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 PALESTINE et ISRAËL

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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 1 Juin - 13:43

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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Ven 10 Juin - 11:40


Lieberman va-t-il ordonner une nouvelle attaque sur Gaza ?

Omar Karmi, The Electronic Intifada, 9 juin 2016

traduit de Will Lieberman order a new attack on Gaza ? Omar Karmi 3 juin

Des semaines avant de rejoindre sa coalition, Avigdor Lieberman, à gauche, traitait le premier ministre d’Israël Benjamin Netanyahu de « menteur et escroc ».


Mahfouz Abu Turk / APA Images

Citation :
L’ascension apparemment inexorable d’Avigdor Lieberman dans la politique israélienne se poursuit.

Ce nationaliste fanfaron, ancien videur de boîte de nuit et laïque sectaire qui préférerait un Etat purement juif plutôt que d’autoriser l’égalité des droits entre Juifs et non-juifs, détient maintenant le deuxième ministère le plus puissant du pays.

Ce qu’on sait de Lieberman laisse entendre que ceci pourrait se terminer de façon anodine ou, en réalité, très très mal. Entre réagir instinctivement et se plier aux vents dominants – connu aussi sous l’appellation de pragmatisme politique – il ne semble pas y avoir une grande marge.

Même selon les standards discutables de la politique israélienne, le portefeuille de la défense est un énorme cadeau pour un homme qui a été reconnu coupable d’agression sur un jeune garçon de 12 ans en 1999 et qui a été impliqué dans une enquête de corruption majeure.

Et ceci sans tenir compte d’innombrables déclarations incendiaires sur les Palestiniens, pour lesquels il essaie de faire adopter l’application de la peine de mort, les Palestiniens citoyens d’Israël, qu’il veut expulser, et les politiques étrangers.

Quand Hosni Mubarak était président de l’Egypte, Lieberman lui a dit qu’il devrait soit venir en Israël, soit « aller au diable ».

Plus récemment, il a couvert d’insultes la ministre des affaires étrangères suédoise, Margot Wallstrom.

Répondant à une demande de Wallstrom d’une enquête sur les exécutions extrajudiciaires de Palestiniens par Israël plus tôt cette année, Lieberman a prétendu que la « seule chose » qu’elle n’avait pas encore faite, c’était de « rejoindre physiquement les terroristes palestiniens et poignarder les Juifs ».

Et pourtant, dans une carrière politique de presque 30 ans, commencée au parti du Likoud, Lieberman n’a cessé de prendre du pouvoir.

Il a gravi les échelons du gouvernement, de ministre de l’infrastructure au transport – dont on a dit qu’il proposait de fournir des bus pour pouvoir emmener les Palestiniens jusqu’à la Mer Morte et les noyer – à ministre des questions stratégiques et de la politique étrangère.

Et il a été à deux reprises vice-premier ministre.

Né en Moldavie, Lieberman a créé Israel Beiteinu, parti dominé par les immigrés russes.

Il avait quitté le Likoud pour protester contre ce qu’il considérait comme des concessions faites aux Palestiniens par le premier ministre Benjamin Netanyahu en 1997 lors des négociations de Wye River.

« Graines de fascisme »


En tant que patron d’Israël Beiteinu, il a joué un rôle décisif dans la formation des gouvernements successifs ces dix dernières années. C’est la raison pour laquelle on lui a offert le portefeuille de la défense.

Sans les six sièges du parti, la difficile coalition de Netanyahu entre ultra-nationalistes et ultra-religieux aurait dépendu d’un seul siège de majorité au parlement israélien, la Knessett.

N’étant pas personne à négliger l’opportunisme politique pour d’autres considérations, Netanyahu a donc volontiers ignoré la dernière pique de Moshe Yaalon à son départ, disant que « des éléments extrémistes et dangereux ont envahi » Israël.

Yaalon avait démissionné de son poste de ministre de la défense et Netanyahu a cherché à le remplacer.

Bien sûr, Yaalon était éconduit, lui ancien chef d’état major obligé de laisser la place à un civil pour se charger d’une armée qui se vante d’être la « plus morale » du monde, afin de consolider une coalition gouvernementale en dysfonctionnement.

Mais Yaalon ne faisait pas qu’alléger l’embarcation, et il ne fut pas le seul.

Ehud Barak, ancien premier ministre, a dit à la télé israélienne cette même nuit où Yaalon avait démissionné qu’Israël avait été « contaminé par les graines du fascisme ».

Lieberman, qui vit dans la colonie de Nokdim au sud de Bethléem, est le symptôme très volubile de l’extrémisme israélien, un homme qui exprime ce qui était jugé autrefois politiquement inacceptable.

Sa vision d’une solution à deux Etats implique le transfert des citoyens palestiniens d’Israël vers un nouvel Etat palestinien en échangeant les zones à majorité palestinienne de l’intérieur d’Israël contre les blocs de colonies de Cisjordanie occupée.

Il a demandé que les députés palestiniens de la Knesset soient poursuivis pour trahison, préconisant de « couper » la tête de « quiconque est contre nous ». Et il met continuellement en question la loyauté des Palestiniens qui vivent dans l’actuel Israël.

Il est aussi à la tête d’un groupe grandissant de colons de la ligne dure qui critiquent l’armée pour n’être pas assez rude avec les Palestiniens.

Ceci en dépit de décennies d’enquêtes simulées ou inexistantes sur des allégations de mauvaise conduite de soldats qui n’ont fait que servir à blanchir l’occupation, selon l’organisation des droits de l’Homme B’Tselem, et la quasi impunité dont jouissent les colons en Cisjordanie sous un système juridique à deux niveaux.

Les colons vivent nommément sous juridiction civile israélienne, tandis que les Palestiniens sont soumis à la juridiction militaire.

En mars, Lieberman a demandé la destitution de Yaalon quand des poursuites ont été engagées contre un soldat filmé à Hébron en train de tuer par balles un Palestinien immobilisé et désarmé.

Il a aussi dénoncé la façon dont Netanyahu a mené l’attaque sur Gaza en 2014 comme insuffisamment agressive.

Volte-faces


En fait, il a dénoncé Netanyahu plein de fois. En avril, on dit qu’il a qualifié Netanyahu de « menteur dégénéré et escroc ».

Un mois avant, il a décrit le premier ministre comme « manquant de caractère ».

Ce genre de revirements, de la condamnation sans nuances au partenariat complaisant, dévoile aussi un autre aspect de la personnalité de Lieberman. En politique, cela s’appelle du pragmatisme.

Cela veut dire qu’il est prêt à dire et à faire tout quoiqu’il en coûte pour surfer sur le vent dominant.

Cet aspect de son personnage est celui qui est apparu il y quelques jours alors qu’il se tenait à côté de Netanyahu quand le premier ministre a dit qu’il était prêt à négocier avec les pays arabes et les Palestiniens sur la base de l’initiative arabe de paix de 2002, qui est en réalité une reformulation de la législation internationale assortie de compromis potentiels.

Ceci laisse entendre que Lieberman sera beaucoup moins hardi en actes qu’en paroles. Cela peut modérer son temps au ministère de la défense parce qu’il vise peut-être la récompense suprême, la tête du gouvernement – position dont il suggérait en 2014 qu’elle reviendrait bientôt à un citoyen de langue russe.

Et encore, c’est aussi l’homme qui a dit l’année dernière que les attaques majeures sur le Liban et sur Gaza étaient « inévitables ».

Et qui plus est, il a préalablement plaidé en faveur d’un « nettoyage drastique » de Gaza.

Il est maintenant dans la meilleure position pour y arriver.

Omar Karmi est un ancien correspondant du journal The National à Jérusalem et Washington, DC.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Sam 11 Juin - 15:51


radicalement décolonial et communiste

dans le sujet avec HOURIA BOUTELDJA et le PIR, "RACE, CLASSE et GENRE" ? et autres questions communistes

15:11 ajout 16:36 du commentaire d'Houria Bouteldja et 18:16 précisions sur ma position


Aya Ramadan se défend et contrattaque

De l’oppression du peuple palestinien en général et d’un tweet en particulier

Publié le 11 juin 2016 par Aya Ramadan, membre du PIR

Mercredi soir, deux Palestiniens ouvrent le feu dans un quartier de Tel-Aviv près du ministère de la défense. Très vite, cette fusillade est relayée par les réseaux sociaux palestiniens et arabes et qualifiée d’« opération du ramadan », avec comme hashtag « l’intifada continue ».

Citation :
Militante arabe de nationalité française, anticoloniale, je suis active dans le réseau de solidarité avec la cause palestinienne en France depuis une dizaine d’années. Je fais partie de ceux qui remettent en question l’idéologie sioniste comme projet de colonisation de la Palestine.

Par le tweet qui m’est reproché, j’exprime mon soutien à la résistance du peuple palestinien. C’est l’oppresseur qui détermine les formes de violence utilisées par l’opprimé. Et c’est dans ce cadre que je soutiens toutes les formes de résistance du colonisé contre le colonisateur. L’opération de Tel-Aviv est un moyen d’exister politiquement pour les Palestiniens, de montrer au monde que l’intifada n’est pas finie, et que la résistance continue tant que l’occupation, la colonisation, la situation d’apartheid, les emprisonnements massifs et arbitraires, le blocus de Gaza, la spoliation des terres, les destructions de maisons, l’humiliation des hommes, des femmes et des enfants et les crimes de guerre persisteront. Ma prise de position aurait été la même au moment des révoltes d’esclaves du temps de la traite transatlantique ou bien des guerres de libération nationale, par exemple en Algérie, au Vietnam ou au Cameroun. Pour autant, ce positionnement politique n’induit en rien le fait de se réjouir de la mort de civils. La mort d’êtres humains est toujours source de tristesse et dans ce cas la responsabilité de ces décès incombe à l’État colonial israélien et à son gouvernement actuel, comme l’a reconnu le maire de Tel-Aviv.

Pour en revenir à la polémique suscitée par mon tweet, elle s’inscrit dans un contexte français bien spécifique, celui de l’état d’urgence toujours en cours. Cela fait trois mois environ que mon organisation politique, le PIR – Parti des Indigènes de la République –  subit des attaques orchestrées par l’État français. Celles-ci sont portées entre autres par Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (DILCRA) et ses relais l’UEJF, SOS Racisme et la LICRA. Ces derniers prétendent agir au nom de l’antiracisme et de la lutte contre le terrorisme mais, en fait, ils ont pour objectif d’assimiler la lutte de libération palestinienne au terrorisme qui touche l’Europe, de briser l’antiracisme politique et d’empêcher le développement de  BDS en France. Cette campagne est la cible privilégiée de l’État français qui, en accord avec Israël, cherche à l’amalgamer avec l’antisémitisme pour la criminaliser. En effet, la France est le seul pays au monde se réclamant de valeurs démocratiques qui traîne devant ses tribunaux des militants qui appellent au boycott, lequel est un outil historiquement lié aux luttes de libération, du mouvement des droits civiques aux États-Unis jusqu’à l’Afrique du sud en passant par l’Inde.

L’obscénité est à son comble quand on sait que les mêmes, qui jettent l’anathème sur la militante que je suis, feignent de verser une larme sur la dépouille de Mohamed Ali tout en pourchassant tous ceux qui, bien vivants, partagent et font vivre ses idées.

Je rejette donc toutes les accusations qui sont portées à mon encontre. Ma position est anticoloniale et consiste donc à soutenir la résistance des peuples contre le colonialisme.


Aya Ramadan, membre du PIR



ajout 16:36
Houria Bouteldja a écrit:
facebook 28 min ·

Aya Ramadan est sûrement la militante pro-palestinienne la plus sincère et la plus engagée que je connaisse. Toutes celles et ceux qui la fréquentent savent sa profonde foi et son amour pour la justice. Si le procès pour "apologie du terrorisme" devait avoir lieu, ce ne serait ni le sien, ni celui du PIR mais celui de la cause palestinienne. Nous devrons tous être à ses côtés pour affirmer que non, le peuple palestinien n'est pas un peuple de terroristes. C'est un peuple qu'on étouffe et qui résiste. Comme elle le dit dans cette déclaration : "La mort d’êtres humains est toujours source de tristesse et dans ce cas la responsabilité de ces décès incombe à l’État colonial israélien et à son gouvernement actuel"

Force et solidarité avec Aya!



"une faute politique" ? Explications

j'ai parlé plus haut de "faute politique" et je maintiens cet avis. Cette réponse confirme que le tweet n'était pas une "gaffe" mais un soutien assumé à ce type d'action. A titre personnel et d'où je parle, je considère ne pas avoir à le soutenir plus qu'à le condamner, je ne suis pas palestinien et comme dit Isabelle Stengers, je ne suis pas confronté aux même risques que mes ami.e.s du PIR

si cela me concerne, c'est dans le contexte d'une guerre, guerre de classe et guerre "néo-colonialiste", et là-dessus je souscris à peu de chose près à ce qu'en dit Aya Ramadan, sans entrer dans des considérations théoriques relativement à la Palestine et au PIR, sur lesquelles je reviens plus bas.

je ne me suis pas informé en détail sur l'attentat de Tel Aviv, mais j'ai cru comprendre que la cible était civile, c'est-à-dire non particulièrement ciblée comme représentant, même symboliquement, ceux que critique Aya et le PIR, les responsables, les politiques, les militaires, les "sionistes"... Viser des Israéliens juifs non arabes en tant que tels, c'est viser des Juifs d'abord, pas même l'ennemi tel que le définit Aya Ramadan, et là-dessus il n'échappera à personne qu'elle ne s'exprime pas

approuver un tel acte et le justifier, c'est considérer que tout Juif habitant Israël n'a rien à faire ici, que toute la population juive israélienne est comptable des actes de guerre de l'État israélien, que tous les israéliens juifs sont des colons au même titre que les Français en Algérie, dans la logique de la création illusoire de deux États paisibles côte à côte, ou de la destruction d'Israël. Si ce n'est pas en soi antisémite, cela tient à mon sens d'une analyse fausse et d'une utopie politique. En cela c'est en cohérence avec la vision politique du PIR en Palestine comme en France, et je ne peux la partager


solidarité avec les prolétaires palestiniens dans une lutte de classe décoloniale,
pas avec le Hamas

inutile de préciser que je ne me sens pas moins "solidaire" des combats décolonialistes des Palestiniens que le PIR, et qu'il est normal d'avoir des désaccords sur la teneur de cette solidarité : ce que fait le Hamas n'engage pas les communistes, encore moins ceux qui ne sont pas palestiniens. Le Hamas n'est pas particulièrement tendre avec le prolétariat palestinien, et ces divergences existent aussi là-bas, parce qu'il y a aussi des communistes qui luttent sur les deux fronts, contre la politique israélienne et contre le Hamas

ajout 18:16 : Houria Bouteldja est porte-parole responsable d'un parti dont Aya Ramadan est membre de la direction sauf erreur. Il y a belle lurette que ne suis plus membre d'aucun parti, ni ne considère avoir des "camarades" en tant que membres de partis ou de groupes théoriciens même proches de mes idées

j'ai détesté ça au PCF jusqu'à en sortir dans les années 80, détesté ça dans le milieu post-ultragauche dans mon compagnonnage critique autour des thèses de la communisation entre 2005 et 2010, et je le déteste tout autant au sein de la mouvance décoloniale, dans laquelle il importe que les désaccords puissent être mis sur la table et discutés franchement sans remettre en cause le combat commun, ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui

cette position est constante chez moi, et j'ai ouvert dès le 2 août 2015 un sujet des usages "réformistes" de la critique décoloniale : nous y voilà avec plus de clarté aujourd'hui

contrairement à Houria, si j'estime avoir à être solidaire d'une lutte palestinienne ou autre, cela n'implique pas le soutien de qui je ne partage pas les positions politiques, d'autant qu'il ou elle ne saurait parler à la place des intéressés. En clair être dans la solidarité prolétarienne de classe et décoloniale, ce n'est pas pour moi
dans ce cas soutenir Aya Ramadan ni me désolidariser d'un combat décolonial que je partage sans avoir jamais été solidaire de telles positions

la solidarité de classe avec les prolétaires palestiniens n'est la propriété de personne en particulier, c'est un devoir communiste et décolonial parmi d'autres



radicalement décolonial et communiste

cela m'amène donc à redire que je peux d'une part soutenir les luttes décoloniales en France comme participant à une dynamique mondiale dans la crise spécifique du capitalisme occidental, d'autre part diverger fortement avec la stratégie politique du PIR en particulier, stratégie d'alliances politiques avec l'extrême-gauche ou la gauche "radicale" (PCF, NPA...) parce qu'ils seraient susceptibles de se démarquer du "champ blanc" : décoloniser la gauche radicale, ce n'est pas ce que j'appelle décoloniser le marxisme et l'anarchisme français, et le communisme décolonial n'est pas un 'démocratisme radical' décolonial

dit autrement, je suis décolonial en tant que 'communisateur', et 'communisateur' en tant que décolonial et contre l'État-nation du capital, à fronts renversés : d'une côté contre les 'partisans de la communisation' foncièrement anti-décoloniaux car eurocentrés, et de l'autre les partisans de la politique du PIR foncièrement non communistes car dans une perspective de prise du pouvoir d'État au moins très ambiguë



à fronts renversés
une perspective révolutionnaire à inscrire dans les débats et luttes au présent

où l'on voit que ma critique du PIR est inverse de celle qui vient du "champ blanc", qu'il soit de droite ou d'extrême-droite, de gauche ou d'extrême-gauche

j'ai pu vérifier ce désaccord essentiel à la soirée Stengers-Bouteldja, posant la question : « Pourquoi tenez vous tant au clivage droite-gauche », et j'ai eu d'Houria la réponse classique (qu'on verra dans la vidéo, et celle d'Isabelle Stengers dans un autre registre), position qui me semble auto-contradictoire et politiciste voire politicienne, en substance le refus, par la caractérisation d'un « champ politique blanc », de s'inscrire dans le clivage droite-gauche, mais envisager des alliances partisanes avec ceux qui s'inscrivent peu ou prou dans une perspective décoloniale (PCF, NPA, personnalités...). Cela relève certes d'un certain "pragmatisme", mais n'a rien à voir avec une stratégie d'auto-organisation des luttes indigènes, des luttes de classes, et des luttes féministes


contre l'intégration à la démocratie politique

voilà ma ligne générale, à tenir sur tous les fronts, ce qui ne risque pas de déclencher une tempête, même dans un verre d'eau, car comme disait RS devant mon choix de refuser l'aventure SIC, revue internationale pour la communisation : « Patlotch, combien de divisions ? ». Le PIR est fondé à poser la même, pour autant qu'il ne s'en désintéresse pas pragmatiquement, puisque cette position ne produit aucun effet visible sur le terrain politico-médiatique qui est le sien. Elle peut toutefois expliquer pourquoi il n'a pas plus de succès dans les quartiers populaires, parmi les prolétaires racialisés que la politique institutionnelle n'intéresse pas, et tant mieux : je ne suis pas plus pour leur intégration à la République française qu'à la démocratie politique sur le terrain de l'ennemi : l'État du capital, qui n'est pas plus de gauche ou de droite qu'il n'est blanc en essence

que personne ne manifeste son intérêt pour cette ligne communiste, décoloniale et féministe (anarcho-communisme décolonial, communisme libertaire féministe et décolonial...) ne saurait m'en détourner, et la justesse d'un point de vue ne se mesure pas à ses effets immédiats

qu'on en débatte ou pas, qui vivra verra, mais c'est au présent un combat


le décolonialisme en France ne doit pas être à la remorque du PIR


suite de cet épisode ICI



Dernière édition par Patlotch le Lun 13 Juin - 0:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Lun 13 Juin - 0:28



Tel-Aviv : un attentat trop prévisible

AFPS, vendredi 10 juin 2016

Citation :
Quatre civils israéliens ont été tués dans un attentat à la terrasse d’un café, victimes collatérales d’une politique dont leur gouvernement porte l’entière responsabilité. Nous déplorons cette situation dans laquelle des civils tuent d’autres civils tandis que les fauteurs de haine paradent au cœur du pouvoir israélien.

L’attentat commis par deux jeunes de Yatta n’aura surpris que ceux qui veulent fermer les yeux sur la situation qui prévaut aujourd’hui en Palestine occupée et le niveau de désespoir et de colère qui est celui de la population.

Le village de Yatta, au sud d’Hébron, dont sont originaires les deux jeunes, est depuis des années sous la pression constante des colons qui cherchent à vider la région de la présence palestinienne.

De tels actes ne manqueront pas de se reproduire si rien n’est fait pour arrêter cette infernale course à l’abîme, résultat d’une politique choisie en toute conscience par le gouvernement israélien. C’est ce qu’a dit à sa façon le maire de Tel-Aviv en pointant la responsabilité de l’occupation et de la colonisation.

Face au drame, on comprend bien sûr que le Président de la République ait condamné un attentat contre des civils, mais il l’a fait en assurant Israël de sa solidarité contre le terrorisme, comme si Israël n’était pas un acteur direct de ce terrorisme. Il s’était d’ailleurs bien gardé de réagir de même lors de l’assassinat le 24 mars dernier d’ Abdel Fattah Al-Sharif par un soldat franco-israélien.

La « riposte » annoncée, avant même la réunion du cabinet de guerre, suppression des permis de travail en Israël pour toutes les personnes portant le même nom que les auteurs de l’attentat, suspension des permis de visite familiale pour 83000 Palestiniens pendant le ramadan, interdictions jusqu’à dimanche soir d’accéder à Jérusalem et en Israël, bouclage et destructions programmées à Yatta ne feront que rajouter au désespoir.

Il est du devoir de la communauté internationale de s’opposer à ces punitions collectives qui alimentent la mécanique infernale de la violence et du désespoir et de faire échec au scénario du pire en imposant le respect du droit.

Le Bureau national



Ron Huldai appelle Israël à montrer aux Palestiniens qu’ils veulent un accord de paix juste après que quatre personnes ont été tuées lorsque des Palestiniens armés ont ouvert le feu


Citation :
Ce jeudi, le maire de Tel Aviv a attribué à l’occupation israélienne des territoires palestiniens l’attaque meurtrière menée par deux Palestiniens armés qui a tuée quatre Israéliens dans cette ville de la côte méditerranéenne.

Le maire travailliste Ron Huldai (71 ans) a déclaré à la radio de l’armée israélienne que l’occupation était responsable de l’attaque de mercredi soir, au cours de laquelle deux Palestiniens armés, originaires des alentours de Hébron dans le sud de la Cisjordanie, sont entrés dans un café populaire et ont ouvert le feu sur des personnes faisant la fête.

« Nous sommes sans doute le seul pays au monde, où une autre nation est sous occupation sans aucun droit civique »,
a-t-il déclaré. « Vous ne pouvez pas maintenir les gens dans une situation d’occupation et espérer qu’ils vont conclure que tout va bien. »

Ron Huldai a ajouté que « personne n’a le courage » de faire la paix avec les Palestiniens et il a demandé de tenter de conclure un accord lorsque les attaques se seront calmées.

« Il y a eu une occupation qui dure depuis 49 ans, dont j’ai fait partie, et dont je connais la réalité, et je sais que les dirigeants ont besoin de courage pour ne pas se contenter de parler. Nous devons montrer à nos voisins que nous avons véritablement l’intention de revenir à une réalité avec un État juif plus petit, avec une nette majorité juive. »

Le vice-ministre de la Défense Eli Ben-Dahan a répondu à Ron Huldai, qualifiant ses remarques d’« étranges » et « délirantes ».

« J’ai entendu le maire de Tel Aviv dire que l’"occupation" est responsable ou que c’est parce que nous n’avons pas de traité de paix avec les Palestiniens, que voilà pourquoi nous subissons le terrorisme », a déclaré Eli Ben-Dahan face au public à l’Institut d’études sur la sécurité nationale.

« Je tiens à lui rappeler que le terrorisme existait déjà ici il y a 100 ans et, en 1929, les Juifs ont été assassinés [dans un massacre à Hébron] alors qu’il n’existait pas d’État d’Israël. Il n’y avait même pas d’"occupation". »

Le café du marché Sarona à Tel Aviv est resté ouvert jeudi après-midi, alors que deux bataillons supplémentaires comprenant des centaines de soldats ont été déployés en Cisjordanie et que Yatta, la ville natale des assaillants, a été verrouillée.

Les véhicules de l’armée contrôlent les points d’entrée du village, près d’Hébron, des soldats arrêtant et fouillant tous ceux qui en sortent ou y entrent.

Les deux agresseurs ont été identifiés comme étant Mohammad Makhamrah (22 ans) et son cousin Mohammad Ahmad Makhamrah.

Les quatre victimes étaient toutes Israéliennes et ont été identifiées : Ido Ben Aryeh (42 ans), Ilana Nave (39 ans), Michael Feige (58 ans) et Mila Mishayev (32 ans).

Les deux attaquants palestiniens sont tous deux en garde à vue, et l’un d’entre eux a subi une intervention chirurgicale après avoir été abattu par la police.

Bezalel Smotrich, membre du parlement israélien, a tweeté ce jeudi qu’il « s’inquiétait » du fait que la police n’avait pas abattu les deux assaillants sur les lieux, plutôt que de les arrêter.

« Un terroriste qui s’en va nuire aux Juifs ne devrait pas s’en sortir vivant, point final », a-t-il écrit.

Un porte-parole du mouvement Hamas basé à Gaza a salué l’attaque, en disant qu’il s’agissait d’une « opération héroïque ».

Pendant ce temps, Aymen Odeh, à la tête de la liste commune israélo-palestinienne, a déclaré que l’incident était un « coup terrible pour les civils ».

« Mes pensées vont aux familles. Une attaque contre des innocents est toujours répréhensible, il ne peut y avoir aucune justification au fait de tirer sur des civils dans la rue », a-t-il déclaré.

Aymen Odeh a ajouté que l’actuel gouvernement israélien de coalition d’extrême-droite a contribué à une « aggravation de la haine et de la violence ».

D’autres membres de la liste commune d’Odeh se sont joints aux condamnations de l’attaque, mais ils ont aussi critiqué une « punition collective immorale contre les Palestiniens » de la part du gouvernement israélien en réaction à l’attaque.

« Nous rejetons les attaques contre les civils quelles qu’elles soient. Un tel acte ne fait pas avancer les droits des Palestiniens », ont déclaré Ahmed Tibi et Oussama Saadi dans une déclaration commune.

Une des premières réactions d’Israël face à l’attaque a été de révoquer des dizaines de milliers de permis d’entrée de Palestiniens.

Le COGAT, l’unité du ministère de la Défense qui gère les affaires civiles en Cisjordanie, a indiqué que 83 000 Palestiniens seraient concernés.

Les mesures comprenaient le gel des permis pour 204 proches de l’un des agresseurs présumés.

Les deux parlementaires de la Liste commune ont jugé que la « punition collective » des Palestiniens pour les attaquants de Tel-Aviv ne résoudrait pas le problème, ajoutant que « seul le fait de mettre fin à l’occupation apportera la paix ».

La recrudescence des violences depuis octobre a causé la mort d’au moins 207 Palestiniens, 32 Israéliens, deux Américains, un Erythréen et un Soudanais.

La plupart des Palestiniens tués perpétraient des attaques au couteau, par arme à feu ou à la voiture-bélier, selon les autorités israéliennes.

D’autres ont été tués dans des affrontements avec les forces de sécurité ou par des frappes aériennes israéliennes sur la bande de Gaza




Dernière édition par Patlotch le Lun 13 Juin - 0:40, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Lun 13 Juin - 0:38


Le gouvernement hébreu a longtemps jubilé à travers des dizaines de déclarations de responsables israéliens se vantant d’avoir mis un terme au soulèvement populaire palestinien par une politique se basant essentiellement sur la répression sous toutes ses formes.

Fares Chahine a écrit:
C’était compter sans ces deux jeunes Palestiniens qui ont ramené tout ce monde à la case départ. Originaires de Yatta, une localité proche de la ville d’El Khalil, deux cousins ont réussi à s’infiltrer dans la ville israélienne symbole de Tel-Aviv, tuer à l’arme automatique quatre Israéliens et blesser six autres.

L’attentat s’est déroulé mercredi soir dans un restaurant à quelques pas du ministère israélien de la Guerre, dont l’extrémiste Avigdor Lieberman vient de prendre le commandement [dans ce cas, les victimes ne sont peut-être pas aussi civiles qu'on l'a dit...]. Cet homme, chef du parti israélien d’extrême droite Israël Beitenou, qui éprouve une haine maladive envers les Palestiniens, ne cesse de les menacer des pires mesures, assassinats, blocus et guerre totale. A leur manière, ces deux jeunes cousins, qui ont décidé d’agir en plein cœur d’Israël, lui ont répondu.

Le peuple palestinien n’arrêtera sa lutte qu’après avoir arraché ses droits légitimes, et ce, quels que soient les sacrifices. La même nuit, l’armée israélienne a de nouveau agi en utilisant ses procédés coutumiers. Incursion dans la localité de Yatta, blocus total, perquisitions, fouilles et arrestations de plusieurs citoyens dont des proches des jeunes Khaled et Ahmad Makhamra, âgés respectivement de 22 et 21 ans, arrêtés après avoir été à cours de munitions. Les forces israéliennes, qui n’ont pas quitté Yatta depuis mercredi soir, ont démoli hier à l’aube la maison du prisonnier Mourad Daais, âgé de 16 ans, accusé d’avoir tué, précédemment, un femme israélienne dans la colonie de Aatnael, située au sud de la ville d’El Khalil.

La municipalité de Yatta a décidé de reloger la famille qui a perdu sa maison, et ce, jusqu’à sa reconstruction. Mais loin de toute intervention officielle palestinienne, la population de Yatta a décidé de s’entraider pour reconstruire cette maison qui abritait une dizaine de personnes. Une belle image d’unité dont les habitants de cette localité peuvent être fière.

Lieberman a ordonné par ailleurs que les corps des martyrs palestiniens tombés au cours d’attaques contre des Israéliens ne soient plus restitués à leurs familles. Les mesures répressives ont été élargies, encore plus jeudi, lorsque le gouvernement de Benyamin Netanyahu a décidé d’annuler plus de 80 000 permis d’entrer en Israël délivrés à des citoyens palestiniens, pour rendre visiter à leurs familles et effectuer les prières à la mosquée d’El Aqsa, pour le mois de Ramadhan.

Vendredi, l’armée israélienne a annoncé un blocus total de la Cisjordanie occupée et de la bande de Ghaza avec fermeture de tous les points de passage jusqu’à ce soir minuit. Ces mesures répressives constituent des punitions collectives interdites par les Conventions de Genève, a affirmé le haut commissariat de l’Organisation des Nations unies aux droits de l’homme. Cette révocation ne fera en outre «qu’accroître le sentiment d’injustice et de frustration éprouvé par les Palestiniens», estime le haut-commissaire Zeid Ra’ad Al Hussein.

Malgré le blocus, des dizaines de milliers de Palestiniens ont assisté à la prière du premier vendredi du Ramadhan dans la mosquée El Aqsa, à El Qods.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, dont le pays a dénoncé l’attentat de Tel-Aviv, a estimé vendredi que le bouclage par Israël des territoires palestiniens risquait d’attiser les tensions. La France avait organisé, au début du mois à Paris, une conférence internationale pour tenter de relancer le processus de paix, à l’arrêt depuis 2014.

Israël décide de construire de nouvelles colonies en Cisjordanie occupée

Le secrétaire général de l’initiative palestinienne, Moustapha El Barghouti, a qualifié la décision d’établir 82 nouvelles unités de colonisation à Talet Choaafat, 150 unités dans la colonie de Jilo, sur les terres de Beit Jala, en plus du début de la construction de centaines d’unités dans la colonie de Har Houma, sur les terres de Beit Sahour et de Beit Lehem, d’«escalade de la guerre de colonisation contre le peuple palestinien et une exploitation de l’incapacité de la communauté internationale, qui évite de prendre des sanctions contre Israël et se suffit de communiques timides».

El Barghouti a ajouté que «le plus dangereux est la campagne menée par certains ministres du gouvernement israélien pour l’application de la loi israélienne dans la colonie de Maale Adoumim visant à annexer la plus grande partie de la Cisjordanie occupée et de renforcer le système d’apartheid et de discrimination raciale israélien».
 





crédits/photos : Hazem Bader (AFP)
Israeli soldiers man a temporary checkpoint at the entrance of the Palestinian village of Yatta in the occupied West Bank

Citation :
Le département d'Etat américain a appelé Israël à prendre en compte "l'impact sur les civils palestiniens"

L'armée israélienne a imposé un bouclage général de la Cisjordanie et de la bande de Gaza dans la nuit de jeudi à vendredi, à la suite de [ l'attentat meurtrier survenu à Tel Aviv mercredi] .

L'entrée en Israël ne sera autorisée que pour des raisons humanitaires et médicales. Les Musulmans pourront se rendre dans l'enceinte du Mont du Temple pour la prière du vendredi, qui sera aussi le premier vendredi du Ramadan.

La mesure sera levée à minuit dimanche après la fin de la fête juive de Chavouot, a déclaré l'armée israélienne dans un communiqué.

Un peu plus tôt jeudi, le département d'Etat américain a appelé Israël à prendre en compte "l'impact sur les civils palestiniens" dans sa réponse à l'attaque terroriste de mercredi.

Le porte-parole Mark Toner a répondu à des questions portant sur la série de mesures annoncées par le cabinet de sécurité israélien à la suite de l'attaque.

Israël a annoncé le gel de 83.000 permis d'entrée délivrés à des Palestiniens pour le ramadan. Le cabinet a aussi décidé d'imposer le bouclage du village de Yatta en Cisjordanie, duquel sont originaires les deux terroristes palestiniens, ainsi que la suspension des permis de travail accordés aux familles. Le nouveau ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a par ailleurs ordonné que les corps de terroristes tués au cours d'attentats anti-israéliens ne soient plus restitués à leur famille.

"Nous comprenons le désir du gouvernement israélien de protéger ses citoyens après ce genre d'attaque terroriste et nous appuyons fermement ce droit, mais nous espérons que toutes les mesures qu'il a prises vont également prendre en considération l'impact sur les civils palestiniens qui tentent simplement de poursuivre les activités de leur vie quotidienne ",
a déclaré Toner.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Lun 13 Juin - 1:36




Avigdor Lieberman vient de prendre une première décision forte en tant que ministre de la Défense israélien.



- MENAHEM KAHANA - AFP

Citation :
Le nouveau ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a ordonné que les corps de terroristes  Palestiniens tués au cours d’attentats anti-israéliens ne soient plus restitués à leur famille. Cette décision, annoncée au lendemain d’une attaque au cours de laquelle deux Terroristes Palestiniens ont commis un attentat et  tué quatre Israéliens à Tel-Aviv, est la toute première portant la marque d’Avigdor Lieberman sur le conflit israélo-palestinien depuis sa prise de fonctions fin mai.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Lun 13 Juin - 17:03




L’activisme grandissant montre que le monde « ne tolère plus » les politiques israéliennes, affirme le secrétaire général de l’OLP


Saeb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP),
à Ramallah le 23 novembre 2015.
Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI

Citation :
Un nombre grandissant de juifs américains plaident activement la cause palestinienne, ce qui montre que le monde ne « tolère » plus les politiques d’Israël en Cisjordanie, affirme au Times of Israel Saeb Erekat, un haut responsable palestinien.

« Notre message au monde est que la justice plutôt que l’impunité amènera une paix juste et durable pour les Israéliens et les Palestiniens. Le nombre grandissant de juifs américains, par exemple, qui appellent à la justice pour la Palestine et qui agissent dans ce sens, est une indication que le monde ne tolèrera plus les politiques dictées par le gouvernement israélien extrêmiste, » a déclaré Erekat dans une interview par email ayant eu lieu avant l’attentat à Sarona à Tel Aviv et qui a tué quatre Israéliens et en a blessé seize autres.  

Erekat, vétéran des négociations de paix et le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine, a loué comme étant un « pas important » le fait même que la conférence de paix de vendredi dernier ait eu lieu.

« Chaque réaffirmation du besoin de mettre complètement un terme à l’occupation israélienne qui a commencé en 1967 est important, » a-t-il dit. Le communiqué final du Sommet a fait référence aux Résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations unies, résolutions dont il commente « qu’elles disent clairement que d’acquérir des territoires par la force est inadmissible et appellent Israël à se retirer vers les frontières de 1967. »

Cependant, il a reconnu « que certains éléments manquent, » comme un calendrier clair pour un retrait israélien de la Cisjordanie.

« C’est pourquoi nous devons continuer notre dialogue avec la communauté internationale. Ayant dit cela, je voudrais déclarer à tous ceux qui ont poussé dans le sens d’une déclaration sans dates limites qu’ils ne rendent service à personne, pas même aux Israéliens. » a-t-il ajouté.

Malgré leur soutien au Sommet de Paris, les Palestiniens vont continuer leurs « efforts internationaux, » a-t-il promis, bien qu’il ait refusé de dire si et quand Ramallah reprendrait ses efforts pour faire passer une résolution anti-Israël au Conseil de Sécurité des Nations unies.

Il a également rejeté le fait, mis en avant par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qu’une normalisation complète des relations avec le monde arabe pourrait avoir lieu avant qu’un accord de paix israélo-palestinien ne soit trouvé. Netanyahu a récemment partiellement adoubé l’Initiative de paix arabe et a indiqué qu’une réconciliation arabo-israélienne forcerait Ramallah à faire des concessions.

« Regardez la déclaration officielle publiée par l’Arabie Saoudite qui dit clairement que l’Initiative de paix arabe ne va pas changer. Israël doit mettre un terme à son occupation avant que toute normalisation n’ait lieu, » a ajouté Erekat.

« Le fait que l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, le Maroc et la Ligue arabe étaient représentées à Paris ne signifie pas qu’il y a un feu vert pour une normalisation des relations arabes avec Israël, mais cela montre le sentiment arabe que la liberté de la Palestine est déterminante pour une prochaine paix dans notre région. »

Erekat a rejeté les déclarations de Netanyahu à propos d’un « processus régional », qui serait probablement mené par l’Egypte, afin d’avancer sur le processus de paix en dehors du cadre des organes internationaux.

« M. Netanyahu essaie simplement de montrer qu’il n’y pas besoin d’une implication multilatérale et internationale. Il recycle des éléments de langage, ce qui est le maximum qu’il puisse faire, et il va probablement bientôt répéter son appel à dresser une tente entre Jérusalem-Ouest et Ramallah pour que des négociations y aient lieu, » a affirmé Erekat.

Mais rien de moins qu’un retrait complet des territoires de 1967 est « un discours de peu de valeur et les Arabes le savent bien, » a-t-il dit. Ramallah agit en coordination complète avec l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite et d’autres, » a-t-il ajouté.

« La volonté de l’Egypte de contribuer à mettre un terme à l’occupation israélienne de la Palestine a été présentée à l’intérieur du cadre de l’initiative française, pas en dehors ».


« Avoir salué la conférence de paix de Paris, qu’Israël a vigoureusement rejetée, ne signifie pas que les Palestiniens vont arrêter de chercher d’autres forums pour internationaliser leur combat contre Israël, affirme Erekat. « Nous allons lancer des actions partout où ce sera nécessaire afin de défendre nos droits, » a-t-il promis.

« Nous allons continuer à demander un embargo sur les produits des colonies, nous allons continuer à appeler pour un désinvestissement dans les compagnies qui profitent de l’occupation israélienne, et nous allons continuer de travailler dans les forums internationaux. La question d’allons-nous ou pas présenter une résolution devant le Conseil de Sécurité recevra une réponse en temps voulu, et dans le cadre d’une coordination avec nos partenaires. »


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Lun 13 Juin - 17:09


Le nombre de Palestiniens travaillant alors qu’ils n’ont qu’entre 10 à 17 ans a doublé en cinq ans dans la bande de Gaza.


Karam et son frère Moustapha ramassent des objets en plastique dans la bande de Gaza
AFP/Mahmoud Hams

Citation :
Avant, Walid était un bon élève. Aujourd’hui, ce garçonnet palestinien de la bande de Gaza passe ses journées à récolter des débris dans les maisons détruites par les guerres avec Israël et les revend contre une poignée de shekels. Avec un père au chômage depuis des années et trois frères et sœurs, Walid fait ce qu’il peut pour nourrir chichement sa famille, alors même qu’il n’a que 11 ans. Toute la journée, bravant un soleil de plomb ou un vent violent, il parcourt les décombres des maisons détruites. Walid collecte « des pierres, des morceaux de métal, de béton et de plastique », revendus à des entreprises qui les recycleront en matériaux de construction.

Le monde observe dimanche la Journée contre le travail des enfants. Les chiffres restent beaucoup trop élevés, mais le nombre global d’enfants contraints de travailler a diminué de 246 millions en 2000 à 168 millions aujourd’hui, selon l’Organisation internationale du travail. Dans la bande de Gaza, c’est le contraire : le nombre de Palestiniens âgés de 10 à 17 ans travaillant a doublé en cinq ans pour atteindre 9 700, selon les chiffres officiels palestiniens.

Près de la moitié du 1,9 million d’habitants de ce territoire palestinien vit sous le seuil de pauvreté. Trois guerres en six ans ont ravagé l’étroite enclave coincée entre Israël, l’Égypte et la Méditerranée. Les blocus imposés par Israël depuis 10 ans et l’Égypte depuis trois ans étouffent le territoire. 80 % de la population est tributaire de l’aide humanitaire et le taux de chômage, proche de 45 %, est l’un des plus élevés au monde.

Âgés d’à peine 5 ans

À 12 ans, Ibrahim Ghaben a lui aussi arrêté l’école. Cela fait deux ans que ce frêle garçon aux yeux et cheveux bruns va régulièrement ramasser des débris pour faire vivre les neuf membres de sa famille. Le plomb des balles tirées par l’armée israélienne est une matière première appréciée. Avec d’autres enfants, Walid et Ibrahim hantent les quartiers détruits de leur localité de Beit Lahya, et sont les premiers à investir les lieux après chacune des offensives israéliennes, pour grappiller une vingtaine de shekels (cinq euros environ).

« La majorité des enfants qui travaillent le font dans les quartiers le long de la frontière, qui sont les zones les plus pauvres » de la bande de Gaza, dit Aïda Kassab, psychologue au Programme de Gaza pour la santé mentale. Parmi les risques de cette économie de survie, Ibrahim, qui a l’air plus jeune que les garçons de 12 ans, raconte avoir essuyé des tirs un jour qu’il fourrageait trop près des tours de béton surmontant la barrière de sécurité israélienne qui enferme hermétiquement la bande de Gaza.

Mis à part les projectiles israéliens, Ibrahim, Walid et les autres enfants font face à un danger plus sournois mais permanent. « Ces enfants, parfois âgés d’à peine cinq ans, sont obligés d’effectuer des travaux difficiles qui ne conviennent ni à leur capacité physique ni à leur situation psychologique », s’émeut Mme Kassab.

Abus

Akram Saïd, 14 ans, a passé des années à travailler dans ces collectes ingrates. Lui non plus ne va pas à l’école mais veut désormais « apprendre un métier utile » pour aider ses quatre frères et sœurs et ses parents chômeurs. Il s’est tourné vers Terre des hommes, une ONG qui aide des familles à rescolariser leurs enfants ou les mineurs à se lancer dans une formation professionnelle.

« Le phénomène du travail des enfants reflète la situation économique et sociale de la bande de Gaza »,
dit Khitam Abou Hamad qui dirige ce projet. Bien des abus sont permis : certains enfants sont parfois « payés 20 shekels pour 12 heures de travail par jour », explique Iyad Abou Houjayr, du Centre palestinien pour la démocratie et la résolution des conflits, une ONG qui apporte un soutien psychosocial aux familles les plus démunies.

« La loi palestinienne interdit le travail des enfants de moins de 15 ans », poursuit M. Abou Houjayr. Mais « elle est très peu appliquée » dans un tel marasme. Les divisions entre le Hamas qui dirige Gaza et l’Autorité palestinienne qui siège en Cisjordanie compliquent encore la tâche de la justice. La situation ne fait qu’empirer à chaque nouveau conflit, déplore Hyam al-Jarjaoui, en charge de la question des enfants au ministère des Affaires sociales. « Plus la pauvreté augmente, plus les enfants travaillent. »



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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Lun 13 Juin - 17:18


Suisse

Israël accélère ses démolitions

Christophe Koessler 13 juin 2016

L’Union européenne estime qu’Israël a détruit ou rendu inutilisables depuis 2009 pour plus de 2,7 millions d’euros d’infrastructures qu’elle a financées dans la zone C de la Cisjordanie. Cette somme ne comprend pas les aides bilatérales de pays européens.


JOESKILLET / CC

Citation :
Le nombre de maisons et d’infrastructures palestiniennes détruites par Israël a explosé en 2016. De nombreux projets financés par la communauté internationale, dont la Suisse, sont touchés.

De janvier à mars dernier, Israël a détruit davantage d’habitations et d’installations palestiniennes en Cisjordanie que pendant toute l’année 2015, indiquent les Nations Unies. En trois mois, 840 personnes ont été déplacées.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a tiré la sonnette d’alarme en avril dernier mais aucune action n’a été entreprise par le Conseil de sécurité: «La politique du fait accompli au travers de démolitions et de constructions de colonies pose la question de savoir si le but final d’Israël n’est pas de faire partir les Palestiniens de certaines parties de la Cisjordanie, compromettant ainsi toute transition vers un Etat palestinien viable», a déclaré Ban Ki-Moon.

Pas de permis  de construire

Plus d’une centaine de colonies sont désormais implantées en Palestine et d’autres sont en préparation par l’Etat hébreu, note l’ONG israélienne B’tselem.

Toutes les démolitions opérées par Israël dans la zone C de la Cisjordanie – qui comprend 60% du territoire palestinien – ont pour motif officiel l’absence de permis de construire délivré par l’Etat hébreu, indique le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (BCAH).

Car la zone est sous contrôle militaire israélien complet. Tout habitant ou collectivité désireux d’édifier un bâtiment, de construire des conduites d’eau ou d’installer des poteaux électriques doivent obtenir l’assentiment de la puissance occupante. Et c’est là où le bât blesse : seuls 1,5% des demandes de permis adressées par les Palestiniens sont acceptées...

109 structures démolies

Ainsi, même des infrastructures financées par des institutions publiques et des ONG internationales sont passées au bulldozer. Dans les deux premiers mois de cette année, 109 structures de ce type ont été démolies par les autorités israéliennes. Soit cinq fois plus que dans les mêmes périodes de 2015 et 2014, déplore le BCAH.

«Cette pratique va à l’encontre du droit international humanitaire, qui exige d’Israël, en tant que puissance occupante, de faciliter le passage rapide et sans entrave de l’assistance humanitaire», déclare le bureau de l’ONU.

L’UE perd des millions

En tant que principal bailleur de fonds en Palestine, l’Union européenne (UE) est durement touchée. Une étude de la Commission européenne estime à 39,6 millions d’euros les dégâts subis par des infrastructures financées par l’Union européenne entre 2001 et 2009 en Cisjordanie et à Gaza.

Le Courrier a obtenu des chiffres plus récents en ce qui concerne la zone C de la Cisjordanie uniquement – ces données ne tiennent donc pas compte de Gaza où les bombardements répétés ont occasionné le plus de dégâts. Le bureau des Affaires étrangères de l’Union européenne fait état de 320 000 euros de dommages qui concernent 180 infrastructures humanitaires qu’elle a financées depuis 2009.

A ajouter aux 2,4 millions d’euros de préjudices pour 600 «structures», bâtiments ou autres installations, qui ont été soumises à des ordres de destruction ou d’évacuation. Ces sommes ne comprennent pas les projets financés par des pays européens pour leur propre compte.

L’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme donne de nombreux exemples de telles aides bilatérales réduites à néant. Comme un projet agricole dans la vallée du Jourdain en février 2016 (plusieurs millions d’euros financés par les Pays-Bas), une aire de jeux pour enfants dans un village près de Bethléem en avril 2016 (54 000 euros fournis par la Belgique), un réseau électrique dans le village de Khirbet Al Tawil en 2014 (55 000 euros donnés aussi par la Belgique), etc.

Des paroles aux actes

L’Union européenne a réagi le 19 mai dernier par le biais d’un communiqué à la suite de l’éviction d’une tribu de Bédouins en Cisjordanie: «Ces communautés font face à des confiscations et des démolitions ces dernières années dans le cadre d’un plan qui les a placées dans une situation humanitaire grave et qui risque de se terminer en transfert forcé.» Le gouvernement israélien a en effet pour projet de déplacer les quelque 12 000 Bédouins qui vivent entre Jérusalem et le Jourdain en Palestine dans un camp près de Jéricho.

Pour l’instant, l’UE se contente de protester de temps à autre par les voies diplomatiques usuelles et continue à souligner que l’action d’Israël met en péril la possibilité de la création de deux Etats séparés, solution que la communauté européenne favorise. Elle a aussi rendu obligatoire l’étiquetage des produits israéliens issus des colonies à destination du marché européen, sans les interdire.

En revanche, son accord d’association avec Israël, lequel bénéficie de nombreux avantages commerciaux, culturels et politiques en comparaison internationale, n’a jamais été remis en question
.

Citation :
La Suisse perd aussi des plumes

La Confédération suisse finance également toutes sortes d’infrastructures humanitaires en Palestine. En particulier à travers sa contribution au Fonds commun humanitaire des Nations Unies, auquel la Suisse a versé 6,5 millions de francs depuis cinq ans. «Entre 2011 et 2016, le montant estimé des infrastructures détruites ou confisquées dans le cadre de ce programme se montait à 339 667 dollars», note Tilman Renz, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Destructions et confiscations

Dans les six derniers mois seulement, les autorités suisses relèvent que trois des installations qu’elles ont cofinancées ont été détruites ou confisquées.

Le premier cas concerne des abris, barrières et abreuvoirs édifiés dans le cadre d’un projet d’élevage en faveur de la communauté de Al Hadidiya au nord de la vallée du Jourdain, près de la colonie israélienne de Ro’i. Ils ont été démolis le 26 novembre dernier par l’armée israélienne (le montant des dommages s’élève à quelque 17 000 dollars).

Le second s’est produit dans la communauté de Bédouins de Jabala Al Baba près de Jérusalem où l’Etat israélien a confisqué pour plus de 36 000 dollars de matériel humanitaire financé par les Nations Unies. Enfin, des maisons en préfabriqué et deux caravanes, pour un montant total de 28 464 dollars, ont également été retirées à leurs bénéficiaires.

Le DFAE souligne encore qu’en 2012 des panneaux solaires d’une valeur de 3500 dollars cofinancés par la Suisse dans le cadre d’un projet mis en œuvre par l’ONG israélo-palestinienne Comet ont été détruits au Sud d’Hébron.

La réaction du Conseil fédéral

Le Conseil fédéral a-t-il réagi à ces destructions? «La Suisse peut entreprendre des démarches bilatérales, ou conjointes avec d’autres Etats, auprès d’Israël. De manière générale, lors de rencontres diplomatiques avec des représentants israéliens, la Suisse soulève ses préoccupations liées au respect du droit international humanitaire», répond le porte-parole.

La Confédération n’envisage toutefois pas de renoncer à sa collaboration militaire avec Israël. Les autorités suisses ont aussi avalisé l’achat de six drones israéliens, pour un montant de 250 millions de francs. CKR



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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mar 14 Juin - 22:06




Plus de 210 Palestiniens tués en six mois, dont 47 mineurs par l’armée en tous types de circonstances, abattus lors d’attaques au couteau ou au tournevis, désarmés sur des check-points, blessé à terre, achevé par un soldat fier de son acte.

Des dizaines de maisons détruites et de terres confisquées, au point que l’UE s’est inquiétée auprès du gouvernement israélien de la forte augmentation de cette pratique. Un gouvernement qui vient d’annoncer l’autorisation de 82 unités de logements dans les colonies.


Citation :
Et c’est dans ce contexte là que soudain il devient fondamental (pour qui et pourquoi, nous devons nous poser la question) de dénoncer la violence de l’attentat de Sarona Tel Aviv. Le plus souvent sans avoir jamais dit un mot sur la violence que nous venons de décrire.

L’UJFP a toujours dénoncé toute violence contre des civils, qu’ils soient palestiniens ou israéliens, juifs ou non, et a toujours en même temps refusé toute symétrie entre occupant et occupé, oppresseur et opprimé, notamment au niveau des attaques de civils, et a toujours pointé les responsabilités politiques écrasantes de ces attaques de civils, c’est-à-dire les régimes israéliens successifs d’oppression, d’occupation, de colonisation.

Le désespoir d’une vie écrasée et sacrifiée d’avance, d’un avenir bouché, d’un horizon inexistant dû :

- à l’impuissance politique d’une direction palestinienne divisée et au chaos que traverse le monde arabe,
- à l’arrogance et à la violence grandissante du gouvernement israélien, de l’armée et des colons contre eux,
- au refus des puissances occidentales de sanctionner Israël, ce qui revient à un permis de tuer.

Tels sont les responsables qui poussent aujourd’hui des jeunes gens à des attaques où et quand ils le peuvent, sans objectif autre qu’exprimer ce désespoir.

Les médias israéliens glosent actuellement sur les trous dans le Mur et son inefficacité. Ainsi la population israélienne (et d’autres avec elle) devrait se croire à la fois blanche de toute violence, victime d’une violence palestinienne sans cause, « radicalisée » comme ils disent, et protégée de cette violence par des murs. Le seul et pathétique espace de questionnement qui lui est ouvert est celui de leur herméticité.

Une population enfermée, qui vit sous la botte de l’armée et des colons, à la merci d’une rencontre malheureuse avec un soldat ou un colon, avec impunité acquise pour l’oppresseur, alors que ses fils et filles sont condamnés devant des tribunaux d’exception à des dizaines d’années de prison pour des jets de pierre, a le droit de résister.

La population palestinienne résiste massivement et quotidiennement dans la non-violence et le sumud [1] le plus souvent. Parfois, plus rarement, des combattants organisent une opération militaire (mais ces opérations sont de toute façon assimilées par le régime et les médias israéliens, voire européens à des attentats contre les civils) et parfois aussi des groupes, aujourd’hui des individus, organisent des attentats contre des civils.

Ceux qui ont vécu la guerre d’Algérie savent ce que cela signifie, tortures et violences de l’armée coloniale contre des civils, exactions impunies de l’OAS contre des civils, attentats du FLN contre des civils...

Pouvait-on décemment mettre sur le même plan, ces divers types de combattants ? Il y a aussi ceux qui se souviennent de l’occupation de la France et de la requalification des opérations de la Résistance en opérations terroristes. Une résistance dont personne n’aurait décemment exigé qu’elle soit désarmée ou « non violente ».

De même, pendant la guerre du Viêt Nam, on retrouvait l’idéologie coloniale dans la dénonciation systématique des opérations du Viêt-Cong par une presse tout aussi coloniale. Mais du Viêt Nam nous avons retenu une leçon : le colon ne peut gagner, aussi puissant soit-il, contre un peuple en lutte pour son indépendance et ses droits. La seule issue lorsqu’une population indigène et une population coloniale doivent coexister dans le même espace est celle du compromis, et du partage des droits, comme de la souveraineté.

L’écho français actuel sur les violences policières contre les manifestants opposés à la loi travail, devrait résonner à nos oreilles. Les médias du pouvoir se contentent de pointer la violence des manifestants et s’appliquent à gommer la répression policière qui accompagne la politique de mise au pas du salariat français, à coup de 49-3 et de démantèlement des systèmes de protection du travail. La méthode est globale, ne nous y trompons pas. Elle n’est pas nouvelle, mais le temps d’aujourd’hui est celui de l’effacement des causes et des responsabilités et du TINA (there is no alternative). Cela sert à imposer la loi du plus fort, envers et contre tout.

Le bureau national de l’UJFP, le 14 juin 2016.


[1] Sumud un terme palestinien désignant une forme de résistance faite de détermination et de ténacité.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Ven 17 Juin - 11:26


le mur franchi de la la folie
pour un apartheid capitaliste, colonialiste, et raciste


Gaza : Israël construit une troisième barrière d’enfermement

CAPJPO-EuroPalestine

L’armée israélienne va construire une nouvelle barrière d’enfermement de la population de Gaza, avec des structures en béton s’enfonçant de plusieurs dizaines de mètres dans le sol (et jusqu’à 9 mètres au-dessus) !


L’armée israélienne à l’œuvre autour de la bande de Gaza

Citation :
Le budget alloué au renforcement du camp de concentration n’a pas été rendu public, mais la presse israélienne évoque un total pouvant se chiffrer en milliards d’euros.

En pratique, le blocus israélo-égyptien de la bande de Gaza et de ses 1,8 million d’habitants est déjà quasiment total depuis plus de 10 ans maintenant.

C’est lors des accords dits « d’Oslo », ceux-là mêmes qui étaient censés conduire à la fin de l’occupation, qu’une première barrière électrifiée avait été créée par Israël en 1994.

Une deuxième barrière, avec toujours plus de militaires pointant en permanence leurs canons sur la population du minuscule territoire, avait ensuite été construite en 2005.

Ce dispositif, quasiment hermétique, a cependant pu être pris en défaut en de très rares occasions, notamment lorsqu’en 2006 des combattants palestiniens parvinrent à sortir de leur prison à travers des tunnels creusés dans le sable, et à faire un prisonnier israélien, le soldat Gilad Shalit.

Mais non, cela ne suffit pas, et le régime d’apartheid aurait tort de rechigner à la dépense, dès lors qu’il continue de bénéficier, non seulement de l’impunité généralisée, mais aussi d’un financement massif : la subvention américaine à l’armée israélienne est en passe de grimper à 4 milliards de dollars par an au lieu de 3 actuellement, Obama ayant promis de signer le chèque avant de quitter la Maison-Blanche en janvier prochain.

Projet « défensif » pour rendre impossible le passage par les tunnels ?

Le journaliste du Yedioth Ahronot Nahum Barnea, qui est tout sauf un opposant, en doute lui-même quelque peu.




En même temps qu’il confirmait la construction de la méga-muraille, un porte-parole du nouveau ministre de la Défense Avigdor Lieberman a en effet prôné jeudi une prochaine guerre d’extermination contre la bande de Gaza.

« Nous ne pouvons pas être éternellement dans une guerre d’usure. Une confrontation avec le Hamas est inévitable. C’est pourquoi le prochain conflit devra aussi être le dernier du genre », a ainsi menacé cet officiel.

Rappelons que lors de sa dernière agression massive, en juillet-août 2014, Israël a tué plus de 2.300 Palestiniens dans la bande de Gaza, dont 75% au moins étaient des civils. Depuis, des dizaines d’autres Gazaouis ont été assassinés par des tirs et bombardements venant du ciel, de la terre ou de la mer.



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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mar 28 Juin - 14:16


Recalibrer l’anarchisme dans un pays colonisé

Conversation avec des anarchistes palestiniens



« Pour être honnête, j’en suis encore à essayer de me débarrasser de mes habitudes nationalistes », dit Ahmad Nimer en plaisantant tandis que nous bavardons dans un bar de Ramallah. Le sujet de notre conversation est à peu près celui-ci : comment peut-on vivre comme anarchiste en Palestine ?

Citation :
« Dans un pays colonisé, il est assez difficile de convaincre les gens avec des solutions non-autoritaires et non-étatiques. On rencontre une forte mentalité – souvent étroitement nationaliste – anticoloniale », déplore Nimer. En fait, les anarchistes en Palestine ont actuellement un problème de visibilité. En dépit de l’importance de l’activisme anarchiste en Israël et au niveau international, il ne semble pas exister une prise de conscience semblable en faveur de l’anarchisme parmi les nombreux activistes palestiniens.

« Le débat actuel sur les thèmes anarchistes se concentre surtout sur la question du pouvoir : refuser l’exercice du ‟pouvoir sur” et être en faveur du ‟pouvoir avec”. Quand on parle de l’anarchisme en tant que conception politique, celle-ci est définie par le rejet de l’État », explique Saed Abu-Hijleh, professeur de géographie humaine à l’Université Al -Najah à Naplouse. « On parle de liberté et d’une société qui s’organise sans l’interférence de l’État. » Mais comment un peuple sans État peut-il adhérer à l’anarchisme, lequel implique une opposition à toute forme d’État comme condition de son autoréalisation ?

En Palestine, historiquement, des éléments dans la lutte populaire ont été auto-organisés, même s’ils ne sont pas explicitement identifiés à l’anarchisme en tant que tel. « Les gens ont déjà organisé leur vie horizontalement ou d’une manière non-hiérarchique », explique Beesan Ramadan, une autre anarchiste de Palestine, qui définit l’anarchisme comme une ‟tactique”, mais s’interroge sur la nécessité de s’étiqueter. Elle poursuit : « il est déjà là, dans ma culture et dans la façon dont l’activisme palestinien opère. Pendant la Première Intifada, par exemple, quand une maison était démolie, les gens s’organisaient presque spontanément pour la reconstruire. Comme anarchiste palestinienne, j’ai hâte d’en revenir aux racines de la Première Intifada, qui n’est pas née d’une décision politique et qui s’est même déroulée contre la volonté de l’OLP. » Yasser Arafat a déclaré l’indépendance en novembre 1988, après le début de la Première Intifada en décembre 1987, et ajoute Ramadan, « pour détourner les efforts réalisés par la Première Intifada. »

La question palestinienne s’est compliquée encore plus au cours des dernières décennies. Le contexte de la Première Intifada, établie sur une large base d’auto-organisation horizontale, a été supplanté en 1993 avec la signature des accords d’Oslo et la création verticale, d’en haut, de l’Autorité palestinienne (AP). « Maintenant, ici, en Palestine, dit Ramadan, nous n’avons pas la même signification de l’autorité que d’autres peuples doivent défier... Nous avons l’AP et l’occupation, et nos priorités sont continuellement mélangées. L’Autorité palestinienne et les Israéliens [sont au] même niveau parce que l’AP est un instrument entre les mains des Israéliens pour opprimer les Palestiniens. » Nimer partage également ce point de vue, en faisant valoir que s’est répandue beaucoup plus largement l’idée que l’AP est une sorte d’ « occupation par procuration. »

« Être anarchiste ne signifie pas hisser le drapeau rouge et noir, ni faire un ‟black bloc” », précise Ramadan en faisant référence à la tactique de protestation anarchiste dans laquelle les manifestants s’habillent entièrement de noir et se couvrent le visage. « Je ne veux imiter aucun groupe occidental dans la façon de ‟faire” l’anarchisme... ici cela ne fonctionnerait pas parce que nous devons créer une conscience populaire complète. Les gens ne comprennent pas ce concept. » Pourtant, Ramadan pense que la faible visibilité des anarchistes palestiniens, et plus largement la sensibilisation limitée de l’anarchisme en Palestine, ne signifie pas nécessairement qu’ils sont peu nombreux. « Je pense qu’il y a un certain nombre d’anarchistes en Palestine », fait-elle remarquer tout en admettant ensuite que « c’est surtout, pour l’instant, des idées individuelles [bien que] chaque militant soit actif dans sa manière propre de faire ».

Cette absence d’un mouvement anarchiste unifié en Palestine pourrait résulter du fait que les anarchistes occidentaux n’ont jamais porté une attention sérieuse et approfondie sur le colonialisme. « [Les auteurs occidentaux] n’ont pas eu à le faire » soutient Budour Hassan, activiste et étudiante en droit. « Là-bas, leur combat est différent. » ajoute Nimer « Pour les anarchistes aux États-Unis, la décolonisation peut être une partie de la lutte antiautoritaire ; pour moi, c’est tout simplement ce qui doit arriver. »

Surtout, Hassan étend sa propre compréhension de l’anarchisme au-delà de la simple lutte contre l’État ou de l’autoritarisme colonial. Elle cite le romancier palestinien et nationaliste arabe Ghassaan Kanafani, soulignant le fait que non seulement celui-ci s’est affronté à l’occupation, « mais aussi aux relations patriarcales et la classe bourgeoise. C’est pourquoi je pense que nous, Arabes – anarchistes en Palestine, en Egypte, en Syrie, au Bahreïn – nous avons besoin de commencer une reformulation de l’anarchisme d’une manière telle qu’il reflète nos expériences du colonialisme, nos expériences en tant que femmes dans une société patriarcale, et ainsi de suite… »

« Le fait de faire partie de l’opposition politique ne va pas vous sauver », prévient Ramadan, en ajoutant que pour de nombreuses femmes, « si nous nous opposons à l’occupation, nous devons nous opposer à la famille. » En fait, dit Ramadam, la représentation très importante des femmes lors des manifestations cache le fait qu’en réalité, beaucoup d’entre elles doivent se battre pour pouvoir simplement être là. De même, assister à des réunions le soir exige des jeunes femmes de surmonter les barrières sociales que ne rencontrent pas leurs homologues masculins.

« En tant que Palestiniens, nous devons établir des liens avec d’autres anarchistes arabes », explique Ramadan influencée par la lecture de matériaux anarchistes en provenance d’Égypte et de de Syrie. « Nous avons tellement de choses en commun et, en raison de notre isolement, on finit par rencontrer des anarchistes internationaux qui parfois, aussi bonne que soit leur politique, restent coincés dans leurs préjugés et l’islamophobie ».

Dans un court article publié dans Jadaliyya intitulé “Anarchist, Liberal, and Authoritarian Enlightenments : Notes from the Arab Spring” [‟Eclairages anarchistes, libéraux et autoritaires : Notes sur le Printemps Arabe”], l’auteur Mohamed Bamyeh soutient que les récentes révoltes arabes reflètent « une rare combinaison de méthodes anarchistes et d’intentions libérales », soulignant que « le style révolutionnaire est anarchiste , en ce qu’il requiert peu d’organisation, de direction, ou au moins de coordination,[et] a tendance à se méfier des partis et des hiérarchies même après la victoire révolutionnaire. »

Pour Ramadan, le nationalisme représente aussi un problème important. « Les gens ont besoin de nationalisme dans les périodes de lutte », concède-t-elle, mais « cela devient parfois un obstacle... Tu sais ce que signifie le sens négatif du nationalisme ? Cela signifie que vous ne pensez qu’en tant que Palestiniens, que les Palestiniens sont les seuls qui souffrent dans le monde. » Nimer ajoute également : « On parle de soixante années d’occupation et de nettoyage ethnique, et soixante années de résistance à cela à travers le nationalisme. C’est trop long, c’est malsain. Les gens peuvent passer du nationalisme au fascisme, assez rapidement. »

Les foules rassemblées sur la place Tahrir au Caire, en décembre dernier [2012], ont donné de l’espoir aux anarchistes palestiniens. Alors que le président Mohamed Morsi consolidait ses pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, des groupes anarchistes se sont joints aux manifestations. Ces Egyptiens se définissent actuellement eux-mêmes comme anarchistes et adoptent l’anarchisme comme tradition politique. Retour à Ramallah, Nimer réfléchit : « Je suis souvent pessimiste, mais vous ne pouvez pas négliger les Palestiniens. Nous pouvons exploser à tout moment. La Première Intifada a commencé par un banal  accident de la circulation. »


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Ven 1 Juil - 21:17



Agriculture en Palestine et exploitation coloniale

Publié le 30 juin 2016 par luttespaysannes

télécharger l’émission du 30 juin 2016
(clic droit puis « enregistrer la cible du lien sous »)

Citation :
Émission du 30 juin 2016 : entretien avec une ancienne volontaire du réseau ‘échanges et partenariats’, partie en Palestine dans le cadre d’un partenariat entre la Confédération Paysanne et l’Union of Agricultural Workers Commitees (UAWC).

Il y est question du contexte agricole en Palestine, en Israël, de la prolétarisation des paysan-nes palestinien-nes explusé-es de leurs terres et contraints à devenir journalier-es, de leurs conditions de travail, et des autres travailleurs et travailleuses migrant-es exploité-es dans l’agriculture coloniale industrielle.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Sam 9 Juil - 8:49



Les amis et la famille de Yosef Salamsa manifestent pour obtenir justice à Tel Aviv,
le 3 juillet 2016
Crédit : Tomer Neuberg/Flash90

Des centaines de manifestants ont bloqué les routes principales de Tel Aviv ; la communauté réclame justice après la mort de Yosef Salamsa

Citation :
Des centaines de manifestants ont manifesté dimanche soir dans le centre de Tel Aviv contre la brutalité policière et la discrimination à l’encontre de la communauté éthiopienne israélienne, un an après des manifestations similaires qui avaient entraîné les affrontements les plus intenses de l’histoire de la ville.

Douze manifestants éthiopiens israéliens ont été arrêtés après avoir « ignoré les instructions de la police et commencé à troubler l’ordre public et bloquer le trafic », a déclaré la police israélienne dans un communiqué.  

Les manifestants ont bloqué des routes et causé des embouteillages le long de la rue Kaplan, une artère majeure de Tel Aviv.

Beaucoup portaient des t-shirts et des panneaux demandant justice pour Yosef Salamsa, un Israélien éthiopien qui s’est suicidé en 2014, apparemment suite à des violences policières.

En début d’année, les enquêteurs avaient annoncé que l’enquête criminelle sur la mort de Salamsa serait close car aucune preuve de comportement pénalement répréhensible de la part des policiers n’avait été trouvée.


Yosef Salamsa, à gauche, s’est suicidé en juillet 2014. Il aurait subi des abus de la police,
d’après des accusations de sa famille.
Crédit : Facebook

L’annonce en février du département des enquêtes internes de la police (DEIP) du ministère de la Justice, l’institution externe qui examine les fautes policières, a déterminé que même si la mort de Salamsa n’était pas la conséquence de malversations criminelles, plusieurs erreurs sérieuses de procédure dans la gestion de l’incarcération de Salamsa par les policiers justifiaient des mesures disciplinaires.

Salamsa avait été retrouvé mort dans une carrière de Binyamina, dans le nord du pays, en juillet 2014. La police avait déterminé qu’il s’agissait d’un suicide.

Mais des militants de la communauté israélo-éthiopienne avaient déclaré que Salamsa avait été victime d’agressions répétées par des policiers, un facteur qui aurait pu contribuer à son suicide.

Salamsa avait été détenu par la police près de Zichron Yaakov en mars 2014, et été tasé au poste de police avant d’être libéré. Aucune enquête n’a été ouverte sur lui, et il n’a jamais été inculpé. Après l’incident, il est tombé dans une dépression profonde et sa famille avait porté plainte auprès du DEIP.

Suite à la plainte, selon sa famille, les policiers accusés avaient commencé à harceler Salamsa.

Finalement, le DEIP avait fermé l’enquête, parce que Salamsa avait refusé de porter plainte lui-même.

Les Israéliens éthiopiens ont accusé depuis longtemps la police de brutalité et de violence contre les membres de leur communauté. L’année dernière, la communauté avait organisé une série de manifestations dans tout le pays, déclenchée par une vidéo montrant une agression policière apparemment non provoquée contre un soldat d’origine éthiopienne en avril 2015.



Des centaines d'Ethiopiens israéliens lors d'une manifestation anti-racisme à Jérusalem
le 30 avril 2015
Yonatan SIndel/Flash90


Des milliers de personnes avaient demandé au gouvernement de résoudre le racisme présumé systématique et institutionnalisé contre la communauté israélienne éthiopienne. Des militants avaient aussi exprimé leur frustration de ce qu’ils disaient être les insuffisances de l’Etat dans le traitement de la qualité de vie de leur communauté.

Pendant une manifestation en mai 2015 sur la place Rabin de Tel Aviv, au moins 41 personnes avaient été blessées dans ce qui était devenue une mêlée de plusieurs heures, qui avait vu des manifestants jeter des pierres sur la police, qui avait répondu avec des grenades incapacitantes et des canons à eau.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Jeu 14 Juil - 12:08


« s’allonger avec des femmes non juives attirantes, contre leur volonté,
étant donné les difficultés rencontrées par les soldats et en vue de remporter des batailles. »


Le viol serait casher en temps de guerre, selon le prochain rabbin de l’armée israélienne


Elisha Ben Kimon, Telem Yahav & Kobi Nachshoni YnetNews 12.07.16 trad CAPJPO-EuroPalestine

Eyal Karim, sur le point d’être nommé nouveau rabbin de l’armée israélienne, vient de créer un léger embarras en Israël étant donné les déclarations qu’il a faites concernant les femmes non juives qui peuvent être violées en cas de guerre, ainsi que sa demande d’interdiction d’enrôler des femmes dans l’armée.


Le rabbin colonel Eyal Karim (à gauche), nommé pour devenir le rabbin de l'armée israélienne
assis à côté de son prédécesseur, le Général Rafi Peretz, le 21 avril 2016
crédits/photos : Ministère de la Défense/ Diana Khananashvili

CAPJPO-EuroPalestine a écrit:
Des organisations israéliennes féministes sont montées au créneau lundi pour demander qu’il ne soit pas nommé à ce poste, tandis que le porte-parole de l’armée a indiqué, qu’il s’agissait d’une métaphore.

Colonel, âgé de 59 ans, Eyal Karim, qui est censé remplacer le rabbin chef de l’armée Rafi Peretz, qui se retire après 6 ans à ce poste, a déjà combattu dans des troupes de choc au sein de l’armée d’occupation, entre deux retours au rabbinat.

Il a un site qui s’appelle "Kipa" et sur lequel il répond aux questions depuis plusieurs années. A une question demandant si le viol était autorisé pendant une guerre, il a répondu :


Citation :
Si cela peut permettre de maintenir le moral et la forme des soldats pendant les combats, il est autorisé d’enfreindre les règles de savoir vivre, et de satisfaire certaines tendances négatives, et de s’allonger avec des femmes non juives attirantes, contre leur volonté, étant donné les difficultés rencontrées par les soldats et en vue de remporter des batailles.

Plusieurs députés s’en sont indignés en apprenant sa nouvelle nomination au poste de rabbin en chef de l’armée....

Certains ont même demandé que le rabbin en question suive une formation sur "la prévention des attaques sexuelles".

Source : http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4827240,00.html


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mar 23 Aoû - 10:31


de l'eau et des bas




Cet article de Rowan Jacobsen a été initialement publié surEnsia.com, un magazine consacré aux solutions environnementales concrètes dans le monde, et est reproduit ici dans le cadre d'un accord de partage de contenus.


L'usine de dessalement de Sorek. Photo publiée avec l'aimable autorisation de IDE Technologies

Citation :
A une quinzaine kilomètres au sud de Tel Aviv, debout sur une passerelle au-dessus de deux réservoirs en béton grands comme des terrains de football, je regarde l'eau s'y déverser depuis une énorme canalisation émergeant du sable. Le tuyau est si gros que je pourrais y marcher debout, s'il n'était rempli de l'eau de la Méditerranée pompée d'une prise à plus d'un kilomètre au large.

“Ça c'est une pompe !” me crie en souriant Edo Bar-Zeev par-dessus le vacarme des moteurs, avec un émerveillement non dissimulé devant la scène qui s'offre à nos yeux. Les réservoirs en contrebas contiennent plus d'un mètre de sable, à travers lequel l'eau de mer est filtrée avant d'arriver à un vaste hangar métallique où elle se transforme en eau potable qui suffira à la consommation d'1,5 million de personnes.

Nous surplombons l'usine de dessalement de Sorek, la plus grande installation de dessalement par osmose inverse au monde, et nous contemplons le sauveur d'Israël. A peine quelques années plus tôt, au milieu de sa pire sécheresse en près de mille ans, Israël était à court d'eau. Désormais le pays est excédentaire. Ce remarquable renversement a été accompli avec des campagnes nationales d'économie et de recyclage des maigres ressources hydriques israéliennes, mais le plus gros impact est venu de la mise en route d'une série d'usines de dessalement.

Israël tire aujourd'hui 55 % de son eau domestique du dessalement, et cela a contribué à faire d'un des pays les plus arides du monde le plus improbable des géants de l'eau.

Bar-Zeev, qui a récemment rejoint en Israël l'Institut Zuckerberg de recherches hydrologiques après avoir terminé son post-doctorat à l'université Yale, est un spécialiste du bio-encrassement, depuis toujours le talon d'Achille du dessalement et l'une des raisons de son utilisation en dernier recours. Le principe du dessalement est de pousser l'eau salée à travers des membranes contenant des pores microscopiques. L'eau passe au-travers et les molécules de sel, plus grandes, restent de l'autre côté. Mais les micro-organismes vivant dans l'eau de mer colonisent rapidement les membranes et bouchent les pores, et leur contrôle nécessite des nettoyages périodiques coûteux à grands coups de produits chimiques. Bar-Zeev et ses collègues ont développé un système sans chimie qui utilise des pierres de lave poreuses piégeant les micro-organismes avant même qu'ils atteignent les membranes. Ce n'est qu'une des nombreuses avancées dans la technologie des membranes, qui ont rendu le dessalement beaucoup plus efficace. Israël tire aujourd'hui 55 % de son eau domestique du dessalement, et cela a contribué à faire d'un des pays les plus arides du monde le plus improbable des géants de l'eau.

Poussé par la nécessité, Israël apprend à soutirer davantage d'une goutte d'eau que n'importe quel autre pays au monde, et une grande partie de cet apprentissage se fait à l'Institut Zuckerberg, dont les chercheurs ont créé des techniques pionnières dans l'irrigation au goutte-à-goutte, le traitement de l'eau et le dessalement. Ils ont développé des systèmes de puits résilients pour les villages africains et des digesteurs biologiques qui peuvent diviser par deux l'utilisation d'eau dans la plupart des foyers.

La mission de l'institut était à l'origine d'améliorer la vie dans le désert israélien du Néguev, à la sécheresse extrême, mais les leçons paraissent de plus en plus applicables au Croissant Fertile tout entier. “Le Moyen-Orient s'assèche”, dit Osnat Gillor, un professeur à l'Institut Zuckerberg qui étudie l'utilisation d'eaux usées pour l'agriculture. “Le seul pays qui ne souffre pas de stress hydrique aigu, c'est Israël”.

Un stress hydrique facteur décisif dans la tourmente qui déchire le Moyen-Orient, mais Bar-Zeev est convaincu que les solutions israéliennes peuvent également aider ses voisins assoiffés — et, dans le processus, rapprocher les vieux ennemis dans une cause commune.

Bar-Zeev reconnaît que l'eau sera sans doute une source de conflits dans l'avenir au Moyen-orient. “Mais je crois que l'eau peut aider à franchir le fossé, à travers des co-entreprises”,  dit-il. “Et une de ces co-entreprises est le dessalement”.

Au bord du désespoir

En 2008, Israël frôlait la catastrophe. Dix ans de sécheresse avaient grillé le Croissant Fertile, et la plus grande source d'eau douce d'Israël, la Mer de Galilée, avait baissé jusqu'à quelques centimètres de la “ligne noire” sous laquelle une infiltration saline irréversible aurait envahi le lac, le détériorant à jamais. Des restrictions d'eau furent imposées, et de nombreux cultivateurs perdirent une année de récoltes.

Leurs homologues en Syrie s'en tirèrent beaucoup plus mal. Alors que la sécheresse s'intensifiait et que le niveau de l'aquifère chutait, les agriculteurs de Syrie se lançaient à sa poursuite, forant des puits à 100, 200, puis 500 mètres de profondeur dans une course littérale vers le fond. Les puits finirent par s'assécher et les terres agricoles de la Syrie disparurent dans une épique tempête de poussière. Plus d'un million de paysans rejoignirent d'énormes bidonvilles en bordure d'Alep, Homs, Damas et d'autres villes, dans une vaine tentative de trouver un travail et une raison de vivre.

Et ceci fut, selon les auteurs de “Changement climatique dans le Croissant Fertile et conséquences de la récente sécheresse en Syrie”, un article de 2015 paru dans Proceedings of the National Academy of Sciences, l'allumette qui a réduit en cendres la Syrie. “Les périphéries urbaines de Syrie en croissance rapide”, écrivaient-ils, “marquées par les implantations sauvages, le surpeuplement, les infrastructures insuffisantes, le chômage et la criminalité, ont été négligées par le gouvernement Assad et sont devenues le coeur de l'agitation qui couvait”.

Des scénarios similaires se déroulent dans tout le Moyen-Orient, où sécheresse et effondrement agricole ont produit une génération perdue sans perspectives et où bouillonnent les rancoeurs. L'Iran, l'Irak et la Jordanie sont tous trois confrontés à des catastrophes hydriques. L'eau mène la région toute entière à des actes désespérés.

De l'eau plus qu'il n'en faut

A l'exception d'Israël. Extraordinaire : Israël a plus d'eau qu'il ne lui en faut. La situation a commencé à se renverser en 2007, quand toilettes et pommes de douche à basse consommation d'eau ont été installées dans tous le pays et que le service national des eaux a construit des systèmes innovants de traitement des eaux qui recapturent 86 pour cent de l'eau des égouts et l'utilisent pour l'irrigation — largement plus que le deuxième pays le plus efficace au monde, l'Espagne, qui en recycle 19 pour cent.

Mais même avec ces dispositions, Israël avait toujours besoin de 1,9 milliard de mètres cubes d'eau douce par an et n'en obtenait que 1,4 milliard depuis les sources naturelles. Ce déficit de 500 millions de mètres cubes expliquait pourquoi la Mer de Galilée se vidait comme une baignoire et que la pays était près de perdre ses paysans.

Le pays est confronté à une question qu'il n'aurait jamais imaginée auparavant : que faire de cette eau supplémentaire ?

C'est là qu'intervient le dessalement. L'usine d'Ashkelon, en 2005, a fourni 127 millions de mètres cubes d'eau. Hadera, en 2009, y a ajouté 140 millions de mètres cubes. Et maintenant Sorek, 150 millions de mètres cubes. Au bas mot, les usines de dessalement peuvent donner quelque 600 millions de mètres cubes d'eau par an. D'autres sont en route.

La Mer de Galilée est plus garnie. Les fermes d'Israël prospèrent. Et le pays est confronté à une question qu'il n'aurait jamais imaginée auparavant : que faire de cette eau supplémentaire ?

Diplomatie de l'eau

A l'intérieur de l'usine de Sorek, 50.000 membranes renfermées par des cylindres verticaux blancs, d'1,20 mètre de haut et 40,6 cm de diamètre, vrombissent comme des moteurs d'avion. Toute l'installation fait penser à un vaisseau spatial qui palpite avant le décollage. Les cylindres contiennent des feuilles de membrane plastique enroulées autour d'un tuyau central, et les membranes sont piquetées de pores d'un diamètre cent fois plus petit que celui d'un cheveu humain. L'eau se précipite dans les cylindres à une pression de 70 atmosphères et est poussée à travers les membranes, pendant que l'eau salée restante est rejetée à la mer.

Le dessalement était considéré comme énergivore, jusqu'à ce que les technologies avancées en usage à Sorek changent la règle du jeu. L'eau produite par dessalement ne coûte que le tiers du prix des années 1990. Sorek arrive à produire mille litres d'eau potable pour 51 cents d'euro. Les ménages israéliens paient environ 30 dollars U.S. (26,50 €) par mois pour leur eau — comme les ménages de la plupart des villes des USA, et bien moins qu'à Las Vegas (47 dollars, 41,50 €) ou Los Angeles (58 dollars, 51 €).

L'Association Internationale du Dessalement affirme que 300 millions de personnes reçoivent leur eau par dessalement, et que ce nombre croît rapidement. IDE, la société israélienne qui a construit les usines d'Ashkelon, Hadera et Sorek, vient de terminer l'unité de dessalement de Carlsbad en Californie du Sud, une cousine de ses installations israéliennes, et a un carnet de commandes bien rempli. Au niveau mondial, l'équivalent de six nouveaux Sorek sont mis en exploitation chaque année. L'ère du dessalement est arrivée.

Ce qui enthousiasme le plus Bar-Zeev, c'est l'opportunité d'une diplomatie de l'eau. Israël fournit la Cisjordanie en eau, comme requis par les accords d'Oslo II en 1995, mais malgré cela les Palestiniens continuent à recevoir beaucoup moins que leurs besoins. La question de l'eau s'est empêtrée dans les autres négociations d'un processus de paix embourbé, mais à présent, avec du nouveau à portée de main, de nombreux observateurs voient une possibilité de la dépolitser. Bar-Zeev a des projets ambitieux de conférence Eau Sans Frontières pour 2018, qui fera converger pour une rencontre des esprits.

Plus ambitieux encore, le projet à à 900 millions de dollars (795 millions d'euros) de canal Mer Rouge – Mer Morte, une co-entreprise entre Israël et la Jordanie de construction d'une grande usine de dessalement sur la Mer Rouge, où les deux pays ont une frontière commune, et de répartition de l'eau entre Israéliens, Jordaniens et Palestiniens. Les rejets salés de l'usine seront acheminés par une canalisation sur 150 kilomètres vers le nord à travers le territoire jordanien pour remplir à nouveau la Mer Morte, dont le niveau baisse d'un mètre par an depuis que les deux pays ont commencé, dans les années 1960, à détourner le seul fleuve qui l'alimente. En 2020, les deux vieux ennemis boiront du même robinet.

A l'autre bout de l'usine de Sorek, Bar-Zeev et moi nous mettons aussi à partager un robinet. Dérivé de la conduite principale où l'eau de Sorek pénètre dans le réseau israélien se trouve un simple petit robinet, flanqué d'un distributeur de gobelets en carton. J'ouvre le robinet et bois un gobelet après l'autre de ce qui était la Mer Méditerranée 40 minutes avant. Impression ? C'est frais, clair et miraculeux.

Le contraste ne pourrait être plus saisissant. A quelques kilomètres d'ici, l'eau a disparu et la civilisation s'est effondrée. Ici, une civilisation galvanisée a créé de l'eau à partir de rien. Pendant que nous nous abreuvons, Bar-Zeev et moi, et que le climat grésille, je me demande laquelle de ces histoires sera l'exception, et laquelle, la règle.

Rowan Jacobsen a reçu le Prix de la Fondation James Beard pour ses ouvrages Fruitless Fall, The Living Shore, Shadows on the Gulf, parmi d'autres livres [aucun n'est traduit en français à ce jour]. Il écrit fréquemment dans Outside, Harper’s, Mother Jones, Orion et d'autres magazines, et son oeuvre est entrée dans les anthologies de Best American Science and Nature Writing et d'autres recueils. Son prochain livre, Apples of Uncommon Character, paraîtra en septembre. Son compte Twitter est @rowanjacobsen.


Ecrit par Ensia
Traduit par Suzanne Lehn


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Ven 26 Aoû - 22:15




Gaza : dead end *

mercredi 24 août 2016 par le Bureau national de l’UJFP
 
* voie sans issue

Citation :
Dimanche 21 août : en 20 minutes, la bande de Gaza a subi 70 raids aériens touchant essentiellement le nord (Beit Lahia et Beit Hanoun).

« Je me souviens en 2014 avant la guerre. C’est la même chose qui est arrivée. Alors, je pense qu’une nouvelle guerre s’annonce. Ils ont juste besoin d’un peu de temps
» nous écrit un militant de Khan Younis.

Tout commence toujours et seulement par une roquette sur Israël (sur Sdérot cette fois) qui entraîne des représailles totalement disproportionnées, posant ainsi Israël toujours en victime d’agressions sans causes, et validant la « stratégie de la force » israélienne, taper toujours plus fort, si la première frappe ne suffit pas.

Le message de Netanyahou à la population de Gaza vivant en cage est clair : « si tu bouges, je t’écrabouille. Il n’y aura pas de limite et personne ne viendra t’aider. » Le gouvernement de Gaza a pourtant annoncé avoir arrêté ceux qui ont lancé la roquette.

Dans cette économie on en est aujourd’hui à une roquette lancée = 70 raids aériens.

Or il y aura toujours des roquettes, parce qu’il y a une population assiégée, deux millions d’hommes, de femmes et d’enfants pris au piège.

◾ Piège d’Oslo qui définit une infra-direction nationale et installe la sous-traitance par les Palestiniens eux-mêmes de leur occupation.

◾ Piège de la division palestinienne (Hamas contre Fatah) voulue et programmée par l’occupant.

◾ Piège de la définition néo-conservatrice de Gaza considérée comme « entité hostile » au moment de l’accession au pouvoir du Hamas, par les urnes faut-il le rappeler. Gaza, entité hostile, devient ainsi un parfait « alien » sur qui on peut, on doit, taper sans scrupule ni limite.

◾ Piège aussi de la volonté israélienne d’effacer la colonisation, de requalifier le conflit en guerre de religions (d’où l’intérêt du Hamas au pouvoir à Gaza) et de tenter d’assimiler la résistance inévitable et légitime d’un peuple enfermé au terrorisme de Daech.

Le fait que les grands médias français ne mentionnent même pas les 70 raids aériens, et ne les mentionneront que pour parler des prochaines roquettes contre Israël afin de justifier la prochaine opération sanguinaire, ne fait que démontrer que la stratégie israélienne est celle de nos gouvernants.

Il n’y aura pas d’issue ni pour Gaza, ni pour les Palestiniens, ni pour les Israéliens tant que la diplomatie européenne et occidentale soutiendra la stratégie de la force et l’assassinat de civils.

Il n’y aura pas d’issue tant que l’occupant ne sera pas sanctionné.

Mais en réalité il n’y a d’issue pour personne : Gaza, après avoir été le laboratoire, est devenu l’emblème de la non-politique d’aujourd’hui.

Si les gouvernants et les médias font semblant d’y croire, la population française ne devrait pas s’y tromper, et commencer à mesurer avec inquiétude les effets de l’importation de ce système d’écrasement et d’enfermement de masse en France. Gaza est le signe du retour de l’époque des camps.

Le Bureau national de l’UJFP, le 24 août 2016


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Jeu 1 Sep - 16:44


Le chef de la police israélienne Roni Alsheikh prétend justifier « scientifiquement » le traitement discriminatoire réservé aux citoyens d’origine éthiopienne, en particulier les jeunes.


Manifestation d’Ethiopiens israéliens contre le racisme policier, 2015

Citation :
Sans se donner la peine d’expliquer pourquoi les Arabes étaient encore plus systématiquement visés par la police –car cela va de soi, au pays de l’apartheid-, Alsheikh a publiquement défendu, lors d’une conférence, le ciblage des Ethiopiens, des Israéliens recensés comme juifs, mais ayant le malheur d’avoir la peau foncée et d’être situés tout en bas de l’échelle sociale pour la plupart.

« La recherche scientifique montre, partout dans le monde sans la moindre exception, que les immigrés et les jeunes ont des taux de crimes et délits nettement plus élevés que ceux de la population générale », a-t-il allégué, devant les avocats israéliens réunis en congrès.

« Et quand ces deux facteurs se conjuguent, on s’aperçoit qu’une communauté particulière est statistiquement plus encline à commettre des délits que d’autres. Il est donc naturel qu’un policier soupçonne plus facilement ces gens-là »,
a-t-il poursuivi, tout en reconnaissant à demi-mot que c’était un peu regrettable quand même. Alsheikh n’a pas expliqué non plus pourquoi il parlait des Ethiopiens en tant « qu’immigrés », alors qu’une proportion notable de ces derniers sont en fait nés en Israël.

Les pratiques racistes de la police israélienne vis-à-vis de la jeunesse d’origine éthiopienne ne devraient pas surprendre. D’abord parce qu’elles sont déjà généralisées, en pire, concernant la population palestinienne.

Ensuite, parce qu’elles ne concernent pas qu’Israël. On les retrouve aux Etats-Unis contre les Noirs, ainsi qu’en France où le gouvernement continue d’encourager les contrôles au faciès, malgré la condamnation de cette pratique par la justice.

Dans son excellent ouvrage « L’ombre du monde », consacré au système pénitentiaire français, le sociologue Didier Fassin décrit très bien le phénomène, fondé sur une approche policière raciste de la délinquance : surcontrôlés, les gens de couleur sont les premiers à être traduits devant les tribunaux, et à ensuite peupler les prisons.

Représentant moins de 2% de la population israélienne juive, les Ethiopiens ont ainsi un risque multiplié par 4 d’être condamnés à de la prison ferme, dont ils représentent 8% des effectifs.

Plusieurs cas de violences policières contre des Ethiopiens ont défrayé la chronique récemment en Israël, notamment une vidéo montrant un jeune militaire à la peau noire passé à tabac sans le moindre prétexte.

« Avec sa déclaration, le chef de la police a tout simplement résumé une réalité : nous sommes noirs, donc délinquants », a commenté de son côté Inbar Bugala, une militante d’origine éthiopienne qui avait animé l’an dernier les manifestations contre le racisme policier.



Incoming Israeli Chief of Police Roni Alsheikh seen with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu,
December 03, 2015.
(Miriam Alster/FLASH90)

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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Jeu 12 Jan - 13:44



Un documentaire sidérant pour raconter l'enfer des réfugiés d'Erythrée

Projeté au Cinéma du réel, “Entre les frontières” traite de la situation tragique des réfugiés africains en Israël. Rencontre avec son réalisateur engagé à gauche, l'Israélien Avi Mograbi.

Citation :
C'est l'un des meilleurs ennemis des dirigeants de l'Etat hébreu. Un insider critique qui ne mâche ni ses mots ni ses images. Depuis des années, Avi Mograbi poursuit une œuvre sans concession faites de documentaires où il paie souvent de sa personne pour remettre en question les grands mythes fondateurs de son pays.

Avec Entre les frontières, le documentariste s'attaque cette fois au sort qu'Israël réserve aux migrants fuyant des conflits ou des régimes sanguinaires. Venus principalement du Soudan ou d'Erythrée, ces derniers ne peuvent être renvoyés chez eux. Considérés comme de dangereux infiltrés, ils sont maintenus dans une zone de non-droit, sans statut ni perspective d'intégration.

La première idée de Mograbi pour son film ? Faire raconter par des demandeurs d'asile africains l'histoire de migrants juifs fuyant leurs persécuteurs… De quoi faire réfléchir ses concitoyens dont il déplore le manque d'empathie envers les réfugiés. Avec l'aide de Chen Alon, un metteur en scène réputé en Israël, Mograbi a finalement proposé à des immigrés détenus par Israël au camp d'Holot, un centre de rétention dans le désert du Néguev, de participer à un atelier-théâtre. Pas n'importe quel théâtre puisqu'il s'agit de leur faire raconter leur histoire selon les techniques du Théâtre de l'Opprimé, théorisé par Augusto Boal dans l'Amérique latine des années 70. Nous avons rencontré Avi Mograbi. Toujours aussi engagé, à gauche, et pessimiste.



Comment vous-êtes vous intéressé à la question des demandeurs d'asile en Israël ?

Comment ne pas s'y intéresser ? Impossible de l'éviter, ou plutôt si, on peut si on veut. Il y a 50 000 demandeurs d'asile africains en Israël. C'est beaucoup pour un petit pays de huit millions d'habitants. Dans la banlieue sud de Tel Aviv par exemple, ils sont partout. Ils y vivent, travaillent dans les restaurants, les bars, les hôtels, dans le secteur de services surtout mais aussi dans des entreprises de nettoyage ou dans le bâtiment. Quand on commence à se se tenir au courant des efforts fournis par le gouvernement pour ne pas traiter ce problème ou plutôt pour l'éliminer de façon inhumaine, on devient de plus en plus concerné. C'est ce qui m'est arrivé.

La situation de ces réfugiés a-t-elle empiré ces dernières années ?


Ils ont commencé à affluer vers 2007, peut-être un peu avant. Ils viennent du Soudan, ravagé par la guerre du Darfour, et d'Erythrée, dont ils fuient le régime dictatorial. De quelques milliers de migrants, les quartiers pauvres de Tel Aviv sont donc passés à plusieurs dizaines de milliers. C'est là que les problèmes ont commencé car les infrastructures de ces endroits, négligées depuis toujours, ne sont tout simplement pas faites pour accueillir une telle quantité de personnes.
L'écrasante majorité d'entre eux sont noirs – imaginez le changement dans un pays à majorité blanche ! – mâles, sans ressources. Beaucoup d'entre eux sont au chômage, la plupart sont mal logés, entassés dans des appartements trop petits et insalubres. Bref, c'est un problème. On pourrait donc penser qu'un gouvernement digne de ce nom, ou une municipalité, s'en emparerait pour le régler. Ce n'est pas le cas.




Quel est le statut actuel de ces migrants ?

Israël est signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Non seulement il l'a signé, mais il a activement participé à sa mise en forme car, en 1951, les Juifs étaient hélas les mieux placés pour savoir ce que signifiait être réfugié. Quoi de plus logique que l'Etat israélien se soit senti particulièrement concerné par cette question à une époque où la plupart des réfugiés dans le monde étaient juifs ?

Le problème auquel le gouvernement de l'époque n'avait pas songé c'est que cette Convention s'applique de manière universelle, et non pas seulement aux Juifs. Près de soixante-dix ans après, voilà Israël bien embarrassé de devoir appliquer cette Convention aux demandeurs d'asile non juifs… Nos dirigeants ne montrent aucune empathie envers eux, rien qui trahisse le moindre souvenir de ce que c'est que d'être persécuté, de devoir fuir au péril de sa vie, de se retrouver sans statut et de demander refuge. A croire qu'ils ne veulent pas se souvenir…

Impossible d'oublier pourtant…

Bien sûr qu'ils n'ont pas oublié. Mais oublier qu'ils se souviennent, ça les arrange. Tout le concept de l'Etat hébreu repose sur une population juive dominante. Ce pays se définit officiellement comme « juif démocratique » mais où est la démocratie quand la préoccupation principale des autorités est d'assurer la domination démographique des Juifs dans l'Etat, où tout est fait pour privilégier les citoyens juifs sur les Arabes israéliens par exemple ? Pourquoi l'Etat d'Israël n'annexe-t-il pas les territoires palestiniens occupés ? Parce que ce serait la fin de l'Etat juif, avec une majorité d'Arabes en son sein !

La « menace démographique » est l'une des pires hantises de mes concitoyens… C'est une menace sans visage car, par définition, elle implique que tout ce qui n'est pas juif constitue une menace potentielle. Imaginez qu'on renverse la proposition et qu'on dise : tout ce qui est juif est une menace… Israël est un pays raciste où la question de la pureté de la race est sans cesse posée. Accepter de donner un vrai statut à ces réfugiés africains, c'est prendre le risque qu'ils restent s'installer chez nous. En effet, à moins que la situation ne s'améliore comme par miracle au Soudan, ils feront leur vie en Israël. Ils tomberont amoureux d'Israéliennes, ils auront des enfants… Ces enfants seront des métisses et dans mon pays, c'est un problème.



« La pureté de la race » : cette expression évoque évidemment le régime nazi. Est-ce une provocation de votre part ou assumez-vous vraiment le risque d'une telle comparaison ?

Je n'ai jamais dit qu'Israël était comparable au régime nazi, je ne le pense évidemment pas. En revanche, je pense que la situation des demandeurs d'asile venus du Soudan ou d'Erythrée est comparable à celle des Juifs allemands fuyant l'Allemagne des années 30 et se voyant refuser l'asile par la Suisse, qui n'accordait l'asile qu'aux réfugiés politiques, pas à ceux qui étaient persécutés pour des raisons ethniques ou religieuses. En Israël, cet épisode tragique est enseigné dans les écoles.

A l'origine de mon film, il y a d'ailleurs un événement précis que j'ai lu dans la presse. Un événement qui ressemble fort à l'histoire de ces réfugiés juifs des années 30. En 2013, vingt-et-un Erythréens, dix-huit hommes, deux femmes et un adolescent, ont été pris par l'armée israélienne alors qu'ils se trouvaient dans le no man's land entre le Sinaï, la frontière égyptienne et la frontière israélienne. Un territoire situé littéralement entre deux clôtures. L'armée les empêchait d'entrer en Israël, les forçant à rester dans cette zone pendant huit jours. C'était en septembre, il faisait très chaud, ils n'avaient rien à manger. Des ONG ont porté l'affaire devant la Cour suprême réclamant qu'Israël, en application de la Convention sur le statut des réfugiés, laisse entrer ces personnes et étudie leur situation.

Par l'intermédiaire d'un avocat, l'Etat a demandé à la Cour vingt-quatre heures de délai pour résoudre le problème. Au bout de ces vingt-quatre heures, le garçon et les deux femmes étaient autorisés à passer la frontière israélienne tandis que les dix-huit hommes étaient renvoyés en Egypte. On n'a jamais su ce qui leur était arrivé. En quoi ces Erythréens persécutés par l'un des pires régimes du monde sont-ils moins dignes d'être aidés que les Juifs d'Europe fuyant leurs persécuteurs ?

Que vous inspire la manière dont les pays européens traitent les migrants venus de Syrie ou d'autres zones de guerre ?

Il y a plusieurs niveaux de lectures. D'abord, ces gens arrivent démunis, ils ont besoin d'un toit, de nourriture, de soins.
Comme Israël, la France est signataire de la Convention de 1951. Il faut que ces demandes d'asile soient considérées et traitées individuellement. Il ne s'agit pas de donner un statut à une foule mais d'étudier chaque cas. Si les autorités décident que le parcours de telle personne ne lui permet pas d'obtenir le statut de réfugié – il s'agit bien d'un statut pas d'une situation –, alors elles ont le pouvoir de la mettre dans un avion et de la renvoyer d'où elle vient.

Dans le cas contraire, cette personne doit pouvoir bénéficier de tous les droits garantis par ce statut. C'est là le problème le plus urgent : comment donner un travail, un toit à des centaines de milliers de personnes affluant en quelques mois ?

L'Allemagne a choisi de faire face, c'est très courageux de sa part. Tout cela relève de l'urgence. Mais l'autre question, que les dirigeants européens ne semblent absolument pas prêts à se poser, c'est : pourquoi cette crise des migrants s'est-elle produite ? De quelle politique est-elle le résultat ?

Entre les frontières
, d'Avi Mograbi (qui n'a pas encore de date de sortie en France), sera projeté au Cinéma du réel, le samedi 26 mars 2016, à 14h50, au Centre Pompidou.

A lire
Comment Israël se débarrasse de ses réfugiés africains, une enquête de Courrier international



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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 1 Fév - 18:08


Amona (Territoires palestiniens) (AFP) - Les policiers israéliens se sont empoignés mercredi avec des centaines de jeunes colons résistant à l'évacuation de la colonie d'Amona et indifférents à l'annonce d'une nouvelle phase de colonisation en territoire palestinien occupé, la quatrième du genre depuis l'investiture de Donald Trump.


Evacuation de la colonie juive d'Amona sur les territoires palestiniens, le 1er février 2017
(c) Afp


Citation :
Les policiers, mobilisés par centaines, ont appliqué une décision de la justice israélienne et entrepris de faire partir les quelque 200 à 300 habitants de cette colonie de Cisjordanie occupée, proche de la ville palestinienne de Ramallah.

Ils ont fait face à la résistance de centaines de jeunes hommes, pour une grande part des adolescents venus des colonies voisines avec de fortes convictions religieuses et la certitude que ces terres sont israéliennes.

Les jeunes ont brûlé ce qui leur tombait sous la main, dressé des barricades de fortune et fait barrage de leurs corps pour empêcher la progression des policiers. Plusieurs ont lutté corps à corps avec les hommes en uniforme.

Ces derniers, faisant preuve d'une retenue pas toujours coutumière selon les connaisseurs, ont fini par plaquer au sol et interpeller plusieurs contestataires, parfois transportés par les bras et les jambes.

"Comment tu te sentiras demain après avoir chassé un juif de sa maison",
demandait à un policier un jeune dans un groupe défiant les forces de l'ordre.

"Aujourd'hui, c'est mon tour. Demain, ce sera le tien"
, scandaient ses camarades, faisant référence au fait que, parmi les policiers, certains habitaient probablement eux-mêmes dans des colonies, ces implantations civiles israéliennes en territoire occupé et illégales au regard du droit international.

Israël pour sa part fait une distinction entre les colonies qu'il a validées et les autres, dites sauvages. Parmi les colonies "sauvages", Amona occupe une place à part dans la conscience israélienne.

Enjeu d'une bataille politique et légale de plusieurs années, Amona est vouée à la démolition sur décision de la Cour suprême israélienne, qui l'a jugée illégale parce que construite sur des terres privées palestiniennes. Mardi, les autorités ont intimé aux colons d'évacuer sous 48 heures.

Les habitants, qui ont presque toujours vécu là, ont toujours refusé de partir de leur plein gré. Selon eux, toute la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, appartient à la terre biblique d'Israël. Ils se sentent trahis par leur propre gouvernement.

Les policiers allaient de maison en maison, essayant de convaincre péniblement les uns et les autres de monter dans des bus. Une femme peinait à retenir ses larmes en sortant de la maison pour la dernière fois avec son bébé.

- L'appel d'air Trump -

Malgré le psychodrame, le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a toutefois réussi à éviter un déchaînement potentiellement dévastateur d'un point de vue politique.

Le gouvernement, y compris les plus ardents défenseurs de la colonisation en son sein, ont signifié aux habitants d'Amona qu'ils n'avaient plus d'autre choix que d'évacuer sans violence.

Mais il a dans le même temps promis de poursuivre l'entreprise de colonisation.

"Oui, Amona va être détruite mais nous allons construire 3.000 logements", disait à Amona le député Moti Yogev, membre du Foyer juif, partenaire de la coalition gouvernementale de M. Netanyahu, l'une des plus à droite de l'histoire.

Dans la nuit, le gouvernement a annoncé la construction de 3.000 logements supplémentaires en Cisjordanie, qui ressemble fort à un gage de plus donné au lobby des colons.

Le gouvernement s'est engouffré dans l'espace ouvert par l'avènement de M. Trump, jetant aux orties la relative retenue observée dans leurs activités de colonisation au cours des dernières semaines de la présidence de Barack Obama.

Depuis le 20 janvier et la prestation de serment du nouveau président américain, Israël a annoncé la construction de plus de 6.000 logements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, occupée et annexée.

La communauté internationale et les Palestiniens s'alarment de cette rafale d'annonces.

Nabil Abou Roudeina, porte-parole de la présidence palestinienne, a dénoncé une "campagne féroce de colonisation israélienne violant le droit international". Il en a appelé à la nouvelle administration américaine pour qu'elle freine cette politique visant à "détruire le processus de paix".

Tandis que l'administration Obama avait critiqué et tenté de freiner jusqu'au bout la colonisation, l'administration Trump s'est jusqu'à présent signalée par son silence.

Une grande partie de la communauté internationale considère les colonies comme un obstacle majeur à la paix entre Israéliens et Palestiniens.

Environ 400.000 colons israéliens mènent une coexistence souvent conflictuelle avec 2,6 millions de Palestiniens en Cisjordanie

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Patlotch



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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Lun 22 Mai - 18:41


Donald Trump se lamente devant le mur du recueillement à Jérusalem



il ne peut pas aller quelque part sans piquer quelque chose, mais il n'a rien trouvé...

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