PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite

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MessageSujet: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 22 Déc - 13:19


le sujet - LE NÉO-POPULISME et le FASCISME FRANÇAIS, la nébuleuse anti-système entre extrême-droite et "ultragauche", écolo-national-anarchisme... entre racisme et anti-racisme abstrait... a été détruit

j'y montrais l'absence de rupture de continuité dans les discours anti-système de l'ultragauche à l'extrême-droite, sous toutes formes des plus intellectuelles voire théoriques, aux plus populistes à teinte fascisante, matinées d'anarchisme, d'ultragauchisme, de retour aux sources mythifiées de l'Europe et de la nature



un certain nombre de "figures" et de blog illustrent bien cette nébuleuse qui va des amis d'Alain de Benoist (vidéos) à Francis Cousin (vidéos), expert en Marx recyclant les concepts de la théorie de la communisation dans ses conférences pour Egalité & Réconciliaton d'Alain Soral ou pour les émissions de Radio Courtoisie du journaliste Emmanuel Ratier,


Lucien Cerise sur le gâteau, entre ultra-gauche et ultra-droite familier des milieux interlopes de l'intellitgensia prolétarisée de couches moyennes sans expérience de la lutte de classe, très inspiré par les thèses de Tiqqun et du Comité invisible...



wikipédia a écrit:
Gouverner par le chaos - Ingénierie sociale et mondialisation est un essai publié chez Max Milo Éditions en 2010 (couverture noire) et réédité en 2014 (couverture blanche).




La seconde édition est augmentée d’un avant-propos dans lequel l’auteur explique ses raisons de cultiver un anonymat relatif, ainsi que le rôle central de la furtivité et de l’invisibilité dans les méthodes de contrôle que le nouveau Big Brother applique de son côté pour « pirater » les esprits et gouverner par la crise et le chaos dirigé, en particulier dans le terrorisme d’État et la criminologie actuarielle (anticipatrice).




L’affaire de Tarnac sert d’illustration et de fil conducteur aux thèses de l’ouvrage, qui s’inspire également des publications de Tiqqun, du Comité invisible ainsi que des revendications sociales des courants communistes et gaullistes.


on y trouve le nietzschéen "Max l'Hameunasse" et son blog In Limine, qui diffusait jusqu'à l'en dernier les thèses de la communisation et de la Critique de la valeur, intervenait sur dndf

Max L’Hameunasse a écrit:
19/10/2011 à 19:42 On peut dire ou écrire bien des choses sur TC, n’empêche….le fait que ce groupe-revue ne laisse pas indifférent signifie bel et bien qu’il contribue avec une certaine efficacité à dépoussiérer l’univers morbide (parce que rivé d’une façon ou d’une autre à la foi dévolue au travail et à la production) du marxisme et de ses épigones contemporains.
J’ai mis aussi un lien sur mon site de leur nouveau site : http://ecologie-et-emancipation.over-blog.com


Et j’espère bien bien qu’il y aura un n°24 de TC à paraitre, et un 25, un 26, un 27……………………

Adios companeros


on y trouve, dans le genre le plus syncrétique et confus, le blog-journal Rébellion aux figures anarchisantes de Gavroche


et l'OSRE Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne expression politique du renouveau socialiste révolutionnaire en France










etc. etc.

tout y passe et s'y recycle, la lutte de classe, le féminisme, l'écologisme, l'anti-impérialisme, et la référence aux grandes figures sélectionnées de l'anarchisme, Proudhon, Orwell, ou de l'anti-totalitarisme, Hanna Arendt, Orwell...

depuis deux ans que j'apporte documents et textes montrant les accointances troublantes de cette nébuleuse avec le milieu théorico-activiste de la post-ultragauche et de la communisation, personne dans ce milieu ne s'est exprimé sur le sujet, stratégie de l'autruche oblige, comprenez « c'est pas nous » et « nous n'avons rien à voir avec ça...»

alors cherchez l'erreur... Qu'est-ce qui cloche ?

le point commun, hormis une évidente absence de critique conséquente de l'économie politique du capital y compris chez les plus marxiens (Francis Cousin), c'est l'immigration, ou plus précisément un européisme décomplexé affirmant sa préférence culturelle européenne et blanche , et dont le racisme ne s'avoue jamais comme tel, mais paré de vertus y compris celle des intérêts du prolétariat et de la lutte de classe contre l'impérialiste (américain)

je ne reconstruirai pas complètement ce dossier, qui était un des plus documentés du forum avant l'auto-attentat virtuel du 23 novembre (un coup du Patlotch), mais je tenterai plutôt de suivre l'actualité de cette mouvance aux contours insaisissables et mouvants qui donnent le tournis, et met au défi toute prétention à une théorisation claire qui ne s'armerait pas de la double conceptualisation communiste et décoloniale que défend ce forum

la double crise de la modernité occidentale et du capitalisme produit des monstres idéologiques sur les débris du mouvement ouvrier programmatiste et de la lutte des classes à l'ancienne. Les plus avertis s'y sont laissés prendre, derrière leur œillères eurocentristes même non européistes


camarades, nous avons du pain sur la planche : il n'est pas blanc





Dernière édition par Admin le Mar 22 Déc - 17:46, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 22 Déc - 13:53


après ce survol, passons aux travaux pratiques théoriques...


Le Grand Stratagème : réflexions sur l’organisation de l’immigration de masse 9 novembre 2015 Réflexion - Théorie


Article disponible dans le numéro 71 de la revue Rébellion
(en commande dans notre « boutique » en ligne)

Aujourd’hui que le pouvoir est concentré dans quelques mains, on assiste aux événements, mais on en ignore les raisons, et le monde ressemble à ces machines actionnées par quelque mécanisme secret ou à ces statues qu’anime un comparse dissimulé dans leurs flancs. Le monde humain est devenu semblable au monde naturel : il faut étudier les événements comme on étudie les phénomènes et en découvrir les forces motrices en tâtonnant, comme le font les physiciens.

Giacomo Leopardi

[je souligne en gras quelques passages significatifs, entre racisme pur et simple et critique de la démocratie et du capital que ne renierait a priori aucun « partisan de la communisation »]

P. Visconti a écrit:
Héritiers du mouvement ouvrier

Phénomène aux conséquences politiques, économiques et culturelles majeures, l’immigration de masse exige d’un mouvement d’opposition une analyse critique renouvelée. Ce sujet ne doit pas être tabou, il est trop essentiel. Lorsqu’il existait encore une critique sociale dans ce pays, aucun sujet n’était occulté. Par conséquent, si l’on accorde quelque valeur au mouvement ouvrier né au XIXème siècle et à ses succédanés du siècle suivant, et si l’on veut lui rendre une sorte d’hommage en l’actualisant, ce fantastique bouleversement migratoire doit être abordé sans détour et peut même représenter un axe de résurgence d’une critique devenue évanescente.

Il est bien sûr hors de question de se laisser intimider par les tenants de l’antiracisme institutionnel, du multiculturalisme médiatique, du gauchisme altermondialiste épuisé ou encore du politiquement correct totalitaire. Ceux qui ont la charge de formater l’opinion publique, c’est-à-dire de contribuer à la mort de l’opinion privée, personnelle, autonome et non manipulée, appartiennent à l’oligarchie. Leur succès auprès de la masse n’est que le succès des techniques de propagande et de leur connaissance renforcée de la psychologie des foules. Qu’il soit bien clair que les totalitaires, les « fascistes » au sens caricatural du terme, les promoteurs de la déshumanisation et du massacre de masse dans différentes régions du monde, sont actuellement au pouvoir, mobilisés à défendre l’intérêt des multinationales, des banques et de la finance. Dans ce texte, c’est donc le « parti » de la critique qui tente de s’exprimer au milieu de la confusion et de l’obscurantisme contemporain. Il puisera tant bien que mal son inspiration dans les différents courants de la résistance des peuples au capitalisme le plus sauvage au XIXème siècle, dans la Commune de Paris, les Conseils ouvriers, les rangs du POUM ou des anarcho-syndicalistes espagnols de 1936, l’Internationale situationniste ou encore plus récemment le groupe de l’Encyclopédie des nuisances. Toutes ces expériences sont sans doute critiquables et imparfaites, et leur échec historique les fait d’ailleurs passer pour des erreurs ou des fantasmagories, selon le principe que ce qui échoue est dû à l’absence de mérite. Néanmoins, elles ont au moins eu celui d’exister à un moment stratégique et d’exprimer une certaine radicalité face à la question sociale.

L’immigration de masse est une réalité


Volontairement, ce texte ne s’embarrassera pas d’une collecte fastidieuse de chiffres souvent introuvables et toujours contestables sur l’estimation des effectifs de population étrangère brutalement imposée sur notre sol [sic et pour cause : ces chiffres, je les ai publiés, mais ils ne vont pas dans le sens souhaité...] Ne nous attardons pas sur la mauvaise foi négatrice de la réalité de l’invasion. Il suffit d’ouvrir les yeux, de prendre le métro, de pénétrer dans une gare, de tenter de flâner le long des artères commerçantes d’une ville, de conduire son automobile sur un périphérique quelconque, ou encore pour les plus casaniers d’allumer leur télévision pour recevoir le flot d’images qui témoignent sans détours de cette nouveauté.

L’installation des peuples du Sud sur nos terres européennes est une réalité ! Cette installation est massive, potentiellement explosive sur le plan démographique du fait du nombre considérable de naissances qu’elle induit. Elle est brutale car réellement sortie de sa phase expérimentale pour acquérir un rythme frénétique depuis la moitié des années 90 seulement. Elle est spécifique car presqu’exclusivement représentée par des populations africaines et arabes, minoritairement asiatiques. Elle provoque un fantastique bouleversement de la vie quotidienne des Français en faisant de ces derniers des citoyens de seconde zone. Cela se traduit par leur appauvrissement, leur relégation au niveau de l’ensemble des aides sociales au profit des nouveaux venus, leur mise en concurrence déloyale pour la course à l’emploi du fait de la systématisation de la discrimination positive, ou encore leur culpabilisation. On constate également une violence urbaine exacerbée due à la délinquance et à la criminalité d’un nombre croissant d’individus dans les rangs de la jeune génération immigrée, très peu sanctionnée pour ses exactions. Les fondements de la civilisation de notre pays ne sont pas épargnés avec des conséquences négatives sur les croyances, les mœurs, la langue, la transmission des connaissances ou encore l’esthétique. Enfin, la liberté d’expression telle que l’Etat voulait bien encore la permettre par le passé, est réellement menacée puisque la critique du phénomène est ostracisée voire interdite grâce aux accusations de racisme et à la reductio ad hitlerum désormais très bien rôdée.


Qui tire les ficelles ?

Si l’on souhaite comprendre cette donne démographique inédite, en évitant les explications convenues, confuses et mensongères, il est impératif de noter un fait d’importance. Quel que soit le domaine de la vie collective considéré, rien ne peut surgir dans nos sociétés sans l’assentiment, plutôt même la volonté politique de l’Etat et des intérêts qu’il défend. L’Etat moderne se signale par une puissance décuplée et quand il lui plaît de se montrer en apparence impuissant, ce n’est encore sous cet aspect que l’exercice et la consécration de sa toute-puissance. Cette remarque doit définitivement disqualifier les commentaires fallacieux sur l’aveuglement ou la lâcheté de nos dirigeants, incapables de s’opposer à l’immigration massive, ou encore sur la fatalité du phénomène dû à l’élan irrésistible et impossible à contenir des « damnés de la Terre » vers nos latitudes. Dans ce domaine comme dans tant d’autres, rien ne se fait au hasard ou par désinvolture, mais bien au contraire de manière programmée et presque scientifiquement organisée. L’accusation de « complotisme » ne sera alors que l’ordre d’interdiction de penser librement.

L’installation de ces nouvelles populations ne s’est pas produite de manière spontanée, il ne s’agit pas d’un phénomène naturel. Il n’y a plus guère de peuples nomades qui s’avanceraient mécaniquement vers l’Ouest comme l’Histoire a pu nous en donner des exemples. A notre époque fortement administrée, les peuples ne quittent leur terre d’origine que s’ils ont suffisamment d’éléments pour deviner qu’ils sont attendus au point de destination. Et en effet, ils sont attendus. Tout est organisé par les Etats européens et en particulier par l’Etat français dans le contexte d’une Union Européenne toute-puissante également instigatrice du phénomène. L’Etat est ainsi pleinement mobilisé pour modifier les règles de la société dans ce sens, il est en outre solidement secondé par les médias publics et privés d’information / propagande, l’industrie du divertissement et tous les besogneux à statut médiatique, du saltimbanque le plus dérisoire à l’expert le plus prétentieux. Depuis plus de trente ans, les lois, les décisions administratives, les règlements, les aides sociales, les discours officiels vont tous dans le sens de la facilitation de l’immigration de masse. Et cela concerne autant l’acquisition de la nationalité que l’accès de plein droit à la santé, au logement, au travail, à l’école, ou encore à l’exercice encouragé de la pratique religieuse la plus opposée à nos mœurs. L’ensemble de la société est sommé de s’adapter par autant de décisions arbitraires que d’injonctions autoritaires. Les discours des officiels de la politique en témoignent, l’impudente exhortation journalistique quotidienne le confirme.

Une fois admise la réalité de l’immigration de masse et de son organisation étatique, il reste à déterminer quelles sont les forces instigatrices de la décision et avec quels objectifs elles opèrent.

Le peuple français ne peut être soupçonné d’une telle initiative. Les Français ne décident de rien depuis longtemps. Et d’ailleurs leur capacité à décider de leurs conditions de vie va en s’amenuisant décennie après décennie. Ils n’interviennent pas plus sur les détails de la vie quotidienne organisée que sur les choix nationaux. Ils sont absents, exclus, relégués à la seule mascarade politique des rendez-vous électoraux parfaitement contrôlés par le pouvoir de l’argent et l’abrutissement médiatique et « sondagier », c’est-à-dire à des scénarios programmés. Les Français n’ont pas donné leur accord aux conditions de la dette et à son volume, aux choix économiques, géopolitiques et militaires, à l’organisation et à la localisation du travail, au type de biens et services produits, au niveau de leurs revenus, de la fiscalité, au type de filière énergétique, au niveau des infrastructures, à leur alimentation et aux conditions de sa production, à la manière de se déplacer et à tant d’autres choses encore qui ont un impact évident sur leur vie quotidienne. Tout leur a été imposé et ils se sont adaptés dans une relative passivité à toutes ces décisions le plus souvent bien éloignées de leur intérêt personnel et collectif quand elles n’étaient pas objectivement nuisibles à leur bien-être, à leur sécurité ou à leur santé. De fait, ils ne pouvaient pas donner le moindre avis sur l’organisation d’une immigration de masse qui s’est déroulée sans leur consentement.

Qui décide en France ? Ceux à qui appartient le pays : les détenteurs de capitaux, les grands patrons, les banquiers, les financiers, et leur représentation étatique et technocratique. Ceux qu’on a pu autrefois appeler la « classe propriétaire », issue de la Révolution française bourgeoise, passée d’un mode de fonctionnement surtout national à un niveau d’action international, à la fin du siècle dernier, avec des stratégies inédites se dissociant toujours plus du sort commun.

Quels sont donc les objectifs de cette nouvelle « kleptocratie » qui modifie ainsi autoritairement la population du pays ? C’est à cette question que nous tenterons de répondre via l’identification de quatre objectifs principaux.

I. Le choix d’un nombre toujours plus explosif d’habitants sur un territoire donné comme moyen de renforcement de l’oppression.

[ici, une critique de la démocratie qui n'a rien à envier à celle de l'ultragauche...]

Même dans sa version abâtardie, la démocratie suppose le petit nombre.

La démocratie n’a existé que très temporairement à Athènes vers le Vème siècle avant Jésus-Christ. Elle ne concernait qu’un très petit nombre de citoyens au milieu d’un nombre plus important d’exclus qui restaient néanmoins assez faible en comparaison des effectifs de la population mondiale actuelle et à venir. Cette expérience athénienne brève est caractérisée par « le petit nombre ». D’ailleurs, si on l’interprète comme une démocratie des Maîtres, elle implique « le petit nombre » par définition. En admettant que sa particularité a résidé dans le fait très appréciable que les hommes non esclaves et non métèques aient pu par extraordinaire être considérés comme des Maîtres de qui on attendait la participation active à la gestion de la Cité, phénomène en soi exceptionnel, cela n’a été possible que par la nature modérée des effectifs concernés sur un territoire bien délimité.

Il va de soi que les peuples européens ne connaissent pas la démocratie, ni même sa version abâtardie de gouvernement représentatif. Nos sociétés occidentales sont essentiellement des sociétés autoritaires qui y « mettent la forme ». Elles sont dotées d’un appareil de contrôle des esprits sophistiqué qui les exonère de la pratique de la violence franche et pour l’instant l’acquisition de certains biens matériels aussi dépourvus de qualité soient-ils, réussissent à maintenir les apparences d’une société de bien-être. Les quelques droits dont sont encore détenteurs les salariés de nos contrées sont largement le reliquat qui va en s’effilochant des luttes ouvrières passées. Et à l’évidence, sans les troubles sociaux et politiques qui ont jalonné l’Histoire européenne, jamais cette situation de maintien fragile d’une dignité individuelle n’aurait été possible. Tout fut en quelque sorte arraché par les peuples européens tout au long du conflit de classe sporadique constaté au cours des deux siècles précédents. Une forme de Droit construit au fil du temps conserve encore ses prérogatives même s’il est de plus en plus détourné de son objectif et instrumentalisé, à l’évidence pour l’intérêt des puissants. Nous pouvons exercer nos droits d’électeur, insuffisants pour déclencher une réelle rupture, mais qui entretiennent ce vernis pseudo-démocratique en grande partie parce que le Pouvoir n’est pas en danger. La philanthropie reste absente de ce monde et seul le rapport de forces peut modifier une situation le plus souvent inique. Encore faut-il que ce rapport de force puisse émerger, ce qui était précisément le cas chez nous lors du retour périodique de quelques épisodes subversifs. Il est probable que cela soit de moins en moins le cas dans l’avenir si nous évoluons vers une hypertrophie démographique.

La loi du nombre

En effet, de façon générale, là où les effectifs de population atteignent des chiffres extravagants, les oppositions au Pouvoir sont inexistantes et la vie de l’individu esseulé de ce type de société a très peu de valeur quand elle n’en est pas totalement dénuée. En l’occurrence, on pourrait appliquer ici l’un des fondements de l’économie classique qui veut voir la valeur sourdre de la rareté du bien. A contrario, lorsque les hommes pullulent, leur vie ne vaut pas cher. Ils n’ont que bien peu de moyens pratiques de se reconnaître dans leur situation partagée, d’établir un langage commun et font face à de terribles problèmes d’organisation inhibant la construction de tout front uni. Le Pouvoir en ressort plutôt indemne et les variations possibles au sommet de la hiérarchie sont circonscrites au changement d’une clique autoritaire par une autre, rejoignant en cela la tradition ancienne des révolutions de palais ou celle de l’assassinat du Prince par sa garde prétorienne. La plupart des Etats africains, musulmans ou encore ceux du Sud-est asiatique, démographiquement toniques, connaissent cette situation où la vie humaine est bien peu de chose. Dans ces pays, la masse reste exclue des initiatives de changement politique. Elle n’en est parfois même plus ne serait-ce que « spectatrice » dès lors que la distance avec le centre de décision atteint un seuil irréversible de dépolitisation de la société entière. L’imagination d’un quelconque changement affectant le profil des détenteurs du Pouvoir est dès lors incapable de naître.

Les pseudo-élites mondialistes contemporaines ressentent de ce fait une attraction très forte pour une forme renouvelée du despotisme oriental, fondé sur la dépossession politique complète grâce au nombre d’individus dominés aisément interchangeables. Quel dirigeant européen obsédé par l’idée de ne pas voir son pouvoir contredit, ne rêve pas d’une société où le grouillement des foules ancrées dans le projet épuisant du maintien d’une survie immédiate et toujours menacée fait obstacle au surgissement d’une conscience politique ? L’organisation de rares référendums, parfois porteurs de mauvaises surprises, malgré le très fort conditionnement médiatique, et la nécessité peu glorieuse de faire revoter les peuples récalcitrants, ne serait plus dès lors qu’un mauvais souvenir anecdotique.

De plus, les marchands qui nous gouvernent constatèrent que la fin de la période des deux blocs et la redistribution des cartes de la domination internationale dans une économie planétairement convertie au capitalisme, aboutissait à la naissance de nouvelles puissances. Le décollage économique de ces nouvelles puissances, depuis les années 70, est dû principalement à la délocalisation et donc à la diffusion technologique insensée des entreprises occidentales vers ces territoires pour la conquête de nouveaux marchés et le recours à un coût du travail dérisoire. Toutefois, un des éléments de réussite de ces pays réside aussi, dans une mesure non négligeable, dans le nombre de leurs habitants corvéables à souhait.

D’une politique défavorable à la maternité française au repeuplement extra-européen

Mais les chiffres de la population européenne – bien que fort acceptables par la raison commune – apparaissent dramatiquement faibles à de tels dirigeants désireux d’une puissance incontestée sur le très long terme. La course aux effectifs démentiels de population est donc bien un facteur déterminant dans la mise en place d’une telle politique. Les chefs de l’Occident et tout particulièrement d’Europe vivent ce que l’on pourrait appeler une véritable obsession démographique.

Précisons également que, en France, dans les années 70, a eu lieu la généralisation du travail féminin. Les conjoints d’un couple n’ont plus guère eu d’autre option que de se salarier tous deux pour avoir une chance de survie économique, quand dans un passé encore bien peu éloigné le couple pouvait vivre relativement décemment sur le seul salaire de l’homme. Il n’est bien entendu pas question de discuter ici de ces modifications mais uniquement d’observer leur implication sur le plan démographique. En effet, une des conséquences immédiates de l’afflux important et rapide de femmes sur le marché du travail fut une intense activité répressive pour freiner la maternité afin de les embrigader plus efficacement dans la production. C’est l’époque où les entretiens d’embauche tentaient inlassablement de débusquer une grossesse cachée et non encore visible. Pire encore, il s’agissait bien souvent de s’assurer – au mépris du respect le plus élémentaire de la vie privée et de l’intimité – que la femme ne désirait pas avoir d’enfant dans le court et moyen terme, allant même jusqu’à lui demander une sorte d’engagement sur ce point ! Les propagandistes qui nous dirigent ont donc beau jeu de culpabiliser aujourd’hui la population française dans son peu de zèle à se reproduire alors même que toutes sortes d’entraves y avaient concouru pour obéir à la logique patronale de l’embauche sécurisée. D’autre part, ces pratiques furent liées à la promotion d’attitudes hostiles à la construction du couple en dépeignant la vie de couple et de famille comme répressive et ennuyeuse. Le rajout plus tardif d’une complaisance marquée pour l’homosexualité, n’est pas non plus resté sans conséquence, dans la mesure où en dehors de choix individuels libres, nous ne pouvons ignorer l’influence considérable que les puissants médias modernes obtiennent dans tous les secteurs de la vie. Tous ces facteurs associés pendant de nombreuses années ont contribué à accroître l’isolement de l’individu au sein de la société et ont inévitablement réduit l’élan reproducteur de notre peuple.

L’immigration massive que nous connaissons a bel et bien été envisagée dans ses conséquences les plus radicales : la mise en minorité des autochtones voire leur substitution progressive par d’autres peuples. L’accroissement brutal de la population sur notre sol aura notamment pour conséquence de renforcer l’accaparement de la richesse. Ceux qui possèdent déjà l’essentiel du patrimoine et de la richesse produite collectivement seront à même par leur antériorité dans la domination de renforcer leur position : le petit nombre organisé, propriétaire du pays, détenteur des leviers du pouvoir, avec à son service l’administration d’Etat et les instruments de propagande médiatique pourra ainsi plus aisément déterminer les conditions de la survie économique d’une population en croissance continue.

De plus, on peut être certain que ce mouvement s’accompagnera d’une progression constante vers plus d’autoritarisme. Les droits de l’individu iront en s’affaiblissant, la liberté d’expression sera rognée sans répit et c’est bien sûr au nom de la tolérance, de la coexistence entre ethnies, de la liberté et du respect des différences que cette répression s’exercera. Elle sera d’autant mieux armée et incontestée dans sa rigueur qu’elle se présentera sous les atours de l’humanisme, de la tolérance et de la ritournelle du « vivre ensemble ».

[Marx à la rescousse]

II. La baisse de qualité de la production des biens et services induit la dictature du quantitatif et exige le nombre : le retour de la baisse tendancielle du taux de profit.

Quand la qualité disparaît…

Dans un monde d’artisans ou de petits producteurs capitalistes indépendants où des lambeaux de qualitatif persisteraient, les prix seraient éventuellement plus élevés, mais le renouvellement moins nécessaire dès lors que le produit aurait une durée de vie plus acceptable. Ce mode de production du produit de qualité s’accorde bien avec notre société précapitaliste où l’artisanat survit et où le consommateur est encore respecté. Il a quasiment disparu pour laisser la place à un secteur très marginal de production de luxe qui ne remplit pas les mêmes fonctions et cible une clientèle très particulière.

La production de masse implique au contraire nécessairement baisse de qualité, renouvellement rapide du produit par usure accélérée et nouvelles acquisitions par effet de mode et mensonge sur un progrès technique qui n’est qu’apparent. La recherche toujours plus odieuse du profit grâce à la baisse des coûts de production unie à une obsolescence programmée, oriente ainsi irrésistiblement vers une production de biens et services de qualité médiocre, voire absente. On peut d’ailleurs aisément juger d’une société à sa production et à la qualité de celle-ci. La nôtre produit alimentation falsifiée sans égards pour la santé, dispositifs électroniques débilitants, ordinateurs souvent sanction de l’isolement, automobiles aux lignes uniformisées où le tape à l’œil électronique supplante la durabilité, accoutrements vestimentaires aux matériaux indigents, logements indignes insérés en série dans des cubes de béton et de verre empreints de froideur totalitaire, anxiolytiques aux couleurs chatoyantes destinés aux dépressifs en sursis…

Le retour de la baisse tendancielle du taux de profit


Néanmoins, le secteur de la production préexiste, avec ses propres règles, ce que les détenteurs de capitaux ne peuvent ignorer. Ainsi, un mouvement vers une production toujours plus importante mais avec toujours moins de travail, semble irrésistible. Le capital constant (moyens de production matériels) s’accroît donc plus vite que le capital variable (les effectifs humains) et le nombre de salariés diminue, relativement à un capital en croissance plus rapide. Le profit doit pourtant se former et croître quelque part, et son taux être en accord avec cette fantastique accumulation de capital sans être en-deçà du niveau nécessaire à la continuation de l’accumulation.

De plus, l’augmentation du « surtravail » non rémunéré a des limites absolues – les salariés ne pouvant ni travailler sans interruption ni gratuitement – et la réduction relative de leur nombre doit nécessairement entraîner une réduction de ce « surtravail ». Le profit qui naît avant tout dans la sphère de la production et en partie dans celle du marché, voit donc à un certain moment son niveau décroitre sur le lieu de la production. Mais, tant que le taux de plus-value, c’est-à-dire le degré d’exploitation de la force de travail, augmente, il y a compensation de la baisse du taux de profit et l’accumulation de capital peut se poursuivre. C’est seulement si la baisse du taux de profit n’est plus compensée par l’augmentation de la plus-value que le taux de profit devient insuffisant pour justifier la poursuite de l’accumulation de capital.

Pour lutter contre cette baisse tendancielle du taux de profit, que la « science » économique officielle jugera une « vieillerie marxienne », une lubie obsolète, alors qu’elle est pourtant inhérente à la production capitaliste, des contre-tendances existent donc : baisse sur la valeur des matières premières, progrès technique, concentration du capital par fusion/acquisition, financiarisation, accroissement de la demande … L’hypertrophie du secteur financier a en particulier la charge de masquer le phénomène en développant une « économie » virtuelle et spéculative, génératrice de crises que les peuples finissent par être les seuls à payer.

Par les immenses gains de productivité du travail, la contrainte de concurrence ou encore la nécessité de poursuivre l’accumulation, la production capitaliste s’oriente inéluctablement vers une valeur plus faible de l’unité produite. Pour y parvenir, elle joue autant sur le travail humain, moins rémunéré et dont l’offre diminue, que sur le matériau utilisé. Il est intéressant de noter que la baisse de la valeur unitaire du produit n’empêche pas l’existence d’un prix sur le marché souvent trop important pour les plus démunis. Néanmoins, il faut bien compenser cette réduction de la valeur unitaire et l’assèchement du profit relativement au capital accumulé. Cette compensation ne peut temporairement se faire que par l’explosion de la quantité d’unités vendues. En effet, l’essor de la demande doit tenter de résoudre la crise, la demande étant cette fois accrue par les effectifs de consommateurs et non par une croissance de la consommation individuelle devenue impossible du fait de la faiblesse du revenu moyen.

A la recherche de nouveaux consommateurs


Il est pourtant évident que la famille française salariée, à effectif modéré, n’ira pas au-delà d’un certain nombre de téléphones portables, de soupes en sachet, de Mc Dos, de t-shirts, de véhicules automobiles, de consommation d’énergie ou même d’antidépresseurs. La nécessaire surpopulation par le biais de l’immigration intervient alors, venant à point nommé tenter d’inverser cette tendance. Dans un contexte de délocalisations et de chômage structurel évidents, l’immigration de masse est de ce fait une immigration de consommation, rendue possible par le détournement de la protection sociale et de l’épargne des couches moyennes et populaires, et non une immigration de production. Il faut donc relativiser la volonté de baisser le coût du travail comme moteur essentiel de l’organisation de l’immigration. Pour preuve, les Français avaient d’ailleurs, depuis le basculement ultralibéral de 1979/80 – réellement entré en vigueur en France en 1983 avec un régime de « gauche » –, largement accepté toutes les reculades sur le plan de la rémunération et du marché de l’emploi avec deux millions de chômeurs comptabilisés en un laps de temps très court. Seuls des secteurs comme le BTP et la restauration ont réellement joué sur le registre de la baisse drastique des salaires, qui plus est par l’emploi d’un personnel clandestin non négligeable.

Pourtant, avec la démographie délirante que connaissent la plupart des pays africains par exemple, on eut pu s’attendre à ce que nos entreprises trouvent là-bas un débouché à leur production. C’est oublier que l’instabilité politique, l’absence d’organisation et d’infrastructures performantes, les problèmes récurrents de développement avec les revenus indigents des populations, rendent impossible l’organisation d’une consommation de masse. A l’inverse, les pays du Nord sont représentatifs de l’essor de la technique, d’infrastructures développées et d’une assez bonne organisation d’ensemble mais marqués, aux yeux des dirigeants, d’effectifs de population trop confidentiels. Il est donc beaucoup plus judicieux pour nos entreprises de faire venir ces populations plutôt que d’attendre qu’un hypothétique développement de leurs pays d’origine permette d’organiser une consommation de masse sur place. D’ailleurs, ce développement tant attendu est en partie empêché par le mode de prédation économique exercé sur ces pays par les Etats développés et leurs multinationales. En bref, on peut dire qu’il s’agit au niveau européen d’un projet de tiers-mondisation techniquement équipée.

L’immigration de masse, devenue folle, est donc une tentative de réponse à la baisse tendancielle du taux de profit, maladie inhérente au capitalisme expliquant les crises, les guerres, la destruction de l’environnement, la déshumanisation. La baisse de qualité s’accorde donc avec le règne de la multitude. Il n’y a que par le nombre délirant des consommateurs potentiels que le profit peut suffisamment s’engranger sur le secteur du marché et de la circulation des marchandises, où règnent l’obsolescence et la falsification.

Néanmoins, cet accroissement de la demande par l’immigration, avec une extension du système de crédit, ne peut que retarder le retour de la crise toujours plus violente. Car cette crise trouve sa source dans la sphère de la production même, du fait du type de rapports sociaux imposés par le système. C’est pourquoi nous sommes désormais plongés dans un état de crise permanente. En effet, la crise est devenue le mode de fonctionnement du système jusqu’à ce que, tôt ou tard, son niveau démentiel aboutisse à des destructions majeures.

III. L’accélération de l’obsolescence de l’Homme : privilégier à des fins économiques la période « jeune adulte » au détriment de l’âge plus avancé.

Allongement de la durée de vie : une belle légende à l’épreuve des faits

Des reportages habilement construits déversés quotidiennement par les chaînes de télévision viennent nous rappeler insidieusement le fardeau économique et social que représente le secteur des soins pour les personnes âgées tant dans une maison de retraite, en service de gériatrie, qu’au domicile si le vieillard peut conserver une relative autonomie. Sur le plan émotionnel, ces reportages produisent de la lassitude chez ceux qui sont encore impliqués dans la production. En effet, inconscients que c’est l’image de leur propre avenir qui leur apparaît, ils ne voient dans cette répétition que l’évidence de personnes âgées dont la charge pour la collectivité irait croissante ! Cette entreprise de désinformation est directement pilotée par les salles de rédaction des médias audiovisuels qui n’ont de cesse de produire de la séparation, que ce soit entre les générations ou entre les sexes, pour toujours plus atomiser la foule.

Ainsi, cette funeste propagande axée sur le prétendu grave problème de vieillissement des populations du Nord, tout particulièrement d’Europe, n’a pas d’autre objectif que de concourir à un renforcement de l’oppression. La belle affaire que de constater le vieillissement de la population, ou plutôt que les individus vivent plus longtemps ! Cette situation s’est établie grâce aux progrès de l’hygiène, à de meilleurs soins tout au long de la vie, à des droits acquis sur le lieu de travail, à une durée du travail régulée, à une prise en charge partielle du temps de cessation d’activité et globalement à certains progrès de la médecine. Mais signalons aussitôt que ces commentaires réitérés médiatiquement sur le « vieillissement » de notre population frisent très souvent le regret qu’il en soit ainsi. Ils laissent même supposer, chez les dirigeants, la tentation de mettre un terme à ce phénomène en rendant de nouveau la vie plus cruelle au plus grand nombre.

Néanmoins, ce constat ne fait que décrire le résultat sanitaire d’une situation socio-économique passée. L’allongement de la vie est la résultante des conditions de vie de celles et de ceux qui sont à la fois nés dans la période antérieure à la falsification générale des conditions de vie et qui ont pu en même temps profiter des progrès de la médecine avec leur relative démocratisation. Par conséquent, il y a fort à parier que nous mesurions un effet conjoncturel, résultat de conditions précises du passé récent, mais non extrapolables à l’avenir.

En effet, les conditions générales de vie ont déjà changé. D’une part, les conditions de vie mortifères imposées par la production marchande moderne où prédominent alimentation et air falsifiés ont contribué à faire exploser numériquement les pathologies sous forme de maladies dégénératives ou de cancers dont les populations du Nord sont accablées. D’autre part, cette nouvelle donne économique induit des scandales sanitaires à répétition, des conditions dégradées de prise en charge des malades, des soins médicaux cohérents de plus en plus réservés aux membres d’une « élite » sociale. Avec des initiatives politiques telles que la loi Touraine en préparation, le plus grand nombre s’apprête à connaître une détérioration de leur état de santé, dès lors que les médecins perdront leur liberté de prescription, qu’un système assurantiel à l’américaine viendra progressivement supplanter notre actuelle protection sociale et que l’offre de soins plafonnera au moment où la population explose. Fermeture d’hôpitaux, fermeture de services d’urgence, de maternités, suppression de postes à l’hôpital public iront dans le sens de délais toujours plus longs d’obtention de rendez-vous de consultation avec des médecins aux connaissances moins performantes et aux formations obtenues dans des pays extra-européens du fait de l’implacable numerus clausus appliqué en France. Des conditions de vie délétères rencontrées plus tôt dans la vie individuelle et le recul de la démocratisation de l’accès à des soins médicaux de qualité – à ce titre le classement des services hospitaliers comme celui des écoles par la presse hebdomadaire en est l’illustration criante – ne manqueront donc pas d’inverser les tendances.

Toujours des jeunes, toujours plus jeunes

Et l’immigration de masse organisée joue pleinement son rôle de dépréciation de la vie dans un tel contexte. Elle confirme que le Pouvoir privilégie la vie de l’individu au niveau de ses premières années, à sa jeunesse, c’est-à-dire au moment où l’adaptation aux nouvelles conditions de production et où l’engouement pour la consommation sont le plus forts. Un âge plus avancé, malgré des disparités culturelles et sociales, est en général caractérisé par le souhait justifié d’un rythme plus paisible en dehors du secteur de la production et par une réticence à la consommation frénétique. C’est son principal inconvénient dans une logique de la marchandise toujours plus dominatrice, et les « vieux » seront moins nombreux dans l’avenir, c’est une certitude, tous les choix de nos modernes gestionnaires y concourent. La surpopulation démentielle d’un même territoire grâce à l’immigration de masse représente bien une plus grande facilité à « modéliser » la population en l’adaptant aux exigences de la rentabilité par un renouvellement précipité des générations. On réduira ainsi progressivement la population âgée pour lui préférer les plus jeunes.

L’oligarchie apprécie et a besoin de ces « jeunes ». Ils représentent l’achèvement anthropologique de l’implacable orientation d’une société qui ne veut voir de sens que dans la consommation de produits standardisés, accueillis sans critique ni réticence. Cela donne une population où aucun filtre éducatif traditionnel ne peut plus s’exercer. Ils correspondent très précisément à l’idéal, inavoué par le Pouvoir, d’un néo-individu en voie d’animalisation rapide, mû par la seule consommation et manipulable à souhait. De plus, l’obsession consommatrice indiscutée et dominatrice oriente résolument la masse vers la barbarie et les comportements délictueux et criminels. La pulsion d’appropriation entretenue opère à la fois sur les objets et sur les êtres, et lorsqu’elle devient délictueuse elle pourra s’exercer à la fois par le vol avec violence mais aussi par le viol. Une certaine criminalité et insécurité au quotidien n’est d’ailleurs pas un obstacle majeur à la circulation des marchandises, les assurances prendront en charge les effets collatéraux avec un financement compensatoire collectif et des points de PIB pourront être obtenus au passage. Argent de la drogue, revenus de la prostitution, vols et destructions de biens nécessitant leur renouvellement, en définitive cela stimule la consommation au moment où l’offre d’emploi réduite n’induit pas les salaires susceptibles de remplir cette fonction. C’est pourquoi on « dorlote » lesdits jeunes « issus de la diversité », en contraignant la police à une forme d’impuissance, dans le contexte d’un laxisme judiciaire organisé et d’un discours médiatique complaisant, même s’ils incendient des véhicules privés qu’ils rêvent eux-mêmes de posséder au plus vite. Cette jeunesse-là est l’exact produit du monde dans lequel on vit car on obtient la jeunesse que l’on mérite. Elle est en quelque sorte enfantée par le système économique et on retrouve d’ailleurs, bien que dans des milieux différents, des caractéristiques psychologiques communes chez les prédateurs financiers et les prédateurs de la rue.

Non, les immigrés ne paient pas nos retraites.

Par ailleurs, aucune raison d’ordre comptable dans le domaine de la dite protection sociale ne peut sincèrement justifier l’immigration massive. Le versement des retraites de la population devenue inactive ne peut justifier l’établissement d’un monde où règne le grouillement des êtres. Nous sommes assommés par cette palinodie incantatoire mensongère sur l’impossibilité du paiement des retraites d’individus toujours plus nombreux et vivant toujours plus longtemps. On lira d’ailleurs avec attention et intérêt les travaux et ouvrages de Bernard Frioti qui démontre avec beaucoup de pédagogie l’escroquerie idéologique prétendant à un problème de financement des retraites. Il n’y a pas de problème de financement des retraites autres que celui provoqué par les mesures édictées par le Pouvoir afin de tarir la source de ce financement. D’autre part, la solution à ce faux problème délibérément construit, ne passe certainement pas par l’installation d’individus venus d’ailleurs toujours plus nombreux pour assurer des revenus d’activité plus élevés et un volume de cotisations plus fort. L’installation de ces nouvelles populations coûte terriblement cher à l’ensemble de la collectivité et ce sont plutôt les « autochtones » en activité ou même déjà en retraite qui par la compression de leurs revenus contribuent à financer leur séjour alors qu’ils n’ont pas les moyens de survivre économiquement sur notre territoire. Il convient en effet de pourvoir à leurs besoins en logement, en soins médicaux, éducatifs, en transport, par un fantastique déversement de la manne de la protection sociale dans leur direction, manne qu’ils reçoivent sans être fiscalisés sur ces sommes. Immanquablement, la collectivité s’appauvrit.

La société française s’est enrichie grâce au travail accompli par le peuple français pendant de nombreuses décennies et d’immenses gains de productivité ont été obtenus. Une société plus riche au niveau global doit s’attendre à voir sa population vivre plus longtemps et ce résultat prévisible n’avait rien de désastreux. Si on est tous plus riches, on peut subvenir plus facilement aux besoins des inactifs du fait de l’âge. Ainsi, le surcroît de richesse produite par nos sociétés aurait pu être employé différemment et concourir à faire travailler moins longtemps sans pour autant sombrer dans la consommation débilitante de loisirs. Toutefois, nos dirigeants n’ont pas fait ce choix, craignant en fait par-dessus tout un monde où les individus disposeraient de plus de temps et seraient ainsi à même de les juger et d’intervenir politiquement pour les contrecarrer dans leurs projets.

L’obsolescence de l’homme

Il règne une contradiction immanente dans ce système économique qui prétend améliorer la vie, qui sans cesse diminue le temps de travail nécessaire par sa logique interne, mais qui en même temps ne peut en admettre le résultat s’il allège le fardeau des salariés modernes. Dans ces conditions, on constate que c’est un système nourri de ses propres contradictions devenues visibles puisqu’il pourra tout à la fois produire sciemment du chômage, souhaiter se débarrasser des « vieux » en les mettant autoritairement hors du circuit de production pour imposer des salaires nettement plus bas aux nouveaux arrivants sur le marché du travail, mais simultanément organiser une immigration massive alors que le chômage règne et imposer la retraite à 70 ans alors même que cette immigration a pour principale justification mensongère de payer les retraites de « vieux » devenus trop nombreux. La loi sur l’euthanasie, le « suicide assisté », élégamment intitulée « loi sur la fin de vie », ou loi Leonetti – Claeys, possède cette fonction cynique de rationalisation des effectifs, évidemment au nom de la liberté individuelle et du progrès.

L’amélioration momentanée des conditions de vie après la Seconde guerre mondiale et l’allongement de la vie pourtant très inégal des individus qui s’en est suivi, sont donc cyniquement utilisés pour stigmatiser le vieillissement. Les individus sans scrupules qui dirigent nos sociétés nous imposent de plus en plus une société d’élevage et gèrent nos effectifs comme on gère ceux d’un élevage de poulets de batterie. Cette gestion est définie en fonction d’une demande supposée et avec la continuelle préoccupation de baisser les coûts de production par diminution de la valeur des intrants. On sait à quels désastres sanitaires aboutissent parfois ces élevages. La « rationalisation » poussée à l’extrême de l’élevage des animaux à des fins alimentaires ne pouvait avoir tôt ou tard qu’un évident retentissement sur l’être humain à l’ère de la société de masse. Nous abordons ce stade de la « logique économique » poussée à l’extrême. Nous sommes désormais plongés dans cette logique infâme du profit où les effectifs de population à forte obsolescence deviennent un élément parmi d’autres dans l’élaboration des circuits de production et de consommation. Il faut être aveugle pour ne pas reconnaître dans les sourires glacés du personnel politique devant les caméras autre chose que l’évidence de cette vision dégradée de l’homme des temps nouveaux. Seule la période encore jeune de la vie de l’individu, significative d’un potentiel de consommation et de production suffisant, bien conditionnée par le « tittytainment » défini par le conseiller américain Zbigniew Brzezinski, intéresse les détenteurs de capitaux. Les individus, du fait de l’âge, sortis des circuits de production et de consommation frénétique, deviennent un fardeau et perdent toute justification économique. Encore une fois, l’immigration de masse est un élément majeur de ce choix totalitaire favorisant une inexorable évolution vers des sociétés du type de l’Algérie contemporaine où environ 70 % de la population a moins de trente-cinq ans.

Nos oligarques préfèrent objectivement de jeunes délinquants appartenant à des bandes ethniques, produit de cette immigration insensée, à nos pauvres vieux aux retraites dérisoires pour l’immense majorité et à qui l’aide sociale est le plus souvent déniée. Cette population âgée peut éventuellement dès lors périr, abandonnée et ignorée, au détour d’un été caniculaire tel que celui de 2003.

IV. La destruction de la culture européenne pour produire déracinement et anomie : la lutte des classes aux poubelles de l’Histoire.

La culture française en voie de destruction avancée.

Sans ethnocentrisme particulier – mais il est bien normal de connaître spontanément une réelle empathie pour sa propre culture, en l’occurrence la culture européenne et plus spécifiquement la culture de notre pays – cette dernière présente une richesse considérable alliant recherche de la Beauté et subtilité de l’Intelligence. Les trésors de cette culture pluriséculaire se retrouveront autant dans les arts, l’architecture, la langue, le style, les mœurs, ou encore un certain « goût français ». Nous savons que des « subversifs » simplistes, pleins de ressentiment ou abusés, ont voulu « faire du Passé table rase ». Un certain nombre de traumatismes guerriers du siècle dernier ou une exploitation de classe exacerbée ont sans doute permis des raccourcis primaires assimilant notre culture à la « culture bourgeoise », par définition indigne, répressive et à détruire d’urgence. Certains ont pu se laisser exalter momentanément par cette soif de destruction. Les plus zélés d’entre eux étaient d’ailleurs le plus souvent celles et ceux qui avaient bénéficié au mieux de la transmission de cette « culture bourgeoise », profitant de l’époque désormais révolue où l’école publique assumait encore partiellement son rôle de transmission des connaissances. Ceux qui se sont maintenus dans cette posture au moment où l’Ecole est détruite n’étaient sans doute que des faussaires et des imposteurs, les autres sont sans doute revenus de leur erreur et regardent maintenant avec nostalgie l’époque d’un enracinement culturel qui n’avait rien de « réactionnaire ».

Les individus ou les groupes de sensibilité totalitaire n’ont jamais apprécié la culture et donc le Passé. On retrouve cette disposition dans les régimes totalitaires du XXème siècle où les autodafés et la réécriture de l’Histoire ont été pratiques courantes. Et maintenant que ces régimes ont disparu, cette même détestation pour la culture, pour la langue, pour le Passé se dévoile autant chez les ultra-libéraux, les adeptes fanatiques du Marché et du capitalisme le plus nihiliste que dans les débris du gauchisme libéral-libertaire. Même si à l’évidence, la connaissance de nos biens culturels ne fut jamais que l’apanage d’un petit nombre (encore que jusqu’à un date encore récente l’école publique avait comme par accident permis d’ouvrir cette connaissance à des couches plus larges de la population), il est certain qu’elle était bien là, disponible aux curieux, toujours vivante et accessible grâce au hasard des rencontres et aux circonstances de la vie. Et d’une certaine manière, ses grandes lignes, ses caractéristiques, perfusaient la société, la nourrissaient et gardaient une influence sur les esprits même les plus éloignés de toute expérience directe des plaisirs abondants et divers offerts par la culture nationale et européenne.

Désormais, cette culture est en phase de destruction avancée et ne deviendra bientôt plus qu’un passe-temps pour lettrés et spécialistes divers au sein de cénacles académiques quelque peu fossilisés. La destruction de l’Ecole (à de très rares exceptions institutionnelles) est quasiment achevée, les dirigeants s’y emploient depuis plus de trente ans avec un succès certain et sans rencontrer d’obstacles majeurs. La disparition des langues anciennes au CAPES et dans les collèges est sans doute l’un des derniers avatars de cette volonté d’éradication des dîtes humanités. L’affairisme et le gauchisme communient dans cette exaction, les premiers pour empêcher l’émergence d’esprits libres, les seconds au nom de la lutte contre l’élitisme.

Si l’on pense à la littérature, Paul Valéryii dès les années 30 s’inquiétait déjà de la double mort de nos grands auteurs, d’abord du fait de leur propre mort et ensuite du fait de l’absence totale d’un besoin ressenti de leur œuvre dans le monde moderne. Cette œuvre néanmoins existait encore et survivait tant bien que mal dans les manuels scolaires. Désormais, ils connaîtront une troisième mort par relégation organisée dans les poubelles de l’Histoire avec des populations décervelées devenues incapables de les reconnaître tout simplement par absence de maîtrise de la langue. D’autre part, leur disparition programmée par les Ministères de l’Education nationale qui se succèdent, tout au long de l’actuel ersatz de scolarité, leur donnera le coup de grâce.

Enracinement et conscience de classe sont directement visés.

La littérature, la poésie, l’Histoire, la philosophie, tous les écrits afférents, avec leur expérience charnelle qui se traduit aussi dans les lignes architecturales ou dans les paysages, sont le dépôt d’une expérience vécue, de pensées, de sentiments, de sensibilités diverses. Elles démontrent que les Hommes n’ont pas toujours pensé ou agi comme on le fait en nos sinistres années et qu’ils n’avaient pas obligatoirement tort, que cela mérite l’examen, la comparaison.
La possibilité d’un tel contact pour l’individu représente dans les faits l’enracinement vanté par Simone Weiliii où l’importance des racines et de la connaissance de notre Passé sont perçues comme une exigence d’épanouissement et de liberté.

Ce mouvement d’enracinement passe obligatoirement par l’amour de la langue, désormais si malmenée, si pervertie. En effet, il n’est pas de meilleur moyen de faire périr l’esprit, l’intelligence et le pouvoir de comparer qu’en dégradant la langue. L’enracinement culturel s’apparente à une dangereuse voie d’émancipation d’un Présent imposé, et donc d’une potentielle subversion. On comprendra l’activisme de nos dirigeants à contribuer à la destruction de la transmission des connaissances à l’Ecole, à la dénaturation de l’enseignement de l’Histoire, à la substitution d’activités pseudo ludiques aux véritables programmes. Encore une fois, affairistes et gauchistes s’enthousiasmeront à l’idée d’une telle « libération » programmée des générations nouvelles.

Il s’avère que cette culture désormais honnie, loin d’être la « culture bourgeoise » avait aussi cette vertu en dehors de ses plaisirs esthétiques de mener à une certaine forme d’autonomie. Des individus pouvaient faire leur chemin en son sein et dans le domaine des idées parvenir parfois à des concepts proches d’une remise en question des pouvoirs et pourquoi pas à la notion de « lutte des classes ». Voilà bien son tort ! Ce risque même minime doit être banni. De fait, cette action étatique produit objectivement des comportements nouveaux, une sorte de basculement anthropologique, qu’on peut assimiler à une forme de comportement « barbare », globalement dénué de scrupules, de « décence commune ». Ce phénomène avait déjà été bien perçu et décrit en son temps dans un petit ouvrage fort lucide au titre intrigant « L’abîme se repeuple » de Jaime Sempruniv. L’ouvrage avait d’ailleurs valu à son auteur d’être traité quasiment de « pétainiste » par des commentateurs aux ordres.

L’immigration donne le coup de grâce.

Dès lors, le lecteur pourra se demander quel est le lien avec l’immigration ? Il est semble-t-il évident. Si vous réussissez à installer des effectifs considérables de nouvelles populations aux cultures différentes, peut-être moins immédiatement liées à la notion d’individu, de critique des pouvoirs, et dont de toute façon les urgences se situeront ailleurs, et ne présenteront pas d’intérêt particulier pour notre culture et notre Histoire (ce qui peut se comprendre, c’est un réflexe identitaire normal n’en déplaise à nos universalistes totalitaires), vous êtes sûrs de donner le coup de grâce à cette culture européenne source d’épanouissement et de conflits potentiels. Le retentissement sur les programmes scolaires est quasi immédiat, il devient urgent de les modifier afin de les adapter aux nouvelles populations et la langue elle-même subira une transformation en devenant une sorte de sabir indigeste et mondialiste. C’est la pensée qui reculera, le mot faisant défaut, la connaissance historique étant abolie.

Par la destruction de notre culture et l’évincement de notre Passé dans la mémoire collective en dehors de quelques fêtes d’Etat bien choisies, l’oligarchie avec la complicité du gauchisme « pacifie le social ». L’immigration de masse devient alors un outil d’acculturation majeur pour faire régresser les esprits dans le maelström multiculturel, c’est-à-dire acculturé, et la certitude de voir refluer la question sociale et la lutte des classes se renforce. Le déracinement s’intensifie, le concept se raréfie, la pensée échoue, la langue s’appauvrit, dans une compétition entre les communautés, sans possibilité de constitution d’un front uni, d’un langage commun qui reste la hantise de la classe possédante : celle de se retrouver un jour front à front avec un peuple français éduqué qui a compris la teneur de sa dépossession et souhaite qu’on lui rende des comptes. En définitive, et l’expérience récente nous le prouve : plus il y a d’immigration, de tensions communautaires, de revendications religieuses venant d’ailleurs, de compétition dans le victimisme, moins il y a de grèves et de critique sociale radicale. La « guerre de tous contre tous » l’emporte et le front classe contre classe, hantise de l’oligarchie, reflue dans l’anomie.


L’organisation d’une immigration de masse présente d’innombrables avantages pour le Pouvoir [le traitement de la « crise des migrants » ne m'a pas donné cette impression...] et seulement pour lui, les quelques aspects abordés dans ce texte ne prétendent pas à l’exhaustivité, ils ne sont que des indices vers une compréhension du phénomène afin, espérons-le, d’aider à libérer les esprits et à initier le retour de la critique sociale. Critiquer radicalement l’immigration et sa teneur politique, c’est reprendre le flambeau de la critique sociale initiée par le mouvement ouvrier au XIXème siècle
.

En dehors de quelques millions de Français « fascisés » par le système politico-médiatique, tout le monde est favorable à l’immigration [tout simplement faux comme le montre les enquêtes depuis des années]. C’est le cas, et pour cause, de nos oligarques, mais aussi malheureusement de l’immense majorité des Français soumis au conditionnement. Leur apathie sur ce point central relève d’ailleurs de leur passivité politique et sociale d’ensemble, rencontrée en tout domaine. Nous n’avons pas d’illusions particulières sur une prompte conscientisation du plus grand nombre. Néanmoins, nous n’avons pas d’autre choix que résister et tenter au moins par des textes et des réflexions de clarifier le confusionnisme ambiant [sic] sur cet aspect du nouveau totalitarisme qui s’installe. Le présent texte se place délibérément au-delà de tout pessimisme ou optimisme.


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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 22 Déc - 14:38


encore quelques couvertures de Rébellion, magazine de l'OSRE, on ne s'en lasse pas... mais on s'en passerait !




















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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 22 Déc - 15:00


l'intelligence théorique de la nouvelle-droite...


« il n’y a de perspective révolutionnaire
que lorsqu’une reconstruction idéologique radicale rencontre un mouvement social réel.

Il me semble qu’on en est encore loin. Tout ce que l’on peut constater, c’est la désagrégation progressive
de tous les cadres institutionnels que nous a légués la modernité.»


Alain de Benoist

l'interview suit les élections départementales de mars 2015

on relève qu'en mars, Alain de Benoist tirait des conclusions qui sont encore plus évidentes après les attentats de novembre et les élections régionales, prouve que lire le présent avec lucidité vaut toujours mieux que se prétendre préviseur à coups de gros concepts impotents







Alain de Benoist. « Le FN aurait tout intérêt à abandonner ses positions jacobines » [entretien exclusif] Breizh-info.com 27/03/2015

En cette période d’entre-deux tours électoraux, nous avons voulu faire un tour d’horizon de l’actualité avec l’écrivain, essayiste, politologue et philosophe Alain de Benoist, principal théoricien de la Nouvelle Droite dans les années 70, dont l’immense bibliographie n’a d’égal que la méconnaissance que Manuel Valls, Premier ministre, y porte, comme en témoigne son récent accrochage avec Michel Onfray.

je souligne en gras des passages significatifs

Citation :
Breizh-info.com : Que vous inspirent les résultats du premier tour des élections départementales en France ?

Alain de Benoist : Il n’y a pas beaucoup de choses à dire. Le PS limite la casse, mais reste le grand perdant du scrutin (il est éliminé dans plus de 500 cantons et a d’ores et déjà perdu plusieurs de ses bastions historiques). L’UMP et ses alliés obtiennent de bons résultats, qui vont se confirmer au second tour. Le FN n’atteint pas les 30 % dont le créditaient les sondages, mais n’en réalise pas moins, avec plus de 25 % des suffrages, un score sans précédent, supérieur de 11 points aux cantonales de 2011. Il confirme son implantation locale, arrive en tête dans 43 départements (sur 102) et se qualifie pour le second tour dans plus de la moitié des cantons. Qu’il soit désormais le premier parti de France, ou seulement le second, n’a qu’un intérêt secondaire.

Le fait important est que ce scrutin confirme la disparition du bipartisme au profit du tripartisme. C’est un fait essentiel, notamment dans la perspective de l’élection présidentielle. Jusqu’à présent, les deux grands partis de la classe dirigeante étaient assurés de se retrouver et de s’affronter au second tour. Ce n’est plus le cas. Si Marine Le Pen accède au second tour, l’un des deux autres n’y sera pas. Il leur faut donc modifier complètement leur tactique.

J’ajouterai que le tripartisme actuel pourrait bien à terme céder la place à un autre. L’UMP englobe aujourd’hui deux partis différents : un parti centriste libéral et un parti souverainiste. Même situation au PS, où l’on retrouve également un parti centriste libéral, associé à un parti social-démocrate. Il ne me paraît impossible que les deux partis centristes libéraux finissent à terme par fusionner, tandis les souverainistes de l’UMP rejoindraient le FN, les sociaux-démocrates du PS s’agrégeant de leur côté à un nouveau bloc « de gauche ». On y gagnerait en logique et en clarté.

Breizh-info.com :  La stratégie de dédiabolisation entamée par le FN était-t-elle finalement utile ? En Bretagne, le parti cherche à s’implanter durablement avec pourtant un discours très centralisateur, très jacobin . N’est-ce pas voué à l’échec dans une terre aussi résistante au centralisme ?

Alain de Benoist : L’époque de la diabolisation du FN est terminée. Personne n’y croit plus. C’est l’une des raisons pour lesquelles le parti de Marine Le Pen commence à s’enraciner dans des régions qui lui étaient auparavant plutôt inhospitalières.

Cela vaut aussi pour la Bretagne, comme en témoigne l’exemple des Côtes-d’Armor. Je ne doute pas de l’hostilité des Bretons au centralisme, mais je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui cette préoccupation l’emporte chez eux sur celles qui sont liées à l’immigration et au chômage.

Cela dit, je suis de ceux qui trouvent détestables les positions jacobines, « nationales-républicaines » et « anti-communautaristes » du Front national.

Le FN aurait à mon avis tout intérêt à les abandonner, mais il ne faut pas se faire d’illusions : le régionalisme n’est pas dans son logiciel.

Breizh-info.com :  Comment voyez-vous l’évolution de la France dans les années à venir ?

Alain de Benoist : Je ne fais pas profession de lire l’avenir. La France est aujourd’hui un pays fatigué, démoralisé, comme vidé de son énergie. Les gens ne font confiance à personne et doutent de tout. Crise morale, dissolution des repères, disparition des liens qui libèrent, extinction des grandes passions collectives – on vit dans la misère spirituelle et matérielle, affective et sociale, mais sous l’horizon de la fatalité.

Eclatent parfois des colères, mais qui ne durent pas et ne n’assortissent d’aucun véritable projet politique ou idéologique. J’ai eu l’occasion d’écrire récemment qu’il n’y a de perspective révolutionnaire que lorsqu’une reconstruction idéologique radicale rencontre un mouvement social réel. Il me semble qu’on en est encore loin. Tout ce que l’on peut constater, c’est la désagrégation progressive de tous les cadres institutionnels que nous a légués la modernité.

Comme nous vivons à l’heure actuelle dans une ère de transition, l’histoire reste plus que jamais ouverte. Mon sentiment est que les choses ne bougeront vraiment en France que sous l’effet d’événement graves qui se dérouleront à une échelle bien supérieure à celle du cadre national. Et que ces événements seront d’une nature très différente que ce dont on parle aujourd’hui le plus.

Breizh-info.com :   L’acharnement de Manuel Valls contre une partie du peuple Français est-il le syndrôme d’une disparition programmée du PS ? Ou bien du basculement vers un totalitarisme de moins en moins caché ?

Alain de Benoist : N’exagérons rien. A moins qu’il ne soit atteint de façon précoce d’une maladie neurologique, Manuel Valls s’agite dans le vide. En multipliant les coups de menton mussoliniens sur fond de gestuelle empruntée à Louis de Funès, il se rend tout simplement ridicule. Sa seule préoccupation, c’est d’être candidat à la présidentielle de 2017, de faire en sorte que le PS accède au second tour et, quoi qu’il en dise, que le FN y soit aussi.

Breizh-info.com : Le mot « république » est omniprésent, dans tous les partis politiques. Qu’est-ce-que la République Française et ses fondements ? La démocratie ne doit-t-elle pas triompher de la République ?

Alain de Benoist :  Si le mot « république » est omniprésent, c’est qu’il ne veut plus rien dire. La classe dirigeante nous rebat les oreilles à propos des « valeurs républicaines », mais il n’y a pas de valeurs républicaines, il n’y a que des principes républicains. Encore faudrait-il préciser de quelle République on se réclame. De la Ière, celle de la loi des suspects, de la Terreur et du génocide vendéen ? De la IIIe, celle de la colonisation des « races inférieures » patronnée par Jules Ferry et les tenants de l’idéologie du progrès ? De la IVe, restée célèbre par son instabilité ?

Je trouve pour ma part révélateur que la classe dirigeante préfère évoquer des « valeurs républicaines » plutôt que les valeurs démocratiques. Les premières renvoient principalement à l’Etat, tandis que les secondes privilégient le peuple (souveraineté étatique et souveraineté populaire ne sont pas la même chose).

Or, le fossé séparant les peuples des élites mondialisées ne cesse de se creuser. Le peuple rejette spontanément les mots d’ordre de la Nouvelle Classe. La Nouvelle Classe se méfie du peuple, qui pense mal et ne vote jamais comme on lui dit de le faire. D’où les critiques contre le « populisme », manière élégante d’avouer qu’on méprise le peuple et qu’on aspire par-dessus tout à gouverner sans lui.

Crédit photo : DR


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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 22 Déc - 16:14


la tendance à la vacuité des analyses de Léon de Mattis

ou le déni d'un Denis pas très sain


Front Régional Léon de Mattis, jeudi 10 décembre 2015

Comme toujours après une élection, il ne faut pas s’en tenir aux pourcentages mais réfléchir à partir des chiffres bruts

Citation :
Le grand événement du premier tour des élections régionales du dimanche 6 décembre aura été les résultats du Front National. [dans le miroir des analyses dominantes, celle de LdM s'anonce sur le terrain de l'adversaire] Avec 27,83 % des suffrages exprimés, nous ne sommes plus très loin du niveau atteint par le NSDAP lors des élections au Reichstag de novembre 1932 (33,1 %, en recul de 4 points par rapport à celles de juillet).

Mais, avec une abstention de près de 50 %, le score du Front National fond de moitié si on le rapporte aux inscrits: 13,32 %. Enfin, avec 6 004 482 de voix en France métropolitaine et outre-mer pour une population d’environ 66 millions d’habitants, c’est en réalité moins d’une personne sur dix qui a lâché sa crotte brune au fond d’un isoloir.

Pour arriver à ce résultat, il faut, bien entendu, considérer la totalité de la population vivant en France et dans ses possessions, et donc y inclure les étrangers et les enfants qui, comme chacun le sait, n’ont pas le droit de vote. Mais le nombre restreint de participants à la démocratie, que ce soit par une mise à l'écart « volontaire » (pour les abstentionnistes et les non-inscrits) ou imposée (pour les étrangers ou les moins de dix-huit ans) n’a rien pour étonner [s'il y a tant de non votants, c'est que « le grand événement » n'est pas le vote LePen. Encore faudrait-il considérer leur composition sociale. Voir mes analyses et le constat général d'une forte abstention des classes populaires...]. Il est dans la nature de la démocratie, depuis sa création sur une colline athénienne, d’agir comme un dispositif d'exclusion. La démocratie a toujours été une forme d'oligarchie élargie qui ne méritait son nom que par comparaison avec des oligarchies plus resserrées. [comme le fait remarquer Rancière, encore ne faut-il pas confondre démocratie, dans son concept de "pouvoir au peuple", avec représentation politique : Jacques Rancière : "L'élection, ce n'est pas la démocratie" ]

Sur le fond, une victoire du Front National aux élections ne constituerait pas une telle rupture avec ce qui se fait déjà. Hollande est en train de mettre en œuvre le programme politique de Marine Le Pen et de Sarkozy. Quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle de 2017, l’approfondissement des mesures policières et autoritaires est le futur annoncé de la démocratie française.[rien là qui se distingue de la critique d'extrême-gauche contre l'état d'urgence, les attaques contre "nos libertés démocratiques » que LdM n'aime pas, mais quand même...]

Mais aussi insignifiant que soit, en lui-même, l’acte de déposer un bulletin dans une urne, la montée électorale des populismes en France et en Europe est le symptôme d’un processus général: le monopole des idées d’extrême-droite sur le débat public. [tu parles, Charles... d'un débat public]

La récente mode, dans une gauche prétendument radicale, de décrire les rapports de classe avec les concepts de l’idéologie dominante, autrement dit en terme de « races », en est un autre symptôme inquiétant.


[je souligne, car ça, c'est le pompon de déni chez Denis, petit blanc moyen sorti du PS, et supposé théoricien de la communisation, mais qui s'avère incapable de faire une critique de l'économie politique du capitalisme actuel, et complètement obsédé par la domination démocratique

intéressant de constater, au fil des semaines et des événements depuis un an, comme ces gens-là sortent du bois, disant tout haut ce qu'ils pensaient tout bas, très proches des "thèses" d'Yves Coleman, Germinal Pinalie, Temps Critiques, bref, tout le milieu post-ultragauche embarqué avec nombres d'anarchistes dans l'idéologie prolétariste universelle anti-décoloniale, en des termes que renieraient pas nombre de sionistes, et que l'on retrouve chez Francis Cousin ou Lucien Cerise, influencé par Tiqqun...

aucune référence ni discussion argumentée des textes d'une mouvance qu'on met dans un grand sac gauchiste racialiste, voire "islamo-gauchiste", pas un argument, des amalgames. Bref, un racisme qui s'ignore, devenu ordinaire

ne voir aucun paradoxe que ce rejet d'un supposé "communautarisme identitaire" soit précisément le discours d'un certain Manuel Valls...

voir la nébuleuse anti-système ultra-gauche-droite






Léon de Mattis a écrit:
L'auteur, autrefois candidat d'un grand parti à une élection, aura tiré de cette expérience les leçons qui s'imposent : il ne prendra plus jamais part à aucun scrutin, de quelque nature que ce soit. Dans ce bref essai, il nous explique pourquoi. " Mort à la démocratie " : ce slogan, tagué sur les murs de l'Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris (EHESS) durant le mouvement contre le CPE, a été pris par la majorité des médias comme la preuve de la folie irresponsable de ceux qui occupaient les lieux. C'était toucher là à un tabou.

La démocratie, comme le capitalisme d'ailleurs, est devenue l'horizon indépassable de notre époque. Tout discours qui tendrait à la remettre en cause est disqualifié d'avance : on ne veut tout simplement même plus l'entendre. La démocratie, pourtant, a surtout fait jusqu'à présent la preuve de son échec. Le monde qu'elle domine est toujours un monde de soumission, de privations et de pauvreté. Le droit de vote est censé assumer à lui seul l'expression de la volonté populaire : mais croit-on encore que quoi que ce soit puisse changer grâce à des élections ?



notre révolutionnaire de l'EHESS n'a manifestement guère fait de progrès depuis son passage à Meeting et Sic, Revues internationale pour la communisation. Je l'ai toujours considéré plus habile en rhétorique et dissertations de potache qu'en dialectique marxienne, et flairé comme un politicard assez bon pour manipuler les gogos du milieu anar, ce qui lui valait les faveurs de Roland Simon et Théorie Communiste, qui le considérait comme un "leader objectif" du milieu anar de gauche : vous avez dit "mort à la démocratie" ?... et place aux conspirateurs à voile et à vapeur ?

Léon de Mattis, « autrefois candidat d'un grand parti à une élection », me fait penser à ces curés défroqués qui n'en finissent pas de régler leurs compte avec l'Eglise, éternels maris...


l'anarchiste...

dès son premier jour, son père et sa mère, l’Etat et la société lui tracent des limites


Ernst Jünger, Eumeswil, La table ronde, 1977, 1978. Traduction Henri Plard


Ernst Jünger a écrit:
« […] anarchique, chacun l’est c’est justement ce qu’il a de normal. Toutefois, dès son premier jour, son père et sa mère, l’Etat et la société lui tracent des limites. Ce sont là des rognements, des mises en perce de l’énergie innée auxquels nul n’échappe. Il faut bien s’y résigner. Pourtant, le principe d’anarchie reste au fond, mystère dont le plus souvent son détenteur même n’a pas la moindre idée. Il peut jaillir de lui sous forme de lave, peut le détruire ou le libérer.

Il s’agit ici de marquer les différences : l’amour est anarchique, le mariage non. Le guerrier est anarchique, le soldat non. L’homicide est anarchique, mais non l’assassinat. Le Christ est anarchique, saint Paul ne l’est pas. Comme cependant l’anarchie, c’est la normale, elle existe aussi en saint Paul et explose parfois violemment en lui. Ce ne sont pas là des antithèses, mais des degrés. L’histoire mondiale est mue par l’anarchie. En un mot : l’homme libre est anarchique, l’anarchiste ne l’est pas.

L’anarchiste vit dans la dépendance — d’abord de sa volonté confuse, et secondement du pouvoir. Il s’attache au puissant comme son ombre ; le souverain, en sa présence, est toujours sur ses gardes. Comme Charles Quint se trouvait avec sa suite au sommet d’une tour, un capitaine se mit à rire, et, assailli de questions, il reconnut avoir soudain songé que s’il enlaçait l’empereur et sautait avec lui dans l’abîme, son nom serait inscrit d’une encre ineffaçable au livre de l’histoire.

L’anarchiste est le partenaire du monarque qu’il rêve de détruire. En frappant la personne, il affermit l’ordre de la succession. Le suffixe « isme » a une acception restrictive : il accentue le vouloir, aux dépens de la substance
. […]



source : L’anarque, La Revue des Ressources (recopié de Patlotch, sans le dire...)



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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 22 Déc - 17:30


Entretien avec Lucien Cerise pour la revue Rébellion
24 septembre 2013  Scriptoblog

Version revue et retouchée pour Égalité & Réconciliation du texte paru dans Rébellion, n°58 mars/avril 2013


Citation :
Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Venant de l'extrême gauche de l'échiquier politique, je vote « Non » en 2005 au référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe, comme 55 % des votants. Quand je vois au cours des années 2006 et 2007 ce que le pouvoir fait du scrutin, cela me décide à m'engager dans les mouvements anti-Union européenne et antimondialistes, donc nationalistes, autonomistes et localistes.

L'autogestion signifie pour moi « liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes » ainsi que « souveraineté » dans tous les sens du terme : alimentaire, énergétique, économique, politique et cognitive. Au fil du temps et des rencontres, je me suis rendu compte que le clivage politique droite/gauche est en fait complètement bidon et que la seule différence à considérer est entre la vie et la mort.

En 2010, vous faisiez paraître Gouverner par le chaos – Ingénierie sociale et mondialisation chez Max Milo. Pouvez-vous revenir sur l'origine de votre réflexion et sur votre choix de l'anonymat ?

L'origine est multiple. D'abord, comme beaucoup de monde, j'ai observé chez nos dirigeants politiques, économiques et médiatiques une telle somme d'erreurs et une telle persistance dans l'erreur que j'ai été amené à me demander s'ils ne le faisaient pas exprès. En Occident, les résultats catastrophiques des orientations prises depuis des décennies sont évidents à court terme, si bien qu'on ne peut leur trouver aucune excuse. Une telle absence de bon sens est troublante. Cela induit un vif sentiment de malaise, qui peut devenir une dépression plus ou moins larvée, qui a été mon état pendant longtemps. J'en suis sorti progressivement, mais certains éléments ont été plus décisifs que d'autres pour me faire comprendre ce qui se passait vraiment et l'origine de ce malaise.


La lecture de La Stratégie du choc, de Naomi Klein, a été un choc, justement. On comprend enfin à quoi servent ce que l'on pourrait appeler les « erreurs volontaires » de nos dirigeants. Dans un premier temps, on attribue leurs erreurs à de la stupidité, ou à de la rapacité aveugle. En réalité, ces erreurs volontaires obéissent à une méthode générale tout à fait rationnelle et maîtrisée, développée sur le long terme et qui envisage positivement le rôle de la destruction. La Stratégie du choc aborde pour la première fois dans un livre pour le grand public cette doctrine de la destruction positive, qui constitue le cœur du capitalisme depuis le XVIIIe siècle et qui repose sur des crises provoquées et récupérées. Klein met cela en parallèle avec les méthodes de torture et de reconditionnement mental du type MK-Ultra, qui procèdent de la même inspiration : détruire ce que l'on ne contrôle pas, pour le reconstruire de manière plus « rationnelle » et assujettie.

En 2003, j'avais aussi fait des recherches sur le groupe de conseillers ultra-sionistes qui entourait Georges W. Bush et qu'on appelle les néoconservateurs. Je me suis plongé dans leurs publications, A Clean Break, le PNAC, ainsi que dans leur maître à penser, Leo Strauss, lequel m'a ramené sur Machiavel et sur Kojève, et sur une approche de la politique qui ne dédaigne pas le Fürherprinzip de Carl Schmitt, l'État-total cher à Hegel, ni de faire usage de « moyens extraordinaires », selon le bel euphémisme de l'auteur du Prince. De là, je suis allé voir du côté de la synarchie, avec Lacroix-Riz, puis j'ai élargi mon étude à tous ces clubs, groupes d'influence, sociétés secrètes et discrètes qui n'apparaissent que rarement dans les organigrammes officiels du pouvoir.

Par ailleurs, au cours de ces années, j'ai été en contact de deux manières différentes avec le monde du consulting, dans ses diverses branches : management, marketing, intelligence artificielle, mémétique, ingénierie sociale, cybernétique, etc. J'ai rencontré des gens qui étaient eux-mêmes consultants professionnels mais j'ai vu également l'autre côté de la barrière car j'ai subi sur mon lieu de travail des méthodes de management négatif, du même type que celles appliquées à France Telecom. Cela m'a poussé à devenir représentant syndical dans le cadre du Comité hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT). Je m'étais spécialisé sur les questions de « souffrance au travail », de « burn-out », de « harcèlement moral » (cf. Hirigoyen, Dejours, Gaulejac).

À la même période, j'ai aussi commencé à m'intéresser très sérieusement à l'univers du renseignement, du lobbying, de l'influence et de la guerre cognitive, car j'envisageais de m'y réorienter pour y faire carrière (École de Guerre économique, DGSE, etc.). Pendant toute cette période, j'ai rencontré des gens et lu des publications qui m'ont beaucoup appris sur les méthodes de travail des manipulateurs professionnels, que ce soit en entreprise, en politique ou en tactique militaire, car on y rencontre les mêmes techniques et concepts : storytelling, management des perceptions, opérations psychologiques (psyops), attentats sous faux drapeau, etc.

Au début des années 2000, j'avais aussi exploré la piste du transhumanisme et du posthumanisme. J'y ai adhéré sincèrement, par déception de l'humain essentiellement, avant de comprendre que c'était une impasse évolutive. Ma formation universitaire, que j'ai débutée en philosophie et poursuivie en sciences humaines et sociales, en particulier dans la communication et la sémiotique, m'a donné les outils conceptuels pour synthétiser tout cela. Donc, pour revenir à la question « Nos dirigeants font-ils exprès de commettre autant d'erreurs ? », après vérification, je peux confirmer que oui, et que cela obéit même à une méthodologie extrêmement rigoureuse et disciplinée. Il existe une véritable science de la destruction méthodique, qui s'appuie sur un art du changement provoqué, et dont le terme générique est « ingénierie sociale ». (J'ai introduit par la suite une nuance entre deux formes d'ingénierie sociale, mais nous y reviendrons.)

Pourquoi l'anonymat ? Et j'ajoute une question : pourquoi suis-je en train de le lever plus ou moins ces temps-ci ? Pour tout dire, je me trouve pris dans une double contrainte. Je n'ai aucune envie d'exister médiatiquement ni de devenir célèbre. Une de mes maximes personnelles est « Pour vivre heureux, vivons cachés ». Je préfère être invisible que visible. En même temps, quand on souhaite diffuser des informations, on est contraint de s'exposer un minimum. Or, je veux vraiment diffuser les informations contenues dans Gouverner par le chaos (GPLC), ou dans d'autres publications qui ne sont pas forcément de moi. Je ne vois personne d'autre qui le fait, alors j'y vais. Je pense qu'il est indispensable de diffuser le plus largement possible les méthodes de travail du Pouvoir. J'ai un slogan pour cela : démocratiser la culture du renseignement.

Une autre raison à l'anonymat est de respecter le caractère collectif, ou collégial, de GPLC. Plusieurs personnes ont participé plus ou moins directement à son existence : inspiration, rédaction, médiatisation, etc. J'avoue en être le scribe principal, mais sans la contribution d'autres personnes, ce texte n'aurait pas existé dans sa forme définitive.

Que pensez-vous de la production du « Comité invisible » et de la revue Tiqqun ? L'affaire de Tarnac marque-t-elle une étape supplémentaire dans la manipulation des esprits et de la répression du système contre les dissidents de celui-ci ?


J'ai lu tout ce que j'ai pu trouver de cette mouvance situationniste extrêmement stimulante. Leurs textes proposent un mélange bizarre d'anarchisme de droite, vaguement dandy et réactionnaire, tendance Baudelaire et Debord, avec un romantisme d'extrême ou d'ultra gauche parfois idéaliste et naïf. Le tout sonne très rimbaldien. La vie de Rimbaud, comme celle d'un Nerval ou d'un Kerouac, combine des tendances contradictoires : la bougeotte du nomade cosmopolite avec la nostalgie d'un retour au réel et d'une terre concrète dans laquelle s'enraciner ; mais aussi une soif d'action immanente et révolutionnaire coexistant avec le mépris pour tout engagement dans le monde et la fuite dans un ailleurs fantasmé comme plus authentique. Une constante de ce « topos » littéraire, c'est que l'étranger est perçu comme supérieur au local. Ceci peut conduire à une sorte de masochisme identitaire, une haine ou une fatigue de soi qui pousse à rejeter tout ce que l'on est en tant que forme connue, majoritaire et institutionnelle, au bénéfice des minorités ou des marginaux, si possible venant d'ailleurs. Il y a une sorte de foi religieuse dans les « minorités », desquelles viendrait le Salut, croyance entretenue par de nombreux idéologues du Système, de Deleuze et Guattari à Toni Negri et Michael Hardt, en passant par la rhétorique des « chances pour la France ».

Dans L'Insurrection qui vient, les lumpen-prolétaires animant les émeutes de banlieue en 2005 sont idéalisés de manière assez immature (et apparemment sans savoir que des agitateurs appartenant à des services spéciaux étrangers, notamment israéliens et algériens, s'étaient glissés parmi les casseurs).

Pour recentrer sur le corpus de textes en question, aujourd'hui je n'en retiens que le meilleur, le côté « anar de droite », c'est-à-dire une critique radicale et profonde du Capital, de la Consommation et du Spectacle mais qui reste irrécupérable par la gauche capitaliste, libertaire, bobo, caviar, sociétale, bien-pensante et « politiquement correcte ». De Tiqqun, je retiens donc surtout la « Théorie de la Jeune-Fille », texte absolument génial et très drôle. On y trouve des références à l'historien de la publicité Stuart Ewen, dont les recherches montrent comment le féminisme et le jeunisme furent dès les années 1920 les outils du capitalisme et de la société de consommation naissante aux USA.

En outre, je suis très travaillé par la question du rapport entre le visible et l'invisible. J'ai beaucoup « mangé » de phénoménologie pendant mes études de philo, comme tous les gens de ma génération : Husserl, Heidegger, Merleau-Ponty, Michel Henry, etc. Cette dialectique visible/invisible recoupe aussi le couple « voir et être vu » des théories de la surveillance, de Jeremy Bentham à Michel Foucault, et fait également écho au champ lexical du situationnisme. Et là on revient dans l'univers du Comité invisible.

Sur l'affaire de Tarnac proprement dite. Il se trouve que j'ai croisé certaines personnes de cette mouvance en diverses occasions, sans jamais faire partie directement de leur carnet d'adresses.

J'évoluais à peu près dans les mêmes réseaux et la même nébuleuse dans les années 2000-2005, entre les squats, les revues, les collectifs et l'université de Paris 8 (Vincennes/Saint-Denis). Je me suis donc senti visé par l'affaire de Tarnac, dont le seul avantage a été de faire progresser la critique de la criminologie, en particulier dans sa forme actuarielle.

La science actuarielle consiste à calculer le potentiel de dangerosité et à prendre des mesures par anticipation. Sur ce sujet, il faut lire notamment Bernard Harcourt, dont voici l'extrait d'une interview sur le sujet :

Citation :
« La dangerosité, écrivait il y a plus de 25 ans Robert Castel dans un livre prémonitoire intitulé La Gestion des risques ; la dangerosité, écrivait-il, est cette notion mystérieuse, qualité immanente à un sujet mais dont l'existence reste aléatoire puisque la preuve objective n'en est jamais donnée que dans l'après-coup de sa réalisation. Le diagnostic qui est établi est le résultat d'un calcul de probabilité ; la dangerosité ne résulte pas d'une évaluation clinique personnalisée, mais d'un calcul statistique qui transpose aux comportements humains les méthodes mises au point par l'assurance pour calculer les risques. D'où une nouvelle science (et retenez bien ce mot) : la science actuarielle. »


Globalement, la présomption d'innocence est inversée en présomption de culpabilité. Ce n'est plus au procureur d'apporter la preuve que vous êtes coupable, c'est à vous d'apporter la preuve que vous êtes innocent. Votre « dangerosité évaluée » et votre « potentiel criminel » suffisent à déclencher la machine judiciaire et à faire s'abattre sur vous le GIGN ou le RAID. La « menace terroriste », dont Julien Coupat et ses amis ont été accusés, s'inscrit complètement dans ce dispositif qui permet de criminaliser à peu près quiconque ne pense pas « correctement », tel qu'un Varg Vikernes, le Norvégien établi dans un village de Corrèze (lui aussi !) avec femme et enfants et suspecté de « nazisme ».

L'accusation purement médiatique autorise parfois le Pouvoir à tuer arbitrairement et sans procès, comme on l'a vu avec Mohamed Merah, qui n'a jamais été identifié légalement et formellement comme l'auteur des meurtres de Toulouse, mais qui a été pourtant bel et bien assassiné. Dans un état de droit, la culpabilité d'un accusé émerge au cours d'un procès équitable et contradictoire pendant lequel on apporte les preuves de la culpabilité si elles existent. Il semble que cela soit devenu superflu quant au traitement des prétendus « islamistes », que ce soit en France ou à Guantanamo. Pour tous ceux qui sont tués pendant leur arrestation, nous ne saurons donc jamais s'ils étaient coupables dans le monde réel, et pas seulement dans celui des médias !

Dans la série des montages politico-médiatiques visant à terroriser la population, passons rapidement sur l'affaire Clément Méric, dont l'objectif semblait être de faire exister une « menace fasciste » émanant d'une « droite radicale » pourtant très assagie. Et pour revenir à Tarnac, si le montage s'est effondré rapidement, c'est parce que les inculpés disposaient de soutiens dans l'intelligentsia parisienne ; sans cela, il y a fort à parier qu'ils seraient passés à la postérité comme des terroristes d'ultragauche avérés. Le cauchemar de science-fiction imaginé par Philip K. Dick et transposé au cinéma dans Minority report est devenu réalité. On pense aussi au chef d'œuvre absolu de Terry Gilliam, Brazil.

Pour vous, le contrôle des masses a profondément changé avec l'apparition de l'ingénierie sociale. Que recouvre ce terme selon vous ?

Il y a plusieurs définitions de l'ingénierie sociale. On peut les trouver en tapant sur Google. Certaines universités proposent un diplôme d'État d'ingénierie sociale (DEIS) et donnent quelques descriptions sur leurs sites. Il existe aussi de nombreuses publications, des articles sur la sécurité informatique, de la littérature grise, des manuels de sociologie et de management, des rubriques d'encyclopédies, etc.
Je propose la synthèse suivante de toutes ces définitions : l'ingénierie sociale est la modification planifiée du comportement humain.

Il est difficile de fixer une date précise à l'apparition du terme. En revanche, l'intuition qui est derrière, en gros la mécanisation de l'existence, remonte probablement à l'apparition des premières villes en Mésopotamie et dans l'Égypte pharaonique, vers 3000 avant J.-C. Je pense aux premiers centres urbains rassemblant plusieurs milliers de personnes dans une structure différenciée et néanmoins relativement unifiée sous un seul nom qui en définit les contours.

L'échelle du village et de l'artisanat n'est pas suffisante pour percevoir l'existence comme un mécanisme. Le passage des sédentaires ruraux aux sédentaires urbains a fait émerger la première représentation des groupes humains comme étant des objets automates, ou du moins automatisables dans une certaine mesure. En adoptant le point de vue surplombant qui était celui des premiers oligarques du Proche-Orient, une ville ressemble assez à une grosse machine : une horloge, ou un ordinateur, au risque de l'anachronisme. Quand les intellectuels de l'époque, c'est-à-dire les prêtres, ont eu sous leurs yeux les premières villes, donc les premiers mécanismes d'organisations humaines complexes, l'idée du contrôle et de la prévisibilité de ces mécanismes a nécessairement germé en eux. Quelques siècles plus tard, Platon invente le terme de cybernétique, ou l'art du pilotage. L'alchimie et la franc-maçonnerie sont les héritières spirituelles de ces premières observations, avec leurs métaphores physicalistes et architecturales récurrentes.

Le fil conducteur de cette tradition rationaliste en politique est la réduction de l'incertitude, qui est l'objectif poursuivi par tout gestionnaire de système. Quand il s'agit d'un système vivant, cet objectif peut avoir des effets sclérosants et meurtriers. Je ne suis pas loin de partager le point de vue radical de Francis Cousin, à savoir que nos problèmes ont commencé au néolithique !

Cependant, inutile de remonter aux chasseurs-cueilleurs pour retrouver le « paradis perdu ». L'échelle rurale et villageoise, voire la petite agglomération urbaine, me paraissent suffisants pour une relocalisation autogestionnaire satisfaisante qui permette d'éviter certaines pathologies du contrôle à distance. La nouveauté au XXe siècle vient de ce que l'on passe d'un contrôle social par l'ordre à un contrôle social par le désordre. L'ordre par le chaos.

Je fais remonter le projet concret de la gouvernance par le chaos à l'invention du « capitalisme révolutionnaire » entre 1750 et 1800, c'est-à-dire un capitalisme provoquant des révolutions pour faire avancer son agenda. Mais il a fallu attendre les années 1960 pour fabriquer le consentement total des masses au capitalisme en l'introduisant dans les mœurs sous les termes de « libertarisme » ou d'« émancipation des minorités ».

En France, l'événement fondateur de cet arraisonnement complet des masses par le Capital et sa gouvernance par le chaos fut Mai 68. Il faut voir le documentaire Das Netz, de Lutz Dammbeck, qui fait la jonction entre les projets de contrôle social issus de la cybernétique dans les années 1950 et l'émergence dix ans plus tard de la contre-culture pop anglo-saxonne, comme par hasard. Les preuves existent que la contre-culture était un outil du Capital pour produire de l'entropie sociale. On pense au financement de Pollock par la CIA, ou encore à ce que rapporte Mathias Cardet dans L'Effroyable Imposture du rap. À partir des années 1960, donc, une idéologie dominante fondée sur des principes d'anarchie, d'individualisme, d'anomie, d'hédonisme et de « jouissance sans entrave » s'est diffusée dans toute la sphère culturelle occidentale, préparant le tsunami de pathologies mentales et sociales qui nous submerge depuis les années 1980 : dépressions, vagues de suicides, violences conjugales, épidémie d'avortements de confort, enfant-roi hyperactif, délinquance juvénile, toxicomanies, criminalité sociopathe, obésité, cancers, pétages de plombs divers qui finissent en bain de sang, etc.

Cette idéologie dominante individualiste et an-archique, voire acéphale, commune à la gauche libertaire et à la droite libérale, n'a qu'un but : faire monter l'entropie, c'est-à-dire le désordre et le déséquilibre dans les groupes humains, pour les disloquer, les atomiser et améliorer l'asservissement des masses en rendant leur auto-organisation impossible
. Diviser pour régner. Pousser les masses à « jouer perso », les éduquer au « chacun pour soi », pour enrayer la force des collectifs. Donc dépolitiser. En effet, le geste fondateur du phénomène politique consiste à soumettre la liberté individuelle à l'intérêt collectif. En inversant les priorités par le sacrifice de l'intérêt collectif sur l'autel de la sacro-sainte liberté individuelle, l'ingénierie sociale du Capital paralyse et sape ainsi toute capacité organisationnelle concrète.

Comme on le voit, le capitalisme contrôle les masses par le désordre. Le véritable anticapitalisme, c'est donc l'ordre. La rébellion, la dissidence, la résistance, la subversion, c'est l'ordre.

La psychanalyse semble avoir un rôle ambivalent dans ce phénomène. Quelle est votre opinion sur cette école (sur Freud, Jung ou Lacan) ?


La psychanalyse passe son temps à rétablir du surmoi, c'est-à-dire de l'ordre, de l'autorité morale, des limites comportementales et de la stabilité mentale. Elle est donc l'ennemie du capitalisme. Mais elle est perçue aussi comme une ennemie par les religions, car elle leur fait concurrence dans une certaine mesure. Donc, tout le monde la déteste et la passe en procès.

Le problème, c'est que ce mauvais procès fait à la psychanalyse n'est pas toujours très cohérent. On dit simultanément : « La psychanalyse ne marche pas » et « La psychanalyse détruit les êtres qui s'y adonnent ». Il faudrait choisir. Les deux accusations sont mutuellement incompatibles sur le plan strictement logique. Si elle ne marchait pas, elle n'aurait aucun effet, même pas destructeur. Ce serait un facteur nul, un zéro, ni « plus », ni « moins ». En fait, la psychanalyse marche, raison pour laquelle elle peut effectivement détruire les gens qui sont sous son influence. Ses applications excèdent le cadre de la thérapie et se retrouvent aussi beaucoup en management, en marketing et, ce que l'on sait moins, en sécurité informatique, dans sa branche ingénierie sociale, justement.

Le fait que Freud ait été chez les B'nai B'rith est une raison supplémentaire pour s'informer sur les méthodes de manipulation et de déconstruction psychologique qui nous sont appliquées. C.-G. Jung est indispensable à connaître également, mais Jacques Lacan est encore plus précis et nous propose une vraie boîte à outils permettant d'agir directement sur soi ou sur autrui. Pour user de métaphores biologiques ou informatiques, la psychanalyse lacanienne, et le structuralisme en général, donnent accès au « code génétique », ou au « code source » de l'esprit et de la société.

Par exemple, un mathème lacanien, le schéma R (pour Réalité), modélise le mécanisme de la construction de confiance, qui est exactement le même que le mécanisme de la construction de la réalité : on peut donc appliquer ce schéma pour abuser de la confiance d'autrui en lui créant une réalité virtuelle, ou à l'inverse pour empêcher la construction de confiance, en soi ou en autrui, et ainsi empêcher la construction d'une réalité viable et habitable. Si vous observez les choses de près, vous trouverez l'équation « confiance = réalité ». Quand la confiance disparaît, c'est la réalité qui s'effondre. En revanche, si vous me faites confiance, je commence à construire votre réalité.

On voit le danger : si la psychanalyse dévoile et met à nu les règles de base de la construction de la réalité, du psychisme et de la vie en société, elle peut être utilisée également pour déconstruire la réalité, le psychisme et rendre impossible la vie en société. Comment ? En jouant sur l'Œdipe, c'est-à-dire le sens dialectique. Je détaille.

Une société possède nécessairement des différences. Une société parfaitement homogène n'existe pas. Or, la gestion des différences, leur articulation fonctionnelle et organique, ne se fait pas toute seule. L'articulation des différences porte un nom : la dialectique. La dialectique, cela s'apprend. Les différences premières, fondatrices de toute société, se résument par un concept : le complexe d'Œdipe. Ce sont les différences hommes/femmes et parents/enfants (par extension jeunes/vieux). Ces différences sont néanmoins articulées et fonctionnent ensemble, de manière organique, au sein de la famille. Le schéma familial offre ainsi le modèle originel du fonctionnement de tout groupe social : des différences respectées, on ne fusionne pas, mais fonctionnant ensemble.

Si on n'intériorise pas ce premier système de différences articulées, on ne peut pas en intérioriser d'autres et on développe des problèmes d'identité et d'adaptation sociale. En effet, l'identité est à l'image du système social : dialectique. Je ne sais qui je suis que par opposition et différenciation. L'identité, la construction identitaire, repose donc sur la position d'une différence première, originelle, fondatrice. Pour que je puisse agir dans le monde et me socialiser normalement, je dois donc sortir du flou identitaire pré-œdipien, le flou fusionnel qui précède la perception des différences.

Dans sa vidéo de janvier 2013, Alain Soral et son équipe rapportent un document stupéfiant. À l'occasion d'une audition sur le projet de « mariage pour tous », l'anthropologue Maurice Godelier préconisait de remplacer les termes « père » et « mère » par le terme générique de « parents ». D'après lui, le mot « parent », qui peut désigner simultanément le père, la mère, comme le grand-père et la grand-mère, présente ce double avantage d'effacer la différence des sexes et d'effacer la différence des générations. Quiconque possède quelques éléments d'anthropologie ou de psychanalyse repère immédiatement où Godelier veut en venir : produire intentionnellement du flou identitaire, donc de la psychose, en effaçant le complexe d'Œdipe, les différences hommes/femmes et parents/enfants, donc les différences au sein de la famille, et par extension au sein de la société.

En fait, les différences persistent dans le réel, mais elles ne sont plus perçues, ni intériorisées. Si les différences ne sont plus perçues, les identités non plus. Cette incapacité à percevoir, intérioriser et gérer les différences et les identités porte un nom : la psychose, le flou identitaire. « Je ne sais pas qui je suis parce que je ne sais pas ce qui est en face de moi. » Godelier et les partisans de la théorie du genre, qu'il faudrait renommer « théorie de la confusion des genres », cherchent à produire du flou identitaire chez les enfants, et pourquoi pas chez les adultes. Ils cherchent donc à produire des handicapés mentaux, incapables de se socialiser. Ils cherchent à créer des problèmes d'identité et à générer des pathologies mentales et sociales, qui finiront en suicides, en meurtres ou en toxicomanies de compensation.

L'effacement des différences fondatrices, c'est l'effacement des limites, de toutes les limites. L'objectif, c'est la plasticité identitaire infinie, qu'on renommera « liberté identitaire infinie » pour mieux hameçonner la proie avec une accroche désirable, au prix de l'émergence de nouvelles souffrances. Toujours dans sa vidéo de janvier 2013, Soral remarquait fort justement que « la liberté, c'est la folie ». C'est bien de cette folie que Deleuze et Guattari se sont faits les chantres à partir de L'Anti-Œdipe, cette bible de l'antipsychiatrie dont le sous-titre est « Capitalisme et schizophrénie ». Publié en 1972, ce texte a profondément marqué la pensée libertaire. Il y est fait une apologie de la schizophrénie comme étant le parachèvement du capitalisme en tant que libération de toutes les structures et affranchissement de toutes les limites psychiques, comportementales et identitaires. L'alliance objective entre libertarisme et libéralisme est donc conclue officiellement et revendiquée depuis une bonne quarantaine d'années.

Une liberté sans limite rend fou et empêche donc la socialisation. À l'opposé, la psychanalyse tourne entièrement autour de cet adage : « Ma liberté s'arrête où commence celle des autres. » La limite, le surmoi dans le jargon freudien, a un effet positif et négatif en même temps. La limite réprime l'expression libre du désir. Apprendre à vivre en société, c'est apprendre qu'on ne fait pas ce qu'on veut et qu'il y a des limites à respecter. Il y a des bornes à l'expression de mon désir, il y a des règles, des lois, des structures, des cadres, des interdits à respecter et sans lesquels la société ne peut pas fonctionner. Cette répression de la liberté du désir permet donc de vivre en société, mais induit également une frustration. Cette frustration peut s'accumuler, s'enkyster, et devenir une névrose. C'était la pathologie la plus courante jusque dans les années 1970. L'ordre social exercé par une autorité morale et l'intériorisation d'une limite (un Père ou un phallus symbolique) était simultanément répressif et socialisant, frustrant et structurant, névrotique et normatif. C'était le mode de socialisation normal dans l'espèce humaine, avec des avantages et des inconvénients. C'est la gouvernance par l'ordre, par l'imposition de limites rigides à ne jamais dépasser, sous peine de punition.

Cet ordre ancien, celui de notre espèce et de ses constantes anthropologiques depuis ses origines, est aujourd'hui attaqué. L'Occident postmoderne a vu naître un « ordre nouveau », un mode de gouvernance par le chaos qui est une forme de contrôle social entièrement neuve consistant à lever toutes les limites et à laisser le désir s'exprimer librement. Dans un premier temps, on a l'impression de respirer enfin, on s'amuse, sans le surmoi phallique et surplombant. Le problème, quand on tue le Père, c'est qu'on est récupéré par la Mère, qui est en réalité tout aussi despotique que le Père. En Mai 68, Lacan disait à ses étudiants libertaires : « Vous aussi, vous cherchez un maître. » En l'occurrence, une Maîtresse, car la libre expression du désir, sans plus aucune limite ni structure, est le mode d'être hystérique, puis pervers, puis psychotique. Sans répression du désir, pas de sublimation, pas de symbolisation, pas de structuration psychique et comportementale possible, pas d'accès au langage et à la dialectique articulée.

Il existe donc une véritable ingénierie psychosociale de la levée des limites, de la transgression des interdits, des lois, des tabous et de l'abolition des frontières, donc une ingénierie de la désocialisation, de l'ensauvagement, de la déstructuration des masses et de la régression civilisationnelle provoquée, en un mot une ingénierie de la dés-œdipianisation, mise en œuvre par des gens qui savent exactement ce qu'ils font, grâce ou à cause de Freud et Lacan (Jung n'ayant pas reconnu le caractère fondateur de l'Œdipe et de la limite), qu'il s'agisse de psychanalystes à proprement parler ou d'auteurs imprégnés de psychanalyse. La théorie de la confusion des genres n'est qu'un outil de cette offensive du Capital pour transformer l'humain en une matière plastique modelable à l'infini, fluidifier toutes les structures comme le recommande l'Institut Tavistock, afin de parvenir à la « société liquide » décrite par Zygmunt Bauman.

Le résultat de cette déshumanisation, ou dés-hominisation, c'est ce que d'autres psys dénoncent, dont Julia Kristeva, dès les années 1980 dans Les Nouvelles Maladies de l'âme, ou l'Association lacanienne internationale (ALI), notamment Charles Melman et Jean-Pierre Lebrun dans L'Homme sans gravité : l'explosion de ces pathologies très contemporaines, dépression, perversion, toxicomanie, hystérie banalisée, « psychoses froides », « états limites », « borderline », sociopathie, psychopathie. On lira aussi Dominique Barbier, Dany-Robert Dufour ou Jean-Claude Michéa.

Vous évoquiez dans un de vos récents textes « l'industrie du changement ». Qui sont pour vous ces « faiseurs » des bouleversements que nous subissons ? Que recherchent-ils ?

À l'occasion d'un séminaire auquel j'ai assisté, un consultant spécialisé en conduite du changement nous avait dit que son entreprise travaillait à « industrialiser la compétence relationnelle ». Les changements provoqués au moyen de crises dirigées ne servent donc pas à améliorer le fonctionnement des choses, mais à l'industrialiser, c'est-à-dire à le rationaliser, le standardiser, l'automatiser. Cela consiste à changer d'échelle de production et de contrôle. Quand on passe de l'artisanat à l'industrie, on passe aussi d'une production locale à une production globale. La production locale est décentralisée, enracinée, contextualisée, démocratique, quand la production globale est centralisée, déracinée, décontextualisée, oligarchique. L'industrie du changement consiste à transférer tout le contrôle de la production de l'échelle locale à l'échelle globale. La gouvernance par le chaos consiste à détruire le pilotage local et autonome de l'existence pour le remplacer par un pilotage global et hétéronome, toujours à distance.

En géopolitique, la transitologie est la discipline qui traite du « regime change », les changements de régime que l'Empire américano-israélien cherche à produire dans les pays arabo-musulmans, et un peu partout en fait, pour s'approprier le pilotage à distance de ces pays. En dernière instance, le but recherché est la modification de la structure générale des relations humaines : passer d'un lien social normal, fondé sur l'altruisme, l'empathie et la mutualité, à un lien social sociopathe, retravaillé par le capitalisme et le libertarisme, fondé sur la liberté individuelle. C'est ça, l'industrialisation de la compétence relationnelle. Concrètement, cela donne le « mariage homo », la GPA, soit la location du ventre des femmes, la PMA, soit le commerce des enfants, et pour finir l'euthanasie pour tous.

En fait, le « comment ? », la méthode appliquée, m'intéresse plus que le « qui ? », l'identité. En outre, la réponse au « comment ? » donne la réponse au « qui ? » Donc, qui sont les faiseurs des bouleversements pathogènes que nous subissons ? Réponse : tous ceux qui appliquent la méthode générale de bouleversement contrôlé. En gros, ce sont tous les acteurs du capitalisme et des révolutions de rupture, dont 1789 et 1917 sont les prototypes, et dont les « révolutions colorées », de Mai 68 au « printemps arabe », sont les prolongements, jusqu'en Libye et en Syrie aujourd'hui. Ces acteurs du capitalisme sont secondés par ce que l'on dénommait jadis les conseillers en propagande du Prince, et qu'on appelle aujourd'hui des spin doctors, des consultants, des influenceurs, des communicants, bref tous ceux qui travaillent à faire du storytelling et de la désinformation dans des entreprises, des think tanks, des lobbies, des médias, des services de renseignement, des sociétés de pensée plus ou moins ésotériques.

Cette stratégie du choc amène la notion de chaos que vous utilisez pour définir la logique du système. Pouvez-vous revenir sur la généalogie de cette soif de destruction de l'oligarchie mondiale ?


La pulsion de mort est largement partagée dans l'espèce humaine. Il semble néanmoins que certains groupes sociologiques l'actualisent davantage que d'autres. En termes de topologie structurale lacanienne, la destruction est une place à occuper, et en termes de psychologie archétypale jungienne, le Destructeur est un rôle à endosser. La question qui me vient tout de suite est : qui occupe cette place dans mon environnement immédiat, que je puisse m'en protéger ?

Si l'on fait une généalogie de la destruction en Occident, on arrive à un résultat qui n'est pas « politiquement correct ». Une histoire des idées impartiale montre que, sous nos latitudes monothéistes, le premier exposé d'un programme politique fondé sur la destruction est déposé dans le texte que les juifs appellent la Torah, et les chrétiens le Pentateuque. Pour certaines personnes, détruire est donc un commandement divin, consigné noir sur blanc dans des textes sacrés. Un échantillon :

Deutéronome : chapitre 20, versets 10 à 16.

Citation :
« Quand tu t'approcheras d'une ville pour l'attaquer, tu lui offriras la paix. Si elle accepte la paix et t'ouvre ses portes, tout le peuple qui s'y trouvera te sera tributaire et asservi. Si elle n'accepte pas la paix avec toi et qu'elle veuille te faire la guerre, alors tu l'assiégeras. Et après que l'Éternel, ton Dieu, l'aura livrée entre tes mains, tu en feras passer tous les mâles au fil de l'épée. Mais tu prendras pour toi les femmes, les enfants, le bétail, tout ce qui sera dans la ville, tout son butin, et tu mangeras les dépouilles de tes ennemis que l'Éternel, ton Dieu, t'aura livrés. C'est ainsi que tu agiras à l'égard de toutes les villes qui sont très éloignées de toi, et qui ne font point partie des villes de ces nations-ci. Mais dans les villes de ces peuples dont l'Éternel, ton Dieu, te donne le pays pour héritage, tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire. »


Cela dit, personne ne détient le monopole de la pulsion de mort. Le Japon ou la Corée du Sud connaissent des processus d'auto-génocide liés au « tout technologique ». Certaines régions d'Orient et d'Asie sont à la pointe de tous les délires post-humains et cybernétiques ; on y parle sérieusement de clonage reproductif ou de remplacement du peuple par des robots, ce genre de choses.

Je pense que la soif de destruction et d'autodestruction remonte en fait à un profil psychologique qui porte au moins trois noms : sociopathe, psychopathe, pervers narcissique. Le psychiatre polonais Lobaczewski est l'un des premiers à l'avoir étudié et il en a tiré une science, la ponérologie, ou la science du Mal. Je suis extrêmement convaincu par ce modèle ; pour ma part, je situe l'origine du Mal sur Terre dans ce profil psychologique sociopathe. Sa caractéristique est l'absence d'empathie, ce qui le conduit à traiter autrui comme un objet, un moyen, et à le chosifier. On peut rencontrer ce profil psychologique dans toutes les cultures, mais il semble néanmoins que certaines conjonctures favorisent son apparition. Notamment, les environnements socioculturels marqués par les thèmes de la destruction et du génocide sont, par excellence, des fabriques de sociopathes.

Comment voyez-vous l'évolution des révoltes en Europe ? L'Union Européenne va-t-elle être amenée à durcir son emprise sur les États et les peuples ?


La Commission européenne a perdu la bataille des idées. L'Union européenne est aujourd'hui reconnue pour ce qu'elle est : une dictature des banques et des lobbies. Et c'est tout. Les dirigeants politiques que l'on a fait sauter en Grèce ou en Italie pour les remplacer par des cadres de Goldman Sachs, ou encore les directives de la PAC aux ordres de Monsanto, telles que le Catalogue des semences autorisées et le Certificat d'obtention végétale, trahissent le vrai projet totalitaire de l'UE (sans compter les dénis de démocratie référendaire).

Mais les technocrates de Bruxelles vont refuser de nous laisser sortir de la prison qu'ils ont construite, et qui va se transformer progressivement en un camp de concentration aux dimensions d'un continent. Pour fabriquer notre consentement au pyjama rayé et tenter de conserver les apparences de la démocratie, la Commission européenne va donc nous livrer une guerre cognitive sans merci pour nous convertir de force à l'idéologie euro-régionaliste et surtout construire notre acceptation à la baisse du niveau de vie et aux souffrances qui vont nécessairement avec.

La dernière mouture de cette guerre culturelle, je l'ai vue sur Internet exprimée par un membre du Front de gauche. Il ne s'agit plus de dire : « L'Union européenne, c'est bien », car tout le monde éclate de rire. Il s'agit de dire : « L'Union européenne n'a aucune influence, et les États-nations sont toujours aussi souverains qu'avant. » On le voit, les éléments de langage ont changé, mais en pire. De la tentative de persuasion d'un mensonge, on passe à la négation pure et simple du réel. Autrement dit, on institue la psychose, l'hallucination. C'est ce genre de déni de réalité psychotique qui risque de se généraliser, au moyen de relais dans la population. Une information récente annonçait que l'UE avait l'intention de financer des brigades de « trolls » sur les forums Internet pour contrer les eurosceptiques qui s'y expriment. Ce ne sera évidemment pas suffisant et il y aura des tentatives pour criminaliser la simple expression de la critique de l'UE ou des projets pour en sortir, par exemple interdire l'expression du nationalisme en essayant de l'amalgamer au racisme ou à l'antisémitisme.

Tout ça pour rien puisque nous sortirons de l'UE et de l'euro nécessairement un jour ! Dans les années 1980, l'Union soviétique, l'une des pires dictatures de l'Histoire, donnait l'impression de pouvoir durer encore très longtemps. Et puis ça n'a duré que 70 ans. De sorte à hâter notre processus de sortie de l'UE et de l'euro, il faut donc communiquer dès à présent sur l'après-Union européenne et l'après-euro. Préciser que la question n'est pas « si », mais « quand » nous sortons de l'UE. Pour ce faire, il faut communiquer autour de nous sur le retour aux monnaies nationales et aux États-nations. La création de monnaies locales ou alternatives est une idée séduisante, mais je crains que l'échelle de développement soit trop faible pour offrir un contre-pouvoir efficace au rouleau compresseur globaliste. En outre, si ces monnaies locales cohabitent avec l'euro, elles resteront indexées dessus forcément, et ne serviront donc à rien.


Vous distinguez ingénierie sociale négative et ingénierie sociale positive. Cette dernière est-elle un élément possible pour la résistance au système ?

L'ingénierie sociale négative (IS-), c'est la méthode générale de production de crise. À l'inverse, l'ingénierie sociale positive (IS+), c'est la méthode générale de sortie de crise. Le point de départ de toute l'IS+, c'est donc la stabilité de l'humeur. Pour sortir de la crise, il faut déjà l'expulser en dehors de soi. C'est une sorte d'exorcisme : « Vade retro chao ! Sors de ce corps ! » C'est la base, sans laquelle on ne peut rien commencer, ni rien reconstruire ou reconquérir.

La stabilité de l'humeur, c'est aussi la lucidité. La crise, c'est la perte de lucidité, quand tout est instable, à court terme, émotionnel ou instinctif ; la sortie de crise consiste donc à reconstituer de la stabilité, de la maîtrise émotionnelle et une vision à long terme. La maîtrise du tonus émotionnel est essentielle en IS+, c'est par là qu'il faut commencer, car cette disposition permet de rester lucide et de durer. « Résistance » est synonyme de « durabilité ». Dans un rapport de forces, la seule chose qui compte est de durer. Celui qui gagne, c'est celui qui dure plus longtemps que l'autre. Il faut donc aussi savoir s'économiser, selon le proverbe « Qui veut aller loin, ménage sa monture ». Dans un système de domination fondé sur l'hystérie, la crise, l'anarchie, le chaos et l'instabilité émotionnelle, le premier geste de la résistance au système, le premier geste de l'IS+, c'est la stabilisation de l'humeur, l'équanimité, l'impassibilité. La virilité, en un mot. Rester zen en toutes circonstances et prêcher par l'exemple, de sorte à contaminer positivement son entourage et son environnement. Le reste suivra. Tout ce qui est stable est anticapitaliste et antimondialiste. Pour reprendre le concept de Base Autonome Durable, il faut non seulement bâtir des BAD, mais il faut devenir soi-même une BAD.

On peut s'inspirer de la manière dont le Kremlin gère la crise syrienne, ou comment Obama et Brzezinski gèrent le lobby israélien aux USA depuis quelques années. Il s'agit de calmer le malade. Pour cela, s'inspirer des techniques employées par la psychiatrie et la psychanalyse : dans la mesure du possible, ne pas répondre au délire, le laisser se vider et s'épuiser de lui-même. Si l'on est obligé de répondre au délire, alors on peut aller dans son sens, dire « Oui, oui, vous avez raison », mais sans le prendre au sérieux et continuer d'agir contre lui.

Précisons une chose : pour se faire accepter, l'IS- est toujours obligée d'avancer masquée, de mentir, de hameçonner (le « phishing »). Le Pouvoir nous plonge dans un monde invivable, entièrement chaotique, où rien n'est prévisible et où sont entretenus volontairement l'insécurité, la délinquance, le crime ainsi que tout ce qui est anxiogène et facteur de précarité socioéconomique et mentale. Mais pour faire passer plus facilement ce génocide en cours, on convoque les notions de justice et d'égalité, qui ne servent ici que de hameçons. Le mensonge, la simulation, le simulacre, sont donc structurels en IS-. À l'opposé, l'IS+, la sortie de crise, c'est donc non seulement la reconstruction de sécurité et de stabilité, mais aussi le simple fait de dire la vérité. Parfois, il faut ruser, en fonction du rapport de forces. Ruser, c'est-à-dire faire du contre-phishing, du contre-hameçonnage. Contourner la censure réclame parfois des acrobaties sémantiques. L'IS-, en tant que cheval de Troie de la destruction, c'est « un faux bien pour un vrai mal » : on prétend dire la vérité pour faire passer une fiction. L'IS+, en tant que cheval de Troie inversé, cela peut être « un faux mal pour un vrai bien » : on utilise la fiction pour faire passer la vérité.

Face à la domination globalisée du Capital, quelles voies individuelles et collectives nous reste-t-il pour vaincre ?


Il faut s'engager dans tous les démarches qui reconstituent de la souveraineté, à tous les sens du terme : alimentaire, énergétique, économique, politique et cognitif. La souveraineté, c'est-à-dire l'autonomie, est anticapitaliste par définition. La définition du capitalisme c'est « Tout système où l'argent est la valeur suprême ». Si vous mettez une valeur au-dessus de l'argent, l'État-nation par exemple, vous sortez techniquement du capitalisme. Le capitalisme ne tolère aucune frontière ni aucun protectionnisme car il est, par nature, supranational, transnational, multinational, voire international, selon la définition de ce terme. La base de la base, le plus facile à faire, c'est de commencer à reconquérir sa souveraineté cognitive en mettant la télévision à la poubelle et en se coupant totalement et définitivement des gros médias de désinformation. Ensuite, pour la souveraineté économique, ne souscrire aucun crédit et laisser le moins d'argent possible à la banque. Il faut avoir le maximum en petites coupures, en or, en objets, ou sur un compte hors de la zone euro.

Il y a une guerre à mener. Une guerre culturelle et cognitive, une guerre des idées et des cerveaux, une guerre des mots et des représentations, et nous pouvons en devenir les soldats. Il faut donc créer des synergies autour d'un projet commun : la lutte contre le mondialisme. Des nuances existent dans cette lutte, mais concentrons-nous sur ce qui nous rassemble. À cette fin, nous devons devenir des propagandistes du quotidien. Toutes les occasions sont bonnes pour diffuser des idées : cercle d'amis, famille, épicier, travail, inconnus dans la rue, forum Internet, Facebook, etc. Ne pas craindre de passer pour monomaniaque. De toute façon, c'est une question de survie. Parfois il faut ruser, et ne pas attaquer frontalement mais adopter une stratégie indirecte. Il peut être opportun d'infiltrer des mouvements pour essayer de les retourner en y faisant de l'influence. Entrisme et noyautage, à l'UMPS ou ailleurs.

Dans tous les cas, afin de hâter les événements au moyen d'énoncés performatifs à fonction de prophéties auto-réalisatrices, il faut « communiquer » sur le retour protectionniste des frontières et sur l'après-Union européenne, par exemple, mais aussi communiquer sur l'après-Empire américano-israélien, pour le faire tomber plus vite, ainsi que sur l'après-nihilisme et le retour aux vraies valeurs structurantes : méritocratie, patriotisme économique, sens du collectif, du service public et du « prendre soin » du pays (le « Care »), etc.

Au-delà de la bataille des idées que nous sommes en train de gagner, il ne faut pas oublier qu'il faudra un jour transformer l'essai, c'est-à-dire qu'il y ait une traduction de cette reconquête de souveraineté dans les urnes. Il n'y a aucune porte de sortie en dehors de l'institution. Et pour ma part, je ne vois qu'un seul parti politique en état d'arranger les choses [le Front National]. Je l'égratigne un peu dans GPLC, mais j'ai évolué sur cette question. Par ailleurs, on peut lui trouver tous les défauts qu'on veut, mais tant qu'il n'a pas exercé concrètement le pouvoir, ce sont des critiques virtuelles.

Aujourd'hui, l'anticapitalisme cohérent conduit donc nécessairement à soutenir le Front national, y compris pour les immigrés, qui ont intérêt à la stabilité politique dans ce pays autant que les nationaux. En attendant Marine Le Pen à l'Élysée, il faut « faire carrière » dans le Système et dans l'institution, pour en reprendre le contrôle de l'intérieur. Sinon, tout ce que vous faites reste marginal, donc sur un siège éjectable. Tous les réseaux d'influence sérieux le comprennent et l'appliquent. Aujourd'hui, si vous voulez vraiment devenir un contre-pouvoir à l'Empire, au sens de Soral, il faut posséder la bombe atomique, donc se hisser aux moyens logistiques d'un État. On le voit bien avec la crise syrienne. Si le peuple syrien et son gouvernement n'étaient pas protégés par la Russie et la Chine, deux puissances nucléaires, la Syrie aurait été envahie rapidement par l'entité sioniste et les USA, deux autres puissances nucléaires (et les deux principaux facteurs de troubles aujourd'hui). L'Irak ou la Libye n'ont pas tenu très longtemps.


Vous faisiez remarquer que l'oligarchie au pouvoir était à bout de souffle. Coupée du peuple et sans renouvellement de qualité. Est-elle condamnée par sa propre nature ?


Ce qui va nous sauver, indépendamment de notre travail et de notre mérite, c'est, paradoxalement, que le niveau baisse, comme on dit. Le niveau, c'est-à-dire le niveau intellectuel, baisse partout, en premier lieu au sein de l'oligarchie. Le niveau baisse à cause de l'oligarchie, mais cela l'impacte également. Le shock-testing du Pouvoir pour éviter tout choc en retour aux chocs qu'il inflige, autrement dit le découplage complet des classes socioéconomiques, qu'on appelle aussi le double standard, la double éthique, ne marche pas si bien que cela et aboutit au phénomène de l'arroseur arrosé. Quand il nous frappe, il se frappe aussi.

Par exemple, la génération de désinformateurs professionnels qui occupe les médias depuis les années 1970, cette génération de gens plutôt bons en rhétorique et parfois réellement brillants, n'a pas réussi à organiser sa relève, sans doute plus préoccupée d'elle-même que de transmettre. À leur place, on a droit à quoi : des hystériques incultes et qui n'ont clairement pas le niveau. Donc nous avons gagné.

Maintenant, il faut attendre que la génération des soixante-huitards meure entièrement, tout en continuant de notre côté à tenir notre position et notre niveau d'exigence. Les technocrates dans les institutions, à Bruxelles ou ailleurs, changeront aussi. Mais nous, nous ne changerons pas. Mécaniquement, dans cette guerre d'usure et de tranchées, nous allons gagner par forfait de l'ennemi. Dans tout conflit, la seule chose qui compte, c'est de durer. Celui qui dure plus que l'ennemi, eh bien c'est celui qui a gagné. Nous, le peuple de France, nous allons durer plus que notre ennemi. Pour durer plus que l'ennemi, il faut s'économiser, gérer son énergie, donc ne pas tout donner d'un seul coup, ne pas tout dépenser rapidement, mais travailler patiemment selon un rythme lent mais assuré, ce que j'appelle une « révolution lente », ou une « transformation silencieuse ». Si l'on reprend La Fontaine, nous sommes la tortue, et l'ennemi est le lièvre. Et qui gagne à la fin ?

Lucien Cerise


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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 22 Déc - 17:40


de l'extrême-droite à l'ultra-gauche

l'eurocentrisme et l'ignorance des "autres"

il n'y a qu'"eux" : des blancs !

à la lecture où à l'écoute des vidéos indiquées, le haut niveau intellectuel de toute cette nébuleuse ne fait aucun doute. Quoi de plus impressionnant que ces litanies de références philosophiques anciennes ou actuelles, et ceci quelle que soient les idées qu'on en tire, puisqu'on retrouve les mêmes auteurs de références de la nouvelle droite aux théoriciens de la communisation

quel point commun ? Une grande absence : aucun philosophe, théoricien passé ou actuel qui ne soit strictement européen, occidental et blanc. C'est comme ça, c'est universel, le blanc n'est pas une couleur, il est toutes les couleurs




il est bien clair que le noir les emmerde :

il va continuer


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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 22 Déc - 18:24


une idéologie de couches moyennes blanches européennes




ce qui n'est pas difficile de montrer, sous réserve d'en faire et d'en assumer le constat - que ces gens-là refoulent comme racialiste : anti-blanc ? -, c'est qu'aucun soutenant ces discours théoriques, qu'il soit d'extrême-droite ou d'ultragauche anarchiste ou communisatrice, n'est véritablement un prolétaire issu du prolétariat ni victime d'aucune sorte de racisme en raison de sa couleur de peau, ni, chez les plus intellectuels, une femme

l'articulation classe-race-sexe n'est pas difficile à évacuer ou à rejeter, puisqu'elle n'est pas posable en leur nom par ceux qui parlent là en celui d'un universalisme qui ne mange pas de pain noir, qu'il soit humaniste ou prolétarien. Rien à voir avec la critique décoloniale de l'intersectionnalité, qu'elle soit celle du PIR ou la nôtre, parce qu'elles sont intrinsèquement, exprimées différemment, de classe et "de race", dans le sens de la double ou triple peine, de l'exploitation ou du rejet ('nègres du monde'), de l'oppression raciale, et de la domination masculine, machine structurel, le tout au service du capital, qui divise la classe, mais unifit ses tâches sous sa domination totale

il s'agit d'une idéologie de classe moyenne blanche européenne, et elle traverse, comme toute idéologie réellement culturelle et sociale, toutes les expressions politiques, même quand elles prétendent la tirer d'un côté ou de l'autre en bâtissant des syncrétismes bricolés sur le marché des idées : dans l'idéologie française

plus franchouillards que Francis Cousin, Lucien Cerise, Roland Simon, Yves Coleman, Jacques Wajnsztejn, Clément Homs et Léon de Mattis réunis ou opposés : tu meurs

qu'ils crèvent !



Piano – Mose Allison
Saxophone, Flute – Joe Farrell
Guitar – Phil Upchurch
Bass – Putter Smith
Congas, Percussion – Ron Powell
Drums – John Dentz

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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 26 Jan - 21:30


Francis Cousin, le "communisateur" de Radio Courtoisie, sur l'immigration

« pas de critique du capitalisme sans une critique de l'immigration et vice versa »



bref, retenez que les nègres sont infoutus de faire la révolution

toute la subtilité rhétorique consiste à comparer les "immigrés" ou nouveaux migrants actuels
d'une part au Lumpen Prolétariat selon Marx,
d'autre part avec le mouvement ouvrier européen révolutionnaire d'antan
le sujet révolutionnaire surgira, de nulle part, mais il sera européen...

la boucle est bouclée :

on peut causer avec les Alain Soral et de Benoist,
faire des emprunts à Roland Simon...
et séduire en passant, comme ultragauche, Marine Le Pen





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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Lun 8 Fév - 13:59


ça ne s'invente pas, ça s'inventorie
ça s'évente, se vante... et surtout ça se vend !


réunie de son ultragauche à sa nouvelle droite, la "nébuleuse anti-système" en livre... J'avais déjà relevé le détournement de Théorie Communiste par Francis Cousin, le communisateur ami des Alain Soral et de Benoist, le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps de la communisation à la nouvelle droite européenne (Max L'Hameunasse et son blog In Limine), les avatars post-ultragauches d'un négationnisme eurocentriste à l'autre, les tribulations de la démocratie mise à mort oubliant radicalement le capital, etc.

on dira qu'un auteur n'est pas responsable de l'usage qu'on fait de ses textes, mais l'on peut aussi dire NON, plutôt que se trémousser à France Culture, quand on prétend mettre à mort la démocratie d'État, tout en planquant son engagement 'communisateur' : politicien un jour, politicien toujours !


Short Circuit: A Counterlogistics Reader, 19 January 2016, dusan


août 2015

Citation :
“Counter-logistics is not simply a matter of blocking all flows, of stopping movement, of locking things in place where they are. It is a matter of blocking those flows that constitute the material and metaphysical tissue of this world, while simultaneously enhancing our own ethical connections, movement, and friendship. Helping migrants to cross borders and remain undetected, helping information to cross through and within prison walls, destroying surveillance cameras, defending the basis of new worlds seized in opposition to the old—these are as important as blocking rail lines and disrupting commerce.”

This book is a collection of critical texts focused on logistics, counter-logistics, and cybernetics. It attempts to combine some disparate groups and tendencies that have all taken a recent turn towards evaluating infrastructure and logistics as a crucial element in the perpetuation of capital and control, and as vulnerable points worthy of study, evaluation, and attack.”

With texts by Anonymous, Jasper Bernes*, Max L'Hameunasse, Tiqqun, Léon de Mattis, Out of the Woods, 1882 Woodbine, and Degenerate Communism

* Jasper Bernes écrit dans Endnotes, revue liée à la théorie de la communisation

Publisher No New Ideas, Aug 2015, 245 pages

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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 9 Fév - 15:47


voici un texte du site de la revue anarcho-extrême droite Rébellion, bimestriel de l'Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne. Comme Francis Cousin "détourne" Théorie Communiste, ce texte réfère Gilles Dauvé... et interprète la question migratoire comme "piège du capitalisme" avec des raisonnements dont la fausseté saute aux yeux, y compris sur l'Afrique, à rebours des analyses d'Achille Mbembe

utiliser les raisons de l'immigration dans les années 60 pour comprendre celles d'aujourd'hui, il faut le faire !

Chaque fois qu'à la place de révolution mondiale, je lis "révolution européenne", je me demande quel mauvais coup on prépare contre le prolétariat mondial

accroche-toi, ma lectorate, c'est plus que subtil, et l'on comprend que de certains anarcocommunisateurs, dont la subtilité n'est pas le fort dialectique, tombent dans le panneau


L’immigration : un piège capitaliste Rébellion 01/09/2015, Article paru dans le numéro 26, Septembre/Octobre 2007



La question de l’immigration fut longtemps un sujet sensible qu’il n’était pas bon d’aborder hors des sentiers balisés du politiquement correct. En effet, il était mal vu de rappeler ses conséquences néfastes, sous peine de se voir accuser de faire le jeu du Front National (qui en avait fait son juteux fonds de commerce, sans jamais en évoquer les causes réelles) et de se faire traiter de raciste. En même temps, le fait de rappeler la nature capitaliste du phénomène vous valait d’être désigné de tiers-mondiste cosmopolite dont le seul but était de saper les fondements de l’Occident Blanc.



Citation :
Aujourd’hui, les choses ont sensiblement changé. Devant l’aggravation de la situation globale de la société occidentale (où les problèmes nés de l’immigration ne sont que des symptômes d’une crise plus importante), le discours officiel a nettement évolué. La reprise de la thématique lepéniste par Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle, dans le but de récupérer une partie de l’électorat du vieux leader, ne fut pas qu’un habile coup de main politique. Il fut permis par un glissement des mentalités vers un racisme « soft et chic », promu par l’intelligentsia au service de l’oligarchie. Cette droite décomplexée qui méprise autant le prolo de « souche » que celui venu d’ « ailleurs », érige ses valeurs mercantiles (« Démocratie » de Marché et « Liberté » de Consommation) en lois universelles. Alimentée par la vague d’islamophobie véhiculée par les émules hexagonaux des néo-conservateurs, cette nouvelle idéologie a rapidement trouvé des adeptes à droite comme à gauche de l’échiquier politique. Avec pour toile de fond les émeutes des banlieues et la guerre américano-sioniste contre le terrorisme, elle alimente en fantasmes, les médias.

On peut s’interroger sur la raison du durcissement de son discours, de la part du système. Alors qu’il avait dénigré et réprimé toutes les réactions populaires produites par les conséquences néfastes du phénomène (aussi bien le vote populaire pour le FN, que les tentatives des mairies PCF de contenir la dégradation de la situation des banlieues dans les années 70-80), il affiche aujourd’hui une fermeté apparente. Mais comment pourrait-il résoudre un problème qu’il a volontairement déclenché ? Le gouvernement de Nicolas Sarkozy a beau faire des déclarations fracassantes, il reste prisonnier des limites que lui impose sa soumission à la domination ultra-libérale.

La question de l’immigration porte un éclairage sur le fonctionnement même du système (ce que ni les « gauchistes » ni les « droitistes » n’ont jamais compris, enfermés qu’ils sont dans une grille de lecture soit angélique soit racialiste ; deux explications aussi fausses l’une que l’autre). On est face à un des nombreux paradoxes du capitalisme, une de ses contradictions permanentes qu’il est condamné à entretenir par sa nature même.

« Immigration choisie » et « Immigration sauvage »

Le maintien du capitalisme implique que les tensions qu’il génère n’aboutissent pas à l’éclatement de la société qui le fait vivre. Rongé de l’intérieur, le monde occidental subit les conséquences du règne d’un système parasite. Pour gérer au mieux le chaos qu’il produit, il doit adopter un nouveau visage, plus autoritaire et tourné vers le « maintien de l’ordre ». Nous sommes entrés dans une phase de renforcement du contrôle social, c'est-à-dire qu’il est désormais décidé de contenir dans certaines zones le désordre et de garantir la tranquillité à l’oligarchie. C’est le mythe de la « Forteresse Europe », un espace sous surveillance totale aux frontières étanches. Mais cela est de la théorie, car en pratique, l’Union Européenne et le gouvernement français savent qu’ils doivent gérer un équilibre instable. Certaines voies doivent rester ouvertes, pour que les patrons puissent faire leur marché de main-d’œuvre.

Car dans le même temps, le capitalisme a besoin de l’immigration pour s’alimenter en force vive. A cause du vieillissement de la population occidentale et de l’échec du renouvellement social (1), il doit faire appel à un contingent important de nouveaux travailleurs. La mondialisation est synonyme de libre circulation des capitaux et des marchandises, elle ne peut donc pas prétendre bloquer la circulation de la marchandise dont dépend toutes les autres : la force de travail. C’est la chosification de l’homme. Selon le modèle nord-américain, l’ « immigration choisie » et l’établissement de « quotas » doivent permettre le contrôle par les Etat occidentaux des flux migratoires. Ils recherchent une main d’œuvre qualifiée et instruite, c'est-à-dire déjà acquise aux valeurs et aux modes de vie occidentaux (2). C’est par exemple, le cas des informaticiens indiens ou pakistanais qui peuplent désormais la Sillicon Valley. Des expériences similaires furent mises en place en Allemagne et dans les pays du Nord de l’Europe. Dans le cas de la France, Nicolas Sarkozy veut promouvoir ce type d’échange de compétences avec l’Afrique.

C’est un grand pillage des « cerveaux » qui s’opère à l’échelle mondiale, privant les pays pauvres de leurs diplômés et de leurs techniciens. Ces élites désormais nomades et sans attaches, sont à l’image du cadre idéal valorisé par les manageurs des multinationales. L’assurance d’un bon salaire et d’une situation sociale confortable, devant les inciter à être particulièrement performants. Avant tout, ils doivent être rentables pour le capitalisme et ne pas poser de problèmes au système (3).

Accaparant des spécialistes qu’il renonce à former lui-même, l’Occident provoque un déséquilibre dangereux dans les sociétés les plus fragiles. Ainsi, il y a aujourd’hui plus de médecins béninois dans la région parisienne que dans leur propre pays. Privant les états pauvres de toute capacité de développement, « l’immigration choisie » est le creuset de l’immigration clandestine.

Une « immigration sauvage » qui déborde largement la gestion étatique occidentale. Fuyant la misère, les guerres ou simplement aveuglée par le mirage de l’eldorado occidental (que véhiculent sans vergogne les médias mondialistes), une immense masse se presse sur les frontières des pays « riches ». Pour les institutions internationales, le nombre de migrants a doublé dans le monde en 25 ans. Passant de 100 à 200 millions dont 30 millions d’illégaux (7 millions en Europe). Ces chiffres officiels récents sont déjà dépassés. Le réservoir est loin d’être épuisé…

L’exploitation et la misère n’ont plus de frontière grâce à la globalisation économique : des travailleurs du Bangladesh sont traités comme des esclaves dans les Emirats du Golfe, des prostituées slaves en sont réduites à se vendre dans les bordels de Tel Aviv, des centaines d’anciens paysans chinois devenus ouvriers remplacent les autochtones, partis chercher fortune ailleurs, en Roumanie et en Algérie…

L’Europe de l’Ouest reste l’objectif principal. Ils sont chaque jour plus nombreux à vouloir l’atteindre. A l’Est, ils se pressent contre un nouveau « rideau de fer ». Au Sud, ils franchissent la Méditerranée par tous les moyens. Au passage, ils enrichissent les maffias locales des passeurs. Mais à la différence considérable de l’immigration des années 60-70, la majorité d’entre eux « resteront inemployables, surtout ceux qui, sans qualification, se dirigent vers une Europe acharnée à expédier ses industries consommatrices de main d’œuvre …. vers les pays d’où proviennent ces migrants » (4) . Livrés à eux-mêmes, il ne leur restera que le travail clandestin ou la survie par les allocations publiques. Définitivement déracinés, leurs chances de retour dans leurs pays sont maigres et leur intégration impossible. Relégués dans des ghettos, ils connaîtront le même sort que celui de nombre de travailleurs européens ou d’origine étrangère : l’exclusion sociale.

Un problème né du capitalisme…

Il nous apparaît bon de rappeler quelques évidences, qui ne le sont pas pour beaucoup. Aujourd’hui, l’immigration est un phénomène lié à la phase de mondialisation du capitalisme. Dans les années 90, Alain de Benoist avait bien situé le problème : « La logique du bouc émissaire m’est insupportable. Laisser entendre que l’essentiel des problèmes auxquels notre société se trouve aujourd’hui confrontée a pour cause la présence d’immigrés sur le sol national est tout simplement grotesque. S’il n’y avait pas un seul immigré en France, nous connaîtrions exactement les mêmes problèmes. Enrayer l’immigration implique à la fois de critiquer en profondeur la logique capitaliste et d’aider les pays du Tiers monde à rompre avec les mirages du développement tel que le conçoivent la Banque Mondiale et le FMI. Cela implique, surtout, de reconnaître que les premières victimes de l’immigration sont les immigrés, et que c’est d’abord leur identité qui se trouve aujourd’hui menacée ». Il ajoutait : « En vérité, ce n’est pas parce qu’il y a des immigrés que la France perd son Identité. C’est plutôt parce qu’elle a perdu son identité qu’elle n’est plus en mesure de faire face et à résoudre le problème de l’immigration ».

Historiquement, l’immigration massive commence à l’initiative du patronat français. Dès le milieu du XIX° siècle, la bourgeoisie français fera appel à une main d’œuvre bon marché venue des régions pauvres de l’Europe. C’est d’abord les grands propriétaires terriens du Sud- Est qui font venir des travailleurs agricoles italiens ou espagnols. Dans le Nord, les industriels n’hésitent pas à faire appel aux belges ou aux polonais. En cas de conflit avec les ouvriers français, le patronat n’hésite pas à recruter à l’étranger des « briseurs de grèves ». L’Association Internationale des Travailleurs, la première Internationale, avait dénoncé cette pratique et appelé à créer des liens de solidarité entre les travailleurs européens. D’autant que des tensions très fortes naissaient. La « chasse aux italiens », à la suite des « Vêpres marseillaises » de juin 1881, fut une des premières expressions de ce que le capital peut créer comme haine ; les journaux et le patronat, alimentant un conflit entre ouvriers pour diviser les travailleurs européens. Le cas n’est pas isolé, les irlandais connurent la même situation en Angleterre ou aux Etats-Unis. Le capitalisme a toujours divisé pour régner. Avec l’apparition des empires coloniaux, le champ de recrutement s’élargit à l’Afrique et à l’Asie. Des groupements patronaux français, surtout après la saignée de 14-18, lanceront leurs agents recruteurs sur les villages africains. Le boum économique des « Trente Glorieuses » va accentuer le phénomène. Après la seconde guerre mondiale, « Le transport, le logement et la surveillance de centaines de milliers d’hommes « importés d’Afrique du Nord étaient devenus une véritable industrie encadrée par l’Etat » (4). L’invention du regroupement familial, dans les années 70, par le gouvernement Giscard, devait permettre de fixer les travailleurs immigrés. On pensait que la présence de leurs familles, freinerait la combativité sociale et les prémisses de la marginalisation de cette couche mouvante de la population ouvrière. Mais la crise économique vint bouleverser les choses.

Pour un patron français, la venue d’immigrés est toujours positive. Surtout si elle est clandestine. Elle accentue la pression sur les salaires et procure une main d’œuvre docile (la menace de décentes policière faisant tenir tranquilles les clandestins). Même les grandes multinationales et certains chantiers publics font appel à ce type de main d’œuvre. Mais cette «  stratégie de la tension » connaît ses limites dans une société en crise : « Dresser un groupe contre l’autre, constituer chacun en « communauté » rivale de sa voisine, porte atteinte à l’équilibre social et politique, surtout à l’heure où, sous les pressions mondialisatrices, les flux migratoires échappent aux capacités régulatrices des Etats » (4).La décomposition de la société en cours, entraînant à terme une situation ingérable pour le capitalisme.

Dans les périodes de relative prospérité économique, les immigrés avaient la possibilité de sortir des ghettos et de prendre part à la vie de la communauté nationale. A terme, ils finissaient pas s’assimiler. En particulier, s’ils étaient d’origine européenne ou qu’ils avaient la maîtrise de la langue française (comme les anciens « indigènes » des colonies). Le modèle jacobin et laïque imposait, à tous, les mêmes normes républicaines (5). Il fallait en accepter les règles sans discuter. Pour les deuxièmes générations, ce processus était favorisé par l’Education Nationale, qui donnait des références et des valeurs communes sans distinction d’origine. Ce modèle n’était pas parfait et il appartient au passé, mais il permettait l’assimilation des anciens étrangers « par le haut », à la communauté nationale. Elle n’aurait pas était possible sans un autre élément décisif : le creuset de la classe ouvrière.

Totalement occulté aujourd’hui, cet aspect gêne la représentation idéologique que l’ont veut donner des prolétaires européens. Eux qui seraient une horde de beaufs racistes, des Dupont Lajoye en puissance, auraient barré la route à l’intégration des immigrés en restant attachés à la pureté de leur classe. « Il n’y a pas plus ni moins de racisme spontané et d’amour universel innée chez les prolétaires que parmi les être humains en général (….) Le racisme n’est pas un facteur en soi : il ne joue de rôle que par rapport à une situation générale qui le fait exister ou non » (4). Dans les années 70, des luttes communes, dans les usines, étaient possibles avec des travailleurs français, algériens, portugais, africains, italiens… Au delà des préjugés et des méfiances qui existaient réellement, il y avait une « fraternité » (au sens de « lien social) née du travail sur un même lieu. On ne peut que respecter celui qui peine de la même façon que soi, même si après on ne comprend pas vraiment sa culture ou son mode de vie. Cette « fraternité » disparut quand le lieu et l’environnement qui l’avaient vu naître furent détruits au nom de la rentabilité. Lorsque dominent le chômage et la précarité, les tensions entre groupes d’origines différentes sont difficilement évitables. Comment pouvoir offrir aux nouveaux arrivants une situation décente, alors même, que les travailleurs européens n’ont aucune garantie d’avenir ?

… Une solution qui ne peut venir que d’une rupture socialiste révolutionnaire

L’Occident ne peut pas proposer de solution viable à la question de l’Immigration. Dirigé par la logique capitaliste, il se décompose de l’intérieur et s’enferme dans une course vers le vide. Les immigrés comme les travailleurs européens sont victimes du même système, ils ont donc un intérêt commun à le voir disparaître. Il ne sert à rien de chercher des boucs émissaires, les véritables responsables sont bien identifiés.

En tant que français et européens, nous sommes devant la nécessité de construire une alternative au capitalisme. Nous pensons que la voie du socialisme révolutionnaire peut permettre de mettre fin à sa domination et fonder un autre type de société. Avec « une socialisation » de la société, le problème de l’immigration ne se poserait donc plus sous sa forme actuelle. Son caractère économique et massif serait aboli, par le simple fait que ce ne serait plus la loi du profit qui dirigerait les choix économiques.

Dans le même temps, l’émancipation de la France et de l’Europe du joug capitaliste aurait une portée importante sur la situation internationale. Une solidarité active se mettrait naturellement en place avec les autres peuples en lutte contre l’impérialisme et la globalisation. Utopie ? L’Amérique Latine nous donne l’exemple des réalisations d’une révolution en marche.

La fin de l’immigration, c’est d’abord l’amorce d’une renaissance africaine. Actuellement, l’Afrique est principalement la source des flux migratoires. Sortant des modèles de développement imposés par les institutions mondialistes - dont le bilan est éloquent : le Produit Intérieur Brut par habitant est inférieur à celui de 1960 – et du pillage de ses ressources naturelles, ce continent doit d’abord trouver en lui-même la forme de développement qui lui convient. La libéralisation exigée des marchés et l’hostilité manifestée par les institutions financières internationales à toute politique économique indépendante des Etats africains a abouti à la ruine de nombres secteurs. Ainsi l’agriculture est actuellement exsangue, alors que la pression démographique ne cesse d’augmenter la demande. La désertification des campagnes et l’urbanisation galopante, créent des villes champignons au bord de l’explosion sociale. Perdant son lien avec la terre et son identité propre, c’est toute une génération qui a bâti son univers culturel via les stéréotypes de la culture de masse occidentale. Nombreux sont les jeunes qui, impatients de consommer, n’en peuvent plus d’attendre et partent vers l’Europe. De jeunes intellectuels africains refusent cette situation. L’économiste sénégalais, Cheikh Tidiane Diop, pose ainsi les « logiques culturelles comme dimensions essentielles du développement ». Il dresse un tableau de la situation africaine dans son livre, qui pourrait être celui de la situation européenne : « Nulle part, la mondialisation ne procède à l’égalisation des chances et des économies. Au contraire, partout elle creuse et polarise les écarts (…) Les formes traditionnelles d’organisation sociale ont toutes été vaincues par ce rouleau compresseur acculturant de l’économie. Les communautés de solidarité de base se sont dissoutes à mesure que le marché étend son emprise à toutes les sphères de l’organisation sociale en s’immisçant dans la vie quotidienne des populations. La question sociale alimentée par la misère culturelle et des inégalités inédites est devenue brûlante. Dans un tel contexte, l’Afrique est sommée de se ressaisir et de commencer à compter sur ses propres forces » (5).



Notes :

1.La fin de la circulation sociale, qui permettait de fournir aux secteurs de production des personnels formés, est la conséquence directe du démantèlement de l’Education. A l’heure actuelle des pays émergeants, comme la Chine et l’Inde, ont des systèmes éducatifs plus performants dans certains domaines que ceux en crise des Etats occidentaux.

2. Au début des années 90, les anciens pays du bloc soviétique connurent un démarchage agressif de leurs scientifiques et informaticiens par des entreprises américaines. Ironie de l’histoire, on voyait le vainqueur capitaliste faire appel à des personnes formées à l’école du socialisme. Dans le cas de la Russie, un certain patriotisme et une reprise en mains des secteurs de la recherche par l’Etat permit d’arrêter l’hémorragie.

3. Il arrive pourtant que certains d’entre eux dérapent. Etre formé sur le modèle occidental, n’implique pas forcément une adhésion sans limite à ses valeurs. Le cas de « cadres » musulmans ralliant les courants les plus archaïques de l’islamisme en est une preuve.

4. Gilles Dauvé, Karl Nesic, Demain, Orage, Essai sur une crise qui vient, Troloin, 2007. Disponible gratuitement sur le site http : troploin.fr.

5. Cheikh Tidiane Diop, l’Afrique en attente ? L’Harmattan, 2007. Voir aussi l’article d’Augusta Conghiglia, l’Afrique au delà des idées reçues, dans le Monde Diplomatique de Juillet 2007.



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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Dim 14 Fév - 18:16


des deux côtés du miroir aux alouettes*

sous le voile de Daesh et la casquette de Gavroche :

les mêmes profils psycho-sociaux ?

* un cheval d'idéologie capitaliste occidentale, une alouette de rébellion

l'hypothèse apparaîtra osée et sera repoussée d'autant par nos islamo-gauchistes, gaucho-bouffe-religion et anarcho-ultragauchistes de la pureté révolutionnaire qu'ils s'imaginent les derniers sous emprise d'un opium

en reprenant l'idée du commentaire précédent*, nous pourrions tenter de penser la radicalisation à visage islamiste de "chez nous" comme une composante de la décomposition sociétale dans la double crise de l'Occident et du capital. La forte proportion de jeunes de couches moyennes, prolétarisée ou non, n'est pas sans rappeler l'engagement dans la nébuleuse anti-système, qu'il prenne un visage ultragauchiste ou extrême-droitier, mais dans ces deux cas identitaire européen (cette mouvance même anarcho-ultragauche porte l'universalisme prolétarien ou humanisme qui caractérise l'idéologie eurocentriste)

* voir djihadisme français, religions et classes sociales : 67 % des jeunes candidats au djihad issus des classes moyennes

il n'est pas jusqu'aux visages de ces jeunes blancs européens, barbus et chevelus, ou crânes rasés au demeurant, pour se ressembler physiquement et psychologiquement. Il conviendrait de comparer, via des enquêtes, ces divers profils socio-psychologiques...

si cette hypothèse était vérifiée, elle serait une confirmation de plus de la pertinence, sur tous les fronts, d'une critique radicale communiste et décoloniale

autant pour qui a pris Patlotch pour un islamo-gauchiste

Evil or Very Mad



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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Dim 14 Fév - 23:59


la communisation
de la post-ultragauche à la nouvelle droite européenne révolutionnaire


un même terreau idéologique eurocentriste
de Théorie Communiste à Francis Cousin

un ami me demande

Citation :
Quels sont les "pompages" de Théorie Communiste pratiqués par Francis Cousin ? J'ai un peu parcouru, mais je n'ai pas vraiment percuté.

ma réponse, plus complète que celle par mail

Patlotch a écrit:
il y a deux choses, le détournement explicite des formulations de Théorie Communiste (TC), comme de Temps Critiques et du situationnisme, et le discours marxien revisité post-ultragauche, mais là, il faut analyser pour voir ce qui est commun et là où ça coupe...

donc concernant Théorie Communiste, ici « De la croisade communeuse des Pastoureaux... » Par Francis Cousin Scriptoblog 23 avril 2014 : signalé à l'époque sur mon blog, ça va faire deux ans, et depuis pas une réaction de "partisans de la communisation"



c'est toujours chez Cousin un syncrétisme mâtiné de langage situ à la Debord-Vaneigem, au demeurant plutôt inventif bien que pompeux-pompant, d'éléments d'humanisme théorique à la "Temps Critiques", et dans ce texte de formulations de TC dont on voit qu'elles ont été ni plus ni moins que recopiées (en gras), le reste étant soit pris ailleurs (histoire des religions, psychanalyse...), soit de son cru et relevant des idées communes à la droite européenne identitaire et à l'anarcho-ultragauchisme incolore universel

tout y est admirablement concentré, c'est une des plus intelligentes formulations théoriques de l'idéologie française, par un homme très cultivé et connaisseur de toutes les tendances et théories communistes depuis Marx, "un type sympa et simple" au charisme indéniable et qui s'adresse, via une radio nationale d'extrême-droite ou en conférences reprises par youtube, à 100 ou 1000 fois plus de personnes que les "vrais" théoriciens de la communisation


extrait
Francis Cousin a écrit:
Notre époque en tant que synthèse effectuée de toutes les précédentes est celle où le prolétariat, luttant en tant que classe contre le Capital de la domination réalisée de la capitalisation universelle, va devoir se remettre lui-même en cause et porte le dépassement révolutionnaire de sa propre condition par la production incandescente du communisme comme l’abolition de toutes les classes, le jaillissement générique de la communauté de l’Être.

La lutte de classe entre le prolétariat et le Capital cesse d’être réformiste et régénératrice du Capital lorsqu’elle s’arrête de s’annoncer comme une simple réaction, une défense du prolétariat face au Capital sur le terrain du Capital et qu'elle se retourne réellement en contradiction pleine et entière entre le prolétariat et le Capital sur le terrain de l’humain.

Le communisme, c’est à dire la communauté de l’Être est évidemment une réalité à venir, mais c’est au présent qu’il convient d’en parler car la communisation est déjà préparée dans les luttes actuelles chaque fois que le prolétariat se heurte à sa propre existence aliénée comme classe majeure de l’aliénation, dans son action en tant que classe soumise, contre le Capital, à l’intérieur du rapport d’exploitation de la soumission, dans le cours même de ces luttes qui restructurent simplement la valeur.

Chaque fois que l’existence même du prolétariat est produite comme quelque chose d’étranger[/i] à l’humain et d’inhérent à l’argent, ce à quoi il se heurte dans sa lutte en tant que classe qui doit liquider les classes, c’est à une contrainte objective extériorisée dans l’existence même de l’économie politique et issue de son lui-même réifié contre son lui-même de vraie vie.
[...]
La crise finale est avant tout la crise concrétisée de l’implication réciproque entre le travail et le Capital, la crise de l’auto-présupposition du Capital, intégrant tout ce qui fut l’histoire passée de l’avant-Capital qui contenait toutefois le Capital depuis le troc échangiste néolithique, en tant que la détermination future est toujours nécessairement pré-contenue dans le produire antécédent.

La classe prolétarienne trouve alors, dans ce qu’elle est dans le Capital devenu infaisable, la capacité de trouver ce qu’elle est contre le Capital pour communiser le monde, au moment où, simultanément, le Capital cesse de pouvoir extérioriser la nature de classe des prolétaires comme vampirisation de leur nature humaine.

Le communisme est ce que produit le prolétariat, de par ce qu’il est dans sa contradiction avec le Capital, au moment où il abolit la capitalisation lorsque cette dernière devenue totalité du développement mondial ne parvient plus malgré l’orgie de manipulations monétaires et terroristes mises en mouvement par le gouvernement du spectacle mondial, qu’à accoucher de son autodissolution objective. La crise actuelle de suraccumulation et de saturation mondiale des marchés est la crise du taux de profit qui se présente comme crise mondiale permanente de la reproduction des rapports capitalistes en train de déboucher sur la crise de légitimation du spectacle de la marchandise en tant que tel.

Le communisme est le mouvement contradictoire terminé du mode de production capitaliste, le procès de sa caducité achevée. L’exploitation comme contradiction dialectique entre le prolétariat et le Capital se définit simultanément comme implication réciproque de ces deux termes et produc­tion de la spécificité de chacun d’eux quant à sa place historique dans le cours de la lutte des classes.


si l'on ne garde que le gras, ça donne ça, c'est du TC ou je ne sais pas lire

Citation :
Notre époque est celle où le prolétariat, luttant en tant que classe contre le Capital va devoir se remettre lui-même en cause et porte le dépassement révolutionnaire de sa propre condition par la production du communisme comme l’abolition de toutes les classes.

La lutte de classe entre le prolétariat et le Capital [cesse d’être régénératrice du Capital] lorsqu’elle s’arrête de s’annoncer comme une défense du prolétariat face au Capital sur le terrain du Capital et qu’elle se retourne réellement en contradiction pleine et entière entre le prolétariat et le Capital.

Le communisme est évidemment une réalité à venir, mais c’est au présent qu’il convient d’en parler car la communisation est déjà préparée dans les luttes actuelles chaque fois que le prolétariat se heurte à sa propre existence comme classe dans son action en tant que classe contre le Capital, à l’intérieur du rapport d’exploitation dans le cours même de ces luttes.

Chaque fois que l’existence même du prolétariat est produite comme quelque chose d’étranger à ce à quoi il se heurte dans sa lutte en tant que classe qui doit liquider les classes, c’est à une contrainte objective extériorisée dans l’existence même de l’économie politique.

La crise finale est avant tout la crise de l’implication réciproque entre le travail et le Capital, la crise de l’auto-présupposition du Capital, intégrant tout ce qui fut l’histoire passée de l’avant-Capital.

La classe prolétarienne trouve alors, dans ce qu’elle est dans le Capital la capacité de trouver ce qu’elle est contre le Capital pour communiser... le Capital cesse de pouvoir extérioriser la nature de classe des prolétaires.

Le communisme est ce que produit le prolétariat, de par ce qu’il est dans sa contradiction avec le Capital, au moment où il abolit [la capitalisation lorsque cette dernière est devenue totalité]... La crise actuelle est la crise du taux de profit, crise mondiale permanente de la reproduction des rapports capitalistes.

Le communisme est le mouvement contradictoire du mode de production capitaliste, le procès de sa caducité. L’exploitation comme contradiction dialectique entre le prolétariat et le Capital se définit simultanément comme implication réciproque de ces deux termes et produc­tion de la spécificité de chacun d’eux quant à sa place historique dans le cours de la lutte des classes.


plutôt que "communisation" dans les mots même de Théorie Communiste, on pourrait faire cet exercice de dé- et re-montage "situationniste" à la manière vitaliste de Vaneigem, ou "humaniste" façon Temps Critiques... Chacun pourrait y voir la preuve que ce n'est pas de lui ou prétendre, avec assez de mauvaise foi, que c'est complètement opposé à ses thèses et tient plus de l'autre, son concurrent en théorie de la révolution,

mais le récepteur, lui, il s'en fout, il écarquille d'abord les yeux, puis il avale et ça donne les transfuges style Max l'Hameunasse (voir plus bas), ou il gerbe, comme moi, en se disant que la communisation ne mérite pas ça

quant au maître de Marseille et à ses adeptes...


pour le reste il faut se fader les vidéos de Cousin sur Marx ou sur l'immigration comme stratégie capitaliste, pour Égalité et réconciliation de Soral ou chez Radio-Courtoisie avant la mort d'Emmanuel Ratier, journaliste proche de Le Pen. Les formules de TC reviennent ici ou là, toujours dans ce mélange dont il a le secret

d'autres thématiques renvoient davantage au genre Max L'Hameunasse et son blog In Limine, quand il a basculé de "partisan de la communisation" sympathisant de Théorie Communiste, dndf au fatras mystique européen avec les références à Nietzsche du côté de l'individu et de la nature ou de l'art, puis Proudhon, Orwell, Heidegger, Hanna Arendt... Alain de Benoist et bien sûr la critique radicale de la valeur

sur le "christianisme primitif" comme révolutionnaire, là encore, la critique décoloniale de la chrétienté occidentale comme matrice de l'eurocentrisme, notamment avec Grosfoguel, foutrait tout ça par terre autrement mieux que l'anti-religion issu du rationnalisme des lumières dont nos chers anarchistes sont si friands, en universalistes bien de chez nous


concernant la circulation dans "la nébuleuse anti-système", l'influence de Tiqqun et de l'ultragauche, il faut plutôt lire ou entendre à "Lucien Cerise"

le truc est difficile à tenir car il faut éviter la dénonciation pour tenter de comprendre. L'essentiel est donc ce qui est commun et pourquoi il est logiquement possible de refourguer du TC dans ce machin extrême-droitier : si tu veux de même que pourquoi fut possible le passage de Woland de Sic/Blaumachen à Syrisa, qui ne relevait pas pour moi d'une "trahison" - point de vue des anti-marxistes Claude Guillon, Dréan, dialectical delinquents, non-fides -, mais s'explique par un glissement théorique pour lui logique après l'échec du moment qui justifiait Sic, revue internationale pour la Communisation

une fois expurgée une sorte de "il va falloir attendre", ou à comparer leurs différentes sur- ou sous-interprétations de Marx

le commun n'est pas tant dans la référence à Marx ou à la communisation au futur, le commun est actuel, dans l'eurocentrisme et sur la question de l'immigration, des migrants, des "autres". Et là, sans la critique épistémologique proprement décoloniale, on a du mal à tisser une contre-idéologie...



pas de critique du capitalisme sans une critique de l'immigration, et vice versa



Le chaos migratoire, comme forme supérieure de la crise du spectacle marchand


« l'astuce » de Cousin consiste à mélanger l'immigration des années 50-70, pour résoudre le besoin en main-d'œuvre du capitalisme européen en pleine "croissance", immigration nord-africaine, turque et orientale ou indo-pakistanaise selon les pays européens, et le phénomène migratoire actuel provoqué par la guerre et la misère dans les pays "musulmans" de l'Afrique à l'Asie. Le problème n'est certes pas propre à l'Europe, car de tels besoins existent aux États-Unis (avec les latinos...), au Japon, mais aussi en Chine et en Asie du Sud-Est, en Indonésie je ne sais pas mais en Australie oui. La question des "colonialités" est donc différente selon les zones géographiques, mais foncièrement commune et liée à l'histoire de la domination occidentale

Théorie Communiste et Francis Cousin se trompent d'époque, mais pas de la même manière, avec plus ou moins de conscience et/ou de petits arrangements pervers de chaque côté des lignes de classes et "de couleurs"

évidemment Théorie Communiste n'est pas aussi explicite, mais comme ligoté, pétrifié, empêché de se prononcer clairement depuis des années sur la question "races"/classes, et plus encore depuis les attentats de janvier 2015, et là comme sonné par l'état d'urgence : pour des communistes, faut le faire ! En témoignent les "débats" chez dndf, qui se referment aussitôt ouverts, et attirent les "camarades" qui font la chasse au PIR et à Bouamama en des termes proches de la pensée gouvernementale anti-"communautariste" : faute d'avoir clarifier et choisi le clivage décolonial, ça reste un bordel réellement confusionniste

c'est à mon sens pourquoi Théorie Communiste ne peut pas expliquer ce glissement d'une position communisatrice post-ultragauche à une position révolutionnaire ultra-droite, puisque piégé sur son propre terrain. TC ne peut pas dire, comme en 2007, Senonevero e ben mal capito (revue Meeting), parce que Cousin a très bien compris Théorie Communiste, Temps Critiques, Debord avec le côté vitaliste de Vaneigem (l'Être contre l'Avoir...), et il en use pour faire sa sauce, une sauce dont on peut toujours dire comme le PCF après la chute du Mur de Berlin : « Nous n'avons rien à voir avec ça »

hé bien, comme répondit en 1989 Antoine Vitez, « on a toujours à voir avec ce dont on porte le nom » (le communisme), toujours à voir aujourd'hui avec ce qui reprend ses idées (la communisation), pour en faire quelque chose que l'on ne soupçonnait pas même pensable


si l'on renverse toute la perspective révolutionnaire au présent, on commence à retrouver des pistes concrètes d'activités communistes, sinon immédiatement révolutionnaires, du moins poussant aux limites mais telles qu'elles sont aujourd'hui, pas la veille (ou le lendemain) de la grande "conjoncture", apparue mondialement, de la communisation


d'un problème à cause théorique, la solution est d'abord théorique

encore faut-il reconnaître qu'il y a un problème...

sans la critique épistémologique décoloniale
pas de contre-idéologie possible à l'eurocentrisme
d'une théorie de la communisation
prise dans la nasse

.
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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 23 Fév - 17:28


l'idéologie française en version post-post-situ


un texte franchouillard de merde, entre "amis"
: "Premières démarques révolutionnaires" : sic !

Avariance et dix verdissements

Aux amis des amis qui lui restent,
à propos de sa Guerre véritable



je ne descendrai pas dans leur cour de récréation virtuelle pour compter les points entre "amis des amis" et leurs à mi-ennemis, ni ne démonterai, sous le verni littéreux post-post-situ craquelant, une inculture historique portée ici à l'hystérie propre à ce sale milieu, qui fait sa lie

ce n'est intéressant que pour constater que le post-situationnisme et ses avatars (Tiqqun, etc.) ne sombrent pas moins que les autres dans l'idéologie française

j'ai relevé ces passages nous concernant, avec toujours les mêmes amalgames simplistes et haineux, d'Yves Coleman à dndf/TC, en passant par non-fides, Ornella Huyet, etc. et leur ressemblance avec le discours gouvernemental, supposé anti-Le Pen :

Citation :
Même si ON se croit le centre du monde, la révolution ne peut pas être cet œdipe où la société ou même l’Occident, — ce concept qu’ON partage avec les états-majors et les identitaires, fachos ou décoloniaux — ou même tous ses habitants deviendraient le père à tuer.
[...]
Les fines allusions au frontispice d’Auschwitz — dont pourrait se passer celui dont un des amis a accepté de débattre avec Saïd Bouamama, proche de Michel Collon — viennent d’ailleurs parachever l’arrière goût de merde de l’ensemble. Chercherait- ON donc à ce point à manger à tous les rateliers ? La disette fait-elle rage ? Les greniers sont-ils vides à ce point ? Serait-ce pour cela qu’on a fait venir à la Maison de la Grève (sic) il y a peu un scribouillard frères-musulmanophiles pour « déconstruire les figures contemporaines de l’Islam dans les médias » et « dresser le tableau de l’islamophobie en France et de son usage politiques » (sic) ? Même contre l’État d’urgence, contempler un tableau comme l’Origine du monde offre plus de ressources.

ON cite, pariant sans doute sur la mode décoloniale... [sic, quelle "mode", où, par qui ? Et quelle homogénéité idéologique au point d'en faire un tout indifférencié ?]


ce qui se ressemble s'assemble

vous avez compris : les "décoloniaux" sont des "identitaires" au même titre que les "fachos". Ce sont pourtant les idées (idéaux ?) de Tiqqun et de cette post-ultragauche de couches moyennes blanches qu'on retrouve chez Francis Cousin et Lucien Cerise chez Radio-Courtoisie et Soral, auprès d'Alain de Benoist, au besoin avec des emprunts à Théorie Communiste, au nom de la communisation

par contre, aucun emprunt aux "décoloniaux" chez les "fachos", et ce n'est pas demain la veille qu'on y verra recyclé du Patlotch. Se poser la question du pourquoi, c'est y répondre : ce qui se ressemble s'assemble

des petits bourgeons blancs racistes ! Signé Patlotch, dans la violence qui vient


Twisted Evil

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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mer 24 Fév - 15:50


« sus au décolonial ! »

blancs et mâles petits bourgeons

ou le communautarisme identitaire français
d'ultragauche, totos, anarchistes et communisateurs

comme on le voit (se) pointer depuis quelques semaines, la mise en cause du "décolonial", en lieu et place du post-colonial, va faire florès, chez les mêmes imbéciles qui ne connaissent pas davantage la pensée décoloniale, et encore moins sa diversité, qu'il ne connaissaient les textes des post-colonial studies, ou des Cultural Studies d'origine marxiste

peu (leur) importe, puisqu'il ne s'agit pas pour eux d'en débattre avec des arguments, mais de les dénigrer en les mettant tous dans le même sac. Quand on ouvre le sac, on trouve tous ces "nègres", et l'on sait alors d'où vient le sac, par qui il est rempli et comment, à défaut de pourquoi, parce que ça, ça tient de psycho-analyse de leurs profondeurs franco-universelles


ils sont venus, ils sont tous là

ça va donc continuer, avec "identitaire", "communautariste", "antisioniste = antisémite", etc. où l'on verra, ironie du sort, se dessiner la communauté identitaire élargie de ces mêmes jeunes et vieux cons, au nom de la lutte de classe et de la révolution : Yves Coleman et mondialisme.org, Jacques Wajnsztejn et Temps Critiques, Roland Simon et Théorie Communiste, Clément Homs et la Wertkritik, dndf, Non-Fides, Vosstanie, Ornella Guyet confusionnisme.info, et maintenant les post-situs alter-tiqqunistes d'avariance...

leur lutte de classe moyenne française : avec Gilles Clavreul et Manuel Valls ?


embarquer l'anarchisme dans une idéologie d'État ?


à l'impossible, nul n'est tenu

un anarchiste averti en vaut deux !


Mad

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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Dim 28 Fév - 7:18


le marxisme franchouillard incontinent à la dérive

les véridiques mésaventures de la post-ultragauche
ou
la grande farce




Il s'imaginaient d'autres horizons
D'autres airs de musique
Et vous vous plaigniez vous d'avoir raison
Sur leur métaphysique

Moi j'ai tout donné que vous sachiez mieux
La route qu'il faut prendre
Voilà que vous faites la moue aux cieux
Et vous couvrez de cendres

Moi j'ai tout donné mes illusions
Et ma vie et mes hontes
Pour vous épargner la dérision
De n'être au bout du compte

Que ce qu'à la fin nous aurons été
À chérir notre mal
Le papier jauni des lettres jetées
Au grenier dans la malle


Louis Aragon
Le Roman inachevé 1956



ne fut pas épargné qui ne s'épargnait guère

depuis les années 70-90 avec "le négationnisme d'ultragauche" dans « L'affaire de la Vieille taupe », et après une certaine accalmie en ce début de siècle dans la période florissante des théories de la révolution universelle succédant au programmatique prolétarien, la crise existentielle de la post-ultragauche produit des avatars de plus en plus cocasses

le passage, dans une courte unité de temps...

de Max L'Hameunasse, blogueur nietzschéen, compagnon enthousiaste de dndf et Théorie Communiste (voir ICI) à l'univers identitaire européen de la nouvelle droite d'Alain de Benoist : In Limine..... Pour la civilisation européenne..... Éléments pour une pensée dissidente. Pour une Révolution Conservatrice Européenne !

un collage surréaliste, mais réel, et cruel

puis vint Francis Cousin, le philo-analyste Docteur en philosophie, de la même mouvance nouvelle droite européenne (Radio Courtoisie, Égalité et Réconciliation), grand connaisseur de Marx et créateur surréaliste auteur d'un collage cruel de situationniste vitaliste (Raoul Vaneigem), de Révolution à titre humain (Jacques Wajnsztejn et Temps Critiques), et de Communisation en définition par Roland Simon (Théorie Communiste) - cf deux commentaires plus haut

il nous prend pour des Jacques

Jacques Guigou est peut-être le plus imbu et le plus pathétique de toute la bande. Bras gauche de Jacques Wajnsztejn pour la revue Temps Critiques, poète lourdingue et besogneux; prétentieux critique de la dialectique marxienne, des « poétiques révolutionnaires » (?), d'Édouard Glissant et Henri Meschonnic; inventeur de concepts aussi creux que verbeux; mais surtout pas gêné entre posture révolutionnaire sans concession avec la démocratie républicaine, et tradition familiale (réellement) petite-bourgeoise depuis son arrière-grand-père, son père Émile, viticulteur, médecin et maire de Vauvert, résistant... « étatico-nationaliste » ? Voir ce grand écart dans Guigou au diable Vauvert 29 Juillet 2015

discours de Jacques Guigou
pour l'inauguration de la salle Émile Guigou à Vauvert


vive la libération étatico-nationale de Vauvert par le Président docteur Guigou
dont le grand-père avait proclamé le 5 septembre 1870 l'avènement de la 3ème République !...

il s'était proposé de s'attaquer à ma supposée « prétention à poétiser la révolution », mais il semble en avoir abandonné le projet; du moins en a-t-il effacé la trace, comme Wajnsztejn de ses mensonges à mon égard sur le Blog de Temps Critiques... Ces gens-là ont une propension à se planquer dès qu'ils sont pris la main dans le sac de leurs petites saloperies coutumières dans ce milieu...

revanche

à Bobby Lapointe Revanche

vous m'auriez donc pris
pour un Jacques

et péri maître
en jacquerie

n'aimez-vous point mes jeux de mots vieux ?
faciles ? votre monde est-il neuf ?

de vos savoirs vous voilà veufs
je rions de vous savants pieux

Jacques a tant dit
que j'entendîmes

n'attendez plus de moi la dîme
je nous paierons plus que vos têtes

et vous rembourserez mes dettes
en me priant d'en rire en rime

et jacqueries
car Jacques en rit


FoSoBo 9 mars 2014 20:32



hot dog

dans l'angle mort, vivants ?

mais j'en viens, ma Cerise, aux gâteux, avec la rencontre au sommet entre le grand philosophe de la morale pécéfixe, Yvon Quiniou, et le dernier en modiquête de l'humanisme universel, Jacques Wajnsztejn

impayables ronds-de-jambes entre ces deux jésuites de première, pour ne pas dire salamalecs de sales mecs, tant ils sont puants de mépris raciste judéo-chrétien anti-arabe, à peine voilé sous les propos anti-religion obsessionnels qui les rapprochent, à lire ici : À la suite de l’angle mort (sic)

Yvon Quiniou, je l'ai montré dans mes passes d'armes avec lui chez Médiapart, n'a rien compris à l'auteur du Capital, qu'il a cependant enseigné à l'Université, mais il est vrai que le marxisme universitaire français fut une calamité. Pour lui, ce mode de production n'est pas même une économie politique, alors pensez donc, sa critique... Voir Quiniou-Patlotch Médiapart. Vrai que s'il doit sa petite notoriété de philosophe à son appartenance au PCF comme toute la bande des intellectuels de second rang depuis les années 60-70, Yvon Quiniou est bien le dernier qu'on pourrait qualifier de « vieux stal', sauf peut-être par son éthique des débats (dans le Club Médiapart, il s'est fait sa petite réputation de tricheur fuyant les arguments gênants). Dans le genre mollasson de la moraline et rationaliste borné plus que libre penseur, j'ai rarement rencontrer plus curé que lui


2014
ça voir plus
une librairie anarchiste parisienne l'a mis en vitrine,
ils m'ont dit trouver ça très bon :
les voies des curés anarcho-marxistes sont pénétrables par la devanture

quant à Jacques Wajnzstejn, en Jeanne d'Arc ayant entendu les voix de « la tension individu-communauté humaine » dans l'Esprit (sain ?) du 11 janvier 2015, il a depuis longtemps troqué ses souvenirs de Marx et de la lutte de classes pour les oripeaux de la Révolution française, en quoi l'on saisit mieux son tandem avec Jacques Guigou fils de ses pères républicains : L'Être humain est la véritable communauté des hommes. Quelques dits sur l’événement de janvier 2015 à Paris, février 2015


empêcher le ciel de tomber ?

quel sera le prochain épisode, va savoir... toujours est-il que ché pas vous, mais moi j'aurai bien rigolé



Faut rigoler
Boris Vian et Henri Salvador, 1958

{refrain}
Faut rigoler
Faut rigoler
Avant qu' le ciel nous tombe sur la tête
Faut rigoler
Faut rigoler
Pour empêcher le ciel de tomber

Nos ancêtres les Gaulois
Cheveux blonds et têtes de bois
Longues moustaches et gros dadas
Ne connaissaient que ce refrain-là.

{refrain}

Nos ancêtres les Gaulois
Habitaient des huttes en bois
Et les druides trois par trois
Sous le gui chantaient à pleine voix.

{refrain}

Nos ancêtres les Gaulois
Prirent la pile à Alésia
Les barbares étaient là
Mais tant pis pour Jules dirent les Gaulois.

{refrain}

Nos ancêtres les Gaulois
Inventèrent le tabac
Et c’est grâce à ce truc-là
Qu’ils s' fendaient la pipe à tour de bras.

{refrain}

Nos ancêtres les Gaulois
Eurent le tort d’être grands-papas
Et c’est pour ça qu’on est là
Et qu’on a fait le cha-cha gaulois

{refrain}


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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mer 2 Mar - 18:53


après la Discordia, la Concordia !

on a les relais qu'on mérite



Paris : une librairie anarchiste dégradée par des anarchistes qui l’accusent d’islamophobie

trouvé dans les liens de Indymédia-Nantes...  

.
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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Sam 5 Mar - 2:00


un discussion significative, chez Médiapart, avec un "marxiste", "matérialiste concret", adepte des thèses de Michea... dans le billet "Opium du peuple": une tentative d'y voir (un peu) plus clair

un exercice intéressant de démontage de l'idéologie française

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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Dim 27 Mar - 15:50


dans un échange partant de Brassens (Mourir pour des idée, d'accord mais de mort lente...), et s'interrogeant sur le rapport entre idées et réalités, commentaire sous le billet François Vallejo: «Le terrorisme nous dit, d’une façon inacceptable, ce que nous sommes»
24 mars 2016 | Par Antoine Perraud

Martine C. a écrit:
Cultiver l'idée que tout un chacun se battrait pour des zidées me semble tout à fait "hors plaque" et redoutablement pernicieux... On ne peut résister/réagir qu'à un sort (mauvais ou bon) qui nous est fait : un sort de réalité.

Et souhaiter que ce que l'on appelle les zidées (par abus de langage) n'outrepassent pas leurs prérogatives légitimes en venant arpenter les plates-bandes du réel tangible, sonnant... et bien souvent trébuchant, lui, assez loin devant elles.

Exemple ? Miséreux votant FN de manière croissante (idées ?) et "miséreux" en colère : sort réel. Réaction inadéquate certes, mais devant laquelle nous ne sommes que bien peu armés...

Patlotch a écrit:
globalement d'accord. Comment et à partir d'où les idées, produites par les rapports sociaux, « devenant force matérielle », participent de/à leur transformation, ce n'est pas l'œuf et la poule, mais toutes sortes d'idées peuvent « s'emparer des masses [jusqu'à] devenir force matérielle » (Marx, Contribution... 1843)

le FN ne s'y trompe pas, « Sociétés sans classes ou sans discours de classe ? », Claude Dubar, Lien social et politiques, n°49, printemps 2003 : « Nos sociétés ne sont pas sans classes, mais sans discours de classe articulant, de façon nouvelle, une explication théorique de ces inégalités à un projet politique de transformation sociale, crédible et vérifiable » Comment la gauche « moderne » a abandonné les classes populaires, Observatoire des inégalités, 8 janvier 2016

faisant écho à Alain de Benoist : « Éclatent parfois des colères, mais qui ne durent pas et ne n’assortissent d’aucun véritable projet politique ou idéologique. J’ai eu l’occasion d’écrire récemment qu’il n’y a de perspective révolutionnaire que lorsqu’une reconstruction idéologique radicale rencontre un mouvement social réel. Il me semble qu’on en est encore loin. Tout ce que l’on peut constater, c’est la désagrégation progressive de tous les cadres institutionnels que nous a légués la modernitéAlain de Benoist. « Le FN aurait tout intérêt à abandonner ses positions jacobines »[entretien exclusif] Breizh-info.com 27/03/2015

bref, ils ont une longueur d'avance...
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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Ven 3 Juin - 16:04


la "communisation" en version nouvelle droite
européiste universelle de Francis Cousin
(suite)


« des continents de radicalité subversive et des continents de soumission systémique »
(le prolongement des thèses de Marx sur l'avant-gardisme universel des prolétaires des nations civilisées
vidéo Féminisme et Immigrationnisme vers 5:50)


avril 2016

Citation :
Voilà plus de trente ans que Francis Cousin s'est attaché à produire une critique radicale du spectacle mondialiste de la marchandise autocratique, de sa décadence universelle, de ses manœuvres monétaires intensives et de ses grandes manipulations terroristes étatiques. Ainsi, il en dé-voile ici la généalogie, le développement et la fin en identifiant la dialectique historique des longues durées par laquelle a pu finir par se réaliser l’économie politique de la tyrannie démocratique du mouvement de l’argent. Il est, entre autres ouvrages, l’auteur de L’Être contre l’Avoir…

En prolongement de la pensée critique des présocratiques, de Hegel et de Marx et en relation avec les luttes pratiques du mouvement communier multiséculaire, il dé-crypte le devenir du temps long dans une série de Commentaires où la pensée radicale permet à la fois de démontrer et dé-monter le mensonge quotidien qui, dans chaque fait, laisse apparaître les déterminations et les forces productives de la vie fausse…

En s’appuyant sur la tradition primordiale de la communauté de l’Être telle qu’elle exprime la vie générique du cosmos non divisé par le travail aliénatoire des échanges, Francis Cousin nous invite à nous émanciper de la liberté despotique de la vérité inversée. Oui, ce sont bien les puissances ténébreuses de l’accumulation capitaliste qui sont partout à l’œuvre et ce sont elles que l’humanité tout entière doit affronter en s’appuyant sur une conscience d’insoumission enfin retrouvée pour que la négation spectaculaire de l’épanouissement humain soit niée à son tour.

442 pages.





Extrait de l'entretien de Francis Cousin pour le documentaire "Le Sang du Père".

Alain Soral & Francis Cousin - Il faut lire Marx



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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 14 Juin - 0:51


des nouvelles du cousin Francis ?

lentement mais sûrement, la droite extrême place ses billes, avec Marx et Debord en bandoulière


"Comprendre la crise historique du capitalisme intégral"

Conférence de Francis Cousin

Egalité & Réconciliation Nantes recevra Francis Cousin le samedi 25 juin 2016 à 15h pour une conférence sur la crise historique du capitalisme intégral, comprise à partir de l’œuvre de Marx.



Francis Cousin - Modes De Production, Démocratie, Parti Communiste



l'homosexualité





le glissement antisémite
(ne pas oublier qu'on est chez Soral...)


Citation :
Israël chevauche le capital
Si lorsque nous creusons dans les lieux interdits, nous trouvons toujours Israël, c'est parce que les lieux interdits sont désignés par le Capital et qu’Israël le chevauche

Israël a pavé la route de la vérité de millions de cadavres

Plus le Capital voile, plus il se dévoile

la création d’Israël est la matérialisation de la toute puissance de la finance judéo-protestante

Le capital ne valorise que ce qui le valorise

la Shoah médiatique a permis l’Israël matériel

le 11 septembre fait par Israël permet le grand Israël, capital du nouvel ordre mondial de la marchandise


vidéos Francis Cousin

(ne vous y perdez pas)

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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Mar 14 Juin - 16:46


comment Marx justifie la lutte contre "le Grand remplacement",
thème du Front national, des identitaires de souche, et de la Nouvelle droite


Francis Cousin - L'immigration et le Grand Remplacement

« L'immigration à partir des grandes grèves de 68,
c'est la nécessité de ne plus jamais revoir l'esprit communard émerger...

l'immigration est devenue le cœur stratégique du capital...
la clé de voute d'un remplacement de population qui doit casser les luttes de classe »



la condamnation actuelle du "grand remplacement" actuel est expliquée par les textes de Marx sur les "surnuméraires", le "travail féminin", le remplacement des "Yankees" par les "Chinois", etc.

extrait

Citation :
à la banlieue ouvrière qui sur son zinc, avec son Côtes du Rhône et sa rillette, refaisait le monde en imaginant la possibilité de l'abolition du salariat, on a substituée des banlieues qui sont implantées à partir de populations afro-orientales qui ignorent même l'idée de cette abolition du salariat...

en banlieue j'arrive parce que je suis dans la merde là-bas, qu'est-ce que je veux faire ? Je veux avoir un bon boulot ou je trafique, mais je ne veux jamais avoir l'abolition du salariat. Les banlieues ouvrières il y a quarante ans disaient "abolition du salariat". Les banlieues aujourd'hui elles disent "donnez-nous de l'argent"...

Citation :
Francis Cousin : « Comprendre aussi que le mouvement ouvrier en 68, dont parle Cousin, qui a engendré la réaction du pouvoir sous forme de montée de l'immigration, ne doit pas être confondu avec le mai 68 des étudiants bourgeois et sans-frontiéristes qui a servi de point de départ à la mutation des revendications politiques et économiques des ouvriers en associations de type SOS racisme, pour peindre sous des couleurs humanistes ce qui n'était qu'une stratégie du capital pour écraser les ouvriers.»

Extrait de : Meta TV | Francis Cousin - Pour comprendre l'œuvre de Karl Marx

Francis Cousin animateur d'un cabinet de philo-analyse nous présente ses travaux de l'étude de l’œuvre de Karl Marx qui se veut bien plus radicale et révolutionnaire que ceux qui s'en réclament veulent bien le faire croire.

Il insiste en particulier sur la vision de l'auteur qui revendiquait que la véritable révolution serait dans l’absence d'état et d'argent car toute autre forme de société mène inévitablement à la société marchande exacerbée telle que nous la connaissons actuellement.

Un auteur méconnu et une vision iconoclaste du sens des écrits de Karl Marx.


"iconoclaste" est un euphémisme, même si Marx (on l'a vu avec Olivier Le Cour Grandmaison) a une conception de l'histoire qui met en avant les classes ouvrières des pays développés et « l'union des prolétaires de tous les pays » industriels

Francis Cousin a la même lecture du lumpen prolétariat comme armée de réserve du capital, et, puisqu'il ne parle pas de la restructuration mondiale du capital en termes d'économie politique mais en remaniant les écrits de Debord dans son invention littéreuse sans bornes précises (ce vocabulaire est fait pour ça), et son tour de passe-passe historique et théorique consiste à identifier aujourd'hui le prolétariat racialisé des banlieues au lumpen prolétariat de l'époque de Marx. C'est une rhétorique que l'on retrouve chez certains gauchistes (LO sauf erreur pendant les émeutes de 2005), ce qui explique aussi quelques transfuges d'extrême et d'ultra-gauche vers ces dérives eurocentristes


Marx & EngelsLe Manifeste du Parti Communiste
Citation :
Quant au lumpenprolétariat, ce produit passif de la pourriture des couches inférieures de la vieille société, il peut se trouver, çà et là, entraîné dans le mouvement par une révolution prolétarienne ; cependant, ses conditions de vie le disposeront plutôt à se vendre à la réaction.


Engels, Préfaces de 1870 et 1875 à la Guerre des paysans
Citation :
Le lumpenproletariat - cette lie d'individus déchus de toutes les classes qui a son quartier général dans les grandes villes - est, de tous les alliés possibles, le pire. Cette racaille est parfaitement vénale et tout à fait importune. Lorsque les ouvriers français portèrent sur les maisons, pendant les révolutions, l'inscription : « Mort aux voleurs ! », et qu'ils en fusillèrent même certains, ce n'était certes pas par enthousiasme pour la propriété, mais bien avec la conscience qu'il fallait avant tout se débarrasser de cette engeance. Tout chef ouvrier qui emploie cette racaille comme garde ou s'appuie sur elle, démontre par là qu'il n'est qu'un traître.


il est donc aisé de comprendre pourquoi il se retrouve au coude à coude avec Alain Soral, piètre théoricien mais qui se réclame du marxisme de Michel Clouscard (voir ici)

le piège idéologique se referme sur tous ceux qui théorise de façon universaliste la révolution prolétarienne en sautant à pied joint sur les caractéristiques présentes de la double crise de l'Occident et du capital, rejetant en bloc toute idée de la nécessité des luttes décoloniales et de leur contenu transitoire contre la segmentation racialiste du prolétariat, leur retournant la responsabilité du racisme et de la racialisation qui est celle entière du capital et pour une part du prolétariat européen et occidental aussi

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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Dim 26 Juin - 14:05


vive le Prolétariat universel de souche européenne !


Jean-Louis Roche a écrit:
Bien sûr médias, Hollande et gauchistes se sont précipités pour dénoncer le « populisme », terme de mépris pour le peuple quand il vote et accessoirement le prolétariat, voire « la droite extrême » (les collabos de Médiapart).

Tout le monde sait bien que le facteur déterminant a été l'invasion de migrants encouragée par l'oligarchie capitaliste, préoccupation non simplement des peuples mais des prolétariats en Europe.

[...]

En vérité, le Brexit montre deux choses :

1) l'oligarchie européiste qui donne des leçons de morale, génère le chaos, elle a besoin pour continuer à s'enrichir d'une immigration massive et incontrôlée relativement, qui, outre qu'elle islamise progressivement la société occidentale, fournit en partie une main d'œuvre soumise (et pieuse) dont la bourgeoisie bénéficie déjà grâce à ses guerres impérialistes, dont, partout, les nouvelles lois travail à la 49.3 constituent l'accompagnement vers une dérégulation totale du travail et un « partage des salaires » quitte à laisser sur le carreau les ouvriers autochtones exclus dans leur propre pays;

2) le prolétariat, bien que encore dilué dans la population et la population électorale, pose, derrière sa négation de l'enculage humanitaire, non le retour à la nation étriquée mais [b]la question d'une autre gestion du monde où la règle ne soit plus la guerre et la déportation forcée de populations qui n'aspiraient elles-mêmes qu'à vivre dans leur pays.


1) je n'ai pas remarqué que les migrants seraient si bien accueillis en Europe par les dirigeants économiques et politiques

assimiler filières clandestines d'immigration pour le patronat (BTP...) et filières massives de migrants est un tour de passe-passe des plus osés... Quant à l'accueillante Allemagne en difficulté démographique, ça n'a duré qu'un temps, et ce fut plus que sélectif, les prolétaires d'origine n'étant pas les mieux lotis, ni logés à la même enseigne que les migrants de couches moyennes

2) je n'ai pas remarqué que le prolétariat de souche européenne se montrerait déterminé à faire une révolution communiste, ni qu'il manifesterait le désir d'« une autre gestion du monde » sans frontières, le principal obstacle étant supposé les immigrés

enfin, je me demande ce que cette conception, effectivement héritée du Marx affirmant « Prolétaires de tous les pays [civilisés], unissez-vous » peut bien avoir d'universelle... Voire une positivité révolutionnaire dans le populisme qu'il soit de droite ou de gauche est une ineptie, et comme dit Gilles Dauvé : « Chaque fois qu'à la place de prolétariat, je lis "peuple", je me demande quel mauvais coup on prépare contre le prolétariat. »

ce n'est pas tant que Jean-Louis Roche ait une influence si considérable qu'elle mériterait à elle seule d'y répondre, mais très simplement que cette thèse est symptomatique, car fréquente chez les marxistes 'ultra' et anarchistes français



Jean-Louis Roche et son vieux pote du CCI
« Jean-Marc, postier de choc à la retraite »


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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Lun 18 Juil - 13:56


Francis Cousin sur le terrorisme

« une vidéo qui regroupe les interventions de Francis Cousin sur le terrorisme »


la thèse centrale est exposée au début : « les actes terroristes intenses, industriels, massifs comme on les voit aujourd'hui rentre dans un chaos voulu par gouvernement du Spectacle mondial pour détruire tout le Moyen-Orient et pour que l'Europe soit une poudrière d'affrontements, où au lieu d'unifier les malaises sur la base d'une radicalité contre la marchandise, les immigrés se disent "Ah de de souche i' m'emmerde" et le de souche se dise "Ah l'immigré i' m'emmerde" », donc l'islamophobie telle qu'elle est mise en scène par le spectacle de l'imposture de la marchandise, c'est effectivement un dérivatif comme l'anticléricalisme au 19ème était un dérivatif, pour empêcher une lutte de classe radicale... »

cherchez l'erreur : il faudrait encore montrer où, quand et comment le prolétariat européen se serait montré ou se montrerait révolutionnaire : en adoptant les thèses populistes de gauche et de droite, en votant pour le Brexit, en ne disant pas un mot contre les guerres occidentales, et globalement gagné aux thèses islamophobes ? Comme thèse communiste présentée chez Soral et à Radio Courtoisie à grands renforts de cours sur Marx et Debord, ça vaut son pesant d'arachide, puisque le public y est massivement "de souche" et fait le choix de l'extrême-droite

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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   Jeu 18 Aoû - 14:15


on n'est jamais si bien servi que par ses adversaires. Rien à voir avec des textes "anarchistes" ou "marxistes" ?...


« Toute ressemblance avec la réalité est à imputer à cette dernière. »
Jorge VOLPI (La Fin de la folie)




« Camp d’été décolonial à Reims : assez de ce racialisme rampant ! »

Thomas Laval, Conseiller Regional, Président du FN sciences po, 18 Août 2016

Citation :
Dans son édition du 17 août, le journal l’Union se fait l’écho du « camp d’été décolonial », organisé à partir du 25 août prochain au Centre international du séjour de Reims. Présenté comme une formation pour les personnes subissant « le racisme d’État en contexte français », l’évènement revendique selon ses organisateurs l’exclusion totale des Blancs de la formation. [sans quoi Thomas Laval s'y serait sans nul doute inscrit...]

La tenue de cet évènement est donc insupportable puisqu’elle interdit l’accès à des Français au prétexte qu’ils auraient la peau trop pâle pour y participer. Elle est aussi révélatrice des dynamiques qui sont à l’œuvre en France, et qui ont été alimentées depuis trop longtemps par le PS et Les Républicains (ex-UMP).

Sous couvert d’antiracisme, de nombreuses associations n’hésitent plus ainsi à piétiner cette valeur cardinale et fondamentale d’égalité entre les citoyens français, pour mettre en œuvre leur idéologie d’exclusion.

Le racialisme, c’est-à-dire le postulat selon lequel il existe des races, ne doit pas avoir cours dans notre pays. Il est aussi insupportable que le racisme. Il revient à classer les citoyens français selon la couleur de leur peau, ce qui ne peut conduire qu’à un seul résultat : l’enracinement du communautarisme, puis l’exclusion et enfin la ségrégation et les affrontements. [cette rhétorique est commune à toute l'idéologie française de l'extrême-droite à l'ultragauche, elle est une de ses spécificités]

Notre indignation doit donc être totale face à ces dérives folles. Il ne doit pas y avoir de Blacks, de Blancs ou encore de Beurs aux yeux de la République. Elle ne doit reconnaître que des citoyens, égaux en droits et en devoirs. [cette vision sépare d'un côté gauche et droite citoyennistes, démocrates et républicains, et ses opposants anarchistes, ultragauche, etc., qui mettront plus volontiers en avant l'universalisme prolétarien ou humaniste, mais le socle commun abstrait demeure "la race n'existe pas", bla bla bla...]. Il est donc urgent que l’État réaffirme la loi républicaine face à ces associations prétendument antiracistes mais pétries du racisme le plus complet. Et pour cela, il n’y a qu’une seul voie : celle que trace pour 2017 Marine le Pen.


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MessageSujet: Re: UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ? L'idéologie française en versions anti-système ultra-gauche-droite   

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