PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 "GENRE", "INDIVIDUS" et "NATURE" : une « RÉVOLUTION des 'INSTINCTS' » ? Conversation

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MessageSujet: "GENRE", "INDIVIDUS" et "NATURE" : une « RÉVOLUTION des 'INSTINCTS' » ? Conversation   Mar 19 Jan - 12:13


une conversation qui a commencé le 18 janvier dans pour une RÉVOLUTION de CIVILISATION : éléments... et conversation et qui se poursuit en privé avant d'être reprise ici en termes plus clairs si nous y parvenons

le sujet est d'autant plus intéressant qu'il n'a pas encore été abordé sur le forum, et qu'il brasse des dimensions sexuelles, de genre, de rapports humain/'nature', d'individualité... questions où la pensée décoloniale a son mot à dire. Exemple : La nature n’existe pas ou Décoloniser la nature, par Paul Guillibert, revue Période juillet 2014

par ailleurs nous avions posé le dépassement du capital comme révolution sortant de l'anthropocentrisme commun aux thèses de Temps Critiques d'une "révolution à titre humain" et de Théorie Communiste d'une "révolution à titre prolétarien". C'est en ce sens que nous préférions parler de "Communauté du vivant" plutôt que de "Communauté humaine". Le mot de Marx "Gemeinwesen" ne porte d'ailleurs pas sur la seule communauté humaine.




Jacques Camatte a écrit:
Gemeinwesen

Concept très utilisé par K.Marx et par G.W.F. Hegel. Il n’indique pas seulement l’être commun, mais aussi la nature et l’essence communes (Wesen). C’est ce qui nous fonde et nous accomune, participant au même être, à la même essence, à la même nature. C’est le mode de manifestation de cet être participant.

Je puis ajouter une interprétation personnelle  au sujet de gemein. Ge est une particule inséparable qui exprime la généralité, le commun, le collectif. Mein indique ce qui est individuel: mien. Ainsi affleure sous-jacente, l'idée d'une non séparation entre ce qui est commun et ce qui est individuel; ce qui implique le concept de participation où l'on se perçoit soi dans un tout qui est comme consubstanciel.

La Gemeinwesen se présente donc comme l'ensemble des individualités, la communauté qui résulte de leurs activités dans la nature et au sein du monde créé par l'espèce, en même temps qu'elle les englobe, leur donnant leur naturalité (indiquée par wesen), leur substance en tant que généralité (indiquée par gemein),  dans un devenir (wesen).

GLOSSAIRE d'Invariance

voir en relation : Jacques Camatte et «le chaînon manquant» de la critique sociale contemporaine

18 janvier 2016 :


une révolution des "instincts" ?

Corinne Cerise a écrit:
Dans une civilisation communiste tous les rapports sociaux auront été abolis tels que nous les connaissons. Ils n'y aura plus de restrictions aux aspirations humaines. L'homme sera accompli. Dans la vie quotidienne les un-e-s s'uniront avec les autres, procréeront librement selon leurs choix, et il n'y aura plus de famille, peut-être des cercles d'affinités particulières au sein de groupes locaux ou éloignés.

Mais l'instinct maternel survivra. Cela fait partie de la Nature.

Comment concevoir cet instinct dans une telle civilisation ?

ouh là là... nous n'en sommes pas là, et je ne pense pas qu'on puisse "concevoir" un problème avant qu'il ne se pose. Toujours est-il que "l'instinct maternel" n'est pas porté par les seules mères à leurs seuls enfants, ni chez les animaux, ni chez les humains, et ceci sans attendre une "civilisation communiste"

les pères s'occupant de leurs enfants ou de ceux des autres, à titre professionnel ou bénévole, font-ils preuve d'"instinct maternel" ou d'"instinct paternel" ? On voit bien que la question ainsi posée n'a pas de sens

si cet "instinct" s'est développé chez les femmes, c'est bien parce qu'elles ont été assignées à cette fonction devenue "maternelle" car essencialisée comme telle, pour un ensemble de raisons, dès les sociétés primitives, puis de plus en plus comme quelque chose de "naturel", dont le pendant est la domination masculine, le machisme structurel nécessaire au capitalisme dans la reproduction générationnelle des êtres humains, donc du prolétariat et de sa force de travail

pour moi, si l'on peut parler d'abolition des genres, ou du genre, c'est ici dans le sens où ces fonctions ne seraient plus assignées aux femmes plus qu'aux hommes ou autres, au sens sexuel génétique (naturel ?) de ces catégories historico-sociales

c'est le mot "instinct" qui est le plus problématique : les instincts ne sont-ils pas aussi en partie des construits socio-historiques ? Dès lors pourquoi ne pas envisager une révolution des instincts qui, quoi qu'il en soit en la matière "maternelle", sont relationnels, donc se posent entre individus et non dans une essence (psychologique...) de l'individu communiste isolé, un oxymore, contradiction dans les termes déjà concernant l'individu dans le capital :

Marx a écrit:
l'essence de l'homme [et de la femme] n'est pas une abstraction inhérente à l'individu isolé. Dans sa réalité, elle est l'ensemble des rapports sociaux.

Thèses sur Feuerbach VI 1845

cela va tout à fait dans le sens d'une métamorphose, auto-transformation des individus par des relations nouvelles entre eux, ce qu'on appelle "immédiateté sociale entre individus", et que j'ai mis en chantier dans le sujet L'INDIVIDU au-delà de L'INDIVIDUALISME => "Je est des autres" : COMMUNISATION

plus inquiétant est l'idéologie transhumaniste, avec son petit côté meilleur des mondes : communiste ? Il est des "communistes" et "anarchistes" pour le penser, ce qui laisse singeur songeur. Voir le sujet 'PROGRÈS', SCIENCES, HUMAIN, SANTÉ et capital... TRANSHUMANISME et dés-humanité


Citation :
Dans ce livre visionnaire écrit dès 1932, Aldous Huxley imagine une société qui utiliserait la génétique et le clonage pour le conditionnement et le contrôle des individus.

Dans cette société future, tous les enfants sont conçus dans des éprouvettes. Ils sont génétiquement conditionnés pour appartenir à l'une des 5 catégories de population. De la plus intelligente à la plus stupide: les Alpha (l'élite), les Bétas (les exécutants), les Gammas (les employés subalternes), les Deltas et les Epsilons (destinés aux travaux pénibles).

Le "meilleur des mondes" décrit aussi ce que serait la dictature parfaite: une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce la consommation et au divertissement, les esclaves "auraient l'amour de leur servitude"...


autrement dit, si je renverse votre question, Corinne, n'y a-t-il pas du pain sur la planche dès aujourd'hui pour alimenter les combats communistes, et qui englobent et dépassent le féminisme et l'écologisme séparés, aussi "radicaux" seraient-ils ?
.


Dernière édition par Admin le Mer 20 Jan - 0:19, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: "GENRE", "INDIVIDUS" et "NATURE" : une « RÉVOLUTION des 'INSTINCTS' » ? Conversation   Mar 19 Jan - 17:56

Admin a écrit:
ouh là là... nous n'en sommes pas là, et je ne pense pas qu'on puisse "concevoir" un problème avant qu'il ne se pose

Mais justement le problème ne se pose-t-il pas ? Sur un sujet analogue, vous m'aviez renvoyée à un texte de Bruno Astarian lorsque je vous posais la question de la production dans une civilisation où la forme de la "production" ne se poserait plus. La réponse (ou la proposition) d'Astarian me convient en tant qu'elle est logique. Et théoriquement bien articulée. Astarian n'est pas un prédicateur, il s'appuie sur le réel. Pas plus que Marx lorsqu'il articulait déjà, de par ce qu'il projetait de ce qu'il avait sous les yeux, la subordination/subsomption du travail au capital (le chapitre inédit du Capital par exemple). Pourquoi ne pourrions pas "concevoir" ce problème particulier dont nous parlons, qu'est l'instinct maternel (ou paternel, mais là c'est à vous d'en parler), et son devenir ?

Car ma question est plus ou moins du même ordre que celle à laquelle Astarian à "répondu". Si je pose cette question ce n'est pas dans une otique "idéaliste" ou essentialiste. C'est parce que j'ai l'intuition/persuasion (qui n'est pas une conviction empirique je vous l'accorde) que le temps de la révolution approche, donc cette question (et bien d'autres sûrement) est désormais à considérer en communiste. Je pense que le capitalisme - occidental pour le moins, qui représente 5 siècles d'hégémonie - vit l'une de ses dernières crises (la planète prête à péter de tout ce qu'on lui fait subir, l'accumulation de plus en plus effarante, la misère extrême, les hommes et femmes objets migrants par millions, le servage réinventé, etc.). La révolution pour moi est à l'ordre du jour IMMEDIAT. Dans cinquante ans, un siècle ? Peu importe, c'est du court terme à l'échelle historique. Certains germes révolutionnaires sont déjà là à l'oeuvre, et vous en parlez très bien en termes d'implication réciproque et dépassements à produire entre luttes décoloniales révolutionnaires et engagements militants communistes. Optons pour cela.

Le communisme donc, est bien une question qui se pose maintenant plus que jamais. Bien qu'elle se soit évidemment toujours posée comme le "mouvement réel abolissant l'ordre des choses", ne doit-t-elle pas se poser aujourd'hui en termes plus précis, et ce sans programmatisme, mais en militants ? Que sera ce monde devenu Notre par l'oeuvre des masses opprimées ? A cet égard, je trouve ma question légitime. Ce n'est pas, pour moi, une utopie ou une métaphysique, mais une question pratique à aborder dans les luttes lorsqu'elles atteignent les limites, et un jour les déborderont.

Vous avez continué sur la question des origines du patriarcat. Je sais bien tout ceci, que le patriarcat/genre vient du fond des âges, et qu'il a été exacerbé sous le règne du capital pour faire de la femme un ventre à prolétaires. Tout cela je le sais, mais ce n'est pas là-dessus que portait ma question.

Admin a écrit:
c'est le mot "instinct" qui est le plus problématique : les instincts ne sont-ils pas aussi en partie des construits socio-historiques ? Dès lors pourquoi ne pas envisager une révolution des instincts qui, quoi qu'il en soit en la matière "maternelle", sont relationnels, donc se posent entre individus et non dans une essence (psychologique...) de l'individu communiste isolé, un oxymore, contradiction dans les termes déjà concernant l'individu dans le capital

Ai-je jamais dit que cela relevait d'une "essence" quelconque ? Non je ne crois pas, j'ai au contraire abordé tout cela en termes de rapports sociaux. Et dans une civilisation "autre" que nous appelons communisme il y aura bien évidemment des rapports sociaux (j'en ai mentionné certains). C'est d'ailleurs votre clin d'oeil final à "Brave New World" qui le rappelle.  

Après tout ce long préambule un peu décousu, venons-en à ce qui nous préoccupe :

Que deviendront tous les "instincts" ? Il en est de trans-historiques qui seront dépassés (le mâle dominant, la femelle reproductrice, la compétition sous toutes ses formes sociales, etc.), tel que le dit Marx : "à la place de l'ancienne société (...) le développement de chacun est la condition du développement de tous".

Mais quid de ceux qui sont de l'ordre de la nature ? S'aboliront-ils d'eux-mêmes comme un soufflet ? Ou au contraire ne représentent-ils pas de contradiction ? Font-ils partie de l'union nouvelle de l'homme accompli avec la nature ? Tel est le sens de ma question.

Admin a écrit:
autrement dit, si je renverse votre question, Corinne, n'y a-t-il pas du pain sur la planche dès aujourd'hui pour alimenter les combats communistes, et qui englobent et dépassent le féminisme et l'écologisme séparés, aussi "radicaux" seraient-ils ?

Peut-être y a-t-il un malentendu entre mon propos initial – brut de fonderie je vous j’accorde – et votre réponse ? J’espère avoir été plus claire ici dans mon développement.

.
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MessageSujet: Re: "GENRE", "INDIVIDUS" et "NATURE" : une « RÉVOLUTION des 'INSTINCTS' » ? Conversation   Mar 19 Jan - 18:55

à Corinne Cerise, commentaire précédent :

conversation instinctive ?

j'ai le sentiment barbouillé que nous ne nous sommes pas compris, en tout cas que je vous comprends mal, et j'avoue ne pas être très assuré dans ces questions. J'ai fait une réponse "minimum syndical", et je vois qu'elle passe à côté de ce que vous vouliez dire. Je n'ai pas voulu prendre le risque de me faire critiquer sur le rapport culture/nature, inné/acquis et je vous avoue que je n'y connais pas grand chose, parce qu'il existe quand même une connaissance anthropologique, psychologique, scientifique, dont je ne dispose pas ou superficiellement :

on ne peut pas parler d'"instinct" sans regarder de plus près ce qu'en dit la science. Il faudrait aussi reprendre la réponse de R.S à "Incendo Genre et Classe" : "Une critique d’ « INCENDO » par Théorie Communiste" une sacrée tartine, qui a déclenché la rupture des liens entre ce groupe avignonnais et TC, et d'ailleurs ce site "genre et classe" parle fort peu de "classes" et quoi qu'il en soit jamais de "race" > le site INCENDO, beaucoup de genre, un manque de classe : un coup de la sorcière ?

ma réponse, comme vous le relevez, se contredit, puisque je finis par dire que le problème se pose bien, mais autrement


Corinne Cerise a écrit:
Pourquoi ne pourrions pas "concevoir" ce problème particulier dont nous parlons, qu'est l'instinct maternel (ou paternel, mais là c'est à vous d'en parler), et son devenir ?

l'expression "instinct maternel" me gêne mais je ne saurais dire pourquoi. Sans doute parce que "instinct" renvoie à l'animalité, mais même chez l'animal, ne peut-on dire que les instincts évoluent, par exemple chez les animaux domestiques. Ce que je constate avec mes chats, qui "apprennent" donc chez qui la relation inné-acquis évolue

dire que ce serait à moi de parler d'"instinct paternel" me gêne aussi : est-ce que ce serait un "instinct" de père qui serait de nature mâle plus que femelle ?

je pense que la bonne entrée est le dépassement des relations individuelles, et en tous cas, s'il y a "abolition" de la famille, les liens "familiaux" qui créent des relations affectives entre adultes et enfants (ou vieillards, malades...) ne disparaissent pas mais se partagent autrement : dans quelles types de "communautés" de proximité, "famille" en un sens élargi, fondés sur des affinités électives et non sur des liens du sang ou des intérêts économiques (héritage, matriarcat, patriarcat...) : va savoir...


Corinne Cerise a écrit:
Ai-je jamais dit que cela relevait d'une "essence" quelconque ? Non je ne crois pas, j'ai au contraire abordé tout cela en termes de rapports sociaux.

j'ai pris un peu comme ça votre affirmation « Mais l'instinct maternel survivra. Cela fait partie de la Nature. ». J'ai répondu avec ma "raison" alors que je ne suis pas loin d'y souscrire, mais je ne sais pas le poser clairement

Corinne Cerise a écrit:

Que deviendront tous les "instincts" ? Il en est de trans-historiques qui seront dépassés (le mâle dominant, la femelle reproductrice, la compétition sous toutes ses formes sociales, etc.), tel que le dit Marx : "à la place de l'ancienne société (...) le développement de chacun est la condition du développement de tous". Mais quid de ceux qui sont de l'ordre de la nature ? S'aboliront-ils d'eux-mêmes comme un soufflet ? Ou au contraire ne représentent-ils pas de contradiction ? Font-ils partie de l'union nouvelle de l'homme accompli avec la nature ? Tel est le sens de ma question.

reformulé comme ça, je pense que c'est plus clair et susceptible de considérations plus concrètes à "concevoir"... Quant au lien avec la nature, il faut songer au fait qu'homme et nature ne sont pas séparés dans les sociétés "primitives" et n'ont pas disparu en Afrique : toute la littérature sur la pensée, cosmologie ou "philosophie" africaine en parle. Senghor en parle, Fanon en parle, Grosfoguel en parle et moi aussi, je ne cesse d'en parler, à propos de corps, cœur, raison... en posant "communauté du vivant" au lieu de "communauté humaine", cad en sortant de l'anthropocentrisme partagé par "révolution à titre humain" vs "révolution à titre prolétarien"

j'avais essayé de le poser dans L'«HUMAIN», un RAPPORT intrinsèque à la «NATURE» à créer et importé quelques textes dont "La nature n’existe pas" dans Paul Guillibert revue Période juillet 2014 > "Décoloniser la nature"

Corinne Cerise a écrit:
Voilà quelques premières remarques, mais à la réflexion je préfèrerai pour l'instant que cela ne soit pas publié sur le livre-forum

vous avez raison, nous ne sommes pas mûrs... Je crois au demeurant que votre questionnement mérite un sujet à part entière, qu'il n'a pas trop sa place dans "révolution de civilisation", sujet trop vague et large, ni ce serait contradictoire dans la catégorie "femmes", plutôt dans la catégorie "HUMAIN et NATURE, AGRICULTURE, SCIENCE, INDUSTRIE : progrès ou destruction ?"

très intéressant parce que peu abordé jusque-là et brassant "écologie" et "rapports de genre" avec la dimension "décoloniale" incontournable

voilà ce que me suggère votre réponse à ce stade

et voici ce qui a précédé la mise en ligne par Corinne de son commentaire précédent, comme quoi nous n'avons pas de secret pour notre lectorate Rolling Eyes

Corinne Cerise a écrit:
J'allais répondre à votre précédent message de ce matin que j'ai découvert en déjeunant, et voici maintenant celui là. Je me propose de reprendre les arguments que j'avais avancés ici même hier soir, et de les incorporer sur le forum. Cela posera le début de la "conversation".

Qu'en pensez-vous ?

Patlotch a écrit:
que du bien ;-) Je n'ai pas trouvé que vous disiez des bêtises mais que vous souligniez nos incompréhensions, ce qui est farpaitement dans l'esprit de la "conversation"

Corinne Cerise a écrit:
farpait alors Smile

Je m'y collerai ce soir si je ne suis pas trop crevée, sinon demain dans la matinée.

Corinne était pas crevée, ce fut une bonne nouvelle !


Bécassine est malade
On l’emmène à l’hôpital,
l’hôpital est fermé,
Bécassine est crevée



source "110ème anniversaire de la naissance de Bécassine… "

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MessageSujet: Re: "GENRE", "INDIVIDUS" et "NATURE" : une « RÉVOLUTION des 'INSTINCTS' » ? Conversation   Mer 20 Jan - 0:06


(parenthèse hors-sujet


le récif des récits

corinne cerise a écrit:
Sur un sujet analogue, vous m'aviez renvoyée à un texte de Bruno Astarian* lorsque je vous posais la question de la production dans une civilisation où la forme de la "production" ne se poserait plus. La réponse (ou la proposition) d'Astarian me convient en tant qu'elle est logique. Et théoriquement bien articulée. Astarian n'est pas un prédicateur, il s'appuie sur le réel. Pas plus que Marx lorsqu'il articulait déjà, de par ce qu'il projetait de ce qu'il avait sous les yeux, la subordination/subsomption du travail au capital (le chapitre inédit du Capital par exemple).

* La communisation comme sortie de crise, Bruno Astarian, Hic Salta 2009

c'est vrai, « Astarian n'est pas un prédicateur », mais aucun de nos théoriciens ne mérite vraiment d'en être taxé, bien que le « Préviseur » Bernard Lyon de Théorie Communiste (TC) l'ait frisé en annonçant la communisation pour 2020 (soit dans 4 ans aujourd'hui : Hic Salta ! ?)

dire que dans ce texte « il s'appuie sur le réel », et surtout le comparer avec le sixième chapitre du Capital, je vous en laisse la responsabilité, et je ne pense pas qu'Astarian lui-même l'affirmerait bien fort. Il a formulé des hypothèses d'un avenir "concevable" ou "crédible" (qu'est-ce que croire ?), et comme vous dites, avec une « logique » certaine, mais qui n'échappe pas à sa part de "science"-fiction. R.S en a parlé comme de « communisation fiction », voir plus bas. Un discours est toujours piégé par sa logique interne au regard de son sujet, et quand il porte sur l'avenir, cela devient qu'on le veuille ou non un récit

récit, tel est le mot que Roland Simon a utilisé pour invalider les autres "histoires du futur" sur la communisation, laissant entendre que ce qu'en disait TC n'en relevait pas. C'est ce qu'il fait en répondant à ce texte d'Astarian par C’est au présent qu’il faut parler de la communisation, dndf avril 2010, à quoi entre autres répondra Astarian dans Où va Théorie Communiste ? octobre 2010, où l'on trouve pointée cette « malveillance » dont tout le monde aura fait les frais dans le milieu théorique : « C’est un procédé récurrent chez TC : déformer la thèse de l’adversaire jusqu’au point où elle offre l’angle adéquat à la polémique qu’il s’agit de porter. »

R.S a écrit:
La grande absente de ce texte c’est la lutte de classe en tant que présent. Pour parler de cela, on ne peut pas se contenter d’évoquer vaguement des « aspects actuels » de la lutte de classe, mais exposer que c'est la lutte de classe qui est, à l’intérieur d’elle-même devenue le problème. Mais, il serait alors difficile de publier un tel texte dans Échanges. Il peut paraître au premier abord étrange que ce texte ait été publié là où il l’a été.
[...]
Ce texte ne remet pas en cause l’approche des luttes actuelles comme un mouvement dont le simple récit peut rendre compte, mouvement pouvant aboutir, pourquoi pas, à la communisation. En effet la production théorique de cet aboutissement n’est pas le résultat d’une compréhension présente du fait de lutter en tant que classe comme limite de la lutte de classe, elle ne franchit pas le pas. Franchir ce pas est l’unique façon de parler actuellement de la révolution comme communisation d’une façon qui engage les luttes actuelles. « Anti-travail », « démassification » : il ne s’agira que d’ajouter quelques fioritures nouvelles au récit. Les éléments ne sont pas faux, c’est leur construction théorique qui participe du même récit que celui d’Échanges.

relevons au passage que les comptes se règlent au long cours depuis 45 ans, et que dans la compétition, TC se décerne une médaille révolutionnaire contre tous les autres, celle d'avoir « franchi le pas », comme si parler en théorie de « dépassement des limites » allait produire leur dépassement réel : dans le récit de Bernard Lyon pour 2020, c'est un pas de géant droit dans ses bottes de non lieu. Mais personne ne s'est empressé de les suivre, que leurs adeptes. Astarian : « Le pas que RS et TC ont franchi les rend-il aveugles et sourds ? »


l'amour de la communisation
c'est la mort du communisme au présent

« Car il y a la poésie, et il y a les poèmes. Ce n’est pas la même chose. Certains poèmes sont écrits par la poésie.
Du coup, je pose qu’ils ressemblent à des poèmes. D’autres sont écrits contre. Il y a l’amour de la poésie.
De tout temps l’amour de la poésie a été la mort de la poésie »

Henri Meschonnic, Célébration de la poésie

"Sur la comunisation-fiction" (la coquille est dans le sous-titre, et quand on "m" la communisation, on ne compte pas...)
extrait de C’est au présent qu’il faut parler de la communisation, dndf avril 2010
R.S a écrit:
Il peut être, à certains moments, dans certaines confrontations théoriques, ou à titre de critique du programmatisme, nécessaire de se livrer à ce type d’exercice, la communisation-fiction, mais on ne peut le faire qu’en en connaissant les limites inhérentes. Cette description doit parvenir à intégrer ses propres limites en ayant toujours en elle la situation d’où elle est faite, c’est-à-dire les luttes actuelles. Mais, même ainsi les limites de l’exercice (que nous allons exposer) ne sont pas dépasser.

le problème c'est que R.S n'a pas vu que le ver du récit était en sous-texte dans le fruit de la communisation, depuis le début (quant à l'eschatologie générale du projet communisateur, voir ce jour du point d'orgue au point d'arrêt)


contre la raison romantique en théorisation communiste

derrière la rigueur des démonstrations rhétoriques ou dialectiques se cache bien souvent son pendant : le romantisme révolutionnaire. Ce n'est pas affaire de style. Ces théoriciens ont beau vouloir écrire "froid", ils ne manquent pas davantage de "cœur" que Marx et d'humanisme au sens commun tous les autres. Il faut s'appeler Roland Simon pour refouler tout ça en prétendant en substance que « la théorie communiste n'est pas affaire de sentiments ». N'oublions pas que le romantisme accompagne plus qu'il ne la combat la raison des Lumières comme le supplément d'âme qu'elle a perdu dans la critique de la religion. On trouve encore ça au XXème siècle chez des savants, des physiciens de la matière chrétiens ou de préférence bouddhistes, ça le fait mieux ! Mais on confond souvent le romantisme poétique avec le besoin d'infini : le communisme est aussi un besoin d'infini, mais cela ne nous oblige pas à le renvoyer dans le ciel d'une foi

« Matérialisme, il y a dans cette matière-là assez d'infini pour supplanter toutes les religions.»
André du Boucher, poète

vous me demandiez un jour, Corinne, à propos de mes poèmes : « Mais comment faites-vous pour toutes ces trouvailles ? ». Je vous ai répondu : « Si je vous dis que j'ai très peu d'imagination, vous ne me croirez pas, mais c'est vrai. »

concernant la révolution, je me passe volontiers sinon d'imagination, d'imaginaire , et ne suis pas assez "romantique" pour écrire jamais un récit de la communisation. Dans ce milieu, je pense être l'un des plus matérialistes, un des plus vaccinés contre toute eschatologie révolutionnaire *, religion terrestre du paradis sur terre. Il n'est pas impossible que cela prive de charme mes considérations théoriques au présent terre à terre...

* Wikipédia : « L'eschatologie (du grec ἔσχατος / eschatos, « dernier », et λόγος / lógos, « parole », « étude ») est le discours sur la fin du monde ou la fin des temps. Il relève de la théologie et de la philosophie en lien avec les derniers temps, les derniers événements de l’histoire du monde ou l’ultime destinée du genre humain, couramment appelée la « fin du monde ». Dans de nombreuses religions, celle-ci est un événement futur prophétisé dans les textes sacrés ou le folklore. Plus largement, l’eschatologie peut embrasser des concepts qui sont liés tels que celui de Messie ou des temps messianiques, l’après-vie et l’âme. »


ceci n'est pas le siège de Damas par "la coalition internationale"



Siège de Jérusalem par trois légions romaines en l’an 70 au paroxysme de la Révolte juive
David Roberts, 1850
illustration dans Eschatologie : prétérisme ou futurisme ? Tribonien Bracton 5 avril 2014


fin de parenthèse) sauf désir de conversation...

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MessageSujet: Re: "GENRE", "INDIVIDUS" et "NATURE" : une « RÉVOLUTION des 'INSTINCTS' » ? Conversation   Mer 20 Jan - 12:25

(suite de la parenthèse)

Admin a écrit:
c'est vrai, « Astarian n'est pas un prédicateur », mais aucun de nos théoriciens ne mérite vraiment d'en être taxé, bien que le « Préviseur » Bernard Lyon de Théorie Communiste (TC) l'ait frisé en annonçant la communisation pour 2020 (soit dans 4 ans aujourd'hui : Hic Salta ! ?)

dire que dans ce texte « il s'appuie sur le réel », et surtout le comparer avec le sixième chapitre du Capital, je vous en laisse la responsabilité, et je ne pense pas qu'Astarian lui-même l'affirmerait bien fort. Il a formulé des hypothèses d'un avenir "concevable" ou "crédible" (qu'est-ce que croire ?), et comme vous dites, avec une « logique » certaine, mais qui n'échappe pas à sa part de "science"-fiction.

Ah mais je ne dis pas ça, ce n'est pas une comparaison que je fais, c'est une énumération. Je ne compare pas Le Chapitre Inédit à la production d'Astarian.

Pour ma part, je ne vois pas trop de "récit" chez Astarian, mais une simple projection logique dans l'activité de crise du prolétariat :

(souligné en gras par mes soins)

Bruno Astarian a écrit:


2.1 ‘Production’ sans productivité et abolition de la valeur

C’est à partir de l’activité de crise, et pour en sortir, que s’enclanche la communisation. La communisation ne répond pas à un idéal ou à un mot d’ordre politique. Elle est la solution des difficultés de reproduction que le prolétariat rencontre dans son activité de crise. Celle-ci est une lutte contre le capital pour assurer la survie, pas plus. Lorsque les alternatives prolétariennes contre-révolutionnaires ont fait la preuve de leur inefficacité à sauver économiquement le prolétariat, la communisation fait le saut dans la non-économie. Le paradoxe est que, alors que au plus profond de la crise, les besoins du prolétariat sont immenses, la solution consiste à tourner le dos au productivisme. La ‘production’ sans productivité n’est pas une fonction de production. C’est une forme de socialisation des hommes dans le communisme où la production intervient, mais sans mesure du temps ni de rien d’autre (intrants, nombres d’hommes impliqués, résultat productif). Selon la bonne formule de TC : « radicale non-comptabilisation de quoi que ce soit ». Essayons de voir les choses en deux temps :

Durant la phase de descente aux enfers de la crise, la reproduction du prolétariat est principalement assurée par la prise sur le tas. Même dans une économie qui fonctionne en flux tendus, il y a des stocks. L’activité de crise consistera (entre autres) à s’en emparer. Déjà à ce stade, on peut imaginer une divergence entre une voie contre-révolutionnaire qui vise à comptabiliser, à regrouper les biens, à coordonner leur distribution, à faire respecter des critères de droits et de devoirs, etc., et une voie communisatrice, qui récuse cette économie du pillage et la formation d’instances supérieures de la distribution, même élues démocratiquement etc. Cette deuxième voie insistera sur le fait que l’approfondissement local, la gratuité absolue, valent mieux qu’une stabilisation nationale.

Dans une deuxième phase, celle de la sortie de crise proprement dite, la production reprendra.

Le problème est alors de savoir comment la production peut repartir sans travail, ni productivité, ni échanges. Le principe de la ‘production’ sans productivité est que l’activité des hommes et leurs rapports sont premiers par rapport au résultat productif. La production reprend sur cette base parce qu’il n’y en a plus d’autres. Développer la production sans productivité, c’est abolir la valeur dans ses deux formes :

Valeur d’échange : si rien n’est comptabilisé, si la justification de l’activité n’est autre qu’elle-même, le produit résultant de l’activité n’a aucun contenu abstrait.

Valeur d’usage : la VU se distingue de l’utilité simple par le fait qu’elle a, elle aussi, un contenu d’abstraction. L’utilité de la marchandise doit être générale, ou moyenne, pour satisfaire un utilisateur inconnu dont on ne sait pas le besoin particulier (prêt-à-porter/sur mesure). La production sans productivité est une activité particulière d’individu particulièrs, satisfaisant des besoins exprimés personnellement. L’usage des objets fabriqués porte la marque de cette particularité. C’est l’anti-normalisation. Le caractère nécessairement local de la communisation y contribue.

Dans la révolution communiste, l’acte de production ne sera jamais productif seulement. L’objectif des individus ayant décidé de mettre en place une boulangerie ne sera pas de réaliser un nombre déterminés de pains, mais de se socialiser, de cultiver leurs affinités en produisant du pain. De plus, ces prolétaires ne produiront pas du pain comme catégorie générale, mais un pain particulier qui les sollicite ce jour-là. Enfin, l’approvisionnement de nos boulangers en farine risque d’être aléatoire, au moins dans un premier temps, si les prolétaires qui sont au moulin suivent les mêmes principes. Certains jours, il n’y aura pas de farine parce que ceux qui étaient au moulin ont préféré discuter de l’amour et du sens de la vie. C’est la chienlit ?  Disons simplement que ce jour là il n’y aura pas de pain. Il faut l’assumer. L’’alternative est que quelqu’un fixe un plan, avec des quantités et des délais, et que les autres bossent. Non seulement la valeur est rétablie, mais en plus cette expérience prolétarienne n’a pas d’avenir : ou bien elle marche et les prolétaires n’auront très vite plus aucun droit (restauration du salariat sous une forme ou une autre), ou bien elle ne marche pas, les travailleurs se retrouvent à la case précédente de chômage et de salaires impayés. Il est d’ailleurs probable qu’une solution communisatrice n’intervienne qu’après un ou plusieurs échecs de ce genre.

Est-ce un "récit" ? Je ne le crois pas.

Pour moi (mais je suis peut-être dans l'erreur) c'est une des irruptions parmi d'autres possibles dans les moments révolutionnaires - par la communisation - des prémisses de la forme sociale sans classes. C'est un des moyens possibles du communisme, et je n'y vois rien de déterministe. Astarian explore une piste de ce possible. Jamais il n'assène de certitudes à coups de massue, qui seraient pour le coup un "conte communisateur".

Mais effectivement la question du "récit" (ou non) doit être approfondie. En partant des luttes telles qu'elles sont, bien entendu.

Quoiqu'il en soit, ce texte d'Astarian est la critique concrète par excellence du programmatisme. Et c'est fait avec clarté, de façon pratique. Ce n'est ni plus ni moins qu'une plongée logique dans de possibles activités révolutionnaires du prolétariat.

Ce texte - pour moi - est à relier pratiquement à ce qu'écrivaient Marx et Engels avec un degré d'abstraction bien plus grand :

Marx/engels a écrit:
Les antagonismes des classes une fois disparus dans le cours du développement, toute la production étant concentrée dans les mains des individus associés, alors le pouvoir public perd son caractère politique. Le pouvoir politique, à proprement parler, est le pouvoir organisé d'une classe pour l'oppression d'une autre. Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, se constitue forcément en classe, s'il s'érige par une révolution en classe dominante et, comme classe dominante [note : en 1847 ], détruit par la violence l'ancien régime de production, il détruit, en même temps que ce régime de production, les conditions de l'antagonisme des classes, il détruit les classes en général et, par là même, sa propre domination comme classe.

Digression : A la lecture de ce passage du Manifeste (comme du Chapitre Inédit, par ailleurs), ne peut-on se poser la question de savoir si Marx n'était-il pas sur le strict plan conceptuel un théoricien de la communisation "avant l'heure" ?

Mais revenons au "récit", car effectivement sur un tel sujet que Genre, Individus et Nature : une Révolution des Instincts, l'écueil possible de la littérature est un risque important, et comme vous le disiez, il nous faut des bases scientifiques pour creuser la question.
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MessageSujet: Re: "GENRE", "INDIVIDUS" et "NATURE" : une « RÉVOLUTION des 'INSTINCTS' » ? Conversation   Mer 20 Jan - 15:42

.

communisme, théorie vs récit vs littérature

je ne suis pas certain de pouvoir vous "répondre", Corinne. Quand j'ai lu ce texte d'Astarian, qui reprenait sa notion déjà ancienne d'« activité de crise » du prolétariat, j'ai relevé les deux idées majeures de « production sans productivité » et de « consommation sans nécessité », et c'est à celles-ci que je vous ai renvoyée quand vous vous demandiez comment concevoir une vie au-delà du capital, de la valeur et du salariat

quand vous écrivez :
Citation :
ce texte d'Astarian est "l'anti-programmatisme" par excellence si vous me passez cette formule maladroite. Ce n'est ni plus ni moins qu'une plongée concrète et logique dans de possibles activités révolutionnaires du prolétariat.

vous inscrivez bien ce texte dans la fonction que lui voit R.S :
Citation :
Il peut être, à certains moments, dans certaines confrontations théoriques, ou à titre de critique du programmatisme, nécessaire de se livrer à ce type d’exercice, la communisation-fiction, mais on ne peut le faire qu’en en connaissant les limites inhérentes. Cette description doit parvenir à intégrer ses propres limites en ayant toujours en elle la situation d’où elle est faite, c’est-à-dire les luttes actuelles.

et il en souligne les limites dans le fait que ce "type d'exercice" prend le risque de décrocher du moment présent de la crise et des luttes, avec quoi je suis d'accord, mais... Ici je ne vois pas en quoi Astarian décroche plus que Bernard Lyon ou Léon de Mattis dans Qu'est-ce que la communisation SIC n°1, 2011, celui-ci flairant bon un programmatisme communisateur

« Ne sachant pas écouter, ils ne savent pas non plus parler.»
Héraclite

l'aspect polémique prend le dessus, sans que R.S ne retienne aucun point positif chez Astarian, comme chez la plupart de ses "adversaires" ou concurrents (« Sparring Partners », dit-il : mon cul !), puisque c'est le type de rapports qu'il a établit depuis le début avec ses « plus proches », sur lesquels il « aime bien taper ». Notez qu'on ne trouve l'inverse ni chez Astarian, ni chez moi, cette art de la déformation pour avoir raison n'étant pas compatible avec la quête de la vérité, le respect de ce que dit l'autre sans lequel il n'y a tout simplement pas d'échange, mais un monologue



un récit peut-il être subjectivant ?

une autre fonction de ce genre de 'récit' pourrait-elle être de rendre crédible car "logique" un processus révolutionnaire d'abolition du capital débouchant sur « un autre monde possible », dit ironiquement et pas au sens de l'alternative démocrate radical; en décrivant positivement la transition vers des relations communistes, démarche refusée par Théorie Communiste, et qu'Astarian ou moi estimions nécessaire ?

cette fonction pourrait-elle relever et participer au présent de la subjectivation révolutionnaire dans les luttes, autant que de préciser "ce qu'il ne faudrait pas faire", à savoir conserver les déterminations du capital (on revient là à la critique du programmatisme et de l'alternative) ?

le problème c'est qu'on ne se bat jamais qu'à partir de sa situation et de ses conditions présentes et que les objectifs d'une lutte sont toujours immédiats, ce qui rend difficile de « parler au présent de communisation », et « le pas franchi » par TC n'est ni plus ni moins que déterministe, sa vision d'écarts objectiviste et sa promotion militante de la communisation hors sol, à preuve elle ne s'est enracinée nulle part

ne se pose-t-on en ces termes le problème de la subjectivation révolutionnaire ce genre de question que si l'on n'a pas que ses chaînes à perdre, et pas de lutte immédiate à mener pour sa survie, ce qui est de fait le cas de tous les penseurs de la communisation ?

pour moi, tout ça doit être renversé strictement au présent, en autant d'« ici et maintenant » qu'il existe de situations particulières dans l'unité de leur généralité. En définissant le concept de « dépassements à produire » sur les lignes de fronts de cette diversité, je me passe de l'idée de limite et de pas à franchir, mais pas de celle de dynamique

« Dans le pressoir, le chemin [de la vis] est droit et courbe : il est un seul et même. »
Héraclite


Patlotch enfonce le clou de la soirée, retour au bled

pour le dire en termes de dialectique, je suis plus héraclitéen avec l'unité des contraires, qu'hégélien avec l'Aufhebung, car le produit, le résultat, j'ai beau me forcer à être "partisan de la communisation", je ne le vois pas sortir des luttes actuelles sur le modèle qu'en donnent ses théoriciens quels qu'ils soient

« L’adverse est bénéfique ; des différents résulte le plus bel assemblage;
tout se fait dans la lutte.»

Héraclite


parenthèse dans la parenthèse

avant l'heure c'est pas l'heure


source : Vision sur la fin ! Eschatologie, Retour de Jésus, Signes... 26 novembre 2015

Corinne Cerise a écrit:
Digression : A la lecture de ce passage du Manifeste (comme du Chapitre Inédit, par ailleurs), ne peut-on se poser la question de savoir si Marx n'était-il pas sur le strict plan conceptuel un théoricien de la communisation "avant l'heure" ?

je pense qu'il ne faut pas déshistoriser ni sortir de leur contexte (1848) ces lignes du Manifeste, mais il est certain que Marx est un théoricien du communisme comme abolition du capital donc du salariat autant qu'il le devient du programmatisme : il y a toujours le communisme comme mouvement au présent et la visée qui est l'abolition du capital, et le comment l'on passe de l'un à l'autre, qui reste la question qu'a posée à nouveaux frais, dans la décomposition du programmatisme, la théorie de la communisation

concernant la définition même de "communisme", entre mouvement et état, but ou chemin, discussion qui a occupé quelques temps le milieu théorique* après que je l'eût posée dans « Communisme : état vs mouvement », Astarian se distingue, à la limite sortant de la définition de Marx et Engels

* Théorie Communiste y revient dans TC24 : Sur l’ambivalence supposée du concept de communisme, mais dndf n'a pas fait remarquer comme avec « Endnotes4 enfin en ligne ! » (octobre 2015), que TC24 ne l'est toujours pas... depuis décembre 2012. La paille et la poutre dans l'œil à pepe ?

Marx et Engels a écrit:
Le communisme n'est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal d'après lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit/dépasse l'état actuel. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses actuellement existantes.

L’Idéologie allemande 1845

Bruno Astarian a écrit:
... quand je lis [TC] que « le communisme est le mouvement contradictoire du MPC [mode de production capitaliste] ». Une telle formule soit est une pirouette hégélienne, qui dispense en effet de chercher plus loin une définition du communisme en incitant à faire confiance à la dialectique abstraite des renversements, soit désigne le mouvement ouvrier qui se constitue dans le capital en germe de communisme,  et de même il est alors inutile de chercher plus loin. L’un n’exclut pas l’autre, d’ailleurs. En réalité, c’est la lutte des classes qui est le mouvement contradictoire du MPC, et le communisme en est le dépassement.

pour moi, comme je l'ai rappelé concernant le titre du forum, COMMUNISME FEMINISTE & DECOLONIAL > COMMUNISATION, la lutte de classe est le communisme comme mouvement, et la communisation son dépassement, et il me semble qu'ainsi défini, c'est plus clair, Marx-compatible avec toute théorie de la communisation

j'en profite pour faire un peu de pub "narcissique" depuis mon "centre du monde"
Patlotch a écrit:
nous appelons COMMUNISME DÉCOLONIAL le mouvement des luttes au présent qui, dans la DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL, transforment en permanence la perspective révolutionnaire d'abolition du capitalisme comme totalité économique et sociale, politique et sociétale, l'exploitation et les dominations le constituant comme structure à dominante et idéologie (structure of feeling) : exploitation du prolétariat, expulsion des 'nègres du monde', dominations masculines et racialistes, aliénation des individus, destruction de l'humain et du vivant

revenons donc sur le plancher des vaches, après cette parenthèse qui n'est pas complètement hors sujet du point de vue méthodologique au moins, mais avant, une dernière chose qui me tient à cœur, et à raisons à corps et à cris



tout le reste est littérature ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.

Verlaine
extrait d' Art poétique 1874


Corienne Cerise a écrit:
Mais revenons au "récit", car effectivement sur un tel sujet que Genre, Individus et Nature : une Révolution des Instincts, l'écueil possible de la littérature est un risque important, et comme vous le disiez, il nous faut des bases scientifiques pour creuser la question.

je me fais une haute idée de la littérature, dans sa forme roman dont je n'exclus pas la poésie (Aragon ne faisait pas de différence au niveau de l'écriture entre ces formes). Cette idée tient de ma conception de l'art, de la poétique, qui n'est pas séparée pour moi d'une conception de l'individualité ou de la révolution communiste. Voir RÉVOLUTION de la POÉTIQUE et POÉTIQUE de la RÉVOLUTION de Guy Debord à Patlotch... poésie, littérature, peinture, jazz, rap...

et justement la littérature, le roman, n'est pas un récit, du moins à un certain niveau d'écriture. La littérature échappe au risque du récit dans lequel tombe la théorie quand elle se projette comme idéologie sur le futur. Un bon roman de science-fiction sera toujours meilleur, car plus performatif, que tout récit sur la communisation, en attendant des écrivains-théoriciens doués de cette double qualité


LE TEMPS, PLUS LOIN



La nébuleuse du sablier


« Je cherche l'or du temps »
André Breton, Discours sur le peu de réalité, 1927



Avec le temps brisez l'horloge
Brûlez l'argent et l'euchologe
Tuez le temps le temps compté

Vive le foin cachez l'aiguille
Bagnes fermez Fêtez la quille
Perdez le temps à volonté

Fusez l'or du temps hors du livre
Étoilez vos yeux Enivrez-
Vous amants de rire et bon thé

Qu'attendez-vous le temps perdure
Du labeur dû l'heure s'endure
Au prix du beurre et sans bonté


10 novembre 2011

source Patlotch CRISE EN VERS



euchologe : Livre de prières où se trouve tout l’office catholique des dimanches et des principales fêtes de l’année
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MessageSujet: Re: "GENRE", "INDIVIDUS" et "NATURE" : une « RÉVOLUTION des 'INSTINCTS' » ? Conversation   Mer 20 Jan - 19:04

(toujours dans la parenthèse)

Je ne fais ici qu'un bref commentaire, j'y reviendrai demain.

Patlotch a écrit:
le problème c'est qu'on ne se bat jamais qu'à partir de sa situation et de ses conditions présentes et que les objectifs d'une lutte sont toujours immédiats, ce qui rend difficile de « parler au présent de communisation », et « le pas franchi » par TC n'est ni plus ni moins que déterministe

Là-dessus, je suis bien d'accord. "Les hommes sont toujours partis d'eux-mêmes, etc.". Je suis d'accord bien sûr aussi pour dire - car c'est je crois compris dans votre remarque - que la transcroissance des luttes est une vieille lune programmatique. Mais je vais vous parler en toute innocence. Comment, face à cette réalité tétue, produire la révolution comme immédiateté communiste, c.a.d comme dépassement produit par la lutte de classes ?

Patlotch a écrit:
ne se pose-t-on en ces termes le problème de la subjectivation révolutionnaire ce genre de question que si l'on n'a pas que ses chaînes à perdre, et pas de lutte immédiate à mener pour sa survie, ce qui est de fait le cas de tous les penseurs de la communisation ?

Je n'ai pas compris "ne se pose-t-on en ces termes le problème de la subjectivation révolutionnaire ce genre de question".

Bruno Astarian a écrit:
quand je lis [TC] que « le communisme est le mouvement contradictoire du MPC [mode de production capitaliste] ». Une telle formule soit est une pirouette hégélienne, qui dispense en effet de chercher plus loin une définition du communisme en incitant à faire confiance à la dialectique abstraite des renversements, soit désigne le mouvement ouvrier qui se constitue dans le capital en germe de communisme,  et de même il est alors inutile de chercher plus loin. L’un n’exclut pas l’autre, d’ailleurs. En réalité, c’est la lutte des classes qui est le mouvement contradictoire du MPC, et le communisme en est le dépassement.

La proposition d'Astarian est alléchante car elle est simple. Et tombe à première lecture "sous le bon sens" comme on dit. Mais je ne suis pas à l'aise DU TOUT avec cette construction.

Pour moi, c'est la lutte de classes qui produit le communisme comme mouvement manifeste (*), et dans le même temps le communisme est le produit du dépassement qualitatif opéré par cette lutte. Mais il est assez difficile pour moi d'exprimer cela clairement, car il faut tenir tous les termes du procès ensemble. Ce n'est guère simple. C'est "dialectique" diriez-vous ?

(*) par exemple, une grève, c'est un instant de communisme, non ? (plus de production, plus de salaire, la solidarité qui transcende les individus, la créativité parfois aussi, etc.)

Je reviendrai demain sur d'autres points que vous mentionnez et que je trouve importants (et passionnants). Comme ceci par exemple :

Patlotch a écrit:
une autre fonction de ce genre de 'récit' pourrait-elle être de rendre crédible car "logique" un processus révolutionnaire d'abolition du capital débouchant sur « un autre monde possible », dit ironiquement et pas au sens de l'alternative démocrate radical; en décrivant positivement la transition vers des relations communistes, démarche refusée par Théorie Communiste, et qu'Astarian ou moi estimions nécessaire ?



Mais quoiqu'il en soit je ressors de cette brève intervention avec plus de questions que de "réponses". scratch
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MessageSujet: Re: "GENRE", "INDIVIDUS" et "NATURE" : une « RÉVOLUTION des 'INSTINCTS' » ? Conversation   Mer 20 Jan - 19:49


du présent faisons table pleine

corinne cerise a écrit:

Patlotch a écrit:
le problème c'est qu'on ne se bat jamais qu'à partir de sa situation et de ses conditions présentes et que les objectifs d'une lutte sont toujours immédiats, ce qui rend difficile de « parler au présent de communisation »...

Là-dessus, je suis bien d'accord. "Les hommes sont toujours partis d'eux-mêmes, etc.". Je suis d'accord bien sûr aussi pour dire - car c'est je crois compris dans votre remarque - que la transcroissance des luttes est une vieille lune programmatique.

je ne pensais pas à la "transcroissance" ou non des luttes revendicatives, mais à cette banalité de base : on se bat au présent pour changer son présent devenu insupportable, et un futur vient de surcroît si j'ose dire, y compris dans la lutte les idées révolutionnaires, les objectifs immédiats, la tactique du contre le gendarme les modalités d'organisations, la répartition des tâches... Le reste est un privilège de qui peut se permettre de penser à l'avenir avant le présent

Corinne a écrit:
Mais je vais vous parler en toute innocence. Comment, face à cette réalité têtue, produire la révolution comme immédiateté communiste, c.a.d comme dépassement produit par la lutte de classes ?  

"innocence" mon œil ! Et je crains qu'ici l'on ne risque de tourner en rond, car je crois bien que vous avez déjà posé la question, et que j'ai ressorti mon laïus sur les dépassements à produire dans des luttes immédiates, auto-théorisantes. Ce n'est qu'un "modèle" de plus, sauf qu'il n'est pas à suivre, par définition. Il n'est là que pour satisfaire l'esprit révolutionnaire qui se pose des questions qu'il ne peut résoudre

si on le pose de façon générale, on répond avec le concept de conjoncture de R.S, "défaisance" des rapports sociaux quotidiens habituels, du jour au lendemain, plus personne n'est le même que la veille, je est un autre et des autres. Pour moi, cela ne suppose pas un "achèvement de la prolétarisation des classes moyennes ou paysannes" dans la mesure ou dans l'activité de crise du prolétariat, on ne peut plus, le travail étant suspendu, parler concrètement d'implication réciproque capital-prolétariat fondée sur le rapport d'exploitation : ce modèle est une vue de l'esprit pour satisfaire l'esthétisme conceptuel de TC

et puis au fond, on s'en fout, car c'est prendre un canon conceptuel pour masturber les mouches du coche. J'en parle encore parce que ça tombe au présent dans l'adversité, l'idéologie française, comme si certains devant l'échec de leur théorie n'acceptaient pas qu'elle agonise sans faire quelques victimes coco-latérales

« Il ne suffit pas d'être inutile, encore faut-il être nuisible »

Alphonse Allais



Dernière édition par Patlotch le Jeu 21 Jan - 3:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "GENRE", "INDIVIDUS" et "NATURE" : une « RÉVOLUTION des 'INSTINCTS' » ? Conversation   Jeu 21 Jan - 3:14


subjectivation révolutionnaire -> identité révolutionnaire -> sujet révolutionnaire
=> classe révolutionnaire

corinne cerise a écrit:

Patlotch a écrit:
ne se pose-t-on en ces termes le problème de la subjectivation révolutionnaire ce genre de question que si l'on n'a pas que ses chaînes à perdre, et pas de lutte immédiate à mener pour sa survie, ce qui est de fait le cas de tous les penseurs de la communisation ?

Je n'ai pas compris "ne se pose-t-on en ces termes le problème de la subjectivation révolutionnaire ce genre de question"

c'est moi qui posais la question en ces termes que je caricature : de tels récits sur la radieuse communisation peuvent-ils armer un désir communiste de révolution, donc participer d'une subjectivation révolutionnaire ? Et j'y opposais qu'on n'a de désir révolutionnaire que si l'on n'a pas d'autre choix, mais que ses chaînes à perdre, et dans ce cas pas besoin de se raconter des histoires récits...

j'avais engagé ché pu où* un sujet sur la subjectivation révolutionnaire, parce que cela me paraissait un aspect important d'un processus de construction d'un sujet révolutionnaire, autrement dit d'une classe de la communisation

* voir Google "subjectivation révolutionnaire" Patlotch


il n'est quand même pas saugrenu de se dire que la réputation du communisme, la connotation du mot communisme, quoi qu'on y mette, est liée à ce qui fut fait en son nom, et à ce qui se dit sous ce nom, même si le nom n'importe que peu. Pour le passé, on ne va pas le défendre, mais si parler de communisme doit en faire un repoussoir, je ne pense pas que ça fasse avancer le schmilblick non plus. Or j'ai la modeste ambition de donner du communisme une présentation qui donne plus envie de l'embrasser que de partir en courant, même si la subjectivation révolutionnaire n'est pas de l'ordre d'une activité de forum

s'il existe des anarchistes anti-marxistes, anti-communistes et anti-communisateurs, c'est qu'il y a pour eux une différence, et donc pour nous aussi. On ne s'en sort pas en accolant à communiste "libertaire", "révolutionnaire" ou tout autre label qui signifierait que le communisme puisse être en essence autre chose qu'un combat absolu pour la liberté donc pour la révolution pour la liberté...

même dans le milieu de la communisation, on parle beaucoup de communisme, mais jamais de communistes : pourquoi ?

j'ai déjà discuté de nom dans ANARCHISTE ou COMMUNISTE ? Quel BESOIN d'un NOM ? 2 août 2015 :

Patlotch a écrit:
on pourrait certes dire, en paraphrasant Marx et Engels dans Marx L'Idéologie allemande : « Pour nous, l'anarchisme n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons anarchisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement.»

mais bon, à ma connaissance aucun théoricien de l'anarchie ne l'a écrit, et la plupart des anarchistes considèrent au contraire l'anarchisme comme « un idéal auquel la réalité devra se conformer », ce qui permet à certains, en matière de racisme, de se planquer derrière l'universalisme abstrait condamnant les "racisés" pour "communautarisme"... identitaire : l'hôpital qui se fout de la charité



retour sur l'identité communiste

mais au fond, est que (se) subjectiver individuellement et collectivement, ce n'est pas se construire une identité, nommer ce que l'on est par ce que l'on fait pour en changer ? Ici, une identité révolutionnaire, une identité de classe révolutionnaire, une identité de classe de la communisation, nécessairement multiple et non pliée à un dogme prolétarien auto-dissolvant ? Donc se donner un nom ?

j'ai critiqué autrefois l'identité communiste, mais c'était celle des militants du PCF, elle valait davantage et au-delà contre toute identité sectaire de parti ou de groupe, idée militante en tant qu'avant-gardiste, mais une fois compris, une identité communiste, c'est autre chose...  

comme nom, communiste me convient et me suffit, mais il faut bien pouvoir parler avec d'autres qui ne s'y reconnaissent pas sans que ce soit rédhibitoire : on ne demandera à personne de montrer ses papiers pour faire la révolution

(la parenthèse ne s'est pas refermée... Pas grave si l'on trouve à revenir par ce détour au sujet initial, puisqu'une "révolution des instincts" suppose une désubjectivation/désobjectivation et re-subjectivation révolutionnaire dans les trois dimensions croisées du genre, de l'individualité et du 'rapport à' la "nature" Shocked )

suite à une observation géniale, si si, de Corinne, la conversation sur ce point est poursuivie dans IDENTITÉ COMMUNISTE : anarchiste ou communiste ? Quel besoin d'un NOM ?

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MessageSujet: Re: "GENRE", "INDIVIDUS" et "NATURE" : une « RÉVOLUTION des 'INSTINCTS' » ? Conversation   Ven 5 Fév - 16:04


pour signaler que les questions de genre, LGBT, etc. sont abordées ici FEMMES, LUTTES et DÉCOLONIALITÉS... Quid du concept de GENRE ? AUTO-ORGANISATION !

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On Beating Up “Niggers” While on Patrol: An Engaged Mindfulness + Critical Race Feminist Response


Citation :
Sistah Vegan is a series of narratives, critical essays, poems, and reflections from a diverse community of North American black-identified vegans. Collectively, these activists are de-colonizing their bodies and minds via whole-foods veganism. By kicking junk-food habits, the more than thirty contributors all show the way toward longer, stronger, and healthier lives. Suffering from type-2 diabetes, hypertension, high blood pressure, and overweight need not be the way women of color are doomed to be victimized and live out their mature lives. There are healthy alternatives.

Sistah Vegan is not about preaching veganism or vegan fundamentalism. Rather, the book is about how a group of black-identified female vegans perceive nutrition, food, ecological sustainability, health and healing, animal rights, parenting, social justice, spirituality, hair care, race, gender-identification, womanism, and liberation that all go against the (refined and bleached) grain of our dysfunctional society.

Thought-provoking for the identification and dismantling of environmental racism, ecological devastation, and other social injustices, Sistah Vegan is an in-your-face handbook for our time. It calls upon all of us to make radical changes for the betterment of ourselves, our planet, and by extension everyone.

February 4, 2016 | Dr. Amie "Breeze" Harper

She read the reports. She knew they used the word “nigger” to describe Black people. Using “nigger” in that context makes it incredibly difficult for many Black people to respond in a way that isn’t an “eye for an eye”… Judge Evans was able to not do an “eye for and eye”, despite that. That is a very difficult thing to do and the impact is amazing…

Citation :
Thank you so much Judge Vonda Evans. You are one of my new heroes. Amazing how you first focused on the racism of white cops who just wanted to beat up “niggers” (which was captured on social media exchanged by cops who supported this activity)…. to explaining that this is a microcosm of systems of oppression, the lack of structural support of the city, the lack of training and mental health resources available for police officers, etc. She does not excuse them for the violently racist behavior towards this black man they nearly beat to death. However, she shows compassion in understanding how an exploitative system is unhealthy for all, including the racist cops who publicly believe they can beat up “niggers” as their pass-time. Judge Evans makes the connections…even bringing in Flint MI.

This is what a critical race feminist framing of justice and engaged mindfulness (I called it engaged Buddhism) looks like. Judge Evans  “reminds” the defending officer that despite his despicable behavior captured on video, he is still capable of being an amazing human being she knows he can be; that this one horrible act doesn’t mean that this is who he was in the past, who he is now, or who he will be in the future.



After the weeks of me trying to understand the constant hate towards my critical race feminist analysis, intersectional, and engaged Buddhist (some know it as mindfulness) approaches to ethical consumption, this video reminded me why we Black folk doing this work are so powerful; why we scare the white beneficiaries of this white supremacist capitalist racial caste system. Many of these beneficiaries don’t know they are ‘benefiting’ from this system and many do; many think they are being ‘objective’ but in fact, think and act as racialized white subjects.  And though Judge Evans doesn’t say it exactly, it is unclear who really benefits from this white supremacist capitalist racial caste system in the long run, including these white cops who may have racial privilege but do not have socio-economic privilege such a a system was supposed to guarantee for people who look like them.

Our intersectional approach to social justice with a critical race feminist framework is not playing “identity politics” , “playing the race card”, or has a “white hating” racist agenda (click here and here to see what I am referring to). Thank you again for reminding me of this Judge Evans. And even though you do not mention this in your sentencing, your embodied experience as a black woman in a white supremacist capitalist racial caste system, has produced a unique consciousness around ethics and justice that is a gift. And because of your powerful position, you were able to leverage that.

Without spite, Judge Evans served justice engaged mindfulness  to both the defending officer and the man he hurt so badly. Yes, you can tell her heart is broken and she is so frustrated, but you can tell that she is not an “eye for an eye” human being in this moment. She doesn’t pinpoint the one bad thing this officer was documented doing, via video, and then allow that to permanently define who he was, is, or can be.  

Citation :


Dr. A. Breeze Harper

A. Breeze Harper has a BA in feminist geography, from Dartmouth College, a MA in Educational Technologies from Harvard University, and a PhD from the University of California, Davis, where she studied applications of critical race feminism, critical whiteness studies, and critical food studies within cultural geography.

Dr. Harper’s most recently published book, Scars: A Black Lesbian Experience in Rural White New England (Sense Publishers 2014) interrogates how systems of oppression and power impact the life of the only Black teenager living in an all white and working class rural New England town.


2014

Citation :
Scars is a novel about whiteness, racism, and breaking past the normative boundaries of heterosexuality, as experienced through eighteen year old Savannah Penelope Sales. Savannah is a Black girl, born and raised in a white, working class, and rural New England town. She is in denial of her lesbian sexuality, harbors internalized racism about her body, and is ashamed of being poor. She lives with her ailing mother whose Emphysema is a symptom of a mysterious past of suffering and sacrifice that Savannah is not privy to. When Savannah takes her first trip to a major metropolitan city for two days, she never imagines how it will affect her return back home to her mother … or her capacity to not only love herself, but also those who she thought were her enemies.

Scars is about the journey of friends and family who love Savannah and try to help her heal, all while they too battle their own wounds and scars of being part of multiple systems of oppression and power. Ultimately, Scars makes visible the psychological trauma and scarring that legacies of colonialism have caused to both the descendants of the colonized and the colonizer … and the potential for healing and reconciliation for everyone willing to embark on the journey.

As a work of social fiction born out of years of critical race, Black feminist, and critical whiteness studies scholarship, Scars engages the reader to think about USA culture through the lenses of race, whiteness, working-class sensibilities, sexual orientation, and how rural geography influences identity.

Scars can be used as a springboard for discussion, self-reflection and social reflection for students enrolled in American Studies, Sociology, Women's Studies, Sexuality Studies, African American Studies, human geography, LGBTQ studies and critical whiteness studies courses, or it can be read entirely for pleasure.

Dr. Harper has been invited to deliver many keynote addresses and lectures at universities and conferences throughout North America. In 2015, her lecture circuit focused on the analysis of food and whiteness in her book Scars and on “Gs Up Hoes Down:” Black Masculinity, Veganism, and Ethical Consumption (The Remix) which explored how key Black vegan men us hip-hop methods to create “race-conscious” and decolonizing approaches to vegan philosophies.

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