PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?

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MessageSujet: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 13:32


nouveau sujet avec une discussion initiée par vlad2 dans ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?


Rente pétrolière, source L'économie de A à Z
Citation :
Si, sur le marché, le pétrole se vend à peu près partout au même prix (aux différences de coût de transport et de qualité près) parce qu'il s'agit d'un produit faisant l'objet d'un marché mondial, les coûts d'exploitation sont très différents d'une zone de production à l'autre: de 20dollars le baril (environ 160litres) pour le pétrole de l'Alaska à 2dollars pour celui du Moyen-Orient, en passant par 13dollars pour celui de la mer du Nord. Les pays producteurs les mieux placés disposent donc d'une rente qui est partagée entre la société d'exploitation (qui a pris le risque de l'exploration), le pays détenteur de la richesse naturelle (et qui, en la vendant, prélève sur son stock de ressources exploitables), et les sociétés de raffinage et de distribution.

Commentaire:
L'expérience a montré que la rente pétrolière (comme les autres rentes issues de l'exploitation éventuelle de ressources non renouvelables produites à meilleur compte que le prix du marché) n'engendrait pas que des effets bénéfiques: dopée par les rentrées de devises, l'économie nationale avait tendance à vivre au-dessus de ses moyens, voire à dilapider tout ou partie de cette richesse tombée du ciel, puisque ne provenant pas d'un travail ou d'une activité nationale. C'est le Dutch disease (syndrome hollandais), ainsi appelé parce que ce constat a été fait d'une manière assez détaillée à propos des retombées de la mise en exploitation des immenses champs gaziers des Pays-Bas.






Dernière édition par Patlotch le Jeu 21 Jan - 14:29, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 13:33

Vlad2 a écrit:
LE KRACH MONDIAL RAMPANT DE 2016 VICTIME DU TERRORISME MÉDIATIQUE ?

L’installation de coupes circuits sur toutes les Bourses du monde a oté le spectaculaire des krachs précédents .

La réalité des baisses n’est plus perceptible que sur des périodes longues,un mois minimum.
Profitant d’un jour de congé à Wall Street, la bourse de Ryad a pulverisé, lundi le plancher officiel par un - 21,1 % depuis le début de 2016, sans provoquer une ligne dans les médias.

Les Bourses du Golfe chutent, plombées par le pétrole et l’Iran – Vent de panique AFP le 17/01/2016

Citation :
publié dans 17 janvier 2016 par Ludo Rossi dans Actualités, Marchés financiers, Moyen Orient // 1 Commentaire

La Bourse saoudienne, la plus importante des pays arabes, a chuté de 6,5% après avoir ouvert à -5,5%.

L’indice Tadawul All-Shares a perdu plus de 300 points quelques minutes après l’ouverture du marché, sous la barre de 5.500 points, tous les secteurs passant au rouge.
Les valeurs pétrochimiques ont dégringolé de 8% et les bancaires de 5,3%.

Depuis début 2016, cette place a cédé 21,1%, plus que toutes ses pertes de 2015…..

http://www.anti-k.org/2016/01/17/les-bourses-du-golfe-chutent-plombees-par-le-petrole-et-liran-vent-de-panique/

L’Italie en ligne de mire :
Italie: fébrilité autour du système bancaire, suspensions de cotation
(ajoute cours des banques à la clôture de la Bourse)

Milan (awp/afp) - Plusieurs valeurs bancaires se sont effondrées lundi à la Bourse de Milan, provoquant leur suspension temporaire, alors que les investisseurs s'inquiètent d'un retard dans la consolidation de ce secteur, très éclaté et dont une partie est considérée comme à risque.

La plus mauvaise performance a été réalisée par la banque Monte dei Paschi di Siena (BMPS), qui a clôturé en dévissant de 14,76% à 0,7655 euros. Le titre de celle qui affirme être la plus vieille banque du monde a été suspendu à plusieurs reprises.

Banca popolare dell'Emilia Romagna (BPER) a chuté de 8,73%, Carige de 7,29%, UBI Banca de 7,28%, Banco Popolare de 6,73% et BPM (Banca popolare di Milano) de 5,55%. Les deux plus grandes banques italiennes, UniCredit et Intesa Sanpaolo, ont cédé respectivement 5,37% et 5%.

A l'origine de cet effondrement: en premier lieu, les craintes des investisseurs liées aux créances douteuses des banques italiennes, selon des opérateurs sur la place milanaise.

Quatre petites banques régionales --la Banca Marche, la Cassa di Ferrara, la Banca Etruria et la CariChieti-- ont fait fin 2015 l'objet d'un plan de sauvetage d'un coût de quelque 3,6 milliards d'euros pour le système bancaire italien.

"La situation des banques italiennes est délicate, parce que les créances douteuses se situent à un niveau très élevé, dépassant les 200 milliards d'euros", explique à l'AFP Lorenzo Codogno, chef économiste chez LC Macro Advisors Limited et ancien directeur général au ministère des Finances italien.

"Ceci limite la capacité du secteur bancaire italien à fournir du crédit à l'économie", souligne-t-il, "des organisations internationales, comme le FMI, ont appelé avec force l'Italie à faire quelque chose à ce sujet, en créant par exemple une +bad bank+", une structure de défaisance chargée d'isoler des actifs et des dettes, afin d'épurer les bilans des banques.

Mais les discussions avec la Commission européenne à ce sujet peinent à avancer, en raison de difficultés liées aux règles sur les aides d'Etat.

Autre raison de la réaction des marchés: la consolidation du secteur qui tarde à survenir, alors que l'Italie compte plus de 700 banques différentes, avec une pléthore de petits établissements…..

http://www.romandie.com/news/Italie-febrilite-autour-du-systeme-bancaire-suspensions-de-cotation/667880.rom

vlad2 a écrit:
ART DE LA GUERRE MONETAIRE ET ECONOMIQUE ou dépossessions sans limites – essai d’une vision à long terme (hors lutte des classes !!) :

Le Grand Transfert/Marché : La Fed est responsable de la chute des prix du pétrole et de la chute des bourses Par Bruno Bertez

Citation :
PAR THE WOLF LE 17/01/2016 • ( 13 COMMENTAIRES )

http://leblogalupus.com/2016/01/17/le-grand-transfertmarche-la-fed-est-responsable-de-la-chute-des-prix-du-petrole-et-de-la-chute-des-bourses-par-bruno-bertez/

les commentaires précisent : les moutons toujours tondus

une news. une entité chinoise est rentrée à 12% chez mercuria
me fait penser aux acheteurs moyen orient qui sont rentrer dans citi avant le crash 08

rapport cours petrole / or en temps de crise :

Citation :
What Crisis Is The Gold/Oil Ratio Predicting This Time?

Submitted by Tyler Durden on 01/18/2016 10:30 -0500

http://www.zerohedge.com/news/2016-01-17/what-crisis-goldoil-ratio-predicting-time


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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 13:34


Admin : cet article importé par vlad2 (merci !) est plus complet à la source. J'ai rajouté quelques graphiques, mais ils ne se comprennent que dans le texte original...


Le pétrole de l’Iran entrant dans le marché mondial, ou la goutte qui fait déborder le vase de la lutte des classes ? Vers un nouveau cycle …..

2016 : les limites du pétrole et la fin du super-cycle de la dette

L’entropie n’est plus ce qu’elle était

Note du Saker Francophone
Citation :
Voici le dernier article de Gail Tverberg, traduit et commenté par le physicien et astronome François Roddier. M. Roddier est l'auteur d'un livre magistral, Thermodynamique de l'évolution : Un essai de thermo-bio-sociologie, dans lequel il développe des analyses sur l'évolution avec les outils conceptuels fournit par la thermodynamique.

Cet article suit un ensemble de publications autour de l'énergie, de la dette ou plus récemment de la monnaie. Ce sont bien les éléments de la trame de fond qu'il faut suivre derrière le brouillard de la communication....

Que va-t-il se passer en 2016 ?

Citation :

Citation :
La plupart des gens ne réalisent pas combien sont étroitement liés :

1.la croissance de la dette
2.la croissance de l’économie
3.la croissance des sources d‘énergies d’accès facile
4.l’inflation des coûts de production
5.la croissance du prix des actifs, tels que le prix des parts d’actions et des terres agricoles
6.la croissance des salaires des travailleurs non spécialisés
7.la croissance de la population


Il me semble que ces liens sont sur le point de provoquer des perturbations très importantes dans l’économie, alors que les limites de pétrole et d’autres limites de l’énergie entraînent un passage rapide de la version bienveillante du super-cycle économique à la partie reflétant la contraction. On a beaucoup parlé du pic du pétrole, des limites de la croissance, et du super-cycle de la dette sans se rendre compte que le problème sous-jacent est partout le même – le fait que nous atteignons les limites d’un monde fini.

Il y a en fait plusieurs limites de types différents à un monde fini, menant toutes à la hausse du coût de la production. J’en discuterai plus en détail plus loin. Il semble que dans le passé, la phase de contraction du super-cycle a été due principalement à une population trop élevée par rapport aux ressources. Cette fois, l’épuisement des combustibles fossiles, en particulier du pétrole, joue un rôle majeur. Les autres limites contribuant à la fin du super-cycle de la dette en cours sont une pollution croissante et l’épuisement des ressources autres que les combustibles fossiles.

Le problème des limites d’un monde fini se manifeste d’une manière inattendue : le ralentissement de la croissance des salaires des travailleurs non spécialisés. Des salaires bas impliquent que ces travailleurs sont de moins en moins capables d’acheter les produits du système. Ces problèmes entraînent tout d’abord une offre excédentaire de produits de base et des prix très bas. Ils provoquent ensuite une chute du prix des actifs et des défauts de paiement généralisés. Ces problèmes sont à l’opposé de ce à quoi beaucoup s’attendent, à savoir une pénurie de pétrole et des prix élevés. Cette situation étrange est due au fait que l’économie est un système en réseau. Les boucles de rétroaction d’un système en réseau ne fonctionnent pas nécessairement de la façon à laquelle on peut s’attendre.

1. Les difficultés dues au ralentissement économique mondial sont susceptibles de s’accentuer, car les problèmes liés à la croissance de la Chine subsistent, et que d’autres pays producteurs de matières premières, comme le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Australie, subissent la récession. On pourra observer des dérives rapides des devises, tandis que les pays cherchent à dévaluer leur monnaie pour tenter de progresser sur les marchés mondiaux. L’Arabie saoudite peut décider de dévaluer sa monnaie pour faire plus de bénéfices sur le pétrole qu’elle vend.

2. Il y a de bonnes chances que le stockage du pétrole devienne un problème dans le courant de 2016. En fait, si les possibilités d’accroître les réserves deviennent très limitées de décembre à avril, comme c’est arrivé il y a un an, le manque d’espace de stockage pour le pétrole brut pourrait constituer un problème dès les trois prochains mois. Le prix du pétrole pourrait tomber à 10$ ou moins. On sait que pour le gaz naturel et l’électricité, les prix tombent souvent en dessous de zéro lorsque la capacité du système à absorber davantage d’offre devient nulle. Il n’est pas clair si les prix du pétrole peuvent tomber en dessous de zéro, mais ils peuvent certainement tomber très bas. Même si nous arrivons à échapper d’une manière ou d’une autre au problème du manque de place de stockage de pétrole brut en 2016, il se peut que nous éprouvions diverses difficultés de stockage en 2017 ou 2018.


3. La chute des prix du pétrole posera vraisemblablement de nombreux problèmes. L’un est la faillite du remboursement de la dette, à la fois pour les compagnies pétrolières et pour les entreprises qui fabriquent des produits utilisés par l’industrie pétrolière. Un autre problème est celui des licenciements dans cette industrie. Un autre est celui des taux d’inflation négatifs, qui rendent plus difficile de rembourser la dette. Un autre problème encore est la chute du prix des actifs tel que celui des actions et des terres utilisées pour développer les produits de base. L’origine de la baisse des prix a en partie à voir avec la baisse du prix des marchandises produites. En outre, les fonds liés à la santé publique auront besoin de vendre des titres, pour avoir de l’argent afin de maintenir leur économie en cours. La vente de ces titres fera diminuer la pression sur les cours boursiers et obligataires.

4. Les défauts de paiement de la dette sont susceptibles de causer des problèmes majeurs en 2016. Comme indiqué dans l’introduction, il semble que nous nous approchions du déroulement d’un super-cycle de la dette. Nous pouvons nous attendre à ce que les entreprise fassent faillite les unes après les autres en raison du faible cours des marchandises. On peut s’attendre à ce que le problème de ces entreprises en difficulté se propage à l’économie tout entière. Les entreprises défaillantes vont licencier des travailleurs, réduire la quantité des salaires disponibles pour acheter des biens fabriqués à partir de matières premières. La dette ne sera pas entièrement remboursée, causant des problèmes aux banques, aux compagnies d’assurance et aux fonds de pension. Même les compagnies d’électricité pourront être affectées si leurs fournisseurs font faillite et si leurs clients sont moins en mesure de payer leurs factures.




5. Les gouvernements de certains pays exportateurs de pétrole peuvent s’effondrer ou être renversés si les prix tombent à un bas niveau. La perturbation concomitante des exportations de pétrole sera peut-être la bienvenue, si le stockage devient un problème croissant.

6. Il est difficile de dire si le déroulement complet aura lieu en 2016, mais une partie majeure de ce dénouement pourrait avoir lieu cette année-là, en particulier si les réserves de stockage de pétrole brut se remplissent, poussant les prix du pétrole à moins de 10$ le baril.

7. Que les réserves de stockage se remplissent ou non, les prix du pétrole vont certainement rester très bas, suite à une offre grandissante, une demande qui peine à la hausse, et l’absence de volonté de prendre des mesures pour essayer de résoudre le problème. Apparemment, tout le monde pense que quelqu’un d’autre (l’Arabie saoudite ?) pourrait ou devrait résoudre le problème. En fait, celui-ci est trop grand pour que l’Arabie saoudite puisse y arriver seule. Les États-Unis pourraient en théorie trouver une solution à l’approvisionnement actuel en pétrole en taxant leur propre production à un taux d’imposition confiscatoire, mais cela semble extrêmement peu probable. Clore la production de pétrole existante avant qu’elle ne soit contrainte de cesser garantirait la dépendance future sur les importations de pétrole. Une approche plus vraisemblable serait de taxer les importations de pétrole de façon à maintenir les quantités importées à un niveau gérable. Cette solution risque de provoquer la colère des pays exportateurs de pétrole.

8. Les nombreuses difficultés de 2016 (déplacements rapides des devises, baisse du prix des produits de base, défauts de paiement) risquent de provoquer des ventes importantes de produits financiers dérivés, pouvant conduire des institutions financières à la faillite, comme cela s’est produit en 2008. Pour éviter de telles faillites, la plupart des gouvernements envisagent de déplacer le plus possible vers le privé les pertes liées aux produits financiers dérivés et aux défauts de paiement. Il est possible que cette approche amène des déposants à perdre ce qui semble être des dépôts bancaires garantis. Dans un premier temps, ces pertes seront probablement circonscrites aux montants dépassant les limites d’assurance de la FDIC. Tandis que la crise s’étend, les pertes pourraient se propager à d’autres dépôts. Des dépôts d’employeurs peuvent être également affectés, conduisant à des difficultés pour payer les employés.

9. Dans l’ensemble, du point de vue financier, 2016 apparaît comme une année bien pire que 2008. Les dangers seront similaires à ceux qui auraient pu se produire en 2008, mais qui ont été évités grâce à l’intervention du gouvernement. Cette fois, les gouvernements semblent être sans recours pour résoudre les problèmes.

10. Il y a deux ans, j’ai réalisé le graphique présenté sur la figure 12. Il montre que la production de tous les éléments liés à l’énergie baisse rapidement après 2015. Je ne vois pas pourquoi cette prévision devrait être modifiée. Dès que le super-cycle de la dette commence sa phase de contraction, on peut s’attendre à une réduction importante de la demande et de la fourniture de toutes sortes de produits liés à l’énergie.......


Conclusion
Citation :
Nous entrons certainement dans une période inquiétante. Nous n’avons pas vraiment compris comment l’économie fonctionne, et nous avons eu tendance à supposer que nous pourrions résoudre une partie ou une autre de la difficulté. Le problème sous-jacent semble relever de la physique. L’économie est une structure dissipative, un type de système d’auto-organisation qui se forme dans les systèmes thermodynamiquement ouverts. En tant que tel, il a besoin d’énergie pour se développer. Tôt ou tard, les rendements décroissants par rapport au travail humain – ce que certains d’entre nous appellent la baisse des salaires des ouvriers non spécialisés corrigée de l’inflation – tend à tirer l’économie vers le bas. Ainsi toutes les économies ont des durées de vie limitées, tout comme les humains, les animaux, les plantes et les ouragans. Nous sommes dans la position inconfortable où nous observons la fin de vie de notre économie.

La plupart des recherches sur l’énergie ont, à ce jour, porté sur la deuxième loi de la thermodynamique. Bien qu’elle fasse partie du problème, elle n’est pas vraiment la cause immédiate de l’effondrement imminent. La deuxième loi de la thermodynamique fonctionne dans des systèmes fermés, ce qui est pas précisément le cas ici.

Nous savons, historiquement, que les effondrements ont eu tendance à durer de nombreuses années. Cet effondrement peut être plus rapide parce que l’économie d’aujourd’hui dépend de chaînes d’approvisionnement internationales, l’électricité et les combustibles liquides, des choses dont les économies antérieures ne dépendaient pas.

J’ai écrit de nombreux articles sur des sujets connexes (malheureusement, pas de livre). Voici quelques-uns d’entre eux:

http://lesakerfrancophone.fr/2016-les-limites-du-petrole-et-la-fin-du-super-cycle-de-la-dette


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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 13:36


merci vlad2...


les chevaliers de l'époque ellipse ?

perso je suis un peu sceptique sur ces analyses de l'économie politique focalisées sur l'énergie et le pétrole en particulier. Je ne doute pas que tout soit lié, mais dans la liste de Tverberg rappelée ci-dessous, dont les catégories sont celles de l'économie politique (bourgeoise donc) non celles de sa critique (marxienne...), je ne vois pas la question alimentaire par exemple. Cf dans Chiffres du monde, Géopolitique du blé : « le blé est beaucoup plus important que le pétrole...». Il y a les pays du blé, et ceux du riz...

Citation :
1. la croissance de la dette
2. la croissance de l’économie
3. la croissance des sources d‘énergies d’accès facile
4. l’inflation des coûts de production
5. la croissance du prix des actifs, tels que le prix des parts d’actions et des terres agricoles
6. la croissance des salaires des travailleurs non spécialisés
7. la croissance de la population


je sais bien que pour manger il faut transporter de la nourriture, et donc disposer de l'énergie, de carburants pour les avions, les bateaux, les trains et les camions... donc de pétrole... mais il me semble qu'une fois encore, ce genre d'analyse se focalise sur la crise pour "nous", c'est-à-dire pour "eux", le capital, et particulièrement celui des pays capitalistes avancés, les plus consommateurs d'énergie, dont beaucoup de pétrole importé...

mon intuition, vu que je ne suis pas expert en économie, est que les pays, et leurs populations les plus frappées, seront les plus riches, et que ceux qui sont déjà en bas résisteront mieux, car au-delà des aspects politiques et économiques concernant leur "gouvernance" dans la mondialisation des échanges, ils tomberont de moins haut. Je ne suis pas certain que l'on consomme beaucoup de pétrole dans les bidonvilles, et les "Vietnamien.ne.s" du monde ont appris à pédaler sous les bombes pour se déplacer comme pour faire tourner des machines

s'il en résulte (licenciements, chômage accru...) une crise sociale, et par conséquent des résistances, dans les pays "riches", je ne les vois en aucun cas produire une "conjoncture révolutionnaire" ni même affronter des "limites" dans des "écarts", car une fois de plus, la dynamique sera de revenir à un équilibre acceptable, certes plus bas mais dans le système (Grèce... « La cigarette sans cravate »), et au besoin contre leurs Autres, immigrés, réfugiés, population de "non-souche", pays dangereux, dynamique accrue de "guerre au terrorisme" qui n'est tout de même pas incolore car lourde de visées néo-néo-colonialistes et néo-impérialistes

à ce stade donc, de telles "mauvaises nouvelles" ne sont pas de nature à changer l'analyse que je fais de la double crise de l'Occident et du Capital, et d'une dynamique historique décoloniale contre la suprématie occidentale du et dans le capitalisme globalisé

je peux évidemment me tromper, mais ce ne sont pas les débats qui m'étoufferont d'arguments contraires : je n'en ai lu aucun !



Les 4 cavaliers de l'Apocalypse

Détail du vitrail d'Alain Makaraviez et Edwige Walmé
Cathédrale de Clermont Ferrand

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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 13:37

vlad2 a écrit:

Pendant Davos en larmes, la Chine maitre du jeu d'échec menteur ?

Le président Xi et le roi Salmane inaugurent une raffinerie saoudo-chinoise

Ryad - Le président chinois Xi Jinping et le roi Salmane d'Arabie saoudite ont inauguré mercredi une raffinerie construite en partenariat entre leurs deux pays

Citation :
La cérémonie s'est déroulée à Ryad au second jour de la visite d'Etat du président Xi en Arabie saoudite.

Il est ensuite arrivé en fin de journée au Caire où il a été accueilli par son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, selon des sources aéroportuaires et des médias. M. Xi terminera à Téhéran sa tournée au Moyen-Orient, où Pékin cherche à jouer un rôle plus actif.

En Arabie saoudite, les deux dirigeants ont inauguré la raffinerie Yasref, située dans le complexe industriel de Yanbu sur la mer Rouge, qui est détenue à hauteur de 62,5% par la firme saoudienne Aramco, le reste étant contrôlé par la China Petroleum and Chemical Corp (Sinopec).

L'Arabie saoudite est le plus gros fournisseur de pétrole de la Chine, et Aramco a souligné à l'occasion que le développement des branches raffinage et pétrochimie allait dans le sens de la diversification souhaité de l'économie saoudienne.

Yasref est l'une de cinq raffineries construites en partenariat avec la Chine. Les quatre autres ont été implantées hors de l'Arabie saoudite, dont l'une à Fujian, en Chine.

Le roi Salmane avait déclaré en décembre avoir ordonné de diversifier l'économie saoudienne et réduire la dépendance vis-à-vis du pétrole alors que le prix du baril de brut n'a cessé de dégringoler passant de plus de 100 dollars début 2014 à 28 actuellement.

Pour combler une partie de son énorme déficit budgétaire, l'Arabie saoudite a diminué des subventions et réduit ses dépenses publiques. L'introduction de la TVA est évoqué ainsi que la privatisation d'une partie d'Aramco.

Les échanges entre l'Arabie saoudite et la Chine, la deuxième économie mondiale, sont en augmentation. Le volume de leurs échanges a atteint 69,1 milliards de dollars en 2014, selon l'agence chinoise Xinhua.

La visite du président Xi fait suite à des appels de la Chine au calme et à la retenue dans le différend entre l'Arabie saoudite et l'Iran.

Ryad et Téhéran sont à couteaux tirés depuis l'exécution le 2 janvier en Arabie du dignitaire chiite saoudien Nimr al-Nimr, figure de la contestation du régime saoudien condamné pour terrorisme.

L'exécution a donné lieu à des attaques contre des représentations diplomatiques saoudiennes en Iran, qui ont entraîné la rupture des relations diplomatiques de Ryad avec Téhéran.

La visite de M. Xi en Egypte est dominée par les dossiers économiques alors que près de 1.200 entreprises chinoises opèrent dans le pays arabe le plus peuplé, où elles ont investi environ 500 millions de dollars, selon l'agence officielle Mena. Le président chinois se rendra notamment au Parlement et au siège de la Ligue arabe, basée au Caire, avant une visite au célèbre temple de Louxor.

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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 13:38

Vlad2 a écrit:

Le pétrole ne se mange pas (encore), mais fait marcher les pompes à eau et les tracteurs :

Quatorze millions de personnes pourraient manquer de nourriture

Quatorze millions de personnes pourraient manquer de nourriture, en 2016, en Afrique australe, selon un communiqué de l'ONU publié lundi. L'importante sécheresse qui affecte les récoltes de la région depuis plusieurs mois est en cause

Citation :
"Les stocks de nourriture sont extraordinairement bas", affirme le Programme Alimentaire Mondial (PAM), une agence de l'ONU, dans ce texte. "Les petits fermiers qui comptent sur leur production pour subsister sont particulièrement vulnérables", souligne le PAM.

El Niño responsable

La maigre récolte de l'an dernier rend les prévisions "alarmantes", poursuit l'agence onusienne. Et l'immense sécheresse provoquée par El Niño a encore aggravé la situation. Le phénomène climatique devrait persister jusqu'en avril, soit l'automne dans l'hémisphère sud.

Le Malawi fait partie des régions les plus touchées par ce manque de pluie avec 2,8 millions de personnes menacées par la faim (16% de la population), devant Madagascar (1,9 million) et le Zimbabwe (1,5 million, soit plus de 10% de la population). Dans ce dernier pays, la récolte de 2015 n'a atteint que la moitié de celle de l'année précédente.

Flambée des prix

Selon le PAM, les prix des denrées ont aussi augmenté dans la région. Celui du maïs a, par exemple, bondi de 73% par rapport à son prix moyen.

La semaine dernière, l'Afrique du Sud a annoncé qu'elle allait devoir importer six millions de tonnes de maïs, soit la moitié de sa récolte annuelle habituelle, pour faire face à la pire sécheresse depuis 112 ans. Le pays fournit une grande partie des céréales de la région australe.
(ats / 18.01.2016 16h38)

Patlotch a écrit:

vlad2 a écrit:

Le pétrole ne se mange pas (encore), mais fait marcher les pompes à eau et les tracteurs :

Citation :
Quatorze millions de personnes pourraient manquer de nourriture, en 2016, en Afrique australe, selon un communiqué de l'ONU publié lundi. L'importante sécheresse qui affecte les récoltes de la région depuis plusieurs mois est en cause
[...]
"Les stocks de nourriture sont extraordinairement bas", affirme le Programme Alimentaire Mondial (PAM), une agence de l'ONU, dans ce texte. "Les petits fermiers qui comptent sur leur production pour subsister sont particulièrement vulnérables", souligne le PAM.


dont acte, mais dans les premiers articles, il était plutôt question de stocks de pétrole extraordinairement haut, de prix extraordinairement bas, et donc pas a priori de problème d'approvionnements en pértole si ce n'est la capacité de le payer. Alors certes je n'avais pas fait le lien pour l'Afrique : la sécheresse, les pompes, le pétrole... mais ça ne change rien à mon raisonnement général à 17:18 concernant la plongée dans la crise des pays "riches" et de leurs populations, et de conséquences éventuelles pour les luttes



Dernière édition par Patlotch le Jeu 21 Jan - 13:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 13:42

vlad2 a écrit:

Confirmation de la théorie Thermodynamique des risques de Gail Tverberg, mondialement connue pour ses analyses des risques financiers liés à la conjoncture économique et sa compréhension des fluctuations du prix de l’énergie, posté plus haut

Citations :
Citation :
Vers un prix du pétrole négatif :

Negative Oil Prices Arrive : Koch Brothers' Refinery "Pays" -$0.50 For North Dakota Crude

Submitted by Tyler Durden on 01/18/2016 18:20 -0500

http://www.zerohedge.com/news/2016-01-18/negative-oil-prices-arrive-koch-brothers-refinery-pays-050-north-dakota-crude

La FED de DALLAS perd la boussole devant l’ampleur des faillites potentielles du secteur pétrolier texan ? , demande moratoire sur les dettes des pétroliers US :

Exclusive: Dallas Fed Quietly Suspends Energy Mark-To-Market On Default Contagion Fears

Submitted by Tyler Durden on 01/17/2016 11:21 -0500

http://www.zerohedge.com/news/2016-01-16/exclusive-dallas-fed-quietly-suspends-energy-mark-market-tells-banks-not-force-shale

L’accélération sans fin prochaine ? de la chute des valeurs (capitalistiques) depuis début janvier 2016, rend de plus en impossible toute évaluation immédiate donc toute transaction…….même à perte ?

Patlotch a écrit:

et alors, confirmation de quoi pour qui et qu'en faire ?

vlad2 a écrit:
Confirmation de la théorie Thermodynamique des risques de Gail Tverberg, mondialement connue pour ses analyses des risques financiers liés à la conjoncture économique et sa compréhension des fluctuations du prix de l’énergie, posté plus haut

je ne discute pas de la pertinence de sa « théorie mondialement connue », ni du fait que les économistes bourgeois.e.s aient malgré tout quelques compétences pour sucer au mieux le sang prolétarien du monde, car depuis deux siècles et plus ils ont prouvé qu'ils n'étaient pas trop mauvais pour ça, et qu'ils le restent jusqu'à preuve du contraire

j'en parle d'un point de vue de classe antagonique, d'un point de vue communiste, le même point de vue qu'avait Marx en écrivant Le Capital, critique de l'économie politique, alors que les Professeurs d'économie de l'Université, mondialement réputés, se foutaient de sa gueule sans y comprendre couic !

donc si tu viens pour servir la soupe admirable des économistes bourgeois, que pouvons-nous échanger, puisque toi non plus tu ne dis rien de ce que j'avance par ailleurs ? Quoi qu'il en soit, plutôt que me farcir des lecteurs aussi réactifs, je préfère rester mondialement inconnu

il faudrait quand même savoir sur quoi portent les débats dans ce forum ? Le communisme, où la science bourgeoise de la surexploitation dans la crise du capital ?

concernant son pedigris
Citation :
Gail Tverberg has an M. S. from the University of Illinois, Chicago in Mathematics, and is a Fellow of the Casualty Actuarial Society and a Member of the American Academy of Actuaries. Gail became aware of the impact oil shortages could have on insurance companies back in the 1973 – 1974 period, when oil shortages were first a problem. In 2005, she began reading books on the subject, including Jeremy Leggett’s The Empty Tank. She also speaks on finite world issues, including the connection between oil shortages and the economy. Gail has been an invited speaker to many groups, including the Seventh Biennial International Workshop in Energy Studies in Barcelona, Spain; the 2nd International Biophyisical Economics Conference; and to groups on the Big Island in Hawaii. In addition to some of her talks, Gail has appeared on the Canadian television station BNN.

où sont ses contributions critiques pour détruire ce monde de merde auquel elle apporte ses compétences en soutien d'instances internationales du capital ?

et plus encore si c'est une dame :




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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 13:44

Patlotch a écrit:

excuse-moi, Vlad2, je crois que j'ai dit une connerie, plus haut, laissant entendre qu'il pourrait y avoir une pénurie énergétique, d'où ta réponse « Le pétrole ne se mange pas (encore), mais fait marcher les pompes à eau et les tracteurs ». Le problème me semble que ce sont les sociétés ou pays vendeurs de pétrole qui font face à la surproduction, et c'est le cas particulièrement des États-Unis :

- Un tiers des compagnies pétrolières américaines risquent la faillite d'ici 2017, selon le Wall Street Journal Sputnik 12 janvier

parmi les commentaires de cet article, je relève celui-ci :

Bertrand Ngnie · Université de Yaoundé II - Soa, Cameroun
Citation :
Pourquoi toujours s'inquiéter de la santé financière des compagnies pétrolières au détriment du pouvoir d'achat des consommateurs que nous sommes ?

Lorsque les prix du pétrole sont à la hausse, lesdites compagnies engrangent des profits énormes sans se soucier du pouvoir d'achat des consommateurs qui quant à lui est resté constant, car ne dépendant pas du marché, mais plutôt des revenus que dégagent les personnes physiques (exemple : un salaire mensuel de 1 500 euro). Les revenus des personnes physiques sont généralement constants tout au long de l'année et par conséquent le pouvoir d'achat également reste constant car dépendant de ces derniers.

De plus, ces compagnies pétrolières sont quelque part responsables de la chute des prix du pétrole, en ce sens que c'est l'achat dans le noir par ces compagnies du pétrole libyen et syrien dérobé qui entraîne une augmentation de l'offre par rapport à la demande sur le marché.

En effet, il s'est développé un marché noir autour du pétrole depuis la chute de Kadhafi et le début de la crise syrienne, et personne ne veut en parler, et pourtant ce marcher noir est bien réel, du coup les quantités de pétrole brut en provenance de la Libye et de la Syrie ne sont pas contrôlées par l'OPEP, ce qui a pour corollaire un afflux de l'offre par rapport à la demande, car les compagnies pétrolières préfèrent acheter à vil prix le pétrole du marché noir au détriment du pétrole vendu par le circuit normal du marché.

On peut observer que c'est depuis ce temps que les cours du baril de pétrole brut sont très instables avec une forte tendance à la baisse. Souvenez-vous, à moment on demandait à l'Arabie Saoudite de diminuer sa production afin de maintenir les cours du brut sur le marché, or la demande du pétrole est censée augmenter chaque jour du fait de l'apparition de nouveaux consommateurs, la réalité étant que les compagnies pétrolières optent plus pour le pétrole du marché noir.

Sur ce, que lesdites compagnies souffrent du fait que les consommateurs peuvent profiter de la chute des prix du pétrole en observant pendant ce temps un accroissement de leur pouvoir d'achat.

quant aux raisons de l'Arabie saoudite de se tourner vers la Chine, et réciproquement, elles ne sont pas mystérieuses

du rififi dans la rente pétrolière

Ambitions et pétrole bon marché: qu'est-ce que cela signifie pour Riyad ?

L'Arabie saoudite a longtemps évité la nécessité de moderniser son économie et son système politique. Les revenus pétroliers et le soutien de la part des Etats-Unis suffisaient à maintenir le statu quo à l'intérieur du royaume et dans les pays limitrophes. Mais la situation a changé.



© AFP 2016 Hassan Ammar

Citation :
Les prix du pétrole sont en baisse, l'influence des Etats-Unis au Proche-Orient s'affaiblit, la région est bouleversée par des conflits.

Confrontées à la chute des revenus pétroliers, les autorités saoudiennes ont annoncé leur intention d'engager des réformes de structure.

Cependant, estime le magazine britannique The Economist, ces réformes risquent d'entrer en conflit avec les ambitions politiques de Riyad.

La chute du pétrole de 110 dollars le baril en 2014 à moins de 35 dollars au début de l'année 2016 s'est produite pour différentes raisons. L'une d'entre elles consiste dans la position de l'Arabie saoudite prête à accepter la réduction des prix pour défendre sa part du marché. Cependant, même pour le royaume (qui tire du pétrole jusqu'à 90% de ses revenus), les prix aussi bas sont potentiellement dangereux. L'an dernier, le déficit budgétaire du pays a atteint 15% du PIB et les réserves de change se sont réduites de 100 milliards de dollars.

Dans une interview accordée cette semaine au même hebdomadaire britannique, le vice-premier ministre et ministre de la Défense du royaume, le prince Mohamed ben Salmane, a raconté comment il voyait les réformes.

Selon lui, les autorités ont déjà fait le premier pas. La réduction des dépenses en 2015 a permis d'éviter une augmentation du déficit budgétaire au-delà de 20%. Il est également prévu de majorer les prix de l'essence, de l'eau et de l'électricité. De nouveaux impôts sont annoncés, dont une TVA de 5%, une taxe sur les cigarettes, ainsi que des prélèvements fiscaux sur les terrains non exploités.

Une autre mesure consiste à stimuler le secteur privé. Les autorités saoudiennes sont prêtes à réduire la participation de l'Etat aux activités économiques. Il s'agit notamment de privatiser totalement ou partiellement des dizaines d'entreprises publiques, dont la société nationale Aramco, une des plus grandes compagnies pétrolières du monde qui envisage de s'introduire prochainement à la bourse de Londres.

Riche d'un pétrole qui lui rapportait des revenus fabuleux, l'Etat finançait généreusement jusqu'à présent la sphère sociale. Cette générosité compensait aux citoyens l'insuffisance de leurs droits fondamentaux. Une libéralisation politique pourrait atténuer l'effet négatif des coupes budgétaires. Mais les autorités saoudiennes ne sont encore prêtes à engager des réformes politiques d'envergure. Pire, elles ont adopté une ligne dure à l'égard de l'opposition. A titre d'exemple, on peut citer l'exécution de 47 personnes accusées de terrorisme, dont le très populaire prédicateur chiite Nimr al-Nimr. Sa mort a entraîné la rupture des relations diplomatiques entre l'Arabie saoudite et l'Iran.

Riyad applique également une ligne très dure dans sa politique extérieure. Etant en conflit avec l'Iran chiite, le royaume saoudien s'érige en défenseur des musulmans sunnites et s'oppose aux alliés de l'Iran au Yémen et en Syrie.

Afin de justifier sa politique, Riyad invoque la nécessité de sauvegarder la stabilité à l'intérieur du pays et de promouvoir les intérêts de l'Arabie saoudite sur la scène internationale. En réalité, le royaume se laisse entraîner dans un conflit religieux qu'il ne pourra pas gagner. Les dépenses pour la défense et la sécurité constituent d'ores et déjà plus d'un quart des dépenses de l'Etat saoudien. Il convient également de noter que les conflits dans la région rebutent les investisseurs. Si les autorités saoudiennes veulent réellement moderniser leur économie, elles doivent en tenir compte.


Le pire cauchemar de la Chine : L’Arme pétrolière des États-Unis (Dans ce papier ZH donne des précisions sur la guerre du pétrole entre Chine et US, et la guerre économique (ainsi que le risque de guerre mondiale qui en découle)

je ne donne que le cartes, trop de prévisonnisme hasardeux dans cet article, dont le refus annoncé de l'accord du congrès américain sur le nucléaire iranien, accord donné une semaine après...


Production et consommation de brut en Chine : prévisions


sources d’approvisionnement en brut de la Chine

mais au total les alarmes de Gail Tverberg traduisent pour l'essentiel une inquiétude des capitalistes américains

en quoi cette crise pétrolière peut en déclencher une plus large, je ne suis pas compétent, et concernant l'analyse de la conjoncture économique générale, voir Michael Roberts Blog, a marxist economist. Si j'ai bien compris il maintient sa thèse selon laquelle c'est la santé de l'économie américaine, et non les difficultés chinoises, qui détermine encore les conditions d'une prochaine crise


Will China pull down the world? January 14, 2016
Michael Roberts a écrit:



These figures show the tremendous expansion of the Chinese economy. But they also show that the US remains the pivotal economy for a global capitalist crisis, particularly as it dominates in financial and technology sectors. In 1998, the emerging economies had a major economic and financial crisis but it did not lead to a global slump. In 2008, the US had a biggest slump in its economic post-war history and it led to a global recession, the Great Recession. In my view, this weighting still applies.

I have discussed the prospects of a new US economic recession in several previous posts. What matters is not the level of interest rates, whether they are too high or too low relative to some ‘equilbrium natural rate of interest’ that US mainstream economists are now arguing about (more on that in a future post), but what is happening to corporate profits and investment. Investment drives employment and incomes and thus economic growth.

I have presented evidence from my research and from others that the profitability of capital and corporate profits generally lead business investment with a lag of 12-18 months, up and down. Currently global corporate profits (a weighted average of US, UK, Germany, Japan and China) have turned negative and US corporate profits are now also falling (on a year on year basis). That suggests that business investment, which has been expanding at about a 5% rate in the US, will start to drop too within a year or so. If that happens, then the US will likely head into recession. But it won’t be China or emerging economies that will be decisive.




à mon avis, il faut prendre avec des pincettes tout ce qui s'écrit en Occident concernant la Chine, l'Asie, et la Russie, et certes réciproquement. Mais à l'expérience, les prévisions des experts, bof... et je maintiens que les analyses des économistes bourgeois sont fondés sur les intérêts bourgeois. Cela ne signifie pas qu'elles soient sans intérêt (sic) pour nous, mais à condition de les reformuler du point de vue de classe où nous nous situons

"L'atterrissage brutal de la Chine est inéluctable" (Mylène Gaulard) Jean-Yves Paillé 14/01/2016


Les cours des Bourses de Shanghai et de Shenzhen sont surévalués de 50% aujourd'hui
avance Mylène Gaulard. (Crédits : DR)

Les différentes chutes des indices des Bourses de Shanghai et de Shenzhen font craindre une nouvelle crise mondiale. A tort, estime Mylène Gaulard, maître de conférences à la Faculté d'économie de Grenoble, et auteure de "Karl Marx à Pékin" (éd. Demopolis), qui y voit d'abord l'impuissance du gouvernement chinois à éviter l'éclatement d'une bulle spéculative et à résoudre les difficultés structurelles de l'économie chinoise

Citation :
La Tribune - Maintenez-vous que le gouvernement chinois est incapable d'enrayer la chute des cours des Bourses de Shanghai et Shenzhen comme vous l'aviez assuré en juin dernier ?

Mylène Gaulard - Après avoir chuté de près de 40% depuis juin 2015 malgré l'intervention des autorités chinoises, les cours observés sur les Bourses de Shanghai et Shenzhen ont à nouveau baissé de 10% la semaine dernière à l'annonce de mauvais résultats sur la production industrielle nationale. Depuis lundi dernier, la baisse se poursuit, et on estime que les cours sont toujours surévalués de 50%. Entre mai 2014 et juin 2015, ils ont effectivement été multipliés par 2,5 à la Bourse de Shanghai et par 2,7 à Shenzhen, sans que cette évolution ne s'appuie sur de meilleurs résultats des entreprises cotées.

Le gonflement d'une bulle spéculative sur les marchés financiers chinois est indéniable depuis l'été 2014, ce secteur ayant servi de refuge face à la baisse des prix de l'immobilier observée depuis un an et demi dans la majorité des grandes villes chinoises. Des dizaines de millions de petits spéculateurs ont ainsi profité de la possibilité d'emprunter auprès du secteur bancaire traditionnel et surtout de l'informel pour investir sur ces marchés et bénéficier d'un effet de levier.

Malgré les mesures prises par le gouvernement, qu'il s'agisse de l'obligation faite aux grandes banques publiques d'acheter des titres afin de limiter la baisse des cours, de l'interdiction de vendre des titres pour les plus gros investisseurs durant l'été dernier, ou bien du coupe-circuit, utilisé la semaine dernière, consistant à interrompre pour quinze minutes les transactions lorsque la chute des cours atteint 5% et pour la journée lorsqu'elle est supérieure à 7%, l'éclatement de cette bulle spéculative est impossible à éviter.

Concernant le "coupe-circuit", on peut même craindre que cette mesure n'ait eu un effet contraire à ce qui était recherché la semaine dernière, les investisseurs se hâtant de vendre leurs titres dès que la baisse des cours avoisinait les 5%. Si les efforts du gouvernement permettent de retarder un éclatement brutal de la bulle révélant des difficultés plus structurelles de l'appareil productif, directement liées à une industrie de moins en moins rentable, on peut donc aussi craindre qu'ils ne renforcent la méfiance des investisseurs.

Le dégonflement brutal de la bulle financière serait d'autant plus dangereux pour l'économie chinoise qu'il révèlerait au grand jour l'ampleur des difficultés observées dans l'ensemble cette dernière.

Le gouvernement chinois semblait pourtant montrer un visage serein, notamment en ce qui concerne la croissance du pays en 2015 qui est attendue au ralenti...

Le président Xi Jinping tente de relativiser le ralentissement de la croissance du PIB, qui devrait être estimée à moins de 7% pour l'année 2015, son plus bas niveau depuis vingt-cinq ans, en évoquant une "nouvelle normalité".

Malheureusement, tous les indicateurs dont nous disposons révèlent un sérieux ralentissement qui va au-delà d'un simple retour de la croissance à un niveau "raisonnable".

Observons notamment que les exportations ont chuté de 1,4% en 2015 relativement à leur niveau de l'année précédente, et que les importations ont de leur côté baissé de 7,6%. De même, nous en sommes aujourd'hui au sixième mois de contraction de la production industrielle, et les politiques de baisse des taux d'intérêt, de relance par la construction d'infrastructures semblent insuffisantes pour enrayer le processus.

La réorientation de l'économie chinoise vers son marché intérieur, souhaitée par le gouvernement depuis la décennie 2000 afin de remédier à une moindre compétitivité internationale du pays, ne semble pas fonctionner. Les réformes du système de sécurité sociale (dont la majorité des dépenses reposent d'ailleurs sur des collectivités locales déjà surendettées), la hausse des salaires, les politiques budgétaires et monétaires expansives, n'ont pas permis de relancer suffisamment la consommation des ménages qui reste toujours inférieure à 40% du PIB. La déconnexion entre cette faible consommation et un taux d'investissement avoisinant les 50% du PIB, est en grande partie responsable d'un sérieux risque déflationniste, avec des prix à la production (prix à la sortie des usines) n'ayant cessé de baisser depuis 46 mois, et une hausse des prix à la consommation inférieure à l'objectif d'inflation de 3% fixé par le gouvernement.

Les dépréciations du yuan peuvent-elles représenter une solution viable ?

Face à l'échec de cette politique de relance par la demande intérieure, l'alternative qui se présente au gouvernement serait en effet d'accepter une forte dépréciation du yuan afin de bénéficier d'une inflation importée et surtout de relancer les exportations. C'est la raison pour laquelle le cours pivot du yuan, fixé chaque matin par la banque centrale chinoise, n'a cessé de baisser depuis 2015, pour atteindre en janvier 2016 son niveau le plus bas depuis 2011. Une plus forte dépréciation répondrait à la fuite des capitaux observée depuis 2011, accélérée depuis 2013, et permettrait de limiter la vente de devises par la banque centrale réalisée dans l'objectif de respecter le cours pivot (les réserves de change ont pour cette raison baissé de 500 milliards de dollars en 2015).

Considérées comme des gages de bonne volonté des autorités chinoises et de leur désir de s'orienter vers un taux de change flexible, les mini-dépréciations effectuées depuis l'année dernière furent même félicitées par le Fonds monétaire international (FMI), et récompensées en novembre dernier par l'introduction du yuan dans le panier de devises constituant les droits de tirage spéciaux, l'instrument monétaire du Fonds.

Cependant, une dépréciation du yuan n'est pas non plus une solution adaptée aux difficultés de l'économie chinoise, car non seulement la hausse des prix des produits importés pénaliserait encore davantage la consommation intérieure ainsi que les profits des entreprises déjà sérieusement fragilisés, mais elle ébranlerait aussi la confiance des investisseurs vis-à-vis de l'économie chinoise, déjà concernée par des sorties massives de capitaux. Ni la reprise par une relance de la demande intérieure, ni celle par une hausse des exportations ne semblent donc des solutions envisageables pour empêcher un hard-landing de l'économie chinoise. Ce n'est donc pas tant que les autorités chinoises agissent de manière confuse pour tenter de faire repartir la croissance que l'absence d'une réelle solution qui explique les dernières politiques dont la logique et la cohérence échappent à de nombreux observateurs.

Plus largement, les économies de la plupart des pays émergents sont au ralenti ou en crise. Comment l'analysez-vous ?

On assiste aujourd'hui à une crise de l'"émergence", terme que les journalistes ont beaucoup apprécié ces dernières années sans qu'il ne s'appuie sur aucune réalité tangible. La Chine est ainsi au bord de l'atterrissage brutal : retardé depuis la décennie 2000 par le gonflement de bulles spéculatives dans l'immobilier puis la finance, il est actuellement inéluctable du fait de toutes les difficultés structurelles que je présentais déjà il y a presque dix ans dans ma thèse de doctorat.

Finalement, la Chine ne fait que suivre le même cheminement que la poignée de pays en développement sur lesquels les économistes misent tous leurs espoirs depuis la décennie 1970. Aujourd'hui, toutes les études révèlent qu'il est quasiment impossible pour ces pays d'échapper à un "piège des revenus intermédiaires", c'est-à-dire à une forte stagnation de leur croissance les empêchant d'atteindre un revenu par tête considéré comme élevé par la Banque mondiale (environ 12.000 dollars).

Au sein du groupe des BRIC, seule l'Inde, pourtant atteinte par une "désindustrialisation précoce" en raison d'un taux d'investissement insuffisant pour un pays présentant un tel retard économique, soulève encore un optimisme peu raisonnable parmi les économistes. Atteint par la chute des cours des matières premières, causée aussi bien par des opérations spéculatives moins massives sur ce marché qu'à la moindre demande chinoise, le Brésil n'a pas cesser de voir sa croissance diminuer depuis 2010, passant de 7,5% cette même année à près de - 4% pour 2015.

De même pour la Russie, dont la baisse du PIB devrait aussi atteindre 4% pour 2015 en raison des répercussions des sanctions de la communauté internationale et de la forte chute des cours du pétrole. Pour tous ces pays, le piège des revenus intermédiaires semble inéluctable. Que ce soit par le biais d'une spécialisation industrielle comme en Chine, qui finit toujours par être remise en question par la perte du principal avantage comparatif de ces pays, le coût de leur main-d'œuvre, ou par celui d'une spécialisation sur les matières premières, bénéfique uniquement durant des périodes de spéculation sur ce marché, l'émergence apparaît donc n'avoir été qu'un mythe.

La crise de ces pays "émergents" risque-t-elle de provoquer une crise économique mondiale ?

Rappelons que le groupe des BRIC représentait moins de 10% du PIB mondial en 1990, contre près de 25% en 2015. On pourrait donc redouter l'impact d'une récession économique parmi ces pays, et la poursuite de la baisse du prix du pétrole fut parfois présentée la semaine dernière comme la conséquence des difficultés économiques chinoises, risquant aussi de se répercuter sur nos marchés.

Cette petite crise de confiance sera sans doute transitoire, car il est important de rappeler que la récente reprise de la croissance américaine repose en partie sur la formation d'une nouvelle bulle spéculative permise par l'afflux de capitaux en provenance des "émergents". Depuis 2012, alors que les capitaux fuient l'ensemble des pays émergents, on peut notamment observer que les marchés financiers occidentaux connaissent un essor exceptionnel, avec par exemple l'indice du Dow Jones ou celui du CAC 40 qui ont quasiment été multipliés par deux en trois ans. Depuis la décennie 1980, ce scénario ne cesse de se répéter, avec des difficultés économiques structurelles rencontrées parmi l'ensemble des pays développés, mais s'accompagnant de bulles spéculatives se formant d'un bout à l'autre de la planète qui permettent de soutenir temporairement et artificiellement la croissance de manière chaque fois renouvelée.

Il est donc fort à parier que la crise de l'émergence marque le début d'un nouveau cycle révélant encore une fois à terme l'instabilité profonde du système capitaliste, mais qui soulèvera malgré tout d'ici peu une nouvelle vague naïve d'optimisme parmi les économistes.


Mylène Gaillard est l'auteure de Karl Marx à Pékin : Les racines de la crise en Chine capitaliste(Editions Demopolis, 2014) [on l'aime bien dans la gauche ultra radicale, moi, bof... je n'apprécie qu'à moitié cette analyse par pays qui ne parle pas des multinationales quel que soit leur pays d'ancrage, or le capital mondialisé, c'est ça autant et plus que des économies nationales

@JeanYvesPaille


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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 13:46

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vlad2 a écrit:
Partout le prolétariat y compris du pétrole (jadis privilégié) trinque et se réveille, abassourdi, vaille que vaille, à coup de pied aux fesses, mais c'est pas encore en une :

Rapide tour dans le monde du baril mondial à 28 $ et moins :

Le "Dubaï du Caucase" plonge à son tour La Tribune - 19 jan 2016

Citation :
Après l'Algérie et l'Arabie saoudite, c'est au tour de l'Azerbaïdjan de se mettre au régime sec. Comme de nombreux pays qui tirent leurs principaux revenus de la rente pétrolière, le pays atteint désormais les limites d'un modèle économique peu diversifié. Lundi 18 janvier, le bureau présidentiel a indiqué dans un communiqué que Ilham Aliyev, à la tête du pays depuis 2003, avait demandé "au Conseil des ministres de préparer un plan de privatisations à grande échelle". "Des mesures doivent être prises pour revitaliser l'économie et améliorer le climat des affaires", explique la présidence, citant les propos d'Ilham Aliyev prononcées lors du Conseil des ministres.

Dans ce pays du Caucase, où l'on raconte que les émanations de pétrole se sentent même dans les rues de la capitale, les exportations d'hydrocarbures génèrent les 3/4 des recettes du gouvernement. Les hydrocarbures représentent 95 % des exportations de l'Azerbaïdjan. Mais la chute récente des cours du pétrole, brièvement sous 28 $ mardi, plombe la monnaie locale. En décembre, la monnaie nationale, le manat, a perdu 32 % de sa valeur. Les prix à la consommation ont augmenté de 4,4 % le mois dernier, avec un taux d'inflation annuel s'élevant à 7,6 % dans cette ex-république soviétique. La semaine dernière, cette situation a engendré des manifestations antigouvernementales inhabituelles, donnant lieu à une cinquantaine d'arrestations.

Alors que la banque centrale a indiqué que l'économie azerbaïdjanaise était pénalisée par "la chute des prix du pétrole et la dévaluation continue des monnaies des pays partenaires [le rouble, ou le tenge au Kazakhstan, Ndlr]", la croissance continue de dégringoler. Le FMI prévoit une croissance de 2,5 % pour l'Azerbaïdjan en 2016, contre 4 % en 2015. En 2006, elle était de 34,5 %, selon les données de la Banque mondiale.

Le rouble tombe à son plus bas historique face au dollar monde-antigone 21/01/2016

De l’impossibilité d’un plan « Marshall » en Algerie ?

Le pétrole à moins de 30 dollars: Vive la crise si on se réveille enfin ! Chems Eddine Chitour Mondialisation.ca 20 janvier 2016

L’Amérique Latine dans la tourmente, réformisme en berne :

La Réserve fédérale des Etats-Unis déclenche les hostilités Ariel Noyola Rodríguez Mondialisation.ca 20 janvier 2016


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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 13:47

en contrepoint, l'exemple canadien

Poloz attend le budget de Morneau

La Banque du Canada maintient le «statu quo» en dépit d’une révision à la baisse du taux de croissance au pays Éric Desrosiers 21 janvier 2016


Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne

La Banque du Canada révise à la baisse ses prévisions de croissance au pays mais laisse ses taux d’intérêt inchangés, disant attendre les mesures de relance promises par Ottawa et que progresse la lente et douloureuse transition de l’économie canadienne.

Citation :
Pour une rare fois, les analystes et les marchés avouaient ne pas savoir d’avance ce qu’allait faire la banque centrale canadienne, la moitié s’attendant à une nouvelle baisse des taux d’intérêt et l’autre moitié penchant plutôt vers le statu quo. Ce sont ces derniers qui ont finalement eu raison, la Banque laissant inchangé mercredi son taux cible à un jour à 0,50 %.

Dans un nouveau Rapport sur la politique monétaire, l’institution en a profité pour réviser à la baisse ses prévisions économiques du mois d’octobre à la lumière d’un léger tassement des perspectives de croissance mondiale, mais surtout de l’impact de la glissade des prix du pétrole sur l’économie canadienne. Si tout indique que 2015 s’est avérée presque aussi mauvaise qu’on le craignait avec un taux de croissance réelle de 1,2 % (plutôt que le 1,1 % prévu), le rebond pour cette année s’annonce décevant avec une croissance de seulement 1,4 % plutôt que les 2 % espérés. Il faudra attendre 2017 pour voir ce rythme s’accélérer à 2,4 % (contre 2,5 %).

« Toutefois, la Banque n’a pas encore incorporé l’incidence positive des mesures budgétaires attendue dans le prochain budget fédéral », a précisé la banque centrale mercredi. Son gouverneur, Stephen Poloz, s’est bien gardé de prédire le degré de stimulation que pourraient apporter d’éventuelles mesures de relance économique, dont la nouvelle allocation pour enfants et le doublement des investissements en infrastructures, promis durant les élections. Tout dépendra « de la nature et de l’ampleur des mesures », a-t-il expliqué en conférence de presse.

Attention, transition en cours

L’important est que ces mesures gouvernementales ne viennent pas entraver la transition en cours dans l’économie canadienne depuis le début de la dégringolade des prix des ressources naturelles, a ajouté Stephen Poloz au moment où le baril de pétrole tombait dans un nouveau creux de 26,55 $US dans les marchés internationaux.

Au cœur de tous les bouleversements que traverse l’économie canadienne, « le processus d’ajustement long et complexe » comprendra trois étapes qui pourraient bien prendre encore trois ans, a expliqué la Banque du Canada.
- La première étape, caractérisée par la chute des investissements et de l’emploi dans les industries et les provinces directement concernées, devrait « culminer à la mi-2016 environ ».
- La diminution de la rente pétrolière et son effet d’appauvrissement pour l’économie tout entière « devraient atteindre leur sommet beaucoup plus tard, vers la fin de 2017 ».
- La troisième étape, qui consiste au transfert des ressources financières et humaines du secteur des ressources vers d’autres régions, industries et exportateurs, n’en est encore qu’à « un stade précoce » et « pourrait être longue et se poursuivre bien au-delà de l’horizon de projection ».

Le dollar et la peur de l’inflation

Le ralentissement de la croissance repoussera de six mois, peut-être plus, le moment où l’économie canadienne aura fini de rattraper le retard accumulé par rapport à son potentiel et qu’on voyait à l’été 2017. Pour le reste, la Banque du Canada estime que la dynamique de l’économie mondiale comme l’inflation et l’emploi au pays évoluent essentiellement comme prévu et se montre relativement optimiste. Elle admet cependant qu’« étant donné la nature complexe de l’ajustement structurel en cours, les perspectives concernant la demande et la production potentielle sont entachées d’une forte incertitude ».

Stephen Poloz a admis aussi que l’augmentation du prix des importations avec la dévaluation du dollar pouvait éventuellement donner l’impression aux Canadiens que leur banque centrale est en train de perdre le contrôle de l’inflation, censé être sa mission première. Pour le moment, a-t-il fait valoir, la baisse des prix de l’essence a plus que compensé l’augmentation de celui des fruits et des légumes ou des appareils électroniques, ce qui se traduit par un indice des prix à la consommation bien en dessous, à 1,4 %, de la cible de 2 %. On restera à l’affût cependant de l’impact que pourrait avoir sur les perceptions « une dépréciation soutenue sur une courte période », a-t-il promis.

À la prochaine fois

La Banque du Canada s’est retenue de réduire encore ses taux d’intérêt parce qu’elle a peur d’encourager les Canadiens à s’endetter encore plus qu’ils ne le sont déjà, a estimé l’économiste de la Banque de Montréal, Douglas Porter. « Malheureusement, nous craignons qu’elle ne soit encore un peu trop optimiste quant aux perspectives de croissance compte tenu de la baisse ininterrompue des prix des matières premières et de l’assombrissement du contexte mondial », a-t-il expliqué prédisant une baisse du taux directeur à 0,25 % en avril.

Le Canada n’a pas eu de conditions monétaires aussi stimulantes depuis plus d’une douzaine d’années si l’on tient compte des taux d’intérêt et de la valeur du dollar et du fait que ces facteurs auront encore besoin de plusieurs mois pour produire pleinement leurs effets, ont observé Krishen Rangasamy et Paul-André Pinsonnault de la Banque Nationale. Il n’est pas impossible malgré tout que la Banque du Canada soit obligée de les assouplir encore plus. « La trajectoire future de la politique monétaire dépendra en grande mesure de ce que fera Ottawa sur le front budgétaire. »


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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 13:48



Déclenche-t-on vraiment des guerres pour le pétrole? 18 janvier


Quel lien existe-t-il entre guerre et pétrole ? Il suffit d'interroger Google pour voir que les différents médias abordent le problème sous tous les angles : guerre pour le pétrole, guerre du pétrole, guerre à coups de pétrole… Et cela empire lorsque les complotistes ou la propagande s’en mêlent.

Citation :
Lorsque l’on cherche, les spécialistes consultés ne trouvent qu’un exemple vérifiable. La seule guerre dont on est convaincus qu’elle a été déclarée pour le pétrole, est celle du Chaco, opposant la Bolivie et le Paraguay entre 1932 et 1935. 110 000 morts plus tard (un quart des combattants), on réalisera que la vaste plaine convoitée par les deux voisins… ne dispose finalement d’aucunes réserves.

Dans les autres conflits, le pétrole n’est pas le motif de la guerre. En tout cas pas le seul. Alors pourquoi cette obsession de l’or noir comme justification d’autant de violences ? «Par facilité, propose Olivier Appert, conseiller au centre énergie de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Cela permet d’avoir une réponse simple à des questions qui sont compliquées.»

Près d’une centaine de pays produisent du pétrole, au moins à petite échelle, note Philippe Sébille-Lopez, directeur du cabinet Géopolia et auteur de Géopolitiques du pétrole. Le monde entier en consomme. Difficile donc de trouver une crise ou une guerre dans laquelle cette matière première serait absente :

Citation :
“ Un pays n’en est pas un autre. On ne fait pas la guerre pour une seule raison. Le pétrole ne suffit pas. C’est un ingrédient qui rentre dans une recette stratégique très compliquée. Il peut y avoir d’autres ressources. Et c’est bien le problème de ces guerres : elles peuvent avoir des raisons stratégiques et en plus, des raisons économiques. ”

Le pétrole, moteur de la guerre

L’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, en 2003, est l’un des cas les plus évidents d’une préoccupation pétrolière. Parmi les motivations de Washington à se lancer dans cette guerre, l’obsession de certains de ses responsables, comme Dick Cheney, pour le pétrole irakien, a pu jouer. Résumer ce conflit à cette unique raison parait pourtant beaucoup trop simple pour Philippe Sébille-Lopez, qui insiste sur les raisons sécuritaires et idéologiques :

Citation :
“ Après le 11 septembre, les Américains ont rapidement compris qu’ils n’avaient plus grand chose à bombarder en Afghanistan. Dès 2002, ils ont cherché d’autres champs d’intervention, liés à la doctrine des néo-conservateurs. Ils sont tombés sur l’Irak. Et effectivement, ils ont essayé d’y trouver des débouchés pétroliers en cherchant à obtenir de bonnes conditions pour leurs sociétés… Mais ils n’ont pas réussi. Le pétrole fait partie des intérêts, mais il y en a plein d’autres. ”

Le récent retour de l’Iran dans le concert des nations fait ainsi couler beaucoup d’encre quant au potentiel explosif du bras de fer que se livrent Téhéran et Riyad. Face au retour en force de la production iranienne, les Saoudiens ont en effet décidé d’inonder le marché en produisant toujours plus, afin de maintenir leurs revenus malgré la chute des prix. Aujourd’hui, les cours du brut chutent, du fait d’une offre beaucoup trop importante par rapport à la demande. Si l’on rajoute l’exploitation des schistes par les Américains, on se retrouve aujourd’hui avec une offre énergétique qui dépasse largement la demande.

La progression des différentes sources d'énergie, entre 1994 et 2013: on voit comme l'offre augmente, concurrençant de plus en plus le pétrole conventionnel (source:EIA).

Pour un pays comme l’Arabie Saoudite, dont le budget dépend à 95% de l’or noir, une chute de la rente pétrolière est une menace vitale. Les tensions avec l’Iran n’ont jamais cessé de grimper. Pourtant, Thierry Coville, fin connaisseur de la géopolitique et des enjeux pétroliers iraniens, se montre particulièrement sceptique sur un recours à la violence pour solder le dilemme économique des deux Etats :

Citation :
“ Aucun des deux pays n’a intérêt à ce que ça dégénère jusqu’à ce point. Ils sauront rester rationnels. Le pétrole est un enjeu. Et effectivement, la stratégie de baisse des prix de l’Arabie Saoudite a mis en difficulté l’économie iranienne. Mais cela a aussi servi l’Iran, d’une certaine manière, en l’obligeant à diversifier ses ressources. ”

De son côté, Olivier Appert insiste sur ce qui motive cette haine farouche qui oppose ces deux pays, au-delà d’un simple enjeu économique et financier :

Citation :
“ Dans la situation actuelle entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, ils ne font pas la guerre pour le pétrole. L’opposition, qui dure depuis des décennies, concerne le leadership pour les populations arabes. ”

Une arme stratégique et diplomatique

Au delà de l'enjeu stratégique, les hydrocarbures peuvent être utilisés comme un outil dans la guerre. C’est le cas de l’Etat islamique en Libye. Les jihadistes ont pris le contrôle de la plupart des terminaux permettant l’export du pétrole. Il ne s’agit pas pour eux de profiter de cette rente, puisqu’ils n’ont pas la main sur la production : ils cherchent simplement à neutraliser les revenus de leurs ennemis.

Dans une logique plus diplomatique, le Venezuela, puissance productrice majeure de pétrole, a longtemps utilisé cette ressource pour étendre son influence politique dans la région. En proposant à ses partenaires des contrats particulièrement intéressants en échange du pétrole, Hugo Chavez a longtemps obtenu les faveurs et l’amitié de différents pays… Tant que les cours le permettaient. Aujourd’hui, Caracas ne peut plus se permettre de telles largesses, faute de dégager suffisamment de marge sur le prix du baril.

«Pour certains pays, le pétrole est une arme à double tranchant», conclut Philippe Sébille-Lopez. De la même manière que peuvent l’être d’autres ressources ou idées exploitées par les belligérants, tels que le pain ou la religion.


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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 14:28


si l'on fait dans Google-Actualités une recherche à "rente pétrolière", c'est l'Algérie qui a la palme d'or noir. Viennent aussi l'Arabie saoudite, le Vénézuela, la Russie, des pays africains producteurs...

quelques titres et des 'explications' :


- Algérie. Attention, la rente pétrolière s'évapore Courrier International 15 sept. 2015


- Baisse de la rente pétrolière et inflation : menaces sur le pouvoir d’achat des Algériens Le Matin d'Algérie 22 septembre 2015

Les exportateurs de pétrole contraints à l’austérité Yves Bourdillon Les Échos 30/12/2015 à 18:18


Le prix brut perdu tiers valeur 18 mois
Shutterstock

Le baril a perdu les deux-tiers de sa valeur en 18 mois. Les grands pays exportateurs se serrent la ceinture ou s’endettent.

Citation :
Hausse jusqu'à 50% mardi du prix du carburant en Arabie saoudite , mesures d’austérité drastiques au sultanat d’Oman le lendemain, annonce du Kremlin le même jour selon lequel les Russes devront se serrer la ceinture en 2016, perspective de défaut de paiement quasi-inéluctable du Venezuela, malgré ses réserves de brut les plus élevées de la planète... Les conséquences de la chute du prix du baril de pétrole se multiplient, et ont même tendance à s’accélérer.

A 36,5 dollars mercredi, le prix du baril de brent se trouve au tiers seulement de son record de juin 2014. Il s’est situé tout au long de décembre à un niveau sans équivalent depuis la crise financière mondiale de 2009. Et de nombreux experts tablent désormais sur la persistance de prix très bas en 2016.

Pour les grands pays exportateurs, dont le pétrole constitue souvent plus du tiers des recettes en devises, voire la grande majorité pour l’Iran ou la quasi totalité pour le Venezuela , la chute des cours de l’or noir est dramatique. Elle a un impact considérable sur leurs finances publiques, ces pays tirant l’essentiel de leurs recettes des taxes sur le pétrole ou directement des versements de monopoles publics, ce qui permet à ces régimes généralement autoritaires de ne pas prendre la peine de négocier un consentement à l’impôt dans le secteur non pétrolier de l’économie.

Cette chute des cours du pétrole a déjà eu une première conséquence sur la croissance des grands exportateurs. La Russie est en récession et ne table que sur 0,7 % de hausse du PIB en 2016. Le Kazakhstan est aussi à l’arrêt. Les monarchies pétrolières du Golfe enregistreront une croissance de 2 à 3 % au plus, tout comme l’Iran, l’Algérie et le Nigeria. Quant au Venezuela, son PIB a reculé de 6 à 10  % l’an dernier et 2016 ne se présente pas mieux.

Autre conséquence, ces pays, qui achètent la paix sociale en redistribuant largement leur rente pétrolière, sont désormais obligés de sabrer dans leurs dépenses publiques, après avoir fait le dos rond pendant des mois. Cela passe en particulier par la suppression des subventions aux produits de première nécessité, carburant, eau, électricité, qui dopaient artificiellement le niveau de vie de la population mais poussaient au gaspillage. Au risque de générer des mouvements sociaux ravageurs, comme en Algérie (lire ci-dessous).

Les exportateurs de pétrole ne peuvent d’ailleurs se résoudre à absorber le choc seulement via un ajustement de leurs dépenses. Ils puisent dans leurs réserves, qui peuvent être considérables (quatre des six principaux fonds souverains de la planète sont détenus par des exportateurs) ou empruntent, parfois pour la première fois depuis des années, comme l’a illustré l’émission récente d’obligations saoudiennes. Une stratégie qui peut leur permettre de tenir quelques temps, vu que leur niveau d’endettement est souvent très bas. Le ratio de dette publique de la Russie par rapport au PIB est par exemple inférieur à 20 %.

Mais la situation ne sera pas tenable longtemps, sachant qu’un pays comme l’Arabie saoudite a vu son déficit budgétaire s’établir à quelque 20 % de PIB en 2015 ! Le « point mort » de ces pays, le prix du baril en deçà duquel leurs finances publiques plongent dans le rouge, s’avère très supérieur au cours actuel du baril, sauf pour le Qatar, le Koweït et les Emirats arabes unis. Il serait selon les estimations de 150 dollars au Venezuela, de 110 dollars en Russie, de 80 dollars en Arabie saoudite, etc.

A ce seuil de prix permettant d’équilibrer les comptes publics s’ajoute un autre point mort, technique celui-là, où l’extraction elle-même de pétrole cesse à son tour, faute de rentabilité. Ce point mort là est ridiculement bas dans les monarchies pétrolières, mais il serait de 40 dollars dans le sous-sol gelé de Sibérie, dont la plupart des puits ne seraient donc plus rentables actuellement.

Algérie

LA DÉBÂCLE DE LA MONARCHIE PÉTROLIÈRE
Le peuple saoudien en otage Pr Chems Eddine CHITOUR  04 Janvier 2016  


«Mon Dieu, gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge.» Voltaire

Citation :
Cette année 2016 commence mal pour la condition humaine. L'Arabie saoudite exécute 47 personnes en une seule fois dont le cheikh chiite Al-Nimr, figure de la contestation contre le régime. L'an dernier, l'Arabie saoudite a exécuté au moins 153 personnes - la plupart par décapitation. Est-ce moral? Est-ce licite ? Sont-ils des apostats? Et encore, ne peut-on pas être libre de ses idées? «Prononcer la chahada sous la menace du sabre est, dit-on, un péché.» Qu'ont fait ces Saoudiens pour mériter le châtiment suprême ? Ils ont tout simplement clamé plus fort que les autres leur rejet d'un régime vermoulu, pourri, qui nourrit 6000 princes qui se partagent le pouvoir depuis un siècle et qui ont, par la rente pétrolière, tétanisé l'Occident au point de tout lui permettre, de tout lui pardonner. L'essentiel est qu'il brade le pétrole, tienne en respect les rentiers de l'Opep et achète à profusion des armes en dizaines de milliards de dollars, des armes qui serviront, on l'aura compris contre le peuple et contre d'autres pays musulmans, la Syrie, Bahrein où la révolution a été étouffée dans le sang sous l'oeil complice des Occidentaux et de leurs médias, mais aussi le Yémen qui n'en finit pas de mourir. Les seuls à protester sont les Saoudiens chiites, et les Iraniens ennemis jurés des Saoudiens :

Citation :
Peu après l'annonce de la sentence, quelques milliers de personnes sont descendues dans les rues d'Awamiyah, en banlieue de Qatif, la capitale de la province orientale du royaume. Téhéran a également réagi samedi dernier, accusant Riyadh de «soutenir les terroristes» tout en «supprimant» les opposants. «Le crime de l'exécution du cheikh Al-Nimr fait partie du fonctionnement criminel de cette famille traîtresse. Le monde islamique va exprimer son indignation et dénoncer ce régime infâme autant que possible, a déclaré l'ayatollah Ahmad Khatami. Je ne doute pas que ce sang pur tachera la maison Al-Saoud et qu'ils seront balayés des pages de l'Histoire», a ajouté le dignitaire iranien. (1)
Les droits de l'homme inconnus

On est en droit de se demander pourquoi personne ne proteste parmi les donneurs de leçons. La schizophrénie occidentale envers ces meurtres d'un autre âge n'a pas d'explication rationnelle sauf si on emprunte à Bill Clinton sa fameuse expression: «C'est le pétrole idiot !». A bien des égards l'Occident est responsable de cet état de fait. Il faut rappeler que l'essor pétrolier de l'Arabie saoudite a commencé au début des années 1930 du siècle dernier avec la découverte de l'immense gisement de Gahwahr, actuellement sur le déclin. Les Etats-Unis évincés à l'époque des accords Sykes -Picot pour le partage du Moyen-Orient et des provinces pétrolières dont les plus grands gisements se situaient en Irak, firent mieux. Une compagnie américano-saoudienne fut créée: l'Aramco dont la concession recouvre la presque totalité du territoire. Plus tard dans le pacte du Quincy (1945), renouvelé pour 60 ans en 2008, les Etats-Unis garantissent la sécurité de la famille Saoud (et donc son pouvoir). En échange de quoi... les compagnies pétrolières américaines font ce qu'elles veulent en Arabie saoudite. On l'aura compris, les droits de l'homme dans les pays arabes n'ont pas de sens. L' esclavage est encore en vigueur dans les pays du Golfe et la condition des immigrés est des plus déplorables. Pour le moment, les potentats du Golfe intéressent l'Occident tant qu'ils ont encore du pétrole et du gaz. (...) Il est à espérer qu'il ne faille pas attendre la fin du pétrole et du gaz pour voir enfin, la fin de la capacité de nuisance de ces roitelets qui se sont installés définitivement dans les temps morts pour le plus grand malheur de leurs peuples respectifs condamnés de ce fait à renouer définitivement avec la tente et le chameau.» (2)

Un pays de non-droit pour tout ce qui n'est pas occidental

L'Arabie saoudite protégée des Américains ayant fait un hold-up sur les Lieux saints, les exploite à sa façon. Chaque année, dans l'impunité la plus totale, des centaines de pélerins meurent et aucune enquête sérieuse n'est faite. Cette année plus de 1500 morts dont 400 Iraniens du fait d'un prince qui a bloqué le chemin et qui a créé le chaos. Une fois de plus, ce sera l'impunité au nom du fait du prince et du mektoub (la fatalité). Du point de vue architectural et patrimoine, on s'étonne et on est scandalisé par les destructions archéologiques de Daesh. L'exemple vient de la famille saoudienne, qui est à bien des égards édifiant. Tout est fait pour marchandiser La Mecque. La curée n'a pas de limite pour dénaturer La Mecque et lui faire perdre sa dimension transcendante pour les musulmans, le total des flux financiers qui seront générés par le pèlerinage s'élèverait à plus de 34 milliards de dollars, Par ailleurs, il est noté que l'industrie du pèlerinage représenterait 50 milliards de dollars pour le Royaume saoudien, soit le deuxième pôle de recettes financières après le pétrole.» Pour l'histoire, au début du XXe siècle le roi Ibn Saoud se plaignait à la France de la suppression de la «zakat» des Algériens qui n'était plus envoyée aux Lieux saints aux pauvres de La Mecque et de Médine.(3)

Pourquoi l'Occident soutient les régimes qui terrorisent leurs peuples

Dans le même ordre, Mohamed Hassan explique la génèse de ce soutien occidental: «Bras armés en Libye et en Syrie, partenaires politiques en Tunisie et en Egypte, alliés stratégiques en Arabie saoudite et au Qatar... L'Occident n'hésite pas à se servir des courants les plus réactionnaires de l'islamisme radical lorsqu'il s'agit de défendre ses intérêts. (4)
Il a fallu attendre les attentats de novembre en France pour que dit-on en France, les Occidentaux envisagent de repenser les liens qu'ils entretiennent avec l'Arabie saoudite et le Qatar. Nous lisons ainsi ce que le quotidien américain The New York Times par Kamel Daoud, écrit à ce propos :

Citation :
Daech noir, Daech blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. L'Etat islamique et l'Arabie saoudite. Dans sa lutte contre le terrorisme, l'Occident mène la guerre contre l'un tout en serrant la main de l'autre. (...) On veut sauver la fameuse alliance stratégique avec l'Arabie saoudite tout en oubliant que ce royaume repose sur une autre alliance, avec un clergé religieux qui produit, rend légitime, répand, prêche et défend le wahhabisme, islamisme ultrapuritain dont se nourrit Daech. Le clergé saoudien produit l'islamisme qui menace le pays mais qui assure aussi la légitimité du régime. (5)


L'Arabie saoudite s'apprête à faire face à un tourbillon d'épreuves

De même, dans une tribune publiée par le Monde les deux historiens Sophie Bessis et Mohammed Harbi affirment, eux aussi, l'existence d'une filiation idéologique entre l'EI et le Royaume saoudien: «Le djihadisme est avant tout l'enfant des Saoud et autres émirs auxquels [la France] se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués, faisant fi des valeurs' qu'elle convoque un peu vite en d'autres occasions.» (6)

L'effondrement de l'Arabie saoudite est inéluctable

Pour Nafeez Ahmed du point de vue économique :

Citation :
De profondes réalités structurelles sont le signe que l'Arabie saoudite est effectivement au bord de la déliquescence à long terme, processus qui pourrait débuter dans les années à venir. Le mardi 22 septembre, Middle East Eye a révélé dans un article qu'un éminent membre de la famille royale saoudienne appelait à un changement à sa tête afin d'éviter la chute du royaume. Comme de nombreux pays de la région avant elle,l'Arabie saoudite s'apprête à faire face à un tourbillon d'épreuves qui, si l'on se fie à l'histoire, mèneront la monarchie à sa perte au cours de la prochaine décennie. (7)

Citation :
«Au cours des dernières années, le royaume a procédé à des extractions en quantité record afin de maintenir sa production à flot, Mais les réserves ont une durée de vie limitée pour une Arabie saoudite qui pompe à un rythme dément. Une nouvelle étude spécialisée parue dans le Journal of Petroleum Science and Engineering projette que l'Arabie saoudite va constater un pic dans sa production pétrolière, qui sera suivi par un déclin inexorable en 2028 (...) Selon le Modèle des pays exportateurs (MPE) inventé par le géologue pétrolier texan Jeffrey J. Brown et par le Dr Sam Foucher, la question principale ne concerne pas seulement la production de pétrole, mais la capacité à exporter la production face à la croissance des taux de consommation à l'intérieur du pays. En 2008, ils découvraient que les exportations pétrolières nettes de l'Arabie saoudite avaient déjà entamé leur déclin depuis 2006. Selon leurs prévisions, cette tendance allait se poursuivre. Et ils avaient raison. Un rapport publié récemment par Citigroup a prévu que les exportations nettes plongeraient jusqu'à zéro dans les quinze prochaines années. Cela signifie que les recettes enregistrées par l'État saoudien, dont 80% proviennent des ventes de pétrole, sont condamnées à la chute perpétuelle. L'Arabie saoudite est le plus gros consommateur d'énergie de la région, la demande des ménages ayant grimpé de 7,5% au cours des cinq dernières années. On estime que la population saoudienne totale va croître des 29 millions actuels à 37 millions aux alentours de 2030. Les considérables réserves de l'Arabie saoudite tombent à des niveaux sans précédent, chutant de leur pic de 737 milliards de dollars atteint en août 2014 à une valeur de 672 milliards de dollars en mai. À ce rythme, à la fin 2018, les réserves du royaume pourraient atteindre la très basse valeur de 200 milliards de dollars.» (7)

Les subventions supprimées, hausse massive des prix du carburant

Nafeez Ahmed poursuit:

Citation :
La fortune pétrolière de l'Arabie saoudite, et sa capacité hors du commun à maintenir de généreuses subventions pour le pétrole, le logement, la nourriture et d'autres biens de consommation, jouent un rôle majeur dans la prévention des risques d'instabilité civile. Les subventions énergétiques couvrent à elles seules un cinquième du produit intérieur brut saoudien. À mesure que les recettes subiront une contrainte grandissante, la capacité du royaume à maîtriser les dissidences à l'intérieur du pays faiblira, comme cela a déjà été le cas dans d'autres pays de la région. Le chômage s'élève à environ 12%, et il touche principalement les jeunes - 30% d'entre eux sont sans emploi. On projette que les changements climatiques vont accroître les problèmes économiques du pays, notamment en ce qui concerne l'eau et la nourriture. Vers 2040, on prévoit que les températures moyennes y seront plus élevées que la moyenne mondiale, et qu'elles pourraient augmenter de pas moins de 4° Celsius, tandis que la diminution des pluies pourrait encore s'aggraver. De toute façon, 80% des besoins saoudiens en nourriture sont achetés via une importation largement subventionnée. Le royaume est l'un des pays du monde où l'eau est la plus rare, avec 98 mètres cubes par an et par habitant. (...) Comme pour nombre de ses voisins, de telles réalités structurelles profondément enracinées sont le signe que l'Arabie saoudite est effectivement au bord de la déliquescence à long terme, processus qui pourrait débuter dans les années à venir et devenir parfaitement visible d'ici dix ans. (7)

Mort virtuelle de l'Opep

On sait que l'Opep, en décembre 2015, a décidé de ne rien décider du fait de l'intransigeance des monarchies du Golfe conduites de main de fer par l'Arabie saoudite. Quelle est la situation actuelle? Une offre largement excédentaire, un dollar plus fort que jamais, une demande déclinante et un baril de Brent autour de 36 dollars

Citation :
«la production de l'Opep ne montre aucun signe de ralentissement». Elle a atteint 31,77 millions de b/j. Les raisons d'une telle dégringolade des prix sont multiples. La récession de l'économie mondiale, l'introduction du gaz/pétrole de schiste américain qui bouleverse toute la carte énergétique mondiale, les rivalités au niveau de l'Opep dont certains ne respectent pas les quotas, le retour sur le marché de la Libye de l'Irak et de l'Iran Enfin, l'efficacité énergétique dans la majorité des pays occidentaux. On peut ajouter le fait que les stocks américains sont au plus haut à près de 490 millions de barils/jour soit plus de 110 millions de barils/jour achetés avec un pétrole bradé. Il faut ajouter le fait qu'en dix ans, les pays du Golfe ont amassé des réserves estimées à 2 450 milliards de dollars. L'Opep de papa, des pionniers qui avaient une haute idée de leur mission, est morte. L'opep de rentiers qui n'a plus d'avenir. (Cool

Dans ces conditions comme le rapporte Rafik Tadjer:

Citation :
«Confrontée à la chute des prix du pétrole, l'Arabie saoudite a pris une série de mesures destinées à équilibrer son budget. Les prix du carburant seront augmentés d'au moins 50%, ont annoncé, ce lundi 28 décembre, les autorités locales. Le prix de l'essence sans plomb 95 augmente ainsi de 50%, passant de 0,60 riyal à 0,90 riyal (0,24 dollar) le litre, et celui de l'essence 91 de 67%, passant de 0,45 riyal à 0,75 riyal (0,20 dollar) le litre. Les subventions du diesel et des produits pétroliers, mais aussi de l'électricité et de l'eau, vont également être révisées. Comme l'Algérie, l'Arabie saoudite est l'un des pays où les carburants sont les moins chers. Le Royaume saoudien a adopté son budget 2016 avec un déficit prévu de 79,3 milliards d'euros.
Cette année, ce pays a enregistré un déficit budgétaire record de 89,2 milliards d'euros.» (9)

S'agissant en définitive de l'Arabie saoudite, et des pays arabes, ils vont successivement subir le même sort que la Libye au fur et à mesure de l'épuisement des réserves. L'Arabie saoudite pourra toujours compter sur sa manne de l'industrie du tourisme religieux évaluée à 50 milliards de dollars. Il est fort à parier que le Monde arabe ne représentera plus grand-chose à l'horizon d'une trentaine d'années. Ils retourneront à leur vocation de nomades comme au début du XXe siècle. L'Algérie du million de martyrs, n'a pas d'amis arabes, elle devra s'en protéger. Elle devra plus que jamais réhabiliter l'Islam tolérant de nos aïeux. Pour lutter intelligemment contre l'extrémisme. De plus, elle n'a pas su développer des alternatives au tout-pétrole. Le temps encore une fois, nous est compté et les problèmes de l'Algérie doivent faire l'objet, de mon point de vue, d'un consensus car quels que soient ses dirigeants, les faits sont têtus. Si on ne remet pas tout à plat dès à présent en expliquant aux citoyens les grands enjeux, tarissement de la manne pétrolière, risques climatiques, sécheresse, ils n'adhéreront pas. Naturellement, les réformes indispensables concernant le ciblage intelligent des subventions aux couches sociales à faible pouvoir d'achat, ne peuvent commencer que par l'exemple de la réduction du train de vie de l'Etat. Il n'y a pas de fatalité ni de hiérarchie ni de monopole ni de famille révolutionnaire dans le patriotisme. Seules la connaissance et la compétence permettront à l'Algérie de sortir de cette épreuve.

1.http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/01/02/l-arabie-saoudite-execute-47-personnes-dont-le-cheikh-chiite-al-nimr_4840883_3218.html#xO910TGj3iGJRtsg.99
2.http://www.legrandsoir.info/les-droits-de-l-homme-dans-les-monarchies-du-golfe-une-utopie-toleree-par-l-occident.html
3.http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour /225208-cite-de-dieu-ou-cite-marchande.html
4.Mohamed Hassan http://www.michelcollon.info/Ces-islamistes-que-soutient-l.html
5.http://www.nytimes.com/2015/11/21/opinion/larabie-saoudite-un-daesh-qui-a-reussi.html?_r=1
6.http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/11/21/letat-islamique-a-un-pere-larabie-saoudite-et-son-industrie-ideologique/
7.http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/l-effondrement-de-l-arabie-saoudite-est-luctable-602186090#sthash.MssIkE9p.sRpwdHXi.dpuf Mathieu Vigouroux.
8.http://www.mondialisation.ca/mort-virtuelle-de-lopep-pourquoi-lalgerie-lie-t-elle-son-sort-aux-rentiers-du-golfe/5494436
9.Rafik Tadjer www: tsa-algérie 28 décembre 2015


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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 14:49


importation ne vaut pas approbation, et ce texte importé du site du NPA a le mérite de rappeler quelques fondamentaux marxiens. Il est de mars 2015 donc avant l'effondrement des prix du pétrole, d'où un titre un peu décalé... Quant à faire des observations plus fines sur la validité de ces thèses, merci aux cadors en marxisme d'avant-garde de nous aider, car ici l'on n'est pas encore auto-Mattick


La résistible chute du prix du pétrole Revue L'Anticapitaliste n°63 (mars 2015)

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.


Exploration de pétrole de schiste sur l’île d’Anticosti, au Québec. DR.

Jean-Claude Vessillier a écrit:
Le prix du pétrole sur le marché mondial est passé de 115 dollars le baril en juin 2014 à 46 dollars en janvier 2015. Cette évolution s’inscrit dans le contexte de la  crise qui frappe la mondialisation capitaliste et l’exploitation des ressources non renouvelables. Si elle donne un ballon d’oxygène aux économies des pays importateurs, elle ne modifie pas les coordonnées de la crise économique.

Le pétrole, première source d’énergie primaire dans le monde devant le charbon, est à la base d’une économie de la rente. Les caractéristiques de la rente foncière analysée par Marx s’appliquent à l’industrie pétrolière d’aujourd’hui. Parce que les ressources en terres cultivables ou en pétrole sont finies, les possesseurs de ces ressources  naturelles sont en position de force : « ils peuvent prélever un surprofit en vendant leurs produits à la valeur déterminée par leur production sur les plus mauvaises terres (ou par leur extraction dans les mines les moins productives), autrement dit les soustraire à la péréquation générale du taux de profit - et pérenniser ce surprofit sous forme de rente. » 1


Une économie de la rente

Le contrôle et  la propriété  des gisements de pétrole ne sont pas le résultat d’un processus classique d’accumulation capitaliste au travers de  la concurrence entre firmes et de l’exploitation de la force de travail. La présence de gisements de pétrole dans une entité étatique est la conséquence de délimitations de frontières plus ou moins récentes et c’est la force militaire qui  garantit sans médiation le droit à la propriété et le privilège de bénéficier de cette rente. C’est pourquoi il y a eu depuis un siècle tant de guerres pour le contrôle des matières premières et du pétrole en particulier, avec leur intensification ces dix dernières années au Moyen-Orient. On fait des guerres pour un gisement de  pétrole, pas pour conquérir une usine automobile !

Les conditions d’extraction du pétrole sont de plus en plus différenciées dans le monde selon la nature physique des  gisements. Le coût d’extraction d’un baril de pétrole est de 10 dollars en Arabie Saoudite alors qu’il est de l’ordre de 50 dollars au Venezuela où du « pétrole lourd » est extrait. Du fait de la nature de ses gisements de pétrole, la prime à un pays comme l’Arabie Saoudite est considérable.2

Sur la base de cette économie de la rente, une industrie pétrolière capitalistique s’est développée pour découvrir, forer, exploiter, transporter et raffiner le pétrole. Jusque dans les années 1970, la production et la distribution de pétrole étaient dans le monde capitaliste et ses dépendances coloniales sous le contrôle exclusif des compagnies occidentales, qui formaient un cartel fixant prix et quotas. Au cours des années 1970, l’OPEP, Organisation des pays exportateurs de pétrole, s’est constituée en cartel de pays producteurs et a instauré un système de quotas de production visant à déterminer le niveau des prix mondiaux. Les compagnies pétrolières ont alors été largement dessaisies de leur ancien  pouvoir de décider des volumes de production et des prix, mais elles se sont adaptées en contrôlant le raffinage et en achetant des concessions d’exploration et d’exploitation pérennisant leur rôle de prédateur.

C’est parce que l’exploitation du  pétrole est fondée sur une économie de la rente que les quotas de production continuent de piloter les cours du pétrole. Si la production augmente plus vite que la consommation, les prix ont tendance à baisser ; en revanche, la rareté relative conduit à l’augmentation des prix.  Mais dans une économie financiarisée, les fluctuations des prix sont amplifiées par la spéculation : les contrats pétroliers sont transformés en supports d’opérations financières  dans lesquelles banques et sociétés de courtage jouent un rôle moteur. Le pétrole est toujours un « or noir », support aujourd’hui d’une spéculation exacerbée.


Le boom du pétrole de schiste

La consommation  mondiale de pétrole est globalement stable depuis la crise de 2008. La tendance à une légère baisse de la consommation des pays développés de l’OCDE est compensée par la croissance des pays émergents, en premier lieu la Chine. L’économie chinoise apparaît cependant moins « gourmande » en pétrole, avec  une augmentation de sa consommation de « seulement » 4,7 % en 2014, contre 8,5,% en moyenne depuis dix ans.  

La production de pétrole « conventionnel », c’est-à-dire celui extrait par forage, est elle aussi globalement stable et cela depuis 2006, avant l’irruption de la crise. Sans pronostiquer qu’il s’agisse du « pic de production » de pétrole annoncé par certains, l’observation est bien celle d’un plateau du niveau de production mondial depuis neuf ans.


Production de pétrole exprimée en millions de tonnes et variation en % 3

Le principal élément nouveau de ces dernières années est celui du  boom du pétrole et du gaz de schiste aux Etats-Unis, en fait dans deux de ses Etats, le Dakota du Nord et le Texas. La production  d’hydrocarbures non conventionnels y est passée de 500 000 barils par jour en 2009 à 4 millions à la fin de l’année 2014, près de la moitié de la production totale de pétrole aux Etats-Unis. Ce boom est très fragile car la durée d’exploitation d’un gisement de pétrole de schiste est  d’environ cinq ans alors qu’un gisement conventionnel peut produire pendant 25 ans. Il faut donc en permanence de nouveaux investissements et forages « fracturant » la roche-mère pour garantir ne serait-ce que le maintien d’un même niveau de production. L’exploitation des gaz et pétroles de schiste a  rencontré l’appât du gain rapide des entreprises qui s’y sont ruées, avec en prime le saccage écologique de régions entières. Mais grâce à cette exploitation, les Etats-Unis sont redevenus en 2014 le premier producteur mondial de pétrole.

C’est la tendance à accumuler de plus en plus qui est à l’origine de cette course à plus d’extraction de ressources non renouvelables, aujourd’hui le pétrole de schiste, demain, s’ils peuvent continuer, le pétrole dans les grands fonds marins.

 ..................2006 2010 2013 ...............Variation 2013-2006
États-Unis .....305 333 446 .....................46%
Moyen-Orient  236 1217 1329 ..................7,5%
Monde ..........3969 3979 4130 .................4%
Monde moins Etats-Unis 3664 3646 3684 ...0,5%


Les conséquences de la chute des cours

Dans un système où les quotas de production servent à réguler les prix, le déséquilibre entre offre et demande constaté au premier semestre 2014 aurait pu trouver une solution dans la réduction des volumes de production, la rareté conjoncturelle ainsi créée faisant augmenter les prix. Comme le prouve les brusques variations du prix du pétrole depuis les années 1980, il n’y a plus aujourd’hui d’autorité incontestée fixant quotas de production et partage des marchés. C’est l’une des manifestations d’une économie mondiale en crise et incontrôlée. Sur la base de fondements objectifs tenant aux caractéristiques de la rente pétrolière, se déploie aujourd’hui une bataille pour trouver ou conserver des positions de contrôle du secteur mobilisant tous les moyens qui peuvent construire un rapport de forces.

La baisse du  prix du pétrole bouscule les possibilités de rentabilité et de surprofit pour tous les pays producteurs et les compagnies qui ont investi sur la base d’espérance de prix supérieures.  La rentabilité du pétrole de schiste, dont le coût d’extraction est aujourd’hui aux environs de 60 dollars par baril, est  remise en cause. Ce sont les pays à plus bas coût d’extraction qui vont récupérer un avantage sur les autres. C’est pourquoi l’Arabie saoudite est souvent désignée comme le bénéficiaire de cette baisse des cours. Pour d’autres, cela crée les conditions de nouvelles crises de la dette. Un pays comme le Venezuela va devoir faire des coupes dans ses budgets sociaux largement financés par la rente pétrolière.

Les grandes compagnies pétrolières coupent dans leurs investissements pour garantir le profit et les dividendes d’aujourd’hui. Ainsi Total, tout en annonçant un bénéfice pour 2014 de 11,3 milliards d’euros, a décidé d’une baisse de 10 % de ses investissements, incluant un moins 30 % pour les campagnes d’exploration, et d’une réduction d’effectif de 2000 salariés.

En Europe Occidentale, dans les pays important tout leur pétrole, les entreprises, notamment dans secteur de la chimie, vont être avantagées par cette baisse.

Les conséquences sont très  limitées pour les consommateurs  en France. Entre la baisse de 50 % des cours mondiaux et le prix d’achat réellement constaté à la pompe ou chez le fournisseur de  fuel domestique, les opérations se succèdent : transport, dépréciation de l’euro par rapport au dollar, raffinage, marge des compagnies pétrolières, distribution, taxes anciennes et nouvelles. Le prix  du litre de diesel n’a  baissé que de 10 % entre juillet 2014 et février 2015.

Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 n’ont pas été la cause de la fin de la période d’expansion ayant suivi la Deuxième Guerre mondiale. La baisse brutale des cours du pétrole enregistrée depuis juin 2014 ne va pas de façon symétrique  donner le signal d’une véritable reprise  économique, même si elle offre un ballon d’oxygène, notamment à des économies européennes anémiques. Les fondamentaux de la crise ne sont pas modifiés.


1. Daniel Tanuro, « Energie de flux ou énergies de stock ? – Un cheval de Troie dans l’écologie de Marx », http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article8382
2. Cf. Gilbert Achcar, « Le Peuple veut – Une exploration radicale du soulèvement arabe », Sindbad Actes Sud, 2013.
3. Données de l’Agence internationale pour l’énergie.


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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Jeu 21 Jan - 15:24



"Le Look d'une planète mal huilée"

Tomgram : Michael Klare, The Look of a Badly Oiled Planet  Michael Klare January 12, 2016


The Oil Pricequake
Political Turmoil in a Time of Low Energy Prices
By Michael T. Klare
Tremblement de terre des prix
Troubles politiques en période de faible prix de l'énergie à la consommation


As 2015 drew to a close, many in the global energy industry were praying that the price of oil would bounce back from the abyss, restoring the petroleum-centric world of the past half-century.  All evidence, however, points to a continuing depression in oil prices in 2016 -- one that may, in fact, stretch into the 2020s and beyond.  Given the centrality of oil (and oil revenues) in the global power equation, this is bound to translate into a profound shakeup in the political order, with petroleum-producing states from Saudi Arabia to Russia losing both prominence and geopolitical clout.

Citation :
To put things in perspective, it was not so long ago -- in June 2014, to be exact -- that Brent crude, the global benchmark for oil, was selling at $115 per barrel.  Energy analysts then generally assumed that the price of oil would remain well over $100 deep into the future, and might gradually rise to even more stratospheric levels.  Such predictions inspired the giant energy companies to invest hundreds of billions of dollars in what were then termed “unconventional” reserves: Arctic oil, Canadian tar sands, deep offshore reserves, and dense shale formations. It seemed obvious then that whatever the problems with, and the cost of extracting, such energy reserves, sooner or later handsome profits would be made. It mattered little that the cost of exploiting such reserves might reach $50 or more a barrel.

As of this moment, however, Brent crude is selling at $33 per barrel, one-third of its price 18 months ago and way below the break-even price for most unconventional “tough oil” endeavors. Worse yet, in one scenario recently offered by the International Energy Agency (IEA), prices might not again reach the $50 to $60 range until the 2020s, or make it back to $85 until 2040. Think of this as the energy equivalent of a monster earthquake -- a pricequake -- that will doom not just many “tough oil” projects now underway but some of the over-extended companies (and governments) that own them.

The current rout in oil prices has obvious implications for the giant oil firms and all the ancillary businesses -- equipment suppliers, drill-rig operators, shipping companies, caterers, and so on -- that depend on them for their existence. It also threatens a profound shift in the geopolitical fortunes of the major energy-producing countries. Many of them, including Nigeria, Saudi Arabia, Russia, and Venezuela, are already experiencing economic and political turmoil as a result. (Think of this, for instance, as a boon for the terrorist group Boko Haram as Nigeria shudders under the weight of those falling prices.) The longer such price levels persist, the more devastating the consequences are likely to be.

A Perfect Storm


Generally speaking, oil prices go up when the global economy is robust, world demand is rising, suppliers are pumping at maximum levels, and little stored or surplus capacity is on hand.  They tend to fall when, as now, the global economy is stagnant or slipping, energy demand is tepid, key suppliers fail to rein in production in consonance with falling demand, surplus oil builds up, and future supplies appear assured.

During the go-go years of the housing boom, in the early part of this century, the world economy was thriving, demand was indeed soaring, and many analysts were predicting an imminent “peak” in world production followed by significant scarcities.  Not surprisingly, Brent prices rose to stratospheric levels, reaching a record $143 per barrel in July 2008.  With the failure of Lehman Brothers on September 15th of that year and the ensuing global economic meltdown, demand for oil evaporated, driving prices down to $34 that December.

With factories idle and millions unemployed, most analysts assumed that prices would remain low for some time to come.  So imagine the surprise in the oil business when, in October 2009, Brent crude rose to $77 per barrel.  Barely more than two years later, in February 2011, it again crossed the $100 threshold, where it generally remained until June 2014.

Several factors account for this price recovery, none more important than what was happening in China, where the authorities decided to stimulate the economy by investing heavily in infrastructure, especially roads, bridges, and highways.  Add in soaring automobile ownership among that country’s urban middle class and the result was a sharp increase in energy demand.  According to oil giant BP, between 2008 and 2013, petroleum consumption in China leaped 35%, from 8.0 million to 10.8 million barrels per day.  And China was just leading the way.  Rapidly developing countries like Brazil and India followed suit in a period when output at many existing, conventional oil fields had begun to decline; hence, that rush into those “unconventional” reserves.

This is more or less where things stood in early 2014, when the price pendulum suddenly began swinging in the other direction, as production from unconventional fields in the U.S. and Canada began to make its presence felt in a big way.  Domestic U.S. crude production, which had dropped from 7.5 million barrels per day in January 1990 to a mere 5.5 million barrels in January 2010, suddenly headed upwards, reaching a stunning 9.6 million barrels in July 2015.  Virtually all the added oil came from newly exploited shale formations in North Dakota and Texas.  Canada experienced a similar sharp uptick in production, as heavy investment in tar sands began to pay off.  According to BP, Canadian output jumped from 3.2 million barrels per day in 2008 to 4.3 million barrels in 2014.  And don’t forget that production was also ramping up in, among other places, deep-offshore fields in the Atlantic Ocean off both Brazil and West Africa, which were just then coming on line.  At that very moment, to the surprise of many, war-torn Iraq succeeded in lifting its output by nearly one million barrels per day.

Add it all up and the numbers were staggering, but demand was no longer keeping pace.  The Chinese stimulus package had largely petered out and international demand for that country’s manufactured goods was slowing, thanks to tepid or nonexistent economic growth in the U.S., Europe, and Japan.  From an eye-popping annual rate of 10% over the previous 30 years, China's growth rate fell into the single digits.  Though China’s oil demand is expected to keep rising, it is not projected to grow at anything like the pace of recent years.

At the same time, increased fuel efficiency in the United States, the world’s leading oil consumer, began to have an effect on the global energy picture.  At the height of the country’s financial crisis, when the Obama administration bailed out both General Motors and Chrysler, the president forced the major car manufacturers to agree to a tough set of fuel-efficiency standards now noticeably reducing America’s demand for petroleum.  Under a plan announced by the White House in 2012, the average fuel efficiency of U.S.-manufactured cars and light vehicles will rise to 54.5 miles per gallon by 2025, reducing expected U.S. oil consumption by 12 billion barrels between now and then.

In mid-2014, these and other factors came together to produce a perfect storm of price suppression.  At that time, many analysts believed that the Saudis and their allies in the Organization of the Petroleum Exporting Countries (OPEC) would, as in the past, respond by reining in production to bolster prices.  However, on November 27, 2014 -- Thanksgiving Day -- OPEC confounded those expectations, voting to maintain the output quotas of its member states.  The next day, the price of crude plunged by $4 and the rest is history.

A Dismal Prospect

In early 2015, many oil company executives were expressing the hope that these fundamentals would soon change, pushing prices back up again.  But recent developments have demolished such expectations.

Aside from the continuing economic slowdown in China and the surge of output in North America, the most significant factor in the unpromising oil outlook, which now extends bleakly into 2016 and beyond, is the steadfast Saudi resistance to any proposals to curtail their production or OPEC’s.  On December 4th, for instance, OPEC members voted yet again to keep quotas at their current levels and, in the process, drove prices down another 5%.  If anything, the Saudis have actually increased their output.

Many reasons have been given for the Saudis’ resistance to production cutbacks, including a desire to punish Iran and Russia for their support of the Assad regime in Syria.  In the view of many industry analysts, the Saudis see themselves as better positioned than their rivals for weathering a long-term price decline because of their lower costs of production and their large cushion of foreign reserves.  The most likely explanation, though, and the one advanced by the Saudis themselves is that they are seeking to maintain a price environment in which U.S. shale producers and other tough-oil operators will be driven out of the market.  “There is no doubt about it, the price fall of the last several months has deterred investors away from expensive oil including U.S. shale, deep offshore, and heavy oils,” a top Saudi official told the Financial Times last spring.

Despite the Saudis’ best efforts, the larger U.S. producers have, for the most part, adjusted to the low-price environment, cutting costs and shedding unprofitable operations, even as many smaller firms have filed for bankruptcy. As a result, U.S. crude production, at about 9.2 million barrels per day, is actually slightly higher than it was a year ago.

In other words, even at $33 a barrel, production continues to outpace global demand and there seems little likelihood of prices rising soon, especially since, among other things, both Iraq and Iran continue to increase their output.  With the Islamic State slowly losing ground in Iraq and most major oil fields still in government hands, that country’s production is expected to continue its stellar growth.  In fact, some analysts project that its output could triple during the coming decade from the present three million barrels per day level to as much as nine million barrels.

For years, Iranian production has been hobbled by sanctions imposed by Washington and the European Union (E.U.), impeding both export transactions and the acquisition of advanced Western drilling technology.  Now, thanks to its nuclear deal with Washington, those sanctions are being lifted, allowing it both to reenter the oil market and import needed technology.  According to the U.S. Energy Information Administration, Iranian output could rise by as much as 600,000 barrels per day in 2016 and by more in the years to follow.

Only three developments could conceivably alter the present low-price environment for oil: a Middle Eastern war that took out one or more of the major energy suppliers; a Saudi decision to constrain production in order to boost prices; or an unexpected global surge in demand.

The prospect of a new war between, say, Iran and Saudi Arabia -- two powers at each other’s throats at this very moment -- can never be ruled out, though neither side is believed to have the capacity or inclination to undertake such a risky move. A Saudi decision to constrain production is somewhat more likely sooner or later, given the precipitous decline in government revenues. However, the Saudis have repeatedly affirmed their determination to avoid such a move, as it would largely benefit the very producers -- namely shale operators in the U.S. -- they seek to eliminate.

The likelihood of a sudden spike in demand appears unlikely indeed.  Not only is economic activity still slowing in China and many other parts of the world, but there’s an extra wrinkle that should worry the Saudis at least as much as all that shale oil coming out of North America: oil itself is beginning to lose some of its appeal.

While newly affluent consumers in China and India continue to buy oil-powered automobiles -- albeit not at the breakneck pace once predicted -- a growing number of consumers in the older industrial nations are exhibiting a preference for hybrid and all-electric cars, or for alternative means of transportation.  Moreover, with concern over climate change growing globally, increasing numbers of young urban dwellers are choosing to subsist without cars altogether, relying instead on bikes and public transit.  In addition, the use of renewable energy sources -- sun, wind, and water power -- is on the rise and will only grow more rapidly in this century.

These trends have prompted some analysts to predict that global oil demand will soon peak and then be followed by a period of declining consumption.  Amy Myers Jaffe, director of the energy and sustainability program at the University of California, Davis, suggests that growing urbanization combined with technological breakthroughs in renewables will dramatically reduce future demand for oil.  “Increasingly, cities around the world are seeking smarter designs for transport systems as well as penalties and restrictions on car ownership. Already in the West, trendsetting millennials are urbanizing, eliminating the need for commuting and interest in individual car ownership,” she wrote in the Wall Street Journal last year.

The Changing World Power Equation

Many countries that get a significant share of their funds from oil and natural gas exports and that gained enormous influence as petroleum exporters are already experiencing a significant erosion in prominence.  Their leaders, once bolstered by high oil revenues, which meant money to spread around and buy popularity domestically, are falling into disfavor.

Nigeria’s government, for example, traditionally obtains 75% of its revenues from such sales; Russia’s, 50%; and Venezuela’s, 40%.  With oil now at a third of the price of 18 months ago, state revenues in all three have plummeted, putting a crimp in their ability to undertake ambitious domestic and foreign initiatives.

In Nigeria, diminished government spending combined with rampant corruption discredited the government of President Goodluck Jonathan and helped fuel a vicious insurgency by Boko Haram, prompting Nigerian voters to abandon him in the most recent election and install a former military ruler, Muhammadu Buhari, in his place.  Since taking office, Buhari has pledged to crack down on corruption, crush Boko Haram, and -- in a telling sign of the times -- diversify the economy, lessening its reliance on oil.

Venezuela has experienced a similar political shock thanks to depressed oil prices.  When prices were high, President Hugo Chávez took revenues from the state-owned oil company, Petróleos de Venezuela S.A., and used them to build housing and provide other benefits for the country’s poor and working classes, winning vast popular support for his United Socialist Party.  He also sought regional support by offering oil subsidies to friendly countries like Cuba, Nicaragua, and Bolivia.  After he died in March 2013, his chosen successor, Nicolas Maduro, sought to perpetuate this strategy, but oil didn’t cooperate and, not surprisingly, public support for him and for Chávez’s party began to collapse.  On December 6th, the center-right opposition swept to electoral victory, taking a majority of the seats in the National Assembly.  It now seeks to dismantle Chávez’s “Bolivarian Revolution,” though Maduro's supporters have pledged firm resistance to any such moves.

The situation in Russia remains somewhat more fluid.  President Vladimir Putin continues to enjoy widespread popular support and, from Ukraine to Syria, he has indeed been moving ambitiously on the international front.  Still, falling oil prices combined with economic sanctions imposed by the E.U. and the U.S. have begun to cause some expressions of dissatisfaction, including a recent protest by long-distance truckers over increased highway tolls. Russia’s economy is expected to contract in a significant way in 2016, undermining the living standards of ordinary Russians and possibly sparking further anti-government protests.  In fact, some analysts believe that Putin took the risky step of intervening in the Syrian conflict partly to deflect public attention from deteriorating economic conditions at home.  He may also have done so to create a situation in which Russian help in achieving a negotiated resolution to the bitter, increasingly internationalized Syrian civil war could be traded for the lifting of sanctions over Ukraine.  If so, this is a very dangerous game, and no one -- least of all Putin -- can be certain of the outcome.

Saudi Arabia, the world’s leading oil exporter, has been similarly buffeted, but appears -- for the time being, anyway -- to be in a somewhat better position to weather the shock.  When oil prices were high, the Saudis socked away a massive trove of foreign reserves, estimated at three-quarters of a trillion dollars.  Now that prices have fallen, they are drawing on those reserves to sustain generous social spending meant to stave off unrest in the kingdom and to finance their ambitious intervention in Yemen’s civil war, which is already beginning to look like a Saudi Vietnam.  Still, those reserves have fallen by some $90 billion since last year and the government is already announcing cutbacks in public spending, leading some observers to question how long the royal family can continue to buy off the discontent of the country’s growing populace.  Even if the Saudis were to reverse course and limit the kingdom’s oil production to drive the price of oil back up, it’s unlikely that their oil income would rise high enough to sustain all of their present lavish spending priorities.

Other major oil-producing countries also face the prospect of political turmoil, including Algeria and Angola.  The leaders of both countries had achieved the usual deceptive degree of stability in energy producing countries through the usual oil-financed government largesse.  That is now coming to an end, which means that both countries could face internal challenges.

And keep in mind that the tremors from the oil pricequake have undoubtedly yet to reach their full magnitude.  Prices will, of course, rise someday.  That’s inevitable, given the way investors are pulling the plug on energy projects globally.  Still, on a planet heading for a green energy revolution, there’s no assurance that they will ever reach the $100-plus levels that were once taken for granted.  Whatever happens to oil and the countries that produce it, the global political order that once rested on oil’s soaring price is doomed.  While this may mean hardship for some, especially the citizens of export-dependent states like Russia and Venezuela, it could help smooth the transition to a world powered by renewable forms of energy.

Michael T. Klare, a TomDispatch regular, is a professor of peace and world security studies at Hampshire College and the author, most recently, of "The Race for What’s Left." A documentary movie version of his book Blood and Oil is available from the Media Education Foundation. Follow him on Twitter at @mklare1.

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Copyright 2016 Michael T. Klare



Citation :
The world is facing an unprecedented crisis of resource depletion---a crisis that encompasses shortages of oil and coal, copper and cobalt, water and arable land. With all of the Earth's accessible areas already being exploited, the desperate hunt for supplies has now reached the final frontiers. The Race for What's Left takes us from the Arctic to war zones to deep ocean floors, from a Russian submarine planting the country's flag under the North Pole to the large-scale buying up of African farmland by Saudi Arabia and other food-scarce nations. With resource extraction growing more difficult, the environmental risks are becoming increasingly severe---and the intense search for dwindling supplies is igniting new conflicts and territorial disputes. The only way out, Michael T. Klare argues, is to alter our consumption patterns altogether, a crucial task that will be the greatest challenge of the coming century.




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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Mar 26 Jan - 18:50


texte un peu décalé par rapport au titre du sujet, mais vu la place qu'y prend le pétrole, je le mets ici, puisque par sa richesse et bien qu'il date de 2012, il éclaire certaines raisons de la crise et des guerres actuelles




Les enjeux sous-jacents du Détroit d’Ormuz  René Naba 9 décembre 2012

Le golfe arabo-persique, possible point d’impact dérivé de la confrontation entre l’Iran et Israël, constitue, de l’avis unanime des experts, la veine jugulaire du système énergétique mondial (...)Une fermeture totale du Détroit d’Ormuz, par où transitent 90 pour cent du pétrole produit par le Golfe, priverait l’Occident du quart de sa consommation quotidienne d’énergie



René Naba a écrit:
Du bon usage des principes universels

Le golfe arabo persique, possible point d’impact dérivé de la confrontation entre l’Iran et Israël, constitue, de l’avis unanime des experts, la veine jugulaire du système énergétique mondial et l’intervention occidentale projetée en cas de fermeture de la navigation dans la voie d’eau est justifiée par le principe universel de la liberté de navigation. Force est d’admettre toutefois que les grands principes universalistes découlent rarement de considérations altruistes et répondent davantage à des impératifs matériels.

Il a en a été ainsi du principe de la liberté de la navigation brandie par l’Angleterre au XVII e et XVIIIe siècles pour assurer sa suprématie maritime et partant son hégémonie commerciale à l’ensemble de la planète (1). Il en a été de même du mot d’ordre du principe de la Liberté du commerce et du libre-échange décrété par les pays occidentaux au XIXe et XXe siècles pour contraindre la Chine à écouler les marchandises occidentales sur son marché intérieur au nom de la «politique de la porte ouverte». Il en sera de même du «principe de la liberté d’information» fermement défendu par les États-Unis, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale pour asseoir leur suprématie idéologique dans les quatre domaines qui conditionnent la puissance: politique, militaire, économique et culturel.

Le principe de la liberté de navigation où les océans nouveau monde du XXI ème siècle

Les démonstrations de force autour du détroit d’Ormuz entre Américains et Iraniens, en 2012, -dont les grandes manœuvres navales du pacte atlantique du 16 au 27 septembre 2012, les manœuvres ICNMEX, avec la participation de vingt pays et une quarantaine bâtiments pour le déminage de la voie d’eau- révèlent rétrospectivement l’utilité du rôle prescripteur des Occidentaux pour leurs propres intérêts.

L’intervention de Suez, en 1956, contre l’Egypte pour châtier Nasser d’avoir nationalisé le Canal de Suez, voie de passage entre la Mer Méditerranée et la Mer rouge, en est un exemple. Le président égyptien qui se préoccupait de financer le développement de son économie nationale par l’unique ressource de son pays, les droits du passage sur la voie d’eau, s’est heurté à la violente opposition de la Compagnie franco-britannique de Suez, entrainant une intervention armée conjuguée d’Israël et des deux anciennes puissances coloniales de l’époque, la France et la Grande Bretagne, parrains de la compagnie.

La compagnie de Suez était constituée en effet d’un groupement d’une vingtaine d’actionnaires prélevant à l’époque 90 pour cent des recettes du trafic et le peuple égyptien fort de 30 millions d‘habitants se contentant de 10 pour cent. Nasser a juste cherché à inverser le rapport de perception, déclenchant l’ire des deux parrains de la compagnie…..au nom du principe de la liberté de navigation.

Un principe en apparence anodin, mais qui masque de redoutables enjeux géostratégique, résumé il y a deux siècles par le contre amiral Alfred Thayus Mahan (1840-1914): «Quiconque atteindra la suprématie maritime dans l’océan Indien serait un joueur important sur la scène internationale”, soutenait-il déjà au siècle dernier ce géo stratège de la Marine des Etats-Unis.

Depuis la fin de la II me Guerre mondiale (1939-1945), les Etats Unis ont procédé à leur déploiement géostratégique selon la configuration de la carte de l’Amiral Harrison conçue en 1942 en vue de prendre en tenaille la totalité du monde eurasiatique. En application de la «théorie des anneaux maritimes», ils ont ainsi articulé leur présence sur un axe reposant sur trois positions charnières, le détroit de Behring, le Golfe arabo persique et le détroit de Gibraltar, en vue de provoquer une marginalisation totale de l’Afrique, une marginalisation relative de l’Europe, et, à confiner dans un cordon de sécurité un «périmètre insalubre» constitué par Moscou-Pékin- Islamabad, contenant la moitié de l’humanité,-3, 5 milliards de personnes-, mais aussi la plus forte densité de misère humaine et la plus forte concentration de drogue de la planète.

Le surpeuplement prévisible de la terre, dont la population va pratiquement doubler en un siècle passant de six milliards de dollars, en l’an 2000, à onze milliards en l’an 2.100 c’est-à-dire davantage qu’au cours de toute l’histoire de l’humanité, va faire de la quête de nouveaux espaces, un nouvel enjeu de la compétition mondial, l’enjeu de survie de l’espèce humaine.

La conquête de l’espace en est une illustration spectaculaire. La mer est plus familière à l’Homme que l’espace, plus intimement liée à l’histoire de l’humanité. La conquête des espaces maritimes, moins spectaculaire, n’en est pas moins méthodique. Omniprésents à la surface du globe, les Océans représentent 71 pour cent de la surface de la planète, avec une mention spéciale pour le Pacifique qui occupe, à lui seul, 50 pour cent de la superficie océanique mondiale.

Si, depuis la haute antiquité, la mer a constitué un espace de jonction et de rapprochement entre les peuples, elle a aussi servi de théâtre à de retentissants combats navals (Trafalgar, Sawari), surtout appréciée par les stratèges en tant que lieu idéal de projection des forces à distance.

Le développement de prospection pétrolière off shore, du câblage sous marin et de la surexploitation de la pêche ont fait des océans un gigantesque gisement de ressources naturelles et animales. Cinquante pou cent de la population mondiale vit sur une mince bande côtière de 50 kms le long des rivages et 75 pour cent du commerce mondial en poids, et 66 pour cent en valeur est assuré par le transit maritime, près de dix milliards de tonnes par an. L’exploitation des ressources maritimes à, elle, quadruplé en 40 ans, passant de 20 millions de tonnes en 1950 à 80 millions de tonnes en 1990. La FAO estime, quant à elle, à quarante millions le nombre de personnes dans le monde vivant de l’économie du poisson, la filière pêche remployant, à elle seule, douze millions de personnes réparties entre pêcheurs, techniciens, artisans et commerçants.

Le détroit d'Ormuz

Le Golfe arabo persique, un des principaux ravitailleurs du système énergétique mondial, sert en même temps de gigantesque base militaire flottante de l’armée américaine, qui s’y ravitaille à profusion, à domicile, à des prix défiants toute concurrence, auprès de ses protégés pétromonarchies. Tous, à des degrés divers, y paient leur tribut, accordant sans états d’âme, des facilités à leur protecteur. La zone est, en effet, couverte d’un réseau de bases aéronavales anglo-saxonnes et françaises, le plus dense du monde

Voie d’eau d’un millier de km de long et dont la largeur avoisine 50 km dans sa partie la plus resserrée, le Golfe est une zone de jonction entre le Monde arabe et le Monde perse, entre le sunnisme et le chiisme, les deux grands rameaux de l’Islam. Elle borde l’Iran, qui se veut le fer de lance de la Révolution islamique, l’Irak, qui s’est longtemps présenté comme la sentinelle avancée du flanc oriental du Monde arabe, ainsi que six monarchies pétrolières de constitution récente, faiblement peuplées et vulnérables, mais dont la production de brut vient au premier rang du monde.

C’est aussi une zone intermédiaire entre l’Europe, dont elle est le premier fournisseur de pétrole, et, l’Asie, qui seraient les premières touchées par une éventuelle interruption du trafic maritime. Le Golfe soutient, enfin, selon les stratèges occidentaux, le fameux «arc de l’islam» de la confrontation dans le tiers-monde, qui va de l’Afghanistan à l’Angola en passant par la Corne de l’Afrique.

La plus forte armada de l’après Vietnam y était concentrée durant la guerre irako iranienne (1979-1989). Pas moins de 70 navires, avec au total 30.000 hommes, appartenant aux flottes de guerre américaine, soviétique, française et britannique croisaient dans les eaux du Golfe, le détroit d’Ormuz, la Mer d’Arabie et le nord de l’Océan indien. A cette armada s’ajoutaient les flottes consacrées à la défense côtière des pays de la région.

Lors de l’extension du conflit irako-iranien, à la suite de la décision de l’Irak de décréter une «zone d’exclusion maritime», 540 bâtiments (pétroliers, cargos) ont été coulés ou endommagés -soit près double du tonnage coulé pendant la 2me Guerre mondiale (1939-1945), transformant cette voie d’eau en un gigantesque cimetière marin.

Une fermeture totale du Détroit d’Ormuz, par où transitent 90 pour cent du pétrole produit par le Golfe, priverait l’Occident du quart de sa consommation quotidienne d’énergie. Vingt mille navires empruntent cette autoroute maritime chaque année, transportant le tiers du ravitaillement énergétique de l’Europe. La flotte américaine a installé à Manama (Bahreïn) le quartier général de la Vème flotte, en charge de l’Océan Indien. Elle dispose en outre de facilités à l’île de Massirah (Sultanat d’Oman), ainsi que sur la rive africaine de l’Océan indien, à Berbera (Somalie), à Mombasa (Kenya) et dans l’île britannique de Diégo Garcia.

Signe de l’importance stratégique de la zone, le Royaume Uni, du temps du protectorat britannique sur l’Arabie du sud avait fait du port d’Aden, la grande ville du sud Yémen, la place forte de la présence britannique à l’Est de Suez pour la sécurisation de la route des Indes. La militarisation des voies maritimes figure d’ailleurs parmi les objectifs de Washington dans cette zone de non droit absolu qui relie la Méditerranée à l’Asie du Sud-est et à l’Extrême-Orient par le canal de Suez, la mer Rouge et le golfe d’Aden. Dans ce périmètre hautement stratégique, les Etats Unis ont procédé au plus important déploiement militaire hors du territoire national, en temps de paix.

Le Monde arabe regroupe trois des principales voies de navigation transocéaniques, mais n’en contrôle aucune. Le détroit de Gibraltar, qui assure la jonction entre l’Océan Atlantique et la Mer Méditerranée, est sous observation de la base anglaise située sur le promontoire de Gibraltar, une enclave située sur le territoire de l’Espagne. La jonction Méditerranée-Mer Rouge est sous le contrôle des bases anglaises situées aux deux extrémités du Canal de Suez (les bases de Dekhélia et d’Akrotiri (Chypre) et la base de Massirah (Sultanat d’Oman).

Enfin, le passage golfe arabo persique Océan indien est sous l’étroit contrôle du chapelet de bases de l’Otan: le camp franco-américain de Djibouti, la base aéronavale française d’Abou Dhabi, le QG du Centcom du Qatar, et la base aéronavale américaine de Diego Garcia.

En vertu du principe de la liberté de navigation, la totalité des voies de passage transocéaniques, à l’exception du Détroit de Behring, sont sous contrôle de l’Occident. Du Détroit de Gibraltar au Détroit du Bosphore, au Détroit des Dardanelles, au Détroit de Malacca, au détroit d’Ormuz.

Si la Chine a réussi à contourner ce goulot d’étranglement en développant sa «stratégie du collier de perles» par l’aménagement d’un chapelet de ports amis le long des ses voies de ravitaillement, du Sri Lanka à l’Afrique orientale, à l’Europe avec la zone franche du Pirée, de même que la Russie avec Tartous et Banias, sur la côte syrienne de la Méditerranée, cela n’a pas été le cas pour le monde arabe.

Au-delà de la mise au pas de ces deux pays récalcitrants à l’hégémonie occidentale, la double épreuve de force contre la Syrie et l’Iran sous-tend en complément une opération de contournement du détroit d’Ormuz par substitution de la voie terrestre à la voie maritime du transport des hydrocarbures du Golfe vers l’Europe, via les ports méditerranéens de la Turquie, à travers le projet TAP, l’oléoduc trans-anatolien chargé d’acheminer vers l’Europe la production de brut des pétromonarchies et de l’Irak.

Le développement de la capacité de l’oléoduc de l‘ancienne IPC (Irak Petroleum Cy) des champs pétroliers du nord de l’Irak vers le terminal syrien de Banias figure également dans les projets des pétroliers, en cas de chute du régime syrien, réduisant ainsi la trop grande dépendance de l’Europe occidentale vis-à-vis des hydrocarbures de l’Algérie et de la Russie, deux pays hors de la sphère de l’Alliance Atlantique. Un impératif au regard de l’évolution du trafic maritime mondial: sur les vingt plus grands ports porte-conteneurs du Monde, treize se trouvent en Asie, un continent qui assurera, en l’an 2020, plus de la moitié des productions mondiales.

Dans la perspective d’une épreuve de force, les Etats-Unis ont parachevé un nouveau système radar au Qatar en complément de ceux déjà installés en Israël et en Turquie pour former un vaste arc régional de défense antimissile. Soixante-dix ans après leur indépendance, les pays arabes demeurent sous contrôle. Sous couvert du principe de la liberté de navigation couve une mise sous tutelle drastique du monde arabe et de ses gisements pétroliers.Il en va de la navigation comme du Droit l’autodétermination, qui confère bizarrement l’indépendance au Kosovo et au Sud Soudan, mais pas à la Palestine ou au Sahara occidental, réduisant ce principe à une variable d’ajustement conjoncturel.

Arabian Sea ( Bahr al Arab) et Amiral (Amir Al Bahr)

Pourtant l’océan arabe est une réalité reconnue par les géo stratèges occidentaux mais, paradoxalement, sinon ignorée par les Arabes, à tout le moins enfouie dans leur subconscient. Tous les pays arabes sans exception ont une façade maritime, même l’Irak sur le Golfe arabo persique, parfois même deux: le Maroc ouvre sur l’Atlantique et la Méditerranée; l’Egypte sur la Mer Méditerranée et la Mer Rouge, l’Arabie sur la Mer Rouge et le Golfe Persique. Et aussi la Palestine avec Gaza entre Méditerranée et Mer morte.

Bahreïn signifie «deux mers», l’Algérie «les îles», la Péninsule arabique (Al Jazira Al Arabya), littéralement l’île Arabe et Gibraltar (Jabal Tareq) tire son nom de son conquérant Tareq Ben Zyad, alors qu’en parallèle, la boussole et le gouvernail, à défaut d’en avoir été ses inventeurs, les Phéniciens, les ancêtres des Libanais, en auront été les propagateurs.

Dans l’inconscient occidental, l’arabe est synonyme de bédouin, jamais marin, une réalité intériorisée par les Arabes eux-mêmes, indice indéniable de leur aliénation mentale. Sans doute pour faire oublier l’ancienne dénomination coloniale de la zone pétro monarchique, la «Côte des pirates», pacifiée par les Anglais sous le nom de «Trucial Coast», la «Côte de la trêve». Stratagème anglais consistant à fixer au sol en les légitimant les corsaires arabes en contrepartie de l’accès occidental à leurs gisements pétroliers.

Les faits d’armes des marins arabes, qui ont fait la notoriété de ces précurseurs incontestés de la cartographie sont ignorés de l’opinion arabe elle-même. Oublié Sindbad le marin, oubliée l’escadre des 100 navires de Saladin contre les pirates génois. Oublié Ahmed Ibn Majid, le guide de Vasco de Gama. Et sans nullement justifier leurs activités, mais, en guise d’illustration, les pirates de la Corne de l’Afrique face à une armada internationale de près de quarante navires de guerre, font la preuve quotidienne qu’ils sont les véritables «Prince des mers» (Amir al Bahr), dont le terme français Amiral tire son nom.

Domaine stratégique par où transite l’essentiel du commerce mondial, de Gibraltar (Jabal Tarek), à Suez, à Bab El Mandeb et Ormuz, dont la fermeture plongerait l’économie occidentale dans une crise systémique, l’Océan arabe a été complètement colonisé à l’ère du pétrole, de même que ses repères mémoriels. Bab El Bahr en Tunisie a été rebaptisée par les Français «Porte de France» et la Mer des Arabes francisée en «Mer d’Oman», alors que les Français empruntaient à la terminologie arabe leur ordonnancement militaire: Amiral (Amir al Bahr), Capitaine (Kobtane).

Seul Gamal Abdel Nasser a fait usage de cette arme de dissuasion (1956), de même que le Roi Fayçal d’Arabie, l’arme du pétrole (1973). Mais aucune manœuvre commune des forces navales arabes n’a jamais eu lieu hors contrôle d’une puissance étrangère. Et les marines nationales sont principalement affectées à des missions de garde côtière.

Le Liban a démontré lors de la guerre de 2006 une redoutable capacité navale défensive en neutralisant la frégate Hanit, navire amiral de la flotte israélienne. Dans le camp de la résistance arabe, cet événement est célébré comme une victoire navale équivalente à celle de Sawari des Egyptiens sur la flotte Byzantine en 655. Partout ailleurs il est méprisé en ce que cet exploit naval a été le fait d’une formation paramilitaire chiite, alors que Sawari n’évoque plus qu’un contrat d’armement franco saoudien impliquant de fortes rétro commissions.

Le tiers de la production d’armement des Etats-Unis, du Royaume uni et de la France, trois membres du Conseil de sécurité, protège les cours du pétrole arabe et l’impunité de l’Etat hébreu, alors que, paradoxalement, Israël s’obstine à vouloir lancer ses deux cents bombes nucléaires pour prévenir la fabrication d’une seule, la bombe iranienne, au stade virtuel.

Les Israéliens préparent ainsi méthodiquement le bombardement de l’Iran distante de mille sept cents kilomètres sous prétexte d’une improbable attaque nucléaire dont ils sont pourtant protégés par un bouclier humain de quatre millions d’otages palestiniens.

Au vu de ce déferlement, le Golfe devrait être le théâtre d’une guerre médiatique et psychologique. En complément de la chaine qatariote, d’Al Jazira, la mise sur orbite trois nouveaux vecteurs aux ambitions redoutables ont été programmées pour 2012: «Sky Arabia», à Abou Dhabi, avec la collaboration de la chaine britannique Sky GB du magnat australien Ruppert Murdoch, «Al Arab» du prince Walid Ben Talal, depuis Manama en collaboration avec la firme Bloomberg, ainsi que la chaîne «Al Mayadine» de Ghassane Ben Jeddo, l’ancien d’Al Jazira.

Toutes les chaînes pétro monarchiques, toutes, sans exception sont adossées à des bases occidentales: Al Jazira du Qatar au Centon, le commandement central américain, Sky Arabia d’Abou Dhabi, à la base aéronavale française, «Al Arab» du prince saoudien Walid à la base navale de Manama, quartier général de la V me flotte américaine de l’Océan indien…….Une singularité des pétromonarchies, sans doute la marque de leur indépendance.


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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Mar 26 Jan - 20:06



Le pétrole à bas prix provoquera-t-il une récession globale ? © Sputnik. Eugene Biyatov 26.01.2016

Le glissement actuel de l'économie mondiale vers une récession est accompagné des phénomènes habituels que sont la chute de la cadence de production et la baisse des revenus de corporations. Toutefois, le fait que la baisse soit causée par des prix bas du pétrole est inhabituel, selon Oilprice.com.


© Sputnik. Eugene Biyatov

James Hamilton, journaliste pour le site Oilprice.com
James Hamilton a écrit:
L'économie mondiale glisse vers une récession dont les signes se traduisent par des effets habituels comme la chute de la cadence de production, la baisse de l'indice du pouvoir d'achat, la croissance de l'offre et de la demande, la baisse des revenus des corporations, les prévisions d'inflation et les investissements des capitaux. Mais c'est une récession tout à fait inhabituelle, provoquée par une baisse des prix du pétrole

Citation :
La chute des prix du pétrole impacte l'économie américaine. "Quand les prix du pétrole baissent, les actions américaines baissent aussi", fait-il remarquer. Alors la chute des prix du pétrole n'est pas vraiment une bonne nouvelle, estime le journaliste.

Le plus étonnant reste le lien entre la chute des prix du pétrole et la chute des marchés chinois. La situation de l'économie chinoise pourrait accentuer encore plus la baisse des prix du pétrole dans le cas d'une récession globale. Selon l'auteur de l'article, cela devrait provoquer l'inquiétude des Etats producteurs du pétrole.



Le pétrole à bas prix cesse d'être une bénédiction pour les pays de l'ouest



L'économiste estime également que le chômage joue un rôle important dans la baisse des prix du pétrole, dont les conséquences sont lourdes pour les Etats-Unis. Du point de vue de M.Hamilton, les problèmes du secteur pétrolier sont liés à un taux de chômage élevé non seulement dans cette branche mais aussi dans celle des services et des fournisseurs de produits attachés au dit secteur.

En 2008, lors du forum de Davos, l'économiste William White avait prévenu qu'une vague d'instabilité financière menaçait le monde depuis des décennies. Selon lui, le monde doit s'apprêter à une importante vague de défauts du paiement, conséquence de la hausse des dettes publiques.


Le pétrole à bas prix n'est plus une bénédiction pour l'Occident

Les pays occidentaux se sont habitués à profiter du pétrole à bas prix, mais ils commencent à réaliser que la déstabilisation économique globale pourrait tourner mal, écrit le journal allemand Frankfurter Rundschau


Citation :
Le cours bas du pétrole entraîne la déstabilisation des régions depuis lesquelles la plupart des ressortissants s'acheminent vers l'Europe. Et donc, l'effet positif des bas prix pourrait être neutralisé par le préjudice causé par la vague des migrations, insiste le Frankfurter Rundschau.

Les prix des matières premières ne fait pas que déterminer le revenu de la population, mais l'avenir des gouvernements et l'équilibre politique en dépendent dans des régions telles l'Amérique Latine et l'Afrique. Le pétrole bon marché pourrait provoquer le mécontentement dans certains pays déjà bien fragilisés et créer des zones explosives sur la scène internationale, poursuit l'édition.

"La crise des matières premières engendre une mutation radicale de l'ordre politique",
note Michael Klare, professeur au collège britannique Hampton.

Il est difficile pour les pays dépendants des cours du pétrole, du gaz, du cuivre et du soja de supporter la crise. L'Afrique du sud et le Nigéria ainsi que les pays africains les plus développés subissent ainsi des pertes économiques et entraînent les autres pays vers la déstabilisation.

Préoccupés par un éventuel effondrement économique, les gens prennent la direction de l'Union européenne, malgré le fait que la crise des migrants qui y fait rage compromette la sécurité et la stabilité de ses pays-membres. Selon les données du journal, un Algérien sur trois désire quitter son pays et se diriger vers l'Europe en quête d'une vie meilleure.


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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Mar 1 Mar - 15:38


pas vraiment la fin de la rente,
mais toujours du pétrole et des idées

Un membre du clan Kennedy révèle la vraie cause de la guerre en Syrie Allain Jules les7duQuébec 29 février 2016
 

Robert Kennedy


L’avocat Robert Kennedy junior, neveu de l’ancien président américain John F. Kennedy, a révélé dans un article pour le magazine Politico les véritables causes de la guerre en Syrie.

Citation :
La racine du conflit armé en Syrie, provient en grande partie du refus du président syrien Bachar al-Assad du passage d’un pipeline de gaz du Qatar vers l’Europe.

« La décision américaine d’organiser une campagne contre Bachar al-Assad n’a pas commencé avec les manifestations pacifiques du printemps arabe en 2011, mais en 2000, lorsque le Qatar a offert de construire un pipeline pour 10 milliards de dollars qui traverserait l’Arabie Saoudite, la Jordanie, la Syrie et la Turquie. »

Ce projet aurait veillé à ce que les pays arabes du Golfe aient un avantage décisif sur les marchés mondiaux de gaz et aurait renforcé le Qatar, un proche allié de Washington dans la région, a déclaré Kennedy junior.

Le président syrien Bachar al-Assad, a rejeté le projet au motif que cela nuirait aux intérêts de son allié russe, le plus grand fournisseur de gaz naturel vers l’Europe. Un an plus tard, Al-Assad a commencé à négocier avec l’Iran pour construire un autre gazoduc qui transporterait le gaz de l’Iran vers le Liban et le pays perse serait devenu un des plus grands fournisseurs de gaz vers l’Europe, a expliqué l’avocat.

Immédiatement après le refus du projet initial, les agences de renseignement américaines, Le Qatar, l’Arabie Saoudite et le régime israélien ont commencé à financer la soi-disant opposition syrienne et à préparer une révolte pour renverser le gouvernement syrien, a dit M. Kennedy, qui a cité des données de divers rapports de renseignement auxquels il a eu accès.

Dans cet objectif, la CIA a transféré six millions de dollars à la télévision britannique Barada dans le but de préparer des reportages en faveur du renversement du président syrien, a-t-il ajouté.

La CIA a utilisé les membres du groupe extrémiste État islamique pour protéger les intérêts des Etats-Unis sur les hydrocarbures et instrumentaliser les forces radicales pour réduire l’influence de (l’ancienne) Union Soviétique dans la région, a conclu le jeune avocat Robert Kennedy.

Pendant ce temps, les Etats-Unis poursuivent leur soutien financier, logistique et militaire aux groupes d’opposition armés, qui ont échoué à renverser le gouvernement syrien, malgré cinq années de guerre.

Les États-Unis essayent même d’obtenir la levée des sanctions qui empêchent l’envoi d’armes anti-aériennes au territoire syrien dans le but de renforcer le front de groupes armés qui luttent contre l’armée arabe syrienne.

Sources : Politico ; Traduit par Fawkes News


l'histoire ne dit pas si Robert est un saint syrien...

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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Ven 6 Mai - 12:55

 
Dimanche 17 avril était le grand jour. On s’attendait à ce que les principaux producteurs pétroliers mettent un peu d’ordre sur un marché chaotique et montrent la voie d’un retour vers des prix plus élevés. Réunis à DOHA, scintillante capitale d’un Qatar riche en pétrole, les ministres compétents de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) réunis avec les représentants de pays producteurs  non membres de l’OPEC comme la Russie et le Mexique étaient censés ratifier un projet d’accord les contraignant à maintenir leur production au niveau actuel.

Citation :
Dans la perspective d’une telle décision, les prix du pétrole avaient commencé à grimper inexorablement pour passer de 30 $ le baril à la mi-janvier à 43 $ la veille de cette réunion. Mais loin de rétablir l’ordre ancien, la réunion s’est conclue sur un désaccord précipitant à nouveau les prix vers le bas et étalant au grand jour les profondes divisions dans les rangs des principaux producteurs.

Il n’est pas aisé de prendre la mesure de cette débâcle de Doha. A tout le moins, le maintien de prix pétroliers au plancher maintiendra le ralentissement industriel qui perdure depuis deux ans, mettra en faillite les plus petites entreprises et supprimera des centaines de milliards de dollars d’investissements dans de nouvelles capacités de productions. Il est également possible que cela compromette toute nouvelle perspective de coopération entre producteurs OPEP et non-OPEP en vue de réguler le marché. Enfin, cela montrera qu’un monde conditionné par le prix du pétrole tel que nous l’avons connu au fil des dernières décennies – au cours desquelles la demande a toujours précédé l’offre, assurant ainsi des profits constants aux producteurs – , est arrivé à son terme. Une demande persistant sur son déclin amènera les producteurs à se faire la guerre pour des parts sans cesse plus réduites de marché.


Le chemin vers Doha


Avant la réunion de Doha, les dirigeants des principaux pays producteurs étaient persuadés qu’un gel de la production enraierait la chute dévastatrice des prix qui s’était amorcée à la mi-2014. La plupart d’entre eux sont en effet dépendants de ces exportations pour financer leurs gouvernements et garder leur population à l’abri de toute contestation. La Russie et le Venezuela entre autres sont dépendants à 50 % de ces exportations pour leurs revenus ; quant au Nigeria il en dépend à plus de 75 %. Dès lors la chute des prix avait déjà contraint à des coupes sombres dans les dépenses  gouvernementales un peu partout dans le monde, causant ici et là des conflits sociaux et parfois de l’instabilité politique.

Personne ne s’attendait à ce que la réunion du 17 avril entraine une remontée des prix immédiate et spectaculaire mais chacun espérait qu’elle constitue la base d’une remontée régulière au fil des mois à venir. Les dirigeants de ces pays étaient persuadés d’une chose essentielle : leur front commun était indispensable à la concrétisation de leurs espérances. A défaut, ils ne seraient pas en mesure de maîtriser les multiples facteurs à l’origine de l’effondrement des prix. Certains étaient structurels et profondément enracinés dans les modes de fonctionnement des industries, d’autres étaient le résultat de leurs réponses inappropriées à cette crise.

Au plan structurel, la demande globale d’énergie s’était ralentie ces dernières années au point de ne plus pouvoir absorber une production qui inondait le marché suite notamment  au retour de l’Irak et au boom du gaz de schiste aux Etats-Unis. Ces excédents avaient amorcé la chute du prix du Brent – appellation internationale du produit de référence – qui était passé de 115 $ le 19 juin à 77 $ le 26 novembre, la veille d’une réunion cruciale de l’OPEP à Vienne. Le jour suivant, les membres de l’OPEP, Arabie Saoudite en tête, se montrèrent incapables de trouver un accord sur un gel ou une limitation de la production et les prix du pétrole partirent en chute libre.

L’échec de cette réunion de novembre a été largement imputé aux Saoudiens désireux de bloquer de nouvelles sources de production ailleurs et particulièrement de gaz de schiste aux Etats-Unis, cela afin de rétablir leur contrôle historique du marché pétrolier mondial. Nombre d’analystes sont également persuadés que Riyad voulait sanctionner ses rivaux régionaux, l’Iran et la Russie, pour leur soutien au régime d’Assad en Syrie que les Saoudiens voulaient renverser.

En d’autres termes, ce rejet avait un double objectif : amortir ou écarter la menace représentée par la production de gaz de schiste US et faire vaciller deux puissances énergétiques  qui osaient s’opposer aux prétentions saoudiennes au Moyen-Orient en les privant des revenus du pétrole dont elles avaient cruellement besoin. Dans la mesure où l’Arabie Saoudite pouvait écouler son pétrole à moindre coût que n’importe quel autre producteur – jusqu’à 3 $ le baril – et parce qu’elle pouvait tirer des centaines de milliards de dollars en fonds souverains pour éponger n’importe quel déficit budgétaire, ses dirigeants se croyaient en mesure de faire face mieux que leurs rivaux à n’importe quel niveau de chute des prix. Aujourd’hui, ces prévisions optimistes s’avèrent plus sombres que prévu au point que les princes saoudiens commencent à souffrir de ces baisses de revenus de même que leur population croissante et paisible jusqu’ici mais qui voit réduire ses privilèges de toutes sortes alors que tous sont embarqués dans une guerre coûteuse, désastreuse et sans issue au Yémen.

Beaucoup d’analystes de la problématique énergétique étaient persuadés de ce que Doha serait le moment clef qui persuaderait Riyad  de l’opportunité d’un gel de la production. Quelques jours avant la conférence, tous étaient convaincus de l’adoption d’un tel plan. D’ailleurs, les négociations préalables entre la Russie, le Venezuela, le Qatar et l’Arabie Saoudite avaient abouti à un document de travail que tous se disaient prêts à approuver. Le seul point litigieux restait la nature de la participation iranienne à l’accord.

En fait, les Iraniens étaient favorables à un tel gel à condition qu’ils soient autorisés à en revenir à un niveau de production comparable à celui de 2012 avant que l’Occident leur impose des sanctions économiques pour les contraindre à démanteler leur programme d’enrichissement nucléaire. Une fois ces sanctions levées, Téhéran entendait bien en revenir au status quo ante. Sur ce point, les Saoudiens firent l’impasse, excluant que leur grand rival perçoive à nouveau des revenus pétroliers. Pourtant, la plupart des observateurs espéraient encore que Riyad  fasse un pas en concédant à terme une reprise de l’exportation iranienne avant un gel. « Il y a des signes encourageants de ce qu’un accord puisse être atteint au cours de cette réunion… un accord sur la production » disait Nawal Al-Fuzaia, représentant du Koweit à l’OPEP, exprimant l’opinion des autres participants

Selon le cercle fermé des participants à cette réunion, le prince héritier et stratège en matière pétrolière Mohammed bin Salman appela la délégation saoudienne à Doha à 3 heures du matin le 17 avril pour exclure tout accord susceptible de laisser la moindre marge de manœuvre à l’Iran. Quand les Iraniens – qui avaient choisi de ne pas assister à la réunion- déclarèrent qu’ils n’avaient pas l’intention de geler leurs exportations pour plaire à leurs concurrents, les Saoudiens rejetèrent le projet d’accord qu’ils avaient contribué à élaborer et la réunion prit fin dans la confusion.


La géopolitique spectacle

La plupart des analystes ont conclu depuis que le royaume saoudien jugeait plus important de sanctionner l’Iran que de relever les prix pétroliers. Quoi qu’il leur en coûte, ils ne veulent en aucune manière se mettre en situation d’aider l’Iran à poursuivre ses objectifs géopolitiques, en ce compris le soutien des forces chiites en Iraq, au Yémen, en Syrie et au Liban. Sentant déjà la pression de l’Iran et de moins en moins assurés du soutien des Etats-Unis, ils étaient prêts à n’importe quoi pour affaiblir les Iraniens quels que soient les dangers auxquels ils s’exposent ainsi.

« L’échec de Doha nous rappelle que l’Arabie saoudite n’a pas l’intention de poser le moindre geste en faveur de l’Iran maintenant et que leur conflit géopolitique en cours est sans rapport avec leur politique pétrolière » dit Jason Bordoff du Centre de Politique Energétique Globale à la Columbia University.

De nombreux analystes mettent aussi en exergue l’influence croissante du prince héritier Mohammed bin Salman à qui son père, le vieux roi Salman, a confié presque totalement le contrôle de l’économie et de la défense du pays. En tant que ministre de la Défense, le prince a pris la tête de l’initiative saoudienne pour s’imposer comme puissance régionale face à l’Iran. Il est le bras armé de l’intervention saoudienne en cours au Yémen dans le but d’écraser les rebelles Houtis, un groupe plutôt chiite ayant de vagues liens avec l’Iran,  et de remettre au pouvoir le président renversé Abd Rabbuh Mansour Hadi. Après une année d’offensives aériennes appuyées par les Etats-Unis, avec le recours à des bombes à fragmentation, l’intervention saoudienne n’a atteint aucun de ses objectifs avoués tout en provoquant des milliers de victimes civiles suscitant de violentes condamnations des Nations-Unies et offrant un large espace d’ intervention pour les forces d’Al Quaeda dans la péninsule arabique. Malgré cela, le prince semble décidé à poursuivre ces actions et à contrer l’influence iranienne dans la région.

Pour le prince Mohammed, le marché pétrolier n’est qu’une autre arène pour le conflit en cours. Comme l’écrit le Financial Times en avril : “Sous son autorité, la politique pétrolière saoudienne semble moins guidée par le prix du brut que par la politique globale, particulièrement par la rivalité post sanctions avec Téhéran“. Cela semble avoir été la raison cachée de la décision de dernière minute de Ryiadh pour torpiller les accords de Doha. Le 16 avril par exemple, le prince Mohammed n’aurait pu interpeller Bloomberg, même sans faire mention de l’Iran, en se contentant de dire : « Si tous les gros producteurs ne gèlent pas leur production, nous ne gèlerons pas la nôtre non plus. »

Avec ce projet d’accord en lambeaux, on doit maintenant s’attendre à ce que l’Arabie saoudite intensifie sa production de sorte que les prix plancher restent bas et que l’Iran ne puisse profiter en aucun cas d’une reprise de ses exportations. Le prince Mohammed a affirmé à Bloomberg que le royaume était prêt à porter sa production de 10.2 millions de barils par jour à 11.5 millions et pourrait même y ajouter un autre million s’il le voulait dans les six à neuf mois à venir. Avec l’Iran et l’Irak à l’assaut des marchés, on a la définition même de la surproduction. Cela confirmerait la maîtrise de l’Arabie saoudite sur le marché mais pourrait lui porter un coup sévère voire fatal.


Une nouvelle réalité globale

La géopolitique a joué un rôle essentiel dans l’attitude de l’Arabie saoudite mais cela n’explique pas tout. Les débats au sujet d’un éventuel gel de la production étaient devenus un nouveau facteur de préoccupation  de l’industrie pétrolière. Le passé n’aidait plus à prévoir le futur de la demande globale.  Cela indépendamment des opinions saoudiennes vis-à-vis de l’Iran et vice-versa. Les fondements de cette activité industrielle sont aujourd’hui bouleversés au point de perturber les relations entre grands producteurs et de mettre un terme à leur coopération.

Jusqu’il y a peu, il était admis que la demande croîtrait indéfiniment, faisant de la place pour un nombre croissant de producteurs et permettant à ceux déjà sur le marché d’augmenter leur production. Même lorsque l’offre dépassait la demande et faisait baisser les prix, comme cela arrivait parfois, les producteurs se consolaient en sachant que par le passé, la demande redémarrait en poussant à nouveau les prix vers le haut. A cette époque et dans ces circonstances, il allait de soi que les producteurs se concertent pour réduire leur production sachant que tôt ou tard les prix repartiraient à la hausse.

Mais que se passe-t-il si la confiance en une éventuelle reprise commence à s’effriter ? Alors la tendance à coopérer s’effrite et c’est chacun pour soi pour protéger ses parts de marché. La catastrophe de Doha a mis en avant cette nouvelle réalité d’un monde où le pic de la demande plutôt que le pic pétrolier d’imposera aux grands producteurs.

Au début de ce siècle, beaucoup d’analystes étaient convaincus que nous arrivions au pic de la production pétrolière, c’est-à-dire à un point où la production risquait de se tarir bien avant que la demande faiblisse, déclenchant ainsi une crise économique globale. Suite aux avancées des techniques de forage, l’approvisionnement a continué à croître alors que la demande s’est mise inexplicablement à stagner. Ce phénomène peut être attribué à un ralentissement de la croissance économique globale et à une accélération de la révolution verte où la planète transfère ses demandes en énergie vers des sources sans carbone. Avec une majorité de nations qui se sont engagées à prendre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre lors du récent traité de Paris sur le climat, on peut s’attendre à une réduction significative de la demande pour les années à venir. En d’autres termes, la demande plafonnera longtemps encore avant que les réserves ne soient épuisées, soulevant un défi monumental pour les pays producteurs.

Ceci n’a rien d’une hypothèse, c’est la réalité. La consommation nette de pétrole dans les pays avancés a déjà baissé de 50 millions de barils par jour en 2005 à 45 millions en 2014. D’autres diminutions sont à prévoir si des standards de production plus stricts s’imposent dans le secteur de la construction automobile et si d’autres mesures en rapport avec le climat entrent en application ; les prix des énergies solaire et éolienne continuent à baisser et d’autres sources d’énergies alternatives arrivent sur le marché. Si la demande pétrolière continue à croître dans les pays en développement, elle n’augmente pourtant pas au rythme attendu. Comme ces pays commencent aussi à imposer des contraintes plus sévères sur les émissions de carbone, la consommation globale, après avoir atteint un pic, devrait inexorablement décliner. Selon les experts Thijs Van de Graaf et Ariel Verbruggen, ce pic de la demande globale pourrait être atteint dès 2020.

Dans ce monde, les producteurs les moins rentables seront sortis du marché et seuls resteront les moins onéreux. Les pays qui dépendent du pétrole pour une large part de leurs revenus seront incités à se soustraire à cette dépendance excessive. Cela peut d’ailleurs avoir été un des facteurs de la décision saoudienne à Doha. Dans les mois précédant la conférence d’avril, des officiels saoudiens de haut rang ont laissé entendre qu’ils planifiaient l’après pétrole et que le prince héritier bin Salman jouerait un rôle clef dans cette transition.

Le 1er avril, le prince lui-même a laissé entendre que son pays s’engageait sur cette voie. Il a annoncé une offre publique d’achat sur la société nationale Saudi Aramco, premier producteur mondial de pétrole dont les parts – environ 2000 milliards de dollars – seraient transférées vers un fonds public d’investissement (PIF). « Introduire Aramco en bourse et transférer ses parts vers un Fond d’investissement public en fera techniquement la source des revenus du gouvernement qui ne sera plus le pétrole » a fait remarquer le prince.  “Il reste maintenant à diversifier les investissements de telle sorte que d’ici 20 ans nous ne soyons plus un état ni une économie essentiellement dépendante du pétrole. »

Pour un pays qui plus que n’importe quel autre a assis son pouvoir et son bien être sur la production et la vente du pétrole, il s’agit là d’une déclaration révolutionnaire. Si l’Arabie saoudite se dit prête à mettre fin à sa dépendance exclusive aux revenus du pétrole, c’est le signe de notre entrée dans un monde nouveau où les colosses de la production pétrolière ne pourront plus agiter une épée de Damoclès sur nos têtes comme ils l’ont fait par le passé.

C’est là l’image qu’a donnée le prince Mohammed au crépuscule de la débâcle de Doha. En annonçant la nouvelle politique économique de l’Arabie saoudite le 25 avril, il voulait entreprendre le sevrage de son pays de l’addiction au pétrole. Ce ne sera pas facile, compte tenu de sa lourde dépendance aux revenus du pétrole et de l’absence d’alternatives valables. Ce prince de trente ans pourrait également rencontrer de l’opposition au sein de la famille royale pour ses prises de position téméraires autant que pour ses attitudes guerrières au Yémen et sans doute ailleurs. Quel que soit le destin de la famille royale saoudienne, si les prévisions concernant le pic de demande pétrolière s’avèrent exactes, la débâcle de Doha aura marqué le commencement de la fin du vieil ordre pétrolier.



Traduit de l’anglais par Oscar GROSJEAN à la demande d’Investig’action.

Source originale: Tom Dispatch

Source: Investig’Action


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MessageSujet: Re: CRISE PÉTROLIÈRE : vers la FIN d'une RENTE CAPITALISTE ?   Lun 12 Sep - 6:30


Géopolitique du pétrole : l’Afrique terrain de bataille

Frédéric MUNIER Géoweb le 11 septembre 2016

Agrégé d’histoire, Frédéric Munier enseigne la géopolitique en classes préparatoires aux grandes écoles commerciales (ECS), au lycée Saint-Louis, à Paris. Membre du jury de l’ESSEC, Distinguished Professor de Grenoble Ecole de Management. Membre du Comité scientifique du Festival Géopolitique de Grenoble. Cofondateur et directeur associé de Auteurs de Vues.

Le pétrole apparaît comme une véritable aubaine pour des pays comme le Ghana, le Cameroun, la Côte d’Ivoire ou l’Ouganda. Toutefois, il subsiste de nombreux défis pour le continent africain. Gérer le partage de la rente pétrolière, faire du pétrole un véritable moteur de développement pour sa population, diversifier leurs économies pour éviter la dépendance sont autant de défis auxquels le continent doit faire face si il veut maîtriser cette ressource si convoitée.

La publication de cet article fait suite au 8e Festival de Géopolitique de Grenoble consacré aux "Dynamiques africaines" du 16 au 19 mars 2016. Vous trouverez en pied de page la vidéo de la conférence de F. Munier.


«
Citation :
LE pétrole est devenu un dieu : il a ses dévots, il a un culte » soulignait l’écrivain Maxime du Camp à la fin du XIXe siècle, alors que débutait la deuxième révolution industrielle. Il relevait alors le prodigieux intérêt porté à l’or noir qui allait devenir en quelques décennies à la fois la principale source d’énergie mais aussi la première marchandise commercée de la planète. Un intérêt dont témoignent aujourd’hui les grandes puissances au chevet de l’Afrique, un continent dont les réserves et la production en pétrole, si elles sont modestes – avec respectivement 7,6% et 9,3% du total mondial – n’en demeurent pas moins décisives à une époque où règnent la diversification de l’approvisionnement et la multiplication des acteurs sur ce marché convoité. Parmi ces derniers, quatre zones/pays totalisent 90% des achats de pétrole africain : l’Union européenne, les Etats-Unis, la Chine et l’Inde. Aux yeux de ces grands ensembles et de leurs multinationales, publiques ou privées, l’Afrique représente un intérêt géopolitique majeur, particulièrement pour les pays d’Asie, tard venus sur le marché du pétrole : cela explique notamment leur activisme permanent, sous la forme d’accords de coopération économique, de soutien politique et militaire, jusqu’aux interventions armées qu’ils peuvent y mener. A cet égard, l’Afrique est devenue, en une génération, un véritable terrain de bataille.

I. Géopolitique du pétrole africain : les éléments du terrain

L’Afrique, un « ancien nouveau venu » dans le domaine du pétrole


L’Afrique n’est pas le Golfe persique où l’Anglo-Persian Oil Company (APOC) – la futur BP – a été fondée dès 1909 à la suite de découvertes d’hydrocarbures en Iran. En Afrique, les premières découvertes de pétrole brut ont eu lieu dans les années 1950 en Algérie, au Gabon, au Congo et en Angola et dans les années 1960 au Nigeria dans le delta du Niger et en Libye. De fait, l’exploitation du pétrole africain est relativement récente par rapport aux autres grandes zones que sont les Etats-Unis, l’espace russe ou encore le Moyen-Orient. En effet, c’est véritablement depuis le choc pétrolier de 1973 que l’Afrique est devenue un continent exportateur, venant ainsi concurrencer le Moyen-Orient et ce n’est qu’à partir des années 1980 que débute l’exploration pétrolière offshore. Deux zones concentrent l’essentiel des ressources et de la production de brut africain. D’une part, le golfe de Guinée, avec un producteur majeur à savoir le Nigeria et plusieurs producteurs significatifs notamment l’Angola, le Ghana, le Congo, le Gabon et la Guinée-Équatoriale, producteur récent mais en plein développement. D’autre part, l’Afrique du Nord qui comprend deux géants pétroliers à savoir l’Algérie et la Libye et un poids moyen l’Egypte, stratégique en terme d’acheminement avec le canal de Suez. Enfin, d’autres pays tels le Tchad et le Soudan ou, dans une moindre mesure, la Tunisie, en possèdent.


L’Afrique : un continent "riche" miné par les fractures économiques et socialesCliquer sur la vignette pour agrandir la carte. Réalisation : C. Bezamat-Mantes pour Diploweb.com

L’Afrique, un champ de pétrole modeste mais stratégique

Un producteur modeste : l’Afrique représentait 6% des réserves mondiales en 2000 et 7,6% aujourd’hui pour un peu plus de 9% de la production mondiale. Si son poids dans la production mondiale paraît secondaire, il n’en est pas moins devenu stratégique : depuis 2010, presque un tiers des découvertes de nouveaux gisements de pétrole ont été faites en Afrique ce qui a fait dire au cabinet PwC que le continent était devenu « un acteur de stature de mondiale ». C’est que le pétrole africain est intéressant à plus d’un titre : de bonne qualité, avec des coûts d’exploitation compétitifs, il est en outre largement destiné à l’exportation (à 90% environ) dans un continent qui en consomme, pour le moment, finalement peu.

Les grandes puissances et l’Afrique

Depuis quinze à vingt ans, une conjonction faste explique la ruée sur le pétrole africain. La fin de « la décennie du chaos » et le retour relatif à la stabilité sur le continent ont permis la découverte et/ou l’exploitation de nombreux gisements d’hydrocarbures : ainsi, le Tchad est devenu producteur en 2003 (gisement de Doba), la Mauritanie en 2006 (gisement offshore de Chinguetti) le Ghana en 2010 (gisement offshore de Jubilee) ou encore le Niger en 2011 (gisements d’Agadem). Les gisements offshore africains représentent près d’un tiers des gisements mondiaux découverts. Enfin, la demande a évolué : les Etats-Unis, les grands pays émergents comme la Chine et, dans une moindre mesure, l’Inde, en quête d’énergie pour assurer leur croissance. La dépendance de certains pays au pétrole africain est grande. A titre d’exemple, la France importe 36,4% de son pétrole d’Afrique, les Etats-Unis 20%, la Chine 30%, l’Inde 20%. Quant aux pays africains, leur dépendance à la manne pétrolière n’est pas moins grande : elle représente 40% du budget de l’Etat en Algérie, 70% au Nigeria.

II. L’Afrique, enjeu pétrolier qui prend la forme d’un terrain de bataille…

… entre grandes puissances extérieures pour l’accès au pétrole


La France bénéficie d’un ancrage historique en Afrique avec son ancienne compagnie d’Etat, Elf, qui a véritablement servi les intérêts français autour du pétrole africain à tel point que Loïk Le Floch Prigent PDG d’Elf de 1989 à 1993 pouvait affirmer qu’« il ne se passe rien dans les pays pétroliers, en particulier en Afrique, dont l’origine ne soit pas Elf ». Ainsi, la compagnie pétrolière a bénéficié de l’exclusivité de l’exploitation pétrolière notamment au Gabon, au Congo, au Cameroun. Certes, « la Françafrique n’existe plus » comme le déclarait Christophe de Margerie en 2000. Mais il n’en reste pas moins que Total a récupéré tout l’acquis de Elf sur le continent qui représente 30% de sa production. A bien des égards, les intérêts de la France et de Total convergent. En témoigne par exemple l’éloge funèbre élogieux du Premier ministre lors du décès accidentel de Christophe de Margerie en octobre 2014. Manuel Valls a alors salué la disparition d’un « grand capitaine d’industrie et un patriote. »

Au regard de la France, les Etats-Unis sont des nouveaux venus sur le marché africain. Depuis le choc de 1973, les Etats-Unis ont cherché à diversifier leurs ressources en pétrole pour diminuer leur dépendance au pétrole du Golfe persique. De ce point de vue, les accords de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), signés en 2000 sous la présidence de Bill Clinton participent d’une stratégie globale d’implantation sur le continent. Adoptée en 2000, cette loi a été renouvelée par le président Barack Obama en juin 2015 pour une période de dix ans. Elle permet à une quarantaine de pays d’Afrique subsaharienne de bénéficier d’un meilleur accès au marché américain pour certains de leurs produits notamment textiles en les exemptant de droits de douanes et ce, contre un large accès aux ressources pétrolières, notamment dans le golfe de Guinée.

La Chine est devenue le premier fournisseur et le premier investisseur du continent.

Quant à la Chine, elle a développé une « diplomatie des ressources », elle qui est devenue depuis 2010 le premier consommateur énergétique mondial : prêt, remise de dette, construction d’infrastructures en échange d’un accès privilégié à ses entreprises aux précieuses matières premières africaines. La coopération a véritablement démarré en 2000 avec la constitution du « forum de coopération sino-africain ». Ainsi, en 2004, Hu Jintao a-t-il effectué une tournée importante en Egypte, Algérie et Gabon. A Libreville, il a signé un accord avec Omar Bongo sur la prospection et l’exploitation de pétrole assorti de la garanti d’achat par la Chine d’un gros volume de pétrole pour l’année 2004 ainsi qu’un prêt de plusieurs millions de dollars. Pékin est devenu en quelques années le 3e acheteur de pétrole gabonais derrière les Etats-Unis et la France en plus des importants achats de bois. Quelques années plus tard, en 2009, Sinopec achetait ADDAX, un opérateur pétrolier au Gabon. De façon générale, la Chine est devenue le premier fournisseur et le premier investisseur du continent.

… entre compagnies pétrolières et Etats africains

Les besoins croissants de pétrole expliquent la présence de nombreuses compagnies étrangères en Afrique. Ces multinationales se livrent une lutte sans merci entre opérateurs historiques et nouveaux opérateurs. Prenez l’exemple de la République du Congo, 4e exportateur d’Afrique subsaharienne : l’exploitation de son pétrole a commencé en 1957 avec le groupe Elf qui en avait l’exclusivité. Mais les choses ont bien changé depuis. Aujourd’hui, c’est l’Italien ENI qui est le premier opérateur du pays, rejoint par de grandes compagnies, américaines bien entendu comme Chevron, Exxon Mobil mais aussi chinoises, comme CNOOC. Mais ce qui est intéressant et dénote une tendance assez récente, c’est aussi l’arrivée de petites compagnies qui taillent des croupières aux Majors : au Congo, il s’agit de Murphy Oil, qui est un opérateur américain indépendant.

Mais la rivalité ne concerne pas seulement les grandes compagnies étrangères. L’exemple du Gabon est intéressant. Début 2010, le gouvernement gabonais a créé la Société Nationale de Pétrole, dénommée GOC (Gabon Oil Company), dont la vocation consiste à développer les participations de l’Etat gabonais dans le secteur pétrolier. La GOC est directement rattachée à la Présidence de la République et sous tutelle de la Direction générale des Hydrocarbures. Elle vise à reprendre la main sur des concessions accordées à des compagnies étrangères, comme en témoigne la querelle en 2013 autour du champ pétrolifère de Obangue. Ce champ était géré par ADDAX depuis 1996, compagnie rachetée en 2009 par le chinois SINOPEC. Or, en 2013, le gouvernement gabonais décide de ne pas renouveler sa concession à Addax (en 2015) au prétexte de non-respect du paiement de taxes notamment. L’épisode donne lieu à un bras de fer entre l’Etat gabonais et Addax avec, en arrière plan évidemment l’Etat chinois. Finalement, les deux parties parviennent à un accord en 2014. Contre paiement d’une indemnité transactionnelle, ADDAX conserve l’exploitation du champ de Obangue.

… et parfois même un champ de bataille

Si le pétrole n’explique pas à lui seul certains conflits africains, il est manifestement l’une des composantes qui explique l’activisme des grandes puissances sur le continent. La Libye en offre autre exemple. Avant la chute de Kadhafi, de grands groupes pétroliers étaient présents en Libye outre la compagnie nationale (NOC, National Oil Corporation) : le français Total, le britannique BP, l’italien ENI, l’anglo-hollandais Shell, le russe Gazprom ou encore le chinois CNPC. En 2011, au moment où se profile une intervention occidentale ONU dans le cadre de l’OTAN, le Conseil national de transition annonce qu’en cas d’intervention, il accorderait 35% du pétrole Libyen à Total contre seulement 2% alors. Si la production de brut a fortement chuté depuis, il n’en reste pas moins que Total a eu le premier permis d’exploitation de pétrole libyen tandis que BP a repris ses activités de forage et d’exploration pétrolière. L’intérêt la France a intervenir, outre la question des droits de l’homme est évident : la Libye est la quatrième source d’approvisionnement de la France, après avec la Mer du Nord (16% chacun), derrière le Moyen-Orient (17%) et la Russie (32%) et devant l’Arabie saoudite.


III. L’Afrique et son pétrole : du terrain de bataille au levier de développement ?

Le terrain de bataille africain face à la malédiction des matières premières

Toute la question est de savoir si le pétrole pourrait devenir un levier de développement pour l’Afrique. Jusque là, il a plutôt été une « malédiction » (on doit l’expression à Richard Auty et son ouvrage Resource-Based Industrialization : Sowing the Oil in Eight Developing Countries, 1990) pour les pays exportateurs. Jean-Marie Chevalier, professeur à Paris-Dauphine et spécialiste des questions énergétiques, notait en 2008 que « l’or noir en Afrique a bouleversé la structure des économies et bloqué le développement d’autres activités d’exportation, alimenté le clientélisme, la corruption et la bureaucratie, sans profiter vraiment aux populations ». Autant d’effets pervers liés à cette ressource stratégique que constitue le pétrole africain. De façon générale, en Afrique, la population est souvent la grande laissée pour compte de la croissance. L’exemple le plus frappant à cet égard est celui du Nigeria. Avec environ 2 millions de barils par jour, le pays est le premier producteur de pétrole brut du continent et onzième au rang mondial. Et pourtant, il se classe au 153e rang mondial en IDH derrière la Tanzanie qui exporte avant tout de l’or et des produits agricoles. Comble du paradoxe, le Nigeria importe 70% de ses besoins en pétrole raffiné !

Le pétrole : un levier de croissance à risque pour certains pays africains

Bien entendu, le pétrole peut devenir une locomotive pour l’économie. En Angola par exemple, l’exploitation pétrolière a favorisé le boom économique fulgurant du pays. Le pays est désormais le deuxième producteur de pétrole après le Nigeria (1,6 millions de barils produits par jour), la rente pétrolière représente 50% de son PIB. L’Angola a connu une croissance de 4,5% en 2014. Ainsi, la cinquième puissance économique africaine attire les grandes entreprises étrangères comme Total qui extrait 40% du pétrole angolais et qui a signé un accord avec l’entreprise pétrolière angolaise Sonangol concernant l’ouverture de stations-service en Angola. Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) d’octobre 2014, « l’Angola devrait même prendre la place du Nigeria comme premier producteur de pétrole du continent africain en 2016 et (...) conserver cette place jusqu’à la mi-2020. » Quant au Niger, stratégique pour son uranium, il est récemment entré dans le club des pays africains producteurs de pétrole avec l’ouverture en 2011 de la raffinerie d’Agadem dont le capital est détenu à 40% par la compagnie d’Etat et à 60% par CNPC. Certes, la production est pour le moment 100 fois plus élevée que chez son voisin Nigérian mais elle a permis une croissance extrêmement forte de l’ordre, de 7% en 2014, sur laquelle le pouvoir espère construire une politique de développement.

La situation actuelle de baisse spectaculaire des prix du baril fait courir un risque de grande ampleur pour l’Afrique exportatrice de brut.

Toutefois, ces « miracles » sont soumis au cours des matières premières. En l’occurrence, la situation actuelle de baisse spectaculaire des prix du baril fait courir un risque de grande ampleur pour l’Afrique exportatrice de brut. D’ores et déjà, la chute des cours – de plus de 100 dollars à l’été 2014, le baril est tombé à moins de 40 dollars début 2016 – a des conséquences désastreuses. Au Nigeria, les revenus des ventes de pétrole ont diminué des deux tiers entre septembre 2014 et juillet 2015. L’Angola connaît la même situation. Ces deux géants exportateurs ont pris contact avec la Banque mondiale pour couvrir leur déficit budgétaire. Le FMI a confirmé sa disponibilité. En février 2016, on apprenait que l’Algérie allait enregistrer un déficit budgétaire de 11% cette année. Derrière ces graves problèmes économiques se profilent des risques politiques : des Etats appauvris, des sociétés fragilisées sont autant de conditions qui pourraient mener à des révolutions ou à la déstabilisation de zones aujourd’hui menacées par la poussée islamiste.

Cesser d’être un champ de bataille et apprivoiser les appétits géopolitiques des grandes puissances

Tout l’enjeu pour les pays africains producteurs de pétrole est de trouver les voies d’une croissance inclusive, profitant à l’économie mais aussi et surtout aux populations. Pour cela, il faut lever plusieurs hypothèques : s’attaquer à la corruption comme a promis de le faire au Nigeria le nouveau président Buhari. Mais aussi chercher à obtenir de meilleurs conditions d’exploitation de l’or noir. C’est une piste qu’emprunte aujourd’hui le Ghana. Ce pays, petit producteur de pétrole depuis les années 1980, a changé de visage depuis 2007 avec la découverte du gisement Jubilee par la compagnie britannique Tullow Oil. Ce gisement pétrolier est sans conteste l’une des plus grandes découvertes des dernières années en Afrique subsaharienne si bien que la ville de Takoradi dans laquelle il se trouve est surnommée « Oil City ». Le Ghana a cherché à développer une stratégie originale pour éviter de dépendre de la géopolitique des grandes puissances et être maître de ses ressources pétrolières. Sa compagnie nationale, la Ghana National Petroleum Company (GNPC), créée en 1983, a régulé l’exploitation des gisements en la découpant par blocs. GNPC a vendu des contrats d’exploitation à des partenaires étrangers qui sont de petites entreprises et non des géants, tels le britannique Tullow Oil, l’américain Kosmos Energy ou encore l’Allemand Vitol... Ces licences garantissent non seulement à Accra des royalties importantes et d’autre part l’emploi de population locale là où bien souvent les Majors viennent avec leur personnel. Il s’agit d’une stratégie intelligente qui évite à l’Etat d’être victime des maux habituels liés à la prédation du pétrole.

Quel horizon pour le pétrole africain ?

Le Ghana n’est pas le seul exemple des réussites africaines. Aujourd’hui, le pétrole apparaît comme une véritable aubaine pour des pays comme le Cameroun, la Côte d’Ivoire ou l’Ouganda. Toutefois, il subsiste de nombreux défis pour le continent de l’or noir. Gérer le partage de la rente pétrolière, faire du pétrole un véritable moteur de développement pour sa population, diversifier leurs économies pour éviter la dépendance sont autant de défis auxquels l’Afrique doit faire face si elle veut maîtriser cette ressource si convoitée. Et, sans nul doute, que le chemin est encore long. Avec l’effondrement du prix du brut depuis 2015, les économies africaines telles l’Algérie connaissent des déséquilibres majeurs. Ainsi, comme le souligne le professeur Jean-Didier Boukongou, coordonnateur de la rédaction de la revue Géopolitique africaine, le pétrole a été « la plus grande préoccupation géopolitique de l’année 2015 ». Ce dernier prévoit un avenir peu glorieux face aux fluctuations du prix du pétrole : « l’instabilité internationale qu’engendrent les cours du pétrole ne peut être que préjudiciable à l’émergence de l’Afrique. L’impact positif de la chute du prix du baril sur les pays africains importateurs de produits pétroliers n’est qu’un leurre pour la stabilité du continent et son intégration économique. » Reste à savoir si l’Afrique saura se réinventer par des stratégies innovantes afin de profiter pleinement des convoitises étrangères.

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