont elles font aujourd'hui l'objet.

3 Pour renouer le fil de cette « révolution mécaniciste » (p. 17), il remonte au XIe siècle et retrace succinctement le développement des « artes mechanicae » (pp. 18-23), montrant à quel point les arts techniques et manuels cessent d'être dévalorisés au seul profit des arts spirituels et du travail de l'âme. Il remonte aux épreuves expérimentales de Roger Bacon, un précurseur aux « intuitions géniales [qui] a su prévoir le destin technologique de l'homme moderne ».

4 Le creuset du machinisme est la Commune, où se fédèrent des associations de citoyens et d'artisans. À ce niveau local, une forme embryonnaire de démocratie voit le jour, avec « une large participation des citoyens à la gestion du bien public » (p. 28). Ainsi, Forti esquisse un tableau des bouleversements politiques et économiques majeurs auxquels conduisent les nouveaux espaces de liberté et de production qui s'ouvrent en cette période féconde du XIVe siècle. Faisant siennes les thèses de Braudel ou de Mumford, il y fait remonter « l'origine du capitalisme » (p. 29).

5 Forti entreprend alors d'énumérer les changements profonds de l'époque, soutenant la thèse d'une période d'une vive effervescence, où les femmes exercent des rôles importants (pp. 33-35), où les arts, la mathématique, la géométrie et, surtout, la médecine moderne, connaissent un regain d'essor exceptionnel. Sans doute l'événement machiniste de premier plan est-il l'invention du temps mécanisé, sur laquelle s'attarde Forti, à bon droit (pp. 45-48), car c'est à cette période qu'il faut faire remonter la création du temps rectiligne, dorénavant perçu dans toute son « irréversibilité », selon le mot de Prigogine (p. 48).

6 Après un bref détour par Léonard de Vinci et son génie machiniste, Forti aborde l'immanquable bouleversement induit par la papeterie et au XVe siècle, bien sûr, l'invention de l'imprimerie, qui « a représenté un saut culturel d'une immense portée, avec enfin la possibilité de conserver et de diffuser le patrimoine du savoir de l'humanité et d'avoir à disposition une littérature technique sur laquelle former les artisans et les ingénieurs » (p. 56). Il souligne à quel point cette invention est distinctive de la modernité occidentale, par exemple au regard du monde musulman. Il ne faudrait pas pour autant en déduire hâtivement que ce dernier était inculte par défaut « d'imprimerie », tant nous leur sommes redevables de la préservation, de par les siècles, d'une partie immense du savoir classique et antique.

7 C'est donc ce « printemps de l'Europe » qui voit le - déjà - vieux continent sortir d'une léthargie prolongée et se lancer à la conquête des nouveaux mondes, en bonne partie grâce aux instruments de navigation. Par une sorte d'effet de vases communicants, ce nouvel expansionnisme signe le début d'un déclin du "monde arabo-musulman", qui se replie progressivement sur lui-même.

8 Comment a émergé ce machinisme, après plusieurs siècles de « retard » de leur apparition diffuse (p. 69) ? Il n'identifie aucune explication satisfaisante ; serait-ce dû à l'esclavage et au servage (main-d’œuvre abondante), aux famines ou aux épidémies (pénuries de main-d’œuvre) ? Toujours est-il, nous dit Forti, que ce n’est rien moins que "la première révolution industrielle" (p. 70) qui se déroule ainsi aux XIV et XVè siècles. C'est la naissance de l'autonomie, de l'homme qui devient sujet, qui s'affranchit des institutions sociales les mieux implantées. Le meilleur exemple en est, nous dit Forti, la « figure de l'entrepreneur capitaliste et bourgeois », qui place l'honnêteté au pinacle des vertus, ou encore l'épargne et l'accumulation de capitaux à investir comme une fin désirable - ce qu'accélérera considérablement la réforme (pp. 76). Bref, c'est la naissance du bourgeois « fondamentalement individualiste [qui] promeut la défense de la propriété privée et intellectuelle » (p. 77).

9 Dans le récit de Forti, la période faste des XIV et XVe siècles a vu naître le machinisme, porteur de la première révolution industrielle qui allait conduire tout droit à la Renaissance et poser les jalons de notre civilisation occidentale. L'émergence d'un savoir pratique, technique, comme nouveau rapport d'être au monde. Ce « gigantesque laboratoire » (p. 84) voit émerger un homme nouveau, dont le moindre mérite n'est sans doute pas de s'affranchir d'un ordre social fini et extérieur à lui-même. Par les vertus de l'irruption inexplicable, aussi soudaine qu'inattendue, de la science et de la technique dans le monde médiéval, une période « d'improvisation géniale » et de « chaos » que l'on devine productif (p. 86), s'ouvre enfin. La science est le terreau d'une nouvelle culture, aussi importante que le christianisme. Au final, Forti voit « émerger un nouvel esprit laïque porteur des meilleures valeurs dont nous héritons de la pensée scientifique, de la tradition judéo-chrétienne et du long combat mené pour séculariser la société » (p. 89), un humanisme auquel il convient de rester fidèle en ces temps troublés de capitalisme débridé.

10 En bref, Forti dresse un bref tableau de deux siècles d'évolution de la science et des techniques, prémisses de la Renaissance et de la révolution industrielle. L'essai, intéressant par moments, n'échappe pas toujours à l'énumération de détails qui ne viennent pas nécessairement à l'appui de la thèse principale. Laquelle thèse entreprend de réhabiliter la période du très haut Moyen-âge en vertu des révolutions techniques qui s'y produisent. Un projet ambitieux, à défaut d'être foncièrement original, qui intéressera le lecteur peu familier d'une histoire concise et basique des sciences et des techniques.

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Lun 28 Aoû - 11:33

à titre de document

Émergence puis effondrement d'une civilisation capitaliste en Occident

L’HISTOIRE QUI MENE À AUSCHWITZ ET HIROSHIMA EST CELLE D’UNE CIVILISATION
QUI DEVIENT MAJORITAIREMENT CAPITALISTE À LA FIN DU XIXe SIÈCLE

Introduction, plan et conclusion
Citation :
- Le capitalisme thermo-industriel 1 qui a débuté dans le second XVIIIe siècle en Europe, s’est cristallisé vers 1850 à travers une « triple alliance » (sciences-industries-Etats-Nations modernes) pour finalement s’imposer à la fin du siècle, donnant ainsi naissance à un « fait social total ». À l’orée du XXe siècle, le capitalisme est devenu un fait historique qui a majoritairement structuré le Réel, le Symbolique et l’Imaginaire de pays aussi divers par leurs passés, leurs cultures, leurs organisations sociopolitiques, leurs rapport aux religions… que la France et les Etats-unis. C’est en se fondant sur ce profond bouleversement des corps sociaux et cette extension géographique transcontinentale – y compris dans les pays colonisés – que l’on peut avancer que se met en place à cette époque une civilisation capitaliste de type occidental. Evitons tout malentendu s’il se peut : il n’existe pas de formation sociopolitique « pure » car perdurent toujours d’anciennes, voir de très anciennes formes dans toute nouvelle constitution sociale, ce qui engendre ce qu’on appelle métaphoriquement un « tuilage ».

- D’autre part, la période qui se sera étalée grosso modo sur un siècle, entre 1850 et 1945, nous proposons de l’appeler un « renversement civilisationnel » afin d’en marquer la nouveauté et l’exceptionnalité car elle aura finalement détruit ou gravement mis en cause quasiment tous les anciens soubassements de la civilisation classique qui perduraient en Occident depuis la Renaissance. En fait, le recul historique nous permet d’avancer que « les vers étaient dans le fruit » dès les débuts du XIXe siècle, ce qui engendrera un peu plus d’un siècle plus tard des phénomènes violents d’autodestruction inconnus jusqu’alors : il s’agit en 1904 des premiers camps de la mort en Namibie où sont pratiqués « des expériences médicales » sur les Hereros par Josef Mengele et le père de Göring, jusqu’aux deux évènements majeurs qui clôtureront la « guerre de trente ans » – Auschwitz et Hiroshima – sans oublier le génocide Arménien commis par de Jeunes Turcs acquis au darwinisme social, évènements d’importance historique dont on peut dire qu’ils sont l’ultime vérité d’une civilisation qui n’a pour but qu’une « valorisation de la valeur » contradictoire avec toute forme de vie. Les arguments qui étayent ces deux hypothèses sont exposés dans les lignes qui suivent.

- Enfin, une nouvelle époque historique débutera en 1945, ce qui fera l’objet d’une autre séance et d’autres textes.


*


La remise en cause des interdits fondateurs de toute vie sociale dès la fin du XIXesiècle est devenue un des « secrets de famille » de l’Occident capitaliste.

La guerre de 1914-1918, première transgression massive des interdits fondateurs sous l’égide des États capitalistes occidentaux.

Après 1918, l’expansion d’une industrie acquise au fordo-taylorisme a été l’autre facteur matériel déterminant qui a approfondi la déshumanisation.


*


Tout cela entraîne les réflexions suivantes : à partir du moment où le travail et l’être humain ont été encasernés, disqualifiés, prolétarisés, déréalisés et finalement massivement déshumanisés dans les usines, alors, tout a été possible dans l’ordre de la banalisation et tout est devenu acceptable dans l’ordre du mal puisque la division du travail, en excluant le producteur du but final de la production, allait bientôt permettre qu’un employé lambda devienne le rouage d’un crime sans que cela ne trouble le moins du monde sa conscience morale ; notons, cela est important, qu’il s’agit-là d’une constante pérenne qui n’a fait que s’intensifier avec l’approfondissement de la division internationale du travail. Au quotidien, cela allait finalement engendrer ce qu’il faut bien appeler « la misérable circularité des raisons de vivre » en occidentalie capitaliste : produire en échange d’un salaire qui permet de vivre en consommant les marchandises produites en échange d’un salaire… En outre, les moyens scientifiques et techniques promoteurs de cette aliénation mortifère allaient bientôt faire l’objet d’une admiration érigée en culte de cette modernité morbide. L’étape suivante verrait le dépérissement de toute conscience morale dans la nouvelle économie psychique du « sujet libéral », symptôme supplémentaire de sa vacuité totale . Mais « les restes de cette humanité » devaient continuer à être valorisés (comme le faisaient déjà les abattoirs de Chicago dès 1865), d’où découle l’inévitable obligation de mettre en place une « industrie de la consolation » pour ces « restes ».

De tout cela il résulte qu’à partir du moment où le mode de connaissance scientifique a légitimé la stérilisation puis l’élimination « des déficients » afin d’améliorer la race, cela n’a plus été un tabou infranchissable pour les gouvernants que de passer à l’acte ; de même, à partir du moment où les colonisés ont été montrés dans des zoos occidentaux comme des objets d’étude figurant les premiers âges de l’humanité moderne, il fut considéré comme légitime de parquer des personnes noires de peau dans des camps de concentration en pratiquant sur leurs corps des expériences qualifiées de médicales ; à partir du moment où le respect dû aux morts a été massivement mis en cause par la guerre industrielle totale et qu’il n’était même plus possible de les pleurer comme les hommes l’avaient fait depuis la nuit des temps ; à partir de ces moments, que restait-il des fondements de notre humanité en Occident ? Plus grand-chose, ce qui permit aux nazis et aux autres régimes totalitaires 48 de s’en emparer facilement et de diriger ce qui devint des foules vers les expériences les plus mortifères.


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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Mer 13 Sep - 8:08


conjectures de la peur en Occident

demain, quel partage capitaliste du monde ?

Ce processus d'unification asiatique qui devrait inquiéter l'Occident qui se défait

Edouard Husson Atlantico 6 Septembre 2017

Le monde évolue avec les BRICS qui s'organisent, les nouvelles routes de la soie qui s'ouvrent... Comment l'Occident peut jouer son rôle dans cette nouvelle donne face au continent Eurasiatique qui augmente la pression. De nombreux défis sont à relever.

 
Citation :
BRICS, nouvelle route la soie, Union eurasiatique, organisation de coopération de Shanghai...ces différentes organisations eurasiatiques se mettent progressivement en ordre de marche afin d'unir les pays qui composent le continent. Dans quelle mesure cette "intégration" eurasienne est elle sous estimée en Europe ? Que pourraient être les conséquences, à terme, d'une telle intégration ?

Edouard Husson : Il y a eu des intiatives variées. Leur premier point commun est....la Russie. Leur deuxième point commun est de regrouper des pays qui ont appartenu soit à la sphère communiste soit à l'ancien "Tiers-Monde" et/ou aux non-alignés. Après la chute du communisme, on parlait d'un monde unifié par la mondialisation. Or la politique américaine, dès les années Bush, a fait revivre de vieux alignements, des identités datant de la Guerre Froide. Nous ne nous rendons pas compte, en Europe - ni a fortiori aux Etats-Unis - comme le déchaînement des guerres américaines, en Irak, au Kosovo, en Afghanistan en particulier, a effrayé et dégoûté le reste du monde; et l'a persuadé de commencer à se protéger.

En mettant dans l'axe du mal, au début des années 2000, l'Irak, l'Iran et la Corée du Nord, Bush junior a plus fait que tout autre pour provoquer un rapprochement d'un certain nombre de puissances qui ont commencé à réfléchir sur le moyen de ne pas être écrasé par la puissance américaine comme des pays plus vulnérables l'avaient été. Il est frappant de constater, aujourd'hui que l'on se retrouve un peu dans la situation des années 1950: la Russie et la Chine travaillent de concert. Un certain nombre de pays prennent conscience de leur force. Ou les regroupent pour peser plus. Il est difficile de dire à quelle vitesse la nébuleuse dont la Russie et la Chine sont le pivot, va affirmer indépendance et prospérité. Mais nous autres Européens aurions tort de négliger un mouvement qui affecte une bonne moitié de l'humanité.

Du point de vue de l'Occident, et de l'Europe, quelles en sont les conséquences ? Comment aborder cette intégration, et comment se définir, soit en opposition à cette intégration eurasienne, soit en l'accompagnant ?

Je viens de finir le magnifique ouvrage d'Emmanuel Todd, Où en sommes-nous? Todd voit la Chine, si je le comprends bien, comme une puissance déstabilisatrice, en particulier du fait de son libre-échangisme. Et il esquisse un avenir géopolitique pour la France qui passe plutôt par un rapprochement avec les puissances anglophones. Cela suffit-il? Il y a bien entendu les 500 millions d'habitants de l'anglosphère, qui représente un bloc plus massif que l'UE. Mais la France peut-elle faire ce choix exclusif? Que ce soit le socle d'un renouveau des démocraties, je l'entrevois bien. Pour autant, il y a aussi la question, qui s'ensuivrait, d'une prise de distance avec l'Allemagne et l'UE; des relations avec la Russie; de savoir si nous pouvons ignorer l'Iran, l'Asie Centrale, la Chine. Que faire des relations avec l'Afrique? Avec le Proche-Orient? Sont-elles partie intégrante de la consolidation d'un bloc géopolitique qui comprendrait l'hémisphère occidentale et l'Eurafrique face à un bloc eurasiatique? La France et la Grande-Bretagne pourraient développer leur propre "One Belt. One Road" avec la Méditerranée et l'Afrique. Tandis que l'Allemagne, elle, intégrerait la logique eurasiatique. Pourquoi pas? Il me semble néanmoins que la France doit commencer par multiplier les moyens d'assouplir l'Union Européenne voire de la déclarer obsolète s'il n'était pas possible d'emmener l'Allemagne sur le chemin d'une réforme. Et dans cette perspective, la mise en place d'un dialogue "Eurobrics", le développement des relations avec la Russie sur une base apaisée, la participation au "One Belt. One Road" sont des voies à explorer. Elles ne sont pas exclusives de la réaffirmation d'une solidarité avec les puissances de la liberté, anglophones.

Dans quelle mesure cette construction eurasienne peut elle modifier, dès aujourd’hui, les rapports entre les Etats Unis et cette région du monde, notamment dans le cas de la gestion du cas nord coréen, ou afghan ?

La France est grande lorsqu'elle refuse la logique des blocs. On voit bien comment l'émergence de l'Eurasie est la négation de l'ambition exprimée par Brzezinski en 1997 dans le Grand Echiquer. Petit à petit les Etats-Unis sont expulsés du coeur de l'Eurasie. Ils ne peuvent rien faire en Irak sans l'Iran. Ils auront le plus grand mal à tenir l'Afghanistan au-delà de quelques années. La Turquie prend ses distances. L'Etat syrien n'a pas pu être détruit comme l'Etat irakien l'avait été. Les Etats-Unis essaient bien d'entretenir des tensions sur les contours de l'Eurasie: soutien aux nationalistes et à l'oligarchie de l'Ouest de l'Ukraine; coopération renforcée avec l'Inde; renforcement de l'effort militaire en Afghanistan; tensions très fortes avec la Corée du Nord. Quand j'observe l'attitude de Trump vis-à-vis de la Corée du Nord mais aussi de l'Afghanistan ou de l'Iran, j'ai le sentiment d'assister à des tentatives un peu désespérées de retarder l'inéluctable expulsion des Etats-Unis du continent asiatique - Japon mis à part - et, plus globalement, de l'Eurasie. De fait, le sommet des BRICS est aussi l'occasion d'évoquer l'Union Economique Eurasiatique, l'Organisation de la Coopération de Shanghai et la Nouvelle Route de la Soie.

Tout se passe comme si émergeait un bloc gigantesque démographiquement et économiquement de pays aussi irrésistiblement attirés par la bonne entente entre Pékin et Moscou que d'autres puissances le sont par les Etats-Unis. Le cœur de l'ambition de l'Eurasie organisée en train d'émerger, c'est le début de construction d'un nouvel ordre monétaire pouvant, à terme, se passer du dollar.

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Jeu 28 Sep - 16:36


livre-document que je n'avais pas encore recensé, et à vrai dire, que je n'ai pas lu
disponible en PDF ou W dans Les classiques de sciences sociales de l'UCAQ


Immanuel Wallerstein
L’Occident, le capitalisme et le système-monde moderne
1990


I. L'ascension de l'Occident ?
II. Qu’est-ce qui distingue le capitalisme ?
III. La construction historique d’un monde capitaliste
IV. Explications du type “civilisationnel”
V. Explications conjoncturelles

Citation :
Le chevauchement intellectuel entre l'essor de l'Occident, du capitalisme, et du monde moderne est une donnée de base de nos connaissances actuelles des sciences sociales historiques. Le phénomène se présente d'ordinaire comme une grande «réalisation» («un miracle») pour laquelle il faut trouver l'explication ou le moteur. L'article reprend les principales explications récentes de ce qu'on appelle la transition du féodalisme au capitalisme ou la naissance de la modernité, en les divisant entre analyses «conjoncturelles» et analyse «civilisationnelles». Puis il se demande si on devrait dénommer ce processus miraculeux ou progressiste, ou s'il serait plus apte d'y penser comme une faillite monumentale de contraintes sociales. Il suggère une quadruple conjonction d'effondrements -des seigneurs, des États, de l'Église, et des Mongols - une conjonction tout à fait inopinée et exceptionnelle, ce qui aurait permis l'éclosion de la structure aberrante du capitalisme historique.

quant au débat opposant structures et histoire, Wallerstein écrit, dans II. Qu'est-ce qui distingue le capitalisme ? p.9 :
Citation :
Il n'y a naturellement nulle raison pour que nous définissions un système historique selon ses activités plutôt que selon ses processus et/ou structures, ou inversement. Les trois points de vue sont clairement liés. Il n'est pas certain cependant qu'ils soient si étroitement liés qu'une définition d'un système historique à partir d'un de ces trois points de vue détermine immédiatement et précisément sa définition à partir des autres points de vue. Dans tous les cas, les auteurs ont privilégié l'utilisation de l'un ou l'autre de ces points de vue.

concernant mes cogitations sur le lien entre Occident, capitalisme, colonialisme et racisme, c'est ce lien entre structures et histoire que j'ai toujours soutenu

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Sam 30 Sep - 12:19


entre lucidité et courte vue populiste de gauche


Trois révolutions qui bouleversent notre monde, plus une qui manque

Pierrick Tillet Le monde du Yéti 18 septembre 2017

Trois révolutions bouleversent aujourd’hui notre monde : systémique, géopolitique, climatique. Mais une quatrième manque encore à l’appel : une révolution politique.


Citation :
La révolution systémique

Depuis la grande crise de 2008, le système capitaliste dit occidental est à l’agonie, tant sur son volet économique que financier.

La machine économique capitaliste hoquète depuis des années. Ses circuits sont grippés. Ses principaux moteurs sont en panne : une croissance anémiée, une consommation en berne, une production industrielle qui ne lui appartient plus, délocalisée dans des pays tiers pour de sombres raisons d’intérêts à courte vue. L’économie de services censée suppléer à la délocalisation industrielle a fait long feu.  Enfin, cette machine économique fonctionnait essentiellement sur la surexploitation de matières premières aujourd’hui en voie d’épuisement.

Le moteur financier du système capitaliste s’est séparé de sa fusée économique, pensant vivre sa vie en parfaite autonomie. Les richesses faramineuses qui lui sont attribuées ne sont en réalité que des bulles. Les dettes explosent. Les banques ne sont plus alimentées que par des jeux de casino de plus en plus essoufflés (avec des taux d’intérêt devenus négatifs) ou mises sous perfusion d’un flot de monnaie de singe pissé sans retenue par des banques centrales sans la moindre contrepartie en création de richesses. Un tel système est condamné à mort.

La révolution géopolitique

Les États-Unis et leurs alliés sont manifestement en train de perdre leur suprématie mondiale en plusieurs endroits de la planète.

C’est particulièrement le cas au Moyen-Orient où l’axe Russie-Iran-Syrie a pris un net ascendant dans les conflits qui ensanglantent la région. Même Israël, tête de pont local de l’empire occidental, a beaucoup perdu de sa superbe. En Afrique, où la Chine se déploie dans un axe essentiellement commercial, la France peine à garder ses prérogatives. En Amérique latine, les frondeurs (Venezuela, Bolivie, Cuba, Équateur…) résistent aux intenses pressions de l’Oncle Sam pour y restaurer son influence contestée.

On notera que, du côté de cette révolution géopolitique, le danger semble beaucoup moins venir des pays émergents qui la mènent que des réactions de bêtes blessées des vieilles puissances qui la subissent.

La révolution climatique

Nul ne songe plus à nier la révolution climatique en cours, manifestée par un déchaînement dévastateur grandissant des éléments aux quatre coins de la planète. Et l’impuissance totale des autorités à y répondre sérieusement. « Toujours aucun plan d’urgence pour stabiliser le réchauffement climatique », constate Maxime Combes dans le tweet ci-dessous.

Des catastrophes en chaîne

Les tragédies climatiques ne frappent pas que ceux qui les subissent directement. Elles menacent aussi ceux qui s’en croient encore préservés à travers les grandes migrations climatiques qu’elles provoqueront inévitablement. L’Europe, qui se croyait encore à l’abri commence à en ressentir les premiers effets. Et ce n’est sans doute rien à côté de ce qui va advenir dans un futur désormais très immédiat.

La révolution politique

À coté de ces trois révolutions majeures qui semblent se dérouler sans que les sociétés humaines n’aient plus la moindre prise sur elles,  une quatrième fait hélas cruellement défaut : une révolution politique. Là encore, l’Occident capitaliste apparaît comme le plus dépassé par les évènements.

La vieille garde politicienne est sonnée de partout, remplacée par des détraqués (Trump, Macron…). Et les quelques figures susceptibles de redresser une situation un peu compromise (Sanders, Corbyn, Mélenchon) sont tous en voie d’être frappés par la limite d’âge. Les Français se satisferont au moins de noter l’émergence récente de jeunes pousses prometteuses dans le sillage de la France insoumise.

Pour l’heure, il faut aller dans les pays des BRICS ou assimilés pour trouver un personnel politique en place à peu près à la hauteur. Poutine a indéniablement réussi la révolution russe post-Eltsine, les dirigeants chinois maintiennent peu ou prou le cap de leur immense vaisseau malgré les secousses. Et, même s’ils ont connus des fortunes diverses, on notera que des Cristina Kirchner, Evo Morales, Rafael Correa ou Dilma Roussef sont encore largement opérationnels.

En attendant, sans cette révolution politique indispensable, il y a tout lieu de craindre que les trois autres échappent encore plus à notre contrôle et que nous soyons appelés à en subir les terribles conséquences.

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Sam 30 Sep - 12:26


Crise systémique occidentale 2017-2019

Le Dieu-dollar contre la Grande Tentation du PétroYuan


Geab 117 15 septembre 2017


Citation :
Qatar, Corée du Nord, Mer baltique, risques de 3ème guerre mondiale… les rodomontades militaires dont nous affligent l’information depuis cet été vont de pair avec l’arrivée désormais programmée, imminente et inéluctable du scenario-catastrophe pour le dollar comme monnaie unique de référence internationale : le PetroYuan sera en place à la fin de l’année… plus qu’une pétro-monnaie, c’est une pétro-gazo-auro-monnaie ! L’Occident s’apprête donc à basculer dans l’anachronisme complet avec cet acte fondateur du monde multipolaire du XXIème siècle. 2014-2017, nous voici donc au terme de trois ans d’exacerbation des tensions sur toutes les lignes de front Occident-reste du monde, face à la perspective de la fin du règne du dollar sur le monde et de tous les systèmes financiers et économiques connexes. Sanctions, blocus, proxy-guerres, menaces militaires directes… toute la question est de savoir si l’actuel fracas des armes est réellement annonciateur d’un énième suicide de l’Occident dans le vain espoir d’arrêter le temps ou si le pouvoir attractif des solutions d’avenir est sur le point d’emporter toutes les résistances.

L’effet-aimant du PétroYuan nouveau !

La Chine, qui est le premier importateur mondial de pétrole, se prépare à lancer des contrats à terme pour le pétrole brut libellés en yuan chinois et convertibles en or, créant potentiellement la plus importante référence asiatique dans le domaine pétrolier et permettant aux exportateurs de pétrole de contourner les standards libellés en dollars américains, par des transactions en yuan [1]. Pour rendre le contrat libellé en yuan plus attrayant, la Chine prévoit que le yuan sera entièrement convertible en or sur le marché de changes de Shanghai et de Hong Kong. Le mois dernier, la Shanghai Futures Exchange et sa filiale Shanghai International Energy Exchange, INE, ont terminé avec succès quatre tests d’environnement de production pour les contrats à terme de pétrole brut, et l’échange se poursuit avec les travaux préparatoires pour la liste des contrats à terme de pétrole brut visant à lancer les opérations à la fin de cette année. La tarification chinoise des actifs en yuans – conjuguée au plan de Hong Kong Stock Exchange visant à vendre des contrats d’or physique évalués dans cette monnaie – créera un système grâce auquel les pays peuvent contourner le système bancaire étasunien.

Les pays qui vont profiter immédiatement de cette révolution sont bien entendu les pays sous sanctions occidentales : Russie, Iran, Venezuela pour commencer… qui au passage sont assis sur les plus grosses réserves mondiales de gaz et de pétrole au monde, raison pour laquelle nous parlons de pétrogazoYuans – sachant que le gaz est l’énergie d’avenir plus que le pétrole.


Localisation des réserves de gaz dans le monde
Source : EIA, 2015


Localisation des réserves de pétrole dans le monde
Source : Wikimedia Commons, 2014

L’Iran et le Venezuela en particulier ont beaucoup souffert de leur mise au ban du système international qui les a empêchés d’investir significativement dans les infrastructures de production, laissant leur potentiel largement inexploité ; ces deux pays s’engouffreront donc dans l’opportunité ouverte par les pétroyuans.

L’Iran [2] et la Russie [3] en particulier, mais aussi d’autres plus petits producteurs comme l’Angola [4] et le Nigeria [5], vendent déjà leur pétrole et leur gaz à la Chine en yuans. Mais l’inconvertibilité du yuan aboutissait au développement d’une zone-yuan en dehors du système international, sans existence officielle donc, avec toutes les incertitudes pour les producteurs concernés sur l’avenir de cette part de réserves monétaires.

Tout va changer avec ces nouveaux contrats à terme qui s’assortissent désormais d’une consigne claire de la part de la Chine, qui sonne comme un coup de tonnerre dans le ciel déjà tourmenté du règne du roi dollar : « Nous favoriserons désormais les producteurs acceptant de nous vendre leur énergie en yuans ! »

Ce qui nous amène au Qatar


Depuis deux ans, le Qatar a mené plus de 86 milliards de dollars de transactions en yuans [6]. Il s’est en outre réconcilié cet été avec le pays avec lequel il partage le plus grand gisement de gaz naturel au monde, l’Iran [7], ce qui lui permet de ne pas reconduire le moratoire de 12 ans qu’il s’était lui-même imposé dans l’exploitation de cette gigantesque réserve qui fait de lui la troisième puissance gazière du monde. Bref, le Qatar sunnite et pro-occidental, bascule du côté de l’Iran et de la Chine, risquant d’entraîner dans son sillage l’Arabie Saoudite, ce qui signerait bien évidemment la mort définitive du pétrodollar. D’où l’agitation fébrile qui s’est emparé de la région à la fin du printemps dernier. Mais les politiques de sanction et de boycott n’ont désormais plus qu’un effet : jeter des pays entiers dans les bras de l’ « Autre Monde » devenu force irrésistible d’attraction.

L’Arabie Saoudite basculera-t-elle de l’autre côté ?

Dans un contexte où le gaz commence à détrôner le pétrole – obligeant l’Arabie Saoudite à investir dans des infrastructures spécifiques à l’extraction de gaz, où les Etats-Unis sont désormais un concurrent majeur de leur allié stratégique saoudien en termes de production de gaz (et ont réduit leurs importations de 14 millions de barils par jour en 2007 à 8 millions en 2017), et où les Russes ont diminué leurs importations de pétrole saoudien, perdre le client chinois et risquer de se retrouver avec de vastes excédents de production qui feront s’effondrer les prix, n’est pas une décision facile pour une Arabie Saoudite qui a déjà souffert de la crise des prix des dernières années [8]. Sans compter que l’ « Autre Monde » apporte des garanties de fermeté et de stabilité des prix (via son système OPEP rénové en OPEP+NOPEP) que n’apporte plus l’Occident (puisque les Etats-Unis n’y participent pas). Pas étonnant dans ces circonstances que le roi Salman d’Arabie Saoudite [9] vienne d’écarter de la succession le Prince Ben Nayef en faveur du Prince Ben Salman connu pour ses sympathies russes et chinoises [10].

Bien sûr, en acceptant de se faire payer en yuans, l’Arabie Saoudite risque de perdre la protection militaire américaine. Les Chinois ont conscience du dilemme épineux dans lequel ils mettent le pays et ont pour cela d’autres atouts dans leurs manches : une autorisation d’émission de bons en yuans par l’Arabie Saoudite, la création d’un fond d’investissement saoudo-chinois, ou encore acquisition d’une partie des 5% de la Saudi Aramco (compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures) qui doivent bientôt être introduits en bourse sur les marchés internationaux [11].

Basculera ? Basculera pas ? C’est le dossier iranien, et donc l’appareil militaire de l’Arabie Saoudite, qui peut bloquer l’évolution via une guerre Iran-Arabie Saoudite. Mais là encore, le choix de Ben Salman comme prince héritier peut jouer en faveur de la bascule. Ben Salman est en effet un acteur majeur de la campagne militaire au Yemen et, à ce titre, il est proche de l’appareil militaire de son pays dont il a probablement la confiance.

Autre argument en faveur d’un retournement de l’Arabie Saoudite : la région. Nous avons vu que le Qatar avait déjà pris parti. Le Koweït et le Sultanat d’Oman, fidèles aux principes d’une politique étrangère neutre tournée vers la médiation (notamment dans le conflit autour du Yémen [12]), ont refusé de prendre position et de fait se retrouvent plutôt dans le camp d’en face – la proximité historique du Koweït et de la Russie étant bien connue et le Sultanat d’Oman devenant à sa plus grande joie le hub aérien des Qataris en lieu et place de Dubaï [13]. La Turquie, comme nos lecteurs l’ont su avant tout le monde, est « passée à l’Est ». Et même parmi les 4 boycotteurs – Arabie Saoudite, Bahreïn, Egypte, Emirats Arabes Unis – l’un des sept émirats de l’EAU, l’Emirat de Sharjah, prévoit déjà de lancer des bons en yuans et devenir ainsi le premier émetteur du Marché des Bons Interbancaires Chinois du Moyen-Orient [14]. Déclencher une guerre contre l’Iran comme préalable à l’exécution du plan Vision 2030 [15] dont le Prince Ben Salman est à l’origine et qui positionne l’Arabie Saoudite en puissance régionale, ne serait donc pas un très bon point de départ.

Enfin, l’opinion publique internationale ne sera pas facilement acquise au soutien de l’Arabie Saoudite dans un conflit direct entre cette dernière et l’Iran. Sa réaction au boycott du Qatar en fournit un indice précurseur clair.

Notre équipe ne voit pas vraiment comment la péninsule arabique pourrait résister à de telles sirènes.

Les armées du Dieu-Dollar à la rescousse du système d’endettement-financement US

L’avènement du pétroyuan, c’est bien évidemment la fin du dollar comme pilier du système monétaire international et donc la fin de l’incontournabilité du dollar, une monnaie nationale que les aléas de l’Histoire ont amenée à supporter l’économie mondiale, aujourd’hui trop lourde pour elle.

Dès lors qu’il n’y a plus obligation à passer par le dollar US dans les transactions internationales, la perception de la valeur de la devise américaine va changer radicalement, pour se porter davantage sur la réalité de la solidité de l’économie US, de sa production, de ses exportations… autant d’indicateurs actuellement dans le rouge.


Balance commerciale US (août 2016 – juillet 2017)
Source : US Census Bureau, 2017

Certes, le dollar ne va pas disparaître à la fin de l’année. Mais tout est affaire de tendance. Or plusieurs gros pays vont se ruer sur les pétroYuans : Russie, Iran, Venezuela pour commencer, en plus de la Chine bien sûr. Mécaniquement, le dollar va perdre de la valeur et enclencher une fuite hors d’un dollar que tout le monde sait appuyé sur des fondamentaux faibles. Le retour probablement massif des dollars vers les Etats-Unis va provoquer de l’inflation [16]. Et nous entrons là dans le territoire miné du débat sur les vertus et/ou des dangers de l’inflation sur la dette US, débat dans lequel cet article n’a pas vocation à entrer mais dont l’existence permet tout de même d’entrevoir le fait que certains morceaux du système de gouvernance étasunienne (à commencer par l’actuel président) peuvent être en faveur d’une baisse du dollar.

En très résumé, il y a les tenants de la perpétuation du système d’endettement qui permet de continuer à se financer même si on n’en a plus les moyens (dont l’armée, sous perfusion de deniers publics, fait probablement partie) et ceux qui privilégient la réduction du poids de la dette (économie réelle). Si l’inflation est un moyen de réduire la dette ce qui satisfait les seconds, elle discrédite en même temps le mécanisme d’endettement ce qui ne sied pas aux premiers.

La supériorité de l’armement US en question

Le secteur disproportionné appuyé sur le système d’endettement permis par l’incontournabilité du dollar, c’est bien sûr l’armée des Etats-Unis et tous ses avatars de par le monde, à commercer par l’OTAN mais aussi les systèmes de défense au Japon, en Corée du Nord, en Arabie Saoudite, etc…

Cet appareil militaro-industriel est aussi un business qui rapporte énormément d’argent aux Etats-Unis. Mais ce business, comme tous les autres, subit de plein fouet la concurrence des nouvelles puissances (Russie, Chine, Inde, etc…). Si le pays n’a plus les moyens d’investir dans son absolue supériorité technologique, les concurrents sont nombreux pour récupérer les parts de marché. Or la course à la supériorité technologique dans ce domaine est bien entamée et les concurrents sont dans un mouchoir de poche désormais [17].

Notre équipe estime qu’il est temps de questionner les discours d’absolue supériorité du système militaire américain, discours bien trop sonores pour ne pas évoquer des effets de communication. Si nous sommes bien entendu dans l’impossibilité d’affirmer quoi que ce soit dans ce domaine, nous pensons qu’il est utile aujourd’hui de questionner ce prédicat car ce questionnement fournit des pistes de compréhension du monde assez pertinente. Voici quelques indices qui justifient ce questionnement…

S’abonner pour lire l’article complet et le reste du GEAB N°117

Notes
[1] Source : Nikkei Asian Review, 01/09/2017

[2] Source : BBC, 08/05/2012

[3] Source : Financial Times, 01/06/2015

[4] En 2015, l’Angola a adopté le Yuan comme seconde devise officielle du pays… et sa première devise, le Kwanza, est acceptée par la Chine comme devise de paiement. Source : MacauHub, 05/08/2015

[5] Le Nigéria a ouvert ses réserves de change au Yuan dès 2011. Source : CSMonitor, 06/09/2011

[6] Source : Reuters, 26/04/2017

[7] Source : The Independent, 24/08/2017

[8] Source : South China Morning Post, 04/09/2017

[9] Le Roi Salman a 81 ans et serait en mauvaise santé.

[10] Source : Sputnik, 21/06/20017

[11] Source : Nikkei Asian Review, 01/09/2017

[12] Source : AlMonitor, 14/11/2012

[13] Source : ArabianIndustry, 13/06/2017

[14] Source : Reuters, 31/08/2017

[15] Source : Les Echos, 21/06/2017

[16] Depuis août 2016, l’inflation US a considérablement augmenté, passant de 1 à 2,7 en février dernier ( !) pour rebaisser à 1,6 en juin et remonter depuis (1,9 en août). Source : USInflation Calculator, 14/09/2017

[17] Depuis longtemps, DeDefensa tente d’attirer l’attention du public sur cette évolution avec des articles très documentés sur les échec du F-35, sur le limites de la domination aérienne US, etc… Source : DeDefensa, 16/09/2015. Lire également à ce sujet l’article « L’Armée US est en mauvais état ». Source : NationalInterest, 14/02/2017

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Sam 7 Oct - 23:21


la femme savante, ou la bourgeoise en philosophe

le mieux est souvent de donner la parole à ses plus résolus adversaires, dans ce que Cioran appelait un « dialogue muet avec ses ennemis ». J'aurais pour ma part beaucoup plus appris d'eux que de mes supposés "camarades", car rien de tel pour aiguiser son esprit critique


Les revendications antiracistes sont le nouveau visage de la haine de l'Occident, analyse la philosophe Renée Fregosi. Face à l'islamisme et à ses «idiots utiles» de la gauche radicale, il s'agit de répliquer à voix haute et ne pas se replier dans une «société qui murmure».


Renée Fregosi est une philosophe et politologue française. Directrice de recherche en Science politique à l'Université Paris-Sorbonne-Nouvelle, elle a publié Les nouveaux autoritaires. Justiciers, censeurs et autocrates (éd. du Moment 2016)

sachons, avant de lire cet article, que « Renée Fregosi s'engage en politique dès l'âge de 16 ans au Mouvement de libération des femmes (MLF) et à l'Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) qu'elle quittera rapidement [c'est le groupe auquel appartenait Bernard Lyon, de Théorie Communiste, et qui par une scission donnera l'OCL]. Elle adhère au Parti socialiste en 1976. » (Wikipédia)


Citation :
Une fois encore, la récente enquête réalisée par Ipsos pour Fondapol sur les Européens face à l'immigration va faire polémique, comme l'ont faite les précédentes notamment celle sur «les juifs vus par les musulmans» parue en mai dernier qui faisait ressortir un antisémitisme de plus en plus largement exprimé par les musulmans.

Menée dans 22 pays européens, cette nouvelle étude montre notamment, que pour une grande majorité des personnes interrogées, l'islam représente un danger pour leur pays (57% en France, 63% en Allemagne, autour de 70% en Europe de l'est).
Quant à l'immigration, elle est jugée négative pour environ 60% des Européens, toutes catégories d'âges confondus et sans relation avec la situation économique particulière de chaque pays.

Mais face aux chiffres, les mécanismes de déni du réel et de retournement de la charge de la preuve joueront sans doute à nouveau dans les milieux du politiquement correct, comme c'est le cas depuis au moins une vingtaine d'années lorsqu'on aborde les questions de l'islamisme, de l'antisémitisme, de la culture française, européenne ou occidentale.

Déjà en 1997, à sa sortie en France, le livre de Samuel Huntington «Le choc des civilisations» a été conspué au prétexte qu'il aurait été un brûlot attisant la haine à l'égard de l'Occident, ou moqué au motif qu'il aurait été irréaliste d'imaginer une lutte des sociétés non-occidentales (islamiques et asiatiques tout particulièrement) contre l'Occident.

Selon l'adage évangélique «malheur à celui par qui le scandale arrive», on accusait de mettre le feu aux poudres, celui qui sonnait l'alarme.

L'illustration ambiguë de l'édition de poche de la traduction française, affichant en couverture de façon racoleuse, une bombe la mèche allumée, en témoigne. Pourtant, l'analyse était argumentée et mesurée.

Ainsi, pour Huntington, l'immigration n'est pas un danger en soi.

A deux conditions: «premièrement, que la priorité soit donnée à des individus qualifiés, énergiques, dotés des talents et du savoir-faire nécessaires à la société d'accueil», or d'après l'OCDE, 65% des immigrés arrivant en France ont un niveau d'études inférieur au collège ; «deuxièmement, que les nouveaux immigrés et leurs enfants soient assimilés culturellement dans le pays d'accueil et plus globalement dans la civilisation occidentale».

Or les nouvelles générations issues de l'émigration maghrébine et subsaharienne en France manifestent davantage un rejet de la France qu'une volonté d'intégration.

Et Huntington de conclure: «Le déclin moral, le suicide culturel et la désunion politique constituent, pour l'Occident, des problèmes beaucoup plus lourds de sens que les questions économiques et démographiques».

Deux décennies plus tard, l'aveuglement et la haine de soi des Occidentaux sont érigés en étendard «antiraciste». Il est malvenu de chercher à comprendre des réalités contradictoires, faites de ruptures et de continuités.

Les victimes ne pourraient être coupables, le multiculturalisme serait forcément une richesse, le peuple aurait toujours raison, l'islam n'aurait rien à voir avec l'islamisme, surtout «pas d'amalgame»!

On préfère réduire le réel à des dualités simplistes qui favorisent les pensées de l'orthodoxie et les pratiques d'imposition.

Et la perte de repères et de sens qui caractérise notre modernité globalisée est devenue un argument supplémentaire à tous ceux qui s'opposent à l'exercice de la libre-pensée: pas de complexité susceptible de troubler les esprits, pas de culture exigeante par souci d'égalitarisme.

Idiots utiles de l'islamisme et/ou apprentis sorciers pensant pouvoir instrumenter ce nouveau totalitarisme, les tenants de la gauche radicale sont alors repartis à l'offensive contre la démocratie représentative (taxée naguère de «bourgeoise»), le soi-disant «néocolonialisme» et le libéralisme.

Donneurs de leçon, justiciers et censeurs, ces autoritaires retors retrouvent de l'audience et mobilisent frustrations et rancœurs, tentant d'organiser «la convergence» des luttes islamo-gauchistes. Et toute critique du mouvement politico-religieux islamiste est taxée d'islamophobie.

Le choc des civilisations est alors patent: la pensée critique se heurte à la logique du blasphème et à la mauvaise foi «antiraciste» ; la notion d'individu libre est incompatible avec celle d'une communauté des croyants organisatrice de toutes les dimensions de la vie, comme avec la conception révolutionnaire populiste.

Le principe de l'égalité hommes/femmes est radicalement contredit au quotidien dans la séparation des sexes, le port de vêtements affirmant l'impureté et la soumission des femmes, tandis qu'un prétendu «féminisme islamiste contre le colonialisme blanc» retourne la violence faite aux femmes par le religieux, en signe de rébellion.

La libération des mœurs et partant, celle des femmes dans les sociétés modernes occidentales devient en effet un objet central de conflit avec l'islamisme contemporain, comme elle l'a été historiquement avec toutes les religions qui se sont laïcisées de gré ou de force à travers le monde.

L'Occident a été le premier à intégrer progressivement l'idée d'égalité entre les humains, entre les religions et entre les sexes ; cela, pour des raisons historiques complexes et différentes selon les Etat-nations, mais aussi parce que les religions chrétiennes comme la tradition talmudique ont évolué dans le sens de davantage de réflexivité critique et d'effort d'interprétation.

Malgré des tentatives d'ouvertures doctrinales, la religion musulmane quant à elle s'est refermée sur une position dogmatique résolue. Et la liberté des femmes n'a progressé en «terres d'islam» que par la domination coloniale, ou sous la pression de régimes autoritaires nationalistes.

Mais de l'Algérie des généraux du FLN à l'Egypte post-nassérienne, en passant par les partis Baas syrien et irakien décomposés, ou l'Autorité palestinienne, la laïcité de façade des pays arabes a cédé sous l'assaut des différents mouvements islamistes, et la timide liberté des femmes chèrement conquise y est désormais reléguée dans les poubelles de l'histoire.

Il s'agit donc bien d'une offensive globale menée contre l'Occident, pour l'imposition d'une autre civilisation. Les islamistes attisent ainsi le sentiment de persécution au sein des populations immigrées de la seconde voire de la troisième génération afin de faire croître un sentiment antifrançais ou anti-occidental en général, parmi ces populations «d'origine musulmane».

Une autre appartenance leur sera proposée en substitution de cette France ou de cette Europe qui prétendument les rejette: l'islam conquérant et vengeur.

On obtiendra ainsi dans «les territoires perdus de la République» à la fois l'omerta nécessaire à toute action criminelle, un vivier d'exécuteurs potentiels pouvant aller jusqu'au massacre de masse et au sacrifice ultime de leur propre vie, et surtout une contre-société qui augmente sans cesse sa pression sur le mode de vie de l'ensemble des Français.

Face à l'islamisme et à ses idiots utiles de la gauche radicale, il s'agit de répliquer à voix haute, de ne pas se replier dans une «société qui murmure» comme le redoute lucidement Boualem Sansal, d'oser défendre la civilisation occidentale avec ses ambivalences et ses contradictions certes, mais avant tout pour sa promotion du principe du libre choix contre celui de l'imposition et de la soumission.

d'autres textes de Renée Fregosi peuvent être lus sur le blog, témoignant que chez elle comme chez d'autres, il n'y a de concept d'Occident que face à l'Orient, et plus particulièrement l'Islam, et via la laïcité, c'est-à-dire l'État-nation français et ses "valeurs de civilisation occidentales"


« Face à l’islamisme, certains reproduisent les erreurs de leurs aînés face au nazisme » (lefigaro.fr/vox , 25 août 17)

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE dans celle du capitalisme   Mar 10 Oct - 17:58


dans la crise de la suprématie occidentale
Christophe Colomb
un statut symbolique ébranlé



Buffalo

Pourquoi la fête de Christophe Colomb fracture l'Amérique Les Inrocks 10 octobre 2017

A New York, la statue de Christophe Colomb fait polémique Le Monde 7 octobre


New-York Central Park septembre 2017

Vu d’Espagne. Aux États-Unis, la fronde anti Christophe Colomb s’organise Courrier International 5 octobre

quel est l'œuf qui a fait Colomb ?

Grands explorateurs. Christophe Colomb, corsaire dans les gènes ? Courrier International 29 septembre 2017

Une équipe de chercheurs portugais va mener une série de tests ADN. Leur objectif : prouver que le découvreur de l’Amérique était en réalité un corsaire portugais du nom de Pedro Ataíde.

Citation :
Christophe Colomb était-il un corsaire portugais du XVe siècle, répondant au nom de Pedro Ataíde ? Cette thèse est défendue depuis 2012 par un ingénieur et chercheur de l’Institut technique supérieur de l’université de Lisbonne, Fernando Branco. Le quotidien Público annonce que, à l’initiative de ce chercheur, des tests ADN vont être menés sur les ossements de membres de la famille de Pedro Atáide. Ensuite, les résultats seront comparés à l’ADN recueilli sur les os de Christophe Colomb que Séville prétend détenir.


Bien que l’occident s’évertue à accuser le monde musulman de tourner le dos à toute forme de progrès et que les médias se focalisent sur certains groupes pour justifier un soi-disant retard social qui caractériserait selon eux l’ensemble des sociétés musulmanes, le passé est là pour nous rappeler l’âge d’or islamique.


gras dans le texte
Citation :
Médecine, géographie, astronomie, les musulmans ont brillé par leurs connaissances et leur savoir-faire, un brillant passé que semble avoir totalement oublié l’occident. Difficile aujourd’hui de se dire que le monde musulman a su affirmer sa nette supériorité sur ses voisins et en particulier sur l’Europe occidentale, ce qui explique la probable rancœur qui tenaille encore de cette dernière quelques siècles plus tard.

Pourtant les stigmates de ce succès sont encore bien réels et visibles, plus de 500 lieux en Amérique portent encore des noms de racine arabe. L’Islam a marqué les indiens de l’époque et beaucoup de femmes appartenant aux tribus amérindiennes portaient le voile, le dernier chef Cherokee portant un nom musulman s’appelait Ramadhan Ibn Wati en 1866.

Les musulmans seraient arrivés sur le continent américain bien avant les conquistadores et la théorie selon laquelle Christophe Colomb aurait l’un des premiers navigateurs à mettre les pieds en Amérique ne serait finalement qu’un leurre entretenu par l’histoire.

D’ailleurs Colomb ne s’est-il basé sur des cartes établies par les andalous musulmans pour naviguer jusqu’aux Amériques ?


Pour preuve de leur passage, des villes américaines portent encore des noms arabes comme Mecca dans l’Indiana ou Medina dans l’Ohio, ces noms sont d’origine amérindienne et n’ont pas été donnés par les colons.

Les livres d’histoire ne font évidemment nullement allusion à ce type d’information mais beaucoup de documents, traités, législation et résolutions datant de 1600 à 1800 prouvent qu’ils étaient non seulement bien présents mais très actifs économiquement et socialement.

Un traité de paix signé sur le fleuve du Delaware dans l’ours de l’année 1787 portait les noms d’Abdel-hak et de Muhammed Ibn Abdulah.

Mais qu’en est-il des décennies plus tard ? Existe-t-il encore des indiens de confession musulmane ?

Le témoignage de Mahir Abdal-Razzaaq El, un indien américain cherokee surnommé Eagle Sun Walker lève le voile sur le mystère.

Il indique qu’il y a des centaines d’années, les premiers voyageurs musulmans se sont installés en Amérique et ont fini par se mélanger à la population. Depuis, des générations d’amérindiens musulmans sont nées.

Les traces de ces pionniers de l’époque islamique amérindienne se trouvent dans les Archives nationales de l’Etat de Caroline du Sud ainsi que dans la Bibliothèque du Congrès.

en attendant, on aura bien rigolé



et une chose est sûre :

j'ai découvert l'Amérique grâce au Jazz




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