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 sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE   Lun 6 Fév - 11:32



de la bêtise en Occident


plus amusant qu'inquiétant, vu ce que l'on peut penser du "QI", mais...


Baisse inquiétante du QI en Occident, selon plusieurs études

Lucie Dendooven rtbf.fr 01 février 2017

C'est un phénomène inquiétant. Depuis un siècle, notre quotient intellectuel avait tendance à toujours s’élever dans nos sociétés au fil des générations. Mais voici que plusieurs études récemment réalisées montrent un recul généralisé du QI moyen en Occident. Certains mettent en cause les pollutions chimiques, d'autres, notre monde hyper connecté. Mais ces problèmes sont présents aussi en Asie et n'empêchent pas là-bas le QI moyen de progresser.


Citation :
Notre enquête commence à la Faculté de psychologie de l'ULB. Laurence y réalise ce qu'on appelle un test de QI. Ces tests évaluent notre logique, notre raisonnement, notre rapidité d'action. En gros, nos facultés intellectuelles. Elles ne tiennent pas compte de notre socialisation ou encore de notre intelligence émotionnelle.

"Cerveaux Google"

Depuis la fin de la guerre jusque récemment, les tests de QI montraient que notre cerveau évoluait plutôt bien. Mais au tournant des années 2000, plusieurs études attestent un recul généralisé du QI moyen en Occident. Certains incriminent notre monde hyper connecté. Pour Axel Cleeremans, responsable du centre de recherche cognitive à l’ULB, ces technologies que sont internet et les iPhones ont pris une telle place dans notre environnement que notre mémoire s’externalise.

Nous avons fait un test sur un campus universitaire. Tous les étudiants interrogés étaient bien en peine de nous citer un seul numéro de GSM de leurs proches. Tout est dans leur smartphone. Lorsque nous leur demandons à quoi correspond la date de 1515, ils s’empressent de faire une recherche sur Google pour nous répondre enfin: "Bataille de Marignan ".

Sommes-nous devenus paresseux ? Pour Emmanuel De Becker, chef du service pédiatrie infanto-juvénile à l’hôpital universitaire Saint-Luc, nous sollicitons simplement d'autres zones de notre cerveau. Le fait d’être devant un écran stimule certaines zones cérébrales et pas d’autres.

En fait, la "génération Google" a tellement intégré les nouvelles technologies que son cerveau s'est transformé. Son hippocampe, la zone de la mémoire s'est atrophiée alors que les lobes préfrontaux- les zones de la synthèse se sont développés.

Pour Emmanuel De Becker, les tests de QI devraient prendre en compte désormais ces transformations de notre environnement et mieux intégrer les nouvelles technologies. Mais comment expliquer, dans ce cas, les performances étonnantes réalisées en Asie alors qu'eux aussi sont hyper-connectés. A Hong Kong et Singapour, le QI moyen est de 108, la Corée du Sud 106. Le premier pays européen à se hisser à la 5ème place, c'est l'Italie avec 102.

Pour Laurent Alexandre, prospectiviste également à la tête d’une entreprise de haute technologie : "Les petits Singapouriens nous dépassent dans tous les domaines. Ce n’est pas qu’ils nous dépassent, ils nous écrasent. Probablement avons-nous renoncé à notre leadership technologique, éducatif et scientifique tel que nous l’avions il y a encore 50 ans. A l’inverse, en Asie, des sommes considérables sont investies dans l’enseignement. "

Améliorer notre enseignement, c'est ce que prône ce spécialiste convaincu que c'est la manière d'intégrer le monde de demain. Un monde où nos jeunes devront rivaliser avec l'intelligence artificielle.

autres articles sur la baisse du QI dans les pays occidentaux

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE   Dim 9 Avr - 12:21


tweet pensée

on ne peut penser l'Occident en l'opposant à l'Orient. Il est mondial, l'Orient non. L'Afrique n'est pas orientale..

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE   Sam 20 Mai - 6:47


crise de l'Occident, une lecture libérale

« La crise occidentale n’a pas été inventée en 2016, et elle ne disparaîtra pas non plus en 2017.
Elle est structurelle et elle devrait encore durer. »




La montée du “précariat” : La démocratie occidentale n’est pas forcément la meilleure

Audrey Duperron L'Express 9 mai 2017

Citation :
Peu avant le second tour des élections françaises, Edward Luce, rédacteur en chef pour les Etats-Unis et commentateur du Financial Times, et qui est aussi l’auteur du livre «The Retreat of Western Liberalism», à paraître en juin, a rédigé une analyse des forces politiques perturbatrices montantes en Occident. Les problèmes sous-jacents ne sont pas apparus en 2016, et ils ne disparaîtront pas en 2017, écrit Luce :

« La réaction de rejet de la classe moyenne occidentale, la plus grande perdante d’une économie mondialisée qui a rapidement changé et le fera encore pendant des décennies, incube depuis des années. En Grande-Bretagne, nous les appelons les « laissés pour compte ». En France, ils sont les « couches moyennes ». En Amérique, ils sont ceux qui sont « pressés au milieu » (Donald Trump parle des « oubliés »)

La montée du « précariat »


Un meilleur terme serait le « précariat » – ceux dont la vie est dominée par l’incertitude économique. Plus de 160 millions d’Occidentaux travaillent aujourd’hui dans ce que l’on appelle l’économie des petits boulots, selon le cabinet de conseil McKinsey, un multiple de ce qu’ils représentaient il y a cinq ans. Sur ce nombre, près d’un tiers le font par nécessité. On prévoit que leur nombre va continuer à augmenter fortement. Leur part dans les richesses américaines va dans l’autre sens. Les 50 % d’Américains les plus pauvres ne détiennent aujourd’hui que 1 % de la richesse du pays.

[…] Depuis le début du millénaire, mais surtout au cours des 10 dernières années, pas moins de 25 démocraties se sont écroulées dans le monde, dont trois en Europe (Russie, Turquie et Hongrie). La Pologne pourrait être la prochaine. A part en Tunisie, le printemps arabe a été englouti par la chaleur de l’été qui a suivi.

La démocratie subit-elle une correction du marché ou une dépression mondiale ?


« La question de savoir si la démocratie connaît une correction du marché, ou une dépression mondiale reste ouverte »,
dit Francis Fukuyama, le sociologue qui se demandait en 1989 si l’histoire était terminée. La réponse viendra des États-Unis et d’autres démocraties occidentales.

[…] Si Marine Le Pen perd les élections françaises et Merkel reste au pouvoir en Allemagne, la crise du libéralisme occidental ne sera pas terminée, bien que je soupçonne que certains le présenteront ainsi.

De même, l’Amérique n’irait pas mieux non plus si Clinton était à la Maison Blanche. La complaisance des élites occidentales détruit leur capacité à saisir l’ampleur de la menace.

Au mois de décembre, Norbert Hofer, un nationaliste de l’ultra-droite, a échoué de peu à remporter la présidence de l’Autriche. Nous avons néanmoins célébré sa défaite comme s’il s’agissait de la fin de la vague populiste. Nous sommes susceptibles de faire de même si une Française néo-fasciste perd avec 40 % des votes dimanche. Mais Le Front National de Le Pen demeure le plus grand parti dans deux bastions régionaux essentiels – le Nord industriel et la Provence.

Au fur et à mesure que des millions de Français, de Britanniques, d’Américains et d’autres Occidentaux remplaceront dans les années à venir leur emploi sécurisé avec une pension par des emplois d’indépendants sans avantages sociaux, leur sentiment d’insécurité s’intensifiera. […] Avant, l’Etat occidental  protégeait les individus contre les vicissitudes du marché, mais il se désiste de plus en plus de ce rôle.

Obama a offert l’espoir et le changement. 8 ans plus tard, l’Amérique a choisi Trump

Si Emmanuel Macron remporte l’élection, les soutiens de la démocratie libérale dont je fais partie prieront pour que lui et les autres dirigeants comme lui réussissent. Mais il devra cette victoire à des promesses passe-partout, vagues et sans majorité pour les réaliser. Obama a offert le même espoir en 2008 lorsque son parti est arrivé au pouvoir. Huit ans plus tard, l’Amérique a élu Trump.

La crise occidentale n’a pas été inventée en 2016, et elle ne disparaîtra pas non plus en 2017. Elle est structurelle et elle devrait encore durer. Ceux qui cherchent à atténuer ce fait ne rendent pas service à la démocratie libérale ».

Citation :
In his widely acclaimed book Time to Start Thinking, Financial Times chief US columnist and commentator Edward Luce charted the course of America’s relative decline, proving to be a prescient voice on our current social and political turmoil.

In The Retreat of Western Liberalism, Luce makes a larger statement about the weakening of western hegemony and the crisis of liberal democracy―of which Donald Trump and his European counterparts are not the cause, but a terrifying symptom. Luce argues that we are on a menacing trajectory brought about by ignorance of what it took to build the West, arrogance towards society’s economic losers, and complacency about our system’s durability―attitudes that have been emerging since the fall of the Berlin Wall. We cannot move forward without a clear diagnosis of what has gone wrong. Unless the West can rekindle an economy that produces gains for the majority of its people, its political liberties may be doomed. The West’s faith in history teaches us to take democracy for granted. Reality tells us something troublingly different.

Combining on-the-ground reporting with intelligent synthesis of the literature and economic analysis, Luce offers a detailed projection of the consequences of the Trump administration, the rise of European populism, and a forward-thinking analysis of what those who believe in enlightenment values must do to defend them from the multiple onslaughts they face in the coming years.

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE   Hier à 12:51


cet article touche indirectement notre sujet, mais il a le mérite de poser, d'un point de vue africain, la question de la double crise de l'Occident et du capitalisme comme une crise de civilisation. Les solutions préconisées ont quelque chose de candide, mais là n'est pas notre propos



Devant la faillite du modèle occidental de développement qui met en avant la culture de l’avoir au détriment de la culture de l’être, il devient urgent de repenser un projet de société fondé sur l’humanitude, un concept qui explore l’ouverture sur l’Autre, seule issue possible d’un monde désenchanté.

je souligne en gras
Citation :
C’est devenu un lieu commun que de dire que notre monde, en prise aujourd’hui avec une crise multidimensionnelle qui s’éternise, va mal, très mal… Cette crise révèle en fait une perte de sens, renforcée par la tendance à l’uniformisation des cultures du monde induite par une mondialisation accélérée des marchés, conduisant à une véritable déshumanisation des relations entre les individus, les peuples, les États. Les défis environnementaux, énergétiques, démographiques, numériques qui se rajoutent aux inégalités et pauvreté, accentuent le sentiment répandu d’angoisse existentielle et de manque de confiance dans l’avenir.

Le « modèle de développement » le plus répandu aujourd’hui, fondé sur ce que j’appelle la culture de « l’avoir », du profit, a montré ses limites et la crise actuelle consacre sa faillite. Ce « modèle occidental » est à l’origine de l’eurocentrisme et de l’occidentalocentrisme qui caractérisent les relations internationales, qu’il s’agisse de biens matériels ou de productions intellectuelles. Dès lors, un changement de paradigme permettant de promouvoir les valeurs liées davantage à la culture de « l’être », devient impératif.

C’est dans cette perspective que j’ai proposé, voilà plusieurs années, d’explorer un nouveau concept, l’humanitude, en référence à la négritude, notion héritée de mon maître à penser, le poète martiniquais Aimé Césaire.

C’est par ce concept d’humanitude que je traduis ce que nous appelons en Afrique maaya (en bamanankan, langue bambara), neddaaku (en fulfulde, langue peule), boroterey (en langue songhay), nite (en langue wolof), ubuntu (dans les langues bantu) et j’en passe. Autant de termes qui signifient littéralement « la qualité d’être humain ».

Relier l’homme à l’homme

En effet, les sociétés africaines ont toujours mis l’être plutôt que l’avoir au cœur de leur développement. Plus globalement, certaines sociétés non-européennes se caractérisent par une cosmovision qui met l’être au cœur de tout le processus de la relation au monde, caractérisée par une recherche permanente de rapports non conflictuels, apaisés, tendant vers le consensus avec les autres et l’harmonie avec l’environnement au sens large du terme. Cette conception du monde a également été longtemps partagée par l’Occident avant d’être dominée par une modernité voulant se fonder sur un fondamentalisme des marchés, du matériel et de l’accumulation individualiste.

L’humanitude, c’est notre ouverture permanente à l’Autre, notre relation d’être humain à être humain, qui exige une relation solidaire permanente, sans calcul, un élan spontané d’accueil de l’Autre… cette humanitude qui permet de « relier l’homme à l’homme », selon la belle expression d’Aimé Césaire, et qui fonde la culture de l’être, à l’opposé d’une culture totalitaire de l’avoir qui induit des relations conflictuelles permanentes, d’acquisition, voire de domination.

Dans une intervention remarquable au colloque « Ubuntu » (link is external), organisé à Genève (Suisse) en avril 2003, mon maître et ami burkinabé, le professeur Joseph Ki-Zerbo (1922‐2006), soulignait avec détermination : « L’essentiel donc pour l’exercice auquel nous sommes invités, c’est de porter au sommet de l’agenda et des luttes sociales planétaires aujourd’hui le concept, la question, la cause, le paradigme d’ubuntu comme antidote axial et spécifique de la mercantilisation de tout homme et de tous les hommes, par le néolibéralisme partisan de la société de marché. » Dans ce texte intitulé « Ubuntu ou “l’homme comme remède de l’homme” », paru ultérieurement dans l’ouvrage Repères pour l’Afrique, Panafrika (Silex/Nouvelles du Sud, Dakar, 2007), Joseph Ki-Zerbo poursuit son analyse, en précisant : « Ubuntu peut être l’outil le plus performant de cette tâche primordiale ; mais surtout, il doit constituer le but et le sens de la paix. Il ne s’agit pas ici de verser dans un culturalisme anthropologique ; mais face au rouleau compresseur de la pensée unique, il est urgent de désamorcer les conflits dont la violence structurelle du statu quo porte la charge… »

Ma conviction est aujourd’hui faite qu’au regard de la faillite des modèles de développement en cours, une réflexion devrait être entreprise pour envisager de concevoir un nouveau projet de société fondé justement sur le concept d’humanitude.

La grande rencontre internationale des sciences de l’homme, la première Conférence mondiale des humanités (CMH) qui se tient à Liège (Belgique) du 6 au 12 août 2017, est l’occasion d’approfondir ce concept.

En effet, la ville de Liège, « Cité ardente », autant par l’esprit que par l’industrie, cité multiculturelle au cœur de l’Europe, accueille une manifestation inédite, sous le Haut patronage de Sa Majesté le roi des Belges.

La faillite du modèle dominant

Pourquoi donc une Conférence mondiale des humanités ?

L’idée s’est imposée à moi en 2009, lors de mon premier mandat de président du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines (CIPSH), organisation non gouvernementale créée sous les auspices de l’UNESCO en 1949.

Elle s’est imposée à moi à partir de trois constats.

Premier constat : faisant suite à des épisodes récurrents d’instabilité liés à la globalisation financière, la crise de 2008-2009, plus que financière ou économique, s’était muée en fait en une crise « totale ». C’était une crise sociétale qui a, d’une certaine façon, consacré la faillite du modèle dominant néolibéral et occidentalocentrique de développement, entraînant une véritable perte de sens.

Deuxième constat : la progressive marginalisation des sciences humaines dans le monde. Comment accepter que face à une telle situation d’interpellation très forte, celles et ceux qui ont la charge de nous éclairer sur la complexité des transformations sociales soient dans une posture d’immobilité ?

Troisième constat : la faible implication, voire l’absence ou la non prise en compte dans la production et la coopération intellectuelle mondiale des représentants des sciences humaines des régions hors d’Europe et de l’Occident. Une situation, aggravée par les risques de disparition des savoirs traditionnels et de la moitié des langues du monde, que l’on désigne désormais par les termes d’épistémicides et de linguicides.

C’est ainsi qu’il m’a paru évident et indispensable de proposer à l’UNESCO, en 2009, l’organisation d’une Conférence mondiale des humanités (CMH), la première du genre, appelée à consacrer la réhabilitation des sciences humaines dans le monde.

Une insupportable anxiété

La question centrale pour la CMH est de discuter le rôle des sciences humaines dans un XXIe siècle qui est marqué par la diversité culturelle, l’échec de différentes formes de pensée unique, le besoin de réintroduire dans les raisonnements du quotidien la dimension du moyen et du long terme. Un siècle frappé par des changements globaux, des migrations croissantes, des tensions sociales et économiques, dont la résolution dépend largement des compétences interculturelles, de la compréhension de l’unité de l’humanité dans sa diversité et du besoin de renforcer les sciences, dans leurs rapports transdisciplinaires, ainsi qu’avec les arts et les technologies.

Un siècle qui aura démarré par le développement d’un terrorisme mondial n’épargnant aucune région du monde, aucun pays, frappant de manière aussi aveugle qu’inhumaine d’innocents citoyens, victimes d’une violence gratuite, barbare et indicible… Une insupportable anxiété traverse la planète d’autant que de telles violences, connues pendant les conquêtes coloniales ou les guerres de libération, restaient, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, relativement inconnues de l’Occident sanctuarisé, à quelques exceptions près.

Ainsi la CMH a pour objectif principal d’étudier comment les disciplines des humanités contribuent ou peuvent contribuer, à l’échelle nationale, régionale et internationale, à mesurer et à comprendre, pour aider à mieux les gérer, les transformations culturelles qui s’expriment dans des dimensions économiques, sociales et environnementales liées à la globalisation progressive des échanges.

Face donc à la crise sociétale, humaine, que nous vivons, face à un monde en panne où le processus de déshumanisation se développe et se renforce, la CMH ambitionne de construire un dialogue fécond des esprits du moment sur les défis, enjeux, connaissances nouvelles par lesquelles les humanités rendent notre monde plus lisible, moins opaque, moins antagoniste, moins meurtrier et par là même, c’est du moins notre commune espérance, plus humain.

Les humanités, c’est la célébration du génie des langues de l’homme, la connaissance du foisonnement de ses pratiques, sociales, politiques, économiques, artistiques…

Réhabiliter et refonder les sciences humaines

Le titre de la CMH, « Défis et responsabilités pour une planète en transition » situe clairement les enjeux de cette conférence. Selon l’UNESCO, les principaux défis de notre planète en transition sont : l’augmentation de la population ; la recomposition des territoires ; les flux migratoires ; les contraintes énergétiques et environnementales ; l’uniformisation culturelle dans le contexte de la mondialisation et à l’inverse, la structuration de nouvelles identités ; et l’avènement de la société numérique qui induit souvent une société duale.

Dans un tel contexte, marqué par un sentiment de faillite des modèles de développement, en particulier le modèle néolibéral qui semble s’imposer aux peuples du monde, il devient impératif de revisiter le rôle des sciences humaines au sein de nos sociétés contemporaines, rôle qui doit associer la double prise en compte des spécificités et des ressources propres à chaque culture – qui doivent être valorisées à bon escient – et des possibilités d’échange, de dialogue et d’enrichissement mutuel entre elles.

La CMH est donc une véritable mise en perspectives, pour la réhabilitation et la refondation des sciences humaines, pour un changement de paradigme permettant de réinventer un monde fondé sur le respect de sa riche diversité culturelle et linguistique et qui nous permettra de substituer aux relations conflictuelles de compétition une véritable solidarité universelle, seule susceptible d’aider à relever les défis de notre planète en transition !

Il s’agit, en somme, d’étancher la soif d’humanité de cette planète en vivant et en consacrant notre humanitude !


Adama Samassékou (Mali) est président de la Conférence mondiale des humanités (CMH). Ancien ministre de l’Éducation nationale du Mali, il a présidé le Comité préparatoire du Sommet mondial sur la société de l’information (Genève 2002-2003). Adama Samassékou a également été le premier Secrétaire exécutif de l’Académie africaine des langues de l’Union africaine, institution spécialisée de l’Union africaine (ACALAN/UA), basée à Bamako. Après deux mandats de présidence du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines (CIPSH), entre novembre 2008 et octobre 2014, il en est actuellement le président honoraire.

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MessageSujet: Re: sur l'OCCIDENT, son histoire, son concept, et sa CRISE   Hier à 20:01


pour info, un nouveau portail Wikidébats en propose un sur le thème


je ne l'ai pas lu, mais le titre m'arrête : crise n'est pas déclin, et le "débat", avec ses arguments pour et contre, ne traduit pas la vision dialectique que comporte la crise, produit de contradictions qui ne tiennent pas à une rhétorique argumentative. De plus, ces arguments, qu'ils soient pour ou contre, me semblent pris dans une vision réactionnaire eurocentrée de la question, ce qui confirme au moins une chose : la peur des européens occidentaux. Cela dit, ne serait-ce que par son existence et pour son contenu idéologique, ce débat est intéressant

dernier point, je rappelle que le concept d'Occident, notamment critiqué dans la pensée décoloniale comme critique des colonialités, n'est pas géographique, et ne concerne pas la seule Europe

voici le sommaire :


Citation :
Présentation
Citation
Un regain du sujet
Un débat qui a une longue histoire
Les familles d'acteurs


Arguments POUR

1. Un déclin économique

Le monde occidental est dans une crise économique et financière qui va s'aggraver
L'Europe occidentale suit un modèle de développement court-termiste
L'Europe n'a plus les moyens de sa politique sociale
L'Europe est dépassée par les puissances émergentes
L'Europe devient un désert industriel
L'automatisation et l'informatisation détruisent les emplois peu qualifiés
L’Europe vit une crise de l’avenir
La promesse du progrès est bafouée
L'Europe occidentale devient de plus en plus inégalitaire
Objections à l'argument "Un déclin économique"

2. Un déclin politique

La fin du monde unipolaire
Une faiblesse militaire
La crise des institutions
Un alignement sur la politique étrangère américaine
Un recul de la démocratie
La perte de cohésion nationale
L'abstention aux élections et l'anomie
Des pays dirigés par une élite de plus en plus coupée des citoyens ordinaires
Objections à l'argument "Un déclin politique"

3. Une baisse globale de la qualité de la vie

Une hausse de la pollution de l'air, de l'eau et des maladies environnementales
La montée de la malbouffe
L'explosion des maladies dues au mode de vie
La détérioration des relations humaines
La montée de l'insécurité
Une baisse de la qualité de vie au travail
Des transports qui s'allongent
La privatisation des services publics
La dégradation des conditions de vie des personnes âgées
Une montée du malaise existentiel
La dureté de la condition paysanne
Objections à l'argument "Une baisse globale de la qualité de la vie"

4. Un déclin démographique et un choc migratoire

L'Europe fait venir des immigrés qui déstabilisent son identité
L'intégration est en échec
"On assimile des individus, pas des peuples"
Il n'y a pas réellement besoin d'une telle immigration
L'immigration coûte plusieurs milliards par an
L'Europe n'a pas assez de logements et d'emplois pour accueillir de nouveaux arrivants
Objections à l'argument "Un déclin démographique"

5. L'idéologie multiculturaliste détruit la cohésion des nations européennes

L'idéologie multiculturalisme favorise le communautarisme
La fin de l'héritage et des nations
Une évolution à rebours des précédentes immigrations
En acceptant les "accommodements raisonnables", on favorise le communautarisme
Le récit national est attaqué par une histoire "mondiale" tronquée
Le vivre ensemble et l'antiracisme sont en échec
La liberté des individus doit primer sur les exigences de la famille, de la religion ou de la communauté d'origine
Objections à l'argument "L'idéologie multiculturaliste détruit la cohésion des nations européennes"

6. L'islamisation de l'Europe et le risque de sécession


Titre à trouver
La laïcité est incompatible avec l'islam
La guerre civile qui vient
Objections à la famille "L'islamisation de l'Europe et le risque de sécession"

7. Un déclin culturel


L'américanisation des mœurs et de la société
Un recul de la liberté d'expression
Une régression démocratique
L'imposition du politiquement correct de type américain
La fin des débats de qualité
Une perte de la diversité culturelle
Un recul de l'éducation
La dégradation de l'urbanisme
Une haute culture en régression
La fin du modèle de l'école républicaine
Objections générales à l'argument "Un déclin culturel"

8. Un déclin moral

Le monde occidental cultive la haine de soi et la culpabilité
L'Europe promeut des valeurs qui laissent l'homme face à un vide angoissant
La montée de l'insignifiance
Le vide spirituel du monde occidental entraînera sa perte
La philosophie est en crise
Le libéralisme tue l'Occident
Un sentiment morbide de malaise et d'angoisse
L'éloignement de la nature
Une perte de sens esthétique
Le relativisme favorise l'enfermement de chacun sur "sa" vérité et fait le lit de l'intolérance
La fragmentation des savoirs et la fin des Grands récits
La fin de la civilisation
L'ère du vide
Objections à l'argument "Un déclin moral"

9. Un sentiment de vide et un désir de mort

La civilisation occidentale est criminelle par essence
Un désir de mort que l'on voit à l'oeuvre par mille symptômes
L'Europe a perdu son élan vital
L'Europe occidentale laïque s'effondrera nécessairement car il n'existe pas de société humaine sans religion
L'individu occidental entretient un rapport faux avec l'existence et le monde, c'est pourquoi il détruit la planète
La raison instrumentale conduit le monde occidental à l'abîme
Objections à l'argument "Un sentiment de vide et un désir de mort"


Arguments CONTRE

1. L'Europe est un attracteur

Les autres peuples aspirent à rejoindre le modèle occidental
Objections générales à l'argument "L'Europe est un attracteur"

2. Un lieu de concentration des richesses

L'Europe est la première puissance économique
Les Etats-unis sont la première puissance militaire
L'Europe produit un grand nombre de brevets, de livres, d’œuvres d'art
Les Européens se sentent heureux
Objections générales à l'argument "Un lieu de concentration des richesses"

3. Une puissance politique

L'Europe occidentale est une zone de paix et le demeure
Elle est formée d'Etats aux institutions stables, avec alternances démocratiques
L'Europe occidentale est la société la plus aboutie
Objections générales à l'argument "Une puissance politique"

4. Un progrès scientifique et moral

Les normes juridiques et morales vont vers un adoucissement général
On constate l'extension des droits pour les minorités et les animaux
Le niveau d'éducation augmente
La douleur est beaucoup mieux prise en compte
La protection sociale tend à se développer
Les conditions de travail s'améliorent
La généralisation d'Internet conduit à une meilleure prise en compte des citoyens
Objections générales à l'argument "Un progrès scientifique et moral"

5. Une société de plus en plus écologique et éthique

L'Europe connaît une révolution écologique et éthique
Le investissements éthiques, le commerce équitable, dessinent une économie respectueuse des humains et de la nature
Des éco-quartiers, écocités et écovillages se développent
L'explosion du bio
On relocalise la production et privilégie les circuits-courts
La vision de la santé change
Les mentalités aspirent à des relations plus coopératives
Objections générales à l'argument "En transition vers une société plus écologique et éthique"

6. Une société multiculturelle épanouissante

Dans sa version forte, le multiculturalisme est vecteur d'espoir
La force de l'Europe est sa capacité d'autocritique et de comparatisme
Un accès à la diversité du monde et des cultures
L'élaboration d'une pensée complexe
Une confrontation des modes de vie et des visions du monde
Objections générales à l'argument "Une société multiculturelle"

7. Des revirements sont possibles

Un retour aux Lumières
Une thérapie sociale
Le convivialisme
Inventer de nouveaux modèles
Objections à l'argument "Des revirements sont possibles"

8. Le déclinisme est un prisme idéologique erroné


Parler du "déclin" sert à dissimuler les vrais problèmes
La notion de déclin est trop vague
La notion de déclin n'a de sens que par rapport à une norme d'une "bonne société"
Le déclinisme est alimenté par les médias
Les déclinistes ne se fondent pas sur des études sociologiques mais sur des ressentis
Objections à l'argument "Le déclinisme est un prisme idéologique erroné"
À caser
Le multiculturalisme est une chance et non un problème
Au lieu d'alimenter le "choc des civilisations", œuvrer à l'islam des Lumières avec de nombreux musulmans
Les "déclinistes" veulent un retour en arrière qui est impossible à réaliser (ou alors par une dictature !)
Objections
Le déclin des religions et des grandes idéologies est un surplus de lucidité
Toutes les générations disent "c'était mieux avant"
Il est possible de résoudre les conflits "communautaires" au lieu de prophétiser la fin (ou la guerre civile)
Les déclinistes regrettent une société sclérosée et triste : l'ordre moral, l'homogénéité sociale et culturelle
Les déclinistes se focalisent sur des difficultés passagères sans voir l'avantage à long terme des changements en cours
L'Histoire n'est pas écrite

Pour aller plus loin

{{{2}}} Bibliographie
Analyses générales
Livres "déclinistes"
Livres contre le déclinisme
Ouvrages classiques sur la question
{{{2}}} Sitographie
Notes et références

remarque : a priori wikidébats n'a rien à voir avec wikipédia qui le dit lui-même :  « Un wiki est une application web qui permet la création, la modification et l'illustration collaboratives de pages à l'intérieur d'un site web. »

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