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 PALESTINE et ISRAËL

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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:14



Les artistes de Tel-Aviv ne veulent plus être la vitrine d’Israël Courrier International 18/07/2012 republié

Ha'Aretz - Tel-Aviv
En 2012, nous publiions cet article, racontant la colère des artistes de Tel-Aviv qui, lassés d’être utilisés pour améliorer l’image du pays, ont refusé de participer à la “Nuit blanche”. Un boycott qui fait écho à la polémique autour de l’événement “Tel-Aviv sur Seine”, organisé par la mairie de Paris, en août 2015.


2014

Galia Yahav a écrit:
Au vu du comportement de ses forces de l’ordre et de ses fonctionnaires chargés de la culture, Ron Huldaï, le maire de Tel-Aviv, semble décidé à administrer sa ville comme s’il s’agissait d’une base militaire ou d’une succursale du gouvernement de droite, et à traiter ses concitoyens comme Tsahal ose traiter les Palestiniens. Par exemple en expulsant les réfugiés [africains] au lieu de les protéger.

Dès lors, dans le milieu artistique, beaucoup sont déterminés à montrer à Huldaï ce qu’ils pensent de sa politique et de sa vision bling-bling de la culture. C’est ainsi qu’il faut comprendre la décision de plusieurs galeries d’art de ne pas participer à la “Nuit blanche de Tel-Aviv” le 28 juin [2012]. Cette rupture n’est qu’un épisode de plus dans la dégradation des relations entre la mairie et la scène artistique.

Israël, un label difficile à vendre


En novembre 2011, la mairie mettait sur pied Ir Olam [Ville du monde ou Global City], une structure censée succéder à l’Administration du centenaire de Tel-Aviv. A cette occasion, sa directrice, Hila Oren, organisait un événement tapageur intitulé “2012, année des arts”. Devant le gratin des galeries d’art, elle a prononcé un discours dans lequel elle multipliait les appels du pied à la “classe de la création” et à la “jeune génération créative”, qu’elle présentait comme un “moteur économique”. Quant à Tel-Aviv, il ne s’agissait à ses yeux ni plus ni moins que d’un branding, un marqueur censé permettre aux galeries d’art de conquérir le marché international, mais aussi un “outil de contournement du conflit”, vu qu’“Israël est un label difficile à vendre”.

Les artistes Moran Houb et Jack Faber en sont sortis de leurs gonds. “Déclarer qu’Israël est ‘un label difficile à vendre en raison du conflit avec les Palestiniens’ et que la marque Tel-Aviv permet de le contourner, cela ne relève pas seulement du pur cynisme. Cela nous force à déduire qu’une forme de censure va peu à peu s’imposer à toute activité artistique évoquant peu ou prou le conflit [avec les Palestiniens], l’occupation ou même la situation politique.”

Les bouffons de la cour

Le soutien de la mairie à la culture et aux arts a toujours été fondé sur des intérêts mêlés de réalisations commerciales et de relations publiques. Les ateliers d’artistes établis en 1988 étaient destinés à servir de vitrine à la ville. Les “espaces d’artistes” ouverts après la guerre du Golfe [de 1991] dans les abris antiaériens ont permis de transformer ces derniers en espaces civils rentables, tout en veillant à ce qu’ils restent fonctionnels, au cas où.

Mais c’est sans doute sous Ron Huldaï que l’exploitation touristique et mercantile des arts et des artistes a atteint des sommets de cynisme et de décérébration écœurants. Certes, dans cette ville, les artistes ont toujours joué le rôle de bouffons de cour pour la classe possédante des géants de l’immobilier et de la finance. Ce qui est nouveau, c’est que les artistes ont commencé à comprendre dans quelle pièce on les faisait jouer.


Yiddish lovers dance to Klezmer music at White Night in Tel Aviv

Fini le ludisme culturel

Dans cette ville prétendument libre, les artistes, soi-disant vecteurs de libre expression, ont longtemps intégré qu’ils pouvaient exprimer leur sensibilité politique à travers leur art à condition d’éviter de tenir des propos explicitement politiques. Il était acceptable de dépeindre les réfugiés avec sensibilité, de mettre en scène d’interminables chorégraphies multiculturelles, de produire des séries télé dans les quartiers les plus “cool” de Tel-Aviv ou de faire de la Gay Pride de Tel-Aviv un objet d’exportation. Mais il n’était pas acceptable de revendiquer concrètement des conditions de vie humaines pour les habitants des quartiers sud [quartiers pauvres de Tel-Aviv] ou pour les réfugiés.


Depuis l’été 2011, les artistes essaient de dire à la mairie qu’ils sont conscients de la volonté de la Ville de transformer cyniquement la création en produit d’exportation. Ce qui est remarquable, c’est que l’appel à boycotter la “Nuit blanche” provient de l’intérieur même du système, d’un monde de galeries privées qui n’a financièrement nul besoin de l’aide de la mairie. Ce qui est tout aussi remarquable, c’est la solidarité témoignée par les galeries envers de jeunes artistes qui, pour la plupart, n’ont tout simplement plus de quoi se payer un logement ou un atelier, pas même dans les quartiers paupérisés du sud. Le voile d’hypocrisie s’est enfin déchiré. Il n’est plus question de ludisme culturel, mais de rapports de force.




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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:14

La révolte des Israéliens noirs. Du racisme anti-Palestiniens au racisme anti-Éthiopiens Michel Warschawski 3 juin 2015

On le sait, il n’est pas facile d’être Palestinien dans un « État juif ». Mais la récente révolte des juifs d’origine éthiopienne rappelle qu’il ne suffit pas d’appartenir à cette religion pour ne pas être discriminé. Et que, même juif, il vaut mieux être Blanc que Noir dans une société divisée socialement et ethniquement et où le racisme institutionnel est légitimé par les principaux ministres du nouveau gouvernement de Benyamin Nétanyahou.



Dans la manifestation des Éthiopiens d’Israël contre les violences policières et la discrimination
Tel Aviv, 3 mai 2015

Michel Warschawski a écrit:
Qui s’intéresse un tant soit peu à Israël connaît le conflit israëlo-palestinien. Souvent même, il sait que la minorité palestinienne d’Israël — ceux qu’on a longtemps appelés les « Arabes israéliens » — est soumise à une discrimination structurelle. En revanche, on connaît beaucoup moins les divisions et les discriminations au sein même de la population juive israélienne.

Certes, Israël étant constitutionnellement un « État juif », le fait d’être juif confère un statut privilégié par rapport à tous les autres citoyens, indépendamment de la place sociale ou de l’origine ethnique. C’est écrit noir sur blanc dans un nombre limité de lois, mais c’est surtout ancré dans la pratique des institutions gouvernementales dont l’objectif prioritaire reste, près de 70 ans après la création de l’État d’Israël, de renforcer ce dernier comme « État juif et démocratique ».

Ceci dit, les privilèges octroyés aux juifs par l’« État juif » sont inégalement partagés : selon un récent rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)(1), Israël est le deuxième pays industrialisé où le fossé entre riches et pauvres est le plus important. Elle est loin derrière nous, l’image d’Israël comme modèle d’État social — voire socialiste — et égalitaire… L’offensive néolibérale menée par Benyamin Nétanyahou dans les années 1980 a été d’une sauvagerie sans précédent parmi les nations industrialisées. Auprès de lui — à l’époque ministre des finances(2) —, Margaret Thatcher fait figure de Mère Teresa.

Les divisions qui traversent la société juive israélienne sont à la fois sociales et ethniques, les deux étant souvent imbriqués : les plus riches sont d’origine européenne, les plus pauvres, d’« Afrique-Asie », selon le terme utilisé par le bureau central de statistiques israélien. Et tout en bas de l’échelle se trouvent les juifs originaires d’Éthiopie.

Discrimination ordinaire


Si au début des années 1970, Golda Meir pouvait encore dire qu’un « vrai juif » parle forcément le yiddish, la révolte des Panthères noires(3) et la montée en force des juifs orientaux originaires du monde arabe et du bassin méditerranéen ont mis fin à de tels discours, même si les discriminations ont loin d’avoir disparu. Mais des juifs noirs ?!

À l’époque de Golda Meir, il suffisait d’être un peu basané pour être traité avec dédain de Schwartze (Noir), alors imaginez ce que c’est que d’avoir la couleur de peau des Éthiopiens ou des Érythréens. C’est d’abord être régulièrement roué de coups par les forces de police dans les quartiers sud de Tel-Aviv, en particulier par les gardes-frontières et l’unité spéciale chargée de mener la chasse aux « infiltrés ». Car comment un policier raciste peut-il faire la différence entre un citoyen éthiopien (juif)(4) et un migrant qui a fui l’Érythrée ou le Soudan du Sud ? « Tous des nègres ! » Ce n’est donc pas un hasard si la raison première des rassemblements de protestation des Éthiopiens au cours des derniers mois a été la dénonciation des violences policières. Dans son rapport de mai 2013, le Contrôleur Général de l’État, Yossef Shapira, fait le bilan des discriminations sociales :

- 18 % des Éthiopiens sont au chômage (le taux de chômage en Israël est de 5,6 %),
- 65 % des jeunes Éthiopiens vivent sous le seuil de pauvreté (51,7 % des familles),
- la majorité des lycéens n’obtiennent pas le baccalauréat,
- plus de 20 % ne vont pas au bout de leur service militaire à cause de ce que l’armée qualifie de « comportement particulièrement mauvais ».

Si l’État a mis en place toute une série de mécanismes pour améliorer la situation, en particulier dans les lycées, ce bilan du Contrôleur est sans équivoque : ils ont tous échoué.

L’un des paradoxes de la société israélienne — mais c’est le cas également dans un grand nombre d’autres pays — est que l’on retrouve de nombreux Éthiopiens dans la police des frontières et dans les services pénitentiaires, métiers qui ne nécessitent aucun niveau d’éducation. Mais même avec l’uniforme censé asseoir leur autorité, ils se font souvent agresser, que ce soit aux checkpoints ou dans les prisons, d’autant que, pour la majorité d’entre eux, ils sont plutôt frêles de corps. J’ai moi-même le souvenir de ces détenus à la prison de Ma’assiyahou qui appelaient leur surveillant en ces termes : « viens ici, négro, et que ça saute ! »

L’égalité est un combat

Pourtant, depuis quelques années nous sommes les témoins d’un tournant : une nouvelle génération est née, elle a grandi en Israël, y a fait son service militaire et surtout acquis un sens de la revendication et de la lutte. Être traités comme moins que rien n’est plus aussi courant qu’à l’époque de leurs parents. S’ils restent fortement liés à leurs traditions, les jeunes Éthiopiens et Éthiopiennes se sentent Israéliens et veulent être perçus et traités comme tels. Ce n’est pas un hasard si l’un des slogans les plus répétés au cours de la grande manifestation de Tel-Aviv du 3 mai 2015 était : « Nous sommes des Juifs ! ». Certains n’hésitaient d’ailleurs pas à ajouter « et pas des Arabes ». Souvent, dans les débats, ces jeunes Israéliens d’origine éthiopienne — car c’est ainsi qu’ils veulent être définis — mettent en avant leur service militaire, voire leurs « faits de guerre » dans les territoires palestiniens occupés. Le passage à tabac d’un soldat éthiopien en uniforme par des policiers a été l’un des éléments déclencheurs des dernières manifestations. S’ils avaient eu un minimum de connaissance d’Israël, ils auraient pu apprendre des Druzes et des Bédouins que le service militaire en Israël n’est en aucun cas la promesse d’échapper à la discrimination. L’égalité est un combat, en Israël comme ailleurs, même quand on est juif dans l’« État des juifs ».

« On nous traite comme des Arabes »

Les manifestations des Éthiopiens ont été réprimées par la police avec une violence rare — s’agissant évidemment de manifestations de juifs. « On nous a traités comme des Arabes », ont répété les manifestants à qui voulait les entendre. Il faut reconnaître qu’ils ne s’étaient pas comportés comme des enfants de chœur, brisant le stéréotype du « gentil » Éthiopien en n’hésitant pas à attaquer des policiers pour libérer l’un de leurs camarades.

Si la police a réagi en annonçant l’inculpation des manifestants arrêtés pour voies de fait et violences contre les forces de l’ordre, le gouvernement, lui, a décidé de mettre en place une commission dont le mandat est de faire des propositions pour l’amélioration des conditions de vie des Éthiopiens. Dans cette commission ont été cooptés des notables de la communauté, en particulier des qais, les rabbins éthiopiens…que le Grand Rabbinat d’Israël ne reconnaît d’ailleurs pas.

Il est cependant peu vraisemblable que la nouvelle génération d’Éthiopiens se reconnaisse dans ces notables, et tout laisse penser que leur révolte va se poursuivre. Extirper le racisme anti-noir de la société israélienne, et d’abord de sa police, est un combat sur le long terme qu’on ne peut séparer du combat que mènent les Palestiniens israéliens pour l’égalité. La convergence des luttes pour l’égalité est une nécessité. En Israël, elle est révolutionnaire.

Michel Warschawski

(1)Le point sur les inégalités de revenus. Le creusement des inégalités touche plus particulièrement les jeunes et les pauvres, 2014.

(2)Benyamin Nétanyahou a été ministre des finances dans le gouvernement d’Ariel Sharon du 28 février 2003 au 9 août 2005.

(3)Le mouvement des Panthères noires israéliennes a été un mouvement de protestation contre les discriminations subies par les juifs mizrahim (orientaux). Il a été fondé en 1971 près de Jérusalem, sur le modèle du mouvement afro-américain des Black Panthers.

(4)Le terme falasha, qui signifie exilé ou immigré en amharique, est souvent utilisé pour désigner les Israéliens d’origine éthiopienne, mais pas par eux-mêmes qui, l’estimant péjoratif, emploient plutôt Beta Israel (la maison d’Israël). Ce dernier terme tend à être remplacé en Israël par « juifs éthiopiens » ou plus simplement par etiopim (Éthiopiens).


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:15



Israël compte sur les « tribus perdues » pour accroître le nombre de juifs Jonathan Cook, Middle East Eye, 9 septembre 2015


Face à une majorité palestinienne, les autorités israéliennes cherchent à élargir la définition juridique d’un « juif », afin que des millions de personnes aient aussi le droit d’immigrer dans le pays.



Israël étudie les moyens d’élargir le champ d’application de la « loi du retour », élément fondamental de la législation israélienne définissant qui est juif, afin d’autoriser l’immigration de millions de personnes.

Jonathan Cook a écrit:
Une commission gouvernementale mandatée le mois dernier permettra de déterminer si le droit à l’immigration devrait être étendu aux « groupes ayant des liens avec le peuple juif ». Cela inclurait ce qu’on appelle les « tribus perdues », ces communautés loin d’Israël - en Inde, en Amérique latine et ailleurs - qui prétendent avoir eu des ancêtres juifs.

Cette initiative fait suite à une récente déclaration de Silvan Shalom, ministre de l’Intérieur et proche allié du Premier ministre Benjamin Netanyahou, où il exprimait son intention d’appliquer « la politique la plus libérale possible en matière d’immigration, pour faire venir des gens du monde entier ».

Selon les experts, la modification de la loi pourrait rendre éligibles à l’immigration plus de trois millions de personnes supplémentaires, qui recevraient instantanément la citoyenneté israélienne.

La création de cette commission semble refléter l’inquiétude grandissante des autorités : Israël serait en train de perdre contre les Palestiniens la « bataille du nombre ». Question devenue d’autant plus pressante que Netanyahou refuse d’engager des pourparlers pour mettre fin à l’occupation et créer un État palestinien.

Sergio DellaPergola, démographe de premier plan à l’université hébraïque de Jérusalem, a récemment sonné l’alarme : les Palestiniens sont désormais majoritaires dans la zone sous autorité israélienne comprenant Israël et les territoires occupés. Israël comprend une importante minorité d’1,5 million de citoyens palestiniens.

Cela fait plus de 10 ans que les taux d’immigration juive sont au point mort, alors que les Palestiniens continuent globalement d’afficher un taux de natalité plus élevé que celui des juifs israéliens.

Loi « raciste et antidémocratique »


La loi du retour, adoptée en 1950, limite l’immigration en Israël à ceux qu’elle définit comme juifs. C’est à dire, actuellement, toute personne ayant un grand-parent juif. Ces gens ont le droit d’amener avec eux un conjoint et tous leurs enfants, et leur famille est éligible à un large éventail d’avantages financiers.

Des historiens expliquent que la loi du retour ainsi qu’une autre loi accordant aux non-juifs une citoyenneté spéciale ont été conçues pour garantir le maintien d’une forte majorité juive, suite à l’expulsion de 750 000 Palestiniens pendant la guerre de 1948 qui a donné naissance à Israël.

Jamal Zahalka, membre arabe du parlement israélien, a accusé le gouvernement de chercher à exploiter encore davantage une « loi raciste et antidémocratique ».

« La loi du retour a été créée spécifiquement pour permettre l’immigration de millions de juifs n’ayant aucun lien avec cette terre et d’empêcher le retour de millions de réfugiés palestiniens et de leurs descendants chez eux », a-t-il déclaré à Middle East Eye.

« Cette loi est immorale et donne aux immigrants plus de droits qu’aux populations autochtones. Elle doit être abolie, et non pas modifiée aux fins d’attirer toujours plus de gens dans notre pays. »

Selon les chiffres officiels, la loi du retour a, jusqu’à ce jour, permis à quelque trois millions de juifs d’immigrer en Israël.

Voici ce qu’Ilan Pappé, historien et chroniqueur israélien, a déclaré à MEE : Israël espère qu’« avec l’endoctrinement adéquat et des incitations suffisantes, on pourra donner envie d’immigrer à des non-juifs qui ne sont pas arabes, et faire ainsi pencher la balance [démographique] en faveur des juifs ».

Élargir la définition de l’appartenance juive est « un moyen supplémentaire de dé-arabiser la Palestine - dans le droit fil de la purification et dépossession ethniques » commencées en 1948.

Un amalgame avec l’apartheid redouté

De hauts fonctionnaires ont exprimé leurs craintes d’amalgames croissants avec l’apartheid s’il apparaissait qu’une minorité juive exerçait son pouvoir sur une majorité palestinienne. Dès 2007, le Premier ministre de l’époque, Ehud Olmert, avait émis le même avertissement.

Ces préoccupations sont d’autant plus fortes que plusieurs membres de la coalition de droite menée par Netanyahou sont notoirement favorables à l’annexion de la Cisjordanie, ce qui renforcerait le contrôle israélien sur les Palestiniens de cette région.

Mohammed Zeidan, directeur de l’Association des droits de l’homme de Nazareth, a déclaré que la refonte de la loi du retour trahissait en fait la panique croissante du gouvernement devant les courbes démographiques.

« Il devient de plus en plus évident que, dans la zone sous contrôle d’Israël, sévit un système d’apartheid qui ne donne pas aux Palestiniens les mêmes droits qu’aux juifs »,
a-t-il dit à MEE.

« Quand un État prétendument démocratique doit instrumentaliser la démographie pour justifier de maintenir une communauté sous le contrôle d’une autre, c’est le signe d’un grave problème. »

Les politiciens israéliens ont toujours fait preuve de prudence à l’idée de changer la loi, car ses dispositions causent déjà de grandes tensions avec les autorités rabbiniques orthodoxes du pays.

Les rabbins orthodoxes croient que seuls sont habilités à se définir comme juifs ceux dont la mère est juive - définition beaucoup plus étroite, fondée sur la tradition religieuse.

Tout indique, cependant, que le ministère de la Diaspora israélienne, en charge des relations avec les communautés juives à l’étranger, passera outre et recommandera l’élargissement du vivier d’immigrants potentiels.

Communautés défavorisées

Mohammed Zeidan a fait remarquer que la plupart des communautés juives traditionnelles hors d’Israël - aux États-Unis, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni - prospèrent et ne montrent guère d’intérêt à venir s’installer en Israël.

Au début de l’année, suite aux violentes attaques subies par les communautés juives à Paris et Copenhague, Netanyahou a exhorté les juifs européens à venir habiter en Israël, affirmant que c’était le seul endroit où ils seraient en sécurité. Or, les statistiques de cette année montrent que, jusqu’à présent, les taux d’immigration n’ont pas enregistré la hausse espérée.

Une nouvelle catégorie de communautés juives « émergentes » accorderait des droits aux communautés pauvres et vulnérables de tous les pays en voie de développement, plus susceptibles d’être tentées d’immigrer en Israël.

Les organisations de droite font depuis des années pression pour la reconnaissance des « tribus perdues », ainsi que de ceux qu’on appelle les « Beit Anusim », dont les ancêtres ont été contraints de se convertir au christianisme pendant les inquisitions espagnole et portugaise.

« Les juifs prospères ne demandent pas à immigrer. Israël a donc besoin de trouver d’autres communautés, moins privilégiées, qu’il sera plus facile de pousser à immigrer pour venir combler le déficit », a déclaré Zeidan.

Un succès notable a été enregistré avec les Bnei Menashe, une communauté habitant une zone reculée du nord-est de l’Inde. Bien que la loi du retour l’interdise, le gouvernement Netanyahou les a autorisés à immigrer en grand nombre en 2012.

Pour le quotidien Haaretz, cette décision d’organiser sur fonds publics l’immigration d’une communauté non juive est un fait « sans précédent ».

Shavei Israël, une organisation fondée en 2004 qui fait du lobbying en faveur des Bnei Menashe, a célébré en juin l’arrivée du 3 000e immigrant de cette communauté. 7 000 autres se trouvent encore en Inde.

Influence des colons

L’idéologie de droite de mouvements comme Shavei Israël a été prouvée lorsque la plupart des nouveaux immigrants ont été logés dans des colonies illégales en Cisjordanie. Dernièrement, un groupe de près de 80 Bnei Menashe a été envoyé dans des colonies juives établies dans le Golan, territoire syrien illégalement annexé par Israël depuis 1967.

Jamal Zahalka a fait remarquer que le ministre israélien de l’Immigration, Ze’ev Elkin, photographié en train d’accueillir les nouveaux arrivants, est lui-même un colon qui a publiquement soutenu l’annexion de la totalité de la Cisjordanie.

« La droite souhaite élargir la définition de ce qu’est un juif afin de pouvoir introduire dans les colonies le plus grand nombre possible de ces nouveaux immigrants », a-t-il dénoncé.

« Le but est d’arriver à une solution sioniste et l’établissement d’un État unique en repoussant de force les Palestiniens dans des enclaves, pour ensuite confisquer leurs terres et les donner à des juifs. Pour atteindre leur objectif, ils ont besoin d’attirer ici toujours plus de gens, pour rendre légitime le vol de toujours plus de terres aux Palestiniens ».

Selon certains médias israéliens, des indices montrent que le gouvernement serait en train de biaiser la composition de la commission pour être sûr qu’elle entérinera sa décision de modifier la loi du retour.

Dvir Kahana, directeur général du ministère de la Diaspora et créateur de la commission, est un colon éminent. Il occupait auparavant un poste élevé au sein d’Elad, organisation d’extrême-droite qui œuvre à installer des juifs au cœur même du grand quartier palestinien de Silwan à Jérusalem-Est.

Kahana a nommé au bureau de la commission des fonctionnaires susceptibles de soutenir une augmentation de l’immigration et ainsi renforcer les colonies.

Des liens avec Netanyahou

Le ministère de la Diaspora a refusé de répondre aux questions des journalistes. Cependant, dans un communiqué, Dvir Kahana a affirmé qu’il y a « une prise de conscience grandissante de l’existence de larges groupes qui ne peuvent en aucune manière se définir comme juifs, mais qui possèdent certains liens avec le peuple juif ». Il a ajouté que, de ce fait, « se pose la question des liens que le gouvernement devrait avoir avec eux ».

Michael Freund, fondateur de Shavei Israël, a pris la tête de la campagne en faveur de l’extension des droits à l’immigration aux « tribus perdues ». C’était un proche collaborateur de Netanyahou à la fin des années 1990. Freund a écrit qu’Israël doit « aborder de façon plus créative comment remédier à l’érosion permanente du profil démographique juif du pays ».

Shavei Israël n’a pas souhaité faire de commentaires. On lit cependant sur son site web : « Le peuple juif est actuellement confronté à une crise démographique et spirituelle, dans des proportions sans précédent ». « Nous sommes de plus en plus faibles en nombre » a-t-il ajouté, et il est donc du devoir d’Israël « de tendre aimablement la main à tous ceux qui souhaitent retourner au pays ».

Outre celle des Bnei Menashe, Shavei Israël énumère d’autres communautés importantes qu’il espère attirer en Israël, notamment celles implantées actuellement au Brésil, en Russie méridionale, en Pologne, en Chine, au Pérou, en Turquie et en Afrique.

Haaretz a demandé au ministère de la Diaspora si Freund prodiguait ses conseils à la commission mais le journal n’a obtenu aucune réponse.

Le ministère a officiellement invité des experts à s’exprimer devant la commission, et leurs avis ont souligné les avantages politiques de recruter des communautés juives « émergentes ». Ces communautés pourraient être recrutées pour contribuer aux campagnes de hasbara gouvernementale, c’est-à-dire ses efforts pour améliorer l’image d’Israël dans le monde.

La commission devrait présenter ses conclusions dans six mois.

À la poursuite du « gène juif »

Le concept de « tribus perdues » a suscité la controverse en Israël. Les tests effectués sur les Bnei Menashe, entre autres groupes soutenus par Shavei Israël, n’ont pas trouvé trace de marqueurs génétiques indiquant une ascendance juive.

D’autres critiques ont fait valoir qu’on se fourvoie de toute façon à s’acharner à trouver un soi-disant « gène juif » et que cette recherche répond à des objectifs purement politiques.

Dans son livre paru en 2009, L’Invention du peuple juif, Shlomo Sand, historien de l’université de Tel-Aviv, montre que depuis deux décennies les résultats de la recherche génétique sont contradictoires. Il conclut : « Après tant de coûteux efforts ‘’scientifiques’’, il s’avère qu’il est impossible de définir un juif par un critère biologique, quel qu’il soit. »

Après examen de la plupart des récents travaux consacrés à la recherche d’un gène juif, c’est aussi le point de vue défendu en 2013 par Eran Elhaik, généticien israélien à la John Hopkins School of Public Health de Baltimore.

Dans une interview accordée au journal Haaretz, il a soutenu que « les conclusions des chercheurs étaient écrites avant même de commencer les recherches. Ils ont commencé par tirer leur flèche pour ensuite peindre autour le centre de la cible ».

On peut craindre que l’élargissement de la définition d’une personne juive n’exacerbe les tensions existantes dans la société juive israélienne.

Après l’effondrement de l’Union soviétique et l’arrivée en Israël d’un million d’immigrants dans les années 1990, les autorités rabbiniques en Israël avaient refusé l’identité juive à quelque 350 000 d’entre eux.

Ces immigrants se sont alors retrouvés dans un vide juridique et social car les rabbins contrôlent exclusivement les questions liées au statut personnel – dont le mariage, le divorce et l’enterrement – pour la population juive. Pour contourner ces restrictions, nombre d’entre eux ont donc été contraints de se marier à l’étranger.

Traduction de l’anglais (original) par Dominique Macabies



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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:16

Quelques réflexions sur les déclarations d'Emmanuel Macron en Israël Georges Gumpel, Campagne BDS France, le 9 septembre 201

Emmanuel Macron – ministre de l'économie - était ces derniers jours en Israël où il s'est livré - entre la signature de nombreux contrats commerciaux juteux – à plusieurs déclarations des plus instructives.


Citation :
Nous retiendrons en priorité celle faite devant les « franco-israéliens » au cours de laquelle, il a entrepris des comparaisons historiques qui ne peuvent nous laisser indifférents, que l'on soit ou non juif, mais français certainement.

Monsieur Macron a évoqué le siège de Saint Jean D'Acre imposé par Bonaparte en 1799 au cours de la campagne d'Egypte aux habitants de la ville qui refusaient de capituler, la jambe perdue auparavant à Sedan par le général de Caffarelli du Falga.

Il n'a pas expliqué à nos « demi- compatriotes » que cette guerre de conquête entreprise par Bonaparte en Egypte et les crimes commis tout au long (ceux commis à Saint Jean d'Acre particulièrement), étaient en réalité les premiers massacres coloniaux modernes, rappelant – involontairement - la filiation politique absolue entre les conquêtes coloniales européennes de la fin du XVIIIe siècle, celles du XIXe siècle et le sionisme, dès sa naissance.

Plus que cette jambe perdue à Sedan par un coupeur de têtes, Emmanuel Macron aurait dû rappeler les mots de Bonaparte, devenu Empereur ensuite, affirmant dans ses confidences à Madame de Rémusat: « En Egypte, je me trouvais débarrassé du frein d'une civilisation gênante. Je rêvais toutes choses et je voyais les moyens d'exécuter tout ce que je rêvais ».

Ces freins, d'une civilisation gênante – cette civilisation occidentale naissante au lendemain de la Révolution française - ont depuis toujours été rompus par les gouvernements israéliens successifs devenus maîtres, depuis la Nakba, de la colonisation, l'occupation, la répression du peuple palestinien, l'apartheid et la destruction de la Palestine.

Ailleurs, et devant un autre auditoire, Emmanuel Macron, ministre de l'économie, a fait un parallèle malhonnête entre la Shoah et BDS, reprenant à son compte les accusations mensongères du CRIF et de ses agents, affirmant que le BDS était interdit en France (depuis quand Monsieur Macron ?), martelant dans la foulée : « les Juifs sont chez eux en France, pas les antisémites ».

Qu'est-ce à dire Monsieur le ministre : que la campagne BDS – Boycott, Désinvestissements et Sanctions - serait une campagne antisémite ?

Que la société civile française, celle qui s'engage de plus en plus nombreuse dans la campagne BDS serait toute entière antisémite ?

Comme le serait la société civile mondiale, elle aussi engagée dans ce large mouvement pacifique et non violent ?

Quand nous ne cessons d'expliquer que la campagne BDS est tout sauf antisémite, qu'elle ne concerne que la politique israélienne à l'encontre du peuple Palestinien, tous les Palestiniens, où qu'ils soient et jamais les Juifs israéliens en tant que tels, les Juifs français, moins encore, quelques soient leurs positions vis à vis d'Israël ?

Amalgame et chantage malhonnêtes que nous ne pouvons accepter, pas plus que les menaces sous-jacentes que ceux ci laissent présager.

La société civile est majeure, consciente, elle ne peut se laisser intimider par ces amalgames sans principes.

Elle n'est ni raciste ni xénophobe à l'inverse des hommes politiques au pouvoir.

Elle n'est pas antisémite à l'inverse des groupuscules d'extrême droite qui ont pignon sur rue et distillent leur venin à longueur de temps en toute liberté.

Elle est généreuse plus exactement, soucieuse de l'application du droit international en faveur des Palestiniens, exigeante à propos du respect du droit international par Israël, puissance occupante.

En réalité, et bien qu'involontairement, Emmanuel Macron, ministre de l'économie, a clairement mis en évidence la continuité – sur la longue durée – de la politique coloniale française au Moyen-Orient, sa complicité avec le régime d'apartheid israélien, les liens idéologiques qui unissent la France et Israël.

Confirmant – involontairement toujours – les analyses pertinentes faites par la société civile palestinienne en 2005 lorsque celle ci a lancé son appel à la société civile mondiale pour que celle ci s'empare de l'arme pacifique qu'est la campagne BDS.

D'une certaine manière, nous ne pouvons qu'être reconnaissants envers Monsieur Emmanuel Macron, ministre de l'économie, pour cet éclairage honnête de la vision politique française au Moyen-Orient, celle sur la Palestine particulièrement.

Nous ne pouvons que le remercier d'être allé dans les salles du musée du Louvre chercher son inspiration auprès des tableaux peints à la gloire du colonialisme français naissant pour illustrer la persistance de la France dans sa vision coloniale du monde.

Nous nous plaisons même à imaginer, qu'au cours de cette visite instructive, il était accompagné par la jeune et brillante ministre de la kulture israélienne Miri Réguev qui vient de déclarer que les femmes palestiniennes du village de Nabi Saleh qui ont sauvé un gamin blessé de 12 ans des griffes d'un vaillant soldat de Tsahal auraient dû être abattues !

Serait-ce Monsieur Macron de l'antisémitisme, que de dire que nous sommes horrifiés par ces propos ?

C'est pourquoi, et plus que jamais, nous sommes déterminés à développer, partout en France, le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien opprimé, à dénoncer le soutien et l'impunité dont bénéficie Israël.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:17



Israël, État colonial et fasciste Afrique Asie 8/11/15

Muhannad Halabi. Retenez bien ce nom. Il entrera dans l’histoire tourmentée de la Palestine occupée comme celui qui aura signé, par sa mort, le déclenchement de la troisième intifada depuis l’occupation israélienne de la totalité de la Palestine en juin 1967. Un soulèvement que tout le monde attendait et qui n’a que trop tardé

Citation :
À 19 ans, ce jeune Palestinien était né quelques années après la signature des accords d’Oslo en 1993, qui auraient dû ouvrir la voie à la création d’un État palestinien indépendant sur moins de 22 % de la Palestine mandataire. De sa courte vie, il n’a connu qu’une succession de déceptions et d’humiliations. Il a entendu le discours de Mahmoud Abbas, l’un des signataires de ces accords lors de son discours du 30 septembre devant l’Assemblée générale de l’Onu : « Tous les espoirs ont avorté depuis les accords de 1993, s’est-il écrié. Nous déclarons dès lors que nous ne pouvons continuer à être engagés par ces accords et qu’Israël doit assumer toutes ses responsabilités comme puissance occupante, parce que le statu quo ne peut continuer. »

Totale impunité

Le président de l’Autorité palestinienne a, certes, fait le constat d’un cuisant échec du processus de paix, mais sans dire quelles en sont les conséquences pratiques. Et cela au moment où l’occupant israélien a laissé des colons juifs fanatisés tenter de s’emparer de l’esplanade des Mosquées d’Al-Aqsa et interdit l’accès à ces lieux à de jeunes Palestiniens. Muhannad Halabi écrit alors sur son compte Facebook : « Joli discours, Monsieur le Président, mais nous ne reconnaissons pas Jérusalem-Est et Jérusalem-Ouest. Nous savons seulement que Jérusalem est une et indivisible, et que chacune de ses parties est sacrée. Excusez-moi, Monsieur le Président, mais ce qui arrive aux femmes d’Al-Aqsa et à Al-Aqsa même ne s’arrêtera pas avec des mesures pacifiques. Nous n’avons pas été élevés pour être humiliés. »

Quelques jours plus tard, il poignarde à mort deux juifs extrémistes dans la vieille ville arabe de Jérusalem avant d’être abattu par des policiers israéliens. Ce geste de désespoir individuel, depuis, se répète un peu partout en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, rappelant au gouvernement israélien, à l’Autorité palestinienne et à la « communauté internationale » que le statu quo actuel ne saurait durer éternellement et qu’un volcan couve sous l’occupation.

En acceptant en 1993 de s’engager dans un processus de paix aux lendemains incertains, l’OLP a pris le risque de perpétuer l’occupation. Comme bien d’autres analystes avisés, le professeur Edward Saïd, une grande conscience de la cause palestinienne, aujourd’hui décédé, avait pourtant mis en garde contre cette supercherie. Dans son livre, Le Mirage de la paix, il assimilait les accords d’Oslo à un « consentement palestinien officiel à la poursuite de l’occupation ». Il ne s’était pas trompé. Non seulement l’État palestinien indépendant apparaît comme une chimère, malgré quelques « victoires » diplomatiques, mais la mal nommée Autorité palestinienne est une coquille vide. Une feuille de vigne qui cache l’occupation israélienne dans toute sa laideur : transformation des territoires palestiniens, y compris Gaza, en une prison à ciel ouverte. La colonisation bat son plein : 600 000 colons établis sur l’ensemble de la Cisjordanie. Les check-points sont partout, entourés d’un mur d’apartheid. Et les arrestations massives, les destructions de maisons, l’arrachage des oliviers, les confiscations de terres ne s’arrêtent jamais…

Tout cela dans l’impunité totale. Malgré ce constat d’échec, Mahmoud Abbas continue à croire aux vertus d’un processus de paix qui ressemble étrangement à une marche accélérée vers la confrontation permanente et la guerre.

De son côté, le gouvernement de Netanyahou, plutôt que de prendre acte du fiasco de sa stratégie de tension permanente et de poursuite de la colonisation, continue à jeter de l’huile sur le feu. Il encourage les Israéliens, face au ras-le-bol de la jeunesse palestinienne que les médias israéliens appellent « l’intifada des couteaux », à se faire justice eux-mêmes. Dernière « trouvaille » : à la veille d’une visite en Allemagne, le premier ministre israélien est même allé jusqu’à accuser les Palestiniens, et non les nazis, d’être responsables de la tentative d’extermination des juifs d’Europe. Selon lui, c’est le grand mufti de Jérusalem, Hadj Amine al-Husseini, qui aurait inspiré pendant la Seconde Guerre mondiale l’idée de la « solution finale » à Adolf Hitler, lors d’une rencontre à Berlin en 1941.

Jusqu’où ira Netanyahou, et tout ce qu’il représente comme projet nationaliste et fasciste, dans son délire ?

En réalité, il ne s’agit pas d’un délire. Le premier ministre est le produit – cela vaut la peine d’être souligné – du sionisme révisionniste fascisant et expansionniste qui trouve son origine dans le courant nationaliste fascisant incarné par Vladimir Jabotinsky. Dans la première partie du XXe siècle, Jabotinsky appelait à la création du Grand Israël englobant non seulement la Palestine historique mais aussi la Jordanie. Ce courant, qui fut à l’origine de la création du Likoud – aujourd’hui dirigé par Netanyahou –, n’a pas eu de scrupules à collaborer avec les nazis, pour à la fois combattre la Grande-Bretagne et expulser les Arabes de leur terre ancestrale pour y créer l’État d’Israël. La fin justifie tous les moyens.
Dans un passionnant livre d’entretiens, le professeur Yechayahou Leibovitz (La Mauvaise Conscience d’Israël – Entretiens avec Joseph Algazy) lève le voilà sur les relations entre ce courant sioniste et l’Allemagne nazie.

Yechayahou Leibovitz a écrit:
Il ne faut pas oublier que les armées du maréchal allemand Erwin Rommel s’étaient avancées jusqu’à El-Alamein, à l’ouest d’Alexandrie. Cela me rappelle que le Lehi, l’organisation juive extrémiste – dirigée par Abraham Stern, aliasYaïr, Yitzhak Shamir et d’autres – avait offert ses services à l’Allemagne nazie. Stern et ses acolytes étaient prêts à aider Hitler. En fait, ils ne s’embarrassaient guère de ce que représentait Hitler s’il s’engageait à libérer Eretz Israël de la domination britannique et à créer l’État juif. Voilà jusqu’où peut entraîner le nationalisme. Sur ce point, il n’y a pas le moindre doute : Abraham Stern a bel et bien envoyé ses émissaires rencontrer les représentants de l’Allemagne nazie et leur proposer une alliance. […] Vous saisissez : un juif a cherché à collaborer avec Hitler ! Pis encore, ce juif est considéré comme un héros national en Israël ! En Israël, où un musée lui est consacré, où des rues portent son nom et où, chaque année, on célèbre son souvenir dans le cadre d’une cérémonie officielle à laquelle participe Shamir, y compris en tant que premier ministre. Voilà à quoi on arrive lorsque des hommes érigent le nationalisme en valeur suprême. Je ne sais pas comment qualifier ce nationalisme : méchanceté bête ou bien bêtise méchante ?


Stratégie criminelle

Peut-on, dans ce cas, considérer la déclaration de Netanyahou disculpant Hitler de l’extermination des juifs comme un simple lapsus ? C’est fort improbable. Le chef du Likoud a de la suite dans les idées : l’ennemi, pour lui, c’est le Palestinien, qu’il soit modéré, pacifiste ou résistant. Il utilise tous les moyens pour empêcher la création d’un État palestinien indépendant, dont il s’acharne à saper les fondations avant même qu’il ne voie le jour. En poursuivant la répression, la colonisation rampante et en exigeant que les Palestiniens reconnaissent Israël comme un État juif, il multiplie les obstacles et les crimes, repousse à l’infini la perspective d’une paix durable en Palestine. Avec le consentement et la complicité des pays occidentaux qui étaient, il est toujours utile de le rappeler, les vrais concepteurs du projet sioniste colonial. Un projet qui, selon le fondateur du sionisme, Theodor Herzl, dans son livre L’État des juifs paru en 1896, sera « pour l’Europe, un morceau de rempart contre l’Asie : nous serions la sentinelle avancée de la civilisation moderne contre la barbarie ».

120 ans après, cette « sentinelle avancée » de l’Occident s’avère contre-productive. La poursuite d’une telle stratégie est aussi criminelle envers les Palestiniens que suicidaire envers les juifs. Mais aussi contre ceux qui, en Europe et aux États-Unis, continuent à lui assurer la totale impunité.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:17

Ha’Aretz - Tel-Aviv

Vu d'Israël. La France vaincra le terrorisme sans perdre son âme Nitzan Horowitz Ha’Aretz - Tel-Aviv 22/11/2015

Hommage du quotidien de la gauche israélienne à la France, pays qui saura surmonter la terreur sans renoncer à ses libertés ni mettre au ban ses citoyens musulmans.

A Paris, le 18 novembre 2015. PHOTO JOEL SAGET/AFP

Ceux qui entendent piétiner les valeurs démocratiques de la France au nom de la lutte contre le terrorisme obéissent à un scénario cher à Daech. L’immense majorité des musulmans français, qui représentent 10 % de la population du pays, sont révoltés par le terrorisme. Ils sont en très grande majorité français de naissance et souhaitent ardemment s’intégrer, étudier et faire une carrière. Une petite minorité extrémiste vise la destruction de la France et la ruine de la culture occidentale. Cette minorité joue sur la pauvreté, le racisme et la frustration qui règnent dans les banlieues pour recruter des jeunes sans espoir

Nitzan Horowitz a écrit:
Les Israéliens font souvent preuve d’arrogance quand ce genre d’incident se produit à l’étranger : “Ils sont naïfs, ils ne comprennent pas vraiment à qui ils ont affaire.” Or les Français comprennent très bien. Il y a longtemps que la France est confrontée au terrorisme islamiste. Ses services de sécurité, qui sont les meilleurs d’Europe et qui ont les meilleurs réseaux, en ont fait leur cible principale. La dernière chose qu’on puisse dire, c’est que la France se repose sur ses lauriers en la matière. Elle est parfaitement consciente de la gravité de la menace.

La survie de la démocratie se joue maintenant

Le véritable danger, en revanche, concerne son caractère et son esprit. D’un côté, les terroristes cherchent à entraîner le pays dans une guerre contre ses citoyens musulmans. De l’autre, les forces ténébreuses de l’extrême droite sont en embuscade dans les zones grises de la république et attendent dans l’ombre que l’état d’urgence mine le régime, comme la peste de Camus. Le gouvernement français navigue entre ces deux écueils et sa mission devient de plus en plus difficile. Comment éliminer les terroristes français sans que la France soit touchée au cœur ? La survie de la démocratie française est en jeu. Ce n’est pas un hasard si l’EI a attaqué Paris, selon lui la capitale de la prostitution et du vice. Et que considère-t-il comme le vice ? La laïcité, la culture, la liberté, l’égalité, la fraternité, le fait que la France se revendique comme le berceau des droits de l’homme. C’est ce que Thomas Jefferson voulait dire quand il a déclaré : “Tout homme a deux pays : le sien et la France.” C’est ce pays-là que Daech cherche à mettre à terre.

Le président François Hollande est désormais confronté à sa plus grande épreuve, l’une des plus difficiles de l’histoire de la France moderne. Certains dans son entourage le pressent d’adopter la politique de l’extrême droite et de cibler tous les musulmans. D’autres comprennent le danger que présente cette idée. Anne Hidalgo, maire de Paris et fille d’immigrés espagnols, sait que pour lutter contre le terrorisme il faut impliquer les communautés [musulmanes] locales, recruter des chefs musulmans. Elle est consciente que la plus grande catastrophe serait de déstabiliser des communautés entières, qui n’auraient alors pas d’autre choix que d’aller vers Daech.

L’Europe et l’ensemble du monde libre vont connaître des jours sombres. Les cris des victimes suscitent des appels à la guerre. Dans ce genre de situation, en France comme en Israël, certains commentateurs considèrent les droits de l’homme comme un obstacle à la lutte contre le terrorisme et font pression pour supprimer toutes les barrières légales. Ce serait la plus grande des erreurs. Un Etat démocratique peut lutter contre ses ennemis sans perdre son âme et la France le sait. Elle a payé un prix élevé par le passé pour s’être écartée de la voie démocratique. Non seulement il n’y a pas de contradiction entre les valeurs démocratiques et la lutte contre la violence, mais c’est justement pour ces valeurs qu’on se bat. Si l’on réduit la démocratie au nom de cette lutte, le terrorisme aura gagné parce que c’est là son objectif : tuer l’esprit de liberté.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:18



Le "Sunnistan", pivot du remodelage sioniste du Moyen-Orient Al-Manar TV 30/11/15

Les Libanais se souviennent très bien de l’ancien ambassadeur américain néoconservateur John Bolton, un des piliers du Nouveau Moyen Orient. En 2006, lors de la deuxième guerre israélienne contre le Liban qui devait être sa pierre angulaire, il était le représentant de son pays au Nation Unies


John Bolton

Citation :
Il s’était fait alors remarquer par son intransigeance à faire arrêter cette offensive avant de voir le Hezbollah « écrasé ou totalement désarmé », selon ses propos. Avant de se rétracter quelques jours plus tard, demandant une médiation qatarie pour la faire arrêter, « car Israël n’était plus capable de la continuer ».

Sa niaiserie avait alors été tournée en dérision par Sayed Nasrallah, s’exclamant lors de l’un de ses discours qu’il l’avait toujours fait ressembler à un personnage de bande dessinée.

Depuis il a été demis, mais continue à disséminer à droite et à gauche ses analyses. Sa dernière est une réponse à la question « comment détruire Daesh», écrite dans une tribune pour le New York Times. Elle se résume par la création d’un Sunnistan.

Selon le néoconservateur, la seule question qui vaille pour défaire Daesh est la suivante : « Quoi après l’État islamique ? Car, il faudrait d’après lui résoudre cette question avant d’envisager des plans opérationnels ».

Et l’ancien ambassadeur de développer ses idées : « la réalité est que l’Irak et la Syrie comme entités étatiques indépendantes n’existent plus. L’État islamique s’est taillé un territoire dans des pans entiers de ces deux pays. Ajoutez à cela l’émergence de facto d’un Kurdistan indépendant et vous avez un Moyen-Orient à la physionomie totalement inédite ».

Dès lors, pour John Bolton, Washington doit reconnaître cette nouvelle donne géopolitique. La meilleure alternative à l’État islamique dans le nord-ouest de l’Irak et la Syrie est un nouvel État sunnite indépendant.

Son avantage, entre autre: son potentiel économique certain en tant que producteur de pétrole. Il pourrait aussi constituer un rempart à la fois contre la Syrie de Bachar el-Assad allié à l’Iran chiite, lui-même de Bagdad. Pour lui, l’ambition de cet « axe » est de restaurer les gouvernements irakien et syrien dans leurs anciennes frontières. Ce qui est « fondamentalement contraire aux intérêts américains, israéliens et à ceux des États arabes amis », avertit le néoconservateur.

Selon lui, ce Sunnistan qui devrait aussi contrer Bolton les intérêts russes dans cette région sera nécessairement sous protectorat américain.

La connotation communautaire qui révèle la dimension scissioniste du projet de remodelage du Moyen-Orient, ne semble pas être l'apanage des néoconservateurs. Elle explique aussi pourquoi Daesh n'a pas encore été défait par la Coalition menée par les Etats-Unis.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:18



Une hausse des départs de juifs français vers Israël moins forte qu’annoncée Le Monde 03.12.2015 Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)


Cours d'hébreu pour de nouveaux arrivants français en Israël,
fin janvier 2015 à Jérusalem

Citation :
Une hausse continue, mais moins spectaculaire que prévu. C’est ainsi que se présentent les statistiques de l’alya pour l’année 2015 chez les juifs français. Après le record de l’année précédente, au cours de laquelle 7 200 personnes avaient sauté le pas et étaient « montés » en Israël, selon l’expression consacrée, l’Agence juive prévoit une nouvelle augmentation d’environ 10 %. Sur l’année, le chiffre devrait s’élever à 8 000. Ils n’étaient que 3 300 en 2013. Mais ce résultat est en dessous des prévisions euphoriques faites par l’Agence juive et d’autres responsables israéliens.

« Si des individus ont décidé d’émigrer à la suite des attentats, on ne les verra apparaître dans les statistiques que l’an prochain »

Avant même les attentats de janvier à Paris contre la rédaction de Charlie Hebdo et le supermarché Hyper Cacher, il était question de plus de 10 000 arrivants en 2015. Puis Natan Sharansky, le directeur de l’Agence juive, a évoqué le chiffre de 15 000. D’autres projections faites sur plusieurs années annonçaient un exode massif d’environ 50 000 juifs français. Pour l’heure, on n’en est pas là. Mais ce décalage peut s’expliquer par le temps nécessaire pour organiser un départ.

Les attentats de janvier, puis...


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:19



Israël réautorise l'immigration des Ethiopiens d'origine juive RFI 17-11-2015


Le 28 août 2013, le gouvernement israélien indiquait alors avoir terminé
le transfert des Ethiopiens d'origine juive, ici attendus par leurs familles en Israël.
© Michel Paul/RFI


Citation :
Le gouvernement israélien a annoncé dimanche 15 novembre autoriser l'immigration des Éthiopiens juifs, les Falashmoras, au cours des cinq prochaines années. En 2013, pourtant, Tel Aviv avait annoncé avoir rapatrié les derniers juifs d'Éthiopie et, depuis, fermé ses portes.

C'est autour de la ville de Gondar, au nord de l'Éthiopie, que vivent la majorité des Falashmoras, ces juifs éthiopiens imprégnés de culture chrétienne orthodoxe. Les Falashas sont arrivés en Israël lors de deux ponts aériens organisés secrètement en 1984 et 1991. Les fameuses opérations baptisées Moïse et Salomon.

En 2013, Israël annonçaît la dernière aliyah, le retour des juifs sur la Terre sainte. Le 28 août, le dernier avion décollait vers Tel-Aviv. Officiellement, les 6 700 derniers juifs éthiopiens étaient rapatriés. Du moins ceux qui avaient pu prouver leur judéité.

Bon nombre de candidats aux départs étaient alors laissés sur le carreau. Impossible d'avoir un chiffre précis. L'école Beta Israël a depuis fermé ses portes. Parmi les 2 500 élèves, tous n'ont pas pu rejoindre la Terre promise malgré leurs fortes convictions religieuses et identitaires. L'annonce du gouvernement israélien est pour eux un nouvel espoir. Même si aucune date précise de l'organisation de ce retour n'est encore connue.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:19



Les mesures antiterroristes à l'étude Pascale Zonszain 03/12/2015


Les principaux responsables de l’incitation à la violence seront expulsés vers Gaza (Flash90.)

Intifada ou soulèvement limité, si les responsables de la défense israélienne divergent sur la définition, ils sont tous d'accord pour prédire que cela va durer et probablement empirer

Citation :
Cette vague va nous accompagner pour les jours et les semaines à venir et peut-être plus ». Le ministre israélien de la Défense n'est pas optimiste. « Nous ne pouvons pas promettre que les choses vont se calmer. Elles peuvent même s'aggraver » reconnaît Moshe Yaalon, ajoutant qu'il faut se préparer à toute éventualité. Avec plus de 20 morts et près de 200 blessés en l'espace de deux mois, Israël est de nouveau entré dans un cycle de violence terroriste, qui exige des mesures pour restaurer la sécurité de la population.

Premier constat : c'est de Hébron, que sortent jusqu'à présent la majorité des terroristes. Israël va donc construire une nouvelle barrière de sécurité au sud de la ville. La barrière existante n'a jamais été terminée et les zones ouvertes permettent aux terroristes de passer facilement en Israël. « Nous allons édifier une barrière sur le modèle de celle qui a été construite le long de la frontière égyptienne » a expliqué le ministre de la Défense. Il s'agira donc d'un dispositif beaucoup plus sophistiqué en matière de surveillance et de pré-alerte.


Rétablir la dissuasion

En attendant de pouvoir contenir et contrôler la circulation des terroristes en provenance de Hébron, il faut aussi protéger les routes de Judée-Samarie, et en particulier celle qui dessert les implantations du Gush Etsion, principal théâtre des attaques au couteau et à la voiture bélier de ces dernières semaines. Tsahal va notamment mettre en place une position de surveillance statique permanente au carrefour du Gush Etsion, qui devrait améliorer la protection et la rapidité d'intervention en cas d'attaque.

D'autres mesures sont à l'étude pour tenter de rétablir la dissuasion face aux terroristes. Cela va des arrestations dans les milieux du Hamas en Judée-Samarie jusqu'à l'expulsion vers Gaza des principaux responsables de l'incitation à la violence. Israël envisage également d'empêcher la circulation des Palestiniens dans les zones les plus exposées, comme le carrefour du Gush Etsion, ou encore d'interdire l'accès en Israël aux membres des familles de terroristes.

Tsahal effectuera en outre un important rappel de réservistes pour le début 2016. Il ne s'agit pas d'une opération d'envergure mais seulement de soulager les appelés déployés dans les Territoires. Moshe Yaalon a d'ailleurs exclu à ce stade un retour de Tsahal dans les villes palestiniennes comme en 2002, qui n'apporterait rien dans le type de violence actuel.

La hiérarchie militaire de son côté a émis un certain nombre de recommandations destinées à réduire les tensions, comme l'octroi de permis de travail supplémentaires, l'autorisation de constructions palestiniennes dans les zones sous contrôle sécuritaire israélien, la libération de détenus en fin de peine et la fourniture d'armement et d'équipement aux services de sécurité de l'Autonomie. Des gestes qui n'auront lieu que lorsque la violence aura réellement diminué.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:22

Ces Français volontaires dans l’armée israélienne
Droit international et occupation Marc Cher-Leparrain 18 mars 2014

Une douzaine de pays dans le monde ouvrent les portes de leur armée aux ressortissants étrangers. Un seul le fait sur l’unique critère ethno-religieux, il s’agit d’Israël. Au-delà de la raison d’être idéologique, cela pose la question du respect du droit international par des États qui laissent leurs ressortissants rejoindre, même temporairement, une armée d’occupation



Volontaires du programme Mahal

Citation :
En France, la Légion étrangère a été créée en 1831 par Louis-Philippe pour rassembler les différents corps étrangers alors présents dans l’armée française. Destinée autrefois aux conquêtes coloniales, elle est aujourd’hui un héritage de l’histoire qui ne répond plus à aucune nécessité politique ou militaire. Ouverte à tout le monde sans distinction, elle facilite l’accession à la nationalité française, mais ne la donne qu’à ceux qui ont été blessés en opération, s’ils la demandent.

Aux États-Unis, la seule condition pour rejoindre l’armée est la détention préalable de la green card, c’est-à-dire d’être résident légal permanent. Près de 30 000 étrangers portent l’uniforme militaire américain et cinq mille s’engagent chaque année. Cela leur offre l’accession beaucoup plus rapide et systématique à la citoyenneté américaine. De son côté, l’armée américaine est ravie d’enrôler des recrues qui se montrent plus disciplinées et volontaristes que les Américains d’origine, dont l’empressement pour porter l’uniforme a tendance à faiblir. Passons sur les critères post-coloniaux du Royaume-Uni, qui admet toujours des ressortissants du Commonwealth ; de l’Espagne qui accueille ceux de ses anciennes conquêtes sud-américaines et de la Russie au profit des ressortissants russophones des anciennes républiques soviétiques.

Cas unique, Israël offre à tout non Israélien la possibilité de servir dans ses unités combattantes dès lors qu’il est juif, ou que l’un de ses parents ou grands-parents est juif.

« Des jeunes leaders pour les communautés juives »

En Israël, différents programmes permettent à tout juif non israélien de porter l’uniforme de l’armée sans pour autant en faire des citoyens israéliens. L’origine remonte à la fin de la Seconde guerre mondiale, quand quelques milliers de volontaires, appelés les mahalniks, issus de dizaines de pays et partisans de la cause sioniste vinrent soutenir par les armes la création de l’État d’Israël et, dès l’indépendance de 1948, aider la jeune armée israélienne en butte aux pays arabes voisins. Le principe est resté le même aujourd’hui. Le programme d’accueil des juifs étrangers dans les unités combattantes a gardé le nom de Mahal. Il incorpore les volontaires pour dix-huit mois, y compris pour des missions dans les territoires occupés palestiniens. À l’issue de cette période, ceux qui demandent la citoyenneté israélienne doivent prolonger leur séjour dans l’armée pour encore dix-huit mois pour les hommes et six mois pour les femmes célibataires, afin de se plier à la durée légale de service militaire obligatoire de tout Israélien. D’autres possibilités de séjour dans l’armée existent pour les juifs non israéliens : ils vont de trois semaines maximum (programme Sar-El, réalisable dès l’âge de 16 ans) à deux mois (programme Marva, seul à être facturé, à hauteur de 1500 dollars). Dans ces deux derniers cas, les volontaires gardent un statut civil même s’ils portent l’uniforme et vivent dans des casernements de l’armée régulière, cantonnés à des tâches de servitude dans des bases militaires logistiques pour Sar-El mais recevant un entraînement au combat militaire pour Marva avec, dans les deux cas des activités complémentaires « éducatives » sur Israël et le sionisme.

Contrairement à la plupart des autres pays, la motivation des volontaires n’est pas d’obtenir la nationalité par ce biais. La loi dite « du Retour » en vigueur depuis 1950 accorde en effet de droit la nationalité juive à tout juif migrant en Israël. La raison d’être de cet accueil dans l’armée est de « permettre à de jeunes Juifs de partout dans le monde de renforcer leur relation avec Israël et avec le peuple juif en se portant volontaire pour l’armée israélienne. Les programmes des Forces de défense israéliennes visent à contribuer à la défense d’Israël, seule démocratie du Moyen-Orient, et à fournir de jeunes leaders compétents et enthousiastes aux communautés juives » (1).

Les effectifs de volontaires pour Mahal semblent cependant relativement faibles. Selon un article de 2007 du Jerusalem Post, un peu plus de mille juifs non israéliens seulement se sont portés volontaires de 1988 à 2007 pour passer dix-huit mois dans les rangs combattants de l’armée israélienne. Faute de statistiques disponibles sur Mahal, celles qui concernent Sar-El peuvent néanmoins servir de repère : sur les 4011 participants à Sar-El en 2012, les principales nationalités de très loin les plus représentées étaient les États-Unis (1221) et la France (1086), parmi une soixantaine de pays d’origine répertoriés.

La raison d’être de cet accueil au sein de l’armée israélienne est la même que pour les nombreux programmes civils offerts aux juifs non israéliens : le renforcement des réseaux de solidarité au sionisme au sein des communautés juives dans le monde et leur entretien idéologique. Cette stratégie est poursuivie depuis la création d’Israël. Nombreux en effet sont les juifs non israéliens, notamment en France, à revendiquer leur appartenance morale à Israël, comme s’il s’agissait pour eux de compenser leur non-citoyenneté de l’État d’Israël, pays en permanence « menacé » auquel chaque juif se doit de donner sa contribution. Ces programmes, qu’ils soient militaires ou civils, semblent atteindre leurs objectifs auprès des impétrants, qui en reviennent généralement encore plus défenseurs de la cause israélienne qu’ils ne l’étaient auparavant.

Cette situation alimente cependant un paradoxe : d’un côté un engouement pour Israël des juifs de l’extérieur, qui se manifeste entre autres en Europe par l’augmentation du flux migratoire juif et en particulier français vers Israël : 49 % de plus (de 1469 à 2185) pour les neufs premiers mois de 2013 par rapport à la même période de l’année 2012 (1907), et de l’autre la proportion croissante d’Israéliens qui quittent Israël, essentiellement vers l’Amérique du Nord et l’Europe, en quête d’une vie socioéconomique meilleure et las de l’état de guerre permanent. À tel point que l’immigration nette israélienne est en train de décliner : en 2012, les Israéliens quittant Israël étaient aussi nombreux que les nouveaux immigrants (16 000).

Le discours martelé par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui amalgame à dessein antisionisme et antisémitisme cherche à accroître les vocations à l’Aliyah(2) au sein des communautés juives dans le monde. Repris en écho par les défenseurs d’Israël à l’étranger, il fait accroître non sans succès la perception de l’antisémitisme régnant, en décalage par rapport à sa réalité concrète. Il contribue à dynamiser les gestes de solidarité que constituent en particulier le séjour des juifs non israéliens dans l’armée israélienne afin de participer, ne serait-ce qu’un temps, à la défense et la cohésion de l’ « État juif ». En août 2012, dans un discours de bienvenue d’un groupe d’Américains venus rejoindre l’armée israélienne, le premier ministre déclarait : « Nous voyons aujourd’hui un nouvel antisémitisme virulent, et nous devons nous défendre nous-même contre cela. La tâche la plus importante est de défendre l’État juif. C’est ce que nous faisons, c’est ce que vous allez faire et je suis fier de vous » (3).

Un paradoxe français

Avec Israël, nous sommes donc loin du cas des autres pays. Ce que l’on pourrait, à la rigueur, qualifier de « mercenariat » s’agissant de la Légion en France, et aux États-Unis de ticket d’accession à la citoyenneté américaine, relève uniquement en Israël du soutien à une idéologie, le sionisme, à l’adresse unique de la communauté juive. Ce qui différencie également le Français engagé dans l’armée américaine de son compatriote volontaire pour l’armée israélienne, c’est que l’un subit, afin de vivre définitivement aux États-Unis, son éventuelle participation à des opérations militaires "hors" droit international, comme en Irak en 2003, alors que l’autre va intentionnellement participer à l’occupation de territoires, en violation du droit international. Mais cette démarche-là ne semble interroger personne, pas plus que les éventuelles implications de Français dans des violations de la charte internationale des droits de l’Homme ou du droit de la guerre. La question reste cependant posée.

La légitimité de la démarche mérite également attention. Alors qu’un Français non israélien, au nom de son appartenance à la communauté juive, trouve légitime de défendre une occupation illégale de territoires, un Français non palestinien, au nom de ses racines arabes, ne peut-il pas trouver tout aussi légitime d’aller défendre sur le terrain les Palestiniens contre l’extension illégale des colonies sur leurs territoires ? Laquelle de ces deux démarches repose sur une légitimité en accord avec le droit international et le droit français ? Il est fait grand bruit par ailleurs des Français musulmans qui vont combattre en Syrie aux côtés de la rébellion soutenue par la France, mais qui ont le tort de rejoindre des groupes djihadistes répertoriés comme terroristes. Mais personne ne parle de ces Français qui, depuis des années, vont participer sous uniforme israélien à une occupation officiellement dénoncée par l’ONU et par l’État français. Il y a pour le moins un paradoxe en France et, si l’on base la légitimité sur le droit, un grand flottement. Imaginons qu’un citoyen français, sous uniforme israélien, se trouve confronté dans les territoires occupés à un autre citoyen français engagé dans le soutien de la cause palestinienne. Il conviendrait alors d’éclairer, vis-à-vis du droit français, le statut légal de chacun de ces deux ressortissants.

Marc Cher-Leparrain


(1)Everything you need to know about becoming an Israeli soldier and being recognized as a « Chayal Boded », The Jewish agency for Israel.

(2)« Littéralement : "élévation spirituelle". Acte d’immigration en Israël par un juif.

(3)Vanessa Isenson, « Israeli army welcomes North American volunteers », DW.DE, 27 août 2012.


source par
Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale
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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:23

Un roman d’amour entre une Israélienne et un Palestinien banni des programmes scolaires Le Monde.fr avec AFP |01.01.2016


« Geder Haya » (« Haie »), roman de Dorit Rabinyan, dans une librairie d’Ashkelon, en Israël (au centre).
L’exclusion des programmes scolaires, par le ministère de l’éducation, d’un roman relatant une histoire d’amour entre une Israélienne et un Palestinien n’en finit pas de faire polémique en Israël. Vendredi 1er janvier, c’est le célèbre écrivain Amos Oz qui s’est à son tour mêlé à la controverse.


Citation :
Il est « plus urgent » de retirer du programme « l’étude de la Bible », a écrit avec ironie Amoz Oz dans le quotidien Yedioth Ahronoth. « En matière de relations sexuelles entre juifs et gentils [terme désignant les non-juifs], la Bible est mille fois plus dangereuse que le livre de Dorit Rabinyan », raille celui qui passe pour le plus connu des écrivains israéliens. « Le roi David et le roi Salomon étaient coutumiers de coucher avec des étrangères sans se soucier de vérifier leur nationalité sur leur carte d’identité », ajoute Amos Oz.

Le ministère de l’éducation a provoqué un tollé dans le monde culturel en écartant du programme des sections littéraires au lycée le livre de Dorit Rabinyan, publié en 2014 sous le titre Haie. Ce roman raconte l’histoire d’amour entre Liat, une traductrice israélienne, et Hilmi, un artiste palestinien, et touche à la question délicate des rapports intimes entre Israéliens juifs et Palestiniens, sur fond de conflit persistant depuis des décennies.

Une « menace pour l’identité juive »

Pour justifier sa décision, contraire aux recommandations d’un comité de professeurs et d’universitaires, le ministère a invoqué la crainte que le livre de Dorit Rabinyan ne soit considéré comme un « encouragement aux unions entre juifs et non-juifs », qui menacent « le maintien de l’identité » juive.

Naftali Bennett, ministre de l’éducation et chef du parti nationaliste religieux Foyer juif, a défendu la décision de ses services, tout en précisant ne pas y avoir pris part. Le ministère ne forcera pas des élèves à lire un livre qui présente les soldats israéliens comme des « sadiques » et les met sur un pied d’égalité avec les « terroristes » du mouvement islamiste palestinien Hamas, a affirmé le ministre.

L’autrice a répondu en accusant M. Bennett de ne pas avoir lu le livre et de sortir les phrases de leur contexte.

Le ministre de l’éducation s’est aussi défendu de toute « censure ». « Quiconque veut lire ce livre peut l’acheter », a-t-il insisté. Un conseil qui a été suivi par les Israéliens, la controverse ayant suscité une ruée sur le livre. Certaines librairies faisaient état jeudi 31 décembre d’une hausse des ventes de plus de 50 %, et l’éditeur a lancé une nouvelle impression.



La mise au ban de l'ouvrage de Dorit Rabinyan (sur la photo),
publié il y a un an et demi en hébreu sous le titre "Haie",
est motivée par un réflexe identitaire et la peur de l'assimilation entre juifs et Palestiniens,
écrivait jeudi la presse israélienne. GIL COHEN MAGEN/AFP


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:24




PALESTINE – Les 10 plaies de Gaza December, 2015


2015 s’est achevée et une nouvelle année dramatique s’annonce déjà pour Gaza.

Citation :
Depuis plus de dix ans, et à la fin de chaque année, les habitants de la bande de Gaza espèrent un changement de leur situation marquée par la souffrance, le maintien du blocus israélien, la poursuite des attaques contre leur prison à ciel ouvert, et son isolement comme région oubliée.

Depuis le retrait israélien et l’évacuation des colonies israéliennes en 2005, et depuis le début du blocus israélien imposé en 2006, la bande de Gaza vit une situation difficile qui complique de plus en plus le quotidien de presque deux millions d’habitants.

En dix ans, la population civile a subi trois offensives militaires israéliennes qui ont fait des milliers de morts et des milliers de blessés, outre la destruction massive de toute une région.

Dix années se sont écoulées, mais il est impossible pour les Palestiniens de Gaza d’oublier la guerre, la souffrance, les massacres et les crimes commis par une armée d’occupation, contre leurs femmes et leurs enfants, contre leurs maisons et leurs écoles, contre leurs usines et leurs routes…

L’année 2015 a connu la poursuite de ces événements tragiques pour les habitants de cette région enfermée et laissée à son sort, une région abandonnée par une Communauté internationale silencieuse et complice…

Premièrement, le maintien du blocus israélien inhumain imposé de façon illégale par les forces d’occupation depuis plus de neuf ans, et la fermeture permanente des passages qui relient la bande de Gaza à l’extérieur.

Concernant les passages commerciaux : actuellement, par jour, 250 à 300 camions seulement entrent à Gaza par le seul passage commercial, ouvert cinq jours par semaine ; ce passage se situe au sud de la bande de Gaza, mais la moitié de ces camions sont à destination des organisations internationales et de leurs projets de reconstruction d’écoles et de stations de distribution d’eau. Parmi ces camions, 5 ou 6 seulement contiennent des matériaux de construction, notamment le ciment. Ce passage se ferme sous n’importe quel prétexte, par décision israélienne, sans que soient pris en considération les besoins énormes de la population civile.

Gaza n’a droit qu’à 130 produits, pour la plupart de première nécessité, contre une liste de 950 produits avant le blocus ; plusieurs produits nécessaires à la vie quotidienne et médicaments n’entrent plus, ce qui a aggravé la situation. Selon les estimations des organisations internationales, la bande de Gaza a besoin de plus de 1.300 camions par jour pour répondre aux besoins énormes d’une population en augmentation permanente.

Cette fermeture empêche aussi l’exportation des biens produits à Gaza, essentiellement des matières premières et des produits semi-finis, ce qui grève de matière catastrophique le redéveloppement économique de cette région palestinienne.

Deuxièmement, aucun projet de reconstruction public ou privé n’a commencé.

Il faut faire un effort d’imagination pour se rendre compte de la réalité quotidienne des Gazaouis : aucune maison n’a été reconstruite un an et demi après la fin de la dernière attaque meurtrière contre Gaza, à l’été 2014. Le comité national de la reconstruction de Gaza a annoncé que seules des réparations aux maisons partiellement endommagées par les bombardements israéliens ont pu être réalisées.

Après un an et demi, aucun véritable projet de reconstruction n’a pu être mis en œuvre.

Seulement 15% de l’argent promis lors de la conférence sur la reconstruction de la bande de Gaza, les 11 et 12 octobre 2014 au Caire (5,6 milliards de dollars avaient été promis), ont été versés, soit directement à l’Autorité palestinienne (qui se heurte à d’énormes difficultés pour mener des projets de reconstruction dans la bande de Gaza et qui, réellement, n’y exerce aucun pouvoir, à cause des mesures israéliennes d’une part et des divergences politiques entre les différents partis palestiniens d’autre part), soit aux organisations internationales (qui s’intéressent surtout à distribuer des aides alimentaires aux sans-abris plutôt que de commencer la reconstruction des maisons détruites).

Le plan Siry (du nom du responsable des Nations-Unies), qui prévoit l’entrée de quelques camions de ciment par jour à Gaza sous contrôle israélien (un plan qui a dès lors, de facto, donné une légitimité internationale au blocus et a permis à Israël d’engranger des profits supplémentaires), n’est pas appliqué par les autorités israéliennes, qui, sous n’importe prétexte, renient leurs engagements.

En réussissant à forcer la persistance de cette situation catastrophique, le gouvernement israélien a réussi à faire passer la bande de Gaza d’une économie familiale non-violente à une économie dépendante d’Israël.

Troisièmement, la poursuite des incursions, bombardements, malgré une trêve respectée par les factions de Gaza. On compte ainsi plus de 100 violations israéliennes en 2015 : 40 bombardements, 20 incursions dans différentes zones frontalière au sud et au nord de la bande de Gaza, 40 attaques contre les pêcheurs et leurs bateaux de pêche. 25 Palestiniens ont trouvé la mort à Gaza suite à ces attaques et bombardements.

Quatrièmement, le maintien de la division inter-palestinienne, malgré la création d’un gouvernement d’union nationale dans les territoires palestiniens. Il n’y a pas d’unité nationale en Palestine, que se partagent deux gouvernements, un à Gaza et un en Cisjordanie. Leur divergences de vues et leurs décisions contradictoires empêchent l’amélioration des conditions de vie des habitants de Gaza.

Par exemple, l’autorité palestinienne verse leur salaire à 70.000 fonctionnaires de Gaza, via les banques ; mais elle ne contrôle pas tous les secteurs économiques, ni les passages dans cette région dominé jusqu’à maintenant par le Hamas.

Cinquièmement, la dégradation de la situation économique et le taux de chômage, qui dépasse les 65% de la population civile active. Le phénomène le plus dangereux est la hausse du chômage chez les jeunes de moins de 30 ans, qui a atteint 85%, en 2015.

65% de la population de Gaza vit ainsi en dessous du seuil de pauvreté

L’augmentation du nombre de personnes qui dépendent des organisations humanitaires : 75% des Gazaouis vivent d’aides alimentaires. Selon les sources du bureau des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), dans la bande de Gaza, plus de 970.000 personnes ont bénéficié du programme de l’aide alimentaire géré par le bureau en 2015, ce programme a élargi ses services pour cibler les citoyens et non plus seulement les réfugiés.

L’économie de la bande de Gaza souffre d’une crise très grave due aux agressions israéliennes et au blocus. Cette situation empêche tout développement d’une économie en faillite qui ne trouve pas les ressources nécessaires pour sortir d’une crise qui touche tous les secteurs.

Pour beaucoup d’économistes, l’année 2015 est considérée comme la plus catastrophique pour l’économie palestinienne depuis 20 ans.

Sixièmement, le soulèvement populaire en Cisjordanie, commencé en octobre 2015 et qui entre dans son quatrième mois, a détourné l’attention de Gaza ; les problèmes et les difficultés affrontés par les Gazaouis intéressent moins l’Autorité palestinienne et le reste du monde.

Septièmement, la fermeture des passages qui relient la bande Gaza à l’extérieur, notamment le passage de Rafah au sud de la bande de Gaza, et le passage d’Iretz au nord de la bande de Gaza, a rendu presqu’impossible le déplacement des Palestiniens de Gaza. Le passage de Rafah a n’a été ouvert que 50 jours seulement en 2015, tandis que le passage d’Iretz, contrôlé par l’armée israélienne, n’est autorisé qu’à 5 % de la population gazaouie, principalement aux malades, aux hommes d’affaires et à quelques cas humanitaires.

Huitièmement, l’eau, l’électricité, les infrastructures civiles diverses font toujours défaut, sans qu’aucune solution ne soit envisagées dans le court terme.

La seule centrale électrique de la bande de gaza a été bombardée à l’été 2014 ; elle ne fonctionne plus qu’à 30% de sa capacité initiale, et chaque foyer à Gaza a droit à 8 heures de courant électrique par jour, pas davantage.

Concernant l’eau : les dommages causés aux canalisations et aux infrastructures d’assainissement ont été immenses. En décembre 2015, plus de la moitié des Gazaouis n’avaient plus aucun accès à l’eau.

Neuvièmement, la situation et les événements qui se déroulent dans les pays arabes, en particulier en Syrie, en Irak et au Yémen, focalisent l’attention des dirigeants arabes ; la cause palestinienne est passée aux oubliettes de l’histoire…

Dixièmement, enfin, l’immobilisme : aucun changement ; rien ne change ; rien ne bouge ; la vie civile est presque paralysée. Et ça dure depuis longtemps, sans aucune réaction nationale, régionale ou internationale.

La population civile se bat quotidiennement pour simplement exister encore.

L’aspect le plus grave de cette situation difficile pour les habitants de la bande de Gaza et qui marque l’esprit de la majorité des habitants, c’est l’absence de perspectives pour ces gens qui ne voient aucun changement, qui constatent que les choses n’avancent pas : réconciliation, fin de division, amélioration de leur condition de vie, ouverture, fin d’occupation ; sentiment horrible qui va influencer l’avenir de cette génération, surtout celle des jeunes, qui commencent à perdre espoir en un avenir immédiat meilleur.

Les questions qui se posent au début de cette nouvelle année : quand la reconstruction de Gaza commencera-t-elle ? Jusqu’à quand ce blocus israélien inhumain contre la population civile de la bande de Gaza ? Jusqu’à quand cet impunité d’Israël ? Et jusqu’à quand le silence international officiel ? Jusqu’à quand cette injustice ?


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:25



en raison de sa longueur, je n'importe pas les textes de ce compte-rendu de voyage, mais seulement le chapeau introductif, les titres et photos des épisodes

Compte-rendu d’un voyage en Palestine (1ère semaine) UJFP 8 janvier 2016

Du 20 décembre au 5 janvier, Brigitte (BDS 34), Sarah (ISM et UJFP) et Pierre (UJFP) ont sillonné la Cisjordanie : Jérusalem, Jénine, Naplouse, Ramallah, Bil’in, Béthléem, Dheisheh, Al Mas’sara, Hébron, les collines du sud, Beit Ommar avec un passage à Tel-Aviv. Nous avons très souvent dormi chez de simples habitants et partagé leurs dures conditions de vie. Nous avons alterné les rencontres politiques et les visites chez des gens "ordinaires".

Les premiers mots qui nous viennent : la Palestine est mitée, émiettée. La colonisation est partout. Les colons armés agressent en permanence. L’armée omniprésente les protège. Quasiment tous nos interlocuteurs ont connu la prison. Les dirigeants israéliens ne masquent pas qu’ils veulent tuer. L’Occident sait tout et laisse faire volontairement.

En absence de leadership, les propos et les stratégies des Palestiniens qui résistent sont très variés et parfois contradictoires. Les anticolonialistes israéliens, toujours au front, ne masquent pas les défaites subies. L’opinion israélienne a accepté l’idée qu’il n’y aura jamais de paix.


Voici quasiment sans modification ce que nous avons avons écrit au jour le jour.


Jérusalem vue des toits

Texte 1 21/12/2015
Hervé Magro, consul de France à Jérusalem, nous reçoit très longuement


La vieille ville déserte, elle était grouillante avant l’Intifada

Texte 2 22 décembre
Jénine


Le Théâtre de la Liberté de Jenine

Texte 3 23 décembre
Jénine, Naplouse


Le centre d’activité des femmes du camp de Jénine


Enfants du camp de Jenine

Texte 4 24 décembre
Ramallah


A Ramallah, nouvelles constructions incessantes

Texte 5 25 décembre
Bil’in


Un militant de "Jewish voices for peace" à Bil’in

Texte 6 26 décembre
Béthléem


La colonie de Har Homa vue de Bethléem

Texte 7 27 décembre
Al Mas’ara


deuxième semaine

Texte 8 - 28 décembre
Dheisheh

Un petit complément sur Al Mas’ara

Citation :
Le jardin d’enfant Alshmoa fait partie de ces réalisations qui permettent à la société palestinienne de survivre. Il n’y a pas d’école maternelle publique en Palestine. Sauf parfois dans les grandes villes. Alors le comité populaire d’Al Mas’ara a créé ce jardin d’enfants Les trois bénévoles qui l’animent sont les femmes des militants les plus actifs du comité. Il y a une vingtaine d’enfants (4 et 5 ans ). Le jardin d’enfants fonctionne de 8 h à 12 h , 5 jours sur 7. Sans formation spécifique, les bénévoles ont une réflexion et une pratique solides sur l’éducation des enfants de cet âge. Il reste à construire un terrain de jeu.


La citerne de Dheisheh, mitraillée chaque fois qu’elle a été remplie




Petite fille fouillant un soldat israélien les bras en l’air

Texte 9 - 29 décembre

Hébron - Al Khalil... les deux voulant dire "amitié" !!!


La rue Shuhada est fermée


Les colons déversent leurs ordures sur la rue principale de la vieille ville


Le caveau des patriarches, lieu de l’attentat de 1994


L’accompagnement des élèves de l’école des filles,
face à la violence des colons

Texte 10 - 30 décembre
Hébron 2

texte 11 - 31 décembre
Beit Ommar (ou Beit Ummar)


Kfar Etzion, la deuxième colonie dans l’ordre chronologique

texte 12 - 1er janvier
Al Mas’ara 2


Une famille palestinienne "ordinaire"

texte 13 - 2 janvier

Voyage ultra-rapide d’Al Mas’ara à Tel-Aviv. Un seul check-point à l’entrée de Jérusalem dans le car venant de Bethléem. Et le taxi pour Tel-Aviv parce que, le jour de Shabbat, il n’y a aucun bus !!.

Tel-Aviv


Tel-Aviv, un autre monde : le front de mer

Rencontre avec Éléonore et Eitan qui ont constitué « (De)colonizer research/art Laboratory For Social Change »

Citation :
Éléonore parle des « attributs démocratiques » d’Israël par exemple la liberté d’expression. Mais cette société est en état de guerre permanent, elle va dans le mur, elle est en train de se perdre elle-même, en même temps la fin de l’Etat juif représenterait une deuxième Shoah.

Éléonore se sent en accord avec l’appréciation d’Esti : "aujourd’hui les Israéliens s’installent dans l’idée qu’il n’y a pas de solutions".

Des Bronstein, des Warschawski, il y en a si peu. 0,00001% commence à dire Éléonore, avant de se rallier du bout des lèvres à la proposition ; « bon, disons 0,1% ». Le changement dans la politique israélienne viendra de pressions extérieures.

25% d’une classe d’âge ne fait pas l’armée. Au premier rang bien sûr les Palestiniens, pour lesquels l’armée est non obligatoire (mais possible, sur la base d’un volontariat), alors qu’elle est obligatoire pour les Druzes ou les Tcherkesses (Circassiens). Il y a néanmoins une infime minorité de Palestiniens faisant l’armée, ce qui signifie la rupture avec leur milieu, leur village, etc. Cela s’explique par la quantité d’avantages attachés au fait d’avoir fait l’armée.

Il y a toujours un très petit courant de refuzniks, ceux qui refusent spectaculairement la conscription (et ne se font pas réformer pour raison médicale ou autre) et se retrouvent en prison. Il y a un vrai réseau d’aide aux refuzniks, appuyé sur les premiers historiques, organisant pour le refuznik par exemple une haie d’honneur quand il est arrêté.

À propos des témoignages sur l’armée, nous citons les uns et les autres dans la discussion "The Gatekeepers" et "Censured voices" (à propos de 67)

Le changement ne viendra pas d’ici, 1% d’Israéliens soutient la Palestine, c’est une question géopolitique.

On échange sur les difficultés interne et externe du BDS en France. Éléonore a des phrases très fortes sur la nécessité d’être d’une intransigeance absolue avec toute expression d’antisémitisme dans le mouvement.

Aux États-Unis il y a de vraies avancées : le boycott universitaire, l’écoute de JVP (200 000 followers pour leur FB).

Éléonore se prononce contre la "normalisation". Elle est bien sûr tout à fait d’accord pour les écoles juives/arabes, mais pas pour une fausse symétrie, comme le fait d’inviter des enfants de Jénine (alors que dans la vie ordinaire, ils n’ont pas le droit de pénétrer en territoire israélien) à partager quelques moments avec des enfants de Tel-Aviv...

La question des écoles peut être paradoxale : les parents ayant le choix entre mettre leurs enfants à l’école de quartier, mais alors ils ne rencontreront que des enfants juifs, ou les envoyer à l’école juive/arabe, où ils ne rencontreront que des gosses d’intellos...

Elle a arrêté d’idéaliser les Palestiniens. Elle donne l’exemple de Jaffa où l’on trouve ceux qui ont collaboré et ceux qui ont été déplacés. La collaboration avec Israël s’est faite à plein de niveaux : vente de terres, informations, collaboration passive, se taire ! À Jaffa maintenant il y a plus de Juifs que de Palestiniens, mais la nouvelle génération de Palestiniens relève la tête. Il y a des manifestations toutes les semaines et un soutien aux prisonniers...

Si on regarde "à froid" la carte de l’expulsion des Palestiniens de leur village en 1948, on voit clairement que ces expulsions n’interviennent pas en fonction de l’attitude des autorités villageoises. Collaborant ou pas, les villages sont expulsés suivant un plan d’utilisation de l’espace.

Maintenant il est important de prendre en compte la peur des Israéliens face à la situation actuelle, en particulier face aux possibles attentats. Nier cette peur, ne pas l’entendre, n’aide en rien la défense des droits des Palestiniens.

Agenda : Le 2 avril, Eitan et Eléonore ont planifié une importante initiative sur le Golan.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:26

Un génocide programmée (Ginette Hess Skandrani) Publié le par Trouvailles, les7duQuébec 20 janvier 2016

UN GÉNOCIDE PROGRAMMÉ : CELUI DES PALESTINIENS, Ginette Hess Skandrani, Juillet 2007



Ginette Hess Skandrani a écrit:
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas !

En Palestine occupée, on peut observer depuis un demi-siècle les formes modernes d’un génocide commis tranquillement, avec un aplomb hallucinant, au vu et au su de tout le monde : massacres par bombardement de populations civiles, enfants tués ou estropiés par des snipers, démolition de maisons, rationnement de l’eau, empoisonnement des puits, des animaux, des cultures, diffusion de gaz toxiques, empêchement d’accéder aux soins et à l’école, destruction des écoles et des universités, entraves aux accouchements, avortements provoqués par empoisonnements par des gaz, irradiation des populations dans certains check points, assassinat des élites intellectuelle, religieuse, scientifique et politique, puits bouchés, oliviers arrachés, destruction de la vie culturelle, sociale et économique, commerces, usines, ateliers et champs démolis, villages et bourgs rasés jusqu’aux fondations, déportations de masse organisées par la terreur des massacres et par l’épuisement, production d’électricité détruite, destruction des infrastructures sanitaires, égouts et tuyaux d’écoulement d’eaux détruits, ambulances, cliniques et hôpitaux détruits, médecins et infirmières assassinés, stress continuel par drones volant la nuit, avions passant le mur du son tous les jours, tortures, disparitions, kidnappings, punitions et persécutions collectives, couvre-feu permanent, chantage, famine organisée par l’occupant. Plus de la moitié des palestiniens souffre de malnutrition et de sous-alimentation chronique grave entraînant chez plus du tiers des enfants des invalidités et des déficiences définitives à vie. Plus de dix mille prisonniers croupissent dans les prisons sionistes, dont de nombreuses femmes et beaucoup d’enfants. L’usage de la torture est constant, et se déroule sous le contrôle de médecins israéliens.


GAZA N’EST PAS LIBÉRÉE SON EMPRISONNEMENT S’EST JUSTE RAFFINÉ

La bande de Gaza que l’on nous présente comme territoire libéré est un tout petit territoire d’une longueur de 40 km sur 10 de large, soit 380 km2. Sur ce petit bout de terre, semi-aride, coincé entre l’Égypte et Israël s’entassent 1,4 million de personnes, l’une des plus fortes concentrations humaines au monde.

Depuis que le Hamas, classé par Israël comme « organisation terroriste », est arrivé au pouvoir lors des élections libres et démocratiques du 25 janvier 2006, toute la Palestine est soumise à un boycottage international de la part de l’Union européenne et des Etats-Unis. Depuis la formation du gouvernement, fin mars, l’aide internationale a cessé et l’étroite bande de terre est devenue, plus que jamais, une prison à ciel ouvert, entièrement coupée du monde puisque les frontières terrestres, maritimes et aériennes sont totalement contrôlées par l’Etat juif qui, en plus, a décidé de ne pas reverser le produit des taxes prélevées sur les Palestiniens à l’Autorité « autonome ». Près de 420 millions de dollars sont dus à ce jour.

Un malheur n’arrivant jamais seul, depuis le 25 juin 2006, date à laquelle un commando d’activistes palestiniens a enlevé le caporal israélien Gilad Shalit à la lisière sud-est de la bande de Gaza, l’Etat juif a mené une multitude d’incursions, de bombardements et d’assassinats « ciblés », causant la mort d’au moins 230 personnes dont, selon le centre des droits de l’homme Al-Mezan, 39 enfants et cela continue… Pour un otage israélien, alors que l’Etat juif en détient plus de onze mille, ils massacrent, détruisent, affament tous les Gazaouis.

L’unique centrale électrique, qui fournissait 60 % des besoins en électricité de la bande de Gaza, a été bombardée et détruite le 28 juin 2006. Les 40 % restants sont fournis par Israël, qui continue ainsi d’empocher des revenus et contraint les Palestiniens à une rotation de l’approvisionnement, quartier par quartier, toutes les huit heures.

Du passage de Karni dépend la survie de la bande de Gaza. A travers ses vingt-sept portes passe l’oxygène qui permet aux Palestiniens de ne pas mourir asphyxiés. Mais les robinets sont entre les mains des Israéliens. « Ils voient tout, commandent tout, et nous, nous exécutons selon leur bon vouloir, sans jamais les voir », explique le directeur du point de passage. Tout se passe de part et d’autre d’un haut mur percé de portes et de guichets surveillés par des caméras. Les camions circulent dans un no man’s land, une zone tampon créée pour éviter les attaques. Alentour, tout a été rasé, les arbres arrachés, les hangars détruits et le terrain nivelé pour voir de loin. Une profonde tranchée a été creusée par crainte d’éventuels tunnels.

Dans le bâtiment de l’administration palestinienne, il n’y a plus ni électricité, ni eau, ni téléphone. Les chars israéliens ont tout ravagé. Tous les prétextes sécuritaires sont bons pour fermer. Les exportations sont très difficiles et des centaines de tonnes de produits agricoles palestiniens pourrissent souvent sur place, alors que les produits israéliens sont avantagés. Il est également très difficile d’échanger des marchandises avec la Cisjordanie, l’autre partie des territoires. A Karni, l’attente est souvent interminable, ce qui renchérit le coût des produits. John Ging, directeur de l’UNRWA (Organisation des Nations Unies pour les réfugiés), explique que les seuls frais de retard pour la circulation des conteneurs ont coûté 1 million de dollars à l’ONU, empochés par des sociétés israéliennes.


LA CISJORDANIE TRONÇONNÉE


L’office de coordination de l’ONU pour les affaires humanitaires (OCHA) vient de publier un rapport qui illustre, faits à l’appui, que l’emprise d’Israël sur la Cisjordanie est telle, que la création d’un État viable et continu n’est plus qu’une fiction. En effet, par ce que la Cisjordanie est occupée par des colons, par l’armée ou encore décrétée en partie « réserves naturelles », 45,47 % des 5 600 km2 sont soit interdits d’accès, soit soumis à un régime de permis pour les Palestiniens. Le reste du territoire, dont les principaux centres comme Naplouse et Jéricho, est divisé et coupé en secteurs isolés. Le déplacement entre eux est limité par 450 barrages routiers et 70 check points contrôlés par des soldats armés. Vous pouvez vous imaginer le casse-tête.

Selon le rapport, le taux de croissance démographique des colonies israéliennes est de 5,5 % par an, « soit l’équivalent de deux bus entiers qui, chaque jour, s’ajoutent aux 450 000 personnes déjà installées, c’est-à-dire trois fois la croissance de population naturelle de l’Etat juif ». Les chances d’une inversion de tendance ou d’un démantèlement des implantations apparaissent illusoires. En cela le rapport de l’OCHA est on ne peut plus instructif. Il révèle tous les détails de la façon dont l’État juif fait main basse sur la Cisjordanie, la tronçonnant en une quinzaine de cantons desquels il est pratiquement impossible de sortir pour les 2,5 millions d’habitants qui vivent sur ce territoire. « La réalité s’oriente dans une direction qui va rendre la vie des Palestiniens plus difficile et ne va pas leur permettre d’atteindre ce à quoi ils aspirent », conclut ce rapport.


LES COLONIES DE PEUPLEMENT ET L’ARROGANCE DES COLONS

Les colonies de peuplement fermées à Gaza, ne continuent pas moins à se développer et à prospérer en Cisjordanie, englobant entièrement Jérusalem et isolant les familles les unes des autres. Construites souvent en hauteur, surplombant les villages elles accaparent l’eau à leur profit. Nous avons vu des pelouses arrosées à jet continu alors que quelques mètres plus bas les Palestiniens ont du mal à se désaltérer. Les routes de contournement construites afin de relier les colonies entre elles, coupent villages et champs de cultures en deux et compliquent sérieusement la vie des populations autochtones dans leur vie quotidienne. Nous avons vu des Palestiniennes faire un détour de trois km pour acheter le pain dans une boulangerie qui se trouve sur le trottoir en face, dans la rue coupée en deux.

Les Territoires palestiniens comptent 161 colonies juives et 96 implantations « sauvages ». Des barrages interdisent l’accès des Palestiniens aux routes qui desservent les colonies. Celles-ci se sont transformées en des corridors, réservés aux colons et reliant les implantations au territoire israélien.

« Les Palestiniens sont désormais obligés de se déplacer d’une enclave à l’autre en utilisant un réseau de barrages militaires, de routes et de tunnels qui leur sont réservés »,
relève le document. Les autorités israéliennes peuvent fermer ces points d’accès à volonté.

Si l’on additionne les zones militaires israéliennes, les colonies, les réserves naturelles, les routes et les terres grignotées par la construction du mur de séparation israélien, il ne reste pas plus de 60 % de la Cisjordanie aux Palestiniens, selon les calculs de l’OCHA . « Le développement des colonies et des infrastructures israéliennes empêche le développement d’une économie palestinienne jusqu’alors dynamique en Cisjordanie », écrit l’OCHA.


LES PUNITIONS COLLECTIVES

- La destruction de nourriture


L’un des plaisirs favoris de l’armée est de mélanger la nourriture, le sucre et le sel, confiture et condiment, farine et céréales ou de saccager tout simplement les aliments. Cette action inhumaine pénalise les familles car elles sont si pauvres qu’elles ne peuvent refaire leur stock de réserves. Si cela arrive en période de couvre-feu, cette action devient un véritable drame. C’est une des principales angoisses des familles victimes de ces exactions. Déjà, elles ne peuvent stocker beaucoup de nourriture vu l’exiguïté des maisons et le peu de moyens dont elles disposent et le peu qu’elles ont est détruit délibérément.

- Les mesures d’intimidation et de terrorisme physique et moral

La population est harcelée continuellement, en but à des perquisitions non justifiées et à tout moment du jour ou de la nuit, tous les déplacements sont contrôlés. La présence constante et apparente des forces occupantes ne permet aucune intimité. Elles confisquent les pièces d’identité sans aucune raison justifiée. Les survols fréquents des camps de réfugiés par des hélicoptères ou les snipers en patrouilles sont stressants… L’entrée de jour comme de nuit dans les maisons, le contrôle de toute la population à n’importe quel moment, sous n’importe quel prétexte, tel est le triste sort des Palestiniens. L’armée coloniale peut emmener n’importe qui, tabasser, casser des mains, blesser, achever comme bon lui semble. Elle est souveraine, non contrôlée, et n’est comptable de rien devant la justice. Les Palestiniens ont juste le droit de se taire.


LA CONFISCATION DES TERRES ET DE L’EAU

Parallèlement à la confiscation des terres agricoles, s’est développée depuis 1970 une politique d’implantation de colonies de peuplement. Cette violation du droit international est particulièrement active. Les colons, bien briefés, récupèrent les meilleures terres en Cisjordanie comme à Gaza, abandonnant les terres semi-arides aux Palestiniens. En 1985, Israël avait pris le contrôle de 2 835 000 Duns (1D = 1 000 m2), soit 52 % de la surface totale en Cisjordanie, et 48 % dans la Bande de Gaza. L’utilisation de l’eau a été scrupuleusement réglementée par les Autorités israéliennes, notamment à l’aide de quotas afin d’en faire bénéficier les colonies de peuplement. Il est interdit aux Palestiniens de creuser ou d’approfondir les puits artésiens. Ils ne disposent que de 20 % des réserves souterraines de Cisjordanie, les 80 % restants étant principalement utilisées par les colonies, ou directement pompées pour servir en Israël. En cas de couvre-feu, l’une des punitions les plus fréquentes est la coupure immédiate de l’eau, ce qui s’avère très dommageable pour les plantes et les cultures, et évidemment aussi pour les personnes.

Généralement la confiscation du matériel agricole, des voitures de transports ou des outils accompagnent les couvre-feux. Les bergers et leurs troupeaux en souffrent en permanence. Ils sont en même temps exposés aux attaques des colons, qui eux peuvent commettre leurs exactions en toute impunité à n’importe quel moment, vu qu’ils ne sont pas soumis aux couvre-feux. Les troupeaux se trouvant dans la zone du couvre feu sont confisqués et retenus dans des locaux jusqu’à paiement par leur propriétaire d’une amende à laquelle s’ajoutent des frais d’entretien par tête et par jour de confiscation. Dans les cas de couvre-feu prolongé, l’amende s’élève rapidement à une véritable petite fortune que le propriétaire est dans l’impossibilité d’acquitter. Le colon récupère alors les bêtes, ce qui lui permet d’accroître son cheptel à peu de frais.

- L’arrachage et le déracinement des arbres

L’armée s’acharne également sur les arbres. Le nombre d’arbres et de pieds de vignes déracinés Nous avions assisté au déracinement d’un champ de vigne dans la vallée d’Hébron. A notre arrivée, une voiture démarrait à toute vitesse. A son bord, un rabbin, et plusieurs militaires. Ils venaient de procéder à l’arrachage de vignes, que le rabbin venait de bénir. Dans le champ nu, où restaient encore quelques trognons de ceps, une petite fille pleurait. Ses parents nous ont raconté leurs malheurs. L’armée ayant soupçonné leur fils d’avoir participé à un rassemblement, au cours duquel on avait brûlé des pneus, avait décidé, en représailles, de punir la famille, lui enlevant son seul gagne pain. Nous avions vu des champs d’oliviers, dont certains plusieurs fois centenaires, entièrement rasés Pendant ce temps, l’Etat sioniste essaie de se doter d’une facette humaine et veut se faire passer pour un pays à la pointe dans le secteur des produits agrobiologiques, voulant donner des leçons Nous ne voyons pas qui pourra qualifier ce pays d’écologique. Etant fondé sur le dogme de la domination de la terre, sur l’expansionnisme et le colonialisme, il nous semble que ces idéologies sont largement antinomiques avec les principes fondamentaux de l’écologie.

Au moment où toute la planète prend conscience du désastre écologique, et se mobilise notamment pour sauver la forêt amazonienne, l’Etat d’Israël se permet en toute impunité de détruire des oliveraies, des arbres fruitiers, des vignes et d’autres plantations indispensables à la vie, pour asseoir encore une fois, avec une brutalité rare, sa domination sans partage sur le peuple Le peuple palestinien contrairement aux thèses sionistes, était de tout temps un peuple d’agriculteurs. Tout l’Occident, en avalant et en répétant aveuglement le mensonge sioniste selon lequel la Palestine était un désert que les pionniers-juifs ont fait refleurir, porte une grande part de responsabilité dans la « Nakba » (le désastre palestinien). Les moyens de répression visant la terre, l’eau, l’interdiction de planter des arbres fruitiers, des oliviers ou des vignes le touchent au plus profond de lui-même, et le laissent complètement démuni face à un occupant qui s’empare de sa terre et de ses ressources avec une brutalité sans pareille. Ces méthodes, on le voit, relèvent purement et simplement du brigandage organisé.

- Les Palestiniens dépossédés de leurs ressources en eau

Depuis sa création, Israël a toujours cherché à contrôler l’accès à l’eau, ressource rare dans cette région semi-aride qui ne supporte pas une agriculture intensive très grosse consommatrice d’eau telle que se sont mis à la pratiquer les agriculteurs israéliens. Lors de la mise en œuvre de la planification des ressources en eau après la création de l’Autorité internationale des eaux par l’ONU, en 1950, les pays arabes avaient commencé à mener un projet hydraulique de partage équitable des ressources en eau. La guerre de 1967 empêcha ce projet d’être mené à terme et permit à Israël d’accentuer son emprise sur les eaux de la région, notamment en poursuivant le pompage des eaux du Jourdain au rythme de 330 millions de m3 par an. Une des premières mesures, après l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza et de l’annexion de Jérusalem, suite à la conquête de 1967, a été de déclarer les eaux des territoires occupés comme ressources stratégiques sous contrôle militaire. Parallèlement à ce hold-up sur l’eau, Israël arrêta de délivrer des autorisations de creusage de puits aux palestiniens qui devenaient de ce fait complètement dépendants du bon vouloir de l’occupant pour leurs cultures et leurs besoins domestiques.

Depuis 1967, l’ensemble des ressources hydrauliques des territoires palestiniens est administré par la Commission israélienne de l’eau et plus spécialement par deux sociétés : la Mékorot (compagnie israélienne des eaux) créée en 1936 par l’agence juive et l’Histadrout, chargée de construire les réseaux d’irrigation et d’alimentation en eau, ainsi que la Tahal (compagnie de planification des ressources en eau d’Israël) créée en 1952. L’imposition de règlements datant de 1959, empêche les Palestiniens de disposer librement de leurs ressources hydrauliques et impose la limitation de la consommation au profit des colons dont certains arrosent leurs pelouses à longueur de journée, alimentent des fontaines monumentales et des piscines. Il y a eu 144 colonies de peuplement dont 42 nouvelles implantations entre 1998 et 1999 en violation flagrante des lois internationales. La Convention de La Haye de 1907 stipule que la puissance occupante doit respecter les lois en vigueur avant occupation, et établit que la propriété privée, dont les ressources en eau, ne saurait être l’objet de confiscation.

- La discrimination commence par le refus d’accès aux ressources


Le droit de creuser de nouveaux puits ou de procéder à leur réfection, nécessite des permis délivrés au compte-goutte par les autorités israéliennes. Les paysans palestiniens n’ont pas le droit de s’alimenter dans les nappes phréatiques en creusant des puits ou en approfondissant ceux qui existent au-delà de 20 mètres alors que ceux des colons sont parfois à 80 m de profondeur. L’eau qui vient des puits provient pour 30 % des puits des colons qui représentent tout au plus 6 % de la Un système de quota est instauré pour limiter les volumes d’eau destinés aux populations autochtones. Chaque puits comporte un compteur et de lourdes amendes sont infligées à ceux qui dépassent leur quota. La quantité d’eau allouée aux agriculteurs palestiniens est gelée depuis 1967, alors que celle des colons est en progression constante. Les paysans palestiniens sont soumis à un lourd handicap, car ils ne peuvent irriguer que 6 % de leurs terres contre 45 % en Israël et 60 % dans les colonies juives. Les investissements publics privilégient les colonies au détriment des municipalités palestiniennes. Ainsi 51 % des villages de Cisjordanie ne possèdent aucune infrastructure pour l’eau potable. Dans la bande de Gaza, malgré l’autonomie annoncée à grands cris, l’eau est toujours rationnée et contrôlée par l’occupant dont dépendent 1,2 millions de Palestiniens. Les ressources d’eau sont aussi soumises à cet apartheid qui caractérise si fortement cette Palestine qui ne demande qu’à vivre normalement.

La régularité des approvisionnements est un autre signe de discrimination, les Israéliens bénéficiant de l’eau courante toute l’année, les Palestiniens eux, sont victimes des coupures durant l’été, destinées à économiser l’eau au profit des colonies. Plusieurs rivières ou ruisseaux asséchés sont transformés en tout à l’égout par les colonies de peuplement situées en haut des collines dominant les terres palestiniennes et qui déversent impunément leurs déchets de toutes sortes dans ces cours d’eau. Souvent la pénurie d’eau, ainsi que la pollution des cours d’eau, car il n’existe pratiquement pas de station d’épuration, provoquent la propagation de maladies. Le siège des villages s’accompagne très souvent de coupures d’eau car les sites de pompage sont « zones militaires », et le système de canalisation dépend de la colonie israélienne située en hauteur avec parfois, un petit château d’eau. Les Israéliens consomment, par tête, quatre fois plus d’eau que les Palestiniens. Eux seuls ont l’autorisation de creuser des puits jusqu’aux nappes phréatiques les plus profondes. Par conséquent, un très grand nombre de villages dépendent des camions-citernes qui doivent se ravitailler auprès des points d’eau éloignés et qui sont régulièrement visés par les colons.

Actuellement les Palestiniens sans ressources, ne peuvent payer cette eau. C’est spécialement dans les villages que la situation est la plus dramatique. Complètement isolés, les villageois souffrent de malnutrition et seule une autosuffisance locale, ainsi que l’aide du PARC, leur permet de survivre. N’oublions pas de dire qu’un des objectifs constants des tirs israéliens, colons ou armée, est de cribler de balles à distance, les réservoirs d’eau individuels – de un ou deux mètres cubes – qui sont placés sur les toits ou les terrasses. La situation faite aux Palestiniens nous rappelle de bien tristes souvenirs du temps de l’occupation Tous les accords signés et « résignés », toutes les pressions organisées, toutes les conférences nationales et internationales, tous les parrainages, n’auront pas beaucoup d’impact dans cette région du monde tant que la justice pour tous ne sera pas rétablie, tant que tous les peuples de cette région ne seront pas conduits à gérer ce qui leur revient de droit, y compris pour les peuples palestiniens, libanais et syriens : la gestion de leur terre et de leurs ressources, sources de vie.


LES CONDITIONS SOCIALES SOUS OCCUPATION

- LE MANQUE D’ESPACE VITAL

Je crois que la pire des tortures que subissent les Palestiniens et qui contribue à une mort lente, c’est le manque d’espace vital, pour se déplacer, pour communiquer, pour dormir, pour manger, pour se laver, pour faire leur toilette ou tout simplement vivre, respirer, s’étirer etc. Comment ne pas devenir fou ou révolté dans ces conditions là ?

- LA VIE DANS LES CAMPS

En franchissant les barbelés qui entouraient les camps, nous sommes rentrés de plain-pied dans la misère extrême, la privation de libertés, une « prison à l’air libre ». Plus question de vieilles pierres ou de richesses architecturales, de beauté du paysage, ni de flonflons, de néons, ou encore moins de pelouses décorées. Le visage hideux du colonialisme nous a accueilli de plein fouet. L’armée était omniprésente, sur tous les toits des maisons, autour du camp. C’était sinistre et terriblement éprouvant, surtout avec tous ces barbelés qui nous donnaient froid dans le dos. Les maisons étaient accolées les unes aux autres. Les toits en tôle n’étaient pas directement posés sur les murs. Il y avait un grand espace. Les Palestiniens nous ont raconté que c’était par ces interstices que l’armée d’occupation envoyait les gaz lorsqu’elle cherchait des jeunes manifestants.

Ce qui sautait immédiatement aux yeux, c’est le manque d’espace. Plusieurs d’entre nous se sont posés cette question qui ne nous a jamais quittée lors de la durée de notre séjour : « Mais où dorment donc tous ces enfants ? Ont-ils un lieu pour eux, pour jouer, pour bouger, comme tous les enfants de leur âge? » Ce qui nous a également dérangés : c’est ce silence pesant, étrangement lourd à supporter. Pas un bruit, pas un son de voix. Les gens parlaient tout bas, voire même chuchotaient, y compris les enfants. Connaissant l’exubérance des populations dans les pays arabes, nous nous imaginions sans peine ce qu’ils ont dû endurer pour en arriver là. Nous étions directement confrontés à l’occupation dans toutes ses dimensions au niveau de la vie quotidienne : privation de toute liberté de bouger, d’écouter, de s’informer, de s’instruire, de travailler, de se nourrir correctement, de se reposer.

- Les cautions réclamées aux familles pour libérer les enfants

Lorsque l’armée surprend un enfant jouant dans la rue, et quel que soit son âge, elle l’arrête et l’embarque. Il est fréquent que l’enfant soit l’objet d’un marchandage entre les Autorités militaires et la famille, surtout lorsque l’un des membres de cette famille est recherché. Les parents doivent ainsi payer une caution pour récupérer leur enfant. Caution, bien entendu, exorbitante et pouvant aller jusqu’à 1 500 shekels et plus, soit environ 1 000 Euros. Nous avons eu connaissance d’enfants de 3 ans arrêtés et gardés pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que les parents aient pu réunir la somme de la caution exigée. Il existe des associations venant en aide aux parents victimes de ce chantage, s’occupant surtout de réunir les fonds nécessaires à la libération des enfants retenus en otage.

- Le couvre-feu

En général, décidé par l’Autorité militaire de la ville, c’est l’interdiction de sortir du camp, du quartier, de sa maison, d’ouvrir ses fenêtres, ses volets, en un mot : de rester confiné dans son petit et misérable « chez soi ». Cette interdiction peut être totale, 24 heures sur 24. Elle peut durer plusieurs jours ou plusieurs semaines. L’armée tire avec des balles réelles, ou en plastique ou en caoutchouc. Les balles en plastique ou en caoutchouc sont composées de 90 % de métal, seule l’enveloppe soit 10 % est en plastique ou caoutchouc, elles sont également mortelles. Les maisons exiguës (2 à 3 pièces) sont généralement occupées par une dizaine de membres de chaque famille, et souvent plus lorsque les occupants hébergent les personnes dont la maison vient d’être détruite, ce qui arrive très souvent. Le couvre-feu dans ces conditions est à la limite du supportable. Pour les femmes, le problème de la nourriture reste le principal problème. Il n’y a pas de possibilité de stockage par manque de place ou par manque de moyens de réfrigération. Nombre de camps n’ont pas l’électricité, ou si elle existe, elle est coupée dès l’instauration du couvre-feu. Certaines familles sont carrément dans la misère.

Le couvre-feu implique automatiquement l’impossibilité de se rendre à son travail, ce qui signifie l’absence totale de ressources pendant ces périodes. Les enfants sont également interdits d’école. De plus, il est impossible de cultiver champs et jardins, de s’occuper des bêtes et de récolter ou de faire la cueillette selon le cycle naturel des saisons. Comme la nature n’attend pas la levée des interdictions, il en résulte souvent un indicible gâchis des légumes et des fruits qui pourrissent sur place. Ce qui provoque l’accélération de l’appauvrissement des familles. Comme de surcroît, le couvre-feu s’accompagne souvent de coupures d’eau. Cette privation entraîne notamment lors des étés torrides, la déshydratation des enfants et des personnes âgées, et cause des pertes dans le bétail et les cultures. Le manque de structures médicales et hospitalières est particulièrement criant.

- L’intrusion de l’armée d’occupation


Les forces de l’occupation investissent surtout à l’aube les maisons dans les villages ou dans les camps. Elles pénètrent dans le village, au milieu d’un feu nourri et désordonné, en détruisant les affaires et meubles qui s’y trouvent, en bloquant ses occupants dans une des pièces pour pouvoir voler les économies et les objets. Les soldats tirent également en direction des gens et lancent des grenades, ce qui effraie particulièrement les enfants.

- Les coupures de routes

Les bourgades, les villes et les villages sont souvent assiégés ou partiellement occupés de façon variable et semi-aléatoire par les troupes israéliennes. A toutes ces mesures de harcèlement de la population civile, les Israéliens ont ajouté le recours aux représailles ciblées : assassinat de responsables politiques palestiniens, bombardements de maison où habite un responsable recherché. Autour des villages et hameaux, est organisé un système de destruction de la vie quotidienne. Il s’agit parfois de simples postes de contrôle « volants », parfois de coupures de route par blocs de béton ou d’énormes tas de terre et de cailloux amassés au bulldozer Les routes étant coupées, la population complètement déboussolée ne sait plus comment s’orienter pour son ravitaillement ou ses besoins quotidiens. Des tranchées d’à peine un mètre de large et de profondeur qui sont creusées en quelques minutes à la pelle mécanique coupent ainsi les routes et isolent les villages.

- Les fermetures d’écoles et d’universités

Avec le couvre-feu, la fermeture des écoles reste le moyen de répression le plus sensible pour les femmes. Ces fermetures sont, depuis 1948, l’instrument privilégié de la répression collective. Les prétextes invoqués par l’armée sont très nombreux : enfants en train de jouer dehors, laissés sans surveillance, participation des jeunes aux jets de pierres, aux rassemblements, aux enterrements… Les écoles sont souvent fermées, et servent au besoin de lieux de détention pour les enfants. Les écolier/ières sont souvent poursuivis en voiture par les colons alors qu’ils se rendent à l’école. Des témoins affirment que certains ont été blessés et emmenés dans des hôpitaux.

- La démolition des maisons


Là encore toutes sortes de prétextes sont mis en avant pour appliquer cet excellent moyen de répression exercé sur une famille pour :

– récupérer des personnes recherchées par l’armée

- punir la famille dont un membre est soupçonné d’avoir participé à un jet de pierres, à l’organisation ou à la participation d’une manifestation (1er mai, 8 mars…)

– lors d’une provocation au moment où l’armée fouille une maison, saccageant tout sur son passage.

L’armée arrive avec des bulldozers, et procède à la démolition de la maison, mais aussi des maisons mitoyennes, car les vibrations se répercutent sur les autres murs, et les destructeurs ne se préoccupent guère de sauvegarder les alentours. En outre le gouvernement occupant interdit de reconstruire toute maison détruite ou bien de bâtir une autre ailleurs. Il ne reste plus d’autre alternative que d’aller se réfugier chez des amis, la famille, ou de rester sous une tente. Ces démolitions touchent non seulement le cercle de famille proche, mais aussi les oncles, tantes, cousins. Comme les familles sont nombreuses, et les prétextes faciles à trouver, les camps et les villages sont jonchés de tas de pierres chaque jour plus nombreux.

Les Palestiniens, entassés et soumis à un étouffement par manque d’espace, font les frais d’une humiliation supplémentaire qui vient s’ajouter à toute « la palette » répressive mise en place par les Autorités sionistes.

- Les maisons murées

Une activité assez banale de l’armée d’occupation consiste à murer, soit totalement, soit partiellement des maisons. Les militaires élèvent des murs de parpaings, barrant l’accès à une chambre, ou à une partie de la maison, ou à la totalité de celle-ci. Dix personnes doivent ainsi dormir dans une même pièce, alors que les deux autres, murées, sont vides. Un sommet de perversion organisée !!!


LA MISÈRE DU PAYSAN PALESTINIEN

- Les paysans ne peuvent cueillir les olives


Le paysan est devenu la cible de l’agression des colons, la victime des portails et des soldats de l’occupation. Plusieurs villageois de la région de Qalqylia s’attendent tous les matins soit au martyre, soit aux coups et blessures de la part de l’armée sioniste, qui les attend et les pourchasse comme s’ils étaient des criminels ou étrangers sur cette terre. Les propriétaires des terrains situés près des colonies sont empêchés par les colons de cueillir leurs olives. Selon les statistiques du ministère palestinien de l’agriculture, plus de 6600 dunums (unité de mesure de surface de terrain) de la région est de Qalqylia ont été séparés de leurs propriétaires par le mur et autres procédés d’annexion.

Le PARC (Palestinien Agriculture Relief Committee) élargit des dizaines de sentiers afin de permettre aux voitures de circuler, travail de fourmi à renouveler chaque jour, pendant que les campagnes sont parcourues par d’énormes camions porteurs de bulldozers et d’excavatrices, qui détruisent ces sentiers. Des colons en arme protègent ces convois spéciaux de sociétés privées. L’imagination destructrice des Israéliens est sans limites.


LES PALESTINIENS SONT LES PLUS VIEUX PRISONNIERS DU MONDE

Plus de onze mille prisonniers, otages de l’occupant, croupissent dans les prisons sionistes, dont de nombreuses femmes et beaucoup d’enfants. Depuis la guerre de 1967 et l’occupation de toute la Cisjordanie, partie orientale arabe de Jérusalem incluse, près de 700 000 Palestiniens ont été détenus au moins une fois : 20 % de la population. Sachant que l’immense majorité d’entre eux appartient au genre masculin, ce sont près de 40 % des hommes de Palestine qui ont connu le béton des cachots israéliens. Les statistiques de 2006 révèlent que la moyenne mensuelle varie de 369 à 573 arrestations, dont 19 à 80 enfants et adolescents. Les vingt-trois prisons de haute sécurité en Israël ne désemplissent pas. Souvent les détenus sont installés dans des tentes, faute de place. Quand certains sont libérés, le plein est de nouveau fait rapidement, de manière à toujours disposer d’un volant de « libérables, une sorte de monnaie d’échange », indique un médecin incarcéré à sept reprises pour des périodes allant jusqu’à neuf mois. Sur les 11 050 personnes actuellement détenues, 1 829 le sont dans des camps militaires. Quelque 386 sont des mineurs et 83 des femmes, 5 904 ont été condamnés dont 636 à perpétuité et 472 à plus de vingt ans ! Cinq détenus ont plus de 65 ans, deux plus de 70 ans et vingt-cinq ont moins de 16 ans ! Et nous ne parlerons pas des humiliations, des mauvais traitements, des tortures, de l’isolement, des détentions sans jugement, du chantage exercé par rapport aux menaces pesant sur la famille et les proches.

Naturellement, toutes ces incarcérations coûtent cher. L’une des ressources de financement du système est constituée par les amendes infligées aux prisonniers et leurs familles. En 2005, le système a ainsi encaissé 14,3 millions de shekels (2,7 millions d’euros). Pour les familles très pauvres, c’est un poids considérable, de l’ordre de 200 dollars par mois, selon Jehan Jarrar, de l’association « Addamer » (la Conscience). Les familles sont non seulement privées des leurs, mais comble de la cruauté, elles sont obligées de payer pour leur incarcération. Les prisons foisonnent dans les Territoires occupés. Toutes les administrations civiles et souvent les écoles sont transformées en prisons. Les mesures de détentions administratives sans jugement introduites en Palestine en 1945 par les lois d’urgence à l’époque du mandat britannique, et maintenues par l’Etat d’Israël, ont été étendues en 1970 aux Territoires occupés, et sont toujours en vigueur. Ces textes autorisent le gouvernement de la région militaire à placer sous détention toute personne s’il estime que les raisons de sécurité l’exigent et ce pour une durée pouvant aller jusqu’à 6 mois renouvelables sans limite.

Lors de leur arrestation, les détenus ne sont jamais informés des raisons de leur détention. Ils ignorent dans quelle prison on les emmène. Leur famille reste également dans l’ignorance, donc dans l’impossibilité de contacter un avocat. D’ailleurs aucune visite d’avocat n’est autorisée en début de détention. Les conditions de détention sont très dures. Les prisonniers subissent fréquemment des tortures physiques, morales et sexuelles, au cours d’interrogatoires interminables destinés à les briser. Ils ne sont pas pourvus de vêtements chauds en hiver, la nourriture est insuffisante, le manque d’eau, de douches et de savons est évident. Tel est le régime banal des prisonniers à Ansar 3, surnommée « La mort lente ». Les détenus manquent également de soins médicaux, même s’ils sont blessés, malades ou victimes de tortures. Les femmes subissent des peines de prisons très lourdes. Elles sont torturées comme les hommes. Les violences sexuelles sont monnaie courante. Elles restent sans nouvelles de leurs enfants, ou pire reçoivent de fausses nouvelles pour les briser.


L’UTILISATION DES GAZ CHIMIQUES

Lorsque nous avions visité un autre camp que L’armée venait de quitter nous avons senti une forte odeur de gaz. Et quels gaz ? Trois jours après le dernier exploit de ces sinistres militaires, l’odeur était toujours présente dans les maisons que Nous avions appris, en discutant avec plusieurs personnes, que les nourrissons ou les personnes âgées mouraient par inhalation de ces gaz et que les femmes enceintes avortaient spontanément. Comme nous savions que l’Etat d’Israël était un véritable expert dans la fabrication d’armes chimiques, la solution semblait toute trouvée : Israël testait des gaz chimiques sur la population palestinienne en toute impunité. Nous savons aussi que l’armée israélienne utilise ponctuellement des gaz qui auraient des effets sur le système nerveux pour les personnes qui les inhalent. Accusation sur laquelle s’était fondé un journaliste de France culture pour mener une enquête dans la Bande de Gaza. Nous avions déjà, lors d’un voyage en Palestine été confrontés à ce genre de gaz qui pue comme des œufs brouillés et est d’une couleur jaunâtre très bizarre. Ce ne sont certainement pas des gaz lacrymaux. Les femmes nous disaient que ce gaz faisait avorter les femmes enceintes et était responsable de l’étouffement des personnes âgées ou de ceux qui avaient des problèmes respiratoires.


L’ASSASSINAT CIBLÉ DES DIRIGEANTS PALESTINIENS

Israël est devenu le champion de l’assassinat ciblé des dirigeants palestiniens, y compris lorsqu’ils sont infirmes comme Cheikh Yassine, soit par des missiles envoyés dans leur bureau, soit en les massacrant dans leur voiture ou dans la rue. Les élus du peuple sont également enlevés et jetés en prison.


LE MUR DE L’APARTHEID


Et pendant ce temps, la construction du Mur de la honte avance au vu et au su du monde entier, la colonisation de la Cisjordanie se poursuit, les check points prolifèrent et … le bourreau sioniste continue impunément à jouer les victimes, à traiter tous ceux qui dénoncent ce génocide du XXIème siècle d’antisémites, avec la complicité active de la «Communauté internationale», en premier lieu USA et Union européenne. Ce mur qui isole la Cisjordanie de sa capitale Jérusalem, qui empêche un développement harmonieux en étouffant l’agriculture et en torturant moralement les populations colonisées, ressemble étrangement au « Mur de Berlin » qui a cassé l’Europe en deux pendant toute la durée de la guerre froide.


HEBRON /KHALIL SYMBOLE DE L’APARTHEID

Les terrasses des immeubles israéliens construits au cœur du souk sont occupées par des miradors protégés par des sacs de sable renforçant le dispositif dit « de protection », déjà impressionnant, par les grillages et fils de fer barbelés qui entourent la colonie. Pour se protéger des bouteilles d’alcool, des jets de pierres, des ordures, des papiers balancés sur eux à longueur de journée, les habitants palestiniens ont dû tendre à l’horizontale des filets de protection, dans les rues où les maisons des colons jouxtent le marché. Mais c’est plus loin, là où de gros blocs de pierre obstruent la rue, que passe la vraie frontière, celle marquant l’entrée d’Hébron, sous contrôle palestinien Au croisement d’une autre rue, séparant le quartier colon de l’ancien marché aux légumes, un groupe de jeunes colons joue au ballon pendant qu’une de leurs fillettes lance des pierres vers un petit groupe de femmes palestiniennes qui traversent. Nos amis palestiniens n’arrivent plus à supporter cette vie faite de bombardements et de couvre- feux. D’ailleurs tous ceux qui les rencontrent sont en admiration devant leur patience. Les enfants ne dorment plus et font des cauchemars. Pour ceux qui ont encore un travail et qui font chaque pour le trajet Hébron-Jérusalem, se déplacer est devenu un véritable calvaire.

Hébron est un brutal condensé de ce qui se passe ailleurs dans les Territoires occupés. Quelques cinq cents colons vivent au cœur d’une ville peuplée de cent vingt mille Palestiniens, sous la haute protection de l’armée israélienne, à proximité du Caveau des Patriarches, lieu saint pour les Juifs et les Musulmans. Des soldats israéliens en barrent l’accès en permanence, alors qu’ils ont tranquillement laissés assassiner 29 Palestiniens qui priaient dans la mosquée par le sinistre Barud Goldstein. Hébron est la seule grande ville de Cisjordanie occupée en 1967 où l’armée israélienne est toujours présente. Elle est la seule – si l’on exclut Jérusalem-Est – au cœur de laquelle sont installés des colons fanatiques.

Les habitants de la zone H2, zone où vivent les Palestiniens sont sous couvre-feu quasi permanent. Les colons, eux, en sont dispensés ! Les voitures palestiniennes, dont les ambulances, ne peuvent circuler dans la zone H2. Les Palestiniens malades ou blessés, doivent être portés à bout de bras vers la zone (H1) contrôlée par l’Autorité palestinienne, pour être évacués en ambulance. Une jeune femme, atteinte de crise aiguë d’appendicite a été transportée dans une benne à ordures, les soldats israéliens empêchant tout véhicule d’entrer dans la zone.


LA JUDAÏSATION PROGRAMMÉE D’AL QODS / JÉRUSALEM

En annexant la ville d’Al-Qods (Jérusalem), en juin 1967, les mesures de colonisation et de destruction qui ont suivi l’occupation de la partie orientale d’Al-Qods furent nombreuses et continuent toujours. Un ensemble d’actes illégaux, visant à réduire la population palestinienne, à favoriser l’implantation des colonies juives à l’intérieur même des quartiers arabes, à réduire la fréquentation des lieux saints palestiniens, chrétiens ou musulmans, à étouffer l’économie palestinienne, à contrecarrer les efforts palestiniens pour l’éducation, la santé et le développement humain d’une manière générale, furent instaurés. Leurs maisons sont régulièrement détruites, des Palestiniens originaires de la ville sont refoulés et leurs papiers d’identité confisqués sous les prétextes les plus divers. Des lieux publics comme les bibliothèques sont transformés en casernes. Les marchés de la ville sont envahis par les produits israéliens, les terres et les propriétés palestiniennes sont volées par des moyens mafieux et détournés. Les centres sociaux et éducatifs sont fermés et saccagés.

L’annexion de la partie orientale de Jérusalem a permis aux autorités de l’occupation de morceler encore une fois le peuple palestinien au niveau de son rattachement administratif. Pour l’Etat sioniste, les Palestiniens de l’Est de Jérusalem ont un statut différent de celui des Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, mais aussi de celui des territoires occupés en 48, y compris la partie occidentale de Jérusalem. Ce statut administratif différent leur a servi pour réprimer tous ceux qui ont participé aux élections législatives de l’Autorité palestinienne et pour nier le caractère palestinien et arabe de la ville.


LES RÉFUGIÉS PALESTINIENS ET LE DROIT AU RETOUR

La résolution 194 adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 11 décembre 1948 spécifie dans son paragraphe 11 : « Il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, que des indemnités doivent être payées au titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers ou pour tout bien perdu et endommagé ». Cette résolution pourtant acceptée par Israël pour pouvoir accéder à l’ONU n’a jamais été appliquée. Encore aujourd’hui, après 55 ans d’errances des réfugiés et plusieurs guerres subies, l’Etat juif refuse toujours d’en discuter. Actuellement, selon l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) organisation crée en 1949, les réfugiés Palestiniens et leurs descendants, sont au nombre, de l’ordre de trois millions et demi de personnes dont 30 % vivent dans des camps. Le sort de ces réfugiés constitue depuis plus d’un demi-siècle le plus grand problème humanitaire jamais résolu, la honte des Nations Unies et de la Communauté internationale et surtout un problème de sécurité majeure, ayant eu des répercussions régionales énormes et jouant un rôle central pour la paix dans le Moyen-Orient. Ce problème s’est encore accentué depuis la colonisation de l’Irak, vu que les Palestiniens qui s’étaient intégrés dans la population irakienne ont été ramenés dans des camps et revivent dans le plus complet dénuement.


LE DROIT AU RETOUR DES DÉPORTÉS TOUJOURS DÉNIGRÉ

Le peuple palestinien devrait, comme tous les peuples du monde profiter du droit au retour, comme l’affirme la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, dans son article 13 : «Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays ». Ce droit a été confirmé par les Conventions de Genève de 1949, relatives à la protection des populations en temps de guerre, garantissant le rapatriement des victimes, ainsi que par la Commission des droits de l’homme de l’ONU, dans sa résolution 188 affirmant que nul ne peut être privé de sa nationalité. La dépossession de la terre et l’exil des réfugiés palestiniens, ceux de la guerre de 1948 ou de celle de 1967, reste encore aujourd’hui au cœur de la paix du Moyen-Orient.

- LES RÉFUGIÉS DE 1948

Au moment de la création de l’Etat d’Israël, le 14 mai 1948, près de 400 villages ancestraux palestiniens furent détruits et plus de 800 000 Palestiniens ont été contraints à l’exil, fuyant vers la Cisjordanie, la bande de Gaza ou les pays arabes limitrophes. Cette catastrophe (La Nakba) s’accompagnera de la spoliation des terres. Cela fait maintenant 59 ans qu’ils attendent le retour, vivant toujours dans des camps et gardant précieusement attachée autour du cou la clef de leur maison, ainsi que dans de vieilles malles, les titres jaunis de propriété de l’habitation dont ils ont été expulsés. D’après de nombreuses études, dont celle d’Elias Sambar (Les Palestiniens dans le siècle, 1994), à ce moment, il ne restait plus que 150 000 habitants sur une population initiale qui comptait 1 400 000 Palestiniens.

- LES RÉFUGIÉS DE 1967

Moins de vingt ans plus tard, le drame s’est reproduit presque de façon similaire. En quelques jours 100 000 réfugiés de 48, ainsi que 200 000 Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza conquises par Israël trouvent refuge dans les pays arabes. L’État juif met en place un grand nombre de règlements militaires interdisant le retour et lui permettant de récupérer de nouvelles

- LES LIEUX D’ACCUEIL

Les Palestiniens, au moment de leur exode, se sont dirigés vers les localités les plus proches de leurs villages d’origine, ou vers les endroits où ils avaient des connaissances et des parents. C’est la Jordanie qui a vu arriver le plus grand nombre de ces réfugiés. Près de 500 000 au moment de la Nakba. La Syrie et le Liban en accueillirent chacun environ 100 000. L’Irak, environ 5 000. Ces Palestiniens sont souvent issus des mêmes villages et ont gardé tout au long de l’exil, la mémoire de leurs maisons, de leurs champs, qu’ils ont transmis à travers les générations. Les femmes ont continué à broder sur les robes traditionnelles le symbole des lieux détruits. Au Liban, environ 400 000 réfugiés, dont une grande partie dans les camps attendent eux aussi de pouvoir rentrer chez eux. La Syrie en héberge autant dans une dizaine de camps. Il faudra bien trouver une solution pour leur retour.

L’illogisme serait de croire que ces pays puissent continuer à supporter le drame des Réfugiés palestiniens orchestré par un Etat qui veut uniquement rester juif et refuse de ce fait que ces pauvres gens puissent réintégrer leurs maisons.

- LES RÉFUGIÉS PALESTINIENS DOIVENT RETOURNER À L’ENDROIT D’OÙ ILS ONT ÉTÉ CHASSÉS

Israël s’est doté de beaucoup de lois pour empêcher le retour des Palestiniens et pour rendre définitive leur expropriation. La loi sur le retour datant de 1950 permet à tout juif d’acquérir automatiquement la nationalité israélienne, alors qu’un Palestinien ne peut même pas fouler la terre de ses ancêtres. Une loi sur la propriété des absents permet à Israël de prendre la propriété ou la terre de tout Palestinien absent (souvent réfugié et interdit de retour).


LE DÉSARMEMENT ATOMIQUE D’ISRAËL DEVIENT URGENT

N’oublions pas qu’Israël possède des armes de destruction massive qui prennent en otage tous les peuples de la région. L’armement nucléaire israélien a été dénoncé dès 1986 par l’ingénieur israélien Mordache Vanunu, dans le « Sunday Times » des 5 et 12 octobre 1986. Il a croupi en prison et au secret durant dix-huit ans et, libéré, il est toujours en résidence surveillée. C’est dans le complexe nucléaire de Dimona, selon, Vanunu, planqué dans le désert du Neguev, ayant plusieurs étages souterrains qu’Israël a produit une centaine d’ogives nucléaires. Depuis, le nombre de ces ogives a de toute évidence triplé. Personne, ni dans la région, ni parmi les « pays qui veulent donner des leçons au peuple iranien et à son président, après avoir programmé la destruction de l’Irak », ne s’en est inquiété. Le silence officiel, la protection des autres puissances nucléaires, de l’AIEA, de l’ONU, de toutes les Instances Officielles Internationales est total. Le barrage des informations reste à ce jour total et consensuel.

L’usine est cachée dans le désert et produit des ogives nucléaires depuis 1966. Entre-temps, elle a certainement, d’après certains articles échappés dans une certaine presse israélienne ou US, fabriqué des armes thermonucléaires d’une capacité suffisante pour détruire des villes entières et empêche de ce fait un développement harmonieux et durable du Moyen-Orient.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:27




Le village de Sousya : un long parcours contre la colonisation sioniste Al-Khalil – CPI 15 janvier 2016


Photo: CPI

Sur la première ligne de défense se trouve le village de Sousya. Sousya se situe au sud-est la ville de Yatta, dans le département d’Al-Khalil. Le reste de ses habitants lutte contre l’occupation sioniste et ses colons qui n’épargnent rien pour les chasser de leurs terrains, de leurs grottes, de leurs abris de fortune

Citation :
Ces Palestiniens veulent rester dans leur localité coûte que coûte. Très saisissante est la scène simple, pauvre, tragique de ces gens qui osent défier l’occupation sioniste. Ce n’est pas un vrai village, mais plutôt une ruine abritant quelque quatre cent personnes, de simples gens, des agriculteurs, des bergers. Ils survivent dans ce qui leur sert de maisons, des tentes, des grottes. Ils mènent une vie inhumaine, sans vraies maisons, sans salles de bain, sans magasins. Ils s’attachent à leur sol, à leurs roches, à leurs grottes, à leur terre que la colonisation continue de dévorer.

Colonisation dévorante

Abdou Al-Hadi Hantech, expert dans les affaires de la colonisation, confirme au correspondant de notre Centre Palestinien d’Information (CPI) qu’une partie des terrains du village de Sousya avaient déjà été extorquée pendant la grande Nakba (La tragédie de 1948). Le reste continue à être le sujet de convoitises, de confiscations et d’agressions de la part des colons qui font tout pour chasser les villageois et pour annexer leurs terrains à leurs colonies.

Et en 1983, ajoute Hantech, les forces sionistes d'occupation avaient confisqué des dizaines d’hectares de terrains du village de Sousya et ont par la suite construit une colonie portant le même nom, « la colonie de Sousya ». Dans cette colonie vivent quelque vingt-cinq familles de ces colons d’extrême-droite, protégées par des soldats dont le nombre est plus important que celui des colons eux-mêmes.


image ajoutée AFP / HAZEM BADER

Colonisation soutenue par le gouvernement sioniste

L’expert ajoute qu’en 1986, l’administration civile sioniste a extorqué une autre partie du village de Sousya. Elle a chassé ses habitants pour l’annexer à ladite colonie, sous prétexte que les terrains confisqués seraient historiques !

Une autre campagne de confiscation a été menée en 2001, dit Hantech, après la mort du colon terroriste extrémiste Layer Sinaï. Les forces sionistes d'occupation et les colons ont détruit des grottes, des tentes, des puits et ont chassé leurs habitants.

Ces destructions et annexions n’ont jamais connu de répit. En 2011, les forces sionistes d'occupation ont démoli une dizaine de locaux construits avec des briques, avec l’aide de l’Union Européenne. Ces locaux étaient utilisés pour des services publics dont des classes d’études et un petit cabinet médical. Elles ont aussi détruit quatre puits, des plaques solaires destinées à fournir un peu de lumière à ces locaux. Le village de Sousya continue de souffrir de ces agissements sionistes.

Résistance héroïque

Le militant contre la colonisation Nasr An-Nawajaa, habitant du village de Sousya, fait part de sa détermination et celle des villageois au correspondant de notre Centre Palestinien d’Information (CPI). Tous ces agissements ne pourront briser le moral des villageois qui restent sur leur terre, hissant le drapeau palestinien et luttant jusqu’à leur dernier souffle, dit-il.

Le village de Sousya restera résistant, la tête haute, défiant les agissements de l’occupation sioniste et les agressions quotidiennes de ses colons. Le village de Sousya défend son droit de vivre sur sa terre. Le village de Sousya y restera, aussi cher soit le prix.



Chassés de leurs maisons, les habitants ont reconstruit leur village sur leurs terres,
mais sont désormais considérés comme une « colonie sauvage »
(Illustration) Courrier de l'Atlas


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:28


une feuille d'informations


la troisième Intifada

Intifada al-Quds en Palestine :
Poursuivre le chemin de la libération


Rim al-Khatib



N°6 - Janvier 2016
N°5 - Janvier 2016
N°4 – Décembre 2015
N°3 – Décembre 2015
N°2 – Novembre 2015
N°1 – Octobre 2015

N°6 - Janvier 2016

« Avec chaque maison qu’ils démolissent, ils font naître des combattants.. Ces enfants que l’armée israélienne expulse, que deviendront-ils plus tard ? Ils se battront, par vengeance » (Mu’awiya, frère du martyr Ghassan Abu Jamal, de Jabal al-Mukabbir, al-Quds).

Citation :
L’Intifada al-Quds se poursuit, prenant diverses voies. Les Palestiniens attaquent les soldats et les colons, dans plusieurs régions de la Cisjordanie et notamment dans la province d’al-Khalil. Outre les couteaux et les voitures, ils utilisent de plus en plus les fusils et les charges incendiaires. De nombreux soldats et colons ont été blessés au cours de ce mois, sur les routes coloniales ou dans la ville d’al-Quds. Selon les statistiques, Plus de 250 opérations de la résistance depuis le mois d’octobre dernier ont entraîné la mort de 30 sionistes.

Les résistants ont mené plusieurs opérations de tirs contre l’armée de l’occupation, notamment dans la province d’al-Khalil, avant de prendre la fuite. La recrudescence de ce genre d’opérations, où les résistants parviennent à s’enfuir, a mis les sionistes en état d’alerte, car elles signifient un développement qualitatif de la résistance. C’est l’une des raisons qui ont poussé l’occupant à annoncer avoir arrêté une cellule de combattants du Hamas dans al-Quds et une autre cellule liée au Hezbollah, dans Turlkarm.

Incapables de mettre fin à la résistance palestinienne, les dirigeants sionistes sont divisés, entre « militaires » et « politiques », les politiques préférant durcir les mesures répressives et tuer, alors que les militaires craignent l’escalade et craignent surtout le déploiement des soldats dans un milieu hostile, ouvrant la voie à davantage d’opérations de la résistance. Pour sortir de leur impasse, ils agitent la possibilité de lancer une nouvelle guerre contre la bande de Gaza, prétextant que le mal qui les ronge viendrait de là. Ils ont inventé de nouveaux ennemis, dans la pure tradition coloniale, en premier lieu « l’incitation » : de la presse, de l’Autorité palestinienne, des organisations de la résistance et des citoyens sur Facebook. Tout le monde, pour eux, « incite » en rapportant les faits et en montrant les images de leur sauvagerie. Il semble que des organes jaunes installés en Europe aient repris le mot d’ordre sioniste et ont dénoncé « l’incitation » de la presse palestinienne, pour justifier le durcissement de ton des autorités sionistes face à la grève de la faim de Mohammad al-Qiq, journaliste palestinien incarcéré depuis plus de deux mois et qui mène la grève de la faim, pour réclamer sa libération et l’abolition de la détention administrative.

La bataille de la volonté est engagée, entre les sionistes de plus en plus déstabilisés et les Palestiniens résistants qui poursuivent le chemin de la libération, convaincus que l’Intifada al-Quds est le seul chemin possible à emprunter pour se débarrasser de l’occupation. Ni la sauvagerie des sionistes, ni leurs déclarations racistes, ni leurs lois coloniales ni leur extension sur le terrain ne peuvent mettre un terme à la colère et la révolte palestiniennes. Des maisons démolies sont et seront reconstruites, le déploiement militaire devient une opportunité pour atteindre les soldats et faire participer les autres régions à la révolte, les confiscations des terres sont dénonçées même par les puissances étrangères amies, les lois coloniales plongent l’entité dans un chaos dont fait les frais la société sioniste elle-même. Il faut rappeler que les martyrs n’ont pas tous poignardé ou essayé de poignarder les sionistes, certains furent exécutés de sang-froid, prétextant leur intention de mener une opération contre l’occupant. D’autres furent gravement blessés et laissés sans secours, le temps qu’ils meurent. Les exécutions témoignent cependant de la crise politique, sécuritaire et psychique de l’occupant, incapable d’envisager qu’un peuple réclame sa liberté. Les voix sionistes réclamant un peu de modération sont couvertes par les bruits de guerre des ultras, et la récente occupation des maisons dans la ville d’al-Khalil, par une poignée de colons protégés par l’armée d’occupation, risque de partager encore plus les sionistes.

Du côté palestinien, l’Autorité palestinienne et sa clique semblent de plus en plus isolées par un courant populaire de plus en plus large, notamment après les discours de Mahmoud Abbas et les déclarations des responsables des services sécuritaires. La proposition de Mahmoud Abbas de réclamer une « protection internationale » est soit immédiatement refusée et dénonçée, soit pointée du doigt comme étant une demande irréaliste (à cause du veto américain) ou antinationale. En cette fin de mois de janvier, l’Intifada se poursuit avec des opérations de plus en plus audacieuses, les sionistes plongent dans un malaise existentiel avec la généralisation de leur insécurité et le sentiment de n’être plus « aimés » par la communauté internationale. Le chantage à l’antisémitisme ne prend plus, malgré le durcissement des positions de certains régimes européens.

Martyrs palestiniens tombés depuis mi-janvier 2016 :

153 – Srour Abu Srour (23 ans), Camp Aïda, 12/1 ; 154 – Adnan Halakqa (17 ans), Shouyoukh, al-Khalil, 12/1 ; 155 – Mohammad Kawazbe (23 ans), Sa’îr, 12/1 ; 156 – Moussa Abu Z’ayter (31 ans), Bayt Lahia, Gaza ; 157 – Mou’ayed Jabbarin (21 ans), Sa’ir ; 158 – Haytham Yassin (31 ans), Nablus ; 159 – Mohammad Abu Zayed (18 ans), Gaza ; 160 – Mohammad Qaita (25 ans), Khan Younes Gaza ; 161 – Wissam Qasrawi (21 ans), Msalya, Jénine ; 162 – Khalil Amer (19 ans), Selfit ; 163 - Roqayya Abu ‘Id (13 ans), Anata, al-Quds ; 164 – Mohammad Halabiye (18 ans), Abu Diss, al-Quds ; 165 – Ibrahim Ussama Allan (21 ans), Ramallah ; 166 – Hussayn Abu Gosh (19 ans), Qalandia, al-Quds.

(Les sources palestiniennes consultées dénombrent les martyrs tombés au cours de l’Intifada al-Quds de manière différente, pour diverses raisons. Les chiffres repris dans ce bulletin ne sont pas toujours conformes à toutes ces sources.)

Scènes de l’Intifada al-Quds

La ville de Sa’îr

La ville de Sa’îr, en Cisjordanie, est située à l’est de la ville d’al-Khalil. Ses habitants ont refusé d’être à la traîne de l’Intifada al-Quds, ayant refusé toutes les pratiques humiliantes de l’occupation. Ils se sont sacrifiés pour que vive la Palestine et que Sa’îr soit débarrassée des colons. Sa’îr est devenue « la ville des martyrs » en offrant 12 martyrs au cours de l’Intifada al-Quds, appartenant aux familles Farroukh, Jabbarin, Jaradat, Shalalda et Kawazba.
Après avoir confisqué les corps des martyrs, l’occupation les a rendus en plusieurs étapes. Les funérailles des martyrs ont été l’occasion pour affronter les sionistes. Saïr est l’un des bourgs les plus peuplés de la province d’al-Khalil. Il compte environ 30.000 habitants qui souffrent de la terreur sioniste. Il est entouré par la colonie Kiriat Arba, au sud et la colonie Kadoumim au nord, et la route coloniale de contournement 60 du côté ouest.
A à la jonction Bayt Inoun, appelée « jonction de la mort », 8 Palestiniens ont été exécutés en l’espace de trois mois. C’est la principale entrée pour Sa’îr et Shouyoukh, les Palestiniens devant y passer quotidiennement. C’est là où se trouvent les militaires coloniaux.

Quatre retraits des résistants suscitent la panique de l’occupant

Le « sniper » d’al-Khalil, les opérations menées dans la colonie Itan’il et celle menée dans la colonie Tel Aviv ont suscité la panique chez l’occupant, qui considère que les résistants palestiniens développent leurs savoir-faire. Ni les nombreuses arrestations, ni les interrogatoires musclés menés par les services de renseignements de l’ennemi n’ont permis aux sionistes de découvrir comment procèdent les résistants. Depuis trois ans, les sionistes poursuivent le « sniper » d’al-Khalil, sans résultat. Par air ou par sol, l’élite de leurs troupes est restée incapable de trouver le moindre indice pouvant la conduire jusqu’à lui. Si les autres résistants qui ont pu se retirer de la scène des opérations ont été exécutés ou arrêtés plus tard, il n’empêche que les services de renseignements de l’ennemi restent inquiets quant à la possibilité de le faire.

La reconstruction des maisons démolies


Une fois encore, l’unité des Palestiniens fait échouer l’arrogance sioniste. L’occupant a pris la décision de démolir les maisons de tous les martyrs ou les résistants arrêtés qui ont mené des opérations contre les soldats et colons. La riposte populaire est arrivée très vite : les maisons démolies seront reconstruites. C’est ainsi que des campagnes ont été menées dans plusieurs villes pour collecter l’argent et le matériel de reconstruction afin d’affirmer la solidarité populaire avec les martyrs et leurs actes, et avec l’Intifada al-Quds : que ce soit à Ramallah – al Bireh (maison du martyr Muhannad Halabi), ou à Selwad (maison des prisonniers arrêtés), à Nablus, à She’fat, les campagnes de collecte témoignent de la participation populaire à l’Intifada. Les étudiants de toutes les universités palestiniennes et les Palestiniens de 48 ont décidé d’élargir la campagne, afin qu’aucune famille de martyr ou de prisonnier ne soit abandonnée. Il faut remarquer que cette campagne, comme certains l’ont affirmé, n’a pas un caractère humanitaire, mais politique, elle signifie le défi à l’occupation et à ses mesures barbares et une prise en charge de l’Intifada par le peuple. Comme l’a récemment expliqué un responsable de la campagne pour la maison du martyr Muhannad Halabi, aucune démarche n’a été entreprise pour solliciter la collecte, au contraire, les gens se sont eux-mêmes déplacés, de tous âges et de toutes catégories sociales.
La reconstruction des maisons démolies est également devenue la tâche des Palestiniens de 48, qui subissent la démolition parce que leurs maisons auraient été construites de manière illégale. Reprenant la tradition de la reconstruction du village al-Araqib dans le Naqab occupé, sheikh Raed Salah a invité les Palestiniens à soutenir les efforts de reconstruction des maisons démolies dans la région du Triangle, après que les sionistes aient démoli deux maisons dans le bourg de Taybé.

Mohammad al-Qiq et Ahmad Manasra : deux figures emblématiques qui rassemblent les Palestiniens

Mohammad al-Qiq, journaliste palestinien détenu par les sionistes, qui l’accusent d’inciter à la haine de l’occupation et de menacer l’entité coloniale, mène une grève de la faim depuis plus de 60 jours. Sa vie est en danger et les autorités sionistes violent ses droits humains en l’alimentant de force, pour éviter sa libération. Partout dans les territoires occupés, en 67 ou 48, les Palestiniens ont affirmé leur soutien à leur frère, ce qui a provoqué la colère des autorités de l’occupation qui ont réprimé les manifestations.
Ahmad Manasra, jeune palestinien âgé à présent de 14 ans, a été arrêté, après avoir été blessé par les hordes de colons, et son cousin exécuté. Son interrogatoire alors qu’il était hospitalisé puis dans les locaux des services de renseignements de l’occupation, a soulevé l’indignation générale. Ces services ont voulu, en transmettant la séance d’interrogatoire au public, dissader les enfants et les Palestiniens en général de poursuivre l’Intifada. Mais c’est le contraire qui a eu lieu, les jeunes ayant décidé de se venger de la sauvagerie des instructeurs. Les autorités de l’occupation attendaient que Ahmad ait 14 ans pour le juger et le condamner, faisant croire au monde qu’elles agissent selon des lois, qu’elles mêmes ont d’ailleurs fixées.

Répression et purification ethnico-religieuse

Le ministre sioniste de l’Intérieur a décidé de supprimer la carte de résidence (identité) dans al-Quds pour les Palestiniens prisonniers Bilal Abu Ghanem (23 ans), qui avait participé à l’opération menée par le martyr Baha’ début octobre, Mohammad Abu Kaff (18 ans), Walid Al-Atrach (19 ans) et Abd Mahmoud Dwayat (20 ans), accusés par l’occupation d’avoir lancé des pierres sur une voiture de colons.

L’occupation refuse de rendre les corps des martyrs maqdissis : 10 martyrs attendent d’être enterrés par leurs familles et leur peuple. Il s’agit des martyrs Thaer Abu Ghazale, l’enfant Hassan Manasra, Bha’ Alayan, Alaa Abu Jamal, Ahmad Abu Sha’ban, l’enfant Mu’tazz Uwayssat, Mohammad Nimr, Omar Skafi, Abdel Mohsen Hassouna et Mus’ab Ghazali.

A Haïfa, ville occupée en 1948, les étudiants qui avaient protesté contre la présence à l’université d’un professeur égyptien, en l’accusant de normalisation et de compromission avec l’occupant, ont été exclus de l’université, en témoignage de solidarité des autorités académiques sionistes avec le professeur égyptien. Les trois étudiants palestiniens visés sont Jules Elyas, Marwan Abu Ata et Mu’tassem Zaydan.

Les colons poursuivent la profanation de la mosquée al-Aqsa, sous la protection de la police sioniste, qui continue à empêcher des fidèles inscrits sur une « liste noire », les indésirables, d’y entrer. Dans al-Quds, les autorités sionistes ont mis fin au siège de Jabal al-Mukabbir, qui a duré 90 jours, en enlevant les blocs de ciment. Elles ont poursuivi les incursions dans plusieurs localités, et arrêté des centaines de jeunes et d’enfants, comme à Al-Issawiya, où la police taxe les commerçants.

Le porte-parole du mouvement Fateh dans al-Quds, Ra’fat Alayan, a déclaré que l’occupant vise les commerçants de la ville d’al-Quds, pour les expulser. Il a ajouté que les commerçants subissent de lourdes taxes, sous de prétextes divers.

La presse palestinienne

La réconciliation palestinienne (Khaled Sadeq al-Istiqlal)
Citation :
La réconciliation inter-palestinienne est de nouveau à l’ordre du jour, avec des rencontres à Qatar entre le Fateh et le Hamas. Bien que les pourparlers restent secrets, afin que la presse et les commentaires ne s’en emparent pas pour les réduire à néant, l’auteur suggère que toute réconciliation doit se faire d’abord sur la base de la lutte contre les sionistes et la non-reconnaissance de l’entité coloniale. Ensuite, il serait logique que les formations palestiniennes de la résistance aient leur mot à dire en vue du règlement des principaux points de discorde. Finalement, la réconciliation est nécessaire, mais il ne faut pas donner de faux espoirs au peuple, qui se bat à présent contre la présence sioniste en Palestine. L’Intifada al-Quds a déjà porté de coups durs aux sionistes, qui vivent de graves contradictions dans leurs rangs. De plus, la notion de sécurité a été ébranlée, le prestige de l’armée sioniste est entamé, le retour des sionistes à leurs pays d’origine commence à faire son chemin, et l’entité sioniste souffre d’un isolement de plus en plus grand.

« La protection internationale » par Mahmoud Omar, al-Istqlal N°921
Citation :
Le dernier discours du président Mahmoud Abbas témoigne de la crise dans laquelle vit l’Autorité palestinienne. D’une part, elle poursuit la coordination sécuritaire avec l’occupant qui assassine dans les rues d’al-Quds et de la Cisjordanie, et d’autre part, elle réclame la protection internationale du peuple palestinien et l’envoi des troupes internationales dans les territoires palestiniens, ce que refusent les organisations palestiniennes. Mais que signifie « la protection internationale » ? Pour Abdel Sattar Qassem, il s’agit d’une nouvelle mise en scène de l’Autorité palestinienne, comme forme de pression pour reprendre les négociations avec l’entité sioniste. Bien que « la communauté internationale » ait accepté d’envoyer des troupes internationales dans 22 pays depuis 1981, cela n’arrivera pas pour la Palestine car l’AP est faible et n’a aucune carte de pression pour faire avancer sa demande. Ce qui s’appelle « protection internationale » a totalement échoué dans la ville d’al-Khalil, où les « troupes internationales » ne protègent pas la population palestinienne contre les sionistes mais écrivent des rapports.

Le martyr 150 (Al-Istiqlal)
Citation :
Le martyre de Nash’at Melhem, 29 ans, de ‘Arara, n’a pas été décompté par le ministre de la santé de l’Autorité palestinienne. Cet « oubli » a été vite compensé par une large campagne palestinienne le comptabilisant comme « le martyr 150 ». Le ministre de l’AP a justifié son décompte en affirmant que les territoires palestiniens occupés en 48 ne font pas partie de ses prérogatives. La justification est pire que la faute. L’AP est en difficulté, elle a refusé la résistance armée, elle a espéré être récompensée par les Etats arabes et musulmans, qui l’ont cependant abandonnée. Pourquoi donc faire une concession gratuite à l’entité sioniste en refusant de décompter « le martyr 150 » ?

al-Istiqlal : rapport sur les divisions sionistes face à l’Intifada al-Quds 13/1/2016
Malgré l’unanimité sioniste relative à la poursuite des exécutions et de la répression, de profondes divergences séparent les responsables de l’entité coloniale. Deux tendances s’affrontent, les politiques et les sécuritaires, qui divergent sur la manière de répondre à l’Intifada al-Quds. Netanyahu et Yaalon affirment qu’ils peuvent réprimer « le terrorisme » et la population palestinienne en poursuivant les exécutions, alors que les responsables des services sécuritaires pensent que les opérations de la résistance deviennent de plus en plus précises et qu’il faut éviter de se déployer parmi les Palestiniens. Il faudrait, selon ces services, les enfermer et les surveiller.

Communiqués et déclarations

Sheikh Raed Salah, chef du mouvement islamique en Palestine 48, a déclaré dans une interview que l’entité sioniste voulait un Moyen-Orient en feu pour réaliser de nombreux objectifs, le principal consistant à partager la mosquée al-Aqsa et la construction du prétendu temple, et ensuite, se débarrasser des Palestiniens de l’intérieur.

Ziyad Nakhalé, secrétaire général adjoint du Mouvement du Jihad islamique en Palestine, a déclaré dans une interview que l’Intifada al-Quds exprime la volonté du peuple palestinien soumis à l’occupation. Le peuple palestinien a réalisé qu’il n’y a pas d’autres choix pour accomplir ses ambitions, et malgré la situation difficile de la résistance en Cisjordanie, les opérations se poursuivent. Le peuple est prêt au sacrifice, tant qu’il n’a pas accompli ses ambitions.

Communiqué conjoint du FPLP, du Hamas et du Mouvement du Jihad islamique en Palestine, dénonçant les déclarations de Majed Faraj, chef des appareils de renseignements de l’Autorité palestinienne 21 janvier 2016

Citation :
Majed Faraj avait déclaré que ses appareils ont fait avorter 200 opérations de la résistance contre les sionistes, depuis le début de l’Intifada al-Quds, en accord avec l’occupant.

Nous avons suivi, étonnés, les déclarations et positions exposées dans la revue américaine « Defence » du chef des appareils de renseignements généraux de l’Autorité palestinienne, que nous condamnons fermement, d’autant plus qu’elles sont intervenues dans un entretien sur le terrorisme et l’extrémisme, que subissent notre région et le monde. Ces déclarations nuisent profondément à la lutte de notre peuple et à ses sacrifices, et renforcent du même coup la division et l’écart entre les positions des forces du peuple palestinien. Nous dénonçons ces déclarations qui expriment l’insistance de l’Autorité à poursuivre la coordination sécuritaire avec l’occupant, d’autant plus qu’elles mettent sur le même plan la résistance de notre peuple et sa lutte légitime contre l’occupant d’une part, et le terrorisme que nous condamnons d’autre part. Nous mettons en garde les diverses factions de l’Autorité d’entrer en compétition sur l’avenir de l’Autorité par la porte sécuritaire… Nous affirmons notre refus d’introduire la Palestine, sa cause et son peuple dans le jeu des axes, des alliances et des conflits internationaux, sous le slogan de lutte contre le terrorisme, sans mentionner que le protecteur du terrorisme sioniste contre notre peuple n’est autre que l’administration américaine.

Le FPLP dénonce la participation d’hommes d’affaires palestiniens à un projet commercial du sioniste Rami Levi. Il réclame leur jugement et le boycott de ceux qui entretiennent des relations de normalisation avec l’occupant (communiqué du 17/1)

Sheikh Khodr Adnan, dirigeant au mouvement du Jihad islamique en Palestine, a également dénoncé la poursuite de la coordination sécuritaire avec l’occupant, suite aux déclarations de Majed Faraj, affirmant que cette coordination n’est pas nouvelle. Il a poursuivi : « le sang des martyrs et les souffrances des prisonniers et des blessés, et la terre spoliée, nécessitent la poursuite de la résistance ».

Abbas Zaki, membre de la direction du Fateh, a déclaré que l’occupant « israélien », qui démolit les maisons, exécute et commet des crimes à l’encontre des enfants et des femmes, qui profane la mosquée bénie d’al-Aqsa, qui menace la destruction des églises et l’incendie des mosquées, est un Etat dont le terrorisme se situe au plus haut de l’échelle dans le monde.

Wasfi Qubbaha, ancien ministre, membre du Hamas dans la ville de Jénine et ancien prisonnier, a affirmé que le fait de ne pas soutenir la lutte du journaliste prisonnier Mohammad al-Qiq signifie une participation au crime de l’occupant. Il s’est étonné du silence des appareils de l’Autorité palestinienne et notamment de ses diplomates qui devraient agir dans le monde pour élargir le soutien au peuple palestinien.

Moussa Abu Marzuq, dirigeant au mouvement Hamas, a écrit sur sa page Facebook que l’entité sioniste est rongée par la faiblesse. Il a critiqué ceux qui se vantent de la coordination sécuritaire avec l’occupant, et les pays arabes qui normalisent leurs relations avec lui. Il a affirmé que la réconciliation et l’unité protègent l’Intifada et a salué toutes les mesures de boycott prises dans le monde contre l’entité sioniste.

Les parents des martyrs maqdissis adressent un message au président de l’Autorité palestinienne, qui a refusé de les recevoir mais qui reçoit des délégations « israéliennes » : « Pense à nous, réclame la restitution des corps de nos martyrs ! »

Du côté des sionistes

Au cours de la conférence sur « la sécurité nationale » tenue dans l’entité sioniste, l’accent a été mis par le chef de l’armée sur l’incapacité des services de renseignements et des forces sécuritaires à appliquer une politique de dissuasion de la poursuite de la révolte palestinienne. Ils ne peuvent prévoir les opérations ni recueillir les renseignements car les résistants sont inorganisés. Il a déclaré que les opérations se poursuivront et a mis en garde le gouvernement d’instaurer des punitions collectives sur les villes et les bourgs palestiniens ou d’empêcher les travailleurs palestiniens de se rendre en « Israël » (les territoires occupés en 48).


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mer 27 Jan - 5:28

Rawabi, la colonie palestinienne qui embarrasse IsraëlSlate Frédéric Martel 06.01.2016 - 16 h 48


Ouvriers palestiniens travaillant à la construction de Rawabi,
le 27 octobre 2013 | REUTERS/Mohamad Torokman

Une nouvelle ville est en construction en Palestine. Programme immobilier grandiose et projet politique ambitieux, elle se heurte aux blocages israéliens. La «guerre des colonies» a-t-elle commencé? Enquête en Cisjordanie

Citation :
Shifa Salah est une jeune «rawabienne». À 26 ans, un élégant foulard sur les cheveux, des yeux pétillants d’intelligence, la jeune femme est l’une des premières habitantes de Rawabi. Ingénieure –ce qui est rare pour une fille ici–, récemment diplômée de l’université de Bir Zeit, et juste mariée, Shifa Salah vient d’emménager dans cette nouvelle ville avec son époux. Elle est enceinte. «Rawabi est une importante success-story pour les Palestiniens», me lance-t-elle, tout sourires, lorsque je la retrouve dans la «show-room» de présentation de Rawabi City.

Pour se rendre à Rawabi, il faut emprunter le shirout n°218 ou 219, un bus collectif palestinien qui part de la porte de Damas à Jérusalem-Est. Une dizaine de minutes plus tard, on franchit le mur de séparation entre Israël et les territoires palestiniens au niveau du village de Kalandia.

Le check-point, tenu par l’armée israélienne, est souple dans le sens Jérusalem-Ramallah, le bus le traverse sans même marquer le stop (mais il devient très strict dans le sens inverse: il faut sortir des voitures pour franchir à pied la «frontière» et être minutieusement contrôlés et fouillés; la plupart des Palestiniens de Cisjordanie ne sont pas autorisés à passer). Encore dix minutes de route et, s’il n’y a pas trop de trafic, on arrive à Ramallah, la capitale de la Palestine. De là, il faut prendre un nouveau mini-bus pour Bir Zeit, l’université au nord de la ville, puis un taxi jusqu’à Rawabi.

La cadre, alors, est spectaculaire. Dans une vallée aride du désert, avec de rares oliviers épars, apparaît tout à coup, sortie de nulle part, une ville à flanc de collines. Rawabi signifie «les collines» en arabe.

Dubaï en Cisjordanie

C’est comme un mirage. Voici Dubaï en Cisjordanie! Abu Dhabi en Judée! Des dizaines d’immeubles modernes ont été comme accrochés au rocher. La ville est construite en escargot, selon un plan circulaire.

La route est à peine praticable; et, soudain, on est dans une ville toute neuve aux rues pavées de pierres blanches et grises. En chemin, la flore est inexistante, il n’y a pas âme qui vive; et, brusquement, on découvre une végétation exotique et verte, des employés municipaux qui s’affairent et des drapeaux palestiniens qui flottent au vent avec audace.

Du côté israélien, les colonies sont une banalité: elles poussent comme des champignons, partout en Cisjordanie. Du côté palestinien, la naissance d’une nouvelle ville est rare. On la fête donc comme un événement exceptionnel. «C’est la première fois que nous construisons une nouvelle ville», affirme Hanan El-Wazir, l’une des responsables du projet, avec laquelle je visite Rawabi, à bord d’un véhicule municipal.

Du côté israélien, les colonies sont une banalité: elles poussent comme des champignons, partout en Cisjordanie. Du côté palestinien, la naissance d’une nouvelle ville est rare

Car c’est bien d’une ville qu’il s’agit. Un maire a déjà été élu. L’hôtel de ville est en construction, comme les écoles. Une caserne de pompiers et un poste de police doivent suivre. Une clinique, une piscine, un aqua-parc et des hôtels cinq étoiles sont prévus; un supermarché est presque achevé, un multiplexe ultra moderne arrive. J’aperçois le haut minaret d’une immense mosquée déjà bâtie. Je vois également un amphithéâtre de plein air, de type romain, presque achevé, dans lequel pourront prendre place, dès l’été 2016, «jusqu’à 15.000 personnes assises pour des spectacles de divertissement de niveau international», selon Hanan El-Wazir. Elle ajoute, visiblement heureuse: «Regardez: il n’y a aucune citerne d’eau sur les toits des immeubles, ni parabole pour recevoir la télévision par satellite.» Les citernes noires sont un symbole sur les toits de la plupart des maisons palestiniennes.

Pour l’instant, on croise peu d’habitants, à l’image de Shifa Salah, dans les rues de Rawabi. On me précise qu’une centaine de résidents seraient déjà installés dans la ville mais je ne peux le vérifier (lorsque je visite Rawabi, à deux reprises, fin décembre 2015 et début janvier 2016, c’est encore la période des vacances scolaires en Palestine et certains habitants sont hors de la ville, me dit-on). En tout cas, 40.000 personnes sont attendues pour les mois ou les années à venir, logés dans 6.000 «unités immobilières».

Les prix seront-ils abordables? Difficile de répondre à cette question. Selon les promoteurs immobiliers, les logements oscilleraient, à l’achat, entre 60.000 et 165.000 euros par appartement –ce qui n’est donc guère accessible à la plupart des Palestiniens. À Rawabi, on me garantit toutefois que les classes moyennes palestiniennes pourront y acheter un bien et que des facilités d’emprunts bancaires seront étudiées sur place par des professionnels (je vois en effet dans la «show-room» plusieurs bureaux d’agences bancaires). D’autres s’inquiètent que Rawabi devienne une ville résidentielle de luxe pour l’élite économique de Ramallah, certains Arabes-Israéliens désireux d’avoir une maison en Cisjordanie ou des Palestiniens des États-Unis. «Nous voulons que les gens vivent à Rawabi, ce ne doit pas être une ville de résidences secondaires», promet toutefois Hanan El-Wazir.

Ville modèle

L’architecte du projet est un milliardaire palestinien-américain du nom de Bachar al-Masri. Il a eu l’idée de ce programme immobilier de grande ampleur en 2007 et, pour le mener à bien, il s’est associé, sous la forme d’une joint-venture avec sa société Massar International, à la branche immobilière de l’État du Qatar («Qatar Diar»).

Parallèlement, Rawabi a bénéficié du soutien politique de l’Autorité Palestinienne, en matière d’infrastructures. Ce qui n’est pas allé sans retard. La construction des vingt-trois quartiers imaginés (trois seulement sont bâtis pour l’instant) n’a commencé qu’en 2011. Une vidéo emphatique présente l’ambition initiale, bien que la ville reste d’abord un projet immobilier privé.


Rawabi se veut une ville modèle. Elle sera verte et «smart». Le centre-ville est réservé aux piétons. Les ordures sont récoltées automatiquement et traitées sur place; les rues sont écologiques; le gaz, l’eau et l’électricité sont canalisés en sous-sol. «Nous en sommes très fiers, car c’est encore rare en Palestine», insiste Hanan El-Wazir. Je vois aussi de nombreux panneaux solaires qui resplendissent déjà, à deux pas du désert, bénéficiant naturellement d’un bon taux d’exposition au soleil. Les appartements sont connectés à la fibre optique –ce qui est également rare, y compris dans la capitale Ramallah.

C’est comme une compétition entre colonies
Shifa Salah, ingénieure et habitante de Rawabi

La ville voudrait aller plus loin et devenir une «smart city», une ville numérique. Sa promotion est faite, par la service de communication municipal, sur Facebook, Instagram et même Pinterest. Ses fondateurs espèrent même qu’elle soit un incubateur pour start-ups et que les multinationales du net, comme Google ou Microsoft, y installent leur siège social palestinien.

Projet de résistance

Rawabi est pourtant bien davantage qu’une ville: c’est un projet politique qui ne dit pas son nom. À quelques kilomètres à peine, sur la colline d’en face, on distingue Ataret, une colonie israélienne implantée en Cisjordanie. Les deux villes se regardent. «C’est comme une compétition entre colonies», lâche Shifa Salah. (En fait, me dira plus tard une porte-parole de Rawabi, «on ne peut pas comparer les deux projets: Rawabi est une ville palestinienne légale en territoire palestinien; Ataret est une colonie israélienne illégale en territoire palestinien».)

Est-ce un projet de résistance contre l’«occupant» israélien? Personne ne me le dit en ces termes mais l’idée est bien là. Bachar al-Masri a parlé, dès le début, de son projet comme d’un «espoir de paix». Sur place, on me précise juste, à mots comptés, qu’il «s’agit de montrer que les Palestiniens, eux-aussi, savent construire des villes modernes», selon Shifa Salah. «Il ne s’agit pas de mots, ni de rêves: on a fait un projet réel, une ville réelle», ajoute Salah.

Du côté israélien, les réactions sont variées, signes d’un certain embarras. Le gouvernement incite depuis longtemps les Palestiniens à choisir la voie de la «modernité» et une ville comme Rawabi pourrait incarner une certaine pacification. Dans un éditorial consacré au projet, le grand quotidien Yediot Aharonot a salué tous ceux qui veulent sortir du terrorisme et embrasser une «normalisation».

Il semble, en revanche, que les colons israéliens, ceux qui, voisins, habitent Ataret, ne partagent pas cet optimisme. Ils seraient même venus, à plusieurs reprises, détériorer les drapeaux palestiniens de Rawabi. Pour cette raison, un immense étendard d’une quinzaine de mètres de haut a été érigé aux couleurs de la Palestine. Il est plus difficile à détruire. «Les Israéliens ont tous les droits, rappelle d’ailleurs Shifa Salah. Ils peuvent tout faire ici. Ils peuvent venir détruire notre drapeau, ou même notre ville. Nous autres Palestiniens nous savons cela. Nous vivons constamment en sachant cela.»

Contrôle israélien

Au-delà du drapeau, Rawabi est confronté à des problèmes d’infrastructures graves, qui montrent que les tensions politiques n’ont pas disparu derrière ce projet immobilier privé. Il y a eu d’abord la question de l’eau, qui a entraîné plusieurs années de retard dans sa construction.

Car si la ville a été installée en «zone A», comme on appelle les territoires qui, selon les accords d’Oslo de 1993, sont sous la responsabilité intégrale de l’Autorité palestinienne, la route qui y conduit, depuis Ramallah, est située sur une courte portion de moins de trois kilomètres, en «zone C», sous contrôle israélien strict. Il y a d’ailleurs un check-point, peu avant l’entrée de Rawabi (je l’ai franchi facilement mais il arrive, m’a-t-on dit, que les soldats des forces armées israéliennes s’y montrent tatillons, ce qui suscite de longues files d’attentes, et nuit à l’image de la nouvelle ville).

Les Palestiniens n’ont-ils rien à proposer de mieux qu’une ville qui ressemble à toutes les «suburbs» américaines des années 1960 ou aux pires colonies israéliennes de béton ?

Sous ce prétexte, Israël a longtemps différé les autorisations pour l’approvisionnement en eau de la ville –une mesure «dilatoire» considérée comme «mesquine» par mes interlocuteurs de Rawabi (pendant quelques temps, ils ont organisé un «pont routier» en approvisionnant la ville en eau avec des camions citernes).

Et puis, il y a le problème même de la route d’accès à Rawabi. Pour une ville de 40.000 habitants, la voie actuelle, unique et étroite, est très insuffisante. Mais l’administration israélienne tarde à donner les autorisations à son élargissement.

Enfin, et c’est peut-être le plus grave, il y a la question de la nature très artificielle du projet. À voir les maisons toutes identiques en escargot, on se demande qui aura vraiment envie de venir vivre là. Des start-upers palestiniens vont-ils vouloir s’installer dans le désert alors que l’écosystème numérique à Ramallah est plus propice à l’incubation? Et lorsque Rania, une Américano-Palestinienne qui vit à Ramallah, me fait découvrir l’architecture intérieure des logements de Rawabi –tous identiques, avec à peine quelques latitudes pour choisir la couleur des meubles–, je doute du cadre de vie qui sera ainsi créé. Les Palestiniens n’ont-ils rien à proposer de mieux, pour leur projet politique emblématique, qu’une ville qui ressemble, dans sa monotonie, sinon sa médiocrité, à toutes les mauvaises «suburbs» américaines des années 1960 ou aux pires colonies israéliennes de béton? D’ailleurs, le modèle architectural de Rawabi, circulaire et en escargot, n’est pas sans rappeler les colonies illégales implantées par l’État hébreu.

Shifa Salah, pourtant, est enthousiaste. Elle travaille et vit ici. Son rêve d’ingénieure est devenu réalité. Elle espère voir grandir ses enfants dans la ville. Et comme beaucoup, elle espère que Rawabi ne sera qu’une première étape. Et qu’il y aura, me dit-elle, «une Rawabi II, une Rawabi III, IV, V».

En l’écoutant, je repense à la formule anti-impérialiste célèbre de Che Guevara –figure tant aimée par les Palestiniens–, qui avait annoncé «deux, trois, plusieurs Vietnam». Ce pourrait être cela, finalement, le slogan politique du projet: «Comme nous pourrions regarder l’avenir proche et lumineux, si deux, trois, plusieurs Rawabi fleurissaient en Palestine.»

Frédéric Martel


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Lun 1 Fév - 18:40



Haine de l’Occupation, pas des Juifs Haaretz via UJFP 31 janvier 2016  

Les attaquants palestiniens choisissent la violence comme moyen de résister à une violence pernicieuse, celle de l’occupation


Gideon Levy – 27 janvier 2016 - Haaretz
Citation :
La salle glauque bouillait d’une colère rentrée, qui se voyait pourtant sur les visages sombres de dizaines d’hommes présents. C’était une semaine de deuil dans le village palestinien reculé d’al-Karmil dans les collines au sud de Hebron, après le meurtre de Roukaia Abou Aîd, une fille qui n’avait même pas 14 ans. Elle a été tuée par un garde qu’elle a tenté de poignarder à l’entrée de la colonie d’Anatot. Dans les media israéliens elle a été désignée, sans sourciller, par « une terroriste de 13 ans ». Le père en deuil a d’abord refusé de nous parler. « De quoi aurais-je à parler avec les Israéliens qui ont tué ma fille ? ». Il neigeait en chemin et le brouillard régnait autour de la salle où se tenait le deuil. À l’intérieur, fureur et froid. Après quelques minutes, l’atmosphère s’est un peu détendue et le père, Aïd, a accepté de parler. Il a lié l’acte de désespoir de sa fille à la réalité de la vie sous occupation. « Chaque petit enfant voit bien les crimes » a-t-il dit.

En Israël ils ont choisi d’adopter la version de la mère de la fille, selon laquelle Roukaia aurait quitté la maison avec un couteau après une dispute avec sa sœur. En Israël ils ont aimé cette explication qui n’évoque ni l’occupation ni aucune autre absurdité de ce genre. Une querelle familiale. Nous n’avons joué aucun rôle dans le déroulement des faits. Même l’idée que toute Palestinienne sait que si elle se risque simplement hors de chez elle, un couteau à la main, elle sera tuée par balles par des Israéliens, cette idée ne choque personne ici.

Les dizaines de Palestiniens, jeunes hommes et femmes qui se sont résolus au cours des derniers mois à tuer des Israéliens ne l’ont pas fait « parce qu’ils sont juifs » comme aime à le présenter la propagande israélienne, avec une référence insistante (en général) à l’Holocauste et aux persécutions des Juifs. Ils se donnent pour but de tuer les conquérants. Ils choisissent la violence comme moyen de résister à une violence plus pernicieuse, celle de l’occupation. Ils voulaient blesser des Israéliens, des soldats et des colons en particulier, à cause de l’occupation et non parce qu’ils sont juifs. La judéité n’a rien à voir là-dedans. Pour les Palestiniens, il n’y a pas de différence entre soldats selon qu’ils sont juifs, druzes ou bédouins et un colon de la tribu de Manassé.

La tentative de faire passer toute résistance palestinienne violente comme de la persécution de Juifs parce qu’ils sont juifs est de toute évidence conçue pour mobiliser la sympathie dans le monde pour la victime, ultime, la seule et l’unique, le Juif, tout en dissimulant la vraie victime de l’histoire de l’occupation israélienne. Le conquérant comme victime et la seule victime de cette situation, dans une distorsion complète de la réalité. Il y a là aussi des objectifs internes : les Israéliens aiment avoir le rôle de victimes. Cela les unit, cache les motivations véritables des Palestiniens, estompe la culpabilité et libère Israël de sa responsabilité.

On n’a pas à justifier le terrorisme palestinien pour comprendre cela. Quasiment chaque visite rendue à une famille palestinienne en deuil livre le même tableau. Depuis des années, je suis étonné de la façon dont un journaliste israélien y est reçu, sans que quiconque ne sache qui il est ni ce qu’il représente, seulement quelques heures après l’enterrement. Comment un journaliste palestinien serait-il reçu dans une maison en deuil après une attaque terroriste palestinienne ?

Les mots se répètent : « Nous ne haïssons pas les Juifs, nous haïssons l’occupation ». Parfois, ils peuvent dire « nous haïssons le gouvernement » et, dans des cas extrêmes « nous haïssons les sionistes ». Pas les Juifs. Oubliez l’antisémitisme et la haine des Juifs. Rappelez vous l’occupation. Dans la plupart des cas, celle de 1967, parfois celle de 1948, en particulier dans les camps de réfugiés.

À l’idée que des dizaines de Palestiniens se sont déjà résolus à pratiquer spontanément des attaques au couteau ou à la voiture bélier, avec des centaines d’autres, peut-être des milliers ou des dizaines de milliers qui y pensent aussi, une réflexion aurait dû se développer en Israël. Pas celle d’une victime encore attaquée mais la prise en considération de ce qui amène des enfants désespérés et des adultes à commettre ces actes, tout en sachant que leurs chances de s’en sortir sont maigres. Mais cela pourrait soulever des questions que les Israéliens évitent comme le feu. La petite Roukaia voulait se suicider à cause de sa sœur ou juste tuer des Juifs parce qu’ils sont juifs. Il n’y a pas d’autre explication possible.

Traduction SF pour l’UJFP

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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Lun 1 Fév - 18:44



Hiver rigoureux, pauvreté, faim et inondations

Ghaza face à une grave crise humanitaire Fares Chahine 30.01.16


A Ghaza, deux nourrissons sont morts de froid

Fares Chahine a écrit:
Chutes de neige, températures de plusieurs degré en dessous de zéro, pluies torrentielles c’est ce qui caractérise la dépression atmosphérique qui frappe depuis quelques jours la Palestine occupée.

En Cisjordanie occupée et dans la ville sainte d’El Qods, ce bouleversement climatique a provoqué la fermeture de plusieurs routes, car devenues impraticables à cause de la neige. Cette situation influe bien évidemment sur les déplacements des citoyens, surtout ceux qui nécessitent des soins dans des centres hospitaliers.

Dans la bande de Ghaza, l’hiver rigoureux de cette année a aggravé de façon dramatique la crise humanitaire qui y sévit depuis des années. Dans cette deuxième portion des territoires palestiniens, le problème n’est pas la neige, c’est plutôt le froid et les pluies torrentielles qui ont rendu la vie de près de 2 millions de citoyens pratiquement impossible. Cela est dû au manque de moyens permettant de faire face à cette colère de la nature.

A Ghaza, aujourd’hui, il y a un effroyable manque d’énergie. La crise de l’énergie électrique y sévit depuis près de 10 ans. Cela remonte plus précisément à l’instauration par Israël du blocus aérien, terrestre et maritime à l’étroite bande côtière. Le programme qui consistait à donner 8 heures d’électricité à la population chaque jour s’est rétréci comme peau de chagrin. Maintenant les Ghazaouis n’ont plus droit qu’à une ou quatre heures de courant par jour… contre 20 à 23 heures de coupure. Ce qui est insupportable, surtout pour les familles qui ont des enfants.

Israël sans cœur

La société de distribution de l’électricité dans la bande de Ghaza explique cette baisse par des pannes qui affectent certaines lignes alimentant Ghaza depuis Israël.

Des lignes que l’armée israélienne empêche d’être réparées. Il est évoqué aussi un manque de carburant pour faire tourner à plein régime la seule centrale électrique du territoire et une consommation accrue que le réseau en place, vieillissant, ne peut supporter. Autre gros soucis, les Ghazaouis ont aussi du mal à trouver des bouteilles de gaz butane qui se sont raréfiées sur le marché. En temps normal, il faut juste 2 ou 3 jours d’attente pour obtenir une bouteille de gaz pleine. Aujourd’hui, il en faut… 40. Le temps de mourir de froid trente-six mille fois.

Là aussi Israël est pointé du doigt, seul fournisseur de gaz à l’enclave palestinienne. Les Palestiniens reprochent aux Israéliens de ne pas fournir Ghaza en quantité suffisante. Celles qui passent ne suffisent pas à répondre à la demande des citoyens et de certains secteurs, dont celui de l’aviculture. Sans ces deux sources d’énergie (électricité et gaz), la vie est un enfer.

Trois guerres meurtrières et destructrices en l’espace de 6 ans, blocus renforcé depuis près de dix ans, infrastructures de base détruites, machine économique paralysée, chômage, pauvreté, dépendance aux aides internationales, secteur de la santé manquant de moyens matériels et un déficit flagrant en eau potable : voilà dans quel univers apocalyptique vivent aujourd’hui les Palestiniens.


L’enfer sur terre


Pour le moment, tout ce que demandent les Ghazaouis est de se chauffer et d’être à l’abri des inondations qui frappent certains endroits de la bande de Ghaza, surtout dans le Sud, à Rafah et Khan Younes. Si la Protection civile fait ce qu’elle peut avec ses moyens rudimentaires pour sauver certains citoyens des eaux parfois usées qui inondent leurs maisons, les autres départements de l’administration locale brillent par leur absence. La bande de Ghaza — qui normalement est dirigée par le gouvernement palestinien d’entente nationale — est dans les faits gouvernée par le mouvement Hamas qui a la mainmise sur tous les aspects de la vie sociale.

Hamas, pour se dédouaner, accuse à son tour le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le gouvernement basé à Ramallah de faillir à leur devoir envers les citoyens de la bande de Ghaza. La direction palestinienne réplique souvent que la moitié de son budget est destinée à l’enclave où elle ne dispose, pourtant, d’aucune autorité réelle sur le terrain.

La division persistante entre les deux territoires occupés représente, pour la majorité des Palestiniens, la cause essentielle de tous les maux qui frappent le peuple, particulièrement dans l’enclave palestinienne.

A quand la fin de ce jeu de cache-cache criminel ?

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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mar 2 Fév - 15:59


"COLONIALISME DE PEUPLEMENT"

E'M.C. Médiapart 1er février 2016


Citation :
Pour transformer les Juifs en Européens en Asie, le sionisme leur proposait un éventail de professions qui leur avaient périodiquement fermées durant leur résidence en Europe, notamment dans les domaines agricoles et militaire; il fit d'eux tout à la fois des travailleurs productifs et des "sabras" (1) virils et conquérants.

Ces possibilités leur étaient offertes par une terre  asiatique revendiquée comme héritage transmis aux Juifs modernes par ceux qui étaient considérés comme leurs "ancêtres hébreux".

L'une des principales tâches que s'assigna le projet sioniste fut d'ailleurs l'organisation de fouilles archéologiques destinées à étayer l'avenir des Juifs par le passé des Hébreux.(2)

Le sionisme comprenait que pour devenir européens, les Juifs ne pouvaient plus s'identifier en termes tribaux ou religieux; il leur fallait désormais le faire en termes de race et de nationalité.

C'est dans ce contexte que les origines religieuses du judaïsme devinrent des origines nationales et raciales et que les anciens rois hébreux devinrent les ancêtres des Juifs modernes.

Ceci s'accomplit au début du siècle par l'investissement sioniste dans la nouvelle science statistique, laquelle, incorporée à ce qui était jusqu'alors connu sous le nom de Wissenschaft des Judentum ("science du judaïsme") en fit une Jüdische Wisdenschaft ("science juive").

Arthur Ruppin dirigeait le Bureau des statistiques juives, installé à Berlin dès 1904 afin de démontrer scientifiquement comment les Juifs formaient un Volk et une race. (3)

Ruppin s'intéressait grandement à l'eugénisme et avait remporté un "prix important" pour une étude en génétique. (4)

Dix ans plus tard, il fut nommé représentant de l'exécutif sioniste en Palestine. (5)

D'après une récente étude du chercheur israélien Shachlav Stoler-Liss, pendant toutes les années 1930, des membres éminents de l'establishment médical sioniste en Palestine défendirent le principe de la castration des malades mentaux, souhaitant encourager la reproduction au sein des familles "qui comptent parmi l'intelligentsia", tout en limitant l'extension des "familles d'origine orientale" (mizrahies) et "empêcher [...] les vies dépourvues de finalité". (6)

Le journaliste du quotidien israélien Ha'aretz s'étonne de ce que "ces propositions ne proviennent pas de quelque programme du Troisième Reich, mais sont bien le fait de personnages clé de l'establishment sioniste en Eretz Israël pendant la période du Mandat britannique". (7)

Ces idées allaient pourtant continuer à conduire le mouvement sioniste jusqu'à nos jours, s'exprimant avec la plus grande clarté dans la quête contemporaine de "marqueurs génétiques" Juifs. ( 8 )


BLUT UND BODEN

Ce sont les principes nationalistes européens Blut und Boden ("le sang et le sol") qui guidèrent l'invention sioniste des  Juifs comme nation possédant sa propre terre.

Le premier point à l'ordre du jour allait donc consister à coloniser une telle terre pour s'y installer.

La nahalat avot, la "terre ancestrale", désert asiatique "désolé" et "en déshérence", les colons juifs allaient en faire une terre européenne verdoyante, florissante, couverte d'arbres et forêts - inépuisable sujet de fierté pour les Juifs israéliens.

Altneuland, Le roman futuriste de Herzl, n'a pas seulement servi de plan fantastique à cet effet.

L'image même du Juif comme vecteur de la civilisation européenne des Gentils dans une géographie barbare est constitutive de l'argumentaire politique sioniste.

Ces dans ces termes que Haïm Wiezmann formula le projet en 1930 :

"[Nous] souhaitons épargner aux Arabes autant que possible les souffrances que subit toute race arriérée à l'arrivée d'une autre nation plus avancée" (9)

Quand les Palestiniens décidèrent de résister â cette "mission civilisatrice", Weizmann, futur premier président de l'Etat d'Israël, caractérisa ainsi les tâches qui attendaient le sionisme dans la répression de cette résistance :

"D'un côté des forces de la destruction, les forces du désert se sont levées, et de l'autre côté les forces de la civilisation et de l'édification tiennent fermement. C'est la vieille guerre du désert contre la civilisation, mais nous ne nous laisserons pas arrêter."
(10)

En effet, personne ne les arrêta.

Ils détruisirent une part importante de la société palestinienne et expulsèrent la majeure partie de sa population.


L'ANGOISSE DES TRACES

Le sionisme resta cependant travaillé par une grande inquiétude quant aux traces significatives qui restaient des Palestiniens et aux traces supposées des Hébreux qu'ils s'obstinaient à vouloir exhumer.


LA FABRICATION D'UN PASSÉ

Ainsi les mots désormais célèbres de Moshé Dayan sur ce qui était arrivé aux villes palestiniennes ne nous parlent pas seulement de la destruction du passé non-juif de la Palestine, mais aussi de la production d'un passé juif amalgamé au passé hébraïque :


Moshé Dayan a écrit:
Des villages juifs ont été construits à la place des villages arabes.

Vous ne connaissez même pas les noms de ces villages arabes et je ne vous le reproche pas, parce que ces livres de géographie n'existent plus.

Non seulement les livres n'existent  pas, mais les villages arabes non plus ne sont plus là.

Nahalal est apparu à la place de Mahboul, Gvat    à la place de Jibta, Sarid à la place de Haneifa     et Kfar Yehoshuah à la place de Tel-Shaman.

Il n'y a pas un seul endroit construit dans ce pays qui n'ait pas eu auparavant une population arabe
. (11)

COMITÉ ISRAÉLIEN DES NOMS DE LIEUX

Cette opération palimpsestique n'eut rien d'arbitraire, mais fut au contraire soigneusement planifiée dès le début de la colonisation, avec la création du "Comité des noms de lieux" du Fonds national juif, rebaptisé après 1948 "Comité israélien des noms de lieux". (12)

Israël continua sans état d'âme à changer les toponymes après l'occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza. (13)

Les nouveaux noms restèrent après les accords d'Oslo.

La Cisjordanie porte toujours ses noms sionistes exhumés, "Judée et Samarie", des noms utilisés dans le parler gouvernemental et journalistique, non seulement par les dirigeants et les partisans du Likoud, mais aussi par ceux du Parti travailliste.

Non seulement les nouveaux noms exhumés sont restés, mais le projet colonial qui avait été la force motrice initiale du sionisme n'a rien perdu de sa vigueur.

Depuis 1948, l'implantation coloniale sioniste a transformé le territoire palestinien en érigeant de nouveaux bourgs et de nouvelles villes sur les ruines et les traces palestiniennes.

Des colons juifs européens s'installèrent dans les lieux palestiniens qui n'avaient pas été détruits et les convertirent en localités juives européennes.

Évoquant les premiers efforts de la colonisation des survivants de l'Holocauste à leur arrivée en Palestine, l'historien israélien Tom Segev écrit:

Tom Segev a écrit:
[...] La guerre d'Indépendance éclata et des dizaines de milliers de logements furent disponibles.

[...] Des centaines de milliers d'Arabes prirent la fuite et furent expulsés de chez eux.

Des villes entières, des centaines de villages se vidèrent de leur habitants et furent repeuplés en bonne et due forme par les nouveaux venus.

En avril 1949, ces derniers étaient au nombre de 100000, la plupart survivants du génocide.

Ce fut à la fois un moment dramatique de la guerre et une bataille d'une effrayante banalité pour l'acquisition de maisons et de meubles.

Des hommes libres, les Arabes, partirent en exil comme de misérables réfugiés; et de misérables réfugiés, les Juifs, s'emparèrent des maisons des exilés pour commencer leur nouvelle vie d'hommes libres.

Les uns perdaient tout ce qu'ils possédaient au moment où d'autres trouvaient ce dont ils avaient besoin - des tables, des chaises, des armoires, des pots, des casseroles, des plats, parfois des habits, des albums de famille, des livres, des radios et des animaux domestiques.

La plupart des immigrants investirent les maisons arabes abandonnérs dans le désordre et l'anarchie et sans autorisation légale.

Pendant plusieurs mois, le pays fut pris d'une frénésie de "prenez tout ce que vous pouvez", "premier arrivé, premier servi".

Par la suite, les autorités s'efforcèrent d'arrêter le pillage et exercèrent un contrôle sur la répartition du logement, mais c'était en général trop tard.

Les immigrants prirent également possession des magasins et des ateliers arabes; bientôt certains quartiers arabes commencèrent à ressembler à des villes juives de l'Europe d'avant-guerre, avec des tailleurs, des cordonniers, des droguistes, des métiers juifs traditionnels.
(14)

Le sionisme allait continuer à faire de ces villes des localités entièrement européennes, ajoutant une saveur hébraïque à la nouvelle identité juive.

Non seulement il se réappropria l'histoire laïque et religieuse des Hébreux dont la philosophie religieuse avait été confisquée par le protestantisme européen, mais à la faveur de ses engagements européens, il dirigea en bloc le douteux héritage grec de l'Europe.


COLLIMATION  JUDÉO-CHRÉTIENNE

C'est dans cet esprit que la division schismatique fut colmatée après la Seconde Guerre mondiale sous l'appellation d'héritage "judéo-chrétien" commun à tous les civilisés. (15)

La question palestinienne persista pendant toute l'histoire pré-étatique du sionisme, à la fois comme question nationale et comme question territoriale.


FORCING COLONIAL

La création de l'État d'Israël en 1948 déclencha un processus de colonisation ininterrompu, l'occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza en 1967 marquant une intensification de cet effort qui a pris une impulsion encore plus forte depuis la signature des accords d'Oslo, le nombre de colons juifs installés dans les territoires-toujours-occupés ayant doublé depuis 1993.

Mais de même que la colonisation sioniste, la résistance palestinienne se poursuit.

La question palestinienne dure donc aussi longtemps que dure l'aventure sioniste.


Notes :

(1) Le terme arabe "sabra" renvoie aux enfants nés en  Palestine des colons juifs européens. Le mot désigne le cactus qui, dit-on, ressemble au Nouveau juif (invariablement masculin) "dur en dehors et tendre en dedans"

(2): Sur les fondements idéologiques et la pratique effective de l'archéologie israélienn, voir Nadia Abu El-Hajj, facts on the Grouns Archeaeogical Pratice aind Territorial Self-fashioning in Israeli Society, Chicago, Univerdit y of Chicago Press, 2001.

(3): Cf. Mitchell B. Hart, Social Science and the Politic of Modern Jewish Identity, Stanford, Stanford University Press, 2000, pp. 56-73.

(4): Cf. Walter Larqueur, Histoire du sionisme, Calman-Lévy, 1973, p.230.

(5): Ibid.

(6): Cité par Tamara Traubmann, "Do Not Have Children If They Won't Be Healty", Ha'aretz, 11 juin 2004.

(7): Ibid.

( 8 ): Sur la recherche sioniste de "marqueurs génétiques" juifs et sur l'inlassable investissement du mouvement dans la séparation raciale des Juifs, voir Nadia Abu El-Haj; voir aussi Joseph Massad, The Ends of Sionizm : Racism and the Palestinian Struggle, interventions, volume 3, 2003.

(9): Cité par Simha Flapan, Sionizm and the Palestunians, Londres, Croomhelm, 1979, page 71.

(10):  Colonial Office [CO] 733/297/75156/II/Appendis A, extrait du discours de Weizmann, 33 avril 1936, Grande-Bretagne, Rapport de la Commission Peel, pp. 96-97, cité pzr Philip Mattar, The Mufti of Jerusalem : Al-Hajj Amin-al-Husayni and the Palestinian National Movement, New York, Columbia Universty Press, 1988, page 73.

(11): Ha'aretz, 4 avril 1969, cité par David Hirst, The Gun, page 221.

(12): Cf. Saul Cohen et Nurit Kliot, "Israel's Place-Names as Reflection of Continuity and Change in Nation Building", in Names: Journal of the American Name Society, 29:3 ( septembre 1981. Le Fonds national Juif était et est toujours l'organisation sioniste qui possède toutes les terres juives "achetées" en Palestine.

(13): CF. Saul Cohen et Nurit Kliot, "Place-Names in Israel's Ideological Struggle over the Administered Territories", in Annual of the Association of American Geographers, 82:4 (1992)

(14): Tom Segev, Le septième Million, 1993, p. 197.

(15): Sur les origines du néologisme "tradition judéo-chrétienne", voir, Novick, l'Holocauste dans la vie américaine, Gallimard, 2001, p. 40.

(16): Cf. Ella Sohat, Israeli Cinema: East/West and the Politics of Representation, Austin, University of Texas Press, 1989; et Le sionisme du point de vue de ses victimes juives, La Fabrique, 2006.

(17): L'image du "quartier difficile" est l'une de celles qu'affectionne l'ancien - et premier ministre Benyamin Netanyaho. Voit, par exemple, sa discussion avec  secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright Le 14 novembre 1997 à Londres, où il explique : "Nous vivons dans un quartier difficile". La transcription de cet entretien est disponible sur le site de l'Ambassade des USA en Israël www.usembassy-israel.org.il/publish/peace/archives/1997me1114b.html, consulté le 20 novembre 2002.

In La persistance de la question palestinienne, Josef A. Massad, La Fabrique, 2009.


Choix et découpage, intertitres, E'M.C.

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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Mar 10 Mai - 10:36


pour info, via Sihame Assbague ‏@s_assbague Tweeter 9 mai


« Ce dimanche 15 mai, la Palestine sur la place de la République. »




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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Dim 15 Mai - 13:39

13 mai 2016


Les extrémistes gagnent du terrain

Le camp de Aïn el-Heloué [Liban] glisse dans le giron de Daech



Les regards sont à nouveau tournés vers Aïn el-Heloué depuis les derniers incidents qui s’y sont déroulés. Malgré les contacts entrepris pour remédier aux séquelles des échauffourées et les efforts déployés particulièrement par Azzam Ahmad, responsable du dossier palestinien au Liban, qui a débarqué à Beyrouth venant de Ramallah à la demande du président Mahmoud Abbas, la situation ne semble pas sous contrôle.

Chaouki Achkouti a écrit:
La tension qui règne dans les camps de Saïda, depuis les événements qui ont précédé l’assassinat du cadre du Fateh, Fathi Zeidan, a poussé les autorités libanaises à tirer la sonnette d’alarme et à inviter les forces palestiniennes à la vigilance et à l’action pour prendre en main et consolider la sécurité dans leurs camps.

Dans cette perspective, des sources palestiniennes estiment que la franchise et la responsabilité qui ont caractérisé les propos du chef des Renseignements de l’armée au Sud, le général Khodr Hammoud, devant l’importante délégation de la sécurité palestinienne à la dernière réunion à la caserne Zgheib à Saïda, reflètent bien les appréhensions des Libanais. Ceux-ci sont conscients du danger qui menace à ce stade et plaident pour une présence plus efficace et plus musclée sur le terrain de la force sécuritaire palestinienne mixte.

Daech, comme le montrent les derniers rounds de violence dans le camp, infiltre Aïn el-Heloué par le biais de groupes palestiniens et de Syriens venus de Syrie ou d’autres factions déjà présentes sur place. L’influence de ces groupes, qui tentent d’attirer des clans et familles dans de nouveaux quartiers, connaît une véritable croissance. L’idéologie islamiste gagne du terrain, les bandes arrivées de l’étranger sont financées pour recruter des jeunes désœuvrés qui, appâtés par le gain, sont prêts à les suivre.

Le camp de Aïn el-Heloué glisse graduellement dans le giron de Daech. La formation des «Jeunes musulmans», qui contrôle actuellement de nombreux quartiers, fraternise avec l’organisation terroriste. On cite spécialement ceux de Tira-Safsaf-Minchiyé, une partie de Hittin et le camp des Tawarek. Ce qui, au total, représente plus de la moitié de Aïn el-Héloué vivant désormais sous la coupe de Daech et al-Nosra. La carte de la répartition des groupes se présente comme suit:

♦ Oussama Chéhabi: rattaché au Front al-Nosra. Il dirige un groupe de 30 éléments.
♦ Bilal Badr: 50 éléments, favorable à al-Nosra.
♦ Haytham el-Chaabi: 40 disciples, al-Nosra.
♦ Mohammad el-Chaabi: Daech.
♦ Jamal el-Ramid surnommé el-Chichani: émir de Daech dans le camp.
♦ Hilal Hilal, à la tête du groupe militaire de Daech.
♦ Toufic Taha et Raëd Jawhar: ils mènent deux groupuscules liés à Daech.

Le Fateh affaibli


L’apathie et la faiblesse, dont font preuve le Fateh et l’Autorité palestinienne, finiront par faciliter l’extension de l’organisation terroriste vers d’autres parties du camp, dans le cadre d’un plan préétabli pour le contrôler tout entier.
♦ Le mouvement Fateh est divisé en deux factions qui se rapprochent et collaborent en phase avec les intérêts de l’Autorité palestinienne à Ramallah.
♦ L’alliance des partis qui rassemble les Brigades de Syrie, le Jihad islamique, le Front de libération et le Front de la lutte – le Commandement général et al-Saïka, est actuellement dirigée par le Hamas.
♦ Les forces islamiques regroupent le mouvement de Jamal Khattab, Osbat al-Ansar, Abou Tarek Saadi et comptent quelque 300 combattants. Ces forces font leur possible pour alléger la tension et construire des ponts entre les organisations radicales et les brigades.

Les données, que possède l’institution militaire, et qui sont recoupées avec celles des Américains, indiquent que le but de Daech est d’étendre son hégémonie sur l’ensemble du camp de Aïn el-Heloué. Le général Kamil Daher, chef des Renseignements militaires de l’Armée libanaise, a communiqué ces informations aux responsables des mouvements palestiniens, les mettant en garde contre toute éventuelle scission au sein d’une quelconque organisation qui aura pour effet de jeter une partie de ses combattants dans les bras de Daech.

[...]

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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Sam 28 Mai - 22:59


Le remplacement de Ya’alon par Lieberman est une nouvelle étape des efforts déployés par la nouvelle élite politique de droite d’Israël pour prendre le contrôle de l’État.


Citation :
Un coup d’État militaire est un phénomène politique connu dans l’histoire ancienne et récente. L’armée prend d’assaut le palais du gouvernement et prend le pouvoir. Mais ce qui est arrivé le 20 mai en Israël, lorsque le ministre de la défense Moshe « Bogie » Ya’alon a laissé place à Avigdor Lieberman, peut être décrit comme un coup d’État civil mené par une classe politique de droite contre une armée qui lui barrait la route.

Le processus qui a conduit à ces événements politiques spectaculaires a été long. Tomer Persico, expert en religion et observateur attentif de la société israélienne, a parlé d’un « soulèvement du peuple contre l’État », plaçant les valeurs ethnocentriques (juives) au-dessus de toutes les autres.

L’appartenance ethnique et non la citoyenneté est devenue l’essence de l’identité israélienne. Les vieilles élites du secteur public ou des milieux de la presse ou de la culture, considérées comme les gardiens des concepts obsolètes de type républicain tels que la primauté du droit ou les droits de l’homme, font face à des attaques constantes.

Pendant de nombreuses années, l’armée, organe le plus prestigieux et le plus unificateur au sein de la société juive israélienne, était relativement à l’abri de ce genre de critiques. Mais les choses ont changé. Pendant la dernière guerre contre Gaza à l’été 2014, Naftali Bennett, chef du Foyer juif qui fait partie des porteurs de cette nouvelle révolution, est ouvertement devenu un adversaire du haut commandement militaire et de son représentant politique au sein du gouvernement, le ministre de la Défense de l’époque Moshe Ya’alon.

Sur la base d’informations provenant probablement de commandants de rang intermédiaire, dont beaucoup ont été éduqués dans des institutions national-religieuses, Bennett a critiqué avec véhémence le comportement de l’armée lors de l’opération « Bordure protectrice », l’accusant d’avoir retenu des informations cruciales provenant du gouvernement et d’avoir hésité à lutter contre le Hamas. Le fait que l’armée ait ouvertement mis en garde le gouvernement contre l’occupation de Gaza a presque été vu comme un acte de lâcheté.

Toutefois, les critiques émises par Bennett, partagées en partie par le ministre des Affaires étrangères de l’époque Avigdor Lieberman, ont donné lieu en réaction à une coalition étroite entre le Premier ministre Benjamin Netanyahou d’une part, et Ya’alon et le haut commandement militaire d’autre part. Tous deux préféraient une opération militaire limitée et un cessez-le-feu négocié par l’Égypte à l’objectif plus ambitieux consistant à renverser le Hamas et à anéantir ses capacités d’attaque.

Des opérations militaires d’envergure

Pourtant, ils avaient des raisons différentes d’adopter ces positions. Netanyahou est peu enclin à mener des opérations militaires d’envergure dans la mesure où elles mettent en danger le statu quo qui permet à Israël de maintenir son contrôle sur la Cisjordanie et de poursuivre son projet de colonisation. L’armée est réticente à lancer des offensives à grande échelle car elle est parvenue à la conclusion qu’elle ne pouvait pas obtenir une victoire nette dans les circonstances actuelles du conflit israélo-palestinien, une leçon tirée d’opérations successives menées à Gaza et ailleurs.

Dans le même temps, le haut commandement militaire estime que les chances d’aboutir à une solution politique au conflit sont minces, voire inexistantes. L’option privilégiée est donc de maintenir un conflit de faible intensité.

D’une certaine façon, les critiques de Bennett sont justifiées. En dépit de son avantage écrasant face aux Palestiniens et de son budget annuel de plus de 15 milliards de dollars, l’armée israélienne recherche encore des raccourcis dans toutes les confrontations militaires auxquelles elle participe.

À l’été 2014, Netanyahou, Ya’alon et l’armée ont fini par conclure un cessez-le-feu sans renverser le Hamas ni occuper Gaza, alors qu’ils en avaient l’occasion. Mais les élections israéliennes de mars dernier, qui ont abouti à la formation d’un gouvernement exclusivement de droite, sans la participation du parti centriste Yesh Atid de Yaïr Lapid, ont modifié l’équilibre du pouvoir.

La nouvelle génération au sein des partis d’extrême droite s’est montrée déterminée non seulement à gouverner, comme elle le fait de manière quasiment ininterrompue depuis 1977, mais aussi à changer la nature des institutions de l’État en fonction de ses perceptions politiques. Elle voulait terminer le processus auquel Persico a fait référence : placer l’ethnie juive au-dessus de l’État et mettre de côté des valeurs telles que la primauté du droit, la bonne gouvernance, les droits de l’homme et même les règlements militaires.

Bennett a lui-même été désigné au poste de ministre de l’Éducation de la coalition et a commencé un processus de réécriture des manuels scolaires, en particulier de ceux qui sont axés sur l’histoire et les sciences politiques. Son acolyte au sein de son parti, Ayelet Shaked, a été nommée ministre de la Justice et a engagé une bataille pour réduire les pouvoirs de la Cour suprême et du système judiciaire dans son ensemble. En compagnie d’autres ministres du Likoud, parti au pouvoir qui penche toujours plus à droite, ils ont initié une série de lois visant à restreindre les activités des organisations de défense des droits de l’homme.

Des tensions exacerbées

L’apparition des événements violents en Cisjordanie et à Jérusalem à la fin de l’an dernier a exacerbé des tensions déjà vives entre la nouvelle élite émergente de droite et l’armée. Fidèle à sa philosophie de conflit de faible intensité, l’armée a essayé de contenir les événements. Au lieu de mener des représailles contre la population civile palestinienne, Ya’alon et l’armée ont insisté pour soulager la pression en délivrant par exemple plus de permis de travail en Israël.

Cette politique s’est avérée efficace car elle a probablement contribué à empêcher la propagation des affrontements à de plus larges sections de la société palestinienne ; cependant, celle-ci est restée très impopulaire dans les milieux d’extrême-droite, qui attendaient de l’armée qu’elle « tire pour tuer » chaque fois qu’un Palestinien osait attaquer ou faire face à des soldats ou des civils israéliens en Cisjordanie et ailleurs.

Le tournant s’est produit à Hébron, où un soldat israélien, Elor Azaria, a abattu Abdel Fattah al-Sharif, un Palestinien blessé qui gisait dans la rue et qui aurait tenté de poignarder un soldat dans la ville occupée. L’incident a été filmé et la vidéo a été diffusée ; Azaria a été rapidement arrêté et inculpé tout d’abord pour meurtre.

L’armée et Ya’alon ont rapidement été pris à partie pour les poursuites engagées contre Azaria. Le soldat est devenu une sorte de héros populaire qui a « fait ce qu’il fallait », à savoir tuer un Palestinien qui a osé défier la mainmise d’Israël sur la Cisjordanie. Bennett a affronté Ya’alon au gouvernement, tandis que Lieberman, qui était alors un simple député après avoir refusé de rejoindre la nouvelle coalition de Netanyahou, a même participé à une manifestation devant le tribunal militaire où les audiences d’Azaria avaient lieu.

Pourtant, malgré cette pression, Ya’alon et l’armée n’ont pas reculé et ont insisté pour que le procès d’Azaria ait lieu. Ce n’était pas uniquement une question d’ordre moral. L’armée, semble-t-il, craignait également que tirer Azaria d’affaire n’eût encouragé d’autres soldats à suivre son exemple, ce qui aurait mis en péril sa stratégie de conflit de faible intensité contre les Palestiniens. Toutefois la droite n’y a vu qu’un nouveau signe de la faiblesse de l’armée face aux Palestiniens.

Un discours prononcé à la veille du jour du souvenir de l’Holocauste par le général Yaïr Golan, vice-chef d’État-major, s’est avéré être la partie émergée de l’iceberg. Golan a prévenu que l’on pouvait voir « parmi nous » aujourd’hui des « signes » des « processus nauséabonds » qui se sont déroulés en Europe et en Allemagne avant la Seconde Guerre mondiale.

Toute comparaison entre la situation actuelle en Israël et l’Allemagne nazie soulève habituellement un énorme tollé en Israël, mais cette fois-ci, c’était pire. Cette comparaison sortait de la bouche d’un des principaux généraux d’Israël. Pour la droite et même pour Netanyahou, il s’agissait de la preuve dont ils avaient besoin pour démontrer que l’armée, au lieu de « combattre l’ennemi », était devenue trop politique et se mettait à donner des leçons de morale à la société israélienne.

Les événements qui ont entraîné la nomination de Lieberman étaient en partie accidentels. Netanyahou voulait élargir son gouvernement. Les négociations avec le Camp sioniste dirigé par Isaac Herzog ont échoué et Lieberman était une option facile. Mais ces événements ont également une signification plus profonde.

Les nouvelles élites d’Israël

Lieberman, un immigré originaire de Moldavie qui a servi seulement quelques mois dans l’armée, dans le magasin du quartier-maître qui supervise la distribution de fournitures et de provisions, est l’illustration des nouvelles élites d’Israël. Ya’alon, un laïc avéré éduqué dans un mouvement de jeunesse travailliste et qui a passé de nombreuses années dans un kibboutz, est un représentant typique de la vieille garde. Yehuda Glick, qui remplacera Ya’alon au Parlement, est le leader des « Fidèles du mont du Temple », un des mouvements de premier plan de la nouvelle droite religieuse et impénitente. Il fait également partie de ces nouvelles élites.

Pourtant, l’importance de la tournure des événements n’est pas uniquement symbolique. En remplaçant Ya’alon par Lieberman, la nouvelle droite fait un grand pas dans le processus qui la verra envahir le plus grand et peut-être le dernier bastion des organes étatiques d’Israël : l’armée. Le fait que de nombreux officiers de rang faible et intermédiaire sont déjà des sympathisants de cette nouvelle pensée ethnocentrique facilitera certainement ce processus.

Une question cruciale demeure : que fera la nouvelle élite de droite de ce nouveau trophée ? S’en servira-t-elle pour annexer des régions en Cisjordanie, comme le prêche Bennett depuis de nombreuses années, ou pour occuper la bande de Gaza et éliminer le Hamas, comme Lieberman l’a suggéré plus d’une fois ? Ou ces fervents partisans de droite découvriront-ils qu’il n’existe pas de réelle solution militaire au conflit israélo-palestinien ?

Pour le moment, Netanyahou semble ne pas avoir l’intention d’agir comme l’indiquent Bennett, Lieberman et consorts. Il préfère toujours le statu quo. Mais les coups d’État ont tendance à renverser ceux qui les ont initiés. Netanyahou pourrait bien devenir la victime de sa propre révolution.



Meron Rapoport, journaliste et écrivain israélien, a remporté le prix Naples de journalisme grâce à une enquête qu’il a réalisée sur le vol d’oliviers à leurs propriétaires palestiniens. Ancien directeur du service d’informations du journal Haaretz, il est aujourd’hui journaliste indépendant.

Photo : l’Israélien Isaac Herzog, co-leader de l’Union sioniste, leader du Parti travailliste et chef de l’opposition, s’adresse au public lors de la conférence anti-BDS organisée par Ynet et Yedioth Ahronoth, à Jérusalem, le 28 mars 2016 (AFP).


Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.


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MessageSujet: Re: PALESTINE et ISRAËL   Lun 30 Mai - 21:47


Israël : l'ultranationaliste Lieberman investi ministre de la Défense

30/05/2016 20:48:02 -  Jérusalem (AFP) -  © 2016 AFP

L'ultranationaliste Avigdor Lieberman a été investi lundi par le Parlement israélien comme ministre de la Défense, un poste où il supervisera l'action dans les Territoires palestiniens et où il a promis de se montrer "raisonnable" après des années de rhétorique agressive.


Le futur ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman (g)
et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (d) à Jérusalem, le 25 mai 2016

Citation :
La nomination du chef du parti Israel Beiteinou, et celle de Sofa Landver -membre de la même formation- au poste de ministre de l'Intégration, a été approuvée par 55 voix contre 43 et une abstention, les 21 autres députés étant absents lors du vote.

Après presque deux semaines de tractations et de revirements, M. Netanyahu a donc réussi, en intégrant Israel Beiteinou dans la coalition gouvernementale, à porter de 61 à 66 voix la majorité ténue dont il dispose au Parlement (120 sièges).

Avec l'entrée de M. Lieberman, ce gouvernement est le plus à droite de l'histoire d'Israël selon les commentateurs.

Il remplace à la Défense Moshé Yaalon, considéré en Israël comme un avocat de la retenue envers les Palestiniens.

Connu pour ses diatribes anti-arabes et son populisme belliqueux, Avigdor Lieberman, 57 ans, se retrouve en position de numéro deux du gouvernement, avec une voix prépondérante sur le déclenchement des guerres, le conflit israélo-palestinien et l'administration des Territoires occupés.

Avant ses négociations avec M. Netanyahu, il accusait le gouvernement de manquer de fermeté face aux attaques palestiniennes et lui reprochait de ne pas construire dans les colonies de Cisjordanie occupée.



Avigdor Lieberman, leader ultranationaliste, à Jérusalem le 25 mai 2016
© MENAHEM KAHANA AFP/Archives


Une partie de la communauté internationale, qui juge illégale la colonisation israélienne et la considère comme un obstacle majeur à la paix, se demande maintenant à quoi s'attendre, dans un climat déjà tendu avec les Palestiniens.

Les Etats-Unis, le grand allié d'Israël, se sont ouvertement interrogés "sur la direction que (le gouvernement israélien) pourrait prendre".

Le Premier ministre français Manuel Valls, dont le pays tente de relancer un processus de paix israélo-palestinien moribond et accueille une réunion internationale sur ce sujet en fin de semaine, a jugé que cette nomination faisait partie "des éléments qu'on doit intégrer".

L'Autorité palestinienne a dit voir dans le gouvernement israélien en gestation "une vraie menace d'instabilité et d'extrémisme dans la région".

- 'Soit vous êtes mort' -

M. Lieberman déclarait récemment que s'il devenait ministre de la Défense, il lancerait un ultimatum de "48 heures" au chef du mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza: soit vous rendez les corps de soldats israéliens morts, "soit vous êtes mort".

Selon différents commentateurs, Avigdor Lieberman pourrait toutefois se montrer pragmatique à l'épreuve du gouvernement.

"La première chose à laquelle je m'engage, c'est une politique responsable, raisonnable", a-t-il dit la semaine dernière.

Benjamin Netanyahu a affirmé lundi que le retour de celui qui fut son mentor puis son ministre des Affaires étrangères (2009-2012, 2013-2015) ne changerait pas les orientations gouvernementales: "Nous allons poursuivre une politique de sécurité responsable et énergique tout en cherchant les voies de la paix".

Les dernières incertitudes autour de l'investiture de MM. Lieberman et Landver ont été levées après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a résolu dans la nuit de dimanche à lundi une querelle de dernière minute: le parti nationaliste religieux Foyer juif, membre de la coalition gouvernementale, se disait prêt à voter contre leur nomination quitte à provoquer des législatives anticipées.

Le parti de Naftali Bennett exigeait la création d'un poste d'attaché militaire auprès du cabinet de sécurité, sorte de conseil des ministres restreint décidant les questions les plus stratégiques comme les guerres.

Pour M. Bennett, il s'agissait de s'assurer que ces décisions stratégiques ne soient pas le fait de quelques-uns, comme lors de la dernière guerre à Gaza en 2014.

D'après le compromis trouvé en dernière minute avec le Foyer Juif, les membres du gouvernement recevront de fréquents briefings de la part du Conseil de sécurité nationale, le temps qu'un groupe d'experts examine les moyens d'améliorer les procédures.



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