PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

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 "L'INDIVIDU chez MARX" Noun de Los Cobos 1997-98, "MARX philosophe de L'INTERSUBJECTIVITÉ", Jad Hatem 2002

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MessageSujet: "L'INDIVIDU chez MARX" Noun de Los Cobos 1997-98, "MARX philosophe de L'INTERSUBJECTIVITÉ", Jad Hatem 2002   Sam 2 Mai - 19:11

L'individu chez Marx, Maîtrise de philosophie, 1997-1998, Université Paris 8

Introduction

De l’aliénation avant L’idéologie allemande:Hegel, Feuerbach, et le "jeune" Marx

I. L’individu dans L’idéologie allemande

A. L’individu dans les sociétés de classes
B. L’individu dans la lutte révolutionnaire
C. L’individu dans les sociétés sans classes
 
II. L’individu dans Le Capital

A. L’individu dans les sociétés de classes

a) Le livre I
b) Le livre II
c) Le livre III

Conclusion et Bibliographie  


Noun de Los Cobos a écrit:

en conclusion :

Arrivé au terme de notre parcours théorique, nous revenons à ce qui fut notre point de départ. Notre motivation n'était évidemment pas purement théorique : réaliser une étude de "marxologie pure" quel sens cela pourrait-il bien avoir à part celui d'une bourde monumentale, quand on sait que Marx n'a jamais conçu sa théorie autrement qu'en interconnexion nécessaire, impérative avec une pratique politique. Nous avons voulu ici comprendre davantage notre monde, pour tenter de le transformer valablement à tous les niveaux, ce qui nous semble une tâche urgente. Nous nous sommes efforcés de nous initier de façon critique à une pensée révolutionnaire, en l'abordant par un biais précis, qui nous semblait pertinent.

En vertu de quelles oppressions subies en propre, en particulier, un individu peut-il se révolter contre la société qui organise ces oppressions ?

Quelle est la place spécifique d'un individu dans la lutte révolutionnaire qui procède d'une union des opprimés révoltés ?

Quel est l'état visé pour et par les individus dans la nouvelle société à construire sur la base du refus du "Vieux Monde"?

Tels ont été nos trois axes de questionnement.

Par rapport à ces trois "lieux" théoriques (sociétés de classe, lutte révolutionnaire, société sans classes) Marx s'est avéré plus prolixe que nous ne l'aurions imaginé relativement à notre thème. Sous réserve d'un examen critique plus serré que le nôtre, nous considérons comme viables pour aider à comprendre notre temps les théories de Marx concernant l'individu dans les sociétés de classes et l'individu de la société communiste. La situation individuelle dans les sociétés de classes est conçue par Marx comme étant celle d'une (quasi complète) négation des potentialités individuelles créatrices et singularisantes. Cela est déjà admirablement expliqué dans L'idéologie allemande de par l'instauration historique de la division hiérarchique du travail, des classes et de la propriété privée, d'où s'ensuit le rapport inter-individuel majeur de la domination (politico-économique et idéologique) des individus dominants sur les individus dominés et l'état d'aliénation individuelle et collective. Dans le Capital la négation des individus est également expliquée par la division hiérarchique du travail, l'existence de classes et de la propriété privée (des moyens de production), mais avec un appareil conceptuel et une documentation historique bien plus riche. On passe du concept de domination à celui d'exploitation (comme rapport inter-individuel central de la société de classes); par ailleurs le concept d'aliénation est fortement étayé et de nouveaux concepts déterminants entrent en jeu : valeur d'usage et valeur d'échange, marchandise, travail concret et travail abstrait, etc.

Par ailleurs, nous semble aussi tout à fait valable ce que Marx conceptualise comme le projet de la société communiste. Nous ne sachions pas que, depuis un siècle, on ait proposé aux humains un projet aussi ambitieux, aussi extraordinaire. Marx a notamment dégagé certaines des conditions négatives principales d'une société du libre développement des individus (en connexion positive avec la communauté), d'une histoire enfin maîtrisée et pleinement consciente : abolition des classes, de la propriété privée, de la division du travail. Par ailleurs, il a mis ainsi au centre éthique de sa pensée, comme sa motivation première, la motivation de la libération de tous les individus.

C'est justement par rapport au thème de l'individu en prise avec une telle lutte de libération que nous avons, a contrario, rencontré des thèses centrales du matérialisme marxien (déterminisme externe ou mécanisme) qui nous obligent à tempérer notre enthousiasme. Nous avons donc tâché d'ouvrir une question, sans pouvoir encore entièrement y répondre : pouvons-nous reprendre à notre compte tous les présupposés de Marx ? N'est-il pas nécessaire de rejeter toute dérive mécaniste, "nécessitariste", économiciste, de cet auteur, telles que nous en avons relevées nettement dans L'idéologie allemande ? Nous tenons qu'il faut infléchir, chaque fois que c'est nécessaire, la pensée de Marx du déterminisme strict vers le postulat d'une liberté de choix fondamental de l'individu (bien que par rapport à des conditions déterminées), et tout particulièrement du choix révolutionnaire comme libre, lié à un champ multiple des possibles et à un pari incertain sur un avenir incertain, en fonction d'un projet éthique et politique très exigeant. Un individu qui fait le choix audacieux, risqué, de la révolution ne le fait pas en vertu de seules déterminations objectives qui le "pousseraient" dans le dos. Un tel individu fait un réel choix, au sens plein du terme : il aurait pu tout aussi bien ne pas miser sur la révolution.

en relation signalé sur mon blog  Marx, philosophe de l'intersubjectivité Jad Hatem

Jad Hatem 2002 a écrit:
Marx est essentiellement un philosophe de l'interhumain. Il lui revient d'avoir envisagé la présence originaire de l'autre non seulement par sa parole qui sollicite réponse et adhésion, par son acte ou par son sentiment, mais aussi par son travail. Ce dernier est le lieu, ou d'une rencontre qui signifie un surcroît d'être, ou d'une relation corrompue par la médiation de l'argent et l'appropriation qui aboutit à la chosification de la personne. A cet univers inhumain Marx opposera le paradigme goethéen de l'homme total.
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MessageSujet: Re: "L'INDIVIDU chez MARX" Noun de Los Cobos 1997-98, "MARX philosophe de L'INTERSUBJECTIVITÉ", Jad Hatem 2002   Ven 23 Oct - 7:37

importé de Médiapart : Le communisme, une utopie sanguinaire ? 22 octobre 2015 |  Par yvon quiniou


jpl6 a écrit:
Si vous voulez un vrai intellectuel français, lisez ça :
http://www.liberation.fr/debats/2015/10/21/accuse-marx-levez-vous_1407874

Voilà un intellectuel exemplaire !  :-(((



effectivement André Sénik (« Le Manifeste du Parti communiste aux yeux de l’histoire»), est un intellectuel qui a lu Le Manifeste à l'envers, et Joffrin, anti-communiste primaire et intellectuel primate secondaire, enfile les perles habituelles :

Laurent Joffrin a écrit:
Le Manifeste, en effet, promet l’émancipation non de l’individu, mais du prolétariat dans sa globalité, qui se confondra avec l’humanité elle-même, et au sein duquel les individus et leurs droits seront absorbés par le mécanisme de fer de la structure historique, en l’occurrence la société communiste.

Marx ne se contente pas d’annoncer la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme, utopie positive. Comme l’a dit Jaurès, et avec lui le courant socialiste démocratique, [Marx] abolit par la pensée toute idée de «droit de l’homme», dès lors que cet homme n’existe pas en soi, mais qu’il est le produit d’une situation historique donnée. L’individu n’est rien, le système est tout. C’est l’idée funeste qu’on tente aujourd’hui de réhabiliter. Attention, danger !


manque de bol, dans le Manifeste, on peut lire en toutes lettres :

« A la place de l'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. »

Le manifeste du Parti communiste K. Marx - F. Engels II. Prolétaires et communistes


XipeTotec a écrit:
Bien vu. Marx est l'un des inventeurs de la sociologie et la sociologie ne dit jamais que l'homme est entièrement conditionné par son milieu social.



votre remarque est à double-tranchant : on ne peut pas imputer à Marx ceci ou cela au nom de ce qu'il a inspiré, en bon ou mauvais, ou de valable à son époque qui ne l'est plus aujourd'hui. Cela n'empêche effectivement qu'il y a tous les apports psycho-sociaux de la sociologie, ou de la psychologie sociale

par exemple la vision programmatiste du communisme, comme projet sociétal à étapes étatistes, ne valait qu'en raison de la montée en puissance du mouvement ouvrier et de la croissance du prolétariat réuni dans les grandes usines : elle est caduque aujourd'hui


les âneries qui ont été et sont encore répandues sur la conception qu'avait Marx de l'individualité humaine sont à mesurer à l'aulne de ses textes. Mais elles ont une histoire, puisque peu ou prou, comme le relevait Lucien Sève, avec Staline, le Diamat et ses émules en France, la phrase du Manifeste a été lue ou comprise à l'envers, justifiant le collectivisme : « le libre développement de tous est la condition du libre développement de chacun. »  au lieu de ce qui est écrit : « le libre développement de tous est la condition du libre développement de chacun. »


au fond, en prétendant critique Marx, Joffrin critiquer Staline, et impute à Marx le stalinisme, ni plus ni moins. Soit sombre ignorance, soit pur anti-communisme, sans doute un peu des deux, comme beaucoup de commentateurs dans le club Médiapart, dès qu'il est question de Marx, qu'ils ne connaissent pas et ont une vague idée, celle répandue par l'idéologie dominante et qui fait autorité depuis l'effondrement depuis près d'un demi-siècle des idées marxistes, respectueuses ou non de Marx
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"L'INDIVIDU chez MARX" Noun de Los Cobos 1997-98, "MARX philosophe de L'INTERSUBJECTIVITÉ", Jad Hatem 2002
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